JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

ARTICLES REMARQUES - MAI 2018

<>  25 05 18 - Les Décrypyeurs - La HCC maintient Héry Rajaonarimampianina en poste et exige un gouvernement de consensus
Dans une décision publiée sur son site Web, la Cour reconnait que la « non mise en place de la Haute cour de justice est constatée ». Mais plutôt que de prononcer une sanction contre le président de la République, elle l’invite à « prendre dans les cinq jours qui viennent le décret de constatation de désignation des représentants de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED) ». Malgré la constatation de la « carence », la HCC décide de maintenir Hery Rajaonarimampianina à son poste. Elle l’enjoint plutôt à « mettre fin aux fonctions du Gouvernement » et à « nommer un Premier ministre de consensus dans un délai de sept jours ». Selon la HCC, trois noms au moins doivent lui être présentés pour qu’il puisse choisir.

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23 05 18 - Amnesty International - Réaction à la confirmation de la condamnation du militant écologiste Raleva
La cour d’appel de Fianarantsoa a maintenu la condamnation à deux ans de prison avec sursis à l’encontre de l’écologiste Raleva pour avoir contesté la légalité des activités d’une compagnie minière chinoise d’extraction d’or
. Deprose Muchena, directeur du Bureau d’Amnesty International pour l’Afrique australe, déclare : « En maintenant le chef d’accusation ridicule d’“usurpation de titre” contre Raleva, le tribunal a confirmé nos pires craintes : à Madagascar le prix à payer pour contester les grandes entreprises est élevé. Raleva n'est pas un criminel. Cette condamnation avec sursis a pour but de le réduire au silence et d’envoyer un message effrayant aux autres militants qui œuvrent en faveur des droits humains et de l’environnement. Les autorités doivent protéger les militants comme Raleva, qui se battent pour préserver les ressources naturelles du pays pour les générations futures, plutôt que de dévoyer les tribunaux pour les bâillonner. La condamnation prononcée contre Raleva doit être annulée et toutes les charges retenues contre lui doivent être abandonnées. »
L'article de L'Express rendant compte du procès en appel : Insurrection contre des Chinois - Condamnation maintenue pour le militant Raleva

- 22 05 18 - L'Express - Un mois de crise, un mois d'impasse
L’Express constate que la situation est dans l’impasse et que l’on n’entrevoit aucune issue. Si la HCC ne donne pas satisfaction aux 73 députés qui ont déposé une requête en déchéance du chef de l’Etat, que va-t-il se passer ? L’hypothèse d’un coup d’Etat ne serait pas à exclure en cas d‘impossibilité de trouver un moyen d’organiser des élections de manière consensuelle. Les milieux économiques font part de leur préoccupation, les voyagistes enregistrent un surcroit d’annulations, élèves et étudiants craignent de perdre leur année et des pénuries de PPN ne sont pas à écarter en raison du blocage du port de Toamasina.

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18 05 18 - SeFaFi - Communiqué - La déchéance des lois électorales
La publication des projets de lois électorales soumis au Parlement a soulevé une forte réprobation. Et les conditions dans lesquelles s’est déroulé le débat parlementaire en vue de leur adoption ont provoqué des manifestations de mécontentement et de rejet. Entre temps, la HCC a délivré son avis sur la constitutionalité des lois adoptées, et peu après le président de la République a promulgué les trois lois organiques qui constituent désormais les éléments clés du nouveau code électoral. Pourtant, rares sont les citoyens, y compris les élus et les responsables, qui se sont penchés sur la teneur de ces textes. Pour le SeFaFi, il est donc opportun de faire connaitre les articles que la HCC a jugés non conformes à la Constitution. Car ces textes posent à nouveau la question de leur constitutionnalité. Ils ont été toilettés, soi-disant conformément à la décision de la HCC, avant d’être promulgués. Or, à lire les décisions de la HCC, certaines dispositions méritent d’être soumises à une nouvelle délibération du Parlement avant promulgation. Sans une telle délibération, c’est la HCC qui aura légiféré, avec la complicité du pouvoir exécutif, en violation de tous les principes constitutionnels et démocratiques. Par ailleurs, une analyse plus fine de ses décisions montre que la HCC n’a invalidé les lois électorales rejetées par diverses parties (dont la société civile), que de manière très limitée.

- 17 05 18 - Jeune Afrique - Crise à Madagascar : un président fragilisé, une opposition radicalisée
Alors que l'opposition continue de manifester quasi-quotidiennement sur la place du 13-Mai, à Antananarivo, réclamant le départ du président Hery Rajaonarimampianina, ce dernier se trouve dans une « position intenable », selon un diplomate. Décryptage d'un cocktail explosif qui fait craindre le pire pour les semaines à venir.

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16 05 18 - Kolo-TV - Les abus sexuels sur mineures : des actes banalisés, un sujet tabou. Les journalistes de la chaine Kolo TV ont enquêté sur ce phénomène dans le cadre de l’émission « Alalino ». Les cas de corruption dans ce genre d’affaire ne sont pas rares, comme le montre le reportage (27'28) : https://www.koolsaina.com/reportage-abus-sexuels-viols-mineurs-madagascar/

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  14 05 18 - Loi organique n°2018 008 - Régime général des élections et référendums - Version promuluguée
<> doc  14 05 18 - Loi organique n°2018 009 - Election du président de la République - Version promulguée
Les textes électoraux amendées suite aux décisions et avis de la HCC ont été promulgués par le président de la République le 11 mai. L’exécutif a décidé de ne pas soumettre ces textes à un nouvel examen par le Parlement mais d’apporter lui-même les corrections nécessaires
. Les députés d’opposition et les manifestants semblent avoir été pris de court par cette promulgation rapide, sans nouvel examen par le Parlement alors qu’environ un tiers des textes ont été jugés non-conformes à la Constitution, écrit Tribune. Les opposants annoncent qu’ils n’approuveront pas les textes ainsi promulgués. Pour le président de la République, la promulgation, en prenant en compte les décisions de la HCC et en apportant les rectifications qui s’imposaient, ne pouvait plus attendre, sauf à remettre en cause le calendrier électoral. Plus rien ne ferait donc obstacle à la confirmation par la CENI de la date des élections, sauf si un hypothétique accord politique entre les acteurs de la crise politique intervenait rapidement et remette en cause le dispositif électoral. Pour le juriste Heriliza Imbiky, la HCC ne peut jouer le rôle de législateur. Le juge constitutionnel doit se limiter à déclarer la nullité partielle de dispositions et ne peut créer éditer de nouvelles normes, qui sont de la compétence exclusive du législateur.

- 11 05 18 - Tribune - Edito - La démocratie de façade
Madagascar connait la cinquième crise politique violente de son histoire depuis le retour à l’Indépendance. Chacune d’elle, depuis 1972 jusqu’à celle qui a débuté en avril 2018, s’est fondée sur des revendications liées directement ou indirectement à la démocratie et à ses corollaires : élections « propres », et libertés d’expression, de manifestation, de réunion etc. Les revendications officielles qui unissent régulièrement les opposants à une partie de la population montrent que les Malgaches connaissent les grands principes de la démocratie, fondés sur les droits politiques et libertés civiques. Ils savent percevoir quand ces principes sont violés et sont attentifs aux sollicitations de l’opposition lorsque la coupe est pleine. Mais la bonne connaissance théorique des principes de la démocratie ne se reflète pas dans la pratique, et les dirigeants et les opposants en sont responsables, de manière égale, même si ce n’est pas avec la même intensité. Les leaders de l’opposition sont devenus spécialistes de la mobilisation et de la manipulation des foules.

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  09 05 18 - Amnesty International - Le droit de manifester ne doit pas être érigé en infraction
Le conseil de gouvernement du 8 mai a donné des consignes strictes aux autorités des provinces pour interdire la tenue de manifestations politiques sur la voie publique
« pour préserver l'ordre public et pour maintenir la sécurité des personnes et des biens ». Une instruction en ce sens avait déjà été donnée le 27 avril mais elle a été renouvelée au vu des manifestations organisées dans plusieurs villes de province par les députés de l‘opposition. Il est rappelé que les réunions publiques nécessitent l’autorisation préalable du représentant de l’Etat. Madagate s’interroge sur la justification de dispositions qui ne sont applicables que dans les provinces et ne le sont plus dans la capitale. Le site souligne la coïncidence de ce rappel à l’ordre avec l’arrivée de l’équipe de médiation internationale.
Dans un communiqué, Amnesty International déclare que le droit de manifester ne doit pas être érigé en infraction. « Les autorités doivent respecter leurs obligations nationales et internationales de créer un environnement dans lequel les manifestants peuvent exercer leurs droits fondamentaux. (…) De même, la liberté d'expression doit également être respectée par l’opposition. (…) Les personnes qui choisissent de ne pas participer aux manifestations contre le gouvernement, comme les élèves qui auraient été expulsés de force de leurs classes pour manifester, ne doivent pas subir d’intimidation ni de harcèlement. »

- 09 05 18 - L'Express.fr - Quand l'argent malgache finit à Levallois
Le parquet financier français enquête sur les achats immobiliers d'un très proche du pouvoir malgache.
Une suspicion de trafic de bois de rose, des soupçons de détournement de fonds au détriment de la Jirama, des montages offshores, des SCI en pagaille et, finalement, une boîte aux lettres dans le hall d'un immeuble dont l'adresse apparaît dans les affaires judiciaires du couple Balkany, proches de Nicolas Sarkozy, mis en cause dans des affaires de corruption et de blanchiment de fraude fiscale .... Voilà les ingrédients d'une sulfureuse histoire née bien loin de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), dans l'océan Indien : l'affaire Ravatomanga, du nom d'un puissant homme d'affaires malgache dont le succès défraie la chronique depuis une bonne dizaine d'années. En 2017, ce multimilliardaire a été présenté par le magazine Forbes comme l'une des dix plus grosses fortunes de Madagascar ; il est à la tête du groupe Sodiat, un conglomérat qui se consacre au transport, à la presse, à l'hôtellerie, au tourisme, à la santé ou encore à l'import-export. Mais Ravatomanga est aussi un habitué des cercles de pouvoir, très proche conseiller d'Andry Rajoelina.

- 07 05 18 - Le Monde Afrique - Le médiateur de l'ONU à Madagascar pour sortir de la crise
Alors que Madagascar entre dans sa troisième semaine de crise ouverte entre le président Hery Rajaonarimampianina et l’opposition, le médiateur désigné par le secrétaire général des Nations unies, Abdoulaye Bathily, est arrivé dimanche 6 mai à Antananarivo. Il doit rencontrer toutes les parties dans un contexte tendu de manifestations quasi quotidiennes dans le centre de la capitale. Celles-ci rassemblent entre quelques centaines et quelques milliers de personnes. La mort d’au moins deux manifestants et dix-sept blessés lors de la première manifestation interdite par le pouvoir, le 21 avril, ont fait basculer la contestation politique contre les nouvelles lois électorales adoptées en vue de l’élection présidentielle de décembre en mouvement pour la démission du chef de l’Etat.

07 05 18 - Collectif Tany - Craad-OI - Le vote de la loi sur les ZES doit être annulé
Face à l’activisme et au dynamisme des promoteurs des Zones Economiques Spéciales (ZES) et d’autres projets d’investissements favorisant les étrangers pendant que les politiciens se disputent à propos des lois électorales, le Collectif Tany et le CRAAD-OI tiennent à renforcer le débat concernant la loi sur les ZES. L’ordre du jour de la session ordinaire de l’Assemblée prévoit le vote d’un projet de loi du 17 août 2016 autorisant la ratification d’un accord conclu avec Maurice, qui rappelle fortement l’accord-cadre de coopération sur la ZES de Taolagnaro signé le 11 mars 2016. Les dirigeants ayant pris l’habitude d’ignorer la transparence et de faire voter des lois dont le contenu n’est pas dévoilé aux citoyens, nous réclamons encore une fois un débat sur tous les projets de loi touchant aux terres malgaches avant leur présentation à l’Assemblée. Par ailleurs, la loi sur les ZES a été votée le 3 avril 2018 dans les mêmes conditions très contestables que les lois électorales qui font l’objet de la crise politique actuelle. Le grand public ignore si le contenu a subi des modifications après la déclaration de non-conformité de plusieurs articles par la HCC. En conséquence ce vote doit aussi être annulé.

05 05 18 - Chronique de Vanf - Epuiser la logique de la démocratie
Ce n’est pas démocratique de venir perturber les fonctionnaires dans les ministères, de les débusquer dans chaque bureau et de les contraindre à abandonner leur poste. La démocratie voudrait qu’on respecte leur choix de ne pas rejoindre la rue et la place du 13-Mai. La lutte pour la liberté se mord la queue quand elle devient elle-même tyrannie. Parmi toutes les choses qu’il reste aux Malgaches à apprendre, il y a le mode d’emploi d’une grève responsable et d’une manifestation de rue qui ne dégénère pas en incendie de la radio nationale ni pillage des commerces ni saccage du domicile de particuliers. Les médias internationaux font preuve de trop de complaisance à ne jamais dénoncer l’attitude stalinienne de ceux qui sont aujourd’hui dans l’opposition, avec la ferme intention de revenir à un pouvoir qu’ils avaient exercé hier, sans plus de succès ni davantage de moralité.

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  04 05 18 - Les Décrypteurs - La HCC rejette des dispositions à polémique des projets de lois électorales - Les suites possibles de la décison de la HCC en cinq scénarios
La HCC a déclaré non conformes à la Constitution certains articles controversés des projets de lois électorales adoptés en avril par le Parlement et contestés par les députés de l’opposition. Elle a également invité les autorités à extirper des textes certaines dispositions, tout en imposant des interprétations à d’autres et tout en formulant des réserves et des recommandations. Les plus importantes remarques concernent la loi organique sur le régime général des élections et des référendums censée remplacer le code électoral. Pour ce qui est des textes sur la présidentielle et les législatives, les chamboulements ne devraient pas être trop importants. Pour la présidentielle, les remarques de la HCC concernent essentiellement les dispositions relatives à la production du bulletin numéro 2, à la nécessité du bulletin unique au second tour de la présidentielle et à la durée de la campagne électorale. Les décisions de la HCC constituent un nouveau tournant dans la crise politique. Plusieurs scénarios se dessinent après cette décision. Les « députés pour le changement » attendent encore la décision de la juridiction constitutionnelle concernant la requête aux fins de déchéances du chef de l’Etat, une requête pour « carence » dans la mise en place de la HCJ.

