JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

16 avril 2014

ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2014

<> 16 04 14 - London Mining Network - Fagnomba et Tany à l'AG annuelle Rio Tinto à Londres
Une mère de quatre enfants ayant été récemment emprisonnée pendant 58 jours pour s'être opposée à l'injustice des activités minières envers sa communauté à Madagascar s'est rendue à Londres pour rencontrer la direction de la multinationale minière controversée Rio Tinto lors de son assemblée générale.Perle Zafinandro est la présidente de l'association Fagnomba qui a accusé Rio Tinto d'accaparement de terre et de destruction de l'environnement à Madagascar.

- 16 04 14 - Tribune - Lutte contre le trafic de bois de rose - Bilan sans concession du comité de pilotage
Dans une lettre adressée le 8 avril au président Hery Rajaonarimampianina, Jean-Omer Beriziky tire un bilan mitigé de l'action du comité de pilotage contre le trafic de bois de rose.
Il avoue qu’il a été incapable de se faire obéir par beaucoup de ses collaborateurs et ses administrés dans la lutte contre le trafic. S'il se félicite du grand nombre de saisies de bateaux transportant d’importantes cargaisons, il relève également le fait que les commanditaires de ce trafic arrivent aisément à éviter les poursuites judiciaires. Pour remédier à cette impunité, il propose la création d'une unité opérationnelle centralisée et à plein temps, dépendant directement de la présidence ou de la primature, pour lutter contre ce trafic. Dans sa missive, il exprime aussi son « ferme espoir » que le prochain ministre de l'environnement et des forêts « sera une personne qui reconnaît l'importance du capital naturel en tant que moteur du développement » et déterminée à lutter contre le trafic de bois de rose.
Fac similé du courrier  : Lettre du premier ministre sur le trafic de bois de rose

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11 04 14 - AfriScoop - Un médecin à la tête du gouvernement
Le Dr Kolo Roger, médecin spécialisé en radiologie, a été désigné vendredi comme premier ministre du futur gouvernement de la IVème République, par le président Hery Rajaonarimampianina. Tribune - CV officiel de Kolo Roger, premier ministre

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  08 04 14 - Afrobaromètre n°141 - mars 2014 - Redevabilité sociale et attentes des Malgaches envers leurs dirigeants
Concept fortement utilisé par les Partenaires Techniques et Financiers (PTF), la redevabilité sociale suppose une communication fluide et transparente entre les gouvernements et les citoyens. L’éducation citoyenne et le renforcement de l’offre, et plus particulièrement de la demande de « bonne gouvernance », figurent parmi ses principes de base. Depuis 2009, Madagascar a traversé une crise sans précédent dont les conséquences ont été catastrophiques. Une très large majorité des Malgaches valident l’idée que les problèmes de gouvernance des dirigeants est la principale source de blocage du développement et d’une manière générale de l’échec du pays. Les attentes des Malgaches vis-à-vis des nouveaux élus sont importantes et ce dans plusieurs domaines. Avec une approche tournée vers la promotion de l’engagement civique, à travers la revendication par les citoyens de l’obligation des élus de rendre compte de leurs actions, la redevabilité sociale est de ce fait, un outil indissociable pour enclencher le développement. Des enquêtes Afrobaromètre ont été réalisés à cet effet  en mars 2013. Il en ressort, d’une manière générale, une faible demande de bonne gouvernance, notamment à travers la faible motivation des Malgaches à échanger ou demander des comptes à leurs dirigeants politiques. A l’aube de cette 4ème République, la mise en place et le renforcement des outils et mécanismes de transparence, de bonne gouvernance et de redevabilité sociale deviennent primordiales afin d’engager un processus de reconstruction économique sociale, politique et institutionnelle durable et éviter que le pays ne sombre dans une nouvelle crise.

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08 04 14 - Lettre ouverte de la société civile à Hery Rajaonarimampianina - Pour une politique foncière respectueuse des droits humains
La société civile s'adresse au nouveau président de la République pour lui faire part de sa détermination à jouer pleinement son rôle de partenaire du développement du pays et à engager un dialogue constructif. Il importe d’articuler une vision économique claire qui permette d’atteindre la souveraineté alimentaire, et d’assurer la réalisation des droits humains fondamentaux, c'est à dire les droits au travail décent, à l’alimentation, à l’eau, à l’habitat, à la santé, à l’éducation, à un niveau de vie décent de toutes les populations. La mise en place effective du Conseil Economique et Social constituerait un pas décisif pour avancer dans ce sens. Le texte aborde ensuite les thématiques de la réforme foncière, de la régulation des investissements directs étrangers, l'objectif étant de ne pas sacrifier les membres des communautés à la protection des investisseurs. La société civile renouvelle sa profonde préoccupation au sujet de l’ampleur croissante des problèmes liés aux accaparements de terres, notamment dans les secteurs miniers et agricoles. Le courrier est signé par près de 80 organisations internationales, nationales et régionales et de personnalités sous l'égide de "Solidarité des Intervenants sur le Foncier" (SIF).

Le SIF a mis également en ligne une pétition : http://sif-mada.mg/pour-une-politique-fonciere-respectueuse-des-droits-humains-et-contribuant-au-developpement-reel-de-la-population

- 08 04 14 - Biblio - Peter Kneitz - Fihavanana - La vision d’une société paisible à Madagascar. Universitätsverlag Halle-Wittenberg. Avant-propos par Françoise Raison-Jourde. Les habitants de Madagascar, une île marquée par un passé visiblement violent, semblent avoir fait au XXème siècle un choix exceptionnel. En s’imposant la vision d’une société paisible, dénommée usuellement fihavanana malagasy (solidarité malgache), ils ont dès lors, et avec succès, cherché une solution consensuelle ou tout au moins non-violente à leurs conflits. Comment expliquer le trajet extraordinaire de ce pays, suggérant un développement de la guerre vers la paix, en dépit d’un cadre socio-historique aussi défavorable que celui de la colonisation, de la décolonisation et d’une paupérisation généralisée? Quelle est la part véritable de cet aspect central de l’identité nationale dans la négociation des grands et petits différends, dans la politique comme dans le quotidien de ses 22 millions d’habitants ? Et que cache le terme fihavanana, souvent stéréotypé comme utopie, avec ses nuances hautement politiques, émotives et nostalgiques à la fois ? L’ouvrage aborde l’étude du fihavanana d’une manière systématique et critique. Fruit d’une collaboration de chercheurs de diverses disciplines, les contributions s’interrogent, à travers une grande diversité phénoménologique des conceptions du fihavanana, aussi bien dans l’histoire et dans les pratiques actuelles, sur la richesse d’une normativité éminemment contextuelle.  Allant au-delà d’une simple déconstruction, l’ouvrage permet une évaluation selon une large perspective de la vision malgache d’une société paisible, sous pression de toutes parts.

- 03 04 14 - Blog d'Alain Rajaonarivony, journaliste - Réconciliation ? Madagascar in the loop
Cela fait bientôt 3 mois que le nouveau président sensé ramener l’Etat de droit bataille contre le double langage de ses «ex-amis» du Mapar, plateforme pro-Rajoelina, qui le traite de «traître», et de ses «anciens ennemis», (parmi lesquels la mouvance Ravalomanana) devenus de fait parfois ses alliés. Ses premières annonces lui ont valu la haine de ses anciens alliés et la sympathie des opposants. Mais le chef de l'Etat ne parvient pas à consolider son nouveau pouvoir et à concrétiser ses nouvelles orientations portant sur la bonne gouvernance et la réconciliation nationale. Il s’est envolé pour le sommet UE-Afrique de Bruxelles sans avoir pu nommer un nouveau premier ministre. Omer Beriziky joue les prolongations avec son gouvernement qui a vu le jour sous la Transition.

