JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

21 juillet 2017

ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2017

- 21 07 17 - Libération - A un an de la présidentielle, Madagascar s'enfonce dans la crise politique
Grève des magistrats, démission du ministre des Finances... Le climat de l'île est miné par des affaires de corruption dans l'entourage du Président. A un an de la date prévue pour l’élection présidentielle, la situation politique et sociale n’en finit plus de se dégrader. La corruption et les pressions gangrènent la plupart des secteurs et la marge de manœuvre laissée aux contre-pouvoirs semble se réduire. Malgré la liberté de la presse, les rédactions, largement inféodées aux partis politiques et minées par la corruption, ne sont pas épargnées par les pressions.

- 19 07 17 - Le Monde Afrique - Laurence Caramel - Six mois après avoir annoncé un "nouveau Madagascar", le pouvoir rattrapé par des affaires de corruption
Le ministre des finances, réputé intègre, a démissionné et le Bureau indépendant anti-corruption enquête sur trois ministres dont le chef du gouvernement Olivier Mahafaly. Le fauteuil du ministre des finances et du budget ne sera pas resté longtemps vacant. Moins de vingt-quatre heures après la démission de Gervais Rakotoarimanana, la nomination de Vonintsalama Andriambololona a été annoncée par la présidence. Les circonstances dans lesquelles intervient sa démission s’inscrivent dans un contexte marqué par de nouveaux scandales de corruption impliquant des proches du chef de l’Etat.

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12 07 17 - Madagate - La communication d'Amnesty International au Comité des droits de l'homme
« Amnesty International a adressé la présente note au Comité des droits de l'homme des Nations unies en amont de l'examen par celui-ci du quatrième rapport périodique de Madagascar sur sa mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Cette communication ne constitue pas un compte-rendu exhaustif des préoccupations d’Amnesty International et concerne en premier lieu les questions relatives au droit à la vie (questions 6, 7 et 8), aux pratiques traditionnelles discriminatoires (question 9), au droit à la liberté et à la sécurité des personnes (questions 16 et 19) et au droit à la liberté d'expression (question 24) ».

- 11 07 17 - Le Monde - Les magistrats de nouveau en grève
Face au silence du gouvernement, les magistrats malgaches ont entamé une nouvelle grève, mardi 11 juillet, pour réclamer le respect de l’indépendance de la justice. Elle doit durer une semaine. Le 28 juin, le Syndicat des magistrats malgaches (SMM) avait donné dix jours au gouvernement pour répondre à ses revendications et engager le dialogue. « Il ne s’est rien passé. Ni le président de la République, ni le premier ministre, ni le ministre de la justice n’ont réagi à notre lettre. Ils ne peuvent pas faire la politique de l’autruche », déplore Fanirisoa Ernaivo, la présidente du SMM, qui a reçu des menaces de mort.

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11 07 17 - IRD/AFD - Publication de l'ouvrage "L'enigme et le paradoxe. Economie politique de Madagascar"

Les éditions IRD et AFD présentent l'ouvrage « L'énigme et le paradoxe. Economie politique de Madagascar », un ouvrage à la fois documenté et accessible, pour mieux comprendre Madagascar et pour appréhender les différentes dimensions du développement au Sud.
La situation économique de Madagascar est singulière à plus d’un titre. D'une part, le niveau de vie des Malgaches ne cesse de régresser depuis l’indépendance en 1960, un cas unique pour un pays qui n’a pas connu de conflits majeurs ; d’autre part, à chaque fois que le pays s'est engagé sur la voie de la croissance, celle-ci a été brutalement interrompue par une crise socio-politique, mettant à bas les espoirs qu'elle avait suscités. Pour éclairer ce contexte spécifique, les auteurs décryptent l’« énigme » et le « paradoxe » malgaches en procédant à une lecture d'économie politique dans le temps long et en s’appuyant sur des données statistiques de première main.

10 07 17 - Amnesty international - Communiqué - Madagascar - Il faut stopper l'engrenage des violations des droits humains
Il faut que les autorités malgaches prennent sans tarder des mesures en vue de stopper l’engrenage des violations des droits humains, notamment en diligentant de toute urgence des enquêtes sur les allégations selon lesquelles les forces de sécurité auraient incendié des villages et procédé à des exécutions extrajudiciaires, déclare Amnesty International, alors que le Comité des droits de l’homme des Nations unies s’apprête à examiner la situation du pays. « À Madagascar, la situation en matière de droits humains est en train de se dégrader fortement car, de toute évidence, l’état de droit n’est pas respecté, a déclaré Deprose Muchena, directeur du programme Afrique australe à Amnesty International. L’absence de poursuites est la porte ouverte aux violations commises par la police, notamment les exécutions extrajudiciaires, et à l’emprisonnement de défenseurs des droits humains »

- 02 07 17 - Le Monde - Laurence Caramel - A Madagascar les juges ne veulent plus recevoir des ordres du pouvoir

La guerre est déclarée : pour la deuxième fois en moins d’un mois, les magistrats malgaches ont voté la grève pour réclamer le respect de l’indépendance de la justice. Mercredi 29 juin, l’unique Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) a mis en demeure le chef de l’Etat de lui donner des assurances sous dix jours, faute de quoi le mot d’ordre de grève serait appliqué. Le 8 et 9 juin, les 42 tribunaux de l’île avaient tiré le rideau. « L’appareil d’Etat se rebelle, il est entré en résistance contre des violations de la justice qui ne sont plus tolérables », prédit l’avocat Harotsilavo Rakotoson qui, en travaillant sur l’intarissable trafic de bois de rose, observe de près l’impunité dont jouissent les puissants sur la Grande île.

 

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30 juin 2017

REVUE DE PRESSE - JUIN 2017

Session parlementaire : l’absentéisme des députés fait débat. Une situation récurrente depuis 2014. Lors de la session en cours, des textes de loi ont été adoptés par moins du1/10e des élus.

L’Assemblée inflige un camouflet au gouvernement en se prononçant en faveur de la recevabilité des deux propositions de loi alors que l’exécutif s’y était déclaré opposé. L’un des deux textes propose l’élargissement des pouvoirs de la CENI. L’autre porte sur les ressources des collectivités décentralisées (CTD) et les modalités d’élection des chefs de région, des conseillers régionaux et des chefs de l’exécutif des CTD. En application de la Constitution, la HCC devra trancher le différend.

Une proposition de loi renforce le droit à la défense dans le code de procédure pénale. Le texte « consacre le droit à la présomption d’innocence jusqu’à ce que la culpabilité du citoyen soit établie par une juridiction compétente, en respect de tous ses droits à chaque stade de la procédure ». Il met en avant le rôle actif que doit revenir à l’avocat dans les enquêtes de police judiciaire et les instructions judiciaires. Il prévoit la création d’une chambre de la liberté et de la détention et réglemente le placement sous mandat de dépôt. Les abus et sévices qui seraient pratiqués par les enquêteurs, notamment, en milieu rural, ont été dénoncés par les députés.

Les députés se disent victimes de « harcèlement » de la part des autorités pour la « réussite » de certains d’entre eux. Voulant demander des comptes sur une convocation par la Chaîne pénale anti-corruption du député Jean-Pierre Laisoa, élu d’Antalaha, l’Assemblée a convoqué le ministre de la justice pour une rencontre à huis clos Suite à celle-ci, l’élu a pu de nouveau accéder à ses comptes bancaires. Ses avoirs avaient été gelés dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent. Un dossier qui a été transféré par le Samifin au procureur de la République d’Antananarivo en mai 2016.

pov 27 06 17La préparation de la fête nationale du 26 juin a été plombée par la psychose des attentats. Les festivités ont été placées sous sécurité maximale. La conclusion sanglante des réjouissances du 26 juin 2016 hante tous les esprits, d’autant que le mystère reste entier sur les mobiles de l’attentat et l’identité des commanditaires. Le chef de l’Etat a assisté au défilé militaire au stade de Mahamasina dans un espace clôturé, vitré et blindé.

A l’approche de la fête nationale, les opposants ont tenté d’accentuer la pression sur le pouvoir en lançant un appel à un grand rassemblement dans un lieu clos. Selon L’Express, la réunion préparatoire n’a pas répondu aux attentes. Elle a été révélatrice des divisions de l’opposition. Si tous les intervenants se sont accordés sur la nécessité d’« évincer », le pouvoir, les propositions pour y parvenir ne font toujours pas consensus.

« Notre nation est malade ».A l’occasion de Pentecôte, le FFKM a délivré un message à l’endroit de la classe politique dans lequel il pointe du doigt une série d’évènements récents qui bafouent, dit-il, « les valeurs malgaches et les valeurs chrétiennes ». Des évènements caractérisés par la corruption, l’insécurité et les vindictes populaires. Les Eglises réitèrent leur attachement à la réconciliation nationale, selon la démarche qu’elles ont engagée en 2014 et restées sans suite.

« Nouvel échec de réconciliation de Ravalomanana et Rajoelina », titre Ma-TV, qui affirme qu’une nouvelle tentative de rapprochement a été lancée à l’occasion de Pentecôte. Cette fois-ci, ce serait Marc Ravalomanana qui aurait décliné l’offre.

Le Comité du fampihavanana malagasy (CFM) insiste sur l’importance de la réconciliation dans le domaine économique. Elle « a pour objet d’établir un développement harmonieux de l’exploitation rationnelle des richesses dans notre pays », explique un ancien membre du comité d’experts chargé de la révision des textes relatifs à la réconciliation. Des conflits latents existent selon lui au sein de nombreuses communautés qui n’adhérent pas aux méthodes d’exploitation des ressources locales et sont victimes de choix politiques contestables.

Le procès d’Alain Ramaroson reporté pour la seconde fois. L’ancien membre du CST, mis en cause dans une affaire d’héritage, retourne à la prison d’Antanimora où il est en détention provisoire depuis août 2016. Un de ses proches affirme que la lenteur dans le traitement de son dossier a des origines politiques. « Nous demandons la mise en place de l’État de droit car c’en est trop, tout le monde doit être traité de façon égale », déclare-t-il.

Après plus de 60 jours d’hospitalisation, la conseillère spéciale auprès de la présidence de la République et femme d’affaires, Claudine Razaimamonjy, a été transférée à la prison d’Antanimora. Un transfert décidé suite au feu vert d’une commission spéciale ayant évalué son état de santé. Elle a été peu après conduite en catimini à la prison pour femme de Manjakandriana. La presse s’est faite l’écho de rumeurs affirmant que la prévenue avait été placée en détention provisoire « dans une résidence privée », ce que le ministère de la justice a tenté de démentir en organisant un déplacement à Manjakandriana d’un groupe de journalistes censés attester de sa présence dans les locaux de la prison. Le SMM est intervenu pour que les affaires concernant la conseillère soient menées à leur terme et que toutes les personnes compromises fassent l’objet de poursuites.

