JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

26 août 2016

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2016

- 26 08 16 - CRAAD-OI & Collectif Tany - L'exploitation des terres rares est un piège dangereux
Madagascar fait partie des pays cibles pour les terres rares. Très peu de pays exploitent les gisements de ces 17 minerais stratégiques car les procédés d’extraction ont des effets désastreux pour l’environnement et la santé. C'est aussi une des raisons pour lesquelles la Chine, qui assurait encore récemment près de 95 % de la production mondiale, a décidé de réduire la production de terres rares sur son territoire. Des organisations de la société civile plaident pour qu'il n'y ait pas d'exploitation de terres rares à Madagascar, et alertent les responsables et les citoyens malgaches sur la base des résultats de recherches et de publications réalisées par des scientifiques, des ONG et des sociétés minières dans différents pays. À Madagascar, le projet d’exploitation est situé sur la péninsule d’Ampasindava (régions Diana et Sofia). La société Tantalus Rare Earth Malagasy (TREM) dispose d’une concession de 300 km2. Suite à la délivrance d’un permis de recherche en 2003, TREM s’est vu gratifié d’un permis environnemental pour la recherche dès les débuts de la Transition, en novembre 2009. Un permis d’exploitation obtenu en 2012 a fait l’objet de contestation auprès du Conseil des Nations unies aux droits de l’homme car il a été délivré par le régime un régime qui n’avait pas le droit de prendre des engagements à long terme.  Le permis d’exploration a été renouvelé en janvier 2015 pour 3 ans. La société a annoncé en février 2015 que des milliers de forages exploratoires effectués sur ont permis de découvrir que le gisement recèlerait 130 millions de tonnes d’argile latéritique contenant des oxydes de terres rares. « L’application du principe de précaution est d'une importance vitale, et aucun permis d’exploitation pilote ni permis environnemental ne doit être délivré pour ce projet de production de terres rares », conclut le communiqué après avoir présenté de manière détaillée les risques encourus.

<> 22 08 16 - SeFafi - Communiqué - Le pouvoir au service de qui ?
"Depuis 1960, Madagascar cherche son chemin. Tandis que d’autres pays, au profil comparable, accèdent à des niveaux de développement enviable, les conditions de vie dans la Grande Île ne cessent de se dégrader. Victime impuissante, la population n’a d’autre solution que de se révolter périodiquement contre une classe politique qui la paupérise et qui la méprise, sans jamais se remettre en question elle-même. Car ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui l’étaient déjà sous les régimes précédents, et ceux qui n’y sont plus ne songent qu’à reprendre leur place perdue…
Depuis 15 ans, l’Observatoire de la vie publique (SeFaFi) dénonce les dysfonctionnements et les aberrations de la gouvernance du pays. Mais les dirigeants successifs s’évertuent à ignorer les conseils et les mises en garde de la société civile. Au-delà des péripéties qui scandalisent les citoyens et ternissent l’image du pays au sein de la communauté internationale, la question demeure : pourquoi cet aveuglement et cette surdité des dirigeants successifs, et pourquoi leur incapacité à prendre la mesure du réel autant que les décisions qui s’imposent
?"

Le SeFaFi estime que face à la gravité de la situation, la solution n'est pas de revenir à une nouvelle transition ni de convoquer une nouvelle concertation nationale comme le suggèrent certains politiciens. Il souligne en revanche l'importance de faire le point sur la première moitié du mandat présidentiel ainsi que l'urgence de mettre en place la HCJ, le tribunal en charge de bois précieux, et un tribunal anti-corruption impartial, aux membres indépendants et totalement libres de mener leurs investigations.

<>
  13 08 16 - L'Express - Code de la communication - Gifle cinglante de la HCC aux journalistes
La HCC déclare que le code de la communication médiatisée est conforme à la Constitution
. Seul un article du texte a été retoqué par la HCC qui, dans sa décision, demande au législateur de « préciser » les éventuelles « conditions à l'exercice du droit à la liberté d'information ». La HCC indique que l’article 6 de la loi doit être mis en conformité à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et aux pratiques et instruments internationaux des droits de l’homme.  « Toutes les autres dispositions de la loi portant code de la communication médiatisée sont déclarées conformes à la Constitution et peuvent être promulguées », indique le texte publié. La HCC décide en outre que la loi modifiant et complétant certaines dispositions de la loi du 17 juillet 2014 sur la lutte contre la cybercriminalité est déclarée conforme à la Constitution. L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans les milieux journalistiques qui avaient placé tous leurs espoirs dans la possibilité pour la HCC d’ordonner une nouvelle délibération du Parlement ou du conseil des ministres. D’autres n’avaient pas hésité à soulever le passé professionnel du président de la HCC, Jean-Eric Rakotoarisoa, pour solliciter sa compréhension, voire sa sympathie.
La HCC « n'a tenu compte d'aucune de nos propositions concernant la nécessité de suivre les normes internationales », a déploré vendredi Lalatiana Rakotondrazafy, l'une des leaders de ce Mouvement pour la liberté d’expression.
Tribune écrit : « Il ne reste plus au chef de l’Etat que promulguer cette loi et la boucle est bouclée. La voie royale pour 2018 est ouverte, gare à ceux qui osent se mettre sur le chemin. Il sera ruiné et/ou emprisonné ! »

Voir aussi l'article de Midi : 13 08 16 - Midi - Code de la communication - La loi liberticide validée par la HCC

Le texte intégral des décisions de la HCC :
12 08 16 - HCC - Décision du 12 août 2016 relative à la loi portant Code de la communication médiatisée

12 28 16 - HCC - Décision du 12 août 2016 concernant la loi n° 2016 031 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi du 17 juillet 2014 sur la lutte contre la cybercriminalité

<>  13 08 16 - L'Express - Conférence épiscopale : "La nation est moribonde"
Les évêques catholiques estiment que le pays est en perdition. Les politiciens, dirigeants ou opposants, sont les coupables désignés
. En cause un cheminement qui tend à mener vers une rupture du lien social, à annihiler les valeurs et la culture malgache. Une situation favorisée par l’avidité, l’insécurité, la corruption, la mauvaise gouvernance politique et économique, la gabegie et, surtout, la pauvreté. « Madagascar est malade. Il y a même ceux qui affirment que la nation agonise », soutient le message, lu par son président, Mgr Fulgence Rabemahafaly, à la radio Don Bosco. « Cette situation chaotique est due aux pouvoirs successifs qui n’ont pas su tirer les leçons des maladresses de leurs prédécesseurs », affirme la Conférence, pointant du doigt le pouvoir en place qui, d’après elle, est incapable de proposer des solutions adéquates pour renverser la tendance délétère de la conjoncture. « Incompétents, inefficaces, enclins aux promesses creuses et aux mensonges, encourageant la violence », sont les mots utilisés par les évêques dans leur réprimande contre les gouvernants. Les failles dans l’éduction ont été particulièrement soulignées car, au même titre que la pauvreté, les évêques estiment que les lacunes et insuffisances dans ce domaine sont aussi l’une des causes du naufrage national. Outre l’insécurité chronique, le secteur de la santé (hôpitaux et les centres de santé) a également été fustigé : « au lieu d’être accueillis et traités comme des seigneurs, les malades sont refoulés », lancent-t-ils. La déclaration des évêques n’épargne pas non plus les opposants : « Leur objectif est de briguer le pouvoir, se partager des sièges et se remplir les poches. Souvent ce sont ceux qui ont tambouriné le changement qui, une fois, au pouvoir se taisent et ne font rien. Pour nous cela suffit. La gestion du pays ne se fait pas avec des palabres et nécessite un changement de comportement, une nouvelle vision et une culture politique animée par l’amour de la nation et une prise de responsabilité ». La Conférence épiscopale propose des solutions en sept points. Parmi elles, la prise de responsabilité des « nouvelles personnes vertueuses, conscientes qu’être au pouvoir c’est servir le pays et les citoyens, des personnes animées par le patriotisme, le souci de l’intérêt général, pour requinquer l’administration étatique et redonner de l’énergie à la population ». Outre le renouvellement de la classe politique et l’amélioration du système éducatif, les évêques recommandent aussi le respect par tous des lois et la responsabilisation, ainsi que l’implication du citoyen dans la vie étatique afin d’éviter que la population n’ait d’ultime recours que « la sédition », et pour qu’il s’imprègne progressivement de la culture de « l’alternance démocratique ».

Le texte intégral: 15 08 16 - Lakroa.mg - Message des évèques à la nation

 

-----------------------------------------------------

 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

--------------------------------------------------------

Posté par jumami à 07:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]


19 juillet 2016

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2016 (du 1er au 19)

pov 06 07 16La commission épiscopale « Justice et paix » dresse un sombre tableau de la situation. Elle suggère la tenue d’une table ronde entre dirigeants et administrés afin d’éviter un embrasement. Faisant référence à des faits d’actualité, la commission s’alarme de la situation sécuritaire, des dysfonctionnements de la justice et de la mauvaise gouvernance. Les attentats et les actes de banditisme à répétition, les actes de vindicte populaire, la contestation d’exploitations minières, la corruption chronique au sein de l’administration, ainsi que les débats sur les libertés individuelles constituent pour elle autant de motifs d’inquiétude qui font craindre le pire.

