JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

15 mai 2012

REVUE DE PRESSE - 1ERE QUINZAINE DE MAI 2012

LES POINTS FORTS DE LA QUINZAINE

Les entités signataires de la feuille de route se sont retrouvées à 2 reprises pour tenter de s’accorder sur l’application des articles de le feuille de route qui constituent un obstacle majeur à la poursuite du processus, ceux qui portent sur les mesures d’apaisement, l’arrêt des poursuites judiciaires et le retour de Marc Ravalomanana. Rencontres qui se sont tenues dans une ambiance tendue. Les formations proches du pouvoir ont boycotté la seconde rencontre.

La CENIT s’efforce d’accélérer la mise en place de ses démembrements. Sa présidente n’a pas renoncé à organiser une élection d’ici la fin de l’année, elle est appuyée dans sa démarche par les chefs de région et des organisations de la société civile comme le SeFaFi. Le calendrier et l’ordre des élections seront arrêtés en fin de mois à l’issue des missions internationales d’évaluation qui de déroulent actuellement. L’UE devrait faire connaître le montant de sa contribution financière, sous réserve que soient levés les derniers obstacles politiques, notamment les questions liées à la mise en œuvre de la loi d’amnistie. Depuis le démarrage de l’opération délivrance de cartes identité nationale et de copies d’acte de naissance, en 2010, le ministère de l’Intérieur annonce que 2.360.000 électeurs auront pu être inscrits sur les listes. La présidente de la CENIT annonce que la liste électorale ne sera pas refondue mais seulement révisée.

La session parlementaire ordinaire s’est ouverte en l’absence de la mouvance Ravalomanana, qui a reçu instruction de se retirer temporairement de toutes les institutions de la Transition, jusqu’à ce que la Troïka de la SADC se prononce sur le mémorandum qu’elle lui a fait parvenir. Le Parlement aura notamment à examiner le projet de loi sur Comité pour le Fampihavanana malagasy (CFM), laborieusement élaboré par l’exécutif et sans la participation de la mouvance de l’ancien président.

La tentative de rassemblement de la mouvance Ravalomanana du 28 avril place de la Démocratie a provoqué des troubles au centre-ville, les manifestants ont été pourchassés mais aucun incident grave n’a été déploré. 3 manifestants ont été arrêtés puis relâchés. La présence sur les lieux de 2 représentants du bureau local de la SADC a suscité de vives réactions du pouvoir. A l’occasion de le Fête du travail, les partisans de la mouvance sont sortis de l’enceinte du Magro pour se rendre sur la place du 13-Mai, bravant une nouvelle fois les autorités. Les forces de l’ordre se sont montrées discrètes et la manifestation s’est déroulée dans le calme. Un nouveau meeting de la mouvance, le 12 mai, place de la Démocratie, n’a pu se tenir. Les lieux étaient fortement gardés par les forces de l’ordre. Les dirigeants ont invité la foule à se diriger vers le Magro de Behoririka. Des irréductibles ont, en chemin, décidé de s’attarder sur l’avenue de l’Indépendance, provoquant quelques incidents. La journée du 13 mai, 40ème anniversaire de la chute de la Ière République, a été relativement calme, les forces de l‘ordre se sont abstenues d’intervenir contre quelques « casseurs ». Les plus déterminés des opposants ont regretté que leurs leaders se soient esquivés durant ces 2 journées, ils se sentent trahis et l’ont fait bruyamment savoir.

L'escalade s’est poursuivie entre le régime et la mouvance Ravalomanana, avec la décision de ses représentants de ne plus siéger dans les institutions de la Transition. Le fonctionnement du gouvernement Beriziky s’en est trouvé affecté et le premier ministre leur a fait parvenir une lettre de rappel pour les mettre face à leurs responsabilités. Les relations auraient pu se détériorer un peu plus avec les tracasseries policières que la DST a imposé de nouveau à l’homme d’affaire américain John Ferry à son retour à Madagascar. Il est considéré comme proche de Marc Ravalomanana et de son fils Tojo qui négocie actuellement le redémarrage du groupe Tiko. L’ambassade des États-Unis s’est montrée très active pour obtenir sa remise en liberté. La mouvance, mise à mal par l’adoption de la loi d’amnistie, a multiplié les initiatives pour faire pression sur le régime et la SADC. Une mobilisation qui n’est pas étrangères à l’annonce d’une nouvelle visite de Marius Fransman, vice-ministre sud-africain chargé des Relations internationales et de la coopération.

L’opposition a annoncé la constitution d’un « front » composé des anciennes « Trois mouvances », du Mouvement des ecclésiastiques (HMF), du Monima de l’ancien PM de la Transition Monja Roindefo. Ils font le constat qu’« Andry Rajoelina, président de la Transition, constitue le blocage vers une résolution de la crise ». Des voix se font entendre à nouveau pour exiger que les prochaines élections soient organisées par une entité indépendante, ce qui impliquerait la démission d’Andry Rajoelina et la mise à l’écart de la mouvance Ravalomanana.

Le SEFAFI dénonce l’absence de volonté des acteurs politiques de sortir de la crise et de la Transition. L’organisation a mis sévèrement en cause les hommes politiques de tous bords lors de la présentation de son recueil de communiqués publiés au cours de l’année 2011, intitulé « L’ année de la honte ». Le FFKM indique pour sa part ne plus vouloir rester insensible à la conjoncture politique, il entend prendre ses responsabilités mais cette déclaration d’intention est jugée bien tardive : voici 2 mois que les Eglises s’interrogent sur le rôle qu’elles pourraient jouer dans le processus de sortie de crise…

L’appel de l’universitaire Raymond Ranjeva a recueilli 20.000 signatures. Son « mouvement de citoyens » se fixe pour objectif de mettre un terme à la situation dans laquelle se trouve le pays, et ce, dans le respect du droit international. Il est nécessaire selon lui de mettre en place une enquête internationale portant sur la matérialité des fais constitutifs de la crise afin d’éviter pour l’avenir la répétition d’actions de prise de pouvoir par la force. Le mouvement prône également la mise en place d’une transition neutre, composée de techniciens expérimentés.

La SADC, après une période d’attentisme que lui reproche les forces politiques, s’est déclarée « profondément préoccupée » par l’impasse actuelle et brandit la menace de sanction à l’encontre des leaders politiques qui ne jouent pas le jeu. Elle déplore une « cohabitation insuffisante » entre les parties prenantes et invite les acteurs à rectifier le tir. « Il reste d’importants défis politiques qui nécessitent une solution urgente avant que Madagascar n’organise des élections libres et équitables ». Le bureau local de la SADC a été renforcé pour préparer la venue prochaine de Marius Fransman. La mouvance Ravalomanana a adressé une lettre au chef du bureau de liaison de la SADC pour justifier son retrait temporaire des institutions, en attendant que des mesures concrètes soient prises pour, dit-elle, faire respecter « l’esprit et de la lettre de la feuille de route ». L’UE a également manifesté son inquiétude quant à la préparation du cadre électoral et à l’adoption de mesures d’apaisement. Elle se dit préoccupée par l’attitude de la mouvance Ravalomanana et la non-participation de la mouvance Zafy au processus de sortie de crise.

