JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2019

<> 19 02 19 - Collectif Tany - Une alimentation adéquate pour la population malgache d'abord
Un colloque International de 3 jours intitulé « La redynamisation des organisations paysannes pour un développement rural durable » aura lieu à Antananarivo à partir du 20 février à l’Ecole supérieure des sciences agronomiques pour son 55e anniversaire. L’annonce de cet évènement donne l’occasion au Collectif Tany de partager la suite de ses réflexions sur le concept « Madagascar, grenier de l’océan Indien » qui avait fait l’objet de deux communiqués en 2013. Le premier demandait aux concepteurs et décideurs d'éviter d'accaparer les terres malgaches et de ne pas léser la sécurité alimentaire de la population, sollicitait des études approfondies et une totale transparence sur le projet et ses impacts négatifs et positifs pour les petits exploitants malgaches en termes de cartographie des zones identifiées, mode de production agricole prévu, et revenus attendus des taxes à l'exportation. Le titre du deuxième communiqué était : « Que les paysans ne deviennent ni les oubliés ni les victimes ». Les mêmes inquiétudes et questions sont soulevées aujourd'hui face aux nouvelles appellations et au nouveau contexte.

- 19 02 19 - TV5 Monde - Madagascar - Les femmes prennent l'avenir en main
Madagascar détient le triste record de l'un des pays les plus pauvres du monde. Les choses pourraient-elles bouger avec l'arrivée au pouvoir de Andry Rajoelina, le nouveau président élu le 19 janvier dernier ? Des femmes malgaches n’ont pas attendu la réponse. Déjà à pied-d ’œuvre, elles veulent transformer leur pays en un pôle attractif et rayonnant.

- 14 02 19 - Le Monde Afrique - Le nouveau président arrête des proches de l'ancien président
En moins d’une semaine, le régime d’Andry Rajoelina a neutralisé d’importantes figures faisant partie de l’entourage du chef de l’Etat sortant Hery Rajaonarimampianina.
« Le régime actuel semble vouloir faire un excès de zèle en organisant des expéditions lourdement armées pour montrer qu’il travaille, mais justement contre les seuls barons de l’ancien régime, déplore Ketakandriana Rafitoson, directrice exécutive de Transparency International. Le jour où il s’attaquera à ses propres moutons noirs, et ils sont nombreux, là nous pourrons vraiment apprécier l’objectivité de sa démarche et de ses intentions. Il faut rechercher une application uniforme de la loi. » Le Monde écrit : « Ces arrestations semblent en tout cas indiquer que le nouveau président Andry Rajoelina a décidé de frapper fort dès le début de son mandat pour donner des gages de sa volonté de lutter contre la corruption. »

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- 05 02 19 - Diploweb - Thomas Marrier d'Unienville - L'océan Indien, nouveau centre du monde ?
Pourquoi l’océan Indien est-il crucial dans la géopolitique mondiale ? Si régner sur l’océan Indien est l’objectif de beaucoup, la Chine est le pays qui s’en approche le plus. La montée en puissance de l’Inde révèle que la domination par une seule entité semble cependant peu probable. Illustré d’une carte inédite réalisée par Florent Amat.

<> 03 02 19 - Amnesty International a lancé une pétition pour demander aux autorités de respecter les droits humains des personnes en détention provisoire. Les personnes qui n’ont été reconnues coupables d’aucun crime meurent dans les prisons en raison de conditions épouvantables. Les personnes accusées de délits mineurs, même des enfants, sont obligées de rester dans des prisons surpeuplées et dépourvues d’hygiène. Dans la plupart des prisons, il y a plus de personnes en attente de procès que de condamnées et le système de justice défaillant peut retarder les procès pendant plusieurs années. La détention préventive prolongée porte atteinte à une série de droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté, à la présomption d'innocence, le droit d'être traité avec humanité et avec respect de la dignité de la personne humaine. Les personnes en détention provisoire sont victimes de peines cruelles et de traitements inhumains ou dégradants. Même dans les cas où des personnes sont libérées après quelques mois de détention provisoire, leur incarcération peut avoir des conséquences à long terme. Elles ont probablement perdu leur emploi et ont plongé davantage dans la pauvreté. Beaucoup risquent également de sortir de prison dans un état physique et mental affaibli. Les autorités doivent prendre des mesures immédiates pour que la détention provisoire soit une exception et non la règle. Ils doivent également veiller à ce que tous les détenus soient traités humainement et que leurs autres droits fondamentaux soient respectés et protégés.
https://www.amnesty.org/en/get-involved/take-action/madagascar-pre-trial-detention/?fbclid=IwAR3KbbLHrKKmPUUsjK4XTT8aqVpdwje8kO33Kv42nF8qyQTsGMjrnh_nOmc

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01 02 19 - Amnesty International - Il faut enquêter sur l'assassinat de voleurs de bétail présumés
Les autorités malgaches doivent mener une enquête minutieuse sur l’assassinat sordide de huit hommes soupçonnés d’être des voleurs de bétail, a déclaré Amnesty international le 1er février après la publication de photographies de leurs cadavres criblés de balles. Ces huit hommes ont été abattus par la police après qu’ils auraient tenté de voler dans un magasin. Trois policiers ont également été blessés lors de la confrontation. Amnesty International a effectué des vérifications indépendantes des images prises après que ces hommes ont été abattus lors d’une confrontation avec la police le 25 janvier à Betroka, dans le sud de Madagascar. « Ces homicides violents illustrent une nouvelle fois le fait que les forces de sécurité de Madagascar recourent à une force excessive et meurtrière en toute impunité, a déclaré le directeur adjoint pour l'Afrique australe à Amnesty International. Les autorités malgaches doivent mener sans délai une enquête efficace et indépendante sur ces événements, notamment sur ces homicides. Si l’usage excessif ou inutile de la force est démontré, elles devront traduire les responsables présumés en justice dans le cadre de procès équitables. »

Voir la video de TVM : https://www.facebook.com/tvmalagasyofficiel/videos/335700317275093/

 

 

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REVUE DE PRESSE - JANVIER 2019

Les résultats provisoires du second tour de la présidentielle, publiés par la CENI, ont placé Andry Rajoelina en tête avec 55,6 % des suffrages exprimés contre 44,3% pour Marc Ravalomanana. Andry Rajoelina est en tête dans 82 des 119 districts. Marc Ravalomanana mène dans 37 districts, dont 22 dans la province d’Antananarivo. Dans la plupart des districts où il est en tête, Andry Rajoelina mène avec une avance confortable de plus de 60 % des voix. La cartographie de l’élection montre une forte opposition entre les régions côtières et les Hautes Terres. Andry Rajoelina a remporté l’adhésion des citadins partout à Madagascar à l’exception d’Antsirabe. Le nouveau président a fait jeu égal avec ce dernier dans la capitale. A l’inverse, Marc Ravalomanana a fait le plein de voix sur les Hautes Terres dont il est originaire. Ces élections ont par ailleurs été marquées par un fort taux d’abstention. Celui-ci a augmenté entre les deux tours, passant de 46,7 % à 52 %.

La HCC a recueilli 305 requêtes en contestation des résultats. Le camp Ravalomanana a lui seul en a déposé 214. Les partisans de Marc Ravalomanana ont organisé plusieurs rassemblements au centre-ville de la capitale. Les consignes données aux forces de l’ordre ont été fluctuantes d’un jour à l’autre. Les responsables étatiques ont semblé rencontrer des difficultés à harmoniser leur position par rapport au mouvement. Le premier ministre - considéré comme pro-Rajoelina - et le préfet de police ayant fait montre de plus de fermeté que le ministre de la défense. La 5e journée de manifestation a donné lieu à de sévères affrontements avec les forces de l’ordre. Le gouvernement a déposé une plainte pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat à l’encontre de plusieurs leaders du mouvement. La CNIDH a lancé un appel à l’apaisement.

Dans une déclaration commune sur l’observation du second tour, le KMF/CNOE, la Commission épiscopale Justice et Paix et l’association Liberty 32 ont fustigé le comportement des deux finalistes à qui il est reproché « des campagnes de provocation et de dénigrement mutuel à travers les médias et les réseaux sociaux. » Lors des deux face-à-face sur les médias publics les deux candidats « ne se sont pas comportés dignement conformément à leur statut » et l’ossature de leur programme respectif est demeurée « floue ». Pour des observateurs nationaux, le second tour a révélé « l’absence de culture politique de la Grande île ». Mensonges, diffamations, dénonciations haineuses à l’endroit de l’adversaire ont rythmé les journées précédant le scrutin. Les deux candidats ont même menacé les institutions en cas de résultat « contraire à la vérité ». Pour le SeFaFi, 2018 aura été une année électorale gâchée. « Une référence insurpassable d’incompétence et de corruption, de démagogie et de tricheries ». Pour l’ambassadeur de l’UE, en revanche, la présidentielle a fait honneur à Madagascar : elle a été un succès, malgré quelques défaillances.

Le rapport de la Commission de contrôle du financement de la vie politique est attendu de pied ferme par la société civile. Elle dispose de trois mois pour analyser les comptes de campagne des candidats. Transparency International Initiative Madagascar avait tenté, en vain, d’obtenir des candidats favoris des informations sur l’origine de leurs financements. Les organisations de la société civile ont notamment affiché leurs craintes par rapport aux contreparties accordées pour ces supposés financements extérieurs susceptibles d’altérer la souveraineté nationale. La société civile et le comité paritaire en charge du suivi de la Charte de bonne conduite des candidats déclarent en outre qu’ils vont suivre à la loupe l’exécution des promesses électorales d’Andry Rajoelina que certains considèrent irréalistes.

La HCC a confirmé la victoire d’Andry Rajoelina, confirmant le score énoncé précédemment par la CENI. Les 305 requêtes déposées par les deux candidats ou leurs partisans ont pour la plupart été rejetées, souvent pour manque de preuves. Le calme a immédiatement régné à l’issue de la proclamation officielle des résultats, contrastant avec l’agitation et les menaces qui avaient précédé. Le nouvel élu a pu prendre un bain de foule dans les rues de la capitale sans aucun incident ni manifestation d’hostilité. Marc Ravalomanana a concédé sa défaite et appelé à la « réconciliation » au nom du développement du pays. Le président sortant, Hery Rajaonarimampianina, a félicité Andry Rajoelina.

La cérémonie d’investiture s’est déroulée dans le calme et sans incident, dans une ambiance consensuelle, en présence des trois anciens présidents. Six chef d’Etat étaient présents au stade de Mahamasina, 35 pays représentés. La presse a fait très largement écho à la rencontre entre Andry Rajoelina et Nicolas Sarkozy, placé aux premières loges. L’ancien président français, un des rares chefs d’Etat ayant reçu Andry Rajoelina durant la Transition, s’est rendu à Madagascar avec un groupe de conseillers. Le nouvel élu est apparu à la cérémonie à bord d’une luxueuse Cadillac Escalade dont le prix de base en France est de 101 000 euros (hors blindage). Un véhicule identique à celui du président des Etats-Unis, ont noté les médias et les réseaux sociaux. Dans son premier discours Andry Rajoelina a prôné le changement pour parvenir à un développement rapide, à l’autosuffisance alimentaire et au renforcement de la production industrielle. Il a fait défilé devant la tribune un échantillon des matériels destinés à lutter contre les dahalo. L’utilisation des puces électroniques sur les bovidés sera l’une des mesures phare qu’il mettra en œuvre. Il a également évoqué la mise en place de gouverneurs dans chaque région. Une décision qui pourrait nécessiter la révision de la Constitution. Il a également été évoquée la suppression du Sénat, dans un souci d’économie. Dans un premier temps, le nouveau chef de l’Etat espère pouvoir obtenir de la HCC la possibilité de remplacer les sénateurs désignés par son prédécesseur (1/3 de l’effectif).

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A la demande du président de la HCC, la cérémonie d’investiture s’est déroulée sans culte, ni prière, ni serment sur la bible. Jean-Eric Rakotoarisoa a expliqué dans les médias que la cérémonie se devait de revêtir un caractère républicain respectueux du principe de laïcité de l’Etat. Un annonce largement commentée et parfois critiquée.

