- 29 09 16 - Trbune - Conjoncture politique - Ambiance délétère
Les griefs contre l’Etat ou plutôt contre le régime s’accumulent et les sources de mécontentements sont innombrables. La contestation du permis accordé à l’entreprise minière chinoise de Soamahamanina est devenue une affaire d’Etat. Les deux leaders de l’association Vona Soamahamanina sont toujours sous mandat de dépôt. Quatre chefs d’inculpation pèsent sur eux, dont l’atteinte à la sûreté de l’Etat, trouble à l’ordre public, et une affaire d’arme qui aurait été subtilisée aux forces de l’ordre. L’opposition radicale au régime se renforce, la société civile se mobilise.  Les plus hauts dirigeants du régime contrattaquent de manières virulentes. Le président de la République est intervenu pour faire comprendre que les opposants sont des objecteurs de conscience et ne cherchent qu’à semer des troubles, alors même que la lutte contre la pauvreté et pour la reconstruction nécessitent la stabilité. Une guerre médiatique et de longue haleine est en cours.

- Biblio - « Comprendre les Malgaches » -
Loïc Hervouet – Editions Riveneuves. Préface de Michèle Rakotoson, postface d’Yvette Sylla, Photos portraits de Jean Kouchner. 244 p.
L’ouvrage est paru le 15 septembre dernier. Il vient d’être  présenté à Antananarivo lors d’un café littéraire. L’auteur est l’ancien directeur de l’école de journalisme de Lille, ancien correspondant à Madagascar, médiateur à RFI et désormais partenaire de l’OIF et de l’ONG Africamédias. Il a travaillé comme journaliste au Courrier de Madagascar dans les années soixante. Michèle Rakotoson est écrivain, grand prix de la francophonie de l’Académie française. Yvette Sylla est historienne, universitaire et ancienne ministre des affaires étrangères. Jean Kouchner est journaliste, ancien directeur du Centre de formation des journalistes de Montpellier.
Dans son essai, il s’attache à faire connaître les particularités de la culture malgache : ses rites, ses croyances, ses héritages parfois douloureux. La misère, l’urbanisation sauvage, les complexes des élites, l’acculturation subie par les anciens, l’inculture forcée des jeunes, la corruption généralisée, la frustration des travailleurs pauvres, le délitement des coutumes et des rites, n’épargnent pas la culture malgache, toute pétrie de partage, de justice et de respect des anciens. Cette culture reste prégnante dans le monde rural, majoritaire, et dans le pays rêvé par les nationaux. S’en imprégner, c’est se donner une chance d’en découvrir encore plus, et, en récompense, de s’en trouver enrichi, au-delà même de ce qu’on imaginait. Entre partage, solidarité et respect des anciens, entre tabous et interdits, il donne quelques pistes pour comprendre cette culture encore aujourd’hui forte, malgré la pression de l’immense misère et de la mondialisation.
Interview RFI (5’44) – Cap océan Indien : http://www.rfi.fr/emission/20160925-madagascar-loic-hervouet-comprendre-malgaches-litterature-livres-histoire-culture

- 27 09 16 - Géopolis - Francetvinfo - Madagascar, terre fertile pour l'islam radical
La presse malgache tire la sonnette d’alarme. Elle dénonce le péril islamiste qui guetterait Madagascar, la Grande Ile de l’océan Indien, à la suite de l’arrivée massive d’imams étrangers dans le pays où fleurissent les écoles coraniques. Géopolis a recueilli le témoignage de Luc Raoeliariseheno, directeur de publication du Groupe MATV.

- 27 09 16 - Le Monde Afrique - Laurence Caramel - Trafic de bois de rose : ultime avertissement pour Madagascar
Acculé par la Cites, Madagascar va enfin témoigner au procès de Singapour.
Pour convaincre la Cites de ne pas prendre de sanctions, Johanita Ndahimananjara a dû promettre que la Grande île témoignera au procès relatif à l’importation de bois de rose à Singapour en février 2014, après plusieurs mois de refus. La ministre de l’environnement n’a pu que reconnaître l’illégalité de la cargaison de bois de rose saisis à Singapour. « Cette cargaison était bien illégale », a-t-elle indiqué au Monde Afrique. En témoignant dans l’affaire Singapour, dont le procès en appel devrait se tenir dans les prochaines semaines, le gouvernement risque de faire tomber bien des têtes, notamment celles de ses anciens membres qui étaient en fonction au moment du départ de la cargaison. Celles de ceux qui, quelques mois plus tard, avaient authentifié les documents ayant permis la sortie de la cargaison du port de Toamasina ne devraient pas non plus être épargnées. Des révélations qui risquent de déclencher une énième crise politique. « Durant ces trois mois de sursis, le gouvernement doit encore ‘apporter des gages tangibles de son action contre le trafic de bois de rose’. Poursuites, arrestations, mais aussi témoignage dans l’affaire Singapour en font clairement partie. Il reste à savoir si les engagements malgaches sont sincères ou s’il ne s’agit que de gesticulations destinées à calmer temporairement la Cites et les défenseurs des ressources naturelles », conclut L’Express.

