JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

04 décembre 2016

ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2016

- 04 12 16 - Madagoravox - Patrick Rakotomalala - Madathon
La Conférence des bailleurs internationaux pour Madagascar, qui s’est déroulée les 1 et 2 décembre 2016 à Paris, dans son expression et sa communication, peut nous faire  furieusement penser à un gros téléthon.
« Chers auditeurs, vous voyez affiché au compteur des promesses de dons et souscriptions, à l’heure actuelle, un total de 6,4 milliards de $ …». Et du Téléthon, on avait quelque part le ruissellement de bonne conscience et d’optimisme. Mais Madagascar est revenu depuis quelques semaines au centre du jeu diplomatique international. Tous ceux qui sont convaincus que le repli sur soi est mortifère ne peuvent que s’en réjouir mais en filigrane, on a 2018 et l’enjeu des futures élections présidentielles. Les partenaires, sensés ne pas intervenir sur le plan des politiques intérieures, sont quelque part ici en train de passer le plat à Hery et lui permettent d’envisager plus sereinement sa réélection. Que cette stabilité se fonde au détriment de la justice ou de la démocratie ou même de la gouvernance, leur importe peu.

- 02 12 16 - SeFaFi - Communiqué du 29/11/16 - Qui décide, à Madagascar ?
Encore une fois, la question se pose de savoir qui décide, à Madagascar : le pouvoir légal ou les bailleurs de fonds ?
Malgré ses efforts, le régime ne donne pas l’impression qu’il est véritablement maître du destin collectif. Et que sans l’incitation du FMI et des bailleurs, le gouvernement ne prioriserait pas une gouvernance économique très rigoureuse. Reste à savoir si la Conférence des bailleurs qui se tient à Paris apportera les 3,4 milliards de dollars recherchés pour financer les divers projets de mise en œuvre du Plan national de développement. Du menu de projets présentés, quels choix feront les bailleurs ? L’histoire récente de la Grande Île montre à l’envie que le pays n’a guère été consulté par les bailleurs de fonds. À leur décharge, aucun des régimes successifs n’a présenté de projet cohérent et concret de développement et qu’aucun d’entre eux n’a engagé des actions suivies pour améliorer les conditions de vie de la population.

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01 12 16 - Le Monde - Madagascar sort petit à petit du purgatoire
Après le Sommet de la francophonie la semaine dernière, la conférence des donateurs qui se tient jeudi 1er et vendredi 2 décembre à Paris marque une nouvelle étape dans la réintégration de Madagascar sur la scène internationale
. La délégation malgache conduite par le président Hery Rajaonarimampianina espère lever 3,3 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) pour financer les priorités son Plan de développement. La somme est conséquente pour ce pays mis au ban après le coup d’Etat de 2009 et dont la mauvaise gouvernance avait jusqu’à présent convaincu les bailleurs multilatéraux et bilatéraux de s’engager avec la plus grande prudence.

 

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30 novembre 2016

REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2016

Le budget de la future HCJ ne figure pas dans le projet de loi de finances. Pour certains observateurs, le chef de l’État joue la montre sur ce dossier sensible que les partenaires de Madagascar souhaitaient voir aboutir. Cette absence de financement est justifiée par le fait que tous les membres de la Haute cour n’ont pas encore été désignés par les institutions qui doivent nommés un représentant. Un argument qui ne convainc pas.

Le projet de texte portant création d’une cour spéciale en matière de délinquance économique, financière et fiscale n’est pas à l’ordre du jour de l’Assemblée. Le texte avait cependant été présenté comme connexe au projet de loi sur la réconciliation nationale qui doit être examiné au cours de cette session. La cour spéciale devrait statuer sur les cas d’infractions financières constatées durant les investigations liées au processus de réconciliation. Elle ne pouvait statuer que sur les délits commis entre 2002 et la fin de la Transition, en 2009.

Des députés souhaitent que le projet de loi sur la réconciliation nationale soit amendé pour ne plus être limité à la période 2002-2009. « Ce projet de loi semble avoir pour objectif de cibler certaines personnalités afin de torpiller leur ambition politique », font remarquer les partisans de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina, qui craignent d’être tout particulièrement visés, le texte présenté devant être à l’origine accompagné du projet érigeant une cour spéciale contre la délinquance économique. Les partisans de cet amendement militent pour un processus de réconciliation « intemporel et impersonnel » pouvant remonter jusqu’aux évènements de 1972.

Les députés ont engagés à nouveau un bras de fer pour faire inscrire dans le projet de budget l’attribution à chacun d’entre eux d’un 4x4, ainsi que de la franchise douanière sur les importations de véhicules offerts par des partenaires étrangers. Ils ont en outre exigé de pouvoir disposer des 200 millions Ar par district destinés aux Comités locaux de développement et de pouvoir s’affranchir de la procédure de passation des marchés publics. Le ministre des finances et du budget a résisté à ces revendications récurrentes, en faisant siennes les « recommandations » formulées par le FMI. En définitive, et après des débats houleux, 47 députés sur 151 ont adopté le projet de loi des finances 2017, renonçant à y faire figurer l’achat de 4x4. Les députés Mapar et TIM ont quitté l’hémicycle et n’ont pas pris part au vote final.

La société civile a fait part de son insatisfaction au sujet du projet de budget. « C’est un budget qui ne reflète pas les priorités de l’État. Les secteurs sociaux sont délaissés par rapport aux autres départements comme les projets présidentiels », juge le CCOC, qui regrette que ses recommandations n’aient pas été prises en compte.

nm 14 11 16

Le président de la Conférence épiscopale a lancé un nouveau rappel à l’ordre aux responsables politiques Le prélat a prêché pour « le souci prioritaire du bien-être commun », une conduite qui, manquerait cruellement à la société malgache dans laquelle « c’est la tentation de s’enrichir qui prédomine, au point d’user de toutes les cupidités et malversations possibles pour y parvenir ». La Conférence déplore « l’absence de vérité et d’honnêteté dans la conduite des affaires publiques ».

7 millions de dollars seront consacrés à la construction de la nouvelle faculté de théologie protestante  d’Ivato. La pose de première pierre a été effectuée en présence du comité de préparation du jubilé du cinquantenaire de la FJKM, présidé par Marc Ravalomanana et de missionnaires presbytériens américains. La célébration du jubilé aura lieu en août 2018, à quelques mois de la présidentielle.

Le premier ministre, interrogé en marge du « dialogue politique Madagascar-UE » sur la question controversée des facilités accordées à la construction de mosquées, a tenu à démentir les rumeurs persistantes faisant état d’importants programmes de construction d’écoles coraniques et des mosquées dans plusieurs régions, sur financements étrangers.

Introuvable depuis le 25 mai, le sénateur Lylison a interpelé les forces de l’ordre via Facebook. Il les invite « à prendre leurs responsabilités en tant que dernier rempart de la République » afin de sauver le pays de la situation de pauvreté dans laquelle il s’enfonce. L’ancien numéro Un de la FIS est activement recherché pour tentative de coup d’Etat.

Le nouveau président de l’Eglise luthérienne, le pasteur David Rakotonirina, reste sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire. Un projet de coup d’Etat serait à l’origine de cette mesure. Midi rappelle que le pasteur Rakotonirina a battu le candidat soutenu par le pouvoir lors de l’élection du président de la FLM au mois de septembre, ceci pouvant expliquer cela.

Le groupement de la société civile Rohy se désengage du processus d’élaboration de la charte de la société civile, un processus fortement soutenu par le ministère de la communication et des relations avec les institutions. En jeu, l’image des organisations de la société civile, fréquemment pointées du doigt pour leur manque d’indépendance vis-à-vis des politiques, leur instrumentalisation par des personnalités ayant des ambitions politiques ou en quête de subventions extérieures.

Les cinq prévenus dans l'affaire de Soamahamanina ont été condamnés à un an de prison avec sursis pour manifestation sans autorisation. La défense évoque un « jugement d’apaisement » mais annonce qu’elle va interjeter appel. Le permis d’exploiter détenu par Jiuxing Mines n’a pas été annulé, ce sont les travaux qui ont été suspendus, conformément à la décision du gouvernement, déclare un technicien de la société minière. Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme et l'environnement, interpelé par la société civile,  « prie instamment le gouvernement et tous les acteurs à résoudre pacifiquement le différend ».

Les ateliers destinés à recueillir des propositions en vue de la refonte du cadre juridique des élections se sont achevés dans la cacophonie. Les participants ont produit une pléthore de propositions et de recommandations que les experts de la CENI et du PNUD auront bien du mal à synthétiser. Le  bouclage des propositions que la CENI doit transmettre à l’exécutif doit être achevé fin décembre, pour présentation au parlement en début d’année. « Pour une population estimée à 23 millions, n’avoir que près de 8,6 millions d’électeurs inscrits est un fait anormal », affirme son président. Parvenir à atteindre voire dépasser la barre des 10 millions d’électeurs inscrits est l’objectif que s’est fixé l’institution.

Les préparatifs du Sommet de la Francophonie ont été marqués par de nombreux mouvements de contestation. Son coût a été jugé exorbitant par la société civile, qui a dénoncé l’opacité des contrats et des financements. Dix-huit organisations de la société civile ont attiré l’attention des autorités ainsi que celle de l’OIF sur les dysfonctionnements qu’ils ont constatés dans la passation des marchés. Les restrictions imposées à la population de la capitale ont été à la source de polémiques et de rumeurs les plus folles. Des centaines de familles ont été expropriées pour la construction d’une nouvelle rocade destinée à faciliter la circulation des délégations officielles. Des travaux ont été exécutés à la va-vite et confiés à une entreprise chinoise dans des conditions mal éclaircies. Des centaines de sans-abris qui occupent les rues du centre-ville ont été déplacés en pleine nuit par les forces de l'ordre. Des travaux « cosmétiques » ont été lancés pour tenter de donner à la capitale un aspect « présentable ». Pour aider le gouvernement dans le transport des invités, la France a loué 200 voitures avec chauffeurs. La société civile Rohy a affirmé que la non-adhésion de la population au Sommet découle « d’un contexte tendu et délétère ». Les organisateurs du Sommet et les autorités ont eu bien du mal à tenter de convaincre la population que cette manifestation pouvait avoir de retombées positives pour la Grande île. Les préparatifs ont mobilisé les énergies des dirigeants et des affairistes, abandonnant aux organisations internationales et aux ONG le soin de venir en aide aux populations du Sud victimes de la famine.

sommet francophonie

En dépit d’une présence massive des forces de l’ordre, plusieurs organisations sont parvenues à tenir des manifestations pacifiques le jour de l’ouverture du Sommet des chefs d’Etat.

