JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

30 juin 2015

REVUE DE PRESSE - JUIN 2015

la vérité 14 06 15Suite à l’adoption par l’Assemblée nationale d’une motion de déchéance du chef de l’Etat, une période de flottement s’en est suivie dans l’attente de la décision de la HCC. Les forces de l’ordre ont fait savoir dans un communiqué qu’elles sont opposées à « toute tentative de changement anticonstitutionnel » ; invitant chaque partie à accepter la décision qui sera prise par la cour. « Neutralité et cohésion », tel est le leitmotiv affiché, destiné à couper court aux rumeurs persistantes de collusion entre certains éléments des forces armées et les députés frondeurs. Des limogeages de hauts gradés qui entretiendraient des liens avec l’ancien président de la Transition laissent penser que des divisions internes perdurent au sein des forces armées. 13 officiers supérieurs ont été promus au grade de général de brigade, une semaine avant la célébration du 55ème anniversaire de l’armée et de l’indépendance, une nouvelle « pluie d’étoiles » dont sa gausse la presse. Les partisans du président de la République ont accaparé TV et radio nationale publique pour mettre en garde l’opinion contre les conséquences d’une décision de destitution du chef de l’Etat, notamment vis-à-vis des partenaires techniques et financiers. La position de Marc Ravalomanana, dont les députés ont voté en bloc la motion de déchéance, a fait débat. Déclarant en toutes occasions qu’il soutient le régime, ne tiendrait-il pas un double langage ? L’ancien chef de l’Etat, désireux de se situer au-dessus de la mêlée, a appelé le président et les députés frondeurs à reprendre le dialogue et à conclure un « pacte de stabilité ». Le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) a tenu à mettre la HCC en face de ses responsabilités, « en tant que dernier rempart de la sauvegarde de l’Etat de droit et de la Constitution ». Des rumeurs colportées dans les médias avancent l’hypothèse que la motion de déchéance aurait été soutenue financièrement par un groupe d’intérêts français qui militerait pour le retour au pouvoir d’Andry Rajoelina à la faveur d’une élection présidentielle anticipée.

Des députés qui, au départ, ont soutenu la motion de déchéance, se sont rétractés et ont rejoint un groupe qui a apposé sa signature sur la mémoire en défense du chef de l’Etat déposé auprès de la HCC. Un revirement attribué à la versatilité des élus, pouvant laisser supposer que certains jouent un double jeu ou offrent leurs voix « au plus offrant ». Certains analystes évoquent des usurpations de signatures pour l’adoption de la motion de déchéance. Pour le chef de l’Etat, ces parlementaires ont pris conscience des risques que leur démarche fait courir à la nation. Le SeFaFi propose la signature d’un accord politique entre le président de la République et l’Assemblée nationale. L’Observatoire de la vie publique accuse le FFKM d’être responsable de la nouvelle crise institutionnelle. Le Conseil œcuménique, après avoir observé une longue période de silence à la suite de ses assises nationales et des remous qu’elles ont provoqué, a lancé une exhortation au dialogue entre les institutions en conflit mais son « appel pastoral » indique clairement que qu’il ne souhaite pas jouer le rôle de médiateur.

la vérité 15 06 15La HCC juge la requête de l’Assemblée nationale recevable mais dans sa décision en cinq points elle juge non fondés les motifs évoqués par les députés pour justifier la déchéance du chef de l’Etat (haute trahison et violation de la Constitution). En conséquence, « les institutions gouvernantes de la République [président de la République, gouvernement et Assemblée nationale] exercent pleinement leurs fonctions conformément à la Constitution », indique le jugement. « La décision de la HCC est ridicule », a répliqué le porte-parole du Mapar. Les députés frondeurs reprochent notamment à la HCC d’avoir « pris une décision plus politique que juridictionnelle » en préconisant la conclusion d’un « pacte de responsabilité » entre les institutions en conflit. Sitôt connue la décision, le chef de l’Etat a déclaré vouloir jouer la carte de l’apaisement et ne pas utiliser l’arme de la dissolution. Les députés contestataires ont menacé de  traduire les membres de la HCC devant les tribunaux pour « déni de justice, non-respect de la loi et suspicion de corruption ». Le Mapar d’Andry Rajoelina a fait savoir qu’il ne participera pas à un éventuel pacte de responsabilité ou accord politique avec l’exécutif. Les plus « jusqu’au-boutistes » des députés ont continué à brandir la menace d’une motion de censure à l’encontre du gouvernement. Les députés ont décidé de convoquer un à un les membres du gouvernement pour un audit de leurs activité depuis leur prise de fonction mais les ministres n’ont pas répondu à l’injonction. Les parlementaires exigeaient en outre que ces rencontres soient diffusées en direct sur les chaines publiques nationales, qu’ils jugent totalement inféodées au pouvoir.

La Vérité 8 juinLe Bianco a ouvert une enquête sur les rumeurs de corruption qui ont circulé lors du vote de la motion de déchéance. Il pourrait également s’intéresser aux supposées tentatives de corruption des hauts magistrats de la HCC. La société civile et les représentants des grands corps de l’Etat ont manifesté l’intention de faire pression sur les dirigeants en vue de l’instauration du « pacte de responsabilité » préconisé par la HCC. Le pacte reposerait sur l’engagement pour le chef de l’Etat de ne pas dissoudre l’Assemblée et pour celle-ci de ne pas voter la censure du gouvernement ni de prendre l’initiative d’une nouvelle motion de déchéance. L’accord pourrait également porter sur une recomposition de l’équipe gouvernementale afin qu’elle soit plus en accord avec l’équilibre des forces constaté à l’Assemblée.

Le chef de l’Etat s’est déclaré prêt à dialoguer avec les députés frondeurs, comme recommandé par la HCC, mais ceux-ci n’ont pas renoncé à exiger un remaniement gouvernemental. Les 114 députés frondeurs ont signé un pacte portant création d’une « nouvelle majorité parlementaire » (NMP) dont des représentants devaient rencontrer le chef de l’Etat « en terrain neutre ».

200 millions Ar ont découverts dans le véhicule d’une députée du Mapar, Lanto Rakotomanga, prise en chasse par des éléments d’élite du GSIS, de la brigade criminelle et de l’Emmo/Reg au sortir d’une réunion au siège du parti TGV. Andry Rajoelina et l’ancien ministre de la communication de la Transition, Rolly Mercia, étaient présents. La décision d’intercepter le véhicule aurait été précédée d’une « visite » des forces de l’ordre au siège de la station Viva appartenant à Andry Rajoelina. L’interpellation s’est faite en présence de membres de l’Assemblée nationale et de son bureau, venus exprimer leur solidarité à la députée et protester contre la violation de l’immunité parlementaire. Après quatre heures de négociations, les éléments du GSIS ont brisé les vitres du véhicule. La députée et son assistante parlementaire, incommodées (intoxiquées affirment certains) par les gaz lacrymogènes, ont été hospitalisées. Les cartons contenant les billets découverts dans le coffre ont été exhibés devant la presse. Les partisans du pouvoir expliquent que cette interpellation relevait du « flagrant délit », ce qui dispensait les forces de l’ordre de disposer d’un mandat judiciaire. Le porte-parole du Mapar affirme que les fonds étaient destinés à rembourser les cautions déposées par les candidats aux municipales. Un second véhicule transportant une autre partie de ces fonds serait parvenu à échapper aux forces de l’ordre. Dans la foulée, trois opérateurs indopakistanais ont été arrêtés puis remis en liberté, leurs comptes bancaires auraient fait apparaitre d’importants mouvements de fonds. Le véhicule de la députée, appartenant à l’un d’entre eux, a été saisi. Des interdictions de sortie du territoire ont été décrétées. Selon certaines sources, les fonds devaient être déposés à la HCC qui avait en charge l’examen de la motion de destitution du président de la République. D’autres établissent un lien avec des achats de vote à l’Assemblé nationale, dans le cadre du conflit qui l’oppose à la Présidence de la République. Un rapprochement est également établi avec un important retrait de fonds du Trésor, quelques jours auparavant.

La députée aurait refusé d’être enquêtée, selon le directeur des recherches au sein de la gendarmerie nationale. Une convocation lui aurait été adressée mais elle n’aurait pas donné suite.

Malgré une conjoncture politique préoccupante, les préparatifs des élections communales du 31 juillet avancent. Les bulletins uniques sont en cours d’impression à Dubaï. La pré-campagne électorale se poursuit, en l’absence de règle du jeu, au grand dam des candidats qui ne disposent pas de ressources suffisantes pour rivaliser avec les « gros » candidats, notamment ceux qui sont soutenus par le pouvoir. Lalao Ravalomanana, candidate du TIM à la mairie d’Antananarivo, s’est rendue en Allemagne pour une formation de 15 jours, occasion pour elle également d’établir des contacts avec des bailleurs de fonds. Elle a lancé un appel à la diaspora en France pour l’aider à « reconstruire Antananarivo ».

Le délai de 100 jours donné aux membres du gouvernement dans le cadre du « RRI ».pour apporter la preuve de leur efficacité a expiré. Le premier ministre se targue d’avoir atteint 94,98 % des objectifs fixés. Les prochains 100 jours qui débuteront au mois d’août devraient être focalisés sur la réalisation des objectifs prioritaires du PND, annonce-t-il. Les résultats exceptionnels mis en avant permettent de supposer qu’il n’y aura pas de changement de gouvernement ou de remaniement avant l’expiration des nouveaux 100 jours, estime Midi. Tribune ironise sur les performances avancées par l’équipe gouvernementale. Certains départements affichent un taux de réalisation des objectifs de 120 voire 150 %. Une autoévaluation et une autosatisfaction qui serait très loin de correspondre à l’opinion que se fait la population de l’efficacité de l’administration.

La crise institutionnelle a provoqué l’émoi de la communauté internationale, qui redoute le retour à une période de forte instabilité politique. Tous appellent à la retenue et au dialogue.

L’ambassadeur de France, François Goldblatt, quittera Madagascar prochainement. La décision du Quai d’Orsay intervient un peu plus d’un mois après que le diplomate ait ouvertement critiqué l’État pour le limogeage du directeur général du Trésor. Son franc-parler au sujet des pratiques de gouvernance du pouvoir a été fort peu apprécié. Le fait que l’ambassadeur ait été déclaré « persona non grata » a circulé mais la rumeur a été démentie par la ministre des affaires étrangères.

Une épidémie exceptionnelle de paludisme a frappé quatre régions, qui restent vulnérables malgré le retour de la saisie sèche. On dénombre 213.000 personnes affectées depuis le début de l’année. 187 décès ont été enregistrés. L’Usaid lance une grande campagne de vaccination contre la poliomyélite, une maladie qui était sur le point d’être éradiquée en 1997. Madagascar figure dans la liste d’une vingtaine de pays considérés comme à risque de transmission du virus Ebola.

Les Offices régionaux du tourisme ont procédé, sous l’égide de l’Unicef, à la signature du code de conduite national de lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales et contre le tourisme sexuel impliquant des enfants. Créé par l’Unicef au mois de mars, le centre de prise en charge des enfants victimes de violences sexuelles créé au CHU de Befelatanana  (Antananarivo) est débordé.

18.000 enseignants Fram du primaire vont bénéficier d’une formation initiale de six semaines durant les congés scolaires en vue de l’amélioration de la qualité de l’éducation. Pour ce faire, 600 conseillers pédagogiques sont en formation. Les cadres territoriaux du ministère de l’éducation nationale s’inquiètent du déclin du niveau des élèves des écoles publiques. En 2014, 13.000 enseignants Fram ont été intégrés dans la fonction publique. 10.000 autres devraient l’être cette année. Ces enseignants, dépourvus jusqu’ici de formation initiale, représentent 80 % des effectifs.

L'envoi d’étudiants malgaches dans les universités étrangères est suspendu en attendant de pouvoir régulariser la situation de ceux dont les bourses n’ont pas été réglées et qui, comme en Chine, sont menacés d’expulsion. Des négociations en vue de la mise en œuvre d’une mesure pérenne au profit des étudiants boursiers à l’étranger sont en cours. Sous la Transition, un certain nombre d’étudiants auraient obtenu une bourse par le biais de pots-de-vin versés à des hauts responsables du ministère. Des malversations qui n’ont jusqu’ici donné lieu à aucune enquête. Cette question des arriérés de versement de bourses entretient une agitation dans plusieurs universités. La volonté des autorités de remettre de l’ordre dans l’attribution et l’occupation des logements étudiants est également source de tensions.

Madagascar va surseoir aux expulsions d'étudiants comoriens en situation irrégulière. Début mai, de nombreux étudiants comoriens ont été renvoyés, en représailles, dit-on, à des expulsions de ressortissants malgaches accusés de trafic de drogue aux Comores. Les deux pays doivent se concerter pour trouver une solution à des problèmes de visas.

L’ambassade des Etats-Unis a publié son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme à Madagascar. Le pays doit encore faire un grand pas en avant et ce en dépit des avancées constatées ici et là. Parmi les violations les plus importantes, le document cite l’incapacité du gouvernement à assurer l’état de droit, ce qui a occasionné des abus par les forces de l’ordre, y compris des assassinats arbitraires, ainsi que la vindicte populaire. Autres problèmes cités : les conditions carcérales difficiles, les détentions préventives trop longues; une justice inefficace et manquant d’indépendance; les intimidations à l’encontre de journalistes, les restrictions à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et à la liberté de rassemblement; la corruption et l’impunité; la discrimination et les violence sociétales contre les femmes, les abus sur des enfants, les mariages précoces; les discriminations et les violences contre les personnes handicapées et les membres de la communauté LGBT, la traite de personnes, le travail des enfants, y compris le travail forcé.

