JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

27 mars 2015

ARTICLES REMARQUES - MARS 2015

- 26 03 15 - Le Monde Afrique - Laurence Caramel - Une junte militaire, prochaine étape de la crise à Madagascar ?
La crise politique et économique dans laquelle continue de se débattre Madagascar pourrait bien se terminer par l’arrivée d’une junte militaire à la tête de l’Etat. C’est la sombre prédiction de l’historien Jean Frémigacci énoncée lors d’un débat organisé par la revue Afrique contemporaine, à l’occasion de la parution du dernier numéro consacré aux convulsions politiques auxquelles semble condamnée Madagascar. « Le président Hery Rajaonarimampianina a été élu depuis plus d’un an et il ne parvient toujours à s’imposer. Une ploutocratie est aux commandes du pays et si ça continue comme ça, je vois bien une junte militaire décider de reprendre les choses en main », explique celui qui est considéré comme l’un des meilleurs analystes de l’histoire politique de la Grande Ile. « Une junte militaire ? Mais avec quelles troupes ? Les généraux n’ont pas d’hommes à mettre dans la rue », a écarté Jean-Marc Châtaigner, ancien ambassadeur de France à Madagascar, aujourd’hui directeur général de l’IRD.

- 26 03 15 - Equaltimes - Wonder Chinhur - L'industrie de la pêche malgache ravagée par le pillage étranger
Madagascar recèle l’un des stocks de poissons les plus riches de tout le continent.Ses vastes eaux territoriales s’offrent au pillage illicite, généralement par des navires battant pavillons étrangers. La pêche illégale à laquelle se livrent les chalutiers étrangers menacerait les moyens d’existence d’environ 100.000 personnes au sein de quelque 1250 communautés de pêcheurs vivant sur les côtes malgaches. Les villes côtières les plus affectées, cependant, sont Toamasina et Nosy Be. Ces navires pirates opèrent de nuit et sont rarement pris. Ils éteignent leur radio et leurs feux de signalisation pour échapper aux patrouilles. À la nuit tombée, ces gangs jettent leurs filets, eux aussi illégaux et équipés d’hameçons de grande profondeur, pour capturer des espèces très prisées comme les crevettes, le maquereau, le thon, le requin et la truite de mer, qui rapportent gros sur les marchés de Beijing, Séoul et Kuala Lumpur..

<> doc  26 03 15 - IRD - Actualité scientifique n°477 - Madagascar en prise avec ses crises
En un demi-siècle, Madagascar a vu son PIB par habitant chuter d’un tiers – quand il a presque triplé en Afrique subsaharienne. Depuis son indépendance en 1960, chaque période de croissance s’est brutalement soldée par une crise sociopolitique, compromettant tout espoir de décollage économique. Pourquoi un pays avec autant d’atouts – ressources naturelles et humaines, etc. – n’arrive-t-il pas à sortir de cette dynamique régressive ? Une énigme que s’emploient à élucider des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires malgaches.

Voir aussi l'article de Razafindrakoto M., Roubaud F., Wachsberger J.-M. : 26 03 15 - IRD - DIAL - Dauphine Université - 2014 - Jalons pour une conomie politique de la trajectoire malgache - Une perspective de long terme
Cet article vise à fournir un cadre interprétatif de la trajectoire malgache de long terme en retraçant les noeuds structurants de son économie politique. La concomitance de périodes d’expansion économique et de crises politiques laisse en effet supposer qu’une des sources essentielles des difficultés rencontrées par le pays est sa faible capacité à instaurer un consensus politique stable autour des processus d’accumulation et des modes de répartition des richesses. Dans cette hypothèse, la compréhension de la trajectoire malgache passe par une relecture de l’histoire longue en vue de mettre en évidence, pour chaque période, les éléments de régulation du système et les contradictions auxquelles il fait face.

- 25 03 15 - PFNOSCM - Lettre de la Société Civile n°5 - mars 2015 (extrait) - Les OSC et la situation des droits de l'homme
L'auteur, Andrianiraini Rasamoely, président de la conférération nationale des Plates-formes en droits humains (CNPFDH), dresse un état des droits humain à Madagascar et décrit les domaines d'intervention des organisations de la société civile en la matière. Malgré leur nombre pléthorique, le respect des droits humains ne s'est pas amélioré.

- 21 03 15 - Tribune - Ndimby A. - Indicateurs au rouge
Madagascar n'est pas un "failed state" mais les dirigeants doivent être conscients qu’ils se trouvent à la croisée des chemins et que de leurs actions immédiates dépendra le futur proche. Les faits autorisent à se poser des questions sur la capacité de l’État à contrôler son territoire. La défaillance de l’État est manifeste dans de nombreux domaines. Pour être respecté, il faut être respectable, et beaucoup de phénomènes ne plaident pas en faveur de la crédibilité de l’équipe au pouvoir. La situation est favorable aux tentatives de déstablisation. Seul point relativement positif : l'amélioration des relations avec les bailleurs de fonds, qui multiplient les gestes de bonne volonté.

- 20 03 15 - RFI - Grand reportage - Kere: la faim qui ronge le Sud malgache
Dans le Sud de Madagascar, 200 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aggravée. La faim a déjà fait plusieurs victimes. Dans certains endroits, il n’a pas plu depuis 7 mois, et des vents forts balaient les sols. Les cultures ne poussent pas. Cela fait 3 ans que la situation est difficile, les gens ont épuisé leurs réserves et sont contraints de vendre leurs biens pour pouvoir survivre, alors que sur les marchés, les prix des denrées explosent. Reportage - http://www.rfi.fr/emission/20150320-madagascar-sud-kere-famine-secheresse-victimes

- 16 03 15 - TV5Monde - Madagascar : Inévitables inondations ?
A Madagascar, l’alerte inondation est maintenue depuis le passage de la tempête tropicale Chezda en janvier. Dans la capitale Antananarivo, l’histoire des inondations, des sinistrés et des maladies se répète inlassablement. Sans que jamais municipalité ou gouvernement ne prennent en main le problème. Reportage.


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10 03 15 - Human Rights Watch - Liban : il faut autoriser les travailleuses et travailleurs domestiques à former un syndicat
Les autorités libanaises devraient autoriser la création d’un syndicat de travailleuses et travailleurs domestiques, qui ne bénéficient pas des protections fournies par le code du travail libanais, ont déclaré plus de cent organisations non gouvernementales. Garantir le droit à la liberté d’association pour les travailleurs domestiques contribuerait à renforcer les mécanismes de protection juridique pour ces personnes, dont bon nombre font l’objet d'exactions dans ce pays. Le 29 décembre 2014, six travailleurs libanais ont soumis une requête au ministère du Travail pour former ce syndicat. Avec le soutien de l’OIT, de la Confédération Syndicale Internationale (CSI), et de la Fédération nationale des syndicats, des ouvriers et des employés au Liban (Fenasol), environ 350 travailleurs domestiques de diverses nationalités se sont réunis pour le congrès constitutif du syndicat le 25 janvier 2015. Mais les membres du syndicat ont indiqué qu’ils n’avaient reçu aucune réponse à leur requête, et le ministre du Travail Sejaan Azzi dénoncé le syndicat comme illégal, selon les médias. Les employées de maison malgaches comptent parmi les victimes des mauvais traitements qui leur sont infligés au Liban comme dans plusieurs pays du Golfe.

<>  09 03 15 -  SeFaFi - Communiqué - Des intempéries à  l'effondrement
La situation du pays est des plus critiques. Tandis que des pluies torrentielles s’abattent sur les Hautes terres, et notamment sur la capitale, certaines régions du Sud souffraient il y a peu de sécheresse et de famine. Les secours s’organisent tant bien que mal, le BNGRC semble être sur tous les fronts mais sa communication et son organisation manquent de clarté et ses réactions tardives et brouillonnes face à l’urgence font jaser les citoyens et les divers partenaires. L’exécutif est quasi-invisible. Pendant ce temps, le prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité atteint des sommets.L’ampleur de la catastrophe met tous les acteurs de la vie nationale devant leurs responsabilités. Des leçons doivent être tirées de ce désastre, d’autant que ce sont les plus pauvres qui paient le prix fort de cette négligence collective. Toute la politique urbaine du pays est à revoir. Il faudra aussi veiller à professionnaliser et à dépolitiser les organes de gestion des risques et catastrophes.La SADC, cet organisme régional,prompt à sanctionner, ne devrait-il pas aussi faire preuve de solidarité ? Les intempéries ont servi de révélateur à un effondrement général.Il faut sans attendre, procéder à une évaluation sans complaisance puis à une réactualisation de tout notre système de gestion des risques et catastrophes.

- 08 03 15 - L'Express - André Rasolo - Cinq questions sur la réconciliation
Depuis le retrait provisoire du Pr Albert Zafy et du Président Andry Rajoelina du processus de réconciliation national en cours, beaucoup s'inquiètent sur sa suite. Cet article du sociologue André Rasolo, membre de la société civile, tente de clarifier la situation.

