
<> 28/11/23 - Tribune - Edito - Derrière le mégalomane, l'apprenti dictateur ?
Même si elle manque d’élégance et de moralité, la stratégie du clan Rajoelina s’est avérée efficace. L’alliance de fait mise en place pour assurer sa réélection a joué efficacement son rôle, tant au niveau politique (l’Union pour Andry Rajoelina autour du parti TGV), institutions électorales (CENI, HCC), forces de répression, sans oublier les différents rouages de l’administration. Si la victoire au premier tour est claire dans les circonstances extrêmement discutables et discutées de la présidentielle biaisée de 2023, le niveau de participation déclaré par la CENI (46,36%) continuera à être considéré par beaucoup comme artificiel. L’hypothèse de manipulations pour le gonfler afin de limiter l’humiliation d’une abstention record et afficher qu’Andry Rajoelina aurait obtenu plus de voix qu’en 2018 n’est pas impossible, même si la mégalomanie du candidat à la réélection s’est abstenue des taux victorieux des dictatures africaines d’autrefois, entre 90% et 100%.
<> 28/11/23 – RFI - « Rajoelina débute un nouveau mandat sans qu'on lui demande de comptes ». Andry Rajoelina a été officiellement réélu dès le premier tour, avec près de 59% des suffrages exprimés. Quel bilan tirer de ce scrutin du 16 novembre ? Quelques jours avant la présidentielle, avec son collègue Juvence Ramasy, l'économiste Olivier Vallée a publié dans la revue Le Grand Continent, une tribune où il s'est interrogé sur la possibilité d'un coup d'État institutionnel de la part du président sortant. En donnant la priorité aux attaques personnelles, il constate que l'opposition n'a peut-être pas choisi la bonne stratégie.
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-grand-invit%C3%A9-afrique/20231128-pr%C3%A9sidentielle-%C3%A0-madagascar-rajoelina-d%C3%A9bute-un-nouveau-mandat-sans-qu-on-lui-demande-de-comptes (11’07)
<> 26/11/23 - Mondafrique - Emmanuel Macron gère de loin la crise malgache
Les résultats de la présidentielle à Madagascar ont été proclamés. Le président sortant, Andry Raojelina, n’a pas hésité à passer au premier tour avec près de 60 % des voix en provoquant de très nombreuses protestations de toute l’opposition et une situation sociale très tendue. L’Élysée qui prétend avoir pris la main, comme on dit, sur l’océan Indien, affiche une approche de cette région du monde peu originale-ni indifférence, ni ingérence. Le tout pour masquer un grand vide de la diplomatie française
<> 25/11/23 - Résultats provisoires : Andry Rajoelina réélu avec 58,95 % des voix dès le 1er tour. Ces résultats doivent encore être validés par la HCC. À la CENI, pour la proclamation des résultats, quelques applaudissements sobres pour féliciter le président sortant, seul candidat sur les 13 à assister à la cérémonie. La présidente de l’Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, était absente, de même que les partenaires techniques et financiers, bien qu’ayant participé pour certains au « Basket found ». « Je tiens tout d'abord à remercier le peuple malgache pour la maturité politique et la sagesse. Le peuple s'est exprimé, il a choisi son président, il a choisi la voie de la continuité, de la sérénité et de la stabilité. Contrairement aux élections qui se sont déroulées un peu partout en Afrique, il n’y a pas eu de blessés. Les élections se sont déroulées d'une manière pacifique. Le peuple malgache a vraiment prouvé l'exemplarité et je tiens aussi à remercier la CENI qui a organisé ces élections à Madagascar », a déclaré Andry Rajoelina, au micro de RFI.
Le taux de participation est en baisse par rapport à la présidentielle de 2018. Sur les 11 millions d’inscrits, seuls 46,26 % se sont déplacés pour voter. Le 7 novembre 2018, le taux de participation avait été de 53,95 %. Le taux le plus faible est enregistré dans la province d’Antananarivo, avec 31,76 %. Le plus élevé dans la province de Toliara (63,33 %)
Andry Rajoelina a fait également observer qu’il a été réélu avec un million de voix de plus qu’en 2018 mais le fichier électoral était plus important cette année (11 millions contre 9,9 millions), ce qui relativise le constat.
Un proche du candidat a interpelé les représentants « d’une certaine presse étrangère » : « Vous avez prédit que le pire se dessinait sur Madagascar. Je tiens à vous dire qu’il ne faut pas confondre la perception et la réalité », a-t-il martelé.
Le candidat numéro 13 Siteny Randrianasoloniaiko est crédité de 13,29 %, vient ensuite le candidat n°5, Marc Ravalomanana, avec 12,56 %, malgré son appel au boycott du scrutin. Ce seront les trois candidats qui bénéficieront du remboursement de leur caution électorale. Les autres ont fait des scores dérisoires : Hery Rajaonarimampianina (5,40 %), Tahiana Razafinjoelina (1,58 %), Hajo Andrianainarivelo (1,37 %), Roland Ratsiraka (1,57 %), tous les autres moins de 1 %.