51 conseillers et chargés de mission, membres du cabinet de Hery Rajaonarimampianina ont été limogés. L’Express a évoqué un « cyclone libérateur ».

Christian Ntsay a été reconduit dans ses fonctions de premier ministre. Une décision qui était attendue puisque sa nomination à la primature en juin 2018 avait déjà été le choix d’Andry Rajoelina.

Andry Rajoelina a présenté un gouvernement resserré. La nouvelle équipe est composée de cinq femmes et de dix-sept hommes, des techniciens et des personnalités qui ont soutenu Andry Rajoelina durant la campagne électorale sans oublier ses fidèles du Mapar. Les partis d’opposition ont été complètement exclus. L’engagement d’une parité homme/femme n’a pas été tenu et pour La Gazette l’équilibre ethnique n’a pas été respecté. Il y a trop de ministres originaires des Hautes terres et pas suffisamment issus des zones côtières. « Le chef de l’Etat a su puiser dans un vivier de compétences sans forcément céder aux appels de ceux qui demandaient à être récompensés pour leur soutien. C’est une bonne surprise », a déclaré au Monde un politologue malgache.

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Les ministres ont été appelés à signer un code de bonne conduite. L’engagement souscrit porte sur les valeurs « d’intégrité, de loyauté, l’impartialité, de solidarité, de confidentialité, de respect de la hiérarchie, de redevabilité et de respectabilité », selon le communiqué de presse du gouvernement. Une matérialisation de « l’exemplarité » exigée par Andry Rajoelina et reprise à son compte par le premier ministre. Andry Rajoelina a exigé de l’équipe des « résultats rapides ». « D'ici six mois, une évaluation sera effectuée. Et dans un an, nous constaterons qui aura réussi à relever les défis et qui aura échoué », a-t-il assuré. Le président entend rester fidèle à sa réputation d’homme pressé - d’où son surnom de TGV – en lançant sans délais son ambitieux programme « Velirano ».

Une session extraordinaire du Parlement a été convoquée à quelques jours du terme de l’actuelle législature. Députés et sénateurs devront se prononcer sur un projet de loi déléguant le pouvoir de légiférer au président de la République durant la période de vacance du pouvoir législatif, le scrutin législatif ne pouvant se tenir au mieux avant le mois de mai. L’autorisation donnée au chef de l’Etat de légiférer par ordonnance devra être acquise à la majorité absolue de chacune des assemblées. Des observateurs expriment des réticences et Midi redoute que cette décision ne soit pas du goût des bailleurs de fonds traditionnels tels que l’UE ou la Banque mondiale. Une concentration de pouvoirs que Ndranto Razakamanarina, l'un des leaders de la société civile, juge « légale, mais inquiétante ».

Parmi les premières décisions annoncées par l’exécutif, la reconstruction du Palais de la Reine, incendié le 6 novembre 1995. « Les travaux seront terminés l’année prochaine, lors de la célébration des 60 ans de l’indépendance », a lancé Andry Rajoelina, qui avait précédemment annoncé la réhabilitation du palais présidentiel d’Iavoloha. L’annonce a été faite lors du culte œcuménique de bénédiction divine pour les gros chantiers à entamer dans le cadre du redressement de Madagascar qui s’est tenu au temple du Rova, dans l’enceinte du Palais de la Reine. Le coût des travaux restants est d’un montant comparable au budget alloué au ministère dans le budget 2019.

L’élection d’un nouveau président offre l’opportunité de procéder à des changements positifs dans la conduite du pays. Dans un important communiqué, le SeFaFi indique quelques-unes des conditions préalables à un changement réel et durable.

Dans un communiqué Amnesty International a demandé au nouveau président de « s’attaquer aux violations des droits humains commises de longue date. ». L’ONG cite notamment le recours excessif à la détention provisoire et les détentions arbitraires de défenseurs des droits humains. Elle demande également que soit dépénalisé l’avortement. Le gouvernement s’est engagé en 2017 à en faire une infraction mineure qui ne serait plus passible de peines d’emprisonnement.

En 2018 la gendarmerie a enregistré 2 221 attaques de dahalo. Plus de 7 000 zébus ont été volés. 786 dahalo ont été tués, 1 711 ont été capturés. 64 gendarmes sont morts en service. 31 kidnappings ont été enregistrés. 400 civils dont 136 malfaiteurs ont été tués dans des centaines d’attaques à main armée parfois doublées d’incendie. 420 personnes ont été blessées dans ces attaques, certaines ont subi de mauvais traitements. 38 personnes ont été tuées dans des vindictes populaires, 58 personnes ont été placées en détention préventive pour participation à ces actions.

Une centaine de bandits munis d’armes de guerre ont lancé de nuit un assaut sur la ville d’Ambatofinandrahana. Quatre dahalo ont été tués dans une importante opération militaire dans la région Amoron’i Mania. La bande aux prises avec les forces de l’ordre avait écumé la région et s’était emparée de 600 zébus. A Betroka, un affrontement entre un groupe de dix braqueurs armés de kalachnikovs et des gendarmes a fait huit morts parmi les assaillants. Pour Tribune, ces attaques à main armée à Betroka témoignent de l’ampleur qu’a prise l’insécurité dans la région Anosy et dans d’autres « zones rouges ». Pour tenter d’y mettre un terme, la gendarmerie nationale mène dans ces secteurs une opération dénommée « Mandio ».

Vindictes populaires - A Antsirabe, l’arrestation d’un présumé tueur en série a débouché sur le pillage et l’incendie de la villa de ses parents.Trois heures d’affrontements ont conduit à plusieurs arrestations. Les troubles se sont poursuivis les jours suivants. A Mandritsara, une soixantaine de villageois ont tenté d’attaquer l’hôpital du district pour y arracher un individu qui avait torturé à mort son épouse et qui avait ensuite tenté de se suicider.

Le Collectif des Français d'origine indienne a dénoncé le kidnapping à Antsiranana du consul honoraire d’Australie. Il a été libéré après quatre jours de détention. La gendarmerie affirme avoir réussi à contrecarrer le versement d’une rançon. Une vingtaine de dahalo armés ont enlevé le chef d’un Centre de santé de base dudistrict de Tsaratanàna. Le syndicat des paramédicaux a décrété une grève d'avertissement pour interpeller les autorités sur les actes de violence dont sont victimes les personnels de santé. L’ensemble du personnel de santé de cette localité a pris la décision de quitter le village. L’hélicoptère de l’armée de l’air appelé en renfort pour participer aux recherches s’est écrasé.

7 magistrats et 3 greffiers sont passés en conseil de discipline et ont été sanctionnés pour manquement à l’éthique et à la déontologie. Le dossier de 23 agents pénitenciers est encore à l’étude. Le concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes sera réformé pour réduire les risques de corruption. La ministre sortante a déclaré prioritaires la lutte contre la corruption et le rétablissement de l’Etat de droit. La sortie d’un « guide carcéral » est annoncée. Des dispositions seront arrêtées pour limiter la proportion de prévenus incarcérés.

Le Conseil du fampihavanana Malagasy (CFM) aura à se prononcer en 2019 sur 36 demandes d’amnistie relatives aux événements politiques survenus de 2002 à la fin de la Transition. Un ancien premier ministre et de nombreux officiers seraient du nombre. Par ailleurs, 1 300 demandes d’indemnisation et de réparation ont été déposées par des victimes des événements politiques de 2009 mais aucun budget n’est disponible actuellement pour les satisfaire.

Le « Dina » Besaboha mis en place il y a un an dans cinq districts de la région Sofia est source d’abus. Non homologué par le ministère de la justice, il a pour but de lutter contre l’insécurité et les actes criminels. Le commandant de gendarmerie de la région accuse certains membres du « Dina » d’exactions à l’encontre des villageois. De nombreuses plaintes ont été déposées. L’application de ce « Dina » a été à l’origine de vindictes populaires.

La dépense journalière par détenu est de 1 600 Ar. Le régime alimentaire se compose en général de manioc sec procurant 2 kcal par jour. S’ajoute à cela la dotation journalière de 750 g de bois pour la cuisson et de 20 l d’eau ; 350 g de savon sont accordés par semaine. Le budget annuel est ainsi de 11,5 millions Ar pour l’ensemble des 21 000 détenus. Si l’on se réfère aux normes internationales, cette somme devrait être au moins quadruplées. L’objectif du ministère est de faire entrer les établissements pénitentiaires dans un système productif permettant d’alléger la charge de l’Etat et de faciliter la réinsertion sociale des détenus.

Audition de Falimampionona Rasolonjatovo, candidat au 1er tour de la présidentielle, au siège du Pôle anti-corruption. Quatre autres individus sont recherchés dans cette affaire d’escroquerie. Le candidat est soupçonné d’avoir usé de manœuvres frauduleuses et de tromperie pour trouver un financement à sa campagne électorale.

Routes de la drogue : la Grande île serait située sur l’un des itinéraires des narcotrafiquants. Les abords de Nosy-Be constituent une zone rouge de transit de drogue dure, ainsi que les environs d’Ambilobe, Ambanja et Sainte-Marie. Ces drogues dures, en provenance de l’extérieur, sont ensuite acheminées vers Les Seychelles, Maurice ou La Réunion. Dans la plupart des cas des étrangers sont les commanditaires, notamment des Africains. Face à la recrudescence du phénomène, la direction des douanes tire la sonnette d’alarme.

L’obtention d’une commande publique passe par des « dessous de table », selon uneenquête réalisée par Transparency International en novembre 2014. 69 % des dirigeants d’entreprises soumissionnant à des marchés publics considèrent inéquitable le processus de passation des marchés dans leur secteur d’activité. S’assurer de l’obtention d’une commande publique exigerait le paiement d’un montant moyen correspondant à 25 % de la valeur du marché.

Au cours de l’année 2018, 181 Déclarations d’opérations suspectes ont été reçues par le Samifin. En 2017, 151 DOS avaient été transmises,dont 129 relatives à des soupçons de blanchiment de capitaux. L’adoption de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites a été de nouveau ajournée et Madagascar se trouve dans un processus de suivi renforcé depuis le mois de juin 2018. Faute de structure et de cadre légal répondant aux exigences internationales, le pays risque de basculer dans la liste grise des pays sous surveillance. La prolifération des casinos et maisons des jeux actuellement constatée augmente le risque de blanchiment d’argent.

Transparency International a publié son classement mondial de la corruption (IPC). La Grande Île obtient un score de 25/100 et se classe au 152e rang sur 180 pays. Un point de mieux que l’an dernier et trois places de gagnées au classement mondial. Pourtant, « la tendance est mauvaise, les défis sont énormes », commente Frédéric Lesné, le représentant de Transparency International - IM.

Attribution de certificats fonciers : vers une augmentation de la délivrance aux femmes. Le droit à la terre est culturellement une exclusivité pour les hommes à Madagascar. Les femmes et les filles malgaches peuvent rarement disposer de terres. D’une durée de trois ans et ciblant cinq régions d’intervention, le volet foncier d’un projet dénommé CASEF devrait permettre d’attribuer 100 000 certificats fonciers d’ici 2021. Au travers de ce programme, l’attribution de certificats fonciers à des bénéficiaires femmes.

Projet de rapatriement des travailleuses victimes de la traite en Chine, au Koweït, en Arabie Saoudite et au Liban. Le ministère des affaires étrangères a adressé un courrier aux représentations diplomatiques malgaches dans ces pays pour les informer de ce projet. Les opérations de rapatriement, si elles sont confirmées, devront être précédées d’une analyse précise des situations individuelles.

80 cas de peste, dont 13 décès, ont été confirmés par le ministère de la santé. En 2017/2018, l’épidémie s’était propagée dans les grandes zones urbaines et aurait fait plus de 200 morts.

L’épidémie de rougeole a connu une croissance préoccupante. Près de 20 000 cas ont été recensés par le ministère de la santé. 80 à 90 décès sont à déplorer, principalement parmi des enfants en bas âge. Des agents de santé refusent de rester en brousse ou de s’y rendre en raison de l’insécurité. Nombreux sont les parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants. La population a lancé un appel de détresse en raison de l’insuffisance de la prise en charge, du manque de médicaments et du coût du traitement.

