JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

23 février 2017

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2017

- 23 02 17 - Publication du rapport annuel d'Amnesty International 2016/2017 - Le rapport, publié à Paris le 22 février, consacre deux pages à la situation des droits humains à Madagascar.  Madagascar p.1 - Madagascar p.2    
Télécharger le rapport complet : https://www.amnesty.org/fr/latest/research/2017/02/amnesty-international-annual-report-201617/

- 07 02 17 - SeFaFi - Communiqué - Quelle laïcité à Madagascar ?
« Le dimanche 29 janvier, dans le stade de Mahamasina-Antananarivo, était célébrée une grand-messe présidée par le Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège. Ce dernier était venu à l’occasion du 50ème anniversaire des relations diplomatiques entre Madagascar et le Saint-Siège. (…) Tous les politiciens qui ont ruiné le pays depuis l’indépendance étaient là, sans distinction d’appartenance confessionnelle, chacun cherchant à se faire remarquer. (…) La question qui se pose alors est bien celle de la laïcité de l’État. Que signifie une messe, célébration spécifiquement catholique (chez les protestants, on parle de « culte »), organisée à l’intention de tous les citoyens, à laquelle est conviée toute la classe politique – que ses membres soient chrétiens, musulmans, athées, voleurs ou violeurs, condamnés amnistiés ou pas ? »

 

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31 janvier 2017

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2017

Express 03 011 400 personnes ont été invitées au banquet qui s’est tenu au palais présidentiel à l’occasion de la cérémonie des vœux. « Coïncidence, ajoutez-y trois zéros et vous aurez exactement le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire recensées dans le Sud », écrit L’Express. Malgré les contestations que suscite chaque année ce banquet, la présidence n’a pas changé de formule. Et comme chaque année, impossible d’obtenir des informations sur le coût de cette réception, déplorent les médias. Le mouvement Wake Up Madagascar a adressé au sujet de cette réception une lettre ouverte au chef de l’Etat. Parmi les nombreux convives, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana. Tous deux y sont allés de leurs propositions et conseils pour 2017. Andry Rajoelina a brillé par son absence : il avait rejoint avec sa famille sa résidence française, après avoir fait une apparition remarquée à la messe de Noël du père Pedro, au centre Akamasoa. Aucun de ses supporters du Mapar n’a répondu à l’invitation au banquet présidentiel.

Un remaniement gouvernemental en préparation ? Changer ou ne pas changer, là est la question. Comme à chaque fois qu’un remaniement semble s’imposer, le président de la République, hésite et a du mal à trancher, note L’Express. Hery Rajaonarimampianina envisagerait de mettre en place un gouvernement d’ouverture, croit savoir Midi. Albert Zafy, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Hery Rajaonarimampianina se seraient rencontrés en catimini, selon plusieurs indices concordants. Andry Rajoelina aurait été tenu à l’écart. Aucun détail n’a filtré sur les motifs de ces rencontres. La presse avance l’hypothèse d’une tentative de reprise de la démarche de réconciliation nationale, la loi récemment adoptée ne faisant pourtant pas l’unanimité. Il serait question, dans ce cadre, d’une ouverture du gouvernement à ces différentes « mouvances ». Ces tergiversations ne sont pas sans impact sur le fonctionnement de la machine administrative et sur la continuité des actions, fait-on observer, comme cela a été constaté pour le bouclage du PND et l’élaboration du programme FEC avec le FMI.

52 généraux nouvellement nommés ont reçu leur drapeau. Dans son allocution, leur porte-parole a promis fidélité au chef de l’État. L’Express se dit intrigué par les propos d’allégeance à la personne du chef de l’Etat prononcés par celui-ci. Des propos jugés néanmoins rassurants, qui laissent entendre que les chefs militaires ne se compromettront plus dans des actes de déstabilisation, comme ce fut le cas en 2009.

« Madagascar en grave difficulté : le président de la FJKM invite à la prière », titre Les Nouvelles. A l’occasion d’un culte de début d’année, le chef de la FJKM a lancé un appel à la prise de responsabilité des chrétiens. Hery Rajaonarimampianina, présent à la cérémonie, a pris la parole pour affirmer que « les chrétiens devront être les premiers à lutter contre la corruption, l’insécurité ou encore les violences en tous genre ». Midi n’a guère apprécié la présence du président de la République au Coliseum, décoré pour la circonstance aux couleurs du parti présidentiel, et ses engagements à venir en aide à la FJKM, au mépris de la laïcité de l’Etat. Le Syndicat des enseignants-chercheurs a dénoncé de son côté la défaillance des responsables étatiques dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre les exploitations minières illicites et de l’appui à l’enseignement supérieur.

« La mise en place de la HCJ et l’organisation des élections territoriales sont les rendez-vous incontournables de 2017, estime L’Express. Après des mois et des années de tergiversation, aucune excuse, sauf l’absence totale de volonté politique, ne peut expliquer que ces rendez-vous ne soient pas honorés en 2017 ». La mise en place de la HCJ consacrerait la volonté du pouvoir de ne plus laisser impunis certains hauts dirigeants. On voit mal également comment l’administration Rajaonarimampianina pourrait reporter une troisième fois les élections territoriales, notamment régionales, annoncées initialement pour juin 2015.

La CNIDH a élu Anaclet Imbiky, ancien ministre de la justice, pour la représenter au sein du Haut conseil de défense de la démocratie et de l’État de droit (HCDDED), dont tous les membres sont désormais désignés, ce qui devrait permettre de lever les obstacles à la mise en place de la HCJ, très attendue par la communauté internationale.

Les partisans d’Andry Rajoelina estiment que Hery Rajaonarimampianina ne devrait pas être autorisé à prolonger de quelques mois son mandat comme il en aurait manifesté l’intention. La députée Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la justice de la transition, à brandi la menace d’une « deuxième tentative de déchéance du chef de l’État » s’il confirme son projet, comme ses partisans l’y pousseraient.

Le siège de vice-présidence de l’Assemblée nationale réservé à l’opposition restera vacant. Les groupes parlementaires Mapar d’Andry Rajoelina et TIM de Marc Ravalomanana ne semblent pas intéressés à se déclarer officiellement opposants alors qu’ils sont bien placés en terme de nombre d’élus. Une situation mise à profit par Hajo Andrianainarivelo, chef de file du MMM, qui a remis un dossier de demande de reconnaissance au président de l’Assemblée. Ce dernier l’a transmis pour avis à la HCC, les députés élus sous la bannière du MMM s’étant depuis ralliés au parti HVM au pouvoir, contrairement à la position de leur parti d’origine. Dans l’avis rendu, la Cour indique que « la désignation du chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale relève du fonctionnement de l’Assemblée ». Pour la HCC, en effet, l’opposition, tel que prévu par la Constitution, est une « opposition parlementaire ». La Cour admet en outre que « la loi portant statut de l’opposition et des partis d’opposition connaît des lacunes et des insuffisances qui ne permettent pas de procéder, présentement, à la désignation du chef de l’opposition officielle ». Elle a donc décidé de ne pas décider…

La HCC s’oppose à un renouvellement partiel de son effectif. L’allongement de fait du mandat de certains de ses membres a été jugé anticonstitutionnel par certains juristes. La fin de mandat des actuels membres de la Cour coïncidera avec la fin du second quinquennat de la IVe République. Les détracteurs du pouvoir avancent ainsi que « la HCC aura pour mission d’assurer la réélection du président Hery Rajaonarimampianina et la stabilité de son second mandat ».