Le ministre de la fonction publique, du travail et des lois sociales donne mandat aux inspecteurs du travail pour contrôler les familles employant des domestiques mineurs. L’annonce laisse dubitative le Plateforme de la société civile pour l’enfance, qui rappelle que de semblables mesures ont été prises en 2012 et n’ont pas été mises en œuvre. Le BIT indique que 2,3 millions de mineurs ne sont pas ou plus scolarisés et sont employés dans diverses activités informelles.

Lancement d’une campagne de lutte contre le mariage des enfants. En moyenne, deux filles sur cinq sont mariées ou en union avant l’âge de 18 ans, faisant de la Grande île l’un des pays aux taux de mariage précoce les plus élevés au monde. Les conséquences du mariage précoce, souvent sous la contrainte des parents, sont dévastatrices.

Des accrochages meurtriers entre villageois et bandes de dahalo sont toujours signalés. Trente dahalo repentis et trois gendarmes ont été massacrés dans le secteur d’Amboasary-Sud, fief de milliers de dahalo retranchés depuis 2 ans dans une zone difficile d’accès. L’affrontement en mis en présence les 1.500 hommes ralliés encadrés par une dizaine de gendarmes avec une bande de 500 hors la loi.

Les ex-domestiques rescapées des pays du Golfe et du Moyen-Orient ont créé une association de lutte contre l’esclavage moderne. Elle compte 90 membres, toutes ayant été victimes de la traite au Liban, en Arabie Saoudite et au Koweït. Depuis plus d’un an, trente employées de maison malgaches, en majorité enceintes, seraient détenues au Koweït, faute de papiers d’identité. L’émigration clandestine se poursuit malgré l’interdiction du gouvernement, affirment ses animatrices. Les candidates à l’exil ne renoncent pas, en dépit des mises en garde. L’association appelle au soutien du gouvernement et des institutions internationales. Treize migrantes clandestines en partance pour Dubaï via Les Comores ont été arrêtées à Mahajanga. Le passeur, une Comorienne en séjour irrégulier, a été appréhendé.

La crise institutionnelle dans laquelle le pays est à nouveau plongé se manifeste par un regain de tension dans les médias. Les députés qui ont adopté la motion de déchéance du chef de l’Etat exigent que les chaines publiques nationales permettent aux différents courants politiques de s’exprimer. Les antennes régionales de Viva, radio et TV appartenant à Andry Rajoelina, ont été victimes de coupures de courant. Le ministère de la communication a lancé un appel à la responsabilité et à la vigilance de tous les médias. Les stations radio et TV MBS, fondées par Marc Ravalomanana ont, elles aussi, été victimes de brouillage. Leur licence a été suspendue. La station Radio Fahazavàna, en revanche, appartenant au FFKM et proche de Marc Ravalomanana, a pu reprendre ses émissions après plus de 5 années d’interruption.

Le trafic illicite d’or semble toujours aussi difficile à endiguer. La PAF de l’aéroport d’Ivato a saisi 4,5 kg de poudre d’or trafiquant d’origine indienne était sur le point d’expédier sur un vol d'Air Seychelles à destination de Mumbaï (Inde).

Les trafics de tortues protégées se poursuivent. Plus de 400 tortues ont été saisies par la douane alors qu'elles étaient cachées dans les valises d’une ressortissante égyptienne arrivée 48 heures auparavant à l’aéroport d’Ivato. Elles devaient rejoindre le Soudan via le Kenya. Il s’agit d’une saisie record et de la deuxième saisie de cette année.

Une exploitation de bois précieux dans l’aire protégée de Marojejy, à proximité d’Andapa, est dénoncée par le WWF. Les coupes sont accompagnées d’exploitations illicites de produits miniers avec la complicité d’élus et de responsables locaux. Les produits seraient vendus à des Chinois venus d’Antsiranana. Des fortunes se sont créées en un temps record.

Le projet de loi portant création de la chaîne pénale spéciale contre le trafic de bois de rose a été repoussée par les députés. Le ministère de l’environnement prévoit de faire revenir son projet de loi en discussion lorsque le contexte politique sera plus favorable. Jean-Louis Andriamifidy, directeur du Bianco, affirme être en possession d’un important dossier sur ces trafics. « Nous attendons la mise en place du tribunal vert avant de dévoiler ce dossier », a-t-il indiqué. Sa création avait été annoncée depuis 2011. L’alliance AVG s’insurge contre ce report qu’elle considère comme une manœuvre dilatoire.

Huit millions d’hectares de forêts ont été brulés en 15 ans. La déforestation prend des proportions alarmantes. « En 2000 il y avait 13 millions d’habitants contre 13 millions d’hectares de forêts, en 2015 il n’y a plus que 5 millions d’hectares de forêts pour 23 millions de Malgaches », indique Horace Gatien, ministre de l’énergie. « 90 % de l’énergie utilisée par les ménages [bois de chauffe, charbon de bois] proviennent de la déforestation », rappelle-t-il. Si aucune mesure n’est prise, d’ici 50 ans il n’y aura plus de forêts dans la Grande île. A ce rythme, les reboisements occasionnels ne suffiront pas.

Le syndicat des personnels des domaines, insatisfaits des dispositions de la nouvelle lettre de politique foncière en cours de validation, a repris et poursuivi son mouvement de grève. Il évoque notamment le fait que la délivrance de certificats fonciers ne permet pas de sécuriser les droits des propriétaires de terrains. La délivrance des titres de propriété est suspendue depuis un an pour les nationaux, alors qu’elle serait facilitée pour les étrangers. Les syndicalistes soutiennent le projet de collaboration entre la direction générale des domaines et le Bianco pour éradiquer la corruption qui mine le secteur. La société civile œuvrant pour le foncier (SIF) approuve en revanche la nouvelle politique foncière validée par le gouvernement. Elle estime que ses revendications, formulées en 2010, ont été prises en considération. Elle appelle les syndicalistes à reprendre le travail.

Mamy Ravatomanga, PDG du groupe Sodiat, ex-éminence grise du président de la Transition, fait une fois de plus parler de lui à travers le projet fou : exporter 10 millions de tonnes de roche malgache à La Réunion pour construire la Nouvelle Route du Littoral (NRL), un projet pharaonique qui soulève l’opposition des défenseurs de l’environnement dans le département.

La dernière mission du FMI a pris fin sans possibilité de conclure un accord. Elle avait pour objet de discuter du mémorandum de politique économique et financière et du cadrage macro-économique de Madagascar en vue de parvenir à un accord de Facilité élargie de crédit (« FEC »). Le montant prévu de ce fonds est estimé à 260 millions de dollars. Une nouvelle mission est annoncée pour le mois d’août. Madagascar se serait vu accordé un sursis de six mois pour engager les réformes économiques et structurelles exigées.

La Banque mondiale déclare vouloir maintenir son soutien à Madagascar, en dépit de la conjoncture politique. Le premier ministre a affirmé à ses visiteurs que Madagascar est en bonne voie pour éradiquer les trafics de bois de rose, de minerais et de ressources naturelles.

Le Comesa, la Sadc et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) ont conclu un accord en vue de créer un grand marché commun regroupant 26 des 54 Etats de l’Afrique et de l’océan Indien. Madagascar appartient déjà au marché commun la Sadc et au Comesa.

Les projets Ambatovy et QMM, durement affectés par la chute des cours du nickel, se sont lancés dans une opération de compression de leurs coûts. Ambatovy a mis au chômage technique 443 employés. De nombreux contrats d’expatriés n’ont pas été renouvelés.

L’Etat fait appel à l’investissement privé pour développer son secteur énergétique. Le programme national d’électrification rurale prévoit de porter le taux d’électrification rurale à 6 % d’ici la fin de cette année et à 10 % en 2020. « Ce programme ambitieux nécessite un investissement d’un million d’euros par an », explique Horace Gatien, ministre de l’énergie. La Grande île occupe la dernière place du classement du rapport Doing business qui évalue la performance de 189 pays en termes de raccordement à l’électricité. Cet état de fait constitue un frein majeur à l’investissement dans le pays. Actuellement, seul 1,6 % de la capacité hydroélectrique est exploitée. La baisse des subventions à la Jirama à l’origine de nouveaux délestages. Ses moyens propres ne suffisent pas à couvrir les dépenses pour l’achat de carburant alors que l’État a décidé de diminuer son aide, suivant en cela les recommandations du FMI.

Les négociations entre l’Etat et ADP (Aéroports de Paris) sur l’aménagement des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be ne sont toujours pas finalisées. Le marché pourrait être scindé en deux lots, ce qui permettrait au gouvernement d’honorer partiellement des engagements pris avec un groupe chinois.

la vérité 21 06 15Un mouvement de grève affecte très durement la compagnie Air Madagascar. Des licenciements et des sanctions ont frappé des grévistes. Les personnels exigent la démission de l’équipe dirigeante, du DG de l’Aviation civile et du ministre du tourisme, des transports et de la météorologie. Ils réclament l’autonomie de gestion de la compagnie, dont l’Etat est l’actionnaire majoritaire, et dénoncent l’utilisation des vols par des proches de la Présidence à des fins personnelles et à leur convenance, ainsi que l’opacité entretenue autour des conditions d’acquisitions et des locations d’aéronefs. La situation fait peser de lourdes menaces sur l’avenir de la compagnie, déjà sous perfusion, ainsi que sur l’économie nationale. La crise survient au moment où les différentes compagnies aériennes de l'océan Indien sont sur le point de leur coopération et de créer l’« Alliance Vanille ». Henri Rabary-Njaka a démenti les informations sur sa démission ou son limogeage de la présidence du conseil d’administration de la compagnie et de son poste de directeur de cabinet de la présidence de la République. Suite aux plaintes déposées par le secrétaire général du ministère de transport et du tourisme pour association de malfaiteur, divulgation de fausses informations, atteinte à l'économie nationale, le leader syndical Rado Rabarilala a été placé en garde à vue. Cinq autres pilotes et un mécanicien ont été convoqués. La fédération des syndicats de Madagascar a apporté son soutien à Rado Rabarilala. L’Armada, plateforme de l’opposition, demande à L’Assemblée nationale de mettre en place une commission d’enquête sur la gestion des sociétés d’Etat, dont Air Madagascar et la Jirama. Le conflit dure depuis trois semaines et serait suivi par 30 % du personnel, selon la direction.

La commission européenne renouvelle le maintien d’Air Madagascar dans l’annexe B, liste des transporteurs aériens faisant l’objet d’une interdiction ou de restrictions d’exploitation dans l’UE.

Le continent africain bénéfice actuellement d’une très forte progression des investissements directs étrangers mais la Grande île, minée par son instabilité politique, ne bénéficie pas de cette conjoncture favorable. Seule note positive : des projets de délocalisation ou de création à Madagascar de plateformes d’appel téléphoniques.

Des états généraux de la diaspora sont en préparation. Comment convertir les réussites individuelles en succès collectifs ? C’est la question sur laquelle les Malgaches travaillant et résidant à l’étranger vont se pencher lors d’une rencontre mondiale de la diaspora prévue en 2016.

Forte inflation et stagnation économique. Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, l’inflation a atteint 7,9 % en glissement annuel au mois de mars. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis octobre 2011. La reprise attendue de l'activité économique n’a pas été au rendez-vous au premier trimestre de cette année. Cette période a été essentiellement marquée par le recul de la création de nouveaux établissements formels par rapport au premier trimestre 2014, l’absence de création d’emplois, la baisse de la consommation de produits pétroliers, la diminution du nombre de touristes et la baisse de pouvoir d'achat des ménages. Le rapport pointe en outre du doigt la part excessivement faible de la dépense publique consacrée à l’investissement. Le système financier malgache ne prête pas suffisamment à l’économie, les liquidités disponibles sur le marché sont insuffisamment utilisées pour le crédit, dénonce le vice-président du groupement des entreprises de Madagascar (GEM). L’État entend passer à la vitesse supérieure quant à l’amélioration des recettes publiques. Un effort particulier sera porté sur le recouvrement des contributions des grandes entreprises. Au niveau des Douanes, le système de contrôle et de lutte contre les importations et exportations illicites sera renforcé. L’accroissement des recettes de l’État, l’assainissement des dépenses, notamment des grandes entreprises publiques telles que la Jirama, l’apurement des fichiers des personnels de l’État, font partie des conditionnalités du FMI.

La population malgache atteindra 30,4 millions en 2025. Estimée à 22,4 millions en 2014, elle progresse à un taux très rapide de 2,8 % par an. Pour le Pnud, les défis à relever sont considérables, notamment pour les jeunes et les femmes. Le Pnud rappelle que Madagascar a complétement raté le train des OMD. La croissance économique reste faible, les progrès réalisés en matière de gouvernance insuffisants.

L’urbanisation non maîtrisé d’Antananarivo constitue un défi majeur. La population de la capitale devrait plus que doubler dans les 5 ans à venir. Elle accueille 200.000 nouveaux arrivants par an. La « bidonvilisation » gagne du terrain, les constructions illicites représentent plus de 80 % de l’ensemble du bâti.

