26/08 - Bousculade meurtrière à l'entrée du stade Barea d'Antananarivo où devait se tenir la cérémonie d'ouverture de la 11e édition des Jeux des îles de l'océan Indien. Un bilan provisoire fait été de 13 morts et de 107 blessés[1], dont 13 dans un état grave. Parmi les victimes, on compte des enfants et adolescents. « Les gens avaient pourtant respecté la longue file d’attente depuis le matin jusqu’à ce qu’une bousculade éclate en fin d’après-midi », a expliqué un journaliste sur place. Andry Rajoelina a fait observer une minute de silence pour les victimes avant son discours d'ouverture au stade Barea. Les festivités ont ensuite continué. Le premier ministre, Christian Ntsay, s'est rendu aux urgences et à la morgue de l'hôpital HJRA. Il a précisé que l'État prenait en charge les blessés et accompagnerait les familles des victimes. Le président du Comité olympique malgache, Siteny Randrianasoloniaiko, a demandé trois jours de deuil national pour Madagascar et l'intégralité du monde olympique. Le stade Barea était plein à craquer. De nombreux spectateurs n'ont pas pu trouver de place assise. Environ 50 000 personnes se trouvaient à l'intérieur, a dit le président de la République lors de son discours. Le stade est prévu pour un peu plus de 40 000 places assises. Des danses auxquelles le président a participé et un feu d’artifices a clôturé cette soirée comme si de rien n’était.
Edito de Tribune :
<> 21/08/23 - Le Nouvel économiste - Lettre ouverte à Emmanuel Macron
Avec environ 140 000 personnes résidant en France métropolitaine, la communauté malgache représente la première minorité d’Afrique subsaharienne du pays. En dépit d’un passé colonial marqué par les affrontements et qui s’est achevé en 1960 avec l’indépendance de Madagascar, la France y est restée la puissance tutélaire, soucieuse d’y maintenir ses intérêts et de conserver, en entretenant de bonnes relations avec Antananarivo, un avant-poste stratégique sur l’océan Indien. Nous saluons cette relation privilégiée. Cependant, nous déplorons qu’elle ne serve pour l’heure qu’à entretenir les desseins incohérents d’une élite politique malgache corrompue, indifférente au sort des 28 millions d’habitants d’un pays classé comme le sixième plus pauvre du monde.
<> 16/08/23 - Le Monde - A Madagascar, des paysans se dressent contre l'exploitation des terres rares
Dans la presqu’île d’Ampasindava, les risques de pollution liés à l’extraction de ces minerais critiques pour la transition écologique fédèrent une irréductible opposition.
<> 16/08/23 - Suspicion de corruption - Romy Roos Andrianarisoa, 46 ans, directrice de cabinet civil de la présidence de la République depuis mars, a été arrêtée au Royaume-Uni. Révélée par le Financial Times[1], l’information a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Accompagnée d’un certain Philippe Tabuteau, un ressortissant français désigné comme son associé, PDG de la société « Groupe Impact Capital », basée à Genève et spécialisée dans le domaine du conseil aux entreprises et aux gouvernements, Romy Andrianarisoa serait « soupçonnée d’avoir demandé un pot-de-vin à la société minière britannique Gemfields pour obtenir des licences », sans préciser de quel type de licence il s’agit. Le couple a été placé en garde à vue jusqu’à leur audience du 8 septembre. En vertu du Bribery Act de 2010, les chefs d’inculpation retenus – « avoir demandé, accepté de recevoir, ou reçu » un avantage financier ou autre – sont passibles d’amendes et de peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix ans. Gemfields est une société spécialisée dans l’extraction, la transformation et la vente de pierres précieuses colorées, propriétaire du joaillier Fabergé. La somme de « 225.000 livres et une participation de 5 % dans Gemfields », auraient été demandées par les deux associés. C’est la société minière britannique qui aurait informé la National crime agency (NCA). L’arrestation aurait eu lieu durant une réunion où les conditions précitées auraient été formulées. Romy Roos Andrianarisoa et Philippe Tabuteau auraient été convoqué à une réunion au Victoria Area pour leur tendre un piège.
