LES POINTS FORTS DU MOIS

PRE CAMPAGNE - Andry Rajoelina est entré campagne électorale, bien qu’il n’ait pas encore annoncé sa candidature et que celle-ci fasse l’objet d’une opposition ouverte de la communauté internationale. Les inaugurations de ses « réalisations présidentielles » se succèdent. L’origine des financements mobilisés pour ces travaux soulève toujours des interrogations et le premier ministre lui-même fait le reproche au président de la Transition d‘en avoir décidé sans concertation. La presse note qu’il n’y a pas eu d’appel d’offre. L’inauguration du Coliseum d’Antsonjombe, à l’occasion de la célébration du second anniversaire de la IVème République, a fait polémique : le référendum constitutionnel du 17 novembre 2010 n’a pas été reconnu par la communauté internationale et les institutions prévues par la nouvelle Constitution ne sont toujours pas installées. La plupart des formations politiques n’ont pas régularisé leur situation auprès du ministère de l’Intérieur pour se conformer à la nouvelle loi sur les partis. Faute de régularisation, elles pourraient ne pas pouvoir présenter de candidats. Le ministère s'apprêterait à reporter la date. « Les contraintes de vouloir imposer une réinscription auprès du ministère de l’Intérieur relèvent de la tentative d’empêcher le libre choix des électeurs », affirme le Club développement et éthique (CDE).

AMNISTIE - La date de nomination des membres du Comité pour la Réconciliation Malgache (CRM) n’est toujours pas fixée. Les sociétés civiles travaillent à la révision des modalités de sélection de ses membres, après l’annulation de la liste initialement proposée, mais des désaccords subsistent en leur sein. Ce retard risque de porter atteinte au processus électoral, la candidature de plusieurs hommes politiques étant conditionnée par les décisions de l’institution. En revanche, la ministre de la Justice annonce que la Commission spéciale sur l’amnistie est opérationnelle mais aucune demande d’amnistie sur requête ne lui est encore parvenue. Sa mission est de prononcer l’amnistie large et de plein droit et l’amnistie sur requête, pour des dossiers liés aux événements de la période 2002-2009, concernant des partisans de Didier Ratsiraka et des victimes du régime Ravalomanana. Les personnalités politiques de l’après-2009, majoritairement des pro-Ravalomanana, relèveraient de cette instance, de même que l’ancien président s’il en fait la demande. La presse d’opposition met en cause l’indépendance de cette Commission.

SADC - La Tanzanie, qui préside désormais l’organisation régionale, s’est fortement impliquée dans la reprise en main du processus de sortie de crise. La diplomatie française a agi de concert avec le président tanzanien pour organiser une ultime rencontre entre les deux protagonistes. La SADC les a conviés à un Sommet extraordinaire les 7 et 8 décembre à Dar-es-Salam. Andry Rajoelina a refusé de s’y rendre. La perspective de se voir imposée la formule du « ni…ni » et le retour de Marc Ravalomanana l’a probablement dissuadé de faire le déplacement. La SADC a qualifié sa décision de « malheureuse ».
Dans le communiqué final du Sommet, la Troïka déclare : « Pour sortir de la crise, il faut convaincre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina de ne pas se porter candidats aux prochaines élections ». L’organisation réaffirme sa position en faveur du droit au retour de l’ancien chef de l’Etat, condamné par la justice malgache. Elle précise que la loi d’amnistie (révisée) doit en créer les conditions propices. Elle exhorte les politiques à développer avant les élections une législation qui garantisse les droits des anciens chefs d’État et que soient abrogées les législations visant à exclure des citoyens des élections. Le ministre de la Communication « constate des violations de la feuille de route par la SADC elle-même ». L’organisation régionale a annoncé l’envoi d’une nouvelle mission à Madagascar début janvier pour une « explication de texte ». Selon Mamy Rakotoarivelo, la mouvance Ravalomanana va demander l’envoi de militaires de la SADC pour assurer la protection de l’ancien président lors de son retour, perspective vivement rejetée par le pouvoir.
Le concept du « ni…ni » fait son chemin dans les sphères politiques nationale et internationale. Le premier ministre a annoncé qu’il est lui-même favorable à cette option, élargie à tous les anciens présidents et à lui-même. La prise de position du SeFaFi exhortant le président de la Transition et l'ancien président à renoncer à leurs ambitions personnelles a provoqué des réactions hostiles de part et d’autre. Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA  redoute la propagation de la crise malgache à d’autres pays africains. « Si l’impasse entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina persiste du fait de leurs rivalités personnelles, ceux-ci pourraient être forcés de se retirer du processus électoral », mentionne un rapport publié peu avant le Sommet de la SADC.
Les partisans de l’ancien chef de l’Etat et du président de la Transition ont trouvé une cause commune : s’oppose à la communauté internationale. La montée en puissance du « ni…ni » a réveillé le sentiment de nationalisme chez les acteurs politiques. La communauté internationale de nouveau mise à l’index.

