JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

30 avril 2016

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2016

L’annonce d’un remaniement gouvernemental a fini par se concrétiser. Le chef de l’Etat a laissé plané le doute jusqu’au dernier moment. Le premier ministre Ravelonarivo, qui se trouvait en posture difficile depuis plusieurs semaines, n’a eu de cesse de répéter qu’il ne démissionnerait pas, alors qu’un ultimatum lui avait été adressé par le chef de l’Etat. L’accélération de la détérioration des relations entre les deux hommes trouverait son origine, selon certains, dans le lancement d’une enquête à l’encontre de Claudine Razaimamonjy, conseillère spéciale du président et bailleur de fonds du parti présidentiel HVM, convoquée par l’inspection générale de l’État pour présomption de détournement de fonds. Les proches du président reprocheraient également au premier ministre d’avoir refusé de travailler à un projet de réforme constitutionnelle qui écarterait Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana de la prochaine présidentielle.

Pov 10 04 16

La présidence a annoncé que le premier ministre avait « présenté sa démission » et celle de son gouvernement », annonce contredite quelques heures plus tard par l’intéressé qui a affirmé en avoir été informé par la presse. Jean Ravelonarivo a néanmoins précisé que « dans l'intérêt supérieur de la nation » il remettrait sa démission « en temps voulu et opportun ». Sa lettre de démission serait parvenue à la présidence deux jours plus tard, quelques heures avant la nomination du nouveau premier ministre, Olivier Solonandrasana Mahafaly, ministre de l'intérieur et de la décentralisation sortant. Son nom figurait sur une liste de 14 personnalités proposées par une centaine de députés, conformément à la Constitution qui confère cette fonction à l’Assemblée. Les groupes parlementaires Mapar (pro-Rajoelina) et TIM n’ont pas pris part à cette démarche. Des députés ont aussitôt brandi la menace d’une motion de censure contre Olivier Mahafaly, affirmant avoir été écartés de la procédure de présentation du chef de gouvernement. Le Mapar a contesté le mode d’élaboration de cette liste, estimant qu’en tant que groupe parlementaire majoritaire cette désignation aurait dû lui incomber seul.

Les conditions confuses et rocambolesques de la démission du général Jean Ravelonarivo ont donné lieu à des commentaires acerbes et a suscité de l’inquiétude. Le pays a cru un instant qu’une nouvelle crise politique allait s’ouvrir. Les forces de l’ordre ont été consignées dans la crainte de manipulations politiques. Dans un sévère réquisitoire, le mouvement Rohy regroupant une centaine d’associations de la société civile a fustigé la classe politique, la jugeant « immature ». « Le scandale récent né de la méthode dont le précèdent premier ministre a été remercié a jeté le discrédit sur le pays et la honte sur la population » affirme Rohy dans un communiqué.

La Gazette 16 04

Olivier Mahafaly dispose du solide soutien des proches conseillers du chef de l’Etat et, affirment certains, de celui de la première dame, Voahangy Rajaonarimampianina. Il a largement contribué aux victoires du parti présidentiel HVM aux élections municipales et sénatoriales. Sa promotion est perçue par les analystes comme une récompense pour ses bons et loyaux services, avec pour mission de permettre la réélection de Hery Rajaonarimampianina.

Les députés ont proposé une dizaine de ministrables au chef de gouvernement. Midi s’est fait l’écho de rumeurs selon lesquelles, pour figurer sur la liste, des candidats ont versé aux députés d’importants « pots de vin ». Le Samifin a fait savoir qu'une enquête sera ouverte pour vérifier le bienfondé de ces rumeurs mais il précise qu’aucun dossier ne pourra être ouvert sans dépôt préalable d’une plainte.

Le « gouvernement de combat » présenté par Olivier Mahafaly est composé de 32 membres, deux de plus que dans l’ancienne équipe. On compte treize nouvelles têtes. Six anciens ministres sont reconduits mais changent de portefeuille, treize conservent leur poste. Olivier Mahafaly garde le portefeuille de l'intérieur. Le chef de l’Etat a désormais trois départements stratégiques sous son autorité directe. Le TIM est représenté par Roland Ravatomanga, ministre de l’eau et de l’assainissement. Marc Ravalomanana a tenu à apporter son soutien au gouvernement Mahafaly. Le Mapar, pour sa part, est resté sur la touche et n’a pas de représentant. Trois anciens ministres de la Transition font leur retour sur les postes qu’ils avaient occupé. La représentativité régionale est renforcée, avec pour objectif, dit-on, de préparer le terrain à une candidature de Hery Rajaonarimampianina à la présidentielle de 2018. « Déjà trois premiers ministres, trois gouvernements, et cinquante ministres ont été utilisés depuis [la prise de fonction du chef de l’Etat] » ironise L’Express, qui s’inquiète du retour d’anciens ministres de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina compromis dans des affaires. « Il est clair que le développement ne sera pas la principale mission de cette équipe qui fait la part belle aux revenants. (…) C’est du déjà vu, du pareil au même. (…) C’est une équipe de propagande présidentielle », juge Les Nouvelles. Pour Tananews, c’est « un gouvernement de combat avec…19 anciens combattants ». Pour la plupart des observateurs le nouveau PM représente « le changement dans la continuité ».
Une feuille de route a été établira pour les ministres, qui ont de trois à six mois pour faire leurs preuves.

Le sénateur du Mapar, Lylison René, ex-codirecteur de la FIS durant la Transition, à l’origine des échauffourées qui ont marqué la commémoration du 29 mars 1947, est suspecté par certains de vouloir prendre la tête d’un mouvement de contestation du pouvoir en place. Le bureau permanent du Sénat a manifesté sa désapprobation pour les troubles qu’il a provoqués durant la cérémonie officielle. Le sénateur dément qu’une médiation ait été organisée avec son frère d’arme, le général Florens Rakotomahanina, avec lequel il avait eu une altercation. Les adversaires politiques de l’élu du Mapar annoncent leur intention de déposer une requête à son encontre auprès du Bianco et du Samifin pour « enrichissement trop rapide et inexplicable ». Il lui serait notamment reproché une trop grande proximité avec des trafiquants de bois de rose durant la période de Transition.

Des suspicions de tentative de déstabilisation visent certaines personnalités de la Transition. Des enquêtes les concernant seraient en cours de réactivation. Elles porteraient sur des affaires de détournement de deniers publics, de blanchiment d’argent, de trafic de ressources naturelles ou encore d’escroquerie. Au-delà du volet judiciaire de ces affaires, le pouvoir suspecterait ces personnalités d’œuvrer au financement d’actes de déstabilisation. Mamy Ravatomanga, PDG du groupe Sodiat, continue d’être la cible de plusieurs médias qui voient en lui l’instigateur de mouvements de contestation visant à déstabiliser le pouvoir. Il est également suspecté d’être compromis dans des affaires de trafics de bois de rose sous le régime de Transition.

Suite à des rumeurs de préparatifs d’insurrection, le commandant de la gendarmerie nationale a renouvelé l’interdiction de toute manifestation sans autorisation. La crainte des autorités est fondée sur une possible conjonction de mécontentements susceptibles de s’exprimer dans la rue. « Des personnes malintentionnées programment des troubles d’envergure dans la capitale en profitant des manifestations actuelles. Aussi, mieux vaut prévenir que guérir », prévient le préfet de police. La date anniversaire des évènements du 13 mai 1972 (chute de la Ière République) aurait été retenue pour provoquer des troubles. La fête du travail du 1er mai pourrait également être perturbée par des manifestations à visée politique. Le quotidien Les Nouvelles voit dans cette interdiction une violation du droit à la liberté d’expression protégé par les conventions internationales ratifiées par Madagascar, ainsi que des droits reconnus dans la Constitution. Les forces de l’ordre de l’Emmo/reg se sont employées à éteindre des foyers de tension en divers endroits de la capitale. En cause : les contrôles routiers effectués par la cellule d’intervention routière (CIR), que les transporteurs accusent de racket. Des représentants du réseau de défense des droits des consommateurs de Madagascar (VOMZM) ont grossi les rangs des transporteurs grévistes. Des habitants excédés par les délestages ont également manifesté dans certains quartiers. Les ex-militaires et les militaires de réserve de l’association Anamir ont menacé de se joindre aux mouvements revendicatifs qui agitent la capitale.

L’annonce officielle de la candidature de Marc Ravalomanana à la prochaine présidentielle relance le débat sur son éligibilité. L’ancien exilé d’Afrique du Sud a fait savoir à une mission électorale du Pnud qu’il faudrait compter avec lui en 2018, probablement pour prévenir d’éventuelles tentatives d’exclusion. Des rumeurs font en effet état d’un projet de réforme de la Construction qui viserait à évincer les deux protagonistes de la crise de 2009 pour laisser le champ libre à l’actuel chef de l’Etat. Les observateurs s’interrogent l’attitude qu’aurait la communauté internationale en voyant poindre la perspective d’un nouveau face à face entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana.

Le torchon brûle de nouveau entre Marc Ravalomanana et le ministre chargé des projets présidentiels et de l’aménagement du territoire, Rivo Rakotovao, au sujet de la propriété d’un terrain destiné au transfert d’une gare routière. L’ancien président affirme que le terrain appartient à une société de son groupe agroalimentaire. Marc Ravalomanana se plait à se présenter comme le défenseur des citoyens expropriés, dont les habitations sont détruites ou menacées de destruction, note un observateur.

« 156 partis politiques n’ont pas encore effectué leur déclaration d’existences comme la loi l’exige », annonce le ministère de l’intérieur. La date butoir pour régulariser leur situation a été fixée à fin avril. Seuls 31 partis étaient en règle à quelques jours de l’échéance.

La société civile se déchire pour l’élection de son représentant au sein du Haut Conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED), institution prévue par la Constitution de le IVème République et qui n’est pas encore mise en place. L’élection des membres du comité ad hoc chargé d’organiser la désignation de ce représentant a été contestée par certaines OSC qui dénoncent des irrégularités et l’ingérence du ministère de l’intérieur. Le comité ad hoc a décidé de renforcer les critères de sélection des associations admises à participer à cette désignation. En définitive, seules 79 associations pourront participer à celle-ci, sur un total de 380 dossiers déposés.

Préparation du Sommet de la Francophonie : 115 milliards Ar seront consacrés à l’organisation et à la réhabilitation de routes. Un budget jugé exorbitant et qui soulève de vives critiques. Un prêt de 89.6 milliards Ar sera consenti par la Chine pour la réhabilitation des axes routiers desservant l’aéroport et le village de la Francophonie. La capacité de Madagascar à organiser une telle manifestation soulève toujours autant d’interrogations. La ministre des affaires étrangères a démenti catégoriquement les rumeurs selon lesquelles l’OIF aurait décidé de retirer à Madagascar l’organisation du Sommet. Les Américains viendront en renfort pour la sécurisation de l’aéroport d’Ivato dans le cadre de leur programme de lutte contre le terrorisme. L’Express remarque que la question de la sécurisation du Sommet est devenue l’une des préoccupations majeures des organisateurs. L’ambassadrice de France elle-même a fait part de son inquiétude au sujet du climat d’insécurité.

Alors que la date du Sommet approche, la nomination des ambassadeurs malgaches à l’étranger se fait attendre. La ministre des affaires étrangères presse la présidence de procéder à ces désignations. Aucun ambassadeur n’a encore été nommé depuis la prise de fonction du chef de l’Etat, il y a plus de deux ans.

POV 27 04

Le SG des Nations unies se rendra en visite à Madagascar le 10 mai. La ministre des affaires étrangères, Béatrice Attalah, voit dans cette annonce la confirmation du retour de Madagascar dans le concert des nations.

Dans son rapport annuel sur les droits de l’homme à Madagascar le département d’Etat américain accable la justice. Il pointe également du doigt les menaces qui pèsent sur la liberté d’expression, les abus commis par les forces de sécurité, les exécutions extrajudiciaires et les violences populaires, les discriminations sociétales (handicapés, LGBT), les violences à l’encontre des femmes, les abus sur mineurs, les mariages précoces, la traite des personnes, le travail des enfants.

Numéro 3 dans l’ordre protocolaire du département d’État américain, la secrétaire d’État adjointe a effectué une visite à Madagascar. Depuis juillet, elle est le quatrième haut responsable américain à se rendre dans la Grande île. Sa rencontre avec les autorités avait pour objet de faire le point sur les efforts de l’Etat en matière de développement, de sécurité, de lutte contre la corruption et les trafics de ressources naturelles. Une insistance qui intrigue les observateurs. Heather Higginbottom doute que Madagascar puisse réintégrer le MCA dont il a été exclu en 2009. Pour ce faire, L’État malgache devrait donc remplir des conditionnalités très rigoureuses qui ne sont actuellement pas remplies. « Cette visite est aussi une manière d’affirmer la présence américaine dans l’entourage diplomatique immédiat de Madagascar, face à la ferveur francophone actuelle des dirigeants », affirme un analyste.

