JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

ARTICLES REMARQUES - SEPTEMBRE 2018

<>  18 09 18 - Collectif Tany - Les communautés locales s'opposent à la construction d'un barrage hydro-électrique
Le projet de barrage hydroélectrique d’Hydelec, filiale du groupe italien Tozzi Green, provoque une levée de boucliers dans les cinq fokontany concernés sur trois communes des districts d’Antsirabe et de Fandriana. Ce barrage de 53 m de haut va provoquer le déplacement de milliers de familles, la disparition de près de 2 000 ha de cultures, la destruction d’établissements scolaires, de centres de santé et d’édifices religieux. La société civile et les Eglises soutiennent les manifestations organisées par la population et dénoncent le manque de concertation de l’initiateur du projet avec les habitants. La situation est tendue depuis l’arrivée en juillet des ouvriers venus procéder à l’étude géophysique. Le Collectif Tany lance un appel au soutien des populations concernées et de leurs défenseurs

- 17 09 18 - Lettre de l'océan Indien - Davaï Davaî - Les Russes fondent sur les ressources

Faisant le pari que Hery Rajaonarimampianina sera présent au 2e tour, les Russes agiraient pour que les « petits » candidats se rallient à lui et intègrent un gouvernement de coalition. Ils auraient par ailleurs eu de nombreux contacts avec le président sortant durant l’été en vue d’introduire des intérêts russes dans de grands projets miniers. De contacts auraient été pris avec une dizaine de « petits » candidats à qui aurait été proposé un financement, parmi lesquels Didier Ratsiraka. Ils avaient été les invités d’un forum économique international qui s’est tenu à Ivato au mois d’août, financé en sous-main par les Russes. Dès le lendemain, ils auraient été sollicités pour signer la déclaration demandant le report de la présidentielle pour accorder un sursis à Hery Rajaonarimampianina et lui laisser plus de temps pour préparer sa candidature. Gilbert Dailly, conseiller du président, aurait facilité la venue début septembre d’une délégation militaire russe en vue de la signature de marchés. Les Russes s’intéresseraient aussi à des blocs pétroliers du canal du Mozambique non encore attribués ou qu’ils souhaiteraient se voir réattribués et feraient pression pour que soit rouvert le dossier des îles Eparses par les candidats. Gilbert Dailly aurait en outre permis le rachat discret par les Russes de la société d’Etat Kraoma. La LOI croit savoir que la Russie s’intéresse au rachat de Toliara Sands en alimentant la campagne de dénigrement du projet. A noter enfin que des jeunes HVM ont bénéficié d’une formation à Moscou dans le courant de l’été.

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13 09 18 - Grain & Collectif Tany - L'expansion de Daewoo dans l'agrobusiness à l'étranger

Il y a dix ans, les journaux du monde entier se faisaient l’écho d’une histoire choquante : une filiale de Daewoo Logistics, Madagascar Future Enterprise Corp., était en train de négocier avec le gouvernement de Madagascar un bail de 99 ans pour 1,3 million d’hectares de terre arable, presque la moitié des terres arables du pays. La société prévoyait de cultiver du maïs et des palmiers à huile dans quatre régions de l’île pour les renvoyer en Corée du Sud où ils serviraient à la production d’aliments pour animaux et de biocarburant. Aujourd’hui on a oublié la faillite de Daewoo Motors en 1999 et l’entreprise sud-coréenne Daewoo, l’un des plus grands conglomérats mondiaux, continue à étendre un empire économique fondé sur l’industrie et le commerce aussi bien que sur les ressources naturelles comme le pétrole et le gaz, les minéraux et l’alimentation. Selon le Collectif Tany, Daewoo s’intéresse toujours aux activités d’agrobusiness à Madagascar. Le fait que la Corée du Sud ait installé une ambassade à Madagascar en juillet 2017 confirme l’intention du gouvernement de relancer ses projets. Un rapport de 2013 soulignait la force des liens qui unissent le groupe Daewoo et le gouvernement sud-coréen. C’est pourquoi le Collectif Tany a écrit une lettre ouverte à l’ambassadeur de Corée à Madagascar, Kim Kwon-il en janvier 2018, demandant ce qu’il en était du projet agricole de 2008 et ce qui a été promis en échange des nombreux « cadeaux » et investissements sud-coréens concernant d’autres projets à Madagascar, dans le secteur des mines, de l’agriculture, de la pêche ou de l’énergie renouvelable.

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  05 09 18 - Communiqué Tany - Craad-O I- MaZoTo - Reprise de l'exploitation aurifère de la société chinoise MLSG à Vohilava
Inquiétude concernant la reprise de l'exploitation aurifère illégale de la société chinoise Mac Lai Sime Gianna (M.L.S.G.) à Vohilava (district de Mananjary),
fermée le 30 décembre 2017 par la police des mines. Cette mesure avait été prise après plusieurs épisodes marquées par des manifestations populaires de protestation contre les effets catastrophiques de cette exploitation sur l'environnement, la santé et les moyens d'existence de la population locale. La population proteste contre une reprise constatée toutes les nuits entre le 6 et le 23 août. La reprise a coïncidé avec la venue dans la nuit du 3 août de quatre membres de la police des mines qui a annoncé au fokonolona qu’une autorisation de reprise de l’exploitation avait été accordée et qu’ils avaient pour mission de retirer les scellés sur le matériel. Après vérification, il s’avère que leur mission devait se limiter au contrôle, à la constatation, vérification, évacuation et répression des infractions minières. La population de Vohilava et des autres communautés riveraines ont organisé une manifestation le 25 août pour contester la reprise de ces activités. Une plainte a été adressée aux autorités.

 

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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REVUE DE PRESSE - AOUT 2018

Le Conseil du Fampihavanana malagasy (CFM) a élaboré une proposition de charte d'apaisement à distribuer aux candidats à la présidentielle. Cette charte contient entre autres des règles liées à l'éthique et à la morale, ainsi que les obligations des candidats vis-à-vis de la loi.

Le KMF/CNOE a lancé un appel à une collaboration entre le Bianco et le Samifin pour contrôler l’origine des fonds de campagne des candidats. Une recommandation qui nécessiterait que soient amendés les textes qui régissent le fonctionnement de ces deux organes, selon Midi. Après des atermoiements une longue attente, les membres de la Commission de contrôle du financement de la vie publique ont été nommés par décret. Les candidats et les partis qui les soutiennent devront posséder un compte unique de campagne couvrant la période des 6 mois précédant le scrutin. Une disposition qui ne sera pas appliquée puisque cette exigence ne prendra effet qu’à la date limite de dépôt des candidatures, le 21 août, pour une élection dont le 1er tour est prévu le 7 novembre. Les dépenses engagées dans le cadre de la pré-campagne ne seront donc pas contrôlées. A noter en outre que les fonds de campagne ne sont pas plafonnés. Le mouvement de la société civile Rohy interpelle lui aussi sur les enjeux de la transparence des fonds de campagne des candidats. Sources et montants doivent être portés à la connaissance de tous selon lui. L’absence de plafonnement des dépenses de campagne autorisera selon lui une débauche de moyens de la part de certains candidats et pourrait ouvrir la voie à des achats de vote. Rohy requière une attention toute particulière sur le financement étranger des campagnes et leurs éventuelles contreparties.

Le coût de la campagne présidentielle de 2013 aurait été le plus élevé au monde par voix obtenue, selon une étude de l’UE de 2016 passée inaperçue et publiée sur sa page Facebook par la Fondation politique allemande Friedrich Ebert. Hery Rajaonarimampianina aurait ainsi dépensé 43 millions de dollars pour sa campagne, soit 21,5 dollars par voix obtenue.

nm 30 08 18Les membres du gouvernement ont été interdits de meeting politique durant les campagnes. La HCC a émis cet avis suite à la requête déposée le 17 juillet par le premier ministre aux fins d’interprétations des dispositions de la Constitution. Les trois grandes formations politiques HVM, TGV/Mapar et TIM devraient théoriquement se passer de certains de leurs leaders, ministres en exercice, mais la presse note que certains d’entre eux ont déjà largement participé à la pré-campagne, qui ne fait l’objet d’aucun encadrement. Le chef de l’Etat et ses ministres se rependent en inaugurations tous azimuts avant l’entrée en vigueur de ces dispositions.

L’utilisation d’hélicoptères pour la collecte des résultats a été confirmée. L’Afrique du Sud affrètera les appareils. Ils seront prioritairement déployés dans les zones enclavées et dans lesquelles la sécurité n’est pas assurée.

La requête du HFI de Pety Rakotoniaina déclarée irrecevable par la HCC. Le mouvement avait saisi son président pour demander l’avis de la Cour sur la juridiction compétente pour juger Andry Rajoelina, accusé d’avoir prolongé la période de transition pour se maintenir au pouvoir et de s’être enrichi illicitement par divers trafics. D’autres requêtes ont été déposées pour obtenir l’annulation des candidatures de Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, accusés d’avoir fomenté des coups d’Etat en 2001 et 2009, ainsi que celles de l’ancien ministre Paul Rabary et du dirigeant de l’Eglise Apokalipsy, le pasteur Mailhol. Des requêtes qui n’ont, elles aussi, aucune chance d’être prise en compte car non conformes aux textes en vigueur.

Redoutant la survenue d’une nouvelle crise postélectorale, la SADC appelle toutes les parties à la retenue et à la préservation d’un « environnement pacifique ». Des émissaires de la SADC sont attendus dans la Grande île début septembre. Comme à l’accoutumé, ces visites sont perçues comme une immixtion de l’organisation régionale dans les affaires de la Grande île.

