JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2019

<> 20 04 19 - Collectif Tany-CRAAD-OI - Projet minier "Base Toiliara" - Décision présidentielle attendue d'urgence
Dans un communiqué du 28 mars, le CRAAD-OI et le Collectif TANY avaient rappelé que les communautés locales qui s'opposent depuis plusieurs années au projet d'exploitation d'ilménite « Base Toliara » attendent du président de la République la décision d'arrêter définitivement ce projet minier. L'absence de réponse à leurs revendications a abouti tout récemment à des manifestations de violence et à des pillages. Les deux organisations exhortent le chef de l’Etat « à prendre une décision qui puisse prouver aux communautés concernées que leurs demandes ont été entendues, et que leurs droits fondamentaux sont respectés. »

<> 17 04 19 - Amnesty International - Le journaliste Fernand Cello relaxé après près de deux ans après son arrestation
La relaxe du journaliste d’investigation Fernand Avimana, plus connu à Madagascar sous le nom de Fernand Cello, est une bonne nouvelle attendue de longue date, a déclaré Amnesty International. Le 2 avril 2019, le journaliste d’investigation Fernand Cello a été relaxé par la cour d’appel de Fianarantsoa près de deux ans après avoir été arrêté pour des motifs liés à ses activités professionnelles et à la suite d’accusations controuvées de vol de chéquier. Il a été arrêté le 5 mai 2017 et maintenu en détention provisoire pendant plus de quatre mois. Déclaré coupable du vol d’un chéquier le 26 septembre 2017, il a été condamné le même jour à deux ans d’emprisonnement avec sursis et à une lourde amende par le tribunal d’Ihosy. Ce jugement représente un pas important vers la reconnaissance de la liberté de la presse à Madagascar.

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  17 04 19 - Communiqué du SeFaFi - Des élections législatives à la hauteur de l'enjeu ?
D'après le SeFaFi, outre le pouvoir et les honneurs, nombre de candidats recherchent les bénéfices matériels liés à la fonction de député
. « Pour mettre un terme aux marchandages récurrents, il conviendra de fixer clairement l’ensemble des avantages reconnus aux parlementaires, avant la prochaine élection et pour toute la durée de la législature. Car il est inacceptable, et malsain, que les élus décident par eux-mêmes du montant de leur rémunération globale », juge l’Observatoire. S’agissant du profil des candidats, il écrit : « on y trouve de tout : des farfelus, des parvenus et des opportunistes ; des criminels couverts par leur immunité parlementaire et des entrepreneurs véreux ; on y rencontre même des gens sérieux et compétents, mais les électeurs si souvent abusés sauront-ils les reconnaître ? ». Le grand nombre des candidats « indépendants » (515 sur 803), témoigne de l’affaiblissement des partis et de la montée de l’individualisme en politique. Le SeFaFi déplore également que « le nomadisme politique soit devenu le sport favori de nombreux spécialistes du ‘retournement de veste’ ». Les députés, volontairement ou non, ne remplissent pas leurs responsabilités. Il ne leur revient pas de paver des rues, d’équiper des écoles, d’installer des bornes fontaines ou d’offrir des ballons de foot et des couvertures. Ces actions n’ont rien à voir avec leur fonction. De plus, elles ne sont pas financées sur leurs fonds propres mais sur des fonds mis à disposition par l’Assemblée, même s’ils se gardent bien de le mentionner, tacle Midi. Le SeFaFi constate qu’au fil de la législature écoulée la durée des travaux en séance plénière n’a fait que diminuer.

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11 04 19 - De violents affrontements entre des manifestants et des éléments des forces de l'ordre ont éclaté à Maroantsetra le 7 avril. Des centaines d’individus se sont rassemblés devant le commissariat suite au décès d'un lycéen durant sa détention préventive. Bilan : un manifestant tué par balle et une vingtaine de maisons brûlées, dont 19 appartenant à des policiers. Les ministres de l’intérieur, de la défense et le secrétaire d’État chargé de la gendarmerie ont fait le déplacement à Maroantsetra. Les autorités ont promis à la population que la lumière sera faite sur ce meurtre. « Un jeune homme a été arrêté pour suspicion de vol avec effraction. Il a été mis dans une cellule du commissariat. En début d’après-midi, les policiers ont constaté qu’il était faible. Il est décédé à l’hôpital », a indiqué le commandant le chargé de communication à la gendarmerie nationale. « Les médecins ont dit que ce sont des coups qui l’ont tué. Il avait les côtes cassées » a-t-il poursuivi. Pour la famille, pas de doute, ce sont les policiers qui ont tué leur fils. Cette dernière et des habitants se sont rendus avec le corps de la victime devant le commissariat, réclamant justice. « Il y avait un trou béant dans la jambe du cadavre, indiquant le tir d’une balle. Ce ne sont pas que des coups qu’il a reçus », a rapporté un enseignant présent devant le commissariat. Au fur et à mesure la foule s’est faite plus menaçante. « Des manifestants demandaient la peau des policiers », a expliqué le commandant. Ils se sont alors retranchés dans le commissariat. « Les policiers ont d’abord tiré en l’air puis sur la foule par peur d’être lapidés. Les violences policières sont courantes ici. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a poursuivi l’enseignant. Pour L’Express, ces évènements compromettants pour la police rappellent les affaires d’Antsakabary en 2017 et de Fenoarivo en 2018.

 Le ministère de la sécurité publique a annoncé le remplacement de tous les policiers affectés à Maroantsetra. Il s’agit, précise le ministre, non d’une sanction mais d’une simple mesure administrative. L’ouverture d’une enquête interne et des sanctions disciplinaires sont évoquées. Le ministre a demandé que l’enquête soit diligentée par la justice afin qu’il n’y ait aucune partialité dans la procédure. « Nous réitérons que le métier de policier n’est pas un refuge pour les bandits », affirme la déclaration ministérielle qui ajoute que « tous ceux qui ont transgressé la loi dans cette affaire feront l’objet d’une poursuite. » Le premier ministre a réaffirmé de son côté l’intransigeance de l’État face aux vindictes populaires. L’Express écrit : « Les événements de Maroantsetra rouvrent la question sur la disposition de la police nationale à se soumettre à la justice. Sur l’affaire Antsakabary, ou plus récemment, à Fenoarivo-Atsinanana, les enquêtes ont été à sens unique. Les civils impliqués dans les faits ont systématiquement été incarcérés, alors que l’enquête stagne sur la responsabilité des policiers. Dans certains cas, il s’agit, pourtant, d’actes qui pourraient faire l’objet d’une poursuite pénale. (…) La crainte d’une réaction corporatiste des syndicats de la police nationale a taraudé les esprits du commandement. Pour les analystes, ces faits imposent des réflexions sur la rigueur du recrutement au sein de la police, notamment, s’agissant de la moralité, du respect de l’éthique et de la déontologie du métier, ainsi que le respect de la loi et des droits humains dans l’exercice du métier. Et l’éditorialiste de ce même quotidien d’écrire encore : « La police figure parmi les corps les plus corrompus, selon le dernier rapport publié par l’enquête Afrobaromètre. Le concours d’entrée à l’école de la police est réputé être le chantre d’une corruption systématique. Les exactions de la police sont légion pour ne citer que le meurtre en pleine audience du juge Rehavana à Toliara en novembre 2010, l’incendie de tout un village à Antsakabary en 2017, l’arrestation d’un policier venant de participer à un cambriolage à Andoharanofotsy il y a un mois, les exécutions sommaires de soi-disant bandits. Des affaires dans lesquelles le corps de la police s’est empressé de défendre bec et ongles ses éléments au lieu de faire profil bas et reconnaître les faits à l’image de ce que fait la gendarmerie. C’est bien de déclarer que la police n’accepte pas d’être un repaire des malfaiteurs, c’est mieux de le traduire par des mesures pénales et non seulement disciplinaires. On ne peut qu’être indigné de voir un haut dignitaire de la police tenir une conférence de presse pour oser disculper un des siens arrêté par la gendarmerie pour cambriolage alors qu’il a laissé tomber son fusil sur le champ de bataille. Le vent du changement doit aussi et surtout concerner le corps de la police. » Le Bureau national de gestion de risques et catastrophes effectuera un déplacement à Maroantsetra pour assister les familles dont les habitations ont été détruites ou incendiées.

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  10 04 19 - Le Monde - Soupçons d'ingérences russes dans la campagne présidentielle à Madagascar
La Russie aurait influencé l’élection présidentielle à Madagascar, selon la BBC[1]
. France TV info Mayotte rapporte que selon la station britannique six candidats ont touché de fortes sommes d’argent de la part d’une dizaine d’hommes d’affaires russes, dont au moins un, Andrei Kramar, est connu comme proche de Vladimir Poutine. Ces russes sont arrivés groupés dans la Grande île bien avant le début de la campagne. Ils ont misé sur six candidats avec un pacte clair : celui arrivé en tête bénéficierait du soutien des cinq autres. L’un de ces candidats, le pasteur Mailhol, aurait fait des révélations à la BBC. Il reconnaît avoir touché plusieurs dizaines de milliers d’euros, notamment pour régler la caution exigée des candidats, sans révéler le montant exact perçu. Le candidat Jean Omer Beriziky confirme la démarche. « Je pense qu’ils ont approché plusieurs candidats, y compris moi. Ils m’ont demandé si j’étais prêt à ouvrir la diplomatie malgache vers d’autres horizons. J’ai répondu oui, bien évidemment. Et ils ont dit : nous allons vous aider », soutient l’ancien premier ministre. Ce dernier livre même le montant promis par ces ressortissants russes : « À peu près deux millions de dollars. Ils ont même dit que c’était insuffisant. Qu’ils allaient donner un peu plus ». Les journalistes ont approché Andry Rajoelina, lequel a refusé de les recevoir. Les journalistes seraient même parvenus à filmer quelques-uns de ces Russes sur une visite de chantier ou dans des meetings. La journaliste Gaelle Borgia évoque une « opération systématique et coordonnée. » Pour France TV info Mayotte, « la question est de savoir dans quel but la Russie a graissé la patte des politiciens malgaches. Il va sans dire que toute la Grande île aura désormais l’œil rivé sur le moindre contrat russe à venir. »

Le site 2424.mg écrit : « Des poupées russes ont donc été envoyées pour financer des candidats à Madagascar ? Mais dans quelle optique ? Il semblerait que les consignes soient claires, à savoir que les bénéficiaires de ces ‘subventions électorales’ soient ‘à disposition’ des ordres donnés. Il faut noter que la poupée russe s’est particulièrement montrée ouverte à l’époque du régime Rajaonarimampianina, avec un réchauffement fulgurant de la diplomatie quelques mois avant la présidentielle. Fruit du hasard ? (…) Rappelons-nous que trop souvent, en géopolitique, rien n’est gratuit. »



 

 

 

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REVUE DE PRESSE - MARS 2019

L’installation du nouveau pouvoir a conduit à une vague de limogeages sans précédent dans les hauts emplois de l’Etat. Des décisions qui n’ont pas toujours été assorties de nouvelles nominations. Au sein de certains départements, les postes devenus vacants ont fait l’objet d’appels à candidature qui précisent le profil recherché et les missions qui attendent les futurs responsables.

