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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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28 février 2019

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2019

SYNTHESE FEVRIER 2019

pov 01 02 19Les élections législatives se tiendront le 27 mai. Le mandat de l’actuelle législature prenant fin le 5 février, les députés ont été convoqués en session extraordinaire pour examiner un projet de loi lui donnant au président de la République le pouvoir de légiférer par ordonnance durant cette période. 95 élus sur 102 présents ont donné leur accord. Les sénateurs ont également entériné la loi de gouvernance par ordonnance jusqu’à la mise en place de la nouvelle Assemblée. Contre toute attente, le texte a été adopté à l’unanimité par la Chambre haute, sans amendement. Un vote qui a apporté la preuve de la versatilité des sénateurs élus et désignés, qui se sont rangés prestement dans le camp des vainqueurs.

La HCC a validé la loi délégant le pouvoir de légiférer au chef de l’Etat, qui bénéficiera ainsi d’un horizon législatif dégagé jusqu’à l’entrée en fonction de la nouvelle Assemblée, mi-juillet au plus tard. Les ordonnances seront cependant contrôlées dans leur constitutionnalité par la HCC et devront être ratifiées a posteriori par les nouveaux élus. Pour le ministre de l’intérieur, pourront être prises toutes mesures ayant trait au programme présidentiel Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM) avec ses 32 axes stratégiques et ses 490 actions prioritaires. Les ordonnances ne pourront pas modifier la Constitution ni les lois organiques relatives à l’organisation et au fonctionnement des institutions.

La HCC a confirmé que le mandat des sénateurs élus et nommés, sans distinction, est de 5 ans. Ainsi le président de la République devra attendre les prochaines élections sénatoriales (fin 2020) pour nommer son quota de 21 sénateurs. Le chef de l’Etat devra donc cohabiter durant deux ans avec une assemblée et son président, Rivo Rakotovao, issu du parti HVM, qui a exercé par intérim durant six mois les fonctions présidentielles. Cet avis de la HCC compromet la réalisation du projet de révision constitutionnelle annoncé par le chef de l’Etat au cours de sa campagne électorale. Ce projet, en effet, devrait obligatoirement passer par le Parlement où il nécessiterait l’approbation des 3/4 des membres des deux chambres avant de pouvoir être soumis à référendum.

Marc Ravalomanana est poussé par son comité de soutien à revendiquer la fonction de chef de l’opposition. La nouvelle plateforme politique TIM-K25 qui se prépare à présenter des candidats aux législatives souhaite que l’ancien président soit reconnu comme le premier chef de l’opposition officielle, une fonction reconnue par la Constitution mais qui n’avait pas été mise en œuvre durant le mandat de Hery Rajaonarimampianina.

Ruée vers les 23 postes de gouverneur de région appelés à remplacer les chefs de région démis de leurs fonctions. Le nombre de prétendants serait pléthorique. Parmi les candidats, des personnalités qui n’ont pu obtenir le portefeuille ministériel convoité en raison du resserrement de l’équipe gouvernemental et celles qui ont pris une part active à la victoire d’Andry Rajoelina dans les régions.

La révision annuelle de la liste électorale qui s’est achevée le 15 février n’a pas permis d’accroitre significativement le nombre d’inscrits, toujours jugé anormalement faible. Les tentatives de sensibilisation des citoyens n’ont pas répondu aux attentes.

Les membres de l’Assemblée nationale seront élus soit au scrutin majoritaire uninominal à un tour, soit au scrutin de liste à la représentation proportionnelle à un tour. Le premier mode de scrutin sera de mise dans les districts où il n’y a qu’un seul siège à pourvoir. Quant au second, il concernera les circonscriptions qui comptent deux sièges à pourvoir. Ces circonscriptions binominales sont au nombre d’une trentaine.

Certains ex-détenus politiques attendent l’amnistie pour pouvoir se présenter aux législatives. La commission spéciale indépendante au sein de la Cour suprême ne s’est pas encore prononcée sur la trentaine de dossiers transmis par le CFM. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 12 mars.

Les élections communales pourraient se tenir fin août ou début septembre. Le duel s’annonce serré entre le Mapar et le TIM pour la course à l’hôtel de Ville de la capitale qui était au centre de la campagne présidentielle entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Les deux protagonistes ont été tour à tour maire de la Ville des Mille. Un poste qui leur a servi de tremplin vers la magistrature suprême.

La guerre est déclarée entre le ministre de l’aménagement du territoire et la commune d’Antananarivo dirigée par Lalao Ravalomanana. Objet du conflit : le vente au privé du jardin d’Antaninarenina, haut lieu historique de la capitale depuis la royauté. La maire affirme que le jardin d’Antaninarenina a été vendu en 1998. Midi dénonce l’exploitation politique de cette affaire et les rumeurs infondées auxquelles elle a donné lieu, sur fond de pré-campagne électorale pour le législatives et ultérieurement pour les municipales dans la capitale.

« Madagascar compte bien reprendre sa place sur le continent africain », a déclaré le chef de l’Etat lors du 34e Sommet de l’UA à Addis-Abeba, pointant du doigt « le cruel paradoxe dont l’Afrique est victime : celui d’être si riche et pourtant si pauvre à la fois ». Andry Rajoelina a particulièrement attiré l’attention de ses homologues sur le pillage des richesses du continent.

Neuf ambassadeurs et deux consuls en France ont été limogés. Quelques-uns n’ont fait que cinq mois à la tête de leur ambassade. Deux d’entre eux avaient même été nommés quelques jours seulement avant la démission du président candidat à sa propre succession. Andry Rajoelina escompte des futurs nommés qu’ils prennent une part active à la réalisation de son programme IEM avec les principaux bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux.

dahalo 2Le gouvernement se donne six mois pour mettre fin à l’insécurité. Parmi les mesures drastiques annoncées, « l’adoption d’une politique pénale sévère » et la création de prisons spécialisées de « haute sécurité ». Les attaques à main armée se multiplient dans toutes les régions, s’alarme Tribune. Des patrouilles de l’armée ont été déployées à Antananarivo et ses environs en vue, indique un haut gradé, « de restaurer un climat de sécurité et de mettre fin aux actes de banditisme ».Gendarmes, policiers et militaires sont mobilisés pour « verrouiller » la capitale. Des comités d’autodéfense se mettent en place dans plusieurs villes. Le CFM a préconisé le recours au « Dina » pour lutter contre l’insécurité en milieu rural.

La livraison prochaine de 5 hélicoptères promis par le chef de l’État afin d'équiper les forces de l'ordre dans la lutte contre l'insécurité a été évoquée en conseil des ministres. L’Etat compte procéder au renforcement de leur équipement par l’achat de nouveaux véhicules. Les forces de l’ordre seront également dotées de nouvelles armes. Celles dont ils disposent sont obsolètes.

Une vindicte populaire s’est produite à Mananara-Nord. Un présumé meurtrier a été tabassé à mort par la foule.

A Mahitsy, une attaque à main armée qui a fait deux morts, dont un prêtre, a failli provoquer une vindicte populaire. Mgr Odon Razanakolona, l’association « Justice et Paix » et les responsables diocésains de l’Eglise catholique ont annoncé le dépôt d’une plainte. Ils déplorent la recrudescence de l’insécurité qui a frappé ces derniers temps des dirigeants religieux, des enseignants et des responsables exerçant dans le domaine de la santé. Les forces de l’ordre sont accusées de manque de réactivité. Quatre gendarmes ont été placés en détention provisoire.

Les affaires de kidnapping prennent de l’ampleur. Un opérateur franco-pakistanais est décédé, son frère a été gravement blessé Des attaques de dahalo s’accompagnent de prises d’otages. Plusieurs arrestations ont été opérées. Un maire, un sous-officier et un gendarme a été placé sous mandat de dépôt.

Anniversaire - Il y a dix ans, le 7 févier 2009, la marche sur le palais présidentiel se terminait par un bain de sang et annonçait la fin du régime de Marc Ravalomanana, rappelle Midi. Un voile pudique a été jeté sur cette tuerie qui aurait fait 48 morts et plus de 170 blessés. Aucune enquête séreuse et indépendante n’a été menée.

Le nouveau ministre de la justice, Jacques Randrianasolo, fait de l’assainissement de la justice sa première priorité. « Tribunal près de la population, tel sera le mot d’ordre », a-t-il souligné. Le ministre a également fait part de sa volonté de constater personnellement l’effectivité des droits de l’homme au sein de son département.

Sahondra Rabenarivo, membre du SeFaFi et présidente de la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité, aété nommée présidente du Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI). Une grande figure de la société civile et dont la réputation quant à la lutte contre la corruption n’est plus à faire, a écrit RFI. Sa nomination a été saluée par ses collègues de la société civile et plusieurs chancelleries. La juriste se met en congés de l’Observatoire de la vie publique.

Le nouveau président du Syndicat des magistrats (SMM), Clément Jaona, déclare vouloir prioriser la restauration de l’Etat de droit. Une initiative qui serait facilitée, selon lui, par les premières mesures adoptées par le nouveau pouvoir. Le SMM déclare vouloir suivre de près le traitement par la justice d’un certain nombre de dossiers qui ont défrayé récemment la chronique ou qui n’ont pas encore trouvé leur aboutissement.

Les doléances du public vis à vis de la gendarmerie peuvent être enregistrées sur une page spéciale ouverte sur les réseaux sociaux. Dès sa création les messages ont afflué. Selon l’Afrobaromètre 2018 sur la corruption, 69 % des personnes interrogées craignent néanmoins des représailles après dénonciation.

Dix éléments de la gendarmerie ont été placés sous mandat de dépôt au cours du mois pour complicité et connivence avec des associations de malfaiteurs. A Maintirano, deux gendarmes ont été incarcérés ; ils sont incriminés pour torture ainsi qu’enlèvement de mineure et viol.

Le premier ministre a décidé de suspendre temporairement les missions attribuées à la police de la route en raison de fréquents rackets qu’ils font subir aux automobilistes lors des contrôles routiers. Les policiers ont émis une vive protestation.

Un audit des recrutements récemment décidés sera effectué au sein du ministère de l’économie et des finances, annonce un communiqué du ministère. Depuis plusieurs années, des rumeurs circulent selon lesquelles il est possible d’être recruté au sein de cette administration moyennant le versement de pots de vin. Tous les recrutements sont suspendus jusqu’à la mise en place d’une procédure transparente.

Pôle anti-corruption (PAC) - Une vingtaine de dossiers criminels en attente de procès. Il s’agit essentiellement d’affaires déjà instruites par l’ancienne Chaîne pénale anti-corruption. À la base, le PAC d’Antananarivo a pris en main plus d’une centaine de dossiers en cours que lui a laissé en héritage la Chaîne pénale. Les compléments d’investigation et les instructions d’une bonne partie de ces dossiers sont terminés. Le Pôle anti-corruption passe à la phase des jugements. Les observateurs estiment que pour la première fois de « gros bonnets » risquent d’avoir à rendre des comptes.

Le dossier concernant des soupçons de corruption à l’endroit des députés réunis au Paon d’Or d’Ivato est entre les mains de la PAC. Des parlementaires avaient été « séquestrés » dans cet hôtel de luxe durant plusieurs jours en juillet 2018 dans le but d’acheter leur vote pour l’adoption des lois relatives à l’organisation des élections.

La HCC a validé la loi anti-blanchiment adoptée le 31 décembre, sous réserve du respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence. Une victoire remportée par le Samifin qui a dû patienter deux ans avant d’obtenir gain de cause. Il reste que la loi sur les recouvrements des avoirs illicites n'a toujours pas été votée. Elle était supposée compléter l'arsenal juridique de lutte anti-corruption et faire glisser Madagascar hors des pays à risques. « La balle est dans le camp du président de la République », fait savoir le DG du Samifin. L’organisme estime que ce texte devrait faire partie de priorités dans le cadre du pouvoir de légiférer par ordonnance accordé au chef de l’Etat.

Amnesty International a lancé une pétition pour demander aux autorités de respecter les droits humains des personnes en détention provisoire.

Un prisonnier est décédé à la prison de Morondava suite à une complication de la rougeole. 50 prisonniers ont été atteints. La prison a une capacité d'accueil de 250 personnes mais elle en héberge actuellement 650.

A Antsirabe, un suspect menotté a succombé durant sa garde à vue à la gendarmerie. Il a été découvert agonisant au petit matin dans la cellule de sureté où il avait été placé. Une enquête interne a été ouverte.

Double exécution sommaire de l’Unité d’intervention rapide de la police du commissariat central d’Antananarivo ? Des versions contradictoires circulent sur les circonstances de ce drame survenu dans un restaurant sou les yeux de témoins.

L’institution carcérale est à la merci de ceux qui ont les moyens et le pouvoir, a dénoncé La Gazette. En cause, « le taux élevé de corruption dans le monde judiciaire fait que ceux qui ont les moyens s’en sortent toujours alors que les pauvres sont très souvent livrés à leur propre sort. »

Amnesty International : les forces de sécurité doivent agir conformément à la loi dans les affaires de vols de bétail Il faut enquêter sur l'assassinat de voleurs de bétail présumés. Dans un communiqué faisant suite à l’exécution sommaire de 8 dahalo à Betroka le 25 janvier, l’ONG écrit : « Les autorités malgaches doivent mener une enquête minutieuse sur l’assassinat sordide de huit hommes soupçonnés d’être des voleurs de bétail. (…) Ces homicides violents illustrent une nouvelle fois le fait que les forces de sécurité de Madagascar recourent à une force excessive et meurtrière en toute impunité », a déclaré le directeur adjoint pour l'Afrique australe. Selon l’organisation,
4 000 personnes ont été tuées au cours des cinq dernières années dans le Sud, notamment des voleurs présumés, des policiers, des soldats et des civils, dans le cadre de la répression que mène le gouvernement contre les vols de bétail.

pov 14 02 19Arrestation de l’ex-conseiller spécial auprès de la présidence, Hugues Ratsiferana. Cet ancien collaborateur de Hery Rajaonarimampianina est soupçonné de détournement de biens de l’Etat. Ancien DG d’Air Madagascar, il avait supervisé l’organisation du Sommet de la Francophonie en 2016 et c’est dans les locaux de l’OIF à Paris que la création de l’AMDP, une association privée à but non lucratif, avait été annoncée au mois de septembre suivant. Hugues Ratsiferana a fait la « une » de l’actualité il y a quelques mois pour avoir signé le très controversé projet d’accord de pêche avec un consortium d’entreprises chinoises. L’Express s’est étonné de la célérité de la justice dans cette affaire alors que des inculpés pour atteinte à la sureté de l’Etat ou des auteurs de kidnapping sont sortis libres de leur audition. Hugues Ratsiferana a été condamné à un an de prison ferme et à 5 millions Ar d'amende

L’homme d’affaires Eddy Maminirina, surnommé « Eddy Bois de Rose », a été arrêté dans un quartier de la capitale. La Cour spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose et d'ébène a délivré un mandat d'arrêt contre le célèbre opérateur. Eddy Maminirina est connu en tant qu’homme d’affaires très influent qui aurait fait fortune dans l’exportation de bois de rose. Il faisait l‘objet d’un avis de recherche du Bianco depuis 2017 et avait été cité sur la liste des trafiquants que l'ancien premier ministre Omer Beriziky avait remise à Hery Rajaonarimampianina en 2014.

Trafic de bois de rose et fraude douanière - L’homme d’affaires Mbola Rajaonah a été placé sous mandat de dépôt. Son avocat a dénoncé « une arrestation politique et arbitraire » et un « abus de pouvoir ». Le PDG de la société Transit Tafaray et de RLM Communications, ancien conseiller de Hery Rajaonarimampianina, avait rallié Marc Ravalomanana pour la présidentielle. Selon Midi, il aurait été cité par les marins chinois du bateau Flying arrêté au large d’Antalaha comme étant le cerveau des trafics de bois de rose. Mbola Rajaonah et Mamy Ratovomalala, conseillers de Hery Rajaonarimampianina, auraient en outre accaparé des terrains de la Sirama à Nosy Be et réalisé de gros profits en revendant ces terrains à des Indopakistanais.

Placée en détention provisoire depuis maintenant près de deux ans, Claudine Razaimamonjy, femme d’affaires proche de l’ancien président, a été transférée de la prison pour femmes de Manjakandriana à la prison d’Antanimora. Sa famille a immédiatement demandé son évacuation sanitaire. L’ex-conseillère a été entendue une nouvelle fois par le Pôle anti-corruption pour une affaire qui concerne un autre ministère que celui de l’intérieur. Tentaculaire. Le mot résume la complexité et l’ampleur de l’affaire. Une tourmente judiciaire qui a démarré en avril 2017.

Les enquêteurs du Bianco ont effectué une perquisition au domicile de l’ancien ministre des mines et du pétrole, Henry Rabary-Njaka. Le secrétaire général du parti HVM a été convoqué pour être entendu pour les affaires Kraoma et Air Madagascar mais il avait déjà quitté Madagascar pour la France.

Le Bianco a émis un avis de recherche contre deux anciens comptables de la Croix-Rouge, inculpés pour faux et usage de faux, détournement de deniers privés et blanchiment de capitaux. Les faits remontent à 2018 lorsque la Croix-Rouge norvégienne a doté la Croix Rouge malagasy de 3 millions d’euros pour soutenir ses actions humanitaires.

De nouvelles arrestations sont en vue, a annoncé le ministre de la justice. Pour L’Express, « les éventuelles poursuites ne semblent concerner, pour l’heure, que des figures du précédent pouvoir. La crainte que la volonté affirmée de lutter contre la corruption et les malversations et les actions qui s’ensuivent, ne deviennent un moyen de ‘règlement de comptes politique’ commence à être évoqué. » Pour La Gazette, « le jeu des 7 familles » des anciens proches de Hery Rajaonarimampianina, poursuivis pour malversations, est incomplet.

Le Comité pour la protection des droits des travailleurs migrants recommande à Madagascar d’intensifier ses efforts pour la signature d’accords bilatéraux avec l’Arabie Saoudite, d’autres pays du Golfe, Maurice et le Liban, ainsi qu’avec tous les pays accueillant des migrants malgaches y compris la Chine. Le Comité invite l’État à lui fournir d’ici deux ans des informations écrites sur la mise en œuvre de ses recommandations.

La Grande île est-elle prête à accueillir des réfugiés ? Les questions relatives à la situation des réfugiés ont été au cœur des débats du 32e Sommet de l’UA. A Madagascar, l’accueil de réfugiés est un sujet qui divise l’opinion depuis la révélation en 2018, d’un projet de construction d’un vaste camp. Le projet aurait été abandonné en raison du tollé que l’annonce avait provoqué. Le pays ne disposerait d’aucun de cadre légal propre à l’accueil de réfugiés.

« La migration clandestine pour des raisons économiques est une pratique bien réelle à Madagascar avec comme principale destination, Mayotte », écrit Matv. Comme cela se fait illégalement, il est difficile d’avoir des statistiques, précise le DG du Centre de fusion d’informations maritimes, pour qui tout un réseau est impliqué. La migration irrégulière figure parmi les treize piliers de l’information traités et échangés au niveau du Centre entre les Etats de la région Afrique Orientale, Australe et océan Indien et leurs partenaires.

Un Saoudien incarcéré pour trafics de migrantes. Son complice malgache a bénéficié d’une liberté provisoire. Le trafic remontait à 2016. Le recrutement s’effectuait via Facebook.

Une récente enquête d’Afrobaromètre dresse un tableau très négatif du système de santé public de la Grande Île. La moitié des Malgaches affirment que le gouvernement répond « très mal/plutôt mal » à l’amélioration des services de santé de base.

L’épidémie de rougeole se généralise. 106 districts sont touchés. L’OMS a recensés 581 décès depuis septembre, dont de nombreux enfants. Près de 60 000 cas ont été enregistrés. L’UE a débloqué 500 000 euros en faveur de la vaccination. Ces fonds contribueront à couvrir les besoins de vaccination d’environ 1,2 million d’enfants. Ils seront mis en œuvre par l’UNICEF. L’objectif est de vacciner au total 3,4 millions d’enfants. Selon l’OMS et de l’UNICEF, la couverture vaccinale contre la rougeole est passée sous le seuil de 60 % au cours des dernières années.

Près de 120 000 enfants, soit 40 % des enfants des écoles primaires des régions Anosy, Androy et Atsimo Andrefana, sont privés du repas quotidien du PAM depuis novembre, faute de financement, ce qui réduit le taux de scolarisation déjà faible et aggrave le taux d’abandon scolaire. Le PAM recherche 4 millions de dollars pour reprendre la distribution de repas et assurer la mise en œuvre intégrale du programme jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Psychose d’enlèvement d’enfants à Antananarivo. Les avis de disparition d’enfants se multiplient sur les réseaux sociaux. On y évoque des vols d’organes et des viols. La police des mœurs et de la protection des mineurs ainsi que sa division cybercriminalité nuancent l’appréciation de la gravité de la situation. La division cybercriminalité se mobilise pour identifier les prédateurs sexuels en ligne et les auteurs de diffusion de fausses nouvelles.

Transparency International Initiative Madagascar a lancé la 1ere édition du « Grand prix Malina du journalisme d’investigation » visant à distinguer la meilleure investigation journalistique sur le thème de la corruption réalisée durant l’année 2018 par un ou des journalistes de nationalité malgache.

Les 15 membres de l’équipage du bateau-pirate Flying ont été placés sous mandat de dépôt. La navire, suspecté de participer à un trafic des bois de rose, avait été intercepté en décembre sur la côte Est. Sous un autre nom, il avait déjà été impliqué en 2015 dans une importante affaire d’exportation illicite de bois précieux mais il était parvenu à échapper aux autorités. Il a de nouveau été repéré en septembre 2018 au large d’Antalaha

Des coupes illicites de bois précieux ont été dénoncées dans la parc national d’Andasibe. Des trafics de palissandre ont été déjoués à Antsirabe et Moramanga.

Alexandre Georget, nouveau ministre de l’environnement, a décrété la suspension de toutes les activités d’exploitation et d’exportation des bois précieux dans le but d’assainir la filière. Il a fait appel au ministre de la défense pour renforcer la lutte contre les trafiquants. L’Express doute de l’efficacité de cette décision, qui, si elle était réellement appliquée, risquerait de porter un coup fatal aux activités forestières légales. Des opérateurs, vendeurs de charbon de bois, menuisiers et exploitants ont manifesté leur opposition à une telle mesure.

Les personnels de la société d’Etat Kraoma mobilisés contre la société russe Ferrum Mining qui détient 80 % des parts de la co-entreprise Kraoma Mining, structure ayant obtenu par un accord d’amodiation opaque le permis d’exploitation de trois gisements de chromite. La société civile a dénoncé une vente illégale du patrimoine national, entachée de corruption. Le personnel, en grève pour exiger le paiement des arriérés de salaires et l’arrêt des poursuites, a interpelé le chef de l’Etat. Le conseil d'administration de Kraoma a nommé un directeur général par intérim en remplacement de Jaobarison Randrianarivony, conseiller de l'ancien président de la République. Le ministre des mines s’est prononcé en faveur de la réalisation d’un audit portant sur la situation de la société. Il s’est engagé à régulariser le paiement des arriérés de salaires. Pour L’Express, « L’Etat est en train de perdre des ressources financières importantes qui peuvent servir à concrétiser certains projets de l’IEM » qu’entend mettre en œuvre Andry Rajoelina.

Les manifestations contre le projet d’exploitation d’ilménite de la société Base Toliara ont repris. Selon le CRAAD-OI, depuis les manifestations de juillet et août 2018 à Toliara réclamant l’arrêt de son projet d’exploitation d’ilménite, la société a lancé une campagne de désinformation visant à minimiser l’opposition à son projet et à discréditer les meneurs du mouvement d’opposition. Théo Rakotovao, président de l’association MAZOTO, demande au chef de l’Etat de dénoncer le contrat conclus avec son prédécesseur.

27 tonnes de malachite ont été saisies par la police des mines sur la RN7. La thèse selon laquelle le minerai allait être exporté est privilégiée. Le ministre des mines et des ressources stratégiques s’est rendu sur place et a rappelé que le programme IEM d’Andry Rajoelina attache une grande importance au développement et à la bonne gouvernance de ce secteur stratégique.

EITI Madagascar : finalisation des rapports de 2017 et 2018 d’ici juin, exige le ministre de tutelle, Fidiniavo Ravokatra. Madagascar a été suspendu temporairement de l’EITI en juillet 2018 faute d’avoir accordé le financement destiné à finaliser le rapport de progrès annuel 2017, qui aurait dû être publié avant décembre 2018. Le pays risque d’être radié si la suspension se prolonge plus d’un an. Le gouvernement a donc décidé d’agir en urgence.

Le quotidien Midi s’est félicité des actions menées dans le Sud par la holding italienne Tozzi Green, implantée depuis 2010. Un secteur réputé pour ses terres difficiles à cultiver. Après des années d’études, la firme a pu identifier et développer des cultures adaptées. Sur ces 7 000 ha qu’elle détient, près de 4 000 sont cultivés en maïs et en légumineuses. Un partenariat avec John Deer est en vue pour renforcer la mécanisation agricole. Le développement de l’agroécologie dans la région d’Ihorombe attirerait de nombreux bailleurs de fonds. Le groupe prévoit d’investir près de 7 millions d’euros pour la campagne agricole à venir et pour l’extension de sa ferme.

Aire protégée de Menabe Antimena : cinq auteurs de défrichements illicites condamnés à de la prison ferme par le tribunal de Morondava. Un verdict salué par le public et les défenseurs de l‘environnement. Huit personnes avaient été arrêtées en décembre pour défrichement sauvage d’un espace forestier dans le périmètre de l’aire protégée. En l’espace de huit jours, près de 800 ha de terrain avaient été défrichés.

La forêt Mikea en grand danger. L’alerte a été donnée par le ministre de l’environnement. La forêt Mikea s’étale sur près de 300 000 ha. 184 630 ha sont gérés par Madagascar National Parks, dont 3 436 ha ont été brûlés en 2018.

Recrudescence des remblayages illicites dans la plaine d’Antananarivo. Les autorités locales sont impuissantes à y mettre un terme. Leurs auteurs affirment avoir obtenu les autorisations de hauts responsables. La population déplore l’absence de contrôle de la mairie et du ministère de l’aménagement du territoire et redoute que ces remblayages accroissent les risques d’inondation en saison des pluies.

Ambassadeur de l’UE : « Foncer en matière de coopération ». La situation à Madagascar est telle que l’on fait face à une « atmosphère positive d’espoir. On voudrait foncer en matière de coopération ». C’est en ces termes que s’est exprimé Giovanni Di Girolamo. 2019 sera une année de réalisation concrète, a-t-il affirmé, rappelant que la démocratie malgache avait été renforcée par la tenue de la présidentielle.

4,7 millions d’euros de l’UE pour la société civile au travers de contrats qui s’inscrivent dans le cadre du programme d’appui aux organisations de la société civile et aux autorités locales de l’initiative européenne pour la démocratie et les droits de l’homme. Une approche participative et de partenariat basée sur la promotion des droits humains et du genre.

L’UE soutient la CNIDH. La mission d’observation électorale de l’UE, déployée depuis mi-septembre 2018, touche à sa fin. Tous les matériels informatiques utilisés, d’une valeur de 80.000 euros, feront l’objet d’une donation à la CNIDH, qui a été remerciée pour le travail qu’elle mène notamment en faveur du respect du droit à la vie, des droits de l’enfant, des conditions de détention, des conditions des femmes et de l’éradication de la traite des êtres humains.

Madagascar est l’un des pays signataires d’un accord post-Brexit. Avec Maurice, Les Seychelles et le Zimbabwe, la Grande île a signé un accord de continuité commerciale avec la Grande Bretagne qui pourrait prendre effet à la date d’effet du Brexit et entrer en application en janvier 2021.

La Banque mondiale, l’UNICEF et d’autres pays comme le Japon et la Norvège mettent à disposition un fonds de 100 millions de dollars pour soutenir la réforme de l’éducation, entre autres le renforcement de la formation des enseignants, le soutien aux caisses des écoles et la construction de 800 classes sur une période de 4 ans.

Bilan positif de la 4ème évaluation du programme de réforme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI. Marshall Mills, chef de mission, a indiqué que « les discussions ont fait d’importants progrès et se poursuivent en vue de présenter la revue au CA du FMI ». L’approbation du dossier Madagascar constituera une assurance pour les bailleurs et partenaires financiers appelés à contribuer au financement du programme IEM d’Andry Rajoelina. L’approbation conditionne également le décaissement de la dernière tranche de la FEC. La mission a réitéré la nécessité de continuer à renforcer la gouvernance et d’intensifier la lutte contre la corruption. « À cet égard, l’adoption d’un nouveau projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites est une priorité », a déclaré Marshall Mills.

Humanitaire - Les Nations unies ont répondu à l’appel de Madagascar. Le Fonds central de réponses aux urgences a débloqué 5 millions de dollars pour répondre aux urgences humanitaires auxquelles Madagascar fait face depuis le dernier trimestre 2018 en faveur de la vaccination contre la rougeole et la lutte contre la sècheresse dans le Grand Sud.

Les Nations unies et l’Agence japonaise de coopération ont demandé au secrétaire d’Etat à la gendarmerie la protection de leurs agents en mission, notamment dans le Grand Sud, en proie à une forte insécurité.

Le conseil des ministres a adopté un décret portant interdiction de toute exportation de zébus sur pied ou de viande de zébu. L’objectif est de lutter contre la diminution du cheptel bovin et de combattre les vols de bovidés. Opérateurs et bailleurs de fonds ont fait part de leur préoccupation. La lutte contre les filières non structurées d’exportation ne doit pas compromettre, ont-ils dit, la réalisation de projets de relance de la filière.

« Hausse démographique : Le grand défi », a titré La Gazette. « La maîtrise de la démographie galopante ne fait pas partie des axes prioritaires de la Politique générale de l’Etat. Nos dirigeants sont plutôt convaincus avec justesse qu’il est nécessaire de donner la priorité à la croissance. Ils ont raison. Cependant, ils ne doivent pas négliger le facteur démographique qui a un impact sur le développement socioéconomique. (…) L’Etat a déployé des efforts en faveur du planning familial mais ils sont insuffisants ou peu constants, ce qui fait que l’indice de fécondité reste très élevé chez les populations vulnérables. (…) Ce phénomène constitue une bombe à retardement. »

Madagascar doit se préparer à affronter la concurrence au niveau continental. Les industriels demandent du temps pour s’adapter à ces nouveaux défis. La création d’une Zone de libre-échange continentale a été décidée en mars 2018. Une voie qui préoccupe les industriels des pays comme Madagascar dont les industries sont les plus faibles. Des accords devront être négociés pour leur assurer une protection temporaire.

Le ministère du commerce a décrété un contrôle renforcé de tous les produits importés, trop souvent périmés et reconditionnés. « Fini la corruption et la complicité avec les acteurs qui introduisent des produits alimentaires périmés à Madagascar ! a lancé la ministre. Des sanctions seront prises à l’encontre des contrevenants. »

La gestion du litige opposant Air Madagascar à Air France sur la location-vente de deux Airbus de la compagnie nationale acquis sous la Transition s’annonce difficile pour le nouveau pouvoir. Le tribunal de commerce de Paris, qui devait rendre son verdict en février, a reporté la date. Air France réclame plusieurs dizaines de millions de dollars pour une défaillance concernant le paiement des loyers de ces deux appareils d’occasion. La condamnation d’Air Madagascar pourrait mettre en péril son devenir.

Les délestages tournants font un retour en force à Antananarivo et dans sa région. 60 villes du pays connaissent des délestages quotidiens. Andry Rajoelina a déclaré que « désormais, il n’est plus question de subventionner la Jirama. Il est temps de songer aux intérêts du peuple malgache. Nous ne sommes pas là pour servir les intérêts d’une minorité d’opérateurs. » Les délestages commencent à provoquer de graves répercussions sur la production et la distribution d’eau potable. A moyen et long terme, la solution durable reste développement de nouveaux moyens de productions renouvelables pour être moins dépendant de la variation des prix du pétrole. Le groupe italien Tozzi Green a remporté l’appel d’offre international pour la construction de la centrale hydroélectrique de Tsinjoarivo. Une centrale qui renforcera le réseau interconnecté d’Antananarivo. L’objectif du ministère est de donner accès à l’électricité à plus de 50 % des foyers et de doubler la capacité de production d’électricité d’ici 5 ans.

Le premier ministre a ordonné que tous les contrats d’achat de production électrique et de location de groupes électrogènes conclus par la Jirama avec ses fournisseurs soient révisés sans délais. Il a en outre exigé que soient combattus les vols de gasoil dans les dépôts et les branchements illicites et trafics de compteurs et que les ministères et institutions publiques s’acquittent de leurs importants arriérés. Des syndicalistes ont exigé le remplacement du directeur général de la Jirama et menacé de déclencher un mouvement de grève.

Plus de 5 000 hectares de champ de maïs sont infestés par les chenilles légionnaires dans la région Bongolava. Identifiées pour la première fois en 2017, leurs ravages sont pris très au sérieux par le ministère de l’agriculture.

L'ONG Care a publié le classement des crises et conflits les moins médiatiques dans le monde. Haïti, Madagascar, le Tchad ou encore les Philippines en font partie.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Le nouveau gouvernement et la préparation des législatives
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, condition carcérale, gouvernance
  • Droits des travailleurs migrants, traite
  • Santé
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafics de bois précieux, ressources naturelles, foncier, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

 

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30 mai 2023

ARTICLES REMARQUES - MAI 2023

- 30 05 23 - Tribune - Edito - Un 6ème dan technique ou politique ?
L’octroi du sixième dan de karaté à Andry Rajoelina génère de nombreuses interrogations légitimes. Il est indiscutable que Hanshi René Ramanitrandrasana, 10ème dan dans la discipline, a l’autorité pour délivrer le grade qu’il veut à qui il veut. Mais au nom de l’esprit critique, on a le droit de se demander pourquoi a-t-il pris cette décision.

<> 28/05 - Communiqué des OSC sur le projet d'autoroute Antananarivo-Toamasina
Les organisations de la société civile condamnent la manière dont le chantier de l’autoroute Antananarivo-Toamasina a été lancé
. Malgré les conventions internationales et les textes législatifs et réglementaire, les travaux, comme à l’accoutumée, ont été entrepris et des expropriations forcées engagées sans permis environnemental, sans informations sur les pertes et bénéfices socio-économiques et environnementaux engendrés et surtout sans informations sur les sources, conditions et volume réel des sources et conditions de son financement. Les ONG regroupées dans la coalition Henika et soutenues par des ONG internationales, remercient l’ONE de les avoir invités à participer à la démarche de consultation publique en cours mais déplorent le très court délai accordé.  L’itinéraire choisi par le gouvernement devrait traverser des sites protégés emblématiques et inestimables pour leurs richesses biologiques, physiques et écosystémiques : l’aire protégée d’Anjozorobe Angavo, la zone Ramsar de l’Alaotra et le corridor forestier d’Ankeniheny-Zahamena. Ce dernier devrait pourtant faire bénéficier plus de 15 000 ménages des financements internationaux REDD+. Les OSC exigent du gouvernement la suspension des travaux en cours pour permettre un débat préalable public et inclusif sur, entre autres, l’itinéraire final et complet, les pertes et bénéfices socioéconomiques et environnementaux et le respect du droit de propriété foncière, Les OSC demandent aux responsables concernés d’appliquer la transparence et la redevabilité et de donner accès aux citoyens aux informations concernant notamment le financement et la passation de marchés du projet.

<> 26 05  23 - Six ans après le succès de "120 battements par minute", Robin Campillo se tourne une nouvelle fois vers son passé et filme la fin d'une époque, en évoquant dans "L'île rouge", en salles le 1er juin, le sort de Français vivant à Madagascar au début des années 70. S'il s'appuie sur ses souvenirs et anecdotes d'enfance, le réalisateur en profite aussi pour traiter en creux de la colonisation et des rapports entre Malgaches et Français. "Ce film, c'est une façon de retourner à Madagascar, mais aussi de retourner la nostalgie post-coloniale, d'aller chercher ce qu'il y avait dans les coulisses", affirme-t-il à l'AFP. "Je voyais bien que quelque chose clochait", confie-t-il à propos de ses années malgaches. https://information.tv5monde.com/culture/lile-rouge-le-cineaste-robin-campillo-filme-la-fin-dune-epoque-madagascar-2640967
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Julie Gacon - Avec :
  • Christiane Rafidinarivo Politologue, Chercheuse invitée au CEVIPOF Sciences Po
  • Vonintsoa Rafaly Chercheuse à l’université de Copenhague, docteure en droit de la mer
  • Anne Choquet Enseignante-chercheuse en droit à l’université de Bretagne occidentale et présidente du Comité national français des recherches Arctiques et Antarctiques (CNFRA)

Elles piquettent l’océan Indien de leurs confettis à peine visibles à l’œil de l’amateur de planisphère”, écrivait d’elles Sylvain Tesson qui en parcourut les plages en 2019 à l'occasion d'une mission de la Marine nationale. Les îles Éparses, écrivait-il encore, “sont devenues françaises par les hasards et les gloires de l’Histoire. Europa, Bassas de India, Tromelin, Juan de Nova, Glorieuses : voilà leur nom.

Intégrées par Paris au sein des TAAF -les Terres australes et antarctiques françaises- depuis 2005, les îles Éparses portent haut les couleurs du drapeau tricolore. Ce n’est pas l’avis de Madagascar qui en revendique la souveraineté depuis maintenant 50 ans et défend sa cause devant les instances qui arbitrent le droit international. Mais Paris n’est pas prête à se séparer de ces vestiges inhabités de l’ère coloniale, qui lui permettent de jouir de la deuxième plus grande zone économique exclusive au monde. Un empire océanique que la France prétend conserver au nom, officiellement, de la protection de la faune et de la flore.

Quels intérêts stratégiques français les îles Éparses servent-elles ? Comment la préservation de l’environnement et la recherche scientifique sont-elles mobilisées par l’Élysée pour justifier la présence française dans l’océan Indien ? Et enfin, le litige franco-malgache peut-il trouver une issue ?

Julie Gacon reçoit Christiane Rafidinarivo, politologue, chercheuse invitée au CEVIPOF Sciences Po ainsi que Vonintsoa Rafaly, chercheuse à l’université de Copenhague et docteure en droit de la mer.

Christiane Rafidinarivo revient sur les raisons qui ont poussé la France à conserver les îles Éparses après l’indépendance de Madagascar à laquelle elles étaient traditionnellement rattachées : “En 1960, le général De Gaulle souhaitait garder ces îles pour faire des essais nucléaires. [...] Aujourd’hui, on les conserve surtout pour les immenses réserves gazières du canal du Mozambique, équivalentes à celle de la mer du Nord.”

Christiane Rafidinarivo poursuit en expliquant que la stratégie actuelle de Paris d'insister sur la protection de la biodiversité "constitue un bon moyen de présenter les ambitions territoriales malgaches comme égoïstes et relevant du seul intérêt national tandis que la France, elle, se pose en défenseur du bien commun"

Face à ce litige territorial, la France et Madagascar ont créé une commission mixte en 2019. Une instance à l'ambition bien précise, souligne Vonintsoa Rafaly : “Cette commission est une arène propice au dialogue entre Madagascar et la France mais elle n'aborde pas la question de la souveraineté, sa vocation est uniquement économique.

11701-25.05.2023-ITEMA_23389868-2023C16756S0145-21.mp3 (Iles Eparses : jusqu'à 41')

Pour aller plus loin :

<> 22 05 23 - Collectif Tany - Craad-OI - SIF - Le projet de loi sur les investissements déroule le tapis rouge devant les accapareurs de terres
Le projet de loi sur les investissements à Madagascar soulève des inquiétudes et angoisses chez de nombreux citoyens. Le report de sa présentation aux députés en assemblée plénière au mardi 23 mai donne l’opportunité de donner de nouveaux arguments pour convaincre les législateurs de ne pas approuver ce projet de loi.
Nous avions en effet développé dans le communiqué précédent que ce projet de loi envisage de permettre aux investisseurs étrangers et entreprises enregistrées à Madagascar contrôlées par des étrangers, c’est-à-dire dont le capital est détenu majoritairement par des non nationaux, de louer des terres pour 99 ans dans le cadre d’un bail emphytéotique. Cette modalité équivaut à une vente de terres alors que la vente de terre aux étrangers est interdite par la loi et un tabou dans la culture malagasy.

- 13 05 23 - Tribune - Edito_:_élection...et si...et si...
Petit florilège de scenarii au sujet de l’élection présidentielle. Il semble que quel que soit le cas de figure, la crise postélectorale est probable...

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12 05 23 - Collectif Tany-Craad-OI : « Le projet de loi sur les investissements : une marchandisation du patrimoine foncier de Madagascar qui ne dit pas son nom ? 
» La session parlementaire qui a commencé le 2 mai porte sur la refonte de la loi sur les investissements qui constitue la pièce maîtresse de la mise en place d’un cadre adéquat de régulation des investissements, qui permette à la fois de garantir le respect des droits humains et de la législation en vigueur à Madagascar, et d’établir un environnement propice aux investissements directs étrangers et nationaux. Depuis 2007, l’enjeu central de la loi sur les investissements est celui de la possibilité ou non pour les entreprises à capital majoritairement étranger d’acheter des terrains en pleine propriété à Madagascar, où jusqu’à présent, la loi interdit aux individus qui ne sont pas de nationalité malagasy d’être propriétaires de terrains. 

Le projet de loi stipule que « les personnes physiques ou morales étrangères ne peuvent accéder directement à la propriété foncière. Toutefois, elles peuvent librement et sans autorisation préalable contracter un bail emphytéotique, d'une durée maximale de 99 ans, renouvelable selon les modalités fixées par la législation. Les sociétés de droit malgache dont la gestion est placée sous le contrôle d'étrangers, […] ou d'organismes dépendant eux-mêmes d'étrangers […] peuvent recourir au bail emphytéotique renouvelable selon la législation en vigueur’ » Il précisé aussi que « l’Etat s’engage à faciliter et sécuriser l’accès au foncier par les investisseurs à travers la mise en place des zones dédiées spécifiquement à l’investissement. Ces terrains sont soumis à des régimes juridiques propres.».

Pour les signataires du communiqué, la signature d’un bail de 99 ans signifie que ces terres ne seront pas disponibles pour la majorité des Malagasy pendant trois générations. En cas de renouvellements, la location peut durer plusieurs siècles ! Ainsi, ce bail équivaut à une vente qui ne dit pas son nom. De plus, le projet de loi comporte de nombreux articles sur l’engagement de l’Etat dans le cadre de l’expropriation. Le mot « expropriation » étant utilisé exclusivement pour les propriétés, ce fait renforce l’idée que les investisseurs étrangers peuvent devenir des propriétaires de plein droit. Toutes les déclarations relatives à ce projet de loi insistent lourdement sur le principe d’égalité de traitement des investisseurs nationaux et étrangers, conformément aux préconisations des institutions financières internationales de décembre 2021, dénoncées en leur temps. « La mise en place des zones dédiées spécifiquement à l’investissement » renvoie à une loi sur les terrains à statuts spécifiques dont un projet avait été fortement contesté par la société civile en 2020 et 2022, à cause du trop grand nombre d’articles défavorables aux citoyens et aux communautés locales.

Des entrepreneurs ont été invités à débattre avec les députés mais pas la société civile ni avec les représentants de communautés. Les paysans qui constituent 80 % des Malagasy ne sont pas considérés comme des investisseurs. Aucune disposition ne prévoit un système efficace de suivi et de contrôle impliquant les communautés directement concernées, ni la mise en place d’un système de sanctions. En outre, le projet de loi n’inclut aucune obligations pour les entreprises d’assurer la transparence et l’accès du grand public à toutes les informations concernant les études d’impact environnemental et social. L’Etat prévoit d’accorder désormais aux entreprises de nombreux avantages, au risque de s’exposer lui-même à un rapport de forces nettement défavorable.

En conclusion, les signataires écrivent : « Tous les citoyens, notamment les députés et sénateurs, doivent faire preuve d’une extrême vigilance au cours de l’étude et du vote du projet de loi. »

05 05 23 - Reflets.info - Le faim, peine sans fin des prisonniers de Madagascar. plongée dans les prisons de l'île
Dans l'un des pays où l'on condamne encore à des travaux forcés, la situation des personnes détenues peine à émouvoir une population durement affectée par l'envolée du prix des produits de première nécessité et à mobiliser une classe politique entièrement tournée vers l'échéance présidentielle à venir. « L'enfer carcéral » malgache ne cesse pourtant de s'aggraver. Et la faim, une des souffrances les plus insidieuses infligées aux prisonniers, de s'amplifier.

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 03 05 23 - Liberté de la presse - Classement RSF 2023

Madagascar perd 3 places dans le classement annuel de Reporters sans Frontières (RSF)

 

30 juillet 2022

ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2022

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22 07 22 - Le Monde - Madagascar : Andry Rajoelina, le maître des désillusions
A dix-huit mois de la fin de son mandat, le président continue de faire des promesses tous azimuts alors que la Grande Ile s’enfonce un peu plus dans la misère.

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13 07 22 - Collectif Tany - La Belgique complice de l'accaparement des terres à Madagascar ?

