JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

24 avril 2015

ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2015

<>  24 04 15 - SeFaFi - Communiqué - Les communales : Quelle volonté de décentralisation ?
Les textes nécessaires à la tenue des élections communales ont été adoptés et promulgués tant bien que mal. Elaborés pendant que les intempéries provoquaient de graves dégâts sur les Hautes Terres, ces textes ont lancé le débat sur la répartition des compétences entre un État central et centralisateur et les Collectivités territoriales décentralisées. Ce débat, qui aurait dû avoir lieu avant l’introduction des textes au Parlement, devrait nourrir la campagne électorale. Or l’analyse des textes apporte la démonstration que l’autonomie d’action des futurs élus locaux n’est qu’une faveur accordée par le pouvoir central, qui se réserve le droit de la surveiller étroitement, voire de la limiter. La décentralisation annoncée s’accompagne de l’extension du pouvoir central par la déconcentration. Vient s’ajouter le fait, qu’une nouvelle fois, la préparation de ce scrutin est fortement politisée par le pouvoir central. En outre, accéder à la tête d’une commune va s’apparenter à un parcours du combattant. Le défi s’annonce encore plus grand pour les élus, en raison du manque de clarté sur leurs compétences sur les ressources financières sur lesquelles ils pourront compter, sans oublier les interférences politique que le pouvoir central ne manquera pas de mener. Le SeFaFi déplore une fois encore « le manque absolu de volonté politique à mettre en place une décentralisation effective ainsi que la totalité des institutions de la République, socle minimal d’un État de droit ».

- 24 04 15 - Collectif Tany - Deux représentants de la société civile à l'AG de Rio Tinto à Londres
Tous les ans, l’ONG London Mining Network et le réseau IndustriALL Global Union des syndicats de Rio Tinto invitent des organisations et syndicats de différents pays où travaille cette puissante multinationale à participer aux réunions et manifestations pré-assemblée générale. Au cours de l’assemblée générale, un temps de parole est accordé aux actionnaires. Les représentants des ONG et syndicats, qui viennent à la place d’actionnaires qui n’ont pas pu se déplacer, ont aussi l’opportunité de demander la parole. Cette année, le secrétaire général de l’USRA-FISEMA, l’Union Syndicale de la Région Anosy membre de la Fédération des Syndicats de Madagascar, ainsi que la présidente du Collectif Tany ont figuré parmi les invités. Cette dernière a interpelé les dirigeant de la firme sur le décès accidentel d’un travailleur sur le site de QMM à Tolagnaro.

- 11 04 15 - Collectif Tany - La politique foncière c'est l'affaire de tous les citoyens
Des travaux et débats au sujet de la politique foncière nationale sont en cours à Madagascar depuis juin 2014. Une première version de la Lettre de Politique Foncière 2015-2030 publiée en février a provoqué une grève des techniciens de l’administration des domaines au mois de mars, notamment à cause de propositions d’extension des compétences des communes dans la gestion foncière contenues dans cette première version, dont ils exigent la révision. Après un survol rapide des évolutions de la politique foncière à Madagascar et un rappel des évènements survenus autour de la consolidation de la réforme foncière, le Collectif TANY développe ses arguments pour un renforcement de la décentralisation de la gestion foncière et réitère ses propositions pour une politique foncière favorisant les intérêts de la majorité de la population.

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08 04 15 – Le Monde.fr - Crise alimentaire, querelles politiques : situation fragile à Madagascar
Marc Bettinelli - Dans le sud du pays, frappé par une forte sécheresse, 47 % de la population ne prend plus qu'un repas par jour selon le Programme alimentaire mondial, contre 13 % en janvier. Fragilisé politiquement, le président peine à relancer l'économie. Entretien avec Raoul Mbog, journaliste au « Monde Afrique », qui vient de réaliser une série de reportages sur la Grande Île.(4’19)
http://www.lemonde.fr/afrique/video/2015/04/07/crise-alimentaire-querelles-politiques-situation-fragile-a-madagascar_4611164_3212.html

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08 04 15 - RFI - Sortie en France du film « Ady Gasy » du Malgache Lova Nantenaina
Le film qui rend justice à l’inventivité de la population. Le documentaire, tourné à Madagascar, montre comment les habitants surmontent les crises grâce à la débrouillardise et à une solidarité teintée d’humour. De l'art oratoire pour conjurer la misère et célébrer les vertus de la solidarité. Voilà en quoi consiste l'argument de ce documentaire aussi humble que son sujet. L'expression « ady gasy » recouvre plusieurs sens dans la culture malgache et concerne autant les pratiques culturelles, culturales que médicinales. Vivant, pour une grande majorité d'entre eux, dans une pauvreté extrême, les Malgaches n'ont pas d'autre choix que de réparer, transformer et réutiliser ce qu'ils trouvent ou qui est hors d'usage. "Les Chinois fabriquent les objets, les Malgaches les réparent".
Lova Nantenaina est l’invité de Sébastien Jédor. Interview (7’19)
http://www.rfi.fr/emission/20150408-cinema-ady-gasy-malgache-lova-nantenaina
Visionner un extrait

- 07 04 15 - CRAAD-OI - Association MAZOTO - Les communautés locales refusent la délivrance d'un permis environnemental au projet Toliara Sands
L’association MAZOTO et les représentants des ressortissants de la zone concernée par le projet minier de la société Toliara Sands expriment leur refus de ce projet d’extraction d’ilménite et de métaux lourds précieux le long de la côte Sud-Ouest de Madagascar. Ils refusent la délivrance d’un permis environnemental attendu par la société australienne. Les communautés locales soulèvent plusieurs enjeux environnementaux telles que la destruction des forêts et des bois précieux, la pollution du sol, la diminution des eaux disponibles pour les rizières et la restriction des surfaces cultivables. Les conséquences de la radioactivité sur l’air, l’eau et la santé des habitants sont également mises en exergue. La réalisation de ce projet provoquerait en outre un déplacement des habitants de la concession minière. En février, la direction de l’Office National de l’Environnement (ONE) a refusé de rencontrer les associations de défense des ressortissants de la zone.

- 02 04 15 - Women's International League for Peace and Freedom - EPU Madagascar - Les violations des droits humains dans le Sud
Le 2ème rapport de Madagascar entrant dans le cadre de l’Examen Périodique Universel a été adopté par le Conseil des Droits de l’Homme lors de sa 28ème session qui s'est tenue à Genève du 2 au 27 mars. Dans ce cadre des consultations liées à ce mécanisme, Women's International League for Peace and Freedom s’est déclaré préoccupée par l’insécurité humaine et les exécutions extrajudiciaires, notamment dans le Sud. L'association regrette que le rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires n'ait pas pu effectuer sa visite. Elle demande "l'ouverture d'une enquête crédible et indépendante".

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01 04 15 - SeFaFi - Avant-propos du recueil des communiqués pour l'année 2014 - Les débuts chaotiques de la IVème République
Le SeFaFi exprime la déception voire la désillusion de la population dans le recueil de ses communiqués de 2014 intitulé « Les débuts chaotiques de la IVème République ». Chacun s’attendait à de meilleures perspectives à l’issue des élections présidentielles et législatives. Jusqu’à présent, le changement promis et escompté ne semble pas être en marche. Le recueil met en exergue les bases mouvantes sur lesquels le pouvoir s’appuie et pointe du doigt le comportement indigne de l’Assemblée nationale. L’exécutif manque de vision. Les projets de lois ne font pas l’objet de concertation. Le SeFaFi s’interroge sur l’efficacité des opérations menées contre les dahalo dans le Sud où près de 4 000 bandits se seraient repentis et auraient déposé les armes. Le manque de transparence au niveau du processus de réconciliation nationale initié par la FFKM est un autre point sensible. Le processus ne devrait pas être dirigé par les Eglises mais par une institution officielle respectueuse de la laïcité de l’Etat. La crise semble interminable, les tensions politiques et sociales menacent la stabilité du pays et l’économie n’arrive pas à se relever. L’année 2014 aura été marquée par un climat politique délétère, une économie exsangue et une société en pleine décomposition, conclut l’Observatoire.

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31 mars 2015

REVUE DE PRESSE - MARS 2015

La vérité 06 03Bien que Zafy Albert et Andry Rajoelina se soient retirés du processus de réconciliation nationale initié par le FFKM, avec le soutien du pouvoir, des assises régionales ont pu se tenir au début du mois dans les 22 régions. Les rencontres ont été éclipsées par les calamités naturelles qui ont frappé une partie de la Grande Ile, faisant des dizaines de milliers de sans-abris ou de personnes menacées par la famine. Le FFKM a été critiqué pour ne pas avoir décidé leur report. Les réponses aux 16 questions posées aux participants devaient être débattues au cours du forum national annoncé pour la fin du mois mais qui a été reporté au 28 avril, sur demande, semble-t-il, de la Conférence des évêques, en raison de « la souffrance de la population touchée par les inondations et la sècheresse ». La manière dont ont été conduites les assises régionales ne serait pas tout à fait du goût de l’Eglise catholique, qui souhaiterait que des réajustements soient opérés avant la réunion nationale et que l’on puisse au préalable s’assurer de la participation de tous les protagonistes. Le FFKM a tenté en vain de réunir à nouveau les cinq présidents autour d’une table. Des résolutions de nature politique adoptées au niveau des régions sont entrées en contradiction avec la volonté affichée par le FFKM de développer un processus non-partisan. La démarche engagée par les Eglises est désormais perçue par une partie de l’opinion comme étant placée sous l’influence du chef de l’Etat et de Marc Ravalomanana, lequel ne manque pas une occasion de réitérer son appui aux Eglises, dont il espère qu’elles pourront l’aider à réintégrer le jeu politique, relancer les activités de son groupe agro-alimentaire et le laver des condamnations qui pèsent sur lui et dont l’ancienne ministre de la Justice de la Transition demande la mise à exécution au nom de la continuité de l’Etat. L’opinion semble déboussolée par les péripéties de la réconciliation nationale et le pessimisme est de mise quant à l’aboutissement d’un processus qui replacerait les Eglises du FFKM, largement décrédibilisées, au centre du jeu politique. Le retour des Eglises sur le devant de la scène est en outre perçu par certains comme une entorse à la règle constitutionnelle de laïcité de l’Etat. Le FFKM lance un appel aux bailleurs de fonds pour le financement de la suite du processus de réconciliation nationale. Il réitère qu’il ne dispose pas du budget nécessaire à l’organisation de sa grande rencontre nationale.