Le SeFaFi s’en est pris sévèrement à la HCC de Jean-Eric Rakotoarisoa, ancien membre de ce même Observatoire. Il lui est reproché de jouer un rôle excessif dans la vie de la nation, d’être budgétivore et d’excéder ses prérogatives en rendant des avis politiques. Il est hautement souhaitable, déclare le SeFaFi, « qu’elle respecte pour elle-même et qu’elle fasse respecter par les autres le verdict des urnes et la sincérité du prochain scrutin »

Le dépôt de candidature à la présidentielle s’est ouvert en début de mois. A la clôture, le 21 août, 46 dossiers avaient été déposés à la HCC. 10 dossiers non conformes ont été invalidés mais aucun obstacle n’a été mis à la candidature de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina. En avril, c'est la crainte d'une invalidation des dossiers de ces candidats qui avait été à l'origine des manifestations de l'opposition et de la crise politique. 36 candidats participeront donc officiellement à la course à la magistrature suprême. Pour Tribune et Midi, la présidentielle 2018 s’apparentera à un règlement de compte à hauts risques entre Ravalomanana, Rajoelina, Rajaonarimampianina et Ratsiraka. Un affrontement direct entre les deux premiers que la communauté internationale avait interdit lors de la dernière présidentielle. Cette élection devra également permettre à Andry Rajoelina de régler son différend avec l’actuel président de la République que ses partisans ont accusé de traitrise alors qu’ils l’avaient propulsé à la magistrature suprême lors de l’élection de 2013. Didier Ratsiraka, âgé de 82 ans, a créé la surprise en déposant in extrémis sa candidature.

La publication de la liste officielle des candidats et l’attribution par tirage au sort des numéros d’ordre sur le bulletin unique a sonné une entrée fracassante des protagonistes dans cette nouvelle phase de la pré-campagne. Les meetings s’enchainent à un rythme effréné, les inaugurations se multiplient et les promesses fusent, les insultes réciproques également. Tous les ministres sont mobilisés, aucune des restrictions imposées par la loi électorale ne s’appliquant à cette période dite de « pré-campagne » qui se poursuit et s’accélère. Pour Midi, nombre de petits candidats se présentent avec pour seul objectif de marchander leurs voix lors du second tour en vue d’obtenir par la suite un poste ministériel. Certaines formations politiques chercheraient tous les moyens pour éviter un « premier tour dia vita ». Une manœuvre de dispersion de voix permettant de négocier des ralliements.

la gazette 20 08 18Le rassemblement pastoral de l’Eglise protestante FLM à Antsirabe a donné la parole à Andry Rajoelina. Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana quant à eux se sont retrouvés à Toamasina dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’Eglise FJKM. Les trois candidats rivalisent d’attention à l’égard des Eglises chrétiennes. Le FFKM a dressé le portrait-robot du président qu’elle appelle de ses vœux. Il exhorte les citoyens à se rendre aux urnes et « à faire le bon choix ». L’élu devra être une personnalité dotée de grande piété, prête à servir la nation et le peuple, ayant déjà fait ses preuves et disposée à redresser le pays ; une personne d’ouverture qui accepte de collaborer avec toutes les mouvances et enfin une personnalité intègre, loyale et honnête.

Une dizaine de candidats dont le dossier a été validé envisageraient de décréter un boycott de la présidentielle pour protester contre l’absence de contrôle de la CENI et de la HCC sur les abus et « dérapages » commis par certains gros candidats. Ils reprochent également à l’Etat son impuissance à contrôler les moyens matériels et financiers déployés par certains candidats et notamment son refus de d’interdire les financements étrangers.

Les préoccupations relatives à l’insécurité ont encore été très présentes dans les médias, qui font état d’attaques de coupeurs de route et d’exactions commises par des bandes de dahalo, accompagnées parfois de prise d’otages. Des touristes ont été attaqués par des dahalo dans leurs hôtels. 27 écoles de cinq zones d’administration pédagogique de Tsaratanàna ont été fermées depuis mars en raison de l’insécurité. Une situation qui s’est répercutée dans certaines zones sur les résultats à l’examen du CEPE. Des affrontements sanglants entre deux villages de la région Anosy ont fait 14 morts. Plusieurs cas de vindicte populaire ont encore été signalés. Selon la CNIDH, des frustrations publiques couvent et déclenchent une colère collective grandissante, d’où une effrayante multiplication des actes de vindicte populaire, tant dans les agglomérations qu’en milieu rural.

Un conflit a opposé la police nationale et la communauté locale d’une aire protégée dans le district de Farafangana. La population dénonce le comportement des agents du commissariat qui se livreraient à des arrestations abusives et maintiendraient des prévenus en détention préventive hors cadre légal. Des détenus auraient été battus pour obtenir des aveux.

Plusieurs enlèvements contre rançon sont encore à déplorer. Une pratique qui tend à se banaliser et à ne plus se limiter à la communauté indo-pakistanaise. Des enfants ont été pris en otage.

Les forces de l'ordre ont contrecarré un projet de kidnapping lors d'une course poursuite et d'échanges de tirs avec cinq membres d'un gang lourdement armé. Six individus dont trois sont suspectés d'être les auteurs principaux du rapt des quatre ouvriers de la Kraoma à Tsaratanàna ont été arrêtés par les forces de l'ordre.

Un accord a été conclu entre Madagascar et la France en vue de lutter contre l’insécurité et les kidnappings.

Le Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo entre en action. En liaison avec le Bianco, la nouvelle juridiction doit prendre en charge cinq importants dossiers que la Chaîne pénale, à laquelle elle succède, n’avait pas pu finaliser. Une partie d’entre eux concernent l’ex-conseillère de la présidence Claudine Razaimamonjy et ses prête-noms mais pour la HCC, la procédure engagée à l’encontre de Jean Razafindravonona, ancien ministre des finances et du budget impliqué dans l’affaire, est contraire à la Constitution. Jean Razafindravonona est justiciable devant la Haute Cour de Justice (HCJ) récemment mis en place.
Un appel à candidature a été lancé pour la constitution du 2e PAC qui devra être implanté à Toamasina et être opérationnel avant la fin de l’année.

L’ACAT Madagascar dénonce les conditions carcérales. L’association a effectué une enquête à la maison carcérale d’Antanimora, mettant en évidence que près de 50 % des détenus interrogés n’ont pas encore été jugés. La plupart d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt et certains ne connaissent même plus la date de leur incarcération.

La CNIDH demande instamment au nouveau ministre de la sécurité publique de signer les ordres de poursuite nécessaires pour que les crimes perpétrés par les fonctionnaires de police ne restent pas impunis. Aucun ordre de poursuite n’a en effet été signé, ce qui bloque l’ouverture des poursuites judiciaires. La Commission se dit prête à collaborer avec les entités concernées pour se pencher sur l’opportunité et les moyens d’abolir cet obstacle flagrant à l’effectivité de dispositions fondamentales de la Constitution.

Le vice-président du SMM et président de la Solidarité syndicale de Madagascar (SSM), informe qu’il portera plainte contre la primature pour non-application de décision du tribunal concernant les syndicalistes grévistes d’Air Madagascar et de la Jirama qui n’ont pas encore été autorisés à réintégrer leur poste.

Selon des études de performances fiscales, la dégradation de la gouvernance au cours des dix dernières années aurait réduit la croissance économique de Madagascar d'au moins 0,5 % par an.

Suite à de suspicions de malversations, le directeur général et le directeur administratif et financier de l’ENMG ont été remplacés. Les responsables limogés font l’objet d’une enquête. Les candidats au concours de l’ENMG devront attendre les conclusions des investigations en cours pour connaître la date de reprise du processus de recrutement.

Affaire de corruption impliquant la Croix-Rouge malgache : le Bianco se saisit du dossier. La Croix-Rouge norvégienne avait suspendu sa coopération au mois d’avril après publication d’un rapport relatant de graves faits de corruption de la part son partenaire.

pov 20 08 18Le gouvernement a annoncé vouloir créer un centre d'enfouissement de déchets médicaux radioactifs, provoquant une vive inquiétude dans les médias et les réseaux sociaux. Wake Up Madagascar s’interroge sur le sort actuellement réservé aux déchets radioactifs hospitaliers.

Un enfant de moins de cinq ans sur deux est affecté par un retard de croissance dû à la malnutrition chronique. De ce fait, la Grande île perdrait chaque année 14,5 % de son PIB, soit 1,5 milliard de dollars.

Insécurité alimentaire : le Grand Sud en situation de crise - Appel du PAM pour une intervention rapide. Les communautés commencent à entrer dans une phase de crise alimentaire qui risque de s’aggraver si des actions de réponse coordonnées ne sont pas menées au plus vite. « Il faut agir vite et ensemble pour répondre à la situation de crise actuelle, mais également, préparer la résilience en vue d’affronter les mois et les années à venir », affirme la représentante du PAM, Fatimata Sidibe.

Trois ressortissants chinois ont été arrêtés pour agression sexuelle, tentative de viol et abus de pouvoir sur leurs employéesmalgaches.

Vente de jeunes filles malgaches en Chine : un important réseau démantelé. Cinq Malgaches ont été interpelés. Les victimes avaient pu entrer en contact avec leur famille via les réseaux sociaux. Ces jeunes filles une fois arrivées à destination ne se sont pas vues proposé de travail mais ont été mariées de force et violentées. Le réseau aurait déjà vendu une dizaine de filles depuis août 2017.

