JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

25 août 2015

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2015

- 25 08 15 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Etat végétatif
Le temps est aux revendications de plus en plus extrémistes dans le fond et/ou la forme. La reculade de l’État face aux pitreries syndicales d’Air Madagascar et des agents des domaines a émoustillé les autres révolutionnaires en herbe, du côté de la Jirama, autre entreprise publique en perdition. Les candidats potentiels pour exprimer leurs frustrations plus ou moins légitimes sont légion : les députés, les enseignants chercheurs, les maitres FRAM, les médecins, les usagers de la Jirama, les militaires, les paramédicaux, les médias, les magistrats etc. Le scandale de toutes ces grèves, au-delà de leurs impact, c’est que leurs leaders maquillent sournoisement leurs véritables objectifs derrière des motivations plus ou moins nobles, et ce en vue de générer l’adhésion de l’opinion publique. La communauté internationale étudie avec attention l’envergure du pouvoir réel du chef de l’État et de son autorité, qui seraient gages d’une certaine stabilité. Or, chaque reculade ne va pas nécessairement dans le bon sens. Le Président Rajaonarimampianina devrait donc enfin siffler la fin de la récréation, virer les copains et les coquins de son entourage et prendre les décisions qui s’imposent pour faire la rupture avec le terne bilan de son début de mandat.

<> 21 08 15 - Collectif Tany - Le nouveau code minier ne doit pas sacrifer le peuple malgache pour plaire aux investisseurs

Le processus de révision du code minier est en cours dans la plus grande discrétion. Les organisations de la société civile dénoncent l’absence de cadre formel et règlementé des réunions du comité qui se tiennent au ministère des mines. Les autorités donnent néanmoins rendez-vous aux investisseurs du monde entier au Salon international sur les mines et le pétrole du 23 au 25 septembre pour y révéler le nouveau code. Depuis 2005, Madagascar fait figure de « Nouvel Eldorado des compagnies minières et pétrolières ». Une réputation que le pays doit à son code minier et à sa loi sur les grands investissements miniers, qui accordent des avantages importants aux sociétés, ne laissant que des miettes à l’Etat, aux collectivités décentralisées et aux communautés locales. L’avant-projet de code, qui remplacera ces deux textes, fait de la surenchère en cédant encore plus aux grands investisseurs, nationaux et étrangers, au mépris de l’intérêt national, estime le Collectif, qui dénonce cette logique malsaine qui met en danger les petits opérateurs miniers, les communautés locales, et l’ensemble des générations futures. L’avant-projet pérennise notamment la menace de spoliation des droits sur les terres. Expulsions, pertes de droits légitimes, compensations d’un montant faible et inacceptable, tel serait le sort réservé aux populations locales victimes d’accaparements de terres, y compris dans le secteur minier. L’un des articles sous-tend que les sociétés minières, notamment étrangères et transnationales, deviennent propriétaires des terres, au lieu de se contenter d’extraire le produit du sous-sol pour une durée limitée. Alors que pour le commun des Malgaches, le titre foncier reste inaccessible en raison de son coût élevé et de la durée de la procédure, les sociétés, notamment étrangères, bénéficient de l’appui inégalable de l’Economic Development Board of Madagascar, une structure mise en place en 2006 et financée par la Banque mondiale, qui leur facilite l’accaparement des terres. Dans ces conditions, seuls les nationaux très riches et les sociétés étrangères pourront entreprendre des activités minières. Les perspectives sont très inquiétantes. On estime que 60 sociétés peuvent couvrir tout le territoire national. En outre, l’avant-projet criminalise les mouvements de contestation au mépris des droits et libertés des populations riveraines affectées par les impacts négatifs des projets miniers ainsi que de leurs salariés. A la différence d’autres pays soucieux d’un rééquilibrage du partage de la rente minière, la renégociation de contrats est quasiment impossible à Madagascar sous le code minier en vigueur et l’avant-projet renforce encore ces dispositions. L’inclusion d’une partie spécifique dédiée à l’uranium au sein de l’avant-projet n’a rien d’anodin. Le Collectif appelle à la plus grande vigilance face aux risques posés par la radioactivité et ses impacts graves. En conclusion, Tany réitère sa demande de moratoire sur la délivrance de permis miniers (4000 sont en attente), c’est-à-dire une suspension de leur délivrance pendant un délai indéterminé, appuyant ainsi une proposition déjà évoquée par des organisations de la société civile et par la Conférence des évêques. Il exige une refonte de l’avant-projet avec la mise en place d’un groupe de travail plus formel, participatif et inclusif, attentif à une répartition juste et équitable des bénéfices entre les communautés locales, l’ensemble de la nation et les sociétés minières.

<> 18 08 15 - Vidéo - Conférence de presse de Didier Ratsiraka inaugurant la sortie du livre relatant son entretien autobio­graphique avec Cécile Lavrard Meyer.Transition démocratique et pauvreté à Madagascar », éditions Karthala juin 2015). Diffusée par TV Plus le 13/08/15.
Durée : 2h43
https://www.youtube.com/watch?t=62&v=8m8PIJ-c2mM

Comme à son habitude, Didier Ratsiraka n’a pas manqué de tenir en haleine le public lors d’un show médiatique retransmis en direct sur TV Plus. Après avoir observé un long silence, l’ancien chef d’Etat est revenu sur plusieurs faits ayant marqué l’histoire du pays, à travers une pluie de révélations qu’il dit avoir tenu à faire au soir de sa vie. Ses anciens rivaux ou alliés politiques n’ont pas été épargnés. A commencer par Andry Rajoelina, ancien président de la Transition. Didier Ratsiraka a reconnu avoir aidé l’ancien maire d’Antananarivo à renverser Marc Ravalomanana, suite au projet de ce dernier de vendre des terrains à des étrangers et surtout pour se venger de lui. « Mais je n’ai pas fait un coup d’Etat », a-t-il indiqué.

Mais suite à la tuerie du 7 février 2009, il aurait mis fin à leur deal, sous prétexte qu’Andry Rajoelina avait versé du sang. « Le mouvement d’Andry Rajoelina s’est aussitôt essoufflé, c’est pourquoi il avait décidé ces effusions de sang à Ambohitsorohitra (…). Si le général Dolin Rasolosoa n’avait pas été blessé, c’est parce que celui ou ceux qui ont tiré se trouvaient mêlé à la foule, derrière ou devant les manifestants (…), a-t-il affirmé. A l’entendre, Andry Rajoelina aurait envoyé ses partisans à la boucherie. Il aurait eu l’appui de la France pour écarter Marc Ravalomanana du pouvoir.

Une accusation qui ne devrait pas plaire au président du MAPAR, récemment de retour sur la scène politique. L’amiral rouge n’a pas non plus été tendre envers le fondateur du groupe Tiko, Marc Ravalomanana. Il ne digère pas encore les évènements de 2002 l’ayant conduit à un exil forcé en France. « Je ne lui ai jamais accordé le statut de chef d’Etat. Il a fait un hold-up électoral et un coup d’Etat. Il l’a d’ailleurs reconnu à Dakar, devant les membres de la communauté internationale », a déclaré Didier Ratsiraka.

Autres zones d’ombre de l’histoire politique de Madagascar abordés par l’amiral, les évènements du 10 août 1991. « Je ne suis pas responsable de mort d’hommes à Iavoloha », a-t-il insisté. Pareil également pour l’assassinat du colonel Richard Ratsimandrava au soir du 11 février 1975. « Un assassinat nécessite un mobile. Le général Gilles Andriamahazo en avait un car il était l’officier le plus haut gradé à l’époque. Normalement c’était à lui qui revenait le pouvoir et non au colonel Ratsimandrava », a-t-il affirmé.

Encore une autre accusation qui ne devrait pas plaire à la famille Andriamahazo, intransigeante quant au respect de la mémoire du général, disparu en 1989. Il était à la tête d’un directoire militaire de 4 mois, du 12 février au 15 juin 1975, après la mort du colonel Richard Ratsimandrava.

De nombreux politiciens issus de tout bord, notamment les barons du HVM comme Rivo Rakotovao, ont assisté à cette séance de révélations. Le show médiatique était également l’occasion pour Didier Ratsiraka de faire la promotion de son livre, qui a au moins le mérite d'apporter des matériaux aux historiens qui auront à se pencher sur cette période troublée qui a suivi la chute de la Ière République.

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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18 juillet 2015

REVUE DE PRESSE 1ER AU 18 JUILLET 2015

EN RAISON DES CONGES, LA REVUE DE PRESSE EST SUSPENDUE JUSQU'A FIN AOUT. MERCI POUR VOTRE COMPREHENSION

 

Mini-séisme dans le microcosme politique : Henry Rabary-Njaka a été limogé de son poste de directeur de cabinet de la présidence. Double peine pour cet avocat bi-national considéré comme l’éminence grise du chef de l’Etat. Il cumulait également les fonctions de président du conseil d’administration d’Air Madagascar qui a déposé peu avant une « démission collective ». Nommé en février 2014, il a fait très rapidement l’objet de critiques acerbes. L'ancien directeur de cabinet indique qu'il est toujours conseiller spécial du président et secrétaire exécutif du parti présidentiel HVM.

Marc Ravalomanana se voit reprocher de cultiver l’ambiguïté. L’ancien chef d’État a affirmé être opposé aux actions de déstabilisation de l’exécutif, notamment à la motion de censure déposée contre le gouvernement mais tous les membres de son groupe ont voté celle-ci en bloc. La position jugée ambiguë de l’ancien chef de l’État contribuerait à entretenir le malaise politique. Un double langage qui aurait notamment pour objectif de ne pas ternir l’image de rassembleur qu’il tente de se forger au niveau de la communauté internationale, qui, affirme-t-il, compte sur lui pour « œuvrer en faveur de la stabilité ».