L’étude d’Entraide et Fraternité a été réalisée par Mamy Rakotondrainibe du Collectif Tany sur le cas Tozzi Green à Madagascar. Elle met en évidence l’implication de l’État belge via BIO, sa banque de développement, qui finance la multinationale avec de l’argent public. Le résumé de cette étude a été présenté lors de la conférence-débat organisée par Entraide et Fraternité le 25 mars 2022 à Bruxelles dans le cadre de sa campagne de carême intitulée « Pas d’accaparement de terre avec notre argent ! » Cette étude a également été utilisée dans le cadre de l’audition du directeur de BIO à la Chambre des représentants belge. Pour visionner cette audition, cliquer sur ce lien : https://www.lachambre.be/media/index.html?language=fr&sid=55U3082
A partir de 3h13 min, les réponses du directeur de BIO sur le cas Tozzi Green.

<> 10 07 22 - Remède anti-Covid à Madagascar - Une expression du panafricanisme sanitaire
Le 21 juillet 2021, les médias rapportaient que l’actuel président de Madagascar, Andry Rajoelina, avait survécu à une tentative d’assassinat. C’est moins le contexte particulier de l’histoire politique et militaire malgache qui a retenu l’attention que le rôle joué par Rajoelina dans la lutte anti-Covid en Afrique. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes expliquent que c’est du fait de son action contre la pandémie que Rajoelina a failli être victime d’un sort tragique, comme l’ont été avant lui de nombreux présidents africains et afro-descendants. Voilà qui témoigne de l’image de l’île auprès de nombreux Africains : celle d’un pays qui a su résister à la pandémie par ses propres moyens, sans se plier aux injonctions occidentales.

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07 07 22 - Tribune - Edito - Ndimby A - Refuser la tentation de la crise
Si un artiste-peintre pouvait décrire Madagascar aujourd’hui, on y trouverait entre autres : grèves, invasion de criquets, famine, banditisme hors de contrôle, délestages d’électricité, coupures d’eau, inflation généralisée, corruption, décisions de justice injustes…. A ceci s’ajoutent tous les scandales qui ont émaillé les trois premières années du mandat présidentiel. Les dizaines de kilos d’or qui passent les frontières ou s’évaporent des coffres-forts ; l’euthanasie d’Air Madagascar à cause de l’incompétence et de la voracité ; les diverses affaires (bonbons sucettes, paniers garnis, écrans plats) ; le comportement de certains ministres et de leurs proches qui désacralisent l’honorabilité de fonctions censées être réservées aux "meilleurs d’entre nous." Il y a aussi des actes qui ont détourné du régime même ceux qui étaient disposés à lui accorder le bénéfice du doute, voire un cautionnement initial béat : les manigances de prestidigitateur pour tenter de faire du CVO ce qu’il n’était pas, y compris à l’échelle africaine ; les polémiques autour des projets présidentiels tels que Tanamasoandro et le téléphérique ; et surtout la construction illégitime et sacrilège du Colisée dans l’enceinte du Rova d’Antananarivo. En un mot comme en mille : le werawera ne suffit pas quand il est confronté à la réalité des faits. (…) Dans cette atmosphère délétère, certains opposants pourraient avoir des velléités de capitaliser cette vague croissante de contestation et provoquer une crise politique. (…)  On sait toutefois quelles sont les conséquences de comportements de voyous politiques tels que coups d’État ou crise politiques. Jusqu’à aujourd’hui, nous payons les conséquences des crises de 2009 et de 2002 sur tous les plans (politiques, économiques et civiques). (…) Il est primordial de souligner que dans son état actuel, le pays ne peut se permettre un nouvel acte immature qui ne considérerait que l’effet immédiat sans se préoccuper des conséquences futures. (…) Toutes les forces vives de la nation (institutions, classe politique, raiamandreny, milieu économique, société civile, monde universitaire, Églises etc.) doivent donc s’unir pour agir et refuser la nouvelle crise qui pend à notre nez, et pour laquelle plusieurs s’activent. En d’autres termes, exiger du pouvoir et de l’opposition le respect du calendrier électoral et un processus menant à l’organisation d’élections sereines et propres en 2023. (…) Il ne s’agit pas de sauver le soldat Rajoelina, dont le sort ne nous préoccupe pas vraiment, mais de sauver la République et lui éviter de tomber encore plus bas.

 

 


 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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31 mai 2022

REVUE DE PRESSE - MAI 2022

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant
  • Edducation, université
  • Migrations, trafics d'êtres humains
  • Santé, Covid 19
  • Médias, liberté d’expression, lanceurs d’alerte

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier, environnement, amènagements
  • Saison cyclonique
  • Environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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Les dessins du dessinateur de presse Pov :

planche

31 janvier 2022

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2022

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
    Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, albinos
  • Justice, prisons
  • Procès de l'affaire "Apollo 21"
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Migrations
  • Droits des LGBTQI+
  • Droits de l’enfant, éducation, université
  • Santé, Covid 19

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafic d'or, ressources naturelles, foncier
  • Environnement, inteméries, dérèglement climatique
  • Le « kere » dans le Sud
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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L’actualité du mois par le dessinateur Pov

planche

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31 mars 2022

REVUE DE PRESSE - MARS 2022

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
    Diplomatie, guerre en Ukraine

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, albinisme
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes, droit de l'enfant
  • Migrations
  • Santé, Covid 19

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Saison cyclonique
  • Environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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L'actualité vue par le dessinateur Pov

planche

29 février 2020

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2020

SYNTHESE FEVRIER 2020

Plus de 200 requêtes en cassation ont été reçues par le Conseil d’Etat suite aux élections municipales du 27 novembre. Les candidats ont jusqu’au 9 avril pour déposer leur dossier. Deux requêtes retiennent l’attention : celle déposée par le candidat du TIM dans la capitale et celle déposée par Roland Ratsiraka à Toamasina.

La période de révision annuelle de la liste électorale s’est achevée sur un bilan très décevant. Le taux de nouvelles inscriptions historiquement faible. Pour le vice-président de la CENI, cette situation est due au manque de sensibilisation et d’implication des citoyens. L’observatoire Safidy a soutenu qu’un taux d’inscription aussi faible était prévisible car aucun changement n’a été apporté aux méthodes de travail et aux moyens mis en œuvre par la CENI pour mener à bien cette opération. Plus d’un million d’électeurs, inscrits dans la liste électorale, sont dotés d’un numéro de carte d’identité nationale identique. La CENI a révélé cette situation lors de la présentation des résultats complets de l’opération de révision de la liste électorale. Elle révèle par ailleurs l’existence de 110 600 doublons. Les corrections vont devoir être effectuées avant clôture officielle de la révision annuelle de la liste, le 15 mai.

Le directeur du Samifin s’est déclaré favorable à une loi sur le financement des partis politiques. A ses yeux, le financement des partis politiques et des élections est devenu le terrain privilégié du blanchiment de capitaux. Des candidats à la présidentielle ont bénéficié de financements de donateurs étrangers et de « bailleurs » dont l’identité reste floue. Certains candidats n’ont pas soumis leur rapport de gestion financière à la commission et n’ont pas été inquiétés.

Les élections sénatoriales seraient reportées à début 2021. Le pouvoir attendra donc la fin du mandat de cinq ans des actuels sénateurs avant de procéder au renouvellement de la Chambre haute dont l’effectif va être, par souci d’économie, réduit à 18 (contre 63 actuellement). 12 sénateurs seront élus par les grands électeurs à raison de deux par province, les 6 autres nommés par le président de la République.

L’élection des chefs fokontany n’a pas encore été décidée et reste incertaine. Selon les textes en vigueur, elles devraient avoir lieu dans les trois mois suivant la prise de fonction des maires, soit d’ici le mois de mai. Aucune élection de chef fokontany n’a eu lieu depuis les communales de 2015.

Neuf gouverneurs de région restent encore à nommer. Les observateurs s’interrogent sur les motifs de cet important retard. La nomination d’une dizaine d’ambassadeurs se fait également attendre. Suite à son appel à candidatures de profils de haut niveau, le pouvoir dispose d’un vivier très conséquent auquel il pourrait être fait appel pour pourvoir ces postes et remplacer nombre de cadres supérieurs de la haute administration.

La réforme et l’informatisation de l’état civil a été décidée en conseil des ministres. L’objectif est de recenser tous les Malgaches et de doter chaque enfant malgache d’un acte de naissance, et tout individu majeur d’une carte d’identité nationale. Un identifiant unique sera attribué à chaque enfant à la naissance et sera utilisé pour tous les actes administratifs au cours de sa vie. La liste électorale sera ainsi sécurisée et les recensements facilités.

La légalité des ordonnances présidentielles prises durant la période précédant l’installation de la nouvelle Assemblée nationale a été contestée par le président du Sénat, chef de file de l’ancien parti présidentiel HVM. La HCC a accordé un sursis de quelques mois au gouvernement pour régulariser la situation en déposant les projets de loi de ratification au cours de la prochaine session du Parlement.

pov 24 02Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu à Madagascar. Le représentant du gouvernement français était très attendu après la récente déclaration d’Emmanuel Macron confirmant son intention de créer une réserve naturelle sur les îles Glorieuses, relevant des îles Eparses, une déclaration restée sans réponse de la part des autorités malgaches. Le ministre s’est limité à déclarer qu’il va y avoir une deuxième réunion de la commission mixte sur le devenir de ces îles et que « le travail va se poursuivre. » Aucune date n’a été annoncée pour cette nouvelle rencontre. Deux conventions ont été signés à l’occasion de cette visite : l’une portant sur une subvention de 14,3 millions d’euros pour un appui au Plan sectoriel de l’éducation, l’autre sur un accord-cadre de partenariat sur l’éducation. La France a également annoncé sa contribution au « Plan émergence Madagascar » Jean-Yves Le Drian a annoncé 240 millions d’euros sur quatre ans, moitié prêt moitié don, pour la mise en œuvre des projets prioritaires de ce plan. Pour Le Monde, il est possible d’imaginer que l’augmentation de l’aide française annoncée serait une contrepartie à une fin de non-recevoir de Paris sur le dossier des îles Eparses. Dans un communiqué le ministre des affaires étrangères a tenu à souligner que « ce soutien n’entrave nullement et n’influe pas le processus de discussion en cours avec la France au sujet des Iles malgaches de l’océan Indien » Madagascar a sollicité le soutien de l’UA sur ce dossier. La France a annoncé qu’elle cesse les forages au large des îles Eparses revendiquées par Madagascar.

Lors du 33è sommet de l’UA à Addis-Abeba, Andry Rajoelina s’est vu attribuer le titre de « champion pour le combat contre la malnutrition » pour les actions entreprises dans le sud de Madagascar contre ce fléau, en matière notamment d’accès à l’eau potable et de fabrication de compléments alimentaires. Au même moment, la presse annonçait que la famine menace de nouveau dans trois districts du Grand Sud. Le chef de l’Etat, qui s’est rendu par la suite dans cette région, a dénoncé le détournement des aides internationales et promis des poursuites à l’encontre de leurs auteurs.

Dans un important communiqué, La Plateforme des organisations de la société civile revendique « une politique sécuritaire efficace respectant les droits de l’homme. » Malgré la volonté du pouvoir de combattre l’insécurité urbaine et rurale, le fléau hante les esprits et les enfants et les adolescents sont particulièrement touchés. Un sentiment d’insécurité accentué par le comportement des forces de l’ordre, l’insubordination hiérarchique qui règne en leur sein, favorisée par le népotisme et la corruption. La justice est profanée et devient source de frustration et de contestation de l’ordre établi. Pour la Plateforme, le problème de sécurité ne peut être résolu par la violence, même si celle-ci prend une forme légale. Il sera difficile d’éradiquer l’insécurité sans une approche intégrant la sécurité humaine.

Pour faire face l’insécurité dans la capitale, l’Organe mixte de conception (OMC) a décidé de collaborer avec les civils à travers la mise en place des comités de vigilance. 3 000 volontaires armés d’armes blanches et de protections seront répartis dans tous les fokontany.

En visite à Amboasary Sud, le premier ministre a dénoncé le tribalisme, en référence à des menaces d’affrontement entre Bara et Antandroy au mois d’octobre. Les associations régionales de natifs sont devenues de puissants lobbies qui entretiennent des rapports clientélistes avec les populations et imposent des quotas dans les nominations aux hauts emplois de l’Etat.

Plusieurs cas de vindicte populaire ont encore été signalés. Plus de 500 personnes s'en sont prises au commissariat d'Ambilobe pour exiger que la police leur livre un homme soupçonné d'avoir tué une femme enceintedont le corps a été retrouvé démembré et éventré. Dans cette dernière affaire, la CNIDH s’est félicitée de l’attitude du secrétariat d’Etat à la gendarmerie, qui aurait fait la démonstration qu’il est possible de gérer des velléités de vindicte populaire autrement que par la simple répression. Pour le vice-président du Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED), « la population a besoin de connaître la loi pour éviter les vindictes populaires. »  Il annonce que le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme apportera son concours pour des campagnes de sensibilisation de la population sur le respect de l’Etat de droit, de la démocratie et de la bonne gouvernance. Le HCDDED souhaite développer une collaboration avec des partenaires internationaux impliqués dans la défense des droits humains.

Magistrats et justiciables vont pouvoir bénéficier d’une plateforme e-learning ont annoncé les responsables de l’ENMG de retour d’une mission à l’Ecole nationale la magistrature de Bordeaux. L’AFD apporte son appui au projet.

Le bâtonnier du barreau de Madagascar révèle que pour survivre les avocats n'ont d'autres choix que de pratiquer la corruption en s'associant avec des magistrats.

pov 12 02 20La HCC a entériné la démission d’office des deux députés en détention préventive, Hasimpirenena Rasolomampionona et Ludovic Adrien Raveloson. Dans son constat de vacance du siège, la HCC précise que « les infractions commises avant l’élection du député ne peuvent en aucun cas bénéficier de l’inviolabilité. ». En dépit des pressions exercées par les parlementaires, la procédure légale a donc été finalement respectée. Ludovic Adrien Raveloson avait bénéficié d’une liberté provisoire accordée par procureur général près la cour d’appel de Toliara. Celui-ci et le substitut général ont été suspendus. Un mandat d’arrêt a été lancé à l’encontre de l’ex-député en fuite. La société civile a exigé qu’une interdiction de sortie du territoire soit prononcée à son encontre mais il se pourrait qu’il ait déjà quitté le pays. Le sursis à exécution de la suspension du substitut général a été rejeté par le Conseil d’Etat. Le ministre de la justicea affirmé qu’il n’y aura plus de réquisition de mise en liberté provisoire sans motif clair et écrit. Selon ses dires, une réforme se met en place pour « regagner la confiance de la population envers la justice. Cela ne peut se faire, sans combattre la corruption et le népotisme » dans les tribunaux et les centres de détention.

Appelée à siéger à la place de son conjoint Ludovic Adrien Raveloson, la nouvelle députée Yvonne Razafindrazalia a été interrogée puis placée en garde à vue avant d’être mise en liberté provisoire. Elle serait compromise dans la fuite de son conjoint. La présidente de la Chambre basse a regretté de ne pas avoir été informée de la décision de poursuite à l’encontre de celle-ci.

Un défenseur des droits humains, Thomas Razafindremaka, serait victime de représailles. Militant des droits de l’homme, défenseur des petits paysans victimes des abus d’autorité de certains responsables administratifs et des forces de l’ordre de la région d’Ihorombe, il a été incarcéré à Ihosy. La charge retenue à son encontre serait « extorsion de fonds et escroquerie », des actes remontant à 2018. Le Haut-commissariat aux droits de l’homme va mettre en place un pool d’avocats pour le défendre et la CNIDH s’est saisie du dossier. L’association qu’il préside est membre de la PFNOSCM. La société civile a demandé le dessaisissement du tribunal d’Ihosy. L'association Front Line Defenders s’est dite très préoccupée par la détention et les accusations portées contre Thomas Razafindremaka et a demandé sa libération immédiate. Elle demande aux autorités de garantir en toutes circonstances que tous les défenseurs des droits humains puissent mener leurs activités de défense des droits humains sans crainte de représailles et sans aucune restriction, y compris le harcèlement judiciaire. La première audience de Thomas Razafindremaka est prévue le 17 mars. La société civile a obtenu le dessaisissement du tribunal d’Ihosy et sa mise en liberté provisoire du prévenu. Elle estime que cette arrestation est une tentative visant à réduire au silence tout autre activiste voulant s’aventurer dans la défense des droits humains et environnementaux.

Tenue de l’audience inaugurale de la HCJ. Depuis juin 2018 la juridiction a reçu 25 dossiers concernant de hautes personnalités, dont 13 ont été transmis à l’Assemblée. Les 12 autres sont soit irrecevables, soit classés sans suite, soit transmis au Pôle anti-corruption ou au tribunal de première instance. Les noms des personnalités mises en cause restent confidentiels. Les yeux sont désormais braqués sur l’Assemblée nationale qui doit statuer sur les 13 dossiers transmis et décider de l’éventuelle mise en accusation des prévenus.

Les pôles anti-corruption (PAC) tardent à voir le jour. Le Pac d’Antananarivo est fonctionnel depuis près de deux ans mais ceux des autres provinces sont encore en projet. Selon le Bianco la phase de recrutement des magistrats a pris du retard.

La branche territoriale du Bianco d’Antananarivo a révélé qu’en 2019 361 personnes ont été arrêtées à la suite des doléances reçues. 72 d’entre elles ont été placées sous mandat de dépôt. Grâce aux nombreuses mesures mises en place pour lutter contre la corruption, le nombre des doléances reçues a presque quadruplé en un an. L’implantation d’une antenne régionale à Morondava aurait également permis d’accroitre fortement le nombre de dénonciations. D’autres antennes régionales pourraient être installées si le budget le permet. En 2019, trois anciens membres de gouvernement et 81 parlementaires ont fait l’objet d’arrestation. À part un parlementaire mis en détention provisoire, tous les autres ont bénéficié d’une mise en liberté provisoire. L’identité des membres de gouvernement mis en cause n’a pas été révélée dans le rapport d’activité.

Le directeur général de la douane annonce que les opérations d’assainissement vont s’intensifier au port de Toamasina. Les agents de la chaîne logistique du Grand port ont fait perdre 270 millions Ar à l’État en 2019. Les travaux d’extension du port, financés par les Japonais, sont placés sous la surveillance du Bianco.

Ny Rado Rafalimanana, important opérateur économique, ancien candidat à la présidentielle en 2018, a été convoqué par le service de surveillance du territoire. Refus d’obtempérer, destruction de biens publics et agression de gendarmes. Ce sont, entre autres, les accusations portées à son encontre. L’intéressé est en outre frappé d’une interdiction de sortie de territoire pour abus de confiance, escroquerie faux et usage de faux. Lors de sa comparution pour une première affaire il a bénéficié d’une liberté provisoire. Son avocat affirme qu’il est prêt à braver l’interdiction de sortie du territoire. Dans une interview à Midi, il se défend d’être« un concurrent du régime. » En tant que PDG du groupe qui porte son nom, il revendique sa qualité d’opérateur économique d’envergure internationale tenant à jouer un rôle important dans le développement économique du pays.

Raoul Arizaka Rabekoto, président de la FFF et ancien DG de la Cnaps, frappé d’une interdiction de sortie du territoire, serait parvenu à rejoindre la Suisse. La décision prise à son encontre ferait suite à une enquête menée au sein de la Caisse à l’époque où il se trouvait à sa tête. Les détournements pourraient atteindre 20 milliards Ar. Le dossier est entre les mains du Bianco qui a lancé un avis de recherche. L’intéressé rechercherait la protection de la FIFA. Il se dit victime d’un règlement de compte politique pour avoir battu le candidat du pouvoir lors de son élection à la présidence de la FMF. L’ancien DG de la Cnaps aurait bénéficié d’une aide pour quitter le pays en dépit de l’interdiction de sortie du territoire. Une arrestation aurait été opérée Des complices seraient recherchés.

Une importante saisie a été effectuée au complexe hôtelier A&C de la femme d’affaires Claudine Razaimamonjy, propriétaire de cet enseigne et ancienne conseillère occulte de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, actuellement en prison pour des détournements de biens publics.

L’installation des marchands des rues dans des marchés formels est l’un des grands défis que doit relever la nouvelle municipalité d’Antananarivo. Leur nombre est estimé à plus de 10 000. Avant même la prise de fonction du maire, la police nationale avait pris l’initiative de dégager les marchands illicites qui paralysent la circulation mais la nouvelle équipe municipale semble avoir cédé aux pressions. L’anarchie et le désordre ont repris possession de la ville.

Pauvreté et insécurité - Le premier ministre charge les fonctionnaires des régions Androy et Anosy. Christian Ntsay a déclaré que l’incompétence des autorités locales est source de laisser-aller et de mauvaise gestion. Une situation qui serait à l’origine de la pauvreté grandissante du pays. Des fonctionnaires seraient de connivence avec les malfaiteurs d’où la recrudescence de l’insécurité.

Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) dénonce une corruption généralisée dans le secteur de la santé. Les résultats d’une enquête impliquant 3 302 individus répartis dans les six chefs-lieux de province démontrent « que bien que 84 % des personnes interrogées reconnaissent l’existence de corruption et ses effets dévastateurs dans le domaine de la santé, rares sont ceux qui osent porter plainte par peur de représailles et par crainte de ne pas être pris en charge par les médecins dans le futur. » L’Ordre national des médecins a réagi au constat dressé par Transparency International et aux attaques dont les personnels de santé sont l’objet sur les réseaux sociaux.

Gaspillage des deniers publics : l’Assemblée nationale rappelée à l’ordre par la HCC. La Haute cour a émis des réserves par rapport à une récente décision portant sur les missions des services de l’Assemblée.

Les migrations de travail seront bientôt régies par le code du travail malgache. Avec l’appui de l’OIT, les acteurs entendent aligner les textes nationaux sur les conventions internationales, notamment en ce qui concerne la protection des travailleurs migrants et des travailleurs domestiques.

L’ONG Ecpat France-Madagascar a organisé des formations à l’intention des journalistes pour les sensibiliser à la thématique de l’exploitation sexuelle des enfants. Elle a formé 153 journalistes malgaches de 2018 à 2019. L’organisation prend également en charge des enfants victimes d’exploitation sexuelle.

Les enfants et les jeunes victimes de la violence en ligne. Selon une étude effectuée par l’ONG Youth First en juin 2019, 84 % des jeunes dans plusieurs écoles des régions Analamanga et Atsinanana en sont victimes. L’ONG, en collaboration avec l’Unicef, aide les jeunes à se protéger contre ces violences et leur propose différents outils.

Le Parlement européen a adopté une résolution sur le travail des enfants dans les mines à Madagascar.

Après sa rencontre avec la nouvelle ministre de l'enseignement supérieur, le Seces a décidé la reprise des cours. Un délai d'un mois est donné à la ministre pour satisfaire les revendications des universitaires.

Après les graves intempéries de janvier, le débat sur la pertinence du calendrier scolaire revient sur le devant de la scène. Le précédent gouvernement avait mis en place des réformes qui n'ont pas été appliquées. Pour la société civile, il y a urgence, d’autant plus que les performances de Madagascar en termes d’éducation sont catastrophiques. Plus des deux tiers des enfants ne parviennent pas à finir les cinq années de primaire. Pour le ministère, la réforme n’a pas pu être appliquée faute de consensus. Une partie de l’opinion souhaite maintenir les vacances durant la saison sèche, moment où se pratiquent les circoncisions et les famadihana. [Retournements des morts.]

97 % des enfants de moins de dix ans ne savent ni lire ni écrire. La Banque mondiale préconise d’axer les réflexions sur le contenu du Plan sectoriel de l’éducation mais également sur les compétences des enseignants. La situation est jugée alarmante.

La fin de l’exonération fiscale des écoles privées catholiques préoccupe les directeurs des 3 668 établissements religieux de la Grande île. La situation est inquiétante pour l’avenir de l’éducation à Madagascar, a réagi la direction nationale des écoles catholiques.

Le ministère de la santé incite la population à adhérer à une assurance santé. « L’objectif est d’inculquer aux gens l’habitude de cotiser dans ces systèmes d’assurance-santé privés pour qu’ils puissent obtenir des services de santé gratuits de la part de ces systèmes actuels, en échange de leurs cotisations », explique le ministère. En 2015, les autorités ont pris la décision d’élaborer une Stratégie nationale sur la couverture santé universelle. 8 % de la population est actuellement affiliée à une assurance santé privée ou publique.

Les autorités ont pris des dispositions strictes pour limiter les risques d’importation du coronavirus mais le ministère des transports a fait part de ses craintes : des lacunes au niveau de la police aux frontières de l’aéroport d’Ivato pourraient favoriser l’entrée de passagers munis de faux papiers. Des ressortissants malgaches et des chinois expatriés auraient cherché à revenir au pays sans autorisation. 85 passagers en provenance de Chine avant la fermeture des frontières aux vols provenant de ce pays ont été placés en observation à leur domicile. 52 étudiants malgaches auraient été confinés dans la ville de Wuhan, épicentre de l’épidémie. Ils ont demandé à être rapatriés. Leurs parents ont formulé cette requête auprès du chef de l’Etat. Une douzaine d’étudiants qui résident dans des villes non mises en quarantaine ont déposé des demandes de dérogation spéciale pour pouvoir rentrer à Madagascar. Deux bateaux de croisière ont été interdits d’escale à Madagascar, l’un à Nosy Be, l’autre à Tolagnaro. Toute personne en provenance d’Italie, d’Iran et de Corée du Sud est interdite d’entrer à Madagascar.

Recrudescence du paludisme suite aux intempéries qui ont durement frappé sept districts en janvier. Le taux de prévalence du paludisme s’est élevé par rapport à la moyenne des cinq dernières années dans 107 districts, avec près de 30 000 cas confirmés.

Vingt-six personnes sont décédées de la peste depuis le début de la saison. 81 cas ont été confirmés. 40 districts sont considérés comme foyers pesteux.

La famine ou « Kere » frappe de nouveau gravement le Sud. Andry Rajoelina a donné quatre mois aux cinq ministères concernés pour apporter une assistance humanitaire de grande envergure aux six districts les plus touchés et décider de solutions pérennes. Durant trois mois les districts touchés vont bénéficier gratuitement d’un centre d’épuration d’eau et d’un approvisionnement par camions-citernes. Le chef de l’Etat doit se rendre dans le Sud, accompagné des partenaires techniques et financiers.

L’ONG Ecpat France note des évolutions encourageantes dans la manière dont les médias abordent les questions relatives aux violences basées sur le genre. Les stéréotypes négatifs du genre sont moins présents. Des progrès sont également enregistrés en matière de respect du droit à l’image et à la vie privée. Au travers des formations qu’elle organise, et avec l’appui de son observatoire des médias, elle sensibilise les professionnels à ces thématiques.

La publicité des contrats d’exploitation des ressources extractives sera bientôt obligatoire, dans un souci de transparence. La norme 2019 de l’ITIE oblige en effet les pays membres à divulguer tous les contrats et licences octroyés, conclus ou modifiés, à partir du 1er janvier 2021.

Une société minière chinoise se serait implantée à Brieville sans que la population ait été informée et consultée. Les habitantssuspectent une complicité de l’entreprise avec les autorités.

La révision du code minier est toujours en chantier. Un sujet sensible et stratégique qui ne parvient pas à faire consensus. 80 entités de la société civile se sont concertées durant deux jours pour tenter de définir une position commune. Face aux contestations nées de la publication d’un avant-projet, les autorités ont décidé de mettre en place un comité de pilotage avec tous les acteurs du secteur.

La PFNOSCM a demandé aux pouvoirs publics d’arrêter sans plus attendre une politique et une stratégie de lutte efficace contre le changement climatique. A défaut, les futures générations seront victimes d’une grave crise environnementale et alimentaire. Madagascar perdra 4,2 % de son PIB d’ici à 2050 si la nature continue de se dégrader au rythme actuel, selon un rapport du WWF qui appelle à des engagements clairs et durables de tous afin d’atteindre les objectifs de développement durable que Madagascar s’est assignés.

Conflit foncier de Soavinandriana (région Itasy) - Les 9 habitants placés en détention provisoire durant les fêtes de Noël ont été libérés. 11 personnes ont été condamnées à des peines de prison avec sursis pour coups et blessures. Les paysans vont interjeter appel de la condamnation à verser des dommages et intérêts.

Le mémorandum conclu avec la société émiratie Elite Agro LLC visant à mettre à disposition 60.000 ha de terres dans le Bas Mangoky soulève de nombreuses interrogations. La société civile a publié un communiqué pour s’opposer à ce projet dont le contenu reste en grande partie confidentiel. Le président de la commission agriculture et développement rural de l’Assemblée nationale et un certain nombre d’élus se sont déclarés en faveur de ce projet qui, selon eux, permettra au pays d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Les ONG exigent que toute la lumière soit faite sur le contenu de cet accord.

Le projet de ville nouvelle « Tana-Masoandro » cristallise l’opposition des habitants d’Ambohitrimanjaka et des autres communes concernées. La récente création d’un nouveau ministère chargé des villes nouvelles et de l’habitat n’est pas selon eux de bon augure. Les habitants appellent Andry Rajoelina à implanter ailleurs ce projet et à sauvegarder la plaine du Betsimitatatra au moment où le pays recherche les moyens de garantir son autosuffisance en riz. Les habitants attendent qu’il tienne son engagement de venir à la rencontre des opposants. Les négociations se poursuivent avec les propriétaires. Le processus a été confié au bureau de liaison implanté sur les lieux. Depuis l’ouverture du dialogue sur l’expropriation des terrains, en octobre, 700 familles sont venues se renseigner.

Suite aux graves intempéries qui ont dévasté plusieurs régions dans le nord-ouest et fait 35 morts et plus de 126 000 sinistrés, les autorités ont mobilisé 15 millions de dollars de l’IDA et 3 millions d’euros de l’AFD prélevés sur les crédits alloués à la gestion du risque de catastrophes naturelles. L’accord conclu en décembre avec les partenaires accorde à Madagascar un droit de tirage d’un montant de 61,7 millions de dollars pour faire face à ce type de situation. La France a en outre apporté un soutien financier au plan d’actions d’urgence du gouvernement.

La BAD a débloqué 38,4 millions de dollars pour la 1ere phase du Projet de renforcement et d’interconnexion des réseaux de transport d’énergie électrique. D’un montant de près de 200 millions de dollars, ce projet permettra de donner accès à de l’énergie électrique fiable à une zone à fort potentiel agro-industriel, minier et d’activités portuaires. À terme, il contribuera, entre autres, à porter le taux d’accès à l’électricité à 30 %. Un taux qui n’est actuellement que de 15 % (5,2 % en milieu rural).

Signature d’un accord de financement de 20 millions de dollars avec le Fonds saoudien de développement destiné à boucler le financement du pont Mangoky sur la RN9, qui sera le pont le plus long de Madagascar avec une longueur de 880 mètres. Le projet bénéficiait déjà du soutien de trois bailleurs arabes. Le ministre de l’économie et des finances a exprimé le souhait du gouvernement de solliciter de nouveaux financements du Fonds saoudien.

Sécurité aux frontières : appui du Japon contre les trafics illicites. Le projet REAcT (Réponse aux activités criminelles émergentes et autres menaces maritimes à Madagascar) sera doté d’une enveloppe de 96 000 dollars.

Un centre mondial de production de logiciels de gestion sera créé à Fianarantsoa, en collaboration avec un opérateur français et les deux écoles supérieures d’informatique implantées dans la localité. Ce projet devrait permettre de créer 200 emplois d’ici cinq ans, dont 150 emplois de développeurs.

pov 17 02Croissance économique : des signaux positifs et encourageants, selon la Banque mondiale qui vient de publier son « Mémorandum économique de Madagascar » « Même si Madagascar est encore confronté à des défis considérables, les signaux sont positifs et encourageants », souligne le rapport. La Banque met l’accent sur la nécessité de promouvoir une croissance inclusive et propose à cet effet plusieurs axes de réformes prioritaires.

La Banque mondiale dénonce le détournement de l'aide dans les pays en développement. Dans les 22 pays les plus dépendants, « l’aide financière est accaparée par les élites ». Pour les 22 pays les plus dépendants de l’aide de la Banque, les versements de ces aides coïncident avec « des hausses significatives des dépôts dans les paradis fiscaux ». 19 de ces 22 pays sont situés en Afrique. Et les dépôts annuels dans les paradis fiscaux représentent de coquettes sommes dans certains Etats. Le montant est de 193 millions de dollars pour Madagascar. Dans le Sud, le président de la République a constaté l’arrêt de certains projets d’adduction d’eau pouvant provenir de détournement de fonds d’aide au développement. Il a annoncé des poursuites contre les auteurs présumés.

La Coface, chargée d'assurer les entreprises françaises qui investissent à l'étranger, promeut Madagascar de la catégorie D à la catégorie C. Une amélioration de la note du risque-pays qui devrait rassurer les investisseurs.

Le Groupement des entreprises franches et partenaires poursuite l’assainissement du secteur. En février 2018, les entreprises membres employaient plus de 133 000 salariés, dont plus de 120.000 dans le secteur textile.

Le partenariat stratégique conclus en 2017 entre Air Madagascar et Air Austral a échoué. La compagnie réunionnaise, qui rencontre des difficultés, va réduire sa participation au capital de la compagnie nationale. La Caisse nationale de prévoyance sociale (CNaPS) qui avait apporté son concours financier à l’opération, risque de faire les frais de la situation. Le représentant du FMI a mis en garde les autorités sur les risques qu’elle encourt. « Il faut faire attention avec l’argent des retraités », a-t-il déclaré. Les autorités malgaches sont à la recherche de nouveaux partenariats.

Les difficultés de gestion rencontrées par la Jirama ont conduit Andry Rajoelina à ordonner l’ouverture d’une enquête, confiée à l’Inspection générale de l’Etat. Des cas de malversation ont été transmis au Bianco, sans résultat pour l’instant.

Le ministre des mines a reconnu que le partenariat entre la société d’Etat Kraoma et les Russes, qui détiennent 70 % du capital, est un échec. La société ne produit plus de chrome depuis juillet. La compagnie minière a décidé de mettre fin unilatéralement à sa participation. Les dettes de la société s’élèveraient à 101 milliards Ar. Le ministère va prendre en charge les salaires impayés des 507 employés.

Filière vanille : risque de chute vertigineuse des cours. Les opérateurs de ce secteur stratégique tirent la sonnette d’alarme. Les autorités sont appelées à remettre de l’ordre dans la filière, victime des activités illégales d’opérateurs étrangers et du blanchiment d’argent d’opérateurs de bois de rose, de l’immobilier et des transports. Le gouvernement annonce une série de décrets et circulaires censés pérenniser le secteur, l’épurer de ses spéculateurs et ramener la qualité au centre des préoccupations.

La suspension des vols entre la Chine et Madagascar se répercute sur les activités des marchands locaux. Cette interruption pourrait favoriser la production locale et permettre aux autorités de contrôler la légalité des pratiques de cette filière opaque et accessoirement de faciliter la reprise en main des autorités municipales sur le commerce de rue qui paralyse la capitale.

La société Comdata, leader du secteur de l’externalisation des activités à Madagascar, annonce le recrutement de plus de mille nouveaux collaborateurs. Une offre qui s’adresse notamment aux jeunes, y compris aux étudiants qui souhaitent travailler à temps partiel ou pour une durée déterminée.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  •  Affaires nationales
  •  Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, justice populaire
  • Justice
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Droits de l'enfant
  • Université, éducation
  • Santé, insécurité alimentaire
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement, litiges fonciers
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

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30 septembre 2019

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2019

 SYNTHESE

Nombre de candidats aux élections municipales du 27 novembre ont attendu la dernière limite pour déposer leur dossier, au point qu’il avait été envisagé de reporter la date de clôture. Une situation jugée préoccupante par les observateurs et la société civile, révélatrice de la faible motivation des partis politiques, en nombre pléthorique, à se soumettre au verdict des urnes. La consultation comporte deux scrutins distincts : l’élection des maires et celle des conseillers municipaux. L’ancien parti présidentiel HVM ne présente aucun candidat. Le parti s’est effondré avec le départ du pouvoir de Hery Rajaonarimampianina, laissant la place aux deux formations hégémoniques que sont l’IRD pro-Rajoelina et, dans une moindre mesure, au TIM de Marc Ravalomanana. Comme pour les législatives, on enregistre un nombre important de candidats « indépendants », une situation qui est jugée préoccupante par le Kmf/Cnoe. Huit communes n’ont pas de candidats pour le poste de conseillers, ce qui nécessitera l’organisation d’une élection partielle après le scrutin. 48 communes sur 1695 n’ont qu’un seul candidat pour la fonction de maire, 148 communes sont dans la même situation pour les conseillers.

Naina Andriantsitohaina, ministre des affaires étrangères, sera le candidat de l’IRD dans la capitale, il pourra compter sur l’appui de l’exécutif pour faire face à tous les défis qui l’attendent, la gestion de la maire actuelle, Lalao Ravalomanana, n’ayant pas convaincu. Sa candidature est une surprise pour de nombreux observateurs. Marc Ravalomanana, désigné par la plateforme RMDM candidat de l’opposition, a renoncé à postuler. Le parti sera représenté par un inconnu du grand public, Tahiry Ny-Rina Randriamasinoro, secrétaire général de la commune.

Les partenaires techniques et financiers ont finalement décidé de débloquer pour les élections locales un financement de 2 millions de dollars. Cette contribution non programmée sera consacrée à des actions de formation et de sécurisation du scrutin, ainsi qu’au renforcement des activités de la CENI.

Des opérations de dénigrement des candidats ont débuté sur les réseaux sociaux alors que la campagne officielle ne débute que le 5 novembre. Le Conseil pour le Fampihavanana Malagasy (CFM) s’est montré préoccupé. Il insiste à nouveau sur la nécessité de faire adopter par les candidats sa charte de bonne conduite qui avait été boycottée par la majorité des candidats aux législatives.

Onze gouverneurs appelés à remplacer les chefs de région par intérim ont été nommés en conseil des ministres. Les 12 autres régions devront encore attendre le remplacement de leur intérimaire nommé le 4 mars. Ils devraient rester en fonction jusqu’aux élections régionales dont la date n’est pas encore fixée. Pour mémoire, la Constitution stipule que « la fonction exécutive est exercée par un organe dirigé par le chef de région élu au suffrage universel. » Ces nominations, comme ces appellations, sont donc transitoires, en attendant la mise en place des chefs de région élus ou une révision constitutionnelle qui consacrerait la non-élection des chefs de région. La décision a été contestée par des juristes.

pov 11 09 19La visite à Madagascar du pape François a accaparé toutes les attentions. Un événement majeur qui, selon Tribune, elle a « plongé le pays dans un profond état de transe. » Des moyens considérables ont été mobilisés par le pouvoir. Andry Rajoelina, très présent, s’est engagé devant le souverain pontife à faire tout ce qui est en son pouvoir pour offrir à Madagascar un nouveau destin. Le pape s’est alarmé de la pauvreté « inhumaine » et de la déforestation, renouant avec ses critiques les plus véhémentes contre « la mondialisation économique dont les limites sont toujours plus évidentes ». Au cours de la messe célébrée devant plus de 800 000 fidèles, il a fustigé la corruption et l’exclusion qui mine le pays. Il a salué l’aide apportée par les organisations internationales, mais, dans le même temps, a déploré qu’elles soient le vecteur d’« une prétendue “culture universelle” qui méprise, enterre et supprime le patrimoine culturel de chaque peuple ». Selon lui, la mondialisation économique « ne devrait pas engendrer une homogénéisation culturelle. » Les organisations internationales sont régulièrement appelées par le Vatican à renoncer à la « colonisation idéologique » des pays du Sud. L’archevêque d’Antananarivo a expliqué que l’arrivée du pape François a revêtu une importance capitale pour redonner de l’espoir aux Malgaches mais que ceux-ci doivent se prendre en charge : « c’est aux Malgaches, à chacun d’entre nous, d’assurer son bien-être et son sort », a-t-il déclaré. Pour le père Sylvain Urfer du SeFaFi, l’heure est maintenant à l’action. « Il y a eu beaucoup trop de “je” dans le discours du président de la République. (…). Maintenant, il faut passer aux actes ».

pov 26 09 19Huit mois après son entrée en fonction, Andry Rajoelina a nommé des ambassadeurs en France, à Maurice, en Belgique et à l’UE et à l’Unesco. Parmi eux, trois anciens premiers ministres. Le poste convoité d’ambassadeur à Paris a été attribué à une personnalité discrète, proche du clan Rajoelina. De nombreux poste diplomatiques restent à pourvoir suite aux limogeages intervenus à la prise de fonction du nouveau président.

Des dizaines de dahalo armés ont investi un village dans le district d’Anjozorobe et incendié plusieurs maisons. Deux d’entre eux ont été abattus.Cinquante zébus appartenant au président du syndicat des magistrats (SMM), Clément Jaona, ont été volés à Ambato Boeny suite à l’attaque d’une bande armée. Sa propriété a été vandalisée. Il pourrait s’agir d’un acte de représailles. L’Unité spéciale anti-dahalo a abattu deux dahalo qui avaient pris d’assaut un village dans le district d’Ambovombe Atsimo. Une horde de dahalo s’est abattu sur un village à Satrokala Ihosy. Lors d’un accrochage avec le fokonolona appuyé par les milices l’autodéfense villageoise, six des malfaiteurs ont péri.

L’ancien premier ministre Monja Roindefo a dénoncé « les concussions à caractère tribal dont sont victimes les éleveurs-propriétaires de zébus dans la région Atsimo-Andrefana » à travers les actions de pacification des régions classées « zones rouges ».

La famille de la victime de l’exécution sommaire perpétrée par un inspecteur de police du service central antigang a porté plainte. A Betafo, trois membres de milices d’autodéfense villageoise ont tenté d’enlever un nourrisson. Ils ont poignardé un homme avant que l’un d’eux soit lynché à mort.

Six des 12 personnes impliquées dans le kidnapping du DG de Conforama en novembre 2018 ont été condamnées par le Pôle anti-corruption à une peine allant de 5 à 7 ans de travaux forcés.

Le ministre de la justice a lancé une mise en garde à l’encontre de ceux qui font obstacle à l’exécution de décisions de justice et s’immiscent dans les affaires judiciaires. Ils sont passibles de sanction pénale, rappelle-t-il. Pour Newsmada, le rappel à l’ordre pourrait viser des ONG et certains groupes de pression.

Les dossiers de demande de réparation et d’indemnisation des victimes des crises politiques de 2002 à 2009 sont en souffrance au CFM, faute de budget. 1 300 demandes de réparation des préjudices sont entre ses mains.

Exécution sommaire à Ampefiloha : la CNIDH exige une accélération du procès. Elle estime que la hiérarchie des forces de l’ordre a tendance à protéger ses hommes même s’ils ont commis de lourdes fautes. Elle exige du ministre de la justice que l’inspecteur de police stagiaire auteur des faits soit jugé dans les meilleurs délais et que la décision soit portée à la connaissance du public. L’affaire d’Antsakabary ainsi que celle des trois hommes tués à Ampitatafika sont au nombre des dossiers pour lesquels des résultats sont attendus. Pour la CNIDH enfin, la société s’expose à de grands dangers en laissant se banaliser les actes de vindicte populaire et les exécutions extrajudiciaires.

La plupart des décisions judiciaires ne sont pas exécutées, a déploré le DG de l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes (ENMG). L’application des peines se limite trop souvent à la détention des condamnés.

Un projet de loi visant à améliorer, voire à simplifier les procédures de poursuite des parlementaires, est envisagé par le gouvernement, selon le ministre de la justice. L’objectif, explique-t-il, est de soumettre davantage les parlementaires à la loi et d’éviter qu’ils abusent de leur immunité.

« Détention arbitraire » dans l’affaire Antsahatanteraka : une dizaine de familles brisent le silence et font appel au pape. Deux ans et demi après le cambriolage assorti de viols dans une communauté religieuse d’Antsirabe, les familles des personnes incriminées ont décidé de profiter de la visite du pape pour lancer leur message et dénoncer des détentions arbitraires suivies de condamnations sans preuve à la réclusion à perpétuité.

Andry Rajoelina a annoncé une large grâce présidentielle destinée à réduire la surpopulation carcérale. Les auteurs de crime et de détournement de deniers publics en seront exclus. Plusieurs établissements de détention « aux normes internationales » vont être construits.

Un atelier sur l’élaboration de la stratégie permettant aux apatrides de bénéficier un jour de leurs droits à la citoyenneté a été organisé par les Nations unies. Les apatrides de Madagascar existent depuis au moins 3 générations.

L’ancien DG de la douane de 2015 à avril 2019 a été incarcéré. Quatre autres personnes qui auraient contribué à la réalisation de fausses déclarations ont également été placées sous mandat de dépôt.

Dans l’affaire Mbola Rajaonah, PDG de la société de transit Tafaray et ancien conseiller spécial de Hery Rajaonarimampianina, une quarantaine de présumés complices d’opérations douanières frauduleuses ont été identifiés. Parmi eux 18 sociétés opérant dans le secteur et des opérateurs chinois. Tous auraient été mis sous surveillance judiciaire et nombre d’entre eux auraient déjà été auditionnés.

Au cours du 1e semestre le Samifin a reçu 202 déclarations dont 101 sont des déclarations d’opérations suspectes (DOS). Les infractions concernent principalement les fraudes fiscales et douanières, le code des changes, le trafic de bois de rose, les faux et usage de faux et le financement du terrorisme.