Onze des 12 autres candidats ont annoncé ne pas reconnaître les résultats de cette élection qu’ils estiment « illégitime et truffée d'irrégularités ». Le candidat Siteny Randrianasoloniaiko a confirmé avoir déposé deux requêtes auprès de la HCC pour demander l’annulation du scrutin et la disqualification d’Andry Rajoelina en raison de la perte supposée de sa nationalité malgache. « J’ai décidé de me lancer dans la course. Je savais que ce serait dur, qu’il essayerait de voler, je savais qu’il contrôlait la CENI et la HCC, je savais toutes ces choses mais j’ai pris cette initiative de concourir pour avoir les preuves », a-t-il dit avant d’affirmer : « Si je n’avais pas concouru, on n’aurait pas eu les preuves pour le montrer au reste du monde. Maintenant je les ai. Il a volé, il a acheté les voix. La CENI a changé les chiffres. Ils ont réduit mes voix mais ils ont augmenté celles pour Rajoelina. » Parlant d’Andry Rajoelina au micro de RFI il dénonce : « Il a utilisé l’hélicoptère de l’État qui porte le drapeau de Madagascar. Ce qui est contre la loi. Il a critiqué les décisions de la HCC. Il a dit, devant la foule, "ne refaites jamais ça !" Vous ne pouvez pas commenter les décisions de la HCC ! Ça mérite une disqualification aussi. J’ai donc déposé deux requêtes [à la HCC] pour demander l’annulation [du scrutin] et la destitution d’Andry Rajoelina. Ce n’est pas pour nous, Collectif, que je fais ça. C’est pour faire respecter le choix des Malgaches. Il ne peut pas l’acheter ! »
Siteny Randrianasoloniaiko a demandé la confrontation de tous les PV de tous les bureaux de vote à la CENI.« Je n’accepterai les résultats qu’après la confrontation PV par PV de tous les bureaux de vote de Madagascar », a déclaré le candidat n°13. D’après Tribune, la CENI aurait accepté cette confrontation et selon Me Andry Fiankinana, l’un des avocats de Siteny Randrianasoloniaiko et de son parti, la Commission électorale n’aurait pas dû se précipiter à publier ces résultats provisoires puisque la confrontation d’un seul PV peut prendre jusqu’à 45 mn. Ainsi, la confrontation de tous les PV pourrait prendre plusieurs jours. L'institution aura la lourde tâche d’étudier tous les recours et de proclamer les résultats définitifs, le 4 décembre au plus tard.
<>26/11/23 - « Madagascar, la mascarade de l’élection présidentielle », titre Mondafrique[1]- « Après la proclamation des résultats, une abondance de constats sur la fausseté du fichier électoral et de dénonciations des achats de vote fleurit. Il est trop tard, mais la SADC et les observateurs internationaux et malgaches se donnent bonne conscience pour que la comédie électorale continue et qu’Andry Rajoelina poursuive son règne. L’anesthésie de la médiation fait son retour. Ainsi la ‘Plateforme de dialogue et de médiation’ confirme qu’elle poursuit ses efforts pour explorer toutes les voies pouvant conduire à la stabilité, à l’apaisement et à la réconciliation du peuple malgache. Cependant l’accumulation de critiques de l’épisode électoral aboutit à une dévaluation du président réélu. Il se retrouve en position de faiblesse par rapport à ses alliés et ses concurrents. Les oligarques cosmopolites et nationaux qui l’entourent et les officiers généraux qui prospèrent dans son sillage pourront exiger encore plus de prébendes et de libertés pour s’approprier les richesses du pays. L’ambassadeur de France n’a plus à redouter la contestation de l’opinion publique qui s’insurgeait contre l’étrangeté du candidat Andry Rajoelina, qui avait choisi d’être naturalisé français. Emmanuel Macron peut plus aisément maintenir la confiscation des îles Eparses et un rôle de protecteur du sud-ouest de l’océan Indien. Le challenger Siteny Randrianasoloniaiko sait bien et le président réélu aussi que son score a été réduit. Les sponsors qui l’ont soutenu vont cependant obtenir des concessions pour réintégrer le club des milliardaires encastrés dans l’appareil du pouvoir. La faiblesse du président de 49 ans se verra rapidement lors des législatives et des sénatoriales. Les candidats défaillants de la présidentielle vont obtenir sur des bases régionalistes et clientélistes des sièges nombreux au détriment du parti présidentiel complètement discrédité. Les Eglise chrétiennes par leur ambiguïté ont su maintenir l’exécutif et les parlementaires engagés dans une fronde complètement déconnectée du peuple. »
<> « Présidentielles 2023 : le triomphe de la corruption, de l’argent et de la complaisance sur la démocratie ». Tel est l’intitulé du communiqué de Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM), daté du 25 novembre, jour de publication par la CENI des résultats provisoires[1] et repris par La Gazette. Un communiqué raillant ceux de la fameuse communauté internationale qui affirment que « Tout va bien Madame la Marquise ». Des fonctionnaires étrangers qui ne sont là en vérité que pour justifier leur per diem. « Les observateurs internationaux seraient unanimes en affirmant que l’élection présidentielle du 16 novembre s’est déroulée sans incident majeur et a rempli toutes les normes internationales en matière électorale… Les quelques manquements et imperfections constatés çà et là ne peuvent remettre en cause de façon globale le bon déroulement et la crédibilité de cette élection. » Une telle unanimité est plus qu’inquiétante, , écrit TI-IM en sachant que la bénédiction des observateurs électoraux – et par extension, de la communauté internationale – constitue l’extrême onction qui validera les résultats électoraux.
