JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

12 février 2016

ARTICLES REMARQUES FEVRIER 2016

- 12 02 16 - L'Express - Opinions - Société civile et consolidation de la paix
L’absence d’Etat de droit peut dégénérer en violation des droits de l’homme à grande échelle.
« Force est de constater que la crise a atteint son paroxysme. L’absence de l’État de droit enfonce davantage le pays dans la corruption et la criminalité. On voit s’accumuler une tension latente au sein de notre société, laquelle peut dégénérer en violation des droits de l’homme à grande échelle. Faute d’avoir été maîtrisée à temps, la crise va tout emporter. Certes, des progrès ont été déployés à travers la mise en place des différentes institutions. Toutefois, il n’existe pas de solutions à court terme pour le rétablissement de cet État de droit qui couvre à la fois la démocratie, les droits de l’homme et la bonne gouvernance et qui constitue le fondement même de la stabilité et du développement durable. (…) Bien qu’il n’y ait pas de guerre civile ouverte, nécessitant l’intervention des opérations de maintien de la paix des Nations unies, le climat d’insécurité permanent et l’état d’anarchie délétère qui sévissent au pays, exigent désormais de stimuler les activités de relèvement rapide de développement afin d’édifier les premières bases d’une paix durable. Il faut donner à la population le droit de pouvoir jouir pleinement de ses droits de vivre dans la dignité, à l’abri du besoin et de la peur ».

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08 02 16 - SeFaFi - Communiqué - D'un Sommet aux vraies priorités

Au nom de l’État et du peuple malgaches, nos dirigeants se sont proposés, le 30 novembre 2014 à Dakar, pour accueillir le Sommet de la Francophonie à Antananarivo en novembre 2016. L’État s’est engagé, il doit assumer ses engagements et démontrer qu’il a postulé en connaissance de cause. Il semble en effet que toutes les énergies de la Présidence y soient consacrées mais il ne faudrait pas que cela se fasse au détriment de la population ou pour occulter ses problèmes quotidiens. Ce n’est pas à quelques mois du Sommet que l’on va demander de l’aide parce que nous n’arrivions pas à boucler le budget, mendier, et toujours mendier… Les informations sur les coûts éventuels de la tenue du Sommet sont confuses et fragmentaires. Seul un nombre restreint de bénéficiaires profitera de ce sommet d’une semaine : les dirigeants, peut-être, mais surtout les affairistes en tout genre. Avançons vers ce Sommet, qui pourra attirer l’attention des autres sur notre misère, et peut-être les encourager à nous aider davantage. Mais exigeons la transparence totale sur les dépenses y afférentes, ainsi que la liste des retombées réelles et durables pour le plus grand nombre.

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07 02 16 - Orange.mg - "La corruption est l’ennemie du développement" : les organisations de la société civile interpellent
Les organisations de la société civile (OSCs) signataires du présent communiqué rappellent que le rôle de la société civile, l’un des piliers de la nation, est de défendre les intérêts de la population, en visant l’amélioration de ses conditions de vie. Cela implique qu’elles ne peuvent demeurer dans le silence face aux divers problèmes auxquels la population fait face, et doivent s’exprimer dans un esprit non partisan. Cela ne peut être ni récupéré ni désapprouvé par la société politique, qui a pour mission spécifique de conquérir et/ou d’exercer le pouvoir, moyennant des résultats tangibles en termes de bien-être de la population. Aujourd’hui, cette dernière demeure et s’enfonce toujours dans le désarroi matériel et social face au pouvoir actuel pour qui « tout va bien ».Or il n'en est rien...

06 02 16 - Tribune - Collectif Tany - Les citoyens malgaches ont leur mot à dire sur les projets de loi
« Lorsqu’ils font les lois, les responsables politiques malgaches bafouent régulièrement la Constitution en ne respectant pas le droit des citoyens à l’information. Il est inacceptable que ni les projets de loi pendant les semaines qui précèdent leur discussion à l’Assemblée nationale, ni même les lois après leur adoption par les députés ne soient accessibles aux citoyens. Cette pratique interdit à la population de participer aux débats, d’exprimer ses opinions et d’être informée alors que le citoyen est censé connaître et appliquer les lois ainsi votées. Cette absence totale de transparence concerne notamment les lois relatives aux terres et à l’aménagement du territoire. La pétition lancée le 4 octobre 2015 par la SIF et le Collectif Tany pointe du doigt des projets de lois approuvés par les différents conseils des ministres mais qui risquent de rendre légales des mesures visant à généraliser les expulsions et expropriations des citoyens et notamment des paysans de leurs terres ». La remarque vaut notamment pour la loi sur le partenariat Public-Privé, votée au cours de la dernière session parlementaire et qui a été approuvée par la HCC le 29 janvier. Jusqu’à présent, rien n’a été divulgué sur son contenu final. Il en va de même pour la loi d’orientation de l’aménagement du territoire, votée le 16 décembre. « L’absence de transparence sur les projets de loi et les lois votées est en contradiction totale avec le principe d’inclusivité affirmé dans la politique nationale de développement ».

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30 janvier 2016

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2016

Express 09 01 16

Les réseaux sociaux se sont mobilisés pour dénoncer le coût des fastueuses cérémonies traditionnelles de présentation des vœux au palais présidentiel. Des quotidiens ont salué cette initiative citoyenne, des radios privées ont ouvert leur antenne aux auditeurs opposés à l’organisation de ce banquet qui n’a réuni cette année « que » 1700 convives. « Wake Up Madagascar » a appelé les Tananariviens à manifester en déposant au sol des assiettes vides devant la stèle de déclaration de l’indépendance. Les forces de l’ordre ont mis en garde les contestataires de la cérémonie.

Marc Ravalomanana a plaidé sa cause devant les représentants de l’UA et l’ambassadeur d’Afrique du Sud venus lui rendre visite, réitérant sa revendication de propriété sur le terrain d’Andohatapenaka  affecté par le pouvoir à l’accueil du Sommet de la Francophonie du mois de novembre. Devant le représentant de l’UA, l’ancien président a estimé que « la pauvreté et l’absence de réel État de droit » sont les principaux problèmes de la Grande île et dénoncé la « non-application intégrale de la feuille de route », notamment concernant l’indemnisation des victimes du « Lundi noir » du 26 janvier 2009. Il a enfin dénoncé le blocage par le pouvoir du règlement de sa situation financière et patrimoniale. Aucun accord n’ayant été trouvé avec l’Etat au sujet des arriérés fiscaux de Tiko, une nouvelle société aurait été créée en vue de redémarrer les activités du groupe. Son créateur s’est rendu en Europe et en Asie en vue de nouer des partenariats.

De passage au pays pour un bref séjour, l’ancien président de la Transition, Andry Rajoelina, installé dans l’Est de la France avec sa famille, a laissé entendre qu’il réintégrera pleinement la scène politique malgache cette année. Répondant à l’impatience de ses partisans, il déclare que le pays a besoin d’un véritable assainissement. « Nous allons revenir bientôt pour le faire », a-t-il soutenu, ajoutant : « un coup d’Etat n’est pas nécessaire, ce régime très fragile du HVM va tomber tout seul ».

45 nouveaux généraux ont été nommés en conseil des ministres. Des « productions annuelles qui ne servent à rien (…) et qui ne sont ni plus ni moins que des provocations », selon Tribune.

A l’occasion de la grande messe annuelle des églises FJKM, le pasteur Rasendrahasina, président sortant, a lancé un appel au sens moral des dirigeants en présence des plus hautes autorités de l’Etat. « Vivre et travailler dans le respect des préceptes de l’Eglise est une manière de regagner la confiance de la population envers l’administration », déclare le pasteur, qui rappelle que les Eglises tiennent une place majeure dans la société. Elles ont de ce fait, estime-t-il, un rôle majeur à jouer dans la recherche de solutions pour les maux et blocages dont souffre le pays, notamment en matière de réconciliation nationale, et en dépit du principe constitutionnel de laïcité de l’Etat.