Vente illicite des terrains de la commune d’Antananarivo : cinq responsables ont été placés sous mandat de dépôt. Les cessions entachées de corruption sévissaient depuis plusieurs dizaines d’années. L’ancien DG des domaines a été incarcéré dans l’affaire de la vente illicite de la résidence d’Etat « Villa Elizabeth » mais le commanditaire n’a pu être poursuivi, en l’absence de constitution de la HCJ qui est seule à pouvoir statuer son cas.

La lutte contre la corruption s’intensifie au ministère du travail. La ministre a rappelé aux usagers que tout service fourni par son département est et demeure gratuit jusqu’à la sortie de dispositions règlementaires qui seraient contraires.

Lutte contre les vols de bovins - Les 10 000 puces électroniques prévues à la 1ere phase du projet ne sont toujours pas opérationnelles. Le directeur des projets présidentiels a fait le point avec Genius Technology et les différents partenaires.  Les puces ne seront déployées dans les trois zones rouges que fin novembre.

L'Etat a remboursé 1,8 million de dollars à l'Unicef pour des détournements au préjudice du fonds dédié à la vaccination de Global Alliance for Vaccination and immunization (GAVI).

La Cour criminelle ordinaire du Pôle anti-corruption a tenu sa 2e session avec au programme 17 dossiers, la plupart liés à des affaires de corruption dans l’octroi de marchés publics et de détournement de fonds. La comparution de Claudine Razaimamonjy, Mbola Rajaonah, et Hasimpirenena Rasolomampionona ne sera pas à l’ordre du jour de la prochaine session. Des procédures sont en cours, qui imposent un report.

Police nationale : les rappels à la discipline font des mécontents. Selon Newsmada, « des policiers se regrouperaient clandestinement depuis quelques temps pour discuter de la manière dont ils vont déstabiliser le ministère. » Ils reprochent au ministère de ne pas porter assistance à ceux des leurs qui sont mis en cause pour fautes professionnelles.

Le Syndicat des administrateurs civils déplore que les sortants de l’Ecole nationale d’administration ne soient pas nommés sur les postes auxquels ils pourraient prétendre. Un membre du syndicat affirme que la médiocrité qui est devenue une culture dans l’administration publique malgache. « Le copinage, le favoritisme, le clientélisme politique et le népotisme priment toujours sur les compétences. », affirme-t-il.

Les trafics reprennent de plus belle à l’aéroport d’Ivato. L’administration douanière a dû mettre en place une nouvelle stratégie pour faire face aux modes opératoires sophistiqués des trafiquants. Un ressortissant chinois a échappé à une fouille grâce à l’intervention d’une élue membre du bureau permanent de l’Assemblée nationale.

Loi sur le recouvrement des avoirs illicites : le décret d’application se fait attendre. Le texte qui a été adopté voici plusieurs mois par le président de la République par voie d’ordonnance ferait face à de fortes oppositions.

La Grande île en 182e place dans le classement des pays les moins sujets à des cas de fraudes financières. Tromperies, trucages, et escroqueries causent d’énormes pertes. Beaucoup d’organisations et d’entreprises ferment les yeux sur ces pratiques sous prétexte que le fraudeur est un maillon fort et que le fait d’effectuer des poursuites entraînerait des coûts supplémentaires.

Transparency International a publié sa première enquête sur la corruption dans le secteur de la santé. 65 % des personnes enquêtées au niveau national ont été confrontées à la corruption dans des centres de santé. Dirigeants et responsables à tous les échelons sont exhortés à « assurer la bonne gouvernance du secteur à travers des réformes légales, structurelles et disciplinaires ».

Vingt-six Malgaches ont été expulsés des Comores après avoir été retenus par les services de l’immigration. Une négociation s’est engagée entre les deux gouvernements pour résoudre le problème et éviter que des incidents se reproduisent. Les autorités comoriennes évoquent une migration clandestine, ce que nient les intéressés. Sept femmes malgaches ont été appréhendées dans la salle des machines d’un bateau à Anjouan. Elles n’avaient pas de passeport. La police les a refoulés à Mahajanga. Le ministère comorien de l’intérieur a réclamé un mandat d’arrêt contre trois opposants comoriens demandeurs d’asile à Madagascar. Selon lui, ces derniers sont des « imposteurs ». Selon ses dires, ils chercheraient à rallier à leur cause les étudiants comoriens dans la Grande île.

Treize migrants rwandais, burundais et congolais sont arrivés clandestinement à Nosy Be dont trois femmes et quatre enfants. Deux autres Rwandaises en situation irrégulières ont été interpelées dans le district d’Ambanja.

Des négociations autour de la migration du travail seraient en cours entre le gouvernement et les pays destinataires de main d’œuvre. Un atelier de formation sur la protection des droits des travailleurs migrants dans les îles de l’océan Indien a été organisé par la Commission syndicale des travailleurs de l’océan Indien et l’OIT. 2 à 3 000 malgaches s’expatrient chaque année vers les îles voisines, parfois avec un simple visa de tourisme.

Violences basées sur le genre : Mialy Rajoelina propose l’école obligatoire jusqu’à 18 ans. Désignée ambassadrice du FNUAP pour la lutte contre la violence basée sur le genre et contre le mariage forcé précoce des enfants, l’épouse du chef de l’Etat a annoncé qu’un projet de loi en ce sens va être déposé au Parlement.

Taux d’utilisation des contraceptifs : un objectif de 50 % à atteindre en 2020, avec la réduction de moitié des besoins insatisfaits. Actuellement seules 41 % des femmes utilisent une contraception moderne. La situation reste insatisfaisante et se reflète sur le taux de mortalité maternelle et infantile. Dix femmes, dont trois sont des adolescentes, meurent chaque jour de causes liées à des complications de la grossesse ou de l’accouchement. Un certain nombre de blocages restent à lever. Les conjoints sont fréquemment réticents à l’usage d’un moyen contraceptif.

Les directions diocésaines de l’éducation catholique envisageraient de créer leur propre diplôme du bac, selon La Gazette. Les élèves de terminale issus des écoles catholiques de la capitale se présentent à un « baccalauréat catholique », une première dans l’histoire de l’enseignement privé. Les diplômes obtenus seront validés par des établissements supérieurs catholiques mais les élèves doivent toujours passer les examens officiels nationaux.

pov 24 09Le BEPC 2019 enregistre un taux de réussite catastrophique. Il est inférieur à 50 % dans la plupart des circonscriptions scolaires. Il affiche même un taux de 26,8 % à Toamasina. Un score très sensiblement inférieur à celui de 2018. Les parties prenantes s’accusent de cet échec retentissant.

Une dizaine de médias sont en situation irrégulière. Le ministère de la communication exige qu’ils cessent immédiatement leurs activités. Ils profiteraient de la pré-campagne pour émettre, faisant ainsi office d’outils de propagande pour des candidats. La délivrance de nouvelles licences reste suspendue en attendant l’adoption de la nouvelle loi sur la communication en cours d’élaboration.

Droit d'accès à l'information : un projet de loi en gestation. Ce droit, conféré par la loi fondamentale à tous les citoyens, n’est pas entré dans les faits. Il en résulte un déficit de confiance entre l’administration et les citoyens, favorisant l’impunité des responsables et l’absence de redevabilité.

Les quatre personnes inculpées de propagation de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux et de diffamation envers l’armée dans l’affaire du survol d’hélicoptères au stade de Mahamasina ont obtenu une liberté provisoire après avoir été longuement entendues par le service de la cybercriminalité. Une amende de 10 millions Ar. a été infligée aux deux journalistes, peine maximale prévue par la loi de 2016. L’annonce a été accueillie avec consternation par la profession. Le ministère de la communication s’est réjoui qu’aucune peine privative de liberté n’ait été prononcée mais il estime que les amandes infligées dans ce type d’affaire doivent être suffisamment dissuasives pour éviter les éventuels abus au nom de la liberté d’expression.

Les diffamations et attaques personnelles se multiplient sur les réseaux sociaux. De hauts responsables du pays aux simples citoyens, personne n’est à l’abri des attaques perpétuées par des personnes qui se cachent derrière de faux comptes, note L’Express. La poursuite des auteurs reste difficile, nombre d’entre eux demeurant à l’étranger, notamment en France. Une question qui relèverait de la coopération judiciaire entre les deux pays.

L’Alliance Voahary Gasy dénonce des ventes aux enchères de tortues Radiata sur Facebook. Une enquête a été lancée par la division cybercriminalité de la police. Le titulaire du compte a été arrêté, pris en flagrant délit de trafic.

La défenseuse des droits humains Mbolatiana Raveloarimisa a reçu plusieurs menaces sur son compte Twitter suite à la publication d’un article dans L'Express. La journaliste, membre fondatrice de Wake-Up Madagascar, travaille sur la démocratie, la bonne gouvernance, les droits des femmes et des personnes en situation de handicap. Elle aborde dans ses chroniques des questions telles que la pauvreté et la dépénalisation de l'avortement.

Le conseil de gouvernement a adopté l'avant-projet de loi sur la communication médiatisée. Le texte, qui modifie certaines dispositions de la loi de 2016 jugée liberticide, a été élaboré avec le concours des patrons de presse et des journalistes dans le cadre de concertations régionales.

Le CRAAD-OI et le Collectif Tany ont adressé une lettre ouverte au chef de l’Etat pour lui demander de prendre d’urgence la décision d’arrêter le projet « Base Toliara » en raison notamment des risques que feraient subir le minerai de zircon, dont le taux de radioactivité est élevé. En outre, la perte des terres et des moyens d’existence de dizaines de milliers d’agriculteurs et de pêcheurs de la région ne pourra pas être compensée par les emplois que la société déclare vouloir créer. Des natifs de Toliara ont une nouvelle fois lancé un appel à l’Etat. La situation selon eux risque de dégénérer. La coalition politique de l’opposition (RMDM) a annoncé qu’elle soutiendra le mouvement.

Secteur minier : l’État imposera des taxes à l’exportation de 10 à 20 % à partir de 2020. « C’est tout simplement inconcevable. Il n’y a pas de taxes à l’exportation dans le reste du monde sauf dans quelques pays d’Afrique et nous en faisons malheureusement partie », s’exclame un opérateur.

27 tonnes d’abats de zébus qui étaient sur le point d’être exportés par un Chinois ont été saisis. Les produits doivent être incinérés. L’opérateur n’a pas été en mesure de présenter les documents autorisant son activité, il a été placé en garde à vue. Ces exportations sont interdites dans le cadre de la lutte contre les vols de bovidés.

Bateau pirate Flying suspecté de trafic de bois précieux : le procès en appel a été reporté au 16 octobre pour un motif de procédure. Les quinze ressortissants asiatiques arrêtés, membres de l’équipage, restent incarcérés.

Feux de brousse et de forêt - Le ministre de l’environnement annonce une « nette régression cette année. » Selon lui, les efforts entrepris commencent à porter leurs fruits. Un optimisme démenti par les faits… Les migrations de population en provenance du Sud gagnent du terrain. Des trafiquants manipuleraient les migrants en les encourageant à planter du maïs et des arachides au sein des réserves forestières et des parc nationaux, comme à Ankarafantsika, où les incendies et défrichements se multiplient, ou encore dans l’aire protégée du Menabe Antimena. La société Star a été mise en cause dans un reportage de France 24 comme acteur de déforestation de cette aire protégée pour cultiver du maïs destiné à la production de bière, en faisant appel aux travailleurs migrants. La société a commandé un audit indépendant dont les résultats seront rendus publics. L’alliance Voahary Gasy va mener ses propres investigations. La Gazette a dénoncé par ailleurs les déboisements dont l’entreprise textile Cotona d’Antsirabe se rendrait coupable.

Andry Rajoelina a lancé les travaux de drainage et de curage du canal des Pangalanes. L’objectif est de favoriser la construction d’hôtels et d’infrastructures touristiques au long de ses 654 km. Ce projet devrait avoir des impacts directs sur la vie socioéconomique d’environ 3 millions de riverains.

Les habitants d’Ambohitrimanjaka s’opposent au remblayage d’une centaine d’hectares de rizières prévu dans le cadre du projet de ville nouvelle « Tanamasoandro ». Ils estiment que la priorité est d’augmenter la surface rizicole pour lutter contre l’insécurité alimentaire et pour parvenir à l’autosuffisance. Les agriculteurs se disent préoccupés par les modalités et le montant des indemnisations, une partie d’entre eux n’étant pas en possession de titres de propriété. Les procédures d’expropriation seraient déjà lancées, 300 ménages seraient concernés et seront indemnisés. L’Etat leur proposerait également des terrains en compensation mais la plupart se refusent à quitter leurs terres

Trente-trois volontaires américains vont former plus d’un millier d’agriculteurs aux techniques modernes de production de fruits, légumes, produits d’exportation et ce dans le respect de l’environnement. Les formations concerneront également l’élevage et la pisciculture.

380 000 personnes vont bénéficier d'un programme d'assainissement financé par la Corée. Le programme, signé avec l’UNICEF, est destiné à développer l’assainissement au niveau communautaire dans les régions ayant les taux les plus élevés de défécation à l’air libre, source de nombreux problèmes de santé.

Le Japon à la rescousse du projet Tatom (extension de l’axe Antananarivo-Toamasina). Il a accordé un don de 90 milliards Ar pour la réfection de deux ponts stratégiques sur la RN 2, inclus dans le projet Tatom. Le gouvernement japonais a déjà assuré la réalisation du schéma directeur du réseau de transport du projet Tatom, à hauteur de 3,5 millions de dollars. 500 millions sont encore nécessaires pour réaliser la phase 1 du projet. La construction de l’autoroute de 240 km reliant la capitale au port de Toamasina, prévue en phase 3, requiert quelques deux milliards de dollars, qui restent à trouver.

Extension du port de Toamasina - Lancé en 2018 avec le concours également de la coopération japonaise, le plus important projet d’extension de port en Afrique avance à grand pas. Le quart des travaux est achevé. Ses possibles incidences environnementales ont été dénoncées par l’Association des originaires de la province de Toamasina.

La construction de la centrale hydroélectrique de Sahofika débutera début 2020 prochaine. L’infrastructure, d’une capacité de 200 MW, devrait entrer en service en 2024. Coût : 900 millions de dollars, pris en charge pour l’essentiel par un consortium regroupant le français Eiffage, le marocain Thémis et la multinationale Eranove.

Coopération Madagascar - Indonésie : projet de construction d’une voie ferrée de 220 km entre Brieville et Morarano pour le transport du chrome extrait par la société Kraoma. Les relations diplomatiques entre Madagascar et l’Indonésie, fondés sur des affinités culturelles et linguistiques, sont appelés à se renforcer et la coopération s’étendre à de nombreux domaines.

Les partenaires techniques et financiers ont requis des précisions sur le Plan émergence de Madagascar. Le programme stratégique de développement pour les cinq années, présenté par le chef de l’Etat durant sa campagne, tarde à se concrétiser, ce qui ne permet pas aux partenaires de se positionner sur les axes de priorité définis par l’État. Le Plan risque également de ne pas être prêt à temps pour certaines échéances internationales.

Le pape François a souligné entre les lignes de son discours aux officiels l’inefficacité des aides internationales au développement pour sortir le pays de la pauvreté « inhumaine » dans laquelle il est enlisé. Il a évoqué la menace d’une « homogénéisation culturelle » à travers « l’ouverture de Madagascar au monde environnant », des mots qui ramènent à l’omniprésence des partenaires techniques et financiers dans les politiques de développement successives du pays, écrit L’Express.

La fin du monopole de Telma sur la fibre optique annoncé au mois de mai, n’est toujours pas effective. Le processus de réduction de la fracture numérique est à la traine. Telma est le seul opérateur autorisé à faire usage de la fibre optique depuis 2014. En situation de monopole, les prix sont jugés trop élevés. Le coût excessif de l’accès à la fibre expliquerait le faible taux de pénétration de l’Internet au niveau national.

La hausse des PPN enregistrées ces derniers temps préoccupe les autorités. Des enquêtes ont été lancées pour en connaître l’origine. Des spéculateurs qui pratiquent la rétention de stocks ont été identifiés et ont écopé d’avertissement. Des prix de référence vont être établis, ils serviront de repère pour mesurer les variations des prix réels. Le ministère annonce vouloir assainir les circuits de distribution, marqué par un grand désordre favorisant les fraudes en tous genres. Des mesures ont été prises pour protéger les industries malgaches, victimes de dumping mais certaines ont été suspendues suite aux protestations des importateurs qui jugeaient la hausse des droits de douane trop brutale.

Madagascar compte s’ouvrir au tourisme de luxe pour relancer le secteur, a annoncé le ministre lors du 1er forum international sur les investissements dans le tourisme et les transports réunissant plusieurs centaines d’opérateurs et d’investisseurs internationaux. L’objectif est d’atteindre le chiffre de 500 000 touristes à l’horizon 2023, 800 000 à terme. Plusieurs partenariats allant dans ce sens sont attendus. Une convention a été signée avec le représentant d’un conglomérat de Dubaï intéressé par des réalisations à Morondava.

La société Trading de l’océan Indien (STOI) cherche à vulgariser la production du riz hybride à travers le principe de l’agriculture contractuelle. Une ambition annoncée lors de la présentation du programme de collaboration entre STOI et l’enseigne chinoise Yuan’s Seed. Cette dernière apportera son savoir-faire en la matière, dans le but de quintupler la production rizicole du pays avec le concours des paysans partenaires. Les médias malgaches ont passé sous silence le fait que les agriculteurs deviendront dépendants du fournisseur de ces semences OGM hybrides …

Un projet de digitalisation de la riziculture sera initié par Atos, leader international de la transformation digitale et un cabinet de conseil en management et technologie. Le projet vise à fournir des applications métiers qui devraient contribuer à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et à l’amélioration des conditions de vie des riziculteurs.

Un programme de réhabilitation et d’extension des périmètres cultivables est programmé sur 100 000 ha afin d’atteindre à terme l’autosuffisance alimentaire. Les travaux ont déjà débuté, avec l’appui du FIDA, de l’UE et de la Banque mondiale.

Le programme « Fihariana », pour la promotion de l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes a collecté 70 284 dossiers de candidature. 3 200 dossiers ont déjà été validés et transmis aux établissements bancaires. Les premiers projets devraient démarrer en octobre.

Jirama : les pertes annuelles pourraient atteindre 1 400 milliards Ar en 2025, selon les conclusions d’une étude commandée par la Banque mondiale. « La Jirama représente actuellement le plus grand risque budgétaire pour l’Etat », a alerté un spécialiste. Le redressement de la société d’Etat devrait permettre de réaffecter ses ressources au profit des secteurs sociaux prioritaires, fait-on valoir.

Dividende démographique : des arguments en faveur de la limitation des naissances. Le ministre de l’économie et des finances a tiré la sonnette d’alarme à l’annonce des premiers résultats du recensement de la population qui font état de la poursuite de l’explosion démographique. La baisse du taux de natalité devient un impératif si le pays veut parvenir à bénéficier des fruits de la croissance économique.

La ministre du travail veut mettre en place une « Task force » pour introduire les travailleurs informels dans le secteur formel. « Tous les employeurs sont soumis à cette obligation », a-t-elle martelé.

Vives tensions au sein de l’entreprise de graphite à Vatomandry. De violentsaffrontements ont fait plusieurs blessés. Quatre responsables chinois en sont venus aux mains avec des grévistes. Des salariés sont accusés de se livrer à un important trafic de carburant ont été licenciés. Les dirigeants ont décidé de fermer temporairement l’entreprise.

Les employés de Centre de recherche appliquée au développement rural (Fofifa) réclament le paiement de 7 mois d’arriérés de salaires. 200 employés contractuels ont lancé un mot d’ordre de grève illimitée.

30è anniversaire du centre Akamasoa : le père Pedro élevé au grade de Grand-Croix de 2e classe. Pendant 30 ans, 30 000 personnes, généralement des sans abri, ont pu bénéficier d’un toit, d’un travail ainsi que d’une excellente éducation pour leurs enfants. L’Etat assurera désormais l’approvisionnement en médicaments de son dispensaire durant toute l’année. Akamasoa sera aussi doté d’une université.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation des élections communales et municipales
  • La visite du pape François
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Droits des femmes
  • Education
  • Médias, communication, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles,bois de rose
  • Foncier, environnement, aménagement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, démographie
  • Social

 

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30 avril 2019

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2019

nm 26 04Madagascar se prépare à entrer en campagne pour les législatives du 27 mai, scrutin qui devait être combinée avec un référendum constitutionnel, a-t-on appris tardivement et sans consultation préalable. Andry Rajoelina a annoncé avoir demandé l’avis de la HCC pour savoir si le pouvoir qui lui a été conféré lui permet d’organiser un référendum. La Haute Cour a émis un avis négatif, considérant que toutes les conditions légales ne sont pas réunies. Dépité par cet avis défavorable, le chef de l’Etat a annoncé qu’il est dans le regret de reporter la mise en œuvre de la décentralisation effective, donc ses projets de développement à travers la mise en place des gouverneurs de région. La suppression du Sénat, annoncée dans le programme présentiel et partie intégrante du projet, devra attendre des jours meilleurs. « Nous sommes pour la révision constitutionnelle mais non pas sur la manière dont le président l’a initiée, a déclaré le mouvement Rohy. La plateforme est notamment favorable aux dispositions relatives à l’organisation d’une décentralisation effective contenues dans le projet de réforme. Dans une lettre ouverte à la communauté internationale, Marc Ravalomanana a déploré que le pouvoir ait « confirmé sa politique d’exclusion en décidant unilatéralement et sans concertation préalable de faire organiser un référendum constitutionnel le même jour que les législatives. Or une démocratie nécessite un dialogue », a-t-il affirmé. Pour l’ambassadeur de l’UE, la question du référendum est une affaire interne : « On suit cela avec attention mais toujours dans le respect de la souveraineté de Madagascar. »

Comme pour la présidentielle du mois de décembre, la pré-campagne des législatives a donné lieu à de nombreux excès de la part des candidats. La CENI et la HCC sont intervenues pour rappeler certains principes, en dépit de l’absence de balises législatives précises. La CENI a insisté sur la nécessaire neutralité de l’administration. Ses responsables locaux subissent de fortes pressions de la part des candidats, une vingtaine d’entre eux ont été remerciés pour manquement à la neutralité et conflits d’intérêt.

Le Comité paritaire chargé de l’élaboration de la Charte de bonne conduite des candidats créé pour la présidentielle, a élaboré une nouvelle charte proposée aux candidats aux législatives. Ils auront jusqu’au 5 mai pour adhérer. Lors de la présidentielle, une dizaine de signataires sur les 36 en lice avaient répondu à l’initiative de la société civile.

Dans un nouveau communiqué le SeFaFi a dressé un bilan sévère de la précédente législature ; il exhorte le pouvoir à « fixer clairement l’ensemble des avantages reconnus aux parlementaires ». Il déplore que nombre de candidats soient des « parvenus » et des « opportunistes » qui recherchent avant tout les bénéfices matériels liés à la fonction. Seules 126 femmes se sont portées candidates, soit moins de 16 % des 803 postulants.

Le rapport des comptes de campagne du candidat Andry Rajoelina pour le 2e tour de la présidentielle a été déposé auprès de la Commission de contrôle du financement de la vie politique. Marc Ravalomanana ne s’est pas plié à cette obligation, comme 16 des 34 candidats en lice au 1er tour.

La Mission d’observation électorale de l’UE a présenté son rapport final et ses recommandations sur l’élection présidentielle. Le chef des observateurs a jugé positif le déroulement du scrutin et a salué la sagesse du candidat Ravalomanana qui a accepté les décisions de la HCC à l’issue du 2e tour. Le rapport formule un certain nombre de recommandations.

les-poupees-russesSelon la BBC, la Russie aurait influencé l’élection présidentielle malgache. Six candidats auraient touché de fortes sommes d’argent de la part d’une dizaine d’hommes d’affaires russes, dont certains proches du Kremlin. Le pasteur Mailhol reconnaît avoir touché plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le candidat Omer Beriziky confirme avoir été approché. Il n’est pas démontré qu’Andry Rajoelina ait profité de cette manne. La Commission de contrôle du financement de la vie politique compte se saisir du dossier.

La reprise des travaux de reconstruction du Rova de Manjakamiadana, victime d’un incendie criminel en 1995, a été annoncée par le chef de l’Etat avec force battage médiatique. Il sera remis en état d’ici la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance, le 26 juin 2020. Une partie des travaux sera financée par la famille Rajoelina. La portée politique de cette décision a été largement débattue dans les médias. La restauration du Palais de la Reine ne figurait pas parmi les promesses de campagne du candidat Rajoelina.

Plus de la moitié des membres de la Chambre haute ont appellé à la convocation d’une session extraordinaire ayant pour objectif d’obtenir la destitution de son président, Rivo Rakotovao, président du parti HVM, qui avait été choisi comme future intérimaire de la présidence après la démission du président-candidat à la présidentielle. Le HVM, devenu un parti fantôme depuis la victime de Mapar d’Andry Rajoelina, est en pleine déliquescence. Pour L’Express, cette fronde des élus HVM serait une manœuvre destinée à convaincre le chef de l’Etat de les laisser achever leur mandat avant d’envisager la suppression de la Chambre haute, mesure annoncée dans son programme électoral.

Le chef de l’Etat a organisé un grand meeting au stade de Mahamasina pour célébrer ses 100 jours au pouvoir. « Autant sur la forme, le décorum, le geste, le ton que sur le verbe, la cérémonie a rappelé ses heures de campagne », note L’Express « C’est comme s’il était toujours en campagne. C’est comme s’il était encore, dans une position où il devait convaincre un électorat », jugent des observateurs.

Marc Ravalomanana a dressé un bilan négatif de cent jours du président Rajoelina. Il accuse le pouvoir de ne pas traiter les questions prioritaires pour le pays et sa population, notamment la lutte contre l’insécurité croissante qui trouve sa source dans la pauvreté généralisée. Il déplore également la nette régression du taux de scolarisation et affirme avoir constaté sur le terrain « un non-respect de la dignité humaine. »

Madagascar et le Sénégal ont affiché le renforcement de leurs liens. Le Sénégal est perçu par Andry Rajoelina comme un pays émergent dont l’expérience peut être utile à la Grande île, notamment en matière d’urbanisme.

Dans le conflit du Sahara occidental, Madagascar semble avoir choisi son camp en prenant le parti du Maroc dont la coopération avec la Grande île a été récemment réaffirmée. L’Afrique du Sud a fait part de son mécontentement.

Le mandat de l’ambassadeure de France, Véronique Vouland-Aneini, arrive à son terme. Rompant avec les prises de position acerbes de son prédécesseur, François Goldblatt, Véronique Vouland-Aneini, nommée en 2015, s’est appliquée à rétablir des relations bilatérales apaisées.

Dans un contexte préoccupant d’insécurité et à l’approche des législatives, le gouvernement a cherché à rassurer les partenaires financiers. Dans le cadre de la réunion du 15e « Groupe de dialogue stratégique », le premier ministre s’est déclaré confiant dans le rétablissement « de la confiance entre le peuple et les forces de l’ordre, entre le peuple et les autorités et entre le peuple et la justice. (…) Les vindictes populaires cesseront à mesure que la confiance entre gouvernants et gouvernés sera restaurée. » Une étude est en cours avec l’appui du CFM pour la relance des « Dina », qui devraient selon lui contribuer de façon significative au rétablissement de la paix et de la sécurité.

Après le déploiement d’un contingent dans le Nord-Ouest, 400 hommes, dont des éléments des forces spéciales, ont été envoyés dans le moyen-Sud afin de sécuriser les localités classées en zone rouge. Dans le cadre de la lutte contre les trafics de bovidés et les bandes de dahalo, les zébus ont commencé à être dotés d'une puce électronique qui va permettre de les suivre à la trace. En 2017, 30 000 zébus ont été volés. En cinq ans, les affrontements entre les dahalo et les villageois ont fait 4 000 victimes. Près de 10 000 dahalo ont été arrêtés.

Les vindictes populaires ont fait plus de 50 morts en 2018, d’après les statistiques de la CNIDH. Plus de dix morts de plus par rapport aux années précédentes. Selon le rapporteur de la Commission, « les éléments des forces de l’ordre sont parfois en sous-effectif et mal équipés comparés aux foules qui font le lynchage. Il leur est ainsi difficile d’intervenir dans une situation pareille ». Madagascar ne compte qu’un policier pour 3 000 habitants, alors que la norme internationale est de trois policiers pour 1 000 habitants. De nombreux cas de vindicte populaire ont encore été rapportés courant avril.

De violents affrontements se sont produits entre des manifestants et des éléments des forces de l'ordre à Maroantsetra. Des centaines d’individus se sont rassemblés devant le commissariat suite au décès d'un lycéen durant sa détention préventive. Bilan : un manifestant tué par balle et une vingtaine de maisons brûlées, dont 19 appartenant à des policiers. Les autorités ont promis à la population que la lumière sera faite sur ce décès suspect. Le ministère de la sécurité publique a annoncé le remplacement de tous les policiers affectés à Maroantsetra. Pour L’Express, ces évènements compromettants pour la police rappellent les affaires d’Antsakabary en 2017 et de Fenoarivo en 2018.

Les affaires de kidnapping ont encore défrayé la chronique. Un réseau de dix kidnappeurs a comparu devant le Pôle anti-corruption (PAC). Sept d’entre eux ont été incarcérés. Objet de mandats d’arrêt et d’avis de recherches depuis trois ans, le numéro 2 d’une bande de kidnappeurs d’opérateurs économiques a été arrêté. Le district de Tsaratanàna reste sous la menace d’un chef de bande. Les proches d’un candidat député incarcéré appellent à sa libération. Ils affirment que l’intéressé, accusé d’être impliqué dans le kidnapping et le meurtre d’un candidat pro-Rajoelina, est innocent et que les autres personnes mises en cause dans cette affaire ont été forcées à le dénoncer.

Les huissiers de justice accusent l’État d’interférer dans l’exécution des décisions de justice qui leur sont confiées.

Des dossiers de corruption croupissent à la HCJ, à défaut de validation par les parlementaires. La nouvelle présidente du Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI), Sahondra Rabenarivo, estime qu’il convient de revoir les compétences de cette institution. « Les parlementaires et les politiciens accusés ou suspectés dans une affaire de corruption se cachent derrière leur immunité pour échapper aux poursuites », a-t-elle soutenu. Et, compte tenu de la lourdeur des procédures, il y a peu de chance que les dossiers aboutissent. Plusieurs dossiers sont ainsi en souffrance entre les mains de la HCJ, notamment ceux impliquant un ancien premier ministre et quelques ex-ministres.

96 dossiers sont en cours de traitement par le Pôle anti-corruption (PAC) de la capitale. La mise en place du PAC de Toamasina, prévue pour novembre 2018, en stand-by. Elle attendra celle de Mahajanga et de Fianarantsoa.

Le secrétariat d’Etat à la gendarmerie et les ministères de la justice et de l’intérieur entendent coordonner leur activité pour mettre un terme à l’impunité dans les rouages de l’Etat. La corruption qui gangrène l’administration à tous les niveaux est considérée comme l’un des facteurs favorisant l’insécurité.

Une vingtaine de gendarmes ont été incarcérés en deux mois pour concussion, association de malfaiteurs, actes de banditisme et kidnappings. Deux militaires en service, complices de cinq assaillants d’un Chinois à Ambanja, ont été arrêtés. Dix-huit personnes, dont un haut gradé de l’armée, seraient impliquées dans un réseau de faussaires de permis et de cartes grises biométriques.

Le ministre de la justice a justifié la suspension des cinq magistrats de la cour d’appel de Toamasina suspectés de corruption dans leur décision d’ordonner la remise en liberté du commanditaire présumé d’un réseau de kidnappeurs. Une enquête est en cours sur les circonstances de cette mise en liberté provisoire. Les magistrats suspendus comptent saisir le Conseil d’État.

Pety Rakotoniaina, ancien PDS de Fianarantsoa, a été condamné à 12 mois d'emprisonnement ferme. L’ancien député est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État (projet de création d’Etats autonomes ou « Fanjakana Gasy »), incitation à la haine et troubles à l'ordre public. Ses partisans perçoivent ce verdict comme une condamnation à caractère politique.

Monde carcéral : la surpopulation toujours d’actualité. « Les conséquences de la lutte contre l’insécurité et l’inobservation des remises de peine, ces derniers temps, figurent parmi les causes qui ont accentué cette situation », explique un responsable de l’administration pénitentiaire. Le nombre des détenus est estimé à 24 000. Plus de la moitié sont des prévenus. A la maison centrale d’Antanimora, on compte à ce jour 4 099 détenus, soit 500 de plus que les années précédentes. L’établissement avait été conçu pour héberger 800 prisonniers. A l'occasion de la Journée africaine de la détention provisoire, Amnesty international a publié un nouveau communiqué pour dénoncer « les conséquences désastreuses d'un recours toujours accru à la détention provisoire. » Le communiqué mentionne le décès suspect d’un un étudiant de Maroantsetra au cours de sa garde à vue. Selon le rapport d'un médecin, le jeune homme a été battu à mort.

Le ministre de la justice a annoncé la construction d'une nouvelle prison à Arivonimamo. La modernisation du système judiciaire sera engagée. Parmi les mesures évoquées : l’informatisation du parquet, la création de dispositifs de liberté conditionnelle comme la libération sous caution et la multiplication des audiences foraines.

Fonction publique : Andry Rajoelina a donné un mois à tous les ministères pour opérer une gestion rationnelle de leurs effectifs. La lutte contre les fonctionnaires fantômes, le clientélisme, le népotisme, et la corruption sera amplifiée. Les agents qui partent en retraite ne pourront plus être remplacés par leurs proches (le « remplacement numérique »). L’embauche d’employés de courte durée (ECD) sera étroitement encadrée. Des appels à candidature seront lancés pour tous les postes et les compétences de tous les agents feront l’objet d’une évaluation. Les fonctionnaires devront se soumettre aux décisions d’affectation, sous peine de révocation.

Le directeur régional de la pêche de Mahajanga a été soupçonné de corruption à travers l’utilisation de faux diplômes. Le secrétaire pédagogique de la faculté des sciences de l’université de Mahajanga se trouve également dans le collimateur de la justice. Au total huit personnes seraient impliquées. Ces malversations se développent et concernent tous les concours d’entrée à l’université mais aussi les hauts emplois de la fonction publique.

pov 12 0 4 19Les syndicats des employés des domaines ont lancé un ordre de grève pour obtenir la libération de trois collègues placés sous mandat de dépôt dans les affaires retentissantes de la vente frauduleuse de la résidence d’Etat « Villa Elizabeth » et du jardin public d’Antaninarenina. Ils affirment qu’ils n’ont fait qu’obéir aux ordres mais le ministre de la justice considère que les employés sont tout aussi fautifs que les donneurs d'ordre. Un ex-ministre sous la Transition serait à l’origine de ces ventes qu’il dit avoir signé « par inadvertance ». La procédure devant la HCJ est pourtant l’instant en stand-by.

Le ministre de la Justice a évoqué une suspicion de corruption au sein de la maison de force de Tsiafahy. Des agents pénitentiaires extorqueraient d’importantes sommes d’argent aux familles de détenus pour autoriser des visites. L’une des victimes de ces pratiques est un ressortissant karana que le ministre a décidé de transférer dans un autre établissement. Une décision qui a été contestée au nom de l’équité entre détenus.

Un sénateur sur le banc des accusés pour un important détournement de crédits du ministère de la santé accordés par l’Alliance Gavi qui aurait constaté d’autres détournements ces dernières années. L’Etat a été contraint de rembourser 1,5 million de dollars.

L’enquête sur l’affaire de corruption au sein de l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes (ENMG) suit son cours, affirme le ministre de la justice. La date du prochain concours n’a pas encore été arrêtée. Le nouveau directeur doit au préalable achever l’assainissement de l’établissement.

Affaire Antsakabary : le ministère de la sécurité publique indique que la procédure se poursuit. Le nouveau titulaire du poste reconnait que « dans cette affaire il y eu un temps où la demande d’autorisation de poursuite faite par la justice n’a pas eu d’écho favorable au niveau du ministère ». Il affirme que désormais ces pratiques n’auront plus cours.

Sous l’égide du Samifin et avec l’appui de la Banque mondiale et du PNUD, Madagascar a finalisé le processus d’évaluation des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme lancé en juin 2017 à la demande de l’organisme international compétent en la matière, le GAFI (Groupe d’action financière). Les banques sont les seules entités qui se soumettent à l’obligation de signalement d’activités suspectes. La loi sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme attend encore ses décrets d’application. Quant au projet de loi sur le recouvrement et l’affectation des avoirs illicites, il devra attendre son adoption par la future Assemblée. La Grande île fait toujours de ce fait l’objet d’un « suivi renforcé », de la part du GAFI. Madagascar et Maurice sont considérés comme des plaques tournantes de l’héroïne dans l’océan Indien. La drogue en provenance d’Afghanistan transite par des pays d’Afrique de l’Est avant d’être introduits à Madagascar et ensuite à Maurice où elle est consommée sur place ou dispatchée à travers le monde.

Traite de travailleuses Malgaches : un trio placé en garde à vue. Il est soupçonné d’être responsable de l’envoi illicite de travailleuses malgaches en Arabie Saoudite et à Oman. Pour le directeur des renseignements et du contrôle de l’immigration et de l’émigration, on est en présence d’un réseau mafieux bien structuré. Environ 100 personnes, quasiment toutes Malgaches, ont été jetées en prison en 2018 pour envoi illégal de travailleuses domestiques dans les pays arabes.

Près de 120 employées de maison ont été rapatriées du Koweït suite à l’initiative prise par Andry Rajoelina. « Pendant que nous étions en mission au Koweït, une cinquantaine de personnes ont demandé de l’aide sur les réseaux sociaux»,arapporté la cheffe du service de protection et d’assistance aux ressortissants malgaches à l’étranger, membre de la délégation qui a organisé le rapatriement. Les femmes détenues ou victimes de maltraitance sur leur lieu de travail seraient encore une centaine dans ce pays. La diaspora malgache au Koweït est estimée à 3 500 personnes. Il n’est pas prévu pour l’instant d’opération de rapatriement des femmes victimes de la traite en Chine.

Des expatriés malgaches employés à Maurice dans une société textile qui emploie 250 de leurs compatriotes, ont observé une grève et manifesté devant l’ambassade pour protester contre leurs conditions de logement qualifiées d’insalubres et le non-respect de leur contrat de travail négocié avant leur départ de Madagascar. Le chargé d’affaires a pris leur défense. 88 salariés ont été rapatriés à Madagascar. Un accord bilatéral de travail est en préparation. Les agences de placements privés devront dispenser des formations aux candidats avant de procéder à leur envoi dans l’île sœur.

Une émigration de travail vers la Chine a tourné court à l’aéroport. Une jeune femme qui allait s’envoler pour Guangzhou n’a pas pu quitter le territoire. Les devises retrouvées allaient être remises à un contact en Chine. La migrante aurait été dénoncée par le maillon d’un réseau opérant dans la traite de domestiques.

Epidémie de rougeole : 124 000 cas ont été recensés du mois de septembre 2018 au 3 avril 2019. Dans les formations sanitaires le nombre de décès est de 693. Près de 600 auraient été comptabilisés dans les communautés, dont 191 ont été confirmés. La riposte vaccinale se poursuit.

Le VIH/Sida se propage en silence. Le nombre total des cas s’élève à 4 400 selon un rapport du ministère de la santé mais cette statistique est trompeuse. Il n’y aurait que 13 % de la population estimée infectée qui connaîtrait son statut sérologique. Peu de personnes acceptent de se faire dépister. De plus, selon la loi en vigueur, les mineurs non émancipés doivent être accompagnés par leurs parents pour subir ce dépistage.

Personnes en situation de handicap (PSH) : « Bientôt une loi favorisant leur accès dans la vie active », annonce le ministère de l’emploi. 1,8 million de Malgaches sont en situation de handicap. 85 % d’entre eux sont confrontés à des discriminations dans le travail et la vie en société. 37,5 % des PSH sont des enfants de moins de 18 ans et seulement 11,3 % d’entre eux fréquentent un établissement scolaire formel.

Insécurité alimentaire : selon le ministère de l’agriculture, « depuis 2017, le niveau de sécurité alimentaire dans le Sud et le Sud-Est s’est considérablement détérioré(..) L’équilibre fragile entre faible productivité agricole et l'accroissement de la population ne permet pas au secteur primaire de répondre de façon durable aux besoins alimentaires locaux. »

Plus de 1.300.000 enfants d’enfants ne sont pas inscrits dans l’éducation préscolaire publique ou privée, alerte l’UNICEF. Les pays qui comptent un grand nombre d’enfants non-inscrits dans l’éducation préscolaire passent à côté d’une occasion cruciale d’investir dans le capital humain et risquent de créer très tôt de profondes inégalités, met en garde l’organisation.

Sur sa page Facebook, le ministère de l’éducation a publié un communiqué qui explique - en malgache - que le viol a un rapport avec le type de vêtements portés par les filles et les femmes. Le mouvement de lutte pour la dépénalisation de l’avortement « Nifin’Akanga » dénoncé une vision « réductrice, discriminatoire et qui invite les hommes à ne pas être responsables de leurs actes. » Le mouvement a participé sur Twitter à la campagne #majupemondroit qui a connu un écho exceptionnel jusqu’à l’étranger. Le ministère a présenté ses excuses. Le post a été supprimé et des sanctions annoncées à l’encontre de son auteur.

La première dame, Mialy Rajoelina, a été nommée ambassadrice de l’UNFPA pour la lutte contre les violences basées sur le genre. Une chaîne spéciale de juridiction jugera ces cas de violences. Une proposition de loi a été soumise au ministère de la justice.

Un contraceptif en auto-injection, proposé par l’ONG Marie Stopes, en phase de pré-introduction à Madagascar. Le ministère de la santé soutient le projet. La Grande île emboîte ainsi le pas à quatre autres pays africains qui l’ont déjà introduit avec succès.

Réseau Malina : une convention de partenariat a été signé entre Midi et Transparency International (TI-IM). Le réseau de journalistes d’investigation Malina se fixe comme objectif de mener des enquêtes sur des affaires suspectes ou des pratiques qui nourrissent la grande corruption au sein de l’administration. Dans ce cadre, Midi s’engage à publier sur une page deux fois par mois le produit des investigations des journalistes du réseau.

Une vingtaine de journalistes ont participé à un atelier de renforcement de capacités en matière de couverture des potentiels conflits ou violences liés aux élections. Un séminaire qui entre dans le cadre du projet PEV Madagascar (Projet d’Appui à la prévention et la gestion des conflits et violences potentiels liés aux élections) financé par le Centre européen d’appui électoral.

Nouveau code de la communication - Une première rencontre s’est tenue entre les patrons des médias et le ministère. Objectif : consulter les professionnels sur les amendements à apporter au code existant qui a été source de vives tensions avec le régime d’Hery Rajaonarimampianina. L’équipe juridique du ministère travaille sur des propositions susceptibles d’aplanir les dissensions. Une cellule de lutte contre la cybercriminalité a été créée au sein du ministère de la communication. Elle sera appelée à collaborer la gendarmerie, la police nationale et des spécialistes en informatique pour faire appliquer la loi sur la lutte contre la cybercriminalité et œuvrer à sa vulgarisation.

Amnesty International a appellé l’État à modifier la législation relative à la cybercriminalité et aux communications, « qui limite la liberté de la presse en érigeant en infraction la diffamation, l’outrage et l’insulte ou en prévoyant de lourdes amendes pour les personnes déclarées coupables de ces infractions en raison de leur travail journalistique. »

Le journaliste d’investigation Fernand Cello a été relaxé après près de deux ans après son arrestation pour des motifs liés principalement à ses activités professionnelles, a annoncé Amnesty International.

Le rapport « Digital 2019 Madagascar » révèle que 2,4 millions de Malgaches (43 % de femmes et 57 % d’hommes) sont sur Facebook. L’activisme et l’engagement 2.0 touchent de plus en plus de Malgaches. Force est de constater toutefois que la fracture numérique est encore importante dans la Grande île.

Liberté de la presse. Avec un score global de 27,76, Madagascar reste positionné au 54è rang sur 180 pays, selon le classement publié par RSF au titre de l'année 2019.

Un membre de la Cour spéciale de lutte contre le trafic de bois précieux révèle que 16 dossiers sont encore en phase d’instruction. L’un d’eux concerne un ancien ministre pour une affaire remontant à 2014. Un autre ancien ministre sous la présidence Rajaonarimampianina est également cité mais son implication n’est pas encore avérée.

L’importation de 30 000 rondins de bois de rose par une société de Singapour en 2014 n’est pas « condamnable ». Son directeur a été acquitté. La justice de la ville-Etat a ordonné la restitution des rondins saisis La cargaison d’une valeur de 50 millions de dollars avait été interceptée en 2014. Pour les défenseurs de l’environnement, il s’agit d’une erreur judiciairequi ne présage rien de bon pour l’application de la Cites. Ils insistent sur le fait que ces rondins ont été déplacés illégalement et devraient être traités comme étant des objets de contrebande. Ils pointent du doigt l’absence de message clair de Madagascar sur le statut juridique des bois de rose exportés illégalement.

Madagascar poursuit ses efforts pour mettre fin à sa suspension temporaire de la norme EITI survenue suite à la non-publication du rapport annuel d’avancement au titre de 2017.Madagascar devrait être fixé sur son sort courant mai. Le gouvernement aurait pris en compte les 15 mesures correctives préconisées par l’EITI. La deuxième validation de Madagascar est prévue le 29 décembre 2019.

