JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

17 mai 2015

ARTICLES REMARQUES - MAI 2015

- 17 05 15 - Genders Links - La méconnaissance des lois par les femmes malgaches favorise les violations à leur encontre
Malgré la ratification par Madagascar de plusieurs lois sur les droits humains, de nombreuses femmes ignorent encore ces instruments juridiques et sont incapables de prendre leur place dans la société. Cette méconnaissance fait qu'elles soient des victimes passives de violence basée sur le genre. Les différents gouvernements malgaches qui se sont succédé à la tête du pays depuis 2008 ont tendance à oublier que Madagascar est non seulement signataire du Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement mais qu'il l'a aussi ratifié. En attendant, les lois continuent à être bafouées et les femmes à être abusées.

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15 05 15 - Conférence des évêques catholique de Madagascar - Communiqué
Dans une déclaration publiée à l’issue de leurs travaux, les évêques chargent le régime et dénoncent les maux qui frappent la société,
en mettant notamment l‘accent sur la corruption, diverses formes de discriminations politiques ou ethniques et l’exploitation sans frein des richesses minières du pays.

- 11 05 15 - TV5 Monde - Lutter contre la prostitution de mineures à Madagascar
A Madagascar, le cliché du gros touriste blanc avec une petite Malgache est tenace. Une réalité visible dans les régions touristiques qui cache une situation bien plus complexe. Dans ce pays où 44% de la population a moins de 15 ans, la pauvreté, la précarité des services publics et une discrimination bien ancrée dans les mœurs font des jeunes mineures une population particulièrement vulnérable. Depuis 10 ans, l’ONG ECPAT tente de lutter contre ce fléau. Reportage.

- 08 05 15 - Midi Madagasikara - Travailleurs migrants - Une vague de 300 personnes s'apprêtent à partir en_Arabie Saoudite
« C’est pour y trouver du travail stable et rentable en fonction de leur compétence et leurs diplômes », selon les explications d’Omar Camille Mektoub, directeur administratif d’une société dénommée Labaïcka qui serait la filiale d’une grande compagnie, la Saudi Manpower Solutions Company. Le départ de ces migrants est prévu le 23 mai, pour des contrats de deux ans renouvelables. La société affirme que les formalités ont été accomplies et que l’Etat malgache a accordé une dérogation pour cette opération qui s’adresse à des travailleurs des deux sexes possédant un certain niveau de qualification. Elle se défend d‘être une agence de placement. Les informations véhiculées dans les médias concernant les trafics de personnes en Arabie Saoudite ne sont que « diabolisation de la situation des travailleurs malgaches dans ce pays », affirme Omar Camille Mektoub, qui tente de rassurer en déclarant : « Le ministre de la fonction publique, du travail, et des lois sociales, Maharante Jean de Dieu, accompagnera même ces jeunes travailleurs malgaches en Arabie Saoudite pour y constater de visu toutes les conditions d’accueil de ces migrants, et par la même occasion, signera un accord bilatéral entre Madagascar et le Royaume de l’Arabie Saoudite pour marquer l’ouverture d’une coopération économique entre les deux pays ». Midi note toutefois que ministère de tutelle affirme « ne pas être du tout au courant de l’existence de toutes ces démarches mentionnées par Omar Camille Mektoub. (…) Certes, nous avions déjà pensé à la levée de cette suspension, mais aucune décision n’a été prise à ce sujet. La personne en question a déjà demandé l’abrogation de celle-ci mais jusqu’ici nous avons toujours refusé. Nous ne sommes pas encore en mesure de dire que le ministre en personne va partir en Arabie Saoudite pour cette signature d’accord de coopération bilatérale ». Labaïcka souligne qu’il s’agit d’un premier contingent de migrants, d’autres suivront.

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  05 05 15 - Communiqué du SeFaFi - FFKM -  De la réconciliation à l'aventurisme politique
L’Observatoire de la vie publique dresse un bilan particulièrement sévère des assises nationales qui viennent de s’achever et des résolutions qui ont été adoptées. L’objectif proclamé par le FFKM était « la réconciliation nationale » mais les résolutions, dont l’intégralité n’a toujours pas été publiée, semblent faire l’impasse sur la réconciliation, pour ne traiter que de sujets éminemment politiques, qui, si elles étaient mises en œuvre, constitueraient un véritable « coup d’Etat institutionnel ». Qui plus est, l’obscurité la plus épaisse entoure le déroulement de ces assises dites nationales : qui en ont été les membres ? En dépit de nombreuses sollicitations, la liste n’a pas été rendue publique, ce qui laisse soupçonner des manipulations dans sa composition. Ces 1.830 anonymes ont prétendu représenter les 23 millions de citoyens malgaches : qui leur a donné ce pouvoir, qui n’a aucun fondement juridique ? A l’origine de cette démarche, des « responsables » religieux qui ont violé le principe constitutionnel de laïcité de l’Etat. Nul ne sait par ailleurs sur quels fonds publics a été financé l’ensemble du processus. L’instance officielle de réconciliation, le FFM, a été mis sur la touche, au profit d’une structure confessionnelle non représentative de tous les courants spirituels. Marc Ravalomanana a gagné la levée de sa mise en résidence fixe, Didier Ratsiraka y a trouvé une tribune d’où il a fait miroiter, une fois de plus, des promesses mirobolantes et vides de contenu. Aucun de chefs d’Etat présents n’a eu à répondre de détournements, de gaspillages et de tueries, aucun n’a avoué ses véritables turpitudes, aucun n’a fait repentance de ses actes répréhensibles, aucun n’a dit la vérité sur ses agissements condamnables. Tous ont fait preuve d’hypocrisie, invoquant le fihavanana pour obtenir l’amnistie de leurs méfaits, sans qu’il ait été demandé à la justice de se prononcer.

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05 05 15 - Fondation Jean-Jaurès -Richard Yung, PS, sénateur des Français à l’étranger - Madagascar, la Grande Ile à problèmes
C’est une histoire tourmentée que celle de Madagascar depuis son indépendance en 1960. Mais derrière les crises, les violations multiples des Constitutions, les coups d’Etat, apparaissent plusieurs constances comme l’appropriation du pouvoir par un petit groupe, le mauvais fonctionnement de l’Etat, la mauvaise gestion de l’économie. Autre question qui nous concerne au premier chef : quelle politique a été menée par la France vis-à-vis de Madagascar ? Et pour l’avenir, y a-t-il des éléments d’espoir et de changement ?

- 04 05 15 - L'Express - Edito - Démag...orgi
Les assises nationales de la réconciliation nationale sont-elles plus importantes que la Constitution pour dicter des décisions à prendre au président dont la dissolution de toutes les institutions ? Que vaut une assemblée dont la représentativité des participants n’a jamais été établie puisqu’il suffisait de s’acquitter d’un droit de 200 000 Ariary  pour pouvoir y siéger ? À ce petit jeu, Ratsiraka et Ravalomanana ont fait le plein, raflant tous les « tickets » disponibles pour ratifier ce que le FFKM mijotait dès le départ avec visiblement la bénédiction du président. L’avenir du pays peut-il se construire avec des personnalités au lourd passé ? Au lieu de plaider coupable et de se faire petit, elles ont joué le beau rôle et se sont permises de donner des leçons dans ces assises nationales où elles devraient être assises justement au banc des accusés. Reste à savoir la suite que le président voudra bien donner à ces résolutions. Déjà, il se met à dos son propre gouvernement, l’assemblée nationale, et partant les électeurs, et peut-être les bailleurs de fonds, et bien sûr les pro-Rajoelina poignardés dans le dos avec « l’amnistie » accordée à Ravalomanana et certainement bientôt la réouverture de Tiko. Mais on le sentait venir. Quand l’État et l’Église consentent une relation incestueuse, un concubinage public, il est inévitable qu’ils enfantent des résolutions à fort relent de démag…orgie qui mettent l’État sens dessus dessous.

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03 05 15 - Présidence de la République - Assises nationales pour la réconciliation - Résolutions finales

- 03 05 15 - RFI - La réconciliation nationale vue par Anaclet Imbiki, ancien ministre de la justice. Interview - Les Assises pour la réconciliation nationale se sont terminées le 2 mai. Près de 1500 personnes, venues de toute l’île étaient réunies dans la capitale pour proposer des idées afin d'établir une paix durable qui mettrait fin aux crises qui secouent régulièrement la Grande Ile. C’est le FFKM qui organisait ces assises. Or sa légitimité est de plus en plus remise en question… Et il y avait deux grands absents : Andry Rajoelina et Albert Zafy, qui ont décidé de se retirer du processus. Cela compromet-il la réconciliation nationale ? Pour aborder ces questions Jeanne Richard de RFI a rencontré Anaclet Imbiki, ancien ministre de la Justice sous la présidence de Didier Ratsiraka  et auteur du livre : « La réconciliation nationale à Madagascar, Une perspective complexe et difficile », aux éditions L’Harmattan.
http://www.rfi.fr/emission/20150503-anaclet-imbiki-ex-ministre-reconciliation-malgache-complexe-assises/ (4’51)

- 03 05 15 - Arte Reportage - Madagascar : la vallée maudite du saphir
Il y a dix-sept ans, un paysan malgache sortait d’un ruisseau un petit caillou bleu qui allait changer le destin d’une région. Depuis, la fièvre du saphir n’a cessé d’y attirer des hordes de miséreux à Ilakaka. Chaque jour hommes, femmes et enfants creusent sans relâche les entrailles de la terre avec l’espoir que la bonne fortune les sortira bientôt de cet univers sans foi ni loi. Un rêve vieux comme le monde et une histoire universelle qu’Arte Reportage raconte en associant un illustrateur à son équipe de tournage. Ses dessins sont intégrés dans le reportage diffusé sur la chaine franco-allemande le 28 mars 2015.
http://info.arte.tv/fr/madagascar-la-vallee-maudite-du-saphir (28’)

- 02 05 15 - L'Express - Edito - Maisaventure
L’Express rappelle que le FFKM a maintes fois déclaré qu’il n’y aurait pas de résolutions politiques à l’issue des assises nationales. C’est exactement ce que les dix commissions ont concrétisé au cours de leurs travaux… "Si ce n’est pas un coup d’État institutionnel, ça y ressemble. Les participants n’ont pas payé 200.000 Ar pour épater la galerie ou pour faire de la figuration Le nombre important de participants malgré le droit fixé pour avoir un ticket aurait dû mettre la puce à l’oreille du président. Soit le président est dupe, soit il est naïf pour ne pas l’avoir compris. Ces assises nationales sont rien moins qu’un vaste champ de lobbying pour le coincer. (…) Quand les dix commissions récitent à tour de rôle les mêmes résolutions ‘préfabriquées’, on réalise la grosse supercherie qui a été faite autour de cette réconciliation nationale. (…)  Maintenant, le président doit trouver une parade pour esquiver l’application de ces résolutions dont on ne voit pas en quoi elles peuvent aboutir à la réconciliation".  

