JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2017

<> 14 12 17 - Madagascar peut-elle échapper aux crises ?
Conférence organisée le 15 novembre 2017 à l'Agence Française de Développement et réunissant Mireille Razafindrakoto, économiste et statisticienne, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), DIAL, François Roubaud, économiste et statisticien, directeur de recherche à l’IRD, DIAL, Jean-Michel Wachsberger, sociologue, maître de conférences à l’Université de Lille 3, chercheur associé à DIAL, Faranirina Rajaonah, historienne, Jean-Bernard Véron, membre du Comité de rédaction de la revue Afrique Contemporaine et animée par Christophe Barat, économiste, AFD.

La situation économique de Madagascar est singulière à plus d’un titre. D'une part, le niveau de vie des Malgaches ne cesse de régresser depuis l’indépendance en 1960, un cas unique pour un pays qui n’a pas connu de conflits majeurs ; d’autre part, à chaque fois que le pays s'est engagé sur la voie de la croissance, celle-ci a été brutalement interrompue par une crise socio-politique, mettant à bas les espoirs qu'elle avait suscités. Pour éclairer ce contexte spécifique, M. Razafindrakoto, F. Roubaud et J.-M. Wachsberger décryptent l’« énigme » et le « paradoxe » malgaches en procédant à une lecture d'économie politique dans le temps long et en s’appuyant sur des données statistiques de première main. La trajectoire économique et politique du pays s’analyse à l’aune des théories du développement, sans oublier l’identification des rentes et des stratégies d’acteurs, le rôle de la violence, le fonctionnement des institutions, la sociologie des élites malgaches ainsi que le rapport entre les citoyens et le pouvoir. La fragilité des coalitions entre élites y nourrit une instabilité systémique d'autant plus grande qu'elle vient se greffer sur un mécontentement populaire récurrent. En effet, même dans les rares périodes fastes, les aspirations au progrès des Malgaches se sont toujours heurtées aux dures réalités du quotidien. En dépit de sa spécificité, Madagascar est emblématique d'une situation commune à de nombreux pays : opposition entre élites et citoyens, rapport au pouvoir et questionnement de la démocratie. Ces enjeux, au cœur de la problématique malgache, restent présents dans l’actualité des pays du Sud comme du Nord.
https://vimeo.com/247111149
(1h48)

L’ouvrage L'énigme et le paradoxe - Économie politique de Madagascar -  Octobre 2017 -  Mireille Razafindrakoto, François Roubaud, Jean-Michel Wachsberger peut être commandé à l’adresse suivante : http://www.editions.ird.fr/produit/453/9782709924085/Lenigme%20et%20le%20paradoxe



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  12 12 17 - SeFaFi - Communiqué du 09 12 12 - Ouverture ou verrouillage ?
« Au terme de l’année 2017, à un an de la fin du quinquennat et des élections présidentielle et législatives, où en est Madagascar ? La question se pose avec acuité, car une incertitude générale affecte l’ensemble de la population : elle est sensible en matière de d’insécurité et de paupérisation généralisées, mais plus encore pour ce qui touche à la préparation des élections de 2018. (…) Les dirigeants jouent la montre, faute de pouvoir verrouiller les textes. Toutes ces manœuvres dilatoires annoncent une période électorale de tous les dangers, le parti au pouvoir s’obstinant à vouloir contrôler le scrutin à tout prix, tout en tenant un discours dit ‘d’ouverture’ qui n’est pas en rapport avec l’action gouvernementale », écrit notamment le SeFaFi dans son communiqué.

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  09 12 17 - France Info - Trafic de bois de rose - Madagascar : la société civile bouge
L’écologiste malgache Clovis Razafimalala, coordinateur de la coalition Lampogno, lutte contre le trafic de bois de rose dans l’île. Il a fait 10 mois de prison préventive avant d’être condamné, le 24 juillet 2017, à cinq ans avec sursis. Le combat de cet homme, défendu par Amnesty International, ne plaît pas à tout le monde à Madagascar… Interview.

<> 07 12 17 - Ethiquable.com - Le trafic illégal du bois de rose blanchi dans la vanille
Vanille et bois de rose poussent dans la même région, le nord-est de Madagascar. La vanille y est d’autant plus précieuse qu’elle sert à blanchir l'argent du bois de rose illégal. La spéculation vertigineuse autour de l’or vert laisse un goût amer : écocide, insécurité… Le bois de rose continue d’être illégalement abattu et acheminé clandestinement vers son marché principal, la Chine. Depuis des années, c’est toute une économie mafieuse et bien huilée qui s’est mise en place. L’incapacité de l’Etat à agir milite en faveur du développement de tels trafics en dépit des pressions internationales. La mobilisation de la société civile n’a aucune prise. Le pillage qui en découle dépouille peu à peu une forêt classée au patrimoine mondial de l’Unesco. L’espèce pourrait même disparaître dans un futur proche. Les trafiquants cherchent tous les moyens pour blanchir les fortunes issues de ces opérations illégales. Après plusieurs secteurs de l’économie réelle, la filière vanille est devenue la cible des trafiquants. L'argent illicite du trafic de bois est ainsi "réinvesti" dans le commerce légal de la vanille, ce qui alimente la spéculation. Cette flambée a ensuite attiré des spéculateurs dotés de trésorerie étrangement importante. Le mécanisme spéculatif est désormais bien installé sans que l’on puisse entrevoir comment le stopper. L’insécurité dans les champs de vanille et sur les lieux de stockage explose. Pour prévenir tout vol dans leur parcelle et profiter de la hausse des prix, les producteurs sont tentés de récolter la vanille verte de plus en plus tôt.

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  02 12 17 6 Collectif Rohy - Déclaration de la société civile pour oeuvrer en faveur des droits humains à Madagascar
Déclaration commune de la société civile pour œuvrer en faveur des droits humains à Madagascar à l’issue du séminaire annuel de la société civile des 16  et 17  novembre 2017 sur le thème « Société civile et respect des droits humains de Madagascar : Regards croisés ».

 

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2017

Dans un discours prononcé lors d’un colloque à l’université catholique, l’archevêque Odon Razanakolona a fait porter l’échec du processus de développement sur les élites, les hommes politiques, les bailleurs de fonds et la société civile. Il ne comprend pas que l’on puisse assister impuissants à un tel « délitement de la société » et à une telle « déliquescence économique et étatique ». La Conférence des évêques catholiques, qui s’est réunie peu après, a tenu à son tour des propos très sévères au sujet des maux qui gangrènent la société malgache. Le Comité central du FFKM a lancé un cri d’alarme : le pays est à la dérive. « La gestion des affaires étatiques nécessite un changement drastique », affirme le Comité, pour qui les maux qui rongent la société sont dus à la non-concrétisation des résolutions sur la réconciliation nationale basées sur les « 4 F »

Cédant aux pressions, Honoré Rakotomanana a pris la décision de se retirer de la présidence du Sénat pour laisser la place à Rivo Rakotovao, ancien ministre de l'agriculture et président du parti présidentiel HVM récemment nommé sénateur par le chef de l’Etat. L'opposition a dénoncé un calcul politique du président de la République en vue de l'élection présidentielle. Cet homme de confiance pourrait en effet être amené à assurer l’intérim du chef de l’Etat 60 jours avant le scrutin présidentiel si l’actuel titulaire postule pour un nouveau mandat.

Le gouvernement a dû affronter une nouvelle fois la fronde des députés qui ont tenté de déposer une motion de censure. L’initiative a été lancée par les élus pro-régime pour des motifs qui n’ont pas été clairement énoncés mais qui pourraient être liés à la satisfaction de certaines de leurs revendications, telle que l’attribution de véhicules 4x4. Ce projet n’ayant pu aboutir, les élus ont brandi la menace de destitution du bureau permanent auquel il serait reproché une mauvaise gestion. Pour des observateurs, la situation à l’Assemblée n’est pas sans rappeler les évènements qui se sont produits au Sénat, avec le retrait de son président, Honoré Rakotomanana, au nom de la stabilité. Jean Max Rakotomamonjy et Honoré Rakotomanana n’appartiennent pas au parti présidentiel, ils ont été portés à la présidence par leurs pairs au nom de l’ouverture. Faisant fi des difficultés financières de l’Assemblée, des élus contraignent l’institution à vivre au-dessus de ses moyens, déplore L’Express. La loi de finances 2018 a été adoptée à l’unanimité par la Chambre basse, sans amendement et quasiment sans débat par un hémicycle frappé depuis le début de la session par un fort absentéisme. Le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) avait dénoncé la rétention d’information du gouvernement sur ce projet de loi de finances.

Des dossiers relatifs au massacre du 7 février 2009 ont été dérobés au tribunal de la capitale. Un avocat et le fils d’un homme politique ont été placés en garde à vue. Ce vol a provoqué le report d’une audience qui devait statuer sur la levée du blocage des comptes bancaires frappant trois des 19 inculpés dans cette affaire - dont Marc Ravalomanana - qui avaient été condamnés à verser 639 millions Ar à l’association des victimes AV7.

Selon des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, le retour d’exil de Marc Ravalomanana en octobre 2014 aurait fait l’objet d’un accord avec Hery Rajaonarimampianina par l’entremise du négociateur en chef de la Sadc, Joachim Chissano. Le pacte, qui aurait été conclu prévoyait la réouverture de Tiko, l’amnistie des anciens dirigeants, le soutien du TIM à la nouvelle majorité présidentielle et la reconnaissance du nouveau chef de l’Etat.

