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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR

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28 octobre 2023

ARTICLES REMARQUES - OCTOBRE 2023

<> 31/10/23 - Collectif Tany - QMM - Tolagnaro - Trois membres de l'association LUSUD tués, plusieurs blessés, un_grand nombre de personnes arrêtées
Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les manifestants réunis à Maroamalona sur le chemin menant au site de Rio Tinto QMM. Le 6 octobre, après avoir demandé en vain à échanger avec les autorités, les membres de l’association ont manifesté pour réclamer des discussions avec QMM, menées par le président de l’association, ainsi que l’annulation des avis de recherche lancés contre le président et le secrétaire général. Le 19 octobre, la population a continué à manifester dans le calme dans une enceinte privée. Un membre du service de sécurité de MCS, sous-traitant de QMM, est entré dans l’enceinte pour transmettre un message de ses supérieurs. Les manifestants ont saisi son matériel, l’ont gardé avec eux et lui ont demandé de faire venir la personne qui l’a envoyé en mission. Le 20 octobre, les manifestants ont identifié un policier en tenue civile qui s’était infiltré parmi les participants à la réunion. Lorsque des agents des forces de l’ordre arrivés en voiture demandèrent de relâcher leur collègue, les manifestants ont répondu « nous ne le relâcherons pas tant que nous ne savons pas pourquoi il est venu au milieu des membres et pourquoi nous n’avons pas de réponse à nos revendications ». Les forces de l’ordre se mirent alors à tirer sans sommation, tuant 2 personnes. Le porte-parole de l’association, en l’absence du président et du secrétaire général, aurait été arrêté puis sommé d’avancer à quatre pattes sur le goudron avant d’être déposé à l’hôpital militaire où il a succombé au cours de la nuit.

<> 28/10/23 - Tribune - Edito - L'Etat de droit se courbe
Après s’être arc-boutée depuis des décennies, et en particulier durant les derniers mois, sur le caractère impératif et irréversible de ses décisions “tsy azo ivalozana”, la Haute cour constitutionnelle (HCC) s’est une fois de plus ridiculisée en changeant de fusil d’épaule. Hier, elle a donc décidé de désigner le général Richard Ravalomanana chef d’État par intérim. Une semaine auparavant, la ministre de la justice avait pourtant déclaré devant les médias qu’un tel revirement serait impossible, car la décision d’attribuer la tête de l’État au gouvernement collégial était sans retour en arrière possible. Connue dans les cercles bien informés depuis une semaine, cette nomination du général Ravalomanana ne fait que confirmer ce que tout le monde subodorait depuis sa désignation de dernière minute comme sénateur : c’est lui que Andry Rajoelina voulait voir à la tête de l’État pendant la phase transitoire, au lieu d’un Herimanana Razafimahefa considéré pas assez fiable pour gérer une période menaçante. "Quand on veut faire des choses sans morale, il faut choisir des complices sans scrupules" avait écrit Arie Becker.

<> 24/10/23 - Le Monde - L'ex-judoka Siteny entre en campagne et fragilise le boycott de l'opposition
Il se défend d’avoir brisé l’unité de l’opposition. L’ancien judoka Siteny Randrianasoloniaiko est entré en campagne pour affronter le président malgache sortant, Andry Rajoelina, laissant les dix autres candidats du « collectif des 11 » poursuivre seuls leur boycott d’une élection qu’ils considèrent comme biaisée et jouée d’avance. Dimanche 22 octobre, le candidat n° 13 a tenu son premier meeting à Vohémar, dans le nord de l’île, où l’effondrement du secteur de la vanille a ruiné des milliers de planteurs.

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23/10/23 - Tribune - Edito - Le quitte ou double de Siteny
Siteny Randrianasoloniaiko a donc décidé de franchir le pas samedi dernier et de poursuivre sa campagne électorale, tout en affirmant le maintien de son implication dans le Collectif des 11 candidats. Cet artifice rhétorique du postérieur entre deux chaises ne convaincra pas grand monde en-dehors de son camp. Malheureusement pour lui, dans un contexte culturel nourri aux mamelles du marimaritra iraisana à coups de ny mitabe tsy lanin’ny mamba, le voir abandonner le Collectif à ses promenades en portant des choux provoque de l’incompréhension, des suspicions et des irritations.
Pour le moment, le reste du Collectif s’est gardé de déclarations condamnant cette décision, se contentant de rappeler que la série de Diabe continue ce lundi. Roland Ratsiraka s’est juste permis une pique sur sa page Facebook, déplorant "qu’un des leurs fasse propagande alors que l’un des candidats a été blessé". Par contre, la majorité des réactions sur les médias sociaux est très négative et les attaques contre Siteny pleuvent. Il est accusé de faire le jeu du gouvernement, voire de n’être finalement qu’un pion de Rajoelina ou de Ravatomanga, l’homme le plus discret et pourtant le plus omniprésent dans la vie politico-économique à Madagascar. Tant et si bien d’ailleurs que quand les gens le mentionnent, c’est en chuchotant ou en utilisant divers surnoms.

<> 20/10/23 - Mondafrique - Olivier Vallée - Madagascar, un profond malaise social au coeur de la Présidentielle
En cette fin de cycle politique et sur la piste cahoteuse des élections présidentielles de novembre 2023, chaque dossier devient politiquement brûlant, au risque de dissimuler le plus important : à la différences des autres pays africains, l’appauvrissement de la population malgache semble irréversible.  Une chronique d’Olivier Vallée, de la revue « Le Grand Continent »

<>19/10/23 - 59 organisations de la société civile exigent l’abandon des charges à l’encontre d’un défenseur des droits humains. Son procès est annoncé pour le 26 octobre. Thomas Razafindremaka (Ihosy, région Ihorombe) a été convoqué par le tribunal correctionnel du PAC le 28 septembre. Les chefs d’accusationmentionnés dans la convocation à comparaître sont : s’être immiscé dans des fonctions dévolues aux huissiers de justice et celle des avocats et fait des actes de ces fonctions ; en tant que président d’une association, avoir sollicité sans droit une somme d’argent pour sa fonction ou sa mission ; avoir employé des manœuvres frauduleuses pour persuader, escroquer la fortune d’autrui ;avoir, dans l’exercice de ses fonctions, commis un acte en violation des lois et règlements afin d’obtenir un avantage pour lui-même ou son entité. Thomas Razafindremaka a naturellement nié ces accusations. En effet, la collecte des cotisations auprès des membres adhérents fait partie des clauses des statuts de son association, comme dans le cas de la plupart des associations à Madagascar. Comme tout défenseur des droits humains et acteur de la société civile, il a également mené des activités de conseil, d’orientation, de formation et a organisé des réunions, des ateliers ainsi que des séances de dialogue avec les autorités administratives locales sur différents domaines dont l’insécurité, la corruption, le plaidoyer… Thomas Razafindremaka possède une carte de défenseur des droits de l’homme délivrée par Frontline Defenders et réalise le travail qui lui incombe dans ce cadre. La principale plaignante a décrit les faits de manière très embrouillée et n’a pas pu présenter de témoin. Les deux avocates ont démonté chacun des chefs d’accusation et insisté sur l’absence de preuves. Elles ont également rappelé que Madagascar a ratifié des conventions et traités relatifs aux droits humains et que le prévenu a effectué son travail de défenseur des droits.

Thomas Razafindremaka a œuvré de manière courageuse et efficace pendant des années dans la défense et la protection des droits des communautés locales, des petits paysans, en particulier dans le cadre de l’accaparement de terres par des entreprises d'agribusiness et/ou minières et la dénonciation des actes de corruption dans la région de Ihorombe.

Les actions des activistes de la société civile sont de plus en plus délibérément interprétées à tort comme se substituant aux fonctions des avocats ou d’autres structures et représentants locaux. Ce genre de fausses interprétations avait déjà nui à feu Mr Raleva de Mananjary.

Les OSC signataires affirment que toute sanction éventuelle infligée à Thomas Razafindremaka constituera un déni de l’Etat des principes relatifs aux droits des défenseurs des droits humains tel qu’énoncé dans la DUDH, marquera le manque de volonté de l’Etat à adopter le projet de loi sur les lanceurs d’alerte et défenseurs des droits, et renforcera le sentiment grandissant de répression à l’endroit des organisations de la société civile.

<> 19/10/23 - Tribune - Edito - Dilemmes multiples pour les 11 candidats
On ne peut qu’approuver la décision du Collectif des 11 candidats à renoncer, pour le moment, à la conquête de la Place du 13 mai. La brutalité sans scrupules utilisée par les forces de répression à la solde du pouvoir a jusqu’à présent fait échouer les tentatives dans ce sens. Pour donner le change, le Collectif a donc décidé de poursuivre son périple en périphérie (Itaosy, Ambohipo, Tanjombato, Anosibe, Ambodimita etc.), sans risque de confrontation avec les barrages militaires au centre-ville. Sans doute cet revirement empreint de sagesse est le résultat de négociations menées en coulisses par les médiateurs du FFKM. L’effet secondaire est toutefois le risque de voir leur mouvement perdre de sa dynamique.

