JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

29 septembre 2016

ARTICLES REMARQUES - SEPTEMBRE 2016

- 29 09 16 - Trbune - Conjoncture politique - Ambiance délétère
Les griefs contre l’Etat ou plutôt contre le régime s’accumulent et les sources de mécontentements sont innombrables. La contestation du permis accordé à l’entreprise minière chinoise de Soamahamanina est devenue une affaire d’Etat. Les deux leaders de l’association Vona Soamahamanina sont toujours sous mandat de dépôt. Quatre chefs d’inculpation pèsent sur eux, dont l’atteinte à la sûreté de l’Etat, trouble à l’ordre public, et une affaire d’arme qui aurait été subtilisée aux forces de l’ordre. L’opposition radicale au régime se renforce, la société civile se mobilise.  Les plus hauts dirigeants du régime contrattaquent de manières virulentes. Le président de la République est intervenu pour faire comprendre que les opposants sont des objecteurs de conscience et ne cherchent qu’à semer des troubles, alors même que la lutte contre la pauvreté et pour la reconstruction nécessitent la stabilité. Une guerre médiatique et de longue haleine est en cours.

- Biblio - « Comprendre les Malgaches » -
Loïc Hervouet – Editions Riveneuves. Préface de Michèle Rakotoson, postface d’Yvette Sylla, Photos portraits de Jean Kouchner. 244 p.
L’ouvrage est paru le 15 septembre dernier. Il vient d’être  présenté à Antananarivo lors d’un café littéraire. L’auteur est l’ancien directeur de l’école de journalisme de Lille, ancien correspondant à Madagascar, médiateur à RFI et désormais partenaire de l’OIF et de l’ONG Africamédias. Il a travaillé comme journaliste au Courrier de Madagascar dans les années soixante. Michèle Rakotoson est écrivain, grand prix de la francophonie de l’Académie française. Yvette Sylla est historienne, universitaire et ancienne ministre des affaires étrangères. Jean Kouchner est journaliste, ancien directeur du Centre de formation des journalistes de Montpellier.
Dans son essai, il s’attache à faire connaître les particularités de la culture malgache : ses rites, ses croyances, ses héritages parfois douloureux. La misère, l’urbanisation sauvage, les complexes des élites, l’acculturation subie par les anciens, l’inculture forcée des jeunes, la corruption généralisée, la frustration des travailleurs pauvres, le délitement des coutumes et des rites, n’épargnent pas la culture malgache, toute pétrie de partage, de justice et de respect des anciens. Cette culture reste prégnante dans le monde rural, majoritaire, et dans le pays rêvé par les nationaux. S’en imprégner, c’est se donner une chance d’en découvrir encore plus, et, en récompense, de s’en trouver enrichi, au-delà même de ce qu’on imaginait. Entre partage, solidarité et respect des anciens, entre tabous et interdits, il donne quelques pistes pour comprendre cette culture encore aujourd’hui forte, malgré la pression de l’immense misère et de la mondialisation.
Interview RFI (5’44) – Cap océan Indien : http://www.rfi.fr/emission/20160925-madagascar-loic-hervouet-comprendre-malgaches-litterature-livres-histoire-culture

- 27 09 16 - Géopolis - Francetvinfo - Madagascar, terre fertile pour l'islam radical
La presse malgache tire la sonnette d’alarme. Elle dénonce le péril islamiste qui guetterait Madagascar, la Grande Ile de l’océan Indien, à la suite de l’arrivée massive d’imams étrangers dans le pays où fleurissent les écoles coraniques. Géopolis a recueilli le témoignage de Luc Raoeliariseheno, directeur de publication du Groupe MATV.

- 27 09 16 - Le Monde Afrique - Laurence Caramel - Trafic de bois de rose : ultime avertissement pour Madagascar
Acculé par la Cites, Madagascar va enfin témoigner au procès de Singapour.
Pour convaincre la Cites de ne pas prendre de sanctions, Johanita Ndahimananjara a dû promettre que la Grande île témoignera au procès relatif à l’importation de bois de rose à Singapour en février 2014, après plusieurs mois de refus. La ministre de l’environnement n’a pu que reconnaître l’illégalité de la cargaison de bois de rose saisis à Singapour. « Cette cargaison était bien illégale », a-t-elle indiqué au Monde Afrique. En témoignant dans l’affaire Singapour, dont le procès en appel devrait se tenir dans les prochaines semaines, le gouvernement risque de faire tomber bien des têtes, notamment celles de ses anciens membres qui étaient en fonction au moment du départ de la cargaison. Celles de ceux qui, quelques mois plus tard, avaient authentifié les documents ayant permis la sortie de la cargaison du port de Toamasina ne devraient pas non plus être épargnées. Des révélations qui risquent de déclencher une énième crise politique. « Durant ces trois mois de sursis, le gouvernement doit encore ‘apporter des gages tangibles de son action contre le trafic de bois de rose’. Poursuites, arrestations, mais aussi témoignage dans l’affaire Singapour en font clairement partie. Il reste à savoir si les engagements malgaches sont sincères ou s’il ne s’agit que de gesticulations destinées à calmer temporairement la Cites et les défenseurs des ressources naturelles », conclut L’Express.

- 27 09 16 - L'Express - Opinions - Sylvain Ranjalahy - Eta..stase
Trois mois de sursis pour le gouvernement pour qu’il prenne des mesures concrètes contre le trafic de bois précieux avant que la sanction de la Cites ne tombe, un nouvel incendie dramatique à Ankasina quelques mois après le dernier faute d’avoir pris des décisions adéquates, interdiction d’une manifestation autorisée de l’opposition, arrestation de leaders du mouvement des paysans contre l’envahissement des Chinois… Chaque jour la faillite de l’État se découvre au grand jour et apparaît dans tous les domaines à l’image d’un cancer dans son stade final qui abîme tous les organes et appareils.

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  23 09 16 - SeFaFi - Le pays vit sous le joug d'un présidentialisme fort et anticonstitutionnel
Dans un communiqué destiné à dresser un bilan à mi-mandat, le SeFaFi dénonce un présidentialisme fort
qui va à l’encontre de la Constitution et favorise l’instabilité. Prenant l’exemple de la loi sur le partenariat public-privé (3P) l’Observatoire soutient qu’elle « contourne les dispositions des règles de passation des marchés publics et ne fait que renforcer la concentration des pouvoirs au niveau de la présidence. (…) Le président de la République s’ingère dans tous les secteurs, faisant fi des attributions des départements ministériels et des procédures, s’arrogeant le droit de déterminer seul les priorités, aux dépens de la population et de l’économie. (…) Tout se décide en haut lieu et le plus souvent par une seule personne, avec un semblant de dialogue et de concertation ». Les institutions parlementaires, l’Assemblée nationale, surtout, « se détournent de leurs véritables missions ».et ne jouent pas le rôle de contre-pouvoir. Le SeFaFi souligne que le nouveau code de la communication, « ne sera plus en mesure d’informer le public, notamment (…) sur les dérives ou les malversations ». En matière de diplomatie, l’absence de nomination des ambassadeurs et les incessants déplacements du chef de l’État amènent l’entité civile à soutenir qu’il y a « une tendance troublante à la centralisation extrême de la diplomatie au niveau du seul président de la République ». Une situation qui, selon l’organisation, « divise au sein même du gouvernement et ouvre un peu plus la brèche aux pseudos opposants, avides de pouvoir, qui parlent non pas au nom de l’intérêt général, mais pour assurer leurs arrières ou préparer leur avenir politique ». Le bilan de la première moitié du quinquennat est donc jugé négatif. La situation socio-économique continue à se dégrader, avec, entre autres, la chute du pouvoir d’achat et la croissance des inégalités. La rareté des investissements, tant publics que privés, est aussi mise en exergue. « Les seuls investissements publics d’envergure concernent le Sommet de la francophonie et sont concentrés dans la partie nord de la capitale. Les autres régions n’en tirent aucun avantage », vilipende le SeFaFi. Pour finir de mettre le pouvoir face à ses responsabilités, l’entité civile soulève les éternelles problématiques de l’insécurité physique, alimentaire et judiciaires dont souffre la population, ainsi que la corruption généralisée.

- 19 09 16 - L'Express - Opinions - Sommet de la bassesse
À J-70 du 26e sommet de la Francophonie que Madagascar tient, coûte que coûte, à abriter, tout reste opaque. Aucun signe positif ne permet d’être rassuré qu’on tiendra ce pari fou. Le doute est de plus en plus permis quant à la possibilité de finir les infrastructures à temps.
Interviewé par plusieurs médias français à l’occasion de son déplacement à Paris, Hery Rajaonarimampianina s’est montré évasif sur le coût et les retombées du Sommet de la Francophonie
. Depuis le lancement des différents projets et chantiers, la question du budget a toujours constitué un tabou. Le flou est entretenu entre ce qui relève de la préparation du Sommet proprement dit et les « grands projets présidentiels ». Impossible d’obtenir un chiffrage distinct, tant les financements sont imbriqués. Le pouvoir a tout intérêt à entretenir cette confusion pour ne pas exacerber le rejet de cette manifestation par une population dont l’immense majorité lutte pour la survie, estiment les médias. En matière de retombées financières, la publication de données trop précises pourrait faire apparaître que celles-ci profitent majoritairement aux opérateurs partageant la ligne politique du pouvoir. L’afflux de visiteurs devrait certes booster les chiffres d’affaires du secteur hôtelier et touristique mais le retour global sur investissement ne semble pourtant pas garanti, juge L’Express.

- 10 09 16 - L'Express - Opinions - Petits yeux voient loin, grands yeux voient rien
Le contexte se prête à certaines réflexions sur les relations entre la Chine et Madagascar, pour ne citer que l'affaire de l'entrepse minière chinoise jugée indésirable par une partie de la population de Soamahamanina. Des relations qui ne datent pas des dernières décennies. L’histoire de notre pays, son évolution, ont été indirectement liées à celle de la Chine. Mais ce que notre pays représente pour ce mastodonte est une autre question car la réciprocité n’est pas toujours vraie. Que signifie la présence de la Chine pour Madagascar ? Que veut faire la Chine à Madagascar ? Et plus précisément : Qu’est-ce que la Chine veut faire de Madagascar ? La Chine peut, si elle veut, quand elle veut. Le jour où Madagascar aura le culot et la force de définir avec la Chine une vraie stratégie de collaboration et de partenariat, la vraie relation gagnant-gagnant pourra commencer.