- 01 03 15 - Nations unies - Situation humanitaire au 27 février
Le système des Nations unies dresse un bilan de la situation humanitaire au 27 février : le Sud affecté par la sécheresse, et les Hautes Terres frappées par de très graves inondations.
Sur les Hautes Terres (régions d'Antananarivo et Alaota Mangoro), le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes fait état de 41 581 sinistrés en quelques jours. Plus de 20 000 personnes ont dû quitter leurs foyers. Plus de 143 maisons ont été détruites par la furie des eaux et 485 maisons ont été inondées. Un nombre considérable de personnes reste encore dans un état critique de vulnérabilité et les infrastructures vitales ne cessent de se dégrader. Les cultures n’ont pas été non plus épargnées, 4.000 ha de rizières ont été submergés en quelques jours. Un bilan provisoire fait état de 16 morts. La région d’Alaotra-Mangoro a été aussi touchée par la montée des eaux. « Madagascar est dans une situation de catastrophe où l'ensemble des rouages sociaux et économiques a été fortement affecté », déclare le gouvernement. « Devant la gravité des réalités actuelles, le gouvernement malgache déclare à nouveau que le pays est en situation de sinistre et lance officiellement un appel à l'aide tant à l’échelle nationale qu'internationale ».

 

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28 février 2015

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2015

La vie politique a encore été marquée par le comportement des députés convoqués pour une session extraordinaire destinée à adopter le programme de mise en œuvre de la Politique Générale de l'Etat (PGE) présenté par le nouveau Premier ministre, Jean Ravelonarivo. Les élus, toujours préoccupés par l’attribution de divers avantages, notamment une dotation en véhicules 4x4, ont tenté de faire obstacle à l’intervention du chef de gouvernement. Des revendications unanimement fustigées dans les médias et par l’opinion publique, à un moment ou le pays vit à nouveau une période difficile après le passage d’une tempête tropicale dévastatrice et meurtrière et le regain de l’insécurité alimentaire dans le Sud. Un comportement qualifié de « cupide et indécent » par Tribune. Le SeFaFi et le KMF/CNOE s’en sont pris vigoureusement aux élus. Le Premier ministre a pu finalement présenter son programme après avoir trouvé un compromis avec le bureau de l’Assemblée. « Une allocution prononcée sur un ton martial », rapporte L’Express, portant sur huit thèmes, avec en « pole position » le renforcement de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance, avec pour objectif le raffermissement de l’autorité de l’État dans une optique de développement. Des engagements propres à rassurer les bailleurs de fonds qui en font une de leurs conditionnalités pour ouvrir le robinet des financements. L’allocution a été suivie par l’annonce de nombreux limogeages dans la haute administration. Le directeur général des Douanes, Hajarizaka Raminomanana, avait lancé peur avant un appel pour que cessent les interventions et les pressions des opérateurs et de hauts responsables étatiques en vue d’obtenir des exonérations de droits. Il a été démis de ses fonctions quelques jours après l’allocution du premier ministre, de même que son collègue des Impôts.

Les députés ont persisté dans leur grande majorité à s’opposer à la déclaration de leur patrimoine et se sont attiré les foudres de l’opinion publique. La HCC leur a rappelé qu’ils doivent se conformer à cette obligation et que les articles contraires à cette disposition qu’ils ont inscrits dans la loi organique de l’Assemblée nationale ne sont pas conformes à la Constitution.

Saisie par le groupe de cinq partis proches de l’ancien Président de la Transition, l’Alliance d’Ambodivona, la HCC a déclaré la nomination du Premier ministre conforme à la Constitution. La coalition majoritaire de députés favorables au chef de l’Etat, la PMP, a été jugée seule habilitée à pouvoir présenter un candidat au poste de chef de gouvernement, en application de la Constitution. Un vif débat juridique a opposé longuement la classe politique à ce sujet, fragilisant les premiers pas de la nouvelle équipe gouvernementale.

L’Alliance d’Ambodivona a annoncé son intention de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions pour les élections communales qui doivent en principe se tenir le 17 juillet et qui seront suivies par les sénatoriales et les régionales, en attendant la revanche annoncée des partisans d’Andry Rajoelina à la présidentielle de 2018. Le groupement se constitue en opposition de fait, sans s’être encore résolu à se déclarer officiellement comme telle et à bénéficier du statut que la Constitution réserve à l’opposition parlementaire. La composante principale de l’Alliance, le Mapar, parti d’Andry Rajoelina, fait face à des défections qui pourraient le conduire à demander à la HCC  la déchéance de 18 de ses députés qui ont décidé de se rapprocher de la mouvance présidentielle.

Le Mapar, le HVM et le TIM ainsi que les « indépendants » animeront les élections communales. Chacun jouera son avenir politique sur les résultats de cette consultation. Le Mapar d’Andry Rajoelina espère avoir ainsi l’occasion de prendre sa revanche sur le parti HVM au pouvoir et sur Hery Rajaonarimampianina qui, selon eux, a renié ses origines politiques après son accession à la magistrature suprême. Le HVM devra, pour la première fois, faire la démonstration de la popularité du régime sur l’ensemble du territoire. Il lui faut encore parfaire son implantation et recruter des candidats. Les enjeux sont importants également pour le TIM, fondé par Marc Ravalomanana. Le scrutin constituera un vrai test pour le fondateur du groupe Tiko, qui dispose du nombre de députés le plus important et qui reste populaire dans la capitale. Il lui faudra néanmoins être capable de remettre de l’ordre dans les affaires de la mouvance, fortement déstabilisée durant l’exil de son chef. Les « indépendants » seront comme à l’habitude, fort courtisés par les grandes formations politiques qui pourraient bien, une fois encore, faire monter les enchères pour s’attirer leurs bonnes grâces. Le décret portant interdiction faite aux autorités politiques de participer aux campagnes électorales comporte d’importantes imprécisions dans sa version française. Un manque de précision susceptible d’ouvrir la voie à des interprétations divergentes et devenir un nouveau sujet de discorde, comme pour la présidentielle et les législatives.

La création de 140 nouvelles communes a été adoptée par l’Assemblée nationale.Une décision jugée éminemment politique par L’Expressqui écrit : « L’objectif est bien évidemment d’avoir les ramifications les plus proches de la population pour pouvoir mieux maîtriser l’élection présidentielle de 2018. (…) Il n’y a que les grands partis qui ont les moyens de couvrir les 1.700 communes et de surveiller les quelques 20.000 bureaux de vote éparpillés dans tout le pays ». La HCC, faisant preuve d’indépendance par rapport au pouvoir, a déclaré la loi portant statut spécial d’Antananarivo contraire à la Constitution. Le « morcellement de la capitale » n’aura pas lieu. L’exécutif pourrait envisager de réécrire une nouvelle fois ce texte de loi très controversé, ce qui nécessiterait la convocation urgente d’une session extraordinaire de l’Assemblé nationale et pourrait imposer un report des communales. La tenue d’élections partielles différées pourrait être l’option envisagée pour les trois villes concernées par la décision de la HCC. Des voix se font en effet entendre pour s’opposer au fait que cette situation remette en cause le calendrier national de la consultation. Les réactions des bailleurs du « basket found » du PACEM seront à prendre en compte, surtout si un report du calendrier électoral était envisagé. Ces élections communales seront les premières depuis 2007, le mandat des élus locaux ayant été prorogé en raison de la crise politique.

Les détenus politiques de 2002 et de 2009 ont déposé une demande d’indemnisation au Conseil pour la réconciliation malgache (FFM) pour les préjudices moraux et physiques qu’ils ont subis en prison, conformément aux dispositions de la feuille de route de sortie de crise. Les montants exigés sont exorbitants et aucun budget n’a été prévu à cet effet. Un concours des bailleurs de fonds est escompté. 549 demandes ont déjà été réceptionnées. Le processus de réconciliation nationale a prévu également l’indemnisation des victimes des crises successives. Les opérateurs économiques malgaches victimes des pillages et incendies de début 2009 rappellent que jusqu’ici ils n’ont pas été indemnisés, contrairement aux opérateurs étrangers qui ont été dédommagés par leurs assurances. L’association des victimes du 7 février 2009 (AV7) entend également demander des réparations.

La Vérité 05 02 15La commémoration de la fusillade du 7 février 2009 a attisé les divisions de la classe politique. Le 7 février a été opportunément décrétée par le pouvoir « Journée de solidarité nationale » envers les victimes du cyclone Chedza et de la famine qui sévît dans le Sud. Ni Andry Rajoelina ni Marc Ravalomanana n’ont répondu à l’invitation de participer aux cérémonies. Les membres de l’association des victimes ont étalé leurs divergences. Son bureau a été accusé de connivence avec le pouvoir. Quatre groupes différents ont défilé pour déposer des gerbes devant la stèle commémorant cette tragédie. L’Express note que les invectives lancées entre les parties rivales mettent en évidence la fragilité du processus de réconciliation nationale. Et pour Midi, toujours cette lancinante question à laquelle personne ne semble vouloir chercher de réponse : qui est à l’origine de ce massacre ? Qui va enfin se décider à faire la lumière de manière impartiale sur ces évènements ? L’Express suggère que le procès par contumace qui a condamné Marc Ravalomanana aux travaux forcés à perpétuité soit refait et qu’une reconstitution des faits soit organisée.