 

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REVUE DE PRESSE - AVRIL 2018

Andry Rajoelina a été empêché de se rendre à Mahajanga pour participer à un meeting et à une inauguration, à l’invitation du maire. L’aviation civile de Madagascar a interdit le vol de l’appareil qu’il avait loué. Il a alors réservé des places sur un vol de la compagnie Ewa mais les autorités ont refusé de laisser l’appareil décoller. Le 8 mars, Andry Rajoelina avait pu tenir un important rassemblement à Ambilobe mais le chef de district avait été limogé peu après. Suite à ce déplacement manqué, l’inspection d’Etat s’est rendue à Mahajanga pour effectuer un audit financier de la commune. Le maire a dû rendre des comptes sur sa gestion à son conseil municipal. Il a été maintenu dans ses fonctions grâce à une alliance de circonstance entre les élus du Tim (pro-Ravalomanana) et du Mapar d’Andry Rajoelina. Ce dernier a pu ensuite déployer son offensive de charme auprès des catholiques de Soavinandriana où il était invité à l’anniversaire de l’Eglise locale. Les protestants Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana, ainsi que le catholique Andry Rajoelina se sont peu après retrouvés à Vohipeno pour la béatification de Lucien Botovasoa, laïc décapité lors de la rébellion de 1947. L’effervescence religieuse a gagné le microcosme politique. Le chef de l’Etat n’a pas apprécié d’être interdit de parole durant la cérémonie et a parlé d’un « faux pas » de l’Eglise catholique. Andry Rajoelina a profité d’un bain de foule pour prendre sa revanche. Quant à Marc Ravalomanana, il s’est habilement mis en scène en faisant une entrée remarquée dans l’église derrière les reliques du martyr. Les trois hommes en « campagne déguisée » ont pris soin de s’ignorer. Hery Rajaonarimampianina s’est rendu ensuite à Mahajanga pour procéder à une inauguration, un déplacement que le pouvoir avait interdit à Andry Rajoelina deux semaines auparavant. Les forces de l'ordre ont enfin empêché le convoi de Marc Ravalomanana d'entrer à Ambalavao où des supporters l’attendaient. L’ancien président a saisi les représentants du corps diplomatique. « Le même schéma comme il y a quelques mois dans les régions Anosy et Androy s’est donc reproduit pour le président national du parti Tim », constate Tribune.

pov 05 04 18L’Assemblée a adopté le projet de loi organique relatif au régime général des élections et des référendums. 79 députés l’ont adopté, avec prise en compte de rares amendements. 70 parlementaires du Tim, du Mapar, du MMM et des « indépendants » ont quitté la salle en brandissant des pancartes « stop corruption ». Pour L’Express, le boycott du vote par les députés de l’alliance Tim-Mapar pourrait s’expliquer par la crainte qui est la leur de voir leur leader menacé d’exclusion par certains articles des textes électoraux. Les députés pro-régime ont été pointés du doigt pour avoir été achetés à l’occasion d’un séminaire de quatre jours auxquels ils ont été tenus de participer avant l’examen des textes en séance plénière. Le DG du Bianco a annoncé l’ouverture d’une enquête. Pour les élus Tim, « aucun débat, aucune discussion n’ont été autorisés, le comptage des voix à main levée a été truqué ». Les 73 opposants se sont rendus à la HCC pour déposer une lettre de réserve dénonçant « les anomalies concernant l'adoption des trois lois organiques sur les élections ». Ils ont déposé par la suite trois requêtes contestant la constitutionnalité des lois électorales adoptées.

Une délégation de la SADC venue faire un bilan d’étape de la préparation des élections, s’est déclarée « rassurée ». « Il n’y a pas de crise à Madagascar, juste une dispute pré-électorale ; cela fait partie du jeu démocratique », a-t-elle affirmé, suscitant la surprise des observateurs. Marc Ravalomanana a remis aux émissaire le texte d’une déclaration dans laquelle il déclare que « les circonstances publiquement connues et indiscutables » privent les textes déclarés adoptés « de l’autorité nécessaire pour être investie de la sacralité de la loi ». La CENI, préoccupée par la conjoncture politique, a fait part à la délégation des difficultés rencontrées dans la préparation des scrutins. Elle s’inquiète par ailleurs du retard pris dans l’officialisation du calendrier électorale, qui devra attendre la promulgation des lois électorales.

Après leur adoption par l’Assemblée, les textes ont été entérinés à la quasi-unanimité par le Sénat, dans la précipitation et sans amendement. Dans un communiqué, le SeFaFi a déclaré « redouter un «’hold-up électoral’ après le ‘hold-up législatif’ ayant cautionné des lois électorales controversées ». Wake-Up Madagascar a organisé un « flash mob » pour appeler la population à protester contre les malversations qui auraient permis l’adoption de ces textes. Sept députés de l’opposition n'ont pas été autorisés par le préfet de Toamasina de tenir une réunion dans un gymnase pour faire rapport de leur activité à la population. Une mesure identique a été prise par la préfète d’Ambositra.

Les 22 députés présents en séance à la session extraordinaire ont reporté pour la 5e fois l’examen des deux textes importants portant sur la lutte contre la corruption, au grand dam du directeur du Samifin. Si cette attitude persiste, la Grande île risquerait, dit-on, de basculer dans la liste grise des pays non-coopératifs et compromettre le déblocage de nouvelles tranches de crédits du FMI.

Un atelier sur la « refondation de Madagascar », initié par un « Comité de la justice, de la sécurité et de la paix » (K3F), émanation de l’Eglise catholique, constitué de politiques, de prêtres et de laïcs, a réuni près de 800 participants. Une résolution a été adoptée qui exige une profonde réforme de la gouvernance. Une structure indépendante regroupant des hommes d’Eglises et des « hommes intègres » sera mise en place pour « surveiller l’utilisation des privilèges de puissance publique et de protéger la population contre les cas d’iniquité ».

Un groupe d’officiers à la retraite a jugé la situation politique alarmante. « Les institutions sont fragilisées par la corruption, les abus de tout genre et le non-respect des lois en vigueur. Ce qui s’est produit dernièrement à l’Assemblée démontre que le pays risque de s’engouffrer dans une crise politique profonde », ont-ils mis en garde. « Il ne faut pas prendre en otage la population pour des raisons politiques », ont-ils encore martelé. Pour le ministre de la défense, ces déclarations qui interpellent les cadets de l’armée, pourraient être mises au service d’une cause politique inavouée et aggraver le climat de tension politique. Les officiers retraités ont reçu le soutien de l’ancien premier ministre de la Transition, Camille Vital.

L’alliance qui s’est dessinée à l’Assemblée entre le Tim et le Mapar ne fait pas consensus au sein de l’Association des victimes de la tuerie du 7 février (AV7). Ses membres réclament l’application de la condamnation qui frappe Marc Ravalomanana et refusent de s’associer à la manifestation que les parlementaires d’opposition prévoient d’organiser pour rendre compte de leur mandat.

Les 73 députés de la capitale opposés à l’adoption des nouvelles lois électorales ont annoncé leur décision de tenir un « rapport de mandat » le 21 avril sur le parvis de l’hôtel de ville, en se dispensant de déposer une demande d’autorisation. Les autorités ont prévenu les organisateurs que toute velléité de manifestation serait sévèrement réprimée. Ceux-ci ont fait valoir que l’accord de la mairie d’Antanarivo devait suffire, la Constitution leur reconnaissant le droit de rendre compte de leur activité. Une délégation a été reçue par les représentations diplomatiques pour les alerter sur les menaces d’arrestation brandies par le préfet de police. Des rumeurs de recrutement de mercenaires dans les bas-quartiers en vue de semer des troubles à l’occasion de ce meeting ont circulé sur les réseaux sociaux.

Le meeting du 21 avril a très vite basculé dans un face à face tendu avec les forces de l’ordre, faisant trois morts et une vingtaine de blessés. Après plusieurs heures, des membres des forces de l’ordre, débordés, auraient fait usage de leurs armes pour se dégager, après avoir effectué des tirs en l’air. Le premier ministre a souhaité l’ouverture d’une enquête afin d’éclaircir les circonstances de ce drame. Du haut de l'hôtel de ville, surplombant une place du 13-Mai bondée, les députés ont conclu un pacte de non-agression avec le numéro 2 des forces d'intervention de la gendarmerie, un acte qui n’avait pas reçu l’aval de l'état-major.

Le chef de l’Etat, rentré précipitamment au pays, a annoncé que les autorités et les forces de l'ordre réagiraient avec encore plus de fermeté contre toute nouvelle manifestation. Les évènements qui se sont produits le 21 avril « s’apparentent à un coup d'Etat », a-t-il affirmé, enjoignant à l'armée « de prendre ses responsabilités ». Les observateurs ont noté que le « rapport parlementaire », objet du meeting s’est mué très rapidement, sous la pression des manifestants et des députés, en demande de démission du chef de l’Etat, du gouvernement et des présidents des assemblées.

Dans ce climat de tension, le préfet d’Antananarivo a décidé le lendemain d’autoriser l’accès des manifestants à la place du 13-Mai. Une décision personnelle qu’il affirme avoir été entérinée ensuite par ses supérieurs et par le premier ministre. La foule s’est alors rassemblée à nouveau pour se recueillir autour des dépouilles des victimes. Les nombreux soldats et policiers armés qui stationnaient sur la place du 13-Mai se sont retirés pour laisser les hommages se tenir. Les 73 élus ont annoncé leur intention de former une large coalition, appelée « Les députés pour le changement », censée rassembler sous une même bannière les deux anciens ennemis, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Lalao Ravalomanana, maire de la capitale, qui avait donné aux opposants l’accès à l’hôtel de ville, a lancé un appel aux forces armées pour qu’elles veillent à la protection des biens et des personnes. Marc Ravalomanana et son épouse ont pris la parole pour inviter le FFKM à diriger des pourparlers entre l'opposition et le pouvoir. Le mouvement de la société civile Rohy a appelé de ses vœux l’organisation d’élections impartiales, qui garantissent la participation de tous les citoyens ayant le droit de vote et la possibilité pour tous de se porter candidat. Il a appelé au dialogue entre toutes les forces vives pour redéfinir le contenu des lois électorales. Les responsables des forces de l’ordre ont affirmé qu’ils ne cautionneraient pas un régime qui ne serait pas issu des urnes, en réponse à certaines personnalités proches de l’opposition qui ont évoqué la nécessité d’un directoire militaire en vue de l’organisation rapide d’élections. Dans une déclaration publique, Amnesty International a demandé aux autorités de diligenterune enquête exhaustive et indépendante sur l’homicide de deux manifestants et pour que les responsables soient traduits en justice, ajoutant queles conclusions de cette enquête devront être rendues publiques. Le KMF/CNOE a exigé des sanctions à l’endroit des auteurs ou commanditaires des tirs, tout en se félicitant des déclarations des responsables des forces de l’ordre allant dans le sens de l’apaisement.

Une importante délégation de la communauté internationale s’est rendue au palais présidentiel. « La communauté internationale exclut toute solution extraconstitutionnelle qui risque de plonger le pays dans une nouvelle transition », lit-on dans son communiqué. Les chefs d'Etats de la SADC ont décidé de dépêcher d’urgence l'envoyé spécial et ex-président du Mozambique, Joaquim Chissano, ancien médiateur de la crise de 2009 à 2013. Un retour vu avec déplaisir par une partie de la classe politique et de l’opinion. L'ambassadeur algérien Ramtane Lamamra, Haut représentant de l’UA a annoncé également sa visite. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a décidé d'envoyer « immédiatement » à Madagascar son conseiller spécial, le diplomate sénégalais Abdoulaye Bathily.

Une marche a été organisée par les députés d’opposition en direction de la HCC pour le dépôt d’une requête en déchéance du président de la République. Elle a pu se dérouler sans encombre. Les forces de l’ordre ont assuré la sécurité de la HCC, sans s’opposer à la réception de la délégation. Dix dossiers sont en instance auprès de la Haute cour. Sa position, très attendue, sera déterminante pour l’avenir du mouvement, notent les observateurs.

Dans un communiqué, le SeFaFi a affirméque « la seule solution acceptable et durable à l’impasse actuelle ne peut qu’être démocratique. Tout schéma de sortie de crise doit impérativement se conformer aux institutions et respecter le suffrage populaire ». L’Observatoire s’est déclaré favorable à un réexamen des lois électorales par les Assemblées, avec retransmission de la totalité des débats sur les ondes nationales.

pov 29 04 18Des manifestants ont réclamé la réouverture de la station MBS appartenant à Marc Ravalomanana, une promesse non tenue par le chef de l’Etat.

L’UA, le PNUD, l’UE et l’ambassade de France ont tenté en vain une première médiation entre le pouvoir et des représentants des députés. La démission du chef de l’Etat a été exclue d’office par les représentants du pouvoir et les députés Tim ont exigé en préalable la révision des lois électorales pour permettre à Marc Ravalomanana de se porter candidature à la présidentielle. La communauté internationale a demandé à l’opposition de calmer la ferveur populaire sur la place du 13-Mai, ce qu’elle a refusé. Les manifestants ont déclaré rejeter toute immixtion de la communauté internationale.

