JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2018

-18 12 18 - Le Monde - Laurence Caramel - Second tour sous tension à Madagascar
L'ombre de la crise de 2009 n'a jamais cessé de planer sur la campagne qui s'achève. Le scrutin, qui se déroulera le 19 décembre, s'annonce serré. Les protagonistes ont été prévenus par les partenaires internationaux que toute infraction à la légalité sera sanctionnée.

<> 17 12 18 Le Monde -Laurence Caramel - Les nouveaux justiciers de Madagascar
Alors que les Malgaches s’apprêtent à voter pour départager Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina lors du second tour de l’élection présidentielle, l’insécurité s’est imposée comme un des principaux thèmes de la campagne. Le premier s’est engagé à l’« éradiquer dans les cent jours » qui suivront son accession au pouvoir. Le second promet des miracles grâce au déploiement de hautes technologies adaptées à la traque des criminels. En attendant, face aux carences de l’Etat, bien des Malgaches semblent avoir décidé de se faire justice eux-mêmes. Les vindictes populaires se multiplient. Dans les villes comme dans les campagnes les plus reculées, la colère des victimes de vols ou d’agressions tourne au désir de vengeance : suspects exécutés par la foule, brûlés vifs et parfois même extraits des tribunaux ou des centres détention avant d’être battus à mort, en dépit de la présence des forces de l’ordre, policiers, eux-mêmes pris à partie pour leur complicité, avérée ou supposée, avec les délinquants…Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, la justice populaire « représente un risque élevé pour la paix. Elle anéantit les individus, la société et l’Etat lui-même ». Mais dans certaines régions, la justice populaire offre un autre visage, celle des Dina, convention villageoise qui constitue la plus ancienne forme de contrat dans la société malgache et repose sur un pacte clair entre les membres de la communauté.

<> 15 12 18 - Amnesty International - Six femmes et leur combat pour la justice à Madagascar
À Madagascar, des gens languissent en détention pendant des mois dans l’attente de leur procès, sans en connaître la date. Quand Tamara Léger, spécialiste de Madagascar à Amnesty International, a croisé six femmes incarcérées pour un crime qu’elles n’avaient pas commis, elle a compris qu’elle devait agir. La situation de ces femmes vient de connaître un dénouement heureux.

13 12 18 - L'Expansion-L'Express - Les Chinois sèment la zizanie chez les pêcheurs de Madagascar
L'annonce en septembre de la conclusion d'un accord de pêche signé en marge d'un forum à Pékin entre des investisseurs chinois et une association privée malgache a mis le feu aux poudres. En pleine campagne pour la présidentielle des 7 novembre et 19 décembre, la controverse a pris une tournure très politique. Le texte de l'accord n'a pas été publié mais selon des indiscrétions, il s'agit d'un partenariat d'un montant global de 2,7 milliards de dollars qui prévoit notamment la livraison à des pêcheurs malgaches de 330 bateaux modernes et réfrigérés de 14 mètres. Ces bateaux doivent "remplacer les pirogues traditionnelles", assure l'Agence malgache de développement et de promotion des entreprises (AMDP), l'association de droit privé qui a négocié et conclu cet accord avec le consortium chinois Taihe. Ces bateaux, qui seront fournis gratuitement par les Chinois, sont censés permettre aux pêcheurs malgaches "d'augmenter leur capacité de production", explique un responsable de l'AMDP. Une partie des poissons pêchés sera vendue sur le marché local. Le "surplus" restera aux Chinois, poursuit-il. Les 330 bateaux doivent générer à terme 130.000 tonnes de poissons pêchés par an, selon l'AMDP. Un chiffre qui s'approche du niveau de production de pêche de Madagascar en 2017 (163.492 tonnes). L'AMDP reconnaît que "l'impact sur l'environnement reste à évaluer". Mais, tempère-t-elle immédiatement, l'accord prévoit "un projet d'aquaculture pour repeupler la faune maritime sur le littoral". Pas de quoi rassurer les ONG, "pas convaincues" que l'accord "présente de réelles opportunités économiques pour les pêcheurs" malgaches. La proximité de l'AMDP avec l'ancien chef de l'Etat - cette association est dirigée par son conseiller spécial Hugues Ratsiferana - et la date de la signature suscitent de nombreuses interrogations.

- 05 12 18 - Réforme - Reportage à Madagascar - Protestants de Madagascar, la tentation politique
« Présence protestante » diffuse le 16 décembre sur France 2 un reportage sur Madagascar, quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle. Le reportage de Jérémy Frey, « Protestants de Madagascar, la tentation politique », aborde un sujet sensible : quel est le poids des Églises et institutions protestantes dans le scrutin qui se déroulera le 19 décembre ? Il apporte des éclairages essentiels sur cette question dans le cadre de la visite que la délégation française protestante a rendue aux fédérations, la FJKM, luthéro-réformée, et la MRE, évangélique, au mois d’octobre. François Clavairoly, président, et Georges Michel, secrétaire général de la FPF, livrent leur analyse. Les représentants ecclésiaux locaux dépeignent ce qui se passe dans le pays, et parfois même dans leurs Églises. L’appartenance confessionnelle affichée des candidats, les consignes de vote données dans des assemblées, ou encore l’islam en expansion, accusé d’acheter des conversions de jeunes gens, sont ouvertement évoqués. Apparaît aussi le jeu trouble de candidats chrétiens, se présentant sous la bannière d’une Église, financés par les pétrodollars de la péninsule arabique ou de connivence avec le monde musulman.

<> 03 12 18 - GEC Europe - Madagascar, une démocratie contrefaite
Le premier tour de l’élection présidentielle la plus ouverte que Madagascar ait connu depuis ces dernières années vient d’avoir lieu. La phase préélectorale a été semée de coups de force dont des menaces contre le président en exercice et l’imposition d’un gouvernement d’union nationale reflétant la mainmise du candidat Rajoelina sur le Parlement et sur une bonne partie de la classe politique. Ce sont les faits les plus saillants de ce processus caractérisé par des manœuvres complexes dont des tentatives de report des dates arrêtées. Il faut rappeler de nouveau le substrat du processus électoral caractérisé par l’insertion de nouvelles factions criminelles dans la politique et dans les configurations partisanes héritières mal en point d’une IIIe République déchirée par des guerres civiles de faible intensité. Ce serait aussi sous-estimer le poids de l’armée et l’intrusion des puissances extérieures dans une épreuve qui marginalise les éventuelles alternatives aux rentiers du pillage des ressources naturelles de l’île. Tandis que l’élection présidentielle donnent à l’État une apparence démocratique, l’intervention des puissances étrangères joue un rôle prépondérant.

 

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REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2018

 La CENI a été la cible de nombreuses attaques de la part des candidats tout au long du processus électoral, elle s’est efforcée de jouer la carte de la transparence sans y parvenir véritablement. Avant le 1er tour, les mises en cause se sont focalisées sur l’élaboration de la liste électorale, l’existence de prétendus bulletins uniques pré-cochés et de bureaux de vote « fantômes ». Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana ont déposé plainte auprès de la CENI pour les violences subies durant leur campagne.

Seuls six candidats ont répondu au questionnaire de Transparency International-Initiative Madagascar (TI-IM) sur leur budget de campagne. Les trois favoris n’ayant pas répondu, TI-IM a procédé à une estimation de leur budget. Pour Andry Rajoelina, il s’élèverait à plus de 2 millions d’euros, sans tenir compte des frais engagés en France et à Madagascar pour présenter son projet IEM. TI-IM s’est interrogé sur le coût de location de ses sept hélicoptères et des véhicules de retransmission TV, le coût des « goodies », le montant des distributions d’argents. Le candidat a promis de jouer la transparence à la fin de la campagne. Pour Hery Rajaonarimampianina, TI-IM estime à plus de 1,3 million d’euros le coût total de sa campagne. Le coût des meetings organisés par Marc Ravalomanana est estimé à 1,43 million d’euros. La question reste entière de savoir qui sont les sponsors des candidats favoris et les contreparties négociées…

« Le candidat Rajoelina vend du rêve », a titré TV5 Monde dans un reportage. Feux d'artifice, écran géant, stars de la chanson, orchestre live, profusion de promesses : Andry Rajoelina, grand favori du scrutin, a fait rêver ses partisans et a joué habilement la carte du populisme. « Un scrutin pris en otage par le pouvoir de l’argent », a titré pour sa part France Info/Géopolis Afrique.

Deux associations internationales ont manifesté l’intention de réaliser pour la première fois à Madagascar un sondage « sortie des urnes ». La CENI a soutenu n'avoir délivré aucune autorisation pour la réalisation de tels sondages et a sommé les organisateurs d’y renoncer.

nm 09 11 18Dès le début des opérations de dépouillement, les premiers résultats centralisés par la CENI plaçaient très largement en tête Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Les deux protagonistes de la crise de 2009 étaient au coude à coude, avec un léger avantage au premier. Les opérations se sont déroulées dans le calme. Il n’a pas été relevé d’incident majeur. Quelques heures après les premiers dépouillements, Viva affirmait qu’Andry Rajoelina avait obtenu plus de 40 % des suffrages, évoquant même une victoire dès le 1er tour. Sur MBS, Marc Ravalomanana se créditait lui aussi de plus de 50 % des voix. Des déclarations qui ont pu faire craindre à une auto-proclamation de victoire dès le 1er tour par l’un ou/et l’autre des favoris. La HCC et la CENI ont été contraints de rappeler que la publication et la proclamation des résultats de l’élection sont régies par une loi organique. Les candidats ont été sommés de ne pas publier leurs proposer résultats provisoires. Hery Rajaonarimampianina, dont le score a été extraordinairement décevant, a dénoncé le premier de « nombreuses irrégularités » et prévenu qu'il ne « laisserait pas la population se faire dérober son vote ». Les équipes de campagne des deux favoris ont pris peu après le relai pour mettre en cause les travaux de dépouillement de la CENI. Accusée de malversations et de corruption, la Commission a exigé des preuves de la part de ses accusateurs.

L’association HFI a demandé l’annulation du scrutin, réaffirmant que cette élection n’est pas une solution pour le pays. Se basant sur les constats des observateurs nationaux et internationaux, elle a mis en garde le gouvernement et les citoyens sur les risques qu’engendrerait cette élection si elle n’était pas annulée.

Les Nations unies et la communauté internationale, importants bailleurs de fonds du processus, ont invité les candidats à faire preuve de retenue et de responsabilité.

pov 14 11 18« Les irrégularités sont très marginales. Il n'y a pas eu d'impact de ce que nous avons constaté sur le résultat des élections », a déclaré le chef de la mission des observateurs de l'UE. Des achats de vote ont néanmoins été mentionnées dans leur rapport préliminaire. Ils auraient été principalement le fait de Hery Rajaonarimampianina et d’Andry Rajoelina. La mission d’observation a répertorié avec précision les dates et lieux de ces opérations. Les proches d’Andry Rajoelina ont récusé cette information par voie de presse et le candidat a demandé à l'ambassadeur de l’UE la publication d'un démenti. Les membres de la Commission de contrôle du financement de la vie publique ont annoncé leur intention de se rendre dans les quartiers généraux des candidats pour rencontrer les trésoriers de campagne. Pour mémoire, seuls cinq candidats avaient ouvert leur compte unique de campagne au 31 octobre comme la loi le leur impose.

 La lenteur dans la collecte des résultats a amplifié les suspicions des uns et les appréhensions des autres. Les représentants d’Andry Rajoelina ont annoncé leur décision de se retirer du processus d'observation du traitement des résultats, estimant que « les conditions d'observation du comptage des voix ne sont pas réunies ». Les partisans de Marc Ravalomanana ont mis également la pression sur la Commission, sans être aussi vindicatifs. L’équipe juridique du candidat s’est rendue au siège de la CENI, suspectant les commissaires de manipulation de voix. La CENI a notamment été accusée d’utiliser un logiciel permettant de falsifier le décompte des voix obtenues par Andry Rajoelina pour sauver la mise du président sortant et redistribuer des suffrages au profit de « petits candidats ».

Le conseiller spécial de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, PDG de la société de transit Tafaray et du groupe de presse RLM Communication, Mbola Rajaonah, récemment rallié à la cause de Marc Ravalomanana et supposé être l’un de ses financeurs, a été frappé d’une interdiction de sortie du territoire, rapidement suspendue. Il a été convoqué à plusieurs reprises par le Bianco pour suspicion de complicité dans des affaires de trafic de bois de rose, détournements et fausses déclarations au niveau du service des douanes, voire trafic d’armes. L’alliance Mbola Rajaonah-Marc Ravalomanana nuirait aux visées d’Andry Rajoelina, soutenu par l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, mis en cause en France pour une affaire de biens mal acquis, analysent plusieurs médias. L’avocat de Mbola Rajaonah a qualifié les poursuites engagées à l’encontre de son client d’« acharnement politique ». Un avis partagé par le coordonnateur de la campagne de Marc Ravalomanana. Il s’agit d’une « enquête indépendante et sans connotation politique », a répliqué le Bianco, qui précise que l’instruction du dossier à débuté il y a plus d’un an.