RENONCEMENT ? - Marc Ravalomanana a été convaincu par la SADC de ne pas se présenter à la présidentielle. L’ancien président a troqué son abstention contre celle d’Andry Rajoelina et la possibilité d’un retour dans un futur proche. Le président tanzanien a affirmé qu’il se chargerait d’entreprendre la même démarche auprès d’Andry Rajoelina. Une rencontre entre le deux hommes a été programmée. La décision de l'ancien président « est une décision stratégique, une manière de demander indirectement à Andry Rajoelina de ne pas se présenter » analyse un spécialiste. Les « petits » candidats déclarés se réjouissent déjà des perspectives qui s’ouvrent à eux et chaque camp spécule sur les possibles dauphins des deux rivaux. Les proches de l’ancien président se refusent envisager la désignation de remplaçants, ile laissent entendre que Marc Ravalomanana pourrait opérer un revirement et revenir sur son désistement au cas où son vis-à-vis continuerait à s’opposer à son retour rapide et ne déclarerait pas clairement sa position ou déciderait de se présenter. La question du retour de Marc Ravalomanana et des poursuites engagées à son encontre est revenue au centre des interrogations. Condamné par contumace par une Cour ordinaire dont la compétence est discutée, il pourrait demander la révision de son procès, au risque pour la Transition de déclencher un « grand déballage » qui ne serait pas en sa faveur. L’annonce du retrait de Marc Ravalomanana et les déclarations de son entourage ne rassurent pas les partisans d’Andry Rajoelina, qui suspectent une manœuvre. Ils doutent que l’ancien président tienne parole. La méfiance est de mise de part et d’autre, alimentée par l’expérience des négociations de sortie de crise depuis bientôt 4 ans.
La candidature d’Andry Rajoelina est fortement sollicitée par ses proches et par de hauts gradés qui s’opposent toujours au retour de son adversaire. L’AV7, association de victimes du 7 février 2009, considérée comme pro-régime, s’oppose toujours à son retour. Me David Erleigh, avocat sud-africain de l’association, maintient la pression en réaction au recours en appel de l’ancien président concernant la plainte pour crime contre l’humanité dont il est accusé par ses clients devant la justice sud-africaine. L’avocat annonce la venue début janvier d’enquêteurs sud-africains pour recueillir des compléments d’informations sur ces évènements. La ministre de la Justice rappelle qu’il n’existe pas d’accord de coopération judiciaire avec l’Afrique du Sud.

SEANCE DE RATTRAPAGE - Andry Rajoelina a été reçu par le président tanzanien quelques jours après avoir décliné le rendez-vous proposé par la SADC. Un « entretien personnel » qui avait été sollicité par le président de la Transition avant le rendez-vous proposée entre les deux protagonistes. La « séance de rattrapage » a débouché sur un communiqué très « langue de bois ». Rien n’a filtré sur le contenu de la rencontre mais il ne fait guère de doute qu’Andry Rajoelina ait été mis dans l’embarras. Il a déçu ses supporters en annonçant à son retour que sa décision sur sa candidature était reportée à la fin de l’année.

APPEL A LA FRANCE - 4 jours après cet entretien, Andry Rajoelina a annoncé son départ pour Paris, afin d’y rencontrer Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, et le SG de l’OIF. Son entourage espérait semble-t-il obtenir la mansuétude du ministre en jouant sur sa supposée fibre malgache. Les autorités, aussi bien malgaches que françaises, se sont montrées peu loquaces. Le président de la Transition a été contraint d’admettre que la France adhère à l’approche de la SADC et n’est pas disposée à lui apporter son soutien. Andry Rajoelina laisse entendre que sa décision pourrait être différée au-delà de la fin de l’année, la date limite de dépôt des candidatures étant fixée au 8 mars. Il déclare ne plus se sentir lié par son engagement public de ne pas se présenter. La mouvance Ravalomanana menace de se retirer de la feuille de route si Andry Rajoelina se porte candidat. Des leaders de l’UDR-C, du TGV et des proches d’Andry Rajoelina se positionnent déjà, dans l’hypothèse où le « ni…ni » finirait par s’imposer mais aucun de ces prétendants ne pourrait obtenir le soutien de la coalition actuellement au pouvoir. Son désistement pourrait donc être fatal non seulement pour sa coalition mais aussi pour ses dauphins autoproclamés