Les « députés pour le changement » ont déposé auprès de la procureure de la République une plainte contre le chef de l'Etat et le gouvernement, accusés d'être les « responsables de la tuerie ». Les manifestants se sont rendus dans le calme de la place du 13-Mai au tribunal, sans être inquiétés par les forces de l’ordre. La procureure a révélé qu’elle avait déjà saisi le parquet et demandé une enquête sur ces évènements.

Les députés de l'opposition ont refusé de participer à la nouvelle rencontre proposée avec le HVM par la communauté internationale. Me Hanitra Razafimanantsoa, vice-présidente de l'Assemblée nationale, a indiqué ne plus vouloir discuter des lois électorales. Les revendications ont évolué, a-t-elle ajouté, rappelant que l'opposition réclame désormais la démission du président de la République, du gouvernement et des présidents des assemblées.

La CENI admet qu’il sera difficile d’appliquer des textes électoraux non-consensuels. Il estime que ces textes devraient à nouveau être débattus en vue de trouver un consensus. Le FFKM a déclaré qu’il prendra ses responsabilités dans la recherche de solutions à la situation politique, indiquant qu’il refusera de travailler sous l'égide de la communauté internationale. Le SMM a déclaré qu'il s'oppose à l'instrumentalisation de la justice : « Les conflits actuels sont de natures politiques et méritent des solutions politiques dans le strict respect de la constitutionnalité », affirme le syndicat. Un collectif d’une douzaine d’associations a demandé aux élus de « recadrer les manifestations dans leur contexte initial ». Il condamne tout autre issue que celle des urnes et demande que les textes électoraux fassent l’objet d’un réexamen et demande à tous les responsables politiques de faire taire leurs ambitions personnelles.

Les députés en meeting sur la place du 13-Mai ont décidé d'investir les locaux de la radio et de la TV nationale. Seize d'entre eux s'y sont rendus pour exiger une prise d'antenne en direct. Après une heure de discussion, le directeur a promis de relayer les informations concernant la mobilisation de l’opposition. L’éditorialiste de L’Express a vivement condamné les menaces proférées par la délégation des députés de l’opposition à l’encontre de la direction et des journalistes de RNM et TVM.

Neuf jours après les échauffourées mortelles, la contestation du pouvoir ne fléchit pas. Un mouvement de grève débute dans les administrations et si des obstacles sont mis à cette mobilisation, les opposants annoncent qu’ils se rendront dans les ministères pour les faire lever. Le syndicat des douaniers a lancé un mot d’ordre de grève. La contestation a touché Toliara. En visite à Madagascar, la SG de l’OIF a rencontré les leaders de l’opposition. Marc Ravalomanana, et Andry Rajoelina et Hajo Andrianainarivelo, leader du MMM, ont participé à ces échanges. Le culte de lancement de la médiation du FFKM s’est tenu en présence de nombreuses autorités et chefs d’institution. Une rencontre avec les députés est d’ores et déjà prévue. Le FFKM recevra ensuite les représentants des partis et du gouvernement. Le président du CFM a approuvé l’initiative et s’y associe. Marc Ravalomanana a indiqué être disposé adhérer à la démarche. « Le FFKM n’a pas un schéma de sortie de crise à imposer », rassure un chef d’Eglise mais à l’entendre l’élection présidentielle pourrait être reportée pour permettre au préalable la tenue d’un processus de réconciliation nationale.

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Le secteur privé s’alarme de la persistance d’un climat généralisé d’insécurité. Il renouvelle sa demande de rencontre avec le chef de l’Etat. Une réunion technique de « haut niveau » a été organisée par le premier ministre mais les observateurs restent dubitatifs quant aux retombées concrètes.

Les opérateurs de la filière vanille se disent victimes de racket de la part de personnes se présentant au nom du ministère du commerce et de la consommation. Ils lancent un appel aux autorités pour que cessent ces pratiques et que des mesures soient prises pour lutter contre l’insécurité. Les vols de vanille sur pied et les meurtres de producteurs connaissent depuis ces dernières années une croissance préoccupante. Plusieurs personnes ont été lynchées à mort pour des affaires de vol de vanille.

Des affrontements violents entre dahalo, forces de l’ordre et villageois ont été signalés dans plusieurs régions. Plusieurs gendarmes et civils ont été abattus. Des dahalo ont été exécutés par la population. Un bande armée forte de 200 hommes s’est emparée de 500 zébus. L’unité spéciale anti-dahalo (USAD) a été appelée en renfort à plusieurs reprises, appuyée par un hélicoptère. Les forces de l’ordre ont mobilisé et encadré des miliciens pour conduire une opération de représailles.

Plusieurs cas de justice populaire ont encore défrayé la chronique. Des locaux administratifs et des gendarmeries ont été la cible de populations voulant se faire justice. Un affrontement entre le fokonolona et les gendarmes a fait neuf morts à Mananara Nord.

Les auteurs de l’expédition punitive des forces de l’ordre à Antsakabary courent toujours. « Il faut que la lumière soit faite ! », clame Mireille Rabenoro, présidente de la CNIDH, qui continue de recueillir des témoignages accablants sur les exactions commises.

L’audience en appel du militant écologiste Raleva a eu lieu à Fianarantsoa en présence de membres de la société civile et de la CNIDH. Le jugement sera rendu le 22 mai. Amnesty International déclare être mobilisé pour que sa condamnation soit annulée et rappelle Raleva devrait être reconnu pour son travail de lanceur d’alerte et de protecteur de l’environnement.

Condamné à perpétuité le 27 septembre 2017 avec 16 complices, le responsable du kidnapping meurtrier des deux adolescents de Toamasina, en décembre 2015, a été relâché par décision de la cour d’appel. Une décision de libération incompréhensible par les médias qui suspectent l’intervention de personnalités influentes.

Les avocats de l’ancien ministre de finances Jean Razafindravonona, placé sous mandat de dépôt pour suspicion de corruption, ont saisi la HCC pour contester la légalité de la procédure adoptée et des actes pris par le procureur de la République et le juge d’instruction de la Chaîne pénale anti-corruption. Les deux requêtes déposées ont été jugées irrecevables. L’affaire porte sur un détournement de 500 millions Ar qui serait lié au dossier impliquant l’ex-conseillère de la Présidence, Claudine Razaimamonjy.

Détention préventive : la CNIDH propose la mise en place du Conseil national de justice. Prévu par la Constitution, le « Conseil devrait permettre de chercher des solutions innovantes pour changer cette situation honteuse, qui comporte trop de formes cruelles de violation des droits de la personne ».

Arlette Ramaroson, ancienne juge internationale, affirme que le Bianco est entravé dans son action par de multiples interventions. Elle milite pour la mise en place d’une institution dont l’indépendance serait garantie.

La société civile va tenter d'évaluer la performance des députés. Après le Kenya et l'Ouganda, c'est au tour de Madagascar de lancer pour la première fois un outil d'évaluation de son Assemblée nationale. Un projet mené sous forme d'enquêtes auprès des élus. L’ONG Liberty 32 a débuté ses interviews en octobre. Un tiers des députés ont déjà répondu à l'enquête mais près de 40 % d’entre eux ont refusé de participer à cette opération.

L’ancienne ministre de la justice de la Transition, ex-présidente de l’Assemblée, Christine Razanamahasoa, a été expulsée manu militari d’un logement de fonction qu’elle aurait dû quitter il y a bientôt quatre ans. La députée affirme n’avoir reçu aucune notification. L’intéressée dénonce une intervention « humiliante » et « un règlement de compte politique ». Considérée comme l’un des chefs de file de la fronde parlementaire, elle avait participé la veille au rassemblement des députés de l’opposition à la HCC et au Bianco pour protester contre les pratiques douteuses ayant permis l’adoption des nouvelles lois électorales. Des natifs du Betsileo, sa région d’origine, se sont mobilisés en sa faveur. Pour L’Express, cette affaire réveille les démons d’un régionalisme primaire.

Une très importante somme d’argent aurait été subtilisée au premier ministre dans l’une de ses résidences. La presse s’interroge sur l’origine de ces fonds et l’usage auquel ils étaient destinés. Le principal suspect a été arrêté avec son épouse et d’autres comparses. Le chef de gouvernement dénonce les rumeurs colportées sur ce vol et évoque un acte de déstabilisation.

Le ministère de l’intérieur dément catégoriquement une rumeur insistante de décaissement d’une somme de 8 milliards Ar du compte du ministère au surlendemain de la manifestation du 21 avril sur la place du 13-Mai.

La Cour d’appel a confirmé la condamnation du franco-algérien Houcine Arfa à trois ans de prison ferme et dix millions Ar de dommages et intérêts dans l’affaire qui l’oppose à Vonjy Randriamaromanana. Ce dernier accuse l’ancien formateur de la garde présidentielle de kidnapping lors d’une commande de matériel pour le compte de la Présidence et d’extorsion de fonds. Dans cette affaire Houcine Arfa était aussi poursuivi pour usurpation de fonction, détention d'armes et de munitions et association de malfaiteurs. Durant son séjour à Madagascar, il avait déclaré avoir eu connaissance de crimes et délits commis par l’entourage du président. Une situation qui avait abouti à son emprisonnement, puis à son évasion rocambolesque pour la France. L’intéressé avait déclaré avoir pu s’évader en versant un pot-de-vin à la ministre de la justice et à la procureure de la République. Houcine Arfa a confirmé vouloir contester ce verdict. Il assure que la plainte qu’il a déposée en France est en cours d’instruction. La ministre de la justice, quant à elle, a déposé plainte devant le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation. L’incarcération de deux agents pénitenciers, suspectés d’avoir participé à l’évasion, avait déclenché un mouvement de grève.

La « couverture santé universelle » va bénéficier à 22 districts pilotes. Seront pris en charge tous les soins curatifs de base destinés aux plus démunis. Une « Caisse nationale de solidarité » destinée à financer les soins a été créée. Le paludisme est de retour sur les Hautes Terres, alerte l’Institut Pasteur. La situation se dégrade depuis 5 ans. Quarante enfants sont décédés du paludisme entre mars et avril dans le district de Betroka. Une quarantaine de personnes seraient également décédées récemment dans le district de Mahajanga II. Une campagne de distribution de masse de moustiquaires à imprégnation durable sera organisée cette année grâce au concours des Etats-Unis. Des avancées notables ont été constatées dans la lutte contre la poliomyélite. Des experts de l’OMS sont attendus pour faire le point sur le dossier de certification de l’éradication de la maladie.

Trois femmes membres d‘une organisation clandestine organisant des migrations vers l’Arabie saoudite ont été incarcérées. Les agences de placement ont été rappelées à l’ordre par le ministère de l’emploi. La majorité d’entre elles œuvrent dans l’illégalité. «Seules deux agences parmi les centaines qui pullulent à Madagascar sont agréées », révèle le DG de la promotion de l’emploi. 24 employées de maison expatriées au Koweït ont pu être rapatriées grâce au concours de l’ambassade malgache à Riyad et de l’OIM. 52 l’ont déjà été en février. Nombre d’employées de maison de retour des pays arabes espèrent néanmoins pouvoir y repartir, en dépit des risques de maltraitance et des conditions de vie difficiles, constate L’Express. Les agences de placement ayant pignon sur rue étant fermées depuis 2013, les plus déterminées n’hésitent pas à confier leur sort à des agences clandestines.

Plus 1 300 enfants nés d’une mère malgache et d’un père étranger jouissent désormais de la nationalité malgache. Ces certificats de nationalité ont été délivrés suite à la réforme du code de la nationalité en janvier 2017.

L’UNFPA lance une étude sur les violences basées sur le genre dans le cadre des attaques de dahalo dans les régions du Sud.

Travail des enfants dans la filière vanille : la convention régionale de la région Sava a été révisée à l’initiative du tribunal de première instance d’Antalaha et du comité régional de lutte contre le travail des enfants.

« Réseaux sociaux : seule issue pour une population tyrannisée », titre La Gazette. « Comment s’exprimer dans un pays où le simple fait d’énoncer un fait ayant un effet déstabilisateur de près ou de loin sur le régime en place peut mener à un emprisonnement immédiat ? À Madagascar, la démocratie est une illusion ». En décembre 2017, on enregistrait à Madagascar 1,9 million d’internautes, dont 1,7 million de facebookers. 75,8 % des connexions à Internet se font par le biais de téléphones mobiles.

Un atelier sur les techniques d’interpellation et de contrôle démocratique des Forces de défense et de sécurité (FDS) a été animé par Omer Kalameu, conseiller aux droits de l’homme des Nations unies. Parmi les thèmes abordés figure le rôle des médias dans le respect des normes démocratiques dans l’emploi des FDS.

Dans le classement mondial 2018 de RSF, Madagascar gagne 3 places, au 54e rang sur 180 pays classés. Le rapport rappelle l’existence d’un code de la communication liberticide et précise que le débat démocratique reste limité. RSF rappelle que Fernand Cello, connu pour des enquêtes sur la corruption, a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis pour « faux et usage de faux » : Et d’ajouter que les sujets concernant le trafic d’influence dans le secteur des ressources naturelles restent des sujets dangereux à traiter.

« Pétrole off-shore de l’océan Indien : Madagascar parmi les proies faciles ? », s’interroge La Gazette. Les deux superpuissances du XXIe siècle, l’Inde et la Chine, tentent d’attirer les Etats situés dans la partie occidentale de l’océan Indien, zone incontournable en matière de trafic maritime international et qui constitue aussi et surtout l’une des plus importantes réserves de pétrole off-shore mondiale, située entre Tanzanie et Madagascar. Une guerre d’influence serait donc ouverte entre l’Inde et la Chine pour maîtriser le secteur.

717 kg d’or exporté depuis le début de l’année. La situation s’améliore au sein de la filière depuis la mise en place de l’Agence nationale de l’or (ANOR). 2 833 kg de métal jaune avaient été déclarés à l’exportation en 2016, contre six kg en 2008. Dubaï constitue la première destination de l’or extrait du sous-sol malgache.

