JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

23 octobre 2014

ARTICLES REMARQUES - OCTOBRE 2014

- 23 10 14 - SeFaFi - Communiqué - Réconciliation et pouvoir
"Réconciliation" : quelle est l’exacte définition de ce mot, brandi par tous mais, comme c’est souvent le cas à Madagascar, compris différemment par chacun ?
Le corollaire, qui est la question de savoir qui réconcilier avec qui, a déjà été maintes fois abordé, y compris par le SeFaFi : les anciens présidents entre eux ? Les politiciens entre eux ? Les politiciens avec le peuple ? Le peuple avec lui-même ? Dans ce contexte, la réconciliation ne consiste-t-elle pas à résoudre les  problèmes liés à la conquête (et, inversement, à la perte) du pouvoir ? Si c’est le cas, la réconciliation doit se faire à tous les niveaux de la classe politique et des militants des divers partis ou mouvances. Le citoyen sans engagement militant, par contre, n’est pas concerné à ce niveau, ce qui ne l’empêche pas d’avoir son avis sur la question. Par contre, il est interpellé par les véritables enjeux de la réconciliation. Entamer la réconciliation veut dire débattre des sujets de fond, qui bloquent ou handicapent le développement d’une société harmonieuse, aborder les sujets qui fâchent ou qui inquiètent. Les politiciens doivent prouver qu'ils sont soucieux de réconcilier le pays et non pas de manipuler les masses à des fins personnelles.

- 20 10 14 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Le "retour de Ravalomanana", premier au box office
Le premier épisode du film « Le retour de Ravalomanana » est pour le moment un demi-succès. Du sommet de l’État à la population de base, que l’on soit pour ou contre lui, il est redevenu pendant quelques jours un sujet d’attention. Situation qui diffère de quand il était encore de l’autre côté du Canal de Mozambique, avec ses sempiternelles promesses de retour imminent faites au téléphone pour animer la flamme des militants du Magro pendant cinq ans. En revenant sur le territoire national, il revient également dans le débat, et force par la même occasion les uns et les autres à se positionner. Pour ou contre son retour ? Pour ou contre son arrestation ? Pour ou contre sa mise en résidence surveillée à Antsiranana ?

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16 10 14 - RFI - Décryptage - Retour de Ravalomanana : nouvelle crise politique à Madagascar ? Interview de Jean Fremigacci, historien spécialiste de Madagascar. Maître de conférences honoraire à l’Université d’Antananarivo et à Paris-Sorbonne. Il est l’auteur du livre "Etat, économie et société coloniale à Madagascar" (Fin XIXème siècle – 1940) aux éditions Karthala. 8' (après prélude musical)
http://telechargement.rfi.fr/rfi/francais/audio/magazines/r177/decryptage_20141015_1710.mp3

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15 10 14 - L'Express - Edito - Sylvain Ranjalahy - Détenu de Marc
Selon les denières nouvelles parvenues au cours de la journée du 14 octobre, Marc Ravalomanana aurait été placé en résidence surveillé dans un bâtiment du quartier militaire d’Antsiranana
, à l'extrême Nord du pays, après avoir été transporté par hélicoptère via Mahajanga et Antsohihy (région Sofia). "Si ce n’est un emprisonne­ment, c’est pire. Quel est donc le statut de l’ancien Président actuellement ?  Un prisonnier de luxe, un aliéné politique ou un otage ?
Quel sera son avenir ? Pendant combien de temps sera-t-il soumis à ce régime de résidence surveillée dont il est la troisième personnalité à la subir après André Resampa assigné à Sainte-Marie en 1972 et Monja Jaona isolé par Ratsiraka à Kelivondrake en 1977, séparé de ses proches ? Autant de questions qui nécessitent des réponses claires et précises pour que la situation ne s’envenime pas".

- 09 10 14 - Le Monde - Fonds marins hautement stratégiques
Avec une ZEE de près de 11 millions de km2, la France dispose du plus grand territoire marin du monde, après les Etats-Unis. En application de la Convention de Montego Bay sur le droit de la mer, elle espère pouvoir l'étendre de plus d'un million de km2, en reportant ses limites de  200 à 350 milles. Les îles Eparses, situées au large de Madagascar, restées sous administration française au moment de l'indépendance, en 1960, contribuent à doter la France de cet espace exceptionnel. Ces espaces maritimes restent largement méconnu. 69% de la ZEE des îles Eparses n'a pas encore été cartographiée.

<> doc 09 10 14 - Biblio - Une nouvelle monographie de la Grande Ile réalisée par le Centre de recherches, d’études et d’appui à l’analyse économique à Madagascar (CREAM). La dernière monographie de Madagascar datait de 1999. Elle se présente sous forme de deux supports, le site (avec une consultation région par région) et un livret pour chacune des 22 régions. Elle donne une vision générale d’une localité à travers différentes caractéristiques, notamment les conditions et potentialités physiques, économiques et l’aspect social. « Cette mise à jour de la monographie de Madagascar est un outil d’administration, de gestion économique et sociale indispensable pour l’élaboration de stratégie de développement et de marketing auprès des partenaires de développement » indique Bodo Ralantoarilolon, directeur général du CREAM. le recueil et l'exploitation des données ont demandé 3 ans de travail.
 Le site : http://www.monographiemada.com

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  07 10 14 - SeFaFi - Communiqué du 4 octobre 2014 - Une République bancale
A la veille du 14 octobre, jour de commémoration de la Ière République et à deux mois du 11 décembre, jour de commémoration de l’entrée en vigueur de la Constitution de la IVème République, le SeFaFi constate un manque de volonté politique évident de la part des dirigeants, pour la mise en place effective de cette IVe République. Votée en 2010, la Constitution a dû attendre la proclamation des résultats des élections de 2013 et l’investiture des premiers élus en 2014 pour commencer à entrer en vigueur. Malgré ses imperfections, elle contient des éléments auxquels tiennent l’opposition et la société civile : une meilleure répartition des pouvoirs entre les différentes composantes de la République, une moindre suprématie de l’exécutif et du président qui en est le chef, et le renforcement de la place et du rôle de l’opposition. L’Observatoire constate que des trois composantes principales de l’Etat, seul l’exécutif est pleinement en place. La relance économique du pays est en panne, la lenteur d’actions des nouveaux élus laisse incrédule.
Le manque de vision présidentielle est maintenant devenu flagrant. Il apparaît aujourd’hui que le gouvernement ne gouverne pas, que la Transition semble se prolonger et que les mauvaises pratiques qui se sont instaurées durant cette période continuent à polluer le climat politique et les espoirs de développement économique.

- 06 10 14 - Tribune - Edito - Soamiely Andriamananjara - Impasse mexicaine, façon malgache
Une situation d’impasse politique explique-t-elle l’actuelle inertie dans l’élaboration des politiques à Madagascar ? Une théorie développée par l'auteur. Comme dans le film « Le Bon, la Brute et le Truand », les principaux protagonistes de la vie politique malgache se retrouvent coincés dans une situation de destruction mutuelle assurée.C’est ce qu’on appelle parfois une « impasse mexicaine ». elle frappe la politique malgache et pourrait expliquer la paralysie du nouveau pouvoir : après presque neuf mois en fonction, le président Rajaonarimampianina n’a pas présenté une seule réalisation concrète significative.