 

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04 mai 2015

FLASH INFO DU 3 MAI : BILAN DES ASSISES NATIONALES DE LA RECONCILIATION - MISE A JOUR DU 4 MAI

A l'occasion de la cérémonie de clôture de des assises nationales de la réconciliation, Hery Rajaonarimampianina a indiqué qu'il accepte d'abroger le décret assignant Marc Ravalomanana à résidence fixe.

Son annonce répond à une demande formulée dans la matinée par Marc Ravalomanana lui-même, également formulée la veille par Didier Ratsiraka dans une allocution. Elle a été accueillie par un tonnerre d'applaudissements.

Le chef de l’Etat a également accepté le principe de la dissolution (ou de la refonte) du Conseil de Réconciliation Nationale (FFM) et la mise en place d'un nouveau comité chargé de la réconciliation nationale. Plusieurs autres points, tels que la mise en place d'une assemblée constituante d’un mandat de deux ans en vue de l'adoption d'une nouvelle Constitution ou encore la dissolution de toutes les institutions à l'exception de la présidence de la République et la création d'un certain nombre d'institutions de contrôles (chambre des autorités traditionnelles, conseil des sages et comité de contrôle des forces armées…), ont été sollicités par les participants dans les résolutions adoptées en clôture des assises. Mais si Hery Rajaonarimampianina a immédiatement répondu aux sollicitations de Marc Ravalomanana qui avait préalablement annoncé publiquement reconnaître le pouvoir issu des élections de 2013, il a indiqué vouloir se donner le temps de réfléchir sur les autres sujets.

Les résolutions des assises nationales, transcrites dans un livret de 19 pages, ont été remises au président de la République. Une commission constitué par les représentants du FFKM, de la présidence, des grands corps de l'Etat, des femmes et des anciens présidents, a été mise en place pour le suivi de la mise en œuvre des résolutions. Un comité se chargera de l'indemnisation des victimes des crises politiques.

Au cours de ces assises, l'ex-président a aussi demandé la réouverture de Tiko, son groupe agroalimentaire, après avoir présenté ses excuses pour les « erreurs » qu'il a faites dans le passé. Des excuses publiques, puisque la cérémonie était retransmise en direct par les radios et télévisions nationales. Marc Ravalomanana n'a pas précisé pour quels événements il demandait pardon.

Le statut juridique de l’ancien président doit encore être précisé. Il a notamment été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité, alors qu'il était en exil en Afrique du Sud, pour la mort de 36 manifestants qui auraient été abattus par sa garde en février 2009 lors de la révolte qui l'a emporté.

Ces assises, qui ont démarré le 28 avril, n'ont finalement pas fait la lumière sur le rôle de chacun dans les différentes crises politiques qui ont secoué le pays, note RFI. La balle est désormais dans le camp du président Hery Rajaonarimampianina. C’est lui qui, avec le FFKM, a voulu ces assises et il est maintenant chargé de l'application de résolutions qui semble bien embarrassantes pour la stabilité de son pouvoir.

Le bureau permanent de l'assemblée nationale réfute toute idée de dissolution de l'institution. Ce serait un retour vers la Transition, a indiqué Jean-Max Rakotomamonjy, président de la chambre basse.

Présidence de la République - Assises nationales pour la réconciliation - Syntèse des résolutions finales

 

COMPLEMENT DU 4 MAI

Dilemme pour Hery Rajaonarimampianina après la publication des résolutions prises lors des assises nationales. Si le président de la République a tout de suite accepté l’abrogation du décret portant mise en résidence surveillée de Marc Ravalomanana et la création du CNR à la place du FFM, il a demandé un délai de réflexion pour les autres résolutions. Car dissoudre toutes les institutions équivaut à une transition bis. Pour ne pas se mettre à dos, une fois de plus, la communauté internationale, les participants ont pris soin de ne pas remettre en cause le mandat du président de la République, « pour ne pas donner un air de coup d’Etat aux assises », écrit Tribune. Mais les proches du régime crient au scandale. « C’est un coup d’Etat ni plus ni moins. Nous avions pressenti ce genre de résolution. C’est un piège pour le président de la République », dénonce Voninahitsy Jean-Eugène. Jean-Max Rakotomamonjy, président de la chambre basse, s’est empressé de convoquer la presse pour faire part de son refus de la dissolution de l’assemblée nationale. « Nous, les députés avec le président de la République, sommes les seuls élus du peuple en place actuellement, aussi dissoudre l’assemblée équivaut à fouler aux pieds le choix des électeurs », clame-t-il. La session ordinaire de l’assemblée nationale, dont l’ouverture est imminente, leur donnera l’occasion de faire part leur mécontentement et de prendre l’opinion à témoin, si du moins les élus se montrent capables de mettre en sourdine leurs revendications incessantes sur divers avantages, qui les ont tant discrédité. La presse s’interroge : comment le chef de l’Etat va-t-il s’y prendre pour mettre en œuvre les résolutions des assises, dont la dissolution de toutes les institutions ? Les observateurs se demandent quels sont les initiateurs de ces résolutions. Le président avec les deux anciens chefs d’Etat présents ou seulement ces deux derniers ? Dans ce contexte à nouveau très incertain, la tenue des élections communales de fin juillet pourrait être remise en question.

Pour Tribune, Marc Ravalomanana est le grand gagnant des assises, il a fait son mea culpa en public devant le FFKM, les milliers de participants et tous les malgaches via les médias. Comme tous les autres anciens présidents aussi, il pourra se présenter aux prochaines élections s’il le souhaite. Autorisé à parler publiquement et officiellement en public depuis son retour d’exil, l’ancien chef de l’Etat a demandé pardon pour lui et ses collaborateurs, pour les actions et torts qu’ils ont commis. En tant qu’humain, nous avons commis des erreurs a admis Marc Ravalomanana sous les applaudissements nourris de l’assemblée. Hery Rajaonarimampianina l’a fait aussi d’une manière subtile, en demandant pardon pour tous les dirigeants successifs. Didier Ratsiraka, présent également aux assises, n’a pas jugé bon de faire son mea culpa. Peut-être a-t-il considéré que Hery Rajaonarimampianina l’avait fait pour lui et pour les autres, note Tribune.

Pour L’Express, le gagnant est Hery Rajaonarimampianina, qui sort indemne des assises nationales. Les résolutions et leur mise en œuvre semblent ménager le chef de l’État et lui laisser une marge de manœuvre importante. Il n’a pas eu de mal à s’extirper de l’étau mis en place par les rapports des travaux de commissions. La mise en place d’un comité de pilotage des structures « proposées », et d’un comité de suivi de l’exécution des résolutions semble lui donner toute latitude pour poursuivre l’œuvre de réconciliation qu’il dit avoir engagée avec le concours du FFKM. Certaines recommandations qui risqueraient de plonger le pays dans une transition bis nuisible à la relance de l’économie pourraient bien être non suivies d’effet. Didier Ratsiraka, comme il le souhaitait, a pu s’exprimer longuement en direct sur les médias nationaux. Si le président, en annonçant le remplacement du FFM, semble avoir faire un appel du pied à Zafy Albert, aucun geste n’a été fait en direction d’Andry Rajoelina, autre grand absent. La libération de Marc Ravalomanana ne sera certainement pas du goût des irréductibles de la révolution de 2009. Le chef de l’État n’a pas caché sa satisfaction quant à l’issue des assises, affirmant que les « 1.830 » [participants aux assises] ont représenté la nation et renforcé la légitimité du pouvoir.

L’Express note que les allocutions de Didier Ratsiraka et de Marc Ravalomanana ont été fortement teintées de propagande. Galvanisés par une assistance qui leur a semblé majoritairement acquise et nostalgique, les deux anciens n’ont pas hésité à affirmer qu’ils sont toujours prêts à mettre leur expérience au service de la nation, montrant qu’ils ne comptaient pas quitter la scène politique de sitôt. « Actuellement, mes possibilités sont limitées et verrouillées, mais avec plus de moyens, je peux faire beaucoup plus pour ce pays », a déclaré Marc Ravalomanana. Didier Ratsiraka pour sa part, est allé jusqu’à demander le mandat du chef de l’Etat afin de négocier la construction de l’« autoroute de la réconciliation » qui relierait toutes les régions de la Grande Ile. « Visiblement, les deux anciens chefs d’État n’ont pas manqué cette occasion de s’illustrer et de se réaffirmer sur la scène politique. Au point que le président de la République n’a pas pu cacher sa difficulté à surpasser la prestation de ses deux prédécesseurs », conclut le quotidien.

L'éditorialiste de l'Express éctit notamment : les assises nationales de la réconciliation nationale sont-elles plus importantes que la Constitution pour dicter des décisions à prendre au président dont la dissolution de toutes les institutions ? Que vaut une assemblée dont la représentativité des participants n’a jamais été établie puisqu’il suffisait de s’acquitter d’un droit de 200 000 Ariary  pour pouvoir y siéger ? À ce petit jeu, Ratsiraka et Ravalomanana ont fait le plein, raflant tous les « tickets » disponibles pour ratifier ce que le FFKM mijotait dès le départ avec visiblement la bénédiction du président. L’avenir du pays peut-il se construire avec des personnalités au lourd passé ? Au lieu de plaider coupable et de se faire petit, elles ont joué le beau rôle et se sont permises de donner des leçons dans ces assises nationales où elles devraient être assises justement au banc des accusés. Reste à savoir la suite que le président voudra bien donner à ces résolutions. Déjà, il se met à dos son propre gouvernement, l’assemblée nationale, et partant les électeurs, et peut-être les bailleurs de fonds, et bien sûr les pro-Rajoelina poignardés dans le dos avec « l’amnistie » accordée à Ravalomanana et certainement bientôt la réouverture de Tiko. Mais on le sentait venir. Quand l’État et l’Église consentent une relation incestueuse, un concubinage public, il est inévitable qu’ils enfantent des résolutions à fort relent de démag…orgie qui mettent l’État sens dessus dessous.

Participants insatisfaits. L’association KM3, qui, selon ses dires, s’oppose à l’impunité, s’insurge contre le fait que son opinion n’aurait pas été prise en compte dans les synthèses des travaux de commission. Elle aurait été parmi ceux qui ont recommandé que les anciens chefs d’Etat coupables de « crimes » ou de « coup d’État » ne puissent plus se représenter aux élections. L’association pointe également du doigt la prise de décision dans les commissions qui s’est faite à main levée.

Politique de la terre brulée. Pour l’éditorialiste de Tribune, « il est indéniable qu’à de nombreux égards, certains remèdes mis en avant [au cours de ces assises] apparaissent pires que le mal et s’apparentent à la politique de la terre brûlée. Ce week-end, Madagascar donne l’impression d’avoir découvert la martingale pour une crise perpétuelle, un système de transition pour accoucher de nouvelles transitions. Pour la majorité de la population qui n’en a cure des querelles entre anciens chefs d’État, pour tous ceux qui ont gardé dans leur chair le souvenir de la longue attente d’élections en vue de la mise en place d’institutions un peu plus crédibles, revoir les mêmes individus qu’auparavant s’autoproclamer capables de rebâtir en quelques jours un monde meilleur a quelque chose de sidérant, pour ne pas dire d’indécent ».

