JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

23 juillet 2014

ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2014

- 23 07 14 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Amour-propre mal placé
Certes, le journal Madagascar-Matin a contrevenu aux règles dans la publication de ces accusations sans preuves, et sur le principe, la faute appelle la sanction. Toutefois, le placement sous mandat de dépôt pour un délit de presse montre un zèle exagéré et inadmissible, d’autant plus que pour des affaires bien plus graves, on ne voit pas la justice appliquer la même célérité et la même sévérité. (…) Ce bobo à l’ego est-il plus grave qu’un acte de pédophilie caractérisé ou un trafic de bois de rose qui n’a même pas la décence de se cacher, et dont la fréquentation des auteurs ne semble gêner personne en haut lieu ? Un régime qui se veut sévère pour les fautes des autres doit commencer à montrer l’exemple en étant sévère envers lui-même. (…) Certains de nos gouvernants feraient mieux de placer leur amour-propre dans la réussite de la lutte contre la pauvreté, et dans l’application de valeurs souvent psalmodiée pour la frime, mais sans application concrète. (…) Cela ne veut pas dire qu’on milite pour l’impunité de nos confrères placés en prison. Mais s’être livré à une extrémité telle que l’emprisonnement frise le ridicule, alors que l’éventail des possibilités de sanctions était large. (…) Il faut également rappeler aux gouvernants actuels, c’est que si les rumeurs fleurissent tant sur le sujet du bois de rose, c’est parce que rien n’est fait pour favoriser le travail d’investigation et la transparence.

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21 07 14 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Jeu d'échec en bois de rose
Le projet de brûler les stocks de bois de rose « détériorés » : un écran de fumée ? L’éditorialiste de Tribune évoque « une tentative de manipulation de l’opinion publique ». Il estime qu’« en annonçant une pseudo-intention de brûler des stocks de bois de rose, les initiateurs de cette stratégie cousue de fil blanc voulaient générer une levée de boucliers contre cette mesure inacceptable. Objectif ? Pousser le maximum de personnes à protester publiquement contre ces destructions, et à demander qu’une solution a priori plus intelligente soit mise en place : une vente qui puisse profiter aux finances de l’Etat. (…)  Manipuler l’opinion publique pour qu’elle se mette à soutenir l’idée d’une vente immédiate n’est en définitive qu’une grosse ficelle tactique dont les bénéficiaires finaux ne pourront être que les milieux politico-financiers qui sont de mèche avec les trafiquants. Andry Rajoelina s’était agité pour un forcing des ventes avant les élections présidentielles et législatives. Et maintenant, à la veille des élections communales, le stratagème pour pousser à une vente bâclée réapparaît. (…) De manière générale, l’idée de vendre ces stocks de bois de rose pour renforcer les finances publiques est une excellente idée. (…) Mais de manière spécifique, la vente de bois de rose ne sera une excellente idée que dans des conditions extrêmement solides de bonne gouvernance et de transparence, aussi bien sur l’origine des bois vendus que de la destination du produit des ventes ».

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  20 07 14 - SeFaFi - Communiqué - Les attentes déçues de la IVème République
Après avoir salué l’élection du 1er président de la IV° République, L'Observatoire de la vie publique ne s’est plus exprimé pendant près de 6 mois. Pendant ce temps, deux de ses membres ont été appelés à des fonctions dont la teneur politique est incompatible avec l’appartenance au SeFaFi : Rakotoarisoa Jean-Eric comme membre de la HCC, et Horace Gatien comme ministre de l'Emploi, de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle. N’étant ni à la remorque du pouvoir ni à la solde de l’opposition, il affirme avoir conservé toute la liberté nécessaire à l'accomplissement de sa mission.La prestation de serment du président Rajaonarimampianina avait ranimé les espoirs d’une population impatiente de voir la classe politique revenir à des pratiques plus saines. Plus circonspect, il avait mis en garde contre le retour des pratiques du passé, en rappelant aux candidats à la députation les conditions d’un vrai renouveau.6 mois plus tard, l’opinion reste dubitative, alors que le régime tarde à donner corps au changement. La compromission et la corruption s’étalent, les rivalités et les divisions s’affichent, l’incompétence des élus et leur indifférence à l’intérêt général sont de notoriété publique. Les citoyens sont à nouveau devenus les otages des magouilles politiciennes. Et si l’on parle toujours de réconciliation, ce n’est plus qu’une incantation vide de tout contenu et de toute implication concrète.

- 17 07 14 - Collectif Tany - Agriculture familiale paysanne ou agrobusiness : Un choix de projet de société
Dans le cadre de ses actions pour la défense des terres malgaches et pour le soutien au développement des citoyens et paysans malgaches, le Collectif TANY réclame depuis quelques années la mise en place d’une politique agricole cohérente qui développera l’agriculture familiale et permettra une alimentation décente et suffisante pour la majorité de la population. Dans l’attente et au vu des évènements actuels, le Collectif publie un nouveau communiqué destiné à faire partager ses préoccupations et ses questionnements.

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11 07 14 - IEP de Madagascar - Colloque "Mettre fin à la fragilité - Construire le présent à partir du futur" - Synthèse et conclusions
Comment sortir du cycle de plus en plus régulier de crises politiques qui a contribué à considérablement augmenter la pauvreté à Madagascar et à fragilise ses institutions ? Alors que Madagascar semble sortir de la plus longue crise politique de son histoire, la société civile rappelle l’urgence d’une réflexion approfondie qui implique la population dans son ensemble. Cette réflexion collective et « inclusive » doit permettre d’identifier les transformations nécessaires des institutions malgaches qui permettront de sortir de ce cycle vicieux de crises, et le retour à une croissance soutenue qui doit être accompagnée d’une réduction de la pauvreté et des inégalités pour être pérenne. La sortie des crises profondes, accompagnées de violence ou non, demande un dialogue national ouvert et franc entre toutes les composantes de la société. L’objectif est d’identifier le chemin d’une transformation des dynamiques sociales, économiques et institutionnelles permettant de sortir de la crise et aussi de rendre la confiance, qui est un ingrédient essentiel aux succès des réformes institutionnelles. Tel a été l’esprit du colloque intitulé : « Mettre fin à la fragilité : construire le présent à partir du futur » qui s’est tenu à Antananarivo au mois de juin. Le Centre sur les conflits, la sécurité et le développement de la Banque Mondiale a aidé à organiser ce colloque en collaboration avec la Banque mondiale. Il a rassemblé des acteurs de la société civile, des représentants du monde des affaires et du milieu académique. Ce colloque a été précédé d’une enquête menée par Liberty 32 auprès d’un échantillon de la population de sept régions, ce qui a permis aux participants d’entendre la voix de ceux qui ne font pas partie du monde des élites, et qui subissent de plein fouet l’impact de ces crises.
Pour consulter les actes complets (PDF, 124 p.) : http://madagoravox.wordpress.com/2014/07/10/les-actes-du-colloque-sur-la-fragilite-juin-2014-sont-disponibles/

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  09 07 14 - Labodiplo - Jean-Pierre Razafy Andriamihaingo - Données géopolitiques et géostratégiques malgaches
En ce début du XXIème siècle, et plus précisément au sortir de la plus grave crise qu’elle ait connue depuis son indépendance en 1960, Madagascar, la quatrième plus grande île du monde, est dans la position d’une puissance rendue vulnérable aux menaces tant extérieures qu’intérieures. L'auteur est ancien ambassadeur de Madagascar en France, ancien avocat à la Cour de Paris et ancien chargé de conférences et de cours auprès de plusieurs universités françaises. Il a été également consultant-expert auprès de l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie.

