- Un peu plus de 1 000 partisans de Marc Ravalomanana se sont rassemblés dans le calme sur la place du 13-Mai, dans le centre de la capitale. 300 membres de forces de l’ordre étaient sur les lieux en début de journée et barraient l’accès à une partie de la place. Un barrage a finalement été levé une heure plus tard suite à une négociation, laissant les manifestants occuper les lieux. Marc Ravalomanana lui-même n’était pas présent mais ses proches, notamment des députés de son parti ou encore d’anciens candidats à la présidentielle qui l’ont soutenu pour le second tour étaient là. « Je suis responsable de ce que je dis. Il y a eu fraude massive dans tout Madagascar. Et vous, la CENI, vous êtes responsable de ce que vous avez fait. Vous avez menti au peuple malgache parce que c'est vous qui êtes les responsables de ces bulletins de vote irréguliers. Vous êtes des traitres et des voleurs ! On ne dit pas qu’il faut que notre candidat soit le vainqueur mais on dit simplement : donnez-nous la vérité », a lancé la députée Hanitra Razafimanantsoa. « Nous allons à nouveau nous rassembler jusqu'à ce que la vérité soit révélée. » Un nouveau rendez-vous a été fixé aux partisans du candidat le 2 janvier.

- 29 12 18 - Madagascar au bord d'une nouvelle crise post-électorale
Madagascar se retrouve à un nouveau tournant de son histoire, pour ne pas dire que le pays est au bord d’une nouvelle crise politique. Neuf ans après la terrible crise de 2009, ayant causé la chute du président Marc Ravalomanana, ce dernier entend revenir à la charge ce samedi. Certes, le contexte est différent, car il s’agit cette fois-ci d’une contestation des fraudes électorales massives lors du second tour de l’élection présidentielle du 19 décembre dernier. Néanmoins, il reste connexe à ladite crise, car le mouvement prévu ce jour oppose notamment cet ancien président de la République à son tombeur de l’époque, Andry Rajoelina qui mène également la course à la magistrature suprême.

<> 29 12 18 Seconde interpellation du mouvement ROHY sur le contexte politico-électoral
La plateforme Rohy, qui regroupe plus de 120 organisations de la société civile, dresse un premier bilan sévère du processus électoral.
Un gouvernement « dépourvu de neutralité », une campagne électorale « exécrable » où candidats rivaux se sont mutuellement dénigrés, des citoyens peu sensibilisés à l'élection, des fraudes... La liste des anomalies relevés par la société civile qui a déployé 7 000 observateurs dans les 22 régions est longue. La plateforme demande à la HCC de contrôler tous les résultats des bureaux de vote qui posent problème et de ne pas se contenter de vérifier les procès-verbaux, mais aussi des bulletins de vote. Elle appelle la Cour à saisir la justice pour poursuivre les auteurs d’infractions. L’organisation a constaté des fraudes et en a dressé la liste. Des observateurs ont notamment été témoins d’achats de vote avec de l’argent ou des biens matériels. Si Marc Ravalomanana a dénoncé des fraudes massives, elles ont été le fait des deux camps, tient à préciser Faraniaina Ramarosaona, l’une des responsables de l’organisation. Dans ce climat de contestation des résultats par Marc Ravalomanana, la société civile déclare : « Le candidat perdant doit accepter les résultats une fois que toutes les irrégularités, s'il y en a, auront été traitées de manière juste. »

