LES POINTS FORTS DU MOIS

ELECTIONS REPORTEES - La CENIT a présenté la calendrier électoral officiel établi en collaboration avec les experts des Nations Unies. Le 1er tour de la présidentielle aura lieu le 8 mai 2013. Le second tour, le 3 juillet, sera jumelé avec les législatives. La présidente de la CENIT lance un appel à la levée des sanctions par la communauté internationale. Le respect de ce calendrier est toutefois dépendant de l’amélioration du climat politique et du règlement du conflit qui perdure entre les deux principaux protagonistes de la crise. La mouvance Ravalomanana conteste la légitimité des lois sur la présidentielle et les législatives qui ont été adoptées durant sa période de boycott des institutions de la Transition. Un groupe d’« experts électoraux nationaux » a contesté le calendrier officiel et maintenu qu’il est souhaitable d’accélérer le processus en organisant les législatives en novembre 2012. Le calendrier officiel a néanmoins été entériné par le conseil des ministres.

CHIFFRAGE. Des experts des Nations Unies finalisent le chiffrage du budget électoral nécessaire pour pouvoir mobiliser les partenaires internationaux. Il est question d’une enveloppe de 71 millions de dollars, un chiffre jugé « raisonnable » par les Nations Unies, en comparaison avec des opérations similaires en Afrique. Une délégation de l’UE recense de son côté les besoins de la CENIT et la COI reste très présente. Un crédit de 3 millions d’euros serait en voie de décaissement au niveau européen, sur les 17 évoqués lors d’une visite d’Omer Beriziky à Bruxelles.

« NI-NI » - Les experts des Nations Unies soutiendraient la proposition, de plus en plus souvent ouvertement évoquée, de dissuader les deux principaux protagonistes de se présenter à la présidentielle. La question aurait même été abordée lors du face à face Rajoelina-Ravalomanana qui s’est tenu aux Seychelles. Le nouveau secrétaire général de la COI, Jean-Claude de l’Estrac, partage ce point de vue à titre personnel mais il se défend de vouloir favoriser ainsi l’émergence de la candidature de son ami, le PDS d’Antananarivo, Edgard Razafindravahy. La mise à l’écart temporaire des deux protagonistes s’imposerait pour faire baisser le climat de tension et éviter la survenue d’une nouvelle crise post-électorale. Cette question de candidature aurait bloqué le tête à tête des Seychelles. Les entités ayant des candidats pressentis à la course à la magistrature suprême militent pour le « ni Ravalomanana ni Rajoelina". Ils l'auraient fait savoir à la SADC. Ce serait notamment le cas du ministre des Affaires étrangères, Pierrot Rajaonarivelo.

AMNISTIE - L'avant-projet d'ordonnance sur la mise en place de la « commission spéciale » au sein de la Cour suprême, chargée de se prononcer sur l'amnistie large et de plein droit des faits et des peines portant sur la période 2002 à 2009, a été divulgué. La commission, composée de magistrats élus, aura à statuer sur les demandes d'amnistie en conformité avec la loi votée en avril. Ses décisions ne seront susceptibles d’aucun recours. Pour ce qui est de l'amnistie sur requête, la commission recevra et traitera les demandes instruites par le Conseil de la réconciliation malgache (CRM) mais "Les propositions du Filankevitry ny fampihavanana malagasy [CRM] ne lient pas la commission spéciale" . La ministre fonde cette évolution sur des considérations juridiques. La mouvance Ravalomanana suspecte la ministre d’avoir attendu l’intersession parlementaire pour légiférer par voie d’ordonnance. Elle se dit exclue de l’élaboration des textes portant sur l’amnistie (bien qu’ayant boycotté les travaux parlementaires) ; elle demande la possibilité de déposer des amendements. Le syndicat des Magistrats (SMM) dénonce la procédure mise en place pour l’octroi de l’amnistie. Une procédure qui peut durer des mois voire des années et qui donnerait le dernier mot aux politiques.