L’ambassadeur d’Afrique du Sud déclare que les investigations portant sur le retour en catimini de l’ancien Président sont presque achevées. « Le gouvernement sud-africain partagera avec le gouvernement malgache le résultat de ces investigations », souligne-t-il. « Marc Ravalomanana n’a pas seulement violé les lois malgaches, mais aussi celles de l’Afrique du Sud », précise-t-il encore. Le quotidien Les Nouvelles doute que le résultat de cette enquête soit divulgué rapidement en raison des risques que cette publication pourrait faire porter au processus de réconciliation. Le journal note que le flou continue de régner au sujet du statut réel de l’ancien Président, qui reste sous le coup d’une décision administrative de placement en résidence surveillée, sans que la Justice n’ait encore été saisie. Les mesures restrictives de liberté prise à son encontre sont progressivement levées. Reste qu’il lui est toujours interdit de prendre part au débat politique. Une situation qui le pénalise dans la conduite de ses troupes à quelques mois du scrutin communal.

Newsmada 18 02 bisUne 7ème réunion au Sommet des cinq présidents s’est tenue sous l’égide du FFKM. Andry Rajoelina et Didier Ratsiraka, absents du pays, se sont fait représenter. Les trois présidents présents ne seraient pas parvenus à s’entendre sur la dissolution du FFM, institution de réconciliation née sous la Transition en application de la feuille de route mais qui n’aurait plus sa raison d’être après le retour à l’ordre constitutionnel. Zafy Albert a décidé de se retirer du comité technique en charge de l’organisation, décision motivée par son exigence de voir créé, préalablement à l’organisation des forums régionaux annoncés pour le mois de mars, un « Comité National pour la Réconciliation » (CNR) qui donnerait une existence légale à l’organisateur et aux assises. Andry Rajoelina lui a emboité le pas, conditionnant la poursuite de sa participation au processus à l’application de l’article 54 de la Constitution concernant les modalités de désignation du Premier ministre, remettant ainsi en cause la nomination de Jean Ravelonarivo, validée par la HCC. Il exige également la révision de la destitution jugée « anticonstitutionnelle » du premier bureau de l’Assemblée nationale dirigé par l’ancienne ministre de la Justice de la Transition, Christine Razanamahasoa. Marc Ravalomanana et sa mouvance confirment qu’ils restent dans le processus de réconciliation. La défection des deux autres protagonistes contribue au rapprochement entre le chef de l’Etat et la mouvance Ravalomanana, estime Midi. Pour les animateurs du processus de réconciliation, les défections enregistrées ne devraient pas avoir d’incidence, la démarche n’ayant pas pour but de réconcilier les Présidents mais « de réconcilier les Malgaches entre eux ». Les forums régionaux auront lieu comme prévu du 6 au 8 mars et un regroupement national est annoncé du 25 au 29 mars. Pour Christine Razanamahasoa, chef de file de la mouvance Rajoelina, les quatre protagonistes « sont encore fâchés entre eux. On ne peut pas parler de réconciliation si ces questions ne sont pas réglées », avance-t-elle. La Plateforme nationale des organisations de la société civile (PFNOSC) appuie la poursuite du processus engagé par le FFKM et condamne « les petits caprices » de Zafy Albert et d’Andry Rajoelina qui ont déclaré forfait. Le KMF/CNOE entend également participer aux forums programmés. Le SeFaFi se montre en revanche pessimiste quant à l’issue du processus. Les cinq présidents, explique son coordonnateur,  ne font que « soigner leur image aux yeux de l’opinion et ne se soucient nullement de la vraie réconciliation ». L’ambassadeur des Etats-Unis annonce le soutien des Américains au processus de réconciliation.

L’évaluation des performances de Madagascar en matière de lutte contre la corruption a fait l‘objet d’une mission par des évaluateurs en provenance du Nicaragua et du Nigéria, dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le sujet. Une réforme du Bianco pourrait s’imposer : son dernier bilan annuel apporte la preuve que l’enrichissement illicite demeure impuni. Madagascar n’est pas parvenu à atteindre ses objectifs en matière d’indice de perception de la corruption (IPC). La révision de la stratégie nationale de lutte contre la corruption est engagée et le Premier ministre a tenu un discours très ferme aux chefs d’institutions concernées par ce fléau, convoqués à tour de rôle à la Primature. Il ne fait aucun doute que les bailleurs de fonds attendent de la nouvelle équipe gouvernementale des résultats significatifs en la matière, estiment les observateurs.

L’insécurité demeure un sujet majeur de préoccupation. Les kidnappings à répétition inquiètent les opérateurs économiques et les milieux diplomatiques. Des arrestations ont été opérées au sein des forces de l’ordre. Un jeune ressortissant français d'origine indo-pakistanaise (karana) a été enlevé à la sortie du collège français de Toliara. Quatre négociateurs français dépêchés par le Quai d’Orsay ont été étroitement associés à sa recherche. Libéré quelques jours plus tard, une rançon a été versée. Depuis 2009, 20 à 30 ressortissants français ont été victimes de kidnapping en contrepartie de rançon. Les attaques de dahalo ont repris dans le Grand Sud. L'armée a lancé une opération spéciale avec pour objectif de neutraliser un chef dahalo qui défie les forces de l'ordre depuis plusieurs mois. Du côté d’Amboasary-Sud, des gendarmes ont reçu le renfort de 1.800 villageois armés. Pour l’Agence de presse de l’océan Indien (APOI), le Grand Sud est à nouveau au bord de la guerre civile. Les témoignages recueillis sur place contredisent la version officielle : la région n’a pas retrouvé le calme après la spectaculaire « reddition » et l’amnistie de 4.000 dahalo. Le SeFaFi a porté un jugement sévère sur l’opération « coup d’arrêt » dont le bilan fait état de la mort de 573 personnes, dont 445 dahalo, 115 villageois et 13 membres des forces de l’ordre. La presse mentionne la persistance d’actes de « vindicte populaire » qui laissent les autorités impuissantes.

Dans le classement annuel de RSF sur la liberté de la presse, Madagascar progresse et se trouve au 64ème rang sur 180, gagnant 17 places sur un an. Un résultat attribué au retour à l’ordre constitutionnel.

Une grande sécheresse menace la sécurité alimentaire de centaines de milliers de personnes dans le Sud. La famine qui y sévit a conduit 54.000 des 100.000 élèves de la zone à abandonner l’école. Le responsable du PAM tire la sonnette d’alarme : les stocks de vivres destinés aux victimes du « kere » et aux cantines scolaires sont en voie d’épuisement. Il assure avoir besoin de près de 3 millions de dollars jusqu’en juin pour venir en aide à 350.000 personnes affectées par la sécheresse.

La Vérité 03 02 15L’UE a alloué une aide d’urgence de 3 millions d’euros en faveur des victimes des inondations dans trois pays d’Afrique Australe dont Madagascar. Ces trois pays sont gravement touchés par des inondations qui ont provoqué des déplacements de population, détruit des maisons, des écoles, des hôpitaux, des routes et d’autres infrastructures socioéconomiques, engendrant des besoins importants en termes de réhabilitation et de reconstruction. A Madagascar, la tempête tropicale Chedza a laissé derrière elle plus de 130.000 sinistrés dont environ 20.500 déplacés dont 16.900 à Antananarivo. Des chantiers HIMO ont été mis sur pieds. Les populations des bas quartiers de la capitale ont manifesté leur mécontentement vis-à-vis des autorités qu’elles accusent de se désintéresser de leur sort. La rupture de digues dans la plaine d'Antananarivo a provoqué à nouveau de graves inondations faisant plusieurs dizaines de milliers de sans-abris.

Une Conférence des bailleurs sur la sécurité alimentaire dans l’Indianocéanie s’est tenue à Antananarivo. Organisée conjointement par la COI et le gouvernement, avec l’appui du CIRAD et le soutien de l’UE, elle a réuni plus de 150 participants. Objectif : redonner à Madagascar sa vocation de « grenier de l’océan Indien » au travers d’une dizaine de grands projets. Un financement de 690 millions d’euros au niveau régional sera débloqué sur une période de cinq à sept ans. La Nation redoute que ces programmes conduisent la Grande Ile à faire appel à des multinationales qui bafoueront les intérêts des communautés paysannes et se livreront à l’accaparement des terres.

Pour le Collectif Tany, les premiers pas du nouveau président ont suscité une profonde inquiétude quant à ses intentions dans le domaine du foncier. Son équipe a lancé des appels insistants aux investisseurs pour occuper les « 18 millions d’ha de terres arables disponibles ». La promotion des terres auprès des investisseurs devrait, selon Tany, être précédée d’un audit complet de tous les titres et certificats fonciers par une structure compétente et indépendante. Des consultations sont en cours en vue de l’élaboration de la nouvelle politique foncière, avec la participation de la FAO. « Le foncier est un levier de développement du pays », rappelle un consultant.

L’État ouvre le débat sur la révision du Code minier. La révision de la redevance et des ristournes, l’octroi de permis et les questions environnementales sont à l’ordre du jour. L’objectif consiste à apporter des modifications au Code de 2004, afin de mieux répondre au contexte et aux contraintes du moment, ainsi qu’aux objectifs du gouvernement. Il s’agit d’améliorer les impacts de l’exploitation des ressources minières sur la vie des populations. Madagascar ayant souscrit des engagements sur la protection des droits des enfants, cet aspect sera également pris en compte.