- 06 10 14 - RFI - Grand reportage - Marie Audran - Le trafic de bois de rose à Madagascar.
La Grande île est un « hot spot » mondial de la biodiversité. 80% des espèces y sont endémiques. Mais, cette richesse naturelle est menacée, notamment par les trafics de bois de rose. Ce bois précieux, lourd et dur est très prisé en Chine pour la fabrication de meubles traditionnels de luxe qui se vendent des centaines de milliers d’euros. Seulement à Madagascar, la coupe, le transport, et l’exportation de ce bois sont interdits par la loi depuis 2010. Il existe même un embargo international sur le bois de rose malgache depuis que la ruée incontrôlée a causé d’importants dégâts dans les forêts. Mais, malgré ces interdictions, le trafic continue. Dans le nord-est de Madagascar, c’est toute une économie mafieuse qui s’est imposée. Reportage dans la région d’Antalaha. Ecouter le reportage : http://www.rfi.fr/emission/20141006-madagascar-trafic-bois-rose-antalaha/

04 10 14 - Clicanoo Réunion - Valérie Trierweiler : Merci les Malgaches
Dix pages dans l’hebdomadaire Paris-Match. Madagascar l’oubliée n’avait jamais sans doute été autant si bien servie. Tout cela grâce à sa journaliste Valérie Trierweiler, ex-compagne du président François Hollande, qui a « trouvé le sens de son engagement dans l’humanitaire ». Après avoir fréquenté durant des années, professionnellement puis intimement, les lieux de pouvoir et les palais de la République, elle découvre à 50 ans le reportage de terrain chez les plus pauvres. C’est respectable. Et elle a l’honnêteté de le reconnaître. À l'inverse, on peut se demander si, au fil de ces pages, le vrai sujet n’est pas plutôt les aventures de Valérie Trierweiler à Madagascar. On reste interdit devant une succession de clichés venant surtout bâtir l’histoire de la nouvelle Valérie Trierweiler capable de s’affranchir de son passé récent. Les photos de son reportage qui mettent en scène l’extrême misère de la Grande Ile sont magnifiques. L’ancienne compagne de François Hollande y a forcément rencontré le père Pedro, un homme au « charisme prodigieux ». Tout l'article est écrit dans un style dégoulinant et parfois déroutant, écrit le site Clicanoo. La seconde partie de l'article traite de la situation des femmes à Madagascar. la journaliste s'est rendue à Ivohibe, à 700 kilomètres de la capitale, pour enquêter sur « marché aux filles », qui succède, chaque samedi, au marché aux zébus.
Lire l'article de Paris-Match : Paris Match - Valérie Trierweiler - Le bon samaritain des bidonvilles

- 02 10 14 - Biblio : Revue Les Etudes -2014/10 - Sylvain Urfer - Où va Madagascar ? Les incertitudes d’une société en mutation
.
La situation politique malgache semble stabilisée. Mais rien n’est réglé pour autant. Il importe de connaître l’histoire de l’île, ses divisions ethniques et ses mutations culturelles. Une reprise des valeurs traditionnelles peut aider la transition actuelle. Les Églises ont leur rôle à jouer, à condition qu’elles évitent de s’impliquer, comme elles l’ont fait autrefois, dans les querelles politiques. Plan de l'article : l’illusion du politique, les non-dits de l’histoire, une société en mutation, quelle place pour les Églises ?

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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15 octobre 2014

FLASH INFO DU 15/10/14 - MARC RAVALOMANANA EN RESIDENCE SURVEILLEE A ANTSIRANANA

« La vie socio-politique est bouleversée depuis l’arrivée inopinée et l’arrestation de l’ancien président Marc Ravalomanana », titre Tribune. Sa famille a organisé une conférence de presse à son domicile de Faravohitra, sa mouvance a tenu un meeting au Magro Behoririka et le FJKM se mobilise. Marc Ravalomanana a été kidnappé, dénonce son fils Tojo Ravalomanana. Les forces de l’ordre ne disposaient pas de documents officiels pour l’arrêter, précise-t-il, montrant aux journalistes les traces de balles tirées au travers des portes et l’état des huisseries saccagées par les forces spéciales. À ses yeux, ces agissements démontrent le non-respect des droits de l’homme et ne peuvent  être le fait d’un État de droit. Marc Ravalomanana est en bonne santé et bien traité là où il est retenu, déclare le premier ministre Kolo Roger. « Un médecin s’occupe de lui ». « Nous avons entendu parler d’un menace de mort sur la vie de l’ancien président, raison pour laquelle le régime a pris cette mesure » réplique-t-il. Pour un minimum d’apaisement, son épouse, Lalao Ravalomanana, a demandé une rencontre avec Hery Rajaonarimampianina, tandis que son fils Tojo a exigé que sa famille, son avocat et son médecin puissent le voir dans les meilleurs délais afin de vérifier qu’il n’a subi aucune violence et qu’il est bien traité. Tojo affirme que le lieu de résidence surveillée demeure inconnu. Les effets vestimentaires et médicaments qui lui sont  destinés ne lui sont pas encore parvenus.

Les rumeurs les plus folles ont couru sur le lieu où l’ancien président est retenu en secret. Plusieurs villes ont été citées : Arivonimamo, Toamasina, Mahajanga et Antsiranana. Selon plusieurs sources, cependant, Marc Ravalomanana a été placé en résidence surveillée à la résidence l’Amirauté à Antsiranana, un bâtiment de la base aéronavale de ce chef-lieu de région, dans l’extrême Nord du pays. Transporté par hélicoptère, il aurait fait escale à Mahajanga, où il aurait été reconnu par le personnel de l’aéroport, puis à Antsohihy (région Sofia). Le choix d’Antsiranana pourrait s’expliquer par l’éloignement de la ville par rapport à Antananarivo, à plus de deux jours de route. Par ailleurs, probablement du fait de son éloignement, les habitants d’Antsiranana semblent peu sensibles aux « humeurs révolutionnaires », qui trouvent le plus souvent leur source dans la capitale. Des indiscrétions soutiennent que la résidence l’Amirauté aurait été réaménagée depuis quelques jours, suite au récent passage de Hery Rajaonarimampianina. Si cela a été fait dans l’optique que le chef de l’État y séjourne durant son séjour, la réhabilitation n’aurait pas été réalisée à temps. Toutefois, selon L’Express, ce fait pourrait renforcer l’idée que le retour en catimini de Marc Ravalomanana s’est concrétisé suite à un arrangement avec le pouvoir. Même si ce dernier affirme ne pas avoir été informé de ce projet de retour, l’Amirauté comme point de chute aurait pu faire partie des termes de l’arrangement. Le retour au pays de l’ancien président aurait pu constituer un point positif pour le pouvoir mais son interpellation musclée a provoqué l’effet inverse, estime le quotidien.

Des proches de la famille indiquent avoir reçu des informations selon lesquelles les autorités sud-africaines auraient refusé l'entrée sur son territoire d'un aéronef en provenance de Madagascar. Un aéronef dans lequel aurait pris place Marc Ravalomanana. Une information qui n'a pas été commentée par l'ambassade sud-africaine.

Les médias de Johannesburg affirment que l’ambassadeur de l’Afrique du Sud à Madagascar, Gert Johannes Grobler, est en contact régulier avec le président Rajaonarimampianina. Une information confirmée par des sources auprès de la présidence. L’avenir de Marc Ravalomanana serait au centre des discussions. L’Afrique du Sud tenterait de négocier sa libération.

Le ministère de la communication a appelé à la vigilance les stations audiovisuelles de la capitale. « Nous avons le devoir et l’obligation de rappeler aux uns et aux autres la nécessité de respecter les textes en vigueur dans l'exercice de la liberté d'information » indique un communiqué. Il met en garde les médias contre « les propos incitant à la révolte des populations, à la perturbation de l'ordre et de la sécurité publics ».