107 districts touchés par la bilharziose sur 114. Cette maladie qui peut être mortelle reste endémique dans le pays. Le taux de prévalence peut atteindre 50 % de la population dans certaines régions. Une convention de partenariat a été signée avec le Japon. Une campagne de traitement de masse des personnes atteintes sera lancée dans 64 districts.

Selon Médecins du monde, 37 % des jeunes filles de 15 à 19 ans sont enceintes ou ont au moins un enfant. Une situation jugée « inquiétante » qui a pour conséquence un taux de mortalité maternelle et infantile très élevé. Beaucoup de ces adolescentes sont contraintes d’abandonner leur scolarité et ont des difficultés à accéder au marché du travail. Les mariages précoces constituent également un sujet de préoccupation. Médecins du monde a lancé une campagne de sensibilisation auprès des jeunes.

La société civile a interpelé le nouveau chef de l’Etat sur la priorité à accorder à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. Ce secteur ne représente que 2 % du budget. Sur un besoin annuel de 200 millions de dollars, seuls 20 millions sont accordés. Le droit fondamental d’accès à l’eau n’est pas respecté et la santé publique s’en trouve sérieusement menacée.

La Plateforme des fédérations des personnes handicapées a réaffirmé son engagement à promouvoir au niveau national la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. Des actions ont été menées par la Plateforme pour la mise en conformité de la législation nationale.

Système de santé publique : grogne des usagers face à la mauvaise qualité des services et à la corruption. Midi constate que les hôpitaux et centres de santé sont sévèrement jugés par les patients et leurs familles.

Education préscolaire : l’objectif est d’atteindre un taux 52,8 % en 2030 pour les enfants de 3 à 5 ans. Ce taux était de 30,4 % pour l’année 2016-2017. 40 % des EPP sont équipées d’une structure dédiée mais beaucoup manquent de moyens et le personnel éducatif présente des besoins accrus en termes de renforcements de capacités et de soutien.

Châtiments corporels et violence psychologique par le personnel scolaire : une entrave à l’épanouissement de l’enfant et à la réussite des apprentissages. Selon le premier rapport national sur les violences subies par les enfants publiés par l’UNICEF en juin 2018, 49 % des personnels enseignants les considèrent comme des « méthodes de discipline » par défaut, régulièrement utilisées. Les châtiments corporels sont interdits par la loi à Madagascar depuis un arrêté de 1996.

Les correspondants de la presse internationale ont dénoncé l'attaque dont a été victime la correspondante de RFI lors d’un meeting de contestation du processus électoral. Les manifestants pro-Ravalomanana ont diffusé son visage sur un écran géant en l’accusant de mensonges devant la foule. « Ces accusations publiques infondées auraient pu la mettre en danger physiquement et constituent une sérieuse entrave à l’exercice de son métier », ont-ils déclaré. La mission d'observation électorale de l’UE a apporté son soutien à la journaliste, de même que RSF Africa.

Le ministère de la communication a émis un rappel à l’ordre face aux propos incitant à la haine et à la rébellion diffusés sur des radios et TV privées de la capitale dans le cadre de la campagne du 2e tour de la présidentielle.

Au plus fort des journées de contestation du processus électoral, les locaux du groupe de médias RLM Communication de Mbola Rajaonah, ancien conseiller du chef de l’Etat sortant, rallié à Marc Ravalomanana, ont été ravagés par un incendie. La police a ouvert une enquête. Des vols d'ordinateurs portables ont été signalés dans les bureaux du groupe. Le président de l’Ordre des journalistes laisse entendre que cet acte pourrait relever d’un règlement de compte politique.

La nouvelle ministre de la communication, Lalatiana Rakotondrazafy, priorise le changement du code de la communication mis en place par le régime précédent. Un code qui a suscité beaucoup de débats et de critiques. La couverture nationale des chaînes privées sera autorisée, les chaînes qui émettent sas autorisation seront invitées à régulariser leur situation. La lutte contre la cybercriminalité sera intensifiée pour lutter contre l’usage abusif des réseaux sociaux et l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée (ANRCM) sera mise en place.

17 ressortissants chinois, membres de l'équipage du navire Flying qui a rôdé plusieurs semaines au large de la côte Est et a été arraisonné le 19 décembre seront traduits en justice. Le navire est suspecté d’exportation illégale de bois de rose.

L’inventaire des stocks de bois de rose saisi ou détenus n’est réalisé qu’au 1/6e. Cette opération est un passage obligé avant de pouvoir obtenir de la CITES l’autorisation de procéder à leur exportation. La déclaration spontanée des stocks détenus par les opérateurs et les particuliers soulève d’importantes difficultés. Nombre de déclarations ne sont pas fiables ou sont mensongères. L’Alliance Voahary Gasy (AVG) préconise la commercialisation des bois en stock sur le marché intérieur pour transformation plutôt que leur exportation.

Les défenseurs de la nature et les représentants de la société civile se sont déclarés préoccupés par la victoire d’Andry Rajoelina, a écrit le site Mongabay. Selon de nombreux rapports, durant la période 2009 à 2014, lorsqu’il présidait la Transition, son administration a été en proie à la corruption, en particulier pour la gestion des ressources naturelles. Plusieurs défenseurs de l’environnement et observateurs internationaux ont confié à Mongabay qu’ils espéraient que le prochain mandat de Rajoelina serait différent du premier.

L’AVG a adressé une lettre ouverte au nouveau président de la République pour lui demander de veiller à la bonne gouvernance des ressources naturelles. Les autorités à tous niveaux et la population sont invitées à faire preuve de vigilance et à faire part à la société civile de toutes les situations locales mettant en péril la bonne gouvernance de ces ressources.

Normes EITI : la candidature de Madagascar est suspendue. 15 recommandations avaient été émises en juillet dernier par le CA de l’EITI, parmi lesquelles le renforcement de l’engagement de l’Etat. Cet engagement n’a pas été honoré. De ce fait, Madagascar n’est pas en mesure de réaliser son rapport annuel d’avancement et de progrès. La conformité de Madagascar aux normes EITI ne pourra donc pas être confirmée en décembre prochain au terme de la seconde évaluation des progrès accomplis.

Les défenseurs de l’environnement ont tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme et interpelé le nouveau chef de l'Etat. Depuis son indépendance, la Grande Île a perdu presque la moitié de ses forêts. Et les choses ont empiré à partir des années 2010. Dans son Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM), Le nouveau président affirme vouloir s’atteler à ce problème environnemental, en concertation avec la société civile. Un point jugé positif par l’AVG mais la vigilance s’impose vis-à-vis de certains points du projet IEM. La question du financement de ces projets demeure la grande inconnue.

Le Collectif Tany a fait part de son intention de suivre attentivement les décisions qui seront prises par le nouveau gouvernement dans le cadre du projet présidentiel IEM en matière d’accès à la terre, de promotion de l’agro-industrie, de création de Zones économiques spéciales (ZES). Certains aspects de ce projet risquent de porter atteinte, selon lui, aux droits des paysans, des femmes, des jeunes et des collectivités décentralisées. Le programme populiste d’Andry Rajoelina risquerait en outre d’aller à l’encontre du développement.

L’accord de pêche entre l’UE et Madagascar est arrivé à échéance le 31 décembre. Il attend d’être renouvelé par le nouveau pouvoir en place. La Gazette rappelle qu’un inquiétant accord sur la pêche dans les eaux territoriales malgaches, engageant 2,7 milliards de dollars, a été signé à Pékin le 5 septembre par un consortium chinois et l’Agence Malagasy de Développement et de Promotion de l’Entreprise (AMDPE). Cet accord de principe n’a pas encore été ratifié et signé par le gouvernement malgache.

Le taux d’infestation des chenilles légionnaires est de 57 %. Il atteint 94 % dans le Sud-Ouest. La perte de rendement pour le maïs est estimée au niveau national à 47 %. La Banque mondiale et la FAO apportent leur concours financier au ministère de l’agriculture afin de renforcer ses moyens de lutte.

Dans une lettre adressée à Andry Rajoelina Emmanuel Macron a confirmé la continuité de la coopération entre Madagascar et la France. Le chef de l’Etat est invité à se rendre à Paris en vue de « renforcer et donner un nouveau départ » au partenariat entre les deux nations. Tribune estime que la place qu’occupent les opérateurs économiques français restera prépondérante. La position de l’UE serait plus prudente mais la coopération en cours se poursuivra, notamment au travers du FED. La Chine, qui avait les faveurs du prédécesseur d’Andry Rajoelina, pourrait pâtir de la volonté du nouveau pouvoir de privilégier son indépendance financière, estime le site. L’envoyé spécial du président XI Jinping a réaffirmé le soutien de son pays et confirmé que Madagascar est inclus dans le projet des « Nouvelles routes de la soie ». Les pays arabes et les nouveaux riches de Dubaï pourraient être appelés à occuper une place plus importante dans les projets d’investissement. Quant à la relation de Madagascar avec la Banque mondiale et le FMI, elle risquerait, selon certains observateurs, de se dégrader en raison de la politique populiste qu’Andry Rajoelina entend mener en faveur des couches les plus vulnérables, au risque de compromettre la gestion rigoureuse des finances publiques qu’exigent ces institutions.

Les employés de la société Kraomita poursuivent leur grève pour obtenir la transparence sur les accords que la société a passé avec des investisseurs russes. Ils n'acceptent pas non plus la nomination récente d’un ancien conseiller spécial de Hery Rajaonarimampianina au poste de directeur général adjoint. Estimant que la société russe est impliquée dans des affaires de corruption, les employés ont saisi le Pôle anti-corruption et le Bianco. Le partenariat avec les Russes a été suspendu.

Les investisseurs japonais sont intéressés par la richesse du sous-sol malgache mais l’instabilité du cadre juridique les rend réticents. Ces appréhensions, rapportées par l’ambassadeur du Japon, ramènent au débat portant sur l’attractivité de Madagascar dans le domaine minier, cristallisé par le montant de la redevance minière, jugée insuffisante par Andry Rajoelina. La refonte du code minier a été à plusieurs reprises reportée, faute de consensus.

Madagascar accuse un retard par rapport aux autres pays du continent et de l’océan Indien en matière d’inclusion financière. Une situation qui constitue un handicap pour le développement économique. Une stratégie nationale doit être mise en œuvre d’ici 2022 pour combler ce retard.

Climat des affaires : Madagascar se place au 22e rang en Afrique, selon le classement du magazine Forbes. Maurice se place au 1er rang africain. A l’échelle mondiale, la Grande île se positionne au 125e rang sur 161 pays.

Les délestages tournants ont repris dans toute la Grande île après les fêtes de fin d’année. En cause : le manque de carburant pour faire fonctionner les centrales au fuel en raison de factures impayées par la Jirama, la défaillance des centrales thermiques et le niveau des eaux de plus en plus bas dans les barrages.

Le gouvernement d’Andry Rajoelina se fixe comme objectif de doubler la production électrique d’ici à 2024.

Divorce coûteux entre Air Madagascar et Air France. Cette dernière réclame à la compagnie nationale 101 millions de dollars en raison de divergences sur les clauses du contrat de leasing de deux Airbus A340 conclu durant la Transition. Un contentieux qui fait de l’ombre au plan de redressement de la compagnie.

500 employés gréviste d’une entreprise franche textile ont été licenciés. L’employeur a décidé de rompre leur contrat pour cause de « grève illicite ». Le personnel revendique des salaires décents, le respect du droit du travail et de promesses d’augmentation ainsi que le licenciement du DRH, accusé de maltraitance.

Plus de 200 opérateurs anglophones du « call center » Telesourcia manifestent depuis le début de l’année pour réclamer le versement de leur traitement, suspendu depuis septembre. Début janvier, les forces de l’ordre ont bloqué les accès à la société.

Les entreprises malgaches fragilisées par des importations massives de produits vendus à des prix défiant toute concurrence. En accord avec l’OMC, de fortes taxes seront appliquées sur ces produits provenant d’Egypte, de Turquie, de Maurice, de Malaisie et de Chine. Ces mesures de sauvegarde contre une concurrence qualifiée de déloyale seront appliquées à titre temporaire.

