JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2018

- 18 11 18 - Un duel entre deux ex-présidents : c'est l'affiche du second tour de la présidentielle. Andry Rajoelina (39,19 %) et Marc Ravalomanana (35,29 %) se sont qualifiés selon les résultats provisoires proclamés par la CENI. Le 2e tour est prévu le 19 décembre. Hery Rajaonarimampianina, en 3e position, obtient le faible score de 8,84 % Le pasteur Mailhol, fondateur de la secte Apokalipsy arrive en 4e position avec 1,27 % des suffrages. Les 32 autres candidats se partagent les miettes, comme Didier Ratsiraka avec un petit 0,45 %. Seuls 5 candidats atteignent la barre de 1 %. Le taux de participation s’élève à 54,2 %, un chiffre bien inférieur au premier tour la présidentielle de 2013 où le taux avait atteint 61 % . En annonçant les résultats du premier tour, la CENI s’est défendue de toute irrégularité. « Nous avons adopté trois règles de conduite : transparence, impartialité et indépendance », a déclaré son président, Hery Rakotomanana, devant les observateurs internationaux et nationaux, des journalistes et des représentants des candidats. Le président de la Commission de l’UA appelé tous les candidats « à continuer de faire preuve de responsabilité et à s’abstenir de tout acte de nature à compromettre la stabilité du pays dans l'attente de l'annonce officielle des résultats définitifs par la HCC. En cas de contestation, ils doivent faire exclusivement recours aux procédures et mécanismes prévus par la loi » indique-t-il. La HCC dispose d’un délai de 9 jours pour proclamer les résultats définitifs. Les deux candidats se sont exprimés sur les réseaux sociaux et se disent prêts à aller au second tour. « Je soutiens la vraie démocratie et regrette que le traitement des résultats par la CENI n’ait pas été transparent. Cela ne nous empêchera évidemment pas de gagner, avec vous tous, et rendre sa fierté au peuple malagasy » a déclaré Andry Rajoelina. « Malgré les anomalies constatées autour du premier tour du scrutin présidentiel, je remercie la population malgache par le calme et le comportement louable dont elle a fait preuve, notamment pour la défense de son choix. » a déclaré Marc Ravalomanana. Le comité juridique de Hery Rajaonarimampianina a déposé une plainte auprès de la HCC et du Parquet pour « "fraudes massives et non-respect de la loi autour de l'élection. »
Il y a près de dix ans, Andry Rajoelina succédait à Marc Ravalomanana sans élection, un événement qualifié de « coup d'Etat » par la communauté internationale. Tous les deux interdits de se présenter à la dernière présidentielle de 2013, c'est par les urnes que ces deux adversaires pourront prendre leur revanche
Résultats complets : https://www.facebook.com/wakeupmada/photos/a.119146388285287/1001441640055753/?type=3&theater

- 16 11 18 - Le Monde - A Madagascar, l'accord de pêche avec la Chine pris dans les filets de la présidentielle
Le très controversé projet d’accord de pêche signé avec un consortium chinois, en septembre, pour un investissement de 2,7 milliards de dollars (près de 2,4 milliards d’euros) coulera-t-il avec la déroute d’Hery Rajaonarimampianina à l’élection présidentielle ? Son instigateur, Hugues Ratsiferana, refuse pour le moment de l’envisager. Encore sonné par l’ampleur de la polémique provoquée par ce qui aurait dû être accueilli, selon lui, comme « une bonne nouvelle », le directeur général de l’Agence malagasy pour le développement et de promotion d’entreprises (AMDP) dit ne pas avoir renoncé à convaincre du bien-fondé de ce projet. Mais jusqu’à l’issue de l’élection, tout restera gelé. « Je n’ai pas peur. Le futur président, quel qu’il soit, pourra juger que ce projet est bénéfique pour le développement de Madagascar », confie-t-il. Ses détracteurs dénoncent un projet surdimensionné conduisant à un accaparement des ressources halieutiques, alors que le pays souffre d’un important déficit alimentaire. Ils s’interrogent également sur les conditions dans lesquelles a été conclu cet accord-cadre annoncé en marge du Forum sur la coopération sino-africaine, le 5 septembre à Pékin, soit deux jours avant la démission de M. Rajaonarimampianina pour mener campagne. Et sans que le ministre des ressources halieutiques et de la pêche n’ait été associé ni même informé.

- 14 11 18 - Le Monde - Présidentielle à Madagascar : les favoris unanimes pour critiquer la commission électorale
Le calme dans lequel s’est déroulé le premier tour de l’élection présidentielle n’aura pas duré longtemps. Alors que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) continue de publier les résultats au compte-gouttes, les trois ex-présidents et favoris du scrutin contestent d’ores et déjà les chiffres et émettent des doutes sur l’intégrité de la commission. Le 14 novembre au matin, sur près de 70 % bureaux de vote traités, Andry Rajoelina arrivait en tête avec 39,47 % des voix, suivi de Marc Ravalomanana (36,73 %) et de Hery Rajaonarimampianina, le président sortant (7,49 %).

- 14 11 18 - Echos du dépouillement du 1er tour de l'élection présidentielle

La lenteur dans la collecte des résultats alimente les suspicions des uns et les appréhensions des autres. Tout particulièrement au niveau du duo de tête qui voit ses scores stagner, avec toujours un léger avantage à Andry Rajoelina, alors que ceux du président sortant et des « petits candidats » remontent lentement. Cinq jours après le scrutin, seuls 53 % des résultats des 24 852 bureaux de vote ont été centralisés et validés par la CENI. Le délai fixé pour l’acheminement des résultats à la Section de recensement des matériels des votes (SRMV) est atteint, ouvrant la voie à des PV de carence qui équivaudraient à une invalidation ou à une annulation des bulletins concernés. Au matin du 12 novembre, la CENI avait reçu les PV issus de 30 des 114 districts. D'après le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, des moyens ont été déployés pour réduire au maximum les risques de PV de carence dressés pour dépassement des délais légaux. « Une annulation des voix obtenues dans des bureaux de vote à cause d’un retard d’acheminement des résultats dans les SRMV pourrait alors être à l’origine de mouvements de contestation de la part des candidats et de leurs partisans », note Tribune.

« Les trois anciens présidents, qui attendent toujours les résultats officiels du premier tour de la présidentielle, rivalisent d’arguments pour discréditer le scrutin », constate Jeune Afrique

Les représentants d’Andry Rajoelina ont annoncé se retirer du processus d'observation du traitement des résultats au niveau de la CENI. Ils estiment que « les conditions d'observation du comptage des voix ne sont pas réunies » et qu'ils ne peuvent par conséquent « pas approuver les résultats provisoires publiés actuellement ». Ils déplorent, entre autres, l’impossibilité d’accéder et de contrôler le traitement informatique. Me Fredon Rakotondrajao, représentant du candidat Rajoelina à la CENI, a laissé entendre que « soit il y a fraudes électroniques, soit une manipulation des résultats manuels, soit un piratage informatique au niveau de la CENI ». Sur la chaîne Viva TV le député du Mapar Roberto Tinoka a pointé du doigt les hauts commissaires de cette instance et mis en cause la responsabilité de la CENI dans le cas d’une crise post-électorale. Ce départ en trombe coïncide également avec la baisse du pourcentage des voix obtenues par Andry Rajoelina sur les résultats du scrutin consolidés jusqu’ici et la réduction de l’écart de voix entre les deux protagonistes. Les partisans de Marc Ravalomanana mettent également de pression sur la Commission mais ils ne sont pas aussi vindicatifs. L’équipe juridique du candidat s’est rendue au siège de la CENI, suspectant les commissaires de manipulation de voix. La remontée spectaculaire du président sortant suscite également des interrogations, de même que la non-publication intégrale des résultats des arrondissements de la capitale, supposés acquis à Marc Ravalomanana. L’équipe du candidat souhaite pouvoir procéder à des confrontations de PV, une requête qui serait impossible à satisfaire avant la publication des résultats provisoires.

Le 13 novembre au soir, les tendances provisoires après dépouillement de 63 % des bureaux de vote donnaient Andry Rajoelina en tête, suivi de Marc Ravalomanana, avec respectivement 39 % et 37 % des voix. Hery Rajaonarimampianina améliore petit à petit son score, avec plus de 7 % des voix.

L’Express constate la formation d’une alliance HVM, TIM et Mapar contre les résultats partiels produits par la CENI.

Interdiction de sortie du territoire (IST) prise à l’encontre de Mbola Rajaonah, nouveau supporter de Marc Ravalomanana. Affaire de bois de rose à Singapour, détournements et fausses déclarations au niveau du service des douanes. Ce seraient, entre autres, les dossiers de justice impliquant le conseiller spécial de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, PDG de la société de transit Tafaray et du groupe de presse RLM Communication. L’opérateur économique de renom qui serait dans le collimateur du Bianco pour des affaires de corruption depuis plusieurs mois aurait fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Il aurait déjà ignoré plusieurs convocations du Bianco. Des observateurs font le rapprochement avec l’affaire Claudine Razaimamonjy, ex-conseillère spéciale du chef de l’Etat, poursuivie et placée sous mandat de dépôt pour des dossiers de détournement de subventions. Mais selon Les Nouvelles, cette mesure aurait été prise à l’initiative du chef de l’Etat sortant et du premier ministre, proche d’Andry Rajoelina, qui reprocheraient à l’opérateur d’avoir divulgué des informations confidentielles sur la présidence de la République et de financer par opportunisme la campagne de Marc Ravalomanana. « Le soutien de Mbola Rajaonah à Marc Ravalomanana dans la conquête de la présidence de la République devient de plus en plus un sérieux problème pour certains politiques », écrit La ligne de lire.info. L’alliance Mbola Rajaonah-Marc Ravalomanana nuirait aux visées d’Andry Rajoelina, soutenu par l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, analyse plusieurs médias.

- 13 11 18 - Jeune Afrique - Après dépouillement de la moitié des suffrages, la tension monte
Les équipes des trois candidats favoris s’opposent aux résultats encore partiels. Personne n’a fait mention d’une future descente dans la rue, mais la tension monte. Au matin du 13 novembre, six jours après la clôture du vote, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’avait dépouillé que 56% des 24 582 bureaux de vote. Selon ces résultats provisoires, Andry Rajoelina arrive en tête avec 39,06%. Marc Ravalomanana est deuxième avec 36,53%, loin devant Hery Rajaonarimampianina (8%). Le taux de participation s’élevait à 53,56%. Mais les propres chiffres des trois candidats diffèrent de ces tendances. Ce sont leurs délégués présents dans les bureaux de vote qui ont fait remonter des exemplaires de procès-verbaux. Leurs équipes dans la capitale consolident ensuite les données. Et ils sont plus avancés que la CENI.

- 10 11 18 - Union Européenne - Déclaration préliminaire des observateurs électoraux

- 10 11 18 - France Culture / Culture Monde – Interview de Laurence Caramel, envoyée spéciale du Monde à Madagascar
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http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-09.11.2018-ITEMA_21886903-0.mp3?track=false (18’ en début d’émission)

- 08 11 18 - Le Monde - A Madagascar les électeurs peuvent se rhabiller tous les cinq ans
Lors de la campagne de l’élection présidentielle, les candidats les plus fortunés ont distribué allègrement tee-shirts, casquettes et parfois petits billets. On dit qu’en Afrique la démocratie est balbutiante, voire immature, mais elle n’a pas que des inconvénients. Chaque campagne électorale est un grand événement, non pas parce qu’un homme providentiel peut surgir de nulle part et faire naître une espérance nouvelle – ça arrive rarement –, mais parce que les caravanes publicitaires et les meetings sont des lieux de distributions massives de produits dérivés (tee-shirts, casquettes et parfois petits billets). Les badauds y sont très sensibles et, dans un pays comme Madagascar où 76 % de la population vit avec moins de 1,9 dollar par jour, ces cadeaux sont appréciés, notamment pour affronter des hivers qui sont très frais sur les hauts plateaux centraux.

07 11 18 - Le Monde - Présidentielle à Madagascar - Les femmes sonnent le réveil citoyen

Corruption, élections, dépense publique… Des militantes se battent pour que le pays revienne aux normes de bonne gouvernance.

- 07 11 18 – Vatican News - À Madagascar, des élections présidentielles sans grand espoir
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Près de dix millions de malgaches sont attendus dans les 25 000 bureaux de vote du pays ce 7 novembre, pour le premier tour des élections présidentielles. Le processus électoral sera surveillé de près, par plus de 6 000 observateurs indépendants, ainsi que des personnes déléguées par l’Union européenne et la Communauté de développement de l’Afrique australe. Mais ce déploiement ne doit pas donner d’illusion particulière. La stabilisation politique du pays semble encore lointaine. Sylvain Urfer, jésuite, connait bien le pays. Il y habite depuis 1974, ayant été pendant 25 ans curé d’Anosibe, paroisse d'un des quartiers les plus pauvres d’Antananarivo. Une ville où il a aussi fondé le Centre Foi et Justice (groupe de recherche sur Madagascar) et le SeFaFi (Observatoire de la vie publique). Selon lui, ces élections ne devraient pas ramener le pays à une plus grande stabilité après les émeutes de ces dernières années. Le déblocage politique n’aura pas lieu sans un changement de mentalités, dans ce pays où les ressources naturelles et humaines sont pourtant abondantes. La population se désintéresse de la politique tandis que les gouvernants ou les candidats ont en général une conception peu altruiste du bien commun. Le soir du premier tour sera donc certainement maussade sur l’île de l’Océan indien. À moins qu’il ne soit vraiment agité, comme le craint le père Urfer dans l’interview de Radio Vatican :
https://media.vaticannews.va/media/audio/s1/2018/11/2/12/134702626_F134702626.mp3

- 06 11 18 - Le Monde - A Madagascar, une présidentielle dominée par le sentiment d'abandon de la population
Les trois favoris, tous anciens chefs de l’Etat, se disputent un électorat dont la grande majorité continue de vivre dans une extrême pauvreté.