Le président turc s’est rendu à Madagascar dans le cadre d’une offensive diplomatique qui l’a conduit dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Est. Un déplacement placé sous le signe de la coopération économique. 150 opérateurs turcs ont participé à un forum d’affaires. Une occasion pour le secteur privé des deux pays de tenter de trouver des formes de partenariat mais à en croire certains chefs d’entreprise, le chemin est encore long pour conclure des accords. Au programme également, la lutte contre les réseaux de Fethullah Gülen, accusé d’une tentative de coup d’Etat en Turquie en juillet 2016. Ecoles, ONG, associations professionnelles, les activités de l’imam Gülen sont solidement implantées sur le continent africain. Recep Tayyip Erdogan, qui avait demandé, en vain, aux autorités malgaches de décréter la fermeture de ces établissements, est revenu à la charge, mettant le chef de l’Etat dans l’embarras. Afin de forcer la main à son homologue malgache, il aurait mis sur la table 60 millions de dollars. La presse s’est interrogée sur les motivations et les enjeux de cette visite d’Etat qui fait craindre à certains qu’elle compromette le déblocage des aides promises par les bailleurs traditionnels à la conférence de Paris. Des voix se sont fait entendre pour critiquer l’importance accordée à la visite d’un chef d’Etat décrié pour sa dérive dictatoriale et la répression massive des opposants engagée depuis l’été dernier.

Sylvain Rabetsaroana, président du mouvement d’opposition « Mitsangana ry Malagasy » (MRM), se déclare préoccupé par les partenariats internationaux de la Grande île et sa diplomatie tous azimuts.

Les ambassadeurs devant servir de relais pour capitaliser les acquis diplomatiques ne sont toujours pas nommés. Un retard inexplicable, alors que le chef de l’Etat va fêter sa troisième année de mandat.

iles éparsesLa gestion de l’île Tromelin restera française. Rattaché aux terres Australes et Antarctiques en 2007, elle devait voir son sort discuté à l’Assemblée nationale française mais le gouvernement a retiré de l’ordre du jour le texte qui proposait une cogestion de cet îlot et de ses espaces maritimes avec Maurice, qui les convoite. Madagascar a suivi de près ces péripéties, la Grande île revendiquant la restitution des autres îles Eparses situées dans le canal du Mozambique.

Madagascar a reçu la visite du secrétaire d’Etat du Saint-Siège pour la célébration du cinquantenaire des relations entre la Grande île et le Vatican. Il s’agissait du second séjour d’un haut dignitaire de l’Eglise catholique après celui de Jean-Paul II en 1989. Une grande messe présidée par Mgr Pietro Parolin a vu la participation de tous ces anciens chefs d’Etat et actuels gouvernants, ce qui a fait dire à Tribune que l’Eglise catholique et le Saint-Siège ont réussi là où la fête nationale a toujours échoué à réunir ces personnalités politiques. Le programme du séjour a été très suivi, autant par les chrétiens que par l’opposition politique, écrit le site,qui rappelle que la visite de Jean-Paul II avait été perçue comme un encouragement à mettre fin au régime socialiste de Didier Ratsiraka. Le nonce a remercié les évêques de Madagascar de ne pas rester indifférents face aux problèmes de la société. Une implication qui leur a souvent valu de s’attirer les foudres de la classe politique, comme ce fut le cas encore récemment avec l’appui apporté aux contestations villageoises contre des exploitations minières chinoises. La communauté catholique malgache s’impatiente de voir nommé en son sein un cardinal. La presse a noté que les visites du président turc et du secrétaire d’Etat du Vatican ont été quasiment concomitantes et s’est interrogé sur la signification qui pourrait être donnée à cette « coïncidence fortuite de calendrier », selon les termes de la ministre des affaires étrangères.

Mireille Rabenoro, connue pour son engagement en faveur des droits des femmes, a été élue à la présidence de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH). Pour la première fois dans la IVe République, un organe indépendant sera dirigé par une femme.

Bilan 2016 de la gendarmerie dans la lutte contre l’insécurité : 220 dahalo ont été abattus, 425 ont été arrêtés, 14 gendarmes ont été tués. 45 attaques de coupeurs de routes ont été dénombrées, faisant 38 morts. Des attaques de véhicules ont encore été signalées sur de grands axes routiers en janvier, faisant plusieurs victimes. Un opérateur économique indo-pakistanais a été kidnappé dans un quartier de la capitale. Sa libération a été obtenue au prix d’une forte rançon. Ce rapt est le quatrième enregistré depuis décembre.

Les actes de vindicte populaire prennent de l’ampleur, mobilisant à chaque fois des centaines de personnes. Les casernes de gendarmerie et les commissariats de police sont le cible privilégiée de ces mouvements de foule qui exigent que de présumés coupables, placés en détention, leur soient remis. Dans certains cas, comme à Vangaindrano, les manifestants se sont livrés à des saccages et ont incendié des bâtiments administratifs. Un couvre-feu a dû être décrété. Des « mesures dissuasives », visant à mettre fin aux vindictes populaires ont été annoncées par le secrétariat d’État à la gendarmerie. Une prise de conscience que les médias jugent tardive. En novembre, la CNIDH avait déjà dénoncé une situation qualifiée d’« effrayante ». Entre septembre et début novembre, la Commission avait comptabilisé 46 décès suite à des actes de justice populaire. Le ministre de la justice affirme que la généralisation des tels actes est un phénomène qui doit interpeler collectivement tous les acteurs de la société. Le FFKM a lancé un appel à la concertation entre toutes les forces vives. La relance du processus de réconciliation nationale pourrait être une voie permettant de trouver une solution à ce fléau et panser les autres plaies de la société malgache, a laissé entendre l’archevêque d’Antananarivo.

Les victimes du « Lundi noir » du 26 janvier 2009 attendent toujours réparation de l’Etat. Les autorités politiques et judiciaires ne semblant pas disposées à engager des investigations, resterait à rouvrir ce dossier dans le cadre du processus de réconciliation nationale. La nouvelle loi sur la réconciliation prévoit en effet, parmi les attributions du Conseil de réconciliation Malagasy (CFM), l’indemnisation des victimes des crises. Mais sauf accusation portée devant elle, le CFM n’aura pas vocation à rechercher les responsables de ces pillages et des décès occasionnés. Ces investigations n’auraient pour objet que de déterminer si les éventuels accusés pourraient bénéficier d’une amnistie.

En l’espace d’un mois et demi, cinq suspects ont été abattus par les forces de police dans les rues de la capitale, dans des circonstances non élucidées. Des tensions sont apparues également entre gendarmes et militaires, sur fond de rivalités inter-corps. Deux présumés trafiquants d’organes ont été arrêtés par la gendarmerie à Vatomandry. Ils étaient en compagnie de deux prétendus donneurs, lesquels allaient être tués pour prélever leurs organes sitôt les transactions conclues.

L’opération « Mazava » visant à rétablir l’autorité de l’État dans les zones rurales soumises aux incursions de dahalo se poursuit. En réponse aux accusations des défenseurs des droits de l’homme, le ministre de la défense a demandé que l’article 8 de la Constitution soit traduit en loi. Cet article stipule que la peine de mort peut être infligée par les forces de l’ordre « dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendue absolument nécessaire en vue d’assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ». Les autorités s’accordent cependant à considérer que l’usage de la force n’est qu’un palliatif. La solution passe notamment par la lutte contre les « dahalo en col blanc » à la tête de réseaux mafieux qui opèrent dans le blanchiment des bovidés volés et agissent en toute impunité.

La HCC a déclaré que le deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort ainsi que la autorisant la ratification par Madagascar dudit protocole, sont conformes à la Constitution.

Regain de tension dans une carrière de cristal à Anjozorobe, opposant un opérateur minier et le propriétaire du site, partenaire d’un proche du chef de l’Etat. Un gendarme, garde du corps du général Ravalomanana, ancien commandant de la gendarmerie nationale, a été abattu par ses frères d’arme. Ce contentieux avait déjà défrayé la chronique début 2016. « La déliquescence de l’État a franchi un autre palier à Anjozorobe, avec cette fusillade meurtrière entre gendarmes », a écrit L’Express. L’affaire a connu un nouveau rebondissement en fin de mois. La police des mines, venue faire respecter l’exécution d’un récent jugement ordonnant à l’exploitant minier et de ses partenaires, dont un proche du chef de l’Etat, de quitter le site, s’est heurtée à la gendarmerie, suspectée de couvrir le transport clandestin de 400 kg de cristal de roche.