Les bombes artisanales ont refait leur apparition, visant une station de pompage de la Jirama, des véhicules de l’Institut Français de Madagascar et un grand magasin d’électronique. Un couple franco-mauricien a été enlevé et une rançon a dû être versée pour obtenir leur libération. Deux « ombiasy » [sorciers] auraient voulu intenter à la vie d’Andry Rajoelina, ce qui ne convainc guère la presse. Ils ont été interpellés, annonce le directeur de la DST, au domicile du ministre de la Pêche, membre de la mouvance Zafy, qui dénonce un coup monté. Le climat d’insécurité continue à préoccuper la population et les opérateurs du tourisme.

Le jugement de deux personnalités de la mouvance Ravalomanana, Manandafy Rakotonirina, du MFM, et Ihanta Randriamandrato, actuelle ministre de l’Elevage, a été reporté. Les deux prévenus, inculpés de « destruction des biens d’autrui et de rassemblement sans autorisation », ont refusé de comparaître. Le président du MFM est inculpé en outre d’usurpation de titre pour s‘être proclamé premier ministre des « légalistes » place de la Démocratie en 2009. Cette convocation est intervenue au lendemain de la rencontre entre la mouvance et le premier ministre à l’issue de laquelle celui-ci avait promis d’enclencher la procédure d’arrêt des poursuites judiciaires à connotation politique. Un courrier a été adressé en ce sens à la ministre de la Justice.

Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès, est convoqué devant la Cour criminelle le 18 mai.

Le procès de la mutinerie de la FIGN du 20 mai 2010 n’a pas apporté d’éclaircissements sur la supposée somme de 500 millions Ar qui est au cœur de l’affaire. le colonel Andrianjafy, accusé d’avoir été l’instigateur de la mutinerie, a écopé d’une peine de 6 ans de travaux forcés ainsi que de 5 années d’interdiction de sortie du territoire pour levée de troupe armée. Accusé initialement d’« incitation à la guerre civile », l’inculpation a été commuée en acte de « rébellion ».13 autres gendarmes mutins ont été condamnés à 5 années de travaux forcés et autant d’interdiction de sortie du territoire pour rébellion. Tous les civils inculpés ont bénéficié d’une relaxe, soit pure et simple, soit au bénéfice du doute.

Lalatiana Rakotondrazafy et Fidèle Razara Pierre, animateurs de la station radio Free FM, ont été placés en garde à vue le 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse. Ils ont été convoqués suite à la plainte déposée par Mamy Ravatomanga, président du groupe Sodiat, proche d’Andry Rajoelina, qui leur reproche de l’avoir mis en cause dans une émission quotidienne de la station. A leur remise en liberté, ils ont demandé le limogeage du ministre de la Communication, exigence appuyée par le syndicat des journalistes (SJM) dont Lalatiana Rakotondrazafy est secrétaire générale. Ils réclament la réouverture des stations radios et TV fermées par le régime de Transition comme par le régime Ravalomanana. Leur défense a déposé à son tour une plainte auprès du Bianco contre l’auteur de la requête. RSF est intervenu en faveur des animateurs. Les animateurs devront être convoqués à nouveau, suite à une plainte déposée par la PDG de la société Kraomita Malagasy pour « diffusion de fausses nouvelles et pour diffamation par voie de presse ». En outre, une procédure a été engagée pour faire expulser la station du terrain qu’elle occupe. Le 1er anniversaire de la station, le 13 mai, s’est déroulé sans incident. L’appel au limogeage du ministre ne fait pas l’unanimité dans le monde de la presse, plusieurs organes ont pris leur distance. Le SJM et Free FM annoncent l’organisation d’une manifestation devant la stèle de la liberté de presse dans le quartier de Soarano. Le ministre a saisi la Commission spéciale à la communication audiovisuelle (CSCA) qu’il préside. Il entend faire la démonstration que le SJM et Free FM sont désavoués par la majorité des organes de presse et des journalistes et il réaffirme que la liberté de la presse n’est pas menacée.

Le premier ministre a annoncé la mise en place d’une commission interministérielle chargée du contrôle et du suivi de toutes les actions relatives aux principes et respects des droits de l’homme. Elle aura pour objectifs de « démontrer la volonté ferme du gouvernement de respecter et faire respecter les principes des droits de l’homme ; de motiver le retour de Madagascar dans le concert des Nations ; ainsi que de trouver des solutions concrètes et pérennes aux problèmes liés aux droits humains à Madagascar (trafic humain, kidnapping, tourisme sexuel, droits des employés migrants…) ».

La crise politique semble virer progressivement en une crise sociale et économique profonde. Roland Ratsiraka, vice-président du CST, en rend responsable le pouvoir qui donne l’impression, par ses annonces et inaugurations, « qu’il a de l’argent ».

Le conflit des enseignants du primaire et du secondaire s’est durci. Le gouvernement affirme ne pas être en mesure de satisfaire des revendications jugées exorbitantes. Les grévistes ont été menacés de sanctions, ils ont déposée une plainte de réserve auprès du Conseil d'État. L’organisation des examens pourrait être compromise. Un groupe muni de grenades offensives a tenté de s’en prendre aux élèves manifestant au centre-ville de la capitale. Un ex-parlementaire du Congrès ainsi qu’un membre en fonction du CST seraient les principaux cerveaux de cet attentat avorté.

La rentrée universitaire demeure hypothétique, les enseignants-chercheurs vont achever en juin l’année universitaire 2010/2011 mais menacent de se remettre en grève si tous les engagement pris par le ministère ne sont pas respectés.

Le syndicat des paramédicaux et des médecins fonctionnaires, ainsi que le syndicat des magistrats menacent le pouvoir de déclencher à nouveau un mouvement de grève.

L’Union des Coopératives des Transporteurs Urbains (UCTU) de la capitale a lancé un mot d’ordre de grève qui a été annulé au dernier moment.

Les risques sanitaires et environnementaux liés au traitement des minerais par Sherritt ont mobilisé le collectif Tany. Le conseil des ministres a été contraint d’évoquer ce dossier. Les Amis de la terre interpellent l’Europe sur les risques environnementaux et sociaux de l’exploitation des terres rares si le modèle chinois n’est pas remis en cause.

30.000 exploitants illicites de saphir ont envahi le noyau dur d’une aire protégée à Ambatondrazaka, dénonce l'Alliance Voahary Gasy. Expulsés une première fois, ils sont revenus en force. La situation est devenue incontrôlable.

Les compagnies membres du groupe thaïlandais Panafrican mining (PAM) ont officialisé leur adhésion au processus EITI. Elle figureront dans le rapport de réconciliation 2012 mais aucune des compagnies chinoises ne s'est encore prononcée officiellement, parmi elles Wisco, titulaire du permis du gisement de fer de Soalala, ce qui risque de provoquer la radiation de Madagascar, un an après avoir été suspendu, le 24 octobre2011.

Suite à un vol de bois de rose saisis par les autorités, 14 personnes ont été auditionnées. Elles ont cité 3 suspects, mandatés pas des exploitants de bois précieux. Plus de 200 individus, soupçonnés d'avoir participé à ce vol, auraient déserté Antalaha, laissant sur place femmes et enfants.

Tojo Ravalomanana, fils de l’ancien président, annonce la reprise prochaine des activités du groupe Tiko qui occupait 3.000 salariés avant la chute du régime. Le redémarrage reste toutefois suspendu au règlement d’un contentieux fiscal avec le pouvoir. La justice a donné gain de cause aux Impôts, Tiko a interjeté appel.