la vérité 02 03

Le discret processus de rapprochement entre le chef de l’Etat et Marc Ravalomanana se poursuit et a conduit ce dernier à demander à ses partisans de mettre un terme à leurs manifestations organisées depuis 6 ans sur le terrain du Magro de Behoririka, mis à sac et incendié lors du « lundi noir » de janvier 2009. Pour certains observateurs cette concession pourrait préluder à une remise en liberté de l’ancien président, toujours placé en résidence fixe. L’épouse de l’ancien chef de l’Etat a été invitée dans la foulée au palais présidentiel où elle a été reçue en tant que présidente du conseil d’administration de Tiko, dont le redémarrage semble en bonne voie, en dépit d’un lourd contentieux fiscal et de la question de l’indemnisation pour les dommages considérables subis par le groupe. L’ancien chef de l’Etat  a été autorisé à recevoir à son domicile 250 militants et cadres de son parti, le TIM. Si des restrictions continuent à lui être imposées (il n’est pas autorisé à faire de déclarations politiques et ses comptes bancaires demeurent bloqués), les journalistes ont néanmoins pu assister à la rencontre et couvrir l’événement. Le bureau politique du parti sera remanié en vue des échéances électorales. Outre la restructuration du parti, les discussions ont tourné largement autour de la réconciliation nationale qui pourrait être la voie à travers laquelle Marc Ravalomanana compte pouvoir revenir dans le jeu politique. Des observateurs notent que des proches de Marc Ravalomanana et de Didier Ratsiraka occupent déjà d’importantes fonctions dans les sphères dirigeantes.

La vérité 15 03Au mois de février, le ministre Rivo Rakotovao, en charge des grands projets présidentiels et président du parti présidentiel HVM, s’est trouvé au centre d’une vive polémique trouvant sa source dans plusieurs décisions contestées qui violeraient l’orthodoxie financière en matière de gestion de fonds publics. Le directeur général du Trésor, Orlando Robimanana, a pris la tête de la contestation, en dénonçant vigoureusement ces pratiques, avec le soutien des agents de son administration. Ses déclarations fracassantes ont été perçues comme un acte d’insubordination. Après avoir tergiversé quelques jours, le pouvoir a pris la décision de limoger l’intéressé. En réaction, le personnel a lancé un mot d’ordre de grève pour exiger la démission du ministre et le maintien à son poste du directeur. La passation de service entre Orlando Robimanana et son successeur s’est déroulée sous haute tension. Les grévistes ont tenté de s’y opposer. Le nouveau DG s’est engagé à respecter la légalité dans la gestion des deniers publics. François Goldblatt, ambassadeur de France, a vivement réagi à l’éviction du directeur général du Trésor. « Un très mauvais signal pour les bailleurs de fonds quant aux orientations futures de l'exécutif. (...) Doit-on y voir un refus d'entendre les appels des bailleurs de fonds à une meilleure gouvernance ? », a-t-il déclaré sur Twitter, avant de développer des appréciations fort peu élogieuses pour l’exécutif dans une interview donnée à la presse. Le Premier ministre a répliqué à ses déclarations en les jugeant « déplacées ». La ministre des Affaires étrangères indique avoir « invité » l’ambassadeur à venir s’expliquer. Elle a adressé un rapport à son homologue français. Le chef de l’Etat lui-même a réaffirmé que Madagascar est un pays souverain et indépendant et qu’il voit mal un ambassadeur de Madagascar basé à l’extérieur faire des commentaires sur la nomination ou le limogeage d’un fonctionnaire étranger. Alors que certains médias condamnaient le « délit d’ingérence » et « le retour de la Françafrique », d’autres comme La Gazette ont estimé que « l’ambassadeur est dans son droit lorsqu’il exige que des garanties soient fournies par le pouvoir quant à la transparence, à l’usage et à l’impact des aides financières apportées par les bailleurs de fonds ». La polémique passée, les protagonistes se sont employés à rectifier le tir et à faire oublier les propos sévères échangés. La perspective de la tenue du sommet de l’OIF à Madagascar en 2016 impose aux uns et aux autres de faire preuve de retenue, estiment les observateurs.

Alain Ramaroson, chef de file du parti Master, exige dans un ultimatum la démission ou le limogeage de cinq personnalités étatiques. Sont visés Henry Rabary-Njaka, directeur de cabinet de la présidence de la République, Rivo Rakotovao, ministre en charge des Projets présidentiels, Olivier Mahafaly Solonandrasana, ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, Ulrich Andriantina, ministre du Tourisme, des transports et de la météorologie, ainsi que le ministre des Finances, François Marie Gervais Rakotoarimanana. Des personnalités qu’il juge responsable du mauvais climat social. Il estime que le pays est au bord de l’explosion sociale. L’intéressé a été reçu par le Premier ministre, auquel il a fait part de son projet d’organiser une « grande marche citoyenne » dans la capitale. La préfecture de police n’a pas donné son autorisation. La marche citoyenne n’a pas pu se tenir en raison de la présence massive et dissuasive des forces de l’ordre. La foule a été dispersée par les éléments de l’Emmo/Reg qui ont interdit tout attroupement. Alain Ramaroson a été arrêté, transféré à la caserne de Betongolo et placé en garde à vue. Il a été libéré après prolongation de la garde à vue pour mener une enquête sur des charges supplémentaires remontant à la période de Transition. L’avocat de la défense accuse le pouvoir de « harcèlement ». Le journaliste de Radio Viva a pu rentrer chez lui après une deuxième audition. Les politiciens proches de l’opposition ont profité de cette occasion pour dénoncer « la dictature et l’absence de démocratie ». Pour les médias, Alain Ramaroson, ancien homme fort de la Transition, a réussi « un gros coup de politique politicienne ». Il gagne son ticket pour en découdre avec le parti présidentiel HVM. Pour Tribune, ceux qui suivent la vie politique de la nation se demanderont si Alain Ramaroson peut légitimement se poser en défenseur de la démocratie et adopter une posture de victime. Ses actes et déclarations pendant la Transition comme président de la commission de sécurité au sein de la HAT le discréditent largement. Le site s’interroge néanmoins : l’action d’Alain Ramaroson est-elle un acte isolé ou est-elle le signe annonciateur d’une dynamique qui verrait la « coagulation » des nombreux mécontentements qui commencent à s’exprimer à l’égard d’un pouvoir dépourvu d’assise populaire ?

Un nouveau projet de loi portant statut particulier des collectivités décentralisées a été examiné par l’Assemblée convoquée en session extraordinaire. Pressé par le temps, le ministère de l’Intérieur n’a pas pu se livrer à la large concertation annoncée. Un premier texte avait été rejeté par deux fois. Le nouveau projet abandonne le morcellement de la capitale en plusieurs mairies d’arrondissement et ne propose plus qu’un seul maire élu. Les débats ont été houleux. Les revendications des députés à propos de leurs « avantages » ont fait peser une nouvelle fois une menace sur les travaux. Les députés de la capitale ont fait pression pour remanier de fond en comble la nouvelle mouture du texte déposé par l’exécutif, qu’ils suspectent de vouloir amoindrir le pouvoir des élus locaux d’Antananarivo à des fins politiques. Des députés élus sous les couleurs du Mapar et de la mouvance Ravalomanana ont décidé de former un front uni. La persévérance du parti présidentiel HVM à vouloir imposer sa réforme interpelle l’opinion tananarivienne, note Tribune. La conférence des présidents a prolongé la durée de la session extraordinaire. Le statut particulier d’Antananarivo amendé a finalement été adopté en séance plénière. Les députés d’Antananarivo et les personnels communaux ont eu gain de cause. La réforme au bout du compte mineure ne justifiait pas le temps - et l’argent - qui lui a été consacrée, juge Tribune. La candidature de Lalao Ravalomanana à la mairie d’Antananarivo se précise, selon Le Courrier. Le TIM veut reconquérir cette mairie stratégique, après l’avoir perdue au profit du Tgv d’Andry Rajoelina.

Compte tenu des retards accumulés pour l’adoption de ces textes, la CENIT a proposé que le scrutin des communales soit reporté au 31 juillet. Il n’est pas exclu qu’il faille décider d’un nouveau report. Par ailleurs, le doute subsiste sur la capacité de l’Etat à financer les opérations. La communauté internationale ne semble pas très empressée de financer les élections de proximité. Il manquerait encore 10 millions de dollars.

Le conseil des ministres procède au remplacement de 15 des 22 chefs de région. Une décision qui intrigue à quelques mois des élections communales, qui seront le prélude aux autres consultations électorales prévues pour 2015 (sénatoriale, régionale et provinciale).

La Haute Cour de Justice (HCJ) n’est toujours pas en place. Plusieurs de ses membres n’ont pas encore pu être désignés. La ministre de la Justice affirme que la mise en place est en bonne voie Pour le Procureur général près la Cour suprême,l’institution devrait néanmoins pouvoir recevoir ses première requêtes. L’UE se préoccupe de la situation.

La Gazette 01 03

Après l’épisode de la violente tempête Chedza du mois de janvier qui a fait 68 morts et 134.000 sinistrés, de fortes précipitations ont provoqué des inondations, des glissements de terrain et des destructions d’habitations. Bilan : 25 décès et 70.000 nouveaux sinistrés sur les Hautes Terres, dans l’agglomération d’Antananarivo et dans la région Alaotra-Mangoro, grenier à riz de Madagascar. Le FAO estime que les intempéries ont endommagé 25% des cultures rizicoles. Le pouvoir a été accusé d’avoir négligé la grave menace qui pesait sur des centaines de milliers d’habitants, la plus grave depuis 50 ans. L’impuissance des autorisées a été unanimement dénoncée et les appels du Premier ministre à l’aide internationale n’ont pas produit les résultats escomptés. La responsabilité des dirigeants depuis l’indépendance est également engagée, estiment les observateurs. Les indispensables travaux d’entretien des infrastructures n’ont pas été réalisés, remblaiements et urbanisme sauvage se sont donnés libre cours, ainsi que la déforestation galopante et les feux de brousse, source d’érosion accélérée des sols, sur fond de corruption et de clientélisme. Pour le SeFaFi, l’ampleur de la catastrophe met tous les acteurs de la vie nationale devant leurs responsabilités. Des leçons doivent être tirées de ce désastre, d’autant que ce sont les plus pauvres qui paient le prix fort de cette négligence collective. Toute la politique urbaine du pays est à revoir. Les intempéries ont servi de révélateur à un effondrement général, écrit l’Observatoire. Le prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité atteignent des sommets. Certains importateurs et des grossistes spéculent sur les cours du riz en dissimulant et en retenant des stocks. Les sinistrés ont offert une visibilité aux politiques. « Entre élan de solidarité et intérêt politique, les entités rivalisent sur le terrain pour tenter de tirer leur épingle du jeu et accourent au chevet de leurs compatriotes en difficulté », écrit L’Express. Des remises de dons éphémères et ponctuelles, qui dispensent les uns et les autres de proposer des solutions pérennes pour que pareilles sinistres ne se renouvellement pas, note le quotidien. Le parti présidentiel HVM et le TIM de Marc Ravalomanana ont ainsi pu se mettre en avant, alors que L’Alliance d’Ambodivona regroupant des pro-Rajoelina s’est vue interdire l’organisation de téléthons au profit des sinistrés à Mahajanga et Toliara.

