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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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18 septembre 2023

ARTICLES REMARQUES - SEPTEMBRE 2023

- 18/09/23 - J‘ai une proposition à te faire Macron. On a un expatrié français, un coopérant, chez nous à Madagascar qui a fini son contrat. Mais il veut continuer à travailler! Vidéo virale du chroniqueur Koto Lilahimahitsoambo sur Facebook

<> 14/09/23 - Tribune - Edito - Les chroniques de Ragidro - Stop aux inégalités
S’il est un spectacle qui interpelle les observateurs de la vie sociale et politique malgache, c’est bien celui de la « résilience » de la population de Madagascar. Qu’il vente, qu’il pleuve, que volent les virus et les bactéries, que fondent les nuées de sauterelles sur les champs, que soufflent les cyclones et … que pillent les profiteurs … Le malgache est toujours là, debout, vaquant à son quotidien, désarmant dans sa capacité à surmonter ces stress.
Les inégalités n’ont jamais été si flagrantes à Madagascar. A l’occident, ces inégalités seraient vécues de manière insupportable par les masses qui rejettent violemment l’idée que les différences sociales puissent être justifiées du seul fait de la méritocratie ou de l’entrepreneuriat.
Mais qu’est ce qui fonde les inégalités dans notre Ile rouge ? La méritocratie et le travail ??? Certes non, malheureusement … Aujourd’hui, à Madagascar, il n’y plus guère que les droits acquis, la collusion, la corruption, le népotisme qui font qu’un individu soit plus nanti qu’un autre … A quelques exceptions près …et ce qui nous paraît être la plus choquante des situations ne provoque rien d’autres qu’une forme d’indifférence résignée.
Le Malgache est épuisé mentalement. Anesthésié…
Qui a parlé d’humanité ? Qui a parlé de respect ? Qui a parlé de résorption des inégalités ? Le lancement de la campagne présidentielle est à lui seul symbolique de l’irrespect exprimé vers le peuple malgache… Il est à lui seul expression d’une INEGALITE PROFONDE dans l’évaluation même du mot citoyenneté : toi, homme du peuple, tu n’es qu’un demi citoyen et je n’ai pas besoin de t’accorder le moindre respect … au point de monter une mascarade d’élection que je ne me soucie même pas d’habiller d’un semblant de dignité…. Et le mot Fitiavana est dans cet environnement particulièrement déplacé.
C’est la triste réalité. Le discours des dirigeants qui, dans un contexte de pseudo démocratie, prétendent être les défenseurs des intérêts de la population, n’habille en fait que l’unique souci de ces élites d’entretenir un système profondément inégalitaire toujours au bord de la rupture.
C’est pourtant le combat pour l’égalité et l’éducation qui a permis le développement économique et le progrès humain. Les dynamiques sont dans ces luttes et non pas dans l’acceptation et l’installation de la stabilité et la perpétuation des inégalités. Le mot clé est là… Il ne peut y avoir de progrès dans la résignation.

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14/09/23 - Transparency International Initiative Madagascar propose un l'outil simple de comparaison de candidats, le « Guide Hayfidy 2023 ».
« Il est important d'aider les citoyens à faire des choix judicieux, de les encourager à se concentrer sur les candidats avec des programmes sérieux, de lutter contre la corruption ». https://www.transparency.mg/telechargements/grille-hayfidy/

<> 11/09/23 - Tribune - Edito - Le coup d'Etat par silence
Beaucoup d’observateurs s’interrogent sur les vraies raisons qui ont amené Herimanana Razafimahefa à renoncer à l’intérim de la présidence de la République
.Il avait pourtant confirmé lors d’un récent déplacement à La Réunion qu’il dirigerait le pays si le chef de l’Etat se portait candidat. En l’absence de communiqué officiel du président du Sénat, on aimerait savoir quelles sont ces « raisons personnelles » qui sont à l’origine de ce renoncement. A-t-il pris cette décision de son plein gré, ce qui semble peu probable, ou bien a-t-il été fortement « encouragé » ? Par qui a-t-il aurait-il été encouragé et dans quel but ?

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09/09/23 - 13 prétendants à la présidentielle retenus par la HCC. 15 dossiers ont été invalidés.
Aucun des 28 prétendants « n’a fait l’objet d’un décret déclarant ou constatant la perte de la nationalité malagasy », précise la HCC. Liste des candidats retenus par tirage au sort :
1- Marc Ravalomanana
2- Auguste Richard Paraina
3- Jean Brunelle Razafintsiandraofa
4 – Siteny Thierry Randrianasoloniaiko
5 – Jean-Jacques Jedidia Ratsietison
6 – Hajo Herivelona Andrianainarivelo
7 – Sendrison Daniela Raderanirina
8 – Tahina Razafinjoelina
9 – Hery Martial Rajaonarimampianina Rakotoarimanana
10 – Andry Tsiverizo Raobelina Andriamalal
11 – Lalaina Harilanto Ratsirahonan
12 – Iarovana Roland Ratsirak
13 – Andry Nirina Rajoelina




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09/09/23 - Arte Reportage - Madagascar : les voleurs de vanille
https://www.arte.tv/fr/videos/114234-000-A/madagascar-les-voleurs-de-vanille/(16 à 38’)
Premier producteur mondial de vanille, Madagascar produit 80% de « la reine des épices », recherchée pour sa saveur gustative unique. La vanille est une source de revenus considérable pour la Grande île, un des pays parmi les plus pauvres où le kilo peut se négocier jusqu’à 500 euros.  De quoi attirer les convoitises et générer un marché parallèle s’appuyant sur des voleurs prêts à prendre tous les risques pour obtenir leur part du gâteau. Ces bandes agissent la nuit, dans les champs. En quelques minutes, les voleurs tentent de cueillir un maximum de gousses, en coupant les plants et les pieds de vanille, le plus souvent avant les périodes de récolte. Une catastrophe pour les planteurs et une calamité pour les exportateurs, qui achètent, parfois sans le savoir, un produit immature et sans saveur. Dans la région de Sava, où se concentre l’essentiel des plantations, Ranary dirige un petit groupe de voleurs de vanille. Tous affirment être poussés par la misère : comment vivre dans un pays si pauvre quand un travail honnête ne suffit pas toujours à nourrir ses enfants ?
Face à ce fléau et à l’inefficacité des policiers accusés de corruption, les planteurs excédés forment des groupes armés qui patrouillent, machettes à la main, pour tenter de prendre les voleurs en flagrant délit. Ceux qui ne sont pas tués sur place, croupissent dans la prison d’Ambanja, et purgent des peines pouvant aller jusqu’à dix ans.

<> 09/09 - Accusée de corruption, l’ex-directrice de cabinet du président Rajoelina plaide « non coupable »
Romy Voos Andrianarisoa est soupçonnée d’avoir demandé des pots-de-vin à une société minière britannique. Elle comparaissait vendredi 8 septembre à Londres pour une audience préliminaire.

L’étroite cour numéro 9 du tribunal de Southwark, dans le sud de Londres, n’était pas prévue pour la petite foule qui s’est présentée vendredi 8 septembre. Une bonne vingtaine d’opposants malgaches, la plupart venus de France, ont réussi à se tasser sur les bancs réservés au public, mais d’autres ont été forcés de rester à l’extérieur, faute de place. A deux mois de l’élection présidentielle à Madagascar, prévue les 9 novembre et 20 décembre, ils sont venus assister à l’audience préliminaire de ce qui s’annonce comme un procès explosif.

Lire aussi : Madagascar : la directrice de cabinet du président Andry Rajoelina arrêtée à Londres pour tentative de corruption

Dans le box des accusés, derrière une paroi vitrée, siègent deux personnes qui ont le pouvoir d’éclabousser directement le président Andry Rajoelina, candidat à un second mandat : Romy Voos Andrianarisoa, qui était jusque très récemment sa directrice du cabinet, et Philippe Tabuteau, un consultant français. La justice les accuse d’avoir demandé à une entreprise minière britannique, Gemfields, des pots-de-vin de 250 000 francs suisses (261 000 euros) et 5 % de participation dans une exploitation minière qu’elle voulait développer à Madagascar. Les deux suspects sont actuellement en détention provisoire à Londres.

Se tenant très droite, cheveux courts et tee-shirt blanc à manches longues, Mme Andrianarisoa a annoncé pour sa défense, d’une voix très ferme, qu’elle plaidait « non coupable. » M. Tabuteau, costume sombre et épaules légèrement voûtées, ne s’est pas exprimé. Son avocat a demandé – et obtenu – une semaine supplémentaire et annoncera s’il plaide coupable ou non vendredi 15 septembre.

Demandes de versements en liquide, or ou pierres précieuses

L’arrestation de Mme Andrianarisoa et de M. Tabuteau s’est déroulée dans le cadre d’un flagrant délit à Londres le 10 août. Lors d’une précédente audience judiciaire, la procureure, Rosalind Earis, avait présenté les faits. Selon elle, la Malgache avait établi des premiers contacts avec Gemfields avant la pandémie due au Covid-19. Depuis de nombreuses années, la société britannique cherche à développer des mines sur la Grande Ile. Elle y possède plusieurs concessions, notamment pour des saphirs et des émeraudes, mais qui ne sont pas encore actives. « Nous avions prévu de commencer des explorations préliminaires en 2020 », confirme Gemfields. La pandémie a tout repoussé.

En mars 2023, Mme Andrianarisoa, très proche du chef de l’Etat, reprend langue avec l’entreprise minière. Elle lui explique que M. Tabuteau servira d’intermédiaire pour mener à bien les négociations. Le 29 mars, ce dernier rencontre un représentant de Gemfields, pour un premier rendez-vous. Toujours à en croire l’accusation, il évoque alors des commissions à payer, en échange de services mal définis. Méfiant, Gemfields lui demande de mettre ses demandes par écrit, ce qu’il fait.

La société minière décide alors d’alerter d’elle-même les autorités britanniques. Elle contacte l’unité anticorruption internationale de la National Crime Agency (NCA), l’organisme chargé de lutter contre le crime organisé. Un de leurs agents, qui se fait dénommer« Charles », un nom d’emprunt, entre en action. Gemfields le fait passer pour son intermédiaire et il continue les négociations avec M. Tabuteau.

Tout ceci mène à la rencontre du 10 août, près de la gare Victoria à Londres. Mme Andrianarisoa et M. Tabuteau rencontrent « Charles », qui porte un micro caché et enregistre la conversation. Selon l’accusation, ils demandent deux versements, en liquide, en or ou en pierres précieuses : un premier de 125 000 francs suisses, pour organiser une rencontre avec le président malgache ; un second du même montant pour aider à « faire passer la législation nécessaire au Parlement malgache pour permettre à Gemfields de débuter ses opérations minières », détaille l’accusation. Ils exigent aussi une participation de 5 % dans ce qui deviendrait la filiale minière de Gemfields à Madagascar. La police, qui écoute la conversation, finit par faire irruption dans la pièce et arrête les deux suspects. Quatre jours plus tard, le 14 août, la NCA annonce leur inculpation.

Détonation politique pour le président malgache

L’arrestation de Mme Andrianarisoa a provoqué une détonation politique à Madagascar. « Ce qui nous intéresse est l’implication du président », explique Fanirisoa Ernaivo, la présidente de la RMDM-Diaspora, une plate-forme de l’opposition malgache, qui était présente au tribunal vendredi.

Lire aussi : A Madagascar, Andry Rajoelina récuse le débat sur sa nationalité française

Le président malgache, M. Rajoelina, a immédiatement cherché à couper les ponts. Dès le 15 août, il a « relevé de ses fonctions avec effet immédiat » sa directrice de cabinet. Il affirme qu’il « ignore les raisons de son déplacement au Royaume-Uni » parce que celle-ci avait posé des congés du 9 au 22 août. Les opposants n’en croient pas un mot, et soulignent que Mme Andrianarisoa avait voyagé jusqu’à Londres avec son passeport de service, ce que confirment les autorités britanniques.

En plus d’être politiquement explosive, l’affaire est juridiquement très innovante dans la lutte contre la corruption, note Helen Taylor, de l’association Spotlight on Corruption. C’est la première fois que la NCA utilise une loi britannique, votée en 2010, qui facilite les poursuites judiciaires pour corruption passive. De plus, il est nouveau que l’agence britannique utilise ainsi un agent infiltré dans un dossier de ce genre. « Cette affaire de corruption sera suivie de très près autour du monde », estime Mme Taylor.

Le 24 août, Mme Andrianarisoa avait demandé une libération sous caution, qui lui a été refusée. Le juge estimait que les risques de fuite étaient trop importants, en partie parce qu’il n’existe pas de traité d’extradition entre le Royaume-Uni et Madagascar. Elle devrait rester en prison, de même que M. Tabuteau, jusqu’à son procès, prévu de façon provisoire le 6 février 2024.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/09/08/madagascar-accusee-de-corruption-l-ex-directrice-de-cabinet-du-president-rajoelina-plaide-non-coupable_6188490_3212.html?random=238995474

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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31 juillet 2019

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2019

SYNTHESE - JUILLET 2019

pov 04 07 19La vie politique nationale a été suspendue de longues semaines, de la préparation de la fête de l’indépendance du 26 juin à la qualification de l’équipe nationale de foot en ¼ de finale de la CAN, au point d’éclipser les résultats des législatives. Le chef de l’Etat a exploité habillement le volet médiatique de cette qualification en lui assignant le réveil de la cohésion nationale. « Nul événement, personnalité ni structure n’a réussi à mettre en place une telle cohésion dans le pays », a-t-il indiqué, dans une allusion à peine voilée à la mission de réconciliation nationale de l’instance officielle, le CFM, dont le rôle et les résultats sont contestés.

Les élections communales et municipales, que la CENI proposait d’organiser fin octobre, seront reportées à 2020. Le pouvoir met en avant la nécessité de repenser au préalable la politique de décentralisation et de prendre en compte les résultats du recensement. Le coût de la consultation dépassera celui des législatives, sans aide des partenaires extérieurs. Le report va créer un vide administratif du fait de l’expiration, le 22 septembre, du mandat des maires en fonction. Il sera probablement nécessaire de proroger le mandat des actuels maires et conseillers communaux. La loi prévoit en effet que seule une faute grave de gestion permet de remplacer un maire élu par un « « président de délégation spéciale » (PDS).

Dans l’attente, la CENI se donne comme priorité de réintroduire dans la liste les électeurs qui en ont disparu à tort et d’éliminer les doublons, qui seraient encore nombreux. Le « Mouvement des citoyens contre les fraudes et irrégularités électorales », collectif de 400 candidats aux dernières législatives, a demandé le « changement ou la recomposition des membres de la CENI », le « changement ou la recomposition des membres de la HCC » et la « révision spéciale de la liste électorale », cette dernière demande ayant été formulée également par le TIM. L’annonce du report a provoqué de vives réactions dans d’autres organisations de la société civile et chez les partisans de Marc Ravalomanana.

Le report des communales remet en cause le processus électoral qui devrait aller de l’élection des maires et des conseillers municipaux à la mise en place des gouvernorats de région en passant par l’élection des 12 sénateurs conformément à l’ordonnance prise par le président de la République.

2424 06 07 19L’IRD, plateforme de partis qui soutiennent Andry Rajoelina, a obtenu 84 des 151 sièges à l’Assemblé nationale, le TIM de Marc Ravalomanana 16 sièges. Les « indépendants » et les petits partis complètent les 51 fauteuils restants. Nombre d’entre eux sont « des redoublants, et ont brillé par leur versatilité durant la précédente législature », note L’Express. 21 « indépendants » se sont déclarés « centristes », ni pro-pouvoir, ni pro- opposition. Marc Ravalomanana a annoncé que son groupe endossera le rôle d’opposant. Pour L’Express, le TIM a révolutionné les pratiques politiques à Madagascar : c’est la première fois en effet qu’un parti se déclare officiellement opposant au pouvoir en place. Le ministère de l’intérieur lui a reconnu officiellement cette fonction. Reste à définir au niveau de l’Assemblée qui sera le chef de l’opposition, fonction définie par les textes en vigueur. Une fonction revendiquée pat l’ancien président, qui lui donnerait le droit de siéger à l’Assemblée mais qui lui est contestée. Le projet de loi sur le statut de l’opposition sera examiné durant la session extraordinaire du Parlement, convoquée pour le 12 août, annonce qui suscite la crainte de Marc Ravalomanana de voir déposée une nouvelle loi taillée sur mesure, excluant le TIM et son chef de file de l’exercice des droits de l’opposition.

95 des 151 députés élus ont signé le « Toky Nomena » [Charte de bonne conduite et d’intégrité], et 553 candidats des 810 candidats y ont adhéré. Sur les 257 candidats non-signataires de la charte élaborée par un comité paritaire composé, entre autres, de la CENI, du CFM, du mouvement Rohy et du Bianco, 56 ont été élus. 64 % des violations du « Toky Nomena » ont eu trait aux périodes de précampagne et de campagne, en l’occurrence à la transgression des textes législatifs et réglementaires. Le comité paritaire a noté « la quasi-inexistence de débats constructifs autour du rôle des députés » et la faible représentativité des nouveaux élus : 110 (soit 73 % d’entre eux, toutes tendances politiques confondues) ont été élus avec un taux de participation inférieur à 20 %. 49 % des candidats qui ont violée la charte sont issus de la plateforme IRD, 42 % sont des « indépendants. »

Les femmes sont très minoritaires dans la nouvelle Assemblée (24 sur 151), moins nombreuses encore que dans la précédente législature.

Le président de la HCC a fait appel à la prise de responsabilité des nouveaux parlementaires. « Vous aurez la lourde responsabilité de rétablir la confiance de la population et de redorer le blason de l’Assemblée nationale », a-t-il affirmé.

Christine Razanamahasoa, parlementaire élue de la plate-forme IRD, a été élue à l’unanimité présidente de l’Assemblée nationale. La magistrate, ancienne ministre de la justice sous la Transition, était l’unique candidat. L’IRD a trusté tous les postes du bureau permanent. Le choix des députés du TIM de voter pour la candidate pro-régime a semblé en contradiction avec la volonté des élus du parti de se constituer en groupe d’opposition.

Sans surprise, Christian Ntsay a été reconduit comme premier ministre. Les membres de l’ancien gouvernement ont tous été reconduits à une exception près.

Un collectif des candidats malheureux aux législatives a condamné la non-prise en considération des plus de 650 requêtes en contentieux déposées à la HCC. Pour le collectif, la Haute cour a rendu une décision politique. Dans un communiqué, le mouvement Rohy a procédé à un examen critique de la position de la HCC dans le traitement des contentieux électoraux. Le mouvement estime que « l’impunité électorale actuelle fait partie des facteurs inhibants qui lèsent la vérité / intégrité des urnes et partant la démocratie. » Il dénonce notamment le fait que la plupart des requêtes déposées auprès de la HCC ont été déclarées « recevables, mais non fondées ».

Dépôt des comptes de campagne : les élus et les candidats ont jusqu’au 2 octobre pour remplir leurs obligations. La loi ne prévoit aucune sanction à l’encontre des récalcitrants, rappelle Midi.

Le devenir des îles Eparses continue de faire débat. « La cogestion est la meilleure option », estime le juriste Raphael Jakoba du cabinet MCI. En l’état actuel des rapports de force entre les deux pays, la Grande Île ne disposerait pas des moyens politiques, encore moins militaires, nécessaires pour faire plier la France. Madagascar devrait donc prôner le concept de co-gouvernance, qui laisse de côté les contentieux de souveraineté, pour mettre l’accent sur la gestion participative des îles entre la France et Madagascar. Le gouvernement espère que le dossier pourra trouver une issue favorable pour le 60e anniversaire de l’indépendance, en juin 2020. Le magazine Challenges révèle que le sort des îles Éparses divise également le gouvernement français.

La justice malgache a été la cible de l’ambassadrice de France, Véronique Vouland-Aneini, pour sa dernière allocution avant de quitter le pays. Elle a confirmé l’appui apporté par l’AFD au renforcement du système judiciaire. Une source ministérielle a fait savoir que ces propos sont « relativement déplacés étant donné les efforts déployés depuis près d’un an, les engagements pris par les deux ministres qui se sont succédés. »

Un jumelage en vue entre Antananarivo et Jérusalem. La ville sainte, fait-on valoir, dispose d’infrastructures hospitalières sophistiquées, de ressources exceptionnelles en matière de technologies de l’information et de la communication et d’un système éducatif de grande qualité.

800 000 fidèles sont attendus dans ce site où le Pape François tiendra une grande célébration le 8 septembre. « 95 % des travaux sont achevés », assurent les techniciens. Andry Rajoelina, en visite sur le site avec les autorités religieuses, a déclaré que « Madagascar se montrera à la hauteur de cet événement historique. »

Promotion de la langue chinoise : près de 20 pays africains en réunion à Madagascar. La rencontre devrait aboutir à des résolutions que chaque pays devra observer. 550 instituts Confucius sont répertoriés dans le monde dont deux à Madagascar. Des observateurs rappellent que les instituts Confucius sont accusés par certains universitaires d’être des « chevaux de Troie » au service de la propagande des autorités chinoises à l’étranger.

L’exécution de cinq dahalo lors d‘un accrochage avec la gendarmerie à Ivahona (district de Betroka) fin juin a été critiquée par un administrateur civil natif du district. Le commandant de gendarmerie a répliqué en condamnant la protection dont jouiraient les dahalo de la part de notables et « d’intellectuels », allant jusqu’à mettre en cause l’organisation épiscopale catholique « Justice et Paix. »

Les victimes du raid des forces de l’ordre à Soahazo réclament la transparence sur l’assaut perpétré sur leur village, le 28 juin. Ils se déclarent victimes d’exactions. Les habitants suspectent une opération punitive.

40 dahalo lourdement armés ont échappé aux forces armées à Mandritsara. Le recours à l’appui d’un hélicoptère n’a pas été possible, malgré l’appel de détresse lancé par gendarmes et militaires. Les dahalo ont fait main basse sur 80 têtes de bovidés et pris en otage deux villageois. Huit gendarmes et deux militaires se sont mesurés à une horde de dahalo a Ampanihy. Deux morts ont été dénombrés chez les assaillants. Une vingtaine de dahalo ont pris d’assaut un village à Tsiroanomandidy et ont mis le feu à une dizaine de maisons. Trois habitants ont péri, restés prisonniers de leur maison. Les malfrats ont dérobé 140 bovidés. Dix dahalo ont été blessés.

Cinq bandits armés ont attaqué un camion à Fenoarivobe, faisant un mort et deux blessés graves. Des bandits font leur loi sur la RN2, route stratégique reliant la capitale au Grand port. Un taxi-brousse reliant Antananarivo à Toliara a été attaqué par des bandits armés sur la RN7. La gendarmerie s'est lancée aux trousses des dahalo, un bandit a trouvé la mort dans l'affrontement.

Cinq mineurs ont échappé à une vindicte populaire à Antalaha. Soupçonnés d’être les meurtriers d’une femme, ils ont dû être retenus plusieurs jours à la gendarmerie pour éviter qu’ils soient lynchés par la foule.

Près de 1 200 victimes des crises politiques de 2002 et 2009 attendent une réponse à leur demande de réparation ou d’indemnisation déposée auprès du CFM. La plupart de ces dossiers proviennent de victimes de la crise de 2002. Aucune décision par rapport à ces demandes n’a encore été prise. Pour les victimes civiles, le CFM dressera une proposition d’indemnisation afin notamment de rembourser les biens détruits. Pour ce faire, un budget devra être mis à disposition par l’Etat et les partenaires techniques et financiers, principaux contributeurs de la Caisse nationale de réparation et d’indemnisation. L’avant-projet portant création de cette Caisse serait en cours de finalisation.

Atteinte à la présomption d’innocence : des prévenus menottés, transportés par bus, dénonce La Gazette. Il est fréquent, explique le quotidien, que des prévenus placés en détention préventive soient exposés à la vue de tous lors de leur transfèrement. Menottés et accompagnés par les forces de l’ordre, ils sont amenés à pied jusqu’à l’arrêt du bus. Un non-respect flagrant de la présomption d’innocence et des droits de l’homme qui donne une très mauvaise image de la Grande île, dénonce le titre.

Détenus à la maison de force de Tsiafahy, 20 des 27 militaires inculpés dans le meurtre de trois civils retrouvés à Ampitatafika fin mai ont été transférés discrètement à la prison d’Antanimora, allégeant ainsi leurs conditions de détention. Un 28e présumé complice, en mission à Tsiroanomandidy, était encore en liberté, selon la gendarmerie.

Le premier ministre et le ministre de la justice ont invité les magistrats à accélérer le traitement des dossiers des prévenus. Le ministère prévoit à cet effet de créer de nouvelles cours criminelles ordinaires. Il est demandé aux responsables « d’initier des projets de construction de nouvelles prisons respectant les normes requises » dans l’optique d’humanisation des conditions de détention et de favoriser l’autonomisation alimentaire des maisons carcérales afin de réduire les dépenses de l’Etat. Une mise en œuvre de la préparation à la réinsertion post-carcérale est également annoncée. Des mesures sont à l’étude pour développer les libérations conditionnelles. La dénonciation du surpeuplement des prisons par le premier ministre doit être suivie d’actions, a déclaré Amnesty international.

Laza Eric Andrianirina a été nommé DG du Bianco. La nomination de cet ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA) française et de l’École militaire de Saint Cyr, clôt un processus qui avait débuté au mois d’avril. Le mandat du DG du Bianco est de 5 ans, non renouvelable.

Biens mal acquis : création d’une agence de confiscation suite à l’adoption du projet d’ordonnance relatif au recouvrement des avoirs illicites. Cette agence gérera les biens saisis ou confisqués au profit de l’Etat dès lors qu’un tribunal aura confirmé que le bien a été acquis de manière illégale. Le recrutement du DG de cette nouvelle agence suit la même procédure que celui du DG du Bianco, sous la conduite du Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI). « Les engagements internationaux pris par Madagascar sont respectés », se félicitent les responsables du système anti-corruption. La mise en vigueur du texte permettra à la Grande île d’éviter des sanctions internationales. Le président du Sénat a lancé un appel pour que cette loi ne soit pas un moyen de sanctionner certains opposants. Une inquiétude partagée par L’Express, qui redoute une application sélective et la poursuite de l’immunité dont bénéficient les hommes politiques proches du pouvoir.

Après trois rejets à l’Assemblée et une adoption par ordonnance qui a tardé à venir, la HCC a déclaré la loi sur le recouvrement des avoirs illicites conforme à la Constitution. La plateforme de la société civile Rohy reste vigilante car sur les 70 articles initiaux, la version finale du texte - non encore publiée - n’en compterait plus que 35. L’adoption des décrets d’application est attendue avec impatience.

Le Samifin soulève la nécessité d’adopter les décrets d’application de la loi sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Cette loi, adoptée en 2018, demeurera inopérante en l’absence de textes d’application.

Baromètre mondial de la corruption : 83 % des citoyens doutent de l’effectivité de la lutte, selon une enquête menée début 2018 par Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) et Coef Ressources. 56 % des personnes enquêtées estiment que l’inégalité devant la loi est une réalité et que les officiels qui commettent des crimes sont impunis. 70 % affirment que « les citoyens ordinaires signalant des actes de corruption risquent des représailles ou d’autres conséquences négatives s’ils en parlent. »

La cour d'appel de Paris a levé les saisies sur quatre biens immobiliers détenus en France par Maminiaina Ravatomanga, même si la procédure judiciaire se poursuit, indique Jeune Afrique. Les biens appartenant à cet homme d'affaires proche d’Andry Rajoelina avaient été saisis dans le cadre d'une enquête pour « trafic de bois de rose, corruption et fraude fiscale ». Après trois ans d’enquête, rien semble -t-il n’a permis d’étayer les accusations de trafic de bois de rose et de corruption. Il demeurerait néanmoins des soupçons de « blanchiment de fraude fiscale ».

Le Pôle anti-corruption a ordonné l’arrêt des poursuites pour émission de chèque sans provision contre Mbola Rajaonah, opérateur économique proche du pouvoir HVM. Il a regagné la prison de Tsiafahy où il attend la suite de son procès relatif aux autres chefs d’inculpation : abus de biens sociaux, blanchiment de capitaux et infractions douanières.

Les subventions du Fonds mondial ne sont pas à l’abri de détournements, admet le président de l’instance de Coordination nationale Madagascar (CCM), organisme qui présente au Fonds mondial les demandes de financement dans le cadre de la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. La directrice exécutive de Transparency International (TI-IM), Ketakandriana Rafitoson, partage ces craintes. Elle rappelle que de nombreuses plaintes sont déposées pour corruption dans le secteur de la santé, une situation qui affecte particulièrement les personnes pauvres, parfois contraintes de vendre leurs biens pour se soigner. Si ces suspicions sont avérées, le Fonds mondial risque de suspendre ses financements, compromettant l’accès de la population aux services vitaux.

Quatre policiers de Mahajanga ont exigé 2 millions Ar. en contrepartie de la libération de personnes qui ont déposé une plainte auprès du Bianco pour « exaction et détention arbitraire. » Ils ont fait l’objet de déferrement à la justice. L’un des quatre prévenus, inspecteur de police, a été condamné à deux ans de prison ferme.

Finances publiques - Une gestion catastrophique mise à nu. La direction du contrôle financier, rattachée au ministère de l’économie et des finances, a réalisée au 1er semestre 2019 le contrôle de 15 % des dépenses mandatées au cours de l’exercice budgétaire 2017. 47 rapports de contrôle ont été produits, portant sur 25 ministères. Il en ressort que près de 9 milliards Ar. sur un total de 436 milliards de montants contrôlés ont été détournés. Parmi les responsables de ces détournements, des fournisseurs, des ordonnateurs secondaires, des comptables, des responsables des marchés publics mais aussi de hauts employés de l’Etat et des membres de cabinets ministériels. 170 personnes seront sanctionnées. Le contrôle à posteriori du service fait de l’exercice 2018 est programmé pour le 2e semestre 2019.

4 x 4 de l’armée détournés en voitures de fonction. Les véhicules remis aux forces armées à l’occasion de la fête nationale pour lutter contre l’insécurité ont été détournés de leur destination initiale pour devenir des véhicules de fonction de hauts gradés ou de leur épouse, affirme Midi. Le ministre de la défense à démenti le détournement.

Plus de 550 faux diplômes détectés depuis janvier au sein du ministère de l’éducation, a révélé la ministre sortante, Madeleine Félicité Rejo-Fienena. Les dossiers auraient été transmis au conseil de discipline. Le recrutement massif des maîtres Fram depuis 2014, payés par les parents d’élève, avait déjà donné lieu à de nombreuses falsifications.

Conventions sur la migration du travail : un alignement nécessaire des textes nationaux. La récente ratification par Madagascar de textes internationaux relatifs aux travailleurs migrants contraint l’Etat à adapter sa législation interne qui possède de nombreuses lacunes, notamment en ce qui concerne l’activité des agences de placement. Pour le syndicat Sekrima, les réformes annoncées devraient précéder toute éventuelle reprise des envois, suspendus depuis quelques années, avec pour conséquence le développement des départs clandestins et l’aggravation de la situation des travailleurs irréguliers, surtout dans les pays à risques. Sekrima appelle de ses vœux la création d’un syndicat des travailleurs migrants et domestiques.

Une dizaine d’intermédiaires, membres de réseaux de migration clandestine, ont été appréhendés.

Planning familial - L’accès aux contraceptifs amélioré. Marie Stopes Madagascar (MSM), associé dans un consortium à d’autres organisations et avec le soutien du gouvernement britannique, a lancé un programme d’une durée de 2 ans pour offrir aux femmes des moyens de contraception aux normes internationales et des services de qualité. « La planification familiale avance dans le pays mais a besoin d’être accélérée », affirme la directrice pays de MSM. En matière de contraception, 24,2 % de besoins ne seraient pas encore satisfaits. Le taux de prévalence contraceptif, qui est de 41 %, reste encore faible chez les femmes mariées. Les jeunes sont les premières cibles de ce programme. L’action vise, entre autres, à atteindre 330 000 personnes cibles, dont 15 % des filles de moins de 20 ans.

« Prostitution estudiantine : un phénomène tabou qui prend de l’ampleur », titre Midi. L’usage des réseaux sociaux, fortement répandu, joue un rôle central et se développe, donnant beaucoup moins de place aux proxénètes.

8 500 enseignants à recruter cette année. « Nous allons prioriser les enseignants non fonctionnaires payés par les parents d’élèves qui sont dans le métier depuis longtemps », indique la ministre de l’éducation, qui insiste sur la transparence du recrutement. Depuis 2014, 40 000 enseignants ont été recrutés par le ministère de l’éducation. La plupart d’entre eux sont des maîtres Fram, qui n’ont pas suivi de formation pédagogique.

Les journalistes malgaches déplorent l’interdiction qui leur est faite d’interroger le chef de l’Etat à l’occasion de ses déplacements. À plusieurs reprises, les journalistes sont restés sur leur faim ou ont même été sévèrement remis en place. L’Express évoque une atteinte au droit à l’information reconnu par la DUDH.

Des abattages illicites de bois précieux se poursuivraient en toute discrétion dans la région Sava. Des arrestations ont été opérées à Ste Marie. Des coupes de bois précieux se poursuivent dans les parcs nationaux, selon Madagascar National Parks.

Le Collectif Tany et le Craad-OI ont alerté une nouvelle fois sur les dangers que ferait subir aux populations le site minier de Ranobe de « Base Toliara », en mettant l’accent sur les risques liés à la radioactivité émanant de l’extraction d'ilménite, de zircon et de rutile. Pour les deux ONG, l’indifférence totale des autorités locales et nationales face au problème, devient inacceptable et dangereuse pour la population. Des mises en garde qui ne trouvent que d’échos dans les médias malgaches.

L’Afnor a lancé une campagne de formalisation des activités aurifères dans plus d’une douzaine de communes des régions Sava et Diana. Ces deux régions produisent à elles seules plus de la moitié de l’or du pays. Grace aux opérations de formalisation conduites au niveau nationale, les volumes déclarés ont fortement progressé. L’or produit s’exporte à plus de 97 % vers Dubaï.

Un projet de riziculture sur des milliers d’hectares confiés à des Chinois en gestation dans la Zone d’investissement agricole de Katsepy (district de Mitsinjo). Pour les autorités, il contribuera à limiter les importations de riz. Les riverains auraient donné le feu vert. Les exploitants devraient embaucher prioritairement des natifs de la localité.

Sécurité maritime - Une politique nationale en gestation. Objectif : lutter contre les migrations clandestines, la pêche illicite, les exportations de bois précieux, le trafic de drogue. Les pertes induites par ces trafics sont estimées à 500 millions d’euros par an. Les forces navales malgaches sont sous-équipées. Les patrouilleurs offerts par la Chine et le les Etats-Unis ne suffisent pas pour surveiller les 5 000 km de côtes. Les moyens de surveillance, tant humains que matériels, seront centralisés et mutualisés afin d’améliorer la réactivité des dispositifs.

Le règlement des cas de pollution marine par déversement d’hydrocarbure se font à l’amiable, faute d’organisme capable de juger et de sanctionner les responsables. Les accords internationaux auxquels Madagascar a souscrit imposent la création la mise en place d’un tribunal ad ’hoc. Madagascar s’expose continuellement à des risques de déversement d’hydrocarbures. Près de 7 000 navires parcourent chaque année le canal de Mozambique.

Le gouvernement n’a pas encore renouvelé la licence d’exploitation de pêche des bateaux européens. Plusieurs points font l’objet de désaccords. L’actuel accord a expiré en décembre. « L’UE prévoit d’augmenter le nombre de bateaux à partir de cette année. Ce que la partie malgache a refusé », a confié une source à L’Express. D’autres points de divergence tels le montant de la redevance, dont le gouvernement malgache demande l’augmentation, retardent la signature du nouvel accord. Le contour des Zones économiques exclusives (ZEE) malgaches reste à préciser et les autorités ne se satisfont pas des déclarations unilatérales de captures effectuées par les opérateurs européens.

La culture illégale du maïs menace l’aire protégée de Menabe Antimena, un vaste écosystème unique de forêts sèches à proximité de Morondava. La déforestation de cette aire protégée a augmenté de manière considérable ces dernières années, selon Mongabay. Il s’agit d’une culture de rente organisée par une puissante élite locale jouissant de fortes protections. Des arrestations ont été opérées suite aux dénonciations de la société civile. Les commanditaires utilisent la main d’œuvre de migrants en provenance du Sud et ayant fui la sécheresse.

La surface totale des mangroves a diminué près de 58.000 ha en 20 ans, tombant à 236 400 ha en 2018. Le déclin serait moins prononcé dans les aires protégées marines et terrestres et dans secteurs gérés par les communautés locales. 18,2 % des mangroves malgaches bénéficient en théorie d’une protection. Des opérations de reforestation ont été conduites. L’Etat bénéficie de l’appui de la coopération allemande et de l’Usaid.

Vers une réduction des conflits fonciers. Une clinique juridique mobile sera mise en place dans 30 communes des régions d’Antananarivo et d’Antsirabe, à l’initiative d’une association de juristes malgaches, l’Alliance Miralanja, et avec un financement de la coopération allemande. Les conseils juridiques fournis seront gratuits et les services proposés le seront à des tarifs abordables.

Un pipeline dessert 40 000 habitants dans l’extrême Sud. Long de 180 km, il a été réalisé par l’Unicef, en partenariat avec l’ambassade du Japon, l’agence de coopération de Grande Bretagne, l’Usaid et la coopération allemande. D’une valeur de 4,6 millions de dollars, le projet a réhabilité d’anciennes installations en panne depuis plusieurs années. Une extension sur 50 km approvisionne désormais l’axe Tsihombe Faux-Cap.

Le PAM est à la recherche de financements pour le Sud. La continuité du traitement de la malnutrition est menacée, selon son représentant. La situation serait catastrophique notamment dans les régions Anosy, Atsimo-Andrefana et Androy. La moitié des communes du Sud sont en situation d’urgence nutritionnelle. La sécurité alimentaire de 100 000 enfants est directement menacée.

Les études techniques menées avec des experts japonais pour le projet d’aménagement de l’axe Antananarivo-Toamasina (Tatom) prennent fin. Les études soulignent que Tatom devrait démarrer cette année pour s’achever en 2033 mais aucun financement n’est encore en vue pour ce projet pharaonique. Un appel à investisseurs sera bientôt lancé.

Réhabilitation du canal des Pangalanes - Le projet de coopération marocain, conclu en 2016 sous la présidence Rajaonarimampianina, est relancé. Il devrait contribuer au développement du tourisme sur la côte Est et à l‘amélioration de la connectivité régionale.

FMI – Le décaissement de la 5e tranche de la Facilité élargie de crédit (FEC) accordé. L’équipe du FMI se dit satisfaite des mesures prises par le gouvernement, en application de ses recommandations, portant notamment sur la nouvelle structure des prix des carburants et l’adoption de l’ordonnance sur le recouvrement des avoirs illicites. La situation financière de la Jirama demeure un sujet de préoccupation.

Lancement de l’Initiative pour la finance de la biodiversité (BIOFIN) sous l’égide des ministères de l’environnement et de l’économie et du Pnud. L’objectif est d’identifier des solutions de financement pour la mise en œuvre des stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité. Elle est le fruit d’un partenariat mondial géré par le Pnud, avec le support de la Commission Européenne et des gouvernements de l’Allemagne, de la Suisse, de la Norvège et de la Flandre.

Les dirigeants et le personnel de Kraoma Mining et de Kraoma S.A n’arrivent toujours pas à s’entendre. Depuis l’arrivée des Russes en tant qu’actionnaires majoritaires dans le capital de la société d’État en septembre 2018, Kraoma n’est pas encore parvenu à redémarrer dans de bonnes conditions. Les investissements annoncés n’ont pas été réalisés, le personnel se plaint de la non-régularisation des avantages sociaux qui leurs sont dus.

Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) - Des dispositifs légaux à mettre en place. La loi se focaliserait surtout sur les impacts environnementaux des activités, beaucoup moins sur les impacts sociaux. « À Madagascar, le consommateur n’est pas encore très exigeant sur les normes. La RSE commence tout juste à se mettre en place », constate un spécialiste. Des projets d’investissement se heurtent fréquemment à la contestation des parties prenantes.

Près de 50 000 porteurs de projet espèrent bénéficier de l’appui du programme Fihariana lancé en juin. La région Androy à elle seule compte 8 000 dossiers. Le programme octroie un financement de 200.000 et 200 millions Ar selon l’importance du projet. Fihariana se base sur les partenariats avec certaines banques qui proposent des taux d’intérêt préférentiels. Ces dernières définissent le montant empruntable et c’est le programme qui se porte garant de la solvabilité des emprunteurs. Objectif : création de 10 000 emplois par an. Les observateurs ne sont pas tous convaincus de l’intérêt du programme et déplorent que nombre de candidats, mal informés du dispositif, soient induits en erreur.

La chaîne TV panafricaine Africanews, propriété d'Euronews NBC, entre dans le giron de Sipromad, dont le président est l’homme d’affaires malgache Ylias Akbaraly, moyennant 20 millions de dollars. Le karana Ylias Akbaraly est devenu en 2000 PDG de la société fondée par son père en 1972. Il a initié une politique de diversification du groupe.

Les résultats du recensement général de la population accusent plusieurs mois de retard. L’équipe de l’Instat en est encore à la phase de saisie des données collectées. Premiers résultats annoncés pour octobre.

L’Instat, avec l’appui de la Banque mondiale, va procéder à partir de janvier 2020 à la mise à jour des données sur le niveau de pauvreté. Les derniers chiffres disponibles datent de 2012 ; ils avaient permis d’établir que le taux de pauvreté était de 71,5 % au niveau national. La Banque, dans le cadre de son projet de renforcement des capacités statistique du pays, apporte un financement de 30 millions de dollars.

Situation socio-démographique des ménages : les indicateurs sont au rouge, selon les résultats de l’enquête réalisée par l’Instat au 2e semestre 2018 avec l’appui de l’Unicef, de la Banque mondiale et de l’Usaid. Les conditions de vie des ménages restent très précaires. De nombreux indicateurs attestent que Madagascar est loin d’honorer ses engagements dans le cadre des ODD en général et des objectifs nationaux en particulier. Fait alarmant : trois régions connaissent une hausse de la mortalité infantile. En cause, l’accessibilité aux soins pour la population en milieu rural et indirectement le niveau d’instruction.

Violences dans le milieu du travail - Une convention sur la protection des travailleurs entrera bientôt en vigueur, annonce le secrétaire général de la Convention chrétienne des syndicats malgaches. Madagascar a pris l’engagement d’adhérer à la Convention n°190 concernant l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail, adoptée lors de la Conférence internationale du travail qui s’est tenue à Genève. « Ce texte sera incorporé dans l’ordonnancement juridique et sera effectif en juin 2020 », affirme le syndicat.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Résultats définitifs des législatives - Nouvelle Assemblée, nouveau gouvernement Ntsay
  • Elections communales et municipales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Droits des femmes
  • Education
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles,environnement, foncier,
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social

 

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31 janvier 2021

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Lutte contre le coronavirus
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice
  • Condition carcérale
  • Gouvernance - Trafics d'or
  • Droits des femmes, violences basées sur le genre
  • Université, éducation, droits de l'enfant
  • Santé
  • Migrations
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, foncier
  • Le kere dans le Sud
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par le dessinateur de presse Pov

planche

 

31 août 2020

REVUE DE PRESSE - AOUT 2020

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Lutte contre le Covid-19
  •  Affaires nationales
  •  Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, vindicte populaire
  • Justice
  • Situation carcérale, mutinerie de Farafangana
  • Gouvernance
  • Droits des femmes, violences basées sur le genre
  • Education, droits de l'enfant
  • Santé
  • Migrations clandestines, traite
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Environnement, ressources naturelles, cris climatique
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par le dessinateur de presse Pov

planche dessins

 

26 novembre 2021

ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2021

 <>  26 11 21 - Amnesty International - Les autorités doivent abandonner les poursuites contre le lanceur d'alerte Ravo Ramasomanana
Déclaration publique jointe de 15 organisations de la société civile, dont Amnesty International et Transparency International, au vu du cas de Ravo Ramasomanana dont le procès est prévu le 29 novembre.
Les signataires indiquent notamment : « Dans l’exercice du droit d’informer et d’être informé et du droit des citoyens à la vérité, les lanceurs d’alerte jouent un rôle crucial. Ils sont indispensables pour susciter un débat éclairé au sein de l’opinion publique, ils sont cruciaux dans l’ouverture d’une investigation journalistique et nécessaires pour interpeller les décideurs. Les lanceurs d’alerte sont un maillon essentiel pour la promotion des droits humains, l’état de droit, l’exercice de la transparence, de l'obligation de rendre des comptes, de la lutte contre la corruption et de la justice sociale. Or, la situation des lanceurs d’alerte de Madagascar demeure extrêmement dangereuse. Rendus vulnérables, exposés à des représailles et des pressions multiples avec des impacts psychologiques tant sur leurs personnes que sur leurs proches, les lanceurs d’alerte font face à une vague d’intimidation et risquent souvent une procédure abusive en diffamation. »

- 18 11 21 - The conversation - L'intérêt_croissant de la Chine pour Madagascar
Si la relation entre la République populaire de Chine et Madagascar est ancienne, elle s’est rapidement développée au cours de ces dernières années, pour des raisons à la fois économiques et stratégiques


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16/11/21 - Ravo Ramasomanana a comparu devant le tribunal correctionnel d’Antananarivo pour « atteinte à la sécurité publique, provocation à la haine envers le gouvernement et incitation à enfreindre les lois du pays ». Une audience très suivie par la presse et par les organisations de défense des droits de l’homme. « Avez-vous vérifié la véracité des dires de mon client ? », demande durant sa plaidoirie Me Rafidison, l’avocat de Ravo Ramasomanana, au représentant de l’État, partie civile dans l’affaire. « Non, pas encore, reconnait ce dernier, mais nous allons le faire. » L’audience aura duré à peine 30 minutes. Suffisamment, cependant, pour que l’avocat de l’accusé rappelle au juge que son client a lui aussi porté plainte auprès du Pôle anticorruption pour faux, usages de faux et détournement de deniers publics au sein du ministère de la santé. À l’issue de l’audience, face à la presse, l’avocat a ouvertement regretté l’absence de disposition légale pour protéger les lanceurs d’alerte comme son client : « Si quelqu’un vous dit qu’un voleur est entré chez vous, contre qui allez-vous porter plainte ? Contre le voleur ou contre celui qui dénonce ? Au lieu d’aider mon client pour faire en sorte que justice soit faite, l’Etat le poursuit au pénal, en réponse aux informations révélées … Cela signifie qu’à Madagascar on ne peut pas dire pour le moment qu’on est libre dans ses paroles. » Devant le tribunal Ravo Ramasomanana raconte au micro de RFI comment tout est arrivé : « En avril dernier, j’étais très malade du Covid. J’étais face à la mort ; ça a été le déclic, ce qui m’a poussé à dénoncer les magouilles dont j’étais témoin depuis des mois. Je devais partager ça et pas l’emmener avec moi dans mon tombeau, c’est ça qui m’a donné le courage de faire la vidéo. » Les preuves de ce qu’il a dénoncé, il les a soigneusement archivées. Elles ont été transmises au Pôle anticorruption, et ajoutées à son dossier. « Si c’était à refaire, je le referais », dit-il. Son avocat a plaidé la relaxe, il espère être blanchi et pouvoir servir d’exemple : « Comme ça, ça donnera du courage à d’autres fonctionnaires qui sont victimes de pressions de leur supérieur pour frauder, dans tout ce qui est falsifications et magouilles. Ça poussera aussi à dénoncer les malhonnêtetés au niveau de l’administration. » Le verdict devrait être rendu le 29 novembre.

Madagascar: un lanceur d'alerte du ministère de la Santé devant la justice

En avril 2021 à Madagascar, un agent du ministère de la Santé dénonce dans une vidéo, largement reprise sur les réseaux sociaux, des détournements de fonds et des faits de corruption au sein de son ministère. Dans les jours qui suivent, le trentenaire est convoqué par la gendarmerie pour " diffamation et cybercriminalité ".

https://www.rfi.fr

14 11 21 - Communiqué des OSC sur la protection des lanceurs d'alerte
Dans un communiqué, de nombreuses organisations de la société civile apportent leur soutien au dénonciateur Ramasomanana Ravo Nambinina et exhortent les autorités à cesser de s’acharner sur les lanceurs d’alerte. Elles déclarent notamment : « Nous sommes préoccupés par cette situation qui est loin d’être un cas isolé après les affaires de Raleva; Razafindremaka Thomas, Razafimalala Clovis et bien d’autres. Y-a-t ’il besoin de rappeler que ces lanceurs d’alerte, défenseurs des droits de l’homme, contribuent grandement à la lutte contre la corruption et la mise en place d’une justice réelle dans le pays en ouvrant une voie pour la découverte des vrais coupables de corruption et détournements de deniers publics ? Nous appelons les autorités publiques à cesser d’utiliser la justice et le système pénal, pour réduire au silence les lanceurs d’alerte. (…) Nous revendiquons également l’étude et adoption de l’avant-projet de loi déposé par la HCCDED sur la protection des défenseurs de droits de l’homme qui tarde à être déposé au niveau du Parlement bien qu’il ait été présenté deux fois cette année au niveau du ministère de la justice. Il faut rappeler qu’au troisième cycle de l’Examen Périodique Universel (2017-2022), que le pays s’est engagé et a déjà affirmé ‘qu’un projet de loi portant sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme était alors en cours d’étude’. L’adoption de cette loi sur la protection des lanceurs d’alerte est à la fois une obligation et une nécessité, devant figurer dans les priorités du pouvoir actuel, pour confirmer sa volonté déclarée de lutter effectivement contre la corruption. »

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13 11 21 - Amnesty International intervient en faveur du lanceur d’alerte Ravo Ramasomanana, ancien employé du ministère de la santé
. Le procès, fixé au 27 septembre, a été reporté au 15 novembre par le procureur général qui n’avait pas encore déposé ses charges. Ravo Ramasomanana risque d'être emprisonné pour avoir simplement exercé son droit à la liberté d'expression après avoir mis en lumière des irrégularités financières présumées dont il a été témoin pendant son séjour au ministère de la santé. Le 15 avril, il avait publié sur les médias sociaux ce qui est devenu une vidéo largement diffusée, révélant des informations relatives à des appels d'offres prétendument truqués, à des emplois fictifs, à des contrats de gré à gré non autorisés par la loi, à la falsification, à l'utilisation de faux lors de l'attribution de marchés publics et au détournement d’environ 11,7 millions de dollars au sein du ministère. Il a été accusé de menace à l'ordre et à la sécurité publics et d'incitation à l'agitation politique et à la haine en vertu d’une loi du 12 juin 1984. L'utilisation de texte est abusive et ne devrait pas être employée comme un outil répressif pour faire taire les voix critiques, dénonce Amnesty, qui demande qu’une enquête rapide, approfondie, efficace et transparente soit menée sur ces allégations au lieu de poursuivre Ravo Ramasomanana en justice. S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, simplement pour avoir exercé ses droits fondamentaux. Les défenseurs des droits humains sont invités à écrire au ministre de la justice.

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  04 11 21 - Collectif Tany - La loi 2021_016 sur les propriétés privées foncières non titrées ne devrait pas être promulguée
Pour le Collectif, la loi génère un retour de plus de 15 ans en arrière
. Elle ne protège plus les droits des paysans et considère les terres sans document légal comme appartenant à l'Etat. Cela revient à une confiscation de ces terrains par l’Etat, qui en fera profiter qui il voudra, pour les besoins de divers projets déclarés d’utilité publique. Il y aura des pertes des emplois agricoles familiaux, au profit d’entreprises de l’agri-business misant principalement sur l'exportation de leurs productions. L’Etat est sans conteste le principal bénéficiaire de cette loi car il récupèrera de vastes surfaces de terres, qu’il mettra en location ou en vente. Les investisseurs dans tous les secteurs à emprise foncière ne peuvent que se réjouir aussi du vote de cette loi qui prépare surement une vague d’accaparement massif de terres. Elle entraînera certainement une baisse grave de la production vivrière à cause de l’expulsion d’un grand nombre de paysans de leurs terres. Les importateurs de riz seront gagnants. La subvention par l’Etat du riz importé revient en fait à subventionner les paysans d’autres pays pour les aider à exporter vers Madagascar. L’Etat et les contribuables malgaches enrichissent ainsi les producteurs d’autres pays.

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04 11 21  - Exigez la justice climatique pour Madagascar !
Le peuple malgache doit être protégé des effets désastreux de la sécheresse et du changement climatique. Envoyez dès maintenant un courriel aux dirigeants du monde entier et au président malgache pour qu'ils prennent des mesures immédiates afin de remplir leurs obligations en matière de droits humains et de protéger le peuple malgache contre les injustices profondes engendrées par la crise climatique mondiale.

Madagascar est l'un des pays les plus vulnérables au climat dans le monde. La région sud du pays, connue localement sous le nom de Grand Sud, connaît la pire sécheresse de son histoire. Plus d'un million de personnes sont au bord de la famine et des milliers d'autres sont déjà confrontées à des conditions catastrophiques proches de la famine. La sécheresse a eu un impact désastreux sur la région, la malnutrition augmente, et l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène devient plus précaire.
La situation dans le sud de Madagascar rappelle que le changement climatique est déjà à l'origine de grandes souffrances, y compris de décès, et illustre les injustices profondément enracinées que la crise climatique entraîne à l'échelle mondiale. Les Malgaches ont été privés de la jouissance de leurs droits humains les plus fondamentaux, notamment le droit à la vie, le droit à la santé, le droit à une alimentation adéquate et le droit à l'eau et à l'assainissement.
Le changement climatique devant aggraver la gravité et l'occurrence des sécheresses dans le sud de Madagascar, il est urgent que la communauté internationale réponde à l'urgence actuelle.
Joignez-vous au peuple malgache pour demander aux dirigeants du monde, en particulier ceux des pays les plus responsables de la crise climatique, et au gouvernement de Madagascar de prendre des mesures immédiates pour remplir leurs obligations en matière de droits humains et protéger la population de Madagascar des effets désastreux de la sécheresse et du changement climatique.