Corruption basée sur le genre : le Bianco en appelle à la diligence des victimes. Ce type de corruption n’est jamais évoqué au grand jour mais les abus sexuels subis par une employée de la part de leur supérieur hiérarchique sont monnaie courante, aussi bien dans le secteur privé que dans le public et connaitraient une recrudescence, selon une enquête menée avec le concours du Pnud. Ces pratiques concernent également des hommes et des enfants. Le Bianco va participer à l’élaboration de plans d’action. Les victimes sont exhortées « à dénoncer » et « à porter plainte ».

Campagne électorale : l’accès aux médias publics et privés réglementé. Le principe de l’égalité s’appliquera aux médias relevant du service public, le principe de l’équité devra être observé par les médias privés, explique le vice-président de la CENI. Concernant les médias privés, aucune discrimination ne pourra être opérée entre les candidats en mesure de prendre en charge financièrement le coût des créneaux horaires qui leur seront réservés. Les chaînes publiques donneront la parole à tous les candidats mais ces émissions seront payantes. Les candidats qui n’ont pas les moyens devront attendre les émissions gratuites organisées avec la CENI et qui garantiront l’égalité de chances de tous les candidats.

La CNIDH a conclu avec l’Office de la Radio-Télévision Publique de Madagascar (ORTM), un protocole d’accord sur la protection et la promotion des droits humains. L’objectif, selon la présidente de la CNIDH, est de pouvoir faire connaître ses actions et particulièrement rendre publics ses avis et recommandations.

Pov 24 08 18Le projet Toliara Sands contesté. Des organisations de la société civile dénoncent depuis des années ce projet minier qualifié de destructeur de l’environnement et des moyens d’existence des communautés locales. Le député de Toliara dénonce les « mensonges » de ses porte-paroles. Il évoque des risques graves pour la santé publique en raison de la radioactivité générée par l’exploitation de certains produits. Avec l’artiste Théo Rakotovao alias Mikea et les membres de l’association des natifs de la ville de Toliara et de la tribu Masikoro il a pris l’initiative d’une importante manifestation dans la capitale du Grand Sud. Les contestataires du projet font référence aux dégâts sociaux et environnementaux que subirait Tolagnaro du fait de l’exploitation e l’ilménite par QMM. Pour L’Express, « une contre-expertise par des organismes indépendants est plus que souhaitable ». Le quotidien suspecte d’éventuels dessous politiques dans ces manifestations d’opposition au projet, qui risquent de compromettre le chronogramme de démarrage de l’exploitation, prévu pour 2020/2021.

L’EITI exige la publication des informations exhaustives sur les revenus de l’Etat issus des industries extractives, ainsi que sur les paiements significatifs versés par les sociétés pétrolières, gazières et minières. Une demande d’informations supplémentaires pour les quatre sociétés à participation de l’Etat fait partie des recommandations émises par l’EITI International. L’ONG Taratra a exhorté l’Etat à appliquer une loi rendant obligatoire la publication de ces rapports par les sociétés concernées. Elle incite la société civile à lire tous les rapports de l’EITI pour un enrichissement des débats sur la contribution du secteur extractif au développement du pays.

Vers une recrudescence des trafics de bois de rose à l’approche de la présidentielle ? « À Madagascar, les négociants en bois de rose sont des faiseurs de rois, abattant non seulement les arbres mais aussi les gouvernements », affirme une importante enquête menée par l’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project). Suite à la publication de ce rapport qui révèle que les trafics de bois de rose se poursuivent, l’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International (TI) réclament la disqualification de trois candidats à la présidentielle, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et l’actuel chef de l’Etat. Les deux organisations exhortent tous les candidats à faire connaître publiquement leur position sur la question et à préciser les mesures qu’ils préconisent pour mettre un terme définitif à ces trafics. Elles se déclarent opposées à la vente des stocks saisis et déclarés par les particuliers que le gouvernement souhaite organiser avec le soutien de la Banque mondiale, alors que la plupart des mesures préconisées par la Cites pour combattre ce fléau n’ont pas été mises en œuvre. TI et l’AVG exigent que le gouvernement respecte ses engagements en matière d’investigations et d’enquêtes, afin que ce « crime environnemental international » ne reste pas impuni.

Les exportations d’or encadrées par l’Agence Nationale de l’Or ont fortement chuté en juillet. En cause, l’obligation rappelée par l’administration aux opérateurs de rapatrier les devises issues de ces transactions. La volonté de l’Etat d’instaurer la transparence dans cette branche semble effrayer certains opérateurs. Ayant des craintes pour leur sécurité, les détenteurs de fonds préfèreraient opérer dans l’ombre.

Madagascar victime de la culture sur brûlis, montrent des satellites américains haute résolution. La Grande Île est parsemée de points rouges et de nombreuses fumées dans le centre du pays. Les points de feu de brousse recensés ont presque doublé en un an.

La biodiversité du pays est en grand danger, rappelle RFI. Cyclones de plus en plus intenses, perturbation de la saison des pluies, calendrier cultural bouleversé… La population subit déjà les impacts du changement climatique.

Vente de carbone : 70 millions de dollars escomptés. Le programme national de réduction des émissions de gaz à effet de serre ayant été approuvé en juin, Madagascar a la possibilité de vendre 13,7 millions de tonnes de carbone, pour un montant de 70 millions de dollars sur 5 ans. Un décret REDD+ est en préparation pour réglementer les mécanismes internes.

Bras de fer entre la population locale et l’organisme gestionnaire du parc national des Tsingy de Bemaraha. Le litige porte sur le versement de 50 % des droits d’entrée à la commune de Bekopaka, qui prétend ne pas bénéficier des retombées de cette activité pour son développement. Des négociations se sont engagées entre les villageois, les autorités et les différents acteurs. Dans l’attente d’un règlement, les responsables locaux ont décidé de retirer temporairement à Madagascar National Park la gestion du parc. Un accord a été finalement trouvé entre toutes les parties prenantes. La commune sera plus étroitement associée à la gestion du parc et des engagements ont été pris pour la réalisation de diverses infrastructures communales.

Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), en partenariat avec le ministère de l’environnement, a lancé un projet de mise en place d’un Observatoire intégré sur la santé et l’environnement (CHEMOBS). Il pourrait, dans une certaine mesure, accompagner la mise en place prochaine d’un centre de stockage de déchets radioactifs d’origine médicale dont l’annonce a soulevé une grande inquiétude.

Sécurisation foncière. Le ministère de l'aménagement du territoire et des services fonciers annonce que les terres occupées mais non immatriculées et/ou cadastrées sont désormais considérées comme des propriétés privées non titrées et pourront être certifiées auprès des communes à travers les guichets fonciers.

La loi sur les Zones économiques exclusives (ZES) a été déclarée par la HCC conforme à la Constitution après réécriture de plusieurs articles. La loi est contestée par la société civile, à l’instar du Collectif Tany qui considère qu’elle ouvre la voie à l’accaparement des terres. Madagascar devrait compter à terme quatre ZES. Pour « Emergence de Madagascar », qui soutient Andry Rajoelina, « le régime actuel des ZES est une grande perte pour Madagascar ». La souveraineté de l’État serait amputée avec ce régime légal trop ouvert aux Etats et entreprises étrangères. Le CRAAD-OI et le Collectif Tany demandent que la loi sur les ZES ne soit pas promulguée. Les deux organisations jugent « qu’il serait plus raisonnable et dans l’intérêt de tous, y compris du président-candidat et de ses proches, que cette loi ne soit pas promulguée, ni avant les élections ni après ». De sérieuses questions se posent, selon eux, sur la séparation du territoire malgache en plusieurs « Etats ZES ». Les accaparements de terre et la perte de la souveraineté nationale restent présents dans le texte validé par la HCC.

Le Collectif Tany a lancé un appel à la vigilance pour faire obstacle à la réalisation d’un projet portant sur la réaffectation de 138 ha de terrains sur la commune d’Andranofotsy (district de Maroantsetra), conduisant à l’expulsion des propriétaires et des occupants.

La CNIDH dénonce des expulsions massives organisées dans la région Sava par de riches opérateurs économiques malgaches e/out étrangers, avec la complicité des autorités. Dans un fokontany, 2 000 personnes auraient été expulsées et leurs habitations détruites sous la protection des forces armées. Dans une autre localité, des centaines d’occupants d’un terrain de 53 ha subissent les menaces et représailles d’un opérateur chinois qui se l’est octroyé.

L’accaparement de terrains dans la région Sava est aussi le fait des Malgaches qui affluent dans la région, attirés par l’eldorado de la vanille et ses retombées économiques, rapporte Midi. Un phénomène d’émigration interne en provenance du Sud-Est qui préoccupe les autorités. Il en résulte de nombreux litiges fonciers. La région serait envahie de squatteurs qui viennent s’implanter sur des terrains titrés et bornés et refusent de quitter les lieux.

Madagascar et le Maroc avancent dans la concrétisation de l’accord cadre de partenariat signé en novembre 2016 avec Mohammed VI. Les deux parties se sont engagées à mettre en œuvre 22 projets touchant de nombreux domaines.

Quelles contreparties aux soutiens reçu par Andry Rajoelina pour son « Initiative pour l'émergence de Madagascar » (IEM? s’interroge La Lettre de l’océan Indien (LOI). Le candidat s’attacherait à récompenser les appuis à l’IEM, plateforme de réflexion qu'il a lancée le 26 janvier à Paris. Parmi eux figure une entreprise de pêche marocaine qui aurait fait l'objet d'un redressement judiciaire dans son pays en 2010.