La production agricole du Grand Sud a diminué de 50 % à 80 % depuis 5 ans. 30 % des habitants de l’Andry doivent payer l’eau trois fois plus chère qu’ailleurs. L'amélioration de cette situation sera l’une des priorités du nouveau pouvoir, affirme Andry Rajoelina. La construction d’un nouveau système d’adduction d’eau de 225 km pour alimenter la population d’Androy débutera d’ici le mois d’avril. Le chef de l’Etat a également annoncé le projet de création d’un parc solaire dans le Sud et la réhabilitation prochaine de deux routes nationales. La lutte contre l’insécurité sera renforcée.

Un projet de 200 forages en partenariat avec le gouvernement chinois devrait être inauguré au mois d’octobre dans les régions Menabe et Atsimo Andrefana. Le projet, qui a vu le jour en 2016, donnera accès à l’eau potable à 200 000 personnes dans les deux régions.

Production rizicole - L’objectif d’autosuffisance est maintenu pour 2020, selon le nouveau ministre de l’agriculture. En 2017 Madagascar a importé un volume record de 570 000 tonnes de riz, Les besoins nationaux annuels sont estimés à 2,6 millions de tonnes. Les problèmes fonciers et le faible taux de mécanisation seraient à l’origine de cette situation. La réactivation du programme « vary mora » annoncé par Andry Rajoelina au profit des classes défavorisées est considéré par les spécialistes comme une mesure populiste contre-productive.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Le second tour de la présidentielle - Victoire d'Andry Rajoelina
  • La prise de fonction d'Andry Rajoelina
  • La formation du nouveau gouvernement Nsaye

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, condition carcérale, gouvernance
  • Droits des femmes, traite
  • Santé, hygiène, droits des personnes handicapées
  • Education
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafics de bois de rose et de ressources naturelles, foncier, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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ARTICLES REMARQUES - JANVIER 2019

<> 31 01 19 - SeFaFi - Communiqué - Les conditions d'un véritable changement
L’élection d’un nouveau président offre l’opportunité de procéder à des changements positifs dans la conduite du pays. Le SeFaFi indique quelques-unes des conditions préalables à un changement réel et durable
. En bref, les principaux thèmes abordés dans le communiqué : la culture de l’impunité s’est généralisée, du haut en bas de l’échelle sociale. Les délits ne sont plus sanctionnés, et quand ils le sont, les sanctions ne sont pas appliquées. Cette situation génère la corruption, décrédibilise le système judicaire, éclabousse les forces de l’ordre et suscite les vindictes populaires. Un régime incapable de sanctionner et d’appliquer les sanctions est condamné à l’inefficacité et à l’hostilité des citoyens. Les militaires ne font pas partie de la société politique. Ils n’ont pas à prendre des responsabilités politiques ou administratives. Il n’est pas normal que le président de la République soit en même temps président du Conseil supérieur de la magistrature : cette situation contrevient au principe fondamental de la séparation des pouvoirs. Le processus législatif doit être mené à son terme. De nombreuses lois votées par le Parlement depuis des années restent inapplicables, faute de décrets d’application ou de mesures règlementaires. L’action de l’exécutif est freinée ou arrêtée à chaque changement de ministre ou de responsable du ministère. Il est urgent que les responsables ministériels sachent faire la différence entre les politiques et les techniciens. Les lois liberticides devront être remaniées d’urgence. Au premier rang d’entre elles, le code de la communication et loi sur la cybercriminalité. Le projet de création de deux régions pour remplacer la région de Vatovavy-Fitovinany n’est pas conforme à la loi. Le changement d’appellation des chefs de région en « gouverneurs », ainsi que leur nomination par le chef de l’État, ne sont pas conformes à la Constitution. L’élection des chefs Fokontany, demandée par la population et autorisée par le décret, est à programmer. Le code électoral constitue l’un des plus importants chantiers à finaliser au plus vite. L’élection présidentielle a mis à nu les contradictions et les lacunes des lois électorales adoptées en 2018. La réforme devra prévoir la déclaration de l’origine des fonds électoraux, le plafonnement des dépenses et obligation de rendre publique la comptabilité électorale de chaque candidat. L’établissement d’une liste électorale fiable s’impose avant l’organisation de tout autre scrutin. Il serait bon d’instaurer une élection à deux tours pour les législatives, comme pour la présidentielle. Il serait opportun de faire voter le même jour pour les élections locales (fokontany, communes, régions) et un autre jour pour toutes les élections nationales. Et tout le processus électoral devrait se dérouler en saison sèche, comme le veut la loi. Pour éviter que ne se reproduise la dérive des « retournements de veste » des députés, l’application stricte du mandat impératif s’impose. Par ailleurs, les futurs députés devront avoir une idée plus juste de leur fonction. Leur rôle n’est pas de construire des routes ou des écoles, ni de créer des entreprises. Ces tâches demandent de l’assiduité, mais les bancs de l’Assemblée sont le plus souvent désertés. Il faudra enfin s’interroger sur le devenir des quelques 200 partis politiques officiellement déclarés. Réalité grotesque qui montre à quel point l’idéal du bien commun est détourné par nos politiciens au profit de leurs intérêts particuliers.

- 29 01 19 - Collectif Tany - Les terres malgaches et le projet IEM d'Andry Rajoelina
Le Collectif Tany fait part de son intention de suivre attentivement les décisions qui seront prises par le nouveau gouvernement dans le cadre du projet présidentiel IEM
en matière d’accès à la terre, de promotion de l’agro-industrie, de création de Zones économiques spéciales (ZES). Les grands travaux ainsi envisagés risquent de provoquer des expulsions et des expropriations massives dans toutes les régions, sous couvert de « déclaration d’utilité publique ». Le Collectif demande l’attribution de terrains de l’Etat aux paysans, en particulier aux métayers, aux femmes et aux jeunes qui s’engagent à les cultiver, aux collectivités décentralisées pour le développement de leur agriculture familiale locale. L’action sociale prioritaire de l’IEM concerne la vente aux familles vulnérables de « vary mora » (riz à bas coût) importé d’Asie. Tany souligne que cette assistance sociale ne peut pas être adoptée comme solution permanente et va à l’encontre du développement de la population. En effet si l’Etat malgache subventionne ce riz, il subventionne en fait les paysans des pays exportateurs. Et ce système déjà pratiqué sous le régime de Transition, rapporte surtout des bénéfices pour les sociétés d’importation.

- 25 01 18 - TV5 Monde - Andry Rajoelina peut-il tenir ses promesses ?
Le nouveau président malgache élu a formé un premier gouvernement composé essentiellement de technocrates. Fidèle à sa réputation, Andry Rajoelina veut aller vite et attend des résultats dès cette année 2019.

- 25 01 19 - Andry Rajoelina présente un gouvernement resserré.
La nouvelle équipe du premier ministre Christian Ntsay est composée de cinq femmes et de dix-sept hommes, des techniciens et des personnalités qui ont soutenu Andry Rajoelina durant la campagne électorale sans oublier ses fidèles du Mapar. Les partis d’opposition ont été complètement exclus. Deux membres du dernier gouvernement ont été reconduits : le ministre de l'intérieur, Tiana Razafimahefa qui a été mis en cause pour son impartialité durant la campagne présidentielle, et la ministre de la population, Irmah Naharimamy. Milliardaire et à la tête d'un groupe de médias, Naina Andriantsitohaina a été nommé aux affaires étrangères. Le ministère de la justice est attribué à Jacques Randrianasolo, ancien procureur général de la Cour d’appel d’Antananarivo, qui s’est particulièrement illustré par son intransigeance dans l’affaire de l’évacuation sanitaire de Claudine Razaimamonjy. Alexandre Georget du parti Vert de Madagascar est nommé au ministère de l’environnement. Le ministère de la communication et de la culture est confié à la journaliste Lalatiana Rakotondrazafy, DG du quotidien Free News. Parmi les ministres figurent ceux qui ont contribué à la rédaction de l’IEM. Peu nombreux sont ceux qui ont exercé des responsabilités ministérielles durant la Transition. Exception notable : le général Richard Ravalomanana nommé secrétaire d’Etat auprès du ministère de la défense nationale chargé de la gendarmerie.

« Le chef de l’Etat a su puiser dans un vivier de compétences sans forcément céder aux appels de ceux qui demandaient à être récompensés pour leur soutien. C’est une bonne surprise », déclare au Monde un politologue malgache. Parmi eux, note le quotidien, « Vonjy Andriamanga, nommé à l’énergie, est ingénieur et il a réalisé une grande partie de sa carrière chez EDF et chez Engie. Julio Rakotonirina, à la santé, est un épidémiologiste issu de l’Institut national de la santé d’Antananarivo. Le directeur général de l’agriculture, Lucien Ranarivelo, devient ministre de l’agriculture. L’arrivée de l’homme d’affaires et ancien président du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), Naina Andriantsitohaina, au poste des affaires étrangères est également perçue comme un signe fort à l’égard des opérateurs économiques en indiquant que la diplomatie malgache devrait avoir pour priorité la défense des intérêts économiques de la Grande île. Sur le front des relations avec les bailleurs étrangers, dont Madagascar – sous programme avec le FMI – dépend notamment pour le financement de ses programmes sociaux, Andry Rajoelina a choisi de nommer un homme qu’ils connaissent déjà. Héritant d’un portefeuille qui regroupera l’économie, les finances et le budget, Richard Randriamandranto était chargé dans le précédent gouvernement de la relation avec les partenaires techniques et financiers. Il est aussi l’un des hommes les plus impliqués dans la plateforme IEM. »

Au sujet de cette réduction des membres du gouvernement, passé de 30 à 22, le président a précisé que « cette disposition a été prise dans un objectif d'austérité et de réduction des dépenses publiques. Les dirigeants doivent montrer l'exemple au peuple malagasy. » Il a également exigé des « résultats rapides » à l'équipe. « D'ici six mois, une évaluation sera effectuée. Et dans un an, nous constaterons qui aura réussi à relever les défis et qui aura échoué », a-t-il assuré. Contrairement aux hypothèses faites à la veille de la constitution de ce nouveau gouvernement, les membres ne représentent pas forcément les 23 nouvelles régions. L’engagement d’une parité homme/femme n’a pas été tenu.
Composition du gouvernement : http://www.madagate.org/madagascar-informations-politiques/flash-infos/7051-madagascar-les-22-membres-du-2e-gouvernement-du-pm-ntsay-christian.html

<> 19 01 19 - Mongabay - Madagascar's next president to take office bears suspect eco record
Les défenseurs de la nature et les représentants de la société civile se sont déclarés préoccupés par la victoire d’Andry Rajoelina à la présidentielle. Selon de nombreux rapports, durant la période 2009 à 2014, lorsqu’il présidait la Transition, son administration a été en proie à la corruption, en particulier en ce qui concerne la gestion des ressources naturelles. De hauts responsables, y compris Andry Rajoelina, auraient été impliqués dans le commerce illégal de bois de rose, causant de graves dommages aux forêts sensibles et riches en biodiversité de Madagascar. Plusieurs défenseurs de l’environnement et observateurs internationaux ont confié à Mongabay qu’ils espéraient que le prochain mandat de Rajoelina serait différent du premier. Maintenant âgé de 44 ans et élu démocratiquement, il a la possibilité de prendre un nouveau départ. Pendant ses discours de campagne, il a reconnu avoir commis des erreurs et s’est déclaré impatient de les corriger. Mais le risque subsiste que les droits fonciers des populations locales soit encore mis à mal par l'expansion prévue des industries extractives et la privatisation de la terre et des biens communs.