Le ministre de la santé a annoncé en fin de mois que la déclaration officielle de fin d’épidémie de peste était imminente de la part de l’OMS maisla vigilance reste de mise jusqu’en avril et la stratégie nationale de lutte fera l’objet d’une mise à jour pour prévenir plus efficacement de nouvelles épidémies. Le tourisme a été fortement affecté et les autres îles de l’océan Indien ont profité de la situation pour attirer les visiteurs. Pour le Père Pedro, la peste est une honte pour le pays. Une rumeur affirmant que des agents de santé, accompagnés des forces de l'ordre, se rendaient dans les écoles pour contraindre les élèves à se faire vacciner, s'est propagée dans toute la capitale allant jusqu’à provoquer une véritable psychose et des mouvements de panique. Une enquête a été ouverte pour retrouver les auteurs de cette désinformation. Un facebooker a été placé sous mandat de dépôt. Au 22 novembre, 2348 cas avaient été recensés, dont 202 mortels.

la gazette 24 11Rivo Rakotovao, nouveau président du Sénat et président du HVM, affirme que l’élection présidentielle ne sera pas reportée, elle aura bien lieu fin 2018. Un budget de 40 milliards Ar est prévu dans la loi de finances. Les 12 millions de dollars annoncés par les partenaires internationaux viendront en complément, dans le cadre du « basket found ». L’hypothèse de l’organisation d’un référendum constitutionnel préalable au scrutin présidentiel ne serait pas abandonnée mais parait de moins en moins crédible compte tenu de la vive opposition que ce projet a rencontrée. Rivo Rakotovao est considéré comme l’un des hommes-clés du dispositif qui va se mettre en place pour assurer la réélection du président sortant sans qu’il soit nécessaire de retoucher la Constitution. Le SeFaFi estime quant à lui qu’une modification du statut des fokontany pour en faire des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) ne nécessite pas non plus une réforme constitutionnelle. La CENI renouvelle son souhait de voir fixées les dates des élections prévues en 2018, en vue de pouvoir bâtir son rétroplanning et réaliser dans de bonnes conditions les travaux préparatoires qui lui incombent. L’enjeu de cette transparence sur le calendrier électoral est de mettre les candidats sur un pied d’égalité et d’éviter un éventuel prolongement de mandat présidentiel. Le président de la CENI a plaidé en faveur de l’indépendance de la Commission à l’occasion de la signature d’un partenariat avec le Pnud et l’ambassade de France pour le financement du « basket found ». L’émissaire de l’UA, le diplomate algérien Ramtane Lamamra, en visite à Madagascar, a prôné une élection présidentielle inclusive et transparente. Dans son communiqué de fin de mission, il a fait mention d’un déficit de confiance et de dialogue entre parties prenantes. Marc Ravalomanana a fait valoir au diplomate que le « Ni…Ni » qui a prévalu à la sortie de la Transition est une formule politique qui ne saurait être remise au goût du jour.

Les organisations de la société civile regroupées dans le mouvement Rohy ont déclaré vouloir soutenir « les candidats intègres » lors des prochaines élections. « Nous inciterons les votants à procéder au vote responsable pour que seuls les citoyens intègres accèdent au pouvoir et non ceux qui distribuent des tee-shirts et des petits présents », déclare un cadre du mouvement.

nm 30 11Les partis politiques d’opposition toutes tendances confondues et la société civile ont accentué la pression sur le pouvoir pour que la refonte en cours du code électoral respecte les recommandations émises dans le cadre des consultations préparatoires auxquelles ils ont été associés. Réunis sous l’appellation « Groupe du Colbert », ils ont lancé un appel à la communauté internationale. Un « Comité de vigilance démocratique pour les élections » (CVDE) a été mis en place afin de s’assurer que les futures lois électorales garantiront l’égalité de chances des candidats, la transparence, la crédibilité et la fiabilité des résultats. Selon eux, « le pouvoir prend des mesures unilatérales » concernant l'élaboration des nouveaux textes. 35 partis politiques membres du CVDE ont signé entre eux un pacte par lequel ils s’engagent à prévenir la survenue d’une nouvelle crise politique. Pour Midi, le parti présidentiel HVM a désormais devant lui un front uni qui risque, s’il n’obtient pas satisfaction, de décréter le boycott des prochaines consultations électorales.

Le conseil des ministres a adopté les trois lois organiques régissant l’organisation des différents scrutins, se refusant à toute prise en considération des demandes du CVDE qui revendiquent un droit de regard sur les avant-projets.

900 000 citoyens en âge de voter ne peuvent être inscrits sur la liste électorale faute de carte d’identité. Un chiffre conséquent étant donné l’objectif de la CENI de porter la liste électorale de 8 millions d’inscrits à 10 millions après la révision de la liste qui doit s’achever en avril 2018. Une opération de délivrance de cartes d’identité et d’actes de naissance va être lancée dans le cadre d’une opération « guichet unique ».

Le Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM) en quête de légitimité. Sous le feu des critiques, ses membres ont entamé des démarches pour obtenir la reconnaissance de l’opinion, note Les Nouvelles. Les évêques catholiques ont rencontré les membres de son bureau. Les échanges ont porté notamment sur les résolutions adoptées en 2015 à Ivato, lors des Assises de la réconciliation qui ont réuni le FFKM et les anciens chefs de l’Etat et qui sont restées lettre morte.

La France a réaffirmé sa présence en matière de coopération militaire à l’occasion d’une cérémonie de don de matériels et de signature de nouveaux accords de défense, alors que les Etats-Unis, la Chine et d’autres pays manifestent leur intention d’accroître leur présence dans la Grande île et dans cette zone stratégique qu’est le sud-ouest de l’océan Indien.

Le gouvernement a décidé d’enclancher le processus d’inclusion des îles Eparses dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) de Madagascar. Une possibilité offerte pour « les zones non sujettes à des conflits interétatiques », les Nations unies ayant donné raison à Madagascar sur ce sujet dès 1979, en dépit de l’opposition de la France.

Le rapprochement entre la Grande Bretagne et Madagascar se confirme. L’offensive de la diplomatie britannique, s’inscrirait dans le contexte du Brexit. La coopération porterait sur la lutte contre la criminalité et la corruption, dans la perspective d’une relance des IDE et des relations commerciales entre les deux pays.

Dans un projet de résolution très documenté, le Parlement européen a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation socio-politique et économique de Madagascar. Pour L’Express, les recommandations adoptées « flirtent avec les limites de l’ingérence ». Le quotidien s’interroge sur l’incidence que pourrait avoir ce sévère réquisitoire sur les relations diplomatiques entre Madagascar et l’UE à l’approche d’un nouveau « dialogue politique » annoncé pour décembre. Ce rendez-vous périodique a fait l’objet d’une rencontre préparatoire avec l’ambassadeur de l’UE au cours de laquelle un tour d’horizon a été fait sur les questions électorales, l’insécurité, les enlèvements de Karana et les suites judiciaires de « l’affaire Antsakabary ». La question du référendum constitutionnel envisagée par le pouvoir aurait été exclue de l’ordre du jour.

La population ignore ses droits fondamentaux. Telle est la conclusion qui s’est imposée à l’issue du séminaire annuel de la société civile. Selon son porte-parole, malgré les efforts accomplis par le pays pour ratifier les traités et instruments internationaux et mettre en conformité les lois nationales avec ces normes, « on note l’inefficacité et la difficulté de leur application ». L’Express déplore que la société civile ne joue pas un rôle plus actif en matière de sensibilisation, se limitant souvent à recueillir les doléances de la population.

Madagascar aurait adhéré à une résolution du Conseil des droits de l’homme présentée lors de l’AG des Nations unies portant sur la protection des défenseurs des droits humains. Une adoption jugée surprenante par La Gazette compte tenu du sort que la Grande île a réservé récemment à plusieurs écologistes et défenseurs des droits environnementaux.

Le Bianco demande plus de protection pour les témoins et les dénonciateurs de cas de corruption. Ce manque de protection des lanceurs d'alerte a des conséquences directes sur la capacité du Bianco de mener à bien ses enquêtes. La loi sur la lutte contre la corruption adoptée il y a un an indique que c'est le directeur du bureau anti-corruption qui est responsable de la protection des témoins, dénonciateurs ou lanceurs d'alerte. Mais sur le terrain cette mission est impossible à mener, explique-t-il. Le Bianco a soumis ses doléances aux ministères concernés.

Les députés ont vivement interpelé le gouvernement sur l’insécurité qui frappe leur circonscription. La situation actuelle est « une véritable rébellion qui touche l’ensemble de Madagascar », a lancé un élu. D’août à fin octobre, la gendarmerie a traité 88 grands dossiers, dont 75 concernent des actes de banditisme et des vols de bœufs. 107 personnes ont été arrêtées et 65 bandits ont été abattus. 17 otages ont été libérés. Cinq attaques sur les axes routiers ont été recensées. L’insécurité qui règne sur la RN 2 Toamasina-Antananarivo a conduit à mettre en cause l’indépendance de la justice et a ravivé la tension entre les forces e l’ordre et le parquet.

Plusieurs affrontements meurtriers se sont produits entre communautés villageoises suite à des vols d’animaux. Des touristes étrangers ont été attaqués par des bandes de dahalo. Des actes de vindicte populaire et des kidnappings ont encore défrayé la chronique. L’application d’un Dina non homologué s’est soldée par des exécutions sommaires.

Affaire Antsakabary - Les cinq prévenus pour le meurtre de deux policiers ont été libérés, le délai légal de détention étant épuisé. La CNIDH dénonce une justice à deux vitesses. Les villageois impliqués dans la vindicte populaire à l’origine de la mort de deux policiers sont passés devant la justice alors que neuf mois après les faits les 42 policiers impliqués dans l’expédition punitive qui s’en est suivie n’ont pas été poursuivis. La ministre de la justice affirme que l’affaire suit son cours mais le premier ministre prétend que l’enquête se heurte au manque de témoins à charge, ce que conteste la CNIDH. Le Cercle de réflexion pour l’avenir de Madagascar (Cram) déplore qu’en raison des carences du pouvoir ce dossier ait pris une dimension internationale. Il dénonce la lenteur de l’enquête et la publication d’informations non véridiques. Les dissentions au sein des forces de l’ordre ne peuvent que favoriser la multiplication des vindictes populaires, affirme-t-il.