Le processus d’élaboration de nouveaux partenariats se trouve retardé par le bras de fer entre l’exécutif et les parlementaires. Les partenaires techniques et financiers sont à nouveau dans l’expectative. La crise institutionnelle tombe au plus mal pour l’économie malgache. Le pays se trouve en effet dans une phase de finalisation de nouveaux accords de coopération. La dernière mission du FMI a pris fin sans possibilité de conclure un accord. Elle avait pour objet de discuter du mémorandum de politique économique et financière et du cadrage macro-économique de Madagascar en vue de parvenir à un accord de Facilité élargie de crédit (« FEC »). Le montant prévu de ce fonds est estimé à 260 millions de dollars. La conférence des bailleurs se tiendra à Paris les 17 et 18 novembre. Elle sera organisée sou l’égide de la Banque mondiale, avec le concours du Pnud.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L’affaire des 200 millions Ar découverts dans le véhicule d’une députée du Mapar
  • Préparation des élections communales du 31 juillet
  • Les suites du vote de la motion de déchéance du chef de l’Etat
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé
  • Droits des enfants, éducation, universités
  • Droits des femmes, droits des LGBT
  • Insécurité, justice, gouvernance
  • Emploi, traite des personnes, émigration clandestine
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Exploitation des ressources naturelles, agrobusiness, foncier
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Monde des affaires, entreprises nationales, conflit à Air Madagascar
  • Divers

>> Télécharger pdf, 30 pages

 Voir aussi Facebook https://www.facebook.com/jumami.madagascar

Posté par jumami à 07:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]


ARTICLES REMARQUES - JUIN 2015

<>  30 06 15 - Ambassade des Etat-Unis - Rapport sur la situation des droits de l'homme à Madagascar en 2014
La Grande île doit encore faire un grand pas en avant et ce en dépit des avancées constatées ici et là
. Parmi les violations les plus importantes, le document cite l’incapacité du gouvernement à assurer l’état de droit, ce qui a occasionné des abus par les forces de l’ordre, y compris des assassinats arbitraires, ainsi que la vindicte populaire. Autres problèmes cités : les conditions carcérales difficiles, les détentions préventives trop longues; une justice inefficace et manquant d’indépendance; les intimidations à l’encontre de journalistes, les restrictions à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et à la liberté de rassemblement; la corruption et l’impunité; la discrimination et les violence sociétales contre les femmes, les abus sur des enfants, les mariages précoces; les discriminations et les violences contre les personnes handicapées et les membres de la communauté LGBT, la traite de personnes, le travail des enfants, y compris le travail forcé. Le gouvernement n’a pas poursuivi les responsables de ces abus et l’impunité demeure un problème.

- 23 06 15 - SeFaFi - Communiqué - Les leçons d'un verdict
La demande de déchéance du Président par l’Assemblée nationale et son rejet par la HCC ont mis la classe politique en effervescence et intrigué le citoyen. Ces péripéties ne sont toutefois que la face visible d’un malaise plus profond qui continue à paralyser le pays. Dans l’histoire récente, la HCC a toujours pris position en faveur du pouvoir en place, en dépit des légitimes réserves que ses décisions ont pu provoquer. Qu’une décision soit plus politique que juridique n’est pas surprenant, mais cela n’est guère compatible avec la volonté proclamée d’asseoir l’État de droit. Le « pacte de responsabilité » demandé par la HCC, qui veut en faire le « garant du bon fonctionnement de l’État » pourrait surtout concerner un nouveau partage de sièges entre les acteurs politiques. Si c’était le cas, ce pacte d’irresponsabilité créera les conditions d’une prochaine crise et aggravera l’instabilité dans le pays. Et pendant ce temps, la préparation des élections communales ainsi que la question primordiale des « fokonolona » et des « fokontany » passent au second plan alors que les abus se multiplient.

- 22 06 15 - Tribune - Edito - Ndimby A.- La République superficielle
Dans une ambiance pour le moins délétère marquée par des grèves, une forte tension politique entre le Président et les députés, et une impopularité croissante du Chef de l’État, les communicateurs du pouvoir tentent timidement de rappeler que dans moins d’une semaine, Madagascar célèbrera le 55ème anniversaire de son retour à l’Indépendance. Depuis 2009, les 26-Juin se suivent et se rassemblent de façon insipide et narquoise, nous rappelant malheureusement qu’il n’y a pas vraiment de raison de faire la fête. Pourquoi Madagascar en est arrivé là, ou plutôt pourquoi Madagascar n’a pas beaucoup bougé de là ? Cette question interpelle journalistes, chercheurs et praticiens du développement, justifiant livres, travaux académiques, rapports de consultant, séminaires et ateliers, qui bien qu’utiles, ont une portée limitée en ce qui concerne l’apport de solution : le problème malgache est d’abord et avant tout un problème lié à la mentalité exécrable des politiciens non moins exécrables, et tant que celle-ci ne changera pas (ou mieux, tant qu’on ne changera pas les politiciens), le statu quo sera de mise pour bien longtemps encore. On pourra résumer la source de nos maux en ces mots : la superficialité de la République.

<>
  19 06 15 - Madagoravox - Laurent Sermet - Avis d'un constitutionnaliste sur la décision de la HCC
Les 12 et 13 juin 2015, la Haute Cour Constitutionnelle a rendu une décision et un avis, respectivement à la demande des parlementaires et du Premier ministre, qui s’analysent comme un langage de répliques des uns à l’autre. Cette décision et cet avis vont dans le même sens en estimant, entre autres, que la procédure de destitution présidentielle n’est pas fondée et que les institutions doivent continuer à œuvrer dans le respect de la Constitution. Cette énième crise institutionnelle laisse, objectivement, le pays encore un peu plus fragile qu’il ne l’était dans l’étape précédente. Il y a une réalité pathologique de la gouvernance malgache : celle d’un malade faisant face à de multiples rechutes de plus en plus graves et rapprochées et qui ne disposerait que d’anticorps de moins en moins résistants. Comment transformer le cycle vicieux des crises en un cycle vertueux ? Aucune réponse ou début de réponse n’est donnée actuellement, même si les positions de la HCC vont dans le bon sens. Le poison de la défiance, la force négative de la corruption, l’incapacité de répondre aux besoins de développement, tant de la part des autorités malgaches que de la communauté internationale, s’installent tous les jours un plus profondément. Le peuple malgache, qui est dans toutes les bouches, est une réalité nominale, qui ne vaut que comme une instance de référence justificatrice de l’accession au pouvoir et une fois le sésame électif obtenu, il est oublié ou bien peu pris en compte. Le peuple a conscience de son sort dégradé et sait la distance qui le sépare de l’élite nationale mais il ne la sanctionne pas, ni par la force, ni par les urnes.

- 07 06 15 - DwizerNews - Ravatomanga : vente de terre malgache - 672 millions d'euros en ligne de mire
Mamy Ravatomanga, PDG du groupe Sodiat et ex-éminence grise du président de la Transition Andry Rajoelina, fait une fois de plus parler de lui à travers un projet fou : vendre 10 millions de tonnes de roche malgache à La Réunion pour sauver la Nouvelle Route du Littoral (NRL). Opération de communication sur l’île Bourbon, avec en tête de ligne Patrick Grondin, réunionnais d’origine, actuel émissaire du groupe Sodiat dans cette affaire et  directeur de diverses sociétés du même conglomérat industriel à Madagascar. Mamy Ravatomanga, natif des Hautes Terres, est devenu un acteur important de l'économie de la Grande Île dans les années 2000. Après avoir débuté dans le transport de produits pétroliers, il est aujourd'hui à la tête d'un consortium regroupant plus d'une dizaine de sociétés, de la clinique de luxe à la distribution automobile en passant par l'hôtellerie et le négoce de litchis. Patrick Grondin explique aux Réunionnais qu’il va les sauver des horreurs de cette carrière. Grâce à celle qu’il possède à Tolagnaro, ils pourront échapper à la pollution et aux désagréments de l’exploitation. Mamy Ravatomanga empocherait 672 millions d’euros. Il assure qu’une partie des bénéfices sera versée aux associations réunionnaises et malgaches.

<>
  03 06 15 - SeFaFi - Communiqué - Déchéance générale
Ce qui devait arriver est arrivé. En demandant la « dissolution » puis le « changement » des institutions de l’État, les assises nationales pour la réconciliation ont ouvert le conflit latent entre le Président de la République et l’Assemblée nationale – même si les « résolutions » que le Président de la République s’était aveuglement engagé à mettre en œuvre étaient devenues de « simples suggestions ». Bien que ces assises n’aient aucune légitimité et leurs résolutions aucune valeur juridique, n’étant qu’un accord politique ou, pour le FFKM, un « contrat moral », le mal était fait. Se pose maintenant la question de savoir comment sera gérée l’accusation de déchéance votée par l’Assemblée nationale. Mais derrière les querelles juridiques, se cachent des visées politiques. Le pays supportera mal une nouvelle période d’incertitude institutionnelle. L’issue pourrait être l’intervention d’un accord entre la Présidence et l’Assemblée nationale, qui ne soit pas une hypocrisie sans lendemain comme lors des assises nationales.

<>
02 06 15 - Francetvinfo - Géopolis - Michel Lachkar - Madagascar : L'énigme d'une crise politique chronique
L'instabilité politique poursuit Madagascar où l'Assemblée nationale vient de voter la destitution du président Rajaonarimampianina. Son éventuel départ doit être examiné par la Haute Cour constitutionnelle. Madagascar : autopsie d'un échec politique et économique sans fin. Mireille Razafindrakoto et François Roubaud chercheurs à l'IRD/DIAL répondent aux questions de Géopolis

<>
02 06 15 -L'Express - Opinion - Plaidoirie
A Madagascar, la violation par un chef de l’État de la Constitution est un crime. C’est ce que dit l’article 131 de la Constitution. Mais la Loi fondamentale elle-même dit que pour conduire son auteur devant l’échafaud de la déchéance, il faut que la violation ait été grave, ou qu’elle ait été répétée. Si la Haute cour constitutionnelle devait donc juger du fond de l’affaire qui secoue aujourd’hui la République, elle devra déterminer si Hery Rajaonarimampianina a effectivement « violé, voire méprisé, de façon grave, répétée et inconsidérée la Constitution ». Mais aura-t-elle seulement l’occasion de le faire ? Dans les rangs des partisans du chef de l’État, l’on refuse de reconnaître cette compétence à la Haute cour constitutionnelle.

<> 01 06 15 - L'Express - Opinion - André Rasolo - Un cas unique dans le monde
La République de Madagascar est caractérisée par l’empêchement de son président élu au suffrage universel. En mars 1996, Le président de la République Albert Zafy a été empêché par sa propre majorité à l’assemblée nationale (AN). Aujourd’hui, l’AN vote la déchéance du président Hery Rajaonarimampianina. En l’espace de 20 ans, l’AN seule, sans le sénat, a voulu la tête de deux présidents de la République élus. C’est un cas unique dans l’histoire de l’État Républicain dans le monde entier.

-------------------------------------------------------

 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

--------------------------------------------------------

Posté par jumami à 06:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 mai 2015

REVUE DE PRESSE - MAI 2015

La conférence des évêques de Madagascar a publié une déclaration qui charge le pouvoir et dénonce les maux qui frappent la société,mettant notamment l‘accent sur la corruption, diverses formes de discriminations politiques ou ethniques et l’exploitation sans frein des richesses minières du pays.

La Gazette 01 05

Marc Ravalomanana a été élu président du TIM par le congrès du parti réunissant quelques 5.000 participants. Le fondateur reprend ainsi la main sur son parti, en bute à des rivalités internes, au moment ou l’ancienne première dame entre en pré-campagne pour la mairie de la capitale. Marc Ravalomanana retrouve la place de président du conseil d’administration du groupe Tiko. La Gazette se dit impressionnée par l’efficacité de la stratégie de communication de l’ancien chef de l’Etat, qui feint d’ignorer qu’il est toujours sous le coup de trois condamnations par contumace. Dans sa stratégie de retour sur la scène politique à l’occasion des communales, l’ancien chef de l’Etat affirme vouloir maintenir sa collaboration avec le pouvoir.

Les assises pour la réconciliation nationale organisées à l’initiative du FFKM ont accouché de résolutions à caractère politique qui ont été la cible de très nombreuses critiques. Les participants ont appelé à de profonds changements institutionnels dont la mise en œuvre a été confiée au chef de l’Etat. Celui-ci a tenu à prendre ses distances, laissant planer le doute sur sa volonté de les faire appliquer. Le premier ministre est allé jusqu’à évoquer de simples « propositions » pour tenter de calmer de ramener le calme dans les sphères du pouvoir et notamment parmi les députés, visés par une demande de dissolution de l’assemblée nationale. La revendication de « dissolution des institutions » a notamment été gommée du document signé avec les dirigeants du FFKM. Le SeFaFi a dressé un bilan particulièrement sévère des assises nationales et des résolutions adoptées. Lors de la séance de clôture, Hery Rajaonarimampianina a annoncé l’abrogation du décret assignant Marc Ravalomanana à résidence fixe. Les observateurs constatent que plusieurs semaines après la clôture des assises aucune des « propositions » adressées à l’exécutif n’a encore été mise en œuvre. Seule la mise en place d’une nouvelle institution de réconciliation serait pour l’instant à l’étude.

la nation 07 05 15

L’assemblée nationale a voté à une très large majorité une « motion de déchéance » du chef de l’Etat pour « violations graves et répétées de la Constitution et haute trahison ». Son sort est placé entre les mains de la HCC qui devrait se prononcer rapidement sur la recevabilité du texte. Le président se voit notamment reprocher le retard pris dans l'installation de la HCJ, le non-respect de la séparation des pouvoirs et du délai de promulgation des lois, les obstacles mis à l'instauration d'une commission électorale indépendante, la menace de dissolution de l'assemblée nationale, le non-respect du principe de laïcité de l’Etat pour avoir confié le processus de réconciliation nationale au Eglises du FFKM. « Le vote s’est déroulé dans une ambiance cacophonique indigne d’une institution de la République », écrit Midi. Les députés de la mouvance Ravalomanana ont pesé dans la balance en se prononçant en faveur de la motion. L’opinion s’interroge : Marc Ravalomanana, qui venait de réaffirmer son soutien au pouvoir, avait-il donné des consignes de vote aux 21 députés du parti qui ont adopté la motion à l’unanimité ? Tribune écrit : « les résolutions des assises de la réconciliation nationale qui recommandent la dissolution de toutes les institutions sauf la présidence de la République, sont à la source de tous ces problèmes. Le chef de l’Etat, indécis comme toujours, n’a jamais annoncé sa décision sur la dissolution ou non des institutions, dont l’assemblée nationale. Les députés ont préféré prendre les devants ». Pour L’Express, « Le président s’est fait avoir lamentablement en misant sur une chambre où il n’avait que des représentants virtuels et une majorité artificielle, faite de bric et de broc ». Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina sont à l’affût, pressés qu’ils sont de prendre leur revanche, voire de ne pas attendre la présidentielle de 2018 pour en découdre. Préoccupés par la procédure de déchéance engagée, les Etats-Unis ont tenu à faire savoir qu’ils apportent leur soutien au chef de l’Etat et au gouvernement, plaçant les députés devant leurs responsabilités. La France a fait part de sa préoccupation. Le GIS-M, prudent dans son appréciation, « réitère son soutien aux institutions issues des élections démocratiques et en appelle à la prise de responsabilité de toutes les parties prenantes ». Le chef de l’Etat semble pour l’instant avoir renoncé à user de son pouvoir de dissolution. Les camps en présence à la chambre basse s’accusent mutuellement de corruption et d’achats de votes. Les résolutions à forte teneur politique des assises nationales ont provoqué l’inquiétude des opérateurs économiques. L’adoption par l’assemblée nationale de la motion de déchéance du chef de l’Etat n’a fait que renforcer les préoccupations des milieux économiques, qui redoutent une nouvelle crise institutionnelle éloignant encore la Grande Ile du redémarrage économique. Les réactions des bailleurs de fonds sont attendues avec anxiété. La guerre de communication entre les deux camps bat son plein, chaque camp essaye de faire pression sur les juges constitutionnels. Dans l’hypothèse où la HCC validerait la motion de déchéance, la question commence à se poser de savoir qui pourra assurer l’intérim durant l’empêchement du président.