19 01 19 - Andry Rajoelina : le revenant qui suscite espoirs et inquiètudes
Après avoir été le plus jeune chef de l’Etat africain, « TGV » a été investi ce samedi à la tête du pays, après un retour minutieusement préparé. Argent et communication : la méthode a en tout cas payé. Quatre ans après avoir quitté le pouvoir, Andry Rajoelina est de retour. Il a été élu avec 55,6 % des voix, face à son vieux rival Marc Ravalomanana. Son retour ne doit rien au hasard : Andry Rajoelina a, dans l’ombre, patiemment attendu son heure et minutieusement préparé son retour. Mais le chef de l’Etat a beau ripoliner un peu le passé, la débauche de moyens qui a accompagné sa campagne électorale continue de questionner. L’entourage d’Andry Rajoelina intrigue également. Autre sujet d’inquiétude entourant l’élection du président malgache : l’environnement
Voir aussi : Jeune Afrique - Andry Rajoelina a prêté serment

<> 18 01 19 - Amnesty International - Le nouveau président doit s'attaquer aux violations des droits humains commises de longue date
Le nouveau président, Andry Rajoelina, doit s’attaquer aux violations des droits humains bien ancrées, notamment au recours excessif à la détention provisoire et aux détentions arbitraires de défenseurs des droits humains, a déclaré Amnesty International à la veille de son investiture le 19 janvier 2019. La situation des droits humains à Madagascar s'est détériorée ces dernières années. Des militants écologistes sont incarcérés et harcelés pour avoir dénoncé le trafic illicite présumé de bois de rose et la dégradation de l’environnement imputable à des multinationales. L’avortement demeure une infraction en toutes circonstances en vertu d’un article du Code pénal hérité de la période coloniale, ce qui met la vie de milliers de femmes et de jeunes filles en danger. Pourtant, le gouvernement s’est engagé en 2017 à en faire une infraction mineure qui ne serait plus passible d’une peine d’emprisonnement.

<> doc  14 01 19 - Le Monde - Laurence Caramel - Andry Rajoelina doit sa victoire aux citadins
La cartographie de l’élection montre une forte opposition entre les régions côtières et les hauts plateaux. Au second tour de la présidentielle, Andry Rajoelina a remporté l’adhésion des citadins partout à Madagascar à l’exception d’Antsirabe, qui s’est tournée vers son adversaire Marc Ravalomanana. Le nouveau président a fait jeu égal avec ce dernier dans la capitale en gagnant trois des six arrondissements. A l’inverse, Marc Ravalomanana a fait le plein de voix dans les hauts plateaux, dont il est originaire et où se concentrent les populations rurales. Ces élections ont par ailleurs été marquées par un fort taux d’abstention. Celui-ci a augmenté entre le premier et le second tour, passant de 46,7 % à 52 %. Il a dépassé 75 % dans la région d’Ihorombe. A côté de cette faible mobilisation traduisant le discrédit de la classe politique, les résultats montrent le poids écrasant des candidats à gros budgets de campagne.

<> doc
- 14 01 19 - Malagasy Sambatra Masa Ofisialy - Biographie du nouveau président Andry Rajoelina

<> 09 01 19  - La Haute Cour constitutionnelle (HCC) malgache a validé mardi 8 janvier la victoire de l’ancien chef de l’Etat Andry Rajoelina à l’élection présidentielle du mois dernier en rejetant toutes les requêtes en annulation pour fraude de son rival Marc Ravalomanana. « Est déclaré élu président de la République Andry Rajoelina », a déclaré le président de la HCC, Jean-Eric Rakotoarisoa, sous les acclamations de centaines de partisans de M. Rajoelina réunis devant le siège de l’institution à Antananaivo.Le 27 décembre, la Commission électorale (Ceni) avait annoncé la nette victoire d’Andry Rajoelina, 44 ans, en lui attribuant 55,66% des suffrages lors du second tour disputé le 19 décembre, contre 44,34% à son prédécesseur à la tête du pays. M. Ravalomanana, 69 ans, avait immédiatement saisi la HCC en arguant de « fraudes massives ». Andry Rajoelina, pourrait être investi le 19 janvier prochain. Les textes indiquent que la cérémonie d’investiture doit se faire au plus tard, le 25 janvier 2019.
La presse note que le perdant a fait preuve de fair-play en venant féliciter Andry Rajoelina à la sortie de la HCC. Andry Rajoelina a remercié son rival qui, selon lui, a fait preuve de combativité tout au long de la campagne électorale.
La confirmation de cette victoire a certainement causé des frustrations du côté des partisans de Marc Ravalomanana mais le calme a malgré tout régné à l’issue de la proclamation officielle des résultats. Le nouvel élu a pu prendre un bain de foule dans les rues de la capitale sans aucun incident ni manifestation d’hostilité. Serge Zafimahova, coordonnateur génal de la campagne du candidat Ravalomanana a déclaré : « Les membres de la CENI et de la HCC sont des hontes de la République mais si on ne respecte pas un minimum de cadre institutionnel, le pays ira vers le chaos. Tout patriote pétri de bon sens partagera cette opinion en tenant compte de la décision de la HCC. » L’homme d’affaires, Mbola Rajaonah que l’équipe du Mapar d’Andry Rajoelina, a particulièrement accusé d’avoir manipulé les voix en faveur du candidat Marc Ravalomanana lors du premier tour du scrutin, a également tenu à féliciter l’ancien président de la Transition.

Pour des observateurs nationaux, le second tour a révélé « l’absence de culture politique sur la Grande île ». Mensonges, diffamations, dénonciations haineuses à l’endroit de l’adversaire ont rythmé les journées précédant le scrutin. Les deux candidats ont même chacun menacé les institutions en cas de résultat « contraire à la vérité ». Autre enseignement à tirer de ce scrutin : il n’a pas motivé les foules. A ce second tour, seuls 48 % des Malgaches inscrits se sont exprimés dans l’isoloir. Le signe d’un fatalisme et d’un manque de confiance total envers les hommes politiques.

Après le verdict de la HCC, les états-majors politiques seront désormais préoccupés par la préparation des élections législatives dont le calendrier reste encore à arrêter malgré la proposition de la CENI qui a recommandé au gouvernement la date de 20 mars.

<> 08 01 19 - SeFaFi - 2018 - Une année électorale gachée
L’année 2018 restera dans les annales de l’histoire nationale comme une référence insurpassable d’incompétence et de corruption, de démagogie et de tricheries. Les acteurs en ont été les membres de la société politique, et leur terrain de jeu, l’élection présidentielle. Une tragi-comédie en cinq actes…

- 03 01 19 - Les décrypteurs - La carte des résultats provisoires du second tour de la présidentielle du 19 décembre 2018
Selon les résultats provisoires du second tour de la présidentielle du 19 décembre publiés par la CENI, Andry Rajoelina, est en tête avec 55,66 % des suffrages exprimés contre 44,34% pour son adversaire, Marc Ravalomanana. Sur les 119 districts du pays, Andry Rajoelina est en tête dans 82 d’entre eux. Marc Ravalomanana mène dans 37 districts, dont 22 se trouvent dans la province d’Antananarivo. Dans la plupart des districts où il est en tête, Andry Rajoelina mène avec une avance confortable de plus de 60 % des voix. Il fait carton plein dans la province d’Antsiranana où la couleur orange est foncée avec plus de 80 % des voix. L’avance enregistrée par Marc Ravalomanana dans les districts les plus peuplés du pays n’a pas suffi à combler son retard dans les autres districts. Cette avance est d’ailleurs amoindrie par le fait que dans une quinzaine de localités où il est en tête, les résultats provisoires montrent que l’ancien président de la République a perdu un total de plus de 50 000 voix par rapport au premier tour. Dénonçant des « fraudes massives », le Comité de soutien de Marc Ravalomanana semble surtout axer ses contestations sur les régions où l’ancien président de la Transition obtient plus de 80 % et où les taux de participation sont plus élevés que la moyenne nationale. Dans certains districts du Sud, le taux de participation est de plus de 60 % contre 48 % à l’échelle nationale. Dans ces districts, certains bureaux de vote enregistrent entre 90 à 100 % de taux de participation.
Les résultats définitifs seront proclamés par la HCC le 8  janvier.

- 01 01 18 - Réseau Malina - Kraoma Mining : une joint venture au centre de toutes les attentions
Les employés de la société Kraomita poursuivent leur grève pour réclamer la transparence totale par rapport aux accords que la société a passé avec des investisseurs russes
. Ils n'acceptent pas non plus la nomination récente de Jaobarison Randrianarivony, ancien conseiller spécial du président Hery Rajaonarimampianina au poste de directeur général adjoint. Longtemps fierté nationale, Kraoma S.A., seule société minière industrielle dont l’Etat est actionnaire majoritaire, a accumulé les dettes. La mauvaise gestion et la tendance des dirigeants successifs du pays à considérer la trésorerie de l’entreprise comme leur portefeuille l’aura rendue exsangue. La situation financière de l’entreprise, s’est encore détériorée sous la présidence Rajaonarimampianina. Les dirigeants de la société se sont alors vers la société russe Ferrum Mining afin qu’elle lui vienne en aide. Un partenariat stratégique est signé le 8 août 2018 entre les deux sociétés. Ce partenariat stratégique prévoit la constitution d’une co-entreprise nommée Kraoma Mining S.A. Le partenariat prévoit que 80 % des actions de la joint-venture reviennent à Ferrum Mining, les 20% restants allant à Kraoma S.A. Considérée par beaucoup comme trop favorable à la société russe, cette répartition de l’actionnariat est largement contestée. Un soutien technique est apporté par Ferrum Mining par l’intermédiaire de neuf ressortissants russes. Depuis fin novembre 2018, les employés sont en grève. Les représentants syndicaux se plaignent du non-paiement régulier des salaires et de conditions de travail difficiles avec les consultants de Ferrum Mining, dont ils exigent le départ. Les revendications des grévistes ne sont pas seulement sociales. C’est plus globalement le partenariat avec la société Ferrum Mining qui est ciblé. Le choix du partenaire effectué sans appel d’offres et dans la plus grande opacité, n’est pas sans éveiller des soupçons de corruption au bénéfice de l’ancien président Rajaonarimampianina.

 

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REVUE DE PRESSE - DECEMBRE 2018

Andry Rajoelina est arrivé en tête du 1er tour de la présidentielle, avec 35 % des suffrages, devançant largement Marc Ravalomanana (39 %). Le président sortant, Hery Rajaonarimampianina, relégué en 3e position avec moins de 9 % des voix, a annoncé qu’il ne soutiendrait aucun des deux finalistes, démentant les rumeurs d’un ralliement à Marc Ravalomanana. Le pasteur Mailhol, arrivé très loin derrière, en 4e position, n’a pas donné non plus de consigne de vote.

La CENI a décidé de continuer à utiliser son logiciel de traitement des résultats du 1e tour, dont la fiabilité avait été mise en doute par Andry Rajoelina. Les contrôles ont néanmoins été renforcés et des experts désignés par les candidats ont pu procéder à son audit. Les analyses conduites par des spécialistes reconnus n’ont révélé aucune anomalie.

Six débats télévisés ont été organisés par la CENI sur les médias publics, dont deux ont opposé les deux finalistes. Des débats qui ont pris l’allure d’un règlement de compte entre les protagonistes de la crise de 2009 qu’oppose un lourd passif personnel. Un exercice ponctué de révélations et de critiques acerbes qui a lassé et déçu l’auditoire. Pour la majorité des commentateurs, Andry Rajoelina a malgré tout réussi à donner une image moins « passéiste » que son adversaire, multipliant des promesses mirobolantes auxquelles ont été sensibles les couches défavorisées, la jeunesse et les populations côtières.

Les deux candidats ont commencé leur campagne dans le centre du pays par une cérémonie religieuse, l'un comme l'autre s’affirmant détenteur d’une mission divine et certain de l’emporter. Andry Rajoelina a déclaré « être prêt à sauver Madagascar. C'est le peuple malgache qui m'envoie et Jésus Christ », a-t-il lancé durant une messe célébrée à Ampefy, après un pèlerinage à l’îlot de la Vierge. Selon Marc Ravalomanana, le second tour oppose « le bien contre le mal ». Transparency international Initiative Madagascar a interpellé de nouveau les candidats pour exiger d’eux la transparence de leur compte de campagne. Ils sont accusés, l’un comme l’autre, d'avoir consacré un budget faramineux, voire indécent, à leur campagne, sans avoir révélé leurs sources de financement et les contreparties éventuellement négociées. Au 1er tour, seuls six « petits » candidats ont accepté de jouer la transparence sur l’origine et la gestion de leurs financements. Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina n’ont pas non plus signé la « Charte de bonne conduite » des candidats proposée par le CFM.

Les deux candidats ont été interpellés par le FFKM « afin qu’ils montrent l’exemple et fassent preuve de vérité, de sainteté et de foi ». Les quatre chefs d’Eglise ont souligné que le Conseil œcuménique ne soutient aucun candidat, en dépit de rumeurs persistantes. Les évêques ont demandé au futur président de tout mettre en œuvre pour « réconcilier le pays ».