Débuté au mois de février, l’audit des bois de rose saisis se poursuit. Courant juin, l’opération devrait être accomplie au tiers, ce qui devrait permettre à Madagascar d’envisager la vente de ces stocks via un appel d’offres international. Après remise d’un rapport ministériel à la Cites, la vente pourrait intervenir en fin d’année ou début 2019. Les recettes devraient être affectées principalement aux zones de provenance.

L’activité de collecte et de commerce illicites de tortues protégées se poursuit à grande échelle. Une saisie record a été opérée dans le district de Toliara grâce à la mobilisation de la société civile. Plus de 90 % des 111 espèces de lémuriens recensées seraient menacées d’extinction. Les lémuriens sont encore chassés pour leur viande dans la Sava. Leur disparition pourrait causer de sérieux problèmes pour les forêts, dans la mesure où les lémuriens participent à leur diversité. L’économie du tourisme s’en trouverait affaiblie.

900 kg d’ossements humains ont été saisis à Manakara. Des recherches ont été engagées pour tenter de remonter la filière et identifier la destination finale de trafic. L’an passé, 1,5 tonne d’ossements humains ont été saisis sur la côte Est.

Performance environnementale : Madagascar 175e sur 180 pays, selon un rapport de l’université de Yale et du Centre d’information sur les sciences de la terre de Colombia, en collaboration avec le Forum économique mondial.

La loi tant contestée sur les ZES (Zone économique spéciale), rejetée en 2e session extraordinaire, a été réintroduite sans révision ni modification et a été adoptée par les députés pro-régime au terme de la 3e session extraordinaire. Des voix se sont élevées pour dénoncer le déroulement du vote. Le chef de région Anosy défend le projet de loi. Il ne voit dans ce texte aucune disposition qui permettent la vente de terrains à des étrangers. Pour certains élus, la loi sur les ZES représente « un danger pour le développement durable du pays »

Le service des domaines réexamine la loi sur la propriété foncière votée en décembre et déclarée non-conforme à la Constitution. Le Collectif Tany redoute que la loi fixant le régime juridique de l’immatriculation et de la propriété foncière titrée revienne à l’ordre du jour l’Assemblée sans prise en compte des modifications indispensables et soit adoptée dans des conditions douteuses.

Le Collectif Tany apporte son soutien à 40 familles de Toamasina dont les droits fonciers sont violés par la société Telma. Ces familles avaient entamé des procédures d’acquisition de titres fonciers sur des terrains du domaine privé de l’Etat, occupés et mis en valeur de longue date. Tribune constate que les litiges fonciers se multiplient au détriment des habitants et occupants des terrains.

205 certificats fonciers ont été distribués aux occupants traditionnels de terres à Taolagnaro par le ministère chargé des projets présidentiels et de l’aménagement du territoire, en collaboration avec la compagnie minière QMM.

100 millions de dollars ont été accordés par la Banque mondiale (IDA) et le Partenariat mondial pour l'éducation (GPE) en vue d’améliorer l’apprentissage dans l'éducation de base. Ce financement serait le plus important jamais accordé en soutien à l'éducation à Madagascar.

La capacité du port de Toamasina sera triplée d’ici 2026 grâce à un important concours financier du Japon. Le Bianco a organisé un atelier au profit des cadres du ministère des transports afin de les sensibiliser à la prévention des risques de corruption liés à l’octroi de marchés publics dans le cadre de ce projet.

La Croix-Rouge norvégienne a annoncé qu’elle cesse sa coopération avec la Croix-Rouge malgache suite à la découverte de fraudes et de corruption. Elle annonce qu’elle « fera tout ce qui est en son pouvoir pour que les responsables soient sanctionnés ». Les responsables malgaches se disent surpris et attendent que le dossier leur soit communiqué.

Nouveau colloque sur la coopération sino-malgache, axée sur l’initiative « Ceinture et route ». Plus de 80 organisations internationales et pays, dont Madagascar, ont déjà approuvé l’initiative. D’après l’ambassade de Chine, la Grande île joue un rôle important dans le processus d’avancement.

Dettes d’Air Madagascar : 140 milliards Ar de dettes ont été apurés à ce jour sur un montant total de 303 milliards. « Cela constitue une avancée très positive », déclare Éric Koller, président du conseil d’administration. L’apport d’Air Austral est de 40 millions de dollars. 10 millions ont déjà été versés, 5 autres sont attendus et 25 millions proviendront d’un prêt contracté auprès d’une banque française. Des observateurs mettent cependant en doute la capacité d’Air Austral à faire face à ses obligations.

L’Etat prévoit d’augmenter à 300 milliards Ar la subvention allouée à la Jirama en raison de la hausse des prix du carburant et de la dette accumulée par la société. La prévision budgétaire initiale était de 200 millions, montant correspondant à une réduction de moitié de la subvention. Une discussion sur la révision de ce concours budgétaire aurait été menée avec le FMI qui ne cesse de demander un désengagement de l’Etat.

Madagascar Oil maintient la suspension de sa production d’huile lourde à Tsimiroro. 180 000 barils attendent de trouver preneur. La société estime que les conditions ne sont pas réunies pour reprendre son activité, faute de moyens de communication pour acheminer sa production. La Jirama n’a pas confirmé son intérêt pour cette source d’approvisionnement.

Le président de la République reprendra la délivrance de permis miniers pour les investisseurs qui soumettront un business plan convainquant. Il estime que le secteur extractif fera le développement du pays.

Hausse de 8 % des salaires du secteur privé. Le décret fixe le montant du salaire mensuel minimum à 168 000 Ar (42 euros). Les syndicats protestent contre la fixation du salaire minimum a un tel niveau.

« Antananarivo dans le top 10 des villes les plus sales au monde », titre La Gazette. Ce résultat est le fruit d’une enquête menée par le cabinet Mercer, leader en ressources humaines dans le monde, qui publie depuis 1994 les résultats d’une enquête sur la qualité de vie dans les principales villes de la planète.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Les candidats à la présidentielle en pré-campagne
  • Préparation de la présidentielle et des législatives
  • Tension politique - La manifestation du 21 avril et ses prologements

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, gouvernance
  • Affaire Houcine Arfa
  • Santé
  • Migrations, traite
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social, divers

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ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2018

<>  28 04 18 - Communiqué d'un collectif d'assocations de jeunes sur les évènements politiques
« Durant les dix dernières années, nous avons subi de plein de fouets les effets de la crise : la pauvreté extrême, la mauvaise gouvernance (la corruption, l’insécurité…) le chômage, la mauvaise qualité de l’éducation, l’instrumentalisation de la jeunesse à des fins politiques. Nous exprimons notre frustration et nos craintes face aux impacts qu’une éventuelle nouvelle crise pourrait avoir sur notre avenir », écrit un collectif d’une douzaine d’associations. Il est demandé aux élus de « recadrer les manifestations dans leur contexte initial » (les circonstances du vote des lois électorales et de la loi sur les ZES) et de « mettre en place un processus non-violent de règlement des conflits ».  Le pouvoir doit garantir la liberté de manifestation et d’expression, notamment pour les députés qui souhaitent rendre compte de leur mandat. Le Collectif condamne tout autre issue que celle des urnes et demande que les textes électoraux fassent l’objet d’un réexamen. Il demande à tous les responsables de faire taire leurs ambitions personnelles et de libérer la jeunesse des manœuvres politiques de tous bords. Le CRAAD-OI salue cette importante initiative à laquelle ses jeunes membres ont participé.

 <>  26 04 18 - SeFaFi - Pour sortir de la crise réconcilier légalité et légitimité
Les affrontements sanglants autour de la place du 13-Mai sont révélateurs d’une crise profonde qui pourrait une fois encore mettre en péril la paix sociale et le développement du pays. Il est aussi peu crédible d’évoquer une tentative de coup d’État que d’invoquer une improbable transition cléricale ou un détestable directoire militaire. La seule solution acceptable et durable à l’impasse actuelle ne peut qu’être démocratique. Tout schéma de sortie de crise doit impérativement se conformer aux institutions et respecter le suffrage populaire. La contestation menée par des députés n’a pas la légalité requise pour prendre le pouvoir. Seules des élections libres, transparentes et crédibles pourront réconcilier légitimité et légalité. L’Observatoire se déclare favorable à un réexamen des lois électorales par les Assemblées, avec retransmission de la totalité des débats. Les hommes qui ont plongé Madagascar dans la misère et dans l’anarchie n’ont plus à revendiquer aujourd’hui un rôle dans le redressement du pays. Cette hypocrisie cache mal une volonté affichée de s’emparer du pouvoir par des voies non démocratiques et anticonstitutionnelles.

<> 26 04 18 - Les Décrypteurs - La requête aux fins de déchéance du président de la République en cinq questions
Les « députés pour le changement » ont déposé auprès de la Haute cour constitutionnelle une requête aux fins de déchéance du président de la République. Quelle suite la HCC pourrait-elle donner à cette requête ? Est-elle compétente pour recevoir la requête ? Celle-ci a-t-elle d’ailleurs suivi toutes les procédures requises ?  Que pourrait-il se passer ensuite si la requête est jugée fondée ? Mais est-elle d’abord fondée ? Le point par Les Décrypteurs.

25 04 18 - La Croix - La crise politique à Madagascar : un "éternel recommencement"
Depuis le 21 avril, l’opposition malgache conduit des manifestations à Antananarivo pour protester contre l’adoption de force d’une loi électorale, préalable à l’organisation du scrutin présidentiel de novembre. La chercheuse Mireille Razafindrakoto, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et co-auteure de l’ouvrage L’énigme et le paradoxe : Économie politique de Madagascar (IRD Éditions, 2017), explique les ressorts de la situation.

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25 04 18 - L'Express - Opinions - Tamara Léger - Une justice pénale défaillante qui maintient des prisonniers en détention provisoire prolongée

Tamara Léger est la conseillère pour Madagascar au sein d’Amnesty International. "On souligne aujourd’hui la journée de la détention provisoire en Afrique. Cette journée est l’occasion de sensibiliser l’opinion publique au recours dans le continent à de la détention provisoire prolongée. Des données montrent que cette pratique affecte tous les secteurs du système judiciaire, partout en Afrique. Mais du point de vue individuel, la détention provisoire constitue une violation manifeste des droits des détenus. Cette pratique provoque également du chagrin et des difficultés indicibles aux familles et aux proches de personnes qui sont maintenues derrière les barreaux sans avoir été jugées, ni même reconnues coupables d’une quelconque infraction. (…) A Madagascar on peut être incarcéré un long moment en détention provisoire sans qu’il n’y ait le plus souvent aucun élément de preuve véritable, en attente d’un procès qui peut mettre des années à se concrétiser. Dans certains cas, des personnes sont libérées, après avoir été incarcérées pendant des années en détention provisoire, sans même qu'un procès n'ait eu lieu"
Publié dans le journal L’Express de ce jour

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24 04 18 - Amnesty International - Déclaration - Il faut enquêter sur l'homicide de deux manifestants
« Les autorités malgaches doivent veiller à ce qu’une enquête exhaustive et indépendante soit diligentée dans les meilleurs délais sur l’homicide de deux manifestants à Antananarivo, et que les responsables soient traduits en justice. Les conclusions de cette enquête doivent être rendues publiques. Les membres des forces de sécurité présents sur les lieux et soupçonnés d'être responsables de ces actes doivent être suspendus de leurs fonctions dans l'attente des résultats de l'enquête et, si des éléments de preuve recevables sont recueillis, ils doivent être traduits en justice dans le respect des normes internationales d'équité. Les victimes et leurs proches doivent pouvoir accéder à des voies de recours utiles et à des réparations adéquates, notamment à des indemnisations ».

<> 24 04 18 - Déclaration du mouvement de la société civile Rohy
Le mouvement Rohy qui regroupe quelques 120 associations et plateformes appelle de ses vœux l’organisation d’élections impartiales, qui garantissent la participation de tous les citoyens ayant le droit de vote et la possibilité pour tous de se porter candidat. Il appelle au dialogue entre toutes les forces vives pour redéfinir le contenu des lois électorales, seule issue à la situation actuelle.

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  23 04 18 - Commission Nationale Indépendante des Droits de l'Homme (CNIDH) - Communiqué
La CNIDH appelle les parties, tant le gouvernement que les manifestants conduits par les députés de l’opposition, à la mesure. Elle propose également que « pour mettre fin au mouvement de contestation actuel et à sa répression, sources de violations des droits humains, le président de la République, après avis de la HCC, soumettre l'ensemble du texte à une nouvelle délibération du Parlement, comme il est prévu à l’article 117 de la Constitution »

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21 04 18 - AFP - Madagascar - Un mort et 16 blessés dans la répression d'une manifestation interdite
Une personne a été tuée et seize blessées dans des affrontements à Antananarivo entre les forces de l'ordre et des milliers d'opposants dénonçant de nouvelles lois électorales, au cours d'une manifestation interdite.
TV5 Monde - Madagascar - Ces lois électorales qui cristallisent la contestation

Mise à jour 24/04/18

Violents affrontements lors du rassemblement de l'opposition sur le parvis de l’hôtel de ville d’Antananarivo. Le meeting a très vite basculé dans un face à face tendu avec les forces de l’ordre. Les heurts ont fait au moins trois morts, dont deux enfants, et une vingtaine de blessés, selon un bilan provisoire. L'opposition fait quant à elle état de quatre morts, tués par balle. Près d’un millier d’hommes avaient été déployés pour contenir plusieurs milliers de manifestants. Aux tirs de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc des forces de l'ordre, les manifestants ont répondu par de jets de pierres. Après plusieurs heures de face à face, les forces de l’ordre ont usé de leurs armes pour tirer en l’air à balles réelles. Dépassées par la situation, elles ont battu en retraite, laissant certains des leurs isolés. Une quarantaine de militaires ont donc trouvé refuge entre les murs de l’hôtel de ville. Ils ont pu être exfiltrés quelques temps après. « Ce régime sali par le sang malgache aurait pu éviter cela. Mais comme ils n'ont pas entendu les députés ni le peuple, voilà le résultat », a réagi la députée du TIM Hanitra Razafimanantsoa, considérée ces derniers jours comme la porte-parole de l’opposition. « Ce serait bien que vous restiez là où vous êtes maintenant », a-t-elle lancé à l'adresse de Hery Rajaonarimampianina, qui a quitté le pays 2 jours avant ces évènements sur un vol d’Air Mauritius, sans que l’on puisse obtenir d’informations sur le lieu précis ni l'objet de sa mission. Selon certaines sources, il serait à Paris. Une cérémonie funèbre est prévue place du 13-Mai. Les opposants appellent le peuple à venir rendre hommage aux victimes.