Affaire Lanto Rakotomanga. Une commission d’enquête parlementaire a été mise en place pour tenter d’élucider les questions portant sur la somme de 200 millions Ar découverte dans le coffre du véhicule de la députée du Mapar, lors de son interpellation mais les députés ont rejeté la « demande d’autorisation en vue d’une audition » adressée au bureau permanent de l’Assemblée. La députée a pu faire son « come-back », accueillie par les applaudissements de ses pairs. Un front uni s’est formé pour défendre Lanto Rakotomanga et pour désavouer la brigade criminelle, constate Midi. L’affaire risque donc fort de ne jamais être élucidée et certains se demandent ce que sont devenus les deux cartons remplis de billets de banque…

La Cenit confirme que le calendrier établi pour les communales sera maintenu. Le matériel électoral « sensible », est arrivé, la campagne électorale officielle démarre mais la crise institutionnelle a largement détourné l’attention des médias sur cette échéance. Une majorité des députés réclame le report du scrutin et exige au préalable un remaniement gouvernemental qui prendrait en compte le nouveau rapport de forces qui s’est dégagé à l’Assemblée depuis l’adoption de la motion de déchéance du chef de l’Etat. Pour le SeFaFi, les signes avant-coureurs de nouvelles élections « biaisées » sont perceptibles et sèment le trouble. La période de « pré-campagne », qui n’est encadrée par aucune règle précise, a donné un large avantage aux détenteurs du pouvoir, notamment sur les ondes publiques et à l’occasion des déplacements officiels, sans que la Cenit, dont la neutralité est mise en doute, puisse intervenir efficacement. L’information objective des électeurs n’a pas été correctement assurée. Les listes électorales ne pourront pas être consultées avant le jour du scrutin, pas plus que les spécimens de bulletins uniques. Le Samifin a dénoncé le non-respect de la loi sur le financement des partis politiques. 19 nouveaux chefs de districts ont été nommés à quelques semaines du scrutin, notamment dans des districts qui ne sont pas acquis au pouvoir, ce qui suscite des interrogations au sein de la société civile. Sur un total de plus de 7.300 candidats enregistrés, on ne compte que 443 femmes. Le SeFaFi rappelle que le scrutin revêt une importance capitale car il débouchera sur la désignation des maires qui seront appelés à élire les deux-tiers des sénateurs. Mais aucune communication gouvernementale ne précise encore l’organisation de l’élection sénatoriale qui devrait se tenir avant la fin de l’année. Emettant des doutes sur les conditions du déroulement des communales, Marc Ravalomanana a fait savoir qu'il engagera des experts américains pour superviser son déroulement opérations. « Tout est mis en œuvre pour assurer un processus sécurisé », réplique le représentant adjoint du Pnud. La communauté internationale, qui a financé la consultation, attache le plus grand prix à ce que cette dernière étape dans la mise en œuvre de la feuille de route de sortie de crise respecte les normes et standards internationaux, affirme-t-il, mais certains observateurs déplorent que celle-ci donne l’impression de se désintéresser de son organisation.

Le coup d’envoi de la campagne pour les communales a été donné. A Antananarivo, la compétition prendra une dimension nationale. L’ancienne première dame a pris une longueur d‘avance, activement soutenue par son mari et les fidèles du TIM. La candidate va bénéficier du capital de sympathie de l’ancien président, qui jouit encore d’une forte popularité, et des moyens importants mis à sa disposition. Mais Lalatiana Rakotondrazafy, que certains observateurs placent parmi les favoris, dispose également de gros moyens et d’une expérience éprouvée de la communication, ayant été l’animatrice de choc de la station de radio Free FM. Le parti présidentiel HVM sera le grand absent de la compétition. Le reproche lui est fait de ne pas avoir osé s’affronter aux deux principales candidates.

La Vérité 08 06

Une motion de censure a été déposée contre le gouvernement la veille de la clôture de session ordinaire. Le texte aurait recueilli 87 suffrages, le nombre exigé par la loi étant de 76, mais les députés pro-régime ont une fois de plus dénoncé des malversations. Pour être adoptée, la motion devait être approuvée par les deux tiers des députés, soit 113 sur 151. Il lui a manqué 7 voix. Une trentaine de députés frondeurs étaient absents et ont décidé de ne pas prendre part au vote. De forts soupçons de corruption ont plané en marge du scrutin. Des marchandages auraient eu lieu toute la journée avant le vote intervenu en soirée. Des « transactions financières » se seraient déroulées en différents lieux de la capitale et dans des véhicules en stationnement, sans que l’on sache trop « qui corrompait qui »… Des usurpations de « délégations de vote » auraient été constatées et des procurations auraient mystérieusement disparu. Hery Rajaonarimampianina a donc sauvé in extremis son équipe gouvernementale. Il dispose encore de l’arme de la dissolution mais c’est un risque qu’il préfèrera sans doute ne pas prendre, estiment les analystes. Qui peut dire en effet qu’une dissolution suivie d’une nouvelle élection assurera une majorité stable et incorruptible au chef de l’Etat ? Mieux vaut d’abord pour lui de tenter de rafler la mise aux prochaines élections communales afin de modifier en sa faveur les rapports de force à l’Assemblée et de tenter de constituer en sa faveur un groupe parlementaire fidèle. Le chef de l’Etat serait donc condamné dans l’immédiat à vivre avec une assemblée versatile, mercantile et corrompue, estime L’Express. Mais pour Tribune l’échec de la motion de censure ne résout pas le problème de l’efficience du gouvernement. Les députés frondeurs ont échoué à le faire tomber mais ils se considèrent comme majoritaires et estiment que la composition du gouvernement ne reflétant pas la nouvelle donne politique, il se doit de remettre sa démission. La session parlementaire ayant été accaparée par la crise institutionnelle, une session extraordinaire va devoir être convoquée pour l’adoption de la loi de finances rectificative, ce qui risque de provoquer encore de sérieuses tensions entre institutions. Le président du parti présidentiel HVM, Rivo Rakotovao, fait pression pour obtenir la démission des députés de son groupe qui ont voté la censure. Il réclame en outre la démission des membres du parti TIM qui siègent au gouvernement et qui n’ont pas fait preuve de solidarité.

Le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) dénonce tout à la fois les agissements de l’exécutif et du législatif responsables de cette nouvelle crise institutionnelle et du climat de suspicion généralisé qui s’est emparé du débat politique. « Ça suffit !», lance-t-il dans un communiqué.

Le Bianco a ouvert une enquête sur les membres de la HCC et de l’Assemblée qui auraient pu être compromis dans des achats de voix lors du vote de la motion de censure. Les comptes bancaires de 14 députés auraient été bloqués par les autorités aux fins d’enquête, affirme Ma-TV. Une situation qui retarderait la mise en œuvre du « Pacte de responsabilité » qu’a appelé de ses vœux la HCC lors de sa décision de rejet de la motion de déchéance du chef de l’Etat. Le dégel des comptes bancaires des députés et la cessation des poursuites judiciaires à leur encontre sont, entre autres, les préalables posés par les élus pour renouer le dialogue avec l’exécutif.

L’ambassadeur américain, Robert Yamate, s’est déclaré en faveur d’un rapprochement entre les protagonistes de la crise institutionnelle, afin, dit-il, d’asseoir la stabilité politique, condition nécessaire du développement. Madagascar reste un pays fragile sur le plan politique, économique et social, estime l’ambassadeur de l’UE. Pour le diplomate, malgré les efforts fournis pour le retour à l’ordre constitutionnel, des défis importants restent encore à relever. L’ambassadeur de France est revenu sur son départ anticipé à l’occasion de la fête nationale française : officiellement, il n’a pas été expulsé. Il ne retire rien des propos sévères tenus à l’encontre du pouvoir, dont il dénonce la lenteur d'action et le manque de réformes clés sur des sujets tels que la fiscalité, la corruption ou le trafic de ressources naturelles.

De séreux accrochages entre communautés villageoises et bandes armées ont encore été signalés. Les forces de l’ordre ont tenté de déloger 300 dahalo retranchés dans une zone difficile d’accès située entre les régions Ihorombe et Atsimo Atsinanana, à plus de deux jours de marche de Midongy du Sud. On compterait une dizaine de morts parmi les villageois.

« Madagascar est confronté à des risques réels de menace de terrorisme à travers des groupes criminels organisés », déclare la ministre de la justice. Une vulnérabilité à des influences extérieures aggravées par le chômage, la pauvreté et l’exclusion. La situation de l’Afrique de l’Est fait craindre une exposition à l’infiltration de terroristes. Madagascar compte donc s’impliquer plus activement dans cette lutte. Dans cette perspective, une surveillance renforcée de ses côtes sera organisée, avec le concours des Etats-Unis. La Gazette affirme que les autorités sont préoccupées par le boom des constructions de mosquées, dont certaines sont clandestines. La percée de l’islam à Madagascar est un phénomène nouveau, notamment sur les Hautes Terres.

La désignation du représentant de la société civile au sein du CSM n’aurait pas été décidée par le ministère de la justice dans le respect des règles. La personnalité nommée n’est pas celle qui avait été proposée par la Plateforme des organisations de la société civile (PFNOSCM) au terme d’un rigoureux processus de sélection. La PFNOSCM affirme ne pas connaître l’entité d’origine de la personnalité nommée par la garde des sceaux. Son candidat aurait été jugé trop peu « malléable ». La ministre affirme avoir fait son choix parmi quatre candidats qui lui ont été proposés. La Plateforme envisage de saisir le Conseil d'Etat.