Le parti présidentiel HVM est le grand gagnant des sénatoriales du 29 décembre, accaparant 34 sièges des 42 sièges à pourvoir. Un raz de marée pour le parti présidentiel, qui n’existait pas il y a encore deux ans. Nombre de grands électeurs, maires et conseillers, ont voté pour une liste de candidats autre que celle de leur parti et ont rallié massivement le parti au pouvoir, redoutant probablement d’être laissés pour compte dans les projets de développement intéressant leur circonscription. Face aux très nombreuses irrégularités qui ont, selon eux, émaillées les sénatoriales, plusieurs partis se sont ligués pour demander l’annulation du scrutin et l’organisation de nouvelles élections. La CENI elle-même a admis que de nombreuses anomalies avaient été constatées, s’engageant à publier son évaluation de l’organisation de la consultation. L’Union nationale malgache pour les droits de l’homme (UNMDH) considère le scrutin de sénatoriales comme « le plus entaché de corruption de haut niveau depuis l’indépendance ». La quasi-totalité des requêtes reçues par la HCC tendant à l’annulation des voix et à l’annulation partielle ou totale des opérations électorales ont été rejetées ou déclarées irrecevables. « Nous avons constaté des signes répétés de reconnaissance des votes. Ce qui est une atteinte au secret du vote », admet cependant Jean-Eric Rakotoarisoa, président de la HCC. 138 bureaux de vote ont été concernés par des annulations totales ou partielles des voix, soit un total de 530 suffrages exprimés. « La HCC publiera ses recommandations et observations comme il est de pratique courante dans les Cours constitutionnelles à travers le monde », annonce son président.

La vérité 26 01 16

Les associations et organismes déclarés ou reconnus ont été invités à proposer des candidats pour les 21 postes de sénateur dont la nomination relève du président de la République. Près de 400 dossiers ont été déposés.

L’ancien président de la HCC, Honoré Rakotomanana, met en avant le fait que la victoire écrasante du HVM constitue une sécurité pour le pouvoir, dépourvu de majorité et malmené par une Assemblée au sein de laquelle des députés frondeurs et versatiles le menacent sans cesse d’une motion de censure ou du vote d’une motion de déchéance. « Étant donné les résultats des communales et des sénatoriales, les conditions semblent opportunes de convoquer des législatives anticipées », estiment des observateurs. Un remaniement gouvernemental est probable, suite à la désignation des 21 sénateurs relevant du quota présidentiel, qui pourrait inclure des membres du gouvernement « remerciés ».

Deux autres institutions de la IVème République restent à mettre en place : la Haute cour de justice et le Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’État de droit. Ce dernier est chargé d’observer le respect de l’éthique du pouvoir, de la démocratie et du respect de l’État de droit, de contrôler la promotion et la protection des droits de l’homme. Le président de la HCC a lancé un appel à manifestation d’intérêt en vue de pourvoir les 9 postes de l’institution.

Des élections provinciales et régionales devraient en principe se tenir cette année. Des consultations qui reposent, comme pour les sénatoriales, sur les grands électeurs issus des élections communales du mois de juillet. Aucune date n’a encore été fixée et le volet financier de l’opération reste à préciser.

Le parti nationaliste Otrikafo et le mouvement pour la rétrocession par la France des îles Eparses est parvenu à organiser une manifestation au centre-ville de la capitale, malgré l’interdiction des forces de l'ordre. Quelques dizaines de manifestants se sont rendus devant l’ambassade de France où ils sont été dispersés sans heurts. Une nouvelle manifestation serait en préparation.

Robert Yamate, ambassadeur des Etats-Unis, s’impatiente. Il attend des résultats concrets sur trois dossiers : la lutte contre la corruption et le trafic de bois précieux, ainsi que sur l’adoption du code de la communication, dossier en souffrance depuis de longues années. Hery Rajaonarimampianina a reçu la secrétaire d’État adjointe en charge des affaires africaines. A l’ordre du jour : le renforcement de la bonne gouvernance et de la démocratie, la lutte contre la pauvreté, la santé, les questions énergétiques, l’AGOA, la sécurité régionale et la lutte contre le terrorisme. Au centre des discussions également, la lutte contre les trafics de ressources naturelles, la dégradation de l’environnement. Linda Thomas-Greenfield a mis l’accent sur la coopération en matière de sécurité maritime dans la zone du canal du Mozambique, enjeu géostratégique majeur. Cette visite d’un haut responsable américain est la troisième en l’espace de 6 mois, preuve que les Etats-Unis cherchent à s’imposer dans la Grande île au nom de considérations géostratégiques, estiment les observateurs.

Le Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA des 30 et le 31 janvier a prévu d’examiner l’évolution de la situation à Madagascar. Dans le cadre de sa préparation, la présidente de la Commission a envoyé un « Groupe des Sages » à Antananarivo afin de faire le point sur la consolidation des institutions et le redressement socio-économique de la Grande île. Autres points à l’ordre du jour : l’indemnisation des victimes des crises prévue dans la feuille de route et la mise en œuvre de la réforme du secteur de la sécurité (RSS) préconisée par une  mission d’évaluation conduite en 2014 par la SADC, l’UE, les Nations unies et l’OIF. L’UA aurait affirmé sa volonté d’aider Madagascar dans la lutte contre les dahalo et en faveur de leur réinsertion sociale. Face aux efforts de stabilisation de la situation politique, l’UA aurait exprimé son « soulagement ». L’organisation continentale recommande toutefois un renforcement des progrès accomplis, la situation politique ayant encore été qualifiée de « fragile » par le « Groupe des Sages ».

La Vérité 21 01 16

Madagascar se prépare à accueillir le Sommet du Comesa et de la Francophonie, en novembre. Le financement des opérations et le respect des délais de réalisation des travaux préparatoires suscitent des inquiétudes. La question de la sécurité des hôtes de marque figure également au nombre des préoccupations. Des experts israéliens ont été sollicités. Les milieux nationalistes dénoncent le montant des crédits qui seront affectés à ces manifestations alors que 92 % des Malgaches vivent sous le seuil de pauvreté et que le Sud subit le « kere » dans l’indifférence générale.

Le doyen du corps diplomatique, le Marocain Mohammed Amar, a lancé ouvertement des remontrances au pouvoir dans son discours prononcé à l’occasion de la cérémonie des vœux présidentiels. Les bailleurs ne sont ni la source, ni la solution aux problèmes du pays, a-t-il affirmé : « Rêvons pour que la communauté internationale ne soit plus perçue comme responsable de tous les problèmes que traversent Madagascar. Rêvons pour que les termes ‘assistance internationale’, ‘appui au budget’ ou ‘bailleurs de fonds’ ne fassent plus partie du vocabulaire des dirigeants de ce pays ».

L’ambassadeur de l’UE réclame des engagements réels de l’État en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Ces exigences ont été rappelées par l’ambassadeur en présence du chef de l’Etat, du premier ministre et de membres du gouvernement. À l’instar du doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur de l’UE indique que l’État ne devrait pas miser sur les seules aides des bailleurs de fonds. Les bailleurs amorcent le déblocage des financements mais pour l’heure les aides destinées au volet social comme la santé et l’éduction restent principalement gérées par des organisations onusiennes qui agissent directement sur le terrain. « . Il faut changer les mentalités et les mauvaises pratiques pour avancer vers le développement », admet le président de la République. L’UE s’est expliquée sur les raisons du « décaissement partiel » de la deuxième tranche de l’aide budgétaire du « contrat d’appui à la consolidation des services de l’État » inclus dans le 11ème FED. La bonne gouvernance, la saine gestion des finances publiques, la transparence budgétaire, la lutte contre la corruption et la fraude, la sécurité intérieure, notamment dans les zones rurales afin de contribuer à la restauration d’un État de droit, le renforcement de l’État dans ses fonctions régaliennes et dans sa capacité à délivrer les services de base, sont les engagements souscrits dont le respect conditionne pour parti le décaissement des aides, est-il rappelé. L’UE laisse entendre qu’elle n'est pas prête à financer aveuglément le régime, même si elle le soutient toujours au nom de la stabilité politique. L'aide n'est pas gratuite. Des résultats concrets sont attendus.