Le retour de Marc Ravalomanana est révélateur de la vulnérabilité des frontières malgaches, écrit L’Express. « Madagascar est trop vaste, c’est la responsabilité de tous de surveiller ses frontières », a rétorqué Hery Rajaonarimampianina en réponse à la question.

Réactions. Au Magro de Behoririka, les partisans de l’ancien président haussent le ton. Naika Eliane précise que la mouvance est prête à négocier avec le pouvoir pour faire libérer l’ancien président.

Le pasteur Randriamisata du HMF déclare que l’église protestante FJKM est perturbée par l’arrestation et l’emprisonnement en secret de son vice-président. Il menace de rééditer les actions de 2009 et affirme que les actes perpétrés sont opposés à l’esprit de réconciliation et d’apaisement prôné par le régime.

A l’assemblée nationale, le parti TIM qui compte 19 députés annonce qu'il retire son soutien à la majorité présidentielle PMP avec laquelle il avait fait bloc contre le camp Rajoelina. « Nous affirmons publiquement que le groupe parlementaire TIM est le groupement légal de l'opposition à partir de maintenant ». Une dizaine de députés de la mouvance Ravalomanana ont rencontré ses partisans au Magro Behoririka, sous la surveillance des forces de l’ordre. Ils les ont appelés au calme.

Le CRN, fondé par l'ancien président Albert Zafy, condamne l’arrestation. « Comme tout citoyen malgache, Marc Ravalomanana jouit du plein droit de rentrer au pays. Nous condamnons énergiquement toute utilisation de force dans l’interpellation de Marc Ravalomanana qui a été un président élu par le peuple », indique Tabera Randriamanantsoa, secrétaire général du CRN. Il affirme que les conditions pour la tenue du sommet des chefs d’État sont maintenant réunies. L’absence de Marc Ravalomanana était le dernier obstacle à sa tenue. Il demande au FFKM e prendre ses responsabilités pour l’organisation d’un tel sommet.

Le Pr. Raymond Ranjeva, juriste international, « condamne les méthodes utilisées par des éléments de la gendarmerie. (...) [et] tiens à stigmatiser ces actes révélateurs d’une politique et d’une pratique qui portent atteinte aux droits de citoyen, et qui révèlent la nécessité de guérir notre nation de ses maux ».

Le GTT International basé à Genève a adressé une lettre ouverte à la communauté internationale pour lui demander de faire pression pour l'application intégrale de la feuille de route. Il condamne « un enlèvement barbare suivi d'une disparition forcée » et demande à la communauté internationale de faire pression sur le gouvernement pour libérer sans condition l'ancien président et garantir son intégrité physique, le respect des droits civils et politiques, le droit de visite pour sa famille, ainsi que le droit de disposer d'un avocat.

Les membres du GIS-M ont tenu une réunion d’urgence au siège du bureau de liaison de l’UA. Le retour surprise de Marc Ravalomanana n’a provoqué officiellement aucune réaction de la communauté internationale. Il semble toutefois que l’évènement a ait provoqué en son sein une vive agitation. La réunion convoquée au pied levé a fait le plein de diplomates. La communauté internationale se trouve au cœur de la tornade. Elle insistait en effet depuis de longs mois sur la concrétisation entière de la feuille de route. Devant la presse, l’ancien exilé a clairement indiqué que son retour a été possible grâce à l’appui de certains membres de la communauté internationale. L’Afrique du Sud et les États-Unis ont été notamment cités. Une rencontre se serait tenue entre Gert Johannes Grobler, ambassadeur sud-africain et Arisoa Razafitrimo, ministre des affaires étrangères. Cette dernière aurait pu demander des explications sur les soupçons de participation des autorités sud-africaines au retour de l’ancien chef de l’État. Les observateurs estiment cependant, qu’au risque de provoquer un grave incident diplomatique, les membres de la CI ne se seraient pas hasardés dans une telle opération.

L’UA sort de son silence et condamne les propos de Marc Ravalomanana. Après deux jours de silence, la présidente de la Commission a publié un communiqué dans lequel elle « regrette l'animation par l'ancien président Ravalomanana d’une conférence de presse quelques heures seulement après son retour, et condamne fermement les propos qu’il a tenus à cette occasion ». Elle « considère que la remise en cause de la légitimité des institutions, issues d’élections libres et démocratiques et dont les résultats ont été reconnus par l’ensemble de la communauté internationale, y compris l’UA et la SADC, est une provocation inadmissible ». Elle « se réjouit des mesures subséquentes prises par le Gouvernement pour gérer la situation (…) et appelle toutes les parties prenantes malgaches, en général, et les acteurs politiques, en particulier, à faire preuve de retenue et de responsabilité ».


 

Posté par jumami à 09:35 - Permalien [#]

14 octobre 2014

FLASH INFO DU 14/10/14 - RENTRE D'EXIL PAR SURPRISE, MARC RAVALOMANANA A ETE ARRETE POUR ETRE "MIS EN SECURITE"

Après de multiples tentatives pour rentrer au pays, l’ancien président a atterri en terre malgache après 5 ans, 6 mois et 26 jours d'exil. Lors de sa dernière intervention par téléphone le 11 octobre à l’intention de ses partisans réunis au Magro, il avait annoncé son retour imminent, sans en préciser la date. L’ancien président a donc organisé son retour dans la plus grande discrétion afin d’éviter les débordements. « Vous ne devez organiser aucune mobilisation à mon retour, puisque tout de suite après mon arrivée, je rentrerai directement à mon domicile à Faravohitra où je donnerai une conférence de presse » avait-t-il souligné.

Selon les déclarations de l’ancien député Henri Randrianjatovo, Marc Ravalomanana aurait d’abord trouvé refuge dans les locaux d'une ambassade avant de rejoindre son domicile au petit matin. C’est par un avion privé que l’ancien président est arrivé de Johannesburg. Selon ses proches, il était accompagné d’éléments de la SADC. Marc Ravalomanana a cependant déclaré qu’il était « rentré sans passeport et tout seul ». D’après Tribune, l’avion spécial serait arrivé à Ivato vers 4 h du matin. Une voiture de l’ambassade d’Afrique du Sud serait venue le chercher pour le déposer à son domicile. D’autres sources évoquent une arrivée dans le Sud du pays, l’ancien président ayant ensuite rejoint Antananarivo par la route.

Marc Ravalomanana a été aperçu pour la première fois au balcon du nouveau siège de sa station MBS sise à son domicile de Faravohitra, en compagnie de sa femme, de son fils Tojo et de sa garde rapprochée. Il a été acclamé par la foule, qui s’est rapidement massée dans le quartier.

La Nation 15 10Les conditions de ce retour sont pour l'instant assez floues. « On l'a appris ce matin alors qu'il était déjà chez lui. Ce n'était pas prévu », explique la correspondante de France 24 à Madagascar. « On ne sait pas comment il est rentré. Il a refusé de répondre à cette question. Il n'a pas voulu qu'on lui demande ni quand, ni comment il est rentré. Il a juste dit qu'il est rentré sans passeport et que c'était plus ou moins avec le concours des autorités sud-africaines ». La journaliste, qui a assisté à l’allocution improvisée de l’ancien président, rapporte qu’il a tenu un discours pacifique « mais il a quand même dit que le président actuel a certes la reconnaissance internationale mais qu'il n'est pas légitime aux yeux du peuple ».Il a encore lancé : « J’étais président en exercice quand j’ai quitté le pays, maintenant que je suis de retour, le peuple malgache sait ce qu’il a à faire ». Marc Ravalomanana a annoncé sa détermination à se réconcilier avec l'ancien président de la Transition, Andry Rajoelina.