« Combien de manquements et d’imperfections faut-il comptabiliser pour remettre en cause la crédibilité d’une élection ? Quel est le seuil de tolérance envers les irrégularités, le manque d’intégrité et la corruption dénoncés par de nombreux observateurs depuis le début du processus électoral ? Un hold-up, pire – un viol électoral, a été orchestré, prémédité et perpétré au vu et au su de tous, mais ceux qui avaient entre leurs mains le pouvoir de l’empêcher et de sauvegarder la dignité du peuple malgache ont choisi la complaisance et la voie de la facilité. La non-ingérence est un prétexte trop facile, à la limite du fallacieux, lorsque le sort de millions de personnes, d’une nation entière, est en jeu. La politesse du langage diplomatique et la satisfaction du service fait – des millions de dollars ou d’euros investis dans un processus capturé d’avance – ont rajouté du lubrifiant à un mécanisme de v(i)ol électoral déjà bien huilé. Tout le monde savait que la catastrophe était imminente mais la majorité, même les évêques de Madagascar, ont choisi de fermer les yeux et de laisser faire. Ceci malgré la violence, les multiples violations des droits humains, la corruption et le misérabilisme qui ont entouré ce processus. ’Quelques manquements et imperfections’, donc… (…) Les résultats électoraux proclamés ce jour ne sont pas simplement ceux des ‘efforts’ déployés par le camp du ‘vainqueur’, mais aussi les résultats d’un manque patent de culture démocratique, de la faiblesse de la conscience civique collective et de la misère (dans tous les sens du terme) ambiante. Le désespoir serait de mise, non parce que tel ou tel individu a ‘gagné’, mais parce que l’acceptation de ces résultats équivaut à l’acceptation et à la légitimation du processus et de toutes ses irrégularités.
<> 24/11/23 - Tribune - Edito - Madagascar, démocratie illibérale, dictadure ou dictamolle...
Non … On n’en est pas (encore) à un modèle de dictature où un dirigeant sanguinaire tue et emprisonne des milliers de ses concitoyens en faisant étalage de ces cruautés pour installer la terreur et dissuader la moindre forme d’opposition. CEDRIC n’est pas (encore) Staline, Mao, Pol Pot ou Mobutu…Que Dieu nous garde qu’il lui prenne l’idée d’imiter ceux-là… Mais ne nous y trompons pas : s’est installée de manière insidieuse une véritable autocratie. Le passage à la dictature n’est pas loin
<> 23/11/23 - Collectif Tany - Sambava - Litige foncier et arrestations
Parmi les nombreux conflits et litiges fonciers qui existent dans la ville, celui du quartier de Marot-siazo, en centre-ville, a provoqué des arrestations et la détention de 5 personnes, la destruction et le saccage de 10 habitations suivi de vols par des inconnus, rapporte le Collectif Tany. Le terrain de 23 ha a une histoire compliquée depuis 2010 où les familles qui avaient acquis des lopins de terres ont vendu à de nouveaux arrivants. L’affaire est passée en justice en 2014 et un dossier est en cours à la Cour de cassation. Depuis quelques semaines, les habitants vivent dans l’inquiétude car la partie adverse a commencé à ériger un mur de clôture. La démolition de cette clôture a amené les gendarmes à arrêter plusieurs personnes qui ont été conduites à Antalaha. Quelques-uns ont été relâchés mais cinq prévenus y sont toujours emprisonnés. En l’absence de leurs occupants, 10 habitations ont été saccagées par des inconnus et leurs biens cambriolés. La population déplore le silence assourdissant des autorités locales. Dans un contexte d’effondrement des cours de la vanille, principale source de revenus locale, Tany appelle les citoyens à soutenir ces familles victimes de tromperies et d’injustice.
Marie Nathassa Razafiarisoa, traductrice malgache qui a accompagnée une journaliste de RFI durant trois jours dans la région Sava pour un reportage sur les élections présidentielles, a été arrêtée à Sambava et déférée à Antalaha pour avoir visité des jeunes de son quartier emprisonnés, leur avoir cherché un avocat et tenté de défendre les habitants dont les maisons ont été détruites, sans préavis.
Marie Nathassa Razafiarisoa est présidente de l'Association Tanora Tia Fivoariana Sava (TTF-Sava) qui œuvre pour l'autonomisation des jeunes et la défense des droits humains. Elle a organisé un plaidoyer et une conférence de presse le 14 novembre pour les familles restantes, 365 habitants, afin que cessent les destructions de leur maison, qu'une lettre officielle et un préavis leur soit donnés et que des négociations soient ouvertes sur leur sort. Le 20 novembre, trois gendarmes sont venus au domicile de Marie Nathassa Razafiarisoa pour l’arrêter, sans convocation. Ils sont revenus avec une convocation mais lorsqu’elle s’est rendue à la gendarmerie, ils ne l’ont pas interrogée et elle est rentrée chez elle. Le 22 novembre, elle a été de nouveau convoquée pour une enquête, suite à une nouvelle plainte de Michael Loo-Ki, qui aurait acquis des terrains du quartier en 2017. Interrogée à la gendarmerie de Sambava, Marie Nathassa Razafiarisoa a été placée en garde à vue à Antalaha. La gendarmerie lui a signifié trois chefs d’inculpation : association de malfaiteurs, destruction de culture (clôture ?) et tentative de meurtre. Elle n’a fait que rendre visite en prison à des jeunes de son quartier et chercher un avocat pour qu’ils soient défendus selon la loi et fait une doléance pour appeler à des négociations, afin de trouver des solutions pour ses concitoyens chassés de chez eux sans préavis. Deux nouvelles personnes ont été arrêtées à Sambava.
Marie Nathassa Razafiarisoa a obtenu une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, jusqu’au procès prévu le 26 janvier. Sa défense s’organise grâce à l’appui de la société civile
<> 22/11/23 - Le Monde/AFP - Des queues devant le parti d'Andry Rajoelina "pour récupérer l'argent"
La formation politique du chef de l’Etat, qui pourrait être réélu dès le premier tour de scrutin, dément avoir promis une contrepartie financière à une adhésion.Quelques jours après le premier tour de l’élection présidentielle, des centaines de partisans du président sortant Andry Rajoelina faisaient la queue pour venir chercher leur carte du parti, estimant qu’elle leur donne droit à rétribution, ont constaté des journalistes de l’AFP. M. Rajoelina est donné largement favori et pourrait être réélu sans avoir à affronter un second tour prévu en décembre, mais les résultats complets sont encore attendus. Mardi, il obtenait plus de 60 % des voix, à l’issue de 50,83 % des dépouillements, selon la commission électorale.