 

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31 août 2016

REVUE DE PRESSE - AOUT 2016

La tension politique est demeurée très vive durant toute la période. Les mesures exceptionnelles de sécurité mises en place pour la tenue de la session de l’Assemblée parlementaires francophones ont été maintenues « en raison de la conjoncture politico-sociale et la situation sécuritaire dans le pays ». L’attentat de Mahamasina le 26 juin et l’attaque meurtrière de dahalo, à Beroroha, qui a fait 31 morts, ont provoqué un électrochoc. Les services de renseignement seraient convaincus que des actions sont en préparation pour compromettre la tenue du Sommet de la Francophonie. Plusieurs groupements politiques ont réclamé la démission du chef de l’Etat, la suspension de la Constitution et la refondation de l’Etat. Pour le Groupe des experts nationaux (GEN), « Madagascar est un Etat de non-droit ». « La situation est de plus en plus intenable pour la population qui semble sur les nerfs. Le moindre accrochage tend à virer à un drame sociétal », titre L’Express, qui observe  la profusion d’initiatives affirmant détenir des solutions aux maux de la nation. La commission épiscopale « Justice et Paix » elle-même s’est prononcé en faveur de l’organisation d’une table ronde nationale. Des syndicalistes ont préconisé la mise en place d’une « Convention du 31 octobre 1991 bis », structure étatique de Transition dirigée à l’époque par Albert Zafy. Marc Ravalomanana, pour sa part, a pris soin de ménager le pouvoir en place, appelant au respect des échéances électorales auxquelles il se prépare activement. L’ancien président de la Transition, Andry Rajoelina, continue à se montrer très discret mais il ne fait aucun doute qu’il se prépare, depuis la résidence française, à affronter la future compétition. Un face à face en préparation qui rendrait perplexe des membres de la communauté internationale.

La tension a atteint son paroxysme avec l’annonce, par une association dénommée AFP, de tenir une manifestation sur la place du 13-Mai sans avoir au préalable demandé d’autorisation. Les forces de l’ordre ont fait savoir immédiatement qu’elles s’opposeraient par tous moyens à cet appel à manifester. Les éléments de l’Emmo/Reg ont déployé un imposant dispositif, ne laissant aucune chance aux contestataires d’investir les lieux. Les leaders ne sont pas parvenus à mobiliser et ont évité eux-mêmes d’apparaître en première ligne. Le domicile de l’un d’entre eux a été perquisitionné.

nm 30 08Après l’échec du mouvement AFP, soutenu par le DPF, le mouvement « Mitsangàna ry Malagasy » (MRM), créé il y a deux mois par d'anciens ministres de la Transition, dont Jean Omer Beriziky, ancien premier ministre, est parvenu à réunir plus de mille participants dans une enceinte close. La plateforme compte désormais cinq groupes parlementaires d'opposition (dont le Mapar d'Andry Rajoelina). « Président Rajaonarimampianina, dégage ! », c'est avec ce slogan que le meeting s'est clôturé. Hajo Andrianainarivelo, président du MMM, l’un des fondateurs, déclare : « Ce mouvement est un complément à l'Assemblée nationale, qui n'assume plus son rôle. Nous avons décidé de nous ouvrir aux autres entités en dehors de l'Assemblée et d'appeler le peuple à se lever ». « Nous demandons aujourd’hui des élections anticipées », ajoute Jean-Omer Beriziky. Le MRM annonce l’amplification de son action. RFI note cependant que la faiblesse du mouvement est de compter en son sein sept ex-candidats à la présidentielle, ce qui ne manquera pas de poser un problème de leadership…

Le SeFaFi a publié un nouveau communiqué très remarqué, titré « Le pouvoir, au service de qui ? ». Il estime que face à la gravité de la situation, la solution n'est pas de revenir à une nouvelle transition ni de convoquer une nouvelle concertation nationale comme le suggèrent certains politiciens. Il souligne en revanche l'importance de faire le point sur la première moitié du mandat présidentiel ainsi que l'urgence de mettre en place la HCJ, le tribunal en charge de bois précieux, et un tribunal anti-corruption impartial, aux membres indépendants et totalement libres de mener leurs investigations.

nm 23 08 16Le synode de l’Eglise réformée FJKM, qui se tient tous les 4 ans, a constitué un enjeu majeur pour les politiques dans la perceptive de la présidentielle de 2018. Le renouvellement de l’équipe dirigeante a donné lieu à un important lobbying, tant de la part du chef de l’Etat, membre de cette Eglise, que des partisans de Marc Ravalomanana, vice-président laïc, que le règlement n’autorisait pas à postuler pour un 3ème mandat. Le synode s’est ouvert par un culte au cours duquel Hery Rajaonarimampianina est intervenu pour justifier l’existence de liens étroits entre l’Eglise et l’Etat.« Les politiques se mêlent ouvertement de la chose religieuse, faisant fi à la laïcité de l’Etat garantie par la Constitution, a déploré Tribune. Contre toute attente, les craintes d’une mainmise des proches de Marc Ravalomanana ou de ceux du président de la République sur les élections ne se sont pas vérifiées, le spirituel a primé sur les calculs politiques et il a été mis fin au règne sans partage du pasteur Lala Rasendrahasina et de Marc Ravalomanana. L’ancien président est toutefois parvenu à se faire élire co-président du comité de célébration du 50ème anniversaire de la FJKM, qui aura lieu en 2018. Se plaçant dans les pas de la Conférence épiscopale, le synode a affirmé sa détermination à lutter contre la corruption et la recrudescence de l’insécurité.

La Conférence épiscopale catholique a publié un communiqué critiquant très sévèrement la classe politique, dirigeants comme opposants. « Madagascar est malade. Il y a même ceux qui affirment que la nation agonise », a soutenu son président, Mgr Fulgence Rabemahafaly. La Gazette note que les relations de l’Eglise catholique avec le pouvoir se sont fortement détériorées depuis la prise de fonction du nouveau président. Des observateurs s’étonnent du silence observé par le FJKM concernant la vie politique et sociale, laissant l’Eglise catholique mener seule la contestation d’un pouvoir qui s’efforce de trouver des appuis au sein des Eglises protestantes.

Iles Eparses : une commission franco-malgache sera créée pour mettre en œuvre les résolutions des Nations unies de 1979, selon la ministre des affaires étrangères. Un dossier concernant la restitution de ces îles sera remis à l’ONU en octobre, à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle.

L’ambassadeur de Turquie a accusé deux entités turques installées dans la capitale de fonctionner sur des financements occultes et d’être des centres de formation de terroristes. Ces établissements auraient en fait des liens avec l’organisation de Fethullah Gulen suspectée d’être à l’origine de la tentative de coup d’Etat du15 juillet. La ministre des affaires étrangères a vivement réagi à ces accusations mais les autorités semblent s’être pliées aux injonctions de la Turquie en confiant au SAMIFIN et à la gendarmerie une enquête sur six ressortissants turcs.

L’association des « Îles Vanille », à laquelle adhère Madagascar, a décidé l’expulsion des Maldives pour « islamisme ». Entrées en 2013 au sein de l’association, les Maldives ont été exclues à « l’unanimité » lors d’une réunion de son bureau.

Les organisations de la société civile se regroupent et s’organisent. Le mouvement « Rohy », fort d’une centaine de membres, entend œuvrer notamment dans la lutte contre la corruption, le respect de l’Etat de droit, la défense de l’environnement et la gestion durable des ressources, la promotion des droits humains.

L’ambassadeur des Etats-Unis met à nouveau l’accent sur le respect des droits de l’homme. « La promotion des  droits  de l’homme est au cœur de ma mission à Madagascar », a-t-il déclaré.

nm 18 08 16Joaquim Chissano a effectué une mission à Madagascar « pour s’enquérir de la situation politico-économique ». Médiateur de la crise malgache au nom de la SADC était de retour dans la Grande île pour la première fois depuis trois ans, avec le titre « d’envoyé spécial de la SADC ». Conscient du risque de retour d’une crise institutionnelle, il s’est fait le défenseur du dialogue et de la stabilité. Les dispositions de la feuille de route qui n’ont pas encore été mises en œuvre ont fait l’objet d’échanges avec ses interlocuteurs, parmi lesquels Marc Ravalomanana et les Eglises du FFKM. Nombre d’observateurs se sont interrogés sur les motivations réelles de cette visite inattendue. Joaquim Chissano devrait présenter son rapport de mission au Sommet de la SADC qui se tient au Swaziland. La réconciliation nationale et l’indemnisation des victimes de la crise figurent parmi les points de la feuille de route qui n’ont pas trouvé leur aboutissement. Marc Ravalomanana pourrait profiter de ce Sommet pour marquer son retour sur devant de la scène africaine en vue de la présidentielle de 2018.

Les préparatifs du Sommet de la Francophonie du mois de novembre soulèvent toujours autant d’interrogations. Des travaux phare qui avaient été annoncés ont pris du retard et pour certains ne seront pas achevés dans les délais. Certains proches du pouvoir s’activent pour bénéficier des retombées financières de cette manifestation.

Les médias se font toujours l’écho d’attaques violentes de villages par des bandes armées et de vols massifs de bovidés. L’insécurité n’est pas l’exclusivité du monde rural : la capitale est touchée, ainsi que plusieurs grandes villes, comme Toamasina et Antsiranana. Cette dernière est victime d’un phénomène préoccupant de délinquance juvénile. Les grands axes routiers sont la cible de « coupeurs de route » qui dévalisent des taxi-brousse. Certains établissent un lien entre la recrudescence de l’insécurité et les phases de tension sociale et politique comme celle que connaît actuellement le pays. Le Kung-fu, dont l’action s’est trouvée mêlée à l’histoire de la Grande île depuis  l’époque de Didier Ratsiraka, relance son recrutement, organise un grand rassemblement national et s’engage à soutenir le régime dans la lutte contre l’insécurité. Une « épidémie » de vols de cloches d’églises, accompagnée parfois d’actions violentes, se repend en diverses régions. Selon plusieurs sources, Madagascar pourrait ne pas être à l’abri de visées terroristes. L’islamisme radical aurait pu profiter des défaillances de l’Etat pour s’implanter discrètement dans certaines régions. Tombé dans un guet-apens tendu par un gang armé, un jeune Karana a été abattu dans un quartier de la capitale. Un opérateur mauricien a été kidnappé par un gang qui a obtenu le versement d’une importante rançon. Des actes de vindicte populaire sont encore signalés. Plus de 220 individus ont été arrêtés dans le cadre des opérations d'assainissement de la filière vanille menée dans la région Sava durant le deuxième trimestre de 2016, période au cours de laquelle de nombreux collecteurs ont été agressés. Deux jeunes bénévoles Français ont été tués à Sainte-Marie. Ils étaient éco-volontaires d’une association malgache. En 2015, six Français ont été tués sur l'île, un chiffre auquel il faut ajouter les six décès survenus depuis janvier. Neuf suspects ont été placés en garde à vue, dont un ressortissant français.