- 06 11 18 - Le Monde Afrique - Présidentielle à Madagascar - André Mailhol, le candidat de l'Apocalypse
Le fondateur de l’Eglise Apokalipsy, une secte qui compte près de 2 millions de fidèles, se présente au scrutin présidentiel.

- 06 11 18 - Le Monde Afrique - A Madagascar, Pierrot ira voter le ventre vide
Près de 1,2 million de personnes sont victimes de la sécheresse dans le sud de l’île et une partie souffre de malnutrition aiguë.

- 05 11 18 - Collectif Tany - Terres malgaches et élections présidentielles
Alors que l’attention des medias et de l’opinion publique se focalise sur les élections présidentielles, des citoyens dans plusieurs régions font l’objet de menaces imminentes de perte de leurs terres et risquent de partager le sort de ceux qui en ont déjà été victimes au cours des mois et années passés. Le Collectif TANY souligne que leur positionnement et leurs projets sur les terres malgaches, ou leur silence sur le sujet, revêtent une importance capitale pour le développement du pays et l’avenir de chaque famille, et appelle chacun à faire preuve de vigilance sur le sujet dans la préparation de la réalisation de son devoir de citoyen.

- 05 11 18 - Le Monde Afrique - Le candidat qui a le plus d'argent peut s'offrir une visibilié dans les médias malgaches
A Madagascar, la télé se paie. Pour 500 millions d’ariarys (un peu plus de 123 000 euros), les candidats à l’élection présidentielle ont pu s’offrir un « pack campagne premier tour » sur TV Plus. De quoi bénéficier, entre autres, de cinq émissions spéciales, quatre-vingt-dix spots radio ou encore cinquante-deux spots télé de trente secondes chacun. L’accès aux chaînes de télévision, aux stations de radio ou aux journaux privés de l’île est payant, et les tarifs ne sont pas plafonnés. « C’est complètement injuste, s’insurge Erick Rajaonary, l’un des trente-six candidats au scrutin du 7 novembre. On veut présenter notre programme mais on n’a pas les moyens de se payer les prime time. C’est vraiment la loi du plus fort : celui qui a le plus d’argent peut s’offrir une vraie visibilité. » L’homme, par ailleurs PDG de l’entreprise Guanomad, consacre la moitié de ses frais de campagne aux médias.

- 05 11 18 - France Info -Madagascar - Une campagne électorale avec des frais qui dépassent l'entendement
Madagascar s’apprête à aller aux urnes pour élire son président de la République, mercredi 7 novembre. Quelque 36 candidats sont en lice, dont quatre anciens présidents et trois ex-premiers ministres. Pays indépendant depuis 1960, la Grande Île n’en est pas à sa première élection. Cependant, cette campagne a quelque chose de différent des précédentes : une débauche ahurissante de moyens déployés par les trois candidats favoris. "Une indécence", aux yeux de certains, dans un pays où 9 personnes sur 10 vivent avec moins de trois dollars par jour.

<> 03 11 18 - Amnesty International - Il faut que le prochain gouvernement mette fin aux violations des droits humains
Il faut que le prochain gouvernement malgache mette fin à la répression brutale des droits humains dans le pays, a déclaré Amnesty International à l’approche de l’élection qui se tiendra le 7 novembre..

- 03 11 18 - Le Monde Afrique - A Madagascar Hery, un président isolé au bilan terni par la corruption
Madagascar, un nouveau départ ? Le chef de l’Etat sortant, candidat à sa succession, n’est pas favori face aux « revenants » Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana.

L’heure de la revanche a sonné. Interdits de candidature à l’élection présidentielle de 2013, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana attendent depuis cinq ans de pouvoir  se mesurer l’un à l’autre tout en écartant du chemin celui qui n’aurait dû être qu’un concurrent de substitution, par définition dénué d’ambitions. Mais Hery Rajaonarimampianina n’entend pas retourner sur le banc de touche. Après avoir achevé son mandat en respectant la Constitution, ce qui est assez rare dans l’histoire politique mouvementée de Madagascar, l’expert-comptable discret, voire effacé, a choisi de solliciter à nouveau les suffrages. Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 7 novembre. Au lendemain de son soixantième anniversaire. Aux côtés de ces trois ex-présidents, trente-trois autres candidats, pour la plupart inconnus, seront en lice.

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01/11 - Institut d’Etudes politiques de Madagascar (IEP) - Comparateur des offres politiques des candidats à la présidentielle 2018

candidats

Historiquement, l’IEP Madagascar sous la direction de son président, Davida Rajaon, avec le Pr Christiane Rafidinarivo, a publié un canevas d’analyse des offres politiques. Cet outil a été utilisé pour formuler des questions à poser aux candidats à la présidentielle.

En 2017 et 2018 l’IEP a mené des enquêtes sur la socialisation politique et sur la perception de l’offre et de la demande politique dans les six provinces.

Fort de ces travaux, Davida Rajaon et ses étudiants ont poursuivi leurs recherches pour proposer un comparateur des offres politiques des candidats à la présidentielle dénommé « i-fampitah ». L’objectif principal du comparateur est d’informer et de mieux informer les citoyens. L’élection est une occasion importante pour une prise de conscience collective sur des sujets du vivre ensemble, de la gouvernance et du développement, trois grands thématiques du projet de société.

https://election-madagascar.net/2018/09/13/candidats/

 

 

 

 

 

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REVUE DE PRESSE - OCTOBRE 2018

Plus que quelques jours de campagne avant le 1er tour du scrutin présidentiel, le 7 novembre. De nombreuses péripéties ont émaillé la période de campagne, faisant parfois douter que le scrutin puisse se dérouler à la date fixée et dans des conditions telles que la paix civile soit assurée et le résultat accepté par toutes les parties.

pov 19 10 18« Campagne ou caprice ? A quoi sert une campagne dans un pays extrêmement pauvre ? » A plus forte raison, à quoi sert une élection dont le budget est fourni par l’assistanat international, s’interrogeait L’Express à mi-parcours, affirmant « qu’une campagne d’une telle immoralité est complètement inutile. Les débats d’idées sont cruellement absents pour faire place à une avalanche de discours pompeux et des dépenses inconsidérées. Quant aux résultats, ils seront le fruit d’un tour de prestidigitation de la CENI et de la HCC », affirme le titre qui conclut : « Voilà pourquoi une campagne, une élection, ne sont que des artifices démocratiques dans un pays où le budget d’un candidat équivaut à six fois le montant de la Facilité de crédit du FMI sur trois ans. »

La Gazette a publié en début de campagne la photo des trois candidats dont le nom arriverait en tête d’un sondage commandé par la fondation FES et Politika, dont la publication a été interdite par le pouvoir.  On y voit cote à cote Hery Rajaonarimampianina, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Jeune Afrique affirme qu’Andry Rajoelina arriverait en tête suivi de Marc Ravalomanana. Les commanditaires ont déclaré qu’ils n’avaient communiqué les résultats du sondage à aucun organe de presse. Fuite ou « fake news » ? s’interrogent les observateurs.

Les évêques ont dénoncé la récupération politique par certains candidats de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) qui s’est tenue à Mahajanga. Ils ont invité les jeunes à procéder à un vote responsable. L’archevêque d’Ihosy a exhorté les candidats présents à respecter la liberté de conscience des croyants et à « ne pas échanger leur voix contre des cadeaux éphémères. Ne vous fiez pas aux beaux discours et aux belles promesses. C’est une anarque et une forme de corruption. (…) Je vous invite à contrôler et à défendre la justice et la transparence ». L’Eglise ne soutient aucun candidat, a-t-il réaffirmé.

pov 03 10 18Une « Charte de bonne conduite et d'intégrité des candidats » de 30 articles a été proposée par le CRN et plusieurs partenaires de la société civile. Peu après l’ouverture de la campagne, seuls 12 candidats l’avaient signée, cinq ont marqué leur refus d'apposer leur nom sur un document qu'ils qualifient de « mascarade », parmi lesquels Didier Ratsiraka, le pasteur Mailhol et Fanirisoa Ernaivo, magistrate, ancienne présidente du SMM. Si Hery Rajaonarimampianina l’a signée, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina l’ont boycottée. Un collectif d’une vingtaine de candidats a exigé en vain de la HCC la transformation de la Charte en instrument légal, opposable à tous.

Le comité paritaire à l’origine de la Charte a annoncé la publication d’un rapport hebdomadaire sur son application. Le rapport des 15 premiers jours de campagne pointe du doigt « les dérives des candidats Marc Ravalomanana, Hery Rajaonarimampianina et Andry Rajoelina ». 13 candidats sont félicités pour leurs tentatives d’engager des débats d’idées constructifs. Le second rapport a confirmé les dérives constatées. Les démonstrations de force l’emportent sur les débats d’idées et les insultes pleuvent entre les candidats. Le président sortant et Andry Rajoelina sont montrés du doigt pour le déploiement de moyens faramineux. Le groupe des 25 candidats signataires de l’accord de Nanisana qui demandent notamment le report du scrutin est critiqué pour vouloir manipuler la liste électorale officiellement clôturée.

Les violences relevées par le projet d’appui à la prévention et la gestion de conflits et violences potentiels liés aux élections (PEV Madagascar) se sont multiplié dangereusement en fin de campagne. Violences et non-respect de la loi occasionnant un climat de conflit entre les candidats. Des agressions physiques ont été rapportées. Les réseaux sociaux ont alimenté ce climat de tension. La CENI a semblé impuissante à ramener les partisans des candidats à la raison, de même que le Comité paritaire de la Charte de bonne conduite, malgré les appels lancés aux candidats.

pov 26 10 18Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) a adressé aux 36 concurrents un questionnaire à remplir en ligne. Dix questions pour connaître leurs sources de financement et leur budget de pré-campagne et de campagne. L’ONG s'est engagée à enquêter sur la véracité des informations délivrées. Sa directrice, Ketakandriana Rafitoson, dénonce la provenance des fonds utilisés par les trois derniers ex-présidents aujourd'hui candidats, tous trois notamment impliqués d'une manière ou d'une autre dans les trafics de bois de rose. « S'ils investissent des millions d'euros dans cette campagne, (…) c'est qu'ils cherchent un retour sur investissement », écrit-elle, s’interrogeant sur les contreparties des appuis financier nationaux et étrangers. Une pétition en ligne a été lancée pour exiger des candidats la transparence. En fin de mois, un seul candidat, peu connu, avait retourné le questionnaire. « En ne jouant pas la transparence financière, les candidats méprisent les citoyens », a déclaré Ketakandriana Rafitoson au micro de RFI.

L’Aviation Civile de Madagascar (ACM) a bloqué l’autorisation d’importation et d’exploitation des hélicoptères des candidats Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana et Mahafaly Olivier alors que Hery Rajaonarimampianina avait déjà obtenu la sienne. Le premier ministre a ordonné au DG de l’ACM de satisfaire ces demandes. Une réquisition qui a été ignorée. Les supporters d’Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana ont alors fait le siège des bureaux de l’ACM. Après de vives discussions, le DG, James Andrianalisoa, membre du bureau politique du parti HVM, a accordé son autorisation (5 appareils pour Andry Rajoelina, 2 pour Marc Ravalomanana). Pour L’Express, le refus opposé par le directeur de l’ACM était fondé sur des raisons de sureté et de sécurité aérienne et aucunement sur des considérations politiciennes. Andry Rajoelina disposerait à lui seul de sept hélicoptères, dont l’heure de vol peut facilement se chiffrer à 3 000 euros, selon Midi.

Le « DFP » ou Dinika ho an’ny Fanavotam-pirenena a annoncé qu’il déposera des plaintes à l’encontre des fonctionnaires qui font fi des textes en vigueur et participent à la campagne électorale. Il affirme avoir reçu des centaines de doléances en provenance de ses antennes dans les régions.

La Commission de contrôle des comptes de campagne ne dispose d’aucun budget de fonctionnement. Ses membres ne reçoivent pas d’indemnités et ne disposent d’aucun local. Qualifiée de véritable avancée par le premier ministre, l'institution apparait comme une coquille vide. Les candidats eux aussi ont du mal à se mettre en règle. Seuls cinq candidats ont ouvert un compte unique de campagne. Une situation qui interpelle le Samifin et la Commission de contrôle du financement de la vie politique (CCFVP). Le Samifin aurait en outre reçu de nombreuses informations relatives à des suspicions de blanchiment d’argent. Les investigations sont en cours a affirmé son directeur général.

Une centaine d'experts du processus électoral, originaires de 25 pays européens, ont été désigné par l’UE comme observateurs. Parmi eux, 40 observateurs « longue durée ». « Quoique symbolique, l’observation des membres de la communauté internationale a toujours été considérée comme une crédibilisation de l’élection », écrit Tribune. Le chef de la mission d'observation, Cristian Preda, a fait part de son étonnement de constater que sur 36 candidats, seuls une poignée font réellement campagne, accompagnée de diverses distributions de « cadeaux ». Une bonne vingtaine semblent avoir déposé un dossier de candidature sans volonté réelle de jouer le jeu, plus intéressés par une confrontation avec les institutions de l’Etat et la quête d’une nouvelle transition.