<> 20/11/23 –Icône musicale, la reine du Salegy, Ninie Donia, de son vrai nom Bezara Eliane Virginie, a rendu l’âme dans l’ambulance qui la conduisait de sa prison de Nosy Be à l’hôpital d’Antsiranana. Atteinte d’un cancer de pancréas, l’état de santé de l’activiste politique TIM s’est aggravé durant sa détention et elle n’avait pu bénéficier d’une évacuation sanitaire. Suite à plusieurs condamnations antérieures, elle avait écopé de 18 mois de prison ferme en 2022, suite à une plainte déposée par la Jirama et l’Etat pour avoir incité la population à fomenter des troubles à l’ordre public en voulant empêcher un accaparement illicite de terrain[1]. Sept chefs d’inculpation avaient été retenus contre elle, dont complicité avec des dahalo. Elle est la première à avoir chanté des textes engagés, pour la cause des femmes. « C’était une féministe engagée, qui avait cette particularité de ne pas rabaisser les hommes, mais de rehausser les femmes » explique son ami, Cerveau Kotoson, professeur d’art et culture à l’Université d’Antsiranana.
L’artiste Wawa, conscient de son état de santé, avait imploré Andry Rajoelina à la relâcher, en s’agenouillant devant lui lors de l’ouverture officielle de son festival Somarôho. Plusieurs artistes et amis ont demandé une grâce présidentielle. Mais l’appel est reste sans réponse. Ninie Donia s’était présentée à l’élection présidentielle de 2018. Des commentateurs évoquent un assassinat politique. Le directeur régional de l’administration pénitentiaire a démenti que Ninie Donia ait été empoisonnée en prison comme l’affirment des rumeurs.
L’Agence Malagasy de presse écrit : « C’est la première fois qu’un artiste meurt en prison. Un avertissement pour ceux qui sont au pouvoir, étant donné que des journalistes sont également malades à Antanimora, Tsiafahy et Imerintsiatosika. Leurs soins sont précaires et ils ne sont plus en bonne santé. Nous citons, entre autres, Rolly Mercia, Lola, Mbola ou encore Malama. Vous voulez qu’ils meurent en prison ? Libérez-les SVP ! Le cas de Ninie Donia est la preuve d’un mauvais traitement dans les pénitenciers. »
Soutien des citoyens et paysans dans la défense de leurs terres et ressources naturelles, « l’artiste Ninie Donia a été emprisonnée parce qu’elle a mené différentes actions pour protéger des communautés locales de Nosy Be contre l’accaparement de leurs terres contre de riches Malgaches et des karana (…). Ninie Donia s’est impliquée dans la défense des habitants, dans le conflit foncier qui les a opposés à la société sucrière Sirama », explique Mamy Rakotondrainibe, présidente du Collectif Tany. Outre les hommages qui inondent les réseaux sociaux, de nombreuses voix s’élèvent aussi pour critiquer le pouvoir en place, accusé de l’avoir mise en prison parce que ses prises de position dérangeaient les intérêts économiques de certains.
[1] Le 13 mai 2022, Ninie Donia avait publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle, en compagnie d’une cinquantaine de personnes regroupés dans l’association « Zafifotsy Manongalaza », elle interpelle le chef de l’Etat, le premier ministre et le procureur de la République pour une affaire d’expulsion de leur logement d’habitants de Nosy-Be. Un mois plus tard, l’artiste et son association ont manifesté en ville. Rapidement, une série d’arrestations s’en est suivie. Dans la soirée même, la décision a été prise par le procureur de les mettre sous mandat de dépôt pour la préservation de l’ordre public. Trois jours plus tard, ses partisans se sont rués vers la maison centrale pour réclamer leur libération. Ils se sont heurtés aux forces de l’ordre, faisant au moins trois blessés. 10 jours après s’est tenu le procès, suivi par des personnalités politiques, surtout de l’opposition, et des habitants de Nosy-Be. Midi rappelle que « l’île au parfum constitue un terrain fertile aux détournements de terrains. Les litiges fonciers y sont nombreux et des étrangers sont souvent impliqués dans ce genre d’affaire. Un documentaire d’une chaîne internationale, il y a quelques années, a éclairé quelques cas de trafic de terrains sur cette île, l’une des rares qui attirent la jetset. »
<> 20/11/23 - Achats de votes. Une onde de mécontentement secoue la capitale. La Gazette écrit : « Des milliers de personnes convergent vers les quartiers généraux des partis politiques TGV, MAPAR, et IRD, réclamant l’argent qui leur avait été promis en échange de leur dévouement à favoriser la réélection d’Andry Rajoelina. Ces révélations choquantes soulèvent des questions cruciales sur la légitimité des élections, mettant en lumière des pratiques douteuses et des manœuvres visant à manipuler le processus démocratique. Les membres de cette foule étaient chargés de missions douteuses visant à semer le chaos lors des manifestations pacifiques des 11 candidats, à remplir les stades et autres lieux où Andry Rajoelina faisait sa propagande, à donner des interviews à la télévision vantant des exploits inexistants, à créer de faux comités de soutien et à donner l’illusion que la foule était unanime en faveur du président sortant. Leur fidélité à Andry Rajoelina était censée être récompensée financièrement, avec des promesses allant de 5 000 à 300 000 ariary. Cependant, ces sommes d’argent ne leur ont jamais été versées, suscitant l’ire de ces individus dont les noms ont été consignés dans un registre. On leur a également remis une carte faisant office de preuve de leur appartenance à l’association TGV, qui semble rassembler toutes les personnes ‘achetables’ dans le pays. Les partisans d’Andry Rajoelina, ayant voté en sa faveur, sont également confrontés à des demandes de preuve de leur choix, moyennant une somme de 300 000 ariary. Cette révélation soulève des inquiétudes quant à l’intégrité du processus électoral, laissant entrevoir une manipulation des résultats pour favoriser un seul candidat. (…) La protestation actuelle des foules réclamant l’argent qui aurait été utilisé pour acheter leur voix devient le point culminant d’un processus électoral truqué et illégitime.»