Cinq personnes inculpées d’envoi clandestin de travailleurs migrants au Koweït ont été placées sous mandat de dépôt. Le responsable du réseau est en fuite. Des membres du réseau ont avoué avoir déjà envoyé cette année seize Malgaches au Koweït. Une centaine de demandes figureraient dans leur liste d’attente.

Une vedette appartenant à une organisation environnementale a été interceptée par la brigade nautique de Mayotte. À son bord, 19 personnes dont six Malgaches et six Africains en situation irrégulière. Il s’agit de la 3ème tentative répertoriée en l’espace de 4 mois.

Les prisons malgaches enregistrent une cinquantaine de décès par an, en raison notamment de la malnutrition qui touche un détenu sur deux. Un  programme d'urgence alimentaire du CICR prend en charge 4 000 prisonniers et bénéficie à  près de la moitié des 42 établissements pénitentiaires malgaches qui comptent 22 000 détenus. Le budget de l'administration pénitentiaire a diminué d'environ 70 % depuis 2009.

Des policiers ont menacé des plaignants devant le tribunal d’Antananarivo après inculpation d’un des leurs, incarcéré. Le prévenu est un agent du service antigang (SAG), inculpé d’association de malfaiteurs, acte de banditisme, détention de munitions et d’effets militaires. Un policier de l’Unité d’Intervention Rapide de la police nationale a quant à lui été traduit devant le parquet pour une tentative d’attaque armée qui a tourné court.

Les tests de présélection pour le concours des douanes ont été annulés et reportés. Des problèmes techniques ont été rencontrés et les tests proposés ne répondent pas aux normes exigées en matière de transparence et de rigueur, en dépit d’une convention passée avec le Bianco. Quelques 15 000 candidats postulent pour 240 postes d’agents d’encadrement, de contrôleurs et d’inspecteurs des douanes.

Trois inspecteurs généraux d’État accusés de non-respect des règles déontologiques convoqués en conseil de discipline. Il leur serait reproché d’avoir publié dans la presse d’opposition un rapport « extrêmement », sensible qui accable de manière nominative Olivier Mahafaly, ministre de l’intérieur de l’époque et Claudine Razaimamonjy, femme d’affaires réputée proche de la présidence de la République.

Quatorze inculpés à Toamasina pour fraude douanière. La branche locale du Bianco a présenté devant le procureur du tribunal de première instance un dossier concernant une affaire de « fraudes douanières avec corruption impliquant des sociétés privées ainsi que des agents de l’administration de Toamasina ».

Le ministère de l’éducation à la 3ème place des secteurs les plus corrompus, selon un rapport du Bianco. L’intégration de la lutte contre la corruption dans les programme scolaires  fait partie des mesures envisagées. Le détournement des kits scolaires et le recrutement des enseignants Fram sont les formes de corruption le plus souvent citées, ainsi que la fraude aux examens. RFI rappelle que Madagascar est parmi les pays les plus corrompus au monde : 123ème sur 168, selon Transparency international.

Le ministère des finances et du budget a débusqué en son sein 1 083 fonctionnaires fantômes de janvier à mai 2016. Une opération portant sur les pensionnés de ce département ministériel avait déjà permis de débusquer 6 000 retraités fantômes.

« La lutte contre le blanchiment d’argent, dans sa version actuelle, n’est pas efficace », déplore le DG du SAMIFIN. Ceci en raison du manque de coordination et de coopération entre les différentes entités concernées mais aussi en raison de l’insuffisance des textes. Le système judiciaire est particulièrement pointé du doigt. Les signalements qui lui sont adressés par les banques et établissements financiers ne sont jamais suivis d’effet. Une nouvelle stratégie de lutte contre le blanchiment d’argent est en préparation. La menace terroriste rend cette mise à plat urgente et incontournable.

Transparency International Madagascar (TI-M) accompagne la commission gouvernance du collectif de la société civile Rohy dans sa lutte anti-corruption. Selon le directeur exécutif de TI-IM, « le blocage principal dans la lutte anti-corruption reste toujours le manque de volonté politique. On constate de plus en plus que la lutte anti-corruption est fortement présente dans tous les discours mais concrètement il est très difficile de voir des avancées ».

Le comité d’experts en charge de l’élaboration des textes sur la réconciliation nationale suggère la tenue d’une session extraordinaire du Parlement. Deux textes concernant la suite du processus ont été présentés devant les deux Chambres durant la session extraordinaire du 5 au 16 juillet mais leur adoption a été ajournée, tout particulièrement à la demande les partisans de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina, qui suspectent le pouvoir de vouloir faire obstacle à leur candidature à la présidentielle de 2018. Les membres du mouvement Rohy renouvellent leurs craintes quant au projet de loi portant création d’une cour spéciale en matière de délinquance économique, financière et fiscale, préparé par la présidence et dont la discussion a été différée. Ils estiment que ce projet de loi pourrait provoquer une nouvelle crise politique.

La HCC juge anticonstitutionnelles certaines dispositions de la loi sur le Haut conseil de la défense nationale (HCDN) qui prévoient une composition « exclusivement » militaire de l’institution, ne prenant en considération que la dimension militaire de la défense nationale. Le texte initial sur le HCDN aurait prévu une ouverture de l’institution à d’autres acteurs mais l’armée aurait obtenu son verrouillage, allant jusqu’à en exclure la police nationale.

La HCC juge non-conforme à la Constitution un article de la loi sur la lutte contre la corruption, pour non-respect du principe de présomption d’innocence. L’article litigieux stipule en effet que « tout agent public (…), doit être suspendu de ses fonctions ou de son mandat jusqu’à une décision définitive de justice, nonobstant le principe de présomption d’innocence. (…) Toute personne bénéficiant d’une relaxe ou d’un acquittement au bénéfice du doute dans une décision définitive de justice ne doit plus être nommée à un poste de responsabilité ».

La HCC a lancé un rappel à l’ordre à l’endroit des membres des institutions de l’Etat qui n’ont pas encore effectué leur déclaration annuelle de patrimoine. La Cour publie une nouvelle fois les noms de ceux qui ne s’y sont pas encore conformés mais déplore qu’aucune disposition ne rende possible la prise de mesures coercitives à l’encontre des récalcitrants. Il convient en outre de rappeler que la déclaration ne fait l’objet d’un examen qu’en cas de suspicion de malversations.

Des enfants victimes de harcèlement et d’exploitation sexuelle sur les réseaux sociaux. La recrudescence du phénomène a conduit le groupe de télécom Telma, sous l’égide de l’Unicef, à organiser une journée dédiée à la protection des enfants sur le Net. 170 officiers de police judiciaire ont été formés sur le cadre légal de la cybercriminalité et sur les techniques d’investigation numérique.

Lutte contre la prolifération des instituts privés de formation de paramédicaux : le ministère de l’enseignement supérieur met en place un examen national pour l’obtention de la licence en « sciences de la santé ». Les instituts privés non agréés qui n’ont cessé de proliférer ces dernières années n’auront plus le droit de délivrer de diplômes « maison » dès la fin de cette année universitaire. Cinq instituts privés de formation de paramédicaux dépourvus d’habilitation auraient été récemment suspendus.

Le président du Sempama (Syndicat des enseignants) menace de ne pas assurer la rentrée scolaire et de décréter une « année blanche » si le gouvernement ne satisfait pas rapidement ses revendications.

Rentrée scolaire : la gratuité de l’éducation reste un défi. Les recrutements massifs d’enseignants fonctionnaires des trois dernières années n’ont pas suffi à alléger la charge des parents d’élèves des écoles publiques. La plupart d’entre eux devront encore payer une somme importante pour prendre en charge les salaires des enseignants communautaires qui assureront l’éducation de leurs enfants.

Planification familiale (PF) : l’objectif est de faire progresser le taux de prévalence contraceptive de 35 à 50 % d’ici 2020. 18 % des femmes se marient avant d’avoir 18 ans et la majorité donne naissance avant l’âge de 20 ans. L’augmentation de l’accessibilité des jeunes au service de PF constitue donc l’une des priorités. L’utilisation de la contraception devrait réduire également le taux de mortalité maternelle de 478 à 300 pour 100.000.

A Madagascar, 7 femmes sur 10 pensent que l’homme a le droit d’exercer une violence quelconque dans son foyer, en tant que chef de famille, selon une enquête conduite par une ONG financée par l’UE.

POV 26 08La HCC déclare que le code de la communication est conforme à la Constitution. Seul un article a été retoqué par la HCC qui, dans sa décision, demande au législateur de « préciser » les éventuelles « conditions à l'exercice du droit à la liberté d'information ». La HCC indique qu’un autre article doit être mis en conformité avec la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et les pratiques et instruments internationaux des droits de l’homme. La HCC décide en outre que la loi, tant décriée, modifiant et complétant certaines dispositions de la loi de 2014 sur la lutte contre la cybercriminalité, est déclarée conforme à la Constitution. Ces annonces ont fait l’effet d’une bombe dans les milieux journalistiques qui avaient placé tous leurs espoirs dans la possibilité pour la HCC d’ordonner une nouvelle délibération du Parlement. Plus de 200 journalistes ont signé une déclaration dans laquelle ils expriment leur mécontentement. Une partie des journalistes, membres du « Mouvement pour la liberté d’expression », placent le combat sur le terrain politique et viennent grossir les rangs d’une opposition qui cherche à écourter le mandat du président de la République. L’ambassade des Etats-Unis souhaite qu’un dialogue franc et ouvert puisse s’instaurer entre les professionnels des médias et le pouvoir. Hery Rajaonarimampianina a confirmé que la loi sera promulguée mais il a proposé aux journalistes la mise en place d’un espace de concertation entre les acteurs, afin de débattre des considérants avancés par la HCC dans sa décision et des amendements proposés par les professionnels des médias. Le « Mouvement pour la liberté d’expression » annonce qu’il ne participera pas à la mise en place de l’espace de concertation proposé.