Les membres du HFI (Mouvement pour la refondation) ont attiré l’attention de l’opinion en début de campagne électorale en annonçant un projet de création d’« Etats » provinciaux autonomes. Le 11 septembre ils avaient déjà annoncé la création de l’« Etat » regroupant « la population de la province de Mahajanga » et peu avant encore une annonce semblable avait été faite pour la région Sud. L’objectif principal de cette initiative, selon des observateurs, serait de provoquer une situation de déstabilisation et de remettre en cause le processus électoral en cours. Le président de la République par intérim, Rivo Rakotovao, a condamné fermement ces initiatives. En juillet, le HFI, avec à sa tête le bouillant Pety Rakotoniaina, ancien maire de Fianarantsoa, avait manifesté pour exiger le report de la présidentielle.

Pety Rakotoniaina a été arrêté pour enquête sur le mouvement « Fanjakana Gasy » auquel il est également associé, et placé en détention provisoire à Antanimora. Le président du parti Tambatra est accusé d’atteinte à la sûreté de l’État en période électorale et d’incitation de la population à la révolte. L’autre personne poursuivie dans cette affaire, Rainidiana Liampivoarana, a bénéficié d’une mise en liberté provisoire. « Il y a des limites à la liberté d’expression, elle ne permet pas de dire tout ce que l’on veut. L’Etat a dû prendre ses responsabilités », a déclaré le président par intérim, Rivo Rakotovao, qui accuse les animateurs du mouvement de visées sécessionnistes. « Les manœuvres dilatoires destinées à détourner l'attention des prochains scrutins se multiplient », a écrit La Vérité, s’interrogeant sur un possible financement russe de ces opérations de déstabilisation, dont l’objectif serait de permettre à des sociétés russes de se voir attribués des blocks pétroliers offshores et des ressources aurifères.

La CENI est parvenue à réunir 30 candidats pour des échanges retransmis en direct mais qui aurait été interrompus sur ordre du gouvernement. Deux candidats ont été excusés et quatre n’ont pas répondu à l’invitation : Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina, Jean Ravelonarivo et Jules Etienne.

nm 26 10 18Le débat a très vite tourné à la remise en cause du processus électoral en raison, selon les participants, d’irrégularités, du manque de neutralité du gouvernement et de la HCC, de l’inégalité flagrante au niveau des moyens financiers des candidats, du manque de transparence sur les sources des financements de certains d’entre eux et des anomalies de la liste électorale. Les candidats ont réclamé la démission du premier ministre et de son gouvernement et la mise en place d’une Cour électorale spéciale à la place de la HCC. Le report de l’élection a alors été réclamé pour permettre la mise en place des nouvelles structures à même d’assurer la crédibilité du scrutin. La rencontre s’est achevée par la signature d’un « accord politique » entre 25 des candidats présents et la décision de réunir une « conférence souveraine ». Selon Serge Zafimahova de la plateforme Madagascar Développement et Ethique (MDE), l’« accord politique » ouvre la voie à une dérive vers une longue transition. Un accord qui s’apparente à une œuvre de déstabilisation. Face à ces revendications le mouvement Rohy et Transparency International ont déclaré qu’ils sont opposés au report du scrutin, qui serait illégal, et à l’instauration d’une nouvelle transition.

La « Conférence souveraine » a réuni plus d’un millier de participants au CCI d’Ivato. Des invitations ont été largement distribuées à la classe politique, aux religieux, à la société civile et aux simples citoyens. 19 des 25 candidats ayant signé l’accord politique ont donné 72 heures au gouvernement, à la CENI et à la HCC pour la réouverture de la liste électorale. Dans un communiqué, la HCC a condamné cette initiative et le premier ministre a laissé entrevoir la possibilité de sanctionner les candidats qui ne respectent pas les engagements signés lors du dépôt de leur candidature.

Les porte-paroles du collectif ont déposé une requête à la HCC aux fins de réouverture de la liste électorale. Jean Max Rakotomamonjy et une délégation de candidats ont été reçu par Rivo Rakotovao. Le chargé d’affaire de l’ambassade des Etats-Unis s’est prononcé pour le respect du calendrier électoral. La HCC a fait remarquer que les procédures de révision spéciales sont susceptibles de générer de nombreuses dérives. Les pratiques permettant de « gonfler » la liste ne permettent pas de contrôle effectif par les acteurs du processus électoral compte tenu des délais impartis.

L’ultimatum lancé par les 25 candidats est arrivé à échéance. Toutes les démarches engagées pour tenter de convaincre les responsables étatiques ont été vaines. Les autorités ont craint que, dos au mur, les candidats soient tentés de provoquer des troubles. Le préfet de police de la capitale a prévenu que des mesures draconiennes avaient été prises pour sécuriser le processus électoral et que les fauteurs de troubles seraient immédiatement incarcérés.

La manifestation du collectif a pu se tenir. Les forces de l’ordre qui quadrillaient les lieux ont cédé la place. Le meeting avait été autorisé mais son encerclement par les forces de l’ordre a découragé le public. La candidate Fanirisoa Ernaivo, ancienne présidente du SMM, a tenu des propos extrêmement violents à l’égard des forces de l’ordre. La CNIDH et le ministère de la justice ont fermement condamné ses déclarations.

« Développement humain : des indicateurs inquiétants pour Madagascar, placé au 161e rang sur 188 pays », titre Midi. L’IDH 2018 indique que même si Madagascar a légèrement amélioré son score, passant de l’indice 0,512 à 0,519, le pays a régressé dans le classement, passant de la 159e à la 161e place.

Suite aux émeutes qui se sont produites à Morondava en septembre, 17 personnes ont été placées en détention provisoire. La ministre de la justice a condamné les menaces proférées à l’encontre des magistrats qui ont accordé une liberté provisoire à deux présumés voleurs de zébus, libération à l’origine pour partie des troubles qui ont secoué la ville et ses environs. Une radio locale appartenant à un député aurait incité la population à la révolte. Le premier ministre a décrété sa fermeture. Tribune a noté que cette décision est la première depuis 5 ans pour une question relative à la liberté d’expression.

Un directeur d’école a été tué par balle par des dahalo dans le district de Manja. Le village avait été pris d’assaut par une soixantaine de dahalo venus s’emparer de troupeaux. L’épouse de la victime a été prise en otage. Huit dahalo ont été passés par les armes à Antsahavola. Une bande de 18 hommes armés avaient attaqué le village pour voler des bovidés. Une femme et son bébé avaient été pris en otage. Les attaques de dahalo s’intensifient dans des communes de la région Androy. Les vols de troupeaux s’accompagnent souvent désormais de prises d’otages. Les habitants d’une commune enclavée du district d‘Iakora ont abandonné leur village pour échapper à l’insécurité et se réfugier dans d’autres fokontany.

La caserne de gendarmerie d’Amboasary-Sud a été attaquée par 80 hommes armés qui ont libéré deux détenus et pillé des logements de fonction. Trois d’entre eux ont été abattus. Des centaines de dahalo armés repentis placés sous l’autorité du commandant de la compagnie de gendarmerie se sont abstenus d’intervenir. Ils sont suspectés de complicité.

Depuis le début de l’année, 700 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’opération de sécurisation « Mandio », dont 300 jetées en prison, indique le responsable de communication de la gendarmerie. 128 armes à feu ont été saisies. Dans le cadre de cette opération, 1,2 tonne de chanvre indien a été saisie dans la région Diana. Deux présumés dahalo ont été abattus par les forces de l’ordre lors d’une tentative de fuite, près de Tsiroanomandidy. La famille accuse la gendarmerie d’avoir procédé à une exécution sommaire.

Un réseau de blanchiment de bœufs volés a été démantelé à Mahajanga. Quatre fonctionnaires, dont un vétérinaire, sont suspectés d’avoir délivré de faux documents de traçabilité. Les bêtes objet du trafic faisaient partie du butin de dahalo. Selon le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, certains de ses hommes jouent un double jeu vis-à-vis des dahalo.

A Miandrivazo, un affrontement entre groupes rivaux de villageois, conduits par les chefs Fokontany, a fait 12 morts. Suite à un incendie ayant détruit 385 habitations à Mananjary, des scènes d’émeute se sont produits dans la ville. L’arrestation d’un présumé pyromane a provoqué un début de vindicte populaire. Le commissariat a été assiégé, obligeant les forces de l’ordre à évacuer le prévenu à la prison, où les auditions se sont poursuivies. A Fénérive-Est, trois inspecteurs de police en service commandé ont été victimes d’une vindicte populaire. Ils s’étaient rendus en tenue civile dans un village pour procéder à une perquisition et à l’arrestation d’un homme suspecté de vol de vanille. Des menaces de représailles des forces de l’ordre ont été véhiculées sur les réseaux sociaux, faisant craindre le déclanchement d’une opération punitive. Des vindictes populaires se sont produites également à Vavatenina et Andapa. Tribune déplore qu’aucun candidat à la présidentielle ose aborder la question des vindictes populaires et propose de solutions à un phénomène qui se généralise.

Onze individus suspectés d’être les auteurs d’un kidnapping dans le district de Maevatanana ont été arrêtés dans le cadre de l’opération « Mandio ». Ils sont suspectés d’avoir kidnappé des agents de la société Kraoma et d’avoir perçu une très forte rançon. Deux femmes ont été enlevées à Tsaratanàna dans le cadre de l’attaque à main armée d’un foyer. Une rançon de 200 millions Ar a été exigée. Une bande de 16 dahalo armés a kidnappé quatre enfants dans une carrière à Maevatanana, exigeant le paiement d’une rançon de 50 millions Ar.

Un français d’origine indienne, propriétaire d’une pharmacie, a été enlevé dans un quartier résidentiel de la capitale. Des opérateurs économiques interpellent les autorités et leur demandent d’agir pour mettre un terme à ces enlèvements qui font fuir les investisseurs.

Quatre membres de la cellule mixte d’enquête anti-kidnapping, dont trois gendarmes, ont été placés en détention préventive pour une affaire de corruption présumée. Plusieurs millions Ar ont été retrouvés par les enquêteurs au domicile de l’un des prévenus.

Un ressortissant français, DG d’une entreprise franche, a été tué lors d'un cambriolage à son domicile opéré par une bande de cinq individus. Une réunion du Comité de sécurité s’est tenue à l'ambassade de France. Le président du syndicat des industries de Madagascar a dénoncé un climat d’insécurité et d’instabilité.

L’équipe nationale de football, qui venait de se qualifier pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, est tombée dans une embuscade tendue par des étudiants. Ils protestaient contre une coupure d’électricité qui durait depuis trois jours. Ils ont réclamé de l’argent aux joueurs et ont jeté des pierres sur leurs véhicules. Sortis indemnes de cet événement, les joueurs ont annoncé qu’ils allaient, par solidarité, reverser aux étudiants l’intégralité de leurs primes de match.

Dans le cadre du « mois de l'amnistie des armes », le ministère de la défense a procédé à la destruction, au cours d’une spectaculaire cérémonie sur le parvis de l’hôtel de ville de la capitale, de 843 armes rendues ou saisies lors des opérations de sécurisation menées par les forces de l'ordre. Cette cérémonie était une première dans l’histoire du pays. Sur les cinq dernières années, selon les statistiques de la gendarmerie, 4 000 personnes ont trouvé la mort à Madagascar, victimes du banditisme.

La Haute Cour de Justice (HCJ) enfin opérationnelle. Ses membres ont été présentés officiellement et ont prêté serment. Les quatre premiers dossiers qui seront traités concernent un ancien président de la République et d’anciens ministres, dont les noms n’ont pas été révélés. Le 1er dossier concernerait Jean Razafindravonona, ancien ministre des finances du gouvernement Kolo. La requête déposée par un collectif demandant la destitution du président de la HCC pourrait être le second dossier.

Pour lutter contre la corruption, la justice malgache mise sur l'informatisation. Dans le cadre du projet d'informatisation de la chaîne pénale soutenu par l’UE, un logiciel a été testé dans plusieurs tribunaux. Le but est d'améliorer l'administration de la justice pénale et de limiter les possibilités de corruption à chaque étape du traitement d'un dossier.

Pour la première fois, le rapport 2016/2017 de la Cour des comptes a été diffusé en directe sur les ondes et à la TV. Il dresse un constat accablant de la gestion des deniers publics, écrit L’Express. Une part trop importante du budget de l’Etat est consacrée au fonctionnement et la charge des traitements ne cesse d’augmenter. Les dépenses d’investissement n’atteignent pas 25 % du budget.

La société civile, à travers le projet Fandio financé par l’UE, a élaboré un livre blanc mettant en avant les aspirations citoyennes sur la gouvernance, l’environnement et les ressources naturelles, le social et la culture, l’économie et les infrastructures. Il fait un état des lieux et formule des propositions de solutions. Le livre blanc devait servir d’outil et de référentiel pour analyser les visions, valeurs et programmes des 36 candidats à la présidentielle. La fondation allemande FES et le projet Fandio ont proposé l’organisation d’un débat avec l’ensemble des candidats mais les 2/3 d’entre eux, dont les trois favoris, n’ont pas répondu à l’invitation.

L’examen du projet de loi sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme risque de subir un nouveau retard en raison de la mobilisation de la classe politique pour la campagne présidentielle. Les parlementaires se montrent par ailleurs réticents à adopter ce projet perçu comme pouvant porter préjudice à leurs intérêts. Le FMI et les partenaires techniques et financiers font pression pour son adoption rapide.