Les associations et plateformes réclamant la restitution des îles Eparses ont interpelé le chef de l’Etat pour qu’il défende l’intérêt de la nation à l’occasion de sa rencontre avec François Hollande. La question n’a pas été publiquement évoquée lors du Sommet.

Un opérateur économique franco-tunisien a été arrêté par la brigade criminelle. Les services de renseignements français et leurs homologues malgaches le soupçonnent d’avoir préparé une action terroriste contre le président français.

Intervenant à la tribune du Sommet de la Francophonie, Justin Trudeau, premier ministre canadien, a cherché à convaincre les pays africains, dont Madagascar, de respecter les droits des homosexuels.

À deux reprises, le président français a mis l’accent surla situation sécuritaire à Madagascar. Une insécurité dont les ressortissants français, à l’entendre, sont particulièrement victimes. La coopération judiciaire entre les eux pays sera renforcée.

François Hollande a rendu hommage aux nationalistes victimes de l’insurrection de 1947. Tribune nuance la portée de ces déclarations : « François Hollande regrette les crimes coloniaux. Mais ne demande pas pardon pour autant. Reconnaissance mais non repentance, tel est le credo de la France pour tous les crimes commis par les Français pendant la colonisation ».

« Malgré des mois de doutes et de complications orchestrés par l’opposition, le gouvernement malgache a su mener à bien l’organisation du Sommet de la Francophonie, estime RFI.L’opération de charme menée par Madagascar auprès de la communauté internationale lors du Sommet semble donc réussie. En découlent des liens diplomatiques renforcés » et des perspectives économiques jugées prometteuses.

En marge de la visite d’Etat du roi du Maroc, le ministère marocain des affaires étrangères a dépêché une mission d'inspection à son ambassade d’Antananarivo suite à des informations selon lesquelles l’ancien ambassadeur aurait procédé à des détournements de fonds à l’occasion d’opérations humanitaires. Il se serait rendu coupable d’ingérence dans les affaires du pays et aurait procédé à « des agissements discriminatoires à l’égard des communautés non-musulmanes ».

L’insécurité gagne du terrain dans de nombreuses régions. Les attaques de dahalo se multiplient. Des villages sont rançonnés. Des morts sont enregistrés par dizaines parmi les dahalo, les forces armées et la population. Des villageois sont contraints à se réfugier en brousse ou de migrer vers des zones plus sures. Les forces de l’ordre et les autorités locales sont parfois suspectées de compromission avec les malfaiteurs. En réponse à la recrudescence de l’insécurité, l’exécutif a annoncé le lancement d’une nouvelle opération de sécurisation dénommée « Mazava 2016 ». Ce nouveau déploiement de puissance militaire sera le 3e du genre, en moins de cinq ans. Plus de 2 000 hommes seront répartis dans 17 des 22 régions. La population devrait être étroitement associée à l’opération, ainsi que les responsables et élus locaux. Le pouvoir espère cette fois-ci échapper aux critiques portées par la société civile et les défenseurs des droits de l’homme. Des voix se font entendre pour critiquer l’intervention de l’armée dans ce type d’opération. Pour nombre d’observateurs et pour le ministre de la défense lui-même, la force répressive risque de ne pas apporter de solution pérenne. Elle doit être complétée par des actions d’accompagnement, voire de prévention. Or « éducation, santé, travail, sont des nécessités et des droits quasi-absents dans ces zones rouges »,  déplore L’Express, qui ajoute qu’il serait temps de pourchasser les « dahalo en col blanc » qui favorisent ce climat s’insécurité sans jamais être inquiétés.

Les actes de « vindicte populaire » connaissent une recrudescence préoccupante. En l’espace d’un mois et demi, 42 morts auraient été dénombrés pour 9 cas recensés. Une femme a notamment été brûlée vive à Mananjary pour avoir profané un site sacré de l’ethnie locale. Des actions qui illustreraient une nouvelle fois la faiblesse de l’État et le désaveu de la population envers une administration corrompue. La presse s’étonne de l’absence de réaction des plus hautes autorités et du non-aboutissement des enquêtes. Seuls les actes impliquant des ressortissants étrangers semblent déclencher la mobilisation des autorités. Reconnaissant partiellement la responsabilité de l’administration, le premier ministre fustige la tendance des opposants à « inciter à la désobéissance civile ». Il tacle également « la défaillance » des autorités traditionnelles et de la société civile dans leur mission d’éducation citoyenne. Face à la situation dans sa circonscription, un élu a été jusqu’à encourager « l’exécution », des dahalo pris en flagrant délit. A Maintirano, trois présumés dahalo appréhendés par les habitants ont été abattus sur ordre des militaires. La CNIDH déclare « ne pas pouvoir se taire face à la recrudescence des vindictes populaires, qui prennent une allure préoccupante. (…) Face à ces violations flagrantes du droit à la vie, du principe de présomption d’innocence, du droit à l’égal protection de la loi et du droit à un procès juste et équitable, la CNIDH interpelle les autorités compétentes, la population et la société civile ». Le gouvernement affirme sa volonté de sévir face aux « vives préoccupations » exprimées par l’UE face aux vindictes populaires qui se généralisent.

Des « coupeurs de route » ont encore sévi sur plusieurs grands axes de circulation, faisant plusieurs blessés. Des conducteurs de taxi-brousse, qui avaient refusé d’être escortés par des éléments de la gendarmerie, ont été interpelés pour enquête.

L’assainissement des rues du centre-ville de la capitale se heurte à l’opposition des commerçants informels. De graves affrontements ont été évités de justesse entre les vendeurs à la sauvette et la police municipale et entre cette dernière et les militaires du Capsat appelés en renfort pour défendre la famille de l’un des leurs. Un regain de tension intervenu à quelques jours de l’ouverture du Sommet de la Francophonie qui impose aux édiles municipaux de redoubler d’efforts pour donner à la capitale un aspect « présentable ». Une enquête a été ouverte sur les circonstances des violences commises par  la police municipale à l’encontre d’un militaire et de son épouse ; elle concernerait 34 éléments de la police municipale. Le comportement de l’armée et de son commandement a été vivement contesté pour une démonstration de force qui avait peut-être pour objectif « de montrer à la maire de la capitale, Lalao Ravalomanana et surtout à son mari, candidat annoncé et redouté à la présidentielle de 2018, qu’elle n’a qu’à bien se tenir », écrit L’Express. La commune a qualifié d’« assaut contre un palais d’Etat » l’encerclement de l’hôtel de ville par les militaires du Capsat.

Le meurtre de deux Français commis à Ste Marie le 22 août fait l’objet d’une saisine conjointe des services judiciaires malgache et français. Lejeune Français placé en détention préventive à Toamasina a été remis en liberté, ainsi que l’employé de banque Malgache. Six autres prévenus ont été maintenus en détention.

Le militant écologiste Clovis Razafimalala est détenu depuis le 16 septembre. Il est accusé d'incitation à la rébellion et de destruction de biens publics. Selon les organisations écologistes, s’il a été arrêté c'est parce que sa liberté de ton et ses engagements en faveur de l'environnement dérangeaient. Pour l’AVG, l’activiste est « détenu arbitrairement ». Le rapporteur spécial de l'ONU aux droits de l'homme et à l'environnement a déclaré que « Madagascar ne fait pas partie des pays où les militants écologistes sont tués. Mais il y a des signes qui montrent que la Grande île est en train d'en prendre le chemin. (…) Il est essentiel que les mesures soient prises rapidement et efficacement afin de rétablir la confiance totale dans les institutions judicaires et autres qui protègent les droits humains du peuple et sauvegardent l’environnement. J’encourage également le gouvernement à travailler avec les organisations environnementales sur le problème des trafics illicites », lesquels ont « un effet corrosif sur la bonne gouvernance parce que les trafiquants illégaux utilisent l’argent qu’ils gagnent pour contribuer à la corruption ».

Le budget du Bianco en hausse de 40 % dans la loi de finances 2017. Selon le ministère des finances et du budget, « la lutte contre la corruption figure parmi les principales mesures à prendre pour le développement du pays ». Le renforcement de cette lutte figure parmi les principales conditions de déblocage par tranche des fonds de la « Facilité élargie de crédit » du FMI. Le Samifin sera également soutenu dans sa lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Treize hauts gradés de la gendarmerie ont été déférés par le Bianco devant la chaîne pénale anticorruption. Ils sont accusés d’avoir établi de manière irrégulière une liste additive de 79 élèves pour l’admission à l’Ecole nationale de gendarmerie en contrepartie du versement d’importantes sommes d’argent. Le commandant de la gendarmerie nationale à l’époque des faits serait impliqué.

La suspicion de détournement de fonds dans la commune d’Ambohimahamasina (district d’Ambalavao) a fait l’objet d’une enquête du Bianco. Le dossier a été transmis à la chaine pénale anti-corruption. Un maire, un directeur au sein du ministère de l’intérieur et plusieurs entrepreneurs sont au banc des accusés. L’élu a accablé nommément Olivier Mahafaly, premier ministre mais ministre de l’intérieur à l’époque des faits, et Claudine Razaimamonjy, opératrice économique réputée proche du couple présidentiel. Cette dernière aurait refusé de répondre aux convocations du Bianco.

Les médecins tirent la sonnette d’alarme : le nombre d’entreprises des zones franches ne respectant pas les normes de sécurité aurait tendance à augmenter. Les conditions de travail y sont qualifiées d’inhumaines. Les zones franches chinoises sont particulièrement pointées du doigt.