La phase très controversée de dépouillement des résultats provisoires par la CENI s’est achevée par la désignation des deux ex-présidents appelés à s’affronter dans un second tour : Andry Rajoelina arrivé en tête avec 39,19 %, suivi de Marc Ravalomanana (35,29 %). Les régions dîtes côtières ont largement voté pour Andry Rajoelina, tandis que les Hautes Terres ont plébiscité Marc Ravalomanana. Le 2e tour est prévu le 19 décembre. Hery Rajaonarimampianina, en 3e position, a obtenu le score de 8,84 % Le pasteur Mailhol, fondateur de la secte Apokalipsy, est arrivé en 4e position avec 1,27 % des suffrages. Seuls 5 candidats atteignent la barre de 1 %. Le taux de participation s’élève à 54,2 %, un chiffre bien inférieur au premier tour la présidentielle de 2013.

nm 20 11 18

En attendant la proclamation des résultats définitifs par la HCC, le jeu d’alliances s’est ouvert avec une grande inconnue : une très hypothétique alliance entre le président sortant et Marc Ravalomanana. Celui-ci a affirmé avoir eu des contacts avec personnalités HVM ainsi qu’avec l’ancien conseiller technique controversé de Hery Rajaonarimampianina, Mbola Rajaonah. « C’est un soutien inconditionnel », a-t-il déclaré. Le secrétaire général du parti a fait savoir que le HVM n’a pas encore officialisé sa position. Le soutien au candidat Ravalomanana ne ferait pas l’unanimité au sein des instances dirigeantes.

En attendant le verdict de la HCC, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ont manifesté leur présence dans les quartiers populaires de la capitale, mettant en cause les autorités responsables de l’insalubrité et multipliant les promesses de réalisations.

 

Express 20 11 18Les requêtes en annulation de résultats du 1er tour ont afflué à la HCC qui disposait de 7 jours pour statuer. L’équipe de Marc Ravalomanana a fait parvenir à elle seule 208 requêtes sur un total de 212. Andry Rajoelina a réclamé notamment un audit du logiciel utilisé par la CENI et la confrontation des PV. Quant au président sortant, Hery Rajaonarimampianina, il a demandé l'annulation pure et simple de l'élection. La coalition des 25 candidats qui, dès avant le premier tour, avaient désavoué le travail de la CENI et le processus électoral, a également déposé une requête en annulation du scrutin. Contre toute attente, le comité de soutien de Marc Ravalomanana a décidé de retirer toutes ses requêtes et plaintes déposées à la HCC. Cette volte-face a été interprétée comme une démarche politique mais également comme une attaque indirecte visant Andry Rajoelina, à qui il est reproché un comportement fougueux, irréfléchi et excessif. Pour le quotidien pro-Rajoelina La Vérité, le renoncement de Marc Ravalomanana s’expliquerait par le fait qu’il possède la preuve qu’Andry Rajoelina aurait dû être déclaré vainqueur dès le 1er tour. Il se satisferait ainsi des résultats contestés publiés par la CENI, en espérant qu’ils seront confirmés par la HCC et qu’il pourra dès lors accéder à un second tour qui aurait dû lui échapper…

 Les évêques sont sortis de leur silence à quelques jours de la proclamation des résultats définitifs du premier tour pour critiquer sévèrement l'attitude des hommes politiques dans le contexte de l'élection. « La vue des moyens faramineux déployés pendant la campagne électorale intrigue et amène les plus démunis à s'interroger », mentionne notamment leur communiqué. « Les politiciens ont détruit l'état d'esprit des citoyens. La politique du dénigrement et de la division domine », fustigent-ils.

Le FFKM de son côté a appelé la HCC « à publier des résultats justes et vrais ». S’adressant aux candidats, elle les exhorte à « rasséréner leurs partisans en cessant les invectives de tous bords ». Face à la recrudescence des vindictes populaires ou des lynchages, un appel a été lancé aux autorités pour qu’elles défendent la justice et protègent les populations. Le FFKM exhorte chacun à protéger les ressources naturelles du pays et à refuser les remblais de terrains qui sont souvent synonymes de « ventes aux enchères des terrains aux étrangers ».

La proclamation des résultats officiels du 1er tour par la HCC a confirmé les chiffres provisoires de la CENI. Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana disputeront le 2e tour le 19 décembre, en obtenant respectivement 39,23 % et 35,35 % des suffrages. D’une manière générale, la HCC a rejeté toutes les requêtes qui lui sont parvenues.

Tribune écrit que malgré toutes les polémiques qui ont émaillé la vie nationale depuis plusieurs mois, le pays se trouve dans un contexte qui pourrait être assez positif. « Nous avons potentiellement une chance de vivre la première véritable alternance démocratique depuis 1960, avec l’arrivée au pouvoir d’un opposant qui a vaincu par les urnes un président sortant. A condition qu’aucun des protagonistes du second tour ne pousse pour une nouvelle crise post-électorale dans quelques semaines. »

Amnesty International a publié un nouveau communiqué dans lequel l’organisation exhorte le prochain gouvernement à mettre fin à la répression brutale des droits humains, protège les défenseurs des droits environnementaux, mette un terme au recours excessif à la détention provisoire et s’engage à assouplir le droit à l’avortement qui demeure une infraction en toutes circonstances.

Plusieurs attaques de dahalo ont encore défrayé la chronique, de plus en plus fréquemment accompagnées de prise d’otage. Des actes de vindicte populaire ont également été signalés. Les enlèvements de ressortissants indo-pakistanais se sont de nouveau produits dans la capitale et à Toamasina. Une intervention musclée de la gendarmerie a permis la libération d’un otage sans versement de la rançon exigée. Un gendarme de la cellule anti-kidnapping a été arrêté avec deux collègues inculpés pour corruption dans une affaire de rapt. Neuf individus, soupçonnés d'être impliqués dans des affaires de kidnapping ont été arrêtés.

Suite aux violents propos tenus par la candidate Fanirisoa Ernaivo, ancienne présidente du SMM, à l’égard des forces de l’ordre, le ministère de la justice l’a suspendu de ses fonctions pour grave manquement à l’éthique et à la déontologie. Le ministère de la sécurité publique a déposé plainte. La CNIDH a qualifié d’« injures, invectives et malédictions proférées par une candidate à Mahamasina, à l’endroit de la police nationale ». Pour L’Express, la candidate a eu le tort de dire de manière crue et déplacée ce que la population ressent au quotidien. On aimerait, écrit-il, « voir la même célérité s’appliquer dans les affaires mettant en cause le comportement des forces de l’ordre, de la police en particulier : des affaires de meurtre, d’exécutions sommaires et de torture classées sans suite, des membres de forces de l’ordre qui refusent de comparaître sans que leur propre ministre n’intervienne pour que justice soit rendue ». La Solidarité syndicale de Madagascar a entamé une procédure de demande d’annulation de la décision. La requête de la candidate suite à la décision du ministère de la justice a été rejetée par le Conseil d’Etat.

Houcine Arfa, ancien conseiller de la présidence, a saisi la justice sur plusieurs affaires mettant en cause Hery Rajaonarimampianina. Un dépôt de plainte contre le président sortant a été déposé par son avocat. Le franco-algérien l’accuse d’association de malfaiteurs, complicité de coups et blessures, torture, tentative d’assassinat, complicité de kidnapping, non-révélation de crimes, corruption active et passive, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite.

Huit dossiers ont été déposés à la HCJ. Les plaintes concerneraient la corruption, l’exportation illicite de bois de rose et le détournement de deniers publics. L’identité des personnes mises en cause n’a toujours pas été révélée mais deux anciens présidents de la République sont concernés par ces plaintes. Leur dossier a été transmis pour examen au bureau permanent de l’Assemblée. Deux commissions parlementaires vont examiner ses requêtes intéressant les hauts responsables étatiques et procéder à des enquêtes. Le projet de budget 2019 prévoir des crédits de fonctionnement conséquent pour la HCJ.

Les concours d’entrée à l’ENMG ont été reportés sine die, a annoncé la ministre de la justice. L’audit du dernier concours confirme l’existence de dysfonctionnements qui mettent gravement en doute la régularité des opérations.

Dix agents du ministère de l’agriculture et de l’élevage ont été placés sous mandat de dépôt pour faux diplômes. Ces individus ont été majoritairement recrutés durant la période de Transition. Au total, 24 agents ont été incriminés.

pov 25 11 18Projet de loi de finances 2019 : le CCOC et le mouvement Rohy ont exhorté les députés à jouer leur rôle de contre-pouvoir, à respecter leur mission de représentants des citoyens et à prendre le temps d'étudier le projet de loi, écouter les analyses des autres parties prenantes, dont la société civile, engager des débats publics avec les citoyens et les responsables gouvernementaux et procéder à un vote réfléchi et responsable. Ils encouragent le gouvernement à renforcer la transparence et la redevabilité à l’égard des citoyens.

 Dans le cadre du budget 2019, l’État prévoit la mise en place effective des pôles anti-corruption (PAC) dans quatre provinces. Les organismes de l’Etat concernés par la lutte contre la corruption seront renforcés.

 Le CICR quittera Madagascar en 2019. La charge de l’amélioration de la condition de vie des détenus reposera dès lors principalement sur l’Etat. La ministre de la justice se montre malgré tout confiante : le budget de son département connaitra une augmentation significative en 2019 mais le retard à combler est considérable.

Les sénateurs ont rédigé une proposition de loi visant à renforcer les attributions de la CNIDH, notamment en lui permettant des visites inopinées de tout lieu de détention.

Dans le cadre des manifestations organisées pour la Journée mondiale des droits de l’enfant, l’ONG ECPAT France a pointé du doigt les médias malgaches pour le non-respect de ces droits.

Journée internationale contre les violences faites aux femmes - 30 % des femmes sont victimes de violences psychologiques et/ou physiques. 60 % des femmes victimes n’ont jamais tenté de rechercher aide ou assistance. 45 % des femmes considèrent ces violences comme « normales ». Seules 10% des victimes sont prises en charge et parmi celles-ci seuls 5 % ont accès à la justice.

La traite des êtres humains est une infraction qui relève de la compétence du Pôle anti-corruption, a fait valoir l’OIM dans le cadre d’une formation organisée à l’intention des personnels concernés. L’OIM renforcera l’information sur les actions de prévention et la prise en charge des victimes.

Trafic de jeunes femmes vers la Chine : cinq chinois et un maire malgache ont été écroués. Ils sont impliqués dans une affaire de mariages forcés d’adolescentes.

La Grande île connait une exceptionnelle épidémie de rougeole. Des décès ont été rapportés. Les personnels de santé rencontrent une forte opposition des familles à la vaccination. Les structures hospitalières sont débordées et les vaccins commencent à manquer.

L’insalubrité de la capitale atteinte un summum, titre L’Express. Tous les quartiers croulent sous les immondices. La crainte est vive que cette situation favorise la réapparition de l’épidémie de peste qui a sévi l’an passé. Pour l’heure, celle-ci aurait frappé une centaine de personnes, faisant 14 décès. Une délégation médicale allemande va apporter sa contribution à la lutte contre l’épidémie.

Insécurité alimentaire - Une augmentation du nombre de personnes nécessitant une action urgente est attendue pour la période de novembre à mars, avec au moins 1 300 000 personnes à secourir, principalement dans le Sud. Dans certains districts, l’insécurité alimentaire touche près de 30 % de la population.

La presse étrangère, notamment Le Monde, s’est intéressée à l’inégalité d’accès des candidats aux TV et radios privées, dont les émissions sont payantes et dont les prix se sont envolés. « Le candidat qui a le plus d’argent peut s’offrir une visibilité » dans les médias », a titré le quotidienqui rappelle que pas moins de quatre candidats sont propriétaires de stations de radio ou de TV. Tous les médias sont détenus par de riches hommes d’affaires souvent liés au pouvoir, des familles ou des hommes politiques. En février, une première mouture de la loi électorale souhaitait soumettre les acteurs privés du secteur au même principe d’équité que les médias publics mais la HCC s’y est opposée au nom de la liberté d’entreprendre. A l’approche de l’élection, un trublion s’est invité dans ce jeu pipé : Facebook, premier réseau social sur la Grande île. La lutte sur le réseau s’est jouée plus sur la visibilité des concurrents que de leurs idées, exacerbant au passage la tension politique en propageant des « fakes news ».

Sept journalistes et collaborateurs du groupe plurimédias African Daily Voice (ADV) venus pour couvrir la présidentielle se sont vu notifiée une interdiction de séjour à leur débarquement.

Le PNUD a rappelé à l’ordre les médias qui avaient décidé de diffuser des résultats non validés transmis par des candidats. Il leur a été rappelé qu’ils« doivent porter haut le flambeau de valeurs telles que la transparence et l’intégrité, et faire de la vérification des sources d’information une priorité. La presse doit ainsi aider à la promotion d’un climat électoral apaisé, pour l’acceptation des résultats par toutes les parties prenantes au processus. »

L’Observatoire des médias Ilontsera a formulé des recommandations pour la campagne du 2e tour. Il est notamment demandé aux médias et aux journalistes d’éviter de se faire l’écho des discours de mépris, de haine et de violence et de s’interdire de véhiculer et de relayer des rumeurs. Ilontsera invite aussi les usagers des réseaux sociaux à faire montre de plus de responsabilité, contrepartie indispensable à la liberté offerte par ces outils de communication.