Une enveloppe financière de 100 millions d’euros, faisant partie des 570 millions d’euros du 10ème FED, destinée à soutenir la population la plus vulnérable, sera débloquée à partir de juillet. Cet appui financier couvrira les secteurs de l’éducation, de la sécurité alimentaire, de la société civile, de la réhabilitation de pistes et d’infrastructures routières. Ce déblocage a été obtenu grâce au constat de mise en œuvre progressive de la feuille de route. Une reprise graduelle des financements de l’UE sera effectuée au-delà de ces 100 millions d’euros si l’UE constate une évolution satisfaisante du processus de sortie de crise d’ici la fin de l’année.

Les économistes universitaires déplorent la situation économique du pays. Ils proposent de prendre les rênes des ministères économiques. Ils mettent l'accent sur la chute considérable du PIB per capita, passé de 400 dollars en 1960 à moins de 250 dollars en 2011. Cette situation explique l'ampleur alarmante que prend le taux de pauvreté : 76,5% contre 68% en 2008. 82,2% de la population rurale vit avec 0,40 euros par jour, au-dessous du seuil de pauvreté. « L'imminence d'une crise sociale grave n'est pas à écarter », explique l’un des universitaires.

 planche dessins

SOMMAIRE

LA CRISE POLITIQUE

  • Mise en œuvre de la feuille de route : CENIT, amnistie, code de bonne conduite
  • Travaux parlementaires
  • Manifestations politiques
  • Controverses, prises de position
  • Menaces de déstabilisation
  • Médiation internationale
  • Diplomatie


DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Procès à connotation politique
  • Police, justice et syndicat des magistrats
  • Santé, Education, enfance, tourisme sexuel
  • Expatriés, esclavage moderne    
  • Médias, liberté d’expression    
  • Gouvernance, insécurité


ECONOMIE - SOCIAL - ENVIRONNEMENT

  • Conflits sociaux et revendications
  • Ressources minières et pétrolières
  • Trafics de bois précieux
  • Monde des affaires, relance du groupe Tiko
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Macroéconomie, divers

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Posté par jumami à 06:28 -


14 mai 2012

ARTICLES REMARQUES - MAI 2012

 

- 14 05 12 - Tribune - Edito - Patrick A. - 40 ans, âge de maturité théorique
Il y a quarante ans, les étudiants se levaient pour réclamer la démocratisation de l’enseignement et la fin de l’hégémonie de la langue française. Le 13 mai 1972, des milliers de manifestants se rendirent sur la grande place de l’Hôtel de ville de la capitale pour réclamer la libération d’étudiants arrêtés et envoyés au bagne. Une manifestation réprimée par les forces de l’ordre qui tirèrent sur la foule, faisant près de 40 morts et de nombreux blessés. Un événement charnière dans l’histoire de la Grande Ile puisqu’il conduisit à la fin de la première République. Des pouvoirs tomberont-ils encore sur la place du 13 mai ? Cela n’est pas impossible : motivés si nécessaire financièrement, quelques mécontents pour y venir est facile et peut rapporter gros.

- 12 05 12 - Newsmada - Lettre du chef de la mouvance Ravalomanana au chef du bureau de liaison de la SADC
Mamy Rakotoarivelo justifie le retrait temporaire des ministres et des parlementaires de la mouvance Ravalomanana de toutes les institutions de la Transition. "Nous ne sommes pas sûrs que la SADC réalise la gravité de la situation; que la situation socio-économique à Madagascar a atteint un stade critique et que la situation est en train de se détériorer d’une manière systématique", écrit-il.

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11  05 12 - Déclaration de la Troïka de la SADC
La Troïka se félicite des progrès accomplis depuis 8 mois pour amener Madagascar plus près de la normalité constitutionnelle mais elle déclare rester "profondément préoccupée" par les "importants défis politiques qui nécessitent une solution urgente avant que Madagascar ne puisse organiser des élections libres et équitables". Elle déplore qu'au cours des derniers mois la cohabitation ait été insuffisante entre les parties prenantes dans les institutions de la Transition. "Elle implore donc les chefs de file dans le pays de faire preuve du leadership politique nécessaire pour mettre fin à l'impasse actuelle et trouver une solution dans l'intérêt de la nation Malagasy. (...) Cela implique que les parties prenantes travaillent ensemble et agissent avec intégrité en tenant compte des intérêts de tous les Malgaches".

- 11 05 12 - Blog d'Alain Rajaonarivony, journaliste - Le "Fihavanana" ne suffira plus
Le crime paie ! C’est une conclusion évidente pour beaucoup de Malgaches. Tandis que la majeure partie de la population s’enfonce dans le désespoir et la misère, les nouveaux riches affichent insolemment leur réussite fulgurante. Les villas poussent comme des champignons et tout le monde connaît les bases de cette richesse voyante : trafics en tout genre, spoliation des terres des paysans, corruption, commissions occultes, détournements de fonds, meurtres, abus de pouvoir… De même, la cause première de tout cela est clairement définie : le coup d’état du 17 mars 2009... L'auteur annonce la lancement lancer du «Mouvement des Citoyens Patriotes Malagasy» qui se propose de reprendre le flanbeau du combat mené par Nadine Ramaroson, vicitme d'un accident dont les causes ne sont toujours pas élucidées.  

- 09 05 12 - Les Amis de la Terre - L'Europe cherche à sécuriser son accès aux "terres rares"
Madagascar est l'objet de nombreuses convoitises : projets de monocultures énergétiques pour agrocarburants, projets de sables bitumineux avec Total et maintenant, projets d'exploitation de "terres rares". Après avoir fait pression sur la Chine, qui a annoncé restreindre ces exportations de terres rares, l'Europe cherche à prendre le contrôle de nouvelles mines, notamment à Madagascar, pour y extraire ces minerais indispensables à la fabrication de produits high tech. Les Amis de la Terre dénoncent une nouvelle fois la stratégie européenne qui vise à sécuriser l'importation de matières premières bon marché malgré les impacts environnementaux et sociaux liés à leur exploitation. L'Europe devrait plutôt chercher à en réduire la consommation.

 <> doc 09 05 12 - Madagate - La loi d'amnistie pour la réconciliation nationale
Le texte de loi avait été voté mi-avril par le Parlement de la Transition, sans amendement.  A l’issue d’un désaccord sur l’article 5 portant sur les infractions non amnistiables. Les parlementaires de la mouvance Marc Ravalomanana n’ont pas participé au vote . La loi a été promulguée le 3 mai par le président de la Transition.

- 08 05 12 - L'Express - Humeur - Sylvain Ranjalahy - Mai...lédiction
Tout semble concourir à un recommencement de l'histoire. 40 ans après le 13 mai 1972, les évènements se précipitent et prennent exactement la même allure, toute proportion gardée et avec des motivations différentes. A la base se trouvent des mouvements estudiantins qui n'avaient rien de politique au départ mais qui avaient fini par abattre la première République. Au fur et à mesure que la date mythique du 13 mai approche, les divers foyers de tension gagnent en intensité. Les crises dans la crise semblent assez mal gérées et risquent de trouver un dénominateur commun pour devenir un vaste mouvement de contestation populaire.

- 07 05 12 - Le Figaro - Madagascar, nouvelle frontière pétrolière
Madagascar, le Mozambique ou l’Ouganda évoqués cette semaine dans une conférence internationale sur le pétrole, l’International Oil Summit. Impensable il y a peu. Et pourtant, ces pays figurent sur la nouvelle carte pétrolière du monde. L’Afrique de l’Est devient une nouvelle frontière de l’or noir. La crise politique a fait fuir des compagnies comme Exxon mais Total, Shell et deux compagnies indépendantes explorent le sous-sol malgache. Il existe 18 projets onshore (sur terre) et 8 offshore.