Un réseau mafieux de traite de travailleuses à destination du Koweït a été mis à nu. Treize jeunes filles originaires de la région d’Andapa étaient sur le point de quitter le pays. Quatre personnes ont été arrêtées et placées en détention préventive. Les Etats-Unis demandent au gouvernement « de prendre sérieusement ses responsabilités », de diligenter une enquête approfondie et de protéger les droits des victimes.

20 % des mineures de Nosy-Be se prostituent, selon les autorités locales, qui, impuissantes à contrecarrer le phénomène, tirent la sonnette d’alarme. Des associations se mobilisent pour combattre cette pratique, souvent encouragé par les parents. L’administration faciliterait l’octroi de fausses pièces d’identité à des mineures.

« Journée mondiale contre l’esclavage des enfants : aucune manifestation prévue pour Madagascar », déplore Midi, qui rappelle que la Grande île connait différentes formes d’esclavage des enfants, notamment l’esclavage sexuel. Le nombre d’enfants victimes exploserait dans le Sud du fait de la pauvreté croissante. On estime qu’un enfant malgache sur trois est condamné à travailler.

Pédophilie. La Cour d'appel d’Antsiranana a relaxé le chef fokontany et les représentants de fillettes victimes de viol sur l’archipel des Mitsio. Ils avaient été assignés en justice pour « dénonciation mensongère » par le pédophile André Gogniat, ancien homme d'affaires suisse expatrié à Madagascar. En 2007, il avait été condamné à cinq ans de prison. S’étant pourvu en cassation avant son retour en Suisse, le sexagénaire a été blanchi en appel en 2012, dans la plus grande discrétion. De retour dans la Grande île, il avait fait condamner le chef fokontany et les parents des fillettes, pour « dénonciation mensongère ». La partie malgache est convaincue que le retraité bénéficie du soutien de personnalités haut placées. Désormais l'affaire est entre les mains de la justice helvétique.

Près de 800 jeunes dahalo ont été livrés aux gendarmes par leurs parents à Betroka. Le bombardement de leurs sites de retranchement, dans des zones inaccessibles, aurait conduit à leur reddition. Ces jeunes avaient fait régner la terreur sur le secteur depuis plusieurs années. Un rituel de réconciliation a été organisé avec villageois. Le pacte communautaire (dina) de Betroka, agréé par le tribunal local en 2015, dispose de 2 000 fusils. Ses milices ont déjà abattu plus de 60 dahalo.

L’armée a été nouveau appelée à la rescousse dans le Sud pour lutter contre la recrudescence d’attaques de dahalo. L’envoi d’une unité d’élite a été annoncé par le premier ministre. Les effectifs basés dans les « zones rouges » seront renforcés. Equipés d’un char soviétique, des gendarmes d’élite ont verrouillé la plaque tournante des actes de banditisme, à Betroka. Selon des informations recueillies par les forces de l’ordre, une attaque de la caserne était en préparation. Des actions de sensibilisation des populations sur la lutte contre le phénomène dahalo et l’auto-défense villageoise ont été engagées. La société civile conteste l’envoi de militaires pour des opérations qui relèvent du maintien de l’ordre. Vingt dahalo et un gendarme ont été tués dans un accrochage dans la région de Betroka. Les attaques de dahalo s’accompagnent parfois de prises d’otages. De Betafo à Morondava, en passant par Mandoto, les populations lancent des appels aux autorités pour que leur protection soit assurée, écrit L’Express. L’insécurité provoque l’exode de populations.

En moins d’un mois, quatre cas de vindicte populaire ont été recensés à Bealanana. Dans le dernier en date, deux hommes placés en garde à vue ont été lynchés. Près de Vangaindrano, trois hommes suspectés de pillage de tombeaux ont été exécutés par une foule de près de 300 personnes. A Betafo un individu suspecté de braquages a été roué de coups et brûlé vif. Deux voleurs de bœufs ont été lynchés à Ambalavao.

700 mineurs de 14 à 18 ans attendent leur jugement à la maison centrale d’Antanimora à Antananarivo, soit les trois quarts de l’effectif des mineurs incarcérés. Les familles dénoncent leurs conditions de détention et le non-respect des normes internationales.

Deux opérateurs économiques indo-pakistanais de nationalité française ont été kidnappés, l’un à Antsirabe, l’autre dans la capitale. Le rapt d’Antsirabe a tourné court, cinq des ravisseurs ont été arrêtés. Des experts français ont été dépêchés en renfort par le ministère français des affaires étrangères pour le kidnapping qui s’est produit dans la capitale. Des journaux ont évoqué l’arrivée de membres du GIGN, information aussitôt démentie pat les autorités. Pour l’ambassadrice de France, « force est de constater que la sécurité devient un phénomène de plus en plus préoccupant dont les Malgaches sont eux-mêmes les premières victimes. Il m’appartient de faire en sorte que les enlèvements de ressortissants français ne se reproduisent plus car tout citoyen a droit à la protection consulaire », prévient-elle. La France a été accusée d’ingérence. Pour La Gazette, l’intervention française manifeste l’incapacité du pouvoir à protéger les personnes sur son territoire.

Le nouveau DG du Samifin se déclare prêt à relever les défis de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Il succède à Razaranaina Jean-Claude, à la tête du Samifin durant 8 ans et dont le bilan est jugé très mitigé. De nombreuses « Déclarations d’opérations suspectes » étaient encore en instance de traitement au moment de la passation de service. Le Samifin ne manque pas une occasion de pointer du doigt la justice, qui « enterre » les dossiers qui lui sont transmis. Pour certains analystes, la Samifin devrait également se préoccuper du blanchiment d’argent qui favorise en interne l’instabilité politique.

corruption

Après les aveux du DG du Bianco, les appels au secours de l’opinion, après les USA et l’UE, c’est au tour de la France de réclamer de meilleurs résultats dans la lutte contre la corruption. Une délégation du ministère français de la justice s’est rendue en mission à Madagascar à la demande du gouvernement pour mettre en place un pôle anti-corruption et conclure un accord de partenariat avec le Bianco. A cette occasion, l’ambassadrice de France a déclaré : « Madagascar est doté d’instruments juridiques. Maintenant, il faut l’impulsion des autorités politiques et des autorités judiciaires pour que cette lutte soit efficace ».

Un opérateur malgache serait dans le collimateur de la justice française pour blanchiment d’argent, titre Midi. Un lien pourrait être établi avec des trafics illicites de bois de rose, notamment avec l’affaire des rondins saisis à Singapour en 2014.

S’appuyant sur les déclarations du directeur du Trésor, Madagate juge suspect d’importantes sommes d’argent transférées de mars à décembre 2015 vers les ambassades malgaches à l’extérieur. 24 transferts pour un montant de près de 10 millions d’euros. Le ministre des finances, François Gervais Rakotoarimanana, a fermement démenti ces accusations.

Le FFKM insiste sur la nécessité de finaliser le processus de réconciliation nationale. Malgré l’échec de la première rencontre initiée par les chefs d’Eglise, il confirme vouloir «poursuivre ce processus qui constitue la seule voie pour concrétiser le développement ». La date de la reprise des travaux n’a pas été communiquée et on ignore si les parties prenantes accepteront une relance de la démarche. « Quelques faits d’actualité de ces dernières semaines bousculent la crédibilité des Églises dans cette mission réconciliatrice », estime L’Express, qui fait allusion à l’implication du président de l’Eglise réformée FJKM dans une affaire de mœurs.

Le ministère de l’éducation procède à la troisième vague de recrutement d’enseignants pour les 122 circonscriptions scolaires. Ils seront opérationnels à la rentrée 2016. Cette année, 10 000 enseignants seront recrutés. 50 000 maîtres FRAM sont encore en attente de titularisation. Au total, ils seront 30 000 à être titularisés, au terme des opérations qui ont débuté en 2014. Les quelques 600 écoles, collèges et lycées privées non réglementaires recensés par le ministère de l’éducation et qui n’auront pas régularisé leur situation d’ici la prochaine rentrée s’exposent à une décision de fermeture.

Plus de 63 % des dépenses publiques de santé ont été financées par des aides extérieures en 2015, dont 11 % seulement sont comptabilisées dans le budget de l’Etat. 59 % des dépenses publiques de santé échappent ainsi à tout contrôle budgétaire.

Le PAM est à la recherche de 6,9 millions de dollars pour assurer la continuité du programme de cantines scolaires pour la prochaine année scolaire dans le Sud-Ouest, victime de la sècheresse. Aucun partenaire n’a encore confirmé sa contribution. En février 2016 665 000 personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire sévère dans le Grand Sud.

La Grande île avance de huit places dans le classement mondial sur la liberté de la presse de RSF mais elle demeure parmi les États où les problèmes des médias sont jugés « sensibles ». La fondation politique allemande Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) se préoccupe du droit des journalistes à l’accès à l’information. « Toutes les catégories d’acteurs étatiques et non-étatiques ont le devoir de fournir des informations aux citoyens. La publication systématique des textes juridiques et politiques, des données statistiques, ainsi que des rapports d’audit administratif et financier constitue une obligation des institutions publiques relevant du principe de transparence », écrivent les organisateurs.

La présentation du projet de loi portant code de la communication figure parmi les priorités du nouveau gouvernement. Le texte est en préparation depuis plusieurs années. La presse est préoccupée par les commentaires peu amènes du chef de l’Etat à son égard, figurant dans un communiqué du conseil des ministres. L’Express redoute un « quadrillage de la presse ».

Une compagnie chinoise a découvert d’importantes réserves de gaz naturel à 2 900 mètres de profondeur dans le district de Sakaraha. Le gisement offrirait des perspectives pour l’alimentation de centrales thermiques.

Le WWF lance un signal d’alarme : les forêts humides de Madagascar sont en danger. Elles font partie, selon l’Unesco, des 114 sites classés concernés par des activités économiques néfastes telles que coupes illégales et pillage intense des bois précieux, ruées sauvages sur les gisements de pierres précieuses. Les six parcs nationaux concernés ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial en 2007. La poursuite de la dégradation de ces lieux pourrait « remettre en cause leur capacité à apporter des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux aux populations qui en dépendent », écrit le WWF.

Près de 200 pêcheurs, en majorité malgaches, ont été contrôlés par les autorités réunionnaises à Juan de Nova, l’une des îles Eparses revendiquées par Madagascar. « Ils se trouvaient en action de pêche illégale d’holothuries », indique la préfecture. Cinq autres bateaux malgaches ont été interceptés dans la ZEE française quelques jours plus tard. 63 pêcheurs malgaches ont été recensés à bord du bateau mère. Les holothuries font l’objet d’un intense trafic aux mains d’opérateurs chinois. Une opération qui, pour la préfecture de La Réunion, « confirme la volonté de la France de protéger ses ressources halieutiques sur cette île dont la gestion est confiée à l’administration des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ».

Les six containers de bois précieux à destination de la Chine, saisis à Maurice en juin 2011, ont été rapatriés à Madagascar, au terme de laborieuses négociations. Il s’agit de la première opération de rapatriement de bois précieux exportés illicitement. Une opération que ne manquera pas d’exploiter le pouvoir en vue de la prochaine session du Comité permanent de la Cites qui doit statuer sur le dossier présenté par Madagascar. Les négociations en vue du rapatriement des conteneurs saisis dans d’autres pays seraient en « stand-by » et aucune poursuite judiciaire n’a encore été engagée à l’encontre des personnes impliquées.

Le comptage des bois de rose saisi touche à sa fin mais deux millions de rondins seraient encore cachés alors que le recensement officiel fait état de moins de 30 000 rondins saisis, répertoriés et sécurisés.

Deux personnalités de la Transition auraient été convoquées à Singapour pour la réouverture fin avril du procès relatif à la saisie de bois de rose effectuée dans la ville-Etat en 2014. L’ambassade des États-Unis déclare suivre attentivement cette affaire et demande aux autorités malgaches d’ouvrir une enquête approfondie pour corruption. « Le commerce illicite des ressources naturelles entraîne un nombre croissant d’autres types de crimes, incluant le blanchiment d’argent et la spéculation internationale qui sont déjà des menaces en elles-mêmes », souligne l’ambassade. Pour l’AVG, le pouvoir continue de faire preuve de laisser-aller. Les enquêtes annoncées n‘ont toujours pas été lancées. L’association environnementale s’étonne que le gouvernement singapourien soit plus préoccupé par ces crimes environnementaux que les autorités malgaches.

Pov 06 04 16

Exportation illicite d’or : le trafic continue. Des Indo-pakistanais et des Sri-lankais en partance pour Nairobi ou Istanbul ont été appréhendés à l’aéroport d’Ivato.

Le représentant de la fondation Durrell Madagascar tire la sonnette d’alarme : les trafics de tortues protégées dans la baie de Baly s’intensifient. Tous les moyens sont déployés par les contrebandiers pour l’acheminement les tortues vers l’étranger, déplore l’organisation qui voit tout son travail de protection depuis 25 ans battu en brèche.