Lien pour envoi du courriel : https://www.amnesty.org/en/petition/demand-climate-justice-for-madagascar/

03 11 21 - Collectif Tany - Les deux manifestants de Tolagnaro ont obtenu une liberté provisoire mais ont subi des violations de leurs droits
Pendant la journée du 1er novembre, les autorités ont profité de l’absence des deux porte-paroles maintenus à la gendarmerie pour inciter les manifestants à négocier un accord entre le gouverneur, les représentants de QMM et les représentants des communautés. Le gouverneur et QMM se sont engagés à regarder de près la situation des communautés et leurs compensations et ont exigé la levée du barrage et l’arrêt des manifestations. Le matin du 2 novembre, les deux détenus devaient être présentés au parquet. Les responsables leur ont fait effectuer le trajet entre la gendarmerie et le tribunal dans une des rues les plus fréquentées de la ville, à pied, menottés ensemble et encadrés par des gendarmes comme des criminels. Appareils photos et smartphones ont été saisis par les forces de l’ordre. Les prévenus ont obtenu une liberté provisoire et une prochaine audience est prévue pour fin novembre. Le médecin proposé par la famille n’a pas reçu l’autorisation d’effectuer le constat relatif aux traces de coup sur l’un des détenus, qui n’a pas non plus été emmené à l’hôpital pour le constat et la contre-expertise.

<> 02 11 21 - COP 26 - Marie-Christina Kolo jeune militante écologiste malgache interviewée par France Inter.
Cela fait trois ans que le sud de Madagascar connait une sécheresse continue, mais depuis quelques mois la région connait la plus grande sécheresse en quarante ans. Le récent rapport d’Amnesty International et l’ONU, affirment que la famine est causée par le réchauffement climatique qui vient aggraver la sécheresse. Marie-Christina Kolo, jeune militante écologiste malgache, en direct de Glasgow. Elle se bat depuis des années pour l’environnement et le droit des femmes, deux combats intimement liés selon elle. Elle a créé en 2016 l’association Green N Kool.
https://www.franceinter.fr/emissions/un-jour-dans-le-monde/un-jour-dans-le-monde-du-mardi-02-novembre-2021?fbclid=IwAR3Ikrmlh6mocZHBsyyTzGvZtZvNAgQXAcn9JEUfMXKNNdgKHSc0YNmDbxk

<> 02 11 21 - Lettre ouverte des organistions paysannes sur la loi de juin 2021 sur la propriété foncière non titrée
Suite_1

Suite_2
Six organisations paysannes malgaches adressent une lettre ouverte au chef de l’Etat pour lui demander de ne pas promulguer la loi adoptée en juin 2021 et validée par la HCC portant sur les propriétés privées foncières non titrées (PPNT).
Ce statut de terrains avait été mis en place en 2006. Il reconnaissait une présomption de propriété pour les occupants qui ont vécu sur ces terrains et les ont mis en valeur depuis plusieurs années, selon le droit coutumier. Les certificats fonciers délivrés au niveau des communes par les guichets fonciers confirmaient ce droit de propriété. Pour les organisations paysannes, la nouvelle loi viole les droits des paysans et de la majorité des citoyens et plusieurs de ses articles ne sont pas conformes à la Constitution. Tous les terrains mis en valeur après 2006 ne sont plus reconnus comme des PPNT. Seuls les terrains mis en valeur avant 2006 ou après 2006 et dont la mise en valeur a duré plus de 15 ans peuvent faire l’objet d’une demande de certificat foncier. Une PPNT non munie d’un certificat foncier peut être retirée à son propriétaire sans indemnisation. Des centaines de milliers, voire des millions de familles sont concernées par ces remises en cause, sources d’aggravation de la pauvreté. La nouvelle loi risque de multiplier les conflits au niveau local.

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  02 11 21 - Collectif Tany - Deux manifestants arrêtés à Tolagnaro - Fort Dauphin
Le Collectif Tany dénonce l’arrestation de deux militants de la cause des communautés impactée par les activités de QMM à Tolagnaro
. Le 30 octobre, des communautés de pêcheurs des villages riverains du site minier de Rio Tinto QMM sont venues encore une fois défendre leurs droits et moyens de subsistance et réclamer des actions concrètes de compensation face à la dégradation de leurs conditions de vie. Les forces de l’ordre ont tenté de disperser les manifestants. Il y aurait eu 4 blessés. Deux porte-paroles des communautés ont été arrêtés. Les membres de leur famille n’ont pas été autorisés à les voir. Ils ont mandaté un avocat qui a constaté des traces de coups et des blessures sur l’un des deux prévenus. Les gendarmes ont refusé de faire entrer le médecin emmené par la famille et ont fait venir un autre médecin. La famille demande que soit effectuée une contre-expertise à l’hôpital. Les détenus militent depuis de longues années en faveur des communautés impactées par les opérations de la compagnie

 


 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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31 octobre 2021

REVUE DE PRESSE - OCTOBRE 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
    Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes - Interruption thérapeutique de grossesse
  • Droits de l’enfant, éducation, université
  • Santé
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagements, foncier
  • Le « kere » dans le Sud - Famine, dérèglement climatique
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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L'actualité du mois vue par les dessinateurs de presse

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30 septembre 2021

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
    Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes, travailleuses expatriées
  • Droits de l’enfant, éducation, université
  • Santé
        - Lutte contre le coronavirus
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement
  • Le « kere » dans le Sud - Famine, dérèglement climatique
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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L'actualité du mois vue par les dessinateurs de presse

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31 décembre 2019

REVUE DE PRESSE - DECEMBRE 2019

pov 07 12 19Les résultats provisoires des élections municipales confirment la victoire de la plateforme pro-Rajoelina dans la capitale et la plupart des grandes villes. Le TIM de Marc Ravalomanana et le MMM se disputent la seconde place. Le déclin du TIM, amorcé lors de la crise de 2009, se confirme. Le taux de participation, déjà faible lors des législatives, est en chute libre (33 %). Le nouveau maire d’Antananarivo, Naina Andriantsitohaina, ancien ministre des affaires étrangères et hommes d’affaires, compte sur sa proximité avec le pouvoir pour redresser la situation de la capitale qui s’est fortement dégradée durant le mandat de Lalao Ravalomanana, épouse de l’ex-chef de l’Etat.

Une fois encore, la composition de la liste électorale a été contestée, tant par le TIM que par l’ancien parti au pouvoir, le HVM. La CENI, accusée d’avoir procédé à des modifications de la liste, a fait l’objet de virulentes attaques, notamment de la part du candidat malheureux du TIM à la mairie de la capitale. Des appels à mobilisation ont été lancés par l’opposition, sans succès. Une surprenante rencontre a eu lieu à Paris entre Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina, qui s’est conclue par un communiqué dénonçant « les fraudes électorales ». Dans un important communiqué, le SeFaFi a dressé son bilan du cycle électoral 2018-2019 (quatre scrutins sur la période), assorti de plusieurs suggestions. Pour l’Observatoire, avec de tels taux d’abstention, la légitimité des élus pose question. Une désaffection croissante des électeurs qui doit être prise au sérieux.

Le candidat malheureux du TIM aux municipales à Antananarivo a tenté de mobiliser ses partisans et les habitants d’Ambohitrimanjaka opposés au projet « Tana-Masoandro ». La manifestation qu’il projetait d’organiser a été interdite. L’opposition entendait dénoncer les fraudes électorales qui auraient entaché les résultats des municipales dans la capitale. Un rassemblement s’est tenu devant le tribunal administratif pour le dépôt de requêtes en annulation. Rina Randriamasinoro, candidat-maire du TIM n’a été autorisé qu’à déléguer huit personnes pour pénétrer dans l’enceinte du tribunal. Les juges administratifs ont jusqu’au 14 janvier pour statuer et proclamer les résultats officiels du scrutin du 27 novembre. Son verdict pourra encore faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat. Une différence de seulement 5 926 voix sépare le candidat de la coalition au pouvoir à celui du TIM.

L’examen du projet de loi de finances 2020 par le Parlement a subi d’importants retards. Le texte a été adopté par l’Assemblée en un temps record, sans véritable débat. Il a été transmis tardivement au Sénat au point que la navette entre les deux chambres n’a pas pu se tenir dans les délais impartis. La loi de finances devra être validée par voie d’ordonnance. Le Sénat, majoritairement pro-HVM, a exprimé de fortes réticences vis-à-vis de ce texte auquel il reproche un manque de transparence. Les prévisions budgétaires prévoient une réduction conséquente des crédits destinés à la Chambre haute, menacée de suppression par la réforme constitutionnelle qui devrait faire l’objet d’un référendum courant 2020. En amont de ce référendum, le gouvernement prévoit des élections sénatoriales anticipées qui réduiraient fortement le nombre de sénateurs. Le projet a été adopté par le Sénat après le vote de plusieurs amendements, parmi lesquels le retour de la subvention de l’Etat à la Jirama, la suppression du budget destiné à la tenue de sénatoriales et le rétablissement du budget de la Chambre haute. La société civile a dénoncé pour sa part sur les nombreuses zones d’ombre du texte, notamment l’inscription à un niveau très élevé de « provisions sur investissement », sans allocation précise et qui représentent plus de 8 % du budget total. « Une porte ouverte à la corruption ou aux détournements », selon le CCOC.

Quelques centaines de fonctionnaires et de nombreux chefs d’entreprise attendent réparation et indemnisation pour les préjudices subis durant la crise politique de 2002 à 2009, prolongée jusqu’en 2013. Depuis la mise en place du CFM, 37 demandes ont été reçues mais seuls quatre proches de Didier Ratsiraka ont bénéficié d’une amnistie. Nombre de demandes seraient en souffrance à la Cour suprême. Le sujet de l’indemnisation et des réparations est lui aussi en stand-by, en raison de l’absence de financements. Les bailleurs de fonds, sollicités, n’ont pas donné suite aux demandes qui leur ont été adressées. 1 272 dossiers de réparations et d’indemnisation ont été reçus par l’institution à ce jour.

Le projet de loi sur le statut de l’opposition, validé par l’Assemblée nationale, n’a pas été inscrit à l’ordre du jour du Sénat. Ses membres ont affirmé que les consultations doivent encore se poursuivre. Le projet ne reconnait qu’une opposition parlementaire, qui exclut d’office Marc Ravalomanana de la fonction reconnue par la Constitution.

Les 11 gouverneurs de région nommés - 12 autres restent à désigner - ont suivi une formation en Chine durant 15 jours dans le but de les préparer à leur nouvelle mission, la Chine étant présentée comme un modèle à suivre en matière de développement.

NM 13 12 19Une concertation nationale sur les îles Eparses a été organisée. Objectifs annoncés : favoriser l’appropriation nationale et mobiliser l’opinion publique autour de l’enjeu de souveraineté sur ces îles. Près de 1 200 personnes ont participé aux travaux. Plusieurs résolutions ont été adoptées et remises à Andry Rajoelina présent à la cérémonie de clôture, accompagné d’un invité d’honneur, Didier Ratsiraka, l’un des pionniers des démarches engagées pour la restitution de ces îles. Au même moment, le président français a dévoilé son intention d’installer sur ces îles une station de recherche sur les océans et le climat. La déclaration a été très mal perçue par la partie malgache. Andry Rajoelina a répliqué qu’il n’y aura plus de discussion possible sur d’autres sujets avec la France sans que soit abordé la question de la souveraineté malgache sur ces territoires.

Les chrétiens malgaches résidant aux Comores se sont vus interdire de célébrer Noël par le ministère des affaires islamiques. Un communiqué désavoué le 25 décembre par le ministre de l’intérieur et le porte-parole du gouvernement. Le président Azali Assoumani aurait souvent annoncé que les religions autres que l’islam sunnite n’ont pas leur place aux Comores. Des médias malgaches se sont dits inquiets de la progression d’un islam rigoureux dans ces îles voisines et de son influence possible sur l’islam malgache.

Lancée depuis plieurs années, la Réforme du secteur de la sécurité (RSS) a été passée à la loupe avec des représentants de la communauté internationale. Le gouvernement constate que malgré le lancement de la RSS, le niveau sécuritaire du pays reste faible. Une situation qui risque d’engendrer une nouvelle crise politique et sociale.

L’enlèvement d’un opérateur économique d’Anjozorobe par une bande d’une vingtaine de malfaiteurs, contre une forte rançon, a débouché sur la torture à mort de quatre villageois lancés à leur recherche. En représailles, la bande a tendu un guet-apens à un groupe de gendarmes en patrouille. L’un d’eux a été tué, deux autres blessés. Le premier ministre a fustigé la passivité, voire la complicité des autorités locales et de représentants de l’administration.

Une trentaine de bandits ont attaqué deux autocars, un 4×4 et un minibus à Betroka la nuit de Noël, faisant deux blessés. Un passager a expliqué que la caravane avait essayé des coups de feu et que les bandits avaient bloqué la route avec des troncs d’arbre.

Un commerçant karana de la capitale a été enlevé pour la seconde fois en 2 ans. La Communauté des Français d’origine indienne a offert une importante prime pour ceux qui pourraient aider à sa libération. Le kidnapping s’est produit en même temps que le procès d’une dizaine de personnes poursuivi pour le même crime au Pôle anti-corruption. Au terme de six jours de captivité, Navaz Veldjee a été libéré contre rançon. L’Express a noté qu’il s’agissait du 126e rapt depuis 1991. Comme à l’accoutumé, les enquêteurs ont déploré la réticence de la famille à collaborer avec eux.

Condamné à une peine de 5 ans d’emprisonnement, le député Raveloson Ludovic a pu bénéficier d’un régime de main-d’œuvre pénale. Il a ensuite occupé un emploi à la Chambre de commerce de Morondava. Une faveur dénoncée par nombre d’observateurs qui suspectent un acte de corruption. Le scandale a conduit la gendarmerie à procéder à son arrestation et à la reconduire en prison. La société civile a dénoncé les « manœuvres corporatistes » des députés qui ont mis en place une commission spéciale chargée de l'examen des demandes de suspension de la détention, des mesures privatives ou restrictives de liberté ou de la poursuite des parlementaires. Une lettre ouverte a été adressée au président de la République, au président de la HCC et au ministre de la justice pour dénoncer les tentatives de libération du député Raveloson.

Le Pôle anti-corruption (PAC) a reçu la lettre de la commission spéciale en charge de la levée des immunités parlementaires demandant la suspension des poursuites à l’encontre du député Hasimpirenena Rasolomampionona. La chambre d’accusation a rejeté la demande, l’infraction ayant eu lieu antérieurement à son élection, alors qu’il était DG du service des domaines. Le député nouvellement élu ne peut donc bénéficier de l’immunité parlementaire, fait valoir le PAC.

Les deux représentants de l’Assemblée nationale au sein de la HCJ ont été élus. Ses membres sont désormais tous connus. Ils vont enfin pouvoir siéger et traiter des dossiers instruits par le Bianco et concernant les plus hauts personnages de l’Etat, pénalement responsables des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions. La procédure reste cependant excessivement complexe et peu susceptible d’aboutir. Les mises en accusation ne peuvent réellement débuter sans l’aval des députés.

La libération de détenus sans l’avis préalable des juges lors de la visite d’Andry Rajoelina à la maison centrale d’Antanimora aurait, pour partie, décidé le syndicat des greffiers à lancer un mot d’ordre de grève. Il est reproché au pouvoir de s’être immiscé dans plusieurs affaires relevant de la justice.

Claudine Razaimamonjy, ex-conseillère de la présidence sous Hery Rajaonarimampianina, a été condamnée à dix ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics. Quatre autres personnes ont écopé de lourdes condamnations. Parmi les personnalités éclaboussées dans cette affaire, Olivier Mahafaly, ancien premier ministre, a été cité comme témoin, son cas étant du ressort de HCJ. Une procédure déclaré « irrecevable », par l’Assemblée en décembre 2018. Il s’agit de la seconde condamnation prononcée à l’encontre de Claudine Razaimamonjy. D’autres affaires la concernant sont en cours d’instruction.

Actes de tortures perpétrés par les forces de l’ordre durant une garde à vue : 54 ordres de poursuite sont en instance, selon un rapport de la CNIDH. L’affaire d’Antsakabary, qui remonte à 2017, est dans tous les esprits. Les ministres de la sécurité publique qui se sont succédés depuis n’ont jamais engagé un ordre de poursuite à l’encontre des policiers, présumés coupables alors que les habitants ont subi des représailles de leur part. Sur une centaine de plainte que la CNIDH a reçue cette année, plus d’une vingtaine font référence à des actes de torture perpétrés par les forces de l’ordre, y compris l’armée.

Le placement de personnes en détention préventive n’est plus systématique. Des peines alternatives sont prononcées et des mesures ont été prises pour accélérer le traitement des dossiers. À deux semaines de la date butoir fixée par Andry Rajoelina, la surpopulation carcérale avait légèrement diminué. A la maison centrale d’Antanimora, 200 détenus ont été libérés depuis la visite d’Andry Rajoelina. La procureure de la République déplore cependant qu’une grande partie des personnes soumises au contrôle judiciaire ne respectent pas les procédures.

Le SIF et le Collectif Tany ont dénoncé le placement en détention préventive de neuf habitants de Soavinandriana dans le cadre d’un litige foncier opposant300 familles à un ancien ministre. Une utilisation abusive de de ce procédé auquel le pouvoir s’était engagé à mettre fin.

Le Comité national de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (EITI) a procédé à la remise officielle des rapports 2017 et 2018, en dépit de la démission de sa secrétaire exécutive, très critique vis-à-vis de l’Etat, qu’elle juge peu motivé pour les questions de gouvernance minière. La non-publication du rapport 2017 en raison de difficultés de financement, avait causé la suspension temporaire de Madagascar en 2018. En 2019, seuls une partie des fonds nécessaire a été débloquée. Après la réintégration de Madagascar dans l’EITI en juin, une nouvelle validation était prévue à la fin du mois.

Dans le cadre d'un projet « Renforcement des institutions de lutte contre la corruption à Madagascar », co-financé par les gouvernements norvégien et allemand, une cellule spécialisée sera mise en place dans chaque ministère avec l’appui du Bianco. Six personnes ont été placées en détention préventive dans le cadre de l’affaire de corruption au concours d’admission à l’Ecole de la magistrature qui avait conduit à l’annulation des épreuves. Le conseil des ministres a limogé le directeur général du trésor, Herivelo Andriamanga, suite à la diffusion sur les réseaux sociaux de la photo d’un véhicule Audi avec plaque officielle, appartenant à la DG du trésor, utilisée comme tête de cortège d’un mariage. La disparition d’une somme colossale de 800 millions Ar au niveau de la paierie générale aurait précipité la décision de limogeage.

Plus de 60 dossiers de blanchiment d’argent ont été déférés au parquet du PAC durant cette année, pour un montant estimé à 400 milliards Ar, soit un quadruplement par rapport à l’année 2018, score attribué à la mise en œuvre de la loi de février 2019 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Deux Chinois et deux Malgaches ont été condamnés dans l’affaire de mariages forcés qui se sont tenus en mars à Moramanga, avec la complicité d’agents de la commune. Les Chinois avaient été mis en contact avec des jeunes filles malgaches par un réseau de traite expéditeur de travailleuses vers l’extérieur, notamment vers la Chine.

Un homme soupçonné de recrutement et d’envoi de travailleuses malgaches vers les pays arabes a été intercepté par le service central des enquêtes spécialisées dans un quartier de la capitale. Un individu originaire d’Andapa, haut lieu de la traite, a été condamné par le Pôle anti-corruption à 8 ans de prison ferme.

Une dizaine d’opposants Comoriens demandent l’asile à Madagascar. Ils ont rencontré les représentants de l’OIM et attendent de connaître la décision du ministère de l’intérieur.

L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté le projet de loi contre les violences basées sur le genre après qu’une vive polémique ait vu le jour sur le fait que ce texte pourrait ouvrir la voie à la reconnaissance du « mariage pour tous ». Les autorités ont démenti fermement ces allégations. Le rapporteur du texte à l’Assemblée a déclaré : « l’adoption d’une loi favorisant le mariage entre personnes de même sexe à Madagascar est inenvisageable. Il est inconcevable qu’une telle loi soit adoptée en terre malgache. » Le député Fidèle Razara Pierre a été rappelé à l’ordre par le bureau permanent de l’Assemblée pour « désinformation et déstabilisation » après avoir affirmé que la loi sur les VBG tend à favoriser le mariage entre personnes de même sexe. La FJKM a dénoncé les dérives homosexuelles et le « mariage pour tous ». La coordonnatrice résidente du Système des Nations unies a déclaré qu’elle ne voyait « aucune relation entre la loi sur les VBG et le mariage homosexuel ». L’Express a noté que sur les réseaux sociaux des personnes n’hésitent plus à stigmatiser l’homosexualité et à laisser entendre qu’insulter ou agresser les homosexuels sont des actes légitimes. L’adoption de ce projet de loi a été saluée par la société civile et par la première dame, présidente de l’association Fitia et ambassadrice du FNUAP.

Des étudiantes victimes de corruption sexuelle portent plainte. Transparency International-Initiative Madagascar (TI-IM) encourage les victimes à briser le tabou. TI-IM lancera en 2020 des investigations sur ce thème qui sera approfondi lors la prochaine Journée mondiale des droits des femmes.

Plus de 10.000 enfants travaillent dans des mines artisanales de mica dans le Sud, révèle un reportage réalisé en collaboration avec l’association Terre des Hommes. De grandes marques sont pointées du doigt pour manque de suivi de la traçabilité de leurs achats en Chine. 46 000 tonnes de mica ont été exportées par la Grande île en 2018, dont 91 % envoyés en Chine. Un volume qui a permis à Madagascar de concurrencer progressivement l’Inde, pays dans lequel également 22.000 enfants travaillaient pour le mica en 2016.

Lutte contre l’apatridie - 2 700 de certificats de nationalité ont été délivrés depuis la loi du 25 janvier 2017 qui stipule qu’est reconnu comme malgache l’enfant né d’un père et/ou d’une mère malgache. Désormais, les femmes malgaches épousant des étrangers peuvent offrir à leurs enfants leur nationalité. Malgré cette avancée significative, la lutte continue pour des milliers d’autres apatrides qui n’ont pas pu fournir les documents administratifs exigés, notamment leur acte de naissance. De plus, bon nombre d’apatrides s’isolent et n’osent pas consulter les services administratifs. Un plan national d’action pour l’éradication de l’apatridie est en cours d’élaboration.

Le fonctionnement des universités connait depuis plusieurs semaines des perturbations suite à un mouvement de grève des enseignants. Les étudiants exigent la reprise des activités pédagogiques. L’agitation estudiantine trouve également son origine dans les arriérés de versement des bourses et la volonté du ministère de déloger les occupants illicites des cités universitaires. Des affrontements ont eu lieu avec les forces de l’ordre, des arrestations opérées. Etudiants et universitaires ont réclamé la démission de la ministre de l’enseignement supérieur.

Le Plan stratégique national de lutte contre le VIH/Sida connait un gap de financement de 97 millions de dollars sur les 130 millions jugés nécessaires pour mettre en œuvre le plan jusqu’en 2022. Le ministère de la santé, le comité national de lutte contre le Sida et ses partenaires ont annoncé la tenue d’une campagne de dépistage auprès de
100 000 personnes.

Le 14e rapport de l’indice de la faim dans le monde, publié par « Global hunger index » (GHI), qualifie la situation de Madagascar d’alarmante. La Grande île occupe la 114e place sur 117 pays étudiés. Le GHI indique que le changement climatique a des impacts directs sur l’alimentation et le développement durable de la population.

Le projet de loi sur la communication médiatisée a été examiné à l’Assemblée. Les députés ont proposé quelques amendements avant d’adopter le texte à l’unanimité. Pour Midi, la disposition relative à l’interdiction pour les médias de publier des informations issues des réunions à huis clos, porte atteinte au métier de journaliste d’investigation.

Un « salon des médias » a eu lieu comme chaque année à l’ambassade de Chine, rapporte Midi. Le quotidien mentionne la présence d’une trentaine de représentants de la presse. Dans son allocution, l’ambassadrice de Chine s’est étendue sur l’efficacité du système socialiste à la chinoise, expliquant qu’il a permis à son pays d’atteindre le progrès économique qui est le sien actuellement. [On apprenait le même jour de l’ONG « Comité pour la protection des journalistes » que près d’une cinquantaine de reporters sont emprisonnés en Chine.]

Les négociations sur le nouvel accord de pêche entre l’UE et Madagascar pourraient enfin aboutir après un an de négociations. Selon le ministère de la pêche, « les ressources halieutiques ne doivent pas être vendues à des prix bradés et la gestion doit être renforcée et s’effectuer dans un cadre aussi transparent que possible. » 6,1 millions d’euros de redevances ont été versés à l’État malgache durant l’exercice 2015-2018.

L’opérateur économique Eddy Maminirina a été condamné à 5 ans de prison ferme et à une amende de deux milliards Ar par le tribunal spécial pour le bois de rose. L’affaire remonte à 2014 et 2015. Pour L’Express, les condamnations prononcées semblent douces au regard de la sévérité des peines prévues par la loi instituant cette juridiction.

A l’approche des fêtes de fin d’année, l’Alliance Voahary Gasy (AVG) a lancé un appel à la vigilance à propos du risque de la reprise des trafics de bois de rose.

La révision du code minier de 2005 en chantier depuis de longs mois, a fait l’objet d’un forum organisé au Mining Business Center à Ivato. L’avis est unanimement partagé sur la nécessité de le refondre ou de le modifier dans le sens d’une amélioration des retombées positives pour l’Etat, les collectivités locales et les populations. Le pouvoir est impatient de clore la phase de concertation débutée en janvier mais la société civile juge que le projet présenté manque de transparence quant à la gestion des revenus fiscaux. Les aspects environnementaux, fonciers et sociaux ont, selon elle, été sacrifiés au profit d’une approche trop exclusivement financière. Les représentants de la Plateforme de l’organisation de la société civile sur les Industries extractives regroupant 13 entités ont quitté le forum avant son terme. Dans un communiqué, le Craad-OI et le Collectif Tany avaient réclamé la poursuite des consultations pour une meilleure prise en compte des droits économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires de la population. La Plateforme rappelle que le ministère prévoit d’octroyer 50 nouveaux permis miniers, 500 permis d’exploitation artisanale et 500 permis de recherche alors même que le nouveau code est encore en discussion. « Nous craignons fort des risques de corruption via un système d’octroi de gré à gré », alerte-t-elle.

Le premier ministre a fait savoir que suite aux contestations persistantes des riverains, le projet « Base Toliara » fait l’objet d’un réexamen. Un audit financier et organisationnel du projet QMM est par ailleurs attendu, suite à la demande de la compagnie de faire participer l’Etat à une 3e augmentation de capital.

L'eau en aval de la mine de QMM/Rio Tinto de Taolagnaro contient de fortes concentrations d'uranium et de plomb pouvant mettre en danger les populations qui dépendent d'un lac et d'une rivière pour l'eau potable, selon une ONG britannique. Le processus d'extraction d'ilménite peut selon elle concentrer les radionucléides. Rio Tinto a mandaté une société de conseil indépendante pour mener une étude après la publication de ce rapport.

A la veille de la COP25, une conférence des jeunes de l’océan Indien s’est tenue dans la Grande Ile, classée zone à risque en tant que 7e pays le plus affecté par le changement climatique. Cette réunion a permis de trouver des ambassadeurs pour toutes les îles du sud-ouest de l’océan Indien, prêts à aller plaider la cause de la sous-région à Madrid mais les accréditations promises n’ont pu être obtenues des autorités. « Lors des grosses négociations internationales, c’est souvent la jeunesse issue des pays développés qui est représentée, parce qu’ils peuvent se payer le voyage », a déploré une participante. La jeune activiste Marie Christina Kolo qui représentait la jeunesse à Madrid a reproché au ministre de l’environnement d’avoir tenté de faire entrave à sa participation aux débats.

Madagascar accueillera la première conférence ministérielle sur le changement climatique en avril 2020. La décision a été prise par la coalition des ministres des finances sur le changement climatique qui regroupe 51 pays, dont la Grande île. Madagascar faisant partie des pays qui pourraient être les plus touchés par le changement climatique, le gouvernement escompte une aide internationale de 150 millions de dollars pour faire face à ce défi.

Liège Airport s'engage à planter 600 000 arbres d'ici cinq ans à Madagascar pour un montant de 30 000 euros en s'associant à l'ONG belge Graine de vie, un des acteurs principaux de la protection et de la restauration forestière à Madagascar.

Projet « Tana-Masoandro » - Les habitants d’Ambohitrimanjaka ont manifesté de nouveau leur opposition. Le pouvoir laisse entendre que de nombreux propriétaires ont déjà donné leur accord pour céder leurs terrains à l’Etat. Près de 4 600 propriétaires seraient concernés par le projet et non 972 comme le pouvoir l’indique, affirment les opposants. Des propriétaires se sont résignés à vendre face aux difficultés rencontrées pour justifier de leur situation. Les opposants ont tenu une conférence de presse pour protester contre la condamnation à deux ans de prison avec sursis de 12 des 13 manifestants arrêtés le 17 octobre.

La Chine va aider Madagascar à moderniser son réseau de télécommunications. Le projet consistera en la création de nouvelles infrastructures incluant 130 km de liaisons par fibre optique et la mise en place de centres de gestion de données. Le projet contient également un volet sécurité avec l’installation de caméras de surveillance intelligentes et haute définition dans la capitale, Toamasina et Nosy Be. Pour le premier ministre, ces outils contribueront à la sécurisation urbaine et rassureront les investisseurs.

La BAD offre une garantie de 100 millions de dollars pour le projet hydroélectrique Sahofika sur le fleuve Onive. Sa construction devrait débuter en 2020 pour une durée des travaux de cinq ans. Le projet permettra à Madagascar de réduire sa production d’énergie thermique jusqu’à 90 %.

Diaspora : le gouvernement confirme ses engagements. Il entend mettre en place des programmes participatifs destinés aux Malgaches qui vivent à l’extérieur. Une étude de 2013 révèle que la diaspora est estimée à environ 200.000 membres. Selon la Banque mondiale, elle a transféré en 2018 425 millions de dollars vers Madagascar.

Jirama - Après plusieurs mois d’attente, Vonjy Andriamanga, ancien ministre de l’énergie, de l’eau et des hydrocarbures, a été nommé DG en conseil des ministres. Une nomination qui a surpris dans la mesure où cet ancien membre du gouvernement a été limogé le 30 octobre pour ne pas avoir été capable de solutionner les problèmes de délestage et de coupure d’eau. Il ne figurait pas dans la liste des postulants qui ont passé des entretiens avec le cabinet de recrutement international mandaté par la Banque mondiale.

Air Madagascar dans la tourmente. 20 mois après la signature d’un partenariat stratégique avec Air Austral, la compagnie malgache compterait ouvrir son capital à d’autres investisseurs, notamment Ethiopian Airlines. La participation d’Air Austral serait ramenée à 10 %. Les deux compagnies se font le reproche de ne pas avoir tenu leurs engagements.

L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi, le « Pôle emploi malgache », devrait voir le jour en 2020, annonce la ministre du travail et de l’emploi.

Seuls 6 % des Malgaches bénéficient d’un travail décent et d’une couverture sociale. 10 à 12 % des sociétés privées formelles affilient leur personnel à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps).

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Les élections municipales du 27 novembre
  • Restitution des îles Eparses, diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements
  • Justice
  • Conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Droits des femmes, homosexualité
  • Droits de l'enfant
  • Université
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles,bois de rose
  • Environnement, aménagement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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30 novembre 2019

REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2019

SYNTHESE - NOVEMBRE 2019

Les élections municipales se sont tenues le 27 novembre. Deux scrutins distincts étaient organisés : l’un pour la désignation du maire, l’autre pour le choix du conseil municipal. A l’ouverture de la campagne, la CENI a mis l’accent sur « les 10 commandements d’une élection libre, juste, transparente et démocratique. » En dépit de ce rappel, la campagne a été « entachée d’irrégularités », selon son vice-président, Thierry Rakotonarivo. Les sondages d’opinion ont de nouveau été interdits. L’ONG Safidy avait délégué 4 100 observateurs, répartis dans 771 communes.

Pour bon nombre d’observateurs, les municipales d’Antananarivo s’apparentent à un nouveau duel électoral à distance entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Ce duel avait eu lieu pour la première fois en 2007 lorsqu’Andry Rajoelina s’est présenté à l’élection municipale d’Antananarivo, sous la présidence de Marc Ravalomanana.  Le candidat du pouvoir a disposé de moyens importants et a démarré sa campagne par un grand show médiatique. De nombreuses personnalités du TIM, connues comme proches de Marc Ravalomanana, ont décidé de soutenir le candidat du pouvoir, Naina Andriantsitohaina, riche homme d'affaires, ancien ministre des affaires étrangères. Il s’agit de la première crise importante traversée par le parti depuis sa création en 2001, observe Midi. Trois des cinq candidats maires aux municipales à Antananarivo ont signé la charte de bonne conduite initiée par le CFM, le CSI, la Ceni, le HCDDED, la CNIDH, le Samifin et les organisations de la société civile.

POV 07 11 19Un article de Politika a présenté les énormes défis qui attendent le prochain maire et les conseillers municipaux qui auront la lourde tâche de remettre à flot la capitale, asphyxiée, livrée à l’anarchie, aux incivilités, sans ressources et mal gérée.

Antananarivo est dirigée depuis plusieurs années par Lalao Ravalomanana, épouse de Marc Ravalomanana, son conseiller spécial et ancien président, renversé par Andry Rajoelina en 2009, qu'il a ensuite battu à la présidentielle de 2018.

Lalao Ravalomanana ne se représentant pas, le camp de l'ex-président a choisi contre toute attente de présenter un candidat inconnu du grand public, Tahiry Ny Rina Randriamasinoro.

Malgré quelques irrégularités, le scrutin s’est déroulé dans le calme. Plus de 67 % des électeurs se seraient abstenus. Un chiffre record. Face à cette situation de décrédibilisation des élections, L’Express s’interroge : « Faut-il continuer à organiser des élections pour servir de façade à la démocratie que la mondialisation impose aux pays pauvres ? » Le Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED) a déploré ce faible taux de participation qui risque de mettre à mal la légitimité des élus.

Dans la capitale les premières tendances donnaient un avantage à Naina Andriantsitohaina, candidat pro-Rajoelina mais le taux de participation ne dépasserait pas 23 %. Les candidats pro-pouvoir seraient en voie de l’emporter dans d’autres villes comme Antsirabe.

L’Assemblé nationale, entrée en session ordinaire le 15 octobre, a été frappée par un fort absentéisme lié à la campagne électorale pour les municipales. L’examen de la loi de finances 2020 ainsi que l’étude du cas de deux élus incarcérés, suite à la création d’une « commission permanente chargée de l’examen des demandes de suspension de la détention, des mesures privatives et restrictives de liberté ou de la poursuite d’un député. » ont dû être reportés au lendemain des élections. La société civile a déploré que le projet de loi de finances ne soit pas porté suffisamment tôt à la connaissance du public, elle s’est déclarée préoccupée par les conditions dans lesquelles le projet sera adopté, comme cela est trop souvent le cas.

Les propositions d’amendement portant sur le statut de l’opposition sont bloquées au niveau du Sénat. L’examen de la proposition de loi a été renvoyé sine die. Le texte du député pro-Rajoelina Brunelle Razafitsiandraofa apporte un certain nombre de restrictions à la loi de 2011 qui n’a jamais été appliquée. Il aurait pour effet d’exclure Marc Ravalomanana du titre de chef de l’opposition qu’il revendique.

Le pouvoir compte mettre un terme au mandat des actuels sénateurs à majorité HVM dans l’objectif de pouvoir faire adopter son projet de révision de la Constitution. La révision de la Constitution porterait notamment les modalités d’élection et de désignation des sénateurs. Leur nombre serait réduit de 63 à 18, dont douze élus et six désignés. Avec le nombre des maires et de conseillers municipaux qu’il possédera après les élections du 27 novembre et qui sont les grands électeurs des sénateurs, le pouvoir disposera d’une nette majorité à la chambre haute. Il lui sera donc facile de trouver la majorité de 3/4 nécessaire à l’approbation du projet de révision constitutionnel.

La vice-première ministre chinoise a effectué un séjour à Madagascar à la tête d’une forte délégation en vue de renforcer la coopération bilatérale. La Chine rappelle qu’elle ne s’immisce jamais dans les affaires intérieures des pays avec lesquels elle entretient des relations.

Le New York Times est revenu sur le rôle qu’aurait joué la Russie lors de la présidentielle malgache. Le quotidien explique comment Moscou aurait tenté d’influer sur le processus électoral, soutenant d’abord Hery Rajaonarimampianina avant de tenter un repositionnement en faveur d’Andry Rajoelina.

pov 01 11 19La 1e réunion de la commission mixte sur les îles Eparses s’est tenue au palais d’Andafiavaratra, lieu symboliqueoù a été signée la déclaration du retour à l’indépendance de Madagascar. Les deux délégations de haut niveau ont acté l’existence d’un différend sur la question de souveraineté de ces îles. Les parties ont convenu de trancher sur le sujet avant le 60e anniversaire de l’indépendance, le 26 juin 2020. La date de la prochaine session qui aura lieu à Paris n’est pas encore fixée.

Une consultation nationale sur les îles Eparses aura lieu du 9 au 11 décembre afin de « recueillir l’ensemble des avis des forces vives de la nation sur ce sujet fondamental », annonce un communiqué du ministère des affaires étrangères.

Madagascar a participé au premier forum international des droits de l’homme et au quatrième dialogue judiciaire africain qui se sont tenus à Kampala, sous l’égide de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, sur le thème du rôle du pouvoir judiciaire. Parmi les thèmes abordés : la question des déplacés internes et des réfugiés, le droit à la nationalité et le problème de l’apatridie, les contentieux électoraux et les droits de l’homme, le terrorisme et la protection des droits de l’homme, le développement et les droits des peuples autochtones.

Madagascar a été l’un des 14 Etats à avoir été examiné dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) au cours de la session qui s’est tenue à Genève début novembre. Amnesty international ainsi que d’autres ONG de défense des droits humains ont participé aux travaux préparatoires et remis des contributions. Madagascar a accepté 163 recommandations, 11 ont été rejetées, 29 vont être plus amplement considérées d’ici la prochaine session du Conseil des droits de l’homme.

La 2e phase du programme de consolidation de la paix s’est tenue avec la participation de la coordinatrice de Nations et des partenaires techniques et financiers. Restaurer la paix et la sécurité publique dans de brefs délais, tel est l’un des défis à relever dans le cadre du plan Emergence de Madagascar, a mis en avant premier ministre. Le « Fonds de réconciliation et de paix » a déjà bénéficié d’un financement de 11 millions de dollars. La prochaine phase (période 2020-2022) disposera d’un financement de 7,5 millions.

Des actes de vindicte populaire ont de nouveau été signalés. Le commissariat de police de Sainte-Marie a été incendié par la foule à la recherche d’un présumé meurtrier et violeur d’une femme. A Antsohihy, un prévenu sur le point d’être incarcéré pour un meurtre a été lynché à mort par une vingtaine d’individus. Déféré pour l’exécution sommaire d’une jeune femme de 19 ans à Ikalalao, un gendarme a été placé en détention préventive. La CNIDH a comptabilisé 19 exécutions sommaires en 2017 et 2018.

Dans le district d’Ambohimahasoa, le comportement de militaires de passage inspire la crainte de la population. Des hommes ont quitté les lieux, craignant d’être arrêtés ou rackettés.

Attaque armée doublée de meurtre sur la RN°7 : trois sous-officiers, un ex-gendarme et quatre civils incarcérés. Un caporal et un autre civil sont en fuite. Les malfaiteurs ont abattu le chauffeur et empoisonné l’aide-chauffeur et le convoyeur puis ils ont jeté le corps du conducteur dans un canal. La gendarmerie affirme s’employer à éradiquer les attaques sur les axes routiers qui refont surface.

A Ambanja, un opérateur de vanille a été retrouvé mort au commissariat. La police évoque un suicide. La famille demande une enquête approfondie.

Des rapts contre rançon font rage dans certaines communes du district d’Amboasary-Sud.A Betroka, une jeune fille a été enlevée et relâchée après paiement d’une rançon des 2,3 millions Ar.

Les profanations de caveaux seraient en recrudescence dans le district de Miarinarivo. Un homme a été trouvé en possession de 30 kg d’ossements humains. Curieusement, l’objet de ces trafics n’a jamais été élucidé.

La Conférence des évêques s’est alarmée de la situation de l’environnement et de la détérioration du niveau et des conditions de vie de la population.

L’effectif de la HCJ étant incomplet, les dossiers transmis par le Bianco concernant des affaires de détournement de biens publics par des anciens membres du gouvernement sont en stand-by. Les deux représentants de l’Assemblée nationale n’ont pas encore été nommés. Parmi les dossiers en instance, ceux de trois anciens ministres impliqués dans des affaires de détournements de fonds. Selon le procureur général près de la Cour suprême qui tient le parquet de la HCJ, cinq autres dossiers concernant d’anciens membres du gouvernement ont été déposés au bureau permanent de l’Assemblée qui devra statuer sur la suite à donner.

Huit magistrats ont été traduits devant le conseil de discipline du CSM, cinq d’entre eux ont été sanctionnés. Ils ont été inculpés de fausse interprétation de textes, de consommation d’alcool dans une boite de nuit, d’escroquerie et de mauvais comportement. Plus d’un an après sa suspension l’ancienne présidente du SMM, Fanirisoa Ernaivo, candidate à la présidentielle, a été révoquée. Elle avait lancé de violentes invectives à l’encontre des forces de l’ordre venues encadrer un meeting organisé par un collectif de candidats à la présidentielle. Elle a affirmé que la décision est entachée d’irrégularités et compte faire appel.

En séance plénière de l’Assemblée nationale, les 45 députés présents ont proposé la suspension de la détention des députés de Fandriana et de Mahabo, conformément à la résolution adoptée par la commission chargée de « l’examen des demandes de suspension de la détention, des mesures privatives et restrictives de liberté ou de la poursuite d’un député. »de levée de l’immunité parlementaire nouvellement créée. Les mesures judiciaires prises à l’encontre de ces députés nouvellement élus avaient été prises avant le début de la campagne des législatives.

Le garde des sceaux s’est une nouvelle fois insurgé contre les ingérences dans les affaires judiciaires. Le ministre a récemment dénoncé des tentatives d’empêcher l’exécution de décisions de justice. Le garde des sceaux « a donné l’ordre d’engager des poursuites contre quiconque s’adonne à ces démarches illicites », peut-on lire sur sa page Facebook.

Andry Rajoelina a effectué une visite à la maison centrale d’Antanimora, accompagné par son épouse et le ministre de la justice. Constatant la surpopulation dramatique de l’établissement, il a ordonné l’accélération du traitement des dossiers de tous les détenus du pays d’ici le 15 décembre. Le ministère s’organise pour multiplier les audiences extraordinaires et les audiences foraines. Andry Rajoelina a confirmé qu’une mesure de réduction de peine, voire de grâce, est en préparation. La construction de nouvelles infrastructures carcérales a également été confirmée. Des formations professionnelles destinées à faciliter la réinsertion des détenus seront mises sur pied. Les agents pénitenciers qui se livrent à la corruption pour autoriser des visites ont été mis en garde. Dans une déclaration publique, Amnesty International s’est félicité de cette initiative présidentielle.

Le taux de prévenus est descendu à 44,6 % à la maison centrale d’Antanimora. Il était de 61 % lors de la visite du chef de l’Etat.

Les membres du CSM ont été convoqués par le chef de l’Etat. Les magistrats ont été priés d’œuvrer activement à l’amélioration du fonctionnement de la justice et au respect des droits de l’homme.

A la prison d’Antalaha, 80 détenus mineurs ont bénéficié d’une formation professionnelle dans le cadre d’un projet piloté par l’OIT.A leur libération, ils font l’objet d’un accompagnement. L’opération devrait être élargie à une centaine de mineurs qui ne sont pas directement concernés par des vols de vanille, y compris des mineurs en attente de jugement. Cet établissement est l’un des plus surpeuplé de la Grande île, avec 2 379 détenus pour 285 places. Une extension est en cours.

La CNIDH se dit préoccupée par la situation des femmes en détention préventive. Elle rappelle que « tous les détenus, condamnés et prévenus, ont droit au respect de la dignité inhérente à la personne humaine. »

A l’occasion des 10 ans du Mandela Day, l’association Blessing Covenant a mené une nouvelle action en faveur de 700 femmes détenues à la maison centrale d’Antanimora avec leurs enfants.

Après 30 ans d’intervention, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) quitte Madagascar. Il a notamment contribué à la promotion du respect des droits des détenus. La Croix-Rouge malagasy, récemment déstabilisée par la corruption de ses anciens dirigeants, reste seule sur le terrain.

Délinquance financière - Une plateforme numérique financée par le Pnud et la Comesa en chantier. Des experts du groupe anti-blanchiment de capitaux de l’Afrique orientale et australe apportent une assistance technique au profit de Madagascar. Les informations portant sur les individus impliqués dans des crimes et des infractions économiques seront centralisées dans cette base de données.

Cinq mois après la mise en place du système i-Toroka, plateforme de dénonciation en ligne, le Bianco est assailli de doléances. La confidentialité de l’identité du dénonciateur est sécurisée. Les investigateurs du Bianco ne pourront pas connaître la personne sans son consentement. Ils peuvent toutefois interagir avec eux. « Il y a des doléances de qualité avec de gros enjeux », affirme le DG du Bianco

Prévention des migrations illégales à destination des pays à risque : une opération d’autonomisation des jeunes femmes a été lancée dans la région Sava, particulièrement touchée par ce phénomène. La FAO est associée au programme visant à favoriser la création d’activités rémunératrices pour les femmes. L’envoi de travailleurs migrants dans les pays étrangers reste suspendu jusqu’à ce que toutes les conditions préalables à une reprise soient réunies. Des avancées ont été accomplies sur ce dossier, entre autres la ratification de trois conventions internationales qui régissent les migrations internationales. Des accords bilatéraux sont en cours de négociation.

Une passeuse a été condamnée à 5 ans d’emprisonnement par la cour criminelle du Pôle anti-corruption pour une affaire de trafics à destination de l’Arabie Saoudite. Vingt-huit jeunes en instance de départ pour Dubaï ont été interceptés dans la résidence de la responsable du réseau.

L’Unicef renforce ses actions en faveur de la protection des enfants et compte pour ce faire sur la contribution des médias. Des formations ont été organisées à leur intention.

28 ans après la ratification par Madagascar de la CIDE, les stratégies et politiques nationales qui ont été élaborées restent en attente d’application, selon la Plateforme de la société civile pour l’enfance. Des actions ont été menées par des membres de la société civile mais il reste beaucoup à faire. Neuf enfants sur dix souffrent de privations de droits. 21 % n’ont pas d’état civil. Pour le représentant de l’Unicef, « la qualité de l’éducation pose un réel souci. » Plus de 10 000 enfants travaillent dans des mines illégales de mica selon une enquête menée par NBC News. Les efforts menés depuis quelques années dans la région Sava commencent à porter leurs fruits : le travail des enfants dans les activités liées à la filière vanille seraient en nette régression, grâce à la mise en œuvre d’un projet conduit par l’OIT. Le réseau Malina a publié un important dossier sur les travailleuses domestiques dont le nombre est estimé à deux millions.

La santé et les droits sexuels et reproductifs font désormais partie intégrante des matières enseignées dans les lycées. Après une phase expérimentale,la mise en œuvre est en cours.Un réseau regroupant les intervenants doit être constitué.

Le VIH/Sida frappe de plus en plus les très jeunes. Sur sept cas confirmés, cinq sont entre la tranche d’âge de 15 à 24 ans, constate l’ONG Mad’aids. La maladie se propage à une vitesse extrêmement rapide dans cette population du fait de ses pratiques sexuelles, de la crainte des réactions des parents et de la méconnaissance de la maladie.

Le planning familial est devenu un droit mais reste méconnu. Faute de vulgarisation et en raison d’un manque de sensibilisation, la loi adoptée en janvier 2018 n’a pas été portée à la connaissance du public. 33 % seulement des femmes utilisent une contraception alors que l’objectif mondial vise un taux de prévalence contraceptive de 50 % en 2020. Le représentant résident de l’UNFPA estime cependant que les chiffres récents sont encourageants mais il met les pouvoirs publics en garde : « avec une telle fécondité, toutes les ambitions de développement resteront un défi perpétuel. Et le gouvernement et les ressources ne pourront suivre. »

Lutte contre la violence à l’égard des femmes : sept mois après sa nomination en tant qu’ambassadrice de l’UNFPA, l’épouse du chef de l’Etat a appelé la société à briser le silence. Le premier centre spécialisé dans la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre a été inauguré dans la capitale.

Un avant-projet de loi sur la lutte contre les violences basées sur le genre a été examiné en conseil de gouvernement qui a également donné son accord pour l’élaboration d’une loi-cadre en faveur de l’égalité femmes-hommes.

Un nouveau mouvement de grève a été lancé par les enseignants membres du Seces de l’université d’Antananarivo, provoquant des manifestations d’étudiants qui redoutent le report de la nouvelle année universitaire, voire une année blanche. La mise en place du système LMD pourrait être compromise. Les étudiants protestent également contre les retards de versement de leurs bourses. Les membres du Seces de Toamasina ont décidé à leur tour d’interrompre les cours, ceux de Fianarantsoa et de Mahajanga menacent de rejoindre le mouvement.

Le paludisme connait une hausse préoccupante depuis le début de la saison de transmission épidémiologique, ce mois-ci. Plusieurs districts sont touchés. Le ministère de la santé a comptabilisé depuis début août 33 victimes de la peste bubonique.

« De plus en plus de malades font du crédit chez des dépositaires de médicaments pour se soigner »,écrit L’Express. Des personnes meurent car elles n’ont pas pu se payer les traitements prescrits. L’opérationnalisation de la Caisse nationale de solidarité en santé (CNSS) a pris un important retard.

Une convention a été signée entre les forces de l’ordre et les journalistes afin de garantir à ces derniers l’accès à l’information et d’assurer leur sécurité dans l’exercice de leurs fonctions. Cet accord, appuyé par les Nations unies, résulte d’un travail en commun mené depuis 2012.

Des responsables de cybercafés de la région Est se mobilisent pour lutter contre la cybercriminalité et améliorer la protection des enfants. L’initiative « Cyber ami des enfants », appuyée par l’Unicef, redéfinit les normes dans ces endroits très fréquentés par les mineurs.

La gendarmerie a mené une opération d’assainissement du secteur minier à Tanamarina Ikalamavony (Haute Matsiatra). Sept personnes ont été arrêtées, des blocs de béryllium et de tourmaline provenant d’une exploitation illicite ont été saisis. La prolifération des exploitations illicites nourrit le marché noir qui, subséquemment, favorise les actes de banditisme et les malversations en tous genres, expliquent les forces de l’ordre.

Le conseil des ministres suspend le projet « Base Toliara » pour une durée indéterminée. « Toute communication autour du projet est suspendue mais les échanges continuent. Les problématiques engendrées par les mésententes entre le projet et les communautés locales obligent à suspendre le projet », rapporte le communiqué qui souligne que les bénéfices et les avantages que pourrait en tirer le pays ne sont « pas clairs. » D’intenses négociations vont donc s’engager pour déterminer le sort de ce projet dans lequel des centaines de millions de dollars ont déjà été investis et des actions de formation engagées. Le Collectif Tany et le Craad-OI se réjouissent de cette décision mais restent vigilants. Base Toliara estime qu’elle n’aura pas d’impact sur la progression de l’étude de faisabilité définitive en cours.
Les media et les réseaux sociaux rapportent les tentatives du Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM) de renouer le dialogue entre les protagonistes du projet. Cette initiative, affirment les deux entités, ne peut se substituer à l’étude de faisabilité complète du projet que le gouvernement a promis de mener et qui a justifié la décision de suspension. Les signataires appellent les autorités à rester fidèles à l’engagement pris.

Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) constate que l’opacité règne dans l’attribution des contrats miniers. Depuis 2011 l’attribution de permis est théoriquement gelée mais ces deux dernières années plus d’une dizaine de permis ont été octroyés. 5 000 demandes sont en attente. « On a découvert que ce gel favorisait la négociation entre les promoteurs de projets et les décideurs politiques. Parce que l’octroi des permis passe désormais à travers des paiements de facilitation et des pots-de-vin. Il y a donc un risque élevé de corruption », explique l’auteur de l’étude. Le permis accordé au projet « Base Toliara » en 2012, sous la Transition, pourrait être concerné. Pour TI-IM, cette situation concerne l’ensemble des promoteurs miniers. Même si les communautés locales sont consultées, leur avis est rarement pris en compte, d’où le développement des contestations populaires. Les lacunes et incohérences de la législation minière font l’objet d’un consensus mais intérêts stratégiques et raison d’État conduisent à s’en accommoder.

Le gouvernement, actionnaire à 20 %, demande un audit la compagnie minière QMM. L’audit des comptes, des investissements et de la gestion est requis afin de déterminer les impacts réels de ce grand projet qui opère depuis 21 ans à Madagascar. L’impact environnemental des activités de la société fait l’objet de critiques récurrentes mais la raison principale de cette décision semble liée à la nouvelle augmentation de capital requise par QMM, la 3e depuis 2012. La convention qui lie l’Etat à la société expire en 2023. La recapitalisation de 2015 avait été décidée suite aux difficultés financières causées par la chute du cours des matières premières. L’Etat avait dû emprunter pour pouvoir participer aux deux premières augmentations de capital.

Les organisations de la société civile, regroupées au sein de la plateforme « Henika », ont signé un protocole d’accord avec l’Office national de l’environnement. L’objectif est de remédier aux problèmes sociaux liés aux investissements. Au-delà, les deux parties se proposent d’améliorer le cadre législatif ainsi que les contrôles et suivis environnementaux.

Les opérateurs de la filière crabe dénoncent la mainmise des Chinois sur cette activité et les privilèges qui leur seraient accordés.

Trafic de bois de rose - Affaire du bateau « Flying » - Un mandat d’arrêt international émis à l’encontre de deux Chinois. La cour d’appel a confirmé le jugement du tribunal correctionnel sur cette affaire impliquant 17 Chinois inculpés pour passage inoffensif sur le territoire maritime malgache, refus d’obtempérer et délit de fuite. 15 d’entre eux ont été condamnés à des peines d’emprisonnent et à de fortes amendes.

