<>  27 10 18 - RFI - Interview de Ketakandriana Rafitoson de TI-IM - « En ne jouant pas la transparence financière, les candidats méprisent les citoyens »
Le 7 novembre aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle qui verra s’affronter 36 candidats. Ketakandriana Rafitoson est la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar. En tant que représentante de la société civile, elle dénonce la débauche de moyens des trois plus gros candidats, les promesses ubuesques lancées à la foule lors de meetings fastueux, l’absence de projet concret de société et le manque de transparence des fonds investis dans la campagne. Une « situation indécente » explique Ketakandriana Rafitoson, « pour les millions de Malgaches qui peinent à se nourrir au quotidien ». Elle répond aux questions de Sarah Tétaud.
http://www.rfi.fr/emission/20181027-jouant-pas-transparence-financiere-candidats-meprisent-citoyens

<> 24 10 18 - Rohy et TI-IM - Communiqué face à l'actualité électorale
Face aux revendications émises par le collectif de candidats, le mouvement Rohy et TI-IM ne sont favorables ni au report des élections qui serait illégal, ni à une nouvelle transition
qui ne pourrait avoir que des impacts négatifs sur la population et le pays. Les deux associations considère que la CENI a fourni « des efforts consistants » pour fiabiliser la liste électorale. Rohy s’est organisé avec ses partenaires pour couvrir des bureaux de vote dans les lieux les plus peuplés et les plus enclavés. Il demande à tous les candidats de disposer des délégués dans les 24.853 bureaux afin de sécuriser au maximum le scrutin. Il exhorte le gouvernement à communiquer sur tous les aspects techniques de l’organisation car « le faible accès à l’information et le déficit actuel de communication entretiennent l’opacité et engendrent nécessairement des inquiétudes et des rumeurs incontrôlables ». Rohy et TI-IM ne sont pas non favorables à la mise en place d'une Cour Electorale Spéciale (CES) en cette période très proche du premier tour.
A ce jour aucun des 36 candidats n’a renvoyé le formulaire leur demandant les origines et le montant de leur budget de campagne qui leur a été transmis par la société civile, notamment le mouvement Rohy et Transparency International (TI-M). Le questionnaire avait pour but d’apprécier l’effectivité de la prise en compte de deux engagements de la Charte de bonne conduite et d’intégrité des candidats relatifs à la transparence financière de leur campagne.

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  23 10 18 - Amnesty International - Communiqué - Des milliers de personnes en détention préventive injustifiée, excessive et prolongée dans des conditions qui mettent leur vie en danger
52 personnes sont mortes en détention préventive en 2017, de nombreuses personnes, dont des femmes et des enfants, sont maintenues en détention préventive prolongée pour des infractions mineures telles que le vol. Les conditions de détention, déplorables, s’apparentent à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dénonce l’ONG. Intitulé « Punis parce qu’ils sont pauvres. Le recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive à Madagascar », le rapport sur lequel repose le communiqué se fonde sur des visites effectuées dans neuf établissements pénitentiaires, où plus de 11 000 personnes ont été placées arbitrairement en détention préventive, souvent pour des années. Amnesty a constaté que les conditions de détention des neuf établissements visités sont effroyables.
Télécharger le rapport d'Amnesty international :https://www.amnesty.org/download/Documents/AFR3589982018FRENCH.PDF (123 p.)

Voir la vidéo sur Facebook (1'53) : https://www.facebook.com/orangeactu/videos/318097598921821/

Amnesty international propose d'adresser un courrier à la ministre de la justice. Télécharger le modèle de lettre


- 19 10 18 - L'Express - Edito - Campagne ou caprice ?
A quoi sert une campagne dans un pays extrêmement pauvre ? A plus forte raison, à quoi sert une élection dont le budget est fourni par l’assistanat international ? Une campagne électorale d’une telle immoralité est complètement inutile. Les débats d’idées sont cruellement absents pour faire place à une avalanche de discours pompeux et des dépenses inconsidérées. Quant aux résultats, ils seront le fruit d’un tour de prestidigitation de la CENI et de la HCC, affirme l’auteur qui conclut : « Voilà pourquoi une campagne, une élection, ne sont que des artifices démocratiques dans un pays où le budget d’un candidat équivaut à six fois le montant de la Facilité de crédit du FMI sur trois ans. »

