Les articles de presse rapportant des revendications de levée de la suspension des activités du projet Base Toliara, ont repris à un rythme accéléré. Pour le Collectif Tany, leur lecture nécessite des clarifications supplémentaires. En effet, le rachat de la société australienne Base Ressources par la compagnie américaine Energy Fuels, transforme radicalement les activités de Base Toliara. En plus de l’ilménite, du zircon et du rutile, des terres rares ainsi que des « quantités importantes d’uranium seront également produites (…) à faible coût (…) à partir de la monazite ». Pour Tany, « le gouvernement devrait prendre conscience des risques graves supplémentaires pour la santé des communautés riveraines, consécutifs à l’exploitation de la monazite connue pour sa forte radioactivité. Sans oublier les effets néfastes pour la santé de l’extraction du zircon qui ont déjà fait l’objet de plusieurs alertes de scientifiques et organisations. Les promoteurs et lobbyistes du projet Base Toliara osent dire et écrire que les exploitations minières ne provoquent pas de maladies. (…) En mars 2024, des stations de radio privées basées à Toliara qui ont accepté de diffuser des émissions visant à fournir aux communautés concernées les informations essentielles (…) sur les impacts des opérations prévues d’exploitation de la monazite (…) ont été sommées par le bureau du chef de district et le bureau régional du ministère de la communication, de mettre fin à ces émissions, sous prétexte que celles-ci porteraient atteinte à l’ordre public. » Des articles de presse paru le 28 juin ont annoncé une forte mobilisation de la population de Toliara pour le redémarrage du projet. Une manipulation grossière et manifeste : les articles concernent en réalité des défilés de la fête de l’indépendance du 26 juin ! En conclusion le Collectif écrit : « Une éventuelle réouverture du projet Base Toliara n’amènera pas “l’indépendance économique” dans la région Atsimo-Andrefana, comme le suggèrent les concepteurs des articles de presse. Pour diverses raisons, les régions où se réalisent des exploitations minières par les sociétés Rio Tinto QMM et Ambatovy à Madagascar, depuis plus de dix ans, ne jouissent ni d’une indépendance ni d’une autonomie économiques. Et dans le monde, aucun pays dit “en voie de développement”, qui ne dispose ni d’une politique publique audacieuse, ni de ressources humaines nationales compétentes ni d’une maîtrise des moyens techniques nécessaires permettant de tirer profit de ses ressources minières au bénéfice du pays et de l’ensemble de sa population, n’est devenu économiquement indépendant grâce à l’exploitation de ses richesses minières. Les analystes du domaine parlent plutôt de “malédiction des ressources ” »
Des documents consultés par « Le Monde » révèlent que l’Agence nationale antifraude a été utilisée par la présidence malgache pour acquérir du matériel de cyberespionnage fin 2021.
l’Agence nationale antifraude (ANAF) a signé en décembre 2021 un contrat de 4,95 millions d’euros avec l’entreprise britannique Signum Intelligence Ltd, spécialisée dans la vente de matériels de cybersurveillance, et notamment du logiciel espion Predator. Le document d’une trentaine de pages, auquel Le Monde a eu accès, prévoit une prestation, avec une assistance technique, sur une durée de trois ans.
Celle-ci a été réglée à partir d’une ligne de crédit prise sur le budget de la présidence de la République. Cette transaction de gré à gré et destinée à « être tenue secrète », selon le rapport remis par l’agence à la Commission des marchés publics, porte sur la « fourniture de matériels techniques spécifiques relatifs à l’investigation pour la sécurité nationale ».
52 organisations de la société civile regroupées dans la plateforme Rohy : « La HCC ne doit pas être une source de conflits et de désordre. Elles estiment que la HCC a une grande responsabilité pour traiter avec diligence, impartialité et dignité, les requêtes et plaintes des parties prenantes afin de protéger les choix et la volonté du peuple. Elle doit jouer pleinement son rôle pour faire respecter l’État de droit et consolider la démocratie. D’après la société civile, la déclaration publique faite après le scrutin par les forces de l’ordre sous forme d’avertissement mettant en garde contre toute « perturbation », montre que celles-ci semblent vouloir poursuivre ses pratiques répressives en niant le droit de manifester, à l’encontre de la population qui réclame les libertés et le respect de l’État de droit. Cette attitude génère une situation potentiellement explosive fondée sur la frustration populaire. Elle met en péril la cohésion sociale, la démocratie, l’État de droit et aura des conséquences désastreuses sur le développement du pays, explique-t-elle. La société civile demande à la HCC et aux juridictions compétentes de procéder à l’annulation des voix des candidats auteurs d’infractions durant la campagne électorale et de sanctionner les candidats ayant délibérément violé les lois et principes en vigueur ainsi que les auteurs et commanditaires des fraudes et modifications des résultats de vote affectant l’intégrité des élections. Au mois d’avril, la société civile a déjà dénoncé les représailles politiques et l’instrumentalisation de la HCC après la déchéance des deux leaders du Parlement. Christine Razanamahasoa et Herimanana Razafimahefa, auparavant fervents partisans du président ont été écarté après des propos critiques sur la dérive du régime.