Le projet minier « Base Toliara » dans la tourmente. Les communautés locales qui s'opposent depuis plusieurs années au projet d'exploitation d'ilménite attendent du président de la République la décision d'arrêter définitivement ce projet. L'absence de réponse à leurs revendications a abouti à des violences et à des pillages. Le CRAAD-OI et le Collectif Tany ont exhorté le chef de l’Etat « à prendre une décision qui puisse prouver aux communautés concernées que leurs demandes ont été entendues, et que leurs droits fondamentaux sont respectés. » Une délégation gouvernementale s’est rendue sur place, des pourparlers se sont engagés avec les parties concernées.

Madagascar National Parks (MNP) tire la sonnette d’alarme sur les impacts négatifs de l’installation de migrants du Sud dans le parc national d’Ankarafantsika. Près de 30 ha de cultures illicites ont été détruites l’an dernier suite à un arrêté de la préfecture de Mahajanga et avec l’appui des forces de l’ordre. Malgré tout, le défrichement, suivi d’incinération pour la culture de rente, progresse. La superficie des terres défrichées puis cultivées a atteint près de 68 ha depuis le début de l’année.

La forêt primaire de Vohibola à Ambinaninony-Brickaville, l’une des dernières forêts humides de l’Est, est fortement menacée de disparition. Des intérêts divergents mettent en péril sa gestion. Des activités illicites d’exploitation se poursuivent malgré les interventions du ministère de l’environnement. Les communautés locales reçoivent des menaces de mort. Des membres de l’association gestionnaire de la forêt ont été arrêtés. Tous se disent soucieux pour préserver la forêt de Vohibola. Ils accusent les responsables régionaux de ne pas vouloir traquer les braconniers et leurs complices. Des responsables du ministère de l’environnement seraient impliqués dans l’exploitation de la forêt de Vohibola. Ils ont été destitués.

82 tortues Radiata ont été saisies lors d’un contrôle de routine dans une gare routière de la capitale. Depuis le début de l’année, 219 tortues ont fait l’objet d’une saisie. De 2015 à 2017, plus de 7 000 tortues ont été saisies sur les routes mais les trafiquants transportent de plus en plus leur marchandise par des voies maritimes moins contrôlées. « Le trafic de tortues radiata s’accroît à une cadence alarmante »,a titré L’Express. Les trafics s’étendent aux baobabs endémiques de Madagascar. Des spécimens ont été exportés et plantés illicitement à Dubaï.

Gestion halieutique - Les exploitations marines industrielles s’accroissent sur les côtes, les petits pêcheurs jugent la situation alarmante. Les gros opérateurs outrepassent les délimitations de zone imposées par la loi en pénétrant dans les zones protégées ou dans les zones de pêche réservées à la pêche traditionnelle.

Vente de carbone : signature du contrat en juillet, après des mois de procédure. L’annonce a été faite par le coordonnateur national du Bureau national de coordination Redd+ en marge d’un atelier sur le carbone forestier à Madagascar. Le ministère de l’environnement et du développement durable a soumis son programme de réduction des émissions de gaz à effet de serre à Paris en juin 2018. 70 millions de dollars ont été accordés à Madagascar. La Grande île a ainsi l’opportunité de vendre 13,7 millions de tonnes de crédits carbone.

L’Usaid finance un grand projet de santé d’un montant de 90 millions de dollars. En partenariat avec le ministère de la santé, il lance un programme au bénéfice de 16 millions de personnes dans 13 régions. « C’est le plus grand investissement que le gouvernement américain n’a jamais fait à Madagascar pour améliorer la santé des Malgaches », a déclaré l’ambassadeur des États-Unis.

Coopération chinoise - Les travaux de réhabilitation de la RN 5A reliant Ambilobe à Vohémar vont débuter. L’accord-cadre relatif au déblocage du financement a été conclu entre le ministre des affaires étrangères et le chargé d’affaires de l’ambassade de Chine, en présence du président de la République. 158 km de route sont concernés par ce projet, qualifié de « projet du siècle » par l’ambassade de Chine, dont le coût est estimé à 150 millions de dollars. Les travaux sont confiés à une entreprise chinoise Le projet de réhabilitation de cet axe avait été lancé en août 2018 sous la présidence Rajaonarimampianina qui avait même donné le 1er coup de pelle en pleine campagne électorale pour la présidentielle. Initialement, c’est l’UE qui avait effectué l’étude du financement mais elle n’avait pas donné suite, faute de ressources.

La Banque mondiale va débloquer 392 millions de dollars pour Madagascar, première destination étrangère du président de la Banque mondiale depuis sa prise de fonction. « Une opération de charme qui pourrait restreindre certaines marges de manœuvre du pouvoir », estime L’Express. Dans les statistiques de la Banque mondiale, la Grande île figure en effet parmi les 27 pays d’Afrique où l’on constate une hausse relativement forte de la dette, en partie, à cause des créances envers la Chine.

Croissance économique forte mais non-inclusive. Faire en sorte que la croissance profite à toute la population. Voilà le principal défi auquel doit s’atteler le gouvernement, lance la représentante de la Banque mondiale, en avant-propos de l’édition du printemps 2019 de la « Note sur la conjoncture économique de Madagascar ». Pour la 5e année consécutive, le taux de croissance économique (5,2% en 2018) a été supérieur au taux de croissance démographique, (2,7 %). Les perspectives de croissance économique à moyen terme sont positives. En revanche le taux de pauvreté reste élevé avec 75 % de la population vivant avec moins de 1,90 dollar par jour.

Les négociations entre l’Etat et les pétroliers concernant la fixation des prix des carburants sont dans l’impasse. Un bras de fer qui est en passe de s’intensifier avec une possible décision des pétroliers de suspendre les importations de carburants. L’objectif de ces négociations est à la fois de protéger les consommateurs contre une hausse importante des prix mais aussi de ne pas grever les finances de l’Etat en accordant des subventions aux pétroliers, une facilité condamnée par le FMI.

Les problèmes relationnels ayant perturbé le fonctionnement de la société Kraoma seraient sur le point d’être résolus grâce au partenariat avec la société russe Kraoma Mining, selon Newsmada. Le directeur d’exploitation, Mamy Dominique Rajoelison, a annoncé l’apurement des arriérés de salaires et l’acquisition de nouveaux équipements ainsi qu’un important investissement dans des volets sociaux.

Emirates a déposé sur le bureau de l'Aviation civile de Madagascar une demande de droit de trafic afin d'ouvrir une ligne Dubaï - Antananarivo. L'arrivée éventuelle de la compagnie du golfe ne serait pas une bonne nouvelle pour Air Madagascar en pleine phase de redressement sous l'aile d'Air Austral.

Des mouvements de grève ont affecté l’université d’Antananarivo. Des négociations avec le ministère de tutelle ont permis de rétablir le calme au sein du personnel enseignant mais les étudiants qui s’étaient déclarés solidaires avec eux ont poursuivi leur mouvement, mettant en avant leurs propres revendications et protestant contre le non-respect de la franchise universitaire.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • La préparation des législatives - projet avorté de référendum constitutionnel
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Santé, handicap
  • Education, droits des enfants
  • Droits des femmes
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafics de bois précieux, ressources naturelles, foncier, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social

 

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31 octobre 2019

REVUE DE PRESSE - OCTOBRE 2019

La préparation des élections municipales du 27 novembre se poursuit. La précampagne s’achèvera le 5 novembre. L’observatoire Safidy compte couvrir 112 districts et 778 communes soit les 2/3 des circonscriptions. Il publie un guide pratique sur le contentieux électoral dans le but d’améliorer la qualité de requêtes déposées par les avocats et les organisations de la société civile auprès des tribunaux administratifs. La CENI publiera une liste noire des observateurs électoraux qui n’ont pas accompli leur mission lors des trois précédents scrutins.

La constitutionnalité de la décision de nommer des gouverneurs de région continue de faire débat. Marc Ravalomanana a interpelé la HCC. La Loi fondamentale stipule en effet que « la fonction exécutive au niveau d’une région est exercée par un chef de région élu au suffrage universel. »

La HCC ayant donné son accord sous certaines conditions, Andry Rajoelina poursuit son projet de création d’une fondation. En projet, la création d’une université d’excellence et d’usine pharmaceutique qui produira des compléments alimentaires pour les enfants à partir de ressources naturelles locales. L’association Fitia gérée par son épouse distribuera ces compléments.

La question de l’obligation de déclaration de patrimoine continue de se poser à chaque élection ou changement de gouvernement. Le président de la HCC a interpelé les députés nouvellement élus, qui pout la plupart ne s’y sont pas soumis. Il en va de même pour une douzaine de ministres de la législature précédente. Instaurée en 2004, cette déclaration est pourtant réduite à une simple formalité. Aucune poursuite n’a encore été engagée pour absence de déclaration. En l’état actuel des textes qui imposent la confidentialité des déclarations, les citoyens n’ont pas le moyen de savoir si les gouvernants se sont enrichis durant leur mandat…

La présidente de l’Assemblée nationale a annoncé la mise en place d’une commission de levée d’immunité parlementaire quiserait également habilitée à trancher sur le cas des membres de la Chambre basse placés en détention provisoire. Une annonce qui intervient opportunément au moment où deux députés nouvellement élus sont maintenus en détention provisoire. Pour Tribune, la mise en place de ce comité apporte une nouvelle fois la preuve que le corporatisme des membres de cette institution prime sur toute autre considération. L’ordre du jour de la session en cours prévoit également la désignation des députés qui représenteront l’Assemblée à la Haute cour de justice (HCJ).
En tant qu’élus, les députés se sont encore distingués en revendiquant un rang protocolaire supérieur à celui des membres du gouvernement. Une revendication qui fait suite au combat mené pour disposer d’un passeport diplomatique et de deux conseillers.

Deux semaines après l’ouverture de la seconde session parlementaire et en dépit des pressions exercées par les députés du TIM, les débats sur le statut de l’opposition n’ont pas été inscrits à l’ordre du jour du Sénat et ont été reportés à l’Assemblée nationale.

L’actualité diplomatique a été marquée par la visite d’Emmanuel Macron à la Grande Glorieuse, l’un des îlots des Iles Eparses, revendiquées par Madagascar. Le chef de l’Etat françaisa annoncé le classement des îles Glorieuses en réserve naturelle nationale dès 2020. « « Ici c'est la France, c'est notre fierté notre richesse », a-t-il notamment affirmé. Les analystes s’interrogent sur le devenir du projet de projet de cogestion de ces îles, évoqué lorsque les présidents malgache et français se sont rencontrés au mois de mai, qui devrait aboutir à un accord d’ici le 26 juin 2020, pour le 60e anniversaire de l’indépendance. Andry Rajoelina a réagi aux propos tenus en annonçant que l’objectif reste inchangé : une nouvelle commission mixte sur les îles Eparses sera mise en place le 18 novembre. Une consultation nationale sera organisée en décembre.

pov 29 10Le premier « Sommet Russie-Afrique » organisé par Vladimir Poutine témoigne des ambitions grandissantes de Moscou dans une région où Chinois et Occidentaux comptent plusieurs longueurs d'avance. L’intérêt de la Russie pour la Grande Île est récent et ce n’est que durant la dernière campagne présidentielle que des premiers soupçons d’interventionnisme sont apparus. En août 2018, une société russe a établi une joint-venture avec la société d’État Kraoma. Des sociétés russes opèrent sur le sol malgache depuis 2017 et dans le domaine militaire la coopération s’est renforcée, pas toujours de manière transparente. La Russie semble enfin vouloir soutenir la Grande île dans sa revendication concernant les îles Eparses. Les membres de la délégation accompagnant Andry Rajoelina au sommet de Sotchi ont indiqué que « la Russie peut être envisagée comme un partenaire stratégique. »
Moins d’une semaine après le sommet Afrique-Russie, Facebook a suspendu trois réseaux de comptes russes qui se livraient à des ingérences en Afrique depuis 2015. Madagascar figure dans la liste des pays concernés.

Amnesty International a organisé, en collaboration avec des ONG malgaches, une semaine d’information, de mobilisation et de sensibilisation autour des droits humains. Plusieurs rendez-vous ont été proposés dans la capitale.

Madagascar participe à la 34e session du groupe de travail de l’examen périodique universel (EPU) en vue de présenter le 3e rapport national devant le Conseil des droits de l’homme les 11 et 14 novembre 2019 à Genève.

La CNIDH a présenté son rapport d’activité 2018 aux députés. L’Express note queplusieurs élus ont pris la parole pour « défendre les exactions, les vindictes et les exécutions extrajudiciaires, au motif de lutte contre l’insécurité. » Il a été reproché à la CNIDH une tendance à ne réagir que face aux exactions commises à l’encontre des malfaiteurs.

Des gendarmes ont commis en 2018 quatre exécutions sommaires dans le cadre d’une arrestation, révèle L’Express. Un peu plus d’un an après, la vidéo est tombée entre les mains de défenseurs des droits de l’homme. Ces derniers ont saisi le secrétariat d’État à la gendarmerie. Sept gendarmes ont été placés en détention préventive.

Onze personnes ont été massacrées par la foule à l’ouest de Taolagnaro suite à un différend communautaire. Personne n’a été arrêté après cette tuerie, « afin de préserver l’ordre public, suivant les consignes de procureur », a indiqué un officier.

Dix personnes ont été arrêtées pour le rapt contre rançon d’un nourrisson. L’enfant a été libéré avant le versement. Le Collectif des Français d’origine indienne s’est déclaré disposé à collaborer et porter main forte aux forces de l’ordre pour l’éradication de ce fléau. Un enfant kidnappé le 10 mai, reste introuvable.

Quatre personnes, dont l’ancienne ministre de la justice et l’actuelle procureure de la République, ont porté plainte, en France, contre l’ancien responsable de la sécurité du président “Hery”, Houcine Arfa. Il avait affirmé dans un quotidien français avoir soudoyé une partie de la justice malgache pour s‘évader, en décembre 2017.

graciésPour Amnesty International, l’annonce d’une grâce présidentielle aux détenus accusés d’infractions mineures est un pas dans la bonne direction qui doit être immédiatement suivi d’effet. Le conseil des ministres a examiné la possibilité de mettre fin aux mandats de dépôt systématiques. Le chef de l'Etat s'est rendu à la maison centrale d'Antanimoro pour s'enquérir de la situation, accompagné par le ministre de la justice.

350 nouveaux agents pénitentiaires devraient être recrutés dans le cadre du programme d’humanisation des conditions de détention.

Des citoyens en détention préventive ont été privés de droit de vote aux législatives, dénonce un commissaire de la CNIDH.

Près de 600 milliards Ar de manque à gagner sur les recettes douanières ces trois dernières années, principalement à cause de fausses déclarations, a révélé le DG des douanes.

De nombreuses affaires de détournements de fonds publics sont en cours d’instruction. Des peines ont été prononcées. Les procès d’anciens ministres et de hautes personnalités devront attendre que les députés saisissent la HCJ.

Des consignes strictes ont été données aux responsables de la PAF de l’aéroport d’Ivato par le chef de l’Etat qui s’est rendu sur place pour que soit éradiquée la corruption pratiquée envers les passagers. Pris en flagrant délit de corruption, un policier de la PAF a été incarcéré, un autre a bénéficié d’une liberté provisoire. Ces arrestations ont déclenché une fronde au sein de la police nationale. Une nouvelle affaire de corruption impliquant un gendarme a été démasquée.

Des caméras de surveillance sont installées dans les services ayant reçu le plus grand nombre de doléances. Des caméras de surveillance ont été s depuis quelques temps à l’intérieur et à l’extérieur à la maison centrale d’Antanimora. Les autorités se félicitent de leur impact dans la lutte contre la corruption.

Le secrétaire d'État chargé de la gendarmerie a fait savoir que 59 gendarmes, dont des sous-officiers et des officiers, sont incarcérés et que 51 autres sont en attente de leur procès.

Le mouvement Rohy a reproché au pouvoir de prendre des décisions qui impactent la vie de la population sans concertation avec les communautés concernées et la société civile. Le quotidien Les Nouvelles a accusé le mouvement de partialité et de parti pris politique.

Madagascar compte environ 150 réfugiés. 50 % d’entre eux sont Pakistanais. L’ONG CDA bénéficie d’un financement de l’UNHCR pour mener un projet de protection et de prise en charge des demandeurs d’asile et des réfugiés.

Une rumeur s’est rependue dans les médias et les réseaux sociaux selon laquelle les jeunes femmes ne pourraient plus se rendre dans des pays à risque sans des contrôles draconiens, voire l’autorisation de leur conjoint pour les femmes mariées. L’information a été rapidement démentie par la présidence. L’Express a été vivement mis en cause pour avoir annoncé ces supposées restrictions. Selon des observateurs, il semblerait qu’il y ait eu une tentative - maladroite - de restreindre les voyages de femmes à l’étranger dans le but de juguler les trafics qui perdurent en direction de pays arabes et de la Chine.

Une affaire d'émigration clandestine à Dubaï a été jugée par la cour au sein du Pôle anti-corruption. Deux peines de réclusion ont été prononcées. Les 4 jeunes filles victimes de trafic étaient mineures au moment des faits.

La population d’Ambilobe redoute les agissements des migrants arrivés en nombre du Grand Sud. Plusieurs personnes ont été victimes d’agression, de viol et de vols.Des arrestations ont été opérées.

L’OIM et la gendarmerie collaborent pour le projet « Renforcement de l’autorité de l’Etat dans le Sud ». La création d’emplois en vue de limiter l’exode rural et les migrations intérieures figurent dans ce programme. L’OIM participe également à la formation des gendarmes stagiaires sur la traite des personnes.

La nomination de femmes gouverneures sollicitée. Onze hommes gouverneurs de régions ont été récemment nommés. Onze autres nominations sont attendues. La société civile souhaite que la parité devienne la règle.

Le non-respect du genre dans le milieu du journalisme dénoncé dans une étude qui révèle en outre que pour de nombreux Malgaches « la presse ne participe pas trop à la lutte contre la violence basée sur le genre».

Le déroulement des épreuves du bac a été gravement affecté par une fuite des sujets. De nombreux centres d’examen ont été touchés. Des arrestations ont été opérées, dont celle de l’ex-directeur des examens nationaux et directeur de l’office du bac d’Antananarivo. Pour L’Express, « l’hypothèse d’une négligence vient à l’esprit. La tournure de certains faits amène cependant à s’interroger sur l’éventualité d’une velléité de perturber l’examen. » En dépit de ces incidents, le taux de réussite au bac (42,75 %) reste comparable à celui des années précédentes.

Pauvreté des apprentissages : des chiffres alarmants, des défis énormes à relever. Des enseignants FRAM, payés par les parents d’élèves, accusent très graves lacunes en termes de compétences. Les élèves du primaire ne bénéficieraient que de 39 % du temps prévu pour l’enseignement. La lenteur des progrès accomplis compromet la réalisation des objectifs mondiaux d’éducation (ODD 4) et sapent les efforts déployés pour mettre fin à la pauvreté. Les écoles privées sont en surnombre et certaines ne suivent pas les normes et n’ont pas d’autorisation d’ouverture. Une remise en ordre est annoncée à l’approche de la rentrée scolaire.

Les universités publiques manquent d’enseignants. Le ministère ne dispose que de quelques postes budgétaires pour cette année. Le Seces tire la sonnette d’alarme. Ce déficit de recrutement a des impacts sur la qualité de l’enseignement et de l’encadrement alors que vient d’être décidée la création de plusieurs universités en province.

Dans son dernier communiqué, le SeFaFi s’est livré à une charge sévère contre les universitaires. Il leur est reproché une « culture du privilège » et des abus commis par certains d’entre eux. « Les enseignants du supérieur devraient représenter l’élite intellectuelle du pays, ils se doivent ainsi par leur comportement, d’être exemplaire dans l’effort commun pour l’amélioration des pratiques au sein du secteur public », conclut-il.

Près de 65 % des malgaches victimes de la corruption dans le domaine de la santé, selon les résultats d’une étude menée dans le cadre d’un projet initié par Transparency International et financé par l’UE.

2424 03 10 19Les débats sur la légalisation de l’avortement médical relancés. Après le refus de l’Assemblée nationale de l’avortement sécurisé dans la loi sur le planning familial, en 2017, une nouvelle loi pourrait être élaborée et proposée. « « Il faut protéger le droit des femmes à la vie et à la santé », a déclaré la présidente de la CNIDH à l’occasion d’un colloque sur la santé reproductive organisé dans le cadre de la Journée mondiale de l’avortement sécurisé, célébrée pour la première fois à Madagascar.

Lutte contre les grandes pandémies : la France et la fondation Bill Gates soutiennent Madagascar. Au cours de la 6e conférence pour la reconstitution du Fonds mondial, Emmanuel Macron et le président de la fondation Bill et Melinda Gates se sont engagés à trouver des financements pour Madagascar pour la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme. Les besoins en financement de la Grande île s’élèveraient à 450 millions de dollars.

Près de deux millions d’enfants présentent un retard de croissance, selon un nouveau rapport de l’Unicef.
270 000 enfants souffrent d’émaciation ou sont trop maigres pour leur taille et des centaines de milliers de femmes et d’enfants souffrent de carences en vitamines et minéraux essentiels. Dans le rapport sur l’indice de la faim dans le monde (GHI 2019) Madagascar se classe parmi les pays les plus touchés, en 114e place sur 117 pays étudiés.

92 % des malades du cancer n’ont pas accès à des traitements. Le manque d’informations ainsi que l’absence de financement, de moyens humains, techniques et aussi d’infrastructures sont les principaux facteurs explicatifs de cette situation désastreuse.

L’avant-projet de loi sur le code de la communication a été adopté sans amendement en conseil des ministres. Le texte sera transmis au Parlement pour adoption. Il prend en compte le résultat des consultations organisées par le ministère auprès des différents acteurs.

Dans un communiqué, le SeFaFi a vigoureusement critiqué la « culture du privilège » au sein des médias, « la partialité, la complaisance et l’amateurisme » des journalistes dans leur traitement de l’affaire dite du « survol du stade de Mahamasina par un hélicoptère de l’armée » qui a conduit à publier des informations non recoupées, approximatives, partiales et déformées. « La presse n’a pas à être la caisse de résonance de toutes les rumeurs pour faire du sensationnel. La liberté de la presse est un droit mais suppose également des obligations », écrit-il. « L’insuffisante formation intellectuelle d’une partie des journalistes de la Grande île » est également pointée du doigt. L’Express, principal organe impliqué, a jugé sévèrement les déclarations du SeFaFi, l’Ordre des journalistes a fait part de son mécontentement.

Une facebookeuse été sanctionnée par une peine d’emprisonnement pour avoir divulgué le programme des déplacements du chef de l’Etat. Elle a été condamnée à 6 mois de prison ferme. Un agent du service de protocole, soupçonné d’avoir divulgué des informations sensibles, a écopé d’une peine d’emprisonnement ferme de 18 mois.

Le nombre d’infractions liées à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication a connu une explosion ces derniers mois. 17 personnes ont été arrêtées, dont huit placées sous mandat de dépôt au cours du 1er semestre.

Le ministre de la défense a soulevé la question des « fake news » qui inondent les réseaux sociaux. Il en appelle à la vigilance et à la responsabilité de chacun, évoquant des « dahalo en col blanc » qui s’en rendraient coupables en brandissant l’étendard de la défense des droits de l’homme.

Le gouvernement a approuvé un projet de décret accordant l'utilisation de 350m3 de bois d'ébène saisis depuis 2011. Ces bois seront utilisés pour la réhabilitation du Rova d’Antananarivo détruit par un incendie criminel en 1995. Le chantier devrait être achevé pour la fête nationale du 26 juin 2020. Aucune information n’a été fournie sur le montant des travaux à réaliser dans le cadre de cette promesse présidentielle.

L’experte en géophysique, Lalanirina Rasoanandrianina, pointe du doigt le manque de transparence sur les activités d’exploration et d’exploitation des terres rares, notamment à Ampasindava. Madagascar se doit, dit-elle, de se mettre en conformité avec les recommandations du secrétariat international de l’EITI.

Le parc national d’Ankarafantsika gravement affecté par des incendies. Des migrants en provenance du Sud s’installent dans le parc, défrichent et mettent les terrains en culture. Les autorités locales ne parviennent pas à maîtriser ce flux. En cause également, la production de charbon de bois. Des arrestations ont été opérées. Le premier ministre et le ministre de l’environnement ont tenu une réunion d’urgence avec les partenaires techniques et financiers. Le gouvernement allemand s’est engagé à contribuer à la réhabilitation du parc.

Planter 60 millions d’arbres en une journée. Tel est le défi lancé par le chef de l’Etat pour marquer la célébration du 60e anniversaire du retour à l’indépendance, le 26 juin 2020. Chaque citoyen et toutes les forces vives devront être mobilisés. Pour gagner le défi qu’est la reforestation de Madagascar, les pépinières devraient produire 80 millions de jeunes plants par an. Douze régions sur 22 sont touchées par la désertification, soit 30 % du territoire national.

Depuis plusieurs mois, les travaux illicites de remblayage se multiplient dans la capitale, s’alarme Matv. D’anciennes rizières sont remblayées de manière sauvage, au risque d’accroitre les risques d’inondation en saison des pluies. Aucun commanditaire ne se trouve inquiété par ces travaux, les autorités semblent fermer les yeux. Les habitants des bas quartiers s’inquiètent de la situation et interpellent les responsables.

pov 23 10 19Les travaux de construction de la nouvelle ville Tana-Masoandro démarrent dans un climat tendu. La première tranche de travaux porte sur 100 ha. A terme, la ville nouvelle occupera 1 000 ha. Pour le CRAAD-OI, le Collectif Tany et le mouvement Rohy, la localisation, le plan et le contenu du projet n’ont fait l’objet d’aucune consultation préalable. Son coût, jugé exorbitant soulève des questions sur les sources et le mode de financement. Le caractère inondable de la zone choisie, après remblayage des rizières, constitue un autre sujet de préoccupation. Midi craint que ce projet pharaonique se solde par un fiasco, comme il en a été de projets similaires en Afrique. Des dirigeants ont affirmé que ce projet est contraire au Velirano du président d’atteindre l’autosuffisance en riz d’ici quelques années. Une première manifestation des propriétaires de rizières a réuni un millier de participants. Le second rassemblement a donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre. Les leaders du mouvement ont rencontré la CNIDH. Le pouvoir laisse entendre que la contestation est encouragée par des hommes politiques de l’opposition, notamment du TIM. Le Sénat, le HCDDED, la CNIDH et le CFM ont lancé un appel à l’apaisement. Ils estiment que la communication reste insuffisante sur ce dossier et invitent le pouvoir à suspendre le début des travaux et aux habitants de privilégier la concertation. La présidente de la CNIDH ajoute que personne ne s’oppose au développement et à la modernisation mais « cela doit se faire dans la transparence et le respect des droits de l’homme ». Andry Rajoelina a déclaré : « Non aux manœuvres politiques visant à entraver le processus de développement. (..) Les réfractaires au développement sont des ennemis de la nation ». Un débat juridique s’est engagé sur la procédure qui devrait être respectée lorsqu’il s’agit d’expropriations pour cause d’utilité publique. La question se pose de savoir si la procédure a bien été respectée. Après cette forte période de tension, une importante délégation de la présidence s’est rendue à la rencontre de la population. Il a été décidé que les travaux ne commenceront pas tant qu’aucun accord satisfaisant les habitants n’aura pas été trouvé. 737 familles seraient touchées par le projet. L’Etat envisagerait d’allouer à leur indemnisation 20 millions de dollars, versés sous diverses formes.

Démarrage des travaux de bitumage des 159 km de la RN Ambatondrazaka-Moramanga. D’ici 18 mois, la région Alaotra Mangoro sortira de la carte des zones enclavées. Ce projet est considéré comme l’un des plus grands défis du mandat présidentiel. L’objectif principal est de promouvoir les activités agricoles de cette région, premier grenier à riz du pays. Les premiers travaux sont financés par l’Etat, la Banque mondiale devant par la suite apporter son concours.

Un programme de 4 millions de dollars lancé avec l’appui de la BAD pour accroître la résilience aux événements climatiques extrêmes. Il sera mis en œuvre en collaboration avec la Mutuelle panafricaine de gestion des risques. Objectif : renforcer les capacités nationales en termes d’évaluation des risques de catastrophe et de mise en place de systèmes d’alerte précoce. Le coût des dégâts liés aux catastrophes naturelles a été évalué à 4 % du PIB en 2017, soit une facture de plus de 420 millions de dollars.

La Chine, principal partenaire économique de Madagascar, devance les pays européens. Elle est le 1er fournisseur de produits importés et le 4e destinataire de produits d’exportation depuis plusieurs années. Fidèle à ses principes, l’ambassadrice a rappelé que son pays s’abstenait d’intervenir dans les affaires internes de Madagascar et n’assortissait son aide d’aucune condition politique. Elle déclare être prête à mettre en synergie la construction conjointe de « La ceinture et la route », la concrétisation des acquis du Sommet de Beijing en octobre 2018 et l’Initiative émergence Madagascar (IEM).

La Chine et Madagascar ont signé un accord de coopération dans le domaine de la riziculture, de l'élevage et de l'agribusiness. « La Chine est un modèle pour Madagascar », a lancé Lucien Ranarivelo, ministre de l'agriculture et de l'élevage. Ce programme de deux ans, mis en œuvre avec l’appui de la FAO, doit contribuer, entre autres, à la sécurité alimentaire et à l'autosuffisance en riz.

La Chine lance un projet d’accès à la télévision numérique pour 10.000 villages dans 20 pays africains, dont Madagascar. Le projet avait été présenté en décembre 2015 à Johannesburg par le président chinois Xi à l’ouverture du Forum sur la coopération sino-africaine.

11e FED - L’UE débloque un nouveau financement de 8 millions d’euros sous forme de don. Le 11e FED devrait être clôturé en 2020, mais des projets ont pris du retard et restent à réaliser. Ils pourront se poursuivre jusqu’en 2023. Priorité est donnée à la gouvernance, au développement rural et aux infrastructures. Les pourparlers en vue du 12e FED, d’une durée de 7 ans, démarrent. La transparence sur les opérations en cours est la condition exigée de l’UE pour que les négociations aboutissent.

Union Européenne - AfoA : vers la mise en place d’un accord de partenariat économique complet avec cinq pays de la zone Afrique orientale-océan Indien, dont Madagascar. L’accord intérimaire est en vigueur depuis six ans pour le cas de Madagascar. Compte tenu de la portée restreinte de cet accord, les cinq pays de la zone se sont déclarés prêts à étendre son champ d’application aux services, aux investissements et au développement durable.

Turquie - Madagascar : ouverture prochaine d’une Agence de coordination et de coopération. Selon l’ambassadeur, les deux pays possèdent de nombreuses opportunités d’échanges dans tous les domaines. « Madagascar a une importance considérable pour la Turquie », a-t-il affirmé. Midi rappelle que la Turquie déploie une diplomatie très active sur tout le continent.

La Banque mondiale appelle à la prudence budgétaire face à l’exécutif qui clame son intention d’aller vite dans la mise en chantier de ses projets. La question du financement de l’émergence prônée par le régime se pose, dix mois après la prise de fonction du président de la République.

Le Medef sollicité pour le plan EIM. Andry Rajoelina a reçu une délégation de l’organisation patronale française Il a défendu les efforts fournis pour sécuriser les investissements qui se traduisent entre autres par l’intensification de la lutte contre la corruption, la simplification des procédures et la mise en place d’un cadre juridique stable. Il a souligné que le pays est ouvert aux investissements directs étrangers. Les visiteurs ont rencontré les bailleurs de fonds et ont participé à un forum organisé par le Groupement des Entreprises de Madagascar. D’après le magazine Forbes sur le climat des affaires, Madagascar se classe au 22e rang sur les 47 pays africains répertoriés.

Madagascar stagne à la 161e place du classement Doing Business de la Banque mondiale. Pour l’un des éléments d’appréciation, le raccordement à l’électricité, Madagascar est classé à la 186e place sur 190 pays.

Coopération japonaise pour la gestion des ordures d’Antananarivo. Un centre de recyclage d’un coût de 34 millions de dollars est en projet sur le site de la décharge d’Andralanitra qui est saturée. Le projet devrait démarrer en 2021 mais un défi reste à relever : le tri préalable au niveau des ménages. Le Samva collecte 404 tonnes d’ordures par jour dans la capitale, ce qui ne représente que 43 % des ordures ménagères produites.

Des « Call center » opèrent clandestinement. Ces trois dernières années les entreprises « offshore » se sont multipliées dans le pays en raison du faible coût de la main-d’œuvre. Les autorités procèdent actuellement à un recensement des entreprises du secteur. 86 ont déjà été identifiées.

Les retraits d’agrément pour les fausses entreprises franches se poursuivent. Plus de 500 entreprises ont été recensées au début de l’opération d’assainissement du secteur, elles ne sont plus qu’environ 250 à opérer formellement.

La Jirama poursuit sa chasse aux branchements illicites et aux fraudes, sources de très importants manques à gagner. Un branchement illicite a été démasqué au domicile d’un chef de district. Un important détournement de fonds a été découvert, impliquant de hauts responsables de l’entreprise. Dans une situation financière critique et dans l’incapacité de régler ses dettes, la Jirama a rompu son contrat d’approvisionnement avec le pétrolier Jovena. Elle compte, avec l’appui de la Banque mondiale, pouvoir importer du carburant via un appel d’offres international, à des conditions plus avantageuses. Confié à un cabinet canadien, le recrutement d’un DG et d’un DGA est lancé.

La concertationproposée par le ministère de l’économie en vue de la finalisation du plan EIM a été boycotté par le mouvement Rohy qui reproche au pouvoir un manque de concertation. Son bouclage, annoncé pour le mois de juin, a pris du retard, ce que déplorent les partenaires techniques et financiers qui pourraient contribuer à sa mise en œuvre.

Baisse des importations de riz sur les 8 premiers mois de l’année. Les ministères de l’agriculture et du commerce font état d’une amélioration de la production par rapport à la dernière saison. La production devrait atteindre 4,2 millions de tonnes, contre 4 millions l’an passé. Pour l’ensemble de l’année les importations atteindront encore 500 000 tonnes.

Le tribunal de commerce de Paris a condamné Air Madagascar à s’acquitter des frais de remise en état des deux Airbus A340-200 qu’elle loue depuis 7 ans à Air France. Le devenir de la compagnie n’est pas assuré. Il est reproché à Air Austral, actionnaire principal, de ne pas avoir tenu ses engagements. Air Madagascar n’arrive plus à faire face à ses dépenses courantes et serait au bord de la cessation de paiement. Le partenariat avec Air Austral est en difficulté. La compagnie malgache désire ouvrir son capital à de nouveaux investisseurs. Ethiopian Airlines, qui était candidat à un partenariat, serait toujours sur les rangs.

Mouvement syndical - Marche silencieuse dans le cadre de la Journée mondiale pour le travail décent. Cette manifestation avait notamment pour objectif d’obtenir la mise en œuvre d’une convention de l’OIT sur la santé et la sécurité des travailleurs dans les mines. Parmi les caractéristiques d’un « travail décent » : le droit à un contrat de travail, et à des congés, le droit d’adhérer à un syndicat et le droit à une protection sociale et à une protection maladie.

Mise en œuvre des conventions de l’OIT signées en juin 2019 - La signature par Madagascar des conventions 151 et 154 sur les relations du travail et les négociations collectives s’accompagne d’actions de renforcement des capacités des dirigeants des syndicats d’agents publics et des gestionnaires des ressources humaines de l’Etat. Ces actions doivent permettre également de recueillir des propositions pour améliorer les lois qui vont mettre en œuvre les deux conventions. Une formation des parlementaires est annoncée.

Travail décent en vue pour les 550 dockers du port de Toamasina qui attendent depuis 30  ans une amélioration de leur situation. Le ministère des transports et les diverses parties prenantes ont engagé des négociations pour mettre fin au régime dit de « l’intermittence de l’emploi » (embauche par périodes de 7 heures) destiné à faire face au trafic en dents de scie des activités portuaires.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation des élections municipales du 27 novembre
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Droits des femmes
  • Education
  • Médias, communication, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles,bois de rose
  • Foncier, environnement, aménagement
  • Contestation du projet de ville nouvelle Tana-Masoandro
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social

 

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31 août 2019

REVUE DE PRESSE - AOUT 2019

RESUME AOUT 2019

21 partis d’opposition se sont regroupés pour faire bloc contre Andry Rajoelina. Ce groupement, baptisé RMDM (Groupement des partis d’opposition pour la démocratie), a désigné à sa tête le président du TIM, Marc Ravalomanana. Le groupement revendique pour son chef l’attribution du statut légal du chef de file de l'opposition. Un autre groupe de partis d’opposition a contesté cette désignation et a indiqué avoir en projet la création d’un autre regroupement sous l’égide de Lalatiana Ravolomanana (parti Manda/MFP). Le TIM et le Manda ont reçu le récépissé du ministère de l’intérieur officialisant leur appartenance à l’opposition.

Une proposition de loi relative au statut légal du chef de file de l'opposition a été déposée à l'Assemblée nationale par les partisans d’Andry Rajoelina. Elle vise à modifier la loi de 2011 qui n’a jamais été mise en application, dans le but, affirme Marc Ravalomanana, de limiter les prérogatives du chef de l’opposition. Ce dispositif prévoit notamment que le chef de file de l’opposition est obligatoirement député, ce qui exclut d’emblée l’ancien président, qui ne possède aucun mandat électif. La proposition, adoptée par l’Assemblée nationale, a été rejetée par les 16 députés du TIM. Transmis au Sénat, le texte n’a pas été adopté par la majorité HVM, qui a repoussé son examen à une prochaine session. Marc Ravalomanana a saisi la SADC. Le TIM a décidé de ne pas briguer le poste de 7e vice-président de l’Assemblée nationale qui lui revenait de droit. Pour le parti, le texte voté est contraire à la Loi fondamentale. Son adoption est qualifiée de manœuvre politique du parti au pouvoir pour contrôler l’opposition.

Le KMF/CNOE s’est prononcé en faveur de la radiation des partis qui ne participent pas aux élections. « Un parti qui ne remplit pas son devoir, ne mérite même pas d’exister. C’est pourquoi il est nécessaire que l’Etat prenne acte par rapport à cela », a-t-il déclaré. La société civile souhaite par ailleurs que tous les candidats à une élection soient présentés par un parti politique.

Avantages parlementaires : en attente du règlement intérieur. L’Express titre « Les députés bafouent la politique d’austérité. » Les questions d’indemnités et des divers avantages dont ils revendiquent l’attribution sont au centre des débats que les élus ont tenu à huis clos. La loi de finances rectificative ayant été adoptée par voie d’ordonnance, il n’est plus possible de la modifier. Les revendications des élus ne pourront être satisfaites que dans le cadre du règlement intérieur de l’Assemblée. La dotation d’un véhicule pour chaque élu a été momentanément retirée du débat mais les élus ont obtenu la désignation de deux conseillers techniques alors qu’ils bénéficient déjà chacun de cinq assistants. Les effectifs salariés pris en charge par l’Assemblée sont actuellement estimés à plus d’un millier de personnes.

Andry Rajoelina met la pression sur ses ministres pour réaliser ses promesses. Dans une lettre adressée au gouvernement, il interpelle les hauts responsables sur la nécessité de fournir des résultats concrets et rapides pour accomplir ses promesses présidentielles. Accélérer le rythme du développement et du changement afin de rattraper en 5 ans les retards cumulés de développement du pays. Il demande également l’intensification des projets sociaux pour atténuer la dureté de la vie et aider les couches vulnérables à se relever et la mise en place d’une politique de protection sociale efficace.

Les élections communales et municipales se tiendront le 27 novembre. La campagne officielle ouvrira le 5 novembre. La HCC préconise le maintien en fonction des conseillers municipaux et communaux sortants au-delà de la fin de leur mandat qui arrive à son terme le 22 septembre. Le projet de remplacement des maires par un président de délégation spéciale (PDS), comme le président de la République l’avait envisagé, serait abandonné.

Le CFM prévoit d’élaborer une Charte de bonne conduite pour les candidats. Le chantier ouvert par le CFM devrait également permettre de faire le bilan des points forces et faiblesses des chartes élaborées pour la présidentielle et les législatives.

Liste électorale - La CENI veut rétablir les noms retranchés par la voie d’ordonnance prise par le tribunal de première instance. En raison de la révision de la liste après le 1er tour de la présidentielle, de nombreux électeurs ne figuraient plus dans la liste utilisée pour les législatives. Cela serait dû, entre autres, au retranchement des doublons ou encore à la réorganisation des bureaux de vote. La première opération consiste en fait à régulariser le cas de 500 000 électeurs qui ont pu voter aux présidentielles mais qui n’ont pas pu s’acquitter de leur devoir électoral lors des dernières législatives, au motif que leurs noms ont disparu de la liste. La seconde opération vise à extraire les 115 000 doublons encore constatés.

L’élection communale d’Antananarivo est au centre de toutes les préoccupations des politiques. Marc Ravalomanana pourrait se porter candidat mais l’échec de son épouse Lalao à résoudre la situation anarchique et l’insalubrité qui prévalent dans la capitale pourrait lui porter préjudice, à lui et à son parti. La ville d’Antananarivo est un bastion que les régimes en place successifs convoitent. Elle ne se laisse pas facilement conquérir. De tout temps, ses électeurs ont eu l’esprit frondeur, manifestant une certaine défiance envers le pouvoir central. Les rapports tendus entre l’Etat et la commune se traduisent par des blocages budgétaires qui nuisent au développement de la capitale et à son image, analyse Midi. A l’approche des municipales, un conflit est né de la volonté du gouvernement de procéder à la rénovation du stade de Mahamasina, propriété de la commune.

Madagascar se prépare à la venue du pape François, 30 ans après la visite de Jean-Paul II. Le pape foulera la terre malgache le 6 septembre avant de faire un saut à Maurice le 9 et quitter définitivement la Grande Île le 10. La messe qui sera célébrée devrait accueillir plus de 800 000 personnes. Pas moins de 7 500 éléments des forces de l’ordre seront mobilisés pour assurer la sécurité des évènements. A l’approche de l’arrivée du pape, la capitale fait peau neuve et amène à l’adoption de nouveaux comportements, note Midi

Le rapport annuel des Etats-Unis sur la situation des droits humains à Madagascar ne constate pas d’amélioration de la situation. Le bilan est négatif, notamment pour la liberté d’expression, y compris la liberté de presse qui a été parfois restreinte, suite à l’application du code de la communication. Le Département d’Etat mentionne également des cas de violation des libertés de rassemblement pacifique, à plusieurs reprises en 2018. La lutte contre la corruption fait également partie des points auxquels la Grande île a obtenu de mauvaises notes. Les Etats-Unis déplorent le fait que la plupart des enquêtes menées, relatives à des dossiers de corruption, n’ont pas abouti à une décision judiciaire ni à la mise en accusation des responsables de rang supérieur.

La mission de sécurisation menée par l’armée dans la Zone rurale prioritaire de sécurité (ZRPS) Alpha se poursuit. Et ce, écrit Newsmada, « en dépit des dénigrements et manœuvres d’intimidation auxquels s’acharnent des chefs de dahalo et autres maquignons qui ont vu baisser leurs chiffres d’affaires après l’opération ». Le général commandant de la ZRPS a expliqué que la campagne de calomnie menée par ces bandits en col blanc a pour but de salir l’image des « pacificateurs ».

Le président de la République s’est rendu à Tsaratanàna et à Maevatanana, deux zones classées rouges en termes de sécurité, pour la pose de la première pierre de la construction d’une « base opérationnelle avancée » de l’armée. La base de Tsaratanàna est une base pilote, cinq bases du même type seront mises en place. Les soldats participants à une mission de six mois se verront attribuer une prime et un avancement exceptionnel.

Implication des membres de l’administration et des forces de sécurité dans des réseaux de dahalo : le premier ministre affirme que ces réseaux seront « rapidement », démantelés et leurs membres sanctionnés, quel que soit leur statut ou leur grade.

Exécution de deux supposés dahalo à Ambohimahasoa début août : des versions contradictoires. Un représentant de la famille des personnes abattues par les policiers a apporté son témoignage sur les circonstances dans lesquelles le drame est survenu. Les suspects étaient des dahalo notoirement connus. Des villageois avaient porté plainte contre eux. Le ministère de la sécurité publique a dépêché sur place des enquêteurs de l’inspection générale de la police nationale.

Vindictes populaires. A Arivonimamo, une famille a tenté de brûler vif son voleur. Cinq personnes ont été arrêtées. L’homme avait été pris en flagrant délit de vol à la tire sur le marché de la commune. Six voleurs de vanille ont été lynchés à mort à Vohémar.

Policiers lynchés à Fénérive-Est : procès attendu pour les détenus. Près d’un an après l’affaire, le lynchage à mort de trois inspecteurs de police n’est pas encore élucidé. Les 18 prévenus, dont trois chefs fokontany, ont été placés sous mandat de dépôt. Les dossiers ont été transmis au tribunal. Suspectés d’être des bandits, les trois inspecteurs ont été tabassés à mort par une foule furieuse. Les 18 détenus se sont fait arrêter par les forces de police venues procéder à une arrestation massive, quelques jours après le triple homicide.