La CENI se fixe pour objectif l’amélioration et l’harmonisation du cadre juridique des élections, en vue de la présidentielle de 2018. Une plateforme de concertation est mise en place, avec la participation d’un groupe d’experts. Les textes amendés devront être soumis au Parlement à la session d’octobre. Parmi les objectifs, atteindre le chiffre de 10 millions d’électeurs inscrits sur la liste, le déficit étant actuellement estimé à 1,4 million. Les élections provinciales et régionales, qui avaient été annoncées pour le mois de juin 2016, devront se tenir en 2017, a annoncé le premier ministre à l’occasion d’un nouveau « dialogue politique » avec l’UE.

Pour la première fois depuis son retour d’exil en octobre 2014, Marc Ravalomanana a réuni ses partisans pour leur annoncer son intention de briguer un nouveau mandat en 2018 « ou même avant » ajoute-t-il, laissant entendre que le pouvoir risque de ne pas pouvoir aller au terme de son mandat. Selon des rumeurs insistantes, le pouvoir aurait l’intention de réviser la Constitution afin, notamment, de limiter à deux le nombre de mandats que pourrait accomplir un président de la République, disposition qui exclurait d’office Marc Ravalomanana et Didier Ratsiraka. Un projet de loi déposé à l’Assemblée nationale, visant à la création d’une Cour spéciale en matière de délinquance économique, financière et fiscale, chargée de statuer sur des infractions commises entre 2002 et la fin de la Transition, pourrait, selon certains analystes, avoir pour objet d’exclure de la compétition présidentielle de 2018 les deux protagonistes de la crise de 2009, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Les organisations de la société civile se sont déclarées opposées à la création de cette cour, qui viendrait en concurrence avec les Pôles anti-corruption (PAC), dont la création a été entérinée lors de la session ordinaire du Parlement et qui avait fait l’objet d’une large concertation. « Nous ne pouvons plus accepter le forcing du pouvoir pour faire adopter des textes favorisant la corruption qui est devenue institutionnalisée », lance la société civile. Les Eglises du FFKM se sont longuement entretenues avec le chef de l’Etat de ce projet de Cour spéciale, qui entre dans le cadre plus large de la relance du processus de réconciliation nationale et de la refonte du Conseil de réconciliation Malagasy (FFM).

Des entités et des personnalités politiques regroupées au sein du mouvement « Mitsangana ry Malagasy » [« levez-vous »] réclament le départ du chef de l’État. Le mouvement fédère 16 partis politiques dont les quatre entités membres de l’Armada (pro-Rajoelina) et des personnalités politiques de la Transition. Si certains parlent de « démission », d’autres n’hésitent pas à appeler à une « insurrection populaire » pour démettre Hery Rajaonarimampianina. Certains voient dans la situation présente, qualifiée de « délétère », des similitudes avec le contexte qui a précédé la « révolution Orange » et a conduit au renversement de Marc Ravalomanana.

L’enquête sur l’attentat du 26 juin au stade de Mahamasina n’a pas progressé. Les partisans d’Andry Rajoelina récusent les affirmations du pouvoir qui font porter la responsabilité cet acte sur l’opposition. Le leader étudiant Berija Ravelomanantsoa, que l’on dit proche du régime, s’est plaint de la perquisition opérée à son domicile. Avec son collègue Jean-Pierre Randrianamboarina, le leader étudiant victime de mauvais traitements par les forces de l’ordre à l’université d’Antananarivo en 2015, il aurait reçu pour mission, avant le 26 juin, de sillonner les bas quartiers pour exhorter la population (moyennant rétribution) à se rendre au défilé militaire. Dans une vidéo publiée sur YouTube, le sénateur Lylison, sous mandat d’arrêt depuis le 1er juin pour avoir incité la population de la capitale à une opération « ville morte », accuse le pouvoir de manipulation. Selon ses dires, « ce sont les dirigeants qui ont fomenté cette tuerie afin de ternir l’image de l’opposition ». Le domicile de Monja Roindefo, ancien premier ministre de la Transition, a été perquisitionné. Le président du Monima se demande s’il ne s’agit pas d’une mesure d’intimidation qui fait suite à des propos critiques tenus à l’encontre du pouvoir. Un cameraman de Viva (station pro-Rajoelina) a été convoqué par la gendarmerie dans le cadre de l’enquête. Un présumé lanceur de grenade a été placé en détention préventive mais aucun lien n’a pas pu être formellement établi avec les attentats de la fête de l’indépendance. Il en va de même pour dix personnes incarcérées pour détention d’explosifs.

Le sénateur Lylison, élu sous les couleurs du Mapar, reste introuvable depuis la perquisition menée à son domicile et la publication de mesure d’interdiction de sortie du territoire qui le frappe, alors que la Chambre haute siège en session extraordinaire et que son règlement intérieur prévoit l’obligation d’assiduité de ses membres. Le bureau permanent n’a pas encore tranché sur le fait de savoir le sénateur en fuite reste protégé par son immunité parlementaire.

NM 01 07 16L’adoption par le Sénat et l’Assemblée nationale du nouveau code de la communication, jugé liberticide, provoque une vive tension entre le pouvoir, les journalistes et la société civile. Prévu pour être adopté par l’Assemblé nationale en toute fin de session ordinaire, sans ménager le temps nécessaire à son examen, le vote a été ajourné. L’exécutif, pressé de faire adopter son texte, a convoqué dans la foulée une session extraordinaire. Les stations de radio privées se sont fortement mobilisées pour expliquer aux auditeurs le danger que représenterait le projet de loi s’il venait à être adopté, mettant en avant le fait que le texte présenté est très éloigné de celui qui avait été conçu dans la cadre de la concertation avec la profession et avec l’appui du Pnud. Les professionnels, bloggeurs et utilisateurs des réseaux sociaux déplorent en particulier que l’article 20 de la loi sur la cybercriminalité, adoptée en 2014 et qui a ait soulevé une levée de bouclier, n’ait pas été abrogé. Le Pnud n’a pas négligé ses efforts pour tenter de rétablir le dialogue entre les protagonistes mais l’exécutif et les députés n’ont pas répondu à son appel. Les journalistes, venus en délégation à la rencontre des élus à l’Assemblée, ont été refoulés. Le code a été adopté à l’unanimité moins une voix, après avoir pris en compte quelques propositions d’amendement contenues dans le mémorandum déposé par les journalistes. Les députés Mapar n’ont pas pris part au vote. Seule avancée notable : les élus ont accepté d’abroger les peines d’emprisonnement prévues par l’article 20 de la loi sur la cybercriminalité (tout en maintenant de fortes peines d’amende). Le code de la communication a été adopté en seconde lecture par le Sénat puis transmis en dernière lecture à l’Assemblée, où seuls 21 députés sur 151 siégeaient. Il a été définitivement adopté par 18 voix contre 3. Le texte devra enfin subir l’examen de constitutionnalité de la HCC, ce qui placera vraisemblablement son président, Jean-Eric Rakotoarisoa, ancien journaliste et professeur de droit public, dans une position inconfortable. La société civile et les professionnels de pressent de le rejeter.

la gazette 14 07Les journalistes et la société civileont reçu l’appui de RSF, de l’Union de la presse francophone (UPF), de la Fédération internationale des journalistes et du syndicat des journalistes de La Réunion. L’ambassadeur des États-Unis, Robert Yamate, s’est dit déçu du vote du code de la communication, sans qu’un dialogue ait pu s’instaurer. La 42ème session de l’Assemblée parlementaire francophone (APF) réunie à Antananarivo, a appelé les pays membres à « laisser aux journalistes le plus grand champ possible d’activités ». Les journalistes membres du « mouvement pour la liberté d'expression », accompagné de représentants de la société civile, ont tenté en vain d'effectuer une marche pacifique vers la stèle de l'Ordre des journalistes de Madagascar.au centre-ville de la capitale. La présence massive des forces de l’ordre au point de rassemblement les a contraints à renoncer. L’Assemblé nationale est désormais interdite aux médias.

La session extraordinaire de l'Assemblée s’est achevée sans que soient adoptés les projets de lois sur la Cour spéciale en matière de délinquance économique, financière et fiscale, la refonte du FFM. Après de vifs débats, l’ajournement a été adopté.  Une majorité dégagée pour refuser de voter à la hâte des textes qui pourraient être déterminants pour la liste des candidats à la présidentielle de 2018. Le groupe Mapar s’est fortement mobilisé pour s’opposer à ces projets qui pourraient menacer directement la candidature d’Andry Rajoelina.

Les Etats-Unis ont réitéré leurs exigences en matière de bonne gouvernance. « Le gouvernement est à pied d’œuvre pour redonner vie à l’économie et augmenter les investissements internationaux et locaux [mais] il doit mettre fin au fléau du trafic de ressources naturelles, éradiquer la corruption et garantir un accès équitable à l’appareil judiciaire », déclare l’ambassadeur Robert Yamate.

Antananarivo a accueilli la session de l’Assemblée des parlementaires francophones (APF). Ce premier rendez-vous international de 2016 a réuni quelques 300 participants. La capitale a été placée sous très haute surveillance. Des dispositions qui préfigurent celles qui seront prises pour le Sommet de la Francophonie du mois de novembre en vue d’assurer la sécurité des chefs d’Etat qui feront le déplacement. D’importants travaux ont été lancés pour la tenue de ce sommet, parmi lesquels la réhabilitation d’un hôtel cinq étoiles (à la charge de l’Etat malgache) et la construction d’une nouvelle route de 11 km reliant la capitale à l'aéroport international d'Ivato, un marché 43 millions d'euros confié à une entreprise chinoise.

