JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

24 mars 2017

ARTICLES REMARQUES - MARS 2017

<>  24 03 17 - La Gazette/Médiapart - En attendant les élections : Madagascar redoute une nouvelle crise politique
À Madagascar, le prochain scrutin présidentiel est prévu fin 2018, mais de nombreux analystes craignent déjà qu’il ne soit précédé – ou suivi – d'une nouvelle crise politique, aussi dévastatrice que les précédentes. Responsables de cette situation : les élites dirigeantes. Une nouvelle crise serait évidemment catastrophique : les quatre épisodes de grande tourmente politique que le pays a connus (1972, 1991, 2001 et 2009) ont non seulement tous abouti au départ du président en fonction, mais ont été aussi dévastateurs pour l’économie et le tissu social. Dans ce contexte, où les enjeux financiers sont énormes pour les gouvernants comme pour leurs adversaires, l’avenir proche apparaît très incertain. « Si la classe politique (...) et les agents de l’administration s’avèrent incapables de planifier, de sanctionner, d’être redevables et d’avoir un minimum d’éthique, ils courent à leur perte, entraînant tout le pays dans leur chute », a averti en 2015 le groupe de réflexion SeFaFi. Les évêques malgaches, pour qui le pays « est en perdition, à l’agonie », ont appelé eux aussi, en août 2016, à « un changement de comportement, une nouvelle vision et une culture politique animée par l’amour de la nation et une et une prise de responsabilité ».

- 24 03 17 - L'Express - Bekily - Des filles se marient contre leur volonté
Le mariage est une alternative de survie pour des familles vulnérables dans la région Androy. Les adolescentes en sont les malheureuses victimes.

<> 21 03 17 - Notes de l’IFRI - Mars 2017 - Mathieu Pellerin - Madagascar face à la criminalité multiforme.
L’élection présidentielle à Madagascar en décembre 2013 a clôturé une séquence politique de relative paralysie institutionnelle depuis le coup d’État de mars 2009. L’héritage le plus lourd de cette crise est toutefois l’intensification d’une criminalité multiforme. Elle se traduit par des trafics de biens variés : ressources naturelles, espèces protégées ou non, produits illicites, minerais, bois précieux. La régulation du politique à Madagascar repose sur la construction de « pactes élitaires » composés de réseaux politiques, économiques et sécuritaires interdépendants. Dans ce cadre, les directions des douanes, des mines ou des impôts sont des structures stratégiques dont le contrôle permet de consolider ce pacte auquel il convient d’appartenir pour être un acteur économique significatif. Les réseaux informels bénéficient de complicités au sein de l’administration : l’économie politique de Madagascar se caractérise par l’accaparement des ressources par les différents membres du « pacte élitaire ».
Lorsqu’Andry Rajoelina est propulsé en 2009 à la tête du pays par un coup d’État, il n’a aucune base derrière lui. Il est alors largement prisonnier de ceux qui l’ont fait roi, à savoir un groupe de personnalités politiques, religieuses, de militaires et d’opérateurs économiques en rupture avec le régime de Marc Ravalomanana. Au départ, le pacte élitaire est largement horizontal, permettant à de nombreux acteurs de s’enrichir, contrairement au système très pyramidal mis en place par son prédécesseur. Au fil de la transition, le pouvoir s’est recentralisé et le pilotage des réseaux de l’économie grise avec. Madagascar est alors entré dans une phase de « criminalisation de l’État » : l’État s’est reconstruit sur un système où la frontière entre l’illicite et le licite est devenue floue. Les réseaux de l’économie souterraine ont indistinctement enrichi les acteurs précités. Ils ont dans le même temps permis la stabilisation de l’économie réelle et la légitimation du président de transition dont le souci était de préserver la fidélité de ceux qui l’ont porté au pouvoir en leur concédant des prérogatives.
https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/pellerin_madagascar_criminalite_multiforme_2017.pdf


- 21 03 17 - Pétition - Sauvez l'archipel de Nosy Be et la péninsule d'Ampasindava !
La presqu’île d’Ampasindava, dans le Nord-Ouest de Madagascar, jouit d’une biodiversité exceptionnelle avec un taux d’endémisme très élevé. Ses montagnes, ses forêts, de vastes mangroves et un littoral très découpé constituent l’habitat fragile de nombreuses espèces animales et végétales uniques au monde. Cet écosystème est aujourd’hui menacé par le projet minier Tantalus.

- 19 03 17 – RFI – interview de Perrine Louart, chef de la délégation régionale du CICR à Madagascar.

Surpopulation, malnutrition, promiscuité, manque de soins et de médicaments... Ce sont les conditions de vie des détenus des prisons malgaches. Le Comité international de la Croix-Rouge basé à Madagascar se rend très souvent dans les maisons d’arrêt pour assister les détenus et former le personnel des centres pénitentiaires. L’année dernière, le CICR a effectué 80 visites auprès de 17 000 détenus. Perrine Louart est la nouvelle chef de la délégation régionale du CICR. Le droit des prisonniers est l’une de ses priorités. Elle fait le point sur le traitement des détenus dans les prisons malgaches
http://www.rfi.fr/emission/20170319-perrine-louart-delegation-regionale-cicr-madagascar-justice-humanitaire-droits-hom (5’31)

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18 03 17 - Tribune - Affaire Befandriana-Nord - Des témoignages d'une horreur effroyable -
L'Express - La CNIDH exige des sanctions contre les policiers

CNIDH - Rapport condensé des actes de violation des Droits de l'Homme relevés à Antsakabary
La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) qui a diligenté une investigation dans la commune rurale d’Antsakabary, district de Befandriana-Nord du 02 au 07 mars 2017 a livré ses conclusions à la presse ce 17 mars. Les témoignages recueillis par le CNIDH font froid dans le dos. Elle accable le peloton de policiers qu’elle juge responsable des drames.

<> 16 03 17 - Amnesty - International - Communiqué de presse - Il faut libérer le militant écologiste Clovis Razafimalala
Amnesty International demande au gouvernement la libération du militant écologiste Clovis Razafimalala détenu pour des raisons politiques
. Clovis Razafimalala a été arrêté pour la destruction présumée de biens et de documents publics au cours d’une manifestation à laquelle il n’a pas participé. Il a par la suite été inculpé de rébellion, de destruction de documents et de biens publics et d’incendie volontaire. « L’arrestation et la détention prolongée de Clovis Razafimalala semblent être un exemple frappant de la tendance actuelle visant à réduire au silence les opinions critiques à Madagascar », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty pour l'Afrique Australe. « Nous considérons qu’il est détenu de manière illégale sur la base d’accusations forgées de toutes pièces en raison de ses activités militantes écologistes et pacifiques de lutte contre le trafic illicite des ressources naturelles de Madagascar ». Clovis Razafimalala, militant écologiste réputé, avait été arrêté le 16 septembre 2016 au lendemain d’une manifestation à Maroantsetra. Il a dénoncé à de nombreuses reprises le trafic illicite de bois de rose et d’autres essences de bois dans le cadre de son rôle de coordinateur de la coalition Maroantsetra Lampogno. D’après son avocat, son affaire fait toujours l’objet d’une enquête six mois après son arrestation. Les demandes de libération sous caution ont été rejetées sans qu’aucune explication ne soit donnée.

 

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28 février 2017

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2017

Les nouvelles 16 02 17Le président du Sénat, Honoré Rakotomanana, a demandé l'avis de la HCC sur le cas du sénateur Mapar Lylison de René, en fuite depuis 7 mois, suite à son appel à ville morte et condamné par contumace à un an de prison ferme pour trouble à l’ordre public et atteinte à la sûreté de l’Etat. Sa famille a fait opposition à la décision de justice. La HCC s’est déclarée incompétente sur la demande d’avis, laissant le soin au bureau permanent du Sénat d’appliquer son règlement intérieur. L’immunité parlementaire dont se prévaut le sénateur Lylison pourrait donc être levée. Le Sénat a carte blanche pour constater la vacance du siège et procéder au remplacement du sénateur.