Le directeur de cabinet de la présidence de la République a indiqué que Madagascar est un Etat de droit. Il appartiendra donc à l'Etat de décider des suites à donner à ce retour considéré comme « une provocation ». Il a affirmé que l'Etat n'était pas informé de ce retour. Des enquêtes devront être ouvertes, prévient-t-il.

Marc Ravalomanana été arrêté par des éléments des forces spéciales juste après l’allocution improvisée tenue au balcon de son domicile devant des partisans. Il leur avait demandé peu avant de le protéger au cas où les forces de l'ordre interviendraient. Celles-ci avaient au préalable dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes. Elles assurent avoir procédé à cette arrestation pour la propre sécurité de l'ancien président. « Une quarantaine d'éléments des forces spéciales ont forcé le portail du domicile du président en tirant sur la serrure. Après avoir fouillé de fond en comble le domicile, les forces de l'ordre l'ont trouvé et emmené, maintenu par deux éléments cagoulés », relate une source proche de l'ex-dirigeant.

Le colonel Florens Rakotomahanina, commandant de la circonscription de gendarmerie précise : « Je ne suis pas au courant de ce qui s'est passé dans le domicile de Marc Ravalomanana à Faravohitra, notre mission était de gérer la sécurité des biens et des personnes aux alentours du quartier. Ce sont les éléments de l'unité spécialisée de la gendarmerie qui sont intervenus dans les locaux de Marc Ravalomanana ». 

Marc Ravalomanana a été placé en garde à vue au camp Ratsimandrava, à Andrefan'Ambohijanahary et devait être ensuite placé en résidence surveillée. Les autorités ont mis en place des barrages au centre-ville afin d'empêcher la population de se rendre au camp de la gendarmerie.

À la suite de l’arrestation, son épouse, Lalao Ravalomanana, a tenté de calmer les esprits alors que de nombreux partisans de son mari étaient rassemblés devant leur domicile : « On n'a rien fait de mal. Soyons sages, gardez votre calme ».

Patrick Rajoelina, proche de Hery Rajaonarimampianina, avait annoncé sur son compte Twitter qu'une rencontre entre l'ancien président et le chef de l'Etat devait avoir lieu en fin de journée.

Les camps militaires d'Antananarivo sont consignés. Des partisans de Marc Ravalomanana ont affirmé vouloir organiser un tour de garde à Faravohitra durant la nuit, certains pensant qu'il avait pu échapper à l’arrestation.

Hery Rajaonarimampianina a réagi en fin d'après-midi dans une allocution fortement perturbée par un délestage généralisé sur la capitale : « Nous l'avons déjà dit, le retour de Marc Ravalomanana à Madagascar devait entrer dans le processus de réconciliation nationale. Nous ne pouvons pas accepter un tel dérapage. (…) Il ne m'a pas contacté. Il est vrai qu’un citoyen malgache peut circuler librement sur le territoire national, par contre, le cas de Marc Ravalomanana est un cas particulier dès lors qu’il s’agisse de sa sécurité personnelle et de la sécurité publique ». « Les forces de l'ordre ont décidé de prendre leur responsabilité. Marc Ravalomanana n'a pas été arrêté, n'a pas été emprisonné, mais a été mis en sécurité à l'abri des différentes menaces qui pèsent contre lui », ajoute le président de la République. Concernant les affirmations de Marc Ravalomanana sur le soutien de certains membres de la communauté internationale, le chef de l'Etat demande à ce que des preuves soient fournies.

« J’aimerai dire à tous mon attachement à la réconciliation nationale. J’y ai travaillé durant plusieurs mois. C’est dans ce cadre que je reste disponible à toutes discussions mais dans le respect du peuple malgache et de la paix sociale. J’appelle ainsi les uns et les autres à rester calme et demeurer dans l’unité nationale pour permettre au gouvernement de résoudre en toute sérénité ce problème », a encore déclaré le président de la République.

Plusieurs personnalités politiques de la Grande île ont réagi à ce retour et son placement en résidence surveillée à commencer par Tabera Randriamanantsoa, proche de l’ancien président Albert Zafy : « Nous condamnons fermement cette arrestation. D’ailleurs, cela ne reflète aucune volonté d’avancer dans le sens de la réconciliation nationale. Nous exigeons la libération immédiate de Marc Ravalomanana », a-t-il dit.

Jean-Brunel Razafintiandraofa du Mapar d’Andry Rajoelina a, quant à lui affirmé « ne pouvoir encore s’exprimer pour l’instant car le Mapar est encore en pleine concertation actuellement ».

« Au vu des événements de ce jour et du retour non-concerté de l’exilé Marc Ravalomanana, nous tenons à réaffirmer la légalité du changement exprimé par le vote populaire lors des dernières élections. Nous demandons à l’État de mettre en œuvre la stricte application de la loi et exprimons aux institutions chargées de l’appliquer de notre totale confiance pour cela », déclare pour sa part le député Paul Bert Rakotoarimanana, dit Rossy, artiste très populaire à Madagascar.

L’Eglise réformée FJKM prévoit d’organiser un culte de soutien à Marc Ravalomanana. Ses responsables rappellent que l’ancien chef de l’Etat est toujours vice-président laïque de leur Eglise. Elle dénonce les violences qui ont accompagné l’arrestation. Une délégation de l’Eglise réformée composée des membres du Bureau central a assisté à cette arrestation musclée.

L’association des victimes du 7 février 200 (AV7) a récemment demandé la saisie de ses biens en réparation des dommages subis. Certains Malgaches gardent la nostalgie de sa présidence, qui a coïncidé avec une période de forte croissance économique, il n’a jamais reconnu la valeur juridique des condamnations prononcées à son encontre, estimant qu’elles avaient été prononcées par un « tribunal fantoche », en son absence. Mais en juillet, il s’était dit prêt à comparaître devant une cour malgache pour répondre des accusations portées contre lui.

Des sources auprès des forces de l'ordre et du gouvernement indiquent que Marc Ravalomanana a été assigné à résidence sur une ancienne base aérienne, à Arivonimamo, à 40 km de la capitale, pour une période de 15 jours.

Suite à l'interpellation de Marc Ravalomanana, des discussions ont été engagées, indiquent ses avocats. Le président de la République ayant déclaré qu'il s'agit de sécurisation et non d'arrestation, le pouvoir est donc totalement responsable de la sécurité de l'ancien président, ont-ils souligné. Il n'est pas question d'expulser l'ex président du territoire malgache a souligné la mouvance Ravalomanana.

Depuis 2009, Marc Ravalomanana été empêché à plusieurs reprises de revenir à Madagascar, par peur de débordements. La communauté internationale a aussi dû exercer d’extraordinaires pressions pour qu’il ne se présente pas à la présidentielle fin 2013, ni lui, ni son épouse, afin d’éviter de raviver les tensions dans la Grande Ile. Il a été condamné trois fois par contumace sous le régime de Transition. Il a notamment été condamné aux travaux forcés à perpétuité pour la mort de 36 partisans d’Andry Rajoelina abattus par sa garde le 7 février 2009, devant le palais présidentiel.

