JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

10 janvier 2017

ARTICLES REMARQUES - JANVIER 2017

- 10 01 17 - Libération - Vincent Hiribarren - Esclavage à Madagascar
Questions à Klara Boyer-Rossol, docteure en Histoire de l’Afrique (Université Paris 7 Denis Diderot).
Madagascar a connu au XIXe siècle un développement sensible de l’esclavage interne, alors même que la traite externe des esclaves fut progressivement mise en illégalité. On peut estimer entre 350.000 et 400.000, le nombre de captifs importés au cours du XIXe siècle du continent africain à la Grande Île, dont la population totale oscillait entre 2 à 2,5 millions d’individus. La proportion d’esclaves pouvait atteindre dans certaines régions du centre et de l’Ouest, entre 20 et 25% de la population totale à la fin du XIXe siècle. Sur la côte occidentale de l’île, la traite des esclaves a perduré, de façon légale ou illégale, au moins jusqu’en 1896, année de la proclamation de l’abolition totale de l’esclavage à Madagascar, devenue colonie française. Il a été estimé à environ 500.000, le nombre d’individus libérés à partir de 1896 à Madagascar, un chiffre à revoir probablement à la hausse. Les Français, qui ont longtemps porté des visées impérialistes sur la Grande Île, ont adopté une attitude ambiguë face à cette question. De nos jours, l’évocation de l’esclavage et de son abolition à Madagascar reste sensible. Le défi auquel les Malgaches font face consiste à se réapproprier cet héritage historique.

- 09 01 17 - CRAAD-OI - Collectif Tany - Communiqué exloitation aurifère d'Ambaladara
Alors que la communauté du fokontany d'Ambaladara avait clairement exprimé son opposition à la reprise de l’exploitation aurifère illégale des opérateurs chinois lors de la manifestation populaire du 20 septembre 2016 qui avait abouti à la suspension des activités de ces derniers par le chef de région, on vient d'apprendre que ces opérateurs ont repris en toute impunité leurs travaux d'exploitation aurifère le 25 décembre 2016, en violation de la loi et des droits humains fondamentaux des communautés riveraines.

 

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31 décembre 2016

REVUE DE PRESSE - DECEMBRE 2016

La traque du sénateur Lylison a repris. Une seconde perquisition, infructueuse, a eu lieu à son domicile. Accusé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat pour avoir lancé un mot d’ordre de « ville morte », Lylison de René a été menacé de sanction pour « absentéisme » par le président du Sénat. Une annonce restée sans suite. Le membre de la Chambre haute reste très actif sur les réseaux sociaux. Certaines sources laissent entendre que le colonel s’est réfugié dans une ambassade. D’autres affirment qu’il bénéficie du soutien de ses collègues de promotion au sein de l’Académie militaire.

L’association des villes et des collectivités de l’océan Indien a tenu son AG à Antananarivo sur fond de rivalités entre la commune et le pouvoir.  Une tension qui s’expliquerait par la présence aux cotés de Lalao Ravalomanana, maire de la capitale, de son époux, nommé « conseiller spécial », omniprésent sur le terrain et qui ne cache pas son intention de briguer un nouveau mandat. Sa position de conseiller lui permet de rester sous les feux de l’actualité et d’attaquer le pouvoir sur sa gestion des affaires de la communauté urbaine.

La réforme du cadre juridique des élections devrait comprendre « une réglementation du financement des campagnes électorales », mais aussi, selon le vice-président de la CENI, « une réglementation de la pré-campagne ». Un avis largement partagé par la société civile. Le président du tribunal financier d’Antananarivo souligne en effet qu’en matière de financement des partis et des campagnes électorales, « il y a toujours de fortes suspicions de blanchiment d’argent ». Un groupe de travail interinstitutionnel sera mis en place fin janvier pour rédiger les textes relatifs à la réforme du cadre juridique des élections.

Le SeFaFi a dénoncé le refus du pouvoir de mettre en œuvre la décentralisation prévue par les textes qu’il avait fait adopter en 2014. Les engagements pris ne sont pas honorés. Les communes restent privées des ressources annoncées, la décentralisation n’a pas été engagée. Aucune élection n’a encore été prévue au niveau des régions et des provinces. Pour le SeFaFi, « il faut moins d’Etat mais mieux d’Etat : passer de l’administration directe à une administration au service d’un développement local autocentré́ ».

Le mouvement Rohy regroupant plusieurs dizaines d’organisation de la société civile (OSC) a présenté sa charte de la société civile. « La société civile ne fait pas de la politique, mais parle de politique. (…) Le pouvoir est, le plus souvent, le destinataire de ses conseils et interpellations. Cela ne signifie pas que la société civile est un adversaire de l’État », soutient Rohy, qui tient à se démarquer de certaines OSC qui n’adhérent pas à ses principes d’indépendance et de neutralité. Les membres de la société civile déplorent le fait qu’ils ne soient entendus par les autorités qu’après intervention des bailleurs de fonds.

Le FFKM fustige les atermoiements du pouvoir dans la mise en œuvre des résolutions des assises de la réconciliation nationale d’avril 2015.  Ses hésitations à concrétiser ces résolutions seraient « un obstacle dans la mise en place d’une société harmonieuse et paisible », à l’origine « du désordre social » actuel. « Insécurité et corruption généralisée » en seraient la conséquence. Le FFKM met notamment l’accent sur la rupture entre la population et les forces de l’ordre ou encore entre les justiciables et la justice. Il soutient également que « les valeurs démocratiques sont bafouées, la population et la presse ne peuvent plus s’exprimer librement ». Il dénonce les malversations dans la gestion des deniers publics et l’anarchie dans le domaine des exploitations minières.

Répondant aux questions des députés, le premier ministre concède que son gouvernement connaît des difficultés à redresser la situation dans trois domaines : les délestages - revenus en force depuis le sommet de la Francophonie-, l’insécurité et l’inflation. Sur le volet sécurité, il met en avant l’opération « Mazava », récemment engagée pour mettre un terme à l’emprise croissante des dahalo dans les zones rouges.

Le parti Leader Fanilo proscrit la désignation des chefs fokontany par les chefs de district et préconise l’instauration du suffrage universel direct pour leur nomination. Il somme également le pouvoir de mettre fin aux destitutions de maires par les tribunaux administratifs, comme cela s’est produit après les élections communales de 2015, au profit du parti présidentiel HVM qui n’avait pas pu s’imposer par la voie des urnes.

La Gazette 16 12 16L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi sur la réconciliation nationale. Une écrasante majorité pro-pouvoir a écarté les amendements proposés en travaux de commission, soutenus par les groupes parlementaires TIM et Mapar qui redoutent que certaines dispositions du texte aient pour objet d’écarter du scrutin présentiel de 2018 leurs leaders respectifs, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. La majorité a notamment repoussé l’amendement refusant au président le droit de désigner des représentants au sein du Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM). Elle a également réintroduit parmi les faits non amnistiables « les violations flagrantes des droits de l’homme et des atteintes aux libertés fondamentales », disposition qui pourrait également constituer une menace pour les anciens protagonistes des crises de 2002 et 2009. L’Assemblée s’est opposée enfin à la suppression de la limite temporelle des événements concernés par la réconciliation nationale. Le projet adopté restreint le processus à la période allant de 2002 à la fin de la Transition.

Hery Rajaonarimampianina souhaiterait prolonger son mandat de quelques mois. Parmi les arguments avancés, l’obligation faite par le code électoral d’organiser le scrutin durant la saison sèche, entre le 30 avril et le 30 novembre. Un report qui serait possible sous réserve de validation par la HCC. Le chef de l’Etat souhaiterait mettre à profit cette prolongation pour boucler la mise en œuvre des projets que les bailleurs de fonds se sont engagés à financer à l’issue de la conférence qui s’est tenue à Paris début décembre.

L'ancien ministre de la Transition et membre du bureau politique du Mapar, Augustin Andriamananoro, a été interpellé lors de l'enterrement de sa belle-mère. Il est accusé d’avoir été l’un des leaders des manifestations contre la société minière chinoise de Soamahamanina. Son parti dénonce une arrestation illégale et aux motivations politiques. L’ancien premier ministre, Jean Omer Beriziky, qualifie de « provocation » « l’arrestation abusive d’une personne jouissant de tous ses droits de citoyen ». Fin septembre, les autorités avaient tenté de l’arrêter lors de sa présence dans les studios de la station Viva. Quatre chefs d’inculpation pèsent sur l’ancien ministre : atteinte à la sûreté de l’Etat, réunion publique non autorisée, provocation de feux de brousse et violences contre les forces de l’ordre. Les mêmes chefs d’inculpation que ceux reprochés aux leaders du mouvement de Soamahamanina qui avaient été placés sous mandat de dépôt et ont été libérés au bénéfice du doute. Le délai de garde à vue de l’ancien ministre s’est prolongé au-delà des délais légaux. Après comparution devant le juge d’instruction, il a été placé en détention préventive. Sa comparution devant les juges a donné lieu à un rassemblement de ses supporters qui ont manifesté contre le rejet d’une demande de liberté provisoire. La défense a pointé du doigt les circonstances de l’arrestation, effectuée sans mandat d’arrêt ou d’amener, et « le non-respect du droit à la défense » les avocats n’ayant pu accéder au dossier que le matin même.

Jugé coupable d’incitation à attroupement sans autorisation, l’ancien ministre a été condamné à 3 mois de prison avec sursis. Il a été relaxé au bénéfice du doute pour les autres chefs d’inculpation, dont l’atteinte à la sureté de l’Etat. La défense annonce qu’elle va interjeter appel.

A l’occasion d’un 4ème « dialogue politique » de l’année entre Madagascar et l’UE, l’ambassadeur européen a rappelé l’importance attachée à la mise en place de la HCJ. Un engagement qui est inscrit dans le cadre de l’appui budgétaire européen. L’UE constate cependant que des avancées ont eu lieu et qu’il ne reste plus qu’un seul membre de l’institution à nommer pour qu’elle soit mise en place. La société civile fait néanmoins remarquer que la loi de finances 2017 ne prévoit pas de budget pour cette nouvelle institution.