RSF a publié un communiqué pour dénoncer un abus de pouvoir commis par les autorités communales d’Ilakaka qui ont privée d’électricité la radio locale Jupiter, « dont le ton est jugé trop indépendant des pouvoirs économiques et politiques en place ».

Le gouvernement a suspendu le projet d’exploitation aurifère de la société chinoise à Soamahamanina. Dans un communiqué, le Collectif Tany a contesté la délivrance du permis environnemental par l’Office National pour l’Environnement. La tension est demeurée très vive sur le site où les propriétaires de terrains qui ont signé des baux avec la société chinoise réclament la reprise des travaux. Jiuxing Mines se dit victime collatérale d’une guerre politique entre le régime et l’opposition. Une médiation engagée par le gouvernement semble néanmoins pouvoir déboucher sur un compromis avec les exploitants. Une affaire similaire a vu le jour à proximité de Mananjary : la population exige de départ d’un exploitant chinois accusé d’atteinte à l’environnement. Les autorités du district ont décidé la suspension des activités engagées sans autorisation et la saisie du matériel.
La Gazette condamne la « permissivité administrative » qui permet à des « exploiteurs prédateurs étrangers » de s’installer où bon leur semble, sans concertation avec les communautés locales et aux mépris de leurs coutumes.

« L’exploitation des terres rares à Ampasindava est un piège dangereux pour Madagascar », écrivent dans un communiqué le CRAAD-OI et le Collectif Tany. Madagascar fait partie des pays cibles pour les terres rares. Le projet d’exploitation est situé sur la péninsule d’Ampasindava (régions Diana et Sofia) où Tantalus Rare Earth Malagasy dispose d’une concession de 300 km2. Les signataires, après avoir présenté de manière détaillée les risques encourus, plaide pour l’application stricte du principe de précaution.

Les agents de douanes de l’aéroport d’Ivato ont déjoué une nouvelle tentative de trafic d’or. Un ressortissant étranger en partance pour les Seychelles cachait un bracelet de 240 grammes dans un mouchoir.

Présentés devant le parquet pour trafic de tortues, quatre suspects ont été arrêtés à Toliara. Parmi eux figurent le conseiller technique d’un député, ainsi que l’époux d’une commissaire de police. L’Alliance Voary Gasy (AVG) révèle que des trafiquants chinois de tortues en provenance de Madagascar ont été sanctionnés par un tribunal de Guangzhou.

L’exploitation sauvage du corail sur le littoral de Toamasina monte en flèche, boostée par la hausse effrénée de la demande. Une pratique qui se répercute sur l’environnement marin. Des saisies ont été opérées.

Les importateurs de bois de rose de Singapour, Wong Wee Keong et la société qu’il dirige, Kong Hoo Ltd, ont été acquittés par le tribunal de la cité-Etat. Les autorités malgaches n’ayant pas confirmé l’authenticité de la lettre envoyée par l’ancien premier ministre Jean Ravelonarivo attestant de  l’illégalité de l’exportation et n’ayant pas souhaité témoigner au procès, les importateurs ont pu tirer leur épingle du jeu. L’Alliance Voary Gasy (AVG) annonce qu’elle va démontrer par tous moyens, avant que la Cour suprême de Singapour ne rende un arrêt non-susceptible de recours, que cette exportation revêtait un caractère illicite.

Le secrétariat de la CITES n’est pas satisfait du rapport qui lui a été soumis par Madagascar début juillet. Il recommande au Comité permanent qui se réunira en septembre de sanctionner la Grande île. Un embargo sur toutes les espèces inscrites aux annexes de la CITES sera demandé jusqu’à ce que toutes les conditions posées soient satisfaites. Parmi celles-ci figure la nécessité de procéder à l’inventaire et à l’audit d’au moins du tiers des stocks de bois précieux. Pour l’heure, ce ne sont que près de 29 000 rondins saisis et confisqués qui ont été inventoriés tandis que l’inventaire des 300 000 rondins déclarés par les opérateurs n’a toujours pas eu lieu. Madagascar doit également prouver que des actions concrètes ont été réalisées dans la répression de l’exploitation illicite et du commerce illégal de bois précieux. Le décret d’application de la loi portant création de la chaîne spéciale contre le trafic de bois de rose n’a toujours pas été mis en application. Depuis le début du scandale du bois de rose, vers 2008, aucun baron du bois de rose n’a jamais été traduit devant la justice. Des exportations illicites auraient encore été signalées sur le littoral nord-est, « sous la protection d’un sénateur de la région », écrit La Gazette. Selon le SAMIFIN, le trafic de bois de rose dissimulerait d’importantes affaires de blanchiment d’argent dans la filière vanille, particulièrement lucrative.

Des espèces protégées, particulièrement le palissandre, font l’objet de trafic dans le corridor d’Ankeniheny-Zahamena, l’un des plus grands vestiges de forêt humide sempervirente de l’Est. Le corridor est menacé par une exploitation sauvage que les communautés locales, objets de menaces, ne parviennent pas à éradiquer.

La mise en place des zones d’investissement agricole (ZIA) dans le Vakinankaratra mise en cause par le CRAAD-OI et le Collectif Tany. Les habitants de plusieurs communes ont été priés de se préparer à quitter les lieux alors que les promoteurs du projet s’étaient engagés à ne procéder à aucune expulsion. Les paysans n’ont pas été informés de la possibilité pour leurs associations de participer aux investissements dans le cadre de ces ZIA.

Madagascar est en tête des 5 pays africains qui ont cédé le plus leurs terres agricoles aux investisseurs étrangers depuis 2000, selon Thinking Africa, avec plus de 3,7 millions d’hectares.

La sous-secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires affirme que le Sud-Est est menacé par une grave crise humanitaire. L’insécurité alimentaire qui le frappe est imputable, selon ses dires, à la marginalisation de cette région par les pouvoirs successifs depuis des décennies ainsi qu’au manque chronique d’investissements publics dans ces régions éloignées de la capitale et difficiles d’accès. Le PAM a reçu au port d’Ehoala une première cargaison de 1 000 tonnes d’aide alimentaire fournie par l’USAID, en appui à ses opérations d’urgence dans le Sud. En visite à Madagascar, le directeur général de la FAO a lancé lui aussi un message d'alerte sur le risque de famine dans le Sud.

Prévu sur la période 2017-2022, le Programme régional de sécurité alimentaire et nutritionnelle officiellement lancé fin août avec 116 millions d’euros pour démarrer, fournis par la COI et la FAO. Il vise à améliorer la productivité malgache, la compétitivité et le commerce inter-îles des produits agricoles d’intérêt communautaire. Le programme a pour ambition notamment de faire de la Grande île le grenier à riz de l'océan Indien, un projet controversé par la société civile

Le C.A. du FMI a approuvé l’attribution à Madagascar de la « Facilité Élargie de Crédit ». L’accord porte sur une durée de 40 mois, pour un montant de 305 millions de dollars Il s’agit d’une contribution destinée au « renforcement de la stabilité macroéconomique et à la promotion d’une croissance durable et inclusive ». La décision ouvre la voie au décaissement immédiat de 43,5 millions de dollars. Le montant résiduel sera mis à disposition en plusieurs tranches sur la durée du programme, sous réserve de la réalisation de revues semestrielles. Le 1er suivi-évaluation est annoncé pour début septembre.

Lutte contre le blanchiment de capitaux : le SAMIFIN intègre le réseau régional du COMESA. Madagascar devrait être admis dans le Groupe anti-blanchiment de l’Afrique Orientale et Australe (GABAOA) d’ici quelques semaines. Un appui sera apporté au SAMIFIN pour améliorer la qualité et la rapidité de l’analyse des transactions suspectes.

L’ouverture du ciel malgache aux compagnies privées étrangères se poursuit. Les connexions avec le continent africain, l’océan Indien et l’Asie de développent. Le ministre du tourisme et des transports annonce qu'il défendra le projet de privatisation d’Air Madagascar. L’État demeurera actionnaire minoritaire. L'appel d'offre relatif à ce projet sera lancé avant la fin de l'année.

Indice mondial de compétitivité : Madagascar au 130ème rang sur 144 pays classés, selon la dernière édition (2015/2016) du rapport mondial sur la compétitivité du Forum économique mondial. A l’échelle africaine, le pays se situe à la 30ème place.

Le groupe Turc Aksa va construire une centrale thermique d’une capacité de 120 MW alors que la production actuelle de Madagascar est de 350 MW. L’électricité produite sera cédée à la Jirama sur une période de 20 ans. Le gouvernement a attribué par ailleurs la construction d’une centrale hydraulique à la société française Eiffage. Le projet situé sur le fleuve Onivé est destinée à résoudre les problèmes d’alimentation en énergie électrique d’Antananarivo. La centrale pourrait fournir jusqu’à 300 MW d’hydroélectricité, voire 600 MW sous certaines conditions. « Le gouvernement s’engage à l’utilisation de ces sources d’énergie et de laisser petit à petit les centrales thermiques », annonce le ministre de tutelle. « La transition énergétique est en marche », affirme de son côté le chef de l’Etat. La centrale sera opérationnelle dans deux ans. Dans l’immédiat, l’État continue à subventionner la Jirama à hauteur de près de 100 millions de dollars pour 2016. En parallèle, les délestages se poursuivent alors que des hausses de tarifs se succèdent, en application des conditionnalités imposées par le FMI.

La Chine à la conquête de la Grande île. Une importante délégation a sillonné le nord du pays, en quête de projets dans de nombreux secteurs. 1 400 entreprises chinoises opèrent déjà dans la Grande île, notamment dans le commerce, les travaux publics et les mines. 30 000 touristes chinois sont attendus dès cette année, alors que le Madagascar ne parvient pas à retrouver ses marchés européens, perdus avec la crise politique de 2009 et le climat d’insécurité qui se développe depuis lors.

