JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

17 mai 2017

ARTICLES REMARQUES - MAI 2017

<>  17 05 17 - Département d'Etat des Etats Unis - Madagascar - Human Rights Report 2016
Le Département d’État publie son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. Concernant Madagascar, le règne de l’impunité est souligné. « Parmi les abus (…) les plus importants, il y a l’incapacité du gouvernement à assurer un État de droit, résultant de la corruption et de l’impunité ainsi que des abus venant des forces de l’ordre », lit-on notamment dans les 27 pages de ce rapport. En conclusion, il est noté que le gouvernement punirait ou poursuivrait rarement les responsables de ces abus et que l’impunité demeure un problème. L’Express observe qu’une nouvelle fois, le rapport n’est pas tendre envers Madagascar : « des cas d’atteintes aux droits humains tels que les conditions carcérales difficiles, le manque d’indépendance judiciaire, la discrimination sociétale, les violences contre les femmes, ou encore, les abus sur les enfants et les traites de personne ont, encore, été mis en exergue ». Les vindictes populaires n’ont pas échappé au rapporteur : « La justice populaire est survenue tant en milieu rural qu’urbain, en grande partie à cause de la criminalité et du manque de confiance du public dans la police et la justice. (…) Les autorités ont parfois arrêté les auteurs mais la crainte de faire ressurgir la colère a entravé l’efficacité de la poursuite ». Le Département d’État épingle par ailleurs « les assassinats arbitraires » et les abus des forces de l’ordre. Il soulève des cas d’exactions et parle même d’« homicides arbitraires ou extra-judiciaires de suspects criminels » perpétrés durant les missions de lutte contre les voleurs de bovidés. « Bien que le gouvernement ait promis d’enquêter sur de nombreuses prétendues exécutions de représailles, en 2015, aucun résultat de ces enquêtes n’a été rendu public ».

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  16 05 17 - Amnesty International - "Action urgente" en faveur du journaliste d'investigation Fernand Cello
Amnesty International publie une « Action urgente » pour exiger que Fernand Cello, puisse bénéficier immédiatement des soins médicaux adaptés à son état de santé
. L’ONG demande également que soient abandonnées toutes les charges retenues contre lui qui ont trait à l’exercice légitime de son droit à la liberté d'expression. « À Madagascar, l’exercice de la liberté d'expression reste dangereux pour ceux qui osent parler de certains agissements, notamment en ce qui concerne le trafic de ressources naturelles et l'environnement. Ainsi, Clovis Razafimalala, défenseur de l'environnement, est actuellement en détention provisoire, où il a été placé après avoir dénoncé le trafic de palissandre », écrit Amnesty.

 

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29 avril 2017

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2017

Plusieurs maires de grandes villes membres du Mapar ont été suspendus par leur conseil municipal pour « mauvaise gestion ». Des médias suspectent le pouvoir de vouloir neutraliser les élus locaux qui risqueraient de compromettre la réélection du chef de l’Etat. Sahondra Rabenarivo, membre du SeFaFi, rappelle cependant qu’un maire ne peut être suspendu que par un arrêté du ministre de l’intérieur, pour un temps « n’excédant pas un mois ». Une durée qui peut être portée « à trois mois » par le premier ministre. Les maires ne peuvent être déchus qu’à la suite d’une condamnation de justice. Le ministère de l’intérieur a semblé cependant vouloir jouer la carte de l’apaisement. Marc Ravalomanana a mis en garde ceux qui seraient tentés de suspendre son épouse de ses fonctions à la tête de la commune d’Antananarivo.

Le SeFaFi souhaite que à les prochaines législatives soient jumelées avec le 1er tour de la présidentielle ou le précède, pour permettre la mise en place de l’Assemblée avant le vote du budget 2019, donc avant la session parlementaire d’octobre 2018. L’Observatoire, qui se dit préoccupé par le désintérêt croissant de la population pour les élections, demande que soit défini un calendrier pérenne instaurant des dates fixes hors saison des pluies pour l’ensemble des scrutins et que le principe d’un scrutin universel direct soit instauré à tous les niveaux.

Les élections provinciales et régionales reportées sine die. La CENI se concentrera sur l’organisation de la présidentielle de 2018. La révision de la liste électorale et de l’encadrement juridique des élections devraient être achevée en avril 2018. L’engagement de principe qui avait été pris par le gouvernement dans le cadre du « dialogue politique Madagascar-UE » de juillet 2016 ne sera donc pas honoré.

La liste électorale 2017 a été arrêtée le 15 avril par la CENI. Une hausse de 6,3 % des inscrits a été constatée par rapport à l’année dernière. En juin 2016, un audit mené par l’association Tolotsoa et le KMF/Cnoe avait fait ressortir un gap de 25,5 % entre les personnes en âge de voter et celles réellement inscrites, soit environ deux millions de personnes. Avec les nouveaux chiffres avancés par la CENI, le déficit serait encore de l’ordre de 19 %. Une opération de délivrance de carte d’identité nationale sera menée avec le ministère de l’intérieur.

Claudine Razaimamonjy, femme d’affaires, conseillère spéciale de la présidence et proche du couple présidentiel, a été appréhendée par les forces de l’ordre et transférée au Bianco. Elle serait impliquée dans plusieurs affaires de favoritisme, de détournement de deniers publics, de faux en écriture publique, d’abus de fonction et de blanchiment de capitaux. De nombreuses personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces affaires pourraient également être traduites devant la justice. Parmi elles, des élus locaux, des responsables de marchés publics, des représentants des structures déconcentrées et des opérateurs économiques. Le siège du Bianco a été cerné par des partisans du parti présidentiel HVM, sous la conduite du sénateur Riana Andriamandravy VII, beau-frère de la conseillère, qui, en décembre, avait réclamé publiquement la démission du DG du Bianco pour avoir convoqué Claudine Razaimamonjy. La prévenue a été soumise à deux gardes à vue successives dont la légalité a été contestée par le ministre de la justice. Elle a ensuite été déférée devant la Chaine pénale anticorruption. Les magistrats ont décidé de la placer sous mandat de dépôt mais au moment de son transfert, elle a « fait un malaise ». Son avocat a exigé qu’elle soit transférée dans un hôpital de la capitale, sans se soumettre à l'auscultation préalable du médecin de la prison. « Un non-respect de la procédure », selon le Bianco. Les partisans de Claudine Razaimamonjy se sont mobilisés pour obtenir sa libération, arguant du non-respect du délai légal de garde à vue et des droits de la défense. Le sénateur Riana Andriamandravy VII, élu de Fianarantsoa, vice-président du Sénat, a manifesté son soutien « indéfectible » à sa belle-sœur en prenant la tête d’une manifestation devant le siège du Bianco. Des demandes de limogeage du DG de Bianco ont été scandées. L’organisation de la société civile Rohy a publié un communiqué réaffirmant son soutien aux organes de lutte contre la corruption. « Claudine Razaimamonjy bénéficie du soutien du parti HVM » a rétorqué le président du HVM, Rivo Rakotovao, pour qui cette affaire é été créée par des personnes dont l’objectif est de diviser le parti.

Claudine

Claudine Razaimamonjy a bénéficié d’une évacuation sanitaire à Maurice pour effectuer une « angiographie cérébrale ». Elle a quitté la Grande île alors qu'elle se trouvait encore en observation à l'hôpital. « L'avocat de la patiente a alors demandé une autorisation d'évacuation auprès du ministère de la santé sous avis du ministère de la justice », indique la directrice de l’établissement. Pour le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), il s’agit d’« une évasion organisée ». Les procédures d'autorisation d'évacuation sanitaire n’auraient pas été respectées. Selon le procureur général de la Cour d’appel d’Antananarivo, deux mandats d’interdiction de sortie du territoire avaient été transmis à la demande du Bianco. Le procureur a demandé à la police de l’air et des frontières de s’expliquer. La femme d’affaires n’a finalement pas subi d’angiographie cérébrale. Admise dans une clinique de Curepipe, elle n’a été soumise qu’à une radiographie classique et a quitté l'établissement après avoir signé une décharge. Organisations de la société civile et syndicats ont fait front commun pour dénoncer les ingérences politiques dans les affaires de justice, félicité le Bianco pour son courage et invité le SMM à poursuivre sa lutte pour l’indépendance de la justice. La communauté internationale a exprimé son soutien aux efforts du Bianco. L’ambassadeur des Etats-Unis a lancé un appel au respect de l’État de droit. Une forte délégation du corps diplomatiques s’est rendue dans les locaux du Bianco. L’ambassadrice de France, Véronique Vouland- Aneini, a salué les efforts menés par celui-ci dans la lutte contre la corruption.