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30 avril 2015

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2015

la vérité 01 04

Dans le recueil de ses communiqués de 2014 intitulé « Les débuts chaotiques de la IVème République », le SeFaFi exprime la déception, voire la désillusion de la population. Chacun s’attendait à de meilleures perspectives à l’issue des élections présidentielles et législatives. Jusqu’à présent, le changement promis et escompté ne semble n’est pas en marche. La crise semble interminable, les tensions politiques et sociales menacent la stabilité du pays et l’économie n’arrive pas à se relever. L’année 2014 aura été marquée par un climat politique délétère, une économie exsangue et une société en pleine décomposition, conclut l’Observatoire. Pour un ancien vice-Premier ministre de Marc Ravalomanana, « La nation est malade, ce n’est pas ce qu’espérait la population », les mauvaises pratiques du passé sont toujours de mise. Et de conclure : « La fatigue de la population est propice à la révolte ».

Le Groupe des Experts Nationaux (GEN) estime que 16 mois après son accession au pouvoir, le régime n’a enregistré que de faibles avancées, il se heurte au manque de fonds et à la perte de confiance des citoyens. Les retards accumulés dans la mise en place des institutions de la IVème République porte atteinte également à la crédibilité de l’Etat et font douter de sa volonté d’établir la bonne gouvernance, affirme-t-il.

L’ancien président de la commission sécurité et défense du Conseil supérieur de la Transition, Alain Ramaroson, dont le projet de manifestation a échoué, promet de récidiver.Le tout-terrain qu’il a emprunté pour se rendre à sa « marche citoyenne » a été saisi. Une enquête a été ouverte sur l’origine de ce véhicule qui aurait pu être dérobé à la Présidence après l’éviction de Marc Ravalomanana en mars 2009. Hery Rajaonarimampianina a justifié l’interdiction faite à Alain Ramaroson de manifester sur la voie publique, arguant que le peuple à la possibilité de s’exprimer à travers les médias et les élections. Selon lui, «s’il n’y a pas de balise à la liberté d’expression et d’opinion, cela peut être un frein à l’avancée de la démocratie ». L’Express fait remarquer que l’absence d’opposition structurée et reconnue ne peut qu’encourager les initiatives « sauvages » comme cette « marche citoyenne ». Ceux qui se réclament de l’opposition ne sont pas encore parvenus à s’entendre sur le nom de leur leader. Aucun des partis qui disposent de députés à l’Assemblée nationale ne veut se déclarer officiellement opposant et bénéficier du statut prévu par la Constitution. « Des manifestations locales, souvent spontanées et violentes », sont des indicatifs de la frustration des citoyens, rappelle le SeFaFi. Le Groupement de l’opposition extra-parlementaire dirigé par Lalatiana Ravololomanana qualifie le régime de « dictatorial » en raison de ses atteintes à la liberté d’expression. Il exige l’ouverture du jardin d’Ambohijatovo à tous ceux qui veulent s’exprimer publiquement.

Le Mapar, parti pro-Rajoelina, a déposé à l’Assemblée nationale et à la HCC une lettre demandant la déchéance des sept députés dissidents qui ont rejoint les rangs du parti au pouvoir. La requête a été déclarée irrecevable. Le parti parait en bute à de fortes tensions internes.

La Vérité 19 04

Marc Ravalomanana, toujours assigné à résidence fixe, a pu tenir une conférence de presse consacrée aux élections communales dans un grand hôtel de la capitale mais cette intervention très médiatisée a provoqué un raidissement du pouvoir à son égard. En déplacement à Ambositra il se serait heurté à une interdiction de prise de parole en tant que vice-président laïc de la FJKM. Il n’a pas non plus été autorisé à rencontrer ses partisans à Antsirabe. Une version des faits contredite par des proches du pouvoir. Suite à ces évènements, Marc Ravalomanana a annoncé qu’il suspendait sa participation au processus de réconciliation nationale et qu’il conditionnait son retour à « l’adoption d’un décret mettant fin à son assignation à résidence fixe ». En qualité de vice-président de l’Eglise réformée, il a demandé à la FJKM d’intervenir auprès du chef de l’Etat. Une délégation a été reçue au palais présidentiel. La démarche a été diversement appréciée par les observateurs, certains regrettant que le FJKM s’aventure sur un terrain politique, au risque d’enrayer le processus de réconciliation déjà bien fragilisé. Parallèlement le FFKM a entrepris des démarches auprès de l’ancien président pour qu’il réintègre le processus et participe aux assises nationales qui doivent débuter à la fin du mois. Le chef de l’État a réaffirmé que le dossier Ravalomanana serait discuté dans le cadre de la réconciliation nationale.

LA NATION 23 04 15

Les assises nationales de la réconciliation ont débuté à la fin du mois d’avril. 1.800 participants ont assisté à la cérémonie d’ouverture. Andry Rajoelina et Zafy Albert ont confirmé leur refus de s’y associer. Après avoir laissé planer le doute, Marc Ravalomanana a cédé à la pression des chefs d’Eglises. Didier Ratsiraka est le seul des trois anciens chefs de l’Etat à ne pas avoir remis en question sa participation. Pour le FFKM le boycott de certains leaders politiques ne saurait remettre en question le cap fixé. « La réconciliation n’est pas faite pour satisfaire le bien être des chefs d’État, mais celui de la population malgache », a martelé le pasteur Rasendrahasina mais pour nombre d’observateurs, les efforts déployés par les Eglises semblent compromis. La Conférence des Evêques catholiques a interpellé le FFKM pour faire part de ses inquiétudes. Ils se déclarent préoccupés par la dimension prise par les considérations politiques et les démarches entreprises pour obtenir la réintégration de Marc Ravalomanana et l’annulation du décret d’assignation à résidence fixe qui limite ses activités publiques. Elle redoute que la rencontre nationale soit très largement dominée par les Eglises protestantes et conteste enfin la nécessité pour les participants de s’acquitter d’un droit d’inscription qui risque d’écarter les plus démunis et de favoriser les groupements disposant de moyens importants. L’Etat et la communauté internationale, sollicités pour apporter le financement qui fait défaut, n’ont pas répondu à l’appel lancé.

1er mai newsmada

Le FFKM n’aurait rassemblé que 180 millions Ar sur les 600 millions prévus pour l'organisation de l'évènement. Tribune se demande si le FFKM aura le courage et l’honnêteté de dresser un bilan financier de son initiative de réconciliation : « Qui a payé quoi et combien ? ». Selon certaines rumeurs, l’Etat, bien qu’il s’en défende, aurait fourni le financement complémentaire. Les organisateurs ont tenu à rappeler que le processus de réconciliation se prolongera au-delà des assises. « Les assises ne sont pas la finalité de la réconciliation, ce n’est que le début », une formule martelée par les chefs d’Eglises en toutes occasions et reprise par le président de la République.

Dans son discours inaugural, le président de la République a fermé les ouvertures à d’éventuels changements institutionnels. Il a énuméré quatre volets pour la réconciliation : l’amnistie, l’indemnisation des victimes des crises, la levée des restrictions à l’encontre d’individus à cause de la politique et le renforcement de l’État républicain. Une nouvelle loi d’amnistie pourrait être nécessaire, a-t-il laissé entendre. Une perspective qui semble à certains être en contradiction avec le souci du chef de l’Etat de lutter contre l’impunité.

Près de 900 dossiers de demande d’indemnisation au titre des évènements de 2002 et de 2009 ont déjà été réceptionnés par le FFM, institution officielle de réconciliation créée en application de la feuille de route mais dont le rôle a été éclipsé par l’initiative du FFKM. L’institution travaille à la rédaction d’un avant-projet de loi concernant l’indemnisation des victimes et la création du « Fonds national de solidarité ».Le feuille de route prévoit que la communauté internationale apporte une contribution financière mais celle-ci n’est pas acquise. Les montants requis sont colossaux. Alors que le FFKM rencontre des difficultés dans la mise en œuvre de son projet, le FFM avance ses pions et rappelle qu’il est l’organe légal prévu par la loi pour organiser la réconciliation nationale. Son plan de réconciliation nationale serait en voie d’achèvement. Le FFM sera présent aux assises nationales du FFKM.

la vérité 09 04

Les difficultés de financement du scrutin communal du 31 juillet laissent placer un doute sur le maintien du calendrier. Le Groupe International de soutien (GIS-M) a recommandé à Madagascar de mettre en œuvre des stratégies appropriées pour trouver les ressources nécessaires et revoir le montant des dépenses à la baisse. Consacrer 20 millions de dollars à ces élections est considéré par certains comme une dépense excessive qui ne répond pas aux priorités du moment. Dans son dernier communiqué le SeFaFi espère que le débat sur la répartition des compétences entre un État central et centralisateur et les collectivités territoriales décentralisées sera abordé au cours de la campagne, à défaut d’avoir pu se tenir dans le cadre de la discussion et de l’adoption par l’Assemblée nationale des textes régissant le scrutin. Mais l’analyse qu’en fait l’Observatoire n’est guère optimiste : l’autonomie d’action des futurs élus locaux qui est mise en avant ne serait qu’une faveur accordée par le pouvoir central, qui se réserve le droit de la surveiller étroitement, voire de la limiter. La décentralisation annoncée s’accompagne de l’extension du pouvoir central par la déconcentration. Vient s’ajouter le fait, qu’une nouvelle fois, la préparation du scrutin est fortement politisée par le pouvoir central. Accéder à la tête d’une commune va s’apparenter à un parcours du combattant. Le défi s’annonce encore plus grand pour les élus, en raison du manque de clarté sur leurs compétences sur les ressources financières sur lesquelles ils pourront compter, sans oublier les interférences politique que le pouvoir central ne manquera pas de mener. Le SeFaFi déplore une fois encore « le manque absolu de volonté politique à mettre en place une décentralisation effective ainsi que la totalité des institutions de la République, socle minimal d’un État de droit ». Le SeFaFi pointe aussi du doigt le mauvais départ des préparatifs du scrutin. Déplorant l’absence de réglementation des dépenses des candidats, il souligne également, le handicap que cause à certains candidats le retard dans la détermination du nombre des conseillers communaux, mais surtout, l’inégalité d’accès aux médias nationaux.

Newsmada 11 04 15

Marc Ravalomanana a confirmé la probable candidature de son épouse à la mairie d’Antananarivo, qui risque d’échapper au candidat soutenu par le pouvoir. L’ancien président annonce que son parti, le TIM, présentera une liste chacune des 1.693 communes. La régularisation des arriérés fiscaux des candidats soulève de nombreuses difficultés. A une semaine de la date de clôture, les dépôts de candidatures pour les communales sont quasi-inexistants.

