- 22 04 17 - Jeune Afrique - Madagascar : timide reprise, grands défis
Si la Grande Île a renoué avec la stabilité politique, l’environnement reste compliqué pour les acteurs. Le passage le 7 mars du cyclone Enawo – le pire qu’ait connu le pays en treize ans – a laissé la côte Est exsangue, et en particulier la Sava, cette région agricole du Nord-Est d’où provient l’essentiel de la production de vanille, secteur qui était déjà en difficulté. Pourtant, la Grande Île fait l’objet d’un regain d’intérêt de la part des investisseurs internationaux ces derniers mois. « Nous sortons d’une période euphorique, qui a commencé avec la visite en novembre 2016 du roi du Maroc, Mohammed VI, qui avait amené avec lui une kyrielle d’entreprises de son pays, explique le karana Hassanein Hiridjee. Par la suite, le sommet de l’OIF a été une véritable réussite, alors qu’on nous avait prédit une catastrophe. Et enfin, en décembre, il y a eu le succès de la conférence des bailleurs de fonds de Paris. ». De manière générale, les chefs d’entreprise ne nient pas ce retour récent de Madagascar sur les écrans radars des investisseurs vanté par le président, mais ils doutent de la concrétisation de toutes ces promesses alors que les écuries politiques se mettent à nouveau en ordre de marche en vue de la présidentielle prévue fin 2018. Certains disent que Madagascar est instable, et l’histoire récente ne les contredit pas. Mais il y a des signes qui montrent que le pire n’est pas inéluctable.

- 20 04 17 - Pétition de la société civile malgache en faveur de la libération du militant écologiste Clovis Razafimalala
(Cf. revue de presse mars 2017 p.12)
Cela fait sept mois que Clovis a été arrêté pour la destruction présumée de biens et de documents publics au cours d’une manifestation à laquelle il n’a pas participé. Par la suite il a été inculpé de rébellion, de destruction de documents et de biens publics et d’incendie volontaire. Dans un communiqué de presse et une lettre au gouvernement, Amnesty International a demandé la libération immédiate et sans conditions de ce militant écologiste détenu pour des raisons politiques. Amnesty International considère qu’il est détenu de manière illégale sur la base d’accusations forgées de toutes pièces en raison de ses activités militantes écologistes et pacifiques de lutte contre le trafic illicite des ressources naturelles de Madagascar.
Clovis Razafimalala est un militant écologiste réputé à Madagascar qui a dénoncé à de nombreuses reprises le trafic illicite de bois de rose et d’autres essences de bois dans le cadre de son rôle de coordinateur de la coalition Maroantsetra Lampogno, un groupe luttant contre le trafic illicite de ressources naturelles.
Amnesty international propose de signer et faire signer la pétition mise en ligne par la société civile malgache : https://www.rainforest-rescue.org/petitions/1072/free-forest-guardian-clovis

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09 04 17 - Tribune - Communiqué de la société civile Rohy - La lutte contre la corruption et le fonctionnement des institutions de la République toujours en danger

Claudine Razaimamonjy, l’omniprésente conseillère spéciale de la présidence et femme d’affaires, réputée proche du couple présidentiel, a été appréhendée par les forces de l’ordre et transférée au Bianco. Son arrestation entrerait dans le cadre de l’affaire de détournement de fonds destinés à 13 communes, un dossier en instruction à la Chaîne pénale anti-corruption. Elle serait également impliquée dans plusieurs affaires de favoritisme, de détournement de deniers publics, de faux en écriture publique, d’abus de fonction et de blanchiment de capitaux.

Après 4 jours de garde à vue, Claudine Razaimamonjy a été déférée devant la Chaine pénale anticorruption puisplacée sous mandat de dépôt. A la notification de sa mise en détention, elle a « fait un malaise ». Son avocat a exigé qu’elle soit transférée aux urgences d’un hôpital de la capitale, sans se soumettre à l'auscultation préalable du médecin de la prison. « Un non-respect de la procédure », selon le Bianco. La date de la seconde comparution pourrait n’avoir lieu que dans plusieurs mois. Claudine Razaimamonjy devra donc patienter, à l'hôpital ou en prison. Le ministre de la justice Charles Andriamiseza est intervenu sur les ondes de la RNM pour affirmer que les droits de la défense n’avaient pas été respectés. Le syndicat des magistrats de Madagascar affirme que la déclaration du ministre de la justice n’engage que lui et non le corps des magistrats. Les partisans de Claudine Razaimamonjy se sont mobilisés contre le Bianco pour obtenir sa libération.

pov 08 04 17L’Express se félicite, une fois n’est pas coutume, de l’indépendance de la justice, qui n’a pas cédé aux pressions des proches du pouvoir. Mais « qui peut garantir que cette décision d’incarcérer la conseillère du président n’a pas obéi à d’autres forces extérieures ? », s’interroge le quotidien. Tribune écrit : « L’action courageuse du Bianco renforcée par la non moins décision courageuse de la Chaîne pénale anti-corruption génère une large vague de soutien sur les médias sociaux. Et fait assez rare pour être souligné, cette vague réunit un large spectre qui va des opposants à la société civile, en passant par les simples citoyens, et même le Syndicat de la Magistrature ». Le site rappelle cependant que le seul baron de bois de rose appréhendé par le Bianco, Bekasy, a également été mis sous mandat de dépôt mais que des personnalités haut placées sont parvenues à le faire libérer et à le rendre introuvable. « Claudine Razaimamonjy prendrait-elle le même chemin ? », s’interroge-t-il, redoutant que la femme d’affaires échappe elle aussi à des poursuites qui, si elles allaient à leur terme, risqueraient de mettre en cause nombre de proches du pouvoir.

Dans son communiqué l’organisation de la société civile Rohy réaffirme son soutien aux organes de lutte contre la corruption.

 

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