Les magistrats ont élu leurs 14 représentants au CSM. Ce renouvellement intervient dans un contexte tendu entre le pouvoir et le monde judiciaire. La justice est fortement décrédibilisée aux yeux du public. Cette défiance généralisée favorise le développement des justices privées et des vindictes populaires. A cela s’ajoutent les résistances de l’administration qui refuse d’appliquer certaines décisions judiciaires. Les contacts en cours entre magistrats et l’exécutif n’ont pas encore abouti et le SMM est fragilisé par des démissions au sein de ses instances dirigeantes.

Deux greffiers du tribunal de la capitale ont été placés sous mandat de dépôt pour corruption. Ils auraient monnayé une décision de mise en liberté dans une affaire pénale en cours de traitement.

Les faux diplômes du baccalauréat se vendent à prix bradé sur les réseaux sociaux. Plusieurs centaines de faux diplômes ont été découverts par le ministère de la fonction publique. Les maîtres Fram nouvellement recrutés en sont les principaux détenteurs.

Les contrôles effectués par la Jirama se poursuivent et portent leurs fruits. Des mesures ont été prises pour éradiquer toutes les pratiques frauduleuses et les vols d’électricité. 26 % des 21 000 clients contrôlés présentent une anomalie dans leur raccordement. Les pertes financières de la Jirama sont évaluées à 33 % de son chiffre d’affaires.

Les 34 agents des douanes chargés de la lutte contre les fraudes ont signé un contrat de performance. L’outil est présenté comme devant renforcer l’efficacité du service. La Banque mondiale apporte son appui aux réformes engagées. La douane affiche un bilan positif. Ses recettes sont en forte progression, ainsi que les amendes perçues.

La police a reçu plusieurs plaintes pour torture de jeunes femmes expatriées en Chine, à qui un emploi avait été promis et qui ont été mariées de force à des hommes handicapés. Une commission rogatoire internationale sera lancée pour mettre ce réseau mafieux hors d’état de nuire, annoncent les autorités.

Les femmes sont lourdement touchées par les séquelles des attaques de dahalo dans le Sud, selon une enquête menée par l’UNFPA. Cette violence basée sur le genre toucherait 45 % des femmes enquêtées. Les violences sexuelles qu’elle auraient subies restent un tabou mais leur existence ne ferait guère de doute.

Douze pakistanais en situation irrégulière ont été arrêtés. Entrés à Madagascar avec des visas de tourisme, ils s’étaient lancés dans le commerce à la sauvette de faux téléphones portables un fois leur visa expiré. Trois Iraniens arrivés de Turquie sur un vol de Turkish Airlines ont été appréhendés à leur arrivée. Ils étaient détenteurs de faux passeports. Les médias se sont emparés de ces deux affaires, après la polémique récente portant sur l’accord qui aurait été donnée en catimini par le pouvoir en faveur de l’accueil de réfugiés. La presse s’inquiète de l’apparition dans les quartiers de la capitale de ressortissants arabes « en tenue traditionnelle » dont on ignore le statut. Midi est convaincu que l’exécutif a donné secrètement son accord pour l’accueil de demandeurs d’asile. Le sujet a enflammé les réseaux sociaux. Certains médias français se sont fait l’écho de cette inquiétude, considérant que Madagascar pourrait être menacé par l’implantation d’un islam radical jusqu’ici méconnu et de cellules jihadises dormantes.

Éducation inclusive - Trois millions d’enfants vulnérables, ont été insérés ou réinsérés à l’école depuis 2015. La majorité sont en situation de handicap. C’est le fruit de la redynamisation de la « Plateforme nationale de l’éducation inclusive » opérée en juin 2015. 7 à 8 % des malgaches seraient en situation de handicap, sans réelle reconnaissance de leurs droits.

La mise à jour de la Stratégie nationale d’alphabétisation, élaborée avec le concours de l’Unesco, vise à réduire à 25 % le taux d’analphabétisme des adultes à l’horizon 2030. Lancé en 2008, la Stratégie escomptait ramener ce taux à 27,5 % en 2015, dans le cadre des OMD.

Seuls trois établissements supérieurs privés sur les quelques 800 qui ont été autorisés à ouvrir auraient obtenu leur accréditation. Selon le ministère de tutelle, les diplômes délivrés par les établissements non accrédités ne seront bientôt plus reconnus par l’État.

Une convention a été signée entre le ministère du tourisme et l’association ECPAT France en vue de renforcer la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs.

Madagascar affiche un taux de prévalence de mariages d’enfants de 41,2 %. Un problème majeur qui frappe principalement les régions côtières du Sud et du Sud-Ouest. Plus de 63 % des filles sont en union avant l’âge de 18 ans dans la région Melaky. Une stratégie nationale de lutte a été adoptée pour la période 2017-2024, sous l’égide de l’Unicef, avec la participation des partenaires techniques et financiers. Objectif : ramener ce taux à 21,2 % en 2024, en cohérence avec les ODD.

Travail des enfants : les dénonciations se font attendre. L’administrateur du projet Gouvernance du BIT déplore que depuis 5 ans que la procédure est opérationnelle, personne n’ait encore dénoncé l’existence d’employeurs d’enfants. Selon la BIT, en 2012, 28 % des enfants malgaches de 5 à 17 ans étaient en situation de travail, dont une proportion notable dans les pires formes de travail. La situation socio-économique actuelle renforce le phénomène. Madagascar se lance comme défi d’éliminer ce fléau d’ici 2030. 

L’émission parodique de la chaîne du président de la République, produite par le Mouvement pour la liberté d’expression (MLE) a retrouvé son animateur vedette qui aurait été contraint de prendre la fuite suite à des menaces.

Les vice-présidents de l’Ordre des journalistes (OJM) dénoncent « l’interférence du gouvernement sur la délivrance des cartes professionnelles ». Ils condamnent la création d’une commission de délivrance par le ministre de la communication, sans concertation et en violation de la loi de 2016 portant code de la communication médiatisée. Le ministre évoque l’existence de « faux journalistes » qui porteraient atteinte à la crédibilité de la profession et seraient des fauteurs de troubles. Il promet de les traquer.

Le président de l’OJM appelle de ses vœux la création d’une convention collective des journalistes mais selon lui ce projet n’est pas envisageable dans le contexte professionnel actuel, marqué par de fortes rivalités internes.

Un couple d’infographistes a été mis aux arrêts qui avaient diffusé via Facebook des propos calomnieux sur le chef de l’Etat, accompagnés de clichés retouchés. Ils feraient également l’objet de nombreuses plaintes pour « dénigrement en ligne ».

EITI : une mission d’évaluation de la performance de Madagascar. Le secrétariat international de l’EITI a effectué une mission d’évaluation de la performance du pays en matière de bonne gouvernance et de transparence des ressources pétrolières, gazières et minières. La Grande île se prépare à se soumettre au processus de validation de sa conformité aux normes EITI. Le rapport d’évaluation sera remis à un cabinet international indépendant qui se chargera de sa validation. Le CA de l’EITI se prononcera au 1er trimestre 2018.

Le ministère de l’environnement procède au comptage des 270 000 rondins de bois de rose déclarés par les exploitants dans la région Sava avant 2011. Cette opération constitue l’une des exigences de la Cites pour permettre à Madagascar de commercialiser ses bois précieux. Une autre exigence a trait à la poursuite judiciaire des auteurs d’infractions. Le feu vert de la Cites une fois accordé, la vente devra être effectuée via un appel d’offres international.

Douze bandits ont pris d’assaut une exploitation aurifère chinoise à Mananjary. S’insurgeant contre un pillage de leurs ressources, les villageois ont laissé faire. Le fleuve local est contaminé et les orpailleurs locaux sont privés de leur gagne-pain. Parmi les assaillants, on note la présence de deux militaires et d’un policier. Ils ont été arrêtés, ainsi que trois autres individus.

Après le démantèlement de trois réseaux en 2016, le trafic de tortues protégées a repris, selon la gendarmerie, qui enquête sur la découverte d’une centaine de bébés tortues Radiata découvertes mortes.

524 guichets fonciers sont opérationnels dans 20 des 22 régions. L’objectif est d’en implanter un dans chacune des 1 600 communes d’ici 2030. Depuis 2015, 124 000 certificats fonciers ont été délivrés. L’État, à travers ses services fonciers, va procéder à l’inventaire de tous les domaines fonciers du pays, publics et privés, afin de préciser le statut de chaque terrain préalablement au lancement de grands projets d’aménagement comme les ZES. Le pouvoir se voit reproché de manière récurrente de céder de manière illicite des terrains à des étrangers. 55 dossiers seraient en cours d’instruction par le Bianco.

« Moramanga - Un Français expulse 3 600 Malagasy de leurs terres », titre La Vérité. Il est accusé d’avoir accaparé de force des parcelles d’une superficie de 500 ha sur la commune d’Anosibe Ifody, au détriment de quelques 3 600 habitants, expulsés sans préavis.

Une déclaration de la Conférence Afrique Francophone sur l'accaparement des terres. Chefs religieux de toutes confessions, chefs coutumiers et acteurs de la société civile ont organisé une conférence régionale Afrique francophone à Abidjan sur le thème « Accaparement des terres en Afrique francophone : identifier et promouvoir les solutions endogènes pour s’en sortir ». Pour les participants, l’accaparement des terres est un phénomène grave qui interpelle toute conscience. La Conférence se déclare solidaire des communautés touchées par cette menace, ainsi que des militants des droits fonciers persécutés.

La loi sur les Zones économiques spéciales (ZES) adoptée par l’Assemblée nationale. Trois ZES sont déjà lancées Le ministre des projets présidentiels a fait valoir les avantages que la Grande île pourrait retirer de ces créations susceptibles d’attirer les investisseurs étrangers, comme l’attestent plusieurs réalisations réussies en Afrique. Le ministre précise que la création de ZES n’implique pas la vente de terrains à des étrangers. Le Collectif Tany a adressé une mise en garde aux sénateurs qui n’en ont pas tenu compte : le texte a été adopté par 42 des 44 présents, sans amendement.