Six bateaux suspectés de trafic de bois de rose ont été repérés par la société civile sur la côte Est. L’un d’eux aurait jeté l’ancre au large pour collecter des bois acheminés par de petites embarcations. Les forces de l’ordre ont été alertées mais sont intervenues trop tardivement. L’Allemagne a dénoncé la reprise de ces trafics, rappelant qu’elle est le premier bailleur de Madagascar dans le domaine de l’environnement, de la protection des ressources naturelles et de la biodiversité.

Des ressortissants chinois prospectent sans autorisation au nord de Farafangana pour acquérir des carreaux miniers afin d’exploiter de l’ilménite. Ils tentent de négocier de gré à gré avec les propriétaires de terrains. Une association de natifs du Sud-Ouest a alerté les autorités.

Les opérateurs travaillant comme intermédiaires dans la filière or dénoncent le retour des trafics. Les trafiquants profiteraient du contexte sociopolitique actuel. La période électorale provoquerait un flottement dans le fonctionnement de l’administration dont ils tireraient profit. L’Alliance Voahary Gasy (AVG) a noté une accélération de la dégradation de l’environnement à la faveur de la période électorale.

« Economie bleue » - L’Agence malgache pour le développent économique et de promotion d’entreprise (AMDP) a été contrainte de s’expliquer sur le contrat signé avec le consortium chinois Taihe Century mais s’est refusée à en divulguer le contenu, « par respect du secret des affaires ». L’accord, jugé opaque par la société civile, continue de provoquer de vives inquiétudes mais le gouvernement considère qu’il s’agit d’un projet privé sur lequel il n’a aucun pouvoir.

Un appel d’offre a été lancé pour 44 blocs pétroliers et gaziers situés au large de Morondava. Les investisseurs attendaient cette décision depuis plusieurs années. Pour le Craad-OI, le Collectif Tany, le Kmf/Cnoe et Transparency International, l’appel d’offres de l’OMNIS pour l’attribution de 44 blocs pétroliers et gaziers compromet la gestion durable et démocratique des ressources naturelles.

Plus de 7 300 tortues radiées ont été saisies au nord de Toliara. Trois personnes ont été arrêtées. Depuis avril,
19 000 tortues ont été saisies avec le concours d’un réseau d’acteurs luttant contre le trafic illicite des ressources naturelles dans l’Atsimo Andrefana. Les personnes à l’origine des signalements se plaignent d’être victimes d’actes d’intimidations. Des réseaux de trafiquants se structurent dans le Grand Sud pour échapper aux contrôles.

Madagascar dispose de 8 mois pour établir un contrat de vente de crédits carbone. Durant cette période, la Grande île devra faire la démonstration que la gestion de ces crédits sera fiable, leur partage équitable et transparent. Le programme permettrait de bénéficier d’un revenu de 70 millions de dollars sur 5 ans.

Affaire Daewoo Logistics : 10 ans déjà mais un sujet toujours sensible. Le 18 novembre 2008, le Financial Times révélait qu’un énorme accord était en cours de négociation entre Daewoo Logistics et le gouvernement malgache. La révélation de cette affaire a contribué à la chute de Marc Ravalomanana. Le Collectif Tany et l’ONG Grain appelle à la vigilance. Daewoo Logistics est toujours présent dans la Grande île, dissimulé sous un autre nom. Son offre foncière ratée est revenue hanter le processus électoral en cours qui met face à face des personnalités impliquées à l’époque dans cette affaire.

La Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM) a besoin de 21 millions de dollars par an pour assurer la conservation pérenne des aires protégées. Elle lance un appel à la contribution du public et du secteur privé. Madagascar est le pays dont le taux de la déforestation est le plus élevé au monde avec
510 000 ha de forêts brûlées en 2017. A l’heure actuelle, la FAPBM ne peut contribuer qu’à hauteur de 3 millions de dollars. Son objectif est d’atteindre le tiers du financement nécessaire en 2021, soit 7 millions de dollars.

12 hectares de forêt primaire ont été défrichés dans le parc national Mikea. 10 personnes ont été prises en flagrant délit et traduites devant la justice à Toliara. En août 2018, les parties prenantes locales s’étaient mises d’accord pour prendre toutes les dispositions nécessaires dans l’objectif de stopper la dégradation massive du parc. L’UE a officialisé sa seconde contribution au projet SACEM pour l’organisation d’élections « crédibles, transparentes, pacifiques et inclusives ». Ce nouvel apport s’élève à 1,28 million de dollars. Au total, elle aura appuyé le projet mis en œuvre par le PNUD pour plus de 3 millions de dollars.

La Norvège a renouvelé son appui à l’éducation dans trois régions du Grand Sud. Ce programme, d’un montant de plus de 6 millions de dollars, sera mis en œuvre à compter de 2019 par l’UNICEF, le BIT et le PAM.

Comment tracer l’origine des fonds utilisés par les candidats à la présidentielle ? Telle est la question posée par des journalistes au Comité monétaire auprès de la Banque centrale de Madagascar. Des flux financiers qui bien souvent ne passent pas par le système bancaire et qui peuvent favoriser le blanchiment d’argent. Pour le Comité monétaire, ces surliquidités monétaires résultant des dépenses faramineuses engagées par certains candidats sont susceptibles de relancer l’inflation.

Doing Business 2019 : légère progression de Madagascar. La Grande île est classée au 161e rang sur 190 pays et au 35e en Afrique, avançant d’un rang au classement par rapport à l’année précédente.

Les opérateurs économiques redoutent la survenue une nouvelle crise postélectorale, alors que l’économie commence à relever la tête avec une prévision de croissance de 5 %. La dépréciation de l’Ariary depuis le début de l’année est jugée préoccupante.

Les autorités espèrent pouvoir accueillir 250 000 touristes chinois en 2019. La Chine est prête à apporter son soutien en aidant au renforcement des capacités d’accueil dans les sites touristiques les plus renommés. Les touristes chinois sont réputés pour disposer d’un fort pouvoir d’achat.

Le recensement général de la population effectué entre juin et août n’a pas encore livré ses premiers résultats. Lors du dernier recensement, en 1993, la Grande île comptait 12,3 millions d’habitants. Celui de cette année devrait annoncer une population dépassant les 27 millions d’habitants, soit 3 millions de plus que les estimations utilisées aujourd’hui par les bailleurs internationaux pour planifier leurs programmes de développement.

Air Madagascar pourrait avoir un deuxième partenaire stratégique, la compagnie Ethiopian Airlines. Le président du conseil d’administration de la compagnie nationale a précisé que pour l’instant aucun contrat n’avait encore été validé ni signé et rappelé que le contrat signé par Air Madagascar avec Air Austral il y a un an comportait une clause de non concurrence sur une période de trois ans.

Plus de 400 sociétés ont été fermées cette année, rapporte le ministre de l’industrie. Les fermetures touchent en grande partie les entreprises se déclarant « franches », mais qui n’en respectent pas les critères. L’assainissement doit se poursuivre et même être renforcé, annonce le ministre.

Les importations de riz en forte croissance. Le volume importé sur les 10 mois premiers mois de 2018 est de à 473 150 tonnes. L’autosuffisance alimentaire de la Grande île, future « grenier à riz de l’océan Indien » selon le projet de la COI, reste une lointaine perspective….

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation de la présidentielle – Campagne électorale
  • Le déroulement du scrutin, résultats partiels et réactions
  • Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana qualifiés pour le 2e tour – Des résultats contestés

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Condtion carcérale
  • Droits des enfants, droits des femmes, traite
  • Santé, insécurité alimentaire
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2018

 

<> 28 11 18 - Proclamation des résultats officiels du 1er tour par la HCC - Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana disputeront le 2e tour le 19 décembre, en obtenant respectivement 39,23 % et 35,35 % des 4 980 604 suffrages exprimés. Le taux de participation est de 53,95 %, soit 5 367 550 votants sur les 9 949 083 inscrits. Le nombre de votes blancs et nuls est de 386 946.
La campagne électorale du second tour s'ouvre le 3 décembre pour une durée de 15 jours.  Le scrutin est prévu le 19 décembre. Dans un message adressé aux deux candidats concernés, la HCC prône l'unité et l'apaisement.
Le candidat Andry Rajoelina et la député Hanitra Razafimanantsoa, représentante du candidat Marc Ravalomanana, ont accordé chacun un bref entretien à la presse à la sortie de la cérémonie de proclamation des résultats. Les deux camps se disent prêts pour le second tour et demandent à la CENI de renforcer la crédibilité des opérations en améliorant l'organisation du scrutin et le traitement des résultats.
Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana sont les seuls candidats parmi les 36 ayant participé au scrutin à pouvoir bénéficier du remboursement de leur caution de 50 millions Ar. D’une manière générale, la HCC a rejeté toutes les requêtes qui lui sont parvenues.
Les décisions de la HCC sur les requêtes en rapport avec le 1er tour de l'élection présidentielle sont à lire ici: http://www.hcc.gov.mg/non-classe/arret-n11-hcc-ar-du-28-novembre-2018-portant-proclamation-des-resultats-officiels-du-premier-tour-de-lelection-presidentielle-du-7-novembre-2018/

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  28 11 18 - Tribune - Un appel d'offres de l'OMNIS sur 44 blocs pétroliers et gaziers fait réagir la société civile
Pour le Craad-OI, le Collectif Tany, le KMF/CNOE et Transparency International, l’appel d’offres de l’OMNIS pour l’attribution de 44 blocs pétroliers et gaziers compromet la gestion durable et démocratique des ressources naturelles.
Les associations déplorent l’opacité qui a entouré la prise d’une décision à la portée aussi importante et ignorent si cette décision a été prise à la suite d’une évaluation environnementale stratégique conçue pour intégrer les enjeux environnementaux et sociaux. Or, l’exploration et la production offshore de pétrole et de gaz à une telle échelle va directement à l’encontre des objectifs de protection des ressources halieutiques, de la préservation et restauration des écosystèmes marins. Il existerait des risques élevés de superposition des blocs pétroliers et gaziers avec les aires marines protégées et sensibles. Par ailleurs, elles se demandent sur quelle base juridique sera faite cette attribution de licences, sachant que la refonte du code pétrolier de 1996 est toujours en cours et reste inachevée depuis 2008. En conclusion, elles exigent la suspension de la campagne de promotion pour l’attribution de licences et la mise en place d’une large consultation.

- 22 11 18 - RFI Afrique - La candidat Rajoelina a joué très habillement du populisme
Pourquoi l'ex-président de la transition Andry Rajoelina est-il arrivé en tête au premier tour de la présidentielle à Madagascar ? Pour l'essayiste Olivier Vallée, qui a publié chez Karthala « La société militaire à Madagascar », il a joué très habilement du populisme. Ecouter l'interviexw :
http://www.rfi.fr/emission/20181121-madagascar-candidat-rajoelina-joue-populisme-olivier-vallee

- 21 11 18 - Le Monde - Présidentielle à Madagascar : les manoeuvres de l'entre deux tours
Contestation des résultats, demandes d’annulation du scrutin, alliances entre partis, rôle de l’armée… Jusqu’au 19 décembre, la Grande Ile retient son souffle. Les résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle sont contestés par l’ensemble des candidats, dont certains ont déposé une requête en annulation devant la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Cette crise peut-elle dégénérer dans la rue, comme Madagascar en a fait à plusieurs reprises l’expérience par le passé ? L’armée a d’ores et déjà mis en garde contre une telle tentation. De leur côté, l’Union européenne et l’Union africaine, qui appuient le processus électoral et avaient déployé des observateurs le 7 novembre, ont demandé aux candidats de rester dans le cadre légal.

- 20 11 18 - PEV Madagascar - Revue de presse du 20 novembre
La déclaration du candidat Andry Rajoelina fait la Une des journaux. En outre, les contestations de l’opération électorale se multiplient au vu des dépôts de requêtes à la Haute Cour Constitutionnelle et du sit-in qui s’est tenu devant le bâtiment de cette institution. Les quotidiens se sont aussi intéressés à l’enquête menée par le Bureau Indépendant anti-corruption à l’encontre de l’opérateur économique Mbola Rajaonah.