Si les auteurs principaux de kidnappings ont été arrêtés et jetés en prison par dizaines, les commanditaires restent non identifiés. Une situation qui ternit le bilan de la lutte contre l’insécurité dont l’arrêt des rapts de nationaux et d’étrangers est l’une des réussites dont se prévaut le secrétaire d’État à la gendarmerie. En matière d’enlèvements comme en matière de vols de bovidés, les forces de sécurité échouent encore à appréhender les commanditaires et à démanteler les réseaux de « bandits en col blanc. »

Onze kidnappeurs d’un Indien nationalité française, à Ankadivato le 5 août, ont été interpelés à Fianarantsoa. La victime et sa famille avaient choisi de ne fournir aux enquêteurs aucun renseignement sur ce qui s’est réellement passé et aucune plainte n’avait été déposée. La libération de la victime est intervenue après versement d’une rançon.

Andry Rajoelina a recadré la magistrature. « Les magistrats ne sont pas au-dessus de la loi. Ce n’est pas parce qu’on est magistrat qu’on ne peut pas être sanctionné », a lancé celui qui, selon les dispositions constitutionnelles, préside le CSM. L’impunité des magistrats, le corporatisme au sein du corps, les mauvais comportements, la corruption qui gangrène le système judiciaire ou encore la lenteur dans le traitement des dossiers, ont été pointés par le chef de l’État.

pov 27 08 19Torture et violences policières : le cri d’alarme de la CNIDH qui dénonce « la dégradation des conditions de détention au niveau des établissements pénitentiaires ». Elle dénonce également « la pratique masquée d’actes de tortures et de traitements cruels, inhumains et dégradants caractérisés par la détention provisoire prolongée » et pointe du doigt « des pactes villageois ou “dina” non-homologués [qui] imposent une légitimation de la torture, parfois attentatoire à la vie des victimes. » La CNIDH rappelle qu’aucun jugement n’a encore été rendu dans l’affaire Antsakabary. La lutte contre la torture pourrait déboucher sur l’élaboration d’un texte de loi. Tel est le souhait du représentant du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, en partenariat avec l’ACAT et le ministère de la justice.

Exécution sommaire à Ampefiloha. « Une bavure qui ternit l’action de la police », titre Midi. La scène est passée en boucle sur les réseaux sociaux après avoir été diffusée sur une chaîne de TV privée. Un homme, auteur d’un braquage dans ce quartier de la capitale, a été achevé sous les yeux des nombreux passants et d’enfants alors qu’il était à terre, désarmé, blessé et suppliant qu’on l’épargne. Le ministre de la sécurité publique a annoncé que l’inspecteur de police en cause avait été placé en détention provisoire.

Des militaires qui assuraient une patrouille dans un quartier périphérique de la capitale ont violenté un client et trois membres d’une famille du propriétaire d’un bar. Les victimes ont partagé les photos sur Facebook. Une plainte a été déposée.

A Morombe, des paysans se plaignent des abus de pouvoir des militaires, accusés de procéder à des arrestations arbitraires assorties de menaces de mort et d’accaparement de troupeaux.

Le premier ministre a recadré sans ménagement les hauts responsables de la police. Les entorses au respect de la loi et de la discipline, le corporatisme, la mauvaise gestion des ressources humaines, la corruption et les abus, toutes ces plaies dont souffre la police nationale ont été passées en revue par le chef du gouvernement. Le but, affirme-t-il, « est la reconquête de la population et le rétablissement de l’image des forces de l’ordre, dont la police nationale. »

Une enveloppe budgétaire est annoncée pour construire de nouveaux établissements pénitentiaires « permettant d’accueillir les détenus, selon les normes et dans le respect des droits humains. » Le ministère entend pouvoir proposer un travail aux détenus qui en sont aptes. « Les travaux forcés, comme sentence prononcée, n’existent pratiquement plus. La réalité c’est que les maisons de force ne disposent pas d’espace où on peut mettre les détenus au travail », explique une haute responsable du ministère de la justice. L’objectif est de disposer de 15 000 places, ce qui nécessite de doubler les crédits affectés à l’administration pénitentiaire.

De juin 2018 à juin 2019 le Pôle anti-corruption a reçu 393 dossiers dont 141 de la Chaîne pénale anti-corruption et 252 nouvelles affaires. 78 dossiers ont été jugés.

La Cour criminelle ordinaire du Pôle anti-corruption est enfin opérationnelle. Plusieurs affaires criminelles impliquant de « gros poissons » sont au programme. Elle compte procéder au jugement d’environ 70 dossiers d’ici la fin de l’année, au cours de sept autres sessions. Des dossiers ayant défrayé la chronique ces dernières années et impliquant des personnalités devraient connaître ainsi leur dénouement. La femme d’affaires Claudine Razaimamonjy a été l’une des premières personnes à comparaitre devant la juridiction. Elle a été condamnée à sept ans de travaux forcés et à une amende de 100 millions Ar pour une première affaire. Une instruction est en cours pour deux autres dossiers le concernant. Une autre femme d’affaires, Marie Jocelyne Léonard Razafindrabakoarisoa, est poursuivie pour d’importants détournement sur des marchés publics.

Trois autres personnalités devraient avoir à répondre de leurs actes : l’homme d’affaires Mbola Rajaonah et l’ancien DG des services fonciers, Hasimpirenena Rasolomampionona, député de Fandriana ainsi que le député de Mahabo, Ludovic Adrien Raveloson. Certaines affaires impliquent d’anciens membres du gouvernement, dont le statut fait que leur jugement est du ressort de la HCJ. L’aval de l’Assemblée national est nécessaire.

L’ancienne ministre de la population, Onitiana Realy, aurait été frappée par une interdiction de sortie du territoire suite à des suspicions de détournement de deniers publics. Les soupçons portent sur l’exercice comptable 2017. Son époux, Briand Andrianiriana se trouverait dans la même situation.

Les anciens hauts fonctionnaires sont appelés à effectuer la restitution des avantages qu’ils ont acquis durant leur mission. Annoncées par le ministère de l’économie et des finances, des procédures de décompte général des biens publics sont lancées. Une liste publique mentionnant les véhicules et les bâtiments de l’Etat sera disponible sous peu pour signifier aux récalcitrants qu’il importe de restituer les biens publics indument conservés.

Détournement de fonds à la Croix-Rouge malgache : 4 ans de prison ferme pour une dizaine de personnes. Le président ainsi que le secrétaire général figurent parmi les responsables incriminés. Le scandale avait fait grand bruit en avril 2018 à la suite d’un communiqué de la Croix-Rouge norvégienne, son principal bailleur. Un million d’euros aurait été détourné. Une convention de partenariat a été signée entre la nouvelle présidente de la Croix Rouge et le nouveau DG du Bianco, Laza Eric Donat Andrianirina.

200 femmes victimes d’exploitation dans les pays du Golfe ont été rapatriées depuis le début de l’année. Le dernier rapport du Département d’État sur la traite de personnes se félicite des efforts engagés par le gouvernement. Les tentatives d’expatriation illégales se poursuivent néanmoins. Alors qu’elles étaient sur le point de prendre un vol à destination de l’Arabie Saoudite, sept travailleuses ont été interceptées par les agents de la PAF à l’aéroport d’Ivato. Deux individus, dont une femme, soupçonnés de traite de personnes, ont été arrêtés par la gendarmerie à Antsirabe.

Les grossesses précoces touchent 48 % des jeunes filles dans la région Atsimo Andrefana. Toute l’île est concernée par ce phénomène, et une très grosse majorité des grossesses précoces se rencontrent dans les milieux défavorisés. Les parents des adolescentes portent parfois une lourde responsabilité dans de telles situations, encourageant les mineures à se marier ou à se prostituer.

La polémique s'intensifie sur la réforme du calendrier scolaire. La décision du premier ministre d’entériner le retour à l’ancien calendrier et aux anciens cycles scolaires surprend la société civile qui avait été associée à une réforme jugée essentielle. Ce plan vise, entre autres, à lutter contre l’abandon scolaire.

Le gouvernement se fixe pour objectif la création de quatre nouvelles universités à Antsirabe, Fénérive Est, Soavinandriana et Morondava. La construction de six autres universités devrait commencer en 2020.

13 cas de peste ont déjà été identifiés pour la nouvelle saison. Les autorités sanitaires sont inquiètes. La multiplication actuelle des feux de brousse risque de pousser les rats vers les zones habitées. Des sanctions sont annoncées. Le ministère va engager la lutte contre les décharges sauvages. Assainir la capitale et ses faubourgs constituent une urgence absolue. Une loi régira l’enterrement et l’exhumation des victimes de la peste mais le ministère s’attend, comme en 2017, à d’éventuels refus des règles sanitaires édictées.

Une cellule de lutte contre la cybercriminalité a été installée au ministère de la communication. Elle aura notamment pour mission de défendre les victimes et de s’attaquer aux fauteurs de troubles. Midi accuse les entités en charge de cette lutte de ne pas être réellement opérationnelles. L’utilisation inappropriée des réseaux sociaux se développerait en toute impunité, Facebook serait devenu une arme de dénigrement et/ou de déstabilisation. Un candidat malheureux à l’élection présidentielle, de nationalité française et résidant en France ne cesserait de proférer de violentes attaques contre Andry Rajoelina et ses proches, sans réactions des autorités malgaches.

Visite papale : un fidèle d’une secte arrêté pour diffamation. Il avait publié sur Facebook, à travers un compte fake, que son église était opposée à la visite pontificale et que des manifestations seraient organisées à cette occasion.

La Grande Île ne disposerait plus que de cinq ans pour sauver ses richesses naturelles d’après les scientifiques participant au congrès de l’Association pour la biologie et la conservation tropicale. La destruction de l’environnement connait un rythme effréné. D’où la nécessité de prendre des mesures urgentes, dans le cadre d’un renforcement de l’Etat de droit. Les scientifiques ont lancé un appel de détresse au président de la République, qui n’a pas répondu à l’invitation qui lui a été adressée. Ils lui demandent de s’engager personnellement.

La 18e conférence des parties de la CITES a validé le plan d’action proposé par Madagascar sur les bois de rose, d’ébène et de palissandre. Le pays bénéficiera d’un appui de l’UE et de la Banque mondiale pour fiabiliser l’inventaire des stocks et la traçabilité des bois précieux. Le ministère de l’environnement a présenté les engagements de l’Etat et a souligné que « Madagascar n’a pas l’intention de vendre les stocks de bois précieux sans avoir rempli certaines conditions, dont le contrôle des stocks, l’étude des risques sur l’exploitation illicite et surtout les capacités nécessaires à disposition du pays en matière de contrôle forestier. » En cas de décision de commercialisation des stocks, la valorisation locale sera priorisée.

Le durcissement des règles de coupe de bois imposées pour l’ensemble des essences a eu pour effet de faire flamber les prix du charbon de bois, principale source d’énergie des ménages. La coupe d’un arbre devra être compensée par la plantation de 50 autres. L’enjeu est de sensibiliser la population à utiliser des combustibles de substitution.

Selon la Cour spéciale du bois de rose, le dossier concernant l’opérateur Johnfrince Bekasy serait en phase final d’instruction Le dossier remonte en 2015 lorsque l’opérateur avait été soupçonné d’être mêlé à un trafic de bois de rose et à du blanchiment d’argent. Certains dossiers, notamment celui de Singapour, impliquent des personnalités qui relèvent de la HCJ. 16 dossiers ont été transmis à la Cour spéciale depuis sa mise en place en juillet 2018. Tout récemment la Cour a condamné 19 personnes à 20 ans de travaux forcés. 59 rondins de bois de rose ont été saisis à Fénérive Est. Deux personnes ont été placées en garde à vue.

La cour d’appel de Toamasina a rejugé l’affaire du bateau Flying soupçonné de trafic de bois de rose, interpellé dans les eaux territoriales en décembre 2018. L’audience a une nouvelle fois déçu les défenseurs de l’environnement qui accusent les autorités de laxisme. Les associations de protection de l’environnement ont dénoncé le manque de sérieux de l’enquête. Clovis Razafimalala, militant écologiste, avait proposé à l’État de trouver et payer un avocat pour le défendre, mais il n’a jamais obtenu de réponse. Le verdict est attendu pour le 18 septembre.

222 tortues Radiata rapatriées des Comores à Madagascar. Elles ont été interceptées par les douaniers qui ont interpellé quatre Malgaches et deux Comoriens. Cette filière d’exportation illégale est régulièrement mise en cause depuis 2015.

Partisans et adversaires du projet minier « Base Toliara » continuent de s’affronter par communiqués interposés. Les principaux médias, tous favorables au projet, affirment que les tensions sociales s’apaisent et que la population locale a fait des concessions. Le Collectif Tany et le Craad-OI affirment qu’en dépit de la campagne médiatique menée par « Base Toliara » la lutte contre le projet se poursuit.

Exploitation d’ilménite de QMM : la société civile réclame des évaluations sociales et environnementales, conformément au cahier des charges de la compagnie minière. La plateforme de de la société civile de Taolagnaro a dressé la liste des points sur lesquels elle souhaite obtenir des éclaircissements, 10 ans après la mise en exploitation du gisement.

Des sites d’exploitation aurifère aux mains d’opérateurs Chinois ont été fermés par décision gouvernementale pour non-respect des cahiers des charges, poursuite de l’exploitation au-delà des délais impartis et usage de produits prohibés nuisibles à la santé des populations et à l’environnement. Neuf ressortissants chinois impliqués dans une activité d’exploitation aurifère illicite à Betioky Atsimo, ont été placés en garde à vue. Huit collaborateurs, dont des femmes, étaient arrivés récemment dans le pays en tant que touristes.

5 000 demandes de permis miniers en instance. Le ministère des mines a gelé la délivrance de permis miniers depuis 2012. 5 000 demandes de permis miniers sont en instance alors que 2 000 permis sont actuellement détenus par des opérateurs qui, pour la plupart, ne sont pas passés à la phase d’exploitation. Suspendu à l’EITI, Madagascar tente d’élaborer des stratégies de normalisation de cette activité. L’Etat prévoit de délivrer de nouveau des permis, 1 050 avant juin 2020. Leur délivrance sera soumise à des critères stricts, affirme le ministre.

L’Office national de l’environnement (ONE) va intégrer la société civile dans le processus d’évaluation environnementale, notamment dans le secteur extractif. L’office travaillera en collaboration avec l’Alliance Voahary Gasy et le mouvement Rohy ainsi qu’avec la coopération allemande.

L’élaboration d’un projet de loi sur la sécurisation des droits fonciers communautaires est en cours. Un dialogue national a été lancé. Devrait notamment être pris en compte le mode de vie de l’ethnie Mikea qui bénéficie d’un statut particulier.

Reboisement national : 96 % de l’objectif annuel atteint, selon Newsmada. Début juillet, 38 500 des 40 000 ha à reboiser ont déjà été traités. En trois mois, 3.100.000 jeunes plants de mangroves ont été mis en terre dans trois régions. Le ministre de l’environnement a rappelé que ces opérations s’inscrivent dans le cadre du « Vina » du président de la République qui consiste à couvrir de forêts le territoire national. Le ministère de la défense s’est engagé pour sa part à couvrir d’arbres 10.000 ha. Il reste que si le monde s'émeut face aux incendies sans précédent qui ravagent la forêt amazonienne, à Madagascar, c’est l’île entière qui se consume. Et ce, dans un silence quasi assourdissant des autorités, écrit RFI

Le parc national d’Ankarafantsika est gravement menacé par les migrations de populations du Sud qui mettent en culture les terres qu’ils défrichent et produisent du charbon de bois.

« Après la mise en concession de terrains agricoles, c’est au tour des parcs nationaux », écrit La Vérité. Les gestionnaires de réserves naturelles mettront en location une partie des zones protégées dans le but de permettre leur autonomie financière. Le tourisme de luxe sera privilégié car « mieux adapté à la conservation. »

Conférence globale de programmation du Fonds vert pour le climat de Songdo (Corée du Sud) - Madagascar renouvelle ses engagements. Le ministre de l’environnement a exposé les efforts entrepris par Madagascar pour atteindre les engagements souscrits : augmentation de la capacité de séquestration des puits de carbone de 32 % et réduction des émissions de gaz à effet de serre de 14 % d’ici à 2030.

Aménagement urbain : « Tana Masoandro » inséré dans le projet TaTom. Le projet d’extension des agglomérations d’Antananarivo et de Toamasina (TaTom) contient la mise en place du sous-centre urbain dénommé « Tana Masoandro », annoncée par Andry Rajoelina durant sa campagne présidentielle. Objectif : créer une nouvelle ville sur la rive Ouest de la rivière Ikopa et couvrant 1 000 ha. Le projet TaTom, à l’étude avec des techniciens japonais depuis près de 3 ans, est à la recherche de financements (200 millions de dollars pour le seul « Tana Masoandro. ») La construction prévue, sur une durée de 5 ans, exige le remblayage de 280 ha de zones humides qui protègent la capitale des inondations. Le syndicat des enseignants-chercheurs, le Seces, a alerté les autorités sur les risques que font courir les remblayages sauvages dans la plaine d’Antananarivo.

Une quarantaine d’étudiants ont obtenu une bourse du gouvernement chinois. Madagascar détient le record du nombre d’étudiants boursiers de l’Etat chinois, au nombre de 700 depuis l’établissement des relations sino-malgaches en 1972. Environ 2 000 Malgaches ont par ailleurs bénéficié de stages et de formations dans divers domaines en Chine.

31/08 - La 7è édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 7) a été l’occasion de renforcer les liens entre Madagascar et le Japon. Plusieurs accords et conventions de partenariat ont été signés. De nombreux contacts ont été pris avec le secteur privé japonais. Le premier ministre Shinzo Abe a exprimé sa volonté d’appuyer la Grande île dans la réalisation du programme Initiative pour l’émergence de Madagascar. Le chef de l’Etat aurait également eu des entrevues prometteuses avec la directrice de l’UNICEF et avec le nouveau DG de la FAO.

Le rapport d’évaluation des politiques publiques et des cadres institutionnels des pays les plus pauvres d’Afrique, émis par la Banque mondiale, fait le constat que le développement de Madagascar stagne, après avoir connu des perspectives plus favorables en 2010.

Les industries malgaches sont menacées par des importations massives. Les plaintes s’accumulent auprès de l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales. Des enquêtes sont menées dans trois secteurs. Des droits de douane additionnels ont été appliqués à ces importations. L’OMC a été saisie.

Le DG de la Jirama, Olivier Jaomiary, a été limogé. Il occupait le poste depuis avril 2017. Les problèmes d’approvisionnement en eau dans plusieurs quartiers d’Antananarivo suscitent le mécontentement des habitants. Des coupures d’électricité sur une base presque journalière, dans plusieurs villes du pays, viennent rallonger la liste des nombreux problèmes qui affectent l’entreprise publique. La rénovation du secteur de l’énergie est au cœur du partenariat entre la Banque mondiale et le gouvernement. L’Etat se donne deux ans pour le redressement de la Jirama, un objectif qui parait bien ambitieux pour cette société d’Etat « en situation de ruine depuis des décades », estime Tribune.

L’Economic development board of Madagascar (EDBM) met en place un programme d’appui au développement des projets touchant le secteur de l’agri-business. L’objectif consiste à faciliter les relations d’affaires entre les investisseurs nationaux et étrangers dans la perspective d’atteindre l’autosuffisance alimentaire de la Grande île.

Andry Rajoelina au Japon : « L’autosuffisance alimentaire, un défi national. » A la veille de l’ouverture de la TICAD7, le chef de l’Etat a déclaré que « l’autosuffisance alimentaire représente un défi national prioritaire (…) se traduisant en actions concrètes pour des réalisations quantifiables et mesurables ». Pour lutter contre ce fléau, il est primordial d’augmenter les surfaces cultivables et de doubler les rendements agricoles. Un appel a été lancé à l’endroit des partenaires japonais et étrangers.

Marchés publics - Des irrégularités dans 50 % des cas, selon la présidente de la Commission nationale des marchés publics. Dans la majorité des cas elles portent sur la non-publication des appels d’offres. Il y aurait une grande part de non-maîtrise des procédures dans ces irrégularités. La situation devrait s’améliorer avec la création de guichets uniques.

Les premiers résultats du recensement révèlent un doublement de population en 25 ans. La croissance démographique annuelle moyenne atteint 3,01 %. À ce rythme très soutenu, la population va encore doubler d’ici 2040. Pour le ministre de l’économie, si la croissance économique actuelle permet pour le moment de faire face à ce boom démographique, le pays a un vrai challenge à relever. La pression démographique risque de compromettre l’émergence économique du pays. « « L’Etat doit être en première ligne pour mener une véritable bataille contre une démographie galopante », écrit Midi.

L’OIT a rencontré la présidente de l’Assemblée nationale en vue d’organiser une formation sur le droit du travail afin que les élus puissent élaborer une proposition de loi concernant la ratification de l’accord signé en juin par Madagascar à Genève.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • La controverse sur le statut de chef de l’opposition
  • Préparation des élections communales et municipales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, torture, conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Droits des femmes
  • Education
  • Santé
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles,bois de rose
  • Foncier, environnement, aménagement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, démographie
  • Social

 

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28 février 2022

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2022

<> 28 02 22 - Russie/Ukraine - La communauté internationale fait pression sur le gouvernement malgache. Les représentants de l'Allemagne, de la Corée, des États-Unis, de la France, du Japon, de la Norvège, du Royaume-Uni, de la Suisse et de l'Union européenne qui résident à Madagascar ont présenté au ministre des affaires étrangères, Patrick Rajoelina, une approche commune face à l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Ces diplomates encouragent Madagascar, comme d'autres pays africains, à condamner publiquement les actions de la Russie. Le comportement agressif de la Russie constitue une menace pour l'ensemble de la communauté internationale et les conséquences de cette action auront un impact sur le monde entier, ont-ils souligné. L'ensemble de la communauté internationale s'oppose aux actes violents, illégaux et déraisonnables sur le sol ukrainien, ont indiqué ces représentants de la communauté internationale.

La seule personnalité qui se soit exprimé (pour condamner cette agression) est le Père Pedro, dans une lettre ouverte à Vladimir Poutine : https://www.madagascar-tribune.com/Le-Pere-Pedro-demande-a-Vladimir-Poutine-d-arreter-la-guerre-en-Ukraine.html

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25 02 22 - Collectif Tany - Mampikony : près de 3 000 personnes en fuite se cachent dans la forêt, 39 personnes sous mandat de dépôt à cause d'un litige foncier (version finalisée du communiqué)
Les habitants de 10 Fokontany des districts de Mampikony et de Port Bergé défendent leurs droits fonciers sur 2 787 ha, face à la société Cotona Real Estate (Groupe Socota), qui dit avoir obtenu des titres fonciers sur des terrains titrés au nom d’un colon, et expulse les habitants qui ont cultivé ces terrains depuis la période coloniale. Les services fonciers déconcentrés refusent de transmettre à la justice les dossiers relatifs à l’acquisition des titres par l’entreprise. Le chef de l’Etat avait promis aux communautés locales qu’il leur attribuerait ces terrains dès son élection. Poursuivis par des éléments de la gendarmerie, les habitants se cachent dans la forêt. 39 personnes sont en détention préventive, où ils subiraient des violences. Le 18 janvier, des tracteurs ont été utilisés pour saccager les cultures et certains ont été incendiés, avec le concours d’habitants payés par Cotona Real Estate. Le conflit dure depuis 2012 et le tribunal a toujours accordé aux fokonolona l’autorisation de cultiver les terrains mais en décembre l’OMC du district de Mampikony n’a pas respecté cette décision de justice et a pris une décision contraire, ouvrant la voie à la destruction des cultures. Un mois et demie après, le 18 janvier, des éléments armés de la gendarmerie, au nombre de 120, sont venus arrêter les habitants, soupçonnés d’avoir mis le feu aux tracteurs. Pour le Collectif Tany, la source des problèmes est la méthode de mutation des titres pour la société Cotona Real Estate. Est-il légal en outre d’envoyer des éléments de la gendarmerie détruire des cultures ? Tany exige l’arrêt immédiat des poursuites contre ces Fokonolona, le renforcement des droits de la population sur leurs terres, l’application des lois en vigueur et de l’Etat de droit concernant les délits et actes commis par les gendarmes et les forces de l’ordre.

<> 17 02 22 - ONU Info - Madagascar - _Le Comié des droits de l'enfant préoccupé par la persistance du tourisme sexuel impliquant les mineurs
Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU s’est dit vivement inquiet, jeudi, de la réalité du tourisme sexuel sur les mineurs à Madagascar ainsi que par des informations d'abus sexuels d'enfants en ligne. « Le Comité est gravement préoccupé par les informations selon lesquelles l’exploitation sexuelle des enfants est répandue et tolérée à Madagascar, en particulier dans les destinations touristiques », ont affirmé les experts indépendants onusiens, en rendant public aujourd’hui les conclusions et recommandations sur le rapport présenté par l'île de l’océan Indien. Le comité est également alarmé par les informations faisant état d’abus sexuels d’enfants en ligne.

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- 06 02 22 - Juvence_Ramasy, maître de conférence Univrsité de Toamasina - Coronavirus et renouvellement de l'autoritarisme à Madagascar
Suite 1 - Suite 2 - Suite 3

(Références bibliographiques non jointes) - Introduction :


 - 01 02 22 - RFI - Madagascar - Nouvelle condamnation d'un militant influent
Ce lundi 31 janvier 2022, l’un des plus célèbres militants actifs sur les réseaux sociaux, Mahery Lanto Manandafy, alias Malama, a été condamné à six mois de prison avec sursis, 6,9 millions d’ariary d’amende (environ 1 550 euros) et cinq ans de mise à l’épreuve pour diffamation, outrage à l’État et diffusion de fausses nouvelles. Le commentateur de l’actualité politique, et opposant, se retrouve au cœur d’un tourbillon médiatique où ministre, député et ex-présidents n’hésitent pas à prendre la parole pour l’accabler ou le soutenir.

 


 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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24 avril 2021

ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2021

- 28 04 21 - Le Monde - A Madagascar, des hôpitaux sous-équipés et débordés face à l'afflux des malades du Covid_19
Le pays fait face à une vague meurtrière de coronavirus, due au variant sud-africain, avec près de 10 000 cas et 200 décès en un mois, selon les chiffres officiels. Les autorités, faute de parvenir à endiguer la propagation du coronavirus, s’efforcent de limiter l’expression des mécontentements. Après des mois de tergiversations, l’exécutif s’était résolu à adhérer à l’initiative Covax le 30 mars. Les premières doses devraient arriver en juillet sur l’île. Le président Andry Rajoelina est revenu pour quinze jours à un confinement total durant le week-end et le pays est à nouveau fermé aux vols extérieurs pour une durée indéterminée.

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23 04 21 - Communiqué du SeFaFi - La Covid-19 fossoyeur de la démocratie

La deuxième vague de la pandémie de Covid-19 frappe Madagascar de plein fouet. Les conséquences économiques de cette crise qui dure depuis plus d’un an sont inévitables, tout comme les conséquences sociales générées par les pertes d’emploi et par l’inévitable suspension de l’enseignement. Les pertes en termes de capital humain et intellectuel sont aussi préoccupantes car le virus fait disparaître un nombre considérable de personnalités de la société civile, de professeurs d’université, de journalistes, d’intellectuels et de techniciens de tous bords qui étaient des piliers de la société. Ils laissent un vide difficile à combler. L’irruption et la force de la deuxième vague de la pandémie étaient mesurables et prévisibles. Il aurait fallu se préparer au pire. Et pour cela, renforcer les mesures de précaution, recruter et former du personnel médical et paramédical en masse, équiper les hôpitaux, informer et éduquer les citoyens, mais aussi et surtout fermer hermétiquement les frontières. S’ajoute à cela les tergiversations du gouvernement en matière de traitement et de réponse sanitaire à la crise. La pénurie actuelle d’oxygène est la preuve la plus tangible de ce laxisme. Quant aux statistiques quotidiennes concernant l’expansion de la pandémie, sont-elles fiables ? On peut légitimement en douter. Autre entorse et non des moindres due à l’imprévoyance, c’est l’encadrement juridique de cette situation d’urgence sanitaire qui devient de plus en plus bancal. L’accès à l’information, la liberté de presse et la liberté d’expression sont foulés au pied. Un ensemble de droits qui sont le corollaire de la transparence, de l’intégrité et, par extension, de la démocratie. Sans information, les citoyens ne peuvent participer pleinement à la vie publique. Cette absence de participation constitue une forme de dictature. Madagascar ne doit pas tomber dans la spirale autocratique que lui prédisent les chercheurs en science politique et les observateurs du monde entier.

<> 20 04 21 - Craad-Oi & Tany - Les habitants de Nosy Mitsio toujours plus inquiets de perdre leurs droits sur leur île
Cinq mois après la lettre ouverte adressée au président de la République, la population de cette île ne cesse d’exprimer ses inquiétudes sur les impacts d’un projet touristique de grande envergure d’un investisseur européen. Le ministre de l’aménagement du territoire leur a fourni une réponse qui n’aborde pas l’aspect fondamental du sort réservé aux habitants. Des membres des communautés locales ont déclaré avoir été approchés par une équipe chargée de l’étude d’impact environnemental d’un projet, fin novembre 2020. Ils ont eu ainsi connaissance de la construction de plusieurs villas ou bungalows à l’endroit même de leurs lieux d’habitation et de travail. Le caractère partiel des réponses, par ailleurs contredites par certains faits sur le terrain et le silence des autorités nationales sur le sujet Nosy Mitsio d’une manière générale, alimentent l’inquiétude et la crainte de la population d’être considérés comme des citoyens de seconde zone. Les organisations exigent la transparence sur ce dossier et le respect des droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.

15 04 21 - Le Grand continent - Olivier Vallée - Le canal du Mozambique : un espace géocritique
Pour comprendre la politique menée par la France dans l'Océan indien, il faut revenir à la géographie. Dans cette riche étude, Olivier Vallée nous replace, à la lumière des événements récents, dans le contexte historique et politique d'un espace réticulaire : le canal du Mozambique.

- 14 04 21 - Craad-OI et Collectif Tany - Les droits et la voix de la grande masse de la population de Toliara comptent
Les auteurs du communiqué rappellent que les communautés locales ont le droit de s’opposer à un projet « qui les expose à de graves atteintes à leurs droits humains fondamentaux
 ». Le 9 septembre 2020 la Cour des comptes avait mis en exergue des irrégularités relatives à l’obtention des permis du projet, l’insuffisance de la prise en compte des impacts environnementaux sur des zones sensibles et protégées, le non-respect du droit de la propriété du sol, dont les droits fonciers des occupants traditionnels, et la violation des droits des collectivités publiques relatifs au domaine public et au domaine privé. Les organisations réaffirment leur position selon laquelle l’obtention irrégulière, donc illégale, des permis environnemental et miniers du projet, conjuguée aux risques de corruption liés à une telle irrégularité, ainsi que la gravité des impacts irréversibles de ce projet sur les droits fondamentaux des communautés concernées, ne permettent en aucun cas d’envisager une quelconque négociation concernant la reprise du projet et devraient constituer un motif irréfutable pour son arrêt définitif. Elles condamnent les propos d’un sénateur qui réclame la reprise des activités de Base Toliara et assure la promotion du projet, alors que la suspension de toutes activités de communication a été décrété par les autorités et reste en vigueur.

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09 04 21 - Amnesty International - Rapport 2020/2021 - Entrée Madagascar

Le nouveau rapport de l’organisation sur la situation des droits humains dans le monde, qui est publié après plusieurs années d’interruption, couvre 149 pays et présente une analyse détaillée des grandes tendances en matière de droits humains observées à travers le monde en 2020.

- 05 04 21 - France 24 - Les observateurs - Arabie saoudite - Mélanie, domestique malgache forcée à la prostitution et enterrée à la pelleteuse
Comme des centaines d’autres Malgaches, Mélanie, 22 ans, avait émigré en Arabie saoudite pour y travailler comme aide domestique. Le 15 mars, une vidéo montrant l’enterrement de la jeune femme, le corps recouvert à l'aide d'une pelleteuse, dans un cimetière non-musulman dans l’est du pays a choqué à Madagascar, où les rites d’inhumation sont sacrés. Des associations dénoncent un trafic humain meurtrier des travailleuses d’Afrique de l’Est dans ce pays du Golfe.

<> 02 04 21 - Arte Reportage - Le Kere dans le Sud
C'est une crise qui n'a quasiment pas été médiatisée. À #Madagascar, depuis six mois, hommes, femmes, personnes âgées et enfants surtout, meurent de faim dans l'indifférence générale. Des villages reculés de l'extrême sud, difficilement accessibles, sont devenus des mouroirs. Les images d'enfants squelettiques sont choquantes. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), un million et demi de personnes ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence, sans quoi elles ne survivront pas. Depuis quelques années, la sécheresse s'intensifie. Dans certaines localités, il n'y a pas eu de grosses pluies depuis deux ans. Le gouvernement refuse de déclarer l'état d'urgence, mais le PAM demande soixante-seize millions de dollars pour sauver ces populations de la #famine. Entre #criminalité, #pauvreté et #politique, les crises alimentaires malgaches sont récurrentes et complexes.

Disponible du 02/04/2021 au 02/05/2021- 13'30

ARTE Reportage - Madagascar / Sénégal / Thaïlande - Regarder l'émission complète | ARTE

À Madagascar, depuis 6 mois, hommes, femmes, personnes âgées et enfants surtout, meurent de faim dans l'indifférence générale

https://www.arte.tv

 <>  21_04_01 Agoravox - Didier Ratsiraka : l'amiral rouge - De la dictature communiste à "l'humanisme écolo"
Hospitalisé depuis le 22 mars 2021 pour un "contrôle de routine dû à une petite grippe", l’ancien Président de la République de Madagascar Didier Ratsiraka est mort d’un arrêt cardiaque à Tananarive le matin du dimanche 28 mars 2021, à l’âge de 84 ans (il est né à Vatomandry, à 200 kilomètres au sud de Tamatave, le 4 novembre 1936). Le 29 mars 2021 fut déclaré jour de deuil national avec les honneurs militaires. Avec lui disparaît un énorme pan de l’histoire de Madagascar, histoire plus triste qu’heureuse, et néanmoins contrastée d’un jeune militaire qui a pris le pouvoir par les armes et qui a dû le rendre à la suite d’un soulèvement populaire. L’histoire est partagée car il est parvenu à revenir au pouvoir par la voie démocratique mais a été balayé par un autre soulèvement après son refus de prendre en compte le résultat d’un nouveau scrutin.

 


 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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31 mars 2021

REVUE DE PRESSE - MARS 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Lutte contre le coronavirus
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Trafics d'or à destination de Dubaï via l'Afrique du Sud
  • Droits des femmes, traite
  • Agitation dans les universités
  • Droits de l'enfant
  • Santé
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par les dessinateurs de presse

planche

31 décembre 2020

REVUE DE PRESSE - DECEMBRE 2020

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice
  • Condition carcérale
  • Gouvernance
  • Droits des femmes, violences basées sur le genre
  • Université, éducation, droits de l'enfant
  • Santé
  • Migrations, traite
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, foncier
  • Le kere dans le Sud
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par les dessinateurs de presse Pov et Mamy Andrianarison

montage

31 octobre 2018

REVUE DE PRESSE - OCTOBRE 2018

Plus que quelques jours de campagne avant le 1er tour du scrutin présidentiel, le 7 novembre. De nombreuses péripéties ont émaillé la période de campagne, faisant parfois douter que le scrutin puisse se dérouler à la date fixée et dans des conditions telles que la paix civile soit assurée et le résultat accepté par toutes les parties.

pov 19 10 18« Campagne ou caprice ? A quoi sert une campagne dans un pays extrêmement pauvre ? » A plus forte raison, à quoi sert une élection dont le budget est fourni par l’assistanat international, s’interrogeait L’Express à mi-parcours, affirmant « qu’une campagne d’une telle immoralité est complètement inutile. Les débats d’idées sont cruellement absents pour faire place à une avalanche de discours pompeux et des dépenses inconsidérées. Quant aux résultats, ils seront le fruit d’un tour de prestidigitation de la CENI et de la HCC », affirme le titre qui conclut : « Voilà pourquoi une campagne, une élection, ne sont que des artifices démocratiques dans un pays où le budget d’un candidat équivaut à six fois le montant de la Facilité de crédit du FMI sur trois ans. »

La Gazette a publié en début de campagne la photo des trois candidats dont le nom arriverait en tête d’un sondage commandé par la fondation FES et Politika, dont la publication a été interdite par le pouvoir.  On y voit cote à cote Hery Rajaonarimampianina, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Jeune Afrique affirme qu’Andry Rajoelina arriverait en tête suivi de Marc Ravalomanana. Les commanditaires ont déclaré qu’ils n’avaient communiqué les résultats du sondage à aucun organe de presse. Fuite ou « fake news » ? s’interrogent les observateurs.

Les évêques ont dénoncé la récupération politique par certains candidats de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) qui s’est tenue à Mahajanga. Ils ont invité les jeunes à procéder à un vote responsable. L’archevêque d’Ihosy a exhorté les candidats présents à respecter la liberté de conscience des croyants et à « ne pas échanger leur voix contre des cadeaux éphémères. Ne vous fiez pas aux beaux discours et aux belles promesses. C’est une anarque et une forme de corruption. (…) Je vous invite à contrôler et à défendre la justice et la transparence ». L’Eglise ne soutient aucun candidat, a-t-il réaffirmé.

pov 03 10 18Une « Charte de bonne conduite et d'intégrité des candidats » de 30 articles a été proposée par le CRN et plusieurs partenaires de la société civile. Peu après l’ouverture de la campagne, seuls 12 candidats l’avaient signée, cinq ont marqué leur refus d'apposer leur nom sur un document qu'ils qualifient de « mascarade », parmi lesquels Didier Ratsiraka, le pasteur Mailhol et Fanirisoa Ernaivo, magistrate, ancienne présidente du SMM. Si Hery Rajaonarimampianina l’a signée, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina l’ont boycottée. Un collectif d’une vingtaine de candidats a exigé en vain de la HCC la transformation de la Charte en instrument légal, opposable à tous.

Le comité paritaire à l’origine de la Charte a annoncé la publication d’un rapport hebdomadaire sur son application. Le rapport des 15 premiers jours de campagne pointe du doigt « les dérives des candidats Marc Ravalomanana, Hery Rajaonarimampianina et Andry Rajoelina ». 13 candidats sont félicités pour leurs tentatives d’engager des débats d’idées constructifs. Le second rapport a confirmé les dérives constatées. Les démonstrations de force l’emportent sur les débats d’idées et les insultes pleuvent entre les candidats. Le président sortant et Andry Rajoelina sont montrés du doigt pour le déploiement de moyens faramineux. Le groupe des 25 candidats signataires de l’accord de Nanisana qui demandent notamment le report du scrutin est critiqué pour vouloir manipuler la liste électorale officiellement clôturée.

Les violences relevées par le projet d’appui à la prévention et la gestion de conflits et violences potentiels liés aux élections (PEV Madagascar) se sont multiplié dangereusement en fin de campagne. Violences et non-respect de la loi occasionnant un climat de conflit entre les candidats. Des agressions physiques ont été rapportées. Les réseaux sociaux ont alimenté ce climat de tension. La CENI a semblé impuissante à ramener les partisans des candidats à la raison, de même que le Comité paritaire de la Charte de bonne conduite, malgré les appels lancés aux candidats.

pov 26 10 18Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) a adressé aux 36 concurrents un questionnaire à remplir en ligne. Dix questions pour connaître leurs sources de financement et leur budget de pré-campagne et de campagne. L’ONG s'est engagée à enquêter sur la véracité des informations délivrées. Sa directrice, Ketakandriana Rafitoson, dénonce la provenance des fonds utilisés par les trois derniers ex-présidents aujourd'hui candidats, tous trois notamment impliqués d'une manière ou d'une autre dans les trafics de bois de rose. « S'ils investissent des millions d'euros dans cette campagne, (…) c'est qu'ils cherchent un retour sur investissement », écrit-elle, s’interrogeant sur les contreparties des appuis financier nationaux et étrangers. Une pétition en ligne a été lancée pour exiger des candidats la transparence. En fin de mois, un seul candidat, peu connu, avait retourné le questionnaire. « En ne jouant pas la transparence financière, les candidats méprisent les citoyens », a déclaré Ketakandriana Rafitoson au micro de RFI.

L’Aviation Civile de Madagascar (ACM) a bloqué l’autorisation d’importation et d’exploitation des hélicoptères des candidats Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana et Mahafaly Olivier alors que Hery Rajaonarimampianina avait déjà obtenu la sienne. Le premier ministre a ordonné au DG de l’ACM de satisfaire ces demandes. Une réquisition qui a été ignorée. Les supporters d’Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana ont alors fait le siège des bureaux de l’ACM. Après de vives discussions, le DG, James Andrianalisoa, membre du bureau politique du parti HVM, a accordé son autorisation (5 appareils pour Andry Rajoelina, 2 pour Marc Ravalomanana). Pour L’Express, le refus opposé par le directeur de l’ACM était fondé sur des raisons de sureté et de sécurité aérienne et aucunement sur des considérations politiciennes. Andry Rajoelina disposerait à lui seul de sept hélicoptères, dont l’heure de vol peut facilement se chiffrer à 3 000 euros, selon Midi.

Le « DFP » ou Dinika ho an’ny Fanavotam-pirenena a annoncé qu’il déposera des plaintes à l’encontre des fonctionnaires qui font fi des textes en vigueur et participent à la campagne électorale. Il affirme avoir reçu des centaines de doléances en provenance de ses antennes dans les régions.

La Commission de contrôle des comptes de campagne ne dispose d’aucun budget de fonctionnement. Ses membres ne reçoivent pas d’indemnités et ne disposent d’aucun local. Qualifiée de véritable avancée par le premier ministre, l'institution apparait comme une coquille vide. Les candidats eux aussi ont du mal à se mettre en règle. Seuls cinq candidats ont ouvert un compte unique de campagne. Une situation qui interpelle le Samifin et la Commission de contrôle du financement de la vie politique (CCFVP). Le Samifin aurait en outre reçu de nombreuses informations relatives à des suspicions de blanchiment d’argent. Les investigations sont en cours a affirmé son directeur général.

Une centaine d'experts du processus électoral, originaires de 25 pays européens, ont été désigné par l’UE comme observateurs. Parmi eux, 40 observateurs « longue durée ». « Quoique symbolique, l’observation des membres de la communauté internationale a toujours été considérée comme une crédibilisation de l’élection », écrit Tribune. Le chef de la mission d'observation, Cristian Preda, a fait part de son étonnement de constater que sur 36 candidats, seuls une poignée font réellement campagne, accompagnée de diverses distributions de « cadeaux ». Une bonne vingtaine semblent avoir déposé un dossier de candidature sans volonté réelle de jouer le jeu, plus intéressés par une confrontation avec les institutions de l’Etat et la quête d’une nouvelle transition.

Les membres du HFI (Mouvement pour la refondation) ont attiré l’attention de l’opinion en début de campagne électorale en annonçant un projet de création d’« Etats » provinciaux autonomes. Le 11 septembre ils avaient déjà annoncé la création de l’« Etat » regroupant « la population de la province de Mahajanga » et peu avant encore une annonce semblable avait été faite pour la région Sud. L’objectif principal de cette initiative, selon des observateurs, serait de provoquer une situation de déstabilisation et de remettre en cause le processus électoral en cours. Le président de la République par intérim, Rivo Rakotovao, a condamné fermement ces initiatives. En juillet, le HFI, avec à sa tête le bouillant Pety Rakotoniaina, ancien maire de Fianarantsoa, avait manifesté pour exiger le report de la présidentielle.

Pety Rakotoniaina a été arrêté pour enquête sur le mouvement « Fanjakana Gasy » auquel il est également associé, et placé en détention provisoire à Antanimora. Le président du parti Tambatra est accusé d’atteinte à la sûreté de l’État en période électorale et d’incitation de la population à la révolte. L’autre personne poursuivie dans cette affaire, Rainidiana Liampivoarana, a bénéficié d’une mise en liberté provisoire. « Il y a des limites à la liberté d’expression, elle ne permet pas de dire tout ce que l’on veut. L’Etat a dû prendre ses responsabilités », a déclaré le président par intérim, Rivo Rakotovao, qui accuse les animateurs du mouvement de visées sécessionnistes. « Les manœuvres dilatoires destinées à détourner l'attention des prochains scrutins se multiplient », a écrit La Vérité, s’interrogeant sur un possible financement russe de ces opérations de déstabilisation, dont l’objectif serait de permettre à des sociétés russes de se voir attribués des blocks pétroliers offshores et des ressources aurifères.

La CENI est parvenue à réunir 30 candidats pour des échanges retransmis en direct mais qui aurait été interrompus sur ordre du gouvernement. Deux candidats ont été excusés et quatre n’ont pas répondu à l’invitation : Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina, Jean Ravelonarivo et Jules Etienne.

nm 26 10 18Le débat a très vite tourné à la remise en cause du processus électoral en raison, selon les participants, d’irrégularités, du manque de neutralité du gouvernement et de la HCC, de l’inégalité flagrante au niveau des moyens financiers des candidats, du manque de transparence sur les sources des financements de certains d’entre eux et des anomalies de la liste électorale. Les candidats ont réclamé la démission du premier ministre et de son gouvernement et la mise en place d’une Cour électorale spéciale à la place de la HCC. Le report de l’élection a alors été réclamé pour permettre la mise en place des nouvelles structures à même d’assurer la crédibilité du scrutin. La rencontre s’est achevée par la signature d’un « accord politique » entre 25 des candidats présents et la décision de réunir une « conférence souveraine ». Selon Serge Zafimahova de la plateforme Madagascar Développement et Ethique (MDE), l’« accord politique » ouvre la voie à une dérive vers une longue transition. Un accord qui s’apparente à une œuvre de déstabilisation. Face à ces revendications le mouvement Rohy et Transparency International ont déclaré qu’ils sont opposés au report du scrutin, qui serait illégal, et à l’instauration d’une nouvelle transition.