« Nouveau rebondissement dans l’affaire de biens mal acquis de Mamy Ravatomanga en France », écrit le site « La ligne de mire ». La 4e société civile immobilière dont sont actionnaires les époux Ravatomanga a également été saisie en juin 2018 par la justice française, après les trois premières frappées par la même décision. Le patrimoine immobilier de l’homme d’affaires, PDG du groupe Sodiat et proche d’Andry Rajoelina, est estimé à 4,2 millions d’euros. Un patrimoine acquis en 2010, durant la Transition. Les magistrats exploiteraient plusieurs pistes sur l’itinéraire des fonds ayant permis ces acquisitions immobilières et ont demandé la coopération judiciaire des autorités de plusieurs places financières. Maurice n’aurait pas donné suite.

Amnesty International a publié un communiqué accompagnant un important rapport sur la condition carcérale à Madagascar. « Des milliers de personnes sont maintenues en détention préventive injustifiée, excessive et prolongée dans des conditions qui mettent leur vie en danger », titre le communiqué. Intitulé « Punis parce qu’ils sont pauvres. Le recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive à Madagascar », le rapport se fonde sur des visites effectuées dans neuf établissements où les conditions de détention sont jugées effroyables. La presse rapportait, peu avant la publication du rapport, qu’à la maison centrale d’Antanimora, dans certains quartiers, plus de 140 détenus dorment dans un unique dortoir, avec 0,5 m2 par détenu. « 65 à 70 % des détenus souffrent de malnutrition », titre Newsmada, qui fait état des chiffres délivrés par l’administration pénitentiaire elle-même. Pour marquer la 2e année d’exercice de son mandat la CNIDH a organisé une table-ronde sur l’amélioration des conditions carcérales, avec la participation de l’équipe du bureau régional d’Amnesty, auteure du rapport. La ministre de la justice a rappelé à la délégation d’Amnesty international venue lui remettre son rapport que plusieurs mesures allant dans le sens souhaité ont été prises depuis sa nomination.

L’UNICEF a interpelé les 36 candidats à la présidentielle, les invitant à inclure dans leur programme un engagement spécifique et un plan d’action pour faire avancer la cause, le bien-être et les droits des enfants.

Six millions de dollars sont nécessaires au PAM pour pouvoir poursuivre son programme d’alimentation scolaire dont bénéficient jusqu’ici200.000 enfants, notamment dans le Sud.

Indice de la faim dans le monde : Madagascar se classe au 116e rang sur 119 pays dans le rapport 2018 du global hunger index (GHI). 43,1 % de la population est en situation de malnutrition cette année, contre 31,8 % en 2010.

L’OIT, l’Unicef, l’OIM et le HCDH se sont penchés sur la situation des mineurs victimes de la traite. En 2016, pour la tranche d’âge 5-14 ans, 22,1% des enfants étaient en situation de travail forcé, soit 1,2 million d’enfants. De nombreux enfants sont victimes d’exploitation sexuelle. L’absence de sanctions liées aux formes de travail des enfants et le manque de ressources pour l’application de la législation entravent les efforts du gouvernement pour lutter contre ces abus. Six projets de lois devraient être examinés durant la session parlementaire sur la lutte contre le travail des enfants, l’esclavage moderne et la traite des êtres humains. Les débats sont précédés d’un atelier qui vise à mettre en commun les actions des parties prenantes.

Une quinzaine de femmes, dont une dizaine d’employées de maison en instance de départ pour l’Arabie Saoudite, ont été interpellées, ainsi qu’une femme responsable d’un réseau. Plusieurs complices sont recherchés. Quatre ans après l’adoption de la loi sur la traite des êtres humains, les réseaux criminels continuent de prospérer malgré des coups de filet réussis, note L’Express.

Selon l'Unicef, sur 10 femmes qui meurent chaque jour suite à des causes liées à l’accouchement, trois sont des adolescentes de moins de 19 ans. Le taux de mariages précoces à Madagascar est l’un des plus élevés au monde. L’éducation des filles reste un défi important. En primaire, le taux de rétention scolaire des filles est anormalement faible.

pov 09 10 18Bois de rose : le Comité permanent de la CITES a rejeté le « business plan » défendu par les ministres de l’environnement et de la justice en vue de commercialiser les bois saisis ou les stocks répertoriés. Pour l’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International, ce dispositif aurait conduit à indemniser les trafiquants. Le Comité a néanmoins pris note des progrès de Madagascar en matière de renforcement des mesures de contrôle et de lutte contre l’exploitation forestière et l’exportation illégale. Il demande aux autorités « d’explorer d’autres solutions que le système de compensation des détenteurs de stocks des bois de rose et d’ébène pour pouvoir contrôler tous ces stocks ». La société civile dénonce le manque de volonté politique du gouvernement à mettre fin aux trafics.

Un camion transportant 448 madriers et rondins de palissandre a été intercepté à Tsinjoarivo. Cette saisie est intervenue quelques jours après une saisie de 68 madriers de cette même essence à Mandoto. Les forces de l’ordre, l’administration et la justice de Morondava sont impuissants à réprimer les trafiquants de bois de palissandre. La forêt de Menabe Antimena est à la merci des trafiquants qui agissent en toute impunité, écrit La Vérité.

Deux ONG exigent la fermeture immédiate et définitive de l'exploitation aurifère illégale de la société Mac Lai Sime Gianna à Vohilava (district de Mananjary). Elles demandent que des sanctions soient prises à son encontre pour les dommages causés à la santé et aux moyens d'existence des communautés concernées et à l'environnement ; elles accusent les autorités de complicité avec la société chinoise.

Des pêcheurs Antandroy ont adressé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle, relayée par le Collectif Tany, pour les alerter sur l’effondrement des ressources suite à l’octroi de droits de pêche à des navires étrangers. On estime entre 500 et 700, le nombre de navires de pêche qui sont en permanence au large de la Grande île. Le préjudice est évalué, au minimum, à 500 millions de dollars.

« La crevette, cet ‘or rose’ dont Madagascar ne voit pas la couleur », titre Le Monde. Les Ismail père et fils, « rois des gambas » dans la Grande île, ont recours à des circuits financiers offshore pour les millions de dollars tirés de l’exportation des crustacés, selon les « Panama Papers ».

Selon le WWF, entre 2009 et 2016 plus de 10 000 tortues terrestres ont été exportées illégalement, principalement vers l’Asie. Ce type de commerce occuperait la 4e place mondiale, derrière les stupéfiants, les contrefaçons et les trafics d’êtres humains. Plus de 7 300 jeunes tortues ont été retrouvées dans une cachette par la gendarmerie et des agents du ministère de l’environnement à Ampanihy. Six ans d’emprisonnement ferme et 100 millions Ar d’amende ont été prononcés à Toliara pour trois trafiquants de tortues radiées. C’est la peine la plus lourde jamais enregistrée contre des trafiquants de cette espèce protégée. Deux ressortissants chinois ont également été condamnés à 6 ans de prison et 150 millions Ar de peine et d’amende pour un vol de tortues à Androka.

La ville d’Antananarivo plongée dans la pollution et les détritus. Les écologistes tirent la sonnette d’alarme. Ils affirment que ces ordures sont à l’origine de diverses maladies et que la situation est favorable au développent d’une nouvelle épidémie de peste ; ils pointent du doigt la corruption au sein des institutions en charge de l’assainissement.

Les maladies dues à la pollution couteraient chaque année à Madagascar entre 117 et 166 millions de dollars, soit 1,2 à 1,7 % du PIB en raison de la perte de productivité. En 2016, 31,3 % des décès à l’échelle nationale auraient été causés par la pollution. Antananarivo fait partie des villes les plus polluées au monde, avec un taux moyen de 60 μg/m3, trois fois plus supérieur au seuil de 20 μg/m3 fixé par l’OMS.

Réchauffement climatique : au-delà de 1,5°C, les conséquences seront dramatiques pour la biodiversité malgache. A 2°C le réchauffement provoquerait la disparition de 25 % des espèces de la Grande île d’ici 2080.

510 000 ha de forêts sont partis en fumée en 2017, soit 3,8 % de ce qui reste de la couverture forestière nationale. Du jamais vu à Madagascar, qui bat un record mondial, devant le Brésil, l’Indonésie et la RDC.

147 familles ont été expulsées à Belobaka suite à la démolition de 69 toits après la délivrance d'une ordonnance du tribunal. Le propriétaire du terrain a procédé à la démolition après un préavis de seulement 48 h.

Les habitants situés à proximité de la base militaire d’Ivato se disent victimes d’un accaparement illégal de leurs terrains. Ils sont situés sur le trajet de la nouvelle route reliant Tsarasaotra à Ivato. Les auteurs d’un tel accaparement seraient selon eux des officiers de l’armée. Une centaine de riverains se sont réunis pour protester contre l'expropriation de leur terrain pour la construction d'une route reliant l’entreprise Filatex à l'aéroport d’Ivato. Cinq kilomètres ont déjà été remblayés sur les rizières de petits propriétaires. Aucun tracé ne figure sur aucun document officiel. Ce sont plus de 2 500 familles qui vivent dans la crainte. Plus d’une dizaine de milliers seraient concernées directement ou indirectement pas ce projet. L’avocat des riverains accuse l’Etat de compromission avec le patron indo-pakistanais de Filatex.

nino 01 10 18L’accord de pêche et d’aquaculture conclu par le chef de l’Etat avec les Chinois deux jours avant sa démission a provoqué une très vive émotion. Les organisations de la société civile demandent que les détails de l’accord soient rendus intégralement publics et demandent sa suspension immédiate. Le ministre de la pêche, Augustin Andriamananoro, bras droit de l’ancien président de la Transition, a condamné la signature de cet accord. Une pétition « pour tenter de protéger la population de Madagascar et préserver son secteur halieutique fragile et unique » a été mise en ligne. Les acteurs non étatiques du secteur pêche et aquaculture des 16 pays membres de la SADC ont fait part de leurs préoccupations Le chef de l’Etat démissionnaire a catégoriquement nié l’existence de cet accord autorisant notamment la venue de 330 bateaux de pêche chinois. Signé entre partenaires non-étatiques, le contenu de l’accord échapperait à l’ambassade de Chine.

Le coût économique annuel des pertes causées par les cyclones et les inondations est estimé de 470 à 940 millions de dollars pour un PIB de 10,5 milliards, souligne l'agence de coopération allemande GIZ. Le changement climatique annoncé aggravera encore la situation.

Un protocole d’accord a été signé entre l’Etat et les compagnies pétrolières destiné à assurer l’approvisionnement en carburant de la Jirama. L’accord devrait permettre de suspendre les « délestages économiques ». Un compromis aurait été trouvé sur le mode de règlement de la dette de l’entreprise publique.

La société d’Etat « Kraomita Malagasy » est devenue une joint-venture malgacho-russe. Le devenir de la société était compromis par des affaires de détournement de fonds, des suspicions de corruption, une mauvaise gestion et d’importants dégâts cycloniques. Les dettes accumulées s’élevaient à plusieurs millions de dollars. La création de cette joint-venture entre dans le cadre du renforcement des liens entre Madagascar et la Russie. Le chef de la diplomatie malgache s’est réjoui de la réactivation des liens historiques entre les deux pays. De nouvelles perspectives de coopération ont été évoquées. Un protocole d’accord a été récemment signé pour la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime. Il pourrait être élargi à la surveillance des côtes malgaches et à celle de la ZEE, notamment dans les secteurs litigieux proches des îles Eparses détenues par la France, supposées recéler d’importants gisements pétroliers.

L’ambassadeur de Turquie milite en faveur du renforcement des relations avec Madagascar, mettant en avant la politique étrangère « entreprenante et humanitaire » de son pays. Une « diplomatie de développement », qui a pour ambition d’aider Madagascar à « produire pour pouvoir vendre des produits transformés. »

Baisse de près de 7 % du nombre de touristes étrangers sur la période janvier-septembre, par rapport à la même période de 2017. L’insécurité grandissante en serait la cause principale, que ce soit sur les axes routiers que dans les parcs nationaux et les aires protégées.

 

 SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation de la présidentielle – Campagne électorale

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Condtions carcérales
  • Droits des enfants, droits des femmes, traite
  • Santé
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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ARTICLES REMARQUES - OCTOBRE 2018

<>  27 10 18 - RFI - Interview de Ketakandriana Rafitoson de TI-IM - « En ne jouant pas la transparence financière, les candidats méprisent les citoyens »
Le 7 novembre aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle qui verra s’affronter 36 candidats. Ketakandriana Rafitoson est la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar. En tant que représentante de la société civile, elle dénonce la débauche de moyens des trois plus gros candidats, les promesses ubuesques lancées à la foule lors de meetings fastueux, l’absence de projet concret de société et le manque de transparence des fonds investis dans la campagne. Une « situation indécente » explique Ketakandriana Rafitoson, « pour les millions de Malgaches qui peinent à se nourrir au quotidien ». Elle répond aux questions de Sarah Tétaud.
http://www.rfi.fr/emission/20181027-jouant-pas-transparence-financiere-candidats-meprisent-citoyens

<> 24 10 18 - Rohy et TI-IM - Communiqué face à l'actualité électorale
Face aux revendications émises par le collectif de candidats, le mouvement Rohy et TI-IM ne sont favorables ni au report des élections qui serait illégal, ni à une nouvelle transition
qui ne pourrait avoir que des impacts négatifs sur la population et le pays. Les deux associations considère que la CENI a fourni « des efforts consistants » pour fiabiliser la liste électorale. Rohy s’est organisé avec ses partenaires pour couvrir des bureaux de vote dans les lieux les plus peuplés et les plus enclavés. Il demande à tous les candidats de disposer des délégués dans les 24.853 bureaux afin de sécuriser au maximum le scrutin. Il exhorte le gouvernement à communiquer sur tous les aspects techniques de l’organisation car « le faible accès à l’information et le déficit actuel de communication entretiennent l’opacité et engendrent nécessairement des inquiétudes et des rumeurs incontrôlables ». Rohy et TI-IM ne sont pas non favorables à la mise en place d'une Cour Electorale Spéciale (CES) en cette période très proche du premier tour.
A ce jour aucun des 36 candidats n’a renvoyé le formulaire leur demandant les origines et le montant de leur budget de campagne qui leur a été transmis par la société civile, notamment le mouvement Rohy et Transparency International (TI-M). Le questionnaire avait pour but d’apprécier l’effectivité de la prise en compte de deux engagements de la Charte de bonne conduite et d’intégrité des candidats relatifs à la transparence financière de leur campagne.