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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15 avril 2014

REVUE DE PRESSE - 1ER QUINZAINE D'AVRIL 2014

Après deux mois et 18 jours d’attente et de guérilla juridique avec le Mapar, la plateforme pro-Rajoelina, le premier ministre de la IVème République est enfin nommé. Le choix du président Hery Rajaonarimampianina s’est porté sur Kolo Roger, médecin radiologue ayant vécu 30 ans en Europe avant de rentrer au pays pour tenter de se présenter à la présidentielle.

L’homme n’appartient à aucun parti politique et n’a pas été impliqué dans les crises politiques malgaches de ces dernières années. Il avait envisagé de se présenter à la présidentielle de fin 2013, puis s'était finalement désisté en faveur de Hery Rajaonarimampianina après avoir été exclu de la liste des candidats du fait qu’il ne remplissait pas la condition de six mois de résidence physique dans la Grande île, exigée par le code électoral. Le choix final s’est opéré à partir d’une liste d’une vingtaine de candidats qui auraient été présentés par une majorité absolue de 93 députés (issus de 12 partis) dont aucun n’appartenait au Mapar. Andry Rajoelina n’aurait pas été consulté.

L'absence de soutien de sa plateforme constitue une incertitude politique qui devra être levée rapidement. Le Mapar sort affaibli et divisé de cette guérilla institutionnelle qui s’est prolongée plusieurs semaines. Les partisans d’Andry Rajoelina peinent à trouver une posture commune face à cette désignation. Les membres de la plateforme sont toujours convaincus que le Mapar est « le groupe de partis majoritaire » prévu par la Constitution et que de ce fait la désignation du premier ministre à partir d’une liste de candidats présentée par 93 députés ralliés au chef de l’Etat est anticonstitutionnelle. La présidente de l’assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, laisse entendre que la HCC devrait constater le manquement à la Constitution ou que l’assemblée nationale devrait engager une procédure d’empêchement.

La nominla nation 15 04ation de Kolo Roger, homme totalement inconnu du grand public, soulève de nombreuses interrogations. Certains l’analyse comme le fruit d’un « deal » avec le nouveau président, un « renvoi d’ascenseur » en faveur de celui qui a dû renoncer à sa candidature, au même titre que Jules Etienne, un moment favori pour le poste. Il a passé presque la moitié de sa vie à l’étranger, maîtrise mal la langue nationale et n’a jamais occupé de fonction politique ni à Madagascar ni en Europe. Il possède la double nationalité franco-malgache qui fait dire à certains que c’est le candidat de la Françafrique. Une suspicion renforcée par une approbation de l’ambassade de France, dès l’annonce de sa nomination. « Un choix sans relief » pour La Gazette, qui lui reconnait toutefois au nouveau PM le mérite d’être originaire d’une région côtière déshéritée. Le principe non-écrit d’équilibre ethnique au sommet de l’exécutif a été respecté. Le parti Vert se félicite de la nomination d’un homme qui ne « traine pas de casseroles », bien qu’il ait eu, semble-t-il, un contentieux avec le fisc suisse où il a possédé trois centres d’imagerie médicale qui auraient connu de graves difficultés, informations mises en avant par certains organes de presse pour mettre en doute les qualités de gestionnaire du radiologue-homme d’affaires.

La Nation 05 04Les consultations en vue de la composition du gouvernement ont commencé. De nombreux hommes politiques et associations se bousculent pour négocier des sièges, des centaines de CV ont été déposés. Seul le Mapar réserve sa position et n'a pas encore décidé s'il allait rallier l'opposition. Une déclaration d'Andry rajoelina est attendue.

Les chancelleries étrangères seraient très attentives à ces travaux préparatoires, plusieurs d’entre elles, dont celles des Etats-Unis et  de l’UE, ne souhaitant pas voir figurer dans le prochain gouvernement des ministres issus du régime de Transition. Le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines, Robert Jackson, a fait savoir durant son récent séjour à Madagascar que la levée des sanctions, la reprise de l’AGOA et  l'envoi d'un ambassadeur dépendront de la composition du gouvernement. Pour certains observateurs, ces déclarations constituent la démonstration que le chef de l’Etat est sous l’emprise de pressions internationales qui se sont probablement manifestées lors de la tournée diplomatique que le président a effectuée aux Nations unies et à Bruxelles.

La question de la réconciliation nationale a été relancée par le CRM qui a tenté de réunir 200 membres de différentes institutions, les anciens chefs de l’Etat, les représentants des églises et de l’islam, la société civile, la presse, les chefs de région, les notables, les représentants de la communauté internationale pour la mise en œuvre d’un « programme national de réconciliation ». L’appel n’a pas eu l’écho escompté : le FFKM n’a pas participé à la première rencontre, pas plus que les anciens présidents Didier Ratsiraka, Zafy Albert et Andry Rajoelina, le « Hetsika Vonjy Aina » de Raymond Ranjeva et les différentes associations et organisations membres de la société civile. Hery Rajaonarimampianina s’est fait représenter par le premier ministre par intérim, Omer Beriziky. Le CRM ne renonce pourtant pas et annonce qu’il va élargir ses consultations au niveau régional.

Le général Rabotoarison Sylvain, président du CRM laisse entendre que l’institution est prête à étudier le dossier de Marc Ravalomanana si celui-ci souhaite déposer une requête. « Si le président Marc Ravalomanana débarque demain pour déposer une requête auprès du FFM, on se penchera sur son cas. Il obtiendra sans aucun doute une amnistie de plein droit, en fonction de la décision de la cour suprême », a-t-il affirmé. Pour le représentant diplomatique de l’Afrique du Sud, « le retour de Marc Ravalomanana reste d’actualité » mais les conditions ne sont pas encore toutes réunies. « Le retour du président Ravalomanana est l’un des points de la feuille de route qui attend d’être mis en œuvre. La SADC va continuer de discuter sur ce sujet », a-t-il confié. Aucune négociation n’a encore été engagée entre les autorités et le camp de l’ancien chef de l’État. Pour le diplomate, il est important que ce retour entre dans le cadre du processus engagé par le CRM. Pour La Nation, l’amnistie ne semble pas envisageable car le président en exil serait contraint de reconnaître les crimes pour lesquels il nie toute culpabilité. De plus, son retour pourrait aller à l'encontre des objectifs du CRM dans sa mission de réconciliation nationale, en réveillant des tensions au sein de la classe politique.