Gemfields possède depuis 2008 la société Oriental Mining, basée dans le Sud de Madagascar, qui est autorisée à extraire des pierres précieuses et semi-précieuses. Elle détient des licences pour y extraire des rubis, des émeraudes et des saphirs mais il n’a pas de mines en exploitation. Selon Confidentiel Afrique[2], Philippe Tabuteau aurait été mis en cause en 2017 dans des affaires d’appel d’offres en Guinée et aurait travaillé pour « des succursales de services secrets étrangers en terre africaine ».
Le Monde précise que Romy Roos Andrianarisoa avait jusqu’à cette nomination fait carrière dans le secteur privé, notamment comme responsable pays de British Petroleum à Madagascar puis de la major China National Offshore Oil Corporation (CNOOC). Elle présidait encore récemment la commission de développement durable et d’éthique des affaires du groupement des entreprises de Madagascar (GEM). Philippe Tabuteau n’apparaît pas dans l’organigramme officiel de la présidence, mais il appartient, avec Gérard Perceau, chargé du plan Emergence, ou Gérard Askinazi, récemment recruté pour améliorer l’image du président à l’étranger, au petit groupe de Français dont s’est entouré Andry Rajoelina. Il est président de la société Impact Capital, spécialisée dans le conseil aux entreprises et aux gouvernements et dont le siège se trouve à Genève. Ses liens avec Madagascar remontent à la fin des années 1990.
Le quotidien ajouteque « la société britannique convoite de longue date les abondantes ressources de Madagascar sans avoir pu jusqu’à aujourd’hui passer à une phase opérationnelle. En 2008, elle avait fait l’acquisition de la société Oriental Mining, alors détentrice d’une quinzaine de licences d’exploration pour des gisements de saphirs, rubis, émeraudes et tourmalines dans les régions d’Antananarivo, de Fianarantsoa et de Tuléar. Mais le coup d’Etat l’année suivante, qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir jusqu’en 2014, plonge le pays dans la crise et l’isole sur le plan international. Un moratoire sur l’octroi de nouveaux permis miniers entre en vigueur. Il vient seulement d’être levé avec l’adoption en mai d’un nouveau code minier. Ce qui pourrait expliquer la reprise des négociations avec Gemfields. »
France 24 indique que selon le dernier rapport annuel de Gemfields, Oriental Mining détient « un certain nombre de concessions pour une gamme de minéraux, dont l'émeraude et le saphir", et prévoit de reprendre cette année des procédures pour obtenir des permis supplémentaires dans le pays, après des retards liés à la pandémie de Covid-19. (…) Gemfields, également propriétaire du joaillier Fabergé, exploite une mine d'émeraudes en Zambie et de rubis au Mozambique. »
La présidence de la République a réagi en relevant de ses fonctions Mme Voos Andrianarisoa. Le communiqué publié précise que celle-ci avait pris « ses droits de congés du 9 août au 22 août 2023. Ainsi les autorités malagasy ignorent les raisons de son déplacement au Royaume-Uni ». M. Tabuteau n’est pas cité. Selon Le Journal de la Grande Île, « la présidence en avait été immédiatement avisée [ de l’arrestation], et des échanges avec un cabinet d’avocats en témoigne, mais l’a soigneusement caché. Ce cabinet précisait que les documents en sa possession ne permettaient pas de prouver son immunité diplomatique, ce qui n’a pas permis sa mise en liberté provisoire. En outre, elle ne figurait pas dans la Blue List (Liste des personnalités disposant de l’immunité diplomatique au Royaume Uni). »
Transparency International initiative Madagascar (TI-IM), a publié un communiqué pour réagir à cette arrestation. « Cette affaire permettra de voir comment la justice se prononce sur la scène internationale sur un cas présumé de corruption impliquant de hautes personnalités de l'État », signale la directrice exécutive Ketakandriana Rafitoson, amie proche de Romy Andrianarisoa. « Sur les cinq dernières années, il y a eu pléthore de ces cas-là. Soit ça a été mal traité, soit ce sont les boucs émissaires qui ont été sanctionnés mais pas vraiment les mandataires, soit on oublie les affaires. On va voir aussi ce que ça va induire comme réaction au niveau de l'administration malgache, parce que cette dame, tout de même, a tenu des discours anti-corruption. C'est elle qui nous avait approchés au nom du Groupement des entreprises de Madagascar pour initier la charte d'intégrité des entreprises pour les élections », poursuit-elle.