Le camp Ravalomanana s’est mobilisé pour dénoncer des « manœuvres frauduleuses » selon lesquelles des cartes d’électeurs et des cartes d’identité auraient été distribuées pour obtenir des électeurs fantômes, et ce avec l’appui du ministre de l’intérieur et des chefs de district. Des affirmations qui ont fait craindre à certains que le candidat ait préparé l’opinion à un rejet des résultats en cas de défaite. « Nous assistons au choc de deux egos qui ne se voient pas perdre », a commenté Sahondra Rabenarivo, membre du SeFaFi. La campagne s’est déroulée dans un climat tendu, émaillé de violences verbales et physiques.

Les deux finalistes se sont déclarés convaincus de remporter la victoire, quelques heures seulement après la clôture du scrutin. Marc Ravalomanana a renouvelé ses menaces de non-reconnaissance des résultats si les malversations dénoncées étaient avérées. Inquiet de la tournure du débat, le premier ministre a lancé un message à l’endroit des deux candidats pour leur signifier que « la déstabilisation ne procurera de bien à qui que ce soit ».

Dès la publication des premiers résultats provisoires, il est apparu qu’Andry Rajoelina disposait d’une avance notable sur son concurrent, avec un taux de participation en forte baisse, inférieure à 50 %. Une situation qui n’a fait que se confirmer au fil du dépouillement.

Le scrutin s’est déroulé d’une manière générale dans le calme et aucun dysfonctionnement majeur dans le déroulement des opérations n’a été constaté par les observateurs internationaux. Selon Cristian Preda, chef mission de l’UE, il y a eu quelques irrégularités mais qui n’ont pas été de nature à compromettre la sincérité de la consultation. L’Observatoire Safidy, présents dans sept régions au second tour, a néanmoins dénoncé de nombreuses irrégularités, commises en majorité par des supporters d’Andry Rajoelina.

Sentant la victoire s'éloigner, Marc Ravalomanana a appelé les électeurs et ses partisans à « se lever pour défendre leur choix », estimant que les résultats annoncés seraient « non crédibles » Les membres du Groupe international de soutien à Madagascar ont appelé les candidats et leurs partisans à « faire preuve d’esprit de responsabilité et d’engagement envers l’intérêt général ». Le secrétaire général de la plate-forme Mapar d’Andry Rajoelina a appelé les autorités à prendre leurs responsabilités afin que son adversaire ne sème pas de troubles dans le pays.

Selon les résultats provisoires annoncés par la CENI, Andry Rajoelina a remporté le scrutin avec 55,66 % des suffrages exprimés. Marc Ravalomanana a obtenu 44,34 % des voix. Le taux de participation n’a été que de 48,09 %. Les résultats provisoires restent à confirmer par la HCC, qui dispose d‘un délai maximum de 9 jours pour procéder à la proclamation officielle des résultats définitifs, soit au plus tard le 5 janvier. Le candidat Andry Rajoelina était présent à la cérémonie de proclamation, contrairement au candidat Marc Ravalomanana, confirmant son rejet du verdict de la CENI. Ses partisans ont été appelé à un rassemblement. Pour Tribune, l’appel à manifester lancé par Marc Ravalomanana pour protester contre les fraudes électorales qu’il qualifie de massives, place Madagascar au bord d’une nouvelle crise post-électorale.

Un peu plus de 1 000 partisans de Marc Ravalomanana se sont rassemblés dans le calme sur la place du 13-Mai, dans le centre de la capitale. Après négociation, les forces de l’ordre, présentes en nombre, ont laissé les manifestants occuper les lieux. Un nouveau rendez-vous a été fixé aux partisans du candidat le 2 janvier.

La plateforme Rohy, qui regroupe plus de 120 organisations de la société civile, a dressé un bilan sévère du processus électoral Un gouvernement « dépourvu de neutralité », une campagne électorale « exécrable » où candidats rivaux se sont mutuellement dénigrés, des citoyens peu sensibilisés à l'élection, des fraudes... La liste des anomalies relevées par la société civile qui a déployé 7 000 observateurs dans les 22 régions est longue. La plateforme demande à la HCC de contrôler tous les résultats des bureaux de vote qui posent problème et de ne pas se contenter de vérifier les procès-verbaux. Plus de 90 requêtes relatives au second tour ont été déposées auprès de la HCC. La députés Hanitra Razafimanantsoa a annoncé que 1 500 requêtes seront déposées à la HCC par le comité de soutien à Marc Ravalomanana avant la date limite du 31 décembre au soir. Le directeur de campagne précise que l’une d’entre elles réclame l’annulation pure et simple du scrutin.

Rapport annuel de la CNIDH sur les droits de l’homme : les abus de pouvoir et la corruption minent la Grande île. Une centaine de doléances concernant des cas d’abus de pouvoir portant atteinte aux droits de l’homme sont entre les mains de la Commission, révèle sa présidente. L’absence d’effectivité de l’Etat de droit est à l’origine du manque de confiance des administrés envers les institutions étatiques, la justice et les forces de l’ordre. Une situation qui favorise les vindictes populaires.

Célébration du 70e anniversaire de la DUDH - « D’immenses travaux ont été accomplis mais une bonne partie du chemin reste à parcourir. De nombreux défis subsistent et des mesures urgentes s’imposent pour certains aspects des droits fondamentaux », souligne Patrice Talla, intérimaire de la coordinatrice résidente des Nations unies. La Grande île a signé la plupart des conventions internationales, elle a créé la CNIDH et le Haut conseil de la défense de l’Etat de droit (HCDDED) mais les mauvaises pratiques persistent et l’administration est pointée du doigt.

Clovis Razafimalala, militant écologiste soutenu notamment par Amnesty International, a reçu la médaille d’or du Prix des droits de l’homme 2018 décerné par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et un jury composé de membres du HCDDED, de la CNIDH, du ministère de la justice, du CRN, et de l’ONG Ilontsera. Le CRAAD-OI a reçu le 2ème prix.

Le CCI d’Ivato a abrité le forum Sécurité de l’IEM, l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar, fondée et présidée par Andry Rajoelina. Plusieurs experts nationaux et internationaux ont apporté leurs connaissances, expériences et savoir-faire. Au cours des travaux le général Yariv, ancien haut cadre de l’agence de renseignement israélienne, a partagé son expérience dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité, provoquant de vives protestations des proches du candidat Marc Ravalomanana et une condamnation gouvernementale. Pierre Holder, membre du Mapar d’Andry Rajoelina, a claqué la porte du conseil des ministres.

Trois miliaires ont été impliqués dans un trafic de munitions. Au total sept personnes ont été arrêtées.

De nombreuses attaques de dahalo ont encore été signalées, faisant des victimes tant parmi la population que parmi les forces de l’ordre. Des actions accompagnées parfois deprises d’otages.

21 suspects ont été arrêtés dans l’affaire du meurtre de trois policiers le 24 octobre à Ambodiazinina, parmi lesquels le chef des deux fokontany. 18 personnes ont été placées en détention préventive.

19 enlèvements ont été répertoriés en 2018, 22 victimes ont été kidnappées et libérées contre rançon, soit trois fois plus qu’en 2017. Une seule victime a pu être libérée avant remise de la rançon. Le phénomène tend à se généraliser et à ne plus être limité à la communauté indo-pakistanaise. L’ancienne cellule mixte censée lutter contre ce fléau a été mise en cause pour complicité de certains de ses membres avec des ravisseurs. L’action menée par les forces de l’ordre est parfois entravée par la crainte de révéler des compromissions avec des personnes haut placées et par les réticences des proches des victimes à collaborer.

Torture et traitements inhumains - Vers la poursuite des auteurs membres des forces de l'ordre. De nombreux acteurs, entre autres l'ACAT Madagascar, la CNIDH, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme et le ministère de la justice, ont proposé la révision de la loi de 2008 afin que ces crimes deviennent imprescriptibles. La CNIDH se verrait confiée les actions de prévention et de contrôle, par exemple en organisant des visites inopinées dans les prisons ou en assistant aux procès.

Un avocat s’est fait agresser par les gardes du corps du fils d'un général, directeur de la sécurité à la primature. L’Ordre des avocats a organisé un sit-in devant le tribunal de la capitale, à Anosy, pour prendre la défense de leur collègue. Les agresseurs ont été placés sous mandat de dépôt et le directeur de la sécurité de la primature a été limogé.

10 magistrats seront traduits devant le conseil de discipline pour manquement à l'éthique et à la déontologie, a fait savoir la ministre de la justice. Fanirisoa Ernaivo, ancienne présidente du SMM et candidate à la présidentielle, suspendue de ses fonctions, fait partie des magistrats appelés à comparaitre.

Les députés, par le biais d’une commission d’enquête ont entamé l’examen des dossiers relevant de la HCJ récemment installée. Ces dossiers concerneraient Marc Ravalomanana, Hery Rajaonarimampianina, Andry Rajoelina et l’ancien ministre de l’intérieur et de la décentralisation Mahafaly Olivier Solonandrasana. Pour que les dossiers soient transmis à la HCJ un vote à la majorité absolue est requis. Les observateurs ne sont aucune illusion quant à l’aboutissement de ces travaux : le mandat des députés arrive à son terme le 5 février et la procédure est particulièrement lourde et dissuasive.

La loi de 2017 renforçant les droits de la défense n’est pas appliquée. La ministre de la justice s’est entretenue de cette question avec une délégation de l’Ordre des avocats. Une séance de travail avec les responsables de la gendarmerie et de la police est prévue pour débattre de l’application et du respect de ces nouvelles dispositions.

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies s’est dit préoccupé par les délais de garde à vue qui peuvent être prolongés jusqu’à douze jours, et ce sur la base de critères insuffisamment définis. Il s’alarme des allégations selon lesquelles les personnes en détention rencontrent des difficultés pour disposer des services d’un avocat. Il exprime également son inquiétude quant aux informations selon lesquelles les plaignants ont la possibilité de contribuer aux frais de fonctionnement des officiers de police judiciaire afin d’accélérer la procédure d’enquête.

Le CFM a achevé l’examen de 26 demandes d’amnistie. Les dossiers sont transmis à la Cour suprême pour avis juridique. Selon la loi sur la réconciliation nationale, les auteurs, co-auteurs et complices des infractions liées aux évènements politiques de 2002 à la fin de la Transition en 2009, dont la motivation politique a été établie et après divulgation complète et publique des données détaillées les concernant, sont susceptibles de bénéficier d’une amnistie. Sont exclus les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, le génocide, les violations flagrantes des droits de l’homme et les atteintes aux libertés fondamentales. En outre, 1 300 demandes de réparation et d’indemnisation ont été reçues et sont à l’étude.

L’adoption de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites a de nouveau été ajournée. Les mises en garde de la ministre de la justice et du DG du Bianco ne sont pas parvenues à convaincre les élus de l’urgente nécessité d’adopter ce texte. Le projet de loi portant sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme a en revanche été adopté par la douzaine de députés présents en séance.

L’avortement doit-il être dépénalisé ? La question a été abordée lors d’un débat national initié par le ministère de la population, de la protection sociale et de la promotion de la femme. Un document de plaidoyer sera présenté au gouvernement afin que celui-ci puisse décider si Madagascar doit ratifier le protocole de Maputo qui autorise l’avortement médicalisé sous certaines conditions. La Grande île est l’un des 14 pays du continent à ne pas l’avoir encore adopté. Les avortements clandestins seraient la cause de 63 % des décès maternels.

Les femmes et les enfants, premières victimes des dahalo. Pour la première fois, une étude commandée par l’UNFPA montre l’étendue des violences commises sur les femmes et les fillettes par les voleurs de bétail. La prise en charge des femmes victimes de ces violences est inexistante. Des viols sont commis lors de prises d’otages mais l’omerta existante sur le sujet rend difficile l’appréhension du phénomène.

Journée mondiale de lutte contre le Sida : le taux de prévalence reste faible (0,3 %) mais on estime que moins de 10 % des personnes atteintes connaissent leur séropositivité. Le nombre de personnes contaminées est estimé à 35 000 et moins de 3 000 suivent un traitement. Le taux de dépistage de la population n’est que de 8 %.