La question de l’insécurité constitue un défi majeur pour le nouveau pouvoir. Des témoignages font état d’une escalade dans les méfaits commis par les dahalo, lesquels ne se content pas de voler le bétail mai se livrent à de graves exactions sur les populations. « Ils saccagent les maisons, brûlent le village, violent les filles et les femmes et emportent avec eux des otages », dénonce un élu du Sud. Les populations sont terrorisées. Selon le général Richard Ravalomanana, si les forces de l’ordre étaient mises aux normes internationales et qu’aucune entrave ne s’opposait  à la conduite de leurs enquêtes, les résultats de la lutte contre l’insécurité seraient rapidement perceptibles, les « zones rouges » seraient éradiquées. La gendarmerie se plaint d’un dramatique sous-équipement matériel et humain qui conduit trop souvent les forces de l’ordre à tomber sous les balles des bandes de dahalo ou à renoncer à mener l’offensive.

Jeannoda Norotiana, la très active présidente du SPDTS, dénonce une nouvelle fois la traite des êtres humains qui sévit à Madagascar. Toutes les formes d’esclavage moderne y sont présentes. Une situation qui est devenue un véritable fléau social, favorisé par la vulnérabilité du système judiciaire, l’inexistence d’une protection sociale efficace et l’impunité dont jouissent certains auteurs. Le fléau de la prostitution des mineures inquiète les autorités. Le PDS de la capitale a décidé d’interdire le racolage passif en centre-ville. Les chiffres fournis par la police judiciaire d’Antananarivo sont effroyables. Dans les six plus grandes villes du pays, plus de 580 mineures ont été interpellées en 2013 pour des cas de prostitution.

ma terre c'est ma vieLa société civile s'adresse au nouveau président de la République pour exiger la mise en œuvre d’une politique foncière respectueuse des droits humains. Il importe, dit-elle dans sa lettre ouverte, d’articuler une vision économique claire qui permette d’atteindre la souveraineté alimentaire et d’assurer la réalisation des droits humains fondamentaux : droit au travail décent, à l’alimentation, à l’eau, à l’habitat, à la santé, à l’éducation, à un niveau de vie décent de toutes les couches de la population. Le texte aborde les thématiques de la réforme foncière et de la régulation des investissements directs étrangers, l'objectif étant de ne pas sacrifier les membres des communautés à la protection des investisseurs. La société civile renouvelle sa profonde préoccupation au sujet de l’ampleur croissante des problèmes liés aux accaparements de terres, notamment dans les secteurs minier et agricole. Le courrier, élaboré sous l'égide de « Solidarité des intervenants sur le foncier » (SIF) est signé par près de 80 organisations internationales, nationales et régionales et des personnalités. Une pétition en ligne est proposée.

SOMMAIRE

LA CRISE POLITIQUE

  • Dans l’attente de la désignation du nouveau premier ministre
  • Nomination du premier ministre Kolo Roger et formation du gouvernement
  • HCC
  • Diplomatie, coopération
  • Divers

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Santé publique
  • Réconciliation, amnistie, gouvernance, insécurité, forces de l’ordre
  • Droits des femmes, esclavage moderne, traite des êtres humains

ÉCONOMIE - SOCIAL - ENVIRONNEMENT

  • Ressources minières et halieutiques
  • Trafic de bois de rose et de ressources naturelles
  • Environnement, calamités
  • Bailleurs de fonds
  • Divers

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31 mars 2014

REVUE DE PRESSE - MARS 2014

Le nouveau pouvoir n’est pas encore parvenu à s’imposer : le nouveau gouvernement n’est pas nommé, un conflit se cristallise avec la présidente de l’assemblée nationale. La communauté internationale pose ses conditions.

Plus de deux mois après son investiture, le président Hery Rajaonarimampianina n’est pas parvenu à désigner son premier ministre et à former un nouveau gouvernement. Les tractations entre les tenants de la plateforme de soutien à Andry Rajoelina, le Mapar, et les représentants de la plateforme présidentielle (PMP) se sont poursuivies durant toute la période, sur fond de débats juridiques portant sur la majorité habilitée à présenter des candidats au poste de chef de gouvernement. Au fil du temps, des députés du Mapar ont rejoint les rangs de la PMP, permettant l’émergence d’une majorité absolue favorable à la désignation d’un candidat premier ministre par les tenants du pouvoir. La position du Mapar, qui revendiquait la nomination de Haja Resampa s’en est trouvée fragilisée. Le candidat du pouvoir, Roland Jules Etienne, est paru un moment encore en « pole position » mais le suspens se prolonge, sans que l’on sache très exactement comment évoluent les négociations. Le Mapar aurait présenté tout récemment une nouvelle liste de premiers ministrables qui ne contiendrait plus le nom de Haja Resampa. La Gazette fait valoir que la pression exercée par la présidence sur les financiers sur Mapar a commencé à porter ses fruits.

L’impatience se fait sentir, tant en interne qu’au niveau de la communauté internationale. L’ancienne équipe gouvernementale demeure en fonction, avec en son sein des ministres placés dans le collimateur du Bianco pour des faits de corruption et de trafics de bois précieux. Les ministères assurent la gestion des affaires courantes, bien que le premier ministre actuel, Jean Omer Beriziky, se soit vu renouvelée la confiance du président en partance pour la première tournée diplomatique de son quinquennat.

La HCC, dans sa nouvelle composition plus favorable au régime (les trois membres du quota présidentiel ont été remplacés), a annulé l’élection de la présidente de l’assemblée nationale et du bureau permanent, postes qui avaient été accaparés par le Mapar. Motif : le règlement intérieur appliqué pour ces scrutins n’a pas été soumis au contrôle de la HCC avant son application. La Cour répondait ainsi à la quarantaine de députés de la PMP qui avaient déposé une requête en annulation pour non-conformité à la Constitution. De nouvelles élections devront être organisées. La présidente de l’assemblée nationale, ancienne ministre de la justice de la Transition, Christine Razanamahasoa, a réagi avec vigueur à cette décision. Elle déclare s’opposer à toute tentative de dissolution du bureau permanent et dénonce un complot sexiste. Elle se dit préoccupée par l’ingérence de l’exécutif dans les affaires du pouvoir législatif. La présidente de l’assemblée nationale et le président de la République se sont cependant rencontrés tout récemment et auraient décidé de jouer la carte de l’apaisement, tant sur cette question du bureau permanent de l’assemblée que sur celle de la nomination du premier ministre.

Le président Hery Rajaonarimampianina a entrepris un périple diplomatique passant par Washington, New-York et Paris. Il a rencontré à cette occasion les responsables des grla nation 22 03andes institutions (Banque mondiale, FMI, PNUD, SFI…) avec pour objectif un déblocage rapide des aides des bailleurs de fonds suite au retour à l’ordre constitutionnel. Les observateurs s’interrogent sur les éventuelles conditionnalités qui seront imposées à la Grande île par ces institutions. Des rencontres ont également eu lieu avec des représentants du département d’Etat américain, avec pour perspective principale le retour de Madagascar dans l’AGOA. A Paris, une rencontre a eu lieu avec le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, ainsi qu’avec le SG de l’OIF, en préambule à la réintégration de Madagascar décidée peu après. Pour certains observateurs, le bilan de ce déplacement est mitigé, il a été jugé prématuré, en l’absence de mise en place d’un gouvernement crédible susceptible de traiter les dossiers techniques avec les bailleurs de fonds. Le chef de l’Etat doit à nouveau quitter le pays pour se rendre début avril à Bruxelles, invité au sommet UE-Afrique, au cours duquel il pourrait rencontrer le président Français, François Hollande. La presse se demande si ce périple diplomatique destiné à conquérir une légitimité internationale n’avait pas également pour objectif de rechercher un appui pour la désignation d’un nouveau premier ministre. Ses interlocuteurs n’ont pas manqué de s’enquérir de cette situation de blocage et de le presser à prendre sa décision.