Madagascar a apporté son soutien à la Chine dans le différend qui l’oppose aux Philippines et aux autres pays de la mer de Chine méridionale, ce dont s’est félicité le ministère chinois des affaires étrangères.

« La menace de l'islamisme radical inquiète les représentants des services de renseignements français et américains à Madagascar », affirme Jeune Afrique. À quelques mois du Sommet de la Francophonie, les autorités concernées se sont rencontrées à la mi-juin. Des rumeurs incontrôlables font état de la pénétration sur la Grande île d’individus susceptibles d’impliquer le pays dans des réseaux djihadistes. Certains indices attesteraient d’un phénomène de radicalisation en progression au sein de la communauté musulmane. Certains trafics d’or pourraient alimenter des réseaux islamistes extérieurs, écrit Matv.

Des « coupeurs de route » ont encore sévi sur plusieurs axes routiers. Des éléments des forces de l’ordre ont été victimes d’embuscades tendues par des bandes armées. La tension reste vive dans les régions productrices de vanille où sévissent des bandes de voleurs armés. Des cas de vindicte populaire ont encore été signalés et sont considérés par les observateurs comme le révélateur de la perte d’autorité de l’Etat. Une opération anti-dahalo a été lancée dans neuf régions classées « zone rouge ».

Neuf magistrats ont été convoqués devant le conseil de discipline du CSM. Deux d’entre eux ont été révoqués, le premier pour « partialité avérée » et suspicion de corruption, le second pour abandon de poste. Deux ont reçu un avertissement, deux ont été relaxés au bénéfice du doute. Outre les neuf magistrats convoqués, cinq autres ont reçu un blâme pour violation du code d’éthique et de déontologie ou « incompétence manifeste ».

Le conseil des ministres du 22 juin a pris le décret d’application de la loi organique du 3 février 2016 portant création de la « Chaîne spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose et/ou de bois d’ébène ». La composition de cette juridiction est contestée par certains députés et opérateurs et son indépendance mise en doute. Des opérateurs dénoncent en outre l’absence de juridiction d’appel.

900 acteurs du secteur du tourisme de huit régions s’engagent à lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants. Une déclaration qui fait suite à la campagne de sensibilisation menée par le ministère du tourisme, l’Office national du tourisme (ONMT), le BIT et l’Unicef. Un code de conduite pour la lutte contre l’Exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) et le Tourisme sexuel impliquant les enfants (TSIE) a été élaboré et commence à être mise en œuvre.

Un peu moins de trois mois avant la rentrée scolaire 2016-2017, le sous-financement du programme d’alimentation scolaire persiste, au risque de priver 150 000 élèves, d’un repas chaud et riche en micronutriment, au début de l’année scolaire.

Selon « Focus Development Association », le projet de loi sur le code de la nationalité n’apporte aucune solution à la discrimination des femmes. Le texte présente de nombreuses lacunes qui ont été pointées du doigt par l’UE lors du dernier « dialogue politique ». Pour L’Express, « le code de la nationalité évolue mais à pas de fourmi ». Le projet de loi n’a pas osé aller au-delà de la nationalité de filiation et il laisse entier le problème de l’apatridie. Le seul progrès consenti concerne le droit des femmes à transmettre automatiquement la nationalité malgache à leur progéniture. Pour le reste, la loi reste encore très discriminatoire, juge la société civile.

La Chambre des mines recommande l’ajournement de la révision du code minier en raison d’une conjoncture internationale défavorable à la modification du rapport entre les Etats et les compagnies minières. En l’état, les mines jouent déjà un rôle prépondérant dans l’économie de la Grande île, avec une participation au Pib estimée à 2,12 %, aux recettes fiscales à 14 % et aux exportations à 30 %. Près de 40 % des IDE sont dirigés vers le secteur minier. 1 700 nouvelles demandes de permis devront attendre la mise en application du nouveau code mais près de 3 300 demandes de cession et de transfert seraient en instance de régularisation. Pour le Club développement et éthique (CDE), une remise en ordre du secteur s’impose après les « dérives » qui se sont produites sous le régime de Transition.

pov 16 07Depuis plusieurs mois, des milliers d'habitants de Soamahamanina et d'Arivonimamo (région Itasy) expriment leur opposition au projet minier de l’entreprise chinoise Jiuxing qui a reçu un permis environnemental pour l'extraction d'or, zinc, fer, plomb et béryllium pour une durée de 40 ans. La population soupçonne l'existence de corruption et a déposé une plainte auprès du Bianco. Elle s'oppose notamment à la disparition de la forêt de tapia, une espèce endémique, qui fait partie d'une zone protégée. Le Collectif Tany a lancé une pétition en ligne pour dénoncer un « accaparement de terres ». La conférence des évêques catholiques a renouvelé son soutien à la population. Une marche de protestation pacifique a débouché sur une altercation avec les forces de l‘ordre qui ont fait usage de grenades lacrymogènes. Une délégation du ministère de la population s’est rendue à Soamahamanina pour tenter de concilier les points de vue. La tension entre les deux camps - exacerbée par des tentatives de récupération politique – reste très vive. L’entreprise Jiuxing Mines aurait décidé de suspendre pour le moment ses activités.

Ajourné à plusieurs reprises, le procès du bois de rose saisi à Singapour début 2014 est annoncé pour début août dans le ville-Etat. Plusieurs personnalités malgaches et étrangères pourraient être mises en cause et appelées à comparaître. La réouverture du procès concernant les 30 000 rondins de bois de rose saisis fait suite à la décision de la Cour suprême de ce pays, en janvier, d’annuler la décision rendue par son tribunal de première instance d’autoriser la restitution de ces bois à son acquéreur. L’État malagasy a engagé un avocat international dont plaider sa cause.

Le ministère de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène a besoin de deux milliards de dollars pour résoudre le problème d’alimentation en eau du Sud. « On a besoin de l’aide des partenaires techniques et financiers pour y remédier », explique le ministre, Roland Ravatomanga.

Le Japon renforce sa coopération avec Madagascar. Trois axes d’intervention ont été retenus avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) : le développement rural et agricole, le secteur social et le développement économique. Des engagements qui entrent dans le cadre de la promotion de la prochaine session de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (Ticad), qui se tiendra en août à Nairobi. La coopération chinoise se renforce. 200 millions de dollars seront débloqués pour réhabiliter le port de Manakara. Les travaux, qui devraient débuter en 2017, devraient permettre l’embarquement et l’exportation de plus de 150 000 tonnes de produits de rente et de 200 000 tonnes de produits miniers. Une délégation d’entrepreneurs chinois est en visite dans la Grande île pour confirmer sa volonté de partenariat dans le cadre du Forum économique Chine-Afrique. Une visite qui intervient en plein conflit avec la société minière chinoise Jiuxing Mines dans la région Itasy.

Pour décrocher le programme de Facilité élargie de crédit (FEC), les autorités ont dû s’engager à contre cœur auprès du FMI à augmenter les tarifs de l’électricité. Après avoir annoncé une augmentation au moment où la mission du FMI était encore au pays, le gouvernement a tenté de faire machine arrière aussitôt la mission terminée, décidant dans la foulée d’accorder de nouvelles subventions à la Jirama. La hausse a été finalement décidée (de 9 % pour les ménages à 15-20 % pour les entreprises).

Le couple Ravalomanana s’est rendu en France et en Allemagne pour la recherche de financements : l’ancien président pour la relance de son groupe Tiko, l’ancienne première dame pour la commune d’Antananarivo dont elle est maire. Lalao Ravalomanana a noué des contacts avec l’AFD pour son programme de réhabilitation de la capitale.

La France, 2ème fournisseur de Madagascar, voit sa part de marché se réduire (10,3 % contre 11,3 % en 2014), loin derrière la Chine (24,8 %). Cependant, la France demeure son premier client (15,2 % des exportations) mais se trouve talonné par les Etats-Unis. Les Chinois sont en première ligne en matière de création d’entreprises.

L’instabilité politique et le climat d’insécurité plombent le secteur du tourisme. Les opérateurs font face à une baisse sensible des réservations et à des annulations à l’entrée dans la haute saison.

Le rapport 2016 sur les technologies de l’information du World Economic Forum (WEF) place Madagascar à la 135ème place mondiale des pays qui intègrent le mieux les NTIC à leur développement économique et social. Dans le classement des pays africains, Madagascar est en queue de peloton. Maurice, la nation la plus avancée d’Afrique, est à la 49ème place.

Le syndicat des enseignants-chercheurs, le SECES, annonce une grève illimitée à partir du 28 juillet. Comme les années passées, des craintes se font jour sur le déroulement de l’année universitaire. Le syndicat des enseignants, le Sempama, a suspendu son mot d’ordre de grève pour garantir la tenue des examens.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Enquête sur l’attentat du 26 juin, « Actes de déstabilisation »
  • Travaux parlementaires, code de la communication
  • Diplomatie, préparation du Sommet de la Francophonie de novembre

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, vindicte populaire, kidnappings
  • Justice, réconciliation nationale, gouvernance,
  • Droits de l’enfant, droits des femmes
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, bois de rose, foncier, calamités
  • Coopération, Banque mondiale, FMI
  • Vie déconomique, climat social

>> Télécharger la revue de presse complère (1er au 19 juillet) pdf, 18 pages

>> Télécharger le résumé

Voir aussi Facebook https://www.facebook.com/jumami.madagascar

La revue de presse est interrompue pour congés du 20 juillet au 8 août 2016.