<> Interview d'Andry Rajoelina par France 24 et RFI :
https://www.youtube.com/watch?v=Ko5OfMuBUzs
« L'opposition veut confisquer la présidentielle » Le candidat, comme l’ex-président du Sénat, Herimanana Razafimahefa, a choisi les médias français pour riposter aux mises en cause dont il est l’objet. L’Express note que « depuis quelques temps, les hauts responsables du pays s’expriment sur des chaînes internationales plutôt que de donner les informations aux journalistes malgaches. » La prestation a été jugée peu convaincante par certains observateurs et n’a pas apporté d’informations nouvelles sur les sujets controversés, hormis cet aveu : « Ce n’est pas un crime que Madagascar les voies et moyens pour protéger notre nation contre toute attaque extérieure ou intérieure et déstabilisation de notre pays », a notamment déclaré Andry Rajoelina Il précise que ce logiciel de cyber-espionnage Predator acquis est l’IMSI catcher, un « dispositif mobile permettant d’intercepter à courte distance les conversations téléphoniques ». Il s’agirait d’un  « matériel d’essai » qui n’a « pas été installé dans sa totalité » et dont « une grande partie a été retournée en France » depuis.

<> 18/10/23 - Des associations déposent une plainte contre Tozzi Green
Le 13 octobre 2023, trois ONG et collectifs malgache, italien et français ont porté plainte contre l’entreprise italienne JTF Tozzi Green pour ses activités agro-industrielles à Madagascar. La plainte a été déposée devant le Point de contact italien de l’OCDE, pays où se trouve le siège de la multinationale. Il s’agit de la première plainte portant sur un cas d’accaparement de terre dans un pays du Sud. Les Etats belge et finlandais sont également concernés puisqu’ils financent Tozzi Green, à travers leurs banques publiques de développement

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16/10/23 - Le Monde -  A Madagascar, toutes les alternances se sont faites en dehors des règles
Solofo Randrianja est professeur d’histoire à l’université de Tamatave (Toamasina). Spécialiste de la vie politique contemporaine, il décrypte les causes de la nouvelle crise électorale que traverse Madagascar à un mois du premier tour du scrutin présidentiel dont la date a été reportée au 16 novembre. Si la manipulation des institutions et la violation des lois par le président sortant Andry Rajoelina sont les déclencheurs de cette crise, elle puise aussi ses racines, selon l’historien, dans l’existence d’un Etat dysfonctionnel. Entre le système de la royauté qui prévalait avant la colonisation et celui de la République importée ensuite, « l’hybridation n’a pas fonctionné », constate-t-il.

<> 12/10/23 - Le Monde - Predator - Comment le groupe français Nexa a vendu le logiciel espion à Madagascar
L’enquête de « Mediapart » et du consortium European Investigative Collaborations révèle que du matériel de surveillance a voyagé par valises diplomatiques au départ de l’ambassade malgache en France alors qu’aucune licence d’exportation n’avait été finalisée. L’EIC révèle notamment qu’en novembre 2020, une équipe de Nexa s’est rendue à Madagascar pour effectuer une démonstration des outils de surveillance que l’entreprise et ses partenaires pouvaient commercialiser. Plus étonnant encore : dans le cadre d’enquêtes judiciaires visant Nexa et son ancienne forme Amesys, les gendarmes français ont découvert qu’à la même période le téléphone d’un cadre de la société contenait un rapport de surveillance confidentiel concernant Roland Rasoamaharo, un journaliste malgache très critique du pouvoir [patron de la Gazette de la Grande Île], suggérant que la présentation de Nexa avait directement pour objet de démontrer son « usage politique ». Nexa est également accusé d’avoir fourni du matériel d’interception et de surveillance au pays en mai 2021, avant même que tout contrat ou licence d’exportation soient finalisés, à la suite de pressions de la présidence malgache, qui craignait à l’époque un coup d’Etat. Selon les éléments obtenus par l’EIC, du matériel livré par Nexa à l’ambassade malgache à Paris aurait voyagé dans des valises diplomatiques jusqu’à Antananarivo, afin d’éviter tout contrôle. Au cours de l’été 2021, les autorités du pays ont arrêté une vingtaine de personnes, dont au moins deux ressortissants français, et affirmé avoir déjoué une tentative d’assassinat visant le président Rajoelina.

Article de Madiapart (plus complet) :
Predator Files - Le logiciel espion en roue libre à Madagascar

<> 10/10/23 - Tribune - Présidentielle 2023 - Le président du Sénat dénonce des  pressions  et des menaces de mort - Edito : Voyoucratie
Une révélation qui tombe au moment où la situation politique devient de plus en plus tendue. A la veille du coup d’envoi de la campagne électorale. Herimanana Razafimahefa, président du Sénat a avoué avoir subi des pressions, voire des menaces de mort pour renoncer à la présidence de la République par intérim. L’information a été révélée par la journaliste correspondante du journal France 24 à Madagascar, Gaelle Borgia. Après la renonciation surprise du président de Sénat à assumer les fonctions du présidence de la république par intérim, les supputations autour d’éventuelles pressions à son encontre ont circulé. Interviewé encore récemment, Herimanana Razafimahefa a affirmé que la décision était indépendante de sa volonté.

Le président du Sénat s'est rendu à la HCC pour déposer une lettre affirmant sa détermination à assumer cette fonction à laquelle il aurait été contraint de renoncer.Suite aux révélations du président du Sénat, le Collectif des 11 candidats demande l'ouverture d'une enquête indépendante par le ministère public. Le Collectif estime que la lettre de renonciation, extorquée sous la menace, est nulle et de nul effet, et tout acte et décisions qui sont subséquents doivent être considérés comme n'ayant jamais existé.

 Herimanana Razafimahefa a reconnu publiquement au micro de Gaëlle Borgia (France 24) avoir dû renoncer à devenir chef de l’État par intérim après avoir reçu des menaces de mort. C’est un nouvel épisode de la voyoucratie qui prend racine à Madagascar depuis plus d’une décennie. Qui avait intérêt en coulisses à verrouiller le pouvoir et le laisser aux mains du fidèle et efficace Christian Ntsay, au détriment des dispositions constitutionnelles, et pour quelles raisons ?

<> 05/10/23 - Jeune Afrique - Madagascar- La place du 13-Mai sera-t-elle l'arbitre de la présidentielle ?
Pour le gouvernement, la menace est réelle. Malgré le petit nombre de manifestants déployés – quelques centaines – la place du 13-Mai a été rendue totalement infranchissable. « S’ils arrivent à occuper cette place située au cœur de Tana, même de moitié, tout pourrait basculer », explique Denis Alexandre Lahiniriko, enseignant en histoire politique à l’université d’Antananarivo. Depuis le mois de mai 1972, la place est en effet devenue le lieu où se font et défont les régimes. À l’époque, des foules de jeunes et de travailleurs révoltés s’y étaient rassemblés afin de s’insurger contre les accords de coopération avec la France. Le mouvement avait tourné aux affrontements sanglants avec le régime et les forces de l’ordre, avant d’entraîner la chute du président Tsiranana. Un souvenir gravé dans les mémoires des Malgaches et de leurs dirigeants, qui connaissent donc la puissance symbolique et mobilisatrice de l’endroit.

1991, 2002, 2009, 2018 … « Tous les mouvements de contestation qui arrivent à maîtriser la place réussissent à renverser l’État », raconte un ancien ministre. « Si le gouvernement tient à ce que les élections se déroulent le 9 novembre, il doit empêcher l’accès à cette place. Inversement, les opposants sont obligés de l’atteindre pour légitimer leur mouvement », ajoute-t-il. « Les opposants continueront à essayer d’atteindre la place », assure l’ancien ministre, « avant l’élection, pendant et peut-être après ». Mais le gouvernement se montre intransigeant. « Jamais des démonstrations politiques n’ont drainé autant d’éléments sécuritaires, même dans les années 70 », s’étonne Denis Alexandre Lahiniriko qui y voit un signe de fébrilité du président sortant. Si Andry Rajoelina bénéficie d’une certaine assise et de l’appui du gouvernement, son bilan reste très critiqué. « Il cherche à faire une démonstration de force », ajoute le professeur. Entre un président sortant fort mais fragilisé, et une opposition faible qui veut se montrer forte, l’équilibre est complexe. « L’opposition joue sur le temps pour pouvoir affaiblir Rajoelina », analyse Denis Alexandre Lahiniriko, avec pour objectif principal de décaler les élections. Quant à l’armée, aujourd’hui fidèle au régime et qui participe à contenir les élans de l’opposition, elle pourrait retourner sa veste si le camp du président sortant commençait à montrer des signes de faiblesse.