Un groupe d’experts de l’ONUDC, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, est actuellement à Madagascar à la demande du gouvernement. Sa mission est d’analyser la capacité de prévention des trafics de faune et de flore du pays et ses capacités judiciaires dans ce domaine. Les experts remettront leurs recommandations et un plan d’action au gouvernement d’ici trois mois.

Le gouvernement a démenti les informations selon lesquels l’île Nosy Valiha de l’archipel des Radama avait été mise en vente. La rumeur court depuis plusieurs années. La presse s’interroge sur les dessous de cette affaire.

L’IDA (groupe Banque mondiale) vient en appui au secteur énergétique malgache. Un crédit d'un montant de 65 millions de dollars a été accordé pour aider le gouvernement à améliorer la gouvernance et le fonctionnement du secteur de l'électricité. Il sera notamment consacré à la réhabilitation et au renforcement des réseaux de transport et de distribution. L’accès aux services d'électricité reste très faible à Madagascar, il est l’un des plus faibles du continent.

La Banque mondiale souligne la nécessité d’améliorer tous les aspects de la gestion financière de l’État. Aucune reprise économique n’est possible, selon elle, sans la poursuite et l’accélération des réformes préconisées et tout juste engagées.

Des opérateurs touristiques expriment leur inquiétude à la veille de la haute saison. Ils pointent du doigt les handicaps de la destination Madagascar : l’état des routes, le manque d’infrastructures, les difficultés d’Air Madagascar, les nouvelles taxes aux frontières, la mauvaise qualité de l’accueil à l’aéroport et surtout l’essor du secteur informel. Le ministère du tourisme a lancé un appel à de nouvelles compagnies aériennes pour la desserte de Madagascar.

Le scandale « Panama Papers » n’épargnerait pas Madagascar. Sept opérateurs économiques malgaches très connus sont cités dans cette affaire de paradis fiscaux mais rien ne prouve encore qu’ils soient impliqués dans des affaires d’évasion fiscale.

La Chine marque de plus en plus sa présence dans la Grande île. Ses investissements ont connu une hausse spectaculaire ces dernières années. Un dixième des échanges commerciaux de Madagascar se fait avec la Chine, ce qui en fait le deuxième partenaire commercial du pays après l’UE et le premier importateur. La Grande île compte actuellement 60 000 ressortissants chinois, trois fois plus que les ressortissants français.

Profitant de l’ouverture récente de la ligne aérienne Istanbul-Antananarivo, la Turquie s’intéresse au marché malgache. Une mission composée d’une soixantaine de chefs d’entreprises a exploré les potentialités économiques de la Grande île. La diplomatie turque s’active depuis quelques mois à renforcer ses liens avec Madagascar, ce qui provoque ici ou là des inquiétudes par rapport à la menace que constituerait l’importation de l’islamisme radical.

La population de Madagascar a été multipliée par cinq depuis 1960. Elle est estimée actuellement à 24,2 millions. Une progression au rythme de 2,8 % par an. Un taux élevé mais qui s’est quelque peu ralenti, après avoir atteint plus de 3 % dans les années 1990. La transition démographique est amorcée mais son achèvement reste difficile à prévoir. Le recensement général de population prévu en 2016, devra être reporté faute de financements. Les bailleurs attendent une plus forte implication financière de l’Etat. Le dernier recensement date de 1993 et tous les projets actuels sont basés sur des chiffres estimés. Le fait de ne pas disposer de statistiques fiables constitue un lourd handicap pour le montage de projets de développement.

Insécurité alimentaire : la situation reste alarmante dans quatre districts du Sud. Plusieurs localités ont des difficultés à accéder aux denrées alimentaires. Les aliments de base se font rares et se vendent à un prix élevé.

Les conditions de travail dans les entreprises franches du textile-habillement ne satisfont pas aux principes du travail décent, selon un état des lieux actualisé de la situation présenté sous l’égide de la fondation Friedrich Ebert Stiftung.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique, rumeurs de tentatives de déstabilisation
  • Démission du gouvernement Ravelonarivo, le gouvernement d’Olivier Solonandrasana Mahafaly
  • Mise en place des institutions de la IVème République
  • Diplomatie, préparation du Sommet de la Francophonie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Traite de personnes, prostitution de mineures
  • Insécurité, vindicte populaire, kidnappings
  • Justice, gouvernance, réconciliation nationale
  • Education, enfance, santé
  • Liberté de la presse, code de la communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, bois de rose, foncier
  • Banque mondiale, coopération
  • Vie des entreprises, divers

>> Télécharger la revue de presse complète pdf, 27 pages

>> Télécharger le résumé

Voir aussi Facebook https://www.facebook.com/jumami.madagascar

Posté par jumami à 07:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]


ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2016

- 30 04 16 - L'Express - Secrétaire d'Etat adjoint du département d'Etat américain : "Il est rare qu'un pays réintègre le MCA"
Heather Higginbottom réitère la nécessité d’un effort soutenu en matière de gouvernance, de démocratie, de lutte contre le trafic des ressources naturelles et la corruption, ainsi que des efforts en matière de transparence et de stabilité politique. Autant de critères qui seront pris en compte pour un éventuel retour de Madagascar dans le MCA (Millenium challenge account). La Grande île a été le premier pays à bénéficier de ce programme, interrompu par le coup d’Etat de 2009. Depuis, le conseil d’administration du MCA a rehaussé le niveau des critères d’éligibilité des pays qui souhaitent réintégrer le programme. L’État malgache devra donc remplir ces conditionnalités très rigoureuses. « Les États qui souhaitent un second accord doivent prouver le déploiement d’efforts concrets et soutenus dans le sens de l’atteinte de ces critères », prévient-elle.

- 24 04 16 - RFI - Cap Océan Indien - Maria Raharinarivonirina (ACAT) : rapport sur les droits de l'homme à Madagascar
Le Département d’Etat des Etats-Unis a publié cette semaine son rapport annuel sur les droits de l’Homme à Madagascar pour 2015 et le texte pointe de sérieux abus. Abus des forces de sécurité surtout, mais aussi atteintes à la liberté d’expression et de la presse, discrimination des femmes et des minorités, travail des enfants et même traite humaine. Derrière ces atteintes aux droits de l’Homme, c’est la justice qui est pointée du doigt. Corrompue et inefficace elle laisse les crimes impunis... Pour en parler RFI a rencontré Maria Raharinarivonirina, avocate à Antananarivo et présidente de l’ONG ACAT-Madagascar, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture et de la peine de mort.
http://www.rfi.fr/emission/20160424-madagascar-raharinarivonirina-acat-rapport-droits-homme (5’14)

<> doc
24 04 16 - ECDPM - Secteur extractif à Madagascar - Quel appui à la société civile ?
Madagascar est dotée d’un important potentiel en ressources naturelles renouvelables et non-renouvelables qui reste jusque-là peu exploité à échelle industrielle. Toutefois, depuis quelques années, la présence de grandes sociétés minières et pétrolières s’est largement renforcée, avec l’arrivée  de la société Ambatovy et de QMM. De nombreux projets d’exploration sont également en cours y compris dans les hydrocarbures. Cette présence à échelle industrielle a largement modifié l’impact de ce secteur sur les dynamiques politiques, les perspectives économiques, le tissu social, les communes riveraines et bien entendu sur l’environnement. La société civile et les communautés locales sont désormais confrontées à de nouvelles problématiques, tant sur le plan de la gestion des perceptions et des attentes de la population locale face à l’arrivée ces nouveaux géants, mais aussi sur le plan social avec le phénomène de migration et les questions foncières qui menacent le déplacement de la population et sur le plan économique avec l’inflation des prix, la flambée immobilière et la désillusion des perspectives économiques. La société civile rencontre de nombreux obstacles à l’action collective. Son action n’est ni visible, ni compréhensible par et pour les citoyens. Elle fait aussi face à un déficit de légitimité vis-à-vis de la population.
L’étude apporte un éclairage sur les enjeux de la société civile face à l’arrivée du secteur extractif à échelle industrielle. Elle examine quelles stratégies pourraient être adoptées, notamment par la société civile elle-même ou les partenaires techniques et financiers, afin de renforcer l’action de la société civile à tous les niveaux. Elle propose quelques pistes à explorer en appui à la société civile pour trouver des mécanismes alternatifs de financement afin de pérenniser son action, et pour les partenaires techniques et financiers, qui appuient traditionnellement l’action de la société civile.

<>  22 04 16 - Tribune - La plateforme de la société civile Rohy indignée et consternée par la classe politique
Dans un véritable réquisitoire, le mouvement Rohy regroupant une centaine d’associations s'attaque aux hommes politiques, jugés « immatures » et qui « ridiculisent » le pays. « Le scandale récent né de la méthode dont le précèdent premier ministre a été remercié a jeté le discrédit sur le pays et la honte sur la population » affirme le communiqué. « Il est temps de rappeler aux dirigeants à tous les niveaux de l’État qu’en tant que représentants du peuple, ils leurs sont redevables ». Les raisons de cette colère sont multiples : les trafics continuent en toute impunité et les responsables sont même nommés à des postes importants, les structures de lutte contre les abus ne sont toujours pas en place malgré les discours, la corruption et de nombreuses entorses à l'Etat de droit perdurent, la méthode de gouvernance est qualifiée d’« arbitraire », l’administration est incompétente et défaillante. La pauvreté s'enracine. La sécurité alimentaire, la santé, l’éducation et la justice ne sont plus correctement assurés alors que les dirigeants « ne pensent qu'aux prochaines élections présidentielles », peut-on lire. Ils ne proposent aucune vision à long terme et se contentent de gérer leurs « business ». Les organisations de la société civile demandent au président de la République de prendre ses responsabilités. Elles interpellent également le nouveau gouvernement et le somment de s'attaquer réellement aux problèmes de la population.

<> 18 04 16 - United States - Department of State - Madagascar 2015 - Human Rights Report
The most important human rights abuses included the inability of the government to provide rule of law, which resulted in security force abuse, including unlawful killings and mob violence; life-threatening prison conditions; and lack of judicial independence and judicial inefficiency, resulting in lengthy pretrial detention.
Other human rights problems included intimidation of journalists and restrictions on freedoms of speech, press, and assembly; official corruption and impunity; societal discrimination and violence against women; child abuse and child marriage; discrimination against persons with disabilities and the lesbian, gay, bisexual, transgender, and intersex (LGBTI) community; trafficking in persons; and child labor, including forced child labor.
The government did not always prosecute or punish officials who committed abuses, whether in the security forces or elsewhere in the government, and impunity remained a problem”

Voir l'article paru dans les nouvelles du 19/04/16


- 16 04 16 - Orange - Composition du nouveau gouvernement d'Olivier Mahafaly et présentation des13 nouveaux ministres
Le secrétaire général de la présidence a présenté la liste des membres du gouvernement Olivier Mahafaly Solonandrasana. Objectif 2018. Un gouvernement composé de 32 membres, deux de plus que dans l’ancienne équipe. 13 nouvelles têtes intègrent le gouvernement. 6 sont reconduits mais changent de portefeuille. 13 conservent leur poste. Olivier Mahafaly Solonandrasana, premier ministre, garde le portefeuille de ministre de l'intérieur et de la décentralisation. Le nombre de ministères auprès de la présidence passe de 1 à 3 : projets présidentiels et aménagement du territoire, agriculture et élevage, mines et pétrole. Le rattachement de ces super-ministères à Iavoloha dénote la volonté du chef de l’Etat d’avoir sous son autorité directe ces 3 départements stratégiques et de recentrer les pouvoirs à son profit, analyse Midi. Parmi les 9 partants : le ministre des mines et du pétrole, Lalaharisaina Joéli Valérien, le ministre de la défense nationale, le général Rakotozafy, la ministre de la justice, Noeline Ramanantenasoa, le ministre de la sécurité publique, Blaise Randimbisoa, le ministre de l’énergie et des hydrocarbures, Horace Gatien, le ministre de l’environnement, Ralava Beboarimisa.
« Il est clair que le développement ne sera pas la principale mission de cette équipe qui fait la part belle aux revenants. (…) C’est du déjà vu, du pareil au même. (…) C’est une équipe de propagande présidentielle », écrit Les Nouvelles. Le cumul des fonctions de premier ministre et de ministre de l’intérieur n’est pas perçu comme un bon signe dans la perspective des prochaines consultations électorales, notamment de la présidentielle de 2018. Une pratique déjà expérimentée en son temps par Marc Ravalomanana. Pour Tananews, c’est « un gouvernement de combat avec…19 anciens combattants ».

<>  14 04 16 - L'Express - Trafic de bois rose - Le verrouillage aux ports amplifie la sortie clandestine des rondins
Les exportations illicites de bois de rose continuent. Des mesures draconiennes telles que le verrouillage des ports ont donné au trafic une ampleur encore plus effrayante. Absence de plainte, corruption, manque de moyens, irresponsabilité, impunité… sont autant de raisons pour que ces agissements perdurent.