https://lgdi-madagascar.com/2023/11/20/politique/revelations-choquantes-des-foules-reclament-le-paiement-promis-pour-avoir-influence-les-elections-a-madagascar/

<> 19/11/23 - Le Monde - Crise électorale à Madagascar : les observateurs internationaux appellent au dialogue
Leurs paroles étaient attendues Quarante-huit heures après une journée de vote boudée par la population, les trois groupes d’observateurs internationaux, Union Africaine, Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC en anglais) et Organisation internationale de la francophonie (OIF), ont présenté samedi 18 novembre les premiers résultats de leur mission et appelé – de manière plus ou moins directe – le gouvernement à ouvrir une concertation afin de sortir de la crise dans laquelle Madagascar s’enfonce depuis plusieurs mois.
L’Union africaine a envoyé le message le plus clair : « Nous prenons acte de la tenue du scrutin présidentiel jeudi 16 novembre », a déclaré la cheffe de la mission d’observation électorale, la centrafricaine Catherine Samba-Panza avant d’« exhorter fortement le gouvernement à mettre en place un cadre de dialogue (…) réunissant toutes les forces vives afin de trouver une issue à la crise politique ». L’OIF a souhaité pour sa part « le rétablissement de la confiance et de l’Etat de droit » afin de préserver la stabilité du pays. La SADC s’est exprimée avec davantage de retenue.
Malgré les précautions sémantiques des diplomates, le message a été très mal reçu par le camp du président sortant, Andry Rajoelina.
<> 18/11/23 - Communiqué de l'Observatoire Safidy sur le processus électoral
Le taux de participation au scutin présidentiel serait de 43,8 %, selon les données obtenues par l’observatoire Safidy sur la base d’un échantillon de 2 876 bureaux de vote. Il s’agit du taux le plus faible jamais enregistré dans l’histoire des élections à Madagascar, fait-on remarquer. Selon cet observatoire, la chute du taux de participation à l’élection présidentielle pourrait entraîner un manque de légitimité du président élu et fragiliser les institutions de la République. Pour expliquer la chute du taux de participation, Safidy a relevé plusieurs points, notamment le déficit de confiance des électeurs envers les deux institutions électorales (CENI et HCC) ; le refus du Collectif des candidats de participer au processus électoral accompagné par des consignes de non-participation au vote ; l’environnement électoral sous tension et les mesures de sécurité prises par les forces de sécurité créant un climat intimidant ; ou encore l’indifférence de la population vis-à-vis de l’environnement politique qui n’apporte rien de positif au quotidien. Safidy pointe du doigt la prolifération de mauvaises pratiques pendant la campagne,une rupture de l'égalité de tous devant la loi, le manque de neutralité et d'impartialité de l'administration, des cas de violation des droits humains, la manipulation des masses, les achats de voies, la stratégie d'influence d'artistes...
<> 16/11/23 - Tribune - Edito - Madagascar, élections, diplomatie, langue de bois et sortie de crise
La capacité de langue de bois et de verbiage diplomatique que l’on subit des observateurs internationaux qu’il s’agisse des chancelleries, des misions européennes ou autres observateurs africains détachés sur l’Ile quant au regard qu’ils ont sur la situation politique de la Grande Ile nous irrite au plus haut point. Mais… Il serait temps de régler l’ambivalence de nos relations avec la communauté internationale : le lundi, sur des avis déplaisants émis par des observateurs étrangers, on va pousser des cris d’orfraie et hurler à l’ingérence : « On en a assez de la colonisation, du mépris et de la condescendance de l’étranger (et de l’occidental vazaha en particulier) ». Et le Mardi on va appeler les casques bleus au secours d’un « vonjeo » étranglé pour espérer mettre fin aux exactions d’un pouvoir qui dérape au-delà de toutes les limites.
Cette ambivalence relève avant tout d’une profonde méconnaissance de ce qui dicte la politique et la diplomatie de nos « partenaires » étrangers…
<> 16/11/23 - Tribune - Scénario perdant, perdant
On n’a aucune hésitation à prédire que l’abstention sera le grand vainqueur de la présidentielle 2023 à Madagascar. Pour mémoire, le pire taux de participation de l’histoire des élections républicaines à Madagascar était de 48%, lors du second tour de 2018. Cette année, ce record sera pulvérisé du fait de la conjonction de trois facteurs.
<> 16/11/23 - Tribune - Edito - Madagascar : Elections, Propagande & Respect de la dignité humaine
Au-delà des logiques et légitimes revendications en termes d’inclusivité, de transparence et d’équité des élections qui s’énoncent face aux dérives du pouvoir actuel, il est une question qu’on n’entend à mon avis pas assez : dans ce qu’ils osent encore appeler une campagne électorale, a-t-on encore idée de ce qu’est le respect de la dignité humaine ?