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27 12 18 - Le Monde - L'ancien président Andry Rajoelina déclaré vainqueur
Selon les résultats provisoires de la CENI Andry Rajoelina remporte l‘élection présidentielle avec 55,66 % des suffrages exprimés.
Marc Ravalomanana a récolté 44,34 % des voix. Le taux de participation au second tour a baissé comparé au premier tour. Il est de 48,09 %. Les résultats provisoires restent à confirmer par la Haute Cour Constitutionnelle. Après cette confirmation s‘effectuera la passation entre le président de la République par intérim, Rivo Rakotovao, et le nouveau président. Selon la loi électorale la HCC dispose d‘un délai maximum de 9 jours pour procéder à la proclamation officielle des résultats définitifs, soit au plus tard le 5 janvier.
Le candidat Andry Rajoelina était présent à la cérémonie de proclamation à la CENI, contrairement au candidat Marc Ravalomanana. Quelques membres du gouvernement ont également répondu à l’invitation. En s'adressant aux deux candidats, Hery Rakotoarimanana a indiqué : « Vous êtes des leaders de ce pays. Les taux que vous avez obtenu sont tous respectables. Si vous aimez vraiment Madagascar, vous avez l'obligation de trouver un consensus pour les 24 millions de malgaches. Faites taire vos égos respectifs pour l'amour de nos compatriotes. Faites un geste pour que tout le monde puisse constater votre bonne foi. Il ne faut pas attendre que le pays tombe dans le chaos avant de réagir. Mais surtout, il n'est plus question de revivre une crise qui serait catastrophique pour le peuple malgache. »
Les partisans de Marc Ravalomanana prévoient de se rassembler sur le parvis de l'hôtel de ville le 29 décembre pour « manifester contre les résultats provisoires du second tour du scrutin présidentiel ».

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21/12 – Premiers échos du second tour de la présidentielle.
Les deux finalistes se sont déclarés devant leurs partisans convaincus de remporter la victoire, quelques heures à peine après la clôture du scrutin
. « Le changement arrive demain et, dès aujourd'hui, vous pouvez dire que 'Dada' est élu, a lancé Marc Ravalomanana à son quartier général. Quoi qu'il arrive, une seule chose compte, on va remporter la victoire ! » Son rival lui a emboîté le pas peu de temps après. « C'est le numéro 13 qui mène dans tout Madagascar, a asséné Andry Rajoelina. Je suis persuadé de remporter une victoire mais on va attendre les résultats officiels. » « Je suis un démocrate, j’accepterai quel que soit le verdict des urnes », a-t-il déclaré pour la première fois, après voir laissé planer le doute sur ses intentions. Marc Ravalomanana a souligné qu’il rejettera ces résultats s’il s’avère que, d’une part, les fausses cartes d’identité nationales qu’il déclare « avoir été imprimées massivement au sein de l’Imprimerie national » ont été utilisées et, d’autre part, que le ministère de l’intérieur a véritablement fait preuve de favoritisme envers son adversaire. Pour Midi, « cette déclaration de Marc Ravalomanana s’apparente à une préparation de l’opinion publique à un mouvement de contestation populaire ». Le risque d’une nouvelle crise nouvelle postélectorale ne serait pas à écarter. Le premier ministre, Christian Ntsay, a lancé un message à l’endroit des deux candidats pour leur signifier que « la déstabilisation ne procurera de bien à qui que ce soit ». Il déclare qu’il compte sur la dignité de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina et les sollicite à maîtriser leurs partisans.

Selon les résultats provisoires publiés par la CENI le 20 au soir, portant sur 20 % des bureaux de vote, Andry Rajoelina arrive largement en tête, avec plus de 54 % des voix. La participation serait de l'ordre de 47 % en forte baisse par rapport à celle du premier tour (54 %). Le vote blanc (7 % au 1er tour) pourrait progresser. « L’appel au vote blanc exprime le refus de choisir entre des hommes dont on connaît le passé et une lassitude générale à l’égard de politiques qui ne changent pas le quotidien », analyse Juvence Ramasy, maître de conférences à l’université de Toamasina. Les résultats provisoires de la CENI seront connus au plus tard le 29 décembre. Le nouveau Président de la République de devrait être connu officiellement le 9 janvier.

Le scrutin s’est déroulé d’une manière générale dans le calme et aucun dysfonctionnement majeur n’aurait été constaté dans le déroulement des opérations. Reste à fournir des éclaircissements sur l’usage qui aurait été fait de fausses cartes d’électeurs et de fausses cartes d’identité, rumeur répandue dans les jours précédant le scrutin. Un expert international recommande de procéder à une expertise scientifique des documents utilisés avant publication officielle des résultats.