Le mouvement Rohy a présenté officiellement les modalités d’application de la charte et du code d’éthique et d’intégrité des organisations de la société civile. Ce document définit notamment le rôle et la mission de la société civile.

Le KMF/Cnoe a lancé un appel au chef de l'Etat et au gouvernement pour faire cesser le climat d'insécurité qui sévit dans le pays. Il dénonce les séries de kidnappings, attaques de dahalo, assassinats et braquages qui minent le quotidien des Malgaches. Un appel qui rejoint celui de Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la justice de la Transition, qui enjoint au chef de gouvernement de prendre ses responsabilités. Depuis janvier, elle a dénombré 264 actes de grand banditisme dans la région de Fianarantsoa, 264 blessés, 10 000 zébus emportés par les dahalo et 35 morts. Une opération conjointe des groupements de gendarmerie et des fokonolona a été conduite dans les districts de Bekily et de Betroka, faisant 17 morts parmi les dahalo. Libérés de cette emprise, les villageois ont reçu une formation pour assurer leur auto-défense. Devant les sénateurs, le chef du gouvernement a reconnu « l’obsolescence de l’actuelle stratégie de maintien de la sécurité publique ».

Auditionné par les députés sur la question de l’insécurité liée aux vols de vanille verte sur pied, le premier ministre a mis en cause des sociétés privées, admettant « l’implication de responsables étatiques » dans ces réseaux. Pour Olivier Mahafaly, « les offres de ces sociétés poussent certains à voler des gousses de vanille verte, quitte à tuer pour s’en procurer ». Des bruits insistants de blanchiment d’argent affectent la filière dans la région Sava, également pointée du doigt pour les trafics de bois de rose.

A Manakara, la condamnation à deux ans de prison ferme de trois agents de l’administration pénitentiaire pour maltraitance de détenus a provoqué une violente réaction de leurs collègues. La sécurité du président du tribunal et du procureur a dû être renforcée et le palais de justice a été placé sous haute surveillance. Les agents pénitenciers ont lancé un mot d’ordre de grève à la maison centrale de la localité.

Le fils du propriétaire du groupe SMTP, Yanish Ismaël, victime d’un enlèvement au cimetière d'Ilafy, a été libéré après 23 jours de captivité. Une forte rançon a été payée par la famille. Celle-ci s’était gardée de saisir les forces de l’ordre par peur des représailles. À peine deux jours après la libération du jeune entrepreneur indo-pakistanais, Nishit Chandarana, propriétaire de l’hôtel Le Grand Mellis, a été enlevée par un commando dans le quartier commerçant de Behoririka. L’ambassadeur de l’Inde a déclaré attendre du pouvoir que des mesures soient prises pour éradiquer le phénomène des enlèvements d’opérateurs étrangers.

Affaire Antsakabary - Cinq villageois ont été incarcérés pour le meurtre de deux policiers mais quatre mois après l’expédition punitive aucun des 45 policiers accusés d’exactions n’a encore été entendu. Selon L’Express, les séquelles de cette affaire sont toujours très présentes. Des villages sont en ruine et aucune aide n’est encore parvenue aux sinistrés. La CNIDH a rappelé à l'Etat ses devoirs pour le respect de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ratifiée en 2005, citant notamment le cas de l’expédition policière punitive qui a frappé Antsakabary.

pov 12 06 17Le SMM a décrété deux jours de grève « pour protester contre les atteintes à l’indépendance de la justice ». Le syndicat affirme vouloir amener le pouvoir « à prendre des mesures urgentes pour mettre fin aux dangers qui guettent la fonction de magistrat ». Le ministre de la justice s’est déclaré ouvert au dialogue mais le syndicat pose plusieurs préalables relatifs aux affaires en cours qui défraient la chronique. Le SMM exige également la reprise du procès du dossier Michel Rehavana, juge à Toliara, pris de force par des policiers et mort dans des circonstances obscures en 2011. Un nouveau mot d’ordre de grève sera lancé si l’État ne satisfait pas ses revendications d’ici dix jours.

Rappel à l’ordre du Conseil supérieur de la magistrature. Constatant certains débordements et le non-respect des procédures judiciaires, il prône le respect de l’État de droit. Le Conseil condamne ainsi « toute immixtion et intimidation dans les affaires judiciaires » et blâme également « certains magistrats ou groupement de magistrats qui agissent sans autorisation préalable des autorités compétentes dans d’autres services publics ».

Un Mauricien en partance pour Madagascar a été arrêté à l’aéroport de l’île sœur avec une somme de près 350 000 dollars qui pourrait provenir d’un trafic de drogue dure. La Grande île est considérée comme une plaque tournante de trafics de drogue entre l’Afrique et l’océan Indien. Des réseaux Africains se seraient implantés dans la capitale malgache.

Tribunal Ampanihy : un sénateur HVM aurait exigé la libération d’un détenu. Il a récupéré par la force auprès du greffier le dossier concernant un maire du district impliqué dans une affaire d’extorsion de fonds. Les partisans du sénateur auraient organisé une manifestation aux abords du tribunal et auraient obtenu que le maire recouvre la liberté. Le SMM, le syndicat des greffiers et des agents pénitentiaires dénoncent le « non-respect de l’indépendance de la justice ». Le juge d’instruction et ses proches auraient reçu des menaces de mort.

« Justice malgache : véritable passoire à criminels », titre La Gazette. Mohamed Mojize Hassan, qualifié de « criminel international », a bénéficié d’une évacuation sanitaire vers La Réunion malgré les charges retenues contre lui et une interdiction de sortie du territoire délivrée par le procureur général.

Une centaine de fonctionnaires ayant produit de faux diplômes de l’enseignement supérieur pour leur reclassement ont été démasqués. Le ministère de la fonction publique a déjà prononcé des sanctions.

Un officier supérieur mêlé à une tentative de trafic d’or. « Il s’est emparé des 24 bracelets en or pesant au total 1 620 grammes saisis par l’administration douanière sur deux passagères en partance pour Nairobi », a déclaré le président du syndicat des employés des douanes. Selon La Vérité, le colonel est un proche du chef de l’Etat et se serait présenté comme le conjoint d’une des deux passagères. Le ministère des finances a déposé plainte.

Cinq individus, dont un magistrat de Mahajanga, deux policiers et deux civils ont été placés garde à vue à Vohémar pour des actes d’escroquerie. D’importantes sommes d’agent ont été subtilisées à des opérateurs de vanille dans différents districts de la région Sava.

Le mouvement de la société civile Rohy a présenté son plan triennal de lutte contre la corruption. Le combat contre ce fléau sera mené sur trois fronts : réduction des risques et opportunités de corruption, sensibilisation et amélioration de la communication de masse pour endiguer la banalisation de la corruption dans la vie quotidienne, éradication de l’impunité des auteurs des infractions. Le plan, issu d’une large consultation dans les 22 régions, se focalise sur les onze secteurs les plus exposés.

L’UE équipe la CNIDH et appuie ses travaux. L’ambassadeur Antonio Sanchez-Benedito a profité d’une remise de dons de matériels pour donner son avis sur l’insécurité qui règne à Madagascar, notamment sur l’affaire Antsakabary et la recrudescence des cas de vindicte populaire. Le diplomate a salué la mise en place de la Commission où siègent des personnalités reconnues et respectées.

Lutte contre la corruption - Haro sur les fausses déclarations de patrimoine. Le DG du Bianco espère la sincérité des déclarations de patrimoine déposées par les personnalités étatiques, administratives et judiciaires, rappelant « qu’une fausse déclaration de patrimoine est un délit, donc passible de sanction ». La date butoir de dépôt atteinte, certains assujettis pourraient en effet avoir tenté de s’affranchir de leur obligation à peu de frais.

Le Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo rencontre des difficultés à recruter des magistrats. Lancé en avril, l’appel à candidature n’a pas donné les résultats escomptés. Les candidatures recueillies ne se sont pas portées sur les postes les plus exposés. Une source confie que « la plupart des candidats sont plus intéressés par le statut et les conditions particulières [offertes] que réellement par la lutte contre la corruption ». Selon le CSM, pour que les PAC des six provinces puissent être opérationnels, il faudrait recruter « au moins cent magistrats ».

Extorsion de fonds - Une magistrate révoquée. Siégeant en conseil de discipline, le Conseil supérieur de la magistrature a décidé sa révocation pour une affaire remontant à 2009. Deux autres magistrats ont été sanctionnés pour abandon de poste et indiscipline.

Vingt sacs de cannabis ont été saisis à Ihosy dans un faux 4x4 de la gendarmerie conduit par un gendarme licencié en 2010, en tenue militaire, qui a prétendu être toujours en fonction. Le véhicule appartient à son frère, colonel de son état.

Les nouvelles statistiques sur le VIH/Sida sont alarmantes. Le nombre de séropositifs grimpe à Antananarivo et dans d’autres grandes villes depuis le début de l’année. L’ONU-Sida estime à 3 000 le nombre de personnes décédées du Sida à Madagascar en 2016.

Une nouvelle loi sur le planning familial a été adoptée par l’Assemblée mais le Sénat, qui se montre plus réservé au sujet de l’IVG, a reporté son adoption au mois d’octobre. La loi donne plus de liberté à la santé de la reproduction. L’ancien texte, datant du régime colonial, interdisait toute forme de publicité en faveur de la régulation des naissances. L’utilisation d’une méthode contraceptive est néanmoins subordonnée, pour les mineures, à un accord parental. L’IVG reste proscrite, sauf en cas de mise en danger de la vie de la mère.

Abus sexuels - La foule a brûlé le temple d’un pasteur d’une Eglise néo-réformée de Soanierana-Ivongo. Des villageois se sont affrontés au pasteur et à une centaine de fidèles. Plusieurs dizaines d’entre eux auraient été blessés. 18 fidèles ont été arrêtés mais le pasteur est parvenu à s’enfuir avec une centaine d’entre eux.

Les envois clandestins de travailleuses malgaches vers des destinations à hauts risques sur la sellette. Des rencontres avec les autorités et les compagnies aériennes ont été organisées à l’initiative de l’OIM pour mettre un coup d’arrêt à ces trafics. La décision de suspendre ces départs, prise en 2013, est contournée en permanence par des pratiques corruptives. En un mois une cinquantaine de jeunes femmes en partance pour le Moyen Orient ont été arrêtées à l’aéroport d’Ivato. Le département américain en charge de la surveillance de la traite des personnes déplore une détérioration de la situation.

Les cas de viol incestueux progressent. La ministre de la population met en garde les parents et les familles. Le laxisme de l’éducation familiale, associé à une immaturité affective et à une culture valorisant le lien familial, seraient à l’origine de cette « pédophilie intrafamiliale », selon un spécialiste.