CRM -  La course est ouvert pour la constitution du Conseil de la réconciliation malgache, composé de 45 membres. Le poste de président sera pourvu par recours à une procédure d’appel à candidature. Les 44 autres membres sont choisis par la société civile, à raison de 2 membres par région. Des choix qui s’avéreraient laborieux, eu égard à l'afflux de candidatures.

MUTINERIE - 7 hommes liés à la mutinerie du 22 juillet au 1er RFI ont été déférés au parquet. 2 militaires et 4 civils ont été placés sous mandat de dépôt. Un sergent du Régiment des transmissions et des services (RTS), soupçonné d’avoir participé à la mutinerie, en fuite, a été arrêté et écroué à Tsiafahy. Un sous-officier reste introuvable. Outre la mutinerie, la justice a retenu les chefs d'inculpation d'« atteinte à la sûreté de l'Etat », « meurtre », « association de malfaiteurs », passibles de la prison à vie. Les deux animateurs de Free-FM, Lalatiana Rakotondrazafy et Fidèle Razarapiera, qui ont diffusé la déclaration des mutins, font l’objet d’un mandat d’arrêt. Ils auraient trouvé refuge dans une ambassade. Leur station a cessé d’émettre depuis la mutinerie. Un prévenu, grièvement blessé lors de l’attaque des forces de l’ordre, est décédé, portant à 4 le nombre de morts. Les motivations des mutins demeurent controversées. L’ancien ministre de la défense de la HAT, actuellement en détention dans le cadre de l’affaire BANI, a été soupçonné de compromission.

BOYCOTT - Les membres du gouvernement issus de la mouvance Ravalomanana ont mis un terme à leur boycott des réunions du conseil de gouvernement et du conseil des ministres, décidé le 2 mai. La décision a été annoncée à l’issue du Sommet de la SADC. Le premier ministre, soucieux de trouver un terrain d’entente, s’était vu reprocher par Andry Rajoelina de ne pas avoir décidé de l'application de la mesure annoncée pour pallier à ces absences (la nomination de ministres intérimaires). Les ministres TGV du gouvernement ont également mis en cause l’attitude du premier ministre dans cette affaire, allant jusqu’à boycotter un conseil de gouvernement. Les relations entre le président de la Transition et le chef du gouvernement demeurent tendues. Les rivalités internes minent l’équipe gouvernementale. Le ministre des Affaires étrangères, Pierrot Rajaonarivelo, possible candidat à la présentielle de 2013, est placé sous étroite surveillance des pro-Rajoelina.

CMDN - Le Conseil militaire de défense nationale (CMDN), présidé par le général Ranto Rabarisoa, a rencontré les entités politiques signataires de la feuille de route pour les exhorter à ne pas rechercher d’appuis au sein des forces armées, encore fragilisées par les évènements de 2009. La démarche est intervenue près d’une semaine après le coup de force au 1er RFI. La politisation des forces armées serait un problème récurrent depuis la période de la « révolution socialiste ». Des politiciens pointent du doigt les militaires et les accusent de faire obstacle à la mise en œuvre de la feuille de route et, partant, du climat d’apaisement. «Les militaires sont responsables des maux qui minent ce pays », déclare un membre de la mouvance Zafy.