<>07/06/24 - Amnesty International – Les autorités doivent libérer immédiatement une députée arrêtée arbitrairement après avoir dénoncé des irrégularités électorales
Les autorités malgaches doivent libérer immédiatement et sans condition la députée Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly, arbitrairement arrêtée et accusée d’avoir orchestré des manifestations à la suite d’une plainte officielle qu’elle a déposée au sujet de la crédibilité des élections législatives du mois dernier, a déclaré Amnesty International vendredi 7 juin 2024.
Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly est détenue arbitrairement depuis son arrestation le 31 mai. Elle a été arrêtée après avoir dénoncé des irrégularités dans son district de Tsihombe, dans le sud de Madagascar, lors des élections du 29 mai.
« Il est scandaleux que les autorités malgaches aient arrêté la députée Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly pour avoir déposé une plainte au sujet de l’équité des élections législatives dans son district, a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.
Il est scandaleux que les autorités malgaches aient arrêté la députée Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly pour avoir déposé une plainte au sujet de l’équité des élections législatives dans son district.
Tigere Chagutah, directeur régional pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe à Amnesty International
Son maintien en détention arbitraire porte atteinte à son droit à la liberté d’expression et d’association. Les autorités doivent libérer immédiatement et sans condition Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly, détenue uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits humains. »
Le 31 mai, sans mandat de perquisition ni mandat d’arrêt, une cinquantaine de policiers et de gendarmes malgaches ont emmené de force la députée depuis son domicile dans le district de Tsihombe. Ils l’ont conduite à Ambovombe, à environ deux heures de route, où elle est arbitrairement assignée à résidence depuis lors.
« Il est évident que les autorités malgaches maintiennent Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly en détention pour des raisons politiques. Ces tactiques répressives bafouent les obligations de Madagascar en vertu du droit régional et international relatif aux droits humains, notamment en ce qui concerne le droit de circuler librement et de choisir sa résidence au sein d’un État, comme le prévoit la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples », a déclaré Tigere Chagutah.
Il est évident que les autorités malgaches maintiennent Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly en détention pour des raisons politiques.
Tigere Chagutah
Complément d’information
Des élections législatives ont eu lieu à Madagascar le 29 mai 2024. Le processus aurait été entaché par des irrégularités électorales que des électeurs auraient vues et filmées dans le district de Tsihombe. Parmi ces irrégularités figurent le refus aux délégués de trois des quatre candidats aux élections législatives d’entrer dans des bureaux de vote, le décompte des votes en leur absence, l’inscription de mineur·e·s sur les listes électorales et le recours à des menaces et à des actes d’intimidation.
Des manifestations ont éclaté deux jours plus tard, le 31 mai, peu de temps après que Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly, conjointement avec un autre candidat, Christian Vontsoa, eurent déposé une plainte officielle auprès des autorités compétentes, appelant à agir face à ces irrégularités. Ces manifestations ont donné lieu à l’incendie de deux bâtiments administratifs de la commission électorale.