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  23 10 18 - Amnesty International - Communiqué - Des milliers de personnes en détention préventive injustifiée, excessive et prolongée dans des conditions qui mettent leur vie en danger
52 personnes sont mortes en détention préventive en 2017, de nombreuses personnes, dont des femmes et des enfants, sont maintenues en détention préventive prolongée pour des infractions mineures telles que le vol. Les conditions de détention, déplorables, s’apparentent à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dénonce l’ONG. Intitulé « Punis parce qu’ils sont pauvres. Le recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive à Madagascar », le rapport sur lequel repose le communiqué se fonde sur des visites effectuées dans neuf établissements pénitentiaires, où plus de 11 000 personnes ont été placées arbitrairement en détention préventive, souvent pour des années. Amnesty a constaté que les conditions de détention des neuf établissements visités sont effroyables.
Télécharger le rapport d'Amnesty international :https://www.amnesty.org/download/Documents/AFR3589982018FRENCH.PDF (123 p.)

Voir la vidéo sur Facebook (1'53) : https://www.facebook.com/orangeactu/videos/318097598921821/

Amnesty international propose d'adresser un courrier à la ministre de la justice. Télécharger le modèle de lettre


- 19 10 18 - L'Express - Edito - Campagne ou caprice ?
A quoi sert une campagne dans un pays extrêmement pauvre ? A plus forte raison, à quoi sert une élection dont le budget est fourni par l’assistanat international ? Une campagne électorale d’une telle immoralité est complètement inutile. Les débats d’idées sont cruellement absents pour faire place à une avalanche de discours pompeux et des dépenses inconsidérées. Quant aux résultats, ils seront le fruit d’un tour de prestidigitation de la CENI et de la HCC, affirme l’auteur qui conclut : « Voilà pourquoi une campagne, une élection, ne sont que des artifices démocratiques dans un pays où le budget d’un candidat équivaut à six fois le montant de la Facilité de crédit du FMI sur trois ans. »

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14 10 18 - RFI - Présidentielle à Madagascar : Transparency International interpelle les candidats
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Depuis le 8 octobre, les caravanes des candidats défilent dans les rues étroites de la capitale. Ici, celle du candidat Andry Rajoelina. Ecrans géants mobiles, camions par dizaines, foule compacte de partisans, distribution de casquettes, t-shirts... Financements occultes ou fonds de campagne opaques, à Madagascar, « Transparency International Initiative Madagascar », interpelle les candidats à la présidentielle et les défie. L'organisation de la société civile vient d'envoyer aux 36 concurrents un questionnaire à remplir en ligne. Dix questions pour connaître leurs sources de financement et leur budget de pré-campagne et de campagne. Aux candidats de transformer leur discours sur la bonne gouvernance en actes concrets. Aux électeurs de s'inspirer de leurs réponses pour voter le 7 novembre prochain en connaissance de cause. De son côté, Transparency s'engage à enquêter sur la véracité des informations délivrées.
« Ce n'est pas l'argent qui doit dominer, ce sont les idées. Malheureusement, avec les distributions de goodies à tout va, on voit depuis les cinq jours de campagne électorale que les pratiques n'ont pas changé. » La déclaration de la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar est cinglante. Ketakandriana Rafitoson ne se fait guère d'illusions. Son organisation a des doutes sur l'efficacité de la toute récente Commission créée pour contrôler, à l'issue des élections, les comptes de campagne des candidats. « On est au cœur de la campagne et c'est au cœur de la campagne que le choix des citoyens se décide. Donc si on attend que la campagne soit terminée pour révéler les fraudes, les malversations, le choix de l'électeur sera fait : il sera trop tard », explique-t-elle.
En se basant sur des rapports publiés par plusieurs organisations de renommée internationale dont la sienne, Ketakandriana Rafitoson dénonce la provenance des fonds utilisés par les trois derniers ex-présidents aujourd'hui candidats. « Même s'ils le nient à corps et à cri, c'est un fait. M. Ravalomanana, M. Rajoelina et M. Rajaonarimampianina, qui successivement ont été à la tête de l'Etat, ont tous été impliqués d'une manière ou d'une autre dans le trafic de bois de rose, notamment, affirme la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar. Nous, notre démarche, c'est vraiment de dire à la population, "ne soyez pas amnésiques. Rappelez-vous de ce qu'il s'est passé et faites votre choix très rationnellement". Parce qu'il y va de l'enjeu de ce pays. S'ils investissent des millions d'euros dans cette campagne, ils ne le font pas pour nos beaux yeux. C'est qu'ils cherchent un retour sur investissement ». Soutiens d'entrepreneurs locaux, dont de grands noms de la finance et de l'industrie malgaches, mais également appuis étrangers, Transparency International cherche à savoir qui finance qui, et avec quelle contrepartie.
http://www.rfi.fr/afrique/20181012-presidentielle-madagascar-transparency-international-interpelle-candidats

11 10 18 - Le Monde - La crevette, cet "or rose" dont Madagascar ne voit pas la couleur
Les Ismail père et fils, « rois des gambas » dans la Grande île, ont recours à des circuits financiers offshore pour les millions de dollars tirés de l’exportation des crustacés. Leur société, Unima, domine cette industrie à Madagascar et a été la première à bénéficier de la certification Label Rouge décerné par le ministère français de l’agriculture. Les crustacés leur rapportent des millions de dollars qui se retrouvent dans un lacis de circuits financiers offshore opacifiés par une myriade de sociétés écrans, selon les « Panama Papers ». L’élevage de crevettes d’Unima est loué pour son côté écologique, mais sa capture de crevettes sauvages le long des côtes de la Grande Ile est controversée. Le chalutage d’Unima est en concurrence directe avec les pêcheurs locaux, qui dépendent de la mer pour leur subsistance. Pour Victor Galaz, professeur associé à l’université de Stockholm et auteur d’une étude sur les liens entre l’évasion fiscale et la dégradation environnementale causée par la pêche, quand une entreprise tire son profit d’une activité nuisible pour l’environnement tout en plaçant une partie de ses bénéfices dans les paradis fiscaux, les conséquences sont doubles : « Cela cause une perte considérable pour le pays où se déroule l’activité et des dégâts sur l’environnement, qui ont aussi un coût. » L’influence politique de la famille Ismail pourrait compliquer sa mise en cause dans l’impact fiscal et environnemental de l’activité d’Unima.

- 09 10 18 - Africanargument.org - 36 candidates, 4 ex-presidentes and a lot of money
Article en anglais de "African Arguments" sur la stratégie des candidats à l'élection présidentielle et le financement de leur campagne. L'article revient notamment sur le coût exhorbitant de la campagne
de Hery Rajaonarimampianina en 2013 : 43 millions de dollars soit 21,5 dollars par voix obtenue, quasiment le double du montant par électeur de Donald Trump en 2016 et environ 15 fois plus que celle de François Hollande, selon l'étude réalisée par la FES.

- 09 10 18 - Le Monde - A Madagascar, coup d'envoi d'une campagne électorale marquée par le combat des "ex"
La campagne électorale a officiellement débuté à Madagascar. Elle durera un mois, jusqu’au 7 novembre. Au-delà du ou des deux candidats qui parviendront à franchir le premier tour menant à la magistrature suprême parmi les 36 prétendants, l’enjeu sera de parvenir à conduire un processus électoral dont la régularité ne soit pas remise en cause. Au risque, si tel n’était pas le cas, de faire basculer la Grande Ile dans l’une de ces crises post-électorales dont elle est coutumière.

<> 09 10 18 - RFI - Polémique autour d'un nouvel accord de pêche avec la Chine
Un accord de pêche et d'aquaculture, d'un montant de 2,7 milliards de dollars, crée la polémique, éclipsant presque le début de la campagne présidentielle. Alertés par la société civile qui juge l'accord opaque, les médias se sont emparés de l'affaire. L'accord-cadre, conclu presque en catimini le 5 septembre dernier à Pékin entre l'Agence malgache de développement économique (ADMP) et un consortium d'investisseurs chinois (Taihe Century Investments Developments Co. Lmt), crée l'inquiétude. La nature même du contrat soulève des questionnements. Et les communications officielles contradictoires qui se sont succédées pour tenter de rassurer ont eu l'effet inverse. L’accord prévoit la création de plusieurs sociétés, dont une qui mobiliserait une flotte de pêche chinoise de 330 navires. Actuellement seuls 40 à 60 navires de pêche parcourent les côtes de la Grande Ile et les petits pêcheurs sont déjà lésés, fait-on remarquer.
Une pétition « pour tenter de protéger la population de l'île Madagascar et préserver son secteur halieutique fragile et unique » a été mise en ligne et a déjà recueilli plus de 14 000 signatures : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_gouvernement_Malgache_le_gouvernement_Chinois_Madagascar_Revoquer_laccord_de_peche_avec_la_Chine/?aXXjxnb&newuser=1

- 09 10 18 - RFI - Un début de campagne électorale sous tension
Les 22 candidats qui refusent d'aller à l'élection avec la liste électorale actuelle se sont rassemblés dans le quartier d'Ambohijatovo pour dénoncer des tricheries et exiger sa révision
. « Il y a des millions de Malgaches qui ne sont pas inscrits sur la liste électorale, explique Fanirisoa Ernaivo. Est-ce que l’OIF a dit combien de Malgaches n’étaient pas inscrits sur cette liste ? Non ! Est-ce que l’OIF a dit combien de décédés étaient inscrits sur cette liste ? Non ! Ils n’ont rien vu. Est-ce qu’ils savent combien de personnes sont des personnes qui n’existent pas dans cette liste ? Non ! Mais nous, on le sait ! » Ils dénoncent aussi des fraudes perpétrées par d'autres prétendants, notamment des distributions d'argent aux électeurs. C'est ce qu'explique le candidat Erick Rajaonary. « Nous devons demander des explications à la CENI. Il ne faut plus accepter les fraudes. Il ne faut plus seulement regarder les gros candidats, mais il faut aussi voir les autres. Nous pouvons faire avancer Madagascar. Nous sommes propres, mais pour les autres vous savez ce qui se passe : c'est sale. Voici ce qui pourrait arriver si ça continue : une crise postélectorale. Il faut éviter ça dans les plus brefs délais » Et d’ajouter, désabusé : « les résultats sont déjà connus. Ce n’est pas la peine de dépenser de l’argent et du temps à faire campagne. »
Pour répondre au collectif des 22 candidats, le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, a déclaré qu’il est impossible de toucher à la liste électorale. Diverses raisons d’ordre financière, technique et surtout juridique ne permettent pas d’accéder à cette demande. « C’est la Constitution qui fixe les dispositions d’ouverture et de clôture de cette liste », explique l’ancien secrétaire général du ministère de l’intérieur.

<> 01 10 18 - Tribune - Un plan d'indemnisation des trafiquants de bois de rose dénoncé par la société civile
L’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International- Initiative Madagascar (TI-IM) dénoncent le plan de système d’indemnisation des trafiquants de bois de rose que L’État envisage de mettre en place. Les deux entités demandent à la CITES de rejeter le business plan proposé par le gouvernement malgache, qui doit être présenté le 2 octobre à Sotchi. L’État présentera à la CITES sa proposition de mécanisme d’audit des stocks de bois précieux ainsi que son plan d’utilisation de ces stocks. Ce plan prévoit un système d’indemnisation des détenteurs illégaux de bois précieux ayant déclaré leurs stocks en 2011 afin de permettre l’audit et la sécurisation des grumes actuellement sous leur contrôle. Le plan prévoit à la suite de la réalisation de l’audit de ces stocks leur commercialisation, ainsi que celle des stocks déjà saisis par les autorités. Lors de la réunion du Comité permanent de la CITES, qui s’est tenue en 2017, une première version de ce business plan avait pourtant été rejeté, certaines dispositions du rapport devraient, d’après l’avis du Comité Permanent, faire l’objet de révisions. Le « nouveau » business plan ne répond toujours pas à de nombreuses recommandations exprimées par les Etats membres. Il ne prévoit aucun mécanisme de surveillance et de contrôle des produits des éventuelles ventes de bois précieux par l’Etat. Le plan est tout aussi silencieux sur l’impact que pourrait avoir cette vente sur l’exploitation illégale et le trafic de bois précieux. Une investigation récemment menée par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) a démontré que les réseaux mafieux de trafic de bois précieux opèrent encore en toute impunité, aidés par la complicité de personnalités issues de l’administration et du pouvoir politique. Cette enquête montre que certains candidats à la présidentielle ont été ou sont encore impliqués dans le trafic de bois précieux.