- 09 07 14 - L'Express - Courrier des lecteurs - Raphaël Jakoba - Il faut supprimer la Commission de réconciliation nationale
Le pays traîne encore les stigmates de la crise politique supposée achevée avec l’avènement du nouveau régime. Cette CRM a été instituée par l’article 25 de la feuille de route. L’une de ses missions essentielles est de « guérir les blessures individuelles et collectives du passé en vue d’établir les saines fondations  pour l’avenir de Madagascar ». A l’aune des trois ans d’existence de cette commission, force est de constater qu’elle est inutile. Elle a lamentablement échoué dans sa vocation première : réconcilier les Malgaches.

- 07 07 14 - L'Express - Patrick Rajaonary : Le Malgache risque de devenir le propre fossoyeur de son pays
Patrick Rajaonary est PDG de la société de papeterie et d'imprimerie Papmad, ancien président du Groupement des entrepreneurs malgaches (GEM) et du Syndicat des industriels malgaches (SIM). Il a été candidat aux élections présidentielles de 2013, faisant campagne contre la mauvaise gestion et la corruption. Il donne son interprétation des causes profondes de la pauvreté et du sous-développement qui prévalent dans la Grande île. Plus de 50 ans après son accession à l’indépendance, Madagascar se trouve dans un état de pauvreté et de mendicité insoutenable. Peu de pays ont vu, comme Madagascar, leur situation économique et sociale s’être autant dégradée. Non seulement la situation politique, économique, sociale est catastrophique, mais, plus grave, il n’y a plus d’autorité morale, politique, intellectuelle. La situation est jugée explosive.

- 03 07 14 - L'Express - Opinions - Insécurité : pour une réelle politique qui a de l'impact, pour Edgard Razafindravahy
La recrudescence des actes de banditisme s’amplifie. On attend la mise en place de la commission interministérielle d’experts venus de tous les départements concernés. Cette commission a pour rôle de se pencher sur les textes de loi qui mettent en application l’ordonnance régissant les « dina», pactes sociaux qui donnent de la légitimité à la justice populaire et qui l’organise dans un souci de légalité. Les dahalo continuent d’écumer des zones dans le Sud et dans le Moyen Ouest. Les attaques qui secouent Amboasary Atsimo et ses environs ne sont pas des cas isolés. Les dahalo s’organisent en de guérillas armées. Des milliers de bœufs disparaissent. Des villages sont victimes de razzias et sont par la suite incendiés. Existe-t-il une politique de l’État de la lutte contre l’insécurité ?


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02 07 14 - Tribune - Edito - Mireille Rabenoro - Un magistrat réputé intègre à la tête du BIANCO : quelle condition pour le succès de sa mission?
Le district d’Antsohihy est devenu le fief, au sens le plus féodal, le plus mafieux du terme, d’un gangster qui pèse comme une malédiction sur la population, dont il se vante d’être le représentant incontournable, violant les jeunes filles mineures en essayant de faire croire, à coups de menaces et de billets de banque, que ce n’est pas une forme de torture.Mais il n’y a pas qu’à Antsohihy que les droits humains les plus fondamentaux sont bafoués. À Madagascar en 2014 règne la loi du plus fort. Dans ce sombre tableau, un magistrat réputé intègre vient d’être nommé à la tête du Bureau Indépendant Anti Corruption. Mais la technicité et la détermination ne suffisent pas. Pour que le BIANCO puisse commencer à jouer son rôle, il doit jouir de la neutralité des autorités politiques ou mieux, de leur bienveillance ; ou mieux encore, de leur soutien actif. Or nous savons par expérience qu’au-delà du discours, même la neutralité est loin d’être acquise...
Une pétition sur le site Avaaz demande à la ministre de la justice la réouverture du dossier de cette personnalité politique, ancien membre du CST : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Ministre_malgache_de_la_Justice_Des_enquetes_sur_les_accusations_de_pedophilie_perpetree_par_Jao_Jean/?tlAowfb


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  02 07 14 - Premier ministre - Politique générale de l'Etat (PGE)
Texte intégral de la déclaration du premier ministre Roger Kolo devant l'assemblée nationale début mai 2014.

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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12 juillet 2014

LA REVUE DE PRESSE DU 15 JUILLET REPORTEE AU 24 JUILLET

En raison des congés, la revue de presse intermédiaire du mois de juillet ne paraitra pas. Le 24 juillet sera publiée la revue de presse du 1er au 24 de ce mois.

L'activité du blog sera suspendue jusqu'à la deuxième quinzaine du mois d'août.

Merci pour votre compréhension !

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30 juin 2014

REVUE DE PRESSE - JUIN 2014

La session parlementaire ordinaire va s’achever début juillet sans que les textes de loi importants et urgents aient été examinés. Une session extraordinaire sera probablement nécessaire. La responsabilité de ces retards incombe tant au gouvernement qu’aux parlementaires. L’attitude de ces derniers continue à susciter la réprobation de la presse. Parmi les urgences, l’adoption de la loi de finances rectificative qui permettra à l’administration de fonctionner dans des conditions satisfaisantes pour être en capacité de gérer correctement les premiers déblocages de fonds attendus des bailleurs bilatéraux et multilatéraux. Autre urgence : l’adoption des textes organisant le scrutin communal qui devrait se tenir avant la fin du mois de novembre. Ces élections sont les dernières à avoir été prévues dans la feuille de route de sortie de crise. Il est donc important, pour la crédibilité du nouveau pouvoir, qu’elles ne soient pas différées.

L’efficacité du gouvernement Kolo commence à faire débat. Les attentes sont considérables et des signes d’impatience se manifestent ici ou là. Le rétablissement de l’Etat de droit se fait attendre, les innombrables déclarations d’intention de l’exécutif ne se sont pas encore traduites dans la vie quotidienne de la population, notamment en matière de sécurité. « La démilitarisation des institutions étatiques et la dépolitisation de l’armée sont une urgence », estime un chercheur en science politique, de même que la mise en place de cadres de concertation entre le pouvoir et les acteurs de la société. La société civile doit être renforcée pour faire office de contre-pouvoir et d’organe de contrôle crédible. Pour certains acteurs politiques, le pays est entré dans une nouvelle période transitoire : la réconciliation nationale n’a pas eu lieu et une opposition parlementaire crédible, garante d’un fonctionnement démocratique, n’a pas réussi à se constituer. Tous les élus se bousculent pour soutenir le président en place et profiter de la manne que fait espérer leur proximité avec le pouvoir. Le programme de société du régime reste flou. La question des conditions du retour au pays de Marc Ravalomanana continue d’hypothéquer l’avenir.

Madagascar a retrouvé toute sa place au sein de la Francophonie et se positionne déjà pour accueillir son sommet de 2016. Les liens se resserrent également avec la COI, dont le prochain sommet sera l’occasion, pour le président français, de rendre visite aux îles de l’océan Indien. La revendication de Madagascar sur les îles Eparses n’est pas un sujet tabou, déclare la secrétaire d’État française au développement et à la Francophonie. La ministre des affaires étrangères, Lala Arisoa Razafitrimo, a tenu à préciser que le pouvoir adopte une diplomatie « tous azimuts ». Le chef de l’Etat en a fait la démonstration en se rendant en visite officielle en Israël. La Russie entend également développer sa coopération avec Madagascar. Le chef de l’Etat est invité au sommet Afrique-Etats-Unis de cet été mais le département d’Etat américain a publié un nouveau rapport affligeant sur la situation de la traite de personnes à Madagascar, laissant entendre que la réintégration de Madagascar dans l’Agoa pourrait être remise en question si le respect des droits de l’homme et le rétablissement de l’Etat de droit ne connaissent pas d’amélioration significative. C'est donc contre toute attente que la Maison Blanche a annoncé cette réintégration le jour de la fête nationale malgache.