Madagascar va enclencher le processus de validation auprès de l’EITI en vue d’obtenir le statut de pays conforme d’ici fin 2016. Selon les nouvelles règles de l’EITI, les contrats pétroliers devront désormais être intégrés.

Un accord de pêche a été signé avec l’UE pour une valeur de 6,8 millions d’euros sur la période 2015-2018. L’accord autorise 94 bateaux de pêche européens à exercer leur activité à partir de 20 miles marins au-delà des côtes. La redevance annuelle de 700.000 euros versée par l’UE sera destinée à la consolidation des activités du Centre de surveillance de pêche et de l’Agence sanitaire halieutique (ASH), en coopération avec les autres Etats de la COI.

La vérité 06 02 15A l’occasion de son discours de mise en œuvre de la Politique Générale de l’Etat (PGE), Jean Ravelonarivo a réaffirmé sa volonté d’opérer une guerre sans merci contre les auteurs de trafics de bois de rose. . « Le gouvernement appliquera la tolérance zéro », déclare-t-il. Les responsables des régions concernées seront remplacés et un tribunal spécial mis en place. Interpol a été saisi par les autorités de l’affaire du cargo Min Feng battant pavillon panaméen localisé dans la ZEE de Madagascar, à 10 km au large de Ste Marie. Un suivi satellitaire a été organisé avec le concours de partenaires techniques et financiers mais le cargo a pu échapper malgré tout à la surveillance. Quatre membres d’équipage d’un cargo chinois, le Min Tai Leng, arraisonné à Mangabe Maroantsetra mi-janvier, ont été placés sous mandat dépôt à Toamasina.

Un réseau mafieux de trafics de tortues a été mis à nu par la gendarmerie. Trois Chinois ont été pris avec 200 tortues en partance pour l’Asie. 600 kilos d’or seraient sortis du pays depuis la suspension des activités d’exportation d’or en 2012, selon les Nations unies, pour une valeur estimée à 18 millions de dollars. Près de 19.000 hippocampes déshydratés, protégés par la Convention de Washington, ont été saisis par la douane française à l’aéroport de Roissy. D’une valeur estimée à près de 200.000 euros, ils étaient en transit pour Hong-Kong. La sécurité à l’aéroport international d’Ivato est une fois de plus en cause. Les autorités affirment vouloir y remédier.

Pour le directeur de l’AFD, le gouvernement doit prioriser les investissements dans le domaine des infrastructures stratégiques (portuaires, routières, hydroélectriques et agricoles). Une part trop importante du budget de l’Etat est consacrée au fonctionnement. L’ambassadeur de France déclare que les partenaires de Madagascar attendent du gouvernement que « les intentions se traduisent en actes et notamment en réformes concrètes, mesurables et opérationnelles ».

L’UE se déclare satisfaite du premier « dialogue politique » avec le gouvernement malgache. Le déblocage des fonds du 11ème FED devrait intervenir avant la fin de l’année. L’ambassadeur de l’UE a reconnu avoir fait part des préoccupations de l’Europe au sujet de la persistance des trafics de bois de rose mais il affirme avoir été convaincu de la manière dont l’exécutif entend résoudre le problème, très lié à celui de la corruption. Le montant de 518 millions de dollars déjà réservé à Madagascar pourrait être majoré avec des budgets spécifiques et notamment avec des fonds qui transitent par des organisations régionales comme la COI. Des consultations en vue d’identifier les programmes d’intérêts nationaux et régionaux vont être engagées pour promouvoir les projets qui seront financés. L’UE a déjà versé en décembre 2014 une subvention de 65 millions d’euros, affectée directement au budget de l’Etat. La France va verser sou peu une aide budgétaire de 20 millions d’euros. En 11 ans, l’UE a engagé un milliard d’euros sur la Grande Ile et a fourni 47% des aides dont le pays a bénéficié (30% d’aide bilatérale des Etats membres de l’Union et 17% d’aide des institutions européennes).

la vérité 26 02Le PNUD a annoncé la signature d’un accord pour la mise en œuvre du « programme-pays » d’un montant de 73 millions de dollars pour la période 2015-2019. Les crédits alloués devront être consacrés à la bonne gouvernance, la sécurité, la lutte contre la pauvreté, la décentralisation, la justice, la démocratie, la transparence, la traçabilité, le respect des droits de l’homme et la protection de l’environnement.

Les États-Unis et la Chine à la rescousse pour la protection et défense des frontières maritimes. Les États-Unis ont confirmé le don d’un navire garde-côte qui sera opérationnel début 2016.La Chine a pris le même engagement. Outre la lutte contre des trafics illicites, ces navires participeront à la lutte contre la piraterie.

Madagascar est classé par la Coface pays à très grands risques en raison de la fragilité de la situation politique. Le pays est classé dans la catégorie D en ce qui concerne l’environnement des affaires. ». La Coface confirme que « le versement effectif de l’aide [des bailleurs de fonds] reste lié à la finalisation du PND et à la stabilisation de la situation politique. (…) La gouvernance du pays demeure faible, marquée par un niveau élevé de corruption ».

Un an après la présidentielle, les investisseurs étrangers n’affluent pas. Hery Rajaonarimampianina saisit chaque occasion pour lancer des appels aux IDE. L’exécutif annonce l’organisation prochaine d’une conférence avec les bailleurs de fonds au cours de laquelle sera présenté le PND. L’élaboration d’un nouveau Code des investissements figure parmi les actions de promotion annoncées. La Cnuced va assister Madagascar dans l’analyse des aspects réglementaires, institutionnels et promotionnels relatifs de sa politique d’investissement afin de rendre la Grande Ile plus attractive.

Le chômage déguisé toucherait 84% de la population. La prédominance du secteur informel, l’analphabétisme, le phénomène de non-scolarisation ou de déscolarisation des enfants et le faible taux de productivité ne font que renforcer cette problématique.

Les exportations sur le marché américain dans le cadre de l’Agoa débutent. Une vingtaine d’entreprises franches ont obtenu leur « attestation d’éligibilité ». Pour les cinq prochaines années, le groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) se fixe comme objectif un volume d’exportation de un milliard de dollars, la création de 200.000 emplois directs et de près d’un million d’emplois indirects.

Le redémarrage du programme Millenium Challenge Corporation (MCA) est en vue. Le programme avait fortement contribué aux réformes foncières dans la Grande Ile, entamées depuis 2005. La reprise est assortie de conditionnalités portant notamment sur la bonne gouvernance.

Midi émet l’hypothèse que la réouverture du groupe Tiko constituerait la contrepartie du soutien de Marc Ravalomanana au pouvoir en place. Les négociations en vue du redémarrage seraient déjà très avancées. Le ministre de l’Industrie, en charge du dossier technique, laisse entendre qu’un accord politique aurait été conclu. Les importants arriérés fiscaux de Tiko et la question de l’indemnisation pour les actes de pillage subis du 26 janvier 2009 seraient au centre des discussions.

Le ministre d’Etat Rivo Rakotovao, en charge des grands projets présidentiels et président du parti présidentiel HVM, se trouve au centre d’une polémique trouvant sa source dans plusieurs décisions contestées qui violeraient l’orthodoxie financière en matière de gestion de fonds publics, selon ses détracteurs.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique, session parlementaire
  • Réconciliation nationale, ndemnisation des victimes, 7 février 2009
  • Préparation des élections communales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé
  • Gouvernance, justice
  • Traite des personnes, conditions de travail
  • Insécurité
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Calamités
  • Ressources minières,pétrolières et halieutiques, question foncière, environnement
  • Trafic de bois précieux et de ressources naturelles
  • Bailleurs de fonds, coopération économique
  • Divers

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26 février 2015

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2015

- 26 02 15 - Libération - Vincent Hiribarren - Banditisme, rédditions et processus de paix à Madagascar
Depuis le XIXe siècle, des dahalo sévissent dans l’ouest et le sud de Madagascar. Ce phénomène, extrême encore en 2014, a connu un développement exponentiel au cours de la dernière crise politique de 2009 à 2014. A la fin de la dernière saison sèche, de septembre à novembre 2014, plusieurs redditions de milliers de dahalo furent organisées dans le Sud par les autorités et en particulier le Premier ministre. Ces images dépréciatives véhiculent d’anciennes perceptions de ces populations du Sud au mode de vie bien éloigné du quotidien urbain de la capitale. Elles reprennent les stéréotypes du dernier quart du XIXe siècle sur les « fahavalo » (les ennemis), les dahalo de l’époque. Les conditions de reddition, à savoir aucune poursuite judiciaire et pénale, ont provoqué d’intenses ressentiments dans l’opinion publique malgache qui a dénoncé par médias interposés l’impunité et l'« amnistie de fait » de ces « bandits », et la méconnaissance des lois et des dommages causés aux victimes des dahalo.