En 2016, 375 dossiers disciplinaires ont été ouverts par la gendarmerie nationale. 83 gendarmes ont fait l’objet d’une enquête judiciaire et 21 ont été incarcérés. Ces dossiers concernent principalement la corruption et les abus de confiance mais portent aussi sur les trafics d’armes, des associations de malfaiteurs, des vols ou des extorsions de fonds.

Intensification de la lutte contre le trafic de drogue dure entre Madagascar et Maurice. Un renforcement des échanges d’informations a été conclu. La Grande île est pointée du doigt comme plaque tournante du trafic de produits stupéfiants en provenance d’Afrique.

Malgré les appels incessants de la HCC et du Bianco depuis bientôt 3 ans, plusieurs déclarations de patrimoine des autorités étatiques manquent encore à l’appel. La Haute cour entend prendre des mesures contre les récalcitrants, parmi lesquels une trentaine de députés.

L’indice de perception de la corruption publié par Transparency international marque une forte dégradation de la situation de Madagascar pour l’année 2016. Le pays se retrouve à la 145e place sur 175, contre 123e sur 168 l’année précédente. Le résumé remis à la presse parle d’« un score alarmant pour Madagascar en vue de l’atteinte du score de 50/100 en 2025 », objectif inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre la corruption qui vient d’être adoptée.

Code de nationalité : fin de la discrimination envers les femmes et les enfants. Après 56 ans d’attente, le nouveau texte relatif au code de nationalité a été validé par la HCC. Selon cette nouvelle loi « est malagasy l’enfant né d’un père et/ou d’une mère malagasy ». Subsiste l’impossibilité pour les femmes malgaches de transmettre leur nationalité à leur conjoint. La nouvelle loi stipule enfin que la déchéance de nationalité est désormais une sanction individuelle, limitée à l’individu déchu, ce afin de préserver le droit à la nationalité de l’enfant.

Les ONG étrangères qui œuvrent pour l’accès à la contraception, pratiquent l’avortement ou militent pour le rendre légal ne bénéficieront plus des fonds américains d’aide internationale, annonce Donald Trump. Au moins une ONG travaillant à Madagascar, Marie Stops International, est concernée par cette mesure.

Emigration clandestine - Sept jeunes femmes qui voulaient embarquer sur un vol à destination de Maurice dans le but de se rendre en Arabie Saoudite ont été interceptées par les forces de l’ordre à l’aéroport d’Ivato.

Madagascar échappe aux sanctions de la Cites. L’embargo sur les espèces sauvages en voie d’extinction a été évité de justesse. Après les trois mois de sursis accordés, la Conférence des parties a décidé de donner encore du temps à la Grande île pour faire ses preuves dans la lutte contre les trafics de bois précieux et la gestion de ces ressources. Les mouvements suspects d’un navire malaisien au large de la cote Est ont soulevé des soupçons de trafic de la part de la société civile. Après avoir levé l’ancre sans avoir pu être intercepté par les autorités malgaches, le navire a été contrôlé par les autorités mauriciennes lors de son escale à Port Louis. Rien de compromettant n’aurait été trouvé à bord.

La société chinoise Jiuxing Mines conserve son permis d’exploitation de Soamahamanina, à l’origine de vives contestations villageoises fin 2016. Le ministre des mines a affirmé qu’il ne peut être question d’annuler un permis délivré, comme le réclament la société civile et divers groupes politiques.
Alors que la population d'Ambaladara avait exprimé en septembre 2016 son opposition à la reprise de l’exploitation aurifère illégale menée par des opérateurs chinois et obtenu la suspension de leur activité, les travaux ont redémarré, au grand dam du CRAAD-OI et du Collectif Tany. Le « Rassemblement pour la reconstruction et la rénovation de Madagascar » a fait part de ses craintes portant sur la gestion des exploitations minières dirigées par des entreprises chinoises, moins d’une semaine après le passage du ministre chinois des affaires étrangères venu sceller de nouveaux accords avec la Grande île. Le Rassemblement se dit également préoccupé par les visées de la Turquie sur les ressources minières du pays.

En 2016, les services des douanes et la police aux frontières ont saisi plus du 25 kg d'or et 700 tortues à l’aéroport d’Ivato. En 2012, 600 kg d’or auraient quitté le pays. Des trafics continuent de s’opérer en plein jour, notamment à l’aéroport d’Ivato, sur les lignes de Kenya Airways et de Turkish Airlines, à destination de Dubaï, des Emirats arabes unis et de l’Asie. Une étude réalisée par une université australienne et relayée par la Banque mondiale estime que 250 millions de dollars d’or et de gemmes ont été exportés illégalement depuis Madagascar pour la seule année 2011. Un chiffre que les experts du secteur estiment largement sous-évalué.

Après deux ans de sommeil, les premiers ateliers de réflexion et de sensibilisation sur le nouveau code minier ont démarré. Objectif : définir les grandes lignes des amendements à apporter au code en vigueur pour le soumettre au vote du Parlement courant 2017. De l’aveu du gouvernement et de la société civile, le code minier, rédigé en 1999, ne répond plus aux exigences du Plan national de développement.

Les exploitations minières sauvages se saphir progressent jusqu’à l’intérieur du corridor Ankeniheny-Zahamena. Plus de mille hectares de forêt ont déjà été décimés. Les populations sont impuissantes à s’y opposer. Attirés par l’argent et le saphir, les élèves désertent le collège ou le lycée. Les jeunes filles se prostituent. L’insécurité gagne du terrain avec la prolifération des armes à feu.

Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi de passage à Madagascar pour intensifier la coopération bilatérale. Un « mémorandum d’entente » a été signé, par lequel la Chine s’engage à développer ses appuis dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, des transports, de l’industrie et des infrastructures. En quelques années, avec ses 740 millions de dollars investis, la Chine s’est imposée comme le premier partenaire commercial de Madagascar. Mais ici comme ailleurs, le débarquement en force de quelques 800 entreprises chinoises provoque de fréquentes tensions avec la population, note RFI. Un sentiment anti-chinois, que les deux gouvernements ont tenté, au cours d’une conférence de presse, de relativiser. « Des techniciens chinois sont venus, ont parcouru une longue distance pour venir ici, en quittant leur famille, ce n’est pas pour exploiter, ni pour coloniser, ni discriminer », a soutenu le ministre des affaires étrangères chinois, soucieux, comme le pouvoir malgache, de rassurer l’opinion publique.

Selon Midi, le déblocage des 6,4 milliards de dollars promis lors de la Conférence des bailleurs et des investisseurs serait conditionné par l’obtention de garanties concernant l’organisation d’une élection présidentielle inclusive en 2018. L’ambassadeur de l’UE et l’ambassadrice de France s’en seraient entretenus avec le président de l’Assemblée nationale.

La Banque mondiale prévoit de débloquer cette année 400 millions de dollars sur les promesses d’aide et de financement annoncées lors de la conférence des bailleurs et investisseurs en décembre, d’un montant de 1,3 milliards de dollars sur 3 ans. Des discussions se sont engagées entre les autorités malgaches et les responsables de l’institution sur les axes prioritaires de ce premier décaissement : le développement des infrastructures énergétiques et l’agriculture, la nutrition et l’accès des enfants à l’éducation. Il s’agirait d’appuyer la relance du secteur productif, parallèlement à l’instauration de la bonne gouvernance et l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, pour une croissance plus inclusive, tenant compte de la dimension environnementale.

L’ambassadeur des Etats-Unis a annoncé une contribution financière de 2,7 milliards de dollars dans la lutte contre le kere dans le Sud. Ce portefeuille alloué par le Programme Food for Peace de l’USAID sera confié au PAM.