Plus de 10 200 cas de rougeole ont été recensés, touchant 44 districts. Le taux de couverture vaccinale est faible et beaucoup de familles refusent de faire vacciner leurs enfants.

Plus de 65 cas de peste ont été recensés, 19 décès ont été enregistrés depuis le 1er août. Treize districts sont concernés.

Sécheresse dans le Sud : Le « Kere » menace de nouveau Beloha et Ampanihy Le gouvernement et ses partenaires humanitaires ont lancé un « Flash Appeal » multisectoriel d’un montant de 32,4 millions de dollars. L’appel cible 460.000 personnes en phase d’urgence.

« La campagne électorale polluée par des médias parfois partiaux », a titré RFI, notant que les journaux affichent des Unes tapageuses et des titres agressifs, voire injurieux. « La majorité des propriétaires des médias ont fait alliance avec l’un ou l’autre candidat. Difficile donc d’avoir accès à une information neutre dans le paysage médiatique actuel », observe la station. Rumeurs et partialité ont atteint des sommets jamais égalés. Le paysage médiatique est composé de plus de 70 titres de presse, stations de radio ou de TV. Près de 80 % auraient pris parti en faveur d’Andry Rajoelina, y compris le quotidien de référence, L’Express. Plusieurs grands quotidiens ont inséré dans leurs pages le journal de campagne d’Andry Rajoelina. L’association Liberty 32 a fait part de sa préoccupation quant au rôle joué par Facebook dans la campagne et le climat de haine qui l’a entourée.

Transparency International Madagascar (TI-IM) a lancé un réseau de journalistes d’investigation dénommé « Malina ». TI-IM propose aux journalistes malgaches des moyens matériels, un appui logistique et juridique, des formations et un accompagnement leur permettant de réaliser articles et reportages de qualité. Les articles réalisés sont mis en ligne.

Andry Rajoelina a déposé une plainte contre les directeurs de publication des journaux La Ligne de Mire, Le Citoyen, La Dépêche de Madagascar et Triatraqui sont accusés d’avoir colporté des informations qualifiées d’erronées une supposée convocation par le parquet financier français au sujet des biens mal acquis par l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, l’un de ses plus proches soutiens.

A la faveur de la campagne électorale qui a accaparé l’attention des autorités, l’AVG a noté une recrudescence des trafics illégaux de ressources naturelles et d’opérations d’accaparement de terres, générant rancunes et mécontentement au niveau des communautés locales.

Le navire « Flying », soupçonné d’être lié au trafic de bois de rose depuis 2015, a été observé dans les eaux malgaches au large de Maroantsetra durant la campagne du premier tour. Il s’est réfugié dans les eaux internationales suite aux opérations menées par la marine. D’après certaines sources, il attendrait le chargement de 100 tonnes de bois de rose à destination de Singapour. Le bâtiment a finalement pu être intercepté au large d’Antalaha puis remorqué sur le port de Toamasina. L’équipage n’aurait accepté de se rendre qu’à la demande de l’ambassade chinoise.

Economie bleue - La Banque mondiale a manifesté son inquiétude au sujet de l’accord signé entre l’association malgache AMDP et le Consortium chinois Taihe Century Investments en marge du 7e Forum sur la coopération sino-africaine. Le ministre des ressources halieutiques et de la pêche a affiché son opposition au projet. En pleine campagne présidentielle la controverse a pris une tournure politique. La proximité de l'AMDP avec l'ancien chef de l'Etat - cette association est dirigée par son conseiller spécial Hugues Ratsiferana - et la date de la signature, à la veille de la démission du chef de l’Etat, ont suscité nombre d’interrogations.

Signature d’un protocole d’accord entre EITI Madagascar et la Cour des comptes : l’une des quinze recommandations de l’EITI Madagascar pour que le pays puisse atteindre un niveau de progrès satisfaisant a été signée. Objectif : renforcer la fiabilité des données envoyées par les entités déclarantes ainsi que celle du rapport publié par l’EITI. De nombreux efforts restent cependant à accomplir afin d’atteindre le niveau de progrès permettant à la Grande île d’obtenir le statut de « pays conforme » aux normes EITI d’ici fin 2019.

La région Boeny produit chaque année 200.000 tonnes de charbon de bois. Une exploitation effrénée qui a décimé 300.000 ha de forêts dans la région, classée zone rouge en matière de déforestation. Des initiatives se multiplient pour réduire la pression croissante qui pèse sur les ressources forestières de la région.

Le projet de loi portant ratification de l’accord de financement sur la construction de centrales électriques hybrides photovoltaïques entre Madagascar et le gouvernement belge a été adopté. Le projet concerne 10 centrales pour un coût de près de 10 millions d’euros. Il resterait encore 45 centrales au fuel de la Jirama, coûteuses et polluantes, à transformer en hybride photovoltaïque.

Changement climatique - Lancement d’un nouveau programme de développement des filières agricoles inclusives, financé à hauteur de 250 millions de dollars. Il devrait toucher 1 600 000 bénéficiaires directs. Le programme, placé sous tutelle du ministère de l’agriculture et de l’élevage, est co-financé par le FIFA, l’Etat, la BAD, l’OPEP et le Fonds vert pour le climat.

Le Fonds koweitien pour le développement arabe a signé un accord de financement de 10 millions de dollars pour la construction d’un pont de 880 m sur le fleuve Mangoky. L’infrastructure, la plus longue du pays, permettra de relier la région du Sud-Ouest au Menabe. 1,5 million d’habitant bénéficieront de cette réalisation.

La BAD et ses partenaires (UE et divers fonds arabes) ont signé avec le gouvernement un accord de projet d’un montant de 156,8 millions de dollars portant sur l’aménagement d’axes routiers destinés à désenclaver les régions du Sud, notamment Toliara et Tolagnaro.

L’Allemagne finance trois conventions pour un montant total de 20,6 millions d’euros portant sur des projets touchant aux énergies renouvelables, la conservation et la gestion durable des parcs, réserves et aires protégées.

La COI estime que Madagascar pourrait devenir le grenier de la région Sud-Ouest de l’océan Indien. Dans cette optique, la Grande île a inauguré son Unité régionale pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, une structure du Programme régional de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PRESAN), fruit de la collaboration entre la COI et la FAO. En 2016, la Commission avait révélé que la valeur des importations de produits alimentaires par la région s’élevait à 2 milliards de dollars par an.

Madagascar est en 1ère position dans le Top 5 des pays de l’Afrique Sub-saharienne exportateurs de vêtements vers l’UE. La valeur de ses exportations se chiffrait à environ 350 millions de dollars en 2017.

1 170 entreprises ont été créées en 2018, principalement dans le secteur tertiaire. A défaut de politique d’investissement, les entrepreneurs se lancent dans le commerce et les services. Les activités relevant du e-commerce ont connu un boom sur les réseaux sociaux, renforçant encore un secteur informel hypertrophié qui échappe au contrôle de l’Etat.

Grève du personnel de Kraoma : non à l’alliance avec la société russe Ferrum Mining conclue au mois d’octobre. Depuis la signature du contrat les droits élémentaires des salariés ne seraient plus respectés et il serait question de licenciements massifs. La société civile demande aux autorités de faire preuve de transparence sur les conditions de ce partenariat.

Blanchiment de bovidés : de hauts responsables impliqués. Le chef d’Etat-Major de la gendarmerie nationale a expliqué que la demande de viande est forte tant au national qu’international. L’offre ne parvient pas à satisfaire la demande, d’où des vols à grande échelle, accompagnés d’un important trafic de fiches d’identification des animaux volés, permettant leur commercialisation.

La Jirama peine à trouver un équilibre opérationnel. La société d’Etat a accumulé 281 millions de dollars de dettes. Ses créanciers lui appliquent des taux d’intérêt exorbitants Un plan de restructuration de cette dette, en préparation, lui impose d’avancer un plan draconien de redressement financier. La situation de la Jirama continue de peser lourdement sur le budget de l’Etat. Un retard dans le déblocage de ces subventions a été à l’origine de la réapparition de délestages tournants.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • La campagne du 2e tour de la présidentielle
  • Le déroulement du 2e tour et l'élection d'Andry Rajoelina

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, condtions carcérales, gouvernance
  • Droits des enfants, droits des femmes, traite
  • Santé, insécurité alimentaire
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafics de bois de rose, économie bleue, exploitations minières, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2018

- Un peu plus de 1 000 partisans de Marc Ravalomanana se sont rassemblés dans le calme sur la place du 13-Mai, dans le centre de la capitale. 300 membres de forces de l’ordre étaient sur les lieux en début de journée et barraient l’accès à une partie de la place. Un barrage a finalement été levé une heure plus tard suite à une négociation, laissant les manifestants occuper les lieux. Marc Ravalomanana lui-même n’était pas présent mais ses proches, notamment des députés de son parti ou encore d’anciens candidats à la présidentielle qui l’ont soutenu pour le second tour étaient là. « Je suis responsable de ce que je dis. Il y a eu fraude massive dans tout Madagascar. Et vous, la CENI, vous êtes responsable de ce que vous avez fait. Vous avez menti au peuple malgache parce que c'est vous qui êtes les responsables de ces bulletins de vote irréguliers. Vous êtes des traitres et des voleurs ! On ne dit pas qu’il faut que notre candidat soit le vainqueur mais on dit simplement : donnez-nous la vérité », a lancé la députée Hanitra Razafimanantsoa. « Nous allons à nouveau nous rassembler jusqu'à ce que la vérité soit révélée. » Un nouveau rendez-vous a été fixé aux partisans du candidat le 2 janvier.

- 29 12 18 - Madagascar au bord d'une nouvelle crise post-électorale
Madagascar se retrouve à un nouveau tournant de son histoire, pour ne pas dire que le pays est au bord d’une nouvelle crise politique. Neuf ans après la terrible crise de 2009, ayant causé la chute du président Marc Ravalomanana, ce dernier entend revenir à la charge ce samedi. Certes, le contexte est différent, car il s’agit cette fois-ci d’une contestation des fraudes électorales massives lors du second tour de l’élection présidentielle du 19 décembre dernier. Néanmoins, il reste connexe à ladite crise, car le mouvement prévu ce jour oppose notamment cet ancien président de la République à son tombeur de l’époque, Andry Rajoelina qui mène également la course à la magistrature suprême.

<> 29 12 18 Seconde interpellation du mouvement ROHY sur le contexte politico-électoral
La plateforme Rohy, qui regroupe plus de 120 organisations de la société civile, dresse un premier bilan sévère du processus électoral.
Un gouvernement « dépourvu de neutralité », une campagne électorale « exécrable » où candidats rivaux se sont mutuellement dénigrés, des citoyens peu sensibilisés à l'élection, des fraudes... La liste des anomalies relevés par la société civile qui a déployé 7 000 observateurs dans les 22 régions est longue. La plateforme demande à la HCC de contrôler tous les résultats des bureaux de vote qui posent problème et de ne pas se contenter de vérifier les procès-verbaux, mais aussi des bulletins de vote. Elle appelle la Cour à saisir la justice pour poursuivre les auteurs d’infractions. L’organisation a constaté des fraudes et en a dressé la liste. Des observateurs ont notamment été témoins d’achats de vote avec de l’argent ou des biens matériels. Si Marc Ravalomanana a dénoncé des fraudes massives, elles ont été le fait des deux camps, tient à préciser Faraniaina Ramarosaona, l’une des responsables de l’organisation. Dans ce climat de contestation des résultats par Marc Ravalomanana, la société civile déclare : « Le candidat perdant doit accepter les résultats une fois que toutes les irrégularités, s'il y en a, auront été traitées de manière juste. »

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27 12 18 - Le Monde - L'ancien président Andry Rajoelina déclaré vainqueur
Selon les résultats provisoires de la CENI Andry Rajoelina remporte l‘élection présidentielle avec 55,66 % des suffrages exprimés.
Marc Ravalomanana a récolté 44,34 % des voix. Le taux de participation au second tour a baissé comparé au premier tour. Il est de 48,09 %. Les résultats provisoires restent à confirmer par la Haute Cour Constitutionnelle. Après cette confirmation s‘effectuera la passation entre le président de la République par intérim, Rivo Rakotovao, et le nouveau président. Selon la loi électorale la HCC dispose d‘un délai maximum de 9 jours pour procéder à la proclamation officielle des résultats définitifs, soit au plus tard le 5 janvier.
Le candidat Andry Rajoelina était présent à la cérémonie de proclamation à la CENI, contrairement au candidat Marc Ravalomanana. Quelques membres du gouvernement ont également répondu à l’invitation. En s'adressant aux deux candidats, Hery Rakotoarimanana a indiqué : « Vous êtes des leaders de ce pays. Les taux que vous avez obtenu sont tous respectables. Si vous aimez vraiment Madagascar, vous avez l'obligation de trouver un consensus pour les 24 millions de malgaches. Faites taire vos égos respectifs pour l'amour de nos compatriotes. Faites un geste pour que tout le monde puisse constater votre bonne foi. Il ne faut pas attendre que le pays tombe dans le chaos avant de réagir. Mais surtout, il n'est plus question de revivre une crise qui serait catastrophique pour le peuple malgache. »
Les partisans de Marc Ravalomanana prévoient de se rassembler sur le parvis de l'hôtel de ville le 29 décembre pour « manifester contre les résultats provisoires du second tour du scrutin présidentiel ».