Newsmada 28 05

Le site Houssenia Writing écrit : « Cette affaire digne d’un feuilleton montre que Madagascar n’est absolument pas prêt pour un régime parlementaire. Le président Albert Zafy avait également été destitué par un vote parlementaire après un mandat de 3 ans. On peut dire que Hery Rajaonarimampianina a pu seulement tenir la moitié du mandat d’Albert Zafy avant de provoquer une crise qui va durer des mois tandis que la population s’enfonce de plus en plus dans la pauvreté ».

Les élections municipales devraient avoir lieu le 31 juillet dans les 1.650 communes de la Grande Ile mais le séisme politique provoqué par l’adoption de la motion de déchéance du président de la République fait craindre une remise en cause de ce scrutin. Les bulletins uniques ne comporteront plus les noms et prénoms des candidats, ni leurs photos. Seuls les logos des entités sous lesquelles les prétendants se présenteront seront affichés. Pour le Mapar, cette décision est une manière déguisée de limiter la marge de manœuvre de certaines listes, notamment des siennes. Le parti demande l’annulation de ces dispositions. L’Alliance républicaine de Madagascar (Armada) - ou Alliance d’Ambodivona - regroupant des formations pro-Rajoelina, dénonce des anomalies dans l’organisation du scrutin. Le groupe parlementaire VPM-MMM a déposé un projet de loi visant à créer une nouvelle CENI. Une démarche interprétée comme destinée à remettre en cause le calendrier des élections. La formation, membre de l’Alliance d’Ambodivona, entend mettre fin aux fonctions de l’actuelle CENIT dont la mission a été prolongée et dont l’indépendance est contestée

Newsmada 19 05

Cinq femmes et quatre hommes seront en lice pour la mairie d’Antananarivo. Outre Lalao Ravalomanana, ancien première dame, on note la candidature de personnalités connues comme la très médiatique Lalatiana Rakotondrazafy, animatrice de Free FM, qui pourrait bénéficier du soutien de l’Alliance Républicaine de Madagascar pro-Rajoelina. La capitale se préparerait à un match entre trois opposants : Lalao Ravalomanana, Lalatiana Rakotondrazafy et Hery Rafalimanana, soutenu par le parti présidentiel HVM. Mais compte tenu de la notoriété des candidates, la capitale pourrait bien revenir pour la première fois à une femme. Le HVM couvre presque 100 % des communes, sauf à Antananarivo où il a préféré soutenir un indépendant. Le TIM devrait également être présent dans toutes les circonscriptions. « C’était Andry Rajoelina qui était prévu pour être le candidat du Mapar et de l’Armada à Antananarivo mais il s’est désisté au dernier moment en raison des trop nombreuses irrégularités dans la préparation des élections », déclare le porte-parole du Mapar. L’UE a fait savoir qu’elle n’enverra pas d’observateurs, à la différence des Etats-Unis et de la COI. La pré-campagne a débuté, en l’absence de texte précis réglementant cette période.

L’assemblée nationale a adopté la loi autorisant la ratification de la convention sur les armes à sous-munitions, signée par Madagascar le 3 décembre 2008. La loi a été déclarée conforme à la Constitution. Le conseil de gouvernement a adopté le projet de loi autorisant la ratification de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, signé par Madagascar le 31 janvier 2014. La loi abolissant la peine de mort, adoptée par l’assemblée nationale le 10 décembre 2014, a été déclarée par la HCC conforme à la Constitution. Sa promulgation est intervenue le 2 février mais le texte n’est toujours pas paru au JO.

La lutte contre le commerce florissant de médicaments contrefaits en provenance de pays comme l’Inde ou la Chine passera par la mise en place de dispositifs techniques (hologrammes) permettant de rendre effective la traçabilité des produits.

La recrudescence du paludisme préoccupe les autorités sanitaires, tant dans la capitale que dans le Sud. Le nombre des victimes n’a cessé d’augmenter ces trois dernières années, en lien avec la pauvreté croissante et les problèmes d’hygiène publique. Le directeur du programme national de lutte contre le paludisme redoute un épuisement du stock de médicaments. La faible implication de l’Etat est dénoncée. Le médecin responsable du programme suspecte des détournements de médicaments. Des moustiquaires fournies aux populations des zones côtières sont détournées de leur fonction et converties en filets de pêche.

Plus de 8.000 cas de conjonctivite virale ont été enregistrés. Le manque d’hygiène favorise la propagation de la maladie à toutes les régions.

523 paramédicaux devraient être recrutés dès cette année mais il sera nécessaire de faire appel à des diplômés issus des institutions de formation privées qui ont fleuri à travers le pays et dont le niveau est contesté. Les admis bénéficieront de six mois de recyclages. Objectif : rouvrir dès que possible les 241 CSB fermés durant la crise politique.

L’enquête Afrobaromètre de décembre 2014 met en évidence les graves lacunes liées à la satisfaction de droits fondamentaux comme l’accès aux soins de santé, à la nourriture et à l’eau potable.

Constat d’échec du programme « Education pour tous ». Seul un objectif sur les six recommandés dans le cadre du forum mondial sur l’éducation qui s’est tenu à Dakar en 2000 est atteint. Il s’agit de l’égalité du genre en termes d’accès à l’éducation. Les cinq objectifs restants ne sont réalisés qu’à 30 %.

Le non-paiement des bourses d’études des étudiants continue de provoquer des inquiétudes, tant au niveau des universités malgaches, qui sont affectées par des mouvements de grève, que pour les étudiants qui poursuivent un cursus à l’étranger, notamment en Chine. Les 273 étudiants boursiers de ce pays risquent d’être expulsés à la fin ce de mois si l’Etat malgache ne paye pas leurs arriérés. Les autorités restent impuissantes à lutter contre la prolifération d’établissements d’enseignement supérieur non agréés.

Le dernier rapport de l’ONG internationale « Save the Children » sur la situation des mères dans le monde fait état de la grande fragilité des mères africaines, dont les mères malgaches. Pour le critère synthétique de vulnérabilité, la Grande Ile est classée 155ème sur 177 pays, en régression de 11 places par rapport à 2014. Une fragilité qui a de graves impacts sur les droits des enfants. La méconnaissance des lois par les femmes malgaches favorise les violations à leur encontre, écrit l’ONG Sud-africaine Gender Links. Malgré la ratification par Madagascar de plusieurs lois sur les droits humains, de nombreuses femmes ignorent encore ces instruments juridiques et sont incapables de prendre leur place dans la société.

Des exécutions extrajudiciaires, liées à des actes de « vindicte populaire » alimentent toujours la chronique. Une situation préoccupante révélatrice de l’absence de confiance de la population envers la justice et le pouvoir, déplore La Vérité. Les actions de groupes armées et de dahalo frappent les populations jusqu’en zone périurbaine. « Le pays tout entier s’enfonce progressivement dans l’insécurité », déplore La Nation. La police nationale souhaite se doter de drones pour lutter contre le banditisme, notamment dans la capitale. Le premier ministre a annoncé le recrutement de 1.200 gendarmes et de 870 policiers. Le ministère de la défense prévoit par ailleurs la formation et la mise en place d'unités de commandos d'élite. Le conseil du gouvernement a adopté un texte suspendant les autorisations d’introduction d’armes de deuxième catégorie ainsi que les autorisations de première détention. Un inventaire des détenteurs est annoncé. Des voix se font entendre en faveur du rétablissement de la peine de mort, tout juste abrogée. Le danger islamiste menace Madagascar. La vigilance est de mise, de l’avis du général Béni Xavier Rasolofonirina, chef d’Etat-major de l’armée.

Les droits de la défense garantis par la Constitution ne sont pas respectés, selon l’ordre des avocats. La plupart des prévenus ne sont pas assistés d’un avocat et la détention préventive est la règle. Il demande au chef de l’Etat de respecter les engagements pris en promulguant les textes de loi adoptés. Le Syndicat des Magistrats de Madagascar (SMM) condamne des «affectations arbitraires et disciplinaires » obéissant, selon lui, à des motivations politiques. Le syndicat affirme que toutes les réclamations concernant ces nominations sont systématiquement rejetées. Le SMM rappelle à l’exécutif que l’État de droit exige une justice indépendante et autonome. La maison centrale d’Antanimora compte 3.400 détenus, pour une capacité théorique de 800. Des conditions de détention inhumaines « aussi bien moralement que physiquement », selon le CICR. L’insuffisance des budgets de fonctionnement aggrave la situation. Seuls quelques dizaines de détenus peuvent échapper à ces conditions en effectuant des « corvées extérieures » ou bénéficier d’une liberté conditionnelle.

Le BIT a exhorté la Grande Ile à avancer dans la ratification des conventions internationales relatives à la sécurité et la santé au travail. 50 % des jeunes malgaches sont sans emploi, 80 % d’entre eux n’ont pas de travail décent, selon le représentant local du BIT. Neuf employés sur dix ne bénéficient pas de couverture sociale. La situation est jugée particulièrement préoccupante. Raison pour laquelle la Grande Ile fait partie des pays africains dotés d’un Programme Pays pour le Travail Décent (PPTD) mais qui est encore à la recherche de financements.

Début mai, une vague de 300 travailleurs s’apprêtaient à partir pour l’Arabie Saoudite, recrutés par une société saoudienne qui affirme avoir obtenu le feu vert des autorités. Le directeur administratif révèle avoir en projet d’autres vagues d’expatriation. Le ministère du travail et des lois sociales a réaffirmé que la décision de suspension de l’envoi de travailleurs vers les pays du Golfe et du Moyen-Orient restait en vigueur. Il appelle la police de l’air et des frontières à faire preuve de vigilance. Un départ a été annulé pour deux cent travailleurs à destination de l’Arabie Saoudite. Un réseau clandestin d’envoi d’employées au Moyen Orient a été démasqué. Une embarcation avec une vingtaine de personnes à bord a fait naufrage sur les côtes malgaches au large de Nosy-Be en voulant rejoindre Mayotte, faisant 8 à 10 morts et plusieurs disparus. Les langues commencent à se délier et à reconnaitre l’existence de véritablesréseaux assurant le trafic de clandestins à destination de Mayotte.

Radio MBS appartenant à Marc Ravalomanana a procédé à des essais techniques et a repris es programmes après plusieurs années d’interruption consécutives au pillage dont elle a été victime en janvier 2009. Le ministère de la communication a ordonné la cessation immédiate des émissions et a menacé la station de faire procéder à la saisie des matériels ou à la mise sous scellés de son émetteur. Les observateurs avaient considéré, un peu hâtivement, que cette réouverture avait été rendue possible en application des résolutions adoptées lors des assises pour la réconciliation nationale. TV MBS serait également sur le point de reprendre ses émissions.

La validation du plan d’action pour l’assainissement des bois de rose se fait attendre. La société civile s’impatiente et exige du concret dans la répression des trafics. Le premier ministre a confirmé aux parlementaires l’adoption par le conseil des ministres du projet de loi mettant en place la chaîne spéciale de lutte contre les trafics de bois précieux. Elle pourra mener des enquêtes, procéder aux jugements et aux arrestations, alors que les tribunaux de droit commun ne peuvent agir qu’à la suite de dépôts de plaintes. 17 mois après l’annonce du chef de l’État de sa volonté d’éradiquer ce fléau, aucun « grand nom » n’a fait l’objet d’arrestation alors que l’identité de plusieurs d’entre eux a été dévoilée par les réseaux sociaux. Le premier ministre met en avant le fait que son équipe n’est pas restée inactive depuis cette annonce. Il rappelle que la Banque mondiale apporte son appui à la lutte par un financement de 4,2 millions de dollars pour permettre la réorganisation des stocks saisis. Des négociations seraient en bonne voie pour le rapatriement des rondins saisis à l’étranger. Alain Ramaroson, président du parti Masters et ancien membre du CST, a demandé officiellement aux autorités de faire la lumière sur les 6.000 tonnes de bois de rose en provenance de Madagascar saisis en Afrique de l’Est et en Asie.