14/08 - Edito de Tribune : « Arrestation embarrassante pour Iavoloha ». (…) Romy Andrianarisoa s’est caractérisée depuis quelques années par une hyperactivité débordante dans la vie publique. On l’a vue présente dans les cercles influents liés au secteur minier, à l’environnement et à l’approche genre. On lui prêtait donc de grandes ambitions, et la volonté de constituer une équipe dès maintenant pour préparer le destin national qu’elle s’imaginait sans doute. Dans cette perspective, la direction du cabinet du PRM était sans doute envisagée comme un tremplin. Par ailleurs présidente de la commission développement durable et éthique des affaires du GEM, elle s’était fendue en octobre 2021 d’une interview avec Radio Sifaka pour affirmer que ‘La corruption peut handicaper la compétitivité d’une entreprise, d’un secteur et du pays’. Comme d’habitude à Madagascar, encore une fois, la classe dirigeante affiche le grand écart entre ses actes et ses paroles. (…) Aucune raison donc d’espérer que les politiciens qui affirment lutter contre la corruption soient nécessairement incorruptibles. Réflexion utile à l’aube d’une campagne électorale où on va voir (re)fleurir les promesses de Messie. (…) L’environnement actuel souligne le degré de pourriture avancée de la vie politique. Il y a tout d’abord la multiplication des perturbations de meetings de l’opposition par les forces de l’ordre, malgré l’obtention d’autorisations en bonne et due forme. Les anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina en ont été victimes, tout comme les meetings du Mihava tour du député Siteny Randrianasoloniaiko. Il y a également les affaires de piratage de comptes sur les réseaux sociaux. La station de télévision Real TV, qui ne dédaigne pas d’accorder l’antenne à des opposants, a vu sa page Facebook piratée. Celle de Marc Ravalomanana a également été victime de piratage, et propose maintenant des films pornographiques. Dernier cas en date, le piratage de la page Facebook satirique ‘Sary Kasma’. Le point commun entre ces trois pages est d’être résolument de l’opposition au pouvoir actuel. Questions qui se posent d’habitude dans les films policiers : à qui profite le crime, et qui sera le prochain ? (…) Les mentalités basses à l’œuvre derrière ces violations de la démocratie et de la bonne gouvernance n’augurent pas d’une élection présidentielle 2023 propre et apaisée. »
« Cette affaire n'est qu'un exemple de l'extrême corruption qui gangrène notre pays au détriment de tous les Malgaches. Andry Rajoelina doit partir, pour le bien de mon pays ! », a réagi Siteny Randrianasoloniaiko, probable candidat à la présidentielle.
Le 11 mars, La Gazette de la Grande île avait consacré un article à la mise en garde d’Andry Rajoelina face au passé douteux de Philippe Tabuteau, conseiller spécial d’Andry Rajoelina avec le titre de « conseiller spécial pour partenaires et investissements » ( CSPPI). En 2017, Philippe Tabuteau avait impliqué dans une affaire dénommée « BESC Gate » durant le mandat du président guinéen Alpha Condé, une affaire portant sur des contrats du port de Conakry, ainsi que dans d’autres affaires de ce pays africain. Il avait pour collaborateur un Français, Patrick Emeriau, et une femme haut placée en Guinée, Fatima Kaloko. Philippe Tabuteau avait déjà été à Antananarivo en 1997 comme DG de Canal Satellite Madagascar. Le Blog de Médiapart ajoute qu’il a opéré ensuite entre Maurice et Paris avec son cabinet de conseil Axe One, spécialisé en stratégie et campagnes de communication pour des gouvernements. En 2006, il a été nommé directeur de campagne d'Elia Ravelomanantsoa, ancienne ministre de la culture, candidate à la présidentielle. Philippe Tabuteau est associé avec Romy Andrianarisoa au sein de TF 261, « agence d’expertise en développement durable » ; ils ont organisé en novembre 2022 les premières Assises du développement durable de l'océan Indien, sous le patronage du premier ministre.