L’ambassadeur a fait part de ses préoccupations concernant le respect des droits de l’homme, en pointant notamment du doigt le climat d’insécurité et les cas de vindictes populaires. « Ce sont des questions qui nous interpellent. (…) C’est un constat qu’il y a un manque de confiance envers les forces de sécurité et la justice ». Les opérations de sécurisation devront être proportionnées et s’effectuer « dans le respect des droits de l’homme », prévient-il.

Les attaques de dahalo ont encore fait plusieurs dizaines de morts parmi les forces de l’ordre et les civils dans plusieurs districts. La presse s’étonne que les 7 000 militaires qui ont assuré la sécurité du sommet de la Francophonie aient rejoint leur caserne, sans être redéployés dans les zones rouges. Des exactions commises par les forces de l’ordre sont dénoncées par des élus locaux.

Le premier ministre affirme l’existence de réseaux mafieux qui entretiennent le climat d’insécurité. Olivier Mahafaly admet que des fonctionnaires sont impliqués dans ces réseaux. L’implication de certains fonctionnaires est régulièrement dénoncée par la population locale, qui évoque également l’existence de « protecteurs en haut lieu ».

Une trentaine de voleurs de bétail ont trouvé la mort dans un raid héliporté mené par les forces armées. L’appareil faisait cap sur Befotaka-Sud avec à son bord une équipe médicale du ministère de la santé Alors qu’il faisait escale à Iakora, la gendarmerie a sollicité son appui pour remonter les traces d’une horde de bandits.

« La création d’emploi, surtout pour les jeunes, figure parmi les instruments d’instauration de la paix durable » dans le Sud, affirmele directeur régional de l’OIT, ajoutant que « c’est parce que les jeunes n’ont pas de travail, qu’ils n’ont pas d’occupation pour se développer et se construire qu’ils se penchent vers des moyens de subsistance comme le vol ».

Le premier ministre a devancé les éventuelles dénonciations d’atteinte aux droits de l’homme inhérente à l’opération « Mazava ».  Il déplore que « plusieurs sont ceux qui critiquent les actions militaires, notamment, les défenseurs des droits de l’homme [qui affirment] que les militaires détruisent des villages ou encore brutalisent même les femmes et les enfants ». Selon lui, dans les opérations spéciales telles que « Mazava », les militaires, « dans leur mission de protection des personnes et des biens, sont dans une logique de guerre car, face à eux, ils ont des individus qui n’hésitent pas à tuer ». Le lancement de l’opération « Mazava » s’est accompagnée d’une « pluie d’étoiles » en conseil des ministres au profit de 55 officiers. L’Express dénonce le sureffectif budgétivore de hauts gradés, « pour une entité incapable d’assurer la sécurité de la population, la protection des biens et des personnes ».

Vindicte populaire : une foule déchaînée a attaqué un hôpital à Befandriana pour arracher de leur lit deux présumés malfaiteurs placés en soins intensifs. Les suspects ont été lynchés à mort, sous les yeux des policiers censés assurer leur sécurité. Le district de Mananjary a de nouveau vécu des scènes de justice populaire.

Des coupeurs de route ont encore sévi sur plusieurs grands axes routiers. Les rapts contre rançon ont fait douze victimes en 2016.

Abolition de la peine de mort - Le conseil du gouvernement a adopté l’avant-projet de loi autorisant la ratification par Madagascar du deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort.

Affaire Ambohimahamasina. Les trois prévenus dans l’affaire de détournement de deniers publics dans cette commune, le maire, son trésorier et un ancien directeur du ministère de l’intérieur, ont bénéficié d’une liberté provisoire. « Le Bianco est dessaisi de l’affaire », a annoncé son directeur. Désormais, c’est au ministère de la justice que revient le pouvoir de décider de lancer un mandat d’amener à l’encontre des personnes qui n’ont pas répondu aux convocations, parmi lesquelles Claudine Razaimamonjy, opératrice économique, proche du couple présidentiel, et le maire de la commune. Le sénateur de Fianarantsoa, vice-président de la Chambre haute, a demandé la démission du DG du Bianco, à qui il reproche de ne pas avoir respecté « la présomption d’innocence et le droit à la défense ». La presse relève que l’épouse du sénateur est membre de la famille de Claudine Razaimamonjy. Un responsable du Bianco laisse entendre que l’affaire pourrait connaître de nouveaux développements et toucher d’autres communes. Tribune rappelle que ce n’est pas la première fois que le Bianco se heurte au refus de comparaître des « puissants ». Dans une interview à L’Express, le DG du Bianco avoue son impuissance face à la corruption dans les hautes sphères de l’Etat et aux attaques dont son service est l’objet. Le DG du Samifin a pris la défense de son homologue. Dans une déclaration commune, une trentaine d’organisations de la société civile ont également pris la défense des organes de lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent.

La réussite de la lutte contre le blanchiment de capitaux passe par une augmentation des effectifs du Samifin, estime le FMI dans son rapport sur l’évaluation de la stabilité du système financier. Pour faire face aux besoins qu’impliqueront un renforcement de ses effectifs, son budget sera en augmentation de 45 % en 2017.

Les Etats-Unis recommandent aux citoyens d’exiger la redevabilité des dirigeants. L’ambassadeur incite la société civile à « avoir le courage de soulever les questions difficiles, d’exiger des gouvernants la transparence et l’inclusion, et de faire le suivi des promesses (…) et des programmes de lutte contre la corruption ». Les USA annoncent qu’ils vont apporter un financement à des actions visant à renforcer la culture de la transparence et renforcer les relations entre les élus et l’électorat, entre citoyens et dirigeants.

Sur un total de 8 500, seules 37,1 % des personnalités soumises à la déclaration de patrimoine se sont pliées à cette obligation. Avant de sévir, le Bianco lance un rappel à l’ordre. Les Pôles anti-corruption auront compétence dès 2017 pour engager des poursuites. Par le passé, ces rappels n’ont jamais été suivis d’effets.

Sommet de la Francophonie : soupçons de corruption. « Sur les 107 marchés publics accordés dans le cadre du sommet de la Francophonie, les 2/3 sont susceptibles d’avoir fait l’objet de corruption », révèle Transparency International Madagascar.

Le nombre de Malgaches vivant avec le VIH est estimé à 48 000 en 2016, dont 4 000 ont moins de 15 ans. Le VIH est présent dans toutes les provinces, y compris dans les zones les plus reculées. 5 000 personnes meurent annuellement de cette maladie qui connait une nette progression, difficile cependant à estimer du fait de s’insuffisance du dépistage. Le taux de séropositivité chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH) serait de 14 %, et près de 5 % chez les professionnels du sexe. Le VIH se propage également par inoculation directe durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.

Une épidémie de peste se développe dans certains districts du Sud, où la situation n’est pas maitrisée, contrairement aux foyers pesteux traditionnels des Hautes Terres. L’épidémie touche principalement des zones très enclavées et dépourvues de centre de santé de proximité. De ce fait, des bilans fiables sont difficiles à établir.

88,5 % des enfants handicapés ne sont pas scolarisés. Pour pallier à ce problème, le projet Mahay, d’une durée de 3 ans, a pour objectif de mettre en place une norme d’enseignement pour ces enfants au sein de toutes les écoles. Deux régions ont été retenues pour expérimentation.

Les pertes économiques imputables à la malnutrition sont estimées environ 1,5 milliard de dollars par an, soit 14,5 % du PIB. Madagascar est le 5e pays au monde ayant le taux le plus élevé de retard de croissance.

Traite de personnes. Dans un discours prononcé à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de l’abolition de l’esclavage, le conseiller politique de l’ambassade des Etats-Unis a déclaré que « le gouvernement malgache a fait preuve d’efforts irréguliers en matière d’application de la loi contre la traite de personnes ». Si l’on se réfère au rapport publié au mois de juillet par les Etats-Unis, Madagascar est classé au niveau 2 pour la deuxième année consécutive. Un classement qui signifie que la Grande île ne remplit pas pleinement les normes minimales mais fait des efforts pour les atteindre. Selon le diplomate, « des efforts continus sont nécessaires pour éviter un recul dans le classement ». La présidente de la fondation canadienne « Justice and equity » encourage la création d’une coalition malgache « Déracinons le trafic humain », avec l’appui de deux associations qui seront accompagnées pendant plusieurs mois, avec le concours de l’ambassade américaine.

Une employée de maison Malgache est décédée en Arabie Saoudite dans des circonstances non élucidées. Elle avait quitté Madagascar en juillet 2013. Vingt femmes ont été surprises à l’aéroport d’Ivato en instance de départ pour le Liban via Les Seychelles. D’après le ministère, une « mafia éthiopienne » serait en relation avec des agences de placement clandestines à Madagascar pour organiser des migrations vers le Liban et les pays du Golfe. Un haut fonctionnaire du ministère de la fonction publique a été condamné pour organisation de migrations clandestines.

Ntsay Christian, représentant du BIT, se déclare très préoccupé par le sort des travailleurs malgaches migrants, notamment celui des travailleuses domestiques. Il souhaite que Madagascar ratifie la Convention 189 sur les travailleuses et travailleurs domestiques adoptée en 2011 et entrée en vigueur en septembre 2013.

L’ONG « Focus Developement » a organisé un concours de presse dans le cadre d’une campagne visant à éradiquer l’apatridie. La journaliste Nadia Raonimanalina du quotidien Les Nouvelles a été distinguée pour ses articles. Le conseiller aux droits de l’homme du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, a félicité l’initiative. « La lutte pour l’éradication de l’apatridie à Madagascar est un travail acharné et de longue haleine. Il faut persévérer et ne jamais baisser les bras car des êtres humains vivent encore dans l’ombre », interpelle le journaliste.

pOV 09 12Suite à une manifestation organisée dans l’enceinte de Radio Jupiter à Ilakaka, le journaliste Fernand Cello a fait l’objet d’un mandat d’arrêt motivé pour« appel à la rébellion » et « atteinte à l’ordre public et la conduite d’une manifestation sans autorisation ». Le journaliste avait dénoncé à l’antenne la pollution d’un cours d’eau par la société Gondwana, qui appartiendrait à des proches du pouvoir et serait dépourvue de permis environnemental. Des policiers se sont rendus au siège de la station pour exécuter le mandat d’arrêt. Quatre personnes ont été arrêtées mais le journaliste a pu prendre la fuite. Du matériel a été saisi. Le bureau Afrique de RSF a condamné l’action des autorités.