Des rumeurs insistantes de préparation d’un coup d’Etat continent de se propager. Le chef de l’Etat admet qu’elles pourraient ne pas être toutes sans fondement. Des camps militaires ont à nouveau été consignés. Des gradés proches de personnalités du régime de Transition auraient été écartés ou placés sous surveillance.

Le Groupe international de soutien à Madagascar (GIS-M) s’est à nouveau réuni pour dresser un état des lieux des engagements pris lors des deux précédentes rencontres, en mars et juillet 2014, avec notamment à l’ordre du jour l’avancée des aspects pendants de la feuille de route, comme les élections communales, la réconciliation nationale, la situation de Marc Ravalomanana, l’état d’avancement des réformes, la lutte contre l’insécurité ou encore la bonne gouvernance et l’état d’avancement du PND. « Le rendez-vous semble s’être résumé à une volonté d’aller de l’avant de part et d’autre, sans plus », écrit L’Express, désabusé.

Un partenariat d’une durée de trois ans a été conclu entre le département juridique de l’université d’Antananarivo et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme pour la promotion, la compréhension et le respect des droits humains. Le Centre d’Etudes et de Recherches Juridiques bénéficiera d’une assistance et de conseils techniques.

La vérité 23 04

Le virus du Sida a tué 4.800 personnes en 2013, en dépit d’un taux de prévalence qui reste faible mais en progression sensible. Seuls 3 % des Malgaches connaissent leur statut viral, met en garde le comité national de lutte contre le Sida. 12.000 décès sont causés chaque année, par l’inhalation de fumées nocives issues des bois de chauffe et de charbon de bois. Le manque de ressources financières fait obstacle à la substitution de ces sources d’énergie nocives à la santé et à l’environnement. Les maladies diarrhéiques représentent la 2ème cause de mortalité et affectent 51 % des enfants de moins de 5 ans. Ainsi, 14.000 enfants en bas âge meurent chaque année de ces maladies. Une épidémie de paludisme menace Antananarivo. Le retour du paludisme sur les Hautes Terres, jusqu’aux portes de la capitale, serait lié aux fortes précipitations de ces derniers mois ainsi qu’à la hausse des températures. La situation épidémiologique de la capitale est préoccupante. La ville croule sous les ordures non collectées. Les activités de surveillance de la peste ont pu reprendre, grâce à un financement de la Banque mondiale. 482 cas suspects ont été enregistrés dans le pays, principalement sur les Hautes Terres, entre juin et décembre 2014. Madagascar est avec la RDC, le seul pays d’Afrique où cette maladie sévit encore de façon endémique. Madagascar est au 4ème rang des pays les moins bien desservis en eau potable dans le monde, ce qui crée des situations de malnutrition chronique à l’origine d’un taux de mortalité infantile très élevé. Plus d’un Malgache sur quatre serait atteint de troubles psychologiques, selon l’OMS.

Le ministre de la Santé annonce la réouverture prochaine d’une centaine de centres de santé de base (CSB) mais leur fonctionnement repose généralement sur des paramédicaux qui, trop souvent, refusent leur affectation dans les régions isolées. Un véritable défi pour le ministère.

Pas d’indulgence à l’encontre des indisciplinés, des corrompus et des hors-la-loi, affirme le général Paza, secrétaire général de la Gendarmerie. L’institution est en pole position dans le palmarès dressé par le Bianco. La gendarmerie s’est encore distinguée ces derniers temps par de graves manquements à la déontologie dans des affaires d’exécution extrajudiciaires, de kidnapping et de vol.

La chasse aux fonctionnaires fantômes est une nouvelle fois engagée. Selon certaines estimations, leur nombre serait de 50.000 soit près du tiers des effectifs percevant un traitement. Après avoir réalisé un recensement physique, l’Etat procédera à un recensement biométrique, avec l’appui de la Banque mondiale et de l’UE. Depuis le début de l’année, le Bianco a lancé par ailleurs une vaste offensive pour sanctionner les hauts fonctionnaires impliqués dans des affaires de corruption et/ou de malversations au niveau des ministères. Le ministre de l’Education annonce des mesures pour lutter contre la politisation de son département. La mauvaise gouvernance expliquerait que la capitale croule sous les ordures depuis plusieurs mois. D’anciens dirigeants du Service autonome de maintenance de la ville vont être traduits devant la chaîne pénale anti-corruption.

Le principe constitutionnel de laïcité de l’État mis à mal. Des juristes et des observateurs s’accordent sur le fait que célébrer une cérémonie religieuse au palais d’État à l’occasion des fêtes pascales constitue « une violation de la laïcité de l’État ». De telles pratiques ont pris de l’ampleur sous la présidence Ravalomanana et ont perduré sous la Transition. Le jésuite Sylvain Urfer, membre du SeFaFi, qualifie la persistance de ces pratiques d’« inacceptables ». Le rôle officiel que le pouvoir accorde aux Eglises du FFKM dans le processus de réconciliation nationale fait également débat.

Le rapport mondial annuel d’Amnesty International sur la peine de mort mentionne l’adoption de la proposition de loi abolissant cette peine, annonce Tananews, qui rappelle à l’ONG que les actes de vindicte populaire se multiplient dans le pays, débouchant sur des exécutions extrajudiciaires que les autorités ne parviennent pas à maîtriser.

Dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU), leConseil des droits de l’homme a adopté le 2ème rapport de Madagascar. Dans ce cadre des consultations liées à ce mécanisme, Women's International League for Peace and Freedom s’est déclaré préoccupé par les violations des droits humains dans le Sud depuis 2012. Selon le bilan 2014 de la gendarmerie, les attaques de dahalo dans le Sud ont causé 85 morts de civils. 5 membres des forces de l’ordre. 213 dahalo ont été tués. De violents accrochages ont encore été signalés avec des bandes armées. Une milice de près de 400 hommes issus de 22 communes a engagé une bataille contre des dahalo dans le district de Tsiroanomandidy, agissant de concert avec le procureur, le chef district et le commandant du groupement de la gendarmerie. Trois milices villageoises sont présentes sur le secteur et cohabiteraient difficilement. Des observateurs redoutent que de telles initiatives fassent tache d’huile, ouvrant la voie à une balkanisation du pays.

Les effectifs des forces armées et de la gendarmerie seront renforcés, annonce le gouvernement, avec pour objectif de lutter contre l’insécurité et les menaces terrorismes qui se rapprochent de Madagascar.

L’expatriation de personnels de maison se poursuit en direction du Moyen Orient et des pays du Golfe, malgré l’interdiction décrétée en 2014. « Plus de sept mille personnes se sont déjà plaintes auprès de notre association d’avoir été victimes de la traite de personnes », affirme la présidente du SPDTS. L'État a mis en place un comité interministériel regroupant dix ministères pour faire face à ce fléau, sans résultat probant.

Un projet de nouveau code de la communication est en cours de finalisation et devrait être présenté à l’Assemblée en juillet. Il devrait trancher la question sensible de la dépénalisation des délits de presse et prendre en compte le développement des nouvelles technologies. Une nouvelle autorité de régulation devrait voir le jour. Le Groupement des études de presse d’information et multimédia regroupant les patrons de presse conteste la méthodologie adoptée pour l’élaboration du projet. Des professionnels font part de leurs appréhensions. Radio Fahazavàna, station évangélique appartenant à l’Eglise FJKM, a été autorisée à rouvrir après cinq ans de fermeture. La décision est intervenue après une rencontre entre Hery Rajaonarimampianina et une délégation du bureau central de l’Eglise réformée.

Suite aux graves inondations du début d’année dans la capitale, 450 maisons sont à démolir dans les bas quartiers. Construites sur des canaux d’évacuation, elles obstruent l’écoulement des eaux. 70 % des constructions des bas quartiers seraient illicites. Aucune mesure d’accompagnement n’a été prévue pour les familles dont les maisons vont être détruites, dénoncent des médias.

La crise alimentaire s’aggrave dans le Sud. 47 % des populations touchées par la sècheresse ne prennent plus qu'un seul repas par jour. Le PAM estime ses besoins à 3,5 millions de dollars pour les trois mois à venir. Les centres de santé peinent à accueillir tous les enfants souffrant de malnutrition. Le PAM fournira un produit prêt à l’emploi pour combattre la malnutrition chez les jeunes enfants. Il va être distribué à près de 15.000 d’entre eux âgés de 6 à 23 mois.

La Banque mondiale a octroyé 2 millions de dollars pour contribuer à la lutte antiacridienne mais le déficit de financements pour achever le programme triennal est estimé à 10 millions de dollars, soit 24 % du total requis. Une aide d’urgence a été débloquée par la FAO.

Le projet minier de la société australienne Toliara Sands (ilménite) sur la côte Sud-Ouest est contesté par les résidents qui s’opposent à la délivrance du permis environnemental. Aux dires des associations, leurs droits fondamentaux seraient menacés et les consultations publiques auraient été biaisées. Des cadres locaux avancent cependant que ce projet est une opportunité pour la région, la plus pauvre du pays. Il devrait générer 250 emplois directs et trois fois plus d’emplois indirects.

Le premier plan de développement du secteur pétrolier est approuvé. Il concerne le gisement de Tsimiroro, géré par Madagascar Oil. Cette étape marque le passage de la phase d’exploration à celle de l’exploitation. La compagnie va pouvoir procéder à l’écoulement sur le marché local de la production du site pilote, et notamment approvisionner la Jirama en fuel lourd. Elle prévoit de mettre en œuvre des projets sociaux. Madagascar Oil et l’Omnis, partenaire du projet, sont en négociation avec des partenaires étrangers, nombreux à s’intéresser aux ressources potentielles. Madagascar disposerait encore de plus de 200 blocs d’exploration offshore non attribués.

La filière or se dote d’une agence. Le décret portant création de l’Agence nationale de la filière or a été adopté. Selon le FMI, 2 tonnes d’or sont exportées illégalement chaque année de Madagascar. Seules quelques dizaines de kg sont déclarés.

Vers l’octroi de nouveaux permis miniers. Depuis cinq ans, les procédures sont suspendues et les activités bloquées. Pour l’EITI, il est urgent de reprendre l'octroi de permis sous réserve que cela puisse se faire dans le respect de la bonne gouvernance. Pour le ministre des Mines, une décision sera prise après approbation du nouveau code minier, en cours d’élaboration.

L’enquête d’un organisme international effectuée dans la région Sava révèle que les trafiquants de bois de rose investissent dans le social et le caritatif. Ces trafics constitueraient l’une des principales sources de blanchiment d’argent à Madagascar. De nombreuses enquêtes ont été lancées depuis 2009 mais n’ont jamais pu aboutir. Des bateaux suspectés d’être impliqués dans des trafics de bois de rose ont encore été signalés sur la côte nord-est. Un ressortissant malgache est frappé d’interdiction de sortie du territoire thaïlandais pour suspicion de trafic de bois de rose et de drogue. Le trafic des espèces prot

égées perdure. Deux ressortissants taïwanais ont été arrêtés à l’aéroport d’Ivato avec des tortues dans leurs bagages. Trois Thaïlandais ont été interpellés à Bangkok. Ils vendaient en ligne une espèce de tortue endémique menacée.