les_nouvelles_24_08SYNODE - Les Eglises protestantes FJKM, entité majeure du FFKM, ont tenu leur rendez-vous quadriennal à Manakara. Un évènement qui, plus que jamais, a revêtu une dimension politique. Le pasteur Rasendrahasina, proche de l’ancien président, et Marc Ravalomanana ont été reconduits respectivement comme président et vice-président laïc. Chaque camp a mobilisé les grands moyens pour s’emparer des commandes et d'importantes manœuvres ont été mises en œuvre pour écarter l’équipe sortante. Des rumeurs insistantes de corruption des grands électeurs ont circulé. Marc Ravalomanana l’a emporté largement face à ses adversaires. Les participants n’ont pas tenu compte du fait que le président en exil ne pouvait participer physiquement au synode : l’ancien président s’en était excusé tout en renouvelant sa candidature. Les observateurs se demandent si Marc Ravalomanana ne va pas continuer à instrumentaliser la FJKM à des fins politiques et verrouiller l’Eglise Réformée afin de disposer d’une base politique, à défaut d’un parti politique solide. Pour la FJKM, le fait de reconduire le président en exil manifesterait l’espoir des pasteurs et des laïcs à un retour de celui qui a choyé l’Eglise durant ses mandats à la tête du pays. Les soupçon de partialité du FFKM risquent d’hypothéquer son projet de relance d’une médiation malgacho-malgache, encouragé récemment par la SADC. La reconduction du président déchu à la tête de la FJKM ne manquera pas d’être exploité par celui-ci pour appuyer son retour au pays. Si l’exilé d’Afrique du Sud a été condamné par contumace sur l’affaire 7 février, il a été réélu par contumace à Manakara », se risque d’écrire Midi.

FACE A FACE ECLAIR - Une seconde rencontre entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana s’est tenue à huis clos aux Seychelles. Après des heures de réunion entre les membres des délégations, puis une demi-heure de face-à-face entre les deux protagonistes, en présence du président seychellois et de Jacob Zuma, aucun consensus n’a été trouvé. Le pessimisme prévalait dès avant la rencontre, les deux protagonistes ayant fait des déclarations qui ne laissaient guère de doute quant à leur issue. Andry Rajoelina, sous la pression de l'armée, a fermement exclu la possibilité pour Marc Ravalomanana de rentrer d’exil et de participer à la présidentielle. Il évoque la perspective d’organiser des élections, même à défaut d’accord. Quant à l’ancien président, il n’a cessé de revendiquer son droit de revenir au pays et de marteler son intention de s’aligner à la présidentielle. Ce faisant, d’après ses partisans, « il n’acceptera jamais le scénario d’un « ni…ni » que semble vouloir privilégier la communauté internationale.

LA TROIKA A MADAGASCAR - Après l’échec des rencontres aux Seychelles, le vice-ministre sud-africain des Relations internationales et de la coopération, Marius Fransman, a dirigé la délégation qui a rencontré les signataires de la feuille de route, ainsi que l’ensemble des forces vives. Au programme, le compte-rendu des rencontres aux Seychelles et la recherche de nouvelles pistes de sortie de crise. Le calendrier électoral a fait consensus mais les avis sont restés divergents sur le retour de Marc Ravalomanana et la question de la candidature des deux principaux protagonistes. L’entrevue avec le commandement militaire s’est prolongé durant 5 heures. Les responsables de la Troïka ont, semble-t-il, pris conscience du fait que la crise ne se résume pas au seul président de la Transition et à l’ancien président en exil. Ils se déclarent favorables à un sommet des représentants de toutes les forces vives. Un changement de cap interprété par certains comme un aveu d’échec. Le vice-ministre a relancé le débat autour du statut des anciens chefs d’Etat, prévu dans la feuille de route, laissant supposer que ce cadre juridique les contraindrait à renoncer à leurs activités politiques, et donc à se présenter aux élections.

CONFERENCE NATIONALE - Comment les Malgaches vont-ils s’organiser pour monter cette Conférence nationale souveraine que la SADC appelle maintenant de ces vœux ? L’organisation régionale aurait lancé un appel du pied au FFKM pour piloter l’opération, bien qu'il ait refusé de siéger au Comité malgache de suivi et de contrôle de mise en œuvre de la feuille de route. Les propositions de sortie de crise du FFKM sont attendues depuis de longs mois mais les résultats du synode FJKM de Manakara risquent de faire peser sur ses initiatives un soupçon de partialité. Les collectifs et organisations de la société civile ont adressé un courrier aux chefs d’Etat réunis au Sommet de la SADC pour les exhorter à encourager la tenue d’une Conférence nationale ayant pour mission de corriger les différentes violations commises dans l’application de la feuille de route et de solutionner les dysfonctionnements observés.