La presse rapporte de nouvelles manifestations de vindicte populaire. De présumés voleurs se sont fait lyncher à mort par des villageois en furie. Un homme a échappé de justesse au lynchage après le décès de deux enfants victimes d’empoisonnement. Le suspect a été éloigné pour prévenir une attaque de la caserne de gendarmerie. Une quinquagénaire a été lynchée pour suspicion de rapt d’enfant dans une banlieue de la capitale. Les gendarmes, alertés, sont arrivés in extremis pour l’extraire de la foule en furie.

Une suspension de solde de 2.000 fonctionnaires en situation irrégulière a été décidée dans le cadre de mesures d’assainissement exigées par les bailleurs de fonds en début d’année.

Le Bianco a interpelé une nouvelle fois les hauts commis de l’Etat afin qu’ils procèdent à leur déclaration de patrimoine pour l’année 2014. L’organisme va lancer la procédure ouvrant la voie aux sanctions prévues par les textes. Seules 24 % des personnalités politiques et publiques sur les 7.000 qui devraient déposer une déclaration ont satisfait à leurs obligations.

L’ancien ministre de l’énergie de la Transition, Fienena Richard, et l’ancien directeur général de la Jirama, Désiré Rasidy, sont poursuivis devant la chaine pénale anti-corruption, en compagnie de cadres de la Jirama, de dirigeants d’entreprises et de soumissionnaires à des appels d’offre. Ils sont accusés de corruption et favoritisme dans l’octroi de marchés publics. Une trentaine de personnes ont été traduites devant la chaîne pénale pour un second dossier concernant l’attribution en 2012 d’un marché de matériel d’électricité à une société de renom. Des personnalités impliquées dans le premier dossier figurent également parmi les trente convoquées.

Un projet de décret prévoit le toilettage des textes qui régissent le fonctionnement du Samifin, structure chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Créé sous le régime Ravalomanana, ses résultats sont jugés décevants. Plusieurs audits internationaux de l’institution sont programmés.

Vingt-deux des cinquante ressortissantes malgaches détenues au Koweït ont été rapatriées. Leur libération et leur rapatriement ont été annoncés par l’État Koweïtien en janvier mais ne s’est concrétisé que le 4 juillet. Une « direction d’appui aux expatriés » a été créée sein du ministère de la population. Ses missions ont été définies de manière à rendre plus fluide le traitement des dossiers des ressortissants malgaches en difficulté à l’étranger. La police a démantelé un réseau de trafiquants de travailleuses pour l’Arabie Saoudite. Trois suspects sont placés sous les verrous dont un Yéménite de nationalité suédoise, soupçonné d’être à la tête de la filière. 25 jeunes malgaches ont été déportés en Arabie Saoudite par ce réseau.

La radio et la TV MBS, propriété de Marc Ravalomanana, sont victimes d’une interdiction d’émettre. L’ancien président n’a plus accès aux stations publiques, de même que les dirigeants de son parti, le TIM. L’Ordre des journalistes a dénoncé le renvoi des journalistes et des techniciens de TVM et de RNM de l’hémicycle de l’Assemblée lors du vote de la motion de censure du gouvernement qui aurait été entaché de nombreuses irrégularités.

L’Assemblée a reporté l’étude du projet de loi portant création de la chaîne spéciale contre le trafic de bois précieux qui devait concrétiser la volonté d’assainissement de la filière exprimée par le premier ministre. La sévérité des sanctions prévues dans le texte, sans possibilité de recours, a pu « refroidir certains députés qui ont forgé leur fortune sur le business de ces bois précieux », estime L’Express. La création de cette juridiction d’exception a été fortement encouragée par les bailleurs de fonds. L’Alliance Voahary Gasy (AVG) interpelle l’État et l’opinion face au trafic de bois de rose qui ne tarit pas. « La société civile n’a jamais été considérée quant à sa contribution au développement », déplore son président. Mais les ONG ne sont pas épargnées par les critiques : incapables de se coordonner et de coopérer, elles rivalisent entre elles pour obtenir des projets et des financements et sont manipulées.

836 tortues ont été interceptées dans une aire protégée près de Toliara. Les braconniers se sont fait repérer par la communauté villageoise, qui a donné l’alerte. La bande serait sous la coupe de mystérieux commanditaires qui organisent des exportations frauduleuses vers l’Asie du Sud-Est.

La remise en ordre de la filière or se poursuit. Le ministère des mines invite les particuliers qui disposent de stocks à les déclarer. Une structure spéciale sera mise en place pour recueillir leurs déclarations en toute confidentialité. Le commerce de l’or à la sauvette dans certains quartiers de la capitale a encore pris de l‘ampleur, les autorités tentent de l’éradiquer.

L’ONE a accordé son permis environnemental au projet d’extraction d’ilménite de Toliara Sands dans l'aire protégée de Ranobe, au nord de Toliara. La société avait déjà obtenu à titre dérogatoire des autorisations d’exploitation en 2012, sous la Transition, alors que toute délivrance de permis était proscrite. Le WWF, en charge de l'aire protégée, est accusé d’avoir laissé le champ libre à la société. Les opposants affirment que le chantier provoquera des défrichements ainsi que des impacts négatifs sur des populations fragiles. Le Collectif Tany, (Défense des Terres Malgaches), relaie à l’international le combat de l'association Mazoto. Les défenseurs des communautés font le rapprochement avec la situation conflictuelle née du projet QMM/Rio Tinto à Tolagnaro.

La société civile et les partenaires se préoccupent de l’intégration d’une dimension « respect des droits de l’homme » dans le futur code minier, en cours d’élaboration. Les principales victimes sont les enfants occupés dans les activités artisanales et les sous-traitants des grandes exploitations minières.

La HCC a déclaré non-conforme à la Constitution la loi sur le transfert des terrains coloniaux aux citoyens malgaches. L’objectif des élus à l’origine du texte était « d’octroyer aux citoyens sans terre les terres laissées à l’abandon par des colons et laissées en friche ». Le projet indiquait que l’Etat devait laisser ces personnes libres d’exploiter des terres que lui-même n’était pas en mesure d’aménager.

Les syndicats de l’administration des domaines poursuivent leur mouvement de grève et demandent au chef de l’Etat d’octroyer aux services fonciers un ministère indépendant. Suite aux lettres de réquisition adressées aux personnels grévistes, les syndicats se disent déterminés à poursuivre leur combat entamé depuis plusieurs semaines. Le traitement de 20 employés grévistes a été suspendu. Les forces de l’ordre ont tenté d’imposer la réouverture des bureaux.

La diplomatie malgache a été très présente à la 3ème conférence internationale sur le financement du développement qui s’est tenue à Addis-Abeba. Objectif : faire en sorte que Madagascar, après avoir échoué à réaliser les OMD, comble son retard dans la préparation des Objectifs de développement durable (ODD), portant sur la période 2015-2030.

La coopération allemande se réengage à Madagascar dans les secteurs qu’elle affectionne. 40 millions d’euros seront alloués à la Grande île pour une durée de deux ans, dont une première tranche, déjà effective, à hauteur de 20 millions, concerne la protection de l’environnement, la gestion durable des ressources naturelles et les énergies renouvelables.

Les États-Unis ont annoncé la prolongation de l’Agoa pour 10 ans. Le groupement des entreprises franches affirme être en mesure de créer 200.000 emplois. Il se fixe pour objectif de tripler par rapport à 2008 le volume des exportations sur le marché américain.

L’UE a octroyé un million d'euros pour contribuer au renforcement de la stabilité et à la prévention des conflits. Une partie de ces fonds viendront en complément du Pacem pour appuyer l’organisation des élections communales.

Un financement de 30 millions de dollars sera octroyé par le Fonds d’Abu Dhabi pour le Développement. Il sera affecté à la réhabilitation de la RN5 entre Maroantsetra et Soanierana Ivongo, un axe particulièrement dégradé.

Conflit social majeur à Air Madagascar. Gravement fragilisée par la grève d’une partie des personnels entamée mi-juin, les membres du conseil d’administration, avec à sa tête Henry Rabary-Njaka, directeur de cabinet de la Présidence, ont déposé collectivement leur démission. Léon Rajaobelina, conseiller économique du chef de l’Etat a été nommé à sa place. Les grévistes ont fait parvenir leurs revendications à la nouvelle équipe. Parmi celles-ci : la régularisation des éléments de salaire, l’adéquation et la rectification des programmes de vols par rapport à la flotte disponible, l'arrêt des déroutes de vols et le désengagement de l’Etat dans la gestion de la compagnie. L’Etat-actionnaire a décidé l’octroi d’une subvention exceptionnelle de 2 milliards Ar, sous réserve d’une reprise rapide des activités. Une décision en totale contradiction avec les recommandations constantes des bailleurs de fonds. Les négociations engagées avec le personnel ont abouti à des mesures d’apaisement telles que l’annulation des sanctions disciplinaires prises à l’encontre d’employés et le retrait des plaintes déposées par la compagnie à l’encontre des grévistes. Le Conseil d'Etat a suspendu la décision de licenciement des six employés, dont le commandant Rado Rabarilala. Un audit financier et organisationnel de la compagnie a été décidé. Le FMI attend un rapport sur l’impact social et économique du mouvement social. Des discussions sur les doléances non satisfaites du personnel doivent s’engager. Chaque jour de grève a fait perdre 500.000 dollars à la compagnie. La saison touristique a été sérieusement compromise et la situation financière de la société est plus que jamais préoccupante. Les opérateurs touristiques lancent un appel de détresse et évoquent l’« Open Sky » comme solution. Un protocole d’accord a finalement été signé entre le personnel gréviste et le conseil d’administration au terme de 35 jours de grève.