MALAISE - Le fossé se creuse entre les deux têtes de l‘exécutif, Omer Beriziky et Andry Rajoelina. Les points de discorde sont nombreux. Parmi lesquels le reproche fait par le premier ministre au président de prendre des décisions non concertées avec le gouvernement dit d’union nationale, notamment pour l’affectation des recettes des industries minières au financement de ses « projets présidentiels » fortement teintés d’électoralisme. Les pro-Rajoelina lui reprochent de ne pas se montrer solidaire de l’exécutif et de fuir ses responsabilités. Il serait dès lors devenu le facteur de blocage de la Transition. Ces critiques ont été ravivées par ses dernières déclarations concernant le fait que les deux principaux protagonistes de la crise ainsi que les anciens présidents Zafy et Ratsiraka ne devraient pas s’aligner au départ des prochains scrutins. De manière quasi-unanime, les forces politiques avaient vivement réagi en accusant le premier ministre de sortir de son obligation de réserve. Il lui est enfin reproché de ne pas avoir soutenu l’opération Tandroka menée dans le Sud. Certains vont jusqu’à demander sa démission. Pour La Gazette, le premier ministre agit de plus en plus comme un candidat à la future élection présidentielle.

DESTABILISATION ? - Soupçonnés de vouloir fomenter un rassemblement populaire, trois généraux auraient été identifiés et placés sous la surveillance de la gendarmerie. Une nouvelle tentative de déstabilisation qui laisse certains observateurs dubitatifs, compte tenu des précédents.

EUROPE - L’UE reconduit les sanctions prises à l’encontre de Madagascar dans le cadre de l’accord de partenariat ACP-UE. Elle réclame des efforts supplémentaires pour le retour à l’ordre constitutionnel. « La feuille de route n’a pas été mise en œuvre complètement », constate le Conseil. La mesure prive pour l’heure la Grande Ile du 10ème FED. L’UE a néanmoins consenti à débloquer 100 millions d’euros dans le cadre de l’aide humanitaire. Une délégation européenne est attendue fin janvier pour évaluer la faisabilité technique des scrutins à venir.

ESCLAVAGE MODERNE - Une experte de l’ONU a effectué une mission sur les formes contemporaines de l’esclavage, à l’invitation du gouvernement. Elle devait évaluer les initiatives mises en œuvre par les autorités pour prévenir les pires formes de travail des enfants. « La pauvreté et l’impunité ont augmenté les formes contemporaines d’esclavage », a-t-elle déclaré au terme de son séjour. Le rapport complet sur les résultats de sa visite sera présenté au Conseil des droits de l’homme en septembre 2013. D’après le BIT, plus de 20.000 enfants travaillent dans les activités liées à la vanille dans la région SAVA, soit plus de 30 % de la main d'œuvre du secteur. Cette situation offre une mauvaise image de la Grande Ile et pourrait impacter négativement la commercialisation de la vanille malgache, estime-t-elle.

PAM - 30.000 orphelins et enfants démunis font face à une menace de rupture de leur ration quotidienne. La Plateforme de la société civile pour l’Enfance tire la sonnette d'alarme face à l'arrêt de l'appui alimentaire apporté par le PAM. L'État et les bailleurs sont appelés à prendre leurs responsabilités. Le PAM a suspendu son appui nutritionnel aux malades de la tuberculose dans les régions du Sud et du Sud-est, en raison de son manque de ressources. En octobre, l’appui ne concernait plus que 29 % des 23.000 tuberculeux assistés.