 

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REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2018

Pour le SeFaFi, l’élection d’un président ne suffit pas à garantir la bonne marche des affaires étatiques. « Les législatives et les communales constituent même les échéances électorales les plus importantes : elles permettent d’élire les représentants de la population chargés d’élaborer et de voter les lois de la République (législatives), ainsi que les responsables qui fourniront aux citoyens des services administratifs de proximité (communales). Devraient aussi enfin suivre les élections régionales et provinciales. Il est donc crucial de se pencher dès maintenant sur l’organisation de ces scrutins ». Le SeFaFi appelle les citoyens à un vote responsable : « osons sanctionner par le vote, ne laissons pas les autres bourrer les urnes en votant à notre place », lance-t-il.

Une « Charte de bonne conduite et d’intégrité » pour les candidats à la présidentielle a été élaborée par le CFM. Son président a expliqué qu’il s’agit d’une « initiative morale capitale », dans une démarche commune de recherche d'apaisement. « Le candidat s'engage à respecter les lois en vigueur, à saisir les juridictions compétentes, en cas de fraudes ou de contentieux, au lieu de descendre dans la rue et de recruter des gros bras », explique-t-il. Mais si la charte a pour but de prévenir ce genre d'agissements, elle ne possède pas de caractère obligatoire. De nombreuses institutions et organisations de la société civile ont été associées aux travaux préparatoires. Seuls 27 représentants des candidats sur 36 ont participé à la réunion de présentation du draft. Parmi les absents, le représentant d’Andry Rajoelina. Un seul candidat est venu en personne. La cérémonie de signature est fixée au 3 octobre. Une campagne de vulgarisation suivra, prise en charge notamment par le mouvement Rohy.

Financement des campagnes électorales des candidats : « Guerre de moyens occultes », titre Tribune. L’étude comparative des pratiques dans l’espace francophone, confiée par l’UE à un consultant en décembre 2016, éclaire sur les sources et l’ampleur des financements des candidats. « C’est finalement une guerre de moyens et non une campagne de persuasion par les idées », déplore le site. Il est notamment écrit : « Le financement politique en Afrique francophone demeure de provenance privé et souvent occulte, ouvrant ainsi la porte aux dons provenant de l’étranger et/ou de fonds illicites ». C’est seulement en 2018, grâce à cette étude comparative, que l’on se rend compte des sommes colossales distribuées par le vainqueur des présidentielles de 2013 : 43 millions de dollars, soit 21,5 dollars par voix obtenue. On peut en déduire, ajoute le site, que des centaines de millions de dollars circulent dans le pays à l’occasion de cette élection.

Après vérification de la liste électorale par la CENI, le nombre d’électeurs est de 9 903 599, près de l’objectif de 10 millions que la Commission s’était assigné. Le vice-président de la CENI a souligné que 250 000 doublons ont été retirés, ainsi que 4 000 autres indument inscrits. Nombreux seraient cependant les électeurs qui se plaignent de ne pas figurer sur la liste. Alors que la liste était annoncée comme bouclée, 10 289 électeurs ont été ajoutés avec l’accord des tribunaux. Objectif de la CENI : prendre en compte les « électeurs omis » qui ont effectivement accompli la procédure d’inscription. A ce nombre d’omis (23 159) ont été retranchés 12 870 doublons. La conclusion d’un l'audit mené par l’OIF évoque un fichier électoral « fiable malgré quelques anomalies ». Dans ses conclusions, le général Siaka Sangare, chef de mission, a avancé que « le cadre légal est conforme aux normes légales internationales, inspirées des instruments internationaux tels que la DUDH, le Pacte international relatif aux droits civiques et politiques (…) ».

La plateforme de la société civile Rohy a annoncé le lancement d'un « Observatoire indépendant des élections » et le déploiement de 6 050 observateurs nationaux. Ils seront en place dans 520 communes au plus tard le 7 octobre, un mois avant le1er tour du scrutin.

Une formation a été proposée aux assesseurs. Une session de 2 jours financée par l’USAID et réalisée par l’Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique (EISA) et par la CENI.

Une mission d'observation électorale de l’UE sera conduite par un membre du Parlement européen. L’équipe d’encadrement est composée de 10 personnes. 40 observateurs de longue durée seront déployés dès le 6 octobre pour observer le processus électoral dans les différentes régions.

La CENI craint des risques des litiges électoraux suite à la publication des résultats de sondages d’opinion. La première opération du genre à Madagascar, annoncée par la fondation allemande Friedrich Ebert, a été interdite au dernier moment par le pouvoir. La revue Politikà s’est vue amputée des 16 pages qui devaient relater les résultats. Les initiateurs du sondage ont déploré une telle décision, arguant du fait que ce genre d’opération est « une démarche courante et acceptée dans toutes les démocraties du monde, quoique inédite dans l’histoire des élections à Madagascar ». La FES a précisé que ce sondage aurait pu éclairer l’opinion sur l’importance que l’on donnait à la notion de « grands » et de « petits » candidats. Il aurait pu changer la perception des électeurs à qui ont été présentés des « pseudos favoris », jugés sur leur capacité à rassembler des foules et à organiser des shows électoraux. La décision a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux. La loi électorale interdit les sondages à partir du 7 octobre, date d’ouverture de la campagne officielle.

Plusieurs pays (Corée, Japon, Allemagne, Grande Bretagne) ont apporté leur contribution au financement de la campagne, via le Basket Fund Sacem (Soutien au cycle électoral) dirigé par le Pnud.

Vague de nomination avant le départ de Hery Rajaonarimampianina. Le dernier conseil des ministres que le chef de l’Etat a dirigé avant sa démission suite à sa candidature à sa propre succession a été marqué par la nomination de deux de ses anciens ministres au poste d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Russie et en Chine. La dame de compagnie de son épouse a été nommée sénatrice. Des nominations qui ont suscité nombre d’interrogations. En outre, des promotions ont été décidées in extremis en faveur de 65 officiers élevés aux différents grades de généraux. Plusieurs centaines d’autres officiers ont bénéficié d’un avancement. « Les forces armées défendront le verdict des urnes », déclare le ministre de la défense.

Didier Ratsiraka a tenté de mobiliser les autres candidats dans l’objectif de réclamer le report du scrutin après la saison des pluies, en mai 2019. Ils sont 16 à avoir répondu à son initiative. Le candidat Tabera Randrianarisoa, qui a déposé auprès du Conseil d’Etat une requête en annulation du décret de convocation des électeurs en date du 29 juin pour irrégularités, était au nombre des contestataires. Des partisans du candidat Solo Norbert Randriamorasata sont venus protester contre la candidature d’Andry Rajoelina devant la HCC. « Le pouvoir n’est pas fait pour les putschistes », pouvait-on lire sur leurs pancartes. La Dépêche rappelle que des politiciens, des leaders syndicaux et des organisations de la société civile ont déjà alerté les magistrats de la HCC sur cette entorse aux principes qui prévalent au niveau international. Le quotidien rappelle en outre que l’Alliance Voahary Gasy et Transparency International ont mis en cause Andry Rajoelina et la Transition dans les trafics de bois de rose. Pour Les Nouvelles, qu’il s’agisse de la requête déposée par Tabera Randrianarisoa ou de l’initiative de Didier Ratsiraka, tout a été entrepris dans le but unique d’éviter au président de la République d’avoir à démissionner avant le 7 septembre, comme le lui impose la Constitution.

La HCC et le Conseil d’Etat ont rejeté toutes les requêtes déposées mais neuf candidats validés par la HCC - parmi lesquels Didier Ratsiraka, l’ancien premier ministre Olivier Mahafaly et le président de l’Assemblée nationale sortant, Jean-Max Rakotomamonjy – ainsi que sept autres « recalés » par la HCC ont persisté à contester la tenue de l’élection le 7 novembre et exigé la mise en place d’une nouvelle transition.

Conformément à la Constitution, Hery Rajaonarimampianina, candidat à sa propre succession, a démissionné. Midi évoque une « démission aux forceps » : Hery Rajaonarimampianina aurait tenté de s’accrocher à son siège « en organisant toute une manœuvre et en encourageant des mercenaires politiques pour lui venir en aide ». L'intérim a été confié à la deuxième personnalité de l'Etat, le président du Sénat Riko Rakotovao, issu du parti présidentiel, le HVM, dont les attributions seront limitées. Mananjara Andriambololona, vice-président du Sénat, membre du HVM, a succédé à Rivo Rakotovao à la présidence de la Chambre haute. Les attributions réduites du chef de l’Eta par intérim ont été précisées par la HCC.

Norbert Lala Ratsirahonana est sort de l’ombre en apportant son soutien à Andry Rajoelina. Ce vétéran de la politique, qualifié de « faiseur de roi » depuis l’époque de Didier Ratsiraka, avait été nommé conseiller spécial de Hery Rajaonarimampianina à la présidence de la République en 2015.

Meetings de pré-campagne : seuls neuf candidats disposant de moyens conséquents sont visibles sur le terrain. La campagne officielle commencera le 7 octobre et 27 candidats, peu pourvus en moyens, attendent encore pour se manifester en public.

POV 15 09 18

Andry Rajoelina persona non grata pour des étudiants malgaches en France. Une levée de boucliers a eu lieu parmi les étudiants malgaches en Sciences Po Paris où Andry Rajoelina était l’invité de deux associations. De jeunes diplômés et étudiants ont adressé une lettre de protestation aux responsables de l’institution. L’ex-président de la Transition était accompagné par l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, actuellement inquiété par la justice française pour des biens mal acquis. Les contestataires ont mis en cause la neutralité des organisateurs alors que le conférencier est en pleine campagne électorale. Andry Rajoelina a poursuivi son séjour à Paris par une rencontre avec la diaspora et le promotion de l’ouvrage qu’il vient de publier. « En 2009, je ne me m’étais pas préparé pour diriger le pays, j’ai été emporté par le patriotisme qui est en moi, mais après avoir traversé toutes les épreuves, cette année, je suis fin prêt, je me suis bien préparé pour diriger le pays », a-t-il lancé à nouveau.

La tension est montée dangereusement entre trois principaux candidats qui se livrent à des menaces et intimidations, ont constaté Midi et L’Express qui condamnent les propos « haineux et violents » tenus par les partisans d’Andry Rajoelina à l’endroit des étudiants de Sciences Po Paris. Pour les médias, la précampagne est sur une pente glissante. Chaque camp se voit déjà vainqueur dès le premier tour et ne semble pas prêt à accepter un résultat défavorable. L’Express doute de la capacité de la CENI et de la HCC à arbitrer de duel à trois, institutions dont la neutralité est mise en doute.

La Russie s’intéresserait de près à la campagne présidentielle. En ligne de mire le pétrole des îles Eparses, dont la rétrocession figure au programme du pasteur Mailhol et de plusieurs candidats. Les Russes auraient noué de nombreux contacts avec les candidats et le chef de l’Etat sortant en vue d’introduire des intérêts dans de grands projets miniers. Des appuis financiers auraient été proposés à certains candidats. La Russie s’intéresserait notamment au rachat de Toliara Sands en alimentant la campagne de dénigrement du projet, croit savoir La Lettre de l’océan Indien.

Les ressources pétrolières des îles Eparses font l’objet de multiples convoitises, écrit le quotidien Les Nouvelles. Des zones d’ombre persistent sur les tractations qui ont eu lieu ou sont en cours. Parmi lesquelles, un mystérieux contrat de 300 millions conclus par l’Etat avec une société pétrolière brésilienne concernant des blocs pétroliers de Belo sur Mer relevant de la ZEE des îles Eparses considérée comme étant sous juridiction française.

700 kg de poissons ont été saisis par des bâtiments français sur des bateaux de pêches malgaches présents dans la zone économique exclusive des îles Eparses.

Le dossier des îles Eparses sera de nouveau porté devant les Nations unies par la France et Madagascar pour une prise de décision, annonce le président par intérim, Riko Rakotovao, à l’issue d’une rencontre avec le conseiller Afrique du président français, en marge de l’AG de l’ONU.

L’IDH 2018 indique que Madagascar a légèrement amélioré son score, passant de l’indice 0,512 à 0,519 mais a régressé dans le classement, passant de la 159e à la 161e place. Le chômage et le sous-emploi atteignent des niveaux alarmants et le rapport pointe du doigt les défis liés à l’insécurité.

Le « mois de l’amnistie en Afrique » a été célébré pour la 1ère fois à Madagascar. Des manifestations ont été organisées dans ce cadre à l’initiative de plusieurs ministères. Des points de collecte d’armes ont été mis en place. L'Etat accordera la régularisation des armes à feu à ceux qui n'ont pas d'autorisation adéquate. Le ministère de la défense compte mener un programme de marquage, d’enregistrement et de traçage des armes. La société civile est invitée à s’impliquer dans la lutte contre la prolifération des armes. Pour la CNIDH, le phénomène est « hors contrôle ».