La Chine a accordé un don de 30 millions de dollars pour la construction de la « route des œufs », axe de 19 km desservant les communes environnantes de Mahitsy, dans la banlieue nord de la capitale. Elle a confirmé son engagement à réaliser 200 forages pour l’approvisionnement en eau potable de la région de Morondava et à réhabiliter la RN5A Ambilobe-Vohémar qui relie les régions Diana et Sava, pour un montant estimé à 158 millions de dollars. L’UE aurait fort peu apprécié que ce chantier soit confié à une entreprise chinoise.

La Chine, la Corée du Sud, les États-Unis et l’Inde prospectent dans la région Menabe pour y implanter des usines et commercialiser les produits locaux. Un projet de partenariat Madagascar-Vietnam a vu le jour pour soutenir le développement rural et booster les rendements rizicoles très faibles de la Grande île.

Signature d’une convention de partenariat entre le Bianco et l’agence de coopération allemande GIZ. La coopération portera plus particulièrement sur les secteurs d’intervention de la coopération allemande : la décentralisation et l’environnement.

Dans son dernier point sur la situation économique, la Banque mondiale note que l’économie malgache connait une croissance soutenue depuis cinq ans mais que celle-ci n’est pas suffisamment inclusive pour réduire significativement la pauvreté. Les bonnes performances macroéconomiques ne sont pas ressenties par la population. D'après la Banque, 78 % des Malgaches vivaient avec moins de 1,9 dollar par jour il y a cinq ans, et ils sont aujourd'hui 75 %.

Pour la Coface, « l’organisation des élections présidentielles présente un risque non négligeable ». Dans son dernier classement risques-pays, elle place encore Madagascar dans la catégorie D qui regroupe les pays à risques très élevés pour les investissements.

Les incertitudes de la conjoncture pré-électorale pèsent sur les activités d’importation. Les opérateurs jouent la carte de la prudence et différent leurs décisions d’investissement.

Jirama : un gap de 500 milliards Ar par an dû aux arriérés des ministères et institutions. En dépit de cette situation qui perdure depuis de longues années, les mauvais payeurs n’ont pas été sanctionnés. Ce manque à gagner annuel est d’une centaine de milliards Ar supérieur à la subvention que la Jirama a reçu de l’Etat en 2017.

Produits pétroliers : la vérité des prix imposée par le FMI risque de menacer la paix sociale, selon Tribune. Une nouvelle hausse du prix des carburants est inévitable, indique le gouvernement. Il resterait encore 500 Ar d’écart entre le prix de référence calculé et le prix à la pompe. Le rattrapage exigé devrait se poursuivre par étapes. L’écart était jusqu’ici comblé par le budget de l’Etat qui versait des subventions aux pétroliers.

Le mouvement de grève des enseignants du public n’a pas eu de répercussion significative sur les premiers examens officiels.Le syndicat des enseignants Sempama Nosy a suspendu son mot d’ordre de grève sans renoncer à ses revendications. Il a demandé aux enseignants des classes d’examen de reprendre les cours afin de préparer au mieux les élèves à affronter les épreuves du BEPC et du baccalauréat qui vont se tenir dans les semaines à venir.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation de l’élection présidentielle du 7 novembre 2018
  • Le dépôt de candidatures et la pré-campagne électorale

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Santé, insécurité alimentaire
  • Droits des femmes, traite
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Mouvements sociaux dans l'éducation

 

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ARTICLES REMARQUES - AOUT 2018

<>  29 08 18 - Communiqué du Craad-OI et du Collectif Tany - ZES - Abandon volontaire de la souveraineté nationale
Les deux organisations jugent « qu’il serait plus raisonnable et dans l’intérêt de tous, y compris du président-candidat et de ses proches, que cette loi ne soit pas promulguée, ni avant les élections ni après ». De sérieuses questions se posent, selon eux, sur la séparation du territoire malgache en plusieurs « Etats ZES », les accaparements de terre et la perte de la souveraineté nationale restent présents dans le texte validé par la HCC. Les Etats étrangers qui sont sûrs de profiter de cette ouverture qualifiée de « malsaine » sont la Chine avec qui le président de la République a signé une entente préalable sur l’attribution d’une ZES le 26 mars 2017, ainsi que Maurice avec laquelle Hery Rajaonarimampianina a également signé un protocole d’entente le 14 mars 2016.

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28 08 18 - SeFaFi - Communiqué - Du bon usage de la HCC
Le SeFaFi s’en prend sévèrement à la HCC de Jean-Eric Rakotoarisoa, ancien membre de ce même Observatoire
. Cette « institution, peu connue et encore moins comprise, n’a cessé d’influencer fortement la vie de la nation », lance-il dans son communiqué « La HCC a été au centre des crises politiques et électorales de 2001-2002, de 2009 et encore de 2013. C’est aussi une institution qui, en dépit de son effectif limité, bénéficie d’une part disproportionnée du budget de l’État, lui permettant un train de vie surprenant fait de voyages, de véhicules et d’autres facilités – à l’abri de tous les regards et de toute redevabilité », critique le SeFaFi, qui lance cette mise en garde : « Au vu des performances des précédentes Hautes Cours Constitutionnelles, il est hautement souhaité que l’actuelle respecte pour elle-même et qu’elle fasse respecter par les autres le verdict des urnes et la sincérité du prochain scrutin ». Une fois de plus, les décisions prises par la HCC à propos des nouvelles lois électorales sont remises en cause. Elle aurait déclaré inconstitutionnels certains sujets législatifs sur lesquels la Constitution est peu explicite, voire muette. Certaines déclarations de la HCC se baseraient « sur de pures opinions personnelles, ou sur une compréhension subjective de ce que dit ou veut dire la Constitution ». Le SeFaFi condamne également sur l’ingérence de la HCC dans la politique. Dans ces décisions, elle ne se cantonnerait pas « aux volets purement juridiques », comme ce fût le cas lors de la dissolution du gouvernement le 25 mai ou encore en exigeant de la tenue séparée de la présidentielle et des législatives.

<> doc  23 08 18 - OCCRP - Le sort des espèces de bois de rose de Madagascar menacées d'extinction
À Madagascar, les négociants en bois de rose sont des faiseurs de rois, abattant non seulement les arbres, mais aussi les gouvernements. A travers des enquêtes secrètes, des journalistes ont découvert comment ils gagnent des millions en faisant la contrebande du bois de rose, une espèce rare, à destination de la Chine. Tout ce qui concerne le business du bois de rose, depuis l’abattage jusqu’à l’exportation, est illégal en vertu des règlements internationaux sur les espèces menacées d’extinction. Malgré cela, au lieu de protéger ses ressources naturelles, le gouvernement malgache est de connivence avec les magnats du bois qui profitent de ce commerce illégal. Pour en savoir plus, les journalistes de l’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) ont parlé avec des habitants, ont examiné des documents gouvernementaux confidentiels et ont enquêté secrètement, en se faisant passer pour des représentants d’un acheteur chinois. Pour observer comment fonctionne le commerce du bois de rose, les journalistes ont créé une société chinoise fictive dénommée Imperial Africa Trading, opérant à partir d’un paradis fiscal situé aux Émirats arabes unis. Leur enquête rassemble les informations éparses sur le commerce du bois de rose, sur la manière dont il est protégé par de puissants initiés et sur la manière dont ses opérateurs échappent à la détection. Par exemple, les journalistes ont découvert que parfois le bois de rose quitte Madagascar dissimulé en vanille, l’autre principale culture commerciale de l’île et qui n’est pas réglementée.
Plusieurs négociants en bois, ainsi que des responsables du ministère de l’Environnement qui ont choisi de s’exprimer sous le couvert de l’anonymat, ont affirmé aux journalistes qu’ils s’attendaient à une augmentation du trafic de bois de rose avant les élections du mois de novembre.

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22 08 18 CNIDH - Expulsions forcées dans la région SAVA

Dans un communiqué, la CNIDH dénonce des expulsions massives organisées dans la région Sava par de riches opérateurs économiques malgaches e/out étrangers, avec la complicité de responsables des domaines, du tribunal, de la gendarmerie et de la préfecture. Dans un fokontany, 2 000 personnes auraient été expulsées et leurs habitations détruites sous la protection des forces armées. Dans une autre localité, des centaines d’occupants d’un terrain de 53 ha subissent les menaces et représailles d’un opérateur chinois qui se l’est octroyé. Sept personnes ont été arrêtées et incarcérées pour avoir contesté cet accaparement. Deux jeunes enfants auraient été retenus durant deux jours et deux nuits au commissariat.

22/08 /18 - A la date de clôture, la HCC a enregistré 46 dépôts de candidature. Ce qui a offert une dernière journée haute en couleur sur le parvis de l’institution avec 18 dépôts. La plupart des candidats se sont manifestement attachés à faire de la démarche l’occasion d’attirer sur eux l’attention des médias. Après une candidate, Eliana Bezaza, petite fille du premier président, Philbert Tsiranana, venue déposer son dossier à bord d’une charrette à zébus, un autre petit candidat est arrivé à la HCC escorté par une vingtaine de mannequins.