Le GIC-M a tenu sa première séance post-électorale à Antananarivo, avec la participation remarquée du sous-secrétaire d’Etat adjoint américain pour les affaires Africaines. La réunion a été l'occasion de faire le point sur l'évolution de la situation, ainsi que de convenir des modalités de la poursuite de l'accompagnement e la Grande île par la communauté internationale. Le GIC-M deviendra le Groupe international de soutien (GIS-M), dont la vocation sera de coordonner les efforts de la communauté internationale en faveur du développement de Madagascar. Une conférence des donateurs est annoncée. Le rapport final met l'accent sur un certain nombre de points que la communauté internationale attend de voir pris en compte par le nouveau pouvoir : le développement équitable de toutes les régions du pays et la décentralisation, le parachèvement de la réconciliation nationale ( y compris le retour des exilés politiques et l'indemnisation des victimes des événements de la période 2002 et 2009), l’organisation des élections communales, le renforcement de l'autorité de l'État, la lutte contre la corruption, l'insécurité et la pauvreté, la promotion de l'État de droit, le renforcement de l'éducation et de la santé publique, la création d'un environnement propice aux investissements malgaches et étrangers. La mise en œuvre de la réconciliation nationale était également au centre des préoccupations d’une délégation américaine qui a rencontré le chef de l’Etat, à qui il est demandé de d’assurer la promotion des droits humains et de s’attaquer à la lutte contre la corruption et les trafics en tous genres. Les Etats-Unis maintiennent leur position : ils ne souhaitent pas voir siéger dans le prochain gouvernement les personnalités qui ont été compromises dans les atteintes à la démocratie et aux droits de l’homme du régime de Transition, lequel a été une nouvelle fois très sévèrement épinglé par le département d’Etat américain dans son rapport 2013.

Le nouveau président a esquissé son programme économique à Paris, à l’invitation d’Ubifrance, organisme de promotion du commerce extérieur français. Plus de 150 chefs d’entreprises et de nombreux cadres de la diaspora ont répondu à l’invitation. Le chef de l’Etat s’est livré à un véritable plaidoyer destiné à attirer les investisseurs. « Les bonnes intentions ne suffisent pas », a cependant lancé Anthony Bouthelier, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN). « C’est le même discours partout, j’aimerais entendre ce qu’il va faire concrètement », a-t-il ajouté, en réponse aux promesses présidentielles. Un cabinet de conseil juridique et fiscal a estimé qu’au préalable « un très complexe, très nécessaire et très urgent travail doit être fait sur le système judiciaire malgache qui est déficient ». « L’Etat malgache n’assure pas ses fonctions régaliennes », a renchéri le président du CIAN. Tandis que le chef de l’Etat se démène pour séduire les bailleurs de fonds traditionnels et les investisseurs occidentaux, il est sollicité de toute part pour des offres de coopération et de partenariat public-privé émanant de pays émergeants, propositions alléchantes car exemptes de conditionnalités. Certains analystes redoutent que le pouvoir ne soit pas en mesure de négocier des contreparties équitables. La Chine est le premier pays à avoir dépêché officiellement un émissaire pour lier contact avec les nouvelles autorités, elle a annoncé une aide (officiellement) sans contrepartie et disponible immédiatement. Des proches d’Andry Rajoelina ne se sont pas privés de dénoncer le retour en force de «financements parallèles » dont l’ancien ministre des finances et du budget se serait fait une spécialité durant la période de Transition, pour compenser le retrait des bailleurs de fonds traditionnels.

Le président de la République a annoncé son intention, dans une interview sur TV5 Monde, d’amnistier les trafics perpétrés avant son investiture. Se déclarant déterminé à débusquer les corrompus et les corrupteurs évoqués par les journalistes, le chef de l’Etat a révélé qu’il est « prêt à passer l’éponge sur le passé ». « Par contre, il faut bannir l’impunité. Il y a des dossiers en cours qu’il faut traiter», a-t-il affirmé.

Le nouveau régime promet la mise en place d’un État de droit, mais l’insécurité continue de sévir. Des attaques meurtrières de dahalo sont régulièrement rapportées, terrorisant les populations dans certaines régions.

Le rapport annuel du département d’Etat américain sur les droits de l’homme s’attarde longuement sur la situation des employées de maison expatriées dans les pays du Golfe. Le ministère du travail et de la fonction publique est responsable de la réglementation des agences de placement et de l’approbation de l’émigration de chaque travailleur, rappelle-t-il, avant de dénoncer la complicité du ministère du travail dans la traite des personnes, par défaut de surveillance efficace de ces agences et en raison de son incapacité à protéger les victimes. Des trafics de main d’œuvre sont également dénoncés avec la Chine. Le syndicat autonome des inspecteurs du travail annonce préparer une convention sur les migrations professionnelles en partenariat avec l’organisation internationale pour les migrations.

Les trafics de bois de rose et d'or se poursuivent en dépit des intentions affichées par les autorités de faire preuve désormais de fermeté et de poursuivre les commanditaires jusqu’aux plus hauts niveaux. Les ONG s’interrogent sur la capacité du chef de l’Etat à éradiquer les réseaux maffieux ayant des ramifications internationales (Chine, pays de l’Est-Africain, Dubaï). Les exportations illicites d’or se poursuivent, mettant fréquemment en cause des indo-pakistanais (les karana). Cinq ministres de la période transitoire, encore en fonction, ainsi que trois secrétaires généraux sont dans le collimateur du Bianco.

La nation 20 03Les 350 véhicules 4x4 offerts à Camille Vital par un « généreux donateur » pour sa campagne électorale ont été remis à la présidence de la République, qui doit décider de leur affectation. « L’objectif est de servir avant tout l’Etat malgache, pour le développement et l’intérêt du pays », affirme un conseiller de la présidence. Il était prévu initialement qu’après leur utilisation durant la campagne électorale de Camille Vital ces véhicules soient remis aux forces de l’ordre. Le sponsor du candidat serait China Sonangol, société chinoise partenaire d’une compagnie pétrolière angolaise. Le principal interlocuteur des Chinois dans cette affaire aurait été Mamy Ratovomalala, ancien ministre des mines puis DG de la présidence avant de devenir directeur de campagne du candidat. La presse s’interroge sur les possibles contreparties accordées par le pouvoir au conglomérat. Suspectes de blanchiment d’argent par le Samifin, ces véhicules ne le sont plus, constate Tribune. Les pourparlers en vue d’une coopération avec le conglomérat ont débuté en 2010, sous la responsabilité du ministre des finances  d’Andry Rajoelina, Hery Rajaonarimampianina. C’est à tort que Camille Vital se serait attribué le bénéfice de ces dons, affirme le conseiller de la présidence. La presse remarque qu’il est de notoriété publique que la Chine agit en Afrique principalement par l’intermédiaire de la China International Fund Limited (CIF) et de la Sonangol.