Les autorités mauriciennes se sont abstenues de toute déclaration sur cette affaire, considérant que la visite de Claudine Razaimamonjy était une affaire privée. L’opposition mauricienne a interpelé le gouvernement.

L’hôtel 5 étoiles A&C à Ivato, propriété de la femme d’affaires, a été saisi par la justice. Cet hôtel avait hébergé une bonne partie des délégations étrangères au Sommet de la Francophonie, au mois de novembre.

Claudine Razaimamonjy est rentrée à Madagascar la veille de l’expiration de son autorisation de séjour. Elle a été de nouveau admise à l’hôpital. La conseillère occupe une chambre du service neurochirurgie, sous la surveillance d’agents pénitenciers. La presse a été tenue à l’écart. Le SMM a insisté sur la nécessité et l’urgence de reprise de la procédure judiciaire interrompue. La sécurité du DG de Bianco a été renforcée. Le SMM révèle que certains de ses dirigeants ont fait l’objet des menaces de mort. Le sénateur Riana Andriamandravy VII, vice-président élu du Sénat, est accusé de « tentative de rébellion » par le syndicat. Le bureau permanent de la Chambre haute a mis cette affaire à son ordre du jour. Le syndicat des agents pénitentiaires a exigé le transfert de Claudine Razaimamonjy à l’infirmerie de la prison.Un haut responsable de l’hôpital HJRA a démenti la rumeur selon laquelle elle a quitté l’établissement pour rejoindre sa région natale de Fianarantsoa. La procureure de la République, Odette Balisama Razamelisoa, aurait été menacée d’une décision de mutation d’office

Mini-remaniement ministériel. La nomination au poste de ministre de la communication de Rolly Mercia, sulfureux ministre de la communication de la Transition et l’un des principaux artisans de la victoire de Hery Rajaonarimampianina, a suscité une vive émotion chez les journalistes. Le général Paza, secrétaire d'Etat à la gendarmerie, aurait été limogé pour avoir été rendu responsable de l’arrestation de Claudine Razaimamonjy. Il aurait pu également avoir été sanctionné pour la prolifération des vindictes populaire. Le général Girard Randriamahavalisoa nouveau titulaire du poste, affirme que « toutes les brebis galeuses seront impitoyablement mises hors de la gendarmerie ». Il entend redonner confiance à une population qui craint désormais plus « les gendarmes que les bandits de grands chemins ». Le premier ministre, mis en cause dans l’affaire Claudine Razaimamonjy, le garde des sceaux qui s’est attaqué à l’indépendance de la justice et du Bianco, le ministre de la santé qui a permis l’évacuation sanitaire de la femme d’affaires, ont été confirmés dans leurs fonctions. 

Le président de la CENI s’est rendu en mission d’observation du référendum constitutionnel en Turquie. Un déplacement jugé inopportun par L’Express, qui rappelle que la mission d’observation de l’OSCE a émis de fortes critiques sur le déroulement de la campagne électorale. « Quelle image les autorités pensent-elles donner aux électeurs malgaches en s’intéressant à un référendum fortement personnalisé autour de la figure islamo-conservatrice de Recep Erdogan ? », s’interroge le titre. La Lettre de l’océan Indien du 10 mars s’interrogeait sur les éventuelles contreparties de la « générosité d'Erdogan » lors de son séjour à Madagascar fin janvier. Une enveloppe de 60 millions de dollars a été promise à cette occasion. Le titre évoque un marchandage en vue de l’accueil dans la Grande île de réfugiés syriens.

Un couvent a été attaqué par dix hommes armés à Antsirabe. Les malfaiteurs ont violé cinq religieuses et ont dérobé une forte somme d’argent. La Commission Justice et Paix qualifie cet évènement de « crime contre l’humanité ». Trente suspects ont été placés en détention préventive.Mgr Philippe Ranaivomanana, évêque d’Antsirabe, a appelé les fidèles à une matinée de prière et à la mobilisation pour protester contre la dégradation de la situation sécuritaire et l’inertie de l’Etat. Un gang armé a pris d’assaut la communauté des Capucins d’Antsohihy. Un prêtre a été tué et un diacre, gravement blessé par balle, est décédé. Le mobile du crime reposerait sur une tentative de vol de cloche. Deux éléments des forces de l’ordre sont impliqués dans cette affaire, l’un encore en activité, l’autre révoqué. En moins de cinq semaines, quatre attaques et cambriolages ont frappé des communautés religieuses.

Les transporteurs de la RN 7 réaffirment leur volonté de lutter contre le grand banditisme qui prévaut sur cet axe de circulation. Des départs en convois seront organisés et seront escortés par les forces de l’ordre.

Munis d’armes de guerre, des dahalo ont tué deux membres du comité d’autoprotection villageois et dérobé une centaine de zébus à Amboasary-Sud. Les attaques reprennent dans ce district où, fin 2014, une négociation avait abouti à la reddition de 4 000 dahalo. Lors d’une opération militaire musclée à Ikalamavony, Les forces de l’ordre auraient fait usage des lance-roquettes. Des fusillades meurtrières secouent Betroka. Huit morts ont été décomptés en quelques jours. De nombreuses attaques sont signalées dans les environs de Beraketa et de Manombo et prennent de l’ampleur.

vole un peu

Trois personnes ont été assassinées en luttant contre trois voleurs de vanille verte à Nosy Varika. Une quatrième, torturée, a été laissée pour morte. Les quatre hommes assuraient la garde nocturne du terrain. A près de deux mois de l’ouverture officielle de la saison de la cueillette de l’or vert, fau mois de juin, les vols sur pied fond rage. Les cours, qui ont atteint des records, favorisent une forte recrudescence de l’insécurité.

A Andapa, un homme soupçonné d’avoir mis le feu à des habitations a été arrêté par la foule avant exécuté à la machette par l’une des victimes, sous les yeux des éléments de la police et de la gendarmerie, qui ne sont pas intervenus.

Une foule en furie a attaqué la brigade de gendarmerie de Bealanana pour libérer quatre individus arrêtés pour viol et meurtre d’une adolescente. Les forces de l’ordre ont chargé la foule en usant de grenades lacrymogènes. Une douzaine de personnes ont été arrêtées.

Trois hommes qui ont réclamé la tête d’un suspect en garde à vue au commissariat d’un quartier d’Antananarivo placés en détention préventive pour menace d’incendie, jets de pierres contre les bureaux de la police et incitation à la vindicte populaire. Ce quartier populaire connait une insécurité croissante préoccupante.

Un policier d’Ampitatafika se réclamant de la présidence a échappé à la vindicte populaire suiteaprès le placement en garde à vue des personnes qu’il avait poursuivies pour coups et blessures.

A Port Bergé, la vie d’un enfant tué dans un accident de la route été monnayée par le maire pour prévenir une vindicte populaire qui aurait pu s’abattre sur l’automobiliste.

Les victimes d’Antsakabary oubliés : Tribune rappelle que cela fait plus de 2 mois qu’une horde de policiers a mené une expédition punitive dans cette localité du district d’Antsohihy pour se venger de la vindicte populaire dont deux de leurs collègues avaient été victimes. Seuls les membres de la société civile font entendre leurs voix pour réclamer justice.

La CNIDH va œuvrer pour la réduction de l'usage excessif de la détention provisoire. Pour ce faire, elle entend travailler de concert avec tous les responsables afin de changer les cultures institutionnelles qui considèrent la détention provisoire comme une punition légitime.

28 cas de vindicte populaire ont été enregistrés depuis le début de l’année. 22 personnes ont trouvé la mort, dont deux policiers. Une trentaine d’individus ont été arrêtés. Neuf ont été placés sous mandat de dépôt.

Un adolescent « Karana » victime d'un kidnapping à Andranomena. Le collectif des Français d’origine indienne de Madagascar a lancé un appel au gouvernement et à la communauté internationale pour stopper l’escalade de la violence à l’encontre de leur communauté. Selon le collectif, 90 Français d'origine indienne ont été enlevés depuis 2010. Le ministère des affaires étrangères français a assuré avoir eu « connaissance de cet enlèvement et est pleinement mobilisé ». L'adolescent a été libéré 10 jours après suite au paiement d’une rançon.

Quatre personnes présumées ravisseurs de karana depuis 2013 ont été interpellées.

Environ 500 sans-abris après une démolition hâtive et sans préavis dans un quartier de la capitale. Un bulldozer a rasé les habitations en pleine nuit, sans que les occupants aient eu le temps de rassembler leurs biens. Une tentative d’expulsion avait déjà eu lieu le 24 mars mais les résidents s’y étaient opposés, malgré une forte présence des forces de l’ordre. Les autorités indiquent qu’il s’agissait de squatters, placés sur ce site lors d’un cyclone qui a dévasté le pays en 1982.