Lutte contre le tourisme sexuel : un code de bonne conduite a été signé dans la région Alaotra Mangoro. Une formation des acteurs du tourisme a été organisée avec le concours du BIT et de l’Unicef, suivie de l’élaboration d’un plan d’action de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales et le tourisme sexuel impliquant des enfants.

Des universités privées informelles délivrent de faux diplômes d’universités reconnues. Le ministère de tutelle, alerté par des universités formelles, annonce que des mesures seront prises pour lutter contre ces pratiques frauduleuses.

Radio Antsiva serait victime de brouillage. La station est réputée pour ses positions critiques à l’égard du pouvoir et son discours « incisif ». Une station privée, récemment créée et appartenant à un groupe de presse proche du chef de l’État, tenterait de couvrir sa fréquence. Le « Mouvement pour la liberté d’expression » compte saisir la SG de la Francophonie des manquements à la liberté d’expression à Madagascar lors du Sommet de l’OIF, en pointant notamment du doigt le nouveau code de la communication et le brouillage de la station MBS appartenant à Marc Ravalomanana.

Célébration de la Journée internationale du droit d’accès à l’information : rétablir la confiance entre le public et les décideurs politiques, les producteurs et fournisseurs d’information. D’après les conclusions d’un sondage réalisé à cette occasion par l’ONG Ilontsera, il s’agit d’un « immense défi ». L’ONG estime qu’il faut « rompre avec le discours rétrograde qui infantilise des citoyens prétendument immatures pour l’information ».

Code de la communication : l’Union de la presse francophone (UPF) préconise la reprise du dialogue. Lors de la séance d’ouverture des 45e Assises de l’UPF à Antsirabe, rassemblant plus de 300 journalistes de 47 pays, le président de l’Union a abondé dans le sens des journalistes hostiles au code de communication récemment promulgué.

Une cargaison de palissandre a été saisie près de Tsiroanomandidy. Les bois précieux saisis ont été pillés dans une aire protégée de la région Menabe.

Face à la recrudescence de la ruée vers le saphir à Bemaitso-Didy, les autorités ont fait évacuer les sites d’extraction et dressé des barrages pour stopper l’afflux d’immigrants et de négociants étrangers.

Le Syndicat des enseignants-chercheurs (Seces) dénonce « les abus de pouvoir et les menaces proférées à l’encontre des simples citoyens, ainsi que les dérives des forces de l’ordre ». Il appelle la communauté internationale à prêter main forte au peuple malgache dans la lutte contre les trafics et l’exploitation illicite des richesses nationales.

Plusieurs importantes affaires de trafic illicite de tortues endémiques protégées ont été jugées. Les coups de filet à l’origine d’une douzaine de condamnations résultent de la collaboration engagée avec les organisations de la société civile dans le cadre du projet « Application de la loi contre les abus sur les ressources naturelles à Madagascar » (Alarm).  Trois présumés trafiquants de tortues ont été arrêtés à Antananarivo. Un gendarme et un consultant international figurent parmi les prévenus.

Recrudescence de l’exploitation illicite du corail noir. La région Androy, en partenariat avec l’ONG TSA, a saisi des matériels de plongée dans le district d’Ambovombe. Un général et des ressortissants chinois sont mis en cause. Le proche d’un ministre tenterait de faire pression pour étouffer l’affaire. L’Alliance Voahary Gasy (AVG) apporte son concours aux autorités dans le cadre du projet Alarm.

Les autorités réunionnaises ont saisi 43 kg d’héroïne à bord d’un bateau battant pavillon mauricien. La drogue proviendrait de Madagascar, pays considéré comme une plaque tournante de drogue dure en provenance du continent africain. Une production locale n’est pas non plus exclue.

Constructions illicites à Antananarivo : 3 000 dossiers de régularisation déposés en un mois. L’opération de régularisation des constructions illicites de la capitale s’achève. On dénombre 168 000 toits à Antananarivo-ville mais seules 400 demandes de permis de construire sont déposées chaque année. Les constructions illicites sont prédominantes et constituent un obstacle à l’assainissement de la ville.

« L’attribution de titres fonciers et des mêmes droits aux personnes, ‘quel que soit leur nationalité et leur statut juridique’ est suicidaire pour la nation malgache », déclarentle SIF et le Collectif Tany, préoccupés par le contenu d’un projet de loi fixant le régime juridique de l’immatriculation et de la propriété foncière titrée. Pour les auteurs, « tout projet d’attribution des mêmes droits sur les terres aux Malgaches et aux personnes d’autres nationalités renforce le risque de voir la totalité du territoire approprié par les personnes incomparablement plus riches et plus puissantes que les paysans et la majorité des citoyens malgaches ». Ilsdemandent aux autorités de faire participer la population au processus décisionnel sur ce sujet crucial.

Révolte de paysans contre l’accaparement de terres par des Chinois près de Port Bergé. 1 700 ha de terrains domaniaux ayant appartenu à des colons ont été accaparés par un groupe Chinois alors que la population locale les utilisait pour des cultures vivrières.

Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et l’environnement souligne l’urgence pour la communauté internationale de renforcer l’aide à la Grande île pour faire face au changement climatique. Le Sud affronte une grave crise alimentaire. 850 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire sévère, dont 330 000 en situation d’urgence. « Les principaux pays émetteurs doivent prendre des mesures concrètes pour mettre en œuvre leurs promesses de réduction de gaz à effets de serre », souligne-t-il.

Le gouvernement obtient une subvention de 35 millions de dollars de la Banque mondiale pour soutenir la lutte contre la sécheresse dans le Sud. Ce financement additionnel touchera plus de 320 000 personnes.

Alors que le pouvoir est mobilisé pour accueillir le Sommet de la Francophonie, les agences des Nations unies lancent un énième appel à l’aide pour les victimes de kere dans le Sud, écrit Tribune. La FAO et le PAM appellent à une action urgente. Sur les 22 millions de dollars nécessaires, la FAO n’a reçu que 4,5 millions. Quant au PAM, il lui manque 50 millions de dollars pour mener à bien ses opérations de secours dont le coût total est estimé à 82 millions pour la période octobre 2016-mars 2017.

Aide au développement : Madagascar doit améliorer sa capacité d’absorption, estime le premier ministre : l’objectif n’est pas seulement de réussir à arracher des promesses de soutiens financiers mais de mettre efficacement en œuvre et de faire effectivement décaisser les soutiens financiers promis. L’amélioration de cette capacité d’absorption est d’autant plus importante que Madagascar, pour les trois années à venir, aura besoin de 5 milliards de dollars pour réaliser ses projets de développement alors que sa capacité annuelle est limitée à 500 millions. Le gouvernement devra donc limiter ses ambitions. A la Conférence des bailleurs et investisseurs de début décembre, il ne présentera qu’une cinquantaine de projets, estimés à 5 milliards de dollars, au lieu des 130 initialement prévus, pour un montant de 12 milliards. Sur les 5 milliards, il resterait à convaincre les bailleurs d’en accorder trois.

L’UE a annoncé une nouvelle aide budgétaire de 30 millions d’euros pour les années 2017-2018. La première tranche de 15 millions devrait être disponible au deuxième semestre 2017. Ce montant devrait, néanmoins être conditionné par le respect « des engagements réciproques liés à l’appui budgétaire ».

En marge du Sommet de la Francophonie, la France a octroyé à Madagascar une enveloppe de près de 62 millions d’euros destinés à des actions relevant de l’urbanisme dans la capitale et six autres grandes villes.

La Banque mondiale octroie un don de 65 millions de dollars pour aider Madagascar à renforcer la stabilité de ses finances publiques et créer un climat des affaires plus favorable à l’investissement. Il servira notamment à appuyer les réformes destinées à élargir l’espace fiscal afin de permettre au gouvernement d’augmenter les investissements publics et la fourniture de services. Madagascar figure encore parmi les pays ayant les taux de pression fiscale les plus bas au monde. Les subventions inefficientes devront être réduites et les dépenses publiques devront davantage bénéficier aux couches les plus pauvres.

Mohammed VI, roi du Maroc, en visite d’Etat à Madagascar, à la tête d’une délégation de près de 500 personnes.Vingt-deux conventions de partenariat ont été signées entre les secteurs privés des deux pays. Un accord porte sur la valorisation et la sauvegarde du canal de Pangalanes. « Il est temps pour le Maroc et Madagascar d’engager un partenariat économique win-win dans tous les domaines », souligne le ministre de l’industrie et du développement du secteur privé. Mohammed VI s’est rendu à Antsirabe pour la pose de la première pierre d’un grand hôpital mère-enfant et d’un centre de formation professionnel d’une capacité de 1 000 élèves Le coût total est estimé à 26 millions d’euros. Pour RFI, « Mohammed VI poursuit son opération de charme en Afrique. Une stratégie diplomatique alors que le Maroc souhaite réintégrer l'Union africaine quittée il y a 32 ans » sur un différend portant sur la reconnaissance de la République Sahraoui. Mohamed VI, contre toute attente, a zappé le Sommet de la Francophonie qui se tenait durant son séjour.

Selon la Coface, après une croissance de son PIB de 3 % en 2015, l’économie malgache devrait légèrement améliorer ses indicateurs macroéconomiques en 2016. La reprise de l’activité, notamment dans le secteur du tourisme, ainsi que la reprise des investissements, dépendra toutefois de la stabilisation de la situation politique et des flux d’aide, estime l’organisme.

Selon la Banque centrale, les investissements directs étrangers ont enregistré une forte hausse sur les 9 premiers mois de l’année. Cette progression attesterait de l’amélioration progressive du climat des affaires résultant de plusieurs réformes significatives mais le tissu économique demeure très fragile. L’instabilité politique qu’a connue le pays depuis 2009 a entraîné le blocage des investissements publics et de très nombreux départs d’investisseurs.