Les deux finalistes de la présidentielle ne se sont pas encore conformés à l’obligation de soumettre leurs comptes de campagne au contrôle de la commission ad-hoc, alors que la date limite du 8 avril approche. Midi rappelle que des montants faramineux ont été cités pour le financement de la campagne des deux principaux protagonistes, sans avoir été démentis. « En parler maintenant n’est pas incongru, mais dans le monde politique, il y a une sorte de consensus pour ne plus évoquer le problème. » En déplacement à Toamasina, Andry Rajoelina a impressionné les foules en confirmant la réalisation rapide de plusieurs volets de son audacieux programme IEM.

la gazette 25 03 19Préparation des législatives du 27 mai - Le cap des dix millions d’électeurs a été (enfin) atteint à l’issue de la révision annuelle de la liste électorale. La CENI a déploré une nouvelle fois le peu d’intérêt des citoyens pour la vérification de cette liste. Un défaut de sensibilisation et une indifférence de la part des candidats, qui ont tardé à déposer leur dossier. 803 candidats ont été retenues, contre 2 053 en 2013. Les 2/3 sont étiquetés « indépendants ». La plateforme TIM-K25 ne présentera des candidats que dans 2/3 des districts. Quant à la plateforme du président sortant, elle est quasiment absente. « Une situation incompréhensible et inquiétante pour la démocratie », a commenté la CENI. Le KMF-CNOE voit également d’un mauvais œil l’importance du nombre des candidatures indépendantes et évoque le risque d’instabilité à l’Assemblée nationale. Une vingtaine d’anciens ministres s’alignent dans la course. La plupart sont d’anciens membres du parti présidentiel HVM qui se présenteront sous l’étiquette « indépendants ». Autre information qui interpelle : le nombre important d’artistes parmi les candidats, la plupart sous la bannière du TGV pro-Rajoelina.

L’insécurité dans certains districts prend de l’ampleur au point de menacer le bon déroulement du scrutin, redoute L’Express. Le quotidien déplore que « les candidats misent sur l’alimentaire pour quérir la voix des électeurs. (…) Vary mora, soupe populaire, pâtes alimentaires. Voilà les ingrédients de la campagne électorale en vue des législatives. (…) Tout le monde opte donc pour la formule gagnante lors de la présidentielle. »

L’arrivée du nouvel ambassadeur américain laisse présager un renforcement des relations entre les deux pays. Aucun malentendu ne vient désormais compromettre la relation avec Andry Rajoelina, désormais démocratiquement investi.

Andry Rajoelina a effectué une importante visite d’Etat à Maurice. Pour le chef de l’Etat, la prospère île voisine est « un modèle de développement ». Plusieurs accords de coopération ont été signés. Il a été proposé d’accorder aux industriels mauriciens 80 hectares dans le parc industriel en projet à Moramanga.

Madagascar et le Maroc ont signé plusieurs accords de coopération à l’occasionde la 1e session de la Commission mixte qui s’est tenue à Marrakech. Le renforcement des relations se focalisera désormais sur l’éducation, la santé, la diplomatie, le social, l’urbanisme, la recherche scientifique, la décentralisation et le volet jeunesse et sports. Madagascar ouvrira une ambassade à Rabat.

Le pape François effectuera un voyage apostolique au Mozambique, à Madagascar et à Maurice, du 4 au 10 septembre.

Les attaques de dahalo se multiplient. Vingt dahalo armés ont incendié douze maisons avant de s’emparer d’un troupeau à Fenoarivobe. Des dahalo ont kidnappé quatre mineurs à Maevatanana. L’un d’eux a été torturé à mort,deux autres sont parvenus à s’enfuir. Ils ont réclamé une rançon de 10 millions Ar pour la libération de la 4e victime, une fillette de 6 ans. Les enlèvements ont été précédés du pillage du village. Enlevé par 40 dahalo armés à Mampikony, un directeur d’école a été libéré suite à une intervention militaire.Un villageois é été abattu. Une bande de 40 dahalo a affronté de nuit des gendarmes et le fokonolona à proximité de Betroka.Deux d’entre eux ont été abattus. Une bande de dix individus armés a frappé à Antanetibe Tsiafahy. Les assaillants ont attaqué plusieurs commerces et commis deux viols.

Les zébus seront dotés de puces électroniques dès avril. Promis par Andry Rajoelina lors de sa campagne électorale, ce dispositif entre dans le cadre de la lutte contre l’insécurité grandissante liée aux vols de zébus.

L’insécurité qui règne à Tsaratanàna préoccupe le pouvoir. Une importante délégation dirigée par le premier ministre s’est rendue dans la région pour superviser les actions de sécurisation. Autorités locales et responsables étatiques verseraient dans des activités illicites, en connivence avec les dahalo. Un officier de gendarmerie a été placé sous mandat de dépôt pour des faits relatifs à des affaires de kidnapping. L'Etat ne tolèrera aucun complice des dahalo au sein de la gendarmerie et de l'armée, a averti le secrétaire d'Etat chargé de la gendarmerie nationale. Un candidat aux législatives appartenant au Mapar d’Andry Rajoelina a été kidnappé par trois hommes armés. Il a été exécuté par ses ravisseurs avant que la rançon ait été totalement versée. Sept personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête. Parmi elles se trouve un candidat se présentant sous l’étiquette « indépendant », présumé commanditaire du kidnapping. Les forces de l’ordre ont affronté une soixantaine d’individus surveillés pour rapts contre rançon dans ce secteur. Cinq des suspects ont été exécutés. Un gendarme stagiaire a été abattu par les dahalo dans le cadre d’une opération destinée à récupérer des zébus volés. Un dahalo a perdu la vie.

400 militaires ont été envoyés dans le Nord-Ouest pour lutter contre l’insécurité et les kidnappings. Le contingent devra également conduire des activités en faveur des populations de ces zones enclavées et délaissées. Quelques jours seulement après leur arrivée, de violents affrontements se sont produit à Ambato Boeny. Six dahalo ont été abattus et une trentaine d’autres capturés. Un militaire a perdu la vie.

Une milice qui lutte contre l'insécurité à Farafangana Nord, composée de 60 à 200 individus, fait régner la terreur et se livre à des exécutions sommaires. La population a lancé un appel de détresse aux autorités.

A Antalaha, le bureau de la Jirama a été incendié par des manifestants qui protestaient contre les délestages. Un accrochage a fait deux morts. Selon les uns, ils ont été tués par balle, pour d’autres ils ont trouvé la mort dans des bousculades. La CNIDH a condamné la mort des deux manifestants victimes, selon elle, des tirs des forces de l'ordre.

Soupçonné d’être l’auteur du meurtre d’une jeune fille, un homme de 24 ans a été tabassé à mort par les villageois à Ikongo. La foule s’est rassemblée devant le bureau de la police pour réclamer la libération de deux suspects. Les notables sont parvenus à prendre le contrôle de la situation.

Trois sous-officiers et deux femmes ont été placés en détention provisoire à Tsiafahy pour rapts et trafic d’armes. Le responsable supposé de la bande a été abattu par la police suite à un délit de fuite.

21 attaques à main armée visant des taxis-brousse ont été dénombrées en 2018 en dépit des mesures de sécurisation mises en place.

A Sambava, les planteurs de vanille vivent dans la crainte des incursions de bandes organisées qui pratiquent des vols de vanille verte. Des autorités locales sont accusées de collusion avec des trafiquants et les acheteurs de produits immatures.

Huit kidnappings ont été enregistrés ces trois derniers mois dans les périphéries de la capitale, une vingtaine à travers le pays ces cinq derniers mois. La gendarmerie indique qu’environ 197 millions Ar ont été réclamés par les kidnappeurs dans les huit cas cités. Huit malfaiteurs ont été interceptés, deux sont tombés sous les balles des forces de l’ordre. Trois sous-officiers accusés de trafics d’armes ont été placés en détention en février.

Le présumé commanditaire d’un kidnapping survenu à Toamasina a été remis en liberté par la chambre d’accusation. Une importante personnalité serait intervenue en faveur du prévenu pour lui permettre de se rendre dans la capitale pour vérifier son dossier de candidature à la législative. Cinq magistrats ont été suspendus.

Démantèlement d’une organisation criminelle se livrant à des enlèvements. Onze individus ont été arrêtés et trois Kalachnikov saisies avec des centaines de cartouches d’arme de guerre. Neuf rapts contre rançon sont inscrits au tableau de chasse des malfaiteurs depuis 2009.

Une opération de sécurisation dénommée « épervier » composée de la gendarmerie, de la police nationale et de militaires a été mise en place à Antananarivo. Toutes les sorties de la ville ont été placées sous surveillance pour prévenir des attaques à main armée et des kidnappings. Un dispositif de sécurité est en cours d’élaboration à Toamasina pour lutter contre l’insécurité qui frappe la capitale du Betsimisaraka.

La politisation de l’insécurité évoquée par le général Richard Ravalomanana, secrétaire d’État à la gendarmerie. « Nous avons des preuves que des individus créent un climat d’insécurité (…) et ces derniers ne sont pas avec le pouvoir actuel », affirme-t-il.

A St Augustin (district de Toliara II), un violent accrochage s’est produit entre la gendarmerie et une centaine de malfaiteurs lourdement armés venus assaillir un site d’exploitation de concombres de mer. Six morts ont été dénombrés dans les rangs des assaillants.

Sur les 36 personnalités ayant déposé une demande d'amnistie auprès du CFM, quatre ont reçu une réponse favorable. Certains des amnistiés seraient candidats aux législatives.

Haute Cour de Justice (HCJ) : 14 dossiers brûlants en instance depuis sa mise en place en octobre. Les dossiers reçus concerneraient pour la plupart des affaires de corruption, de détournements de deniers publics et de trafics de bois de rose qui impliqueraient de hauts responsables de l’Etat durant leur mandat. Deux plaintes restantes concerneraient des anciens chefs de l’Etat.

Pety Rakotoniaina, président du parti Tambatra, ancien député, de nouveau présenté devant la justice. Il est accusé d’entrave à l’ordre public, d’incitation à la haine du gouvernement et de tentative de coup d’Etat. Membre du mouvement politique « Hetsika ho Fanorenana Ifotony », il a été arrêté le 16 octobre 2018. Verdict attendu le 2 avril.

Le Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED) présente les alternatives à l’emprisonnement. En référence aux récentes dénonciations des conditions carcérales par Amnesty international, le Haut conseil explique que les textes existent mais que leur application fait défaut.

A l’occasion de la Journée mondiale du droit des femmes, la CNIDH a réalisé une visite à la maison centrale d’Antanimora afin de constater les conditions de vie des femmes incarcérées. Cet établissement héberge 328 femmes prévenues et seulement 28 femmes condamnées.

Amnesty international a lancé une nouvelle pétition sur les conditions carcérales pour demander au président Rajoelina d’agir pour améliorer la vie des personnes victimes d’un système judiciaire qui porte gravement atteinte aux droits humains.

Vers la réouverture du bagne de Nosy Lava de sinistre mémoire pour les prisonniers considérés comme de grands criminels, à l’image des kidnappeurs. Le ministère de la justice procède à l’examen de ce projet d’établissement de haute sécurité annoncé dans le programme présidentiel.