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03/10/23 - Des candidats à la présidentielle blessés lors des manifestations du 2 octobre
[1]. Les autorités chargées de maintenir l’ordre avaient déployé les premiers engins de dispersion lacrymogène contre les manifestants et les partisans du collectif des 11 candidats à proximité d’Ambohidahy. Le collectif, en tête du cortège de quelques centaines de partisans, se dirigeait vers Analakely, au centre-ville d’Antananarivo, lorsque des grenades lacrymogènes ont été lancés au niveau de la HCC, à l’entrée du tunnel reliant à l’hypercentre. Les discussions entre candidats, députés et forces de l’ordre n’ont duré que quelques minutes. Les échauffourées entre les forces de l’ordre et les manifestants ont repris dans un autre quartier non loin de la première altercation. Les forces de l’ordre ont à nouveau tiré des grenades lacrymogènes. Rina Randriamasinoro, secrétaire général du TIM, ainsi qu’un garde du corps de Marc Ravalomanana, ont été appréhendés. Les candidats Andry Raobelina, Tahina Razafinjoelina et Rivo Rakotovao, président du parti HVM, ont été blessés lors des affrontements. Les candidats Siteny Randrianasoloniaiko, Jean-Brunelle Razafintsiandraofa et Lalaina Ratsirahonana étaient absents, comme la veille pour la déclaration du Collectif. Toutefois, comme le note Tribune et selon le HVM, ils maintiennent leur solidarité avec les candidats. Jean-Brunelle Razafintsiandraofa aurait été retenu à Ikongo pour des raisons personnelles, Lalaina Ratsirahonana serait confronté à des problèmes de santé et Siteny Randrianasoloniaiko se trouverait à l’étranger pour un déplacement professionnel au nom de l’UAJ (Union Africaine de Judo). Ce dernier a publié une déclaration par l’intermédiaire de l’agence chargée de sa communication, déclarant : « le gouvernement provisoire à la botte de Rajoelina veut aveugler les oppositions avec des gaz lacrymogènes. C’est notre démocratie qui pleure ». Les rumeurs d’une manifestation étudiante en préparation ont maintenu le cœur de la capitale sous tension. Les forces de l’ordre sont restées prépositionnées massivement dans le centre-ville. Elles indiquent que les manifestations ont fait 6 blessés dans leur camp. Marc Ravalomanana, Hajo Andrianainarivelo et Tahina Razafinjoelina n’ont pu rentrer chez eux avec leur véhicule dont les pneus avaient été crevés. Le commandant de groupement de gendarmerie d’Analamanga, le lieutenant-colonel Tojo Raoilijon, a affirmé que des individus armés figuraient parmi les manifestants voulant entrer en force sur la place du 13-Mai. « Nous avons saisi un couteau ainsi qu’un pistolet prêt à tirer car une munition était déjà engagée dans la chambre de l’arme », a-t-il indiqué. Le pistolet appartenait à l’un des gardes du corps de Marc Ravalomanana, qui fait partie des personnes arrêtées. Tojo Raoilijon a démenti les affirmations selon lesquelles des étrangers figuraient parmi les éléments des forces de l’ordre.

Les candidats affirment que ce qui s’est passé ne les empêchera pas d’essayer de nouveau. « On n’a pas réussi aujourd'hui » confiait à RFI le candidat Jean Jacques Ratsietison, « mais on reviendra demain, après-demain, jusqu’à ce que l’on trouve un accord entre toutes les parties ».

Les candidats ont invité le soir même leurs partisans à se réunir de nouveau le lendemain, pacifiquement, sur la voie publique, jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. Et le candidat Hajo Andrianainarivelo de promettre : « tant que nous ne serons pas autorisés à avoir un endroit pour rendre compte à nos électeurs, nous poursuivrons notre combat ».

Le site koolsaina.com écrit : « de plus en plus de personnes influentes prennent la parole, soit pour lui demander [Andry Rajoelina] de cesser de s’accrocher au pouvoir, soit pour inciter le peuple à se soulever. L’artiste Dama du groupe Mahaleo en fait partie. Dans une vidéo de 6 minutes[2], il dénonce les abus de pouvoir du régime pour défendre ses intérêts personnels. Il pointe du doigt Andry Rajoelina : ‘Il n’est pas clair, il a caché sa nationalité française, il a trompé le peuple malgache’, s’insurge-t-il. Et de conclure : ‘Ne laissons pas un vazaha diriger Madagascar, c’est le moment ou jamais de défendre notre pays ! ‘ »

RediffusionL’Express écrit : « Un film suranné. Depuis 1991, le scénario d’hier a été mille fois rediffusé sans que les acteurs et les spectateurs ne s’en lassent. Il tient toujours la tête dans le box-office même si le metteur en scène et certains acteurs changent. (…) Jouer les victimes après avoir fait des victimes et sans se rappeler que pas plus tard qu’il y a un ou deux mandats, ils étaient les bourreaux. (…) Comme l’histoire est un éternel recommencement, pourquoi changer une formule qui fait recette dans toutes les crises ? Il est vrai que pour certains jeunes premiers, c’était le premier grand rôle. Ils se sont fait tirer dessus avec leur inexpérience du mouvement de foule. Ainsi va le jeu de rôle dans l’univers politique. L’alternance se réduit aux permutations d’un côté ou de l’autre du pouvoir, telle une roue de charrette ou à un retour de manivelle. Il ne faut pas s’étonner si on tourne en rond et si on a du mal à trouver le bout du tunnel. »

<> 03/10 - Rassemblements électoraux : levée des interdictions le 10 octobre, à l’ouverture de la campagne officielle. L’article 97 de la loi organique relative au régime général des élections et des référendums dispose que « les réunions publiques électorales, les défilés, les cortèges ainsi que les rassemblements électoraux ou référendaires sont libres, sous réserve de déclaration préalable écrite et adressée au représentant de l’Etat territorialement compétent au niveau de la localité concernée ». Le préfet de police ne pourra plus interdire les meetings et rassemblements organisés par le collectif des candidats et/ou l’un de ses membres, du moment qu’ils ne sont pas tenus « dans les édifices culturels ou les lieux de travail, les bâtiments administratifs ou casernes ». La place du 13-Mai et le Palais des sports de Mahamasina ne figurent pas dans la liste des sites et endroits expressément interdits. « Reste à attendre si le préfet de police va user et abuser de ces dispositions », écrit Midi.

 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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30 septembre 2023

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale - Candidatures
          Démission du président-candidat, intérim présidentiel

          L'affaire
Romy Andrianarisoa, directrice du cabinet civil de la présidence.

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Gouvernance
  • Traite d'être humains
  • Droit de l'enfant
  • Santé, hygiène
  • Education, université
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

>> Télécharger la revue de presse  Pdf, 25 pages

18 septembre 2023

ARTICLES REMARQUES - SEPTEMBRE 2023

- 18/09/23 - J‘ai une proposition à te faire Macron. On a un expatrié français, un coopérant, chez nous à Madagascar qui a fini son contrat. Mais il veut continuer à travailler! Vidéo virale du chroniqueur Koto Lilahimahitsoambo sur Facebook

<> 14/09/23 - Tribune - Edito - Les chroniques de Ragidro - Stop aux inégalités
S’il est un spectacle qui interpelle les observateurs de la vie sociale et politique malgache, c’est bien celui de la « résilience » de la population de Madagascar. Qu’il vente, qu’il pleuve, que volent les virus et les bactéries, que fondent les nuées de sauterelles sur les champs, que soufflent les cyclones et … que pillent les profiteurs … Le malgache est toujours là, debout, vaquant à son quotidien, désarmant dans sa capacité à surmonter ces stress.
Les inégalités n’ont jamais été si flagrantes à Madagascar. A l’occident, ces inégalités seraient vécues de manière insupportable par les masses qui rejettent violemment l’idée que les différences sociales puissent être justifiées du seul fait de la méritocratie ou de l’entrepreneuriat.
Mais qu’est ce qui fonde les inégalités dans notre Ile rouge ? La méritocratie et le travail ??? Certes non, malheureusement … Aujourd’hui, à Madagascar, il n’y plus guère que les droits acquis, la collusion, la corruption, le népotisme qui font qu’un individu soit plus nanti qu’un autre … A quelques exceptions près …et ce qui nous paraît être la plus choquante des situations ne provoque rien d’autres qu’une forme d’indifférence résignée.
Le Malgache est épuisé mentalement. Anesthésié…
Qui a parlé d’humanité ? Qui a parlé de respect ? Qui a parlé de résorption des inégalités ? Le lancement de la campagne présidentielle est à lui seul symbolique de l’irrespect exprimé vers le peuple malgache… Il est à lui seul expression d’une INEGALITE PROFONDE dans l’évaluation même du mot citoyenneté : toi, homme du peuple, tu n’es qu’un demi citoyen et je n’ai pas besoin de t’accorder le moindre respect … au point de monter une mascarade d’élection que je ne me soucie même pas d’habiller d’un semblant de dignité…. Et le mot Fitiavana est dans cet environnement particulièrement déplacé.
C’est la triste réalité. Le discours des dirigeants qui, dans un contexte de pseudo démocratie, prétendent être les défenseurs des intérêts de la population, n’habille en fait que l’unique souci de ces élites d’entretenir un système profondément inégalitaire toujours au bord de la rupture.
C’est pourtant le combat pour l’égalité et l’éducation qui a permis le développement économique et le progrès humain. Les dynamiques sont dans ces luttes et non pas dans l’acceptation et l’installation de la stabilité et la perpétuation des inégalités. Le mot clé est là… Il ne peut y avoir de progrès dans la résignation.

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14/09/23 - Transparency International Initiative Madagascar propose un l'outil simple de comparaison de candidats, le « Guide Hayfidy 2023 ».
« Il est important d'aider les citoyens à faire des choix judicieux, de les encourager à se concentrer sur les candidats avec des programmes sérieux, de lutter contre la corruption ». https://www.transparency.mg/telechargements/grille-hayfidy/

<> 11/09/23 - Tribune - Edito - Le coup d'Etat par silence
Beaucoup d’observateurs s’interrogent sur les vraies raisons qui ont amené Herimanana Razafimahefa à renoncer à l’intérim de la présidence de la République
.Il avait pourtant confirmé lors d’un récent déplacement à La Réunion qu’il dirigerait le pays si le chef de l’Etat se portait candidat. En l’absence de communiqué officiel du président du Sénat, on aimerait savoir quelles sont ces « raisons personnelles » qui sont à l’origine de ce renoncement. A-t-il pris cette décision de son plein gré, ce qui semble peu probable, ou bien a-t-il été fortement « encouragé » ? Par qui a-t-il aurait-il été encouragé et dans quel but ?