Feux de brousse : 14 millions d’ha de forêt ont été détruits depuis l’indépendance, s’est alarmé le ministre de l’environnement. « Il est grand temps que tout un chacun prenne ses responsabilités face à un tel fléau », a-t-il déclaré Le prêt par la France d’un appareil bombardier d’eau opérant à La Réunion est en discussion. Une acquisition serait envisagée. Le ministre fait valoir que la perte de la forêt malgache n’est pas sans incidence négative sur les îles voisines.

Le projet d’extension du port de Toamasina financé par le Japon fait toujours face aux critiques d’universitaires et d’associations. Une lettre ouverte a été adressée au chef de l’Etat pour lui demander de retirer le permis environnemental et de déporter le projet sur un site plus favorable.

L’état des lieux des mangroves est alarmant. Entre 1995 et 2018, une perte de l’ordre de 13 % de cet écosystème a été observée. Une situation due notamment à la production de charbon de bois, aux coupes illicites et à la conversion des mangroves en cultures.  L’Usaid vient en appui pour la promotion de la gestion durable de ce milieu menacé.

Un projet de riziculture sur une superficie de 5 000 ha en vue à Katsepy. Un projet confié à un groupe chinois qui entre dans le cadre de l’objectif présidentiel d’implanter à Madagascar une riziculture sur 100.000 ha. La création de 500 emplois est mise en avant, proposés en priorité aux populations locales. Une consultation des habitants et des acteurs concernés a débuté en avril. Le ministre de l’agriculture s’est rendu sur place pour rencontrer la population et évaluer les répercussions du projet.

La contestation du projet de ville nouvelle « Tana Masoandro ».  Les habitants touchés par le projet ont été appelés à consulter le guichet unique mis en place à proximité pour se renseigner et traiter les dossiers d’indemnisation. 337 familles sont concernées pour 700 parcelles. Une centaine de familles concernées directement par la première phase du projet auraient accepté de signer une promesse de vente. L’Etat a prévu 20 millions de dollars pour dédommager les familles expropriées. Les opposants reprochent au pouvoir d’avoir ouvert ce guichet unique alors que la décision avait été prise de suspendre les travaux. Ils réclament une rencontre avec Andry Rajoelina et souhaitent lui faire des propositions alternatives. L’entrepôt d’une entreprise chargée de l’installation d’un pont provisoire a été vandalisé et incendié. C’est la deuxième fois que pareil acte survient sur le site. Des manifestations sporadiques se sont encore produites. La grande majorité des terrains mis en vente aurait été acquise par des Karana.

L’ONUDI (Organisation des Nations unies pour le développement industriel) appuie un 1er programme pays de 35 millions de dollars en faveur de Madagascar. Le premier depuis 1986, année où la Grande île a intégré cette entité.

Plan Émergence Madagascar (PEM) - Le FMI est encore en attente de connaître les priorités de l’État. Une mission du FMI a évalué les impacts du déblocage de la 5e tranche de la Facilité élargie de crédit (FEC) et examiné une éventuelle prolongation du programme en fonction des nouvelles orientations du Plan national de développement (rebaptisé PEM). La mission a fait part de sa satisfaction concernant mesures décidées en vue du redressement de la Jirama, qui bénéfice encore de subsides budgétaires. Un audit de la société est annoncé. Les discussions ont également porté sur la vérité des prix à la pompe, dont la non-application pèse lourdement sur le budget de l’Etat.

La Chine offre 300 tonnes de semences de riz hybrides. Ce riz permet des rendements de 8 tonnes à l’hectare, soit plus du triple des variétés les plus répandues dans la Grande île. 100 tonnes sont disponibles dès la campagne 2019-2020.

Des projets de zones industrielles sont en discussion avec les Chinois. Pour le ministre de l’industrie et du commerce, « la coopération sino-malgache est une option qui s’ouvre vers la promotion des industries à Madagascar », avec la construction des zones spéciales économiques et la construction de parcs industriels.

La Banque mondiale finance les travaux de la RN44, 113 km entre Moramanga et Ambatondrazaka, objet de promesses présidentielles depuis une décennie. Jugée stratégique par les observateurs, la RN44 est le seul axe routier traversant le bassin rizicole de la région Alaotra Mangoro.

Alors que l’exécutif vise une forte hausse de l’investissement privé, le pays a légèrement régressé dans l’indice Doing Business de la Banque mondiale. Madagascar demeure placée à la 161e place sur 190 pays, comme en 2018. Mais le score sur la facilité à faire des affaires a quelque peu régressé.

Après le carburant, l’État prévoit d’importer directement d’autres PPN tels que le riz, l’huile ou la farine. L’objectif de cette initiative est de mettre un terme à la fluctuation des prix et à la spéculation de certains importateurs, indiquent les autorités. Cette initiative est vue d’un bon œil par les consommateurs mais suscite des interrogations chez certains experts.

La quête de l’autosuffisance alimentaire réaffirmée par le chef de l’Etat à l’ouverture de la campagne rizicole. Un challenge qu’il compte relever avant la fin de son mandat. Le pouvoir prévoit diverses mesures incitatives. Andry Rajoelina a affirmé que depuis le début de son mandat plus de 35.500 ha de terres cultivables ont été aménagés. 85 000 devraient l’être en 2020.

Aggravation des délestages et des coupures d’eau à Antananarivo, six directeurs de la Jirama ont été limogés. « Je vais prendre en main le cas de la Jirama », a lancé Andry Rajoelina. Les multiples limogeages et remplacements de hauts responsables de la compagnie n’ayant pas été de grands secours, il promet de trouver des solutions pour éliminer les délestages répétitifs et la pénurie d’eau dans la capitale.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Les élections municipales du 27 novembre
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice
  • Conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Droits des femmes
  • Droits de l'enfant
  • Education, université
  • Médias, communication, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles,bois de rose
  • Foncier, environnement, aménagement
  • Contestation du projet de ville nouvelle Tana-Masoandro
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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28 février 2018

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2018

A un an de la fin du mandat présidentiel, deux organes constitutionnels ne sont toujours pas en place, rappelle Midi : le Conseil économique, social et culturel (CESC) et la Haute cour de justice (HCJ).

Le premier ministre annonce son intention de procéder à l’assainissement des partis politiques. Certains partis, dont l’existence est purement fictive, seront supprimés du registre officiel du ministère. La Grande île compte actuellement 195 partis déclarés.

Le pouvoir remet la pression sur la condamnation de Marc Ravalomanana. Pour le président du Sénat, les hommes politiques qui sont sous le coup d’une condamnation devraient purger leur peine avec les conséquences que cela implique, allusion à la situation de l’ancien président, condamné pour la tuerie du 7 février 2009. A ce jour, cependant, malgré des annonces faites par le ministère, Marc Ravalomanana, n’a pas encore reçu notification de ce jugement rendu par contumace. L’ancien président est également inquiété par le pouvoir et les dirigeants de la Jirama pour une obscure affaire de branchement illicite d’électricité à sa résidence d’Andranomanelatra-Antsirabe, proche de son usine Tiko-AAA. Les employés de cette usine et ses fournisseurs se sont mobilisés pour réclamer la réouverture de l’entreprise placée sous scellés depuis le mois d’octobre pour non-possession de permis environnemental.

Marc Ravalomanana, a été déclaré « homme de l’année 2017 » par African Leadership Magazine. D’après le communiqué officiel, l’ancien président est reconnu pour son « leadership politique » et sa « contribution à la promotion de la démocratie sur le continent », ajoutant, dithyrambique : « c’est un self-made man, un leader charismatique et visionnaire, et un businessman expérimenté ».

nm 07 02 18La commémoration de la fusillade du 7 février 2009 s’est déroulée en ordre dispersé et sous étroit contrôle. L’association des victimes AV7 a demandé que la condamnation de Marc Ravalomanana et consorts soit appliquée, y compris le dédommagement des victimes. Ses membres continuent de revendiquer leur intégration définitive dans la fonction publique. Pour le site « La ligne de mire », l’alliance évoquée par certains entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana en vue d’abattre Hery Rajaonarimampianina serait une insulte aux victimes du 7 février 2009.

« Le processus de réconciliation nationale mené actuellement [par le CFM] risque d’être voué à l’échec », estime le porte-parole du MMM, parti de Hajo Andrianainarivelo ; qui exige que le CFM respecte le processus « Vérité-Pardon-Réconciliation » : « Le peuple malgache doit connaître la vérité. Ceux qui ont commis des fautes envers la nation doivent d’abord demander pardon avant la réconciliation ».

Le Comité pour la Réconciliation Nationale (CRN) et le FFKM organiseront des assises nationales sur la réconciliation à Fianarantsoa du 17 au 19 mars. Les résolutions des assises nationales organisées par le FFKM en mai 2015, restées sans suite, seront remises sur le tapis. Le CRN est convaincu qu’une vraie réconciliation nationale doit intervenir avant les élections.

Dans son dernier communiqué le SeFaFi s’inquiète du manque d’indépendance et de représentativité de la société civile. Il dénonce son instrumentalisation par les politiciens. Ses membres se doivent de récuser toute finalité politique et se démarquer de l’opposition. La société civile est trop souvent perçue par les citoyens comme l’étape préalable à un engagement politique qui n’ose pas encore se déclarer ouvertement, déplore l’Observatoire.

pov 01 02 18Affaire Houcine Arfa- Une dizaine de personnes ont été auditionnées par le Bianco, suite aux affirmations fracassantes de corruption de l’ancien conseiller franco-algérien du chef de l’Etat, qui est parvenu à quitter la Grande île dans des conditions non élucidées. Houcine Arfa a saisi la Cour d’appel pour obtenir la révision de sa condamnation pour tentative de kidnapping et extorsion de fonds. Son avocat ne s’est pas présenté au procès faisant suite à la plaine déposée par un homme d’affaires qu’il avait mis en cause. Le jugement a été renvoyé. Houcine Arfa a déposé une plainte auprès du tribunal de grande instance de Paris. Il met en cause huit personnes, dont la ministre de la justice, la procureure de la République, la juge d'instruction en charge du dossier et trois hommes d'affaires. La ministre déclare que « c'est pour se disculper qu'il porte plainte contre moi ». Elle indique ne pas connaître les motifs des accusations portées à son encontre et annonce qu'elle portera plainte pour diffamation.

Après une longue période d’incertitude, les projets de lois organiques relatifs à l’organisation des prochaines élections seront examinés au cours d’une première session extraordinaire du Parlement convoquée pour le 26 février. Le groupement des 35 partis politiques toutes tendances confondues, constitué en novembre pour exiger un processus électoral transparent, reconnait son échec. Miné par les divisions internes, le comité dit de « vigilance démocratique pour les élections » n’est pas parvenu à imposer au gouvernement l’ouverture du dialogue autour des nouveaux textes électoraux. La démission du chef de l’Etat qui se porte candidat à sa propre succession a suscité beaucoup de débats voici quelques mois mais les observateurs considéraient que le sujet était clos, l’idée d’un référendum abandonnée. La question réapparait pourtant dans l’avant-projet de loi organique relative à l’élection présidentielle qui arrive en discussion.

Le projet de loi organique sur les élections prévoit quelques dispositions portant sur le financement des campagnes. Les candidats seront tenus de tenir un compte de campagne et de le soumettre à une Commission de contrôle de financement de la vie politique. En revanche, le projet ne prévoit aucun plafond en ce qui concerne les fonds utilisés. Il proscrit seulement la participation étrangère au financement des campagnes. L’Express, s’attend à ce que ce projet soit adopté sans débat, sans amendement et dans la précipitation. La position de la HCC semble en revanche plus imprévisible. Pour Midi, le texte présenté annonce la disqualification de Marc Ravalomanana : un article stipule en effet que tout candidat aux fonctions de président de la République doit n’avoir jamais été condamné pour crime ou délit. Tribune note que les projets soumis apportent de nouvelles conditions très restrictives pour les candidats indépendants à la présidentielle et à la députation. Les observateurs notent que le délai de l’entre-deux-tours de la présidentielle sera raccourci. Ce qui implique un délai de délivrance des résultats du premier tour plus court. Un véritable défi pour certaines zones difficiles d’accès. Des juristes se disent préoccupés par l’imprécision de la notion de « force majeure » qui pourrait justifier le report des élections.

Le calendrier de la présidentielle n’est toujours pas publié, au grand dam de la société civile et de la CENI qui redoutent un report.

Malgré la contribution de plusieurs pays, la CENI reste en quête de financements. La révision de la liste électorale s’achève. Elle compte pour l’instant 9 715 000 électeurs, un peu moins que les 10 millions fixés comme objectif. Plus de 220 000 doublons ont été éliminés.

pov 20 02 18Andry Rajoelina a présenté son projet « Initiative Emergence Madagascar » (IEM) sur des médias privés, devant 500 invités, signant son retour définitif au pays après quatre années d’absence. « Les Malgaches attendent des solutions dans l’immédiat », a-t-il martelé, en réplique au pouvoir qui vient de présenter son « Vina Fisandratana 2030 ». L’ancien président de la Transition a demandé pardon pour avoir largement contribué à faire élire Hery Rajaonarimampianina dont le bilan est jugé « catastrophique ». « L’IEM reste ouverte à toute personne qui cherche réellement à contribuer au développement du pays », a-t-il répondu à une question portant sur les rumeurs d’alliance entre lui et Marc Ravalomanana. Andry Rajoelina veut présenter son programme de développement aux Etats-Unis, à Dubaï, en Asie et en Amérique latine, après avoir obtenu le concours de certaines personnalités françaises.

Recherché depuis quatre ans, un chef dahalo a été abattu dans une zone reculée du district de Befotaka. Sévissant depuis plusieurs décennies, il serait responsable du meurtre d’une dizaine de gendarmes. Le district de Befotaka Atsimo a connu aves soulagement la reddition d’un autre chef dahalo. Recherchés depuis plusieurs années, trois dahalo redoutés sont tombés sous les balles de la gendarmerie à Andilamena. Ces individus multirécidivistes avaient bénéficié à chaque comparution d’une mise en liberté provisoire.

Un homme est mort sous les coups d'une foule en colère sur le campus de Fianarantsoa. Les étudiants l’avaient soupçonné d'avoir commis un vol. Des dizaines de personnes ont assisté à sa lapidation sans réagir, provoquant l’indignation de Mireille Rabenoro, présidente de CNIDH. « Il faudrait vulgariser la loi sur l'abolition de la peine de mort pour que les gens comprennent bien qu'aucun tribunal ne peut condamner à mort et encore moins de simples citoyens ».

L’arrestation d’un maire provoque un regain de tension à Mananjary. Des élus s’insurgent contre le placement en garde à vue de l’un des leurs à la suite d’un acte de vindicte populaire commis fin janvier, opération qui s’était soldée par le lynchage à mort d’un suspect. A Sambava, une tentative de viol a dégénéré en vindicte populaire.

Kidnappings - A Toamasina, un opérateur économique très connu été enlevé par cinq hommes cagoulés armés. Ce karana avait déjà été victime d’un kidnapping en 2002. Il a été libéré après 14 jours de détention. Le karana propriétaire de la bijouterie Kalidas, enlevé le 16 janvier, a été libéré après paiement d’une rançon. La communauté française d’origine indienne a dénoncé le harcèlement et la stigmatisation dont elle se dit victime. Pour le premier ministre, ces affaires relèvent d’une déstabilisation organisée par l’opposition ou par des individus au sein même du pouvoir. Le ministre de la défense a déploré que les familles rejettent toujours toute collaboration avec les forces de l’ordre. Le ministre des affaires étrangères a reproché à demi-mot aux familles de se prévaloir de leur nationalité française pour faire pression sur les autorités. L’ancien garde du corps de Marc Ravalomanana, le germano-gabonais Jean-Marc Koumba, a été engagé pour la sécurité de la famille du célèbre opérateur économique Andriantsitohaina dont le fils avait été victime d’un enlèvement durant les fêtes de Noël. La presse se dit préoccupée par le développement des pratiques de kidnapping par les bandes de dahalo dans plusieurs régions.

La HCC en quête de crédibilité. Le chef de l’institution, Jean Éric Rakotoarisoa, a fait valoir le rôle irremplaçable de celle-ci pour le respect de l’Etat de droit et la bonne gouvernance. Il réaffirme sa volonté de préserver la totale indépendance de la haute juridiction en cette année électorale qui pourrait voir surgir de nouveaux contentieux.

« Surpopulation à la prison de Tsiafahy : prévenus et condamnés vivent ‘en enfer’ », a écrit Amnesty International dans une déclaration publique. « Les conditions à la prison de Tsiafahy sont totalement inacceptables et constituent des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, absolument prohibés par le droit international »,écrit notamment l’ONG qui reprend largement le sujet dans son rapport mondial 2017/2018. Revenant sur les graves atteintes aux droits humains répertoriées au cours de l’année, le rapport mondial 2017/2018 d’Amnesty est « accablant » pour Madagascar, selon le quotidien Les Nouvelles.

Le 4e appel à candidature des magistrats pour intégrer le 1er Pôle anti-corruption (PAC) est arrivé à son terme. Lancé en mars 2017, les autorités rencontrent d’importantes difficultés à trouver des candidats disposant des qualifications et références requises. La création des PAC constitue l’une des conditionnalités imposées par le FMI.

Niveau de l’Etat de droit - Le rapport 2017-2018 du World Justice Project (classe Madagascar en 98e position sur 113 pays analysés, et en 14e sur 18 au niveau du continent africain. Un classement en régression de 8 places.

Affaire Ametis - Le SSM a saisi le Bianco qui confirme l’ouverture d’une enquête. Le syndicat soupçonne de favoritisme la société qui a reçu l'autorisation de collecter les droits de visa aux frontières de Madagascar. Il estime que percevoir impôts et taxes relève de la fonction régalienne de l'Etat. Le SSM évoque également une illégalité constitutionnelle dans l'autorisation accordée. Il suspecte un transit de l'argent par une caisse privée avant de parvenir à l’administration fiscale.

pov 16 02 18L’autorité de régulation des marchés publics (ARMP) révèle l’existence de dépenses exorbitantes engagées en 2016 par des ministères dans le cadre de marchés publics. Le site de l’ARMP sur lequel figure tous les documents et rapports qui provoqué le scandale a été fermé le temps de rectifier ce qui est présenté comme « des erreurs de saisie ». Le mouvement Rohy et les OSC regroupées au sein de l’Observatoire indépendant des marchés publics réclament l’ouverture d’une enquête indépendante et exigent des sanctions contre les responsables de ces supposées erreurs.

Vingt-cinq fonctionnaires ont été renvoyés en janvier pour falsification de diplômes. En 2017, des centaines d’agents ont été sanctionnés, notamment parmi les maîtres Fram récemment recrutés. Trente candidats au concours de recrutement de paramédicaux ont été récemment éliminés pour avoir présenté des diplômes falsifiés. Le ministère de l’enseignement supérieur a mis en garde contre les risques encourus par les personnes qui proposent la vente de diplômes du baccalauréat sur les réseaux sociaux.

Tests de présélection au concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes (ENMG) : des suspicions de corruption et de trafic d’influence ont été signalées à la CNEDH, laquelle a réagi promptement. Une perquisition décidée par le Bianco n’a pas pu se tenir. Le SMM a réclamé l’annulation du concours. Le ministère de la justice a finalement décidé d’annuler les épreuves et d’en organiser de nouvelles.

Déclaration de patrimoine : sept hauts responsables administratifs enquêtés par le Bianco. Après leur audition les procès-verbaux ont été transmis à la Chaîne pénale. L’Express s’étonne que seules sept poursuites aient été engagées, alors que l’on compte quelques 3 000 récalcitrants pour 13 000 assujettis. Le DG de la chaîne pénale explique que l’insuffisance de moyens financiers ne permet pas d’ouvrir un plus grand nombre de procédures.

Indice de perception de la corruption (IPC) - Madagascar perd dix places, relégué au 155e rang sur 188. « L’insuffisance de volonté politique de la part des responsables entrave la lutte contre la corruption. Cette situation a un impact direct sur les résultats », déplore le DG du Bianco.

La consommation de tabac au secours des finances publiques. L’Etat détient plus 30 % du capital des filiales malgaches d’Imperial Tobacco. 19 milliards Ar de dividendes vont être versés au titre de 2017. Les résultats sont jugés excellents, l’environnement favorable. En 2017, les taxes versées se chiffrent à 300 milliards Ar. Madagascar est le 3e marché en volume de la région océan Indien et Afrique, sur 21. La société emploie 5 000 salariés. Des investissements agricoles et industriels sont programmés.

Les ministères de la santé et de l'éducation nationale ont annoncé que l'éducation sexuelle allait être au programme pour les lycéens. 32 % des jeunes filles tombent enceintes avant leur majorité d'après le ministère de la santé. Parmi les dix femmes qui meurent chaque jour pendant l'accouchement, trois sont des adolescentes. L’IVG est interdite, tout comme la prescription de pilule contraceptive aux adolescentes. L’Eglise catholique a demandé au ministère de l’éducation de réviser le programme de santé reproductive qui doit être intégré dans les cours dispensés. « Les débats devraient être ouverts sur ce sujet pour pouvoir éduquer les jeunes comme il le faut », lance le président de la commission épiscopale de la santé. Le tout premier Plan stratégique national en santé de la reproduction des jeunes de 10 à 24 ans a été présenté. Ce document ambitieux, élaboré par le gouvernement et la société civile, devrait servir de référence aux acteurs du secteur. Le Plan se fixe notamment comme objectif de réduire de 50 % le taux de grossesse précoce dans la Grande Île d’ici 2020 et de contribuer à modérer la croissance démographique.

Le taux de mortalité maternelle est passé de 478 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes en 2014, à environ 400 cette année. Un léger mieux est constaté, en dépit d’une situation encore préoccupante.

La prochaine épidémie de peste « risque d'affecter davantage Madagascar et même de déborder dans les pays voisins et au-delà », alerte le directeur général de l'OMS. Une crainte partagée par les autorités malgaches rencontrées. La Gazette s’étonne des « louanges adressées par l’OMS aux autorités malgaches » qui auraient fait preuve d’une grande efficacité dans la maîtrise de la situation, un sentiment loin d’avoir été partagé par la population.

L’authenticité de la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrant la détresse de 70 travailleuses malgaches au Koweït a été confirmée par l’OIM. Sept d’entre elles ont pu être rapatriées à l’initiative de la ministre de la population, de la protection sociale et de la promotion de la femme. Les autorités ont organisé en septembre à Andapa un atelier de sensibilisation des jeunes femmes qui seraient tentées par l’expatriation. La vidéo de restitution a reçu un large écho sur les réseaux sociaux.

Le ministre des télécoms a annoncé un contrôle renforcé du secteur des TIC afin, dit-il, de l’assainir pour éviter de mettre en danger la sécurité des populations et de la nation.

Le projet de loi relatif au régime général des élections impose aux stations audiovisuelles privées de donner un temps d’antenne égal aux candidats. Une obligation qui ne pesait jusqu’ici que sur les médias publics. Mais l’Autorité de Régulation de la communication médiatisée (ARNCM) en charge du contrôle n’existe pas encore et sa mise en place prendre probablement du temps. Tribune s’inquiète de l’impossibilité pour les médias sanctionnés de contester efficacement les décisions de suspension de programmes et les sanctions pécuniaires qui seraient prononcées à leur encontre.

Crise à l’université de Mahajanga - Le préfet interdit toute publication non officielle évoquant la situation sur le campus. L’initiative a été vivement critiquée par les médias, qui condamnent une grave atteinte à la liberté d’expression.

Médias publics : Midi dénonce leur verrouillage par le pouvoir. Les stations RNM et TVM seraient totalement passées sous contrôle de la communication officielle du parti présidentiel HVM. Une place prépondérante y est accordée aux inaugurations et aux visites officielles des autorités sur le terrain dans le cadre d’une pré-campagne qu’elles sont les seules à pouvoir mener librement.

Douze activistes et défenseurs de l’environnement ont reçu le « Prix du courage citoyen ». Parmi eux, trois membres du réseau Lampogno de Maroantsetra, Clovis Razafimalala, Armand Marozafy et Savory Augustin. Autre militant récompensé : Raleva membre de Justice et Paix, qui, comme Clovis Razafimalala, avait été défendu par Amnesty International. Attoumany Alily, l’un des 12 activistes récompensés, est décédé en 2016 dans des circonstances non élucidées. La création de ce prix, soutenue par la Friedrich-Ebert Stiftung (FES) allemande, est née de la collaboration entre la diaspora malgache de La Réunion et des organisations de la société civile.

37 rondins de bois de rose ont été saisis à Antsirabe au cours de leur acheminement sur Ambositra pour une transformation par des artisans. Selon les observateurs, on peut supposer que les coupes se poursuivent dans certaines régions malgré de maintien de l’interdiction.

Hippocampes, pierres précieuses, ressources forestières et produits halieutiques ont été interceptés à plusieurs reprises sur la RN4 à Maevatanàna. Des trafiquants nationaux et étrangers, dont des Chinois, ont été arrêtés et incarcérés. Un cercueil rempli de 245 tortues saisi par la police à Alakamisy Fianarantsoa à bord d’un taxi-brousse.

La moitié des investisseurs utilisant des terrains de l’Etat n’ont pas de permis environnemental, selon une étude récente de l’Observatoire foncier. Dans 32 % des cas il s’agit d’activités minières. Les investisseurs sont principalement européens et asiatiques.Tribune s’inquiète de cette situation, alors que le pouvoir entend favoriser l’attribution de terrains aux étrangers dans le cadre de la création de ZES (Zones économiques spéciales).

Le directeur général de l’OMNIS annonce que sur les 100 blocs pétroliers de Madagascar en zone marine, 40 feront bientôt l’objet d’appels d’offres. Les compagnies à la recherche de pétrole à Madagascar sont encore nombreuses, malgré le niveau des cours mondiaux. Sur les 200 blocs pétroliers existants, seuls 20 font l’objet de recherche et d’exploration. 15 compagnies travaillent actuellement avec l’Omnis pour trois contrats concernant des zones marines et douze des zones terrestres. Le dossier présenté par la majore britannique BP a été approuvé. La phase d’exploration pourra être lancée sur des blocs offshores du Nord-Ouest. Le ministre des mines et du pétrole affirme que l’Etat s’efforce de mettre en place un cadre réglementaire permettant de générer des ressources au bénéfice du pays, de la population et des régions concernées.

Le secrétaire exécutif de l’EITI-Madagascar indique qu’à compter du 1er janvier 2020 la Grande île devra publier l’identité des véritables propriétaires des entreprises minières et pétrolières. Une exigence qui relève de l’adoption en 2016 d’une nouvelle norme EITI qui a pour objectif de lutter contre la corruption, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent. Toute personne politiquement exposée effectuant des activités extractives sera également tenue de faire une déclaration.

Le Collectif Tany a adressé une lettre ouverte à l’ambassadeur de Corée du Sud pour le mettre en garde contre une relance du projet Daewoo. Tany note que la présidence malgache a annoncé en début d’année le « renforcement du partenariat entre la Corée du Sud et Madagascar » dans de nombreux domaines. L’ONG demande que soient précisées les contreparties accordées. Les médias rappellent que la chute du régime Ravalomanana avait notamment pour origine le mécontentement provoqué par des accords léonins conclus en catimini avec cette firme coréenne en 2008.

Pêche thonière côtière : un premier plan d’action régional pour les sept pays du Sud-Ouest de l’océan Indien a été conclus dans le cadre du programme « Smart Fish » de la COI. Il devrait permettre d’amplifier la part du secteur de la pêche artisanale dans les économies nationales et régionales.

263 000 personnes du Grand Sud vont pouvoir bénéficier d’un appui nutritionnel du gouvernement américain confié au Catholic Relief Services. Le coût de cette opération : 4,3 millions de dollars. Les Etats-Unis affirment être le premier donateur d’aide alimentaire pour la Grande île, avec des financements d’une valeur de 39 millions de dollars depuis 2015. Le projet Rano Wash, financé par l’USAID, d’un montant de 30 millions de dollars sur 5 ans, devrait bénéficier à 600.000 habitants de l’Est et des Hautes Terres. Objectif : l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. A l’heure actuelle, près de la moitié des ménages ruraux ne disposent pas d’une toilette ou n’ont pas accès à l’eau potable.

La Turquie entend renforcer sa présence et quintupler ses échanges commerciaux avec Madagascar, avec l’objectif de dépasser les 300 millions de dollars. Le président du Sénat, Rivo Rakotovao, déclare : « Madagascar veut s’ouvrir à tous les pays car on veut aller de l’avant. Il n’y a pas de honte à chercher des profits dans une coopération bilatérale ».

Depuis 2014 plus d’un millier de travailleurs ont perdu leur emploi à Antananarivo suite à l’implantation de robots dans les entreprises franches du textile, affirment les syndicats chrétiens qui demandent que ces évolutions techniques s’accompagnent de plans de reclassement. Le chômage technique frapperait un nombre croissant de travailleurs de zones franches. Le ministère reconnaît l’existences de failles dans le code du travail.

L’inspection du travail constate un nombre croissant de dépôts de plaintes de la part de salariés, notamment des employés d’entreprises de zones franches. Pour les syndicats cette situation est le signe d’une détérioration des conditions de travail. L’inspection du travail voit plutôt dans cette progression l’effet de l’efficacité de ses interventions. Fait nouveau : des employeurs déposent des plaintes à l’encontre de leurs salariés.

En 2017, quinze sociétés ont reçu leur agrément « Entreprise franche », annonce l’Economic development board of Madagascar.  Montant total de leurs investissements : 2,3 millions de dollars. 18 projets sont en cours d’étude, pour un montant de 19,6 millions de dollars et la création de 8 500 emplois. L’institution voit l’avenir sous un jour très favorable.

« Autosuffisance en riz en 2020 : arrêtez de délirer ! », titre La Gazette. Le ministre de l’agriculture et de l’élevage promet que « Madagascar atteindra l’autosuffisance en riz en 2020 ». Pour le quotidien, « cela fait des décennies qu’on entend ce leitmotiv ». Pour atteindre cet objectif, il faudrait doubler la productivité à l’hectare, améliorer les systèmes d’irrigation, faciliter les conditions de stockage et favoriser la collecte du riz à partir des zones enclavées. Autant de défis qui ne peuvent être relevés en l’espace de trois ans, estime le quotidien.

La population toujours plus frappée par l’inflation. « La hausse des prix des produits de première nécessité pourrait presque être un non-événement tant elle est régulière et récurrente depuis septembre mais la situation est devenue extrêmement délicate pour une majorité de Malgaches, obligés de modifier leurs habitudes alimentaires et leur rythme de vie », constate RFI. Et selon le site les perspectives 2018 ne seraient guère encourageantes

A Antananarivo, un millier de constructions illicites devraient être démolies avant la saison des pluies 2019 pour prévenir les inondations dans les bas quartiers. Le projet, d’un coût de 60 millions de dollars ; concerne 700 000 personnes. Il est financé par la Banque mondiale mais l’Etat aurait à prendre à sa charge l’indemnisation des propriétaires.

Investissements stratégiques : une Zone économique exclusive (ZES) en projet à Andrakaka, dans l’extrême Nord. La mise en place d’un « hub infrastructurel » sur la presqu’île d’Andrakaka a été évoquée dès 2014. Ce plateau est un lieu stratégique situé sur « la nouvelle route de la soie ». Cette ZES ferait des régions Diana et Sava le centre névralgique de l’économie du pays, selon ses promoteurs. Des investisseurs réunionnais et mauriciens se sont déjà rendus sur place et d’autres sont annoncés en provenance de Malaisie et de Dubaï.

Une délégation malgache s’est rend en Ethiopie pour examiner la politique industrielle du pays et en tirer des enseignements. La délégation était composée de membres du secteur privé, des syndicats patronaux, de l’administration, du Parlement et de représentants des partenaires techniques financiers.

Après la Banque marocaine pour le commerce extérieure (BMCE), devenue actionnaire majoritaire du groupe BOA, un second groupe marocain, la BCP, a annoncé la signature d'un accord portant sur l’acquisition auprès du groupe français BPCE de la Banque des Mascareignes, établissement basé à Maurice, et de sa filiale à Madagascar. Cette acquisition est réalisée en partenariat avec le groupe Sipromad d’Ylias Akbaraly, franco-malgache d’origine indienne, l’une des premières fortunes de la Grande île.

En 2017, Madagascar a inscrit 10 nouveaux sites Ramsar. Au total, la Grande île compte 20 sites inscrits sur la liste des zones humides d’importance internationale (sites Ramsar), avec une superficie combinée de plus de deux millions d’hectares.

Vulnérabilité aux changements climatiques : Madagascar occupe la huitième place mondiale. Toutes les régions de l’île en sont victimes, ce qui altère considérablement le quotidien des populations. Estimés à 100 millions de dollars par an, les dégâts causés par les changements climatiques constituent une entrave au développement du pays. Un Programme stratégique pour la résilience climatique, conclu avec la BAD, sera doté d’une enveloppe de 1,5 million de dollars.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Affaire Houcine Arfa
  • Préparation de la présidentielle de décembre 2018

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, condition carcérale, gouvernance
  • Santé
  • Education, université
  • Migrations, traite
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois précieux, exploitations minières, trafics de ressources, foncier
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Situation économique
  • Divers

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30 novembre 2020

REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2020

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, vindicte populaire
  • Justice
  • Condition carcérale
  • Gouvernance
  • Droits des femmes, violences basées sur le genre
  • université, éducation, droits des enfants
  • Santé
  • Expatriation, migrations
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, foncier
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par le dessinateur de presse Pov

 

MONTAGE

31 octobre 2020

REVUE DE PRESSE - OCTOBRE 2020

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, vindicte populaire
  • Justice
  • Condition carcérale
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Rejet de l'homosexualité
  • Education, droits des enfants
  • Santé
  • Expatriation, migrations clandestines
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par le dessinateur de presse Pov

PLANCHE

 

30 juin 2019

REVUE DE PRESSE - JUIN 2019

SYNTHESE JUIN 2019

« Les Malgaches sont désemparés face aux différents problèmes auxquels ils sont quotidiennement confrontés. La situation ne cesse d’empirer », déplorent les quatre chefs d’Eglise du FFKM. Le Conseil tire également la sonnette d’alarme sur la recrudescence de l’insécurité et sur la corruption qui continuent de sévir. « Madagascar vient d’avoir des nouveaux dirigeants, certes, mais, cela n’impacte pas encore positivement sur la vie de la majorité des Malgaches. », observe-t-il.

Les membres de la diaspora ont saisi l’occasion d'une rencontre en France avec Andry Rajoelina pour émettre le souhait de faire valoir leur droit de vote pour les élections, notamment présidentielles. Le chef de l’Etat a annoncé que ce droit devrait pouvoir leur être accordé durant les 5 ans de son mandat et qu’il envisage qu’un siège soit réservé à la diaspora aux législatives de 2024.

« Le Sénat est victime d’exaction politique », affirme son président, Rivo Rakotovao. La Haute assemblée fonctionne avec un budget réduit au minimum depuis le mois de mai. Le projet présidentiel de suppression pure et simple de la Chambre haute pourrait revenir sur le devant de l’actualité avec la mise en place de la nouvelle Assemblée, fin juillet. La question reste posée de savoir si l’ordonnance du 22 mai réduisant dans un premier temps le nombre de sénateurs de 63 à 18 peut entrer en vigueur avant le terme du mandat des sénateurs en fonction, en 2021.

Le SeFaFi regrette que le pouvoir ne s’engage pas dans la mise en œuvre d’une véritable décentralisation. Dans sa forme actuelle, les seules collectivités territoriales à part entière qui ont été installées, avec des membres élus, sont les communes. Le dispositif transitoire mis en place pour la création des régions, en 2004, est resté en vigueur alors qu’il était prévu au départ pour deux ans. Le pouvoir s’engage dans une réforme visant à nommer des gouverneurs de région aux ordres du gouvernement central, déplore l’observatoire de la vie publique.

Le mandat des maires expirant le 22 septembre, les élections municipales pourraient se tenir fin octobre, selon le chronogramme proposé par la CENI. A défaut, l’État devrait procéder à la désignation de présidents de délégation spéciale (PDS) ou au prolongement du mandat des maires et des conseillers municipaux en fonction. La question du financement de ce scrutin reste posée. Les yeux sont déjà braqués sur la conquête de la mairie d’Antananarivo qui pourrait tenir lieu de 3e round électoral et être le théâtre d’un nouveau duel, par candidats interposés, entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana.

La fête nationale endeuillée - Au moins 16 personnes sont décédées et 100 autres blessées à Antananarivo, dans une bousculade survenue à l’entrée du stade de Mahamisana lors de l’accès au concert donné à la suite du défilé militaire. Pour L’Express, « l’incivisme et l’indiscipline générale ont été pour beaucoup dans cette tuerie. L’insoumission, l’insubordination, nées de la crise de 2009 en particulier, font qu’il est difficile voire impossible aux dirigeants d’imposer des règles et des normes. » La CNIDH requiert l’ouverture d’une enquête sur la série de drames qui se sont déroulées au stade de Mahamasina depuis quelques années.

24 24 18 06 19Andry Rajoelina est assuré d'une majorité absolue de députés, selon les résultats publiés par la CENI. Les projections réalisées sur la foi de ces résultats attribuent 84 des 151 sièges à la coalition dirigée par Andry Rajoelina, contre 16 seulement au parti TIM de Marc Ravalomanana. Les 51 autres sièges ont été remportés par des candidats dits « indépendants ». Le président pourra travailler avec un premier ministre issu de ses rangs puisque c’est le groupe majoritaire à l’Assemblée qui propose le nom du chef du gouvernement, ce qui devrait lui garantir une stabilité politique. Néanmoins, les candidats « indépendants », placés face à un dilemme cornélien, pourraient jouer les trouble-fêtes et le taux de participation particulièrement faible (40 %) pourrait porter atteinte à l’autorité du pouvoir en place. « Une sorte de ras le bol en matière politique règne dans le pays », a déclaré Marc Ravalomanana pour expliquer ce très mauvais score, qui est tout particulièrement le fait des jeunes et des femmes.

Après la publication des résultats officieux par la CENI, plus de 680 requêtes ont été déposées à la HCC, qui disposait de 16 jours pour statuer et publier la liste officielle des élus, annoncée pour le 2 juillet. La Cour a indiqué dans son communiqué qu’elle « entend exercer son rôle avec rigueur et en toute impartialité. »

Le KMF/CNOE a dénoncé l’utilisation du « Vary mora » dans le cadre de la campagne électorale. Ses observateurs, qui ont couvert 102 districts, ont mis en relief dans leur rapport que l’opération de distribution de denrées alimentaires bon marché pour les familles nécessiteuses a été exploitée à des fins purement politiques. L’organisation évoque une « utilisation abusive du budget de l’État. » Les contestataires pointent également du doigt les tournées nationales que le chef de l’État a réalisées en parallèle à la campagne électorale.

Sur les 39 organisations (31 nationales et 8 internationales) agréées par la CENI pour l’observation des élections, seules sept d’entre elles ont pu présenter leur rapport dans les délais.

Infractions électorales - La CENI envisage des poursuites judiciaires. Son vice-président a indiqué que le non-respect de la neutralité et de l’impartialité des responsables sont les principaux objets des plaintes reçus. « Étant donné l’ampleur des rapports et des plaintes que nous avons reçus, la CENI a décidé de mener enquête dans les localités où des cas d’infractions sont dénoncées, a-t-il déclaré.

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L’Alliance Voahary Gasy (VG) a réclamé la tête des candidats impliqués dans des affaires de trafics de ressources naturelles. Quatre candidats incarcérés possédaient une chance d’accéder à l’Assemblée nationale. Le maintien de leur candidature avait été validé par la CENI pour défaut de verdict de condamnation. Un candidat a été reconnu coupable au terme de son procès. Dans sa déclaration du 16 avril et au vu de la liste des candidats, le SeFaFi n’avait pas caché ses inquiétudes en affirmant que la future Chambre basse risquait d’être composée de « farfelus, de parvenus, d’opportunistes et de ‘criminels de grande gueule’ qui devraient prendre leur retraite de la scène politique. » Midi titrait le 6 juin : « Des dinosaures tentent de revenir à Tsimbazaza » ajoutant que : « deshommes politiques peu recommandables sont en passe de faire leur grand retour. »

Le dossier sensible des îles Eparses au menu de la rencontre entre Emmanuel Macron et Andry Rajoelina à l’occasion de la visite d’Etat de ce dernier en France. La mise en place d’une commission mixte a été proposée par les deux parties pour aboutir à une solution qui ne passerait pas nécessairement par la restitution de ces îles. Le ministre des affaires étrangères a admis que « Madagascar, aujourd’hui, n’a pas les moyens de sécuriser cette zone. » Pourtant, selon le juriste Raymond Ranjeva qui a mené les plaidoyers malgaches devant les Nations unies, « le volet diplomatie juridique internationale relatif au titre de souveraineté sur ces îles est résolu de manière définitive » et il ne s’agit plus que de « négocier les modalités de retour de ces îles à Madagascar. » Mais la partie n’est pas gagnée. La presse française rappelle que ces îles, qui représentent à peine 50 km2 de surface émergée, permettent à la France de bénéficier de 640.000 km2 d'espace maritime classé « zone économique exclusive » (ZEE).

Rwanda : « Un modèle à suivre » pour Andry Rajoelina. Lors d'une conférence de presse conjointe avec le président rwandais Paul Kagame, invité d’honneur de la fête de l’indépendance, Andry Rajoelina, a annoncé qu'il effectuera prochainement une visite officielle au Rwanda pour s'enquérir « du savoir-faire et du leadership rwandais ». « La trajectoire du Rwanda est un modèle pour Madagascar et l’Afrique toute entière », a déclaré le chef de l’Etat. « Jusqu’où Kagame fera-t-il rêver Andry Rajoelina ?» s’est interrogé Tribune, qui rappelle que l’homme d’Etat est au pouvoir depuis 19 ans.

Le ministre de la défense a annoncé une importante réforme de l’armée destinée à l’engager de manière durable dans la lutte contre l’insécurité. Cette réforme consiste essentiellement en un redéploiement. Cinq nouvelles bases militaires devraient être construites dès cette année dans le cadre des Zones rurales de sécurité prioritaire. L’armée a reçu un avion Casa, trois hélicoptères Ecureuil B2, cinq avions Cessna et une centaine de véhicules tout-terrain, présentés en grande pompe au défilé militaire de la fête de l’indépendance.

Plus des 30 000 armes sont détenues illégalement par des civils, soit 50 % des armes recensées dans le pays. Le programme des Nations unies pour la consolidation de la paix à Madagascar apporte son concours en vue de mettre de l’ordre dans cette gestion. 120 responsables des bureaux de la défense dans les districts, souvent exposés à la corruption, ont signé une charte d’intégrité proposée par le Bianco.

Opération militaire à Isandra - Un mois d’assauts meurtriers. Des morts et des maisons calcinées, tel est le bilan d’une opération mixte menée par les forces armées. Trois villages identifiés comme étant des retranchements de dahalo redoutés ont été placés sous contrôle des militaires, au prix d’une dizaine de morts et d’une trentaine d’arrestations. Les habitants des Zones rurales prioritaires de sécurité s’alarment de la multiplication des exécutions sommaires dont les victimes sont des dahalo présumés. La CNIDH annonce qu’elle effectuera des investigations dans le Menabe en vue de rendre compte de la situation.

« Il faut que les autorités malgaches prennent des mesures décisives pour éliminer la culture bien ancrée de l’impunité qui entoure les homicides, la torture et les autres formes de mauvais traitements perpétrés par les forces de sécurité », a déclaré Amnesty International à l’occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture.

Suite à un conflit domanial entre les villageois et un opérateur dans le district de Sambava, la population a enlevé un chef fokontany. Il a failli être lynché mais les forces de l’ordre sont intervenues à temps. Soupçonnés du meurtre d’une quadragénaire, deux individus ont été lynchés à mort dans le bureau d’une commune du district de Sambava où la foule a pénétré de force. Ils ont été bastonnés et lapidés à mort par la famille de la victime. Le maire a essuyé des coups pour avoir refusé de livrer les meurtriers présumés à la justice populaire.

Kidnappings - Quatre enquêteurs condamnés à deux ans fermes par le Pôle anti-corruption. Les deux gendarmes, dont un officier, et les deux policiers faisaient partie des enquêteurs de la cellule mixte anti-kidnapping. L’affaire remonte à octobre 2018.

« Disparition d’enfants : phénomène de plus en plus inquiétant », s’alarme Midi. Les signalements sur les réseaux sociaux se multiplient. Face aux rumeurs d’enlèvements, la police souligne que les fugueurs constituent la majorité des enfants disparus. Sur les 800 enfants disparus depuis le mois de janvier dans la capitale, 675 seraient des fugueurs, très souvent victimes de maltraitance dans leur foyer.

Des agents pénitentiaires dénoncent des actes de corruption à la maison centrale d’Antanimora. Les mesures prises pour que cessent ces pratiques ont provoqué de vives réactions et des actes de représailles de la part des agents pénitentiaires. Des faits de corruption ont été constatés par le Bianco à la prison de Fianarantsoa en vue d’obtenir la libération de détenus. Le flagrant délit a pu être constaté.

Amnesty International se réjouit de la décision, confirmée en mai 2019 par le gouvernement, d’approuver un nouveau régime alimentaire plus nutritif pour les détenus. Amnesty rappelle les autres recommandations formulées aux pouvoirs publics à l’occasion de sa mission : mise en conformité des conditions de détention avec les normes internationales, lutte contre le surpeuplement des prisons en libérant toutes les personnes placées en détention provisoire sans justification et en développant le recours à des peines autres que l’incarcération.

27 militaires auteurs du meurtre de trois civils dont les corps ont été retrouvés à Ampitatafika dans la rivière Onive ont été écroués. Le bataillon basé à Ambohimahasoa avait soupçonné les victimes d’acte de banditisme et de détention illégale d’armes. Ils ont été détenus durant dix jours avant que soit décidé leur transfert vers la capitale. En cours de route ils auraient été tabassés à mort et jetés dans la rivière. Des proches dénoncent des tentatives d’extorsions de fonds en échange de leur libération. Un quatrième individu aurait disparu, et en recherchant un cinquième suspect une fillette a trouvé la mort lorsque les militaires ont tiré à balles réelles sur des habitations. Selon le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), des personnalités haut placées auraient exercé des pressions pour la libération des 27 militaires.

Le Bianco a ouvert une plateforme de doléances en ligne baptisée « i-Toroka » [dénoncer]. Cette création, qui bénéficie de l’appui de la coopération allemande, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption. La plateforme garantira l’anonymat des lanceurs d’alerte. L’objectif est de renforcer la traque des grandes corruptions.

Le Bureau des doléances de la présidence de la République, créé le 7 février, a reçu plus de 400 plaintes depuis sa création. Plus de 70 % concernent des conflits domaniaux. Les cas de corruption occupent la deuxième place.

Après plusieurs mois de gestation, l’ordonnance portant recouvrement et affectation des avoirs illicites a été prise en conseil des ministres. La confiscation sans jugement est acquise mais avec des restrictions. L’ordonnance se concentrerait plus sur la lutte contre les détournements de deniers publics et la grande corruption dans l’administration publique alors que la version précédente aurait eu comme ambition de concerner autant le secteur public que le secteur privé. L’ordonnance est annoncée comme la dernière prise par Andry Rajoelina dans le cadre de la délégation du pouvoir de légiférer que lui a accordé le Parlement dans l’attente du renouvellement de l’Assemblée. Le Consortium des organisations de la société civile s’était inquiété de l’annonce d’un « allégement » du texte par le premier ministre et avait émis le souhait d’être consulté avant son adoption.

Remplacement du DG du Bianco - La liste des trois finalistes sélectionnés par le comité ad-hoc a été transmise au chef de l’Etat. Ils ont été retenus après un entretien avec chacun des dix meilleurs dossiers (sur 64 déposés) et des enquêtes de moralité.L’Express critique le manque de transparence du processus et espère que l’élu sera bien choisi parmi les trois finalistes proposés.

Un meurtre suivi d’incendie et des violences sexuelles commis par un bataillon en mission d’apaisement dans le district de Tsaratanàna. Cet escadron a déjà été mis en cause pour des viols mais les victimes n’ont pas porté plainte. Un récent bilan du ministère de la défense fait état de 34 militaires incarcérés pour des actes répréhensibles. Le ministre a mis en garde les forces de l’ordre contre tout écart de conduite dans le cadre de leurs missions de sécurisation dans les Zones rurales de sécurité prioritaire.

La secrétaire exécutive du Bureau national de lutte contre la traite des êtres humains a fait savoir que des négociations seront bientôt entamées avec des pays à risque : le Koweït, le Liban et l’Arabie Saoudite.

Conférence internationale du travail à Genève : Andry Rajoelina interpelle sur l’esclavagisme moderne. Six instruments de ratification des conventions et protocole de l’OIT ont été remis par Andry Rajoelina, marquant la volonté de Madagascar de progresser dans l’instauration du travail décent, a-t-il affirmé.

Les efforts de Madagascar dans la lutte contre la traite de personnes jugés insuffisants par les Etats-Unis. Le rapport 2019 sur la traite des personnes au niveau mondial consacre à Madagascar une dizaine de pages qui évoquent les efforts entrepris et formulent plusieurs recommandations. Il pointe du doigt des faits de corruption qui ont fait obstacle à des poursuites.

Madagascar prépare la mise en œuvre de son nouveau plan national de lutte contre la traite des personnes qui prendra la suite de celui qui a été adopté en mars 2015 et qui arrive à échéance. Dans ce cadre, l’Etat encouragera les dénonciations de passeurs.

Traite de personnes vers la Chine : une passeuse et sa fille arrêtées par le service central des enquêtes spécialisées. Leur but étant de marier leurs victimes à des Chinois en leur proposant des offres d’emploi alléchantes.

À Madagascar, 40 000 personnes sont décédées en 2015 des suites d'une maladie liée à la pollution. C'est trois fois plus que les décès dus au VIH, à la tuberculose et au paludisme combinés.

Crainte d’explosion du VIH/Sida. Plusieurs médecins et associations œuvrant dans la lutte contre la maladie tirent la sonnette d’alarme sur la « hausse importante » des porteurs de virus détectés. Alors que la maladie se propage, les financements alloués à la prévention de la maladie sont en baisse.

Les écoles catholiques auront leurs propres diplômes et leur propre système éducatif. L’université catholique de Madagascar et plusieurs instituts supérieurs pourront accueillir les diplômés de ces établissements scolaires et dévirer des diplômes reconnus par les employeurs locaux jusqu’à l’international. Le Programme Sectoriel de l’Education (PSE) est remis en cause sinon refusé par les écoles privées pour de nombreuses raisons. Des établissements privés non confessionnels adoptent également leur propre réforme des programmes scolaires dans le but, font-ils valoir, d’être plus proches du marché du travail.

Madagascar est le troisième pays qui enregistre la prévalence la plus élevée de mariages d’enfants chez les garçons, avec un taux estimé à 13 %.

Avec 303 signalements reçus par le Réseau de protection de l’enfant en 2018, Nosy Be est particulièrement concernée par la problématique de la violence envers des enfants. Les trois quarts des signalements concernent des filles. La violence et l’exploitation sexuelle ainsi que les mariages précoces figurent parmi les maltraitances prédominantes. De nombreux cas sont tus en raison notamment de la tolérance de la société concernant l’exploitation des enfants, l’envie de maintenir la cohésion sociale à travers des arrangements à l’amiable et la lourdeur des procédures de justice. Les cas d’inceste progressent.

A Manakara le ministère de l'eau a procédé durant deux jours à une campagne de sensibilisation pour ne plus stigmatiser ou marginaliser les filles qui ont leur menstruation. Certaines d'entre ne vont pas à l'école et renoncent à travailler durant leurs règles.

« Violence basée sur le genre : le problème prend des proportions alarmantes », titre Newsmada. D’après le Centre social Arrupe, tenu par les Jésuites, « 26 % des femmes subissent des violences physiques, 24 % des violences psychologiques et affectives, 11 % des violences sexuelles et 39 % sont abandonnées par leur conjoint. » Le Centre lance un projet de 3 ans qui se déploiera dans plusieurs diocèses.

La commentatrice de la cérémonie de célébration de la fête de l’indépendance sur TVM sanctionnée pour des propos racistes à l’égard des invités rwandais. Le ministère de la communication a pris immédiatement « toutes les mesures nécessaires, notamment des sanctions disciplinaires à l’encontre de l’auteure des propos à caractère raciste », lit-on dans son communiqué.

Des consultations en faveur de la réforme du code de la communication médiatisée ont été lancées à l’initiative du ministère de la communication. Il s’agit d’un élément du contrat-programme de la ministre qui consiste à présenter au Parlement une nouvelle loi élaborée de manière participative et consensuelle par les parties prenantes. L’initiative est soutenue par les partenaires internationaux.

Dans le cadre de la visite officielle d’Andry Rajoelina en France, un accord a été conclu pour la restitution à Madagascar des archives concernant les travaux de recherche effectués depuis 1936 sur les ressources minières de la Grande île. Un fond considérable qui sera stockés au « Mining Business Center » d’Ivato.

Les neuf défenseurs des droits des populations locales arrêtés le 3 mai sur deux sites de « Base Toliara » ont été relaxés au bénéfice du doute sur les chefs d'accusation de destruction d'objets mobiliers et d'incendie volontaire. Ils sont condamnés à 6 mois de prison avec sursis pour attroupement non armé sans autorisation. La partie civile est déboutée de sa demande de dommages et intérêts. Les organisations de la société civile se félicitent de ce jugement mais comptent faire appel pour la condamnation relative à l’organisation d’un attroupement non-autorisé. Le Collectif Tany et le Craad-OI exhortent les autorités à satisfaire les demandes d’arrêt du projet d’extraction d’ilménite. Le DG de « Base Toliara » affirme que la date de démarrage de l’exploitation est toujours prévue pour 2021. 3 900 recrutements sont prévus, des opérations de sélections ont débuté. L’Express, Midi et La Gazette ont publié des articles très critiques vis à vis des ONG qui ont apporté leur soutien aux prévenus. La Chambre des mines a déploré « l'instrumentalisation d'une partie des communautés hôtes » des projets miniers, ajoutant que « les compagnies ont l'obligation de se conformer aux réglementations en vigueur et aux meilleurs standards internationaux, et les autorités doivent défendre l'application de l’État de droit.» Elle appelle l’État à jouer pleinement son rôle et attend des mesures concrètes pour la sécurisation des investissements à Madagascar.