INVITATION - Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana ont été « invités » au Sommet de la Troïka de la SADC, qui s’est tenu la veille du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement. Le président de la Transition était accompagné de son conseiller spécial, Norbert Lala Ratsirahonana et d’une importante délégation des forces armées. Une participation remarquée qui a provoqué de nombreux commentaires.

Midi 22 08

LACONIQUE - Le Sommet des chefs d’Etat de la SADC a accouché d'une souris. Le communiqué final, très laconique, a favorisé les interprétations divergentes des uns et des autres. Les divergences ont porté, une fois de plus et sans surprise, sur la candidature ou non des deux protagonistes à l’élection présidentielle et le retour de l’ancien président. Il aurait été décidé que ce retour serait étroitement concerté avec les autorités malgaches compétentes, notamment entre les forces de l’ordre malgaches et les responsables de la sécurité au niveau de l’organe de la SADC. Une évaluation des conditions de ce retour devrait être conduite dans un délai de 30 à 60 jours. Une mission de la SADC serait déjà arrivée discrètement dans la Grande Ile. L’opposition de forces armées malgaches au retour de l’ancien président sera difficile à surmonter. « Les forces de l’ordre ne peuvent pas être pour la culture d’impunité », a déclaré le secrétaire d’Etat en charge de la gendarmerie. L’association des victimes du 7 février 2009 (AV7) fait également pression dans ce sens. Le retour de Marc Ravalomanana est impératif avant le 7 octobre sous peine de disqualification pour la présidentielle de mai 2013, prévient Midi.

EXPULSION - Les Etats-Unis ont vivement réagi à l’expulsion de Lalao Ravalomanana, épouse de l’ex-président, et de sa belle fille, qui n’ont pas pu rentrer au pays et ont été embarquées sans ménagement sur un vol à destination de Bangkok. Il dénoncent, avec d’autres analystes, une violation des droits de l’homme. Le premier ministre aurait fait part de son désaccord avec cette décision. « Les autorités militaires ne peuvent pas interdire à un citoyen de rentrer dans son pays » déclare un membre du CMDN) Jacob Zuma aurait été choqué par le communiqué publié au nom de la Troïka de la SADC, qui condamne « fermement » la tentative de l'épouse de l'ancien président de rentrer au pays. Une ressortissante bulgare (compatriote de Guergena Ravalomanana) a porté plainte auprès de la justice malgache et du bureau de liaison de la SADC. Elle se réfère notamment à la déclaration universelle des droits de l’homme et dénonce un « régime qui maltraite les citoyens malgaches et européens ».

AV7 - Marc Ravalomanana fait l’objet d’une plainte déposée par l’AV7 (Association des Victimes du 7 février) auprès de la justice sud-africaine. Le premier jour d'audition, le 1er août, a confirmé la recevabilité de la poursuite déposée le 17 juillet par le président de l’AV7 et 5 autres victimes. Le montant des indemnisations requises s’élève à 23 millions de dollars. L’avocat sud-africain de l'association aurait demandé un laps de temps supplémentaire au tribunal pour réunir des suppléments de preuves, alors que Midi affirme que l’AV7 a retiré sa plainte. La justice sud-africaine a ouvert une enquête sur de présumés crimes contre l'humanité commis par Marc Ravalomanana. La seconde comparution devrait intervenir dans les prochaines semaines. Me Hanitra Razafimanantsoa a expliqué au lendemain de la conférence de presse donnée par l'AV7 mi-juillet, que « Marc Ravalomanana a toujours requis une enquête internationale autour de l'affaire du 7 février. Cette comparution sera une occasion pour lui de prouver son innocence, mais surtout d'éclaircir cette affaire ». La mouvance de l’ex-président met en avant les « avantages » à tirer du procès. L’AV7 annonce qu’une délégation de 10 personnes, « des témoins » selon elle, se rendra prochainement en Afrique du Sud. Marc Ravalomanana pourrait en outre comparaître devant la justice sud-africaine pour l’achat d’armes en Chine, début 2009, pour faire échec aux émeutes à Antananarivo.