Les feux ont détruit 270 000 hectares depuis le début de l’année, selon le ministère de l’environnement. Le phénomène s’est intensifié depuis début octobre. Les causes sont multiples et variables selon les régions : « tavy », feux de pâturages, exploitations minières sauvages, défrichement par des migrants. Les élus ont interpelé la ministre de l’environnement et des forêts.

La Banque mondiale a accordé une subvention de 45 millions de dollars pour renforcer la stabilité des finances publiques, améliorer le climat des affaires et favoriser le développement des investissements, notamment dans les services sociaux et la lutte contre la pauvreté. Cette subvention budgétaire est la 4e depuis le retour à l’ordre constitutionnel.

Dans sa dernière note de conjoncture économique, la Banque mondiale présente un bilan favorable de la situation et des perspectives encourageantes pour la Grande île. La Gazette écrit : « depuis la Transition, c’est la première fois qu’un rapport de la Banque mondiale se montre positif à l’endroit de Madagascar ». Le quotidien juge cependant que ce rapport vole au secours d’un régime impopulaire. Il serait en profond décalage avec le vécu des populations qui ne cessent de s’appauvrir et passerait sous silence des sujets majeurs de préoccupation, comme l’insécurité.

« Madagascar est le seul pays qui s’appauvrit depuis soixante ans sans avoir connu la guerre », titre Le Monde Afrique. Des chercheurs de l’IRD mettent en avant le rôle prédateur des élites, la faiblesse de la société civile et le tabou de la violence pour expliquer la trajectoire singulière de la Grande île. Les élections de 2013, qui ont porté Hery Rajaonarimampianina au pouvoir, n’ont rien changé à « la donne structurelle de l’équation malgache. Le déclenchement d’une nouvelle crise peut intervenir à tout moment », écrivent-ils.

Plus de 1 200 communautés de base issues de 13 régions s’engagent en faveur d’une gestion durable des ressources naturelles avec l’appui du ministère de l’environnement et du WWF. Elles ont conclu des contrats de gestion communautaire de leurs ressources avec l’administration, à travers des processus de transfert de gestion.

L’Allemagne entend contribuer aux efforts de Madagascar pour lutter contre les effets du changement climatique. Des accords bilatéraux de coopération technique ont été signés pour un montant de 65 millions d’euros.

Madagascar a gravi cinq échelons au classement « Doing business », en 162e position sur 190 pays. « Le travail est bien amorcé mais nécessite plus d’efforts pour mener efficacement des réformes importantes », juge le représentant la Société financière internationale (SFI).

Le projet de loi de finances 2018 consacre une forte diminution des subventions accordées aux entreprises publiques, suivant en cela les conditionnalités posées par le FMI. La Jirama et Air Madagascar devront pouvoir se passer progressivement de transferts du budget de l’Etat.

La monnaie nationale poursuit sa forte dépréciation. Le mouvement, amorcé en août, s’amplifie, faisant peser la menace d’une forte inflation. Les causes avancées par le pouvoir sont contestées par des économistes.

L’insécurité alimentaire menace à nouveau le Grand Sud. Les populations deviennent de plus en plus vulnérables à chaque choc. La situation pourrait encore s’aggraver d’ici mars 2018 en raison des mauvaises récoltes, de la sécheresse et de la prolongation de la période de soudure.

Le prix des PPN connaît une forte hausse. Les cours du riz malgache flambent sur tout le territoire. Les consommateurs se tournent vers le riz d’importation, dont les prix sont plus abordables. Madagascar aura importé au moins 400 000 tonnes de riz cette année, contre 250 000 pour une année normale. Avec ses 40 millions d’hectares de terres arables et sa population à 80 % paysanne, Madagascar devrait être un géant mondial de l’agriculture mais ne peut malheureusement prétendre à ce titre, du fait d’une sous-valorisation de ses ressources. « L’agriculture malgache n’a cessé de régresser ces quatre dernières années », a déclaré récemment le chef de l’Etat.

Recensement de la population : les opérations de cartographie ayant pris du retard, le dénombrement est reporté à 2018. Un retard imputable aux difficultés d’accès à certaines zones, aux conditions météo et à l’insécurité.

Madagascar régresse de deux places dans le classement de l’Union internationale des télécommunications qui mesure le développement des TIC dans 176 pays. La Grande île passe de la 167e à la 169e place.

Une société textile de zone franche licencie 108 personnes sans préavis. L’employeur met en avant la chute de la demande. D’autres sources évoquent l’incidence d’un programme de robotisation de la société.

Près de 72 % des constructions dans les villes à Madagascar, surtout dans la capitale, sont des bidonvilles », selon un rapport des Nations unies de 2016. Un phénomène qui peut représenter un grand danger, alerte le directeur général de l’aménagement du territoire. « Madagascar est engagé dans la phase de transition urbaine. (…) La population résidant en ville doublera d’ici à 10 à 15 ans. On comptera plus de 7 millions d’habitants à Antananarivo et ses périphéries en 2032 »

« La plupart des importations sont des importations frauduleuses qui, au bout du compte, devancent largement les produits malgaches en termes de compétitivité », avance le représentant de la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES). Les produits locaux n’ont plus leur place sur les marchés. La FES pointe du doigt la corruption qui permet à certaines entreprises d’inonder le marché en toute impunité, voire avec la protection de hauts responsables de l’administration.

Le scandale Paradise Papers concerne aussi Madagascar. Douze noms dont cinq Malgaches sont cités sur le site de l’International consortium of investigative journalists (ICIJ).

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L'épidémie de peste urbaine et sa gestion par le pouvoir
  • Projet de révision de la Constitution, questions électorales
  • Mise en œuvre de la réconciliation nationale
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Droits des femmes, traite
  • Migrations
  • Education, droits des enfants
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois de rose, exploitations minières, trafics, foncier, environnement
  • Coopération, Banque mondiale
  • Divers

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ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2017

<>  24 11 17 - Déclaration de la Conférence Afrique Francophone sur l'accaparement des terres
Chefs religieux de toutes confessions, chefs coutumiers et acteurs de la société civile ont organisé une conférence régionale Afrique francophone à Abidjan sur le thème « Accaparement des terres en Afrique francophone : identifier et promouvoir les solutions endogènes pour s’en sortir ». Pour les participants, l’accaparement des terres est un phénomène grave qui interpelle toute conscience. Les crises alimentaire, énergétique et financière des années 2000 ont accéléré l'afflux massif des investissements de capitaux dans les biens fonciers, considéré comme actif financier et marchandise, provoquant une grande vague sans précédent d'accaparement des terres en Afrique. Cet accaparement est dissimulé sous le couvert des expressions de « croissance économique », « développement », « sécurité alimentaire ». En réalité c’est une voie ouverte aux compagnies ou institutions locales, nationales, internationales qui se servent des autorités coutumières, religieuses, militaires, politiques et les élites politico-administratives des nations africaines pour perpétuer les modèles économiques orientés vers l'accaparement des terres, des eaux et des ressources naturelles africaines. L’eau, les semences et notamment la terre ne sont pas et ne devraient pas être une marchandise. La notion de « mise en valeur de la terre » doit être fondamentalement revue pour intégrer les dimensions environnementales, traditionnelles, spirituelles et sociales. La Conférence se déclare solidaire des communautés touchées par cette menace, ainsi que les militants des droits fonciers qui sont constamment persécutés. Elle condamne la criminalisation, les arrestations, les emprisonnements, la persécution et les assassinats des victimes d’accaparement des terres, des militants et des défenseurs des droits fonciers.

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  17 11 17 - Madagascar - Proposition de résolution commune du Parlement européen en date du 15/11/17
Proposition relative à la situation à Madagascar émanant de plusieurs groupes parlementaires et destinée à être remise à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, à la Commission et au Conseil de l’UE, au Conseil des ministres ACP-UE, au gouvernement malgache, au Secrétaire général des Nations unies, à la SADC et à la Commission de l'Union africaine.


17 11 17 - Libération - Madagascar - églises, mosquées... Dieu est partout
"Qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir être barbus ?" se demande le lieutenant-colonel de gendarmerie Armandin Ralaiko, dans un sourire moqueur. Le gradé malgache s'inquiète d'une petite secte naissante, les "Hébreux", dont les fidèles nichent sous les faubourgs du nord d'Antananarivo,.


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  17 11 17 - Le Monde Afrique - Madagascar est le seul pays qui s'appauvrit depuis 60 ans sans avoir connu la guerre
Des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) mettent en avant le rôle prédateur des élites, la faiblesse de la société civile et le tabou de la violence pour expliquer la trajectoire singulière de la grande île de l’océan Indien.  Mireille Razafindrakoto, François Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, tous trois rattachés au centre de recherche Développement, institutions et mondialisation (DIAL), ont tenté de comprendre l’« énigme » malgache. Madagascar est en effet le pays n’ayant subi aucun conflit majeur à s’être appauvri depuis son indépendance, en 1960. Dans leur ouvrage L’Enigme et le paradoxe. Economie politique de Madagascar (IRD Editions, 280 p., 32 euros), les trois chercheurs livrent quelques pistes de compréhension. Une certitude ressort : les élections de 2013, qui ont porté Hery Rajaonarimampianina au pouvoir, n’ont rien changé à « la donne structurelle de l’équation malgache. Le déclenchement d’une nouvelle crise peut intervenir à tout moment »

- 15 11 17 - Collectif Tany - ZES : fixer des balises pour garantir l'intérêt de la nation et des communautés impactées
Mise en garde du collectif Tany à l’adresse des sénateurs
. « La mise en place de ces zones spéciales censées apporter le développement ne doit pas détruire la vie et les moyens d’existence actuels des communautés locales. (…) Les familles composant les communautés des zones où vont être installées les ZES ne doivent pas être prises au dépourvu ni expropriées/expulsées comme des « vauriens » et des sans-droits : leur consentement libre, informé, préalable, devrait être obtenu. (…) Le montant des prix d’achat ou des indemnisations devrait être suffisamment élevé pour qu’ils permettent aux propriétaires de disposer de biens et de sources de revenus équivalents à ceux qu’ils avaient avant l’achat ou avant l’expropriation. (…) La loi sur les ZES doit comporter des clauses et des indicateurs qui assurent que chaque ZES mise en place contribuera véritablement au développement. (…) Le Collectif soutient fermement la mise en place de procédures de suivi et d’évaluation permanentes et de sanction éventuelle des ZES »


09 11 17 - La société civile s'inquiète de la vulnérabilité des activistes
A Madagascar, les organisations de la société civile unissent leurs forces pour le respect des droits humains et organisent un séminaire de trois jours sur ce thème. Selon elles, le pays a encore des progrès à faire en la matière, notamment concernant l'accès à la terre, le droit à un travail décent, mais aussi la protection des militants écologistes.