Armand Marozafy, coordinateur-adjoint de Lampogno, un réseau qui milite pour la gestion et la préservation des ressources naturelles de Masoala, accusé de diffamation par deux opérateurs touristiques très connus de la région, a été condamné à six mois de prison ferme et 12 millions Ar de dommages et intérêts, en application de la nouvelle loi sur la cybercriminalité. L’émotion est forte dans les milieux environnementaux.

Une banque dont le siège social est à Saint-Vincent et Grenadines figure sur la liste noire des forces de l’ordre. Les enquêteurs suspectent de blanchiment d’argent les détenteurs d’un numéro de compte appartenant à des opérateurs miniers étrangers œuvrant dans la Grande Ile depuis une vingtaine d’années.

Madagascar occupera 8 % du marché mondial des terres rares en 2015. La société allemande Tantalus Rare Earths vient de signer une lettre d’intention de partenariat technique et commercial avec Rhodia, filiale du groupe belge Solvay pour l’exploitation d’une concession de 300 km2 dans la presqu’ile d'Ampasindava. La demande mondiale pour les terres rares pourrait doubler d'ici 2025, à 12.5000 tonnes par an pour des usages liées aux industries de pointe. La Chine concentre actuellement 55 millions des 110 millions de tonnes des réserves connues et 95 % de la production mondiale.

Le braconnage de tortues en voie de disparition est désormais hors de contrôle, selon une ONG basée en Afrique du Sud. Le député de Taolagnaro signale une recrudescence des vols d’ossements humains, ainsi que du trafic de corail noir.

« Madagascar s’est engagée à augmenter jusqu’à 7 millions d’ha les aires protégées au nombre de 94 à statut définitif ainsi qu’en recouvrant le pays de 1.000 ha de reboisement chaque année », a annoncé le ministre de l’environnement, de l’écologie, de la mer et des forêts à l’occasion de la 11ème  session du forum des Nations unies sur les forêts.

Les députés demandent la nationalisation des terrains des anciens colons pour pouvoir les distribuer équitablement aux nationaux. Pour le moment la plupart de ces terrains sont en friche. Les propriétaires sont décédés mais s’agissant de terrains titrés, les descendants possèdent toujours des droits et peuvent les revendre, comme cela s’est déjà vu. Les nouveaux acquéreurs procèdent alors à l’expulsion des occupants qui ont mis en valeur les terres abandonnées.

Les consultations portant sur l’affectation des 518 millions d’euros du 11ème FED sont bouclées. La signature devrait intervenir avant la fin de l’année. Le déblocage des fonds est conditionné par l’élaboration conjointe du « Programme indicatif pays » qui s’inspirera du PND. Quelques secteurs prioritaires bénéficieront des financements du 11ème FED : infrastructures, renforcement des institutions, développement rural et énergie. Quant à l’aide budgétaire, après la première tranche de 65 millions d’euros débloquée en 2014, une deuxième tranche de 13 millions est prévue pour cette année. Son décaissement est soumis à l’évaluation des recommandations émises par l’UE lors du déblocage de la première tranche. L’ambassadeur de l’UE a souligné que l’Etat ou les organismes publics qui bénéficient des fonds ont la responsabilité de les utiliser dans le but de lutter contre la pauvreté ou d’améliorer la vie des citoyens. « L’UE ne fait pas de la philanthropie », a-t-il déclaré. L’UE soutient l’administration à travers le projet « Une administration pour tous ». Un projet qui vise à renforcer l’efficacité et l’intégrité de l’administration publique pour améliorer la qualité des services. La Banque Européenne d’Investissements (BEI) va prêter à Madagascar 300 millions d’euros dans le cadre de son processus de développement. Des discussions sont en cours pour définir les projets à financer en matière de réhabilitation des routes, d’énergie, d’électricité et de réhabilitation d’infrastructures suite aux dégâts cycloniques.

Selon le premier ministre, l’application du PND nécessiterait la somme de 18 milliards de dollars. L’Etat malgache est en mesure d’y consacrer 2 milliards. D’autres promesses de bailleurs font état de 3 milliards de dollars d’aides. L’Etat devrait donc encore trouver plus de 13 milliards de dollars. Aucun calendrier n’est encore fixé pour la tenue de la conférence des bailleurs de fonds annoncée par le pouvoir.

D’après le ministre de l’industrie, 17 entreprises ont obtenu à ce jour l’agrément d’exportation vers les Etats-Unis dans le cadre de l’AGOA. « En quatre mois seulement, 26.192 emplois ont été créés », affirme le ministre de l’industrie. L’ambassadeur des Etats-Unis souligne qu’il reste encore beaucoup d’efforts à déployer pour atteindre le volume d’exportations de 2008. A l’époque, Madagascar était en tête des pays africains bénéficiaires. Le Congrès américain devrait se prononcer prochainement sur le prolongement de l’AGOA pour une durée de 10 ans.

Une entreprise canadienne est sur le point de signer un accord d’achat d’énergie avec le gouvernement. Ce sera, dit-on, le coup d’envoi d’un projet d’énergie renouvelable historique. « Le gouvernement américain est prêt à coopérer dans le domaine de l’énergie», déclare pour sa part le ministre chargé des ressources énergétiques. Une vingtaine d’investisseurs américains ont effectué une mission de prospection, manifestant de l’intérêt pour les secteurs de l’énergie, des mines, des travaux publics et l’agrobusiness.

Madagascar recule de 6 places dans le Doing Business 2015, passant, sur 189 pays, de la 157ème place en 2014 à la 163èmeplace en 2015. Une fois de plus, c’est la défaillance de la Jirama qui est la cause première de ce recul, Madagascar étant bon dernier en matière de raccordement à l’électricité. En matière d’attractivité touristique, Madagascar se classe 121ème sur 141, d’après le « Word Economic Forum ».

L’État a choisi le consortium Aéroports de Paris (ADP)-Bouygues-Colas pour la mise en concession des aéroports internationaux d’Ivato et de Nosy-Be. Les travaux doivent débuter le 1er juillet pour une première livraison en octobre 2016, peu avant les sommets de la Francophonie et du Comesa qui revêtent une importance jugée capitale pour l’image que donnera le pays à ses hôtes de marque. Le consortium retenu a toujours été considéré comme le favori de l’État. Le sort d’Aéroport de Madagascar (Adema) continue de soulever des inquiétudes et des interrogations, notamment parmi les employés.

Les syndicats des personnels d’Air Madagascar exigent la démission du ministre du tourisme et des transports et de tout le staff dirigeant de la compagnie, parmi lesquels le président du conseil d’administration et non moins directeur de cabinet de la présidence de la République, l’avocat franco-malgache Henri Rabary-Njaka. Ils leur imputent les graves difficultés que rencontre la compagnie. « L’État persiste à octroyer des subventions à Air Madagascar », titre L’Express, et ce en dépit des recommandations de la Banque mondiale et du FMI.

L’opérateur téléphonique français SFR compte réduire les effectifs de sa hotline au Maroc et créer de nombreux emplois à Madagascar. Un employé malgache lui coûterait 200 euros par mois contre 500 au Maroc.

la nation 26 05

Une première vague de 4.000 fonctionnaires fantômes ont étéidentifiés dans quatre ministères. Ils seront privés de salaire et pourront être poursuivis au pénal, annonce le ministre de la fonction publique. Le recensement va se poursuivre dans les autres départements ministériels, à l’aide d’un système biométrique.

Selon le premier ministre, l’application du PND nécessiterait la somme de 18 milliards de dollars. L’Etat malgache est en mesure d’y consacrer 2 milliards. D’autres promesses de bailleurs font état de 3 milliards de dollars d’aides. L’Etat devrait donc encore trouver plus de 13 milliards de dollars. Un décret pris en conseil des ministres instaure un « comité d’organisation de la conférence des partenaires du développement ». Aucune date précise n’est annoncée pour la tenue de cette conférence des bailleurs.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Bilan et suite des assises nationales pour la réconciliation
  • Préparation des élections communales du 31 juillet
  • Le vote de destitution du chef de l’Etat par l’assemblée nationale
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé
  • Droits des femmes
  • Exécutions extrajudiciaires, insécurité, justice, conditions carcérales
  • Emploi, traite des personnes, émigration clandestine, éducation
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Exploitation des ressources naturelles, agrobusiness, foncier
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Monde des affaires, entreprises nationales
  • Divers

>> Télécharger pdf, 31 pages

 Voir aussi Facebook https://www.facebook.com/jumami.madagascar

Posté par jumami à 06:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 mai 2015

ARTICLES REMARQUES - MAI 2015

- 28 05 15 - RFI - Mathieu Pellerin : "le président malgache n'a pas eu de majorité durable"
C’est un camouflet pour le président malgache Hery Rajaonarimampianina. Les députés ont voté sa destitution à une très large majorité. Inefficacité, haute trahison, violation grave de la Constitution… voilà les raisons avancées pour justifier cette motion. La Haute Cour constitutionnelle va désormais devoir statuer. Mais en attendant, quels enseignements faut-il en tirer ? Mathieu Pellerin, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri) et spécialiste de Madagascar répond aux questions de Florence Morice. Interview - 5’33
« Le président malgache est dans l’incapacité de consolider une majorité parlementaire depuis un an et demi. […] Donc, il a été obligé de reconstituer ex nihilo un semblant de majorité, mais avec des alliances qui n’étaient absolument pas durables et très conjoncturelles ».
http://www.rfi.fr/emission/20150528-mathieu-pellerin-derriere-cette-motion-votee-il-y-jeu-politicien-madagascar-hery-rajaonarimampianina/

- 27 05 15 - RFI - « La réconciliation nationale à Madagascar est complexe et difficile »
Inefficacité, haute trahison, violation grave de la Constitution… A Madagascar, le chef de l'Etat est mis en accusation par les députés qui ont voté à une très large majorité sa destitution. Mais Hery Rajaonarimampianina se défend et déclare aujourd'hui qu'il est bien toujours en poste. Il accuse les députés d'avoir privilégié leurs intérêts personnels. Pour en parler, Anaclet Imbiki, ancien ministre de la Justice malgache. Interview – 8’35
« La plupart des observateurs avertis et objectifs affirment que c’est plutôt en réaction aux résolutions de la conférence sur la réconciliation nationale, qui avaient demandé la dissolution de l’assemblée nationale, que c’est en réaction à cette demande de les députés ont réclamé la tête du chef de l’Etat » http://www.rfi.fr/emission/20150527-reconciliation-nationale-madagascar-est-complexe-difficile

<>
27 05 15 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Logique de Far West
L’assemblée nationale vote à une très large majorité la destitution de Hery Rajaonarimampianina. Son sort est placé entre les mains de la HCC.
« La recevabilité de la requête de mise en accusation pour déchéance » du chef de l’Etat « est admise », a annoncé en séance plénière le président de l'assemblée nationale, Jean-Max Rakotomamonjy, à l'issue d'une réunion des présidents de commissions. « Cette requête contient 115 signatures de députés [sur 151] issus de tous les groupements parlementaires au sein de l'assemblée nationale », a lu le rapporteur général. Le résultat du vote a été accueilli avec des applaudissements. Des députés ont même crié haut et fort « on vous dit au revoir ! ». D'autres ont cependant dénoncé des fraudes. « Ce n'est pas normal, il y a eu de la triche », a accusé la députée Lydia Raharimalala, qui a refusé de prendre part au vote et estime qu'il n'y a pas eu plus de 70 votants. Des observateurs évoquent une nouvelle fois des achats de vote. « On va dénoncer tout ça, on va saisir la HCC ». Certains parlementaires élus sous les couleurs du parti présidentiel HVM ont quitté la salle de séance lors du vote. Seuls quatre députés ont voté contre. « Le vote s’est déroulé dans une ambiance cacophonique indigne d’une institution de la République », écrit Midi. Certains élus en sont venus aux mains. Les députés de la mouvance Ravalomanana ont pesé dans la balance en se prononçant en faveur de la motion.

La requête et le résultat du vote seront transmis à la HCC qui va devoir se prononcer sur le bien-fondé de la déchéance du président, a annoncé Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la justice, proche d’Andry Rajoelina. Le président se voit notamment reprocher le retard pris dans l'installation de la HCJ, a-t-elle expliqué. Parmi les autres griefs énoncés : le non-respect de la séparation du pouvoir, le non-respect du délai de promulgation des lois, l’ingérence dans les affaires de l'assemblée nationale, les obstacles mis à l'instauration d'une commission électorale indépendante, la menace de dissolution de l'assemblée nationale, le non-respect de la laïcité de l’Etat. Un autre député du camp Rajoelina, Tinoka Roberto, a enfoncé le clou au micro d'une radio privée : « Il [le président] ne sait plus ce qu'il fait. Il est incompétent. (…) Je suis désolé mais rien ne marche actuellement dans le pays. Il connaît peut-être la comptabilité mais pas la gestion d'une nation. Il n'est entouré que par des amateurs qui l'empêchent de se tourner vers sa famille politique », a-t-il dit. « Pour moi, s'il est incompétent, il vaut mieux qu'il quitte le pouvoir ». D'après l'ancien président de la HCC, Honoré Rakotomanana, le président de la République pourra procéder à la dissolution de l'assemblée nationale même si les députés enclenchent la procédure de déchéance

- 25 05 15 - Madagascar Environmental Justice Network - Lettre ouverte de l'AVG à Mme la ministre de la Justice
Armand Marozafy, coordinateur adjoint de Lampogno, un réseau qui milite pour la gestion et la préservation des ressources naturelles de Masoala (district de Maroantsetra)a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal de Maroantsetra et 12 millions Ar de dommages et intérêts. Il avait été placé sous mandat de dépôt fin avril. Deux opérateurs touristiques très connus de la région l'accusent de diffamation. A l'origine de la poursuite, la publication sur Facebook par un tiers, le 14 février, d’un rapport confidentiel relatif à l'existence de coupes et d'exportations illicites de bois précieux. Ce document a été envoyé sous le sceau de la confidentialité aux partenaires de Lampogno, dont des bailleurs de fonds internationaux. Le porte-parole de l’association se demande comment ce dossier a pu tomber entre les mains de cette personne qui l’a posté sur Facebook. Les membres du réseau craignent que tous ceux qui se dresseront contre le pillage des ressources naturelles ne subissent désormais le même sort. Il est déjà fréquent que ceux qui osent dénoncer les pilleurs soient menacés de mort ou intimidés, leurs maisons incendiées. Lampogno interpelle les autorités afin qu’elles prennent leurs responsabilités en ouvrant une enquête sur les trafics qui perdurent dans cette région, en dépit de l’intervention d’un hélicoptère sensé contrôler le secteur.« Si les nouvelles de Maroantsetra (...) sont correctes, ce serait vraiment un développement regrettable. Madagascar est en train de modifier son code de communication pour amener la diffamation en ligne avec les normes internationales et supprimer les sanctions pénales », a réagi l'ambassade des Etats-Unis.