La nomination des nouveaux ambassadeurs malgaches se fait attendre. Aucune nomination n’a été effectuée depuis le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Les seuls diplomates en poste ont été nommés sous Marc Ravalomanana, il y a une douzaine d’années. Hery Rajaonarimampianina a déclaré qu’il souhaiterait mettre en œuvre une diplomatie à dominante économique mais le vivier actuellement disponible de diplomates ne lui permettrait pas de trouver les  profils adéquates, avance-t-on.

Le rapt de deux adolescents à Toamasina dans le milieu des opérateurs en bois de rose, intervenu le 23 novembre, est devenu une affaire d’Etat. La jeune fille kidnappée a été violée, torturée et tuée. Son frère a été libéré. Le tribunal de Toamasina a été dessaisi  du dossier au profit de la brigade criminelle. Des magistrats membres du SMM et du CSM ont dénoncé un « dessaisissement illégal ». De forts soupçons pèsent sur le monde judiciaire, les forces de l’ordre et les personnels pénitentiaires. Le substitut général près de la Cour d’appel de Toamasina a été placé sous mandat de dépôt. Selon certaines sources, le rapt pourrait impliquer de hautes personnalités compromises dans les trafics de bois précieux. « Le kidnapping de Toamasina révèle les malaises entre les corps de métiers concernés par la sécurité et la justice », titre L’Express. Pour Tribune, « il reflète la dégradation extrême de notre système judiciaire tant décrié par les citoyens ». Une enquête est en cours pour tenter de faire la lumière sur l’origine des armes de guerre saisies sur le lieu de détention de l’un des deux adolescents kidnappés. Des précautions exceptionnelles ont été prises pour assurer la garde des personnes placées en détention provisoire.

Lancée en août 2015 dans 11 régions, l’opération « Fahalemana » s’est achevée mi-décembre. Près de 1 300 militaires ont participé à la mission. Son bilan humain est particulièrement lourd, avec plus de 170 morts et 80 blessés, selon le rapport officiel. 150 dahalo présumés ont été tués et plus de 12 militaires ont perdu la vie. L’opération a aussi été marquée par des exécutions sommaires et des exactions commises par l'armée sur des villageois, dénoncées par la société civile. 2016 devrait voir le retrait progressif des militaires de la sécurisation intérieure, annonce le général Rakotozafy, ministre de la défense. La réforme en chantier du secteur de la sécurité (RSS) pourrait être l’occasion de redéfinir les compétences et les attributions de chaque entité (police, gendarmerie et armée). La gendarmerie présente un bilan 2015 accablant. Le retour à l’ordre constitutionnel n’a pas ramené la confiance des citoyens dans la justice. Beaucoup ont continué à se faire justice eux-mêmes. Le bilan mentionne 17 cas de vindictes populaires ayant causé la mort de 31 personnes. Les dahalo abattus se chiffreraient par centaines. La gendarmerie fait état de difficultés rencontrées dans l’exercice de ses missions : enclavement, insuffisance en moyens matériels et humains, problèmes de coordination et de mésentente entre entités chargées d’assurer la sécurisation, collusion de certains agents pénitentiaires avec des malfaiteurs, interventions de personnes haut placées dans le déroulement des enquêtes…

Des ressortissants du Grand Sud se sont mobilisés pour protester contre les exécutions extrajudiciaires commises par les forces de l’ordre et contre les dysfonctionnements de la justice. Ils ont menacé de ne plus se rendre sur les grands marchés qui alimentent la capitale en viande bovine. Plusieurs plaintes pénales ont été déposées en octobre. Le chef d’état-major de l’armée, le général Rasolofonirina, indique que l’enquête menée par la gendarmerie a été clôturée et que le dossier sera transmis à la justice. Il reviendra alors au parquet d’adresser au ministère de la défense la demande d’autorisation de poursuite des militaires mis en cause. Une cérémonie traditionnelle de réconciliation entre l’Etat et les natifs du Sud a été organisée mais la menace de blocage des marchés demeure, en cas de non-respect des engagements pris.

Soixante dahalo ont été fusillés depuis un hélicoptère à Bekirobo Betroka. La bande armée venait d’abattre un gendarme, de dérober un troupeau et de mettre à feu et à sang le village. D’autres localités ont été victimes d’attaques de bandes de dahalo, fortes parfois de plusieurs centaines d’individus. Des vols massifs de bétail revêtent parfois une composante ethnique, comme à Ivahona Betroka où des exécutions sommaires ont été signalées. Pour Madagascar Matin, « les attaques de dahalo deviennent une provocation afin de pouvoir massacrer les villages adverses. (…) L’opération ‘Fahalemana’, avec ses exécutions sommaires, a alimenté la discorde entre les populations locales belligérantes ». La lutte engagée par la gendarmerie contre la recrudescence des vols de bovidés s’accompagne parfois de demandes de rançons imposées aux populations. Le président de la République admet que l’autorité de l’État reste mal assurée. Il mise, entre autres, sur la sécurité pour redresser la situation. « Notre objectif est de mettre en place l’État de droit et surtout de rétablir l’autorité de l’État qui est encore fragile ». L’autorité de l’État passe par la sécurité, conditionnée par un maintien de l’ordre efficace et efficient et une justice impartiale, soutient-il. Selon le chef de l’Etat, la fragilité constatée est causée par « la corruption, le non-respect de la loi et la non-application de la loi ».

Anniversaire du « Lundi noir » du 26 janvier 2009 : aucune victime indemnisée à ce jour. Pour L’Express, nombre de questions sur ces évènements restent sans réponse. Qui sont les responsables ? Qui sont les commanditaires ? Pour quelles raisons ? À qui incombe l’obligation d’indemniser les victimes ? Sur ce dernier point, la feuille de route prévoit que c’est à l’État de payer. Mais le pouvoir refuse de se voir imposer les termes d’un texte ayant servi à cadrer la gestion de cette période d’exception qu’était la Transition. Et les membres du Groupe international de soutien à Madagascar rechignent à participer au financement du « fonds de solidarité nationale » auquel ils devaient être associés. Le Conseil de réconciliation Malagasy (FFM), en cours de refonte, devrait être saisi de ce dossier politiquement sensible. Marc Ravalomanana ne manque pas une occasion d’exiger des réparations pour son groupe Tiko mis à bas par ces évènements. Mais chacun sait que la relance de son empire industriel aurait pour effet de rebooster financièrement un poids lourd de l’arène politique qui attend de prendre sa revanche et vise ouvertement le prochain scrutin présidentiel. Ce qui fait dire à certain que Madagascar prépare sa prochaine crise politique…

Me Santanavalona Rajaonarison, membre du Collectif des avocats pour la défense de la légalité, fustige l’impunité dont bénéficient les protagonistes des crises politiques récurrentes. Pour le défenseur de certaines personnalités traduites en justice durant la période transitoire, « il est temps de mettre un terme à l’impunité. On ne devrait plus laisser passer les fâcheux événements qui ont mis à mal le pays, sans que les responsables ne soient traduit en justice ». L’avocat plaide notamment pour l’ouverture d’une enquête impartiale pour faire la lumière sur les responsabilités de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina dans le massacre du 7 février 2009. Il milite pour la réouverture du dossier concernant Marc Ravalomanana, dont la condamnation par contumace est contestée.

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Indice de perception de la corruption 2015 : Madagascar fait du surplace, à un niveau alarmant. La Grande île affiche un score de 28/100, stable depuis 3 ans. Le pays se classe 123ème sur 168 pays étudiés contre 127/177 pays en 2013 et 133/175 pays en 2014.

10 000 nouveaux enseignants non fonctionnaires (ENF/FRAM) seront recrutés par le ministère en 2016. Cette troisième vague de recrutements portera à 30 000 le nombre d’ENF/FRAM recrutés depuis 2014. La réinsertion scolaire est en marche. Paul Rabary, ministre de l'éducation nationale, a fait savoir qu’en 2015  600 000 enfants ont pu réintégrer l’école, alors que l’objectif initial était de 150 000. Des signes encourageants qui ne doivent pas masquer le fait que l’illettrisme chez les élèves des classes primaires s’est accru depuis la crise de 2009.