« On est plus près que jamais de l’explosion sociale », met en garde la présidente de Freedom, conseillère municipale d’Antananarivo. Elle estime qu’il est urgent que l’État prenne ses responsabilités face aux difficultés dans lesquelles se débat la population. Lalatiana Rakotondrazafy revendique le droit, reconnu par les conventions internationales, pour la population de s’exprimer librement, sans crainte de répression.

Les « fédéralistes » réclament une réforme constitutionnelle. Plus de 50 ans d’Etat unitaire, martèlent-ils, n’ont apporté que dissensions, inégalités et injustices. Les inégalités flagrantes entre régions et l’extrême centralisation du pouvoir expliqueraient, selon eux, que la réconciliation nationale ne puisse aboutir.

La commémoration de la fusillade du 7 février 2009 s’est déroulée dans le calme, contrairement aux années précédentes. Christine Razanamahasoa, coordonnatrice du Mapar et ancienne ministre de la justice de la Transition, a rappelé qu’« une décision de justice a déjà été rendue à ce sujet [et que] maintenant il s’agit de l’appliquer ». La Gazette rappelle qu’un procès sur la tuerie a été organisé et a abouti en août 2010 à la condamnation à la prison à perpétuité de Marc Ravalomanana et de 17 « co-auteurs ». « Une ‘justice des vainqueurs’, administrée par ceux qui ont accédé au pouvoir grâce au carnage », juge le quotidien. 214 des 217 membres de l’Association des victimes (AV7) ont été recrutés comme fonctionnaires et ont fait allégeance au pouvoir, tournant le dos aux animateurs de la « révolution Orange ».

Le président du parti MMM réclame toujours de se faire octroyer le poste de vice-président de l’Assemblée nationale réservé à l’opposition. Il demande au pouvoir de sortir de son mutisme et d’admette l’existence d’une opposition légale prévue par la Constitution.

Des rumeurs persistantes font état d’un plan de destitution d’Honoré Rakotomanana, président du Sénat. Cette fois encore, les membres du bureau permanent semblent être à l’origine de cette tentative, motivée par un défaut de transparence dans la gestion du budget de l’institution mais qui aurait aussi une visée politique : si le chef de l’Etat est candidat à sa propre succession, le président du Sénat serait chargé de l’intérim, une perspective qui ne conviendrait pas à la frange la plus radicale du parti présidentiel HVM.

La Haute cour de justice (HCJ), compétente pour juger les hautes autorités, n’est toujours pas en place alors que son installation est attendue avec impatience par la communauté internationale, notamment par l’UE. Le décaissement des 15 millions d’euros d’aide budgétaire attendus en juin pourrait être conditionné par la prise du décret d’installation de la HCJ. En 2015 déjà, et pour ce même motif, l’aide budgétaire décaissée n’avait été que partielle.

Le Pnud relance une médiation entre les partis politiques. Un schéma de consolidation de sortie de crise est en préparation à travers le lancement d’un « atelier interactif des partis politiques de Madagascar sur leur leadership et la contribution de la consolidation de la paix et de la démocratie ». Les Nations unies ont pour objectif d’instaurer une conjoncture politique apaisée et saine avant la tenue du scrutin présidentiel de 2018 et de prévenir une éventuelle crise postélectorale. Marc Ravalomanana a saisi l’occasion de cette concertation pour mettre en garde ceux qui voudraient l’exclure de ce scrutin. « L’exclusion de candidats à l’élection présidentielle de 2018 ouvrira la voie à des troubles politiques, plus graves qu’en 2009 », a-t-il martelé, avant de mettre en garde ceux qui seraient tentés de rééditer le « ni…ni… ». La menace d’exclusion pourrait également viser Andry Rajoelina pour sa prise de pouvoir intervenue en violation de l’Accord de Cotonou. Récemment, le président du parti présidentiel HVM avait semé le trouble en déclarant qu’il souhaitait que la candidature des deux protagonistes de la crise de 2009 ne soit pas validée.

Le SeFaFi a dénoncé l’instrumentalisation de la religion par les politiciens. Dans un communiqué il milite en faveur d’une « laïcité saine » qui garantisse à la politique « d’opérer sans instrumentaliser la religion et à la religion de vivre librement sans s’alourdir du politique dicté par l’intérêt ».

À ceux qui lui reprochent de s’immiscer dans les affaires nationales, l’Église catholique répond que c’est un devoir. « L’Église ne se contente pas de trouver les remèdes, elle les applique de ses propres mains. (…) Le respect de la dignité humaine doit être la cause et la fin de toutes les institutions sociales », a-t-elle affirmé à l’occasion d’un symposium sur la doctrine sociale de l’Église.

« L’islam à Madagascar fait depuis deux ans l’objet d’une très forte couverture médiatique et politique », constate Lacroan’i Madagasikara. Le quotidien catholique, reprenant les termes d’une « Note de l’Ifri », écrit : « Cet attrait - aussi massif que soudain - tranche avec le faible nombre d’études sur l’islam à Madagascar. La thématique de ‘l’islamisation’ est dominante dans le traitement politico-médiatique, relayant des informations souvent non vérifiées, voire totalement erronées, mais qui traduisent l’inquiétude qui gagne les différentes strates de la société malgache, très majoritairement chrétiennes ». Un sujet d’actualité pour Lacroan’i, qui juge que « l’islamisation se donne des aises dans ce pays majoritairement chrétien ».

La révision annuelle de la liste électorale, engagée le 1er décembre, s’est achevée le 31 janvier avec une hausse de 5,2 % du nombre d’inscrits. La CENI n’a atteint que partiellement ses objectifs 2016. Un important travail reste à réaliser pour le toilettage de la liste électorale, la cartographie des bureaux de vote et la sensibilisation de la population, qui affiche son désintérêt pour les élections. La CENI se dit prête à organiser les élections territoriales en 2017 mais le pouvoir se refuse à confirmer les engagements pris devant la communauté internationale. La Commission insiste sur le respect de l’échéance de fin 2018 pour la présidentielle mais l’idée d’un report fait son chemin dans les allées du pouvoir, pour des motifs qui ne convainquent pas. « Si le pouvoir s’aventurait à reporter ces élections cela pourrait encore mener une crise majeure », avertit le porte-parole du Mapar.

L'Union européenne insiste sur une élection inclusive et sur la participation de tous les leaders politiques à la prochaine présidentielle. « L'élection présidentielle de 2018 doit être représentative de toutes les forces politiques », déclare l'ambassadeur de l’UE. Le président du parti HVM avait déclaré qu’en référence à l’Accord de Cotonou, les initiateurs de la « révolution Orange » et les anciens chefs d’Etat ayant fait l‘objet d’une condamnation de justice pourraient être disqualifiés [allusion à Marc Ravalomanana, condamné par contumace pour la fusillade du 7 février 2009]. Le Kmf/Cnoe met en garde contre le risque d’exclusion de certains candidats à la présidentielle de 2018. L’initiateur de la « révolution Orange » clame haut et fort : « rien ni personne ne m’empêchera d’être candidat en 2018 ». Le prochain cycle électoral bénéficiera d’un soutien de la communauté internationale à hauteur de 12 millions de dollars. Des doutes subsistent sur la capacité de l’Etat à apporter le complément. Omer Beriziky, ancien premier ministre de la Transition, a lancé un appel à la recomposition de la CENI, qu’il juge insuffisamment indépendante du pouvoir.

La ministre des affaires étrangères, Béatrice Atallah, annonce l’élaboration d’une politique nationale pour l’engagement de la diaspora, forte en France de 140 000 membres, bien intégrés, peu frappés par le chômage et d’un niveau de qualification supérieur à la moyenne française.