Après une première tentative ratée en 2006 puis en 2009, la direction générale des impôts a repris sa croisade contre les ventes sans factures, suscitant de très vives réactions chez les commerçants. L’État s’est enfin rendu compte de l’immensité du manque à gagner, note L’Express. A Madagascar, le taux de pression fiscale figure parmi les moins élevés du continent : il se situe autour de 10% du PIB selon les données de la Banque mondiale. La collecte des impôts est fortement inégale et l’évasion fiscale généralisée. La prédominance de l’économie non bancarisée explique que 40% du PIB officiel ne soit pas soumis à l’impôt car il évolue en dehors des circuits de l’économie formelle. De plus, et selon un rapport de l’Instat, le nombre de personnes travaillant dans le secteur informel a augmenté de 20% au cours des 5 années de crise politique. La proportion de personnes relevant de l’informel atteint actuellement 80%, contre 60% en 2008. 336.000 emplois salariés ont été perdus depuis le début de la crise et ce chiffre ne cesse de progresser.

La monnaie nationale poursuit sa dépréciation. Un économiste membre de la société civile évoque la possibilité que l’Ariary poursuive sa dépréciation et que celle-ci atteigne 20%, voire 35% par rapport à son niveau de décembre 2013. « Cela dépendra de notre capacité de négociation », affirme-t-il. Il appuie son argumentation par les conditionnalités que pourrait imposer le FMI lorsque les négociations avec le nouveau pouvoir débuteront. La dévaluation de l’Ariary à un niveau techniquement acceptable n’est pas une option : c’est une des conditions essentielles au redémarrage de l’économie, estime-t-on. La dégradation continuelle de la monnaie malgache vient sonner comme un rappel douloureux de la difficulté de Madagascar à assumer son indépendance et son développement, écrit Les Nouvelles.

 

SOMMAIRE

LA CRISE POLITIQUE

  • Dans l’attente de la désignation du nouveau premier ministre
  • Recomposition politique, opposition, assemblée nationale, HCC
  • Prise de fonction et premiers pas du nouveau président
  • Diplomatie, coopération
  • Divers

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Pauvreté, atteinte des OMD
  • Santé publique, handicap
  • Gouvernance, insécurité, forces armées, justice, amnistie
  • Droits des femmes et des enfants, esclavage moderne

ÉCONOMIE - SOCIAL - ENVIRONNEMENT

  • Ressources minières et halieutiques
  • Filière bois de rose
  • Environnement
  • Bailleurs de fonds
  • Affaires et politique
  • Divers

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30 mars 2014

ARTICLES REMARQUES - MARS 2014

- 30 03 14 - Collectif Tany - Lettre ouverte à Monsieur le Président de la Répubique, aux élus et décideurs
Il les appelle à « veiller à la bonne gestion de nos ressources nationales ».
Le communiqué du premier conseil des ministres dirigé par le nouveau président, le 29 janvier, indique que l’exécutif interdit « toute désaffection, mutation totale ou partielle, ou traitement de dossiers d’acquisitions de terrains d’Etat au profit d’une tierce personne » et cela, « jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement ». Que se passera-t-il après ?, s’interroge le Collectif, qui n’est guère rassuré par les propos tenus par le président le 21 mars à Paris, dans le cadre de la rencontre organisée par Ubifrance: au cours de cette réunion, il a en effet  lancé un appel explicite aux investisseurs intéressés par « 18 millions d’hectares de terres arables disponibles ». Depuis 2008, avec l’effet cumulé des crises alimentaire, financière et énergétique ainsi que des changements climatiques, les terres sont devenues le refuge privilégié des investissements dans le monde. Madagascar n’est pas épargné. Le Collectif dresse l’inventaire des menaces qui pèsent sur ce patrimoine national.

- 29 03 14 - UA - Conclusions de la 9ème réunion du GIC-M à Antananarivo le 28 mars 2014
Le Groupe international de contact pour Madagascar a tenu sa 9ème réunion à Antananarivo  sous la présidence du Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l'UA et avec notamment la participation du sous-secrétaire d’Etat adjoint américain pour les affaires Africaines.La réunion a été l'occasion de faire le point de l'évolution de la situation à Madagascar depuis la 8ème rencontre du Groupe à Addis Abéba en septembre 2013, ainsi que de convenir des modalités de la poursuite de l'accompagnement de la communauté internationale et de l'avenir du GIC-M, qui deviendra le Groupe international de soutien ou GIS-M, appelé à soutenir le développement de la Grande Ile. Une conférence des donateurs est prévue prochainement. Le rapport final met l'accent sur un certain nombre de points restant à traiter : équilibrer les moyens de développement entre toutes les régions du pays, parachever la réconciliation nationale, y compris le retour des exilés politiques et l'indemnisation des victimes des événements de la période 2002 et 2009, tenue des élections communales, renforcement de l'autorité de l'État, lutte contre la corruption, l'insécurité et la pauvreté, promotion de l'État de droit, renforcement de l'éducation et de la santé, création d'un environnement propice aux investissements malgaches et étrangers.

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24 03 14 - TV5 Monde - Internationales - Interview de Hery Rajaonarimampianina - 23/03/14 - (44'45). Le président revient, à son retour de son périple aux Etats-Unis et en France, sur la situation économique et politique de son pays, gangréné par la corruption et en proie à une profonde crise institutionnelle depuis de nombreuses années.
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/Internationales/Episodes/p-27794-Hery-Rajaonarimampianina.htm

- 24 03 14 - Tribune - Tribune libre - Faraniaina Ramarosaona - Lettre ouverte au président de la République sur les Iles Eparses
Les Iles Éparses constituées par l’archipel des Glorieuses, les iles Juan de Nova, Europa et Bassa da India n’ont pas été restituées en 1960 par la France. En 1973, la remise en cause à bon escient de cette annexion indue par Didier Ratsiraka, a donné le jour à une succession de démarches juridiques internationales pour faire reconnaître le droit de Madagascar sur ces Iles. Ces dernières n’ont pas vraiment encore abouti, peut-être à cause de l’attitude des dirigeants successifs Or il s’avère probable comme nous le savons, que ces Iles Eparses regorgent de richesses dont le gaz et le pétrole.La France a déjà octroyé des permis exclusifs d’explorations offshore en 2008 à Juan de Nova. Nous sommes bien en présence d’un différend qui touche notre souveraineté nationale.Les citoyens ont le droit de savoir et d’être informés sur les intnetion du nouvel élu.

- 22 03 14  - RFI - Interview du président Hery Rajaonarimampianina par Nicolas Champeaux.
http://www.rfi.fr/emission/20140321-hery-rajaonarimampianina-president-malgache/
L'entretien aborde la question des relations avec le FMI et la Banque mondiale, au retour du président de Washington et des éventuelles conditonnalités exigées, la constitution tant attendue du nouveau gouvernement, la réconciliation nationale et le retour de Marc Ravalomanana, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, la question des 350 véhicules 4x4 offerts à la présidence par un "généreux donateur".