La rénovation et l’extension de l’aéroport d’Ivato ont été confiées au consortium Aéroport de Paris-Bouygues Bâtiment International-Colas Madagascar-Meridian Africa. 120 millions d’euros seront investis dans ce projet. Le consortium gèrera les aéroports d’Ivato et de Nosy Be pour une période de 28 ans, reléguant l’Adema à la gestion des aéroports secondaires.

L’intersyndicale de la Jirama en appelle à l’Etat pour sauver l’entreprise de la cessation de paiement et prévenir un risque de délestage généralisé. La dérive des comptes s’aggrave et la subvention de 200 milliard Ar allouée cette année se révèle insuffisante. Les pertes financières s’élèveraient à plus de 400 milliards Ar. Les syndicats renouvellent leur demande d’audit des contrats conclus avec les fournisseurs privés d’énergie et de carburants. Des employés ont été convoqués à la gendarmerie pour une affaire de vol de 3 millions de litres de gasoil qui pourrait impliquer de hauts responsables de la société, affirment les syndicats.

La recrudescence des vols de vanille verte crée des remous à l’approche de l’ouverture de la campagne. Une situation alarmante est relevée dans plusieurs régions. Faute d’offre suffisante, les prix pourraient flamber. De source auprès de la police, des réseaux organisés sont à l’œuvre.

Le FMI a réduit de 150 points de base ses estimations de la hausse du PIB pour 2015. Ses prévisions de croissance ont été abaissées de 5 % à 3,5 %. La situation pourrait encore se dégrader, avertit l'institution qui redoute les effets de la grève d’Air Madagascar et les incertitudes générées par la crise institutionnelle.

Le Seces annonce une grève illimitée dans toutes les universités. Les syndicalistes exigent l’application d’accords catégoriels négociés avec le régime de la Transition en 2009. L’année universitaire 2013-2014, inachevée, risque donc de se voir encore prolongée. Autre source de difficultés : le difficile basculement des universités malgaches dans le système « LMD ».

Insécurité alimentaire dans le Sud : le PAM est à la recherche 4 millions de dollars pour maintenir ses interventions en faveur des populations à risque au cours du prochain semestre. Près de 580.000 personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire dans la zone. 186.000 personnes ont bénéficié jusqu’ici de ses interventions et de celles de ses partenaires.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Préparation des élections communales du 31 juillet
  • La poursuite du bras de fer entre l’Assemblée nationale et l’exécutif
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité,
  • Justice, gouvernance
  • Emploi, traite des personnes, émigration clandestine
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Exploitation des ressources naturelles, foncier
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Conflit à Air Madagascar
  • Monde des affaires
  • Enseignement, universités
  • Divers

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13 juillet 2015

ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2015

- 13 07 15 - RFI - Interview de Cécile Lavrard-Meyer, à l’occasion de la sortie du livre-entretien « Transition démocratique et pauvreté à Madagascar », réalisé avec Didier Ratsiraka - Editions Karthala – 2015.
« Je suis arrivée avec des questions qu’il ne m’a jamais demandées en amont. Effectivement, j’ai essayé de faire la lumière sur les événements les plus questionnables, voire sanglants comme l’épisode de 1991. […] Didier Ratsiraka affirme que la garde présidentielle n’a pas tiré sur la foule, en tout cas pas sur ses ordres et qu’il n’y pas eu de mines anti-personnel dans les rizières...».
http://www.rfi.fr/emission/20150712-cecile-lavrard-meyer-1991-ete-le-moment-le-plus-tendu-notre-entretien-madagascar/ (5’54)

- 08 07 15 - L'Express - Courrier des lecteurs - André Rasolo - Le pacte de responsabilité ?
Des clignotants s’allument. Des signaux d’alarme retentissent. 121 députés sur 151 ont voté la déchéance du président de la République. Le gouvernement vient d’échapper à une motion de censure votée par 95 députés. Rien ne va plus entre l’exécutif et le législatif. Les rapports de force entre les deux institutions durcissent les conflits politiques. De grands mouvements sociaux se préparent. Arrestation, procès, licenciement de leaders syndicaux. Une cinquantaine de syndicats se mobilisent par solidarité aux grévistes d’Air Madagascar. L’insécurité traumatise des villages et des villes. La grogne et le mécontentement couvent. Sommes-nous condamnés à n’avancer que par explosion ? Mais chaque fois qu’on avance de cette façon, l’économie reçoit un coup d’arrêt, la pauvreté gagne du terrain. De 2009 à 2013, Madagascar a vécu une période de Transition sanctionnée par la communauté internationale. L’élection présidentielle combinée avec les législatives n’a pas pu tourner la page de la crise. Un an et demi après les élections, la crise réapparaît dans la vie politique, économique et sociale. Madagascar se trouve malmené par l’instabilité, la pauvreté, le chômage, l’incivisme, l’immoralité, telle une société sans norme et sans éthique. Que faire ? Chacun a sa part de responsabilité dans cette crise dans laquelle s’embourbe notre pays. HCC a décidé d’un « pacte de responsabilité ». À nous de voir comment le réaliser.

- 08 07 15 -
Vidéo - L'association Free Forest, les ONGs et de nombreuses personnalités publiques dénoncent le trafic illégal de bois de rose dans les parcs nationaux de Madagascar, ainsi que les atteintes et les violences faites aux militants écologistes locaux. Isabelle Autissier, Françis Hallé, Thierry Lhermitte, Yann Arthus-Bertrand et le réalisateur allemand Alexander Von Bismarck apparaissent ensemble.
https://www.dailymotion.com/video/x2wxrhi_videofreeforestmada1_webcam (5’13)

- 07 07 15 - Biblio - Cécile Lavrard-Meyer- Didier Ratsiraka - Transition démocratique et pauvreté à Madagascar - Editions Karthala - 2015.
« Faut-il voir en Didier Ratsiraka un nationaliste sourcilleux façonné par ses études françaises et ses rencontres avec les milieux progressistes internationaux ? Sa formation chrétienne a-t-elle, au contraire, laissé des traces durables, avec cette ambition, latente, de réconcilier socialisme et religion ? Serait-il plutôt un de ces « rêveurs éveillés – qu’évoque Sartre – dont le propre est, comme on sait, de ne pouvoir s’adapter au réel ? Gaullien pour les uns, manipulé pour les autres, séduisant pour tous, intelligent assurément, le président de la République Démocratique de Madagascar n’est pas de ces chefs d’État qui laissent indifférents, sortis de leur environnement national. Peut-être, après tout, est-il à l’image de son pays : orgueilleux mais ouvert, complexé mais habile, produit composite du métissage culturel et de la tradition »
Direction des Affaires étrangères et malgaches (Notice biographique sur Didier Ratsiraka, août 1982)

Ainsi s’interrogeait le Quai d’Orsay sur Didier Ratsiraka, six ans après son investiture en 1976. Trois ans plus tôt, en 1973, alors tout jeune ministre des affaires étrangères, il avait acté l’indépendance réelle de Madagascar par la révision de ses accords de coopération avec la France. Après avoir présidé aux destinées de la Grande île pendant un quart de siècle et avoir été exilé en France à deux reprises, Didier Ratsiraka est pour la première fois amené ici, dans un dialogue sans concession, à livrer sa part de vérité sur sa destinée et celle de son pays.

Cécile Lavrard-Meyer est maître de conférences à Sciences-Po Paris. Diplômée de Sciences-Po Paris et d’HEC, docteur en histoire de l’Université Sorbonne Nouvelle, elle a été post-doctoral fellow en économie du développement et science politique à l’Université de Harvard et maître de conférences associé à l’Université Sorbonne Nouvelle. Dans le cadre de ses recherches à Madagascar, elle a rencontré Didier Ratsiraka et mené les entretiens qui constituent le matériau de ce livre.

- 07 07 15 - SeFaFi - Communiqué du 04/07/07 - Vers de nouvelles élections biaisées
Réclamées depuis longtemps, les élections communales auront peut-être lieu comme prévu, le 31 juillet 2015. Il est vrai que les tergiversations au sommet de l’État et les manœuvres politiques ont largement détourné l’attention des médias sur elles, probablement parce qu’elles testeront la véritable influence électorale des différents protagonistes : moins les partis et leurs candidats ont à parler de programmes et de vision politique, mieux ils se portent. Les récentes motions de déchéance et de censure ont vu apparaitre une majorité parlementaire. Restera-t-elle une majorité d’appartenance et constituera-t-elle le socle d’une majorité stable et crédible ? Dans ce cadre, quelle sera son attitude vis-à-vis des projets de loi de l’exécutif, et qui formera l’opposition future ? En attendant, les élections communales sont d’une importance primordiale pour la démocratie, pour la République et pour le développement, mais les signes avant-coureurs de nouvelles élections « biaisées » sont perceptibles et sèment le trouble…

- 05 07 15 - RFI - Interview du général Béni Xavier Rasolofonirina, chef d’état-major de l’armée malgache
http://www.rfi.fr/emission/20150705-general-beni-xavier-rasolofonirina-chef-etat-major-armee-malgache/
Dans le contexte actuel de crise institutionnelle, le chef de l’armée s’exprime. Les forces armées ont souvent joué un rôle décisif dans les crises politiques traversées par la Grande île. Le Général Béni Xavier Rasolofonirina appelle à la fin de la politisation de l’armée. Il répond aux questions de Marie Audran.