Près de 400 millions Ar ont été détournés à l’ORTM entre 2015 et 2016. Nivo Ratiarison, ancien directeur de cabinet du ministère de la communication et Simonette Claudine Raharimalala, alors responsable commerciale de l’ORTM, ont été condamnés à cinq ans de travaux forcés. Le premier devra verser une amende de 85 millions Ar pour détournements de biens et de deniers publics estimés à 400 millions Ar, abus de pouvoir et enrichissement illicite. Simonette Raharimalala est radiée du corps des fonctionnaires. Le directeur général de l’ORTM et deux autres prévenus ont été relâchés au bénéfice du doute. Tribune, comme de nombreux journalistes et employés de l’ORTM, se félicite du verdict rendu, une fois n’est pas coutume, sans interférence politique.

Déclaration de patrimoine 2017 : 66 % des 8 375 assujettis manquent à l’appel. Le délai fixé par le Bianco a expiré. Des sanctions sont prévues pour les récalcitrants, notamment une peine d’emprisonnement de 2 à 10 ans de prison et une amende de 2 millions à un milliard Ar. Pour l’heure, le Bianco vérifie la liste avant de prendre des mesures, annonce-t-il. Le Samifin fait savoir que plus d’une centaine de dossiers ont été déférés au parquet pour des affaires de blanchiment d’argent.

La prise en charge des maladies mentales est délaissée. Les statistiques relatives aux infrastructures de prise en charge, tout comme celles des spécialistes, sont préoccupantes. Selon l’OMS la dépression sera la deuxième cause d’invalidité après les AVC d’ici 2020 dans la Grande île.

Soupçonnées d’avoir en projet de se livrer à la prostitution, 25 jeunes femmes en partance pour Maurice ont été débarquées par la PAF à l’aéroport d’Ivato. Les autorités soupçonnent l’existence d’un réseau de traite.

Deux nouvelles tentatives d’envoi de travailleuses clandestines au Koweït ont été déjouées. Deux fonctionnaires du ministère des finances ont été écroués. Ils auraient été de connivence avec une agence de placement au Koweït. Les recrutements se seraient opérés via Facebook. Le responsable d’un autre réseau a été arrêté avec huit jeunes femmes en instance de départ. Avant de quitter Madagascar, les victimes devaient signer un contrat pour s’engager à rembourser l’avance sur frais consentie, avec prise de gage sur leurs biens.

Les dockers journaliers de Toamasina ont déposé une plainte auprès de l’OIT suite au refus du gouvernement de respecter le droit des travailleurs à s’affilier à un syndicat. 43 dockers auraient été licenciés pour ce motif. Ils travaillent selon des horaires fixes mais ne sont payés qu’au nombre de conteneurs traités. En l’absence de conteneurs à traiter, ils sont tenus de respecter les horaires, sans être réumunérés. Le syndicat et les dockers ont intenté une action en justice et ont obtenu gain de cause mais la décision n’a pas été exécutée par l’employeur. Aucun des 43 licenciés n’a été réintégré.

pov 09 04 17

Une vidéo montrant une enseignante violenter une élève, dans la cour d’une école privée d’Antananarivo a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Après son déferrement au parquet, l’enseignante a été placée sous mandat de dépôt et ne sera plus autorisée à enseigner. La plainte déposée par les parents a été appuyée par le ministère de l'éducation. Le directeur de l’Office national de l’enseignement privé a annoncé à cette occasion que 171 établissements irréguliers seront fermés à la fin de l’année scolaire.

Le secteur privé s’engage à promouvoir et à soutenir le respect des droits des enfants dans les activités économiques et commerciales à travers dix « Principes directeurs sur les droits de l’enfant et les entreprises ». Un programme de formation de formateurs va être organisé avec le concours de l’Unicef, du Pacte mondial des entreprises pour les Nations unies et l’ONG Save the Children.

Paul Rabary, ministre de l'éducation nationale, a déclaré lors d’une visite à Mahajanga que l'ouverture d’écoles coraniques sera désormais interdite. Les autorisations délivrées précédemment à 16 écoles pourraient être retirées si elles ne se mettent pas en conformité avec la loi et les programmes officiels de l’éducation nationale. Les déclarations du ministre de l’éducation nationale ont provoqué un vif mécontentement chez les musulmans.

Madagascar recule d’un rang dans le classement mondial de la liberté de la presse de RSF, qui évoque une situation globalement calme mais avec un débat démocratique limité. Le recul trouve sa source dans l’adoption du code de a communication médiatisée.

Marc Ravalomanana a profité de son séjour en Europe pour saisir ses interlocuteurs de la situation de sa station MBS.Le SG du ministère de la communication explique que la « réouverture qui est exigée par l’équipe de Marc Ravalomanana est quasiment impossible » : sa licence d’exploitation a été annulée en février 2009 et un contentieux fiscal serait en suspens. MBS avait tenté, en 2015, d’émettre à nouveau, sans autorisation.

Après le verdict de la justice singapourienne, le gouvernement se préoccupe du rapatriement des 30 000 rondins de bois de rose saisis à Singapour, d’une valeur estimée à 50 millions de dollars. Il compte sur l’aide de la ville-État.L’Alliance Voahary Gasy se déclare satisfaite de ce jugement mais elle attend de l’Etat qu’il arrête et fasse condamner ceux qui ont donné l’autorisation d’exportation. « C’est honteux de savoir que ce sont les pays étrangers qui se soucient de la protection de nos bois précieux en condamnant des trafiquants. A Madagascar, aucun trafiquant n’a été arrêté et jugé depuis 2009 », s’insurge l’ONG. 80 dossiers seraient encore en instance. Rapatrier les stocks saisis : « oui, mais pour en faire quoi ? s’interroge L’Express. Qui a encore confiance en la capacité de nos gardiens de stocks ? Qui a encore confiance en la vertu de nos dirigeants à user de cette richesse ‘en bon père de famille’ ? ».

Les autorités renforcent la surveillance de l’espace maritime. Elles s’engagent à mettre fin aux exportations illicites de ressources naturelles. La direction générale des douanes, le centre de fusion des informations maritimes et le ministère de la défense nationale renforcent leur coopération pour mettre fin à ce fléau qui mine l’économie nationale.

Trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans une affaire d’exportation illicite de bois de rose déférées à la Chaîne pénale anti-corruption. Deux individus; dont un opérateur français; ont été placés sous mandat de dépôt. En cause, l’exportation 4 500 tonnes de bois de rose à destination de Hong Kong via Zanzibar.

L’opérateur économique Johnfrince Bekasy, connu pour avoir fait l’objet de poursuite judiciaire pour trafic de bois de rose, a été élu membre du nouveau bureau de l’association des natifs d’Antsiranana. En 2015, l’opinion publique s’était offusquée d’apprendre que le prévenu, après quelques jours à la maison d’arrêt d’Antanimora, avait pu quitter en toute discrétion le territoire national pour Maurice.

Le projet d’exploitation de terres rares dans les régions Diana et Sofia risque de bouleverser la biodiversité endémique. Une pétition a été lancée. Les représentants de la société civile et les opérateurs économiques et touristiques de la péninsule d’Ampasindava contestent la légalité du permis accordé à la société Tantalum qui, selon eux, « a été accordé en toute opacité sous le régime transitoire ». Le Collectif Tany demande l'interdiction de la vente de terres aux entreprises privées étrangères. Il dénonce en particulier l'octroi d'un terrain de 300 km² à Tantalum pour l’exploitation des terres rares d’Ampasindava.

La nouvelle ruée vers l’or dans le district de Miandrivazo menace l’un des greniers à riz du district. Près d’un millier de petits orpailleurs informels, en provenance de toutes les régions de l’île, ont envahi le site et se livrent à une exploitation anarchique.

QMM Fort Dauphin : un paysan se voit refuser un visa pour assister à l’AG de Rio Tinto, maison mère de QMM, à Londres.Il avait été désigné pour représenter sa communauté à cette assemblée et aborder l’impact de cette activité sur la vie des villageois.

Madagascar et la COI bénéficieront d’un financement de 83,15 millions de dollars de la Banque mondiale pour améliorer la gestion des pêches. Il permettra d’améliorer l’exploitation de certaines ressources halieutiques et de permettre à des catégories de pêcheurs d’avoir accès à des moyens de subsistance alternatifs.

En 2016, l’AFD a accordé à Madagascar près de 100 millions d’euros, un niveau jamais égalé. L’Agence souligne que depuis 65 ans elle n’a jamais interrompu son action en faveur des populations de la Grande île, même durant les crises politiques successives.