Madagascar envisage de mettre en place une zone économique spéciale (ZES) dédiée au textile. Baptisée « Textile City », cette zone serait appelée à devenir l’un des pôles économiques du pays. Sur une superficie de 100 ha, elle pourrait accueillir 80 à 100 établissements. Le projet, dont le coût est estimé entre 250 à 300 millions de dollars, devrait démarrer au premier trimestre 2017. Ni le lieu, ni le budget ni les investisseurs ne sont encore définis.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L’opposition à l’exploitation aurifère de Soamahamanina
  • Questions électorales, CENI
  • Sommet de la Francophonie, diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, réconciliation nationale, gouvernance
  • Santé
  • Droits de l’enfant, enseignement
  • Médias, code de la communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières trafics, questions foncières
  • Sécurité alimentaire, calamités
  • Coopération
  • Vie économique

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ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2016

- 30 11 16 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Francophonie : plus ou moins un succès mais ça dépend pour qui
Le rideau est tombé sur Antananarivo 2016, le XVIème Sommet de la Francophonie. La dynamique optimiste qui a finalement produit cet évènement ne peut être que positive, même si son déroulement sans anicroche chagrine ceux qui auraient souhaité un échec total, un report, ou tout autre événement qui leur aurait permis de se moquer des dirigeants Malgaches. On peut objectivement tirer chapeau bas à l’exécutif politique, mais également aux milliers de personnes, célèbres et anonymes, du haut en bas de l’échelle, et qui ont fait en sorte que Madagascar puisse être au rendez-vous.

- 28/11 - Radio Vatican - Interview du jésuite Sylvain Urfer fondateur du Centre « Foi et Justice » et observateur de la vie politique malgache (SeFaFi), qui livre son regard sur l’évolution de cette île en grande difficulté. Madagascar s’est retrouvé sous les feux des projecteurs, avec l’accueil dans la capitale du Sommet de l’OIF. Cet évènement s’est déroulé en présence d’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, dont François Hollande, le président de la République française, symbolisant un retour de Madagascar dans la communauté internationale, après une longue période d’instabilité. La réalité est toutefois plus complexe : certes, le président actuel Hery Rajaonarimampianina a été élu suite à des élections, en 2014, mais son pouvoir demeure très fragile. La violence et la pauvreté restent des préoccupations quotidiennes pour de nombreux habitants, et les pouvoirs claniques et traditionnels empêchent toute mise en place d’institutions étatiques solides et toute conscience d’appartenance nationale.
http://fr.radiovaticana.va/news/2016/11/28/madagascar_rong%C3%A9e_par_la_violence,_la_pauvret%C3%A9_et_la_crise_politique/1275451 (9’15)

- 28/11 - TV5 - RFI - Internationales - Interview de Hery Rajaonarimampianina, président de la République de Madagascar à l’occasion du Sommet de la Francophonie
. Que peut l’Organisation Internationale de la Francophonie contre les inégalités et la corruption qui gangrènent nombre de pays ? Madagascar reste un des pays les plus pauvres de la planète. Quel impact le sommet peut-il avoir sur le développement de l’Ile ? https://www.youtube.com/watch?v=es9BK3MPx70 (44’28)

- 25 11 16 - Le Monde - "Pour Madagascar, organiser le Sommet de la francophonie est un investissement"

Entretien avec Ylias Akbaraly, un homme d’affaires franco-malgache de 55 ans, a repris l’entreprise de son père en 1989 alors qu’elle comptait vingt employés. Grâce à une diversification tous azimuts dans des domaines parfois risqués, le groupe Sipromad qu’il dirige aujourd’hui compte 3 000 salariés à Madagascar et affiche un chiffre d’affaires de plus de 150 millions de dollars (141,6 millions d’euros). Son conglomérat se compose d’une trentaine d’entreprises spécialisées dans la fabrication et la commercialisation de produits de grande consommation (savon, eau de Javel, bougies…) et d’autres opérant dans les secteurs de l’immobilier, la haute technologie, le tourisme, la finance, l’aviation, les énergies renouvelables… Ylias Akbaraly est considéré comme l’homme d’affaires le plus riche de Madagascar.

- 25 11 16  - RFI - Découverte de la langue malgache : Naissance et ancienneté, famille de langue. Ecriture et alphabet. Différences et variations dans l’île
avec Nasolo-Valiavo Andriamihaja, intellectuel malgache, chroniqueur au quotidien L'Express et Désiré Ramakavelo, poète : http://www.rfi.fr/emission/20161121-histoire-langue-malgache (26’30)

- 24 11 16 - Jeune Afrique - Madagascar : Qui sont les capitaines d-industrie de l'île ?

Portrait de quelques-uns des patrons les plus emblématiques de la grande île : Salim Ismail, PDG du groupe Socota, Hassanein Hiridjee, directeur général d’Axian, Naina Andriantsitohaina, président du groupe Andriantsitohaina, Marcel Ramanandraibe, PDG du groupe Ramanandraibe, Jean-Claude Ratsimivony, PDG-fondateur d’Homeopharma.

- 20 11 16 - La triste réalité de Madagascar - Lettre ouverte de Wake Up Madagascar

pov 08 11 16

"A l’attention de Madame Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’OIF.
Nous, citoyens malgaches, sommes honorés d’être les hôtes du 16e Sommet de la Francophonie, bien que l’organisation de l’événement et les mesures prises pour son déroulement sont loin d’avoir acquis l’adhésion de tous. Nous vous souhaitons la bienvenue dans notre humble pays. Malheureusement, ce Sommet qui se veut fédérateur écarte l’âme même de Madagascar qu’est sa population. Les mesures prises au nom du confort et de la sécurité des prestigieux invités ne servent qu’à cacher la réalité du Malgache de 2016 et pour certains d’entre nous, alourdissent la précarité quotidienne durant la semaine consacrée à la Francophonie"

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18 11 16 - Orange.mg - La CNIDH tire la sonnette d'alarme face à la recrudescence des vindictes populaires
« La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme a tenu une réunion du 15 au 17 novembre 2016. Les actes de vindicte populaire ayant été commis au cours de ces deux derniers mois étaient parmi les points à son ordre du jour. Selon son mandat, défini par la loi 2014-007, la CNIDH est chargée de « promouvoir et protéger tous les Droits de l’Homme sans exception », et aussi d’interpeller l’exécutif et ses démembrements sur les situations de violation des Droits de l’Homme dans tout le pays, lui proposer toute initiative tendant à y mettre fin ». De ce fait, elle ne peut se taire face à la recrudescence des vindictes populaires, qui prennent une allure préoccupante. (…) Face à ces violations flagrantes du droit à la vie, du principe de présomption d’innocence, du droit à l’égal protection de la loi et du droit à un procès juste et équitable, la CNIDH interpelle les autorités compétentes, la population et la société civile ». « La culture de l’impunité favorisée et protégée par la corruption, les interventions de hauts responsables civils et militaires, le corporatisme, le régionalisme et le tribalisme, la solidarité politique » sont les facteurs cités en première ligne dans le communiqué. S’ensuivent « les représailles, intimidations, le terrorisme politique et juridique, la perte de confiance de la population envers les institutions étatiques, et particulièrement la justice et les forces de l’ordre, les Dina non homologués qui permettent la mise à mort des présumés coupables ». La CNIDH requiert une amélioration de la bonne gouvernance, « notamment, par une lutte efficace contre les pratiques corruptives », et un renforcement de l’État de droit. Elle appelle l’État à prendre « des sanctions exemplaires à l’encontre des agents de l’État corrompus » et « exige fermement le renforcement de la lutte contre la corruption ». Elle demande au ministère de la justice « d’associer la CNIDH à l’homologation des Dina ».

- 16 11 16 - L'Express - Opinions - Chasseur de frime
Pauvreté n’est pas vice. Un proverbe bien français que le pouvoir veut royalement ignorer dans le cadre de l’accueil du sommet de la Francophonie la semaine prochaine. L’État met littéralement le paquet pour que les chefs d’État et toutes les délégations ayant confirmé leur présence, ne perçoivent pas en réalité ce qu’ils ont appris à travers les statistiques de la Banque Mondiale et des Nations-Unies, les drames humains qu’ils ont vus dans les reportages télévisés, n’aient pas l’impression qu’ils séjournent dans l’une des trois nations les plus pauvres au monde. Tout le monde y va de son ineptie pour qu’aucune trace de pauvreté ne vienne tacher l’évènement à travers lequel l’État entend montrer urbi et orbi le contraire de ce que ses détracteurs avancent à l’unanimité.

Les poussepousses et charrettes à traction humaine devront rester au garage durant le Sommet. « Si l’on se réfère aux différentes mesures prises par les autorités, certaines facettes du pays seront occultées. Des mesures cache-misère pour masquer certaines réalités socio-économiques. Et ce, dans le but avoué d’offrir une belle vitrine de la Grande île aux yeux des 3 000 invités de marque attendus », écrit Midi. Les tireurs de poussepousses et de charrettes doivent rencontrer les responsables communaux afin de trouver un compromis. Ils soulignent que tirer est leur gagne-pain quotidien. « Si nous ne tirons pas, nous et notre famille ne mangeront pas ». Le ministère des transports et la préfecture de police n’ont pas confirmé les « rumeurs » d’’interdiction de circulation pour les scooters. Certains marchés hebdomadaires seront suspendus et les sans-abris du centre-ville sont sommés de  quitter les lieux. Des centaines de pauvres, qui dorment sur les trottoirs ont été déplacés en pleine nuit par les forces de l'ordre. Les « 4'Mi », comme on a coutume d'appeler les sans-abris, ont été parqués au service d'entretien des bâtiments administratifs. Les autorités, par l’intermédiaire des présidents de Fokontany ont transmis des messages à la population pour leur recommander de ne pas se déplacer en savates ou avec des vêtements usagés. Le premier ministre dément les propos selon lesquels il y aurait atteinte à la liberté de l’individu se vêtir comme il l’entend. Tribune écrit : « Interdit d’être pauvre, tel est le mot d’ordre pour l’accueil du Sommet de la Francophonie ou du moins le ressenti du commun des Malgaches à l’approche du Sommet ». Le gouvernement a provoqué la polémique en décrétant une semaine de vacances scolaires pour les élèves du public, afin qu’ils puissent vivre l’évènement en temps réel et que la circulation des délégations officielles et de leurs 200 véhicules en soit facilitée.
Les rumeurs les plus folles ont enflé au sujet des restrictions imposées durant le Sommet, contraignant les autorités à réagir :
17 11 16 - L'Express - Mobilisation contre les rumeurs

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  12 11 16 - l'Express - Vindictes populaires : quarante morts et aucune arrestation
En l’espace d’un mois et demi, quarante-deux morts ont été dénombrés pour les neuf cas de justice populaire recensés. Aucune arrestation n’a été effectuée.
La vindicte populaire connaît une ampleur effrayante, au point d’amener à penser qu’elle est devenue la règle. En l’espace d’un mois et demi, neuf cas de justice populaire, tout aussi troublants les uns que les autres, déchirent la Grande Île de partout, jusqu’à en être déboussolé. Le bilan est lourd, quarante-deux morts pour les neuf cas d’homicide répertoriés. Et pire encore, les crimes commis par la foule semblent impunis, comme si une loi de la jungle a été imposée par des barbares, dans un État quasi impuissant. En effet, aucune arrestation n’est jusqu’à maintenant signalée.