L’exploitation sexuelle des enfants tend à se banaliser. Contrairement à une opinion communément admise, les touristes étrangers ne sont pas seuls en cause. La pratique est courante chez les malgaches lors de voyages ou de missions professionnelles. Le phénomène, dans bien des cas, est accepté par les parents et les communautés, voire encouragé pour des raisons financières. Des hommes politiques connus ont été impliqués dans de tels crimes en toute impunité. Dans certaines régions, le viol d’un enfant donne lieu à un simple dédommagement des parents. Le taux élevé d’abandon scolaire enregistré durant ces 5 années de crise politique a favorisé ces dérives. Un demi-million d’élèves sont à réinsérer dans le système scolaire d’ici la prochaine rentrée.

L’émissaire d'une agence de placement d’Arabie Saoudite a été reçu par la ministre de la population. Il affirme que chaque année son pays a une capacité d’accueil de plus de 100.000 nouveaux travailleurs. Tananews réagit à cette information : « C’est formidable mais combien rentreront les pieds devant ? ». « Les agences négrières saoudiennes osent venir recruter en plein jour à Madagascar et sont scandaleusement reçus par le président de l’assemblée nationale et par ministre de la population qui leur déroule tapis rouge », dénonce le journaliste blogueur Alain Rajaonarivony. L’envoi de travailleurs malgaches à l’étranger, jusqu’ici suspendu, pourrait être envisagé après mise en place de structures pour assurer leur sécurité dans le pays d’accueil, annonce la ministre.

La Nation 25 06 14

Hery Rajaonarimampianina et l’ancien président en exil en Afrique du Sud se sont rencontrés à huis clos. Un accord confidentiel fixant les conditions de son retour d’exil aurait pu été conclu. La question de la compensation des pertes occasionnées par les pillages du « lundi noir » du 26 janvier 2009 ayant causé la faillite du groupe Tiko aurait été évoquée. Les pertes occasionnées se chiffrent à plusieurs milliards Ar pour ce seul groupe. Une centaine d’autres sociétés sont concernées. Dans la balance également, les arriérés considérables de Tiko vis-à-vis du fisc. Les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils continueront à défendre le droit de Marc Ravalomanana à rentrer dans son pays, conformément à la feuille de route. La France ne fait pas de ce retour une priorité, selon son ambassadeur. Me Brian Currin, avocat sud-africain de l’ancien chef de l’Etat, s’est rendu à Madagascar pour négocier le dégel de ses avoirs et le dédommagement des pertes subies par son entreprise. En question également le renouvellement du passeport diplomatique de son client, parvenu à échéance. Le président du CRM a révélé que Brian Currin avait discuté avec lui de l’éventualité d’une amnistie sur requête pour son client mais Marc Ravalomanana s’estimant innocent des crimes qui lui sont imputés et pour lesquels il a été condamné par contumace, se refuse à en faire la demande. Pour l’ambassadeur d’Afrique du Sud, « le retour de Ravalomanana est un chantier inachevé ». Il rappelle que ce dernier fait l’objet d’investigations par la justice sud-africaine suite à la plaine déposée par l’association des victimes « AV7 ». Dans l’attente, la cour suprême lui interdit de quitter le pays, sauf autorisation de la Sadc. Marc Ravalomanana se déclare prêt à se réconcilier avec Andry Rajoelina et à collaborer avec le pouvoir en place. Il demande que le processus de réconciliation se fasse sous la houlette du FFKM, avec le soutien du CRM/FFM et des organisations de la société civile. L'ancien président, privé de passeport valide, a demandé un laisser-passer à la chargée d’affaires de Madagascar en Afrique du Sud pour répondre à l’invitation de participer à la célébration de la fête nationale mais celui-ci lui aurait été refusé, une décision contraire aux assurances données précédemment par la ministre des affaires étrangères.

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Le magistrat Jean-Louis Andrimifidy désigné par le président directeur général du Bianco continuera à traiter les dossiers de corruption sur lesquels les enquêtes ont débuté bien avant l’arrivée au pouvoir de Hery Rajaonarimampianina. À maintes reprises, pourtant, le chef de l’Etat a annoncé qu’il ne se livrerait pas à une chasse aux sorcières. Ses déclarations avaient suscité la crainte, voire l’opposition, du général Faly Rabetrano lorsqu’il était encore à la tête de l’organisme. Celui-ci craignait que l’on renonce à traiter des dossiers en cours relatifs à des personnalités du régime de Transition. Le nouveau DG compte également faire le ménage au niveau de la justice. Mais « pour être efficace, un organe de lutte contre la corruption doit jouir d’une totale indépendance », souligne Anne-Lucie Lefebvre, spécialiste en administration publique auprès de la Banque mondiale, ce qui n’est pas ce cas du Bianco. Elle suggère une refonte du cadre légal anti-corruption. Une conditionnalité requise également par les bailleurs de fonds, qui attendent que le gouvernement s’engage dans cette voie. Selon la Banque mondiale, une hausse de la corruption a été constatée entre 2008 et 2012, conduisant à des pertes de 2,6 millions de dollars par an, soit 5% du PIB.

La Banque mondiale entend également imposer une réforme de l’administration, « un grand oiseau qui n’arrive pas à déployer ses ailes », selon les propos du ministre de la fonction publique. L’un des chantiers consiste à faire la chasse à quelques 10.000 fonctionnaires fantômes. Le chef de l’Etat souhaite un renouveau de l’éthique et de la déontologie de la fonction publique. Les citoyens doivent pouvoir évaluer la qualité des services rendus. La déconcentration doit être renforcée pour qu’il n’y ait plus de zones sous-administrées.

« Guérilla, embuscade, fusillade. La mort guette à tout moment les 200 gendarmes déployés dans le Sud pour l’opération ‘coup d’arrêt’ », écrit L’Express. La bataille fait rage dans l’Anosy et l’Androy, faisant partie du croissant rouge, théâtre de cette opération. Une liste noire de centaines de dahalo a commencée à être établie, leurs villages respectifs sont localisés. Au 28 juin, un premier bilan de l'opération faisait état de 62 morts du côté des dahalo. Les forces de l’ordre ont détruit 4 hameaux suspectés d’héberger des dahalo. Le président de l’assemblée nationale, en visite en France, s’est entretenu de la situation dans le Sud avec des collaborateurs de la présidence de la République française. Le premier ministre a pris la décision de réinstaurer le « dinan’i Melaky » à l’issue de sa visite à Maintirano, dans l’ouest du pays.

Les attributions des terres aux investisseurs doivent respecter les droits de l’homme. « La société civile n’est pas contre les investissements, au contraire nous voulons apporter des solutions pour aider l’Etat à instaurer le développement, qui est l’objectif de ces investissements », déclare le coordonnateur national de la Plateforme de la société civile œuvrant pour le foncier (SIF). « La société civile revendique le respect des droits de l’homme qui devrait se faire par le respect des lois en vigueur », avance-t-il. L’atelier « Droits humains, foncier et investissements » a convenu de la création d’une plateforme de concertation et de l’élaboration d’une charte tripartite. Une nouvelle politique foncière sera mise en place d’ici 9 mois, promet le ministère en charge des infrastructures, de l’équipement et de l’aménagement du territoire, qui entend faciliter d’accès des Malgaches au domaine public qu’ils ont valorisé. « La communauté internationale est prête à appuyer l’Etat dans cette réforme foncière », confirme la Banque mondiale.

La Grande île réintègre le processus EITI, elle redevient « pays candidat », après avoir été suspendue en octobre 2011. La partie malgache va pouvoir se consacrer à l’obtention de la conformité au processus, d’abord à travers la réalisation d’un nouveau rapport de réconciliation qui concernera les années 2012 et 2013. La société civile et les journalistes spécialisés demandent que l’on se préoccupe davantage de la question de la confidentialité des contrats qui, de leur point de vue, encourage ou ouvre la voie à la corruption et freine la concurrence.