La peste pulmonaire, maladie endémique à Madagascar, a occasionné 63 décès en 5 mois. La déforestation, les feux de brousse, la dégradation de l’environnement et les graves problèmes d’assainissement que connaissent de nombreuses localités des Hautes Terres, notamment la capitale, continuent de faire peser des menaces d’épidémie.

14 millions d’Africains sont menacés par la faim, selon le PAM. Madagascar est parmi les pays les plus touchés, avec le Malawi. Situation jugée alarmante pour 1,9 million d’habitants. La famine frappe 4 districts du Sud, en raison d’une sècheresse persistante. Le ministère de l’éducation nationale recense 172 439 élèves souffrant de la faim dans la région Androy. La dégradation nutritionnelle s’accentue dans le Sud et la situation devient préoccupante.

Le conseil municipal d’Antananarivo a décidé à l’unanimité la levée de la fermeture de la Place de la Démocratie à Ambohijatovo à toute manifestation. La levée d’interdiction est néanmoins subordonnée à un accord avec la préfecture de police et à la garantie donnée par les organisateurs de ne pas faire de leur manifestation « l’objet de conflit ou de confrontation politique ». De nouvelles manifestations étant annoncées comme imminentes, les forces de l’ordre ont placé préventivement la place sous haute surveillance. Le préfet de police a décidé de saisir le tribunal administratif suite à l’initiative de la commune d’autoriser l’ouverture de la Place. Il estime qu’« il y a un dessous politique derrière cette décision ».

La Conférence des évêques catholiques et les exportateurs dénoncent à nouveau la mauvaise gestion des ressources minières : augmentation des exportations illicites, incohérence dans la délivrance des permis miniers et trafics de faux permis, problèmes de ruées vers les nouveaux gisements entraînant une exploitation abusive des ressources. Ils réclament un audit approfondi du secteur. Le manque à gagner dû aux trafics de produits des petites mines aurait été de 10 milliards de dollars en 15 ans.

Le transfert massif de roches malgaches à La Réunion continue de faire débat dans le département d’outre-mer. Un « Collectif pour Madagascar » dénonce un pillage des ressources. Les retombées économiques pour Madagascar sont dérisoires, l’étude d’impact environnemental et humain n’a pas été réalisée et des « ristournes occultes » auraient été versées aux autorités malgaches pour surmonter les freins à la concrétisation du projet.

Les trafics de bois de rose se poursuivent, malgré les efforts déployés par l’Etat, déplore le chargé de communication de l’ambassade des États-Unis. Le Comité permanent de la CITES, réuni à Genève, n’a pas été convaincu par le dossier présenté par Madagascar en vue du lancement d’un appel d’offre international destiné à commercialiser les stocks de bois précieux saisis. La CITES continue de se poser des questions sur la réelle affectation des fonds qui seraient obtenus de cette vente  et redoute que celle-ci incite les trafiquants à relancer les opérations de blanchiment. L’embargo sur le commerce des bois précieux décrété par la CITES est prolongé et l’Etat devra soumettre un nouveau dossier en septembre 2016. L’Assemble nationale, après bien des tergiversations, a adopté la loi portant création de la « chaine spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose et/ou de bois d’ébène » mais les défenseurs de l’environnement doutent qu’elle puisse contribuer à rétablir la bonne gouvernance du secteur, les réseaux maffieux s’étant, semble-t-il, introduits jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir, s’il on en juge par les controverses rapportées par les médias.

Le trafic illicite d’holothurie se poursuit, contrôlé par un puissant réseau chinois, malgré les manifestations qui ont mobilisé l’île Ste Marie et la note du gouvernement en date du 5 janvier, qui interdit  toute exploitation, pêche, transport, mise en conservation, achat et mise en vente des concombres de mer. Midi affirme que le réseau chinois jouit de protections haut placées.

Les occupants des terrains coloniaux pourront finalement accéder à la propriété, annonce le chef de l’Etat. Les terrains de grandes surfaces titrés, abandonnés par leurs propriétaires depuis de nombreuses années, seront transférés à l’Etat. Il les cèdera ensuite aux occupants qui les ont mis en valeur. Les intervenants du foncier craignent que ce transfert à l’État de la propriété des terrains abandonnés ne favorise la corruption.

Antananarivo connait une grave crise de gestion de ses ordures, envenimée par un bras de fer entre le gouvernement et la municipalité dirigée par Lalao Ravalomanana. Les risques sanitaires ne sont pas à négliger. Autre défi à relever par la nouvelle équipe municipale : la chasse aux marchands ambulants et informels qui envahissent tout le centre-ville et provoquent sa paralysie. Les tentatives de rétablissement de l’ordre de sont heurtées à une vive résistance et des affrontements se sont produits avec les agents municipaux. La réhabilitation des infrastructures routières de la capitale constitue une autre priorité. La « Facilité africaine de l’eau », administrée par la BAD approuve un don de 1,8 million d’euros en faveur de Madagascar pour doter huit villes regroupant 1,6 million d’habitants de plans d’assainissement.

400 des 1 400 employés d’Air Madagascar sont menacés de perdre leur emploi dans le cadre du plan de redressement en préparation et qui est mis en œuvre par le nouveau DG canadien, Gilles Filiatreault, à la réputation de « tueur de coûts ». La compagnie, victime de sa mauvaise gestion et de sa présence sur la liste noire européenne, est directement menacée par l’Open Sky qui se met en place tant sur ses lignes internationales que sur son réseau domestique. Sa concurrente privée, Madagasikara Airways, certifié par l’Aviation civile de Madagascar, effectue des vols réguliers domestiques vers les destinations les plus rentables.

L’explosion démographique est appelée à se poursuivre. Selon la dernière projection des Nations unies, d’ici à 2030 la population malgache se sera accrue d’environ 50 % pour atteindre 36 millions d’habitants. Le chef de l’Etat annonce que depuis deux ans le taux de croissance du PIB excède celui de la croissance démographique.

La monnaie nationale continue à se déprécier. Depuis la crise de 2009, l'ariary a perdu 750,64 points face à l'euro pour s’établir en 2015, en moyenne annuelle, à 3255 ariary pour un euro.

L’informel, seul recours contre la crise. Selon l’Instat, la proportion de personnes relevant des activités informelles est passée de 60 % en 2005 à 80 % en 2015.

Le ministère de l’agriculture se fixe comme objectif le développement de la mécanisation agricole. Madagascar fait partie des quatre premiers pays d’Afrique qui vont appliquer dès cette année un programme de transformation de leur agriculture avec l’appui de la BAD et du FIDA, annonce le ministre Roland Ravatomanga.

La Coface a abaissé la note de cinq pays africains, dont Madagascar, qui est rétrogradé de B a C (risque élevé) avec comme motif la chute des cours mondiaux du nickel et du cobalt qui pèse sur le devenir des grands projets miniers.

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Sénatoriales du 29 décembre, scrutins régionaux et provinciaux
  • Revendication de Madagascar sur les îles Eparses
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • L'affaire du rapt de Toamisina
  • Insécurité, opération « Fahalemana », vindicte populaire
  • Gouvernance, justice, réconciliation nationale
  • Traite, exploitation sexuelle
  • Santé, sécurité alimentaire
  • Médias, liberté d’expression

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, bois de rose, foncier
  • Environnement, assainissement, calamités naturelles
  • Bailleurs de fonds, Banque mondiale, coopération
  • Vie des entreprises, Air Madagascar
  • Divers

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28 janvier 2016

ARTICLES REMARQUES - JANVIER 2016

- 28 01 16 - L'Express - Lutte contre la corruption : Madagascar en stagnation
L'indice de perception de la corruption à Madagascar en 2015 (IPC2016), affiche un score de 28/100
. 0 étant le score d'un pays extrêmement corrompu et 100, l'indice du pays le plus intègre. Madagascar a pu maintenir ce score depuis 3 ans (2013-2014-2015) et se classe 123ème sur 168 pays étudiés contre 127/177 pays en 2013 et 133/175 pays en 2014. Transparency International Madagascar note que 7 pays qui, d’habitude sont mieux notés que Madagascar, n’ont pas cette fois été l’objet de l’étude. Ce qui expliquerait la montée en rang de Madagascar. « Le score de Madagascar stagne à un niveau alarmant depuis trois ans », déclare Frédéric Lesné, directeur exécutif. Bien qu’il soit proche de la moyenne de l’Afrique sub-saharienne (33/100), il est largement en-dessous de la moyenne pour la région océan Indien (41/100) et de la moyenne mondiale (45/100). « Madagascar n’a pas changé, il fait du sur place », conclut Tribune. L'objectif est d'obtenir un score de 50/100 en 2025. A cette fin, Madagascar devrait réaliser une amélioration de deux points par an, affirme le directeur général du Bianco. Jusqu’à cette date, la nouvelle politique de lutte contre la corruption prévoit de consacrer 0,5 % du budget national aux structures de lutte contre la corruption contre 0,1 % actuellement.