Le « Grand océan Indien » : une zone où la compétition entre les grandes puissances fait rage, selon le constat présenté par le Centre d’étude diplomatique et stratégique (CEDS). Étant donné l’évolution de la conjoncture internationale, « il nous faut anticiper toutes les éventualités afin d’éviter de mauvaises surprises », déclare l’un membre de ses membres. La tournure que tend à prendre la conjoncture internationale ferait craindre en effet que cette compétition entre grandes puissances se transforme en conflits. Madagascar doit être en position de « donneur d’alerte ».

Une vedette rapide a été remise aux forces navales par le gouvernement américain. Objectifs : accroitre la sécurité maritime, participer à lutte contre les trafics et la pêche irrégulière, et probablement aussi, renforcer le dispositif américain de surveillance du trafic maritime dans l’ouest de l’océan Indien.

Fermeture des établissements Gülen. Le pouvoir aurait cède aux exigences de la Turquie. Une décision de fermeture qui aurait pu être prise lors de la visite officielle de Recep Tayyip Erdogan en contrepartie d’une aide financière. 14 ressortissants turcs membres du personnel de l’un de ces établissements auraient été arrêtés et leurs passeports confisqués.

« Impunité  Amnesty International enfonce Madagascar », titre L’Express, à l’occasion de la publication du rapport annuel de l’ONG qui consacre deux pages à la situation des droits de l’homme dans la Grande île.

« Déni de réalité et répression - Le SeFaFi dénonce les échecs du régime. 15 ans que l’Observatoire ne cesse de dénoncer les dysfonctionnements dans la gouvernance du pays, sans  aucun impact sur les dirigeants », écrit Les Nouvelles. « Déni de réalité et répression, les ingrédients de l’échec », tel est l’intitulé de son 15e recueil de communiqués, portant sur l’année 2016, qui vient d’être publié.

Des attaques meurtrières de dahalo ont été à nouveau signalées, faisant plus d’une vingtaine de victimes.

Le Syndicat des magistrats avoue son impuissance face aux vindictes populaires. Le manque d’intransigeance, voire l’inertie de certains responsables dans l’application des lois et l’absence de sanctions à l’encontre des délinquants seraient notamment à l’origine de la défiance de la population envers les autorités. 14 personnes ont perdu la vie depuis le début de l'année, victimes de vindicte populaire. A Ambatolampy, le commissariat de police a été attaqué par la foule.

Le bâtonnier de l’ordre des avocats fustige le non-respect du droit à la défense inscrit dans la Constitution. Cause, selon lui, de l’absence de confiance des citoyens envers la justice.

Des magistrats en conseil de discipline. Des mesures allant de la radiation jusqu’à de simples comparutions ont été prises à l’encontre d’une vingtaine de magistrats depuis juin 2016.

A Befandriana-Nord, des villageois ont lapidé et poignardé deux policiers. En représailles, une quarantaine de policiers armés en provenance de Mahajanga et d’Antsohihy auraient débarqué dans la commune et auraient mis à feu et à sang plusieurs localités. Le ministre de la sécurité publique conteste cette version des faits et menace les journalistes pour la diffusion de fausses nouvelles. L’Express maintient que près de 500 habitations ont été incendiées par le groupe de policiers. Un notable dénonce des maltraitances physiques ainsi que l’arrestation musclée de près de 400 personnes. Tenus en respect avec des armes de guerre, des villageois, dont des femmes et des enfants, ont été rassemblés dans une localité où ils ont été contraints de passer la nuit. Des prêtres de la région confirment les informations des médias. Le procureur de Mandritsara a également démenti la version des faits servie au public par la police nationale et sa prise de position a été relayée sur les ondes nationales par le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM). Près d’un millier de villageois sinistrés ont attendu en vain pendant 7 heures une délégation de l’exécutif, dont le ministre de la sécurité publique. "Sur fond d'omerta grandissante, de rivalité et de remaniement ministériel que l'on dit imminent, l'affaire prend une tournure hautement politique, écrit RFI. En coulisse, on murmure que ‘les intérêts politiques sont trop grands pour que justice soit faite’ ». Le procès des 26 villageois accusés du meurtre des deux policiers aurait dû se tenir incessamment à Antsohihy mais le tribunal se déclare incompétent. L’affaire devrait donc être traitée au niveau de la Cour suprême. Les notables et les élus de la région Sofia exigent la libération de tous les natifs de cette région qui ont été placés sous mandat de dépôt suite aux affaires de vindicte populaire.

Plusieurs rapts d’opérateurs économiques d’origine indienne ont encore défrayé la chronique. Un gendarme a été identifié comme étant le propriétaire d’un véhicule utilisé pour l’un des enlèvements. L’ambassade de France a été saisie par la famille de l’une des victimes, de nationalité française. Les proches ne souhaitent généralement pas l’intervention des forces de l’ordre de peur de représailles ou par crainte que certains éléments des forces de l’ordre soient complices des malfaiteurs.

Déclaration de patrimoine : la justice en ligne de mire. Sur 886 magistrats concernés, seuls 76 se sont conformés à cette obligation.

Une délégation de la Banque mondiale s’est rendu à Madagascar pour procéder à une évaluation du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Il ressort de cette visite que la Grande île ne répond pas à l’attente et aux normes requises au niveau international.

Le DG du Samifin déplore que la justice ne donne pas suite aux affaires qui lui sont transmises. Sur les 130 dossiers transmis en 2016, 3 ont donné lieu à des sanctions et ce pour des affaires mineures. Cette piètre performance, rappelle-t-il, a été pointée du doigt par les experts de la Banque mondiale et l’organe régional de lutte contre le blanchiment en Afrique du Sud et de l’Est.

Le CICR s’alarme de l’explosion des chiffres de la détention préventive. Les détenus en attente de procès seraient au nombre de 10 000, soit 50 % de la totalité des détenus, 80 % chez les mineurs. La durée maximale de détention préventive de ces derniers devrait être réduite de moitié par rapport à celle des adultes, selon une loi publiée au J.O. en janvier. Le ministère de la justice tente de mettre en place des peines alternatives à la prison et de lutter contre la sous-alimentation des détenus en développant l’agriculture dans les camps pénaux. Le budget alloué par le ministère à la nourriture d’un détenu correspond à 750 grammes de manioc pour l’ensemble des repas quotidiens. La malnutrition a touché en 2016 319 détenus sur un effectif de 20 605 à mi-décembre.

Le mouvement de la société civile Rohy dresse un état des lieux de la corruption dans sept services publics parmi les plus décriés. Le projet bénéficie du soutien de l’UE. Objectif : mettre en place un système de « labellisation » de ces services afin d’inciter les agents concernés à fournir des prestations de qualité et exemptes de corruption.

Vente illicite de manuels scolaires, dons de l’UE. L’Union européenne et le ministère de l’éducation ont décidé de suspendre temporairement les livraisons au niveau des huit directions régionales de l’éducation nationale où le programme d’appui aux services sociaux de base-Éducation (Passoba-Éducation) est mis en œuvre.

Projet d’aquaculture engagé de manière illégale dans une aire protégée : deux personnes placées sous mandat de dépôt : une ancienne conseillère de la Primature et le maire de la commune d’Antsohimbondrona (Ambilobe). L’entreprise chinoise, dont la conseillère était la gérante, aurait défriché une dizaine d’hectares de mangroves du site protégé.

L’affaire de la carrière d’Anjozorobe rebondit. Un mois et demi après qu’un gendarme a été abattu dans la carrière de cristal  par ses frères d’arme, le parquet remet en cause l’assignation ayant permis la réquisition des éléments qui ont ouvert le feu sur le défunt. Une affaire « sensible », l’un des fils du chef de l’Etat étant partenaire des exploitants de cette carrière.