Les évènements climatiques qui ont lourdement frappé la capitale ont relégué au second plan la situation qui prévaut dans le Sud, où 200.000 à 350.000 personnes sont victimes de la sécheresse et menacées de famine. La malnutrition chronique concerne la moitié des enfants de moins de 5 ans. La presse déplore que ni le Premier ministre, ni le président de la République n’aient pris la peine de se déplacer pour s’enquérir de la situation des victimes du « kere », laissant le champ libre aux organisations humanitaires. Les Nations unies ont lancé un appel à l'aide internationale. Les besoins sont estimés à plus de 7 millions de dollars, dont la majorité - 5,8 millions - pour venir en aide aux populations du Sud. L'Unicef débloque 200 millions de dollars pour la sécurité alimentaire dans le Sud. 250 forages d’eau potable devraient être réalisés en 100 jours avec le soutien de l’Unicef dans les régions Anosy et Androy. « De l’inondation de la capitale aux 200.000 personnes épuisées par la faim, Madagascar est en train de payer l’échec de son développement », titre un quotidien de La Réunion.

D’après un communiqué de la FAO, des essaims de criquets menacent de nouveau le pays alors que la lutte antiacridienne manque encore de financement pour la campagne qui doit débuter en avril.

Journée internationale des droits des femmes : Madagascar en queue des 16 signataires du Protocole de la Sadc sur le genre et le développement, adopté en 2008. Le document engageait les pays membres à atteindre 28 objectifs, parmi lesquels « l’accès à l’emploi, l’hygiène maternelle, l’éducation et la prise de décision », rappelle la représentante de Gender Links.

Le conseil de gouvernement adopte un décret portant création du Bureau national de lutte contre la traite des êtres humains qui aura pour mission de lutter contre le travail domestique, le proxénétisme, les adoptions illégales, la mendicité forcée, les trafics d’organes et d‘êtres humains, les servitudes aux fins de remboursement de dettes et toutes les formes d’esclavage moderne. Il prévoit également la facilitation de l’accès des victimes et de leurs proches à l’accompagnement, à la justice et à la réparation des préjudices subis. L’OIM compte effectuer un état des lieux de la traite des personnes, afin de définir l’envergure du chantier à mettre en œuvre. Le gouvernement annonce qu’il ne prendra en charge que 2,5% du coût de ce programme, estimé à 595.000 dollars. Le décret fait suite à la ratification par Madagascar en octobre 2013 de la Convention internationale sur la protection des travailleurs migrants et des membres de leur famille. L’étape suivante avait été le vote, en janvier 2015, de la loi sur la traite des êtres humains. Le plan national de lutte contre la traite a été élaboré par un comité ad ’hoc instauré en juillet 2013. Les Etats-Unis ont contribué financièrement à ce chantier.

Un vaste réseau clandestin d’émigration a été démantelé par la police. Une agence de placement de la capitale envoie depuis des années des travailleuses malgaches à l’étranger. 82 faux passeports ont été découverts. Huit femmes ont été arrêtées. Pour mémoire, le gouvernement a interdit au mois d’août 2013 toute expatriation de travailleurs malgaches. Entre 2009 et 2014, 40 décès de travailleuses migrantes ont été enregistrés. Trente domestiques malgaches sont détenues au Koweït. Elles se sont enfuies de chez leurs patrons en raison de la maltraitance subie. Faute de papiers d'identité, elles se sont retrouvées en situation irrégulière et ont été incarcérées. Des démarches auraient été entreprises depuis 9 mois auprès du ministère de la Fonction publique, qui n’a pas donné suite. Interrogé, le ministère affirme ignorer cette affaire. Une ressortissante malgache est décédée au Liban. La famille a reçu un appel de l’une de ses amies annonçant son décès par asphyxie. La famille n’est pas parvenue à contacter l’agence de placement. Passé un certain délai, les corps non récupérés sont jetés à la mer. Les ministères concernés ont été interpelés en vain. « Il faut autoriser les travailleuses et travailleurs domestiques au Liban à former un syndicat », écrit l’ONG Human Rights Watch dans un communiqué.

Une importante opération de contrôle des autorisations de détention d’armes a été lancée dans l’ex-province de Fianarantsoa. 40.000 autorisations devront être contrôlées dans les 6 mois. Le commandant de la gendarmerie locale déplore que des prévenus placés sous mandat de dépôt pour détention d’armes, faux en écritures et braquages, recouvrent la liberté sans jugement, suite à des interventions d’autorités politiques qui pourraient être en lien avec des réseaux de trafiquants. Si la région Sud-Est est celle où les dahalo s’emparent des animaux pour les expédier vers la capitale, point d’aboutissement du trafic, Fianarantsoa est l’axe de passage obligatoire des camions les transportant. La gendarmerie incrimine des Chinois dans des opérations de blanchiment de zébus. Des enquêtes approfondies sont en cours. Des gendarmes seraient impliqués dans des affaires de trafics de bovidés, notamment en établissant de faux papiers pour le bétail. Deux opérateurs de la filière bovine ont été exécutés dans un braquage à proximité de Beraketa. La presse évoque un règlement de compte, avec en toile de fond les milieux maffieux qui tentent d‘imposer leur loi à la filière.

Le ministre de la Sécurité publique a mis en place une cellule spécialisée dans la lutte contre les affaires de kidnapping, un fléau qui vise notamment les ressortissants français d’origine indienne. La cellule exploitera les renseignements fournis par l’ambassadeur de France. « Des informations que la police détient déjà depuis des années », affirme le ministre. Plus d’une dizaine de noms sont cités dans cette liste, parmi lesquels des personnalités et des fonctionnaires haut placés. Des ressortissants indiens figureraient dans la liste en tant que commanditaires. Ils collaboreraient avec des Malgaches pour la mise à exécution des enlèvements.

Les actes de justice populaire continent d’alimenter la chronique. A Mananara Nord des troubles ont fait 6 morts. Des éléments d’élite du Groupe de sécurité et d’interventions spéciales (GSIS) ont dû être dépêchés sur place pour rétablir le calme. Dix-sept personnes ont été appréhendées et transférées à Toamasina. Une centaine de manifestants se sont rassemblés devant la gendarmerie de Fénérive-Est pour exiger leur libération. Dans le district de Mahanoro, deux présumés bandits armés ont également été victimes de la vindicte populaire.Une foule en furie a exécuté cinq malfaiteurs qui venaient de braquer trois opérateurs circulant à moto. A Toliara, passé à tabac par des militaires en furie, un suspect a succombé à ses blessures. Un vol de manioc a tourné à l'émeute et a fait au moins quatre morts à Mananjary. L'un des voleurs présumés s'est enfui et a couru vers la caserne de gendarmerie pour échapper à la vindicte populaire tandis que l'autre était rattrapé et passé à tabac. Pendant leur garde à vue, une foule de plusieurs centaines de personnes a attaqué la caserne, demandant que les deux voleurs leur soient remis. La gendarmerie a indiqué avoir tiré en l'air pour disperser les manifestants. Le secrétaire d’Etat à la Gendarmerie rappelle que « dans un Etat de droit comme le nôtre, la justice populaire n’est pas tolérée et ternit gravement l’image de Madagascar. Il appartient au système judiciaire de juger les coupables selon la loi et de sanctionner en conséquence. Il faut protéger à tout prix les suspects ». La presse condamne une nouvelle fois le comportement des forces de l’ordre, accusées de pratiquer la torture en garde à vue en toute impunité.

Le FMI revient à la charge sur la nécessité de réformes économiques. Les performances de Madagascar en termes de recettes restent en-dessous de son potentiel. De gros efforts sont nécessaires en matière d’administration fiscale et douanière. Les assainissements préconisés sont jugés nécessaires pour permettre à l’État d’augmenter ses dépenses dans le domaine des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. Le dossier Madagascar devrait être examiné par le conseil d’administration en juin. Pour La Gazette, la mission du FMI est repartie sans trouver un accord avec le gouvernement pour l'octroi d'un financement au titre de la « Facilité élargie de crédit ». Les subventions aux carburants, les transferts aux entreprises d’État, y compris à la Jirama, gravement déficitaire, ont été une nouvelle fois pointés du doigt par la mission. Les dysfonctionnements de la Jirama ont provoqué 140 millions d’euros de pertes en 2014, selon l’ambassadeur de France. Ce chiffre représente 10% des dépenses de l’Etat. Une situation, qui d’après lui, ruine les efforts collectifs des bailleurs de fonds. Un cabinet privé effectue un audit de la gestion de la Jirama à la demande du conseil d’administration. Un rapport préliminaire est attendu.

Le plan de mise en œuvre du PND ne sera pas prêt avant juin 2015. Des travaux d’actualisation financière sont en cours. L’objectif est de soumettre le document à la conférence des bailleurs prévue pour octobre 2015. L’Etat entend favoriser les sources de financement privées, nationales et étrangères, les bailleurs de fonds ayant déjà annoncé qu’ils ne pourront prendre en charge la totalité du programme, qui s’élèverait à 14 milliards de dollars. Il resterait encore à trouver plus du quart du financement nécessaire.