Trois chefs d’inculpation pesant contre Fernand Cello, journaliste à Ilakaka, ont été abandonnés, annonce Amnesty International. Ces chefs d’inculpation étaient liés à son travail de journaliste. Il avait été appréhendé après avoir dénoncé l’existence d’une exploitation illégale de saphirs. Le ministère des mines a finalement ordonné la suspension des activités de la compagnie minière pour non-respect des dispositions du code minier.

Le directeur et le rédacteur en chef de Free News ont été convoqués à la brigade criminelle suite à un article relatant la construction d’un immeuble de cinq étages financé par le président du Sénat.

Affaire Hiary Rapanoelina : ses collègues artistes se mobilisent sur les réseaux sociaux pour obtenir sa libération. Impliqué dans l’affaire d’un groupe Facebook qui avait mis sous le feu des projecteurs diverses personnalités publiques, hommes politiques, hommes d’affaires et célébrités du show-biz. Il a été condamné début mars à an d’emprisonnement ferme pour « diffamation, atteinte à l’intégrité, incitation à la haine ».

Le nouveau code minier, l’une des nombreuses priorités du PND, devra attendre. L’examen du projet ne figure pas à l’agenda du Parlement et le chef de l’Etat a déclaré qu’il ne fallait pas s’attendre à son adoption rapide. Les autorités ont déclaré à plusieurs reprises que l’actuel code minier, rédigé en 1999, ne répondrait plus aux besoins. Le chef de l’Etat avait annoncé cette refont au plus tard pour début 2016.

Le projet minier d’exploitation d’ilménite de Ranobe par Toliara Sands, momentanément suspendu en 2015 en raison de la conjoncture sur les marchés mondiaux, redémarre. Le permis environnemental et le permis d’exploitation ont déjà été accordés mais d’autres autorisations sont en attente. La société civile se dit favorable au projet mais prévient qu’elle fera preuve de vigilance dans l’application des engagements de la société. Madagate fait mention d’une situation conflictuelle avec l’association de notables traditionnels.

L’aire protégée de Loky Manambato (district de Vohémar) est sévèrement menacée par une exploitation minière d’or. Plus de 300 personnes ont investi les lieux.

Arrêtés pour un important trafic d’ossements humains, deux individus ont été placés sous mandat de dépôt. Ce trafic serait l’œuvre d’un réseau qui agirait de Toliara à Antananarivo. Les intermédiaires achètent ces ossements 40 000 Ar le kilo pour les revendre 2 millions dans la capitale. A quoi sont utilisés ces ossements ? La question est posée de longue date, des enquêtes ont été ouvertes mais n’ont pas permis d’apporter d’éclaircissement sur des trafics récurrents qui heurtent la culture malgache.

La 53e réunion du comité permanent de la Convention Ramsar a désigné cinq nouveaux sites malgaches. Madagascar avait déjà inscrit 10 nouveaux sites en février. Le pays compte désormais 20 sites Ramsar avec une superficie de plus de deux millions d'hectares. Les écosystèmes de la Grande Ile sont proches de la disparition. 83 % des palmiers sont menacés ou proches de l'extinction, alors que 98 % des 204 espèces présentes sont endémiques.

Des petits paysans du Sud-Ouest se disent forcés par des investisseurs chinois à leur vendre leurs terres à des prix dérisoires. Plus de 5 000 ha auraient déjà été acquis.

La coopération Japon-Madagascar connaitra un temps fort en juillet, avec une importante rencontre public-privé. Les Japonais s’intéressent notamment au développement de grandes infrastructures, à l’aménagement du territoire (port de Toamasina et axe Antananarivo-Toamasina) et à des investissements dans le secteur de l’énergie et des hydrocarbures.

La Banque allemande de développement KfW a débloqué un financement de 14 millions d’euros pour un projet d’électrification rurale dans la région Sava.

Hery Rajaonarimampianina a réceptionné au port de Toamasina 3 100 tonnes de riz sur les 4 300 offerts par la Chine en réponse à l’appel du gouvernement après la période de sécheresse et le passage du cyclone Enawo.

Le conseil d’administration du FMI a accordé le décaissement de la 2e tranche de la Facilité élargie de crédit d’un montant de près de 85 millions de dollars, contre  près de 45 millions initialement prévus. Le business plan de la Jirama a été validé. Il prévoit une hausse de 7,5 % du tarif de l'électricité au 1er juillet et une baisse progressive des subventions publiques, avec pour objectif zéro subvention en 2021.

La Banque mondiale annonce une enveloppe d’au moins 250 millions de dollars pour soutenir le développement humain. L’enveloppe sera affectée en priorité aux projets touchant la santé, la scolarisation et la lutte contre la malnutrition. Ce financement additionnel bénéficiera à plus de 320 000 personnes

Le groupe Banque mondiale soutiendra Madagascar dans son objectif de résilience et de croissance inclusive. Une somme de 1,3 milliards de dollars a été octroyée dans le cadre de ce partenariat.

L’Etat a emprunté 51 millions d’euros à la Deutsche Bank AG afin de rembourser les créances de fournisseurs en énergie et les bons du trésor. Une annonce qui a suscité des inquiétudes au sujet de la situation des finances publiques. Le ministère des finances et du budget précise que l’emprunt reste dans le plafond convenu avec les partenaires financiers et dément que ce prêt ait été souscrit pour assurer la paye des fonctionnaires.

Le chef de l’Etat veut des relations de coopération « gagnant-gagnant » et non plus soumises à des conditionnalités contraignantes. Des financements ont été promis pour redresser la situation économique du pays, déclare-t-il, mais ils sont soumis à des conditionnalités que le pouvoir ne peut pas respecter et jusqu’ici les décaissements se font attendre. L’échéance électorale de 2018 approchant, le pouvoir serait à la recherche d’investisseurs soucieux de développer des relations mutuellement avantageuses.

Hery Rajaonarimampianina a été reçu à l’Elysée par Emmanuel Macron. Au menu notamment les questions sécuritaires et géopolitiques, le dossier des îles Eparses et les attaques contre les Karana de nationalité française. La question du changement climatique et ses impacts a également été abordée. La coopération française mettra l’accent sur l’exploitation des énergies renouvelables.

Les menaces de grève à l’université ont été écartées. Les douaniers ont repris leur mouvement de grève illimitée après l’échec des négociations engagées. Le Trésor et les opérateurs risquent de subir des pertes considérables. Les entreprises franches seront les premières à subir de plein fouet cette paralysie de l’administration. Le syndicat des marins de Madagascar apporte son appui aux revendications de 43 dockers licenciés depuis cinq ans pour avoir adhéré à un syndicat. La justice leur a reconnu ce droit et a condamné la société, ordonnant en vain leur réintégration. Les magistrats ont déposé un ultimatum au gouvernement, qui dispose de 10 jours pour satisfaire leurs revendications. Les greffiers ont suspendu le mouvement qui a paralysé les tribunaux durant plusieurs jours.

Le groupe Axian d'Hassanein Hiridjee, important conglomérat malgache dirigé par une famille indo-pakistanaise de nationalité française, se développe à l’international. Après avoir effectué plusieurs acquisitions sur l’océan Indien, il met le pied sur le continent africain. La LOI révèle par ailleurs que le groupe a apporté un soutien financier au mouvement « En Marche ! » d’Emmanuel Macron.

Les transferts et subventions enregistrent une forte hausse dans le budget rectificatif 2017. Une grande partie de cette enveloppe est destinée à Air Madagascar et à la Jirama. Pour cette dernière, l’enveloppe d’aide sera portée à 200 milliards Ar, soit 50 milliards de plus que ce qui avait été annoncé. Le FMI semble favorable au versement de ces subventions additionnelles. Les négociations du gouvernement avec Air Austral, dans le cadre du projet de partenariat stratégique pour sa compagnie aérienne, entraîneront un important transfert exceptionnel, destiné à éponger les pertes antérieures, estimées à 88 millions de dollars. Dans le cadre de son entrée dans le capital d’Air Madagascar, la proposition de la direction générale de la compagnie malgache reviendra à Air Austral. Le transporteur réunionnais estime qu’Air Madagascar pourrait renouer avec les bénéfices au bout de trois ans de redressement.

Lemur Ressources développe un projet intégré d'énergie à base de charbon dans le Sud-Ouest de Madagascar. Le projet est en cours de financement par la banque de Développement d'Afrique du Sud. Il repose sur l’exploitation d’une mine de charbon dont les réserves sont estimées à 136 millions de tonnes.

Les associations de consommateurs tirent la sonnette d'alarme concernant la flambée des prix des aliments de première nécessité. A l'origine de cette flambée des prix, les spéculateurs, dénonce le président de l'association Garduc. « Il n’y a pas de pénurie mais ce sont les rétentions de stocks des grossistes et des importateurs qui provoquent la hausse des prix », affirme-t-il.

Un marché pour l’importation de 200 000 tonnes de riz blanc pour la période 2017-2018 a été conclu pour faire face au déficit de production nationale. Les 200 000 tonnes importés joueront un rôle de régulateur.

Les dégâts occasionnés par le cyclone Enawo de mars 2016 sont estimés à 415 millions de dollars, soit 4 % du PIB. Les activités « Vivres-Contre-Actifs » initiées par le PAM s’étendent dans les districts. 200 000 personnes ont commencé à en bénéficier. Elles viennent des communautés vulnérables affectées par l’insécurité alimentaire consécutive au passage du cyclone.

       

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Travaux parlementaires
  • Conjoncture politique
  • L'affaire
  • L'affaire Claudine Razaimamonjy, conseillère spéciale de la présidence

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Santé, droits des femmes
  • Traite
  • Droits des enfants
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Exploitations minières, trafics, environnement, foncier
  • Coopération, FMI, Banque mondiale
  • Conflits sociaux
  • Divers

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31 mai 2017

REVUE DE PRESSE - MAI 2017

L’ouverture de la session parlementaire s’est accompagnée d’une nouvelle menace de dépôt de motion de censure à l’initiative du TIM. Suite au remaniement gouvernemental qui a conduit à l’éviction du ministre Roland Ravatomanga, le TIM a déclaré vouloir être reconnu comme chef de l’opposition officielle à l’Assemblée. Une déclaration qui pourrait engager une concurrence avec le MMM, déjà candidat à cette fonction.

La question de l’octroi de véhicules tout terrain aux députés a été remise sur le tapis, comme à chaque session. Deux décrets ont été pris qui améliorent les indemnités et avantages en nature dont jouissent les parlementaires.

La Chambre haute a refusé de se prononcer sur la situation de deux de ses membres, les sénateurs Lylison, ancien commandant de la FIS, en cavale, et Andriamandavy VII, impliqué dans l’affaire de la conseillère Claudine Razaimamonjy.

La gestion des fonds des Comités locaux de développement (CLD) continue de susciter le mécontentement des députés, qui en revendiquent la gestion et mettent en cause la complexité et la lenteur des procédures de décaissement.