Le représentant résident du FMI évoque le chemin que le gouvernement doit encore parcourir dans le cadre de la revue semestrielle de mise en œuvre de la Facilité élargie de crédit. La mission du FMI qui s’est rendue à Madagascar en mars n’a pas pu procéder à la conclusion de la revue, suite à « des événements inattendus ». Des mesures doivent encore être prises pour redresser la situation. La gouvernance de la Jirama reste au centre des préoccupations. Le dossier Madagascar devrait pouvoir être présenté au CA du FMI en juin, en vue du déblocage d’une seconde tranche de crédits.

Déblocage de crédits de l’UE lors du nouveau « dialogue politique » Madagascar-UE qui s’est tenu à Antsiranana. Ces financements, d’un total de 122 millions d’euros, figurent dans le Programme indicatif national du 11e FED, dont le montant total s’élève à 518 millions d’euros. Les conventions signées concernent les axes prioritaires du PND. L’ambassadeur de l’UE a estimé que les efforts entrepris par le gouvernement en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption commençaient à porter leurs fruits. Le président de la République a pris l’engagement d’organiser des élections présidentielles inclusives et transparentes

La Banque mondiale a approuvé le financement de trois secteurs clé du développement pour un montant de 190 millions de dollars. Ce décaissement entre dans le cadre des engagements pris lors de la Conférence des bailleurs et des investisseurs en décembre 2016

Une centrale thermique à charbon en gestation. Une société sud-africaine et une entreprise chinoise ont signé un mémorandum portant sur le co-développement d’une centrale à charbon de 60 MW. Tribune note que ce projet voit le jour alors que sur tous les continents les centrales de ce type sont décriées pour leur impact environnemental particulièrement négatif.

L’avenir de la vanille de Madagascar gravement menacé. La flambée déraisonnable des cours incite les trafiquants à commercialiser de la vanille qui n’est pas arrivée à maturité. Des pratiques criminelles sans précédent se généralisent. Les importateurs prépareraient déjà « l’après Madagascar ».

Les dégâts engendrés par le cyclone Enawo sont estimés à 415 millions de dollars par la Banque mondiale.

La Coface estime que la croissance à Madagascar est contrainte par un environnement international peu porteur et des incertitudes politiques.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L’arrestation de Claudine Razaimamonjy, conseillère spéciale de la présidence
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvement
  • Justice, gouvernance
  • Santé
  • Traite, droit du travail, parité
  • Education, droits des enfants
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics, questions foncières
  • Coopération, FMI, Banque mondiale
  • Divers

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22 avril 2017

ARTICLES REMARQUES -AVRIL 2017

- 22 04 17 - Jeune Afrique - Madagascar : timide reprise, grands défis
Si la Grande Île a renoué avec la stabilité politique, l’environnement reste compliqué pour les acteurs. Le passage le 7 mars du cyclone Enawo – le pire qu’ait connu le pays en treize ans – a laissé la côte Est exsangue, et en particulier la Sava, cette région agricole du Nord-Est d’où provient l’essentiel de la production de vanille, secteur qui était déjà en difficulté. Pourtant, la Grande Île fait l’objet d’un regain d’intérêt de la part des investisseurs internationaux ces derniers mois. « Nous sortons d’une période euphorique, qui a commencé avec la visite en novembre 2016 du roi du Maroc, Mohammed VI, qui avait amené avec lui une kyrielle d’entreprises de son pays, explique le karana Hassanein Hiridjee. Par la suite, le sommet de l’OIF a été une véritable réussite, alors qu’on nous avait prédit une catastrophe. Et enfin, en décembre, il y a eu le succès de la conférence des bailleurs de fonds de Paris. ». De manière générale, les chefs d’entreprise ne nient pas ce retour récent de Madagascar sur les écrans radars des investisseurs vanté par le président, mais ils doutent de la concrétisation de toutes ces promesses alors que les écuries politiques se mettent à nouveau en ordre de marche en vue de la présidentielle prévue fin 2018. Certains disent que Madagascar est instable, et l’histoire récente ne les contredit pas. Mais il y a des signes qui montrent que le pire n’est pas inéluctable.

- 20 04 17 - Pétition de la société civile malgache en faveur de la libération du militant écologiste Clovis Razafimalala
(Cf. revue de presse mars 2017 p.12)
Cela fait sept mois que Clovis a été arrêté pour la destruction présumée de biens et de documents publics au cours d’une manifestation à laquelle il n’a pas participé. Par la suite il a été inculpé de rébellion, de destruction de documents et de biens publics et d’incendie volontaire. Dans un communiqué de presse et une lettre au gouvernement, Amnesty International a demandé la libération immédiate et sans conditions de ce militant écologiste détenu pour des raisons politiques. Amnesty International considère qu’il est détenu de manière illégale sur la base d’accusations forgées de toutes pièces en raison de ses activités militantes écologistes et pacifiques de lutte contre le trafic illicite des ressources naturelles de Madagascar.
Clovis Razafimalala est un militant écologiste réputé à Madagascar qui a dénoncé à de nombreuses reprises le trafic illicite de bois de rose et d’autres essences de bois dans le cadre de son rôle de coordinateur de la coalition Maroantsetra Lampogno, un groupe luttant contre le trafic illicite de ressources naturelles.
Amnesty international propose de signer et faire signer la pétition mise en ligne par la société civile malgache : https://www.rainforest-rescue.org/petitions/1072/free-forest-guardian-clovis

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09 04 17 - Tribune - Communiqué de la société civile Rohy - La lutte contre la corruption et le fonctionnement des institutions de la République toujours en danger

Claudine Razaimamonjy, l’omniprésente conseillère spéciale de la présidence et femme d’affaires, réputée proche du couple présidentiel, a été appréhendée par les forces de l’ordre et transférée au Bianco. Son arrestation entrerait dans le cadre de l’affaire de détournement de fonds destinés à 13 communes, un dossier en instruction à la Chaîne pénale anti-corruption. Elle serait également impliquée dans plusieurs affaires de favoritisme, de détournement de deniers publics, de faux en écriture publique, d’abus de fonction et de blanchiment de capitaux.

Après 4 jours de garde à vue, Claudine Razaimamonjy a été déférée devant la Chaine pénale anticorruption puisplacée sous mandat de dépôt. A la notification de sa mise en détention, elle a « fait un malaise ». Son avocat a exigé qu’elle soit transférée aux urgences d’un hôpital de la capitale, sans se soumettre à l'auscultation préalable du médecin de la prison. « Un non-respect de la procédure », selon le Bianco. La date de la seconde comparution pourrait n’avoir lieu que dans plusieurs mois. Claudine Razaimamonjy devra donc patienter, à l'hôpital ou en prison. Le ministre de la justice Charles Andriamiseza est intervenu sur les ondes de la RNM pour affirmer que les droits de la défense n’avaient pas été respectés. Le syndicat des magistrats de Madagascar affirme que la déclaration du ministre de la justice n’engage que lui et non le corps des magistrats. Les partisans de Claudine Razaimamonjy se sont mobilisés contre le Bianco pour obtenir sa libération.

pov 08 04 17L’Express se félicite, une fois n’est pas coutume, de l’indépendance de la justice, qui n’a pas cédé aux pressions des proches du pouvoir. Mais « qui peut garantir que cette décision d’incarcérer la conseillère du président n’a pas obéi à d’autres forces extérieures ? », s’interroge le quotidien. Tribune écrit : « L’action courageuse du Bianco renforcée par la non moins décision courageuse de la Chaîne pénale anti-corruption génère une large vague de soutien sur les médias sociaux. Et fait assez rare pour être souligné, cette vague réunit un large spectre qui va des opposants à la société civile, en passant par les simples citoyens, et même le Syndicat de la Magistrature ». Le site rappelle cependant que le seul baron de bois de rose appréhendé par le Bianco, Bekasy, a également été mis sous mandat de dépôt mais que des personnalités haut placées sont parvenues à le faire libérer et à le rendre introuvable. « Claudine Razaimamonjy prendrait-elle le même chemin ? », s’interroge-t-il, redoutant que la femme d’affaires échappe elle aussi à des poursuites qui, si elles allaient à leur terme, risqueraient de mettre en cause nombre de proches du pouvoir.

Dans son communiqué l’organisation de la société civile Rohy réaffirme son soutien aux organes de lutte contre la corruption.