- 04 05 12 - Tribune - Edito - Ndimby A. - "Je te lèche, je te lâche, je te lynche"
Pour célébrer la Journée mondiale pour la liberté de la presse, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a cru bon de s’afficher avec Harry Rahajason (dit Rolly Mercia), ministre de la Communication, qui venait de faire placer en garde à vue deux animateurs de la radio Free FM. Ils ont été accusés de tout ce qu’on aurait pu également et légalement mettre sur le dos de la Radio-Viva, propriété d'Andry Rajoelina, depuis les évènements de janvier 2009, précédant sa prise de pouvoir. Les deux compères de Free FM ont fait leurs armes de journalistes subversifs dans « Anao ny fitenenana », une émission (aujourd’hui disparue) de la Radio Viva où ils officiaient en compagnie de celui qui est devenu le ministre de la Communication...  Amitiés à géométrie variable de la vie politique malgache. Amis aujourd’hui, adversaires demain, en attendant après-demain que des alliances contre nature se créent entre anciens ennemis pour attaquer un ennemi commun.

- 04 05 12 - L'Express - Dr Ratsivoson : "La culture de l'égalité exige une politique cohérente du travail"
Médecin de formation et inspecteur du travail, la consultante et formatrice en matière de législation sociale et de normes internationales du travail fait le point sur la situation de la discrimination, dont les femmes peuvent faire l’objet dans le milieu du travail à Madagascar.

- 03 05 12 - Appel urgent du Syndicat des Professionnels Diplômés en Travail Social (Spdns)
Le  Syndicat alerte ses partenaires sur la situation de Mme Soanjara Aimée Louisiane (26 ans) qui a quitté le Liban le 26 Avril 2012 après avoir travaillé dans ce pays depuis juillet 2009, en laissant à Madagascar sa petite fille de 5 ans. D’après les dires d’une compagne de voyage malgache qui se trouvait dans l’avion reliant le Liban au Caire, Mme Soanjara a manifesté des troubles mentaux. En arrivant à l’aéroport du Caire, elle a été accompagnée par la Police jusqu’à sa place dans l’avion du Caire à Johannesbourg. Au moment où les hôtesses ont fermé la porte de l’avion, cette jeune femme a sauté en laissant un petit sac où se trouvait son billet d’avion et depuis elle est introuvable. Le SPDTS lance un appel à toute personne qui pourrait l'aider dans ses recherches en Egypte.
04/05 : Le SPDTS annonce que la jeune fille a été retrouvée. Elle est hospitalisée en psychiatrie et souffre de tuberculose et de problèmes cardiaques. D'autes cas sont en cours de traitement, pour des personnes de retour qui se plaignent d'abus sexuels.

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  03 05  12 - Tribune - Collectif Tany - Pour une réparation des dégâts humains et environnementaux et pour une responsabilisation accrue de Sherritt Ambatovy
La société canadienne Sherritt International, désormais en « joint- venture » avec la société japonaise Sumitomo, la société sud-coréenne Kores et la société canadienne SNC Lavalin, ont signé un contrat avec le gouvernement malgache en 2006 pour l’extraction de cobalt et de nickel à Ambatovy. La construction des différentes infrastructures s’est achevée en 2011 : des mines d’extraction à ciel ouvert du côté d’Ambatovy - Moramanga, un pipeline de 220 km qui emmènera le minerai sous forme de « pulpe » vers l’usine de traitement de Tanandava à 10 km de Toamasina - une fonderie hydro-métallurgique utilisant des produits contenant du soufre, dont certains sont toxiques - avant l’embarquement du cobalt, du nickel et du sulfate d’ammonium au port. Les résidus seront conservés à perpétuité près de l’usine de traitement. Les apports du projet ont été très médiatisés mais les dégâts sur l’environnement, sur la santé et sur la vie des populations liés à la phase de construction n’ont été connus du grand public que lorsque les essais en vue de la production ont occasionné des fuites de dioxyde de soufre au moins à 4 reprises, entraînant le décès de 2 adultes et de 2 bébés et rendant malades une cinquantaine de personnes entre le 26 février et le 13 mars 2012. 
Le sujet a été mis à l'ordre du jour du conseil des ministres du 2 mai. Andry Rajoelina a fait part de ses interrogations : " suite aux impacts et incidents rencontrés et constatés dernièrement, (...) disposons-nous réellement de la compétence nécessaire pour approuver la conformité de la mise en service de cette usine ? Concrètement, quels sont les résultats obtenus suite à l'analyse des impacts et des incidents cités supra ? Quels sont les avis des Experts ? Les éléments de réponse et d'analyse (...) seront ainsi à apporter au prochain conseil des ministres pour débats avant toute décision de délivrance d'autorisation définitive".

- 03 05 12 - Les Nouvelles - Conjoncture : l'ambiance politique est délétère
La vie nationale de ces dernières semaines a été marquée par une succession d’événements qui, pour de nombreux observateurs, constituent des signes annonciateurs d’une détérioration de la situation globale du pays. Rien ne va plus sur sur la Grande Ile, où règne une ambiance plus ou moins délétère.


- 02 05 12 - Madagate - Plainte déposée au pénal contre Marc Ravalomanana en Afrique du Sud - Communiqué
L’avocat sud-africain Erleigh, représentant les victimes de la fusillade du 7 février 2009 devant le palais présidentiel, a déposé le 27 avril une plainte pénale contre l’ancien président Marc Ravalomanana auprès du directeur national du ministère public en Afrique du Sud. 7 plaignants, soutenus par l’Association des martyrs de la place Antaninarenina, demandent qu’une enquête, mettant en cause l’ancien président de Madagascar Marc Ravalomanana, soit faite, relative aux allégations faisant état des massacres constituant un crime contre l’humanité.
Le site propose un lien vers le texte intégral de la plainte, en anglais (34 p.)
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 <> articles particulièrement signalés - <>doc documents à valeur permanente

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Posté par jumami à 06:31 -
11 mai 2012

PRESSE & MEDIAS - Nos sources, liens

11 05 12 - Les sources des revues de presse

Voici les liens vers les médias utilisés pour notre revue de presse. Nous vous les communiquons, avec notre perception, qui n'engage que son auteur. Nous signalons, en fin de liste, des sites de radio et de télévision en ligne. Le paysage des médias francophones est mouvant. L’intérêt porté à une source à un moment donné est donc susceptible d’évoluer !

 

Posté par justmad à 11:00 -
Tags :
30 avril 2012

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2012

LES POINT FORTS DU MOIS

La CENIT revendique le droit de déterminer la nature et le calendrier des élections, en étroite concertation avec les experts électoraux des Nations Unies dont la mission à Madagascar a débuté en fin de mois. Ceux-ci ont renoncé à fixer comme préalable à leur venue l’achèvement de la mise en place de tous les démembrement de la CENIT, estimant que l’opération engagée demandera encore un délai important. Le calendrier des scrutins sera entériné en assemblée générale de la CENIT, au sein de laquelle sont représentés les partis politiques signataires de le feuille de route et les membres de la société civile. La priorité affichée porte sur « l’amélioration » de la liste électorale, afin de pouvoir organiser au moins une élection en 2012, un objectif que beaucoup jugent peu réaliste. Le rapporteur général de la CENIT déclare : « Techniquement, les élections sont toujours faisables pour cette année. Le problème ne réside pas dans sa faisabilité, mais plutôt sur sa crédibilité ».Certaines observateurs considèrent que la tenue d’une élection cette année serait susceptible de générer une autre crise. Des voix se font entendre pour que la recensement de population,  reporté depuis plusieurs années pour des raisons budgétaires, soit organisé avant toute refonte de la liste électorale. Certains exigent de même que le projet de carte d'identité biométrique, annoncée en octobre 2009, voit enfin le jour. Il est lui aussi en stand by en raison de son coût. Pour les Nations Unies, il ne peut y avoir d’élections sans conditions politiques favorables. Une équipe d’émissaires de l’OIF a également fait le déplacement pour évaluer les préparatifs de la tenue des élections. Elle a affirmé que sa mission est complémentaire avec celle des experts des Nations Unies mais d'aucuns en doutent, croyant déceler une concurrence sournoise entre la communauté internationale et l’OIF. Le bureau de liaison de la SADC s’est d’ailleurs déclaré préoccupé par cette visite fortuite, en même temps que celle de l’ONU, avec des mandats similaires.