 

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30 juin 2015

REVUE DE PRESSE - JUIN 2015

la vérité 14 06 15Suite à l’adoption par l’Assemblée nationale d’une motion de déchéance du chef de l’Etat, une période de flottement s’en est suivie dans l’attente de la décision de la HCC. Les forces de l’ordre ont fait savoir dans un communiqué qu’elles sont opposées à « toute tentative de changement anticonstitutionnel » ; invitant chaque partie à accepter la décision qui sera prise par la cour. « Neutralité et cohésion », tel est le leitmotiv affiché, destiné à couper court aux rumeurs persistantes de collusion entre certains éléments des forces armées et les députés frondeurs. Des limogeages de hauts gradés qui entretiendraient des liens avec l’ancien président de la Transition laissent penser que des divisions internes perdurent au sein des forces armées. 13 officiers supérieurs ont été promus au grade de général de brigade, une semaine avant la célébration du 55ème anniversaire de l’armée et de l’indépendance, une nouvelle « pluie d’étoiles » dont sa gausse la presse. Les partisans du président de la République ont accaparé TV et radio nationale publique pour mettre en garde l’opinion contre les conséquences d’une décision de destitution du chef de l’Etat, notamment vis-à-vis des partenaires techniques et financiers. La position de Marc Ravalomanana, dont les députés ont voté en bloc la motion de déchéance, a fait débat. Déclarant en toutes occasions qu’il soutient le régime, ne tiendrait-il pas un double langage ? L’ancien chef de l’Etat, désireux de se situer au-dessus de la mêlée, a appelé le président et les députés frondeurs à reprendre le dialogue et à conclure un « pacte de stabilité ». Le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) a tenu à mettre la HCC en face de ses responsabilités, « en tant que dernier rempart de la sauvegarde de l’Etat de droit et de la Constitution ». Des rumeurs colportées dans les médias avancent l’hypothèse que la motion de déchéance aurait été soutenue financièrement par un groupe d’intérêts français qui militerait pour le retour au pouvoir d’Andry Rajoelina à la faveur d’une élection présidentielle anticipée.

Des députés qui, au départ, ont soutenu la motion de déchéance, se sont rétractés et ont rejoint un groupe qui a apposé sa signature sur la mémoire en défense du chef de l’Etat déposé auprès de la HCC. Un revirement attribué à la versatilité des élus, pouvant laisser supposer que certains jouent un double jeu ou offrent leurs voix « au plus offrant ». Certains analystes évoquent des usurpations de signatures pour l’adoption de la motion de déchéance. Pour le chef de l’Etat, ces parlementaires ont pris conscience des risques que leur démarche fait courir à la nation. Le SeFaFi propose la signature d’un accord politique entre le président de la République et l’Assemblée nationale. L’Observatoire de la vie publique accuse le FFKM d’être responsable de la nouvelle crise institutionnelle. Le Conseil œcuménique, après avoir observé une longue période de silence à la suite de ses assises nationales et des remous qu’elles ont provoqué, a lancé une exhortation au dialogue entre les institutions en conflit mais son « appel pastoral » indique clairement que qu’il ne souhaite pas jouer le rôle de médiateur.

la vérité 15 06 15La HCC juge la requête de l’Assemblée nationale recevable mais dans sa décision en cinq points elle juge non fondés les motifs évoqués par les députés pour justifier la déchéance du chef de l’Etat (haute trahison et violation de la Constitution). En conséquence, « les institutions gouvernantes de la République [président de la République, gouvernement et Assemblée nationale] exercent pleinement leurs fonctions conformément à la Constitution », indique le jugement. « La décision de la HCC est ridicule », a répliqué le porte-parole du Mapar. Les députés frondeurs reprochent notamment à la HCC d’avoir « pris une décision plus politique que juridictionnelle » en préconisant la conclusion d’un « pacte de responsabilité » entre les institutions en conflit. Sitôt connue la décision, le chef de l’Etat a déclaré vouloir jouer la carte de l’apaisement et ne pas utiliser l’arme de la dissolution. Les députés contestataires ont menacé de  traduire les membres de la HCC devant les tribunaux pour « déni de justice, non-respect de la loi et suspicion de corruption ». Le Mapar d’Andry Rajoelina a fait savoir qu’il ne participera pas à un éventuel pacte de responsabilité ou accord politique avec l’exécutif. Les plus « jusqu’au-boutistes » des députés ont continué à brandir la menace d’une motion de censure à l’encontre du gouvernement. Les députés ont décidé de convoquer un à un les membres du gouvernement pour un audit de leurs activité depuis leur prise de fonction mais les ministres n’ont pas répondu à l’injonction. Les parlementaires exigeaient en outre que ces rencontres soient diffusées en direct sur les chaines publiques nationales, qu’ils jugent totalement inféodées au pouvoir.

La Vérité 8 juinLe Bianco a ouvert une enquête sur les rumeurs de corruption qui ont circulé lors du vote de la motion de déchéance. Il pourrait également s’intéresser aux supposées tentatives de corruption des hauts magistrats de la HCC. La société civile et les représentants des grands corps de l’Etat ont manifesté l’intention de faire pression sur les dirigeants en vue de l’instauration du « pacte de responsabilité » préconisé par la HCC. Le pacte reposerait sur l’engagement pour le chef de l’Etat de ne pas dissoudre l’Assemblée et pour celle-ci de ne pas voter la censure du gouvernement ni de prendre l’initiative d’une nouvelle motion de déchéance. L’accord pourrait également porter sur une recomposition de l’équipe gouvernementale afin qu’elle soit plus en accord avec l’équilibre des forces constaté à l’Assemblée.

Le chef de l’Etat s’est déclaré prêt à dialoguer avec les députés frondeurs, comme recommandé par la HCC, mais ceux-ci n’ont pas renoncé à exiger un remaniement gouvernemental. Les 114 députés frondeurs ont signé un pacte portant création d’une « nouvelle majorité parlementaire » (NMP) dont des représentants devaient rencontrer le chef de l’Etat « en terrain neutre ».

200 millions Ar ont découverts dans le véhicule d’une députée du Mapar, Lanto Rakotomanga, prise en chasse par des éléments d’élite du GSIS, de la brigade criminelle et de l’Emmo/Reg au sortir d’une réunion au siège du parti TGV. Andry Rajoelina et l’ancien ministre de la communication de la Transition, Rolly Mercia, étaient présents. La décision d’intercepter le véhicule aurait été précédée d’une « visite » des forces de l’ordre au siège de la station Viva appartenant à Andry Rajoelina. L’interpellation s’est faite en présence de membres de l’Assemblée nationale et de son bureau, venus exprimer leur solidarité à la députée et protester contre la violation de l’immunité parlementaire. Après quatre heures de négociations, les éléments du GSIS ont brisé les vitres du véhicule. La députée et son assistante parlementaire, incommodées (intoxiquées affirment certains) par les gaz lacrymogènes, ont été hospitalisées. Les cartons contenant les billets découverts dans le coffre ont été exhibés devant la presse. Les partisans du pouvoir expliquent que cette interpellation relevait du « flagrant délit », ce qui dispensait les forces de l’ordre de disposer d’un mandat judiciaire. Le porte-parole du Mapar affirme que les fonds étaient destinés à rembourser les cautions déposées par les candidats aux municipales. Un second véhicule transportant une autre partie de ces fonds serait parvenu à échapper aux forces de l’ordre. Dans la foulée, trois opérateurs indopakistanais ont été arrêtés puis remis en liberté, leurs comptes bancaires auraient fait apparaitre d’importants mouvements de fonds. Le véhicule de la députée, appartenant à l’un d’entre eux, a été saisi. Des interdictions de sortie du territoire ont été décrétées. Selon certaines sources, les fonds devaient être déposés à la HCC qui avait en charge l’examen de la motion de destitution du président de la République. D’autres établissent un lien avec des achats de vote à l’Assemblé nationale, dans le cadre du conflit qui l’oppose à la Présidence de la République. Un rapprochement est également établi avec un important retrait de fonds du Trésor, quelques jours auparavant.

La députée aurait refusé d’être enquêtée, selon le directeur des recherches au sein de la gendarmerie nationale. Une convocation lui aurait été adressée mais elle n’aurait pas donné suite.

Malgré une conjoncture politique préoccupante, les préparatifs des élections communales du 31 juillet avancent. Les bulletins uniques sont en cours d’impression à Dubaï. La pré-campagne électorale se poursuit, en l’absence de règle du jeu, au grand dam des candidats qui ne disposent pas de ressources suffisantes pour rivaliser avec les « gros » candidats, notamment ceux qui sont soutenus par le pouvoir. Lalao Ravalomanana, candidate du TIM à la mairie d’Antananarivo, s’est rendue en Allemagne pour une formation de 15 jours, occasion pour elle également d’établir des contacts avec des bailleurs de fonds. Elle a lancé un appel à la diaspora en France pour l’aider à « reconstruire Antananarivo ».