Reprise envisagée des migrations vers les pays du Golfe. Le ministère de l’emploi, en collaboration avec l’OIM, étudie les conditions de cette réouverture jugée inévitable en raison du manque d’emplois disponibles pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Tribune rappelle qu’une trentaine de jeunes femmes malgaches travaillant au Moyen-Orient sont décédées entre 2009 et 2014, victimes de mauvais traitements.

Le HCR se félicite de la réforme du code de la nationalité qui confère des droits égaux aux hommes et aux femmes en vue de la transmission de leur nationalité à leurs enfants. Cette refonte est une étape importante et encourageante sur la voie de la prévention et de la réduction des cas d’apatridie, affirme-t-il.

Projet d’urgence pour la nutrition en région Analamanga : les objectifs assignés ne sont pas atteints. Le taux de malnutrition chronique chez les enfants de moins de 5 ans n’a pas diminué. Cet échec serait dû principalement au changement climatique qui compromet les récoltes et a eu un impact négatif sur la disponibilité alimentaire des ménages en situation de vulnérabilité.

Le créateur d’un groupe Facebook très populaire a été placé en garde à vue pour diffamation, atteinte à l’intégrité d’autrui et incitation à la haine par des artistes et par un député. Ce groupe, créé en juin 2015, a mis sous le feu des projecteurs diverses personnalités publiques, hommes politiques, hommes d’affaires et célébrités du show-biz avec de nombreux commentaires sarcastiques, parfois insultants et haineux. Le parlementaire aurait menacé l’administrateur du groupe d’un rapt contre rançon. Les internautes ont publié de nombreux messages de soutien au gestionnaire et ont demandé sa remise en liberté. Le code de la communication, tant contesté, ni la loi sur la lutte contre la cybercriminalité, ne précisent si l'administrateur est responsable ou complice des écrits publiés sur un forum, comme c'est le cas d'un directeur de publication ou d'un rédacteur en chef de journal. Son placement en garde à vue est pour le moins jugé disproportionné. L’Express juge malvenue cette « chasse aux sorcières engagée par des politiques dont l’ordre public est le dernier des soucis ». Le syndicat des artistes qui compte parmi ses membres plusieurs victimes d'insultes, a obtenu que tous les artistes concernés retirent leur plainte. Le député a fait de même mais la procédure pénale se poursuit. L’animateur est poursuivi pour incitation à la haine et atteinte aux bonnes mœurs.

Ilontsera veut calmer le jeu. A l’approche des élections, l’Observatoire des médias et de la communication (Ilontsera) recommande aux parties prenantes « d’instaurer un environnement socio-médiatique et politique plus sain, réellement au service de la paix, de l’harmonie sociale et du bien commun ». Pour Ilontsera, en effet, les conditions d’un affrontement médiatique entre les différents courants politiques durant la présidentielle de 2018 sont réunies.

pov 02 02 17Trafics de bois de rose. Enterrés dans des fossés, 200 rondins saisis, placés sous la surveillance de la gendarmerie, ont été dérobés à Antalaha. Soupçonné, le propriétaire a été placé en garde à vue. Quatre trafiquants de bois de rose ont été arrêtés à Mananara-Nord. Dénoncés par les prévenus, deux commanditaires, soupçonnés d’être à la tête d’un réseau, sont activement recherchés. Un bâtiment transportant 340 rondins de bois de rose cachés sous 35 tonnes de sel a été arraisonné près du cap Masoala et son équipage arrêté. La cargaison devait être livrée dans un port de l’Afrique de l’Est. Des complicités parmi les responsables politiques et administratifs locaux auraient entravé les investigations. Les services en charge des contrôles auraient subi des tentatives de corruption et des menaces de mort auraient été proférées. Une « unité spéciale mixte » s’est lancée à la poursuite du navire à bord d’un remorqueur. « L’arraisonnement ne s’est fait qu’à l’issue de près de deux heures d’échange de tirs », indique une source militaire. Une délégation conduite par le premier ministre s’est rendu à Toamasina pour assister au débarquement des rondins. Le chef du gouvernement s’est engagé à faire toute la lumière sur ce dossier, précisant que de « riches personnalités » sont impliquées. Le propriétaire de navire et les 14 membres d’équipage appréhendés ont été déférés au parquet d’Antananarivo. L’Alliance Voahary Gasy se félicite de la fermeté du gouvernement dans cette affaire mais attend que des peines exemplaires soient prononcées à l’encontre des donneurs d’ordre. Il rappelle que cinq cargaisons ont précédé cette tentative d’exportation illicite depuis le début de l’année.

L’ampleur du trafic de bois de rose entre 2009 et 2015 mise à nu par l’ONG Traffic. Selon cette étude, au moins 350 000 arbres ont été abattus illégalement à l’intérieur des aires protégées et au moins 150 000 tonnes de grumes, soit un million de rondins, ont été exportés illégalement vers diverses destinations dont la Chine, la Malaisie et Maurice au cours de cette période. La perte financière est estimée à plus de 500 millions de dollars.

La Coalition nationale de plaidoyer pour l’environnement (CNPE) réclame la libération de Clovis Razafimalala, son membre fondateur et activiste environnemental, détenu depuis 6 mois. La CNPE récuse sa mise en détention provisoire destinée, selon elle, à faire obstacle à la prise de responsabilité des communautés locales dans des conflits d’intérêt les opposant à des opérateurs, des fonctionnaires et des notables corrompus.

Trafic de tortues. Un consultant international et un gendarme de l’aéroport d’Ivato, placés en détention préventive depuis fin novembre,ont écopé de dix mois de prison ferme assortis de 30 millions Ar de dommages et intérêts. Les tortues avaient été braconnées dans des réserves naturelles.

Le ministère chargé des projets présidentiels et de l’aménagement du territoire fait le pari de la décentralisation de la gestion foncière, afin de « réconcilier la population avec ses terres ». Cette approche devrait permettre d’améliorer les résultats jugés encourageants de la mise en œuvre de la politique foncière de la Grande Ile, avec la mise en place de 520 guichets fonciers et la distribution de 180 000 certificats juridiques depuis le lancement de cette politique en 2006. Le ministre de l’agriculture et de l’élevage confirme la création de Zones d’Investissements Agricoles (ZIA) d’une superficie de 2 millions d’ha, constitués pour l’essentiel de terrains domaniaux inoccupés dont l’exploitation sera confiée à des investisseurs nationaux et internationaux.

La superficie des forêts naturelles s’est réduite de près de 50 % en une quinzaine d’années. La dégradation de ce patrimoine suit un rythme exponentiel, à raison d’une perte de plus de 5 millions d’ha sur la période. « Il ne reste plus maintenant que 7 millions d’hectares de forêts naturelles sur les 12 millions d’ha enregistrés en 2002 », s’alarme le SG du ministère de l’environnement. L’Etat, en collaboration avec les acteurs de la protection de l’environnement, se fixe comme objectif la restauration de 4 millions d’ha de forêts d’ici 2030, dans le cadre de l’initiative AFR100 au niveau de l’Afrique, lancée à Paris en 2016 en marge de la COP21.

La réhabilitation du canal des Pangalanes est engagée, suite à l’accord intervenu lors de la visite du roi du Maroc. Les études de faisabilité techniques, financières et juridiques conduites par une agence marocaine devraient durer six mois.