- 15 01 16 - Le Monde - Madagascar continue de fermer les yeux sur le trafic du bois de rose
"Rien ni personne ne semble être en mesure de contrer le pillage à large échelle des ressources naturelles de Madagascar par les élites politiques et économiques de l’île. Jeudi 14 janvier, le comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), réuni à Genève, a été contraint de durcir ses sanctions face à l’inertie du gouvernement dans la lutte contre le trafic de bois de rose, un bois précieux prisé par les nouveaux riches chinois et utilisé dans la fabrication de meubles de luxe".

- 06 01 16 - L'Express - Mbolatiana Raveloarimisa - Mais de qui se moque l'armée ?
"Lu, relu et rerelu pour être bien sûr. Ce n’était pas une erreur, le chiffre était bien quatre. Non pas quarante, ni quatre cents et encore moins quatre mille. Oui, quatre camions venant de l’armée sont « mis à contribution » pour enlever les ordures dans tout Antananarivo ! Dans chaque camion un responsable. On fait très vite le compte qui ne nécessite pas une machine à calculer. Quatre camions avec quatre chauffeurs avec quatre chefs de bord. Douze personnes sur quelques milliers d’hommes des forces armées. Mais de qui se moque-t-on ?"

- 03 01 16 - RFI - Interview - Fin de mission pour la coordinatrice du système de l'ONU.
La mission de la coordonnatrice du Système des Nations unies touche à sa fin. Après cinq ans en poste à Antananarivo, Fatma Samoura est appelée à rejoindre de nouvelles fonctions au Nigéria. Arrivée en 2010 en pleine crise politique elle a été l'un des acteurs diplomatiques importants lors des élections générales de sortie de crise fin 2013. Des élections soutenues et en partie financées par la communauté internationale. Avant de quitter la Grande île, le 9 janvier, Fatma Samoura revient sur le bilan de ces cinq années et sur la situation actuelle du pays et les progrès qui restent à accomplir.
http://www.rfi.fr/emission/20160103-fin-mission-coordinatrice-systeme-onu-madagascar (5’01)

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02 01 16 -  La Vérité - Bilan 2015 - Un tableau truffé d'échecs
"Plus de mauvais que de bon élèves, les membres du gouvernement Ravelonarivo ont brillé par leur impopularité. Voici, en quelques lignes le bilan de chaque ministère. A vous de juger, s’ils méritent encore 100 jours à l’infini"

 

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01 janvier 2016

ARCHIVES DE PRESSE depuis 2000

Les archives du mois comprennent 
revue de presse : synthèse de l'actualité du mois ; le nombre de pages peut varier (de 10 à 50 environ) selon les années, sans que cela ait toujours une relation avec la densité de l'actualité malgache.
des dessins de presse et photos (de janvier 2009 au 1er juillet 2011)
des articles remarqués (de février 2009 à décembre 2011 - Les mises à jour ne sont plus assurées depuis cette date)
- de mai 2010 à juin 2011: des "survols hebdo" : synthèse en 2 pages de l'actualité de la semaine 
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Pour lire les archives du mois en continu :
>>http://justmadcompl.canalblog.com/archives/archives_presse_par_mois/index.html
Pour lire les survols hebdo en continu :
>>http://justmadcompl.canalblog.com/archives/archives_presse_par_semaine/index.html
Ces informations sont collectées à partir de la presse malgache francophone, et, à l'occasion. de la presse de France ou d'autres pays.  >> Presse et sources

------Année 2016--------------------
 janvier  - résumé janvier                             
------Année 2015--------------------
janvier - résumé janvier - février - résumé février - mars - résumé mars - avril - résumé avril - mairésumé mai - juinrésumé juin - 1er au 18 juillet  - résumé 1er au 18 juillet - 14 au 31 août - Résumé 14 au 31 août - septembre - résumé septembre - octobre - résumé octobre - novembre - résumé novembre - décembre - résumé décembre                                                                          
------Année 2014-------------------
janvier - février - mars - avril - mai - juin - juin résumé 1ère quinzaine - juin résumé - juillet (1er au 25) juillet (1er au 25) résumé - août (2ème quinzaine) - août (2ème quinzaine) résumé - sept - sept résumé -  octobre - octo résumé  - novembre - résumé novembredécembre - résumé décembre                                                                 
------Année 2013------------------
janvier - février - mars - avril - mai - juin n°1 - juin n°2 - Juillet - août - septembre - octobre - novembre - décembre                             
------Année 2012-------- ---------
janvierfévriermarsavril - mai
- juin - juillet - août - septembreoctobre - novembre - décembre                  
----- Année 2011----------
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janvier - février - mars - avril - mai - juin 
- juillet et aoûtseptembre - octobre - novembre - décembre
----- Année 2010----------
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janvier - février - mars - avril - mai - juin - juillet  
août - septembre - octobre - novembre - décembre
 ----- Année 2009-------------------
janvier - février  - mars - avril - mai - juin - juillet
août 2009 /a> - septembre - octobre - novembre - décembre 
----- Année 2008-------------------
 janvier février - mars - avril - mai - juin - juillet 
août - septembre - octobre - novembre - décembre
----- Année 2007-------------------
 janvier manquant février - mars - avril - mai - juin - juillet 
août - septembre - octobre - novembre - décembre
----- Année 2006-------------------
janvier février - mars - avril - mai - juin - juillet 
août - septembre - octobre - novembre - décembre
----- Année 2005-------------------
  - janvier - février - mars - avril - mai - juin - juillet 
août - septembre - octobre - novembre et décembre
----- Année 2004-------------------
  - 1er semestre -  septembre - octobre - novembre et décembre
----- Année 2003-------------------
janvier à juillet - août à décembre 
----- Année 2002-------------------
janvier & février - mars & avril - mai à mi-juin - juillet à septembre - octobre à décembre
----- Année 2001-------------------
janvier à avril - avril à juillet - août à décembre
----- Année 2000-------------------
juin à septembre - octobre à décembre
[Chaque début d'année, ce message est renouvelé par une copie]

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31 décembre 2015

REVUE DE PRESSE - DECEMBRE 2015

Dessin de PovLe rapport de forces politiques est suspendu au résultat des élections sénatoriales du 29 décembre que le parti présidentiel HVM avait bon espoir de remporter pour renforcer une assise encore très incertaine. Les résultats provisoires lui donnent une très large avance. Des groupes de pressions s’activent pour pousser à un remaniement gouvernemental. La position du Premier ministre, de retour d’un séjour de deux semaines en France pour raisons de santé, se trouve fragilisée. Son bilan, depuis sa prise de fonction, n’est pas probant, estiment nombre d’observateurs, malgré les excellents résultats officiels des deux opérations « Initiative pour les résultats rapides » (RRI), qui viennent de s’achever mais qui ne parvienne pas à convaincre. D’autres phases RRI sont envisagées, avec le soutien de la BAD.