Posté par jumami à 08:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2016

- 19 07 16 - Tribune - Edito - Démocrature 2014-2018 : Hery veut faire le martial
Depuis quelques semaines, l’équipe Rajaonarimampianina tente ce que les politistes appellent « une restauration autoritaire »,
dont le vote précipité du code de la communication liberticide est une nouvelle étape. Il avait été précédé par le mandat de justice lancé sur des bases fallacieuses contre le colonel Lylison, même si ce dernier est loin d’être un enfant de chœur. Il a été suivi par la répression récente des protestations des villageois de Soamahanina,  paysans désarmés mais qui tentent courageusement de protéger l’exploitation de leurs terres contre une des nouvelles chinoiseries du régime Rajaonarimampianina. Comment comprendre par quelles voies tortueuses un pouvoir qui se prétend démocrate en est-il arrivé à ce terrain glissant des dérives autocratiques ?

<>  15 07 16 - Jeune Afrique - Dossier "Océan Indien : destins communs"
Océan Indien : je, tu, île… / Océan Indien : si lointain et si proche / Océan Indien : de la Commission à la Communauté / Océan Indien : point d’équilibre économique.
Malgré leur volonté d'avancer ensemble, les pays membres sont confrontés à de nombreux contentieux frontaliers qui empoisonnent leurs relations. Depuis le début de l’année, les manifestations se succèdent dans le centre d’Antananarivo. La cause ? Le rattachement de quatre des îles Éparses, réclamé depuis l’indépendance par Madagascar. Face à la mondialisation, les îles et archipels du Sud-Est africain souhaitent dépasser leurs différences pour s'unir,  sous la houlette de la Commission de l'océan Indien (COI), qui a fait de l'intégration régionale son objectif principal. "La diversité n’empêche pas l’unité", assure un responsable de la COI. Et vice versa. Obligée de compter avec les réalités géographiques et économiques diamétralement opposées de ses cinq pays membres, l’organisation n’hésite pas quand il le faut à utiliser la méthode Coué.

- 14 07 16 - Orange.mg - L'exploitation sexuelle des enfants demeure une vraie problématique pour Madagascar
Le phénomène d’Exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) et de tourisme sexuel impliquant des enfants (TSIE) prend de l’ampleur et il y a de nouvelles menaces. Le secteur du tourisme fait face à la prolifération de nouveaux acteurs, de nouveaux établissements, de nouveaux opérateurs informels qui s’estiment être hors de tout contrôle, ce qui aggrave la vulnérabilité des enfants. Alors que sur le plan international les touristes sont de plus en plus sensibilisés aux bonnes pratiques des établissements touristiques, cette prolifération du secteur informel qui exploite sexuellement les enfants ne peut que nuire à l’image de Madagascar.

- 13 07 16 - L'Express - Opinions - Sylvain Ranjalahy - Chasseur de plume
Les représentants de la société civile, ont tenté en vain d'effectuer une marche pacifique vers la stèle de l'Ordre des journalistes de Madagascar, au centre-ville de la capitale, à Analakely. La présence massive des forces de l’ordre au point de rassemblement d'Ankorondrano les a contraints à renoncer. La journaliste de Free FM et présidente du parti Freedom, Lalatiana Rakotondrazafy, a tenté de négocier avec le commandant du groupement de gendarmerie, le colonel Ravoavy mais celui-ci a rétorqué que la marche n’avait pas été autorisée. Les journalistes se sont repliés sur un gymnase et la population massée à proximité a été invitée à les rejoindre. Un groupe d'individus a été dispersé par des jets de gaz lacrymogène. La stèle de l'Ordre des journalistes a fait l’objet d’une protection rapprochée par les forces de l'ordre dirigées par le général Florens Rakotomahanina. Trois barrages ont été dressés sur le parcours prévu pour la marche. Les militaires ont pourchassé des manifestants. Les commerçants du centre-ville ont abaissé leur rideau par précaution. Tous les camps militaires ont été consignés. L’accès  à l’Assemblée nationale est désormais interdit aux journalistes. « Tout se traitera à huis-clos dans une institution où beaucoup de députés sont des délinquants fiscaux obligés de retourner leur veste sous la menace », écrit L’Express. Dans un communiqué, les leaders du mouvement ont fait savoir qu’ils projetaient d’autres rassemblements. Ils rappellent que la marche effectuée le 30 juin jusqu’à l’Assemblée nationale avait pu se tenir sans autorisation, simplement escortée par les forces de l’ordre. Ils réitèrent le caractère apolitique de leur mouvement, en dépit du fait, malencontreux, que des hommes politiques d’opposition ait jugé opportun, en plein bras de fer entre le pouvoir et la presse privée, d’exiger le départ du chef de l’État.

La secrétaire générale de la Francophonie, Michaelle Jean, venue clôturer les travaux de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, interrogée sur la situation, a répondu en termes diplomatiques : « Nous étions alertés de la réflexion autour de ce code de la communication. Nous avons vu comment ce texte a évolué. Ce projet évoluera. L’OIF sera là pour l’accompagnement ».

Le syndicat des journalistes de La Réunion (SNJ Réunion-océan Indien) demande au gouvernement français de prendre position et de s’adresser au gouvernement malagasy pour lui demander de ne pas appliquer ce texte.

<>  05 07 16 - DNews - Code de la communication Madagascar : l'intégral du projet de loi en discussion à l'Assemblée Nationale
Dans un souci de transparence démocratique et d’information des citoyens, DNews publie l’intégrale du texte dit Avant-projet de Loi portant Code de la communication. En tant que média libre et indépendant, DNews s’associer au désarroi exprimé par les journalistes à Madagascar et certaines personnes de la société civile sensibiliser par leur droit à la liberté d’expression.

Convocation d’une session extraordinaire du Parlement le 4 juillet, dans la foulée de la session qui vient de s’achever. A l'ordre du jour, le projet de loi portant code de la communication, dont le vote a été différé,

L’Express écrit : les autorités n’ont pas laissé les journalistes et les activistes de la liberté d’expression jubiler trop longtemps. Moins de 24 heures après la décision de l’Assemblée nationale d’ajourner l’adoption du projet de code de la communication, le conseil des ministres a convoqué une session extraordinaire qui sera notamment consacrée à l’examen et à l’adoption du projet de loi. Le gouvernement paraît ne vouloir donner aucune chance au dialogue et qui persiste à vouloir faire adopter sa version du projet. Le seul point sur lequel il semble avoir lâché du lest concerne l’abrogation, par une autre loi, de l’article 20 de la loi sur la lutte contre la cybercriminalité Le code de la communication n’est pas le seul texte avec lequel l’exécutif tente un forcing. Le projet de loi sur la Cour spéciale en matière de délinquance économique, fiscale et financière a également fait l’objet de nombreuses remarques de la part de la société civile, mais le gouvernement tentera de le faire passer en urgence durant la session extraordinaire. « Après plusieurs semaines d’inactivité en mai, suivies de quelques jours de course contre la montre, le Parlement se retrouve obligé par l’exécutif à adopter les yeux fermés quatre textes d’importance cruciale pour le pays et pour l’avenir de la démocratie », conclut L’Express. Midi note qu’« il aurait été plus logique et moins illégitime de laisser l’initiative aux députés conformément à la Constitution qui prévoit que ‘l’Assemblée nationale est réunie en session extraordinaire, sur un ordre du jour déterminé, soit à la demande du Premier ministre après consultation du président de l’Assemblée nationale, soit à la demande de la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale’ ».

02 07 16 - Collectif Tany - Sauver la terre et la forêt des paysans de Madagascar - Vonjeo ny tany sy ala
Le Collectif Tany lance une pétition en ligne pour dénoncer un accaparement de terres par la société chinoise Jiuxing Mines dans les localités de Soamahamanina et d'Arivonimamo
. Les organisations de la société civile à l’origine de cette initiative expriment leur solidarité et leur soutien à la population locale. Depuis plusieurs mois, des milliers d'habitants de Soamahamanina et des fokontany environnants expriment leur opposition au projet qui vient de recevoir un permis environnemental pour l'extraction d'or de la part de l'Office National pour l'Environnement (ONE) pour une durée de 40 ans. La majorité des habitants des sept fokontany impactés par le projet d'extraction minière soit n'a pas été consultée, soit a refusé le projet. La population soupçonne l'existence de corruption et a déposé une plainte auprès du Bianco. Elle s'oppose notamment à la disparition de la forêt de tapia, une espèce endémique, qui fait partie d'une zone protégée et dont dépendent les revenus des producteurs de soie, elle s'oppose également à la dégradation de son environnement. Tany note que la délivrance de permis environnementaux portant atteinte aux droits des populations et à leur l'environnement est devenue habituelle de la part de l’ONE, comme on a pu le constater lors de la délivrance d’un permis à la société Toliara Sands en vue de l'exploitation de l'ilménite à Toliara. Pétition : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Amoureux_de_la_nature_et_de_Madagascar_Sauvez_la_foret_naturelle_de_TAPIA_une_espece_endemique_de_MADAGASCAR/?agiOuab