Ambatovy exportera cette année de 40.000 et 46.000 tonnes de nickel, ce qui rapportera à l’Etat deux fois plus de devises que tous les autres produits d’exportation traditionnels. Une fois sa pleine capacité atteinte, le nickel raffiné deviendra le plus grand pourvoyeur de devises étrangères, pour un montant annuel de 1 milliard de dollars. Mais les relations avec le projet Ambatovy restent délicates : les arriérés de TVA que l’État doit à la compagnie s’élèvent à un montant colossal de 170 millions de dollars. Les Japonais font pression pour que le règlement rapide de ces arriérés. Presque deux ans après la mise en production, le complexe continue de fonctionner avec un permis provisoire délivré in extremis au terme d’un bras de fer qui a démarré après la décision du ministre des finances de l’époque, Hery Rajaonarimampianina, d’exiger avant le début d’exploitation un audit environnemental et financier. En janvier 2014, l’investissement total réalisé pour ce projet avait dépassé les 7 milliards de dollars.

Un comité interministériel chargé de l’assainissement de la filière bois de rose et bois d’ébène vient de voir le jour. Il sera mis en place au niveau du ministère de l’environnement, des forêts et de l’écologie. Le comité de pilotage chargé de la gestion et de l'assainissement du secteur bois précieux cesse de fonctionner. La déclaration laisse sceptique les observateurs qui avaient cru en des mesures drastiques contre les cerveaux des trafics dès l’annonce du président de la République au début de son mandat de vouloir mener une « lutte acharnée et déterminée ». Près de 6 mois après la prise de fonction du nouveau chef de l’Etat, les trafics continuent. Le président de la République laisse entendre que les bois de rose saisis dernièrement au Kenya, en Tanzanie, à Singapour et dans d’autres pays feront l’objet d’un appel d’offre international pour les vendre sur place. Et ce, afin d’éviter le rapatriement qui serait trop coûteux pour le pays. L’USAID et Conservation internationale tirent la sonnette d’alarme face aux exploitations illicites de ressources naturelles.

Le coût de la dégradation environnementale dans la Grande île est estimé entre 450 et 500 millions de dollars par an, d’après une estimation de la Banque mondiale, soit 9 à 10 % du PIB. La forêt malgache est menacée de disparition totale à échéance de 10 ans.

Pour la Banque mondiale, l’amélioration de la gouvernance est indispensable pour garantir la relance de la croissance. Les partenaires techniques et financiers veulent s’assurer de la bonne gestion des fonds accordés. La communauté internationale attend un passage à l’acte du gouvernement. Des mesures concrètes et quantifiables conditionnent les décaissements. L’Europe, aussi, reste sur ses gardes. « Si les objectifs ne sont pas remplis, il n’y aura pas de décaissement », prévient Andris Piebalgs, commissaire européen chargé de développement. « Quand nous faisons un programme ou un accord avec un pays, les conditions son réciproques et non unilatérales », rappelle-t-il.

Le FMI accorde à Madagascar une aide d’urgence de 47 millions de dollars. L’approbation permet le décaissement immédiat de la totalité du montant, qui équivaut à 25% du quota de Madagascar au sein du FMI. La décision facilitera les discussions des autorités avec les partenaires au développement pour l’attribution d’aides supplémentaires. De passage à Paris, le président de l'assemblée nationale, Jean-Max Rakotomamonjy, affirme - sans donner de chiffres - qu'une dévaluation est prévue, en application des recommandations du FMI et de l’aide financière d'urgence. La présidence de la République a démenti l’information. La devise malgache poursuit sa dépréciation.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Assemblée nationale - Conjoncture politique
  • Préparation des communales
  • Divers
  • Diplomatie, coopération

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé publique,conditions carcérales, droits des handicapés
  • Exploitation sexuelle des enfants, éducation
  • Expatriations, traite, violences faites aux femmes
  • Retour de Marc Ravalomanana, prisonniers politiques
  • Justice, réconciliation, gouvernance
  • Lutte contre l’insécurité, opération "coup d'arrêt"

ÉCONOMIE - SOCIAL - ENVIRONNEMENT

  • Questions foncières
  • Ressources minières, pétrolières et halieutiques
  • Trafic de bois de rose et de ressources naturelles
  • Environnement, aménagements
  • Bailleurs de fonds
  • Divers

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23 juin 2014

ARTICLES REMARQUES - JUIN 2014

- 23 06 14 - Tribune - Edito - Raw - Malsain, sinon très peu crédible
Le BIANCO prévoit ce jour deux grands événements ; d’une part l’ouverture de la Journée des Réseaux d’honnêteté et d’intégrité( RHI) et d’autre part la prestation de serment du nouveau directeur général, Jean Louis Andriamifidy. Le RHI est une pièce essentielle dans la culture contre la corruption et contre l’impunité. Les dernières actualités que véhiculent la presse font comprendre que beaucoup de dirigeants sont impliqués d’une manière ou d’une autre, directement ou non, dans des affaires douteuses. Pour l’instant, le chemin et la lutte contre la corruption ne sont qu’ébauches car les exemples d’en haut ne les encouragent guère. Pour beaucoup, la lutte conduite par le BIANCO et les combats menés par d’autres organismes soit disant indépendants ne sont que gesticulations et sont budgétivores. La société civile n’a pas confiance ni en l’État ni dans les opérateurs économiques... Les débats sur la fiscalité dans l’industrie extractive démontrent l’impérieuse nécessité de transparence dans les contrats, Leur caractère confidentiel est malsain, il entretient sinon encourage la corruption.

- 22 06 14 - Pourquoi les crises politiques sont-elles récurrentes à Madagascar et comment y remédier ? C’est la question posée cette semaine lors d’un colloque organisé à Antananarivo. Un événement soutenu par la Banque mondiale et organisé par des universitaires et plusieurs organes de la société civile. Solofo Randrianja, enseignant à l’Institut d’Etudes politiques de Madagascar était le porte-parole de ce colloque. Il répond aux questions de RFI. « Le premier diagnostic est lié au mot « récurrence », ce n'est pas une crise isolée c'est comme la mécanique d'une montre qui est bloquée sur une heure, ça continue à tourner mais on est bloqué. C'est une société bloquée (...) avec une accession au pouvoir au-delà des normes constitutionnelles. L'utilisation de la force pour arriver et se maintenir au pouvoir et puis  tout ce qui s'en suit : le pillage, les dérives de la classe politique sans repère ». Ecouter - 4'25

- 19 06 14 - Réunion 1ère - Les ZEE ultramarines, dont Tromelin et les îles Eparses font débat au Sénat français
Un débat, au Sénat français a lieu ce 18 juin sur les enjeux des ZEE ultramarines. Elles représentent 11 millions de km2 avec d'immenses ressources qui suscitent bien des convoitises...et notamment dans le Canal du Mozambique. Souhaité par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées et par la délégation à l'outre-mer du Sénat, ce débat fait suite à la récente publication du rapport d'information " Les zones économiques exclusives ultramarines : le moment de vérité". Dans cette partie du globe, la souveraineté de la France est contestée, d'une part, par Maurice qui revendique Tromelin et, d'autre part, par Madagascar pour les ïles Eparses qui représentent à elles-seules les deux-tiers du canal du Mozambique.

- 18 06 14 - France 24 - En images - Le trafic du bois de rose bat son plein à Madagascar
Les Observateurs de France 24 à Madagascar ont découvert récemment deux entrepôts de milliers de rondins de bois de rose, dont l’exploitation est interdite. Mais elle persiste manifestement sur la Grande Île, notamment dans la Sava, région du nord du pays. Ils dénoncent un trafic aux pratiques mafieuses qui menace ce bois précieux, censé être protégé.