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09/09/23 - 13 prétendants à la présidentielle retenus par la HCC. 15 dossiers ont été invalidés.
Aucun des 28 prétendants « n’a fait l’objet d’un décret déclarant ou constatant la perte de la nationalité malagasy », précise la HCC. Liste des candidats retenus par tirage au sort :
1- Marc Ravalomanana
2- Auguste Richard Paraina
3- Jean Brunelle Razafintsiandraofa
4 – Siteny Thierry Randrianasoloniaiko
5 – Jean-Jacques Jedidia Ratsietison
6 – Hajo Herivelona Andrianainarivelo
7 – Sendrison Daniela Raderanirina
8 – Tahina Razafinjoelina
9 – Hery Martial Rajaonarimampianina Rakotoarimanana
10 – Andry Tsiverizo Raobelina Andriamalal
11 – Lalaina Harilanto Ratsirahonan
12 – Iarovana Roland Ratsirak
13 – Andry Nirina Rajoelina




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09/09/23 - Arte Reportage - Madagascar : les voleurs de vanille
https://www.arte.tv/fr/videos/114234-000-A/madagascar-les-voleurs-de-vanille/(16 à 38’)
Premier producteur mondial de vanille, Madagascar produit 80% de « la reine des épices », recherchée pour sa saveur gustative unique. La vanille est une source de revenus considérable pour la Grande île, un des pays parmi les plus pauvres où le kilo peut se négocier jusqu’à 500 euros.  De quoi attirer les convoitises et générer un marché parallèle s’appuyant sur des voleurs prêts à prendre tous les risques pour obtenir leur part du gâteau. Ces bandes agissent la nuit, dans les champs. En quelques minutes, les voleurs tentent de cueillir un maximum de gousses, en coupant les plants et les pieds de vanille, le plus souvent avant les périodes de récolte. Une catastrophe pour les planteurs et une calamité pour les exportateurs, qui achètent, parfois sans le savoir, un produit immature et sans saveur. Dans la région de Sava, où se concentre l’essentiel des plantations, Ranary dirige un petit groupe de voleurs de vanille. Tous affirment être poussés par la misère : comment vivre dans un pays si pauvre quand un travail honnête ne suffit pas toujours à nourrir ses enfants ?
Face à ce fléau et à l’inefficacité des policiers accusés de corruption, les planteurs excédés forment des groupes armés qui patrouillent, machettes à la main, pour tenter de prendre les voleurs en flagrant délit. Ceux qui ne sont pas tués sur place, croupissent dans la prison d’Ambanja, et purgent des peines pouvant aller jusqu’à dix ans.

<> 09/09 - Accusée de corruption, l’ex-directrice de cabinet du président Rajoelina plaide « non coupable »
Romy Voos Andrianarisoa est soupçonnée d’avoir demandé des pots-de-vin à une société minière britannique. Elle comparaissait vendredi 8 septembre à Londres pour une audience préliminaire.

L’étroite cour numéro 9 du tribunal de Southwark, dans le sud de Londres, n’était pas prévue pour la petite foule qui s’est présentée vendredi 8 septembre. Une bonne vingtaine d’opposants malgaches, la plupart venus de France, ont réussi à se tasser sur les bancs réservés au public, mais d’autres ont été forcés de rester à l’extérieur, faute de place. A deux mois de l’élection présidentielle à Madagascar, prévue les 9 novembre et 20 décembre, ils sont venus assister à l’audience préliminaire de ce qui s’annonce comme un procès explosif.

Lire aussi : Madagascar : la directrice de cabinet du président Andry Rajoelina arrêtée à Londres pour tentative de corruption

Dans le box des accusés, derrière une paroi vitrée, siègent deux personnes qui ont le pouvoir d’éclabousser directement le président Andry Rajoelina, candidat à un second mandat : Romy Voos Andrianarisoa, qui était jusque très récemment sa directrice du cabinet, et Philippe Tabuteau, un consultant français. La justice les accuse d’avoir demandé à une entreprise minière britannique, Gemfields, des pots-de-vin de 250 000 francs suisses (261 000 euros) et 5 % de participation dans une exploitation minière qu’elle voulait développer à Madagascar. Les deux suspects sont actuellement en détention provisoire à Londres.

Se tenant très droite, cheveux courts et tee-shirt blanc à manches longues, Mme Andrianarisoa a annoncé pour sa défense, d’une voix très ferme, qu’elle plaidait « non coupable. » M. Tabuteau, costume sombre et épaules légèrement voûtées, ne s’est pas exprimé. Son avocat a demandé – et obtenu – une semaine supplémentaire et annoncera s’il plaide coupable ou non vendredi 15 septembre.

Demandes de versements en liquide, or ou pierres précieuses

L’arrestation de Mme Andrianarisoa et de M. Tabuteau s’est déroulée dans le cadre d’un flagrant délit à Londres le 10 août. Lors d’une précédente audience judiciaire, la procureure, Rosalind Earis, avait présenté les faits. Selon elle, la Malgache avait établi des premiers contacts avec Gemfields avant la pandémie due au Covid-19. Depuis de nombreuses années, la société britannique cherche à développer des mines sur la Grande Ile. Elle y possède plusieurs concessions, notamment pour des saphirs et des émeraudes, mais qui ne sont pas encore actives. « Nous avions prévu de commencer des explorations préliminaires en 2020 », confirme Gemfields. La pandémie a tout repoussé.

En mars 2023, Mme Andrianarisoa, très proche du chef de l’Etat, reprend langue avec l’entreprise minière. Elle lui explique que M. Tabuteau servira d’intermédiaire pour mener à bien les négociations. Le 29 mars, ce dernier rencontre un représentant de Gemfields, pour un premier rendez-vous. Toujours à en croire l’accusation, il évoque alors des commissions à payer, en échange de services mal définis. Méfiant, Gemfields lui demande de mettre ses demandes par écrit, ce qu’il fait.

La société minière décide alors d’alerter d’elle-même les autorités britanniques. Elle contacte l’unité anticorruption internationale de la National Crime Agency (NCA), l’organisme chargé de lutter contre le crime organisé. Un de leurs agents, qui se fait dénommer« Charles », un nom d’emprunt, entre en action. Gemfields le fait passer pour son intermédiaire et il continue les négociations avec M. Tabuteau.

Tout ceci mène à la rencontre du 10 août, près de la gare Victoria à Londres. Mme Andrianarisoa et M. Tabuteau rencontrent « Charles », qui porte un micro caché et enregistre la conversation. Selon l’accusation, ils demandent deux versements, en liquide, en or ou en pierres précieuses : un premier de 125 000 francs suisses, pour organiser une rencontre avec le président malgache ; un second du même montant pour aider à « faire passer la législation nécessaire au Parlement malgache pour permettre à Gemfields de débuter ses opérations minières », détaille l’accusation. Ils exigent aussi une participation de 5 % dans ce qui deviendrait la filiale minière de Gemfields à Madagascar. La police, qui écoute la conversation, finit par faire irruption dans la pièce et arrête les deux suspects. Quatre jours plus tard, le 14 août, la NCA annonce leur inculpation.

Détonation politique pour le président malgache

L’arrestation de Mme Andrianarisoa a provoqué une détonation politique à Madagascar. « Ce qui nous intéresse est l’implication du président », explique Fanirisoa Ernaivo, la présidente de la RMDM-Diaspora, une plate-forme de l’opposition malgache, qui était présente au tribunal vendredi.

Lire aussi : A Madagascar, Andry Rajoelina récuse le débat sur sa nationalité française

Le président malgache, M. Rajoelina, a immédiatement cherché à couper les ponts. Dès le 15 août, il a « relevé de ses fonctions avec effet immédiat » sa directrice de cabinet. Il affirme qu’il « ignore les raisons de son déplacement au Royaume-Uni » parce que celle-ci avait posé des congés du 9 au 22 août. Les opposants n’en croient pas un mot, et soulignent que Mme Andrianarisoa avait voyagé jusqu’à Londres avec son passeport de service, ce que confirment les autorités britanniques.

En plus d’être politiquement explosive, l’affaire est juridiquement très innovante dans la lutte contre la corruption, note Helen Taylor, de l’association Spotlight on Corruption. C’est la première fois que la NCA utilise une loi britannique, votée en 2010, qui facilite les poursuites judiciaires pour corruption passive. De plus, il est nouveau que l’agence britannique utilise ainsi un agent infiltré dans un dossier de ce genre. « Cette affaire de corruption sera suivie de très près autour du monde », estime Mme Taylor.