Top 10 des pays avec des espèces menacées : Madagascar occupe la 3è marche du podium. 1 865 espèces sont menacées d’extinction selon la liste rouge mondiale de l’IUCN. Une situation d’autant plus préoccupante que 80 % de la faune malgache est endémique. Pour y faire face, le premier ministre met en avant sa « politique nationale de reforestation. »

Les migrants originaires du Sud continuent à envahir le parc national d'Ankarafantsika et défrichent la forêt pour pratiquer des cultures. Si aucune mesure n'est prise, la forêt d'Ankarafantsika risque de disparaître d'ici 5 ans. Ces cinq dernières années, 1 650 ha de forêts et de savanes sont partis en fumée. Ces exploitants sont pour la plupart des « réfugiés climatiques. »

Lamine de Rio Tinto/QMM à Tolagnaro viole une zone humide sensible, enfreignant la loi nationale et impliquant que des résidus enrichis en radionucléides puissent entrer dans un lac et un estuaire servant de source d’eau potable aux populations locales, selon deux études qui viennent d’être publiées. La multinationale basée à Londres a reconnu pour la première fois cette violation dans une note du 23 mars, soit plus de cinq ans après son implantation.

Le FMI impose ses exigences au gouvernement. La présentation de la 5e revue du FMI a été précédée d’une mission de l’institution venue remettre ses recommandations. Le FMI invite le gouvernement à accélérer les réformes économiques afin de poursuivre l’octroi de la Facilité Elargie de Crédit (FEC). Pour le FMI, les subventions allouées aux secteurs des carburants et de l’électricité sont des dépenses non prioritaires, au détriment des secteurs sociaux. Autre bémol important : la lutte contre la corruption, indispensable pour améliorer le climat des affaires. « L’adoption du projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites est devenue une priorité urgente », martèle l’institution.

La représentante de la Banque mondiale, Coralie Gevers, quitte Madagascar après cinq années de mandat. Elle se dit optimiste quant au décollage de l’économie mais se dit préoccupée par le retard pris en matière de developement humain et d’actions sociales. Le montant total des engagements pour Madagascar a été de 600 millions de dollars en cinq ans. 550 millions ont été engagés jusqu’ici. Les cinq prochaines années, le montant alloué au pays va doubler, avec 1,2 millions de dollars. Coralie Gevers a observé un développement prometteur de plusieurs plateformes de la société civile.

Armes chimiques et biologiques : Madagascar s’aligne sur les dispositions onusiennes. La résolution adoptée par les Nations unies vise à contenir cette menace en exigeant que les États criminalisent certaines activités et mettent en place une législation nationale et des mesures de mise en œuvre appropriées et efficaces.

Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix - Haro sur la délinquance juvénile. « Il est temps de s’attaquer aux causes profondes de tous les facteurs qui menacent la paix et la sécurité. Il s’agit notamment de faire un focus sur la jeunesse et de prévenir la délinquance juvénile », a annoncé le premier ministre à l’occasion d’une rencontre avec les partenaires consacrée à la seconde phase de mise en œuvre du Fonds de consolidation de la paix, dotée de 11,5 millions de dollars.

La Norvège soutient la lutte contre la corruption. La bonne gouvernance figure parmi les domaines privilégiés de la coopération avec la Norvège, outre l’éducation et la lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre. Le Bianco, le Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI) et la CENI bénéficieront de son aide budgétaire.

La Chine réaffirme ses intentions en matière de coopération bilatérale. Deux accords de coopération économiques ont été signés. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois a réaffirmé « la grande volonté et la ferme détermination de la Chine et des pays africains à renforcer leur solidarité et leur coopération, de s’attaquer au multilatéralisme et d’œuvrer à la construction d’une communauté de destin encore plus solide. » Le ministre Naina Andriantsitohaina a tenu à indiquer que l’initiative « la Ceinture et la Route », correspond au programme de développement du président Andry Rajoelina pour Madagascar.

Pertes liées aux catastrophes : plus de 100 millions de dollars chaque année. 85 % des pertes sont imputables aux cyclones. Les inondations et la sècheresse se partagent les autres causes. Le chiffre est considérable au regard des ressources dont dispose le pays. A titre d’exemple, 10 000 salles de classes ont été détruites de 2014 à 2019, ce qui a privé 92 000 élèves de leur droit à l’enseignement et à l’éducation. 1 100 ouvrages agricoles ont été détruits et ont dû être réhabilités au cours des dix dernières années.

Selon la Banque mondiale, en 15 ans, le nombre de pays « à faibles revenus » est passé de 66 à 34. Madagascar fait partie des 34, principalement en Afrique, dont le revenu national par tête est resté inférieur à 1 000 dollars.

Le PAM a fourni une assistance alimentaire d'urgence à plus de 600 000 personnes dans le Grand Sud, d'octobre 2018 à mai 2019. Une assistance alimentaire d'urgence pour 360 000 personnes sera également débloquée à partir de ce mois.

57 % de la population privée d’eau potable à Antananarivo. La BEI et l’UE financent un vaste chantier d’adduction d’eau depuis la rivière Ikopa. La commune et ses partenaires entendent résoudre le problème pour que l’accès universel à l’or bleu, l’un des objectifs du développement durable (ODD), soit effectif d’ici 2030.

La Jirama a été autorisée à importer directement son fuel afin de pouvoir peser sur le prix de l’électricité. Les pétroliers exigent que les dettes contractées par l’Etat leur soient réglées. Le passif de l’Etat envers l’ensemble des compagnies atteindrait 190 milliards Ar si l’on prend en compte le système de lissage des prix à la pompe décidé par le gouvernement.

Après trois jours de négociations, l’Etat et les pétroliers ont trouvé un consensus pour réguler l’approvisionnement et la tarification des produits pétroliers. Une baisse des tarifs qualifiée d’« historique » par le pouvoir a été décidée. Le montant de ces baisses a toutefois été jugé décevant par l’opinion. Pour L’Express, il s’agit d’« un maigre résultat eu égard à la campagne de communication ayant entouré les pourparlers avec les pétroliers assortis de propos menaçant. » Le titre ajoute que ce forcing constitue « une grave menace pour le monde des affaires et des investissements. (…) C’est un retour en arrière avec l’ingérence de l’État dans les affaires privées. »

Pour accélérer l'accès à l'électricité dans les zones isolées, le gouvernement a décidé de distribuer massivement des kits solaires individuels. Pour 2019, ce projet a pour objectif de distribuer 110 000 kits. Pour la promotion de cette nouvelle technologie, le gouvernement a également décidé de construire 23 infrastructures spécialement dédiées qui sont amenées à devenir un carrefour technologique pour la population rurale.

Madagascar devient le 6e pays africain à bénéficier de la Facilité régionale de soutien aux liquidités, financée à 50 % par le ministère allemand de la coopération. Grâce à ce dispositif, 63 millions d’euros vont pouvoir être débloqués pour soutenir les projets d’énergies renouvelables. Le nouveau pouvoir ambitionne de doubler d’ici 2023 la production d’électricité et d’atteindre un taux d’accès de 50 %, contre 15 % actuellement.

L’avenir d’Air Madagascar reste fragile. « On a encore besoin d’environ 25 millions d’euros pour assurer les objectifs du programme de redressement d’Air Madagascar sur les 40 millions prévus au départ », révèle le président du conseil d’administration, qui reconnait que les partenaires techniques et financiers ont été récalcitrants à l’octroi de ce prêt. La compétitivité de la compagnie reste précaire au regard des menaces que font peser des compagnies intéressées par la desserte de Madagascar. La bataille juridique opposant Air Madagascar et Air France pour le contrat de location-vente des deux Airbus A 340 datant de 2012 se poursuit. Le verdict devrait être connu en septembre.

Filière vanille : du blanchiment d’argent pratiqué par de pseudo-touristes indo-pakistanais, français et chinois venus à Madagascar avec un visa de tourisme et qui deviennent des opérateurs-investisseurs par le biais de leurs concubines. Le Samifin dénonce depuis plusieurs années des cas de blanchiment d’argent dans la filière, pointant notamment du doigt des barons du trafic de bois de rose qui ont injecté leurs fonds dans l’exportation de girofle et de vanille, et ce en se passant de la domiciliation bancaire.

Andry Rajoelina a annoncé la réactivation du projet de réhabilitation du canal des Pangalanes. « Les tergiversions de Hery Rajaonarimampianina font les affaires de son successeur », écrit L’Express. « Nous devons terminer le canal des Pangalanes au cours des cinq prochaines années », a lancé le chef de l’Etat, arguant que cette voie fluviale devrait permettre de drainer plus de touristes dans cette zone. On ignore si le chef de l’Etat entend relancer le projet en sommeil conclus avec le Maroc en 2017 ou trouver d’autres sources de financement.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Les législatives du 27 mai - Dépouillement, contestations, résultats
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Santé, handicap
  • Education, droits des enfants
  • Droits des femmes
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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31 janvier 2019

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2019

Les résultats provisoires du second tour de la présidentielle, publiés par la CENI, ont placé Andry Rajoelina en tête avec 55,6 % des suffrages exprimés contre 44,3% pour Marc Ravalomanana. Andry Rajoelina est en tête dans 82 des 119 districts. Marc Ravalomanana mène dans 37 districts, dont 22 dans la province d’Antananarivo. Dans la plupart des districts où il est en tête, Andry Rajoelina mène avec une avance confortable de plus de 60 % des voix. La cartographie de l’élection montre une forte opposition entre les régions côtières et les Hautes Terres. Andry Rajoelina a remporté l’adhésion des citadins partout à Madagascar à l’exception d’Antsirabe. Le nouveau président a fait jeu égal avec ce dernier dans la capitale. A l’inverse, Marc Ravalomanana a fait le plein de voix sur les Hautes Terres dont il est originaire. Ces élections ont par ailleurs été marquées par un fort taux d’abstention. Celui-ci a augmenté entre les deux tours, passant de 46,7 % à 52 %.

La HCC a recueilli 305 requêtes en contestation des résultats. Le camp Ravalomanana a lui seul en a déposé 214. Les partisans de Marc Ravalomanana ont organisé plusieurs rassemblements au centre-ville de la capitale. Les consignes données aux forces de l’ordre ont été fluctuantes d’un jour à l’autre. Les responsables étatiques ont semblé rencontrer des difficultés à harmoniser leur position par rapport au mouvement. Le premier ministre - considéré comme pro-Rajoelina - et le préfet de police ayant fait montre de plus de fermeté que le ministre de la défense. La 5e journée de manifestation a donné lieu à de sévères affrontements avec les forces de l’ordre. Le gouvernement a déposé une plainte pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat à l’encontre de plusieurs leaders du mouvement. La CNIDH a lancé un appel à l’apaisement.

Dans une déclaration commune sur l’observation du second tour, le KMF/CNOE, la Commission épiscopale Justice et Paix et l’association Liberty 32 ont fustigé le comportement des deux finalistes à qui il est reproché « des campagnes de provocation et de dénigrement mutuel à travers les médias et les réseaux sociaux. » Lors des deux face-à-face sur les médias publics les deux candidats « ne se sont pas comportés dignement conformément à leur statut » et l’ossature de leur programme respectif est demeurée « floue ». Pour des observateurs nationaux, le second tour a révélé « l’absence de culture politique de la Grande île ». Mensonges, diffamations, dénonciations haineuses à l’endroit de l’adversaire ont rythmé les journées précédant le scrutin. Les deux candidats ont même menacé les institutions en cas de résultat « contraire à la vérité ». Pour le SeFaFi, 2018 aura été une année électorale gâchée. « Une référence insurpassable d’incompétence et de corruption, de démagogie et de tricheries ». Pour l’ambassadeur de l’UE, en revanche, la présidentielle a fait honneur à Madagascar : elle a été un succès, malgré quelques défaillances.

Le rapport de la Commission de contrôle du financement de la vie politique est attendu de pied ferme par la société civile. Elle dispose de trois mois pour analyser les comptes de campagne des candidats. Transparency International Initiative Madagascar avait tenté, en vain, d’obtenir des candidats favoris des informations sur l’origine de leurs financements. Les organisations de la société civile ont notamment affiché leurs craintes par rapport aux contreparties accordées pour ces supposés financements extérieurs susceptibles d’altérer la souveraineté nationale. La société civile et le comité paritaire en charge du suivi de la Charte de bonne conduite des candidats déclarent en outre qu’ils vont suivre à la loupe l’exécution des promesses électorales d’Andry Rajoelina que certains considèrent irréalistes.

La HCC a confirmé la victoire d’Andry Rajoelina, confirmant le score énoncé précédemment par la CENI. Les 305 requêtes déposées par les deux candidats ou leurs partisans ont pour la plupart été rejetées, souvent pour manque de preuves. Le calme a immédiatement régné à l’issue de la proclamation officielle des résultats, contrastant avec l’agitation et les menaces qui avaient précédé. Le nouvel élu a pu prendre un bain de foule dans les rues de la capitale sans aucun incident ni manifestation d’hostilité. Marc Ravalomanana a concédé sa défaite et appelé à la « réconciliation » au nom du développement du pays. Le président sortant, Hery Rajaonarimampianina, a félicité Andry Rajoelina.

La cérémonie d’investiture s’est déroulée dans le calme et sans incident, dans une ambiance consensuelle, en présence des trois anciens présidents. Six chef d’Etat étaient présents au stade de Mahamasina, 35 pays représentés. La presse a fait très largement écho à la rencontre entre Andry Rajoelina et Nicolas Sarkozy, placé aux premières loges. L’ancien président français, un des rares chefs d’Etat ayant reçu Andry Rajoelina durant la Transition, s’est rendu à Madagascar avec un groupe de conseillers. Le nouvel élu est apparu à la cérémonie à bord d’une luxueuse Cadillac Escalade dont le prix de base en France est de 101 000 euros (hors blindage). Un véhicule identique à celui du président des Etats-Unis, ont noté les médias et les réseaux sociaux. Dans son premier discours Andry Rajoelina a prôné le changement pour parvenir à un développement rapide, à l’autosuffisance alimentaire et au renforcement de la production industrielle. Il a fait défilé devant la tribune un échantillon des matériels destinés à lutter contre les dahalo. L’utilisation des puces électroniques sur les bovidés sera l’une des mesures phare qu’il mettra en œuvre. Il a également évoqué la mise en place de gouverneurs dans chaque région. Une décision qui pourrait nécessiter la révision de la Constitution. Il a également été évoquée la suppression du Sénat, dans un souci d’économie. Dans un premier temps, le nouveau chef de l’Etat espère pouvoir obtenir de la HCC la possibilité de remplacer les sénateurs désignés par son prédécesseur (1/3 de l’effectif).

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A la demande du président de la HCC, la cérémonie d’investiture s’est déroulée sans culte, ni prière, ni serment sur la bible. Jean-Eric Rakotoarisoa a expliqué dans les médias que la cérémonie se devait de revêtir un caractère républicain respectueux du principe de laïcité de l’Etat. Un annonce largement commentée et parfois critiquée.

51 conseillers et chargés de mission, membres du cabinet de Hery Rajaonarimampianina ont été limogés. L’Express a évoqué un « cyclone libérateur ».

Christian Ntsay a été reconduit dans ses fonctions de premier ministre. Une décision qui était attendue puisque sa nomination à la primature en juin 2018 avait déjà été le choix d’Andry Rajoelina.

Andry Rajoelina a présenté un gouvernement resserré. La nouvelle équipe est composée de cinq femmes et de dix-sept hommes, des techniciens et des personnalités qui ont soutenu Andry Rajoelina durant la campagne électorale sans oublier ses fidèles du Mapar. Les partis d’opposition ont été complètement exclus. L’engagement d’une parité homme/femme n’a pas été tenu et pour La Gazette l’équilibre ethnique n’a pas été respecté. Il y a trop de ministres originaires des Hautes terres et pas suffisamment issus des zones côtières. « Le chef de l’Etat a su puiser dans un vivier de compétences sans forcément céder aux appels de ceux qui demandaient à être récompensés pour leur soutien. C’est une bonne surprise », a déclaré au Monde un politologue malgache.

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Les ministres ont été appelés à signer un code de bonne conduite. L’engagement souscrit porte sur les valeurs « d’intégrité, de loyauté, l’impartialité, de solidarité, de confidentialité, de respect de la hiérarchie, de redevabilité et de respectabilité », selon le communiqué de presse du gouvernement. Une matérialisation de « l’exemplarité » exigée par Andry Rajoelina et reprise à son compte par le premier ministre. Andry Rajoelina a exigé de l’équipe des « résultats rapides ». « D'ici six mois, une évaluation sera effectuée. Et dans un an, nous constaterons qui aura réussi à relever les défis et qui aura échoué », a-t-il assuré. Le président entend rester fidèle à sa réputation d’homme pressé - d’où son surnom de TGV – en lançant sans délais son ambitieux programme « Velirano ».

Une session extraordinaire du Parlement a été convoquée à quelques jours du terme de l’actuelle législature. Députés et sénateurs devront se prononcer sur un projet de loi déléguant le pouvoir de légiférer au président de la République durant la période de vacance du pouvoir législatif, le scrutin législatif ne pouvant se tenir au mieux avant le mois de mai. L’autorisation donnée au chef de l’Etat de légiférer par ordonnance devra être acquise à la majorité absolue de chacune des assemblées. Des observateurs expriment des réticences et Midi redoute que cette décision ne soit pas du goût des bailleurs de fonds traditionnels tels que l’UE ou la Banque mondiale. Une concentration de pouvoirs que Ndranto Razakamanarina, l'un des leaders de la société civile, juge « légale, mais inquiétante ».

Parmi les premières décisions annoncées par l’exécutif, la reconstruction du Palais de la Reine, incendié le 6 novembre 1995. « Les travaux seront terminés l’année prochaine, lors de la célébration des 60 ans de l’indépendance », a lancé Andry Rajoelina, qui avait précédemment annoncé la réhabilitation du palais présidentiel d’Iavoloha. L’annonce a été faite lors du culte œcuménique de bénédiction divine pour les gros chantiers à entamer dans le cadre du redressement de Madagascar qui s’est tenu au temple du Rova, dans l’enceinte du Palais de la Reine. Le coût des travaux restants est d’un montant comparable au budget alloué au ministère dans le budget 2019.

L’élection d’un nouveau président offre l’opportunité de procéder à des changements positifs dans la conduite du pays. Dans un important communiqué, le SeFaFi indique quelques-unes des conditions préalables à un changement réel et durable.

Dans un communiqué Amnesty International a demandé au nouveau président de « s’attaquer aux violations des droits humains commises de longue date. ». L’ONG cite notamment le recours excessif à la détention provisoire et les détentions arbitraires de défenseurs des droits humains. Elle demande également que soit dépénalisé l’avortement. Le gouvernement s’est engagé en 2017 à en faire une infraction mineure qui ne serait plus passible de peines d’emprisonnement.

En 2018 la gendarmerie a enregistré 2 221 attaques de dahalo. Plus de 7 000 zébus ont été volés. 786 dahalo ont été tués, 1 711 ont été capturés. 64 gendarmes sont morts en service. 31 kidnappings ont été enregistrés. 400 civils dont 136 malfaiteurs ont été tués dans des centaines d’attaques à main armée parfois doublées d’incendie. 420 personnes ont été blessées dans ces attaques, certaines ont subi de mauvais traitements. 38 personnes ont été tuées dans des vindictes populaires, 58 personnes ont été placées en détention préventive pour participation à ces actions.

Une centaine de bandits munis d’armes de guerre ont lancé de nuit un assaut sur la ville d’Ambatofinandrahana. Quatre dahalo ont été tués dans une importante opération militaire dans la région Amoron’i Mania. La bande aux prises avec les forces de l’ordre avait écumé la région et s’était emparée de 600 zébus. A Betroka, un affrontement entre un groupe de dix braqueurs armés de kalachnikovs et des gendarmes a fait huit morts parmi les assaillants. Pour Tribune, ces attaques à main armée à Betroka témoignent de l’ampleur qu’a prise l’insécurité dans la région Anosy et dans d’autres « zones rouges ». Pour tenter d’y mettre un terme, la gendarmerie nationale mène dans ces secteurs une opération dénommée « Mandio ».

Vindictes populaires - A Antsirabe, l’arrestation d’un présumé tueur en série a débouché sur le pillage et l’incendie de la villa de ses parents.Trois heures d’affrontements ont conduit à plusieurs arrestations. Les troubles se sont poursuivis les jours suivants. A Mandritsara, une soixantaine de villageois ont tenté d’attaquer l’hôpital du district pour y arracher un individu qui avait torturé à mort son épouse et qui avait ensuite tenté de se suicider.

Le Collectif des Français d'origine indienne a dénoncé le kidnapping à Antsiranana du consul honoraire d’Australie. Il a été libéré après quatre jours de détention. La gendarmerie affirme avoir réussi à contrecarrer le versement d’une rançon. Une vingtaine de dahalo armés ont enlevé le chef d’un Centre de santé de base dudistrict de Tsaratanàna. Le syndicat des paramédicaux a décrété une grève d'avertissement pour interpeller les autorités sur les actes de violence dont sont victimes les personnels de santé. L’ensemble du personnel de santé de cette localité a pris la décision de quitter le village. L’hélicoptère de l’armée de l’air appelé en renfort pour participer aux recherches s’est écrasé.

7 magistrats et 3 greffiers sont passés en conseil de discipline et ont été sanctionnés pour manquement à l’éthique et à la déontologie. Le dossier de 23 agents pénitenciers est encore à l’étude. Le concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes sera réformé pour réduire les risques de corruption. La ministre sortante a déclaré prioritaires la lutte contre la corruption et le rétablissement de l’Etat de droit. La sortie d’un « guide carcéral » est annoncée. Des dispositions seront arrêtées pour limiter la proportion de prévenus incarcérés.

Le Conseil du fampihavanana Malagasy (CFM) aura à se prononcer en 2019 sur 36 demandes d’amnistie relatives aux événements politiques survenus de 2002 à la fin de la Transition. Un ancien premier ministre et de nombreux officiers seraient du nombre. Par ailleurs, 1 300 demandes d’indemnisation et de réparation ont été déposées par des victimes des événements politiques de 2009 mais aucun budget n’est disponible actuellement pour les satisfaire.

Le « Dina » Besaboha mis en place il y a un an dans cinq districts de la région Sofia est source d’abus. Non homologué par le ministère de la justice, il a pour but de lutter contre l’insécurité et les actes criminels. Le commandant de gendarmerie de la région accuse certains membres du « Dina » d’exactions à l’encontre des villageois. De nombreuses plaintes ont été déposées. L’application de ce « Dina » a été à l’origine de vindictes populaires.

La dépense journalière par détenu est de 1 600 Ar. Le régime alimentaire se compose en général de manioc sec procurant 2 kcal par jour. S’ajoute à cela la dotation journalière de 750 g de bois pour la cuisson et de 20 l d’eau ; 350 g de savon sont accordés par semaine. Le budget annuel est ainsi de 11,5 millions Ar pour l’ensemble des 21 000 détenus. Si l’on se réfère aux normes internationales, cette somme devrait être au moins quadruplées. L’objectif du ministère est de faire entrer les établissements pénitentiaires dans un système productif permettant d’alléger la charge de l’Etat et de faciliter la réinsertion sociale des détenus.

Audition de Falimampionona Rasolonjatovo, candidat au 1er tour de la présidentielle, au siège du Pôle anti-corruption. Quatre autres individus sont recherchés dans cette affaire d’escroquerie. Le candidat est soupçonné d’avoir usé de manœuvres frauduleuses et de tromperie pour trouver un financement à sa campagne électorale.

Routes de la drogue : la Grande île serait située sur l’un des itinéraires des narcotrafiquants. Les abords de Nosy-Be constituent une zone rouge de transit de drogue dure, ainsi que les environs d’Ambilobe, Ambanja et Sainte-Marie. Ces drogues dures, en provenance de l’extérieur, sont ensuite acheminées vers Les Seychelles, Maurice ou La Réunion. Dans la plupart des cas des étrangers sont les commanditaires, notamment des Africains. Face à la recrudescence du phénomène, la direction des douanes tire la sonnette d’alarme.

L’obtention d’une commande publique passe par des « dessous de table », selon uneenquête réalisée par Transparency International en novembre 2014. 69 % des dirigeants d’entreprises soumissionnant à des marchés publics considèrent inéquitable le processus de passation des marchés dans leur secteur d’activité. S’assurer de l’obtention d’une commande publique exigerait le paiement d’un montant moyen correspondant à 25 % de la valeur du marché.

Au cours de l’année 2018, 181 Déclarations d’opérations suspectes ont été reçues par le Samifin. En 2017, 151 DOS avaient été transmises,dont 129 relatives à des soupçons de blanchiment de capitaux. L’adoption de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites a été de nouveau ajournée et Madagascar se trouve dans un processus de suivi renforcé depuis le mois de juin 2018. Faute de structure et de cadre légal répondant aux exigences internationales, le pays risque de basculer dans la liste grise des pays sous surveillance. La prolifération des casinos et maisons des jeux actuellement constatée augmente le risque de blanchiment d’argent.

Transparency International a publié son classement mondial de la corruption (IPC). La Grande Île obtient un score de 25/100 et se classe au 152e rang sur 180 pays. Un point de mieux que l’an dernier et trois places de gagnées au classement mondial. Pourtant, « la tendance est mauvaise, les défis sont énormes », commente Frédéric Lesné, le représentant de Transparency International - IM.

Attribution de certificats fonciers : vers une augmentation de la délivrance aux femmes. Le droit à la terre est culturellement une exclusivité pour les hommes à Madagascar. Les femmes et les filles malgaches peuvent rarement disposer de terres. D’une durée de trois ans et ciblant cinq régions d’intervention, le volet foncier d’un projet dénommé CASEF devrait permettre d’attribuer 100 000 certificats fonciers d’ici 2021. Au travers de ce programme, l’attribution de certificats fonciers à des bénéficiaires femmes.

Projet de rapatriement des travailleuses victimes de la traite en Chine, au Koweït, en Arabie Saoudite et au Liban. Le ministère des affaires étrangères a adressé un courrier aux représentations diplomatiques malgaches dans ces pays pour les informer de ce projet. Les opérations de rapatriement, si elles sont confirmées, devront être précédées d’une analyse précise des situations individuelles.

80 cas de peste, dont 13 décès, ont été confirmés par le ministère de la santé. En 2017/2018, l’épidémie s’était propagée dans les grandes zones urbaines et aurait fait plus de 200 morts.

L’épidémie de rougeole a connu une croissance préoccupante. Près de 20 000 cas ont été recensés par le ministère de la santé. 80 à 90 décès sont à déplorer, principalement parmi des enfants en bas âge. Des agents de santé refusent de rester en brousse ou de s’y rendre en raison de l’insécurité. Nombreux sont les parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants. La population a lancé un appel de détresse en raison de l’insuffisance de la prise en charge, du manque de médicaments et du coût du traitement.

107 districts touchés par la bilharziose sur 114. Cette maladie qui peut être mortelle reste endémique dans le pays. Le taux de prévalence peut atteindre 50 % de la population dans certaines régions. Une convention de partenariat a été signée avec le Japon. Une campagne de traitement de masse des personnes atteintes sera lancée dans 64 districts.

Selon Médecins du monde, 37 % des jeunes filles de 15 à 19 ans sont enceintes ou ont au moins un enfant. Une situation jugée « inquiétante » qui a pour conséquence un taux de mortalité maternelle et infantile très élevé. Beaucoup de ces adolescentes sont contraintes d’abandonner leur scolarité et ont des difficultés à accéder au marché du travail. Les mariages précoces constituent également un sujet de préoccupation. Médecins du monde a lancé une campagne de sensibilisation auprès des jeunes.

La société civile a interpelé le nouveau chef de l’Etat sur la priorité à accorder à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. Ce secteur ne représente que 2 % du budget. Sur un besoin annuel de 200 millions de dollars, seuls 20 millions sont accordés. Le droit fondamental d’accès à l’eau n’est pas respecté et la santé publique s’en trouve sérieusement menacée.

La Plateforme des fédérations des personnes handicapées a réaffirmé son engagement à promouvoir au niveau national la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. Des actions ont été menées par la Plateforme pour la mise en conformité de la législation nationale.

Système de santé publique : grogne des usagers face à la mauvaise qualité des services et à la corruption. Midi constate que les hôpitaux et centres de santé sont sévèrement jugés par les patients et leurs familles.

Education préscolaire : l’objectif est d’atteindre un taux 52,8 % en 2030 pour les enfants de 3 à 5 ans. Ce taux était de 30,4 % pour l’année 2016-2017. 40 % des EPP sont équipées d’une structure dédiée mais beaucoup manquent de moyens et le personnel éducatif présente des besoins accrus en termes de renforcements de capacités et de soutien.

Châtiments corporels et violence psychologique par le personnel scolaire : une entrave à l’épanouissement de l’enfant et à la réussite des apprentissages. Selon le premier rapport national sur les violences subies par les enfants publiés par l’UNICEF en juin 2018, 49 % des personnels enseignants les considèrent comme des « méthodes de discipline » par défaut, régulièrement utilisées. Les châtiments corporels sont interdits par la loi à Madagascar depuis un arrêté de 1996.

Les correspondants de la presse internationale ont dénoncé l'attaque dont a été victime la correspondante de RFI lors d’un meeting de contestation du processus électoral. Les manifestants pro-Ravalomanana ont diffusé son visage sur un écran géant en l’accusant de mensonges devant la foule. « Ces accusations publiques infondées auraient pu la mettre en danger physiquement et constituent une sérieuse entrave à l’exercice de son métier », ont-ils déclaré. La mission d'observation électorale de l’UE a apporté son soutien à la journaliste, de même que RSF Africa.

Le ministère de la communication a émis un rappel à l’ordre face aux propos incitant à la haine et à la rébellion diffusés sur des radios et TV privées de la capitale dans le cadre de la campagne du 2e tour de la présidentielle.

Au plus fort des journées de contestation du processus électoral, les locaux du groupe de médias RLM Communication de Mbola Rajaonah, ancien conseiller du chef de l’Etat sortant, rallié à Marc Ravalomanana, ont été ravagés par un incendie. La police a ouvert une enquête. Des vols d'ordinateurs portables ont été signalés dans les bureaux du groupe. Le président de l’Ordre des journalistes laisse entendre que cet acte pourrait relever d’un règlement de compte politique.

La nouvelle ministre de la communication, Lalatiana Rakotondrazafy, priorise le changement du code de la communication mis en place par le régime précédent. Un code qui a suscité beaucoup de débats et de critiques. La couverture nationale des chaînes privées sera autorisée, les chaînes qui émettent sas autorisation seront invitées à régulariser leur situation. La lutte contre la cybercriminalité sera intensifiée pour lutter contre l’usage abusif des réseaux sociaux et l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée (ANRCM) sera mise en place.

17 ressortissants chinois, membres de l'équipage du navire Flying qui a rôdé plusieurs semaines au large de la côte Est et a été arraisonné le 19 décembre seront traduits en justice. Le navire est suspecté d’exportation illégale de bois de rose.

L’inventaire des stocks de bois de rose saisi ou détenus n’est réalisé qu’au 1/6e. Cette opération est un passage obligé avant de pouvoir obtenir de la CITES l’autorisation de procéder à leur exportation. La déclaration spontanée des stocks détenus par les opérateurs et les particuliers soulève d’importantes difficultés. Nombre de déclarations ne sont pas fiables ou sont mensongères. L’Alliance Voahary Gasy (AVG) préconise la commercialisation des bois en stock sur le marché intérieur pour transformation plutôt que leur exportation.

Les défenseurs de la nature et les représentants de la société civile se sont déclarés préoccupés par la victoire d’Andry Rajoelina, a écrit le site Mongabay. Selon de nombreux rapports, durant la période 2009 à 2014, lorsqu’il présidait la Transition, son administration a été en proie à la corruption, en particulier pour la gestion des ressources naturelles. Plusieurs défenseurs de l’environnement et observateurs internationaux ont confié à Mongabay qu’ils espéraient que le prochain mandat de Rajoelina serait différent du premier.

L’AVG a adressé une lettre ouverte au nouveau président de la République pour lui demander de veiller à la bonne gouvernance des ressources naturelles. Les autorités à tous niveaux et la population sont invitées à faire preuve de vigilance et à faire part à la société civile de toutes les situations locales mettant en péril la bonne gouvernance de ces ressources.

Normes EITI : la candidature de Madagascar est suspendue. 15 recommandations avaient été émises en juillet dernier par le CA de l’EITI, parmi lesquelles le renforcement de l’engagement de l’Etat. Cet engagement n’a pas été honoré. De ce fait, Madagascar n’est pas en mesure de réaliser son rapport annuel d’avancement et de progrès. La conformité de Madagascar aux normes EITI ne pourra donc pas être confirmée en décembre prochain au terme de la seconde évaluation des progrès accomplis.

Les défenseurs de l’environnement ont tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme et interpelé le nouveau chef de l'Etat. Depuis son indépendance, la Grande Île a perdu presque la moitié de ses forêts. Et les choses ont empiré à partir des années 2010. Dans son Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM), Le nouveau président affirme vouloir s’atteler à ce problème environnemental, en concertation avec la société civile. Un point jugé positif par l’AVG mais la vigilance s’impose vis-à-vis de certains points du projet IEM. La question du financement de ces projets demeure la grande inconnue.

Le Collectif Tany a fait part de son intention de suivre attentivement les décisions qui seront prises par le nouveau gouvernement dans le cadre du projet présidentiel IEM en matière d’accès à la terre, de promotion de l’agro-industrie, de création de Zones économiques spéciales (ZES). Certains aspects de ce projet risquent de porter atteinte, selon lui, aux droits des paysans, des femmes, des jeunes et des collectivités décentralisées. Le programme populiste d’Andry Rajoelina risquerait en outre d’aller à l’encontre du développement.

L’accord de pêche entre l’UE et Madagascar est arrivé à échéance le 31 décembre. Il attend d’être renouvelé par le nouveau pouvoir en place. La Gazette rappelle qu’un inquiétant accord sur la pêche dans les eaux territoriales malgaches, engageant 2,7 milliards de dollars, a été signé à Pékin le 5 septembre par un consortium chinois et l’Agence Malagasy de Développement et de Promotion de l’Entreprise (AMDPE). Cet accord de principe n’a pas encore été ratifié et signé par le gouvernement malgache.

Le taux d’infestation des chenilles légionnaires est de 57 %. Il atteint 94 % dans le Sud-Ouest. La perte de rendement pour le maïs est estimée au niveau national à 47 %. La Banque mondiale et la FAO apportent leur concours financier au ministère de l’agriculture afin de renforcer ses moyens de lutte.

Dans une lettre adressée à Andry Rajoelina Emmanuel Macron a confirmé la continuité de la coopération entre Madagascar et la France. Le chef de l’Etat est invité à se rendre à Paris en vue de « renforcer et donner un nouveau départ » au partenariat entre les deux nations. Tribune estime que la place qu’occupent les opérateurs économiques français restera prépondérante. La position de l’UE serait plus prudente mais la coopération en cours se poursuivra, notamment au travers du FED. La Chine, qui avait les faveurs du prédécesseur d’Andry Rajoelina, pourrait pâtir de la volonté du nouveau pouvoir de privilégier son indépendance financière, estime le site. L’envoyé spécial du président XI Jinping a réaffirmé le soutien de son pays et confirmé que Madagascar est inclus dans le projet des « Nouvelles routes de la soie ». Les pays arabes et les nouveaux riches de Dubaï pourraient être appelés à occuper une place plus importante dans les projets d’investissement. Quant à la relation de Madagascar avec la Banque mondiale et le FMI, elle risquerait, selon certains observateurs, de se dégrader en raison de la politique populiste qu’Andry Rajoelina entend mener en faveur des couches les plus vulnérables, au risque de compromettre la gestion rigoureuse des finances publiques qu’exigent ces institutions.

Les employés de la société Kraomita poursuivent leur grève pour obtenir la transparence sur les accords que la société a passé avec des investisseurs russes. Ils n'acceptent pas non plus la nomination récente d’un ancien conseiller spécial de Hery Rajaonarimampianina au poste de directeur général adjoint. Estimant que la société russe est impliquée dans des affaires de corruption, les employés ont saisi le Pôle anti-corruption et le Bianco. Le partenariat avec les Russes a été suspendu.

Les investisseurs japonais sont intéressés par la richesse du sous-sol malgache mais l’instabilité du cadre juridique les rend réticents. Ces appréhensions, rapportées par l’ambassadeur du Japon, ramènent au débat portant sur l’attractivité de Madagascar dans le domaine minier, cristallisé par le montant de la redevance minière, jugée insuffisante par Andry Rajoelina. La refonte du code minier a été à plusieurs reprises reportée, faute de consensus.

Madagascar accuse un retard par rapport aux autres pays du continent et de l’océan Indien en matière d’inclusion financière. Une situation qui constitue un handicap pour le développement économique. Une stratégie nationale doit être mise en œuvre d’ici 2022 pour combler ce retard.

Climat des affaires : Madagascar se place au 22e rang en Afrique, selon le classement du magazine Forbes. Maurice se place au 1er rang africain. A l’échelle mondiale, la Grande île se positionne au 125e rang sur 161 pays.

Les délestages tournants ont repris dans toute la Grande île après les fêtes de fin d’année. En cause : le manque de carburant pour faire fonctionner les centrales au fuel en raison de factures impayées par la Jirama, la défaillance des centrales thermiques et le niveau des eaux de plus en plus bas dans les barrages.

Le gouvernement d’Andry Rajoelina se fixe comme objectif de doubler la production électrique d’ici à 2024.

Divorce coûteux entre Air Madagascar et Air France. Cette dernière réclame à la compagnie nationale 101 millions de dollars en raison de divergences sur les clauses du contrat de leasing de deux Airbus A340 conclu durant la Transition. Un contentieux qui fait de l’ombre au plan de redressement de la compagnie.

500 employés gréviste d’une entreprise franche textile ont été licenciés. L’employeur a décidé de rompre leur contrat pour cause de « grève illicite ». Le personnel revendique des salaires décents, le respect du droit du travail et de promesses d’augmentation ainsi que le licenciement du DRH, accusé de maltraitance.

Plus de 200 opérateurs anglophones du « call center » Telesourcia manifestent depuis le début de l’année pour réclamer le versement de leur traitement, suspendu depuis septembre. Début janvier, les forces de l’ordre ont bloqué les accès à la société.

Les entreprises malgaches fragilisées par des importations massives de produits vendus à des prix défiant toute concurrence. En accord avec l’OMC, de fortes taxes seront appliquées sur ces produits provenant d’Egypte, de Turquie, de Maurice, de Malaisie et de Chine. Ces mesures de sauvegarde contre une concurrence qualifiée de déloyale seront appliquées à titre temporaire.

La production agricole du Grand Sud a diminué de 50 % à 80 % depuis 5 ans. 30 % des habitants de l’Andry doivent payer l’eau trois fois plus chère qu’ailleurs. L'amélioration de cette situation sera l’une des priorités du nouveau pouvoir, affirme Andry Rajoelina. La construction d’un nouveau système d’adduction d’eau de 225 km pour alimenter la population d’Androy débutera d’ici le mois d’avril. Le chef de l’Etat a également annoncé le projet de création d’un parc solaire dans le Sud et la réhabilitation prochaine de deux routes nationales. La lutte contre l’insécurité sera renforcée.

Un projet de 200 forages en partenariat avec le gouvernement chinois devrait être inauguré au mois d’octobre dans les régions Menabe et Atsimo Andrefana. Le projet, qui a vu le jour en 2016, donnera accès à l’eau potable à 200 000 personnes dans les deux régions.

Production rizicole - L’objectif d’autosuffisance est maintenu pour 2020, selon le nouveau ministre de l’agriculture. En 2017 Madagascar a importé un volume record de 570 000 tonnes de riz, Les besoins nationaux annuels sont estimés à 2,6 millions de tonnes. Les problèmes fonciers et le faible taux de mécanisation seraient à l’origine de cette situation. La réactivation du programme « vary mora » annoncé par Andry Rajoelina au profit des classes défavorisées est considéré par les spécialistes comme une mesure populiste contre-productive.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Le second tour de la présidentielle - Victoire d'Andry Rajoelina
  • La prise de fonction d'Andry Rajoelina
  • La formation du nouveau gouvernement Nsaye

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, condition carcérale, gouvernance
  • Droits des femmes, traite
  • Santé, hygiène, droits des personnes handicapées
  • Education
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafics de bois de rose et de ressources naturelles, foncier, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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30 avril 2020

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2020

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Chronique de la lutte contre l’épidémie de Covid-19
  •  Affaires nationales
  •  Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, justice populaire, enlèvements
  • Justice, situation carcérale
  • Gouvernance
  • Droits des femmes, LGBT
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement, litiges fonciers
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

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La crise du Covid-19 vue par le dessinateur Pov

 

Dessins de presse Pov Covid-19

 

 

28 novembre 2018

ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2018

 

<> 28 11 18 - Proclamation des résultats officiels du 1er tour par la HCC - Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana disputeront le 2e tour le 19 décembre, en obtenant respectivement 39,23 % et 35,35 % des 4 980 604 suffrages exprimés. Le taux de participation est de 53,95 %, soit 5 367 550 votants sur les 9 949 083 inscrits. Le nombre de votes blancs et nuls est de 386 946.
La campagne électorale du second tour s'ouvre le 3 décembre pour une durée de 15 jours.  Le scrutin est prévu le 19 décembre. Dans un message adressé aux deux candidats concernés, la HCC prône l'unité et l'apaisement.
Le candidat Andry Rajoelina et la député Hanitra Razafimanantsoa, représentante du candidat Marc Ravalomanana, ont accordé chacun un bref entretien à la presse à la sortie de la cérémonie de proclamation des résultats. Les deux camps se disent prêts pour le second tour et demandent à la CENI de renforcer la crédibilité des opérations en améliorant l'organisation du scrutin et le traitement des résultats.
Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana sont les seuls candidats parmi les 36 ayant participé au scrutin à pouvoir bénéficier du remboursement de leur caution de 50 millions Ar. D’une manière générale, la HCC a rejeté toutes les requêtes qui lui sont parvenues.
Les décisions de la HCC sur les requêtes en rapport avec le 1er tour de l'élection présidentielle sont à lire ici: http://www.hcc.gov.mg/non-classe/arret-n11-hcc-ar-du-28-novembre-2018-portant-proclamation-des-resultats-officiels-du-premier-tour-de-lelection-presidentielle-du-7-novembre-2018/

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  28 11 18 - Tribune - Un appel d'offres de l'OMNIS sur 44 blocs pétroliers et gaziers fait réagir la société civile
Pour le Craad-OI, le Collectif Tany, le KMF/CNOE et Transparency International, l’appel d’offres de l’OMNIS pour l’attribution de 44 blocs pétroliers et gaziers compromet la gestion durable et démocratique des ressources naturelles.
Les associations déplorent l’opacité qui a entouré la prise d’une décision à la portée aussi importante et ignorent si cette décision a été prise à la suite d’une évaluation environnementale stratégique conçue pour intégrer les enjeux environnementaux et sociaux. Or, l’exploration et la production offshore de pétrole et de gaz à une telle échelle va directement à l’encontre des objectifs de protection des ressources halieutiques, de la préservation et restauration des écosystèmes marins. Il existerait des risques élevés de superposition des blocs pétroliers et gaziers avec les aires marines protégées et sensibles. Par ailleurs, elles se demandent sur quelle base juridique sera faite cette attribution de licences, sachant que la refonte du code pétrolier de 1996 est toujours en cours et reste inachevée depuis 2008. En conclusion, elles exigent la suspension de la campagne de promotion pour l’attribution de licences et la mise en place d’une large consultation.

- 22 11 18 - RFI Afrique - La candidat Rajoelina a joué très habillement du populisme
Pourquoi l'ex-président de la transition Andry Rajoelina est-il arrivé en tête au premier tour de la présidentielle à Madagascar ? Pour l'essayiste Olivier Vallée, qui a publié chez Karthala « La société militaire à Madagascar », il a joué très habilement du populisme. Ecouter l'interviexw :
http://www.rfi.fr/emission/20181121-madagascar-candidat-rajoelina-joue-populisme-olivier-vallee

- 21 11 18 - Le Monde - Présidentielle à Madagascar : les manoeuvres de l'entre deux tours
Contestation des résultats, demandes d’annulation du scrutin, alliances entre partis, rôle de l’armée… Jusqu’au 19 décembre, la Grande Ile retient son souffle. Les résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle sont contestés par l’ensemble des candidats, dont certains ont déposé une requête en annulation devant la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Cette crise peut-elle dégénérer dans la rue, comme Madagascar en a fait à plusieurs reprises l’expérience par le passé ? L’armée a d’ores et déjà mis en garde contre une telle tentation. De leur côté, l’Union européenne et l’Union africaine, qui appuient le processus électoral et avaient déployé des observateurs le 7 novembre, ont demandé aux candidats de rester dans le cadre légal.

- 20 11 18 - PEV Madagascar - Revue de presse du 20 novembre
La déclaration du candidat Andry Rajoelina fait la Une des journaux. En outre, les contestations de l’opération électorale se multiplient au vu des dépôts de requêtes à la Haute Cour Constitutionnelle et du sit-in qui s’est tenu devant le bâtiment de cette institution. Les quotidiens se sont aussi intéressés à l’enquête menée par le Bureau Indépendant anti-corruption à l’encontre de l’opérateur économique Mbola Rajaonah.

- 18 11 18 - Un duel entre deux ex-présidents : c'est l'affiche du second tour de la présidentielle.
Andry Rajoelina (39,19 %) et Marc Ravalomanana (35,29 %) se sont qualifiés selon les résultats provisoires proclamés par la CENI. Le 2e tour est prévu le 19 décembre. Hery Rajaonarimampianina, en 3e position, obtient le faible score de 8,84 % Le pasteur Mailhol, fondateur de la secte Apokalipsy arrive en 4e position avec 1,27 % des suffrages. Les 32 autres candidats se partagent les miettes, comme Didier Ratsiraka avec un petit 0,45 %. Seuls 5 candidats atteignent la barre de 1 %. Le taux de participation s’élève à 54,2 %, un chiffre bien inférieur au premier tour la présidentielle de 2013 où le taux avait atteint 61 % . En annonçant les résultats du premier tour, la CENI s’est défendue de toute irrégularité. « Nous avons adopté trois règles de conduite : transparence, impartialité et indépendance », a déclaré son président, Hery Rakotomanana, devant les observateurs internationaux et nationaux, des journalistes et des représentants des candidats. Le président de la Commission de l’UA appelé tous les candidats « à continuer de faire preuve de responsabilité et à s’abstenir de tout acte de nature à compromettre la stabilité du pays dans l'attente de l'annonce officielle des résultats définitifs par la HCC. En cas de contestation, ils doivent faire exclusivement recours aux procédures et mécanismes prévus par la loi » indique-t-il. La HCC dispose d’un délai de 9 jours pour proclamer les résultats définitifs. Les deux candidats se sont exprimés sur les réseaux sociaux et se disent prêts à aller au second tour. « Je soutiens la vraie démocratie et regrette que le traitement des résultats par la CENI n’ait pas été transparent. Cela ne nous empêchera évidemment pas de gagner, avec vous tous, et rendre sa fierté au peuple malagasy » a déclaré Andry Rajoelina. « Malgré les anomalies constatées autour du premier tour du scrutin présidentiel, je remercie la population malgache par le calme et le comportement louable dont elle a fait preuve, notamment pour la défense de son choix. » a déclaré Marc Ravalomanana. Le comité juridique de Hery Rajaonarimampianina a déposé une plainte auprès de la HCC et du Parquet pour « "fraudes massives et non-respect de la loi autour de l'élection. »
Il y a près de dix ans, Andry Rajoelina succédait à Marc Ravalomanana sans élection, un événement qualifié de « coup d'Etat » par la communauté internationale. Tous les deux interdits de se présenter à la dernière présidentielle de 2013, c'est par les urnes que ces deux adversaires pourront prendre leur revanche
Résultats complets : https://www.facebook.com/wakeupmada/photos/a.119146388285287/1001441640055753/?type=3&theater

- 16 11 18 - Le Monde - A Madagascar, l'accord de pêche avec la Chine pris dans les filets de la présidentielle
Le très controversé projet d’accord de pêche signé avec un consortium chinois, en septembre, pour un investissement de 2,7 milliards de dollars (près de 2,4 milliards d’euros) coulera-t-il avec la déroute d’Hery Rajaonarimampianina à l’élection présidentielle ? Son instigateur, Hugues Ratsiferana, refuse pour le moment de l’envisager. Encore sonné par l’ampleur de la polémique provoquée par ce qui aurait dû être accueilli, selon lui, comme « une bonne nouvelle », le directeur général de l’Agence malagasy pour le développement et de promotion d’entreprises (AMDP) dit ne pas avoir renoncé à convaincre du bien-fondé de ce projet. Mais jusqu’à l’issue de l’élection, tout restera gelé. « Je n’ai pas peur. Le futur président, quel qu’il soit, pourra juger que ce projet est bénéfique pour le développement de Madagascar », confie-t-il. Ses détracteurs dénoncent un projet surdimensionné conduisant à un accaparement des ressources halieutiques, alors que le pays souffre d’un important déficit alimentaire. Ils s’interrogent également sur les conditions dans lesquelles a été conclu cet accord-cadre annoncé en marge du Forum sur la coopération sino-africaine, le 5 septembre à Pékin, soit deux jours avant la démission de M. Rajaonarimampianina pour mener campagne. Et sans que le ministre des ressources halieutiques et de la pêche n’ait été associé ni même informé.

- 14 11 18 - Le Monde - Présidentielle à Madagascar : les favoris unanimes pour critiquer la commission électorale
Le calme dans lequel s’est déroulé le premier tour de l’élection présidentielle n’aura pas duré longtemps. Alors que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) continue de publier les résultats au compte-gouttes, les trois ex-présidents et favoris du scrutin contestent d’ores et déjà les chiffres et émettent des doutes sur l’intégrité de la commission. Le 14 novembre au matin, sur près de 70 % bureaux de vote traités, Andry Rajoelina arrivait en tête avec 39,47 % des voix, suivi de Marc Ravalomanana (36,73 %) et de Hery Rajaonarimampianina, le président sortant (7,49 %).

- 14 11 18 - Echos du dépouillement du 1er tour de l'élection présidentielle

La lenteur dans la collecte des résultats alimente les suspicions des uns et les appréhensions des autres. Tout particulièrement au niveau du duo de tête qui voit ses scores stagner, avec toujours un léger avantage à Andry Rajoelina, alors que ceux du président sortant et des « petits candidats » remontent lentement. Cinq jours après le scrutin, seuls 53 % des résultats des 24 852 bureaux de vote ont été centralisés et validés par la CENI. Le délai fixé pour l’acheminement des résultats à la Section de recensement des matériels des votes (SRMV) est atteint, ouvrant la voie à des PV de carence qui équivaudraient à une invalidation ou à une annulation des bulletins concernés. Au matin du 12 novembre, la CENI avait reçu les PV issus de 30 des 114 districts. D'après le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, des moyens ont été déployés pour réduire au maximum les risques de PV de carence dressés pour dépassement des délais légaux. « Une annulation des voix obtenues dans des bureaux de vote à cause d’un retard d’acheminement des résultats dans les SRMV pourrait alors être à l’origine de mouvements de contestation de la part des candidats et de leurs partisans », note Tribune.

« Les trois anciens présidents, qui attendent toujours les résultats officiels du premier tour de la présidentielle, rivalisent d’arguments pour discréditer le scrutin », constate Jeune Afrique

Les représentants d’Andry Rajoelina ont annoncé se retirer du processus d'observation du traitement des résultats au niveau de la CENI. Ils estiment que « les conditions d'observation du comptage des voix ne sont pas réunies » et qu'ils ne peuvent par conséquent « pas approuver les résultats provisoires publiés actuellement ». Ils déplorent, entre autres, l’impossibilité d’accéder et de contrôler le traitement informatique. Me Fredon Rakotondrajao, représentant du candidat Rajoelina à la CENI, a laissé entendre que « soit il y a fraudes électroniques, soit une manipulation des résultats manuels, soit un piratage informatique au niveau de la CENI ». Sur la chaîne Viva TV le député du Mapar Roberto Tinoka a pointé du doigt les hauts commissaires de cette instance et mis en cause la responsabilité de la CENI dans le cas d’une crise post-électorale. Ce départ en trombe coïncide également avec la baisse du pourcentage des voix obtenues par Andry Rajoelina sur les résultats du scrutin consolidés jusqu’ici et la réduction de l’écart de voix entre les deux protagonistes. Les partisans de Marc Ravalomanana mettent également de pression sur la Commission mais ils ne sont pas aussi vindicatifs. L’équipe juridique du candidat s’est rendue au siège de la CENI, suspectant les commissaires de manipulation de voix. La remontée spectaculaire du président sortant suscite également des interrogations, de même que la non-publication intégrale des résultats des arrondissements de la capitale, supposés acquis à Marc Ravalomanana. L’équipe du candidat souhaite pouvoir procéder à des confrontations de PV, une requête qui serait impossible à satisfaire avant la publication des résultats provisoires.

Le 13 novembre au soir, les tendances provisoires après dépouillement de 63 % des bureaux de vote donnaient Andry Rajoelina en tête, suivi de Marc Ravalomanana, avec respectivement 39 % et 37 % des voix. Hery Rajaonarimampianina améliore petit à petit son score, avec plus de 7 % des voix.

L’Express constate la formation d’une alliance HVM, TIM et Mapar contre les résultats partiels produits par la CENI.

Interdiction de sortie du territoire (IST) prise à l’encontre de Mbola Rajaonah, nouveau supporter de Marc Ravalomanana. Affaire de bois de rose à Singapour, détournements et fausses déclarations au niveau du service des douanes. Ce seraient, entre autres, les dossiers de justice impliquant le conseiller spécial de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, PDG de la société de transit Tafaray et du groupe de presse RLM Communication. L’opérateur économique de renom qui serait dans le collimateur du Bianco pour des affaires de corruption depuis plusieurs mois aurait fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Il aurait déjà ignoré plusieurs convocations du Bianco. Des observateurs font le rapprochement avec l’affaire Claudine Razaimamonjy, ex-conseillère spéciale du chef de l’Etat, poursuivie et placée sous mandat de dépôt pour des dossiers de détournement de subventions. Mais selon Les Nouvelles, cette mesure aurait été prise à l’initiative du chef de l’Etat sortant et du premier ministre, proche d’Andry Rajoelina, qui reprocheraient à l’opérateur d’avoir divulgué des informations confidentielles sur la présidence de la République et de financer par opportunisme la campagne de Marc Ravalomanana. « Le soutien de Mbola Rajaonah à Marc Ravalomanana dans la conquête de la présidence de la République devient de plus en plus un sérieux problème pour certains politiques », écrit La ligne de lire.info. L’alliance Mbola Rajaonah-Marc Ravalomanana nuirait aux visées d’Andry Rajoelina, soutenu par l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, analyse plusieurs médias.