Le SG des Nations Unies a octroyé 100 millions de dollars du Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) pour soutenir les opérations d'aide dans neuf situations d'urgence négligées. Madagascar fait partie des pays bénéficiaires.

Les difficultés de la Jirama alimentent encore largement la chronique. Les délestages ont repris de plus belle après la parenthèse du Sommet de la Francophonie. La situation est accentuée par un déficit de pluviométrie qui ne permet pas de faire fonctionner normalement les centrales hydrauliques et pourrait compromettre l’alimentation en eau potable. La subvention de 250 milliards Ar inscrite pour 2017 au budget de l’Etat risque fort de ne pas suffire à l’approvisionnement en gasoil des centrales thermiques, alors que les bailleurs de fonds exigent du gouvernement qu’il réforme la gestion de la Jirama et supprime progressivement ses aides financières. Une nouvelle rallonge budgétaire pourrait mettre à mal l’accord conclu avec le FMI, qui évaluera en mars la mise en œuvre des engagements souscrits par le gouvernement dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Le directeur général et le président du conseil d’administration ont été limogés. Un administrateur délégué a été nommé pour une période de 3 mois, avec pour mission d’engager la réforme de la société.

90 % des Malgaches vivent avec moins de 2 dollars par jour. Dans sa rétrospective 2016, la Confédération des syndicats chrétiens (Sekrima) souligne la précarité des ménages malgaches, 57 ans après indépendance. La moitié de la population ne bénéfice pas du minimum d’apport calorique de 2 100 kcal par jour. Une situation qui, pour le FMI, place Madagascar au 5e rang des pays les plus pauvres, avec un PIB par habitant de 392,6 dollars.

Le 3e recensement général de la population et de l’habitation doit débuter au mois d’octobre, après plus d’une vingtaine d’années d’estimations sujettes à caution et plusieurs reports faute de financements. Coût estimé : 20 millions de dollars. Résultats attendus en 2019.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Institutions de la IVe République, questions constitutionnelles
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, gouvernance
  • Education, santé
  • Droits des femmes et de l'enfant
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics, questions foncières
  • Coopération
  • Divers

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10 janvier 2017

ARTICLES REMARQUES - JANVIER 2017

- 10 01 17 - Libération - Vincent Hiribarren - Esclavage à Madagascar
Questions à Klara Boyer-Rossol, docteure en Histoire de l’Afrique (Université Paris 7 Denis Diderot).
Madagascar a connu au XIXe siècle un développement sensible de l’esclavage interne, alors même que la traite externe des esclaves fut progressivement mise en illégalité. On peut estimer entre 350.000 et 400.000, le nombre de captifs importés au cours du XIXe siècle du continent africain à la Grande Île, dont la population totale oscillait entre 2 à 2,5 millions d’individus. La proportion d’esclaves pouvait atteindre dans certaines régions du centre et de l’Ouest, entre 20 et 25% de la population totale à la fin du XIXe siècle. Sur la côte occidentale de l’île, la traite des esclaves a perduré, de façon légale ou illégale, au moins jusqu’en 1896, année de la proclamation de l’abolition totale de l’esclavage à Madagascar, devenue colonie française. Il a été estimé à environ 500.000, le nombre d’individus libérés à partir de 1896 à Madagascar, un chiffre à revoir probablement à la hausse. Les Français, qui ont longtemps porté des visées impérialistes sur la Grande Île, ont adopté une attitude ambiguë face à cette question. De nos jours, l’évocation de l’esclavage et de son abolition à Madagascar reste sensible. Le défi auquel les Malgaches font face consiste à se réapproprier cet héritage historique.

- 09 01 17 - CRAAD-OI - Collectif Tany - Communiqué exloitation aurifère d'Ambaladara
Alors que la communauté du fokontany d'Ambaladara avait clairement exprimé son opposition à la reprise de l’exploitation aurifère illégale des opérateurs chinois lors de la manifestation populaire du 20 septembre 2016 qui avait abouti à la suspension des activités de ces derniers par le chef de région, on vient d'apprendre que ces opérateurs ont repris en toute impunité leurs travaux d'exploitation aurifère le 25 décembre 2016, en violation de la loi et des droits humains fondamentaux des communautés riveraines.

 

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31 décembre 2016

REVUE DE PRESSE - DECEMBRE 2016

La traque du sénateur Lylison a repris. Une seconde perquisition, infructueuse, a eu lieu à son domicile. Accusé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat pour avoir lancé un mot d’ordre de « ville morte », Lylison de René a été menacé de sanction pour « absentéisme » par le président du Sénat. Une annonce restée sans suite. Le membre de la Chambre haute reste très actif sur les réseaux sociaux. Certaines sources laissent entendre que le colonel s’est réfugié dans une ambassade. D’autres affirment qu’il bénéficie du soutien de ses collègues de promotion au sein de l’Académie militaire.

L’association des villes et des collectivités de l’océan Indien a tenu son AG à Antananarivo sur fond de rivalités entre la commune et le pouvoir.  Une tension qui s’expliquerait par la présence aux cotés de Lalao Ravalomanana, maire de la capitale, de son époux, nommé « conseiller spécial », omniprésent sur le terrain et qui ne cache pas son intention de briguer un nouveau mandat. Sa position de conseiller lui permet de rester sous les feux de l’actualité et d’attaquer le pouvoir sur sa gestion des affaires de la communauté urbaine.

La réforme du cadre juridique des élections devrait comprendre « une réglementation du financement des campagnes électorales », mais aussi, selon le vice-président de la CENI, « une réglementation de la pré-campagne ». Un avis largement partagé par la société civile. Le président du tribunal financier d’Antananarivo souligne en effet qu’en matière de financement des partis et des campagnes électorales, « il y a toujours de fortes suspicions de blanchiment d’argent ». Un groupe de travail interinstitutionnel sera mis en place fin janvier pour rédiger les textes relatifs à la réforme du cadre juridique des élections.

Le SeFaFi a dénoncé le refus du pouvoir de mettre en œuvre la décentralisation prévue par les textes qu’il avait fait adopter en 2014. Les engagements pris ne sont pas honorés. Les communes restent privées des ressources annoncées, la décentralisation n’a pas été engagée. Aucune élection n’a encore été prévue au niveau des régions et des provinces. Pour le SeFaFi, « il faut moins d’Etat mais mieux d’Etat : passer de l’administration directe à une administration au service d’un développement local autocentré́ ».

Le mouvement Rohy regroupant plusieurs dizaines d’organisation de la société civile (OSC) a présenté sa charte de la société civile. « La société civile ne fait pas de la politique, mais parle de politique. (…) Le pouvoir est, le plus souvent, le destinataire de ses conseils et interpellations. Cela ne signifie pas que la société civile est un adversaire de l’État », soutient Rohy, qui tient à se démarquer de certaines OSC qui n’adhérent pas à ses principes d’indépendance et de neutralité. Les membres de la société civile déplorent le fait qu’ils ne soient entendus par les autorités qu’après intervention des bailleurs de fonds.

Le FFKM fustige les atermoiements du pouvoir dans la mise en œuvre des résolutions des assises de la réconciliation nationale d’avril 2015.  Ses hésitations à concrétiser ces résolutions seraient « un obstacle dans la mise en place d’une société harmonieuse et paisible », à l’origine « du désordre social » actuel. « Insécurité et corruption généralisée » en seraient la conséquence. Le FFKM met notamment l’accent sur la rupture entre la population et les forces de l’ordre ou encore entre les justiciables et la justice. Il soutient également que « les valeurs démocratiques sont bafouées, la population et la presse ne peuvent plus s’exprimer librement ». Il dénonce les malversations dans la gestion des deniers publics et l’anarchie dans le domaine des exploitations minières.

Répondant aux questions des députés, le premier ministre concède que son gouvernement connaît des difficultés à redresser la situation dans trois domaines : les délestages - revenus en force depuis le sommet de la Francophonie-, l’insécurité et l’inflation. Sur le volet sécurité, il met en avant l’opération « Mazava », récemment engagée pour mettre un terme à l’emprise croissante des dahalo dans les zones rouges.