- 18 11 18 - Un duel entre deux ex-présidents : c'est l'affiche du second tour de la présidentielle.
Andry Rajoelina (39,19 %) et Marc Ravalomanana (35,29 %) se sont qualifiés selon les résultats provisoires proclamés par la CENI. Le 2e tour est prévu le 19 décembre. Hery Rajaonarimampianina, en 3e position, obtient le faible score de 8,84 % Le pasteur Mailhol, fondateur de la secte Apokalipsy arrive en 4e position avec 1,27 % des suffrages. Les 32 autres candidats se partagent les miettes, comme Didier Ratsiraka avec un petit 0,45 %. Seuls 5 candidats atteignent la barre de 1 %. Le taux de participation s’élève à 54,2 %, un chiffre bien inférieur au premier tour la présidentielle de 2013 où le taux avait atteint 61 % . En annonçant les résultats du premier tour, la CENI s’est défendue de toute irrégularité. « Nous avons adopté trois règles de conduite : transparence, impartialité et indépendance », a déclaré son président, Hery Rakotomanana, devant les observateurs internationaux et nationaux, des journalistes et des représentants des candidats. Le président de la Commission de l’UA appelé tous les candidats « à continuer de faire preuve de responsabilité et à s’abstenir de tout acte de nature à compromettre la stabilité du pays dans l'attente de l'annonce officielle des résultats définitifs par la HCC. En cas de contestation, ils doivent faire exclusivement recours aux procédures et mécanismes prévus par la loi » indique-t-il. La HCC dispose d’un délai de 9 jours pour proclamer les résultats définitifs. Les deux candidats se sont exprimés sur les réseaux sociaux et se disent prêts à aller au second tour. « Je soutiens la vraie démocratie et regrette que le traitement des résultats par la CENI n’ait pas été transparent. Cela ne nous empêchera évidemment pas de gagner, avec vous tous, et rendre sa fierté au peuple malagasy » a déclaré Andry Rajoelina. « Malgré les anomalies constatées autour du premier tour du scrutin présidentiel, je remercie la population malgache par le calme et le comportement louable dont elle a fait preuve, notamment pour la défense de son choix. » a déclaré Marc Ravalomanana. Le comité juridique de Hery Rajaonarimampianina a déposé une plainte auprès de la HCC et du Parquet pour « "fraudes massives et non-respect de la loi autour de l'élection. »
Il y a près de dix ans, Andry Rajoelina succédait à Marc Ravalomanana sans élection, un événement qualifié de « coup d'Etat » par la communauté internationale. Tous les deux interdits de se présenter à la dernière présidentielle de 2013, c'est par les urnes que ces deux adversaires pourront prendre leur revanche
Résultats complets : https://www.facebook.com/wakeupmada/photos/a.119146388285287/1001441640055753/?type=3&theater

- 16 11 18 - Le Monde - A Madagascar, l'accord de pêche avec la Chine pris dans les filets de la présidentielle
Le très controversé projet d’accord de pêche signé avec un consortium chinois, en septembre, pour un investissement de 2,7 milliards de dollars (près de 2,4 milliards d’euros) coulera-t-il avec la déroute d’Hery Rajaonarimampianina à l’élection présidentielle ? Son instigateur, Hugues Ratsiferana, refuse pour le moment de l’envisager. Encore sonné par l’ampleur de la polémique provoquée par ce qui aurait dû être accueilli, selon lui, comme « une bonne nouvelle », le directeur général de l’Agence malagasy pour le développement et de promotion d’entreprises (AMDP) dit ne pas avoir renoncé à convaincre du bien-fondé de ce projet. Mais jusqu’à l’issue de l’élection, tout restera gelé. « Je n’ai pas peur. Le futur président, quel qu’il soit, pourra juger que ce projet est bénéfique pour le développement de Madagascar », confie-t-il. Ses détracteurs dénoncent un projet surdimensionné conduisant à un accaparement des ressources halieutiques, alors que le pays souffre d’un important déficit alimentaire. Ils s’interrogent également sur les conditions dans lesquelles a été conclu cet accord-cadre annoncé en marge du Forum sur la coopération sino-africaine, le 5 septembre à Pékin, soit deux jours avant la démission de M. Rajaonarimampianina pour mener campagne. Et sans que le ministre des ressources halieutiques et de la pêche n’ait été associé ni même informé.

- 14 11 18 - Le Monde - Présidentielle à Madagascar : les favoris unanimes pour critiquer la commission électorale
Le calme dans lequel s’est déroulé le premier tour de l’élection présidentielle n’aura pas duré longtemps. Alors que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) continue de publier les résultats au compte-gouttes, les trois ex-présidents et favoris du scrutin contestent d’ores et déjà les chiffres et émettent des doutes sur l’intégrité de la commission. Le 14 novembre au matin, sur près de 70 % bureaux de vote traités, Andry Rajoelina arrivait en tête avec 39,47 % des voix, suivi de Marc Ravalomanana (36,73 %) et de Hery Rajaonarimampianina, le président sortant (7,49 %).

- 14 11 18 - Echos du dépouillement du 1er tour de l'élection présidentielle

La lenteur dans la collecte des résultats alimente les suspicions des uns et les appréhensions des autres. Tout particulièrement au niveau du duo de tête qui voit ses scores stagner, avec toujours un léger avantage à Andry Rajoelina, alors que ceux du président sortant et des « petits candidats » remontent lentement. Cinq jours après le scrutin, seuls 53 % des résultats des 24 852 bureaux de vote ont été centralisés et validés par la CENI. Le délai fixé pour l’acheminement des résultats à la Section de recensement des matériels des votes (SRMV) est atteint, ouvrant la voie à des PV de carence qui équivaudraient à une invalidation ou à une annulation des bulletins concernés. Au matin du 12 novembre, la CENI avait reçu les PV issus de 30 des 114 districts. D'après le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, des moyens ont été déployés pour réduire au maximum les risques de PV de carence dressés pour dépassement des délais légaux. « Une annulation des voix obtenues dans des bureaux de vote à cause d’un retard d’acheminement des résultats dans les SRMV pourrait alors être à l’origine de mouvements de contestation de la part des candidats et de leurs partisans », note Tribune.

« Les trois anciens présidents, qui attendent toujours les résultats officiels du premier tour de la présidentielle, rivalisent d’arguments pour discréditer le scrutin », constate Jeune Afrique

Les représentants d’Andry Rajoelina ont annoncé se retirer du processus d'observation du traitement des résultats au niveau de la CENI. Ils estiment que « les conditions d'observation du comptage des voix ne sont pas réunies » et qu'ils ne peuvent par conséquent « pas approuver les résultats provisoires publiés actuellement ». Ils déplorent, entre autres, l’impossibilité d’accéder et de contrôler le traitement informatique. Me Fredon Rakotondrajao, représentant du candidat Rajoelina à la CENI, a laissé entendre que « soit il y a fraudes électroniques, soit une manipulation des résultats manuels, soit un piratage informatique au niveau de la CENI ». Sur la chaîne Viva TV le député du Mapar Roberto Tinoka a pointé du doigt les hauts commissaires de cette instance et mis en cause la responsabilité de la CENI dans le cas d’une crise post-électorale. Ce départ en trombe coïncide également avec la baisse du pourcentage des voix obtenues par Andry Rajoelina sur les résultats du scrutin consolidés jusqu’ici et la réduction de l’écart de voix entre les deux protagonistes. Les partisans de Marc Ravalomanana mettent également de pression sur la Commission mais ils ne sont pas aussi vindicatifs. L’équipe juridique du candidat s’est rendue au siège de la CENI, suspectant les commissaires de manipulation de voix. La remontée spectaculaire du président sortant suscite également des interrogations, de même que la non-publication intégrale des résultats des arrondissements de la capitale, supposés acquis à Marc Ravalomanana. L’équipe du candidat souhaite pouvoir procéder à des confrontations de PV, une requête qui serait impossible à satisfaire avant la publication des résultats provisoires.

Le 13 novembre au soir, les tendances provisoires après dépouillement de 63 % des bureaux de vote donnaient Andry Rajoelina en tête, suivi de Marc Ravalomanana, avec respectivement 39 % et 37 % des voix. Hery Rajaonarimampianina améliore petit à petit son score, avec plus de 7 % des voix.

L’Express constate la formation d’une alliance HVM, TIM et Mapar contre les résultats partiels produits par la CENI.

Interdiction de sortie du territoire (IST) prise à l’encontre de Mbola Rajaonah, nouveau supporter de Marc Ravalomanana. Affaire de bois de rose à Singapour, détournements et fausses déclarations au niveau du service des douanes. Ce seraient, entre autres, les dossiers de justice impliquant le conseiller spécial de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, PDG de la société de transit Tafaray et du groupe de presse RLM Communication. L’opérateur économique de renom qui serait dans le collimateur du Bianco pour des affaires de corruption depuis plusieurs mois aurait fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Il aurait déjà ignoré plusieurs convocations du Bianco. Des observateurs font le rapprochement avec l’affaire Claudine Razaimamonjy, ex-conseillère spéciale du chef de l’Etat, poursuivie et placée sous mandat de dépôt pour des dossiers de détournement de subventions. Mais selon Les Nouvelles, cette mesure aurait été prise à l’initiative du chef de l’Etat sortant et du premier ministre, proche d’Andry Rajoelina, qui reprocheraient à l’opérateur d’avoir divulgué des informations confidentielles sur la présidence de la République et de financer par opportunisme la campagne de Marc Ravalomanana. « Le soutien de Mbola Rajaonah à Marc Ravalomanana dans la conquête de la présidence de la République devient de plus en plus un sérieux problème pour certains politiques », écrit La ligne de lire.info. L’alliance Mbola Rajaonah-Marc Ravalomanana nuirait aux visées d’Andry Rajoelina, soutenu par l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, analyse plusieurs médias.

- 13 11 18 - Jeune Afrique - Après dépouillement de la moitié des suffrages, la tension monte
Les équipes des trois candidats favoris s’opposent aux résultats encore partiels. Personne n’a fait mention d’une future descente dans la rue, mais la tension monte. Au matin du 13 novembre, six jours après la clôture du vote, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’avait dépouillé que 56% des 24 582 bureaux de vote. Selon ces résultats provisoires, Andry Rajoelina arrive en tête avec 39,06%. Marc Ravalomanana est deuxième avec 36,53%, loin devant Hery Rajaonarimampianina (8%). Le taux de participation s’élevait à 53,56%. Mais les propres chiffres des trois candidats diffèrent de ces tendances. Ce sont leurs délégués présents dans les bureaux de vote qui ont fait remonter des exemplaires de procès-verbaux. Leurs équipes dans la capitale consolident ensuite les données. Et ils sont plus avancés que la CENI.

- 10 11 18 - Union Européenne - Déclaration préliminaire des observateurs électoraux

- 10 11 18 - France Culture / Culture Monde – Interview de Laurence Caramel, envoyée spéciale du Monde à Madagascar
.
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-09.11.2018-ITEMA_21886903-0.mp3?track=false (18’ en début d’émission)

- 08 11 18 - Le Monde - A Madagascar les électeurs peuvent se rhabiller tous les cinq ans
Lors de la campagne de l’élection présidentielle, les candidats les plus fortunés ont distribué allègrement tee-shirts, casquettes et parfois petits billets. On dit qu’en Afrique la démocratie est balbutiante, voire immature, mais elle n’a pas que des inconvénients. Chaque campagne électorale est un grand événement, non pas parce qu’un homme providentiel peut surgir de nulle part et faire naître une espérance nouvelle – ça arrive rarement –, mais parce que les caravanes publicitaires et les meetings sont des lieux de distributions massives de produits dérivés (tee-shirts, casquettes et parfois petits billets). Les badauds y sont très sensibles et, dans un pays comme Madagascar où 76 % de la population vit avec moins de 1,9 dollar par jour, ces cadeaux sont appréciés, notamment pour affronter des hivers qui sont très frais sur les hauts plateaux centraux.

07 11 18 - Le Monde - Présidentielle à Madagascar - Les femmes sonnent le réveil citoyen

Corruption, élections, dépense publique… Des militantes se battent pour que le pays revienne aux normes de bonne gouvernance.

- 07 11 18 – Vatican News - À Madagascar, des élections présidentielles sans grand espoir
.
Près de dix millions de malgaches sont attendus dans les 25 000 bureaux de vote du pays ce 7 novembre, pour le premier tour des élections présidentielles. Le processus électoral sera surveillé de près, par plus de 6 000 observateurs indépendants, ainsi que des personnes déléguées par l’Union européenne et la Communauté de développement de l’Afrique australe. Mais ce déploiement ne doit pas donner d’illusion particulière. La stabilisation politique du pays semble encore lointaine. Sylvain Urfer, jésuite, connait bien le pays. Il y habite depuis 1974, ayant été pendant 25 ans curé d’Anosibe, paroisse d'un des quartiers les plus pauvres d’Antananarivo. Une ville où il a aussi fondé le Centre Foi et Justice (groupe de recherche sur Madagascar) et le SeFaFi (Observatoire de la vie publique). Selon lui, ces élections ne devraient pas ramener le pays à une plus grande stabilité après les émeutes de ces dernières années. Le déblocage politique n’aura pas lieu sans un changement de mentalités, dans ce pays où les ressources naturelles et humaines sont pourtant abondantes. La population se désintéresse de la politique tandis que les gouvernants ou les candidats ont en général une conception peu altruiste du bien commun. Le soir du premier tour sera donc certainement maussade sur l’île de l’Océan indien. À moins qu’il ne soit vraiment agité, comme le craint le père Urfer dans l’interview de Radio Vatican :
https://media.vaticannews.va/media/audio/s1/2018/11/2/12/134702626_F134702626.mp3

- 06 11 18 - Le Monde - A Madagascar, une présidentielle dominée par le sentiment d'abandon de la population
Les trois favoris, tous anciens chefs de l’Etat, se disputent un électorat dont la grande majorité continue de vivre dans une extrême pauvreté.

- 06 11 18 - Le Monde Afrique - Présidentielle à Madagascar - André Mailhol, le candidat de l'Apocalypse
Le fondateur de l’Eglise Apokalipsy, une secte qui compte près de 2 millions de fidèles, se présente au scrutin présidentiel.

- 06 11 18 - Le Monde Afrique - A Madagascar, Pierrot ira voter le ventre vide
Près de 1,2 million de personnes sont victimes de la sécheresse dans le sud de l’île et une partie souffre de malnutrition aiguë.