« Plusieurs détails suscitent des interrogations dans le cadre de cette affaire impliquant la Dircab de la présidence », écrit La Vérité. Romy Andrianarisoa serait sortie du territoire en utilisant son passeport de service alors qu’elle n’était pas en mission officielle. Or l’usage d’un passeport de service doit, en principe, obligatoirement être fait sur présentation d’un ordre de mission. Aurait-elle alors usé de son influence pour faire pression sur les autorités aéroportuaires ? La PAF assure, pour sa part, qu’aucun ordre de mission n’a été présenté. Pour les formalités de départ à l’aéroport, elle a été assistée par un certain J., protocole de l’Assemblée nationale. Un autre fait qui intrigue d’autant plus que le chef protocole au niveau de la Chambre basse aurait nié avoir confié une telle mission à son subordonné. Pourquoi avoir recouru l’aide d’un responsable d’une autre institution ? Y-a-t-il eu complicité dans ce départ « en catimini » vers le Royaume Uni ?
<> 09/08/23 - Droits de la femme : « La ratification du protocole de Maputo est impérative pour Madagascar » a déclaré Génération Égalité.
Madagascar célèbre cette année le 20e anniversaire de la signature du protocole de Maputo. Ce protocole, adopté en 2003 par l’UA, a pour but de promouvoir l’égalité des droits des femmes. » Il est impératif de ratifier ce protocole essentiel pour le droit des femmes en Afrique, afin de parvenir à l’égalité femme-homme », a déclaré la coalition Forum Génération Égalité. Il est crucial que le pays mette en place un cadre juridique pour favoriser l’intégration des droits des femmes dans la société. Les 32 articles de ce texte leur ouvrent des droits tels que la santé, la dignité, la sécurité, l’éducation, la protection contre les pratiques néfastes, l’accès à la justice et à l’égalité de protection devant la loi, la participation politique, l’accès à l’emploi et une égale rémunération avec les hommes. Pour célébrer ce 20e anniversaire, des membres de la société civile, issue des coalitions du Forum Génération Égalité, ont organisé différentes célébrations à Antananarivo. Une conférence destinée aux décideurs et à la population a eu lieu le 19 juillet. Elle a été suivie d’une exposition pour sensibiliser la population aux avantages de la ratification du protocole. Le 28 et 29 juillet, une conférence-débat a été organisée à l’occasion de l’assemblée générale du Conseil national des femmes de Madagascar, avec la participation de représentantes d’associations de femmes des 23 régions. La clôture symbolique de ce mois de célébration a eu lieu le 31 juillet, à l’occasion de la Journée internationale de la femme africaine.
Madagascar est l'un des 11 derniers pays, avec le Burundi, le Botswana, la RDC, le Tchad, l’Egypte, l’Erythrée, le Maroc, le Niger, le Soudan et le Soudan du Sud, à ne pas avoir ratifié ce texte, indique Amnesty International dans un communiqué du 09/08 :
https://www.amnesty.org/en/documents/afr01/7096/2023/en/
<> 11/08/23 - Communiqué des OSC sur la situation alarmante de l'ONE
La mission de l’ONE étant la prévention des risques environnementaux dans les investissements publics et privés et de la lutte contre les pollutions, selon un décret du 23 juin 2008 A cet effet, il doit veiller à ce que les activités économiques ne se fassent pas au détriment de l’environnement. Dans cette période pré-électoral, où les risques de pillage et des trafics illicites des ressources naturelles sont élevés, et où l’application de la loi se trouve parfois défaillante, l’ONE doit pouvoir exercer son rôle sans faille, surtout face aux nombreux projets d’infrastructures de grande envergure comme les nouvelles villes, la construction d’une autoroute et du réseau de mobilité urbaine (train urbain et téléphérique, etc… Au regard de ces défis, il semble que l’ONE soit fortement handicapé par une gestion qui empêche l’institution de fonctionner correctement. Depuis le limogeage de son DG, le 17 mai 2023, le secrétaire général du ministère de l’environnement, qui est à la fois le président du conseil d’administration de l’ONE, assure la fonction de DG par intérim. Une telle situation est une illustration de la mauvaise gouvernance qui sévit dans le secteur de l’environnement. Les processus d’évaluation environnementale pour de nombreux projets privés et publics sont interrompus. De plus, plusieurs cadres de cette institution sont partis en retraite, sans être remplacés. Les organisations de la société civile exhortent les autorités à nommer dans un plus bref délai un nouveau directeur générale, séparer le rôle du pouvoir exécutif de l’ONE et le pouvoir de contrôle du ministère, renforcer les ressources humaines de l’institution en remplaçant des cadres retraités, réactiver le processus de révision du décret qui a été enclenché en 2020.