Le parti Leader Fanilo proscrit la désignation des chefs fokontany par les chefs de district et préconise l’instauration du suffrage universel direct pour leur nomination. Il somme également le pouvoir de mettre fin aux destitutions de maires par les tribunaux administratifs, comme cela s’est produit après les élections communales de 2015, au profit du parti présidentiel HVM qui n’avait pas pu s’imposer par la voie des urnes.

La Gazette 16 12 16L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi sur la réconciliation nationale. Une écrasante majorité pro-pouvoir a écarté les amendements proposés en travaux de commission, soutenus par les groupes parlementaires TIM et Mapar qui redoutent que certaines dispositions du texte aient pour objet d’écarter du scrutin présentiel de 2018 leurs leaders respectifs, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. La majorité a notamment repoussé l’amendement refusant au président le droit de désigner des représentants au sein du Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM). Elle a également réintroduit parmi les faits non amnistiables « les violations flagrantes des droits de l’homme et des atteintes aux libertés fondamentales », disposition qui pourrait également constituer une menace pour les anciens protagonistes des crises de 2002 et 2009. L’Assemblée s’est opposée enfin à la suppression de la limite temporelle des événements concernés par la réconciliation nationale. Le projet adopté restreint le processus à la période allant de 2002 à la fin de la Transition.

Hery Rajaonarimampianina souhaiterait prolonger son mandat de quelques mois. Parmi les arguments avancés, l’obligation faite par le code électoral d’organiser le scrutin durant la saison sèche, entre le 30 avril et le 30 novembre. Un report qui serait possible sous réserve de validation par la HCC. Le chef de l’Etat souhaiterait mettre à profit cette prolongation pour boucler la mise en œuvre des projets que les bailleurs de fonds se sont engagés à financer à l’issue de la conférence qui s’est tenue à Paris début décembre.

L'ancien ministre de la Transition et membre du bureau politique du Mapar, Augustin Andriamananoro, a été interpellé lors de l'enterrement de sa belle-mère. Il est accusé d’avoir été l’un des leaders des manifestations contre la société minière chinoise de Soamahamanina. Son parti dénonce une arrestation illégale et aux motivations politiques. L’ancien premier ministre, Jean Omer Beriziky, qualifie de « provocation » « l’arrestation abusive d’une personne jouissant de tous ses droits de citoyen ». Fin septembre, les autorités avaient tenté de l’arrêter lors de sa présence dans les studios de la station Viva. Quatre chefs d’inculpation pèsent sur l’ancien ministre : atteinte à la sûreté de l’Etat, réunion publique non autorisée, provocation de feux de brousse et violences contre les forces de l’ordre. Les mêmes chefs d’inculpation que ceux reprochés aux leaders du mouvement de Soamahamanina qui avaient été placés sous mandat de dépôt et ont été libérés au bénéfice du doute. Le délai de garde à vue de l’ancien ministre s’est prolongé au-delà des délais légaux. Après comparution devant le juge d’instruction, il a été placé en détention préventive. Sa comparution devant les juges a donné lieu à un rassemblement de ses supporters qui ont manifesté contre le rejet d’une demande de liberté provisoire. La défense a pointé du doigt les circonstances de l’arrestation, effectuée sans mandat d’arrêt ou d’amener, et « le non-respect du droit à la défense » les avocats n’ayant pu accéder au dossier que le matin même.

Jugé coupable d’incitation à attroupement sans autorisation, l’ancien ministre a été condamné à 3 mois de prison avec sursis. Il a été relaxé au bénéfice du doute pour les autres chefs d’inculpation, dont l’atteinte à la sureté de l’Etat. La défense annonce qu’elle va interjeter appel.

A l’occasion d’un 4ème « dialogue politique » de l’année entre Madagascar et l’UE, l’ambassadeur européen a rappelé l’importance attachée à la mise en place de la HCJ. Un engagement qui est inscrit dans le cadre de l’appui budgétaire européen. L’UE constate cependant que des avancées ont eu lieu et qu’il ne reste plus qu’un seul membre de l’institution à nommer pour qu’elle soit mise en place. La société civile fait néanmoins remarquer que la loi de finances 2017 ne prévoit pas de budget pour cette nouvelle institution.

L’ambassadeur a fait part de ses préoccupations concernant le respect des droits de l’homme, en pointant notamment du doigt le climat d’insécurité et les cas de vindictes populaires. « Ce sont des questions qui nous interpellent. (…) C’est un constat qu’il y a un manque de confiance envers les forces de sécurité et la justice ». Les opérations de sécurisation devront être proportionnées et s’effectuer « dans le respect des droits de l’homme », prévient-il.

Les attaques de dahalo ont encore fait plusieurs dizaines de morts parmi les forces de l’ordre et les civils dans plusieurs districts. La presse s’étonne que les 7 000 militaires qui ont assuré la sécurité du sommet de la Francophonie aient rejoint leur caserne, sans être redéployés dans les zones rouges. Des exactions commises par les forces de l’ordre sont dénoncées par des élus locaux.

Le premier ministre affirme l’existence de réseaux mafieux qui entretiennent le climat d’insécurité. Olivier Mahafaly admet que des fonctionnaires sont impliqués dans ces réseaux. L’implication de certains fonctionnaires est régulièrement dénoncée par la population locale, qui évoque également l’existence de « protecteurs en haut lieu ».

Une trentaine de voleurs de bétail ont trouvé la mort dans un raid héliporté mené par les forces armées. L’appareil faisait cap sur Befotaka-Sud avec à son bord une équipe médicale du ministère de la santé Alors qu’il faisait escale à Iakora, la gendarmerie a sollicité son appui pour remonter les traces d’une horde de bandits.

« La création d’emploi, surtout pour les jeunes, figure parmi les instruments d’instauration de la paix durable » dans le Sud, affirmele directeur régional de l’OIT, ajoutant que « c’est parce que les jeunes n’ont pas de travail, qu’ils n’ont pas d’occupation pour se développer et se construire qu’ils se penchent vers des moyens de subsistance comme le vol ».

Le premier ministre a devancé les éventuelles dénonciations d’atteinte aux droits de l’homme inhérente à l’opération « Mazava ».  Il déplore que « plusieurs sont ceux qui critiquent les actions militaires, notamment, les défenseurs des droits de l’homme [qui affirment] que les militaires détruisent des villages ou encore brutalisent même les femmes et les enfants ». Selon lui, dans les opérations spéciales telles que « Mazava », les militaires, « dans leur mission de protection des personnes et des biens, sont dans une logique de guerre car, face à eux, ils ont des individus qui n’hésitent pas à tuer ». Le lancement de l’opération « Mazava » s’est accompagnée d’une « pluie d’étoiles » en conseil des ministres au profit de 55 officiers. L’Express dénonce le sureffectif budgétivore de hauts gradés, « pour une entité incapable d’assurer la sécurité de la population, la protection des biens et des personnes ».

Vindicte populaire : une foule déchaînée a attaqué un hôpital à Befandriana pour arracher de leur lit deux présumés malfaiteurs placés en soins intensifs. Les suspects ont été lynchés à mort, sous les yeux des policiers censés assurer leur sécurité. Le district de Mananjary a de nouveau vécu des scènes de justice populaire.

Des coupeurs de route ont encore sévi sur plusieurs grands axes routiers. Les rapts contre rançon ont fait douze victimes en 2016.

Abolition de la peine de mort - Le conseil du gouvernement a adopté l’avant-projet de loi autorisant la ratification par Madagascar du deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort.