La Gazette revient sur la question des gains que Madagascar est censé pouvoir retirer de son adhésion aux blocs économiques et commerciaux régionaux Comesa, Sadc et COI. La part de ces groupements dans le commerce de la Grande île demeure très faible et les bénéfices escomptés se font attendre. Les produits malgaches n’arrivent pas à s’imposer sur ces marchés extérieurs, alors que les produits égyptiens, mauriciens et depuis peu kenyans ont fait une percée remarquée.

pov 11 02La situation de la Jirama demeure un sujet de préoccupation majeur. Les délestages, qui ont pris de l’ampleur, ont été à l’origine de plusieurs mouvements de mécontentement. Le premier ministre a appelé la population à attendre que la réforme annoncée de la Jirama porte ses fruits. Le dossier fait partie des engagements pris dans le cadre du programme « Facilité élargie de crédit » négocié avec le FMI. L’institution a imposé la mise en place d’une nouvelle direction qui dispose de 3 mois pour engager des réformes en matière de gouvernance, de réduction des coûts et de chasse aux mauvais payeurs et aux branchements illicites. Le gouvernement s’est opposé à une nouvelle demande d’augmentation de la subvention accordée à la société d’Etat.

Le taux d’accès à l’eau potable n’est que de 35 % et il enregistre une tendance à la baisse en raison d’une gestion défectueuse des infrastructures et d’une insuffisance des financements accordés au secteur. La mauvaise qualité de l’eau est à l’origine de 35 % des diarrhées enregistrées chez les enfants en bas âge.

La hausse spéculative du prix du riz en cette période de soudure et l’insuffisance des précipitations saisonnières fait craindre une explosion sociale et l’aggravation de la malnutrition chronique qui touche plus de la moitié des enfants. Malgré plus de 2,6 millions de tonnes de riz produites chaque année, Madagascar n'est toujours pas auto-suffisant. 200 000 tonnes ont encore été importées en 2016. L’Express évoque une flambée des cours du riz encouragée par les « opposants » et rappelle que « depuis la IIe République, le riz est devenu une denrée stratégique et politique ». Le pouvoir a annoncé des mesures d’urgence pour encadrer les hausses de prix des PPN et des carburants. Le premier ministre a appelé chacun « à faire preuve de patriotisme ».

« Kere dans le Sud : un an après, les ‘21 engagements d’Ambovombe’ enterrés et oubliés ? », s’interroge Tribune. Un an après, la communauté internationale se démène pour venir en aide aux victimes du kere. Le système des Nations unies ne cesse de tirer la sonnette d’alarme et d’appeler à l’aide. « Un an après, le régime HVM prépare le deuxième mandat du chef de l’Etat en 2018. Un an après le gouvernement fait comme si de rien n’était », dénonce le site.

Les pourparlers préalables à l’ouverture du capital de la compagnie Air Madagascar sont en bonne voie. Air Austral et Ethiopian Airlines sont les deux postulants arrivés en final. Air Madagascar bénéficie pour cette opération du soutien de la Banque mondiale. Lors de la dernière assemblée générale de la compagnie, le DG, Gilles Filiatreault - qui vient de mettre un terme à ses fonctions pour se consacrer au sauvetage d’une autre compagnie - a annoncé une perte de 35 millions d’euros pour 2015.

La polémique rebondit sur la mise en place de l’« Advance Cargo Declaration » (ACD). « Une arnaque », pour le Groupement des entreprises de Madagascar qui pointe du doigt le manque de transparence entourant l'utilisation de cette redevance censée « améliorer le degré de sûreté par rapport aux navires, aux marchandises et aux installations portuaires ». Ce nouveau mécanisme de contrôle de la chaîne logistique « ne répond à aucune exigence de la sécurité américaine », déclare l’ambassade des Etats-Unis, contredisant une note publiée par l'agence portuaire maritime et fluviale.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Questions électorales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, condtion carcérale, gouvernance
  • Migrations
  • Droits de la femme et de l'enfant
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics, questions foncières
  • Coopération
  • Divers

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23 février 2017

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2017

- 23 02 17 - Publication du rapport annuel d'Amnesty International 2016/2017 - Le rapport, publié à Paris le 22 février, consacre deux pages à la situation des droits humains à Madagascar.  Madagascar p.1 - Madagascar p.2    
Télécharger le rapport complet : https://www.amnesty.org/fr/latest/research/2017/02/amnesty-international-annual-report-201617/

- 07 02 17 - SeFaFi - Communiqué - Quelle laïcité à Madagascar ?
« Le dimanche 29 janvier, dans le stade de Mahamasina-Antananarivo, était célébrée une grand-messe présidée par le Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège. Ce dernier était venu à l’occasion du 50ème anniversaire des relations diplomatiques entre Madagascar et le Saint-Siège. (…) Tous les politiciens qui ont ruiné le pays depuis l’indépendance étaient là, sans distinction d’appartenance confessionnelle, chacun cherchant à se faire remarquer. (…) La question qui se pose alors est bien celle de la laïcité de l’État. Que signifie une messe, célébration spécifiquement catholique (chez les protestants, on parle de « culte »), organisée à l’intention de tous les citoyens, à laquelle est conviée toute la classe politique – que ses membres soient chrétiens, musulmans, athées, voleurs ou violeurs, condamnés amnistiés ou pas ? »

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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31 janvier 2017

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2017

Express 03 011 400 personnes ont été invitées au banquet qui s’est tenu au palais présidentiel à l’occasion de la cérémonie des vœux. « Coïncidence, ajoutez-y trois zéros et vous aurez exactement le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire recensées dans le Sud », écrit L’Express. Malgré les contestations que suscite chaque année ce banquet, la présidence n’a pas changé de formule. Et comme chaque année, impossible d’obtenir des informations sur le coût de cette réception, déplorent les médias. Le mouvement Wake Up Madagascar a adressé au sujet de cette réception une lettre ouverte au chef de l’Etat. Parmi les nombreux convives, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana. Tous deux y sont allés de leurs propositions et conseils pour 2017. Andry Rajoelina a brillé par son absence : il avait rejoint avec sa famille sa résidence française, après avoir fait une apparition remarquée à la messe de Noël du père Pedro, au centre Akamasoa. Aucun de ses supporters du Mapar n’a répondu à l’invitation au banquet présidentiel.

Un remaniement gouvernemental en préparation ? Changer ou ne pas changer, là est la question. Comme à chaque fois qu’un remaniement semble s’imposer, le président de la République, hésite et a du mal à trancher, note L’Express. Hery Rajaonarimampianina envisagerait de mettre en place un gouvernement d’ouverture, croit savoir Midi. Albert Zafy, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Hery Rajaonarimampianina se seraient rencontrés en catimini, selon plusieurs indices concordants. Andry Rajoelina aurait été tenu à l’écart. Aucun détail n’a filtré sur les motifs de ces rencontres. La presse avance l’hypothèse d’une tentative de reprise de la démarche de réconciliation nationale, la loi récemment adoptée ne faisant pourtant pas l’unanimité. Il serait question, dans ce cadre, d’une ouverture du gouvernement à ces différentes « mouvances ». Ces tergiversations ne sont pas sans impact sur le fonctionnement de la machine administrative et sur la continuité des actions, fait-on observer, comme cela a été constaté pour le bouclage du PND et l’élaboration du programme FEC avec le FMI.

52 généraux nouvellement nommés ont reçu leur drapeau. Dans son allocution, leur porte-parole a promis fidélité au chef de l’État. L’Express se dit intrigué par les propos d’allégeance à la personne du chef de l’Etat prononcés par celui-ci. Des propos jugés néanmoins rassurants, qui laissent entendre que les chefs militaires ne se compromettront plus dans des actes de déstabilisation, comme ce fut le cas en 2009.

« Madagascar en grave difficulté : le président de la FJKM invite à la prière », titre Les Nouvelles. A l’occasion d’un culte de début d’année, le chef de la FJKM a lancé un appel à la prise de responsabilité des chrétiens. Hery Rajaonarimampianina, présent à la cérémonie, a pris la parole pour affirmer que « les chrétiens devront être les premiers à lutter contre la corruption, l’insécurité ou encore les violences en tous genre ». Midi n’a guère apprécié la présence du président de la République au Coliseum, décoré pour la circonstance aux couleurs du parti présidentiel, et ses engagements à venir en aide à la FJKM, au mépris de la laïcité de l’Etat. Le Syndicat des enseignants-chercheurs a dénoncé de son côté la défaillance des responsables étatiques dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre les exploitations minières illicites et de l’appui à l’enseignement supérieur.