Les députés ont adopté la proposition de loi réglementant les « dina ». La décision de faire appel à ces pactes villageois requiert désormais l’intervention de l’Organe mixte de conception (OMC). L’Express rappelle que les « dina » sont dénoncés par les défenseurs des droits de l’homme comme source de vindicte populaire. Pour endiguer les dérives, les députés réclament le renforcement de la formation des membres du comité exécutif et la précision des rôles et responsabilités de chacun.

Une proposition de loi élargit les compétences de la CENI dans l’organisation des élections et limite fortement le rôle de l’exécutif. Ces dispositions devraient, selon son initiateur, garantir l’indépendance de la CENI et contribuer à favoriser l’égalité des chances entre candidats.

Le premier ministre a requis des sanctions sévères contre les responsables étatiques défaillants. Une mesure qui aurait pour objectif de concrétiser les directives présidentielles consistant en « la mise en évidence de la visibilité de l’État, l’instauration de l’État de droit et l’ancrage de l’autorité de l’État ».

Les neuf personnes appelées à composer le comité de sélection des membres du Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM) ont été nommées en conseil des ministres. Elles seront chargées de recevoir les dossiers de candidatures pour la sélection des 22 représentants régionaux. Les 11 autres membres permanents seront nommés par le chef de l’Etat. Le Conseil sera compétent pour statuer sur les demandes d'amnistie, notamment pour les crimes économiques, sur les demandes de réparation des dommages et préjudices causés aux victimes des faits liés aux évènements politiques de 2002 à janvier 2014, fin de la Transition. Des experts en réconciliation de la SADC se sont rendus au domicile de Marc Ravalomanana. L’ancien président a affirmé qu’une véritable réconciliation nationale devrait avoir lieu avant l’élection présidentielle de 2018.

Un an avant la fin du mandat de Hery Rajaonarimampianina, la HCJ n’est toujours pas installée. Le représentant du Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’État de droit (HCDDED) est, à l’heure actuelle, le seul membre qui manque à l’appel pour compléter l’effectif des juges de la HCJ.

La commémoration des événements du 13 mai 1072 s’est déroulée sans heurts dans la capitale et dans l’indifférence quasi-générale. Le préfet de police avait réitéré l’interdiction de toutes manifestations de rue.

Le conseil de gouvernement a décidé que, jusqu’à nouvel ordre, toute manifestation sur la voie publique est interdite. Ceci dans le souci de préserver l’ordre public durant la fête nationale du 26 juin. Le ministre de la communication soutient que cette décision « n’est nullement une réaction à la démarche engagée par les Forces de changement ».

La Conférence épiscopale dénonce la situation socio-économique et politique du pays, qui ne cesserait de se dégrader. Ils fustigent la classe politique et interpellent sept départements ministériels.

Le président de la République, accompagné de son épouse, s’est lancé dans des opérations de distribution de vives aux familles nécessiteuses. L’initiative est vivement critiquée par Tribune, qui rappelle la récente condamnation de la Conférence épiscopale concernant « ces petits dons faits par ici et par là (…) pour calmer les pleurs du peuple ».

L’opposition a lancé une offensive contre le pouvoir en proposant une nouvelle transition. Regroupées au sein d’un front dénommé « Forces de changement » elles avancent un projet de convention qui prévoit une cogestion des affaires nationales sous la houlette d’un « Comité national du salut public ». La convention servirait de loi-cadre à « une transition vers la Ve République ». L’appel, adressé à toutes les forces vives du pays, s’inspire de la Convention du Panorama du 31 octobre 1991. Le président de la République resterait en place, avec un pouvoir sensiblement restreint. Le premier ministre serait investi « des pleins pouvoirs ». Le président du parti présidentiel HVM a opposé une fin de non-recevoir à ce  projet.

L’affaire Claudine Razaimamonjy, opératrice économique, conseillère spéciale de la présidence, a mobilisé les médias tout au long du mois, depuis son retour de l’île Maurice et son hospitalisation à l’hôpital HJRA. Son séjour prolongé dans l’établissement lui a permis jusqu’ici d’échapper à un mandat de dépôt. Sa présence dans l’établissement a été mise en doute et a donné lieu à un contrôle de détention par les juges de la Chaîne péClaudinenale anti-corruption et du substitut du procureur. Le traitement de cette affaire a provoqué une vive tension entre le syndicat des magistrats (SMM) et l’exécutif. Le SMM a exigé « une déclaration officielle et publique » du chef de l'Etat sur l'indépendance de la justice. Le bâtonnier de l’Ordre des avocats a demandé que la procédure judiciaire à l’encontre de la conseillère ne soit pas entravée. Le DG du Bianco a révélé qu’en plus des deux dossiers déjà transmis au parquet de la Chaîne pénale, quatre autres affaires de corruption, de détournement et de blanchiment d’argent impliquant la conseillère sont en cours d’instruction. Le sénateur Andriamandavy VII, beau-frère de Claudine Razaimamonjy, qui l’avait accompagné à Maurice avant de se rendre en Chine, est rentré au pays. Frappé d’une interdiction de sortie du territoire, l’élu ne pourra plus quitter le pays jusqu’au dénouement de l’affaire. Le dossier relatif aux poursuites judiciaires à son encontre aurait été transmis par la gendarmerie au procureur général près la Cour suprême. Hospitalisée depuis 45 jours, la conseillère n’est plus en règle par rapport au règlement fixant le régime d’hospitalisation des détenus. Les textes prévoient qu’une commission ad-hoc se prononce sur son sort. Le ministère de la justice se serait dit prêt à mettre en place cette commission. Le DG du Bianco a fait savoir qu’une enquête a été ouverte au sujet de l’évacuation sanitaire de Claudine Razaimamonjy à Maurice.

Lors d’un dialogue stratégique avec le gouvernement, les partenaires techniques et financiers ont tenu à s’assurer que les enquêtes sur les affaires de trafic et de corruption qui défrayent la chronique seront menées à leur terme. Les deux parties « ont souligné l’importance de partager les informations et d’œuvrer dans la transparence » sur les « évènements nationaux ».

Le dossier des îles Eparses « est toujours sur la table », affirme Hery Rajaonarimampianina, à qui le reproche est fait de ne pas prendre d’initiative et d’attendre le bon vouloir des nouvelles autorités françaises.

Trois navires de guerre chinois ont fait escale à Toamasina, une première qui a soulevédes interrogations sur les visées de la Chine dans la zone stratégique du Sud-Ouest de l’océan Indien et du canal de Mozambique.

Le Département d’État a publié son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde et comme les années précédentes, le rapport fait montre de grande sévérité vis-à-vis de Madagascar. « Parmi les abus (…) les plus importants, il y a l’incapacité du gouvernement à assurer un État de droit, résultant de la corruption et de l’impunité ainsi que des abus venant des forces de l’ordre », lit-on notamment dans les 27 pages de ce rapport.

La CNIDH a appelé l'Etat malgache « à ratifier deux protocoles, tous deux importants pour la protection des droits humains dans le contexte national actuel » : le Protocole relatif à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples portant création d’une Cour africaine de justice et des droits de l’homme et du Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes.

« Examen périodique universel » (EPU) : en application des dispositions du PIDCIP, l’État devrait présenter son rapport devant le Comité des droits de l’homme au mois de juin. Un rapport « alternatif » est en cours d’élaboration par des organisations de la société civile.

L’UNHCR a adressé ses remerciements à l’Assemblée pour les efforts fournis dans le cadre de la réforme du code de la nationalité en adoptant la loi du 27 février 2017 qui stipule que la femme malgache peut désormais transmettre sa nationalité à ses enfants, au même titre que le père malgache, et ce indépendamment de sa situation matrimoniale. D’autres avancées sont encore attendues.

Les exactions commises par les dahalo occupent toujours une large place dans les médias. Il en va de même pour les vindictes populaires qui se multiplient. A Farafangana, notamment, la foule a exécuté un notable traditionnel, frère d’un ancien ministre. Les cas de justice populaire liés aux vols de vanille se sont multipliés à la veille de l’ouverture de la campagne. Le gouvernement accuse de compromission des responsables et des élus locaux. Des hommes politiques et des membres de la société civile du Betsileo rejoignent « Justice et Paix » pour faire prendre en compte leurs préoccupations sécuritaires par le pouvoir. La communauté catholique est en émoi suite à l’assassinat de deux prêtres à Antsohihy, meurtre qui aurait été commis par deux gendarmes.

L’évêque d’Ambanja s’est rendu à Antsakabary pour s’enquérir de la situation des habitants, victimes d’une l’expédition punitive des forces de l’ordre il y a trois mois. Il a rapporté les témoignages des populations abandonnées à leur sort par le pouvoir, qui n’a toujours pas publié les résultats de son enquête. La CNIDH, qui a mené sa propre enquête, a transmis son rapport aux députés. Elle s’étonne que la justice ne se soit pas auto-saisie d’un dossier mettant gravement en cause le comportement des forces de l’ordre. La juge internationale Arlette Ramaroson a interpelé le chef de l’Etat à travers une lettre ouverte. Elle lui demande de suivre de près l’évolution de l’enquête et de bannir toute forme « d’impunité ».

Un karana franco-malgache, fils du patron d’un important opérateur, a été enlevé par douze hommes armés. « La vie devient infernale pour les membres de la communauté française d’origine indienne, cible de prédilection des ravisseurs », écrit L’Express. La presse fait état d’une forte suspicion d’implication d’éléments des forces de l’ordre. La brigade criminelle déplore le manque de coopération de la famille. Selon l’ambassadrice de France, la recrudescence des kidnappings atteint « un niveau inacceptable ». Tribune rapporte qu’une partie de l’opinion condamne la mobilisation qui entoure la situation des karana victimes de kidnappings, et les propos tenus par l’ambassadrice, considérant que cette mobilisation en faveur d’une communauté considérée comme privilégiée passe sous silence l’insécurité dont est victime la grande majorité de la population. Recherchés par le parquet de Paris, quatre suspects incriminés dans le rapt du DG de la société Henri Fraise ont vu leur détention préventive prolongée suite à une commission rogatoire internationale. Accusés du kidnapping du DG de Caromad le 4 janvier, deux adjudants et un adjudant-chef ont été incarcérés. Ils n’étaient autres que les gardes du corps de la victime. L’État est décidé à s’attaquer aux réseaux de ravisseurs, affirme le premier ministre.

Les résultats du concours des douanes ont été publiés mais les doutes sur la transparence de son organisation ne sont pas dissipés. La publication tardive des résultats, après l’annulation de la phase de sélection organisée en juillet après constatation de nombreuses irrégularités, laisse l’opinion dubitative. La direction générale de la gestion financière du personnel de l’État a porté plainte contre les fonctionnaires qui, moyennant finance, prétendent pouvoir recruter des agents au sein du ministère des finances.