Le débat se prolonge sur le fait de savoir s’il faut opter pour l’organisation du scrutin présidentiel avant les législatives. Le consensus n’a pas été trouvé au sein même de la coalition au pouvoir. Andry Rajoelina ne fait plus mystère de ses ambitions politiques. S’il ne se déclare pas encore officiellement candidat aux présidentielles, il annonce qu’il est prêt à se plier à l’ordre des élections à venir et que ces échéances ne suscitent pour lui aucune inquiétude.

Le projet de loi d’amnistie conçu par le ministère de la Justice après concertation entre experts malgaches et de la SADC, a été adopté en conseil des ministres et transmis au Parlement, qui y a consacré sa 4ème session extraordinaire, dans un climat tendu. Le difficile consensus trouvé par le gouvernement a été mis à rude épreuve par les parlementaires qui se sont livrés à une guerre d’usure. Au cœur de la controverse, la notion de violation grave des droits de l'homme. Le pouvoir a fait pression pour que le texte soit adopté en bloc, sans amendement. La difficulté à résoudre le cas de Marc Ravalomanana et à décider de son avenir politique a pesé sur les débats. La mouvance a boycotté les séances de commission et menacé de quitter les institutions de la Transition. Elle en a appelé à l’arbitrage de la SADC. L’adoption d’une loi d’amnistie par des assemblées non élues a fait une nouvelle fois débat (certains parlementaires ayant eux-mêmes de comptes à rendre à la justice),de même que la période couverte par l’amnistie, la nature des infractions amnistiées ainsi que la compétence et l’indépendance du tribunal qui a condamné Marc Ravalomanana. Pour certaines formations, l’éthique politique exigerait que les 3 anciens présidents et le président actuel de la Transition soient exclus des prochains rendez-vous électoraux.

La ministre de la Justice indique que la liste des bénéficiaires de l'amnistie sera arrêtée par une commission spéciale auprès de la Cour suprême. Les personnes qui n’y figureraient pas pourront opter pour une amnistie sur requête, dont l’examen relèvera du Comité pour le Fampihavanana malagasy (CFM). Mais quelle sera la composition de cette commission spéciale, qui désignera ses membres et comment fonctionnera-t-elle ? La question soulève des inquiétudes. A l’issue d’un désaccord sur l’article 5 portant sur les infractions non amnistiables, les 71 parlementaires de la mouvance Marc Ravalomanana ont quitté l’hémicycle du Congrès et n’ont pas participé au vote final de la loi d'amnistie. Le projet a été adopté par les 2 chambres à la quasi-unanimité. S’il faut en croire la ministre de la Justice, la loi d’amnistie est impersonnelle, contrairement à ce que laisse entendre la mouvance Ravalomanana. À première vue, le président en exil ne peut bénéficier de cette loi de plein droit, ayant été condamné pour le carnage du 7 février 2009. S’il le souhaite, il pourra déposer une demande auprès de la commission de la Cour suprême en charge de l’octroi de l’amnistie sur requête.

La SADC indique que ses experts juridiques ont été chargés de procéder à l'examen de la loi d'amnistie votée par le Parlement « en vue de déterminer sa conformité avec les recommandations présentées aux autorités malgaches de la Transition, conformément aux normes et standards internationaux ».

Un code d’éthique et de bonne conduite politique a été adopté par le Parlement, sans la participation de la mouvance Ravalomanana. L’Escopol n’est pas parvenu à faire adopter son amendement en faveur de l'inéligibilité temporaire de certaines personnalités concernées par des infractions spécifiques.

Les observateurs estiment que les alliés d'Andry Rajoelina ont ainsi enregistré au Parlement une importante victoire, plaçant la mouvance Ravalomanana dans une situation inconfortable. Mamy Rakotoarivelo, chef de délégation, a déclaré : « Nous allons demander leur avis [aux membres de la Troïka de la SADC] sur les articles 16, 17,18 et 20 de la feuille de route, en particulier sur l’article 20. Si jamais la Troïka ne prend pas ses responsabilités quant au retour au pays de Marc Ravalomanana, nous allons prendre en main la situation pour qu’il puisse revenir à Madagascar ». La SADC semble préoccupée par une éventuelle décision de la mouvance de quitter le processus. Le GTT International basé à Genève demande la démission collective de la mouvance Ravalomanana de toutes les institutions de la Transition.

Le gouvernement n’est pas parvenu à trouver un consensus sur les mesures d'apaisement. La mouvance Ravalomanana réclame toujours l'examen de l'application des articles 16, 17, 18 et 20 de la feuille de route concernant, entre autres, l'arrêt des poursuites judiciaires à connotation politique, l'amnistie et le retour « sans condition » des exilés politiques, ce dont se refuse la majorité pro-Rajoelina. Les signataires de la feuille de route ont entamé de laborieuses discussions. Certains des participants, pessimistes quant à leur issue, évoquent la nécessité de faire appel à l’arbitrage de la SADC, dont la visite est attendue pour évaluer l’évolution de la situation. L’élaboration du projet de loi sur la création du Comité pour le Fampihavanana malagasy (CFM) connaît elle aussi d’importantes difficultés. L'enjeu est important dans la mesure où le CFM aura entre autres pour mission de traiter l'amnistie sur requête. Le texte devrait normalement être présenté au Parlement lors de sa session ordinaire qui s’ouvre le 1er mai.

Le fonctionnement de l’équipe gouvernementale a été fortement mis à mal par le limogeage du ministre de l’Environnement et des forêts, Joseph Randriamiharisoa et par les mouvements sociaux qui se multiplient et se prolongent. Les relations entre le numéro Un de la Transition et le chef du gouvernement se sont encore détériorées. La mouvance Ravalomanana tente de former une coalition au sein du gouvernement pour faire face aux alliés d’Andry Rajoelina. Les ministres issus des mouvances Ravalomanana et Zafy, ainsi que ceux issus du Monima, ont amorcé un rapprochement. L'exécutif n'arrive plus à cacher ses mésententes. Le président de la Transition admet que les tensions sont vives au sein de l’exécutif et qu’il importe de tout mettre en œuvre pour mettre un terme le plus rapidement possible à la Transition.

Le FFKM n’a pas décidé des suites qu’il compte donner aux sollicitations de certains acteurs en faveur de sa contribution à la sortie de crise. Des contacts ont été pris avec la CNOSC, qui ne semble pas avoir abandonné le projet d’une médiation conduite par ses soins. La classe politique est divisée sur le rôle que pourrait jouer la confédération des Eglises, d’où la prudence de sa démarche La mouvance Zafy priorise toujours une voie alternative à la sortie de crise qui passerait par un processus de réconciliation nationale avec le concours de la société civile. Suite au procès BANI à l’issue duquel il a été blanchi, Raymond Ranjeva est sorti de son silence et a réaffirmé son pessimisme sur le processus de sortie de crise.