Parmi les 18 dossiers déposés le dernier jour, trois ont particulièrement retenu l'attention. En premier lieu, l'ex-premier ministre Olivier Mahafaly, victime du dernier remaniement, qui se présentera donc contre celui qui l’avait nommé. Il assure n’avoir été qu’un simple exécutant durant ses deux ans à la tête du gouvernement. Désormais dit-il, il veut être un « acteur du redressement ». Mais Olivier Mahafaly n'est pas seul ancien premier ministre. Jean Ravelonarivo et Jean-Omer Beriziky se présentent également. Il y a aussi sept ex-ministres, dont Paul Rabary et Roland Ratsiraka. Hery Rajaonarimampianina devra donc faire face à deux de ses anciens premiers ministres et trois de ses anciens ministres.

L’actuel président de l’Assemblée nationale, Jean-Max Rakotomamonjy, a créé la surprise en se portant candidat pour la première fois. Ancien soutien en 2013 de Hery Rajaonarimampianina, il se présente sous la bannière de son parti, le Leader Fanilo. Il explique avoir des divergences de point de vue avec le président. La candidature d'une troisième personnalité importante du paysage politique a été déposée en toute dernière minute, celle de Didier Ratsiraka, ancien président de 82 ans, qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1975 à 1993.  Un débatteur redouté venu faire le trouble-fête, écrit L’Express, et qui peut cristalliser le vote côtier, dont les représentants ont été écartés de la présidence depuis 2002.

D'autres figures emblématiques ont décidé de tenter l'aventure, comme Dama, chanteur du groupe culte Mahaleo, le pasteur Mailhol, fondateur de l’Eglise Apokalipsy, Fanirisoa Ernaivo, présidente du puissant syndicat des magistrats, le SMM, ou encore Erick Rajaonary, entrepreneur et patron du groupement du patronat malagasy. Les autres candidats sont médecins, journaliste, professeurs, économiste, chanteuse, sportif, militaire, hommes et femmes d'affaires ou tout simplement d'illustres inconnus. Pour rappel, quatre sont anciens chefs de l’État ou président en exercice : Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka, et Hery Rajaonarimampianina. On compte au total six femmes candidates, dont notamment Saraha Rabeharisoa et Arlette Ramaroson. Parmi les 46 candidats, sept ont déjà participé au premier tour des présidentielles de 2013.

Les candidats ont dû verser à titre de caution la somme de cinquante millions Ar. Cette somme ne sera remboursable que si le candidat recueille 10 % des suffrages. En 2013, parmi les 49 candidatures reçues, sept ne s’étaient pas acquittés de cette caution et avaient donc vu leur candidature annulée.

La HCC a invalidé 10 candidatures. Certains n'ont pas fourni de quittance attestant le dépôt de leur caution, d'autres n'ont pas fourni d'attestation d'investiture par un parti ni de parrainage, d’extrait de casier judiciaire ou de certificat de résidence. Un candidat n’était pas inscrit sur la liste électorale, un autre était investi par un parti fictif. Parmi eux, le fils de l'ancien président Philibert Tsiranana. 36 candidats participeront donc officiellement à la course à la magistrature suprême.

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23 08 18 - HCC - Les Décrypteurs - Liste de 36 candidatures à la présidentielle validées

En avril, c'est la crainte d'une invalidation des dossiers de certains candidats qui avait été à l'origine des manifestations de l'opposition. Une opposition pour qui les nouvelles lois électorales avaient pour but de disqualifier les anciens chefs d'Etat Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Ces lois avaient finalement été rejetées début mai par la HCC. Dans l’opinion, certains se disent peu enthousiastes à l'idée de voir ces anciens présidents et l'actuel chef de l'État prendre part à cette élection. Ils disent avoir envie de changement, de renouvellement de la classe politique et de voir de nouvelles têtes. Mais paradoxalement la pléthore de candidats les interpelle aussi.



- 21 08 18 - Collectif Tany - Appel pour Amparihibe
Les membres du fokonolona d’Amparihibe, commune d’Andranofotsy, district de Maroantsetra, rencontrent des problèmes relatifs à leurs terres. Le maire et des autorités locales prévoient de retirer à la communauté les terres où se trouvent des cultures de riz, vanille, girofle, café, des zones de pâturage et des tombeaux. La superficie concernée porte sur 138 hectares. Les motifs et les objectifs réels des autorités ne sont pas très clairs et nécessitent des investigations. Il semblerait que la cause de l’expulsion des propriétaires et occupants soit un projet de déplacement des habitants de fokontany voisins vers cette zone. La communauté a déposé une plainte contre cette décision et a obtenu gain de cause en justice mais le problème serait loin d’être réglé. Le Collectif pour la défense des terres malgaches (Tany) lance un appel à la vigilance pour faire obstacle à la réalisation de projets qui pourraient s’avérer illégaux et injustes.

 

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REVUE DE PRESSE - JUILLET 2018

Fin des manifestations sur la place du 13-Mai. Après Andry Rajoelina, satisfait de la nomination du premier ministre et de la composition de l’équipe gouvernementale, Marc Ravalomanana a donné consigne aux députés TIM de suspendre le mouvement. Au final, écrit Tribune, « les ‘députés pour le changement’ auront mené leurs partisans dans la rue uniquement pour aboutir à un gouvernement de consensus. Ceci alors que le 21 avril, l’appel avait été lancé à l’endroit de la population pour protester contre la loi électorale et les magouilles et suspicion de corruption au sein de l’Assemblée nationale ».La lutte continue mais elle a changé de forme, soulignent les députés TIM, qui invitent la population à soutenir les revendications syndicales, notamment dans l’éducation. Le climat d’apaisement requis pour l’organisation de la présidentielle ne semblait pas encore acquis : outre l’agitation sociale qui touche plusieurs ministères, est apparu un mouvement politique dénommé HFI qui exige une « refondation » nationale préalable à la tenue d’élections.

Le parti présidentiel HVM traverse en effet une mauvaise passe et aborderait les échéances électorales en ordre dispersé. L’ancien ministre de l’éducation nationale, secrétaire général adjoint du parti, Paul Rabary, a annoncé sa démission et sa candidature à la présidentielle.

Rivo Rakotovao, président du Sénat, a démissionné de la présidence du parti présidentiel. « Je ne pourrai pas assurer l'intérim de la présidence de la République si je reste à la tête du HVM », se justifie-t-il. Pour l'heure Hery Rajaonarimampianina n'a pas encore annoncé s'il allait briguer un second mandat mais cette annonce laisse entendre que ce sera bien le cas. Cette démission pourrait aussi s’expliquer par des rivalités internes exacerbées. Plusieurs ténors du HVM seraient prêts à déposer leur candidature à la présidentielle, au risque de prendre de court le chef de l’Etat et de provoquer l’éclatement du parti.

L’éditorialiste de L’Express présente un point de vue désabusé sur la prochaine consultation électorale qui, comme les précédentes, devrait déboucher sur un fort désenchantement de la population qui aura cru une fois de plus aux promesses d’un « messie ».

Plus de 6 000 fidèles ont assisté à la première messe du cardinal Tsarahazana en présence d’Andry Rajoelina, du chef de l’Etat, du premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement. Aucune prise de parole politique n’a été autorisée. Le cardinal a fustigé les fausses promesses des politiciens, rarement suivies d’effets et l’infantilisation des populations. « La corruption qui gangrène notre pays risque de devenir notre culture », a-t-il prévenu.

Le premier ministre et le ministère de l’intérieur ont donné des consignes strictes de neutralité de l’administration durant le processus électoral. Des manquements à ce devoir ont déjà été relevées, note le ministre de l’intérieur. Le premier ministre a sollicité un avis de la HCC sur la neutralité politique des forces armées stipulé par la Constitution.

La ministre des finances s’est engagée à débloquer les crédits complémentaires nécessaires au financement des opérations électorales. Un effort est également attendu des partenaires bilatéraux et multilatéraux. L’UE a annoncé fournir une aide supplémentaire de 1,5 million d’euros. Six hélicoptères ont été sollicités de la SADC pour collecter les résultats du 1er tour. Le premier ministre s’est montré préoccupé par les conditions matérielles de l’organisation des élections.

Le KMF/CNOE redoute une nouvelle crise en raison des nombreuses zones d’ombre qui subsistent dans les textes qui régissent le processus électoral. Les nouvelles lois électorales ne font notamment mention ni d’un plafond de dépenses en période de campagne, ni de règles régissant la précampagne qui, grâce à ce vide juridique, profite à quelques candidats potentiels dotés de gros moyens. En l’absence de cadre juridique, la CENI et la HCC s’avouent impuissantes à réguler cette période de pré-campagne qui a déjà débuté. L’organe censé contrôler les dépenses de campagne des candidats à la présidentielle - à défaut d’un plafonnement des dépenses - n’est toujours pas en place.

Une mission de l’UE a séjourné à Madagascar afin d’« explorer les conditions de base en vue d’examiner la possibilité de déployer une mission d’observation électorale ». Des observateurs sont également attendus de l’UA, de la SADC et de la Francophonie. La CENI et le KMF-CNOE ont signé une convention de partenariat portant sur l’observation des élections.

Le dépôt des candidatures pour la présidentielle aura lieu entre le 1er et le 21 août. Une vingtaine de postulants seraient déjà sur les rangs. La campagne officielle de déroulera du 8 octobre au 6 novembre.