L’opérateur en bois de rose Johnfrince Bekasy, accusé de corruption et de trafics, élu président de l’association des natifs de la province d’Antsiranana, affirme n’avoir rien à se reprocher et se déclare prêt à répondre à une convocation de la justice, tout en évitant soigneusement d’aborder l’épisode de sa fuite à l’étranger en 2015, alors qu’il avait été placé sous mandat de dépôt.

Les fournisseurs de zébus se rebellent contre le racket des gendarmes sur la route de Tsiroanomandidy à Antananarivo. Plus aucun zébu n’arrivera dans les abattoirs de la capitale si des mesures ne sont pas prises d’urgence par les autorités, annonce la coopérative Mada Omby, la plus grande organisation de la filière zébu de la Grande île. Une décision prise pour protester contre le racket et les vols de bovins. Les éleveurs accusent les gendarmes de complicité.

Le DG du Bianco indique qu’il sanctionnera tous les récalcitrants à la déclaration de patrimoine à compter du 1er juin. Plus de 47 % des personnalités tenues de se conformer à cette formalité ne l’ont  pas encore fait.

Selon le Bianco, le projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites est bloqué au niveau par l’exécutif. « Cette loi est pourtant un dispositif fondamental dans la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la corruption rénovée. En effet, elle répond à l’impérieuse nécessité de recouvrer tous les avoirs illicites engendrés par la corruption. La balle est entre les mains du gouvernement », précise-t-il dans un communiqué

L’intensification de l’assainissement des rangs est l’une des deux premières directives données par le nouveau secrétaire d’État à la gendarmerie. « Depuis le début de l’année, sept gendarmes ont déjà été radiés et vingt-cinq dossiers sont en cours d’enquête pour abus et actes illégaux. Et il y en a d’autres qui arrivent », a-t-il déclaré.

Selon l’Unicef, 391 000 enfants ont besoin d'une assistance humanitaire immédiate dans le Grand Sud. L’Organisation est à la recherche d’un financement complémentaire de 31,5 millions de dollars afin de pouvoir continuer à remplir ses engagements mais le coordonnateur national de l’Office national de nutrition annonce que 400 millions de dollars seront mobilisés par les bailleurs de fonds dans la lutte contre la malnutrition. Madagascar est au cinquième rang des pays touchés par la malnutrition chronique, une situation qui impacte lourdement la productivité et provoque chaque année des pertes chiffrées en centaines de millions de dollars.

La période pesteuse 2016 s’achève sur un bilan encourageant mais de nouvelles régions ont été touchées et la mortalité reste élevée. Madagascar est l’un des derniers pays au monde à ne pas avoir éradiqué cette maladie d’un autre âge.

La défécation à l’air libre régresse. Un financement additionnel de 2 millions de dollars devrait permettre d’étendre le nombre de villages bénéficiaires à 25 000 d’ici 4 ans.

Plus de 50 000 femmes sont porteuses de fistule obstétricale. 2 500 femmes ont bénéficié d’une chirurgie réparatrice depuis 2003. La stratégie nationale de lutte porte sur la prévention, le traitement et la réinsertion sociale. 12 équipes chirurgicales disposent des compétences nécessaires. La prise en charge des patientes est gratuite.

L’association « Liberty 32 » a publié des statistiques accablantes sur la prise en charge médicale de la population. L’enquête, réalisée par « Wake Up Madagascar », met en lumière l’incompétence des personnels médicaux, la corruption omniprésente, l’absence d’informations donnée sur les soins prodigués, elle évoque des cas de maltraitance, des prescriptions abusives d’examens, d’interventions chirurgicales et de médicaments dangereux.

Le processus relatif à la reprise de l’envoi des travailleurs à l’étranger, suspendu depuis 2015, est relancé. Les ministères concernés travaillent sur les clauses d’accords bilatéraux qui seront proposés aux pays d’accueil. Les départs clandestins se poursuivent. Neuf femmes suspectés d’envoyer illicitement des employées de maison au Koweït ont été déférées au parquet. Trois hommes organisateurs présumés d’envois de migrantes également vers le Koweït ont été interceptés aux abords d’un marché de la capitale. Début mai, deux groupes de femmes ont quitté la Grande île pour le Koweït, via les Seychelles, en l’espace de 48 heures.

La décision du ministre de l’éducation nationale, Paul Rabary, de faire fermer des écoles coraniques a continué à provoquer de vives réactions dans la communauté musulmane. Le ministre demande à celle-ci de se doter d’une direction nationale pour son réseau d’écoles afin de faciliter les contacts et de veiller à l'application des programmes pédagogiques officiels.

Le département américain du travail a accordé 4 millions de dollars au BIT pour appuyer Madagascar dans la promotion d’une filière vanille durable, en particulier par la promotion du travail décent et l’éradication du travail des enfants dans la région Sava.

26 bébés âgés de moins de 18 mois sont écroués avec leurs mères à la maison centrale d’Antanimora, soit près du dixième des femmes détenues. Ils devraient y rester jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge du jardin d’enfants. Certains de ces nourrissons ont vu le jour en prison. Le nombre de femmes incarcérées est en augmentation. Elles sont actuellement de plus de 300, soit 10 % des effectifs. L’établissement est prévu pour n’accueillir que 800 détenus des deux sexes.

Les jeunes se jettent dans la prostitution. Les réseaux sociaux favorisent l’essor de cette activité. Selon le rapport du réseau international Ecpat France 2016, la prostitution des mineurs s’est fortement développée à Madagascar, notamment chez les lycéens. L’activité s’est déplacée vers les établissements de karaoké. La prostitution des garçons se développe également.

Code de la communication : le vice-président de l’Ordre des journalistes annonce la mise en place prochaine d’une « plateforme de dialogue » qui aura pour mission d’examiner les différentes revendications des journalistes. Le Groupement des éditeurs de presse d’information multimédia continue d’exiger l’annulation du code de la communication qu’il qualifie de « code de la répression ».

Fernand Cello, journaliste d’investigation de la radio Jupiter d'Ilakaka, a été arrêté et placé sous mandat de dépôt au lendemain d’une intervention sur une TV de la capitale, émission qui mettait en cause des autorités judiciaires et politiques de la région Ihorombe dans les trafics de saphir. Les charges qui pèsent sur lui ne concerneraient que des délits de droit commun remontant à 2016. RSF a dénoncé l’acharnement des autorités contre le journaliste et Amnesty International a publié une « Action urgente » pour exiger qu’il puisse bénéficier des soins médicaux adaptés à son état de santé et que soient abandonnées les charges retenues contre lui, « qui ont trait à l’exercice légitime de son droit à la liberté d'expression ».

Le ministère de la communication affirme que Madagascar jouit de la liberté de la presse mais il met en garde la profession : le non-respect de la déontologie et de l’éthique peut conduire les contrevenants à tomber sous le coup de la loi. Un internaute qui avait répandu sur Facebook de fausses rumeurs sur l’effondrement d’un tunnel de la capitale a été appréhendé.

Après avoir longuement tergiversé, le gouvernement s’engage dans la poursuite des « complices locaux » de l’importateur singapourien de bois de rose. Il a déposé une plainte contre X pour faux et usage de faux. « Nous avons constaté que le dossier utilisé dans cette affaire comportait de faux documents. Ce qui aurait permis l’exportation de ces bois », a soutenu une source autorisée.

Les exploitations minières étrangères provoquent à nouveau la contestation des communautés locales concernées. C’est le cas notamment de l’exploitation aurifère chinoise de Mahabako (district de Manakara) et de d’exploitation de chrome sur la commune d’Ambodilazana (district de Toamasina II). Les autorités locales sont accusées de tenir un double langage. A Ambodilazana les villageois de six fokontany ont été expulsés contre une somme d’agent jugée dérisoire, accordée seulement à ceux qui veulent bien coopérer.

Le projet de nouveau code minier et pétrolier ne fait pas l’unanimité. Plusieurs organisations de la société civile émettent des réserves par rapport à certains articles. Ils se déclarent opposés à sa prise en considération par les députés. Le code minier en vigueur date de 2005. Début 2016, Hery Rajaonarimampianina avait annoncé que le nouveau texte serait promulgué en fin d’année. Un retard causé par les longues discussions auquel le projet a donné lieu.

Une vingtaine de Sri-lankais collecteurs de pierres précieuses ont été expulsés. Il leur est reproché d’utiliser leur visa de tourisme à des fins professionnelles et de ne pas respecter les restrictions géographiques apportées à leur autorisation d’achat. La mesure entre dans le cadre des objectifs du ministère visant à mieux contrôler la présence d’étrangers sur le territoire, dont un certain nombre sont pourvus de faux visas ou ont fait usage de faux documents pour justifier leurs prolongations de séjour.

330 tortues protégées de Madagascar saisies par la douane de Kuala Lumpur. Ces animaux rares avaient été embarqués sur un vol en provenance de Madagascar, via Les Seychelles. En partance pour la Malaisie, 230 tortues ont été interceptées à l’aéroport d’Ivato sur un vol de Kenya Airlines à destination de Nairobi. Des tortues protégées de Madagascar ont décelées par le scanner de l’aéroport de Taiwan.

L’état de la mangrove suscite l’inquiétude des scientifiques. Elle a perdu 10 % de sa superficie en 40 ans. En cause : l’élévation du niveau de la mer, le bétonnage et le recul des côtes, l’érosion due à la déforestation et aux événements météorologiques extrêmes, les coupes sauvages pour la production de charbon de bois.

L’UE débloque une aide humanitaire de 6,2 millions d’euros pour répondre aux besoins résultant du passage du cyclone Enawo et aux effets de la sécheresse sur l’insécurité alimentaire dans le Sud, en appui aux actions du PAM et de l’Unicef. En marge de la Journée de l’Europe, l’ambassadeur de l’UE a réitéré son engagement à accompagner le pays dans ses plus grands défis : le renforcement de la démocratie, la lutte contre la corruption, l’organisation des élections acceptées par tous, le combat contre l’extrême pauvreté et le rétablissement de la confiance des investisseurs.

Le président de la République estime que la procédure de déblocage des financements par les bailleurs de fonds traditionnels est trop longue et que dans la situation actuelle du pays Madagascar a le droit de se tourner vers d'autres partenaires financiers tels que la Chine.

Les Saoudiens appuient la réhabilitation de la RN5 sur la côte Est. Succédant à la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) qui a octroyé un financement de 10 millions de dollars il y a quelques mois, les Saoudiens apportent une contribution de 14 millions de dollars.

Appui de l’Australie au secteur minier. Le pays apportera son appui en matière de renforcement de compétences des acteurs malgaches et offrira des bourses d’études et des stages pour des professionnels. Il apportera son aide au développement du tourisme, de l’élevage extensif, de la santé et de l’éducation. De grands investisseurs australiens s’intéressent en outre au projet d’exploitation minière de Toliara Sands. Un partenariat est en cours pour préparer les communautés locales à accueillir ce projet. Un fonds pour des projets sociaux est alloué à la région de Tolagnaro avec la compagnie Rio Tinto.