Après de longues années de travaux préparatoires, la firme italienne Tozzi Green a procédé à sa première récolte de maïs sur le plateau d’Ihorombe. La société exploite actuellement 3.500 ha de terrains loués, elle emploie 200 salariés permanents et plus de 700 saisonniers. Présent à l’évènement, le chef de l’Etat a souligné l’intérêt que le pouvoir porte à l’agrobusiness.

Une cinquantaine de paysans ont participé à la célébration de la Journée internationale de la lutte paysanne. « L’État devrait être plus à l’écoute des paysans », ont-ils clamé, arguant que la sécurité alimentaire du pays pèse sur leurs épaules. Ils revendiquent notamment la mise en place d’une politique de sécurisation foncière pour les paysans qui valorisent et exploitent les terres appartenant à l’État. L’octroi des terrains du domaine privé de l’État est suspendu d

epuis le 31 juillet 2014.

Feu vert du COMESA pour la mise en place de deux centres de sécurité maritime. L’accord conclus entre Madagascar et les Seychelles entre dans le cadre de la lutte contre la piraterie et la promotion de la sécurité maritime dans la région. Les centres seront financés dans le cadre du Programme de sécurité maritime, une initiative financée par l’UE. L’un d’eux sera implanté dans la Grande Ile.

Le FMI attend des réponses concrètes du gouvernement avant de débloquer une nouvelle ligne de crédits. En jeu, l'octroi d'un crédit avec facilités de remboursement qui pourrait être supérieur aux 45 millions de dollars déjà débloqués en juin 2014. De meilleures rentrées fiscales, la réduction du déficit budgétaire et des mesures visant au renforcement de la lutte contre la corruption sont attendues par l’institution, qui souhaite également voir aboutir des réformes stru

cturelles dans le secteur de l'énergie.

Un financement d’un montant de 518 millions d’euros sous forme de dons est accordé à Madagascar dans le cadre du Programme indicatif national 2014 -2020 couvert par le 11ème FED. Les interventions de l’UE portent sur trois volets : la gouvernance, les infrastructures et le développement rural. Sur ces fonds, 97 millions ont déjà été dépensés en 2014, notamment pour la réhabilitation d’infrastructures routières.

Le projet Ambatovy a connu une grave période d’agitation sociale. Démarrée à la mine située à proximité de Moramanga, elle s’est prolongée à l’usine de Toamasina. Une situation jugée préoccupante par la direction, qui doit affronter les conséquences de la chute des cours du nickel sur le marché mondial. Les recrutements ont été suspendus et des mesures d’économie ont été décidées. Un accord en vue de la reprise de travail a été conclu après de longues négociations conduites par des membres du gouvernement.

Les personnels d’Aéroports de Madagascar (ADEMA) sont préoccupés par l’avis d’appel à manifestation d’intérêt et l’avis d’appel d’offres pour la gestion et la mise en concession des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be. Des opérations jugées opaques et non conformes à la réglementation, qui conduiraient à l’attribution de ces deux plateformes à des consortiums français ou chinois. Les syndicats voient dans ces opérations le début de la privatisation de tous les aéroports de la Grande Ile. Les deux aéroports doivent être réhabilités et mis aux normes pour la tenue des Sommets de la Francophonie et du COMESA fin 2016. Le dépouillement des réponses est en cours.

Les pistes à l’étude pour le redressement de la Jirama inquiètent les personnels. La gestion de deux centrales pourrait relever d’un partenariat public-privé. Les syndicats ont demandé l’annulation des appels à manifestation d’intérêt. Le Cercle de réflexion des économistes estime que la mise en concession de deux centrales de la Jirama et de deux aéroports fait partie des conditionnalités des bailleurs de fonds. D’autres solutions ont été envisagées pour

tenter de rétablir la situation catastrophique de la société d’Etat, parmi lesquelles une hausse importante des tarifs, la chasse aux mauvais payeurs et aux raccordements sauvages, le dégraissage des effectifs. 10 % du potentiel hydroélectrique de la Grande Ile suffirait à subvenir aux besoins durant 20 ans, affirme le ministre de l’Energie. Madagascar n’exploite que 4 % de son potentiel et se classe au dernier rang de 189 pays en matière de raccordement à l’électricité.

Des négociations sont en cours avec les entités concernées par un redémarrage du groupe Tiko. « Les problèmes à résoudre sont multiples, d’où la difficulté à trouver une sortie », analyse un spécialiste. La présidente du CA, Lalao Ravalomanana, et le staff dirigeant se seraient entretenus à plusieurs reprises du dossier avec Hery Rajaonarimampianina. Au cœur des discussions, les arriérés fiscaux de Tiko et l’indemnisation du groupe suite aux dommages subis en 2009. Des opérations d’inventaire et de maintenance ont pu démarrer sur certains sites.

Hery Rajaonarimampianina fait pression pour une mise en œuvre rapide du PND. Un atelier a été consacré à l’élaboration du Plan de mise en œuvre, document de référence pour les bailleurs de fonds. Il devra définir les actions à entreprendre dans un délai requis et les moyens pour y parvenir. Le PND sera soumis à des procédures de suivi-évaluation préconisées par les institutions internationales. « La culture de résultat doit aller de pair avec la culture d’évaluation », affirment les spécialistes. Les Nations unies ont déclaré 2015 Année internationale de l’évaluation. Selon L’Express, « beaucoup d’observateurs s’accordent à dire que le PND est irréaliste et a été confectionné tout simplement pour séduire ceux qui ont la clé du coffre. Les objectifs prévus dans le PND sont difficiles, voire impossibles à atteindre, étant donné qu’ils sont tout simplement fallacieux ».

La création d’établissements formels est en forte diminution. Rares sont les opérateurs qui s’aventurent à formaliser leurs activités. Dans ces conditions, il ne sera pas aisé de relever le taux de pression fiscale qui demeure l’un des plus faibles de l’Afrique subsaharienne, fait-on remarquer. Qui plus est, des établissements formels basculent dans l’informel et des entreprises légalement formelles continuent de se soustraient à l’impôt…

Neuf régions sur 22 affichent un taux de pauvreté supérieur à 80 %. Cinq autres ont un taux qui se situe entre 70 et 80 %. Si l’on se réfère au seuil international à 2 d

ollars de parité de pouvoir d'achat, 91 % des ménages sont classés pauvres et le taux n’a cessé de grimper ces dernières années. L’extrême pauvreté touche la moitié de la population La classe moyenne elle-même est laminée et vit dans l’insécurité, observe La Nation.

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Situation de Marc Ravalomanana
  • Réconciliation, préparation des assises nationales
  • Préparation des élections communales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé
  • Gouvernance
  • Vindicte populaire, exécutions extrajudiciaires, justice
  • Dahalo, insécurité
  • Traite des personnes
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Calamités naturelles
  • Exploitation des ressources naturelles, agrobusiness
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Tensions sociales
  • Divers

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ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2015

- 30 04 15 – Télérama - Reportage -  "Au bout de la Route, Madagascar"
Un superbe reportage avec plein de sourires d'enfants Malagasy. L'histoire : une classe de première d'un lycée de Seine-Saint Denis part à la découverte de Madagascar, emmenée par un professeur hors du commun. Un récit de voyage qui raconte aussi la métamorphose, aussi drôle que bouleversante, de ces ados. A voir jusqu'au 10 mai sur Télérama.fr.
http://television.telerama.fr/television/regardez-le-documentaire-inedit-au-bout-de-la-route-madagascar,125848.php#VghvQOGuEibO9fXz.01

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24 04 15 - SeFaFi - Communiqué - Les communales : Quelle volonté de décentralisation ?
Les textes nécessaires à la tenue des élections communales ont été adoptés et promulgués tant bien que mal. Elaborés pendant que les intempéries provoquaient de graves dégâts sur les Hautes Terres, ces textes ont lancé le débat sur la répartition des compétences entre un État central et centralisateur et les Collectivités territoriales décentralisées. Ce débat, qui aurait dû avoir lieu avant l’introduction des textes au Parlement, devrait nourrir la campagne électorale. Or l’analyse des textes apporte la démonstration que l’autonomie d’action des futurs élus locaux n’est qu’une faveur accordée par le pouvoir central, qui se réserve le droit de la surveiller étroitement, voire de la limiter. La décentralisation annoncée s’accompagne de l’extension du pouvoir central par la déconcentration. Vient s’ajouter le fait, qu’une nouvelle fois, la préparation de ce scrutin est fortement politisée par le pouvoir central. En outre, accéder à la tête d’une commune va s’apparenter à un parcours du combattant. Le défi s’annonce encore plus grand pour les élus, en raison du manque de clarté sur leurs compétences sur les ressources financières sur lesquelles ils pourront compter, sans oublier les interférences politique que le pouvoir central ne manquera pas de mener. Le SeFaFi déplore une fois encore « le manque absolu de volonté politique à mettre en place une décentralisation effective ainsi que la totalité des institutions de la République, socle minimal d’un État de droit ».

- 24 04 15 - Collectif Tany - Deux représentants de la société civile à l'AG de Rio Tinto à Londres
Tous les ans, l’ONG London Mining Network et le réseau IndustriALL Global Union des syndicats de Rio Tinto invitent des organisations et syndicats de différents pays où travaille cette puissante multinationale à participer aux réunions et manifestations pré-assemblée générale. Au cours de l’assemblée générale, un temps de parole est accordé aux actionnaires. Les représentants des ONG et syndicats, qui viennent à la place d’actionnaires qui n’ont pas pu se déplacer, ont aussi l’opportunité de demander la parole. Cette année, le secrétaire général de l’USRA-FISEMA, l’Union Syndicale de la Région Anosy membre de la Fédération des Syndicats de Madagascar, ainsi que la présidente du Collectif Tany ont figuré parmi les invités. Cette dernière a interpelé les dirigeant de la firme sur le décès accidentel d’un travailleur sur le site de QMM à Tolagnaro.

- 11 04 15 - Collectif Tany - La politique foncière c'est l'affaire de tous les citoyens
Des travaux et débats au sujet de la politique foncière nationale sont en cours à Madagascar depuis juin 2014. Une première version de la Lettre de Politique Foncière 2015-2030 publiée en février a provoqué une grève des techniciens de l’administration des domaines au mois de mars, notamment à cause de propositions d’extension des compétences des communes dans la gestion foncière contenues dans cette première version, dont ils exigent la révision. Après un survol rapide des évolutions de la politique foncière à Madagascar et un rappel des évènements survenus autour de la consolidation de la réforme foncière, le Collectif TANY développe ses arguments pour un renforcement de la décentralisation de la gestion foncière et réitère ses propositions pour une politique foncière favorisant les intérêts de la majorité de la population.