La mouvance Ravalomanana a annoncé son intention d’organiser une manifestation à Ambohijatovo, sur la place de la Démocratie le 28 avril. Une initiative de ses parlementaires, destinée, selon eux, à présenter au public un rapport sur l’état d’avancement du processus transitoire et sur le rôle qu’ils y jouent. Ils ont décidé de ne pas déposer de demande  d’autorisation, avançant qu’« il est du droit des parlementaires de faire leur rapport au peuple ». Des acteurs politiques signataires de la feuille de route ont confié que la mouvance les a invités à les rejoindre, au même titre que les responsables de la SADC. Une nouvelle fois, la manifestation n’a pas pu se tenir. Plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées. La foule, qui patientait depuis des heures, a crié sa colère contre le régime d'Andry Rajoelina et la France, accusée de le soutenir. Les forces de l’ordre, pré-positionnées, ont dispersé le rassemblement. Les manifestants ont été pourchassés à l’aide de grenades lacrymogènes. Deux représentants du bureau de liaison de la SADC se sont rendus sur place pour s’enquérir de la situation, provoquant une sévère protestation des ministres des Affaires étrangères et de la Communication. Le pouvoir a décrété le lundi 30 avril jour chômé et payé. Une décision interprétée comme une tentative visant à faire baisser la tension.

30 avril chôméLa Gazette 28/04

 

Selon la presse sud-africaine, Marc Ravalomanana pourrait être poursuivi en Afrique du Sud pour sa responsabilité supposée dans le massacre du 7 février 2009.

L’affaire FIGN sera jugée du 2 au 4 mai. Des gendarmes et des civils concernés par cet affrontement entre militaires qui s’est soldé par 3 morts et 15 blessés le 20 mai 2010, seront au banc des accusés. Le procès, prévu le 22 mars, avait été reporté.

Le syndicat des magistrats (SMM) a mis fin à 3 mois de grève sans que ses revendications ne soient satisfaites. Il est repassé à l’offensive en fin de mois pour exiger des autorités la mise en œuvre des résolutions adoptées lors de ses assises de la justice. Le syndicat déplore également que l’enquête sur l’affaire du meurtre d'un magistrat de Toliara par des policiers n’ait pas progressée, provoquant la réaction du ministre de la Sécurité intérieure.

Le syndicat des enseignants-chercheurs n’a pas encore arrêté la date de la rentrée universitaire : ses revendications ont été partiellement satisfaites mais il se montre vigilant sur leur concrétisation.

Le syndicat des enseignants éducateurs reste mobilisé. Le mouvement, né il y a 2 mois, a pris de l’ampleur. Omer Beriziky déclare avoir pris le dossiers en main, après que le ministre de l’Education nationale ait fait part de son impuissance à régler un conflit comportant une lourde incidence financière. Andry Rajoelina a mis les membres du gouvernement devant leurs responsabilités dans la gestion des conflits sociaux, laissant transparaitre une nouvelle fois les tensions qui minent l’exécutif.

Le syndicat des agents forestiers et de l'administration forestière est parvenu à engager le dialogue avec les responsables du ministère de l'Environnement et de la forêt mais les grévistes n’ont fait que suspendre leur mouvement, dans l’attente de la signature d’un accord écrit. Le syndicat met directement en cause la gouvernance de Joseph Randriamiarisoa, ministre de l’Environnement et des forêts. Des partenaires techniques et financiers demandent à l'exécutif le départ du ministre, mis en cause sur sa manière de gérer le dossier bois de rose. Le ministre, représentant de la mouvance Zafy, prompte à dénoncer les malversations du régime de Transition, est suspecté de détournements et de corruption. Le ministre a fini par être limogé.

limogeage midi 18 04

Midi 18/04


« C’était prévisible », affirme-t-il,
se considérant comme le grain de sable qui empêche « la machine à sous du bois de rose » de tourner. « Des personnes très puissantes à Ambohitsorohitra ont compris qu'il était temps que je sois écarté », a-t-il déclaré, allant jusqu’à citer des noms d’opérateurs proches du pouvoir. Zafy Albert réclame la démission d’Andry Rajoelina. Le premier ministre assure l’intérim du ministère et annonce un état des lieux avant toute passation et nomination d’un successeur. Mamy Ravatomanga, PDG du groupe Sodiat, richissime homme d’affaires proche du pouvoir, attaque en justice le Dr Randriamiarisoa qui l’avait mis en cause. Les conseils de l’opérateur ont également assigné dans cette même plainte les médias qui se sont fait l’écho de ces allégations proférées publiquement. Des animateurs de la radio Free FM, ex-proches du président de la Transition et de sa radio Viva, se sont livrés à des « Ampamoaka » (déballages) qui mettent directement en cause Andry Rajoelina dans les « affaires » qui font la Une de l’actualité depuis quelques mois. Ils ont été convoqués à la gendarmerie, l’enquête les concernant débutera le 2 mai.

3.000 rondins de bois de rose ont été saisis dans la région Sava. Les opérateurs illicites ont cherché à s'y opposer, créant un fort climat de tension.

La ruée sur les ressources minières de la Grande Ile continuent d’accaparer l’actualité. En débat ce mois-ci, l’affaire Mainland, des incidents à répétition à l’usine Sherritt d’Ambatovy, avec des craintes pour la santé des populations, la gestion chaotique de la filière aurifère, le projet de Wisco de construire un port en eaux profondes dans une réserve naturelle, les visées d’une société française sur un important gisement de terres rares, le refus de sociétés asiatiques de collaborer à l’initiative EITI, l’attribution de permis d’exploitation miniers par le pouvoir de Transition que la feuille de route assigne à ne gérer que les affaires courantes.

La mise en œuvre du « plan de sécurisation nationale » a permis de réaliser de nombreuses arrestations de malfaiteurs depuis fin mars mais le climat d’insécurité reste très prégnant. L'un des plus hauts gradés des forces armées, le général Claude Ramananarivo, son épouse ainsi que sa fille ont été torturés et assassinés. Les mobiles de ce triple assassinat restent mystérieux. Midi affirme que pour la famille, « ce triple meurtre est lié à un coup politique ». Le général aurait tenu à maintes reprises des propos critiques à l’égard du régime. Ce haut gradé est l’un des 5 généraux du directoire militaire auquel Marc Ravalomanana avait remis le pouvoir en mars 2009. Une tentative de mutinerie dans un camp militaire a échoué : les mutins avaient pour objectif de s'emparer du magasin d'armes. La communauté française se sent menacée après l’assassinat de deux ressortissants français à Toliara. La mouvance Zafy dénonce l’« impunité qui règne » et les opérateurs touristiques se déclarent préoccupés par la situation et de la mauvaise image qu'elle donne de la Grande Ile.