1 000 communes bénéficieront d’une aide pour la bonne gouvernance de la part de la Banque mondiale. Elles devront satisfaire à plusieurs critères, dont l’emploi d’un comptable ou encore la possession d’un compte bancaire au nom de la commune. Parallèlement, la Banque et la coopération allemande soutiennent un projet de réforme des mécanismes de transferts financiers aux communes pour permettre une décentralisation effective.

La Banque mondiale mène une consultation au niveau des régions pour la programmation des fonds octroyés à Madagascar, d’un montant de 1,3 milliards de dollars pour les trois prochaines années, annoncés à la Conférence des bailleurs et investisseurs de décembre 2016.

La Banque mondiale prépare un plan de 46 millions de dollars au profit du système éducatif malgache. « Une grande partie des enseignants à Madagascar n’ont pas été formés académiquement et pédagogiquement », note un représentant de l’institution. Un autre financement de 55 millions de dollars est prévu pour soutenir l’apprentissage des enfants de 3 à 5 ans.

Le nouveau DG de la Jirama priorise l’amélioration de la situation financière de la société d’Etat. La réduction des coûts et l’annonce d’un relèvement graduel des tarifs entrent dans ce cadre. L’objectif est d’atteindre l’équilibre opérationnel en 2020. La plateforme de la société civile CCOC s'oppose formellement à une éventuelle privatisation de la Jirama que pourrait décider le nouveau DG.

L’entrée d’Air Austral dans le capital d’Air Madagascar reportée. Le gouvernement aurait des difficultés à trouver les moyens nécessaires pour éponger les dettes qualifiées par l’ancien directeur de « colossales ». Le remboursement de la totalité des dettes retarde non seulement l’entrée d’Air Austral dans son capital mais aussi le décaissement de la deuxième tranche du fonds élargie de crédit (FEC) du FMI. La presse réunionnaise évoque aussi la réticence des investisseurs à financer le ticket d’entrée dans la compagnie malgache.

Les investissements directs étrangers (IDE) ont connu une hausse de 9,6 % au 1er trimestre 2017 par rapport à la même période de 2016. Cette hausse a pour origine les investissements effectués par les entreprises franches de services et du textile ainsi que par les compagnies de télécommunication. Les centres d’appel et les services informatiques connaissent une forte croissance. Madagascar figure désormais au 23e rang des pays africains les plus attractifs en termes d’investissement mais selon les économistes, la révision à la hausse du taux directeur de la Banque centrale impactera fortement l’économie du pays. Elle risque de freiner les investissements.

Le PDG chinois de la sucrerie de Morondava, société d’Etat reprise en location gérance en 1997, va rouvrir ses portes. Fermée depuis 2014, l’usine, dans un état de délabrement total, avait été mise à sac par ses employés et une partie de la population manipulée par des politiciens. La grève des saisonniers s’était terminée par des scènes de pillage et des agressions contre des cadres. L’émeute avait fait cinq morts. La relance nécessiterait au moins 100 millions de dollars. Depuis la fermeture, la ville est en proie à des problèmes d’insécurité dus au chômage et à la pauvreté.

Les douaniers ont lancé un mot d’ordre de grève d’avertissement. Ils revendiquent entre autres le paiement du reliquat de trois ans de primes et l’annulation de l’appel à manifestation d’intérêt portant sur le recours à une société privée pour effectuer le contrôle à posteriori des produits importés.

L’agitation reprend à l’université. Des affrontements se sont produits à Antananarivo entre étudiants et forces de l’ordre. En cause, la paupérisation et de dégradation de la situation des étudiants et de la vie pédagogique. Le Syndicat des enseignants-chercheurs a lancé un préavis de grève pour réclamer l’application d’un décret de 2009 portant sur le paiement d’indemnités de logement et de résidence. Les activités pédagogiques ont été suspendues.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Session parlementaire
  • Conjoncture politique
  • L'affaire
  • Claudine Razaimamonjy, conseillère spéciale de la présidence
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Code de la nationalité
  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Santé, malnutrition
  • Traite, droit du travail
  • Education, droits des enfants
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics, environnement, foncier
  • Coopération, Banque mondiale
  • Divers

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17 mai 2017

ARTICLES REMARQUES - MAI 2017

<>  17 05 17 - Département d'Etat des Etats Unis - Madagascar - Human Rights Report 2016
Le Département d’État publie son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. Concernant Madagascar, le règne de l’impunité est souligné. « Parmi les abus (…) les plus importants, il y a l’incapacité du gouvernement à assurer un État de droit, résultant de la corruption et de l’impunité ainsi que des abus venant des forces de l’ordre », lit-on notamment dans les 27 pages de ce rapport. En conclusion, il est noté que le gouvernement punirait ou poursuivrait rarement les responsables de ces abus et que l’impunité demeure un problème. L’Express observe qu’une nouvelle fois, le rapport n’est pas tendre envers Madagascar : « des cas d’atteintes aux droits humains tels que les conditions carcérales difficiles, le manque d’indépendance judiciaire, la discrimination sociétale, les violences contre les femmes, ou encore, les abus sur les enfants et les traites de personne ont, encore, été mis en exergue ». Les vindictes populaires n’ont pas échappé au rapporteur : « La justice populaire est survenue tant en milieu rural qu’urbain, en grande partie à cause de la criminalité et du manque de confiance du public dans la police et la justice. (…) Les autorités ont parfois arrêté les auteurs mais la crainte de faire ressurgir la colère a entravé l’efficacité de la poursuite ». Le Département d’État épingle par ailleurs « les assassinats arbitraires » et les abus des forces de l’ordre. Il soulève des cas d’exactions et parle même d’« homicides arbitraires ou extra-judiciaires de suspects criminels » perpétrés durant les missions de lutte contre les voleurs de bovidés. « Bien que le gouvernement ait promis d’enquêter sur de nombreuses prétendues exécutions de représailles, en 2015, aucun résultat de ces enquêtes n’a été rendu public ».

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  16 05 17 - Amnesty International - "Action urgente" en faveur du journaliste d'investigation Fernand Cello
Amnesty International publie une « Action urgente » pour exiger que Fernand Cello, puisse bénéficier immédiatement des soins médicaux adaptés à son état de santé
. L’ONG demande également que soient abandonnées toutes les charges retenues contre lui qui ont trait à l’exercice légitime de son droit à la liberté d'expression. « À Madagascar, l’exercice de la liberté d'expression reste dangereux pour ceux qui osent parler de certains agissements, notamment en ce qui concerne le trafic de ressources naturelles et l'environnement. Ainsi, Clovis Razafimalala, défenseur de l'environnement, est actuellement en détention provisoire, où il a été placé après avoir dénoncé le trafic de palissandre », écrit Amnesty.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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29 avril 2017

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2017

Plusieurs maires de grandes villes membres du Mapar ont été suspendus par leur conseil municipal pour « mauvaise gestion ». Des médias suspectent le pouvoir de vouloir neutraliser les élus locaux qui risqueraient de compromettre la réélection du chef de l’Etat. Sahondra Rabenarivo, membre du SeFaFi, rappelle cependant qu’un maire ne peut être suspendu que par un arrêté du ministre de l’intérieur, pour un temps « n’excédant pas un mois ». Une durée qui peut être portée « à trois mois » par le premier ministre. Les maires ne peuvent être déchus qu’à la suite d’une condamnation de justice. Le ministère de l’intérieur a semblé cependant vouloir jouer la carte de l’apaisement. Marc Ravalomanana a mis en garde ceux qui seraient tentés de suspendre son épouse de ses fonctions à la tête de la commune d’Antananarivo.

Le SeFaFi souhaite que à les prochaines législatives soient jumelées avec le 1er tour de la présidentielle ou le précède, pour permettre la mise en place de l’Assemblée avant le vote du budget 2019, donc avant la session parlementaire d’octobre 2018. L’Observatoire, qui se dit préoccupé par le désintérêt croissant de la population pour les élections, demande que soit défini un calendrier pérenne instaurant des dates fixes hors saison des pluies pour l’ensemble des scrutins et que le principe d’un scrutin universel direct soit instauré à tous les niveaux.

Les élections provinciales et régionales reportées sine die. La CENI se concentrera sur l’organisation de la présidentielle de 2018. La révision de la liste électorale et de l’encadrement juridique des élections devraient être achevée en avril 2018. L’engagement de principe qui avait été pris par le gouvernement dans le cadre du « dialogue politique Madagascar-UE » de juillet 2016 ne sera donc pas honoré.

La liste électorale 2017 a été arrêtée le 15 avril par la CENI. Une hausse de 6,3 % des inscrits a été constatée par rapport à l’année dernière. En juin 2016, un audit mené par l’association Tolotsoa et le KMF/Cnoe avait fait ressortir un gap de 25,5 % entre les personnes en âge de voter et celles réellement inscrites, soit environ deux millions de personnes. Avec les nouveaux chiffres avancés par la CENI, le déficit serait encore de l’ordre de 19 %. Une opération de délivrance de carte d’identité nationale sera menée avec le ministère de l’intérieur.

Claudine Razaimamonjy, femme d’affaires, conseillère spéciale de la présidence et proche du couple présidentiel, a été appréhendée par les forces de l’ordre et transférée au Bianco. Elle serait impliquée dans plusieurs affaires de favoritisme, de détournement de deniers publics, de faux en écriture publique, d’abus de fonction et de blanchiment de capitaux. De nombreuses personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces affaires pourraient également être traduites devant la justice. Parmi elles, des élus locaux, des responsables de marchés publics, des représentants des structures déconcentrées et des opérateurs économiques. Le siège du Bianco a été cerné par des partisans du parti présidentiel HVM, sous la conduite du sénateur Riana Andriamandravy VII, beau-frère de la conseillère, qui, en décembre, avait réclamé publiquement la démission du DG du Bianco pour avoir convoqué Claudine Razaimamonjy. La prévenue a été soumise à deux gardes à vue successives dont la légalité a été contestée par le ministre de la justice. Elle a ensuite été déférée devant la Chaine pénale anticorruption. Les magistrats ont décidé de la placer sous mandat de dépôt mais au moment de son transfert, elle a « fait un malaise ». Son avocat a exigé qu’elle soit transférée dans un hôpital de la capitale, sans se soumettre à l'auscultation préalable du médecin de la prison. « Un non-respect de la procédure », selon le Bianco. Les partisans de Claudine Razaimamonjy se sont mobilisés pour obtenir sa libération, arguant du non-respect du délai légal de garde à vue et des droits de la défense. Le sénateur Riana Andriamandravy VII, élu de Fianarantsoa, vice-président du Sénat, a manifesté son soutien « indéfectible » à sa belle-sœur en prenant la tête d’une manifestation devant le siège du Bianco. Des demandes de limogeage du DG de Bianco ont été scandées. L’organisation de la société civile Rohy a publié un communiqué réaffirmant son soutien aux organes de lutte contre la corruption. « Claudine Razaimamonjy bénéficie du soutien du parti HVM » a rétorqué le président du HVM, Rivo Rakotovao, pour qui cette affaire é été créée par des personnes dont l’objectif est de diviser le parti.