- 13 11 18 - Jeune Afrique - Après dépouillement de la moitié des suffrages, la tension monte
Les équipes des trois candidats favoris s’opposent aux résultats encore partiels. Personne n’a fait mention d’une future descente dans la rue, mais la tension monte. Au matin du 13 novembre, six jours après la clôture du vote, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’avait dépouillé que 56% des 24 582 bureaux de vote. Selon ces résultats provisoires, Andry Rajoelina arrive en tête avec 39,06%. Marc Ravalomanana est deuxième avec 36,53%, loin devant Hery Rajaonarimampianina (8%). Le taux de participation s’élevait à 53,56%. Mais les propres chiffres des trois candidats diffèrent de ces tendances. Ce sont leurs délégués présents dans les bureaux de vote qui ont fait remonter des exemplaires de procès-verbaux. Leurs équipes dans la capitale consolident ensuite les données. Et ils sont plus avancés que la CENI.

- 10 11 18 - Union Européenne - Déclaration préliminaire des observateurs électoraux

- 10 11 18 - France Culture / Culture Monde – Interview de Laurence Caramel, envoyée spéciale du Monde à Madagascar
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http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-09.11.2018-ITEMA_21886903-0.mp3?track=false (18’ en début d’émission)

- 08 11 18 - Le Monde - A Madagascar les électeurs peuvent se rhabiller tous les cinq ans
Lors de la campagne de l’élection présidentielle, les candidats les plus fortunés ont distribué allègrement tee-shirts, casquettes et parfois petits billets. On dit qu’en Afrique la démocratie est balbutiante, voire immature, mais elle n’a pas que des inconvénients. Chaque campagne électorale est un grand événement, non pas parce qu’un homme providentiel peut surgir de nulle part et faire naître une espérance nouvelle – ça arrive rarement –, mais parce que les caravanes publicitaires et les meetings sont des lieux de distributions massives de produits dérivés (tee-shirts, casquettes et parfois petits billets). Les badauds y sont très sensibles et, dans un pays comme Madagascar où 76 % de la population vit avec moins de 1,9 dollar par jour, ces cadeaux sont appréciés, notamment pour affronter des hivers qui sont très frais sur les hauts plateaux centraux.

07 11 18 - Le Monde - Présidentielle à Madagascar - Les femmes sonnent le réveil citoyen

Corruption, élections, dépense publique… Des militantes se battent pour que le pays revienne aux normes de bonne gouvernance.

- 07 11 18 – Vatican News - À Madagascar, des élections présidentielles sans grand espoir
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Près de dix millions de malgaches sont attendus dans les 25 000 bureaux de vote du pays ce 7 novembre, pour le premier tour des élections présidentielles. Le processus électoral sera surveillé de près, par plus de 6 000 observateurs indépendants, ainsi que des personnes déléguées par l’Union européenne et la Communauté de développement de l’Afrique australe. Mais ce déploiement ne doit pas donner d’illusion particulière. La stabilisation politique du pays semble encore lointaine. Sylvain Urfer, jésuite, connait bien le pays. Il y habite depuis 1974, ayant été pendant 25 ans curé d’Anosibe, paroisse d'un des quartiers les plus pauvres d’Antananarivo. Une ville où il a aussi fondé le Centre Foi et Justice (groupe de recherche sur Madagascar) et le SeFaFi (Observatoire de la vie publique). Selon lui, ces élections ne devraient pas ramener le pays à une plus grande stabilité après les émeutes de ces dernières années. Le déblocage politique n’aura pas lieu sans un changement de mentalités, dans ce pays où les ressources naturelles et humaines sont pourtant abondantes. La population se désintéresse de la politique tandis que les gouvernants ou les candidats ont en général une conception peu altruiste du bien commun. Le soir du premier tour sera donc certainement maussade sur l’île de l’Océan indien. À moins qu’il ne soit vraiment agité, comme le craint le père Urfer dans l’interview de Radio Vatican :
https://media.vaticannews.va/media/audio/s1/2018/11/2/12/134702626_F134702626.mp3

- 06 11 18 - Le Monde - A Madagascar, une présidentielle dominée par le sentiment d'abandon de la population
Les trois favoris, tous anciens chefs de l’Etat, se disputent un électorat dont la grande majorité continue de vivre dans une extrême pauvreté.

- 06 11 18 - Le Monde Afrique - Présidentielle à Madagascar - André Mailhol, le candidat de l'Apocalypse
Le fondateur de l’Eglise Apokalipsy, une secte qui compte près de 2 millions de fidèles, se présente au scrutin présidentiel.

- 06 11 18 - Le Monde Afrique - A Madagascar, Pierrot ira voter le ventre vide
Près de 1,2 million de personnes sont victimes de la sécheresse dans le sud de l’île et une partie souffre de malnutrition aiguë.

- 05 11 18 - Collectif Tany - Terres malgaches et élections présidentielles
Alors que l’attention des medias et de l’opinion publique se focalise sur les élections présidentielles, des citoyens dans plusieurs régions font l’objet de menaces imminentes de perte de leurs terres et risquent de partager le sort de ceux qui en ont déjà été victimes au cours des mois et années passés. Le Collectif TANY souligne que leur positionnement et leurs projets sur les terres malgaches, ou leur silence sur le sujet, revêtent une importance capitale pour le développement du pays et l’avenir de chaque famille, et appelle chacun à faire preuve de vigilance sur le sujet dans la préparation de la réalisation de son devoir de citoyen.

- 05 11 18 - Le Monde Afrique - Le candidat qui a le plus d'argent peut s'offrir une visibilié dans les médias malgaches
A Madagascar, la télé se paie. Pour 500 millions d’ariarys (un peu plus de 123 000 euros), les candidats à l’élection présidentielle ont pu s’offrir un « pack campagne premier tour » sur TV Plus. De quoi bénéficier, entre autres, de cinq émissions spéciales, quatre-vingt-dix spots radio ou encore cinquante-deux spots télé de trente secondes chacun. L’accès aux chaînes de télévision, aux stations de radio ou aux journaux privés de l’île est payant, et les tarifs ne sont pas plafonnés. « C’est complètement injuste, s’insurge Erick Rajaonary, l’un des trente-six candidats au scrutin du 7 novembre. On veut présenter notre programme mais on n’a pas les moyens de se payer les prime time. C’est vraiment la loi du plus fort : celui qui a le plus d’argent peut s’offrir une vraie visibilité. » L’homme, par ailleurs PDG de l’entreprise Guanomad, consacre la moitié de ses frais de campagne aux médias.

- 05 11 18 - France Info -Madagascar - Une campagne électorale avec des frais qui dépassent l'entendement
Madagascar s’apprête à aller aux urnes pour élire son président de la République, mercredi 7 novembre. Quelque 36 candidats sont en lice, dont quatre anciens présidents et trois ex-premiers ministres. Pays indépendant depuis 1960, la Grande Île n’en est pas à sa première élection. Cependant, cette campagne a quelque chose de différent des précédentes : une débauche ahurissante de moyens déployés par les trois candidats favoris. "Une indécence", aux yeux de certains, dans un pays où 9 personnes sur 10 vivent avec moins de trois dollars par jour.

<> 03 11 18 - Amnesty International - Il faut que le prochain gouvernement mette fin aux violations des droits humains
Il faut que le prochain gouvernement malgache mette fin à la répression brutale des droits humains dans le pays, a déclaré Amnesty International à l’approche de l’élection qui se tiendra le 7 novembre..

- 03 11 18 - Le Monde Afrique - A Madagascar Hery, un président isolé au bilan terni par la corruption
Madagascar, un nouveau départ ? Le chef de l’Etat sortant, candidat à sa succession, n’est pas favori face aux « revenants » Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana.

L’heure de la revanche a sonné. Interdits de candidature à l’élection présidentielle de 2013, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana attendent depuis cinq ans de pouvoir  se mesurer l’un à l’autre tout en écartant du chemin celui qui n’aurait dû être qu’un concurrent de substitution, par définition dénué d’ambitions. Mais Hery Rajaonarimampianina n’entend pas retourner sur le banc de touche. Après avoir achevé son mandat en respectant la Constitution, ce qui est assez rare dans l’histoire politique mouvementée de Madagascar, l’expert-comptable discret, voire effacé, a choisi de solliciter à nouveau les suffrages. Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 7 novembre. Au lendemain de son soixantième anniversaire. Aux côtés de ces trois ex-présidents, trente-trois autres candidats, pour la plupart inconnus, seront en lice.

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01/11 - Institut d’Etudes politiques de Madagascar (IEP) - Comparateur des offres politiques des candidats à la présidentielle 2018

candidats

Historiquement, l’IEP Madagascar sous la direction de son président, Davida Rajaon, avec le Pr Christiane Rafidinarivo, a publié un canevas d’analyse des offres politiques. Cet outil a été utilisé pour formuler des questions à poser aux candidats à la présidentielle.

En 2017 et 2018 l’IEP a mené des enquêtes sur la socialisation politique et sur la perception de l’offre et de la demande politique dans les six provinces.

Fort de ces travaux, Davida Rajaon et ses étudiants ont poursuivi leurs recherches pour proposer un comparateur des offres politiques des candidats à la présidentielle dénommé « i-fampitah ». L’objectif principal du comparateur est d’informer et de mieux informer les citoyens. L’élection est une occasion importante pour une prise de conscience collective sur des sujets du vivre ensemble, de la gouvernance et du développement, trois grands thématiques du projet de société.

https://election-madagascar.net/2018/09/13/candidats/

 

 

 

 

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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31 août 2018

REVUE DE PRESSE - AOUT 2018

Le Conseil du Fampihavanana malagasy (CFM) a élaboré une proposition de charte d'apaisement à distribuer aux candidats à la présidentielle. Cette charte contient entre autres des règles liées à l'éthique et à la morale, ainsi que les obligations des candidats vis-à-vis de la loi.

Le KMF/CNOE a lancé un appel à une collaboration entre le Bianco et le Samifin pour contrôler l’origine des fonds de campagne des candidats. Une recommandation qui nécessiterait que soient amendés les textes qui régissent le fonctionnement de ces deux organes, selon Midi. Après des atermoiements une longue attente, les membres de la Commission de contrôle du financement de la vie publique ont été nommés par décret. Les candidats et les partis qui les soutiennent devront posséder un compte unique de campagne couvrant la période des 6 mois précédant le scrutin. Une disposition qui ne sera pas appliquée puisque cette exigence ne prendra effet qu’à la date limite de dépôt des candidatures, le 21 août, pour une élection dont le 1er tour est prévu le 7 novembre. Les dépenses engagées dans le cadre de la pré-campagne ne seront donc pas contrôlées. A noter en outre que les fonds de campagne ne sont pas plafonnés. Le mouvement de la société civile Rohy interpelle lui aussi sur les enjeux de la transparence des fonds de campagne des candidats. Sources et montants doivent être portés à la connaissance de tous selon lui. L’absence de plafonnement des dépenses de campagne autorisera selon lui une débauche de moyens de la part de certains candidats et pourrait ouvrir la voie à des achats de vote. Rohy requière une attention toute particulière sur le financement étranger des campagnes et leurs éventuelles contreparties.

Le coût de la campagne présidentielle de 2013 aurait été le plus élevé au monde par voix obtenue, selon une étude de l’UE de 2016 passée inaperçue et publiée sur sa page Facebook par la Fondation politique allemande Friedrich Ebert. Hery Rajaonarimampianina aurait ainsi dépensé 43 millions de dollars pour sa campagne, soit 21,5 dollars par voix obtenue.

nm 30 08 18Les membres du gouvernement ont été interdits de meeting politique durant les campagnes. La HCC a émis cet avis suite à la requête déposée le 17 juillet par le premier ministre aux fins d’interprétations des dispositions de la Constitution. Les trois grandes formations politiques HVM, TGV/Mapar et TIM devraient théoriquement se passer de certains de leurs leaders, ministres en exercice, mais la presse note que certains d’entre eux ont déjà largement participé à la pré-campagne, qui ne fait l’objet d’aucun encadrement. Le chef de l’Etat et ses ministres se rependent en inaugurations tous azimuts avant l’entrée en vigueur de ces dispositions.

L’utilisation d’hélicoptères pour la collecte des résultats a été confirmée. L’Afrique du Sud affrètera les appareils. Ils seront prioritairement déployés dans les zones enclavées et dans lesquelles la sécurité n’est pas assurée.

La requête du HFI de Pety Rakotoniaina déclarée irrecevable par la HCC. Le mouvement avait saisi son président pour demander l’avis de la Cour sur la juridiction compétente pour juger Andry Rajoelina, accusé d’avoir prolongé la période de transition pour se maintenir au pouvoir et de s’être enrichi illicitement par divers trafics. D’autres requêtes ont été déposées pour obtenir l’annulation des candidatures de Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, accusés d’avoir fomenté des coups d’Etat en 2001 et 2009, ainsi que celles de l’ancien ministre Paul Rabary et du dirigeant de l’Eglise Apokalipsy, le pasteur Mailhol. Des requêtes qui n’ont, elles aussi, aucune chance d’être prise en compte car non conformes aux textes en vigueur.

Redoutant la survenue d’une nouvelle crise postélectorale, la SADC appelle toutes les parties à la retenue et à la préservation d’un « environnement pacifique ». Des émissaires de la SADC sont attendus dans la Grande île début septembre. Comme à l’accoutumé, ces visites sont perçues comme une immixtion de l’organisation régionale dans les affaires de la Grande île.

Le SeFaFi s’en est pris sévèrement à la HCC de Jean-Eric Rakotoarisoa, ancien membre de ce même Observatoire. Il lui est reproché de jouer un rôle excessif dans la vie de la nation, d’être budgétivore et d’excéder ses prérogatives en rendant des avis politiques. Il est hautement souhaitable, déclare le SeFaFi, « qu’elle respecte pour elle-même et qu’elle fasse respecter par les autres le verdict des urnes et la sincérité du prochain scrutin »

Le dépôt de candidature à la présidentielle s’est ouvert en début de mois. A la clôture, le 21 août, 46 dossiers avaient été déposés à la HCC. 10 dossiers non conformes ont été invalidés mais aucun obstacle n’a été mis à la candidature de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina. En avril, c'est la crainte d'une invalidation des dossiers de ces candidats qui avait été à l'origine des manifestations de l'opposition et de la crise politique. 36 candidats participeront donc officiellement à la course à la magistrature suprême. Pour Tribune et Midi, la présidentielle 2018 s’apparentera à un règlement de compte à hauts risques entre Ravalomanana, Rajoelina, Rajaonarimampianina et Ratsiraka. Un affrontement direct entre les deux premiers que la communauté internationale avait interdit lors de la dernière présidentielle. Cette élection devra également permettre à Andry Rajoelina de régler son différend avec l’actuel président de la République que ses partisans ont accusé de traitrise alors qu’ils l’avaient propulsé à la magistrature suprême lors de l’élection de 2013. Didier Ratsiraka, âgé de 82 ans, a créé la surprise en déposant in extrémis sa candidature.

La publication de la liste officielle des candidats et l’attribution par tirage au sort des numéros d’ordre sur le bulletin unique a sonné une entrée fracassante des protagonistes dans cette nouvelle phase de la pré-campagne. Les meetings s’enchainent à un rythme effréné, les inaugurations se multiplient et les promesses fusent, les insultes réciproques également. Tous les ministres sont mobilisés, aucune des restrictions imposées par la loi électorale ne s’appliquant à cette période dite de « pré-campagne » qui se poursuit et s’accélère. Pour Midi, nombre de petits candidats se présentent avec pour seul objectif de marchander leurs voix lors du second tour en vue d’obtenir par la suite un poste ministériel. Certaines formations politiques chercheraient tous les moyens pour éviter un « premier tour dia vita ». Une manœuvre de dispersion de voix permettant de négocier des ralliements.

la gazette 20 08 18Le rassemblement pastoral de l’Eglise protestante FLM à Antsirabe a donné la parole à Andry Rajoelina. Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana quant à eux se sont retrouvés à Toamasina dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’Eglise FJKM. Les trois candidats rivalisent d’attention à l’égard des Eglises chrétiennes. Le FFKM a dressé le portrait-robot du président qu’elle appelle de ses vœux. Il exhorte les citoyens à se rendre aux urnes et « à faire le bon choix ». L’élu devra être une personnalité dotée de grande piété, prête à servir la nation et le peuple, ayant déjà fait ses preuves et disposée à redresser le pays ; une personne d’ouverture qui accepte de collaborer avec toutes les mouvances et enfin une personnalité intègre, loyale et honnête.

Une dizaine de candidats dont le dossier a été validé envisageraient de décréter un boycott de la présidentielle pour protester contre l’absence de contrôle de la CENI et de la HCC sur les abus et « dérapages » commis par certains gros candidats. Ils reprochent également à l’Etat son impuissance à contrôler les moyens matériels et financiers déployés par certains candidats et notamment son refus de d’interdire les financements étrangers.

Les préoccupations relatives à l’insécurité ont encore été très présentes dans les médias, qui font état d’attaques de coupeurs de route et d’exactions commises par des bandes de dahalo, accompagnées parfois de prise d’otages. Des touristes ont été attaqués par des dahalo dans leurs hôtels. 27 écoles de cinq zones d’administration pédagogique de Tsaratanàna ont été fermées depuis mars en raison de l’insécurité. Une situation qui s’est répercutée dans certaines zones sur les résultats à l’examen du CEPE. Des affrontements sanglants entre deux villages de la région Anosy ont fait 14 morts. Plusieurs cas de vindicte populaire ont encore été signalés. Selon la CNIDH, des frustrations publiques couvent et déclenchent une colère collective grandissante, d’où une effrayante multiplication des actes de vindicte populaire, tant dans les agglomérations qu’en milieu rural.

Un conflit a opposé la police nationale et la communauté locale d’une aire protégée dans le district de Farafangana. La population dénonce le comportement des agents du commissariat qui se livreraient à des arrestations abusives et maintiendraient des prévenus en détention préventive hors cadre légal. Des détenus auraient été battus pour obtenir des aveux.

Plusieurs enlèvements contre rançon sont encore à déplorer. Une pratique qui tend à se banaliser et à ne plus se limiter à la communauté indo-pakistanaise. Des enfants ont été pris en otage.

Les forces de l'ordre ont contrecarré un projet de kidnapping lors d'une course poursuite et d'échanges de tirs avec cinq membres d'un gang lourdement armé. Six individus dont trois sont suspectés d'être les auteurs principaux du rapt des quatre ouvriers de la Kraoma à Tsaratanàna ont été arrêtés par les forces de l'ordre.

Un accord a été conclu entre Madagascar et la France en vue de lutter contre l’insécurité et les kidnappings.

Le Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo entre en action. En liaison avec le Bianco, la nouvelle juridiction doit prendre en charge cinq importants dossiers que la Chaîne pénale, à laquelle elle succède, n’avait pas pu finaliser. Une partie d’entre eux concernent l’ex-conseillère de la présidence Claudine Razaimamonjy et ses prête-noms mais pour la HCC, la procédure engagée à l’encontre de Jean Razafindravonona, ancien ministre des finances et du budget impliqué dans l’affaire, est contraire à la Constitution. Jean Razafindravonona est justiciable devant la Haute Cour de Justice (HCJ) récemment mis en place.
Un appel à candidature a été lancé pour la constitution du 2e PAC qui devra être implanté à Toamasina et être opérationnel avant la fin de l’année.

L’ACAT Madagascar dénonce les conditions carcérales. L’association a effectué une enquête à la maison carcérale d’Antanimora, mettant en évidence que près de 50 % des détenus interrogés n’ont pas encore été jugés. La plupart d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt et certains ne connaissent même plus la date de leur incarcération.

La CNIDH demande instamment au nouveau ministre de la sécurité publique de signer les ordres de poursuite nécessaires pour que les crimes perpétrés par les fonctionnaires de police ne restent pas impunis. Aucun ordre de poursuite n’a en effet été signé, ce qui bloque l’ouverture des poursuites judiciaires. La Commission se dit prête à collaborer avec les entités concernées pour se pencher sur l’opportunité et les moyens d’abolir cet obstacle flagrant à l’effectivité de dispositions fondamentales de la Constitution.

Le vice-président du SMM et président de la Solidarité syndicale de Madagascar (SSM), informe qu’il portera plainte contre la primature pour non-application de décision du tribunal concernant les syndicalistes grévistes d’Air Madagascar et de la Jirama qui n’ont pas encore été autorisés à réintégrer leur poste.

Selon des études de performances fiscales, la dégradation de la gouvernance au cours des dix dernières années aurait réduit la croissance économique de Madagascar d'au moins 0,5 % par an.

Suite à de suspicions de malversations, le directeur général et le directeur administratif et financier de l’ENMG ont été remplacés. Les responsables limogés font l’objet d’une enquête. Les candidats au concours de l’ENMG devront attendre les conclusions des investigations en cours pour connaître la date de reprise du processus de recrutement.

Affaire de corruption impliquant la Croix-Rouge malgache : le Bianco se saisit du dossier. La Croix-Rouge norvégienne avait suspendu sa coopération au mois d’avril après publication d’un rapport relatant de graves faits de corruption de la part son partenaire.

pov 20 08 18Le gouvernement a annoncé vouloir créer un centre d'enfouissement de déchets médicaux radioactifs, provoquant une vive inquiétude dans les médias et les réseaux sociaux. Wake Up Madagascar s’interroge sur le sort actuellement réservé aux déchets radioactifs hospitaliers.

Un enfant de moins de cinq ans sur deux est affecté par un retard de croissance dû à la malnutrition chronique. De ce fait, la Grande île perdrait chaque année 14,5 % de son PIB, soit 1,5 milliard de dollars.

Insécurité alimentaire : le Grand Sud en situation de crise - Appel du PAM pour une intervention rapide. Les communautés commencent à entrer dans une phase de crise alimentaire qui risque de s’aggraver si des actions de réponse coordonnées ne sont pas menées au plus vite. « Il faut agir vite et ensemble pour répondre à la situation de crise actuelle, mais également, préparer la résilience en vue d’affronter les mois et les années à venir », affirme la représentante du PAM, Fatimata Sidibe.

Trois ressortissants chinois ont été arrêtés pour agression sexuelle, tentative de viol et abus de pouvoir sur leurs employéesmalgaches.

Vente de jeunes filles malgaches en Chine : un important réseau démantelé. Cinq Malgaches ont été interpelés. Les victimes avaient pu entrer en contact avec leur famille via les réseaux sociaux. Ces jeunes filles une fois arrivées à destination ne se sont pas vues proposé de travail mais ont été mariées de force et violentées. Le réseau aurait déjà vendu une dizaine de filles depuis août 2017.

Corruption basée sur le genre : le Bianco en appelle à la diligence des victimes. Ce type de corruption n’est jamais évoqué au grand jour mais les abus sexuels subis par une employée de la part de leur supérieur hiérarchique sont monnaie courante, aussi bien dans le secteur privé que dans le public et connaitraient une recrudescence, selon une enquête menée avec le concours du Pnud. Ces pratiques concernent également des hommes et des enfants. Le Bianco va participer à l’élaboration de plans d’action. Les victimes sont exhortées « à dénoncer » et « à porter plainte ».

Campagne électorale : l’accès aux médias publics et privés réglementé. Le principe de l’égalité s’appliquera aux médias relevant du service public, le principe de l’équité devra être observé par les médias privés, explique le vice-président de la CENI. Concernant les médias privés, aucune discrimination ne pourra être opérée entre les candidats en mesure de prendre en charge financièrement le coût des créneaux horaires qui leur seront réservés. Les chaînes publiques donneront la parole à tous les candidats mais ces émissions seront payantes. Les candidats qui n’ont pas les moyens devront attendre les émissions gratuites organisées avec la CENI et qui garantiront l’égalité de chances de tous les candidats.

La CNIDH a conclu avec l’Office de la Radio-Télévision Publique de Madagascar (ORTM), un protocole d’accord sur la protection et la promotion des droits humains. L’objectif, selon la présidente de la CNIDH, est de pouvoir faire connaître ses actions et particulièrement rendre publics ses avis et recommandations.

Pov 24 08 18Le projet Toliara Sands contesté. Des organisations de la société civile dénoncent depuis des années ce projet minier qualifié de destructeur de l’environnement et des moyens d’existence des communautés locales. Le député de Toliara dénonce les « mensonges » de ses porte-paroles. Il évoque des risques graves pour la santé publique en raison de la radioactivité générée par l’exploitation de certains produits. Avec l’artiste Théo Rakotovao alias Mikea et les membres de l’association des natifs de la ville de Toliara et de la tribu Masikoro il a pris l’initiative d’une importante manifestation dans la capitale du Grand Sud. Les contestataires du projet font référence aux dégâts sociaux et environnementaux que subirait Tolagnaro du fait de l’exploitation e l’ilménite par QMM. Pour L’Express, « une contre-expertise par des organismes indépendants est plus que souhaitable ». Le quotidien suspecte d’éventuels dessous politiques dans ces manifestations d’opposition au projet, qui risquent de compromettre le chronogramme de démarrage de l’exploitation, prévu pour 2020/2021.

L’EITI exige la publication des informations exhaustives sur les revenus de l’Etat issus des industries extractives, ainsi que sur les paiements significatifs versés par les sociétés pétrolières, gazières et minières. Une demande d’informations supplémentaires pour les quatre sociétés à participation de l’Etat fait partie des recommandations émises par l’EITI International. L’ONG Taratra a exhorté l’Etat à appliquer une loi rendant obligatoire la publication de ces rapports par les sociétés concernées. Elle incite la société civile à lire tous les rapports de l’EITI pour un enrichissement des débats sur la contribution du secteur extractif au développement du pays.

Vers une recrudescence des trafics de bois de rose à l’approche de la présidentielle ? « À Madagascar, les négociants en bois de rose sont des faiseurs de rois, abattant non seulement les arbres mais aussi les gouvernements », affirme une importante enquête menée par l’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project). Suite à la publication de ce rapport qui révèle que les trafics de bois de rose se poursuivent, l’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International (TI) réclament la disqualification de trois candidats à la présidentielle, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et l’actuel chef de l’Etat. Les deux organisations exhortent tous les candidats à faire connaître publiquement leur position sur la question et à préciser les mesures qu’ils préconisent pour mettre un terme définitif à ces trafics. Elles se déclarent opposées à la vente des stocks saisis et déclarés par les particuliers que le gouvernement souhaite organiser avec le soutien de la Banque mondiale, alors que la plupart des mesures préconisées par la Cites pour combattre ce fléau n’ont pas été mises en œuvre. TI et l’AVG exigent que le gouvernement respecte ses engagements en matière d’investigations et d’enquêtes, afin que ce « crime environnemental international » ne reste pas impuni.

Les exportations d’or encadrées par l’Agence Nationale de l’Or ont fortement chuté en juillet. En cause, l’obligation rappelée par l’administration aux opérateurs de rapatrier les devises issues de ces transactions. La volonté de l’Etat d’instaurer la transparence dans cette branche semble effrayer certains opérateurs. Ayant des craintes pour leur sécurité, les détenteurs de fonds préfèreraient opérer dans l’ombre.

Madagascar victime de la culture sur brûlis, montrent des satellites américains haute résolution. La Grande Île est parsemée de points rouges et de nombreuses fumées dans le centre du pays. Les points de feu de brousse recensés ont presque doublé en un an.

La biodiversité du pays est en grand danger, rappelle RFI. Cyclones de plus en plus intenses, perturbation de la saison des pluies, calendrier cultural bouleversé… La population subit déjà les impacts du changement climatique.

Vente de carbone : 70 millions de dollars escomptés. Le programme national de réduction des émissions de gaz à effet de serre ayant été approuvé en juin, Madagascar a la possibilité de vendre 13,7 millions de tonnes de carbone, pour un montant de 70 millions de dollars sur 5 ans. Un décret REDD+ est en préparation pour réglementer les mécanismes internes.

Bras de fer entre la population locale et l’organisme gestionnaire du parc national des Tsingy de Bemaraha. Le litige porte sur le versement de 50 % des droits d’entrée à la commune de Bekopaka, qui prétend ne pas bénéficier des retombées de cette activité pour son développement. Des négociations se sont engagées entre les villageois, les autorités et les différents acteurs. Dans l’attente d’un règlement, les responsables locaux ont décidé de retirer temporairement à Madagascar National Park la gestion du parc. Un accord a été finalement trouvé entre toutes les parties prenantes. La commune sera plus étroitement associée à la gestion du parc et des engagements ont été pris pour la réalisation de diverses infrastructures communales.

Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), en partenariat avec le ministère de l’environnement, a lancé un projet de mise en place d’un Observatoire intégré sur la santé et l’environnement (CHEMOBS). Il pourrait, dans une certaine mesure, accompagner la mise en place prochaine d’un centre de stockage de déchets radioactifs d’origine médicale dont l’annonce a soulevé une grande inquiétude.

Sécurisation foncière. Le ministère de l'aménagement du territoire et des services fonciers annonce que les terres occupées mais non immatriculées et/ou cadastrées sont désormais considérées comme des propriétés privées non titrées et pourront être certifiées auprès des communes à travers les guichets fonciers.

La loi sur les Zones économiques exclusives (ZES) a été déclarée par la HCC conforme à la Constitution après réécriture de plusieurs articles. La loi est contestée par la société civile, à l’instar du Collectif Tany qui considère qu’elle ouvre la voie à l’accaparement des terres. Madagascar devrait compter à terme quatre ZES. Pour « Emergence de Madagascar », qui soutient Andry Rajoelina, « le régime actuel des ZES est une grande perte pour Madagascar ». La souveraineté de l’État serait amputée avec ce régime légal trop ouvert aux Etats et entreprises étrangères. Le CRAAD-OI et le Collectif Tany demandent que la loi sur les ZES ne soit pas promulguée. Les deux organisations jugent « qu’il serait plus raisonnable et dans l’intérêt de tous, y compris du président-candidat et de ses proches, que cette loi ne soit pas promulguée, ni avant les élections ni après ». De sérieuses questions se posent, selon eux, sur la séparation du territoire malgache en plusieurs « Etats ZES ». Les accaparements de terre et la perte de la souveraineté nationale restent présents dans le texte validé par la HCC.

Le Collectif Tany a lancé un appel à la vigilance pour faire obstacle à la réalisation d’un projet portant sur la réaffectation de 138 ha de terrains sur la commune d’Andranofotsy (district de Maroantsetra), conduisant à l’expulsion des propriétaires et des occupants.

La CNIDH dénonce des expulsions massives organisées dans la région Sava par de riches opérateurs économiques malgaches e/out étrangers, avec la complicité des autorités. Dans un fokontany, 2 000 personnes auraient été expulsées et leurs habitations détruites sous la protection des forces armées. Dans une autre localité, des centaines d’occupants d’un terrain de 53 ha subissent les menaces et représailles d’un opérateur chinois qui se l’est octroyé.

L’accaparement de terrains dans la région Sava est aussi le fait des Malgaches qui affluent dans la région, attirés par l’eldorado de la vanille et ses retombées économiques, rapporte Midi. Un phénomène d’émigration interne en provenance du Sud-Est qui préoccupe les autorités. Il en résulte de nombreux litiges fonciers. La région serait envahie de squatteurs qui viennent s’implanter sur des terrains titrés et bornés et refusent de quitter les lieux.

Madagascar et le Maroc avancent dans la concrétisation de l’accord cadre de partenariat signé en novembre 2016 avec Mohammed VI. Les deux parties se sont engagées à mettre en œuvre 22 projets touchant de nombreux domaines.

Quelles contreparties aux soutiens reçu par Andry Rajoelina pour son « Initiative pour l'émergence de Madagascar » (IEM? s’interroge La Lettre de l’océan Indien (LOI). Le candidat s’attacherait à récompenser les appuis à l’IEM, plateforme de réflexion qu'il a lancée le 26 janvier à Paris. Parmi eux figure une entreprise de pêche marocaine qui aurait fait l'objet d'un redressement judiciaire dans son pays en 2010.

La Chine a accordé un don de 30 millions de dollars pour la construction de la « route des œufs », axe de 19 km desservant les communes environnantes de Mahitsy, dans la banlieue nord de la capitale. Elle a confirmé son engagement à réaliser 200 forages pour l’approvisionnement en eau potable de la région de Morondava et à réhabiliter la RN5A Ambilobe-Vohémar qui relie les régions Diana et Sava, pour un montant estimé à 158 millions de dollars. L’UE aurait fort peu apprécié que ce chantier soit confié à une entreprise chinoise.

La Chine, la Corée du Sud, les États-Unis et l’Inde prospectent dans la région Menabe pour y implanter des usines et commercialiser les produits locaux. Un projet de partenariat Madagascar-Vietnam a vu le jour pour soutenir le développement rural et booster les rendements rizicoles très faibles de la Grande île.

Signature d’une convention de partenariat entre le Bianco et l’agence de coopération allemande GIZ. La coopération portera plus particulièrement sur les secteurs d’intervention de la coopération allemande : la décentralisation et l’environnement.

Dans son dernier point sur la situation économique, la Banque mondiale note que l’économie malgache connait une croissance soutenue depuis cinq ans mais que celle-ci n’est pas suffisamment inclusive pour réduire significativement la pauvreté. Les bonnes performances macroéconomiques ne sont pas ressenties par la population. D'après la Banque, 78 % des Malgaches vivaient avec moins de 1,9 dollar par jour il y a cinq ans, et ils sont aujourd'hui 75 %.

Pour la Coface, « l’organisation des élections présidentielles présente un risque non négligeable ». Dans son dernier classement risques-pays, elle place encore Madagascar dans la catégorie D qui regroupe les pays à risques très élevés pour les investissements.

Les incertitudes de la conjoncture pré-électorale pèsent sur les activités d’importation. Les opérateurs jouent la carte de la prudence et différent leurs décisions d’investissement.

Jirama : un gap de 500 milliards Ar par an dû aux arriérés des ministères et institutions. En dépit de cette situation qui perdure depuis de longues années, les mauvais payeurs n’ont pas été sanctionnés. Ce manque à gagner annuel est d’une centaine de milliards Ar supérieur à la subvention que la Jirama a reçu de l’Etat en 2017.

Produits pétroliers : la vérité des prix imposée par le FMI risque de menacer la paix sociale, selon Tribune. Une nouvelle hausse du prix des carburants est inévitable, indique le gouvernement. Il resterait encore 500 Ar d’écart entre le prix de référence calculé et le prix à la pompe. Le rattrapage exigé devrait se poursuivre par étapes. L’écart était jusqu’ici comblé par le budget de l’Etat qui versait des subventions aux pétroliers.

Le mouvement de grève des enseignants du public n’a pas eu de répercussion significative sur les premiers examens officiels.Le syndicat des enseignants Sempama Nosy a suspendu son mot d’ordre de grève sans renoncer à ses revendications. Il a demandé aux enseignants des classes d’examen de reprendre les cours afin de préparer au mieux les élèves à affronter les épreuves du BEPC et du baccalauréat qui vont se tenir dans les semaines à venir.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation de l’élection présidentielle du 7 novembre 2018
  • Le dépôt de candidatures et la pré-campagne électorale

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Santé, insécurité alimentaire
  • Droits des femmes, traite
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Mouvements sociaux dans l'éducation

 

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23 juin 2018

ARTICLES REMARQUES - JUIN 2018

<> 23 06 18 - Le Monde - Laurence Caramel - Madagascar rattrapée par ses vieux démons
La Grande île est plongée dans la crise depuis deux mois. Le processus électoral est suspendu aux affrontements entre les trois principales figures politiques du pays. Deux mois après le début de la crise provoquée par l’adoption de lois électorales non conformes à la Constitution et la répression des manifestations qui a suivi, le feu couve toujours à Madagascar.

<> doc 20 06 18 - OIT - Briser la violence au travail - Enquête à Madagascar
La 107e Conférence internationale du Travail (CIT) a commencé cette année à aborder la question de la violence et du harcèlement contre les femmes et les hommes dans le monde du travail. Elle poursuivra ses travaux l’an prochain pour une seconde discussion. Même si elles prennent parfois des modalités différentes selon le niveau de développement, les principales formes de violence au travail se retrouvent partout dans le monde. Dans les pays les plus pauvres, ces pratiques inacceptables sont souvent encore aggravées par la pauvreté. Enquête à Madagascar.

- 17 06 18 - L'Express - La société civile vilipende le gouvernement
Le mouvement de la société civile Rohy doute de la capacité du gouvernement, fortement marqué par les partis politiques HVM, Mapar et TIM, à organiser des élections crédibles. Ses représentants se disent « affligés » par le profil des titulaires de postes ministériels clé. Leur nomination aurait été effectuée sur des critères purement politiques, étrangers aux intérêts supérieurs de la nation. Plus particulièrement dans le collimateur, les ministres des mines, de l’aménagement du territoire, des ressources halieutiques, du commerce et de l’industrie, de la communication. La société civile avait milité pour la formation d’un gouvernement de technocrates, considéré comme le mieux à même de conduire aux élections. La nomination du premier ministre Christian Ntsay avait été bien accueillie mais forte a été la déception de constater que le gouvernement est désormais sous la coupe du triumvirat formé par les protagonistes de la crise politique, dont on ignore jusqu’au contenu de l’accord politique qu’ils ont conclu entre eux. La société civile redoute une politisation des ministères à caractère social dans un but électoraliste.

pov 12 06 18

<> 12 06 18 - Le gouvernement d’« union nationale » est formé. « La formation de ce gouvernement est issue d'un dialogue entre différents acteurs politiques de la crise à laquelle nous mettons fin ce jour », a déclaré Hery Rajaonarimampianina devant les 30 membres de la nouvelle équipe. Sept sont membres du Mapar. Parmi eux, des figures bien connues de la place du 13-Mai comme Christine Razanamahasoa, l'une des leaders des députés de l'opposition, nommée ministre de l'aménagement du territoire. Le TIM obtient quatre ministères. Le député Guy Rivo Randrianarisoa, proche de l'ancien chef de l'État devient ministre de l'industrie et du développement du secteur privé. Mais la plupart des portefeuilles clés échappent à l'opposition et ce gouvernement d'union est surtout composé de ministres issus de la majorité présidentielle. Sept ont même été reconduits à leur poste. C'est notamment le cas de la ministre des finances ou encore du ministre de la défense, le général Béni Xavier Rasolofonirina, qui a pris plusieurs fois la parole ces dernières semaines pour demander au régime et à l'opposition de trouver rapidement un accord de sortie de crise. On total, on compte 22 entrants pour 23 sortants.

L’Express titre : « Le gros lot au HVM, les miettes au Mapar-TIM ». Une équipe disparate, résolument politique, au grand dam de la société civile, dans laquelle chaque composante a pris soin de placer ses ténors. Les ministres régaliens de l’ancienne équipe ont été reconduits, sauf au ministère de l’intérieur. Pour le quotidien, la composition de l’équipe résulte d’une laborieux compromis et non d’un véritable consensus. La mission de chacun semble être de défendre les enjeux électoraux de son camp.

Pour Midi, la composition de la nouvelle équipe ne respecte pas la clé de répartition prévue dans la décision de la HCC, elle est « une insulte aux manifestants de la Place du 13-Mai » qui exigeaient « un gouvernement à zéro redoublement et zéro HVM ». « Elle risque de ne pas apporter l’apaisement souhaité pour l’organisation des élections », redoute le quotidien. La députée TIM Hanitra Razafimanantsoa, leader de la place du 13-Mai a laissé entendre qu’elle ne pouvait pas entrer dans ce gouvernement.

Pour La Gazette, « le nouveau gouvernement est à lui seul une institution insolite composée de têtes déjà connues et surtout des plus grands hors-la-loi du pays. Parmi ces ministres, il y en a qui ont des comptes à rendre à la justice, mais qui vont bénéficier d’une immunité, d’autres sont inculpés dans des affaires de trafic de stupéfiants ».

Tribune écrit : « Si l’on s’attendait à un gouvernement neutre et neuf, la formation Ntsay aura finalement été un partage de sièges pour satisfaire les acteurs de la crise politique. Peut-on alors en attendre un quelconque changement ? »

Les médias notent que Christine Razanamahasoa va devoir cohabiter avec Vonintsalama Andriambololona qui l’avait fait déloger de la villa « Jean Charles » en sa qualité de ministre responsable du patrimoine de l’Etat et des logements administratifs. Une expulsion qu’elle avait qualifiée d’« humiliante et indigne ». Autre nomination qui interpelle : celle du vice-président HVM du Sénat pour la province de Fianarantsoa, Riana Andriamandavy VII, nommé ministre de la communication et des relations avec les institutions, qui aura en charge l’application des règles d’équité entre candidats lors de la présidentielle. L’homme a défrayé la chronique pour avoir défendu par des procédés plus que contestables l’ex-conseillère du chef de l’Etat, Claudine Razaimamonjy.

13/06 - La composition du gouvernement sème la zizanie au sein du groupe des « députés pour le changement ». Plusieurs de leurs leaders ont refusé d’intégrer la nouvelle équipe. Le rassemblement quotidien de la place du 13-Mai s’est tenu en présence de plusieurs milliers de manifestants dépités et déstabilisés. Certains ont exigé la démission des ministres Tim et Mapar nouvellement nommés, d’autres leur « comparution » devant les manifestants. Nombre d’intervenants ont dénoncé « une violation grave et flagrante » des décisions de la HCC du 25 mai. Rado Rabarilala, pilote d’Air Madagascar suspendu de ses fonctions et dirigeant syndicaliste, souligne que si les députés abandonnent la lutte sur la place du 13-Mai, les syndicalistes les relayeront. Les syndicalistes de la SSM (Solidarité Syndicale de Madagascar) déplore qu’aucun des noms de potentiels ministres qu’elle a proposés n’a été retenu et que la lutte doit se poursuivre et se renforcer jusqu’à obtention de la démission du chef de l’Etat. « Le gouvernement a accouché d'un monstre à sept têtes. Il faut l'enterrer sans condition », a tranché un député indépendant. Les leaders du mouvement annoncent une grande mobilisation « pour décider de la suite de cette lutte ».

- 11 06 18 - Amnesty International - Flash - Un militant écologiste condamné à une amende absurde sur fond de répression persistante
Le 8 juin, après avoir passé plus de trois semaines en détention, Christopher Manenjika a été déclaré coupable de « rébellion » et d’« outrage à fonctionnaires ». Les poursuites intentées à son encontre s'inscrivent dans la lignée de plusieurs inculpations de militants écologistes sur l'île, dont beaucoup encourent des peines de prison. « La ressemblance est frappante entre le cas de Christopher et celui d'autres militants écologistes à Madagascar, eux aussi en butte à des accusations de " rébellion ", qui sont un prétexte pour les réduire au silence », a déclaré Amnesty International. Le montant absurde – 6,80 euros – de l’amende infligée à un militant écologiste sur la base d’accusations forgées de toutes pièces est le dernier exemple de la répression que mène le gouvernement malgache contre ceux qui dénoncent le trafic illicite de ressources naturelles du pays, a déclaré Amnesty International. L’alerte avait été donnée le 29 mai par un communiqué de la CNIDH : Communiqué de la CNIDH
Voir aussi l'article du Blog d’Environmental Investigation Agency (EIA) :

Pas un de plus: une autre voix pour la forêt réduite au silence à Madagascar

Une prise de conscience prend forme à l'échelle du globe concernant le destin parfois tragique des défenseurs de l'environnement et de leurs familles, présents sur le front tous les jours et réduits au silence, menacés ou même assassinés.





- 08 06 18 - Communiqué du SeFaFi - Les enjeux du recensement
Les agents recenseurs rencontrent des obstacles dans la collecte des informations auprès de la population
. Le contexte politique incite celle-ci à faire preuve de méfiance. Les questions portant sur le niveau de vie et la situation des ménages suscitent le plus de craintes, l’objectif recherché n’étant pas compris. Pour nombre de personnes, le recensement consiste simplement à dénombrer la population. La phase préalable constant à numéroter les habitations n’a pas pu être achevée dans de bonnes conditions, faute de pouvoir leur attribuer des adresses précises. Le SeFaFi explique les raisons de cette défiance de la population. Le directeur général de l'Instat reconnait une défaillance dans la sensibilisation de la population et affirme que le questionnaire sera bientôt mis en ligne. Autre problème, qui est venu perturber le recensement : certains agents n'ont pas reçu leurs indemnités et ont donc cessé de travailler. De quoi retarder d'une dizaine de jours la fin de cette opération d'envergure prévue initialement le 10 juin. Les premières données sont attendues pour courant octobre.

06 06 18 - Jeune Afrique - Un parfum de fin de règne pour Rajaonarimampianina
Si la Haute Cour constitutionnelle n’a pas osé déchoir le très contesté chef de l’État, le rappel à l'ordre qu'elle lui a signifié a ouvert de facto la course à sa succession. Et la nomination, lundi 4 juin, de Christian Ntsay au poste de premier ministre ne change rien au parfum de fin de règne qui flotte sur Antananarivo.  Hery Rajaonarimampianina est bien victime d’un « coup d’État ». Pas militaire, comme le furent certains de ses prédécesseurs, et encore moins populaire, contrairement à ce que le président malgache avait un peu vite affirmé, au soir du 22 avril, quand il s’agissait de parer au plus pressé après la mort de plusieurs manifestants, mais bien constitutionnel.

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05 06 18 - Christian Ntsay nommé premier ministre de consensus
. « J’ai nommé premier ministre Christian Ntsay, un homme expérimenté et ayant les compétences pour l’apaisement » a affirmé le chef de l’Etat. Haut fonctionnaire international, l’homme n’est pas totalement nouveau dans l’administration malgache. Né le 27 mars 1961 à Antsiranana, il a occupé des postes de direction dans des sociétés d’Etat dont le Secren et la Solima. De 2002 à 2003, Ntsay Christian a été ministre du tourisme sous Marc Ravalomanana. Le nouveau locataire s’est également distingué sur la scène internationale, ayant officié pour de nombreuses branches des Nations unies avant sa nomination en tant que représentant résident du BIT pour Madagascar, Maurice, les Comores et les Seychelles. Ntsay Christian est diplômé en techniques de gestion et de direction d’entreprises au Centre d’études financières, économiques et bancaires de Paris. Il possède une licence en sciences économiques de l’université d’Antananarivo. Bien que présenté par le Mapar, il serait sans attache politique. D’après Midi, sa nomination aurait bénéficié de la bénédiction des partenaires techniques et financiers. Selon les informations émanant de la présidence de la République, sa mission est « de mettre en place un gouvernement ouvert aux autres forces politiques, lequel aura la responsabilité commune de garantir clairement le processus électoral ».il aura notamment la charge de préparer et de garantir la crédibilité des élections présidentielles anticipées.

Les « députés pour le changement » ont contesté cette désignation qui ne découlerait pas de la liste qu’ils avaient soumise, exigeant que le poste soit attribué à l’un des leurs. Le député Mapar Brunel Razafitsiandraofa de rajouter que seuls son nom, celui de Christine Razanamahasoa et celui de Tinoka Roberto avaient été présentés au chef de l’État. La présidence de la République, en revanche, a affirmé que cette nomination avait pu se faire grâce à un accord politique entre les protagonistes de la crise. Au final, le nom de Christian Ntsay a bel et bien été proposé par le Mapar. Hery Rajaonarimampianina aurait refusé la première liste qui lui avait été soumise. Sur celle-ci figurait le nom des trois députés du Mapar. Une deuxième liste aurait alors été envoyée, sur laquelle Christian Ntsay figurait. Tribune s’interroge sur le double langage tenu par les représentants du Mapar, qui se montrent réticents à admettre que le parti a conclu un accord en bonne et due forme avec le pouvoir, à l’insu des « députés pour le changement », particulièrement ceux du TIM, qui doivent maintenant s’y soumettre bon gré mal gré. Les manifestations sur la place du 13-Mai vont probablement cesser. Au micro RFI le chargé de communication du Mapar, Augustin Andriamananoro, a exprimé sa satisfaction quant à la nomination de Christian Ntsay. A en croire le député Mapar Brunel Razafitsiandraofa, « viendra le temps d’annoncer la fin des manifestations sur la place du 13-Mai. La lutte continuera mais ne se fera plus sur la place publique ». Le TIM de Marc Ravalomanana n’a pas encore confirmé son association à l’accord politique conclu. L’UA a salué l’effort mené pour trouver un consensus politique qui a permis la nomination de ce nouveau premier ministre de consensus.

Nommé le 15 avril 2016, Olivier Mahafaly a battu le record de longévité à la tête du gouvernement sous la IVe République, malgré les menaces de motion de censure qui ont pesé sur lui. Les propos qu’il a tenu lors de l’annonce de sa démission laissent penser à certains qu’il pourrait se porter candidat à la présidence de la République.

En application de la décision de la HCC du 25 mai, Christian Ntsay dispose de 7 jours pour former son gouvernement.

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06/06 - Face aux manifestants de la place du 13-Mai, les « députés pour le changement », divisés, ont tenté de jouer la carte de l'apaisement en affirmant accepter la nomination du nouveau premier ministre issu d'aucune de leurs deux mouvances mais les élus pro-Ravalomanana n’ont pas hésité à affirmer, amers, qu’Andry Rajoelina n'avait pas consulté leur chef de file pour négocier le nom du chef de gouvernement avec le chef de l’Etat. Ce qu’a confirmé Marc Ravalomanana qui a déclaré : « Quelle réunion ? Quel accord ? J’ai appris comme tout le monde le nom du premier ministre le jour de sa nomination ». « Beaucoup d'entre nous ont pris cette nomination comme une trahison », a enchainé Hanitra Razafimanantsoa, députée TIM. Une trahison aussi envers les manifestants de la place du 13-Mai. « Il y a eu quelque part une volonté de tromper le TIM qui pourtant était un allié dans la lutte pour le changement. (…) Nous ne nous sommes pas accordés avec le Mapar sur cette personne. On se demande d’où vient cette proposition », a déclaré Naika Eliane, vice-présidente du TIM pour la province de Toliara et ancienne sénatrice. Le député Roberto Tinoka du Mapar, quant à lui, a soutenu que le choix avait été effectué lors d’une entrevue entre Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et Hery Rajaonarimampianina, à l’initiative de la communauté internationale. « Au sein du Mapar, on assume ce choix car l’objectif est de préparer les élections au plus vite », affirme-t-il affirmé. La communauté internationale a fait part de sa satisfaction.

Prochaine étape décisive : la composition d'un nouveau gouvernement d'union nationale. Cette fois, les députés de l'opposition comptent bien être associés aux négociations, même si une clé de répartition des portefeuilles semble avoir été déterminée dans le cadre de l’accord politique conclus. Elle reposerait sur l’état des forces en présence à l’Assemblée nationale, révèle le président du Sénat et chef de file du HVM. La société civile militerait au contraire en faveur d’un gouvernement de technocrates. Les élus d’opposition ont appelé le nouveau premier ministre à venir les rencontrer au plus vite place du 13-Mai où les rassemblements sont maintenus. Il lui serait demandé de s’engager à appliquer les desiderata formulés par les manifestants. La pression continue donc de s’exercer sur Hery Rajaonarimampianina mais la revendication de démission du président de la République ne semble plus faire l’unanimité parmi les « députés pour le changement ».

Pour le juriste Imbiky Herilaza, cette nomination ne résout en rien la question des dérives de gouvernance, ni la question de l’impunité des politiciens lorsqu’ils sont placés à la tête du pays. Cette nomination confirme également selon lui que la Constitution de la IVe République n’a pas joué son rôle de garde-fou. Selon Fanahimanana Tiaray, juriste, les pouvoirs du président de la République ont été remis en cause par une juridiction, la HCC, dont la mission n’est pas de faire et de défaire les gouvernements. Le nouveau gouvernement ne pourra pas être dissout par le chef de l’Etat, alors qu’il s’agit de l’une de ses prérogatives. Et de conclure : « Ainsi, après la nomination de ce nouveau premier ministre et la formation du gouvernement de consensus, l’institution du président de la République ne semble plus disposer d’aucun pouvoir constitutionnel à part la signature de décret et la promulgation des lois. La nomination du premier ministre a tout simplement réduit l’institution du président de la République à un rôle figuratif en passant outre la Constitution ».

Midi redoute que l’organisation de l’élection présidentielle, tâche prioritaire du nouveau gouvernement, se fasse sur la base des lois électorales promulguées dans les conditions que l’on sait et qui sont très largement contestées. Leur révision exigerait qu’elles fassent l’objet d’un nouvel examen au Parlement mais pour l’heure les députés d’opposition maintiennent leur refus de siéger en présence de leurs collègues du HVM.

 

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25 septembre 2019

ARTICLES REMARQUES - SEPTEMBRE 2019

<> doc  25 09 19 - Mongabay - Un projet d'exploitation minière à Madagascar déclenche des manifestations et divise la communauté
Une société minière australienne, Base Resources, prévoit de débuter bientôt son projet d’exploitation de sables minéraux dans le sud-ouest de Madagascar, projet dénommé Base Toliara. La compagnie affirme que le projet représente une opportunité de développement pour la région. Il est appuyé par la plupart des représentants gouvernementaux et des maires locaux. Toutefois, des groupes d’opposition locaux ont réclamé l’abandon de ce projet, invoquant les nombreux impacts environnementaux négatifs qu’il pourrait entraîner et en soutenant que celui-ci a été rendu possible en raison d’ententes foncières corrompues. Il a été question de disputes entourant le projet dans les médias malgaches depuis déjà plusieurs années, et celles-ci deviennent de plus en plus enflammées à l’aube de la concrétisation. Plus récemment, un tribunal de Madagascar a libéré neuf membres de la communauté qui ont été détenus pendant six semaines, accusés d’avoir participé à la destruction du camp d’exploration de Base Resources.