Les députés de l'opposition se sont réunis au siège du Mapar pour décider des actions à venir. Un peu plus tôt, depuis le balcon de l'hôtel de ville, ils avaient annoncé aux manifestants que la mairie de la capitale serait désormais le lieu de rendez-vous pour manifester tous les jours jusqu'à ce que le président et son gouvernement démissionnent. De leurs côtés, les forces de l'ordre se sont réunies pour décider des mesures à prendre. Le premier ministre Olivier Mahafaly a déclaré souhaiter l’ouverture d’une enquête afin d’éclaircir les circonstances dans lesquelles ces civils ont trouvé la mort. Le président du Sénat a aussi lancé un appel au calme en exprimant sa compassion envers les victimes. Tous deux n'ont néanmoins fait aucun commentaire sur la demande de démission du chef de l'Etat et du gouvernement exigée par l'opposition. Du haut de l'hôtel de ville, surplombant une place du 13-Mai bondée, les députés ont conclu un pacte de non-agression avec le numéro 2 des forces d'intervention de la gendarmerie nationale, le commandant d'une unité appartenant aux forces mixtes. Un acte isolé nullement validé par l'état-major des armées mais qui laisse entrevoir une brèche, déjà ouverte tout récemment par des généraux à la retraite qui avaient appelés leurs cadets à prendre leur responsabilité, rappelle RFI. Pour beaucoup d'observateurs malgaches, cette manifestation sanglante marque sans conteste le début d'une nouvelle crise.

22/04 - Réactions. Dans un communiqué les ambassadeurs de l’UE déclarent que l'Union réitère sa position de principe en faveur d'élections présidentielles crédibles, transparentes et inclusives en 2018. Ils rappellent la nécessité de respecter les droits de l'homme, notamment la liberté d'expression et le droit de réunion pacifique. L’ambassade des Etats-Unis a fait connaître son soutien à la déclaration de l’UE. A travers une brève déclaration, Younous Omarjee, député européen de « La France insoumise », originaire de La Réunion, appelle l’UE « à condamner avec force la répression meurtrière à Madagascar et à agir de concert avec les organisations africaines ». Le bureau de l’UA à Madagascar appelle au calme, à la sérénité, à la retenue et à la responsabilité de toutes les parties prenantes. Il encourage les autorités nationales et les leaders des partis politiques au dialogue. « Madagascar n'a pas besoin de replonger dans une situation difficile à quelques mois des élections », déclare la Représentante spéciale du président de la Commission à Madagascar. Le « Comité pour la justice, la sécurité et la paix » (K3F) constitué de politiques, de prêtres et de laïcs, appelle le régime à prendre des décisions pour apaiser la tension et encourage le dialogue entre les autorités et les partis politiques. Il appelle les responsables militaires et les forces de l'ordre à demeurer le dernier rempart pour la protection et la sécurisation des populations et de leurs biens, et à respecter la liberté d'expression. Le K3F exhorte le FFKM à poursuivre ses efforts de réconciliation des Malgaches.

La CNIDH appelle les parties, tant le gouvernement que les manifestants conduits par les députés de l’opposition, à la mesure. Elle propose également que « pour mettre fin au mouvement de contestation actuel et à sa répression, sources de violations des droits humains, le président de la République, après avis de la HCC, soumettre l'ensemble du texte à une nouvelle délibération du Parlement, comme il est prévu à l’article 117 de la Constitution ». La CNIDH indique que des blessés ont quitté l’avenue de l’Indépendance pour se réfugier dans un dispensaire et y recevoir des soins. « Des éléments des forces de l’ordre à bord d’une 4×4, d’après des témoins, les y ont poursuivi et jeté dans l’enceinte du dispensaire deux obus de gaz lacrymogène. », dénonce-t-elle dans son communiqué.

La Coalition des radios de Madagascar s’élève contre des « coupures abusives perpétrées contre les radios, survenues à Antananarivo le 21 avril ». La Coalition « exige de tous les acteurs des événements actuels le respect des droits des citoyens à l’information, le respect des droits des médias, notamment des radios, à faire leur travail en toute quiétude, ainsi que la protection de tous les professionnels des médias, notamment des journalistes, dans l’exercice de leur profession ; la protection des matériels et équipements des médias ».

22/04 - Au lendemain de ces évènements, les forces de l’ordre ont investi en grand nombre la place du 13-Mai où se sont rassemblées quelques centaines de personnes. Des chants évangéliques étaient diffusés par une puissante sono depuis le parvis de l’hôtel de ville mais l’hommage aux victimes qui avait été prévu a dû être annulé. Les députés de l'opposition ont appelé la population à ne pas se rendre au centre-ville en raison d’« une trop forte présence des forces de l'ordre sur les lieux, pouvant donner lieu à des violences ». A la mi-journée, des agitateurs et des enfants des rues (les « 4’mi ») ont monté des barricades et ont tenté de provoquer les forces de l’ordre, qui auraient alors reçu l’ordre de quitter les lieux. Les cadre de l’armée auraient pris conscience, selon RFI, que certains éléments avaient pactisé avec les manifestants.

23/04 - De retour au pays, le chef de l’Etat annonce que les autorités et les forces de l'ordre réagiront avec encore plus de fermeté contre toute manifestation envisagée par l'opposition. La manifestation de la place du 13-Mai « s’apparente à un coup d'Etat », a-t-il affirmé. Aux « fauteurs de trouble », il lance un avertissement : « Madagascar n'a pas besoin d'une nouvelle crise », enjoignant ensuite l'armée « à prendre ses responsabilités ». Enfin, aux journalistes « dont la profession est sacrée », a-t-il précisé, il recommande la méfiance face à la manipulation politique. RFI note que si le chef de l'Etat a joué la carte de l'apaisement, il s'est montré hermétique à tout dialogue, contrairement au premier ministre et au président du Sénat et chef du HVM, Rivo Rakotovao. Les lois électorales, élément déclencheur de la manifestation, n'ont même pas été évoquées. Hanitra Razafimanantsoa, porte-parole des députés de l'opposition, n’a pas caché son amertume après ce discours à la nation. Des rumeurs de tractations secrètes entre le pouvoir et l’opposition circulent mais les yeux sont désormais braqués sur les forces de l’ordre dont le comportement a intrigué les observateurs. La société civile, dont les propositions n’ont pas été reprises dans les textes électoraux, entend avoir voix au chapitre. Mais le « rapport parlementaire », objet du meeting sur le parvis de l’hôtel de ville s’est mué après trois heures d’altercations en demande de démission du chef de l’Etat. Une demande scandée par les députés et les manifestants. Mais pour le député Guy Rivo Randrianarisoa, répliquant aux accusations du chef de l’Etat, « demande de démission » ne signifie pas « coup d’Etat dans la rue ». Quelques mouvements de solidarité se mettent également en place dans d’autres région, comme à Mahajanga. Un mot d’ordre de grève générale a été décrété.

Des centaines de personnes se sont à nouveau rassemblées dans la capitale au surlendemain des affrontements, pour se recueillir autour des dépouilles des victimes. La place du 13-Mai était occupée par de nombreux soldats et policiers armés qui se sont retirés pour laisser le rassemblement se tenir. « Pour éviter les affrontements violents qui pourraient entraîner des grands dommages entre Malgaches, nous avons choisi de quitter la place que nous avons protégée », a expliqué le ministre de la défense, le général Beni Xavier Rasolofonirina, qui a exprimé le souhait que les hommes politiques « trouvent un accord au plus vite ». Angelo Ravelonarivo, le préfet de police, a confirmé qu’il n’interdirait plus les manifestations. « Tout le monde est maintenant libre de rentrer et sortir du parvis de l’hôtel de ville » a-t-il déclaré. Les députés seront toutefois tenus pour responsables des éventuels débordements et désordres, ont indiqué les forces de l'ordre. Plusieurs dizaines de députés de l’opposition, vêtus de blanc, debout sur une estrade, ont harangué la foule au son de chants traditionnels. Recouverts du drapeau malgache et parsemés de fleurs, les cercueils étaient disposés à l’arrière de la tribune. Les élus d’opposition ont annoncé leur intention de former une large coalition, appelée « Les députés pour le changement ». Elle rassemble sous une même bannière les deux anciens ennemis, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. La question de l'entente entre les deux protagonistes de la crise de 2009 n’a pas été abordée. Les deux hommes ont été aperçus sur les lieux ainsi que l’ancien premier ministre de la Transition Jean Omer Beriziky, la candidate à la présidentielle Saraha Georget Rabeharisoa et le maire Mapar de Mahajanga, Mokhtar Salim Andriatomanga. Présente également Lalao Ravalomanana, maire de la capitale qui a donné aux opposants l’accès à l’hôtel de ville. Elle a lancé un appel aux forces armées pour qu’elles veillent à la protection des biens et des personnes. Marc Ravalomanana a pris la parole pour inviter les chefs d'Eglise du FFKM à diriger des pourparlers entre l'opposition et le pouvoir. Andry Rajoelina a rendu hommage aux victimes mais s’est abstenu de toute déclaration politique. Les « députés pour le changement » ont affirmé que la veillée mortuaire des deux victimes tuées durant la manifestation se poursuivra durant la nuit sur le parvis de l'hôtel de ville.

- 20 04 18 - France 5 - Magazine de la santé - Le combat des Malgaches contre la lèpre
.
Reportage au Comité d’aide aux lépreux d’Antalaha et interview du Dr Cauchoix, représentant de la fondation Raoul Follereau.
https://www.madablog.com/video-france-5-magazine-de-la-sante-lepre-combat-des-malgaches/ (27’18)

- 12 04 18 - Collectif Tany - Non à la violation des droits des habitants de Salazamay_Toamasina
Le Collectif Tany apporte son soutien à 40 familles de
de cette localité dont les droits fonciers sont violés par la société Telma. Ces familles avaient entamé des procédures d’acquisition de titres fonciers sur des terrains du domaine privé de l’Etat qu’ils ont occupés paisiblement et mis en valeur. Leurs longues démarches, en accord avec les dispositions légales et administratives, étaient bien avancées et ont parfois abouti à un titre effectif lorsqu’en décembre 2017 Telma, société de télécom, qui avait loué un terrain voisin dans le cadre d’un bail emphytéotique, a jeté son dévolu sur ces parcelles. Le service des domaines et des personnes haut placées au niveau de la justice ont engagé des actions visant à déposséder le Fokonolona, en ignorant parfois la loi et des décisions de justice.  Ayant épuisé tous les recours au niveau provincial, les habitants ont demandé le soutien du Collectif Tany pour faire connaître cette situation, les appuyer dans leurs actions de plaidoyer et bénéficier d’appuis d’experts juridiques et de défenseurs des droits de l’homme.

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12 04 18 - SeFaFi - Communiqué - Après le hold up législatif, un hold up électoral ?
« La question qui se pose à nous, aujourd’hui, est de savoir quelle sera la légitimité électorale issue des élections de la fin de l’année. Seront-elles véritablement crédibles ? Les électeurs auront-ils un vrai choix, sur la base de vrais programmes, ou se détourneront-ils des urnes ? La légitimité viendra-t-elle du bourrage des urnes dans les régions éloignées, pour que soit atteint le seuil fatidique de 40 % de participation – qui indiquera aussi que 6 citoyens sur 10 n’auront pas jugé utile d’aller voter ? Ou viendra-t-elle de la manipulation des résultats électoraux, perdus dans le labyrinthe administratif prévu par les lois électorales avant même leur proclamation ? À l’heure où nous écrivons, la question est devenue critique pour l’avenir de notre pays ».

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La chaîne Kolo TV publie un reportage sur la justice populaire à Madagascar
. Dans sa présentation, la station écrit que si la justice populaire a toujours existé à Madagascar, sous une forme non-violente, avec indemnisation de la victime, elle affiche depuis quelques années un tout autre visage et atteint le summum de la violence, en raison probablement du haut niveau de corruption qui sévit dans la justice « classique ».https://www.koolsaina.com/video-reportage-justice-populaire-madagascar-fitsarambahoaka/

<> 10 04 18 - France 24 - Les observateurs - A Madagascar une video met en lumière les exactions des comités de vigilance
La publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo de justice populaire relance le débat sur la légitimité des groupes d’auto-défense dans les villages. Les images, diffusées à partir de mi-mars sur Facebook, montrent un prétendu voleur de bœuf être torturé puis lynché par plusieurs hommes armés de machettes et de haches dans la région de Sofia. Le vol de bétail à Madagascar est, à l’origine, une tradition au cours de laquelle les jeunes hommes pouvaient prouver leur virilité. Mais depuis quelques années, cette pratique ancestrale est devenue une affaire de grand banditisme qui donne lieu régulièrement à des conflits sanglants. Dans la région de Sofia, l’insécurité et l’augmentation des vols ont donné lieu à la création de groupes d’auto-défense villageoise, les "Bisabôha". Cela remonte à deux ou trois ans. Leur mission consiste à faire exécuter le "Dina", vestige d’un système juridique ancestral.