<> 14/11/23 - Conclusions finales de l'audit indépendant du fichier électoral

<> 15/11/23 - Mondafrique - La Présidentielle consacre un capitalisme prédateur cosmopolite
Les vedettes du match électoral qui aura lieu ce jeudi 16 novembre sont à présent Andry Rajoelina, l’ex DJ qui a réussi dans la publicité avant d’emporter la mairie de Tana, et Siteny Randrianasoloniaiko, qui après ses études en Communication et Gestion à l’International Leadership School de Pretoria, retourne à Madagascar où il fonde des entreprises dans le secteur de la télécommunication et des médias, y compris la création de Radio Siteny en 2013. LLe Bureau des droits de l’Homme des Nations unies se dit « préoccupé » par la gestion des rassemblements politiques et la « situation des droits humains ». Les observateurs ont noté un emploi excessif et disproportionné pour disperser quatre manifestations organisées par le Collectif des candidats à la présidentielle, dont un des membres a été arrèté ce mardi par la police.
<> 13/11/23 - Mondafrique - Maminiaina Ravatomanga, dit Mamy, Monsieur (de)Loyal du cirque électoral
Homme d’affaires et deuxième fortune de Madagascar, Maminiaina Ravatomanga, dit « Mamy », qui a caressé des ambitions présidentielles, a toujours été un conseiller officieux du président malgache et à nouveau candidat à la Présidentielle du 16 novembre, Andry Rajoelina. Les deux hommes se sont rapprochés courant 2008 parce que leurs sociétés respectives se trouvaient en butte au fisc, dont les enquêtes avaient été initiées par l’entourage du président de l’époque, Marc Ravalomanana. Par la suite, Ravatomanga a soutenu l’accession de l’actuel Président au pouvoir en mars 2009 et n’a cessé de soutenir depuis. C’est le propriétaire de plusieurs titres de journaux comme La Vérité, Inona no Vaovao, Madagascar Matin et Ino Vaovao en provinces.
<>Doc 13/11/23 - Le Grand Continent - Olivier Vallée et Juvence Ramasy - Madagascar : un deuxième coup d'Etat pour Andry Rajoelina ?
De l’armée à la police, une victoire du président sortant, qui s’est d’ores et déjà lancé dans un « coup d’État institutionnel », serait une consécration pour le complexe politico-sécuritaire à Madagascar. Selon Juvence F. Ramasy et Olivier Vallée, elle signerait le succès d’une entreprise en gestation depuis plusieurs années sur la Grande île et dont les causes profondes sont à rechercher dans le populisme messianique du ray aman-dreny.
<>Doc 13/11/23 - Le Grand Continent - élections à Madagascar : Comment Rajoelina a verrouillé le scrutin - Une conversation avec Christiane Rafidinarivo
Que se passe-t-il à Madagascar ? Un agenda électoral tendu plonge le pays dans une situation inédite — où la mobilisation surprenante des candidats de l'opposition se combine à la fragilité du Président sortant dans le dispositif électoral. Avec Christiane Rafidinarivo, nous dressons un état des lieux d’une situation critique, inédite dans l’histoire de la démocratie électorale malgache.
<> 13/11/23 - TV5 Monde - La présidentielle du 16 novembre incertaine ?
https://www.youtube.com/watch?v=AMfmLgLIkaU
<>13/11/23 - Le Monde - Madagascar à l'aube d'une présidentielle périlleuse
A trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, prévue jeudi 16 novembre, le bras de fer se poursuit entre le président sortant Andry Rajoelina et l’opposition qui demande le report du scrutin. Sans que nul ne se risque à en prédire l’issue.
<> 11/11/23 - La campagne a été marquée par de fortes tensions. Les internautes s'emparer du sujet avec humour. Certains en ont même fait une arme contre la censure, comme l’atteste la vidéo de Gaëlle Borgia, diffusée sur TV5 Monde :
https://information.tv5monde.com/afrique/video/madagascar-la-campagne-vue-avec-humour-2675236
<> 10/11/23 - Le Monde - Cinq choses à savoir sur Andry Rajoelina. Vidéo.
Le président sortant Andry Rajoelina est candidat à un deuxième mandat à la tête du pays. L’ancien homme d’affaires, empêtré dans plusieurs scandales, dont celui sur sa nationalité française, cristallise les critiques depuis des mois, au point de mettre en péril la stabilité du pays. Les manifestations de l’opposition, quasi quotidiennes, ont été durement réprimées et le scrutin reporté au 16 novembre.
Retour en images sur cinq éléments-clés de la vie d’Andry Rajoelina.
https://www.lemonde.fr/afrique/video/2023/11/10/madagascar-cinq-choses-a-savoir-sur-andry-rajoelina_6199345_3212.html
<> 10/11/23 - Tribune - Edito - Médiation nationale - Parcours du combattant - L'étau se resserre autour du régime
La Plate-forme de dialogue et de médiation réunie sous la houlette de la Présidente de l’Assemblée nationale et du FFKM va avoir du mal à mettre sa déclaration en œuvre, du moins dans l’immédiat. Juste après qu’elle ait été diffusée hier soir, les pages Facebook de Hajo Andrianainarivelo et Hery Rajaonarimampianina appelaient leurs partisans à une manifestation samedi avec le 13 mai pour objectif. C’était clairement une fin de non recevoir à l’appel des médiateurs nationaux qui demandaient à la fois l’arrêt du processus électoral, mais aussi celui des manifestations. Hajo Andrianainarivelo a depuis supprimé son post. On va donc regarder avec curiosité lesquels des 13 candidats vont finalement se rendre à l’appel de la Plateforme aujourd’hui à Tsimbazaza.
<> 08/11/23 - Le Monde - Tribune - "Les Malgaches n'accepteront pas de reconnaître le vainqueur d'un scrutin massivement fraudé"
Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine Michèle Rakotoson salue le « mouvement de fond » qui voudrait mener Madagascar « vers la démocratie et une gestion plus saine du pays ». La tension est forte à Madagascar à une semaine de la présidentielle. Le collectif des dix candidats qui s’opposent à la tenue de l’élection dans les conditions fixées par le pouvoir se voit interdit de manifester librement. Ses tentatives de rassemblement sur la place du 13-Mai, théâtre de toutes les contestations, ont jusqu’à présent échoué.