- 17 06 14 - Blog d'Alain Rajaonarivony, journaliste - La Ripouxblique de Madagasikara - Les tas de droits princiers (2ème partie)
L'auteur fait part de sa désillusion sur les premiers mois du nouvel exécutif. Calculs et népotisme habituels auraient effacé le message de « réconciliation », qui voulait s’inspirer de Nelson Mandela. En un mois, la crédibilité du nouveau pouvoir a été ruinée et la population s’est souvenue que le nouveau président avait été soutenu et adoubé par Andry Rajoelina.Il serait donc normal que les sales affaires de la Transition continuent, des accaparements de terres aux trafics de bois de rose. L’insécurité continue de plus belle, aussi bien dans les centres urbains qu’en brousse et pourrit la vie de la population. Le président descendu enfin sur le terrain, s'est fait confirmé que ce sont des étrangers qui poussent les Dahalo à attaquer les villages car ils ont la malchance d’occuper des terres regorgeant d’uranium et autres minerais. Corruption et insécurité sont les deux mamelles de trafics juteux qui continuent de plus belle. Pour le Malagasy moyen, rien n’a changé avec l’avènement du nouveau pouvoir. Seule la communauté internationale s’ébaudit de cette « démocratie » qui permet d’effacer le coup d’état de 2009. La nouvelle assemblée nationale aura beaucoup de mal à redorer le blason de la République. La caricature de République qui existe dans la Grande Ile est moins semi-parlementaire que semi-féodale.

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16 06 14 - Collectif Tany - Les défis à relever dans les nouvelles lois sur les investissements
Le Collectif TANY a publié récemment ses propositions "pour une nouvelle politique de gestion des terres malgaches". Il poursuit ses réflexions et suggestions en vue d’apporter sa contribution à l’élaboration des projets de loi sur les investissements. Il tire les leçons des investissements courants à Madagascar et vise particulièrement la mise en place de lois sur les investissements favorisant les intérêts de la majorité de la population malgache et des générations futures, mettant l'accent sur le respect des intérêts et droits fondamentaux des communautés locales, la nécessité d’une évaluation préalable effective de chaque projet, l'impératif de transparence du processus d’investissement et de contribution au développement durable (efficacité économique, responsabilité écologique et solidarité sociale). Les contrats conclus doivent être équitables. L’exigence d’éthique devra être un point crucial dans la nouvelle politique de gestion des terres. En particulier, la lutte contre la corruption passive ou active devra amener à pourchasser de façon intraitable toute forme de corruption et sanctionner lourdement à la fois le corrupteur et le corrompu.

- 09 06 14 - Le Monde Académie - Marine Girard - Au Liban des domestiques étrangères vivent un enfer
Appelée "kafala", une forme de parrainage obligatoire pour les employées de maison venues de l'étranger autorise de nombreux abus au Liban, voire un esclavage moderne. Des ONG se mobilisent pour le respect des droits fondamentaux de ces femmes. Sans guère de succès jusqu'à présent. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW), le Liban compterait quelque 200 000 employées de maison venues de l'étranger et travaillant dans des conditions souvent difficiles, à Beyrouth mais également dans des petits villages reculés de la Bekaa. D’après Noha Roukoss, responsable de la sensibilisation et de la formation des migrantes chez Caritas, il y aurait en outre 50 000 employées domestiques travaillant sans titre de séjour sur le territoire libanais. La plupart de ces femmes, qu'elles soient employées légalement ou illégalement, viennent des Philippines, d’Éthiopie, du Sri Lanka ou de Madagascar.

- 08 06 14 - Blog d'Alain Rajaonarivony - La Ripouxpublique de Madagasikara - Et Dieu dans tout cela ? (1ère partie)
Au matin du 19 mai, les habitants du quartier pauvre d’Ankadimbahoaka Andrefana, situé dans la capitale, s’étaient calfeutrés chez eux, en entendant les militaires et l’huissier. Les grenades lacrymogènes finiront par les faire sortir. Femmes, enfants et vieillards étaient en nombre. Aussitôt, le bulldozer entrera en action pour raser leurs maisons, qui tenaient plus des favelas de Rio que des villas de Hollywood. Plusieurs de ces familles occupaient ces terrains depuis des dizaines d’années et n’avaient pas été prévenues de leur expulsion. L’action était si violente et si soudaine qu’ils n’ont pas eu le temps de ramasser leurs affaires. Est-ce vraiment l’émanation de «l’Etat de droit», qui était le leitmotiv, avec « la réconciliation», du nouveau président Hery Rajaonarimampianina durant sa campagne ? Les terres occupées par ces citoyens malagasy ont été octroyés au groupe Filatex, dirigé par le richissime clan de l’homme d’affaires karana Abdoul Rassoul, dont ce n’est pas le premier litige foncier à Antananarivo. Du Mapar d’Andry Rajoelina au Docteur Robinson en passant par l’ancien président Albert Zafy et les réseaux sociaux, ce fut une levée de bouclier générale. Le scandale fut tel, que personne n’a voulu endosser la moindre responsabilité dans cette nouvelle affaire...


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  04 06 14 - mongabay.com - Rhett A. Butler - Singapore intercepts massive illegal shipment of Madagascar rosewoodgabay
Les autorités de Singapour ont intercepté une cargaison de 29.000 rondins de bois de rose. Cette saisie est considérée comme la plus importante jamais réalisée au niveau international. « Ces bois saisis ont des marques qui ressemblent fortement à des stocks déjà recensés par le gouvernement malgache » lit-on dans cet article.

- 04 06 14 - Collectif pour la défense des terres malgaches - TANY - Pour une nouvelle politique foncière
Le collectif a publié́ récemment des « considérations préalables à une nouvelle politique de gestion des terres malgaches »[1] Ces propositions résultent de réflexions et d’échanges au sein du collectif depuis plusieurs mois. Avant d’aborder la politique foncière proprement dite, il pose dans un nouveau document le cadre général et le contexte. La situation nationale se caractérise par une contradiction entre la richesse du pays en ressources naturelles et la pauvreté́ de la majorité́ des Malgaches, plus de 92% selon les statistiques 2013. Face aux récentes déclarations du président du parti présidentiel HVM et du premier ministre lors de la présentation de la politique générale de l’Etat (PGE), le Collectif redoute que la politique agricole qui sera mise en œuvre ne tienne pas suffisamment compte de la nécessite de développer une agriculture familiale assurant des revenus décents à la majorité́ et respectant ses droits humains élémentaires comme l’alimentation. Sa crainte est que la priorité́ soit donnée à une agriculture basée sur de grandes exploitations agro-industrielles dominées par des investissements étrangers pratiquant une monoculture destinée principalement à l’exportation.


[1] Cf. Blog Justmad - http://p1.storage.canalblog.com/16/02/448497/96258982.pdf

- 04 06 14 - Tribune - Edito - Mireille Rabenoro - Le viol banalisé à Madagascar : jusqu'où la tolérance ?
En 2011, le père d’une lycéenne de 16 ans, Ella, violée par un politicien connu avec la complicité agissante du proviseur de son lycée, est venu à Antananarivo dénoncer le crime, sachant qu’il n’avait aucune chance de se faire entendre à Antsohihy. Depuis, le père s’est tu, sans doute vaincu par les menaces et les intimidations qui ont commencé tout de suite après le crime. Le criminel avait été arrêté, mais on a appris peu après par la presse qu’il s’était fait porter malade et admettre à l’hôpital de Mahajanga. Après s’être fait discret pendant quelque temps, le voilà qui refait fièrement surface, élu député, toujours dans la circonscription d’Antsohihy où il sévit depuis quelques législatures. Jeunes filles, d’Antsohihy, vieillissez-vous, enlaidissez-vous : c’est le prix que vous devez payer pour avoir le droit de vivre une vie normale

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31 mai 2014

REVUE DE PRESSE - MAI 2014

La Nation 21 05Le premier ministre a exposé la politique générale de l’État (PGE) devant l’assemblée nationale. La présentation ne semble pas avoir convaincu les députés, ni retenu toute leur attention. Les propos ont été jugés irréalistes et très éloignés des préoccupations de la population. La version de la PGE remise aux parlementaires était rédigée en malgache mais le discours a été prononcé en français, ce qui a suscité de nombreuses critiques.