Affaire Ambohimahamasina. Les trois prévenus dans l’affaire de détournement de deniers publics dans cette commune, le maire, son trésorier et un ancien directeur du ministère de l’intérieur, ont bénéficié d’une liberté provisoire. « Le Bianco est dessaisi de l’affaire », a annoncé son directeur. Désormais, c’est au ministère de la justice que revient le pouvoir de décider de lancer un mandat d’amener à l’encontre des personnes qui n’ont pas répondu aux convocations, parmi lesquelles Claudine Razaimamonjy, opératrice économique, proche du couple présidentiel, et le maire de la commune. Le sénateur de Fianarantsoa, vice-président de la Chambre haute, a demandé la démission du DG du Bianco, à qui il reproche de ne pas avoir respecté « la présomption d’innocence et le droit à la défense ». La presse relève que l’épouse du sénateur est membre de la famille de Claudine Razaimamonjy. Un responsable du Bianco laisse entendre que l’affaire pourrait connaître de nouveaux développements et toucher d’autres communes. Tribune rappelle que ce n’est pas la première fois que le Bianco se heurte au refus de comparaître des « puissants ». Dans une interview à L’Express, le DG du Bianco avoue son impuissance face à la corruption dans les hautes sphères de l’Etat et aux attaques dont son service est l’objet. Le DG du Samifin a pris la défense de son homologue. Dans une déclaration commune, une trentaine d’organisations de la société civile ont également pris la défense des organes de lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent.

La réussite de la lutte contre le blanchiment de capitaux passe par une augmentation des effectifs du Samifin, estime le FMI dans son rapport sur l’évaluation de la stabilité du système financier. Pour faire face aux besoins qu’impliqueront un renforcement de ses effectifs, son budget sera en augmentation de 45 % en 2017.

Les Etats-Unis recommandent aux citoyens d’exiger la redevabilité des dirigeants. L’ambassadeur incite la société civile à « avoir le courage de soulever les questions difficiles, d’exiger des gouvernants la transparence et l’inclusion, et de faire le suivi des promesses (…) et des programmes de lutte contre la corruption ». Les USA annoncent qu’ils vont apporter un financement à des actions visant à renforcer la culture de la transparence et renforcer les relations entre les élus et l’électorat, entre citoyens et dirigeants.

Sur un total de 8 500, seules 37,1 % des personnalités soumises à la déclaration de patrimoine se sont pliées à cette obligation. Avant de sévir, le Bianco lance un rappel à l’ordre. Les Pôles anti-corruption auront compétence dès 2017 pour engager des poursuites. Par le passé, ces rappels n’ont jamais été suivis d’effets.

Sommet de la Francophonie : soupçons de corruption. « Sur les 107 marchés publics accordés dans le cadre du sommet de la Francophonie, les 2/3 sont susceptibles d’avoir fait l’objet de corruption », révèle Transparency International Madagascar.

Le nombre de Malgaches vivant avec le VIH est estimé à 48 000 en 2016, dont 4 000 ont moins de 15 ans. Le VIH est présent dans toutes les provinces, y compris dans les zones les plus reculées. 5 000 personnes meurent annuellement de cette maladie qui connait une nette progression, difficile cependant à estimer du fait de s’insuffisance du dépistage. Le taux de séropositivité chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH) serait de 14 %, et près de 5 % chez les professionnels du sexe. Le VIH se propage également par inoculation directe durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.

Une épidémie de peste se développe dans certains districts du Sud, où la situation n’est pas maitrisée, contrairement aux foyers pesteux traditionnels des Hautes Terres. L’épidémie touche principalement des zones très enclavées et dépourvues de centre de santé de proximité. De ce fait, des bilans fiables sont difficiles à établir.

88,5 % des enfants handicapés ne sont pas scolarisés. Pour pallier à ce problème, le projet Mahay, d’une durée de 3 ans, a pour objectif de mettre en place une norme d’enseignement pour ces enfants au sein de toutes les écoles. Deux régions ont été retenues pour expérimentation.

Les pertes économiques imputables à la malnutrition sont estimées environ 1,5 milliard de dollars par an, soit 14,5 % du PIB. Madagascar est le 5e pays au monde ayant le taux le plus élevé de retard de croissance.

Traite de personnes. Dans un discours prononcé à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de l’abolition de l’esclavage, le conseiller politique de l’ambassade des Etats-Unis a déclaré que « le gouvernement malgache a fait preuve d’efforts irréguliers en matière d’application de la loi contre la traite de personnes ». Si l’on se réfère au rapport publié au mois de juillet par les Etats-Unis, Madagascar est classé au niveau 2 pour la deuxième année consécutive. Un classement qui signifie que la Grande île ne remplit pas pleinement les normes minimales mais fait des efforts pour les atteindre. Selon le diplomate, « des efforts continus sont nécessaires pour éviter un recul dans le classement ». La présidente de la fondation canadienne « Justice and equity » encourage la création d’une coalition malgache « Déracinons le trafic humain », avec l’appui de deux associations qui seront accompagnées pendant plusieurs mois, avec le concours de l’ambassade américaine.

Une employée de maison Malgache est décédée en Arabie Saoudite dans des circonstances non élucidées. Elle avait quitté Madagascar en juillet 2013. Vingt femmes ont été surprises à l’aéroport d’Ivato en instance de départ pour le Liban via Les Seychelles. D’après le ministère, une « mafia éthiopienne » serait en relation avec des agences de placement clandestines à Madagascar pour organiser des migrations vers le Liban et les pays du Golfe. Un haut fonctionnaire du ministère de la fonction publique a été condamné pour organisation de migrations clandestines.

Ntsay Christian, représentant du BIT, se déclare très préoccupé par le sort des travailleurs malgaches migrants, notamment celui des travailleuses domestiques. Il souhaite que Madagascar ratifie la Convention 189 sur les travailleuses et travailleurs domestiques adoptée en 2011 et entrée en vigueur en septembre 2013.

L’ONG « Focus Developement » a organisé un concours de presse dans le cadre d’une campagne visant à éradiquer l’apatridie. La journaliste Nadia Raonimanalina du quotidien Les Nouvelles a été distinguée pour ses articles. Le conseiller aux droits de l’homme du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, a félicité l’initiative. « La lutte pour l’éradication de l’apatridie à Madagascar est un travail acharné et de longue haleine. Il faut persévérer et ne jamais baisser les bras car des êtres humains vivent encore dans l’ombre », interpelle le journaliste.

pOV 09 12Suite à une manifestation organisée dans l’enceinte de Radio Jupiter à Ilakaka, le journaliste Fernand Cello a fait l’objet d’un mandat d’arrêt motivé pour« appel à la rébellion » et « atteinte à l’ordre public et la conduite d’une manifestation sans autorisation ». Le journaliste avait dénoncé à l’antenne la pollution d’un cours d’eau par la société Gondwana, qui appartiendrait à des proches du pouvoir et serait dépourvue de permis environnemental. Des policiers se sont rendus au siège de la station pour exécuter le mandat d’arrêt. Quatre personnes ont été arrêtées mais le journaliste a pu prendre la fuite. Du matériel a été saisi. Le bureau Afrique de RSF a condamné l’action des autorités.

Les forces de l’ordre ont démenti les rumeurs de tentative d’arrestation de Lalatiana Rakotondrazafy, directrice du journal Freenews et de la radio Free FM.

Liberté d'expression : la position de Madagascar s'est améliorée, selon RSF. Au 56e rang mondial, la Grande île, gagne 8 places par rapport à l’année précédente. RSF s'insurge cependant contre l’adoption du code de la communication, qualifié de liberticide.

Affaire de bois de rose à Singapour : Madagascar s’est constitué partie civile dans le procès en cassation qui a eu lieu le 9 décembre. Après avoir tergiversé plusieurs mois, les autorités se sont décidées à collaborer avec la justice de la Ville-État et à confirmer l’illégalité de cette opération. L’annonce du ministère de l’environnement avait été précédée de l’envoi d’une lettre ouverte adressée au pouvoir, signée par 64 organisations de la société civile, lui demandant de confirmer l’illégalité de l’exportation. Le ministère avait annoncé que des poursuites seraient engagées à l’encontre des responsables, conformément aux recommandations de la Cites, mais jusqu’ici l’engagement, qui devait se concrétiser avant la fin de l’année 2016, n’a pas été tenu. Le verdict du procès en cassation est attendu en janvier.