- 21 03 14 - Quatre « combats écologiques » en cours à Madagascar, selon le projet européen EJOLT (Environmental Justice Organisations, Liabilities and Trade). Cette organisation, qui se veut être la voix des sans voix, publie son « Atlas mondial de la justice environnementale », une cartographie interactive recensant près de 1.000 conflits environnementaux dans le monde. Quatre zones de « combats écologiques » sont comptabilisées à Madagascar. Sont pointés du doigt : QMM, Ambatovy, Mainland et Daewoo. EJOLT a consacré 3 ans à venir à bout de son projet qui a mobilisé 23 universités et ONG de 18 pays. Il a reçu un financement de 3,7 millions d’euros de l’UE. Les ONG Fondation Tany Meva et Alliance Voahary Gasy font partie des organismes qui ont été sollicités. Pour l’une des coordinatrices, « le projet démontre que les conflits environnementaux sont en croissance autour du monde. Alors que la plupart des gens ne connaissent que certains cas médiatiques, cette carte montre que les impacts environnementaux font partie du fonctionnement normal de l’économie, et que l’extraction des ressources entraîne des coûts écologiques payés par les populations les plus marginalisées et les plus pauvres : les autochtones, et surtout les femmes et les enfants ». La carte sera amenée à être étoffée au fil des années. Accès à l'atlas : http://ejatlas.org/country/madagascar (en anglais)

- 17 03 14 - Wb TV des Nations unies - Conférence de presse du président de la République (21'55).
http://webtv.un.org/watch/h.e.-hery-martial-rajaonarimampianina-madagascar-press-conference/3352597207001/
Face aux journalistes internationaux, à New-York, Hery Rajaonarimampianina a été conduit à s’exprimer sur sa politique de réconciliation nationale. « La réconciliation ne se reflète pas sur la nomination du premier ministre. Le pays a vécu des blessures provoquées par la gestion politique dans le passé. Aujourd’hui, il faut y remédier. C’est un processus. La mise en place d’un gouvernement en est une partie. C’est pourquoi, j’ai prôné à l’ouverture », a-t-il indiqué. Le locataire d’Ambohi­tsorohitra souhaite ouvrir une nouvelle page politique. Pour ce faire, il est revenu sur sa volonté de collaborer avec la mouvance Ravalo­manana, particulièrement l’ancien président. « Je n’ai aucun lien particulier avec lui. S’il est animé d’un sentiment de patriotisme, c’est ce qui pourrait nous rapprocher », s’est-il justifié. Hery Rajaonarimam­pianina a déclaré que son gouvernement sera mis en place, à son retour, après le 24 mars. Concernant le respect des droits de l’homme, le chef de l’État a affirmé qu’il n’y a plus de prisonniers politiques, que la loi d’amnistie a été votée et qu’un comité national pour la réconciliation a été mis en place. Et de continuer que les victimes de la crise seront indemnisées et que la communauté internationale s’est déjà engagée à octroyer des fonds à cet effet. L’ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU a rappelé peu avant que son pays ne souhaite pas voir siéger dans le prochain gouvernement les personnalités qui ont été compromises dans les atteintes à la démocratie et aux droits de l’homme du régime de Transition. Pour espérer une normalisation complète des relations entre le deux pays, elle attend du chef de l’Etat malgache la libération de tous les prisonniers politiques, la réconciliation nationale, la lutte contre la corruption et l’indemnisation des victimes des événements politiques.

- 17 03 14 - Madagate - RFI - Le mystère des 4x4 de la présidence malgache - Le réseau nébuleux du donateur-partenaire China Sonangol
La présidence a récupéré les 350 véhicules 4x4 offerts à Camille Vital après avoir réglé les droits afférents. Un premier contingent de 200 véhicules est entreposé au palais présidentiel. Les circonstances de cette acquisition sont encore très floues, note RFI. Selon le conseiller spécial de la présidence, Jaobarison Randrianarivony, leur répartition revient au président de la République. « L’objectif est de servir avant tout l’Etat malgache, pour le développement et l’intérêt du pays » conclut-il. Suspectes de blanchiment d’argent, ces voitures ne le sont plus, observe Tribune. Le conseiller spécial n’a pas voulu infirmer ni confirmer si le fameux partenaire était le China Sonangol ; il s’est contenté de réitérer que pour l’instant le nom du donateur-partenaire ne peut être rendu public car les termes du contrat n’ont pas été définis et que le contrat n’a pas encore été signé. Le conseiller spécial assure que le donateur en ont fait cadeau à l’Etat sans aucune contrepartie. Les forces armées espèrent bénéficier de ces largesses, mais les députés nouvellement élus sont également sur les rangs.
Madagate propose un lien sur l'article de RFI et publie la traduction d'un article publié en novembre 2011 par le site "Center for pulic integrity" sur le conglomérat ''China-Sonangol'', figure de proue pour le public de l'entité privée, China International Fund (CIF), intervenant principal sur le marché des ressources naturelles en Afrique.

- 13 03 14 - Jeune Afrique - Rémi Carayol - Hery, la doublure de Rajoelina, se rebiffe
Il aurait dû n'être que l'homme lige d'Andry Rajoelina. Mais, loin de satisfaire les attentes de celui à qui il doit son élection à la présidence de Madagascar, Hery entend gouverner à sa guise. Le magazine revient sur les péripéties qui ont marqué la période postélectorale. Le bras de fer entre Hery et Andry n'est pas réglé pour autant. Une situation que le constat d'un diplomate africain sur place résume bien : "On n'est pas sortis de l'auberge".

- 11 03 14 - Les Nouvelles - Monnaie malgache : l'Ariary, quelle valeur ?
C’est une réalité dure à entendre mais la monnaie malgache, le Franc malgache comme son successeur l’Ariary, ne cesse de se déprécier depuis la naissance de l’Etat malgache. Une monnaie et sa valeur sont généralement indissociables de la notion de souveraineté. De ce point de vue, la dégradation continuelle de la monnaie malgache vient sonner comme un rappel douloureux de la difficulté de Madagascar à assumer son indépendance et son développement. De 1982 (date de la première dévaluation) à 1987, pour ne citer que cette période, le Franc malgache perd plus de 80 % de sa valeur, les réajustements se succèderont ensuite au gré des pressions et des réserves de la Banque centrale. Ces réajustements brutaux ont conduit les autorités, sous la pression de la Banque mondiale et suite aux conséquences calamiteuses de la crise de 1991, à mettre en place dès 1994, un taux de change flottant avec la création du MID. Des améliorations techniques ont été apportées en 2004. Pour être flottant, le cours n’en est pas moins strictement encadré et les transactions de change étroitement associées aux seuls flux commerciaux avérés afin de limiter toute spéculation. La monnaie malgache n’en a pas moins continué sa chute progressive avec des phases d’accélération faisant souvent suite à des troubles politiques. Une importante phase de dépréciation est en cours, elle pourrait encore faire perdre à la monniar nationale 20 à 35% de sa valeur.

- 08 03 14 - TV Plus - Documentaire - Fini le temps des "meubles fragiles". A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, vidéo de 23' consacrée au statut des femmes dans la société malgache.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=w-QGWbZg4WQ

- 08 03 14 - Des prisons sans peste. On pourrait croire la peste éradiquée de la surface de la terre. La maladie sévit pourtant encore dans des pays comme le Congo-Kinshasa ou Madagascar. Ce film de 10 minutes présente les efforts déployés par le CICR et ses partenaires locaux pour que la peste ne se déclare pas dans les prisons malgaches. Si la maladie survenait dans ces lieux, la surpopulation et les mauvaises conditions d’hygiène favoriseraient une progression foudroyante de cette maladie hautement contagieuse.
http://www.cicr.org/fre/resources/documents/film/2014/av114b-madagascar-plague.htm

- 06 03 14 - Blog d'Iloniaina Alain - Imbroglio au sommet de l'Etat
Sommes-nous dans une République qui fonctionne normalement ? Les événements et les décisions prises par les autorités ces derniers temps plongent le pays dans une situation indescriptible qui pourrait avoir des conséquences néfastes. L'inbroglio tourne autour de la composition du bureau permanent de l’assemblée nationale, de la notion de majorité dans cette assemblée et de la désignation du futur premier ministre, qui se fait toujours attendre. La situation floue dans laquelle se trouve placée la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) ne lui permet pas de jouer son rôle dans cette période critique d'installation du nouveau pouvoir. Le gouvernement rafistolé issu de la Transition continue de fonctionner plus d’un mois après l’investiture du président élu...