Le délai de 100 jours donné aux membres du gouvernement dans le cadre du « RRI ».pour apporter la preuve de leur efficacité a expiré. Le premier ministre se targue d’avoir atteint 94,98 % des objectifs fixés. Les prochains 100 jours qui débuteront au mois d’août devraient être focalisés sur la réalisation des objectifs prioritaires du PND, annonce-t-il. Les résultats exceptionnels mis en avant permettent de supposer qu’il n’y aura pas de changement de gouvernement ou de remaniement avant l’expiration des nouveaux 100 jours, estime Midi. Tribune ironise sur les performances avancées par l’équipe gouvernementale. Certains départements affichent un taux de réalisation des objectifs de 120 voire 150 %. Une autoévaluation et une autosatisfaction qui serait très loin de correspondre à l’opinion que se fait la population de l’efficacité de l’administration.

La crise institutionnelle a provoqué l’émoi de la communauté internationale, qui redoute le retour à une période de forte instabilité politique. Tous appellent à la retenue et au dialogue.

L’ambassadeur de France, François Goldblatt, quittera Madagascar prochainement. La décision du Quai d’Orsay intervient un peu plus d’un mois après que le diplomate ait ouvertement critiqué l’État pour le limogeage du directeur général du Trésor. Son franc-parler au sujet des pratiques de gouvernance du pouvoir a été fort peu apprécié. Le fait que l’ambassadeur ait été déclaré « persona non grata » a circulé mais la rumeur a été démentie par la ministre des affaires étrangères.

Une épidémie exceptionnelle de paludisme a frappé quatre régions, qui restent vulnérables malgré le retour de la saisie sèche. On dénombre 213.000 personnes affectées depuis le début de l’année. 187 décès ont été enregistrés. L’Usaid lance une grande campagne de vaccination contre la poliomyélite, une maladie qui était sur le point d’être éradiquée en 1997. Madagascar figure dans la liste d’une vingtaine de pays considérés comme à risque de transmission du virus Ebola.

Les Offices régionaux du tourisme ont procédé, sous l’égide de l’Unicef, à la signature du code de conduite national de lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales et contre le tourisme sexuel impliquant des enfants. Créé par l’Unicef au mois de mars, le centre de prise en charge des enfants victimes de violences sexuelles créé au CHU de Befelatanana  (Antananarivo) est débordé.

18.000 enseignants Fram du primaire vont bénéficier d’une formation initiale de six semaines durant les congés scolaires en vue de l’amélioration de la qualité de l’éducation. Pour ce faire, 600 conseillers pédagogiques sont en formation. Les cadres territoriaux du ministère de l’éducation nationale s’inquiètent du déclin du niveau des élèves des écoles publiques. En 2014, 13.000 enseignants Fram ont été intégrés dans la fonction publique. 10.000 autres devraient l’être cette année. Ces enseignants, dépourvus jusqu’ici de formation initiale, représentent 80 % des effectifs.

L'envoi d’étudiants malgaches dans les universités étrangères est suspendu en attendant de pouvoir régulariser la situation de ceux dont les bourses n’ont pas été réglées et qui, comme en Chine, sont menacés d’expulsion. Des négociations en vue de la mise en œuvre d’une mesure pérenne au profit des étudiants boursiers à l’étranger sont en cours. Sous la Transition, un certain nombre d’étudiants auraient obtenu une bourse par le biais de pots-de-vin versés à des hauts responsables du ministère. Des malversations qui n’ont jusqu’ici donné lieu à aucune enquête. Cette question des arriérés de versement de bourses entretient une agitation dans plusieurs universités. La volonté des autorités de remettre de l’ordre dans l’attribution et l’occupation des logements étudiants est également source de tensions.

Madagascar va surseoir aux expulsions d'étudiants comoriens en situation irrégulière. Début mai, de nombreux étudiants comoriens ont été renvoyés, en représailles, dit-on, à des expulsions de ressortissants malgaches accusés de trafic de drogue aux Comores. Les deux pays doivent se concerter pour trouver une solution à des problèmes de visas.

L’ambassade des Etats-Unis a publié son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme à Madagascar. Le pays doit encore faire un grand pas en avant et ce en dépit des avancées constatées ici et là. Parmi les violations les plus importantes, le document cite l’incapacité du gouvernement à assurer l’état de droit, ce qui a occasionné des abus par les forces de l’ordre, y compris des assassinats arbitraires, ainsi que la vindicte populaire. Autres problèmes cités : les conditions carcérales difficiles, les détentions préventives trop longues; une justice inefficace et manquant d’indépendance; les intimidations à l’encontre de journalistes, les restrictions à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et à la liberté de rassemblement; la corruption et l’impunité; la discrimination et les violence sociétales contre les femmes, les abus sur des enfants, les mariages précoces; les discriminations et les violences contre les personnes handicapées et les membres de la communauté LGBT, la traite de personnes, le travail des enfants, y compris le travail forcé.

Le ministre de la fonction publique, du travail et des lois sociales donne mandat aux inspecteurs du travail pour contrôler les familles employant des domestiques mineurs. L’annonce laisse dubitative le Plateforme de la société civile pour l’enfance, qui rappelle que de semblables mesures ont été prises en 2012 et n’ont pas été mises en œuvre. Le BIT indique que 2,3 millions de mineurs ne sont pas ou plus scolarisés et sont employés dans diverses activités informelles.

Lancement d’une campagne de lutte contre le mariage des enfants. En moyenne, deux filles sur cinq sont mariées ou en union avant l’âge de 18 ans, faisant de la Grande île l’un des pays aux taux de mariage précoce les plus élevés au monde. Les conséquences du mariage précoce, souvent sous la contrainte des parents, sont dévastatrices.

Des accrochages meurtriers entre villageois et bandes de dahalo sont toujours signalés. Trente dahalo repentis et trois gendarmes ont été massacrés dans le secteur d’Amboasary-Sud, fief de milliers de dahalo retranchés depuis 2 ans dans une zone difficile d’accès. L’affrontement en mis en présence les 1.500 hommes ralliés encadrés par une dizaine de gendarmes avec une bande de 500 hors la loi.

Les ex-domestiques rescapées des pays du Golfe et du Moyen-Orient ont créé une association de lutte contre l’esclavage moderne. Elle compte 90 membres, toutes ayant été victimes de la traite au Liban, en Arabie Saoudite et au Koweït. Depuis plus d’un an, trente employées de maison malgaches, en majorité enceintes, seraient détenues au Koweït, faute de papiers d’identité. L’émigration clandestine se poursuit malgré l’interdiction du gouvernement, affirment ses animatrices. Les candidates à l’exil ne renoncent pas, en dépit des mises en garde. L’association appelle au soutien du gouvernement et des institutions internationales. Treize migrantes clandestines en partance pour Dubaï via Les Comores ont été arrêtées à Mahajanga. Le passeur, une Comorienne en séjour irrégulier, a été appréhendé.

La crise institutionnelle dans laquelle le pays est à nouveau plongé se manifeste par un regain de tension dans les médias. Les députés qui ont adopté la motion de déchéance du chef de l’Etat exigent que les chaines publiques nationales permettent aux différents courants politiques de s’exprimer. Les antennes régionales de Viva, radio et TV appartenant à Andry Rajoelina, ont été victimes de coupures de courant. Le ministère de la communication a lancé un appel à la responsabilité et à la vigilance de tous les médias. Les stations radio et TV MBS, fondées par Marc Ravalomanana ont, elles aussi, été victimes de brouillage. Leur licence a été suspendue. La station Radio Fahazavàna, en revanche, appartenant au FFKM et proche de Marc Ravalomanana, a pu reprendre ses émissions après plus de 5 années d’interruption.

Le trafic illicite d’or semble toujours aussi difficile à endiguer. La PAF de l’aéroport d’Ivato a saisi 4,5 kg de poudre d’or trafiquant d’origine indienne était sur le point d’expédier sur un vol d'Air Seychelles à destination de Mumbaï (Inde).

Les trafics de tortues protégées se poursuivent. Plus de 400 tortues ont été saisies par la douane alors qu'elles étaient cachées dans les valises d’une ressortissante égyptienne arrivée 48 heures auparavant à l’aéroport d’Ivato. Elles devaient rejoindre le Soudan via le Kenya. Il s’agit d’une saisie record et de la deuxième saisie de cette année.

Une exploitation de bois précieux dans l’aire protégée de Marojejy, à proximité d’Andapa, est dénoncée par le WWF. Les coupes sont accompagnées d’exploitations illicites de produits miniers avec la complicité d’élus et de responsables locaux. Les produits seraient vendus à des Chinois venus d’Antsiranana. Des fortunes se sont créées en un temps record.

Le projet de loi portant création de la chaîne pénale spéciale contre le trafic de bois de rose a été repoussée par les députés. Le ministère de l’environnement prévoit de faire revenir son projet de loi en discussion lorsque le contexte politique sera plus favorable. Jean-Louis Andriamifidy, directeur du Bianco, affirme être en possession d’un important dossier sur ces trafics. « Nous attendons la mise en place du tribunal vert avant de dévoiler ce dossier », a-t-il indiqué. Sa création avait été annoncée depuis 2011. L’alliance AVG s’insurge contre ce report qu’elle considère comme une manœuvre dilatoire.

Huit millions d’hectares de forêts ont été brulés en 15 ans. La déforestation prend des proportions alarmantes. « En 2000 il y avait 13 millions d’habitants contre 13 millions d’hectares de forêts, en 2015 il n’y a plus que 5 millions d’hectares de forêts pour 23 millions de Malgaches », indique Horace Gatien, ministre de l’énergie. « 90 % de l’énergie utilisée par les ménages [bois de chauffe, charbon de bois] proviennent de la déforestation », rappelle-t-il. Si aucune mesure n’est prise, d’ici 50 ans il n’y aura plus de forêts dans la Grande île. A ce rythme, les reboisements occasionnels ne suffiront pas.