Claudine

Claudine Razaimamonjy a bénéficié d’une évacuation sanitaire à Maurice pour effectuer une « angiographie cérébrale ». Elle a quitté la Grande île alors qu'elle se trouvait encore en observation à l'hôpital. « L'avocat de la patiente a alors demandé une autorisation d'évacuation auprès du ministère de la santé sous avis du ministère de la justice », indique la directrice de l’établissement. Pour le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), il s’agit d’« une évasion organisée ». Les procédures d'autorisation d'évacuation sanitaire n’auraient pas été respectées. Selon le procureur général de la Cour d’appel d’Antananarivo, deux mandats d’interdiction de sortie du territoire avaient été transmis à la demande du Bianco. Le procureur a demandé à la police de l’air et des frontières de s’expliquer. La femme d’affaires n’a finalement pas subi d’angiographie cérébrale. Admise dans une clinique de Curepipe, elle n’a été soumise qu’à une radiographie classique et a quitté l'établissement après avoir signé une décharge. Organisations de la société civile et syndicats ont fait front commun pour dénoncer les ingérences politiques dans les affaires de justice, félicité le Bianco pour son courage et invité le SMM à poursuivre sa lutte pour l’indépendance de la justice. La communauté internationale a exprimé son soutien aux efforts du Bianco. L’ambassadeur des Etats-Unis a lancé un appel au respect de l’État de droit. Une forte délégation du corps diplomatiques s’est rendue dans les locaux du Bianco. L’ambassadrice de France, Véronique Vouland- Aneini, a salué les efforts menés par celui-ci dans la lutte contre la corruption.

Les autorités mauriciennes se sont abstenues de toute déclaration sur cette affaire, considérant que la visite de Claudine Razaimamonjy était une affaire privée. L’opposition mauricienne a interpelé le gouvernement.

L’hôtel 5 étoiles A&C à Ivato, propriété de la femme d’affaires, a été saisi par la justice. Cet hôtel avait hébergé une bonne partie des délégations étrangères au Sommet de la Francophonie, au mois de novembre.

Claudine Razaimamonjy est rentrée à Madagascar la veille de l’expiration de son autorisation de séjour. Elle a été de nouveau admise à l’hôpital. La conseillère occupe une chambre du service neurochirurgie, sous la surveillance d’agents pénitenciers. La presse a été tenue à l’écart. Le SMM a insisté sur la nécessité et l’urgence de reprise de la procédure judiciaire interrompue. La sécurité du DG de Bianco a été renforcée. Le SMM révèle que certains de ses dirigeants ont fait l’objet des menaces de mort. Le sénateur Riana Andriamandravy VII, vice-président élu du Sénat, est accusé de « tentative de rébellion » par le syndicat. Le bureau permanent de la Chambre haute a mis cette affaire à son ordre du jour. Le syndicat des agents pénitentiaires a exigé le transfert de Claudine Razaimamonjy à l’infirmerie de la prison.Un haut responsable de l’hôpital HJRA a démenti la rumeur selon laquelle elle a quitté l’établissement pour rejoindre sa région natale de Fianarantsoa. La procureure de la République, Odette Balisama Razamelisoa, aurait été menacée d’une décision de mutation d’office

Mini-remaniement ministériel. La nomination au poste de ministre de la communication de Rolly Mercia, sulfureux ministre de la communication de la Transition et l’un des principaux artisans de la victoire de Hery Rajaonarimampianina, a suscité une vive émotion chez les journalistes. Le général Paza, secrétaire d'Etat à la gendarmerie, aurait été limogé pour avoir été rendu responsable de l’arrestation de Claudine Razaimamonjy. Il aurait pu également avoir été sanctionné pour la prolifération des vindictes populaire. Le général Girard Randriamahavalisoa nouveau titulaire du poste, affirme que « toutes les brebis galeuses seront impitoyablement mises hors de la gendarmerie ». Il entend redonner confiance à une population qui craint désormais plus « les gendarmes que les bandits de grands chemins ». Le premier ministre, mis en cause dans l’affaire Claudine Razaimamonjy, le garde des sceaux qui s’est attaqué à l’indépendance de la justice et du Bianco, le ministre de la santé qui a permis l’évacuation sanitaire de la femme d’affaires, ont été confirmés dans leurs fonctions. 

Le président de la CENI s’est rendu en mission d’observation du référendum constitutionnel en Turquie. Un déplacement jugé inopportun par L’Express, qui rappelle que la mission d’observation de l’OSCE a émis de fortes critiques sur le déroulement de la campagne électorale. « Quelle image les autorités pensent-elles donner aux électeurs malgaches en s’intéressant à un référendum fortement personnalisé autour de la figure islamo-conservatrice de Recep Erdogan ? », s’interroge le titre. La Lettre de l’océan Indien du 10 mars s’interrogeait sur les éventuelles contreparties de la « générosité d'Erdogan » lors de son séjour à Madagascar fin janvier. Une enveloppe de 60 millions de dollars a été promise à cette occasion. Le titre évoque un marchandage en vue de l’accueil dans la Grande île de réfugiés syriens.

Un couvent a été attaqué par dix hommes armés à Antsirabe. Les malfaiteurs ont violé cinq religieuses et ont dérobé une forte somme d’argent. La Commission Justice et Paix qualifie cet évènement de « crime contre l’humanité ». Trente suspects ont été placés en détention préventive.Mgr Philippe Ranaivomanana, évêque d’Antsirabe, a appelé les fidèles à une matinée de prière et à la mobilisation pour protester contre la dégradation de la situation sécuritaire et l’inertie de l’Etat. Un gang armé a pris d’assaut la communauté des Capucins d’Antsohihy. Un prêtre a été tué et un diacre, gravement blessé par balle, est décédé. Le mobile du crime reposerait sur une tentative de vol de cloche. Deux éléments des forces de l’ordre sont impliqués dans cette affaire, l’un encore en activité, l’autre révoqué. En moins de cinq semaines, quatre attaques et cambriolages ont frappé des communautés religieuses.

Les transporteurs de la RN 7 réaffirment leur volonté de lutter contre le grand banditisme qui prévaut sur cet axe de circulation. Des départs en convois seront organisés et seront escortés par les forces de l’ordre.

Munis d’armes de guerre, des dahalo ont tué deux membres du comité d’autoprotection villageois et dérobé une centaine de zébus à Amboasary-Sud. Les attaques reprennent dans ce district où, fin 2014, une négociation avait abouti à la reddition de 4 000 dahalo. Lors d’une opération militaire musclée à Ikalamavony, Les forces de l’ordre auraient fait usage des lance-roquettes. Des fusillades meurtrières secouent Betroka. Huit morts ont été décomptés en quelques jours. De nombreuses attaques sont signalées dans les environs de Beraketa et de Manombo et prennent de l’ampleur.

vole un peu

Trois personnes ont été assassinées en luttant contre trois voleurs de vanille verte à Nosy Varika. Une quatrième, torturée, a été laissée pour morte. Les quatre hommes assuraient la garde nocturne du terrain. A près de deux mois de l’ouverture officielle de la saison de la cueillette de l’or vert, fau mois de juin, les vols sur pied fond rage. Les cours, qui ont atteint des records, favorisent une forte recrudescence de l’insécurité.

A Andapa, un homme soupçonné d’avoir mis le feu à des habitations a été arrêté par la foule avant exécuté à la machette par l’une des victimes, sous les yeux des éléments de la police et de la gendarmerie, qui ne sont pas intervenus.

Une foule en furie a attaqué la brigade de gendarmerie de Bealanana pour libérer quatre individus arrêtés pour viol et meurtre d’une adolescente. Les forces de l’ordre ont chargé la foule en usant de grenades lacrymogènes. Une douzaine de personnes ont été arrêtées.

Trois hommes qui ont réclamé la tête d’un suspect en garde à vue au commissariat d’un quartier d’Antananarivo placés en détention préventive pour menace d’incendie, jets de pierres contre les bureaux de la police et incitation à la vindicte populaire. Ce quartier populaire connait une insécurité croissante préoccupante.

Un policier d’Ampitatafika se réclamant de la présidence a échappé à la vindicte populaire suiteaprès le placement en garde à vue des personnes qu’il avait poursuivies pour coups et blessures.

A Port Bergé, la vie d’un enfant tué dans un accident de la route été monnayée par le maire pour prévenir une vindicte populaire qui aurait pu s’abattre sur l’automobiliste.

Les victimes d’Antsakabary oubliés : Tribune rappelle que cela fait plus de 2 mois qu’une horde de policiers a mené une expédition punitive dans cette localité du district d’Antsohihy pour se venger de la vindicte populaire dont deux de leurs collègues avaient été victimes. Seuls les membres de la société civile font entendre leurs voix pour réclamer justice.

La CNIDH va œuvrer pour la réduction de l'usage excessif de la détention provisoire. Pour ce faire, elle entend travailler de concert avec tous les responsables afin de changer les cultures institutionnelles qui considèrent la détention provisoire comme une punition légitime.

28 cas de vindicte populaire ont été enregistrés depuis le début de l’année. 22 personnes ont trouvé la mort, dont deux policiers. Une trentaine d’individus ont été arrêtés. Neuf ont été placés sous mandat de dépôt.

Un adolescent « Karana » victime d'un kidnapping à Andranomena. Le collectif des Français d’origine indienne de Madagascar a lancé un appel au gouvernement et à la communauté internationale pour stopper l’escalade de la violence à l’encontre de leur communauté. Selon le collectif, 90 Français d'origine indienne ont été enlevés depuis 2010. Le ministère des affaires étrangères français a assuré avoir eu « connaissance de cet enlèvement et est pleinement mobilisé ». L'adolescent a été libéré 10 jours après suite au paiement d’une rançon.

Quatre personnes présumées ravisseurs de karana depuis 2013 ont été interpellées.

Environ 500 sans-abris après une démolition hâtive et sans préavis dans un quartier de la capitale. Un bulldozer a rasé les habitations en pleine nuit, sans que les occupants aient eu le temps de rassembler leurs biens. Une tentative d’expulsion avait déjà eu lieu le 24 mars mais les résidents s’y étaient opposés, malgré une forte présence des forces de l’ordre. Les autorités indiquent qu’il s’agissait de squatters, placés sur ce site lors d’un cyclone qui a dévasté le pays en 1982.