<> 08/11/23 - La société civile lance un nouvel appel à la protection de l’Aire du patrimoine autochtone et communautaire (APAC) de l’île de Sakatia à Nosy Be, contre un projet d’accaparement de terre et de déplacement de population. En cause, la réalisation d’un projet présidentiel d’infrastructure porté par l’entreprise Green Mada Land : une menace pour la biodiversité, les moyens de subsistance de la population et une atteinte à ses droits humains. Cette gestion communautaire a été reconnue à travers un contrat de transfert de gestion établi avec le ministère de l’environnement. De plus, Sakatia est une APAC emblématique, une aire gérée et gouvernée par les communautés locales dont les règles, les valeurs et les pratiques traditionnelles contribuent à la conservation des ressources de l’île et au bien-être de la communauté. Le 24 mai, le préfet de Nosy Be a convoqué des représentants de la communauté pour discuter d’un déplacement de population pour faire place à ce projet portant sur un terrain de 17 ha auquel l’Etat a attribué à la société un bail emphytéotique pour la construction d’un complexe hôtelier. A noter qu’un arrêté ministériel du 29 novembre 2019 avait annulé le bail emphytéotique que la société avait obtenu de manière douteuse. Or, la communauté apprend qu’un bail est actuellement en cours, sans avoir ne été informée ni impliquée pour les deux décisions. Le Fokonolona s’oppose à ce projet et demande aux autorités de faire preuve de transparence sur les informations concernant le bail emphytéotique accordé, d’annuler ce bail, de reconnaître le droit de propriété foncière du Fokonolona, d’éviter tout déplacement de population afin de renforcer la protection des droits humains liés à la propriété foncière du Fokonolona, de soutenir les efforts de la communauté dans la conservation de la biodiversité de l’île et la promotion du tourisme communautaire, d’accélérer l’adoption de l’avant-projet de loi sur les terrains à statut spécifique et celui sur le foncier communautaire dans un sens qui respecte les droits fondamentaux des communautés; de prendre ses responsabilités pour respecter les droits individuels et collectifs du Fokonolona
VaoVaoCheck a examiné la déclaration d’Alban Rakotoarisoa du 23 août 2023 affirmant que le Président Rajoelina a une mainmise sur la HCC. D’après nos vérifications, s’il n’existe pas de preuve de cette mainmise, les informations disponibles en sources ouvertes (OSINT) permettent de relever que sept des neuf membres de la HCC sont des proches ou anciens collaborateurs d’Andry Rajoelina, pendant son mandat présidentiel.
https://www.facebook.com/profile.php?id=61552301786925
<> 07/11/23 - Stop à l’usage de la violence et à la répression brutale des manifestations pacifiques et légitimes des citoyens
Suite aux récents évènements survenus à Antananarivo, à savoir les actes de violation graves des droits humains perpétrés par les forces de l’ordre sous les ordres des autorités en place, nous, signataires du présent communiqué, condamnons avec la plus grande force l’usage croissant de la violence et la répression brutale des manifestations pacifiques et légitimes des citoyens Malagasy.
Ces violations montrent le mépris total des autorités en place pour la Constitution Malagasy et les lois nationales, ainsi que pour les obligations de l’Etat Malagasy découlant des conventions internationales relatives aux droits humains qu’il a ratifiés, notamment le Pacte international relatif aux Droits Civils et Politiques.
Etant donné que les autorités en place se sont déclarées expertes en droits humains, elles sont par conséquent censées savoir que les mesures prises en raison de maintien de l'ordre ne doivent jamais être arbitraires et ne sont licites que dans la stricte mesure où la situation l’exige. Cependant, force est de constater que l’utilisation à outrance des arguments de la sécurité nationale, de l’ordre public et de la sûreté publique donne actuellement libre cours à la restriction abusive des droits et des libertés fondamentales des citoyens, notamment le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions, le droit à la liberté d’expression, le droit de réunion pacifique, ainsi que le droit à la liberté d’association.
Par ailleurs, aucune circonstance exceptionnelle ne peut être invoquée pour justifier une telle dérogation aux principes de base relatifs à l’usage de la force, à savoir la légalité, la nécessité et la proportionnalité. Qui plus est, vu que les forces de l’ordre agissent de manière arbitraire et sans discernement, l’interdiction de s’attaquer à des personnes qui ne participent pas à des actes de violence n’a pas non plus été respectée, entraînant de ce fait une violation de la dignité et de l’intégrité humaines.
En outre, nous rappelons aux responsables actuels que même quand il doit recourir à la force, l’Etat ne peut pas se soustraire en même temps à sa responsabilité de protection du droit à la vie, à la liberté et à la sureté de toute personne. Les agents de l’Etat ne peuvent, en aucun cas, mettre délibérément en danger la vie d’innocents, surtout des enfants, de par leurs agissements.
Nous appelons au rétablissement d’urgence de l’Etat de droit à Madagascar, car aucune autorité ou institution de l’Etat n’est au-dessus des lois, et demandons l’ouverture d’une enquête immédiate, transparente et impartiale sur ces violations des droits fondamentaux de la population, et réclamons la poursuite en justice de tout agent de l’Etat s’étant rendu coupable de tels actes de violation des droits humains.
Nous exhortons les autorités à cesser sans délai toute forme de violence et de répression à l’encontre des citoyens qui sont déterminés à continuer l’exercice de leurs droits civils et politiques, et à respecter les libertés fondamentales de tout le peuple Malagasy sans discrimination aucune.