- 17 05 15 - Genders Links - La méconnaissance des lois par les femmes malgaches favorise les violations à leur encontre
Malgré la ratification par Madagascar de plusieurs lois sur les droits humains, de nombreuses femmes ignorent encore ces instruments juridiques et sont incapables de prendre leur place dans la société. Cette méconnaissance fait qu'elles soient des victimes passives de violence basée sur le genre. Les différents gouvernements malgaches qui se sont succédé à la tête du pays depuis 2008 ont tendance à oublier que Madagascar est non seulement signataire du Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement mais qu'il l'a aussi ratifié. En attendant, les lois continuent à être bafouées et les femmes à être abusées.

<>
15 05 15 - Conférence des évêques catholique de Madagascar - Communiqué
Dans une déclaration publiée à l’issue de leurs travaux, les évêques chargent le régime et dénoncent les maux qui frappent la société,
en mettant notamment l‘accent sur la corruption, diverses formes de discriminations politiques ou ethniques et l’exploitation sans frein des richesses minières du pays.

- 11 05 15 - TV5 Monde - Lutter contre la prostitution de mineures à Madagascar
A Madagascar, le cliché du gros touriste blanc avec une petite Malgache est tenace. Une réalité visible dans les régions touristiques qui cache une situation bien plus complexe. Dans ce pays où 44% de la population a moins de 15 ans, la pauvreté, la précarité des services publics et une discrimination bien ancrée dans les mœurs font des jeunes mineures une population particulièrement vulnérable. Depuis 10 ans, l’ONG ECPAT tente de lutter contre ce fléau. Reportage.

- 08 05 15 - Midi Madagasikara - Travailleurs migrants - Une vague de 300 personnes s'apprêtent à partir en_Arabie Saoudite
« C’est pour y trouver du travail stable et rentable en fonction de leur compétence et leurs diplômes », selon les explications d’Omar Camille Mektoub, directeur administratif d’une société dénommée Labaïcka qui serait la filiale d’une grande compagnie, la Saudi Manpower Solutions Company. Le départ de ces migrants est prévu le 23 mai, pour des contrats de deux ans renouvelables. La société affirme que les formalités ont été accomplies et que l’Etat malgache a accordé une dérogation pour cette opération qui s’adresse à des travailleurs des deux sexes possédant un certain niveau de qualification. Elle se défend d‘être une agence de placement. Les informations véhiculées dans les médias concernant les trafics de personnes en Arabie Saoudite ne sont que « diabolisation de la situation des travailleurs malgaches dans ce pays », affirme Omar Camille Mektoub, qui tente de rassurer en déclarant : « Le ministre de la fonction publique, du travail, et des lois sociales, Maharante Jean de Dieu, accompagnera même ces jeunes travailleurs malgaches en Arabie Saoudite pour y constater de visu toutes les conditions d’accueil de ces migrants, et par la même occasion, signera un accord bilatéral entre Madagascar et le Royaume de l’Arabie Saoudite pour marquer l’ouverture d’une coopération économique entre les deux pays ». Midi note toutefois que ministère de tutelle affirme « ne pas être du tout au courant de l’existence de toutes ces démarches mentionnées par Omar Camille Mektoub. (…) Certes, nous avions déjà pensé à la levée de cette suspension, mais aucune décision n’a été prise à ce sujet. La personne en question a déjà demandé l’abrogation de celle-ci mais jusqu’ici nous avons toujours refusé. Nous ne sommes pas encore en mesure de dire que le ministre en personne va partir en Arabie Saoudite pour cette signature d’accord de coopération bilatérale ». Labaïcka souligne qu’il s’agit d’un premier contingent de migrants, d’autres suivront.

<>
  05 05 15 - Communiqué du SeFaFi - FFKM -  De la réconciliation à l'aventurisme politique
L’Observatoire de la vie publique dresse un bilan particulièrement sévère des assises nationales qui viennent de s’achever et des résolutions qui ont été adoptées. L’objectif proclamé par le FFKM était « la réconciliation nationale » mais les résolutions, dont l’intégralité n’a toujours pas été publiée, semblent faire l’impasse sur la réconciliation, pour ne traiter que de sujets éminemment politiques, qui, si elles étaient mises en œuvre, constitueraient un véritable « coup d’Etat institutionnel ». Qui plus est, l’obscurité la plus épaisse entoure le déroulement de ces assises dites nationales : qui en ont été les membres ? En dépit de nombreuses sollicitations, la liste n’a pas été rendue publique, ce qui laisse soupçonner des manipulations dans sa composition. Ces 1.830 anonymes ont prétendu représenter les 23 millions de citoyens malgaches : qui leur a donné ce pouvoir, qui n’a aucun fondement juridique ? A l’origine de cette démarche, des « responsables » religieux qui ont violé le principe constitutionnel de laïcité de l’Etat. Nul ne sait par ailleurs sur quels fonds publics a été financé l’ensemble du processus. L’instance officielle de réconciliation, le FFM, a été mis sur la touche, au profit d’une structure confessionnelle non représentative de tous les courants spirituels. Marc Ravalomanana a gagné la levée de sa mise en résidence fixe, Didier Ratsiraka y a trouvé une tribune d’où il a fait miroiter, une fois de plus, des promesses mirobolantes et vides de contenu. Aucun de chefs d’Etat présents n’a eu à répondre de détournements, de gaspillages et de tueries, aucun n’a avoué ses véritables turpitudes, aucun n’a fait repentance de ses actes répréhensibles, aucun n’a dit la vérité sur ses agissements condamnables. Tous ont fait preuve d’hypocrisie, invoquant le fihavanana pour obtenir l’amnistie de leurs méfaits, sans qu’il ait été demandé à la justice de se prononcer.

<>
05 05 15 - Fondation Jean-Jaurès -Richard Yung, PS, sénateur des Français à l’étranger - Madagascar, la Grande Ile à problèmes
C’est une histoire tourmentée que celle de Madagascar depuis son indépendance en 1960. Mais derrière les crises, les violations multiples des Constitutions, les coups d’Etat, apparaissent plusieurs constances comme l’appropriation du pouvoir par un petit groupe, le mauvais fonctionnement de l’Etat, la mauvaise gestion de l’économie. Autre question qui nous concerne au premier chef : quelle politique a été menée par la France vis-à-vis de Madagascar ? Et pour l’avenir, y a-t-il des éléments d’espoir et de changement ?

- 04 05 15 - L'Express - Edito - Démag...orgi
Les assises nationales de la réconciliation nationale sont-elles plus importantes que la Constitution pour dicter des décisions à prendre au président dont la dissolution de toutes les institutions ? Que vaut une assemblée dont la représentativité des participants n’a jamais été établie puisqu’il suffisait de s’acquitter d’un droit de 200 000 Ariary  pour pouvoir y siéger ? À ce petit jeu, Ratsiraka et Ravalomanana ont fait le plein, raflant tous les « tickets » disponibles pour ratifier ce que le FFKM mijotait dès le départ avec visiblement la bénédiction du président. L’avenir du pays peut-il se construire avec des personnalités au lourd passé ? Au lieu de plaider coupable et de se faire petit, elles ont joué le beau rôle et se sont permises de donner des leçons dans ces assises nationales où elles devraient être assises justement au banc des accusés. Reste à savoir la suite que le président voudra bien donner à ces résolutions. Déjà, il se met à dos son propre gouvernement, l’assemblée nationale, et partant les électeurs, et peut-être les bailleurs de fonds, et bien sûr les pro-Rajoelina poignardés dans le dos avec « l’amnistie » accordée à Ravalomanana et certainement bientôt la réouverture de Tiko. Mais on le sentait venir. Quand l’État et l’Église consentent une relation incestueuse, un concubinage public, il est inévitable qu’ils enfantent des résolutions à fort relent de démag…orgie qui mettent l’État sens dessus dessous.

<> doc -
03 05 15 - Présidence de la République - Assises nationales pour la réconciliation - Résolutions finales

- 03 05 15 - RFI - La réconciliation nationale vue par Anaclet Imbiki, ancien ministre de la justice. Interview - Les Assises pour la réconciliation nationale se sont terminées le 2 mai. Près de 1500 personnes, venues de toute l’île étaient réunies dans la capitale pour proposer des idées afin d'établir une paix durable qui mettrait fin aux crises qui secouent régulièrement la Grande Ile. C’est le FFKM qui organisait ces assises. Or sa légitimité est de plus en plus remise en question… Et il y avait deux grands absents : Andry Rajoelina et Albert Zafy, qui ont décidé de se retirer du processus. Cela compromet-il la réconciliation nationale ? Pour aborder ces questions Jeanne Richard de RFI a rencontré Anaclet Imbiki, ancien ministre de la Justice sous la présidence de Didier Ratsiraka  et auteur du livre : « La réconciliation nationale à Madagascar, Une perspective complexe et difficile », aux éditions L’Harmattan.
http://www.rfi.fr/emission/20150503-anaclet-imbiki-ex-ministre-reconciliation-malgache-complexe-assises/ (4’51)

- 03 05 15 - Arte Reportage - Madagascar : la vallée maudite du saphir
Il y a dix-sept ans, un paysan malgache sortait d’un ruisseau un petit caillou bleu qui allait changer le destin d’une région. Depuis, la fièvre du saphir n’a cessé d’y attirer des hordes de miséreux à Ilakaka. Chaque jour hommes, femmes et enfants creusent sans relâche les entrailles de la terre avec l’espoir que la bonne fortune les sortira bientôt de cet univers sans foi ni loi. Un rêve vieux comme le monde et une histoire universelle qu’Arte Reportage raconte en associant un illustrateur à son équipe de tournage. Ses dessins sont intégrés dans le reportage diffusé sur la chaine franco-allemande le 28 mars 2015.
http://info.arte.tv/fr/madagascar-la-vallee-maudite-du-saphir (28’)

- 02 05 15 - L'Express - Edito - Maisaventure
L’Express rappelle que le FFKM a maintes fois déclaré qu’il n’y aurait pas de résolutions politiques à l’issue des assises nationales. C’est exactement ce que les dix commissions ont concrétisé au cours de leurs travaux… "Si ce n’est pas un coup d’État institutionnel, ça y ressemble. Les participants n’ont pas payé 200.000 Ar pour épater la galerie ou pour faire de la figuration Le nombre important de participants malgré le droit fixé pour avoir un ticket aurait dû mettre la puce à l’oreille du président. Soit le président est dupe, soit il est naïf pour ne pas l’avoir compris. Ces assises nationales sont rien moins qu’un vaste champ de lobbying pour le coincer. (…) Quand les dix commissions récitent à tour de rôle les mêmes résolutions ‘préfabriquées’, on réalise la grosse supercherie qui a été faite autour de cette réconciliation nationale. (…)  Maintenant, le président doit trouver une parade pour esquiver l’application de ces résolutions dont on ne voit pas en quoi elles peuvent aboutir à la réconciliation".  

 

-------------------------------------------------------

 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

--------------------------------------------------------

Posté par jumami à 06:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 avril 2015

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2015

la vérité 01 04

Dans le recueil de ses communiqués de 2014 intitulé « Les débuts chaotiques de la IVème République », le SeFaFi exprime la déception, voire la désillusion de la population. Chacun s’attendait à de meilleures perspectives à l’issue des élections présidentielles et législatives. Jusqu’à présent, le changement promis et escompté ne semble n’est pas en marche. La crise semble interminable, les tensions politiques et sociales menacent la stabilité du pays et l’économie n’arrive pas à se relever. L’année 2014 aura été marquée par un climat politique délétère, une économie exsangue et une société en pleine décomposition, conclut l’Observatoire. Pour un ancien vice-Premier ministre de Marc Ravalomanana, « La nation est malade, ce n’est pas ce qu’espérait la population », les mauvaises pratiques du passé sont toujours de mise. Et de conclure : « La fatigue de la population est propice à la révolte ».

Le Groupe des Experts Nationaux (GEN) estime que 16 mois après son accession au pouvoir, le régime n’a enregistré que de faibles avancées, il se heurte au manque de fonds et à la perte de confiance des citoyens. Les retards accumulés dans la mise en place des institutions de la IVème République porte atteinte également à la crédibilité de l’Etat et font douter de sa volonté d’établir la bonne gouvernance, affirme-t-il.