 Les conditions d’acquisition par Air Madagascar de 2 Airbus A340 d’occasion, cédés par Air France, en location-vente, ont donné lieu à de vives polémiques. Un choix que certains observateurs estiment révélateur des préférences du régime sur le plan diplomatique. Depuis son retour très médiatisé à Madagascar, avec à son bord le président de la Transition, le 1er appareil a rencontré à deux reprises des problèmes qui n’ont fait que relancer la controverse.

occase Midi 21 04

Midi 21/04

 

LA CRISE POLITIQUE

  • Mise en œuvre de la feuille de route : CENIT, amnistie, code de bonne conduite
  • Controverses, initiatives et prises de position, tentatives de relance de la médiation nationale
  • Médiation internationale
  • Divers


DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Procès à connotation politique
  • Le conflit opposant la police, la justice et le syndicat des magistrats
  • Santé, Education
  • Médias, liberté d’expression
  • Gouvernance, insécurité


ECONOMIE - SOCIAL - ENVIRONNEMENT

  • Conflits sociaux et revendications
  • Ressources minières
  • Trafics de bois précieux - Limogeage du ministre de l’environnement et des forêts
  • Monde des affaires
  • Coopération, bailleurs de fonds, diplomatie
  • Divers

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Posté par jumami à 06:15 -
23 avril 2012

ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2012

- 22 04 12 - Irinnews - Madagascar : petits pas vers la réforme foncière
Un vaste programme d'enregistrement des terres a été engagé en 2007 afin de reconnaître les droits fonciers des paysans et de décentraliser la gestion . Toutefois les autorités locales avaient fort peu progressé avant que n'éclate la crise de 2009. Madagascar avait été le premier pays a recevoir une subvention de 110 millions de dollars de la Millenium Challenge Corporation (MCC), l’agence d’aide bilatérale à l’étranger, établie en 2005 par George W. Bush. Le Projet foncier [de la MCC] avait pour ’objectif d'aider la population rurale à passer d’une agriculture de subsistance à une économie de marché et venait en complément du Programme National Foncier (PNF). La prise du pouvoir d'Andry Rajoelina a interrompu le programme. Des ONG tentent de relever le défi mais de gros investisseurs étrangers n'ont pas abandonné leurs tentatives d'acquérir des terres à Madagascar.

- 21 04 12 - Les Nouvelles - Courrier : Eva Joly n'a jamais travaillé pour Ravalomanana
Une déclaration transmise au quotidien par le porte-parole de la candidate Eva Joly au premier tour de l’élection présidentielle française apporte des précisions concernant la mission que celle-ci avait menée à l’époque dans le pays. En tant que conseillère au sein de l’agence norvégienne pour le développement (Norad) elle a contribué à corriger plusieurs abus au sein du système judiciaire malgache. Elle affirme notamment avoir contribué à obtenir la libération de quelques 3000 prisonniers, jusque-là abusivement détenus, sans limitation de durée et certains depuis plus de10 ans, grâce à une modification des règles de la détention provisoire et à une grâce présidentielle. Sa mission première était d’accompagner la lutte contre la corruption, en toute indépendnace vis à vis du pouvoir en place. La candidate insiste sur la nécessité, comme le rappelait Amnesty International, de ne pas négliger la question des droits humains dans le processus de sortie de crise.

- 19 04 12 - Tribune - Edito - Patrick A. - Aux petits soins
Il y aurait de quoi se décourager de la feuille de route. Les avancées politiques y apparaissent rares et peu évidentes, et les reculades ne peuvent pas vraiment être qualifiées d’exceptionnelles. L’on serait facilement tenté de ne retenir du processus actuel que les rodomontades, les mises en garde contre la presse, les lourds soupçons de prévarications et trafics ainsi que les prises de bec débouchant parfois sur des limogeages. Ou bien encore l’évolution inquiétante de l’insécurité. L’on ne saurait nier de tels constats. Mais reflètent-ils pour autant fidèlement toute la réalité ? Après tout, celle-ci pourrait ressembler à un verre que l’on peut considérer comme à moitié vide ou à moitié plein.

<>  17 04 12 - L'Express - Honoré Rakotomanana :" Il n'y a pas eu génocide à Madagascar"
L’ancien procureur adjoint au Tribunal international pénal pour le Rwanda, professeur de droit pénal, de droit pénal international et de procédure pénale, également ancien président de la Haute cour constitutionnelle (HCC), jette un regard critique sur la loi d’amnistie qui vient d’être adoptée au Parlement de la Transition.

- 13 04 12 - L'Express - Edito - Humeur - Sylvain Ranjalahy - Evasion pascale
Comme il fallait s'y attendre, la loi d'amnistie adoptée par le conseil des ministres a été ratifiée à la quasi unanimité par le Congrès, en l'absence des 71 parlementaires de la mouvance Ravalomanana qui ont boycotté le scrutin. Ainsi, seules les atteintes aux droits de l'homme, en particulier, les crimes de sang ne sont pas amnistiables. Tous les autres crimes et délits commis ou à commettre sont permis, du moins durant cette Transition... Avis donc aux amateurs, il faut profiter de cette période de grâce exceptionnelle !

- 13 04 12 - Controverses sur l'acquisition de deux Airbus d'occasion en location-vente par Air Madagascar
Le premier des deux Airbus qui vont intégrer la flotte d’Air Madagascar va donc atterrir à Ivato. Cela va clore le feuilleton à rebondissements émaillé de fuites, de demi-aveux, de démentis et de révélations au sujet de cette opération. L'éditorialiste Ndimby A. de Tribune estime que les conditions d'acqusition de ces appareils demeurent opaques. Le Courrier insiste pour sa part sur le choix judicieux qui a été fait. Grâce à l’arrivée de ces nouveaux avions, la compagnie nationale va pouvoir effectuer des vols suivant les normes internationales et espère que les différentes sanctions qui frappent Air Madagascar seront levées d’ici peu. Ma-Laza s'intéresse pour sa part au destin des présidents malgaches, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, toujours lié à des avions mais dont le choix du constructeur reflète des orientations politico-diplomatiques différentes.

- 13 04 12 - La Gazette -  La Transition - Le seul point de consensus : l'exaspération face à l'insécurité
Marc Ravalomanana mérite t-il une amnistie ? Les débats restent houleux sur la question. Tous les chefs de mouvances pourront-ils se présenter à la prochaine élection présidentielle ou au contraire, doivent-ils y renoncer ? Ce dilemme est impossible à trancher pour le moment. Les élections présidentielles et législatives auront-elles lieu cette année ? Rien n’est sûr en raison du retard pris. Si ces questions insolubles divisent les politiciens, la seule problématique autour de laquelle il existe un consensus collectif, est celle de l’insécurité. L’exaspération populaire est à son comble.Le régime doit prendre sérieusement à bras le corps la question de l’insécurité s’il ne veut pas s’effondrer de manière prématurée.

 - 11 04 12 - Tribune - Projet de loi Code d'éthique et de bonne conduite politique pendant la Transition
Le code d’éthique et de bonne conduite politique présenté par le gouvernement  a été adopté au CST au cours de la 4ème session extraordianire du Parlement. Quelques amendements ont été apportésà certains articles, dont celui qui a trait aux engagements des acteurs politiques par rapport à l’indépendance de la justice et à la neutralité de l’administration. Le projet a été adopté à l’unanimité des 76 votants contre 2 abstentions. L’Escopol n’est pas parvenu à faire adopter son amendement en faveur de l'inéligibilité temporaire de certaines personnalités concernées par des infractions spécifiques. La formation avait suggéré l’inéligibilité temporaire des personnalités concernées par des détournements de fonds, au même titre que celles qui ont été empêchées, démises de leur fonction, impliquées dans un coup d’Etat ou amnistiées.