VULNERABILITE - La nature et la crise politique conjuguent leurs effets : Madagascar occupe, selon le PAM, la 1ère place de la vulnérabilité sur le continent. 57 % des Malgaches vivent dans l'extrême pauvreté. En milieu rural, 83 % de la population se trouve dans en situation d'insécurité alimentaire. Les organismes des Nations Unies tirent la sonnette d'alarme. Plus de la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance. Le taux de malnutrition chronique est actuellement de 57 %. Celui-ci classe la Grande Ile à la 6ème place au niveau mondial. Plus d'un million d'enfants ne vont plus à l'école. Une adolescente sur 3 a été enceinte avant ses 18 ans. 10 femmes par jour meurent pendant leur accouchement, dont 3 de moins de 18 ans Le taux de couverture des actifs par la sécurité sociale n’est que 5 %. La Grande Ile est confrontée à des risques sanitaires majeurs face à l’insuffisance de l’approvisionnement en eau potable, de l’assainissement et de l’évacuation des déchets solides. 88 % des cas d’affections diarrhéiques sont attribués à l’insalubrité de l’eau, à un assainissement insuffisant et à un manque d’hygiène. La diarrhée demeure l’une des maladies les plus meurtrières des enfants de moins de 5 ans à Madagascar.

INSECURITE - La traque du chef de bande Remenabila n’a pas abouti. L'homme est resté introuvable, malgré une opération militaire violente durant laquelle au moins 7 villages ont été incendiés. Des habitants ont dénoncé de nombreux abus commis par les militaires durant ces opérations. La Transition a lancé un avis de recherche et la tête du chef de bande est mise à prix. De hautes personnalités politiques ainsi que des hauts gradés de la gendarmerie et de l’armée de terre seraient compromis toute cette affaire, selon des témoignages convergents. Les pillages et les vols de zébus se poursuivent dans de nombreuses régions, faisant des morts tant chez les assaillants – qui se comptent parfois par centaines - que chez les forces de l’ordre. L’arrêté interministériel de suspension temporaire des exportations de zébus a été publié. « Nous allons prendre des mesures afin de réduire le vol, mais pour combattre les dahalo, il faut remonter à la source », jusqu’aux réseaux maffieux, annonce le ministère de l’Elevage. La traçabilité des bovins, la professionnalisation des éleveurs ainsi que l’incitation des éleveurs du Sud à entrer dans l’économie de marché, constituent ses principaux axes de travail. Les ministères de l’Intérieur et de la Sécurité intérieure annoncent des mesures de prévention et de répression de l’insécurité et des vols de bovidés dans les régions du Sud. Entre autres : sensibilisation et encadrement des populations locales sur l’autodéfense villageoise (élaboration de « dina »). Pour le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, l’insécurité rurale est un signe de désagrégation de la vie sociale. Florent Rakotoarisoa, ministre de l’Intérieur, en appel à l’aide extérieure pour capturer Remenabila, dont les actions « s’apparentent à un coup d’Etat ». Le très médiatique général de gendarmerie Richard Ravalomanana se déclare capable de neutraliser Remenabila et sa troupe si le dossier lui est confié. Un dahalo appréhendé dans le Sud a affirmé sur une chaîne locale qu'un homme politique influent est derrière les opérations menées par les bandes armées. Alors que les primes offerte pour tout renseignement fiable pouvant aboutir à l’arrestation de Remenabila - ou à sa capture « mort ou vif » - n’ont toujours pas trouvé preneur, une trentaine de chefs-fokontany de la région Ihorombe ont remis leur démission en raison de « dérives perpétrées par des forces de sécurité ». Selon leurs témoignages, « les concernés effectueraient de véritables rackets".

ATTENTAT - Une bombe de confection artisanale a explosé en soirée en plein centre-ville de la capitale, blessant 4 personnes. Les forces de l’ordre sont sur le qui-vive car « après le sommet de Maputo, la sécurité intérieure sera le garant d’un climat d’apaisement et du bon déroulement du processus de sortie de crise », déclare un responsable militaire.