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21/12 – Premiers échos du second tour de la présidentielle.
Les deux finalistes se sont déclarés devant leurs partisans convaincus de remporter la victoire, quelques heures à peine après la clôture du scrutin
. « Le changement arrive demain et, dès aujourd'hui, vous pouvez dire que 'Dada' est élu, a lancé Marc Ravalomanana à son quartier général. Quoi qu'il arrive, une seule chose compte, on va remporter la victoire ! » Son rival lui a emboîté le pas peu de temps après. « C'est le numéro 13 qui mène dans tout Madagascar, a asséné Andry Rajoelina. Je suis persuadé de remporter une victoire mais on va attendre les résultats officiels. » « Je suis un démocrate, j’accepterai quel que soit le verdict des urnes », a-t-il déclaré pour la première fois, après voir laissé planer le doute sur ses intentions. Marc Ravalomanana a souligné qu’il rejettera ces résultats s’il s’avère que, d’une part, les fausses cartes d’identité nationales qu’il déclare « avoir été imprimées massivement au sein de l’Imprimerie national » ont été utilisées et, d’autre part, que le ministère de l’intérieur a véritablement fait preuve de favoritisme envers son adversaire. Pour Midi, « cette déclaration de Marc Ravalomanana s’apparente à une préparation de l’opinion publique à un mouvement de contestation populaire ». Le risque d’une nouvelle crise nouvelle postélectorale ne serait pas à écarter. Le premier ministre, Christian Ntsay, a lancé un message à l’endroit des deux candidats pour leur signifier que « la déstabilisation ne procurera de bien à qui que ce soit ». Il déclare qu’il compte sur la dignité de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina et les sollicite à maîtriser leurs partisans.

Selon les résultats provisoires publiés par la CENI le 20 au soir, portant sur 20 % des bureaux de vote, Andry Rajoelina arrive largement en tête, avec plus de 54 % des voix. La participation serait de l'ordre de 47 % en forte baisse par rapport à celle du premier tour (54 %). Le vote blanc (7 % au 1er tour) pourrait progresser. « L’appel au vote blanc exprime le refus de choisir entre des hommes dont on connaît le passé et une lassitude générale à l’égard de politiques qui ne changent pas le quotidien », analyse Juvence Ramasy, maître de conférences à l’université de Toamasina. Les résultats provisoires de la CENI seront connus au plus tard le 29 décembre. Le nouveau Président de la République de devrait être connu officiellement le 9 janvier.

Le scrutin s’est déroulé d’une manière générale dans le calme et aucun dysfonctionnement majeur n’aurait été constaté dans le déroulement des opérations. Reste à fournir des éclaircissements sur l’usage qui aurait été fait de fausses cartes d’électeurs et de fausses cartes d’identité, rumeur répandue dans les jours précédant le scrutin. Un expert international recommande de procéder à une expertise scientifique des documents utilisés avant publication officielle des résultats.

Les membres du Groupe international de Soutien à Madagascar (GIS-M) ont appelé les deux candidats et leurs partisans à faire preuve d’esprit de responsabilité et d’engagement envers l’intérêt général de Madagascar et de son peuple, ainsi qu’à respecter en toutes circonstances les lois et règlements en vigueur et à s’abstenir de tout acte qui soit de nature à perturber le processus en cours ou à engendrer des troubles. Ils soulignent la responsabilité particulière des deux candidats et de leur entourage respectif par rapport aux réactions éventuelles des segments de la population qui soutiennent chacun d’entre eux et les mettent en garde contre toute incitation, par commission ou omission, a des actes susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes et des biens. Ils ont exhorté les deux candidats à respecter scrupuleusement les prérogatives de la CENI et de la HCC en matière de proclamation des résultats de l’élection et à s’en tenir exclusivement aux voies légales pour le règlement de tout contentieux ou toute contestation et ont appelé lesdits candidats à sensibiliser leurs partisans dans ce sens.

- 20 12 18 – France Culture - Présidentielle à Madagascar : une île prisonnière du jeu des élites ?
Même si les deux finalistes se disent certains de leur victoire, aucun ne conteste le scrutin : déjà un point acquis pour Madagascar, traversée par des crises post-électorales régulières depuis 1991. Ce duel entre anciens présidents fortunés peut-il aussi sortir le pays du sous-développement ? Intervenante : Christiane Rafidinarivo, professeure en science politique, université de la Réunion - chercheuse au CEVIPOF de Sciences Po - Présidente du Conseil scientifique de l’Institut d’Etudes Politiques de Madagascar.
https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/madagascar-election-presidentielle

-18 12 18 - Le Monde - Laurence Caramel - Second tour sous tension à Madagascar
L'ombre de la crise de 2009 n'a jamais cessé de planer sur la campagne qui s'achève. Le scrutin, qui se déroulera le 19 décembre, s'annonce serré. Les protagonistes ont été prévenus par les partenaires internationaux que toute infraction à la légalité sera sanctionnée.

<> 17 12 18 Le Monde -Laurence Caramel - Les nouveaux justiciers de Madagascar
Alors que les Malgaches s’apprêtent à voter pour départager Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina lors du second tour de l’élection présidentielle, l’insécurité s’est imposée comme un des principaux thèmes de la campagne. Le premier s’est engagé à l’« éradiquer dans les cent jours » qui suivront son accession au pouvoir. Le second promet des miracles grâce au déploiement de hautes technologies adaptées à la traque des criminels. En attendant, face aux carences de l’Etat, bien des Malgaches semblent avoir décidé de se faire justice eux-mêmes. Les vindictes populaires se multiplient. Dans les villes comme dans les campagnes les plus reculées, la colère des victimes de vols ou d’agressions tourne au désir de vengeance : suspects exécutés par la foule, brûlés vifs et parfois même extraits des tribunaux ou des centres détention avant d’être battus à mort, en dépit de la présence des forces de l’ordre, policiers, eux-mêmes pris à partie pour leur complicité, avérée ou supposée, avec les délinquants…Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, la justice populaire « représente un risque élevé pour la paix. Elle anéantit les individus, la société et l’Etat lui-même ». Mais dans certaines régions, la justice populaire offre un autre visage, celle des Dina, convention villageoise qui constitue la plus ancienne forme de contrat dans la société malgache et repose sur un pacte clair entre les membres de la communauté.

<> 15 12 18 - Amnesty International - Six femmes et leur combat pour la justice à Madagascar
À Madagascar, des gens languissent en détention pendant des mois dans l’attente de leur procès, sans en connaître la date. Quand Tamara Léger, spécialiste de Madagascar à Amnesty International, a croisé six femmes incarcérées pour un crime qu’elles n’avaient pas commis, elle a compris qu’elle devait agir. La situation de ces femmes vient de connaître un dénouement heureux.

13 12 18 - L'Expansion-L'Express - Les Chinois sèment la zizanie chez les pêcheurs de Madagascar
L'annonce en septembre de la conclusion d'un accord de pêche signé en marge d'un forum à Pékin entre des investisseurs chinois et une association privée malgache a mis le feu aux poudres. En pleine campagne pour la présidentielle des 7 novembre et 19 décembre, la controverse a pris une tournure très politique. Le texte de l'accord n'a pas été publié mais selon des indiscrétions, il s'agit d'un partenariat d'un montant global de 2,7 milliards de dollars qui prévoit notamment la livraison à des pêcheurs malgaches de 330 bateaux modernes et réfrigérés de 14 mètres. Ces bateaux doivent "remplacer les pirogues traditionnelles", assure l'Agence malgache de développement et de promotion des entreprises (AMDP), l'association de droit privé qui a négocié et conclu cet accord avec le consortium chinois Taihe. Ces bateaux, qui seront fournis gratuitement par les Chinois, sont censés permettre aux pêcheurs malgaches "d'augmenter leur capacité de production", explique un responsable de l'AMDP. Une partie des poissons pêchés sera vendue sur le marché local. Le "surplus" restera aux Chinois, poursuit-il. Les 330 bateaux doivent générer à terme 130.000 tonnes de poissons pêchés par an, selon l'AMDP. Un chiffre qui s'approche du niveau de production de pêche de Madagascar en 2017 (163.492 tonnes). L'AMDP reconnaît que "l'impact sur l'environnement reste à évaluer". Mais, tempère-t-elle immédiatement, l'accord prévoit "un projet d'aquaculture pour repeupler la faune maritime sur le littoral". Pas de quoi rassurer les ONG, "pas convaincues" que l'accord "présente de réelles opportunités économiques pour les pêcheurs" malgaches. La proximité de l'AMDP avec l'ancien chef de l'Etat - cette association est dirigée par son conseiller spécial Hugues Ratsiferana - et la date de la signature suscitent de nombreuses interrogations.

- 05 12 18 - Réforme - Reportage à Madagascar - Protestants de Madagascar, la tentation politique
« Présence protestante » diffuse le 16 décembre sur France 2 un reportage sur Madagascar, quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle. Le reportage de Jérémy Frey, « Protestants de Madagascar, la tentation politique », aborde un sujet sensible : quel est le poids des Églises et institutions protestantes dans le scrutin qui se déroulera le 19 décembre ? Il apporte des éclairages essentiels sur cette question dans le cadre de la visite que la délégation française protestante a rendue aux fédérations, la FJKM, luthéro-réformée, et la MRE, évangélique, au mois d’octobre. François Clavairoly, président, et Georges Michel, secrétaire général de la FPF, livrent leur analyse. Les représentants ecclésiaux locaux dépeignent ce qui se passe dans le pays, et parfois même dans leurs Églises. L’appartenance confessionnelle affichée des candidats, les consignes de vote données dans des assemblées, ou encore l’islam en expansion, accusé d’acheter des conversions de jeunes gens, sont ouvertement évoqués. Apparaît aussi le jeu trouble de candidats chrétiens, se présentant sous la bannière d’une Église, financés par les pétrodollars de la péninsule arabique ou de connivence avec le monde musulman.

<> 03 12 18 - GEC Europe - Madagascar, une démocratie contrefaite
Le premier tour de l’élection présidentielle la plus ouverte que Madagascar ait connu depuis ces dernières années vient d’avoir lieu. La phase préélectorale a été semée de coups de force dont des menaces contre le président en exercice et l’imposition d’un gouvernement d’union nationale reflétant la mainmise du candidat Rajoelina sur le Parlement et sur une bonne partie de la classe politique. Ce sont les faits les plus saillants de ce processus caractérisé par des manœuvres complexes dont des tentatives de report des dates arrêtées. Il faut rappeler de nouveau le substrat du processus électoral caractérisé par l’insertion de nouvelles factions criminelles dans la politique et dans les configurations partisanes héritières mal en point d’une IIIe République déchirée par des guerres civiles de faible intensité. Ce serait aussi sous-estimer le poids de l’armée et l’intrusion des puissances extérieures dans une épreuve qui marginalise les éventuelles alternatives aux rentiers du pillage des ressources naturelles de l’île. Tandis que l’élection présidentielle donnent à l’État une apparence démocratique, l’intervention des puissances étrangères joue un rôle prépondérant.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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