Le conseil des ministres a décidé la suspension du recrutement d’Employés de courte durée (ECD). Un systèmetrès en vogue favorisé par le népotisme, qui permet à des agents de bénéficier de renouvellements indéfinis de leur contrat. L’Inspection générale de l'Etat a reçu mission d'assainir la fonction publique, de mettre fin aux sureffectifs et de débusquer les fonctionnaires fantômes.

Le Samifin enjoint l’Etat à prendre toutes dispositions pour entériner et mettre en application les textes relatifs au recouvrement des avoirs illicites. Il souligne l’urgence de la situation. Madagascar reste encore sous la menace de sanctions internationales. Les agents de ce service ont bénéficié d’une formation d’experts des Nations unies pour la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et son financement, ainsi que la prolifération des armes à feux.

Plusieurs hauts responsables au sein de la Croix Rouge ont été placés sous mandat de dépôt. Ils seraient impliqués dans les détournements de fonds octroyés par la Croix Rouge norvégienne.

Trois gendarmes ont été placés en détention préventive. Basés à Andranomanelatra/Antsirabe, ils sont soupçonnés de corruption passive, d'arrestation illégale et d'abus de fonction.

De nouvelles mesures ont été annoncées afin de lutter contre le harcèlement dont sont victimes les passagers en provenance de l’étranger à l’aéroport d’Ivato. Le ministère de la sécurité publique a démis le commissaire chef de la PAF.

L’ancien premier ministre Olivier Mahafaly dans le collimateur du Bianco pour une nouvelle affaire de détournements de fonds dans des marchés publics. Le dossier pourrait faire l’objet d’une saisine de la HCJ. Cinq maires restent à disposition de la justice et un haut fonctionnaire de la primature et la gérante de l’entreprise bénéficiaire ont été placées sous mandat de dépôt.

Affaire Claudine Razaimamonjy - Deux présumés complices incarcérés. Absents le jour du jugement, un mandat d’arrêt avait été lancé contre les deux fugitifs. Leur cavale a pris fin, ils ont été appréhendés et emprisonnés. Les deux prévenus sont également impliqués dans quatre autres dossiers de corruption et de détournements de fonds publics qui concernent aussi la femme d’affaires ex-conseillère de la présidence.

James Andrianalisoa, DG de l’Aviation civile, a été limogé et frappé d’une interdiction de sortie du territoire. L’ancien conseiller spécial de Hery Rajaonarimampianina, membre du bureau politique du HVM, pourrait avoir des comptes à rendre dans une affaire concernant Henry Rabary-Njaka, l’ancien ministre des mines, qui fait par ailleurs l’objet d’une enquête du Bianco pour la prise de contrôle d’intérêts russes dans la société minière d’Etat Kraoma. Deux autres anciens ministre, Ulrich Andriantiana et Lantoniaina Rasoloelison, chargés respectivement des travaux publics et de l’énergie et des hydrocarbures, ont été convoqués pour enquête par le Bianco. L’affaire remonterait à fin 2018, à l’époque où le président du HVM, Rivo Rakotovao, assurait l’intérim à la présidence de la République.

Le ministère de l’enseignement supérieur annonce le renforcement des dispositifs de contrôle des faux diplômes. La vente de faux diplômes prendrait de l’ampleur sur les réseaux sociaux.

Les investigations sur l’incendie des documents du concours d’entrée à l’ENMG mettent en cause la garde des sceaux au moment des faits, Elise Alexandrine Rasolo, et le directeur de l’établissement. Selon La Gazette, la ministre pourrait être entendue dans le cadre de l’affaire de l’ex-conseiller de la présidence, le franco-algérien Houcine Arfa, qui l’accuse d’avoir exigé et perçu une forte somme d’argent.

200 militaires recrutés depuis plusieurs mois pour des missions de lutte contre les dahalo dans plusieurs régions ont été révoqués. Il leur est reproché d’avoir produit de fausses attestations à l’appui de leur dossier d’engagement. Ces affaires de faux et usage de faux éclaboussent de hauts responsables au sein de l’armée. « Tous ceux qui sont concernés de près ou de loin par cette affaire seront entendus », affirme le ministre de la défense.

20/03 - Loi de finances rectificative : pour la première fois, et dans le but de renforcer la transparence budgétaire, des représentants de la société civile ont été invités à formuler des recommandations et à donner leur point de vue. Les participants demandent le renforcement des investissements sociaux et revendiquent des plateformes d'échanges sur les investissements de l'Etat.

Lutte contre la corruption - Le standard de service bientôt opérationnel dans les administrations. Un comité est créé au sein de la primature pour mettre en œuvre ce projet. L’objectif est de fixer des normes standard d’organisation permettant de limiter l’opportunité de corruption et d’instaurer la culture de transparence.

Le poids de la corruption bloque l'indépendance financière de Madagascar. «10 % PIB de Madagascar, environ 3 milliards de dollars, sont déviés dans le trafic, la corruption et le transfert de fonds à l’étranger », a déclaré un économiste du Comesa.

Création d’un réseau national de dépénalisation de l’avortement. 35 participants venant des toutes les régions ont pris part à un atelier de mise en place qui s’est conclu par la signature d’une charte. Le ministère de la santé estime à 75 000 le nombre d’avortements pratiqués à Madagascar en 2017. L’ONG Marie Stopes International révèle qu’un tiers des femmes ont déjà subi un avortement spontané ou provoqué. Ce problème touche 14,4 % des adolescentes de 15 à 19 ans. Les complications d’avortement non sécurisé constituent la deuxième cause de décès maternel. La loi relative à la planification familiale contenant des articles sur l’avortement thérapeutique n’a pas été adoptée par le Sénat. L’interruption volontaire de grossesse, incorporée dans cette loi, est sujette à controverses.

Les violences sexuelles sur mineures sont en hausse dans la capitale depuis 2010. 177 cas de viol sur mineures de 15 à 18 ans ont été répertoriés, 157 sur des mineures de 5 à 14 ans. De nombreux cas ne sont pas signalés auprès des centres de prises en charge, la population étant accoutumée à la survenue de ce type de violence.

Faute d’avoir défini une politique migratoire, Madagascar risque de subir la politique migratoire des autres pays, estime le représentant de l’OIM, pour qui la Grande île, qu’elle le veuille ou non, « fait partie du système monde ».

Trafic d’êtres humains vers la Chine : une femme malgache se « négocie » 140 millions Ar. Impliqués dans une affaire de trafic d’êtres humains, trois femmes malgaches et deux ressortissants chinois ont été déférés au parquet.

Des femmes malgaches qui travaillent comme domestiques dans les pays arabes ont lancé un appel de détresse à l'Etat. Dans une conversation vidéo via Facebook, Andry Rajoelina a déclaré vouloir venir en aide aux employées de maison malgaches en difficulté au Koweït. Une forte délégation a été envoyée dans ce pays pour organiser leur retour. Les travailleuses en attente de rapatriement sont au nombre de 82. Elles ont toutes rencontré des problèmes avec leurs employeurs, certaines ont été violées, ont été victimes de maltraitances et de sévices, souffrent de dépression et certaines sont tombées enceintes. L’envoi illicite de travailleurs malgaches à l’étranger est inacceptable et ne devrait pas se reproduire, a indiqué la ministre du travail. Des accords, en cours de négociation avec le Liban, le Koweït et l’Arabie Saoudite, doivent faire l’objet d’un examen en conseil des ministres.

Des immigrants climatiques envahissent en masse la région Boeny pour cultiver du maïs et du manioc. Ils mettent en péril ses ressources forestières, y compris celles du parc national d’Ankarafantsika. Des défrichements massifs sont effectués. Des arrestations ont eu lieu.

Entre le 4 octobre 2018 et mi-mars 2019, plus de 100 000 cas de rougeole ont été dénombrés, dont 1 141 mortels. Les besoins de financement pour la campagne de vaccination en cours ont été estimés à 11 millions de dollars depuis la déclaration officielle de l’épidémie. L’OMS recherche encore 800 000 dollars. Une convention de coopération entre le ministère de la Santé et l’Unicef a été signée pour la dotation de 500 réfrigérateurs solaires qui assureront le stockage des vaccins au niveau de 500 formations sanitaires.

Depuis le début de la saison pesteuse, au mois d'août, 31 décès ont été enregistrés et 105 cas recensés.

22,5 millions de personnes (92 % de la population) sont susceptibles d'être contaminées par la bilharziose.

Baisse du taux d’accouchement dans des centres de santé. Une situation qui compromet des années d’efforts pour réduire la mortalité maternelle et infantile. D’après les résultats de l’enquête de suivi des ODD, ce taux, qui se situait à 38 % en 2012-2013, est tombé à 25 % fin 2018.

Une réforme du code de la communication médiatisée en gestation. Cette réforme fait partie des priorités de la ministre Lalatiana Rakotondrazafy. Elle annonce son intention de faire appel aux patrons de presse, journalistes, professionnels des médias et acteurs de la communication pour débattre de l’élaboration du projet de loi. Lalatiana Rakotondrazafy, ancienne journaliste, a été membre du « Mouvement pour la liberté d’expression » qui a milité contre l’adoption du code de la communication, qualifié de « liberticide ».

Jean Eddy Maminirina, trafiquant de bois de rose réputé intouchable, actuellement placé sous mandat de dépôt, a dénoncé un membre de l’actuel gouvernement. Interrogé par la Chaine spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose, une mise en liberté provisoire lui a été refusée. La défense affirme que son client est victime d’acharnement, plusieurs opérateurs ayant bénéficié d’agrément de coupe, de transport et d’exportation de bois de rose durant la Transition.

nm 21 03 19L’AVG exige des poursuites contre d’anciens parlementaires qui se portent à nouveau candidats. Ils seraient une vingtaine à avoir échappé aux poursuites durant leur mandat. L’ONG estime que le moment est opportun pour procéder à leur interrogatoire puisqu’ils ne sont plus couverts par leur immunité parlementaire.

Filière or - La chasse aux exportateurs illicites est ouverte. L’assainissement et le redressement de la filière passeront par l’application de sanctions fermes à l’encontre des trafiquants ainsi que la révision du cadre législatif régissant ce secteur porteur. L’Etat entend formaliser le secteur et éradiquer les trafics.

Kraomaty-MalagasyAffaire Kraoma - Le partenariat avec les Russes est confirmé. Après des mois de tergiversations, suite au refus des salariés de céder la société malgache à des étrangers, et aux hésitations du nouveau pouvoir à poursuivre dans la voie tracée par le président sortant, Kraoma Mining, la co-entreprise entre Kraomita Malagasy S.A et Ferrum Mining est née officiellement. La société russe détiendra 70 % de la co-entreprise.

Les appels d’offre pour l’exploration de 44 blocs pétroliers dans le bassin de Morondava ont été suspendus par le nouveau pouvoir. Ils avaient été lancés en novembre 2018 et devaient courir jusqu’au 30 mai.