Antananarivo le 05 novembre 2023
- Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement – Océan Indien (CRAAD-OI) craad.madagascar@gmail.com ; http://craadoimada.com
- Femmes en Action Rurale de Madagascar (FARM) - farmmadagascar@gmail.com; https://web.facebook.com/farmadagascar
- Réseau des Jeunes pour le Développement Durable (RJDD) - rjdd.madagascar@gmail.com; https://web.facebook.com/RJDDMadagascar
<> 05/11/23 - The Conversation - Solofo Randrianja IEP Madagascar - Une_élection présidentielle à haut risque
Au bout des cinq années prévues par la Constitution, les autorités convoquent les électeurs malgaches pour élire leur prochain président, le 16 novembre 2023. L'élection présidentielle sera suivie par les élections législatives qui confieront, sans nul doute, la majorité au parti du président élu. Les différentes élections au niveau local confirmeront dans la même logique cette tendance à l’hégémonie. C’est donc un enjeu important. Un tel édifice n’est que la partie visible d’un mécanisme de verrouillage qui ne laisse que peu de place à l’opposition, l’ensemble est éminemment crisogène. Comme pour la majorité des précédentes élections, celles à venir présentent tous les signes d’une crise politique dans un contexte économique plus que difficile et un climat social explosif. Madagascar est sans doute le seul pays au monde qui connaît une régression économique quasi continue depuis plusieurs décennies sans qu’il n’y ait un conflit d’importance sur son sol. Cette régression s'est particulièrement aggravée sous les deux présidences d’Andry Nirina Rajoelina, qui ont connu plusieurs cas de famine, dans le sud de Madagascar notamment.
Mes recherches portent sur l'histoire politique de Madagascar. Dans cet article, j'analyse les facteurs qui vont influencer les résultats du scrutin présidentiel du 16 novembre à Madagascar.
<> 03/11/23 - Le Monde - Election présidentielle à Madagascar : le silence de la France sème le trouble
Dans une lettre au Parlement français, l’opposition demande à Paris d’ouvrir les yeux sur la gravité de la crise et de faire pression sur le « Français » Rajoelina. La lettre de deux pages est adressée à plusieurs institutions parlementaires et organisations internationales, mais c’est en premier lieu la France qui est interpellée. L’ambassadeur de France à Antananarivo, Arnaud Guillois, ne s’y est pas trompé et a été le premier à recevoir, jeudi 2 novembre, une délégation de quatre parlementaires malgaches venus relayer l’inquiétude et l’incompréhension des signataires face au silence de la France devant la crise préélectorale dans laquelle s’enfonce Madagascar.
<> 01/11/23 - RFI -Transparency International dénonce des dépenses de campagne faramineuses
Alors que trois sur les treize candidats en lice pour la présidentielle malgache ont démarré leur campagne, l’ONG Transparency International Initiative Madagascar, qui compile les informations pour estimer les dépenses de campagne des candidats, a dénoncé les sommes faramineuses engagées par les deux grandes figures de cette campagne totalement atypique
Andry Rajoelina et Siteny Randrianasoloniaiko sont les deux candidats à avoir loué des aéronefs pour effectuer leurs déplacements sur l'île durant la campagne. Ici, l'un des appareils estampillé aux couleurs du député de Tuléar. © Sarah Tétaud / RFI
D’après l’enquête menée par la cellule du suivi des élections de Transparency International, les candidats Andry Rajoelina et Siteny Randrianasoloniaiko ont sans doute plus de points communs qu’ils ne le souhaiteraient. Selon le coordonnateur de cette cellule Vatsy Rakotonarivo, le principal, c'est d’abord leur manière de faire campagne coulée « dans le même moule » : « C’est-à-dire des déplacements en hélicoptère ou en jet privé, une grande scène avec une sonorisation gigantesque et des artistes de renommée, et des distributions massives de vêtements à leur effigie. »
L’étude menée par des dizaines d’enquêteurs répartis sur tout le territoire souligne ces trois semaines de meetings aux coûts faramineux. « Chacune des deux figures principales a dépensé, selon nos estimations les plus basses, environ 3 milliards d’ariary, soit à peu près 700 000 euros, ce qui est énorme pour un pays comme Madagascar. Derrière tout ça, il y a une opacité du financement. D’où vient l’argent ? Et est-ce que la principale priorité du vainqueur, une fois élu, ne sera pas de rembourser cette somme-là ? On ne sait pas. Autre chose qui est marquante dans cette étude-là, c’est que le candidat Siteny a dépensé en seulement une semaine de meetings – puisqu’il est entré tardivement en campagne – presque l’équivalent de ce qu’a déensé Andry Rajoelina en trois semaines de campagne, selon toujours nos estimations. »
Dénégations
Interrogé, le candidat Siteny rétorque faire campagne en respectant les règles : « Notre trésorier et notre directeur financier travaillent conformément à la loi. Ce n'est pas le bon moment pour présenter des rapports, puisque nous sommes au beau milieu de la campagne, mais nous ferons preuve d'une transparence totale après la campagne », assure le candidat numéro 13.
Concernant la provenance des fonds, il affirme avoir « investi toute [sa] fortune personnelle dans ce projet. Les personnes qui ont confiance en moi et en mon projet ont également fait des dons et me soutiennent. Comme la violence augmente à Madagascar, pour la sécurité de tous, je ne souhaite pas divulguer d'autres détails. Néanmoins, j'assure une fois de plus que je ne bénéficie d’aucun soutien en provenance de la Russie » conclut l’élu de Tuléar.
Transparency International regrette de son côté de voir se répéter à nouveau les mêmes « pratiques néfastes qu’en 2018 et 2013 ».
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20231101-madagascar-l-ong-transparency-international-d%C3%A9nonce-des-d%C3%A9penses-de-campagne-faramineuses
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<> Articles particulièrement signalés - <>doc Documents à valeur permanente
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