L’entreprise franche Floréal d’Ankorondrano a annoncé la mise en chômage technique de 1 300 personnes. Avec 3 000 employés et 3 usines, Floréal est l’un des acteurs majeurs du textile à Madagascar.

Madagascar se classe 135ème sur 148 pays dans le classement mondial 2015 relatif aux technologies de l’information et de la communication (Tics) mais gagne deux places. Le taux de pénétration de l’Internet reste très faible, à 4,6 %.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Tension politique
  • Relations Eglises-Etat-classe politique
  • Diplomatie, préparation du Sommet de la Francophonie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, risque terroriste, vindicte populaire, kidnappings
  • Traite des personnes, migrations clandestines
  • Prisons, justice, gouvernance
  • Réconciliation nationale
  • Haute Cour Constitutionnelle (HCC)
  • Droits de l’enfant, enseignement, santé publique, droit des femmes
  • Code de la communication, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, bois de rose, questions foncières
  • Sécurité alimentaire, calamités
  • Coopération, FMI
  • Vie déconomique

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29 août 2016

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2016

<>doc - Publication par le PNUD du « Rapport sur le développement humain en Afrique 2016 », intitulé « Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique ». Sur les 5 sous-régions, 17 pays ont atteint un niveau de développement humain moyen ou élevé, dont 6 pays en Afrique australe, 5 en Afrique du Nord, 3 en Afrique centrale, 2 en Afrique de l’Ouest et un en Afrique de l’Est. Madagascar figure parmi les pays à développement humain faible alors que « l’île sœur », Maurice, figure dans le groupe de tête. Les disparités entre les genres coûtent quelque 95 milliards de dollars US par an en moyenne à l’Afrique subsaharienne et ont culminé à 105 milliards de dollars de pertes en 2014 (soit 6 % du PIB régional), compromettant de ce fait les efforts du continent en faveur d’un développement humain et d’une croissance économique inclusifs, indique le rapport.
Le rapport du PNUD analyse les facteurs politiques, économiques et sociaux qui entravent la promotion de la femme en Afrique et propose des politiques et des mesures concrètes pour combler l’écart entre les genres. Il s’agit notamment de corriger la contradiction entre la législation et la pratique afin de passer d’une égalité des genres juridique à une égalité de fait, de rompre avec les normes sociales préjudiciables aux femmes et de transformer les cadres institutionnels discriminatoires, en vue de garantir la participation économique, sociale et politique des femmes.
D’après le rapport, une augmentation de 1 % de l’indice d’inégalité de genre contribuerait à réduire l’indice de développement humain (IDH) d’un pays de 0,75 %.
Le document contient un nombre important de données concernant Madagascar.
Accès au dossiercomplet au format PDF :
http://www.undp.org/content/undp/fr/home/librarypage/hdr/2016-africa-human-development-report.html

- 26 08 16 - CRAAD-OI & Collectif Tany - L'exploitation des terres rares est un piège dangereux
Madagascar fait partie des pays cibles pour les terres rares. Très peu de pays exploitent les gisements de ces 17 minerais stratégiques car les procédés d’extraction ont des effets désastreux pour l’environnement et la santé. C'est aussi une des raisons pour lesquelles la Chine, qui assurait encore récemment près de 95 % de la production mondiale, a décidé de réduire la production de terres rares sur son territoire. Des organisations de la société civile plaident pour qu'il n'y ait pas d'exploitation de terres rares à Madagascar, et alertent les responsables et les citoyens malgaches sur la base des résultats de recherches et de publications réalisées par des scientifiques, des ONG et des sociétés minières dans différents pays. À Madagascar, le projet d’exploitation est situé sur la péninsule d’Ampasindava (régions Diana et Sofia). La société Tantalus Rare Earth Malagasy (TREM) dispose d’une concession de 300 km2. Suite à la délivrance d’un permis de recherche en 2003, TREM s’est vu gratifié d’un permis environnemental pour la recherche dès les débuts de la Transition, en novembre 2009. Un permis d’exploitation obtenu en 2012 a fait l’objet de contestation auprès du Conseil des Nations unies aux droits de l’homme car il a été délivré par le régime un régime qui n’avait pas le droit de prendre des engagements à long terme.  Le permis d’exploration a été renouvelé en janvier 2015 pour 3 ans. La société a annoncé en février 2015 que des milliers de forages exploratoires effectués sur ont permis de découvrir que le gisement recèlerait 130 millions de tonnes d’argile latéritique contenant des oxydes de terres rares. « L’application du principe de précaution est d'une importance vitale, et aucun permis d’exploitation pilote ni permis environnemental ne doit être délivré pour ce projet de production de terres rares », conclut le communiqué après avoir présenté de manière détaillée les risques encourus.

<> 22 08 16 - SeFafi - Communiqué - Le pouvoir au service de qui ?
"Depuis 1960, Madagascar cherche son chemin. Tandis que d’autres pays, au profil comparable, accèdent à des niveaux de développement enviable, les conditions de vie dans la Grande Île ne cessent de se dégrader. Victime impuissante, la population n’a d’autre solution que de se révolter périodiquement contre une classe politique qui la paupérise et qui la méprise, sans jamais se remettre en question elle-même. Car ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui l’étaient déjà sous les régimes précédents, et ceux qui n’y sont plus ne songent qu’à reprendre leur place perdue…
Depuis 15 ans, l’Observatoire de la vie publique (SeFaFi) dénonce les dysfonctionnements et les aberrations de la gouvernance du pays. Mais les dirigeants successifs s’évertuent à ignorer les conseils et les mises en garde de la société civile. Au-delà des péripéties qui scandalisent les citoyens et ternissent l’image du pays au sein de la communauté internationale, la question demeure : pourquoi cet aveuglement et cette surdité des dirigeants successifs, et pourquoi leur incapacité à prendre la mesure du réel autant que les décisions qui s’imposent
?"

Le SeFaFi estime que face à la gravité de la situation, la solution n'est pas de revenir à une nouvelle transition ni de convoquer une nouvelle concertation nationale comme le suggèrent certains politiciens. Il souligne en revanche l'importance de faire le point sur la première moitié du mandat présidentiel ainsi que l'urgence de mettre en place la HCJ, le tribunal en charge de bois précieux, et un tribunal anti-corruption impartial, aux membres indépendants et totalement libres de mener leurs investigations.

<>
  13 08 16 - L'Express - Code de la communication - Gifle cinglante de la HCC aux journalistes
La HCC déclare que le code de la communication médiatisée est conforme à la Constitution
. Seul un article du texte a été retoqué par la HCC qui, dans sa décision, demande au législateur de « préciser » les éventuelles « conditions à l'exercice du droit à la liberté d'information ». La HCC indique que l’article 6 de la loi doit être mis en conformité à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et aux pratiques et instruments internationaux des droits de l’homme.  « Toutes les autres dispositions de la loi portant code de la communication médiatisée sont déclarées conformes à la Constitution et peuvent être promulguées », indique le texte publié. La HCC décide en outre que la loi modifiant et complétant certaines dispositions de la loi du 17 juillet 2014 sur la lutte contre la cybercriminalité est déclarée conforme à la Constitution. L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans les milieux journalistiques qui avaient placé tous leurs espoirs dans la possibilité pour la HCC d’ordonner une nouvelle délibération du Parlement ou du conseil des ministres. D’autres n’avaient pas hésité à soulever le passé professionnel du président de la HCC, Jean-Eric Rakotoarisoa, pour solliciter sa compréhension, voire sa sympathie.
La HCC « n'a tenu compte d'aucune de nos propositions concernant la nécessité de suivre les normes internationales », a déploré vendredi Lalatiana Rakotondrazafy, l'une des leaders de ce Mouvement pour la liberté d’expression.
Tribune écrit : « Il ne reste plus au chef de l’Etat que promulguer cette loi et la boucle est bouclée. La voie royale pour 2018 est ouverte, gare à ceux qui osent se mettre sur le chemin. Il sera ruiné et/ou emprisonné ! »

Voir aussi l'article de Midi : 13 08 16 - Midi - Code de la communication - La loi liberticide validée par la HCC

Le texte intégral des décisions de la HCC :
12 08 16 - HCC - Décision du 12 août 2016 relative à la loi portant Code de la communication médiatisée

12 28 16 - HCC - Décision du 12 août 2016 concernant la loi n° 2016 031 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi du 17 juillet 2014 sur la lutte contre la cybercriminalité

<>  13 08 16 - L'Express - Conférence épiscopale : "La nation est moribonde"
Les évêques catholiques estiment que le pays est en perdition. Les politiciens, dirigeants ou opposants, sont les coupables désignés
. En cause un cheminement qui tend à mener vers une rupture du lien social, à annihiler les valeurs et la culture malgache. Une situation favorisée par l’avidité, l’insécurité, la corruption, la mauvaise gouvernance politique et économique, la gabegie et, surtout, la pauvreté. « Madagascar est malade. Il y a même ceux qui affirment que la nation agonise », soutient le message, lu par son président, Mgr Fulgence Rabemahafaly, à la radio Don Bosco. « Cette situation chaotique est due aux pouvoirs successifs qui n’ont pas su tirer les leçons des maladresses de leurs prédécesseurs », affirme la Conférence, pointant du doigt le pouvoir en place qui, d’après elle, est incapable de proposer des solutions adéquates pour renverser la tendance délétère de la conjoncture. « Incompétents, inefficaces, enclins aux promesses creuses et aux mensonges, encourageant la violence », sont les mots utilisés par les évêques dans leur réprimande contre les gouvernants. Les failles dans l’éduction ont été particulièrement soulignées car, au même titre que la pauvreté, les évêques estiment que les lacunes et insuffisances dans ce domaine sont aussi l’une des causes du naufrage national. Outre l’insécurité chronique, le secteur de la santé (hôpitaux et les centres de santé) a également été fustigé : « au lieu d’être accueillis et traités comme des seigneurs, les malades sont refoulés », lancent-t-ils. La déclaration des évêques n’épargne pas non plus les opposants : « Leur objectif est de briguer le pouvoir, se partager des sièges et se remplir les poches. Souvent ce sont ceux qui ont tambouriné le changement qui, une fois, au pouvoir se taisent et ne font rien. Pour nous cela suffit. La gestion du pays ne se fait pas avec des palabres et nécessite un changement de comportement, une nouvelle vision et une culture politique animée par l’amour de la nation et une prise de responsabilité ». La Conférence épiscopale propose des solutions en sept points. Parmi elles, la prise de responsabilité des « nouvelles personnes vertueuses, conscientes qu’être au pouvoir c’est servir le pays et les citoyens, des personnes animées par le patriotisme, le souci de l’intérêt général, pour requinquer l’administration étatique et redonner de l’énergie à la population ». Outre le renouvellement de la classe politique et l’amélioration du système éducatif, les évêques recommandent aussi le respect par tous des lois et la responsabilisation, ainsi que l’implication du citoyen dans la vie étatique afin d’éviter que la population n’ait d’ultime recours que « la sédition », et pour qu’il s’imprègne progressivement de la culture de « l’alternance démocratique ».