09 11 17  - Le Monde Afrique - Comment les leçons tirées d'Ebola aident à lutter contre la peste à Madagascar

L'épidémie qui a touché le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée de 2014 à 2016 a permis de décrypter certains échecs des interventions d'urgence. A Madagascar, des anthropologues sont mobilisés pour combattre la transmission de la bactérie.
L’Etat malgache a confirmé le ralentissement de l’épidémie. La maladie a provoqué 131 décès, selon le dernier bilan. Les écoles ont enfin pu rouvrir, alors que l’épidémie flambait depuis le mois d’août. Alors que l’épidémie faiblit, et avant que la prochaine se présente, les anthropologues ont toujours un rôle à jouer. Ils doivent pouvoir étudier les savoirs des différents groupes sociaux sur la maladie, les représentations sociales, les déterminants structurels de l’exposition au risque, le rôle des institutions telles que l’école et la religion. Ces recherches permettent de préparer la réponse face à de nouvelles crises, alors que les changements globaux laissent présumer une diversification des agents infectieux entraînant l’augmentation de la fréquence des épidémies.
 

<>  08 11 17 - Midi - Paupérisation de la population - Mgr Odon Razanakolona dénonce la corruption au sommet de l'Etat
L’archevêque Odon Razanakolona fait porter l’échec du processus de développement aux élites, aux hommes politiques, aux bailleurs de fonds et à la société civile
. Il pointe la marginalisation de la population dans la lutte contre la pauvreté. « La société malgache est malade et l’argent est érigé en Dieu par un grand nombre du sommet de la pyramide à la base », déplore-t-il dans un discours prononcé à l’ouverture d’un colloque à l’université catholique de Madagascar. Le chef de l’Eglise catholique ne comprend pas que l’on assiste impuissants à un tel « délitement de la société » et à une telle « déliquescence économique et étatique », alors que le pays possède un énorme potentiel de ressources tant matérielles qu’intellectuelles. L’impunité des acteurs politiques est pointée du doigt, ainsi que leur manque de vision du développement. Les relations avec les bailleurs de fonds restent marquées par l’esprit de dépendance et l’assistanat. La société civile se voit reprochée une trop grande dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds, dont dépendent en général leur financement. Elle ne parvient pas à jouer son rôle de médiateur, de régulateur et d’interpellation, devenant trop souvent des alliés objectifs du pouvoir ou des bailleurs de fonds.

Voir aussi L'Express :

Conjoncture - L'archevêque Odon Razanakolona tire dans le tas

Cash. Sans équivoque hier, monseigneur Odon Raza­na­kolona, archevêque d'Anta­nanarivo, a placé dos à dos les élites, les politiciens, les bailleurs de fonds et même la société civile, dans l'échec...

- 08 11 17 - SeFaFi - Communiqué - Election des chefs de Forontany : Appliquer les textes
Le SeFaFi estime que la modification du statut des fokontany pour en faire des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) ne nécessite par une réforme constitutionnelle comme l’a laissé entendre le pouvoir pour justifier son projet de référendum. « En dépit de toutes les allégations contraires, (…) il n’est nul besoin de modifier la Constitution. Il est tout à fait possible et conforme à la législation de faire élire les chefs de fokontany par les citoyens concernés », écrit l’Observatoire, qui juge que le projet de transformer les fokontany en CTD n’est pas fondé : « En réalité, et jusqu’à présent, les communes sont les seules CTD qui fonctionnent, tant bien que mal, et à différents degrés. Mais elles sont totalement démunies financièrement et leur mise en place effective ne cesse d’être sabotée par le pouvoir central (même lorsque les couleurs sous lesquelles les maires se sont fait élire sont celles de ce même pouvoir central). Il est donc inconcevable que les quelques 18.000 fokontany de la Grande Île puissent accéder au statut de CTD, alors même que les quelques 1.700 communes ne sont toujours que des CTD nominales. Outre ces impossibilités au niveau des capacités humaines, financières et institutionnelles, il faut surtout en appeler au bon sens et au réalisme : dans les grandes villes, et notamment dans la commune d’Antananarivo qui compte 192 fokontany, est-il seulement concevable que chaque fokontany soit érigé en CTD à part entière ? ». Selon le SeFaFi, il suffit de prévoir, dans le cadre des textes en vigueur, que les chefs fokontany soient élus. Une réforme qui devrait intervenir avant l’ouverture du cycle électoral de 2018.

 

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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31 octobre 2017

REVUE DE PRESSE - OCTOBRE 2017

Une épidémie de peste d’une exceptionnelle gravité a frappé près de la moitié des districts de la Grande île, touchant tout particulièrement la capitale et la ville de Toamasina. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de peste pulmonaire, particulièrement contagieuse. D’août à fin octobre, plus de 1 200 cas ont été recensés, faisant près de 130 morts. La gestion de l’épidémie a mis à mal la crédibilité de l’Etat. Pour le sociologue André Rasolo, l’absence de mobilisation générale des Malgaches face à l’épidémie que l’on a pu observer est la manifestation de la fragmentation de la société : des murs invisibles entre la classe politique, ceux qui profitent du système, ceux qui en sont exclus, ne permettent pas de faire l’union de tous devant un danger collectif. La population a montage pestedifficilement accepté l’application des consignes de prophylaxie. Les réseaux sociaux ont véhiculé fausses rumeurs et désinformation, entretenant tantôt la psychose, tantôt un climat d’incrédulité ou de suspicion. « Chaos, confusion, désarroi, catastrophes…aucun vocabulaire ne peut exprimer la vie et le sentiment provoqués par l’épidémie de la peste ces dernières semaines à Madagascar. La vie socio-économique de toutes les zones concernées dont la capitale est complètement sens dessus dessous depuis l’annonce de l’épidémie », a écrit Tribune, qui poursuit : « la gestion de l’épidémie est plus que lamentable. La stratégie change à tout bout de champ. (…) La psychose et l’ignorance ont tué plus que l’épidémie de la peste elle-même. (…) La défiance envers l’Etat en général n’arrange pas la situation ». Le pic de l’épidémie semblait cependant avoir été atteint en fin de mois.

En visite à Madagascar, le SG adjoint de l’ONU, accompagné de la coordinatrice du Système des Nations unies, a rencontré les membres de la CNIDH pour faire le point sur les défis de l’organisation d’élections justes et transparentes, exemptes de contestations. Une délégation de l’OIF s’est rendue à Madagascar pour procéder à un audit du dispositif électoral. Les actions de la CENI se focalisent actuellement sur trois points essentiels : la révision annuelle de la liste électorale, l’amélioration du code électoral et le renforcement de capacités des membres de la Commission. La dernière révision de la liste électorale a permis d’accroitre de 6,3 % le nombre des inscrits. L’objectif est d’atteindre les 10 millions d’inscrits en 2018. Un effort particulier reste à accomplir vis-à-vis des femmes et des jeunes. La CENI compte amener les entités politiques qui prendront part à la campagne électorale à s’accorder sur une charte de bonne conduite. Le comité interministériel chargé de la révision de l’encadrement juridique du processus électoral a organisé une restitution publique de ses travaux mais il s’est limité à présenter un tableau comparatif de ses recommandations, estimant qu’il n’était pas de sa compétence de rédiger un avant-projet de loi. Selon L’Express, les propositions formulées par le comité portant sur l’indépendance financière de la CENI et ses prérogatives en matière de fixation du calendrier électoral sont en retrait par rapport aux souhaits exprimés précédemment par la commission consultative. Pour certains participants, ces consultations qui se prolongent auront pour conséquence le report des échéances électorales. Des membres de la société civile contestent la composition du Comité et demandent que la rédaction de l’avant-projet de loi se fasse de manière inclusive. La diaspora malgache en France a reçu des délégations du HVM et du TIM. A un an de la présidentielle, les expatriés sont sollicités pour apporter un appui financier, bien que le droit de vote ne leur soit pas encore accordé.

Agé de 90 ans, l’ancien président Zafy Albert est décédé dans un hôpital de La Réunion où il avait été transféré pour un AVC. L’homme politique, très respecté, a été considéré comme le père de la démocratie à Madagascar. L’empêchement de ce « Gorbatchev malgache », décrété par le Parlement en 1996, « marque la fin des illusions sur une classe politique prête à tout pour conquérir le pouvoir », selon TV5 Monde.

L’épidémie de peste et l’insécurité ont éclipsé l’examen de l’ordre du jour de la nouvelle session parlementaire. Les élus constatent que les pouvoirs publics ne parviennent pas à faire face efficacement à la situation. La question du dépôt d’une motion de censure du gouvernement est de nouveau à l’ordre du jour. Des élus ont demandé la création d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les conditions d’acquisition des véhicules 4x4 qu’ils n’ont pas encore pu obtenir.

Une séance d’exorcisme a été organisée au siège de la HCC, titre Midi, qui qualifie l’évènement d’« inhabituel et incompréhensible ». L’initiative aurait été prise par le président Jean Eric Rakotoarisoa et les hauts conseillers. L’instance dirigeante de la HCC a fait appel à un pasteur et à trois « bergers » (« Mpiandry ») issus de la FJKM.