Les forces de l’ordre ont démenti les rumeurs de tentative d’arrestation de Lalatiana Rakotondrazafy, directrice du journal Freenews et de la radio Free FM.

Liberté d'expression : la position de Madagascar s'est améliorée, selon RSF. Au 56e rang mondial, la Grande île, gagne 8 places par rapport à l’année précédente. RSF s'insurge cependant contre l’adoption du code de la communication, qualifié de liberticide.

Affaire de bois de rose à Singapour : Madagascar s’est constitué partie civile dans le procès en cassation qui a eu lieu le 9 décembre. Après avoir tergiversé plusieurs mois, les autorités se sont décidées à collaborer avec la justice de la Ville-État et à confirmer l’illégalité de cette opération. L’annonce du ministère de l’environnement avait été précédée de l’envoi d’une lettre ouverte adressée au pouvoir, signée par 64 organisations de la société civile, lui demandant de confirmer l’illégalité de l’exportation. Le ministère avait annoncé que des poursuites seraient engagées à l’encontre des responsables, conformément aux recommandations de la Cites, mais jusqu’ici l’engagement, qui devait se concrétiser avant la fin de l’année 2016, n’a pas été tenu. Le verdict du procès en cassation est attendu en janvier.

L’ancien ministre de l’environnement, député et membre du HVM, Anthelme Ramparany, aurait été victime d’un empoisonnement. L’affaire intrigue en raison du fait que l’intéressé est considéré comme l’un des principaux acteurs ayant permis l’exportation illicite de près de 30 000 rondins de bois de rose à Singapour.

la gazette 09 12Exploitation aurifère de Soamahamanina : des voix se manifestent pour réclamer la reprise du projet. La compagnie chinoise serait parvenue à convaincre des villageois des bénéfices qu’ils pourraient retirer de la relance du projet. Une nouvelle manifestation a eu lieu à Soamahamanina pour protester contre le placement en détention provisoire d’Augustin Andriamananoro. Les cadres du parti Mapar se sont retrouvés dans la localité pour participer à une messe. Les habitants sont convaincus que les exploitants chinois n’ont pas été réellement expulsés. Ils réclament le déménagement du matériel laissé sur place et le retrait du permis d’exploitation. Plusieurs compagnies minières chinoises pointées du doigt par les populations auraient également engagé des campagnes de sensibilisation pour mettre en exergue les retombées sociales de leurs projets.

Une entreprise chinoise a investi le site de Betsiaka, près d’Ambilobe. Des Chinois y extrairaient de l’or, sous le regard des villageois, qui affirment ne pas avoir été consultés ni informés. Les lieux sont gardés par des militaires armés. Des responsables laissent entendre que le pouvoir couvre ces activités.

L’accaparement de terres par une société chinoise divise la population de Mangabe-Maevatanana. En cause, un ancien terrain colonial de 200 ha occupé par la population après le départ de son propriétaire.

Le différend foncier entre la population de la région Ihorombe et la société Tozzi Green persiste. Les 3 500 ha exploités par la société sont revendiqués par les éleveurs qui affirment être victimes de menaces.

La BAD a accordé 19 millions de dollars pour le financement du Programme d’appui à la réforme du secteur de l’énergie. Cette aide cible essentiellement la Jirama et a pour but d’alléger les dépenses de l’Etat dans le secteur.

madagate 03 12La conférence des bailleurs et investisseurs de Madagascar s’est tenue le 1er et 2 décembre à Paris. La première journée, consacrée aux bailleurs de fonds, a permis de collecter 6,4 milliards de dollars de promesses de financements pour la mise en œuvre du PND, un montant très supérieur aux espérances. 50 projets avaient été sélectionnés, qui peuvent être mis en œuvre rapidement et peuvent avoir des impacts directs sur le quotidien de la population. Contre toute attente, le secteur privé a fait part de sa volonté d’investir davantage dans la Grande île. Au cours des deux journées, Madagascar aurait ainsi collecté quelques 10 milliards de dollars de promesses d’investissements et de dons. Le géant du BTP français Eiffage et la société franco-africaine Eranove ont obtenu la construction et l'exploitation de la centrale hydroélectrique de Sahofika, sur la rivière Onivé, d’une puissance de 200 MW. Un contrat à 825 millions de dollars. Hassanein Hiridjee, l’une des plus grosses fortunes du pays, a confirmé la construction, en partenariat avec Colas, (groupe français  Bouygues), de la centrale hydroélectrique de Volobe pour un montant de 500 millions de dollars.

L’association « Emergence de Madagascar » a tenu une conférence de presse pour dénoncer la corruption à laquelle se livreraient certains opérateurs économiques depuis de longues années. Les opérateurs qui ont promis d’investir massivement lors de la conférence des bailleurs et investisseurs de Paris sont aussi ceux qui tiennent l’économie du pays en otage, ont affirmé des intervenants.

« Dans son expression et sa communication, la conférence des bailleurs internationaux peut faire furieusement penser à un gros téléthon », a écrit Patrick Rakotomalala sur le site Madagoravox. François Rakotoarimanana, ministre des finances et du budget, a insisté sur le fait que Madagascar doit maintenant faire la démonstration qu’il est capable de faire décaisser et d’utiliser efficacement les fonds promis par les bailleurs sur la période couverte par le PND. Les annonces et promesses restent à concrétiser. Des voix se sont élevées au sein de la société civile pour réclamer plus de transparence sur les aides obtenues, prévenir les risques de corruption que pourrait favoriser cet important portefeuille ainsi que le risque de renforcement de la domination économique étrangère. Tout devrait être mis en œuvre pour que sa gestion soit confiée à des hommes compétents, intègres, honnêtes et soucieux de l’intérêt général, préconisent-ils. Un immense défi pour l’organe de contrôle dont la mise en place a été annoncée par le président de la République.

La Banque mondiale et le FMI optimistes pour les perspectives de croissance de l’économie malgache. Les deux institutions se montrent satisfaites de l’évolution de la situation économique. La croissance du PIB devrait atteindre 4,1 % en 2016, un rythme plus rapide que la croissance démographique ; elle devrait se poursuivre en 2017. Le FMI se dit satisfait de la mise en œuvre de la politique budgétaire et monétaire préconisée. Une nouvelle mission du FMI est attendue en mars 2017 pour procéder à la première revue du programme « Facilité élargi de crédit ».

« Et si la conférence des bailleurs de fonds et des investisseurs à Paris était une mascarade ? », s’interroge L’Express. « Il y a tout lieu de le croire à en juger par la suite des évènements. Les 10 milliards de dollars réunis (…) sont plutôt des fonds déjà ventilés que promis ou à rechercher. (…) En fait, la conférence a servi à avoir la caution des bailleurs de fonds sur le partage des marchés (…), [partages] que l’État a effectués unilatéralement sans appels d’offres et sans aucun aval du Parlement. (…) Voilà donc les bailleurs de fonds plus ou moins floués alors qu’ils réclament justement une bonne gouvernance et une transparence dans la passation des marchés. (…) En tous cas, Rajaonarimampianina semble avoir les mains libres et agir comme bon lui semble, vu l’appréciation de la situation par le FMI qui trouve qu’on est sur la bonne voie et la Banque mondiale, qui note une croissance de 4,1 % du PIB. (…) Mais « les réalités sur le terrain sont loin de traduire cette éclaircie. L’État vient de déclarer l’état d’urgence dans le Sud, frappé par une famine chronique après plusieurs appels de détresse des organismes internationaux. À Tana, on continue à vivre sans eau ni électricité et en pleine insécurité ».

Classé 8e parmi les Pays les moins avancés (PMA) en 2014, Madagascar a régressé à la 5e place en 2015. Les statistiques de la CNUCED placent la Grande île dans la catégorie des 6 PMA où le taux d’extrême pauvreté (revenu inférieur à 1,25 dollar par jour) touche entre 70 et 80 % de la population.

Le classement annuel du magazine Forbes Afrique place le franco-malgache d’origine indienne Ylias Akbaraly à la 5e place des plus grosses fortunes d’Afrique francophone subsaharienne. A la tête du Groupe Sipromad, Ylias Akbaraly serait, par ailleurs, l’homme le plus riche de Madagascar. Le patron de Sipromad était suivi de près en 2015 par un autre « karana », Hassanein Hiridjee du groupe Axian.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Adoption de la loi sur la réconciliation nationale
  • L’affaire Andriamananoro, ancien ministre de la Transition
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, gouvernance
  • Affaire Ambohimahamasina / Claudine Razaimamonjy
  • Santé, conditon carcérale
  • Traite des personnes, migrations clandestines
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics, questions foncières
  • Coopération, conférence des bailleurs de Paris
  • Vie économique

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29 décembre 2016

ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2016

- 28 12 16 - Collectif Tany - Les impacts mémorables des projets miniers
L’année 2016 qui arrive à son terme aura été marquée par l’apparition au grand jour d’un nombre important d’accaparements de terre dus aux exploitations minières et par une montée en intensité des actions de protestation de la population contre les projets miniers en question. Le cas Soamahamanina s’est particulièrement distingué par la détermination de ses habitants et par la répression qui s’est abattue sur le mouvement.