L’ancien ministre de l’environnement, député et membre du HVM, Anthelme Ramparany, aurait été victime d’un empoisonnement. L’affaire intrigue en raison du fait que l’intéressé est considéré comme l’un des principaux acteurs ayant permis l’exportation illicite de près de 30 000 rondins de bois de rose à Singapour.

la gazette 09 12Exploitation aurifère de Soamahamanina : des voix se manifestent pour réclamer la reprise du projet. La compagnie chinoise serait parvenue à convaincre des villageois des bénéfices qu’ils pourraient retirer de la relance du projet. Une nouvelle manifestation a eu lieu à Soamahamanina pour protester contre le placement en détention provisoire d’Augustin Andriamananoro. Les cadres du parti Mapar se sont retrouvés dans la localité pour participer à une messe. Les habitants sont convaincus que les exploitants chinois n’ont pas été réellement expulsés. Ils réclament le déménagement du matériel laissé sur place et le retrait du permis d’exploitation. Plusieurs compagnies minières chinoises pointées du doigt par les populations auraient également engagé des campagnes de sensibilisation pour mettre en exergue les retombées sociales de leurs projets.

Une entreprise chinoise a investi le site de Betsiaka, près d’Ambilobe. Des Chinois y extrairaient de l’or, sous le regard des villageois, qui affirment ne pas avoir été consultés ni informés. Les lieux sont gardés par des militaires armés. Des responsables laissent entendre que le pouvoir couvre ces activités.

L’accaparement de terres par une société chinoise divise la population de Mangabe-Maevatanana. En cause, un ancien terrain colonial de 200 ha occupé par la population après le départ de son propriétaire.

Le différend foncier entre la population de la région Ihorombe et la société Tozzi Green persiste. Les 3 500 ha exploités par la société sont revendiqués par les éleveurs qui affirment être victimes de menaces.

La BAD a accordé 19 millions de dollars pour le financement du Programme d’appui à la réforme du secteur de l’énergie. Cette aide cible essentiellement la Jirama et a pour but d’alléger les dépenses de l’Etat dans le secteur.

madagate 03 12La conférence des bailleurs et investisseurs de Madagascar s’est tenue le 1er et 2 décembre à Paris. La première journée, consacrée aux bailleurs de fonds, a permis de collecter 6,4 milliards de dollars de promesses de financements pour la mise en œuvre du PND, un montant très supérieur aux espérances. 50 projets avaient été sélectionnés, qui peuvent être mis en œuvre rapidement et peuvent avoir des impacts directs sur le quotidien de la population. Contre toute attente, le secteur privé a fait part de sa volonté d’investir davantage dans la Grande île. Au cours des deux journées, Madagascar aurait ainsi collecté quelques 10 milliards de dollars de promesses d’investissements et de dons. Le géant du BTP français Eiffage et la société franco-africaine Eranove ont obtenu la construction et l'exploitation de la centrale hydroélectrique de Sahofika, sur la rivière Onivé, d’une puissance de 200 MW. Un contrat à 825 millions de dollars. Hassanein Hiridjee, l’une des plus grosses fortunes du pays, a confirmé la construction, en partenariat avec Colas, (groupe français  Bouygues), de la centrale hydroélectrique de Volobe pour un montant de 500 millions de dollars.

L’association « Emergence de Madagascar » a tenu une conférence de presse pour dénoncer la corruption à laquelle se livreraient certains opérateurs économiques depuis de longues années. Les opérateurs qui ont promis d’investir massivement lors de la conférence des bailleurs et investisseurs de Paris sont aussi ceux qui tiennent l’économie du pays en otage, ont affirmé des intervenants.

« Dans son expression et sa communication, la conférence des bailleurs internationaux peut faire furieusement penser à un gros téléthon », a écrit Patrick Rakotomalala sur le site Madagoravox. François Rakotoarimanana, ministre des finances et du budget, a insisté sur le fait que Madagascar doit maintenant faire la démonstration qu’il est capable de faire décaisser et d’utiliser efficacement les fonds promis par les bailleurs sur la période couverte par le PND. Les annonces et promesses restent à concrétiser. Des voix se sont élevées au sein de la société civile pour réclamer plus de transparence sur les aides obtenues, prévenir les risques de corruption que pourrait favoriser cet important portefeuille ainsi que le risque de renforcement de la domination économique étrangère. Tout devrait être mis en œuvre pour que sa gestion soit confiée à des hommes compétents, intègres, honnêtes et soucieux de l’intérêt général, préconisent-ils. Un immense défi pour l’organe de contrôle dont la mise en place a été annoncée par le président de la République.

La Banque mondiale et le FMI optimistes pour les perspectives de croissance de l’économie malgache. Les deux institutions se montrent satisfaites de l’évolution de la situation économique. La croissance du PIB devrait atteindre 4,1 % en 2016, un rythme plus rapide que la croissance démographique ; elle devrait se poursuivre en 2017. Le FMI se dit satisfait de la mise en œuvre de la politique budgétaire et monétaire préconisée. Une nouvelle mission du FMI est attendue en mars 2017 pour procéder à la première revue du programme « Facilité élargi de crédit ».

« Et si la conférence des bailleurs de fonds et des investisseurs à Paris était une mascarade ? », s’interroge L’Express. « Il y a tout lieu de le croire à en juger par la suite des évènements. Les 10 milliards de dollars réunis (…) sont plutôt des fonds déjà ventilés que promis ou à rechercher. (…) En fait, la conférence a servi à avoir la caution des bailleurs de fonds sur le partage des marchés (…), [partages] que l’État a effectués unilatéralement sans appels d’offres et sans aucun aval du Parlement. (…) Voilà donc les bailleurs de fonds plus ou moins floués alors qu’ils réclament justement une bonne gouvernance et une transparence dans la passation des marchés. (…) En tous cas, Rajaonarimampianina semble avoir les mains libres et agir comme bon lui semble, vu l’appréciation de la situation par le FMI qui trouve qu’on est sur la bonne voie et la Banque mondiale, qui note une croissance de 4,1 % du PIB. (…) Mais « les réalités sur le terrain sont loin de traduire cette éclaircie. L’État vient de déclarer l’état d’urgence dans le Sud, frappé par une famine chronique après plusieurs appels de détresse des organismes internationaux. À Tana, on continue à vivre sans eau ni électricité et en pleine insécurité ».

Classé 8e parmi les Pays les moins avancés (PMA) en 2014, Madagascar a régressé à la 5e place en 2015. Les statistiques de la CNUCED placent la Grande île dans la catégorie des 6 PMA où le taux d’extrême pauvreté (revenu inférieur à 1,25 dollar par jour) touche entre 70 et 80 % de la population.

Le classement annuel du magazine Forbes Afrique place le franco-malgache d’origine indienne Ylias Akbaraly à la 5e place des plus grosses fortunes d’Afrique francophone subsaharienne. A la tête du Groupe Sipromad, Ylias Akbaraly serait, par ailleurs, l’homme le plus riche de Madagascar. Le patron de Sipromad était suivi de près en 2015 par un autre « karana », Hassanein Hiridjee du groupe Axian.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Adoption de la loi sur la réconciliation nationale
  • L’affaire Andriamananoro, ancien ministre de la Transition
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, gouvernance
  • Affaire Ambohimahamasina / Claudine Razaimamonjy
  • Santé, conditon carcérale
  • Traite des personnes, migrations clandestines
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics, questions foncières
  • Coopération, conférence des bailleurs de Paris
  • Vie économique

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29 décembre 2016

ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2016

- 28 12 16 - Collectif Tany - Les impacts mémorables des projets miniers
L’année 2016 qui arrive à son terme aura été marquée par l’apparition au grand jour d’un nombre important d’accaparements de terre dus aux exploitations minières et par une montée en intensité des actions de protestation de la population contre les projets miniers en question. Le cas Soamahamanina s’est particulièrement distingué par la détermination de ses habitants et par la répression qui s’est abattue sur le mouvement.