Le texte intégral: 15 08 16 - Lakroa.mg - Message des évèques à la nation

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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19 juillet 2016

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2016 (du 1er au 19)

pov 06 07 16La commission épiscopale « Justice et paix » dresse un sombre tableau de la situation. Elle suggère la tenue d’une table ronde entre dirigeants et administrés afin d’éviter un embrasement. Faisant référence à des faits d’actualité, la commission s’alarme de la situation sécuritaire, des dysfonctionnements de la justice et de la mauvaise gouvernance. Les attentats et les actes de banditisme à répétition, les actes de vindicte populaire, la contestation d’exploitations minières, la corruption chronique au sein de l’administration, ainsi que les débats sur les libertés individuelles constituent pour elle autant de motifs d’inquiétude qui font craindre le pire.

La CENI se fixe pour objectif l’amélioration et l’harmonisation du cadre juridique des élections, en vue de la présidentielle de 2018. Une plateforme de concertation est mise en place, avec la participation d’un groupe d’experts. Les textes amendés devront être soumis au Parlement à la session d’octobre. Parmi les objectifs, atteindre le chiffre de 10 millions d’électeurs inscrits sur la liste, le déficit étant actuellement estimé à 1,4 million. Les élections provinciales et régionales, qui avaient été annoncées pour le mois de juin 2016, devront se tenir en 2017, a annoncé le premier ministre à l’occasion d’un nouveau « dialogue politique » avec l’UE.

Pour la première fois depuis son retour d’exil en octobre 2014, Marc Ravalomanana a réuni ses partisans pour leur annoncer son intention de briguer un nouveau mandat en 2018 « ou même avant » ajoute-t-il, laissant entendre que le pouvoir risque de ne pas pouvoir aller au terme de son mandat. Selon des rumeurs insistantes, le pouvoir aurait l’intention de réviser la Constitution afin, notamment, de limiter à deux le nombre de mandats que pourrait accomplir un président de la République, disposition qui exclurait d’office Marc Ravalomanana et Didier Ratsiraka. Un projet de loi déposé à l’Assemblée nationale, visant à la création d’une Cour spéciale en matière de délinquance économique, financière et fiscale, chargée de statuer sur des infractions commises entre 2002 et la fin de la Transition, pourrait, selon certains analystes, avoir pour objet d’exclure de la compétition présidentielle de 2018 les deux protagonistes de la crise de 2009, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Les organisations de la société civile se sont déclarées opposées à la création de cette cour, qui viendrait en concurrence avec les Pôles anti-corruption (PAC), dont la création a été entérinée lors de la session ordinaire du Parlement et qui avait fait l’objet d’une large concertation. « Nous ne pouvons plus accepter le forcing du pouvoir pour faire adopter des textes favorisant la corruption qui est devenue institutionnalisée », lance la société civile. Les Eglises du FFKM se sont longuement entretenues avec le chef de l’Etat de ce projet de Cour spéciale, qui entre dans le cadre plus large de la relance du processus de réconciliation nationale et de la refonte du Conseil de réconciliation Malagasy (FFM).

Des entités et des personnalités politiques regroupées au sein du mouvement « Mitsangana ry Malagasy » [« levez-vous »] réclament le départ du chef de l’État. Le mouvement fédère 16 partis politiques dont les quatre entités membres de l’Armada (pro-Rajoelina) et des personnalités politiques de la Transition. Si certains parlent de « démission », d’autres n’hésitent pas à appeler à une « insurrection populaire » pour démettre Hery Rajaonarimampianina. Certains voient dans la situation présente, qualifiée de « délétère », des similitudes avec le contexte qui a précédé la « révolution Orange » et a conduit au renversement de Marc Ravalomanana.

L’enquête sur l’attentat du 26 juin au stade de Mahamasina n’a pas progressé. Les partisans d’Andry Rajoelina récusent les affirmations du pouvoir qui font porter la responsabilité cet acte sur l’opposition. Le leader étudiant Berija Ravelomanantsoa, que l’on dit proche du régime, s’est plaint de la perquisition opérée à son domicile. Avec son collègue Jean-Pierre Randrianamboarina, le leader étudiant victime de mauvais traitements par les forces de l’ordre à l’université d’Antananarivo en 2015, il aurait reçu pour mission, avant le 26 juin, de sillonner les bas quartiers pour exhorter la population (moyennant rétribution) à se rendre au défilé militaire. Dans une vidéo publiée sur YouTube, le sénateur Lylison, sous mandat d’arrêt depuis le 1er juin pour avoir incité la population de la capitale à une opération « ville morte », accuse le pouvoir de manipulation. Selon ses dires, « ce sont les dirigeants qui ont fomenté cette tuerie afin de ternir l’image de l’opposition ». Le domicile de Monja Roindefo, ancien premier ministre de la Transition, a été perquisitionné. Le président du Monima se demande s’il ne s’agit pas d’une mesure d’intimidation qui fait suite à des propos critiques tenus à l’encontre du pouvoir. Un cameraman de Viva (station pro-Rajoelina) a été convoqué par la gendarmerie dans le cadre de l’enquête. Un présumé lanceur de grenade a été placé en détention préventive mais aucun lien n’a pas pu être formellement établi avec les attentats de la fête de l’indépendance. Il en va de même pour dix personnes incarcérées pour détention d’explosifs.

Le sénateur Lylison, élu sous les couleurs du Mapar, reste introuvable depuis la perquisition menée à son domicile et la publication de mesure d’interdiction de sortie du territoire qui le frappe, alors que la Chambre haute siège en session extraordinaire et que son règlement intérieur prévoit l’obligation d’assiduité de ses membres. Le bureau permanent n’a pas encore tranché sur le fait de savoir le sénateur en fuite reste protégé par son immunité parlementaire.

NM 01 07 16L’adoption par le Sénat et l’Assemblée nationale du nouveau code de la communication, jugé liberticide, provoque une vive tension entre le pouvoir, les journalistes et la société civile. Prévu pour être adopté par l’Assemblé nationale en toute fin de session ordinaire, sans ménager le temps nécessaire à son examen, le vote a été ajourné. L’exécutif, pressé de faire adopter son texte, a convoqué dans la foulée une session extraordinaire. Les stations de radio privées se sont fortement mobilisées pour expliquer aux auditeurs le danger que représenterait le projet de loi s’il venait à être adopté, mettant en avant le fait que le texte présenté est très éloigné de celui qui avait été conçu dans la cadre de la concertation avec la profession et avec l’appui du Pnud. Les professionnels, bloggeurs et utilisateurs des réseaux sociaux déplorent en particulier que l’article 20 de la loi sur la cybercriminalité, adoptée en 2014 et qui a ait soulevé une levée de bouclier, n’ait pas été abrogé. Le Pnud n’a pas négligé ses efforts pour tenter de rétablir le dialogue entre les protagonistes mais l’exécutif et les députés n’ont pas répondu à son appel. Les journalistes, venus en délégation à la rencontre des élus à l’Assemblée, ont été refoulés. Le code a été adopté à l’unanimité moins une voix, après avoir pris en compte quelques propositions d’amendement contenues dans le mémorandum déposé par les journalistes. Les députés Mapar n’ont pas pris part au vote. Seule avancée notable : les élus ont accepté d’abroger les peines d’emprisonnement prévues par l’article 20 de la loi sur la cybercriminalité (tout en maintenant de fortes peines d’amende). Le code de la communication a été adopté en seconde lecture par le Sénat puis transmis en dernière lecture à l’Assemblée, où seuls 21 députés sur 151 siégeaient. Il a été définitivement adopté par 18 voix contre 3. Le texte devra enfin subir l’examen de constitutionnalité de la HCC, ce qui placera vraisemblablement son président, Jean-Eric Rakotoarisoa, ancien journaliste et professeur de droit public, dans une position inconfortable. La société civile et les professionnels de pressent de le rejeter.

la gazette 14 07Les journalistes et la société civileont reçu l’appui de RSF, de l’Union de la presse francophone (UPF), de la Fédération internationale des journalistes et du syndicat des journalistes de La Réunion. L’ambassadeur des États-Unis, Robert Yamate, s’est dit déçu du vote du code de la communication, sans qu’un dialogue ait pu s’instaurer. La 42ème session de l’Assemblée parlementaire francophone (APF) réunie à Antananarivo, a appelé les pays membres à « laisser aux journalistes le plus grand champ possible d’activités ». Les journalistes membres du « mouvement pour la liberté d'expression », accompagné de représentants de la société civile, ont tenté en vain d'effectuer une marche pacifique vers la stèle de l'Ordre des journalistes de Madagascar.au centre-ville de la capitale. La présence massive des forces de l’ordre au point de rassemblement les a contraints à renoncer. L’Assemblé nationale est désormais interdite aux médias.

La session extraordinaire de l'Assemblée s’est achevée sans que soient adoptés les projets de lois sur la Cour spéciale en matière de délinquance économique, financière et fiscale, la refonte du FFM. Après de vifs débats, l’ajournement a été adopté.  Une majorité dégagée pour refuser de voter à la hâte des textes qui pourraient être déterminants pour la liste des candidats à la présidentielle de 2018. Le groupe Mapar s’est fortement mobilisé pour s’opposer à ces projets qui pourraient menacer directement la candidature d’Andry Rajoelina.

Les Etats-Unis ont réitéré leurs exigences en matière de bonne gouvernance. « Le gouvernement est à pied d’œuvre pour redonner vie à l’économie et augmenter les investissements internationaux et locaux [mais] il doit mettre fin au fléau du trafic de ressources naturelles, éradiquer la corruption et garantir un accès équitable à l’appareil judiciaire », déclare l’ambassadeur Robert Yamate.