- 26 12 16 - Une première étude sur la diaspora malgache de France
. Le ministère malgache des affaires étrangères, avec le soutien de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et du ministère français des affaires étrangères à travers l’ambassade de France à Madagascar, ont établi le premier profil de la diaspora malgache en France. Visant à améliorer les connaissances sur les caractéristiques et les attentes de la diaspora, il a aussi pour objectif de faciliter la mobilisation de son potentiel de solidarité et de développement pour Madagascar. Cette étude, réalisée par le Forum des Organisations de Solidarité Internationale Issues des Migrations (FORIM) repose sur un échantillonnage représentatif de plus de 400 individus répartis sur le territoire français métropolitain, sur les recensements disponibles, ainsi que sur des entretiens qualitatifs avec des personnes ressources et des représentants d’associations.
Les principales conclusions de l’étude font état d’un potentiel diasporique malgache estimé entre 100 000 et 140 000 individus, principalement situés en Ile de France et majoritairement féminin. Avec un niveau d’étude supérieur à la moyenne française et un sentiment général d’intégration collective réussie, la diaspora malgache est principalement composée de cadres et de professions intellectuelles et libérales, actifs dans les services et la gestion d’entreprise. Elle connait un taux de chômage relativement faible. Les événements culturels, sportifs et religieux rythment la communauté malgache de France. La diaspora se mobilise au profit du pays au travers de transferts financiers estimés à 86 millions d’euros. Réalisés par 70 % des personnes interrogées, les transferts financiers se chiffrent en moyenne à 155€/mois, destinés principalement à soutenir le budget de la famille à Madagascar. Le tissu associatif est dense (plus de 240 associations créées ces dix dernières années) et la moitié des membres de ces associations orientent leurs actions de solidarité dans les secteurs de l’éducation et de la santé.
http://www.ambafrance-mada.org/IMG/pdf/etude_sur_le_profil_de_la_diaspora_malagasy_en_france.pdf?6446/c117955a2f8cf8f2de44bd717dd62647a712a1bc   (102 p.)

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  24 12 16 - IFRI - Note de Mathieu Pellerin - Islamisation à Madagascar
L’islam à Madagascar fait depuis deux ans l’objet d’une très forte couverture médiatique et politique. Cet attrait - aussi massif que soudain - tranche avec le faible nombre d’études sur l’islam à Madagascar. Le dernier ouvrage contemporain traitant de cette thématique, Les Chemins de l’islam à Madagascar, de Noël Jacques Gueunier, date de 1994. La thématique de « l’islamisation » est dominante dans le traitement politico-médiatique, relayant des informations souvent non vérifiées, voire totalement erronées, mais qui traduisent l’inquiétude qui gagne les différentes strates de a société malgache, très majoritairement chrétiennes. Pourtant, l’islam et la thématique de l’islamisation ont une histoire ancienne dans le pays. L’étude se propose, d’une part, de retracer l’histoire longue de l’islam à Madagascar, inscrite elle-même dans celle de l’islam en Afrique de l’Est, et d’autre part d’évoquer la récurrence du spectre de l’islamisation dans le pays et de tenter d’en expliquer les raisons.

- 21 12 16 - Communiqué du SeFaFi - Décentralisation : quel transfert de ressources ?
Le pouvoir a fait adopter par l’Assemblée nationale en 2014 l’ensemble des nouvelles lois régissant la décentralisation: Des décrets d’application ont porté sur la mise en place des structures locales de concertation, sur les attributions des élus locaux, sur la gestion financière des collectivités et sur la cooperation décentralisée. D’autres décrets sont en attente, qui porteront sur le fokontany, sur l’intercommunalité́ et sur l’appui aux collectivités territoriales décentralisées. Pourtant, la mise en œuvre de ces textes est en panne, les engagements ne sont pas honorés. Les communes restent privées des ressources annoncées, la décentralisation n’a pas été engagée. Aucune élection n’a encore été prévue au niveau des régions et des provinces. Il convient de mettre un terme aux subventions, généralement sources de corruption de grande envergure, en raison de mécanismes de transfert complexes, opaques et mal contrôles. Il faut moins d’Etat mais mieux d’Etat ; en d’autres termes, passer de l’administration directe à une administration au service d’un développement local autocentré́.

- 19 12 16 - AFP/Eco Austral - La forte présence chinoise passe de plus en plus mal
Comme ailleurs sur le continent africain, le débarquement en force des Chinois bouleverse les équilibres économique, écologique et social du pays et provoque de multiples frictions

- 15 12 16 - Politika - Alain Illoniaina - Nationalité : une construction identitaire difficile
Le Malgache de 2016 doit-il avoir les mêmes critères que le Malgache de 1960 ? Dans un souci de plus grande inclusivité, le Code de la nationalité est censé avoir subi un lifting. Mais les changements apportés sont trop menus pour être qualifiés de révolutionnaires.

- 04 12 16 - Madagoravox - Patrick Rakotomalala - Madathon
La Conférence des bailleurs internationaux pour Madagascar, qui s’est déroulée les 1 et 2 décembre 2016 à Paris, dans son expression et sa communication, peut nous faire  furieusement penser à un gros téléthon. « Chers auditeurs, vous voyez affiché au compteur des promesses de dons et souscriptions, à l’heure actuelle, un total de 6,4 milliards de $ …». Et du Téléthon, on avait quelque part le ruissellement de bonne conscience et d’optimisme. Mais Madagascar est revenu depuis quelques semaines au centre du jeu diplomatique international. Tous ceux qui sont convaincus que le repli sur soi est mortifère ne peuvent que s’en réjouir mais en filigrane, on a 2018 et l’enjeu des futures élections présidentielles. Les partenaires, sensés ne pas intervenir sur le plan des politiques intérieures, sont quelque part ici en train de passer le plat à Hery et lui permettent d’envisager plus sereinement sa réélection. Que cette stabilité se fonde au détriment de la justice ou de la démocratie ou même de la gouvernance, leur importe peu.

- 02 12 16 - SeFaFi - Communiqué du 29/11/16 - Qui décide, à Madagascar ?
Encore une fois, la question se pose de savoir qui décide, à Madagascar : le pouvoir légal ou les bailleurs de fonds ? Malgré ses efforts, le régime ne donne pas l’impression qu’il est véritablement maître du destin collectif. Et que sans l’incitation du FMI et des bailleurs, le gouvernement ne prioriserait pas une gouvernance économique très rigoureuse. Reste à savoir si la Conférence des bailleurs qui se tient à Paris apportera les 3,4 milliards de dollars recherchés pour financer les divers projets de mise en œuvre du Plan national de développement. Du menu de projets présentés, quels choix feront les bailleurs ? L’histoire récente de la Grande Île montre à l’envie que le pays n’a guère été consulté par les bailleurs de fonds. À leur décharge, aucun des régimes successifs n’a présenté de projet cohérent et concret de développement et qu’aucun d’entre eux n’a engagé des actions suivies pour améliorer les conditions de vie de la population.

<> 01 12 16 - Le Monde - Madagascar sort petit à petit du purgatoire
Après le Sommet de la francophonie la semaine dernière, la conférence des donateurs qui se tient jeudi 1er et vendredi 2 décembre à Paris marque une nouvelle étape dans la réintégration de Madagascar sur la scène internationale. La délégation malgache conduite par le président Hery Rajaonarimampianina espère lever 3,3 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) pour financer les priorités son Plan de développement. La somme est conséquente pour ce pays mis au ban après le coup d’Etat de 2009 et dont la mauvaise gouvernance avait jusqu’à présent convaincu les bailleurs multilatéraux et bilatéraux de s’engager avec la plus grande prudence.

 

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30 novembre 2016

REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2016

Le budget de la future HCJ ne figure pas dans le projet de loi de finances. Pour certains observateurs, le chef de l’État joue la montre sur ce dossier sensible que les partenaires de Madagascar souhaitaient voir aboutir. Cette absence de financement est justifiée par le fait que tous les membres de la Haute cour n’ont pas encore été désignés par les institutions qui doivent nommés un représentant. Un argument qui ne convainc pas.

Le projet de texte portant création d’une cour spéciale en matière de délinquance économique, financière et fiscale n’est pas à l’ordre du jour de l’Assemblée. Le texte avait cependant été présenté comme connexe au projet de loi sur la réconciliation nationale qui doit être examiné au cours de cette session. La cour spéciale devrait statuer sur les cas d’infractions financières constatées durant les investigations liées au processus de réconciliation. Elle ne pouvait statuer que sur les délits commis entre 2002 et la fin de la Transition, en 2009.

Des députés souhaitent que le projet de loi sur la réconciliation nationale soit amendé pour ne plus être limité à la période 2002-2009. « Ce projet de loi semble avoir pour objectif de cibler certaines personnalités afin de torpiller leur ambition politique », font remarquer les partisans de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina, qui craignent d’être tout particulièrement visés, le texte présenté devant être à l’origine accompagné du projet érigeant une cour spéciale contre la délinquance économique. Les partisans de cet amendement militent pour un processus de réconciliation « intemporel et impersonnel » pouvant remonter jusqu’aux évènements de 1972.

Les députés ont engagés à nouveau un bras de fer pour faire inscrire dans le projet de budget l’attribution à chacun d’entre eux d’un 4x4, ainsi que de la franchise douanière sur les importations de véhicules offerts par des partenaires étrangers. Ils ont en outre exigé de pouvoir disposer des 200 millions Ar par district destinés aux Comités locaux de développement et de pouvoir s’affranchir de la procédure de passation des marchés publics. Le ministre des finances et du budget a résisté à ces revendications récurrentes, en faisant siennes les « recommandations » formulées par le FMI. En définitive, et après des débats houleux, 47 députés sur 151 ont adopté le projet de loi des finances 2017, renonçant à y faire figurer l’achat de 4x4. Les députés Mapar et TIM ont quitté l’hémicycle et n’ont pas pris part au vote final.

La société civile a fait part de son insatisfaction au sujet du projet de budget. « C’est un budget qui ne reflète pas les priorités de l’État. Les secteurs sociaux sont délaissés par rapport aux autres départements comme les projets présidentiels », juge le CCOC, qui regrette que ses recommandations n’aient pas été prises en compte.

nm 14 11 16

Le président de la Conférence épiscopale a lancé un nouveau rappel à l’ordre aux responsables politiques Le prélat a prêché pour « le souci prioritaire du bien-être commun », une conduite qui, manquerait cruellement à la société malgache dans laquelle « c’est la tentation de s’enrichir qui prédomine, au point d’user de toutes les cupidités et malversations possibles pour y parvenir ». La Conférence déplore « l’absence de vérité et d’honnêteté dans la conduite des affaires publiques ».