Le projet d’exploitation d’ilménite « Base Toliara » objet de vives controverses. Le CRAAD-OI et le Collectif Tany ont apporté leur soutien aux organisations de la société civile qui s’opposent au projet. Elles soulignent qu’il aura des impacts négatifs sur la santé, l’environnement et sur les moyens de subsistance des populations. Pour le ministre des mines et des ressources stratégiques, « ce projet minier constitue une des priorités du pouvoir. » Des notables et des maires des cinq communes d’intervention ont rencontré le ministre pour prendre la défense du 3e plus grand projet minier malgache, considéré par les spécialistes comme l'une des meilleures opportunités de développement de sables minéraux au monde. Il devrait créer plus de 3.800 emplois ; il contribuerait à hauteur de 226 millions de dollars par an au PIB de Madagascar et rapporter plus de 900 millions de dollars à l’Etat, à titre d’impôts directs et de redevances. Le président de l’association Mazoto, Théo Rakotovao, artiste et militant écologiste, virulent opposant au projet, a déposé sa candidature aux législatives sur Toliara.

Prévention des conflits dans le secteur extractif - Une table-ronde a été organisée par l’ambassade britannique et l’ONG « Search for common ground », en collaboration avec la Chambre des mines et la société civile. L’ONG se propose d’inciter les entreprises du secteur à prendre en considération les droits des communautés locales. Elle s’efforce de développer le dialogue communautaire dans huit régions.

30 tonnes de quartz issus d’un trafic ont été saisies par les forces de l’ordre et la police des mines à bord de deux camions à Ivato Centre. Des ressortissants chinois seraient les commanditaires. Le ministre des mines s’est rendu sur place et a annoncé que le produit de la vente du minerai sera consacré au renforcement de la lutte contre les trafics. Des habitants d’Ambatofinandrahana dénoncent la mauvaise gestion des ressources dont le secteur regorge.

« Des ressortissants chinois, toutes filières confondues, dans le collimateur des forces de l’ordre », titre Tribune quirend responsable de cette situation « le laxisme en matière de contrôle de l’entrée et de la sortie du territoire » et « l’ampleur qu’a prise ces dernières années la corruption ainsi que la politisation de tous les secteurs d’activités. » Outre les trafics de ressources naturelles, ils sont accusés de se livrer au trafic de drogue et à la traite de personnes à travers le trafic des jeunes femmes malgaches en Chine.

Six bateaux chinois pêchant illégalement dans les eaux malgaches depuis l’expiration de leur licence ont été contraints de rejoindre le port de Toliara. Leurs équipements ont été saisis. La société dispose d’un mois pour se conformer au protocole d’accord signé en 2017. L’Institut halieutique de Toliara rappelle que les pêcheurs se plaignent depuis 2 ans des pratiques de cette société. Le cahier des charges de la société n’a pas été rendu public et son respect est difficilement vérifiable du fait que les bateaux ne rentrent jamais à quai. « Le transbordement en mer peut être source de trafics de drogue, d’armes, d’autres produits de mer interdits de pêche, d’immigration clandestine », dénonce un spécialiste.

Une conférence internationale sur la sécurisation des côtes, des territoires maritimes et la protection des ressources sous-marines se tiendra à Madagascar cette année, annonce le chef de l’État. Y prendront part le Kenya, Maurice, les Seychelles, la Tanzanie et le Mozambique. L’objectif serait de trouver un accord sur une mutualisation des forces pour lutter contre les pêches illégales dans la région et la piraterie maritime.

Le conseil des ministres a décidé des expropriations pour cause d’utilité publique pour la réalisation de quatre projets d’aménagement urbains annoncés dans le projet présidentiel. Ces projets entrent dans le cadre du « Programme d’appui et de développement des villes d’équilibre » Le Collectif Tany demande aux responsables d'informer pleinement les populations sur la nature des projets, les modalités de relogement et d’indemnisation.

Le ministre de l’aménagement a affirmé l’existence d’un réseau spécialisé dans la vente et l’achat illicites de terrains communaux dans la capitale. Sont pointés du doigt des employés de la commune d’Antananarivo, des fonctionnaires des domaines et de la justice. Dix personnes ont été mises en cause. Un ancien directeur et deux employés des services fonciers ont été placés sous mandat de dépôt. Considérant que les commanditaires ne sont pas inquiétés, les syndicalistes des domaines ont donné un ultimatum de 72 heures aux autorités pour obtenir leur libération.

Pour le CRAAD-OI et le Collectif Tany, la visite officielle d’Andry Rajoelina à Maurice ramène à la mémoire l’existence de projets d’investissements en instance entre Maurice et Madagascar. Le plus inquiétant d’entre eux est notamment le projet de création d’une ZES de 440 ha dans le Parc d’Ehoala à Tolagnaro, pour laquelle un mémorandum d’entente a été signé en 2016. Les ONG rappellent la nécessité d’une concertation avec les citoyens avant toute prise de décision importante sur les terres malgaches. Selon elles, « les ZES priveront les Malgaches de l’accès à des milliers d’hectares de terres pour une période de longue durée, sinon indéterminée. »

Andry Rajoelina a annoncé que la politique de reforestation de l’Etat a pour objectif de reboiser chaque année 40 000 ha. Six millions d’individus devraient être impliqués dans ces opérations, notamment tous les fonctionnaires, élèves et étudiants. L’Etat mise sur l’éthanol pour combattre la déforestation en incitant la population à s’équiper en réchauds à éthanol et à se détourner de l’utilisation du charbon de bois. 

Vohibola, la dernière forêt primaire littorale entre Tolagnaro et Mananara Avaratra fait l'objet de pillages récurrents qui ont pris une ampleur telle qu’elle est condamnée à disparaitre à brève échéance. Cette forêt protégée, sanctuaire exceptionnel, serait envahie par des trafiquants de bois précieux, des charbonniers et des braconniers, avec la complicité d’autorités locales. Une pétition en ligne a été lancée pour sauver cette réserve forestière.

La Banque mondiale octroie 150 millions de dollars pour améliorer l’accès à l’électricité. Objectif : doubler l’accès à l’électricité d’ici 2023 en faisant bénéficier d’un raccordement 1,7 million d’individus, 10 000 entreprises et 750 centres de santé. Un 2e financement de 90 millions de dollars consiste en un don additionnel au projet de filets sociaux de sécurité destiné à 750 000 ménages parmi les plus vulnérables. Le 3e financement est un don de 52 millions de dollars qui a pour objet de renforcer l’appui à la certification foncière et à la production de statistiques agricoles.

Le FMI a décidé un décaissement immédiat de 43,8 millions de dollars pour Madagascar. Dans le cadre de la4e revue de la Facilité Elargie de Crédit (FEC), portant le total décaissé à 263,8 millions.

La BAD apportera son appui au gouvernement pour la renégociation des contrats de fourniture d'électricité de la Jirama, la stratégie de redressement de la société d’Etat et le financement du projet de construction de la centrale solaire et hydroélectrique de Sahofika. La Banque allouera en outre 20 millions de dollars au programme d’entrepreneuriat pour les jeunes malgaches, pour des projets relatifs à l’agriculture et à l’élevage. Le projet Bas Mangoky, démarré avec le régime précédent, se poursuivra. D’autres aides sont prévues en faveur de l’« économie bleue » et du tourisme vert.

Le gouvernement chinois va octroyer une aide de 15 millions de dollars à la suite de la signature de l'Accord de coopération économique et techniquedurant le Forum sur la coopération sino-africaine, en septembre 2018. Neuf projets sont en cours de discussion. Cinq projets d'envergure (d'un coût total de 734 millions de dollars) financés par des prêts à taux bas sont également en cours de discussion, comme celui de la centrale hydroélectrique de Ranomafana, d'une valeur de 270 millions de dollars.

Le gouvernement japonais débloque un budget de 2,6 millions de dollars au profit du PAM, de l’Unfpa et de l’Unicef, afin de faire face à la situation humanitaire alarmante dans le Grand Sud.

Le ministère des affaires étrangères, avec l'appui de l’OIM, va lancer le projet « Jeunes volontaires de la diaspora ». La démarche vise à favoriser le retour aux sources et le raffermissement des liens entre les jeunes de la diaspora par des actions de développement au niveau local.

Téléperformance annonce un recrutement massif pour 2019. Grâce à l’arrivée de la fibre optique en 2014, le créneau des centres d’appels francophones est en plein essor. 5 000 Malgaches travaillent déjà dans ces centres de services externalisés. Leur effectif pourrait atteindre 50 000 d’ici à quelques années.

Dans un rapport de la Banque mondiale, Madagascar serait le pays le plus pauvre du monde. Le pays se situerait au dernier rang par rapport au taux de pauvreté de 1,90 dollar par jour. 77,6 % des Malgaches vivent en dessous de ce seuil.

Les mouvements de grève et des troubles ont affecté l’université d’Antananarivo et l’Ecole polytechnique de Vontovorona. Quatre étudiants de cet établissement ont été condamnés à 15 jours de prison avec sursis. A l’appel du SECES, les enseignants-chercheurs ont décidé de suspendre leurs activités à l’université d’Antananarivo.

Les universités chinoises refusent de délivrer les diplômes des étudiants malgaches en raison de dettes impayés par l’Etat. Des étudiants sont menacés d’expulsion et ne peuvent soutenir leur thèse. L’association des parents des étudiants boursiers interpelle Andry Rajoelina.

L’intersyndicale de la Jirama a entamé une grève générale pour exiger la réintégration de quatre délégués syndicaux licenciés pour « divergences de points de vue avec la direction générale ». Les syndicalistes réclament en outre la démission du DG. Il lui est aussi reproché de ne pas avoir révisé les contrats avec les fournisseurs. De 2016 à 2018, 359 agents, hauts responsables ou simples employés, ont été sanctionnés. En 2018, 40 agents ont été licenciés. Les dirigeants annoncent que dans le cadre du redressement de la société ils se montreront intransigeants.

Un projet de réglementation des revendications syndicales dans la fonction publique. « L’Etat va durcir sa position » à l’encontre des leaders tentés par une instrumentalisation politique des revendications sociales. Les usagers de services publics s’en félicitent, annonce Newsmada.

En plus des fêtes chrétiennes, deux fêtes musulmanes seront chômées et payées en 2019. La décision a été prise dans un souci d’inclusivité. La décision a été contestée par des milieux chrétiens qui considèrent que la minorité musulmane ne mérite pas de tels égards. Des employeurs protestent contre la multiplication des jours fériés.

Protection sociale : un financement de 443 millions de dollars à mobiliser. Suite à son adoption en 2014, le gouvernement compte mettre en œuvre, à partir de cette année, la Stratégie nationale de protection sociale qui devrait permettre à 15 % des ménages dans une situation d’extrême pauvreté d’avoir accès au système de protection sociale non contributif d’ici à 2023.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • La préparation des législatives
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Amnisitie, justice, conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Politique migratoire, traite
  • Santé
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafics de bois précieux, ressources naturelles, foncier, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social

 

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ARTICLES REMARQUES - MARS 2019

<>  29 03 19 - CRAAD-OI - Collectif Tany - Questions brûlantes sur l'étude de préfaisabilité du projet Base Toliara
Pendant cette période où les citoyens malgaches sont censés attendre la décision du président de la République sur la poursuite ou l'arrêt du projet d’exploitation d’ilménite Base Toliara, après la visite du ministre des mines et des ressources stratégiques et de sa délégation sur le terrain, l’annonce des résultats de l’étude de préfaisabilité de la société minière australienne Base Resources concernant ce projet a provoqué diverses réactions. Certains se contentent des déclarations de la société Base Resources et de souligner qu’ils soutiennent la poursuite du projet minier à tout prix. D’autres se posent des questions sur les déclarations publiques des responsables de la société, et sur les données parfois différentes contenues dans le document "Toliara Project Prefeasibility StudySummary outcomes" du 21 mars 2019. La considération des droits consacrés par la loi des citoyens malgaches sur leurs terres, les prévisions de création d’emplois, les retombées financières annoncées et la radioactivité feront l’objet de questions et commentaires ultérieurs de la part des signataires de ce communiqué.