Le syndicat des personnels des domaines, insatisfaits des dispositions de la nouvelle lettre de politique foncière en cours de validation, a repris et poursuivi son mouvement de grève. Il évoque notamment le fait que la délivrance de certificats fonciers ne permet pas de sécuriser les droits des propriétaires de terrains. La délivrance des titres de propriété est suspendue depuis un an pour les nationaux, alors qu’elle serait facilitée pour les étrangers. Les syndicalistes soutiennent le projet de collaboration entre la direction générale des domaines et le Bianco pour éradiquer la corruption qui mine le secteur. La société civile œuvrant pour le foncier (SIF) approuve en revanche la nouvelle politique foncière validée par le gouvernement. Elle estime que ses revendications, formulées en 2010, ont été prises en considération. Elle appelle les syndicalistes à reprendre le travail.

Mamy Ravatomanga, PDG du groupe Sodiat, ex-éminence grise du président de la Transition, fait une fois de plus parler de lui à travers le projet fou : exporter 10 millions de tonnes de roche malgache à La Réunion pour construire la Nouvelle Route du Littoral (NRL), un projet pharaonique qui soulève l’opposition des défenseurs de l’environnement dans le département.

La dernière mission du FMI a pris fin sans possibilité de conclure un accord. Elle avait pour objet de discuter du mémorandum de politique économique et financière et du cadrage macro-économique de Madagascar en vue de parvenir à un accord de Facilité élargie de crédit (« FEC »). Le montant prévu de ce fonds est estimé à 260 millions de dollars. Une nouvelle mission est annoncée pour le mois d’août. Madagascar se serait vu accordé un sursis de six mois pour engager les réformes économiques et structurelles exigées.

La Banque mondiale déclare vouloir maintenir son soutien à Madagascar, en dépit de la conjoncture politique. Le premier ministre a affirmé à ses visiteurs que Madagascar est en bonne voie pour éradiquer les trafics de bois de rose, de minerais et de ressources naturelles.

Le Comesa, la Sadc et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) ont conclu un accord en vue de créer un grand marché commun regroupant 26 des 54 Etats de l’Afrique et de l’océan Indien. Madagascar appartient déjà au marché commun la Sadc et au Comesa.

Les projets Ambatovy et QMM, durement affectés par la chute des cours du nickel, se sont lancés dans une opération de compression de leurs coûts. Ambatovy a mis au chômage technique 443 employés. De nombreux contrats d’expatriés n’ont pas été renouvelés.

L’Etat fait appel à l’investissement privé pour développer son secteur énergétique. Le programme national d’électrification rurale prévoit de porter le taux d’électrification rurale à 6 % d’ici la fin de cette année et à 10 % en 2020. « Ce programme ambitieux nécessite un investissement d’un million d’euros par an », explique Horace Gatien, ministre de l’énergie. La Grande île occupe la dernière place du classement du rapport Doing business qui évalue la performance de 189 pays en termes de raccordement à l’électricité. Cet état de fait constitue un frein majeur à l’investissement dans le pays. Actuellement, seul 1,6 % de la capacité hydroélectrique est exploitée. La baisse des subventions à la Jirama à l’origine de nouveaux délestages. Ses moyens propres ne suffisent pas à couvrir les dépenses pour l’achat de carburant alors que l’État a décidé de diminuer son aide, suivant en cela les recommandations du FMI.

Les négociations entre l’Etat et ADP (Aéroports de Paris) sur l’aménagement des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be ne sont toujours pas finalisées. Le marché pourrait être scindé en deux lots, ce qui permettrait au gouvernement d’honorer partiellement des engagements pris avec un groupe chinois.

la vérité 21 06 15Un mouvement de grève affecte très durement la compagnie Air Madagascar. Des licenciements et des sanctions ont frappé des grévistes. Les personnels exigent la démission de l’équipe dirigeante, du DG de l’Aviation civile et du ministre du tourisme, des transports et de la météorologie. Ils réclament l’autonomie de gestion de la compagnie, dont l’Etat est l’actionnaire majoritaire, et dénoncent l’utilisation des vols par des proches de la Présidence à des fins personnelles et à leur convenance, ainsi que l’opacité entretenue autour des conditions d’acquisitions et des locations d’aéronefs. La situation fait peser de lourdes menaces sur l’avenir de la compagnie, déjà sous perfusion, ainsi que sur l’économie nationale. La crise survient au moment où les différentes compagnies aériennes de l'océan Indien sont sur le point de leur coopération et de créer l’« Alliance Vanille ». Henri Rabary-Njaka a démenti les informations sur sa démission ou son limogeage de la présidence du conseil d’administration de la compagnie et de son poste de directeur de cabinet de la présidence de la République. Suite aux plaintes déposées par le secrétaire général du ministère de transport et du tourisme pour association de malfaiteur, divulgation de fausses informations, atteinte à l'économie nationale, le leader syndical Rado Rabarilala a été placé en garde à vue. Cinq autres pilotes et un mécanicien ont été convoqués. La fédération des syndicats de Madagascar a apporté son soutien à Rado Rabarilala. L’Armada, plateforme de l’opposition, demande à L’Assemblée nationale de mettre en place une commission d’enquête sur la gestion des sociétés d’Etat, dont Air Madagascar et la Jirama. Le conflit dure depuis trois semaines et serait suivi par 30 % du personnel, selon la direction.

La commission européenne renouvelle le maintien d’Air Madagascar dans l’annexe B, liste des transporteurs aériens faisant l’objet d’une interdiction ou de restrictions d’exploitation dans l’UE.

Le continent africain bénéfice actuellement d’une très forte progression des investissements directs étrangers mais la Grande île, minée par son instabilité politique, ne bénéficie pas de cette conjoncture favorable. Seule note positive : des projets de délocalisation ou de création à Madagascar de plateformes d’appel téléphoniques.

Des états généraux de la diaspora sont en préparation. Comment convertir les réussites individuelles en succès collectifs ? C’est la question sur laquelle les Malgaches travaillant et résidant à l’étranger vont se pencher lors d’une rencontre mondiale de la diaspora prévue en 2016.

Forte inflation et stagnation économique. Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, l’inflation a atteint 7,9 % en glissement annuel au mois de mars. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis octobre 2011. La reprise attendue de l'activité économique n’a pas été au rendez-vous au premier trimestre de cette année. Cette période a été essentiellement marquée par le recul de la création de nouveaux établissements formels par rapport au premier trimestre 2014, l’absence de création d’emplois, la baisse de la consommation de produits pétroliers, la diminution du nombre de touristes et la baisse de pouvoir d'achat des ménages. Le rapport pointe en outre du doigt la part excessivement faible de la dépense publique consacrée à l’investissement. Le système financier malgache ne prête pas suffisamment à l’économie, les liquidités disponibles sur le marché sont insuffisamment utilisées pour le crédit, dénonce le vice-président du groupement des entreprises de Madagascar (GEM). L’État entend passer à la vitesse supérieure quant à l’amélioration des recettes publiques. Un effort particulier sera porté sur le recouvrement des contributions des grandes entreprises. Au niveau des Douanes, le système de contrôle et de lutte contre les importations et exportations illicites sera renforcé. L’accroissement des recettes de l’État, l’assainissement des dépenses, notamment des grandes entreprises publiques telles que la Jirama, l’apurement des fichiers des personnels de l’État, font partie des conditionnalités du FMI.

La population malgache atteindra 30,4 millions en 2025. Estimée à 22,4 millions en 2014, elle progresse à un taux très rapide de 2,8 % par an. Pour le Pnud, les défis à relever sont considérables, notamment pour les jeunes et les femmes. Le Pnud rappelle que Madagascar a complétement raté le train des OMD. La croissance économique reste faible, les progrès réalisés en matière de gouvernance insuffisants.

L’urbanisation non maîtrisé d’Antananarivo constitue un défi majeur. La population de la capitale devrait plus que doubler dans les 5 ans à venir. Elle accueille 200.000 nouveaux arrivants par an. La « bidonvilisation » gagne du terrain, les constructions illicites représentent plus de 80 % de l’ensemble du bâti.

Le processus d’élaboration de nouveaux partenariats se trouve retardé par le bras de fer entre l’exécutif et les parlementaires. Les partenaires techniques et financiers sont à nouveau dans l’expectative. La crise institutionnelle tombe au plus mal pour l’économie malgache. Le pays se trouve en effet dans une phase de finalisation de nouveaux accords de coopération. La dernière mission du FMI a pris fin sans possibilité de conclure un accord. Elle avait pour objet de discuter du mémorandum de politique économique et financière et du cadrage macro-économique de Madagascar en vue de parvenir à un accord de Facilité élargie de crédit (« FEC »). Le montant prévu de ce fonds est estimé à 260 millions de dollars. La conférence des bailleurs se tiendra à Paris les 17 et 18 novembre. Elle sera organisée sou l’égide de la Banque mondiale, avec le concours du Pnud.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L’affaire des 200 millions Ar découverts dans le véhicule d’une députée du Mapar
  • Préparation des élections communales du 31 juillet
  • Les suites du vote de la motion de déchéance du chef de l’Etat
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé
  • Droits des enfants, éducation, universités
  • Droits des femmes, droits des LGBT
  • Insécurité, justice, gouvernance
  • Emploi, traite des personnes, émigration clandestine
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Exploitation des ressources naturelles, agrobusiness, foncier
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Monde des affaires, entreprises nationales, conflit à Air Madagascar
  • Divers

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ARTICLES REMARQUES - JUIN 2015

<>  30 06 15 - Ambassade des Etat-Unis - Rapport sur la situation des droits de l'homme à Madagascar en 2014
La Grande île doit encore faire un grand pas en avant et ce en dépit des avancées constatées ici et là
. Parmi les violations les plus importantes, le document cite l’incapacité du gouvernement à assurer l’état de droit, ce qui a occasionné des abus par les forces de l’ordre, y compris des assassinats arbitraires, ainsi que la vindicte populaire. Autres problèmes cités : les conditions carcérales difficiles, les détentions préventives trop longues; une justice inefficace et manquant d’indépendance; les intimidations à l’encontre de journalistes, les restrictions à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et à la liberté de rassemblement; la corruption et l’impunité; la discrimination et les violence sociétales contre les femmes, les abus sur des enfants, les mariages précoces; les discriminations et les violences contre les personnes handicapées et les membres de la communauté LGBT, la traite de personnes, le travail des enfants, y compris le travail forcé. Le gouvernement n’a pas poursuivi les responsables de ces abus et l’impunité demeure un problème.