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08 04 15 – Le Monde.fr - Crise alimentaire, querelles politiques : situation fragile à Madagascar
Marc Bettinelli - Dans le sud du pays, frappé par une forte sécheresse, 47 % de la population ne prend plus qu'un repas par jour selon le Programme alimentaire mondial, contre 13 % en janvier. Fragilisé politiquement, le président peine à relancer l'économie. Entretien avec Raoul Mbog, journaliste au « Monde Afrique », qui vient de réaliser une série de reportages sur la Grande Île.(4’19)
http://www.lemonde.fr/afrique/video/2015/04/07/crise-alimentaire-querelles-politiques-situation-fragile-a-madagascar_4611164_3212.html

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08 04 15 - RFI - Sortie en France du film « Ady Gasy » du Malgache Lova Nantenaina
Le film qui rend justice à l’inventivité de la population. Le documentaire, tourné à Madagascar, montre comment les habitants surmontent les crises grâce à la débrouillardise et à une solidarité teintée d’humour. De l'art oratoire pour conjurer la misère et célébrer les vertus de la solidarité. Voilà en quoi consiste l'argument de ce documentaire aussi humble que son sujet. L'expression « ady gasy » recouvre plusieurs sens dans la culture malgache et concerne autant les pratiques culturelles, culturales que médicinales. Vivant, pour une grande majorité d'entre eux, dans une pauvreté extrême, les Malgaches n'ont pas d'autre choix que de réparer, transformer et réutiliser ce qu'ils trouvent ou qui est hors d'usage. "Les Chinois fabriquent les objets, les Malgaches les réparent".
Lova Nantenaina est l’invité de Sébastien Jédor. Interview (7’19)
http://www.rfi.fr/emission/20150408-cinema-ady-gasy-malgache-lova-nantenaina
Visionner un extrait

- 07 04 15 - CRAAD-OI - Association MAZOTO - Les communautés locales refusent la délivrance d'un permis environnemental au projet Toliara Sands
L’association MAZOTO et les représentants des ressortissants de la zone concernée par le projet minier de la société Toliara Sands expriment leur refus de ce projet d’extraction d’ilménite et de métaux lourds précieux le long de la côte Sud-Ouest de Madagascar. Ils refusent la délivrance d’un permis environnemental attendu par la société australienne. Les communautés locales soulèvent plusieurs enjeux environnementaux telles que la destruction des forêts et des bois précieux, la pollution du sol, la diminution des eaux disponibles pour les rizières et la restriction des surfaces cultivables. Les conséquences de la radioactivité sur l’air, l’eau et la santé des habitants sont également mises en exergue. La réalisation de ce projet provoquerait en outre un déplacement des habitants de la concession minière. En février, la direction de l’Office National de l’Environnement (ONE) a refusé de rencontrer les associations de défense des ressortissants de la zone.

- 02 04 15 - Women's International League for Peace and Freedom - EPU Madagascar - Les violations des droits humains dans le Sud
Le 2ème rapport de Madagascar entrant dans le cadre de l’Examen Périodique Universel a été adopté par le Conseil des Droits de l’Homme lors de sa 28ème session qui s'est tenue à Genève du 2 au 27 mars. Dans ce cadre des consultations liées à ce mécanisme, Women's International League for Peace and Freedom s’est déclaré préoccupée par l’insécurité humaine et les exécutions extrajudiciaires, notamment dans le Sud. L'association regrette que le rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires n'ait pas pu effectuer sa visite. Elle demande "l'ouverture d'une enquête crédible et indépendante".

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01 04 15 - SeFaFi - Avant-propos du recueil des communiqués pour l'année 2014 - Les débuts chaotiques de la IVème République
Le SeFaFi exprime la déception voire la désillusion de la population dans le recueil de ses communiqués de 2014 intitulé « Les débuts chaotiques de la IVème République ». Chacun s’attendait à de meilleures perspectives à l’issue des élections présidentielles et législatives. Jusqu’à présent, le changement promis et escompté ne semble pas être en marche. Le recueil met en exergue les bases mouvantes sur lesquels le pouvoir s’appuie et pointe du doigt le comportement indigne de l’Assemblée nationale. L’exécutif manque de vision. Les projets de lois ne font pas l’objet de concertation. Le SeFaFi s’interroge sur l’efficacité des opérations menées contre les dahalo dans le Sud où près de 4 000 bandits se seraient repentis et auraient déposé les armes. Le manque de transparence au niveau du processus de réconciliation nationale initié par la FFKM est un autre point sensible. Le processus ne devrait pas être dirigé par les Eglises mais par une institution officielle respectueuse de la laïcité de l’Etat. La crise semble interminable, les tensions politiques et sociales menacent la stabilité du pays et l’économie n’arrive pas à se relever. L’année 2014 aura été marquée par un climat politique délétère, une économie exsangue et une société en pleine décomposition, conclut l’Observatoire.

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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31 mars 2015

REVUE DE PRESSE - MARS 2015

La vérité 06 03Bien que Zafy Albert et Andry Rajoelina se soient retirés du processus de réconciliation nationale initié par le FFKM, avec le soutien du pouvoir, des assises régionales ont pu se tenir au début du mois dans les 22 régions. Les rencontres ont été éclipsées par les calamités naturelles qui ont frappé une partie de la Grande Ile, faisant des dizaines de milliers de sans-abris ou de personnes menacées par la famine. Le FFKM a été critiqué pour ne pas avoir décidé leur report. Les réponses aux 16 questions posées aux participants devaient être débattues au cours du forum national annoncé pour la fin du mois mais qui a été reporté au 28 avril, sur demande, semble-t-il, de la Conférence des évêques, en raison de « la souffrance de la population touchée par les inondations et la sècheresse ». La manière dont ont été conduites les assises régionales ne serait pas tout à fait du goût de l’Eglise catholique, qui souhaiterait que des réajustements soient opérés avant la réunion nationale et que l’on puisse au préalable s’assurer de la participation de tous les protagonistes. Le FFKM a tenté en vain de réunir à nouveau les cinq présidents autour d’une table. Des résolutions de nature politique adoptées au niveau des régions sont entrées en contradiction avec la volonté affichée par le FFKM de développer un processus non-partisan. La démarche engagée par les Eglises est désormais perçue par une partie de l’opinion comme étant placée sous l’influence du chef de l’Etat et de Marc Ravalomanana, lequel ne manque pas une occasion de réitérer son appui aux Eglises, dont il espère qu’elles pourront l’aider à réintégrer le jeu politique, relancer les activités de son groupe agro-alimentaire et le laver des condamnations qui pèsent sur lui et dont l’ancienne ministre de la Justice de la Transition demande la mise à exécution au nom de la continuité de l’Etat. L’opinion semble déboussolée par les péripéties de la réconciliation nationale et le pessimisme est de mise quant à l’aboutissement d’un processus qui replacerait les Eglises du FFKM, largement décrédibilisées, au centre du jeu politique. Le retour des Eglises sur le devant de la scène est en outre perçu par certains comme une entorse à la règle constitutionnelle de laïcité de l’Etat. Le FFKM lance un appel aux bailleurs de fonds pour le financement de la suite du processus de réconciliation nationale. Il réitère qu’il ne dispose pas du budget nécessaire à l’organisation de sa grande rencontre nationale.

la vérité 02 03

Le discret processus de rapprochement entre le chef de l’Etat et Marc Ravalomanana se poursuit et a conduit ce dernier à demander à ses partisans de mettre un terme à leurs manifestations organisées depuis 6 ans sur le terrain du Magro de Behoririka, mis à sac et incendié lors du « lundi noir » de janvier 2009. Pour certains observateurs cette concession pourrait préluder à une remise en liberté de l’ancien président, toujours placé en résidence fixe. L’épouse de l’ancien chef de l’Etat a été invitée dans la foulée au palais présidentiel où elle a été reçue en tant que présidente du conseil d’administration de Tiko, dont le redémarrage semble en bonne voie, en dépit d’un lourd contentieux fiscal et de la question de l’indemnisation pour les dommages considérables subis par le groupe. L’ancien chef de l’Etat  a été autorisé à recevoir à son domicile 250 militants et cadres de son parti, le TIM. Si des restrictions continuent à lui être imposées (il n’est pas autorisé à faire de déclarations politiques et ses comptes bancaires demeurent bloqués), les journalistes ont néanmoins pu assister à la rencontre et couvrir l’événement. Le bureau politique du parti sera remanié en vue des échéances électorales. Outre la restructuration du parti, les discussions ont tourné largement autour de la réconciliation nationale qui pourrait être la voie à travers laquelle Marc Ravalomanana compte pouvoir revenir dans le jeu politique. Des observateurs notent que des proches de Marc Ravalomanana et de Didier Ratsiraka occupent déjà d’importantes fonctions dans les sphères dirigeantes.

La vérité 15 03Au mois de février, le ministre Rivo Rakotovao, en charge des grands projets présidentiels et président du parti présidentiel HVM, s’est trouvé au centre d’une vive polémique trouvant sa source dans plusieurs décisions contestées qui violeraient l’orthodoxie financière en matière de gestion de fonds publics. Le directeur général du Trésor, Orlando Robimanana, a pris la tête de la contestation, en dénonçant vigoureusement ces pratiques, avec le soutien des agents de son administration. Ses déclarations fracassantes ont été perçues comme un acte d’insubordination. Après avoir tergiversé quelques jours, le pouvoir a pris la décision de limoger l’intéressé. En réaction, le personnel a lancé un mot d’ordre de grève pour exiger la démission du ministre et le maintien à son poste du directeur. La passation de service entre Orlando Robimanana et son successeur s’est déroulée sous haute tension. Les grévistes ont tenté de s’y opposer. Le nouveau DG s’est engagé à respecter la légalité dans la gestion des deniers publics. François Goldblatt, ambassadeur de France, a vivement réagi à l’éviction du directeur général du Trésor. « Un très mauvais signal pour les bailleurs de fonds quant aux orientations futures de l'exécutif. (...) Doit-on y voir un refus d'entendre les appels des bailleurs de fonds à une meilleure gouvernance ? », a-t-il déclaré sur Twitter, avant de développer des appréciations fort peu élogieuses pour l’exécutif dans une interview donnée à la presse. Le Premier ministre a répliqué à ses déclarations en les jugeant « déplacées ». La ministre des Affaires étrangères indique avoir « invité » l’ambassadeur à venir s’expliquer. Elle a adressé un rapport à son homologue français. Le chef de l’Etat lui-même a réaffirmé que Madagascar est un pays souverain et indépendant et qu’il voit mal un ambassadeur de Madagascar basé à l’extérieur faire des commentaires sur la nomination ou le limogeage d’un fonctionnaire étranger. Alors que certains médias condamnaient le « délit d’ingérence » et « le retour de la Françafrique », d’autres comme La Gazette ont estimé que « l’ambassadeur est dans son droit lorsqu’il exige que des garanties soient fournies par le pouvoir quant à la transparence, à l’usage et à l’impact des aides financières apportées par les bailleurs de fonds ». La polémique passée, les protagonistes se sont employés à rectifier le tir et à faire oublier les propos sévères échangés. La perspective de la tenue du sommet de l’OIF à Madagascar en 2016 impose aux uns et aux autres de faire preuve de retenue, estiment les observateurs.