Les tentatives grossières de manipulation risquent d’être la goutte d’eau qui va faire déborder le vase des frustrations de la population. (…) Le clan Rajoelina ne s’est plus caché pour tenter d’orienter le processus électoral en sa faveur. (…) Le contexte dans lequel les élections se sont déroulées ne peut que nourrir la colère. Insécurité, délestages d’eau et d’électricité, état des routes se sont ajoutés aux arrestations arbitraires et autres actes de malfaisance politique. (…) La logique issue de la réussite du coup d’État de 2009 continue de prévaloir : le succès nécessite juste une bonne dose d’aplomb, de force et d’avantages matériels pour les corps en uniformes. (…) L’impact de la méthode sur la suite du mandat présidentiel et, à plus long terme, sur la considération accordée à l’ensemble des institutions du pays par la population et toutes les autres parties prenantes, ne pourrait être que désastreux. (…) La HCC saura-t-elle se rattraper pour éteindre le feu post-législatives ? Le doute est permis, à la fois à cause des pratiques habituelles de servilité de la HCC envers Iavoloha, mais aussi du fait d’anecdotes qui autorisent le questionnement sur la probité personnelle de certains juges. (…) Madagascar se trouve donc à la croisée des chemins. La tension politique va monter vers des niveaux dangereux, et une gestion arrogante par la répression, l’intimidation et le juridisme ne pourrait que rajouter de l’huile sur le feu. (…) Aveuglé par sa mégalomanie narcissique mais prisonnier de son entourage, Andry Rajoelina s’enferme de plus en plus dans une cloche qui le coupe des réalités, et qui le fait vivre dans des illusions alimentées par ses courtisans qui lui disent ce qu’il aime entendre.Difficile pour lui d’être lucide dans ces conditions, d’autant plus que sa propension au populisme et au werawera ne l’a pas préparé à être raisonnable. Certains médias ont mis en lumière il y a quelques jours que le chef de l’État vient de fêter son cinquantième anniversaire. On espère pour le peuple malgache que cet âge pourra enfin lui octroyer la sagesse et la maturité nécessaires à un minimum de dignité de la fonction. »
La Cellule de suivi des Elections (CSE) de Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG) présente a présenté le 27/05 les résultats de son travail de monitoring pour les élections législatives 2024. En général, cette campagne électorale s’illustre par une certaine « sobriété » en termes de dépenses électorales bien que certains candidats aient suivi la voie habituelle d’une mobilisation financière frisant l’extravagance et des pratiques absurdes.
Les soupçons de corruption électorale persistent : distributions d’argent, promesses de dons financiers, distributions de goodies. Des faits qui, tout en polluant les débats d’idée, rendent l’exercice de la campagne électorale de moins en moins crédible, si l’on s’en tient aux comportements de certains candidats (achat au triple du prix normal d’un article ou d’un produit sur un étal ou une épicerie dès lors que la couleur du parti est mise en avant ; promesse de millions d’ariary à la commune en retour de l’élection d’un candidat, etc.
Plusieurs débats ont pu être faits, avec le concours des organisations de la société civile qui ont pu organiser des rencontres entre candidats afin qu’ils exposent leurs idées. Néanmoins, l’offre électorale et politique en soi reste majoritairement faible en termes de contenus, les candidats se satisfaisant souvent de discours tout-faits, de promesses difficilement en lien avec le poste qu’ils briguent, de vagues engagements qui ne sont pas étayés par des stratégies voire des plans d’actions à expliquer aux électeurs.
Il est aussi important de toujours constater certains chevauchements qui interpellent : la tenue, par la Présidence de la République, de plusieurs évènements publics savamment déguisés en « fanolorana » (offre, présentation) d’une structure publique quand il s’agit clairement d’inaugurations en pleine campagne électorale, interdites par la législation en vigueur.
Enfin, dans ce climat incertain, il est important de saluer l’effort visible de certains candidats qui misent sur les démarches de porte-à-porte organisées par leurs militants dans les quartiers, favorisant le dialogue avec les citoyens dans le cadre d’une élection de proximité.