L’ancien président de la commission sécurité et défense du Conseil supérieur de la Transition, Alain Ramaroson, dont le projet de manifestation a échoué, promet de récidiver.Le tout-terrain qu’il a emprunté pour se rendre à sa « marche citoyenne » a été saisi. Une enquête a été ouverte sur l’origine de ce véhicule qui aurait pu être dérobé à la Présidence après l’éviction de Marc Ravalomanana en mars 2009. Hery Rajaonarimampianina a justifié l’interdiction faite à Alain Ramaroson de manifester sur la voie publique, arguant que le peuple à la possibilité de s’exprimer à travers les médias et les élections. Selon lui, «s’il n’y a pas de balise à la liberté d’expression et d’opinion, cela peut être un frein à l’avancée de la démocratie ». L’Express fait remarquer que l’absence d’opposition structurée et reconnue ne peut qu’encourager les initiatives « sauvages » comme cette « marche citoyenne ». Ceux qui se réclament de l’opposition ne sont pas encore parvenus à s’entendre sur le nom de leur leader. Aucun des partis qui disposent de députés à l’Assemblée nationale ne veut se déclarer officiellement opposant et bénéficier du statut prévu par la Constitution. « Des manifestations locales, souvent spontanées et violentes », sont des indicatifs de la frustration des citoyens, rappelle le SeFaFi. Le Groupement de l’opposition extra-parlementaire dirigé par Lalatiana Ravololomanana qualifie le régime de « dictatorial » en raison de ses atteintes à la liberté d’expression. Il exige l’ouverture du jardin d’Ambohijatovo à tous ceux qui veulent s’exprimer publiquement.

Le Mapar, parti pro-Rajoelina, a déposé à l’Assemblée nationale et à la HCC une lettre demandant la déchéance des sept députés dissidents qui ont rejoint les rangs du parti au pouvoir. La requête a été déclarée irrecevable. Le parti parait en bute à de fortes tensions internes.

La Vérité 19 04

Marc Ravalomanana, toujours assigné à résidence fixe, a pu tenir une conférence de presse consacrée aux élections communales dans un grand hôtel de la capitale mais cette intervention très médiatisée a provoqué un raidissement du pouvoir à son égard. En déplacement à Ambositra il se serait heurté à une interdiction de prise de parole en tant que vice-président laïc de la FJKM. Il n’a pas non plus été autorisé à rencontrer ses partisans à Antsirabe. Une version des faits contredite par des proches du pouvoir. Suite à ces évènements, Marc Ravalomanana a annoncé qu’il suspendait sa participation au processus de réconciliation nationale et qu’il conditionnait son retour à « l’adoption d’un décret mettant fin à son assignation à résidence fixe ». En qualité de vice-président de l’Eglise réformée, il a demandé à la FJKM d’intervenir auprès du chef de l’Etat. Une délégation a été reçue au palais présidentiel. La démarche a été diversement appréciée par les observateurs, certains regrettant que le FJKM s’aventure sur un terrain politique, au risque d’enrayer le processus de réconciliation déjà bien fragilisé. Parallèlement le FFKM a entrepris des démarches auprès de l’ancien président pour qu’il réintègre le processus et participe aux assises nationales qui doivent débuter à la fin du mois. Le chef de l’État a réaffirmé que le dossier Ravalomanana serait discuté dans le cadre de la réconciliation nationale.

LA NATION 23 04 15

Les assises nationales de la réconciliation ont débuté à la fin du mois d’avril. 1.800 participants ont assisté à la cérémonie d’ouverture. Andry Rajoelina et Zafy Albert ont confirmé leur refus de s’y associer. Après avoir laissé planer le doute, Marc Ravalomanana a cédé à la pression des chefs d’Eglises. Didier Ratsiraka est le seul des trois anciens chefs de l’Etat à ne pas avoir remis en question sa participation. Pour le FFKM le boycott de certains leaders politiques ne saurait remettre en question le cap fixé. « La réconciliation n’est pas faite pour satisfaire le bien être des chefs d’État, mais celui de la population malgache », a martelé le pasteur Rasendrahasina mais pour nombre d’observateurs, les efforts déployés par les Eglises semblent compromis. La Conférence des Evêques catholiques a interpellé le FFKM pour faire part de ses inquiétudes. Ils se déclarent préoccupés par la dimension prise par les considérations politiques et les démarches entreprises pour obtenir la réintégration de Marc Ravalomanana et l’annulation du décret d’assignation à résidence fixe qui limite ses activités publiques. Elle redoute que la rencontre nationale soit très largement dominée par les Eglises protestantes et conteste enfin la nécessité pour les participants de s’acquitter d’un droit d’inscription qui risque d’écarter les plus démunis et de favoriser les groupements disposant de moyens importants. L’Etat et la communauté internationale, sollicités pour apporter le financement qui fait défaut, n’ont pas répondu à l’appel lancé.

1er mai newsmada

Le FFKM n’aurait rassemblé que 180 millions Ar sur les 600 millions prévus pour l'organisation de l'évènement. Tribune se demande si le FFKM aura le courage et l’honnêteté de dresser un bilan financier de son initiative de réconciliation : « Qui a payé quoi et combien ? ». Selon certaines rumeurs, l’Etat, bien qu’il s’en défende, aurait fourni le financement complémentaire. Les organisateurs ont tenu à rappeler que le processus de réconciliation se prolongera au-delà des assises. « Les assises ne sont pas la finalité de la réconciliation, ce n’est que le début », une formule martelée par les chefs d’Eglises en toutes occasions et reprise par le président de la République.

Dans son discours inaugural, le président de la République a fermé les ouvertures à d’éventuels changements institutionnels. Il a énuméré quatre volets pour la réconciliation : l’amnistie, l’indemnisation des victimes des crises, la levée des restrictions à l’encontre d’individus à cause de la politique et le renforcement de l’État républicain. Une nouvelle loi d’amnistie pourrait être nécessaire, a-t-il laissé entendre. Une perspective qui semble à certains être en contradiction avec le souci du chef de l’Etat de lutter contre l’impunité.

Près de 900 dossiers de demande d’indemnisation au titre des évènements de 2002 et de 2009 ont déjà été réceptionnés par le FFM, institution officielle de réconciliation créée en application de la feuille de route mais dont le rôle a été éclipsé par l’initiative du FFKM. L’institution travaille à la rédaction d’un avant-projet de loi concernant l’indemnisation des victimes et la création du « Fonds national de solidarité ».Le feuille de route prévoit que la communauté internationale apporte une contribution financière mais celle-ci n’est pas acquise. Les montants requis sont colossaux. Alors que le FFKM rencontre des difficultés dans la mise en œuvre de son projet, le FFM avance ses pions et rappelle qu’il est l’organe légal prévu par la loi pour organiser la réconciliation nationale. Son plan de réconciliation nationale serait en voie d’achèvement. Le FFM sera présent aux assises nationales du FFKM.

la vérité 09 04

Les difficultés de financement du scrutin communal du 31 juillet laissent placer un doute sur le maintien du calendrier. Le Groupe International de soutien (GIS-M) a recommandé à Madagascar de mettre en œuvre des stratégies appropriées pour trouver les ressources nécessaires et revoir le montant des dépenses à la baisse. Consacrer 20 millions de dollars à ces élections est considéré par certains comme une dépense excessive qui ne répond pas aux priorités du moment. Dans son dernier communiqué le SeFaFi espère que le débat sur la répartition des compétences entre un État central et centralisateur et les collectivités territoriales décentralisées sera abordé au cours de la campagne, à défaut d’avoir pu se tenir dans le cadre de la discussion et de l’adoption par l’Assemblée nationale des textes régissant le scrutin. Mais l’analyse qu’en fait l’Observatoire n’est guère optimiste : l’autonomie d’action des futurs élus locaux qui est mise en avant ne serait qu’une faveur accordée par le pouvoir central, qui se réserve le droit de la surveiller étroitement, voire de la limiter. La décentralisation annoncée s’accompagne de l’extension du pouvoir central par la déconcentration. Vient s’ajouter le fait, qu’une nouvelle fois, la préparation du scrutin est fortement politisée par le pouvoir central. Accéder à la tête d’une commune va s’apparenter à un parcours du combattant. Le défi s’annonce encore plus grand pour les élus, en raison du manque de clarté sur leurs compétences sur les ressources financières sur lesquelles ils pourront compter, sans oublier les interférences politique que le pouvoir central ne manquera pas de mener. Le SeFaFi déplore une fois encore « le manque absolu de volonté politique à mettre en place une décentralisation effective ainsi que la totalité des institutions de la République, socle minimal d’un État de droit ». Le SeFaFi pointe aussi du doigt le mauvais départ des préparatifs du scrutin. Déplorant l’absence de réglementation des dépenses des candidats, il souligne également, le handicap que cause à certains candidats le retard dans la détermination du nombre des conseillers communaux, mais surtout, l’inégalité d’accès aux médias nationaux.

Newsmada 11 04 15

Marc Ravalomanana a confirmé la probable candidature de son épouse à la mairie d’Antananarivo, qui risque d’échapper au candidat soutenu par le pouvoir. L’ancien président annonce que son parti, le TIM, présentera une liste chacune des 1.693 communes. La régularisation des arriérés fiscaux des candidats soulève de nombreuses difficultés. A une semaine de la date de clôture, les dépôts de candidatures pour les communales sont quasi-inexistants.

Des rumeurs insistantes de préparation d’un coup d’Etat continent de se propager. Le chef de l’Etat admet qu’elles pourraient ne pas être toutes sans fondement. Des camps militaires ont à nouveau été consignés. Des gradés proches de personnalités du régime de Transition auraient été écartés ou placés sous surveillance.

Le Groupe international de soutien à Madagascar (GIS-M) s’est à nouveau réuni pour dresser un état des lieux des engagements pris lors des deux précédentes rencontres, en mars et juillet 2014, avec notamment à l’ordre du jour l’avancée des aspects pendants de la feuille de route, comme les élections communales, la réconciliation nationale, la situation de Marc Ravalomanana, l’état d’avancement des réformes, la lutte contre l’insécurité ou encore la bonne gouvernance et l’état d’avancement du PND. « Le rendez-vous semble s’être résumé à une volonté d’aller de l’avant de part et d’autre, sans plus », écrit L’Express, désabusé.

Un partenariat d’une durée de trois ans a été conclu entre le département juridique de l’université d’Antananarivo et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme pour la promotion, la compréhension et le respect des droits humains. Le Centre d’Etudes et de Recherches Juridiques bénéficiera d’une assistance et de conseils techniques.

La vérité 23 04

Le virus du Sida a tué 4.800 personnes en 2013, en dépit d’un taux de prévalence qui reste faible mais en progression sensible. Seuls 3 % des Malgaches connaissent leur statut viral, met en garde le comité national de lutte contre le Sida. 12.000 décès sont causés chaque année, par l’inhalation de fumées nocives issues des bois de chauffe et de charbon de bois. Le manque de ressources financières fait obstacle à la substitution de ces sources d’énergie nocives à la santé et à l’environnement. Les maladies diarrhéiques représentent la 2ème cause de mortalité et affectent 51 % des enfants de moins de 5 ans. Ainsi, 14.000 enfants en bas âge meurent chaque année de ces maladies. Une épidémie de paludisme menace Antananarivo. Le retour du paludisme sur les Hautes Terres, jusqu’aux portes de la capitale, serait lié aux fortes précipitations de ces derniers mois ainsi qu’à la hausse des températures. La situation épidémiologique de la capitale est préoccupante. La ville croule sous les ordures non collectées. Les activités de surveillance de la peste ont pu reprendre, grâce à un financement de la Banque mondiale. 482 cas suspects ont été enregistrés dans le pays, principalement sur les Hautes Terres, entre juin et décembre 2014. Madagascar est avec la RDC, le seul pays d’Afrique où cette maladie sévit encore de façon endémique. Madagascar est au 4ème rang des pays les moins bien desservis en eau potable dans le monde, ce qui crée des situations de malnutrition chronique à l’origine d’un taux de mortalité infantile très élevé. Plus d’un Malgache sur quatre serait atteint de troubles psychologiques, selon l’OMS.

Le ministre de la Santé annonce la réouverture prochaine d’une centaine de centres de santé de base (CSB) mais leur fonctionnement repose généralement sur des paramédicaux qui, trop souvent, refusent leur affectation dans les régions isolées. Un véritable défi pour le ministère.

Pas d’indulgence à l’encontre des indisciplinés, des corrompus et des hors-la-loi, affirme le général Paza, secrétaire général de la Gendarmerie. L’institution est en pole position dans le palmarès dressé par le Bianco. La gendarmerie s’est encore distinguée ces derniers temps par de graves manquements à la déontologie dans des affaires d’exécution extrajudiciaires, de kidnapping et de vol.

La chasse aux fonctionnaires fantômes est une nouvelle fois engagée. Selon certaines estimations, leur nombre serait de 50.000 soit près du tiers des effectifs percevant un traitement. Après avoir réalisé un recensement physique, l’Etat procédera à un recensement biométrique, avec l’appui de la Banque mondiale et de l’UE. Depuis le début de l’année, le Bianco a lancé par ailleurs une vaste offensive pour sanctionner les hauts fonctionnaires impliqués dans des affaires de corruption et/ou de malversations au niveau des ministères. Le ministre de l’Education annonce des mesures pour lutter contre la politisation de son département. La mauvaise gouvernance expliquerait que la capitale croule sous les ordures depuis plusieurs mois. D’anciens dirigeants du Service autonome de maintenance de la ville vont être traduits devant la chaîne pénale anti-corruption.