L’exécutif a dû affronter une nouvelle fois le mécontentement des députés qui ont fait front commun pour défendre certains collègues impliqués dans des affaires de malversations, de vols de bovidés, de trafics d’armes et de trafic d’influence. L’affaire impliquant le député Niarisy Mara d’Ankazoabo-Atsimo a pris une dimension institutionnelle. Les députés se sont vivement opposés à la levée de l’immunité parlementaire de leurs pairs et ont brandi la menace de ne pas adopter la loi de finances 2016, reprochant à l’exécutif de s’être octroyé les budgets les plus conséquents et de dilapider les deniers de l’Etat en voyages à l’étranger. Mais les élus ont, encore une fois, surpris par leur volte-face : malgré les menaces de boycott, la loi de finances 2016 a été adoptée sans aucun amendement, laissant suspecter à nouveau des achats de voix en contrepartie de certains avantages. La seule fausse note est venue de la HCC qui s’est autorisée à regretter que le budget destiné à la décentralisation soit maintenu sous la haute main du ministère de l’intérieur.

La préparation des sénatoriales du 29 décembre a provoqué une vive tension entre les députés et la nouvelle CENI qui a refusé de répondre à leur invitation, au nom de son indépendance. La controverse autour de la répartition des bureaux de vote des grands électeurs a pris elle aussi l’allure d’un bras de fer institutionnel, les députés allant jusqu’à brandir la menace d’une motion de censure et du boycott du vote de la loi de finances. Les élus ont tenté en vain d’obtenir de l’exécutif la remise en cause de l’implantation des bureaux de vote communaux qui, selon eux, ne garantissent pas l’anonymat des suffrages exprimés. La tension entre le Parlement, le gouvernement et la CENI étant à son comble, le chef de l’Etat a demandé au dernier moment au président de l’Assemblée de renoncer à sa participation à la COP21. Il devait s’envoler pour Paris, accompagné de 15 députés, et y retrouver une délégation, qualifiée par la presse de pléthorique, conduite par le Président de la République.

L’indépendance financière de la nouvelle CENI a été mise en doute. Des questions été soulevées concernant le rôle que jouerait encore dans cette nouvelle institution l’ancienne présidente de la CENIT, Béatrice Attalah, promue ministre des affaires étrangères. La HCC a émis le souhait que la CENI dispose dans la loi de finances d’une ligne budgétaire en propre.

La CENI a pointé du doigt le chef de région Anosy, beau-frère de la ministre des affaires étrangères, pour usage de sceaux officiels et d’usage de biens publics pour l’organisation d’une réunion électorale avec des candidats du parti présidentiel HVM. Le conseil des ministres a décidé de son remplacement, ainsi que du remplacement d’autres chefs de région.

15 maires TIM et « indépendants » nouvellement élus ont été destitués. La décision a été prise à quelques jours de la révision finale de la liste des grands électeurs. La cérémonie d’investiture des élus déchus avait eu lieu le 22 octobre, après validation de leur élection par les tribunaux administratifs. Ces destitutions sont la conséquence de recours déposés en Conseil d’Etat après la proclamation du résultat des municipales. Certains élus destitués ont évoqué un « coup politique » destiné à mettre à leur place des candidats HVM arrivés en seconde position.

L’Observatoire des élections KMF-CNOE a demandé le report des sénatoriales. A une dizaine de jours de la tenue du scrutin, la liste électorale n’était pas encore bouclée, des contentieux électoraux issus des communales n’étaient pas encore réglés au niveau des différents tribunaux. De nombreuses anomalies auraient encore été détectées lors de la publication officielle de la liste des grands électeurs.

Les conseillers et les maires, grands électeurs des sénatoriales, seront tentés de voter pour les plus offrants, redoute L’Express. Des informations émanant de certains états-majors politiques affirment que de grands électeurs font le tour des réunions électorales de différentes listes de candidats au cours desquelles sont souvent distribuées des indemnités pour faciliter les déplacements jusqu’aux bureaux de vote. . Les « indépendants » ne seraient pas les seuls à vouloir profiter de cette manne, le phénomène toucherait également les élus de différentes formations politiques comme le TIM, le Mapar et même le HVM, au mépris des consignes de vote reçues. De tels comportements seraient susceptibles d’influer sur le résultat du scrutin et de modifier artificiellement le rapport de forces issu des urnes.

Le KMF-CNOE a annoncé sa participation à l’observation des sénatoriales. Il a annoncé son intention de déployer 900 observateurs fixes et mobiles dans 86 districts et de publier un rapport. L’organisation avait déjà produit un bilan accablant lors des communales du mois juillet, assorti de recommandations qui, selon elles, sont restées lettre morte. L’Observatoire a reconnu que le scrutin s’est déroulé dans le calme et que le taux de participation avait été élevé. Le scrutin a été abordé par l’opinion dans l’indifférence générale.

L’Express s’interroge sur le rôle que pourront jouer les sénateurs dans le fonctionnement des institutions : « en quoi seront-ils utiles et bénéfiques pour les citoyens que nous sommes ? ». Ne risque-ton pas de voir naître une nouvelle « institution bananière  » budgétivore et parfaitement inutile ?

Seules deux femmes étaient présentes dans la compétition sénatoriale en qualité de tête de liste, sur un total de 52.

Une « Association des anciens membres du Conseil supérieur et du Congrès de la Transition » a pris l’initiative d’une pétition en faveur de la rétrocession des îles Eparses par la France. Elle est également à l’origine de l’organisation d’une manifestation devant la stèle érigée en mémoire du 29 mars 1947, à Ambohijatovo, le 12 décembre, afin de marquer la célébration du 36ème anniversaire de la résolution des Nations unies demandant aux parties d’engager des négociations. Tribune considère que le mouvement divise l’opinion et les leaders politiques. Il souffrirait de luttes de leadership entre hommes politiques et activistes, parmi lesquels le bouillant Alain Ramaroson et le leader nationaliste Andrianjaka Rajaonah. Le dossier embarrasse le pouvoir, soucieux de préserver ses bonnes relations avec la France dans la perspective du Sommet de la Francophonie qui doit se tenir à Antananarivo en novembre 2016. Le ministre de l’intérieur a annoncé la suspension de toute manifestation à caractère politique au nom de la trêve imposée par les fêtes de fin d’année et de la proximité du scrutin des sénatoriales. Les partis et associations mobilisés sur le dossier ont bravé l’interdiction de manifester. Le rassemblement de quelques centaines de personnes s’est déroulé dans le calme. Les conseillers municipaux TIM de la commune d’Antananarivo demandent la réouverture de la place de la Démocratie, interdite à toute réunion politique depuis la Transition.

Deuxième Forum de l’Organisation de la Coopération Chine-Afrique (FOCAC) à Johannesburg : Hery Rajaonarimampianina déclare placer tous ses espoirs dans la relation de la Grande île avec la Chine. « Les bailleurs de fonds traditionnels traînent les pieds, posent des conditionnalités, critiquent le monde de gouvernance du régime ? Qu’à cela ne tienne. Madagascar se tourne vers la Chine. D’autant que cette dernière a précisé qu’elle ne s’immiscera point dans les affaires internes des pays africains », écrit Tribune. « C’est une coopération sincère et franche, une coopération gagnant-gagnant » a expliqué le chef de l’Etat. Un optimisme que ne partage pas La Gazette, qui rappelle que la Chine est peu exigeante en matière de démocratie et de droits de l’homme, de transparence dans l’usage des fonds et de lutte contre la corruption.

Des incertitudes entourent les préparatifs du Sommet de la Francophonie. Mis en place depuis 5 mois, le comité d’organisation n’est toujours pas en mesure de donner des dates précises pour l’achèvement des travaux de construction ou de rénovation des principaux sites. Les ambitions ont été revues à la baisse et la question du financement des préparatifs reste taboue. Six entreprises à capitaux français se sont engagées à soutenir le Sommet par la création d’un « Club des Amis de la Francophonie ». Des participants issus de 80 pays sont attendus durant le Sommet. L’organisation de l’évènement mobilisera 6 000 personnes dont près de 1 300 jeunes.

Des expulsions d’étudiants comoriens en situation irrégulière source de tension entre les deux pays. Près de 500 étudiants comoriens éprouveraient des difficultés pour le renouvellement de leur titre de séjour. Début mai, de nombreux étudiants comoriens ont été expulsés. Moroni a interprété ces expulsions comme des représailles, en réponse aux expulsions de ressortissants malgaches accusés de trafic de drogue dans l’archipel des Comores.