La situation des droits de l’homme stagne, selon les États-Unis. Le département d’État a publié son rapport pour l’année 2023. Un document qui présente une image peu flatteuse de la situation. Il rapporte en sept sections ce qu’il affirme comme étant « les problèmes importants en matière de droits de l’homme » dans la Grande île : le respect de l’intégrité de la personne, le respect des libertés civiles, y compris la liberté de la presse, la liberté de participer au processus politique, la question de « la corruption au sein du gouvernement ». La position du gouvernement à l’égard de la surveillance et des enquêtes internationales et non gouvernementales sur les violations présumées des droits de l’homme constitue la section 5. Elle est suivie par celle sur la discrimination et les abus sociétaux. La partie concernant les droits des travailleurs constitue la dernière section. Le document est une succession de rapports de faits provenant de différentes sources : la presse, le rapport de la CNIDH, des publications ou des réactions du Haut-commissariat des Nations unies sur les droits de l’Homme (HCDH), du sous-comité des Nations unies pour la prévention de la torture et les réseaux sociaux. Le rapport traite notamment d’exécutions arbitraires ou illégales, y compris des exécutions extrajudiciaires, de torture, de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants infligés par des agents du gouvernement [Forces de défense et de sécurité (FDS)]. Des agents du gouvernement auraient commis des exécutions arbitraires ou illégales de personnes soupçonnées d’activités criminelles. Le département d’État parle aussi « de prisonniers ou de détenus politiques ». Il y met également l’accent sur « de graves restrictions à la liberté d’expression et à la liberté des médias, notamment des arrestations ou des poursuites injustifiées de militants des médias sociaux, la censure et l’application de lois pénales sur la diffamation pour limiter l’expression ». Soulevant les difficultés « pour les entités politiques d’opposition » à obtenir des autorisations de réunion publique, le département d’État parle ainsi « d’une ingérence substantielle dans la liberté de réunion pacifique ». Parmi les sujets soulevés dans le rapport, il y a aussi « la violence basée sur le genre généralisée et la traite des êtres humains, y compris le travail forcé ». Le rapport regrette la persistance des violences domestiques ou encore du harcèlement fondé sur le genre. Le manque de ressources pour mener les enquêtes et les arrestations, ou encore, la pression culturelle, familiale ou communautaire, qui tend, dans une certaine mesure, à devenir une complicité, sont indiqués comme des freins à l’application de la loi. Il déplore également que « la maltraitance des enfants, y compris le viol » et « la persistance “du mariage d’enfants précoce et forcé. Au cours de l’année, les autorités ont signalé une augmentation de la vente d’enfants ». La corruption est une nouvelle fois pointée du doigt. Le résumé du rapport conclut qu’en matière de violation des droits humains « l’impunité reste un problème ».
<>17/05 - Dans un communiqué, les organisations paysannes et les organisations de la société civile dénoncent les « Les intimidations et des fortes pressions que subissent les habitants de la commune d'Ambatolahy dans la région d'Ihorombe, où L’État a loué à la société multinationale italienne Tozzi Green 11 000 hectares de terres dans le cadre de 2 contrats de location de 30 ans chacun en 2012 puis en 2018. L’entreprise dit avoir restitué 3 900 hectares. » Il est reproché à l’entreprise soutenue par plusieurs banques internationales, d’avoir développé des cultures de rente (jatropha, puis maïs pour l’alimentation animale, géranium, arbres pour obtenir des crédits carbone, projet de monoculture d’acacias et d’eucalyptus pour la production d’huile essentielle) sur des terres que les habitants avaient refusé d’abandonner et qui permettaient de les faire vivre (zones de pâturage, culture de denrées alimentaires…) Les communautés affirment que les activités de l’entreprise n'ont pas apporté le développement pour la majorité de la population. La pénétration des zébus sur les plantations de l’entreprise a causé divers litiges et sanctions. L'entreprise avait déclaré qu'elle donnerait du travail aux habitants mais la majorité des emplois proposés concernent des travaux temporaires, voire journaliers. Les organisations paysannes n’ont pas été invitées aux réunions de consultation publique sur le projet de reboisement et elles subissent des pressions de l’entreprise pour accepter ce projet, avec l’appui de la gendarmerie. La communauté confirme son refus du projet de plantation d’arbres. Ils ne sont pas opposés au développement mais le souhaitent pour la majorité voire tous les habitants
Suite à la fermeture de la société chinoise REENOVA et à l’acquisition de ses actions par la compagnie minière australienne Harena Resources (75% des actions) et par la société anglaise Citius Resources Plc (25 % des actions) en avril 2023, le projet d’extraction de terres rares situé sur la péninsule d’Ampasindava dans la région Diana fait actuellement l’objet d’une intense campagne de communication au niveau international par les dirigeants de la société Harena Resources.
Au vu des messages et du récit véhiculés pendant cette campagne, les signataires de cette lettre ouverte tiennent à alerter au sujet des déclarations mensongères qui y sont faites de manière délibérée afin d’induire les principales parties prenantes en erreur, en particulier les communautés concernées, les autorités nationales compétentes et les investisseurs que les promoteurs de ce projet s’efforcent de convaincre
Malgré des besoins urgents, Madagascar est restée une crise largement oubliée, selon Sylvie Montembault, qui supervise les programmes humanitaires de l'UE dans le pays. Reportage de Peter Biro du service Protection civile et opérations d'aide humanitaire de l'UE.