Alors qu’il n’a pas encore officiellement confirmé sa candidature, Andry Rajoelina, s’est lancé dans une pré-campagne « officieuse » en sillonnant le Nord et l’Est de la Grande île pour présenter son projet « Initiative pour l’Emergence de Madagascar » (IEM). Se déplaçant en jet privé et au moyen d’hélicoptères, il a reçu partout un accueil remarqué, multipliant les promesses.

Marc Ravalomanana s’est jusqu’ici montré plus discret, préférant soigner son image auprès des Eglises et multipliant les contacts avec les croyants. Dama, leader du célèbre groupe Mahaleo et sociologue de formation, a officialisé sa candidature à la présidentielle. Le président de la CENI a déploré les dérives perpétrées par les candidats déclarés ou pressentis dans le cadre de la pré-campagne mais a avoué son impuissance à y mettre un terme, faute de cadre légal. Certains observateurs redoutent que les infractions soient encore plus massives et flagrantes que lors de la campagne de 2013.

Le parti ADN d’Edgard Razafindravahy et une centaine de petites formations membres du HFI s’opposent à toute précipitation dans la tenue d’élections. A l’appui d’une Convention signée fin juin, ils mettent en avant trois préalables : l’organisation d’élections au niveau des Fokontany, la révision de la Constitution et des lois électorales adoptées dans les conditions que l’on sait et la mise en place d’un « mouvement des citoyens pour la refondation ». Parmi ses membres, le MMM de Hajo Andrianainarivelo et l’ancien premier ministre Omer Beriziky. Marc Ravalomanana lui-même aurait opéré un rapprochement avec la plateforme. Le mouvement n’a pas pu tenir sa première manifestation sur la place du 13-Mai, les forces de l’ordre présentes sur les lieux l’en ont empêché. Un second rassemblement, autorisé, a pu se tenir. Des médias estiment que les leaders du HFI sont utilisés par le HVM pour provoquer une situation de troubles afin de repousser un scrutin qui risque d’être défavorable au pouvoir en place. Selon Midi, les initiateurs de ce projet tentaient, depuis quelques de faire entendre leur voix lors de différentes réunions politiques, entre autres celles organisées par le Conseil pour le Fampihavanana malagasy (CFM).

Selon le Rapport national sur le développement humain 2018, la Grande île est passée du 154e au 158e rang mondial en deux ans. Le rapport indique que « les avancées sur le plan social sont insuffisantes face à l’écart de revenu entre le pays et l’Afrique subsaharienne ». Le rapport fait mention de « disparités interrégionales préoccupantes.

Pour le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, « tout le territoire de Madagascar peut être qualifié de zone rouge » : zones soumises aux incursions de dahalo mais aussi zones affectées par les vindictes populaires, les exploitations illicites de richesses naturelles ou victimes de vols de vanille sur pied. Le premier ministre exige que les représentants de l’Etat coordonnent mieux leurs actions dans la lutte contre l’insécurité qui menace gravement les activités touristiques.

De graves émeutes se sont produites à Port Bergé. La prison et la gendarmerie ont été assaillis, des bureaux administratifs incendiés, une maison pillée. 32 suspects ont été transférés à Mahajanaga sous forte escorte. A l’origine de ces troubles, un litige portant sur la protection d’une réserve naturelle.

Une suspicion de vol d’enfants a viré à l’émeute dans le district de Betafo. Le fokonolona et le comité de vigilance local se sont déchainés sur un groupe de chercheurs de pierres précieuses membres d’une association humanitaire. Le village aurait connu une dizaine de disparitions d’enfants depuis l’arrivée sur les lieux de cette ONG.

A Betafo, une suspicion de vol d’organes et d’ossements humains a provoqué une vindicte populaire à l’encontre d’un opérateur économique. Les troubles ont fait deux morts et trois blessés. La population s’est livrée au pillage des biens du suspect et de ses proches. Sa maison, ses magasins et son véhicule ont été incendiés.

A Vavatenina, une coupure de courant durant la diffusion de la finale de la coupe du monde de football a déclenché un soulèvement populaire. Le siège de la Jirama a été saccagé et a échappé à une tentative d’incendie.

A Belo sur Tsiribihina, une bande d’individus, dont l’un des leurs avait été assassiné, a pris l’assaut un village pour se faire justice. Mobilisée, la population a repoussé les assaillants. Sept morts ont été dénombrés. A Fierenana-Moramanga, deux anciens détenus multirécidivistes ont été brûlés vifs par la foule.

Des vindictes populaires ont pu être évitée in extremis à Andapa et Bealanana.

A Soalala, l’application du Dina vire au racket de la population. La population reproche aux responsables de l’application du dina de s’arroger des droits exorbitants, de procéder à des contrôles musclés et d’imposer de fortes amendes sous menace de représailles.

Trafic d’êtres humains dans le Vakinankaratra. Une adolescente de 14 ans aurait été vendue 150 millions Ar à un trafiquant. La gendarmerie a interpelé plusieurs membres d’un réseau qui sévissait sur un marché. La disparition d’une dizaine d’enfants avait déjà été signalée dans le fokontany de provenance des personnes interpelées. Au cours de l’interrogatoire, la bande a avoué avoir déjà vendu une adolescente de 15 ans pour 300 millions Ar.

Recrudescence des enlèvements d’indo-pakistanais. L’opérateur Nizar Pirbay, enlevé le 8 juin à Toamasina, a été relâché. Un autre opérateur a été enlevé à Mahajanga. Une rançon de 16 millions Ar aurait été exigée mais le captif a réussi à s’enfuir. Sabera Vasram, épouse du patron d’une concession automobile, a été enlevée par cinq hommes cagoulés et armés dans un quartier résidentiel de la capitale. Elle a été libérée contre remise d’une importante rançon.

L’opérateur indo-pakistanais Abdoul Aziz Mansour a été enlevé dans un quartier de la capitale. Il a été libéré lui aussi contre forte rançon. Les forces de l’ordre ont été mise à l’écart durant toute la négociation.

L’Express est convaincu que les commanditaires de ces affaires de kidnapping bénéficient de protections à un haut niveau et qu’il existe des complicités au sein des forces de l’ordre. Le quotidien s’interroge sur la destination des fonds provenant des fortes rançons exigées. L’ambassadrice de France demande aux autorités de mettre en œuvre des moyens de lutte efficaces.

Pour Midi, le fléau des enlèvements ne concerne pas que les karana. Plusieurs cas d’enlèvements sont le fait de bandes de dahalo. La pratique, apparue en mai 2017, prendrait de l’ampleur. Une vingtaine de cas ont été enregistrés en un an. Six dahalo ont enlevé quatre employés de la société d’Etat Kraoma à Tsaratanàna. Ils ont exigé et obtenu le versement d’une rançon de 100 millions Ar.

Les forces de l'ordre ont lancé l’opération « Force de frappe » qui a permis l’arrestation de 23 présumés kidnappeurs, dont 11ont été placés sous mandat de dépôt. Deux autres ont été abattus pendant un accrochage avec les forces d'intervention.

Le ministère de la justice a lancé un concours sur la « culture de l’excellence » pour redorer son blason et reconquérir la confiance des justiciables. Les opérations se dérouleront jusqu’au 20 octobre. Tous les chefs de Cour sont appels à s’y associer. L’opération est financée par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix.

L’AFD a débloqué un crédit de 5 millions d’euros en faveur de la modernisation et de l’efficacité du service public de la justice. Le projet, d’une durée de 4 ans, permettra également l’amélioration du fonctionnement de l’administration pénitentiaire.

La CNIDH a réclamé l’abolition des privilèges statutaires de certains corps de la fonction publique en matière de poursuites pénales. Elle cite en exemple le blocage intervenu dans l’affaire de l’expédition punitive des policiers dans le village d’Antsakabary, en février 2017. Une exception qui porte atteinte au principe d’égalité de tous devant la loi et la justice.

Des cas d’apatridie subsistent dans différentes régions selon une étude soutenue par l’UNHCR. Le code de la nationalité ne permettrait pas l’obtention de la naturalisation pour les apatrides.

Les membres de la Chaîne spéciale de lutte contre le trafic de bois précieux ont été installés. Cette juridiction d’exception a pour vocation de renforcer la répression de l’exploitation, du stockage, du transport et du commerce de ces essences. 79 dossiers étaient en cours d’instruction sur ce sujet à fin octobre 2016. Aucun n’aurait encore été jugé. La Chaîne spéciale aura à les reprendre en main.

Le rapport d’investigation du Bianco pour le 1er trimestre 2018 a été publié. 53 enquêtes ont été ouvertes, dont sept portent sur des ministres en exercice à l’époque. Le plus grand nombre de ces enquêtes ont été ouvertes grâce à des informations recueillies via les réseaux sociaux et les médias.

« De nombreux efforts restent à faire afin d’atteindre le niveau de progrès satisfaisant permettant à la Grande île d’obtenir le statut de ‘pays conforme’ aux normes EITI d’ici à la fin de 2019 », a déclaré la secrétaire exécutive de l’EITI Madagascar. Quinze recommandations ont été émises par le secrétariat international de l’EITI pour que Madagascar atteigne le niveau requis.

Malgré l’approbation d’un nouveau décaissement de 44,25 millions d’euros au titre de la FEC, le conseil d’administration du FMI a enjoint Madagascar de renforcer la gouvernance et la lutte contre la corruption. Le Fonds a réitéré sa demande de voir adoptée au plus vite la loi sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que la loi sur le recouvrement des avoirs illicites, textes bloqués à l’Assemblée depuis novembre 2017.