Plus que par le PGE, les préoccupations des députés ont été accaparées par la question du remplacement du bureau permanent, confisqué par la plateforme d’Andry Rajoelina, le Mapar, et par la volonté des députés de la PMP d’évincer la présidente, Christine Razanamahasoa. Un nouveau règlement intérieur a été adopté par la majorité formée autour de la plateforme présidentielle. La HCC ayant donné son approbation au texte soumis, le conseil des ministres a adopté sur le champ un décret convoquant l’assemblée en session extraordinaire pour procéder à l’élection du nouveau bureau. Christine Razanamahasoa a dénoncé un « complot politique contre elle et le bureau permanent » et condamné une « dérive autocratique » du nouveau pouvoir. La présidente a été « remerciée » et Jean-Max Rakotomamonjy a pris immédiatement sa place, en l'absence de nombreux députés du Mapar. Le candidat de la PMP a été élu à l’unanimité des 111 présents, dont 6 membres dissidents du Mapar. Ces opérations se sont déroulées dans la précipitation afin de ne pas donner le temps au Mapar de préparer une contre-offensive.

Christine Razanamahasoa et ses soutiens ont déposé une requête auprès de la HCC pour demander un avis portant les élections des nouveaux membres du bureau. Elle soulignait en outre la nécessité d’un contrôle de constitutionnalité du décret portant convocation de l’assemblée. La HCC a jugé les requêtes irrecevables, déclarant en revanche le règlement intérieur conforme à la Constitution, de même que la convocation de la session extraordinaire. Christine Razanamahasoa et les anciens membres du bureau ont refusé d’organiser une passation de service. La session ordinaire ouverte à la suite de la session extraordinaire n’a pas donné lieu aux affrontements redoutés entre les deux bureaux. L’ancienne ministre n'a pas assisté à la cérémonie d'ouverture, bien qu’elle se soit déclarée seule présidente légale.

Les préoccupations des parlementaires se sont également focalisées sur les indemnités et « avantages » liés à leur fonction. Dans le cadre de leur nouveau règlement intérieur, ils ont révisé à la hausse les propositions du gouvernement qui leur avait octroyé une indemnité mensuelle moindre que celle des anciens conseillers de la Transition. Des prétentions qui ont été brocardées, notamment par la société civile. Il est également reproché aux députés de s’être octroyé la possibilité de bénéficier de passeports diplomatiques pour eux-mêmes et leurs conjoints. Seuls cinq nouveaux députés ont procédé à la déclaration de patrimoine, en application d’une ordonnance présidentielle particulièrement exigeante. Les deux plateformes de la chambre basse, la PMP et le Mapar ont exigé l’amendement de cette ordonnance et ont demandé que les membres de l’exécutif déclarent en premier leur patrimoine. Un imbroglio juridique né de la contradiction entre un décret de 2004 et la nouvelle Constitution permet aux membres du gouvernement de surseoir à cette obligation. La composition pléthorique du nouveau bureau et l’inflation du nombre d’assistants parlementaires ont alimenté les critiques, de même que l’attribution aux nouveaux députés de 4 x 4 haut de gamme. Les parlementaires se sont plaints d’avoir perçu tardivement leurs indemnités de fonction ; ils ont obtenu partiellement gain de cause. Le premier ministre s’est opposé à la révision par les députés de l’ordonnance présidentielle, soulevant une vague de mécontentement dans l’assemblée.

La plateforme de l’ex-président de la Transition, le Mapar, s’est trouvée déstabilisée par les évènements politiques survenus depuis la prise de fonction du nouveau chef de l’Etat. Après une longue période de silence, Andry Rajoelina s’est décidé à tenter la réunification de son mouvement en vue des communales programmées pour la fin de l’année. Les députés ralliés à la plateforme PMP n’ont pas été exclus et les deux ailes de Mapar affirment s’être réconciliées.

La plateforme présidentielle HVM s'est constituée en parti politique. Ses membres fondateurs en sont le premier ministre, des membres du gouvernement et des conseillers spéciaux du président de la République. Leur qualité de responsable étatique fait débat et pourrait être en contradiction avec la loi sur les partis. Les observateurs redoutent la pérennisation des anciennes pratiques des partis présidentiels et la politisation de l'administration.

Les généraux Ndriarijaona, chef d’état-major, et Ravalomanana, commandant de la gendarmerie, ont été limogés. Ces deux officiers, nommés par Andry Rajoelina, ont été ses plus fidèles soutiens depuis 2009. Pour Tribune, leur remplacement marque la fin de la Transition et confirme la volonté du chef de l’Etat de tourner définitivement la page du régime dont il est pourtant issu. Le président a pris son temps pour décider de ces remplacements, conscient des risques encourus pour la préservation de la cohésion des forces de l’ordre. Lors de sa passation de service, le général Ravalomanana a affirmé que la sortie de crise est en grande partie à mettre au crédit des forces de l’ordre. L’action de celles-ci aurait été déterminante pour la bonne tenue des scrutins présidentiel et législatif. Le général a souhaité que son successeur « ne subisse pas les pressions » qu’il aurait subies et fait valoir son action en faveur de la lutte contre la corruption au sein de la gendarmerie. A noter la décision du nouveau pouvoir de remplacer le DG des douanes, en poste depuis 2009. Une administration compromise avec des trafics en tous genres durant la Transition.

Les communales devraient être organisées avant le 30 novembre. La CENIT, dont la mission devrait s’achever à l’issue de cette consultation, propose un scrutin de liste. Les fonds du Pacem pourraient encore être mobilisés pour cette opération, à condition. La juriste Sahondra Rabenarivo alerte sur l’urgence de mettre en place toutes les institutions de la IVème République. Il reste encore à organiser des législatives partielles dans 4 districts, mettre en place le sénat, achever le renouvellement de la HCC et installer la haute cour de justice que tous les régimes précédents ont renoncé à mettre en place.

Les partisans de Marc Ravalomanana s’impatientent. Le chef de l’Etat n’a encore rien révélé de ses intentions quant au retour de l’ancien président, déplorent-ils. Ils s’interrogent sur la nature de l’éventuel « deal » que les dirigeants de la mouvance auraient contracté avec le président de la République. L’avocat Sud-africain de Marc Ravalomanana a fait le déplacement pour sonder les autorités sur les modalités du retour de l’ancien chef de l’État. La ministre de la justice, qui n’a pas rencontré l’émissaire, a fait savoir qu’elle n’interviendra pas dans ce dossier qui est entre les mains des tribunaux. Guy Rivo Randrianarisoa, questeur et membre de la mouvance, déclare que le chef de l’Etat se doit de trouver dans les 6 mois une solution pour le retour de Marc Ravalomanana. Selon lui, un accord a été conclu en ce sens, avec en contrepartie le soutien apporté au nouveau régime. L’accord secret porterait également sur la libération des détenus politiques et la réouverture des médias fermés sous la Transition. « Si ce qui a été discuté n’est pas respecté nous allons revoir notre position » a-t-il menacé. Le renouvellement du passeport diplomatique de Marc Ravalomanana a été entravé par le ministère des affaires étrangères, dénoncent ses partisans. Un tête-à-tête Ravalomanana-Rajaonarimampianina a eu lieu en Afrique du Sud à l’occasion de la cérémonie d’investiture de Jacob Zuma. Aucune information n’a filtré sur le contenu et le résultat de la rencontre mais les militants de la mouvance ont remercié le chef de l’Etat.