Antananarivo a accueilli la session de l’Assemblée des parlementaires francophones (APF). Ce premier rendez-vous international de 2016 a réuni quelques 300 participants. La capitale a été placée sous très haute surveillance. Des dispositions qui préfigurent celles qui seront prises pour le Sommet de la Francophonie du mois de novembre en vue d’assurer la sécurité des chefs d’Etat qui feront le déplacement. D’importants travaux ont été lancés pour la tenue de ce sommet, parmi lesquels la réhabilitation d’un hôtel cinq étoiles (à la charge de l’Etat malgache) et la construction d’une nouvelle route de 11 km reliant la capitale à l'aéroport international d'Ivato, un marché 43 millions d'euros confié à une entreprise chinoise.

Madagascar a apporté son soutien à la Chine dans le différend qui l’oppose aux Philippines et aux autres pays de la mer de Chine méridionale, ce dont s’est félicité le ministère chinois des affaires étrangères.

« La menace de l'islamisme radical inquiète les représentants des services de renseignements français et américains à Madagascar », affirme Jeune Afrique. À quelques mois du Sommet de la Francophonie, les autorités concernées se sont rencontrées à la mi-juin. Des rumeurs incontrôlables font état de la pénétration sur la Grande île d’individus susceptibles d’impliquer le pays dans des réseaux djihadistes. Certains indices attesteraient d’un phénomène de radicalisation en progression au sein de la communauté musulmane. Certains trafics d’or pourraient alimenter des réseaux islamistes extérieurs, écrit Matv.

Des « coupeurs de route » ont encore sévi sur plusieurs axes routiers. Des éléments des forces de l’ordre ont été victimes d’embuscades tendues par des bandes armées. La tension reste vive dans les régions productrices de vanille où sévissent des bandes de voleurs armés. Des cas de vindicte populaire ont encore été signalés et sont considérés par les observateurs comme le révélateur de la perte d’autorité de l’Etat. Une opération anti-dahalo a été lancée dans neuf régions classées « zone rouge ».

Neuf magistrats ont été convoqués devant le conseil de discipline du CSM. Deux d’entre eux ont été révoqués, le premier pour « partialité avérée » et suspicion de corruption, le second pour abandon de poste. Deux ont reçu un avertissement, deux ont été relaxés au bénéfice du doute. Outre les neuf magistrats convoqués, cinq autres ont reçu un blâme pour violation du code d’éthique et de déontologie ou « incompétence manifeste ».

Le conseil des ministres du 22 juin a pris le décret d’application de la loi organique du 3 février 2016 portant création de la « Chaîne spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose et/ou de bois d’ébène ». La composition de cette juridiction est contestée par certains députés et opérateurs et son indépendance mise en doute. Des opérateurs dénoncent en outre l’absence de juridiction d’appel.

900 acteurs du secteur du tourisme de huit régions s’engagent à lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants. Une déclaration qui fait suite à la campagne de sensibilisation menée par le ministère du tourisme, l’Office national du tourisme (ONMT), le BIT et l’Unicef. Un code de conduite pour la lutte contre l’Exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) et le Tourisme sexuel impliquant les enfants (TSIE) a été élaboré et commence à être mise en œuvre.

Un peu moins de trois mois avant la rentrée scolaire 2016-2017, le sous-financement du programme d’alimentation scolaire persiste, au risque de priver 150 000 élèves, d’un repas chaud et riche en micronutriment, au début de l’année scolaire.

Selon « Focus Development Association », le projet de loi sur le code de la nationalité n’apporte aucune solution à la discrimination des femmes. Le texte présente de nombreuses lacunes qui ont été pointées du doigt par l’UE lors du dernier « dialogue politique ». Pour L’Express, « le code de la nationalité évolue mais à pas de fourmi ». Le projet de loi n’a pas osé aller au-delà de la nationalité de filiation et il laisse entier le problème de l’apatridie. Le seul progrès consenti concerne le droit des femmes à transmettre automatiquement la nationalité malgache à leur progéniture. Pour le reste, la loi reste encore très discriminatoire, juge la société civile.

La Chambre des mines recommande l’ajournement de la révision du code minier en raison d’une conjoncture internationale défavorable à la modification du rapport entre les Etats et les compagnies minières. En l’état, les mines jouent déjà un rôle prépondérant dans l’économie de la Grande île, avec une participation au Pib estimée à 2,12 %, aux recettes fiscales à 14 % et aux exportations à 30 %. Près de 40 % des IDE sont dirigés vers le secteur minier. 1 700 nouvelles demandes de permis devront attendre la mise en application du nouveau code mais près de 3 300 demandes de cession et de transfert seraient en instance de régularisation. Pour le Club développement et éthique (CDE), une remise en ordre du secteur s’impose après les « dérives » qui se sont produites sous le régime de Transition.

pov 16 07Depuis plusieurs mois, des milliers d'habitants de Soamahamanina et d'Arivonimamo (région Itasy) expriment leur opposition au projet minier de l’entreprise chinoise Jiuxing qui a reçu un permis environnemental pour l'extraction d'or, zinc, fer, plomb et béryllium pour une durée de 40 ans. La population soupçonne l'existence de corruption et a déposé une plainte auprès du Bianco. Elle s'oppose notamment à la disparition de la forêt de tapia, une espèce endémique, qui fait partie d'une zone protégée. Le Collectif Tany a lancé une pétition en ligne pour dénoncer un « accaparement de terres ». La conférence des évêques catholiques a renouvelé son soutien à la population. Une marche de protestation pacifique a débouché sur une altercation avec les forces de l‘ordre qui ont fait usage de grenades lacrymogènes. Une délégation du ministère de la population s’est rendue à Soamahamanina pour tenter de concilier les points de vue. La tension entre les deux camps - exacerbée par des tentatives de récupération politique – reste très vive. L’entreprise Jiuxing Mines aurait décidé de suspendre pour le moment ses activités.

Ajourné à plusieurs reprises, le procès du bois de rose saisi à Singapour début 2014 est annoncé pour début août dans le ville-Etat. Plusieurs personnalités malgaches et étrangères pourraient être mises en cause et appelées à comparaître. La réouverture du procès concernant les 30 000 rondins de bois de rose saisis fait suite à la décision de la Cour suprême de ce pays, en janvier, d’annuler la décision rendue par son tribunal de première instance d’autoriser la restitution de ces bois à son acquéreur. L’État malagasy a engagé un avocat international dont plaider sa cause.

Le ministère de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène a besoin de deux milliards de dollars pour résoudre le problème d’alimentation en eau du Sud. « On a besoin de l’aide des partenaires techniques et financiers pour y remédier », explique le ministre, Roland Ravatomanga.

Le Japon renforce sa coopération avec Madagascar. Trois axes d’intervention ont été retenus avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) : le développement rural et agricole, le secteur social et le développement économique. Des engagements qui entrent dans le cadre de la promotion de la prochaine session de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (Ticad), qui se tiendra en août à Nairobi. La coopération chinoise se renforce. 200 millions de dollars seront débloqués pour réhabiliter le port de Manakara. Les travaux, qui devraient débuter en 2017, devraient permettre l’embarquement et l’exportation de plus de 150 000 tonnes de produits de rente et de 200 000 tonnes de produits miniers. Une délégation d’entrepreneurs chinois est en visite dans la Grande île pour confirmer sa volonté de partenariat dans le cadre du Forum économique Chine-Afrique. Une visite qui intervient en plein conflit avec la société minière chinoise Jiuxing Mines dans la région Itasy.

Pour décrocher le programme de Facilité élargie de crédit (FEC), les autorités ont dû s’engager à contre cœur auprès du FMI à augmenter les tarifs de l’électricité. Après avoir annoncé une augmentation au moment où la mission du FMI était encore au pays, le gouvernement a tenté de faire machine arrière aussitôt la mission terminée, décidant dans la foulée d’accorder de nouvelles subventions à la Jirama. La hausse a été finalement décidée (de 9 % pour les ménages à 15-20 % pour les entreprises).

Le couple Ravalomanana s’est rendu en France et en Allemagne pour la recherche de financements : l’ancien président pour la relance de son groupe Tiko, l’ancienne première dame pour la commune d’Antananarivo dont elle est maire. Lalao Ravalomanana a noué des contacts avec l’AFD pour son programme de réhabilitation de la capitale.

La France, 2ème fournisseur de Madagascar, voit sa part de marché se réduire (10,3 % contre 11,3 % en 2014), loin derrière la Chine (24,8 %). Cependant, la France demeure son premier client (15,2 % des exportations) mais se trouve talonné par les Etats-Unis. Les Chinois sont en première ligne en matière de création d’entreprises.

L’instabilité politique et le climat d’insécurité plombent le secteur du tourisme. Les opérateurs font face à une baisse sensible des réservations et à des annulations à l’entrée dans la haute saison.

Le rapport 2016 sur les technologies de l’information du World Economic Forum (WEF) place Madagascar à la 135ème place mondiale des pays qui intègrent le mieux les NTIC à leur développement économique et social. Dans le classement des pays africains, Madagascar est en queue de peloton. Maurice, la nation la plus avancée d’Afrique, est à la 49ème place.

Le syndicat des enseignants-chercheurs, le SECES, annonce une grève illimitée à partir du 28 juillet. Comme les années passées, des craintes se font jour sur le déroulement de l’année universitaire. Le syndicat des enseignants, le Sempama, a suspendu son mot d’ordre de grève pour garantir la tenue des examens.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Enquête sur l’attentat du 26 juin, « Actes de déstabilisation »
  • Travaux parlementaires, code de la communication
  • Diplomatie, préparation du Sommet de la Francophonie de novembre

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, vindicte populaire, kidnappings
  • Justice, réconciliation nationale, gouvernance,
  • Droits de l’enfant, droits des femmes
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, bois de rose, foncier, calamités
  • Coopération, Banque mondiale, FMI
  • Vie déconomique, climat social

>> Télécharger la revue de presse complère (1er au 19 juillet) pdf, 18 pages

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La revue de presse est interrompue pour congés du 20 juillet au 8 août 2016.