L’activité des sériciculteurs de Soatanàna (région Amoron’i Mania) est menacée par l’insécurité. Ils éprouvent des difficultés à s’approvisionner en matières premières. Des bandes armées attaquent les collecteurs. Près de 80 malfaiteurs lourdement armés ont attaqué la ville d’Ambatofinandrahana, des maisons ont été incendiées, une femme enceinte a été brulée vive. Des violents affrontements se sont produits entre 30 bandits armés et les habitants de Betrandraka (district de Tsaratanàna). La population d’Antsalova (région Melaky) se plaint des fréquentes attaques de dahalo. 50 dahalo armés de fusils d’assaut ont attaqué le village d’Ankilisoa. Cinq personnes ont été tués, plusieurs blessées. Les dahalo ont incendié des habitations et enlevé quatre otages. Un incendie d’origine criminelle a détruit 110 foyers à Antsakabary, localité frappée l’an passé par l’expédition punitive de policiers.

Couvre-feu à Morondava. La capitale du Menabe a connu de violentes manifestations dans plusieurs quartiers. Les manifestants protestaient notamment contre la libération de six présumés dahalo. Des pillages se sont produits et les manifestants armés de sabres et de fusils ont lancé des pierres contre des véhicules. Un homme a été abattu par les forces de l’ordre. En représailles, les manifestants ont incendié un poste de gendarmerie. Quatre personnes auteurs de vandalisme et d’actes de banditisme ont été arrêtées. Le député de Morondava a été convoqué ; Il est reproché aux animateurs de sa radio locale d’avoir incité la population à commettre des actes de déstabilisation.

A Brieville-Ambatondrazaka, un peloton militaire d’une trentaine d’hommes commandé par un colonel s’est livré à une vague d’exécutions sommaires. Plus de six personnes ont été arrêtées puis fusillées. Rackets et tortures sont dénoncés par la population. Des libérations de prévenus sont obtenues moyennant rétribution.

Un sergent-chef responsable du magasin d’armes du camp du Capsat à Antananarivo, membre reconnu d’un gang, a été abattu par la police. Ses pairs ont dénoncé une exécution sommaire.

Justice populaire : 152 morts en deux ans. Dans le cadre du 70e anniversaire de la DUDH, le Haut-commissariat aux droits de l’homme a présenté un rapport sur la justice populaire à Madagascar. Des pratiques qui ont pris des proportions inquiétantes ces dernières années et qui sont devenues courantes, banalisées et bien souvent impunies.

pov 19 09 18La voiture ouvreuse du cortège du premier ministre incendiée par la foule après avoir fauché deux enfants des rues. Les passants témoins du drame ont renversé le véhicule et malmené ses occupants, puis l’ont incendié. Pour L’Express, cet évènement « entache l’humilité et l’exemplarité des hauts responsables étatiques », mis en avant par le premier ministre lors de sa prise de fonction.

Cinq kidnappeurs ont été placés sous mandat de dépôt. Deux d’entre eux sont les auteurs principaux de l’enlèvement de l’épouse d’un karana, important concessionnaire automobile. Deux femmes et un homme ont été arrêtés à Analamahitsy pour le vol d’un nourrisson de trois mois vendu 800 000 Ar à un couple.

Sommet de la Francophonie 2016 : 36 prestataires affirment être victimes d’engagements non tenus et d’impayés de l’Etat pour un montant de 6 milliards Ar. Les représentants des organisations internationales, partenaires techniques et financiers de Madagascar, auraient été saisis.

« Affaire Anjozorobe : présence confirmée de Matthieu Rajaonarimampianina », titre Midi. En février 2016, un jeune natif du Sud a été tué lors d’une fusillade à la carrière d’Ankaraoka, dans le district d’Anjozorobe, sur fond de litige portant sur la propriété de la carrière de cristal titane exploitée par 200 personnes. Hery Rajaonarimampianina avait nié toute implication de son fils en affirmant qu’il ne se trouvait pas sur les lieux le jour de la fusillade.

« Justice française : saisie des biens mal acquis de Mamy Ravatomanga », titre lalignedemire.info. Les villas de Nanterre gérées par trois sociétés civiles immobilières et appartenant à cet homme d’affaires proche d’Andry Rajoelina auraient été saisies à titre conservatoire en juin par la justice française. Les enquêtes sur les biens mal acquis de Mamy Ravatomanga avanceraient à grands pas. Des perquisitions menées à Antananarivo par les magistrats financiers du parquet de Paris et d’Antananarivo, avec l’assistance du Samifin, auraient permis de saisir des documents compromettant pour l’homme d’affaires.

La femme d’affaires Claudine Razaimamonjy, ex-conseillère spéciale du chef de l’Etat, a été acquittée au bénéfice du doute dans l’une des affaires la concernant. Elle demeure en prison dans l’attente du verdict pour plus d’une dizaine d’autres affaires de détournement, abus de fonction, recel de deniers publics et favoritisme. Pour Les Nouvelles, Claudine Razaimamonjy a été une pièce maîtresse pour le financement du parti présidentiel HVM.

Mbola Rajahona, opérateur économique et conseiller spécial du chef de l’Etat démissionnaire, a de nouveau été cité dans une affaire d’infraction douanière à grande échelle. Plusieurs de ses sociétés de d’importation et de transit apparaissent dans une liste de déclarations suspectes de marchandises.

Les indemnités de mission allouées aux fonctionnaires représentent une somme faramineuse qui pèse lourdement sur le budget de l’Etat. Pour assurer plus de transparence, un logiciel spécifique sera mis en place. Certains agents en mission utiliseraient toutes sortes de subterfuges pour accroître le montant des indemnités perçues.

L’Autorité routière de Madagascar dans le collimateur de la justice. Des irrégularités auraient été constatées dans le cadre de la mise en œuvre du « Projet d’urgence pour la préservation des infrastructures et la réduction de la vulnérabilité » financé par la Banque mondiale. Cette affaire de détournement porterait sur 10,4 millions de dollars.

Détournements au sein de la Croix Rouge : le secrétaire général et deux comptables placés sous mandat de dépôt suite au déféremment du dossier au Pôle anti-corruption par la Bianco. Le montant du préjudice s’élèverait plus de 1,1 million d’euros. D’autres dossiers concernant ces affaires sont encore en cours d’instruction par le Bianco.

Le ministère de l’éducation nationale ambitionne de réduire le taux d’analphabétisme de 25 % d’ici 2030 grâce à la rénovation de la stratégie nationale d’alphabétisation. Le taux d’analphabétisme est encore élevé à Madagascar : il varie de 24 à 29,7 % selon les tranches d’âge.

La peste est de retour. Seize cas suspects et quatre décès ont été recensés, dans quatre régions en un mois et demi. Le ministre de la santé se veut rassurant ; il indique avoir pris toutes les mesures nécessaires pour limiter la propagation de l’épidémie. Une vaste opération d’assainissement a été lancée dans la capitale. Un accord de partenariat a été signé entre la commune d’Antananarivo et l’ONG Positive Planète Internationale pour financer des travaux de ramassage d’ordures dans la capitale. L’AFD, la région Ile de France et la fondation Suez contribuent au financement de ce projet mais la pérennisation de ces opérations est inenvisageable, faute de moyens.

La vente illicite de médicaments perdure. L’Ordre des pharmaciens proteste contre l’inaction des autorités et alerte sur les dangers que ces trafics font courir à la population.

Seuls 14 % des jeunes femmes Malgaches ont recours à la contraception. Un constat inquiétant alors qu'avant la crise politique de 2009, 25 % des adolescents utilisaient des moyens contraceptifs. Les associations de terrain s'alarment également du nombre croissant de jeunes qui se prostituent. Les jeunes filles mineures sont de plus en plus victimes de violences sexuelles à Nosy-Be.

Un réseau de prostitution malgache a été démantelé à Maurice. A la tête du réseau, une femme qui faisait venir des jeunes malgaches dotées de visas de tourisme.

L’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée n’a pas été mise en place avant la démission du chef de l’Etat. Selon l’observatoire des médias Ilontsera, ce manquement pourrait compromettre le traitement équitable et égalitaire de tous les candidats à la présidentielle.

La précarité des conditions de travail des journalistes influe sur la qualité de leur rendu, souligne le représentant résident de la FES dans le cadre d’un atelier tenu avec des représentants de la profession.

« 250 milliards Ar de ressources naturelles sortent du pays chaque année sans passer par les caisses de l’Etat », déplore le président du Bianco qui pointe du doigt « les magouilles des hauts responsables » protégés par diverses immunités.

Un protocole d’accord a été signé entre le ministère de l’environnement et la FAO dans le cadre du Programme pour l’application des règlementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux financé par l’UE. L’objet de cet accord est de renforcer la gouvernance forestière et la mise en œuvre du plan d’actions CITES pour les bois précieux de Madagascar.

Transparency International et l’Alliance Voahary Gasy (AVG) ont dénoncé la proposition de mécanisme d’audit des stocks de bois précieux et le plan d’utilisation de ces stocks que le gouvernement entend faire adopter par le Comité permanent de la CITES à Sotchi (Russie).

Le projet Ambatovy a payé à 20 communes et deux régions concernées par l’exploitation les importantes ristournes minières qui n’avaient pas été réglées pour la période de fin 2012 à mi-2018. Un règlement suspendu à la publication de textes réglementaires définissant le périmètre concerné et la clé de répartition des redevances.

La hausse de la radioactivité observée dans la région Anosy et à proximité de l’exploitation de QMM à Tolagnaro reste en deçà des taux admis, selon les experts consultés. « Les nouvelles propagées ne sont pas fondées », affirme l’administration.Le comité de suivi environnemental régional qui se réunit régulièrement depuis 10 ans déclare que le bilan de l’activité de QMM est globalement satisfaisant. Une appréciation contestée par des associations locales.

Un projet de barrage hydroélectrique confié à une filiale du groupe italien Tozzi Green provoque une levée de boucliers sur trois communes des districts d’Antsirabe et de Fandriana. Le projet va notamment provoquer le déplacement de milliers de familles et la disparition de près de 2 000 ha de cultures. La société civile et les Eglises soutiennent la population et dénoncent un manque de concertation.

Fioul lourd de Tsimiroro : Madagascar Oil passe au stade du développement commercial. Un terminal pétrolier sera construit à Maintirano, les voies d’accès réhabilitées. Un contrat a été signée avec la Jirama qui va pouvoir s’approvisionner en carburant à des conditions avantageuses. Madagascar Oil vise également le marché extérieur. Plusieurs programmes de RSE sont annoncés.

L’Omnis va octroyer les licences d’exploration de 44 blocs pétroliers offshore sur le bassin de Morondava. Madagascar possède 249 blocs pétroliers dont 24 ont été attribués pour exploration. Depuis quelques années, le gouvernement a suspendu l’attribution de nouvelles licences d’exploration en attendant l’adoption du nouveau code minier et pétrolier, qui est toujours en gestation.

Inquiétude concernant la reprise constatée de l'exploitation aurifère de la société chinoise Mac Lai Sime Gianna à Vohilava (district de Mananjary),fermée le 30 décembre 2017 par la police des mines. Le redémarrage aurait été rendu possible avec la complicité de l’administration. La population a organisé une manifestation et adressé une réclamation aux autorités. Elle a reçu le soutien de plusieurs organisations de la société civile.

Deux ans après la révolte populaire à Soamahamanina pour contester l’exploitation aurifère de la société Jiuxing Mines, la population et les natifs de la commune reviennent à la charge. La société chinoise a libéré les lieux mais a conservé son permis d’exploitation. Le porte-parole de la population a affirmé à l’occasion d’un rassemblement que la vigilance reste de mise à l’approche des échéances électorales.

400 plants de pachypodium ont été saisis par des agents du parc national de l’Isalo. Les trafiquants ont affirmé avoir obtenu des autorités administratives locales les autorisations nécessaires. Une vindicte populaire a été évitée de justesse avant l’arrivée des forces de l’ordre.

La prolifération des chenilles légionnaires menace gravement la production de maïs. Introduites dans la Grande île en février 2017, elles sont à l’origine d’une perte de rendement de plus de 47 %. Toutes les régions sont touchées.

Le ministre de l’environnement, de l’écologie et des forêts affirme que 80 % des forêts de Madagascar sont partiellement voire totalement détruites. La production de charbon de bois et l’exploitation des forêts pour le bois de chauffe constitue la source principale de déforestation, à laquelle s’ajoutent les dommages causés par les populations migrantes qui y trouvent refuge.

Daewoo s’intéresse encore aux activités d’agrobusiness à Madagascar. La Corée du Sud, qui entretient des liens étroits avec la multinationale, n’aurait pas renoncé à ses projets divulgués en 2008 et qui ont contribué à la chute du régime Ravalomanana. Le Collectif Tany, préoccupé par l’activisme diplomatique de la Corée du Sud, a adressé une lettre ouverte à l’ambassadeur pour lui demander de préciser ses intentions.

La sécurisation foncière est en marche mais le chemin à parcourir reste encore très long. Un an après le lancement d’une opération soutenue par la Banque mondiale, 116 500 parcelles dans 13 communes de cinq régions ont été certifiées. Le rythme s’accélère. Prochain objectif fixé : 500 000 certificats délivrés dans 191 communes dans les 5 ans à venir. Près de 1 500 communes devront encore attendre… Le transfert des terrains coloniaux à l’Etat pour que celui-ci puisse ensuite les céder à des particuliers demeure extrêmement compliqué et démobilise les familles qui les ont mis en valeur.