- 09 04 16 - L'Express - Editorial - Voleur de démission
"Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, le Président a tenu sa promesse. Il est venu relever de ses fonctions le premier ministre sans crier gare tel un voleur. Mieux, à l’inélégance de la manière, il a ajouté la malhonnêteté de l’action
".Retour sur les conditons rocambolesques de la "démission" du gouvernement.

Baroud d’honneur ou réel refus ? Le premier ministre a affirmé n’avoir signé aucune lettre de démission, alors que quelques heures plus tôt, le secrétaire général de la présidence, avait annoncé que sa démission et celle qu’il avait déposée au nom de tout le gouvernement avait été acceptée

En « séance de travail » au palais présidentiel, le chef du gouvernement a été invité par le président de la République à se démettre de ses fonctions. À entendre Jean Ravelonarivo, pourtant, il n’aurait pas tout de suite accepté la requête présidentielle. « J’ai répondu au chef de l’État que je souhaitais d’abord en parler à ma famille », explique-t-il. Il s’est alors dit « surpris » lorsque sur « le chemin du retour », alors qu’il quittait le palais présidentiel, il avait appris qu’il avait passé la main.

Le décret lu par le secrétaire général de la présidence était pourtant clair. « Vu la lettre de démission, en date du 8 avril 2016, présentée par le premier ministre Ravelonarivo Jean, (…) est acceptée la démission présentée par le premier ministre Ravelonarivo Jean, en son nom et au nom du gouvernement de la République ».

Y-a-t-il alors eu démission ou pas ? La confusion est totale d’autant qu’aucune explication n’a ensuite été donnée par l’une et l’autre partie. Deux jours avant, le premier ministre avait encore martelé son intention de ne pas démissionner.

Ne pas avoir signé la lettre de démission parait comme la suite logique de sa position initiale quand il disait que « seule la Constitution a le pouvoir de le démettre de ses fonctions ».

Jusqu’à ce que la présidence prouve la démission en montrant le contenu même de la lettre que le chef du gouvernement aurait écrite, et en en authentifiant la date, la déclaration du premier ministre peut tenir la route et il reste possible que la présidence l’ait tout simplement forcé à démissionner. Mais il n’est pas non plus exclu que Jean Ravelonarivo n’ait fait sa déclaration que pour ne pas se discréditer par rapport à ses propos antérieurs, quand il a mis le chef de l’État au défi de trouver des motifs de défaillance manifeste ou de faute grave pour le démettre de ses fonctions.

De quel côté que soit le « mensonge », la crise est manifeste au sommet de l’État. La tension entre le chef de l’État et le premier ministre, maintes fois évoquée par la presse ces derniers mois, s’est matérialisée et s’est officialisée à travers un premier décret présidentiel. Et même si « dans l’intérêt supérieur de la Nation », comme il l’a souligné, Jean Ravelonarivo affirme ne pas vouloir s’incruster et se fait un « devoir de revenir à Iavoloha pour remettre sa lettre de démission ». Les deux hommes sont encore contraints de collaborer pendant quelques jours, voire quelques semaines, ou même des mois.

Le premier ministre « démissionnaire » devrait donc encore assurer l’expédition des affaires courantes jusqu’à ce que son successeur soit connu. Un « intérim » qui peut prendre autant de temps que celui mis par le chef de l’État pour nommer Roger Kolo, le premier premier ministre de l’ère Rajaonarimampianina.

D’après LExpress du 09/04/16

 

------------------------------------------------------

 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

--------------------------------------------------------

Posté par jumami à 06:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]

31 mars 2016

REVUE DE PRESSE - MARS 2016

pov 07 03 16Depuis le début de l’année le gouvernement croule sous le feu croisé des critiques. Elus et entités politiques, représentant de la communauté internationale, organisations de la société civile, groupements patronaux, n’ont de cesse de dénoncer son inefficacité. Les bruits annonçant un changement de gouvernement sont récurrents mais pour nombre d’observateurs le remaniement tant évoqué pourrait être différé afin de ne pas ternir l’image de la Grande île et donner l’impression aux partenaires que la stabilité politique n’est pas acquise, alors que 2016 sera une année exceptionnellement riche en rendez-vous internationaux pour Madagascar. Le divorce semble pourtant consommé entre le chef de l’Etat et son premier ministre mais ce dernier ne manque pas une occasion d’affirmer qu’il ne démissionnera pas.

Le bureau permanent de l’Assemblé nationale, accusé de mauvaise gestion financière et de détournements, continue de provoquer la grogne des élus. Des initiatives ont été prises en vue d’obtenir sa destitution. Le conseil des ministres a adopté des textes limitant les prétentions financières des députés et les « avantages » auxquels ils prétendent.

Marc Ravalomanana, vice-président laïc de l’Eglise FJKM et fort de la délégation de pouvoir qui lui a été octroyée après la « suspension » du pasteur Lala Rasendrahasina, se retrouve en première ligne dans un conflit opposant l’Eglise protestante à l’IEP et à son directeur, Davida Rajaon, que l’ancien président avait fait condamner pour « détournement de fonds » lorsqu’il avait été nommé à la tête du FID. Le conflit porte sur la révision du bail des locaux occupés par l’IEP et dont la FJKM est propriétaire.

Marc Ravalomanana annonce officiellement sa candidature à la présidentielle de 2018. Une annonce faite lors de sa rencontre avec une mission électorale du Pnud. L’ancien président tient ainsi à faire savoir qu’il faudra compter sur lui en 2018, en prévenant d’éventuelles velléités de le mettre de nouveau sur la touche. Andry Rajoelina a déjà fait savoir qu’il sera lui aussi sur les rangs. En 2018, par ailleurs, il est fort à parier qu’il faudra compter sur le chef de l’État sortant, candidat de substitution d’Andry Rajoelina, considéré désormais par ce dernier comme un traitre à sa cause. La presse évoque à nouveau la possible alliance de circonstance entre les formations politiques TIM et Mapar, pour faire face à la tendance hégémonique du nouveau parti présidentiel HVM. Dans l’attente de ces échéances, Marc Ravalomanana est omniprésent dans la capitale, où il exerce la fonction de coach de son épouse, première magistrate de la ville.

Plus d’une dizaine de micro-partis se sont déclarés opposants auprès du ministère de l’intérieur mais ils sont pour la plupart sans élus. La seule personnalité notable qui se soit déclarée opposante est Saraha Georget Rabeharisoa, présidente du nouveau parti libéral démocrate (PLD), membres de l’Armada pro-Rajoelina, fondatrice de l’ancien parti Vert et ancienne candidate à la présidence de la République.

La Gazette croit savoir que le ministère chargé de l’aménagement du territoire et des projets présidentiels aurait signé un contrat avec la communauté musulmane pour l’octroi de 2 000 parcelles de terrain. Le quotidien demande que la transparence soit faite sur cette opération.

La corruption affecterait la désignation du représentant de la société civile au sein du Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED). Les rivalités internes à la société civile seraient exacerbées par l’intervention d’hommes politiques qui tenteraient de placer leurs protégés. La société civile réclame le réexamen des dossiers de tous les candidats, en collaboration avec le Bianco et le CSI. Pour calmer le jeu, la commission de sélection a été suspendue par le ministère de la communication et des relations avec les institutions.

Le KMF/CNOE et le SeFaFi critiquent le projet de nomination des chefs fokontany par les chefs de district. Dans la hiérarchie des circonscriptions, le maire élu risque en effet d’être entouré, en amont et en aval, d’hommes qui vont servir le pouvoir et ses intérêts politiques. Le SeFaFi estime que pour l’heure les Collectivités territoriales décentralisées (CTD) restent des coquilles vides, qui ne disposent que d’un budget « octroyé » par le pouvoir central et qui n’ont ni légitimé populaire ni autonomie institutionnelle.

Le mandat de 3 ans de l’équipe du général Sylvain Rabotoarison au sein Conseil de réconciliation malgache (FFM) a pris fin. Le comité d’experts chargé de l’élaboration des textes et structures qui doivent lui succéder travaille depuis plusieurs mois, sans avoir encore abouti.

Selon le président de la République, aucun calendrier n’est encore prévu pour la mise en place de la HCJ. L’absence de cette institution a pourtant déjà coûté une part des aides européennes à Madagascar, note L’Express. Plusieurs analystes s’accordent à considérer pourtant qu’une HCJ opérationnelle contribuerait fortement à la stabilité politique.

Le KMF/CNOE doute que les élections régionales envisagées pour le mois de juin se déroulent dans des conditions plus favorables que les sénatoriales. L’organisation, déplore que ses recommandations soient restées lettre morte. Le décret de convocation du collège électoral tarde à être signé, ce qui pourrait conduire à un report de calendrier.

Le fils du président, Matthieu Rajaonarimampianina, a été mis en cause dans une mystérieuse fusillade née d’un litige foncier sur une exploitation de cristal de roche près d’Anjozorobe. L’affaire a rapidement pris des proportions et viré à la surenchère politique, avec des relents de conflit tribal. La famille de la prétendue victime a finalement annoncé que des « arrangements » avaient été conclus pour mettre un terme à cette affaire qui demeure fort nébuleuse et risque fort de le rester…

La célébration de l’insurrection populaire du 29 mars 1947 a été troublée par des échauffourées entre les forces de l’ordre et une délégation du Mapar d’Andry Rajoelina, conduite par le sénateur Lylison René de Roland, ancien, colonel de gendarmerie, co-directeur de la FIS durant la Transition. Pour certains observateurs, la démonstration de force de du sénateur annonce des jours difficiles pour le pouvoir.

Le président comorien apporte son soutien à la rétrocession des îles Eparses, faisant le rapprochement avec sa revendication de rattachement de Mayotte à l’Union des Comores. Les Russes ont déjà annoncé leur soutien à la démarche malgache et Didier Ratsiraka a rappelé que les Nations unies se sont prononcées en décembre 1979 en faveur de la souveraineté malgache sur ces ilots. La SG de l’OIF, en visite à Madagascar pour la préparation du Sommet de la Francophonie, laisse entendre que des pourparlers sont en cours entre les deux pays.

POV MONTAGE

La secrétaire générale de l’OIF, Michaelle Jean, s’est rendue à Madagascar pour la préparation du Sommet de novembre. Elle s’est attachée à répliquer aux détracteurs de cette manifestation, qui mettent en avant un contexte socio-économique particulièrement difficile. Elle soutient que le Sommet sera l’occasion de faire valoir l’attractivité de Madagascar et fait appel à un vigoureux élan national pour faire de ce rendez-vous une réussite. Les défis à relever restent importants. L’État doit parvenir à convaincre l’opinion qu’un sommet réussi aura des retombées pour le plus grand nombre et non pour une frange d’affairistes, comme l’écrivait récemment le SeFaFi. Des interrogations subsistent quant à la réalisation dans les délais des équipements et infrastructures indispensables. La question de la sécurité du Sommet et de la prévention du terrorisme a également été au centre des préoccupations.

L’ambassade des États-Unis déplore l’inertie de l’État dans les affaires ayant trait aux droits de l’homme, à la lutte contre les trafics illicites et à la corruption. « Il y a des lignes que les bailleurs ne peuvent pas franchir », prévient l’un des ses porte-paroles. Les Etats-Unis reviennent sur l’affaire du leader étudiant Jean-Pierre Randrianamboarina qui a subi des violences de la part de l’Emmo/reg il y a six mois Ils réclament que les promesses de respect de l’Etat de droit soient suivies d’effet.

Une convention entre Madagascar et l’Arabie Saoudite pour la migration de travailleurs est en cours d’élaboration. Le Bureau national de lutte contre la traite des êtres humains annonce que l’envoi de travailleurs domestiques en Arabie Saoudite, suspendu officiellement depuis 2012, sera de nouveau autorisé. Le ministre de la fonction publique et des lois sociales avait annoncé quelques jours auparavant, à l’occasion de la Journée de la femme, que l’activité des agences de placement en direction des pays du Golfe restait suspendue. Seuls sont admis les envois de main d’œuvre à destination de Maurice, des Seychelles et de Hong Kong. Le syndicat des professionnels diplômés en travail social a comptabilisé, rappelle-t-on, une quarantaine de ressortissants malgaches décédés dans les pays du Golfe et au Liban, entre 2009 et 2014, dont une grande majorité de femmes.

Quelques centaines de femmes réunies au sein de l’association des victimes de la traite réclament une plus grande implication de l’Etat dans la prise en charge et la défense des victimes. 16 cas de traite ont donné lieu à des poursuites en 2015, cinq peines d’emprisonnement ont été prononcées. La SADC procède à la mise en place d’une base de données sur la traite des personnes dans les pays membres, en partenariat avec l’Unicef et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.

L’UE affiche sa détermination à faciliter l’organisation de la présidentielle de 2018. Les recommandations techniques formulées pour le scrutin de 2013 font actuellement l’objet d’un réexamen. Une délégation de la division assistance électorale du PNUD est en mission à Madagascar avec pour objectif d’identifier les modalités d’aide des Nations unies en vue de la mise en place d’un nouveau Pacem, qui devrait couvrir la période allant jusqu’à la présidentielle de 2018.