- 01 07 16 - Le Monde - Arthur Bourgogne - Madagascar, l'île des oubliés de tous
26 Juin, jour de fête à Madagascar. On célèbre l’anniversaire de l’indépendance, obtenu de la France dans la douleur. On y chante l’amour du pays, de la terre sacrée des ancêtres, et les drapeaux s’affichent fièrement à tous les coins de rues et sur toutes les maisons. Mais dimanche dernier, cette 56e fête nationale a été ensanglantée par une attaque à la bombe qui a tué trois innocents. On oublie que c’est la jeunesse et donc l’avenir du pays qui ont été symboliquement touchés. On oublie que 90 % de la population vit en dessous du seuil d’extrême pauvreté. On oublie de dire que les Dahalo vont de village en village, pillant sans vergogne la seule richesse des hommes, le zébu. On oublie de dire que 31 personnes ont péri dans une attaque, lâche et barbare, d’un taxi-brousse. On oublie de dire que le gouvernement ne souhaite plus voir son image souillée par le procès du bois de rose à Singapour et que, en toute simplicité, les élites de ce pays refusent de s’impliquer. On oublie de dire que les mafias, étrangères et nationales, dirigent cette île. Depuis le coup d’Etat de 2009, les « événements » comme on choisit de dire ici, la population malagasy ne s’est jamais vraiment relevée.

 

-----------------------------------------------------

 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

--------------------------------------------------------

Posté par jumami à 07:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 juin 2016

REVUE DE PRESSE - JUIN 2016

pov 01 06 16Une demi-douzaine de partis d'opposition demande la tenue de présidentielles anticipées. Une élection présidentielle anticipée est une nécessité. Attendre 2018 serait « suicidaire pour le pays ». « Il faut déloger coûte que coûte » le pouvoir en place qui a échoué dans tous les domaines, s’accordent à exiger les opposants, sans parvenir encore à s’accorder sur la manière légale d’y parvenir. L’archevêque d’Antananarivo s’est rendu au Vatican dans un contexte national difficile. Depuis l’élection présidentielle, l’Eglise catholique n’a pas cessé de critiquer ouvertement la gestion de l’Etat. A l’occasion de la célébration du 40ème anniversaire du parti Arema, son fondateur, Didier Ratsiraka, a renvoyé dos à dos le pouvoir et les opposants, qu’il accuse d’être responsables de l’instabilité politique et de l’extrême pauvreté. Le projet de loi de finances rectificative 2016 se devait de prioriser « les dépenses à caractère social et ayant des impacts sur les couches vulnérables ». À la lecture du texte, les budgets des ministères concernés ont été revus à la baisse.

Selon un rapport de la société civile, plus de 25 % des électeurs potentiels ne sont pas encore inscrits sur la liste électorale.Plus de 2 millions de citoyens seraient ainsi privés de droit de vote. La CENI se fixe pour objectif, avec l’appui de l’UE, de combler ces lacunes et de procéder à la fiabilisation du processus électoral avant la présidentielle de 2018.

La communauté internationale ferait pression pour que les élections régionales et provinciales soient organisées en 2016. Cette consultation figurerait parmi les conditionnalités des bailleurs de fonds. Annoncées pour le mois de juin, le chef de l’Etat aurait annoncé son report sine die. Des députés ont déposé une proposition de loi pour exiger que ces élections se fassent au suffrage universel direct.

Alors que les greffiers ont repris le travail après près de 2 mois de grève, les magistrats ont menacé de se mettre en grève pour protester contre une vague d’affectations annoncée par le ministère de la justice. La tension sociale reste vive à Air Madagascar, au ministère de l’éducation nationale, aux douanes, ainsi que chez les enseignants de l’université de Toliara.

NM 02 06 16Après la perquisition de son domicile, un mandat d’arrêt lancé contre le sénateur Lylison, ex-codirecteur de la FIS durant la Transition. Il avait lancé le 24 mai un pour une opération « ville morte » dans la capitale. Le bureau permanent du Sénat affirme qu’aucune demande de levée d’immunité parlementaire ne lui a été transmise par le ministère de la justice à l’encontre du sénateur du Mapar. Depuis la perquisition, le colonel Lylison est introuvable mais dans une vidéo publiée par Sobika, il nie le flagrant délit motivant sa poursuite. il rend la procureure du tribunal de première instance d’Antananarivo responsable d’une décision qualifiée de politique. Un groupe d’avocats demande au pouvoir de fournir des éclaircissements sur le dossier. Le Mapar d’Andry Rajoelina dénonce « l’abus de pouvoir » des autorités. Le PDG du groupe Sodiat, Mamy Ravatomanga, également suspecté se soutenir des actes de déstabilisation, affirme ne faire l’objet d’aucun mandat d’arrêt et assure ne pas être en fuite.

Les responsables des forces armées ont appelé leurs subordonnés à ne pas céder au chant des sirènes politiques et à ne pas se compromettre dans des actions de déstabilisation. Des officiers proches d’Andry Rajoelina auraient été affectés en province. L’association des épouses de militaires proteste contre la mise en accusation d’officiers supérieurs pour leur implication supposée dans des actes de déstabilisation. Le pouvoir est accusé de vouloir semer le trouble et l’insécurité au sein des forces armées. « Ne vous laissez pas manipuler par les rumeurs semées dans les médias, audiovisuels et écrits », déclare le ministre de la défense à l’attention de la population.

Le chef de l’Etat et les membres du gouvernement multiplient les déplacements et tournées d’inauguration pour marteler ce message : « Sans apaisement et stabilité, point de développement ». Le pouvoira fait montre d’une grande fébrilité à l’approche de la célébration de la fête nationale du 26 juin. Des rumeurs font été de la préparation d’actes de déstabilisation fomentés par des anciens de la Transition et « un ancien chef de gouvernement ». Des mesures exceptionnelles de sécurité ont été prises et présentées à la presse.

pov 27 06Fête de l’indépendance du 26 juin : une bombe artisanale a explosé au stade de Mahamisana à Antananarivo lors du concert gratuit faisant suite au défilé militaire. Le bilan fait état de trois morts et de 90 blessés. Hery Rajaonarimampianina a rapidement évoqué une piste politique. Dans la matinée, un jet de grenade s’était produit dans le même quartier. Trois personnes ont été arrêtées. Très tôt dans la matinée, une grenade avait été lancée dans la cour du Sénat, faisant des dégâts matériels. Beaucoup d'interrogations subsistent sur l’origine de cet « acte criminel » volontaire et prémédité. Soupçonné d’être impliqué dans l’organisation de l’attentat du stade de Mahamasina, le domicile du leader étudiant Berija Ravelomanantsoa a été perquisitionné.

La mise en place de la HCJ est indéfiniment reportée. Le président de la HCC appelle le pouvoir à accélérer la mise en place de toutes les institutions prévues par la Constitution. Le Sénat a élu ses représentants dans les institutions dont la mise en place est prévue par la Loi fondamentale. Les observateurs notent que les jeux étaient faits d’avance afin d’assurer au régime le « noyautage » des institutions stratégiques.

Béatrice Atallah ministre des affaires étrangères a participé à la conférence de l’OIF à Paris dont le thème débattu était « Lutte contre le terrorisme et prévention de la radicalisation violente : vers une approche francophone intégrée ». Un sujet qui retient toute l’attention à quelques mois du Sommet de la Francophonie qui doit se tenir à Antananarivo. Les hommes du GIGN basés à La Réunion pourraient être appelés en renfort dans les îles voisines en cas de menace terroriste.

L’ambassadeur de l’UE confie que « des incertitudes et des doutes existent toujours » quant à la conjoncture malgache. Il indique que « les attentes » de la communauté internationale « ne sont qu’en partie réalisées ». Les dysfonctionnements de la justice sont une nouvelle fois pointés du doigt, ce qui favorise, dit-il,  le climat d’insécurité et la défiance vis-à-vis de l’Etat.

Les militants pour la rétrocession des îles Eparses maintiennent la pression. Ils exigent que la France engage le dialogue avec l’Etat malgache, en application de la résolution adoptée par les Nations unies en 1979.

L’Assemblée nationale presse le gouvernement à lui soumettre la ratification de neufs protocoles et conventions internationales. Une urgence à l’approche de la session de l’assemblée parlementaire francophone du mois de juillet et des Sommets du Comesa et de la Francophonie de la fin de l’année.

Le gouvernement annonce un début de reprise des autorisations de migrations de travailleurs. Les candidats devront suivre une formation et la sélection finale sera supervisée par le ministère de l’emploi. Les agences devront bénéficier d’un agrément. Les pays du Golfe, qui, n’ont pas ratifié les conventions internationales portant sur les migrations de travailleurs, ne sont pas encore concernés par ces dispositions, qui ne s’appliquent dans l’immédiat qu’à Hong Kong, aux Seychelles et à Maurice. L’annonce suscite l’inquiétude des associations, qui considèrent que Madagascar ne maîtrise toujours pas la situation. Les femmes malgaches vivant à Moroni sont victimes de mauvais traitements, selon l’ancien délégué des ressortissants malgaches au Comores.