La BAD souhaite que la culture du résultat, garante du développement, se généralise au niveau du gouvernement et de l’administration. La mise en place de la « Gestion axée sur les résultats de développement » (GRD) devrait, en principe, faciliter l’application du PND. Des performances positives contribueraient à l’augmentation des aides et de l’implication des partenaires internationaux de la Grande Ile.

Une « retraite gouvernementale », a été organisée, en partenariat avec la BAD. Le Premier ministre a invité les membres du gouvernement à avoir des résultats rapides. Chaque ministre est responsable d’engagements à réaliser dans les 100 jours. « Nous allons rendre publics les engagements personnels », a-t-il martelé.

Le ministère de l’Eau, de l’hygiène et de l’assainissement admet qu’il y a un ralentissement de l’accès des Malgaches à ce droit fondamental. L’eau potable n’est pas encore une priorité de l’État : 70% des fonds alloués au secteur viennent de l’extérieur. Le pays chiffre ses besoins à 800 millions de dollars d’ici 2019.

Madagascar parent pauvre de l’aide internationale. D'après la représentante du Système des Nations unies, Madagascar reçoit 3 à 4 fois moins d'aides que le Malawi, 5 fois moins d'aides que le Mozambique, 6 fois moins d'aides que le Sénégal, alors que ces pays ont un indice de développement humain comparable à celui de la Grande Ile.

« Bidonvilisation » alarmante de toutes les villes de Madagascar. La Grande Ile figure parmi les pays qui connaissent un très fort taux de bidonvilisation, indique un expert d’UN-Habitat. Le ratio, calculé sur la base de cinq « privations », atteint 90%.

L’inventaire des bois de rose saisis reprendra dans quelques mois. Ce recensement concernera tous les stocks saisis par le ministère de l’Environnement, de l’écologie, de la mer et des forêts. Des prestataires étrangers prêteront main forte à la réalisation de ces opérations. 4 millions de dollars ont été promis par la Banque mondiale pour la réalisation du renforcement de l’assainissement. Le chef du gouvernement annonce la mise en place d’un tribunal spécial chargé de juger les trafiquants de bois précieux.

Affaire Sucoma Morondava : « Priorité au respect des droits humains », souligne le ministre de l’Industrie. Une table-ronde sera organisée entre le ministère, la Primature et les dirigeants chinois de la société sucrière pour établir des résolutions communes et envisager le redémarrage de l’activité après les graves troubles qui ont conduit à la fermeture de l’entreprise. Après les émeutes, les Chinois ont évalué les pertes subies à 80 millions de dollars et la situation s’est encore dégradée par la suite, les pillages s’étant poursuivis. 700 employés permanents et 2.000 saisonniers restent dans l’attente d’un redémarrage de l’activité.

94% des travailleurs malgaches sont employés dans le secteur informel, selon une étude du BIT. « En plus de créer un manque à gagner fiscal considérable à l’Etat, ces travailleurs informels représentent une charge sociale », déclare le représentant du BIT, qui travaille à la lutte contre l’économie informelle et la formalisation de l’emploi.

Les pirates qui opèrent leurs méfaits à l'encontre des navires marchands impacteraient lourdement l'économie de la Grande Ile. D’après la COI, 6,5 millions de dollars seraient ainsi perdus chaque année par l'économie malgache par suite d’attaques et de pillages qui se produisent notamment dans le canal du Mozambique.

Un mouvement de grève affecte la mine Ambatovy de Moramanga. Les employés se plaignent des conditions de travail et du fait que les expatriés bénéficieraient d’une meilleure prise en charge médicale. Le conflit est envenimé par l’emprisonnement de deux employés accusés de vol d’une cargaison de 900.000 litres de carburant. Ambatovy ferait face à une grogne montante de la part des communautés locales qui estiment que l’exploitation est néfaste pour l’environnement malgré les promesses du groupe de protéger les zones environnantes. Une perquisition a été opérée pour vérifier si les locaux de dissimulaient pas une cargaison d’armes à feu et des munitions. Une initiative qui pourrait dissimuler des motivations politiques.

Exploitation illicite de mines : 130 Sri-Lankais pourraient être à expulsés à Andilamena. Un ultimatum a été lancé au exploitants irréguliers pour qu’ils mettent fin à leurs activités.

Grève affecte au service des Domaines. Les syndicats exigent la levée du moratoire interdisant l’acquisition de terrains domaniaux par les nationaux, une faculté réservée aux investisseurs étrangers. Ils voient dans cette mesure une atteinte à un droit fondamental. Ils exigent d’être associés à la conception de la nouvelle politique foncière.

Un nouveau code pétrolier est en gestation. Le document de base, conçu par un comité composé de représentants de l’administration, des opérateurs et de la société civile, s’articule autour d’un objectif principal : améliorer la contribution des prospections et des futures exploitations sur la population. Tout en étant attractif pour les investisseurs, le code devra se conformer aux exigences de transparence de l’EITI et accorder une place significative aux préoccupations environnementales.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Réconciliation nationale, situation de Marc Ravalomanana
  • Préparation des élections communales, session parlementaire
  • « L’affaire Robimanana », DG du Trésor limogé
  • Diplomatie, tension provoquée par les déclarations de l’ambassadeur de France

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Droits des femmes, santé
  • Traite des être humains
  • Droit à l'eau
  • Gouvernance
  • Vindicte populaire, justice
  • Dahalo, insécurité

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Calamités naturelles : « kere » dans le Sud et inondations
  • Exploitation des ressources naturelles
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Agitation sociale
  • Divers

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27 mars 2015

ARTICLES REMARQUES - MARS 2015

- 26 03 15 - Le Monde Afrique - Laurence Caramel - Une junte militaire, prochaine étape de la crise à Madagascar ?
La crise politique et économique dans laquelle continue de se débattre Madagascar pourrait bien se terminer par l’arrivée d’une junte militaire à la tête de l’Etat. C’est la sombre prédiction de l’historien Jean Frémigacci énoncée lors d’un débat organisé par la revue Afrique contemporaine, à l’occasion de la parution du dernier numéro consacré aux convulsions politiques auxquelles semble condamnée Madagascar. « Le président Hery Rajaonarimampianina a été élu depuis plus d’un an et il ne parvient toujours à s’imposer. Une ploutocratie est aux commandes du pays et si ça continue comme ça, je vois bien une junte militaire décider de reprendre les choses en main », explique celui qui est considéré comme l’un des meilleurs analystes de l’histoire politique de la Grande Ile. « Une junte militaire ? Mais avec quelles troupes ? Les généraux n’ont pas d’hommes à mettre dans la rue », a écarté Jean-Marc Châtaigner, ancien ambassadeur de France à Madagascar, aujourd’hui directeur général de l’IRD.

- 26 03 15 - Equaltimes - Wonder Chinhur - L'industrie de la pêche malgache ravagée par le pillage étranger
Madagascar recèle l’un des stocks de poissons les plus riches de tout le continent.Ses vastes eaux territoriales s’offrent au pillage illicite, généralement par des navires battant pavillons étrangers. La pêche illégale à laquelle se livrent les chalutiers étrangers menacerait les moyens d’existence d’environ 100.000 personnes au sein de quelque 1250 communautés de pêcheurs vivant sur les côtes malgaches. Les villes côtières les plus affectées, cependant, sont Toamasina et Nosy Be. Ces navires pirates opèrent de nuit et sont rarement pris. Ils éteignent leur radio et leurs feux de signalisation pour échapper aux patrouilles. À la nuit tombée, ces gangs jettent leurs filets, eux aussi illégaux et équipés d’hameçons de grande profondeur, pour capturer des espèces très prisées comme les crevettes, le maquereau, le thon, le requin et la truite de mer, qui rapportent gros sur les marchés de Beijing, Séoul et Kuala Lumpur..

<> doc  26 03 15 - IRD - Actualité scientifique n°477 - Madagascar en prise avec ses crises
En un demi-siècle, Madagascar a vu son PIB par habitant chuter d’un tiers – quand il a presque triplé en Afrique subsaharienne. Depuis son indépendance en 1960, chaque période de croissance s’est brutalement soldée par une crise sociopolitique, compromettant tout espoir de décollage économique. Pourquoi un pays avec autant d’atouts – ressources naturelles et humaines, etc. – n’arrive-t-il pas à sortir de cette dynamique régressive ? Une énigme que s’emploient à élucider des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires malgaches.

Voir aussi l'article de Razafindrakoto M., Roubaud F., Wachsberger J.-M. : 26 03 15 - IRD - DIAL - Dauphine Université - 2014 - Jalons pour une conomie politique de la trajectoire malgache - Une perspective de long terme
Cet article vise à fournir un cadre interprétatif de la trajectoire malgache de long terme en retraçant les noeuds structurants de son économie politique. La concomitance de périodes d’expansion économique et de crises politiques laisse en effet supposer qu’une des sources essentielles des difficultés rencontrées par le pays est sa faible capacité à instaurer un consensus politique stable autour des processus d’accumulation et des modes de répartition des richesses. Dans cette hypothèse, la compréhension de la trajectoire malgache passe par une relecture de l’histoire longue en vue de mettre en évidence, pour chaque période, les éléments de régulation du système et les contradictions auxquelles il fait face.

- 25 03 15 - PFNOSCM - Lettre de la Société Civile n°5 - mars 2015 (extrait) - Les OSC et la situation des droits de l'homme
L'auteur, Andrianiraini Rasamoely, président de la conférération nationale des Plates-formes en droits humains (CNPFDH), dresse un état des droits humain à Madagascar et décrit les domaines d'intervention des organisations de la société civile en la matière. Malgré leur nombre pléthorique, le respect des droits humains ne s'est pas amélioré.

- 21 03 15 - Tribune - Ndimby A. - Indicateurs au rouge
Madagascar n'est pas un "failed state" mais les dirigeants doivent être conscients qu’ils se trouvent à la croisée des chemins et que de leurs actions immédiates dépendra le futur proche. Les faits autorisent à se poser des questions sur la capacité de l’État à contrôler son territoire. La défaillance de l’État est manifeste dans de nombreux domaines. Pour être respecté, il faut être respectable, et beaucoup de phénomènes ne plaident pas en faveur de la crédibilité de l’équipe au pouvoir. La situation est favorable aux tentatives de déstablisation. Seul point relativement positif : l'amélioration des relations avec les bailleurs de fonds, qui multiplient les gestes de bonne volonté.