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30 septembre 2014

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2014

L’élection de Hery Rajaonarimampianina le 17 janvier a été généralement perçue comme l’avènement d’une nouvelle ère pour Madagascar, après 5 années d’une transition calamiteuse. Son élection été jugée par la communauté internationale comme « globalement positive » et marquant le retour à l’Etat de droit. Pourtant, au terme des sept premiers mois de son mandat, le président peine à convaincre ceux qui voyaient en lui l’homme de la rupture avec ses anciens alliés de la transition. Hery Rajaonarimampianina lui-même reconnaît qu’il y a du retard dans la réalisation des objectifs qu’il a fixés lors de son investiture. Huit mois après, le ton monte et la grogne semble difficile à contenir Le nouveau pouvoir se heurte à de nombreux blocages et doit faire face à des défis menaçants. Telle est notamment l’analyse approfondie que fait le chercheur Mathieu Pellerin. Une guerre de clans minerait la présidence et l’équipe présidentielle est en difficulté avec le gouvernement. Le premier ministre lui-même admet l’existence de « dysfonctionnements » au sein de son équipe. On prétend également que le chef de l’Etat est entouré de conseillers qui nuisent à son image. Les spéculations sur un éventuel remaniement ministériel agitent la classe politique. Elles sont attisées par la dégradation du climat social, par l’impression que les bailleurs doutent des capacités de l’équipe gouvernementale à impulser le changement et que l’exécutif est dans l’incapacité de s’attaquer aux maux qui rongent la société. Des menaces d’une motion de censure se sont propagées au sein de l’assemblée nationale. Dans ce contexte, le clan Ravalomanana menace de rompre sa collaboration avec le régime et de boycotter un éventuel remaniement si l’ancien président reste condamné vivre en exil. La situation laisse planer un risque d’explosion sociale, jugent des observateurs, ce qui n’est pas pour rassurer les investisseurs qui restent encore très circonspects.

Le régime repose sur des bases fragiles au niveau de l’assemblée nationale et aucune opposition constituée n’est encore parvenue à voir le jour. Alors que la Constitution lui attribue un rôle enviable, l’opposition est dans l’incapacité de désigner son chef de file. Une charte de l’opposition a été élaborée, après trois mois de gestation, mais tous les opposants potentiels ne s’y sont pas ralliés.

Toutes les institutions prescrites par la Constitution ne sont pas encore en place : création d’une structure nouvelle et indépendante en charge des élections qui devra prendre la suite de la CENIT dont le mandat est arrivé à son terme, création du Haut Conseil de la Défense de l’État de Droit et de la Démocratie, mise en place du Sénat et de la Haute Cour de Justice (HCJ). Des observateurs s’en inquiètent et redoutent une nouvelle crise institutionnelle, consécutive à l’inertie du pouvoir et à son « amateurisme ». Le non-respect des délais de mise en place de ces institutions risque théoriquement de provoquer la déchéance du chef de l’Etat par empêchement. Dans son dernier communiqué, le SeFaFi a lancé une sévère mise en garde à l’endroit des autorités : « Le refus du pouvoir d’organiser les élections communales entrainera des conséquences graves », écrit-il.

Les communales, dernier scrutin prévu dans la feuille de route de sortie de crise, ne pourront se tenir avant la fin de l’année, compte tenu des délais légaux à respecter et de l’interdiction d’organiser des élections en saison des pluies, sauf cas de force majeure. Des textes régissant l’organisation des collectivités locales décentralisées et les modalités d’organisation de cette consultation n’ont pas encore été finalisés et adoptés par les députés. Or les dispositions transitoires de la Constitution de la IVème République stipulent que le chef de l'État dispose de 12 mois à partir de son investiture pour mettre en place la HCJ. Or, pour respecter cette disposition, le pouvoir doit organiser avant cette échéance les élections communales, régionales et provinciales pour former le Sénat. La Haute assemblée se doit ensuite de désigner deux de ses membres pour siéger à la HCJ. Pour les organisations de la société civile la programmation des communales d‘ici la fin de l’année constituait une obligation qui n’a pas été respectée. Des juristes considèrent cependant que la HCJ peut être mise en place en l’absence de désignation de la totalité de ses membres. Une position défendue par la ministre de la justice. Le report des communales à 2015 risque par ailleurs de soulever un problème de financement, les bailleurs de fonds qui ont alimenté le Pacem risquant de se retirer. Une session extraordinaire pourrait être convoquée en octobre pour examiner ces textes mais cette perspective rencontre l’hostilité des députés.

L’activité diplomatique a été largement accaparée par le débat sur le retour des îles Eparses sous souveraineté malgache. La ministre des affaires étrangères indique que depuis 1979 le statut de ces îles figure toujours à l’ordre du jour des Sommets des Nations unies mais qu’à chaque fois c’est Madagascar et la France qui demandent l’ajournement des débats. Un « comité national pour la restitution des îles Eparses et la revendication du plateau continental » a vu le jour, à l’initiative d’Alain Ramaroson. Le parti nationaliste Otrikafo et des partenaires de l’opposition ont appelé à manifester devant le siège des Nations unies dans le but d’interpeller l’ONU sur la nécessité de restituer ces îles à Madagascar mais la mobilisation espérée n’a pas été au rendez-vous. La question a été abordée à l’occasion de la rencontre qui s’est tenue à Paris entre le chef de l’Etat et son homologue français, en marge de sa visite officielle en France, bien qu'à postériori le président malgache s'en défende. Il a été décidé de la création d’une plateforme d’échanges composée des deux ministères des affaires étrangères. Hery Rajaonarimampianina s’est prononcé en faveur d’une cogestion de ces îles, à l’image de l’accord conclus en 2010 entre la France et Maurice pour l’île Tromelin (toujours non ratifié par le Parlement français). Pour nombre d’observateurs, Madagascar aurait abandonné sa souveraineté de droit sur ces îles. Pour les milieux nationalistes, la proposition de cogestion est « une capitulation pure et simple ».

La Nation 22 09

A l’occasion de la visite officielle en France du chef de l’Etat, un rapprochement spectaculaire semble s’être opéré entre le deux pays. Des relations privilégiées qui ne satisfont pas tous les commentateurs, dont certains militent pour une diplomatie tous azimuts, à l’instar de la ministre des affaires étrangères, Harisoa Razafitrimo. Au cours de cette visite, l’accent a été mis sur le renforcement de la présence des entreprises françaises à Madagascar. Un accord a été conclu concernant la lutte contre la piraterie maritime et la pêche illicite. Ont également été évoquées les questions liées à la défense nationale, au terrorisme, à l’exploitation minière et pétrolière (en partenariat avec Total). L’AFD va accorder une aide budgétaire de 40 millions d’euros sur les années 2014 et 2015. Un autre appui budgétaire de 26 millions d’euros est également prévu. François Hollande a annoncé qu’il soutiendra la candidature de Madagascar pour la tenue du Sommet de la Francophonie en 2016.

 

Il se confirme que Madagascar n’atteindra pas les OMD en 2015. Le taux d’extrême pauvreté a progressé de manière préoccupante. L’insécurité alimentaire ne cesse de prendre de l’ampleur dans le Grand Sud. Le taux de scolarisation dans le primaire est encore très loin de l’objectif des 100%. 600.000 enfants sont actuellement déscolarisés et le niveau des élèves n’a cessé de baisser de 1998 à 2012. Madagascar est classé 129ème sur 145 pays en termes de « qualité de la connaissance ». Le taux de mortalité maternelle et infantile est trois fois supérieur à l’objectif et l’indicateur n’a pas connu d’amélioration récente. Le taux d’utilisation d’une contraception moderne chez les femmes en union reste minoritaire et moins de 50% des femmes sont assistées par du personnel de santé qualifié lors de leur accouchement.

Les 113 centres de santé de base fermées durant la Transition vont pouvoir ré-ouvrir grâce au recrutement de 449 paramédicaux qui ont reçu leur décision d’affectation, à condition qu’ils acceptent d’exercer dans des postes isolés, où règne parfois l’insécurité. Près de 40% des décès à Madagascar sont encore attribuables à des maladies infectieuses et parasitaires évitables. L’épidémie de peste refait son apparition dans plusieurs districts et a déjà causé 39 décès. Les feux de brousse illicites et la pratique du tavy contribuent à faire fuir les rats vers les villages.