<>  20 03 19 - CRAAD-OI et Collectif Tany - Pour un arrêt du_projet minier Base Toliara
Le CRAAD-OI et le Collectif Tany apportent leur soutien aux organisations de la société civile
qui s’opposent au projet minier Base Toliara et demandent au pouvoir d’arrêter définitivement le projet. Les ONG soulignent que le projet aura des impacts négatifs sur la santé, l’environnement et sur leurs moyens de subsistance des populations. Elles rappellent que le ministre des mines a déclaré que l’Etat central « priorisera l’intérêt de la population » et plaident en faveur d’un développement économique durabl, respectueux des activités et cultures des communautés locales. La superficie de la concession de Ranobe, concerné par le permis d’exploitation actuel, est de 2 500 ha mais la société a obtenu depuis plusieurs années trois autres concessions qui sont en phase d’exploration, notamment à Ankililoaka (8 786 ha), Basibasy (8 130 ha) et Morombe (20 637 ha). Ces trois concessions touchent plusieurs sites environnementaux sensibles et protégés, y compris la forêt des Mikea où vit un groupe autochtone.

<>doc 18 03 19 - Madagoravox - Andry Rajoelina 10 ans plus tard
La République de Madagascar va-t-elle enfin sortir de ses crises politiques et institutionnelles incessantes pour enfin entrer dans l’ère de l’efficacité et de la reconstruction ? Il y a tout juste dix ans, le pays était tombé dans une grande confusion. La légalité constitutionnelle en prenait un mauvais coup avec ce qu’il fallait bien appeler le coup d’État du 17 mars 2009. Retour sur les péripéties politiques qui ont conduit à l’élection d’Andry Rajoelina début 2019. La prochaine étape démocratique cruciale pour Madagascar sera la tenue des prochaines élections législatives qui auront lieu le 27 mai 2019.

<>
11 03 19 - Communiqué du CRAAD-OI et du Collectif Tany - Le devoir de sauvegarde des intérêts des citoyens malgaches
La visite officielle d’Andry Rajoelina à Maurice ramène à la mémoire l’existence de projets d’investissements en instance entre l’île Maurice et Madagascar. Le plus inquiétant d’entre eux est notamment le projet de création d’une Zone Economique Spéciale (Z.E.S.) de 440 ha dans le Parc d’Ehoala près de Tolagnaro, pour laquelle un mémorandum d’entente a été signé en novembre 2016 entre les gouvernements de Maurice et de Madagascar. Le CRAAD-OI et le Collectif Tany rappellent la nécessité d’une concertation des responsables de l’Etat avec les citoyens avant toute prise de décision importante sur les terres malgaches. Selon un expert international, l’une des raisons principales du choix des dirigeants de transférer la gestion d’une partie du territoire à d’autres entités, souvent étrangères, comme dans le cas des ZES, est leur incapacité à trouver des solutions adéquates aux problèmes rencontrés, notamment les problèmes d’insécurité.

<> 08 03 19 - Amnesty International - Madagascar - Des femmes maintenues abusivement en détention provisoire prolongée
Amnesty International continuera d’exhorter le président Andry Rajoelina à s’attaquer au problème de la détention provisoire à Madagascar et à montrer à la communauté internationale qu’il est déterminé à faire progresser les droits humains dans son pays. Les prisons sont faites pour détenir des personnes déclarées coupables d’infractions graves et non des personnes dans une situation juridique floue, qui se retrouvent ainsi éloignées de leur famille et privées de leurs moyens d’existence pendant des années. À Madagascar, la vie de nombreuses femmes est suspendue à cause d’un système judiciaire en panne. Pour les femmes détenues dans les prisons du pays, la Journée internationale des droits des femmes n’est qu’un jour de plus passé à attendre que justice soit rendue.

<> 04 03 19 - Collectif Tany - Communiqué sur le projet de décret portant expropriations dans quatre régions
Le conseil des ministres décide des expropriations pour cause d’utilité publique pour la réalisation de quatre projets d’aménagement urbains
à Antsiranana, Fianarantsoa, Toliara et dans la région Analamanga, dans le cadre du « Programme d’Appui et de Développement des Villes d’Equilibre » (PADEVE). Le Collectif Tany demande aux responsables d'informer immédiatement et pleinement les milliers d’habitants impactés, de dévoiler à tous les citoyens quelles infrastructures et travaux l'Etat projette de construire dans chacune de ces villes (le projet PADEVE ne concerne d’ailleurs pas la région Analamanga) ; il demande en outre au gouvernement de clarifier les modalités concrètes des expropriations, de préciser le mode de calcul des indemnisations et les lieux où l'Etat envisage de reloger les familles expropriées, de faire preuve d’une totale transparence sur les moyens envisagés pour le financement et la construction de ces infrastructures et sur les bénéficiaires de ces travaux.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2019

SYNTHESE FEVRIER 2019

pov 01 02 19Les élections législatives se tiendront le 27 mai. Le mandat de l’actuelle législature prenant fin le 5 février, les députés ont été convoqués en session extraordinaire pour examiner un projet de loi lui donnant au président de la République le pouvoir de légiférer par ordonnance durant cette période. 95 élus sur 102 présents ont donné leur accord. Les sénateurs ont également entériné la loi de gouvernance par ordonnance jusqu’à la mise en place de la nouvelle Assemblée. Contre toute attente, le texte a été adopté à l’unanimité par la Chambre haute, sans amendement. Un vote qui a apporté la preuve de la versatilité des sénateurs élus et désignés, qui se sont rangés prestement dans le camp des vainqueurs.

La HCC a validé la loi délégant le pouvoir de légiférer au chef de l’Etat, qui bénéficiera ainsi d’un horizon législatif dégagé jusqu’à l’entrée en fonction de la nouvelle Assemblée, mi-juillet au plus tard. Les ordonnances seront cependant contrôlées dans leur constitutionnalité par la HCC et devront être ratifiées a posteriori par les nouveaux élus. Pour le ministre de l’intérieur, pourront être prises toutes mesures ayant trait au programme présidentiel Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM) avec ses 32 axes stratégiques et ses 490 actions prioritaires. Les ordonnances ne pourront pas modifier la Constitution ni les lois organiques relatives à l’organisation et au fonctionnement des institutions.

La HCC a confirmé que le mandat des sénateurs élus et nommés, sans distinction, est de 5 ans. Ainsi le président de la République devra attendre les prochaines élections sénatoriales (fin 2020) pour nommer son quota de 21 sénateurs. Le chef de l’Etat devra donc cohabiter durant deux ans avec une assemblée et son président, Rivo Rakotovao, issu du parti HVM, qui a exercé par intérim durant six mois les fonctions présidentielles. Cet avis de la HCC compromet la réalisation du projet de révision constitutionnelle annoncé par le chef de l’Etat au cours de sa campagne électorale. Ce projet, en effet, devrait obligatoirement passer par le Parlement où il nécessiterait l’approbation des 3/4 des membres des deux chambres avant de pouvoir être soumis à référendum.

Marc Ravalomanana est poussé par son comité de soutien à revendiquer la fonction de chef de l’opposition. La nouvelle plateforme politique TIM-K25 qui se prépare à présenter des candidats aux législatives souhaite que l’ancien président soit reconnu comme le premier chef de l’opposition officielle, une fonction reconnue par la Constitution mais qui n’avait pas été mise en œuvre durant le mandat de Hery Rajaonarimampianina.

Ruée vers les 23 postes de gouverneur de région appelés à remplacer les chefs de région démis de leurs fonctions. Le nombre de prétendants serait pléthorique. Parmi les candidats, des personnalités qui n’ont pu obtenir le portefeuille ministériel convoité en raison du resserrement de l’équipe gouvernemental et celles qui ont pris une part active à la victoire d’Andry Rajoelina dans les régions.

La révision annuelle de la liste électorale qui s’est achevée le 15 février n’a pas permis d’accroitre significativement le nombre d’inscrits, toujours jugé anormalement faible. Les tentatives de sensibilisation des citoyens n’ont pas répondu aux attentes.

Les membres de l’Assemblée nationale seront élus soit au scrutin majoritaire uninominal à un tour, soit au scrutin de liste à la représentation proportionnelle à un tour. Le premier mode de scrutin sera de mise dans les districts où il n’y a qu’un seul siège à pourvoir. Quant au second, il concernera les circonscriptions qui comptent deux sièges à pourvoir. Ces circonscriptions binominales sont au nombre d’une trentaine.

Certains ex-détenus politiques attendent l’amnistie pour pouvoir se présenter aux législatives. La commission spéciale indépendante au sein de la Cour suprême ne s’est pas encore prononcée sur la trentaine de dossiers transmis par le CFM. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 12 mars.

Les élections communales pourraient se tenir fin août ou début septembre. Le duel s’annonce serré entre le Mapar et le TIM pour la course à l’hôtel de Ville de la capitale qui était au centre de la campagne présidentielle entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Les deux protagonistes ont été tour à tour maire de la Ville des Mille. Un poste qui leur a servi de tremplin vers la magistrature suprême.

La guerre est déclarée entre le ministre de l’aménagement du territoire et la commune d’Antananarivo dirigée par Lalao Ravalomanana. Objet du conflit : le vente au privé du jardin d’Antaninarenina, haut lieu historique de la capitale depuis la royauté. La maire affirme que le jardin d’Antaninarenina a été vendu en 1998. Midi dénonce l’exploitation politique de cette affaire et les rumeurs infondées auxquelles elle a donné lieu, sur fond de pré-campagne électorale pour le législatives et ultérieurement pour les municipales dans la capitale.

« Madagascar compte bien reprendre sa place sur le continent africain », a déclaré le chef de l’Etat lors du 34e Sommet de l’UA à Addis-Abeba, pointant du doigt « le cruel paradoxe dont l’Afrique est victime : celui d’être si riche et pourtant si pauvre à la fois ». Andry Rajoelina a particulièrement attiré l’attention de ses homologues sur le pillage des richesses du continent.

Neuf ambassadeurs et deux consuls en France ont été limogés. Quelques-uns n’ont fait que cinq mois à la tête de leur ambassade. Deux d’entre eux avaient même été nommés quelques jours seulement avant la démission du président candidat à sa propre succession. Andry Rajoelina escompte des futurs nommés qu’ils prennent une part active à la réalisation de son programme IEM avec les principaux bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux.

dahalo 2Le gouvernement se donne six mois pour mettre fin à l’insécurité. Parmi les mesures drastiques annoncées, « l’adoption d’une politique pénale sévère » et la création de prisons spécialisées de « haute sécurité ». Les attaques à main armée se multiplient dans toutes les régions, s’alarme Tribune. Des patrouilles de l’armée ont été déployées à Antananarivo et ses environs en vue, indique un haut gradé, « de restaurer un climat de sécurité et de mettre fin aux actes de banditisme ».Gendarmes, policiers et militaires sont mobilisés pour « verrouiller » la capitale. Des comités d’autodéfense se mettent en place dans plusieurs villes. Le CFM a préconisé le recours au « Dina » pour lutter contre l’insécurité en milieu rural.