 

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31 mars 2017

REVUE DE PRESSE - MARS 2017

Marc Ravalomanana a réaffirmé son intention d’être candidat à la présidentielle de 2018. Son ancienne avocate réitère que la condamnation prononcée à son encontre dans l’affaire de la fusillade du 7 février 2009 ne peut faire obstacle à sa candidature. L’ancien président, en sa qualité de conseiller spécial de son épouse, maire de la capitale, se trouve encore en première ligne dans des conflits de compétence opposant l’exécutif à la municipalité.

Le président du parti HVM se défend de vouloir exclure de la présidentielle les deux protagonistes de la crise de 2009. La réactivation du « ni… ni… » qui avait été imposé par la communauté internationale et grâce auquel Hery Rajaonarimampianina avait pu accéder au pouvoir, risquerait de plonger à nouveau le pays dans une grave crise politique, met en garde Midi. L’UE elle-même a déclaré récemment que la prochaine élection présidentielle se devrait d’être inclusive. Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la justice de la Transition, coordinatrice du Mapar et proche d’Andry Rajoelina, a mis en garde contre toute tentative d’exclure celui-ci de la compétition ; laissant entendre à demi-mots que Marc Ravalomanana devrait aussi pouvoir concourir « si l’on veut réellement aller dans le sens de l’apaisement et du ‘fihavanana’ ».

Réconciliation nationale : le processus de mise en place du CFM se poursuit laborieusement. Le conseil des ministres a adopté le décret fixant la composition, le fonctionnement et les attributions du comité de sélection de ses membres. La crédibilité du comité de sélection décidera de l’avenir du processus de réconciliation nationale, écrit L’Express. Or le fait que les neuf membres de ce comité soient nommés par le chef de l’Etat ne leur garantit aucune indépendance et pourrait entamer leur crédibilité, fait-on valoir. Les Nations unies et l’UE ont rencontré les membres du comité de rédaction de la loi sur la réconciliation nationale afin d’obtenir des éclaircissements. « Ils ont surtout voulu connaître l’esprit de la loi et lever les doutes sur le fait que le texte aurait été rédigé dans l’optique d’exclure certaines personnalités politiques, notamment, des prochaines échéances électorales », indique un membre du comité d’experts.

Dessaisi de la mission de réconciliation nationale en faveur du futur CFM, le FFKM prépare sa reconversion dans l’observation électorale. Il a été sollicité par les Nations unies, à travers le Pnud, pour apporter sa contribution aux opérations d’observation de la présidentielle de 2018.

L’ancien « premier ministre de consensus », Jean Omer Beriziky, sera candidat à l’élection présidentielle. Sa candidature aurait obtenu la bénédiction de l’ancien président Zafy Albert. L’ancien PM exprime des doutes quant à la neutralité et l’indépendance de la CENI. L’ancien ambassadeur, qui remet en cause les dispositions relatives au financement des partis politiques, se montre pessimiste quant à la présidentielle de 2018. « A l’allure où vont les choses actuellement, on s’achemine vers la logique d’affrontement », estime-t-il.

Le calendrier de tenue de l’élection présidentielle est de nouveau d’actualité. Mais cette fois il s’agirait de l’avancer de quelques semaines pour tenir compte des impératifs légaux. Une proposition d’avancer le premier tour entre fin septembre et début octobre serait à l’étude, de manière à ce que le deuxième tour puisse se tenir au plus tard le 30 novembre 2018, en dehors de la saison des pluies.

L’entité interministérielle qui rédigera la version finale du projet de loi portant amélioration de l’encadrement juridique des élections n’est toujours pas mise sur pied. Sahondra Rabenarivo, du SeFaFi, dénonce un manque de volonté politique.

17630013_831515860322988_544226623629619567_nLa célébration du 70e anniversaire de l’insurrection du 29 mars 1947 s’est tenue, selon L’Express, dans une relative indifférence, surtout chez les jeunes. La position officielle de l’État sur ces « évènements » ferait encore débat. A noter cependant que la récente déclassification des archives permet désormais aux recherches d’effectuer de notables avancées. Les partisans de Marc Ravalomanana ont commémoré à leur façon cet anniversaire en se rassemblant en nombre au Magro de Behoririka. Une occasion de rappeler que l’ancien président compte revenir aux affaires, en condamnant toute velléité d’exclure certains candidats de la future présidentielle. La diaspora malgache d’Europe a créé un fonds destiné à contribuer au financement de sa campagne.

L’Etat a supplié Albert II de Monaco, en visite à Madagascar, de faire du lobbying en faveur du Père Pedro Opeka pour qu’il obtienne le Prix Nobel de la Paix, révèle L’Express, qui juge la démarche déplacée. « L’Etat reconnaît à travers cette proposition indécente son manque de volonté et son incapacité à lutter pour de vrai contre la pauvreté », écrit-il notamment.

Lutte contre l’insécurité : la France à la rescousse. Unedélégation de l’armée française a annoncé que la France est prête à accompagner Madagascar dans sa lutte contre les vindictes populaires et les vols de bovidés. Le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, pour sa part, a sollicité l’appui de la France dans la fourniture de moyens en vue de renforcer la lutte contre le pillage des ressources naturelles et de protéger les côtes de Madagascar.

Enseignants au collège La Lumière de Talatamaty, 13 Turcs menacés l’expulsion. Ils ont été mis sous surveillance du ministère de la sécurité publique avant d’être placés sous la protection des Nations unies. La décision d’expulsion qui les frappe fait suite à la découverte qu’ils étaient en possession de faux titres de séjour. Certains voient dans cette décision une réponse favorable aux revendications de Recep Tayyip Erdogan. Dans sa croisade contre ses adversaires politiques, le chef de l’État turc a réclamé à l’État malgache, lors de son séjour dans la Grande île, la fermeture des institutions ayant des liens avec la fondation du prédicateur en exil.

Lors de la 34e session du Conseil des droits de l’homme, le « Centre de recherches et de publications sur les relations entre le Tiers Monde et l’Europe » (CETIM) a exhorté le gouvernement à faire respecter les droits de l’homme. Dans son intervention le CETIM établit un « lien entre les trafics illicites des bois précieux, les concessions minières, la corruption et les violences à l’égard de la population ».

La CNIDH, récemment entrée en fonction, a entrepris une tournée dans les régions pour faire connaitre ses missions, se rapprocher des populations et dresser un état des lieux du respect des droits humains.

16 cas de vindicte populaire ont été enregistrés les 6 derniers mois. Le ministre de la défense a lancé un appel à toutes les entités des forces de l’ordre pour qu’elles soient « les protectrices du peuple et non leurs oppresseurs ». Face à cette recrudescence, l’égalité devant la loi n’est pas garantie, estime le KMF/Cnoe pour qui il appartient à l’Etat de garantir l’égalité de tous devant la loi pour dissuader la population d’avoir recours à de telles pratiques. Les Eglises du FFKM se disent préoccupées par la situation. Elles considèrent que l’absence de confiance dans les forces de l’ordre et la justice sont à l’origine du phénomène. Une délégation gouvernementale a effectué une tournée dans le Sud-Est pour « affirmer la présence de l’État et son autorité et éteindre les élans de vindictes populaires ».Dans le cadre de cette lutte, la délégation a encouragé l’application des « Dina » (pacte communautaires) homologués.

Affaire Antsakabary / Befandriana-Nord. La délégation de la CNIDH qui s’est rendue sur les lieux a rendu son rapport. La Commission exige que des sanctions soient prononcées à l’encontre de la quarantaine de policiers qui ont mené une expédition punitive suite au décès de deux de leurs frères d’armes. La Conférence des évêques a cautionné les témoignages des religieux et de la population quant à la responsabilité de la police dans l’incendie criminel de près de 500 habitations et des mauvais traitements infligés à plusieurs centaines de personnes. La plateforme « Vovonana Mampiray » et « Emergence Madagascar » ont appelé le gouvernement à fournir un état des lieux officiel des dégâts matériels causés par l’expédition punitive des policiers. Cinq des 31 personnes accusées dans l'affaire ont été placées en détention provisoire. Elles sont accusés d’« assassinat, d’attroupement sans autorisation et de rébellion ». Outre les cinq prévenus placés sous mandat de dépôt, plus d’une dizaine de personnes sont recherchées pour le meurtre des deux policiers. Le contrôleur général de police, Norbert Anandra, a été limogé. L’affaire a été évoquée lors du dernier « dialogue politique Madagascar-UE ». La CNIDH a été appelée à publier son rapport d’enquête par voie de presse, « au nom de la transparence dans un Etat de droit », précise une lettre ouverte signée d’élus, de notables et de membres de la société civile. Près d’un mois après la mission de la Commission envoyée sur les lieux, le rapport complet n’a pas encore été publié.