L’invasion acridienne qui s’est abattue sur la capitale fin août confirme que le fléau n’est pas encore totalement maîtrisé. La seconde campagne de lutte antiacridienne a pu débuter grâce au reliquat de crédits de la campagne précédente mais la FAO se dit préoccupée : il lui faut encore collecter 15 millions de dollars pour mener à son terme son programme triennal. Tous les efforts entrepris risquent d’être mis à mal par ce manque de financement. L’appel lancé par la FAO après le passage des criquets dans la capitale n’a pas été entendu.

Les conditions de détention en milieu carcéral constituent à Madagascar l’une des plus graves atteintes aux droits de l’homme. Pour tenter d’améliorer la situation, le ministère de la justice a conclu un accord de partenariat avec Handicap International, qui bénéficiera de financements de l’UE et de l’AFD.

La Chine favorise les violations des droits de l'homme dans divers pays d'Afrique (dont Madagascar) et d'Asie en y exportant toute une gamme d'instruments de torture, dénonce un rapport d’Amnesty International. Plus de 130 entreprises sont pointées du doigt. « Le système d'exportation vicié de la Chine a permis au commerce de la torture et de la répression de prospérer », déplore le rapport de l’ONG. Il apparaît, à sa lecture, que la Grande Ile a fait partie des pays de destination de ces outils durant la dernière période critique de son histoire politique. Le rapport note que « les équipements importés sont arrivés à Madagascar via l'Afrique du Sud à bord du jet privé du président Ravalomanana, contournant ainsi la douane, et ont été utilisés pour réprimer violemment des manifestations en grande partie pacifiques ».

Le Liban se livre à des expulsions forcées d'enfants de travailleurs immigrés qui sont nés sur son territoire et, dans certains cas, de leurs mères, déclarent dix ONG présentes dans ce pays. Human Rights Watch dénonce « une entrave excessive au droit de tous à une vie de famille ». Nombre de ces migrants viennent du Bangladesh, du Sri Lanka, des Philippines, du Ghana, du Soudan du Sud et de Madagascar.

L’Etat confirme qu’il prépare une rencontre de toutes les entités concernées par le processus de réconciliation nationale. Cette initiative officielle risque de se heurter à un nouveau boycott des Eglises membres du FFKM, qui estiment qu’elle n’est en rien différente des précédentes. Elles considèrent que « la médiation, la réconciliation et l’apaisement sont des missions réservées à l’Eglise. Des missions dans lesquelles le président de la République n’a pas à s’immiscer ». Les chefs d’Eglise déclarent vouloir organiser un Sommet entre Zafy Albert, Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et Hery Rajaonarimampianina. Le pasteur Lala Rasendrahasina, président de la FJKM, explique que la suspension des initiatives de réconciliation engagées par le FFKM au plus fort de la crise politique a été décidée sur injonction de la communauté internationale, qui pensait qu’après les élections la situation s’arrangerait d’elle-même. Le constat que la crise politique larvée se prolonge au-delà du scrutin présidentiel conduit  le FFKM à lancer un appel à la reprise du processus, sous sa conduite. Une relance qui pourrait bien à nouveau être vouée à l’échec, estiment nombre d’observateurs.

La question de l’application intégrale de la feuille de route et notamment de son article 20 stipulant le retour de Marc Ravalomanana continue d’agiter le microcosme politique. Des représentants de la Troïka de la SADC ont rencontré Marc Ravalomanana à Pretoria. Rendant compte de ces entretiens, l’ancien chef de l’Etat a de nouveau réclamé le renouvellement de son passeport diplomatique pour pouvoir rentrer au pays et, dit-il, rétablir toute la vérité sur les événements de 2009 afin de pouvoir entamer la véritable phase de réconciliation nationale. L’ancien président a qualifié les dirigeants actuels de « démagogues ». Il a également affirmé que les financements internationaux ne seront pas débloqués, notamment ceux de l’UE, sans la mise en œuvre de l’intégralité de la feuille de route. Le nouvel ambassadeur européen a mis l’accent lui aussi sur la nécessité d’une mise en œuvre intégrale de la feuille de route mais ne semble pas en faire une conditionnalité à la reprise de la coopération. La ministre de la justice explique que le retour de Marc Ravalomanana ne relève pas de son département. Il s’agit, dit-elle, d’une affaire politique qui dépend de plusieurs paramètres, le plus important concernant la personnalité de Marc Ravalomanana, un homme qu’elle qualifie de versatile, infidèle et imprévisible. La mouvance menace de se retirer du gouvernement si Hery Rajaonarimampianina persiste à bloquer le renouvellement du passeport de l’ancien président.

L’appétit d’avantages de toute nature dont font montre les députés a été vivement dénoncés dans les médias. Le bureau permanent a révisé à la hausse les avantages dont bénéficient ses membres ainsi que les vice-présidents et les questeurs, allant jusqu’à indisposer la base des parlementaires.

La proposition de loi organique relative au fonctionnement de l’assemblée nationale, adoptée par les députés dans un sens qui leur était favorable a été déclarée anticonstitutionnelle par la HCC. Les questions relatives à leur déclaration de patrimoine et à leur immunité parlementaire s’invitent à nouveau dans le débat. L’ordonnance qui avait été élaborée par l’exécutif pour régir le fonctionnement de l’assemblée et rejetée par les élus redevient applicable. Un texte qui, lors de sa sortie, avait été la source d’un premier bras de fer entre le législateur et l’exécutif. « Nous n’allons pas rester les bras croisés, nous allons répliquer ! », pouvait-on entendre dans les travées de l’institution. Pour La Gazette, les parlementaires réticents à effectuer leur déclaration de patrimoine contribuent à retarder le décaissement des aides extérieures. Le Trésor rappelle dans son dernier bulletin que la déclaration de patrimoine par les responsables concernés fait partie des conditionnalités des bailleurs de fonds.

Le nouveau directeur du Bianco annonce que son institution engagera désormais des investigations de sa propre initiative. La démarche pourrait lui permettre de se saisir d’affaires impliquant des « gros bonnets » dont les agissements n’ont pas été dénoncés, par crainte de représailles. Une consultation nationale sera organisée pour mettre sur pied une stratégie de lutte contre la corruption. La participation de la société civile serait fortement sollicitée. De nombreuses affaires de corruption ont fait la une des journaux, certaines mettent en cause d’anciens ministres et hauts fonctionnaires des régimes précédents. La question de l’indépendance du Bianco reste néanmoins posée. Les instances internationales pointent du doigt le fait que l’organe dépende encore de la présidence de la République pour la désignation de son directeur et pour son financement. Une anomalie pointée du doigt par la Banque mondiale. Les déclarations du chef de l’Etat selon lesquelles il ne lancera pas de « chasse aux sorcières » à l’encontre des hauts responsables de la Transition qui ont commis des malversations pourraient imposer au Bianco de limiter ses ardeurs.

Classement Mo Ibrahim 2014 sur la gouvernance : Madagascar se classe en 33ème position sur 52 pays du continent africain. Tous les critères d’appréciations avaient enregistré une chute catastrophique entre 2008-2009 et ce jusqu’en 2012. Entre 2012 et 2013, une très légère reprise a été notée dans certains secteurs (sécurité et état de droit, et participation et droits de l’homme) mais avec 48,2/100, la note IIAG 2014 de Madagascar est en deçà de la moyenne africaine qui est de 51,5/100.