La livraison prochaine de 5 hélicoptères promis par le chef de l’État afin d'équiper les forces de l'ordre dans la lutte contre l'insécurité a été évoquée en conseil des ministres. L’Etat compte procéder au renforcement de leur équipement par l’achat de nouveaux véhicules. Les forces de l’ordre seront également dotées de nouvelles armes. Celles dont ils disposent sont obsolètes.

Une vindicte populaire s’est produite à Mananara-Nord. Un présumé meurtrier a été tabassé à mort par la foule.

A Mahitsy, une attaque à main armée qui a fait deux morts, dont un prêtre, a failli provoquer une vindicte populaire. Mgr Odon Razanakolona, l’association « Justice et Paix » et les responsables diocésains de l’Eglise catholique ont annoncé le dépôt d’une plainte. Ils déplorent la recrudescence de l’insécurité qui a frappé ces derniers temps des dirigeants religieux, des enseignants et des responsables exerçant dans le domaine de la santé. Les forces de l’ordre sont accusées de manque de réactivité. Quatre gendarmes ont été placés en détention provisoire.

Les affaires de kidnapping prennent de l’ampleur. Un opérateur franco-pakistanais est décédé, son frère a été gravement blessé Des attaques de dahalo s’accompagnent de prises d’otages. Plusieurs arrestations ont été opérées. Un maire, un sous-officier et un gendarme a été placé sous mandat de dépôt.

Anniversaire - Il y a dix ans, le 7 févier 2009, la marche sur le palais présidentiel se terminait par un bain de sang et annonçait la fin du régime de Marc Ravalomanana, rappelle Midi. Un voile pudique a été jeté sur cette tuerie qui aurait fait 48 morts et plus de 170 blessés. Aucune enquête séreuse et indépendante n’a été menée.

Le nouveau ministre de la justice, Jacques Randrianasolo, fait de l’assainissement de la justice sa première priorité. « Tribunal près de la population, tel sera le mot d’ordre », a-t-il souligné. Le ministre a également fait part de sa volonté de constater personnellement l’effectivité des droits de l’homme au sein de son département.

Sahondra Rabenarivo, membre du SeFaFi et présidente de la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité, aété nommée présidente du Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI). Une grande figure de la société civile et dont la réputation quant à la lutte contre la corruption n’est plus à faire, a écrit RFI. Sa nomination a été saluée par ses collègues de la société civile et plusieurs chancelleries. La juriste se met en congés de l’Observatoire de la vie publique.

Le nouveau président du Syndicat des magistrats (SMM), Clément Jaona, déclare vouloir prioriser la restauration de l’Etat de droit. Une initiative qui serait facilitée, selon lui, par les premières mesures adoptées par le nouveau pouvoir. Le SMM déclare vouloir suivre de près le traitement par la justice d’un certain nombre de dossiers qui ont défrayé récemment la chronique ou qui n’ont pas encore trouvé leur aboutissement.

Les doléances du public vis à vis de la gendarmerie peuvent être enregistrées sur une page spéciale ouverte sur les réseaux sociaux. Dès sa création les messages ont afflué. Selon l’Afrobaromètre 2018 sur la corruption, 69 % des personnes interrogées craignent néanmoins des représailles après dénonciation.

Dix éléments de la gendarmerie ont été placés sous mandat de dépôt au cours du mois pour complicité et connivence avec des associations de malfaiteurs. A Maintirano, deux gendarmes ont été incarcérés ; ils sont incriminés pour torture ainsi qu’enlèvement de mineure et viol.

Le premier ministre a décidé de suspendre temporairement les missions attribuées à la police de la route en raison de fréquents rackets qu’ils font subir aux automobilistes lors des contrôles routiers. Les policiers ont émis une vive protestation.

Un audit des recrutements récemment décidés sera effectué au sein du ministère de l’économie et des finances, annonce un communiqué du ministère. Depuis plusieurs années, des rumeurs circulent selon lesquelles il est possible d’être recruté au sein de cette administration moyennant le versement de pots de vin. Tous les recrutements sont suspendus jusqu’à la mise en place d’une procédure transparente.

Pôle anti-corruption (PAC) - Une vingtaine de dossiers criminels en attente de procès. Il s’agit essentiellement d’affaires déjà instruites par l’ancienne Chaîne pénale anti-corruption. À la base, le PAC d’Antananarivo a pris en main plus d’une centaine de dossiers en cours que lui a laissé en héritage la Chaîne pénale. Les compléments d’investigation et les instructions d’une bonne partie de ces dossiers sont terminés. Le Pôle anti-corruption passe à la phase des jugements. Les observateurs estiment que pour la première fois de « gros bonnets » risquent d’avoir à rendre des comptes.

Le dossier concernant des soupçons de corruption à l’endroit des députés réunis au Paon d’Or d’Ivato est entre les mains de la PAC. Des parlementaires avaient été « séquestrés » dans cet hôtel de luxe durant plusieurs jours en juillet 2018 dans le but d’acheter leur vote pour l’adoption des lois relatives à l’organisation des élections.

La HCC a validé la loi anti-blanchiment adoptée le 31 décembre, sous réserve du respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence. Une victoire remportée par le Samifin qui a dû patienter deux ans avant d’obtenir gain de cause. Il reste que la loi sur les recouvrements des avoirs illicites n'a toujours pas été votée. Elle était supposée compléter l'arsenal juridique de lutte anti-corruption et faire glisser Madagascar hors des pays à risques. « La balle est dans le camp du président de la République », fait savoir le DG du Samifin. L’organisme estime que ce texte devrait faire partie de priorités dans le cadre du pouvoir de légiférer par ordonnance accordé au chef de l’Etat.

Amnesty International a lancé une pétition pour demander aux autorités de respecter les droits humains des personnes en détention provisoire.

Un prisonnier est décédé à la prison de Morondava suite à une complication de la rougeole. 50 prisonniers ont été atteints. La prison a une capacité d'accueil de 250 personnes mais elle en héberge actuellement 650.

A Antsirabe, un suspect menotté a succombé durant sa garde à vue à la gendarmerie. Il a été découvert agonisant au petit matin dans la cellule de sureté où il avait été placé. Une enquête interne a été ouverte.

Double exécution sommaire de l’Unité d’intervention rapide de la police du commissariat central d’Antananarivo ? Des versions contradictoires circulent sur les circonstances de ce drame survenu dans un restaurant sou les yeux de témoins.

L’institution carcérale est à la merci de ceux qui ont les moyens et le pouvoir, a dénoncé La Gazette. En cause, « le taux élevé de corruption dans le monde judiciaire fait que ceux qui ont les moyens s’en sortent toujours alors que les pauvres sont très souvent livrés à leur propre sort. »

Amnesty International : les forces de sécurité doivent agir conformément à la loi dans les affaires de vols de bétail Il faut enquêter sur l'assassinat de voleurs de bétail présumés. Dans un communiqué faisant suite à l’exécution sommaire de 8 dahalo à Betroka le 25 janvier, l’ONG écrit : « Les autorités malgaches doivent mener une enquête minutieuse sur l’assassinat sordide de huit hommes soupçonnés d’être des voleurs de bétail. (…) Ces homicides violents illustrent une nouvelle fois le fait que les forces de sécurité de Madagascar recourent à une force excessive et meurtrière en toute impunité », a déclaré le directeur adjoint pour l'Afrique australe. Selon l’organisation,
4 000 personnes ont été tuées au cours des cinq dernières années dans le Sud, notamment des voleurs présumés, des policiers, des soldats et des civils, dans le cadre de la répression que mène le gouvernement contre les vols de bétail.

pov 14 02 19Arrestation de l’ex-conseiller spécial auprès de la présidence, Hugues Ratsiferana. Cet ancien collaborateur de Hery Rajaonarimampianina est soupçonné de détournement de biens de l’Etat. Ancien DG d’Air Madagascar, il avait supervisé l’organisation du Sommet de la Francophonie en 2016 et c’est dans les locaux de l’OIF à Paris que la création de l’AMDP, une association privée à but non lucratif, avait été annoncée au mois de septembre suivant. Hugues Ratsiferana a fait la « une » de l’actualité il y a quelques mois pour avoir signé le très controversé projet d’accord de pêche avec un consortium d’entreprises chinoises. L’Express s’est étonné de la célérité de la justice dans cette affaire alors que des inculpés pour atteinte à la sureté de l’Etat ou des auteurs de kidnapping sont sortis libres de leur audition. Hugues Ratsiferana a été condamné à un an de prison ferme et à 5 millions Ar d'amende

L’homme d’affaires Eddy Maminirina, surnommé « Eddy Bois de Rose », a été arrêté dans un quartier de la capitale. La Cour spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose et d'ébène a délivré un mandat d'arrêt contre le célèbre opérateur. Eddy Maminirina est connu en tant qu’homme d’affaires très influent qui aurait fait fortune dans l’exportation de bois de rose. Il faisait l‘objet d’un avis de recherche du Bianco depuis 2017 et avait été cité sur la liste des trafiquants que l'ancien premier ministre Omer Beriziky avait remise à Hery Rajaonarimampianina en 2014.

Trafic de bois de rose et fraude douanière - L’homme d’affaires Mbola Rajaonah a été placé sous mandat de dépôt. Son avocat a dénoncé « une arrestation politique et arbitraire » et un « abus de pouvoir ». Le PDG de la société Transit Tafaray et de RLM Communications, ancien conseiller de Hery Rajaonarimampianina, avait rallié Marc Ravalomanana pour la présidentielle. Selon Midi, il aurait été cité par les marins chinois du bateau Flying arrêté au large d’Antalaha comme étant le cerveau des trafics de bois de rose. Mbola Rajaonah et Mamy Ratovomalala, conseillers de Hery Rajaonarimampianina, auraient en outre accaparé des terrains de la Sirama à Nosy Be et réalisé de gros profits en revendant ces terrains à des Indopakistanais.

Placée en détention provisoire depuis maintenant près de deux ans, Claudine Razaimamonjy, femme d’affaires proche de l’ancien président, a été transférée de la prison pour femmes de Manjakandriana à la prison d’Antanimora. Sa famille a immédiatement demandé son évacuation sanitaire. L’ex-conseillère a été entendue une nouvelle fois par le Pôle anti-corruption pour une affaire qui concerne un autre ministère que celui de l’intérieur. Tentaculaire. Le mot résume la complexité et l’ampleur de l’affaire. Une tourmente judiciaire qui a démarré en avril 2017.

Les enquêteurs du Bianco ont effectué une perquisition au domicile de l’ancien ministre des mines et du pétrole, Henry Rabary-Njaka. Le secrétaire général du parti HVM a été convoqué pour être entendu pour les affaires Kraoma et Air Madagascar mais il avait déjà quitté Madagascar pour la France.

Le Bianco a émis un avis de recherche contre deux anciens comptables de la Croix-Rouge, inculpés pour faux et usage de faux, détournement de deniers privés et blanchiment de capitaux. Les faits remontent à 2018 lorsque la Croix-Rouge norvégienne a doté la Croix Rouge malagasy de 3 millions d’euros pour soutenir ses actions humanitaires.