Amnesty International demande au gouvernement la libération du militant écologiste Clovis Razafimalala détenu pour des raisons politiques. « L’arrestation et la détention prolongée de Clovis Razafimalala semblent être un exemple frappant de la tendance actuelle visant à réduire au silence les opinions critiques à Madagascar », a déclaré le directeur d'Amnesty pour l'Afrique Australe.

Le procès du meurtre du juge Michel Rehavana à Toliara, en décembre 2011, reporté sine die. Le juge avait succombé aux maltraitances infligées par des éléments de la police qui avaient voulu libérer de force l’un des leurs condamné pour vente d’armes. Cinq policiers avaient incarcérés. Certains sont restés cinq ans en prison sans avoir été jugés. Ayant atteint le délai légale de détention, ils ont tous recouvré la liberté. 39 policiers ont reçu une convocation à comparaître mais un seul s’est présenté. Le procès a été reporté pour vice de procédure. Une « association des dix-huit ethnies » et des familles de policiers ont exigé « l’arrêt des poursuites ». Le monde judiciaire explique que si l’instruction a pris autant de temps, c’est en raison des pressions subies par la justice visant à protéger certains individus. A l’époque des faits, les magistrats avaient observé une grève de plusieurs semaines, exigeant le départ du ministre de la police. Faisant le rapprochement avec le dossier Antsakabary, une source judiciaire s’est interrogée sur « l’opportunité » de tenir ce procès, le dossier Befandriana-Nord ayant réveillé les antipathies entre corps des forces de l’ordre. Des magistrats auraient également fait part de leurs craintes pour leur sécurité ou leur carrière au cas où le jugement serait défavorable aux prévenus.

A Nosy Be, un prisonnier aurait été torturé et tué par les gardes pénitentiaires. Selon La Gazette, des responsables de l’administration pénitentiaire auraient donné de l’argent à la famille contre son silence.

1 530 gendarmes se sont soumis à l’obligation de déclaration de patrimoine. Le secrétaire d’Etat à la gendarmerie et le commandant de la gendarmerie ont tenu, affirment-ils, à donner l’exemple dans la lutte contre la corruption qui figure parmi les priorités de l’institution pour 2017. Le Syndicat des magistrats (SMM) a déclaré vouloir apporter sa contribution à la lutte contre la corruption dans ses rangs. Il compte identifier les magistrats corrompus et les traduire devant les instances compétentes.

« 138 recrutements à l’Assemblée nationale : le bureau permanent accusé de népotisme et de clientélisme », titre Midi. Ces embauches seraient entachées de soupçons de corruption et auraient été effectués en violation des règlements. L’Assemblée fait face depuis plusieurs années à des problèmes de sureffectifs et connait d’importantes difficultés budgétaires.

« Fraude et évasion fiscale, blanchiment d’argent - La justice enquête sur des ‘Karana’ », titre La Vérité. Le ministère des finances, le Samifin et la Chaîne pénale anti-corruption s’intéresseraient aux activités occultes de quincaillers, importateurs de produits de première nécessité et de grossistes de la capitale.

La commission « Lutte contre la corruption » du mouvement de la société civile Rohy dénonce des pratiques de corruption généralisée au centre d’immatriculation automobile de la capitale. La CINDH a également dénoncé publiquement les mauvaises pratiques dans la délivrance des permis de conduire biométriques et des cartes grises.

Traduits devant la chaine pénale anti-corruption, deux officiers de la gendarmerie d’Ankazobe ont été écroués. Ils sont poursuivis pour corruption et extorsion de fonds dans un trafic de drogue.

Le projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites, dont l’adoption a été promise au FMI, embarrasse le pouvoir. Ce texte, soumis à l’exécutif il y a quelques mois, est inclus dans la nouvelle stratégie de lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent. Il devrait permettre aux entités étatiques ou indépendantes concernées de procéder à la saisie des biens mal acquis ou au gel des avoirs des personnes inculpées, et ce même si elles ont échappé à une condamnation pénale.

Un millier d’apatrides, descendants d’immigrants indiens, comoriens, chinois et arabes, militent pour bénéficier de la nationalité malgache, selon La Gazette. L’association Focus Développement, partenaire de l’UNHCR, organise une campagne de sensibilisation et de médiatisation pour sensibiliser l’opinion publique, qui reste en majorité réticente. L’Etat lui-même ne semble pas prêt à satisfaire cette revendication.

Lancement d’un dispositif d’audit des décès maternels et néonatals. Désormais, tous les cas de décès maternels seront notifiés en temps réel au ministère de la santé et à de ses partenaires, en même temps que les épidémies. Objectif : réduire à moins de 300 pour 100 000 les décès maternels. Ce taux se situe actuellement à 478 pour 100 000 et il n’a pas baissé depuis 20 ans.

Le ministère de la santé ne parviendra pas à pourvoir les postes d’infirmiers mis au concours en raison du niveau très insuffisant des candidats. Seuls trois sur plus d’un millier ont obtenu la moyenne aux épreuves écrites, pour les 150 postes à pourvoir. 21 candidats sont admissibles aux 40 postes de techniciens de laboratoire. Le niveau des formations, le plus souvent dispensées par des instituts privés non agréés, ne cesse de diminuer.

Madagascar compte parmi les cinq pays où l'accès à l'eau est le plus difficile pour la population. Dans la Grande île, douze millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable. Les répercussions de cette situation sont désastreuses, indique le directeur de WaterAid à Madagascar.

Madagascar se prépare à la candidature de demande de certification d’éradication totale de la poliomyélite. Avant d’obtenir le certificat, Madagascar doit encore procéder à une dernière campagne de vaccination qui cible près de 4,5 millions d’enfants de moins de cinq ans. Mais l’Etat doit encore redoubler d’efforts, notamment pour éradiquer la défécation à l’air libre, premier facteur de la propagation de cette maladie.

Madagascar figure parmi les 30 pays où la charge de la tuberculose est encore élevée. 30 000 cas de tuberculose ont encore été déclarés en 2016. La stigmatisation et la marginalisation des personnes atteintes restent un problème majeur.

Hépatite B : un Malgache sur quatre serait concerné. Le taux de prévalence serait l’un des plus élevé d’Afrique mais la plupart des personnes atteintes l’ignorent. Une campagne de vaccination est en cours.

Selon l’enquête de suivi des OMD, 14 % des jeunes filles de 15 à 19 ans ont été victimes d'abus sexuels. En 2016, 22 % des enfants victimes de violence sexuelles étaient en lien avec l’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Autres formes d’abus, les mariages précoces. Une jeune fille malgache sur deux est mariée ou en union avant l’âge de 18 ans.

Les autorités seychelloises ont refoulé 17 femmes malgaches en partance pour le Koweït. Le chef de l’agence de recrutement a été placé en détention provisoire. Cette nouvelle affaire illustrerait l’incapacité des autorités à freiner l’envoi illégal de travailleuses dans les pays arabes, malgré les annonces officielles.

Une étude de la Banque mondiale révèle de très graves lacunes dans le système d’éducation, tant en termes de connaissances chez les enseignants que de capacités pédagogiques. La majorité d’entre eux ne possèdent pas les compétences nécessaires pour enseigner. L’absentéisme aggrave encore la situation. L’Express met en cause l’Etat et la Banque mondiale qui porteraient la responsabilité d’avoir procédé au recrutement massif de maîtres Fram.

EXPRESS 16 03 17Affaire de diffamation publique via Facebook : le gestionnaire du groupe a été condamné à un an d’emprisonnement ferme. Dans un communiqué, « l’ambassade des Etats-Unis exprime sa consternation face au verdict d’un an d’emprisonnement annoncé. (…) La liberté d’expression est vitale pour une démocratie forte, et nous exhortons le gouvernement à prendre un rôle de leadership dans le soutien et la défense des droits de ses citoyens ».

Marc Ravalomanana déplore la lenteur du Conseil d’État pour le traitement de la plainte déposée en 2015 concernant l’interdiction de réouverture de sa station MBS. Pour protester contre cette situation, les militants du TIM ont décidé de reprendre leurs meetings hebdomadaires au Magro de Behoririka.

La tentative d’exportation illicite de 340 rondins de bois de rose, déjouée début février dans les eaux du cap Masoala, a connu de nouveaux rebondissements et embarrasse le pouvoir. L’opération devait donner lieu à un transbordement dans les eaux internationales, au large des côtes africaines. Cinq suspects, parmi lesquels le propriétaire d’un des navires, ont été remis en liberté. L’autorité judiciaire d’Antalaha a été dessaisie de l’affaire. La possibilité que de « hauts responsables » soient compromis semble de nature à contrecarrer les velléités du pouvoir de sanctionner les trafiquants. Du côté de la gendarmerie, les sanctions sont tombées. Les responsables de la région Sava ont été remplacés, afin, dit-on, de casser la chaîne mafieuse.