- 07 04 18 - Jeune Afrique - Tensions pré-électorales à Madagascar
À quelques mois du scrutin présidentiel, qui doit se tenir cette fin d'année, les tensions s'accumulent sur la scène politique malgache, notamment par des décisions controversées du gouvernement, dont de nouvelles lois électorales, et des soupçons de corruption. Le pays commence à s’inquiéter, en silence, de la tournure que pourrait prendre la situation dans les derniers mois précédents l’élection présidentielle.

 

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REVUE DE PRESSE - MARS 2018

SYNTHESE MARS 2018

AAALa société Tiko-AAA d’Andranomanelatra-Antsirabe, propriété de Marc Ravalomanana, est dans le collimateur des autorités qui ont renforcé les scellés apposés pour lui interdire de poursuivre son activité. Les produits Tiko-AAA ont été retirés du marché sur décision du ministère du commerce et de la consommation, pour cause d’absence de permis environnemental. Le scellage du domaine ayant été renforcé, la survie du troupeau de 168 vaches laitières aurait été compromise. Des photos d’animaux morts ont été postées sur les réseaux sociaux. Le chômage technique a été décidé pour 700 des 800 employés du site. Quelques 3 000 emplois indirects seraient menacés. L’ambassadeur des Etats-Unis, qui avait fait savoir qu’il suivait attentivement l’affaire, a été convoqué au ministère des affaires étrangères. Le tribunal a finalement ordonné la levée du blocage. Pour la préfète du Vakinankaratra, toute cette affaire est une intox venant du camp Ravalomanana. Pour Tribune, « il apparait évident que l’enjeu est politique (…) étant donné qu’il peut s’agir de la première source de financement pour l’ancien président qui a d’ores et déjà annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle ».

Menace sur la candidature de Marc Ravalomanana ? Le projet de loi organique relative à la présidentielle de 2018 innove, en exigeant, parmi les pièces à fournir, un extrait de casier judiciaire bulletin n°2 sur lequel sont détaillées toutes les condamnations prononcées, y compris les condamnations avec sursis. Dans le cas de l’ancien président figurerait donc sa condamnation par contumace aux travaux forcés à perpétuité et le jugement déclaratif de faillite ou de règlement judiciaire qu’encourt le groupe Tiko-AAA. La HCC qui arrête la liste définitive des candidats pourrait donc déclarer sa candidature irrecevable, alerte Midi.

Un engin explosif a frappé le siège du parti présidentiel HVM. L’attaque intervient dans un contexte politique tendu, marqué par les désaccords sur l’adoption des textes électoraux. Pour Matv, cet attentat risque d’engendrer une spirale de violence. Certains observateurs considèreraient qu’il s’agit d’une « manœuvre visant à reporter les élections ». ». Des responsables du parti présidentiel auraient en effet affirmé que les élections ne peuvent pas se tenir si perdure un climat d’insécurité ou si s’instaure un climat de tension.

La préfecture de Mahajanga a interdit une inauguration en raison de la venue d’Andry Rajoelina, invité par le maire, élu sous les couleurs du Mapar. Le secrétaire général de la préfecture avait donné son aval à cette manifestation quelques jours plus tôt. Suite à ce revirement, les forces de l’ordre ont été déployées dans la ville. La délégation du Mapar a annoncé le maintien du programme. Un recours en annulation de la décision a été déposé auprès du tribunal administratif.

Démocratie et Etat de droit - Le HCDDED bientôt opérationnel. Le décret de nomination de ses membres aurait été signé. Il est probable dans ces conditions que le chef de l’Etat ait désigné le membre manquant relevant de con choix. Le retard pris depuis un an dans la mise en place de cet organe constitutionnel s’expliquerait par la réticence du pouvoir à voir siéger Anaclet Imbiky, ancien ministre de la justice de Didier Ratsiraka, proposé par la CNIDH. La mise en place du HCDDED pourrait débloquer l’installation de la HCJ, une obligation constitutionnelle non respectée.

elections montage

Le mouvement Rohy a recommandé l’ouverture de véritables débats pour permettre l’amélioration des textes électoraux avant leur arrivée au Parlement. Le SeFaFi a proposé pour sa part dans un communiqué de mettre à profit la période d’examen des textes électoraux par les élus pour suggérer des modifications susceptibles d’améliorer le processus.

Une seconde session extraordinaire de 12 jours, pour l’examen de 12 projets de loi, dont les lois organiques relatives aux élections, s’est achevée sans que l’ordre du jour ait pu être épuisé. Le vote des textes électoraux, prévu le 20 mars, a été ajourné à la demande de 70 députés pro-régime, tandis que 68 parlementaires Mapar, TIM et indépendants réclamaient la poursuite des débats pour inclure l’examen des 87 amendements rédigés durant les travaux de commission et que le pouvoir refuse de prendre en considération. Selon le président du groupe Mapar, le report a été demandé par les élus pro-régime parce qu’ils ne sont pas parvenus à recueillir les 76 voix requises pour une adoption des textes sans prise en compte des amendements. Les débats se sont tenus dans une atmosphère houleuse, sur fond de rumeurs d’achat de votes. Les journalistes ont été pris à partie. Une 3e session a été convoquée, une 4e n’est pas à exclure. La Constitution donne au pouvoir la possibilité de légiférer par ordonnance en cas de blocage.

Lors de sa visite en France, le ministre des affaires étrangères a déclaré que le premier tour de la présidentielle aura lieu le 24 novembre et le deuxième le 24 décembre. Cette annonce, effectuée à l’étranger, a surpris, voire choqué, les projets de lois électorales venant tout juste d’être déposés au Parlement. Le premier ministre a été contraint de préciser que ces dates sont encore officieuses, en attendant la signature du décret de convocation des électeurs, qui devra être pris après avis de la CENI. Ce calendrier, s’il est confirmé, est jugé particulièrement mal choisi. Si ces dates sont entérinées, Hery Rajaonarimampianina ; s’il se confirme qu’il est bien candidat à sa propre succession, devrait démissionner au plus tard le 24 septembre. En tout état de cause, son actuel mandat expirera le 25 janvier 2019.

Pour la juriste Sahondra Rabenarivo, membre du SeFaFi, « si la nouvelle loi ne va pas dans le sens de l’amélioration et de la consolidation des acquis des élections de sortie de crise, mieux vaut travailler avec l’existante et avancer. (…) Ainsi, tout ce processus, au lieu de nous offrir un modèle positif de l’exercice démocratique, se termine dans la confusion, la méfiance et l’amertume ». S’ils marquent un progrès sur un certain nombre de points, les textes déposés présenteraient de régressions préoccupantes.

Andry Rajoelina condamne « le forcing du pouvoir » concernant les lois électorales et le manque de transparence dans la préparation du scrutin. Les textes élaborés tendent, selon lui, à favoriser le candidat du pouvoir.

Didier Ratsiraka se dit inquiet des risques encourus à vouloir organiser des élections sans une véritable réconciliation nationale préalable et des progrès accomplis dans la lutte contre l’insécurité

Le Cercle de réflexion pour l’avenir de Madagascar (CRAM) redoute lui aussi une nouvelle crise post-électorale. Il revendique la mise en place d’une transition ayant pour mission d’organiser une concertation et une réconciliation nationales.

Le Conseil du Fampihavanana Malagasy s’érige en garant de la stabilité politique avant, pendant et après les élections. Sans empiéter sur les attributions de la CENI et du ministère de l’intérieur, il se fixe comme objectif d’instaurer un climat favorable à la tenue des élections, à la culture du dialogue, au respect de la parole donnée et la concrétisation des engagements signés.

Appuyée par l’UE, la société civile a lancé son « Observatoire des élections ». Un outil qui grâce à des milliers d'observateurs bénévoles mobilisés sur toute l'île, permettra de répertorier les mauvaises pratiques et fraudes électorales et de dénoncer auprès des autorités compétentes les candidats contrevenants. 5 400 observateurs ont déjà été sélectionnés. Ils couvriront 7 des 22 régions.

Lancement du Projet d’appui à la prévention de la gestion de conflits et violences potentiels liés aux élections à Madagascar (PEV). Financé par l’UE à travers l’Instrument contribuant à la stabilité et à la paix, il est doté d’un million d’euros et couvre la période janvier 2018 à août 2019.

Pas de droit de vote pour la diaspora. Le droit de vote des Malgaches de l’étranger avait été évoqué à l’occasion du premier forum de la diaspora en octobre 2017. Quatre mois et demi après c’est le statu quo.

L’Inde conforte sa présence à Madagascar.  Ram Nath Kovind est le premier chef d’Etat indien à se rendre dans la Grande île, accompagné d’une forte délégation. Les deux pays partagent les mêmes préoccupations géostratégiques dans cette région de l’océan Indien qui voit une présence accrue de la Chine. Plusieurs accords de coopération ont été signés.

Iles Eparses - Le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères français, en visite à Madagascar, affirme que « l’important c’est de maintenir le dialogue ». Il indique que des experts des deux pays vont se réunir pour trouver « une solution créative à cette problématique ».

Robert Yamate, ambassadeur des Etats-Unis sur le départ après un séjour de 3 ans ½ à Madagascar, réitère que la prochaine présidentielle ne doit exclure aucun candidat.

Edgard Razafindravahy a rencontré pour la seconde fois les associations et ONG œuvrant pour la promotion des droits de l’homme. Le leader du parti ADN, ex-PDS d’Antananarivo, candidat à la dernière présidentielle et patron du quotidien L’Express, a réuni une vingtaine de représentants de la société civile en vue de la mise en œuvre d’actions concrètes en faveur des populations les plus vulnérables.

Le Rapport mondial des Nations unies sur le Bonheur est accablant pour Madagascar. La Grande île serait l’un des pays les plus malheureux du monde, classé 143e sur 156 pays répertoriés.

Mobilisation contre l'insécurité. Pour la première fois, la société civile, le secteur privé et les syndicats de travailleurs se sont exprimés d’une même voix pour pousser les autorités à agir contre les violences quotidiennes et toutes les formes d’insécurité qui frappent la population. La plateforme dénommée Aok' Zayça suffit ») a lancé un appel à participer à une « flash mob » pour exiger des autorités l'organisation d'une table ronde. L’initiative a connu un certain succès. La presse s’est félicitée de la promotion par la société civile de nouvelles formes de contestation non-violente.

Le premier ministre a mis en cause des responsables des forces de l’ordre et des responsables territoriaux dans la persistance des vols de zébus. La justice est accusée de laxisme, voire de compromission. Le cheptel national de bovidés est en régression préoccupante, en raison principalement de l’insécurité rurale qui se généralise.

Une centaine de dahalo ont incendié un village dans le district d’Ifanadiana, faisant 1 300 sans-abris. Des bâtiments administratifs et des églises ont été réduits en cendre.

Vindicte populaire : plusieurs actes ont encore été signalés. Pris en flagrant délit, un voleur de vanille verte a été abattu par la population à Sambava. A Vangaindrano, un opérateur économique suspecté de trafic d’ossements humains a été lynché à mort. A Antsohihy, un gendarme a été noyé par des villageois et un groupe d’auto-défense a exécuté un homme suspecté du vol d’un zébu. Le récépissé de reconnaissance des structures d’auto-défense villageoise impliquées leur a été retiré suite à la publication de leurs exactions sur les réseaux sociaux. A Toliara, le meurtre d’une jeune fille dont le corps a été retrouvé mutilé a déclenché d’importants troubles. Les forces de l’ordre ont rencontré des difficultés à maîtriser la situation et ont dû faire usage de grenades lacrymogènes. 75 tireurs de cyclo-pousses de l’ethnie Antandroy ont été placés en garde à vue. Une soixantaine ont été déférés au parquet.

Un gang de sept individus a tenté d’enlever un indo-pakistanais à Isoraka-Tsaralàlàna. L’un des assaillants a été abattu lors d’un échange de coups de feu avec les forces de l’ordre.

Une vidéo montrant l’intervention punitive des 42 policiers à Antsakabary a été partagée sur les réseaux sociaux. Les scènes filmées coincent avec les témoignages recueillis par la CNIDH en mars 2017. Un an après ces exactions, le sort de ces policiers n’est pas encore connu. Dans un communiqué, Amnesty International demande que soit menée dans les meilleurs délais une enquête impartiale sur le comportement de la police et soient traduits en justice les policiers soupçonnés d'être responsables de ces actes.

Amnesty International demande que soit annulée la condamnation à une peine de 2 ans de prison avec sursis du militant écologiste Raleva. Accusé injustement d'avoir usurpé le titre de « chef de district », il a fait appel de sa condamnation. « Les militants comme Raleva doivent être protégés, et non criminalisés, par leur gouvernement. », déclare l’organisation. Le procès en appel de Raleva a été fixé au 24 avril.

Dans son rapport 2017, le Bianco révèle que deux ministres ont été poursuivis, sans donner leur identité ni les motifs de leur incrimination. 504 personnes ont fait l’objet d’une poursuite. 12 hauts fonctionnaires nommés par décret ont été arrêtés, cinq d’entre eux ont été placés en détention préventive. Le Bianco a reçu 3 380 doléances, auxquels s’ajoutent les 1 726 dossiers de 2016 en instance. Il a traité plus de 5 000 dossiers, dont 950 ont été déclarés investigables.

L’ex-conseillère Claudine Razaimamonjy a de nouveau été extraite de la prison pour femmes de Manjakandriana pour être auditionnée. Elle a été entendue par la Bianco pour une nouvelle affaire et traduite devant la Chaîne pénale anti-corruption pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics et ainsi que pour détournement et recel de deniers publics.

Jean Razafindravonona, ancien ministre des finances et du budget du gouvernement Kolo, soupçonné d’être impliqué, comme Claudine Razaimamonjy, dans le détournement de 500 millions Ar, a été placé sous mandat de dépôt. Dans ce même dossier, Orlando Robimanana, ancien directeur du Trésor, figurant parmi les candidats potentiels à la magistrature suprême, a bénéficié d’une liberté provisoire. Trois autres personnes ont été placées sous surveillance judiciaire.