La banalisation de la prostitution de mineures se confirme, en lien avec la démocratisation de l’accès à Internet et aux réseaux sociaux. Une proposition préoccupante de jeunes filles adopte des comportements qualifiés de « pré-prostitutionnels ». L’ONG Ecpat France Madagascar lance une grande campagne de sensibilisation auprès des jeunes, des parents et des autorités.

Newsmada 12 03 16Pour tenter de lutter contre les bandes armées responsables du climat s’insécurité qui frappe les zones rurales, tout en prévenant les dérapages dénoncées dans le cadre des opérations « Tandroka » puis « Fahalemana », une « unité spéciale anti-dahalo » est mise en place au sein de la gendarmerie. Elle est basée à Betroka, dans le Sud. Une première vague de commandos a quitté la capitale.

La presse continue de se faire l’écho d’attaques de villages par d’importantes bandes armées, faisant de nombreuses victimes parmi les forces de l’ordre et les villageois engagés dans la poursuite des malfaiteurs, souvent retranchés dans des zones isolées et inaccessibles.

On continue d’assister à la banalisation d’actes de vindicte populaire et des lynchages publics que le général Anthony Rakotoarison, responsable de la communication de la gendarmerie nationale, explique par la perte de confiance de la population dans la justice. Le palais de justice de Maroantsetra a été saccagé par 800 manifestants opposés à la tenue d’un jugement. Les émeutiers ont obtenu la remise en liberté de la personne incriminée et les auteurs des actes de vandalisme n’ont pas été inquiétés. Le débat sur le rétablissement de la peine de mort est périodiquement relancé par certains médias qui considèrent que la non-application de la peine capitale ouvre la voie aux exécutions extrajudiciaires et aux vindictes populaires.

Suite à diverses affaires mettant gravement en cause le fonctionnement de la justice, la ministre a annoncé la création d’un « comité des sages » qui aura une mission de médiation avec les usagers. Elle annonce également la mise en place d’une « direction générale de contrôle » au sein de son département. La presse constate que nombre d’annonces d’enquêtes sur des dossiers brulants ne sont pas suivies d’effet. « Un subterfuge mis en avant par le pouvoir pour faire taire les polémiques », écrit L’Express.

L’enquête sur l’affaire du double rapt d’adolescents au mois de novembre à Toamasina, sur fond de trafics de bois de rose et de corruption de la justice, semble s’enliser. 21 suspects ont été placés en détention provisoire, dont u magistrat, mais l’enquête semble au point mort. Depuis ces évènements la ville est en effervescence et le sentiment d’insécurité généralisé. Trois journalistes ont été poursuivis pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles par le père des adolescents kidnappés. Bénéficiant d’une liberté provisoire, leur procès est annoncé pour le mois d’avril.

Le bâtonnier de l’ordre des avocats constate que les clients se font rares en raison de la corruption. Les justiciables préfèrent « traiter » directement avec les magistrats au lieu faire appel au service d’avocats. Les « rabatteurs » sont omniprésents dans les parages des juridictions.

A l’occasion de sa visite officielle à Maurice, le président de la République a rappelé que la sécurité et la stabilité politique figurent parmi les exigences des bailleurs de fonds. « La restauration de la paix sociale et de la stabilité politique se trouve parmi les préoccupations majeures du régime», a-t-il souligné. 1 200 élèves-gendarmes seront recrutés en 2016, soit plus de deux fois le nombre de paramédicaux à embaucher par le ministère de la santé, fait-on observer. Le ratio de gendarmes par habitant serait très inférieur aux normes internationales mais nombre de gendarmes seraient en position de détachement dans diverses institutions et ne participeraient pas à la sécurisation des populations…

La conjoncture internationale et l’expansion du mouvement djihadiste commencent à préoccuper les autorités qui s’interrogent sur la capacité de la Grande île à faire face à ces situations. Les Etats unis exercent une vigilance accrue. Des médias mettent en doute sur la sécurité de l’aéroport d’Ivato, avec l’ouverture de ligne vers l’Afrique de l’Est, le Moyen Orient et les pays du Golfe. Des trafics d’armes auraient été repérés au nord de Madagascar, dans l’océan Indien, par la force navale internationale qui lutte contre la piraterie et le terrorisme dans la région.

Des soupçons de corruption entachent le recrutement des 1 200 gendarmes intervenu en 2015.Le Bianco a ouvert une enquête sur l’organisation du concours de recrutement d’élèves agents pénitentiaires. La Gazette dénonce la corruption qui sévirait dans les procédures d’avancement dans l’administration et dans l’armée. Le bureau permanent du Sénat nouvellement élu entend engager l’assainissement des personnels à son service. 700 salariés, dont une bonne partie serait sous-employée ou ne répondrait plus aux convocations. Il a engagé la chasse aux faux diplômes qui ont permis à leurs titulaires d’occuper des fonctions auxquelles ils ne pouvaient prétendre. Presque deux ans après leur investiture, seuls 82 députés sur 151 ont procédé à une déclaration de patrimoine auprès de la HCC.

Les ministères de l’éducation et de la santé ne disposent pas des ressources nécessaires pour effectuer les investissements répondant aux besoins vitaux de la population. Sur les 5 dernières années, l’essentiel de leur budget a été consacré à la solde de leurs fonctionnaires. Le niveau de l’éducation régresse depuis 20 ans. La Banque mondiale et le l’Unicef poussent le gouvernement à optimiser les dépenses publiques pour répondre aux besoins des populations, principalement des plus vulnérables.

Une sous-évaluation de la prévalence du VIH/Sida fait craindre une explosion de l’épidémie, selon le prix Nobel de médecine, découvreur du virus, de passage à Madagascar. Si rien n’est fait, l’épidémie explosera d’ici quelques années, comme cela s’est produit dans des pays d’Afrique, redoute-t-il. Une importante campagne de vaccination anti-poliomyélite a été lancée mais les responsables sanitaires ont eu du mal à convaincre. Les écoles catholiques ont refusé de faire vacciner leurs élèves. Madagascar est classé par l’OMS comme étant un pays vulnérable au virus Zika. Le ministère de la santé prépare un plan d’action pour faire face à une éventuelle arrivée de l’épidémie. Une campagne de sensibilisation est lancée auprès des élèves, dès le primaire, sur les dangers des grossesses et des mariages précoces. L’ONG Marie Stopes Madagascar et le ministère de l’éducation se disant alarmés par la situation. Selon l’Unicef, la Grande île est à la quatrième dernière place des pays en retard en matière d’accès à l’hygiène et à l’assainissement, avec un taux d’accès de 15 % en milieu rural. Elle se trouve également parmi les 6 pays où la majorité de la population - 66 % - n’a pas accès à l’eau potable. 800 millions de dollars seraient nécessaires pour atteindre l’objectif d’un taux d’accès à l’eau potable de 68 % d’ici 2019.

Quatre vedettes rapides ont été offertes par la Banque mondiale au ministère de l’environnement, des forêts et de la mer pour contribuer à combler l’insuffisance de moyens dans la lutte contre les trafics des ressources naturelles. Elles devraient permettre aux ministères de l’environnement, de la défense nationale, et à la gendarmerie d’agir rapidement sur la base d’informations reçues du Centre de fusion des informations maritimes qui vient de s’installer à Antananarivo.

la vérité 08 03 16L’annonce par Singapour de la réouverture du procès portant sur les 30 000 rondins de bois de rose saisis en 2014 a relancé les débats sur la question de savoir quels sont les hauts responsables qui ont pu délivrer l’autorisation d’exportation de cette importante cargaison, en violation de l’embargo imposé par la Cites. L’ancien premier ministre de la Transition, Jean Omer Beriziky, réclame l’ouverture d’une enquête approfondie. L’actuel ministre de l’élevage, ex-ministre de l’environnement de la Transition, est accusé de compromission dans cette affaire. Le ministre de l’environnement évoque des négociations diplomatiques engagées avec la Tanzanie, le Kenya, le Sri Lanka et Maurice sur le devenir des bois précieux saisis dans ces pays.

La société civile attend avec impatience le décret d’application portant création de la chaîne spéciale bois de rose qui lui permettrait de poursuivre des personnalités actuellement intouchables. Adoptée par les députés lors de la session extraordinaire de décembre 2015, la mise en place de cette juridiction est en stand-by.

Les ruées vers l’or et les pierres précieuses préoccupent les autorités. Les exploitations illicites se multiplient, jusque dans le périmètre de certains parcs nationaux. Une exportation illégale d’or a pu être déjouée. Des ressortissants sri-lankais s’apprêtaient à embarquer sur un vol à destination de Nairobi, plate tournante de trafics qui semblent généralement converger par la suite vers Dubaï.

Des tentatives d’exportation illégale de reptiles, de tortues et de coraux noirs protégées alimentent encore la chronique. L’Asie reste la destination privilégiée de ces trafics. Une organisation maffieuse aurait la mainmise sur les exportations de crabes de mangrove, qui font l’objet d’une surexploitation.

Un vraquier panaméen, chargé de 160 000 tonnes de charbon et de 2 500 tonnes de carburant s’est échoué à Faux Cap, à l’extrémité sud de la Grande île. La pollution par les poussières de charbon menace un sanctuaire d’espèces endémiques.

Le gouvernement fait état de l’aggravation de l’insécurité alimentaire, de la malnutrition et de l’insuffisance des ressources disponibles dans le Sud, notamment dans sept districts où plus d’un million d’habitants sont touchés. Il a décrété l’état de sinistre et s’est résolu à faire appel à l’aide internationale.

Pov 17 03 16Le représentant du FMI annonce que l’institution sera plus attentive aux actions menées contre la corruption. L’institution entend apporter sa contribution à la mise en place de la bonne gouvernance en faisant appel à son expertise internationale, au niveau notamment de la douane, des impôts et des entreprises publiques. Sa récente mission destinée à statuer sur l’attribution à Madagascar de la Facilité élargie de crédit (FEC) fait été de progrès notables mais note que « d’importants défis restent à relever ». Le programme de référence, objet de l’évaluation, avait notamment pour but de renforcer les recettes fiscales à travers une lutte plus efficace contre les fraudes, l’élimination de certaines exonérations et les efforts menés pour réduire le secteur informel. Le FMI avait également suggéré l’abandon de subventions inefficaces aux carburants et aux entreprises publiques comme la Jirama et Air Madagascar. Le ministre des finances a fait savoir que la lutte contre les sociétés qui ne paient pas leurs impôts sera réactivée.

Madagascar est en train de revoir ses accords-cadres de coopération bilatérale. La mise à jour de l’accord franco-malgache a été évoquée lors d’un entretien du chef de la diplomatie avec son homologue français. L’accord-cadre entre Madagascar et La Réunion, signé en 2008, devrait faire l’objet d’une mise à jour. Il en va de même pour les accords conclus avec l’Union des Comores et Maurice.

Le Japon confirme son intention de financer l’extension du port de Toamasina. Les préparatifs techniques s’achèvent. L’ambassadeur révèle néanmoins que son pays attend des assurances complémentaires du FMI sur les progrès accomplis par Madagascar dans la gestion des finances publiques et la gouvernance.

Un troisième « dialogue politique » Madagascar-UE s’est tenu à Tolagnaro, manifestant une impatience de part et d’autre. Le chef de l’Etat déplore le retard pris dans le déblocage des aides annoncées. L’UE, de son côté, insiste toujours sur les réformes à engager et les progrès à accomplir en matière de bonne gouvernance.

Le gouvernement annonce la signature d’un mémorandum d’entente avec Maurice pour le développement d’une Zone économique spéciale pilote sur le site d’Ehoala. Le coût du projet est estimé à 250 millions de dollars et pourrait aboutir à la création de 6 000 emplois. Le secteur privé malgache fait part de son inquiétude à cette annonce et déplore avoir été placé devant le fait accompli. Certains élus redoutent que Madagascar renonce à sa souveraineté sur le territoire de 440 ha qui serait concédé aux Mauriciens.

Le gouvernement a renoncé à la mise en place de la redevance portuaire ACD (« Advanced cargo declaration »). Cette redevance, non inscrite dans la loi des finances 2016, instaurée par le ministre des transports à travers l’APMF (Agence portuaire maritime et fluviale) et la société ATMPS dirigée par un béninois à la réputation sulfureuse, a provoqué l’ire des opérateurs économiques. Selon certaines estimations, l’État comptait collecter 15 millions d’euros par an de ce dispositif. Une manière maladroite, estime L’Express, de renflouer ses caisses et de répondre aux exigences des bailleurs portant sur l’amélioration des recettes fiscales et douanières, alors qu’il est déjà incapable de faire rentrer impôts et taxes inscrits au budget.