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  03 03 14 - Rapport 2013 du département d'Etat sur les trafics de personnes à Madagascar
Madagascar est un pays source pour des hommes, femmes et des enfants pour des fins de travail forcé ainsi que des femmes et des enfants soumis à l’exploitation sexuelle. Des rapports indiquent une intensification de la traite des personnes impliquant des citoyens Malagasy à des fins d’exploitation sexuelle et de travail forcé, particulièrement en raison d’une absence de développement économique et d’un déclin de l’Etat de droit dans le contexte de la crise politique. 4000 femmes Malagasy travaillent comme domestiques au Liban et depuis juillet 2012 3000 femmes domestiques auraient migré au Koweït.La plupart des femmes qui migrent n’ont que peu d’éducation, ce qui les rend vulnérables à toutes sortes de tromperies et d’abus. Des enfants, surtout venant des milieux ruraux, font l’objet de servitude domestique, prostitution, forcés à mendier, et de travail forcé. Le tourisme sexuel impliquant les enfants a connu une augmentation dramatique au cours de l’année dernière.

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01 03 14 - Rapport du Département d'Etat sur la situation des droits de l'homme à Madagascar en 2013
Un rapport circonstancié et très riche, toujours aussi sévère sur le régime de Transition.
« Parmi les abus des droits de l’homme les plus importants, on cite l’incapacité du gouvernement de Transition à assurer l’Etat de droit, ce qui a occasionné des abus par les forces de l’ordre, y compris des assassinats arbitraires, et la vindicte populaire....Le régime de fait n’a pris aucune mesure pour poursuivre ou punir les responsables qui ont commis des abus, et l’impunité demeure un problème », selon le résumé de ce rapport. Le document met notamment en exergue les conditions de vie dans les 82 prisons et centres de détention, les arrestations et détentions arbitraires. « Nous exhortons les forces vives à mettre en priorité l'avenir du peuple Malagasy et de travailler ensemble pour le retour à l'Etat de droit garantissant le respect des droits de l'homme et le retour du pays sur la voie de la stabilité politique et économique », déclare Éric Wong, chargé d'affaires de l'ambassade américaine à Madagascar, lors de la publication de ce rapport.

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28 février 2014

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2014

Impasse pour la désignation du nouveau premier ministre. La Grande île est à nouveau plongée dans l’incertitude politique.

Les résultats définitifs des législatives ont été proclamés par la CES. Sur les 151 sièges à pourvoir, la plateforme de soutien à Andry Rajoelina, le Mapar, arrive en tête avec une majorité relative de 49 sièges, suivie par un groupe hétérogène d’« indépendants » (44 sièges) et 20 pour la mouvance Ravalomanana. La CES a annulé le scrutin dans 4 circonscriptions, où des législatives partielles seront organisées le 30 mai.

Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la justice et proche de l’ex-président de Transition, a été élue présidente de l’assemblée nationale par 77 voix contre 69 pour la Plateforme pour la majorité présidentielle (PMP), regroupant plusieurs formations hostiles à l’ex-président de la Transition, dont la mouvance Ravalomanana, et des « indépendants » ralliés.

Des débats houleux ont marqué l’élection du bureau permanent de l’assemblée nationale. Le Mapar et son allié, le groupe parlementaire GPS réunissant 26 députés indépendants, ont raflé 6 des 7 sièges de vice-président. Le Mapar a également pris la tête de 17 des 27 commissions et le GPS, 9 autres. Une seule commission reviendra donc à l’opposition. Les députés de la Plateforme PMP, qui ont boycotté le scrutin d’élection des membres des commissions pour dénoncer « le caractère illégal » de la procédure, ont déclaré ne pas reconnaître la présidente de l’assemblée, pas plus que le bureau permanent et les commissions. Ils réclament la dissolution du bureau permanent. Une requête en ce sens a été déposée auprès du conseil d’Etat.

Conforté par la victoire du Mapar aux législatives, son président et magistrat, conseiller d’Andry Rajoelina, Jean De Dieu Maharante, réitère que c’est à sa formation de désigner le premier ministre. Hery Rajaonarimampianina a rappelé que cette nomination lui incombe et que son choix sera fait « en tenant compte de l’intérêt de la Nation ».

Un débat juridique a fait rage pour savoir si la Constitution autorise le Mapar, qui n’a pas obtenu la majorité absolue des sièges à l’assemblée, est fondé à exiger la possibilité de proposer seul le nom du futur premier ministre. Le président du CST a saisi la HCC pour obtenir un avis sur ce point litigieux.

La Nation 17 02Le coordinateur général du Mapar a déclaré que non seulement la désignation du premier ministre revient à sa formation, mais que son fondateur, Andry Rajoelina, a toute légitimité pour revendiquer le poste.

Deux exclus par la CES de la liste des candidats à la présidentielle, Kolo Roger et Roland Jules Etienne, qui avaient ensuite décidé d'y présenter comme candidat de substitution, Hery Rajaonarimampianina, ont fait savoir qu’ils briguaient la primature. Ils ont multiplié, chacun de leur côté, les discussions avec des responsables politiques dans l'espoir de forger une alliance parlementaire majoritaire susceptible de les présenter à la primature et de faire barrage aux prétentions du Mapar. Les formations soutenant le président de la République ont tenté de leur côté de se rassembler pour former une majorité à l’assemblée nationale.

Saisie pour avis, la HCC a tranché : le premier ministre devra être présenté par le Mapar. La présentation du premier ministre revient au parti ou groupe de partis légalement constitué lors du dépôt des candidatures et ayant obtenu le plus grand nombre de députés aux élections législatives. La HCC a néanmoins tempéré son avis en soulignant que compte tenu de « l’importance de la mission d’intérêt général confiée à l’exécutif dualiste » et « surtout dans le contexte actuel », « le choix du premier ministre [devrait être arrêté] de concert entre le parti ou le groupe de partis légalement constitué et majoritaire à l’assemblée nationale, et le président de la République investi de la légitimité démocratique par le biais de l’élection au suffrage universel ».

« Voici donc le chef de l’État, sous le joug du Mapar », écrit L’Express. « Le règne du Mapar fait planer de gros risques politiques », écrit pour sa part Tribune. Midi met en garde : « Faute d’entente entre le président de la République et Andry Rajoelina sur la nomination du futur PM, la dissolution de l’assemblée nationale n’est pas à exclure ».