Affaire des 30 000 rondins de bois de rose d’une valeur de 50 millions de dollars saisis à Singapour en février 2014 : l’importateur et sa société ont été condamnés par la Cour suprême de la ville-État.

Une nouvelle version du projet de code minier a été divulguée. Le texte prévoit bien une consultation préalable des habitants concernés mais le Collectif Tany ne s’en satisfait pas car il ne serait nullement prévu de mettre en place un processus permettant un « consentement libre, préalable et éclairé́ » des communautés concernées.

Le comité exécutif de l’EITI annonce que le rapport de validation de la Grande île pour devenir membre de l’EITI devra être remis avant le 1er septembre. Madagascar s’était porté candidat pour intégrer l’EITI en 2008. Toutes les procédures avaient été enclenchées pour remettre le rapport de validation en 2011 mais la Grande île a été suspendue entre 2011 et 2013, suite à la crise politique. Le processus a repris après levée de la suspension en 2014. D’après le rapport EITI 2014, les revenus générés par le secteur extractif totalisaient plus de 61 millions de dollars pour cette année fiscale et la contribution des industries extractives au PIB s’élevait à 4,18 %.

La compagnie Ambatovy n’a toujours pas versé de ristourne aux collectivités locales depuis le début de sa phase d’exploitation, en 2012. Les textes permettant à la société minière de le faire ne sont pas encore disponibles, malgré l’implication de la société dans le travail préparatoire. A noter que les règlements actuels régissant le versement de ristournes ne mentionnent comme bénéficiaires que les communes situées dans la zone d’extraction et ignorent toutes celles qui sont impactées par l’activité (transport, transformation du minerai…). Des dispositions qui devront être revues.

L’aéroport d’Ivato a encore été le théâtre de tentatives d’exportation illicite d’or et de tortues protégées, laissant supposer la persistance de complicités au sein des services des douanes, avec de probables protections à des niveaux supérieurs.

Des opérateurs miniers malgaches et chinois et le dirigeant de la société minière d’Etat Kraoma ont été épinglés par le Bianco pour abus de fonction et exploitation illicite d’or sur deux sites de la province d’Antsiranana. Des complicités ont été relevées avec des élus locaux et des responsables étatiques. Le ministre des mines dément qu’il ait pu y avoir un trafic de 3 tonnes d’or, comme l’affirment certains médias.

Un hôpital public psychiatrique en banlieue de la capitale serait victime de l’accaparement de terres par des entreprises chinoises, avec la complicité́ du pouvoir, affirme Tribune. Quinze hectares de terrains seraient devenus impropre à la culture, menaçant les ressources de 170 familles. Le site fait le parallèle avec la construction de la « route de la Francophonie » à Antananarivo, qui a conduit à̀ l’expropriation et au comblement de rizières cultivées par 700 personnes dont la récolte était la seule ressource.

Une centaine de tombeaux profanés dans le district de Toamasina. 700 ossements humains ont été saisis. « Les actes de profanation de tombeaux reprennent de plus belle », écrit Ma-TV. Des plaintes ont été déposées et une partie du réseau de receleurs appréhendé par la gendarmerie. On ignore toujours quelle est l’usage qui peut être fait de ces os longs, tant recherchés… Un phénomène ancien qui n’a jamais pu être élucidé.

Une nouvelle mission du FMI s’est rendue à Madagascar pour faire le point sur la mise en œuvre de la Facilité élargie de crédit (FEC), avec comme enjeu le décaissement d’une seconde tranche de 43 millions de dollars. En dépit de l’optimisme affiché par les autorités, le déblocage des fonds serait encore soumis à certaines conditions. Le redressement de la situation de la Jirama et d’Air Madagascar resterait au centre des préoccupations. Le feu vert du FMI sera déterminant pour le déblocage des financements annoncés par les partenaires techniques et financiers. Les experts du FMI estiment que les aides au développement devront être mieux coordonnées pour qu’elles aient plus d’impact sur la croissance. Madagascar devra en outre améliorer très sensiblement sa capacité d’absorption de l’aide internationale, qui devrait pouvoir passer à 1 milliard de dollars par an, « dans le respect de l’éthique et de la rigueur que cela requiert », précise-t-on.

Pov 19 03 17L’UE devrait commencer cette année les décaissements de 90 millions d’euros prévus dans le 11ème FED. Les programmes retenus seront présentés lors du prochain dialogue Madagascar-UE fin avril. Une première tranche de 54 millions devrait être décaissée dans la foulée. Outre le fonds destiné au développement rural, il est également prévu pour cette année le déblocage d’une aide budgétaire de 30 millions d’euros, dont la moitié devrait être disponible en juin, sous réserve du respect de certains engagements de la part du gouvernement.

L’Unicef reçoit un don de plus 9 millions de dollars du Japon pour financer ses projets d’aide dans le Sud, victime de la sècheresse. Le don est destiné aux secteurs de la santé, de l’environnement, de l’assainissement et de l’eau pour les enfants. Cinquante centres de santé devraient en bénéficier.

Coopération Turquie-Madagascar: le MMM réclame la transparence. Une coopération commerciale d’un montant de 60 millions de dollars a été signée entre les deux pays, « mais à quel prix ? », s’interroge l’avocat du parti. 35 opérateurs malgaches se sont rendus à Casablanca pour la tenue d’un forum Maroc-Madagascar qui s’inscrit dans la continuité de la visite d’une délégation d’opérateurs économiques marocains à Antananarivo, en novembre dernier. L’ambassadeur de Maurice réaffirme la volonté de son gouvernement de raffermir son programme d’investissement à Madagascar. Une commission mixte examinera les projets structurants qui peuvent donner lieu à des accords bilatéraux. La Chine entend raffermir sa coopération avec Madagascar. Le partenariat est appelé à se développer dans le domaine des infrastructures et de l’agriculture. La Chine encourage la participation de Madagascar à l’initiative « Ceinture économique de la route de la soie ». Un accord de prêt de 45,2 millions de yens pour les travaux d’extension du port de Toamasina a été signé avec le Japon. Les travaux s’étaleront sur une période de sept ans.

« Immigration : la communauté internationale fait pression sur l’Etat », titre La Gazette. Le titre s’inquiète du projet des Nations unies, d’ouvrir à Madagascar un bureau permanent du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Il redoute que la Grande île soit considérée comme un pays potentiel d’accueil de migrants.

cyclone express 14 03 17Le cyclone Enawo a frappé Madagascar, faisant plus de 80 morts, une vingtaine de disparus et près de 425 000 sinistrés. Particulièrement touchée, la côte Nord-Est, où des cultures de rente ont été ravagées. La capitale a connu d’importantes inondations. L’exécutif a tardé à déclarer la situation de sinistre national permettant à l’aide internationale de se déployer. Un retard expliqué par la difficulté à appréhender la situation dans les zones reculées et difficiles d’accès. Madagascar et ses partenaires humanitaires ont lancé un « appel éclair » à une aide internationale d’un montant de 20 millions de dollars. D’après la Banque mondiale, les pertes économiques sont estimées à plus de 410 millions de dollars soit environ 4 % du PIB. Selon la Croix-Rouge, Enawo est le plus puissant cyclone à frapper Madagascar depuis Giovanna en 2012. Le cyclone, qui a ravagé des aires protégées et abattu un grand nombre d’arbres, fait craindre la relance du commerce illicite de bois précieux.

Lors du Sommet extraordinaire de la Sadc au Swaziland le chef de l’Etat a plaidé pour une mise en commun des moyens de résilience pour faire face aux fréquentes catastrophes naturelles, amplifiées par les effets du changement climatique.

Air Madagascar : en quête d’un partenariat stratégique et d’un nouveau pacte d’actionnaires, le conseil d’administration de la compagnie a pris la décision de recommander à l’Etat la désignation d’Air Austral comme « soumissionnaire préféré ». Air Austral remporte ainsi la bataille face à Ethiopian Airlines, l’une des deux compagnies retenues pour la sélection finale. L’État malgache devrait rester actionnaire majoritaire au sein de la compagnie nationale, à hauteur de 51 %, contre 90 % actuellement.

La mise en place du système de redevance portuaire « Advance Cargo Declaration » (ACD) soulève l’opposition de nombreuses entités internationales. Le projet a provoqué également un tollé général dans le secteur privé. Opéré par une société béninoise, le projet, imposé par la présidence de la République, comporterait d’importantes zones d’ombre et soulèverait de nombreux questionnements, voire des suspicions. Les bailleurs s’inquiètent du fait que la gestion des revenus collectés à travers le système ACD ne soit pas transparente et ne corresponde pas aux normes de gestion des finances publiques. Le français Philippe Leclerc, proche du chef de l’Etat, serait le promoteur de ce système, pour le compte d’une société béninoise.