- 20 03 15 - RFI - Grand reportage - Kere: la faim qui ronge le Sud malgache
Dans le Sud de Madagascar, 200 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aggravée. La faim a déjà fait plusieurs victimes. Dans certains endroits, il n’a pas plu depuis 7 mois, et des vents forts balaient les sols. Les cultures ne poussent pas. Cela fait 3 ans que la situation est difficile, les gens ont épuisé leurs réserves et sont contraints de vendre leurs biens pour pouvoir survivre, alors que sur les marchés, les prix des denrées explosent. Reportage - http://www.rfi.fr/emission/20150320-madagascar-sud-kere-famine-secheresse-victimes

- 16 03 15 - TV5Monde - Madagascar : Inévitables inondations ?
A Madagascar, l’alerte inondation est maintenue depuis le passage de la tempête tropicale Chezda en janvier. Dans la capitale Antananarivo, l’histoire des inondations, des sinistrés et des maladies se répète inlassablement. Sans que jamais municipalité ou gouvernement ne prennent en main le problème. Reportage.


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10 03 15 - Human Rights Watch - Liban : il faut autoriser les travailleuses et travailleurs domestiques à former un syndicat
Les autorités libanaises devraient autoriser la création d’un syndicat de travailleuses et travailleurs domestiques, qui ne bénéficient pas des protections fournies par le code du travail libanais, ont déclaré plus de cent organisations non gouvernementales. Garantir le droit à la liberté d’association pour les travailleurs domestiques contribuerait à renforcer les mécanismes de protection juridique pour ces personnes, dont bon nombre font l’objet d'exactions dans ce pays. Le 29 décembre 2014, six travailleurs libanais ont soumis une requête au ministère du Travail pour former ce syndicat. Avec le soutien de l’OIT, de la Confédération Syndicale Internationale (CSI), et de la Fédération nationale des syndicats, des ouvriers et des employés au Liban (Fenasol), environ 350 travailleurs domestiques de diverses nationalités se sont réunis pour le congrès constitutif du syndicat le 25 janvier 2015. Mais les membres du syndicat ont indiqué qu’ils n’avaient reçu aucune réponse à leur requête, et le ministre du Travail Sejaan Azzi dénoncé le syndicat comme illégal, selon les médias. Les employées de maison malgaches comptent parmi les victimes des mauvais traitements qui leur sont infligés au Liban comme dans plusieurs pays du Golfe.

<>  09 03 15 -  SeFaFi - Communiqué - Des intempéries à  l'effondrement
La situation du pays est des plus critiques. Tandis que des pluies torrentielles s’abattent sur les Hautes terres, et notamment sur la capitale, certaines régions du Sud souffraient il y a peu de sécheresse et de famine. Les secours s’organisent tant bien que mal, le BNGRC semble être sur tous les fronts mais sa communication et son organisation manquent de clarté et ses réactions tardives et brouillonnes face à l’urgence font jaser les citoyens et les divers partenaires. L’exécutif est quasi-invisible. Pendant ce temps, le prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité atteint des sommets.L’ampleur de la catastrophe met tous les acteurs de la vie nationale devant leurs responsabilités. Des leçons doivent être tirées de ce désastre, d’autant que ce sont les plus pauvres qui paient le prix fort de cette négligence collective. Toute la politique urbaine du pays est à revoir. Il faudra aussi veiller à professionnaliser et à dépolitiser les organes de gestion des risques et catastrophes.La SADC, cet organisme régional,prompt à sanctionner, ne devrait-il pas aussi faire preuve de solidarité ? Les intempéries ont servi de révélateur à un effondrement général.Il faut sans attendre, procéder à une évaluation sans complaisance puis à une réactualisation de tout notre système de gestion des risques et catastrophes.

- 08 03 15 - L'Express - André Rasolo - Cinq questions sur la réconciliation
Depuis le retrait provisoire du Pr Albert Zafy et du Président Andry Rajoelina du processus de réconciliation national en cours, beaucoup s'inquiètent sur sa suite. Cet article du sociologue André Rasolo, membre de la société civile, tente de clarifier la situation.

- 01 03 15 - Nations unies - Situation humanitaire au 27 février
Le système des Nations unies dresse un bilan de la situation humanitaire au 27 février : le Sud affecté par la sécheresse, et les Hautes Terres frappées par de très graves inondations.
Sur les Hautes Terres (régions d'Antananarivo et Alaota Mangoro), le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes fait état de 41 581 sinistrés en quelques jours. Plus de 20 000 personnes ont dû quitter leurs foyers. Plus de 143 maisons ont été détruites par la furie des eaux et 485 maisons ont été inondées. Un nombre considérable de personnes reste encore dans un état critique de vulnérabilité et les infrastructures vitales ne cessent de se dégrader. Les cultures n’ont pas été non plus épargnées, 4.000 ha de rizières ont été submergés en quelques jours. Un bilan provisoire fait état de 16 morts. La région d’Alaotra-Mangoro a été aussi touchée par la montée des eaux. « Madagascar est dans une situation de catastrophe où l'ensemble des rouages sociaux et économiques a été fortement affecté », déclare le gouvernement. « Devant la gravité des réalités actuelles, le gouvernement malgache déclare à nouveau que le pays est en situation de sinistre et lance officiellement un appel à l'aide tant à l’échelle nationale qu'internationale ».

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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28 février 2015

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2015

La vie politique a encore été marquée par le comportement des députés convoqués pour une session extraordinaire destinée à adopter le programme de mise en œuvre de la Politique Générale de l'Etat (PGE) présenté par le nouveau Premier ministre, Jean Ravelonarivo. Les élus, toujours préoccupés par l’attribution de divers avantages, notamment une dotation en véhicules 4x4, ont tenté de faire obstacle à l’intervention du chef de gouvernement. Des revendications unanimement fustigées dans les médias et par l’opinion publique, à un moment ou le pays vit à nouveau une période difficile après le passage d’une tempête tropicale dévastatrice et meurtrière et le regain de l’insécurité alimentaire dans le Sud. Un comportement qualifié de « cupide et indécent » par Tribune. Le SeFaFi et le KMF/CNOE s’en sont pris vigoureusement aux élus. Le Premier ministre a pu finalement présenter son programme après avoir trouvé un compromis avec le bureau de l’Assemblée. « Une allocution prononcée sur un ton martial », rapporte L’Express, portant sur huit thèmes, avec en « pole position » le renforcement de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance, avec pour objectif le raffermissement de l’autorité de l’État dans une optique de développement. Des engagements propres à rassurer les bailleurs de fonds qui en font une de leurs conditionnalités pour ouvrir le robinet des financements. L’allocution a été suivie par l’annonce de nombreux limogeages dans la haute administration. Le directeur général des Douanes, Hajarizaka Raminomanana, avait lancé peur avant un appel pour que cessent les interventions et les pressions des opérateurs et de hauts responsables étatiques en vue d’obtenir des exonérations de droits. Il a été démis de ses fonctions quelques jours après l’allocution du premier ministre, de même que son collègue des Impôts.

Les députés ont persisté dans leur grande majorité à s’opposer à la déclaration de leur patrimoine et se sont attiré les foudres de l’opinion publique. La HCC leur a rappelé qu’ils doivent se conformer à cette obligation et que les articles contraires à cette disposition qu’ils ont inscrits dans la loi organique de l’Assemblée nationale ne sont pas conformes à la Constitution.

Saisie par le groupe de cinq partis proches de l’ancien Président de la Transition, l’Alliance d’Ambodivona, la HCC a déclaré la nomination du Premier ministre conforme à la Constitution. La coalition majoritaire de députés favorables au chef de l’Etat, la PMP, a été jugée seule habilitée à pouvoir présenter un candidat au poste de chef de gouvernement, en application de la Constitution. Un vif débat juridique a opposé longuement la classe politique à ce sujet, fragilisant les premiers pas de la nouvelle équipe gouvernementale.

L’Alliance d’Ambodivona a annoncé son intention de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions pour les élections communales qui doivent en principe se tenir le 17 juillet et qui seront suivies par les sénatoriales et les régionales, en attendant la revanche annoncée des partisans d’Andry Rajoelina à la présidentielle de 2018. Le groupement se constitue en opposition de fait, sans s’être encore résolu à se déclarer officiellement comme telle et à bénéficier du statut que la Constitution réserve à l’opposition parlementaire. La composante principale de l’Alliance, le Mapar, parti d’Andry Rajoelina, fait face à des défections qui pourraient le conduire à demander à la HCC  la déchéance de 18 de ses députés qui ont décidé de se rapprocher de la mouvance présidentielle.

Le Mapar, le HVM et le TIM ainsi que les « indépendants » animeront les élections communales. Chacun jouera son avenir politique sur les résultats de cette consultation. Le Mapar d’Andry Rajoelina espère avoir ainsi l’occasion de prendre sa revanche sur le parti HVM au pouvoir et sur Hery Rajaonarimampianina qui, selon eux, a renié ses origines politiques après son accession à la magistrature suprême. Le HVM devra, pour la première fois, faire la démonstration de la popularité du régime sur l’ensemble du territoire. Il lui faut encore parfaire son implantation et recruter des candidats. Les enjeux sont importants également pour le TIM, fondé par Marc Ravalomanana. Le scrutin constituera un vrai test pour le fondateur du groupe Tiko, qui dispose du nombre de députés le plus important et qui reste populaire dans la capitale. Il lui faudra néanmoins être capable de remettre de l’ordre dans les affaires de la mouvance, fortement déstabilisée durant l’exil de son chef. Les « indépendants » seront comme à l’habitude, fort courtisés par les grandes formations politiques qui pourraient bien, une fois encore, faire monter les enchères pour s’attirer leurs bonnes grâces. Le décret portant interdiction faite aux autorités politiques de participer aux campagnes électorales comporte d’importantes imprécisions dans sa version française. Un manque de précision susceptible d’ouvrir la voie à des interprétations divergentes et devenir un nouveau sujet de discorde, comme pour la présidentielle et les législatives.