<>Collectit Tany - Le marché carbone est-il une réponse au changement climatique
Face aux dégâts annoncés ou déjà présents causés par le changement climatique, de nombreux pays se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre (GES), notamment de carbone. Mais pour éviter de changer leurs manières de vivre et de s’enrichir, comme exigé par l’objectif d’atténuation du changement climatique, les plus gros émetteurs de GES ont trouvé l’idée de la compensation carbone, du Net Zéro et du marché carbone : ils achètent du crédit-carbone à ceux qui éliminent ou réduisent le carbone ailleurs. Ceux qui réduisent les GES se trouvent souvent dans les pays en développement. Les principales notions sont expliquées dans la première partie de l’article. Récemment, des journalistes et des scientifiques ont remis en question la validité et l’efficacité de nombreux projets et ébranlé les fondements de ce système. Parmi les critiques rapportées dans la deuxième partie figurent les accaparements de terre et les impacts sociaux négatifs des projets de compensation carbone dans plusieurs pays du continent africain. La troisième partie présente les grandes lignes de l’historique et des résultats d’études effectuées sur quelques projets de compensation carbone, comme REDD+, à Madagascar. La conclusion exhorte à réfléchir davantage aux mesures qui n’aggravent pas la précarité et la pauvreté des communautés locales malgaches tout en agissant vers une atténuation réelle du changement climatique.
<>16 04 24 - OSC - Pour un procès équitable pour Nathassa RAZAFIARISOA et les jeunes de Sambava Dans un contexte où les accaparements de terre prennent de plus en plus d’ampleur alors que les voies de recours ne répondent pas efficacement aux droits et besoins urgents de la population, les co-signataires du présent communiqué constatent que les défenseurs de l’environnement et des terres Malagasy sont, quant à eux, de plus en plus victimes de représailles. Nathassa Razafiarisoa, présidente de l’association Tanora Tia Fandrosoana de Sambava est en détention provisoire à Antalaha depuis 4 mois et demi maintenant. Nathassa a défendu avec énergie et détermination les habitants de Marotsiazo dont les maisons ont été détruites lorsqu’ils ont perdu leur procès contre un puissant homme d’affaires, alors qu’elle-même ne possède pas de biens personnels dans le lotissement concerné par le litige foncier.
<> 04/04/24 - London Mining Network – « Rio Tinto Get Serious About Water in Madagascar : what does the community say ? » - Vidéo 8’41 : https://vimeo.com/930227419
<>05/04/24 - Tribune - Edito - La porte pour l'Europe « Isabelle Delattre vient donc d’apprendre un principe de base de la survie des diplomates dans notre pays : seuls l’approbation, le silence, ou mieux encore l’obséquiosité, sont des attitudes acceptables. Tout autre comportement sera immédiatement perçu comme une ingérence inacceptable et un affront dans un pays qui se dit jaloux de sa souveraineté, même s’il vient de voter pour un chef d’État qui a quémandé la nationalité de l’ancien colonisateur. On note toutefois que depuis la révélation de sa nationalité française, Andry Rajoelina fait feu de tout bois pour tenter de la faire oublier, et saisit la moindre occasion d’apparaître comme un patriote émérite et sans concession. Après les différentes agitations autour du Rova d’Antananarivo, du taom-baovao malagasy ou du 29 mars, aujourd’hui il tente d’apparaître comme le valeureux nationaliste qui ose virer une diplomate vazaha, ce qui ne pourra que provoquer les bravos et les vivats de son fan-club. Il y a donc une première lecture possible de ce coup de tonnerre dans l’ambiance habituellement feutrée des couloirs de la diplomatie : faire exprès de sur-jouer la réaction pour pouvoir se draper du nationalisme le plus sourcilleux.(…) Par le courage qu’elle a eu d’appeler un chat un chat, l’ambassadrice s’est démarquée du troupeau de ses confrères dociles et serviles, et a également porté la voix des sans-voix, qui ne peuvent pas publiquement s’exprimer.(…) Certains auraient préféré qu’elle se satisfasse du principe :’ vazaha, donne l’argent et tais-toi’ »