7 millions de dollars seront consacrés à la construction de la nouvelle faculté de théologie protestante  d’Ivato. La pose de première pierre a été effectuée en présence du comité de préparation du jubilé du cinquantenaire de la FJKM, présidé par Marc Ravalomanana et de missionnaires presbytériens américains. La célébration du jubilé aura lieu en août 2018, à quelques mois de la présidentielle.

Le premier ministre, interrogé en marge du « dialogue politique Madagascar-UE » sur la question controversée des facilités accordées à la construction de mosquées, a tenu à démentir les rumeurs persistantes faisant état d’importants programmes de construction d’écoles coraniques et des mosquées dans plusieurs régions, sur financements étrangers.

Introuvable depuis le 25 mai, le sénateur Lylison a interpelé les forces de l’ordre via Facebook. Il les invite « à prendre leurs responsabilités en tant que dernier rempart de la République » afin de sauver le pays de la situation de pauvreté dans laquelle il s’enfonce. L’ancien numéro Un de la FIS est activement recherché pour tentative de coup d’Etat.

Le nouveau président de l’Eglise luthérienne, le pasteur David Rakotonirina, reste sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire. Un projet de coup d’Etat serait à l’origine de cette mesure. Midi rappelle que le pasteur Rakotonirina a battu le candidat soutenu par le pouvoir lors de l’élection du président de la FLM au mois de septembre, ceci pouvant expliquer cela.

Le groupement de la société civile Rohy se désengage du processus d’élaboration de la charte de la société civile, un processus fortement soutenu par le ministère de la communication et des relations avec les institutions. En jeu, l’image des organisations de la société civile, fréquemment pointées du doigt pour leur manque d’indépendance vis-à-vis des politiques, leur instrumentalisation par des personnalités ayant des ambitions politiques ou en quête de subventions extérieures.

Les cinq prévenus dans l'affaire de Soamahamanina ont été condamnés à un an de prison avec sursis pour manifestation sans autorisation. La défense évoque un « jugement d’apaisement » mais annonce qu’elle va interjeter appel. Le permis d’exploiter détenu par Jiuxing Mines n’a pas été annulé, ce sont les travaux qui ont été suspendus, conformément à la décision du gouvernement, déclare un technicien de la société minière. Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme et l'environnement, interpelé par la société civile,  « prie instamment le gouvernement et tous les acteurs à résoudre pacifiquement le différend ».

Les ateliers destinés à recueillir des propositions en vue de la refonte du cadre juridique des élections se sont achevés dans la cacophonie. Les participants ont produit une pléthore de propositions et de recommandations que les experts de la CENI et du PNUD auront bien du mal à synthétiser. Le  bouclage des propositions que la CENI doit transmettre à l’exécutif doit être achevé fin décembre, pour présentation au parlement en début d’année. « Pour une population estimée à 23 millions, n’avoir que près de 8,6 millions d’électeurs inscrits est un fait anormal », affirme son président. Parvenir à atteindre voire dépasser la barre des 10 millions d’électeurs inscrits est l’objectif que s’est fixé l’institution.

Les préparatifs du Sommet de la Francophonie ont été marqués par de nombreux mouvements de contestation. Son coût a été jugé exorbitant par la société civile, qui a dénoncé l’opacité des contrats et des financements. Dix-huit organisations de la société civile ont attiré l’attention des autorités ainsi que celle de l’OIF sur les dysfonctionnements qu’ils ont constatés dans la passation des marchés. Les restrictions imposées à la population de la capitale ont été à la source de polémiques et de rumeurs les plus folles. Des centaines de familles ont été expropriées pour la construction d’une nouvelle rocade destinée à faciliter la circulation des délégations officielles. Des travaux ont été exécutés à la va-vite et confiés à une entreprise chinoise dans des conditions mal éclaircies. Des centaines de sans-abris qui occupent les rues du centre-ville ont été déplacés en pleine nuit par les forces de l'ordre. Des travaux « cosmétiques » ont été lancés pour tenter de donner à la capitale un aspect « présentable ». Pour aider le gouvernement dans le transport des invités, la France a loué 200 voitures avec chauffeurs. La société civile Rohy a affirmé que la non-adhésion de la population au Sommet découle « d’un contexte tendu et délétère ». Les organisateurs du Sommet et les autorités ont eu bien du mal à tenter de convaincre la population que cette manifestation pouvait avoir de retombées positives pour la Grande île. Les préparatifs ont mobilisé les énergies des dirigeants et des affairistes, abandonnant aux organisations internationales et aux ONG le soin de venir en aide aux populations du Sud victimes de la famine.

sommet francophonie

En dépit d’une présence massive des forces de l’ordre, plusieurs organisations sont parvenues à tenir des manifestations pacifiques le jour de l’ouverture du Sommet des chefs d’Etat.

Les associations et plateformes réclamant la restitution des îles Eparses ont interpelé le chef de l’Etat pour qu’il défende l’intérêt de la nation à l’occasion de sa rencontre avec François Hollande. La question n’a pas été publiquement évoquée lors du Sommet.

Un opérateur économique franco-tunisien a été arrêté par la brigade criminelle. Les services de renseignements français et leurs homologues malgaches le soupçonnent d’avoir préparé une action terroriste contre le président français.

Intervenant à la tribune du Sommet de la Francophonie, Justin Trudeau, premier ministre canadien, a cherché à convaincre les pays africains, dont Madagascar, de respecter les droits des homosexuels.

À deux reprises, le président français a mis l’accent surla situation sécuritaire à Madagascar. Une insécurité dont les ressortissants français, à l’entendre, sont particulièrement victimes. La coopération judiciaire entre les eux pays sera renforcée.

François Hollande a rendu hommage aux nationalistes victimes de l’insurrection de 1947. Tribune nuance la portée de ces déclarations : « François Hollande regrette les crimes coloniaux. Mais ne demande pas pardon pour autant. Reconnaissance mais non repentance, tel est le credo de la France pour tous les crimes commis par les Français pendant la colonisation ».

« Malgré des mois de doutes et de complications orchestrés par l’opposition, le gouvernement malgache a su mener à bien l’organisation du Sommet de la Francophonie, estime RFI.L’opération de charme menée par Madagascar auprès de la communauté internationale lors du Sommet semble donc réussie. En découlent des liens diplomatiques renforcés » et des perspectives économiques jugées prometteuses.

En marge de la visite d’Etat du roi du Maroc, le ministère marocain des affaires étrangères a dépêché une mission d'inspection à son ambassade d’Antananarivo suite à des informations selon lesquelles l’ancien ambassadeur aurait procédé à des détournements de fonds à l’occasion d’opérations humanitaires. Il se serait rendu coupable d’ingérence dans les affaires du pays et aurait procédé à « des agissements discriminatoires à l’égard des communautés non-musulmanes ».

L’insécurité gagne du terrain dans de nombreuses régions. Les attaques de dahalo se multiplient. Des villages sont rançonnés. Des morts sont enregistrés par dizaines parmi les dahalo, les forces armées et la population. Des villageois sont contraints à se réfugier en brousse ou de migrer vers des zones plus sures. Les forces de l’ordre et les autorités locales sont parfois suspectées de compromission avec les malfaiteurs. En réponse à la recrudescence de l’insécurité, l’exécutif a annoncé le lancement d’une nouvelle opération de sécurisation dénommée « Mazava 2016 ». Ce nouveau déploiement de puissance militaire sera le 3e du genre, en moins de cinq ans. Plus de 2 000 hommes seront répartis dans 17 des 22 régions. La population devrait être étroitement associée à l’opération, ainsi que les responsables et élus locaux. Le pouvoir espère cette fois-ci échapper aux critiques portées par la société civile et les défenseurs des droits de l’homme. Des voix se font entendre pour critiquer l’intervention de l’armée dans ce type d’opération. Pour nombre d’observateurs et pour le ministre de la défense lui-même, la force répressive risque de ne pas apporter de solution pérenne. Elle doit être complétée par des actions d’accompagnement, voire de prévention. Or « éducation, santé, travail, sont des nécessités et des droits quasi-absents dans ces zones rouges »,  déplore L’Express, qui ajoute qu’il serait temps de pourchasser les « dahalo en col blanc » qui favorisent ce climat s’insécurité sans jamais être inquiétés.

Les actes de « vindicte populaire » connaissent une recrudescence préoccupante. En l’espace d’un mois et demi, 42 morts auraient été dénombrés pour 9 cas recensés. Une femme a notamment été brûlée vive à Mananjary pour avoir profané un site sacré de l’ethnie locale. Des actions qui illustreraient une nouvelle fois la faiblesse de l’État et le désaveu de la population envers une administration corrompue. La presse s’étonne de l’absence de réaction des plus hautes autorités et du non-aboutissement des enquêtes. Seuls les actes impliquant des ressortissants étrangers semblent déclencher la mobilisation des autorités. Reconnaissant partiellement la responsabilité de l’administration, le premier ministre fustige la tendance des opposants à « inciter à la désobéissance civile ». Il tacle également « la défaillance » des autorités traditionnelles et de la société civile dans leur mission d’éducation citoyenne. Face à la situation dans sa circonscription, un élu a été jusqu’à encourager « l’exécution », des dahalo pris en flagrant délit. A Maintirano, trois présumés dahalo appréhendés par les habitants ont été abattus sur ordre des militaires. La CNIDH déclare « ne pas pouvoir se taire face à la recrudescence des vindictes populaires, qui prennent une allure préoccupante. (…) Face à ces violations flagrantes du droit à la vie, du principe de présomption d’innocence, du droit à l’égal protection de la loi et du droit à un procès juste et équitable, la CNIDH interpelle les autorités compétentes, la population et la société civile ». Le gouvernement affirme sa volonté de sévir face aux « vives préoccupations » exprimées par l’UE face aux vindictes populaires qui se généralisent.