La création de 140 nouvelles communes a été adoptée par l’Assemblée nationale.Une décision jugée éminemment politique par L’Expressqui écrit : « L’objectif est bien évidemment d’avoir les ramifications les plus proches de la population pour pouvoir mieux maîtriser l’élection présidentielle de 2018. (…) Il n’y a que les grands partis qui ont les moyens de couvrir les 1.700 communes et de surveiller les quelques 20.000 bureaux de vote éparpillés dans tout le pays ». La HCC, faisant preuve d’indépendance par rapport au pouvoir, a déclaré la loi portant statut spécial d’Antananarivo contraire à la Constitution. Le « morcellement de la capitale » n’aura pas lieu. L’exécutif pourrait envisager de réécrire une nouvelle fois ce texte de loi très controversé, ce qui nécessiterait la convocation urgente d’une session extraordinaire de l’Assemblé nationale et pourrait imposer un report des communales. La tenue d’élections partielles différées pourrait être l’option envisagée pour les trois villes concernées par la décision de la HCC. Des voix se font en effet entendre pour s’opposer au fait que cette situation remette en cause le calendrier national de la consultation. Les réactions des bailleurs du « basket found » du PACEM seront à prendre en compte, surtout si un report du calendrier électoral était envisagé. Ces élections communales seront les premières depuis 2007, le mandat des élus locaux ayant été prorogé en raison de la crise politique.

Les détenus politiques de 2002 et de 2009 ont déposé une demande d’indemnisation au Conseil pour la réconciliation malgache (FFM) pour les préjudices moraux et physiques qu’ils ont subis en prison, conformément aux dispositions de la feuille de route de sortie de crise. Les montants exigés sont exorbitants et aucun budget n’a été prévu à cet effet. Un concours des bailleurs de fonds est escompté. 549 demandes ont déjà été réceptionnées. Le processus de réconciliation nationale a prévu également l’indemnisation des victimes des crises successives. Les opérateurs économiques malgaches victimes des pillages et incendies de début 2009 rappellent que jusqu’ici ils n’ont pas été indemnisés, contrairement aux opérateurs étrangers qui ont été dédommagés par leurs assurances. L’association des victimes du 7 février 2009 (AV7) entend également demander des réparations.

La Vérité 05 02 15La commémoration de la fusillade du 7 février 2009 a attisé les divisions de la classe politique. Le 7 février a été opportunément décrétée par le pouvoir « Journée de solidarité nationale » envers les victimes du cyclone Chedza et de la famine qui sévît dans le Sud. Ni Andry Rajoelina ni Marc Ravalomanana n’ont répondu à l’invitation de participer aux cérémonies. Les membres de l’association des victimes ont étalé leurs divergences. Son bureau a été accusé de connivence avec le pouvoir. Quatre groupes différents ont défilé pour déposer des gerbes devant la stèle commémorant cette tragédie. L’Express note que les invectives lancées entre les parties rivales mettent en évidence la fragilité du processus de réconciliation nationale. Et pour Midi, toujours cette lancinante question à laquelle personne ne semble vouloir chercher de réponse : qui est à l’origine de ce massacre ? Qui va enfin se décider à faire la lumière de manière impartiale sur ces évènements ? L’Express suggère que le procès par contumace qui a condamné Marc Ravalomanana aux travaux forcés à perpétuité soit refait et qu’une reconstitution des faits soit organisée.

L’ambassadeur d’Afrique du Sud déclare que les investigations portant sur le retour en catimini de l’ancien Président sont presque achevées. « Le gouvernement sud-africain partagera avec le gouvernement malgache le résultat de ces investigations », souligne-t-il. « Marc Ravalomanana n’a pas seulement violé les lois malgaches, mais aussi celles de l’Afrique du Sud », précise-t-il encore. Le quotidien Les Nouvelles doute que le résultat de cette enquête soit divulgué rapidement en raison des risques que cette publication pourrait faire porter au processus de réconciliation. Le journal note que le flou continue de régner au sujet du statut réel de l’ancien Président, qui reste sous le coup d’une décision administrative de placement en résidence surveillée, sans que la Justice n’ait encore été saisie. Les mesures restrictives de liberté prise à son encontre sont progressivement levées. Reste qu’il lui est toujours interdit de prendre part au débat politique. Une situation qui le pénalise dans la conduite de ses troupes à quelques mois du scrutin communal.

Newsmada 18 02 bisUne 7ème réunion au Sommet des cinq présidents s’est tenue sous l’égide du FFKM. Andry Rajoelina et Didier Ratsiraka, absents du pays, se sont fait représenter. Les trois présidents présents ne seraient pas parvenus à s’entendre sur la dissolution du FFM, institution de réconciliation née sous la Transition en application de la feuille de route mais qui n’aurait plus sa raison d’être après le retour à l’ordre constitutionnel. Zafy Albert a décidé de se retirer du comité technique en charge de l’organisation, décision motivée par son exigence de voir créé, préalablement à l’organisation des forums régionaux annoncés pour le mois de mars, un « Comité National pour la Réconciliation » (CNR) qui donnerait une existence légale à l’organisateur et aux assises. Andry Rajoelina lui a emboité le pas, conditionnant la poursuite de sa participation au processus à l’application de l’article 54 de la Constitution concernant les modalités de désignation du Premier ministre, remettant ainsi en cause la nomination de Jean Ravelonarivo, validée par la HCC. Il exige également la révision de la destitution jugée « anticonstitutionnelle » du premier bureau de l’Assemblée nationale dirigé par l’ancienne ministre de la Justice de la Transition, Christine Razanamahasoa. Marc Ravalomanana et sa mouvance confirment qu’ils restent dans le processus de réconciliation. La défection des deux autres protagonistes contribue au rapprochement entre le chef de l’Etat et la mouvance Ravalomanana, estime Midi. Pour les animateurs du processus de réconciliation, les défections enregistrées ne devraient pas avoir d’incidence, la démarche n’ayant pas pour but de réconcilier les Présidents mais « de réconcilier les Malgaches entre eux ». Les forums régionaux auront lieu comme prévu du 6 au 8 mars et un regroupement national est annoncé du 25 au 29 mars. Pour Christine Razanamahasoa, chef de file de la mouvance Rajoelina, les quatre protagonistes « sont encore fâchés entre eux. On ne peut pas parler de réconciliation si ces questions ne sont pas réglées », avance-t-elle. La Plateforme nationale des organisations de la société civile (PFNOSC) appuie la poursuite du processus engagé par le FFKM et condamne « les petits caprices » de Zafy Albert et d’Andry Rajoelina qui ont déclaré forfait. Le KMF/CNOE entend également participer aux forums programmés. Le SeFaFi se montre en revanche pessimiste quant à l’issue du processus. Les cinq présidents, explique son coordonnateur,  ne font que « soigner leur image aux yeux de l’opinion et ne se soucient nullement de la vraie réconciliation ». L’ambassadeur des Etats-Unis annonce le soutien des Américains au processus de réconciliation.

L’évaluation des performances de Madagascar en matière de lutte contre la corruption a fait l‘objet d’une mission par des évaluateurs en provenance du Nicaragua et du Nigéria, dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le sujet. Une réforme du Bianco pourrait s’imposer : son dernier bilan annuel apporte la preuve que l’enrichissement illicite demeure impuni. Madagascar n’est pas parvenu à atteindre ses objectifs en matière d’indice de perception de la corruption (IPC). La révision de la stratégie nationale de lutte contre la corruption est engagée et le Premier ministre a tenu un discours très ferme aux chefs d’institutions concernées par ce fléau, convoqués à tour de rôle à la Primature. Il ne fait aucun doute que les bailleurs de fonds attendent de la nouvelle équipe gouvernementale des résultats significatifs en la matière, estiment les observateurs.

L’insécurité demeure un sujet majeur de préoccupation. Les kidnappings à répétition inquiètent les opérateurs économiques et les milieux diplomatiques. Des arrestations ont été opérées au sein des forces de l’ordre. Un jeune ressortissant français d'origine indo-pakistanaise (karana) a été enlevé à la sortie du collège français de Toliara. Quatre négociateurs français dépêchés par le Quai d’Orsay ont été étroitement associés à sa recherche. Libéré quelques jours plus tard, une rançon a été versée. Depuis 2009, 20 à 30 ressortissants français ont été victimes de kidnapping en contrepartie de rançon. Les attaques de dahalo ont repris dans le Grand Sud. L'armée a lancé une opération spéciale avec pour objectif de neutraliser un chef dahalo qui défie les forces de l'ordre depuis plusieurs mois. Du côté d’Amboasary-Sud, des gendarmes ont reçu le renfort de 1.800 villageois armés. Pour l’Agence de presse de l’océan Indien (APOI), le Grand Sud est à nouveau au bord de la guerre civile. Les témoignages recueillis sur place contredisent la version officielle : la région n’a pas retrouvé le calme après la spectaculaire « reddition » et l’amnistie de 4.000 dahalo. Le SeFaFi a porté un jugement sévère sur l’opération « coup d’arrêt » dont le bilan fait état de la mort de 573 personnes, dont 445 dahalo, 115 villageois et 13 membres des forces de l’ordre. La presse mentionne la persistance d’actes de « vindicte populaire » qui laissent les autorités impuissantes.

Dans le classement annuel de RSF sur la liberté de la presse, Madagascar progresse et se trouve au 64ème rang sur 180, gagnant 17 places sur un an. Un résultat attribué au retour à l’ordre constitutionnel.

Une grande sécheresse menace la sécurité alimentaire de centaines de milliers de personnes dans le Sud. La famine qui y sévit a conduit 54.000 des 100.000 élèves de la zone à abandonner l’école. Le responsable du PAM tire la sonnette d’alarme : les stocks de vivres destinés aux victimes du « kere » et aux cantines scolaires sont en voie d’épuisement. Il assure avoir besoin de près de 3 millions de dollars jusqu’en juin pour venir en aide à 350.000 personnes affectées par la sécheresse.

La Vérité 03 02 15L’UE a alloué une aide d’urgence de 3 millions d’euros en faveur des victimes des inondations dans trois pays d’Afrique Australe dont Madagascar. Ces trois pays sont gravement touchés par des inondations qui ont provoqué des déplacements de population, détruit des maisons, des écoles, des hôpitaux, des routes et d’autres infrastructures socioéconomiques, engendrant des besoins importants en termes de réhabilitation et de reconstruction. A Madagascar, la tempête tropicale Chedza a laissé derrière elle plus de 130.000 sinistrés dont environ 20.500 déplacés dont 16.900 à Antananarivo. Des chantiers HIMO ont été mis sur pieds. Les populations des bas quartiers de la capitale ont manifesté leur mécontentement vis-à-vis des autorités qu’elles accusent de se désintéresser de leur sort. La rupture de digues dans la plaine d'Antananarivo a provoqué à nouveau de graves inondations faisant plusieurs dizaines de milliers de sans-abris.