<> 10 11 16 - SeFaFi - Communiqué - Langue malgache et francophonie
"À quelques semaines du sommet de la Francophonie à Antananarivo, le scepticisme est général. Occupées à prétendre que tout va bien, les autorités installent le décorum qui jettera la poudre aux yeux des chefs d’État invités. Mais elles gardent un silence épais sur le budget officiel alloué à cette manifestation et sur les contrats PPP conclus dans le cadre des projets, en dépit des multiples demandes émanant de la société civile. Une chose est sûre pourtant, nous le paierons très cher, ce Sommet, et pas seulement en termes de coût matériel, financier ou économique. Car une question plus profonde se pose : qu’avons-nous obtenu en contrepartie ? Quel est le rôle joué par la francophonie dans notre pays ? Une introspection s’impose, pour saisir le contexte dans lequel nous évoluons, et pour prendre de bonnes décisions pour le futur"

- 02 11 16 - Exploitation illégale des ressources naturelles : Bealanana à l’image de Soamahamanina. La Gazette rapporte que ce district de la région Sofia « fait partie de ces pans de territoire sacrifiés par les dirigeants pour des intérêts flous, sinon douteux ». Le site d’exploitation contesté s’étendrait sur 250 km2, couvrant 10 collines utilisées comme pacages pour le bétail. Comme sur d’autres sites miniers, la rivière est polluée par les résidus d’exploitation et par les agissements des exploitants. La société chinoise a en main un permis d’exploitation mais ne peut justifier d’aucun permis environnemental. Aucune concertation publique n’a été organisée. La population a alerté le « Mouvement pour la liberté d’expression » afin que sa situation trouve un écho dans les médias nationaux. La station TV Viva a consacré le 28 octobre un grand dossier à cette affaire : https://www.youtube.com/watch?v=G5zUzfUeel8 (53’58)

- 02 11 16 - Coface - Madagascar : Léger rebond en 2016
Selon la Coface, après une croissance de son PIB de 3 % en 2015, l’économie malgache devrait légèrement améliorer ses indicateurs macroéconomiques en 2016
Cette reprise est le fruit de la réintégration du pays dans l’Agoa. Le secteur textile continuera à bénéficier de l’effet positif de la réintégration du pays dans cet accord rétabli en 2014 après la crise politique. La croissance de l’économie malgache pourrait accélérer modérément en 2016 pour s’établir à 3,5 %. Les services (55 % du PIB) pourraient permettre de soutenir l’économie, notamment les transports et le tourisme, affectés en 2015 par les conséquences des grèves à Air Madagascar. Le développement du champ pétrolier de Tsimiroro, pour lequel l’État a accordé en avril 2015 une autorisation d’exploitation, ainsi que la réalisation de projets d’infrastructure suspendus depuis plusieurs années, devraient également soutenir l’investissement en 2016. La reprise de l’activité, notamment dans le secteur du tourisme ainsi que des investissements, dépendra toutefois de la stabilisation de la situation politique et des flux d’aide, estime la Coface. Le niveau peu élevé des cours du nickel et du cobalt, principales sources de recettes d’exportation du pays, limitera la contribution des exportations à la croissance. Le phénomène climatique El Niño pourrait affecter les récoltes et exercer une pression à la hausse sur les prix des biens alimentaires. La baisse annoncée des subventions sur les prix de l’énergie (électricité, essence), si elle est effectivement mise en place, accentuera la hausse des prix.

- 01 11 16 - Déclaration du rapporteur spécial de l'ONU, John H Knox, sur droits de l'homme et environnement
John H. Knox a effectué une mission à Madagascar du 25 au 31 octobre en qualité d’expert indépendant sur les obligations des gouvernants en matière de droits relatifs à la jouissance d'un environnement sûr, propre, sain et durable. Nommé en mars 2012 par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies, il a été chargé d'étudier la relation entre les droits de l'homme et l'environnement, et de promouvoir la mise en œuvre des obligations des Etats en la matière. John H. Knox évoque dans sa déclaration la grande vulnérabilité de Madagascar aux changements climatiques, l’insécurité alimentaire qui frappe le Sud, « le droit à l'information sur les questions environnementales, le droit de participer à la prise de décisions concernant l'environnement, les droits de la liberté d'expression et d'association en matière d'environnement, et le droit d'avoir accès à des recours efficaces pour dommages à l'environnement ». Il évoque également le trafic illégal de bois précieux et des espèces en voie de disparition, ainsi que les conflits nés des exploitations minières.

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31 octobre 2016

REVUE DE PRESSE - OCTOBRE 2016

Des voix se font entendre pour dénoncer les dérives autoritaires du pouvoir. Des groupes d’opposition appellent à une condamnation internationale. En finir avec le pouvoir Rajaonarimampianina avant le sommet de la Francophonie, tel est l’objectif affiché par les initiateurs du « dialogue pour le salut national » (DFP). Hery Rajaonarimampianina a réuni les hauts responsables de l’armée et de la gendarmerie alors qu’une nouvelle tentative de coup d'Etat militaire aurait été déjouée. La fédération des entités d’opposition n’aurait cependant  plus le vent en poupe, la tendance semblant être à la dispersion des initiatives après la tentative avortée de tenir une manifestation publique au gymnase de Mahamasina, le 24 septembre. En fin de mois une nouvelle menace de coup d’Etat militaire émanait d’un communiqué anonyme jugé peu crédible.

nm 25 10 16

Marc Ravalomanana nommé conseiller spécial de son épouse, maire d’Antananarivo. Lalatiana Ravolomanana, conseillère municipale, déplore cette nomination, qui relève selon elle du népotisme. Les opérations d’assainissement de la capitale se poursuivent et soulèvent toujours autant d’opposition de la part des marchands des rues. La tension reste vive et l’opposition est accusée d’exploiter la situation. La commune d’Antananarivo, qui n’a pas encore obtenu la subvention prévue dans le budget de l’Etat pour l’année 2016, est à la recherche d’autres sources de financement lui permettant de relever les défis de la reconstruction de la capitale. « Nous sommes décidés à reconstruire la capitale », déclare l’ancien président qui s’est vu confié la mission de superviser les travaux d’assainissement de certains quartiers. Il a fait appel aux services d’un universitaire américain de renom pour le conseiller, lui et son épouse. Marc Ravalomanana attend également de son conseiller qu’il l’aide à renforcer l’ancien parti présidentiel TIM et à relancer le groupe Tiko.

La Fjkm a élu son nouveau secrétaire général. Une élection qui semble clore définitivement l’ère Rasendrahasina-Ravalomanana. En choisissant le pasteur Jonah Radimison, les électeurs ont fait très nettement le choix du renouveau, confirmant la tendance qui s’est dessinée lors du synode national, au mois d’août. Confiné dans le rôle temporaire de président du comité d’organisation du 50e anniversaire de la Fjkm, l’ancien chef de l’État ne semble pas cependant avoir renoncé à utiliser ce statut pour renforcer sa notoriété en vue de la présidentielle de 2018.

Agé de 80 ans, Didier Ratsiraka pourrait être candidat à la présidentielle de 2018. L’homme fait le tour de l’île et tient partout des meetings très courus sous couvert de célébrer le 40e anniversaire de l’Arema.

L’ancien président Zafy Albert sort de son silence pour affirmer que « ce n’est pas Hery Rajaonarimampianina qui dirige le pays» mais des femmes proches du chef de l’Etat, au premier rang desquelles son épouse Voahangy.

Les tensions internes aux assemblées sont réapparues à l’ouverture de la session ordinaire du Parlement. L’Assemblée national bruisse à nouveau de rumeurs de demandes de levée d’immunité parlementaire. La destitution du bureau permanent serait évoquée. Le ministre des finances et du budget est attendu de pied ferme par les députés sur deux questions sensibles : le déblocage toujours non décidé des fonds destinés aux 119 districts, inscrits à la loi de finances, et l’attribution de certains avantages financiers aux élus. La tension est vive également au Sénat où son président serait menacé de destitution par les représentants du parti au pouvoir.