Des « coupeurs de route » ont encore sévi sur plusieurs grands axes de circulation, faisant plusieurs blessés. Des conducteurs de taxi-brousse, qui avaient refusé d’être escortés par des éléments de la gendarmerie, ont été interpelés pour enquête.

L’assainissement des rues du centre-ville de la capitale se heurte à l’opposition des commerçants informels. De graves affrontements ont été évités de justesse entre les vendeurs à la sauvette et la police municipale et entre cette dernière et les militaires du Capsat appelés en renfort pour défendre la famille de l’un des leurs. Un regain de tension intervenu à quelques jours de l’ouverture du Sommet de la Francophonie qui impose aux édiles municipaux de redoubler d’efforts pour donner à la capitale un aspect « présentable ». Une enquête a été ouverte sur les circonstances des violences commises par  la police municipale à l’encontre d’un militaire et de son épouse ; elle concernerait 34 éléments de la police municipale. Le comportement de l’armée et de son commandement a été vivement contesté pour une démonstration de force qui avait peut-être pour objectif « de montrer à la maire de la capitale, Lalao Ravalomanana et surtout à son mari, candidat annoncé et redouté à la présidentielle de 2018, qu’elle n’a qu’à bien se tenir », écrit L’Express. La commune a qualifié d’« assaut contre un palais d’Etat » l’encerclement de l’hôtel de ville par les militaires du Capsat.

Le meurtre de deux Français commis à Ste Marie le 22 août fait l’objet d’une saisine conjointe des services judiciaires malgache et français. Lejeune Français placé en détention préventive à Toamasina a été remis en liberté, ainsi que l’employé de banque Malgache. Six autres prévenus ont été maintenus en détention.

Le militant écologiste Clovis Razafimalala est détenu depuis le 16 septembre. Il est accusé d'incitation à la rébellion et de destruction de biens publics. Selon les organisations écologistes, s’il a été arrêté c'est parce que sa liberté de ton et ses engagements en faveur de l'environnement dérangeaient. Pour l’AVG, l’activiste est « détenu arbitrairement ». Le rapporteur spécial de l'ONU aux droits de l'homme et à l'environnement a déclaré que « Madagascar ne fait pas partie des pays où les militants écologistes sont tués. Mais il y a des signes qui montrent que la Grande île est en train d'en prendre le chemin. (…) Il est essentiel que les mesures soient prises rapidement et efficacement afin de rétablir la confiance totale dans les institutions judicaires et autres qui protègent les droits humains du peuple et sauvegardent l’environnement. J’encourage également le gouvernement à travailler avec les organisations environnementales sur le problème des trafics illicites », lesquels ont « un effet corrosif sur la bonne gouvernance parce que les trafiquants illégaux utilisent l’argent qu’ils gagnent pour contribuer à la corruption ».

Le budget du Bianco en hausse de 40 % dans la loi de finances 2017. Selon le ministère des finances et du budget, « la lutte contre la corruption figure parmi les principales mesures à prendre pour le développement du pays ». Le renforcement de cette lutte figure parmi les principales conditions de déblocage par tranche des fonds de la « Facilité élargie de crédit » du FMI. Le Samifin sera également soutenu dans sa lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Treize hauts gradés de la gendarmerie ont été déférés par le Bianco devant la chaîne pénale anticorruption. Ils sont accusés d’avoir établi de manière irrégulière une liste additive de 79 élèves pour l’admission à l’Ecole nationale de gendarmerie en contrepartie du versement d’importantes sommes d’argent. Le commandant de la gendarmerie nationale à l’époque des faits serait impliqué.

La suspicion de détournement de fonds dans la commune d’Ambohimahamasina (district d’Ambalavao) a fait l’objet d’une enquête du Bianco. Le dossier a été transmis à la chaine pénale anti-corruption. Un maire, un directeur au sein du ministère de l’intérieur et plusieurs entrepreneurs sont au banc des accusés. L’élu a accablé nommément Olivier Mahafaly, premier ministre mais ministre de l’intérieur à l’époque des faits, et Claudine Razaimamonjy, opératrice économique réputée proche du couple présidentiel. Cette dernière aurait refusé de répondre aux convocations du Bianco.

Les médecins tirent la sonnette d’alarme : le nombre d’entreprises des zones franches ne respectant pas les normes de sécurité aurait tendance à augmenter. Les conditions de travail y sont qualifiées d’inhumaines. Les zones franches chinoises sont particulièrement pointées du doigt.

Lutte contre le tourisme sexuel : un code de bonne conduite a été signé dans la région Alaotra Mangoro. Une formation des acteurs du tourisme a été organisée avec le concours du BIT et de l’Unicef, suivie de l’élaboration d’un plan d’action de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales et le tourisme sexuel impliquant des enfants.

Des universités privées informelles délivrent de faux diplômes d’universités reconnues. Le ministère de tutelle, alerté par des universités formelles, annonce que des mesures seront prises pour lutter contre ces pratiques frauduleuses.

Radio Antsiva serait victime de brouillage. La station est réputée pour ses positions critiques à l’égard du pouvoir et son discours « incisif ». Une station privée, récemment créée et appartenant à un groupe de presse proche du chef de l’État, tenterait de couvrir sa fréquence. Le « Mouvement pour la liberté d’expression » compte saisir la SG de la Francophonie des manquements à la liberté d’expression à Madagascar lors du Sommet de l’OIF, en pointant notamment du doigt le nouveau code de la communication et le brouillage de la station MBS appartenant à Marc Ravalomanana.

Célébration de la Journée internationale du droit d’accès à l’information : rétablir la confiance entre le public et les décideurs politiques, les producteurs et fournisseurs d’information. D’après les conclusions d’un sondage réalisé à cette occasion par l’ONG Ilontsera, il s’agit d’un « immense défi ». L’ONG estime qu’il faut « rompre avec le discours rétrograde qui infantilise des citoyens prétendument immatures pour l’information ».

Code de la communication : l’Union de la presse francophone (UPF) préconise la reprise du dialogue. Lors de la séance d’ouverture des 45e Assises de l’UPF à Antsirabe, rassemblant plus de 300 journalistes de 47 pays, le président de l’Union a abondé dans le sens des journalistes hostiles au code de communication récemment promulgué.

Une cargaison de palissandre a été saisie près de Tsiroanomandidy. Les bois précieux saisis ont été pillés dans une aire protégée de la région Menabe.

Face à la recrudescence de la ruée vers le saphir à Bemaitso-Didy, les autorités ont fait évacuer les sites d’extraction et dressé des barrages pour stopper l’afflux d’immigrants et de négociants étrangers.

Le Syndicat des enseignants-chercheurs (Seces) dénonce « les abus de pouvoir et les menaces proférées à l’encontre des simples citoyens, ainsi que les dérives des forces de l’ordre ». Il appelle la communauté internationale à prêter main forte au peuple malgache dans la lutte contre les trafics et l’exploitation illicite des richesses nationales.

Plusieurs importantes affaires de trafic illicite de tortues endémiques protégées ont été jugées. Les coups de filet à l’origine d’une douzaine de condamnations résultent de la collaboration engagée avec les organisations de la société civile dans le cadre du projet « Application de la loi contre les abus sur les ressources naturelles à Madagascar » (Alarm).  Trois présumés trafiquants de tortues ont été arrêtés à Antananarivo. Un gendarme et un consultant international figurent parmi les prévenus.

Recrudescence de l’exploitation illicite du corail noir. La région Androy, en partenariat avec l’ONG TSA, a saisi des matériels de plongée dans le district d’Ambovombe. Un général et des ressortissants chinois sont mis en cause. Le proche d’un ministre tenterait de faire pression pour étouffer l’affaire. L’Alliance Voahary Gasy (AVG) apporte son concours aux autorités dans le cadre du projet Alarm.

Les autorités réunionnaises ont saisi 43 kg d’héroïne à bord d’un bateau battant pavillon mauricien. La drogue proviendrait de Madagascar, pays considéré comme une plaque tournante de drogue dure en provenance du continent africain. Une production locale n’est pas non plus exclue.

Constructions illicites à Antananarivo : 3 000 dossiers de régularisation déposés en un mois. L’opération de régularisation des constructions illicites de la capitale s’achève. On dénombre 168 000 toits à Antananarivo-ville mais seules 400 demandes de permis de construire sont déposées chaque année. Les constructions illicites sont prédominantes et constituent un obstacle à l’assainissement de la ville.

« L’attribution de titres fonciers et des mêmes droits aux personnes, ‘quel que soit leur nationalité et leur statut juridique’ est suicidaire pour la nation malgache », déclarentle SIF et le Collectif Tany, préoccupés par le contenu d’un projet de loi fixant le régime juridique de l’immatriculation et de la propriété foncière titrée. Pour les auteurs, « tout projet d’attribution des mêmes droits sur les terres aux Malgaches et aux personnes d’autres nationalités renforce le risque de voir la totalité du territoire approprié par les personnes incomparablement plus riches et plus puissantes que les paysans et la majorité des citoyens malgaches ». Ilsdemandent aux autorités de faire participer la population au processus décisionnel sur ce sujet crucial.

Révolte de paysans contre l’accaparement de terres par des Chinois près de Port Bergé. 1 700 ha de terrains domaniaux ayant appartenu à des colons ont été accaparés par un groupe Chinois alors que la population locale les utilisait pour des cultures vivrières.

Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et l’environnement souligne l’urgence pour la communauté internationale de renforcer l’aide à la Grande île pour faire face au changement climatique. Le Sud affronte une grave crise alimentaire. 850 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire sévère, dont 330 000 en situation d’urgence. « Les principaux pays émetteurs doivent prendre des mesures concrètes pour mettre en œuvre leurs promesses de réduction de gaz à effets de serre », souligne-t-il.

Le gouvernement obtient une subvention de 35 millions de dollars de la Banque mondiale pour soutenir la lutte contre la sécheresse dans le Sud. Ce financement additionnel touchera plus de 320 000 personnes.