Près de 400 millions Ar ont été détournés à l’ORTM entre 2015 et 2016. Nivo Ratiarison, ancien directeur de cabinet du ministère de la communication et Simonette Claudine Raharimalala, alors responsable commerciale de l’ORTM, ont été condamnés à cinq ans de travaux forcés. Le premier devra verser une amende de 85 millions Ar pour détournements de biens et de deniers publics estimés à 400 millions Ar, abus de pouvoir et enrichissement illicite. Simonette Raharimalala est radiée du corps des fonctionnaires. Le directeur général de l’ORTM et deux autres prévenus ont été relâchés au bénéfice du doute. Tribune, comme de nombreux journalistes et employés de l’ORTM, se félicite du verdict rendu, une fois n’est pas coutume, sans interférence politique.

Déclaration de patrimoine 2017 : 66 % des 8 375 assujettis manquent à l’appel. Le délai fixé par le Bianco a expiré. Des sanctions sont prévues pour les récalcitrants, notamment une peine d’emprisonnement de 2 à 10 ans de prison et une amende de 2 millions à un milliard Ar. Pour l’heure, le Bianco vérifie la liste avant de prendre des mesures, annonce-t-il. Le Samifin fait savoir que plus d’une centaine de dossiers ont été déférés au parquet pour des affaires de blanchiment d’argent.

La prise en charge des maladies mentales est délaissée. Les statistiques relatives aux infrastructures de prise en charge, tout comme celles des spécialistes, sont préoccupantes. Selon l’OMS la dépression sera la deuxième cause d’invalidité après les AVC d’ici 2020 dans la Grande île.

Soupçonnées d’avoir en projet de se livrer à la prostitution, 25 jeunes femmes en partance pour Maurice ont été débarquées par la PAF à l’aéroport d’Ivato. Les autorités soupçonnent l’existence d’un réseau de traite.

Deux nouvelles tentatives d’envoi de travailleuses clandestines au Koweït ont été déjouées. Deux fonctionnaires du ministère des finances ont été écroués. Ils auraient été de connivence avec une agence de placement au Koweït. Les recrutements se seraient opérés via Facebook. Le responsable d’un autre réseau a été arrêté avec huit jeunes femmes en instance de départ. Avant de quitter Madagascar, les victimes devaient signer un contrat pour s’engager à rembourser l’avance sur frais consentie, avec prise de gage sur leurs biens.

Les dockers journaliers de Toamasina ont déposé une plainte auprès de l’OIT suite au refus du gouvernement de respecter le droit des travailleurs à s’affilier à un syndicat. 43 dockers auraient été licenciés pour ce motif. Ils travaillent selon des horaires fixes mais ne sont payés qu’au nombre de conteneurs traités. En l’absence de conteneurs à traiter, ils sont tenus de respecter les horaires, sans être réumunérés. Le syndicat et les dockers ont intenté une action en justice et ont obtenu gain de cause mais la décision n’a pas été exécutée par l’employeur. Aucun des 43 licenciés n’a été réintégré.

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Une vidéo montrant une enseignante violenter une élève, dans la cour d’une école privée d’Antananarivo a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Après son déferrement au parquet, l’enseignante a été placée sous mandat de dépôt et ne sera plus autorisée à enseigner. La plainte déposée par les parents a été appuyée par le ministère de l'éducation. Le directeur de l’Office national de l’enseignement privé a annoncé à cette occasion que 171 établissements irréguliers seront fermés à la fin de l’année scolaire.

Le secteur privé s’engage à promouvoir et à soutenir le respect des droits des enfants dans les activités économiques et commerciales à travers dix « Principes directeurs sur les droits de l’enfant et les entreprises ». Un programme de formation de formateurs va être organisé avec le concours de l’Unicef, du Pacte mondial des entreprises pour les Nations unies et l’ONG Save the Children.

Paul Rabary, ministre de l'éducation nationale, a déclaré lors d’une visite à Mahajanga que l'ouverture d’écoles coraniques sera désormais interdite. Les autorisations délivrées précédemment à 16 écoles pourraient être retirées si elles ne se mettent pas en conformité avec la loi et les programmes officiels de l’éducation nationale. Les déclarations du ministre de l’éducation nationale ont provoqué un vif mécontentement chez les musulmans.

Madagascar recule d’un rang dans le classement mondial de la liberté de la presse de RSF, qui évoque une situation globalement calme mais avec un débat démocratique limité. Le recul trouve sa source dans l’adoption du code de a communication médiatisée.

Marc Ravalomanana a profité de son séjour en Europe pour saisir ses interlocuteurs de la situation de sa station MBS.Le SG du ministère de la communication explique que la « réouverture qui est exigée par l’équipe de Marc Ravalomanana est quasiment impossible » : sa licence d’exploitation a été annulée en février 2009 et un contentieux fiscal serait en suspens. MBS avait tenté, en 2015, d’émettre à nouveau, sans autorisation.

Après le verdict de la justice singapourienne, le gouvernement se préoccupe du rapatriement des 30 000 rondins de bois de rose saisis à Singapour, d’une valeur estimée à 50 millions de dollars. Il compte sur l’aide de la ville-État.L’Alliance Voahary Gasy se déclare satisfaite de ce jugement mais elle attend de l’Etat qu’il arrête et fasse condamner ceux qui ont donné l’autorisation d’exportation. « C’est honteux de savoir que ce sont les pays étrangers qui se soucient de la protection de nos bois précieux en condamnant des trafiquants. A Madagascar, aucun trafiquant n’a été arrêté et jugé depuis 2009 », s’insurge l’ONG. 80 dossiers seraient encore en instance. Rapatrier les stocks saisis : « oui, mais pour en faire quoi ? s’interroge L’Express. Qui a encore confiance en la capacité de nos gardiens de stocks ? Qui a encore confiance en la vertu de nos dirigeants à user de cette richesse ‘en bon père de famille’ ? ».

Les autorités renforcent la surveillance de l’espace maritime. Elles s’engagent à mettre fin aux exportations illicites de ressources naturelles. La direction générale des douanes, le centre de fusion des informations maritimes et le ministère de la défense nationale renforcent leur coopération pour mettre fin à ce fléau qui mine l’économie nationale.

Trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans une affaire d’exportation illicite de bois de rose déférées à la Chaîne pénale anti-corruption. Deux individus; dont un opérateur français; ont été placés sous mandat de dépôt. En cause, l’exportation 4 500 tonnes de bois de rose à destination de Hong Kong via Zanzibar.

L’opérateur économique Johnfrince Bekasy, connu pour avoir fait l’objet de poursuite judiciaire pour trafic de bois de rose, a été élu membre du nouveau bureau de l’association des natifs d’Antsiranana. En 2015, l’opinion publique s’était offusquée d’apprendre que le prévenu, après quelques jours à la maison d’arrêt d’Antanimora, avait pu quitter en toute discrétion le territoire national pour Maurice.

Le projet d’exploitation de terres rares dans les régions Diana et Sofia risque de bouleverser la biodiversité endémique. Une pétition a été lancée. Les représentants de la société civile et les opérateurs économiques et touristiques de la péninsule d’Ampasindava contestent la légalité du permis accordé à la société Tantalum qui, selon eux, « a été accordé en toute opacité sous le régime transitoire ». Le Collectif Tany demande l'interdiction de la vente de terres aux entreprises privées étrangères. Il dénonce en particulier l'octroi d'un terrain de 300 km² à Tantalum pour l’exploitation des terres rares d’Ampasindava.

La nouvelle ruée vers l’or dans le district de Miandrivazo menace l’un des greniers à riz du district. Près d’un millier de petits orpailleurs informels, en provenance de toutes les régions de l’île, ont envahi le site et se livrent à une exploitation anarchique.

QMM Fort Dauphin : un paysan se voit refuser un visa pour assister à l’AG de Rio Tinto, maison mère de QMM, à Londres.Il avait été désigné pour représenter sa communauté à cette assemblée et aborder l’impact de cette activité sur la vie des villageois.

Madagascar et la COI bénéficieront d’un financement de 83,15 millions de dollars de la Banque mondiale pour améliorer la gestion des pêches. Il permettra d’améliorer l’exploitation de certaines ressources halieutiques et de permettre à des catégories de pêcheurs d’avoir accès à des moyens de subsistance alternatifs.

En 2016, l’AFD a accordé à Madagascar près de 100 millions d’euros, un niveau jamais égalé. L’Agence souligne que depuis 65 ans elle n’a jamais interrompu son action en faveur des populations de la Grande île, même durant les crises politiques successives.

Le représentant résident du FMI évoque le chemin que le gouvernement doit encore parcourir dans le cadre de la revue semestrielle de mise en œuvre de la Facilité élargie de crédit. La mission du FMI qui s’est rendue à Madagascar en mars n’a pas pu procéder à la conclusion de la revue, suite à « des événements inattendus ». Des mesures doivent encore être prises pour redresser la situation. La gouvernance de la Jirama reste au centre des préoccupations. Le dossier Madagascar devrait pouvoir être présenté au CA du FMI en juin, en vue du déblocage d’une seconde tranche de crédits.

Déblocage de crédits de l’UE lors du nouveau « dialogue politique » Madagascar-UE qui s’est tenu à Antsiranana. Ces financements, d’un total de 122 millions d’euros, figurent dans le Programme indicatif national du 11e FED, dont le montant total s’élève à 518 millions d’euros. Les conventions signées concernent les axes prioritaires du PND. L’ambassadeur de l’UE a estimé que les efforts entrepris par le gouvernement en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption commençaient à porter leurs fruits. Le président de la République a pris l’engagement d’organiser des élections présidentielles inclusives et transparentes

La Banque mondiale a approuvé le financement de trois secteurs clé du développement pour un montant de 190 millions de dollars. Ce décaissement entre dans le cadre des engagements pris lors de la Conférence des bailleurs et des investisseurs en décembre 2016

Une centrale thermique à charbon en gestation. Une société sud-africaine et une entreprise chinoise ont signé un mémorandum portant sur le co-développement d’une centrale à charbon de 60 MW. Tribune note que ce projet voit le jour alors que sur tous les continents les centrales de ce type sont décriées pour leur impact environnemental particulièrement négatif.

L’avenir de la vanille de Madagascar gravement menacé. La flambée déraisonnable des cours incite les trafiquants à commercialiser de la vanille qui n’est pas arrivée à maturité. Des pratiques criminelles sans précédent se généralisent. Les importateurs prépareraient déjà « l’après Madagascar ».

Les dégâts engendrés par le cyclone Enawo sont estimés à 415 millions de dollars par la Banque mondiale.

La Coface estime que la croissance à Madagascar est contrainte par un environnement international peu porteur et des incertitudes politiques.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L’arrestation de Claudine Razaimamonjy, conseillère spéciale de la présidence
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvement
  • Justice, gouvernance
  • Santé
  • Traite, droit du travail, parité
  • Education, droits des enfants
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics, questions foncières
  • Coopération, FMI, Banque mondiale
  • Divers

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