Le groupe italien Tozzi Green cultive du maïs et du soja en alternance sur 3 500 ha dans la région Ihorombe. Après un début difficile, les rendements ont progressé et sont jugés très satisfaisants. La société, qui a investi 9 millions d’euros dans cette mise en valeur, est devenue l’un des grands fournisseurs de maïs sur les marchés locaux et les producteurs de provende. Elle a fourni 1 900 tonnes de maïs au PAM. Le Collectif Tany rappelle que Tozzi Green s’est rendu célèbre depuis les années 2010 quand les communautés locales ont été expulsées de leurs terres pour un projet avorté de plantation d’agrocarburant sur plus de 6 600 ha consacrés désormais aux cultures de maïs et de soja.

Croissance inclusive et résiliente : un crédit de 60 millions de dollars approuvé par la Banque mondiale. Ce programme s’inscrit dans le « Cadre de Partenariat Pays » qui vise notamment à aider la Grande île à accroître la résilience des personnes les plus vulnérables.

La 2e phase du projet « Pôles intégrés de croissance et corridors » bénéficiera d’un financement de la Banque mondiale, notamment pour la croissance durable des secteurs tourisme et agribusiness. La 1ère phase du projet avait bénéficié en 2014 d’un crédit de 50 millions de dollars.

La 4e revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI s’est achevée sur un bilan globalement positif. Une nouvelle tranche pourrait être débloquée prochainement. Le programme de réformes structurelles progresse. Parmi les points noirs : un niveau de dépenses sociales plus faible que prévu et le retard dans l’adoption des textes sur le recouvrement des avoirs illicites et le blanchiment d’argent. La vérité des prix des carburants reste à poursuivre.

Renforcement de capacité des enseignants : 764 000 euros de l’UE. Proposé par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) océan Indien, le projet, d’une durée de 3 ans, vise à améliorer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage à partir des écoles normales supérieures et avec le concours des universités malgaches.

Hery Rajaonarimampianina, quelques jours avant sa démission, a participé au Sommet du Forum sur la coopération entre la Chine et l’Afrique. Plusieurs importants accords ont été signés, pour des projets d’équipement structurants (port, aéroport, autoroute, lignes ferroviaires, forages de puits…). Madagascar sera concerné par les initiatives majeures qui seront mises en œuvre par la Chine au cours des trois prochaines années en faveur des pays d’Afrique, a déclaré Xi Jinping.

pov 19 09 18 bisDans le cadre de ce forum, un accord-cadre pour le développement de l’économie bleue représentant un montant global d’investissement de 2,7 milliards de dollars sur 10 ans a été conclu. Il prévoit la création d’au moins 10 000 emplois directs à Madagascar dans les trois prochaines années. Les pêcheurs malgaches font part de leurs préoccupations suite à l’annonce de l’arrivée dans ce cadre d’une flotte de 330 navires chinois. Actuellement, indiquent-ils, seuls 40 à 60 navires de pêche parcourent les côtes de la Grande île et les petits pêcheurs sont déjà lésés. Le secteur d’activité national risque d’être irrémédiablement condamné.

Coopération sino-malgache : les échanges ont atteint 1,23 milliard de dollars en 2017. La Chine est le premier partenaire commercial, la première source d’importations et la quatrième destination des exportations malgaches. Le conseiller économique de l’ambassade note cependant que la part de Madagascar dans l’ensemble des investissements publics et privés de son pays sur le continent africain reste modeste et accuse un certain retard. La Chine souffrirait encore à Madagascar d’une mauvaise image et d’une certaine forme de résistance sociale et culturelle.

La Russie veut renforcer la coopération militaire avec Madagascar. Une délégation militaire russe a débarqué dans la Grande île dans le cadre du rapprochement entre les deux armées. La visite s’est concrétisée par la signature d’un accord de coopération.

Madagascar intéresse des investisseurs coréens. Lors de son déplacement en Corée, le ministre de l’industrie a évoqué avec des industriels locaux la possibilité d’implanter dans la Grande île une usine de montage de véhicules destinés à l’exportation sur le continent africain.

Signature d’une convention de financement avec AFD pour le projet « Gouvernance urbaine du Grand Antananarivo ». L’accord consiste en un don du gouvernement français d’un montant de cinq millions d’euros. Le projet vise à améliorer la planification de l’agglomération et l’efficacité des services urbains sur les 27 communes.

L'assainissement des zones franches a commencé. Avec l'appui du premier ministre, le ministre de l'industrie a décidé d'assainir les zones et entreprises franches. Sur 604 entreprises franches, 54 % ont vu leur agrément retiré et relèvent désormais du droit commun.

Retour des délestages. La grogne des usagers se fait jour à nouveau dans de nombreuses villes. Les problèmes d’approvisionnement en carburant en sont la cause. Les pétroliers refusent désormais de faire crédit à la Jirama, qui accuse des milliards d’Ar d’arriérés de paiement. La société d’Etat est contrainte d’organiser des délestages tournants pour réduire sa consommation de fuel.

Centrale hydraulique de Volobe : d’une puissance de 120 MW, elle assurera l’alimentation de 350 000 foyers de Toamasina et d’Antananarivo d’ici 2023. Les contrats de concession et d’achat ont été signés avec la Jirama. Des négociations vont pouvoir s’engager avec les prêteurs. Les actionnaires initiaux sont Jovena (groupe Axian) et la société française de travaux publics Colas.

Partenariat stratégique entre Air Madagascar et Air Austral : l’Etat malgache, qui reste actionnaire majoritaire, a consenti au paiement de 80 millions de dollars de dettes d’Air Madagascar afin de faire avancer le processus de redressement. Un effort colossal jugé excessif par certains eu égard aux besoins essentiels de la population qui ne sont pas satisfaits.

Une décision des autorités remet en question l'accord de partenariat entre Air Austral et Air Madagascar, écrit La LOI. La Banque mondiale a fait part de sa perplexité face l'autorisation accordée par le ministre des transports à « Ethiopian Airlines de multiplier ses fréquences de façon significative ». Cette situation violerait la clause de non-concurrence incluse dans l’accord de partenariat signé entre Air Madagascar et Air Austral. Ce dossier pourrait être la source de graves difficultés avec le FMI, estime la Lettre.

L’Ariary a atteint son plus bas niveau depuis cinq ans. Cette dévaluation vertigineuse ne peut qu’avoir des impacts très négatifs sur l’économie nationale, juge Tribune.

     

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation de l’élection présidentielle
  • Contestations du processus électoral et de candidatures
  • La démission de Hery Rajaonarimampianina et l’intérim assuré par de Riko Rakotovao
  • La pré-campagne électorale
  • Relations internationales

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Education
  • Santé, gestion de la nouvelle saison pesteuse
  • Droits des femmes
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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ARTICLES REMARQUES - SEPTEMBRE 2018

<> 29 09 18 - SeFaFi - L'élection présidentielle, un test de maturité démocratique
Le SeFaFi a tenu une conférence de presse pour faire le point sur les affaires nationales. Selon lui,l’élection d’un président ne suffit pas à garantir la bonne marche des affaires étatiques. « Les législatives et les communales constituent même les échéances électorales les plus importantes : elles permettent d’élire les représentants de la population chargés d’élaborer et de voter les lois de la République (législatives), ainsi que les responsables qui fourniront aux citoyens des services administratifs de proximité (communales). Devraient aussi enfin suivre les élections régionales et provinciales. Il est donc crucial de se pencher dès maintenant sur l’organisation de ces scrutins dont les échéances s’approchent à grands pas ». Les parlementaires devraient également donner la priorité à leur tâche de législateurs, même pendant la campagne électorale - y compris le président de l’Assemblée nationale. Car celui-ci, même s’il semble être la seule personnalité que les textes n’obligent pas à démissionner en se portant candidat, aurait dû le faire par souci d’éthique et de parallélisme des formes, poursuit le SeFaFi qui émet aussi ses craintes en soulignant qu’avec 36 candidats en lice, des dérives sont à redouter si le scrutin n’est pas bien encadré. Chaque électeur devrait avoir accès à leurs programmes respectifs dès l’ouverture de la campagne, afin de pouvoir se forger une opinion et affiner son choix sur des bases rationnelles, loin des coups d’éclats et des spectacles divers. L’Observatoire appelle les citoyens à un vote responsable : « osons sanctionner par le vote, ne laissons pas les autres bourrer les urnes en votant à notre place », lance-t-il.

<> 18 09 18 - Collectif Tany - Les communautés locales s'opposent à la construction d'un barrage hydro-électrique
Le projet de barrage hydroélectrique d’Hydelec, filiale du groupe italien Tozzi Green, provoque une levée de boucliers dans les cinq fokontany concernés sur trois communes des districts d’Antsirabe et de Fandriana. Ce barrage de 53 m de haut va provoquer le déplacement de milliers de familles, la disparition de près de 2 000 ha de cultures, la destruction d’établissements scolaires, de centres de santé et d’édifices religieux. La société civile et les Eglises soutiennent les manifestations organisées par la population et dénoncent le manque de concertation de l’initiateur du projet avec les habitants. La situation est tendue depuis l’arrivée en juillet des ouvriers venus procéder à l’étude géophysique. Le Collectif Tany lance un appel au soutien des populations concernées et de leurs défenseurs

- 17 09 18 - Lettre de l'océan Indien - Davaï Davaî - Les Russes fondent sur les ressources

Faisant le pari que Hery Rajaonarimampianina sera présent au 2e tour, les Russes agiraient pour que les « petits » candidats se rallient à lui et intègrent un gouvernement de coalition. Ils auraient par ailleurs eu de nombreux contacts avec le président sortant durant l’été en vue d’introduire des intérêts russes dans de grands projets miniers. De contacts auraient été pris avec une dizaine de « petits » candidats à qui aurait été proposé un financement, parmi lesquels Didier Ratsiraka. Ils avaient été les invités d’un forum économique international qui s’est tenu à Ivato au mois d’août, financé en sous-main par les Russes. Dès le lendemain, ils auraient été sollicités pour signer la déclaration demandant le report de la présidentielle pour accorder un sursis à Hery Rajaonarimampianina et lui laisser plus de temps pour préparer sa candidature. Gilbert Dailly, conseiller du président, aurait facilité la venue début septembre d’une délégation militaire russe en vue de la signature de marchés. Les Russes s’intéresseraient aussi à des blocs pétroliers du canal du Mozambique non encore attribués ou qu’ils souhaiteraient se voir réattribués et feraient pression pour que soit rouvert le dossier des îles Eparses par les candidats. Gilbert Dailly aurait en outre permis le rachat discret par les Russes de la société d’Etat Kraoma. La LOI croit savoir que la Russie s’intéresse au rachat de Toliara Sands en alimentant la campagne de dénigrement du projet. A noter enfin que des jeunes HVM ont bénéficié d’une formation à Moscou dans le courant de l’été.

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13 09 18 - Grain & Collectif Tany - L'expansion de Daewoo dans l'agrobusiness à l'étranger

Il y a dix ans, les journaux du monde entier se faisaient l’écho d’une histoire choquante : une filiale de Daewoo Logistics, Madagascar Future Enterprise Corp., était en train de négocier avec le gouvernement de Madagascar un bail de 99 ans pour 1,3 million d’hectares de terre arable, presque la moitié des terres arables du pays. La société prévoyait de cultiver du maïs et des palmiers à huile dans quatre régions de l’île pour les renvoyer en Corée du Sud où ils serviraient à la production d’aliments pour animaux et de biocarburant. Aujourd’hui on a oublié la faillite de Daewoo Motors en 1999 et l’entreprise sud-coréenne Daewoo, l’un des plus grands conglomérats mondiaux, continue à étendre un empire économique fondé sur l’industrie et le commerce aussi bien que sur les ressources naturelles comme le pétrole et le gaz, les minéraux et l’alimentation. Selon le Collectif Tany, Daewoo s’intéresse toujours aux activités d’agrobusiness à Madagascar. Le fait que la Corée du Sud ait installé une ambassade à Madagascar en juillet 2017 confirme l’intention du gouvernement de relancer ses projets. Un rapport de 2013 soulignait la force des liens qui unissent le groupe Daewoo et le gouvernement sud-coréen. C’est pourquoi le Collectif Tany a écrit une lettre ouverte à l’ambassadeur de Corée à Madagascar, Kim Kwon-il en janvier 2018, demandant ce qu’il en était du projet agricole de 2008 et ce qui a été promis en échange des nombreux « cadeaux » et investissements sud-coréens concernant d’autres projets à Madagascar, dans le secteur des mines, de l’agriculture, de la pêche ou de l’énergie renouvelable.

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  05 09 18 - Communiqué Tany - Craad-O I- MaZoTo - Reprise de l'exploitation aurifère de la société chinoise MLSG à Vohilava
Inquiétude concernant la reprise de l'exploitation aurifère illégale de la société chinoise Mac Lai Sime Gianna (M.L.S.G.) à Vohilava (district de Mananjary),
fermée le 30 décembre 2017 par la police des mines. Cette mesure avait été prise après plusieurs épisodes marquées par des manifestations populaires de protestation contre les effets catastrophiques de cette exploitation sur l'environnement, la santé et les moyens d'existence de la population locale. La population proteste contre une reprise constatée toutes les nuits entre le 6 et le 23 août. La reprise a coïncidé avec la venue dans la nuit du 3 août de quatre membres de la police des mines qui a annoncé au fokonolona qu’une autorisation de reprise de l’exploitation avait été accordée et qu’ils avaient pour mission de retirer les scellés sur le matériel. Après vérification, il s’avère que leur mission devait se limiter au contrôle, à la constatation, vérification, évacuation et répression des infractions minières. La population de Vohilava et des autres communautés riveraines ont organisé une manifestation le 25 août pour contester la reprise de ces activités. Une plainte a été adressée aux autorités.

 

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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