17 milliards Ar ont été débloqués pour le remboursement de la TVA payée par les sociétés assujetties, notamment celles des zones franches. Les arriérés de remboursement devraient se résorber définitivement, assure le DG du Trésor. Ces retards de remboursement constituaient l’un des points de discorde entre l’État et le secteur privé depuis plusieurs années. Quelques 800 entreprises sont concernées, le plus grand créancier de l’État étant la compagnie minière Ambatovy, qui escompte le remboursement de 175 millions de dollars. La prise de « mesures pour éviter l’accumulation de nouveaux arriérés et pour apurer les arriérés existants dans les plus brefs délais » était au nombre des recommandations du FMI.

Madagascar n’est pas encore complètement entré dans la mondialisation. D'après l'édition 2016 de l'indice de la mondialisation économique, sociale et politique publié par un institut suisse, Madagascar se trouve à la 37ème position dans le classement des pays africains et à la 149ème place à l'échelle mondiale.

La Société financière internationale (SFI), membre du groupe Banque mondiale, annonce qu’elle a conclu un partenariat avec le gouvernement pour le développement de l’énergie solaire, dans le cadre de l’initiative « Scaling Solar » qui vise la création d’un marché viable pour l’énergie solaire en Afrique. Madagascar est le troisième pays africain à intégrer l’initiative. Les annonces en vue d’accompagner l’électrification de Madagascar se multiplient. Outre les partenaires techniques et financiers habituels, de grandes multinationales se sont manifestés, notamment suite à la mission effectuée récemment en Europe par le premier ministre.

Air Madagascar à la peine face à la libéralisation du ciel malgache. Des compagnies extérieures annoncent l’ouverture de dessertes de Madagascar. Pour survivre, la compagnie opte pour le partage de codes. Une enveloppe de 75 milliards Ar doit être injectée par l’Etat dans son capital d’ici 2018. Afin de faire face à l’Open sky, 25 milliards ont déjà été débloqués en 2016, tout comme l’année précédente. La compagnie met tous ses espoirs dans la sortie de l’annexe B de l’UE avant le Sommet de la Francophonie.

La société d'Etat d'extraction minière Kraoma sur le point de déposer son bilan. La société n'arrive plus à payer le salaire de ses 500 ouvriers. Une somme de 800 000 dollars aurait été détournée. Des contacts seraient en cours avec des Coréens pour céder ses actifs.

La crise de la filière vanille écorne son image de marque. Madagascar reste le leader mondial malgré la concurrence internationale mais de lourdes menaces pèsent sur son devenir. Recrudescence des vols de gousses sur pied, violation des règles de production, de récolte et de conservation figurent parmi les causes qui poussent certains opérateurs à vouloir s'enrichir sans respecter les normes. Une nouvelle génération de Chinois récemment installés à Madagascar aurait pris les rênes de la filière et pousserait à privilégier les rendements au détriment de la qualité, selon un reportage diffusé par une chaine de TV française.

Le patron du géant du textile mauricien La Compagnie mauricienne de textile (CMT) confirme la réouverture en juillet de son usine malgache, fermée durant la crise de 2009. Son redémarrage nécessite des investissements d’un montant de 10 millions de dollars. Elle permettra la création dans un premier temps de 2 500 emplois, 3 500 autres à terme.

Les importations de riz sont en baisse. La Grande île a importé 275 000 tonnes de riz en 2015, un chiffre en baisse de 82 000 tonnes par rapport à 2014. L’observatoire du riz se veut confiante : la fin de la période de soudure approche et de nouvelles importations ne seront sans doute pas nécessaires.

  
SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Mise en place des institutions de la IVème République, élections régionales
  • La fusillade Anjozorobe, affaire d’Etat ?
  • Diplomatie, préparation du Sommet de la Francophonie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Traite, prostitution de mineurs
  • Insécurité, vindicte populaire
  • Justice, affaire du rapt de Toamasina, gouvernance
  • Education, santé, assainissement
  • Médias, liberté d’expression

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, bois de rose, foncier
  • Environnement, calamités naturelles, assainissement de la capitale
  • Bailleurs de fonds, Banque mondiale, FMI, coopération
  • Vie des entreprises, divers

>> Télécharger la revue de presse complète pdf, 29 pages

>> Télécharger le résumé


Voir aussi Facebook https://www.facebook.com/jumami.madagascar

Posté par jumami à 07:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 mars 2016

ARTICLES REMARQUES - MARS 2016

- 20 03 16 - RFI - « Maladies et violences ordinaires dans un hôpital malgache » - Interview de Claire Mestre est psychiatre anthropologue au CHU de Bordeaux.
Claire Mestre est psychiatre anthropologue au CHU de Bordeaux. En 1995, dans le cadre de sa thèse, elle décide d'étudier les pratiques et les violences du quotidien dans l'hôpital public de Toamasina. Vingt ans après, son étude est plus que jamais d'actualité. Abandon des patients indigents, corruption, clientélisme, mauvais traitements, retards de salaires, manque de médicaments, les dysfonctionnements sont nombreux. Rencontre, au micro de la correspondante de RFI, Sarah Tetaud. (5’51)
http://www.rfi.fr/emission/20160320-madagascar-claire-mestre-maladies-violences-ordinaires-hopital-malgache

<> 18 03 16 -  SeFaFi - Communiqué - Qui veut la mort des fokontany et des communes ?
Le SeFaFi s’insurge contre le projet de décret fixant les « règles relatives à l’organisation, au fonctionnement et aux attributions des fokontany » adopté récemment par le conseil du gouvernement. Il rappelle que « le fokonolona est le lieu par excellence de la vie commune, où se côtoient les générations, se transmettent les valeurs et s’expriment les opinions. Structure de gestion de la collectivité de base, elle a été popularisée par Andrianampoinimerina et généralisée dans le royaume de l’Imerina. La colonisation n’a pas réussi à l’affaiblir, et le colonel Ratsimandrava en avait fait, jusqu’à son assassinat le 11 février 1975, le symbole d’une politique à la fois modernisatrice et fidèle aux valeurs traditionnelles ». Le SeFaFi estime que pour l’heure, les Collectivités territoriales décentralisées (CTD) restent des coquilles vides, à la fois parce qu’elles ne disposent pas de budget propre (toutes les dotations leur sont « octroyées » par le pouvoir central, en fonction évidemment de leur docilité politique) et parce qu’elles n’ont ni légitimé populaire (leurs responsables ne sont pas élus par les citoyens) ni autonomie institutionnelle.

 

------------------------------------------------------

 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

--------------------------------------------------------

Posté par jumami à 16:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 février 2016

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2016

Newsmada 10 02 16Hery Rajaonarimampianina a désigné les 21 sénateurs destinés à compléter l’effectif de la Haute assemblée. Ils représentent une large panoplie de courants politiques et de membres de la société civile. Deux ministres en fonction sont nommés et devront être remplacés (pour l’heure, des intérimaires ont été nommés). Même si le chef de l’Etat n’a pas nommé une grande quantité de membres du HVM, le parti présidentiel reste très majoritaire dans le nouveau Sénat, avec plus de 80 % des sièges. Le TIM et le Mapar ont été laissés sur la touche. Le choix du président s’est porté sur des personnalités décidées à soutenir son programme et à collaborer avec lui. Quelques clins d’œil ont été adressés aux anciens chefs d’État Zafy Albert et Didier Ratsiraka, et à des formations politiques qui ambitionnent d’intégrer les institutions. Honoré Rakotomanana, 82 ans, a été élu président. Présenté comme le candidat du parti HVM et seul candidat, il a été élu à la quasi-unanimité. Fidèle de Didier Ratsiraka, il a été président de la HCC de 1982 à 1991 et déjà président du Sénat en 2001 et 2002, jusqu’à la chute du régime Ravalomanana. La Gazette fustige sa capacité à « naviguer dans le sens du courant ». La HCC a déclaré conforme à la Constitution le nouveau règlement intérieur mais a émis des réserves sur certaines dispositions portant notamment sur les « prérogatives » et « avantages » des sénateurs. Le HVM a verrouillé le bureau permanent. Six vice-présidents sur sept sont des élus du parti au pouvoir. La présidence des sept commissions revient à des personnalités nommées par le président de la République.

Midi prêt l’intention au président du Sénat d’engager une procédure de révision de la Constitution ayant pour objectif la double élimination de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina à la présidentielle de 2018.

Dans son rapport sur le scrutin sénatorial du 29 décembre, la CENI a évité d’aborder les sujets sensibles, minimisant la question « des atteintes au secret du vote » qui avait été épinglée par la HCC lors de la proclamation officielle des résultats. Les observateurs déplorent que la CENI n’ait pas abordé la question des poursuites judiciaires à l’encontre de ceux qui ont attenté à la sincérité ou au secret du vote, comme le prévoit le code électoral. Améliorer la formation et l'éducation des électeurs constitue l’un des principaux défis de la commission, qui recommande notamment une clarification de la procédure de recours.

La mise en place du Sénat devrait accélérer l’instauration de la Haute Cour de justice (HCJ), même si d’autres institutions ont pu fonctionner sans le quota de la Chambre haute, comme la HCC, qui attend la nomination par le Sénat de deux de ses membres. La mise en place de la HCJ ne figure pourtant pas dans les priorités du gouvernement, en dépit de l’insistance de l’UE.

Un appel à candidature a été lancé pour siéger au Haut Conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED). Les prétendants se bousculent. L’un de ses membres doit être élu par le Sénat. La liste des sénateurs postulant à un siège dans les autres institutions à pourvoir s’allonge.

Dernier scrutin à tenir dans le cadre des institutions de la IVème République : l’élection des conseillers régionaux et des chefs de région, prévue pour juin. Les chefs de région et les membres du Conseil régional seront élus au suffrage universel indirect. Les députés et les sénateurs élus ou désignés seront membres de droit du Conseil régional, avec voix délibérative.

Le microcosme politique est agité par des rumeurs persistantes de remaniement ministériel dont le chef de gouvernement lui-même pourrait faire les frais. Les performances de l’équipe actuelle ne seraient pas à la hauteur des attentes. Une appréciation partagée par les bailleurs de fonds. Les pratiques politiques habituelles refont surface, avec un afflux de propositions de candidats émanant d’associations et de partis politiques. Dans la perspective de ce prochain remaniement, les ministres se battent pour leur reconduction et recherchent des appuis au niveau de l’Assemblée nationale, écrit Midi. Certains d’entre eux collectent des signatures auprès des élus, avec comme mode opératoire : « Soutenez-moi, donnez-moi votre signature et je vous paie ». Marc Ravalomanana, président du Tim, confie que son parti est prêt à intégrer le prochain gouvernement. Pour Madagascar Matin, bien que critique vis-à-vis du pouvoir, « Marc Ravalomanana n’a pas la force de s’opposer à Hery Rajaonarimampianina et a choisi la stratégie de collaboration.  (…) La décision du Tim de s’associer au HVM au sein d’un futur gouvernement reposerait surtout sur la stratégie personnelle de son fondateur qui a un besoin urgent de relancer son groupe Tiko ». Andry Rajoelina, en revanche, a déjà fait savoir qu’il s’abstiendra de présenter des candidats, tout en refusant de se positionner officiellement dans l’opposition et bénéficier des avantages que la Constitution lui procurerait. Aucune opposition officielle ne s’est encore déclarée, tant au niveau de l’Assemblée nationale que du Sénat.

Après deux années de mandat chaotique, les constats convergent pour juger les efforts insuffisants et pointer du doigt les défaillances de l’exécutif. « La mayonnaise ne prend toujours pas », constate le SeFaFi. Dans un climat d’attentisme généralisé, les repères disparaissent peu à peu dans les milieux de l’éducation et de la justice, ou en matière de respect des personnes et de l’Etat de droit, juge-t-il, jetant un doute sur la stabilité politique, avec une Assemblée nationale « défaillante et corrompue » et un Sénat dont la légitimité est discutable car mise en place par des élections litigieuses. Il pointe du doigt également l’« échec », de l’Etat en matière de sécurité. « 2015 a encore été une année perdue et le pays attend toujours les dirigeants et les projets qui le feront décoller », soutient le SeFaFi. Face à cette conjoncture délétère qui se prolonge, les bailleurs n’ont de cesse depuis le début de l’année de tirer la sonnette d’alarme. Les interrogations sur l’état de santé du premier ministre - il s’est rendu à plusieurs reprises en France pour raisons médicales et s’y trouve actuellement - contribuent à fragiliser sa position.

10 jours après avoir été élu sénateur, l’ancien directeur très controversé de la FIS sous le régime de transition, Lylison René, élu sous la bannière du Mapar, dénonce la mauvaise gouvernance du régime. « Le régime actuel ne bénéficie d’aucune légitimité.  Après avoir trahi Andry Rajoelina, Hery Rajaonarimampianina n’est plus qu’une coquille vide, faible et sans aucune force », juge-t-il. Pour le député Nicolas Randrianasolo, élu sous les couleurs du Mapar mais qui a choisi de se rapprocher du pouvoir, « le programme du sénateur Lylison est clair : il a adhéré au Sénat pour déstabiliser le régime et pour semer des troubles au sein de cette institution ». La rumeur lui prêt des projets de coup d’Etat et d’actes de déstabilisation.