Le 24 août, Mme Andrianarisoa avait demandé une libération sous caution, qui lui a été refusée. Le juge estimait que les risques de fuite étaient trop importants, en partie parce qu’il n’existe pas de traité d’extradition entre le Royaume-Uni et Madagascar. Elle devrait rester en prison, de même que M. Tabuteau, jusqu’à son procès, prévu de façon provisoire le 6 février 2024.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/09/08/madagascar-accusee-de-corruption-l-ex-directrice-de-cabinet-du-president-rajoelina-plaide-non-coupable_6188490_3212.html?random=238995474

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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31 août 2023

REVUE DE PRESSE - AOUT 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale - Candidatures       
          L’arrestation de
Romy Andrianarisoa, directrice du cabinet civil de la présidence.
          Autres questions

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant, albinisme
  • Santé
  • Apatridie et réfugiés
  • Education, université
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

>> Télécharger la revue de presse  Pdf, 29 pages

28 août 2023

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2023

26/08 - Bousculade meurtrière à l'entrée du stade Barea d'Antananarivo où devait se tenir la cérémonie d'ouverture de la 11e édition des Jeux des îles de l'océan Indien. Un bilan provisoire fait été de 13 morts et de 107 blessés[1], dont 13 dans un état grave. Parmi les victimes, on compte des enfants et adolescents. « Les gens avaient pourtant respecté la longue file d’attente depuis le matin jusqu’à ce qu’une bousculade éclate en fin d’après-midi », a expliqué un journaliste sur place. Andry Rajoelina a fait observer une minute de silence pour les victimes avant son discours d'ouverture au stade Barea. Les festivités ont ensuite continué. Le premier ministre, Christian Ntsay, s'est rendu aux urgences et à la morgue de l'hôpital HJRA. Il a précisé que l'État prenait en charge les blessés et accompagnerait les familles des victimes. Le président du Comité olympique malgache, Siteny Randrianasoloniaiko, a demandé trois jours de deuil national pour Madagascar et l'intégralité du monde olympique. Le stade Barea était plein à craquer. De nombreux spectateurs n'ont pas pu trouver de place assise. Environ 50 000 personnes se trouvaient à l'intérieur, a dit le président de la République lors de son discours. Le stade est prévu pour un peu plus de 40 000 places assises. Des danses auxquelles le président a participé et un feu d’artifices a clôturé cette soirée comme si de rien n’était.

Edito de Tribune :

Morts 13 - Blessés 80 : le score souligne les limites du werawera - Madagascar-Tribune.com

La tragique bousculade d'hier à l'entrée du stade de Mahamasina n'est malheureusement pas la première. En septembre 2018, un mort et 40 blessés avant un match de football, et cela avait entraîné la...

https://www.madagascar-tribune.com


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21/08/23 - Le Nouvel économiste - Lettre ouverte à Emmanuel Macron
Avec environ 140 000 personnes résidant en France métropolitaine, la communauté malgache représente la première minorité d’Afrique subsaharienne du pays. En dépit d’un passé colonial marqué par les affrontements et qui s’est achevé en 1960 avec l’indépendance de Madagascar, la France y est restée la puissance tutélaire, soucieuse d’y maintenir ses intérêts et de conserver, en entretenant de bonnes relations avec Antananarivo, un avant-poste stratégique sur l’océan Indien. Nous saluons cette relation privilégiée. Cependant, nous déplorons qu’elle ne serve pour l’heure qu’à entretenir les desseins incohérents d’une élite politique malgache corrompue, indifférente au sort des 28 millions d’habitants d’un pays classé comme le sixième plus pauvre du monde.

<> 16/08/23 - Le Monde - A Madagascar, des paysans se dressent contre l'exploitation des terres rares
Dans la presqu’île d’Ampasindava, les risques de pollution liés à l’extraction de ces minerais critiques pour la transition écologique fédèrent une irréductible opposition.

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16/08/23 - Suspicion de corruption - Romy Roos Andrianarisoa, 46 ans, directrice de cabinet civil de la présidence de la République depuis mars, a été arrêtée au Royaume-Uni.
Révélée par le Financial Times[1], l’information a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Accompagnée d’un certain Philippe Tabuteau, un ressortissant français désigné comme son associé, PDG de la société « Groupe Impact Capital », basée à Genève et spécialisée dans le domaine du conseil aux entreprises et aux gouvernements, Romy Andrianarisoa serait « soupçonnée d’avoir demandé un pot-de-vin à la société minière britannique Gemfields pour obtenir des licences  », sans préciser de quel type de licence il s’agit. Le couple a été placé en garde à vue jusqu’à leur audience du 8 septembre. En vertu du Bribery Act de 2010, les chefs d’inculpation retenus – « avoir demandé, accepté de recevoir, ou reçu » un avantage financier ou autre – sont passibles d’amendes et de peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix ans. Gemfields est une société spécialisée dans l’extraction, la transformation et la vente de pierres précieuses colorées, propriétaire du joaillier Fabergé. La somme de « 225.000 livres et une participation de 5 % dans Gemfields », auraient été demandées par les deux associés. C’est la société minière britannique qui aurait informé la National crime agency (NCA). L’arrestation aurait eu lieu durant une réunion où les conditions précitées auraient été formulées. Romy Roos Andrianarisoa et Philippe Tabuteau auraient été convoqué à une réunion au Victoria Area pour leur tendre un piège.

Gemfields possède depuis 2008 la société Oriental Mining, basée dans le Sud de Madagascar, qui est autorisée à extraire des pierres précieuses et semi-précieuses. Elle détient des licences pour y extraire des rubis, des émeraudes et des saphirs mais il n’a pas de mines en exploitation. Selon Confidentiel Afrique[2], Philippe Tabuteau aurait été mis en cause en 2017 dans des affaires d’appel d’offres en Guinée et aurait travaillé pour « des succursales de services secrets étrangers en terre africaine ».

Le Monde précise que Romy Roos Andrianarisoa avait jusqu’à cette nomination fait carrière dans le secteur privé, notamment comme responsable pays de British Petroleum à Madagascar puis de la major China National Offshore Oil Corporation (CNOOC). Elle présidait encore récemment la commission de développement durable et d’éthique des affaires du groupement des entreprises de Madagascar (GEM). Philippe Tabuteau n’apparaît pas dans l’organigramme officiel de la présidence, mais il appartient, avec Gérard Perceau, chargé du plan Emergence, ou Gérard Askinazi, récemment recruté pour améliorer l’image du président à l’étranger, au petit groupe de Français dont s’est entouré Andry Rajoelina. Il est président de la société Impact Capital, spécialisée dans le conseil aux entreprises et aux gouvernements et dont le siège se trouve à Genève. Ses liens avec Madagascar remontent à la fin des années 1990.

Le quotidien ajouteque « la société britannique convoite de longue date les abondantes ressources de Madagascar sans avoir pu jusqu’à aujourd’hui passer à une phase opérationnelle. En 2008, elle avait fait l’acquisition de la société Oriental Mining, alors détentrice d’une quinzaine de licences d’exploration pour des gisements de saphirs, rubis, émeraudes et tourmalines dans les régions d’Antananarivo, de Fianarantsoa et de Tuléar. Mais le coup d’Etat l’année suivante, qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir jusqu’en 2014, plonge le pays dans la crise et l’isole sur le plan international. Un moratoire sur l’octroi de nouveaux permis miniers entre en vigueur. Il vient seulement d’être levé avec l’adoption en mai d’un nouveau code minier. Ce qui pourrait expliquer la reprise des négociations avec Gemfields. »

France 24 indique que selon le dernier rapport annuel de Gemfields, Oriental Mining détient « un certain nombre de concessions pour une gamme de minéraux, dont l'émeraude et le saphir", et prévoit de reprendre cette année des procédures pour obtenir des permis supplémentaires dans le pays, après des retards liés à la pandémie de Covid-19. (…) Gemfields, également propriétaire du joaillier Fabergé, exploite une mine d'émeraudes en Zambie et de rubis au Mozambique. »

La présidence de la République a réagi en relevant de ses fonctions Mme Voos Andrianarisoa. Le communiqué publié précise que celle-ci avait pris « ses droits de congés du 9 août au 22 août 2023. Ainsi les autorités malagasy ignorent les raisons de son déplacement au Royaume-Uni ». M. Tabuteau n’est pas cité. Selon Le Journal de la Grande Île, « la présidence en avait été immédiatement avisée [ de l’arrestation], et des échanges avec un cabinet d’avocats en témoigne, mais l’a soigneusement caché. Ce cabinet précisait que les documents en sa possession ne permettaient pas de prouver son immunité diplomatique, ce qui n’a pas permis sa mise en liberté provisoire. En outre, elle ne figurait pas dans la Blue List (Liste des personnalités disposant de l’immunité diplomatique au Royaume Uni). »

Transparency International initiative Madagascar (TI-IM), a publié un communiqué pour réagir à cette arrestation. « Cette affaire permettra de voir comment la justice se prononce sur la scène internationale sur un cas présumé de corruption impliquant de hautes personnalités de l'État », signale la directrice exécutive Ketakandriana Rafitoson, amie proche de Romy Andrianarisoa. « Sur les cinq dernières années, il y a eu pléthore de ces cas-là. Soit ça a été mal traité, soit ce sont les boucs émissaires qui ont été sanctionnés mais pas vraiment les mandataires, soit on oublie les affaires. On va voir aussi ce que ça va induire comme réaction au niveau de l'administration malgache, parce que cette dame, tout de même, a tenu des discours anti-corruption. C'est elle qui nous avait approchés au nom du Groupement des entreprises de Madagascar pour initier la charte d'intégrité des entreprises pour les élections », poursuit-elle.