<> 11/08/23 - Le Journal de l'Ile Rouge - Le président bis Mamy Ravatomanga à la recherche d'une immunité ?
Bis repetita » ? Après le poisson d’avril 2022, revoilà, à grand renfort de publicités, notre président bis shadow cabinet sur les plateaux de télévision en face de 3 journalistes de TV plus, Réal TV et Viva. Sans les lunettes en guise de pochette cette fois-ci. Et avec une cravate bleue, comme un clin d’oeil à l’HVM de Rajaonarimampianina ? Peu de politiciens peuvent se targuer d’avoir le privilège de faire face à 3 journalistes, dont les réputés Abraham Razafy
et Gascar Fenosoa, concomitamment sur 3 chaînes de télévision . C’est dire le poids de cet homme d’affaires doublé d’un politicien hors pair.
<> 08/08/23 - Appel à la réalisation d'audits indépendants pour assurer une plus grande transparence des opérations minières dans le sud de Madagascar - Pétition en ligne
https://actions.eko.org/a/rio-tinto-stop-poisoning-madagascar-s-lakes/?ak_proof=1&akid=.21428322.OZhDXu&rd=1&source=fwd&t=12&fbclid=IwAR0M52_mbBrTrFZcFIti0jUcFbq9Oa_-HczYfdaVzNc3RYktBvLflQ54KM4
La mine QMM de Rio Tinto contamine des lacs et des cours d'eau vierges où les habitants puisent leur eau potable - et affirment que la mine nuit à leur santé et détruit leurs moyens de subsistance. Lorsque les habitants sont descendus dans la rue il y a quelques semaines pour protester, l’armée a tiré des gaz lacrymogènes, blessant des personnes et en arrêtant des dizaines.
Rio Tinto avait accepté de verser des compensations pour les pertes dues à l'impact de la mine. Mais le processus d'indemnisation a été émaillé de rapports faisant état de violations des droits de l'homme, notamment d'intimidations, d'ordres de bâillonnement et de paiements inadéquats.
La mine n'affecte pas seulement la qualité de l'eau, elle compromet la santé des communautés locales, épuise les stocks de poissons et a un impact sur la production alimentaire, ce qui a réduit les revenus de la population de près de 50 %.
Une étude des données sur l'eau de QMM a révélé des niveaux élevés d'uranium dans le bassin minier et dans les cours d'eau en aval, 50 fois supérieurs aux recommandations de l’OMS en matière d'eau potable.
Rio Tinto est la deuxième plus grande société minière au monde. Dans la région de l'Anosy, où la mine est exploitée, plus de 91 % de la population rurale vit dans une pauvreté multidimensionnelle.
Signez la pétition demandant à Rio Tinto de mettre fin à ses pratiques polluantes et d'autoriser des audits indépendants de la qualité de l'eau et du processus de compensation.