Le président du Sénat annonce que le cas de Lylison René sera à l’ordre du jour de la session. Le sénateur Mapar, toujours introuvable, encourt des sanctions pour absences injustifiées. L’idée d’une destitution n’est pas écartée. Pour le Sénat, il n’est plus question de revenir sur le mandat d’arrêt émis par la justice à son encontre. Le règlement intérieur permet au sénateur incriminé de se défendre mais la question est de savoir si l’intéressé prendra le risque d’apparaître en public et dans une assemblée dominée par le parti présidentiel HVM.

la vérité 06 10 16

L’entreprise minière chinoise, en bute à l’opposition d’une partie des habitants de Soamahamanina a annoncé un retrait stratégique. Le ministre des mines assure que les Chinois n'ont pas obtenu de contrepartie à leur départ mais annonce qu’ils sont toujours en possession du permis d'extraction. Des réunions doivent avoir lieu avec toutes les parties concernées pour décider des suites à donner. Jiuxing Mines entend repartir sur de nouvelles bases. Les lieux restent fortement sécurisés et la population mobilisée pour obtenir la libération de cinq militants incarcérés ainsi que, pour une partie d’entre elle, l’annulation pure et simple du permis d’exploitation. Un culte œcuménique a été organisé à Soamahamanina pour soutenir les villageois dans leurs revendications. Le « Mouvement pour la liberté d’expression » a confirmé son soutien. Le Collectif Tany s’inquiète de la prolongation de la détention des cinq animateurs du mouvement. La SIF a annoncé qu'elle va déposer un recours gracieux au ministère des mines pour obtenir la suspension de l'arrêté d’octroi du permis minier à l'entreprise. La Commission des droits de l’homme (CNIDH), tout juste installée, a inauguré ses travaux par une « séance de réflexion » sur l’affaire. Elle appelle l’État à « cesser toute pression morale et/ou toute brutalité physique pour appréhender une personne ou maintenir celle-ci en détention ». Elle invite les autorités à « veiller strictement au respect du principe de la présomption d’innocence », à « traiter les dossiers sans retard » et à « respecter les droits des personnes privées de liberté ». Le chef de l‘Etat-Major Mixte Opérationnel National s’est défendu d’avoir versé dans l’arbitraire et d’avoir fait un usage disproportionné de la force.

Les représentants de communautés locales affectées par des projets miniers ont publié une déclaration de soutien. Le ressentiment contre les exploitants chinois s’amplifie dans plusieurs régions, au moment où la ministre des affaires étrangères invite les autorités chinoises à accroitre leurs investissements dans la Grande île.

La CENI et les partenaires internationaux s’activent pour préparer les échéances électorales de 2018. Les élections régionales et provinciales ne semblent plus à l’ordre du jour. L’UE, comme les bailleurs de fonds, ne veut pas entendre parler d’élections présidentielles anticipées, revendication avancée par des groupes d’opposition bien décidés à écourter le mandat présidentiel. Une mission de suivi électoral de l’UE est en mission à Madagascar. Objectif : formuler des recommandations, trouver la manière de renforcer le cadre législatif des élections dans la perceptive de la présidentielle de 2018. Une cinquantaine de partis politiques ont été réunis pour réfléchir à l'élaboration d'un code de bonne conduite électorale. Une démarche initiée par la CENI avec le concours de l’OIF.

Tension politique : la France observe l’évolution de la situation et recommande le dialogue. « On espère vivement que ce dialogue pourra s’instaurer, pas seulement dans la perspective du Sommet de la Francophonie, mais aussi dans la perspective des élections de 2018 », déclare l’ambassadrice de France. Pour Harald Gehrig, ambassadeur d’Allemagne, la démocratie malgache risque d’être une coquille vide si certaines conditions ne sont pas remplies en matière de gouvernance. Après le Mapar, tout récemment, c’est au tour du parti de l’ancien candidat à la présidentielle Hajo Andrianainarivelo d’inviter les partenaires étrangers à surveiller de près les actions du régime. Malgré la montée des sentiments antichinois provoquée par les litiges concernant les exploitations minières, la Chine ne se décourage pas et reste optimiste quant à l’efficacité de sa coopération avec Madagascar. L’ambassadrice chinoise annonce le renforcement des liens économiques entre les deux pays.

La sécurité publique souffre de l’insuffisance d’effectifs alors que nombre d’éléments des forces de l’ordre travaillent pour des entités privées. La presse s’interroge : La situation sécuritaire de la population permet-elle que militaires, policiers et gendarmes se consacrent à autre chose qu’à leur mission ? Cette « privatisation » des forces de sécurité ne risque-t-elle pas d’entrainer un phénomène de « milicisation » ? Il s’agirait en outre d’une pratique bien enracinée, reposant sur des « échanges de services ».

Des interventions qui ont mal tourné ont coûté la vie à 45 gendarmes au cours des trois dernières années. Le plus grand nombre de morts au combat est enregistré dans la circonscription de Toliara. La plupart ont livré bataille dans des zones à risque et impénétrables où sévissent des bandes de dahalo et où les bandits les plus redoutés se replient, se retranchent et se réorganisent.

Des « coupeurs de route » continuent de sévir sur de grands axes de communication. Une bande de 11 assaillants a pu être interpelée après avoir commis leurs méfaits.  Les transporteurs interpellent  les autorités et les somment de prendre des dispositions. La gendarmerie a abattu quatre suspects armés lors d’un contrôle routier de routine à Manakoliva Bekily. Ils auraient refusé d’obtempérer.

Le fils d’un important opérateur économique indo-pakistanais enlevé en plein jour par une dizaine de ravisseurs armés et encagoulés. Deux gendarmes d’élite armés affectés à sa protection n’ont pu s’y opposer. Les proches ne se sont pas présentés aux forces de l’ordre, par crainte de représailles.

Des cas de vindicte populaire sont à nouveau signalés. A Ambilobe deux cambrioleurs ont été  lynché par la foule. A Mahajanga un détenu a été matraqué à mort en public, le corps a été abandonné sur place.

Une femme albinos tué à Bezaha, dans le district de Betioky. Ces pratiques, nouvelles à Madagascar, connaitraient une forte progression dans le Sud.

Les destitutions de maires élus continuent à provoquer des troubles. Dans une commune proche de Fénérive-Est, violences et vandalisme ont empêché la tenue de la cérémonie d’intronisation du candidat du HVM déclaré vainqueur par la justice plusieurs mois après le scrutin. Des coups de feu auraient été tirés par les gardes du corps du candidat du pouvoir, faisant 8 blessés. 47 arrestations ont été opérées. Les centaines de contentieux consécutifs aux communales du 31 juillet 2015 continuent d’agiter le microcosme politique.

37 officiers et 129 sous-officiers de la gendarmerie sont suspectés d'avoir pris part à des crimes, délits et actions illégales depuis le début de l’année 2016, selon les déclarations du commandant de la gendarmerie nationale, à l'issue d’une réunion des hauts responsables de la gendarmerie consacrée en particulier aux problèmes d'insécurité et de corruption.

Nivo Ratiarison, directeur de cabinet du ministère de la communication, soupçonné de détournement de fonds au sein de l’Office de la radio et TV Malagasy (ORTM). Il a été placé sous mandat de dépôt avec un autre prévenu. Trois autres ont bénéficié d’une liberté provisoire.

Avec 83 détenus sur 100 000 habitants, Madagascar figure parmi les pays d’Afrique qui ont le taux de détention le plus élevé. Une situation résultant notamment de l’abus de mises en détention préventive arbitraires sur intervention d’autorités bien placées. 40.000 personnes sont incarcérées chaque année. En 2015, 66 % des détenus affichaient des signes de détresse psychologique.

Le gouvernement prépare une nouvelle politique de la fonction publique. Le texte sera proposé au vote du Parlement en octobre. Il a pour ambition de lutter contre la corruption, faire des économies et améliorer l'efficacité de l'administration, car, si les fonctionnaires ne représentent que 2 % de la population, le budget de la fonction publique atteint près de 60 % du budget de l'Etat. En cause, les fameux fonctionnaires fantômes.

La fondation Mo Ibrahim publie ses indicateurs de gouvernance 2015 et une rétrospective complète depuis 2006, date de sa première enquête. Madagascar affiche des résultats préoccupants. Sur la décennie, la Grande île accuse la deuxième plus forte détérioration du continent africain en matière de gouvernance. Son score a commencé à s’écrouler en 2008, juste avant la crise politique.

Le SeFaFi interpelle à nouveau l’Etat : « Une fois les lois votées, les textes sont rarement appliqués ». « Madagascar prétend être un État de droit. Mais quel est l’intérêt de légiférer si, aux quatre coins du pays, s’impose l’évidence que les lois sont transgressées, contournées par les citoyens, mais également par l’administration de la base au sommet de l’Etat ? », écrit-il notamment.

L’association des parents d’étudiants boursiers de l’Etat à l’extérieur suspecte un détournement des bourses malgaches en Chine. Les étudiants ont demandé l’ouverture d’une enquête. Une cinquantaines d’étudiants qui n’ont pas pu régler leurs frais de scolarité par suite de bourses impayées auraient été privés de leur diplôme et ont été obligés de rentrer au pays.

« ‘Suntower, la tour la plus haute de tout l’océan Indien’ - Un scandaleux ‘projet présidentiel’ occulte », titre Madagascar Matin. Une opération commerciale et privée, dans laquelle Hery Rajaonarimampianina serait impliqué à titre personnel, croit-on savoir. La livraison de l’immeuble de 42 étages est annoncée pour début 2018.

La Commission Nationale Indépendante des Droits de l'Homme (CNIDH) entre en fonction. La conjoncture aurait convaincu l’exécutif d’accélérer la mise en place de cet organe, et en premier lieu les obligations inhérentes aux traités internationaux ratifiés par la Grande île. L’absence de la CNIDH aurait été pointée du doigt par les Nations unies. La mise en place de la HCJ pourrait également être accélérée, afin de faire bonne  figure à la Conférence des bailleurs annoncée pour début décembre.

Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et l’environnement effectuera sa première visite à Madagascar fin octobre dans le but d’évaluer dans quelle mesure le pays protège et promeut les droits de l’homme liés à la protection de l’environnement. Il présentera son rapport au Conseil des droits de l’homme en 2017. Madagascar est au 3ème rang des pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique.

Abolition de la peine de mort : le code pénal reste à amender, selon l’ACAT. La peine capitale doit être remplacée par des travaux forcés à perpétuité, une substitution qui nécessite l’adoption d’une nouvelle loi. Le processus d’élaboration serait en cours.

Une réforme de la loi contre la torture de 2008 est à l’étude. Elle devrait être plus contraignante et toucher d’autres cibles, à l’instar des agents privés. L’ACAT-Madagascar et l’Association pour la prévention de la torture travaillent sur ce dossier avec le ministère de la justice et avec le soutien financier de l’ambassade de Suisse. Les textes actuels, bien que très restrictifs, ne sont guère appliqués, fait-on remarquer.