Une Conférence des bailleurs sur la sécurité alimentaire dans l’Indianocéanie s’est tenue à Antananarivo. Organisée conjointement par la COI et le gouvernement, avec l’appui du CIRAD et le soutien de l’UE, elle a réuni plus de 150 participants. Objectif : redonner à Madagascar sa vocation de « grenier de l’océan Indien » au travers d’une dizaine de grands projets. Un financement de 690 millions d’euros au niveau régional sera débloqué sur une période de cinq à sept ans. La Nation redoute que ces programmes conduisent la Grande Ile à faire appel à des multinationales qui bafoueront les intérêts des communautés paysannes et se livreront à l’accaparement des terres.

Pour le Collectif Tany, les premiers pas du nouveau président ont suscité une profonde inquiétude quant à ses intentions dans le domaine du foncier. Son équipe a lancé des appels insistants aux investisseurs pour occuper les « 18 millions d’ha de terres arables disponibles ». La promotion des terres auprès des investisseurs devrait, selon Tany, être précédée d’un audit complet de tous les titres et certificats fonciers par une structure compétente et indépendante. Des consultations sont en cours en vue de l’élaboration de la nouvelle politique foncière, avec la participation de la FAO. « Le foncier est un levier de développement du pays », rappelle un consultant.

L’État ouvre le débat sur la révision du Code minier. La révision de la redevance et des ristournes, l’octroi de permis et les questions environnementales sont à l’ordre du jour. L’objectif consiste à apporter des modifications au Code de 2004, afin de mieux répondre au contexte et aux contraintes du moment, ainsi qu’aux objectifs du gouvernement. Il s’agit d’améliorer les impacts de l’exploitation des ressources minières sur la vie des populations. Madagascar ayant souscrit des engagements sur la protection des droits des enfants, cet aspect sera également pris en compte.

Madagascar va enclencher le processus de validation auprès de l’EITI en vue d’obtenir le statut de pays conforme d’ici fin 2016. Selon les nouvelles règles de l’EITI, les contrats pétroliers devront désormais être intégrés.

Un accord de pêche a été signé avec l’UE pour une valeur de 6,8 millions d’euros sur la période 2015-2018. L’accord autorise 94 bateaux de pêche européens à exercer leur activité à partir de 20 miles marins au-delà des côtes. La redevance annuelle de 700.000 euros versée par l’UE sera destinée à la consolidation des activités du Centre de surveillance de pêche et de l’Agence sanitaire halieutique (ASH), en coopération avec les autres Etats de la COI.

La vérité 06 02 15A l’occasion de son discours de mise en œuvre de la Politique Générale de l’Etat (PGE), Jean Ravelonarivo a réaffirmé sa volonté d’opérer une guerre sans merci contre les auteurs de trafics de bois de rose. . « Le gouvernement appliquera la tolérance zéro », déclare-t-il. Les responsables des régions concernées seront remplacés et un tribunal spécial mis en place. Interpol a été saisi par les autorités de l’affaire du cargo Min Feng battant pavillon panaméen localisé dans la ZEE de Madagascar, à 10 km au large de Ste Marie. Un suivi satellitaire a été organisé avec le concours de partenaires techniques et financiers mais le cargo a pu échapper malgré tout à la surveillance. Quatre membres d’équipage d’un cargo chinois, le Min Tai Leng, arraisonné à Mangabe Maroantsetra mi-janvier, ont été placés sous mandat dépôt à Toamasina.

Un réseau mafieux de trafics de tortues a été mis à nu par la gendarmerie. Trois Chinois ont été pris avec 200 tortues en partance pour l’Asie. 600 kilos d’or seraient sortis du pays depuis la suspension des activités d’exportation d’or en 2012, selon les Nations unies, pour une valeur estimée à 18 millions de dollars. Près de 19.000 hippocampes déshydratés, protégés par la Convention de Washington, ont été saisis par la douane française à l’aéroport de Roissy. D’une valeur estimée à près de 200.000 euros, ils étaient en transit pour Hong-Kong. La sécurité à l’aéroport international d’Ivato est une fois de plus en cause. Les autorités affirment vouloir y remédier.

Pour le directeur de l’AFD, le gouvernement doit prioriser les investissements dans le domaine des infrastructures stratégiques (portuaires, routières, hydroélectriques et agricoles). Une part trop importante du budget de l’Etat est consacrée au fonctionnement. L’ambassadeur de France déclare que les partenaires de Madagascar attendent du gouvernement que « les intentions se traduisent en actes et notamment en réformes concrètes, mesurables et opérationnelles ».

L’UE se déclare satisfaite du premier « dialogue politique » avec le gouvernement malgache. Le déblocage des fonds du 11ème FED devrait intervenir avant la fin de l’année. L’ambassadeur de l’UE a reconnu avoir fait part des préoccupations de l’Europe au sujet de la persistance des trafics de bois de rose mais il affirme avoir été convaincu de la manière dont l’exécutif entend résoudre le problème, très lié à celui de la corruption. Le montant de 518 millions de dollars déjà réservé à Madagascar pourrait être majoré avec des budgets spécifiques et notamment avec des fonds qui transitent par des organisations régionales comme la COI. Des consultations en vue d’identifier les programmes d’intérêts nationaux et régionaux vont être engagées pour promouvoir les projets qui seront financés. L’UE a déjà versé en décembre 2014 une subvention de 65 millions d’euros, affectée directement au budget de l’Etat. La France va verser sou peu une aide budgétaire de 20 millions d’euros. En 11 ans, l’UE a engagé un milliard d’euros sur la Grande Ile et a fourni 47% des aides dont le pays a bénéficié (30% d’aide bilatérale des Etats membres de l’Union et 17% d’aide des institutions européennes).

la vérité 26 02Le PNUD a annoncé la signature d’un accord pour la mise en œuvre du « programme-pays » d’un montant de 73 millions de dollars pour la période 2015-2019. Les crédits alloués devront être consacrés à la bonne gouvernance, la sécurité, la lutte contre la pauvreté, la décentralisation, la justice, la démocratie, la transparence, la traçabilité, le respect des droits de l’homme et la protection de l’environnement.

Les États-Unis et la Chine à la rescousse pour la protection et défense des frontières maritimes. Les États-Unis ont confirmé le don d’un navire garde-côte qui sera opérationnel début 2016.La Chine a pris le même engagement. Outre la lutte contre des trafics illicites, ces navires participeront à la lutte contre la piraterie.

Madagascar est classé par la Coface pays à très grands risques en raison de la fragilité de la situation politique. Le pays est classé dans la catégorie D en ce qui concerne l’environnement des affaires. ». La Coface confirme que « le versement effectif de l’aide [des bailleurs de fonds] reste lié à la finalisation du PND et à la stabilisation de la situation politique. (…) La gouvernance du pays demeure faible, marquée par un niveau élevé de corruption ».

Un an après la présidentielle, les investisseurs étrangers n’affluent pas. Hery Rajaonarimampianina saisit chaque occasion pour lancer des appels aux IDE. L’exécutif annonce l’organisation prochaine d’une conférence avec les bailleurs de fonds au cours de laquelle sera présenté le PND. L’élaboration d’un nouveau Code des investissements figure parmi les actions de promotion annoncées. La Cnuced va assister Madagascar dans l’analyse des aspects réglementaires, institutionnels et promotionnels relatifs de sa politique d’investissement afin de rendre la Grande Ile plus attractive.

Le chômage déguisé toucherait 84% de la population. La prédominance du secteur informel, l’analphabétisme, le phénomène de non-scolarisation ou de déscolarisation des enfants et le faible taux de productivité ne font que renforcer cette problématique.

Les exportations sur le marché américain dans le cadre de l’Agoa débutent. Une vingtaine d’entreprises franches ont obtenu leur « attestation d’éligibilité ». Pour les cinq prochaines années, le groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) se fixe comme objectif un volume d’exportation de un milliard de dollars, la création de 200.000 emplois directs et de près d’un million d’emplois indirects.

Le redémarrage du programme Millenium Challenge Corporation (MCA) est en vue. Le programme avait fortement contribué aux réformes foncières dans la Grande Ile, entamées depuis 2005. La reprise est assortie de conditionnalités portant notamment sur la bonne gouvernance.

Midi émet l’hypothèse que la réouverture du groupe Tiko constituerait la contrepartie du soutien de Marc Ravalomanana au pouvoir en place. Les négociations en vue du redémarrage seraient déjà très avancées. Le ministre de l’Industrie, en charge du dossier technique, laisse entendre qu’un accord politique aurait été conclu. Les importants arriérés fiscaux de Tiko et la question de l’indemnisation pour les actes de pillage subis du 26 janvier 2009 seraient au centre des discussions.

Le ministre d’Etat Rivo Rakotovao, en charge des grands projets présidentiels et président du parti présidentiel HVM, se trouve au centre d’une polémique trouvant sa source dans plusieurs décisions contestées qui violeraient l’orthodoxie financière en matière de gestion de fonds publics, selon ses détracteurs.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique, session parlementaire
  • Réconciliation nationale, ndemnisation des victimes, 7 février 2009
  • Préparation des élections communales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé
  • Gouvernance, justice
  • Traite des personnes, conditions de travail
  • Insécurité
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Calamités
  • Ressources minières,pétrolières et halieutiques, question foncière, environnement
  • Trafic de bois précieux et de ressources naturelles
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Divers

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26 février 2015

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2015

- 26 02 15 - Libération - Vincent Hiribarren - Banditisme, rédditions et processus de paix à Madagascar
Depuis le XIXe siècle, des dahalo sévissent dans l’ouest et le sud de Madagascar. Ce phénomène, extrême encore en 2014, a connu un développement exponentiel au cours de la dernière crise politique de 2009 à 2014. A la fin de la dernière saison sèche, de septembre à novembre 2014, plusieurs redditions de milliers de dahalo furent organisées dans le Sud par les autorités et en particulier le Premier ministre. Ces images dépréciatives véhiculent d’anciennes perceptions de ces populations du Sud au mode de vie bien éloigné du quotidien urbain de la capitale. Elles reprennent les stéréotypes du dernier quart du XIXe siècle sur les « fahavalo » (les ennemis), les dahalo de l’époque. Les conditions de reddition, à savoir aucune poursuite judiciaire et pénale, ont provoqué d’intenses ressentiments dans l’opinion publique malgache qui a dénoncé par médias interposés l’impunité et l'« amnistie de fait » de ces « bandits », et la méconnaissance des lois et des dommages causés aux victimes des dahalo.