- 05 11 18 - Collectif Tany - Terres malgaches et élections présidentielles
Alors que l’attention des medias et de l’opinion publique se focalise sur les élections présidentielles, des citoyens dans plusieurs régions font l’objet de menaces imminentes de perte de leurs terres et risquent de partager le sort de ceux qui en ont déjà été victimes au cours des mois et années passés. Le Collectif TANY souligne que leur positionnement et leurs projets sur les terres malgaches, ou leur silence sur le sujet, revêtent une importance capitale pour le développement du pays et l’avenir de chaque famille, et appelle chacun à faire preuve de vigilance sur le sujet dans la préparation de la réalisation de son devoir de citoyen.

- 05 11 18 - Le Monde Afrique - Le candidat qui a le plus d'argent peut s'offrir une visibilié dans les médias malgaches
A Madagascar, la télé se paie. Pour 500 millions d’ariarys (un peu plus de 123 000 euros), les candidats à l’élection présidentielle ont pu s’offrir un « pack campagne premier tour » sur TV Plus. De quoi bénéficier, entre autres, de cinq émissions spéciales, quatre-vingt-dix spots radio ou encore cinquante-deux spots télé de trente secondes chacun. L’accès aux chaînes de télévision, aux stations de radio ou aux journaux privés de l’île est payant, et les tarifs ne sont pas plafonnés. « C’est complètement injuste, s’insurge Erick Rajaonary, l’un des trente-six candidats au scrutin du 7 novembre. On veut présenter notre programme mais on n’a pas les moyens de se payer les prime time. C’est vraiment la loi du plus fort : celui qui a le plus d’argent peut s’offrir une vraie visibilité. » L’homme, par ailleurs PDG de l’entreprise Guanomad, consacre la moitié de ses frais de campagne aux médias.

- 05 11 18 - France Info -Madagascar - Une campagne électorale avec des frais qui dépassent l'entendement
Madagascar s’apprête à aller aux urnes pour élire son président de la République, mercredi 7 novembre. Quelque 36 candidats sont en lice, dont quatre anciens présidents et trois ex-premiers ministres. Pays indépendant depuis 1960, la Grande Île n’en est pas à sa première élection. Cependant, cette campagne a quelque chose de différent des précédentes : une débauche ahurissante de moyens déployés par les trois candidats favoris. "Une indécence", aux yeux de certains, dans un pays où 9 personnes sur 10 vivent avec moins de trois dollars par jour.

<> 03 11 18 - Amnesty International - Il faut que le prochain gouvernement mette fin aux violations des droits humains
Il faut que le prochain gouvernement malgache mette fin à la répression brutale des droits humains dans le pays, a déclaré Amnesty International à l’approche de l’élection qui se tiendra le 7 novembre..

- 03 11 18 - Le Monde Afrique - A Madagascar Hery, un président isolé au bilan terni par la corruption
Madagascar, un nouveau départ ? Le chef de l’Etat sortant, candidat à sa succession, n’est pas favori face aux « revenants » Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana.

L’heure de la revanche a sonné. Interdits de candidature à l’élection présidentielle de 2013, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana attendent depuis cinq ans de pouvoir  se mesurer l’un à l’autre tout en écartant du chemin celui qui n’aurait dû être qu’un concurrent de substitution, par définition dénué d’ambitions. Mais Hery Rajaonarimampianina n’entend pas retourner sur le banc de touche. Après avoir achevé son mandat en respectant la Constitution, ce qui est assez rare dans l’histoire politique mouvementée de Madagascar, l’expert-comptable discret, voire effacé, a choisi de solliciter à nouveau les suffrages. Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 7 novembre. Au lendemain de son soixantième anniversaire. Aux côtés de ces trois ex-présidents, trente-trois autres candidats, pour la plupart inconnus, seront en lice.

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01/11 - Institut d’Etudes politiques de Madagascar (IEP) - Comparateur des offres politiques des candidats à la présidentielle 2018

candidats

Historiquement, l’IEP Madagascar sous la direction de son président, Davida Rajaon, avec le Pr Christiane Rafidinarivo, a publié un canevas d’analyse des offres politiques. Cet outil a été utilisé pour formuler des questions à poser aux candidats à la présidentielle.

En 2017 et 2018 l’IEP a mené des enquêtes sur la socialisation politique et sur la perception de l’offre et de la demande politique dans les six provinces.

Fort de ces travaux, Davida Rajaon et ses étudiants ont poursuivi leurs recherches pour proposer un comparateur des offres politiques des candidats à la présidentielle dénommé « i-fampitah ». L’objectif principal du comparateur est d’informer et de mieux informer les citoyens. L’élection est une occasion importante pour une prise de conscience collective sur des sujets du vivre ensemble, de la gouvernance et du développement, trois grands thématiques du projet de société.

https://election-madagascar.net/2018/09/13/candidats/

 

 

 

 

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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REVUE DE PRESSE - OCTOBRE 2018

Plus que quelques jours de campagne avant le 1er tour du scrutin présidentiel, le 7 novembre. De nombreuses péripéties ont émaillé la période de campagne, faisant parfois douter que le scrutin puisse se dérouler à la date fixée et dans des conditions telles que la paix civile soit assurée et le résultat accepté par toutes les parties.

pov 19 10 18« Campagne ou caprice ? A quoi sert une campagne dans un pays extrêmement pauvre ? » A plus forte raison, à quoi sert une élection dont le budget est fourni par l’assistanat international, s’interrogeait L’Express à mi-parcours, affirmant « qu’une campagne d’une telle immoralité est complètement inutile. Les débats d’idées sont cruellement absents pour faire place à une avalanche de discours pompeux et des dépenses inconsidérées. Quant aux résultats, ils seront le fruit d’un tour de prestidigitation de la CENI et de la HCC », affirme le titre qui conclut : « Voilà pourquoi une campagne, une élection, ne sont que des artifices démocratiques dans un pays où le budget d’un candidat équivaut à six fois le montant de la Facilité de crédit du FMI sur trois ans. »

La Gazette a publié en début de campagne la photo des trois candidats dont le nom arriverait en tête d’un sondage commandé par la fondation FES et Politika, dont la publication a été interdite par le pouvoir.  On y voit cote à cote Hery Rajaonarimampianina, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Jeune Afrique affirme qu’Andry Rajoelina arriverait en tête suivi de Marc Ravalomanana. Les commanditaires ont déclaré qu’ils n’avaient communiqué les résultats du sondage à aucun organe de presse. Fuite ou « fake news » ? s’interrogent les observateurs.

Les évêques ont dénoncé la récupération politique par certains candidats de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) qui s’est tenue à Mahajanga. Ils ont invité les jeunes à procéder à un vote responsable. L’archevêque d’Ihosy a exhorté les candidats présents à respecter la liberté de conscience des croyants et à « ne pas échanger leur voix contre des cadeaux éphémères. Ne vous fiez pas aux beaux discours et aux belles promesses. C’est une anarque et une forme de corruption. (…) Je vous invite à contrôler et à défendre la justice et la transparence ». L’Eglise ne soutient aucun candidat, a-t-il réaffirmé.

pov 03 10 18Une « Charte de bonne conduite et d'intégrité des candidats » de 30 articles a été proposée par le CRN et plusieurs partenaires de la société civile. Peu après l’ouverture de la campagne, seuls 12 candidats l’avaient signée, cinq ont marqué leur refus d'apposer leur nom sur un document qu'ils qualifient de « mascarade », parmi lesquels Didier Ratsiraka, le pasteur Mailhol et Fanirisoa Ernaivo, magistrate, ancienne présidente du SMM. Si Hery Rajaonarimampianina l’a signée, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina l’ont boycottée. Un collectif d’une vingtaine de candidats a exigé en vain de la HCC la transformation de la Charte en instrument légal, opposable à tous.

Le comité paritaire à l’origine de la Charte a annoncé la publication d’un rapport hebdomadaire sur son application. Le rapport des 15 premiers jours de campagne pointe du doigt « les dérives des candidats Marc Ravalomanana, Hery Rajaonarimampianina et Andry Rajoelina ». 13 candidats sont félicités pour leurs tentatives d’engager des débats d’idées constructifs. Le second rapport a confirmé les dérives constatées. Les démonstrations de force l’emportent sur les débats d’idées et les insultes pleuvent entre les candidats. Le président sortant et Andry Rajoelina sont montrés du doigt pour le déploiement de moyens faramineux. Le groupe des 25 candidats signataires de l’accord de Nanisana qui demandent notamment le report du scrutin est critiqué pour vouloir manipuler la liste électorale officiellement clôturée.

Les violences relevées par le projet d’appui à la prévention et la gestion de conflits et violences potentiels liés aux élections (PEV Madagascar) se sont multiplié dangereusement en fin de campagne. Violences et non-respect de la loi occasionnant un climat de conflit entre les candidats. Des agressions physiques ont été rapportées. Les réseaux sociaux ont alimenté ce climat de tension. La CENI a semblé impuissante à ramener les partisans des candidats à la raison, de même que le Comité paritaire de la Charte de bonne conduite, malgré les appels lancés aux candidats.

pov 26 10 18Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) a adressé aux 36 concurrents un questionnaire à remplir en ligne. Dix questions pour connaître leurs sources de financement et leur budget de pré-campagne et de campagne. L’ONG s'est engagée à enquêter sur la véracité des informations délivrées. Sa directrice, Ketakandriana Rafitoson, dénonce la provenance des fonds utilisés par les trois derniers ex-présidents aujourd'hui candidats, tous trois notamment impliqués d'une manière ou d'une autre dans les trafics de bois de rose. « S'ils investissent des millions d'euros dans cette campagne, (…) c'est qu'ils cherchent un retour sur investissement », écrit-elle, s’interrogeant sur les contreparties des appuis financier nationaux et étrangers. Une pétition en ligne a été lancée pour exiger des candidats la transparence. En fin de mois, un seul candidat, peu connu, avait retourné le questionnaire. « En ne jouant pas la transparence financière, les candidats méprisent les citoyens », a déclaré Ketakandriana Rafitoson au micro de RFI.

L’Aviation Civile de Madagascar (ACM) a bloqué l’autorisation d’importation et d’exploitation des hélicoptères des candidats Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana et Mahafaly Olivier alors que Hery Rajaonarimampianina avait déjà obtenu la sienne. Le premier ministre a ordonné au DG de l’ACM de satisfaire ces demandes. Une réquisition qui a été ignorée. Les supporters d’Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana ont alors fait le siège des bureaux de l’ACM. Après de vives discussions, le DG, James Andrianalisoa, membre du bureau politique du parti HVM, a accordé son autorisation (5 appareils pour Andry Rajoelina, 2 pour Marc Ravalomanana). Pour L’Express, le refus opposé par le directeur de l’ACM était fondé sur des raisons de sureté et de sécurité aérienne et aucunement sur des considérations politiciennes. Andry Rajoelina disposerait à lui seul de sept hélicoptères, dont l’heure de vol peut facilement se chiffrer à 3 000 euros, selon Midi.

Le « DFP » ou Dinika ho an’ny Fanavotam-pirenena a annoncé qu’il déposera des plaintes à l’encontre des fonctionnaires qui font fi des textes en vigueur et participent à la campagne électorale. Il affirme avoir reçu des centaines de doléances en provenance de ses antennes dans les régions.

La Commission de contrôle des comptes de campagne ne dispose d’aucun budget de fonctionnement. Ses membres ne reçoivent pas d’indemnités et ne disposent d’aucun local. Qualifiée de véritable avancée par le premier ministre, l'institution apparait comme une coquille vide. Les candidats eux aussi ont du mal à se mettre en règle. Seuls cinq candidats ont ouvert un compte unique de campagne. Une situation qui interpelle le Samifin et la Commission de contrôle du financement de la vie politique (CCFVP). Le Samifin aurait en outre reçu de nombreuses informations relatives à des suspicions de blanchiment d’argent. Les investigations sont en cours a affirmé son directeur général.

Une centaine d'experts du processus électoral, originaires de 25 pays européens, ont été désigné par l’UE comme observateurs. Parmi eux, 40 observateurs « longue durée ». « Quoique symbolique, l’observation des membres de la communauté internationale a toujours été considérée comme une crédibilisation de l’élection », écrit Tribune. Le chef de la mission d'observation, Cristian Preda, a fait part de son étonnement de constater que sur 36 candidats, seuls une poignée font réellement campagne, accompagnée de diverses distributions de « cadeaux ». Une bonne vingtaine semblent avoir déposé un dossier de candidature sans volonté réelle de jouer le jeu, plus intéressés par une confrontation avec les institutions de l’Etat et la quête d’une nouvelle transition.

Les membres du HFI (Mouvement pour la refondation) ont attiré l’attention de l’opinion en début de campagne électorale en annonçant un projet de création d’« Etats » provinciaux autonomes. Le 11 septembre ils avaient déjà annoncé la création de l’« Etat » regroupant « la population de la province de Mahajanga » et peu avant encore une annonce semblable avait été faite pour la région Sud. L’objectif principal de cette initiative, selon des observateurs, serait de provoquer une situation de déstabilisation et de remettre en cause le processus électoral en cours. Le président de la République par intérim, Rivo Rakotovao, a condamné fermement ces initiatives. En juillet, le HFI, avec à sa tête le bouillant Pety Rakotoniaina, ancien maire de Fianarantsoa, avait manifesté pour exiger le report de la présidentielle.