- 26 12 16 - Une première étude sur la diaspora malgache de France
. Le ministère malgache des affaires étrangères, avec le soutien de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et du ministère français des affaires étrangères à travers l’ambassade de France à Madagascar, ont établi le premier profil de la diaspora malgache en France. Visant à améliorer les connaissances sur les caractéristiques et les attentes de la diaspora, il a aussi pour objectif de faciliter la mobilisation de son potentiel de solidarité et de développement pour Madagascar. Cette étude, réalisée par le Forum des Organisations de Solidarité Internationale Issues des Migrations (FORIM) repose sur un échantillonnage représentatif de plus de 400 individus répartis sur le territoire français métropolitain, sur les recensements disponibles, ainsi que sur des entretiens qualitatifs avec des personnes ressources et des représentants d’associations.
Les principales conclusions de l’étude font état d’un potentiel diasporique malgache estimé entre 100 000 et 140 000 individus, principalement situés en Ile de France et majoritairement féminin. Avec un niveau d’étude supérieur à la moyenne française et un sentiment général d’intégration collective réussie, la diaspora malgache est principalement composée de cadres et de professions intellectuelles et libérales, actifs dans les services et la gestion d’entreprise. Elle connait un taux de chômage relativement faible. Les événements culturels, sportifs et religieux rythment la communauté malgache de France. La diaspora se mobilise au profit du pays au travers de transferts financiers estimés à 86 millions d’euros. Réalisés par 70 % des personnes interrogées, les transferts financiers se chiffrent en moyenne à 155€/mois, destinés principalement à soutenir le budget de la famille à Madagascar. Le tissu associatif est dense (plus de 240 associations créées ces dix dernières années) et la moitié des membres de ces associations orientent leurs actions de solidarité dans les secteurs de l’éducation et de la santé.
http://www.ambafrance-mada.org/IMG/pdf/etude_sur_le_profil_de_la_diaspora_malagasy_en_france.pdf?6446/c117955a2f8cf8f2de44bd717dd62647a712a1bc   (102 p.)

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  24 12 16 - IFRI - Note de Mathieu Pellerin - Islamisation à Madagascar
L’islam à Madagascar fait depuis deux ans l’objet d’une très forte couverture médiatique et politique. Cet attrait - aussi massif que soudain - tranche avec le faible nombre d’études sur l’islam à Madagascar. Le dernier ouvrage contemporain traitant de cette thématique, Les Chemins de l’islam à Madagascar, de Noël Jacques Gueunier, date de 1994. La thématique de « l’islamisation » est dominante dans le traitement politico-médiatique, relayant des informations souvent non vérifiées, voire totalement erronées, mais qui traduisent l’inquiétude qui gagne les différentes strates de a société malgache, très majoritairement chrétiennes. Pourtant, l’islam et la thématique de l’islamisation ont une histoire ancienne dans le pays. L’étude se propose, d’une part, de retracer l’histoire longue de l’islam à Madagascar, inscrite elle-même dans celle de l’islam en Afrique de l’Est, et d’autre part d’évoquer la récurrence du spectre de l’islamisation dans le pays et de tenter d’en expliquer les raisons.

- 21 12 16 - Communiqué du SeFaFi - Décentralisation : quel transfert de ressources ?
Le pouvoir a fait adopter par l’Assemblée nationale en 2014 l’ensemble des nouvelles lois régissant la décentralisation: Des décrets d’application ont porté sur la mise en place des structures locales de concertation, sur les attributions des élus locaux, sur la gestion financière des collectivités et sur la cooperation décentralisée. D’autres décrets sont en attente, qui porteront sur le fokontany, sur l’intercommunalité́ et sur l’appui aux collectivités territoriales décentralisées. Pourtant, la mise en œuvre de ces textes est en panne, les engagements ne sont pas honorés. Les communes restent privées des ressources annoncées, la décentralisation n’a pas été engagée. Aucune élection n’a encore été prévue au niveau des régions et des provinces. Il convient de mettre un terme aux subventions, généralement sources de corruption de grande envergure, en raison de mécanismes de transfert complexes, opaques et mal contrôles. Il faut moins d’Etat mais mieux d’Etat ; en d’autres termes, passer de l’administration directe à une administration au service d’un développement local autocentré́.

- 19 12 16 - AFP/Eco Austral - La forte présence chinoise passe de plus en plus mal
Comme ailleurs sur le continent africain, le débarquement en force des Chinois bouleverse les équilibres économique, écologique et social du pays et provoque de multiples frictions

- 15 12 16 - Politika - Alain Illoniaina - Nationalité : une construction identitaire difficile
Le Malgache de 2016 doit-il avoir les mêmes critères que le Malgache de 1960 ? Dans un souci de plus grande inclusivité, le Code de la nationalité est censé avoir subi un lifting. Mais les changements apportés sont trop menus pour être qualifiés de révolutionnaires.

- 04 12 16 - Madagoravox - Patrick Rakotomalala - Madathon
La Conférence des bailleurs internationaux pour Madagascar, qui s’est déroulée les 1 et 2 décembre 2016 à Paris, dans son expression et sa communication, peut nous faire  furieusement penser à un gros téléthon. « Chers auditeurs, vous voyez affiché au compteur des promesses de dons et souscriptions, à l’heure actuelle, un total de 6,4 milliards de $ …». Et du Téléthon, on avait quelque part le ruissellement de bonne conscience et d’optimisme. Mais Madagascar est revenu depuis quelques semaines au centre du jeu diplomatique international. Tous ceux qui sont convaincus que le repli sur soi est mortifère ne peuvent que s’en réjouir mais en filigrane, on a 2018 et l’enjeu des futures élections présidentielles. Les partenaires, sensés ne pas intervenir sur le plan des politiques intérieures, sont quelque part ici en train de passer le plat à Hery et lui permettent d’envisager plus sereinement sa réélection. Que cette stabilité se fonde au détriment de la justice ou de la démocratie ou même de la gouvernance, leur importe peu.

- 02 12 16 - SeFaFi - Communiqué du 29/11/16 - Qui décide, à Madagascar ?
Encore une fois, la question se pose de savoir qui décide, à Madagascar : le pouvoir légal ou les bailleurs de fonds ? Malgré ses efforts, le régime ne donne pas l’impression qu’il est véritablement maître du destin collectif. Et que sans l’incitation du FMI et des bailleurs, le gouvernement ne prioriserait pas une gouvernance économique très rigoureuse. Reste à savoir si la Conférence des bailleurs qui se tient à Paris apportera les 3,4 milliards de dollars recherchés pour financer les divers projets de mise en œuvre du Plan national de développement. Du menu de projets présentés, quels choix feront les bailleurs ? L’histoire récente de la Grande Île montre à l’envie que le pays n’a guère été consulté par les bailleurs de fonds. À leur décharge, aucun des régimes successifs n’a présenté de projet cohérent et concret de développement et qu’aucun d’entre eux n’a engagé des actions suivies pour améliorer les conditions de vie de la population.

<> 01 12 16 - Le Monde - Madagascar sort petit à petit du purgatoire
Après le Sommet de la francophonie la semaine dernière, la conférence des donateurs qui se tient jeudi 1er et vendredi 2 décembre à Paris marque une nouvelle étape dans la réintégration de Madagascar sur la scène internationale. La délégation malgache conduite par le président Hery Rajaonarimampianina espère lever 3,3 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) pour financer les priorités son Plan de développement. La somme est conséquente pour ce pays mis au ban après le coup d’Etat de 2009 et dont la mauvaise gouvernance avait jusqu’à présent convaincu les bailleurs multilatéraux et bilatéraux de s’engager avec la plus grande prudence.

 

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