« Madagascar, nouvelle terre de conquête des islamistes », titre Le Figaro. Selon le reporter du quotidien français, la population s’interroge sur la prolifération des mosquées et madrasas sauvages, aussi bien sur la côte sud-est que celle du nord-ouest, entre Antsiranana et Mahajanga, critiquant le « laxisme et l’inconscience » de l’administration.

nm 19 10 17Le projet de révision de la Constitution compromis ? La forte opposition rencontrée par le chef de l’Etat vis-à-vis de son projet de modifier par référendum les règles relatives à la démission du chef de l’Etat qui serait candidat à sa propre succession laisse penser que le pouvoir est à la recherche d’une solution de substitution. Le président du parti HVM, Rivo Rakotovao, ministre de l’agriculture, a été nommé au Sénat sur le quota présidentiel, en remplacement d’un sénateur démissionnaire. Pour les observateurs, cet homme de confiance pourrait assurer l’intérim du président de la République dans l’hypothèse, plus que probable, où celui-ci postulerait pour un nouveau mandat. Le président du Sénat serait acculé à la démission par ses pairs favorables au pouvoir.

Le Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM) a mis en place son bureau permanent et procédé à l’élection de son président. Un décret devrait définir les faits indemnisables et amnistiables. L’amnistie pourra être accordée après transmission des requêtes à une commission de la Cour suprême. Pour Midi, la réconciliation nationale est devenue orpheline avec la disparition du « Père de la démocratie », le Pr Zafy Albert, ancien président de la République, décédé au cours du mois.

Relations conflictuelles entre le pouvoir et la justice : le gouvernement a fait souder en position ouverte les accès au tribunal de la capitale pour s’opposer au mouvement de grève des magistrats et des greffiers. Le syndicat de enseignants-chercheurs a condamné le recours à la force et les violences perpétrées par les forces de l’ordre contre les grévistes le 28 septembre et la CNDH a jugé excessives les réactions du pouvoir, tout en exhortant les grévistes à organiser un service minimum. La Cour s’est déclarée préoccupée par de l’incidence de la grève sur le fonctionnement des services pénitenciers, fragilisés par la surpopulation carcérale. Les greffiers ont cessé leur mouvement, estimant avoir obtenu satisfaction portant sur des revendications catégorielles. Le SMM, en revanche, était toujours en attente de la réponse du pouvoir sur la refonte des textes régissant la magistrature et le fonctionnement de la justice. Une commission aurait été mise en place pour élaborer un projet de réforme à soumettre au gouvernement et au vote du Parlement.

Un ressortissant français d’origine indienne a encore été enlevé dans la capitale. Le Collectif des Français d'origine indienne a lancé un appel aux partenaires de la Grande île pour qu’ils accompagnent les autorités dans la mise en œuvre d’un dispositif permettant de mettre fin à ces pratiques. Le jeune Karana, séquestré durant 18 jours, a finalement été relâché. Ses ravisseurs courent toujours. Les investigations sont menées par une cellule mixte de gendarmes et de policiers, appuyée par un expert français. La brigade criminelle serait sur les traces d’un réseau maffieux. Les risques d’enlèvement incitent des opérateurs à quitter la Grande île et à rejoindre les îles sœurs.

Opération anti-dahalo : 300 militaires sont stationnés à Ihosy. Des armes performantes sont mises à disposition de ce bataillon interarmes. Le secrétaire d’État à la gendarmerie réclame des dotations en hélicoptères gros porteurs pour lutter plus efficacement contre l’insécurité en zone rurale. Des exactions commises par des groupes de dahalo ont encore été signalées et un couvre-feu a été instauré à Maevatanana. Des exécutions extrajudiciaires ont frappé des individus suspectés d’avoir commis des cambriolages.

Une tonne et demi d’ossements humains a été saisie à Mahanoro. Ce mystérieux trafic qui porte atteinte aux valeurs ancestrales malgaches sévit tout particulièrement dans cette région de la côte Est.

Le procès de l’affaire Rehavana Michel a été renvoyé pour la 3e fois. Premier substitut du procureur du tribunal de Toliara, le magistrat avait été tabassé à mort en décembre 2011 par des policiers. En mars 2017, lorsqu’ils ont reçu leur convocation pour être auditionnés, les proches des policiers et les notables de la région ont organisé une manifestation pour s’opposer au transfert des 39 prévenus. Aucun ne s’est présenté au tribunal. Les proches de la victime ont affirmé ne pas avoir reçu leur convocation pour l’audience. Ils n’écartent pas « la possibilité d’une manœuvre visant à arrêter la poursuite contre les auteurs de ce meurtre », rapporte Midi.

Des organisations de la société civile veulent s’assurer de la bonne moralité des magistrats candidats au Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Afin de permettre le contrôle a priori de moralité des candidats par les autorités compétentes, elles en appellent aux citoyens possédant des informations relatives à d'éventuels pratiques de corruption, abus ou mauvaise conduite concernant l’un ou l’autre des candidats.

Plusieurs magistrats ont été sanctionnés par le CSM pour suspicions de corruption et d’abus. Quatre d’entre eux ont reçu un avertissement.

Un policier gardé à vue à la gendarmerie. Le policier, en fonction à Ihosy, est suspecté de trafic d’armes et de pierres précieuses. En tenue et armé, dépourvu d’ordre de mission, il escortait un poids lourd transportant de la Labradorite à destination d’Antananarivo.

Quatre trafiquants d’armes ont été placés sous mandat de dépôt. Trois complices ont bénéficié d’une liberté provisoire. Un fonctionnaire serait le commanditaire. La bande a été prise au piège par un policier en civil qui s’est fait passer pour un acheteur. Les investigations s’orientent vers les services des douanes qui auraient pu couvrir ces importations d’armes.

Un réseau de pirates des télécommunications a été démantelé par la police, en collaboration avec les opérateurs de téléphonie mobile et l’Autorité de régulation des technologies de communications. Les coupables ont été écroués et leurs matériels ont été saisis.

Blanchiment de capitaux : 900 milliards Ar d’infractions financières depuis 2016, a révélé le DG du SAMIFIN en marge de la clôture d’une formation des enquêteurs de la gendarmerie. Les infractions liées à la fiscalité et aux impôts constituent la majorité des cas. L’institution traite actuellement près de 140 déclarations d’opérations suspectes, fruit de la collaboration des autorités judiciaires avec les banques. Le DG du SAMIFIN a évoqué le financement du terrorisme via les institutions bancaires, un phénomène qui prendrait de l’ampleur et préoccupe les autorités.

Une cellule anti-kidnapping mise sur pied. Une convention a été signée entre le ministère de la justice et les opérateurs téléphoniques. Est également annoncée la désignation d’un magistrat référent qui devrait disposer d’une compétence nationale, comme l’avait demandé l’ambassadrice de France le 14 juillet.

Pour l’ambassadeur des Etats-Unis, le manque de redevabilité des responsables étatiques compromet les progrès accomplis par le pays depuis le retour à l’ordre constitutionnel. « Search for common ground » (SFCG)apportera,à travers le projet « Samy Gasy », un appui aux entités chargées de favoriser la transparence et la lutte contre la corruption.

Décès de Mathilde Rabary, présidente fondatrice en 1999 de l’ONG « SOS aux victimes du non-droit », engagée dans la défense des droits de la femme. Avocate et médecin, elle a créé la clinique juridique « Mifohaza » (Réveillez-vous) en 2004 pour accueillir et soutenir les filles et femmes victimes de violences et de viols.

La question de l’avortement a été au centre d’un débat organisé à l’université d’Antananarivo par le Conseil national des femmes malgaches qui regroupe les associations de défense des droits des femmes. La loi autorisant le planning familial doit venir prochainement en discussion au Parlement. Il y sera notamment question de l’avortement. Même s’il est pénalisé par la loi malgache, de nombreuses femmes y ont recours clandestinement.

Envoi de femmes malgaches au Koweït : un homme, suspecté d’être à la tête d’un réseau de traite, a comparu devant le tribunal d’Anosy. Un hébergeur de migrantes a été écroué. Le service des enquêtes spécialisées a intercepté à l’aéroport d’Ivato trois jeunes filles en partance pour Guangzhou. Auditionnées, elles ont révélé qu’elles devaient rejoindre cette ville pour se marier. Deux femmes résident en Chine seraient les commanditaires de ce trafic de vente de femmes à de riches ressortissants de ce pays.

Le rapport annuel le FNUAP contient de nombreuses recommandations adressées à Madagascar pour réduire les inégalités dont sont victimes les femmes. Les Nations unies attendent des mesures en faveur du planning familial et de la lutte contre les violences basées sur le genre.

Les universités de Toamasina et de Mahajanga ont connu des troubles, sur fond de problèmes liés aux conditions de travail des étudiants, de non-paiement de bourses, auxquels s’ajouteraient, sur le campus de Mahajanaga, des rivalités d’origine ethnique.

Du progrès dans la lutte contre les pires formes de travail des enfants ont été enregistrés en 2016, selon l’Unicef. Cependant des enfants exercent toujours des activités dangereuses dans l’agriculture et le secteur des mines. De nombreux enfants restent engagés dans l’exploitation sexuelle commerciale, parfois à la suite de la traite des personnes. De graves lacune sont encore constatées dans le cadre juridique, l’application des lois et la prise en charge des victimes.

Le chanteur et créateur de la chanson « Au secours Soamahamanina », Rah-Ckiky, a été agressé chez lui par deux individus qui l’ont gravement blessé. Il avait reçu des menaces depuis plusieurs semaines pour exiger le retrait de sa chanson en faveur de la lutte des villageois de Soamahamanina contre l'exploitation aurifère chinoise.

Les services de la police nationale ont renforcé la surveillance des facebookers qui propagent de fausses informations en rapport avec la progression de l’épidémie de peste, créant une véritable psychose dans la population. Au moins dix individus feraient l’objet de poursuites. Les services de lutte contre la cybercriminalité font également mention de nombreuses plaintes reçues pour publications contraires aux bonnes mœurs sur Facebook. Depuis le mois de mai, deux arrestations de facebookers ont été effectuées.