L’Association MSIS-Tatao, en collaboration avec International Budget Partnership et l’appui de l’UE et des Nations unies, a publiéune étude l’effectivité de la transparence budgétaire dans 115 pays qui s’étaient soumis volontairement à cette enquête. Madagascar y est particulièrement pointé du doigt pour l’impossibilité pour les citoyens de disposer d’informations minimales sur le budget de l’Etat et l’absence de redevabilité des dirigeants.

Les copies des épreuves du concours d’entrée à l’École nationale de la magistrature et des greffes (ENMG), annuléen raison d’une suspicionde trafic d’influence et de corruption, ont été brûlées alors que le Bianco avait préconisé certaines mesures conservatoires. Un ministre, accompagné de son staff et d’un huissier, se serait rendu sur place pour ordonner la destruction des copies. Le Bianco a publié une déclaration dans laquelle il déplore « les conséquences de tels agissements ». La société civile a fait part de son indignation.

Affaire Houcine Arfa - Le directeur de la maison de force de Tsiafahy a rejeté les accusations portées à son encontre par l’ancien conseiller de la présidence. « Contrairement à ce qui a été véhiculé sur Facebook, je n’ai jamais reçu une somme de 4 millions Ar venant de ce prisonnier », a-t-il déclaré. Il dément également les informations selon lesquelles Houcine Arfa aurait été torturé. L'homme politique Patrick Raharimanana a affirmé l’authenticité du document sonore qu’il a publié sur Facebook et mettant en cause de directeur de la prison. Après avoir été interrogé par la gendarmerie, il a déposé une dénonciation de corruption contre le directeur de la maison de force auprès du Bianco. Le juge d'instruction Haingo Ramiandrisoa, en charge du dossier Houcine Arfa et qui l’a placé sous mandat de dépôt, a été déféré au parquet. Il est soupçonné, avec cinq autres personnes, d'avoir été impliqué dans l’évasion du franco-algérien. Le SMM a protesté contre cette arrestation jugée illégale. Le directeur du bureau de contrôle des juridictions et des établissements pénitentiaires a confirmé que le ministère de la justice a décidé d’ouvrir une enquête suite aux remous causés par les révélations d’Houcine Arfa. « Les résultats de l’enquête confirment qu’il y a bien eu complicité dans l’évasion du prisonnier », a-t-il affirmé. Les investigations menées jusqu’ici n’auraient révélé aucun élément de preuve permettant d’incriminer la ministre de la justice, son directeur de cabinet et la procureure de la République, accusés par Houcine Arfa d’avoir touché des pots-de-vin. La ministre a déposé plainte pour diffamation à l’encontre d’Houcine Arfa auprès du tribunal correctionnel de Paris. Houcine Arfa aurait déposé une seconde plainte auprès de la justice française, cette fois-ci contre un conseiller spécial du chef de l’Etat. Elle porterait sur l’importation de « marchandises très réglementées sur le plan international », effectuée dans des conditions illicites. Les agents pénitenciers ont lancé un mot d’ordre de grève pour exiger la libération de trois de leurs collègues placés en détention préventive.

Le SMM s’est élevé contre le limogeage du procureur général près la Cour suprême qu’il juge illégal. La décision a été prise en conseil des ministres sans consultation préalable du CSM. Selon le syndicat, elle fait suite à la requête que le SMM a déposée auprès du CSM pour réclamer l’ouverture d’une enquête contre la ministre de la justice et quelques magistrats, suite aux révélations d’Houcine Arfa qui les accuse d’avoir touché des pots-de-vin pour favoriser son évasion. Les avocats de l’ex-procureur ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat et ont obtenu gain de cause. Le décret présidentiel a été annulé.

Le SMM, réuni en AG extraordinaire, a exigé le départ de la garde des sceaux et son remplacement par un magistrat plus jeune. Elise Rasolo n’aurait pas tenu les engagements pris lors de sa prise de fonction, en août 2017. Lors de leur AG, les magistrats ont exigé que toutes les personnes citées dans l’affaire Houcine Arfa soient auditionnées.

1 500 femmes victimes de fistule obstétricale doivent être opérer en 2018. La campagne, lancée en 2011, se poursuit, avec le concours du FNUAP. 50 000 femmes malgaches seraient victimes de ce handicap et 4 000 nouveaux cas apparaitraient chaque année, en majorité des femmes jeunes et des adolescentes.

Madagascar recense en moyenne 1.500 nouveaux cas de lèpre tous les ans, selon le ministère de la santé, qui regrette « l'exclusion et l'ostracisme » dont sont victimes les malades. La tuberculose demeure un problème de santé publique majeur. Plus de 30 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2017.

Peste : validation du protocole d’enterrement digne et sécurisé. L’atelier de validation est l’aboutissement d’un long processus de consultations nationales et internationales dans le but d’offrir aux personnes décédées un enterrement en adéquation avec les valeurs culturelles malgaches. La saison 2017/2018, avec plus de 2 000 cas et 200 décès, a été houleuse, marquée par des difficultés de communication et la résistance de la population.

Une Koweitienne a été arrêtée pour le meurtre de son employée malgache. Ce meurtre, relayé sur les réseaux sociaux, a contraint les autorités à mener une enquête. L’intéressée a été arrêtée au Liban et rapatriée pour répondre de ses actes. Réfugiées dans une ambassade, plus de 80 jeunes femmes malgaches émigrées au Koweït ont lancé un appel à l’aide sur Facebook. Les autorités malgaches n’ont, semble-t-il, pas réagi à ce SOS. Un réseau de trafiquants d’enfants a été démantelé à Toamasina. Sept suspects ont été appréhendés. Une vedette transportant 15 personnes, dont cinq enfants, a été interceptée par la gendarmerie d’Ambilobe à Nosy Mitsio. L’embarcation avait Mayotte pour destination. Environ 300 Malagasy sont arrivés clandestinement à Mayotte en 2017, selon les autorités mahoraises. Tout un réseau de passeurs serait impliqué. 175 immigrants clandestins ont été refoulés.

Prévention et réduction de l’apatridie : un guide gratuit « Nationalité à Madagascar - Règles et procédures » a été rédigé par l’ONG Focus Development et l’UNHCR. Le guide proposé fait suite à des ateliers de sensibilisation qui se sont tenus dans différentes régions.

Une grande première dans les annales du 8 mars : les associations des femmes des 22 régions ont fait un long voyage pour rejoindre la capitale afin de célébrer la journée internationale des droits des femmes et revendiquer le respect de leurs droits. L’Express voit dans cet évènement le signe d’une prise de conscience des progrès qui restent à accomplir. La ministre de la population et de la promotion de la femme a déclaré qu'elle militerait pour que les femmes occupent la moitié des postes gouvernementaux. Elles sont encore trop peu représentées dans les sphères décisionnelles de la vie publique. La ministre s’est félicitée de la réforme intervenue qui permet aux femmes de transmettre leur nationalité à leur enfant.

Après avoir été chassés manu militari de l’Assemblée nationale et insultés lors de la rencontre entre les députés et le gouvernement, les journalistes ont exigé des excuses publiques. L’Ordre des journalistes affirme que cet incident porte une nouvelle fois atteinte à la liberté de la presse.

L'observatoire de la communication Ilontsera relance l’alerte sur l’urgence de revoir certaines dispositions du code de la communication médiatisée et des projets de loi régissant l’organisation des élections.

Projet de loi sur les ZES - Pour le Collectif Tany, le projet, s’il est adopté en l’état, privera les Malgaches de l’accès à des milliers d’hectares de terres pour une période de longue durée, sinon indéterminée. Tany demande que les décideurs malgaches s’interrogent sur la dangerosité de cette loi qui conduit, au bout du compte, à « une perte de la dignité du pays ». La société civile a-t-elle était entendue ? Dans les jours qui ont suivi l’Assemblé nationale a rejeté le projet de loi remanié à la suite de l’avis rendu par la HCC qui avait déclaré inconstitutionnels quatre de ses articles. Le Groupement des experts et scientifiques (GESC) a également incité le pouvoir à protéger les terres malgaches face aux appétits des investisseurs étrangers alors que Maurice s’est déclaré en attente des opportunités offertes par les ZES pour renforcer sa coopération avec la Grande île.

Les Assises de la coopération Internationale des collectivités décentralisées malagasy et française ont réuni 450 participants, dont plus de 300 élus et représentants locaux malgaches à la recherche d’opportunités de coopération. Objectif : pérenniser les liens existants, réinventer une coopération internationale de plus en plus difficile à justifier auprès des citoyens français et, si possible, créer de nouveaux partenariats. La première édition, en 2006, avait connu un grand succès. Neuf régions de le Grande île sur 22 ne se sont pas encore engagées dans cette voie.

La vie quotidienne de plusieurs milliers d’habitants du Sud a connu une amélioration. Des services sociaux de base y ont été mis en place grâce à l’appui du gouvernement japonais et aux interventions de l’Unicef. Des cliniques mobiles ont été installées, des adductions d’eau construites dans des lieux reculés des régions Anosy et Androy, au profit de plusieurs dizaines de milliers d’habitants.

Le ministère de l’eau ambitionne d’accroître à 67 % le taux d’accès à l’eau potable en 2019 contre 24 % actuellement. Dans la vision 2030, le taux de 100 % devrait être atteint à condition de disposer d’un financement de 2,8 milliards d’euros. Grâce au concours de l’Unicef, 200 forages sont prévus d’ici 2019. Madagascar se trouve au quatrième rang des pays les plus pauvres en matière d’accès à l’eau potable.

Près de 200 opérateurs économiques malagasy et 150 opérateurs indiens ont participé à un forum des affaires organisé par l’ambassade de l’Inde à l’occasion de la visite à Madagascar du président indien. Une ligne de crédit de plus de 80 millions de dollars a été octroyée par le gouvernement indien pour assurer le développement agricole de la Grande île. Des sociétés indiennes souhaitent créer des joint-ventures avec leurs homologues malagasy.

La Banque mondiale figure parmi les bailleurs qui ont respecté leurs engagements lors de la conférence des bailleurs et des investisseurs de Paris en 2016. La revue conjointe du portefeuille des projets financés par la Banque qui vient de se tenir recense 16 projets d’un montant total de 838 millions de dollars, dont près de 372 millions ont déjà été décaissés.

Une nouvelle mission du FMI s’est rendue à Madagascar pour évaluer l’exécution de la Facilité élargie de crédit (FEC) au 2e trimestre 2017. Le bilan global est positif et pourrait autoriser un nouveau décaissement mais le Fonds demande aux autorités de renforcer ses engagements, à savoir : application de la vérité des prix du carburant, retrait progressif de l’Etat dans le financement de la Jirama, adoption des lois sur le recouvrement des avoirs illicites et le blanchiment de capitaux pour combattre la corruption, continuité du système de déclaration de patrimoine et amélioration de la gestion des finances publiques. La situation de la Jirama reste préoccupante. Le gouvernement serait contraint de lui accorder une nouvelle subvention.

Le désordre qui règne depuis trois mois au port de Toamasina pénalise lourdement les entreprises, dont certaines fonctionnent au ralenti et ont dû mettre leur personnel en chômage technique. On enregistre des ruptures de stocks de PPN et de médicaments Une situation qui engendre également des hausses de prix. Des armateurs de détournent de Madagascar.

Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme - Madagascar doit présenter son rapport au mois d’avril. Le DG du Samifin craint que la Grande île soit placée sur la « liste grise » en raison de son non-respect des recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) de 2012. L’économie nationale se trouverait ainsi lourdement pénalisé par ces absences de contrôle des flux financiers. Parvenus au terme de la 3e session extraordinaire, les députés ne sont pas parvenus à débattre des deux projets de loi sur le blanchiment et le recouvrement des avoirs illicites. L’hémicycle était vide lorsque s’est présenté le directeur du Samifin pour présenter les textes qui revêtent pourtant une importance capitale. A croire, déclare son directeur, que les dispositions qu’ils contiennent les mettent dans l’embarras…

« Les métiers de l’externalisation des relations clients sont devenus, en peu de temps, la nouvelle mine d’or des jeunes Malgaches », selon le ministre des postes, des télécommunications et du développement numérique. Les parts de marché en matière d’externalisation sont en train de se rééquilibrer en faveur de Madagascar et de Maurice, au détriment du Maghreb et notamment du Maroc.

La Confédération du tourisme tire la sonnette d’alarme. La saison 2018 s’annonce préoccupante du fait de la dégradation de l’image de la destination Madagascar.

Le recensement général de la population va pouvoir enfin démarrer au mois d’avril. 28 000 agents recenseurs ont été formés. 25 des 31 millions de dollars nécessaires sont d’ores et déjà disponibles.

Des troubles ont agité à nouveau l’université de Toamasina. De longues et intempestives coupures de courant sur le campus ont provoqué la colère de 150 étudiants, dont certains ont perturbé la tenue des examens. 22 étudiants ont été arrêtés puis relâchés pour la plupart, sous la pression des manifestants. Six étudiants ont été traduits en conseil de discipline et quatre d’entre eux ont été renvoyés.Un risque d'année blanche plane de nouveau à l'université d'Antananarivo où le syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants a annoncé le renforcement de son mouvement de revendication.

La Solidarité Syndicale de Madagascar a manifesté devant le tribunal de la capitale pour exprimer le mécontentement des salariés du privé et du public. Les forces de l’ordre présentes sur les lieux ne sont pas intervenues.

La situation des syndicalistes d’Air Madagascar en suspens. Rado Rabarilala et ses collègues n’ont pas été réintégrés depuis juillet 2015, nonobstant l’existence d’un jugement du tribunal administratif, lequel a débouté la compagnie. Les salariés licenciés ont porté l’affaire devant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme. La CNIDH a offert son appui.