IMPUNITE - Le 1er anniversaire du décès de la très médiatique  ministre de la Population, Nadine Ramaroson, a été célébré. Le naufrage de Saoanierana-Ivongo entre dans la catégorie des grandes affaires qui n’ont jamais été élucidées. Selon des rumeurs insistantes, le naufrage ne serait pas accidentel, mais aurait été provoqué. Un complot du silence semble entourer le dossier. Trois enquêtes ont été diligentées simultanément mais aucune n’a abouti à des conclusions satisfaisantes. Le ministère de la Justice est mis en cause. La thèse du complot impliquant des personnalités de haut rang est mise en avant.

CONFLITS SOCIAUX - Les examens du CEPE, reportés pour fait de grève, ont pu se dérouler en dépit du boycott des grévistes du Sempama. Les enseignants du public qui ont adhéré à la grève ont été impitoyablement écartés. Des questions se posent quant à la validité de cet examen qui n’aura pas toujours été supervisé par des personnels qualifiés. Une session spéciale sera organisée pour les élèves dont les épreuves ont été perturbées. Le sort des enseignants, responsables de ce troubles, est entre les mains de la justice. Le Sempama a refusé de participer pas à l’examen du BEPC. Il fait remarquer que les candidats des écoles publiques ont 5 mois de retard par rapport au programme. A l’université, le malaise persiste au sein du corps enseignants, parmi les personnels administratifs et techniques et chez les étudiants dont le calendrier des études est encore incertain. Le SECES interpelle le président de la Transition afin qu’il arbitre le contentieux qui oppose les enseignants au ministère de tutelle. il menace de lancer une grève illimitée. Le traitement de médecins et paramédicaux grévistes a été suspendu. Les paramédicaux menacent leur tutelle d'une démission collective.

EITI - Le recoupement des revenus miniers démarre. 3 départements ministériels ont donné des consignes pour faciliter l'accès du cabinet Ernest&Young aux documents et données liés aux revenus miniers de l'année 2010. 9 compagnies sont concernées par ce rapport, représentant 118 millions de dollars et l'équivalent de 95 % des paiements effectués. Le chinois Wisco, qui n'a pas encore déclaré de manière officielle son adhésion au processus, devra s'y soumettre à la suite d'un arrêté du ministère des Mines.

SHERRITT - Le projet Ambatovy est dans l’attente de délivrance de son permis d’exploiter. Un autorisation qui devait être donnée à titre provisoire. Le conseil de gouvernement du 19 juin s’était prononcé en faveur de la mise en service de l’usine mais la décision serait désormais suspendue au résultat d’études environnementales annoncées par le ministre des Finances à la suite de multiples plaintes des populations quant aux impacts des exploitations minières sur la santé et l’environnement, comme pour l’entreprise chinoise Mainland dont les activités préoccupent les populations de Manakara et de la côte Est. Une rumeur, démentie, faisait état d’une demande de 800 millions de dollars adressée à Sherritt en contrepartie de la délivrance de cette autorisation, voire de la volonté du régime de renégocier le contrat. Des diplomates étrangers auraient pris fait et cause pour Sherritt et exercé des pressions sur le gouvernement pour que la signature du permis soit accordée. Le collectif Tany s'étonne du revirement d’attitude des autorités.