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14 10 18 - RFI - Présidentielle à Madagascar : Transparency International interpelle les candidats
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Depuis le 8 octobre, les caravanes des candidats défilent dans les rues étroites de la capitale. Ici, celle du candidat Andry Rajoelina. Ecrans géants mobiles, camions par dizaines, foule compacte de partisans, distribution de casquettes, t-shirts... Financements occultes ou fonds de campagne opaques, à Madagascar, « Transparency International Initiative Madagascar », interpelle les candidats à la présidentielle et les défie. L'organisation de la société civile vient d'envoyer aux 36 concurrents un questionnaire à remplir en ligne. Dix questions pour connaître leurs sources de financement et leur budget de pré-campagne et de campagne. Aux candidats de transformer leur discours sur la bonne gouvernance en actes concrets. Aux électeurs de s'inspirer de leurs réponses pour voter le 7 novembre prochain en connaissance de cause. De son côté, Transparency s'engage à enquêter sur la véracité des informations délivrées.
« Ce n'est pas l'argent qui doit dominer, ce sont les idées. Malheureusement, avec les distributions de goodies à tout va, on voit depuis les cinq jours de campagne électorale que les pratiques n'ont pas changé. » La déclaration de la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar est cinglante. Ketakandriana Rafitoson ne se fait guère d'illusions. Son organisation a des doutes sur l'efficacité de la toute récente Commission créée pour contrôler, à l'issue des élections, les comptes de campagne des candidats. « On est au cœur de la campagne et c'est au cœur de la campagne que le choix des citoyens se décide. Donc si on attend que la campagne soit terminée pour révéler les fraudes, les malversations, le choix de l'électeur sera fait : il sera trop tard », explique-t-elle.
En se basant sur des rapports publiés par plusieurs organisations de renommée internationale dont la sienne, Ketakandriana Rafitoson dénonce la provenance des fonds utilisés par les trois derniers ex-présidents aujourd'hui candidats. « Même s'ils le nient à corps et à cri, c'est un fait. M. Ravalomanana, M. Rajoelina et M. Rajaonarimampianina, qui successivement ont été à la tête de l'Etat, ont tous été impliqués d'une manière ou d'une autre dans le trafic de bois de rose, notamment, affirme la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar. Nous, notre démarche, c'est vraiment de dire à la population, "ne soyez pas amnésiques. Rappelez-vous de ce qu'il s'est passé et faites votre choix très rationnellement". Parce qu'il y va de l'enjeu de ce pays. S'ils investissent des millions d'euros dans cette campagne, ils ne le font pas pour nos beaux yeux. C'est qu'ils cherchent un retour sur investissement ». Soutiens d'entrepreneurs locaux, dont de grands noms de la finance et de l'industrie malgaches, mais également appuis étrangers, Transparency International cherche à savoir qui finance qui, et avec quelle contrepartie.
http://www.rfi.fr/afrique/20181012-presidentielle-madagascar-transparency-international-interpelle-candidats

11 10 18 - Le Monde - La crevette, cet "or rose" dont Madagascar ne voit pas la couleur
Les Ismail père et fils, « rois des gambas » dans la Grande île, ont recours à des circuits financiers offshore pour les millions de dollars tirés de l’exportation des crustacés. Leur société, Unima, domine cette industrie à Madagascar et a été la première à bénéficier de la certification Label Rouge décerné par le ministère français de l’agriculture. Les crustacés leur rapportent des millions de dollars qui se retrouvent dans un lacis de circuits financiers offshore opacifiés par une myriade de sociétés écrans, selon les « Panama Papers ». L’élevage de crevettes d’Unima est loué pour son côté écologique, mais sa capture de crevettes sauvages le long des côtes de la Grande Ile est controversée. Le chalutage d’Unima est en concurrence directe avec les pêcheurs locaux, qui dépendent de la mer pour leur subsistance. Pour Victor Galaz, professeur associé à l’université de Stockholm et auteur d’une étude sur les liens entre l’évasion fiscale et la dégradation environnementale causée par la pêche, quand une entreprise tire son profit d’une activité nuisible pour l’environnement tout en plaçant une partie de ses bénéfices dans les paradis fiscaux, les conséquences sont doubles : « Cela cause une perte considérable pour le pays où se déroule l’activité et des dégâts sur l’environnement, qui ont aussi un coût. » L’influence politique de la famille Ismail pourrait compliquer sa mise en cause dans l’impact fiscal et environnemental de l’activité d’Unima.

- 09 10 18 - Africanargument.org - 36 candidates, 4 ex-presidentes and a lot of money
Article en anglais de "African Arguments" sur la stratégie des candidats à l'élection présidentielle et le financement de leur campagne. L'article revient notamment sur le coût exhorbitant de la campagne
de Hery Rajaonarimampianina en 2013 : 43 millions de dollars soit 21,5 dollars par voix obtenue, quasiment le double du montant par électeur de Donald Trump en 2016 et environ 15 fois plus que celle de François Hollande, selon l'étude réalisée par la FES.

- 09 10 18 - Le Monde - A Madagascar, coup d'envoi d'une campagne électorale marquée par le combat des "ex"
La campagne électorale a officiellement débuté à Madagascar. Elle durera un mois, jusqu’au 7 novembre. Au-delà du ou des deux candidats qui parviendront à franchir le premier tour menant à la magistrature suprême parmi les 36 prétendants, l’enjeu sera de parvenir à conduire un processus électoral dont la régularité ne soit pas remise en cause. Au risque, si tel n’était pas le cas, de faire basculer la Grande Ile dans l’une de ces crises post-électorales dont elle est coutumière.