Dans une tribune publiée à l’occasion de la célébration de l'anniversaire de la DUDH, Antonio Sanchez-Benedito, ambassadeur de l’UE, déclare : « Les défis dans le domaine des droits de l’homme restent importants et nécessitent des réponses adaptées pour permettre le développement durable du pays. L’impunité, la corruption, les sérieuses lacunes du système judiciaire, la surpopulation carcérale, les violences faites aux femmes, la liberté d’expression malmenée, ou encore les informations relatives à des exécutions extrajudiciaires, en particulier dans le sud du pays, font partie de ces défis ».

La période a été marquée par plusieurs enlèvements touchant des ressortissants étrangers et/ou des opérateurs économiques dans les secteurs de la vanille et du bois de rose. La psychose s’installe dans le milieu des opérateurs étrangers et malgaches, écrit La Vérité. La presse laisse entendre que ces actes sont commandités par des individus jouissant de fortes protections. La région Sava serait devenue une zone de non-droit, aux mains de trafiquants.

Des actes de vindicte populaire ont été signalés à l’encontre de dahalo ou de personnes suspectées d’enlèvements d’enfants. Des bandes de dahalo continuent de semer la mort et la désolation dans plusieurs districts La population de Betroka a envoyé une délégation dans la capitale. Tout en se félicitant des moyens mis en œuvre dans le cadre de l’opération « Fahalemana », malgré les « bavures » dénoncées, elle demande aux autorités d’agir sur les causes profondes de cette situation. La plateforme « Rassemblement des Associations Régions » (RARE) pointe du doigt les forces de l’ordre qui interviennent notamment dans le cadre de l’opération « Fahalemana ». Les familles de victimes résidant à Tsiroanomandidy ont témoigné au cours d’une conférence de presse organisée dans la capitale, faisant état en particulier d’arrestations arbitraires suivies d’exécutions sommaires. L’association exige une réforme en profondeur du système éducatif et du système de santé et dénonce la « corruption à ciel ouvert », le népotisme et le favoritisme. Furieux de l’exécution de quatre des leurs par des dahalo, 400 civils armés issus de 8 communes, membres d’un pacte villageois [dina], sont passés à l’attaque dans un village à proximité de Betroka. Leur expédition punitive n’avait pas pu être encadrée par la gendarmerie

Des affrontements ont été évités de justesse entre des éléments de différents corps des forces de l’ordre. Près de 180 gendarmes ont été renvoyés au cours de cette année pour cause d’indiscipline, révèle le secrétaire d’Etat chargé de la gendarmerie.

L’opération « Fahalemana 2015 » prend fin. Les militaires ayant participé à la mission dans 11 régions sur 22 ont reçu l’ordre de rejoindre leur camp d’origine. Une association dénommée « Homme de réserves et ex-militaires » se déclare en faveur de la création d’une « force spéciale » au niveau des six ex-provinces. 6 000 réservistes pourraient y être affectés, pour lutter contre l’insécurité et occuper les militaires démobilisés tentés par le grand banditisme.

Le ministre de la sécurité publique affirme que Madagascar est l’un des 25 pays les plus susceptibles de servir de refuge au terrorisme. A un an du Sommet de la Francophonie, les forces de l’ordre sont particulièrement vigilantes. « Madagascar connait ces derniers temps une relative prolifération d’écoles coraniques sans pour autant affirmer qu’il y a vraiment une radicalisation. Nous sommes en train de mener des surveillances au niveau de ces écoles et au niveau des mosquées qui sont vraiment en pleine expansion », explique le commissaire principal Rabialahy, qui compte sur une collaboration de la France et surtout avec des Etats-Unis pour faire face à la menace. La côte Est serait placée sous surveillance des services de renseignements américains. L’accueil triomphal réservé par les autorités à la compagnie Turkish Airlines qui vient d’inaugurer une relation régulières avec la Grande île inquiète certains observateurs.

Rapport accablant de Transparency International. Dans son rapport 2015, l’organisation dresse un état alarmant de la corruption en Afrique. Les chiffres avancés sont accablants  pour la Grande île, qui occupe la première place des pays où la population est la plus critique vis-à-vis de la lutte contre la corruption. 90 % des Malgaches, selon le rapport, considèrent que le gouvernement est « défaillant », dans ce domaine. Le quotidien Les Nouvelles rappelle que l’opinion publique a été marquée par les déclarations de l’ancien Premier ministre Kolo Roger, en 2014, selon lesquelles « 40 % du budget de l’Etat est détourné ».

Nicole Andrianarison, avocate, proche conseillère du chef de l’Etat, aurait été interpelée par la douane française à Roissy, si l’on en croit La Gazette et Madagate. Elle aurait été en possession de 3 millions d’euros en espèces qui auraient dû être déclarés à l’arrivée, comme l’exige la réglementation française. Le ministère des affaires étrangères a dénoncé une « affabulation ». Une note verbale de l’ambassade de France, publiée par la Présidence de la République, a disculpé formellement la conseillère du chef de l’État. La rumeur avait été jugée peu crédible par Julien Radanoara, professeur en relations internationales et ancien ministre.

Le Bianco annonce qu’il suit de près les affaires de corruption à l’Assemblée nationale mais le bureau ferait obstacle à ses demandes d’auditions. Des enquêtes sont en cours « sur les affaires de mallettes lors de l’adoption des projets de loi », déclare la délégation du Bianco reçue par les parlementaires.

En réponse aux accusations du Bianco, la ministre de la justice déclare que les décisions des juges sur la libération des personnes suspectées de corruption sont souveraines et irrévocables. L’organisme dénonce la libération quasi-systématique des suspects déférés à la chaîne pénale anti-corruption.

Le Syndicat des magistrats de Madagascar menace de déclencher un mouvement de grève pour protester contre les pressions exercées par des personnalités influentes. De multiples interventions court-circuiteraient les procédures en cours.

Réconciliation nationale : le comité d’experts chargé de la réforme des textes sur le « Filankevitry ny Fampihavanana Malagasy » (FFM) a remis le résultat de ses travaux au Président de la République. Selon l’avant-projet de loi, la décision d’octroi d’une amnistie relèvera des prérogatives du FFM. Le texte semble devoir reléguer les initiatives du FFKM au second plan et faire sombrer dans l’oubli les recommandations adoptées lors de ses Assises nationales, qui, pour la plupart, n’ont pas été suivies d’effet. Huit mois après la fin de celles-ci, les Eglises n’entendent pourtant pas renoncer à la mission dont elles se disent investies. « Le FFKM a pour rôle de s’assurer que toutes les résolutions des Assises nationales ont été appliquées, notamment les déclarations des cinq présidents », affirme le pasteur Lala Rasendrahasina. « La réconciliation nationale, un processus inachevé », titre Tribune, désabusé. « Mélangée à toutes les sauces politique, sociale, économique et religieuse, la réconciliation nationale a finalement engendrée plus de conflits et de polémiques qu’autres choses ».

« 700 000 femmes malgaches privées du droit de vote », écrit Tribune. La dernière présidente de la CENIT avait, pour la première fois, demandé à ses services d’établir la liste des électeurs désagrégée par genre. C’est ainsi qu’en 2013 on a découvert que dans 35 districts sur 119 les femmes ne représentent au plus que 40 % du corps électoral. Au niveau national, sur 7 millions d’électeurs, ce serait donc 700 000 femmes en âge de voter qui seraient ainsi absentes des listes électorales. Une discrimination qui débute dès la naissance.

Les grossesses non désirées compromettent le devenir des étudiantes de l’université d’Antananarivo. « 36,8 % des étudiantes quittent la fac chaque année pour cause de grossesse non désirée, soit quelque 11 700 étudiants sur les 32 000 inscrites », alerte l’ONG Marie Stopes Madagascar. Un taux de grossesse précoce qui avoisine celui du niveau national où 43 % des jeunes filles de moins de 19 ans ont déjà au moins un enfant.