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ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2016

- 19 07 16 - Tribune - Edito - Démocrature 2014-2018 : Hery veut faire le martial
Depuis quelques semaines, l’équipe Rajaonarimampianina tente ce que les politistes appellent « une restauration autoritaire »,
dont le vote précipité du code de la communication liberticide est une nouvelle étape. Il avait été précédé par le mandat de justice lancé sur des bases fallacieuses contre le colonel Lylison, même si ce dernier est loin d’être un enfant de chœur. Il a été suivi par la répression récente des protestations des villageois de Soamahanina,  paysans désarmés mais qui tentent courageusement de protéger l’exploitation de leurs terres contre une des nouvelles chinoiseries du régime Rajaonarimampianina. Comment comprendre par quelles voies tortueuses un pouvoir qui se prétend démocrate en est-il arrivé à ce terrain glissant des dérives autocratiques ?

<>  15 07 16 - Jeune Afrique - Dossier "Océan Indien : destins communs"
Océan Indien : je, tu, île… / Océan Indien : si lointain et si proche / Océan Indien : de la Commission à la Communauté / Océan Indien : point d’équilibre économique.
Malgré leur volonté d'avancer ensemble, les pays membres sont confrontés à de nombreux contentieux frontaliers qui empoisonnent leurs relations. Depuis le début de l’année, les manifestations se succèdent dans le centre d’Antananarivo. La cause ? Le rattachement de quatre des îles Éparses, réclamé depuis l’indépendance par Madagascar. Face à la mondialisation, les îles et archipels du Sud-Est africain souhaitent dépasser leurs différences pour s'unir,  sous la houlette de la Commission de l'océan Indien (COI), qui a fait de l'intégration régionale son objectif principal. "La diversité n’empêche pas l’unité", assure un responsable de la COI. Et vice versa. Obligée de compter avec les réalités géographiques et économiques diamétralement opposées de ses cinq pays membres, l’organisation n’hésite pas quand il le faut à utiliser la méthode Coué.

- 14 07 16 - Orange.mg - L'exploitation sexuelle des enfants demeure une vraie problématique pour Madagascar
Le phénomène d’Exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) et de tourisme sexuel impliquant des enfants (TSIE) prend de l’ampleur et il y a de nouvelles menaces. Le secteur du tourisme fait face à la prolifération de nouveaux acteurs, de nouveaux établissements, de nouveaux opérateurs informels qui s’estiment être hors de tout contrôle, ce qui aggrave la vulnérabilité des enfants. Alors que sur le plan international les touristes sont de plus en plus sensibilisés aux bonnes pratiques des établissements touristiques, cette prolifération du secteur informel qui exploite sexuellement les enfants ne peut que nuire à l’image de Madagascar.

- 13 07 16 - L'Express - Opinions - Sylvain Ranjalahy - Chasseur de plume
Les représentants de la société civile, ont tenté en vain d'effectuer une marche pacifique vers la stèle de l'Ordre des journalistes de Madagascar, au centre-ville de la capitale, à Analakely. La présence massive des forces de l’ordre au point de rassemblement d'Ankorondrano les a contraints à renoncer. La journaliste de Free FM et présidente du parti Freedom, Lalatiana Rakotondrazafy, a tenté de négocier avec le commandant du groupement de gendarmerie, le colonel Ravoavy mais celui-ci a rétorqué que la marche n’avait pas été autorisée. Les journalistes se sont repliés sur un gymnase et la population massée à proximité a été invitée à les rejoindre. Un groupe d'individus a été dispersé par des jets de gaz lacrymogène. La stèle de l'Ordre des journalistes a fait l’objet d’une protection rapprochée par les forces de l'ordre dirigées par le général Florens Rakotomahanina. Trois barrages ont été dressés sur le parcours prévu pour la marche. Les militaires ont pourchassé des manifestants. Les commerçants du centre-ville ont abaissé leur rideau par précaution. Tous les camps militaires ont été consignés. L’accès  à l’Assemblée nationale est désormais interdit aux journalistes. « Tout se traitera à huis-clos dans une institution où beaucoup de députés sont des délinquants fiscaux obligés de retourner leur veste sous la menace », écrit L’Express. Dans un communiqué, les leaders du mouvement ont fait savoir qu’ils projetaient d’autres rassemblements. Ils rappellent que la marche effectuée le 30 juin jusqu’à l’Assemblée nationale avait pu se tenir sans autorisation, simplement escortée par les forces de l’ordre. Ils réitèrent le caractère apolitique de leur mouvement, en dépit du fait, malencontreux, que des hommes politiques d’opposition ait jugé opportun, en plein bras de fer entre le pouvoir et la presse privée, d’exiger le départ du chef de l’État.

La secrétaire générale de la Francophonie, Michaelle Jean, venue clôturer les travaux de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, interrogée sur la situation, a répondu en termes diplomatiques : « Nous étions alertés de la réflexion autour de ce code de la communication. Nous avons vu comment ce texte a évolué. Ce projet évoluera. L’OIF sera là pour l’accompagnement ».

Le syndicat des journalistes de La Réunion (SNJ Réunion-océan Indien) demande au gouvernement français de prendre position et de s’adresser au gouvernement malagasy pour lui demander de ne pas appliquer ce texte.

<>  05 07 16 - DNews - Code de la communication Madagascar : l'intégral du projet de loi en discussion à l'Assemblée Nationale
Dans un souci de transparence démocratique et d’information des citoyens, DNews publie l’intégrale du texte dit Avant-projet de Loi portant Code de la communication. En tant que média libre et indépendant, DNews s’associer au désarroi exprimé par les journalistes à Madagascar et certaines personnes de la société civile sensibiliser par leur droit à la liberté d’expression.

Convocation d’une session extraordinaire du Parlement le 4 juillet, dans la foulée de la session qui vient de s’achever. A l'ordre du jour, le projet de loi portant code de la communication, dont le vote a été différé,

L’Express écrit : les autorités n’ont pas laissé les journalistes et les activistes de la liberté d’expression jubiler trop longtemps. Moins de 24 heures après la décision de l’Assemblée nationale d’ajourner l’adoption du projet de code de la communication, le conseil des ministres a convoqué une session extraordinaire qui sera notamment consacrée à l’examen et à l’adoption du projet de loi. Le gouvernement paraît ne vouloir donner aucune chance au dialogue et qui persiste à vouloir faire adopter sa version du projet. Le seul point sur lequel il semble avoir lâché du lest concerne l’abrogation, par une autre loi, de l’article 20 de la loi sur la lutte contre la cybercriminalité Le code de la communication n’est pas le seul texte avec lequel l’exécutif tente un forcing. Le projet de loi sur la Cour spéciale en matière de délinquance économique, fiscale et financière a également fait l’objet de nombreuses remarques de la part de la société civile, mais le gouvernement tentera de le faire passer en urgence durant la session extraordinaire. « Après plusieurs semaines d’inactivité en mai, suivies de quelques jours de course contre la montre, le Parlement se retrouve obligé par l’exécutif à adopter les yeux fermés quatre textes d’importance cruciale pour le pays et pour l’avenir de la démocratie », conclut L’Express. Midi note qu’« il aurait été plus logique et moins illégitime de laisser l’initiative aux députés conformément à la Constitution qui prévoit que ‘l’Assemblée nationale est réunie en session extraordinaire, sur un ordre du jour déterminé, soit à la demande du Premier ministre après consultation du président de l’Assemblée nationale, soit à la demande de la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale’ ».

02 07 16 - Collectif Tany - Sauver la terre et la forêt des paysans de Madagascar - Vonjeo ny tany sy ala
Le Collectif Tany lance une pétition en ligne pour dénoncer un accaparement de terres par la société chinoise Jiuxing Mines dans les localités de Soamahamanina et d'Arivonimamo
. Les organisations de la société civile à l’origine de cette initiative expriment leur solidarité et leur soutien à la population locale. Depuis plusieurs mois, des milliers d'habitants de Soamahamanina et des fokontany environnants expriment leur opposition au projet qui vient de recevoir un permis environnemental pour l'extraction d'or de la part de l'Office National pour l'Environnement (ONE) pour une durée de 40 ans. La majorité des habitants des sept fokontany impactés par le projet d'extraction minière soit n'a pas été consultée, soit a refusé le projet. La population soupçonne l'existence de corruption et a déposé une plainte auprès du Bianco. Elle s'oppose notamment à la disparition de la forêt de tapia, une espèce endémique, qui fait partie d'une zone protégée et dont dépendent les revenus des producteurs de soie, elle s'oppose également à la dégradation de son environnement. Tany note que la délivrance de permis environnementaux portant atteinte aux droits des populations et à leur l'environnement est devenue habituelle de la part de l’ONE, comme on a pu le constater lors de la délivrance d’un permis à la société Toliara Sands en vue de l'exploitation de l'ilménite à Toliara. Pétition : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Amoureux_de_la_nature_et_de_Madagascar_Sauvez_la_foret_naturelle_de_TAPIA_une_espece_endemique_de_MADAGASCAR/?agiOuab

- 01 07 16 - Le Monde - Arthur Bourgogne - Madagascar, l'île des oubliés de tous
26 Juin, jour de fête à Madagascar. On célèbre l’anniversaire de l’indépendance, obtenu de la France dans la douleur. On y chante l’amour du pays, de la terre sacrée des ancêtres, et les drapeaux s’affichent fièrement à tous les coins de rues et sur toutes les maisons. Mais dimanche dernier, cette 56e fête nationale a été ensanglantée par une attaque à la bombe qui a tué trois innocents. On oublie que c’est la jeunesse et donc l’avenir du pays qui ont été symboliquement touchés. On oublie que 90 % de la population vit en dessous du seuil d’extrême pauvreté. On oublie de dire que les Dahalo vont de village en village, pillant sans vergogne la seule richesse des hommes, le zébu. On oublie de dire que 31 personnes ont péri dans une attaque, lâche et barbare, d’un taxi-brousse. On oublie de dire que le gouvernement ne souhaite plus voir son image souillée par le procès du bois de rose à Singapour et que, en toute simplicité, les élites de ce pays refusent de s’impliquer. On oublie de dire que les mafias, étrangères et nationales, dirigent cette île. Depuis le coup d’Etat de 2009, les « événements » comme on choisit de dire ici, la population malagasy ne s’est jamais vraiment relevée.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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