Antananarivo en queue de classement des villes mondiales pour la qualité de la vie, selon l’étude d’un cabinet spécialisé. La capitale malgache est au 216e rang sur un total de 231 villes classées. Quant à la Grande île, elle est en queue de peloton dans le classement des pays les plus heureux : 144e sur 155, d’après le classement établi par le « World happiness report ». Madagascar demeure par ailleurs l’un des pays les plus pauvres au monde et les indicateurs de bien-être ne s’y sont guère améliorés au cours des dernières années, selon le dernier rapport de la Banque mondiale qui fait suite à des enquêtes réalisées par l’Instat en 2001, 2005, 2010 et 2012. Madagascar compte parmi les rares pays dont le PIB réel par habitant était inférieur en 2010 à son niveau de 1960.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Affaire Antsakabary / Befandriana-Nord
  • Justice, condtion carcérale, gouvernance, apatridie
  • Droits des femmes, traite
  • Education
  • Médias, NTIC

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics, questions foncières
  • FMI, Coopération
  • Les ravages du cyclone Enawo
  • Divers

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24 mars 2017

ARTICLES REMARQUES - MARS 2017

<>  24 03 17 - La Gazette/Médiapart - En attendant les élections : Madagascar redoute une nouvelle crise politique
À Madagascar, le prochain scrutin présidentiel est prévu fin 2018, mais de nombreux analystes craignent déjà qu’il ne soit précédé – ou suivi – d'une nouvelle crise politique, aussi dévastatrice que les précédentes. Responsables de cette situation : les élites dirigeantes. Une nouvelle crise serait évidemment catastrophique : les quatre épisodes de grande tourmente politique que le pays a connus (1972, 1991, 2001 et 2009) ont non seulement tous abouti au départ du président en fonction, mais ont été aussi dévastateurs pour l’économie et le tissu social. Dans ce contexte, où les enjeux financiers sont énormes pour les gouvernants comme pour leurs adversaires, l’avenir proche apparaît très incertain. « Si la classe politique (...) et les agents de l’administration s’avèrent incapables de planifier, de sanctionner, d’être redevables et d’avoir un minimum d’éthique, ils courent à leur perte, entraînant tout le pays dans leur chute », a averti en 2015 le groupe de réflexion SeFaFi. Les évêques malgaches, pour qui le pays « est en perdition, à l’agonie », ont appelé eux aussi, en août 2016, à « un changement de comportement, une nouvelle vision et une culture politique animée par l’amour de la nation et une et une prise de responsabilité ».

- 24 03 17 - L'Express - Bekily - Des filles se marient contre leur volonté
Le mariage est une alternative de survie pour des familles vulnérables dans la région Androy. Les adolescentes en sont les malheureuses victimes.

<> 21 03 17 - Notes de l’IFRI - Mars 2017 - Mathieu Pellerin - Madagascar face à la criminalité multiforme.
L’élection présidentielle à Madagascar en décembre 2013 a clôturé une séquence politique de relative paralysie institutionnelle depuis le coup d’État de mars 2009. L’héritage le plus lourd de cette crise est toutefois l’intensification d’une criminalité multiforme. Elle se traduit par des trafics de biens variés : ressources naturelles, espèces protégées ou non, produits illicites, minerais, bois précieux. La régulation du politique à Madagascar repose sur la construction de « pactes élitaires » composés de réseaux politiques, économiques et sécuritaires interdépendants. Dans ce cadre, les directions des douanes, des mines ou des impôts sont des structures stratégiques dont le contrôle permet de consolider ce pacte auquel il convient d’appartenir pour être un acteur économique significatif. Les réseaux informels bénéficient de complicités au sein de l’administration : l’économie politique de Madagascar se caractérise par l’accaparement des ressources par les différents membres du « pacte élitaire ».
Lorsqu’Andry Rajoelina est propulsé en 2009 à la tête du pays par un coup d’État, il n’a aucune base derrière lui. Il est alors largement prisonnier de ceux qui l’ont fait roi, à savoir un groupe de personnalités politiques, religieuses, de militaires et d’opérateurs économiques en rupture avec le régime de Marc Ravalomanana. Au départ, le pacte élitaire est largement horizontal, permettant à de nombreux acteurs de s’enrichir, contrairement au système très pyramidal mis en place par son prédécesseur. Au fil de la transition, le pouvoir s’est recentralisé et le pilotage des réseaux de l’économie grise avec. Madagascar est alors entré dans une phase de « criminalisation de l’État » : l’État s’est reconstruit sur un système où la frontière entre l’illicite et le licite est devenue floue. Les réseaux de l’économie souterraine ont indistinctement enrichi les acteurs précités. Ils ont dans le même temps permis la stabilisation de l’économie réelle et la légitimation du président de transition dont le souci était de préserver la fidélité de ceux qui l’ont porté au pouvoir en leur concédant des prérogatives.
https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/pellerin_madagascar_criminalite_multiforme_2017.pdf


- 21 03 17 - Pétition - Sauvez l'archipel de Nosy Be et la péninsule d'Ampasindava !
La presqu’île d’Ampasindava, dans le Nord-Ouest de Madagascar, jouit d’une biodiversité exceptionnelle avec un taux d’endémisme très élevé. Ses montagnes, ses forêts, de vastes mangroves et un littoral très découpé constituent l’habitat fragile de nombreuses espèces animales et végétales uniques au monde. Cet écosystème est aujourd’hui menacé par le projet minier Tantalus.

- 19 03 17 – RFI – interview de Perrine Louart, chef de la délégation régionale du CICR à Madagascar.

Surpopulation, malnutrition, promiscuité, manque de soins et de médicaments... Ce sont les conditions de vie des détenus des prisons malgaches. Le Comité international de la Croix-Rouge basé à Madagascar se rend très souvent dans les maisons d’arrêt pour assister les détenus et former le personnel des centres pénitentiaires. L’année dernière, le CICR a effectué 80 visites auprès de 17 000 détenus. Perrine Louart est la nouvelle chef de la délégation régionale du CICR. Le droit des prisonniers est l’une de ses priorités. Elle fait le point sur le traitement des détenus dans les prisons malgaches
http://www.rfi.fr/emission/20170319-perrine-louart-delegation-regionale-cicr-madagascar-justice-humanitaire-droits-hom (5’31)

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18 03 17 - Tribune - Affaire Befandriana-Nord - Des témoignages d'une horreur effroyable -
L'Express - La CNIDH exige des sanctions contre les policiers

CNIDH - Rapport condensé des actes de violation des Droits de l'Homme relevés à Antsakabary
La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) qui a diligenté une investigation dans la commune rurale d’Antsakabary, district de Befandriana-Nord du 02 au 07 mars 2017 a livré ses conclusions à la presse ce 17 mars. Les témoignages recueillis par le CNIDH font froid dans le dos. Elle accable le peloton de policiers qu’elle juge responsable des drames.

<> 16 03 17 - Amnesty - International - Communiqué de presse - Il faut libérer le militant écologiste Clovis Razafimalala
Amnesty International demande au gouvernement la libération du militant écologiste Clovis Razafimalala détenu pour des raisons politiques
. Clovis Razafimalala a été arrêté pour la destruction présumée de biens et de documents publics au cours d’une manifestation à laquelle il n’a pas participé. Il a par la suite été inculpé de rébellion, de destruction de documents et de biens publics et d’incendie volontaire. « L’arrestation et la détention prolongée de Clovis Razafimalala semblent être un exemple frappant de la tendance actuelle visant à réduire au silence les opinions critiques à Madagascar », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty pour l'Afrique Australe. « Nous considérons qu’il est détenu de manière illégale sur la base d’accusations forgées de toutes pièces en raison de ses activités militantes écologistes et pacifiques de lutte contre le trafic illicite des ressources naturelles de Madagascar ». Clovis Razafimalala, militant écologiste réputé, avait été arrêté le 16 septembre 2016 au lendemain d’une manifestation à Maroantsetra. Il a dénoncé à de nombreuses reprises le trafic illicite de bois de rose et d’autres essences de bois dans le cadre de son rôle de coordinateur de la coalition Maroantsetra Lampogno. D’après son avocat, son affaire fait toujours l’objet d’une enquête six mois après son arrestation. Les demandes de libération sous caution ont été rejetées sans qu’aucune explication ne soit donnée.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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