- 22 02 15 - RFI - Interview de Jean-Claude de l’Estrac SG de la COI au sujet de la Conférence des bailleurs sur la sécurité alimentaire dans la région de l’océan Indien qui vient de se terminer. Pendant deux jours, près de 150 participants se sont réunis dans la capitale malgache. La conférence était organisée par la COI. Au menu, la relance de la production agricole, la commercialisation et la formation… Et le but toujours évoqué mais jamais concrétisé de redonner à Madagascar sa place de « Grenier de l’océan Indien ». Place que le pays occupait après l’indépendance. Pour évoquer ces questions, Jean-Claude de l’Estrac, secrétaire général de la COI répond aux questions de Jeanne Richard.
http://www.rfi.fr/emission/20150222-madagascar-jean-claude-estrac-secretaire-general-coi-ocean-indien-comores-seychelles-maurice-reunion

- 14 02 15 - Collectif Tany - Propositions acte 2 Réforme foncière

Le document renferme un condensé de la contribution du Collectif aux échanges sur l’élaboration de l’acte 2 de la Réforme Foncière. D’autres communiqués avaient déjà été publiés dans cet objectif. Après une mise à jour de l’état des lieux, le Collectif propose une vision 2025 : l’ensemble de la population, hommes et femmes de toutes les régions, a un accès équitable et sécurisé à la terre, qui leur permet de contribuer au développement économique national et d’en partager les fruits ; La gestion des terres malgaches pour un développement progressif et inclusif de Madagascar respecte les principes de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit, tout en veillant au respect des droits humains fondamentaux, afin d’assurer la pérennité d’un territoire pour les générations futures, la cohésion sociale et la souveraineté alimentaire. Beaucoup de citoyens ont besoin d’un accès à la terre et de la sécurisation de leurs droits. La sécurisation des droits ne devrait pas passer obligatoirement par la formalisation des droits sous forme de titres et certificats fonciers. Les droits fonciers locaux et les droits d’usage doivent être pris en compte et reconnus. La gestion "en commun" pourrait être envisagée. Une régulation plus stricte des investissements sur les terres de vaste surface est nécessaire.

- 11 02 15 - RFI - Le président malgache plaide pour la réconciliation nationale. Interview - 4'55.
Le président Hery Rajaonarimampianina s'exprime sur l'état de l'avancée de la réconciliation nationale engagée dans le pays. Il évoque aussi le cas de l'ancien président Marc Ravalomanana, placé en résidence surveillée après son retour d'exil en octobre dernier, ainsi que la nomination d'un nouveau Premier ministre à Antananarivo un an tout juste après son arrivée à la tête de l'Etat. Mais la corruption qui gangrène le pays n'est pas occultée.
http://www.rfi.fr/emission/20150211-entretien-madagascar-president-rajaonarimampianina-reconciliation-nationale

- 11 02 15 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Dramatique perte de repères
« Les affaires de délinquance et de banditisme défraient la chronique, et soulignent de plus en plus souvent l’implication de membres de forces de l’ordre. Il semble qu’il n’y ait aucune capacité des responsables concernés à juguler les trafics d’armes dans les casernes. Et lorsque des malfrats sont arrêtés, il n’est pas rare qu’on retrouve un homme en treillis dans le réseau, soit à titre d’acteur, soit à titre de complice. (…) Depuis 2009, des dérapages de membres des forces de l’ordre se succèdent. (…)
N’en déplaise à ceux qui usent de tous les arguments fallacieux pour dédouaner Andry Rajoelina, ce dernier est en grande partie responsable du désastre actuel. (…) Selon le ministre de la sécurité intérieure Blaise Randimbisoa, « l’explosion des actes de banditisme est due à la corruption », qui toucherait « tout le système judiciaire depuis les forces de l’ordre jusqu’aux tribunaux. (…) Le banditisme peut prendre un visage moins violent, tel que la délinquance financière ou le trafic des ressources naturelles. (…) La perte de repères dans la société encourage également l’émergence de petits phénomènes crapuleux, en particulier chez les jeunes ».

<>  10 02 15 - SeFaFi - Communiqué - Les dysfonctionnements de l'Etat

Voilà 50 ans que nos dirigeants nous promettent le paradis. Socialiste ou libéral, il est annoncé après chaque crise, au début de chaque nouvelle prise de pouvoir : la pauvreté sera vaincue et la sécurité rétablie, les malades seront soignés et les enfants éduqués, les sans-abris auront un toit et les chômeurs du travail. Des promesses vite oubliées, tandis que la misère continue à croître, et qu’une nouvelle crise remplace l’homme providentiel par un autre. Faut-il se résigner à voir se répéter ce cycle délétère, qui a fait de Madagascar, en un demi-siècle, le pays des échecs programmés et des potentiels jamais réalisés ? Les explications données à ces échecs successifs sont aussi nombreuses que diverses, et pas toujours pertinentes. On en retiendra une, sans doute partielle mais dont le bien-fondé ne peut être mis en doute : en l’absence de toute tradition étatique, viennent s’ajouter des dysfonctionnements facilement identifiables, qui peuvent être corrigés avec un minimum de volonté politique et de sens du bien commun. La mauvaise gouvernance est connue de tous, et les médias y font largement échos. Elle détruit la confiance du peuple en ses dirigeants, et les plus beaux discours, loin d’y changer quoi que ce soit, ne font qu’accroître le doute et la méfiance.Si la classe politique dans son ensemble et les agents de l’administration s’avèrent incapable de planifier, de sanctionner, d’être redevables et d’avoir un minimum d’éthique, ils courent à leur perte, entraînant tout le pays dans leur chute.

- 03 02  15 - Rts.ch - Le navire-hôpital d'une ONG suisse offre des soins à Madagascar. L'ONG Mercy Ships, fondée à Lausanne en 1978, affrète des navires-hôpitaux qui sillonnent les côtes des pays démunis, notamment en Afrique, pour prodiguer gratuitement des soins à la population. Le navire-hôpital Africa Mercy, en fonction depuis 2007, est le plus grand hôpital flottant non-gouvernemental au monde. L'émission Mise au Point de la RTS est partie à la rencontre de Roland Decorvet, ancien directeur de Nestlé pour la Chine, qui a embarqué au printemps 2014 avec sa famille pour diriger bénévolement le navire Africa Mercy pendant plus d'un an. Il fait partie des nombreux Suisses qui participent régulièrement aux missions de l'organisation.

Arrivé au port de Toamasina le 25 octobre 2014, Africa Mercy devait repartir en juin 2015. Il prolongera son séjour jusqu’au 9 juin 2016. Mercy Ships fournit gratuitement des soins chirurgicaux aux plus démunis de la population dans 6 spécialités et des programmes de formation aux spécialistes de la santé. La contribution qu’il sollicite couvre les frais de déplacement à Tamatave des patients provenant de toutes les régions de Madagascar.
Article et reportage vidéo à Madagascar (15'47) : http://www.rts.ch/info/monde/6500352-le-navire-hopital-d-une-ong-suisse-offre-des-soins-a-madagascar.html


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02 02 15 - Collectif Tany - Situation toujours préoccupante pour les terres malgaches en 2014 -  Propositions
Les tous premiers pas du nouveau président ont suscité une profonde inquiétude quant à ses intentions dans le domaine du foncier. Son équipe a lancé des appels insistants aux investisseurs pour occuper les “18 millions d’ha de terres arables disponibles” à Madagascar. En juillet 2014, un arrêté a suspendu jusqu’au 31 décembre l’attribution de terrains du domaine privé de l’Etat, titré ou non titré, afin de réaliser un inventaire du domaine privé de l'Etat. La notion de « réserves foncières » mise en avant par une responsable du ministère de l’Aménagement du territoire ne viserait-elle pas à préparer l’opinion publique à une attribution massive de terrains à des investisseurs nationaux et étrangers ? Dès mi-décembre, la promotion des terres auprès des investisseurs a repris. Tany réclame un état de lieux du patrimoine national. Les conflits fonciers, dont certains ont provoqué des expulsions de familles ont continué au cours de l’année. Le Collectif propose une un audit complet de tous les titres et certificats fonciers par une structure compétente et indépendante. 

- 02 02 15 - Jeune Afrique - Pierre Donadieu - Mines : Madagascar veut sa part du gâteau
L'île possède un important potentiel minier encore peu utilisé. Face à l'accélération de l'exploitation sur son sol, l'État tente de mettre en place une réforme pour en tirer davantage de bénéfices. Or, rubis, saphir, uranium : Madagascar a tout d'une île aux trésors pour les exploitants miniers. Pourtant, l'an dernier, Rajo Daniella Randriafeno, alors ministre des Mines, confiait qu'il s'agissait d'un "secteur malade". La crise financière de 2008, conjuguée au marasme politique de 2009-2014, a freiné l'exploration du sous-sol et le nombre de permis octroyés s'est effondré. Depuis l'an dernier, le gouvernement essaie de reprendre la main sur le secteur et de mettre en place une réforme de son code minier.