De nouvelles arrestations sont en vue, a annoncé le ministre de la justice. Pour L’Express, « les éventuelles poursuites ne semblent concerner, pour l’heure, que des figures du précédent pouvoir. La crainte que la volonté affirmée de lutter contre la corruption et les malversations et les actions qui s’ensuivent, ne deviennent un moyen de ‘règlement de comptes politique’ commence à être évoqué. » Pour La Gazette, « le jeu des 7 familles » des anciens proches de Hery Rajaonarimampianina, poursuivis pour malversations, est incomplet.

Le Comité pour la protection des droits des travailleurs migrants recommande à Madagascar d’intensifier ses efforts pour la signature d’accords bilatéraux avec l’Arabie Saoudite, d’autres pays du Golfe, Maurice et le Liban, ainsi qu’avec tous les pays accueillant des migrants malgaches y compris la Chine. Le Comité invite l’État à lui fournir d’ici deux ans des informations écrites sur la mise en œuvre de ses recommandations.

La Grande île est-elle prête à accueillir des réfugiés ? Les questions relatives à la situation des réfugiés ont été au cœur des débats du 32e Sommet de l’UA. A Madagascar, l’accueil de réfugiés est un sujet qui divise l’opinion depuis la révélation en 2018, d’un projet de construction d’un vaste camp. Le projet aurait été abandonné en raison du tollé que l’annonce avait provoqué. Le pays ne disposerait d’aucun de cadre légal propre à l’accueil de réfugiés.

« La migration clandestine pour des raisons économiques est une pratique bien réelle à Madagascar avec comme principale destination, Mayotte », écrit Matv. Comme cela se fait illégalement, il est difficile d’avoir des statistiques, précise le DG du Centre de fusion d’informations maritimes, pour qui tout un réseau est impliqué. La migration irrégulière figure parmi les treize piliers de l’information traités et échangés au niveau du Centre entre les Etats de la région Afrique Orientale, Australe et océan Indien et leurs partenaires.

Un Saoudien incarcéré pour trafics de migrantes. Son complice malgache a bénéficié d’une liberté provisoire. Le trafic remontait à 2016. Le recrutement s’effectuait via Facebook.

Une récente enquête d’Afrobaromètre dresse un tableau très négatif du système de santé public de la Grande Île. La moitié des Malgaches affirment que le gouvernement répond « très mal/plutôt mal » à l’amélioration des services de santé de base.

L’épidémie de rougeole se généralise. 106 districts sont touchés. L’OMS a recensés 581 décès depuis septembre, dont de nombreux enfants. Près de 60 000 cas ont été enregistrés. L’UE a débloqué 500 000 euros en faveur de la vaccination. Ces fonds contribueront à couvrir les besoins de vaccination d’environ 1,2 million d’enfants. Ils seront mis en œuvre par l’UNICEF. L’objectif est de vacciner au total 3,4 millions d’enfants. Selon l’OMS et de l’UNICEF, la couverture vaccinale contre la rougeole est passée sous le seuil de 60 % au cours des dernières années.

Près de 120 000 enfants, soit 40 % des enfants des écoles primaires des régions Anosy, Androy et Atsimo Andrefana, sont privés du repas quotidien du PAM depuis novembre, faute de financement, ce qui réduit le taux de scolarisation déjà faible et aggrave le taux d’abandon scolaire. Le PAM recherche 4 millions de dollars pour reprendre la distribution de repas et assurer la mise en œuvre intégrale du programme jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Psychose d’enlèvement d’enfants à Antananarivo. Les avis de disparition d’enfants se multiplient sur les réseaux sociaux. On y évoque des vols d’organes et des viols. La police des mœurs et de la protection des mineurs ainsi que sa division cybercriminalité nuancent l’appréciation de la gravité de la situation. La division cybercriminalité se mobilise pour identifier les prédateurs sexuels en ligne et les auteurs de diffusion de fausses nouvelles.

Transparency International Initiative Madagascar a lancé la 1ere édition du « Grand prix Malina du journalisme d’investigation » visant à distinguer la meilleure investigation journalistique sur le thème de la corruption réalisée durant l’année 2018 par un ou des journalistes de nationalité malgache.

Les 15 membres de l’équipage du bateau-pirate Flying ont été placés sous mandat de dépôt. La navire, suspecté de participer à un trafic des bois de rose, avait été intercepté en décembre sur la côte Est. Sous un autre nom, il avait déjà été impliqué en 2015 dans une importante affaire d’exportation illicite de bois précieux mais il était parvenu à échapper aux autorités. Il a de nouveau été repéré en septembre 2018 au large d’Antalaha

Des coupes illicites de bois précieux ont été dénoncées dans la parc national d’Andasibe. Des trafics de palissandre ont été déjoués à Antsirabe et Moramanga.

Alexandre Georget, nouveau ministre de l’environnement, a décrété la suspension de toutes les activités d’exploitation et d’exportation des bois précieux dans le but d’assainir la filière. Il a fait appel au ministre de la défense pour renforcer la lutte contre les trafiquants. L’Express doute de l’efficacité de cette décision, qui, si elle était réellement appliquée, risquerait de porter un coup fatal aux activités forestières légales. Des opérateurs, vendeurs de charbon de bois, menuisiers et exploitants ont manifesté leur opposition à une telle mesure.

Les personnels de la société d’Etat Kraoma mobilisés contre la société russe Ferrum Mining qui détient 80 % des parts de la co-entreprise Kraoma Mining, structure ayant obtenu par un accord d’amodiation opaque le permis d’exploitation de trois gisements de chromite. La société civile a dénoncé une vente illégale du patrimoine national, entachée de corruption. Le personnel, en grève pour exiger le paiement des arriérés de salaires et l’arrêt des poursuites, a interpelé le chef de l’Etat. Le conseil d'administration de Kraoma a nommé un directeur général par intérim en remplacement de Jaobarison Randrianarivony, conseiller de l'ancien président de la République. Le ministre des mines s’est prononcé en faveur de la réalisation d’un audit portant sur la situation de la société. Il s’est engagé à régulariser le paiement des arriérés de salaires. Pour L’Express, « L’Etat est en train de perdre des ressources financières importantes qui peuvent servir à concrétiser certains projets de l’IEM » qu’entend mettre en œuvre Andry Rajoelina.

Les manifestations contre le projet d’exploitation d’ilménite de la société Base Toliara ont repris. Selon le CRAAD-OI, depuis les manifestations de juillet et août 2018 à Toliara réclamant l’arrêt de son projet d’exploitation d’ilménite, la société a lancé une campagne de désinformation visant à minimiser l’opposition à son projet et à discréditer les meneurs du mouvement d’opposition. Théo Rakotovao, président de l’association MAZOTO, demande au chef de l’Etat de dénoncer le contrat conclus avec son prédécesseur.

27 tonnes de malachite ont été saisies par la police des mines sur la RN7. La thèse selon laquelle le minerai allait être exporté est privilégiée. Le ministre des mines et des ressources stratégiques s’est rendu sur place et a rappelé que le programme IEM d’Andry Rajoelina attache une grande importance au développement et à la bonne gouvernance de ce secteur stratégique.

EITI Madagascar : finalisation des rapports de 2017 et 2018 d’ici juin, exige le ministre de tutelle, Fidiniavo Ravokatra. Madagascar a été suspendu temporairement de l’EITI en juillet 2018 faute d’avoir accordé le financement destiné à finaliser le rapport de progrès annuel 2017, qui aurait dû être publié avant décembre 2018. Le pays risque d’être radié si la suspension se prolonge plus d’un an. Le gouvernement a donc décidé d’agir en urgence.

Le quotidien Midi s’est félicité des actions menées dans le Sud par la holding italienne Tozzi Green, implantée depuis 2010. Un secteur réputé pour ses terres difficiles à cultiver. Après des années d’études, la firme a pu identifier et développer des cultures adaptées. Sur ces 7 000 ha qu’elle détient, près de 4 000 sont cultivés en maïs et en légumineuses. Un partenariat avec John Deer est en vue pour renforcer la mécanisation agricole. Le développement de l’agroécologie dans la région d’Ihorombe attirerait de nombreux bailleurs de fonds. Le groupe prévoit d’investir près de 7 millions d’euros pour la campagne agricole à venir et pour l’extension de sa ferme.

Aire protégée de Menabe Antimena : cinq auteurs de défrichements illicites condamnés à de la prison ferme par le tribunal de Morondava. Un verdict salué par le public et les défenseurs de l‘environnement. Huit personnes avaient été arrêtées en décembre pour défrichement sauvage d’un espace forestier dans le périmètre de l’aire protégée. En l’espace de huit jours, près de 800 ha de terrain avaient été défrichés.

La forêt Mikea en grand danger. L’alerte a été donnée par le ministre de l’environnement. La forêt Mikea s’étale sur près de 300 000 ha. 184 630 ha sont gérés par Madagascar National Parks, dont 3 436 ha ont été brûlés en 2018.

Recrudescence des remblayages illicites dans la plaine d’Antananarivo. Les autorités locales sont impuissantes à y mettre un terme. Leurs auteurs affirment avoir obtenu les autorisations de hauts responsables. La population déplore l’absence de contrôle de la mairie et du ministère de l’aménagement du territoire et redoute que ces remblayages accroissent les risques d’inondation en saison des pluies.

Ambassadeur de l’UE : « Foncer en matière de coopération ». La situation à Madagascar est telle que l’on fait face à une « atmosphère positive d’espoir. On voudrait foncer en matière de coopération ». C’est en ces termes que s’est exprimé Giovanni Di Girolamo. 2019 sera une année de réalisation concrète, a-t-il affirmé, rappelant que la démocratie malgache avait été renforcée par la tenue de la présidentielle.

4,7 millions d’euros de l’UE pour la société civile au travers de contrats qui s’inscrivent dans le cadre du programme d’appui aux organisations de la société civile et aux autorités locales de l’initiative européenne pour la démocratie et les droits de l’homme. Une approche participative et de partenariat basée sur la promotion des droits humains et du genre.

L’UE soutient la CNIDH. La mission d’observation électorale de l’UE, déployée depuis mi-septembre 2018, touche à sa fin. Tous les matériels informatiques utilisés, d’une valeur de 80.000 euros, feront l’objet d’une donation à la CNIDH, qui a été remerciée pour le travail qu’elle mène notamment en faveur du respect du droit à la vie, des droits de l’enfant, des conditions de détention, des conditions des femmes et de l’éradication de la traite des êtres humains.

Madagascar est l’un des pays signataires d’un accord post-Brexit. Avec Maurice, Les Seychelles et le Zimbabwe, la Grande île a signé un accord de continuité commerciale avec la Grande Bretagne qui pourrait prendre effet à la date d’effet du Brexit et entrer en application en janvier 2021.

La Banque mondiale, l’UNICEF et d’autres pays comme le Japon et la Norvège mettent à disposition un fonds de 100 millions de dollars pour soutenir la réforme de l’éducation, entre autres le renforcement de la formation des enseignants, le soutien aux caisses des écoles et la construction de 800 classes sur une période de 4 ans.