Le bilan des affrontements entre forces de l’ordre, communautés villageoises et dahalo ne cesse de s’alourdir. La gendarmerie nationale annonce que des hélicoptères vont bientôt appuyer les troupes au sol. Des députés issus de différents courants politiques critiquent vivement Hery Rajaonarimampianina « pour son inaction ». Des députés mettent en accusation des Chinois qui entretiendraient des réseaux pour alimenter en viande bovine certains abattoirs. La viande serait destinée à l’exportation vers la Chine. Le centre de recherches CETIM (Centre Europe-Tiers Monde) dénonce « les graves et nombreuses violations des droits humains perpétrées par le gouvernement malgache dans le Sud du pays à travers l’opération coup d’arrêt », évoquant des exécutions sommaires, extrajudiciaires et arbitraires. Le CETIM demande au Conseil des droits de l’homme à Genève de recourir aux « procédures spéciales » afin de mener une enquête approfondie sur tous ces faits. La gendarmerie reconnaît l’existence de plaintes des populations contre ses éléments pour corruption et brutalités. Un « remake » des évènements dénoncés en son temps par Amnesty International. Le secrétaire d’Etat à la gendarmerie affirme n’y a pas eu de bombardements aériens dans le cadre de l’opération « coup d’arrêt », contrairement à certaines rumeurs ; seuls seraient visés des « repaires de dahalo ». la réactivation des "dinas" sur l'ensemble du territoire est à nouveau d'actualité.

L’article 20 de la loi sur la cybercriminalité votée en catimini continue d’alimenter la polémique. Freddie Mahazoasy, vice-président de l’assemblée nationale, s’engage à proposer un amendement pour répondre à l’inquiétude des défenseurs des libertés publiques. Les conditions d’exercice du journalisme à Madagascar, sont, selon Iloniaina Alain, journaliste à L’Express, « psychologiquement affligeantes ». La cellule de crise des journalistes pour la liberté d’expression réclame le départ du ministre de l’environnement qui les a accusés d’être à la solde des barons du trafic de bois de rose. Dans le viseur également : le directeur de cabinet de la présidence de la République, Henri Rabary-Njaka, et deux ministres.

Pour Tribune, « les réseaux mafieux continuent de plus belle leurs activités de pillage et d’exportation illégales [de bois de rose] sans que le président ne concrétise ses avertissements. Les Ongs et associations œuvrant pour la défense de l’environnement projettent d’organiser un sit in pour dénoncer « l’inertie du gouvernement ». « Ils font semblant seulement », en ne réagissant que tardivement, quand ils sont sûrs que les bois de rose sont hors de leur portée. Les trafiquants arrêtés et jetés en prison ne sont que les second couteaux, jamais les « gros bonnets » connus de tous, estiment-elles. La ministre de la justice admet qu’il est difficile d’arrêter les commanditaires car certains d’entre eux se seraient réfugiés dans des pays avec lesquels Madagascar n’a pas signé d’accord de coopération juridique.

Pas de financements extérieurs avant le premier semestre 2015. Sept mois après l’entrée en fonction du nouveau pouvoir, le ministère de l’économie s’attelle à l’élaboration du Plan National de Développement (PND). Il sera prêt à être présenté aux bailleurs de fonds d’ici le début de l’année 2015. Les bailleurs ne peuvent effectuer aucun décaissement tant que ce PND n’est pas validé. « L’année 2014 aura été une année blanche en termes de promotion du développement pour Madagascar », déplore La Nation. Depuis le début de l’année, le régime est accusé de n’avoir rien fait pour mettre en chantier son PND et l’UE éprouve une certaine méfiance vis-à-vis de l’élaboration de ce programme dont le contenu conditionne le déblocage de ses aides. Le nouvel ambassadeur de l’UE souligne en outre l’utilité d’appliquer tous les articles de la feuille de route, dont celui concernant le retour de l’ancien président. L’UE accompagnera la relance mais fera preuve de vigilance, annonce-t-il. « Le gouvernement doit rétablir la confiance en l'administration publique et dans le pays. Celui-ci doit devenir, aux yeux des investisseurs, un partenaire avec lequel travailler et une destination sûre dans laquelle investir » recommande de son côté la Banque mondiale. Même prudence affichée par Les États-Unis qui continuent de privilégier les aides directes via les organismes américains qui travaillent dans le domaine social. Comme à l’accoutumé, la position française parait beaucoup plus accommodante.

La compagnie nationale Air Madagascar ne peut espérer pouvoir être autorisée à survoler l’espace aérien européen avant le printemps 2015. Les employés ont décrété un mouvement de grève pour que le pouvoir fasse pressions sur les autorités françaises, jugées responsables de cette interdiction décrétée par la Commission européenne. Des employés ont boycotté l'assistance aux vols en provenance de France. Du fait de son exclusion du ciel européen, les pertes cumulées de la compagnie nationale avoisinent les 100 millions de dollars. Malgré son déficit chronique, la compagnie a grassement payé plusieurs consultants, devenus des responsables de l'administration de Hery Rajaonarimampianina, révèle La LOI.

délestage 27 09

Autre société d’Etat dans la tourmente, la Jirama a connu un climat social tendu, sur fond de délestages de plus en plus mal supportés et qui commencent à impacter gravement l’économie nationale. Les entreprises et les commerces de la capitale tirent la sonnette d’alarme, certaines se déclarent au bord de la faillite. Des employés ont été soupçonnés d'avoir organisé un court-circuit au domicile du président de la République. La plainte dont ils auraient fait l’objet de la part du chef de l’Etat pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat n’aurait jamais existé. Les enquêteurs n’auraient agi que sur « ordres venant d’en haut ». Des discussions entre l’intersyndicale et la présidence de la République ont abouti à l’arrêt des poursuites. La Banque mondiale devrait intervenir pour aider au rétablissement de l’entreprise dont la situation financière est catastrophique.

Les étudiants occupant les cités universitaires du campus de Toamasina se sont mis en grève pour s’opposer à leur expulsion au terme de l’année universitaire. Ils protestent contre la décision du conseil d'administration d'annuler l'année universitaire 2013-2014 en raison des événements qui ont perturbé son déroulement. Le président de l’université entend remettre à plat le système d’attribution des logements car, comme sur tous les campus de la Grande Ile, bon nombre de résidents ne sont pas étudiants ou ne le sont plus depuis des lustres mais continuent à squatter les lieux. Ces occupations abusives, associées aux vols de d’électricité et d’eau fournis par la Jirama font des campus des zones de non-droit, note Tribune. A Majunga également, le bras de fer n’est pas terminé. Une frange des universitaires n’a toujours pas admis le limogeage du président. La dégradation des infrastructures à l’université d’Antananarivo témoigne aussi de ce mépris des autorités pour l’enseignement supérieur, estiment les observateurs. Les constructions illicites jouxtent désormais les cités universitaires dans une ambiance dangereuse de promiscuité. Les étudiants de l’université d’Ankatso à Antananarivo se sont opposés eux aussi au lancement d’une opération d’assainissement.