- 22 02 15 - RFI - Interview de Jean-Claude de l’Estrac SG de la COI au sujet de la Conférence des bailleurs sur la sécurité alimentaire dans la région de l’océan Indien qui vient de se terminer. Pendant deux jours, près de 150 participants se sont réunis dans la capitale malgache. La conférence était organisée par la COI. Au menu, la relance de la production agricole, la commercialisation et la formation… Et le but toujours évoqué mais jamais concrétisé de redonner à Madagascar sa place de « Grenier de l’océan Indien ». Place que le pays occupait après l’indépendance. Pour évoquer ces questions, Jean-Claude de l’Estrac, secrétaire général de la COI répond aux questions de Jeanne Richard.
http://www.rfi.fr/emission/20150222-madagascar-jean-claude-estrac-secretaire-general-coi-ocean-indien-comores-seychelles-maurice-reunion

- 14 02 15 - Collectif Tany - Propositions acte 2 Réforme foncière

Le document renferme un condensé de la contribution du Collectif aux échanges sur l’élaboration de l’acte 2 de la Réforme Foncière. D’autres communiqués avaient déjà été publiés dans cet objectif. Après une mise à jour de l’état des lieux, le Collectif propose une vision 2025 : l’ensemble de la population, hommes et femmes de toutes les régions, a un accès équitable et sécurisé à la terre, qui leur permet de contribuer au développement économique national et d’en partager les fruits ; La gestion des terres malgaches pour un développement progressif et inclusif de Madagascar respecte les principes de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit, tout en veillant au respect des droits humains fondamentaux, afin d’assurer la pérennité d’un territoire pour les générations futures, la cohésion sociale et la souveraineté alimentaire. Beaucoup de citoyens ont besoin d’un accès à la terre et de la sécurisation de leurs droits. La sécurisation des droits ne devrait pas passer obligatoirement par la formalisation des droits sous forme de titres et certificats fonciers. Les droits fonciers locaux et les droits d’usage doivent être pris en compte et reconnus. La gestion "en commun" pourrait être envisagée. Une régulation plus stricte des investissements sur les terres de vaste surface est nécessaire.

- 11 02 15 - RFI - Le président malgache plaide pour la réconciliation nationale. Interview - 4'55.
Le président Hery Rajaonarimampianina s'exprime sur l'état de l'avancée de la réconciliation nationale engagée dans le pays. Il évoque aussi le cas de l'ancien président Marc Ravalomanana, placé en résidence surveillée après son retour d'exil en octobre dernier, ainsi que la nomination d'un nouveau Premier ministre à Antananarivo un an tout juste après son arrivée à la tête de l'Etat. Mais la corruption qui gangrène le pays n'est pas occultée.
http://www.rfi.fr/emission/20150211-entretien-madagascar-president-rajaonarimampianina-reconciliation-nationale

- 11 02 15 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Dramatique perte de repères
« Les affaires de délinquance et de banditisme défraient la chronique, et soulignent de plus en plus souvent l’implication de membres de forces de l’ordre. Il semble qu’il n’y ait aucune capacité des responsables concernés à juguler les trafics d’armes dans les casernes. Et lorsque des malfrats sont arrêtés, il n’est pas rare qu’on retrouve un homme en treillis dans le réseau, soit à titre d’acteur, soit à titre de complice. (…) Depuis 2009, des dérapages de membres des forces de l’ordre se succèdent. (…)
N’en déplaise à ceux qui usent de tous les arguments fallacieux pour dédouaner Andry Rajoelina, ce dernier est en grande partie responsable du désastre actuel. (…) Selon le ministre de la sécurité intérieure Blaise Randimbisoa, « l’explosion des actes de banditisme est due à la corruption », qui toucherait « tout le système judiciaire depuis les forces de l’ordre jusqu’aux tribunaux. (…) Le banditisme peut prendre un visage moins violent, tel que la délinquance financière ou le trafic des ressources naturelles. (…) La perte de repères dans la société encourage également l’émergence de petits phénomènes crapuleux, en particulier chez les jeunes ».

<>  10 02 15 - SeFaFi - Communiqué - Les dysfonctionnements de l'Etat

Voilà 50 ans que nos dirigeants nous promettent le paradis. Socialiste ou libéral, il est annoncé après chaque crise, au début de chaque nouvelle prise de pouvoir : la pauvreté sera vaincue et la sécurité rétablie, les malades seront soignés et les enfants éduqués, les sans-abris auront un toit et les chômeurs du travail. Des promesses vite oubliées, tandis que la misère continue à croître, et qu’une nouvelle crise remplace l’homme providentiel par un autre. Faut-il se résigner à voir se répéter ce cycle délétère, qui a fait de Madagascar, en un demi-siècle, le pays des échecs programmés et des potentiels jamais réalisés ? Les explications données à ces échecs successifs sont aussi nombreuses que diverses, et pas toujours pertinentes. On en retiendra une, sans doute partielle mais dont le bien-fondé ne peut être mis en doute : en l’absence de toute tradition étatique, viennent s’ajouter des dysfonctionnements facilement identifiables, qui peuvent être corrigés avec un minimum de volonté politique et de sens du bien commun. La mauvaise gouvernance est connue de tous, et les médias y font largement échos. Elle détruit la confiance du peuple en ses dirigeants, et les plus beaux discours, loin d’y changer quoi que ce soit, ne font qu’accroître le doute et la méfiance.Si la classe politique dans son ensemble et les agents de l’administration s’avèrent incapable de planifier, de sanctionner, d’être redevables et d’avoir un minimum d’éthique, ils courent à leur perte, entraînant tout le pays dans leur chute.

- 03 02  15 - Rts.ch - Le navire-hôpital d'une ONG suisse offre des soins à Madagascar. L'ONG Mercy Ships, fondée à Lausanne en 1978, affrète des navires-hôpitaux qui sillonnent les côtes des pays démunis, notamment en Afrique, pour prodiguer gratuitement des soins à la population. Le navire-hôpital Africa Mercy, en fonction depuis 2007, est le plus grand hôpital flottant non-gouvernemental au monde. L'émission Mise au Point de la RTS est partie à la rencontre de Roland Decorvet, ancien directeur de Nestlé pour la Chine, qui a embarqué au printemps 2014 avec sa famille pour diriger bénévolement le navire Africa Mercy pendant plus d'un an. Il fait partie des nombreux Suisses qui participent régulièrement aux missions de l'organisation.

Arrivé au port de Toamasina le 25 octobre 2014, Africa Mercy devait repartir en juin 2015. Il prolongera son séjour jusqu’au 9 juin 2016. Mercy Ships fournit gratuitement des soins chirurgicaux aux plus démunis de la population dans 6 spécialités et des programmes de formation aux spécialistes de la santé. La contribution qu’il sollicite couvre les frais de déplacement à Tamatave des patients provenant de toutes les régions de Madagascar.
Article et reportage vidéo à Madagascar (15'47) : http://www.rts.ch/info/monde/6500352-le-navire-hopital-d-une-ong-suisse-offre-des-soins-a-madagascar.html


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02 02 15 - Collectif Tany - Situation toujours préoccupante pour les terres malgaches en 2014 -  Propositions
Les tous premiers pas du nouveau président ont suscité une profonde inquiétude quant à ses intentions dans le domaine du foncier. Son équipe a lancé des appels insistants aux investisseurs pour occuper les “18 millions d’ha de terres arables disponibles” à Madagascar. En juillet 2014, un arrêté a suspendu jusqu’au 31 décembre l’attribution de terrains du domaine privé de l’Etat, titré ou non titré, afin de réaliser un inventaire du domaine privé de l'Etat. La notion de « réserves foncières » mise en avant par une responsable du ministère de l’Aménagement du territoire ne viserait-elle pas à préparer l’opinion publique à une attribution massive de terrains à des investisseurs nationaux et étrangers ? Dès mi-décembre, la promotion des terres auprès des investisseurs a repris. Tany réclame un état de lieux du patrimoine national. Les conflits fonciers, dont certains ont provoqué des expulsions de familles ont continué au cours de l’année. Le Collectif propose une un audit complet de tous les titres et certificats fonciers par une structure compétente et indépendante. 

- 02 02 15 - Jeune Afrique - Pierre Donadieu - Mines : Madagascar veut sa part du gâteau
L'île possède un important potentiel minier encore peu utilisé. Face à l'accélération de l'exploitation sur son sol, l'État tente de mettre en place une réforme pour en tirer davantage de bénéfices. Or, rubis, saphir, uranium : Madagascar a tout d'une île aux trésors pour les exploitants miniers. Pourtant, l'an dernier, Rajo Daniella Randriafeno, alors ministre des Mines, confiait qu'il s'agissait d'un "secteur malade". La crise financière de 2008, conjuguée au marasme politique de 2009-2014, a freiné l'exploration du sous-sol et le nombre de permis octroyés s'est effondré. Depuis l'an dernier, le gouvernement essaie de reprendre la main sur le secteur et de mettre en place une réforme de son code minier.

- 02 02 15 - « Les malgaches se désintéressent des élections communales ».
La clôture provisoire des listes électorales est intervenue le 31 janvier. La population a encore 20 jours pour s’inscrire ou pour vérifier son inscription. Les élections communales sont toujours prévues le 17 juillet, ce seront les premières depuis 2007, le mandat des élus locaux ayant été prorogé en raison de la crise politique. Au micro de RFI, Ketakandriana Rafitoson politologue et membre de l’association Liberty 32 qui intervient dans l’éducation citoyenne et l’observation du processus électoral se montre critique face à l’organisation de ce scrutin. « La clôture de l'inscription sur la liste électorale s'est déroulée plutôt dans l'indifférence générale. La majorité des électeurs potentiels ne se sont pas intéressés à ce processus, faute de sensibilisation », déplore-t-elle notamment. Ecouter l'interview (5'09) :
http://www.rfi.fr/emission/20150201-krafitoson-malgaches-desinteressent-elections-communales

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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