Les membres du Groupe international de Soutien à Madagascar (GIS-M) ont appelé les deux candidats et leurs partisans à faire preuve d’esprit de responsabilité et d’engagement envers l’intérêt général de Madagascar et de son peuple, ainsi qu’à respecter en toutes circonstances les lois et règlements en vigueur et à s’abstenir de tout acte qui soit de nature à perturber le processus en cours ou à engendrer des troubles. Ils soulignent la responsabilité particulière des deux candidats et de leur entourage respectif par rapport aux réactions éventuelles des segments de la population qui soutiennent chacun d’entre eux et les mettent en garde contre toute incitation, par commission ou omission, a des actes susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes et des biens. Ils ont exhorté les deux candidats à respecter scrupuleusement les prérogatives de la CENI et de la HCC en matière de proclamation des résultats de l’élection et à s’en tenir exclusivement aux voies légales pour le règlement de tout contentieux ou toute contestation et ont appelé lesdits candidats à sensibiliser leurs partisans dans ce sens.

- 20 12 18 – France Culture - Présidentielle à Madagascar : une île prisonnière du jeu des élites ?
Même si les deux finalistes se disent certains de leur victoire, aucun ne conteste le scrutin : déjà un point acquis pour Madagascar, traversée par des crises post-électorales régulières depuis 1991. Ce duel entre anciens présidents fortunés peut-il aussi sortir le pays du sous-développement ? Intervenante : Christiane Rafidinarivo, professeure en science politique, université de la Réunion - chercheuse au CEVIPOF de Sciences Po - Présidente du Conseil scientifique de l’Institut d’Etudes Politiques de Madagascar.
https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/madagascar-election-presidentielle

-18 12 18 - Le Monde - Laurence Caramel - Second tour sous tension à Madagascar
L'ombre de la crise de 2009 n'a jamais cessé de planer sur la campagne qui s'achève. Le scrutin, qui se déroulera le 19 décembre, s'annonce serré. Les protagonistes ont été prévenus par les partenaires internationaux que toute infraction à la légalité sera sanctionnée.

<> 17 12 18 Le Monde -Laurence Caramel - Les nouveaux justiciers de Madagascar
Alors que les Malgaches s’apprêtent à voter pour départager Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina lors du second tour de l’élection présidentielle, l’insécurité s’est imposée comme un des principaux thèmes de la campagne. Le premier s’est engagé à l’« éradiquer dans les cent jours » qui suivront son accession au pouvoir. Le second promet des miracles grâce au déploiement de hautes technologies adaptées à la traque des criminels. En attendant, face aux carences de l’Etat, bien des Malgaches semblent avoir décidé de se faire justice eux-mêmes. Les vindictes populaires se multiplient. Dans les villes comme dans les campagnes les plus reculées, la colère des victimes de vols ou d’agressions tourne au désir de vengeance : suspects exécutés par la foule, brûlés vifs et parfois même extraits des tribunaux ou des centres détention avant d’être battus à mort, en dépit de la présence des forces de l’ordre, policiers, eux-mêmes pris à partie pour leur complicité, avérée ou supposée, avec les délinquants…Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, la justice populaire « représente un risque élevé pour la paix. Elle anéantit les individus, la société et l’Etat lui-même ». Mais dans certaines régions, la justice populaire offre un autre visage, celle des Dina, convention villageoise qui constitue la plus ancienne forme de contrat dans la société malgache et repose sur un pacte clair entre les membres de la communauté.

<> 15 12 18 - Amnesty International - Six femmes et leur combat pour la justice à Madagascar
À Madagascar, des gens languissent en détention pendant des mois dans l’attente de leur procès, sans en connaître la date. Quand Tamara Léger, spécialiste de Madagascar à Amnesty International, a croisé six femmes incarcérées pour un crime qu’elles n’avaient pas commis, elle a compris qu’elle devait agir. La situation de ces femmes vient de connaître un dénouement heureux.