- 02 02 15 - « Les malgaches se désintéressent des élections communales ».
La clôture provisoire des listes électorales est intervenue le 31 janvier. La population a encore 20 jours pour s’inscrire ou pour vérifier son inscription. Les élections communales sont toujours prévues le 17 juillet, ce seront les premières depuis 2007, le mandat des élus locaux ayant été prorogé en raison de la crise politique. Au micro de RFI, Ketakandriana Rafitoson politologue et membre de l’association Liberty 32 qui intervient dans l’éducation citoyenne et l’observation du processus électoral se montre critique face à l’organisation de ce scrutin. « La clôture de l'inscription sur la liste électorale s'est déroulée plutôt dans l'indifférence générale. La majorité des électeurs potentiels ne se sont pas intéressés à ce processus, faute de sensibilisation », déplore-t-elle notamment. Ecouter l'interview (5'09) :
http://www.rfi.fr/emission/20150201-krafitoson-malgaches-desinteressent-elections-communales

 

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31 janvier 2015

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2015

Le remplacement du Premier ministre Roger Kolo s’est progressivement imposé, malgré les tentatives de l’intéressé de faire valoir son bilan des huit mois passés à la tête du premier gouvernement de la IVème République, en dépit de résultats généralement déclarés plus que décevants. Des membres du parti présidentiel HVM sous la conduite du président du parti, Rivo Rakotovao, et du secrétaire général, Henry Rabary Njaka, directeur de cabinet de la Présidence, ont fait pression pour le contraindre à démissionner. 118 députés membres de la plateforme présidentielle PMP ont établi une liste de 14 premiers ministrables qui a été présentée au chef de l’Etat.

La nation 20 01Le général Jean Ravelonarivo a été nommé Premier ministre 48 heures après la démission de Roger Kolo. Une nomination qui a provoqué la très vive opposition d’Andry Rajoelina qui estime qu’en application de la Constitution, il revenait aux députés de sa coalition de partis, majoritaire selon lui à l’Assemblée nationale, de proposer le nom du nouveau chef de gouvernement. Andry Rajoelina n’a pas apprécié non plus que cette nomination de fasse dans la précipitation et en l’absence de concertation avec les autres mouvances réunies au CCI d’Ivato pour le seconde round du Sommet des cinq chefs d’Etat organisé sous l’égide du FFKM dans la perspective de la réconciliation nationale. L’« Alliance d'Ambodivona », formée des partis soutenant Andry Rajoelina, a demandé au Conseil d’Etat le sursis à exécution de cette nomination. Après avoir été déboutée de sa requête, l’Alliance s’est tournée vers la HCC. Suite à cette désignation, les surenchères politiques se sont à déchainées. Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana ont fait connaître leurs exigences, laissant craindre aux observateurs le retour en force d’un schéma de gouvernement transitoire, à la composition hétéroclite.

Pour la juriste Sahondra Rabenarivo, membre du SeFaFi, le mode de désignation du nouveau premier ministre ne respecte pas la Constitution. Celle-ci stipule clairement que c’est au parti ou au groupe de partis majoritaire à l’Assemblée nationale de proposer le nom du chef de gouvernement. Du fait qu’il n’existe aucun parti disposant de la majorité absolue de 76 députés, il aurait été nécessaire d’organiser des négociations pour que plusieurs partis représentés à l’Assemblée puissent atteindre ce quorum ouvrant le droit à la présentation de candidats. Une pseudo-majorité de 118 députés « électrons libres » ne peut revendiquer ce droit, estime-t-elle. Dans le contexte actuel, seule l’« Alliance d’Ambodivona » aurait pu remplir selon elle cette condition.

Le nouveau gouvernement du général Jean Ravelonarivo, aussi pléthorique que le précédent, ne compte que 8 nouvelles têtes et toujours aussi peu de femmes. Au final, pas de nouveau poids lourd politique dans cette nouvelle équipe et aucun représentant des grandes mouvances. Pas de cohabitation, malgré la réconciliation nationale en cours. Avec une vingtaine de députés, la mouvance Ravalomanana, qui escomptait au moins cinq portefeuilles, n’en obtient que deux, ce qui pourrait remettre en cause son soutien au nouveau pouvoir. Les principaux changements concernent les ministères ayant une relation privilégiée avec les bailleurs de fonds, entre autres les Finances et les Affaires étrangères, ainsi que l’Environnement, l’écologie et les forêts. A noter l’arrivée de Béatrice Attalah, présidente de la CENIT au poste de ministre des Affaires étrangères. Fortement déçus par la non-performance du gouvernement Kolo, l’opinion a remarqué le peu de changement apporté au niveau de la nouvelle équipe. Le nouveau gouvernement a été accueilli avec réserve mais la presse a noté un changement de ton : Jean Ravelonarivo a affirmé sa poigne et son autorité lors du premier conseil du gouvernement, en donnant des directives très fermes à son équipe. Les ministres seront évalués chaque trimestre. Pour Tananews, les partenaires étrangers espèrent une accélération de la cadence des travaux gouvernementaux, après une année 2014 qualifiée de « nonchalante ». « Travaillez et on vous appuiera » a déclaré la coordinatrice du système des Nations unies.

La Vérité 31 01Le second round de la rencontre au sommet des quatre anciens chefs d’Etat et de l’actuel président de la République a débuté le 13 janvier. Au centre des débats, tenus à huis clos, la stratégie pour inclure la population dans le processus de réconciliation nationale. Le sommet des chefs d’Etat devrait être suivi de forums dans les chefs-lieux de région. Un nouveau sommet des « 5 étoiles » est prévu fin mars. Le FFKM fonde le processus de réconciliation sur les « 4 F » : « vérité, reconnaissance des torts, repentance et réconciliation ». L’opinion a réclamé en vain que le contenu des discussions soit rendu public. Contrairement à la rencontre initiale de décembre, les participants ont pu se faire assister par quelques proches conseillers, admis à participer à certaines réunions de travail. Un très bref communiqué final lu par le président du FFKM au terme des deux premiers jours de rencontres a mis l’accent sur la responsabilité reconnue des cinq chefs d’Etat dans les crises répétitives qu’a connu le pays. « Nous sommes prêts à nous dresser en tant que modèle de réconciliation et à œuvrer main dans la main pour l’apaisement durable, afin de permettre le développement et appelons la population à faire de même », auraient-ils déclaré. Des propos qui ont laissé dubitatifs nombre d’observateurs. L’opinion s’interroge sur la valeur des engagements souscrits sous la pression des Eglises. L’intervention médiatique d’Andry Rajoelina, qui a quitté précipitamment la seconde journée du sommet pour charger avec véhémence le pouvoir et contrer la nomination du nouveau Premier ministre, a été interprétée à cet égard comme un mauvais signal. Pour Ma-TV, les réunions au sommet sur la réconciliation nationale n’ont pu lever les profonds désaccords qui subsistent entre les protagonistes, toujours aussi soucieux de leur égo.

Poursuite du Sommet à cinq : le FFKM dément toute tractation politique. Les protagonistes ont joué les prolongations. Le fait que les travaux se soient poursuivi à huis clos et dans la plus grande discrétion a favorisé la propagation de rumeurs laissant entendre que la composition du gouvernement Ravelonarivo faisait l’objet de marchandages. Le FFKM maintient un optimisme à toute épreuve quant à l’aboutissement de sa démarche en dépit d’un scepticisme assez répandu dans l’opinion. Une septième et ultime rencontre devait finaliser les préparatifs de la poursuite du processus dans les régions. Une grande réunion des parties prenantes est prévue mi-mars dans la capitale.

A l’occasion des vœux de fin d’année, le chef de l’Etat, comme ses prédécesseurs, a tenu à accorder des égards particuliers aux militaires. Visitant les casernes de la capitale, il s’est répandu en promesses diverses et a promu un nombre important d’officiers. A l’évidence, Hery Rajaonarimampianina compte sur l’armée, la gendarmerie et la police pour défendre son régime en cas de troubles, fait-on remarquer, à l’heure où sont à nouveau dénoncées par le pouvoir des menées déstabilisatrices. « Chaque régime a ses généraux », note Midi. Parmi les promus au grade de général on apprendra plus tard que figurait le nouveau Premier ministre, le colonel Jean Ravelonarivo. Le général Béni Xavier Rasolofonirina, Chef d’Etat-major, réaffirme l’unité de l’armée et le respect de la discipline. La hiérarchie militaire sera intraitable face aux insubordinations, prévient-il. Les ex-membres de la FIS, dissoute en janvier 2014, feraient l’objet d’une surveillance renforcée.

La cérémonie officielle de présentation de vœux a été placée sous le signe du rapprochement avec Marc Ravalomanana. L’ancien président - toujours placé en résidence surveillée à son domicile - et son épouse ont été applaudis par les invités. Les couples Ravalomanana et Rajaonarimampianina se sont donné une chaleureuse accolade. Didier Ratsiraka avait répondu à l’invitation. Le grand absent, outre Zafy Albert, était sans conteste Andry Rajoelina, qui n’était pas encore rentré de congés en France. Les députés de son parti, le Mapar, ont affirmé ne pas avoir reçu d’invitation. La mouvance Ravalomanana a semblé ne plus craindre de s’afficher comme l’un des plus solides soutiens du pouvoir mais suite à la nomination de la nouvelle équipe gouvernementale, qui n’a laissé que la portion congrue à la mouvance Ravalomanana, ce spectaculaire rapprochement pourrait être sans lendemains. On annonçait déjà des contacts à huis-clos entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina…

La plateforme Mapar, proche de l’ancien chef de la Transition, a décidé d’exclure de son bureau les dissidents qui ont rallié le camp de Hery Rajaonarimampianina. Andry Rajoelina en a pris la direction, secondé par Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la Justice, fidèle parmi les fidèles. Les députés Mapar qui ont participé à l’éviction de Christine Razanamahasoa de son poste de présidente de l’Assemblée nationale en début de législature pourraient faire l’objet d’une mesure de déchéance, en application de la Constitution. 31 députés dissidents, membres du Mapar et du HVM, ont reçu une lettre de rappel à l’ordre préalable au lancement de la procédure.