Le bureau permanent de l’Assemblée nationale de nouveau menacé de destitution. Les députés lui reprochent une mauvaise gestion et du favoritisme pour l’attribution des missions à l’étranger. La gestion des finances de la Chambre basse avait déjà fait l’objet de vives tensions l’an passé. Pour des observateurs, cette nouvelle menace dissimulerait des visées politiques, dans le prolongement du séisme qui a ébranlé le Parlement en 2015, avec le vote de la motion de déchéance du chef de l’Etat et de la motion de censure du gouvernement. La menace semble néanmoins avoir peu de chances de se concrétiser.

Newsmada 09 02 16La commémoration des évènements du 7 février 2009 a fait craindre un regain de tension entre les différentes tendances politiques ayant appelé à manifester et à déposer des gerbes sur la stèle des victimes de la fusillade. Les rassemblements, en ordre dispersé, avaient été strictement réglementés par le préfet de police. La part de responsabilité des protagonistes dans cette tragédie fait toujours débat. Chaque partie campe sur ses positions. Les controverses se prolongent sur les médias et les réseaux sociaux. Cette année, pour la première fois, les deux principaux protagonistes, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, étaient présents à Madagascar pour cette journée commémorative. Condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité, Marc Ravalomanana persiste à ne pas reconnaître la compétence du tribunal qui a prononcé la sentence et à nier toute responsabilité dans ces évènements. Andry Rajoelina a préféré éviter la commémoration pour se rendre dans le Sud et mener une opération médiatique de soutien aux populations victimes du « kere ». Le colonel Charles Andrianasoavina, personnage clé de la crise de 2009, ancien co-directeur de la FIS, mis sur la touche par le président de la Transition, a réitéré ses « révélations » sur la fusillade, dont il rend responsables Andry Rajoelina et le colonel Lylison René. Le chef d’Etat-major général de l’armée a annoncé des sanctions disciplinaires à l’encontre du colonel qui s’est exprimé sans autorisation de sa hiérarchie.

Le pasteur Lala Rasendrahasina, président de la FJKM dans la tourmente. Il a été interpellé par la brigade criminelle à la sortie d’un salon de massage où aurait opéré une jeune fille mineure. L’information, largement reprise par les médias et les réseaux sociaux, a mis en émoi la communauté protestante. Les partisans de Marc Ravalomanana sont convaincus que cette affaire a été orchestrée pour nuire à l’ancien président, qui est également vice-président laïc de la FJKM et très proche du pasteur Lala Rasendrahasina qui doit remettre en jeu son mandat au mois au Grand synode de l’Eglise au mois d’août. Pour La Vérité, le chef d’Eglise est tombé dans un guet-apens tendu par la présidence de la République, qui cherche à placer ses hommes au sein de la FJKM en vue des prochaines présidentielles. Le bureau central de la FJKM a tenu à faire savoir qu’il fait bloc derrière son président. « Nous nous sommes convenus de préserver l’unité de l’Eglise », a ajouté pour sa part Marc Ravalomanana. Le pasteur Lala Rasendrahasina a finalement présenté ses excuses à l’Eglise et aux fidèles pour le mal causé par sa présence dans cet endroit « inapproprié ». L’aveu du pasteur a mis provisoirement un terme à cette affaire qui a défrayé la chronique et coupé court aux rumeurs selon lesquelles le pasteur serait tombé dans un piège conçu par les proches du pouvoir. « La FJKM tombe entre les mains de Marc Ravalomanana », titre Madagascar Matin. Une aubaine inespérée pour sa préparation des présidentielles de 2018, estime le titre.

« Encore une pluie d’étoiles ». Le conseil des ministres a encore promu au grade de général de brigade une dizaine d’officiers, militaires et gendarmes, au titre du second semestre 2015, rapporte Tribune qui fustige ces promotions. « A ce rythme, il y aura autant de généraux et colonels que des hommes des troupes à moins que ce ne soit pas déjà le cas ! », ironise le site.

La préparation du Sommet de la Francophonie du mois de novembre continue de susciter de nombreux commentaires. Le SeFaFi somme l’Etat d’assumer ses engagements et de démontrer qu’il a postulé pour son organisation en connaissance de cause. Le coût financier de l’opération soulève toujours des interrogations, le bouclage du budget ne semble pas assuré et les informations sur cette question sont confuses et fragmentaires, estime l’Observatoire qui redoute qu’une fois de plus les dirigeants soient contraints de mendier des subsides. Il exige la transparence sur les dépenses engagées et se demande quelles seront les retombées réelles et durables pour le plus grand nombre en proie à l’extrême pauvreté. « Ce Sommet constitue des opportunités à saisir pour Madagascar. Il est non seulement bénéfique pour les opérateurs économiques malgaches, mais aussi pour la population entière, du fait de l’existence des effets d’entrainement », réplique le président du comité d’organisation.

A l’occasion d’un nouveau « dialogue politique » Madagascar-UE l’équipe gouvernementale a été rappelée à l’ordre par les ambassadeurs européens qui attendent des avancées concrètes sur un certain nombre de dossiers sensibles. « Des efforts ont été réalisés, mais nous ne sommes pas satisfaits à 100 %. Des défis restent à relever pour Madagascar », a indiqué l‘ambassadeur Antonio Sanchez Benedito.

La coopération militaire avec les Etats-Unis se renforce. Un amiral et 17 généraux américains ont effectué un séjour très remarqué dans la Grande île dans le cadre d’une formation destinée aux boursiers d’un programme militaire. Une présence analysée comme le signe tangible d’un rapprochement entre les deux pays sur fond de préoccupations géostratégiques et sécuritaires.

Un débat sur les îles Eparses revendiquées par Madagascar devrait se tenir aux Nations-unies au mois de septembre, selon la ministre des affaires étrangères. L’équipe en charge des négociations serait déjà constituée. Celle du camp français aurait été mise en place tout récemment. Un projet de refonte du décret fixant les limites des eaux territoriale de Madagascar a été adopté en conseil de gouvernement.

Le rapport annuel d’Amnesty International sur la situation des droits humains dans le monde consacre deux pages à Madagascar. Il rappelle que la Grande île se place au bas du classement de l’IDH. L’instabilité politique a continué en 2015 de menacer la réconciliation nationale et le développement économique. Le taux très élevé de pauvreté compromet l’accès aux droits économiques et sociaux élémentaires, notamment ceux des enfants. Le phénomène dahalo constitue toujours un problème sérieux, source de violences, d’homicides et d’exécutions extrajudiciaires. Des militants écologiques ont été inquiétés pour avoir dénoncé les trafics de bois de rose. La gendarmerie a utilisé la force de manière excessive. Les conditions carcérales demeurent préoccupantes.

L’affaire du kidnapping en novembre de deux adolescents de Toamasina dont la famille est proche d’un opérateur de la filière bois précieux a donné lieu à de nombreuses arrestations. Près de 70 personnes ont été auditionnées, 21 suspects placés en détention préventive, mais plusieurs récidivistes présumés coupables de rapts contre rançon ont été libérés. Les médias se sont interrogés sur le bien-fondé de ces décisions de justice, compte tenu du profil de certains individus réputés particulièrement dangereux. Après l’inculpation d’un magistrat, la tension restait vive au sein du tribunal de Toamasina. Fin février, la femme la plus recherchée dans cette affaire, évadée et multirécidiviste, a été arrêtée. Il reste à remonter jusqu’aux commanditaires de ce rapt. L’audition du magistrat accusé d’être impliqué dans le kidnapping a été différée. La presse se demande si l’on n’assiste pas en fait à une tentative de classer discrètement l’affaire. Soupçonnés d’être de connivence avec les kidnappeurs et poursuivis pour diffamation, trois journalistes ont été convoqués par un juge d’instruction. Ils se sont vus reproché d’avoir fait le lien entre le rapt et les affaires de trafic de bois de rose.

Les attaques de dahalo continuent d’alimenter la chronique. Certains observateurs établissent un lien entre la recrudescence de l‘insécurité et la famine qui affecte le Sud, entrainant d’importants mouvements de populations. Des élus évoquent aussi l’incidence du développement de la culture du cannabis sur d’importantes superficies. Autre conséquence de l’insécurité, des carences de la justice, de la corruption de l’administration et des forces de l’ordre : le recours à la vindicte populaire. L’insécurité urbaine reste préoccupante. La ville de Toamasina est particulièrement frappée. Meurtres, attaques à mains armés, vols à l’arraché sont devenus le lot quotidien de la population. L’ambassadeur de Russie a proposé au gouvernement de fournir des hélicoptères pour desservir notamment les zones enclavées en proie aux problèmes d’insécurité. La France s’est engagée à accorder des aides à la police et à la justice afin de faciliter les enquêtes sur les affaires délicates. L’éditorialiste de L’Express, Nasolo-Valiavo Andriamihaja, se prononce en faveur du rétablissement de la peine de mort, récemment abolie.

Un collectif d’organisations de la société civile interpelle : « La corruption est l’ennemie du développement ». Dans un communiqué il observe que la population s’enfonce dans le désarroi matériel et social face à un pouvoir qui martèle que « tout va bien ». Et de dénoncer la famine qui frappe le Sud dans l’indifférence générale, le pillage des ressources naturelles, l’impunité, le racket des populations, l’insécurité foncière, les financements douteux, le blanchiment d’argent et les achats de votes. Pour L’Express, l’absence d’Etat de droit peut dégénérer en violation des droits de l’homme à grande échelle. Le directeur sortant du Samifin déplore le manque de poursuites judiciaires à l’encontre des délinquants financiers. La justice est une nouvelle fois mise en cause.

Un élève sous-officier torturé par son supérieur après avoir été accusé de vol, sans pouvoir bénéficier de la présomption d’innocence. Une pratique qui serait courante mais rarement dénoncée par les victimes, par crainte de représailles. L’Observatoire malgache des droits de l’homme et des libertés (Omdhl) a porté plainte. L’ACAT confirmait dans un rapport récent que les allégations de mauvais traitements ou de tortures perpétrées par les représentants de l’État et les forces de l’ordre font très rarement l’objet d’enquêtes.

Le mandat du Conseil pour la réconciliation Malagasy (FFM ou CRM) s'achève en mars. Un comité d’experts travaille à la révision des textes. L’institution rénovée sera doté du pouvoir d’amnistier et de déterminer le montant des réparations et indemnisations des victimes des crises politiques. Le comité évoque la mise en place d’une « justice transitionnelle ». Le FFM a reçu plus de 500 requêtes d'indemnisation liées aux évènements de 2002 et de 2009. Un montant de 100 milliards Ar est nécessaire pour couvrir les indemnisations mais cette somme reste encore à trouver.

Education nationale : 50 000 enseignants non-fonctionnaires (ENF/Fram) auront été recrutés sur 5 ans, d’ici 2018. La vague de recrutement de 2014 est en place. 2 500 d'enfants d'Antananarivo ne sont pas scolarisés et plus de 300 d'entre eux ont un handicap physique. Handicap international s'est associée au ministère de l'éducation nationale pour mettre en œuvre un programme de rescolarisation. L’ONG assurera en outre l’accompagnement scolaire de plus de 2 500 enfants vulnérables dans deux régions. 40 % des écoles privées seraient dépourvues d’autorisation d’ouverture et fonctionneraient aves des enseignants non habilités. Le ministère de l’éducation nationale et l’Office national des écoles privées tentent de redresser la situation. Les contrevenants ont jusqu’au mois de septembre pour régulariser leur situation.

Près d’un millier d’adolescentes de 80 établissements seraient victimes de sorcellerie. Les responsables de l’éducation nationale et le FFKM tirent la sonnette d’alarme. Le phénomène touche 14 régions et ferait tache d’huile. Le ministère de l’éducation, impuissant, préconise la tenue de cultes œcuméniques. Aucune démarche n’a été engagée pour tenter d’expliquer scientifiquement le phénomène. « La laïcité de l’Etat est bafouée », écrit Madagascar Matin.

La lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants reste à renforcer. 14 % des filles de 15 à 19 ans sont victimes des violences sexuelles. L’exploitation sexuelle reste une problématique majeure dans les sites touristiques. Une étude menée par l’Unicef dans deux sites touristiques et miniers révèle que 16 % des enfants ont subi un premier rapport sexuel contraint. La signature, en mai 2015, du code de conduite des acteurs du tourisme dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) et le tourisme sexuel impliquant des enfants (TSIE) a marqué la détermination des acteurs du secteur à s’engager dans la lutte contre les pires formes de travail des enfants.