TANDROKA - Les forces armées n’ont pas digéré les déclarations d’Amnesty sur les atteintes aux droits de l’homme dont les forces spéciales se seraient rendues coupables dans le Sud. La commission épiscopale Justice et Paix a pris la défense de l’ONG, elle affirme qu’Amnesty « est mieux informé que les chefs militaires » sur la situation qui prévaut et déclare qu’une enquête internationale indépendante est « plus qu’utile ». Elimberaza Mandridake, de l’université de Toliara, dénonce dans un communiqué  la catastrophe humanitaire causée par l’opération Tandroka. Les témoignages recueillis font état selon lui de l’utilisation excessive et sans discernement de la force. « Il s’avère ainsi impérieux de procéder à une enquête approfondie », déclare-t-il. Les pasteurs du Hetsiky ny mpitondra Fivavahana (HMF) ont affiché la ferme volonté d’intégrer la commission d’enquête internationale. «Il y a eu des bavures, des destructions, des dégâts matériels et humains », reconnait Leonidas Tezapsidis, ambassadeur de l’UE. Le diplomate a affirmé l’existence de cas de violation des droits humains. Une fois les responsables des exactions déterminés, « il faut punir. L’impunité ne ferait qu’envenimer la situation », martèle-t-il.
A Betroka, une fusillade entre militaires fait 7 morts, dont un soldat et 6 civils. Mal renseignés, trois militaires ont attaqué deux de leurs camarades appartenant à un autre corps. 4 gendarmes auraient perpétré un viol collectif ce que démentent vigoureusement les forces de l’ordre. La commission d’enquête internationale sur les violations des droits de l’homme dans le Sud n’est toujours pas à pied d’œuvre. Le rapport d’enquête interne menée par les instances militaires concernant les bavures de l’opération a été transmis à la gendarmerie. Des militaires qui assurent la mission de maintien de l’ordre dans le Sud ont fait part de leur mécontentement causé par les problèmes financiers et le manque de moyens de subsistance. Les forces spéciales ont été démantelées et rapatriées. La fin de l’opération Tandroka susciterait l’inquiétude des populations qui redoutent un regain d’insécurité. Les chefs militaires ont tenté de trouver des explications à leur semi-échec. Parmi lesquels les critiques qui ont fusé à l’encontre de l’opération. Les troupes sont fatiguées et démoralisées par le « le dénigrement intempestif » dont ils auraient été victimes. Le chef des dahalo n’a pas pu être capturé. Le conseil des ministres a consacré la promotion de 31 nouveaux colonels et généraux des Forces armées, dont le général Richard Ravalomanana, commandant de la gendarmerie, qui bénéficie d’une promotion éclair. Pour La Nation, « pendant la Transition, les grades s’offrent comme des friandises ».

INSECURITE - L’insécurité atteint des sommets dans les principales villes du pays. La France invite ses ressortissants de passage à Madagascar à la plus grande prudence. Les soupons se portent fréquemment sur la gendarmerie. Les membres de forces armées qui ont achevé leur service ou qui sont en congé sont priés de revêtir une tenue civile. Les communautés font face à la situation en prenant les armes et en créant des initiatives communautaires. La Gazette prône l’autodéfense.

« DETENUS POLITIQUES » - Le notable Patrick Zakaria a été transféré dans le quartier des détenus politiques. La demande d’enquête parlementaire sur l’affaire à l’origine de son incarcération n’a pas encore abouti. Son épouse demande que le pouvoir intervienne auprès des autorités chinoises afin qu’elles acceptent la publication des documents officiels concernant les conteneurs transportés par le bateau qui a débarqué du bois de rose dans un port chinois. Le Bianco ne s’est pas encore prononcé sur la plainte déposée par le notable. Son avocat soutient qu’il dispose des preuves qui confirment l’implication de la société chinoise Mainland et d’un homme d’affaires proche d’Andry Rajoelina dans ce trafic. Les notables et natifs de la province de Toamasina exigent sa libération.
Dans l’affaire BANI de novembre 2010, les 4 colonels qui ont effectué un pourvoi en cassation ont bénéficié d’une mise en liberté provisoire. Les autres officiers impliqués restent incarcérés.

RAMAROSON - L'étau se resserre autour du président de la commission Sécurité et défense du CST, l’un des hommes de la prise de pouvoir d’Andry Rajoelina. Il a refusé à plusieurs reprises de se rendre à des convocations de la Justice suite à ses déclarations fracassantes mettant en cause le vice-premier ministre Hajo Andrianainarivelo dans l’affaire non élucidée du décès de sa nièce, ministre de la Population. Le VPM avait déposé une plainte pour diffamation. Le pouvoir tient grief au parlementaire d’avoir obtenu du CST la création de plusieurs commissions d’enquête sur des dossiers sensibles risquant de mettre le régime en difficulté. L’une d’elle devrait élucider les circonstances du décès de la ministre, à l’été 2011. Des éléments des forces de l'ordre, armés, se sont rendues à son domicile et lui ont présenté un mandat d'amener. Il a refusé de s’exécuter et à reçu le soutien de nombreux collègues. Le premier ministre a ordonné à la ministre de la Justice la suspension de la mesure. Pour la presse, cette « crise dans la crise » opposant deux barons du régime et compagnons de route d’Andry Rajoelina ternit l’image de la Transition et pourrait préfigurer sa décomposition. Le VPM est considéré par certains comme un possible joker du président de la Transition si celui-ci ne pouvait pas se présenter.