Un trafic d’enfants à destination de Mayotte découvert à Antsiranana. Il semblerait que des passeurs malgaches proposent à des parents d’envoyer leurs enfants dans des « familles d’accueil », pour assurer leur avenir, voire pour les employer en personnels domestiques. Le gouvernement américain a octroyé 750 000 dollars à l’OIM pour lutter contre la traite des personnes à Madagascar.

Le ministère de la jeunesse s’alarme : 31.7 % des jeunes filles ont déjà un enfant ou sont enceintes d’un premier enfant. La précocité de l’âge d’entrée dans la vie sexuelle et reproductive des jeunes est tout aussi préoccupante. Les mariages précoces sont également à l’origine d’un taux préoccupant d’abandons d’études secondaires et supérieures par les jeunes filles. Madagascar est classé parmi les 13 premiers pays à avoir un taux de prévalence de grossesses précoces le plus élevé au monde, Une situation notamment causée par la faible utilisation des méthodes contraceptives chez les jeunes.

Naissance de la première coalition des associations LGBT de l'océan Indien. Une vingtaine d’entités se sont retrouvées à Antananarivo dans le but d'échanger et d'agir pour le droit des personnes LGBT à Maurice, aux Seychelles, à Madagascar et à La Réunion, dans l’attente de pouvoir élargir son action aux Comores et à Mayotte.

Un atelier d’échanges sur l’apatridie a été organisé par Focus development association, en partenariat avec l’UNHCR dans le but de sensibiliser les parlementaires à l’adoption d’une législation sur la nationalité respectueuse des normes internationales et régionales.

Création du site Internet participatif « board.mg », média social « à destination des jeunes citoyens », qui se donne comme ambition de permettre la dénonciation, dans le respect de l’anonymat, de tous faits condamnables de corruption, de violences et d’abus de pouvoir.

La station MBS appartenant à Marc Ravalomanana, victime de la crise politique de 2009, a recommencé la reprise de tests techniques dans des locaux provisoires. Le ministère de la communication a annoncé que des mesures seront prises pour les faire cesser, affirmant que la station s’est vue retirer sa licence d’exploitation. La direction, dénonçant des brouillages, a décidé de suspendre ses essais et de déposer plainte. La CNIDH recommande dans un communiqué le « respect scrupuleux des procédures d’arrestation prévues par le code de procédure pénale, prohibant tout acte de violence ».

Un journaliste de Free News, quotidien d’opposition, a été victime de violences policières dans des circonstances encore mal établies.

Le « Mouvement pour la Liberté d’expression » (MLE) relance sa contestation du code de la communication. Les organes de presse prévoient de publier des dossiers qui prouveraient l’implication de certains dirigeants et de leurs proches dans les trafics illicites des ressources minières.

Exportation des 30 000 rondins de bois de rose saisis en 2014 à Singapour : acculé par la Cites, qui a accordé à Madagascar un sursis de 3 mois pour faire la preuve de sa volonté d’éradiquer les trafics et de collaborer avec la justice de la cité-Etat, le chef de l’Etat aurait ordonné la poursuite de tous ceux qui ont été impliqués dans cette affaire. La ministre de l‘environnement se dit consciente de la difficulté du défi à relever. Des juristes ont été appelés en renfort.  La Cites a décidé de restreindre l’exportation de palissandre. Madagascar est l’un des quatre pays les plus concernés par cette décision qui inquiète les exportateurs Malgaches

Bois de rose saisis à Hong Kong : 12 présumés trafiquants devant la chaine pénale anti-corruption. Ils sont soupçonnés d’avoir été impliqués dans l’exportation des bois de rose qui avaient été transbordés sur le bateau Min Feng au large de Mananara et de Sainte Marie en janvier 2015. Certains sont des hauts gradés des forces de l’ordre, d’autres sont des cadres supérieurs du ministère de l’environnement. Sept des 12 prévenus se sont présentés à la barre et ont bénéficié d’une liberté provisoire. Trois autres sont recherchés.

Quatre-vingt dossiers de trafic de bois de rose seraient en cours de traitement mais la mise en place de la chaîne spéciale se fait attendre alors que la loi portant sa création a été adoptée en décembre 2015. Les décrets d’application ne sont toujours pas signés

La gendarmerie nationale annonce qu’elle fera preuve de la plus grande fermeté à l’encontre de ses membres qui seraient compromis dans des trafics d’or à l’aéroport international d’Ivato, où près de 25 kg de ce métal précieux ont été saisis encore tout récemment. Le ministre des finances et du budget indique qu’une « enquête approfondie » est lancée pour démanteler le réseau impliqué dans ces tentatives d’exportation illicite. La BAD va financer un audit des risques de corruption, de fraudes et de trafics illicites à l’aéroport d’Ivato.

10 kg d’ossements humains saisis à Mahajanga. La commercialisation d’ossements est une pratique courante et ancienne. Aucune enquête sérieuse n’a permis jusqu’ici de connaître l’usage fait de ces ossements ni de mettre à nu les réseaux. De nombreuses rumeurs courent à ce sujet, des hypothèses sont émises.

Le projet de code minier et pétrolier accumule les retards.  Les consultations se poursuivent et seront élargies au plus grand nombre d’acteurs possible, annonce le gouvernement. Pour les ONG et les spécialistes, le nouveau code devra impérativement prendre en compte le « consentement public » des populations affectées par les projets et les exigences environnementales. Le retard pris dans l’adoption du nouveau code a conduit le gouvernement à différer le lancement d’un appel d’offres portant sur 40 blocs pétroliers offshore du bassin de Morondava. 225 blocs restent à attribuer sur les différentes zones de la Grande île. L’Etat tenterait de faire adopter son projet de code minier au cours de la prochaine session de l’Assemblée nationale.

Alors que l’affaire Soamahamanina n’est pas encore terminée et que des militants sont encore incarcérés, les conflits se multiplient entre exploitants miniers, souvent d’origine chinoise, et les populations locales. Le pouvoir est accusé de collusion avec les exploitants. La Plateforme de la société civile intervenant dans le foncier (SIF) a lancé une mise en garde aux exploitants miniers étrangers et nationaux. Le CRAAD-OI dénonce pour sa part de graves atteintes à l’environnement et des violations des droits humains.

Face à l’insécurité alimentaire, qualifiée d’« extrêmement préoccupante », le PAM et les agences onusiennes renforcent leurs interventions dans le Sud. Le PAM à lui seul  devrait porter à un million le nombre de bénéficiaires de son assistance alimentaire en nature et en espèces. L’UE a débloqué une aide d’urgence de 4,8 millions d’euros. 40 % des enfants malgaches en cycle primaire  sont concernés par l'insécurité alimentaire.124 millions de dollars supplémentaires sont requis pour permettre aux agences onusiennes d’intensifier leurs actions dans le Sud. « Toutes ces menaces de catastrophes sont annoncées exactement 8 mois »,rappelle Tribune, qui constate que le pouvoir laisse le soin aux agences onusiennes de faire savoir au reste de Madagascar et du monde que la population du Sud est victime de la famine. « Les agences onusiennes n’ont qu’à chercher des solutions et des financements, le régime HVM a d’autres priorités », déplore le site.

35,4 % des Malgaches sont sous-alimentés, selon l’indice de la faim dans le monde publié par l’IFRI (International Food Policy Research Institute). Entre 2000 et 2016, son taux est passé de 44,2 % à 35,4 %, situant la Grande île dans le dernier peloton des pays ayant la part la plus élevé de population sous-alimentée.

Madagascar subira une perte de 30 % de ses espèces avant la fin du XXIe siècle si l’homme poursuit son entreprise au rythme actuel, selon le WWF. La Grande île se trouve dans la zone rouge mondiale. Le rapport démontre aussi que les sols de Madagascar sont déjà fortement dégradés, ce qui a d’importantes conséquences négatives sur la sécurité alimentaire.

Les quartiers Est d’Antananarivo victimes des nuages toxiques de la décharge d’Andralanitra. Les médecins attestent de la recrudescence de problèmes respiratoires, devenus la première cause de mortalité dans certains secteurs exposés. Les habitants ont lancé une pétition pour exiger le déplacement du site.

Plus de deux ans après la reprise de la coopération avec l’UE, les aides financières tant attendues ne sont pas débloquées. Le prochain décaissement, au titre du 11e FED, dépendra de la Conférence des bailleurs qui se tiendra à Paris début décembre. C’est au cours de cette réunion que les avancées réalisés par le gouvernement en matière de bonne gouvernance et de rétablissement de la sécurité intérieure seront appréciées. L’Etat doit également faire ses preuves en matière de renforcement de ses fonctions régaliennes. Il doit enfin présenter une liste détaillée, concrète et réaliste des programmes prioritaires qu’il entend mettre en œuvre et pour lesquels il demande des financements et des appuis.

11 pays d’Afrique subsaharienne, dont Madagascar, sont considérés comme « pays en recul » par la Banque mondiale. Le taux de croissance du PIB de ce groupe est passé de 5,8 % par an en 1995-2008 à 1,9 % par an en 2014-2016. La croissance de leur revenu réel par habitant a connu une forte chute depuis 2012.

la gazette 18 10 16

Antananarivo a accueilli le 19e sommet du Comesa. Le gouvernement souhaite renforcer les liens commerciaux avec les 19 pays de la zone, pour l'instant encore très faibles, avec une balance commerciale fortement déficitaire. Les observateurs se montrent généralement sceptiques quant à la capacité de la Grande île à s’implanter sur ce grand marché et à affronter la concurrence de certains pays dont les produits envahissent les étals, au détriment des producteurs locaux. Emergence Madagascar préconise une réorientation des échanges commerciaux de Madagascar vers les marchés dynamiques du bloc de l’ASEAN. Seuls deux chefs d’Etat africains on fait le déplacement à Antananarivo pour ce Sommet, prélude à celui de la Francophonie, au grand dam des autorités malgaches. Robert Mugabe, arrivé le premier, a pu ainsi bénéficier d’une forte exposition médiatique. Le Sommet des chefs d’Etat a donné lieu à un déploiement de forces exceptionnel, objet de critiques acerbes. En marge du Sommet, Madagascar et Maurice ont décidé d'accélérer la création d'une Zone économique spéciale (ZES) à Tolagnaro. Un projet qui suscite de fortes résistances.