Les dahalo qui sévissent dans la région Bongolava sont accusés de commettre des viols parmi les populations victimes de leurs incursions. Des pratiques répandues qui ne seraient pas dénoncées aux forces de l’ordre, suspectées de complicité avec les assaillants et  accusées de commettre elles-mêmes des exactions sur les populations.

La première Unité spéciale anti-dahalo a été installée par le chef de l’Etat dans ledistrict de Betroka. Elle sera dotée de deux drones et d’un hélicoptère, qui viendront en renfort du blindé déjà sur place. D’autres USAD viendront étoffer le dispositif. Selon le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, 2 000 attaques de dahalo ont été recensées en 5  ans et 39 gendarmes ont perdu la vie dans la traque de ces bandes armées. Face à la gravité de la situation et au constat d’impuissance de l’Etat, le député Guy Rivo Randrianarisoa a fait part de sa crainte qu’« au rythme actuel, les dahalo iront jusqu’à demander l’indépendance du Sud de Madagascar ». La question reste posée, y compris au sein des forces armées, de savoir si le phénomène peut être éradiqué par le seul usage de la force.

Arrosé de balles par une bande d’une soixantaine de dahalo, un car-brousse a basculé dans un ravin à 80 kilomètres d’Ankazoabo-Sud, faisant 32 morts. Les malfaiteurs venaient d’attaquer un 4×4 de l’armée, quelques heures plus tôt. Pour le chef de l’Etat, « les dahalo sont en train de lancer un défi contre les autorités de l’Etat ». Le numéro Un du Kung-fu encourage ses disciples de toutes les régions à soutenir les forces de l’ordre dans la lutte contre la recrudescence de l’insécurité.

Des actes de vindicte populaire ont à nouveau été signalés, tant en zone urbaine (Toamasina) que dans les secteurs victimes d‘attaques de dahalo. Les vols de vanille sur pied sont à l’origine d’un regain de tension sur la côte Nord-Est. Dans l’attente de l’ouverture de la campagne, les cueillettes précoces et les ventes au noir se généralisent. Les acheteurs clandestins font flamber les cours. Trois opérateurs économiques indo-pakistanais ont été la cible d’un enlèvement. Deux d’entre eux ont été libérés après règlement d’une rançon.

Les députés ne manquent pas une occasion de tacler le gouvernement sur la question de l’insécurité généralisée qui pourrait constituer l’un des enjeux majeurs de la prochaine présidentielle.

Le président du Club Développement et Etique s’alarme de l’emprise croissante de la corruption, du clientélisme et du népotisme. Le pays s’enfonce dans la paupérisation tandis que les richesses du pays tendent à se concentrer entre les mains d’une minorité d’oligarques, dénonce-t-il. La mauvaise gouvernance conduit à l’intensification du crime organisé.

Des « Pôles anti-corruption » (PAC) vont remplacer la « Chaîne pénale anti-corruption », dont l’inefficacité est dénoncée de longue date. Le projet de loi, soutenu par le Pnud, a pour objectif de donner à cette lutte une base légale solide. Implantés dans les six provinces, les PAC seront confiés à des magistrats spécialisés et dotées de moyens conséquents. Une annonce qui suscite le scepticisme de Tribune, qui ne croit pas que la magistrature malgache soit capable de relever le défi.

La faiblesse des recettes fiscales, pointée du doigt par le FMI, s’expliquerait en partie par les malversations commises par les services fiscaux en charge du contrôle des entreprises. Le ministre des finances entend mettre fin aux pratiques de racket dénoncées par leurs dirigeants. Des dizaines de faux diplômes ont été détectés à l’occasion de l’organisation du concours d’entrée dans les douanes, qui a vu affluer un nombre record de candidatures. La société civile demande des comptes au président de la République au sujet de la supposée location d’un avion qui a conduit une importante délégation présidentielle au sommet humanitaire d’Istanbul et à un forum économique à Singapour. Un homme d’affaires français, en négociation pour des contrats à Madagascar, affirme avoir proposé à Hery Rajaonarimampianina de le transporter gratuitement à bord de son Falcon.

Les membres du Comité d’experts en charge de la révision des textes sur le « Fampihavanana malagasy » jugent indispensable, compte tenu du climat de tension politique, de mettre en œuvre sans plus attendre le processus de réconciliation nationale. La présidence a élaboré un projet de loi en vue de la création d’une « Cour spéciale sur la délinquance en matière de délinquance économique, financière et fiscale » pour statuer sur les délits financiers non amnistiables entrant dans le cadre de la réconciliation nationale. Les personnalités traduites devant cette Cour le seraient à la suite d’une recommandation du « Conseil de réconciliation Malagasy » (FFM), dont la refonte est annoncée. Le Bianco s’est déclaré surpris par cette initiative de l’exécutif, qui entrerait en conflit avec le projet de création des « Pôles anti-corruption » (PAC), issu d’une large consultation et d’un appui des partenaires extérieurs. L’indépendance de cette Cour spéciale est mise en doute. Certains craignent qu’elle constitue l’instrument du pouvoir destiné à protéger les hautes personnalités et à s’acharner sur les opposants. « Un écran de fumée pour éviter l’installation de la HCJ », qui se fait toujours attendre, juge La Gazette. La société civile s’inquiète des conséquences négatives pour la lutte contre la corruption qu’aurait l’adoption du projet de loi portant création de cette Cour spéciale.

Le projet de loi sur la refonte du FFM suscite l’inquiétude. Il favoriserait la mainmise du président de la République sur cet organe constitutionnel. 12 de ses 18 membres, représentant les provinces, seraient sélectionnés par une « commission ad hoc » et ne seraient pas élus, contrairement aux membres des autres institutions de la IVème République. Ce mode de désignation favoriserait la mainmise du chef de l’Etat sur l’octroi de l’amnistie, ce qui lui permettrait d’évincer ses adversaires, notamment Marc Ravalomanana qui, faisant l’objet de condamnations judiciaires, ne pourrait se présenter à la présidentielle de 2018 sans être au préalable amnistié.

Pour faire face aux multiples fléaux que sont la maltraitance, les grossesses précoces, l’exploitation sexuelle des mineures à des fins commerciales, le travail des enfants, l’inceste, la malnutrition et bien d’autres formes d’abus et de violences commis à l’encontre des enfants, le ministère de la population, et ses partenaires misent sur la redynamisation du Réseau de protection de l’enfance composé de 765 structures présentes dans toutes les régions. Les violences sexuelles concerneraient 14 % des jeunes filles, une sur deux est mariée ou vit en concubinage avant l’âge de 18 ans, les grossesses précoces touchent une fille sur trois, 30 % des enfants de 5 à 14 ans travaillent et près de 12 % des enfants scolarisés exercent en parallèle une activité économique. La situation n’est pas meilleure chez les enfants de moins de 5 ans : près de la moitié d’entre eux souffrent de malnutrition chronique. L’inceste prend de l’ampleur, en raison principalement de la fragilisation de la structure familiale. 1 095 cas de fugue et de disparition d’enfants ont été recensés en 2015 et les mineurs sont de plus en plus exposés à de nouvelles formes de cybercriminalité.

Le ministre du travail s’est exprimé devant la Commission d’application des normes de l’OIT pour défendre les réalisations du pouvoir dans la lutte contre le travail et l’exploitation des enfants dans les mines et carrières, l’agriculture, les activités domestiques et l’exploitation des mineurs à des fins commerciales dans le domaine du tourisme sexuel.

Les femmes malgaches auront désormais le droit de transmettre leur nationalité à leur enfant. La ministre de la population soutient l’initiative de sa collègue de la justice visant à réformer le code de la nationalité. Le projet de loi abolissant cette discrimination doit être déposé à l’Assemblée. Jusqu’ici, l’enfant de la femme légitime d’un homme de nationalité étrangère ne pouvait acquérir la nationalité malgache.

Les Nations unies confirment la gravité de la crise alimentaire dans le Sud. Les huit districts qui se trouvent dans la zone structurellement aride subissent les effets d’El Nino. Un plan d’assistance d’une durée d’un an a été élaboré par les acteurs humanitaires mais les besoins de financement restent considérables et hors d’atteinte.

La bilharziose se répand à Madagascar. 107 des 114 districts sont atteints. 92 % de la population est exposée. La lutte contre cette « maladie négligée » figure parmi les priorités de la politique sanitaire nationale.

pov 16 06 16Le projet de code de la communication en discussion au Parlement n’a pas abrogé le très contesté article 20 de la loi sur la lutte contre la cybercriminalité adoptée en 2014, contrairement aux engagements qui avaient été pris par l’ancien gouvernement, à la suite du tollé que ce texte avait provoqué. Le projet de code, jugé liberticide par la profession, a été divulgué tardivement et adopté à la va-vite par le Sénat. Une centaine de journalistes et des membres du collectif « Wake Up Madagascar » ont manifesté devant l’Assemblée. RSF soutient que « certains articles [du projet de code de la communication] portent une grave atteinte à la liberté de la presse (…) et risquent d’entraver la profession plus qu’ils ne la protègent ». Le conseiller aux droits de l’homme des Nations unies déclare en marge d’un entretien avec le numéro Un de la Chambre basse : « Si l’esprit du texte de 2015 était axé sur la liberté et le consensus, à présent le texte devient un moyen de répression ». Le projet de loi portant code de la communication violerait également la Constitution en ce qu’il accorde le monopole de la couverture nationale aux chaînes publiques.