La « Conférence souveraine » a réuni plus d’un millier de participants au CCI d’Ivato. Des invitations ont été largement distribuées à la classe politique, aux religieux, à la société civile et aux simples citoyens. 19 des 25 candidats ayant signé l’accord politique ont donné 72 heures au gouvernement, à la CENI et à la HCC pour la réouverture de la liste électorale. Dans un communiqué, la HCC a condamné cette initiative et le premier ministre a laissé entrevoir la possibilité de sanctionner les candidats qui ne respectent pas les engagements signés lors du dépôt de leur candidature.

Les porte-paroles du collectif ont déposé une requête à la HCC aux fins de réouverture de la liste électorale. Jean Max Rakotomamonjy et une délégation de candidats ont été reçu par Rivo Rakotovao. Le chargé d’affaire de l’ambassade des Etats-Unis s’est prononcé pour le respect du calendrier électoral. La HCC a fait remarquer que les procédures de révision spéciales sont susceptibles de générer de nombreuses dérives. Les pratiques permettant de « gonfler » la liste ne permettent pas de contrôle effectif par les acteurs du processus électoral compte tenu des délais impartis.

L’ultimatum lancé par les 25 candidats est arrivé à échéance. Toutes les démarches engagées pour tenter de convaincre les responsables étatiques ont été vaines. Les autorités ont craint que, dos au mur, les candidats soient tentés de provoquer des troubles. Le préfet de police de la capitale a prévenu que des mesures draconiennes avaient été prises pour sécuriser le processus électoral et que les fauteurs de troubles seraient immédiatement incarcérés.

La manifestation du collectif a pu se tenir. Les forces de l’ordre qui quadrillaient les lieux ont cédé la place. Le meeting avait été autorisé mais son encerclement par les forces de l’ordre a découragé le public. La candidate Fanirisoa Ernaivo, ancienne présidente du SMM, a tenu des propos extrêmement violents à l’égard des forces de l’ordre. La CNIDH et le ministère de la justice ont fermement condamné ses déclarations.

« Développement humain : des indicateurs inquiétants pour Madagascar, placé au 161e rang sur 188 pays », titre Midi. L’IDH 2018 indique que même si Madagascar a légèrement amélioré son score, passant de l’indice 0,512 à 0,519, le pays a régressé dans le classement, passant de la 159e à la 161e place.

Suite aux émeutes qui se sont produites à Morondava en septembre, 17 personnes ont été placées en détention provisoire. La ministre de la justice a condamné les menaces proférées à l’encontre des magistrats qui ont accordé une liberté provisoire à deux présumés voleurs de zébus, libération à l’origine pour partie des troubles qui ont secoué la ville et ses environs. Une radio locale appartenant à un député aurait incité la population à la révolte. Le premier ministre a décrété sa fermeture. Tribune a noté que cette décision est la première depuis 5 ans pour une question relative à la liberté d’expression.

Un directeur d’école a été tué par balle par des dahalo dans le district de Manja. Le village avait été pris d’assaut par une soixantaine de dahalo venus s’emparer de troupeaux. L’épouse de la victime a été prise en otage. Huit dahalo ont été passés par les armes à Antsahavola. Une bande de 18 hommes armés avaient attaqué le village pour voler des bovidés. Une femme et son bébé avaient été pris en otage. Les attaques de dahalo s’intensifient dans des communes de la région Androy. Les vols de troupeaux s’accompagnent souvent désormais de prises d’otages. Les habitants d’une commune enclavée du district d‘Iakora ont abandonné leur village pour échapper à l’insécurité et se réfugier dans d’autres fokontany.

La caserne de gendarmerie d’Amboasary-Sud a été attaquée par 80 hommes armés qui ont libéré deux détenus et pillé des logements de fonction. Trois d’entre eux ont été abattus. Des centaines de dahalo armés repentis placés sous l’autorité du commandant de la compagnie de gendarmerie se sont abstenus d’intervenir. Ils sont suspectés de complicité.

Depuis le début de l’année, 700 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’opération de sécurisation « Mandio », dont 300 jetées en prison, indique le responsable de communication de la gendarmerie. 128 armes à feu ont été saisies. Dans le cadre de cette opération, 1,2 tonne de chanvre indien a été saisie dans la région Diana. Deux présumés dahalo ont été abattus par les forces de l’ordre lors d’une tentative de fuite, près de Tsiroanomandidy. La famille accuse la gendarmerie d’avoir procédé à une exécution sommaire.

Un réseau de blanchiment de bœufs volés a été démantelé à Mahajanga. Quatre fonctionnaires, dont un vétérinaire, sont suspectés d’avoir délivré de faux documents de traçabilité. Les bêtes objet du trafic faisaient partie du butin de dahalo. Selon le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, certains de ses hommes jouent un double jeu vis-à-vis des dahalo.

A Miandrivazo, un affrontement entre groupes rivaux de villageois, conduits par les chefs Fokontany, a fait 12 morts. Suite à un incendie ayant détruit 385 habitations à Mananjary, des scènes d’émeute se sont produits dans la ville. L’arrestation d’un présumé pyromane a provoqué un début de vindicte populaire. Le commissariat a été assiégé, obligeant les forces de l’ordre à évacuer le prévenu à la prison, où les auditions se sont poursuivies. A Fénérive-Est, trois inspecteurs de police en service commandé ont été victimes d’une vindicte populaire. Ils s’étaient rendus en tenue civile dans un village pour procéder à une perquisition et à l’arrestation d’un homme suspecté de vol de vanille. Des menaces de représailles des forces de l’ordre ont été véhiculées sur les réseaux sociaux, faisant craindre le déclanchement d’une opération punitive. Des vindictes populaires se sont produites également à Vavatenina et Andapa. Tribune déplore qu’aucun candidat à la présidentielle ose aborder la question des vindictes populaires et propose de solutions à un phénomène qui se généralise.

Onze individus suspectés d’être les auteurs d’un kidnapping dans le district de Maevatanana ont été arrêtés dans le cadre de l’opération « Mandio ». Ils sont suspectés d’avoir kidnappé des agents de la société Kraoma et d’avoir perçu une très forte rançon. Deux femmes ont été enlevées à Tsaratanàna dans le cadre de l’attaque à main armée d’un foyer. Une rançon de 200 millions Ar a été exigée. Une bande de 16 dahalo armés a kidnappé quatre enfants dans une carrière à Maevatanana, exigeant le paiement d’une rançon de 50 millions Ar.

Un français d’origine indienne, propriétaire d’une pharmacie, a été enlevé dans un quartier résidentiel de la capitale. Des opérateurs économiques interpellent les autorités et leur demandent d’agir pour mettre un terme à ces enlèvements qui font fuir les investisseurs.

Quatre membres de la cellule mixte d’enquête anti-kidnapping, dont trois gendarmes, ont été placés en détention préventive pour une affaire de corruption présumée. Plusieurs millions Ar ont été retrouvés par les enquêteurs au domicile de l’un des prévenus.

Un ressortissant français, DG d’une entreprise franche, a été tué lors d'un cambriolage à son domicile opéré par une bande de cinq individus. Une réunion du Comité de sécurité s’est tenue à l'ambassade de France. Le président du syndicat des industries de Madagascar a dénoncé un climat d’insécurité et d’instabilité.

L’équipe nationale de football, qui venait de se qualifier pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, est tombée dans une embuscade tendue par des étudiants. Ils protestaient contre une coupure d’électricité qui durait depuis trois jours. Ils ont réclamé de l’argent aux joueurs et ont jeté des pierres sur leurs véhicules. Sortis indemnes de cet événement, les joueurs ont annoncé qu’ils allaient, par solidarité, reverser aux étudiants l’intégralité de leurs primes de match.

Dans le cadre du « mois de l'amnistie des armes », le ministère de la défense a procédé à la destruction, au cours d’une spectaculaire cérémonie sur le parvis de l’hôtel de ville de la capitale, de 843 armes rendues ou saisies lors des opérations de sécurisation menées par les forces de l'ordre. Cette cérémonie était une première dans l’histoire du pays. Sur les cinq dernières années, selon les statistiques de la gendarmerie, 4 000 personnes ont trouvé la mort à Madagascar, victimes du banditisme.

La Haute Cour de Justice (HCJ) enfin opérationnelle. Ses membres ont été présentés officiellement et ont prêté serment. Les quatre premiers dossiers qui seront traités concernent un ancien président de la République et d’anciens ministres, dont les noms n’ont pas été révélés. Le 1er dossier concernerait Jean Razafindravonona, ancien ministre des finances du gouvernement Kolo. La requête déposée par un collectif demandant la destitution du président de la HCC pourrait être le second dossier.

Pour lutter contre la corruption, la justice malgache mise sur l'informatisation. Dans le cadre du projet d'informatisation de la chaîne pénale soutenu par l’UE, un logiciel a été testé dans plusieurs tribunaux. Le but est d'améliorer l'administration de la justice pénale et de limiter les possibilités de corruption à chaque étape du traitement d'un dossier.

Pour la première fois, le rapport 2016/2017 de la Cour des comptes a été diffusé en directe sur les ondes et à la TV. Il dresse un constat accablant de la gestion des deniers publics, écrit L’Express. Une part trop importante du budget de l’Etat est consacrée au fonctionnement et la charge des traitements ne cesse d’augmenter. Les dépenses d’investissement n’atteignent pas 25 % du budget.

La société civile, à travers le projet Fandio financé par l’UE, a élaboré un livre blanc mettant en avant les aspirations citoyennes sur la gouvernance, l’environnement et les ressources naturelles, le social et la culture, l’économie et les infrastructures. Il fait un état des lieux et formule des propositions de solutions. Le livre blanc devait servir d’outil et de référentiel pour analyser les visions, valeurs et programmes des 36 candidats à la présidentielle. La fondation allemande FES et le projet Fandio ont proposé l’organisation d’un débat avec l’ensemble des candidats mais les 2/3 d’entre eux, dont les trois favoris, n’ont pas répondu à l’invitation.

L’examen du projet de loi sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme risque de subir un nouveau retard en raison de la mobilisation de la classe politique pour la campagne présidentielle. Les parlementaires se montrent par ailleurs réticents à adopter ce projet perçu comme pouvant porter préjudice à leurs intérêts. Le FMI et les partenaires techniques et financiers font pression pour son adoption rapide.

« Nouveau rebondissement dans l’affaire de biens mal acquis de Mamy Ravatomanga en France », écrit le site « La ligne de mire ». La 4e société civile immobilière dont sont actionnaires les époux Ravatomanga a également été saisie en juin 2018 par la justice française, après les trois premières frappées par la même décision. Le patrimoine immobilier de l’homme d’affaires, PDG du groupe Sodiat et proche d’Andry Rajoelina, est estimé à 4,2 millions d’euros. Un patrimoine acquis en 2010, durant la Transition. Les magistrats exploiteraient plusieurs pistes sur l’itinéraire des fonds ayant permis ces acquisitions immobilières et ont demandé la coopération judiciaire des autorités de plusieurs places financières. Maurice n’aurait pas donné suite.

Amnesty International a publié un communiqué accompagnant un important rapport sur la condition carcérale à Madagascar. « Des milliers de personnes sont maintenues en détention préventive injustifiée, excessive et prolongée dans des conditions qui mettent leur vie en danger », titre le communiqué. Intitulé « Punis parce qu’ils sont pauvres. Le recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive à Madagascar », le rapport se fonde sur des visites effectuées dans neuf établissements où les conditions de détention sont jugées effroyables. La presse rapportait, peu avant la publication du rapport, qu’à la maison centrale d’Antanimora, dans certains quartiers, plus de 140 détenus dorment dans un unique dortoir, avec 0,5 m2 par détenu. « 65 à 70 % des détenus souffrent de malnutrition », titre Newsmada, qui fait état des chiffres délivrés par l’administration pénitentiaire elle-même. Pour marquer la 2e année d’exercice de son mandat la CNIDH a organisé une table-ronde sur l’amélioration des conditions carcérales, avec la participation de l’équipe du bureau régional d’Amnesty, auteure du rapport. La ministre de la justice a rappelé à la délégation d’Amnesty international venue lui remettre son rapport que plusieurs mesures allant dans le sens souhaité ont été prises depuis sa nomination.

L’UNICEF a interpelé les 36 candidats à la présidentielle, les invitant à inclure dans leur programme un engagement spécifique et un plan d’action pour faire avancer la cause, le bien-être et les droits des enfants.

Six millions de dollars sont nécessaires au PAM pour pouvoir poursuivre son programme d’alimentation scolaire dont bénéficient jusqu’ici200.000 enfants, notamment dans le Sud.

Indice de la faim dans le monde : Madagascar se classe au 116e rang sur 119 pays dans le rapport 2018 du global hunger index (GHI). 43,1 % de la population est en situation de malnutrition cette année, contre 31,8 % en 2010.

L’OIT, l’Unicef, l’OIM et le HCDH se sont penchés sur la situation des mineurs victimes de la traite. En 2016, pour la tranche d’âge 5-14 ans, 22,1% des enfants étaient en situation de travail forcé, soit 1,2 million d’enfants. De nombreux enfants sont victimes d’exploitation sexuelle. L’absence de sanctions liées aux formes de travail des enfants et le manque de ressources pour l’application de la législation entravent les efforts du gouvernement pour lutter contre ces abus. Six projets de lois devraient être examinés durant la session parlementaire sur la lutte contre le travail des enfants, l’esclavage moderne et la traite des êtres humains. Les débats sont précédés d’un atelier qui vise à mettre en commun les actions des parties prenantes.

Une quinzaine de femmes, dont une dizaine d’employées de maison en instance de départ pour l’Arabie Saoudite, ont été interpellées, ainsi qu’une femme responsable d’un réseau. Plusieurs complices sont recherchés. Quatre ans après l’adoption de la loi sur la traite des êtres humains, les réseaux criminels continuent de prospérer malgré des coups de filet réussis, note L’Express.

Selon l'Unicef, sur 10 femmes qui meurent chaque jour suite à des causes liées à l’accouchement, trois sont des adolescentes de moins de 19 ans. Le taux de mariages précoces à Madagascar est l’un des plus élevés au monde. L’éducation des filles reste un défi important. En primaire, le taux de rétention scolaire des filles est anormalement faible.

pov 09 10 18Bois de rose : le Comité permanent de la CITES a rejeté le « business plan » défendu par les ministres de l’environnement et de la justice en vue de commercialiser les bois saisis ou les stocks répertoriés. Pour l’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International, ce dispositif aurait conduit à indemniser les trafiquants. Le Comité a néanmoins pris note des progrès de Madagascar en matière de renforcement des mesures de contrôle et de lutte contre l’exploitation forestière et l’exportation illégale. Il demande aux autorités « d’explorer d’autres solutions que le système de compensation des détenteurs de stocks des bois de rose et d’ébène pour pouvoir contrôler tous ces stocks ». La société civile dénonce le manque de volonté politique du gouvernement à mettre fin aux trafics.

Un camion transportant 448 madriers et rondins de palissandre a été intercepté à Tsinjoarivo. Cette saisie est intervenue quelques jours après une saisie de 68 madriers de cette même essence à Mandoto. Les forces de l’ordre, l’administration et la justice de Morondava sont impuissants à réprimer les trafiquants de bois de palissandre. La forêt de Menabe Antimena est à la merci des trafiquants qui agissent en toute impunité, écrit La Vérité.

Deux ONG exigent la fermeture immédiate et définitive de l'exploitation aurifère illégale de la société Mac Lai Sime Gianna à Vohilava (district de Mananjary). Elles demandent que des sanctions soient prises à son encontre pour les dommages causés à la santé et aux moyens d'existence des communautés concernées et à l'environnement ; elles accusent les autorités de complicité avec la société chinoise.

Des pêcheurs Antandroy ont adressé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle, relayée par le Collectif Tany, pour les alerter sur l’effondrement des ressources suite à l’octroi de droits de pêche à des navires étrangers. On estime entre 500 et 700, le nombre de navires de pêche qui sont en permanence au large de la Grande île. Le préjudice est évalué, au minimum, à 500 millions de dollars.

« La crevette, cet ‘or rose’ dont Madagascar ne voit pas la couleur », titre Le Monde. Les Ismail père et fils, « rois des gambas » dans la Grande île, ont recours à des circuits financiers offshore pour les millions de dollars tirés de l’exportation des crustacés, selon les « Panama Papers ».

Selon le WWF, entre 2009 et 2016 plus de 10 000 tortues terrestres ont été exportées illégalement, principalement vers l’Asie. Ce type de commerce occuperait la 4e place mondiale, derrière les stupéfiants, les contrefaçons et les trafics d’êtres humains. Plus de 7 300 jeunes tortues ont été retrouvées dans une cachette par la gendarmerie et des agents du ministère de l’environnement à Ampanihy. Six ans d’emprisonnement ferme et 100 millions Ar d’amende ont été prononcés à Toliara pour trois trafiquants de tortues radiées. C’est la peine la plus lourde jamais enregistrée contre des trafiquants de cette espèce protégée. Deux ressortissants chinois ont également été condamnés à 6 ans de prison et 150 millions Ar de peine et d’amende pour un vol de tortues à Androka.

La ville d’Antananarivo plongée dans la pollution et les détritus. Les écologistes tirent la sonnette d’alarme. Ils affirment que ces ordures sont à l’origine de diverses maladies et que la situation est favorable au développent d’une nouvelle épidémie de peste ; ils pointent du doigt la corruption au sein des institutions en charge de l’assainissement.

Les maladies dues à la pollution couteraient chaque année à Madagascar entre 117 et 166 millions de dollars, soit 1,2 à 1,7 % du PIB en raison de la perte de productivité. En 2016, 31,3 % des décès à l’échelle nationale auraient été causés par la pollution. Antananarivo fait partie des villes les plus polluées au monde, avec un taux moyen de 60 μg/m3, trois fois plus supérieur au seuil de 20 μg/m3 fixé par l’OMS.

Réchauffement climatique : au-delà de 1,5°C, les conséquences seront dramatiques pour la biodiversité malgache. A 2°C le réchauffement provoquerait la disparition de 25 % des espèces de la Grande île d’ici 2080.

510 000 ha de forêts sont partis en fumée en 2017, soit 3,8 % de ce qui reste de la couverture forestière nationale. Du jamais vu à Madagascar, qui bat un record mondial, devant le Brésil, l’Indonésie et la RDC.

147 familles ont été expulsées à Belobaka suite à la démolition de 69 toits après la délivrance d'une ordonnance du tribunal. Le propriétaire du terrain a procédé à la démolition après un préavis de seulement 48 h.

Les habitants situés à proximité de la base militaire d’Ivato se disent victimes d’un accaparement illégal de leurs terrains. Ils sont situés sur le trajet de la nouvelle route reliant Tsarasaotra à Ivato. Les auteurs d’un tel accaparement seraient selon eux des officiers de l’armée. Une centaine de riverains se sont réunis pour protester contre l'expropriation de leur terrain pour la construction d'une route reliant l’entreprise Filatex à l'aéroport d’Ivato. Cinq kilomètres ont déjà été remblayés sur les rizières de petits propriétaires. Aucun tracé ne figure sur aucun document officiel. Ce sont plus de 2 500 familles qui vivent dans la crainte. Plus d’une dizaine de milliers seraient concernées directement ou indirectement pas ce projet. L’avocat des riverains accuse l’Etat de compromission avec le patron indo-pakistanais de Filatex.

nino 01 10 18L’accord de pêche et d’aquaculture conclu par le chef de l’Etat avec les Chinois deux jours avant sa démission a provoqué une très vive émotion. Les organisations de la société civile demandent que les détails de l’accord soient rendus intégralement publics et demandent sa suspension immédiate. Le ministre de la pêche, Augustin Andriamananoro, bras droit de l’ancien président de la Transition, a condamné la signature de cet accord. Une pétition « pour tenter de protéger la population de Madagascar et préserver son secteur halieutique fragile et unique » a été mise en ligne. Les acteurs non étatiques du secteur pêche et aquaculture des 16 pays membres de la SADC ont fait part de leurs préoccupations Le chef de l’Etat démissionnaire a catégoriquement nié l’existence de cet accord autorisant notamment la venue de 330 bateaux de pêche chinois. Signé entre partenaires non-étatiques, le contenu de l’accord échapperait à l’ambassade de Chine.

Le coût économique annuel des pertes causées par les cyclones et les inondations est estimé de 470 à 940 millions de dollars pour un PIB de 10,5 milliards, souligne l'agence de coopération allemande GIZ. Le changement climatique annoncé aggravera encore la situation.

Un protocole d’accord a été signé entre l’Etat et les compagnies pétrolières destiné à assurer l’approvisionnement en carburant de la Jirama. L’accord devrait permettre de suspendre les « délestages économiques ». Un compromis aurait été trouvé sur le mode de règlement de la dette de l’entreprise publique.

La société d’Etat « Kraomita Malagasy » est devenue une joint-venture malgacho-russe. Le devenir de la société était compromis par des affaires de détournement de fonds, des suspicions de corruption, une mauvaise gestion et d’importants dégâts cycloniques. Les dettes accumulées s’élevaient à plusieurs millions de dollars. La création de cette joint-venture entre dans le cadre du renforcement des liens entre Madagascar et la Russie. Le chef de la diplomatie malgache s’est réjoui de la réactivation des liens historiques entre les deux pays. De nouvelles perspectives de coopération ont été évoquées. Un protocole d’accord a été récemment signé pour la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime. Il pourrait être élargi à la surveillance des côtes malgaches et à celle de la ZEE, notamment dans les secteurs litigieux proches des îles Eparses détenues par la France, supposées recéler d’importants gisements pétroliers.

L’ambassadeur de Turquie milite en faveur du renforcement des relations avec Madagascar, mettant en avant la politique étrangère « entreprenante et humanitaire » de son pays. Une « diplomatie de développement », qui a pour ambition d’aider Madagascar à « produire pour pouvoir vendre des produits transformés. »

Baisse de près de 7 % du nombre de touristes étrangers sur la période janvier-septembre, par rapport à la même période de 2017. L’insécurité grandissante en serait la cause principale, que ce soit sur les axes routiers que dans les parcs nationaux et les aires protégées.

 

 SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation de la présidentielle – Campagne électorale

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Condtions carcérales
  • Droits des enfants, droits des femmes, traite
  • Santé
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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20 décembre 2017

REVUE DE PRESSE - DECEMBRE 2017

Revue de presse du 1er au 20 décembre. Reprise le 10 janvier 2018.

A l’approche des échéances électorales de 2018 les conseillers présidentiels sont dans la tourmente. Nicole Andrianarivoson, conseillère spéciale du chef de l’Etat et femme d’affaires, a été limogée. Proche du couple présidentiel, elle aurait déjà été « lâchée » depuis quelques temps, au même titre que Claudine Razaimamonjy, dont la détention se poursuit depuis avril. L’assainissement de l’entourage présidentiel aurait été étendu à d’autres personnalités influentes.

Les partisans de Marc Ravalomanana s’organisent en vue de la présidentielle, ils reprennent leur meeting hebdomadaire au Magro de Behoririka. 300 maires TIM et de nombreux responsables de ce parti au niveau des 119 districts ont suivi une formation sur le leadership et la gestion des élections.  Mais les ennuis judicaires de l’ancien président pourraient bien revenir sur le devant de l’actualité. Un verdict est attendu dans l’affaire concernant l’opposition à une saisie-arrêt de compte de deux collaborateurs de Marc Ravalomanana qui ont écopé de deux ans d’emprisonnement avec sursis et ont été condamnés à payer solidairement avec les accusés 600 millions Ar de dommages et intérêts aux victimes du carnage du 7 février 2009 réunis dans l’association AV7. Condamné par contumace, l’ancien président dénonce « un procès politique ». Une source judiciaire indique que cette condamnation ne lui a pas encore été notifiée, ce qui expliquerait qu’il n’ait pas encore pu contester officiellement le verdict. Une épée de Damoclès pèse donc sur sa candidature, même si une rumeur laisse entendre que son retour d’exil aurait été négocié avec le nouveau président, qui aurait posé ses conditions.

L’usine Tiko-AAA d’Andranomanelatra, placée sous scellés, aurait repris clandestinement ses activités. La préfecture a réquisitionné l’Emmo/Reg pour assister un huissier venu constater l’infraction. Officiellement, la société AAA n’aurait en sa possession ni permis environnemental ni certificat de consommabilité. La société Tiko SA, propriété de Marc Ravalomanana, serait redevable à la Jirama de 4,7 milliards Ar d’arriérés. La vice-présidente de l’Assemblée nationale, Hanitra Razafimanantsoa, a dénoncé « l’acharnement de l’Etat sur la société TIKO-AAA ».

Le président du parti présidentiel HVM, Rivo Rakotovao, affirme que ceux qui font l’objet de condamnations judiciaires et qui ont failli à leur devoir fiscal ne seront pas autorisés à se porter candidat à la présidentielle. Une allusion à la situation personnelle de Marc Ravalomanana et de son empire Tiko.

Le projet de loi sur le recouvrement d’avoirs illicites a été retiré de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Un membre du bureau permanent a décidé d’en différer l’examen suite aux appréhensions formulées par des élus au sujet de la confiscation de ces avoirs. Le DG du Bianco s’en inquiète, l’adoption de cette loi figurant dans les conditionnalités du FMI.

La proposition de loi portant création d’une caisse de retraite parlementaire a été remise à l’ordre du jour après avoir été rejetée par le gouvernement. Après d’intenses travaux de remaniement, elle a été soumise au vote des députés et adoptée. « Une telle décision ressemble à une provocation qui pourrait attiser le mécontentement populaire », note L’Express.

Le CCOC a fait part de son mécontentement quant à la manière dont a été adopté le projet de loi de finances 2018, sans concertation ni débats préalables et sans examen sérieux par le Parlement, qui l’a entériné à l’unanimité et sans amendement. Il exige que les citoyens soient associés aux revues de l’exécution du budget.

Le Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED) n’est pas encore opérationnel. Le décret portant institution du HCDDED n’a pas toujours pas été adopté en conseil de gouvernement et la personnalité appelée à représenter le Président de la République n’a pas été désignée.

nm 09 12 17Les trois projets de loi organiques relatifs au régime général des élections adopté en conseil des ministres n’ont pas été transmis au Parlement. Ils seront examinés lors d’une session attendue pour mi-janvier. A plusieurs reprises, la société civile a demandé que les avant-projets de texte lui soient remis avant d’être soumis au deux chambres du Parlement ; requête restée sans réponse. Le président de la CENI a renouvelé sa demande de mise en place rapide du cadre légal des élections et que puissent ainsi être arrêtées sans délais les dates des prochaines élections. Le projet de loi organique en cours de finalisation remettrait en question la démission du chef de l’Etat qui serait candidat à sa propre succession. Pour Midi, « ce texte porte atteinte à l’égalité de chances des candidats au second tour car si le président-candidat est battu dès le 1er tour et qu’il reprend ses fonctions après ce scrutin, il pourra soutenir un candidat au second tour, avec toutes les prérogatives de puissance publique dont il dispose ». Il se murmure également que la détermination d’un âge minimum et maximum pour postuler permettrait au pouvoir d’exclure les deux protagonistes de la crise de 2009.

La Grande Bretagne, par le biais de son ambassadeur, David Boyle, a exigé des élections « crédibles et inclusives » et invité tous les acteurs du processus électoral se mettent autour d’une table en vue d’un dialogue. Une recommandation partagée par l’ambassadeur des Etats-Unis et son collègue allemand. Les observateurs s’interrogent sur les intentions du pouvoir, qui pourrait chercher à exclure de la compétition les protagonistes de la crise de 2009, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Selon le SeFaFi, « les dirigeants jouent la montre, faute de pouvoir verrouiller les textes. Toutes ces manœuvres dilatoires annoncent une période électorale de tous les dangers, le parti au pouvoir s’obstinant à vouloir contrôler le scrutin à tout prix, tout en tenant un discours dit ‘d’ouverture’ qui n’est pas en rapport avec l’action gouvernementale ».

La révision annuelle de la liste électorale est ouverte, pour une durée de 2 mois. Le cap des 10 millions d’électeurs est attendu. Lors de la clôture de la mise à jour précédente, le nombre d’électeurs était de 9 223 000, en hausse de 6 % sur un an. Pour la révision 2018 l’objectif est encore plus ambitieux.

Honoré Rakotomanana, ancien président du Sénat, a relancé le débat sur la révision de la Constitution, projet que l’on croyait abandonné. Il soutient que celle-ci comporte plusieurs imperfections qui doivent être corrigées. Les parlementaires TIM et Mapar ont immédiatement fait part de leur désaccord. Pour le Mapar, cette révision n’aurait d’autre but que d’exclure des adversaires potentiels du président de la République. L’Express suspecte le pouvoir de vouloir inciter les parlementaires pro-régime à prendre l’initiative de la révision constitutionnelle à l’occasion d’une session extraordinaire qu’ils pourraient réclamer

« Jubilé de la Réformation : la laïcité de l’Etat encore une fois foulée au pied », titre Tribune. Le chef de l’Etat et plusieurs membres du gouvernement ont assisté à la célébration du jubilé des 500 ans de la Réformation et des 150 ans de l’Eglise luthérienne malgache (FLM), célébration au cours de laquelle Hery Rajaonarimampianina a pris la parole « sous forme de sermon mais avec des messages politiques ». La déclaration a été désapprouvée par nombre d’observateurs, indique le site,

La présidente de la CNIDH a présenté son 1er rapport annuel depuis sa création. Parmi les principaux dossiers traités, ceux des protecteurs de l’environnement ou encore celui de l’affaire Antsakabary. Des plaintes individuelles ont également été reçues. Elles concernent surtout des cas de déni de justice dont les plaignants ont été victime au niveau de la police ou des tribunaux. La majorité des plaintes collectives concernent des conflits entre communautés locales et exploitants de ressources naturelles minières ou forestières, avec notamment des questions d’accaparement de terres au détriment des communautés locales. Mireille Rabenoro souligne que de plus en plus de citoyens approchent la CNIDH pour lui faire part de leurs problèmes. Elle constate que des personnalités issues des communautés locales commencent à se manifester et à s’organiser.17 des 22 région sont été visitées mais le manque cruel de moyens se répercute sur ses activités.

Dans son rapport 2017, l’ONG Freedom House estime que les libertés civiques et les droits politiques sont très peu respectés. Madagascar est classé dans la catégorie des pays « partiellement libres ». En matière de gouvernance, « peu d’organes directeurs sont vraiment indépendants du président », souligne-t-elle. « La corruption et le manque de responsabilité du gouvernement demeurent problématiques », peut-on encore lire dans le rapport., S’agissant de la liberté de la presse, l’ONG note que « les journalistes indépendants subissent la pression des autorités. Le pays a adopté un nouveau code de la communication qui a augmenté les peines pour diffamation ».

pov 11 11 17Trente bandits armés ont frappé la ville de Tsaratanàna. Un couvre-feu a été décrété. Le district connait depuis quelques mois une situation sécuritaire préoccupante. Il en va de même dans le district de Belo sur Tsiribina, une situation qui affecte les activités touristiques. A Mahabo, deux gendarmes et huit villageois avaient été séquestrés par une dizaine de dahalo. Retranchés depuis plusieurs années dans leurs repères, 400 dahalo du district de Betroka se sont rendus aux autorités. Parmi eux, cinq malfaiteurs notoires considérés comme particulièrement dangereux. Dans ce même district, le député et un conseiller de la Primature s’accusent mutuellement de connivence avec les dahalo.

Les planteurs de vanille du Sambirano lancent un appel au chef de l’Etat pour que le vol de vanille verte sur pied soit combattu et que leur sécurité soit assurée. Ils dénoncent les pratiques mafieuses des autorités judiciaires et administratives locales. Plusieurs cas de vindicte populaire ont encore défrayé la chronique.Voulant la mort de dix individus écroués pour acte criminel, 800 villageois ont assailli le pénitencier d’Ikongo et ont libéré 121 détenus. Menacés par la foule, le procureur de la République, son substitut et le président du tribunal ont été placés sous haute sécurité puis évacués par hélicoptère Sur son compte Facebook le SMM accuse indirectement le député d’Ikongo d’avoir encouragé la population à ne pas faire confiance en la justice. Ayant dénoncé la corruption au niveau du tribunal local, le député du Mapar est accusé d’avoir lancé une incitation à la révolte contre les magistrats et les agents pénitentiaires.

Violence policière - A Anosibe, quatre policiers ont abattu à son domicile un jeune de 17 ans. Les policiers affirment avoir agi en situation de légitime défense. Une version contestée par des témoins qui rapportent que les policiers étaient ivres. La CNIDH encourage la famille à porter plainte.

Le droit à un procès équitable reste problématique à Madagascar, titre lactualité.mg. Ce droit implique des corollaires, tels que le droit d’être jugé par un juge impartial, le droit d’accès à l’aide judiciaire pour les personnes nécessiteuses, le droit d’être assisté aux enquêtes, ainsi que le droit d’être jugé dans un délai raisonnable. Ces questions ont été abordées à l’occasion d’un débat sur le thème : « Procès équitable, un droit pour tous ? » organisé par CICR en collaboration avec l’Ecole Nationale de la Magistrature. Egalement abordée, la problématique des vindictes populaires et la question de la surpopulation carcérale.

Jets de pierre sur la RN 2 : sous la pression, le tribunal de Toamasina est revenu sur sa décision. La remise en liberté provisoire de deux suspects avait provoqué la colère des transporteurs, de la population et des forces de l’ordre, qui ont accusé la justice d’avoir été manipulée, voire achetée. Au terme d’une grève décrétée par les transporteurs, le tribunal est revenu sur sa décision.

Evacuation sanitaire contestée de Claudine Razaimamonjy à Maurice : un ministre auditionné, un autre ne s’est pas présenté. Sept mois après l’ouverture d’une enquête par le Bianco suite à des plaintes déposées par des citoyens et des organisations de la société civile, le dossier n’a pas encore été déféré au parquet de la Chaîne pénale.

Claudine Razaimamonjy a de nouveau été auditionnée par les juges de la Chaîne pénale anti-corruption. Le déferrement serait intervenu dans le cadre d’un autre dossier de favoritisme, de détournement, de faux et usage de faux dans l’attribution de marchés publics impliquant la femme d’affaires, ex-conseillère de la présidence. Au total, sept personnes ont été déférées au parquet. Un responsable de marchés publics a été incarcéré. Après son audition, Claudine Razaimamonjy a réintégré la prison de Manjakandriana où elle est placée en détention préventive depuis le 15 juin. Elle serait mise en cause dans quatre grands dossiers.

Les cadres de la Jirama se voient imposer de lutter contre la corruption. Tous les responsables à divers niveaux ont désormais l’obligation de créer au sein de leur cellule un dispositif anti-corruption. Le non-respect de cette règle exposerait l’auteur à une peine de prison pouvant atteindre cinq ans.

Le Pnud et la Fondation Friedrich Ebert ont organisé un atelier interactif avec les partis politiques axé sur le thème de l’éthique, en partenariat avec le Bianco, le Comité pour la sauvegarde de l’intégrité et le Samifin. Cet atelier a réuni 24 chefs de partis.

Le Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo sera bientôt opérationnel, affirme la ministre de la justice. Un PAC devra par la suite être mis en place dans chaque province. Le DG du Bianco espère que la mise en place de cette nouvelle structure permettra l’accélération des procédures. Actuellement, leur traitement par la Chaine pénale anti-corruption nécessite de 3 à 4 ans et certains dossiers n’aboutissent jamais. Mais malgré ces efforts, les moyens consacrés à la lutte contre la corruption ne représentent encore que 0,1 % du budget alors que la norme internationale est de 0,3 %. Tribune regrette que la loi instituant les PAC, adoptée en juillet 2016, se mette en place aussi lentement et que la création du tribunal spécial de lutte contre le trafic de bois de rose se fasse encore attendre.

Les six parlementaires restants qui n’ont pas encore fait leur déclaration de patrimoine sont désormais en état d’infraction. Les sanctions annoncées devront attendre la mise en place du Pôle anti-corruption (PAC), annoncée pour janvier dans la capitale.

14 tonnes de denrées périssables destinées aux victimes du cyclone Enawo, en provenance de Dubaï, sont bloqués au port de Toamasina depuis avril suite à un désaccord entre une ONG intermédiaire et le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes Naturelles. Le pouvoir a fait connaître son intention de mettre ces denrées aux enchères. Certains médias suspectent le pouvoir se vouloir s’attribuer le montant de cette vente.

La chasse aux fonctionnaires fantômes est lancée par ministère des finances et du budget.
5 472 agents en situation irrégulière et 1 480 hauts emplois de l’Etat ont vu leur solde ou avantages suspendus. Une initiative saluée mais le logiciel utilisé présenterait des bugs ayant conduit à suspendre le versement de traitement à des fonctionnaires.

43 centres de santé de base (CSB) sont encore fermés, selon le ministère de la santé. Ils sont situés pour la plupart dans des zones enclavées où règne l’insécurité. Cette situation trouve son origine dans la crise sociopolitique de 2009, qui avait provoqué la fermeture de plus d’une centaine de CSB, faute de financement. 31 000 Malgaches vivent avec le virus VIH/Sida. 2 687 personnes reçoivent des soins dans les formations sanitaires du pays. Le taux de prévalence demeure faible mais il continue de progresser, principalement dans les populations à risque. D’après le rapport 2017 sur la lutte contre le paludisme dans le monde, Madagascar est intégrée dans les zones d’espoir. Les enquêteurs ont constaté une baisse significative de 856 000 cas par rapport à l’année précédente. Treize districts ruraux sont encore touchés par la peste mais il ne s’agit plus que de la forme bubonique. 2 417 cas de peste, toutes formes confondues ont été notifiés d’août à fin novembre, faisant plus de 200 morts. La prématurité serait l’une des causes principales de mortalité néonatale à Madagascar. 5 400 enfants nés prématurés décèdent chaque année. Une situation liée à la mauvaise santé et à la mauvaise hygiène de vie de la mère. La malnutrition chez les femmes enceintes, les nouveau-nés et les enfants de moins de cinq ans n’a pas que des conséquences sociales. La prévalence élevée de la malnutrition coûte 425 millions de dollars par an, selon la FAO. Les enfants affectés par la malnutrition seront moins productifs à l’âge adulte du fait d’un déficit mental et physique. La Banque mondiale a approuvé un programme décennal de 200 millions de dollars pour lutter contre le retard de croissance des enfants.

Les articles portant sur l’avortement thérapeutique ont été supprimés dans la loi sur le planning familial adoptée par l’Assemblée nationale. Les députés avaient entériné le 19 juin l’autorisation des avortements thérapeutiques figurant dans le texte proposé par le ministère de la santé mais les sénateurs s’y sont opposés. Le corps médical a fait part de sa consternation.

La ratification du Protocole facultatif relatif à la Convention relative aux droits des personnes handicapées est en bonne voie. Les parlementaires l’ont adopté. La ratification permettra à la Plateforme des fédérations des personnes handicapées de Madagascar d’avoir recours, en cas de violation de leurs droits, au Comité des droits des personnes handicapées au niveau international. Un long chemin reste à parcourir pour la Grande île. Il n’y aurait que 1 % des enfants en situation de handicap qui seraient scolarisés.

nm 04 12 17D’après le président du Sénat, la Grande île n’a pas encore accepté d’accueillir des réfugiés. Une déclaration qui coupe court aux rumeurs qui se sont propagées, affirmant que des réfugiés avaient été repérés dans plusieurs régions. Rivo Rakotovao admet qu’il puisse y avoir des clandestins mais affirme que les dispositifs de surveillance du territoire ont été renforcés. Bien qu’ayant ratifié les conventions internationales sur l’accueil des réfugiés, Madagascar estime que les conditions socioéconomiques du pays ne permettent pas de mettre en œuvre ces dispositions.

« Des migrants en provenance des pays islamiques continuent d’envahir le district de Vohipeno », titre Midi. Les écoles coraniques proposent une scolarisation gratuite qui ne suivent pas le programme officiel et distribuent des vivres et des vêtements aux démunis. Les Antemoro s’organisent pour mettre en garde la population sur les risques d’un islam radical étranger à leur culture.

Un groupe de jeunes filles malgaches, travailleuses domestiques en Chine, rapatriées au pays après avoir été victimes de violences physiques et de mauvais traitements.

nm 12 12 17Cybercriminalité : 32 plaintes ont été enregistrées par les services compétents depuis le mois de mars. 24 sont en rapport avec des publications sur les réseaux sociaux. Une douzaine de personnes ont été placées sous mandat de dépôt. Le Facebooker Stephano ou Andrianjanaka Andriniaina Frédéric, membre du comité de soutien à Andry Rajoelina, a été placé sous mandat de dépôt. Les sanctions privatives de liberté contre les cybercriminels se multiplient, constate L’Express. Pour la plupart, « l’injure ou la diffamation » envers des responsables étatiques ou des personnalités publiques sont mis en avant par les autorités comme objet des arrestations et placements en détention préventive ou emprisonnement. La loi sur la cybercriminalité de 2016 ne prévoit plus que des peines d’amende pour « injure et la diffamation ». Le quotidien s’étonne donc que des mesures privatives de liberté aient été prononcées.

La Gazette annonce la sortie du magazine indépendant Trandraka produit dans le cadre du projet « Institutions démocratiques intègres représentatives et crédibles » financé par le fonds pour la consolidation de la paix. Il est mis en œuvre par l’Unesco, le Pnud et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Les sujets traités sont relatifs à la bonne gouvernance (éthique, déontologie, paix, lutte contre la corruption, justice, droits de l’homme…). La parution est semestrielle.

La Cites a décidé de ne pas autoriser la commercialisation des stocks de bois précieux saisis en raison d’un manque de progrès dans la lutte contre les trafics, contrairement aux affirmations de la ministre de l’environnement qui estimait avoir rempli 80 % des recommandations formulées. La directrice du WWF Madagascar attend du pouvoir qu’il redouble d’efforts pour mettre en œuvre le plan d’action convenu avec la Cites en matière d’application des lois et de poursuite des commanditaires des trafics. L’inventaire des stocks et leur localisation, demandés par le Cites, seraient au point mort. La mise en place du tribunal spécial n’a toujours pas été effectuée. Le militant écologiste Clovis Razafimalala, invité en France par Amnesty International, affirme que malgré l’embargo le trafic de bois de rose se poursuit

Selon un article publié par l’organisation Ethiquable, l’argent provenant du trafic de bois de rose est blanchi dans le secteur de la vanille. Au fil des ans, toute une économie mafieuse se serait mise en place. Le cours de la vanille atteint des sommets ahurissants. La vanille est récoltée avant maturité et l’insécurité explose sur les lieux de production et de stockage.

Un haut gradé, un chef de district et cinq autres personnes comparaissent devant la Chaîne pénale pour trafic de bois de rose, une affaire remontant à début 2014. Une liberté provisoire a été accordée aux deux responsables mais l’autorité judiciaire affirme que le dossier ira à son terme. Tribune indique qu’un bon nombre d’affaire de ce genre sont encore en attente ou en cours d’enquête au Bianco.

Des Chinois exploiteraient depuis quatre mois en toute illégalité le site aurifère de Bekabija dans le district de Tsaratanàna. Dotés d’engins et de matériels performants, ils extrairaient une dizaine de kilos d’or par semaine de mines à ciel ouvert, avec la complicité d’autorités locales et nationales. La firme minière chinoise Jiuxing, qui a renoncé à son exploitation aurifère de Soamahamanina en 2016 après de violents affrontements avec la population locale, aurait délocalisé ses activités dans la région de Mananjary. L’entreprise bénéficierait de la protection d’un l’homme d’affaires, conseiller officieux du chef de l’Etat, proche d’Andry Rajoelina et du patron du groupe Sodiat, l’un des financiers de la Transition. L’exploitation aurifère chinoise de Vohilava, dans la région de Vatovavy Fitovinany, à l’origine de l’affaire Raleva, activiste environnementale défendu par Amnesty International, a vu son autorisation d’exploitation suspendue par le ministère des mines pour non-respect de son cahier des charges.

Un litige foncier oppose un ancien ministre à un groupe de paysans. Nommé ambassadeur, il avait laissé à ses employés le soin de faire fructifier son exploitation de 569 ha. De retour à Madagascar, il a réclamé à ses employés des dommages et intérêts pour chaque année durant laquelle il n'a pu exploiter son terrain. Les paysans ont demandé un recours suspensif de l'ordonnance d'expulsion mais n’ont pas obtenu satisfaction.

L’avant-projet de loi fixant le régime juridique de l’immatriculation et de la propriété foncière titrée a été adopté par les parlementaires. On attend de l’application de ce texte des progrès notables dans le traitement des dossiers fonciers, notamment lorsqu’il s’agit de conflits domaniaux, en forte augmentation. Il apportera des solutions pour les documents fonciers perdus, détruits ou détériorés. Un tribunal spécial terrier sera mis en place à cet effet.

Le sommet Afrique-Europe qui s’est achevé à Abidjan s’est conclu par l’octroi par l’UE d’une enveloppe de 235 millions d’euros, dont 120 millions de prêt de la BEI et 115 millions de don non remboursable. Ces crédits sont destinés à la réhabilitation de deux axes routiers majeurs.