14/08 - Edito de Tribune : « Arrestation embarrassante pour Iavoloha ». (…) Romy Andrianarisoa s’est caractérisée depuis quelques années par une hyperactivité débordante dans la vie publique. On l’a vue présente dans les cercles influents liés au secteur minier, à l’environnement et à l’approche genre. On lui prêtait donc de grandes ambitions, et la volonté de constituer une équipe dès maintenant pour préparer le destin national qu’elle s’imaginait sans doute. Dans cette perspective, la direction du cabinet du PRM était sans doute envisagée comme un tremplin. Par ailleurs présidente de la commission développement durable et éthique des affaires du GEM, elle s’était fendue en octobre 2021 d’une interview avec Radio Sifaka pour affirmer que ‘La corruption peut handicaper la compétitivité d’une entreprise, d’un secteur et du pays’. Comme d’habitude à Madagascar, encore une fois, la classe dirigeante affiche le grand écart entre ses actes et ses paroles. (…) Aucune raison donc d’espérer que les politiciens qui affirment lutter contre la corruption soient nécessairement incorruptibles. Réflexion utile à l’aube d’une campagne électorale où on va voir (re)fleurir les promesses de Messie. (…) L’environnement actuel souligne le degré de pourriture avancée de la vie politique. Il y a tout d’abord la multiplication des perturbations de meetings de l’opposition par les forces de l’ordre, malgré l’obtention d’autorisations en bonne et due forme. Les anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina en ont été victimes, tout comme les meetings du Mihava tour du député Siteny Randrianasoloniaiko. Il y a également les affaires de piratage de comptes sur les réseaux sociaux. La station de télévision Real TV, qui ne dédaigne pas d’accorder l’antenne à des opposants, a vu sa page Facebook piratée. Celle de Marc Ravalomanana a également été victime de piratage, et propose maintenant des films pornographiques. Dernier cas en date, le piratage de la page Facebook satirique ‘Sary Kasma’. Le point commun entre ces trois pages est d’être résolument de l’opposition au pouvoir actuel. Questions qui se posent d’habitude dans les films policiers : à qui profite le crime, et qui sera le prochain ? (…) Les mentalités basses à l’œuvre derrière ces violations de la démocratie et de la bonne gouvernance n’augurent pas d’une élection présidentielle 2023 propre et apaisée. »

« Cette affaire n'est qu'un exemple de l'extrême corruption qui gangrène notre pays au détriment de tous les Malgaches. Andry Rajoelina doit partir, pour le bien de mon pays ! », a réagi Siteny Randrianasoloniaiko, probable candidat à la présidentielle.

Le 11 mars, La Gazette de la Grande île avait consacré un article à la mise en garde d’Andry Rajoelina face au passé douteux de Philippe Tabuteau, conseiller spécial d’Andry Rajoelina avec le titre de « conseiller spécial pour partenaires et investissements » ( CSPPI). En 2017, Philippe Tabuteau avait impliqué dans une affaire dénommée « BESC Gate » durant le mandat du président guinéen Alpha Condé, une affaire portant sur des contrats du port de Conakry, ainsi que dans d’autres affaires de ce pays africain. Il avait pour collaborateur un Français, Patrick Emeriau, et une femme haut placée en Guinée, Fatima Kaloko. Philippe Tabuteau avait déjà été à Antananarivo en 1997 comme DG de Canal Satellite Madagascar. Le Blog de Médiapart ajoute qu’il a opéré ensuite entre Maurice et Paris avec son cabinet de conseil Axe One, spécialisé en stratégie et campagnes de communication pour des gouvernements. En 2006, il a été nommé directeur de campagne d'Elia Ravelomanantsoa, ancienne ministre de la culture, candidate à la présidentielle. Philippe Tabuteau est associé avec Romy Andrianarisoa au sein de TF 261, « agence d’expertise en développement durable » ; ils ont organisé en novembre 2022 les premières Assises du développement durable de l'océan Indien, sous le patronage du premier ministre.

« Plusieurs détails suscitent des interrogations dans le cadre de cette affaire impliquant la Dircab de la présidence », écrit La Vérité. Romy Andrianarisoa serait sortie du territoire en utilisant son passeport de service alors qu’elle n’était pas en mission officielle. Or l’usage d’un passeport de service doit, en principe, obligatoirement être fait sur présentation d’un ordre de mission. Aurait-elle alors usé de son influence pour faire pression sur les autorités aéroportuaires ? La PAF assure, pour sa part, qu’aucun ordre de mission n’a été présenté. Pour les formalités de départ à l’aéroport, elle a été assistée par un certain J., protocole de l’Assemblée nationale. Un autre fait qui intrigue d’autant plus que le chef protocole au niveau de la Chambre basse aurait nié avoir confié une telle mission à son subordonné. Pourquoi avoir recouru l’aide d’un responsable d’une autre institution ? Y-a-t-il eu complicité dans ce départ « en catimini » vers le Royaume Uni ?



 

<> 09/08/23 - Droits de la femme : « La ratification du protocole de Maputo est impérative pour Madagascar » a déclaré Génération Égalité.
Madagascar célèbre cette année le 20e anniversaire de la signature du protocole de Maputo. Ce protocole, adopté en 2003 par l’UA, a pour but de promouvoir l’égalité des droits des femmes. » Il est impératif de ratifier ce protocole essentiel pour le droit des femmes en Afrique, afin de parvenir à l’égalité femme-homme », a déclaré la coalition Forum Génération Égalité. Il est crucial que le pays mette en place un cadre juridique pour favoriser l’intégration des droits des femmes dans la société. Les 32 articles de ce texte leur ouvrent des droits tels que la santé, la dignité, la sécurité, l’éducation, la protection contre les pratiques néfastes, l’accès à la justice et à l’égalité de protection devant la loi, la participation politique, l’accès à l’emploi et une égale rémunération avec les hommes. Pour célébrer ce 20e anniversaire, des membres de la société civile, issue des coalitions du Forum Génération Égalité, ont organisé différentes célébrations à Antananarivo. Une conférence destinée aux décideurs et à la population a eu lieu le 19 juillet. Elle a été suivie d’une exposition pour sensibiliser la population aux avantages de la ratification du protocole. Le 28 et 29 juillet, une conférence-débat a été organisée à l’occasion de l’assemblée générale du Conseil national des femmes de Madagascar, avec la participation de représentantes d’associations de femmes des 23 régions. La clôture symbolique de ce mois de célébration a eu lieu le 31 juillet, à l’occasion de la Journée internationale de la femme africaine.

Madagascar est l'un des 11 derniers pays, avec le Burundi, le Botswana, la RDC, le Tchad, l’Egypte, l’Erythrée, le Maroc, le Niger, le Soudan et le Soudan du Sud, à ne pas avoir ratifié ce texte, indique Amnesty International dans un communiqué du 09/08 :
https://www.amnesty.org/en/documents/afr01/7096/2023/en/

<> 11/08/23 - Communiqué des OSC sur la situation alarmante de l'ONE
La mission de l’ONE étant la prévention des risques environnementaux dans les investissements publics et privés et de la lutte contre les pollutions, selon un décret du 23 juin 2008 A cet effet, il doit veiller à ce que les activités économiques ne se fassent pas au détriment de l’environnement. Dans cette période pré-électoral, où les risques de pillage et des trafics illicites des ressources naturelles sont élevés, et où l’application de la loi se trouve parfois défaillante, l’ONE doit pouvoir exercer son rôle sans faille, surtout face aux nombreux projets d’infrastructures de grande envergure comme les nouvelles villes, la construction d’une autoroute et du réseau de mobilité urbaine (train urbain et téléphérique, etc… Au regard de ces défis, il semble que l’ONE soit fortement handicapé par une gestion qui empêche l’institution de fonctionner correctement. Depuis le limogeage de son DG, le 17 mai 2023, le secrétaire général du ministère de l’environnement, qui est à la fois le président du conseil d’administration de l’ONE, assure la fonction de DG par intérim. Une telle situation est une illustration de la mauvaise gouvernance qui sévit dans le secteur de l’environnement. Les processus d’évaluation environnementale pour de nombreux projets privés et publics sont interrompus. De plus, plusieurs cadres de cette institution sont partis en retraite, sans être remplacés. Les organisations de la société civile exhortent les autorités à nommer dans un plus bref délai un nouveau directeur générale, séparer le rôle du pouvoir exécutif de l’ONE et le pouvoir de contrôle du ministère, renforcer les ressources humaines de l’institution en remplaçant des cadres retraités, réactiver le processus de révision du décret qui a été enclenché en 2020.

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11/08/23 - Le Journal de l'Ile Rouge - Le président bis Mamy Ravatomanga à la recherche d'une immunité ?
Bis repetita » ? Après le poisson d’avril 2022, revoilà, à grand renfort de publicités, notre président bis shadow cabinet sur les plateaux de télévision en face de 3 journalistes de TV plus, Réal TV et Viva. Sans les lunettes en guise de pochette cette fois-ci. Et avec une cravate bleue, comme un clin d’oeil à l’HVM de Rajaonarimampianina ? Peu de politiciens peuvent se targuer d’avoir le privilège de faire face à 3 journalistes, dont les réputés Abraham Razafy
et Gascar Fenosoa, concomitamment sur 3 chaînes de télévision . C’est dire le poids de cet homme d’affaires doublé d’un politicien hors pair.


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08/08/23 - Appel à la réalisation d'audits indépendants pour assurer une plus grande transparence des opérations minières dans le sud de Madagascar - Pétition en ligne

https://actions.eko.org/a/rio-tinto-stop-poisoning-madagascar-s-lakes/?ak_proof=1&akid=.21428322.OZhDXu&rd=1&source=fwd&t=12&fbclid=IwAR0M52_mbBrTrFZcFIti0jUcFbq9Oa_-HczYfdaVzNc3RYktBvLflQ54KM4

La mine QMM de Rio Tinto contamine des lacs et des cours d'eau vierges où les habitants puisent leur eau potable - et affirment que la mine nuit à leur santé et détruit leurs moyens de subsistance. Lorsque les habitants sont descendus dans la rue il y a quelques semaines pour protester, l’armée a tiré des gaz lacrymogènes, blessant des personnes et en arrêtant des dizaines.
Rio Tinto avait accepté de verser des compensations pour les pertes dues à l'impact de la mine. Mais le processus d'indemnisation a été émaillé de rapports faisant état de violations des droits de l'homme, notamment d'intimidations, d'ordres de bâillonnement et de paiements inadéquats.
La mine n'affecte pas seulement la qualité de l'eau, elle compromet la santé des communautés locales, épuise les stocks de poissons et a un impact sur la production alimentaire, ce qui a réduit les revenus de la population de près de 50 %.
Une étude des données sur l'eau de QMM a révélé des niveaux élevés d'uranium dans le bassin minier et dans les cours d'eau en aval, 50 fois supérieurs aux recommandations de l’OMS en matière d'eau potable.
Rio Tinto est la deuxième plus grande société minière au monde. Dans la région de l'Anosy, où la mine est exploitée, plus de 91 % de la population rurale vit dans une pauvreté multidimensionnelle.