- 11 04 12 - Tribune - Edito - Patrick A. - Mali et Malagasy
Au Mali, le dénouement accéléré de la crise institutionnelle prouve s’il en était besoin que les mécanismes régionaux africains ne sont pas fatalement impuissants. On pourrait être amer en comparant l’efficacité de l’action de la CEDEAO au Mali et celle de la SADC à Madagascar. Cette dernière n’a jamais réussi à faire l’unanimité autour d’elle, et les communiqués qu’elle publie semblent être condamnés à rappeler la méthode du Dr Coué lorsqu’ils soulignent inlassablement les efforts et les « progrès » accomplis.

- 07 04 12 - Kontinente - Das missio Magazin 12012 - Beatrix Gramlich - Terres volées (traduction française)
Quand des étrangers arrivent dans un des villages de la montagne, c’est toujours un évènement. Les habitants d’Antanambao ont invité les nouveaux arrivants dans leur maison d'hôtes. Les visiteurs en provenance de Moramanga se sont assis sur un banc en bois branlant, quant aux hommes du village, pieds nus, en sueur, dans des vêtements en lambeaux, ils se sont assis par terre. Ils ont appris qu’il va être question d’Ambatovy (Ilménite exploitée par la société Sherritt). Ils sont furieux et craignent de devoir partir un jour de leurs villages. Ambatovy a changé leur vie. Mais quelles alternatives ont-ils ? Témoignages de communautés locales dont les champs sont traversés par les 220 kms du pipeline d’Ambatovy vers Toamasina. Les conséquences sur les terres et sur la vie des populations à plusieurs niveaux sont dramatiques. Le document est diffusé par le collectif Tany qui dénonce par ailleurs dans un communiqué les incidents à répétition qui se sont produits à l’usine Sherritt en février et en mars, incidents qui ont provoqué des morts et qui interpellent sur la qualité des études d'impact environnemental et social des projets miniers.

- 06 04 12 - Tribune - Edito - Patrick A - L’éthique, une simple étiquette ? ou « comment s’en laver les mains »
Il n’y a pas que le projet de loi d’amnistie au menu de l’actuelle session parlementaire. Figure également à l’ordre du jour un projet de loi portant « Code d’éthique et de bonne conduite politique ». Curieuse idée quand même que celle de s’atteler à la rédaction d’un tel texte. Voilà donc où nous en sommes : l’on en est à estimer qu’il faut une loi rien que pour dire aux politiciens qu’ils ont à respecter la loi... Pléonasme, quand tu nous tiens !

<> 05 04 12 - ONI - Dossier bois de rose - Pour une intégrité efficace de la gouvernance forestière
Depuis ces décennies d’années de programme environnemental, quel bilan faire de la gestion de nos ressources forestières ? Nous craignons qu’il n’y ait malheureusement plus de régression que d’avancées. Parfois qualité de «Huitième Continent » en raison de la diversité de sa  flore et de sa faune, avec des espèces uniques à l’île, Madagascar connaît actuellement une profonde crise de gouvernance. En témoigne la recrudescence hémorragique  des pillages de nos forêts. Viennent illustrer les maux qui minent le secteur forestier la quasi-absence du sens d’éthique et d’intégrité au niveau des différents services étatiques, la corruption de haut niveau, l’absence d’une vision à long terme sur l’utilisation de nos ressources forestières, et la liste n’est pas exhaustive.  Point de vue de l’Observatoire Nationale de l'Intégrité (ONI).

<>  05 04 12 - Club Développement et Ethique - Les enjeux du secteur minier - Rapport du 30/03/12
Madagascar est au centre d’intérêt géopolitique et géostratégique, le secteur minier est un  enjeu essentiel du fait de la diversité de minerais prouvés. Il est logique que Madagascar diversifie la nationalité de ses partenaires pour éviter un tête-à-tête malsain. La délivrance d’un Permis minier de Recherche (PR) et d’Exploitation (PE) engageant l’État sur le long terme n’est pas du pouvoir du régime de transition reconnue ou non. Au regard des intérêts de Madagascar, les contrats miniers en cours peuvent être considérés de léonins. L’État doit avoir une vision globale de développement intégrant le secteur minier, en cohérence avec les politiques d’infrastructure, énergétique, socio-éducative et la maitrise du transfert de technologie et du savoir dual. Il faut éviter que demain Madagascar soit un gruyère dans un îlot de désolation et de pauvreté et tout faire pour gagner le pari de la croissance partagée et du développement durable.

<>  05 04 12 - FASTI - Kwado 02/12 - Accaparement des terres, manifestation du colonalisme libéral
Bulletin de réflexion et d’information de la Commission Nord/Sud de la FASTI. "L’accaparement des terres,ordonné par les pouvoirs politiques et économiques des pays « riches », s’inscrit dans un système plus global de domination oligarchique. Les gouvernements s’allient aux grands groupes financiers pour imposer une colonisation foncière, économique et humaine aux conséquences désastreuses. L’attachement des populations locales à leurs terres est totalement nié. Pire, l’exode rural forcé provoque une paupérisation des populations (chômage, disparition des savoirs traditionnels, passage de l’autosuffisance à la dépendance agricole etc.) L’accaparement des terres vise à exporter le modèle capitaliste de production. Bien que négligés, les impacts écologiques sont considérables. La FASTI dénonce ce schéma d’exploitation et de domination colonialiste. Madagascar figure actuellement en première ligne des pays africains ciblés par des investissements opaques sur de vastes surfaces arables" - cf  p 8  à 10.

- 03 04 12 - Loi d'amnistie - Recommandations du GTT International - Genève
L’organisation, acquise à la cause de Marc Ravalomanana et  basée à Genève, rappelle que l’amnistie doit être doit être conçue comme étant une des mesures d’apaisement prévues par l’article 16 de le feuille de route, qui exige notamment la libération de tous les prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites judiciaires. L’amnistie doit être relative à deux événements : 2002 et 2009 (et non une période) et ne doit concerner que les prisonniers d’opinion. Elle ne doit pas servir de moyen pour légaliser les multiples violations des droits humains, les pillages organisés du patrimoine national ou des biens privés et les assassinats. « Le Président Ravalomanana n’est nullement concerné par une quelconque amnistie pour la simple raison qu’il n’est coupable de rien ». Le régime n’avait ni la compétence ni la légitimité pour juger le président élu pour les évènements du 7 février 2009. Le GTT s’interroge également sur le sort des personnes emprisonnées après décembre 2009. Le projet de loi ne vise, selon lui, qu’à empêcher le président de revenir au pays et surtout de se présenter aux élections présidentielles, et tenter d’effacer les crimes perpétrés par la HAT les 26 janvier et 7 février 2009.

- 01 04 12 - Le Monde Laure Stephen - Rêves et calvaire d'une bonne au Liban
Le quotidien français Le Monde consacre  sa "Lettre du Proche Orient" à la situation des employées de maison étrangères, dont le recrutement s'est développé et qui seraient actuellement au nombre de 200.000. Elles viennent d'Ethiopie, du Sri Lanka, des Philippines, du Népal et de Madagascar. Human Rights Watch (HRW) a  recueilli des témoignages accablants des pratiques de certains employeurs et de consulats des pays dont relèvent les ressortissants étrangers. Le centre d'aide aux migrants de Caritas Liban (CMCL) est très sollicité. Un collectif d'associations, parmi lesquelles HRW, s'est mobilisé pour le respect des droits de ces employées.
Voir le rapport de Human Rights Watch du 23/03/12 :  HRW - Liban - Les mauvais traitements infligés aux travailleuses domestiques doivent cesser.

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 <> articles particulièrement signalés - <>doc documents à valeur permanente

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Posté par jumami à 06:02 -