-16 09 19 - CRAAD-OI - Collecti Tany - Projet Base Toliara - Lettre ouverte au Président de la République
Les deux organisations adressent une lettre ouverte au chef de l’Etat pour lui demander de prendre d’urgence la décision d’arrêter le projet « Base Toliara » en raison notamment des risques que feraient subir le minerai de zircon, dont le taux de radioactivité est élevé. Ces données sur la dangerosité du minerai proviennent de l’étude de faisabilité publiés par Base Resources, la société-mère de Base Toliara, le 21 mars 2019. Ce document précise que le taux de radioactivité empêchera l’exportation du zircon vers les Etats-Unis et le Japon, en raison des normes relatives à la radioactivité en vigueur dans ces pays. En outre, la perte des terres et des moyens d’existence des dizaines de milliers d’agriculteurs et de pêcheurs de la région ne pourra pas être compensée par les emplois que la société déclare vouloir créer. Les effets destructeurs des opérations minières sur un environnement déjà fragilisé par le changement climatique seront inévitables et irréversibles, malgré les efforts pour les « amoindrir et les minimiser ».

- 11 09 19  - Fin de la viste du pape François

pov 11 09 19

- 09 09 19 - Le Monde - Le pape François a renoué avec les critiques les plus virulentes contre la "mondialisation  économique"
Durant son déplacement, le chef de l’Eglise catholique a également fustigé la corruption, l’abandon des pauvres ou encore la déforestation, visant notamment les dirigeants du pays.

- 08 09 19 - Le Monde Afrique - A Madagascar le pape François s'alarme de la pauvreté et de la déforestation
Le pape François a renoué, dans l’océan Indien, avec ses critiques les plus véhémentes contre « la mondialisation économique dont les limites sont toujours plus évidentes ». Ces limites ont pour nom accaparement des ressources aux mains de quelques-uns, marginalisation croissante des plus pauvres, privés de travail, corruption des élites, dévastation de la planète, destruction des forêts, appauvrissement culturel des peuples, aliénation des pays les plus défavorisés. A l’heure où la menace de la déforestation inquiète et où des forêts flambent, le chef de l’Eglise catholique a dénoncé la situation et ainsi introduit, à Madagascar, le prochain synode des évêques sur l’Amazonie, qui aura lieu à Rome en octobre et qui traitera de problématiques à dimension très politique.

- 08 09 19 - Vatican News - Le pape à Madagascar - Décryptage du père Sylvain Urfer du SeFaFi
Pour la deuxième étape de ce 31eme voyage apostolique, le Souverain Pontife s’est envolé direction Madagascar. Comme le veut la tradition, cette intense journée a débuté avec le discours aux autorités. Analyse avec le père Sylvain Urfer, directeur l’observatoire de la vie publique sur la Grande Ile.

- 06 09 19 - Tribune - La venue pontificale est en train de plonger le pays dans un profond état de transe
Une situation qui rappelait sans doute cette confidence passée par un Rajoelina, encore novice en politique qui avait confié aux journalistes : "Les gens disent que je suis le messie." Tous les intellos proches du pouvoir encensent cette future page de l’histoire en pratiquant la génuflexion de circonstance devant l’homme saint, mais aussi devant son maître de cérémonie, qui lui est ravi de pouvoir être sous le faisceau des sunlights pour une intronisation officielle au sein du gratin international.

- 05 09 19 - Le Monde Afrique - Madagascar lentement grignotée par les sectes évangéliques

Trente ans après la visite de Jean Paul II, Madagascar se prépare avec émotion à recevoir le pape François dont le portrait pavoise les rues de la capitale. Le souverain pontife arrivera sur la Grande Ile vendredi 6 septembre pour un voyage de trois jours, dont le temps fort sera la messe prévue le dimanche devant un parterre annoncé de 800 000 personnes. La rencontre qui suivra avec le père Pedro dans le village d’Akamasoa, dans la banlieue d’Antananarivo, devrait également être l’occasion pour le chef de l’Eglise catholique de marteler son appel à combattre davantage la pauvreté.

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02 09 19 - Amnesty International - Mozambique/Madagascar - La visite du pape offre l’occasion d’aborder la question des violations des droits humains
Amnesty International demande au pape François en visite dans ces deux pays début septembre d’évoquer les problèmes urgents relatifs aux droits humains avec les dirigeants de Madagascar et du Mozambique. L’organisation a recensé de graves violations des droits humains dans les deux États, notamment le recours à la détention provisoire prolongée dans des conditions inhumaines à Madagascar et des violences de plus en plus nombreuses contre des journalistes et des défenseurs des droits humains au Mozambique. Elle demande au pape François de profiter de sa visite pour souligner le besoin de justice et de réforme. « L’apparat qui entoure la visite du pape François offre l’occasion de braquer les projecteurs sur les violations des droits humains à Madagascar et au Mozambique. Lors de ses rencontres avec les autorités, le Saint-Père doit évoquer les crises des droits humains qui frappent les deux pays et rappeler à leurs dirigeants que le monde entier les regarde, a déclaré Muleya Mwananyanda, directrice adjointe pour l’Afrique australe à Amnesty International. La voix du pape sur les violations des droits humains commises dans ces deux pays pourrait être un outil puissant pour amener le changement. »

<>  01 09 18 - AFP/RTL.be - A Madagascar, le cimetière aux fœtus de Volatiana
La politique de planning familial à Madagascar, où le taux de fécondité dépasse 4 enfants par femme, est un échec. Les barrières sont financières, culturelles et liées à la disponibilité des contraceptifs. A Madagascar, pays majoritairement chrétien où le pape François est attendu, l'avortement est illégal, y compris en cas de viol, et passible de dix ans de prison. Les pro-avortement se prennent à rêver, sans trop d'illusions, que François profite de sa visite pour amender le discours de l'Eglise catholique contre l'IVG. Reportage.

 


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30 mars 2018

REVUE DE PRESSE - MARS 2018

SYNTHESE MARS 2018

AAALa société Tiko-AAA d’Andranomanelatra-Antsirabe, propriété de Marc Ravalomanana, est dans le collimateur des autorités qui ont renforcé les scellés apposés pour lui interdire de poursuivre son activité. Les produits Tiko-AAA ont été retirés du marché sur décision du ministère du commerce et de la consommation, pour cause d’absence de permis environnemental. Le scellage du domaine ayant été renforcé, la survie du troupeau de 168 vaches laitières aurait été compromise. Des photos d’animaux morts ont été postées sur les réseaux sociaux. Le chômage technique a été décidé pour 700 des 800 employés du site. Quelques 3 000 emplois indirects seraient menacés. L’ambassadeur des Etats-Unis, qui avait fait savoir qu’il suivait attentivement l’affaire, a été convoqué au ministère des affaires étrangères. Le tribunal a finalement ordonné la levée du blocage. Pour la préfète du Vakinankaratra, toute cette affaire est une intox venant du camp Ravalomanana. Pour Tribune, « il apparait évident que l’enjeu est politique (…) étant donné qu’il peut s’agir de la première source de financement pour l’ancien président qui a d’ores et déjà annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle ».

Menace sur la candidature de Marc Ravalomanana ? Le projet de loi organique relative à la présidentielle de 2018 innove, en exigeant, parmi les pièces à fournir, un extrait de casier judiciaire bulletin n°2 sur lequel sont détaillées toutes les condamnations prononcées, y compris les condamnations avec sursis. Dans le cas de l’ancien président figurerait donc sa condamnation par contumace aux travaux forcés à perpétuité et le jugement déclaratif de faillite ou de règlement judiciaire qu’encourt le groupe Tiko-AAA. La HCC qui arrête la liste définitive des candidats pourrait donc déclarer sa candidature irrecevable, alerte Midi.

Un engin explosif a frappé le siège du parti présidentiel HVM. L’attaque intervient dans un contexte politique tendu, marqué par les désaccords sur l’adoption des textes électoraux. Pour Matv, cet attentat risque d’engendrer une spirale de violence. Certains observateurs considèreraient qu’il s’agit d’une « manœuvre visant à reporter les élections ». ». Des responsables du parti présidentiel auraient en effet affirmé que les élections ne peuvent pas se tenir si perdure un climat d’insécurité ou si s’instaure un climat de tension.

La préfecture de Mahajanga a interdit une inauguration en raison de la venue d’Andry Rajoelina, invité par le maire, élu sous les couleurs du Mapar. Le secrétaire général de la préfecture avait donné son aval à cette manifestation quelques jours plus tôt. Suite à ce revirement, les forces de l’ordre ont été déployées dans la ville. La délégation du Mapar a annoncé le maintien du programme. Un recours en annulation de la décision a été déposé auprès du tribunal administratif.

Démocratie et Etat de droit - Le HCDDED bientôt opérationnel. Le décret de nomination de ses membres aurait été signé. Il est probable dans ces conditions que le chef de l’Etat ait désigné le membre manquant relevant de con choix. Le retard pris depuis un an dans la mise en place de cet organe constitutionnel s’expliquerait par la réticence du pouvoir à voir siéger Anaclet Imbiky, ancien ministre de la justice de Didier Ratsiraka, proposé par la CNIDH. La mise en place du HCDDED pourrait débloquer l’installation de la HCJ, une obligation constitutionnelle non respectée.

elections montage

Le mouvement Rohy a recommandé l’ouverture de véritables débats pour permettre l’amélioration des textes électoraux avant leur arrivée au Parlement. Le SeFaFi a proposé pour sa part dans un communiqué de mettre à profit la période d’examen des textes électoraux par les élus pour suggérer des modifications susceptibles d’améliorer le processus.

Une seconde session extraordinaire de 12 jours, pour l’examen de 12 projets de loi, dont les lois organiques relatives aux élections, s’est achevée sans que l’ordre du jour ait pu être épuisé. Le vote des textes électoraux, prévu le 20 mars, a été ajourné à la demande de 70 députés pro-régime, tandis que 68 parlementaires Mapar, TIM et indépendants réclamaient la poursuite des débats pour inclure l’examen des 87 amendements rédigés durant les travaux de commission et que le pouvoir refuse de prendre en considération. Selon le président du groupe Mapar, le report a été demandé par les élus pro-régime parce qu’ils ne sont pas parvenus à recueillir les 76 voix requises pour une adoption des textes sans prise en compte des amendements. Les débats se sont tenus dans une atmosphère houleuse, sur fond de rumeurs d’achat de votes. Les journalistes ont été pris à partie. Une 3e session a été convoquée, une 4e n’est pas à exclure. La Constitution donne au pouvoir la possibilité de légiférer par ordonnance en cas de blocage.

Lors de sa visite en France, le ministre des affaires étrangères a déclaré que le premier tour de la présidentielle aura lieu le 24 novembre et le deuxième le 24 décembre. Cette annonce, effectuée à l’étranger, a surpris, voire choqué, les projets de lois électorales venant tout juste d’être déposés au Parlement. Le premier ministre a été contraint de préciser que ces dates sont encore officieuses, en attendant la signature du décret de convocation des électeurs, qui devra être pris après avis de la CENI. Ce calendrier, s’il est confirmé, est jugé particulièrement mal choisi. Si ces dates sont entérinées, Hery Rajaonarimampianina ; s’il se confirme qu’il est bien candidat à sa propre succession, devrait démissionner au plus tard le 24 septembre. En tout état de cause, son actuel mandat expirera le 25 janvier 2019.

Pour la juriste Sahondra Rabenarivo, membre du SeFaFi, « si la nouvelle loi ne va pas dans le sens de l’amélioration et de la consolidation des acquis des élections de sortie de crise, mieux vaut travailler avec l’existante et avancer. (…) Ainsi, tout ce processus, au lieu de nous offrir un modèle positif de l’exercice démocratique, se termine dans la confusion, la méfiance et l’amertume ». S’ils marquent un progrès sur un certain nombre de points, les textes déposés présenteraient de régressions préoccupantes.

Andry Rajoelina condamne « le forcing du pouvoir » concernant les lois électorales et le manque de transparence dans la préparation du scrutin. Les textes élaborés tendent, selon lui, à favoriser le candidat du pouvoir.

Didier Ratsiraka se dit inquiet des risques encourus à vouloir organiser des élections sans une véritable réconciliation nationale préalable et des progrès accomplis dans la lutte contre l’insécurité

Le Cercle de réflexion pour l’avenir de Madagascar (CRAM) redoute lui aussi une nouvelle crise post-électorale. Il revendique la mise en place d’une transition ayant pour mission d’organiser une concertation et une réconciliation nationales.

Le Conseil du Fampihavanana Malagasy s’érige en garant de la stabilité politique avant, pendant et après les élections. Sans empiéter sur les attributions de la CENI et du ministère de l’intérieur, il se fixe comme objectif d’instaurer un climat favorable à la tenue des élections, à la culture du dialogue, au respect de la parole donnée et la concrétisation des engagements signés.

Appuyée par l’UE, la société civile a lancé son « Observatoire des élections ». Un outil qui grâce à des milliers d'observateurs bénévoles mobilisés sur toute l'île, permettra de répertorier les mauvaises pratiques et fraudes électorales et de dénoncer auprès des autorités compétentes les candidats contrevenants. 5 400 observateurs ont déjà été sélectionnés. Ils couvriront 7 des 22 régions.

Lancement du Projet d’appui à la prévention de la gestion de conflits et violences potentiels liés aux élections à Madagascar (PEV). Financé par l’UE à travers l’Instrument contribuant à la stabilité et à la paix, il est doté d’un million d’euros et couvre la période janvier 2018 à août 2019.

Pas de droit de vote pour la diaspora. Le droit de vote des Malgaches de l’étranger avait été évoqué à l’occasion du premier forum de la diaspora en octobre 2017. Quatre mois et demi après c’est le statu quo.

L’Inde conforte sa présence à Madagascar.  Ram Nath Kovind est le premier chef d’Etat indien à se rendre dans la Grande île, accompagné d’une forte délégation. Les deux pays partagent les mêmes préoccupations géostratégiques dans cette région de l’océan Indien qui voit une présence accrue de la Chine. Plusieurs accords de coopération ont été signés.

Iles Eparses - Le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères français, en visite à Madagascar, affirme que « l’important c’est de maintenir le dialogue ». Il indique que des experts des deux pays vont se réunir pour trouver « une solution créative à cette problématique ».

Robert Yamate, ambassadeur des Etats-Unis sur le départ après un séjour de 3 ans ½ à Madagascar, réitère que la prochaine présidentielle ne doit exclure aucun candidat.

Edgard Razafindravahy a rencontré pour la seconde fois les associations et ONG œuvrant pour la promotion des droits de l’homme. Le leader du parti ADN, ex-PDS d’Antananarivo, candidat à la dernière présidentielle et patron du quotidien L’Express, a réuni une vingtaine de représentants de la société civile en vue de la mise en œuvre d’actions concrètes en faveur des populations les plus vulnérables.

Le Rapport mondial des Nations unies sur le Bonheur est accablant pour Madagascar. La Grande île serait l’un des pays les plus malheureux du monde, classé 143e sur 156 pays répertoriés.

Mobilisation contre l'insécurité. Pour la première fois, la société civile, le secteur privé et les syndicats de travailleurs se sont exprimés d’une même voix pour pousser les autorités à agir contre les violences quotidiennes et toutes les formes d’insécurité qui frappent la population. La plateforme dénommée Aok' Zayça suffit ») a lancé un appel à participer à une « flash mob » pour exiger des autorités l'organisation d'une table ronde. L’initiative a connu un certain succès. La presse s’est félicitée de la promotion par la société civile de nouvelles formes de contestation non-violente.

Le premier ministre a mis en cause des responsables des forces de l’ordre et des responsables territoriaux dans la persistance des vols de zébus. La justice est accusée de laxisme, voire de compromission. Le cheptel national de bovidés est en régression préoccupante, en raison principalement de l’insécurité rurale qui se généralise.

Une centaine de dahalo ont incendié un village dans le district d’Ifanadiana, faisant 1 300 sans-abris. Des bâtiments administratifs et des églises ont été réduits en cendre.

Vindicte populaire : plusieurs actes ont encore été signalés. Pris en flagrant délit, un voleur de vanille verte a été abattu par la population à Sambava. A Vangaindrano, un opérateur économique suspecté de trafic d’ossements humains a été lynché à mort. A Antsohihy, un gendarme a été noyé par des villageois et un groupe d’auto-défense a exécuté un homme suspecté du vol d’un zébu. Le récépissé de reconnaissance des structures d’auto-défense villageoise impliquées leur a été retiré suite à la publication de leurs exactions sur les réseaux sociaux. A Toliara, le meurtre d’une jeune fille dont le corps a été retrouvé mutilé a déclenché d’importants troubles. Les forces de l’ordre ont rencontré des difficultés à maîtriser la situation et ont dû faire usage de grenades lacrymogènes. 75 tireurs de cyclo-pousses de l’ethnie Antandroy ont été placés en garde à vue. Une soixantaine ont été déférés au parquet.

Un gang de sept individus a tenté d’enlever un indo-pakistanais à Isoraka-Tsaralàlàna. L’un des assaillants a été abattu lors d’un échange de coups de feu avec les forces de l’ordre.

Une vidéo montrant l’intervention punitive des 42 policiers à Antsakabary a été partagée sur les réseaux sociaux. Les scènes filmées coincent avec les témoignages recueillis par la CNIDH en mars 2017. Un an après ces exactions, le sort de ces policiers n’est pas encore connu. Dans un communiqué, Amnesty International demande que soit menée dans les meilleurs délais une enquête impartiale sur le comportement de la police et soient traduits en justice les policiers soupçonnés d'être responsables de ces actes.

Amnesty International demande que soit annulée la condamnation à une peine de 2 ans de prison avec sursis du militant écologiste Raleva. Accusé injustement d'avoir usurpé le titre de « chef de district », il a fait appel de sa condamnation. « Les militants comme Raleva doivent être protégés, et non criminalisés, par leur gouvernement. », déclare l’organisation. Le procès en appel de Raleva a été fixé au 24 avril.

Dans son rapport 2017, le Bianco révèle que deux ministres ont été poursuivis, sans donner leur identité ni les motifs de leur incrimination. 504 personnes ont fait l’objet d’une poursuite. 12 hauts fonctionnaires nommés par décret ont été arrêtés, cinq d’entre eux ont été placés en détention préventive. Le Bianco a reçu 3 380 doléances, auxquels s’ajoutent les 1 726 dossiers de 2016 en instance. Il a traité plus de 5 000 dossiers, dont 950 ont été déclarés investigables.

L’ex-conseillère Claudine Razaimamonjy a de nouveau été extraite de la prison pour femmes de Manjakandriana pour être auditionnée. Elle a été entendue par la Bianco pour une nouvelle affaire et traduite devant la Chaîne pénale anti-corruption pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics et ainsi que pour détournement et recel de deniers publics.

Jean Razafindravonona, ancien ministre des finances et du budget du gouvernement Kolo, soupçonné d’être impliqué, comme Claudine Razaimamonjy, dans le détournement de 500 millions Ar, a été placé sous mandat de dépôt. Dans ce même dossier, Orlando Robimanana, ancien directeur du Trésor, figurant parmi les candidats potentiels à la magistrature suprême, a bénéficié d’une liberté provisoire. Trois autres personnes ont été placées sous surveillance judiciaire.

L’Association MSIS-Tatao, en collaboration avec International Budget Partnership et l’appui de l’UE et des Nations unies, a publiéune étude l’effectivité de la transparence budgétaire dans 115 pays qui s’étaient soumis volontairement à cette enquête. Madagascar y est particulièrement pointé du doigt pour l’impossibilité pour les citoyens de disposer d’informations minimales sur le budget de l’Etat et l’absence de redevabilité des dirigeants.

Les copies des épreuves du concours d’entrée à l’École nationale de la magistrature et des greffes (ENMG), annuléen raison d’une suspicionde trafic d’influence et de corruption, ont été brûlées alors que le Bianco avait préconisé certaines mesures conservatoires. Un ministre, accompagné de son staff et d’un huissier, se serait rendu sur place pour ordonner la destruction des copies. Le Bianco a publié une déclaration dans laquelle il déplore « les conséquences de tels agissements ». La société civile a fait part de son indignation.

Affaire Houcine Arfa - Le directeur de la maison de force de Tsiafahy a rejeté les accusations portées à son encontre par l’ancien conseiller de la présidence. « Contrairement à ce qui a été véhiculé sur Facebook, je n’ai jamais reçu une somme de 4 millions Ar venant de ce prisonnier », a-t-il déclaré. Il dément également les informations selon lesquelles Houcine Arfa aurait été torturé. L'homme politique Patrick Raharimanana a affirmé l’authenticité du document sonore qu’il a publié sur Facebook et mettant en cause de directeur de la prison. Après avoir été interrogé par la gendarmerie, il a déposé une dénonciation de corruption contre le directeur de la maison de force auprès du Bianco. Le juge d'instruction Haingo Ramiandrisoa, en charge du dossier Houcine Arfa et qui l’a placé sous mandat de dépôt, a été déféré au parquet. Il est soupçonné, avec cinq autres personnes, d'avoir été impliqué dans l’évasion du franco-algérien. Le SMM a protesté contre cette arrestation jugée illégale. Le directeur du bureau de contrôle des juridictions et des établissements pénitentiaires a confirmé que le ministère de la justice a décidé d’ouvrir une enquête suite aux remous causés par les révélations d’Houcine Arfa. « Les résultats de l’enquête confirment qu’il y a bien eu complicité dans l’évasion du prisonnier », a-t-il affirmé. Les investigations menées jusqu’ici n’auraient révélé aucun élément de preuve permettant d’incriminer la ministre de la justice, son directeur de cabinet et la procureure de la République, accusés par Houcine Arfa d’avoir touché des pots-de-vin. La ministre a déposé plainte pour diffamation à l’encontre d’Houcine Arfa auprès du tribunal correctionnel de Paris. Houcine Arfa aurait déposé une seconde plainte auprès de la justice française, cette fois-ci contre un conseiller spécial du chef de l’Etat. Elle porterait sur l’importation de « marchandises très réglementées sur le plan international », effectuée dans des conditions illicites. Les agents pénitenciers ont lancé un mot d’ordre de grève pour exiger la libération de trois de leurs collègues placés en détention préventive.

Le SMM s’est élevé contre le limogeage du procureur général près la Cour suprême qu’il juge illégal. La décision a été prise en conseil des ministres sans consultation préalable du CSM. Selon le syndicat, elle fait suite à la requête que le SMM a déposée auprès du CSM pour réclamer l’ouverture d’une enquête contre la ministre de la justice et quelques magistrats, suite aux révélations d’Houcine Arfa qui les accuse d’avoir touché des pots-de-vin pour favoriser son évasion. Les avocats de l’ex-procureur ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat et ont obtenu gain de cause. Le décret présidentiel a été annulé.

Le SMM, réuni en AG extraordinaire, a exigé le départ de la garde des sceaux et son remplacement par un magistrat plus jeune. Elise Rasolo n’aurait pas tenu les engagements pris lors de sa prise de fonction, en août 2017. Lors de leur AG, les magistrats ont exigé que toutes les personnes citées dans l’affaire Houcine Arfa soient auditionnées.

1 500 femmes victimes de fistule obstétricale doivent être opérer en 2018. La campagne, lancée en 2011, se poursuit, avec le concours du FNUAP. 50 000 femmes malgaches seraient victimes de ce handicap et 4 000 nouveaux cas apparaitraient chaque année, en majorité des femmes jeunes et des adolescentes.

Madagascar recense en moyenne 1.500 nouveaux cas de lèpre tous les ans, selon le ministère de la santé, qui regrette « l'exclusion et l'ostracisme » dont sont victimes les malades. La tuberculose demeure un problème de santé publique majeur. Plus de 30 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2017.

Peste : validation du protocole d’enterrement digne et sécurisé. L’atelier de validation est l’aboutissement d’un long processus de consultations nationales et internationales dans le but d’offrir aux personnes décédées un enterrement en adéquation avec les valeurs culturelles malgaches. La saison 2017/2018, avec plus de 2 000 cas et 200 décès, a été houleuse, marquée par des difficultés de communication et la résistance de la population.

Une Koweitienne a été arrêtée pour le meurtre de son employée malgache. Ce meurtre, relayé sur les réseaux sociaux, a contraint les autorités à mener une enquête. L’intéressée a été arrêtée au Liban et rapatriée pour répondre de ses actes. Réfugiées dans une ambassade, plus de 80 jeunes femmes malgaches émigrées au Koweït ont lancé un appel à l’aide sur Facebook. Les autorités malgaches n’ont, semble-t-il, pas réagi à ce SOS. Un réseau de trafiquants d’enfants a été démantelé à Toamasina. Sept suspects ont été appréhendés. Une vedette transportant 15 personnes, dont cinq enfants, a été interceptée par la gendarmerie d’Ambilobe à Nosy Mitsio. L’embarcation avait Mayotte pour destination. Environ 300 Malagasy sont arrivés clandestinement à Mayotte en 2017, selon les autorités mahoraises. Tout un réseau de passeurs serait impliqué. 175 immigrants clandestins ont été refoulés.

Prévention et réduction de l’apatridie : un guide gratuit « Nationalité à Madagascar - Règles et procédures » a été rédigé par l’ONG Focus Development et l’UNHCR. Le guide proposé fait suite à des ateliers de sensibilisation qui se sont tenus dans différentes régions.

Une grande première dans les annales du 8 mars : les associations des femmes des 22 régions ont fait un long voyage pour rejoindre la capitale afin de célébrer la journée internationale des droits des femmes et revendiquer le respect de leurs droits. L’Express voit dans cet évènement le signe d’une prise de conscience des progrès qui restent à accomplir. La ministre de la population et de la promotion de la femme a déclaré qu'elle militerait pour que les femmes occupent la moitié des postes gouvernementaux. Elles sont encore trop peu représentées dans les sphères décisionnelles de la vie publique. La ministre s’est félicitée de la réforme intervenue qui permet aux femmes de transmettre leur nationalité à leur enfant.

Après avoir été chassés manu militari de l’Assemblée nationale et insultés lors de la rencontre entre les députés et le gouvernement, les journalistes ont exigé des excuses publiques. L’Ordre des journalistes affirme que cet incident porte une nouvelle fois atteinte à la liberté de la presse.

L'observatoire de la communication Ilontsera relance l’alerte sur l’urgence de revoir certaines dispositions du code de la communication médiatisée et des projets de loi régissant l’organisation des élections.

Projet de loi sur les ZES - Pour le Collectif Tany, le projet, s’il est adopté en l’état, privera les Malgaches de l’accès à des milliers d’hectares de terres pour une période de longue durée, sinon indéterminée. Tany demande que les décideurs malgaches s’interrogent sur la dangerosité de cette loi qui conduit, au bout du compte, à « une perte de la dignité du pays ». La société civile a-t-elle était entendue ? Dans les jours qui ont suivi l’Assemblé nationale a rejeté le projet de loi remanié à la suite de l’avis rendu par la HCC qui avait déclaré inconstitutionnels quatre de ses articles. Le Groupement des experts et scientifiques (GESC) a également incité le pouvoir à protéger les terres malgaches face aux appétits des investisseurs étrangers alors que Maurice s’est déclaré en attente des opportunités offertes par les ZES pour renforcer sa coopération avec la Grande île.

Les Assises de la coopération Internationale des collectivités décentralisées malagasy et française ont réuni 450 participants, dont plus de 300 élus et représentants locaux malgaches à la recherche d’opportunités de coopération. Objectif : pérenniser les liens existants, réinventer une coopération internationale de plus en plus difficile à justifier auprès des citoyens français et, si possible, créer de nouveaux partenariats. La première édition, en 2006, avait connu un grand succès. Neuf régions de le Grande île sur 22 ne se sont pas encore engagées dans cette voie.

La vie quotidienne de plusieurs milliers d’habitants du Sud a connu une amélioration. Des services sociaux de base y ont été mis en place grâce à l’appui du gouvernement japonais et aux interventions de l’Unicef. Des cliniques mobiles ont été installées, des adductions d’eau construites dans des lieux reculés des régions Anosy et Androy, au profit de plusieurs dizaines de milliers d’habitants.

Le ministère de l’eau ambitionne d’accroître à 67 % le taux d’accès à l’eau potable en 2019 contre 24 % actuellement. Dans la vision 2030, le taux de 100 % devrait être atteint à condition de disposer d’un financement de 2,8 milliards d’euros. Grâce au concours de l’Unicef, 200 forages sont prévus d’ici 2019. Madagascar se trouve au quatrième rang des pays les plus pauvres en matière d’accès à l’eau potable.

Près de 200 opérateurs économiques malagasy et 150 opérateurs indiens ont participé à un forum des affaires organisé par l’ambassade de l’Inde à l’occasion de la visite à Madagascar du président indien. Une ligne de crédit de plus de 80 millions de dollars a été octroyée par le gouvernement indien pour assurer le développement agricole de la Grande île. Des sociétés indiennes souhaitent créer des joint-ventures avec leurs homologues malagasy.

La Banque mondiale figure parmi les bailleurs qui ont respecté leurs engagements lors de la conférence des bailleurs et des investisseurs de Paris en 2016. La revue conjointe du portefeuille des projets financés par la Banque qui vient de se tenir recense 16 projets d’un montant total de 838 millions de dollars, dont près de 372 millions ont déjà été décaissés.

Une nouvelle mission du FMI s’est rendue à Madagascar pour évaluer l’exécution de la Facilité élargie de crédit (FEC) au 2e trimestre 2017. Le bilan global est positif et pourrait autoriser un nouveau décaissement mais le Fonds demande aux autorités de renforcer ses engagements, à savoir : application de la vérité des prix du carburant, retrait progressif de l’Etat dans le financement de la Jirama, adoption des lois sur le recouvrement des avoirs illicites et le blanchiment de capitaux pour combattre la corruption, continuité du système de déclaration de patrimoine et amélioration de la gestion des finances publiques. La situation de la Jirama reste préoccupante. Le gouvernement serait contraint de lui accorder une nouvelle subvention.

Le désordre qui règne depuis trois mois au port de Toamasina pénalise lourdement les entreprises, dont certaines fonctionnent au ralenti et ont dû mettre leur personnel en chômage technique. On enregistre des ruptures de stocks de PPN et de médicaments Une situation qui engendre également des hausses de prix. Des armateurs de détournent de Madagascar.

Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme - Madagascar doit présenter son rapport au mois d’avril. Le DG du Samifin craint que la Grande île soit placée sur la « liste grise » en raison de son non-respect des recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) de 2012. L’économie nationale se trouverait ainsi lourdement pénalisé par ces absences de contrôle des flux financiers. Parvenus au terme de la 3e session extraordinaire, les députés ne sont pas parvenus à débattre des deux projets de loi sur le blanchiment et le recouvrement des avoirs illicites. L’hémicycle était vide lorsque s’est présenté le directeur du Samifin pour présenter les textes qui revêtent pourtant une importance capitale. A croire, déclare son directeur, que les dispositions qu’ils contiennent les mettent dans l’embarras…

« Les métiers de l’externalisation des relations clients sont devenus, en peu de temps, la nouvelle mine d’or des jeunes Malgaches », selon le ministre des postes, des télécommunications et du développement numérique. Les parts de marché en matière d’externalisation sont en train de se rééquilibrer en faveur de Madagascar et de Maurice, au détriment du Maghreb et notamment du Maroc.

La Confédération du tourisme tire la sonnette d’alarme. La saison 2018 s’annonce préoccupante du fait de la dégradation de l’image de la destination Madagascar.

Le recensement général de la population va pouvoir enfin démarrer au mois d’avril. 28 000 agents recenseurs ont été formés. 25 des 31 millions de dollars nécessaires sont d’ores et déjà disponibles.

Des troubles ont agité à nouveau l’université de Toamasina. De longues et intempestives coupures de courant sur le campus ont provoqué la colère de 150 étudiants, dont certains ont perturbé la tenue des examens. 22 étudiants ont été arrêtés puis relâchés pour la plupart, sous la pression des manifestants. Six étudiants ont été traduits en conseil de discipline et quatre d’entre eux ont été renvoyés.Un risque d'année blanche plane de nouveau à l'université d'Antananarivo où le syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants a annoncé le renforcement de son mouvement de revendication.

La Solidarité Syndicale de Madagascar a manifesté devant le tribunal de la capitale pour exprimer le mécontentement des salariés du privé et du public. Les forces de l’ordre présentes sur les lieux ne sont pas intervenues.

La situation des syndicalistes d’Air Madagascar en suspens. Rado Rabarilala et ses collègues n’ont pas été réintégrés depuis juillet 2015, nonobstant l’existence d’un jugement du tribunal administratif, lequel a débouté la compagnie. Les salariés licenciés ont porté l’affaire devant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme. La CNIDH a offert son appui.

La Grande Île est devenue une plaque tournante du trafic de drogues dures, indique le directeur du Centre de fusion des informations maritimes. Les abords de Nosy-Be constituent une zone rouge de transit, les produits étant par la suite envoyées à Maurice ou aux Seychelles.

Le réchauffement climatique pourrait menacer jusqu'à 50 % des espèces dans 33 régions clés. Madagascar fait partie des régions les plus menacées.

Le cyclone Eliakim a fait des ravages dans le Nord et le Nord-Est du pays. Le dernier bilan provisoire du BNGR fait état de 21 morts et de près de 60 000 sinistrés.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Préparation de la présidentielle et des législatives
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Affaire Houcine Arfa
  • Santé
  • Migrations, traite, apatridie
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Questions foncières, projet de loi sur les ZES
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Situation économique
  • Social, divers

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30 novembre 2017

REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2017

Dans un discours prononcé lors d’un colloque à l’université catholique, l’archevêque Odon Razanakolona a fait porter l’échec du processus de développement sur les élites, les hommes politiques, les bailleurs de fonds et la société civile. Il ne comprend pas que l’on puisse assister impuissants à un tel « délitement de la société » et à une telle « déliquescence économique et étatique ». La Conférence des évêques catholiques, qui s’est réunie peu après, a tenu à son tour des propos très sévères au sujet des maux qui gangrènent la société malgache. Le Comité central du FFKM a lancé un cri d’alarme : le pays est à la dérive. « La gestion des affaires étatiques nécessite un changement drastique », affirme le Comité, pour qui les maux qui rongent la société sont dus à la non-concrétisation des résolutions sur la réconciliation nationale basées sur les « 4 F »

Cédant aux pressions, Honoré Rakotomanana a pris la décision de se retirer de la présidence du Sénat pour laisser la place à Rivo Rakotovao, ancien ministre de l'agriculture et président du parti présidentiel HVM récemment nommé sénateur par le chef de l’Etat. L'opposition a dénoncé un calcul politique du président de la République en vue de l'élection présidentielle. Cet homme de confiance pourrait en effet être amené à assurer l’intérim du chef de l’Etat 60 jours avant le scrutin présidentiel si l’actuel titulaire postule pour un nouveau mandat.

Le gouvernement a dû affronter une nouvelle fois la fronde des députés qui ont tenté de déposer une motion de censure. L’initiative a été lancée par les élus pro-régime pour des motifs qui n’ont pas été clairement énoncés mais qui pourraient être liés à la satisfaction de certaines de leurs revendications, telle que l’attribution de véhicules 4x4. Ce projet n’ayant pu aboutir, les élus ont brandi la menace de destitution du bureau permanent auquel il serait reproché une mauvaise gestion. Pour des observateurs, la situation à l’Assemblée n’est pas sans rappeler les évènements qui se sont produits au Sénat, avec le retrait de son président, Honoré Rakotomanana, au nom de la stabilité. Jean Max Rakotomamonjy et Honoré Rakotomanana n’appartiennent pas au parti présidentiel, ils ont été portés à la présidence par leurs pairs au nom de l’ouverture. Faisant fi des difficultés financières de l’Assemblée, des élus contraignent l’institution à vivre au-dessus de ses moyens, déplore L’Express. La loi de finances 2018 a été adoptée à l’unanimité par la Chambre basse, sans amendement et quasiment sans débat par un hémicycle frappé depuis le début de la session par un fort absentéisme. Le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) avait dénoncé la rétention d’information du gouvernement sur ce projet de loi de finances.

Des dossiers relatifs au massacre du 7 février 2009 ont été dérobés au tribunal de la capitale. Un avocat et le fils d’un homme politique ont été placés en garde à vue. Ce vol a provoqué le report d’une audience qui devait statuer sur la levée du blocage des comptes bancaires frappant trois des 19 inculpés dans cette affaire - dont Marc Ravalomanana - qui avaient été condamnés à verser 639 millions Ar à l’association des victimes AV7.

Selon des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, le retour d’exil de Marc Ravalomanana en octobre 2014 aurait fait l’objet d’un accord avec Hery Rajaonarimampianina par l’entremise du négociateur en chef de la Sadc, Joachim Chissano. Le pacte, qui aurait été conclu prévoyait la réouverture de Tiko, l’amnistie des anciens dirigeants, le soutien du TIM à la nouvelle majorité présidentielle et la reconnaissance du nouveau chef de l’Etat.

Le ministre de la santé a annoncé en fin de mois que la déclaration officielle de fin d’épidémie de peste était imminente de la part de l’OMS maisla vigilance reste de mise jusqu’en avril et la stratégie nationale de lutte fera l’objet d’une mise à jour pour prévenir plus efficacement de nouvelles épidémies. Le tourisme a été fortement affecté et les autres îles de l’océan Indien ont profité de la situation pour attirer les visiteurs. Pour le Père Pedro, la peste est une honte pour le pays. Une rumeur affirmant que des agents de santé, accompagnés des forces de l'ordre, se rendaient dans les écoles pour contraindre les élèves à se faire vacciner, s'est propagée dans toute la capitale allant jusqu’à provoquer une véritable psychose et des mouvements de panique. Une enquête a été ouverte pour retrouver les auteurs de cette désinformation. Un facebooker a été placé sous mandat de dépôt. Au 22 novembre, 2348 cas avaient été recensés, dont 202 mortels.

la gazette 24 11Rivo Rakotovao, nouveau président du Sénat et président du HVM, affirme que l’élection présidentielle ne sera pas reportée, elle aura bien lieu fin 2018. Un budget de 40 milliards Ar est prévu dans la loi de finances. Les 12 millions de dollars annoncés par les partenaires internationaux viendront en complément, dans le cadre du « basket found ». L’hypothèse de l’organisation d’un référendum constitutionnel préalable au scrutin présidentiel ne serait pas abandonnée mais parait de moins en moins crédible compte tenu de la vive opposition que ce projet a rencontrée. Rivo Rakotovao est considéré comme l’un des hommes-clés du dispositif qui va se mettre en place pour assurer la réélection du président sortant sans qu’il soit nécessaire de retoucher la Constitution. Le SeFaFi estime quant à lui qu’une modification du statut des fokontany pour en faire des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) ne nécessite pas non plus une réforme constitutionnelle. La CENI renouvelle son souhait de voir fixées les dates des élections prévues en 2018, en vue de pouvoir bâtir son rétroplanning et réaliser dans de bonnes conditions les travaux préparatoires qui lui incombent. L’enjeu de cette transparence sur le calendrier électoral est de mettre les candidats sur un pied d’égalité et d’éviter un éventuel prolongement de mandat présidentiel. Le président de la CENI a plaidé en faveur de l’indépendance de la Commission à l’occasion de la signature d’un partenariat avec le Pnud et l’ambassade de France pour le financement du « basket found ». L’émissaire de l’UA, le diplomate algérien Ramtane Lamamra, en visite à Madagascar, a prôné une élection présidentielle inclusive et transparente. Dans son communiqué de fin de mission, il a fait mention d’un déficit de confiance et de dialogue entre parties prenantes. Marc Ravalomanana a fait valoir au diplomate que le « Ni…Ni » qui a prévalu à la sortie de la Transition est une formule politique qui ne saurait être remise au goût du jour.

Les organisations de la société civile regroupées dans le mouvement Rohy ont déclaré vouloir soutenir « les candidats intègres » lors des prochaines élections. « Nous inciterons les votants à procéder au vote responsable pour que seuls les citoyens intègres accèdent au pouvoir et non ceux qui distribuent des tee-shirts et des petits présents », déclare un cadre du mouvement.

nm 30 11Les partis politiques d’opposition toutes tendances confondues et la société civile ont accentué la pression sur le pouvoir pour que la refonte en cours du code électoral respecte les recommandations émises dans le cadre des consultations préparatoires auxquelles ils ont été associés. Réunis sous l’appellation « Groupe du Colbert », ils ont lancé un appel à la communauté internationale. Un « Comité de vigilance démocratique pour les élections » (CVDE) a été mis en place afin de s’assurer que les futures lois électorales garantiront l’égalité de chances des candidats, la transparence, la crédibilité et la fiabilité des résultats. Selon eux, « le pouvoir prend des mesures unilatérales » concernant l'élaboration des nouveaux textes. 35 partis politiques membres du CVDE ont signé entre eux un pacte par lequel ils s’engagent à prévenir la survenue d’une nouvelle crise politique. Pour Midi, le parti présidentiel HVM a désormais devant lui un front uni qui risque, s’il n’obtient pas satisfaction, de décréter le boycott des prochaines consultations électorales.

Le conseil des ministres a adopté les trois lois organiques régissant l’organisation des différents scrutins, se refusant à toute prise en considération des demandes du CVDE qui revendiquent un droit de regard sur les avant-projets.

900 000 citoyens en âge de voter ne peuvent être inscrits sur la liste électorale faute de carte d’identité. Un chiffre conséquent étant donné l’objectif de la CENI de porter la liste électorale de 8 millions d’inscrits à 10 millions après la révision de la liste qui doit s’achever en avril 2018. Une opération de délivrance de cartes d’identité et d’actes de naissance va être lancée dans le cadre d’une opération « guichet unique ».

Le Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM) en quête de légitimité. Sous le feu des critiques, ses membres ont entamé des démarches pour obtenir la reconnaissance de l’opinion, note Les Nouvelles. Les évêques catholiques ont rencontré les membres de son bureau. Les échanges ont porté notamment sur les résolutions adoptées en 2015 à Ivato, lors des Assises de la réconciliation qui ont réuni le FFKM et les anciens chefs de l’Etat et qui sont restées lettre morte.

La France a réaffirmé sa présence en matière de coopération militaire à l’occasion d’une cérémonie de don de matériels et de signature de nouveaux accords de défense, alors que les Etats-Unis, la Chine et d’autres pays manifestent leur intention d’accroître leur présence dans la Grande île et dans cette zone stratégique qu’est le sud-ouest de l’océan Indien.

Le gouvernement a décidé d’enclancher le processus d’inclusion des îles Eparses dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) de Madagascar. Une possibilité offerte pour « les zones non sujettes à des conflits interétatiques », les Nations unies ayant donné raison à Madagascar sur ce sujet dès 1979, en dépit de l’opposition de la France.

Le rapprochement entre la Grande Bretagne et Madagascar se confirme. L’offensive de la diplomatie britannique, s’inscrirait dans le contexte du Brexit. La coopération porterait sur la lutte contre la criminalité et la corruption, dans la perspective d’une relance des IDE et des relations commerciales entre les deux pays.

Dans un projet de résolution très documenté, le Parlement européen a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation socio-politique et économique de Madagascar. Pour L’Express, les recommandations adoptées « flirtent avec les limites de l’ingérence ». Le quotidien s’interroge sur l’incidence que pourrait avoir ce sévère réquisitoire sur les relations diplomatiques entre Madagascar et l’UE à l’approche d’un nouveau « dialogue politique » annoncé pour décembre. Ce rendez-vous périodique a fait l’objet d’une rencontre préparatoire avec l’ambassadeur de l’UE au cours de laquelle un tour d’horizon a été fait sur les questions électorales, l’insécurité, les enlèvements de Karana et les suites judiciaires de « l’affaire Antsakabary ». La question du référendum constitutionnel envisagée par le pouvoir aurait été exclue de l’ordre du jour.

La population ignore ses droits fondamentaux. Telle est la conclusion qui s’est imposée à l’issue du séminaire annuel de la société civile. Selon son porte-parole, malgré les efforts accomplis par le pays pour ratifier les traités et instruments internationaux et mettre en conformité les lois nationales avec ces normes, « on note l’inefficacité et la difficulté de leur application ». L’Express déplore que la société civile ne joue pas un rôle plus actif en matière de sensibilisation, se limitant souvent à recueillir les doléances de la population.

Madagascar aurait adhéré à une résolution du Conseil des droits de l’homme présentée lors de l’AG des Nations unies portant sur la protection des défenseurs des droits humains. Une adoption jugée surprenante par La Gazette compte tenu du sort que la Grande île a réservé récemment à plusieurs écologistes et défenseurs des droits environnementaux.

Le Bianco demande plus de protection pour les témoins et les dénonciateurs de cas de corruption. Ce manque de protection des lanceurs d'alerte a des conséquences directes sur la capacité du Bianco de mener à bien ses enquêtes. La loi sur la lutte contre la corruption adoptée il y a un an indique que c'est le directeur du bureau anti-corruption qui est responsable de la protection des témoins, dénonciateurs ou lanceurs d'alerte. Mais sur le terrain cette mission est impossible à mener, explique-t-il. Le Bianco a soumis ses doléances aux ministères concernés.

Les députés ont vivement interpelé le gouvernement sur l’insécurité qui frappe leur circonscription. La situation actuelle est « une véritable rébellion qui touche l’ensemble de Madagascar », a lancé un élu. D’août à fin octobre, la gendarmerie a traité 88 grands dossiers, dont 75 concernent des actes de banditisme et des vols de bœufs. 107 personnes ont été arrêtées et 65 bandits ont été abattus. 17 otages ont été libérés. Cinq attaques sur les axes routiers ont été recensées. L’insécurité qui règne sur la RN 2 Toamasina-Antananarivo a conduit à mettre en cause l’indépendance de la justice et a ravivé la tension entre les forces e l’ordre et le parquet.

Plusieurs affrontements meurtriers se sont produits entre communautés villageoises suite à des vols d’animaux. Des touristes étrangers ont été attaqués par des bandes de dahalo. Des actes de vindicte populaire et des kidnappings ont encore défrayé la chronique. L’application d’un Dina non homologué s’est soldée par des exécutions sommaires.

Affaire Antsakabary - Les cinq prévenus pour le meurtre de deux policiers ont été libérés, le délai légal de détention étant épuisé. La CNIDH dénonce une justice à deux vitesses. Les villageois impliqués dans la vindicte populaire à l’origine de la mort de deux policiers sont passés devant la justice alors que neuf mois après les faits les 42 policiers impliqués dans l’expédition punitive qui s’en est suivie n’ont pas été poursuivis. La ministre de la justice affirme que l’affaire suit son cours mais le premier ministre prétend que l’enquête se heurte au manque de témoins à charge, ce que conteste la CNIDH. Le Cercle de réflexion pour l’avenir de Madagascar (Cram) déplore qu’en raison des carences du pouvoir ce dossier ait pris une dimension internationale. Il dénonce la lenteur de l’enquête et la publication d’informations non véridiques. Les dissentions au sein des forces de l’ordre ne peuvent que favoriser la multiplication des vindictes populaires, affirme-t-il.

Les magistrats ont élu leurs 14 représentants au CSM. Ce renouvellement intervient dans un contexte tendu entre le pouvoir et le monde judiciaire. La justice est fortement décrédibilisée aux yeux du public. Cette défiance généralisée favorise le développement des justices privées et des vindictes populaires. A cela s’ajoutent les résistances de l’administration qui refuse d’appliquer certaines décisions judiciaires. Les contacts en cours entre magistrats et l’exécutif n’ont pas encore abouti et le SMM est fragilisé par des démissions au sein de ses instances dirigeantes.

Deux greffiers du tribunal de la capitale ont été placés sous mandat de dépôt pour corruption. Ils auraient monnayé une décision de mise en liberté dans une affaire pénale en cours de traitement.

Les faux diplômes du baccalauréat se vendent à prix bradé sur les réseaux sociaux. Plusieurs centaines de faux diplômes ont été découverts par le ministère de la fonction publique. Les maîtres Fram nouvellement recrutés en sont les principaux détenteurs.

Les contrôles effectués par la Jirama se poursuivent et portent leurs fruits. Des mesures ont été prises pour éradiquer toutes les pratiques frauduleuses et les vols d’électricité. 26 % des 21 000 clients contrôlés présentent une anomalie dans leur raccordement. Les pertes financières de la Jirama sont évaluées à 33 % de son chiffre d’affaires.

Les 34 agents des douanes chargés de la lutte contre les fraudes ont signé un contrat de performance. L’outil est présenté comme devant renforcer l’efficacité du service. La Banque mondiale apporte son appui aux réformes engagées. La douane affiche un bilan positif. Ses recettes sont en forte progression, ainsi que les amendes perçues.

La police a reçu plusieurs plaintes pour torture de jeunes femmes expatriées en Chine, à qui un emploi avait été promis et qui ont été mariées de force à des hommes handicapés. Une commission rogatoire internationale sera lancée pour mettre ce réseau mafieux hors d’état de nuire, annoncent les autorités.

Les femmes sont lourdement touchées par les séquelles des attaques de dahalo dans le Sud, selon une enquête menée par l’UNFPA. Cette violence basée sur le genre toucherait 45 % des femmes enquêtées. Les violences sexuelles qu’elle auraient subies restent un tabou mais leur existence ne ferait guère de doute.

Douze pakistanais en situation irrégulière ont été arrêtés. Entrés à Madagascar avec des visas de tourisme, ils s’étaient lancés dans le commerce à la sauvette de faux téléphones portables un fois leur visa expiré. Trois Iraniens arrivés de Turquie sur un vol de Turkish Airlines ont été appréhendés à leur arrivée. Ils étaient détenteurs de faux passeports. Les médias se sont emparés de ces deux affaires, après la polémique récente portant sur l’accord qui aurait été donnée en catimini par le pouvoir en faveur de l’accueil de réfugiés. La presse s’inquiète de l’apparition dans les quartiers de la capitale de ressortissants arabes « en tenue traditionnelle » dont on ignore le statut. Midi est convaincu que l’exécutif a donné secrètement son accord pour l’accueil de demandeurs d’asile. Le sujet a enflammé les réseaux sociaux. Certains médias français se sont fait l’écho de cette inquiétude, considérant que Madagascar pourrait être menacé par l’implantation d’un islam radical jusqu’ici méconnu et de cellules jihadises dormantes.

Éducation inclusive - Trois millions d’enfants vulnérables, ont été insérés ou réinsérés à l’école depuis 2015. La majorité sont en situation de handicap. C’est le fruit de la redynamisation de la « Plateforme nationale de l’éducation inclusive » opérée en juin 2015. 7 à 8 % des malgaches seraient en situation de handicap, sans réelle reconnaissance de leurs droits.

La mise à jour de la Stratégie nationale d’alphabétisation, élaborée avec le concours de l’Unesco, vise à réduire à 25 % le taux d’analphabétisme des adultes à l’horizon 2030. Lancé en 2008, la Stratégie escomptait ramener ce taux à 27,5 % en 2015, dans le cadre des OMD.

Seuls trois établissements supérieurs privés sur les quelques 800 qui ont été autorisés à ouvrir auraient obtenu leur accréditation. Selon le ministère de tutelle, les diplômes délivrés par les établissements non accrédités ne seront bientôt plus reconnus par l’État.

Une convention a été signée entre le ministère du tourisme et l’association ECPAT France en vue de renforcer la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs.

Madagascar affiche un taux de prévalence de mariages d’enfants de 41,2 %. Un problème majeur qui frappe principalement les régions côtières du Sud et du Sud-Ouest. Plus de 63 % des filles sont en union avant l’âge de 18 ans dans la région Melaky. Une stratégie nationale de lutte a été adoptée pour la période 2017-2024, sous l’égide de l’Unicef, avec la participation des partenaires techniques et financiers. Objectif : ramener ce taux à 21,2 % en 2024, en cohérence avec les ODD.

Travail des enfants : les dénonciations se font attendre. L’administrateur du projet Gouvernance du BIT déplore que depuis 5 ans que la procédure est opérationnelle, personne n’ait encore dénoncé l’existence d’employeurs d’enfants. Selon la BIT, en 2012, 28 % des enfants malgaches de 5 à 17 ans étaient en situation de travail, dont une proportion notable dans les pires formes de travail. La situation socio-économique actuelle renforce le phénomène. Madagascar se lance comme défi d’éliminer ce fléau d’ici 2030. 

L’émission parodique de la chaîne du président de la République, produite par le Mouvement pour la liberté d’expression (MLE) a retrouvé son animateur vedette qui aurait été contraint de prendre la fuite suite à des menaces.

Les vice-présidents de l’Ordre des journalistes (OJM) dénoncent « l’interférence du gouvernement sur la délivrance des cartes professionnelles ». Ils condamnent la création d’une commission de délivrance par le ministre de la communication, sans concertation et en violation de la loi de 2016 portant code de la communication médiatisée. Le ministre évoque l’existence de « faux journalistes » qui porteraient atteinte à la crédibilité de la profession et seraient des fauteurs de troubles. Il promet de les traquer.

Le président de l’OJM appelle de ses vœux la création d’une convention collective des journalistes mais selon lui ce projet n’est pas envisageable dans le contexte professionnel actuel, marqué par de fortes rivalités internes.

Un couple d’infographistes a été mis aux arrêts qui avaient diffusé via Facebook des propos calomnieux sur le chef de l’Etat, accompagnés de clichés retouchés. Ils feraient également l’objet de nombreuses plaintes pour « dénigrement en ligne ».

EITI : une mission d’évaluation de la performance de Madagascar. Le secrétariat international de l’EITI a effectué une mission d’évaluation de la performance du pays en matière de bonne gouvernance et de transparence des ressources pétrolières, gazières et minières. La Grande île se prépare à se soumettre au processus de validation de sa conformité aux normes EITI. Le rapport d’évaluation sera remis à un cabinet international indépendant qui se chargera de sa validation. Le CA de l’EITI se prononcera au 1er trimestre 2018.

Le ministère de l’environnement procède au comptage des 270 000 rondins de bois de rose déclarés par les exploitants dans la région Sava avant 2011. Cette opération constitue l’une des exigences de la Cites pour permettre à Madagascar de commercialiser ses bois précieux. Une autre exigence a trait à la poursuite judiciaire des auteurs d’infractions. Le feu vert de la Cites une fois accordé, la vente devra être effectuée via un appel d’offres international.

Douze bandits ont pris d’assaut une exploitation aurifère chinoise à Mananjary. S’insurgeant contre un pillage de leurs ressources, les villageois ont laissé faire. Le fleuve local est contaminé et les orpailleurs locaux sont privés de leur gagne-pain. Parmi les assaillants, on note la présence de deux militaires et d’un policier. Ils ont été arrêtés, ainsi que trois autres individus.

Après le démantèlement de trois réseaux en 2016, le trafic de tortues protégées a repris, selon la gendarmerie, qui enquête sur la découverte d’une centaine de bébés tortues Radiata découvertes mortes.