Pety Rakotoniaina a été arrêté pour enquête sur le mouvement « Fanjakana Gasy » auquel il est également associé, et placé en détention provisoire à Antanimora. Le président du parti Tambatra est accusé d’atteinte à la sûreté de l’État en période électorale et d’incitation de la population à la révolte. L’autre personne poursuivie dans cette affaire, Rainidiana Liampivoarana, a bénéficié d’une mise en liberté provisoire. « Il y a des limites à la liberté d’expression, elle ne permet pas de dire tout ce que l’on veut. L’Etat a dû prendre ses responsabilités », a déclaré le président par intérim, Rivo Rakotovao, qui accuse les animateurs du mouvement de visées sécessionnistes. « Les manœuvres dilatoires destinées à détourner l'attention des prochains scrutins se multiplient », a écrit La Vérité, s’interrogeant sur un possible financement russe de ces opérations de déstabilisation, dont l’objectif serait de permettre à des sociétés russes de se voir attribués des blocks pétroliers offshores et des ressources aurifères.

La CENI est parvenue à réunir 30 candidats pour des échanges retransmis en direct mais qui aurait été interrompus sur ordre du gouvernement. Deux candidats ont été excusés et quatre n’ont pas répondu à l’invitation : Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina, Jean Ravelonarivo et Jules Etienne.

nm 26 10 18Le débat a très vite tourné à la remise en cause du processus électoral en raison, selon les participants, d’irrégularités, du manque de neutralité du gouvernement et de la HCC, de l’inégalité flagrante au niveau des moyens financiers des candidats, du manque de transparence sur les sources des financements de certains d’entre eux et des anomalies de la liste électorale. Les candidats ont réclamé la démission du premier ministre et de son gouvernement et la mise en place d’une Cour électorale spéciale à la place de la HCC. Le report de l’élection a alors été réclamé pour permettre la mise en place des nouvelles structures à même d’assurer la crédibilité du scrutin. La rencontre s’est achevée par la signature d’un « accord politique » entre 25 des candidats présents et la décision de réunir une « conférence souveraine ». Selon Serge Zafimahova de la plateforme Madagascar Développement et Ethique (MDE), l’« accord politique » ouvre la voie à une dérive vers une longue transition. Un accord qui s’apparente à une œuvre de déstabilisation. Face à ces revendications le mouvement Rohy et Transparency International ont déclaré qu’ils sont opposés au report du scrutin, qui serait illégal, et à l’instauration d’une nouvelle transition.

La « Conférence souveraine » a réuni plus d’un millier de participants au CCI d’Ivato. Des invitations ont été largement distribuées à la classe politique, aux religieux, à la société civile et aux simples citoyens. 19 des 25 candidats ayant signé l’accord politique ont donné 72 heures au gouvernement, à la CENI et à la HCC pour la réouverture de la liste électorale. Dans un communiqué, la HCC a condamné cette initiative et le premier ministre a laissé entrevoir la possibilité de sanctionner les candidats qui ne respectent pas les engagements signés lors du dépôt de leur candidature.

Les porte-paroles du collectif ont déposé une requête à la HCC aux fins de réouverture de la liste électorale. Jean Max Rakotomamonjy et une délégation de candidats ont été reçu par Rivo Rakotovao. Le chargé d’affaire de l’ambassade des Etats-Unis s’est prononcé pour le respect du calendrier électoral. La HCC a fait remarquer que les procédures de révision spéciales sont susceptibles de générer de nombreuses dérives. Les pratiques permettant de « gonfler » la liste ne permettent pas de contrôle effectif par les acteurs du processus électoral compte tenu des délais impartis.

L’ultimatum lancé par les 25 candidats est arrivé à échéance. Toutes les démarches engagées pour tenter de convaincre les responsables étatiques ont été vaines. Les autorités ont craint que, dos au mur, les candidats soient tentés de provoquer des troubles. Le préfet de police de la capitale a prévenu que des mesures draconiennes avaient été prises pour sécuriser le processus électoral et que les fauteurs de troubles seraient immédiatement incarcérés.

La manifestation du collectif a pu se tenir. Les forces de l’ordre qui quadrillaient les lieux ont cédé la place. Le meeting avait été autorisé mais son encerclement par les forces de l’ordre a découragé le public. La candidate Fanirisoa Ernaivo, ancienne présidente du SMM, a tenu des propos extrêmement violents à l’égard des forces de l’ordre. La CNIDH et le ministère de la justice ont fermement condamné ses déclarations.

« Développement humain : des indicateurs inquiétants pour Madagascar, placé au 161e rang sur 188 pays », titre Midi. L’IDH 2018 indique que même si Madagascar a légèrement amélioré son score, passant de l’indice 0,512 à 0,519, le pays a régressé dans le classement, passant de la 159e à la 161e place.

Suite aux émeutes qui se sont produites à Morondava en septembre, 17 personnes ont été placées en détention provisoire. La ministre de la justice a condamné les menaces proférées à l’encontre des magistrats qui ont accordé une liberté provisoire à deux présumés voleurs de zébus, libération à l’origine pour partie des troubles qui ont secoué la ville et ses environs. Une radio locale appartenant à un député aurait incité la population à la révolte. Le premier ministre a décrété sa fermeture. Tribune a noté que cette décision est la première depuis 5 ans pour une question relative à la liberté d’expression.

Un directeur d’école a été tué par balle par des dahalo dans le district de Manja. Le village avait été pris d’assaut par une soixantaine de dahalo venus s’emparer de troupeaux. L’épouse de la victime a été prise en otage. Huit dahalo ont été passés par les armes à Antsahavola. Une bande de 18 hommes armés avaient attaqué le village pour voler des bovidés. Une femme et son bébé avaient été pris en otage. Les attaques de dahalo s’intensifient dans des communes de la région Androy. Les vols de troupeaux s’accompagnent souvent désormais de prises d’otages. Les habitants d’une commune enclavée du district d‘Iakora ont abandonné leur village pour échapper à l’insécurité et se réfugier dans d’autres fokontany.

La caserne de gendarmerie d’Amboasary-Sud a été attaquée par 80 hommes armés qui ont libéré deux détenus et pillé des logements de fonction. Trois d’entre eux ont été abattus. Des centaines de dahalo armés repentis placés sous l’autorité du commandant de la compagnie de gendarmerie se sont abstenus d’intervenir. Ils sont suspectés de complicité.

Depuis le début de l’année, 700 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’opération de sécurisation « Mandio », dont 300 jetées en prison, indique le responsable de communication de la gendarmerie. 128 armes à feu ont été saisies. Dans le cadre de cette opération, 1,2 tonne de chanvre indien a été saisie dans la région Diana. Deux présumés dahalo ont été abattus par les forces de l’ordre lors d’une tentative de fuite, près de Tsiroanomandidy. La famille accuse la gendarmerie d’avoir procédé à une exécution sommaire.

Un réseau de blanchiment de bœufs volés a été démantelé à Mahajanga. Quatre fonctionnaires, dont un vétérinaire, sont suspectés d’avoir délivré de faux documents de traçabilité. Les bêtes objet du trafic faisaient partie du butin de dahalo. Selon le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, certains de ses hommes jouent un double jeu vis-à-vis des dahalo.

A Miandrivazo, un affrontement entre groupes rivaux de villageois, conduits par les chefs Fokontany, a fait 12 morts. Suite à un incendie ayant détruit 385 habitations à Mananjary, des scènes d’émeute se sont produits dans la ville. L’arrestation d’un présumé pyromane a provoqué un début de vindicte populaire. Le commissariat a été assiégé, obligeant les forces de l’ordre à évacuer le prévenu à la prison, où les auditions se sont poursuivies. A Fénérive-Est, trois inspecteurs de police en service commandé ont été victimes d’une vindicte populaire. Ils s’étaient rendus en tenue civile dans un village pour procéder à une perquisition et à l’arrestation d’un homme suspecté de vol de vanille. Des menaces de représailles des forces de l’ordre ont été véhiculées sur les réseaux sociaux, faisant craindre le déclanchement d’une opération punitive. Des vindictes populaires se sont produites également à Vavatenina et Andapa. Tribune déplore qu’aucun candidat à la présidentielle ose aborder la question des vindictes populaires et propose de solutions à un phénomène qui se généralise.

Onze individus suspectés d’être les auteurs d’un kidnapping dans le district de Maevatanana ont été arrêtés dans le cadre de l’opération « Mandio ». Ils sont suspectés d’avoir kidnappé des agents de la société Kraoma et d’avoir perçu une très forte rançon. Deux femmes ont été enlevées à Tsaratanàna dans le cadre de l’attaque à main armée d’un foyer. Une rançon de 200 millions Ar a été exigée. Une bande de 16 dahalo armés a kidnappé quatre enfants dans une carrière à Maevatanana, exigeant le paiement d’une rançon de 50 millions Ar.

Un français d’origine indienne, propriétaire d’une pharmacie, a été enlevé dans un quartier résidentiel de la capitale. Des opérateurs économiques interpellent les autorités et leur demandent d’agir pour mettre un terme à ces enlèvements qui font fuir les investisseurs.

Quatre membres de la cellule mixte d’enquête anti-kidnapping, dont trois gendarmes, ont été placés en détention préventive pour une affaire de corruption présumée. Plusieurs millions Ar ont été retrouvés par les enquêteurs au domicile de l’un des prévenus.

Un ressortissant français, DG d’une entreprise franche, a été tué lors d'un cambriolage à son domicile opéré par une bande de cinq individus. Une réunion du Comité de sécurité s’est tenue à l'ambassade de France. Le président du syndicat des industries de Madagascar a dénoncé un climat d’insécurité et d’instabilité.

L’équipe nationale de football, qui venait de se qualifier pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, est tombée dans une embuscade tendue par des étudiants. Ils protestaient contre une coupure d’électricité qui durait depuis trois jours. Ils ont réclamé de l’argent aux joueurs et ont jeté des pierres sur leurs véhicules. Sortis indemnes de cet événement, les joueurs ont annoncé qu’ils allaient, par solidarité, reverser aux étudiants l’intégralité de leurs primes de match.

Dans le cadre du « mois de l'amnistie des armes », le ministère de la défense a procédé à la destruction, au cours d’une spectaculaire cérémonie sur le parvis de l’hôtel de ville de la capitale, de 843 armes rendues ou saisies lors des opérations de sécurisation menées par les forces de l'ordre. Cette cérémonie était une première dans l’histoire du pays. Sur les cinq dernières années, selon les statistiques de la gendarmerie, 4 000 personnes ont trouvé la mort à Madagascar, victimes du banditisme.

La Haute Cour de Justice (HCJ) enfin opérationnelle. Ses membres ont été présentés officiellement et ont prêté serment. Les quatre premiers dossiers qui seront traités concernent un ancien président de la République et d’anciens ministres, dont les noms n’ont pas été révélés. Le 1er dossier concernerait Jean Razafindravonona, ancien ministre des finances du gouvernement Kolo. La requête déposée par un collectif demandant la destitution du président de la HCC pourrait être le second dossier.

Pour lutter contre la corruption, la justice malgache mise sur l'informatisation. Dans le cadre du projet d'informatisation de la chaîne pénale soutenu par l’UE, un logiciel a été testé dans plusieurs tribunaux. Le but est d'améliorer l'administration de la justice pénale et de limiter les possibilités de corruption à chaque étape du traitement d'un dossier.

Pour la première fois, le rapport 2016/2017 de la Cour des comptes a été diffusé en directe sur les ondes et à la TV. Il dresse un constat accablant de la gestion des deniers publics, écrit L’Express. Une part trop importante du budget de l’Etat est consacrée au fonctionnement et la charge des traitements ne cesse d’augmenter. Les dépenses d’investissement n’atteignent pas 25 % du budget.

La société civile, à travers le projet Fandio financé par l’UE, a élaboré un livre blanc mettant en avant les aspirations citoyennes sur la gouvernance, l’environnement et les ressources naturelles, le social et la culture, l’économie et les infrastructures. Il fait un état des lieux et formule des propositions de solutions. Le livre blanc devait servir d’outil et de référentiel pour analyser les visions, valeurs et programmes des 36 candidats à la présidentielle. La fondation allemande FES et le projet Fandio ont proposé l’organisation d’un débat avec l’ensemble des candidats mais les 2/3 d’entre eux, dont les trois favoris, n’ont pas répondu à l’invitation.

L’examen du projet de loi sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme risque de subir un nouveau retard en raison de la mobilisation de la classe politique pour la campagne présidentielle. Les parlementaires se montrent par ailleurs réticents à adopter ce projet perçu comme pouvant porter préjudice à leurs intérêts. Le FMI et les partenaires techniques et financiers font pression pour son adoption rapide.

« Nouveau rebondissement dans l’affaire de biens mal acquis de Mamy Ravatomanga en France », écrit le site « La ligne de mire ». La 4e société civile immobilière dont sont actionnaires les époux Ravatomanga a également été saisie en juin 2018 par la justice française, après les trois premières frappées par la même décision. Le patrimoine immobilier de l’homme d’affaires, PDG du groupe Sodiat et proche d’Andry Rajoelina, est estimé à 4,2 millions d’euros. Un patrimoine acquis en 2010, durant la Transition. Les magistrats exploiteraient plusieurs pistes sur l’itinéraire des fonds ayant permis ces acquisitions immobilières et ont demandé la coopération judiciaire des autorités de plusieurs places financières. Maurice n’aurait pas donné suite.