« La mise en place de la HCJ et l’organisation des élections territoriales sont les rendez-vous incontournables de 2017, estime L’Express. Après des mois et des années de tergiversation, aucune excuse, sauf l’absence totale de volonté politique, ne peut expliquer que ces rendez-vous ne soient pas honorés en 2017 ». La mise en place de la HCJ consacrerait la volonté du pouvoir de ne plus laisser impunis certains hauts dirigeants. On voit mal également comment l’administration Rajaonarimampianina pourrait reporter une troisième fois les élections territoriales, notamment régionales, annoncées initialement pour juin 2015.

La CNIDH a élu Anaclet Imbiky, ancien ministre de la justice, pour la représenter au sein du Haut conseil de défense de la démocratie et de l’État de droit (HCDDED), dont tous les membres sont désormais désignés, ce qui devrait permettre de lever les obstacles à la mise en place de la HCJ, très attendue par la communauté internationale.

Les partisans d’Andry Rajoelina estiment que Hery Rajaonarimampianina ne devrait pas être autorisé à prolonger de quelques mois son mandat comme il en aurait manifesté l’intention. La députée Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la justice de la transition, à brandi la menace d’une « deuxième tentative de déchéance du chef de l’État » s’il confirme son projet, comme ses partisans l’y pousseraient.

Le siège de vice-présidence de l’Assemblée nationale réservé à l’opposition restera vacant. Les groupes parlementaires Mapar d’Andry Rajoelina et TIM de Marc Ravalomanana ne semblent pas intéressés à se déclarer officiellement opposants alors qu’ils sont bien placés en terme de nombre d’élus. Une situation mise à profit par Hajo Andrianainarivelo, chef de file du MMM, qui a remis un dossier de demande de reconnaissance au président de l’Assemblée. Ce dernier l’a transmis pour avis à la HCC, les députés élus sous la bannière du MMM s’étant depuis ralliés au parti HVM au pouvoir, contrairement à la position de leur parti d’origine. Dans l’avis rendu, la Cour indique que « la désignation du chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale relève du fonctionnement de l’Assemblée ». Pour la HCC, en effet, l’opposition, tel que prévu par la Constitution, est une « opposition parlementaire ». La Cour admet en outre que « la loi portant statut de l’opposition et des partis d’opposition connaît des lacunes et des insuffisances qui ne permettent pas de procéder, présentement, à la désignation du chef de l’opposition officielle ». Elle a donc décidé de ne pas décider…

La HCC s’oppose à un renouvellement partiel de son effectif. L’allongement de fait du mandat de certains de ses membres a été jugé anticonstitutionnel par certains juristes. La fin de mandat des actuels membres de la Cour coïncidera avec la fin du second quinquennat de la IVe République. Les détracteurs du pouvoir avancent ainsi que « la HCC aura pour mission d’assurer la réélection du président Hery Rajaonarimampianina et la stabilité de son second mandat ».

Le président turc s’est rendu à Madagascar dans le cadre d’une offensive diplomatique qui l’a conduit dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Est. Un déplacement placé sous le signe de la coopération économique. 150 opérateurs turcs ont participé à un forum d’affaires. Une occasion pour le secteur privé des deux pays de tenter de trouver des formes de partenariat mais à en croire certains chefs d’entreprise, le chemin est encore long pour conclure des accords. Au programme également, la lutte contre les réseaux de Fethullah Gülen, accusé d’une tentative de coup d’Etat en Turquie en juillet 2016. Ecoles, ONG, associations professionnelles, les activités de l’imam Gülen sont solidement implantées sur le continent africain. Recep Tayyip Erdogan, qui avait demandé, en vain, aux autorités malgaches de décréter la fermeture de ces établissements, est revenu à la charge, mettant le chef de l’Etat dans l’embarras. Afin de forcer la main à son homologue malgache, il aurait mis sur la table 60 millions de dollars. La presse s’est interrogée sur les motivations et les enjeux de cette visite d’Etat qui fait craindre à certains qu’elle compromette le déblocage des aides promises par les bailleurs traditionnels à la conférence de Paris. Des voix se sont fait entendre pour critiquer l’importance accordée à la visite d’un chef d’Etat décrié pour sa dérive dictatoriale et la répression massive des opposants engagée depuis l’été dernier.

Sylvain Rabetsaroana, président du mouvement d’opposition « Mitsangana ry Malagasy » (MRM), se déclare préoccupé par les partenariats internationaux de la Grande île et sa diplomatie tous azimuts.

Les ambassadeurs devant servir de relais pour capitaliser les acquis diplomatiques ne sont toujours pas nommés. Un retard inexplicable, alors que le chef de l’Etat va fêter sa troisième année de mandat.

iles éparsesLa gestion de l’île Tromelin restera française. Rattaché aux terres Australes et Antarctiques en 2007, elle devait voir son sort discuté à l’Assemblée nationale française mais le gouvernement a retiré de l’ordre du jour le texte qui proposait une cogestion de cet îlot et de ses espaces maritimes avec Maurice, qui les convoite. Madagascar a suivi de près ces péripéties, la Grande île revendiquant la restitution des autres îles Eparses situées dans le canal du Mozambique.

Madagascar a reçu la visite du secrétaire d’Etat du Saint-Siège pour la célébration du cinquantenaire des relations entre la Grande île et le Vatican. Il s’agissait du second séjour d’un haut dignitaire de l’Eglise catholique après celui de Jean-Paul II en 1989. Une grande messe présidée par Mgr Pietro Parolin a vu la participation de tous ces anciens chefs d’Etat et actuels gouvernants, ce qui a fait dire à Tribune que l’Eglise catholique et le Saint-Siège ont réussi là où la fête nationale a toujours échoué à réunir ces personnalités politiques. Le programme du séjour a été très suivi, autant par les chrétiens que par l’opposition politique, écrit le site,qui rappelle que la visite de Jean-Paul II avait été perçue comme un encouragement à mettre fin au régime socialiste de Didier Ratsiraka. Le nonce a remercié les évêques de Madagascar de ne pas rester indifférents face aux problèmes de la société. Une implication qui leur a souvent valu de s’attirer les foudres de la classe politique, comme ce fut le cas encore récemment avec l’appui apporté aux contestations villageoises contre des exploitations minières chinoises. La communauté catholique malgache s’impatiente de voir nommé en son sein un cardinal. La presse a noté que les visites du président turc et du secrétaire d’Etat du Vatican ont été quasiment concomitantes et s’est interrogé sur la signification qui pourrait être donnée à cette « coïncidence fortuite de calendrier », selon les termes de la ministre des affaires étrangères.

Mireille Rabenoro, connue pour son engagement en faveur des droits des femmes, a été élue à la présidence de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH). Pour la première fois dans la IVe République, un organe indépendant sera dirigé par une femme.

Bilan 2016 de la gendarmerie dans la lutte contre l’insécurité : 220 dahalo ont été abattus, 425 ont été arrêtés, 14 gendarmes ont été tués. 45 attaques de coupeurs de routes ont été dénombrées, faisant 38 morts. Des attaques de véhicules ont encore été signalées sur de grands axes routiers en janvier, faisant plusieurs victimes. Un opérateur économique indo-pakistanais a été kidnappé dans un quartier de la capitale. Sa libération a été obtenue au prix d’une forte rançon. Ce rapt est le quatrième enregistré depuis décembre.