Bras de fer entre Lalatiana Rakotondrazafy, présidente du parti Free et DG du groupe de médias Free, et Mahery Lanto Manandafy, fils de l‘homme politique Manandafy Rakotonirina. Une plainte a été déposée contre Mahery Lanto Manandafy pour des propos et informations publiés sur Facebook et jugés diffamatoires.

Le président du Sénat a retiré sa plainte contre les journalistes du groupe FreeNews, plainte qui faisait suite à un article paru dans ce quotidien faisant état d'un immeuble en cours de construction, qui aurait appartenu à l’homme politique. Un règlement à l'amiable a été trouvé à l'issue d'une rencontre entre les parties.

La station Radio Jupiter de Fernand Cello à Ilakaka a été nominée Prix RSF-TV5 Monde 2017. Une première pour un média malgache et une distinction remarquée en faveur du journaliste d’investigation condamné en septembre à deux mois de prison avec sursis pour des motifs fallacieux.

Suite aux avis de recherche lancés récemment par le Bianco à l’encontre de trois importants opérateurs impliqués dans des exportations illicites de bois de rose en 2014 et 015, la presse révèle que l’un d’eux aurait trouvé refuge en Chine. L'absence de coopération judiciaire entre les deux pays ne permettrait pas son extradition.

Après 4 ans d’’investigations, le Bianco a obtenu la comparution de quatre individus impliqués dans l’exportation illicite de 9 000 rondins à destination de Singapour, dont un ressortissant chinois très connu mais les quatre prévenus ont été remis en liberté provisoire. Le Mouvement pour la liberté d’expression (MLE) affirme que Mbola Rajaonah, conseiller à la présidence, est le commanditaire de cette opération. La presse redoute qu’il n’y ait pas de réelle volonté politique de faire aboutir ce dossier.

Des exploitants chinois ont été surpris en pleine activité d’orpaillage au cœur d’une aire protégée près de Vohémar. Ils ont été expulsés par la police des mines avec l’appui de l’ONG Fanamby.

Le CRAAD-OI et le Collectif Tany dénoncent la persécution des défenseurs des droits des communautés face à la reprise de l’exploitation aurifère illégale d’opérateurs chinois dans le district de Mananjary. Le chef de région et les responsables administratifs avaient ordonné l'arrêt de l’exploitation mais celle-ci aurait repris avec l’aval des autorités. Un défenseur des droits, Raleva, venu vérifier la délivrance de cette autorisation, a été séquestré, placé en garde à vue puis incarcéré. Plusieurs personnes ont été menacées. Dans une déclaration, Amnesty International a exigé la libération immédiate et inconditionnelle de Raleva, emprisonné sur la base d’accusations qui auraient été forgées de toutes pièces. L’organisation se dit préoccupée par l'utilisation abusive qui est faite de la justice pénale en vue de cibler les défenseurs des droits humains et de museler les personnes qui dénoncent les projets d'exploitation de ressources naturelles. Elle condamne un recours excessif à la détention provisoire, notamment à l’encontre de défenseurs des droits humains. Une « Action urgente » a été lancée pour demander au chef de l’Etat et à la ministre de la justice la libération de Raleva, dont la demande de mise en liberté provisoire a été rejetée. Lors du procès qui s'est tenu à Mananjary, il a été libéré mais jugé coupable et condamné à 2 ans de prison avec sursis. Son avocat va se pourvoir en appel.

Le projet minier de la société canadienne DNI Metals à Brickaville soulève de fortes oppositions. Le Collectif Tany exige que soit respectée la liberté d’expression des villageois et que cessent les menaces contre ceux qui refusent de céder leurs terrains, même en contrepartie d’indemnisations. L’organisation a appelé l’opinion à soutenir les défenseurs de la terre et de l’environnement et à signer une pétition en ligne.

L’extraction d’ilménite, de zircon et de rutile de Ranobe débutera en 2020. Le projet, piloté par la compagnie australienne World Titanium Resources, aura duré 20 ans jusqu’à la phase de mise en exploitation, pour un montant d’investissements de 300 millions de dollars. Le gisement s’étend sur 15 km, pour 12 millions de tonnes à exploiter sur une durée portée à 60 ans. Selon Midi, les séances de concertation organisées par Toliara Sands ont fourni la démonstration de l’adhésion de la population au projet.

Le CRAAD-OI et le Collectif Tany ont condamné la détention préventive de personnes qui luttent pour la sauvegarde de terres dont elles ont été expulsées en mai 2017 à Miadanandriana Ampefy et placées en détention préventive dans l’attente de leur procès.

L’Accord de partenariat Economique (APE) entre l’UE et Madagascar, renouvelé en 2012, a fortement contribué à l’augmentation des exportations malgaches. Le ministre du commerce précise que 40 % des exportations malgaches vont vers l’UE alors que seulement 20 % des importations proviennent du Vieux continent. La majorité des consommateurs malgaches ne peuvent pas avoir accès aux produits provenant de l’UE en raison de leur coût. Le pays est contraint de se tourner vers les produits bon marché et de basse qualité en provenance d’Asie, note Tribune. S’agissant des exportations, Madagascar a encore de gros progrès à réaliser en matière de respect des normes techniques et sanitaires imposées par l’Europe et de diversification de ses exportations.

Pour le ministre de la coopération économique et du développement allemand, « la corruption rend les choses difficiles aux entreprises allemandes et européennes », ajoutant encore : « nous comptons sur Madagascar pour être sûr que l’argent du contribuable allemand soit dépensé à des fins raisonnables ». Si ces conditions étaient réunies, un accord-cadre de coopération pourrait être signé et porter le montant des investissements allemands à 200 millions d’euros, consacrés à la défense de l’environnement, à la décentralisation et au secteur de l’énergie. A travers le PAM, la coopération allemande soutient 240 000 personnes victimes de la faim dans le Grand Sud.

L’ambassadeur de Turquie, sur le départ, se félicite d’avoir laissé des réalisations marquantes dans la Grande île durant les trois années de son séjour, citant notamment la création de la ligne aérienne entre Istanbul et Antananarivo. La Turquie aurait investi durant cette période plus de100 millions de dollars à Madagascar, en grande partie dans le secteur de l’énergie.

Madagascar figure parmi les principales destinations de coopération décentralisée des collectivités françaises. Les opportunités de coopération sont considérables mais nombre de communes ne peuvent en bénéficier en raison de problèmes liés à la gouvernance, à la capacité et au savoir-faire. Afin de lever ces obstacles, le ministère des affaires étrangères devait organiser à la fin du mois les 2e Assises de la coopération internationale des collectivités malagasy et françaises mais l’épidémie de peste a imposé l’annulation de la manifestation.

La Banque mondiale accorde 5 millions de dollars supplémentaires au budget de l'État au titre du financement du plan national de riposte contre la peste. « Ils devront être gérés selon des principes de transparence et redevabilité », rappelle-t-on.

nm 17 10L’usine Tiko-AAA d’Antsirabe fermée par les autorités. Les raisons évoquées sont, entre autres, le non-paiement d’arriérés fiscaux et douaniers, des arriérés de règlement de factures à la Jirama, un défaut de permis environnemental et l’absence de certificat de conformité et d’autorisation de mise sur le marché des produits. Les employés ont tenté en vain de s’opposer à cette fermeture. Des affrontements se sont produits avec les forces de l’ordre. Pour Tribune, « le fond de ce problème n’est autre que politique », l’objectif étant d’affaiblir le camp Ravalomanana et de couper également les sources de financement du TIM. Les employés, fournisseurs, clients et population locale ont manifesté contre cette fermeture, décidée avant l’aboutissement de la procédure contradictoire en cours.

Air Madagascar et Air Austral ont signé leur accord de partenariat stratégique. L’Etat malgache continuera d'être actionnaire majoritaire avec 51 % et nommera le président du Conseil d’administration. Pour L’Express, des zones d’ombre subsistent dans cet accord, à propos notamment des dettes de la compagnie, du sort des petits porteurs ou encore du financement des 40 millions de dollars pris en charge par Air Austral.

L’autosuffisance alimentaire est encore à venir. « Madagascar procèdera certainement à l’importation d’environ 150 000 à 200 000 tonnes de riz jusqu’au mois d’avril 2018 pour palier à l’insuffisance de la production locale de cette saison », indique le ministre de l’agriculture. Une nette tendance à la hausse des cours est enregistrée sur les marchés, provoquée pour partie par les rétentions de stocks des collecteurs.

Le gouvernement envisage de créer près de Moramanga une nouvelle cité dédiée à l’industrie textile. Elle bénéficierait d’une position géographique particulièrement intéressante, à mi-chemin entre les deux pôles de croissance de Toamasina et Antananarivo. Le projet de zone économique spéciale, dévoilé en novembre 2016 lors d’un salon sur le textile et l’habillement en Afrique, pourrait intéresser des investisseurs italiens.

Madagascar se classe 185e sur 190 pays pour l'indicateur « Obtenir de l'électricité » du rapport Doing Business. Les entreprises doivent attendre 450 jours pour obtenir un nouveau branchement électrique et celles qui sont déjà branchés subissent plus de 6,7 pannes/ mois pour une durée moyenne hebdomadaire d'environ 2,5 heures.

400 Malgaches expatriés ont participé au forum de la diaspora qui s’est tenu à Antananarivo, une grande première dans l’histoire de la Grande île. Au cours de son allocution, le ministre des affaires étrangères n’a pas souhaité se prononcer sur la question du droit de vote des citoyens expatriés. Des participants ont déploré que Madagascar soit le seul pays du continent qui ne reconnaisse pas encore ce droit.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L'épidémie de peste urbaine et sa gestion par le pouvoir
  • Projet de révision de la Constitution
  • Mise en œuvre de la réconciliation nationale
  • Les relations conflictuelles entre le pouvoir et la justice

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, gouvernance
  • Droits des femmes, traite
  • Education, droits des enfants
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois de rose, exploitations minières, trafics, foncier
  • Coopération, Nations unies
  • Syndicalisme
  • Divers

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28 octobre 2017

ARTICLES REMARQUES - OCTOBRE 2017

- 28 10 17 - Les Décrypteurs - Chronique d'une réaction tardive à l'épidémie de peste
La saison pesteuse de 2017-2018 aura été la plus meurtrière de ces 20 dernières années. La barre de 100 morts de cette épidémie a été dépassée en deux mois alors que la saison ne fait que commencer. La réaction tardive des autorités, lorsque l’épidémie s’est déclarée dans la capitale, y est pour quelque chose.