Santé : l’épidémie de peste continue à se propager. Une soixantaine de décès ont été enregistrés depuis août 2015. La lutte contre le VIH est pénalisée par divers dysfonctionnements. Cette situation représente un lourd handicap pour Madagascar dans l’atteinte des objectifs en matière d’élimination du VIH/Sida dans le monde d’ici 2030. La lutte contre le paludisme a été affectée ces dernières années par de nombreuses irrégularités dans la gestion des financements alloués par les partenaires. L’Usaid va apporter son soutien à 6 000 agents de santé communautaires en vue de réduire la mortalité maternelle et infantile. Le budget 2016 du ministère de la santé ne représente que 5,65 % de la masse budgétaire totale. Le CCOC rappelle que Madagascar fait partie des signataires de la déclaration d’Abuja de 2001 et que l’Etat s’est ainsi engagé à consacrer au moins 15 % de son budget annuel au secteur de la santé. Le niveau du concours national pour le recrutement de 500 paramédicaux est trop élevé pour les milliers de candidats issus des universités privées. Les résultats sont catastrophiques. La médiocrité des formations délivrées par ces instituts a soulevé les protestations de l’association des paramédicaux qui exige que l’Etat mette un terme à leur prolifération. L’incompétence de ces étudiants ferait courir un véritable danger aux patients.

Newsmada 19 02 16Famine. Une « concertation nationale » s’est tenue dans le Sud pour décider des actions pérennes à entreprendre pour lutter contre le « kere ». L’Etat, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, le secteur privé et les communautés locales ont pris part à ces deux jours de concertation. Une grande première dans l’histoire de la Grande île. L’initiative arrive bien tardivement pour Tribune, qui dénonce l’inaction du pouvoir et cherche à minimiser le drame qui frappe 700 000 habitants, bannissant le terme de famine pour imposer celui d’« insécurité alimentaire ». A l’issue de cette concertation, 21 résolutions ont fait l’objet d’un engagement solennel de la part des ministères concernés. 100 tonnes d’aliments thérapeutiques sont en voie d’acheminement vers le Sud. Les hôpitaux du Grand Sud commencent à accueillir un nombre élevé d’enfants victimes de la sécheresse et d’insuffisance alimentaire. 42 enfants d’une commune du district d'Ambovombe ont été admis au centre régional de l'équipe des médecins de MSF. Quatre d'entre eux souffrent de malnutrition aiguë. « Des établissements scolaires ont fermé leurs portes parce que les élèves se retirent de l’école, ils ont faim », témoigne un élu local. Pour la FAO, le manque de volonté politique est la principale cause de l’insécurité alimentaire.

Médias : un sondage effectué par « Ilontsera », place la justice et l’exécutif en tête des instances les plus inaccessibles en matière de collecte d’informations. Une situation qui nuit au droit à une information de qualité, à la liberté d’expression et à la démocratie. L’Observatoire se déclare préoccupé par les dérives des médias malgaches. En gestation depuis plusieurs mois, le projet de code de la communication n’a toujours pas été adopté par l’exécutif. La dépénalisation du délit de presse serait l’une des principales innovations apportées par le projet. En attendant son entrée en vigueur, les journalistes restent menacés de poursuites pénales, comme l’actualité récente en apporte la démonstration. Concernant la loi sur la cybercriminalité dont l’adoption avait suscité une levée de bouclier, le ministre soutient que sa modification est encore « en phase d’examen ».

L’exportation de granit vers La Réunion par la société Colas a été momentanément suspendue. L’ONE a demandé une étude d’impact environnemental supplémentaire afin d’adapter son cahier des charges initialement prévu pour le concassage de roches utilisées pour la construction de routes à Madagascar. A ce jour, plus de 200 000 tonnes de granit ont déjà été exportées. Après un premier article dévoilant le scandale financier de la NRL, Médiapart publie un second article qui donne un coup de projecteur sur la carrière malgache d’approvisionnement en roches pour la construction de la NLR. Quel est le prix de la tonne de roches ? Comment est-il possible d’exporter d’aussi grandes quantités de matériaux de Madagascar ? Un pactole qui attire toutes les convoitises et se trouve au centre de l’enquête préliminaire ouverte en 2014 par le parquet national financier pour corruption et favoritisme. La justice est sur la piste de flux financiers suspects entre Madagascar, La Réunion et les Seychelles.

Exportation illicite d’or : l’or en poudre et les vieux bijoux achetés par les vendeurs de rue transformés en lingot dans un quartier de la capitale avant d’être exportés illégalement, révèle le Samifin. Des personnels navigants et des pèlerins en partance pour la Mecque acheminent les lingots vers Nairobi où des personnes munies de papiers réglementaires venant de Botswana s’envolent pour Dubaï. Sur la base de données qui ne concernent que les Emirats Arabes Unis, le manque à gagner pour l’Etat et les collectivités est estimé à près de 326 000 dollars pour 2013, correspondant aux  potentielles redevances non perçues.

Bois de rose. Le ministre de l’environnement affirme sa volonté de procéder à un assainissement de la filière suite aux menaces proférées par la CITES. L’organisation a demandé en effet aux autorités de faire montre de progrès significatifs, au risque de se voir appliquer des sanctions plus fortes. Le ministère a décidé d’accélérer l’inventaire des stocks, après plusieurs mois d’attentisme. Le plan exigé par la CITES sera déposé avant le 25 juillet 2016, afin de pouvoir poursuivre les démarches visant à lancer un appel d’offre international. Les instances internationales commencent à prendre une part active dans la lutte contre ces trafics. Un groupe d’entités internationales s’engage à appuyer Madagascar. Pour expliquer cet engagement international le ministre avance l’argument que les millions de dollars drainés par les trafics de bois de rose pourraient servir au financement du crime organisé, voire du terrorisme international. La Haute Cour de Singapour a cassé un jugement d’octobre 2015 qui avait acquitté la société Kong Hoo dans une affaire présumée de trafic de bois de rose concernant une cargaison dépourvue d’autorisation de la CITES interceptée en mars 2014 en provenance de Madagascar pour une valeur estimée à 50 millions de dollars. Le dossier reviendra au mois d’avril vers la cour de première instance. Les milieux environnementalistes de la Grande île espèrent que ce nouveau jugement permettra d’éclairer le volet malgache de cette affaire, notamment celui des prétendues autorisations qui avaient été présentées comme provenant du ministère de l’environnement. . L’ambassade des Etats-Unis estime qu'il s'agit d'une petite mais importante étape dans la lutte pour combattre l'impunité concernant le pillage des ressources naturelles de Madagascar. Le premier ministre annonce l’ouverture d’une enquête sur ce dossier par la justice malgache. Les Chinois du quartier de Behoririka ont été dénoncés par le Samifin comme complices des trafiquants. Dans son rapport d’activité, le DG de cette institution a révélé que deux groupes distincts tirent les ficelles de ces trafics. L’ancien premier ministre Jean Omer Beriziky interpelle le pouvoir sur le trafic de bois de rose. Il déplore que la liste des commanditaires des trafics remises au chef de l’Etat à son départ soit restée lettre morte et que la culture de l’impunité continue à prévaloir, avec toutes ses conséquences néfastes sur le développement du pays. Il invite le pouvoir à collaborer pleinement avec la justice de Singapour.

Gouvernance foncière. Les citoyens ont leur mot à dire sur les projets de loi, réaffirme le Collectif Tany. «  Lorsqu’ils font les lois, les responsables politiques bafouent régulièrement la Constitution en ne respectant pas le droit des citoyens à l’information », déclare-t-il notamment. Les projets de loi ne sont jamais accessibles aux citoyens, pas plus d’ailleurs que certaines lois déjà votées qui peuvent porter atteinte aux droits fonciers des populations. Les élus de la région Sofia se sont opposés à la vente de terrains à une société chinoise qui aurait accaparé des propriétés privées pour y exploiter de la bauxite, sans étude environnementale et sans permis d’exploitation. Les parlementaires n’écartent pas une « corruption à haut niveau » dans l’attribution de ces terrains.

Assainissement de la capitale. « La maire d’Antananarivo [Lalao Ravalomanana] est tiraillée de toute part, et semble complètement dépassée. Une situation qui n’est pas pour déplaire à ses adversaires HVM, dont les différents ministères ne cessent de lui mettre des bâtons dans les roues. (…) Son objectif consiste à faire tomber le clan Ravalomanana. (…) Mais ce manque de volonté de coordination et de coopération entre les deux entités, CUA et pouvoir central, pourrait coûter cher au régime tout entier », écrit Tribune. Le bras de fer entre la commune et les marchands à la sauvette a généré un climat de tension qui a conduit le général Florens Rakotomahanina, commandant de l'Emmo/Reg, à s’impliquer dans la prévention de troubles et d’atteintes aux personnes et aux biens. Les meneurs des manifestations des marchands ambulants ont été convoqués par la gendarmerie. Des proches de la municipalité suspectent une instrumentalisation de cette tension par des sympathisants du régime de Transition. « La commune est partie en croisade contre les marchands de rues et autres marchands ambulants sans pour autant définir des mesures d’accompagnement ou des solutions concrètes », juge Madagascar Matin. Véronique Vouland-Aneini, ambassadrice de France, a rendu une seconde visite à Lalao Ravalomanana. Il a été question de développement urbain. La diplomate a mis l’accent sur une coopération accrue dans le domaine de l’assainissement, de la santé et de l’éducation. Antananarivo se positionne à la 218ème place sur 230 villes et capitales en matière de qualité de la vie.

Le soutien de la Banque mondiale va se renforcer de manière notable au cours des années fiscales 2016 à 2018. Le groupe vient d’accorder à la Grande Ile l’accès à un nouveau mécanisme de financement « IDA Turnaround Facility ». 690 millions de dollars seront alloués au pays sur ces trois années, doublant ainsi l’enveloppe initiale. Le décaissement sera soumis à la poursuite des réformes, en particulier liées à l’amélioration de la gouvernance.

Une délégation du FMI attendue en mars pour procéder à l’évaluation de la réalisation du programme de référence pour l’obtention de la « Facilité de crédit rapide » (FCR), d’un montant de 47,4 millions de dollars. Cette venue fait suite à une première mission en septembre 2015. La concrétisation des termes du programme de référence négocié avec le pouvoir sera déterminante pour l’obtention de la « Facilité élargie de crédit » (FEC) d’un montant de 240 millions de dollars sur trois ans. A quelques jours de l’évaluation du FMI sur les réformes engagées dans la gestion des finances publiques et des sociétés d’Etat, la situation d’Air Madagascar et de la Jirama reste préoccupante.

Plan National de Développement (PND) : gap de financement de 8,5 milliards de dollars. Sa mise en œuvre nécessite un taux de croissance de l’ordre de 5 % minimum selon le scénario de base retenu. Le coût de sa mise en œuvre s’élève à plus de 20 milliards de dollars, dont plus de 6 milliards d’investissements privés et plus de 14,5 milliards d’investissements publics. « Nous avons encore un gap de financement de 8,5 milliards à trouver pour réaliser les actions et les activités inscrits dans ce document décliné en Plan de Mise en Œuvre (PMO) », souligne le ministre de l’économie.

pov 24 02 16La compagnie minière Ambatovy dans le collimateur de la justice pour un litige avec une employée licenciée. Ses comptes bancaires ont été partiellement gelés. La société a également été mise à mal par l’entrée en vigueur de l’« Advance Cargo Declaration » (ACD), une nouvelle taxe instituée par un arrêté le ministère des transports et une circulaire de l’agence portuaire maritime et fluviale, dont la gestion a été confiée à une société privée détenue par un Béninois. D’après les textes officiels, la redevance est destinée à la « mise en conformité du niveau de sûreté des ports malagasy » mais des médias évoquent « une arnaque internationale ». Le système ACD devrait générer au moins 15 millions d’euros par an mais pour l’instant on ignore la part qui devrait revenir à l’Etat. Les recettes, tout comme leur affectation, ne sont pas prévues dans le budget 2016.

Le mécontentement des groupements patronaux se généralise. Le SIM alerte une nouvelle fois le gouvernement sur l’invasion de produits importés qui ne respectent pas les normes et constituent une concurrence déloyale. Cette situation trouverait sa source dans l’existence de fraudes douanières massives et de fausses déclarations destinées à minorer le montant des taxes à régler. Le GEM est lui aussi monté au créneau pour contester l’« Advance Cargo Declaration ». Le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), enfin, dénonce les retards dans le remboursement de la TVA. Les chefs d’entreprises menacent de boycotter toutes les discussions avec l’Etat dans le cadre du partenariat public-privé (PPP) et de ne pas soutenir l’organisation du Sommet de la Francophonie.

 
SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Mise en place du Sénat et autres institutions
  • Conjoncture politique
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • L'affaire du rapt de Toamisina
  • Insécurité, vindicte populaire
  • Gouvernance, justice, réconciliation nationale
  • Education, exploitation sexuelle des enfants
  • Santé, sécurité alimentaire
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, bois de rose, foncier
  • Environnement, calamités naturelles, assainissement de la capitale
  • Bailleurs de fonds, Banque mondiale, FMI, coopération
  • Situation du projet Ambatovy, vie des entreprises, divers

>> Télécharger la revue de presse complète pdf, 25 pages

>> Télécharger le résumé


Voir aussi Facebook https://www.facebook.com/jumami.madagascar

Posté par jumami à 08:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]