- 27 09 16 - L'Express - Opinions - Sylvain Ranjalahy - Eta..stase
Trois mois de sursis pour le gouvernement pour qu’il prenne des mesures concrètes contre le trafic de bois précieux avant que la sanction de la Cites ne tombe, un nouvel incendie dramatique à Ankasina quelques mois après le dernier faute d’avoir pris des décisions adéquates, interdiction d’une manifestation autorisée de l’opposition, arrestation de leaders du mouvement des paysans contre l’envahissement des Chinois… Chaque jour la faillite de l’État se découvre au grand jour et apparaît dans tous les domaines à l’image d’un cancer dans son stade final qui abîme tous les organes et appareils.

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  23 09 16 - SeFaFi - Le pays vit sous le joug d'un présidentialisme fort et anticonstitutionnel
Dans un communiqué destiné à dresser un bilan à mi-mandat, le SeFaFi dénonce un présidentialisme fort
qui va à l’encontre de la Constitution et favorise l’instabilité. Prenant l’exemple de la loi sur le partenariat public-privé (3P) l’Observatoire soutient qu’elle « contourne les dispositions des règles de passation des marchés publics et ne fait que renforcer la concentration des pouvoirs au niveau de la présidence. (…) Le président de la République s’ingère dans tous les secteurs, faisant fi des attributions des départements ministériels et des procédures, s’arrogeant le droit de déterminer seul les priorités, aux dépens de la population et de l’économie. (…) Tout se décide en haut lieu et le plus souvent par une seule personne, avec un semblant de dialogue et de concertation ». Les institutions parlementaires, l’Assemblée nationale, surtout, « se détournent de leurs véritables missions ».et ne jouent pas le rôle de contre-pouvoir. Le SeFaFi souligne que le nouveau code de la communication, « ne sera plus en mesure d’informer le public, notamment (…) sur les dérives ou les malversations ». En matière de diplomatie, l’absence de nomination des ambassadeurs et les incessants déplacements du chef de l’État amènent l’entité civile à soutenir qu’il y a « une tendance troublante à la centralisation extrême de la diplomatie au niveau du seul président de la République ». Une situation qui, selon l’organisation, « divise au sein même du gouvernement et ouvre un peu plus la brèche aux pseudos opposants, avides de pouvoir, qui parlent non pas au nom de l’intérêt général, mais pour assurer leurs arrières ou préparer leur avenir politique ». Le bilan de la première moitié du quinquennat est donc jugé négatif. La situation socio-économique continue à se dégrader, avec, entre autres, la chute du pouvoir d’achat et la croissance des inégalités. La rareté des investissements, tant publics que privés, est aussi mise en exergue. « Les seuls investissements publics d’envergure concernent le Sommet de la francophonie et sont concentrés dans la partie nord de la capitale. Les autres régions n’en tirent aucun avantage », vilipende le SeFaFi. Pour finir de mettre le pouvoir face à ses responsabilités, l’entité civile soulève les éternelles problématiques de l’insécurité physique, alimentaire et judiciaires dont souffre la population, ainsi que la corruption généralisée.

- 19 09 16 - L'Express - Opinions - Sommet de la bassesse
À J-70 du 26e sommet de la Francophonie que Madagascar tient, coûte que coûte, à abriter, tout reste opaque. Aucun signe positif ne permet d’être rassuré qu’on tiendra ce pari fou. Le doute est de plus en plus permis quant à la possibilité de finir les infrastructures à temps.
Interviewé par plusieurs médias français à l’occasion de son déplacement à Paris, Hery Rajaonarimampianina s’est montré évasif sur le coût et les retombées du Sommet de la Francophonie
. Depuis le lancement des différents projets et chantiers, la question du budget a toujours constitué un tabou. Le flou est entretenu entre ce qui relève de la préparation du Sommet proprement dit et les « grands projets présidentiels ». Impossible d’obtenir un chiffrage distinct, tant les financements sont imbriqués. Le pouvoir a tout intérêt à entretenir cette confusion pour ne pas exacerber le rejet de cette manifestation par une population dont l’immense majorité lutte pour la survie, estiment les médias. En matière de retombées financières, la publication de données trop précises pourrait faire apparaître que celles-ci profitent majoritairement aux opérateurs partageant la ligne politique du pouvoir. L’afflux de visiteurs devrait certes booster les chiffres d’affaires du secteur hôtelier et touristique mais le retour global sur investissement ne semble pourtant pas garanti, juge L’Express.

- 10 09 16 - L'Express - Opinions - Petits yeux voient loin, grands yeux voient rien
Le contexte se prête à certaines réflexions sur les relations entre la Chine et Madagascar, pour ne citer que l'affaire de l'entrepse minière chinoise jugée indésirable par une partie de la population de Soamahamanina. Des relations qui ne datent pas des dernières décennies. L’histoire de notre pays, son évolution, ont été indirectement liées à celle de la Chine. Mais ce que notre pays représente pour ce mastodonte est une autre question car la réciprocité n’est pas toujours vraie. Que signifie la présence de la Chine pour Madagascar ? Que veut faire la Chine à Madagascar ? Et plus précisément : Qu’est-ce que la Chine veut faire de Madagascar ? La Chine peut, si elle veut, quand elle veut. Le jour où Madagascar aura le culot et la force de définir avec la Chine une vraie stratégie de collaboration et de partenariat, la vraie relation gagnant-gagnant pourra commencer.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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