Aucune entité politique d'envergure ne souhaite figurer à la tête de l'opposition. Chacun a ses arguments pour ne pas se trouver de l'autre côté de la barrière. Ni le Mapar, ni la mouvance Ravalomanana, ni les mouvances des deux anciens présidents Zafy et Ratsiraka ne semblent vouloir jouer ce rôle. Tous ont décidé de se ranger aux côtés du vainqueur de la présidentielle. Des analystes mettent en garde : la démocratie a tout à perdre d’un régime sans opposition.

International Crisis Group (ICG) s'interroge sur la sortie de crise. L’ONG note que le régime d’Andry Rajoelina a été marqué par la corruption, la désagrégation des institutions et l’effondrement de l’Etat de droit. Le système politique, principal obstacle au redressement, devra être réformé en profondeur. La communauté internationale est invitée à apporter son soutien à Hery Rajaonarimampianina et à l’accompagner dans ses actions visant à réformer les institutions démocratiques et à professionnaliser le secteur de la sécurité. Pour ICG, les élections marquent un progrès mais n’ont en rien résolu les causes sous-jacentes et les conséquences du coup d’Etat de 2009. « Le gouvernement doit prendre des mesures urgentes pour prévenir les incursions de l’armée dans la vie politique », met-elle en garde.

« Les régions Androy et Anosy à feu et à sang ! », s’alarme La Nation. Les évènements qui se déroulent dans ces régions, où se multiplient les attaques de villages, ne relèvent plus d’actes de banditisme. Les effectifs d’assaillants, les armements dont ils disposent, leur supériorité offensive, évoquent une guérilla. Les dahalo terrorisent les habitants de plusieurs districts. Les autorités locales civiles et militaires sont fréquemment mises en cause pour leur compromission. Les forces de l’ordre, sous-équipées, sont impuissantes à rétablir la sécurité et leurs interventions sont trop souvent à l’origine d’exécutions sommaires. Des exodes massifs de populations se sont produits, après incendies et destructions d’habitations, des villageois se sont réfugiés dans les forêts. Des règlements de compte entre villages se généralisent. Les victimes se chiffrent désormais par centaines depuis quelques semaines. Les forces de l’ordre ont subi des pertes importantes. Le comité central de la FJKM se dit préoccupé par la recrudescence de l’insécurité. « L’heure est grave. Des actions seront entreprises, pour contrecarrer les vagues d’attaques de bandits de grand-chemin », souligne le général Paza, secrétaire d’État chargé de la gendarmerie. Les parlementaires reprochent à l’exécutif de ne pas avoir pris la mesure de la gravité de la situation et de  ne pas s’être rendues sur place.

La Nation 24 05Plusieurs centaines d’hommes de la gendarmerie dépêchés dans le Grand Sud. L’opération, dénommée « coup d’arrêt », pourrait durer 3 mois. Les responsables des forces de l’ordre pointent du doigt le « blanchiment de bovidés » orchestrés par des membres de l'administration qui favorisent les activités des dahalo. 40% des bovins abattus pour la boucherie dans la capitale proviendraient de ces trafics. Des analystes évoquent aussi l’exacerbation de conflits ethniques entre villages, résultant de l’activité des prospecteurs de minerais et de pierres précieuses, entrant en compétition avec les éleveurs de bétail. Les véhicules 4x4 reçus en don par le candidat Camille Vital, ex-premier ministre de la HAT, seront affectés aux forces de l’ordre. Le chef de l’Etat a procédé à la remise de 135 des 350 véhicules à la police et à la gendarmerie. 360 crosses de fusils d’origine russe et plus de 3.500 pièces de munitions ont été découvertes dans un véhicule au port de Toamasina, en provenance de Belgique via la France. La découverte intrigue et inquiète car c’est ce type d’arme qui est utilisé par les dahalo. Une femme recherchée a été mise en examen, elle est l’épouse d’un gendarme qui appartient à la FIGN. La presse suspecte l’existence d’un vaste réseau ayant des ramifications au sommet de l’Etat.

RFI rapporte que les forces de l'ordre relevant de l’opération « coup d’arrêt » ont commis des exactions. Des citoyens originaires de la région de Taolanaro font état de pillages et d'agressions par ceux-là même qui sont censés les protéger. Le commandant de la gendarmerie nationale affirme qu’une enquête ordonnée. La station rappelle que l’opération de pacification du Sud lancé en 2012 sous l’appellation « Tandroka »  avait été controversée. Les militaires avait été accusés d’exactions à l’encontre de civils. Des comportements qui avaient été dénoncées notamment par Amnesty International.

La France et les autorités malgaches, sous la pression des professionnels du tourisme, ont donné le sentiment d’accorder plus d’importance au rétablissement de la sécurité sur l’île de Nosy Be, qui a connu de tragiques lynchages voici quelques mois. Peu après la visite sur place du chef de l’Etat et du représentant de la Banque mondiale, la France a levé ses mises en garde aux touristes désirant se rendre sur « l’île aux parfums ». « Désormais, il convient de laisser à la justice et au tribunal de déterminer si une personne est coupable ou non, il faut arrêter les vindictes populaires », a déclaré le chef de l’Etat lors de sa visite.

La justice malgache reléguée au fond du classement établi par le Pnud. La Grande île occupe la 131ème place sur 141 pays, avec mention particulière pour l’absence d’indépendance de sa justice et prolifération préoccupantes des cas de « justice populaire ». L’absence de politique nationale de prévention de la violence et de la criminalité, l’existence de « dina » non homologués, sont citées parmi les causes des dysfonctionnements identifiées.

L'Express 23 05800 habitants d’un quartier de la capitale ont été expulsés manu militari, sans préavis et sans mesures de relogement, 60 maisons ont été détruites. D’autres opérations expéditives se sont déroulées dans divers quartiers. Les propriétaires, parmi lesquels des étrangers ou des « karana », se précipitent actuellement pour récupérer leurs biens afin d’entamer des projets retardés par les 5 années de crise politique. La Transition aurait favorisé l’acquisition massive de terrains domaniaux ou privés, alors que, paradoxalement, les auteurs du coup d’État de 2009 reprochaient à Marc Ravalomanana d’avoir accaparé des terrains et vendu des terres aux Coréens… L’association catholique « justice et paix » condamne ces opérations au nom de la défense des droits de l’homme. Elle dénonce la vente de terrain à de riches hommes d’affaires qui profitent de l’ignorance de la population. Ces expulsions ont été exploitées politiquement par les parlementaires du Mapar.

Le pétrole malgache objet de toutes les convoitises. La société américaine Exxon Mobil pense-t-elle devenir le premier explorateur de pétrole de l’île Rouge ? Revenue en force dès le retour à l’ordre constitutionnel, le groupe joue des coudes pour développer ses activités. 240 blocs de prospection attendent encore preneur. Le Chef de l’Etat a bénéficié de toutes les attentions de la compagnie lors de son récent séjour à Washington. Le ministre des ressources stratégiques, Lalaharisaina Joeli, annonce que la compagnie nigériane Sapetro effectue des recherches pétrolières dans le secteur de Juan de Nova, appartenant aux îles Eparses gérées par la France et revendiquées par Madagascar. Le gouvernement entend évaluer les perspectives de développement du plateau continental. Des travaux de levées sismiques vont être lancés.