Alain Ramaroson, chef de file du parti Master, exige dans un ultimatum la démission ou le limogeage de cinq personnalités étatiques. Sont visés Henry Rabary-Njaka, directeur de cabinet de la présidence de la République, Rivo Rakotovao, ministre en charge des Projets présidentiels, Olivier Mahafaly Solonandrasana, ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, Ulrich Andriantina, ministre du Tourisme, des transports et de la météorologie, ainsi que le ministre des Finances, François Marie Gervais Rakotoarimanana. Des personnalités qu’il juge responsable du mauvais climat social. Il estime que le pays est au bord de l’explosion sociale. L’intéressé a été reçu par le Premier ministre, auquel il a fait part de son projet d’organiser une « grande marche citoyenne » dans la capitale. La préfecture de police n’a pas donné son autorisation. La marche citoyenne n’a pas pu se tenir en raison de la présence massive et dissuasive des forces de l’ordre. La foule a été dispersée par les éléments de l’Emmo/Reg qui ont interdit tout attroupement. Alain Ramaroson a été arrêté, transféré à la caserne de Betongolo et placé en garde à vue. Il a été libéré après prolongation de la garde à vue pour mener une enquête sur des charges supplémentaires remontant à la période de Transition. L’avocat de la défense accuse le pouvoir de « harcèlement ». Le journaliste de Radio Viva a pu rentrer chez lui après une deuxième audition. Les politiciens proches de l’opposition ont profité de cette occasion pour dénoncer « la dictature et l’absence de démocratie ». Pour les médias, Alain Ramaroson, ancien homme fort de la Transition, a réussi « un gros coup de politique politicienne ». Il gagne son ticket pour en découdre avec le parti présidentiel HVM. Pour Tribune, ceux qui suivent la vie politique de la nation se demanderont si Alain Ramaroson peut légitimement se poser en défenseur de la démocratie et adopter une posture de victime. Ses actes et déclarations pendant la Transition comme président de la commission de sécurité au sein de la HAT le discréditent largement. Le site s’interroge néanmoins : l’action d’Alain Ramaroson est-elle un acte isolé ou est-elle le signe annonciateur d’une dynamique qui verrait la « coagulation » des nombreux mécontentements qui commencent à s’exprimer à l’égard d’un pouvoir dépourvu d’assise populaire ?

Un nouveau projet de loi portant statut particulier des collectivités décentralisées a été examiné par l’Assemblée convoquée en session extraordinaire. Pressé par le temps, le ministère de l’Intérieur n’a pas pu se livrer à la large concertation annoncée. Un premier texte avait été rejeté par deux fois. Le nouveau projet abandonne le morcellement de la capitale en plusieurs mairies d’arrondissement et ne propose plus qu’un seul maire élu. Les débats ont été houleux. Les revendications des députés à propos de leurs « avantages » ont fait peser une nouvelle fois une menace sur les travaux. Les députés de la capitale ont fait pression pour remanier de fond en comble la nouvelle mouture du texte déposé par l’exécutif, qu’ils suspectent de vouloir amoindrir le pouvoir des élus locaux d’Antananarivo à des fins politiques. Des députés élus sous les couleurs du Mapar et de la mouvance Ravalomanana ont décidé de former un front uni. La persévérance du parti présidentiel HVM à vouloir imposer sa réforme interpelle l’opinion tananarivienne, note Tribune. La conférence des présidents a prolongé la durée de la session extraordinaire. Le statut particulier d’Antananarivo amendé a finalement été adopté en séance plénière. Les députés d’Antananarivo et les personnels communaux ont eu gain de cause. La réforme au bout du compte mineure ne justifiait pas le temps - et l’argent - qui lui a été consacrée, juge Tribune. La candidature de Lalao Ravalomanana à la mairie d’Antananarivo se précise, selon Le Courrier. Le TIM veut reconquérir cette mairie stratégique, après l’avoir perdue au profit du Tgv d’Andry Rajoelina.

Compte tenu des retards accumulés pour l’adoption de ces textes, la CENIT a proposé que le scrutin des communales soit reporté au 31 juillet. Il n’est pas exclu qu’il faille décider d’un nouveau report. Par ailleurs, le doute subsiste sur la capacité de l’Etat à financer les opérations. La communauté internationale ne semble pas très empressée de financer les élections de proximité. Il manquerait encore 10 millions de dollars.

Le conseil des ministres procède au remplacement de 15 des 22 chefs de région. Une décision qui intrigue à quelques mois des élections communales, qui seront le prélude aux autres consultations électorales prévues pour 2015 (sénatoriale, régionale et provinciale).

La Haute Cour de Justice (HCJ) n’est toujours pas en place. Plusieurs de ses membres n’ont pas encore pu être désignés. La ministre de la Justice affirme que la mise en place est en bonne voie Pour le Procureur général près la Cour suprême,l’institution devrait néanmoins pouvoir recevoir ses première requêtes. L’UE se préoccupe de la situation.

La Gazette 01 03

Après l’épisode de la violente tempête Chedza du mois de janvier qui a fait 68 morts et 134.000 sinistrés, de fortes précipitations ont provoqué des inondations, des glissements de terrain et des destructions d’habitations. Bilan : 25 décès et 70.000 nouveaux sinistrés sur les Hautes Terres, dans l’agglomération d’Antananarivo et dans la région Alaotra-Mangoro, grenier à riz de Madagascar. Le FAO estime que les intempéries ont endommagé 25% des cultures rizicoles. Le pouvoir a été accusé d’avoir négligé la grave menace qui pesait sur des centaines de milliers d’habitants, la plus grave depuis 50 ans. L’impuissance des autorisées a été unanimement dénoncée et les appels du Premier ministre à l’aide internationale n’ont pas produit les résultats escomptés. La responsabilité des dirigeants depuis l’indépendance est également engagée, estiment les observateurs. Les indispensables travaux d’entretien des infrastructures n’ont pas été réalisés, remblaiements et urbanisme sauvage se sont donnés libre cours, ainsi que la déforestation galopante et les feux de brousse, source d’érosion accélérée des sols, sur fond de corruption et de clientélisme. Pour le SeFaFi, l’ampleur de la catastrophe met tous les acteurs de la vie nationale devant leurs responsabilités. Des leçons doivent être tirées de ce désastre, d’autant que ce sont les plus pauvres qui paient le prix fort de cette négligence collective. Toute la politique urbaine du pays est à revoir. Les intempéries ont servi de révélateur à un effondrement général, écrit l’Observatoire. Le prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité atteignent des sommets. Certains importateurs et des grossistes spéculent sur les cours du riz en dissimulant et en retenant des stocks. Les sinistrés ont offert une visibilité aux politiques. « Entre élan de solidarité et intérêt politique, les entités rivalisent sur le terrain pour tenter de tirer leur épingle du jeu et accourent au chevet de leurs compatriotes en difficulté », écrit L’Express. Des remises de dons éphémères et ponctuelles, qui dispensent les uns et les autres de proposer des solutions pérennes pour que pareilles sinistres ne se renouvellement pas, note le quotidien. Le parti présidentiel HVM et le TIM de Marc Ravalomanana ont ainsi pu se mettre en avant, alors que L’Alliance d’Ambodivona regroupant des pro-Rajoelina s’est vue interdire l’organisation de téléthons au profit des sinistrés à Mahajanga et Toliara.

Les évènements climatiques qui ont lourdement frappé la capitale ont relégué au second plan la situation qui prévaut dans le Sud, où 200.000 à 350.000 personnes sont victimes de la sécheresse et menacées de famine. La malnutrition chronique concerne la moitié des enfants de moins de 5 ans. La presse déplore que ni le Premier ministre, ni le président de la République n’aient pris la peine de se déplacer pour s’enquérir de la situation des victimes du « kere », laissant le champ libre aux organisations humanitaires. Les Nations unies ont lancé un appel à l'aide internationale. Les besoins sont estimés à plus de 7 millions de dollars, dont la majorité - 5,8 millions - pour venir en aide aux populations du Sud. L'Unicef débloque 200 millions de dollars pour la sécurité alimentaire dans le Sud. 250 forages d’eau potable devraient être réalisés en 100 jours avec le soutien de l’Unicef dans les régions Anosy et Androy. « De l’inondation de la capitale aux 200.000 personnes épuisées par la faim, Madagascar est en train de payer l’échec de son développement », titre un quotidien de La Réunion.

D’après un communiqué de la FAO, des essaims de criquets menacent de nouveau le pays alors que la lutte antiacridienne manque encore de financement pour la campagne qui doit débuter en avril.

Journée internationale des droits des femmes : Madagascar en queue des 16 signataires du Protocole de la Sadc sur le genre et le développement, adopté en 2008. Le document engageait les pays membres à atteindre 28 objectifs, parmi lesquels « l’accès à l’emploi, l’hygiène maternelle, l’éducation et la prise de décision », rappelle la représentante de Gender Links.

Le conseil de gouvernement adopte un décret portant création du Bureau national de lutte contre la traite des êtres humains qui aura pour mission de lutter contre le travail domestique, le proxénétisme, les adoptions illégales, la mendicité forcée, les trafics d’organes et d‘êtres humains, les servitudes aux fins de remboursement de dettes et toutes les formes d’esclavage moderne. Il prévoit également la facilitation de l’accès des victimes et de leurs proches à l’accompagnement, à la justice et à la réparation des préjudices subis. L’OIM compte effectuer un état des lieux de la traite des personnes, afin de définir l’envergure du chantier à mettre en œuvre. Le gouvernement annonce qu’il ne prendra en charge que 2,5% du coût de ce programme, estimé à 595.000 dollars. Le décret fait suite à la ratification par Madagascar en octobre 2013 de la Convention internationale sur la protection des travailleurs migrants et des membres de leur famille. L’étape suivante avait été le vote, en janvier 2015, de la loi sur la traite des êtres humains. Le plan national de lutte contre la traite a été élaboré par un comité ad ’hoc instauré en juillet 2013. Les Etats-Unis ont contribué financièrement à ce chantier.

Un vaste réseau clandestin d’émigration a été démantelé par la police. Une agence de placement de la capitale envoie depuis des années des travailleuses malgaches à l’étranger. 82 faux passeports ont été découverts. Huit femmes ont été arrêtées. Pour mémoire, le gouvernement a interdit au mois d’août 2013 toute expatriation de travailleurs malgaches. Entre 2009 et 2014, 40 décès de travailleuses migrantes ont été enregistrés. Trente domestiques malgaches sont détenues au Koweït. Elles se sont enfuies de chez leurs patrons en raison de la maltraitance subie. Faute de papiers d'identité, elles se sont retrouvées en situation irrégulière et ont été incarcérées. Des démarches auraient été entreprises depuis 9 mois auprès du ministère de la Fonction publique, qui n’a pas donné suite. Interrogé, le ministère affirme ignorer cette affaire. Une ressortissante malgache est décédée au Liban. La famille a reçu un appel de l’une de ses amies annonçant son décès par asphyxie. La famille n’est pas parvenue à contacter l’agence de placement. Passé un certain délai, les corps non récupérés sont jetés à la mer. Les ministères concernés ont été interpelés en vain. « Il faut autoriser les travailleuses et travailleurs domestiques au Liban à former un syndicat », écrit l’ONG Human Rights Watch dans un communiqué.