Facebook lance « Free Basics », un service permettant l’accès gratuit à un nombre limité de sites Internet sur téléphone mobile. Le but affiché est de donner aux plus pauvres un accès au Web. A Madagascar, le coût de la connexion est l’un des plus chers d’Afrique et seulement 4 % de la population a accès à Internet. Mais ce projet pose aussi des questions, relève RFI, car Facebook contrôlera toutes les données, ce qui va à l’encontre du principe de neutralité du net.

Attaqués en justice par le père des adolescents enlevés à Toamasina en novembre, trois journalistes ont été jugés pour avoir établi un lien entre le rapt et l’affaire de bois de rose exportés illégalement à Singapour. Ils ont été poursuivis pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles. Un journaliste de Matv a été condamné à un mois de prison avec sursis pour diffamation, à une amende et au versement de dommages et intérêts.

L’ambassade des Etats-Unis a hissé le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT visée par l’attentat islamiste d’Orlando. Un geste qui a provoqué de vives réactions sur sa page Facebook.. On y reproche aux Américains d’inculquer voire d’encourager cette orientation sexuelle. « Sujet tabou, l’homosexualité (…) existe bel et bien à Madagascar. Et bien que les lois ne sanctionnent pas explicitement cette orientation sexuelle, la société malgache la condamne dans la pratique. Bon nombre de Malgaches la considère comme une maladie. En matière de tolérance nous avons encore beaucoup de chemin à faire… », écrit Tribune.

Les régions Menabe et Melaky nouvelles cibles des trafiquants de bois précieux. Les ressources de ces régions sont aussi abondantes que celles du Nord et de l’Est et ne font pas l’objet de la même surveillance. Les bateaux partent de Morondava pour la Tanzanie avant de rejoindre Singapour ou l’Indonésie et atteindre la Chine.

pov 09 06 16Affaire de la cargaison de bois de rose saisie à Singapour : Madagascar refuserait de s’impliquer. Les autorités n’auraient plus l’intention de confirmer l’authenticité des documents ayant permis l’exportation des 30 000 rondins en 2014, pour une valeur estimée à 50 millions de dollars. Elles ne témoigneront pas dans le procès annoncé dans la ville-Etat. La justice singapourienne devra trancher seule entre les versions contradictoires présentées par les autorités malgaches.

Le conseil des ministres a adopté le décret portant application de la loi créant la « chaîne spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose et/ou bois d’ébène ». Madagascar devra présenter à la Cites d’ici le 8 juillet son rapport sur l'avancée des travaux pour mettre fin à la coupe et à l’exportation illicite de bois précieux. Un rapport sur le trafic de bois de rose, rédigé par deux experts mandatés par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) est attendu fin juin.

Les habitants de Soamahamanina (région Itasy) contestent un projet d’exploitation minière chinoise. Des expropriations, un contrat opaque et des suspicions de complicité d’autorités locales ont été à l’origine d’une vive tension. Les évêques catholiques ont apporté leur soutien à la population. Le vicaire général du diocèse d’Antananarivo soutient les paysans victimes de l’accaparement de leurs terres en plusieurs régions de la Grande île. Un collectif de la société civile apporte son soutien aux populations.

La vente de carbone commence à rapporter aux communautés locales vivant dans les aires protégées. Selon Conservation International, 50 % des revenus du carbone commercialisé reviennent d’ores et déjà aux communautés dans les zones de forêt, une manière de les encourager à préserver leur environnement.

Le gouvernement chinois a signé un accord pour le financement d’une autoroute à péage reliant Antananarivo à Toamasina. Ce projet entrant dans le cadre d’un partenariat public-privé (3P), est le fruit du Forum de coopération Chine-Afrique qui s’est tenu à Johannesburg en décembre.

Seconde consultation nationale sur l’intégration des ODD dans le PND. Organisée à l’initiative du Pnud, l’opération consiste en une « appropriation » des ODD afin de définir les priorités et d’évaluer les ressources à mettre à disposition. Conscient que l’aide internationale ne permettra pas l’atteinte des objectifs, le ministre insiste sur l’augmentation des ressources internes, qui ne se limitent pas aux richesses naturelles, dont il suggère la diversification de l’exploitation. L’accent est mis sur la valorisation du capital humain de la Grande île.

la gazette 15 06 16Fin de mission du FMI : accord de principe pour le déblocage, au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), de 310 millions de dollars jusqu’en 2019, sous conditions suspensives. Dans le cadre du programme de référence mis en œuvre entre septembre 2015 et mars 2016, la mission se dit satisfaite des progrès accomplis mais le pays reste sous haute surveillance. Les 310 millions de dollars seront décaissés tous les semestres pendant trois ans et chaque décaissement sera précédé d’une évaluation.

Tentative de redémarrage du groupe Tiko : le litige entre le groupe de Marc Ravalomanana  et la CCIA au sujet des terrains du Magro d’Ankorondrano est dans l’impasse. Dans l’attente, les responsables s’activent pour la réouverture des autres établissements pillés durant la crise de 2009. Une première inauguration a eu lieu dans la capitale, à Behoririka.

Madagascar devient l’une des destinations majeures des centres d’appel. L’avènement des infrastructures télécom aux normes internationales incite les leaders du secteur à installer leurs plateformes à Antananarivo qui jouit d’importants avantages comparatifs. Les offres d’emploi inondent le marché.

Air Madagascar est sortie de la liste noire de l’UE après cinq ans d'interdiction de  desserte en Europe avec ses propres appareils. Une décision exploitée politiquement par le pouvoir à quelques mois du Sommet de la Francophonie. Le processus de redressement de la compagnie se poursuit. Des investisseurs étrangers seraient prêts à prendre une participation dans son capital mais son monopole sur les lignes intérieures est battu en brèche. Plusieurs compagnie étrangères annoncent  leur arrivée dans le ciel malgache et Madagasikara Airways, soutenue par des proches du pouvoir, poursuit son implantation.

Le groupement des entreprises franches et partenaires veut doubler le nombre d’emplois dans l’industrie textile d’ici 2020. Il compte sur le retour de la Grande île parmi les bénéficiaires de l’Agoa pour atteindre cet objectif.

La création d’entreprise redémarre. Les chiffres connaissent une progression constante et la proportion de sociétés de droit malgache se redresse. Malgré ces signaux encourageants les investisseurs demeurent réticents en raison du climat des affaires et des incertitudes politiques persistantes.

Le fisc s’attaque aux informels. L’administration entend œuvrer à la hausse du taux de pression fiscale, dont la faiblesse est pointée du doigt par le FMI. Madagascar figure parmi les pays africains qui présentent l’un des plus faibles taux de recouvrement des impôts.

L’énorme déficit financier de la Jirama continuera à être comblé par des subventions d’Etat. Le premier ministre avait pourtant annoncé peu avant aux élus que la Jirama et Air Madagascar devraient désormais se passer de subventions publiques, en application des recommandations du FMI.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique, climat social et « tentatives de déstabilisation »

            Mouvements revendicatifs
            « Actes de déstabilisation », attentat à Antananarivo

  • Parlement, mise en place des institutions de la IVème République
  • Diplomatie, préparation du Sommet de la Francophonie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Traite de personnes, expatriation de main d’œuvre
  • Insécurité, vindicte populaire, kidnappings
  • Justice, condition carcérale, gouvernance, réconciliation nationale
  • Education, enfance, crise alimentaire, santé
  • Code de la communication, liberté d’expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, bois de rose, foncier, calamités
  • Coopération, ODD, FMI
  • Tentative de redémarrage du groupe Tiko
  • Vie des entreprises, divers

>> Télécharger la revue de presse complète pdf, 28 pages

>> Télécharger le résumé

Voir aussi Facebook https://www.facebook.com/jumami.madagascar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par jumami à 07:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

ARTICLES REMARQUES - JUIN 2016

<>  30 06 16 - L'Express - Code de la communication - Le glas sonne pour la presse et la démocratie
"Jour fatidique demain pour l’avenir de la presse et de la liberté d’expression, base de la démocratie. Le nouveau code de la communication passera à l’Assemblée nationale pour adoption. Il a été déjà validé par le Sénat malgré les réserves et les contestations du monde du journalisme étant donné que le texte adopté est celui qui a fait l’objet de plusieurs ateliers initiés par le Pnud. Les journalistes tenteront un dernier baroud d’honneur ce jour en organisant une marche vers Tsimbazaza pour tenter de faire comprendre aux députés les dangers de ce code. Plusieurs articles de ce code cherchent purement et simplement à exterminer la presse, du moins une certaine catégorie de presse : celle qui ose dénoncer, interpeller, relater les faits rien que les faits. Mais comme il n’y a que la vérité qui blesse, l’Etat a cherché tous les moyens pour museler, pour bâillonner voire anéantir les titres, les stations qui gênent".