BANQUE MONDIALE - La Banque mondiale a approuvé deux projets d’urgence pour les infrastructures et les services primordiaux. Objectif : lutter contre la considérable détérioration des conditions socio-économiques liée aux effets conjugués de la crise politique et de la fréquence élevée des catastrophes naturelles. Ces financements d’urgence sont attribués à titre exceptionnel et ne doivent pas être interprétés comme un signe de normalisation des relations avec le pouvoir de Transition. Les Etats-Unis auraient tenté de s'opposer à l'octroi de cette aide.

BOIS DE ROSE - Une vaste opération de gendarmerie a été déclenchée dans la région Sava. Un nouveau trafic à destination de la Chine aurait été déjoué. Plus de 48.000 rondins de bois précieux ont été saisis et placés dans des lieux sécurisés depuis l’entré en vigueur de l’interdiction d’exportation. Faute d’appel d’offres international, ces bois saisis pourrissent sur place.

ZAKARIASY - Le Tangalamena Patrick Zakariasy a été transféré dans le quartier des détenus politiques. Une demande de liberté provisoire lui a été refusée. Son épouse demande que le pouvoir intervienne auprès des autorités chinoises afin qu’elles acceptent la publication des documents officiels concernant les conteneurs transportés par le bateau qui a débarqué du bois de rose dans un port chinois le 24 avril. Suite à la plainte déposée par la société chinoise Mainland, il a de nouveau été auditionné.

PECHE - Le ministère de la Pêche s’apprêterait à attribuer à une compagnie chinoise une vingtaine de licences de pêche pour de gros bateaux industriels. Une pratique qui s’est développée durant la Transition et qui attesterait de la capacité des entreprises chinoises à corrompre les ministres qui se sont succédés…

LUTTE ANTIACRIDIENNE - Le ministre de l'Agriculture a déclaré officiellement Madagascar en situation de calamité. Tout le pays est menacé par les criquets. Les essaims ont quitté les zones acridiennes, ont envahi de nombreuses régions et se rapprochent de la capitale. L'État est toujours en quête de financements extérieurs.

GRENIER ALIMENTAIRE - Les pays de l’océan Indien se réuniront à Madagascar en février 2013. Ils comptent faire de la Grande Ile le grenier alimentaire de la région. « Madagascar a le potentiel de satisfaire ces besoins et de tirer profit des retombées », déclare l’UCCOI. L’enjeu : établir une relation de confiance entres toutes les parties prenantes à travers la mise en place d’un véritable partenariat gagnant-gagnant, alors que Madagascar ne parvient pas actuellement à assurer son autosubsistance alimentaire.

TIKO - Marc Ravalomanana s’active en coulisse pour reconstruire son empire dans l'agroalimentaire, dévasté en 2009, titre une dépêche de l’AFP. La renaissance de son conglomérat est l'une des raisons qui pousserait Marc Ravalomanana à vouloir rentrer au plus vite. Le principal obstacle à la reprise de l'activité est la dette contractée envers le fisc, qui a obtenu de la justice une autorisation de saisie des biens du groupe pour les vendre aux enchères, non exécutée à ce jour. Marc Ravalomanana a surtout besoin d'un accord politique pour protéger ses investissements. Il se voit réclamé un important dédommagement financier par l'association des victimes du 7 février 2009.

 

La Nation 01 12

Dessin de La Nation - 01/12/12

SOMMAIRE

LA CRISE POLITIQUE

  • Préparatifs électoraux, pré-campagne, amnistie

              - Préparatifs électoraux
              - Pré-campagne d'un candidat non déclaré
              - Mise en œuvre de l’amnistie - CRM, Commission spéciale

  • Médiation internationale, SADC, communiqué du Sommet extraordinaire et réactions
  • Marc Ravalomanana renoncerait à sa candidature mais veut renter au pays « en paix
  • Andry Rajoelina rencontre le président tanzanien et tente d’obtenir le soutien de Paris
  • Médiation malgacho-malgache, difficultés de l’exécutif, déstabilisation
  • Relations avec la France, l’UE et les organisations régionales

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • « Prisonniers politiques »
  • Esclavage moderne, travail des enfants, expatriations illégales, mères porteuses
  • Santé, nutrition, handicapés
  • Médias, liberté de la presse
  • Pacification du Sud, opération Tandroka et droits de l’homme             
  • Gouvernance, insécurité
  • Justice, conditions carcérales
        - Affaires Zakariasy et Ramaroson
        - Poursuites de Marc Ravalomanana devant la justice sud-africaine

ECONOMIE - SOCIAL - ENVIRONNEMENT

  • Conflits sociaux
  • Exploitation des ressources minières et halieutiques
  • Trafics de bois précieux
  • Bailleurs de fonds
  • Environnement, questions foncières, monde des affaires, divers

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