La direction générale des impôts et le Samifin ont signé une convention de partenariat en vue d’améliorer l’efficacité de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, tout en améliorant les rentrées fiscales.

Le Bianco va aider la Jirama à élaborer un plan d’action anti-corruption. La convention signée avec l’entreprise publique permettra de former et de sensibiliser les agents à la lutte contre la corruption.

Le Samifin, qui a célèbré son 10e anniversaire, a présenté son rapport d’activités 2017. Son directeur a révélé l’implication de hautes personnalités dans diverses fraudes et exportations illicites de bois de rose. Le nom d’un richissime soutien d’Andry Rajoelina est évoqué sous le manteau.

Des enquêtes liées aux suspicions de corruption impliquant des responsables de la mairie d’Antananarivo sont entre les mains de l’Inspection générale de l’État. Le Bianco en attend les résultats pour entrer en action.

Madagascar obtient la moyenne en matière de gouvernance et se place au 61e rang sur 129 pays dans le classement de Bertelsmann Stiftung’s Transformation Index. La Grande ile a gagné 48 places depuis 2014. Les informations produites par cette fondation font partie intégrante des sources constitutives de l’indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International.

Le ministère de la santé va procéder à l’assainissement des hôpitaux et cliniques privés. Certains établissements fonctionnent sans avoir effectué de déclaration, d’autres ont effectué une extension d’activité sans y être autorisés. Les médecins fonctionnaires devront se consacrer en priorité aux patients des hôpitaux publics.

L’insécurité met en péril l’immunité des enfants. Dans plusieurs régions, le taux de couverture vaccinale est de l’ordre de 50 % et connait une régression. Le maintien du statut « polio free » de Madagascar, obtenu non sans peine, pourrait être remis en cause.

La Plateforme des fédérations des associations de personnes handicapées poursuit la mise en œuvre du projet Tomady. Ce projet se fixe deux objectifs : faire pression pour la mise en œuvre de la Convention internationale sur les personnes handicapées et agir pour une meilleure insertion socioprofessionnelle de ces publics.

La légalisation de l’avortement fait l’objet d’un débat. L'avortement est un crime, puni par le code pénal. En décembre dernier, il y a bien eu une tentative, au Parlement, de dépénaliser l'avortement thérapeutique. En vain. A l'approche de l'élection présidentielle, des associations relancent le débat.

La société Ambatovy va verser près de 49 milliards Ar aux communes touchées par l’exploitation de nickel et de cobalt à titre de ristournes sur la période 2012 à 2017. Un déblocage de 20 % de ce montant devrait être effectué immédiatement. Le projet Ambatovy va financer le traitement des déchets, le nettoyage, et l’électricité de la ville de Toamasina pour un montant de 2,5 millions de dollars.

Bras de fer entre les agriculteurs et la société QMM. Cette entreprise exploite le minerai d’ilménite à Tolagnaro depuis 2005. Près de 2 500 agriculteurs et pêcheurs disent ne pas avoir reçu les compensations que la société leur doit pour l'exploitation de leurs terres. Une délégation s'est rendue à Antananarivo pour alerter les autorités. Le CRAAD-OI et l’association MAZOTO menacent de porter l’affaire au niveau international. En mai, quatre manifestants ont été arrêtés et condamnés à un an de prison avec sursis et à une amende d’un million Ar chacun.

Des associations protestent contre l’usage jugé abusif de déclarations d’utilité publique au profit du projet Toliara Sands. Un premier décret a été signé en avril pour les travaux de construction d’infrastructures portuaire et routière. Le second décret, adopté mi-juillet, autorise le démarrage de l’exploitation. Les travaux obligeront les communautés concernées à quitter des terres qui étaient leur propriété et leur moyen de subsistance traditionnel.

Dénonciation d’une exploitation illicite de l’or par une société chinoise dans le district de Maevatanana. Une convention illégale aurait été signée avec cette société qui met en œuvre de gros moyens, au détriment des petits exploitants miniers.

Rejetée par la HCC en début d’année, la loi sur les ZES a été remaniée mais sa validation se fait attendre. Le porte-parole d’un important projet multisectoriel de la région Diana fait part de son impatience. Les investisseurs menacent de se retirer si la validation du texte tarde à venir, affirme-t-il.

Le collectif Tany condamne la promesse faites aux investisseurs, notamment étrangers, de leur louer des terres sous la forme juridique de baux emphytéotiques. Il souligne que ce type de bail accorde des droits spécifiques au preneur et que ce contrat correspond à une forme de vente des terres.

La ministre de l’aménagement du territoire a décidé la suspension des travaux de remblayage dans tout le Grand Antananarivo pour une durée indéterminée. La recrudescence des remblayages sauvages expose la capitale à de grands dangers d’inondation, selon les techniciens hydrauliques. Après contrôle, les remblayages autorisés pourront reprendre.

Les plus pauvres supportent les coûts de la protection des forêts primaires, selon des universitaires qui ont examiné la nouvelle aire protégée et le projet pilote REDD+ dans le corridor Ankeniheny-Zahamena. Ce projet vise à préserver une biodiversité très riche mais surtout à capturer du carbone pour lutter contre le changement climatique. Les chercheurs démontrent que les restrictions dues à la conservation entraînent des coûts très importants pour les populations locales.

Près de 15 000 personnes vont bénéficier du Plan de sauvegarde social et environnemental soutenu par la Banque mondiale pour compenser les pertes de revenus engendrées par la création ou l’extension d’aires protégées. Le Plan financera des projets retenus par les populations affectées. 10 aires protégées gérées par Madagascar National Park ont été sélectionnées.

500 000 petits pêcheurs seraient menacés par la pêche industrielle et la surexploitation des ressources. Un réseau regroupant les Aires marines gérées localement demande que des zones de pêches leurs soient réservées. Le ministre des ressources halieutiques et de la pêche s’est engagé à signer des décrets en ce sens.

Se déclarant satisfait des progrès accomplis par Madagascar, le conseil d’administration du FMI a débloqué une nouvelle tranche de la FEC pour un montant de plus de 44 millions de dollars. « Les choses vont dans le bon sens mais beaucoup reste à faire », a toutefois déclaré son représentant. Au total, dans le cadre de cette Facilité, Madagascar devrait bénéficier de plus de 300 millions de dollars.

Le schéma directeur du projet TATOM (Antananarivo-Toamasina-Madagasikara), financé par le Japon, sera bouclé en avril 2019. D’un montant de 500 millions de dollars, il vise au développement intégré de l’axe Antananarivo-Toamasina intéressant trois régions et les 36 communes du Grand Antananarivo. Le projet inclut la mise aux normes de la RN2 ainsi que de la ligne ferroviaire Tananarive-Côte Est. Le Japon finance également un important projet d’extension du port de Toamasina. La coopération japonaise poursuit en outre son programme dans le secteur de l’éducation. Né en 1998, il a notamment permis la construction de 826 classes, pour un montant de 181 millions de dollars.

Les travaux de construction de plusieurs rocades et d’une pénétrante à Antananarivo ont été lancés, malgré la suspension de paiement des indemnités d’expropriation. Le projet est cofinancé par la BEI, l’UE, l’AFD et l’État. Le montant total du financement s’élève à 62,8 millions d’euros.

Le Comesa reste à conquérir pour Madagascar, qui ne possède que 3 % de parts de marché. Anciens et actuels dirigeants affirment que le pays est prêt mais les différents groupements du secteur privé ne sont pas très confiants, ils redoutent de ne pas faire face à une concurrence déloyale.

L’ambassadeur de l’UE dresse un bilan positif de ses 4 années dans la Grande île mais déplore le manque de continuité de l’administration. Le diplomate a noté l’impatience de ses interlocuteurs dans le processus de mise en œuvre des projets. Il s’est félicité d’avoir pu conduire avec les autorités des « dialogues politiques » périodiques. Une pratique qui fait l’originalité de la coopération entre Madagascar et l’UE.

La filière vanille menacée. Les opérateurs sont préoccupés par la détérioration de la qualité du produit qui faisait la renommée de Madagascar. En cause, la récolte de vanille immature et la pratique de l’empaquetage sous vide de gousses insuffisamment séchées et muries. C’est toute une région et des milliers de producteurs qui sont ainsi menacés par la désorganisation de la filière. En termes de valeur, la vanille a été le premier produit d’exportation de Madagascar en 2017.

Selon un communiqué du SeFaFi, la pauvreté énergétique malgache résulte en partie d’une absence de volonté politique. Le taux d’accès à l’électricité n’est aujourd’hui que de 15 %. Il était de 11 % en 1998. Les Malgaches figurent parmi les plus grandes victimes de la pauvreté énergétique alors qu’à Maurice et aux Seychelles le taux d’électrification est quasiment de 100 %.

Débit Internet : grâce à son raccordement à des câbles intercontinentaux, Madagascar passe du 89e au 22e rang mondial mais seule 2,1 % de la population est connectée et paie très cher ce privilège. Bon nombre d’utilisateurs se plaignent de l’instabilité du réseau.

Les professionnels des TIC dénoncent le pillage des ressources humaines malgaches par les pays francophones. Ces fuites de compétences de personnels qualifiés portent un grave préjudice au développement de ces activités dans la Grande île.

La société chinoise qui a conclu un contrat de location-gérance de la Sirama à Ambilobe, Namakia et Morondava n’a pas réglé le montant de ses locations depuis plusieurs années. Les impayés dus à l’Etat se chiffrent à près de 20 millions de dollars. Une autre société chinoise exploitant la Sirama à Nosy-Be et Brickaville n’aurait pas non plus respecté son contrat avec l’Etat.