28 10 17-  Le Monde Afrique - Laurence Caramel - Madagascar : la bataille contre la peste se joue sur tous les fronts
La lutte contre l’épidémie de peste à Madagascar commence-t-elle à porter ses fruits ? Le nombre moindre de décès depuis quelques jours laisse entrevoir un possible tournant dans la propagation de la maladie qui a fait 124 victimes, dont un Français, depuis le mois d’août. Au ministère de la santé, le docteur Manitra Rakotoarivony se réjouit qu’une dizaine de districts – sur les quarante touchés – n’ait enregistré aucun décès depuis quinze jours, ce qui les autorise officiellement à décréter la fin de l’épidémie.Le médecin reste néanmoins prudent.

 - 27 10 17 - Madagascar : un défenseur de l'environnement déclaré coupable sur la base d'accusations forgées de toutes pièces
Le procès de Raleva s'est tenu à Mananjary le 26 octobre. Il a été libéré mais jugé coupable et sanctionné de 2 ans d'emprisonnement avec sursis. Son avocat va se pourvoir en appel. Dans un communiqué commun plusieurs ONG dont Amnesty International, le CCFD-Terre solidaire et le CRAAD-OI déclarent notamment : « Les deux ans d'emprisonnement avec sursis prononcés contre Raleva sont conformes à la tendance que l'on observe d'un système judiciaire utilisé par les autorités pour réduire au silence les défenseurs des droits humains et les empêcher de faire leur travail. (…) Cette peine avec sursis doit être immédiatement annulée et le casier judiciaire de Raleva ne doit présenter aucune condamnation liée à ses activités pacifiques de militant des droits humains »

<> 12 10 17 - Amnesty International - "Action urgente" en faveur du défenseur des droits environnementaux Ravela
Amnesty International a déclenché une « Action urgente » pour demander au chef de l’Etat et à la ministre de la justice de libérer Raleva
immédiatement et sans condition car il est détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits humains, et de veiller à ce que, dans l’attente de sa libération, il bénéficie immédiatement de soins médicaux adaptés. L’organisation demande en outre que le système judiciaire ne soit pas utilisé dans le but de prendre pour cible des défenseurs des droits humains.
Raleva est détenu sur la base de l’accusation mensongère d'« usurpation de titre ». Il a été arrêté après avoir publiquement mis au défi une compagnie aurifère chinoise de fournir la preuve qu'elle s'était vu accorder les permis miniers et environnementaux pour poursuivre ses activités. En outre, l’état de santé de Raleva est préoccupant, car il n'est toujours pas totalement remis d'une opération chirurgicale qu'il a subie il y a quelques mois. Il a été arrêté dans le village de Vohilava le 27 septembre par la police locale, à la suite d'une réunion publique organisée par des représentants d'une compagnie minière chinoise d’extraction d'or et le chef de district.

 

<>  11 10 17 - SeFaFi - Communiqué - Intérêt légitime et droit à être informé
Pour le SeFaFi, l'actuel épisode de peste "a mis à nu les faiblesses de l’e-gouvernance en particulier et de la politique communicationnelle de l’Etat en général.
Ceux qui croyaient pouvoir s’informer sur les sites Web des institutions, censés être des outils de communication, ont vite déchanté ». Il estime ainsi qu’il est trop facile de pointer du doigt les journalistes et les facebookers, puis de les accuser d’être à l’origine de la psychose, même s’il faut mettre chacun devant ses responsabilités. Et d’ajouter qu’« un climat de frayeur et d’affolement s’est instauré et s’est aggravé, face aux défaillances du système de communication publique et à l’inertie des pouvoirs publics. (…) Épidémie de peste, révision de la Constitution, accueil de réfugiés syriens… Autant d’actualités polémiques qui ont soulevé un tollé, suscité l’incompréhension et l’indignation, semé le désarroi voire même la panique au sein de l’opinion ». Selon l’Observatoire, la diffusion de l’information ne doit pas se faire au compte-gouttes et celle-ci ne doit pas être tronquée, soulignant au passage que l’Unesco définit le droit d’accès à l’information comme un droit fondamental de l’individu. Toutes les informations détenues par les gouvernants doivent être rendues publiques, ne pouvant être cachées que s’il existe des raisons légitimes de le faire, comme par exemple lorsqu’elles touchent le respect de la vie privée ou les questions de sécurité. Et de conclure : « ces derniers mois, le culte du secret et la loi du silence ont mis le pouvoir à mal. Il est temps que le pays s’oriente vers une gouvernance ouverte ». « La confirmation officielle de l’existence de la maladie dans la région Atsinanana ne s’est faite que le 12 septembre, alors que le premier décès remonte au 28 août. Le 15 septembre, le ministère de la santé publique fait savoir que la situation est maitrisée ; mais une dizaine de jours plus tard, la ville de Tamatave est classée zone rouge » rappelle le SeFaFi. « La maladie ne cesse de se répandre alors que l’exécutif ne réagit qu’à travers des réunions, l’octroi de chiffres et des déclarations stériles. Actuellement, l’on sait que la ville d’Antsirabe vient elle aussi d’être touchée. Comme seul acte concret, on assiste à la traque par la police des lanceurs d’alertes et des internautes qui jonglent entre fausses nouvelles et réalités », ajoute Tribune.

- 09 10 17 - Scidex.net - L'épidémie de peste à Madagascar

Jusqu’au 6 octobre, depuis les premiers cas confirmés en août, la peste pulmonaire a officiellement tué 36 personnes à Madagascar, alors que des centaines d’autres cas suspects sont sous étroite surveillance. Pour des raisons non encore élucidées, l’épidémie semble avoir largement débordé les zones pesteuses habituelles de l’île. Le pays assiste à une multiplication des foyers de l’épidémie sur l’ensemble du territoire Un appel de fonds de 1,5 million de dollars a été lancé par l'OMS. Grand spécialiste des maladies tropicales, Joseph Randriamiarisoa, ancien ministre de l’Environnement et des Forêts, estime que le pays a les moyens d’éliminer de son territoire toutes les pathologies d’un autre âge. « Mais, à l’allure où vont les choses, vu les agissements des responsables gouvernementaux, demain encore, la Grande île restera un foyer actif de peste », regrette-t-il.

<> 06 10 17 - Amnesty International - Déclaration publique - Un défenseur des droits environnementaux emprisonné
Le défenseur malgache des droits humains Raleva, membre des organisations de défense des droits humains Justice et Paix et OIDESCM, une antenne du CRAAD-OI, a été emprisonné sur la base d’accusations forgées de toutes pièces, au motif qu’il a utilisé un faux titre pour demander à consulter les permis miniers et environnementaux d'une compagnie aurifère chinoise. Il est actuellement incarcéré à Mananjary. Amnesty International considère cet homme comme un prisonnier d’opinion et est profondément préoccupée par l'utilisation abusive qui est faite de la justice pénale en vue de cibler et de harceler les défenseurs des droits humains et de museler les personnes qui dénoncent les projets de prospection et d'exploitation des ressources naturelles. L'organisation a également recueilli des informations faisant état d’un recours excessif à la détention provisoire, notamment à l’encontre de défenseurs des droits humains dans le but d’entraver et de discréditer leurs activités. Amnesty international exige la libération immédiate et inconditionnelle.

<> 03 10 17 - Craad-OI-Tany - Exploitation aurifère illégale dans le district de Mananjary
Non à la persécution à l'encontre des défenseurs des droits des communautés riveraines face à la reprise de l’exploitation aurifère illégale des opérateurs chinois dans le district de Mananjary. Dans plusieurs communiqués publiés depuis octobre 2016, le CRAAD-OI et ses partenaires ont dénoncé les violations de la loi et des droits humains fondamentaux des communautés riveraines avec l'impunité accordée aux opérateurs du projet d'exploitation aurifère chinois dans les communes de Vohilava et d'Ambaladara. Le chef de région et les responsables de l’ONE ont ordonné l'arrêt de cette exploitation mais celle-ci a repris avec l’aval, affirme l’exploitant, des autorités. Un défenseur des droits venu vérifier la délivrance de cette autorisation a été séquestré, placé en garde à vue durant 5 jours puis incarcéré. Plusieurs personnes ont été menacées

<>  02 10 17 - Collectif Tany - Respectez la liberté d'expression des citoyens
Projet minier DNI Metals à Brickaville : le Collectif exige que soit respecté la liberté d’expression des citoyens et que cessent les menaces contre ceux qui refusent de céder leurs terrains
. Dans un communiqué, après avoir rappelé les faits, le Collectif interroge les pouvoirs publics sur le respect des lois : qui a décidé que cette « grande société canadienne d’envergure internationale » pouvait devenir titulaire du permis d’exploitation artisanale (PRE) destiné uniquement aux petits exploitants, aux personnes physiques de nationalité malagasy ou aux groupements d’individus de nationalité malagasy, selon le code minier en vigueur ? Quel(s) article(s) du code minier utilisent les responsables lorsqu’ils cherchent à transformer en permis d’exploitation industrielle le PRE actuel ? Tany note que des habitants continuent à refuser de céder leurs terrains, même en échange de compensation. L’organisation proteste contre les intimidations et menaces subies par les villageois, elle appelle l’opinion à soutenir les défenseurs de la terre et de l’environnement et à signer une pétition en ligne. « La liberté d’expression est un principe de l’Etat de droit garanti par l’article 10 de la Constitution en vigueur à Madagascar et un droit fondamental reconnu par différents traités internationaux que la République de Madagascar a ratifiés ».

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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