Alors que le pouvoir est mobilisé pour accueillir le Sommet de la Francophonie, les agences des Nations unies lancent un énième appel à l’aide pour les victimes de kere dans le Sud, écrit Tribune. La FAO et le PAM appellent à une action urgente. Sur les 22 millions de dollars nécessaires, la FAO n’a reçu que 4,5 millions. Quant au PAM, il lui manque 50 millions de dollars pour mener à bien ses opérations de secours dont le coût total est estimé à 82 millions pour la période octobre 2016-mars 2017.

Aide au développement : Madagascar doit améliorer sa capacité d’absorption, estime le premier ministre : l’objectif n’est pas seulement de réussir à arracher des promesses de soutiens financiers mais de mettre efficacement en œuvre et de faire effectivement décaisser les soutiens financiers promis. L’amélioration de cette capacité d’absorption est d’autant plus importante que Madagascar, pour les trois années à venir, aura besoin de 5 milliards de dollars pour réaliser ses projets de développement alors que sa capacité annuelle est limitée à 500 millions. Le gouvernement devra donc limiter ses ambitions. A la Conférence des bailleurs et investisseurs de début décembre, il ne présentera qu’une cinquantaine de projets, estimés à 5 milliards de dollars, au lieu des 130 initialement prévus, pour un montant de 12 milliards. Sur les 5 milliards, il resterait à convaincre les bailleurs d’en accorder trois.

L’UE a annoncé une nouvelle aide budgétaire de 30 millions d’euros pour les années 2017-2018. La première tranche de 15 millions devrait être disponible au deuxième semestre 2017. Ce montant devrait, néanmoins être conditionné par le respect « des engagements réciproques liés à l’appui budgétaire ».

En marge du Sommet de la Francophonie, la France a octroyé à Madagascar une enveloppe de près de 62 millions d’euros destinés à des actions relevant de l’urbanisme dans la capitale et six autres grandes villes.

La Banque mondiale octroie un don de 65 millions de dollars pour aider Madagascar à renforcer la stabilité de ses finances publiques et créer un climat des affaires plus favorable à l’investissement. Il servira notamment à appuyer les réformes destinées à élargir l’espace fiscal afin de permettre au gouvernement d’augmenter les investissements publics et la fourniture de services. Madagascar figure encore parmi les pays ayant les taux de pression fiscale les plus bas au monde. Les subventions inefficientes devront être réduites et les dépenses publiques devront davantage bénéficier aux couches les plus pauvres.

Mohammed VI, roi du Maroc, en visite d’Etat à Madagascar, à la tête d’une délégation de près de 500 personnes.Vingt-deux conventions de partenariat ont été signées entre les secteurs privés des deux pays. Un accord porte sur la valorisation et la sauvegarde du canal de Pangalanes. « Il est temps pour le Maroc et Madagascar d’engager un partenariat économique win-win dans tous les domaines », souligne le ministre de l’industrie et du développement du secteur privé. Mohammed VI s’est rendu à Antsirabe pour la pose de la première pierre d’un grand hôpital mère-enfant et d’un centre de formation professionnel d’une capacité de 1 000 élèves Le coût total est estimé à 26 millions d’euros. Pour RFI, « Mohammed VI poursuit son opération de charme en Afrique. Une stratégie diplomatique alors que le Maroc souhaite réintégrer l'Union africaine quittée il y a 32 ans » sur un différend portant sur la reconnaissance de la République Sahraoui. Mohamed VI, contre toute attente, a zappé le Sommet de la Francophonie qui se tenait durant son séjour.

Selon la Coface, après une croissance de son PIB de 3 % en 2015, l’économie malgache devrait légèrement améliorer ses indicateurs macroéconomiques en 2016. La reprise de l’activité, notamment dans le secteur du tourisme, ainsi que la reprise des investissements, dépendra toutefois de la stabilisation de la situation politique et des flux d’aide, estime l’organisme.

Selon la Banque centrale, les investissements directs étrangers ont enregistré une forte hausse sur les 9 premiers mois de l’année. Cette progression attesterait de l’amélioration progressive du climat des affaires résultant de plusieurs réformes significatives mais le tissu économique demeure très fragile. L’instabilité politique qu’a connue le pays depuis 2009 a entraîné le blocage des investissements publics et de très nombreux départs d’investisseurs.

Madagascar envisage de mettre en place une zone économique spéciale (ZES) dédiée au textile. Baptisée « Textile City », cette zone serait appelée à devenir l’un des pôles économiques du pays. Sur une superficie de 100 ha, elle pourrait accueillir 80 à 100 établissements. Le projet, dont le coût est estimé entre 250 à 300 millions de dollars, devrait démarrer au premier trimestre 2017. Ni le lieu, ni le budget ni les investisseurs ne sont encore définis.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L’opposition à l’exploitation aurifère de Soamahamanina
  • Questions électorales, CENI
  • Sommet de la Francophonie, diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, réconciliation nationale, gouvernance
  • Santé
  • Droits de l’enfant, enseignement
  • Médias, code de la communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières trafics, questions foncières
  • Sécurité alimentaire, calamités
  • Coopération
  • Vie économique

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>> Télécharger la synthèse

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ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2016

- 30 11 16 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Francophonie : plus ou moins un succès mais ça dépend pour qui
Le rideau est tombé sur Antananarivo 2016, le XVIème Sommet de la Francophonie. La dynamique optimiste qui a finalement produit cet évènement ne peut être que positive, même si son déroulement sans anicroche chagrine ceux qui auraient souhaité un échec total, un report, ou tout autre événement qui leur aurait permis de se moquer des dirigeants Malgaches. On peut objectivement tirer chapeau bas à l’exécutif politique, mais également aux milliers de personnes, célèbres et anonymes, du haut en bas de l’échelle, et qui ont fait en sorte que Madagascar puisse être au rendez-vous.

- 28/11 - Radio Vatican - Interview du jésuite Sylvain Urfer fondateur du Centre « Foi et Justice » et observateur de la vie politique malgache (SeFaFi), qui livre son regard sur l’évolution de cette île en grande difficulté. Madagascar s’est retrouvé sous les feux des projecteurs, avec l’accueil dans la capitale du Sommet de l’OIF. Cet évènement s’est déroulé en présence d’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, dont François Hollande, le président de la République française, symbolisant un retour de Madagascar dans la communauté internationale, après une longue période d’instabilité. La réalité est toutefois plus complexe : certes, le président actuel Hery Rajaonarimampianina a été élu suite à des élections, en 2014, mais son pouvoir demeure très fragile. La violence et la pauvreté restent des préoccupations quotidiennes pour de nombreux habitants, et les pouvoirs claniques et traditionnels empêchent toute mise en place d’institutions étatiques solides et toute conscience d’appartenance nationale.
http://fr.radiovaticana.va/news/2016/11/28/madagascar_rong%C3%A9e_par_la_violence,_la_pauvret%C3%A9_et_la_crise_politique/1275451 (9’15)

- 28/11 - TV5 - RFI - Internationales - Interview de Hery Rajaonarimampianina, président de la République de Madagascar à l’occasion du Sommet de la Francophonie
. Que peut l’Organisation Internationale de la Francophonie contre les inégalités et la corruption qui gangrènent nombre de pays ? Madagascar reste un des pays les plus pauvres de la planète. Quel impact le sommet peut-il avoir sur le développement de l’Ile ? https://www.youtube.com/watch?v=es9BK3MPx70 (44’28)

- 25 11 16 - Le Monde - "Pour Madagascar, organiser le Sommet de la francophonie est un investissement"

Entretien avec Ylias Akbaraly, un homme d’affaires franco-malgache de 55 ans, a repris l’entreprise de son père en 1989 alors qu’elle comptait vingt employés. Grâce à une diversification tous azimuts dans des domaines parfois risqués, le groupe Sipromad qu’il dirige aujourd’hui compte 3 000 salariés à Madagascar et affiche un chiffre d’affaires de plus de 150 millions de dollars (141,6 millions d’euros). Son conglomérat se compose d’une trentaine d’entreprises spécialisées dans la fabrication et la commercialisation de produits de grande consommation (savon, eau de Javel, bougies…) et d’autres opérant dans les secteurs de l’immobilier, la haute technologie, le tourisme, la finance, l’aviation, les énergies renouvelables… Ylias Akbaraly est considéré comme l’homme d’affaires le plus riche de Madagascar.

- 25 11 16  - RFI - Découverte de la langue malgache : Naissance et ancienneté, famille de langue. Ecriture et alphabet. Différences et variations dans l’île
avec Nasolo-Valiavo Andriamihaja, intellectuel malgache, chroniqueur au quotidien L'Express et Désiré Ramakavelo, poète : http://www.rfi.fr/emission/20161121-histoire-langue-malgache (26’30)

- 24 11 16 - Jeune Afrique - Madagascar : Qui sont les capitaines d-industrie de l'île ?

Portrait de quelques-uns des patrons les plus emblématiques de la grande île : Salim Ismail, PDG du groupe Socota, Hassanein Hiridjee, directeur général d’Axian, Naina Andriantsitohaina, président du groupe Andriantsitohaina, Marcel Ramanandraibe, PDG du groupe Ramanandraibe, Jean-Claude Ratsimivony, PDG-fondateur d’Homeopharma.