Signez la pétition demandant à Rio Tinto de mettre fin à ses pratiques polluantes et d'autoriser des audits indépendants de la qualité de l'eau et du processus de compensation.

<> 03/08/23 - Société civile - Les preuves du caractère illégal de l'acquisition de vastes terres par la société LGA OSO
Le communiqué sur la société LGA OSO Farming co-signé par plusieurs organisations de la société civile et daté du 25 juillet a été transmis à la direction de cette entreprise. La société a répondu au communiqué pour affirmer que leurs « allégations » sont « totalement fausses et calomnieuses » et portent un portent « un préjudice grave à notre entreprise », ajoutant : « Nous réservons à ce titre tous nos droits, y compris devant les juridictions pénales et civiles compétentes, tant votre démarche unilatérale s’apparente à une campagne ciblée de déstabilisation et de désinformation, auprès de nos clients, nos bailleurs de fonds , du grand public et surtout la communauté humaine  de l’Ankarana ». La société annonce vouloir  « solliciter un droit de réponse dans les médias ». La société civile a répliqué dans une lettre ouverte au responsable de l’entreprise, confirmant de manière circonstanciée ses affirmations et apportant des preuves irréfutables du caractère illégal de l’acquisition des vastes terres par la société LGA OSO Farming dans le nord de Madagascar.

 
<> 03/08/23 - Lettre ouverte pour réclamer l'arrêt des persécutions visant l'association Lusud de Fort Dauphin
Lettre ouverte à
Andry Rajoelina et à Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa, ministre de la justice,pour réclamer l’arrêt des persecutions envers les membres de l’association LUSUD à Tolagnaro. Une centaine de membres de l’association LUSUD et d’habitants proches du site d’exploitation de QMM sont emprisonnés dans différentes villes du Sud, suite à l’assaut des forces militaires le 3 juillet pour éparpiller les manifestants et défaire le barrage mis en place par les communautés. Parmi  les personnes emprisonnées se trouve une femme enceinte. Depuis sa création, en mars 2023, l’association a formé ses 23.000 membres à la connaissance de leurs droits et aux revendications à travers pétitions, messages, interventions dans les médias. Ils n’ont été entendus ni par QMM, ni par l’ONE, ni par les responsables de la région, ni par le gouvernement, ce qui les a amenés à organiser le barrage pour être sûrs d’être entendus, en utilisant leur droit de grève. Les membres de l’association ont toujours accepté de négocier une issue pacifique avec les autorités locales malgré le kidnapping du fils de leur président et d’une autre.personne, le vol de sacs de riz au siège de l’association et l’avis de recherche lancé à l’encontre de leur président et du secrétaire général. Les manifestations de l’association ont toujours été pacifiques et apolitiques. La lettre ouverte réclame le respect de la liberté d’expression, et de manifestation et la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées. Elle exige enfin le dédommagement par l’Etat des préjudices subis par personnes concernées par ces arrestations et l’arrêt définitif de la poursuite de ses membres

07/08/23 - Arte TV - Conte documentaire Zaho Zay
https://www.arte.tv/fr/videos/108960-000-A/zaho-zay/
Sur un texte de l'écrivain Jean-Luc Raharimanana, un portrait poétique et sans fard de Madagascar, entre le quotidien d'une prison et le voyage imaginaire d'un vieil homme dans le pays.
« Zaho zay » est l'expression qu'utilisent les détenus quand ils se rassemblent le matin dans la cour de la prison de Fianarantsoa. Elle signifie « c'est moi ». La voix d'une matonne qu'on ne verra jamais raconte le quotidien figé de cette prison surpeuplée, dirigée par des femmes conformément aux traditions matriarcales de la culture malgache. Elle rêve également au destin de son père, meurtrier en fuite, dont elle espère qu'il sera un jour arrêté. Progressivement ses fantasmes prennent le pas, recréant un voyage qui fait écho aux traditions du pays et à son histoire coloniale.
Deux mouvements se mêlent dans ce film au rythme lent et hypnotique : le premier, « réaliste », est constitué de scènes de la vie carcérale, commentées par les mots d'une matonne imaginaire ; le deuxième, fantasmatique, évoque des souvenirs et le parcours d'un père rêvé, tueur solitaire dont la dérive évoque celle d'un sombre héros de western. Sur des images d'une beauté rigoureuse, le texte signé par l'écrivain Jean-Luc Raharimanana livre un âpre portrait de l'île rouge, entre réalité sociale révoltante et paysages majestueux, qui porte cependant les stigmates de l'exploitation coloniale. Un film en forme de conte, où la rage rencontre une douceur poétique.

Réalisation : Maéva Ranaivojaona

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29 juillet 2023

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale
          La bi-nationalité d’Andry Rajoelina
          Autres questions

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Trafics de personnes, migrations
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant
  • Santé, drogues
  • Education, université
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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28 juillet 2023

ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2023

<> 28 07 23 - Craad-OI & Collecti Tany - Construction autoroute Antananarivo - Toamasina - Soutien des OSC aux communautés
Indignées par les préjudices subis par les paysans victimes de la construction de l’autoroute plusieurs organisations de la société civile ont signé à fin mai un communiqué demandant à l’Etat d’arrêter les travaux jusqu’à la résolution de différents problèmes en raison de la destruction des rizières et des champs de ces paysans par les agents chargés de la construction de l’autoroute. Des membres des organisations Craad-OI et Farm sont venus sur le terrain faire l’état des lieux et exprimer leur soutien aux communautés. Elles ont ainsi réussi à assister aux séances de consultation publique et croisé d’autres organisations qui avaient également suivi le processus. Des représentants de 10 ministères étaient chaque fois présents, impressionnant les paysans avec leur dizaine de véhicules 4x4. Les représentants des OSC ont souvent pris la parole pour défendre les intérêts des paysans, en protestant contre les procédés des techniciens du bureau d’études BICO chargé de l’étude d’impact environnemental ou de l’Office National de l’Environnement, et en interpellant les autorités locales et les employés de l’entreprise Samcrete Egypt Engineers and Contractors SAE.  Les paysans sont effrayés et n’osent pas dire non au projet car les autorités locales semblent avoir subi des pressions. Des habitants qui avaient déjà reçu des compensations ont révélé que les démarches nécessaires pour en bénéficier étaient complexes et que le montant des compensations était très faible. A la fin de leur mission, les OSC attendaient la diffusion des procès-verbaux des consultations publiques et la décision au sujet du permis environnemental. Alors qu’aucune déclaration officielle n n’a été publiée, tous les engins ont été retirés des villages concernés. Cela   signifie-t-il que le permis environnemental n‘a pas été attribué et que les travaux sont effectivement suspendus ? Les inquiétudes demeurent et les communautés affectées ont encore besoin du soutien et d’accompagnement

26 07 23 - Collecti Tany - La société LGA a illégalement acquis de vastes terres dans la région Diana
Les habitants de la commune de Bobasakoa (région Diana) ont reçu confirmation que les terres qu’ils exploitent ont été accaparées de manière illégale avec la complicité de hauts dirigeants de l’Etat et d’agents responsables de l’aménagement du territoire et des services fonciers. Leurs terres où se trouve un élevage de gambas appartiennent à l’entreprise LGA OSO Farming, suite à une transaction réalisée par l’intermédiaire d’une société immobilière, Gamma SA. Les premiers indices de cette cession de terres confidentielle avaient été recueillis par les organisations de la société civile en 2005. Pour le Collectif Tany, cette vente des terres ancestrales viole la loi sur le domaine public de l’Etat car une grande partie de la zone appropriée est constituée de mangroves et de bords de mer qui font partie du domaine public. Selon la législation, la bande littorale de 25 mètres est exclue de toute autorisation d'occupation temporaire ou d'appropriation privative. De plus, les mangroves sont des « zones sensibles » qui bénéficient d'une protection spécifique. Leur exploitation requiert une évaluation environnementale préalable qui exige la participation du public. Des dommages environnementaux causés par les activités de la société ont été attestés.

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25 07 23 - Craad - OI - Synthèse projet Base Toliara
Note de synthèse sur le projet Base Toliara : description technique, impacts réels et prévisibles du projet (oppositions et conflits au niveau local, déplacements et perte de moyens de subsistance, violation des droits du groupe autochtone Mikea, risques pour la santé liés à la radioactivité, impacts sur les écosystémes, la biodiversité et le climat). Princpaux épisodes à partir de 2020 (tentatives d'influence, pressions et intimidations, octroi du permis d'exploitation, étude d'impacts, déclaration d'utilité publique), situation actuelle.
<> _Craad-OI - Impacts du projet Base Toliara sur les droits humain (en anglais)

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26 06 23 - La Gazette - Note d'un avocat : Andry Rajoelina n'est pas un bi-national, il est exclusivement, par choix, ressortissant français_
C'est une bien mauvaise publicité pour Andry Rajoelina à quelques mois de la présidentielle. Un extrait du décret portant acquisition de la nationalité française d'Andry Rajoelina et signé par le premier ministre français et le ministre français de l'Intérieur de l'époque (Jean-Marc Ayrault  et Manuel Valls) fait le tour du réseau social Facebook. C'est le cas également de la publication au journal officiel du décret sur sa naturalisation.
Selon le quotidien Le Monde cette nationalité lui avait été accordée en échange de son retrait  de la scène politique quatre années après le coup de force qui lui avait permis d’accéder au pouvoir. Andry Rajoelina avait mené le mouvement de contestation aboutissant au départ de Marc Ravalomanana durant la crise politique de 2009.
C'est la fin d'un long flou et d'une longue interrogation. Andry Rajoelina a-t-il la nationalité française ? Cette question avait agité la scène politique malgache lors de l'élection présidentielle de 2018.