Le principe constitutionnel de laïcité de l’État mis à mal. Des juristes et des observateurs s’accordent sur le fait que célébrer une cérémonie religieuse au palais d’État à l’occasion des fêtes pascales constitue « une violation de la laïcité de l’État ». De telles pratiques ont pris de l’ampleur sous la présidence Ravalomanana et ont perduré sous la Transition. Le jésuite Sylvain Urfer, membre du SeFaFi, qualifie la persistance de ces pratiques d’« inacceptables ». Le rôle officiel que le pouvoir accorde aux Eglises du FFKM dans le processus de réconciliation nationale fait également débat.

Le rapport mondial annuel d’Amnesty International sur la peine de mort mentionne l’adoption de la proposition de loi abolissant cette peine, annonce Tananews, qui rappelle à l’ONG que les actes de vindicte populaire se multiplient dans le pays, débouchant sur des exécutions extrajudiciaires que les autorités ne parviennent pas à maîtriser.

Dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU), leConseil des droits de l’homme a adopté le 2ème rapport de Madagascar. Dans ce cadre des consultations liées à ce mécanisme, Women's International League for Peace and Freedom s’est déclaré préoccupé par les violations des droits humains dans le Sud depuis 2012. Selon le bilan 2014 de la gendarmerie, les attaques de dahalo dans le Sud ont causé 85 morts de civils. 5 membres des forces de l’ordre. 213 dahalo ont été tués. De violents accrochages ont encore été signalés avec des bandes armées. Une milice de près de 400 hommes issus de 22 communes a engagé une bataille contre des dahalo dans le district de Tsiroanomandidy, agissant de concert avec le procureur, le chef district et le commandant du groupement de la gendarmerie. Trois milices villageoises sont présentes sur le secteur et cohabiteraient difficilement. Des observateurs redoutent que de telles initiatives fassent tache d’huile, ouvrant la voie à une balkanisation du pays.

Les effectifs des forces armées et de la gendarmerie seront renforcés, annonce le gouvernement, avec pour objectif de lutter contre l’insécurité et les menaces terrorismes qui se rapprochent de Madagascar.

L’expatriation de personnels de maison se poursuit en direction du Moyen Orient et des pays du Golfe, malgré l’interdiction décrétée en 2014. « Plus de sept mille personnes se sont déjà plaintes auprès de notre association d’avoir été victimes de la traite de personnes », affirme la présidente du SPDTS. L'État a mis en place un comité interministériel regroupant dix ministères pour faire face à ce fléau, sans résultat probant.

Un projet de nouveau code de la communication est en cours de finalisation et devrait être présenté à l’Assemblée en juillet. Il devrait trancher la question sensible de la dépénalisation des délits de presse et prendre en compte le développement des nouvelles technologies. Une nouvelle autorité de régulation devrait voir le jour. Le Groupement des études de presse d’information et multimédia regroupant les patrons de presse conteste la méthodologie adoptée pour l’élaboration du projet. Des professionnels font part de leurs appréhensions. Radio Fahazavàna, station évangélique appartenant à l’Eglise FJKM, a été autorisée à rouvrir après cinq ans de fermeture. La décision est intervenue après une rencontre entre Hery Rajaonarimampianina et une délégation du bureau central de l’Eglise réformée.

Suite aux graves inondations du début d’année dans la capitale, 450 maisons sont à démolir dans les bas quartiers. Construites sur des canaux d’évacuation, elles obstruent l’écoulement des eaux. 70 % des constructions des bas quartiers seraient illicites. Aucune mesure d’accompagnement n’a été prévue pour les familles dont les maisons vont être détruites, dénoncent des médias.

La crise alimentaire s’aggrave dans le Sud. 47 % des populations touchées par la sècheresse ne prennent plus qu'un seul repas par jour. Le PAM estime ses besoins à 3,5 millions de dollars pour les trois mois à venir. Les centres de santé peinent à accueillir tous les enfants souffrant de malnutrition. Le PAM fournira un produit prêt à l’emploi pour combattre la malnutrition chez les jeunes enfants. Il va être distribué à près de 15.000 d’entre eux âgés de 6 à 23 mois.

La Banque mondiale a octroyé 2 millions de dollars pour contribuer à la lutte antiacridienne mais le déficit de financements pour achever le programme triennal est estimé à 10 millions de dollars, soit 24 % du total requis. Une aide d’urgence a été débloquée par la FAO.

Le projet minier de la société australienne Toliara Sands (ilménite) sur la côte Sud-Ouest est contesté par les résidents qui s’opposent à la délivrance du permis environnemental. Aux dires des associations, leurs droits fondamentaux seraient menacés et les consultations publiques auraient été biaisées. Des cadres locaux avancent cependant que ce projet est une opportunité pour la région, la plus pauvre du pays. Il devrait générer 250 emplois directs et trois fois plus d’emplois indirects.

Le premier plan de développement du secteur pétrolier est approuvé. Il concerne le gisement de Tsimiroro, géré par Madagascar Oil. Cette étape marque le passage de la phase d’exploration à celle de l’exploitation. La compagnie va pouvoir procéder à l’écoulement sur le marché local de la production du site pilote, et notamment approvisionner la Jirama en fuel lourd. Elle prévoit de mettre en œuvre des projets sociaux. Madagascar Oil et l’Omnis, partenaire du projet, sont en négociation avec des partenaires étrangers, nombreux à s’intéresser aux ressources potentielles. Madagascar disposerait encore de plus de 200 blocs d’exploration offshore non attribués.

La filière or se dote d’une agence. Le décret portant création de l’Agence nationale de la filière or a été adopté. Selon le FMI, 2 tonnes d’or sont exportées illégalement chaque année de Madagascar. Seules quelques dizaines de kg sont déclarés.

Vers l’octroi de nouveaux permis miniers. Depuis cinq ans, les procédures sont suspendues et les activités bloquées. Pour l’EITI, il est urgent de reprendre l'octroi de permis sous réserve que cela puisse se faire dans le respect de la bonne gouvernance. Pour le ministre des Mines, une décision sera prise après approbation du nouveau code minier, en cours d’élaboration.

L’enquête d’un organisme international effectuée dans la région Sava révèle que les trafiquants de bois de rose investissent dans le social et le caritatif. Ces trafics constitueraient l’une des principales sources de blanchiment d’argent à Madagascar. De nombreuses enquêtes ont été lancées depuis 2009 mais n’ont jamais pu aboutir. Des bateaux suspectés d’être impliqués dans des trafics de bois de rose ont encore été signalés sur la côte nord-est. Un ressortissant malgache est frappé d’interdiction de sortie du territoire thaïlandais pour suspicion de trafic de bois de rose et de drogue. Le trafic des espèces prot

égées perdure. Deux ressortissants taïwanais ont été arrêtés à l’aéroport d’Ivato avec des tortues dans leurs bagages. Trois Thaïlandais ont été interpellés à Bangkok. Ils vendaient en ligne une espèce de tortue endémique menacée.

Après de longues années de travaux préparatoires, la firme italienne Tozzi Green a procédé à sa première récolte de maïs sur le plateau d’Ihorombe. La société exploite actuellement 3.500 ha de terrains loués, elle emploie 200 salariés permanents et plus de 700 saisonniers. Présent à l’évènement, le chef de l’Etat a souligné l’intérêt que le pouvoir porte à l’agrobusiness.

Une cinquantaine de paysans ont participé à la célébration de la Journée internationale de la lutte paysanne. « L’État devrait être plus à l’écoute des paysans », ont-ils clamé, arguant que la sécurité alimentaire du pays pèse sur leurs épaules. Ils revendiquent notamment la mise en place d’une politique de sécurisation foncière pour les paysans qui valorisent et exploitent les terres appartenant à l’État. L’octroi des terrains du domaine privé de l’État est suspendu d

epuis le 31 juillet 2014.

Feu vert du COMESA pour la mise en place de deux centres de sécurité maritime. L’accord conclus entre Madagascar et les Seychelles entre dans le cadre de la lutte contre la piraterie et la promotion de la sécurité maritime dans la région. Les centres seront financés dans le cadre du Programme de sécurité maritime, une initiative financée par l’UE. L’un d’eux sera implanté dans la Grande Ile.

Le FMI attend des réponses concrètes du gouvernement avant de débloquer une nouvelle ligne de crédits. En jeu, l'octroi d'un crédit avec facilités de remboursement qui pourrait être supérieur aux 45 millions de dollars déjà débloqués en juin 2014. De meilleures rentrées fiscales, la réduction du déficit budgétaire et des mesures visant au renforcement de la lutte contre la corruption sont attendues par l’institution, qui souhaite également voir aboutir des réformes stru

cturelles dans le secteur de l'énergie.

Un financement d’un montant de 518 millions d’euros sous forme de dons est accordé à Madagascar dans le cadre du Programme indicatif national 2014 -2020 couvert par le 11ème FED. Les interventions de l’UE portent sur trois volets : la gouvernance, les infrastructures et le développement rural. Sur ces fonds, 97 millions ont déjà été dépensés en 2014, notamment pour la réhabilitation d’infrastructures routières.

Le projet Ambatovy a connu une grave période d’agitation sociale. Démarrée à la mine située à proximité de Moramanga, elle s’est prolongée à l’usine de Toamasina. Une situation jugée préoccupante par la direction, qui doit affronter les conséquences de la chute des cours du nickel sur le marché mondial. Les recrutements ont été suspendus et des mesures d’économie ont été décidées. Un accord en vue de la reprise de travail a été conclu après de longues négociations conduites par des membres du gouvernement.

Les personnels d’Aéroports de Madagascar (ADEMA) sont préoccupés par l’avis d’appel à manifestation d’intérêt et l’avis d’appel d’offres pour la gestion et la mise en concession des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be. Des opérations jugées opaques et non conformes à la réglementation, qui conduiraient à l’attribution de ces deux plateformes à des consortiums français ou chinois. Les syndicats voient dans ces opérations le début de la privatisation de tous les aéroports de la Grande Ile. Les deux aéroports doivent être réhabilités et mis aux normes pour la tenue des Sommets de la Francophonie et du COMESA fin 2016. Le dépouillement des réponses est en cours.

Les pistes à l’étude pour le redressement de la Jirama inquiètent les personnels. La gestion de deux centrales pourrait relever d’un partenariat public-privé. Les syndicats ont demandé l’annulation des appels à manifestation d’intérêt. Le Cercle de réflexion des économistes estime que la mise en concession de deux centrales de la Jirama et de deux aéroports fait partie des conditionnalités des bailleurs de fonds. D’autres solutions ont été envisagées pour

tenter de rétablir la situation catastrophique de la société d’Etat, parmi lesquelles une hausse importante des tarifs, la chasse aux mauvais payeurs et aux raccordements sauvages, le dégraissage des effectifs. 10 % du potentiel hydroélectrique de la Grande Ile suffirait à subvenir aux besoins durant 20 ans, affirme le ministre de l’Energie. Madagascar n’exploite que 4 % de son potentiel et se classe au dernier rang de 189 pays en matière de raccordement à l’électricité.

Des négociations sont en cours avec les entités concernées par un redémarrage du groupe Tiko. « Les problèmes à résoudre sont multiples, d’où la difficulté à trouver une sortie », analyse un spécialiste. La présidente du CA, Lalao Ravalomanana, et le staff dirigeant se seraient entretenus à plusieurs reprises du dossier avec Hery Rajaonarimampianina. Au cœur des discussions, les arriérés fiscaux de Tiko et l’indemnisation du groupe suite aux dommages subis en 2009. Des opérations d’inventaire et de maintenance ont pu démarrer sur certains sites.

Hery Rajaonarimampianina fait pression pour une mise en œuvre rapide du PND. Un atelier a été consacré à l’élaboration du Plan de mise en œuvre, document de référence pour les bailleurs de fonds. Il devra définir les actions à entreprendre dans un délai requis et les moyens pour y parvenir. Le PND sera soumis à des procédures de suivi-évaluation préconisées par les institutions internationales. « La culture de résultat doit aller de pair avec la culture d’évaluation », affirment les spécialistes. Les Nations unies ont déclaré 2015 Année internationale de l’évaluation. Selon L’Express, « beaucoup d’observateurs s’accordent à dire que le PND est irréaliste et a été confectionné tout simplement pour séduire ceux qui ont la clé du coffre. Les objectifs prévus dans le PND sont difficiles, voire impossibles à atteindre, étant donné qu’ils sont tout simplement fallacieux ».

La création d’établissements formels est en forte diminution. Rares sont les opérateurs qui s’aventurent à formaliser leurs activités. Dans ces conditions, il ne sera pas aisé de relever le taux de pression fiscale qui demeure l’un des plus faibles de l’Afrique subsaharienne, fait-on remarquer. Qui plus est, des établissements formels basculent dans l’informel et des entreprises légalement formelles continuent de se soustraient à l’impôt…

Neuf régions sur 22 affichent un taux de pauvreté supérieur à 80 %. Cinq autres ont un taux qui se situe entre 70 et 80 %. Si l’on se réfère au seuil international à 2 d

ollars de parité de pouvoir d'achat, 91 % des ménages sont classés pauvres et le taux n’a cessé de grimper ces dernières années. L’extrême pauvreté touche la moitié de la population La classe moyenne elle-même est laminée et vit dans l’insécurité, observe La Nation.

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Situation de Marc Ravalomanana
  • Réconciliation, préparation des assises nationales
  • Préparation des élections communales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé
  • Gouvernance
  • Vindicte populaire, exécutions extrajudiciaires, justice
  • Dahalo, insécurité
  • Traite des personnes
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Calamités naturelles
  • Exploitation des ressources naturelles, agrobusiness
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Tensions sociales
  • Divers

>> Télécharger pdf, 31 pages

 Voir aussi Facebook https://www.facebook.com/jumami.madagascar

Posté par jumami à 07:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]