- 23 06 15 - SeFaFi - Communiqué - Les leçons d'un verdict
La demande de déchéance du Président par l’Assemblée nationale et son rejet par la HCC ont mis la classe politique en effervescence et intrigué le citoyen. Ces péripéties ne sont toutefois que la face visible d’un malaise plus profond qui continue à paralyser le pays. Dans l’histoire récente, la HCC a toujours pris position en faveur du pouvoir en place, en dépit des légitimes réserves que ses décisions ont pu provoquer. Qu’une décision soit plus politique que juridique n’est pas surprenant, mais cela n’est guère compatible avec la volonté proclamée d’asseoir l’État de droit. Le « pacte de responsabilité » demandé par la HCC, qui veut en faire le « garant du bon fonctionnement de l’État » pourrait surtout concerner un nouveau partage de sièges entre les acteurs politiques. Si c’était le cas, ce pacte d’irresponsabilité créera les conditions d’une prochaine crise et aggravera l’instabilité dans le pays. Et pendant ce temps, la préparation des élections communales ainsi que la question primordiale des « fokonolona » et des « fokontany » passent au second plan alors que les abus se multiplient.

- 22 06 15 - Tribune - Edito - Ndimby A.- La République superficielle
Dans une ambiance pour le moins délétère marquée par des grèves, une forte tension politique entre le Président et les députés, et une impopularité croissante du Chef de l’État, les communicateurs du pouvoir tentent timidement de rappeler que dans moins d’une semaine, Madagascar célèbrera le 55ème anniversaire de son retour à l’Indépendance. Depuis 2009, les 26-Juin se suivent et se rassemblent de façon insipide et narquoise, nous rappelant malheureusement qu’il n’y a pas vraiment de raison de faire la fête. Pourquoi Madagascar en est arrivé là, ou plutôt pourquoi Madagascar n’a pas beaucoup bougé de là ? Cette question interpelle journalistes, chercheurs et praticiens du développement, justifiant livres, travaux académiques, rapports de consultant, séminaires et ateliers, qui bien qu’utiles, ont une portée limitée en ce qui concerne l’apport de solution : le problème malgache est d’abord et avant tout un problème lié à la mentalité exécrable des politiciens non moins exécrables, et tant que celle-ci ne changera pas (ou mieux, tant qu’on ne changera pas les politiciens), le statu quo sera de mise pour bien longtemps encore. On pourra résumer la source de nos maux en ces mots : la superficialité de la République.

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  19 06 15 - Madagoravox - Laurent Sermet - Avis d'un constitutionnaliste sur la décision de la HCC
Les 12 et 13 juin 2015, la Haute Cour Constitutionnelle a rendu une décision et un avis, respectivement à la demande des parlementaires et du Premier ministre, qui s’analysent comme un langage de répliques des uns à l’autre. Cette décision et cet avis vont dans le même sens en estimant, entre autres, que la procédure de destitution présidentielle n’est pas fondée et que les institutions doivent continuer à œuvrer dans le respect de la Constitution. Cette énième crise institutionnelle laisse, objectivement, le pays encore un peu plus fragile qu’il ne l’était dans l’étape précédente. Il y a une réalité pathologique de la gouvernance malgache : celle d’un malade faisant face à de multiples rechutes de plus en plus graves et rapprochées et qui ne disposerait que d’anticorps de moins en moins résistants. Comment transformer le cycle vicieux des crises en un cycle vertueux ? Aucune réponse ou début de réponse n’est donnée actuellement, même si les positions de la HCC vont dans le bon sens. Le poison de la défiance, la force négative de la corruption, l’incapacité de répondre aux besoins de développement, tant de la part des autorités malgaches que de la communauté internationale, s’installent tous les jours un plus profondément. Le peuple malgache, qui est dans toutes les bouches, est une réalité nominale, qui ne vaut que comme une instance de référence justificatrice de l’accession au pouvoir et une fois le sésame électif obtenu, il est oublié ou bien peu pris en compte. Le peuple a conscience de son sort dégradé et sait la distance qui le sépare de l’élite nationale mais il ne la sanctionne pas, ni par la force, ni par les urnes.

- 07 06 15 - DwizerNews - Ravatomanga : vente de terre malgache - 672 millions d'euros en ligne de mire
Mamy Ravatomanga, PDG du groupe Sodiat et ex-éminence grise du président de la Transition Andry Rajoelina, fait une fois de plus parler de lui à travers un projet fou : vendre 10 millions de tonnes de roche malgache à La Réunion pour sauver la Nouvelle Route du Littoral (NRL). Opération de communication sur l’île Bourbon, avec en tête de ligne Patrick Grondin, réunionnais d’origine, actuel émissaire du groupe Sodiat dans cette affaire et  directeur de diverses sociétés du même conglomérat industriel à Madagascar. Mamy Ravatomanga, natif des Hautes Terres, est devenu un acteur important de l'économie de la Grande Île dans les années 2000. Après avoir débuté dans le transport de produits pétroliers, il est aujourd'hui à la tête d'un consortium regroupant plus d'une dizaine de sociétés, de la clinique de luxe à la distribution automobile en passant par l'hôtellerie et le négoce de litchis. Patrick Grondin explique aux Réunionnais qu’il va les sauver des horreurs de cette carrière. Grâce à celle qu’il possède à Tolagnaro, ils pourront échapper à la pollution et aux désagréments de l’exploitation. Mamy Ravatomanga empocherait 672 millions d’euros. Il assure qu’une partie des bénéfices sera versée aux associations réunionnaises et malgaches.

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  03 06 15 - SeFaFi - Communiqué - Déchéance générale
Ce qui devait arriver est arrivé. En demandant la « dissolution » puis le « changement » des institutions de l’État, les assises nationales pour la réconciliation ont ouvert le conflit latent entre le Président de la République et l’Assemblée nationale – même si les « résolutions » que le Président de la République s’était aveuglement engagé à mettre en œuvre étaient devenues de « simples suggestions ». Bien que ces assises n’aient aucune légitimité et leurs résolutions aucune valeur juridique, n’étant qu’un accord politique ou, pour le FFKM, un « contrat moral », le mal était fait. Se pose maintenant la question de savoir comment sera gérée l’accusation de déchéance votée par l’Assemblée nationale. Mais derrière les querelles juridiques, se cachent des visées politiques. Le pays supportera mal une nouvelle période d’incertitude institutionnelle. L’issue pourrait être l’intervention d’un accord entre la Présidence et l’Assemblée nationale, qui ne soit pas une hypocrisie sans lendemain comme lors des assises nationales.

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02 06 15 - Francetvinfo - Géopolis - Michel Lachkar - Madagascar : L'énigme d'une crise politique chronique
L'instabilité politique poursuit Madagascar où l'Assemblée nationale vient de voter la destitution du président Rajaonarimampianina. Son éventuel départ doit être examiné par la Haute Cour constitutionnelle. Madagascar : autopsie d'un échec politique et économique sans fin. Mireille Razafindrakoto et François Roubaud chercheurs à l'IRD/DIAL répondent aux questions de Géopolis

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02 06 15 -L'Express - Opinion - Plaidoirie
A Madagascar, la violation par un chef de l’État de la Constitution est un crime. C’est ce que dit l’article 131 de la Constitution. Mais la Loi fondamentale elle-même dit que pour conduire son auteur devant l’échafaud de la déchéance, il faut que la violation ait été grave, ou qu’elle ait été répétée. Si la Haute cour constitutionnelle devait donc juger du fond de l’affaire qui secoue aujourd’hui la République, elle devra déterminer si Hery Rajaonarimampianina a effectivement « violé, voire méprisé, de façon grave, répétée et inconsidérée la Constitution ». Mais aura-t-elle seulement l’occasion de le faire ? Dans les rangs des partisans du chef de l’État, l’on refuse de reconnaître cette compétence à la Haute cour constitutionnelle.

<> 01 06 15 - L'Express - Opinion - André Rasolo - Un cas unique dans le monde
La République de Madagascar est caractérisée par l’empêchement de son président élu au suffrage universel. En mars 1996, Le président de la République Albert Zafy a été empêché par sa propre majorité à l’assemblée nationale (AN). Aujourd’hui, l’AN vote la déchéance du président Hery Rajaonarimampianina. En l’espace de 20 ans, l’AN seule, sans le sénat, a voulu la tête de deux présidents de la République élus. C’est un cas unique dans l’histoire de l’État Républicain dans le monde entier.

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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