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04 07 23 - QMM – Communiqué du Collectif Tany - Les forces de l'ordre ont démantelé le barrage mis en place par les communautés
Les manifestants qui ont érigé depuis le 26 juin un barrage sur la route menant au site de production de Rio Tinto QMM ont été dispersés par les forces de l’ordre dans la matinée du 3 juillet.
Face au gaz lacrymogène et autres moyens utilisés par les forces de l’ordre, les communautés riveraines du site minier venues se faire entendre des responsables de la compagnie minière et des autorités locales ont résisté par des jets de pierre et divers projectiles. Une dizaine de personnes auraient été blessées et amenées à l’hôpital, parmi lesquelles des civils et des gens en uniforme. Plusieurs dizaines de manifestants auraient été interpellées selon la presse.
Aucune réaction publique du pouvoir central jusqu'ici, alors qu'une nouvelle convention, entre la compagnie minière RIO TINTO QMM et l’Etat malgache, dont les clauses sont différentes de celles des lois en vigueur à Madagascar, vient d'être approuvée.

- 03 07 23 - Collectif Tany - Mandats d'arrêt contre deux manifestants contre les actiivtés de QMM à Tolagnaro
Des mandats d’arrêt lancés contre deux responsables de l’association LUSUD  suite aux récentes manifestations contre les impacts négatifs des activités de la société Les médias et les réseaux sociaux ont montré que plusieurs milliers de manifestants ont de nouveau bloqué la route qui mène au site de Mandena de QMM à Tolagnaro depuis le 26 juin. L’épisode actuel de la longue lutte que mènent depuis plus de 10 ans les communautés pour la défense de leurs droits face à cette société minière se concrétise par la diffusion à « toutes les unités de la gendarmerie nationale » d’ « avis de recherche » et demande d’ « arrestation » de deux responsables de l’association LUSUD, Eugène Chrétien et Laurent Manjary, lancés par « le chef du groupe d’appui à la police judiciaire de Fort-Dauphin », précisant sur leur photo respective « meneur de grève QMM ». Le Collectif Tany interroge : l’arrestation est-elle désormais le sort qui attend les meneurs de grève à Madagascar ? Quel type de régime est-on en train de développer ? Les responsables ont-ils répondu à la pétition et à la lettre de demandes de rencontre et d’échanges que leur ont adressées auparavant l’association LUSUD et ses 20.000 membres avant d’organiser le barrage de manière pacifique ? Pourquoi les décideurs font-ils preuve de tant d’acharnement et déploient-ils de si grands moyens face aux défenseurs des droits fondamentaux des communautés impactées par cette multinationale, alors que de nombreux voleurs et dahalo dont les actes nuisent à la sécurité des habitants de toutes les régions, à l’économie nationale et à la réputation du pays poursuivent leurs méfaits depuis des années dans une quasi-impunité ?

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30 juin 2023

REVUE DE PRESSE - JUIN 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale
          La révélation de la double nationalité d’Andry Rajoelina
          Autres questions

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant, albinisme
  • Santé
  • Education, université
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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21 juin 2023

ARTICLES REMARQUES - JUIN 2023

<> 20 06 23 - Le Monde - A Madagascar la controverse sur la nationalité française du président Andry Rajoelina vire à la crise de défiance
Andry Rajoelina peut-il encore être considéré comme le chef de l’Etat malgache au regard de la loi ? Peut-il être le « président français de la république de Madagascar », comme s’interrogeait La Tribune de Madagascar dans son édition du samedi 17 juin ? La question se pose depuis la divulgation, le 15 juin, de sa naturalisation française par un décret signé par le premier ministre Manuel Valls et le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve le 19 novembre 2014. Selon plusieurs témoignages, cette nationalité lui avait été accordée en échange de son retrait – qui ne fut que temporaire – de la scène politique un an plus tôt, en 2013. Quatre ans après le coup d’Etat qui lui avait permis d’accéder à la tête de Madagascar, cela devait permettre au pays de tourner la page du régime de la transition.

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20 06 23 - Nouvelles du monde : un cardinal gris entre dans le jeu politique à Madagascar

 Le puissant homme d’affaires Mamy Ravatomanga préparerait sa campagne présidentielle. Un associé du cabinet de lobbying Ballard Partners a confirmé sous couvert d’anonymat un contrat avec « un homme d’affaires puissant, véritable maître de Madagascar, qui prépare une importante campagne politique dans les mois à venir ». L’annonce de l’extension des activités du célèbre groupe de lobbying américain, ainsi que l’ouverture d’un bureau de représentation à Antananarivo, a été publiée sur le site officiel de la société le 12 juin. Elle a rapidement été supprimée sans donner de raison, les responsables de l’entreprise indiquant un « possible problème sur le site web ». L’homme d’affaires qui est devenu client du cabinet de lobbying américain, comme l’ont confirmé plusieurs membres du personnel diplomatique malgache à Washington, est le bras droit du président Rajoelina. Celui-ci aurait décidé de sortir de l’ombre en raison de désaccords importants avec le président, notamment concernant les exportations de vanille, de litchi et de bois. Mamy Ravatomangasouhaiterait désormais faire de la politique un autre volet de ses activités lucratives. Récemment, les médias ont appris que l’agence de relations publiques ESL & Network, basée à Paris, travaille avec Mamy Ravatomanga sur sa campagne politique et sur l’amélioration de son image internationale et locale. C’est probablement grâce aux connexions d’ESL & Network que l’homme d’affaires a pu rapidement négocier un partenariat avec Ballard Partners. Ce dernier entretient des liens étroits avec les politiciens républicains du Sénat et de la Chambre des Représentants, mais a également des contacts avec les démocrates. D’après les informations contenues dans le contrat, le Groupe Sodiat versera environ 100 000 dollars par mois à Ballard pour une période allant jusqu’à janvier 2024, date de l’investiture du nouveau président.

<> 17 06 23 - Tribune - Edito - Monsieur le Président français de la République de Madagascar
Depuis quelques jours, les réseaux sociaux s’enflamment autour du buzz concernant les preuves de la nationalité française du Président Rajoelina. Ce sujet avait déjà été évoqué il y a quelques mois quand la Gazette de la Grande île avait publié la copie de sa carte d’identité. Il se raconte d’ailleurs dans les cercles généralement bien informés que c’est cette publication qui a été la véritable origine de la disgrâce du fondateur de ce journal, Lola Rasoamaharo, comme le rappelle le journal Le Monde.

<> 16 03 23 - L'Express - Edito de Vanf - être ou ne pas être Malgache, et seulement Malgache
Le sujet de la nationalité française de Andry Rajoelina revient sur le tapis alors que l’intéressé a été reçu à l’Élysée, par le président français.

<>15 06 23 - Le Monde - Madagascar :le président Rajoelina est bien français
Le président malgache Andry Rajoelina a acquis la nationalité française par naturalisation en 2014. La décision a été publiée au Journal officiel le 21 novembre de la même année suite au décret signé deux jours plus tôt par le premier ministre Manuel Valls et le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve – selon les documents que nous avons consultés. Sa femme Mialy Razakandisa ainsi que leurs trois enfants ont bénéficié de la même procédure. La famille vivait alors en France après qu’Andry Rajoelina, président de la transition de 2009 à 2013, a accepté de se mettre en retrait afin de tourner la page du coup d’Etat qui l’avait porté au pouvoir et permettre au pays de renouer avec l’ordre constitutionnel.

<> 23 06 23 - Craad-OI  & Société civile - Pour qui travaillent les autorités et les élus de Madagascar ?
Avec l’adoption à la quasi-unanimité des parlementaires des différentes lois récemment révisées - à l’instar de la loi sur les investissements, du code minier, ainsi que des deux dernières lois sur les propriétés privées non titrées - dans lesquelles le respect et la protection des droits des communautés ont été ignorés malgré les alertes lancées par la société civile, toutes les conditions sont réunies pour laisser libre cours à la violation des droits des communautés.

- 01 06 23 - La Tribune.fr - Le candidat à la présidentielle qui secoue le paysage politique malagasy
Siteny Randrianasoloniaiko, 50 ans, ex-champion de Judo devenu président de l'Union africaine de judo (UAJ) et vice-président de la Fédération internationale de judo (FIJ), fait de plus en plus parler de lui, à moins de six mois des présidentielles. Le député à Tuléar revient pour La Tribune Afrique sur son parcours, sa vision politique pour Madagascar et dément tout soutien politique ou financier de la Russie.

 


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31 mai 2023

REVUE DE PRESSE - MAI 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale
          Autres questions

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, kidnappings, albinisme
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant
  • Drois des femmes
  • Santé, personnes handicapées, trafic de drogue
  • Education, université
  • Médias, communication, défenseurs des droits

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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