BOIS DE ROSE - Le mode opératoire des exportateurs illicites de bois de rose rapatriés par les douanes depuis la Malaisie a été mis à jour. L'enquête a permis de mettre sous mandat de dépôt 2 employés du terminal à conteneurs. Le propriétaire de cette cargaison est déjà recherché dans l'affaire de bois de rose intercepté à Maurice. Une centaine de conteneurs seraient sortis illégalement du port de Toamasina sur réquisition du procureur de la ville, avec l’appui des FIS, affirme Madanews, qui condamne vigoureusement cette intervention à laquelle les autorités portuaires n’auraient pas pu s’opposer. La société américaine Gibson, connue pour ses guitares mythiques, payera une amende de 300.000 dollars pour avoir illégalement importé des bois précieux de Madagascar et d'Inde. Elle devra verser 50.000 dollars à une association de protection de l'environnement afin d'œuvrer à la protection de ces espèces protégées. La plantation de plus de 1.800 ébènes de Madagascar est programmée à cet effet. Des opérateurs pressent le pouvoir d'annuler le décret interdisant l’exploitation et l'exportation de bois précieux. les stocks entreposés se dégradent. Le pouvoir n'a toujours pas pris de décision quant à l'appel d'offre international qui devrait permettre de les "liquider" en toute transparence et au bénéfice des collectivités locales et de la préservation de l'environnement. Selon un rapport de la Banque mondiale, le trafic illégal de bois à Madagascar s’élève à 10-15 milliards de dollars par an. L’Alliance Voahary Gasy (AVG) se prononce en faveur de la vente par adjudication des stocks bois de rose, avec obligation de les transformer avant toute exportation éventuelle des produits finis. Le premier ministre et ministre de l’Environnement par intérim semble vouloir prendre enfin le taureau par les cornes. Un comité de pilotage a été mis en place, composé de personnalités reconnues provenant de divers horizons. Aucun « opérateur » de bois de rose, ni même un politicien ne figurent dans ce comité. Une nouvelle encourageante qui vient contrebalancer la décision de nomination du très contesté ministre de l’Environnement limogé, Joseph Randriamiarisoa, en qualité de conseiller spécial du premier ministre…

AIDE HUMANITAIRE – L’UE annonce la reprise d’une partie de l’aide pour Madagascar. Cette décision fait suite à la publication du calendrier électoral officiel. Elle annonce qu’elle va consacrer 54 millions d’euros cette année pour des programmes dans les secteurs santé et l’éducation, et aussi pour les groupes de la société civile. Le Commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, déclare que l’aide sera consacré aux populations les plus défavorisées. La secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et coordinatrice des secours d’urgence des Nations Unies alloue un montant de 55 millions de dollars provenant du Fonds central pour les interventions d’urgence afin de renforcer les opérations humanitaires dans 8 pays dont Madagascar. Les Nations Unies considèrent que ce sont des pays où les crises humanitaires sont parmi les plus négligées et qui sont sous-financés.

 Dessins de presse de Les Nouvelles et de Midi

 

SOMMAIRE

LA CRISE POLITIQUE

  • Mise en œuvre de la feuille de route : CENIT, élections, amnistie
  • Les suites de la mutinerie du 1er RFI
  • Controverses, prises de position, tentatives de médiation, synode de la FJKM

         Les difficultés du gouvernement d’union nationale
         Les relations entre la classe politique et les forces armées
  • Opposition

               Tentatives et projets de médiation malgacho-malgache
               Le synode FJKM et ses implications politique
               Nouvelles perspectives de médiation pour la société civile
               Echec du second face à face Rajoelina-Ravalomanana sous l’égide de la SADC

  • Les nouvelles orientations de la SADC, le Sommet de la Troïka et des chefs d’Etat
  • Les suites du retour avorté de Lalao Ravalomanana

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Procès a connotation politique, détenus « politiques » 
  • Poursuites de Marc Ravalomanana en Afrique du Sud
  • Pauvreté, vulnérabilité, santé, condition carcérale
  • Médias, liberté d’expression, affaire Free FM
  • Insécurité, suites de l’affaire Remenabila, phénomène dahalo, enquêtes
  • Gouvernance

ECONOMIE - SOCIAL - ENVIRONNEMENT

  • Conflits sociaux
  • Ressources minières, exploitations illicites, processus EITI, patrimoine national
  • Trafics de bois précieux
  • Situation économique, coopération, accords commerciaux, divers

>> Télécharger pdf, 39 pages

------------------------------------------
Voir les archives de presse des mois précédents : >>
Archives de presse depuis 2000>>