La Grande Île est devenue une plaque tournante du trafic de drogues dures, indique le directeur du Centre de fusion des informations maritimes. Les abords de Nosy-Be constituent une zone rouge de transit, les produits étant par la suite envoyées à Maurice ou aux Seychelles.

Le réchauffement climatique pourrait menacer jusqu'à 50 % des espèces dans 33 régions clés. Madagascar fait partie des régions les plus menacées.

Le cyclone Eliakim a fait des ravages dans le Nord et le Nord-Est du pays. Le dernier bilan provisoire du BNGR fait état de 21 morts et de près de 60 000 sinistrés.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Préparation de la présidentielle et des législatives
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Affaire Houcine Arfa
  • Santé
  • Migrations, traite, apatridie
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Questions foncières, projet de loi sur les ZES
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Situation économique
  • Social, divers

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ARTICLES REMARQUES - MARS 2018

<> 26 03 18 - Amnesty International - Madagascar doit annuler la condamnation du militant écologiste Raleva
La peine de deux ans de prison avec sursis avait été prononcée en septembre 2017. L’audience en appel est prévue le 27 mars à Fianarantsoa. Raleva avait été arrêté à la suite d'une réunion publique organisée par des représentants de Mac Lai Sime Gianna (M.L.S.G.), une compagnie minière chinoise d’extraction d'or, et le chef de district. Durant cette réunion, il a exigé de voir les permis miniers délivrés à l'entreprise. Il a alors été arrêté et accusé d'avoir usurpé le titre de « chef de district » par le tribunal de Mananjary. Libéré au bout de 25 jours de détention provisoire il a fait appel de sa condamnation. « En contestant les activités minières de l'entreprise, Raleva a agi dans l'intérêt public. Au lieu de le sanctionner par une peine de prison avec sursis, les autorités auraient dû rendre publiques les informations qu'il recherchait et faciliter la participation publique au projet minier. Les militants comme Raleva doivent être protégés, et non criminalisés, par leur gouvernement. », déclare la directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique australe.
Le procès a été reporté au 24 avril

- 17 03 18 - IEP Madagascar – i-Tafa - Interview de Sylvain Urfer du SeFaFi sur « L'Eglise et la société malagasy » (1h05)
https://www.facebook.com/i.tafatafa/videos/1745303188823325/?hc_ref=ARSYJoyJMw6skXeqBQ8aPQQjdboGSw72RvVMcmNP2MnIuNBozHWnSUWacNZHj6f-TOg&fref=gs&dti=158712627482575&hc_location=group

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  15 03 18 - Amnesty International - Madagascar - Il faut enquêter sur les mauvais traitements infligés par des policiers à des villageois
En réaction à une vidéo montrant des policiers frapper et humilier des dizaines de villageois dans la localité où, en février 2017, des responsables de l'application des lois s'en étaient pris à des habitants et avaient mis le feu à leurs maisons, en riposte à la mort de deux policiers, le directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe, a déclaré : « Le comportement de la police, tel qu'on peut le voir dans la vidéo, est scandaleux et condamnable. Ces brutalités témoignent du mépris dont fait preuve la police à l'égard de la vie humaine. Il est totalement inacceptable que des policiers infligent des mauvais traitements et des violences aux citoyens qu'ils ont le devoir de protéger. (…) Les autorités doivent mener dans les meilleurs délais une enquête impartiale sur le comportement de la police et traduire en justice les policiers soupçonnés d'être responsables de tels actes, dans le respect des normes internationales. Elles doivent aussi accorder des réparations aux victimes. »
Voir la vidéo réalisée par Amnesty, reprenant des séquences de la vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux et dont l'authenticité a été attestée https://www.voaafrique.com/a/des-dizaines-de-civiles-matraites-par-la-police-dans-une-video-accablante-a-madagascar/4301544.html

- 14 03 18 - APOI - Madagascar - Une économie résiliente
"La capacité des opérateurs économiques, installés dans la Grande-île, à s’adapter à un environnement des affaires instable, force l’admiration. Non seulement ces entrepreneurs résistent mais, en outre, investissent, innovent et se mettent aux normes. Certes, quelques grandes familles, notamment d’origine indo-pakistanaise, ont décidé au cours de l’année 2017 de prendre quelques distances avec le pays mais, davantage pour des raisons sécuritaires qu’économiques. La micro-économie malgache (un PIB inférieur à celui du désertique Mali ou du minuscule Bénin) qui ne pèse que l’équivalent d’un petit département français a beau être en récession, rien n’y fait : de nombreux chefs d’entreprises continuent d’y croire et même si l’on doit relever le caractère irrationnel de cette démarche fortement teintée d’une grande part d’affectivité".

- 13 03 18 - Le Monde Afrique - A Madagascar, la difficile lutte contre le kidnapping
Si le kidnapping est loin d’être un phénomène nouveau à Madagascar, le rythme des rapts semble s’intensifier depuis six mois. Selon les chiffres de la police malgache, une quinzaine d’enlèvements a été répertoriée en 2017 et deux « karanes » ont déjà été enlevés en 2018. Les premiers cas connus remontent à la fin des années 1990. Depuis 2010, une centaine de cas officiels a été recensée, selon le Collectif des Français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM), une association de droit malgache qui fait de l’accompagnement psychologique aux victimes et sert d’intermédiaire entre les familles et les forces de l’ordre malgaches.Mais leur nombre exact depuis vingt ans pourrait être en réalité bien plus élevé car beaucoup de familles ne déposent pas plainte.

<> 10 03 18 - RFI - Madagascar : énigme et paradoxe
(46’)
C’est une constante depuis des décennies : Madagascar est l’un des pays les plus pauvres au monde. Non seulement le pays stagne aux derniers rangs dans les classements internationaux mais en plus, loin d’enregistrer des progrès, il régresse constamment. Malgré sa richesse naturelle, le pays s’appauvrit. Trois chercheurs français, excellents connaisseurs de la Grande Ile ont cherché à rassembler en un volume les raisons qui peuvent expliquer ce phénomène. Ce livre, « L’Enigme et le Paradoxe, Economie politique de Madagascar », est publié aux éditions IRD et AFD. « Eco d’ici Eco d’ailleurs » a reçu deux des auteurs, Mireille Razafindrakoto et François Roubaud, tous deux économistes et statisticiens à l’IRD, membres de l’Unité de Recherche « Développement Institutions et Mondialisation » (DIAL), et évoque avec eux les énormes difficultés auxquelles font face la plupart des citoyens malgaches. L'une des manifestations du malaise de la société malgache, c'est la violence quotidienne. Kidnapping, vols en bande organisée… La généralisation de l’insécurité dans les grandes villes comme à la campagne fragilise l’économie du pays. Pour l’instant, les mesures prises par l’Etat n’ont pas encore montré les résultats escomptés. Alors, de son côté, la société s’organise. Le 5 mars, secteur privé, syndicats des travailleurs et société civile se sont regroupés au sein d'une même plateforme pour dénoncer cette situation et pour proposer des solutions. Une trentaine d’acteurs majeurs unis contre un fléau national : c'était une première dans le pays. 80 % de la population active travaille dans le secteur agricole. Les autorités comptent sur l'agriculture pour sortir la Grande Ile de la pauvreté, en particulier sur la culture du riz.  Un objectif a été fixé : atteindre l'autosuffisance en riz d'ici 2020. Un objectif ambitieux. L'un des aspects de cette pauvreté, c'est le chômage qui frappe en particulier les jeunes. Le taux de chômage officiel des 18-29 ans est de 11 %. Mais dans la réalité, c'est beaucoup plus. Un chômage qui touche tous les jeunes qu'ils aient fait des études ou non. Chaque année, 500 000 jeunes diplômés arrivent sur le marché du travail et leur insertion est de plus en plus difficile.
http://telechargement.rfi.fr/rfi/francais/audio/magazines/r218/eco_d_ici_eco_d_ailleurs_20180310.mp3

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  09 03 18 - Collectif Tany - La loi sur les ZES, porte ouverte à l'accaparement des terres
Pour le Collectif Tany, la loi sur les ZES privera les Malgaches de l’accès à des milliers d’hectares de terres pour une période de longue durée sinon indéterminée.
« Le risque est grand, affirme-t-il, de voir l’Etat déléguer totalement la gestion des territoires sélectionnés à l’AZES, l’Autorité de régulation des ZES, dont les modalités d’application de la délégation ont été censurées par la HCC comme étant contraires à la Constitution. (…) La future ZES, située dans le Nord de Madagascar, qui a fait l’objet d’une réunion internationale de plusieurs jours en février, s’étend sur 2.000 ha. A ce rythme, et étant donné la prolifération de diverses zones d’investissement annoncées dans des lois et projets de loi sur les terrains de même acabit qui feront partie ‘des terrains à statut spécifique’ (ZIA, ZES, ZII, ZEE, etc..), Madagascar risque d’arriver à la même situation que celle du Cambodge où les citoyens vivent et les paysans cultivent sur des espaces très réduits, dans les interstices entre les grandes plantations et concessions des sociétés et compagnies souvent étrangères ». Tany demande dans son communiqué que les décideurs malgaches s’interrogent sur la dangerosité de cette loi qui conduit, au bout du compte, à « une perte de la dignité du pays »

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07 03 18 - SeFaFi - Communiqué - Pour des lois électorales plus fiables
Comme le SeFaFi l’a rappelé dans son dernier communiqué, la société civile peut donner son avis sur les projets de lois débattus par les législateurs puisque ces lois la concernent au premier chef. S’agissant des textes les plus importants, dont les lois électorales font partie, la Constitution exige un délai de 15 jours avant leur vote. Tout comme d’autres associations, le SeFaFi se propose donc de mettre à profit ce délai pour suggérer des modifications qui, si elles sont loin d’être exhaustives, sont susceptibles d’améliorer le processus électoral. Le communiqué aborde successivement les points suivants : le contrôle du financement des campagnes électorales, le plafonnement des dépenses, la place donnée à la CENI, le bulletin unique et/ou le bulletin individuel, le mode de scrutin, la période dite « pré-électorale » ou de « pré-campagne », le calendrier électoral, l’obligation de la carte d’électeur, l’acheminement des résultats électoraux, la place laissée aux médias pendant la campagne électorale. Mais les dispositions dont on se félicite ne seront pas encore applicables aux prochaines législatives et communales, elles ne seront applicables qu’à l’élection présidentielle. « Calcul politique oblige afin de limiter les concurrents au parti HVM qui pourrait avoir plus d’argent ou plus de possibilités que le candidat du parti au pouvoir », commente Tribune. « La seule véritable avancée démocratique que comportent ces textes, et dont tout le monde se félicite, est ainsi mise au rancart pour trois ans », déplore l’Observatoire. Si les candidats aux scrutins de 2018 refusent de s’imposer la transparence financière, pourquoi l’imposer à leurs successeurs ? « Pousser le cynisme à cette extrémité révèle la vraie nature de nos dirigeants », conclue le SeFaFi.

<> 07 03 18 - Mobilisation générale contre l'insécurité à Madagascar
Pour la première fois, la société civile, le secteur privé et les syndicats de travailleurs se sont exprimés d’une même voix pour pousser les autorités à agir contre les violences quotidiennes et toutes les formes d’insécurité qui frappent la population, tant en zone urbaine qu’en brousse. Pour La Gazette, la Grande île est tombée « sous le règne des dahalo urbains et ruraux », une situation qui affecte la vie de chaque citoyen et le développement du pays. La plateforme, composée de 30 membres, arbore un slogan : « Aok'zay » (« ça suffit »). La représentante de la fédération des femmes rurales raconte le nouveau mode opératoire des voleurs de zébus : « Il y a des villages où il n'y a plus de bœufs. Et les dahalo arrivent et kidnappent des enfants pour faire pression sur les familles afin qu'elles donnent de l'argent. Et ça, c'est nouveau. ». La population est terrorisée et des secteurs d'activités entiers sont fragilisés, comme l'explique le vice-président de la confédération du tourisme. « Si l'insécurité continue à être s’accroitre dans le pays, les touristes vont être réticents à venir à Madagascar. Et ça va avoir un impact énorme sur l'économie et sur le développement durable de notre pays. » En guise de première action nationale, la plateforme appelle les habitants à manifester bruyamment leur ras-le-bol en actionnant cloches, sirènes et klaxons le 15 mars à 12h. L'objectif, à terme, est d'aboutir à l'organisation d'une table ronde avec les autorités pour trouver des solutions. « Le réseau que nous venons de créer est prêt à proposer des solutions pour résoudre le problème. D’ailleurs, une page commune est créée sur les réseaux sociaux dans cette optique. Le jour du mouvement, des flyers seront distribués aux forces de l’ordre afin de les conscientiser sur la nécessité de la protection des personnes et de leurs biens », déclare le président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM).

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  02 03 18 - FIACAT et ACAT Madagascar - Lancement du guide sur les garanties judiciaires du détenu
Ce guide élaboré dans le cadre du projet de lutte contre la détention préventive abusive à Madagascar est le fruit de l’atelier de renforcement des capacités des acteurs de la chaine pénale et de la société civile en matière de respect des garanties judiciaires qui s’est tenu les 25 et 26 juillet 2017. Destiné aux professions judiciaires, au personnel pénitentiaire, aux intervenants en milieu carcéral (membres d’organisations de la société civile, travailleurs sociaux, religieux…), et à tous les citoyens s’interrogeant sur les droits du prisonnier, il décrit le parcours du prévenu depuis sa mise en détention jusqu’à sa mise en liberté. Véritable outil de défense des personnes détenues en violation des règles de droit, ce guide permettra une meilleure connaissance du droit par tous les acteurs et facilitera l’identification des cas de détention préventive abusive afin de lutter contre ce phénomène. In fine, le projet permettra plus largement d’améliorer les conditions de détention en réduisant la surpopulation carcérale.
Guide des garanties judiciaires du détenu - version française allégée
Guide des garanties judiciaires du détenu - version malagasy allégée

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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