La coopération entre Madagascar et l’Allemagne reprend après une dizaine d’années d’interruption, suite aux évènements politiques. La coopération allemande va consacrer 10 millions d’euros pour un projet de pêche côtière durable. La délégation allemande a tenu à s’assurer de la bonne utilisation des fonds mis à disposition et des progrès accompli en matière de lutte contre la corruption et de restauration de l’Etat de droit.

Le FMI a accordé le décaissement d’une nouvelle tranche de 44,5 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit, ce qui porte le total des décaissements à 174,1 millions de dollars depuis le feu vert donné en juillet 2016. L’institution porte une appréciation positive sur la mise en œuvre des programmes négociés avec le gouvernement et la situation de l’économie malgache, en totale contradiction avec le vécu des populations de plus en plus paupérisées, font remarquer les médias. La Banque mondiale a approuvé un don de l’Association internationale de développement d’un montant de 45 millions de dollars en faveur de Madagascar. En moins d’un mois, le gouvernement a bénéficié d’appuis financiers d’un montant de plus de 170 millions de dollars, note L’Express, qui écrit que « les observateurs attendent de pied ferme l’impact de ces financements sur le quotidien des Malgaches ». Pour cette année 2018, le montant total d’engagements approuvé par le conseil d’administration de la Banque mondiale est de 367 millions de dollars.

Tenue du 6e « Dialogue politique Madagascar-UE » - Le chef de l’Etat a répliqué à la sévère résolution adoptée le 15 novembre par le Parlement européen. Il a affirmé à ses interlocuteurs qu’il n’est pas dans ses intentions de reporter le scrutin présidentiel. L’ambassadeur de l’UE, pour sa part, a tenté de calmer le jeu en expliquant que les critiques acerbes formulées par le Parlement européen ne remettent pas en question le soutien apporté par l’Europe au renforcement de la démocratie à Madagascar et au soutien de son économie. Une enveloppe de 3,7 millions d’euros est prévue pour accompagner le processus électoral.

Les observateurs s’inquiètent des conséquences sociales et politiques de la flambée des prix du riz, favorisée par une probable rétention des stocks et des comportements spéculatifs. Le chef de l’Etat évoque « une véritable déstabilisation politique ». Les pouvoirs publics ont décidé d’accroitre encore les importations en provenance de Birmanie, d’Inde et du Pakistan. La forte dépréciation de la monnaie nationale génère un regain d’inflation.

Dans un nouveau communiqué, le SeFaFi affirme que les échecs du pouvoir en matière de développement économique sont patents. Sur fond de discours optimistes et de promesses tous azimuts de bailleurs de fonds, la paupérisation de la population s’aggrave sous l’effet de l’inflation. Le PIB par tête ne cesse de régresser. A l’échec d’un développement économique s’ajoutent l’insécurité et l’injustice qui règnent en maitre, « dans une scandaleuse complicité entre malfaiteurs et forces de l’ordre, ou entre forces armées et justice ».

Baisse spectaculaire du taux de pauvreté : il serait passé de 92 % à 72 % en l’espace de 4 ans, selon un média pro-régime. Tribune dénonce une « manipulation d’information ». Le site souligne que plusieurs méthodes permettent d’établir un taux de pauvreté. Le taux de 92 % est établie sur la base de la méthode « parité de pouvoir d’achat », avec un seuil fixé à 2 dollars par jour. Seule méthode qui permette des comparaisons entre pays. La Banque mondiale vient de changer ce seuil en le fixant à 1,90 dollars par jour. Si l’on se réfère à ce nouveau seuil, près de 80 % des Malgaches vivent sous le seuil de pauvreté.

Air Austral a pris les rênes d'Air Madagascar. La signature tant attendue de l’acte de marque l’aboutissement d’un processus long et complexe, initié et soutenu par la Banque mondiale.

Dans l’optique d’atteindre l’objectif de 67 % d’accès à l’eau potable en 2019, la Jirama prévoit d’investir 700 milliards Ar dans le secteur sur les trois prochaines années. Le taux d’accès à l’eau potable à Madagascar n’est actuellement que de 24 %. Tribune écrit : « si tant est que l’objectif des 67 % soit atteint d’ici 2019, il restera encore pas moins de 7 millions de Malgaches qui n’auront pas accès à l’eau potable en plein 21ème siècle ».

300 employés d’une société textile de zone franche en chômage technique pour une durée de 3 mois. Une chute des commandes en serait la cause. La procédure d’information préalable n’aurait pas été respectée, selon les syndicats. La robotisation des ateliers pourrait être à l’origine de ces compressions de personnel qui ont frappé récemment un établissement similaire

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Questions électorales

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, gouvernance
  • Santé, droits des femmes, handicap
  • Education, enfance
  • Migrations, réfugiés
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois de rose, exploitations minières, trafics, foncier
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Divers

 

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30 septembre 2020

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2020

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Lutte contre le Covid-19
  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, vindicte populaire
  • Justice
  • Situation carcérale, mutinerie de Farafangana
  • Gouvernance
  • Droits des femmes, violences basées sur le genre
  • Education, universités
  • Santé
  • Migrations clandestines
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par le dessinateur de presse Pov

planche

30 avril 2018

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2018

Andry Rajoelina a été empêché de se rendre à Mahajanga pour participer à un meeting et à une inauguration, à l’invitation du maire. L’aviation civile de Madagascar a interdit le vol de l’appareil qu’il avait loué. Il a alors réservé des places sur un vol de la compagnie Ewa mais les autorités ont refusé de laisser l’appareil décoller. Le 8 mars, Andry Rajoelina avait pu tenir un important rassemblement à Ambilobe mais le chef de district avait été limogé peu après. Suite à ce déplacement manqué, l’inspection d’Etat s’est rendue à Mahajanga pour effectuer un audit financier de la commune. Le maire a dû rendre des comptes sur sa gestion à son conseil municipal. Il a été maintenu dans ses fonctions grâce à une alliance de circonstance entre les élus du Tim (pro-Ravalomanana) et du Mapar d’Andry Rajoelina. Ce dernier a pu ensuite déployer son offensive de charme auprès des catholiques de Soavinandriana où il était invité à l’anniversaire de l’Eglise locale. Les protestants Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana, ainsi que le catholique Andry Rajoelina se sont peu après retrouvés à Vohipeno pour la béatification de Lucien Botovasoa, laïc décapité lors de la rébellion de 1947. L’effervescence religieuse a gagné le microcosme politique. Le chef de l’Etat n’a pas apprécié d’être interdit de parole durant la cérémonie et a parlé d’un « faux pas » de l’Eglise catholique. Andry Rajoelina a profité d’un bain de foule pour prendre sa revanche. Quant à Marc Ravalomanana, il s’est habilement mis en scène en faisant une entrée remarquée dans l’église derrière les reliques du martyr. Les trois hommes en « campagne déguisée » ont pris soin de s’ignorer. Hery Rajaonarimampianina s’est rendu ensuite à Mahajanga pour procéder à une inauguration, un déplacement que le pouvoir avait interdit à Andry Rajoelina deux semaines auparavant. Les forces de l'ordre ont enfin empêché le convoi de Marc Ravalomanana d'entrer à Ambalavao où des supporters l’attendaient. L’ancien président a saisi les représentants du corps diplomatique. « Le même schéma comme il y a quelques mois dans les régions Anosy et Androy s’est donc reproduit pour le président national du parti Tim », constate Tribune.

pov 05 04 18L’Assemblée a adopté le projet de loi organique relatif au régime général des élections et des référendums. 79 députés l’ont adopté, avec prise en compte de rares amendements. 70 parlementaires du Tim, du Mapar, du MMM et des « indépendants » ont quitté la salle en brandissant des pancartes « stop corruption ». Pour L’Express, le boycott du vote par les députés de l’alliance Tim-Mapar pourrait s’expliquer par la crainte qui est la leur de voir leur leader menacé d’exclusion par certains articles des textes électoraux. Les députés pro-régime ont été pointés du doigt pour avoir été achetés à l’occasion d’un séminaire de quatre jours auxquels ils ont été tenus de participer avant l’examen des textes en séance plénière. Le DG du Bianco a annoncé l’ouverture d’une enquête. Pour les élus Tim, « aucun débat, aucune discussion n’ont été autorisés, le comptage des voix à main levée a été truqué ». Les 73 opposants se sont rendus à la HCC pour déposer une lettre de réserve dénonçant « les anomalies concernant l'adoption des trois lois organiques sur les élections ». Ils ont déposé par la suite trois requêtes contestant la constitutionnalité des lois électorales adoptées.

Une délégation de la SADC venue faire un bilan d’étape de la préparation des élections, s’est déclarée « rassurée ». « Il n’y a pas de crise à Madagascar, juste une dispute pré-électorale ; cela fait partie du jeu démocratique », a-t-elle affirmé, suscitant la surprise des observateurs. Marc Ravalomanana a remis aux émissaire le texte d’une déclaration dans laquelle il déclare que « les circonstances publiquement connues et indiscutables » privent les textes déclarés adoptés « de l’autorité nécessaire pour être investie de la sacralité de la loi ». La CENI, préoccupée par la conjoncture politique, a fait part à la délégation des difficultés rencontrées dans la préparation des scrutins. Elle s’inquiète par ailleurs du retard pris dans l’officialisation du calendrier électorale, qui devra attendre la promulgation des lois électorales.

Après leur adoption par l’Assemblée, les textes ont été entérinés à la quasi-unanimité par le Sénat, dans la précipitation et sans amendement. Dans un communiqué, le SeFaFi a déclaré « redouter un «’hold-up électoral’ après le ‘hold-up législatif’ ayant cautionné des lois électorales controversées ». Wake-Up Madagascar a organisé un « flash mob » pour appeler la population à protester contre les malversations qui auraient permis l’adoption de ces textes. Sept députés de l’opposition n'ont pas été autorisés par le préfet de Toamasina de tenir une réunion dans un gymnase pour faire rapport de leur activité à la population. Une mesure identique a été prise par la préfète d’Ambositra.

Les 22 députés présents en séance à la session extraordinaire ont reporté pour la 5e fois l’examen des deux textes importants portant sur la lutte contre la corruption, au grand dam du directeur du Samifin. Si cette attitude persiste, la Grande île risquerait, dit-on, de basculer dans la liste grise des pays non-coopératifs et compromettre le déblocage de nouvelles tranches de crédits du FMI.

Un atelier sur la « refondation de Madagascar », initié par un « Comité de la justice, de la sécurité et de la paix » (K3F), émanation de l’Eglise catholique, constitué de politiques, de prêtres et de laïcs, a réuni près de 800 participants. Une résolution a été adoptée qui exige une profonde réforme de la gouvernance. Une structure indépendante regroupant des hommes d’Eglises et des « hommes intègres » sera mise en place pour « surveiller l’utilisation des privilèges de puissance publique et de protéger la population contre les cas d’iniquité ».

Un groupe d’officiers à la retraite a jugé la situation politique alarmante. « Les institutions sont fragilisées par la corruption, les abus de tout genre et le non-respect des lois en vigueur. Ce qui s’est produit dernièrement à l’Assemblée démontre que le pays risque de s’engouffrer dans une crise politique profonde », ont-ils mis en garde. « Il ne faut pas prendre en otage la population pour des raisons politiques », ont-ils encore martelé. Pour le ministre de la défense, ces déclarations qui interpellent les cadets de l’armée, pourraient être mises au service d’une cause politique inavouée et aggraver le climat de tension politique. Les officiers retraités ont reçu le soutien de l’ancien premier ministre de la Transition, Camille Vital.

L’alliance qui s’est dessinée à l’Assemblée entre le Tim et le Mapar ne fait pas consensus au sein de l’Association des victimes de la tuerie du 7 février (AV7). Ses membres réclament l’application de la condamnation qui frappe Marc Ravalomanana et refusent de s’associer à la manifestation que les parlementaires d’opposition prévoient d’organiser pour rendre compte de leur mandat.

Les 73 députés de la capitale opposés à l’adoption des nouvelles lois électorales ont annoncé leur décision de tenir un « rapport de mandat » le 21 avril sur le parvis de l’hôtel de ville, en se dispensant de déposer une demande d’autorisation. Les autorités ont prévenu les organisateurs que toute velléité de manifestation serait sévèrement réprimée. Ceux-ci ont fait valoir que l’accord de la mairie d’Antanarivo devait suffire, la Constitution leur reconnaissant le droit de rendre compte de leur activité. Une délégation a été reçue par les représentations diplomatiques pour les alerter sur les menaces d’arrestation brandies par le préfet de police. Des rumeurs de recrutement de mercenaires dans les bas-quartiers en vue de semer des troubles à l’occasion de ce meeting ont circulé sur les réseaux sociaux.

Le meeting du 21 avril a très vite basculé dans un face à face tendu avec les forces de l’ordre, faisant trois morts et une vingtaine de blessés. Après plusieurs heures, des membres des forces de l’ordre, débordés, auraient fait usage de leurs armes pour se dégager, après avoir effectué des tirs en l’air. Le premier ministre a souhaité l’ouverture d’une enquête afin d’éclaircir les circonstances de ce drame. Du haut de l'hôtel de ville, surplombant une place du 13-Mai bondée, les députés ont conclu un pacte de non-agression avec le numéro 2 des forces d'intervention de la gendarmerie, un acte qui n’avait pas reçu l’aval de l'état-major.

Le chef de l’Etat, rentré précipitamment au pays, a annoncé que les autorités et les forces de l'ordre réagiraient avec encore plus de fermeté contre toute nouvelle manifestation. Les évènements qui se sont produits le 21 avril « s’apparentent à un coup d'Etat », a-t-il affirmé, enjoignant à l'armée « de prendre ses responsabilités ». Les observateurs ont noté que le « rapport parlementaire », objet du meeting s’est mué très rapidement, sous la pression des manifestants et des députés, en demande de démission du chef de l’Etat, du gouvernement et des présidents des assemblées.

Dans ce climat de tension, le préfet d’Antananarivo a décidé le lendemain d’autoriser l’accès des manifestants à la place du 13-Mai. Une décision personnelle qu’il affirme avoir été entérinée ensuite par ses supérieurs et par le premier ministre. La foule s’est alors rassemblée à nouveau pour se recueillir autour des dépouilles des victimes. Les nombreux soldats et policiers armés qui stationnaient sur la place du 13-Mai se sont retirés pour laisser les hommages se tenir. Les 73 élus ont annoncé leur intention de former une large coalition, appelée « Les députés pour le changement », censée rassembler sous une même bannière les deux anciens ennemis, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Lalao Ravalomanana, maire de la capitale, qui avait donné aux opposants l’accès à l’hôtel de ville, a lancé un appel aux forces armées pour qu’elles veillent à la protection des biens et des personnes. Marc Ravalomanana et son épouse ont pris la parole pour inviter le FFKM à diriger des pourparlers entre l'opposition et le pouvoir. Le mouvement de la société civile Rohy a appelé de ses vœux l’organisation d’élections impartiales, qui garantissent la participation de tous les citoyens ayant le droit de vote et la possibilité pour tous de se porter candidat. Il a appelé au dialogue entre toutes les forces vives pour redéfinir le contenu des lois électorales. Les responsables des forces de l’ordre ont affirmé qu’ils ne cautionneraient pas un régime qui ne serait pas issu des urnes, en réponse à certaines personnalités proches de l’opposition qui ont évoqué la nécessité d’un directoire militaire en vue de l’organisation rapide d’élections. Dans une déclaration publique, Amnesty International a demandé aux autorités de diligenterune enquête exhaustive et indépendante sur l’homicide de deux manifestants et pour que les responsables soient traduits en justice, ajoutant queles conclusions de cette enquête devront être rendues publiques. Le KMF/CNOE a exigé des sanctions à l’endroit des auteurs ou commanditaires des tirs, tout en se félicitant des déclarations des responsables des forces de l’ordre allant dans le sens de l’apaisement.

Une importante délégation de la communauté internationale s’est rendue au palais présidentiel. « La communauté internationale exclut toute solution extraconstitutionnelle qui risque de plonger le pays dans une nouvelle transition », lit-on dans son communiqué. Les chefs d'Etats de la SADC ont décidé de dépêcher d’urgence l'envoyé spécial et ex-président du Mozambique, Joaquim Chissano, ancien médiateur de la crise de 2009 à 2013. Un retour vu avec déplaisir par une partie de la classe politique et de l’opinion. L'ambassadeur algérien Ramtane Lamamra, Haut représentant de l’UA a annoncé également sa visite. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a décidé d'envoyer « immédiatement » à Madagascar son conseiller spécial, le diplomate sénégalais Abdoulaye Bathily.

Une marche a été organisée par les députés d’opposition en direction de la HCC pour le dépôt d’une requête en déchéance du président de la République. Elle a pu se dérouler sans encombre. Les forces de l’ordre ont assuré la sécurité de la HCC, sans s’opposer à la réception de la délégation. Dix dossiers sont en instance auprès de la Haute cour. Sa position, très attendue, sera déterminante pour l’avenir du mouvement, notent les observateurs.

Dans un communiqué, le SeFaFi a affirméque « la seule solution acceptable et durable à l’impasse actuelle ne peut qu’être démocratique. Tout schéma de sortie de crise doit impérativement se conformer aux institutions et respecter le suffrage populaire ». L’Observatoire s’est déclaré favorable à un réexamen des lois électorales par les Assemblées, avec retransmission de la totalité des débats sur les ondes nationales.

pov 29 04 18Des manifestants ont réclamé la réouverture de la station MBS appartenant à Marc Ravalomanana, une promesse non tenue par le chef de l’Etat.

L’UA, le PNUD, l’UE et l’ambassade de France ont tenté en vain une première médiation entre le pouvoir et des représentants des députés. La démission du chef de l’Etat a été exclue d’office par les représentants du pouvoir et les députés Tim ont exigé en préalable la révision des lois électorales pour permettre à Marc Ravalomanana de se porter candidature à la présidentielle. La communauté internationale a demandé à l’opposition de calmer la ferveur populaire sur la place du 13-Mai, ce qu’elle a refusé. Les manifestants ont déclaré rejeter toute immixtion de la communauté internationale.

Les « députés pour le changement » ont déposé auprès de la procureure de la République une plainte contre le chef de l'Etat et le gouvernement, accusés d'être les « responsables de la tuerie ». Les manifestants se sont rendus dans le calme de la place du 13-Mai au tribunal, sans être inquiétés par les forces de l’ordre. La procureure a révélé qu’elle avait déjà saisi le parquet et demandé une enquête sur ces évènements.

Les députés de l'opposition ont refusé de participer à la nouvelle rencontre proposée avec le HVM par la communauté internationale. Me Hanitra Razafimanantsoa, vice-présidente de l'Assemblée nationale, a indiqué ne plus vouloir discuter des lois électorales. Les revendications ont évolué, a-t-elle ajouté, rappelant que l'opposition réclame désormais la démission du président de la République, du gouvernement et des présidents des assemblées.

La CENI admet qu’il sera difficile d’appliquer des textes électoraux non-consensuels. Il estime que ces textes devraient à nouveau être débattus en vue de trouver un consensus. Le FFKM a déclaré qu’il prendra ses responsabilités dans la recherche de solutions à la situation politique, indiquant qu’il refusera de travailler sous l'égide de la communauté internationale. Le SMM a déclaré qu'il s'oppose à l'instrumentalisation de la justice : « Les conflits actuels sont de natures politiques et méritent des solutions politiques dans le strict respect de la constitutionnalité », affirme le syndicat. Un collectif d’une douzaine d’associations a demandé aux élus de « recadrer les manifestations dans leur contexte initial ». Il condamne tout autre issue que celle des urnes et demande que les textes électoraux fassent l’objet d’un réexamen et demande à tous les responsables politiques de faire taire leurs ambitions personnelles.

Les députés en meeting sur la place du 13-Mai ont décidé d'investir les locaux de la radio et de la TV nationale. Seize d'entre eux s'y sont rendus pour exiger une prise d'antenne en direct. Après une heure de discussion, le directeur a promis de relayer les informations concernant la mobilisation de l’opposition. L’éditorialiste de L’Express a vivement condamné les menaces proférées par la délégation des députés de l’opposition à l’encontre de la direction et des journalistes de RNM et TVM.

Neuf jours après les échauffourées mortelles, la contestation du pouvoir ne fléchit pas. Un mouvement de grève débute dans les administrations et si des obstacles sont mis à cette mobilisation, les opposants annoncent qu’ils se rendront dans les ministères pour les faire lever. Le syndicat des douaniers a lancé un mot d’ordre de grève. La contestation a touché Toliara. En visite à Madagascar, la SG de l’OIF a rencontré les leaders de l’opposition. Marc Ravalomanana, et Andry Rajoelina et Hajo Andrianainarivelo, leader du MMM, ont participé à ces échanges. Le culte de lancement de la médiation du FFKM s’est tenu en présence de nombreuses autorités et chefs d’institution. Une rencontre avec les députés est d’ores et déjà prévue. Le FFKM recevra ensuite les représentants des partis et du gouvernement. Le président du CFM a approuvé l’initiative et s’y associe. Marc Ravalomanana a indiqué être disposé adhérer à la démarche. « Le FFKM n’a pas un schéma de sortie de crise à imposer », rassure un chef d’Eglise mais à l’entendre l’élection présidentielle pourrait être reportée pour permettre au préalable la tenue d’un processus de réconciliation nationale.

pov montage

Le secteur privé s’alarme de la persistance d’un climat généralisé d’insécurité. Il renouvelle sa demande de rencontre avec le chef de l’Etat. Une réunion technique de « haut niveau » a été organisée par le premier ministre mais les observateurs restent dubitatifs quant aux retombées concrètes.

Les opérateurs de la filière vanille se disent victimes de racket de la part de personnes se présentant au nom du ministère du commerce et de la consommation. Ils lancent un appel aux autorités pour que cessent ces pratiques et que des mesures soient prises pour lutter contre l’insécurité. Les vols de vanille sur pied et les meurtres de producteurs connaissent depuis ces dernières années une croissance préoccupante. Plusieurs personnes ont été lynchées à mort pour des affaires de vol de vanille.

Des affrontements violents entre dahalo, forces de l’ordre et villageois ont été signalés dans plusieurs régions. Plusieurs gendarmes et civils ont été abattus. Des dahalo ont été exécutés par la population. Un bande armée forte de 200 hommes s’est emparée de 500 zébus. L’unité spéciale anti-dahalo (USAD) a été appelée en renfort à plusieurs reprises, appuyée par un hélicoptère. Les forces de l’ordre ont mobilisé et encadré des miliciens pour conduire une opération de représailles.

Plusieurs cas de justice populaire ont encore défrayé la chronique. Des locaux administratifs et des gendarmeries ont été la cible de populations voulant se faire justice. Un affrontement entre le fokonolona et les gendarmes a fait neuf morts à Mananara Nord.

Les auteurs de l’expédition punitive des forces de l’ordre à Antsakabary courent toujours. « Il faut que la lumière soit faite ! », clame Mireille Rabenoro, présidente de la CNIDH, qui continue de recueillir des témoignages accablants sur les exactions commises.

L’audience en appel du militant écologiste Raleva a eu lieu à Fianarantsoa en présence de membres de la société civile et de la CNIDH. Le jugement sera rendu le 22 mai. Amnesty International déclare être mobilisé pour que sa condamnation soit annulée et rappelle Raleva devrait être reconnu pour son travail de lanceur d’alerte et de protecteur de l’environnement.

Condamné à perpétuité le 27 septembre 2017 avec 16 complices, le responsable du kidnapping meurtrier des deux adolescents de Toamasina, en décembre 2015, a été relâché par décision de la cour d’appel. Une décision de libération incompréhensible par les médias qui suspectent l’intervention de personnalités influentes.

Les avocats de l’ancien ministre de finances Jean Razafindravonona, placé sous mandat de dépôt pour suspicion de corruption, ont saisi la HCC pour contester la légalité de la procédure adoptée et des actes pris par le procureur de la République et le juge d’instruction de la Chaîne pénale anti-corruption. Les deux requêtes déposées ont été jugées irrecevables. L’affaire porte sur un détournement de 500 millions Ar qui serait lié au dossier impliquant l’ex-conseillère de la Présidence, Claudine Razaimamonjy.

Détention préventive : la CNIDH propose la mise en place du Conseil national de justice. Prévu par la Constitution, le « Conseil devrait permettre de chercher des solutions innovantes pour changer cette situation honteuse, qui comporte trop de formes cruelles de violation des droits de la personne ».

Arlette Ramaroson, ancienne juge internationale, affirme que le Bianco est entravé dans son action par de multiples interventions. Elle milite pour la mise en place d’une institution dont l’indépendance serait garantie.

La société civile va tenter d'évaluer la performance des députés. Après le Kenya et l'Ouganda, c'est au tour de Madagascar de lancer pour la première fois un outil d'évaluation de son Assemblée nationale. Un projet mené sous forme d'enquêtes auprès des élus. L’ONG Liberty 32 a débuté ses interviews en octobre. Un tiers des députés ont déjà répondu à l'enquête mais près de 40 % d’entre eux ont refusé de participer à cette opération.

L’ancienne ministre de la justice de la Transition, ex-présidente de l’Assemblée, Christine Razanamahasoa, a été expulsée manu militari d’un logement de fonction qu’elle aurait dû quitter il y a bientôt quatre ans. La députée affirme n’avoir reçu aucune notification. L’intéressée dénonce une intervention « humiliante » et « un règlement de compte politique ». Considérée comme l’un des chefs de file de la fronde parlementaire, elle avait participé la veille au rassemblement des députés de l’opposition à la HCC et au Bianco pour protester contre les pratiques douteuses ayant permis l’adoption des nouvelles lois électorales. Des natifs du Betsileo, sa région d’origine, se sont mobilisés en sa faveur. Pour L’Express, cette affaire réveille les démons d’un régionalisme primaire.

Une très importante somme d’argent aurait été subtilisée au premier ministre dans l’une de ses résidences. La presse s’interroge sur l’origine de ces fonds et l’usage auquel ils étaient destinés. Le principal suspect a été arrêté avec son épouse et d’autres comparses. Le chef de gouvernement dénonce les rumeurs colportées sur ce vol et évoque un acte de déstabilisation.

Le ministère de l’intérieur dément catégoriquement une rumeur insistante de décaissement d’une somme de 8 milliards Ar du compte du ministère au surlendemain de la manifestation du 21 avril sur la place du 13-Mai.

La Cour d’appel a confirmé la condamnation du franco-algérien Houcine Arfa à trois ans de prison ferme et dix millions Ar de dommages et intérêts dans l’affaire qui l’oppose à Vonjy Randriamaromanana. Ce dernier accuse l’ancien formateur de la garde présidentielle de kidnapping lors d’une commande de matériel pour le compte de la Présidence et d’extorsion de fonds. Dans cette affaire Houcine Arfa était aussi poursuivi pour usurpation de fonction, détention d'armes et de munitions et association de malfaiteurs. Durant son séjour à Madagascar, il avait déclaré avoir eu connaissance de crimes et délits commis par l’entourage du président. Une situation qui avait abouti à son emprisonnement, puis à son évasion rocambolesque pour la France. L’intéressé avait déclaré avoir pu s’évader en versant un pot-de-vin à la ministre de la justice et à la procureure de la République. Houcine Arfa a confirmé vouloir contester ce verdict. Il assure que la plainte qu’il a déposée en France est en cours d’instruction. La ministre de la justice, quant à elle, a déposé plainte devant le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation. L’incarcération de deux agents pénitenciers, suspectés d’avoir participé à l’évasion, avait déclenché un mouvement de grève.

La « couverture santé universelle » va bénéficier à 22 districts pilotes. Seront pris en charge tous les soins curatifs de base destinés aux plus démunis. Une « Caisse nationale de solidarité » destinée à financer les soins a été créée. Le paludisme est de retour sur les Hautes Terres, alerte l’Institut Pasteur. La situation se dégrade depuis 5 ans. Quarante enfants sont décédés du paludisme entre mars et avril dans le district de Betroka. Une quarantaine de personnes seraient également décédées récemment dans le district de Mahajanga II. Une campagne de distribution de masse de moustiquaires à imprégnation durable sera organisée cette année grâce au concours des Etats-Unis. Des avancées notables ont été constatées dans la lutte contre la poliomyélite. Des experts de l’OMS sont attendus pour faire le point sur le dossier de certification de l’éradication de la maladie.

Trois femmes membres d‘une organisation clandestine organisant des migrations vers l’Arabie saoudite ont été incarcérées. Les agences de placement ont été rappelées à l’ordre par le ministère de l’emploi. La majorité d’entre elles œuvrent dans l’illégalité. «Seules deux agences parmi les centaines qui pullulent à Madagascar sont agréées », révèle le DG de la promotion de l’emploi. 24 employées de maison expatriées au Koweït ont pu être rapatriées grâce au concours de l’ambassade malgache à Riyad et de l’OIM. 52 l’ont déjà été en février. Nombre d’employées de maison de retour des pays arabes espèrent néanmoins pouvoir y repartir, en dépit des risques de maltraitance et des conditions de vie difficiles, constate L’Express. Les agences de placement ayant pignon sur rue étant fermées depuis 2013, les plus déterminées n’hésitent pas à confier leur sort à des agences clandestines.

Plus 1 300 enfants nés d’une mère malgache et d’un père étranger jouissent désormais de la nationalité malgache. Ces certificats de nationalité ont été délivrés suite à la réforme du code de la nationalité en janvier 2017.

L’UNFPA lance une étude sur les violences basées sur le genre dans le cadre des attaques de dahalo dans les régions du Sud.

Travail des enfants dans la filière vanille : la convention régionale de la région Sava a été révisée à l’initiative du tribunal de première instance d’Antalaha et du comité régional de lutte contre le travail des enfants.

« Réseaux sociaux : seule issue pour une population tyrannisée », titre La Gazette. « Comment s’exprimer dans un pays où le simple fait d’énoncer un fait ayant un effet déstabilisateur de près ou de loin sur le régime en place peut mener à un emprisonnement immédiat ? À Madagascar, la démocratie est une illusion ». En décembre 2017, on enregistrait à Madagascar 1,9 million d’internautes, dont 1,7 million de facebookers. 75,8 % des connexions à Internet se font par le biais de téléphones mobiles.

Un atelier sur les techniques d’interpellation et de contrôle démocratique des Forces de défense et de sécurité (FDS) a été animé par Omer Kalameu, conseiller aux droits de l’homme des Nations unies. Parmi les thèmes abordés figure le rôle des médias dans le respect des normes démocratiques dans l’emploi des FDS.

Dans le classement mondial 2018 de RSF, Madagascar gagne 3 places, au 54e rang sur 180 pays classés. Le rapport rappelle l’existence d’un code de la communication liberticide et précise que le débat démocratique reste limité. RSF rappelle que Fernand Cello, connu pour des enquêtes sur la corruption, a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis pour « faux et usage de faux » : Et d’ajouter que les sujets concernant le trafic d’influence dans le secteur des ressources naturelles restent des sujets dangereux à traiter.

« Pétrole off-shore de l’océan Indien : Madagascar parmi les proies faciles ? », s’interroge La Gazette. Les deux superpuissances du XXIe siècle, l’Inde et la Chine, tentent d’attirer les Etats situés dans la partie occidentale de l’océan Indien, zone incontournable en matière de trafic maritime international et qui constitue aussi et surtout l’une des plus importantes réserves de pétrole off-shore mondiale, située entre Tanzanie et Madagascar. Une guerre d’influence serait donc ouverte entre l’Inde et la Chine pour maîtriser le secteur.

717 kg d’or exporté depuis le début de l’année. La situation s’améliore au sein de la filière depuis la mise en place de l’Agence nationale de l’or (ANOR). 2 833 kg de métal jaune avaient été déclarés à l’exportation en 2016, contre six kg en 2008. Dubaï constitue la première destination de l’or extrait du sous-sol malgache.

Débuté au mois de février, l’audit des bois de rose saisis se poursuit. Courant juin, l’opération devrait être accomplie au tiers, ce qui devrait permettre à Madagascar d’envisager la vente de ces stocks via un appel d’offres international. Après remise d’un rapport ministériel à la Cites, la vente pourrait intervenir en fin d’année ou début 2019. Les recettes devraient être affectées principalement aux zones de provenance.

L’activité de collecte et de commerce illicites de tortues protégées se poursuit à grande échelle. Une saisie record a été opérée dans le district de Toliara grâce à la mobilisation de la société civile. Plus de 90 % des 111 espèces de lémuriens recensées seraient menacées d’extinction. Les lémuriens sont encore chassés pour leur viande dans la Sava. Leur disparition pourrait causer de sérieux problèmes pour les forêts, dans la mesure où les lémuriens participent à leur diversité. L’économie du tourisme s’en trouverait affaiblie.

900 kg d’ossements humains ont été saisis à Manakara. Des recherches ont été engagées pour tenter de remonter la filière et identifier la destination finale de trafic. L’an passé, 1,5 tonne d’ossements humains ont été saisis sur la côte Est.

Performance environnementale : Madagascar 175e sur 180 pays, selon un rapport de l’université de Yale et du Centre d’information sur les sciences de la terre de Colombia, en collaboration avec le Forum économique mondial.

La loi tant contestée sur les ZES (Zone économique spéciale), rejetée en 2e session extraordinaire, a été réintroduite sans révision ni modification et a été adoptée par les députés pro-régime au terme de la 3e session extraordinaire. Des voix se sont élevées pour dénoncer le déroulement du vote. Le chef de région Anosy défend le projet de loi. Il ne voit dans ce texte aucune disposition qui permettent la vente de terrains à des étrangers. Pour certains élus, la loi sur les ZES représente « un danger pour le développement durable du pays »

Le service des domaines réexamine la loi sur la propriété foncière votée en décembre et déclarée non-conforme à la Constitution. Le Collectif Tany redoute que la loi fixant le régime juridique de l’immatriculation et de la propriété foncière titrée revienne à l’ordre du jour l’Assemblée sans prise en compte des modifications indispensables et soit adoptée dans des conditions douteuses.

Le Collectif Tany apporte son soutien à 40 familles de Toamasina dont les droits fonciers sont violés par la société Telma. Ces familles avaient entamé des procédures d’acquisition de titres fonciers sur des terrains du domaine privé de l’Etat, occupés et mis en valeur de longue date. Tribune constate que les litiges fonciers se multiplient au détriment des habitants et occupants des terrains.

205 certificats fonciers ont été distribués aux occupants traditionnels de terres à Taolagnaro par le ministère chargé des projets présidentiels et de l’aménagement du territoire, en collaboration avec la compagnie minière QMM.

100 millions de dollars ont été accordés par la Banque mondiale (IDA) et le Partenariat mondial pour l'éducation (GPE) en vue d’améliorer l’apprentissage dans l'éducation de base. Ce financement serait le plus important jamais accordé en soutien à l'éducation à Madagascar.

La capacité du port de Toamasina sera triplée d’ici 2026 grâce à un important concours financier du Japon. Le Bianco a organisé un atelier au profit des cadres du ministère des transports afin de les sensibiliser à la prévention des risques de corruption liés à l’octroi de marchés publics dans le cadre de ce projet.

La Croix-Rouge norvégienne a annoncé qu’elle cesse sa coopération avec la Croix-Rouge malgache suite à la découverte de fraudes et de corruption. Elle annonce qu’elle « fera tout ce qui est en son pouvoir pour que les responsables soient sanctionnés ». Les responsables malgaches se disent surpris et attendent que le dossier leur soit communiqué.

Nouveau colloque sur la coopération sino-malgache, axée sur l’initiative « Ceinture et route ». Plus de 80 organisations internationales et pays, dont Madagascar, ont déjà approuvé l’initiative. D’après l’ambassade de Chine, la Grande île joue un rôle important dans le processus d’avancement.

Dettes d’Air Madagascar : 140 milliards Ar de dettes ont été apurés à ce jour sur un montant total de 303 milliards. « Cela constitue une avancée très positive », déclare Éric Koller, président du conseil d’administration. L’apport d’Air Austral est de 40 millions de dollars. 10 millions ont déjà été versés, 5 autres sont attendus et 25 millions proviendront d’un prêt contracté auprès d’une banque française. Des observateurs mettent cependant en doute la capacité d’Air Austral à faire face à ses obligations.

L’Etat prévoit d’augmenter à 300 milliards Ar la subvention allouée à la Jirama en raison de la hausse des prix du carburant et de la dette accumulée par la société. La prévision budgétaire initiale était de 200 millions, montant correspondant à une réduction de moitié de la subvention. Une discussion sur la révision de ce concours budgétaire aurait été menée avec le FMI qui ne cesse de demander un désengagement de l’Etat.

Madagascar Oil maintient la suspension de sa production d’huile lourde à Tsimiroro. 180 000 barils attendent de trouver preneur. La société estime que les conditions ne sont pas réunies pour reprendre son activité, faute de moyens de communication pour acheminer sa production. La Jirama n’a pas confirmé son intérêt pour cette source d’approvisionnement.

Le président de la République reprendra la délivrance de permis miniers pour les investisseurs qui soumettront un business plan convainquant. Il estime que le secteur extractif fera le développement du pays.

Hausse de 8 % des salaires du secteur privé. Le décret fixe le montant du salaire mensuel minimum à 168 000 Ar (42 euros). Les syndicats protestent contre la fixation du salaire minimum a un tel niveau.

« Antananarivo dans le top 10 des villes les plus sales au monde », titre La Gazette. Ce résultat est le fruit d’une enquête menée par le cabinet Mercer, leader en ressources humaines dans le monde, qui publie depuis 1994 les résultats d’une enquête sur la qualité de vie dans les principales villes de la planète.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Les candidats à la présidentielle en pré-campagne
  • Préparation de la présidentielle et des législatives
  • Tension politique - La manifestation du 21 avril et ses prologements

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, gouvernance
  • Affaire Houcine Arfa
  • Santé
  • Migrations, traite
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social, divers

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29 novembre 2023

ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2023

 

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<> 28/11/23 - Tribune - Edito - Derrière le mégalomane, l'apprenti dictateur ?
Même si elle manque d’élégance et de moralité, la stratégie du clan Rajoelina s’est avérée efficace. L’alliance de fait mise en place pour assurer sa réélection a joué efficacement son rôle, tant au niveau politique (l’Union pour Andry Rajoelina autour du parti TGV), institutions électorales (CENI, HCC), forces de répression, sans oublier les différents rouages de l’administration. Si la victoire au premier tour est claire dans les circonstances extrêmement discutables et discutées de la présidentielle biaisée de 2023, le niveau de participation déclaré par la CENI (46,36%) continuera à être considéré par beaucoup comme artificiel. L’hypothèse de manipulations pour le gonfler afin de limiter l’humiliation d’une abstention record et afficher qu’Andry Rajoelina aurait obtenu plus de voix qu’en 2018 n’est pas impossible, même si la mégalomanie du candidat à la réélection s’est abstenue des taux victorieux des dictatures africaines d’autrefois, entre 90% et 100%.

<> 28/11/23 – RFI - « Rajoelina débute un nouveau mandat sans qu'on lui demande de comptes ». Andry Rajoelina a été officiellement réélu dès le premier tour, avec près de 59% des suffrages exprimés. Quel bilan tirer de ce scrutin du 16 novembre ? Quelques jours avant la présidentielle, avec son collègue Juvence Ramasy, l'économiste Olivier Vallée a publié dans la revue Le Grand Continent, une tribune où il s'est interrogé sur la possibilité d'un coup d'État institutionnel de la part du président sortant. En donnant la priorité aux attaques personnelles, il constate que l'opposition n'a peut-être pas choisi la bonne stratégie.
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invit%C3%A9-afrique/20231128-pr%C3%A9sidentielle-%C3%A0-madagascar-rajoelina-d%C3%A9bute-un-nouveau-mandat-sans-qu-on-lui-demande-de-comptes (11’07)

<> 26/11/23 - Mondafrique - Emmanuel Macron gère de loin la crise malgache
Les résultats de la présidentielle à Madagascar ont été proclamés. Le président sortant, Andry Raojelina, n’a pas hésité à passer au premier tour avec près de 60 % des voix en provoquant de très nombreuses protestations de toute l’opposition et une situation sociale très tendue. L’Élysée qui prétend avoir pris la main, comme on dit, sur l’océan Indien, affiche une approche de cette région du monde peu originale-ni indifférence, ni ingérence. Le tout pour masquer un grand vide de la diplomatie française

 <> 25/11/23 - Résultats provisoires : Andry Rajoelina réélu avec 58,95 % des voix dès le 1er tour. Ces résultats doivent encore être validés par la HCC. À la CENI, pour la proclamation des résultats, quelques applaudissements sobres pour féliciter le président sortant, seul candidat sur les 13 à assister à la cérémonie. La présidente de l’Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, était absente, de même que les partenaires techniques et financiers, bien qu’ayant participé pour certains au « Basket found ». « Je tiens tout d'abord à remercier le peuple malgache pour la maturité politique et la sagesse. Le peuple s'est exprimé, il a choisi son président, il a choisi la voie de la continuité, de la sérénité et de la stabilité. Contrairement aux élections qui se sont déroulées un peu partout en Afrique, il n’y a pas eu de blessés. Les élections se sont déroulées d'une manière pacifique. Le peuple malgache a vraiment prouvé l'exemplarité et je tiens aussi à remercier la CENI qui a organisé ces élections à Madagascar », a déclaré Andry Rajoelina, au micro de RFI.
Le taux de participation est en baisse par rapport à la présidentielle de 2018. Sur les 11 millions d’inscrits, seuls 46,26 % se sont déplacés pour voter. Le 7 novembre 2018, le taux de participation avait été de 53,95 %. Le taux le plus faible est enregistré dans la province d’Antananarivo, avec 31,76 %. Le plus élevé dans la province de Toliara (63,33 %)
Andry Rajoelina a fait également observer qu’il a été réélu avec un million de voix de plus qu’en 2018 mais le fichier électoral était plus important cette année (11 millions contre 9,9 millions), ce qui relativise le constat.
Un proche du candidat a interpelé les représentants « d’une certaine presse étrangère » : « Vous avez prédit que le pire se dessinait sur Madagascar. Je tiens à vous dire qu’il ne faut pas confondre la perception et la réalité », a-t-il martelé.

Le candidat numéro 13 Siteny Randrianasoloniaiko est crédité de 13,29 %, vient ensuite le candidat n°5, Marc Ravalomanana, avec 12,56 %, malgré son appel au boycott du scrutin. Ce seront les trois candidats qui bénéficieront du remboursement de leur caution électorale. Les autres ont fait des scores dérisoires : Hery Rajaonarimampianina (5,40 %), Tahiana Razafinjoelina (1,58 %), Hajo Andrianainarivelo (1,37 %), Roland Ratsiraka (1,57 %), tous les autres moins de 1 %.

Onze des 12 autres candidats ont annoncé ne pas reconnaître les résultats de cette élection qu’ils estiment « illégitime et truffée d'irrégularités ». Le candidat Siteny Randrianasoloniaiko a confirmé avoir déposé deux requêtes auprès de la HCC pour demander l’annulation du scrutin et la disqualification d’Andry Rajoelina en raison de la perte supposée de sa nationalité malgache. « J’ai décidé de me lancer dans la course. Je savais que ce serait dur, qu’il essayerait de voler, je savais qu’il contrôlait la CENI et la HCC, je savais toutes ces choses mais j’ai pris cette initiative de concourir pour avoir les preuves », a-t-il dit avant d’affirmer : « Si je n’avais pas concouru, on n’aurait pas eu les preuves pour le montrer au reste du monde. Maintenant je les ai. Il a volé, il a acheté les voix. La CENI a changé les chiffres. Ils ont réduit mes voix mais ils ont augmenté celles pour Rajoelina. » Parlant d’Andry Rajoelina au micro de RFI il dénonce  : « Il a utilisé l’hélicoptère de l’État qui porte le drapeau de Madagascar. Ce qui est contre la loi. Il a critiqué les décisions de la HCC. Il a dit, devant la foule, "ne refaites jamais ça !" Vous ne pouvez pas commenter les décisions de la HCC ! Ça mérite une disqualification aussi. J’ai donc déposé deux requêtes [à la HCC] pour demander l’annulation [du scrutin] et la destitution d’Andry Rajoelina. Ce n’est pas pour nous, Collectif, que je fais ça. C’est pour faire respecter le choix des Malgaches. Il ne peut pas l’acheter ! »

Siteny Randrianasoloniaiko a demandé la confrontation de tous les PV de tous les bureaux de vote à la CENI.« Je n’accepterai les résultats qu’après la confrontation PV par PV de tous les bureaux de vote de Madagascar », a déclaré le candidat n°13. D’après Tribune, la CENI aurait accepté cette confrontation et selon Me Andry Fiankinana, l’un des avocats de Siteny Randrianasoloniaiko et de son parti, la Commission électorale n’aurait pas dû se précipiter à publier ces résultats provisoires puisque la confrontation d’un seul PV peut prendre jusqu’à 45 mn. Ainsi, la confrontation de tous les PV pourrait prendre plusieurs jours. L'institution aura la lourde tâche d’étudier tous les recours et de proclamer les résultats définitifs, le 4 décembre au plus tard.