Une session extraordinaire de l’Assemblée nationale a été convoquée pour adoption du statut spécial d’Antananarivo et de deux autres communes en vue des municipales du 17 juillet. Ce projet de loi, très sensible politiquement, avait déjà été rejeté à deux reprises. Le texte définitif a été adopté à l’unanimité et sans amendement par les 51 députés présents sur les 151 que compte l’Assemblée. Une seule élue d’Antananarivo a pris part au vote. Les élus TIM et Mapar, qui ont largement participé aux controverses, étaient tous absents au moment du vote. 121 nouvelles communes ont été créées, dont les 6 communes correspondant aux anciens arrondissements de la capitale. Le scrutin communal pourra donc se dérouler le 17 juillet. Il devrait pouvoir être organisée par la CENIT, en dépit de la nomination de sa présidente, Béatrice Attalah, au poste de ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement. La session extraordinaire a également voté la loi relative au Haut conseil pour la défense de la démocratie et l’État de droit (HCDDED), un organe censé « superviser » l’application des préceptes de l’État de droit, les libertés publiques, la démocratie et la protection des droits de l’homme. Son rôle se limitera « à formuler toute recommandation assortie de mesures concrètes ».

L’échéance constitutionnelle des 12 mois pour la mise en place de la Haute cour de Justice (HCJ) à compter de l’investiture du chef de l’Etat a été dépassée. Le manquement pourrait théoriquement lui faire encourir la déchéance qui, en l’absence de HCJ, devra être prononcée par la HCC. Les avis divergent sur les conséquences du délai supplémentaire que s’est accordé le Président de la République mais cette entorse risque de fragiliser sa position, estime-t-on.

Le comité de rédaction de la charte de l’opposition, piloté par Lalatiana Ravololomanana, demande la dissolution de l’Assemblée nationale. « Complètement pourrie, elle a perdu toute notion de démocratie et est devenue le théâtre de la corruption et des retournements de vestes. (…) Les députés ne s’intéressent qu’à leurs avantages personnels, d’où la fluctuation du nombre des députés en fonction de leurs intérêts », fustige les opposants.

la nation 27 01Les députés persistent à ne pas vouloir se soumettre à l’obligation de déclaration de patrimoine. Les rappels à l’ordre sont demeurés sans effet. Un nouveau projet de loi sur la lutte anti-corruption inclurait des sanctions pour les récalcitrants. Le Bianco ne semble pas avoir progressé dans l’examen des rumeurs insistantes de corruption mettant en cause les députés dans l’exercice de leur mandat. Les parlementaires sont parvenus à obtenir l’attribution des 4x4 que leur bureau permanent leur avait promis. Une décision qui a soulevé la désapprobation de l’opinion, au moment même où le pays devait faire face aux importants dégâts provoqués par le cyclone Chedza. La HCC a rejeté la demande des députés de pouvoir faire bénéficier leur famille d’un passeport diplomatique.

Madagascar a ratifié en décembre la Convention Internationale sur les Droits des Personnes Handicapées (CIDPH). « Il s’agit maintenant de trouver la voie pour que les droits des personnes handicapées soient vraiment mis en œuvre et implémentés, que tous connaissent ces droits et fassent en sorte qu’ils soient respectés », souligne Handicap international.

L’épidémie de peste qui a frappé la Grande Ile a fait 70 décès depuis le mois d’août. Les autorités sont accusées d’avoir tenté de dissimuler la gravité de la situation, notamment pour ne pas nuire au redressement du tourisme. Elles sont accusées de négligence. La population, souvent incrédule et peu coopérative, a compliqué la prise en charge de l’épidémie.

La situation des quelques 700 mineurs incarcérés fait l’objet d’une étude lancée par l’association « Grandir dignement » qui rappelle que tout mineur a droit à un accompagnement et au respect de ses droits.

Une première tranche de 10.000 enseignants Fram attend sa titularisation.10.000 autres devraient l’être en 2015, sur un effectif de 70.000. Des retards sont encore dénoncés dans le versement des subventions qui leur sont destinées. Nombre de ces enseignants ne posséderaient des capacités pédagogiques leur permettant d’exercer correctement leurs fonctions.

La HCC a jugé conforme à la Constitution la loi abolissant la peine de mort.Le Code pénal devra être amendé en conséquence, même si dans la pratique, la peine de mort n’est pas appliquée depuis 1958. Mais parallèlement, les exécutions extrajudiciaires sont devenues monnaie courante. Les autorités sont accusées d’ignorer le problème, tout comme les associations de défense des droits de l’homme. Le général Didier Gérard Paza, secrétaire d’État à la Gendarmerie, annonce une reprise en main des troupes, avec un objectif réaffirmé de lutte contre la corruption. Les kidnappings continuent de défrayer la chronique. Pour L’Express ils sont devenus « une véritable manne financière pour un réseau qui comprend les bandits, des autorités policières et des autorités judiciaires ».

Dans le cadre de l’opération « coup d’arrêt », 573 personnes ont trouvé la mort en 2014, dont 445 dahalo, 115 civils et 13 éléments des forces de l’ordre. 360 attaques de dahalo ont été enregistrées. La Nation déplore le manque d’informations fiables concernant ces évènements qui se sont déroulés dans le Sud profond. Près de 12.000 dahalo « repentis » auraient renforcé les rangs des comités de défense villageois. Leur situation matérielle demeure très précaire ; le gouvernement a débloqué à leur intention des aides alimentaires. Depuis leur reddition, les vols de bovidés se seraient atténués. Le succès de l’opération « coup d’arrêt » serait à l’origine d’une hausse des prix de la viande bovine dans la capitale.

La lumière n’est toujours pas faite sur les évènements sanglants du 26 janvier 2009 et du 7 février 2009. La Nation souhaite que le retour au pays d’un acteur majeur de cette période, le colonel Charles Andrianasoavina, gracié par le chef de l’Etat, puisse être confronté à Andry Rajoelina et exposer sa version des faits. Les opérateurs victimes du « Lundi noir » du 26 janvier 2009 ne sont pas encore dédommagés.

Pour le SeFaFi, la règlementation des questions de financement dans le domaine politique se pose de façon cruciale. Les échéances électorales de 2015, notamment les communales du mois de juillet, constitueront un test de la volonté et de la capacité du pouvoir à restaurer l’Etat de droit. Elles « donneront l’opportunité d’améliorer le dialogue et le débat politiques sur l’avenir du pays, d’assainir les conditions d’accession au pouvoir et de ranimer chez les citoyens un semblant d’espoir pour l’avenir ».

L’ambassadeur américain, Robert Yamate, qui vient de rejoindre son poste, met l’accent sur la lutte contre la traite des personnes. Il appelle le gouvernement à s’engager plus activement à lutter contre ce fléau. « L’adoption d’une nouvelle loi sur la traite de personnes, le mois dernier, et la suspension d’envoi de travailleurs dans les pays à risques sont des signes de cette volonté de l’État », a répondu la ministre des Affaires étrangères mais le décret d’application n’est pas encore pris. Beaucoup de femmes expatriées dans les pays du Golfe seraient retenues par leur employeur et ne peuvent rentrer au pays. D’après un rapport du département d’Etat, 7.000 femmes Malgaches sont employées comme domestiques au Liban et au Koweït, de nombreuses autres en Arabie Saoudite et en Jordanie.

Dans le Sud-Ouest, 86.000 enfants sur 438.000 travaillent dans les mines, notamment, au niveau des gisements aurifères, selon le BIT.

Le programme triennal de lutte anti-acridienne risque de s’interrompre faute de financement. La FAO est à la recherche de 10,6 millions de dollars pour poursuivre le combat. 600.000 ha sont à traiter d’ici septembre. La résurgence du fléau pose un défi majeur à la sécurité alimentaire de 13 millions de personnes.

La tempête tropicale Chedza a frappé Madagascar de plein fouet, faisant 68 morts et près de 140.000 sans-abris. Parallèlement, la famine due à la sécheresse menace 37.000 personnes dans un district du Sud Le pays est l’un des plus exposés au monde aux conséquences des dérèglements climatiques, rappellent les spécialistes.

Le projet Ambatovy relève son niveau de production pour atteindre mi-2015 un rythme annuel de production de 54.000 tonnes de nickel, soit environ 90% de sa capacité nominale.

Le gisement pétrolier de Tsimiroro va pouvoir aborder la phase d’exploitation. Madagascar Oil obtiendra un titre minier d’exploitation pour une durée de 25 ans.

La version rectifiée du plan nationale de lutte contre les trafics de bois de rose a été adressée à la Cites le 31 décembre. La version initiale avait été rejetée mi-2014. Plusieurs partenaires de la Grande Ile attendraient l’acceptation de ce plan avant de décider du décaissement des aides et financements annoncés. Dans l’attente, les trafiquants s’activent… Un bateau chinois a été intercepté à Maroantsetra. Depuis 3 mois, le ministère de l’Environnement affirme qu’il est parvenu à saisir 10.000 rondins de bois de rose illicites et faire échouer plusieurs tentatives d’embarquement.