Andry Rajoelina, ne cachant pas son amertume, a finalement renoncé à briguer le poste de premier ministre, bien qu'il ait été, dit-il, « choisi pour occuper ce poste après réunion du bureau national du parti Mapar ». Il explique devant la presse et quelques 200 de ses partisans que la situation ne lui convient pas : « Celui que vous avez soutenu hier, vous prend comme ennemi ou adversaire. Aujourd'hui, vous n'arrivez pas à comprendre. C'est pour cette raison que je ne veux pas briguer le poste de premier ministre. (…) Il y a beaucoup de déception, le peuple est déçu », rappelant que sa plateforme « est majoritaire à l’assemblée, et est la source de l’accession de Hery Rajaonarimampianina à la présidence ». Pour La Gazette, selon toute vraisemblance, la proposition du Mapar de nommer Andry Rajoelina au poste de premier ministre a été repoussée par Hery Rajaonarimampianina et ses proches. L’ex-président de la Transition a annoncé enfin qu’il laissait le bureau national du Mapar libre de choisir celui qu’il souhaite présenter. Bon nombre d’observateurs ont alors estimé que le Mapar pourrait être tenté de lancer une procédure d’empêchement à l’encontre du nouveau président, pour refus d’accepter de désigner le candidat présenté, sans attendre que le président mette à exécution sa menace à peine voilée de dissolution de l’assemblée nationale. Compte tenu de l’impasse dans laquelle se trouve l’installation du nouvel exécutif, certains ont préconisé de maintenir en place l’ancienne équipe gouvernementale pour assurer la gestion des affaires courantes. D’autres vont jusqu’à imaginer que le premier ministre Omer Beriziky pourrait se voir reconduit dans ses fonctions.

Le premier ministre Jean Omer Beriziky a adressé une requête à la HCC lui demandant de clarifier les fonctions du président de la République, ainsi que celles du futur premier ministre. Dans l’avis rendu, la Cour affirme la prééminence du président de la République sur le premier ministre. Une position qui conforte Hery Rajaonarimampianina dans sa volonté de désigner un homme capable de mettre en œuvre la politique par lui définie.

Le Mapar a décidé de présenter la candidature de l’ancien secrétaire général de la présidence de la Transition, Haja Resampa, que le président avait démis de ses fonctions dès la passation de pouvoir. Un des critères de sélection retenus pour ce choix est que « Haja André Resampa a déjà travaillé de longue date avec Hery Rajaonarimampianina, ils se connaissent » déclare Maharante Jean de Dieu, coordonnateur de Mapar qui loue « la compétence et l’expérience » du candidat proposé. Pour L’Express, il ne fait guère de doute que « choisir une figure qui a été de toutes les années transitoires déroge à la « rupture » avec la Transition qu’a notamment souhaitée Catherine Ashton, haute représentante de l’UE ». Le quotidien écrit encore : « le Mapar semble vouloir une revanche en proposant Haja Resampa au poste de premier ministre. Les partisans de Rajoelina savent pertinemment que le président ne peut pas l’accepter. Il ne peut pas limoger quelqu’un puis le nommer à un poste encore plus important que celui qu’il a quitté au risque de se couvrir de ridicule aux yeux de l’opinion. Visiblement, c’est l’objectif visé pour pouvoir enclencher les procédures de destitution, d’empêchement ou de déchéance du président. (…) Désormais, Rajoelina et Rajaonarimampianina jouent une partie de jeux d’échecs, où chaque coup peut être fatal ». Tribune voit lui aussi dans ce choix l’annonce d’un nouveau bras de fer entre Andry Rajoelina et le président. Ils risquent de s’engager l’un et l’autre dans une voie sans issue.

Le président de la République a écarté la candidature de Haja Resampa. Indépendamment des inconvénients que cette nomination aurait comporté pour le nouvel élu, tant en interne que vis-à-vis de la communauté internationale, ce serait la manière dont Haja Resampa a été présenté par le Mapar qui aurait été la principale cause de son élimination. Selon l’avis de la HCC, la nomination doit être concertée. Cela signifie que le parti majoritaire doit au préalable proposer le nom de son candidat au président qui peut ou non l’accepter. Or le Mapar a voulu imposé son candidat, fort de son statut de parti majoritaire qu’aucune institution n’a d’ailleurs officialisée en dehors des résultats des législatives publiés par la CES. Le Mapar pourrait en principe proposer un autre nom mais il n’est pas certain qu’il fasse la démarche. La plateforme s’attendait à ce refus. Pour L’Express, Haja Resampa était en réalité un appât destiné à pousser le président à commettre une violation de la Constitution afin de pouvoir enclencher les procédures de déchéance. Jean de Dieu Maharante, coordinateur du Mapar, a d’ailleurs confirmé qu’il avait l’intention de saisir la HCC.

La Nation 27 02En réplique à Andry Rajoelina et au Mapar; la plateforme pour la majorité présidentielle (PMP), a désigné Jules Etienne Rolland Raharivony comme candidat à la primature. Alors que l’effectif des députés est de 147, jusqu’aux élections partielles prévues en mai pour pourvoir les sièges invalidés, le PMP affirme être parvenu à obtenir la signature de 95 députés, contre 75 pour le Mapar. Un décompte qui laisse penser que des députés comptabilisés avec le Mapar auraient adhéré en catimini au PMP, à moins que l’effectif annoncé par le PMP soit volontairement « gonflé ». Pour La Gazette, le nom de Jules Etienne suscite de vives réticences. Sa candidature ressemble à un renvoi d’ascenseur et donc à un deal conclu avant l’entrée en lice de l’actuel chef de l’Etat pour le scrutin présidentiel. Pour la mouvance Ravalomanana en particulier et l'opposition au Mapar en général, le choix de Jules Etienne doit s'imposer dans la mesure où celui-ci est considéré comme neutre. En effet, celles-ci ont déjà avancé qu'elles refuseront de collaborer avec l'actuel numéro un de l'Etat au cas où celui-ci nommera un premier ministre issu du Mapar.

Le président ne s’est pas prononcé sur la candidature de Jules Etienne, proposée par le PMP et le Mapar regrette de ne pas avoir été informé officiellement du rejet de la candidature de Haja Resampa. Il ne se serait pas encore réuni pour désigner un éventuel remplaçant. Une solution consensuelle entre les deux parties protagonistes que sont le Mapar et la PMP sous l’égide de la présidence ne serait pas totalement exclue. Des noms commencent à circuler.

L’intérim du gouvernement Beriziky a été prolongé. Hery Rajaonarimampianina déclare que, « le processus de nomination du premier ministre de la République devant encore être mené d’une manière concertée, et comme aucun délai n’est imposé par les textes en vigueur en la matière, le gouvernement de Transition, dans sa composition actuelle, continue d’exercer les pleines fonctions jusqu’à la mise en place effective dudit gouvernement ».

 

SOMMAIRE

LA CRISE POLITIQUE

  • Les premiers pas du nouveau président
  • Les résultats officiels des législatives, la présidence de l’assemblée nationale
  • La bataille pour la désignation du premier ministre, l’avis de la HCC
  • Recomposition politique, opposition
  • Prise de fonction et premiers pas du nouveau président
  • Diplomatie, coopération
  • Divers

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Pauvreté, atteinte des OMD
  • Santé publique
  • Gouvernance, insécurité, forces armées, justice, réconciliation, prisons
  • Droits des femmes et des enfants, esclavage moderne

ÉCONOMIE - SOCIAL - ENVIRONNEMENT

  • Ressources minières
  • Filière bois de rose
  • Environnement
  • Bailleurs de fonds
  • Divers

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