La compétitivité économique des Etats passée au crible par le Forum économique mondial de Davos. Dans son nouveau classement annuel, Madagascar se situe au 128e rang (sur les 138 économies comparées) et recule de deux places. Dans la nouvelle publication du Doing Business, Madagascar gagne deux rangs et se classe 167e sur 190 pays, loin derrière l’île Maurice, les Seychelles ou encore les Comores.

L’US Africa Business Forum, rencontre des entrepreneurs africains avec leurs homologues américains, met en exergue la nécessité pour les pays qui souhaitent attirer des investisseurs, de leur garantir un cadre légal stable et un environnement macro-économique attractif, libéré de la corruption. Des conditions qui, de toute évidence, ne sont pas encore réunies pour Madagascar. Les chefs d’entreprise de la Grande île viennent, une fois encore, de dénoncer le harcèlement fiscal dont ils seraient victimes et qui est souvent source de corruption.

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Seule 39 % de la production d’électricité de la Jirama est commercialisée. Le reste constitue des pertes et des vols de gasoil et d’électricité, auxquels s’ajoutent les non-recouvrements de factures, notamment par les administrations. Le FMI soutient que le budget de l’État ne peut supporter  le versement de nouvelles subventions à l’entreprise publique. La Banque mondiale incite le pouvoir à prioriser les dépenses pour la fourniture des services de base à l’ensemble de la population plutôt que de dilapider ses maigres ressources à combler les déficits de la Jirama. Les délestages ont fait un retour en force et le montant des factures s’envole. Une situation qui est à l’origine de troubles qui ont éclaté à Farafangana. Aucune solution n’est en vue à court et moyen terme pour les délestages, admet  le premier ministre.

La tension sociale reste vive dans les milieux de la justice, avec une nouvelle menace de grève à durée indéterminée des greffiers. Le gouvernement doit également faire face au mécontentement des agents pénitenciers.

 

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L’opposition à l’exploitation aurifère de Soamahamanina
  • Questions électorales, CENI
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, vindicte populaire
  • Justice, prisons, gouvernance
  • Mise en place de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l'Homme
  • Torture, traite et trafics de personnes
  • Droits de l’enfant, droits des femmes, LGBT, apatridie
  • Médias, code de la communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières questions foncières
  • Sécurité alimentaire, calamités, environnement
  • Coopération, Banque mondiale, UE, Comesa
  • Vie économique, reevndications sociales

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21 octobre 2016

ARTCILES REMARQUES - OCTOBRE 2016

- 21 10 16 - Orange.mg - Droits de l’homme et l’environnement - Mission de l’expert de l’ONU
Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et l’environnement, John H. Knox, effectuera sa première visite à Madagascar du 25 au 31 octobre 2016 dans le but d’évaluer dans quelle mesure le pays protège et promeut les droits de l’homme liés à la protection de l’environnement. « Un environnement sain est indispensable à l’exercice des droits de l’homme où que ce soit et cela est d’autant plus important dans le cas de Madagascar dans la mesure où une grande partie de sa population vit en zone rurale et dépend directement de l’environnement. Je me réjouis de visiter Madagascar que je vois comme un trésor de diversité écologique. Cette visite me permettra également de mieux comprendre les relations entre la conservation de la diversité biologique et la protection des droits de l’homme », souligne l’expert. Le rapporteur note que le gouvernement a pris des engagements importants en matière de protection des droits de l’homme liés à l’environnement. Au cours de son séjour, l’expert rencontrera des responsables gouvernementaux et des spécialistes, ainsi que des représentants de la société civile. Il présentera un rapport complet au Conseil des droits de l’homme en 2017.

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  16 10 16 - Libération - Africa 4 - Et pour quelques zébus de plus... Trafics et insécurités à Madagascar
Questions à... Juvence Ramasy, maître de conférences à l'université de Toamasina
. Madagascar à la suite du coup d’État de mars 2009, s’inscrit dans une gouvernance criminelle, qui a vu les trafics de tout genre prendre une ampleur considérable, touchant le bois de rose, les zébus, le corail noir, les tortues, les pierres précieuses…. L’absence de l’Etat dans les « zones rouges » représentant près du 1/3 du territoire milite en faveur du développement de tels trafics. Madagascar est passé d’un banditisme rural à des vols organisés incluant différents entrepreneurs (politiques, économiques, militaires et gendarmes). Des entrepreneurs de l’insécurité qui tirent les bénéfices de ces divers trafics et installent Madagascar dans un hub de trafics à l’échelle régional et international. L’argent sale permet la consolidation de la puissance publique par le financement des mécanismes de la représentation politique. Madagascar constitue un terrain propice au développement d’activités illicites en raison de la faiblesse de ses forces de sécurité et par la porosité des accès à l’île. Des « trafiquants » investissent la sphère politique. Se développe au sein du système politique une logique patrimoniale comme mode de gouvernance. Bien que Madagascar ait été classé « État fragile » par la Banque mondiale en 2013 et par la BAD en 2014, un autre qualificatif lui conviendrait : celui de « successful failed state ».

- 14 10 16 - SIF - Avis aux investisseurs miniers étrangers et nationaux
La Plateforme de la société civile intervenant dans le foncier (SIF) lance une mise en garde aux exploitants miniers étrangers et nationaux :
« Vous, investisseurs, ne devriez pas  effectuer directement l’exploitation minière une fois obtenue vos permis miniers sans avoir eu  l’accord  du propriétaire de terrain. Selon la législation en vigueur, le permis minier ne vaut pas titre de propriété foncière. (…) Les détenteurs de permis miniers sont obligés de contracter un bail écrit avec  les propriétaires des sols préalablement à tous les processus d’exploitation. (…) La Constitution, en tant que loi suprême de la République de Madagascar, qui est au-dessus de toutes les lois comme le code minier, protège le droit de propriété individuelle. (…) Le non-respect du droit foncier se traduit par un acte de piétinement des droits humains fondamentaux et de la démocratie ».

<> 10 10 16 - Communiqué du SeFaFi - A quoi servent nos lois ?
Madagascar prétend être un État de droit. Mais quel est l’intérêt de légiférer si, aux quatre coins du pays, s’impose l’évidence que les lois sont transgressées, contournées par les citoyens mais également par l’administration, de la base au sommet de l’Etat ? L'effectivité des lois votées et promulguées est souvent compromise par le retard de la publication de ses modalités d’application. Cette lenteur se retrouve dans la réactualisation de certains textes parfois très anciens. Et faute de volonté politique, nombre de textes votés sont rarement appliqués. Sans respect des lois, il n’y a ni État ni vraie liberté. De l’élaboration à leur application, les textes trahissent l’absence d’intériorisation du sens de la loi et le manque de volonté démocratique.

- 08 10 16 - L'Express - Gouvernance et corruption - Madagascar s'écroule dans l'indice Mo Ibrahim
La fondation Mo Ibrahim publie ses indicateurs de gouvernance 2016 et une rétrospective complète depuis le premier exercice du genre, en 2006
. Madagascar affiche un triste record : son indicateur de corruption et de bureaucratie a connu un très fort recul et se classe 33e sur 54. Même les infrastructures, pourtant en hausse sur le continent, ne sauvent pas la Grande île, qui est l’un des dix pays à voir ce domaine se détériorer. En dix ans, le score moyen du continent en matière de gouvernance globale a progressé d’un point (sur 100) : 37 pays, dans lesquels habitent 70 % des Africains, ont amélioré leur note générale, laquelle est l’addition des indices de quatre domaines : la sécurité et l’Etat de droit ; la participation citoyenne et les droits humains ; les opportunités d’une économie durable ; et, enfin, le développement humain. Le champion reste Maurice. Le Mozambique, après avoir été « l’enfant chéri des investisseurs », régresse de façon inquiétante, en particulier dans le domaine de la sécurité et de l’Etat de droit.

- 04 10 16 – RFI – Cap océan Indien - Le conflit continue contre le projet minier chinois de Soamahamanina.
Le conflit entre une partie de la population du village de Soamahamanina, à 70 km à l’ouest de la capitale et les autorités prend de l’ampleur. En cause, une entreprise chinoise qui a obtenu l’autorisation d’extraire les minerais du sous-sol. Depuis plusieurs mois, certains sont pour ce projet minier, mais beaucoup de villageois veulent qu’on leur rende leurs terres. Les activités à la mine ont été suspendues, mais ni les autorités, ni les villageois ne sont prêts à reculer et plusieurs manifestations ont dégénérés en affrontement. Jeudi dernier un millier de personnes manifestaient, aux grenades lacrymogènes ont répondu des jets de pierres et de briques. Une dizaine de personnes, gendarmes et manifestants, ont été blessées. Six manifestants sont incarcérés. Et les politiciens s’en mêlent et la situation est devenue explosive pour le régime.
Jeanne Richard a rencontré Zo Randriamaro, coordinatrice du Centre de recherche et d’appui pour les alternatives de développement - océan Indien (CRAAD-OI), qui aide les villageois dans leurs revendications.
http://www.rfi.fr/emission/20161002-madagascar-zo-randriamaro-population-terres-entreprises-chine-developpement (5’42)

- 01 10 16 - L'Express - Opinions - Sylvain Ranjalahy - Or sujet
Quoique le directeur de cabinet du ministère des mines dise, la cession des blocs miniers aux étrangers un peu partout dans le pays est ni plus ni moins qu’une braderie de « la terre des ancêtres ». Il faut être extrêmement inconscient pour ne pas réaliser qu’il s’agit d’un pillage en règle des richesses minières. Que restera-t-il à Soamahamanina après 40 ans d’extraction d’or ou d’autre minerai ? Quel est le mystère de l’accord de Soamahamanina et d’ailleurs pour que l’État s’acharne à bastonner ceux qui se lèvent contre le projet douteux ?

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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