<> 09 10 18 - RFI - Polémique autour d'un nouvel accord de pêche avec la Chine
Un accord de pêche et d'aquaculture, d'un montant de 2,7 milliards de dollars, crée la polémique, éclipsant presque le début de la campagne présidentielle. Alertés par la société civile qui juge l'accord opaque, les médias se sont emparés de l'affaire. L'accord-cadre, conclu presque en catimini le 5 septembre dernier à Pékin entre l'Agence malgache de développement économique (ADMP) et un consortium d'investisseurs chinois (Taihe Century Investments Developments Co. Lmt), crée l'inquiétude. La nature même du contrat soulève des questionnements. Et les communications officielles contradictoires qui se sont succédées pour tenter de rassurer ont eu l'effet inverse. L’accord prévoit la création de plusieurs sociétés, dont une qui mobiliserait une flotte de pêche chinoise de 330 navires. Actuellement seuls 40 à 60 navires de pêche parcourent les côtes de la Grande Ile et les petits pêcheurs sont déjà lésés, fait-on remarquer.
Une pétition « pour tenter de protéger la population de l'île Madagascar et préserver son secteur halieutique fragile et unique » a été mise en ligne et a déjà recueilli plus de 14 000 signatures : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_gouvernement_Malgache_le_gouvernement_Chinois_Madagascar_Revoquer_laccord_de_peche_avec_la_Chine/?aXXjxnb&newuser=1

- 09 10 18 - RFI - Un début de campagne électorale sous tension
Les 22 candidats qui refusent d'aller à l'élection avec la liste électorale actuelle se sont rassemblés dans le quartier d'Ambohijatovo pour dénoncer des tricheries et exiger sa révision
. « Il y a des millions de Malgaches qui ne sont pas inscrits sur la liste électorale, explique Fanirisoa Ernaivo. Est-ce que l’OIF a dit combien de Malgaches n’étaient pas inscrits sur cette liste ? Non ! Est-ce que l’OIF a dit combien de décédés étaient inscrits sur cette liste ? Non ! Ils n’ont rien vu. Est-ce qu’ils savent combien de personnes sont des personnes qui n’existent pas dans cette liste ? Non ! Mais nous, on le sait ! » Ils dénoncent aussi des fraudes perpétrées par d'autres prétendants, notamment des distributions d'argent aux électeurs. C'est ce qu'explique le candidat Erick Rajaonary. « Nous devons demander des explications à la CENI. Il ne faut plus accepter les fraudes. Il ne faut plus seulement regarder les gros candidats, mais il faut aussi voir les autres. Nous pouvons faire avancer Madagascar. Nous sommes propres, mais pour les autres vous savez ce qui se passe : c'est sale. Voici ce qui pourrait arriver si ça continue : une crise postélectorale. Il faut éviter ça dans les plus brefs délais » Et d’ajouter, désabusé : « les résultats sont déjà connus. Ce n’est pas la peine de dépenser de l’argent et du temps à faire campagne. »
Pour répondre au collectif des 22 candidats, le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, a déclaré qu’il est impossible de toucher à la liste électorale. Diverses raisons d’ordre financière, technique et surtout juridique ne permettent pas d’accéder à cette demande. « C’est la Constitution qui fixe les dispositions d’ouverture et de clôture de cette liste », explique l’ancien secrétaire général du ministère de l’intérieur.

<> 01 10 18 - Tribune - Un plan d'indemnisation des trafiquants de bois de rose dénoncé par la société civile
L’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International- Initiative Madagascar (TI-IM) dénoncent le plan de système d’indemnisation des trafiquants de bois de rose que L’État envisage de mettre en place. Les deux entités demandent à la CITES de rejeter le business plan proposé par le gouvernement malgache, qui doit être présenté le 2 octobre à Sotchi. L’État présentera à la CITES sa proposition de mécanisme d’audit des stocks de bois précieux ainsi que son plan d’utilisation de ces stocks. Ce plan prévoit un système d’indemnisation des détenteurs illégaux de bois précieux ayant déclaré leurs stocks en 2011 afin de permettre l’audit et la sécurisation des grumes actuellement sous leur contrôle. Le plan prévoit à la suite de la réalisation de l’audit de ces stocks leur commercialisation, ainsi que celle des stocks déjà saisis par les autorités. Lors de la réunion du Comité permanent de la CITES, qui s’est tenue en 2017, une première version de ce business plan avait pourtant été rejeté, certaines dispositions du rapport devraient, d’après l’avis du Comité Permanent, faire l’objet de révisions. Le « nouveau » business plan ne répond toujours pas à de nombreuses recommandations exprimées par les Etats membres. Il ne prévoit aucun mécanisme de surveillance et de contrôle des produits des éventuelles ventes de bois précieux par l’Etat. Le plan est tout aussi silencieux sur l’impact que pourrait avoir cette vente sur l’exploitation illégale et le trafic de bois précieux. Une investigation récemment menée par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) a démontré que les réseaux mafieux de trafic de bois précieux opèrent encore en toute impunité, aidés par la complicité de personnalités issues de l’administration et du pouvoir politique. Cette enquête montre que certains candidats à la présidentielle ont été ou sont encore impliqués dans le trafic de bois précieux.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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