524 guichets fonciers sont opérationnels dans 20 des 22 régions. L’objectif est d’en implanter un dans chacune des 1 600 communes d’ici 2030. Depuis 2015, 124 000 certificats fonciers ont été délivrés. L’État, à travers ses services fonciers, va procéder à l’inventaire de tous les domaines fonciers du pays, publics et privés, afin de préciser le statut de chaque terrain préalablement au lancement de grands projets d’aménagement comme les ZES. Le pouvoir se voit reproché de manière récurrente de céder de manière illicite des terrains à des étrangers. 55 dossiers seraient en cours d’instruction par le Bianco.

« Moramanga - Un Français expulse 3 600 Malagasy de leurs terres », titre La Vérité. Il est accusé d’avoir accaparé de force des parcelles d’une superficie de 500 ha sur la commune d’Anosibe Ifody, au détriment de quelques 3 600 habitants, expulsés sans préavis.

Une déclaration de la Conférence Afrique Francophone sur l'accaparement des terres. Chefs religieux de toutes confessions, chefs coutumiers et acteurs de la société civile ont organisé une conférence régionale Afrique francophone à Abidjan sur le thème « Accaparement des terres en Afrique francophone : identifier et promouvoir les solutions endogènes pour s’en sortir ». Pour les participants, l’accaparement des terres est un phénomène grave qui interpelle toute conscience. La Conférence se déclare solidaire des communautés touchées par cette menace, ainsi que des militants des droits fonciers persécutés.

La loi sur les Zones économiques spéciales (ZES) adoptée par l’Assemblée nationale. Trois ZES sont déjà lancées Le ministre des projets présidentiels a fait valoir les avantages que la Grande île pourrait retirer de ces créations susceptibles d’attirer les investisseurs étrangers, comme l’attestent plusieurs réalisations réussies en Afrique. Le ministre précise que la création de ZES n’implique pas la vente de terrains à des étrangers. Le Collectif Tany a adressé une mise en garde aux sénateurs qui n’en ont pas tenu compte : le texte a été adopté par 42 des 44 présents, sans amendement.

Les feux ont détruit 270 000 hectares depuis le début de l’année, selon le ministère de l’environnement. Le phénomène s’est intensifié depuis début octobre. Les causes sont multiples et variables selon les régions : « tavy », feux de pâturages, exploitations minières sauvages, défrichement par des migrants. Les élus ont interpelé la ministre de l’environnement et des forêts.

La Banque mondiale a accordé une subvention de 45 millions de dollars pour renforcer la stabilité des finances publiques, améliorer le climat des affaires et favoriser le développement des investissements, notamment dans les services sociaux et la lutte contre la pauvreté. Cette subvention budgétaire est la 4e depuis le retour à l’ordre constitutionnel.

Dans sa dernière note de conjoncture économique, la Banque mondiale présente un bilan favorable de la situation et des perspectives encourageantes pour la Grande île. La Gazette écrit : « depuis la Transition, c’est la première fois qu’un rapport de la Banque mondiale se montre positif à l’endroit de Madagascar ». Le quotidien juge cependant que ce rapport vole au secours d’un régime impopulaire. Il serait en profond décalage avec le vécu des populations qui ne cessent de s’appauvrir et passerait sous silence des sujets majeurs de préoccupation, comme l’insécurité.

« Madagascar est le seul pays qui s’appauvrit depuis soixante ans sans avoir connu la guerre », titre Le Monde Afrique. Des chercheurs de l’IRD mettent en avant le rôle prédateur des élites, la faiblesse de la société civile et le tabou de la violence pour expliquer la trajectoire singulière de la Grande île. Les élections de 2013, qui ont porté Hery Rajaonarimampianina au pouvoir, n’ont rien changé à « la donne structurelle de l’équation malgache. Le déclenchement d’une nouvelle crise peut intervenir à tout moment », écrivent-ils.

Plus de 1 200 communautés de base issues de 13 régions s’engagent en faveur d’une gestion durable des ressources naturelles avec l’appui du ministère de l’environnement et du WWF. Elles ont conclu des contrats de gestion communautaire de leurs ressources avec l’administration, à travers des processus de transfert de gestion.

L’Allemagne entend contribuer aux efforts de Madagascar pour lutter contre les effets du changement climatique. Des accords bilatéraux de coopération technique ont été signés pour un montant de 65 millions d’euros.

Madagascar a gravi cinq échelons au classement « Doing business », en 162e position sur 190 pays. « Le travail est bien amorcé mais nécessite plus d’efforts pour mener efficacement des réformes importantes », juge le représentant la Société financière internationale (SFI).

Le projet de loi de finances 2018 consacre une forte diminution des subventions accordées aux entreprises publiques, suivant en cela les conditionnalités posées par le FMI. La Jirama et Air Madagascar devront pouvoir se passer progressivement de transferts du budget de l’Etat.

La monnaie nationale poursuit sa forte dépréciation. Le mouvement, amorcé en août, s’amplifie, faisant peser la menace d’une forte inflation. Les causes avancées par le pouvoir sont contestées par des économistes.

L’insécurité alimentaire menace à nouveau le Grand Sud. Les populations deviennent de plus en plus vulnérables à chaque choc. La situation pourrait encore s’aggraver d’ici mars 2018 en raison des mauvaises récoltes, de la sécheresse et de la prolongation de la période de soudure.

Le prix des PPN connaît une forte hausse. Les cours du riz malgache flambent sur tout le territoire. Les consommateurs se tournent vers le riz d’importation, dont les prix sont plus abordables. Madagascar aura importé au moins 400 000 tonnes de riz cette année, contre 250 000 pour une année normale. Avec ses 40 millions d’hectares de terres arables et sa population à 80 % paysanne, Madagascar devrait être un géant mondial de l’agriculture mais ne peut malheureusement prétendre à ce titre, du fait d’une sous-valorisation de ses ressources. « L’agriculture malgache n’a cessé de régresser ces quatre dernières années », a déclaré récemment le chef de l’Etat.

Recensement de la population : les opérations de cartographie ayant pris du retard, le dénombrement est reporté à 2018. Un retard imputable aux difficultés d’accès à certaines zones, aux conditions météo et à l’insécurité.

Madagascar régresse de deux places dans le classement de l’Union internationale des télécommunications qui mesure le développement des TIC dans 176 pays. La Grande île passe de la 167e à la 169e place.

Une société textile de zone franche licencie 108 personnes sans préavis. L’employeur met en avant la chute de la demande. D’autres sources évoquent l’incidence d’un programme de robotisation de la société.

Près de 72 % des constructions dans les villes à Madagascar, surtout dans la capitale, sont des bidonvilles », selon un rapport des Nations unies de 2016. Un phénomène qui peut représenter un grand danger, alerte le directeur général de l’aménagement du territoire. « Madagascar est engagé dans la phase de transition urbaine. (…) La population résidant en ville doublera d’ici à 10 à 15 ans. On comptera plus de 7 millions d’habitants à Antananarivo et ses périphéries en 2032 »

« La plupart des importations sont des importations frauduleuses qui, au bout du compte, devancent largement les produits malgaches en termes de compétitivité », avance le représentant de la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES). Les produits locaux n’ont plus leur place sur les marchés. La FES pointe du doigt la corruption qui permet à certaines entreprises d’inonder le marché en toute impunité, voire avec la protection de hauts responsables de l’administration.

Le scandale Paradise Papers concerne aussi Madagascar. Douze noms dont cinq Malgaches sont cités sur le site de l’International consortium of investigative journalists (ICIJ).

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • L'épidémie de peste urbaine et sa gestion par le pouvoir
  • Projet de révision de la Constitution, questions électorales
  • Mise en œuvre de la réconciliation nationale
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Droits des femmes, traite
  • Migrations
  • Education, droits des enfants
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois de rose, exploitations minières, trafics, foncier, environnement
  • Coopération, Banque mondiale
  • Divers

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30 mars 2019

REVUE DE PRESSE - MARS 2019

L’installation du nouveau pouvoir a conduit à une vague de limogeages sans précédent dans les hauts emplois de l’Etat. Des décisions qui n’ont pas toujours été assorties de nouvelles nominations. Au sein de certains départements, les postes devenus vacants ont fait l’objet d’appels à candidature qui précisent le profil recherché et les missions qui attendent les futurs responsables.

Les deux finalistes de la présidentielle ne se sont pas encore conformés à l’obligation de soumettre leurs comptes de campagne au contrôle de la commission ad-hoc, alors que la date limite du 8 avril approche. Midi rappelle que des montants faramineux ont été cités pour le financement de la campagne des deux principaux protagonistes, sans avoir été démentis. « En parler maintenant n’est pas incongru, mais dans le monde politique, il y a une sorte de consensus pour ne plus évoquer le problème. » En déplacement à Toamasina, Andry Rajoelina a impressionné les foules en confirmant la réalisation rapide de plusieurs volets de son audacieux programme IEM.

la gazette 25 03 19Préparation des législatives du 27 mai - Le cap des dix millions d’électeurs a été (enfin) atteint à l’issue de la révision annuelle de la liste électorale. La CENI a déploré une nouvelle fois le peu d’intérêt des citoyens pour la vérification de cette liste. Un défaut de sensibilisation et une indifférence de la part des candidats, qui ont tardé à déposer leur dossier. 803 candidats ont été retenues, contre 2 053 en 2013. Les 2/3 sont étiquetés « indépendants ». La plateforme TIM-K25 ne présentera des candidats que dans 2/3 des districts. Quant à la plateforme du président sortant, elle est quasiment absente. « Une situation incompréhensible et inquiétante pour la démocratie », a commenté la CENI. Le KMF-CNOE voit également d’un mauvais œil l’importance du nombre des candidatures indépendantes et évoque le risque d’instabilité à l’Assemblée nationale. Une vingtaine d’anciens ministres s’alignent dans la course. La plupart sont d’anciens membres du parti présidentiel HVM qui se présenteront sous l’étiquette « indépendants ». Autre information qui interpelle : le nombre important d’artistes parmi les candidats, la plupart sous la bannière du TGV pro-Rajoelina.

L’insécurité dans certains districts prend de l’ampleur au point de menacer le bon déroulement du scrutin, redoute L’Express. Le quotidien déplore que « les candidats misent sur l’alimentaire pour quérir la voix des électeurs. (…) Vary mora, soupe populaire, pâtes alimentaires. Voilà les ingrédients de la campagne électorale en vue des législatives. (…) Tout le monde opte donc pour la formule gagnante lors de la présidentielle. »

L’arrivée du nouvel ambassadeur américain laisse présager un renforcement des relations entre les deux pays. Aucun malentendu ne vient désormais compromettre la relation avec Andry Rajoelina, désormais démocratiquement investi.

Andry Rajoelina a effectué une importante visite d’Etat à Maurice. Pour le chef de l’Etat, la prospère île voisine est « un modèle de développement ». Plusieurs accords de coopération ont été signés. Il a été proposé d’accorder aux industriels mauriciens 80 hectares dans le parc industriel en projet à Moramanga.

Madagascar et le Maroc ont signé plusieurs accords de coopération à l’occasionde la 1e session de la Commission mixte qui s’est tenue à Marrakech. Le renforcement des relations se focalisera désormais sur l’éducation, la santé, la diplomatie, le social, l’urbanisme, la recherche scientifique, la décentralisation et le volet jeunesse et sports. Madagascar ouvrira une ambassade à Rabat.

Le pape François effectuera un voyage apostolique au Mozambique, à Madagascar et à Maurice, du 4 au 10 septembre.

Les attaques de dahalo se multiplient. Vingt dahalo armés ont incendié douze maisons avant de s’emparer d’un troupeau à Fenoarivobe. Des dahalo ont kidnappé quatre mineurs à Maevatanana. L’un d’eux a été torturé à mort,deux autres sont parvenus à s’enfuir. Ils ont réclamé une rançon de 10 millions Ar pour la libération de la 4e victime, une fillette de 6 ans. Les enlèvements ont été précédés du pillage du village. Enlevé par 40 dahalo armés à Mampikony, un directeur d’école a été libéré suite à une intervention militaire.Un villageois é été abattu. Une bande de 40 dahalo a affronté de nuit des gendarmes et le fokonolona à proximité de Betroka.Deux d’entre eux ont été abattus. Une bande de dix individus armés a frappé à Antanetibe Tsiafahy. Les assaillants ont attaqué plusieurs commerces et commis deux viols.

Les zébus seront dotés de puces électroniques dès avril. Promis par Andry Rajoelina lors de sa campagne électorale, ce dispositif entre dans le cadre de la lutte contre l’insécurité grandissante liée aux vols de zébus.

L’insécurité qui règne à Tsaratanàna préoccupe le pouvoir. Une importante délégation dirigée par le premier ministre s’est rendue dans la région pour superviser les actions de sécurisation. Autorités locales et responsables étatiques verseraient dans des activités illicites, en connivence avec les dahalo. Un officier de gendarmerie a été placé sous mandat de dépôt pour des faits relatifs à des affaires de kidnapping. L'Etat ne tolèrera aucun complice des dahalo au sein de la gendarmerie et de l'armée, a averti le secrétaire d'Etat chargé de la gendarmerie nationale. Un candidat aux législatives appartenant au Mapar d’Andry Rajoelina a été kidnappé par trois hommes armés. Il a été exécuté par ses ravisseurs avant que la rançon ait été totalement versée. Sept personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête. Parmi elles se trouve un candidat se présentant sous l’étiquette « indépendant », présumé commanditaire du kidnapping. Les forces de l’ordre ont affronté une soixantaine d’individus surveillés pour rapts contre rançon dans ce secteur. Cinq des suspects ont été exécutés. Un gendarme stagiaire a été abattu par les dahalo dans le cadre d’une opération destinée à récupérer des zébus volés. Un dahalo a perdu la vie.

400 militaires ont été envoyés dans le Nord-Ouest pour lutter contre l’insécurité et les kidnappings. Le contingent devra également conduire des activités en faveur des populations de ces zones enclavées et délaissées. Quelques jours seulement après leur arrivée, de violents affrontements se sont produit à Ambato Boeny. Six dahalo ont été abattus et une trentaine d’autres capturés. Un militaire a perdu la vie.

Une milice qui lutte contre l'insécurité à Farafangana Nord, composée de 60 à 200 individus, fait régner la terreur et se livre à des exécutions sommaires. La population a lancé un appel de détresse aux autorités.

A Antalaha, le bureau de la Jirama a été incendié par des manifestants qui protestaient contre les délestages. Un accrochage a fait deux morts. Selon les uns, ils ont été tués par balle, pour d’autres ils ont trouvé la mort dans des bousculades. La CNIDH a condamné la mort des deux manifestants victimes, selon elle, des tirs des forces de l'ordre.

Soupçonné d’être l’auteur du meurtre d’une jeune fille, un homme de 24 ans a été tabassé à mort par les villageois à Ikongo. La foule s’est rassemblée devant le bureau de la police pour réclamer la libération de deux suspects. Les notables sont parvenus à prendre le contrôle de la situation.

Trois sous-officiers et deux femmes ont été placés en détention provisoire à Tsiafahy pour rapts et trafic d’armes. Le responsable supposé de la bande a été abattu par la police suite à un délit de fuite.

21 attaques à main armée visant des taxis-brousse ont été dénombrées en 2018 en dépit des mesures de sécurisation mises en place.

A Sambava, les planteurs de vanille vivent dans la crainte des incursions de bandes organisées qui pratiquent des vols de vanille verte. Des autorités locales sont accusées de collusion avec des trafiquants et les acheteurs de produits immatures.

Huit kidnappings ont été enregistrés ces trois derniers mois dans les périphéries de la capitale, une vingtaine à travers le pays ces cinq derniers mois. La gendarmerie indique qu’environ 197 millions Ar ont été réclamés par les kidnappeurs dans les huit cas cités. Huit malfaiteurs ont été interceptés, deux sont tombés sous les balles des forces de l’ordre. Trois sous-officiers accusés de trafics d’armes ont été placés en détention en février.

Le présumé commanditaire d’un kidnapping survenu à Toamasina a été remis en liberté par la chambre d’accusation. Une importante personnalité serait intervenue en faveur du prévenu pour lui permettre de se rendre dans la capitale pour vérifier son dossier de candidature à la législative. Cinq magistrats ont été suspendus.

Démantèlement d’une organisation criminelle se livrant à des enlèvements. Onze individus ont été arrêtés et trois Kalachnikov saisies avec des centaines de cartouches d’arme de guerre. Neuf rapts contre rançon sont inscrits au tableau de chasse des malfaiteurs depuis 2009.

Une opération de sécurisation dénommée « épervier » composée de la gendarmerie, de la police nationale et de militaires a été mise en place à Antananarivo. Toutes les sorties de la ville ont été placées sous surveillance pour prévenir des attaques à main armée et des kidnappings. Un dispositif de sécurité est en cours d’élaboration à Toamasina pour lutter contre l’insécurité qui frappe la capitale du Betsimisaraka.

La politisation de l’insécurité évoquée par le général Richard Ravalomanana, secrétaire d’État à la gendarmerie. « Nous avons des preuves que des individus créent un climat d’insécurité (…) et ces derniers ne sont pas avec le pouvoir actuel », affirme-t-il.

A St Augustin (district de Toliara II), un violent accrochage s’est produit entre la gendarmerie et une centaine de malfaiteurs lourdement armés venus assaillir un site d’exploitation de concombres de mer. Six morts ont été dénombrés dans les rangs des assaillants.

Sur les 36 personnalités ayant déposé une demande d'amnistie auprès du CFM, quatre ont reçu une réponse favorable. Certains des amnistiés seraient candidats aux législatives.

Haute Cour de Justice (HCJ) : 14 dossiers brûlants en instance depuis sa mise en place en octobre. Les dossiers reçus concerneraient pour la plupart des affaires de corruption, de détournements de deniers publics et de trafics de bois de rose qui impliqueraient de hauts responsables de l’Etat durant leur mandat. Deux plaintes restantes concerneraient des anciens chefs de l’Etat.

Pety Rakotoniaina, président du parti Tambatra, ancien député, de nouveau présenté devant la justice. Il est accusé d’entrave à l’ordre public, d’incitation à la haine du gouvernement et de tentative de coup d’Etat. Membre du mouvement politique « Hetsika ho Fanorenana Ifotony », il a été arrêté le 16 octobre 2018. Verdict attendu le 2 avril.

Le Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED) présente les alternatives à l’emprisonnement. En référence aux récentes dénonciations des conditions carcérales par Amnesty international, le Haut conseil explique que les textes existent mais que leur application fait défaut.

A l’occasion de la Journée mondiale du droit des femmes, la CNIDH a réalisé une visite à la maison centrale d’Antanimora afin de constater les conditions de vie des femmes incarcérées. Cet établissement héberge 328 femmes prévenues et seulement 28 femmes condamnées.

Amnesty international a lancé une nouvelle pétition sur les conditions carcérales pour demander au président Rajoelina d’agir pour améliorer la vie des personnes victimes d’un système judiciaire qui porte gravement atteinte aux droits humains.

Vers la réouverture du bagne de Nosy Lava de sinistre mémoire pour les prisonniers considérés comme de grands criminels, à l’image des kidnappeurs. Le ministère de la justice procède à l’examen de ce projet d’établissement de haute sécurité annoncé dans le programme présidentiel.

Le conseil des ministres a décidé la suspension du recrutement d’Employés de courte durée (ECD). Un systèmetrès en vogue favorisé par le népotisme, qui permet à des agents de bénéficier de renouvellements indéfinis de leur contrat. L’Inspection générale de l'Etat a reçu mission d'assainir la fonction publique, de mettre fin aux sureffectifs et de débusquer les fonctionnaires fantômes.

Le Samifin enjoint l’Etat à prendre toutes dispositions pour entériner et mettre en application les textes relatifs au recouvrement des avoirs illicites. Il souligne l’urgence de la situation. Madagascar reste encore sous la menace de sanctions internationales. Les agents de ce service ont bénéficié d’une formation d’experts des Nations unies pour la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et son financement, ainsi que la prolifération des armes à feux.

Plusieurs hauts responsables au sein de la Croix Rouge ont été placés sous mandat de dépôt. Ils seraient impliqués dans les détournements de fonds octroyés par la Croix Rouge norvégienne.

Trois gendarmes ont été placés en détention préventive. Basés à Andranomanelatra/Antsirabe, ils sont soupçonnés de corruption passive, d'arrestation illégale et d'abus de fonction.

De nouvelles mesures ont été annoncées afin de lutter contre le harcèlement dont sont victimes les passagers en provenance de l’étranger à l’aéroport d’Ivato. Le ministère de la sécurité publique a démis le commissaire chef de la PAF.

L’ancien premier ministre Olivier Mahafaly dans le collimateur du Bianco pour une nouvelle affaire de détournements de fonds dans des marchés publics. Le dossier pourrait faire l’objet d’une saisine de la HCJ. Cinq maires restent à disposition de la justice et un haut fonctionnaire de la primature et la gérante de l’entreprise bénéficiaire ont été placées sous mandat de dépôt.

Affaire Claudine Razaimamonjy - Deux présumés complices incarcérés. Absents le jour du jugement, un mandat d’arrêt avait été lancé contre les deux fugitifs. Leur cavale a pris fin, ils ont été appréhendés et emprisonnés. Les deux prévenus sont également impliqués dans quatre autres dossiers de corruption et de détournements de fonds publics qui concernent aussi la femme d’affaires ex-conseillère de la présidence.

James Andrianalisoa, DG de l’Aviation civile, a été limogé et frappé d’une interdiction de sortie du territoire. L’ancien conseiller spécial de Hery Rajaonarimampianina, membre du bureau politique du HVM, pourrait avoir des comptes à rendre dans une affaire concernant Henry Rabary-Njaka, l’ancien ministre des mines, qui fait par ailleurs l’objet d’une enquête du Bianco pour la prise de contrôle d’intérêts russes dans la société minière d’Etat Kraoma. Deux autres anciens ministre, Ulrich Andriantiana et Lantoniaina Rasoloelison, chargés respectivement des travaux publics et de l’énergie et des hydrocarbures, ont été convoqués pour enquête par le Bianco. L’affaire remonterait à fin 2018, à l’époque où le président du HVM, Rivo Rakotovao, assurait l’intérim à la présidence de la République.

Le ministère de l’enseignement supérieur annonce le renforcement des dispositifs de contrôle des faux diplômes. La vente de faux diplômes prendrait de l’ampleur sur les réseaux sociaux.

Les investigations sur l’incendie des documents du concours d’entrée à l’ENMG mettent en cause la garde des sceaux au moment des faits, Elise Alexandrine Rasolo, et le directeur de l’établissement. Selon La Gazette, la ministre pourrait être entendue dans le cadre de l’affaire de l’ex-conseiller de la présidence, le franco-algérien Houcine Arfa, qui l’accuse d’avoir exigé et perçu une forte somme d’argent.

200 militaires recrutés depuis plusieurs mois pour des missions de lutte contre les dahalo dans plusieurs régions ont été révoqués. Il leur est reproché d’avoir produit de fausses attestations à l’appui de leur dossier d’engagement. Ces affaires de faux et usage de faux éclaboussent de hauts responsables au sein de l’armée. « Tous ceux qui sont concernés de près ou de loin par cette affaire seront entendus », affirme le ministre de la défense.

20/03 - Loi de finances rectificative : pour la première fois, et dans le but de renforcer la transparence budgétaire, des représentants de la société civile ont été invités à formuler des recommandations et à donner leur point de vue. Les participants demandent le renforcement des investissements sociaux et revendiquent des plateformes d'échanges sur les investissements de l'Etat.

Lutte contre la corruption - Le standard de service bientôt opérationnel dans les administrations. Un comité est créé au sein de la primature pour mettre en œuvre ce projet. L’objectif est de fixer des normes standard d’organisation permettant de limiter l’opportunité de corruption et d’instaurer la culture de transparence.

Le poids de la corruption bloque l'indépendance financière de Madagascar. «10 % PIB de Madagascar, environ 3 milliards de dollars, sont déviés dans le trafic, la corruption et le transfert de fonds à l’étranger », a déclaré un économiste du Comesa.

Création d’un réseau national de dépénalisation de l’avortement. 35 participants venant des toutes les régions ont pris part à un atelier de mise en place qui s’est conclu par la signature d’une charte. Le ministère de la santé estime à 75 000 le nombre d’avortements pratiqués à Madagascar en 2017. L’ONG Marie Stopes International révèle qu’un tiers des femmes ont déjà subi un avortement spontané ou provoqué. Ce problème touche 14,4 % des adolescentes de 15 à 19 ans. Les complications d’avortement non sécurisé constituent la deuxième cause de décès maternel. La loi relative à la planification familiale contenant des articles sur l’avortement thérapeutique n’a pas été adoptée par le Sénat. L’interruption volontaire de grossesse, incorporée dans cette loi, est sujette à controverses.

Les violences sexuelles sur mineures sont en hausse dans la capitale depuis 2010. 177 cas de viol sur mineures de 15 à 18 ans ont été répertoriés, 157 sur des mineures de 5 à 14 ans. De nombreux cas ne sont pas signalés auprès des centres de prises en charge, la population étant accoutumée à la survenue de ce type de violence.

Faute d’avoir défini une politique migratoire, Madagascar risque de subir la politique migratoire des autres pays, estime le représentant de l’OIM, pour qui la Grande île, qu’elle le veuille ou non, « fait partie du système monde ».

Trafic d’êtres humains vers la Chine : une femme malgache se « négocie » 140 millions Ar. Impliqués dans une affaire de trafic d’êtres humains, trois femmes malgaches et deux ressortissants chinois ont été déférés au parquet.

Des femmes malgaches qui travaillent comme domestiques dans les pays arabes ont lancé un appel de détresse à l'Etat. Dans une conversation vidéo via Facebook, Andry Rajoelina a déclaré vouloir venir en aide aux employées de maison malgaches en difficulté au Koweït. Une forte délégation a été envoyée dans ce pays pour organiser leur retour. Les travailleuses en attente de rapatriement sont au nombre de 82. Elles ont toutes rencontré des problèmes avec leurs employeurs, certaines ont été violées, ont été victimes de maltraitances et de sévices, souffrent de dépression et certaines sont tombées enceintes. L’envoi illicite de travailleurs malgaches à l’étranger est inacceptable et ne devrait pas se reproduire, a indiqué la ministre du travail. Des accords, en cours de négociation avec le Liban, le Koweït et l’Arabie Saoudite, doivent faire l’objet d’un examen en conseil des ministres.

Des immigrants climatiques envahissent en masse la région Boeny pour cultiver du maïs et du manioc. Ils mettent en péril ses ressources forestières, y compris celles du parc national d’Ankarafantsika. Des défrichements massifs sont effectués. Des arrestations ont eu lieu.

Entre le 4 octobre 2018 et mi-mars 2019, plus de 100 000 cas de rougeole ont été dénombrés, dont 1 141 mortels. Les besoins de financement pour la campagne de vaccination en cours ont été estimés à 11 millions de dollars depuis la déclaration officielle de l’épidémie. L’OMS recherche encore 800 000 dollars. Une convention de coopération entre le ministère de la Santé et l’Unicef a été signée pour la dotation de 500 réfrigérateurs solaires qui assureront le stockage des vaccins au niveau de 500 formations sanitaires.

Depuis le début de la saison pesteuse, au mois d'août, 31 décès ont été enregistrés et 105 cas recensés.

22,5 millions de personnes (92 % de la population) sont susceptibles d'être contaminées par la bilharziose.

Baisse du taux d’accouchement dans des centres de santé. Une situation qui compromet des années d’efforts pour réduire la mortalité maternelle et infantile. D’après les résultats de l’enquête de suivi des ODD, ce taux, qui se situait à 38 % en 2012-2013, est tombé à 25 % fin 2018.

Une réforme du code de la communication médiatisée en gestation. Cette réforme fait partie des priorités de la ministre Lalatiana Rakotondrazafy. Elle annonce son intention de faire appel aux patrons de presse, journalistes, professionnels des médias et acteurs de la communication pour débattre de l’élaboration du projet de loi. Lalatiana Rakotondrazafy, ancienne journaliste, a été membre du « Mouvement pour la liberté d’expression » qui a milité contre l’adoption du code de la communication, qualifié de « liberticide ».

Jean Eddy Maminirina, trafiquant de bois de rose réputé intouchable, actuellement placé sous mandat de dépôt, a dénoncé un membre de l’actuel gouvernement. Interrogé par la Chaine spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose, une mise en liberté provisoire lui a été refusée. La défense affirme que son client est victime d’acharnement, plusieurs opérateurs ayant bénéficié d’agrément de coupe, de transport et d’exportation de bois de rose durant la Transition.

nm 21 03 19L’AVG exige des poursuites contre d’anciens parlementaires qui se portent à nouveau candidats. Ils seraient une vingtaine à avoir échappé aux poursuites durant leur mandat. L’ONG estime que le moment est opportun pour procéder à leur interrogatoire puisqu’ils ne sont plus couverts par leur immunité parlementaire.

Filière or - La chasse aux exportateurs illicites est ouverte. L’assainissement et le redressement de la filière passeront par l’application de sanctions fermes à l’encontre des trafiquants ainsi que la révision du cadre législatif régissant ce secteur porteur. L’Etat entend formaliser le secteur et éradiquer les trafics.

 

 

Kraomaty-MalagasyAffaire Kraoma - Le partenariat avec les Russes est confirmé. Après des mois de tergiversations, suite au refus des salariés de céder la société malgache à des étrangers, et aux hésitations du nouveau pouvoir à poursuivre dans la voie tracée par le président sortant, Kraoma Mining, la co-entreprise entre Kraomita Malagasy S.A et Ferrum Mining est née officiellement. La société russe détiendra 70 % de la co-entreprise.

Les appels d’offre pour l’exploration de 44 blocs pétroliers dans le bassin de Morondava ont été suspendus par le nouveau pouvoir. Ils avaient été lancés en novembre 2018 et devaient courir jusqu’au 30 mai.

Le projet d’exploitation d’ilménite « Base Toliara » objet de vives controverses. Le CRAAD-OI et le Collectif Tany ont apporté leur soutien aux organisations de la société civile qui s’opposent au projet. Elles soulignent qu’il aura des impacts négatifs sur la santé, l’environnement et sur les moyens de subsistance des populations. Pour le ministre des mines et des ressources stratégiques, « ce projet minier constitue une des priorités du pouvoir. » Des notables et des maires des cinq communes d’intervention ont rencontré le ministre pour prendre la défense du 3e plus grand projet minier malgache, considéré par les spécialistes comme l'une des meilleures opportunités de développement de sables minéraux au monde. Il devrait créer plus de 3.800 emplois ; il contribuerait à hauteur de 226 millions de dollars par an au PIB de Madagascar et rapporter plus de 900 millions de dollars à l’Etat, à titre d’impôts directs et de redevances. Le président de l’association Mazoto, Théo Rakotovao, artiste et militant écologiste, virulent opposant au projet, a déposé sa candidature aux législatives sur Toliara.

Prévention des conflits dans le secteur extractif - Une table-ronde a été organisée par l’ambassade britannique et l’ONG « Search for common ground », en collaboration avec la Chambre des mines et la société civile. L’ONG se propose d’inciter les entreprises du secteur à prendre en considération les droits des communautés locales. Elle s’efforce de développer le dialogue communautaire dans huit régions.

30 tonnes de quartz issus d’un trafic ont été saisies par les forces de l’ordre et la police des mines à bord de deux camions à Ivato Centre. Des ressortissants chinois seraient les commanditaires. Le ministre des mines s’est rendu sur place et a annoncé que le produit de la vente du minerai sera consacré au renforcement de la lutte contre les trafics. Des habitants d’Ambatofinandrahana dénoncent la mauvaise gestion des ressources dont le secteur regorge.

« Des ressortissants chinois, toutes filières confondues, dans le collimateur des forces de l’ordre », titre Tribune quirend responsable de cette situation « le laxisme en matière de contrôle de l’entrée et de la sortie du territoire » et « l’ampleur qu’a prise ces dernières années la corruption ainsi que la politisation de tous les secteurs d’activités. » Outre les trafics de ressources naturelles, ils sont accusés de se livrer au trafic de drogue et à la traite de personnes à travers le trafic des jeunes femmes malgaches en Chine.

Six bateaux chinois pêchant illégalement dans les eaux malgaches depuis l’expiration de leur licence ont été contraints de rejoindre le port de Toliara. Leurs équipements ont été saisis. La société dispose d’un mois pour se conformer au protocole d’accord signé en 2017. L’Institut halieutique de Toliara rappelle que les pêcheurs se plaignent depuis 2 ans des pratiques de cette société. Le cahier des charges de la société n’a pas été rendu public et son respect est difficilement vérifiable du fait que les bateaux ne rentrent jamais à quai. « Le transbordement en mer peut être source de trafics de drogue, d’armes, d’autres produits de mer interdits de pêche, d’immigration clandestine », dénonce un spécialiste.

Une conférence internationale sur la sécurisation des côtes, des territoires maritimes et la protection des ressources sous-marines se tiendra à Madagascar cette année, annonce le chef de l’État. Y prendront part le Kenya, Maurice, les Seychelles, la Tanzanie et le Mozambique. L’objectif serait de trouver un accord sur une mutualisation des forces pour lutter contre les pêches illégales dans la région et la piraterie maritime.

Le conseil des ministres a décidé des expropriations pour cause d’utilité publique pour la réalisation de quatre projets d’aménagement urbains annoncés dans le projet présidentiel. Ces projets entrent dans le cadre du « Programme d’appui et de développement des villes d’équilibre » Le Collectif Tany demande aux responsables d'informer pleinement les populations sur la nature des projets, les modalités de relogement et d’indemnisation.

Le ministre de l’aménagement a affirmé l’existence d’un réseau spécialisé dans la vente et l’achat illicites de terrains communaux dans la capitale. Sont pointés du doigt des employés de la commune d’Antananarivo, des fonctionnaires des domaines et de la justice. Dix personnes ont été mises en cause. Un ancien directeur et deux employés des services fonciers ont été placés sous mandat de dépôt. Considérant que les commanditaires ne sont pas inquiétés, les syndicalistes des domaines ont donné un ultimatum de 72 heures aux autorités pour obtenir leur libération.

Pour le CRAAD-OI et le Collectif Tany, la visite officielle d’Andry Rajoelina à Maurice ramène à la mémoire l’existence de projets d’investissements en instance entre Maurice et Madagascar. Le plus inquiétant d’entre eux est notamment le projet de création d’une ZES de 440 ha dans le Parc d’Ehoala à Tolagnaro, pour laquelle un mémorandum d’entente a été signé en 2016. Les ONG rappellent la nécessité d’une concertation avec les citoyens avant toute prise de décision importante sur les terres malgaches. Selon elles, « les ZES priveront les Malgaches de l’accès à des milliers d’hectares de terres pour une période de longue durée, sinon indéterminée. »

Andry Rajoelina a annoncé que la politique de reforestation de l’Etat a pour objectif de reboiser chaque année 40 000 ha. Six millions d’individus devraient être impliqués dans ces opérations, notamment tous les fonctionnaires, élèves et étudiants. L’Etat mise sur l’éthanol pour combattre la déforestation en incitant la population à s’équiper en réchauds à éthanol et à se détourner de l’utilisation du charbon de bois. 

Vohibola, la dernière forêt primaire littorale entre Tolagnaro et Mananara Avaratra fait l'objet de pillages récurrents qui ont pris une ampleur telle qu’elle est condamnée à disparaitre à brève échéance. Cette forêt protégée, sanctuaire exceptionnel, serait envahie par des trafiquants de bois précieux, des charbonniers et des braconniers, avec la complicité d’autorités locales. Une pétition en ligne a été lancée pour sauver cette réserve forestière.

La Banque mondiale octroie 150 millions de dollars pour améliorer l’accès à l’électricité. Objectif : doubler l’accès à l’électricité d’ici 2023 en faisant bénéficier d’un raccordement 1,7 million d’individus, 10 000 entreprises et 750 centres de santé. Un 2e financement de 90 millions de dollars consiste en un don additionnel au projet de filets sociaux de sécurité destiné à 750 000 ménages parmi les plus vulnérables. Le 3e financement est un don de 52 millions de dollars qui a pour objet de renforcer l’appui à la certification foncière et à la production de statistiques agricoles.

Le FMI a décidé un décaissement immédiat de 43,8 millions de dollars pour Madagascar. Dans le cadre de la4e revue de la Facilité Elargie de Crédit (FEC), portant le total décaissé à 263,8 millions.

La BAD apportera son appui au gouvernement pour la renégociation des contrats de fourniture d'électricité de la Jirama, la stratégie de redressement de la société d’Etat et le financement du projet de construction de la centrale solaire et hydroélectrique de Sahofika. La Banque allouera en outre 20 millions de dollars au programme d’entrepreneuriat pour les jeunes malgaches, pour des projets relatifs à l’agriculture et à l’élevage. Le projet Bas Mangoky, démarré avec le régime précédent, se poursuivra. D’autres aides sont prévues en faveur de l’« économie bleue » et du tourisme vert.

Le gouvernement chinois va octroyer une aide de 15 millions de dollars à la suite de la signature de l'Accord de coopération économique et techniquedurant le Forum sur la coopération sino-africaine, en septembre 2018. Neuf projets sont en cours de discussion. Cinq projets d'envergure (d'un coût total de 734 millions de dollars) financés par des prêts à taux bas sont également en cours de discussion, comme celui de la centrale hydroélectrique de Ranomafana, d'une valeur de 270 millions de dollars.

Le gouvernement japonais débloque un budget de 2,6 millions de dollars au profit du PAM, de l’Unfpa et de l’Unicef, afin de faire face à la situation humanitaire alarmante dans le Grand Sud.

Le ministère des affaires étrangères, avec l'appui de l’OIM, va lancer le projet « Jeunes volontaires de la diaspora ». La démarche vise à favoriser le retour aux sources et le raffermissement des liens entre les jeunes de la diaspora par des actions de développement au niveau local.

Téléperformance annonce un recrutement massif pour 2019. Grâce à l’arrivée de la fibre optique en 2014, le créneau des centres d’appels francophones est en plein essor. 5 000 Malgaches travaillent déjà dans ces centres de services externalisés. Leur effectif pourrait atteindre 50 000 d’ici à quelques années.

Dans un rapport de la Banque mondiale, Madagascar serait le pays le plus pauvre du monde. Le pays se situerait au dernier rang par rapport au taux de pauvreté de 1,90 dollar par jour. 77,6 % des Malgaches vivent en dessous de ce seuil.

Les mouvements de grève et des troubles ont affecté l’université d’Antananarivo et l’Ecole polytechnique de Vontovorona. Quatre étudiants de cet établissement ont été condamnés à 15 jours de prison avec sursis. A l’appel du SECES, les enseignants-chercheurs ont décidé de suspendre leurs activités à l’université d’Antananarivo.

Les universités chinoises refusent de délivrer les diplômes des étudiants malgaches en raison de dettes impayés par l’Etat. Des étudiants sont menacés d’expulsion et ne peuvent soutenir leur thèse. L’association des parents des étudiants boursiers interpelle Andry Rajoelina.

L’intersyndicale de la Jirama a entamé une grève générale pour exiger la réintégration de quatre délégués syndicaux licenciés pour « divergences de points de vue avec la direction générale ». Les syndicalistes réclament en outre la démission du DG. Il lui est aussi reproché de ne pas avoir révisé les contrats avec les fournisseurs. De 2016 à 2018, 359 agents, hauts responsables ou simples employés, ont été sanctionnés. En 2018, 40 agents ont été licenciés. Les dirigeants annoncent que dans le cadre du redressement de la société ils se montreront intransigeants.

Un projet de réglementation des revendications syndicales dans la fonction publique. « L’Etat va durcir sa position » à l’encontre des leaders tentés par une instrumentalisation politique des revendications sociales. Les usagers de services publics s’en félicitent, annonce Newsmada.

En plus des fêtes chrétiennes, deux fêtes musulmanes seront chômées et payées en 2019. La décision a été prise dans un souci d’inclusivité. La décision a été contestée par des milieux chrétiens qui considèrent que la minorité musulmane ne mérite pas de tels égards. Des employeurs protestent contre la multiplication des jours fériés.

Protection sociale : un financement de 443 millions de dollars à mobiliser. Suite à son adoption en 2014, le gouvernement compte mettre en œuvre, à partir de cette année, la Stratégie nationale de protection sociale qui devrait permettre à 15 % des ménages dans une situation d’extrême pauvreté d’avoir accès au système de protection sociale non contributif d’ici à 2023.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • La préparation des législatives
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Amnisitie, justice, conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Politique migratoire, traite
  • Santé
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafics de bois précieux, ressources naturelles, foncier, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social

 

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30 novembre 2018

REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2018

 La CENI a été la cible de nombreuses attaques de la part des candidats tout au long du processus électoral, elle s’est efforcée de jouer la carte de la transparence sans y parvenir véritablement. Avant le 1er tour, les mises en cause se sont focalisées sur l’élaboration de la liste électorale, l’existence de prétendus bulletins uniques pré-cochés et de bureaux de vote « fantômes ». Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana ont déposé plainte auprès de la CENI pour les violences subies durant leur campagne.

Seuls six candidats ont répondu au questionnaire de Transparency International-Initiative Madagascar (TI-IM) sur leur budget de campagne. Les trois favoris n’ayant pas répondu, TI-IM a procédé à une estimation de leur budget. Pour Andry Rajoelina, il s’élèverait à plus de 2 millions d’euros, sans tenir compte des frais engagés en France et à Madagascar pour présenter son projet IEM. TI-IM s’est interrogé sur le coût de location de ses sept hélicoptères et des véhicules de retransmission TV, le coût des « goodies », le montant des distributions d’argents. Le candidat a promis de jouer la transparence à la fin de la campagne. Pour Hery Rajaonarimampianina, TI-IM estime à plus de 1,3 million d’euros le coût total de sa campagne. Le coût des meetings organisés par Marc Ravalomanana est estimé à 1,43 million d’euros. La question reste entière de savoir qui sont les sponsors des candidats favoris et les contreparties négociées…

« Le candidat Rajoelina vend du rêve », a titré TV5 Monde dans un reportage. Feux d'artifice, écran géant, stars de la chanson, orchestre live, profusion de promesses : Andry Rajoelina, grand favori du scrutin, a fait rêver ses partisans et a joué habilement la carte du populisme. « Un scrutin pris en otage par le pouvoir de l’argent », a titré pour sa part France Info/Géopolis Afrique.

Deux associations internationales ont manifesté l’intention de réaliser pour la première fois à Madagascar un sondage « sortie des urnes ». La CENI a soutenu n'avoir délivré aucune autorisation pour la réalisation de tels sondages et a sommé les organisateurs d’y renoncer.

nm 09 11 18Dès le début des opérations de dépouillement, les premiers résultats centralisés par la CENI plaçaient très largement en tête Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Les deux protagonistes de la crise de 2009 étaient au coude à coude, avec un léger avantage au premier. Les opérations se sont déroulées dans le calme. Il n’a pas été relevé d’incident majeur. Quelques heures après les premiers dépouillements, Viva affirmait qu’Andry Rajoelina avait obtenu plus de 40 % des suffrages, évoquant même une victoire dès le 1er tour. Sur MBS, Marc Ravalomanana se créditait lui aussi de plus de 50 % des voix. Des déclarations qui ont pu faire craindre à une auto-proclamation de victoire dès le 1er tour par l’un ou/et l’autre des favoris. La HCC et la CENI ont été contraints de rappeler que la publication et la proclamation des résultats de l’élection sont régies par une loi organique. Les candidats ont été sommés de ne pas publier leurs proposer résultats provisoires. Hery Rajaonarimampianina, dont le score a été extraordinairement décevant, a dénoncé le premier de « nombreuses irrégularités » et prévenu qu'il ne « laisserait pas la population se faire dérober son vote ». Les équipes de campagne des deux favoris ont pris peu après le relai pour mettre en cause les travaux de dépouillement de la CENI. Accusée de malversations et de corruption, la Commission a exigé des preuves de la part de ses accusateurs.

L’association HFI a demandé l’annulation du scrutin, réaffirmant que cette élection n’est pas une solution pour le pays. Se basant sur les constats des observateurs nationaux et internationaux, elle a mis en garde le gouvernement et les citoyens sur les risques qu’engendrerait cette élection si elle n’était pas annulée.

Les Nations unies et la communauté internationale, importants bailleurs de fonds du processus, ont invité les candidats à faire preuve de retenue et de responsabilité.

pov 14 11 18« Les irrégularités sont très marginales. Il n'y a pas eu d'impact de ce que nous avons constaté sur le résultat des élections », a déclaré le chef de la mission des observateurs de l'UE. Des achats de vote ont néanmoins été mentionnées dans leur rapport préliminaire. Ils auraient été principalement le fait de Hery Rajaonarimampianina et d’Andry Rajoelina. La mission d’observation a répertorié avec précision les dates et lieux de ces opérations. Les proches d’Andry Rajoelina ont récusé cette information par voie de presse et le candidat a demandé à l'ambassadeur de l’UE la publication d'un démenti. Les membres de la Commission de contrôle du financement de la vie publique ont annoncé leur intention de se rendre dans les quartiers généraux des candidats pour rencontrer les trésoriers de campagne. Pour mémoire, seuls cinq candidats avaient ouvert leur compte unique de campagne au 31 octobre comme la loi le leur impose.

 La lenteur dans la collecte des résultats a amplifié les suspicions des uns et les appréhensions des autres. Les représentants d’Andry Rajoelina ont annoncé leur décision de se retirer du processus d'observation du traitement des résultats, estimant que « les conditions d'observation du comptage des voix ne sont pas réunies ». Les partisans de Marc Ravalomanana ont mis également la pression sur la Commission, sans être aussi vindicatifs. L’équipe juridique du candidat s’est rendue au siège de la CENI, suspectant les commissaires de manipulation de voix. La CENI a notamment été accusée d’utiliser un logiciel permettant de falsifier le décompte des voix obtenues par Andry Rajoelina pour sauver la mise du président sortant et redistribuer des suffrages au profit de « petits candidats ».

Le conseiller spécial de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, PDG de la société de transit Tafaray et du groupe de presse RLM Communication, Mbola Rajaonah, récemment rallié à la cause de Marc Ravalomanana et supposé être l’un de ses financeurs, a été frappé d’une interdiction de sortie du territoire, rapidement suspendue. Il a été convoqué à plusieurs reprises par le Bianco pour suspicion de complicité dans des affaires de trafic de bois de rose, détournements et fausses déclarations au niveau du service des douanes, voire trafic d’armes. L’alliance Mbola Rajaonah-Marc Ravalomanana nuirait aux visées d’Andry Rajoelina, soutenu par l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, mis en cause en France pour une affaire de biens mal acquis, analysent plusieurs médias. L’avocat de Mbola Rajaonah a qualifié les poursuites engagées à l’encontre de son client d’« acharnement politique ». Un avis partagé par le coordonnateur de la campagne de Marc Ravalomanana. Il s’agit d’une « enquête indépendante et sans connotation politique », a répliqué le Bianco, qui précise que l’instruction du dossier à débuté il y a plus d’un an.

La phase très controversée de dépouillement des résultats provisoires par la CENI s’est achevée par la désignation des deux ex-présidents appelés à s’affronter dans un second tour : Andry Rajoelina arrivé en tête avec 39,19 %, suivi de Marc Ravalomanana (35,29 %). Les régions dîtes côtières ont largement voté pour Andry Rajoelina, tandis que les Hautes Terres ont plébiscité Marc Ravalomanana. Le 2e tour est prévu le 19 décembre. Hery Rajaonarimampianina, en 3e position, a obtenu le score de 8,84 % Le pasteur Mailhol, fondateur de la secte Apokalipsy, est arrivé en 4e position avec 1,27 % des suffrages. Seuls 5 candidats atteignent la barre de 1 %. Le taux de participation s’élève à 54,2 %, un chiffre bien inférieur au premier tour la présidentielle de 2013.

nm 20 11 18

En attendant la proclamation des résultats définitifs par la HCC, le jeu d’alliances s’est ouvert avec une grande inconnue : une très hypothétique alliance entre le président sortant et Marc Ravalomanana. Celui-ci a affirmé avoir eu des contacts avec personnalités HVM ainsi qu’avec l’ancien conseiller technique controversé de Hery Rajaonarimampianina, Mbola Rajaonah. « C’est un soutien inconditionnel », a-t-il déclaré. Le secrétaire général du parti a fait savoir que le HVM n’a pas encore officialisé sa position. Le soutien au candidat Ravalomanana ne ferait pas l’unanimité au sein des instances dirigeantes.

En attendant le verdict de la HCC, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ont manifesté leur présence dans les quartiers populaires de la capitale, mettant en cause les autorités responsables de l’insalubrité et multipliant les promesses de réalisations.

 

Express 20 11 18Les requêtes en annulation de résultats du 1er tour ont afflué à la HCC qui disposait de 7 jours pour statuer. L’équipe de Marc Ravalomanana a fait parvenir à elle seule 208 requêtes sur un total de 212. Andry Rajoelina a réclamé notamment un audit du logiciel utilisé par la CENI et la confrontation des PV. Quant au président sortant, Hery Rajaonarimampianina, il a demandé l'annulation pure et simple de l'élection. La coalition des 25 candidats qui, dès avant le premier tour, avaient désavoué le travail de la CENI et le processus électoral, a également déposé une requête en annulation du scrutin. Contre toute attente, le comité de soutien de Marc Ravalomanana a décidé de retirer toutes ses requêtes et plaintes déposées à la HCC. Cette volte-face a été interprétée comme une démarche politique mais également comme une attaque indirecte visant Andry Rajoelina, à qui il est reproché un comportement fougueux, irréfléchi et excessif. Pour le quotidien pro-Rajoelina La Vérité, le renoncement de Marc Ravalomanana s’expliquerait par le fait qu’il possède la preuve qu’Andry Rajoelina aurait dû être déclaré vainqueur dès le 1er tour. Il se satisferait ainsi des résultats contestés publiés par la CENI, en espérant qu’ils seront confirmés par la HCC et qu’il pourra dès lors accéder à un second tour qui aurait dû lui échapper…

 Les évêques sont sortis de leur silence à quelques jours de la proclamation des résultats définitifs du premier tour pour critiquer sévèrement l'attitude des hommes politiques dans le contexte de l'élection. « La vue des moyens faramineux déployés pendant la campagne électorale intrigue et amène les plus démunis à s'interroger », mentionne notamment leur communiqué. « Les politiciens ont détruit l'état d'esprit des citoyens. La politique du dénigrement et de la division domine », fustigent-ils.

Le FFKM de son côté a appelé la HCC « à publier des résultats justes et vrais ». S’adressant aux candidats, elle les exhorte à « rasséréner leurs partisans en cessant les invectives de tous bords ». Face à la recrudescence des vindictes populaires ou des lynchages, un appel a été lancé aux autorités pour qu’elles défendent la justice et protègent les populations. Le FFKM exhorte chacun à protéger les ressources naturelles du pays et à refuser les remblais de terrains qui sont souvent synonymes de « ventes aux enchères des terrains aux étrangers ».

La proclamation des résultats officiels du 1er tour par la HCC a confirmé les chiffres provisoires de la CENI. Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana disputeront le 2e tour le 19 décembre, en obtenant respectivement 39,23 % et 35,35 % des suffrages. D’une manière générale, la HCC a rejeté toutes les requêtes qui lui sont parvenues.

Tribune écrit que malgré toutes les polémiques qui ont émaillé la vie nationale depuis plusieurs mois, le pays se trouve dans un contexte qui pourrait être assez positif. « Nous avons potentiellement une chance de vivre la première véritable alternance démocratique depuis 1960, avec l’arrivée au pouvoir d’un opposant qui a vaincu par les urnes un président sortant. A condition qu’aucun des protagonistes du second tour ne pousse pour une nouvelle crise post-électorale dans quelques semaines. »

Amnesty International a publié un nouveau communiqué dans lequel l’organisation exhorte le prochain gouvernement à mettre fin à la répression brutale des droits humains, protège les défenseurs des droits environnementaux, mette un terme au recours excessif à la détention provisoire et s’engage à assouplir le droit à l’avortement qui demeure une infraction en toutes circonstances.

Plusieurs attaques de dahalo ont encore défrayé la chronique, de plus en plus fréquemment accompagnées de prise d’otage. Des actes de vindicte populaire ont également été signalés. Les enlèvements de ressortissants indo-pakistanais se sont de nouveau produits dans la capitale et à Toamasina. Une intervention musclée de la gendarmerie a permis la libération d’un otage sans versement de la rançon exigée. Un gendarme de la cellule anti-kidnapping a été arrêté avec deux collègues inculpés pour corruption dans une affaire de rapt. Neuf individus, soupçonnés d'être impliqués dans des affaires de kidnapping ont été arrêtés.

Suite aux violents propos tenus par la candidate Fanirisoa Ernaivo, ancienne présidente du SMM, à l’égard des forces de l’ordre, le ministère de la justice l’a suspendu de ses fonctions pour grave manquement à l’éthique et à la déontologie. Le ministère de la sécurité publique a déposé plainte. La CNIDH a qualifié d’« injures, invectives et malédictions proférées par une candidate à Mahamasina, à l’endroit de la police nationale ». Pour L’Express, la candidate a eu le tort de dire de manière crue et déplacée ce que la population ressent au quotidien. On aimerait, écrit-il, « voir la même célérité s’appliquer dans les affaires mettant en cause le comportement des forces de l’ordre, de la police en particulier : des affaires de meurtre, d’exécutions sommaires et de torture classées sans suite, des membres de forces de l’ordre qui refusent de comparaître sans que leur propre ministre n’intervienne pour que justice soit rendue ». La Solidarité syndicale de Madagascar a entamé une procédure de demande d’annulation de la décision. La requête de la candidate suite à la décision du ministère de la justice a été rejetée par le Conseil d’Etat.

Houcine Arfa, ancien conseiller de la présidence, a saisi la justice sur plusieurs affaires mettant en cause Hery Rajaonarimampianina. Un dépôt de plainte contre le président sortant a été déposé par son avocat. Le franco-algérien l’accuse d’association de malfaiteurs, complicité de coups et blessures, torture, tentative d’assassinat, complicité de kidnapping, non-révélation de crimes, corruption active et passive, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite.