13 12 18 - L'Expansion-L'Express - Les Chinois sèment la zizanie chez les pêcheurs de Madagascar
L'annonce en septembre de la conclusion d'un accord de pêche signé en marge d'un forum à Pékin entre des investisseurs chinois et une association privée malgache a mis le feu aux poudres. En pleine campagne pour la présidentielle des 7 novembre et 19 décembre, la controverse a pris une tournure très politique. Le texte de l'accord n'a pas été publié mais selon des indiscrétions, il s'agit d'un partenariat d'un montant global de 2,7 milliards de dollars qui prévoit notamment la livraison à des pêcheurs malgaches de 330 bateaux modernes et réfrigérés de 14 mètres. Ces bateaux doivent "remplacer les pirogues traditionnelles", assure l'Agence malgache de développement et de promotion des entreprises (AMDP), l'association de droit privé qui a négocié et conclu cet accord avec le consortium chinois Taihe. Ces bateaux, qui seront fournis gratuitement par les Chinois, sont censés permettre aux pêcheurs malgaches "d'augmenter leur capacité de production", explique un responsable de l'AMDP. Une partie des poissons pêchés sera vendue sur le marché local. Le "surplus" restera aux Chinois, poursuit-il. Les 330 bateaux doivent générer à terme 130.000 tonnes de poissons pêchés par an, selon l'AMDP. Un chiffre qui s'approche du niveau de production de pêche de Madagascar en 2017 (163.492 tonnes). L'AMDP reconnaît que "l'impact sur l'environnement reste à évaluer". Mais, tempère-t-elle immédiatement, l'accord prévoit "un projet d'aquaculture pour repeupler la faune maritime sur le littoral". Pas de quoi rassurer les ONG, "pas convaincues" que l'accord "présente de réelles opportunités économiques pour les pêcheurs" malgaches. La proximité de l'AMDP avec l'ancien chef de l'Etat - cette association est dirigée par son conseiller spécial Hugues Ratsiferana - et la date de la signature suscitent de nombreuses interrogations.

- 05 12 18 - Réforme - Reportage à Madagascar - Protestants de Madagascar, la tentation politique
« Présence protestante » diffuse le 16 décembre sur France 2 un reportage sur Madagascar, quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle. Le reportage de Jérémy Frey, « Protestants de Madagascar, la tentation politique », aborde un sujet sensible : quel est le poids des Églises et institutions protestantes dans le scrutin qui se déroulera le 19 décembre ? Il apporte des éclairages essentiels sur cette question dans le cadre de la visite que la délégation française protestante a rendue aux fédérations, la FJKM, luthéro-réformée, et la MRE, évangélique, au mois d’octobre. François Clavairoly, président, et Georges Michel, secrétaire général de la FPF, livrent leur analyse. Les représentants ecclésiaux locaux dépeignent ce qui se passe dans le pays, et parfois même dans leurs Églises. L’appartenance confessionnelle affichée des candidats, les consignes de vote données dans des assemblées, ou encore l’islam en expansion, accusé d’acheter des conversions de jeunes gens, sont ouvertement évoqués. Apparaît aussi le jeu trouble de candidats chrétiens, se présentant sous la bannière d’une Église, financés par les pétrodollars de la péninsule arabique ou de connivence avec le monde musulman.

<> 03 12 18 - GEC Europe - Madagascar, une démocratie contrefaite
Le premier tour de l’élection présidentielle la plus ouverte que Madagascar ait connu depuis ces dernières années vient d’avoir lieu. La phase préélectorale a été semée de coups de force dont des menaces contre le président en exercice et l’imposition d’un gouvernement d’union nationale reflétant la mainmise du candidat Rajoelina sur le Parlement et sur une bonne partie de la classe politique. Ce sont les faits les plus saillants de ce processus caractérisé par des manœuvres complexes dont des tentatives de report des dates arrêtées. Il faut rappeler de nouveau le substrat du processus électoral caractérisé par l’insertion de nouvelles factions criminelles dans la politique et dans les configurations partisanes héritières mal en point d’une IIIe République déchirée par des guerres civiles de faible intensité. Ce serait aussi sous-estimer le poids de l’armée et l’intrusion des puissances extérieures dans une épreuve qui marginalise les éventuelles alternatives aux rentiers du pillage des ressources naturelles de l’île. Tandis que l’élection présidentielle donnent à l’État une apparence démocratique, l’intervention des puissances étrangères joue un rôle prépondérant.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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