<> 28/03/24 - Collectif Tany : début de cartographie des accaparements de terre connus à Madagascar Dans le contexte national et international actuel, Il est important, voire crucial, déclare l’ONG, que tous les citoyens connaissent les résultats de la gestion des terres malgaches par les dirigeants de l’Etat et décideurs successifs. Le Collectif avait demandé aux dirigeants en 2014 de publier sur Internet toutes les transactions effectuées en précisant le nom des bénéficiaires, le type de transaction (ventes, locations avec la fin du bail emphytéotique, donations etc.), la localisation, les surfaces concernées, comme l’ont fait certains pays à l’époque. Cette demande n’a pas été satisfaite. Tany a donc décidé de lancer un travail de cartographie en vue d’une mise à jour régulière, afin que tous les citoyens, malagasy ou non, puissent participer au remplissage de la carte et soient informés. Lien pour accéder à la carte : https://terresmalgaches.info/newsletter/article/newsletter-214-debut-de-cartographie-des-accaparements-de-terre-a-madagascar
Des informations à ce sujet peuvent être adressées à l’adresse patrimoine.malagasy@gmail.com . Les données seront reportées sur la carte après vérification
<>19/03/24 - SIF-OSCIE-Tany - Les dirigeants ont le devoir de prendre en compte les impacts négatifs du projet Base Toliara Un article de presse annonce le démarrage imminent du projet minier Base Toliara malgré la forte opposition, non seulement des communautés locales, mais également celle de nombreux citoyens, dont des scientifiques. Le projet vise à exploiter des sables minéralisés contenant de l’ilménite, du rutile et du zircon.
Ce projet ne doit absolument pas débuter, car il présente trop de risques sanitaires pour les personnes vivant autour de la mine. La raison principale en est le niveau de radioactivité trop élevé dans le zircon, dû à l’uranium et au thorium. Plusieurs scientifiques ont déjà alerté sur ce danger depuis 2014, notamment sur les risques de maladies graves pour les travailleurs du projet minier et des communautés riveraines pourraient aller jusqu’à affecter leur progéniture et la génération future.
L’étude de préfaisabilité de la maison-mère australienne Base Resources en 2019 a confirmé ce niveau élevé de radioactivité et précisé que ces produits ne pourront pas être exportés au Japon et aux USA. Le rapport préliminaire d’évaluation environnementale et de la topographie, ainsi qu’une perte de végétation, de ressources et de biodiversité sur le site minier. Il mentionne aussi une pollution du sol et de l’eau dans cette zone. La mise en œuvre entraînerait le défrichement de centaines d’hectares de végétation naturelle, incluant des baobabs endémiques.
Un audit a également dévoilé le non-respect du droit de la propriété du sol, notamment les droits fonciers coutumiers des occupants traditionnels.
Nous réclamons l’arrêt définitif du projet Base Toliara à cause des impacts négatifs majeurs déjà connus en cas de démarrage des activités et en raison du non-respect de la réglementation.L’exploitation de monazite et de terres rares dans le même périmètre minier envisagée dans une publication récente de Base Resources augmente gravement les risques pour la santé de la population et pour le patrimoine naturel.
<>07/03/24 - Les droits des communautés affectées par le projet Base Toliara d’accéder aux informations essentielles doivent être respectés Depuis plusieurs années, les communautés concernées et les organisations de la société civile (OSC) signataires du présent communiqué se sont élevées contre la campagne de communication menée par les promoteurs du projet Base Toliara, en dépit de la décision ministérielle de novembre 2019 interdisant les opérations et les activités de communication de cette société minière.En janvier 2023, ces communautés et ces OSC ont encore dénoncé la campagne de communication menée par plusieurs élus locaux de la région Atsimo Andrefana, qui se sont transformés en lobbyistes de la société transnationale Base Resources, et ce en toute impunité, alors que les représentants des communautés qui s’opposent à ce projet ont d’énormes difficultés à se faire entendre, que ce soit par les media ou par les autorités concernées. Cette semaine, des stations de radio privées basées à Toliara qui ont accepté de diffuser des émissions visant à fournir aux communautés concernées les informations essentielles et actualisées concernant ce projet, ainsi que sur les impacts des opérations prévues d’exploitation de monazite pour la production de terres rares ont été sommées par le bureau du Chef de District et le bureau régional du Ministère de la Communication, de mettre fin à ces émissions