- 20 11 16 - La triste réalité de Madagascar - Lettre ouverte de Wake Up Madagascar

pov 08 11 16

"A l’attention de Madame Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’OIF.
Nous, citoyens malgaches, sommes honorés d’être les hôtes du 16e Sommet de la Francophonie, bien que l’organisation de l’événement et les mesures prises pour son déroulement sont loin d’avoir acquis l’adhésion de tous. Nous vous souhaitons la bienvenue dans notre humble pays. Malheureusement, ce Sommet qui se veut fédérateur écarte l’âme même de Madagascar qu’est sa population. Les mesures prises au nom du confort et de la sécurité des prestigieux invités ne servent qu’à cacher la réalité du Malgache de 2016 et pour certains d’entre nous, alourdissent la précarité quotidienne durant la semaine consacrée à la Francophonie"

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18 11 16 - Orange.mg - La CNIDH tire la sonnette d'alarme face à la recrudescence des vindictes populaires
« La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme a tenu une réunion du 15 au 17 novembre 2016. Les actes de vindicte populaire ayant été commis au cours de ces deux derniers mois étaient parmi les points à son ordre du jour. Selon son mandat, défini par la loi 2014-007, la CNIDH est chargée de « promouvoir et protéger tous les Droits de l’Homme sans exception », et aussi d’interpeller l’exécutif et ses démembrements sur les situations de violation des Droits de l’Homme dans tout le pays, lui proposer toute initiative tendant à y mettre fin ». De ce fait, elle ne peut se taire face à la recrudescence des vindictes populaires, qui prennent une allure préoccupante. (…) Face à ces violations flagrantes du droit à la vie, du principe de présomption d’innocence, du droit à l’égal protection de la loi et du droit à un procès juste et équitable, la CNIDH interpelle les autorités compétentes, la population et la société civile ». « La culture de l’impunité favorisée et protégée par la corruption, les interventions de hauts responsables civils et militaires, le corporatisme, le régionalisme et le tribalisme, la solidarité politique » sont les facteurs cités en première ligne dans le communiqué. S’ensuivent « les représailles, intimidations, le terrorisme politique et juridique, la perte de confiance de la population envers les institutions étatiques, et particulièrement la justice et les forces de l’ordre, les Dina non homologués qui permettent la mise à mort des présumés coupables ». La CNIDH requiert une amélioration de la bonne gouvernance, « notamment, par une lutte efficace contre les pratiques corruptives », et un renforcement de l’État de droit. Elle appelle l’État à prendre « des sanctions exemplaires à l’encontre des agents de l’État corrompus » et « exige fermement le renforcement de la lutte contre la corruption ». Elle demande au ministère de la justice « d’associer la CNIDH à l’homologation des Dina ».

- 16 11 16 - L'Express - Opinions - Chasseur de frime
Pauvreté n’est pas vice. Un proverbe bien français que le pouvoir veut royalement ignorer dans le cadre de l’accueil du sommet de la Francophonie la semaine prochaine. L’État met littéralement le paquet pour que les chefs d’État et toutes les délégations ayant confirmé leur présence, ne perçoivent pas en réalité ce qu’ils ont appris à travers les statistiques de la Banque Mondiale et des Nations-Unies, les drames humains qu’ils ont vus dans les reportages télévisés, n’aient pas l’impression qu’ils séjournent dans l’une des trois nations les plus pauvres au monde. Tout le monde y va de son ineptie pour qu’aucune trace de pauvreté ne vienne tacher l’évènement à travers lequel l’État entend montrer urbi et orbi le contraire de ce que ses détracteurs avancent à l’unanimité.

Les poussepousses et charrettes à traction humaine devront rester au garage durant le Sommet. « Si l’on se réfère aux différentes mesures prises par les autorités, certaines facettes du pays seront occultées. Des mesures cache-misère pour masquer certaines réalités socio-économiques. Et ce, dans le but avoué d’offrir une belle vitrine de la Grande île aux yeux des 3 000 invités de marque attendus », écrit Midi. Les tireurs de poussepousses et de charrettes doivent rencontrer les responsables communaux afin de trouver un compromis. Ils soulignent que tirer est leur gagne-pain quotidien. « Si nous ne tirons pas, nous et notre famille ne mangeront pas ». Le ministère des transports et la préfecture de police n’ont pas confirmé les « rumeurs » d’’interdiction de circulation pour les scooters. Certains marchés hebdomadaires seront suspendus et les sans-abris du centre-ville sont sommés de  quitter les lieux. Des centaines de pauvres, qui dorment sur les trottoirs ont été déplacés en pleine nuit par les forces de l'ordre. Les « 4'Mi », comme on a coutume d'appeler les sans-abris, ont été parqués au service d'entretien des bâtiments administratifs. Les autorités, par l’intermédiaire des présidents de Fokontany ont transmis des messages à la population pour leur recommander de ne pas se déplacer en savates ou avec des vêtements usagés. Le premier ministre dément les propos selon lesquels il y aurait atteinte à la liberté de l’individu se vêtir comme il l’entend. Tribune écrit : « Interdit d’être pauvre, tel est le mot d’ordre pour l’accueil du Sommet de la Francophonie ou du moins le ressenti du commun des Malgaches à l’approche du Sommet ». Le gouvernement a provoqué la polémique en décrétant une semaine de vacances scolaires pour les élèves du public, afin qu’ils puissent vivre l’évènement en temps réel et que la circulation des délégations officielles et de leurs 200 véhicules en soit facilitée.
Les rumeurs les plus folles ont enflé au sujet des restrictions imposées durant le Sommet, contraignant les autorités à réagir :
17 11 16 - L'Express - Mobilisation contre les rumeurs

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  12 11 16 - l'Express - Vindictes populaires : quarante morts et aucune arrestation
En l’espace d’un mois et demi, quarante-deux morts ont été dénombrés pour les neuf cas de justice populaire recensés. Aucune arrestation n’a été effectuée.
La vindicte populaire connaît une ampleur effrayante, au point d’amener à penser qu’elle est devenue la règle. En l’espace d’un mois et demi, neuf cas de justice populaire, tout aussi troublants les uns que les autres, déchirent la Grande Île de partout, jusqu’à en être déboussolé. Le bilan est lourd, quarante-deux morts pour les neuf cas d’homicide répertoriés. Et pire encore, les crimes commis par la foule semblent impunis, comme si une loi de la jungle a été imposée par des barbares, dans un État quasi impuissant. En effet, aucune arrestation n’est jusqu’à maintenant signalée.

<> 10 11 16 - SeFaFi - Communiqué - Langue malgache et francophonie
"À quelques semaines du sommet de la Francophonie à Antananarivo, le scepticisme est général. Occupées à prétendre que tout va bien, les autorités installent le décorum qui jettera la poudre aux yeux des chefs d’État invités. Mais elles gardent un silence épais sur le budget officiel alloué à cette manifestation et sur les contrats PPP conclus dans le cadre des projets, en dépit des multiples demandes émanant de la société civile. Une chose est sûre pourtant, nous le paierons très cher, ce Sommet, et pas seulement en termes de coût matériel, financier ou économique. Car une question plus profonde se pose : qu’avons-nous obtenu en contrepartie ? Quel est le rôle joué par la francophonie dans notre pays ? Une introspection s’impose, pour saisir le contexte dans lequel nous évoluons, et pour prendre de bonnes décisions pour le futur"

- 02 11 16 - Exploitation illégale des ressources naturelles : Bealanana à l’image de Soamahamanina. La Gazette rapporte que ce district de la région Sofia « fait partie de ces pans de territoire sacrifiés par les dirigeants pour des intérêts flous, sinon douteux ». Le site d’exploitation contesté s’étendrait sur 250 km2, couvrant 10 collines utilisées comme pacages pour le bétail. Comme sur d’autres sites miniers, la rivière est polluée par les résidus d’exploitation et par les agissements des exploitants. La société chinoise a en main un permis d’exploitation mais ne peut justifier d’aucun permis environnemental. Aucune concertation publique n’a été organisée. La population a alerté le « Mouvement pour la liberté d’expression » afin que sa situation trouve un écho dans les médias nationaux. La station TV Viva a consacré le 28 octobre un grand dossier à cette affaire : https://www.youtube.com/watch?v=G5zUzfUeel8 (53’58)

- 02 11 16 - Coface - Madagascar : Léger rebond en 2016
Selon la Coface, après une croissance de son PIB de 3 % en 2015, l’économie malgache devrait légèrement améliorer ses indicateurs macroéconomiques en 2016
Cette reprise est le fruit de la réintégration du pays dans l’Agoa. Le secteur textile continuera à bénéficier de l’effet positif de la réintégration du pays dans cet accord rétabli en 2014 après la crise politique. La croissance de l’économie malgache pourrait accélérer modérément en 2016 pour s’établir à 3,5 %. Les services (55 % du PIB) pourraient permettre de soutenir l’économie, notamment les transports et le tourisme, affectés en 2015 par les conséquences des grèves à Air Madagascar. Le développement du champ pétrolier de Tsimiroro, pour lequel l’État a accordé en avril 2015 une autorisation d’exploitation, ainsi que la réalisation de projets d’infrastructure suspendus depuis plusieurs années, devraient également soutenir l’investissement en 2016. La reprise de l’activité, notamment dans le secteur du tourisme ainsi que des investissements, dépendra toutefois de la stabilisation de la situation politique et des flux d’aide, estime la Coface. Le niveau peu élevé des cours du nickel et du cobalt, principales sources de recettes d’exportation du pays, limitera la contribution des exportations à la croissance. Le phénomène climatique El Niño pourrait affecter les récoltes et exercer une pression à la hausse sur les prix des biens alimentaires. La baisse annoncée des subventions sur les prix de l’énergie (électricité, essence), si elle est effectivement mise en place, accentuera la hausse des prix.

- 01 11 16 - Déclaration du rapporteur spécial de l'ONU, John H Knox, sur droits de l'homme et environnement
John H. Knox a effectué une mission à Madagascar du 25 au 31 octobre en qualité d’expert indépendant sur les obligations des gouvernants en matière de droits relatifs à la jouissance d'un environnement sûr, propre, sain et durable. Nommé en mars 2012 par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies, il a été chargé d'étudier la relation entre les droits de l'homme et l'environnement, et de promouvoir la mise en œuvre des obligations des Etats en la matière. John H. Knox évoque dans sa déclaration la grande vulnérabilité de Madagascar aux changements climatiques, l’insécurité alimentaire qui frappe le Sud, « le droit à l'information sur les questions environnementales, le droit de participer à la prise de décisions concernant l'environnement, les droits de la liberté d'expression et d'association en matière d'environnement, et le droit d'avoir accès à des recours efficaces pour dommages à l'environnement ». Il évoque également le trafic illégal de bois précieux et des espèces en voie de disparition, ainsi que les conflits nés des exploitations minières.

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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