Memorandum des professionnels des médias - Pour une amélioration du code de la communication

- 25 06 16 - Déclaration des OSC sur le permis environnemental accordé à la société chinoise Jiuxing
Les habitants de Soamahamanina (région Itasy) contestent un projet d’exploitation minière chinoise. Des expropriations, un contrat opaque et des suspicions de complicité d’autorités locales exacerbent la situation. La commune est au bord du soulèvement. La société chinoise Jiuxing a obtenu une autorisation d’exploitation émanant du Bureau des cadastres miniers de Madagascar (BCMM) le 5 novembre, après la cession du permis de la société Tanety Lava. L’exploitant est autorisé à rechercher or, argent, fer, plomb, zinc et béryllium pour une durée de 40 ans. Le principal objet de contestation est l’expropriation de paysans. Des tombeaux seraient aussi compris dans la zone d’exploitation de la société et risquent d’être rasés. Une forêt de tapia (écosystème endémique) est menacée, ce qui pourrait rendre contestable le permis environnemental du projet. Le maire a été placé devant le fait accompli. Le site est strictement gardé par la gendarmerie et la dizaine de Chinois qui l’occupe refuse tout contact avec la presse. Aucun employé malgache n’a été aperçu sur le site, ce qui laisse penser qu’il n’y aura aucune retombée de cette exploitation en termes d’emploi pour les populations locales. Les habitants de Soamahamanina ont bloqué momentanément la route nationale, avec les encouragements de Mgr Randrianarisoa, évêque de Miarinarivo. Deux évêques, accompagnés de membres de l’association chrétienne « Justice et Paix » se sont rendus dans le village pour soutenir la population. Des photographes sont parvenus à pénétrer sur le site mais ont été expulsés par les gardiens chinois. Malgré les manifestations, la compagnie a inauguré ses premières infrastructures. Elle continue à se prévaloir de la légalité qu’elle affirme avoir respectée et qu’elle promet d’observer. Pour régler le litige qui oppose la population à la société, un comité des sages a été mis en place.

- 21 06 16 - Irin news - Sécheresse et changement climatique - Madagascar, "Une crise perdue dans l'océan"
Le Sud de Madagascar, enclin à la sécheresse, est de nouveau cette année aux prises avec une crise alimentaire. La violence inhabituelle du phénomène El Niño se traduit par une absence de pluie. Les prix ont flambé sur les marchés locaux, laissant plus de 665 000 personnes dans un besoin urgent d'aide alimentaire. La Grande île est l'un des pays du monde les plus exposés aux catastrophes naturelles. Les régions semi-arides de l'extrême sud - Androy, Anosy et Atsimo Andrefana - sont confrontées à de nouvelles crises chaque année. La manifestation récente du phénomène El Niño n'a fait qu'aggraver une situation déjà critique.

- 21 06 16 - Tribune - Code de communication, "Code de répression"
Seul moyen pour les journalistes pour ne pas finir en prison et/ou complètement ruinés : chanter les louanges des tenants du pouvoir, des institutions et tout ce qui représentent l’Etat, jour et nuit et toute l’année. Car d’après le nouveau code de communication, tout ce que fait le journaliste est passible de sanctions.

- 18 06 16 - L'Express - Edito - Sylvain Ranjalahy - Assas...senat
Comme il fallait s’y attendre, le Sénat a adopté les yeux bandés le code de communication. Aucun débat n’a eu lieu malgré les récriminations du monde de la presse et de l’opinion. Le projet n’a pas abrogé l’article 20 de la loi sur la lutte contre la cybercriminalité.

Le nouveau code de la communication en examen punit de 2 à 5 ans d’emprisonnement toute personne coupable de diffamation des agents et fonctionnaires de l’Etat sur Internet. Dans une première mouture de ce texte, il était prévu de supprimer ces peines mais les sénateurs ont finalement réintroduit et adopté l'article 20, objet de la controverse. Il sanctionne les injures et diffamations des peines d’emprisonnement jugées lourdes par les syndicalistes qui trouvent le texte « liberticide ».  Dans cette loi sur la cybercriminalité, les syndicalistes s’attaquent également aux amendes. Des amendes qui vont jusqu’à 100 millions d’Ariary soit plus de 30 000 dollars. Le projet de loi retourné sur la table des députés est fortement contesté par la presse. En 2014, cette loi sur la cybercriminalité avait causé l’emprisonnement de deux journalistes jugés coupables de diffamation des membres du gouvernement. Les syndicats qui avaient manifesté à l’époque contre une certaine injustice s’étaient entendu dire que le texte venait d’être adopté à l’Assemblée nationale. « Nous ne faisons pas ce combat uniquement pour les journalistes car n’importe quel utilisateur de réseaux sociaux, tout le monde peut tomber sous le coup de cet article 20 » a soutenu Lalatiana Rakotondrazafy, secrétaire générale du syndicat des journalistes de Madagascar.
Outre deux articles amendés, l’un des faits marquant du débat à la Chambre haute a été l’insistance de quelques sénateurs favorables à la réintroduction des peines de prison pour les délits de presse, notamment la diffamation, faisant valoir qu’il y va de leur image, de leur honneur et du respect de la vie privée. « Le code pénal prévoit que la diffamation et l’injure sont passibles de peine d’emprisonnement. Pourquoi les journalistes en seraient-ils exemptés ? », argumentent-ils. Andrianjato Vonison Razafindambo, ministre de la communication, a répliqué en affirmant que le texte présenté n’instaure pas l’impunité pour les journalistes, qui peuvent être jugés sur la base des textes de droit commun, un principe inscrit dans les traités internationaux signés par Madagascar. « Le journaliste s’abstient de porter toute atteinte à la vie privée des personnes, même lorsque ces personnes assument des fonctions ou un rôle politique. Toutefois, lorsque l’intérêt public le justifie, le journaliste peut révéler des informations lorsque celles-ci compromettent la morale publique et/ou constituent une menace pour la santé publique », prévoit le code adopté. Plusieurs sénateurs ont demandé au ministère de la communication de trouver un moyen pour « maitriser » les publications sur Facebook, accusé de publier des post injurieux. Le débat à la Chambre haute a passé sous silence l’alignement de la loi sur la cybercriminalité et le code pénal avec le code de la communication médiatisée.

Une centaine de journalistes et des membres du collectif citoyen « Wake Up Madagascar » ont manifesté devant l’Assemblée nationale. Plusieurs avaient scotché leur bouche pour protester contre les textes en discussion, qualifiés de « liberticides ». Ils ont plaidé auprès des députés la réinsertion dans le code d’une disposition abrogeant l’article 20 de la loi sur la cybercriminalité adoptée en 2014. La presse menace de ne plus rendre compte des travaux des assemblées si elle n’obtient pas satisfaction. Tananews ironise sur le fait que les sénateurs n’ont disposé que de quelques heures pour prendre connaissance d’un projet de loi d’une centaine de pages.

Le conseiller aux droits de l’homme des Nations unies, Omer Kalameu, déclare en marge d’un entretien avec le numéro un de la Chambre basse : « Si l’esprit du texte de 2015 était axé sur la liberté et le consensus, à présent le texte devient un moyen de répression ». Il propose donc que le texte soit rectifié afin que son esprit initial soit rétabli, soulignant que la liberté de la presse est le baromètre de la démocratie.

Le Groupement des éditeurs de presse d’information et du multimédia de Madagascar (GEPIMM) soutient ces revendications et pointe aussi du doigt la composition de l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée (ANRCM). Composé de 11 membres, il ne comprendrait que trois représentants des organes de presse privée et un unique représentant l’Ordre des journalistes de Madagascar. Le GEPIMM lance un appel à la communauté internationale.

L’Express conclut : « Il ne reste plus que quelques semaines de liberté pour les journalistes avant que la guillotine ne tombe. On est en train de vivre les derniers moments de liberté de ton, du droit à la dérision, de l’usage du sarcasme. Les jeux de mots, les caricatures, les montages photos ou les photos journalistiques risquent de coûter très cher à leurs auteurs dès que les autorités y subodorent un relent de ‘déstabilisation’ ».

- 15 06 16 - etropic.com - Madagascar : nouvelle base arrière du terrorisme ? France et Etats-Unis s'inquiètent
En plein océan Indien, loin de l’Europe et des Etats-Unis, ancrée face à l’Afrique de l’Est, Madagascar - qui a déjà du mal à faire venir les touristes chez elle - reçoit de plein fouet une gifle dont elle se serait bien passée : faire partie de la liste des pays considérés comme refuges de terroristes.

- 09 06 16 - Midi - Albain Rabemananjara, président du Club Développement et Etique : "La corruption, le clientèlisme et le népotisme sont rois"
La situation politique se détériore et il règne sur Madagascar une atmosphère lourde qu’il faut absolument décrisper.
Il y a lieu alors de lancer des signaux forts en faveur d’une réconciliation réelle entre Malgaches et d’en finir à ces débats stériles qui freinent la relance économique. Le pays s’enfonce dans la paupérisation. Le pouvoir affiche des indicateurs de développement alarmants. La corruption prend de l’ampleur et se généralise, jusqu’à gangréner  les services publics déjà de piètre qualité. Les richesses du pays tendent à se concentrer entre les mains d’une minorité d’oligarques et de nouveaux riches proches du pouvoir. Ce phénomène de concentration a pour moteur la corruption. La mauvaise gouvernance, qui n’est plus un simple fait d’actualité, porte aussi atteinte au service de sécurité, qui conduit à l’intensification des crimes organisés, aussi bien en ville que dans les zones reculées. La logique qui prévaut au sommet de l’Etat, c’est de se servir tant qu’on est en place et  profiter du système.

 

 

-----------------------------------------------------

 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

--------------------------------------------------------

Posté par jumami à 07:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]