Les actes de vindicte populaire prennent de l’ampleur, mobilisant à chaque fois des centaines de personnes. Les casernes de gendarmerie et les commissariats de police sont le cible privilégiée de ces mouvements de foule qui exigent que de présumés coupables, placés en détention, leur soient remis. Dans certains cas, comme à Vangaindrano, les manifestants se sont livrés à des saccages et ont incendié des bâtiments administratifs. Un couvre-feu a dû être décrété. Des « mesures dissuasives », visant à mettre fin aux vindictes populaires ont été annoncées par le secrétariat d’État à la gendarmerie. Une prise de conscience que les médias jugent tardive. En novembre, la CNIDH avait déjà dénoncé une situation qualifiée d’« effrayante ». Entre septembre et début novembre, la Commission avait comptabilisé 46 décès suite à des actes de justice populaire. Le ministre de la justice affirme que la généralisation des tels actes est un phénomène qui doit interpeler collectivement tous les acteurs de la société. Le FFKM a lancé un appel à la concertation entre toutes les forces vives. La relance du processus de réconciliation nationale pourrait être une voie permettant de trouver une solution à ce fléau et panser les autres plaies de la société malgache, a laissé entendre l’archevêque d’Antananarivo.

Les victimes du « Lundi noir » du 26 janvier 2009 attendent toujours réparation de l’Etat. Les autorités politiques et judiciaires ne semblant pas disposées à engager des investigations, resterait à rouvrir ce dossier dans le cadre du processus de réconciliation nationale. La nouvelle loi sur la réconciliation prévoit en effet, parmi les attributions du Conseil de réconciliation Malagasy (CFM), l’indemnisation des victimes des crises. Mais sauf accusation portée devant elle, le CFM n’aura pas vocation à rechercher les responsables de ces pillages et des décès occasionnés. Ces investigations n’auraient pour objet que de déterminer si les éventuels accusés pourraient bénéficier d’une amnistie.

En l’espace d’un mois et demi, cinq suspects ont été abattus par les forces de police dans les rues de la capitale, dans des circonstances non élucidées. Des tensions sont apparues également entre gendarmes et militaires, sur fond de rivalités inter-corps. Deux présumés trafiquants d’organes ont été arrêtés par la gendarmerie à Vatomandry. Ils étaient en compagnie de deux prétendus donneurs, lesquels allaient être tués pour prélever leurs organes sitôt les transactions conclues.

L’opération « Mazava » visant à rétablir l’autorité de l’État dans les zones rurales soumises aux incursions de dahalo se poursuit. En réponse aux accusations des défenseurs des droits de l’homme, le ministre de la défense a demandé que l’article 8 de la Constitution soit traduit en loi. Cet article stipule que la peine de mort peut être infligée par les forces de l’ordre « dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendue absolument nécessaire en vue d’assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ». Les autorités s’accordent cependant à considérer que l’usage de la force n’est qu’un palliatif. La solution passe notamment par la lutte contre les « dahalo en col blanc » à la tête de réseaux mafieux qui opèrent dans le blanchiment des bovidés volés et agissent en toute impunité.

La HCC a déclaré que le deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort ainsi que la autorisant la ratification par Madagascar dudit protocole, sont conformes à la Constitution.

Regain de tension dans une carrière de cristal à Anjozorobe, opposant un opérateur minier et le propriétaire du site, partenaire d’un proche du chef de l’Etat. Un gendarme, garde du corps du général Ravalomanana, ancien commandant de la gendarmerie nationale, a été abattu par ses frères d’arme. Ce contentieux avait déjà défrayé la chronique début 2016. « La déliquescence de l’État a franchi un autre palier à Anjozorobe, avec cette fusillade meurtrière entre gendarmes », a écrit L’Express. L’affaire a connu un nouveau rebondissement en fin de mois. La police des mines, venue faire respecter l’exécution d’un récent jugement ordonnant à l’exploitant minier et de ses partenaires, dont un proche du chef de l’Etat, de quitter le site, s’est heurtée à la gendarmerie, suspectée de couvrir le transport clandestin de 400 kg de cristal de roche.

En 2016, 375 dossiers disciplinaires ont été ouverts par la gendarmerie nationale. 83 gendarmes ont fait l’objet d’une enquête judiciaire et 21 ont été incarcérés. Ces dossiers concernent principalement la corruption et les abus de confiance mais portent aussi sur les trafics d’armes, des associations de malfaiteurs, des vols ou des extorsions de fonds.

Intensification de la lutte contre le trafic de drogue dure entre Madagascar et Maurice. Un renforcement des échanges d’informations a été conclu. La Grande île est pointée du doigt comme plaque tournante du trafic de produits stupéfiants en provenance d’Afrique.

Malgré les appels incessants de la HCC et du Bianco depuis bientôt 3 ans, plusieurs déclarations de patrimoine des autorités étatiques manquent encore à l’appel. La Haute cour entend prendre des mesures contre les récalcitrants, parmi lesquels une trentaine de députés.

L’indice de perception de la corruption publié par Transparency international marque une forte dégradation de la situation de Madagascar pour l’année 2016. Le pays se retrouve à la 145e place sur 175, contre 123e sur 168 l’année précédente. Le résumé remis à la presse parle d’« un score alarmant pour Madagascar en vue de l’atteinte du score de 50/100 en 2025 », objectif inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre la corruption qui vient d’être adoptée.

Code de nationalité : fin de la discrimination envers les femmes et les enfants. Après 56 ans d’attente, le nouveau texte relatif au code de nationalité a été validé par la HCC. Selon cette nouvelle loi « est malagasy l’enfant né d’un père et/ou d’une mère malagasy ». Subsiste l’impossibilité pour les femmes malgaches de transmettre leur nationalité à leur conjoint. La nouvelle loi stipule enfin que la déchéance de nationalité est désormais une sanction individuelle, limitée à l’individu déchu, ce afin de préserver le droit à la nationalité de l’enfant.

Les ONG étrangères qui œuvrent pour l’accès à la contraception, pratiquent l’avortement ou militent pour le rendre légal ne bénéficieront plus des fonds américains d’aide internationale, annonce Donald Trump. Au moins une ONG travaillant à Madagascar, Marie Stops International, est concernée par cette mesure.

Emigration clandestine - Sept jeunes femmes qui voulaient embarquer sur un vol à destination de Maurice dans le but de se rendre en Arabie Saoudite ont été interceptées par les forces de l’ordre à l’aéroport d’Ivato.

Madagascar échappe aux sanctions de la Cites. L’embargo sur les espèces sauvages en voie d’extinction a été évité de justesse. Après les trois mois de sursis accordés, la Conférence des parties a décidé de donner encore du temps à la Grande île pour faire ses preuves dans la lutte contre les trafics de bois précieux et la gestion de ces ressources. Les mouvements suspects d’un navire malaisien au large de la cote Est ont soulevé des soupçons de trafic de la part de la société civile. Après avoir levé l’ancre sans avoir pu être intercepté par les autorités malgaches, le navire a été contrôlé par les autorités mauriciennes lors de son escale à Port Louis. Rien de compromettant n’aurait été trouvé à bord.

La société chinoise Jiuxing Mines conserve son permis d’exploitation de Soamahamanina, à l’origine de vives contestations villageoises fin 2016. Le ministre des mines a affirmé qu’il ne peut être question d’annuler un permis délivré, comme le réclament la société civile et divers groupes politiques.
Alors que la population d'Ambaladara avait exprimé en septembre 2016 son opposition à la reprise de l’exploitation aurifère illégale menée par des opérateurs chinois et obtenu la suspension de leur activité, les travaux ont redémarré, au grand dam du CRAAD-OI et du Collectif Tany. Le « Rassemblement pour la reconstruction et la rénovation de Madagascar » a fait part de ses craintes portant sur la gestion des exploitations minières dirigées par des entreprises chinoises, moins d’une semaine après le passage du ministre chinois des affaires étrangères venu sceller de nouveaux accords avec la Grande île. Le Rassemblement se dit également préoccupé par les visées de la Turquie sur les ressources minières du pays.