Amnesty International a publié un communiqué accompagnant un important rapport sur la condition carcérale à Madagascar. « Des milliers de personnes sont maintenues en détention préventive injustifiée, excessive et prolongée dans des conditions qui mettent leur vie en danger », titre le communiqué. Intitulé « Punis parce qu’ils sont pauvres. Le recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive à Madagascar », le rapport se fonde sur des visites effectuées dans neuf établissements où les conditions de détention sont jugées effroyables. La presse rapportait, peu avant la publication du rapport, qu’à la maison centrale d’Antanimora, dans certains quartiers, plus de 140 détenus dorment dans un unique dortoir, avec 0,5 m2 par détenu. « 65 à 70 % des détenus souffrent de malnutrition », titre Newsmada, qui fait état des chiffres délivrés par l’administration pénitentiaire elle-même. Pour marquer la 2e année d’exercice de son mandat la CNIDH a organisé une table-ronde sur l’amélioration des conditions carcérales, avec la participation de l’équipe du bureau régional d’Amnesty, auteure du rapport. La ministre de la justice a rappelé à la délégation d’Amnesty international venue lui remettre son rapport que plusieurs mesures allant dans le sens souhaité ont été prises depuis sa nomination.

L’UNICEF a interpelé les 36 candidats à la présidentielle, les invitant à inclure dans leur programme un engagement spécifique et un plan d’action pour faire avancer la cause, le bien-être et les droits des enfants.

Six millions de dollars sont nécessaires au PAM pour pouvoir poursuivre son programme d’alimentation scolaire dont bénéficient jusqu’ici200.000 enfants, notamment dans le Sud.

Indice de la faim dans le monde : Madagascar se classe au 116e rang sur 119 pays dans le rapport 2018 du global hunger index (GHI). 43,1 % de la population est en situation de malnutrition cette année, contre 31,8 % en 2010.

L’OIT, l’Unicef, l’OIM et le HCDH se sont penchés sur la situation des mineurs victimes de la traite. En 2016, pour la tranche d’âge 5-14 ans, 22,1% des enfants étaient en situation de travail forcé, soit 1,2 million d’enfants. De nombreux enfants sont victimes d’exploitation sexuelle. L’absence de sanctions liées aux formes de travail des enfants et le manque de ressources pour l’application de la législation entravent les efforts du gouvernement pour lutter contre ces abus. Six projets de lois devraient être examinés durant la session parlementaire sur la lutte contre le travail des enfants, l’esclavage moderne et la traite des êtres humains. Les débats sont précédés d’un atelier qui vise à mettre en commun les actions des parties prenantes.

Une quinzaine de femmes, dont une dizaine d’employées de maison en instance de départ pour l’Arabie Saoudite, ont été interpellées, ainsi qu’une femme responsable d’un réseau. Plusieurs complices sont recherchés. Quatre ans après l’adoption de la loi sur la traite des êtres humains, les réseaux criminels continuent de prospérer malgré des coups de filet réussis, note L’Express.

Selon l'Unicef, sur 10 femmes qui meurent chaque jour suite à des causes liées à l’accouchement, trois sont des adolescentes de moins de 19 ans. Le taux de mariages précoces à Madagascar est l’un des plus élevés au monde. L’éducation des filles reste un défi important. En primaire, le taux de rétention scolaire des filles est anormalement faible.

pov 09 10 18Bois de rose : le Comité permanent de la CITES a rejeté le « business plan » défendu par les ministres de l’environnement et de la justice en vue de commercialiser les bois saisis ou les stocks répertoriés. Pour l’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International, ce dispositif aurait conduit à indemniser les trafiquants. Le Comité a néanmoins pris note des progrès de Madagascar en matière de renforcement des mesures de contrôle et de lutte contre l’exploitation forestière et l’exportation illégale. Il demande aux autorités « d’explorer d’autres solutions que le système de compensation des détenteurs de stocks des bois de rose et d’ébène pour pouvoir contrôler tous ces stocks ». La société civile dénonce le manque de volonté politique du gouvernement à mettre fin aux trafics.

Un camion transportant 448 madriers et rondins de palissandre a été intercepté à Tsinjoarivo. Cette saisie est intervenue quelques jours après une saisie de 68 madriers de cette même essence à Mandoto. Les forces de l’ordre, l’administration et la justice de Morondava sont impuissants à réprimer les trafiquants de bois de palissandre. La forêt de Menabe Antimena est à la merci des trafiquants qui agissent en toute impunité, écrit La Vérité.

Deux ONG exigent la fermeture immédiate et définitive de l'exploitation aurifère illégale de la société Mac Lai Sime Gianna à Vohilava (district de Mananjary). Elles demandent que des sanctions soient prises à son encontre pour les dommages causés à la santé et aux moyens d'existence des communautés concernées et à l'environnement ; elles accusent les autorités de complicité avec la société chinoise.

Des pêcheurs Antandroy ont adressé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle, relayée par le Collectif Tany, pour les alerter sur l’effondrement des ressources suite à l’octroi de droits de pêche à des navires étrangers. On estime entre 500 et 700, le nombre de navires de pêche qui sont en permanence au large de la Grande île. Le préjudice est évalué, au minimum, à 500 millions de dollars.

« La crevette, cet ‘or rose’ dont Madagascar ne voit pas la couleur », titre Le Monde. Les Ismail père et fils, « rois des gambas » dans la Grande île, ont recours à des circuits financiers offshore pour les millions de dollars tirés de l’exportation des crustacés, selon les « Panama Papers ».

Selon le WWF, entre 2009 et 2016 plus de 10 000 tortues terrestres ont été exportées illégalement, principalement vers l’Asie. Ce type de commerce occuperait la 4e place mondiale, derrière les stupéfiants, les contrefaçons et les trafics d’êtres humains. Plus de 7 300 jeunes tortues ont été retrouvées dans une cachette par la gendarmerie et des agents du ministère de l’environnement à Ampanihy. Six ans d’emprisonnement ferme et 100 millions Ar d’amende ont été prononcés à Toliara pour trois trafiquants de tortues radiées. C’est la peine la plus lourde jamais enregistrée contre des trafiquants de cette espèce protégée. Deux ressortissants chinois ont également été condamnés à 6 ans de prison et 150 millions Ar de peine et d’amende pour un vol de tortues à Androka.

La ville d’Antananarivo plongée dans la pollution et les détritus. Les écologistes tirent la sonnette d’alarme. Ils affirment que ces ordures sont à l’origine de diverses maladies et que la situation est favorable au développent d’une nouvelle épidémie de peste ; ils pointent du doigt la corruption au sein des institutions en charge de l’assainissement.

Les maladies dues à la pollution couteraient chaque année à Madagascar entre 117 et 166 millions de dollars, soit 1,2 à 1,7 % du PIB en raison de la perte de productivité. En 2016, 31,3 % des décès à l’échelle nationale auraient été causés par la pollution. Antananarivo fait partie des villes les plus polluées au monde, avec un taux moyen de 60 μg/m3, trois fois plus supérieur au seuil de 20 μg/m3 fixé par l’OMS.

Réchauffement climatique : au-delà de 1,5°C, les conséquences seront dramatiques pour la biodiversité malgache. A 2°C le réchauffement provoquerait la disparition de 25 % des espèces de la Grande île d’ici 2080.

510 000 ha de forêts sont partis en fumée en 2017, soit 3,8 % de ce qui reste de la couverture forestière nationale. Du jamais vu à Madagascar, qui bat un record mondial, devant le Brésil, l’Indonésie et la RDC.

147 familles ont été expulsées à Belobaka suite à la démolition de 69 toits après la délivrance d'une ordonnance du tribunal. Le propriétaire du terrain a procédé à la démolition après un préavis de seulement 48 h.

Les habitants situés à proximité de la base militaire d’Ivato se disent victimes d’un accaparement illégal de leurs terrains. Ils sont situés sur le trajet de la nouvelle route reliant Tsarasaotra à Ivato. Les auteurs d’un tel accaparement seraient selon eux des officiers de l’armée. Une centaine de riverains se sont réunis pour protester contre l'expropriation de leur terrain pour la construction d'une route reliant l’entreprise Filatex à l'aéroport d’Ivato. Cinq kilomètres ont déjà été remblayés sur les rizières de petits propriétaires. Aucun tracé ne figure sur aucun document officiel. Ce sont plus de 2 500 familles qui vivent dans la crainte. Plus d’une dizaine de milliers seraient concernées directement ou indirectement pas ce projet. L’avocat des riverains accuse l’Etat de compromission avec le patron indo-pakistanais de Filatex.

nino 01 10 18L’accord de pêche et d’aquaculture conclu par le chef de l’Etat avec les Chinois deux jours avant sa démission a provoqué une très vive émotion. Les organisations de la société civile demandent que les détails de l’accord soient rendus intégralement publics et demandent sa suspension immédiate. Le ministre de la pêche, Augustin Andriamananoro, bras droit de l’ancien président de la Transition, a condamné la signature de cet accord. Une pétition « pour tenter de protéger la population de Madagascar et préserver son secteur halieutique fragile et unique » a été mise en ligne. Les acteurs non étatiques du secteur pêche et aquaculture des 16 pays membres de la SADC ont fait part de leurs préoccupations Le chef de l’Etat démissionnaire a catégoriquement nié l’existence de cet accord autorisant notamment la venue de 330 bateaux de pêche chinois. Signé entre partenaires non-étatiques, le contenu de l’accord échapperait à l’ambassade de Chine.

Le coût économique annuel des pertes causées par les cyclones et les inondations est estimé de 470 à 940 millions de dollars pour un PIB de 10,5 milliards, souligne l'agence de coopération allemande GIZ. Le changement climatique annoncé aggravera encore la situation.

Un protocole d’accord a été signé entre l’Etat et les compagnies pétrolières destiné à assurer l’approvisionnement en carburant de la Jirama. L’accord devrait permettre de suspendre les « délestages économiques ». Un compromis aurait été trouvé sur le mode de règlement de la dette de l’entreprise publique.

La société d’Etat « Kraomita Malagasy » est devenue une joint-venture malgacho-russe. Le devenir de la société était compromis par des affaires de détournement de fonds, des suspicions de corruption, une mauvaise gestion et d’importants dégâts cycloniques. Les dettes accumulées s’élevaient à plusieurs millions de dollars. La création de cette joint-venture entre dans le cadre du renforcement des liens entre Madagascar et la Russie. Le chef de la diplomatie malgache s’est réjoui de la réactivation des liens historiques entre les deux pays. De nouvelles perspectives de coopération ont été évoquées. Un protocole d’accord a été récemment signé pour la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime. Il pourrait être élargi à la surveillance des côtes malgaches et à celle de la ZEE, notamment dans les secteurs litigieux proches des îles Eparses détenues par la France, supposées recéler d’importants gisements pétroliers.

L’ambassadeur de Turquie milite en faveur du renforcement des relations avec Madagascar, mettant en avant la politique étrangère « entreprenante et humanitaire » de son pays. Une « diplomatie de développement », qui a pour ambition d’aider Madagascar à « produire pour pouvoir vendre des produits transformés. »

Baisse de près de 7 % du nombre de touristes étrangers sur la période janvier-septembre, par rapport à la même période de 2017. L’insécurité grandissante en serait la cause principale, que ce soit sur les axes routiers que dans les parcs nationaux et les aires protégées.

 

 SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation de la présidentielle – Campagne électorale

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Condtions carcérales
  • Droits des enfants, droits des femmes, traite
  • Santé
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

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ARTICLES REMARQUES - OCTOBRE 2018

<>  27 10 18 - RFI - Interview de Ketakandriana Rafitoson de TI-IM - « En ne jouant pas la transparence financière, les candidats méprisent les citoyens »
Le 7 novembre aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle qui verra s’affronter 36 candidats. Ketakandriana Rafitoson est la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar. En tant que représentante de la société civile, elle dénonce la débauche de moyens des trois plus gros candidats, les promesses ubuesques lancées à la foule lors de meetings fastueux, l’absence de projet concret de société et le manque de transparence des fonds investis dans la campagne. Une « situation indécente » explique Ketakandriana Rafitoson, « pour les millions de Malgaches qui peinent à se nourrir au quotidien ». Elle répond aux questions de Sarah Tétaud.
http://www.rfi.fr/emission/20181027-jouant-pas-transparence-financiere-candidats-meprisent-citoyens

<> 24 10 18 - Rohy et TI-IM - Communiqué face à l'actualité électorale
Face aux revendications émises par le collectif de candidats, le mouvement Rohy et TI-IM ne sont favorables ni au report des élections qui serait illégal, ni à une nouvelle transition
qui ne pourrait avoir que des impacts négatifs sur la population et le pays. Les deux associations considère que la CENI a fourni « des efforts consistants » pour fiabiliser la liste électorale. Rohy s’est organisé avec ses partenaires pour couvrir des bureaux de vote dans les lieux les plus peuplés et les plus enclavés. Il demande à tous les candidats de disposer des délégués dans les 24.853 bureaux afin de sécuriser au maximum le scrutin. Il exhorte le gouvernement à communiquer sur tous les aspects techniques de l’organisation car « le faible accès à l’information et le déficit actuel de communication entretiennent l’opacité et engendrent nécessairement des inquiétudes et des rumeurs incontrôlables ». Rohy et TI-IM ne sont pas non favorables à la mise en place d'une Cour Electorale Spéciale (CES) en cette période très proche du premier tour.
A ce jour aucun des 36 candidats n’a renvoyé le formulaire leur demandant les origines et le montant de leur budget de campagne qui leur a été transmis par la société civile, notamment le mouvement Rohy et Transparency International (TI-M). Le questionnaire avait pour but d’apprécier l’effectivité de la prise en compte de deux engagements de la Charte de bonne conduite et d’intégrité des candidats relatifs à la transparence financière de leur campagne.