Le tourisme dans le Menabe menacé par l’insécurité et la déforestation. Morondava et sa région connaissent une fréquentation en chute libre. Les feux de brousse menacent directement les aires protégées. La déforestation toucherait 600 ha par an dans cette région.

L’agitation sociale a pris le relais du mouvement de la place du 13-Mai. La Solidarité syndicale de Madagascar (SSM) a continué de revendiquer le départ des ministres « incompétents » et « redoublants » en place dans le nouveau gouvernement. Selon eux, la loi de finances rectificative adoptée n’a tenu aucun compte des revendications formulées, contrairement aux vœux exprimés par les « députés pour le changement ». Les membres de la SSM se disent trahis par le Mapar et le TIM. Les politiciens, disent-ils, se sont servis des revendications syndicales afin de faire pression sur le pouvoir et tenter de précipiter sa chute, sans réelle volonté de prendre en compte leurs revendications. Une manifestation publique a été organisée suivie par quelques centaines de personnes. Selon Midi, des ministres HVM non reconduits dans la nouvelle équipe apportent leur soutien en coulisse aux différents mouvements de grève qui affectent l’éducation nationale, les douanes et les impôts, les télécommunications. Les politiciens sont accusés d’instrumentaliser les revendications syndicales.

L’agitation sociale a tout particulièrement touché le secteur de l’éducation. Des enseignants grévistes se sont rendus au ministère de l’éducation nationale pour « séquestrer » le ministre, Horace Gatien. Les forces de l’ordre se sont opposées à l’intrusion des grévistes dans les locaux du ministère, des affrontements se sont produits. Le ministre a menacé de destitution les responsables locaux de l’éducation nationale et les directeurs d’établissement qui participent au mouvement. Deux responsables régionaux ont été limogés. Il a mis en garde les enseignants contre une récupération politique de leur mouvement. Les menaces proférées semblent avoir fait fléchir les enseignants des établissements publics de la région Analamanga qui ont décidé de reprendre les cours après près de 3 mois de grève. Une convention de sortie de crise a été signée par les enseignants et les membres du gouvernement mais des représentants syndicaux ont fait part de leur intention poursuivre le mouvement jusqu’à satisfaction de toutes leurs revendications. La Solidarité syndicale de Madagascar (SMM) a apporté son soutien aux syndicalistes de l’enseignement qui rejettent la convention signée. Le syndicat des enseignants, le Sempama, annonce qu’il présentera son président à l’élection présidentielle.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Vie politique
  • Organisation de l’élection présidentielle du 7 novembre 2018
  • Pré-campagne électorale

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Santé, personnes handicapées
  • Droit du travail
  • Droits des femmes

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Mouvements sociaux

 

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ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2018

<>  24 07 18 - CRAAD-OI - Collectif Tany - Soutien aux communautés_riveraines de QMM
La lutte légitime des communautés riveraines du site minier de QMM-Rio Tinto pour l’indemnisation de leurs terres est de nouveau réprimée à Tolagnaro. Des représentants des communautés riveraines du site minier de Mandena sont venus à Antananarivo pour rencontrer diverses institutions au niveau national et ont mobilisé les media car 4 d’entre eux ont été arrêtés le 28 juin. Le verdict prononcé par le Tribunal à l’issue du procès du 5 juillet a été d'un an d’emprisonnement avec sursis assorti d’une amende de 1 million d’ariary par personne. Le problème principal soulevé par les communautés depuis des années porte sur l’indemnisation de leurs terres perdues à cause de leur attribution en bail emphytéotique à la société QMM pour son exploitation minière, ce qui a entraîné la perte des moyens de subsistance et des sources de revenus des habitants affectés par le projet minier.

<>  21 07 18 - Tany, Mazoto, CRAAD-OI - Communiqué sur le projet Toliara Sands du 18 07 18
Des associations protestent contre l’usage jugé abusif de déclarations d’utilité publique au profit du projet Toliara Sands. Le collectif Tany, le CRAAD-OI et l'association MAZOTO dénoncent la signature, par le conseil des ministres du nouveau gouvernement d’un décret déclarant d'utilité publique les travaux d'exploitation dans le périmètre des sites miniers de Toliara Sands situés sur deux communes et portant acquisition par voie amiable ou par expropriation des parcelles de terrain et/ou immeubles touchés par ces travaux, « au détriment des membres des communautés concernées qui seront obligés de quitter des terres qui étaient leur propriété et leur moyen de subsistance traditionnel ». Le conseil des ministres du 11 avril 2018 avait déjà adopté un décret déclarant d’utilité publique les travaux de construction des infrastructures portuaire et routière reliant le nouveau port au site minier situés à 50 km au Nord de Toliara. Les associations dénoncent « l’usage de plus en plus abusif de la déclaration d'utilité publique au bénéfice des intérêts privés étrangers ».

- 19 07 18 - L'Express - Edito - Solutions pommade
Un point de vue désabusé sur la prochaine consultation électorale qui, comme les précédentes, devrait déboucher sur un fort désenchantement de la population qui aura cru une fois de plus aux promesses d’un messie. La présidentielle risque de porter aux plus hautes fonctions un ancien putschiste, Andry Rajoelina, dont la présence au pouvoir durant 5 ans a précipité le pays dans l’anarchie et la pauvreté. Ces pseudo élections démocratiques n’ont pour objectif que de satisfaire la communauté internationale et les bailleurs de fonds. Tout est biaisé dès le départ. Rendez-vous dans trois ans pour un putsch contre un ancien putschiste ou une ancienne victime de putsch, prédit l’éditorialiste.

- 11 07 18 - SeFaFi - Communiqué - Une pauvreté énergétique entretenue
1,4 milliard de personnes n’auraient pas accès à l’électricité dans le monde, dont 7 personnes sur 10 en Afrique subsaharienne. 85 % des Malgaches en font partie puisque le taux d’accès à l’électricité y est aujourd’hui de 15 %. Il était de 11 % en 1998, avant la libéralisation du secteur début 1999. Nous n’aurions donc progressé que de 4 points en 20 ans. Pourquoi ? Secteur stratégique s’il en est, le secteur de l’énergie en général et de l’électricité en particulier est peu analysé, et souffre d’une indifférence collective qui ne s’estompe passagèrement qu’à l’occasion d’un délestage ou de la hausse des prix du carburant. Les Malgaches figurent parmi les plus grandes victimes de la pauvreté énergétique alors qu’à Maurice et aux Seychelles, le taux d’électrification est quasiment de 100 %. La taille du territoire influe certainement sur la vitesse d’électrification d’un pays, mais il existe d’autres paramètres que nous sommes loin de maîtriser. La volonté politique en fait partie. Le droit à l’énergie est un droit fondamental, tout comme celui de se nourrir ou d’avoir un travail décent.

- 10 07 18 - Collectif Tany - Le bail emphytéotique à Madagascar
La mise en location de millions d’hectares de terre malgaches, sous forme de bail emphytéotique, à des investisseurs, notamment étrangers, comme méthode incontournable et sûre de développer le pays et son agriculture est prônée par les dirigeants malgaches dans le Programme Sectoriel de l’Agriculture, Elevage et Pêche 2016-2020 et dans leurs discours. Des citoyens malgaches et des organisations de la société civile critiquent et condamnent cette conception qui lèse les intérêts majeurs de la nation en qualifiant cette pratique de « vente de la terre des ancêtres, vente de la patrie ». Le Collectif Tany revient sur ce sujet en soulignant que le bail emphytéotique n’est pas une simple location mais accorde des droits spécifiques au preneur, et que du point de vue des traditions malgaches, le bail emphytéotique correspond à un type de vente des terres.

- 08 07 18 - L'Express - Edito - Parvis nu
Les députés TIM annoncent qu’ils mettent fin aux manifestations sur la place du 13-Mai
. « Nous sommes proches de la ligne de départ pour l'élection présidentielle donc nous sentons le besoin de nous préparer », explique le député Mamy Rabenirina. « Nous prévoyons de nous rendre dans nos circonscriptions pour rencontrer la population », précise-t-il. La lutte continue, mais elle a changé de forme, soulignent les députés. « Nous avons invité les manifestants à soutenir les syndicats, mais s'ils ont besoin de nous, nous viendrons », poursuit Mamy Rabenirina. Les manifestants ont été invités à renforcer la grève des enseignants devant le siège du ministère de l’éducation. La décision de mettre un terme aux rassemblements, en dépit de la résistance affichée par Hanitra Razafimanantsoa, a été saluée par le premier ministre. « Je remercie tous ceux et celles qui ont contribué à mettre fin aux manifestations politiques. J'apprécie votre sens de la responsabilité », a-t-il indiqué sur son compte Twitter. « En route pour la paix et l'apaisement ! » a-t-il conclu.

- 01 07 18 - RFI - Madagascar : la légalisation de l'avortement fait l'objet d'un débat
A Madagascar, l'avortement est un crime, puni par le Code pénal. Un code pénal découlant de la période coloniale, hérité lui-même du code napoléonien de 1810. En décembre dernier, il y a bien eu une tentative, au Parlement, de dépénaliser l'avortement thérapeutique. En vain. A l'approche de l'élection présidentielle, l'association Nifin'Akanga – du nom d'une plante abortive très utilisée à Madagascar – qui se bat pour la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), relance le débat. Elle espère inciter les candidats à prendre position sur ce sujet de société.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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