Une importante opération de contrôle des autorisations de détention d’armes a été lancée dans l’ex-province de Fianarantsoa. 40.000 autorisations devront être contrôlées dans les 6 mois. Le commandant de la gendarmerie locale déplore que des prévenus placés sous mandat de dépôt pour détention d’armes, faux en écritures et braquages, recouvrent la liberté sans jugement, suite à des interventions d’autorités politiques qui pourraient être en lien avec des réseaux de trafiquants. Si la région Sud-Est est celle où les dahalo s’emparent des animaux pour les expédier vers la capitale, point d’aboutissement du trafic, Fianarantsoa est l’axe de passage obligatoire des camions les transportant. La gendarmerie incrimine des Chinois dans des opérations de blanchiment de zébus. Des enquêtes approfondies sont en cours. Des gendarmes seraient impliqués dans des affaires de trafics de bovidés, notamment en établissant de faux papiers pour le bétail. Deux opérateurs de la filière bovine ont été exécutés dans un braquage à proximité de Beraketa. La presse évoque un règlement de compte, avec en toile de fond les milieux maffieux qui tentent d‘imposer leur loi à la filière.

Le ministre de la Sécurité publique a mis en place une cellule spécialisée dans la lutte contre les affaires de kidnapping, un fléau qui vise notamment les ressortissants français d’origine indienne. La cellule exploitera les renseignements fournis par l’ambassadeur de France. « Des informations que la police détient déjà depuis des années », affirme le ministre. Plus d’une dizaine de noms sont cités dans cette liste, parmi lesquels des personnalités et des fonctionnaires haut placés. Des ressortissants indiens figureraient dans la liste en tant que commanditaires. Ils collaboreraient avec des Malgaches pour la mise à exécution des enlèvements.

Les actes de justice populaire continent d’alimenter la chronique. A Mananara Nord des troubles ont fait 6 morts. Des éléments d’élite du Groupe de sécurité et d’interventions spéciales (GSIS) ont dû être dépêchés sur place pour rétablir le calme. Dix-sept personnes ont été appréhendées et transférées à Toamasina. Une centaine de manifestants se sont rassemblés devant la gendarmerie de Fénérive-Est pour exiger leur libération. Dans le district de Mahanoro, deux présumés bandits armés ont également été victimes de la vindicte populaire.Une foule en furie a exécuté cinq malfaiteurs qui venaient de braquer trois opérateurs circulant à moto. A Toliara, passé à tabac par des militaires en furie, un suspect a succombé à ses blessures. Un vol de manioc a tourné à l'émeute et a fait au moins quatre morts à Mananjary. L'un des voleurs présumés s'est enfui et a couru vers la caserne de gendarmerie pour échapper à la vindicte populaire tandis que l'autre était rattrapé et passé à tabac. Pendant leur garde à vue, une foule de plusieurs centaines de personnes a attaqué la caserne, demandant que les deux voleurs leur soient remis. La gendarmerie a indiqué avoir tiré en l'air pour disperser les manifestants. Le secrétaire d’Etat à la Gendarmerie rappelle que « dans un Etat de droit comme le nôtre, la justice populaire n’est pas tolérée et ternit gravement l’image de Madagascar. Il appartient au système judiciaire de juger les coupables selon la loi et de sanctionner en conséquence. Il faut protéger à tout prix les suspects ». La presse condamne une nouvelle fois le comportement des forces de l’ordre, accusées de pratiquer la torture en garde à vue en toute impunité.

Le FMI revient à la charge sur la nécessité de réformes économiques. Les performances de Madagascar en termes de recettes restent en-dessous de son potentiel. De gros efforts sont nécessaires en matière d’administration fiscale et douanière. Les assainissements préconisés sont jugés nécessaires pour permettre à l’État d’augmenter ses dépenses dans le domaine des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. Le dossier Madagascar devrait être examiné par le conseil d’administration en juin. Pour La Gazette, la mission du FMI est repartie sans trouver un accord avec le gouvernement pour l'octroi d'un financement au titre de la « Facilité élargie de crédit ». Les subventions aux carburants, les transferts aux entreprises d’État, y compris à la Jirama, gravement déficitaire, ont été une nouvelle fois pointés du doigt par la mission. Les dysfonctionnements de la Jirama ont provoqué 140 millions d’euros de pertes en 2014, selon l’ambassadeur de France. Ce chiffre représente 10% des dépenses de l’Etat. Une situation, qui d’après lui, ruine les efforts collectifs des bailleurs de fonds. Un cabinet privé effectue un audit de la gestion de la Jirama à la demande du conseil d’administration. Un rapport préliminaire est attendu.

Le plan de mise en œuvre du PND ne sera pas prêt avant juin 2015. Des travaux d’actualisation financière sont en cours. L’objectif est de soumettre le document à la conférence des bailleurs prévue pour octobre 2015. L’Etat entend favoriser les sources de financement privées, nationales et étrangères, les bailleurs de fonds ayant déjà annoncé qu’ils ne pourront prendre en charge la totalité du programme, qui s’élèverait à 14 milliards de dollars. Il resterait encore à trouver plus du quart du financement nécessaire.

La BAD souhaite que la culture du résultat, garante du développement, se généralise au niveau du gouvernement et de l’administration. La mise en place de la « Gestion axée sur les résultats de développement » (GRD) devrait, en principe, faciliter l’application du PND. Des performances positives contribueraient à l’augmentation des aides et de l’implication des partenaires internationaux de la Grande Ile.

Une « retraite gouvernementale », a été organisée, en partenariat avec la BAD. Le Premier ministre a invité les membres du gouvernement à avoir des résultats rapides. Chaque ministre est responsable d’engagements à réaliser dans les 100 jours. « Nous allons rendre publics les engagements personnels », a-t-il martelé.

Le ministère de l’Eau, de l’hygiène et de l’assainissement admet qu’il y a un ralentissement de l’accès des Malgaches à ce droit fondamental. L’eau potable n’est pas encore une priorité de l’État : 70% des fonds alloués au secteur viennent de l’extérieur. Le pays chiffre ses besoins à 800 millions de dollars d’ici 2019.

Madagascar parent pauvre de l’aide internationale. D'après la représentante du Système des Nations unies, Madagascar reçoit 3 à 4 fois moins d'aides que le Malawi, 5 fois moins d'aides que le Mozambique, 6 fois moins d'aides que le Sénégal, alors que ces pays ont un indice de développement humain comparable à celui de la Grande Ile.

« Bidonvilisation » alarmante de toutes les villes de Madagascar. La Grande Ile figure parmi les pays qui connaissent un très fort taux de bidonvilisation, indique un expert d’UN-Habitat. Le ratio, calculé sur la base de cinq « privations », atteint 90%.

L’inventaire des bois de rose saisis reprendra dans quelques mois. Ce recensement concernera tous les stocks saisis par le ministère de l’Environnement, de l’écologie, de la mer et des forêts. Des prestataires étrangers prêteront main forte à la réalisation de ces opérations. 4 millions de dollars ont été promis par la Banque mondiale pour la réalisation du renforcement de l’assainissement. Le chef du gouvernement annonce la mise en place d’un tribunal spécial chargé de juger les trafiquants de bois précieux.

Affaire Sucoma Morondava : « Priorité au respect des droits humains », souligne le ministre de l’Industrie. Une table-ronde sera organisée entre le ministère, la Primature et les dirigeants chinois de la société sucrière pour établir des résolutions communes et envisager le redémarrage de l’activité après les graves troubles qui ont conduit à la fermeture de l’entreprise. Après les émeutes, les Chinois ont évalué les pertes subies à 80 millions de dollars et la situation s’est encore dégradée par la suite, les pillages s’étant poursuivis. 700 employés permanents et 2.000 saisonniers restent dans l’attente d’un redémarrage de l’activité.

94% des travailleurs malgaches sont employés dans le secteur informel, selon une étude du BIT. « En plus de créer un manque à gagner fiscal considérable à l’Etat, ces travailleurs informels représentent une charge sociale », déclare le représentant du BIT, qui travaille à la lutte contre l’économie informelle et la formalisation de l’emploi.

Les pirates qui opèrent leurs méfaits à l'encontre des navires marchands impacteraient lourdement l'économie de la Grande Ile. D’après la COI, 6,5 millions de dollars seraient ainsi perdus chaque année par l'économie malgache par suite d’attaques et de pillages qui se produisent notamment dans le canal du Mozambique.

Un mouvement de grève affecte la mine Ambatovy de Moramanga. Les employés se plaignent des conditions de travail et du fait que les expatriés bénéficieraient d’une meilleure prise en charge médicale. Le conflit est envenimé par l’emprisonnement de deux employés accusés de vol d’une cargaison de 900.000 litres de carburant. Ambatovy ferait face à une grogne montante de la part des communautés locales qui estiment que l’exploitation est néfaste pour l’environnement malgré les promesses du groupe de protéger les zones environnantes. Une perquisition a été opérée pour vérifier si les locaux de dissimulaient pas une cargaison d’armes à feu et des munitions. Une initiative qui pourrait dissimuler des motivations politiques.

Exploitation illicite de mines : 130 Sri-Lankais pourraient être à expulsés à Andilamena. Un ultimatum a été lancé au exploitants irréguliers pour qu’ils mettent fin à leurs activités.

Grève affecte au service des Domaines. Les syndicats exigent la levée du moratoire interdisant l’acquisition de terrains domaniaux par les nationaux, une faculté réservée aux investisseurs étrangers. Ils voient dans cette mesure une atteinte à un droit fondamental. Ils exigent d’être associés à la conception de la nouvelle politique foncière.

Un nouveau code pétrolier est en gestation. Le document de base, conçu par un comité composé de représentants de l’administration, des opérateurs et de la société civile, s’articule autour d’un objectif principal : améliorer la contribution des prospections et des futures exploitations sur la population. Tout en étant attractif pour les investisseurs, le code devra se conformer aux exigences de transparence de l’EITI et accorder une place significative aux préoccupations environnementales.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Réconciliation nationale, situation de Marc Ravalomanana
  • Préparation des élections communales, session parlementaire
  • « L’affaire Robimanana », DG du Trésor limogé
  • Diplomatie, tension provoquée par les déclarations de l’ambassadeur de France

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Droits des femmes, santé
  • Traite des être humains
  • Droit à l'eau
  • Gouvernance
  • Vindicte populaire, justice
  • Dahalo, insécurité

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Calamités naturelles : « kere » dans le Sud et inondations
  • Exploitation des ressources naturelles
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Agitation sociale
  • Divers

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la vérité 05 03

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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