Bilan positif de la 4ème évaluation du programme de réforme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI. Marshall Mills, chef de mission, a indiqué que « les discussions ont fait d’importants progrès et se poursuivent en vue de présenter la revue au CA du FMI ». L’approbation du dossier Madagascar constituera une assurance pour les bailleurs et partenaires financiers appelés à contribuer au financement du programme IEM d’Andry Rajoelina. L’approbation conditionne également le décaissement de la dernière tranche de la FEC. La mission a réitéré la nécessité de continuer à renforcer la gouvernance et d’intensifier la lutte contre la corruption. « À cet égard, l’adoption d’un nouveau projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites est une priorité », a déclaré Marshall Mills.

Humanitaire - Les Nations unies ont répondu à l’appel de Madagascar. Le Fonds central de réponses aux urgences a débloqué 5 millions de dollars pour répondre aux urgences humanitaires auxquelles Madagascar fait face depuis le dernier trimestre 2018 en faveur de la vaccination contre la rougeole et la lutte contre la sècheresse dans le Grand Sud.

Les Nations unies et l’Agence japonaise de coopération ont demandé au secrétaire d’Etat à la gendarmerie la protection de leurs agents en mission, notamment dans le Grand Sud, en proie à une forte insécurité.

Le conseil des ministres a adopté un décret portant interdiction de toute exportation de zébus sur pied ou de viande de zébu. L’objectif est de lutter contre la diminution du cheptel bovin et de combattre les vols de bovidés. Opérateurs et bailleurs de fonds ont fait part de leur préoccupation. La lutte contre les filières non structurées d’exportation ne doit pas compromettre, ont-ils dit, la réalisation de projets de relance de la filière.

« Hausse démographique : Le grand défi », a titré La Gazette. « La maîtrise de la démographie galopante ne fait pas partie des axes prioritaires de la Politique générale de l’Etat. Nos dirigeants sont plutôt convaincus avec justesse qu’il est nécessaire de donner la priorité à la croissance. Ils ont raison. Cependant, ils ne doivent pas négliger le facteur démographique qui a un impact sur le développement socioéconomique. (…) L’Etat a déployé des efforts en faveur du planning familial mais ils sont insuffisants ou peu constants, ce qui fait que l’indice de fécondité reste très élevé chez les populations vulnérables. (…) Ce phénomène constitue une bombe à retardement. »

Madagascar doit se préparer à affronter la concurrence au niveau continental. Les industriels demandent du temps pour s’adapter à ces nouveaux défis. La création d’une Zone de libre-échange continentale a été décidée en mars 2018. Une voie qui préoccupe les industriels des pays comme Madagascar dont les industries sont les plus faibles. Des accords devront être négociés pour leur assurer une protection temporaire.

Le ministère du commerce a décrété un contrôle renforcé de tous les produits importés, trop souvent périmés et reconditionnés. « Fini la corruption et la complicité avec les acteurs qui introduisent des produits alimentaires périmés à Madagascar ! a lancé la ministre. Des sanctions seront prises à l’encontre des contrevenants. »

La gestion du litige opposant Air Madagascar à Air France sur la location-vente de deux Airbus de la compagnie nationale acquis sous la Transition s’annonce difficile pour le nouveau pouvoir. Le tribunal de commerce de Paris, qui devait rendre son verdict en février, a reporté la date. Air France réclame plusieurs dizaines de millions de dollars pour une défaillance concernant le paiement des loyers de ces deux appareils d’occasion. La condamnation d’Air Madagascar pourrait mettre en péril son devenir.

Les délestages tournants font un retour en force à Antananarivo et dans sa région. 60 villes du pays connaissent des délestages quotidiens. Andry Rajoelina a déclaré que « désormais, il n’est plus question de subventionner la Jirama. Il est temps de songer aux intérêts du peuple malgache. Nous ne sommes pas là pour servir les intérêts d’une minorité d’opérateurs. » Les délestages commencent à provoquer de graves répercussions sur la production et la distribution d’eau potable. A moyen et long terme, la solution durable reste développement de nouveaux moyens de productions renouvelables pour être moins dépendant de la variation des prix du pétrole. Le groupe italien Tozzi Green a remporté l’appel d’offre international pour la construction de la centrale hydroélectrique de Tsinjoarivo. Une centrale qui renforcera le réseau interconnecté d’Antananarivo. L’objectif du ministère est de donner accès à l’électricité à plus de 50 % des foyers et de doubler la capacité de production d’électricité d’ici 5 ans.

Le premier ministre a ordonné que tous les contrats d’achat de production électrique et de location de groupes électrogènes conclus par la Jirama avec ses fournisseurs soient révisés sans délais. Il a en outre exigé que soient combattus les vols de gasoil dans les dépôts et les branchements illicites et trafics de compteurs et que les ministères et institutions publiques s’acquittent de leurs importants arriérés. Des syndicalistes ont exigé le remplacement du directeur général de la Jirama et menacé de déclencher un mouvement de grève.

Plus de 5 000 hectares de champ de maïs sont infestés par les chenilles légionnaires dans la région Bongolava. Identifiées pour la première fois en 2017, leurs ravages sont pris très au sérieux par le ministère de l’agriculture.

L'ONG Care a publié le classement des crises et conflits les moins médiatiques dans le monde. Haïti, Madagascar, le Tchad ou encore les Philippines en font partie.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Le nouveau gouvernement et la préparation des législatives
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, condition carcérale, gouvernance
  • Droits des travailleurs migrants, traite
  • Santé
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafics de bois précieux, ressources naturelles, foncier, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

 

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ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2019

<> 19 02 19 - Collectif Tany - Une alimentation adéquate pour la population malgache d'abord
Un colloque International de 3 jours intitulé « La redynamisation des organisations paysannes pour un développement rural durable » aura lieu à Antananarivo à partir du 20 février à l’Ecole supérieure des sciences agronomiques pour son 55e anniversaire. L’annonce de cet évènement donne l’occasion au Collectif Tany de partager la suite de ses réflexions sur le concept « Madagascar, grenier de l’océan Indien » qui avait fait l’objet de deux communiqués en 2013. Le premier demandait aux concepteurs et décideurs d'éviter d'accaparer les terres malgaches et de ne pas léser la sécurité alimentaire de la population, sollicitait des études approfondies et une totale transparence sur le projet et ses impacts négatifs et positifs pour les petits exploitants malgaches en termes de cartographie des zones identifiées, mode de production agricole prévu, et revenus attendus des taxes à l'exportation. Le titre du deuxième communiqué était : « Que les paysans ne deviennent ni les oubliés ni les victimes ». Les mêmes inquiétudes et questions sont soulevées aujourd'hui face aux nouvelles appellations et au nouveau contexte.

- 19 02 19 - TV5 Monde - Madagascar - Les femmes prennent l'avenir en main
Madagascar détient le triste record de l'un des pays les plus pauvres du monde. Les choses pourraient-elles bouger avec l'arrivée au pouvoir de Andry Rajoelina, le nouveau président élu le 19 janvier dernier ? Des femmes malgaches n’ont pas attendu la réponse. Déjà à pied-d ’œuvre, elles veulent transformer leur pays en un pôle attractif et rayonnant.

- 14 02 19 - Le Monde Afrique - Le nouveau président arrête des proches de l'ancien président
En moins d’une semaine, le régime d’Andry Rajoelina a neutralisé d’importantes figures faisant partie de l’entourage du chef de l’Etat sortant Hery Rajaonarimampianina.
« Le régime actuel semble vouloir faire un excès de zèle en organisant des expéditions lourdement armées pour montrer qu’il travaille, mais justement contre les seuls barons de l’ancien régime, déplore Ketakandriana Rafitoson, directrice exécutive de Transparency International. Le jour où il s’attaquera à ses propres moutons noirs, et ils sont nombreux, là nous pourrons vraiment apprécier l’objectivité de sa démarche et de ses intentions. Il faut rechercher une application uniforme de la loi. » Le Monde écrit : « Ces arrestations semblent en tout cas indiquer que le nouveau président Andry Rajoelina a décidé de frapper fort dès le début de son mandat pour donner des gages de sa volonté de lutter contre la corruption. »

<> doc
- 05 02 19 - Diploweb - Thomas Marrier d'Unienville - L'océan Indien, nouveau centre du monde ?
Pourquoi l’océan Indien est-il crucial dans la géopolitique mondiale ? Si régner sur l’océan Indien est l’objectif de beaucoup, la Chine est le pays qui s’en approche le plus. La montée en puissance de l’Inde révèle que la domination par une seule entité semble cependant peu probable. Illustré d’une carte inédite réalisée par Florent Amat.

<> 03 02 19 - Amnesty International a lancé une pétition pour demander aux autorités de respecter les droits humains des personnes en détention provisoire. Les personnes qui n’ont été reconnues coupables d’aucun crime meurent dans les prisons en raison de conditions épouvantables. Les personnes accusées de délits mineurs, même des enfants, sont obligées de rester dans des prisons surpeuplées et dépourvues d’hygiène. Dans la plupart des prisons, il y a plus de personnes en attente de procès que de condamnées et le système de justice défaillant peut retarder les procès pendant plusieurs années. La détention préventive prolongée porte atteinte à une série de droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté, à la présomption d'innocence, le droit d'être traité avec humanité et avec respect de la dignité de la personne humaine. Les personnes en détention provisoire sont victimes de peines cruelles et de traitements inhumains ou dégradants. Même dans les cas où des personnes sont libérées après quelques mois de détention provisoire, leur incarcération peut avoir des conséquences à long terme. Elles ont probablement perdu leur emploi et ont plongé davantage dans la pauvreté. Beaucoup risquent également de sortir de prison dans un état physique et mental affaibli. Les autorités doivent prendre des mesures immédiates pour que la détention provisoire soit une exception et non la règle. Ils doivent également veiller à ce que tous les détenus soient traités humainement et que leurs autres droits fondamentaux soient respectés et protégés.
https://www.amnesty.org/en/get-involved/take-action/madagascar-pre-trial-detention/?fbclid=IwAR3KbbLHrKKmPUUsjK4XTT8aqVpdwje8kO33Kv42nF8qyQTsGMjrnh_nOmc

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01 02 19 - Amnesty International - Il faut enquêter sur l'assassinat de voleurs de bétail présumés
Les autorités malgaches doivent mener une enquête minutieuse sur l’assassinat sordide de huit hommes soupçonnés d’être des voleurs de bétail, a déclaré Amnesty international le 1er février après la publication de photographies de leurs cadavres criblés de balles. Ces huit hommes ont été abattus par la police après qu’ils auraient tenté de voler dans un magasin. Trois policiers ont également été blessés lors de la confrontation. Amnesty International a effectué des vérifications indépendantes des images prises après que ces hommes ont été abattus lors d’une confrontation avec la police le 25 janvier à Betroka, dans le sud de Madagascar. « Ces homicides violents illustrent une nouvelle fois le fait que les forces de sécurité de Madagascar recourent à une force excessive et meurtrière en toute impunité, a déclaré le directeur adjoint pour l'Afrique australe à Amnesty International. Les autorités malgaches doivent mener sans délai une enquête efficace et indépendante sur ces événements, notamment sur ces homicides. Si l’usage excessif ou inutile de la force est démontré, elles devront traduire les responsables présumés en justice dans le cadre de procès équitables. »

Voir la video de TVM : https://www.facebook.com/tvmalagasyofficiel/videos/335700317275093/

 

 

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