 

Les maîtres Fram ont leur mouvement de grève pour exiger le recrutement par le ministre de la totalité des 75000 maîtres et gratuité totale de l’enseignement public. Le ministre affirme ne pas pouvoir aller au-delà de 10 000 recrutements, faute de budget. Des échauffourées se sont produites avec les forces de l’ordre et des meneurs ont été arrêtés. L’Association Nationale des Enseignants Fram réitère que l’année scolaire à venir risque d’être une année blanche si leurs revendications ne sont pas satisfaites d’ici la rentrée, en octobre. Les parents ont été autorisés par le ministère à renvoyer les maîtres Fram grévistes. Pour mémoire, on estime à 10% la proportion de ces enseignants qui possèdent le niveau de formation requis ; nombre d’entre eux n’ont même pas le BEPC.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • législatives partielles
  • Elections communales
  • Diplomatie, coopération, dossier « îles Eparses »

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé publique, calamités naturelles, environnement
  • Condition carcérale, torture
  • Education, droits des enfants et des femmes, traite, emploi
  • Réconciliation nationale, justice, retour de Marc Ravalomanana
  • Gouvernance, déclaration de patrimoine, Bianco
  • Lutte contre l’insécurité, opération « coup d'arrêt »
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Questions foncières
  • Ressources minières, pétrolières et halieutiques
  • Trafic de bois de rose et de ressources naturelles, déforestation
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Air Madagascar et la Jirama : deux société d’Etat dans la tourmente
  • Climat social : agitation universitaire, enseignants Fram
  • Divers

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25 septembre 2014

ARTICLES REMARQUES - SEPTEMBRE 2014

<> 25 09 14 - L’organisation pour les droits humains Dis Moi (DroItS huMains Océan Indien) a pour vision une région (le Sud-Ouest de l’océan Indien) où les droits humains sont respectés et protégés. L’association a été fondée en 2012 à Maurice. Elle repose sur le constat que la culture des droits de l’homme est encore très largement déficiente dans cette région du monde. Son projet est d’aider à créer une solide culture des droits de l’homme parmi les populations de la région, notamment à l’île Maurice, à Rodrigues, à Madagascar, aux Comores et aux Seychelles. Elle met l’accent sur l’éducation à la citoyenneté, la sensibilisation sur les questions relatives aux droits fondamentaux, notamment des jeunes, des femmes, des migrants, ainsi que sur la création d’un solide réseau de membres au sein de la société civile régionale. Dis Moi mène des actions de plaidoyer et coopère avec les médias mauriciens.Site : http://www.dismoi.org/ - Tous les deux mois depuis juillet 2014, Dis-Moi envoie une newsletter à tous ses membres et supporters ainsi qu’aux personnes qui souhaitent se tenir informées surl’actualité des droits humains dans l’Océan Indien et la vie de l’association.

17 09 14 - Tanjona - La rémunération mensuelle d'un député équivaut à 13 années de salaire d'un ouvrier
Évoquer Madagascar en 2014, c’est évoquer un pays confronté – entre autres – à une crise politique persistante, avec pour corollaire une misère économique, sociale et culturelle devenue endémique. Ces deux phénomènes s’auto-alimentent et aboutissent à des situations extravagantes sinon révoltantes. Les dérives constatées au sein de l’assemblée nationale en sont une parfaite illustration, notamment s’agissant des  émoluments et avantages des députés, représentants élus et mandatés par le peuple pour le représenter. Cinq années de transition ont plongé Madagascar dans une situation inédite. Elles ont contribué à éroder un peu plus la confiance, le respect et la compréhension déjà infime que la population avait de l’utilité des institutions et de ses représentants, élus ou non. La désinvolture du personnel politique et l’absence totale de référence morale ont conduit à l’avènement d’un cadre et d’un environnement politique quasiment identique à celui qui prévalait sous la Transition, à la différence notable, que c’est maintenant un fait accompli marqué du sceau de la légalité...

<>  12 09 14 - Communiqué du SeFaFi - Les lois sur la décentralisation, un nouveau gâchis
Il aura fallu deux sessions extraordinaires de l’assemble nationale pour adopter les lois sur la décentralisation. Avec le vote de ces lois, nous disait-on, les élections communales pourraient être tenues en 2014. Les lois ont été votées, mais un silence étourdissant entoure la tenue des élections promises, par ailleurs exigées par le respect de la démocratie et de l’État de droit. Le communiqué revient en détail sur les péripéties qui ont marqué ces débats. et conclut : "Le refus du pouvoir d’organiser les élections communales entrainera des conséquences graves. Faute d’élus communaux, il n’y aura ni élections régionales ni élections provinciales avant mai 2015, fin de prochaine saison des pluies ; et donc pas de Sénat, qui « représente les Collectivités territoriales décentralisées » (Constitution, art. 81). Il sera impossible pour le président de la République de mettre en place la Haute Cour de Justice, ce que la Constitution lui enjoint de faire « dans un délai de 12 mois à compter de son investiture » (art. 166), soit le 25 janvier 2015 - le même article précisant que « toute partie justifiant d’un intérêt peut saisir les institutions compétentes de demande de sanction en cas de carence ». Autant dire que nous allons vers une crise institutionnelle majeure, du fait de l’imprévoyance et de l’amateurisme de nos dirigeants".

- 08 09 14 - Festival international du film d'Afrique et des îles FIFAI 2013 - "Campus B5" de Mohamed Ali Ivesse - DV 26’. L'Université de Toamasina est censée former les futurs cadres de Madagascar. Pourtant, le quotidien des étudiants rime avec désordre, indiscipline, insalubrité, voire insécurité. La fatalité politique y règne déjà, les étudiants et l'administration se renvoient la faute continuellement. Le campus est le reflet de ce pays qui va mal. https://www.youtube.com/watch?v=PtzzHTMDk74

- 03 09 14 -HRW - Liban - Des enfants de travailleurs immigrés font l'objet d'expulsions
Le Liban se livre à des expulsions de force d'enfants de travailleurs immigrés qui sont nés sur son territoire et, dans certains cas, de leurs mères, ont déclarent dix organisations ONG présentes dans ce pays. La décision récente de l'agence de sécurité chargée de superviser l'entrée et le séjour des étrangers sur le sol libanais de refuser de renouveler le permis de séjour de certaines travailleuses immigrées effectuant des tâches peu rémunérées et ayant eu des enfants au Liban, ainsi que celui de ces enfants, constitue une entrave excessive au droit de tous à une vie de famille, déclare Human Rights Watch.« Aux termes de la nouvelle directive de la Sûreté générale, certaines familles sont en train d'être déchirées tandis que d'autres sont apparemment privées de leurs moyens d'existence simplement parce qu'elles ont eu des enfants au Liban », ajoute le directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de l'organisation.Selon le droit libanais en matière de droit de résidence, certaines catégories d'immigrants à bas salaires, en particulier les travailleuses ou travailleurs domestiques, ne sont pas autorisés à faire bénéficier leur époux(se) ou leurs enfants de leur permis de séjour. Nombre de ces migrants viennent du Bangladesh, du Sri Lanka, des Philippines, du Ghana, du Soudan du Sud et de Madagascar.

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  01 09 14 - Blog Afrique décryptage - Mathieu Pellerin - La rupture en demi-teinte du nouveau président malgache
L’élection de Hery Rajaonarimampianina le 17 janvier 2014 a incontestablement divisé les observateurs et décideurs. Dès son discours d’investiture, la plupart d’entre eux se sont réjouis du retour de l’État de droit à l’issue d’une élection jugée par la communauté internationale comme "globalement positive ". Nombreux sont ceux qui, consciemment ou non, ont projeté dans le nouveau président leurs espoirs déçus par quatre années de transition. Pourtant, au terme des sept premiers mois de son mandat, le président peine à convaincre ceux qui voyaient en lui l’homme de la rupture avec ses anciens alliés de la période de transition. Après être revenu sur ce bilan en demi-teinte, l'auteur, dans une analyse très pertinente, présente les facteurs de blocage auxquels se trouve confronté le président, avant de présenter les défis à venir. Un article à lire absolument !  L'auteur est chercheur associé au programme Afrique subsaharienne de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Diplômé en sciences politiques et en intelligence économique, il dirige la société CISCA (Centre d’Intelligence Stratégique sur le Continent Africain). Il est également rédacteur en chef adjoint de la revue Sécurité et Stratégie.

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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