Les délestages qui ont frappé Toamasina durant les fêtes de fin d’année ont provoqué de graves incidents qui se sont soldés par deux morts. Un manifestant est décédé dans des circonstances non élucidées. Le comportement des forces de l’ordre est une nouvelle fois dénoncé, ainsi que l’impunité dont ils jouissent. L’ex-DG de la Jirama, des cadres de la société d’Etat et des anciens ministres font l’objet d’enquêtes par le Bianco pour des malversations ayant pu contribuer à précipiter la société dans la crise qui la frappe. Madagascar est en dernière position pour le raccordement à l’électricité selon les études réalisées dans le cadre du rapport Doing Business 2015. La recrudescence des délestages pourrait compromettre le redémarrage des entreprises franches bénéficiaires de l’Agoa. La création d’au moins 200.000 emplois directs dépend de l’amélioration de la situation.

Le président du conseil estudiantin de l’université d’Antananarivo, Berija Ravelomanantsoa, a été arrêté. Inculpé de « tentative de coup d’Etat », d’association de malfaiteurs et de détention de cannabis, il a été placé sous mandat de dépôt à la maison de force de Tsiafahy. Principal leader des dernières contestations étudiantes, il est parmi ceux qui ont rencontré le Premier ministre pour faire part de leurs revendications portant sur les bourses et les délestages. Berija aurait échangé des messages qualifiés de « compromettants » avec d’anciens hauts responsables de la Transition. Berija a été condamné à 2 mois d’emprisonnement avec sursis assortis d’une amende pour organisation d’une manifestation non autorisée et détention de drogue. Il a été acquitté au bénéfice du doute pour son inculpation d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État. L’étudiant a passé 20 jours de détention préventive. Son condisciple Sambahita, étudiant à l’université de Toamasina, a été acquitté. Les avocats des deux prévenus ont annoncé qu’ils vont faire appel.

L’atmosphère semble encore délétère à Morondava, après les émeutes meurtrières et les pillages survenus à la société sucrière sous gérance chinoise en décembre. Des militaires du 1er RFI, envoyés sur place pour rétablir la sécurité, ont ouvert le feu, blessant par balle une fillette.

Les appuis financiers alloués par L’UE (65 millions d’euros) et la Banque mondiale (45 millions de dollars) ont été décaissés fin décembre. Les aides budgétaires provenant de la BAD et de la France sont attendues pour bientôt, annonce le directeur du Trésor. Elles viendront abonder les recettes de l’État. Selon la Banque mondiale, la reprise économique n’est pas encore au rendez-vous mais un frémissement commence à se faire sentir. Des projets sont en cours d’étude avec la Banque dans de nombreux secteurs. Mais les défis à relever sont immenses : Madagascar est classé 157ème sur 162 pays pour le revenu mensuel moyen, soit 35,8 dollars par tête en 2012, selon la Banque mondiale. En termes de Revenu National Brut, Madagascar s’affiche comme le 8ème pays le plus pauvre du monde selon le rapport de la CNUCED, avec 440 dollars de RNB par habitant. Une hausse de 3% de la masse des pauvres est encore à redouter pour 2015, selon un économiste du Cercle de Réflexion des Economistes Malgaches (CREM). Si rien ne change, une crise sociale de grande envergure serait à redouter. La Grande Ile figure dans la liste des pays qui présentent en 2015 des « risques politiques élevés » pour les investisseurs, selon le cabinet de conseil britannique « Control risk ».

Pour le Club Développement et Éthique (CDE), si les aides budgétaires n’affluent pas et tardent à être débloquées, c’est parce que les dirigeants n’inspirent pas réellement confiance. La Loi de Finances 2014 prévoit une amnistie pour toutes les manipulations financières de la période de Transition durant laquelle des sommes considérables auraient transité de manière illégale sur des comptes de dépôt soustraits à tout contrôle.

Le Plan national de développement (PND) a été approuvé en Conseil des ministres et devrait être présenté au Parlement aux fins d’adoption. Il repose sur des prévisions de croissance très ambitieuses mais pour mettre en œuvre ce Plan l’État a besoin de plus de 14 milliards de dollars sur la période 2015-2019 : plus de 8 milliards au titre d’investissements publics et plus de 6 milliards pour les dépenses courantes, dont les charges de personnel. Or les financements promis par l’ensemble des partenaires et des institutions internationales sont évalués à environ 2,6 milliards de dollars. L’État, quant à lui, compte apporter plus de 8 milliards de dollars, sous condition d’une atteinte des prévisions de recettes fiscales, douanières et de redevances diverses. Dans tous les cas, il manquera au moins 3,6 milliards de dollars pour finaliser le PND, même si les financements promis sont débloqués et si les recettes intérieures sont perçues dans leur totalité.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique, remaniement gouvernemental
  • Réconciliation nationale, Sommet d’Ivato
  • Session parlementaire : élections communales, décentralisation
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé, droits des handicapées
  • Droits des enfants, éducation
  • Gouvernance, justice
  • Traite des personnes
  • Dahalo, lutte contre l’insécurité
  • Liberté de la presse, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Environnement, calamités
  • Ressources minières et pétrolières
  • Trafic de bois précieux
  • Bailleurs de fonds, coopération économique, Agoa
  • Tensions sociales, menaces de déstabilisation
  • Divers

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26 janvier 2015

ARTICLES REMARQUES - JANVIER 2015

<> 26 01 15 - Le Monde - Sur la piste des mafias du crime écologique
Ce fut une longue traque, au fil d’enquêtes menées dans plusieurs pays : Madagascar, Etats-Unis, Vietnam, Malaisie, Inde, Belgique, Ukraine, Chine, Indonésie, France… Le Monde a publié le 24 janvier le premier volet d’une série de cinq reportages qui racontent une nouvelle forme de délinquance désormais prisée par les réseaux mafieux : la criminalité environnementale. Ce projet éditorial bimédia, lancé voilà deux ans avec le soutien du European Journalism Centre, porte le nom d’« écocide » car tous ces trafics illicites conduisent à la destruction massive de la faune comme de la flore. Un crime contre la nature. Originalité de la démarche, les journalistes du Monde ont travaillé en étroite collaboration avec une équipe de juristes internationaux – chercheurs, juges, avocats – pilotée par Laurent Neyret, professeur de droit à l’université de Versailles, qui a théorisé le concept d’écocide.
1er article : "Bolabola, le bois qui saigne" - http://www.lemonde.fr/planete/visuel/2015/01/24/ecocide-episode-1-le-bois-qui-saigne_4527270_3244.html

- 24 01 15 - L'Express - FMI : "La Jirama et Air Madagascar créent des hémorragies pour le Trésor"
Le Représentant résident du Fonds monétaire international (FMI), Patrick Imam,  donne des détails sur les réformes que Madagascar a l’obligation d’entreprendre s’il veut bénéficier d’un programme avec le FMI. Chaque pays membre a l’obligation de se soumettre, tous les ans, à une consultation annuelle relative à l’article IV qui régit le Fonds. Or, pour le cas de Madagascar, il n’y a pas eu de consultation depuis 2007 en raison de la crise et du contexte de Transi­tion. La consultation qui démarre a pour objectif de dresser le bilan de la santé économique du pays. A l'issue de sa mission, l'équipe du FMI publie son diagnostic et formule des recommandations.


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13 01 15 - SeFaFi - Communiqué - Les élections de 2015, un test pour l'Etat de droit
La règlementation des questions de financement dans le domaine politique se pose donc de façon cruciale. La loi du 9 septembre 2011 relative aux partis politiques contient des dispositions portant sur le financement des partis. Mais force est de constater qu’elles sont incomplètes et surtout inefficaces, d’autant plus que les rares articles qui s’y rapportent ne prévoient aucune sanction à l’égard des contrevenants. Suite à l’adoption en Conseil des ministres de la recommandation de la CENIT pour la tenue des élections communales le 17 juillet 2015, cette question du financement devra être abordée et solutionnée au plus vite. Focaliser les questions du financement des campagnes sur les partis politiques est la principale faiblesse de la législation. Cette faiblesse de la loi est exploitée par les candidats, souvent non issus de partis politiques et pouvant donc accepter toute contribution sans avoir à rendre le moindre compte. La professionnalisation de la politique prônée dans l’attendu des motifs de la loi sur les partis passe par une règlementation stricte du financement, non seulement des partis, mais aussi et surtout des campagnes électorales. Dans la mesure où on affiche l’ambition d’instaurer un État de droit, pouvoir déterminer l’origine des financements s’avère incontournable. Dans un contexte de réconciliation fragile ou de façade, le SeFaFi espère que les échéances électorales de 2015 donneront l’opportunité d’améliorer le dialogue et le débat politiques sur l’avenir du pays, d’assainir les conditions d’accession au pouvoir et de ranimer chez les citoyens un semblant d’espoir pour l’avenir. Comme toute la population, le SeFaFi reste sceptique, mais l’espoir ne peut être éradiqué.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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