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  23 10 18 - Amnesty International - Communiqué - Des milliers de personnes en détention préventive injustifiée, excessive et prolongée dans des conditions qui mettent leur vie en danger
52 personnes sont mortes en détention préventive en 2017, de nombreuses personnes, dont des femmes et des enfants, sont maintenues en détention préventive prolongée pour des infractions mineures telles que le vol. Les conditions de détention, déplorables, s’apparentent à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dénonce l’ONG. Intitulé « Punis parce qu’ils sont pauvres. Le recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive à Madagascar », le rapport sur lequel repose le communiqué se fonde sur des visites effectuées dans neuf établissements pénitentiaires, où plus de 11 000 personnes ont été placées arbitrairement en détention préventive, souvent pour des années. Amnesty a constaté que les conditions de détention des neuf établissements visités sont effroyables.
Télécharger le rapport d'Amnesty international :https://www.amnesty.org/download/Documents/AFR3589982018FRENCH.PDF (123 p.)

Voir la vidéo sur Facebook (1'53) : https://www.facebook.com/orangeactu/videos/318097598921821/

Amnesty international propose d'adresser un courrier à la ministre de la justice. Télécharger le modèle de lettre


- 19 10 18 - L'Express - Edito - Campagne ou caprice ?
A quoi sert une campagne dans un pays extrêmement pauvre ? A plus forte raison, à quoi sert une élection dont le budget est fourni par l’assistanat international ? Une campagne électorale d’une telle immoralité est complètement inutile. Les débats d’idées sont cruellement absents pour faire place à une avalanche de discours pompeux et des dépenses inconsidérées. Quant aux résultats, ils seront le fruit d’un tour de prestidigitation de la CENI et de la HCC, affirme l’auteur qui conclut : « Voilà pourquoi une campagne, une élection, ne sont que des artifices démocratiques dans un pays où le budget d’un candidat équivaut à six fois le montant de la Facilité de crédit du FMI sur trois ans. »

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14 10 18 - RFI - Présidentielle à Madagascar : Transparency International interpelle les candidats
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Depuis le 8 octobre, les caravanes des candidats défilent dans les rues étroites de la capitale. Ici, celle du candidat Andry Rajoelina. Ecrans géants mobiles, camions par dizaines, foule compacte de partisans, distribution de casquettes, t-shirts... Financements occultes ou fonds de campagne opaques, à Madagascar, « Transparency International Initiative Madagascar », interpelle les candidats à la présidentielle et les défie. L'organisation de la société civile vient d'envoyer aux 36 concurrents un questionnaire à remplir en ligne. Dix questions pour connaître leurs sources de financement et leur budget de pré-campagne et de campagne. Aux candidats de transformer leur discours sur la bonne gouvernance en actes concrets. Aux électeurs de s'inspirer de leurs réponses pour voter le 7 novembre prochain en connaissance de cause. De son côté, Transparency s'engage à enquêter sur la véracité des informations délivrées.
« Ce n'est pas l'argent qui doit dominer, ce sont les idées. Malheureusement, avec les distributions de goodies à tout va, on voit depuis les cinq jours de campagne électorale que les pratiques n'ont pas changé. » La déclaration de la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar est cinglante. Ketakandriana Rafitoson ne se fait guère d'illusions. Son organisation a des doutes sur l'efficacité de la toute récente Commission créée pour contrôler, à l'issue des élections, les comptes de campagne des candidats. « On est au cœur de la campagne et c'est au cœur de la campagne que le choix des citoyens se décide. Donc si on attend que la campagne soit terminée pour révéler les fraudes, les malversations, le choix de l'électeur sera fait : il sera trop tard », explique-t-elle.
En se basant sur des rapports publiés par plusieurs organisations de renommée internationale dont la sienne, Ketakandriana Rafitoson dénonce la provenance des fonds utilisés par les trois derniers ex-présidents aujourd'hui candidats. « Même s'ils le nient à corps et à cri, c'est un fait. M. Ravalomanana, M. Rajoelina et M. Rajaonarimampianina, qui successivement ont été à la tête de l'Etat, ont tous été impliqués d'une manière ou d'une autre dans le trafic de bois de rose, notamment, affirme la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar. Nous, notre démarche, c'est vraiment de dire à la population, "ne soyez pas amnésiques. Rappelez-vous de ce qu'il s'est passé et faites votre choix très rationnellement". Parce qu'il y va de l'enjeu de ce pays. S'ils investissent des millions d'euros dans cette campagne, ils ne le font pas pour nos beaux yeux. C'est qu'ils cherchent un retour sur investissement ». Soutiens d'entrepreneurs locaux, dont de grands noms de la finance et de l'industrie malgaches, mais également appuis étrangers, Transparency International cherche à savoir qui finance qui, et avec quelle contrepartie.
http://www.rfi.fr/afrique/20181012-presidentielle-madagascar-transparency-international-interpelle-candidats

11 10 18 - Le Monde - La crevette, cet "or rose" dont Madagascar ne voit pas la couleur
Les Ismail père et fils, « rois des gambas » dans la Grande île, ont recours à des circuits financiers offshore pour les millions de dollars tirés de l’exportation des crustacés. Leur société, Unima, domine cette industrie à Madagascar et a été la première à bénéficier de la certification Label Rouge décerné par le ministère français de l’agriculture. Les crustacés leur rapportent des millions de dollars qui se retrouvent dans un lacis de circuits financiers offshore opacifiés par une myriade de sociétés écrans, selon les « Panama Papers ». L’élevage de crevettes d’Unima est loué pour son côté écologique, mais sa capture de crevettes sauvages le long des côtes de la Grande Ile est controversée. Le chalutage d’Unima est en concurrence directe avec les pêcheurs locaux, qui dépendent de la mer pour leur subsistance. Pour Victor Galaz, professeur associé à l’université de Stockholm et auteur d’une étude sur les liens entre l’évasion fiscale et la dégradation environnementale causée par la pêche, quand une entreprise tire son profit d’une activité nuisible pour l’environnement tout en plaçant une partie de ses bénéfices dans les paradis fiscaux, les conséquences sont doubles : « Cela cause une perte considérable pour le pays où se déroule l’activité et des dégâts sur l’environnement, qui ont aussi un coût. » L’influence politique de la famille Ismail pourrait compliquer sa mise en cause dans l’impact fiscal et environnemental de l’activité d’Unima.

- 09 10 18 - Africanargument.org - 36 candidates, 4 ex-presidentes and a lot of money
Article en anglais de "African Arguments" sur la stratégie des candidats à l'élection présidentielle et le financement de leur campagne. L'article revient notamment sur le coût exhorbitant de la campagne
de Hery Rajaonarimampianina en 2013 : 43 millions de dollars soit 21,5 dollars par voix obtenue, quasiment le double du montant par électeur de Donald Trump en 2016 et environ 15 fois plus que celle de François Hollande, selon l'étude réalisée par la FES.

- 09 10 18 - Le Monde - A Madagascar, coup d'envoi d'une campagne électorale marquée par le combat des "ex"
La campagne électorale a officiellement débuté à Madagascar. Elle durera un mois, jusqu’au 7 novembre. Au-delà du ou des deux candidats qui parviendront à franchir le premier tour menant à la magistrature suprême parmi les 36 prétendants, l’enjeu sera de parvenir à conduire un processus électoral dont la régularité ne soit pas remise en cause. Au risque, si tel n’était pas le cas, de faire basculer la Grande Ile dans l’une de ces crises post-électorales dont elle est coutumière.

<> 09 10 18 - RFI - Polémique autour d'un nouvel accord de pêche avec la Chine
Un accord de pêche et d'aquaculture, d'un montant de 2,7 milliards de dollars, crée la polémique, éclipsant presque le début de la campagne présidentielle. Alertés par la société civile qui juge l'accord opaque, les médias se sont emparés de l'affaire. L'accord-cadre, conclu presque en catimini le 5 septembre dernier à Pékin entre l'Agence malgache de développement économique (ADMP) et un consortium d'investisseurs chinois (Taihe Century Investments Developments Co. Lmt), crée l'inquiétude. La nature même du contrat soulève des questionnements. Et les communications officielles contradictoires qui se sont succédées pour tenter de rassurer ont eu l'effet inverse. L’accord prévoit la création de plusieurs sociétés, dont une qui mobiliserait une flotte de pêche chinoise de 330 navires. Actuellement seuls 40 à 60 navires de pêche parcourent les côtes de la Grande Ile et les petits pêcheurs sont déjà lésés, fait-on remarquer.
Une pétition « pour tenter de protéger la population de l'île Madagascar et préserver son secteur halieutique fragile et unique » a été mise en ligne et a déjà recueilli plus de 14 000 signatures : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_gouvernement_Malgache_le_gouvernement_Chinois_Madagascar_Revoquer_laccord_de_peche_avec_la_Chine/?aXXjxnb&newuser=1

- 09 10 18 - RFI - Un début de campagne électorale sous tension
Les 22 candidats qui refusent d'aller à l'élection avec la liste électorale actuelle se sont rassemblés dans le quartier d'Ambohijatovo pour dénoncer des tricheries et exiger sa révision
. « Il y a des millions de Malgaches qui ne sont pas inscrits sur la liste électorale, explique Fanirisoa Ernaivo. Est-ce que l’OIF a dit combien de Malgaches n’étaient pas inscrits sur cette liste ? Non ! Est-ce que l’OIF a dit combien de décédés étaient inscrits sur cette liste ? Non ! Ils n’ont rien vu. Est-ce qu’ils savent combien de personnes sont des personnes qui n’existent pas dans cette liste ? Non ! Mais nous, on le sait ! » Ils dénoncent aussi des fraudes perpétrées par d'autres prétendants, notamment des distributions d'argent aux électeurs. C'est ce qu'explique le candidat Erick Rajaonary. « Nous devons demander des explications à la CENI. Il ne faut plus accepter les fraudes. Il ne faut plus seulement regarder les gros candidats, mais il faut aussi voir les autres. Nous pouvons faire avancer Madagascar. Nous sommes propres, mais pour les autres vous savez ce qui se passe : c'est sale. Voici ce qui pourrait arriver si ça continue : une crise postélectorale. Il faut éviter ça dans les plus brefs délais » Et d’ajouter, désabusé : « les résultats sont déjà connus. Ce n’est pas la peine de dépenser de l’argent et du temps à faire campagne. »
Pour répondre au collectif des 22 candidats, le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, a déclaré qu’il est impossible de toucher à la liste électorale. Diverses raisons d’ordre financière, technique et surtout juridique ne permettent pas d’accéder à cette demande. « C’est la Constitution qui fixe les dispositions d’ouverture et de clôture de cette liste », explique l’ancien secrétaire général du ministère de l’intérieur.

<> 01 10 18 - Tribune - Un plan d'indemnisation des trafiquants de bois de rose dénoncé par la société civile
L’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International- Initiative Madagascar (TI-IM) dénoncent le plan de système d’indemnisation des trafiquants de bois de rose que L’État envisage de mettre en place. Les deux entités demandent à la CITES de rejeter le business plan proposé par le gouvernement malgache, qui doit être présenté le 2 octobre à Sotchi. L’État présentera à la CITES sa proposition de mécanisme d’audit des stocks de bois précieux ainsi que son plan d’utilisation de ces stocks. Ce plan prévoit un système d’indemnisation des détenteurs illégaux de bois précieux ayant déclaré leurs stocks en 2011 afin de permettre l’audit et la sécurisation des grumes actuellement sous leur contrôle. Le plan prévoit à la suite de la réalisation de l’audit de ces stocks leur commercialisation, ainsi que celle des stocks déjà saisis par les autorités. Lors de la réunion du Comité permanent de la CITES, qui s’est tenue en 2017, une première version de ce business plan avait pourtant été rejeté, certaines dispositions du rapport devraient, d’après l’avis du Comité Permanent, faire l’objet de révisions. Le « nouveau » business plan ne répond toujours pas à de nombreuses recommandations exprimées par les Etats membres. Il ne prévoit aucun mécanisme de surveillance et de contrôle des produits des éventuelles ventes de bois précieux par l’Etat. Le plan est tout aussi silencieux sur l’impact que pourrait avoir cette vente sur l’exploitation illégale et le trafic de bois précieux. Une investigation récemment menée par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) a démontré que les réseaux mafieux de trafic de bois précieux opèrent encore en toute impunité, aidés par la complicité de personnalités issues de l’administration et du pouvoir politique. Cette enquête montre que certains candidats à la présidentielle ont été ou sont encore impliqués dans le trafic de bois précieux.

 

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