Un rapport sur la prostitution à la Réunion mentionne l’existence et le développement de réseaux de recrutement à Madagascar. Un Français a été incarcéré à Nosy Be pour tourisme sexuel. Jouant le bienfaiteur dans son village, il avait introduit une procédure pour l’obtention d’un statut de résident lorsque l’affaire a été mise à nu. Il encourt une amende de 2 à 10 millions Ar, assortie de 5 à 10 ans de prison.

IDH 2015 : avec un indice de 0,51; Madagascar occupe la 154ème position sur 188 pays. 93 % des travailleurs touchent moins de 2 dollars par jour tandis que 48 % de la population vit dans une extrême pauvreté multidimensionnelle. 971 000 individus vivent dans une situation d’insécurité alimentaire sévère dans le Grand Sud, selon de récentes statistiques du groupe de travail Sud-Africain sur la nutrition et la sécurité alimentaire (FNSWG).

Dessin de Pov 3Plus d’une centaine de milliers d’enfants n’ont reçu aucune dose de vaccin depuis leur naissance. « Un enfant non vacciné fait courir des à risques deux cents autres enfants », s’alarme le professeur Lalatiana Andriamanarivo, ministre de la santé publique. La population d’Antananarivo redoute les épidémies. Elle tire la sonnette d'alarme face à l'entassement des ordures dans presque tous les quartiers. Les autorités sont dépassées par les événements. Les intempéries et l’anarchie menacent de nouveau la capitale. La peste pulmonaire est suspectée dans 12 décès survenus dans le Sud-Est.

Le projet de loi portant création de la chaîne spéciale en charge de la lutte contre les trafics de bois précieux a été adopté par l’Assemblée nationale. Après plusieurs reports sous la pression de certains députés liés au trafic, les élus ont finalement décidé de soutenir les efforts du ministère de l’environnement. Parmi les nouveautés apportées par ce nouveau texte figure la possibilité pour la société civile de se constituer partie civile.

« Le nouveau code minier ne sortira pas cette année. Nous sommes toujours en pleine consultation avec la Banque mondiale, l’UE, et les opérateurs économiques », explique le ministre des mines et du pétrole. Annoncé pour 2015, il faudra encore plusieurs mois pour que le projet soit soumis au vote de l’Assemblée nationale.

Le SIF et le Collectif Tany alertent sur le risque d’expulsion imminent de 48 familles d’Antsiranana dont la majorité vit depuis plus de 10 ans sur des terrains vendus par la Seimad à la société Filatex. Cette dernière appartient à un richissime opérateur économique, consul honoraire du Pakistan, qui s’est déjà distingué en 2014 par une expulsion musclée de 50 familles à Antananarivo. Pour les ONG, le fait de posséder un titre foncier ne devrait pas donner le droit d’ignorer le devenir de ceux qui n’en ont pas.

COP21 : Hery Rajaonarimampianina a plaidé la cause des pays victimes du changement climatique. La principale revendication de son allocution a porté sur les mécanismes de dédommagement en faveur des États qui subissent les effets néfastes des dérèglements du climat. Selon le classement Maplecroft 2012, Madagascar est le 5ème pays le plus vulnérable au changement climatique. En marge de la COP21, 10 pays africains, dont Madagascar, se sont engagés dans un large plan de reforestation. La Banque mondiale et le ministère de l'environnement ont signé une convention portant sur la protection des forêts de la Grande île sur une durée de cinq ans.

Madagascar pourrait perdre deux-tiers de ses forêts d’ici 2100, selon le Cirad. Les forêts de la Grande île sont vouées à la disparition, même celles qui se situent à l’intérieur du réseau d’aires protégées. Depuis le début de l’année, 48.200 ha de forêts ont été détruits en raison des feux de brousse. 200 000 tonnes de terre sont emportées par l’érosion chaque année, selon un rapport du ministère de l’environnement.

La France a annoncé le versement de la 3ème tranche de son aide budgétaire, d’un montant de 10 millions d’euros. 30 millions d’euros ont déjà été versés depuis le début de l’année. L’aide est destinée aux programmes ayant un impact rapide pour les populations défavorisées dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et du développement urbain.

Le conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé un crédit de 55 millions de dollars pour un appui budgétaire destiné à la résilience, dans le but de soutenir le ministère des finances et du budget dans ses efforts vers l’efficience et l’efficacité de la gestion des finances publiques, moyen d’aider le pays à se reprendre en main.

Face à la baisse des cours mondiaux du nickel et de cobalt, Ambatovy n’envisage pas d’accroitre le chômage technique mais n’exclut pas se réduire, voire de supprimer la sous-traitance. Des mesures drastiques d’économie ont été mises en œuvre depuis 18 mois. 338 employés en chômage technique ont été licenciés, sur un effectif de 450 concernés par cette mesure. La situation financière de la compagnie continue de se détériorer. Une situation qui risque d’affecter gravement Madagascar, qui fait partie des pays miniers émergents. Tout comme Ambatovy, QMM, qui exploite le gisement d’ilménite de Taolagnaro, subit les effets néfastes de la baisse des cours mondiaux. Pour prévenir les risques de dissolution de la société, le gouvernement a pris un décret autorisant l’OMNIS à souscrire aux augmentations de capital pour un montant de 44 millions de dollars. Rio Tinto, compagnie-mère de QMM, a commencé à vendre certaines de ses branches ou à fermer des sites de production. La décision ultime de dissoudre n’a pas encore été prise pour sa filiale malgache.

Croissance de l’économie : optimisme prudent. Le taux de croissance pourrait atteindre 4,5 % en 2016 contre 3,2 % cette année si l’industrie extractive parvient à réaliser son objectif de hausse de 8 %, en dépit de la poursuite de la chute des cours du nickel, premier produit d’exportation de la Grande île. La dépression mondiale sur le marché des minerais  est en grande partie responsable de la contreperformance de cette année, avec une croissance révisée à la baisse, de 5 % à 3,2 %.

Plusieurs quartiers de la capitale ont été frappés par des délestages de longue durée, provoquant le vif mécontentement des chefs d’entreprises et des particuliers. Les délestages ont provoqué des troubles à l’université et dans la ville de Fianarantsoa. Le programme d’amélioration de la gouvernance et de l’opération du secteur de l’électricité (PAGOSE) financé par la Banque mondiale est en cours de finalisation. « Ce projet sera opérationnel d’ici au mois de mai 2016 », affirme Gatien Horace, ministre de l’énergie. 70 % de taux accès à l’électricité, tel est le  défi à relever pour 2030. A Madagascar, 15 % seulement des ménages sont raccordés au réseau de la Jirama, a rappelé le ministre de l’énergie, Horace Gatien, à l’ouverture d’un forum sur les énergies renouvelables. La Grande île regorge de potentialités inexploitées.

Le conseil des ministres a validé la prise de participation de l’État dans l’augmentation de capital d’Air Madagascar qui intègre le processus de redressement de la compagnie afin de lui permettre de faire face à la concurrence, dans le cadre de l’Open sky. C’est la cinquième fois depuis 2008 que la compagnie nationale bénéficie d’un sauvetage de la part de l’État. Le plan de redressement de la compagnie devrait être bouclé d’ici la fin de l’année. Turkish Airlines vient d’effectuer son vol inaugural et d’autres comme Emirates et Etihad n’attendent plus que le feu vert des autorités pour ouvrir des lignes vers Madagascar. Plusieurs analyses ont déjà avancé que le seul salut pour Air Madagascar est de s’allier à l’une de ces géantes du Golfe persique.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique, affaire du député Niarisy Mara
  • Sénatoriales du 29 décembre, CENI, suites du scrutin municipal
  • Revendication de Madagascar sur les îles Eparses
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, opération « Fahalemana », kidnappings, vindicte populaire
  • Gouvernance, justice, réconciliation nationale
  • Droits des femmes et des enfants, droit du travail, migrations, IDH
  • Santé, sécurité alimentaire
  • Médias, liberté d’expression

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, bois de rose, foncier
  • Environnement, COP21, calamités naturelles
  • Bailleurs de fonds, Banque mondiale
  • Vie des entreprises, crise des entreprises du secteur minier
  • Les difficultés des entreprises nationales : Jirama, Air Madagascar
  • Divers

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