<> 03/08/23 - Société civile - Les preuves du caractère illégal de l'acquisition de vastes terres par la société LGA OSO
Le communiqué sur la société LGA OSO Farming co-signé par plusieurs organisations de la société civile et daté du 25 juillet a été transmis à la direction de cette entreprise. La société a répondu au communiqué pour affirmer que leurs « allégations » sont « totalement fausses et calomnieuses » et portent un portent « un préjudice grave à notre entreprise », ajoutant : « Nous réservons à ce titre tous nos droits, y compris devant les juridictions pénales et civiles compétentes, tant votre démarche unilatérale s’apparente à une campagne ciblée de déstabilisation et de désinformation, auprès de nos clients, nos bailleurs de fonds , du grand public et surtout la communauté humaine de l’Ankarana ». La société annonce vouloir « solliciter un droit de réponse dans les médias ». La société civile a répliqué dans une lettre ouverte au responsable de l’entreprise, confirmant de manière circonstanciée ses affirmations et apportant des preuves irréfutables du caractère illégal de l’acquisition des vastes terres par la société LGA OSO Farming dans le nord de Madagascar.
<> 03/08/23 - Lettre ouverte pour réclamer l'arrêt des persécutions visant l'association Lusud de Fort Dauphin
Lettre ouverte à Andry Rajoelina et à Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa, ministre de la justice,pour réclamer l’arrêt des persecutions envers les membres de l’association LUSUD à Tolagnaro. Une centaine de membres de l’association LUSUD et d’habitants proches du site d’exploitation de QMM sont emprisonnés dans différentes villes du Sud, suite à l’assaut des forces militaires le 3 juillet pour éparpiller les manifestants et défaire le barrage mis en place par les communautés. Parmi les personnes emprisonnées se trouve une femme enceinte. Depuis sa création, en mars 2023, l’association a formé ses 23.000 membres à la connaissance de leurs droits et aux revendications à travers pétitions, messages, interventions dans les médias. Ils n’ont été entendus ni par QMM, ni par l’ONE, ni par les responsables de la région, ni par le gouvernement, ce qui les a amenés à organiser le barrage pour être sûrs d’être entendus, en utilisant leur droit de grève. Les membres de l’association ont toujours accepté de négocier une issue pacifique avec les autorités locales malgré le kidnapping du fils de leur président et d’une autre.personne, le vol de sacs de riz au siège de l’association et l’avis de recherche lancé à l’encontre de leur président et du secrétaire général. Les manifestations de l’association ont toujours été pacifiques et apolitiques. La lettre ouverte réclame le respect de la liberté d’expression, et de manifestation et la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées. Elle exige enfin le dédommagement par l’Etat des préjudices subis par personnes concernées par ces arrestations et l’arrêt définitif de la poursuite de ses membres
07/08/23 - Arte TV - Conte documentaire Zaho Zay
https://www.arte.tv/fr/videos/108960-000-A/zaho-zay/
Sur un texte de l'écrivain Jean-Luc Raharimanana, un portrait poétique et sans fard de Madagascar, entre le quotidien d'une prison et le voyage imaginaire d'un vieil homme dans le pays.
« Zaho zay » est l'expression qu'utilisent les détenus quand ils se rassemblent le matin dans la cour de la prison de Fianarantsoa. Elle signifie « c'est moi ». La voix d'une matonne qu'on ne verra jamais raconte le quotidien figé de cette prison surpeuplée, dirigée par des femmes conformément aux traditions matriarcales de la culture malgache. Elle rêve également au destin de son père, meurtrier en fuite, dont elle espère qu'il sera un jour arrêté. Progressivement ses fantasmes prennent le pas, recréant un voyage qui fait écho aux traditions du pays et à son histoire coloniale.
Deux mouvements se mêlent dans ce film au rythme lent et hypnotique : le premier, « réaliste », est constitué de scènes de la vie carcérale, commentées par les mots d'une matonne imaginaire ; le deuxième, fantasmatique, évoque des souvenirs et le parcours d'un père rêvé, tueur solitaire dont la dérive évoque celle d'un sombre héros de western. Sur des images d'une beauté rigoureuse, le texte signé par l'écrivain Jean-Luc Raharimanana livre un âpre portrait de l'île rouge, entre réalité sociale révoltante et paysages majestueux, qui porte cependant les stigmates de l'exploitation coloniale. Un film en forme de conte, où la rage rencontre une douceur poétique.
Réalisation : Maéva Ranaivojaona
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<> Articles particulièrement signalés - <>doc Documents à valeur permanente
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