Huit dossiers ont été déposés à la HCJ. Les plaintes concerneraient la corruption, l’exportation illicite de bois de rose et le détournement de deniers publics. L’identité des personnes mises en cause n’a toujours pas été révélée mais deux anciens présidents de la République sont concernés par ces plaintes. Leur dossier a été transmis pour examen au bureau permanent de l’Assemblée. Deux commissions parlementaires vont examiner ses requêtes intéressant les hauts responsables étatiques et procéder à des enquêtes. Le projet de budget 2019 prévoir des crédits de fonctionnement conséquent pour la HCJ.

Les concours d’entrée à l’ENMG ont été reportés sine die, a annoncé la ministre de la justice. L’audit du dernier concours confirme l’existence de dysfonctionnements qui mettent gravement en doute la régularité des opérations.

Dix agents du ministère de l’agriculture et de l’élevage ont été placés sous mandat de dépôt pour faux diplômes. Ces individus ont été majoritairement recrutés durant la période de Transition. Au total, 24 agents ont été incriminés.

pov 25 11 18Projet de loi de finances 2019 : le CCOC et le mouvement Rohy ont exhorté les députés à jouer leur rôle de contre-pouvoir, à respecter leur mission de représentants des citoyens et à prendre le temps d'étudier le projet de loi, écouter les analyses des autres parties prenantes, dont la société civile, engager des débats publics avec les citoyens et les responsables gouvernementaux et procéder à un vote réfléchi et responsable. Ils encouragent le gouvernement à renforcer la transparence et la redevabilité à l’égard des citoyens.

 Dans le cadre du budget 2019, l’État prévoit la mise en place effective des pôles anti-corruption (PAC) dans quatre provinces. Les organismes de l’Etat concernés par la lutte contre la corruption seront renforcés.

 Le CICR quittera Madagascar en 2019. La charge de l’amélioration de la condition de vie des détenus reposera dès lors principalement sur l’Etat. La ministre de la justice se montre malgré tout confiante : le budget de son département connaitra une augmentation significative en 2019 mais le retard à combler est considérable.

Les sénateurs ont rédigé une proposition de loi visant à renforcer les attributions de la CNIDH, notamment en lui permettant des visites inopinées de tout lieu de détention.

Dans le cadre des manifestations organisées pour la Journée mondiale des droits de l’enfant, l’ONG ECPAT France a pointé du doigt les médias malgaches pour le non-respect de ces droits.

Journée internationale contre les violences faites aux femmes - 30 % des femmes sont victimes de violences psychologiques et/ou physiques. 60 % des femmes victimes n’ont jamais tenté de rechercher aide ou assistance. 45 % des femmes considèrent ces violences comme « normales ». Seules 10% des victimes sont prises en charge et parmi celles-ci seuls 5 % ont accès à la justice.

La traite des êtres humains est une infraction qui relève de la compétence du Pôle anti-corruption, a fait valoir l’OIM dans le cadre d’une formation organisée à l’intention des personnels concernés. L’OIM renforcera l’information sur les actions de prévention et la prise en charge des victimes.

Trafic de jeunes femmes vers la Chine : cinq chinois et un maire malgache ont été écroués. Ils sont impliqués dans une affaire de mariages forcés d’adolescentes.

La Grande île connait une exceptionnelle épidémie de rougeole. Des décès ont été rapportés. Les personnels de santé rencontrent une forte opposition des familles à la vaccination. Les structures hospitalières sont débordées et les vaccins commencent à manquer.

L’insalubrité de la capitale atteinte un summum, titre L’Express. Tous les quartiers croulent sous les immondices. La crainte est vive que cette situation favorise la réapparition de l’épidémie de peste qui a sévi l’an passé. Pour l’heure, celle-ci aurait frappé une centaine de personnes, faisant 14 décès. Une délégation médicale allemande va apporter sa contribution à la lutte contre l’épidémie.

Insécurité alimentaire - Une augmentation du nombre de personnes nécessitant une action urgente est attendue pour la période de novembre à mars, avec au moins 1 300 000 personnes à secourir, principalement dans le Sud. Dans certains districts, l’insécurité alimentaire touche près de 30 % de la population.

La presse étrangère, notamment Le Monde, s’est intéressée à l’inégalité d’accès des candidats aux TV et radios privées, dont les émissions sont payantes et dont les prix se sont envolés. « Le candidat qui a le plus d’argent peut s’offrir une visibilité » dans les médias », a titré le quotidienqui rappelle que pas moins de quatre candidats sont propriétaires de stations de radio ou de TV. Tous les médias sont détenus par de riches hommes d’affaires souvent liés au pouvoir, des familles ou des hommes politiques. En février, une première mouture de la loi électorale souhaitait soumettre les acteurs privés du secteur au même principe d’équité que les médias publics mais la HCC s’y est opposée au nom de la liberté d’entreprendre. A l’approche de l’élection, un trublion s’est invité dans ce jeu pipé : Facebook, premier réseau social sur la Grande île. La lutte sur le réseau s’est jouée plus sur la visibilité des concurrents que de leurs idées, exacerbant au passage la tension politique en propageant des « fakes news ».

Sept journalistes et collaborateurs du groupe plurimédias African Daily Voice (ADV) venus pour couvrir la présidentielle se sont vu notifiée une interdiction de séjour à leur débarquement.

Le PNUD a rappelé à l’ordre les médias qui avaient décidé de diffuser des résultats non validés transmis par des candidats. Il leur a été rappelé qu’ils« doivent porter haut le flambeau de valeurs telles que la transparence et l’intégrité, et faire de la vérification des sources d’information une priorité. La presse doit ainsi aider à la promotion d’un climat électoral apaisé, pour l’acceptation des résultats par toutes les parties prenantes au processus. »

L’Observatoire des médias Ilontsera a formulé des recommandations pour la campagne du 2e tour. Il est notamment demandé aux médias et aux journalistes d’éviter de se faire l’écho des discours de mépris, de haine et de violence et de s’interdire de véhiculer et de relayer des rumeurs. Ilontsera invite aussi les usagers des réseaux sociaux à faire montre de plus de responsabilité, contrepartie indispensable à la liberté offerte par ces outils de communication.

Six bateaux suspectés de trafic de bois de rose ont été repérés par la société civile sur la côte Est. L’un d’eux aurait jeté l’ancre au large pour collecter des bois acheminés par de petites embarcations. Les forces de l’ordre ont été alertées mais sont intervenues trop tardivement. L’Allemagne a dénoncé la reprise de ces trafics, rappelant qu’elle est le premier bailleur de Madagascar dans le domaine de l’environnement, de la protection des ressources naturelles et de la biodiversité.

Des ressortissants chinois prospectent sans autorisation au nord de Farafangana pour acquérir des carreaux miniers afin d’exploiter de l’ilménite. Ils tentent de négocier de gré à gré avec les propriétaires de terrains. Une association de natifs du Sud-Ouest a alerté les autorités.

Les opérateurs travaillant comme intermédiaires dans la filière or dénoncent le retour des trafics. Les trafiquants profiteraient du contexte sociopolitique actuel. La période électorale provoquerait un flottement dans le fonctionnement de l’administration dont ils tireraient profit. L’Alliance Voahary Gasy (AVG) a noté une accélération de la dégradation de l’environnement à la faveur de la période électorale.

« Economie bleue » - L’Agence malgache pour le développent économique et de promotion d’entreprise (AMDP) a été contrainte de s’expliquer sur le contrat signé avec le consortium chinois Taihe Century mais s’est refusée à en divulguer le contenu, « par respect du secret des affaires ». L’accord, jugé opaque par la société civile, continue de provoquer de vives inquiétudes mais le gouvernement considère qu’il s’agit d’un projet privé sur lequel il n’a aucun pouvoir.

Un appel d’offre a été lancé pour 44 blocs pétroliers et gaziers situés au large de Morondava. Les investisseurs attendaient cette décision depuis plusieurs années. Pour le Craad-OI, le Collectif Tany, le Kmf/Cnoe et Transparency International, l’appel d’offres de l’OMNIS pour l’attribution de 44 blocs pétroliers et gaziers compromet la gestion durable et démocratique des ressources naturelles.

Plus de 7 300 tortues radiées ont été saisies au nord de Toliara. Trois personnes ont été arrêtées. Depuis avril,
19 000 tortues ont été saisies avec le concours d’un réseau d’acteurs luttant contre le trafic illicite des ressources naturelles dans l’Atsimo Andrefana. Les personnes à l’origine des signalements se plaignent d’être victimes d’actes d’intimidations. Des réseaux de trafiquants se structurent dans le Grand Sud pour échapper aux contrôles.

Madagascar dispose de 8 mois pour établir un contrat de vente de crédits carbone. Durant cette période, la Grande île devra faire la démonstration que la gestion de ces crédits sera fiable, leur partage équitable et transparent. Le programme permettrait de bénéficier d’un revenu de 70 millions de dollars sur 5 ans.

Affaire Daewoo Logistics : 10 ans déjà mais un sujet toujours sensible. Le 18 novembre 2008, le Financial Times révélait qu’un énorme accord était en cours de négociation entre Daewoo Logistics et le gouvernement malgache. La révélation de cette affaire a contribué à la chute de Marc Ravalomanana. Le Collectif Tany et l’ONG Grain appelle à la vigilance. Daewoo Logistics est toujours présent dans la Grande île, dissimulé sous un autre nom. Son offre foncière ratée est revenue hanter le processus électoral en cours qui met face à face des personnalités impliquées à l’époque dans cette affaire.

La Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM) a besoin de 21 millions de dollars par an pour assurer la conservation pérenne des aires protégées. Elle lance un appel à la contribution du public et du secteur privé. Madagascar est le pays dont le taux de la déforestation est le plus élevé au monde avec
510 000 ha de forêts brûlées en 2017. A l’heure actuelle, la FAPBM ne peut contribuer qu’à hauteur de 3 millions de dollars. Son objectif est d’atteindre le tiers du financement nécessaire en 2021, soit 7 millions de dollars.

12 hectares de forêt primaire ont été défrichés dans le parc national Mikea. 10 personnes ont été prises en flagrant délit et traduites devant la justice à Toliara. En août 2018, les parties prenantes locales s’étaient mises d’accord pour prendre toutes les dispositions nécessaires dans l’objectif de stopper la dégradation massive du parc. L’UE a officialisé sa seconde contribution au projet SACEM pour l’organisation d’élections « crédibles, transparentes, pacifiques et inclusives ». Ce nouvel apport s’élève à 1,28 million de dollars. Au total, elle aura appuyé le projet mis en œuvre par le PNUD pour plus de 3 millions de dollars.

La Norvège a renouvelé son appui à l’éducation dans trois régions du Grand Sud. Ce programme, d’un montant de plus de 6 millions de dollars, sera mis en œuvre à compter de 2019 par l’UNICEF, le BIT et le PAM.

Comment tracer l’origine des fonds utilisés par les candidats à la présidentielle ? Telle est la question posée par des journalistes au Comité monétaire auprès de la Banque centrale de Madagascar. Des flux financiers qui bien souvent ne passent pas par le système bancaire et qui peuvent favoriser le blanchiment d’argent. Pour le Comité monétaire, ces surliquidités monétaires résultant des dépenses faramineuses engagées par certains candidats sont susceptibles de relancer l’inflation.

Doing Business 2019 : légère progression de Madagascar. La Grande île est classée au 161e rang sur 190 pays et au 35e en Afrique, avançant d’un rang au classement par rapport à l’année précédente.

Les opérateurs économiques redoutent la survenue une nouvelle crise postélectorale, alors que l’économie commence à relever la tête avec une prévision de croissance de 5 %. La dépréciation de l’Ariary depuis le début de l’année est jugée préoccupante.

Les autorités espèrent pouvoir accueillir 250 000 touristes chinois en 2019. La Chine est prête à apporter son soutien en aidant au renforcement des capacités d’accueil dans les sites touristiques les plus renommés. Les touristes chinois sont réputés pour disposer d’un fort pouvoir d’achat.

Le recensement général de la population effectué entre juin et août n’a pas encore livré ses premiers résultats. Lors du dernier recensement, en 1993, la Grande île comptait 12,3 millions d’habitants. Celui de cette année devrait annoncer une population dépassant les 27 millions d’habitants, soit 3 millions de plus que les estimations utilisées aujourd’hui par les bailleurs internationaux pour planifier leurs programmes de développement.

Air Madagascar pourrait avoir un deuxième partenaire stratégique, la compagnie Ethiopian Airlines. Le président du conseil d’administration de la compagnie nationale a précisé que pour l’instant aucun contrat n’avait encore été validé ni signé et rappelé que le contrat signé par Air Madagascar avec Air Austral il y a un an comportait une clause de non concurrence sur une période de trois ans.

Plus de 400 sociétés ont été fermées cette année, rapporte le ministre de l’industrie. Les fermetures touchent en grande partie les entreprises se déclarant « franches », mais qui n’en respectent pas les critères. L’assainissement doit se poursuivre et même être renforcé, annonce le ministre.

Les importations de riz en forte croissance. Le volume importé sur les 10 mois premiers mois de 2018 est de à 473 150 tonnes. L’autosuffisance alimentaire de la Grande île, future « grenier à riz de l’océan Indien » selon le projet de la COI, reste une lointaine perspective….

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation de la présidentielle – Campagne électorale
  • Le déroulement du scrutin, résultats partiels et réactions
  • Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana qualifiés pour le 2e tour – Des résultats contestés

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Condtion carcérale
  • Droits des enfants, droits des femmes, traite
  • Santé, insécurité alimentaire
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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29 août 2018

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2018

<>  29 08 18 - Communiqué du Craad-OI et du Collectif Tany - ZES - Abandon volontaire de la souveraineté nationale
Les deux organisations jugent « qu’il serait plus raisonnable et dans l’intérêt de tous, y compris du président-candidat et de ses proches, que cette loi ne soit pas promulguée, ni avant les élections ni après ». De sérieuses questions se posent, selon eux, sur la séparation du territoire malgache en plusieurs « Etats ZES », les accaparements de terre et la perte de la souveraineté nationale restent présents dans le texte validé par la HCC. Les Etats étrangers qui sont sûrs de profiter de cette ouverture qualifiée de « malsaine » sont la Chine avec qui le président de la République a signé une entente préalable sur l’attribution d’une ZES le 26 mars 2017, ainsi que Maurice avec laquelle Hery Rajaonarimampianina a également signé un protocole d’entente le 14 mars 2016.

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28 08 18 - SeFaFi - Communiqué - Du bon usage de la HCC
Le SeFaFi s’en prend sévèrement à la HCC de Jean-Eric Rakotoarisoa, ancien membre de ce même Observatoire
. Cette « institution, peu connue et encore moins comprise, n’a cessé d’influencer fortement la vie de la nation », lance-il dans son communiqué « La HCC a été au centre des crises politiques et électorales de 2001-2002, de 2009 et encore de 2013. C’est aussi une institution qui, en dépit de son effectif limité, bénéficie d’une part disproportionnée du budget de l’État, lui permettant un train de vie surprenant fait de voyages, de véhicules et d’autres facilités – à l’abri de tous les regards et de toute redevabilité », critique le SeFaFi, qui lance cette mise en garde : « Au vu des performances des précédentes Hautes Cours Constitutionnelles, il est hautement souhaité que l’actuelle respecte pour elle-même et qu’elle fasse respecter par les autres le verdict des urnes et la sincérité du prochain scrutin ». Une fois de plus, les décisions prises par la HCC à propos des nouvelles lois électorales sont remises en cause. Elle aurait déclaré inconstitutionnels certains sujets législatifs sur lesquels la Constitution est peu explicite, voire muette. Certaines déclarations de la HCC se baseraient « sur de pures opinions personnelles, ou sur une compréhension subjective de ce que dit ou veut dire la Constitution ». Le SeFaFi condamne également sur l’ingérence de la HCC dans la politique. Dans ces décisions, elle ne se cantonnerait pas « aux volets purement juridiques », comme ce fût le cas lors de la dissolution du gouvernement le 25 mai ou encore en exigeant de la tenue séparée de la présidentielle et des législatives.

<> doc  23 08 18 - OCCRP - Le sort des espèces de bois de rose de Madagascar menacées d'extinction
À Madagascar, les négociants en bois de rose sont des faiseurs de rois, abattant non seulement les arbres, mais aussi les gouvernements. A travers des enquêtes secrètes, des journalistes ont découvert comment ils gagnent des millions en faisant la contrebande du bois de rose, une espèce rare, à destination de la Chine. Tout ce qui concerne le business du bois de rose, depuis l’abattage jusqu’à l’exportation, est illégal en vertu des règlements internationaux sur les espèces menacées d’extinction. Malgré cela, au lieu de protéger ses ressources naturelles, le gouvernement malgache est de connivence avec les magnats du bois qui profitent de ce commerce illégal. Pour en savoir plus, les journalistes de l’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) ont parlé avec des habitants, ont examiné des documents gouvernementaux confidentiels et ont enquêté secrètement, en se faisant passer pour des représentants d’un acheteur chinois. Pour observer comment fonctionne le commerce du bois de rose, les journalistes ont créé une société chinoise fictive dénommée Imperial Africa Trading, opérant à partir d’un paradis fiscal situé aux Émirats arabes unis. Leur enquête rassemble les informations éparses sur le commerce du bois de rose, sur la manière dont il est protégé par de puissants initiés et sur la manière dont ses opérateurs échappent à la détection. Par exemple, les journalistes ont découvert que parfois le bois de rose quitte Madagascar dissimulé en vanille, l’autre principale culture commerciale de l’île et qui n’est pas réglementée.
Plusieurs négociants en bois, ainsi que des responsables du ministère de l’Environnement qui ont choisi de s’exprimer sous le couvert de l’anonymat, ont affirmé aux journalistes qu’ils s’attendaient à une augmentation du trafic de bois de rose avant les élections du mois de novembre.

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22 08 18 CNIDH - Expulsions forcées dans la région SAVA

Dans un communiqué, la CNIDH dénonce des expulsions massives organisées dans la région Sava par de riches opérateurs économiques malgaches e/out étrangers, avec la complicité de responsables des domaines, du tribunal, de la gendarmerie et de la préfecture. Dans un fokontany, 2 000 personnes auraient été expulsées et leurs habitations détruites sous la protection des forces armées. Dans une autre localité, des centaines d’occupants d’un terrain de 53 ha subissent les menaces et représailles d’un opérateur chinois qui se l’est octroyé. Sept personnes ont été arrêtées et incarcérées pour avoir contesté cet accaparement. Deux jeunes enfants auraient été retenus durant deux jours et deux nuits au commissariat.

22/08 /18 - A la date de clôture, la HCC a enregistré 46 dépôts de candidature. Ce qui a offert une dernière journée haute en couleur sur le parvis de l’institution avec 18 dépôts. La plupart des candidats se sont manifestement attachés à faire de la démarche l’occasion d’attirer sur eux l’attention des médias. Après une candidate, Eliana Bezaza, petite fille du premier président, Philbert Tsiranana, venue déposer son dossier à bord d’une charrette à zébus, un autre petit candidat est arrivé à la HCC escorté par une vingtaine de mannequins.

Parmi les 18 dossiers déposés le dernier jour, trois ont particulièrement retenu l'attention. En premier lieu, l'ex-premier ministre Olivier Mahafaly, victime du dernier remaniement, qui se présentera donc contre celui qui l’avait nommé. Il assure n’avoir été qu’un simple exécutant durant ses deux ans à la tête du gouvernement. Désormais dit-il, il veut être un « acteur du redressement ». Mais Olivier Mahafaly n'est pas seul ancien premier ministre. Jean Ravelonarivo et Jean-Omer Beriziky se présentent également. Il y a aussi sept ex-ministres, dont Paul Rabary et Roland Ratsiraka. Hery Rajaonarimampianina devra donc faire face à deux de ses anciens premiers ministres et trois de ses anciens ministres.

L’actuel président de l’Assemblée nationale, Jean-Max Rakotomamonjy, a créé la surprise en se portant candidat pour la première fois. Ancien soutien en 2013 de Hery Rajaonarimampianina, il se présente sous la bannière de son parti, le Leader Fanilo. Il explique avoir des divergences de point de vue avec le président. La candidature d'une troisième personnalité importante du paysage politique a été déposée en toute dernière minute, celle de Didier Ratsiraka, ancien président de 82 ans, qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1975 à 1993.  Un débatteur redouté venu faire le trouble-fête, écrit L’Express, et qui peut cristalliser le vote côtier, dont les représentants ont été écartés de la présidence depuis 2002.

D'autres figures emblématiques ont décidé de tenter l'aventure, comme Dama, chanteur du groupe culte Mahaleo, le pasteur Mailhol, fondateur de l’Eglise Apokalipsy, Fanirisoa Ernaivo, présidente du puissant syndicat des magistrats, le SMM, ou encore Erick Rajaonary, entrepreneur et patron du groupement du patronat malagasy. Les autres candidats sont médecins, journaliste, professeurs, économiste, chanteuse, sportif, militaire, hommes et femmes d'affaires ou tout simplement d'illustres inconnus. Pour rappel, quatre sont anciens chefs de l’État ou président en exercice : Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka, et Hery Rajaonarimampianina. On compte au total six femmes candidates, dont notamment Saraha Rabeharisoa et Arlette Ramaroson. Parmi les 46 candidats, sept ont déjà participé au premier tour des présidentielles de 2013.

Les candidats ont dû verser à titre de caution la somme de cinquante millions Ar. Cette somme ne sera remboursable que si le candidat recueille 10 % des suffrages. En 2013, parmi les 49 candidatures reçues, sept ne s’étaient pas acquittés de cette caution et avaient donc vu leur candidature annulée.

La HCC a invalidé 10 candidatures. Certains n'ont pas fourni de quittance attestant le dépôt de leur caution, d'autres n'ont pas fourni d'attestation d'investiture par un parti ni de parrainage, d’extrait de casier judiciaire ou de certificat de résidence. Un candidat n’était pas inscrit sur la liste électorale, un autre était investi par un parti fictif. Parmi eux, le fils de l'ancien président Philibert Tsiranana. 36 candidats participeront donc officiellement à la course à la magistrature suprême.

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23 08 18 - HCC - Les Décrypteurs - Liste de 36 candidatures à la présidentielle validées

En avril, c'est la crainte d'une invalidation des dossiers de certains candidats qui avait été à l'origine des manifestations de l'opposition. Une opposition pour qui les nouvelles lois électorales avaient pour but de disqualifier les anciens chefs d'Etat Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Ces lois avaient finalement été rejetées début mai par la HCC. Dans l’opinion, certains se disent peu enthousiastes à l'idée de voir ces anciens présidents et l'actuel chef de l'État prendre part à cette élection. Ils disent avoir envie de changement, de renouvellement de la classe politique et de voir de nouvelles têtes. Mais paradoxalement la pléthore de candidats les interpelle aussi.



- 21 08 18 - Collectif Tany - Appel pour Amparihibe
Les membres du fokonolona d’Amparihibe, commune d’Andranofotsy, district de Maroantsetra, rencontrent des problèmes relatifs à leurs terres. Le maire et des autorités locales prévoient de retirer à la communauté les terres où se trouvent des cultures de riz, vanille, girofle, café, des zones de pâturage et des tombeaux. La superficie concernée porte sur 138 hectares. Les motifs et les objectifs réels des autorités ne sont pas très clairs et nécessitent des investigations. Il semblerait que la cause de l’expulsion des propriétaires et occupants soit un projet de déplacement des habitants de fokontany voisins vers cette zone. La communauté a déposé une plainte contre cette décision et a obtenu gain de cause en justice mais le problème serait loin d’être réglé. Le Collectif pour la défense des terres malgaches (Tany) lance un appel à la vigilance pour faire obstacle à la réalisation de projets qui pourraient s’avérer illégaux et injustes.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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30 juin 2018

REVUE DE PRESSE - JUIN 2018

Le 1er juin la HCC a donné aux acteurs politiques jusqu'au 5 du mois pour trouver un accord politique. A défaut, sa décision du 25 mai devrait s'appliquer. Dans son avis, la Cour précise que la cessation de fonction du premier ministre et de son gouvernement devra résulter soit d'un accord politique entre les protagonistes, soit de l'application de la décision du 25 mai qui stipule que le premier ministre de consensus est nommé par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l'Assemblée nationale. La HCC indique clairement que sa décision du 25 mai est une « sentence » et que ses directives s’imposent au président de la République, « en vertu de ses fonctions régulatrices des pouvoirs et des institutions ». Le choix du chef de l’Etat s’est porté sur Christian Ntsay, « un homme expérimenté et ayant les compétences pour l’apaisement », selon ses dires. D’après Midi, sa nomination aurait bénéficié du soutien des partenaires techniques et financiers. Les « députés pour le changement » - TIM, Mapar et « indépendants » - ont contesté cette désignation qui ne découlerait pas de la liste qu’ils avaient soumise, exigeant que le poste soit attribué à l’un des leurs. Sur cette liste de trois noms figuraient ceux des deux leaders du mouvement de contestation de la place du 13-Mai, la députée Mapar Christine Razanamahasoa et la députée TIM Hanitra Razafimanantsoa. Le TIM de Marc Ravalomanana aurait reconnu que le Mapar, avec 49 députés et en dépit des défections de certains d’entre eux, étant majoritaires à l’Assemblée, serait en droit de revendiquer l’attribution du poste. La présidence de la République a affirmé que cette nomination avait pu se faire grâce à un accord politique entre les protagonistes, ce que le TIM n’a pas voulu confirmer. L’accord en question n’a d’ailleurs pas été divulgué, seul un faux a circulé. Bien que présenté par le Mapar, Christian Ntsay, avec son profil de technicien et de fonctionnaire international, est considéré comme n’ayant pas de réelle attache politique. Ecarté par l’arrêt de la HCC, le parti présidentiel HVM, qui n’existait pas encore lors des dernières législatives, n’a pas pu proposer de candidat. La nomination d’une personnalité présentée par le Mapar a mis en porte à faux les députés de ce parti qui participent à l’animation des rassemblements quotidiens de la place du 13-Mai. Le Mapar a été accusé de tenir un double langage et de mettre en péril d’alliance de circonstance scellée avec le TIM. « Beaucoup d'entre nous ont pris cette nomination comme une trahison », a lancé Hanitra Razafimanantsoa, députée TIM et l’une des leaders du mouvement de contestation. « On se demande d’où vient cette proposition », a ajouté Eliane Naika, vice-présidente du TIM et ancienne sénatrice.

En application de la décision de la HCC du 25 mai, Christian Ntsay a formé son gouvernement dans les délais impartis. Sa constitution, précédée de rudes marchandages, n’a pas permis l’apaisement. La clé de répartition des portefeuilles ministériels décidée par la HCC et négociée lors d’un supposé accord politique entre les trois protagonistes de la crise a été vivement contestée. Les partisans du chef de l’Etat ont fait valoir qu’ils disposent à l’Assemblée d’un groupe majoritaire de 79 députés issus de différentes formations politiques (contre 73 « députés pour le changement » relevant de mouvances autrefois rivales). Des rivalités sont également apparues au sein des députés d’opposition, le Mapar revendiquant la meilleure part en plus de la Primature qu’il considère acquise à sa cause. Les « députés pour la changement » et les manifestants de la place du 13-Mai, ainsi que les syndicalistes qui ont renforcé le mouvement, ont exigé qu’aucun membre du HVM ne figure dans la nouvelle équipe, et notamment aucun ministre « redoublant ». Les « députés pour le changement » du TIM ont mis en garde le pouvoir : « La fin de la crise dépendra du choix que va prendre le premier ministre » pour la formation de son gouvernement, a prévenu l’un d’entre eux. Si la clé de répartition de sièges n’est pas conforme à la décision de la HCC du 25 mai, les manifestations se poursuivront jusqu’à démission du premier ministre, ont-ils annoncé.

la gazette 20 06 18Le gouvernement d’« union nationale » formé par Christian Ntsay compte sept membres du Mapar. Parmi eux, des figures bien connues de la place du 13-Mai comme Christine Razanamahasoa, l'une des leaders des députés de l'opposition. Le TIM n’a obtenu que quatre ministères. La plupart des portefeuilles clés échappent à l'opposition et, contre toute attente, le gouvernement d'union est surtout composé de ministres issus de la majorité présidentielle. Sept ont même été reconduits à leur poste. L’Express titre : « Le gros lot au HVM, les miettes au Mapar-TIM ». Une équipe qualifiée de disparate et de résolument politique, au grand dam de la société civile. Pour le quotidien, la composition de l’équipe résulte d’une laborieux compromis et non d’un véritable consensus. La mission de chacun semble être de défendre les enjeux électoraux de son camp. Pour Midi, la composition de la nouvelle équipe ne respecte pas la clé de répartition prévue dans la décision de la HCC, elle est « une insulte aux manifestants de la Place du 13-Mai ».

 

 

la Gazette 22 06 18La composition du gouvernement a aggravé les dissentions au sein du groupe des « députés pour le changement ». Plusieurs de leurs leaders ont refusé d’intégrer la nouvelle équipe, d’autres ont cédé aux sirènes du pouvoir. « Le gouvernement a accouché d'un monstre à sept têtes. Il faut l'enterrer sans condition », a tranché un député indépendant. Des étudiants de l’université d’Antananarivo ont manifesté pour protester contre la reconduction de la ministre HVM de l’enseignement supérieur, Monique Razoazananera, qui détient ce portefeuille depuis 4 ans. La grève à la direction générale des impôts et à la douane a pris un tour politique, estime L’Express. Les syndicats refusent la désignation de leur nouveau ministre et exigent que soit nommée une personnalité qui aura reçu leur agrément. Les manifestants de la place du 13-Mai ont été invités à signer une pétition pour demander l’exclusion des ministres HVM. Le Conseil d’État a rejeté la requête en annulation de la nomination des membres du gouvernement déposée par la députée TIM Hanitra Razafimanantsoa. Selon le site Les Décrypteurs c’est Marc Ravalomanana qui a donné une procuration à Hanitra Razafimanantsoa, vice-présidente à l’Assemblée nationale, pour formuler la requête en annulation. La cohérence de la démarche n’apparait pas clairement dans la mesure où le TIM a accepté de faire son entrée dans le gouvernement en y plaçant quelques ministres dont deux anciens députés qui ont fait partie du mouvement sur la place du 13-Mai. Des descentes ont été organisées dans les ministères tenus par des ministres HVM pour exiger leur démission. Les leaders syndicaux ont sommé les « députés pour le changement » de revenir sur la place du 13-Mai : « Nous les sommons maintenant tous de revenir sur cette place, même ceux qui ont été nommés ministres », a déclaré le porte-parole des organisations syndicales, soucieux de maintenir la pression sur le pouvoir tant que leurs revendications n’auront pas été satisfaites. Un appel adressé particulièrement aux députés du Mapar, qui ont déserté les lieux suite à un appel à l’apaisement lancé par Andry Rajoelina. Les parlementaires Mapar ont été traités par Me Hanitra Razafimanantsoa de « traitres et de déserteurs » pour avoir pris leurs distances avec le mouvement et avoir accepté de siéger au sein du nouveau gouvernement. Pour la presse, le divorce semble consommé entre le TIM et le Mapar depuis qu’Andry Rajoelina a pris de cours ses concurrents potentiels en se lançant dans une impressionnante pré-campagne électorale, dotée de très gros moyens et dont les premiers rassemblements dans le Nord-Ouest ont réuni des foules importantes et enthousiastes. Affranchi de toute contrainte administrative ou politique grâce à l’accord conclu pour la nomination d’un premier ministre et d’un ministre de l’intérieur proche du Mapar, « personne ne pourra faire obstacle à sa marche en avant », juge L’Express, nonobstant les consignes de neutralité données par le premier ministre aux fonctionnaires et services de l’Etat. Le TIM de Marc Ravalomanana semble à la peine. Ses représentants au sein du gouvernement ont donné l’impression de se préoccuper principalement du redémarrage de l’ex-groupe Tiko (devenu AAA) et de la station MBS, réduite au silence depuis une dizaine d’années.

Le premier ministre a présenté sa politique générale de l'Etat. Le gouvernement n'écartera « personne de l'élection présidentielle », a-t-il affirmé, dans une allusion à peine voilée à Marc Ravalomanana. Un scrutin qui « sera difficile à organiser tant que la paix sociale ne sera pas de retour », a-t-il convenu. Le gouvernement s’engage à respecter la liberté d’expression des candidats ; les rassemblements politiques seront autorisés sur tout le territoire et l’administration devra respecter une stricte neutralité. Parmi les autres priorités du premier ministre : la restauration de la sécurité, la lutte contre la corruption et l'amélioration du climat des affaires. Le programme a été accueilli positivement par le Mapar et le HVM.

la gazette 28 06Le mouvement de la société civile Rohy doute de la capacité du gouvernement, fortement marqué par les partis politiques HVM, Mapar et TIM, à organiser des élections crédibles. La CENI pour sa part s’est interrogée sur la « faisabilité financière » d’élections présidentielles anticipées, qui plus est organisées en application de lois électorales contestées qui sont à l’origine de la crise. La ministre des finances précise que la loi de finances rectificative ne prévoit pas de rallonge budgétaire pour la tenue des élections. La CENI devra se contenter des 40 milliards Ar inscrits au budget initial et des 12 millions de dollars promis par les partenaires internationaux dans le cadre du projet Sacem. Il manquerait 6 millions de dollars. Cette incertitude financière pourrait compromettre le projet d’organisation d’une présidentielle anticipée que la HCC préconise et que certaines formations appellent de leurs vœux. Les partisans d’Andry Rajoelina exigent que la décision de la HCC soit appliquée et qu’en conséquence la date du scrutin soit avancée à fin septembre-mi-octobre, avant la saison des pluies, ce qui précipiterait la démission du chef de l’Etat s’il confirme être candidat à sa propre succession. Rivo Rakotovao, président du HVM et président du Sénat, appelé à assurer l’intérim du président-candidat, estime que la préconisation de présidentielle anticipée formulée par la HCC ne s’impose plus, du fait qu’il y a eu, selon lui, un accord politique pour la formation du gouvernement. Pour Omer Beriziky, ancien premier ministre, « la situation ne s’est pas améliorée malgré la formation du gouvernement de consensus. Organiser une élection à la hâte n’est pas une solution ». Le risque est grand, selon lui, de précipiter le pouvoir dans une nouvelle crise.

La CENI a proposé au gouvernement de fixer au 7 novembre le premier tour de la présidentielle, avec un second tour le 19 décembre. Le premier ministre a confirmé ce calendrier. Le HVM, a fait part de sa satisfaction. Réagissant à l’officialisation du calendrier, Marc Ravalomanana a fait part de sa satisfaction et annoncé que les rassemblements sur la place du 13-Mai n’ont plus de raison d’être. « Nous allons désormais nous focaliser sur la présidentielle », a-t-il déclaré.

Une rallonge a été accordée à la CENI dans le cadre de la loi de finances rectificative, ce qui devrait lever les incertitudes qui se sont exprimées quant à la faisabilité financière de ce scrutin.

Les mouvements de grèves qui affectent plusieurs administrations ont été reconduits et menacent de gagner de nouveaux secteurs. Dans l’enseignement public, la crainte d’une année blanche préoccupe les familles. Le report des examens affecterait gravement l’enseignement privé, non concerné par le mouvement de grève.

Tribune de Diégo 01 06 18Les 11 membres de la Haute cour de justice (HCJ) et leurs suppléants ont prêté serment peu avant la démission du gouvernement. La requête en déchéance du président de la République a été entendue par la HCC, qui a constaté la responsabilité du chef de l’Etat dans la non mise en place de la juridiction dans les délais prescrit par la Constitution. Dans sa décision, la Cour avait donné cinq jours au chef de l’Etat pour procéder à son installation. Les médias saluent une avancée dans l’instauration de l’Etat de droit et la lutte contre l’impunité des hauts responsables. Une avancée exigée depuis plusieurs années par les partenaires internationaux, notamment le FMI. L’Express note cependant que la procédure de saisine de la HCJ est complexe et pourrait constituer un frein à son opérationnalité.

Elargissement du mandat de la CNIDH à la prévention de la torture. La proposition de loi modifiant et complétant certaines dispositions de la loi portant institution de la CNIDH, adoptée par l’Assemblée, ouvre le mandat de cet organisme à des examens réguliers et inopinés de la situation des personnes privées de liberté ou se trouvant dans des lieux de détention.

Madagascar a proposé d’inclure les munitions dans le programme d’action des Nations unies en vue de prévenir, combattre et éradiquer le commerce illicite des armes légères et de petit calibre. Une proposition qui vise à renforcer l’ODD 16, cible 4 (« réduire nettement les flux financiers illicites et le trafic d’armes… »).

L’insécurité qui règne dans le monde rural commence à frapper le secteur du tourisme. A Morafenobe des coupeurs de route ont tué un chauffeur-guide touristique et blessé quatre gendarmes de son escorte. Les zones les plus fréquentées par les touristes deviennent des zones rouges. Des dizaines de touristes ont été attaqués et plusieurs guides assassinés. La profession appelle les autorités à prendre des mesures efficaces et pérennes et menace de lancer un mot d’ordre de grève. La haute saison touristique serait d’ores et déjà menacée.

La gendarmerie a comptabilisé 30 000 zébus volés en 2017. 25 000 voleurs ont été arrêtés et présentés à la justice. En cinq ans, la gendarmerie a dénombré 4 000 morts dans des attaques de dahalo, dont 1 000 villageois. 100 membres des forces de l'ordre ont aussi trouvé la mort en cours d’intervention. Sur le seul mois de juin 2018, une trentaine de dahalo ont été abattus. Sur la RN4, à Maevatanana, huit coupeurs de route ont amputé les mains d’un conducteur et de cinq passagers à bord de deux taxi-brousses, avant de les dévaliser.

41 % des Malgaches sont « d'accord » ou « tout à fait d'accord » avec la pratique de la vindicte populaire, selon les résultats d'un sondage réalisé par Afrobaromètre. Cette pratique prend de l'ampleur et tend à devenir un mode de fonctionnement courant de la société, affirment les enquêteurs. Plusieurs cas de justice populaire ont été signalés en juin, notamment à Port Bergé où la résidence du chef de district a été réduite en cendre par une bande de 500 à 600 individus exigeant la libération de six détenus, parmi lesquels des membres du « Dina Besaboa ». Quatre enlèvements d’opérateurs indo-pakistanais se sont produits en l’espace de deux semaines. Le gouvernement aurait fait appel à des experts français.

La ministre de la justice ordonne l’assainissement du monde judiciaire. Devant les greffiers en chef, elle a demandé une prise de responsabilité immédiate de tous les acteurs du système. Les greffiers ont été notamment invités à traiter les justiciables avec respect, à mettre un terme aux mauvaises pratiques et à se soucier du bon usage des deniers publics. Des propos aussi fermes avaient été tenus devant l’ensemble du corps de la magistrature et du monde judiciaire lors de la prise de fonction de la garde des sceaux. Noro Vololona Harimisa demande au CSM de jouer pleinement son rôle de garant de l’indépendance de la justice et au SMM de faire preuve de « sagesse, de retenue et d’exemplarité ». Le conseil des ministres a remplacé plusieurs hauts responsables du ministère de la justice. L’Express a évoqué « un coup de grisou ».

Le procureur général de la Cour suprême a rouvert l’enquête opposant l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga à la Jirama. L’affaire concerne le paiement du loyer de générateurs à la société Madagascar Utilities, appartenant à Mamy Ravatomanga, qui était également, à l’époque, membre du C.A. de la Jirama. Pour l’accusation, il s’agit d’une facture fictive destinée à puiser des fonds dans les caisses de la société nationale. En mars 2017, le multimilliardaire, PDG du groupe Sodiat et proche d’Andry Rajoelina, avait obtenu pour cette même affaire un non-lieu du tribunal correctionnel d’Antananarivo. La presse rappelle que Mamy Ravatomanga fait l’objet d’une enquête menée par le parquet financier de Paris portant sur l’acquisition frauduleuse d’immeubles et de villas pour plus de 4,5 millions d’euro à Levallois-Perret.

pov 16 06 18Après plus de deux ans de cavale, le colonel Lylison, sénateur Mapar, a été acquitté en appel. L’ex-chef des célèbres et très contestées Forces d’intervention spéciales (FIS) de la Transition a refait une apparition en public pour la première fois depuis 2016. Tribune note que cette décision judiciaire survient au lendemain de la nomination du premier ministre de consensus proposé par le Mapar, nomination synonyme pour certains d’un retour en force d’Andry Rajoelina. Le colonel Lylison avait été poursuivi pour troubles à l’ordre public et atteinte à la sûreté de l’État après avoir incité les Tananariviens à décréter une ville morte le 23 mai 2016.

Un « Dina » a été créé à Nosy Be pour assurer la protection des ressources naturelles, annonce le préfet de police. Une formation sera dispensée aux chefs fokontany et autres responsables locaux. Le tribunal a donné son approbation pour le rendre exécutoire. De nombreuses démarches similaires ont été engagées par la population dans plusieurs régions pour lutter contre l’insécurité.

La loi sur le recouvrement des avoirs illicites n’a toujours pas été adoptée. Ce projet est jugé par Midi essentiel dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Des candidats demandent l’annulation du concours de recrutement de commissaires de police. Une requête en ce sens a été déposée auprès du Conseil d’Etat. Des candidats admis auraient été éliminés à la dernière minute. Ils suspectent des faits de corruption et des irrégularités.

Les magistrats du Pôle Anti-Corruption (PAC) d’Antananarivo ont prêté serment, après plusieurs reports en raison des réticences des élus à adopter ces textes et de difficultés de recrutement. Le PAC d’Antananarivo remplace la Chaîne pénale anti-corruption mise en place en 2004. D’autres PAC seront progressivement installés dans les chefs-lieux de province. La décision d’établir ces juridictions spécialisées recommandées par les partenaires onusiens et le FMI remonte à 2015.

Madablog a publié un reportage réalisé en 2008 sur les pratiques d’exorcisme à Madagascar. Réalisées par les « bergers » de l’Eglise luthérienne, elles peuvent conduire à soigner des maladies psychiatriques par des méthodes assimilables à des traitements cruels, inhumains et dégradants, telles que l’enchainement nuit et jour d’hommes, de femmes et même d’enfants.

Le taux de prévalence du VIH/Sida s’accroit. Il est actuellement de 0,3 %. L’Onu/Sida se déclarait en 2016 préoccupé par la situation. L’effectif de 31 000 personnes déclarées porteuses du VIH serait très éloigné de la réalité. La population reste réticente à se faire dépister.

L'Office national de nutrition indique que la Grande île a besoin de 740 millions de dollars par an pour une bonne nutrition des enfants de moins de 5 ans. 398 millions de dollars annuels suffiraient à financer 14 projets de nutrition pour que ces enfants ne souffrent plus de malnutrition modérée ou aigüe. Le taux de malnutrition modérée des enfants de moins de 5 ans atteint actuellement 47,3 %.

Deux millions de Malgaches sont atteints de drépanocytose. Sur les 50 millions de personnes drépanocytaires dans le monde, 11 % sont des Malgaches. Le traitement de cette maladie génétique héréditaire est complexe. Le pourcentage d’enfants susceptibles d’être atteints est particulièrement élevé dans la région Atsimo Atsinanana.

Après cinq ans de mise en œuvre, le programme d’appui aux services sociaux de base-santé (Passoba-Santé) est arrivé à son terme et affiche un bilan globalement positif. Plus de 10 millions de personnes ont bénéficié d’un meilleur accès aux services et soins de santé. Le programme, mis en œuvre par l’UNICEF et l‘AFD, a été financé par l’UE à hauteur de 22 millions d’euros à son début, puis de 10 millions supplémentaires pour son prolongement de deux ans.

Madagascar a été déclaré officiellement « Pays libre de la polio » par la Commission régionale de certification de l'éradication de la poliomyélite en Afrique.

Payer pour travailler. Dans un article publié sur son site, l’OIT révèle qu’à Madagascar il faut parfois payer son responsable hiérarchique pour pouvoir travailler, conserver son emploi et voir son contrat renouvelé. Les délégués syndicaux hésitent à dénoncer ces pratiques et l’inspection du travail doit souvent faire face à des intimidations verbales et parfois même à des menaces de mort.

La Journée mondiale contre le travail des enfants a été consacrée au travail dangereux et à la sécurité du travail pour les jeunes ayant l’âge légal de travailler. Deux millions d’enfants de moins de 15 ans travaillent et ne sont pas scolarisés, selon une étude du BIT, de l’UNICEF et de l’Instat de 2016.

Les services de la protection de l’enfance enregistrent une progression préoccupante des déclarations de fugue et de disparition. 329 cas ont été enregistrés dans la capitale entre janvier et mai 2018. Une enquête menée par l’UNICEF auprès de 950 enfants des rues de la capitale montre que 70 % des enfants sont poussés à mendier par leurs parents. S’ils rentrent à la maison les mains vides ils sont sévèrement punis.

Une étude nationale sans précédent vient de paraître sur les violences à l’égard des enfants. Elle confirme que ces violences font partie de leur vie quotidienne. Une violence banalisée et un taux de signalement quasi inexistant. Les enfants victimes de viols incestueux obtiendraient rarement gain de cause devant les tribunaux.

« Enfants nés en prison : des êtres oubliés ! », titre La Gazette. Des enfants naissent encore dans les prisons car la mère est enceinte à son arrivée. On constate aussi que des femmes détenues tombent enceintes durant la période de détention alors que l’organisation carcérale exclut en principe ce type de situation. Ces enfants, ne pouvant être séparés de leurs mères, sont obligés de partager leurs conditions carcérales.

L’association des femmes luthériennes dénonce la coutume qui délaisse les veuves dans la région Sud-Ouest. La famille de l’homme défunt accapare tous les biens acquis durant l’union, dépouillant la veuve de tous ses biens et de toutes ses ressources.

14 radios de proximité dans 11 districts du Sud touchés par l’insécurité ont participé à des sessions de renforcement de capacité organisées par le PNUD et l’UNESCO dans le cadre de la mise en œuvre des projets financés par le Fonds des Nations unies pour la Consolidation de la paix.

Le nouveau ministre de la communication, Riana Andriamandavy VII, contesté par les journalistes. Dès sa nomination ils n’ont pas hésité à faire connaître via Facebook leur désapprobation pour la nomination de cette personnalité qui s’est illustrée par des agissements répréhensibles au lendemain de l’arrestation de l’ex-conseillère du chef de l’Etat, Claudine Razaimamonjy, poursuivie pour détournement de deniers publics. Pour La Gazette cette nomination s’apparente à une ultime provocation aux professionnels des médias, et qui plus est, il s’agit d’une « erreur de casting ». La Vérité est du même avis et se dit « scandalisé ».

La licence d'exploitation des stations TV et radio MBS appartenant à Marc Ravalomanana a été rétablie à la suite du verdict du Conseil d'Etat qui annule la décision du ministère de la communication. Après une décennie de fermeture, le PDG de Tiko espère pouvoir refaire enfin son retard médiatique sur ses adversaires à la présidentielle, notamment Andry Rajoelina, qui, avec la station Viva, dispose de gros moyens

Un partenariat a été signé entre L’Express et L’Ecole supérieure de l’information et de la communication (Samis/Esic) dépendant du Collège Saint Michel pour lancer L’Express Academy, un centre de réflexion, de formation, d’étude et de réflexion sur le journalisme, l’information et la communication.

Des experts australiens du secteur minier vont collaborer au renforcement de compétence des responsables malgaches. Leur contribution portera notamment sur le respect des cahiers des charges pour les permis délivrés, la politique fiscale et la législation, le développement durable et la surveillance des impacts environnementaux des opérations minières.

Les exportations malgaches de saphir sont très largement clandestines. A peine 10 % des 20 tonnes produites chaque année sont déclarées, révèle le DG du Bianco. Des exportations clandestines d’espèces protégées (caméléons, geckos, tortues) sont de nouveau mentionnées. Près d’un millier tortues braconnées ont ainsi été saisies depuis le début de l’année sur la RN7, en provenance du Sud.

La présence de gros bateaux de pêche chinois au large de Lavanono (district de Tsihombe) préoccupe la population qui craint pour la surexploitation de ses ressources halieutiques. Le ministère de la pêche dément toute activité illégale.

105 des 112 espèces de lémuriens sont menacées d’extinction et la situation s’aggrave. Les chercheurs lancent un cri d’alarme. En cause, la déforestation mais aussi, selon eux, l’impunité régnante, le laxisme de la justice et des autorités.

A l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, Amnesty International, l’Alliance Voahary Gasy, la Coalition Nationale de Plaidoyer Environnemental et le CRAAD-OI se sont associés pour des actions de sensibilisation. La population a été appelée à soutenir les défenseurs de l’environnement.

Après 3 semaine de détention, un militant écologiste, Christopher Manenjika, a été déclaré coupable de « rébellion » et d’« outrage à fonctionnaires ». « La ressemblance est frappante entre le cas de Christopher et celui d'autres militants écologistes à Madagascar, eux aussi en butte à des accusations de " rébellion ", qui sont un prétexte pour les réduire au silence », a déclaré Amnesty International.

Les constructions et remblais illicites ont augmentés ces derniers mois à Antananarivo. La nouvelle ministre de l'aménagement du territoire, Christine Razanamahasoa, s’est déclarée déterminée à y mettre un terme. Dans le collimateur de La Gazette, Edgar Razafindravahy, ancien PDS d’Antananarivo et conseiller de la présidence, qui poursuivrait des remblayages de terrains jouant un rôle essentiel pour le drainage de zone inondables.

La désertification touche 31 % de la superficie du pays, dans 12 des 22 régions, principalement dans l’Ouest et le Sud-Ouest. Aux causes traditionnelles que sont la déforestation et les feux de brousse, s’est ajouté plus récemment le rejet d’eaux usées provenant des sites d’exploitations minières.

Lanouvelle ministre de l’aménagement du territoire a annoncé son intention de suspendre la loi sur la Zones économiques spéciales (ZES), qualifiée par le Collectif Tany de « porte ouverte à l’accaparement des terres ». S’adressant aux étrangers qui essaient d’accaparer illégalement des terrains, elle déclare : « Il faut que vous respectiez et la loi et les valeurs malgaches. Les propriétaires du terrain doivent également le démontrer avec des documents légaux ».

La Chine financera la réhabilitation de la RN5A, qui relie Ambilobe à Vohémar, l'une des seules voies desservant le Nord-Est de l'île. L'Exim Bank of China a débloqué 158 millions de dollars pour financer la réfection de cet axe stratégique. La Chine aurait tiré profit de la lenteur de décaissement des aides du FED allouées à Madagascar.

La Banque mondiale a annoncé un appui additionnel de 40 millions de dollars pour le « Projet d’amélioration de la gouvernance et des opérations dans le secteur de l’électricité » (PAGOSE). Objectifs : renforcer la performance financière et opérationnelle de la Jirama ainsi que la transition vers les énergies renouvelables. Le pays occupe la 185e place sur 190 pays dans le classement des indicateurs énergétiques du rapport Doing Business. Le taux national d’électrification était de 15 % en 2016. Le projet de loi de finances rectificative en cours d’examen prévoit une enveloppe supplémentaire de 100 milliards Ar pour la Jirama. La compagnie nationale ne devrait plus percevoir aucune subvention de l’Etat en 2021.

La centrale solaire photovoltaïque d’Ambatolampy, est opérationnelle. C’est la plus grande de l’océan Indien et l’une des plus importante en Afrique subsaharienne. Des installations similaires sont envisagées dans une quarantaine d’autres localités. Les travaux de construction de la centrale hydro-électrique de Mahitsy avancent. Cette centrale, construite sur le fleuve Ikopa et fournissant une puissance de 28 MGW, sera opérationnelle au second semestre 2019. Elle alimentera plus de 200.000 ménages sur le réseau interconnecté d’Antananarivo. 300 millions d’euros d’investissements seront alloués au renforcement de la production d’électricité dans la région de Toamasina à partir de 2019, grâce au projet de centrale hydro-électrique de Volobe.

La monnaie nationale devrait poursuivre sa dépréciation en 2018. Celle-ci sera néanmoins limitée par les décaissements qui doivent intervenir dans le cadre du programme FEC du FMI, les bonnes perspectives pour les cours de la vanille et une meilleure gestion des exportations aurifères. L’insécurité qui frappe désormais les touristes étrangers, pourrait impacter lourdement le secteur, gros fournisseur de devises.

Le développement informatique victime d’une fuite de cerveaux. Et les bons éléments - ceux qui ne sont pas partis - sont engagés par les compagnies off-shore en services informatiques qui travaillent pour le compte des géants internationaux.

Recensement de la population - Les agents recenseurs rencontrent des obstacles dans la collecte des informations auprès de la population. Le contexte politique inciterait celle-ci à faire preuve de méfiance. Le DG de l'Instat reconnait des défaillances dans la sensibilisation. Dans certaines zones, les agents doivent se faire accompagner par les forces de l’ordre en raison de l’insécurité. Malgré le retard pris par les opérations, les premières données sont attendues pour courant octobre.

Trafic de stupéfiants : 140 kg de drogues ont été saisis par les douanes et la gendarmerie. Neuf individus ont été interceptés (dont trois Mauriciens). Un important réseau international serait derrière cette affaire. Il s’agirait de la plus grande prise jamais réalisée à Madagascar et en Afrique de l’Est. La marchandise, en transit par Madagascar, était destinée aux marchés des îles de l’océan Indien.

Zone franche textile de Tanjombato : un employeur chinois dénoncé pour violence par ses employés a été interpelé. Sidérés par le comportement de leur chef, les employés se sont révoltés et ont déposé plainte.

Le futur cardinal Désiré Tsarahazana, archevêque de Toamasina et président de la conférence épiscopale, s’inquiète de la montée de l’islam dans la Grande île. Dans un entretien accordé à l’association « Aide en l’Église en détresse », il évoque une « invasion ». Cette situation serait due, selon lui, à la présence massive de personnes issues des pays du Golfe et du Pakistan qui « achètent les gens ». L’archevêque s’inquiète également de la construction massive de mosquées dans le pays. Des fondamentalistes commenceraient à s’installer, en provenance des Comores.

L’OIF engage des actions de prévention des phénomènes de radicalisation et d’extrémisme violent chez les jeunes. Bien que la zone océan Indien soit encore relativement épargnée par ces phénomènes, l’OIF a pris l’initiative d’organiser un séminaire régional sur "les politiques publiques de la jeunesse et la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent. "

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • La recherche d'une issue à la crise politique
  • La désignation d’un « premier ministre de consensus »
  • Formation du nouveau gouvernement - fixation du calendrier de la présidentielle

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Santé
  • Droit du travail
  • Droits des enfants, droits des femmes
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social, divers

 

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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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