<>26/11/23 - « Madagascar, la mascarade de l’élection présidentielle », titre Mondafrique[1]- « Après la proclamation des résultats, une abondance de constats sur la fausseté du fichier électoral et de dénonciations des achats de vote fleurit. Il est trop tard, mais la SADC et les observateurs internationaux et malgaches se donnent bonne conscience pour que la comédie électorale continue et qu’Andry Rajoelina poursuive son règne. L’anesthésie de la médiation fait son retour. Ainsi la ‘Plateforme de dialogue et de médiation’ confirme qu’elle poursuit ses efforts pour explorer toutes les voies pouvant conduire à la stabilité, à l’apaisement et à la réconciliation du peuple malgache. Cependant l’accumulation de critiques de l’épisode électoral aboutit à une dévaluation du président réélu. Il se retrouve en position de faiblesse par rapport à ses alliés et ses concurrents. Les oligarques cosmopolites et nationaux qui l’entourent et les officiers généraux qui prospèrent dans son sillage pourront exiger encore plus de prébendes et de libertés pour s’approprier les richesses du pays. L’ambassadeur de France n’a plus à redouter la contestation de l’opinion publique qui s’insurgeait contre l’étrangeté du candidat Andry Rajoelina, qui avait choisi d’être naturalisé français. Emmanuel Macron peut plus aisément maintenir la confiscation des îles Eparses et un rôle de protecteur du sud-ouest de l’océan Indien. Le challenger Siteny Randrianasoloniaiko sait bien et le président réélu aussi que son score a été réduit. Les sponsors qui l’ont soutenu vont cependant obtenir des concessions pour réintégrer le club des milliardaires encastrés dans l’appareil du pouvoir. La faiblesse du président de 49 ans se verra rapidement lors des législatives et des sénatoriales. Les candidats défaillants de la présidentielle vont obtenir sur des bases régionalistes et clientélistes des sièges nombreux au détriment du parti présidentiel complètement discrédité. Les Eglise chrétiennes par leur ambiguïté ont su maintenir l’exécutif et les parlementaires engagés dans une fronde complètement déconnectée du peuple. »

<> « Présidentielles 2023 : le triomphe de la corruption, de l’argent et de la complaisance sur la démocratie ». Tel est l’intitulé du communiqué de Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM), daté du 25 novembre, jour de publication par la CENI des résultats provisoires[1] et repris par La Gazette. Un communiqué raillant ceux de la fameuse communauté internationale qui affirment que « Tout va bien Madame la Marquise ». Des fonctionnaires étrangers qui ne sont là en vérité que pour justifier leur per diem. « Les observateurs internationaux seraient unanimes en affirmant que l’élection présidentielle du 16 novembre s’est déroulée sans incident majeur et a rempli toutes les normes internationales en matière électorale… Les quelques manquements et imperfections constatés çà et là ne peuvent remettre en cause de façon globale le bon déroulement et la crédibilité de cette élection. » Une telle unanimité est plus qu’inquiétante, , écrit TI-IM en sachant que la bénédiction des observateurs électoraux – et par extension, de la communauté internationale – constitue l’extrême onction qui validera les résultats électoraux.

« Combien de manquements et d’imperfections faut-il comptabiliser pour remettre en cause la crédibilité d’une élection ? Quel est le seuil de tolérance envers les irrégularités, le manque d’intégrité et la corruption dénoncés par de nombreux observateurs depuis le début du processus électoral ? Un hold-up, pire – un viol électoral, a été orchestré, prémédité et perpétré au vu et au su de tous, mais ceux qui avaient entre leurs mains le pouvoir de l’empêcher et de sauvegarder la dignité du peuple malgache ont choisi la complaisance et la voie de la facilité. La non-ingérence est un prétexte trop facile, à la limite du fallacieux, lorsque le sort de millions de personnes, d’une nation entière, est en jeu. La politesse du langage diplomatique et la satisfaction du service fait – des millions de dollars ou d’euros investis dans un processus capturé d’avance – ont rajouté du lubrifiant à un mécanisme de v(i)ol électoral déjà bien huilé. Tout le monde savait que la catastrophe était imminente mais la majorité, même les évêques de Madagascar, ont choisi de fermer les yeux et de laisser faire. Ceci malgré la violence, les multiples violations des droits humains, la corruption et le misérabilisme qui ont entouré ce processus. ’Quelques manquements et imperfections’, donc… (…) Les résultats électoraux proclamés ce jour ne sont pas simplement ceux des ‘efforts’ déployés par le camp du ‘vainqueur’, mais aussi les résultats d’un manque patent de culture démocratique, de la faiblesse de la conscience civique collective et de la misère (dans tous les sens du terme) ambiante. Le désespoir serait de mise, non parce que tel ou tel individu a ‘gagné’, mais parce que l’acceptation de ces résultats équivaut à l’acceptation et à la légitimation du processus et de toutes ses irrégularités.

<> 24/11/23 - Tribune - Edito - Madagascar, démocratie illibérale, dictadure ou dictamolle...
Non … On n’en est pas (encore) à un modèle de dictature où un dirigeant sanguinaire tue et emprisonne des milliers de ses concitoyens en faisant étalage de ces cruautés pour installer la terreur et dissuader la moindre forme d’opposition. CEDRIC n’est pas (encore) Staline, Mao, Pol Pot ou Mobutu…Que Dieu nous garde qu’il lui prenne l’idée d’imiter ceux-là… Mais ne nous y trompons pas : s’est installée de manière insidieuse une véritable autocratie. Le passage à la dictature n’est pas loin

<> 23/11/23 - Collectif Tany - Sambava - Litige foncier et arrestations
Parmi les nombreux conflits et litiges fonciers qui existent dans la ville, celui du quartier de Marot-siazo, en centre-ville, a provoqué des arrestations et la détention de 5 personnes, la destruction et le saccage de 10 habitations suivi de vols par des inconnus, rapporte le Collectif Tany. Le terrain de 23 ha a une histoire compliquée depuis 2010 où les familles qui avaient acquis des lopins de terres ont vendu à de nouveaux arrivants. L’affaire est passée en justice en 2014 et un dossier est en cours à la Cour de cassation. Depuis quelques semaines, les habitants vivent dans l’inquiétude car la partie adverse a commencé à ériger un mur de clôture. La démolition de cette clôture a amené les gendarmes à arrêter plusieurs personnes qui ont été conduites à Antalaha. Quelques-uns ont été relâchés mais cinq prévenus y sont toujours emprisonnés. En l’absence de leurs occupants, 10 habitations ont été saccagées par des inconnus et leurs biens cambriolés. La population déplore le silence assourdissant des autorités locales. Dans un contexte d’effondrement des cours de la vanille, principale source de revenus locale, Tany appelle les citoyens à soutenir ces familles victimes de tromperies et d’injustice.

Marie Nathassa Razafiarisoa, traductrice malgache qui a accompagnée une journaliste de RFI durant trois jours dans la région Sava pour un reportage sur les élections présidentielles, a été arrêtée à Sambava et déférée à Antalaha pour avoir visité des jeunes de son quartier emprisonnés, leur avoir cherché un avocat et tenté de défendre les habitants dont les maisons ont été détruites, sans préavis.

Marie Nathassa Razafiarisoa est présidente de l'Association Tanora Tia Fivoariana Sava (TTF-Sava) qui œuvre pour l'autonomisation des jeunes et la défense des droits humains. Elle a organisé un plaidoyer et une conférence de presse le 14 novembre pour les familles restantes, 365 habitants, afin que cessent les destructions de leur maison, qu'une lettre officielle et un préavis leur soit donnés et que des négociations soient ouvertes sur leur sort. Le 20 novembre, trois gendarmes sont venus au domicile de Marie Nathassa Razafiarisoa pour l’arrêter, sans convocation. Ils sont revenus avec une convocation mais lorsqu’elle s’est rendue à la gendarmerie, ils ne l’ont pas interrogée et elle est rentrée chez elle. Le 22 novembre, elle a été de nouveau convoquée pour une enquête, suite à une nouvelle plainte de Michael Loo-Ki, qui aurait acquis des terrains du quartier en 2017. Interrogée à la gendarmerie de Sambava, Marie Nathassa Razafiarisoa a été placée en garde à vue à Antalaha. La gendarmerie lui a signifié trois chefs d’inculpation : association de malfaiteurs, destruction de culture (clôture ?) et tentative de meurtre. Elle n’a fait que rendre visite en prison à des jeunes de son quartier et chercher un avocat pour qu’ils soient défendus selon la loi et fait une doléance pour appeler à des négociations, afin de trouver des solutions pour ses concitoyens chassés de chez eux sans préavis. Deux nouvelles personnes ont été arrêtées à Sambava.

Marie Nathassa Razafiarisoa a obtenu une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, jusqu’au procès prévu le 26 janvier. Sa défense s’organise grâce à l’appui de la société civile

<> 22/11/23 - Le Monde/AFP - Des queues devant le parti d'Andry Rajoelina "pour récupérer l'argent"
La formation politique du chef de l’Etat, qui pourrait être réélu dès le premier tour de scrutin, dément avoir promis une contrepartie financière à une adhésion.Quelques jours après le premier tour de l’élection présidentielle, des centaines de partisans du président sortant Andry Rajoelina faisaient la queue pour venir chercher leur carte du parti, estimant qu’elle leur donne droit à rétribution, ont constaté des journalistes de l’AFP. M. Rajoelina est donné largement favori et pourrait être réélu sans avoir à affronter un second tour prévu en décembre, mais les résultats complets sont encore attendus. Mardi, il obtenait plus de 60 % des voix, à l’issue de 50,83 % des dépouillements, selon la commission électorale.

<> 20/11/23 –Icône musicale, la reine du Salegy, Ninie Donia, de son vrai nom Bezara Eliane Virginie, a rendu l’âme dans l’ambulance qui la conduisait de sa prison de Nosy Be à l’hôpital d’Antsiranana. Atteinte d’un cancer de pancréas, l’état de santé de l’activiste politique TIM s’est aggravé durant sa détention et elle n’avait pu bénéficier d’une évacuation sanitaire. Suite à plusieurs condamnations antérieures, elle avait écopé de 18 mois de prison ferme en 2022, suite à une plainte déposée par la Jirama et l’Etat pour avoir incité la population à fomenter des troubles à l’ordre public en voulant empêcher un accaparement illicite de terrain[1]. Sept chefs d’inculpation avaient été retenus contre elle, dont complicité avec des dahalo. Elle est la première à avoir chanté des textes engagés, pour la cause des femmes. « C’était une féministe engagée, qui avait cette particularité de ne pas rabaisser les hommes, mais de rehausser les femmes » explique son ami, Cerveau Kotoson, professeur d’art et culture à l’Université d’Antsiranana.
L’artiste Wawa, conscient de son état de santé, avait imploré Andry Rajoelina à la relâcher, en s’agenouillant devant lui lors de l’ouverture officielle de son festival Somarôho. Plusieurs artistes et amis ont demandé une grâce présidentielle. Mais l’appel est reste sans réponse. Ninie Donia s’était présentée à l’élection présidentielle de 2018. Des commentateurs évoquent un assassinat politique. Le directeur régional de l’administration pénitentiaire a démenti que Ninie Donia ait été empoisonnée en prison comme l’affirment des rumeurs.
L’Agence Malagasy de presse écrit : « C’est la première fois qu’un artiste meurt en prison. Un avertissement pour ceux qui sont au pouvoir, étant donné que des journalistes sont également malades à Antanimora, Tsiafahy et Imerintsiatosika. Leurs soins sont précaires et ils ne sont plus en bonne santé. Nous citons, entre autres, Rolly Mercia, Lola, Mbola ou encore Malama. Vous voulez qu’ils meurent en prison ? Libérez-les SVP ! Le cas de Ninie Donia est la preuve d’un mauvais traitement dans les pénitenciers. »
Soutien des citoyens et paysans dans la défense de leurs terres et ressources naturelles, « l’artiste Ninie Donia a été emprisonnée parce qu’elle a mené différentes actions pour protéger des communautés locales de Nosy Be contre l’accaparement de leurs terres contre de riches Malgaches et des karana (…). Ninie Donia s’est impliquée dans la défense des habitants, dans le conflit foncier qui les a opposés à la société sucrière Sirama », explique Mamy Rakotondrainibe, présidente du Collectif Tany. Outre les hommages qui inondent les réseaux sociaux, de nombreuses voix s’élèvent aussi pour critiquer le pouvoir en place, accusé de l’avoir mise en prison parce que ses prises de position dérangeaient les intérêts économiques de certains.


[1] Le 13 mai 2022, Ninie Donia avait publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle, en compagnie d’une cinquantaine de personnes regroupés dans l’association « Zafifotsy Manongalaza », elle interpelle le chef de l’Etat, le premier ministre et le procureur de la République pour une affaire d’expulsion de leur logement d’habitants de Nosy-Be. Un mois plus tard, l’artiste et son association ont manifesté en ville. Rapidement, une série d’arrestations s’en est suivie. Dans la soirée même, la décision a été prise par le procureur de les mettre sous mandat de dépôt pour la préservation de l’ordre public. Trois jours plus tard, ses partisans se sont rués vers la maison centrale pour réclamer leur libération. Ils se sont heurtés aux forces de l’ordre, faisant au moins trois blessés. 10 jours après s’est tenu le procès, suivi par des personnalités politiques, surtout de l’opposition, et des habitants de Nosy-Be. Midi rappelle que « l’île au parfum constitue un terrain fertile aux détournements de terrains. Les litiges fonciers y sont nombreux et des étrangers sont souvent impliqués dans ce genre d’affaire. Un documentaire d’une chaîne internationale, il y a quelques années, a éclairé quelques cas de trafic de terrains sur cette île, l’une des rares qui attirent la jetset. »

<> 20/11/23 - Achats de votes. Une onde de mécontentement secoue la capitale. La Gazette écrit : « Des milliers de personnes convergent vers les quartiers généraux des partis politiques TGV, MAPAR, et IRD, réclamant l’argent qui leur avait été promis en échange de leur dévouement à favoriser la réélection d’Andry Rajoelina. Ces révélations choquantes soulèvent des questions cruciales sur la légitimité des élections, mettant en lumière des pratiques douteuses et des manœuvres visant à manipuler le processus démocratique. Les membres de cette foule étaient chargés de missions douteuses visant à semer le chaos lors des manifestations pacifiques des 11 candidats, à remplir les stades et autres lieux où Andry Rajoelina faisait sa propagande, à donner des interviews à la télévision vantant des exploits inexistants, à créer de faux comités de soutien et à donner l’illusion que la foule était unanime en faveur du président sortant. Leur fidélité à Andry Rajoelina était censée être récompensée financièrement, avec des promesses allant de 5 000 à 300 000 ariary. Cependant, ces sommes d’argent ne leur ont jamais été versées, suscitant l’ire de ces individus dont les noms ont été consignés dans un registre. On leur a également remis une carte faisant office de preuve de leur appartenance à l’association TGV, qui semble rassembler toutes les personnes ‘achetables’ dans le pays. Les partisans d’Andry Rajoelina, ayant voté en sa faveur, sont également confrontés à des demandes de preuve de leur choix, moyennant une somme de 300 000 ariary. Cette révélation soulève des inquiétudes quant à l’intégrité du processus électoral, laissant entrevoir une manipulation des résultats pour favoriser un seul candidat. (…) La protestation actuelle des foules réclamant l’argent qui aurait été utilisé pour acheter leur voix devient le point culminant d’un processus électoral truqué et illégitime.»

https://lgdi-madagascar.com/2023/11/20/politique/revelations-choquantes-des-foules-reclament-le-paiement-promis-pour-avoir-influence-les-elections-a-madagascar/

<> 19/11/23 - Le Monde - Crise électorale à Madagascar : les observateurs internationaux appellent au dialogue
Leurs paroles étaient attendues Quarante-huit heures après une journée de vote boudée par la population, les trois groupes d’observateurs internationaux, Union Africaine, Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC en anglais) et Organisation internationale de la francophonie (OIF), ont présenté samedi 18 novembre les premiers résultats de leur mission et appelé – de manière plus ou moins directe – le gouvernement à ouvrir une concertation afin de sortir de la crise dans laquelle Madagascar s’enfonce depuis plusieurs mois.
L’Union africaine a envoyé le message le plus clair : « Nous prenons acte de la tenue du scrutin présidentiel jeudi 16 novembre », a déclaré la cheffe de la mission d’observation électorale, la centrafricaine Catherine Samba-Panza avant d’« exhorter fortement le gouvernement à mettre en place un cadre de dialogue (…) réunissant toutes les forces vives afin de trouver une issue à la crise politique ». L’OIF a souhaité pour sa part « le rétablissement de la confiance et de l’Etat de droit » afin de préserver la stabilité du pays. La SADC s’est exprimée avec davantage de retenue.
Malgré les précautions sémantiques des diplomates, le message a été très mal reçu par le camp du président sortant, Andry Rajoelina.

<> 18/11/23 - Communiqué de l'Observatoire Safidy sur le processus électoral
Le taux de participation au scutin présidentiel serait de 43,8 %, selon les données obtenues par l’observatoire Safidy sur la base d’un échantillon de 2 876 bureaux de vote
. Il s’agit du taux le plus faible jamais enregistré dans l’histoire des élections à Madagascar, fait-on remarquer. Selon cet observatoire, la chute du taux de participation à l’élection présidentielle pourrait entraîner un manque de légitimité du président élu et fragiliser les institutions de la République. Pour expliquer la chute du taux de participation, Safidy a relevé plusieurs points, notamment le déficit de confiance des électeurs envers les deux institutions électorales (CENI et HCC) ; le refus du Collectif des candidats de participer au processus électoral accompagné par des consignes de non-participation au vote ; l’environnement électoral sous tension et les mesures de sécurité prises par les forces de sécurité créant un climat intimidant ; ou encore l’indifférence de la population vis-à-vis de l’environnement politique qui n’apporte rien de positif au quotidien. Safidy pointe du doigt la prolifération de mauvaises pratiques pendant la campagne,une rupture de l'égalité de tous devant la loi, le manque de neutralité et d'impartialité de l'administration, des cas de violation des droits humains, la manipulation des masses, les achats de voies, la stratégie d'influence d'artistes...

<> 16/11/23 - Tribune - Edito - Madagascar, élections, diplomatie, langue de bois et sortie de crise
La capacité de langue de bois et de verbiage diplomatique que l’on subit des observateurs internationaux qu’il s’agisse des chancelleries, des misions européennes ou autres observateurs africains détachés sur l’Ile quant au regard qu’ils ont sur la situation politique de la Grande Ile nous irrite au plus haut point. Mais… Il serait temps de régler l’ambivalence de nos relations avec la communauté internationale : le lundi, sur des avis déplaisants émis par des observateurs étrangers, on va pousser des cris d’orfraie et hurler à l’ingérence : « On en a assez de la colonisation, du mépris et de la condescendance de l’étranger (et de l’occidental vazaha en particulier) ». Et le Mardi on va appeler les casques bleus au secours d’un « vonjeo » étranglé pour espérer mettre fin aux exactions d’un pouvoir qui dérape au-delà de toutes les limites.
Cette ambivalence relève avant tout d’une profonde méconnaissance de ce qui dicte la politique et la diplomatie de nos « partenaires » étrangers…

<> 16/11/23 - Tribune - Scénario perdant, perdant
On n’a aucune hésitation à prédire que l’abstention sera le grand vainqueur de la présidentielle 2023 à Madagascar. Pour mémoire, le pire taux de participation de l’histoire des élections républicaines à Madagascar était de 48%, lors du second tour de 2018. Cette année, ce record sera pulvérisé du fait de la conjonction de trois facteurs.

<> 16/11/23 - Tribune - Edito - Madagascar : Elections, Propagande & Respect de la dignité humaine
Au-delà des logiques et légitimes revendications en termes d’inclusivité, de transparence et d’équité des élections qui s’énoncent face aux dérives du pouvoir actuel, il est une question qu’on n’entend à mon avis pas assez : dans ce qu’ils osent encore appeler une campagne électorale, a-t-on encore idée de ce qu’est le respect de la dignité humaine ?

<> 14/11/23 - Conclusions finales de l'audit indépendant du fichier électoral


<> 15/11/23 - Mondafrique - La Présidentielle consacre un capitalisme prédateur cosmopolite

Les vedettes du match électoral qui aura lieu ce jeudi 16 novembre sont à présent Andry Rajoelina, l’ex DJ qui a réussi dans la publicité avant d’emporter la mairie de Tana, et Siteny Randrianasoloniaiko, qui après ses études en Communication et Gestion à l’International Leadership School de Pretoria, retourne à Madagascar où il fonde des entreprises dans le secteur de la télécommunication et des médias, y compris la création de Radio Siteny en 2013. LLe Bureau des droits de l’Homme des Nations unies se dit « préoccupé » par la gestion des rassemblements politiques et la « situation des droits humains ». Les observateurs ont noté un emploi excessif et disproportionné pour disperser quatre manifestations organisées par le Collectif des candidats à la présidentielle, dont un des membres a été arrèté ce mardi par la police.

<> 13/11/23 - Mondafrique - Maminiaina Ravatomanga, dit Mamy, Monsieur (de)Loyal du cirque électoral
Homme d’affaires et deuxième fortune de Madagascar, Maminiaina Ravatomanga, dit « Mamy », qui a caressé des ambitions présidentielles, a toujours été un conseiller officieux du président malgache et à nouveau candidat à la Présidentielle du 16 novembre, Andry Rajoelina. Les deux hommes se sont rapprochés courant 2008 parce que leurs sociétés respectives se trouvaient en butte au fisc, dont les enquêtes avaient été initiées par l’entourage du président de l’époque, Marc Ravalomanana. Par la suite, Ravatomanga a soutenu l’accession de l’actuel Président au pouvoir en mars 2009 et n’a cessé de soutenir depuis. C’est le propriétaire de plusieurs titres de journaux comme La Vérité, Inona no Vaovao, Madagascar Matin et Ino Vaovao en provinces.


<>Doc
13/11/23 - Le Grand Continent - Olivier Vallée et Juvence Ramasy - Madagascar : un deuxième coup d'Etat pour Andry Rajoelina ?

De l’armée à la police, une victoire du président sortant, qui s’est d’ores et déjà lancé dans un « coup d’État institutionnel », serait une consécration pour le complexe politico-sécuritaire à Madagascar. Selon Juvence F. Ramasy et Olivier Vallée, elle signerait le succès d’une entreprise en gestation depuis plusieurs années sur la Grande île et dont les causes profondes sont à rechercher dans le populisme messianique du ray aman-dreny.

<>Doc 13/11/23 - Le Grand Continent - élections à Madagascar : Comment Rajoelina a verrouillé le scrutin - Une conversation avec Christiane Rafidinarivo

Que se passe-t-il à Madagascar ? Un agenda électoral tendu plonge le pays dans une situation inédite — où la mobilisation surprenante des candidats de l'opposition se combine à la fragilité du Président sortant dans le dispositif électoral. Avec Christiane Rafidinarivo, nous dressons un état des lieux d’une situation critique, inédite dans l’histoire de la démocratie électorale malgache.


<>
13/11/23 - TV5 Monde - La présidentielle du 16 novembre incertaine ?
https://www.youtube.com/watch?v=AMfmLgLIkaU

<>13/11/23 - Le Monde - Madagascar à l'aube d'une présidentielle périlleuse
A trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, prévue jeudi 16 novembre, le bras de fer se poursuit entre le président sortant Andry Rajoelina et l’opposition qui demande le report du scrutin. Sans que nul ne se risque à en prédire l’issue.

<> 12/11/23 - TV5 Monde - Les cadeaux de campagne

https://www.youtube.com/watch?v=5HjhjJDZu44

<> 11/11/23 - La campagne a été marquée par de fortes tensions. Les internautes s'emparer du sujet avec humour. Certains en ont même fait une arme contre la censure, comme l’atteste la vidéo de Gaëlle Borgia, diffusée sur TV5 Monde :

https://information.tv5monde.com/afrique/video/madagascar-la-campagne-vue-avec-humour-2675236

<> 10/11/23 - Le Monde - Cinq choses à savoir sur Andry Rajoelina. Vidéo.
Le président sortant Andry Rajoelina est candidat à un deuxième mandat à la tête du pays. L’ancien homme d’affaires, empêtré dans plusieurs scandales, dont celui sur sa nationalité française, cristallise les critiques depuis des mois, au point de mettre en péril la stabilité du pays. Les manifestations de l’opposition, quasi quotidiennes, ont été durement réprimées et le scrutin reporté au 16 novembre.

Retour en images sur cinq éléments-clés de la vie d’Andry Rajoelina.
https://www.lemonde.fr/afrique/video/2023/11/10/madagascar-cinq-choses-a-savoir-sur-andry-rajoelina_6199345_3212.html

<> 10/11/23 - Tribune - Edito - Médiation nationale - Parcours du combattant - L'étau se resserre autour du régime
La Plate-forme de dialogue et de médiation réunie sous la houlette de la Présidente de l’Assemblée nationale et du FFKM va avoir du mal à mettre sa déclaration en œuvre, du moins dans l’immédiat. Juste après qu’elle ait été diffusée hier soir, les pages Facebook de Hajo Andrianainarivelo et Hery Rajaonarimampianina appelaient leurs partisans à une manifestation samedi avec le 13 mai pour objectif. C’était clairement une fin de non recevoir à l’appel des médiateurs nationaux qui demandaient à la fois l’arrêt du processus électoral, mais aussi celui des manifestations. Hajo Andrianainarivelo a depuis supprimé son post. On va donc regarder avec curiosité lesquels des 13 candidats vont finalement se rendre à l’appel de la Plateforme aujourd’hui à Tsimbazaza.

<> 08/11/23 - Le Monde - Tribune - "Les Malgaches n'accepteront pas de reconnaître le vainqueur d'un scrutin massivement fraudé"
Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine Michèle Rakotoson salue le « mouvement de fond » qui voudrait mener Madagascar « vers la démocratie et une gestion plus saine du pays ». La tension est forte à Madagascar à une semaine de la présidentielle. Le collectif des dix candidats qui s’opposent à la tenue de l’élection dans les conditions fixées par le pouvoir se voit interdit de manifester librement. Ses tentatives de rassemblement sur la place du 13-Mai, théâtre de toutes les contestations, ont jusqu’à présent échoué.

<> 08/11/23 - La société civile lance un nouvel appel à la protection de l’Aire du patrimoine autochtone et communautaire (APAC) de l’île de Sakatia à Nosy Be, contre un projet d’accaparement de terre et de déplacement de population. En cause, la réalisation d’un projet présidentiel d’infrastructure porté par l’entreprise Green Mada Land : une menace pour la biodiversité, les moyens de subsistance de la population et une atteinte à ses droits humains. Cette gestion communautaire a été reconnue à travers un contrat de transfert de gestion établi avec le ministère de l’environnement. De plus, Sakatia est une APAC emblématique, une aire gérée et gouvernée par les communautés locales dont les règles, les valeurs et les pratiques traditionnelles contribuent à la conservation des ressources de l’île et au bien-être de la communauté. Le 24 mai, le préfet de Nosy Be a convoqué des représentants de la communauté pour discuter d’un déplacement de population pour faire place à ce projet portant sur un terrain de 17 ha auquel l’Etat a attribué à la société un bail emphytéotique pour la construction d’un complexe hôtelier. A noter qu’un arrêté ministériel du 29 novembre 2019 avait annulé le bail emphytéotique que la société avait obtenu de manière douteuse. Or, la communauté apprend qu’un bail est actuellement en cours, sans avoir ne été informée ni impliquée pour les deux décisions. Le Fokonolona s’oppose à ce projet et demande aux autorités de faire preuve de transparence sur les informations concernant le bail emphytéotique accordé, d’annuler ce bail, de reconnaître le droit de propriété foncière du Fokonolona, d’éviter tout déplacement de population afin de renforcer la protection des droits humains liés à la propriété foncière du Fokonolona, de soutenir les efforts de la communauté dans la conservation de la biodiversité de l’île et la promotion du tourisme communautaire, d’accélérer l’adoption de l’avant-projet de loi sur les terrains à statut spécifique et celui sur le foncier communautaire dans un sens qui respecte les droits fondamentaux des communautés; de prendre ses responsabilités pour respecter les droits individuels et collectifs du Fokonolona

VaoVaoCheck a examiné la déclaration d’Alban Rakotoarisoa du 23 août 2023 affirmant que le Président Rajoelina a une mainmise sur la HCC. D’après nos vérifications, s’il n’existe pas de preuve de cette mainmise, les informations disponibles en sources ouvertes (OSINT) permettent de relever que sept des neuf membres de la HCC sont des proches ou anciens collaborateurs d’Andry Rajoelina, pendant son mandat présidentiel.

https://www.facebook.com/profile.php?id=61552301786925

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07/11/23 -
Stop à l’usage de la violence et à la répression brutale des manifestations pacifiques et légitimes des citoyens
Suite aux récents évènements survenus à Antananarivo, à savoir les actes de violation graves des droits humains perpétrés par les forces de l’ordre sous les ordres des autorités en place, nous, signataires du présent communiqué, condamnons avec la plus grande force l’usage croissant de la violence et la répression brutale des manifestations pacifiques et légitimes des citoyens Malagasy.
Ces violations montrent le mépris total des autorités en place pour la Constitution Malagasy et les lois nationales, ainsi que pour les obligations de l’Etat Malagasy découlant des conventions internationales relatives aux droits humains qu’il a ratifiés, notamment le Pacte international relatif aux Droits Civils et Politiques.
Etant donné que les autorités en place se sont déclarées expertes en droits humains, elles sont par conséquent censées savoir que les mesures prises en raison de maintien de l'ordre ne doivent jamais être arbitraires et ne sont licites que dans la stricte mesure où la situation l’exige.  Cependant, force est de constater que l’utilisation à outrance des arguments de la sécurité nationale, de l’ordre public et de la sûreté publique donne actuellement libre cours à la restriction abusive des droits et des libertés fondamentales des citoyens, notamment le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions, le droit à la liberté d’expression, le droit de réunion pacifique, ainsi que le droit à la liberté d’association.
Par ailleurs, aucune circonstance exceptionnelle ne peut être invoquée pour justifier une telle dérogation aux principes de base relatifs à l’usage de la force, à savoir la légalité, la nécessité et la proportionnalité. Qui plus est, vu que les forces de l’ordre agissent de manière arbitraire et sans discernement, l’interdiction de s’attaquer à des personnes qui ne participent pas à des actes de violence n’a pas non plus été respectée, entraînant de ce fait une violation de la dignité et de l’intégrité humaines.
En outre, nous rappelons aux responsables actuels que même quand il doit recourir à la force, l’Etat ne peut pas se soustraire en même temps à sa responsabilité de protection du droit à la vie, à la liberté et à la sureté de toute personne. Les agents de l’Etat ne peuvent, en aucun cas, mettre délibérément en danger la vie d’innocents, surtout des enfants, de par leurs agissements.
Nous appelons au rétablissement d’urgence de l’Etat de droit à Madagascar, car aucune autorité ou institution de l’Etat n’est au-dessus des lois, et demandons l’ouverture d’une enquête immédiate, transparente et impartiale sur ces violations des droits fondamentaux de la population, et réclamons la poursuite en justice de tout agent de l’Etat s’étant rendu coupable de tels actes de violation des droits humains.
Nous exhortons les autorités à cesser sans délai toute forme de violence et de répression à l’encontre des citoyens qui sont déterminés à continuer l’exercice de leurs droits civils et politiques, et à respecter les libertés fondamentales de tout le peuple Malagasy sans discrimination aucune.

  Antananarivo le 05 novembre 2023

  - Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement – Océan Indien (CRAAD-OI)   craad.madagascar@gmail.com ; http://craadoimada.com
- Femmes en Action Rurale de Madagascar (FARM) - farmmadagascar@gmail.com; https://web.facebook.com/farmadagascar
- Réseau des Jeunes pour le Développement Durable (RJDD) - rjdd.madagascar@gmail.com; https://web.facebook.com/RJDDMadagascar

  
<> 05/11/23 - The Conversation - Solofo Randrianja  IEP Madagascar - Une_élection présidentielle à haut risque

Au bout des cinq années prévues par la Constitution, les autorités convoquent les électeurs malgaches pour élire leur prochain président, le 16 novembre 2023. L'élection présidentielle sera suivie par les élections législatives qui confieront, sans nul doute, la majorité au parti du président élu. Les différentes élections au niveau local confirmeront dans la même logique cette tendance à l’hégémonie. C’est donc un enjeu important. Un tel édifice n’est que la partie visible d’un mécanisme de verrouillage qui ne laisse que peu de place à l’opposition, l’ensemble est éminemment crisogène. Comme pour la majorité des précédentes élections, celles à venir présentent tous les signes d’une crise politique dans un contexte économique plus que difficile et un climat social explosif. Madagascar est sans doute le seul pays au monde qui connaît une régression économique quasi continue depuis plusieurs décennies sans qu’il n’y ait un conflit d’importance sur son sol. Cette régression s'est particulièrement aggravée sous les deux présidences d’Andry Nirina Rajoelina, qui ont connu plusieurs cas de famine, dans le sud de Madagascar notamment.

Mes recherches portent sur l'histoire politique de Madagascar. Dans cet article, j'analyse les facteurs qui vont influencer les résultats du scrutin présidentiel du 16 novembre à Madagascar.

<> 03/11/23 - Le Monde - Election présidentielle à Madagascar : le silence de la France sème le trouble
Dans une lettre au Parlement français, l’opposition demande à Paris d’ouvrir les yeux sur la gravité de la crise et de faire pression sur le « Français » Rajoelina. La lettre de deux pages est adressée à plusieurs institutions parlementaires et organisations internationales, mais c’est en premier lieu la France qui est interpellée. L’ambassadeur de France à Antananarivo, Arnaud Guillois, ne s’y est pas trompé et a été le premier à recevoir, jeudi 2 novembre, une délégation de quatre parlementaires malgaches venus relayer l’inquiétude et l’incompréhension des signataires face au silence de la France devant la crise préélectorale dans laquelle s’enfonce Madagascar.

<> 01/11/23 - RFI -Transparency International dénonce des dépenses de campagne faramineuses

Andry Rajoelina et Siteny Randrianasoloniaiko sont les deux candidats à avoir loué des aéronefs pour effectuer leurs déplacements sur l'île durant la campagne. Ici, l'un des appareils estampillé aux couleurs du député de Tuléar.
Alors que trois sur les treize candidats en lice pour la présidentielle malgache ont démarré leur campagne, l’ONG Transparency International Initiative Madagascar, qui compile les informations pour estimer les dépenses de campagne des candidats, a dénoncé les sommes faramineuses engagées par les deux grandes figures de cette campagne totalement atypique
Andry Rajoelina et Siteny Randrianasoloniaiko sont les deux candidats à avoir loué des aéronefs pour effectuer leurs déplacements sur l'île durant la campagne. Ici, l'un des appareils estampillé aux couleurs du député de Tuléar. © Sarah Tétaud / RFI

D’après l’enquête menée par la cellule du suivi des élections de Transparency International, les candidats Andry Rajoelina et Siteny Randrianasoloniaiko ont sans doute plus de points communs qu’ils ne le souhaiteraient. Selon le coordonnateur de cette cellule Vatsy Rakotonarivo, le principal, c'est d’abord leur manière de faire campagne coulée « dans le même moule » : « C’est-à-dire des déplacements en hélicoptère ou en jet privé, une grande scène avec une sonorisation gigantesque et des artistes de renommée, et des distributions massives de vêtements à leur effigie. »
L’étude menée par des dizaines d’enquêteurs répartis sur tout le territoire souligne ces trois semaines de meetings aux coûts faramineux. « Chacune des deux figures principales a dépensé, selon nos estimations les plus basses, environ 3 milliards d’ariary, soit à peu près 700 000 euros, ce qui est énorme pour un pays comme Madagascar. Derrière tout ça, il y a une opacité du financement. D’où vient l’argent ? Et est-ce que la principale priorité du vainqueur, une fois élu, ne sera pas de rembourser cette somme-là ? On ne sait pas. Autre chose qui est marquante dans cette étude-là, c’est que le candidat Siteny a dépensé en seulement une semaine de meetings – puisqu’il est entré tardivement en campagne – presque l’équivalent de ce qu’a déensé Andry Rajoelina en trois semaines de campagne, selon toujours nos estimations. »

Dénégations

Interrogé, le candidat Siteny rétorque faire campagne en respectant les règles : « Notre trésorier et notre directeur financier travaillent conformément à la loi. Ce n'est pas le bon moment pour présenter des rapports, puisque nous sommes au beau milieu de la campagne, mais nous ferons preuve d'une transparence totale après la campagne », assure le candidat numéro 13.

Concernant la provenance des fonds, il affirme avoir « investi toute [sa] fortune personnelle dans ce projet. Les personnes qui ont confiance en moi et en mon projet ont également fait des dons et me soutiennent. Comme la violence augmente à Madagascar, pour la sécurité de tous, je ne souhaite pas divulguer d'autres détails. Néanmoins, j'assure une fois de plus que je ne bénéficie d’aucun soutien en provenance de la Russie » conclut l’élu de Tuléar.

Transparency International regrette de son côté de voir se répéter à nouveau les mêmes « pratiques néfastes qu’en 2018 et 2013 ».

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20231101-madagascar-l-ong-transparency-international-d%C3%A9nonce-des-d%C3%A9penses-de-campagne-faramineuses

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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28 février 2021

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Lutte contre le coronavirus
  • Diplomatie, géopolitique

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice
  • Gouvernance
  • Trafics d'or à destination de Dubaï via l'Afrique du Sud
  • Droits des femmes
  • Agitation dans les universités, droits de l'enfant
  • Santé
  • Migrations, code de la nationalité
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, foncier
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par les dessinateurs de presse

Planche

30 novembre 2021

REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
    Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes - Interruption thérapeutique de grossesse
  • Migrations
  • Droits de l’enfant, éducation, université
  • Santé, Covid 19
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Environnement, COP26, dérègment climatique,
  • Le « kere » dans le Sud
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

>> Télécharger la revue de presse  pdf, 30 pages

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L'actualité du mois vue par les dessinateurs de presse

Planche

16 août 2021

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2021

16 08 21 - Andry Rajoelina remanie son gouvernement à mi-mandat. La nouvelle équipe compte 32 membres, dont 21 nouveaux ministres, trois vice-ministres et deux secrétaires d’État. La rumeur d’un remaniement courait depuis près d’un an. Christian Ntsay, en place depuis 2018, est finalement reconduit comme premier ministre. Les ministres ont été remerciés ou maintenus selon leurs bilans respectifs. Sont notamment reconduits les ministres de la défense, de la sécurité publique, ainsi que Lalatiana Rakotondrazafy, ministre de la communication et de la culture. Ce sont trois piliers de la défense du régime face à ses détracteurs. Patrick Rajoelina (qui a le même patronyme que le chef de l'Etat, mais pas de lien familial direct), anciennement conseiller spécial du président, est nommé au ministère des affaires étrangères. Edgard Razafindravahy, ancien PDS d’Antananarivo, candidat à la présidentielle de 2018, propriétaire de L’Express, devient ministre de l’industrie et du commerce. Sophie Ratsiraka, fille cadette de l’amiral Didier Ratsiraka, ancien président de la République décédé en mars, est nommée ministre de l’artisanat. Quelques semaines avant son décès, Didier Ratsiraka avait confié l’excellence de ses relations avec le président de la République, à qui il avait suggéré que l’un de ses enfants puisse intégrer le gouvernement. Andry Rajoelina a indiqué que lors de la composition de ce nouveau gouvernement un soin particulier avait été apporté à la parité femme-homme (mais seulement 11 femmes sur 32), et à l’équilibre régional.

Ce remaniement intervient dans un contexte politique troublé avec un exécutif fragilisé, note RFI. Il reste deux ans à ce gouvernement pour porter la voix de l’émergence de Madagascar, le programme du président, dont le plan économique est toujours attendu par les décideurs.

Pour Midi, la nomination d’Edgard Razafindravahy est une excellente décision de par son expérience en tant qu’opérateur économique et capitaine d’industrie. Sa connaissance particulière de la filière riz et farine grâce à son vécu dans l’Alaotra et la direction de la minoterie Kobama seront des atouts pour la résolution du problème de hausse des prix des produits de première nécessité. Liva Tehindrazanarivelo, qui s’occupait du portefeuille des affaires étrangères, a été limogé. Il a été en charge du dossier sur les Îles Eparses ainsi que les négociations avec la justice sud-africaine sur l’affaire d’exportation illicite de 73,5 kg d’or. Le traitement de ces dossiers n’a pas convaincu, rapporte L’Express. Après de longues réflexions, le général Serge Gellé est nommé secrétaire d’État à la gendarmerie nationale. Il aura la lourde tâche de succéder au général Richard Ravalomanana qui a fait connaître son souhait de se retirer de la vie politique. Le ministère de la santé détient le record en termes de changement de ministre. Le professeur Arivelo Zely est le quatrième titulaire à ce poste depuis 2019. Pour Tribune, avec ses 33 membres, premier ministre inclus, ce nouveau gouvernement est plus étoffé qu’auparavant On peut raisonnablement supposer que le coût de fonctionnement sera nettement supérieur à celui qui l’a précédé.

Liste des membres du nouveau gouvernement Christian Ntsay

  • Ministre de la Défense nationale : Général de corps d’armée Léon Richard Rakotonirina,
  • Ministre des Affaires étrangères : Patrick Rajoelina,
  • Ministre de l’Économie et des Finances : Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison,
  • Garde des Sceaux, ministre de la Justice : Imbiki Herilaza,
  • Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation : Pierre Houlder Ramaholimasy
  • Ministre de la Sécurité publique : Contrôleur général Fanomezantsoa Rodellys Randrianarison
  • Ministre du Développement de l’industrie, du commerce et de la consommation : Edgard Razafindravahy,
  • Ministre de l’Aménagement du territoire et des domaines : Hajo Andrianainarivelo
  • Ministre de la Santé publique : Pr Arivelo Zely Randriamanantany
  • Ministre de l’agriculture et de l’élevage : Harifidy Ramilison
  • Ministre de la pêche et de l’économie bleue : Paubert Mahatante
  • Ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures : Andry Ramaroson
  • Ministre des Mines et des Ressources stratégiques : Brice Randrianasolo
  • Ministre Tourisme : Joël Randriamandranto
  • Ministre des Transports et de la météorologie : Tinoka Roberto Raharoarilala
  • Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Fonction publique et des Lois sociales : Gisèle Ranampy
  • Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Pr Elia Béatrice Assoumacou
  • Ministre de l’éducation nationale : Marie Michelle Sahondrarimalala
  • Ministre de l’Environnement et du Développement durable : Baomiavotse Vahinala Raharinirina
  • Ministre du développement numérique de la transformation digitale, des postes et des télécommunications : Tahiana Razafindramalo
  • Ministre de la Population, de la Protection sociale et de la Promotion de la Femme : Princia Soafilira
  • Ministre de la Jeunesse et des Sports : Mamod’Ali Hawel
  • Ministre de la Communication et de la Culture : Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo
  • Ministre des Travaux publics : Jerry Hatrefindrazana
  • Ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène : Ladislas Adrien Rakotondrazaka
  • Ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle : Gabriella Vavitsara Rahantanirina
  • Ministre de l’Artisanat et des métiers : Sophie Ratsiraka
  • Vice-ministre de l’Elevage auprès du ministère de l’Agriculture et de l’élevage : Dr Raymond
  • Vice-ministre de la Jeunesse auprès du ministère de la Jeunesse et des sports : Tahiana Juliana Ratovoson
  • Vice-ministre reforestation auprès du ministère de l’Environnement et du développement durable : Hortensia Antoinesie Haingosoa
  • Secrétaire d’Etat en charge des Nouvelles villes et de l’habitat auprès de la présidence: Gérard Andriamanohisoa
  • Secrétaire d’Etat en charge de la Gendarmerie auprès du ministère de la Défense nationale: Général de division Serge Gellé

<>  14 08 21 - Craad-OI Collectif Tany - Communiqué sur la réputation de la société Reenova Investment Holding Limited au niveau international
Projet d’exploitation de terres rares dans la presqu’ile d’Ampasindava, district d’Ambanja : ce qu’il faut savoir sur la réputation sulfureuse de la société Reenova Investment Holding Limited au niveau international.
Dans le cadre de leur appui aux communautés locales affectées par le projet minier d’exploitation de terres rares de la Reenova Rare Earth Malagasy (RREM) dans le district d’Ambanja, les deux organisations réitèrent leur appel à l’Etat de mettre fin à ce projet minier. Outre ses effets dévastateurs sur l’écosystème et sur les droits fondamentaux des populations concernées, elles attirent l’attention des autorités et des populations sur le manque de crédibilité et la réputation douteuse de cette société.

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01 08 21 - Le Point - Madagascar - La tentative d'assassinat du président Rajoelina décortiquée

La tentative d'assassinat déjouée du président Rajoelina révèle bien des évolutions de la société militaire malgache et de ses diverses connexions. Deux ex-Saint-Cyriens présentés comme les « cerveaux » d’un renversement avorté du président Rajoelina, une demande de financement d’un coup d’État adressée par courriel à un exploitant pétrolier, un pays en plein marasme économique… Ces ingrédients dignes d’un polar sont au cœur d’une affaire qui défraie la chronique à Madagascar.

 

 


 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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31 juillet 2021

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
        - Tentative d’assassinat contre Andry Rajoelina.
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, vindicte populaire
  • Justice
  • Gouvernance
  • Education
  • Droits des femmes et de l'enfant - Homosexualité
  • Migrations
  • Santé
        - Lutte contre le coronavirus
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement, foncier
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Le « kere » dans le Sud

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L'actualité du mois vue par les dessinateurs de presse

planche 2

30 juin 2021

REVUE DE PRESSE - JUIN 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, vindicte populaire
  • Justice
  • Gouvernance
  • Education, universités
  • Droits des femmes et de l'enfant
  • Santé
        - Lutte contre le coronavirus
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement, foncier
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Le « kere » dans le Sud

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