En 2016, les services des douanes et la police aux frontières ont saisi plus du 25 kg d'or et 700 tortues à l’aéroport d’Ivato. En 2012, 600 kg d’or auraient quitté le pays. Des trafics continuent de s’opérer en plein jour, notamment à l’aéroport d’Ivato, sur les lignes de Kenya Airways et de Turkish Airlines, à destination de Dubaï, des Emirats arabes unis et de l’Asie. Une étude réalisée par une université australienne et relayée par la Banque mondiale estime que 250 millions de dollars d’or et de gemmes ont été exportés illégalement depuis Madagascar pour la seule année 2011. Un chiffre que les experts du secteur estiment largement sous-évalué.

Après deux ans de sommeil, les premiers ateliers de réflexion et de sensibilisation sur le nouveau code minier ont démarré. Objectif : définir les grandes lignes des amendements à apporter au code en vigueur pour le soumettre au vote du Parlement courant 2017. De l’aveu du gouvernement et de la société civile, le code minier, rédigé en 1999, ne répond plus aux exigences du Plan national de développement.

Les exploitations minières sauvages se saphir progressent jusqu’à l’intérieur du corridor Ankeniheny-Zahamena. Plus de mille hectares de forêt ont déjà été décimés. Les populations sont impuissantes à s’y opposer. Attirés par l’argent et le saphir, les élèves désertent le collège ou le lycée. Les jeunes filles se prostituent. L’insécurité gagne du terrain avec la prolifération des armes à feu.

Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi de passage à Madagascar pour intensifier la coopération bilatérale. Un « mémorandum d’entente » a été signé, par lequel la Chine s’engage à développer ses appuis dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, des transports, de l’industrie et des infrastructures. En quelques années, avec ses 740 millions de dollars investis, la Chine s’est imposée comme le premier partenaire commercial de Madagascar. Mais ici comme ailleurs, le débarquement en force de quelques 800 entreprises chinoises provoque de fréquentes tensions avec la population, note RFI. Un sentiment anti-chinois, que les deux gouvernements ont tenté, au cours d’une conférence de presse, de relativiser. « Des techniciens chinois sont venus, ont parcouru une longue distance pour venir ici, en quittant leur famille, ce n’est pas pour exploiter, ni pour coloniser, ni discriminer », a soutenu le ministre des affaires étrangères chinois, soucieux, comme le pouvoir malgache, de rassurer l’opinion publique.

Selon Midi, le déblocage des 6,4 milliards de dollars promis lors de la Conférence des bailleurs et des investisseurs serait conditionné par l’obtention de garanties concernant l’organisation d’une élection présidentielle inclusive en 2018. L’ambassadeur de l’UE et l’ambassadrice de France s’en seraient entretenus avec le président de l’Assemblée nationale.

La Banque mondiale prévoit de débloquer cette année 400 millions de dollars sur les promesses d’aide et de financement annoncées lors de la conférence des bailleurs et investisseurs en décembre, d’un montant de 1,3 milliards de dollars sur 3 ans. Des discussions se sont engagées entre les autorités malgaches et les responsables de l’institution sur les axes prioritaires de ce premier décaissement : le développement des infrastructures énergétiques et l’agriculture, la nutrition et l’accès des enfants à l’éducation. Il s’agirait d’appuyer la relance du secteur productif, parallèlement à l’instauration de la bonne gouvernance et l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, pour une croissance plus inclusive, tenant compte de la dimension environnementale.

L’ambassadeur des Etats-Unis a annoncé une contribution financière de 2,7 milliards de dollars dans la lutte contre le kere dans le Sud. Ce portefeuille alloué par le Programme Food for Peace de l’USAID sera confié au PAM.

Le SG des Nations Unies a octroyé 100 millions de dollars du Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) pour soutenir les opérations d'aide dans neuf situations d'urgence négligées. Madagascar fait partie des pays bénéficiaires.

Les difficultés de la Jirama alimentent encore largement la chronique. Les délestages ont repris de plus belle après la parenthèse du Sommet de la Francophonie. La situation est accentuée par un déficit de pluviométrie qui ne permet pas de faire fonctionner normalement les centrales hydrauliques et pourrait compromettre l’alimentation en eau potable. La subvention de 250 milliards Ar inscrite pour 2017 au budget de l’Etat risque fort de ne pas suffire à l’approvisionnement en gasoil des centrales thermiques, alors que les bailleurs de fonds exigent du gouvernement qu’il réforme la gestion de la Jirama et supprime progressivement ses aides financières. Une nouvelle rallonge budgétaire pourrait mettre à mal l’accord conclu avec le FMI, qui évaluera en mars la mise en œuvre des engagements souscrits par le gouvernement dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Le directeur général et le président du conseil d’administration ont été limogés. Un administrateur délégué a été nommé pour une période de 3 mois, avec pour mission d’engager la réforme de la société.

90 % des Malgaches vivent avec moins de 2 dollars par jour. Dans sa rétrospective 2016, la Confédération des syndicats chrétiens (Sekrima) souligne la précarité des ménages malgaches, 57 ans après indépendance. La moitié de la population ne bénéfice pas du minimum d’apport calorique de 2 100 kcal par jour. Une situation qui, pour le FMI, place Madagascar au 5e rang des pays les plus pauvres, avec un PIB par habitant de 392,6 dollars.

Le 3e recensement général de la population et de l’habitation doit débuter au mois d’octobre, après plus d’une vingtaine d’années d’estimations sujettes à caution et plusieurs reports faute de financements. Coût estimé : 20 millions de dollars. Résultats attendus en 2019.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Institutions de la IVe République, questions constitutionnelles
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, gouvernance
  • Education, santé
  • Droits des femmes et de l'enfant
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics, questions foncières
  • Coopération
  • Divers

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10 janvier 2017

ARTICLES REMARQUES - JANVIER 2017

- 10 01 17 - Libération - Vincent Hiribarren - Esclavage à Madagascar
Questions à Klara Boyer-Rossol, docteure en Histoire de l’Afrique (Université Paris 7 Denis Diderot).
Madagascar a connu au XIXe siècle un développement sensible de l’esclavage interne, alors même que la traite externe des esclaves fut progressivement mise en illégalité. On peut estimer entre 350.000 et 400.000, le nombre de captifs importés au cours du XIXe siècle du continent africain à la Grande Île, dont la population totale oscillait entre 2 à 2,5 millions d’individus. La proportion d’esclaves pouvait atteindre dans certaines régions du centre et de l’Ouest, entre 20 et 25% de la population totale à la fin du XIXe siècle. Sur la côte occidentale de l’île, la traite des esclaves a perduré, de façon légale ou illégale, au moins jusqu’en 1896, année de la proclamation de l’abolition totale de l’esclavage à Madagascar, devenue colonie française. Il a été estimé à environ 500.000, le nombre d’individus libérés à partir de 1896 à Madagascar, un chiffre à revoir probablement à la hausse. Les Français, qui ont longtemps porté des visées impérialistes sur la Grande Île, ont adopté une attitude ambiguë face à cette question. De nos jours, l’évocation de l’esclavage et de son abolition à Madagascar reste sensible. Le défi auquel les Malgaches font face consiste à se réapproprier cet héritage historique.

- 09 01 17 - CRAAD-OI - Collectif Tany - Communiqué exloitation aurifère d'Ambaladara
Alors que la communauté du fokontany d'Ambaladara avait clairement exprimé son opposition à la reprise de l’exploitation aurifère illégale des opérateurs chinois lors de la manifestation populaire du 20 septembre 2016 qui avait abouti à la suspension des activités de ces derniers par le chef de région, on vient d'apprendre que ces opérateurs ont repris en toute impunité leurs travaux d'exploitation aurifère le 25 décembre 2016, en violation de la loi et des droits humains fondamentaux des communautés riveraines.

 

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