Des exportations massives de bois de rose dénoncées par un informateur, révèle La Nation. Ce dénonciateur gênant dont l’identité aurait été découverte, aurait reçu des menaces de la part des réseaux à l’origine d’opérations frauduleuses. Les services de répression des trafics internationaux auraient procédé à la saisie de 6.000 tonnes de bois de rose sur un bâtiment ayant accosté à Singapour, pour une valeur de plus de 78 millions de dollars, d’après les indications fournies par l’ex-premier ministre Omer Beriziky à l’occasion de sa passation de service. Un homme d’affaires indo-pakistanais très connu dans la Grande île, également cité dans des affaires de trafics de drogue, serait l’un des cerveaux de cette filière mafieuse. Il aurait participé activement au financement des récentes campagnes électorales. Se trouveraient également cités d’importants responsables étatiques et des magistrats en poste sur le littoral. 16 conteneurs de bois précieux appartenant à un haut responsable de la Transition sont toujours entreposés au port de Toamasina, selon Tananews. Ils ont été saisis par la « task force » en 2009 avec 79 autres conteneurs qui, eux, ont pu être acheminés vers plusieurs ports chinois. 34 conteneurs de bois de rose, soit environ 6,6 millions de dollars de marchandises, ont été saisis à Mombasa, au Kenya, 28 autres ont été interceptés au Port de Colombo au Sri Lanka. Pour La Gazette, la bataille contre les trafics de bois de rose est perdue d’avance malgré la bonne volonté du président Rajaonarimampianina. Son annonce, à Paris, au cours d’une interview, de son intention d’accorder l’amnistie aux opérateurs aurait déclenché une recrudescence des coupes. La double saisie loin des frontières malgaches montre que le trafic reprend de plus belle

Le nouveau ministre de l’environnement prévoit une extension de la mission du comité de pilotage chargé de la gestion des stocks de bois précieux saisis, en mettant en place une structure opérationnelle chargée de l’arrestation des trafiquants. L’ambassadeur de l’UE a mis le gouvernement devant ses responsabilités : le rétablissement de la bonne gouvernance attendu par l’Europe passe par l’éradication de ces trafics. Hery Rajaonarimampianina dénonce la mainmise de réseaux mafieux infiltrés jusque dans les institutions. Les mises en cause ont été jusqu’à atteindre certains députés nouvellement élus. L’avocat français William Bourdon enquête sur le bois de rose, révèle La LOI. Fortement impliqué dans les investigations sur les « biens mal acquis » des dictateurs africains, il a conduit courant mai une mission à Madagascar dans le cadre d'un appel d'offres lancé en 2013 par la Banque mondiale. Le but de ce contrat est d'aider le nouveau gouvernement sur les questions relatives à la gestion des stocks saisis.

L’UE a décidé la reprise complète de sa coopération avec Madagascar. Le Conseil a décidé de lever les sanctions qui s’appliquaient depuis juin 2010 en vertu de l’accord de Cotonou. Andris Piebalgs, président de la Commission en charge du développement, se rendra à Madagascar en juin « pour faire démarrer les travaux de programmation ». La mise en œuvre du 11ème FED couvrant la période 2014/2020, pour lequel une enveloppe de 455 millions d’euros est préalablement allouée, sera au cœur des discussions. 98 millions devraient être débloqués rapidement. Il est prévu également d’allouer 78 millions d’appui budgétaire à la  « consolidation de l’appareil de l’État ». L’UE attend que le gouvernement établisse, « de façon précise », son programme de développement et adopte un budget rectificatif. Les deux parties devraient se pencher sur le document de stratégie pays sur lequel se basent les aides de l’UE. L'ambassadeur Léonidas Tézapsidis insiste sur les efforts à fournir en matière de bonne gouvernance.

Le FMI accorde 47,4 millions de dollars pour un programme que la « facilité de crédit rapide » pourrait soutenir. Un ensemble de mesures a été arrêté visant à améliorer les recettes fiscales et douanières, augmenter le financement des programmes d’investissements publics et de dépenses sociales, mettre fin à l’accumulation de nouveaux arriérés intérieurs et apurer les arriérés existants, aborder le problème des subventions pétrolières tout en identifiant des mécanismes efficaces pour soutenir les plus vulnérables. La « vérité des prix » des carburants pourrait être exigée.

Banque mondiale : une enveloppe de 400 millions de dollars. Le vice-président de la Banque pour la région Afrique a effectué à Madagascar une visite historique qui témoigne de la normalisation des relations entre la Banque et la Grande île. Le financement sera disponible à compter du 1er juillet et les décaissements s’étaleront sur une période de 3 ans. L’amélioration de la gouvernance économique figure parmi les objectifs. Des projets spécifiques seront également appuyés dans différents domaines dont la nutrition, la protection sociale et les infrastructures de base. Cette enveloppe pourrait être révisée à la hausse, sous diverses conditions liées aux efforts réalisés par le pays. La Banque s’attend à une reprise économique « relativement rapide » à Madagascar, après plusieurs années de faible croissance, contrairement aux résultats encourageants observés pour le continent africain. Depuis 2000, le revenu par habitant a stagné et a même diminué depuis 2008.

L’ambassadeur de France fait part de sa vision de la situation politique, prenant ouvertement la défense du nouveau pouvoir. « J’ai un peu le sentiment que Madagascar a réussi à vaincre ses démons qui sont de refuser à croire en son avenir, à se sentir immobilisée, asphyxiée par une situation dont certains pensaient qu’on ne pouvait pas en sortir », affirme l’ambassadeur, qui se félicite des étapes majeures déjà franchies. Ses propos ont provoqué de vives réactions dans les médias, qui accusent une nouvelle fois la France d’ingérence dans les affaires intérieures. Une universitaire expert en relations internationales déclare : « Nous revenons dans les bras de la France. Elle nous domine politiquement et diplomatiquement. En outre, les ressortissants français, particulièrement symbolisés par les « karana », détiennent à Madagascar les clés de notre économie. On se demande désormais où est la place des Malgaches ». Le chef de l’Etat effectuera une visite officielle en France au second semestre. Le ministre français de la coopération est attendu à Madagascar en juin. Hery Rajaonarimampianina admet que régler le dossier des Îles Eparses avec la France est une tâche ardue mais il estime qu’« il y a une place pour des négociations ».

Les États-Unis lèvent toutes les restrictions qui pèsent sur l'aide directe à Madagascar, annonce la porte-parole du département d’État. Hery Rajaonarimampianina est invité à prendre part au sommet États-Unis-Afrique qui se tiendra à Washington les 5 et 6 août.

Limogeage d’Annick Rajaona, proche d’Andry Rajoelina, ambassadeur en Suisse et auprès des Nations unies à Genève. Elle avait été directrice des relations internationales à la présidence. Son départ est intervenu au moment où le premier ministre Kolo Roger se trouvait à Genève pour une réunion à l’OMS. Les observateurs notent que le chef de l’Etat poursuit son « émancipation », en remplacement toute la garde rapprochée du président de la HAT.

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Les débuts du gouvernement Kolo
  • Assemblée nationale - Destitution du bureau permanent, recomposition politique
  • Diplomatie, coopération
  • Divers

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé publique
  • Education
  • Retour des exilés, prisonniers politiques, justice, gouvernance
  • Recrudescence de l’insécurité, phénomène « dahalo »
  • Médias, liberté d’expression

ÉCONOMIE - SOCIAL - ENVIRONNEMENT

  • Ressources minières, pétrolières et halieutiques, foncier
  • Trafic de bois de rose et de ressources naturelles
  • Environnement, calamités
  • Bailleurs de fonds
  • Divers

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