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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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31 décembre 2022

ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2022

- Ketakandriana Rafitoson : " Si les Malgaches sont misérables aujourd'hui, ce n'est pas la faute de la France
La directrice du bureau local de Transparency
International estime que Paris doit contribuer à sanctionner ceux qui pillent la Grande Ile et ne plus financer certains projets comme le téléphérique d’Antananarivo.

<> 09 12 22 - Déclaration publique conjointe - Les Etats doivent mettre fin aux représailles visant les défenseurs des roits humains qui luttent contre la corruption
"Alors que le monde célèbre, ce 9 décembre 2022, la Journée internationale de lutte contre la corruption et le 24e anniversaire de l’adoption de la  Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme, nous, organisations et personnes signataires, appelons tous les États membres de l’ONU à mettre un terme aux représailles visant les défenseur·e·s des droits humains qui luttent contre la corruption et à respecter, protéger, promouvoir et réaliser les droits humains de tous, y compris des personnes qui oeuvrent pour la promotion et la défense des droits d’autrui, et qui combattent et dénoncent la corruption.
Les défenseur·e·s des droits humains qui luttent contre la corruption – journalistes, membres d’organisations de la société civile, lanceuses et lanceurs d’alerte notamment – jouent un rôle crucial dans la prévention et la lutte contre ce phénomène, ainsi que dans la promotion des droits humains. Au fil des ans, ils sont devenus essentiels pour les enquêtes et la dénonciation des pratiques de corruption, ainsi que pour la revendication de la transparence, de l’obligation de rendre des comptes et de la protection des droits humains. Toutefois, nous observons que ceux qui oeuvrent à dénoncer la corruption
ne sont bien souvent pas reconnus comme des défenseur·e·s des droits humains. Leur action risque alors d’être invisible pour le reste de la communauté de défense des droits humains ou perçue comme périphérique ou distincte du travail de défense de ces droits."

La déclaration est signée par Amnesty international et de très nombreuses organisations de la société civile, y compris malgaches.

<>doc
- 05 12 22 - Vivafrik - La Chine,  un acteur majeur de l'exploitation cachée des ressources naturelles à Madagascar, selon un rapport de l'IFRI
Notes de l'Ifri, novembre 2022 - François Giovalucchi, Juvence Ramasy : https://www.ifri.org/fr/publications/notes-de-lifri/chine-madagascar-entre-opportunisme-politique-discret-trafics-intenses

Dans le contexte de rivalités régionales croissantes entre grandes puissances dans l’Océan Indien, l’enjeu des relations sino-malgaches est majeur. Comme ailleurs en Afrique, la Chine occupe à Madagascar une place prépondérante parmi les exportateurs, tout en étant un importateur de second rang. Sa politique de financement de projets d’infrastructure est modeste, comme ses investissements directs. En la matière, elle est concurrencée par la France et par deux rivaux asiatiques, le Japon et la Corée du Sud, qui de fait contiennent son influence. Relayées par une communauté chinoise ancienne désormais alignée sur Pékin, les autorités chinoises défendent discrètement mais activement leurs intérêts. C’est dans l’économie informelle de l’exploitation des ressources naturelles que les opérateurs chinois jouent un rôle majeur, contribuant à perpétuer l’extractivisme dont Madagascar peine à sortir depuis l’indépendance et jouant de fait un rôle important dans le financement des pouvoirs qui se succèdent.

Fidèle à sa doctrine revendiquée de non-ingérence, la Chine ne prend pas officiellement partie dans la vie politique malgache, tout en menant une politique d’influence active et en renforçant ses positions en temps de crise. La Grande Ile est à l’écart du « collier de perles » de ports utiles à la marine chinoise et joue pour l’instant un rôle limité dans la politique de sécurité régionale active de Pékin, mais l’intérêt stratégique croissant du canal du Mozambique est de nature à changer la donne. La réalisation du projet de construction du port en eaux profondes de Narindra, sur la côte Ouest, objet d’un accord de principe chinois, constituerait un tournant, compte tenu de son possible usage militaire.

« La lutte pour le contrôle du commerce extérieur et des rentes substantielles liées à l’exportation des produits primaires est un moteur ancien de la formation de l’État et des élites à Madagascar », lit-on dans le rapport de l’IFRI qui souligne que ces opérateurs originaires de l’empire du Milieu nouent des relations avec les cercles dirigeants politico-économiques. D’autant plus qu’ils sont très présents dans quatre secteurs extractifs clés pour l’économie malgache : la pêche, la foresterie, les mines et les hydrocarbures.

 


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30 novembre 2022

REVUE DE PRESSE - NOVEMBRE 2022

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, prisons
  • Migrations
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant, albinisme
  • Education, université
  • Santé
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, environnement
  • Foncier, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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31 octobre 2022

REVUE DE PRESSE - OCTOBRE 2022

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, prisons
  • Migrations
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant, albinisme
  • Education, université
  • Santé, handicap

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, environnement
  • Foncier, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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18 octobre 2022

ARTICLES REMARQUES - OCTOBRE 2022

18/10 - Le ministre des affaires étrangères, Richard Randriamandrato, limogé à la suite de la position adoptée par Madagascar lors du vote de la résolution des Nations unies sur l’annexion par la Russie de quatre régions ukrainiennes. La Grande île avait adopté ladite résolution qui condamne les « annexions illégales » des quatre régions ukrainiennes par la Russie. Or, jusqu’ici, les autorités affirment urbi et orbi sa « neutralité » dans ce conflit. Richard Randriamandrato avait été nommé ministre des affaires étrangères le 16 mars. Auparavant, il avait occupé le poste de ministre de l’économie et des finances jusqu’en août 2021.

Le président de la République n’aurait pas été consulté avant cette prise de position. Une décision individuelle ? La question se pose avec insistance. Une source atteste que « cette résolution et la position que devait prendre Madagascar n’ont pas été discutées en conseil des ministres ». Une information en ce sens a même été diffusée au journal de TVM. La consigne de vote officielle, signée, émanant du ministère des affaires étrangères et reçu par l’ambassade à New York était « l’abstention ». « Quelques minutes avant le vote, il y a eu toutefois une nouvelle consigne qui a conduit à cette prise de position de Madagascar, traduite par le vote en faveur de la résolution de l’ONU », concède une source. « Nous avons été pris au dépourvu », affirment des personnels du siège de la diplomatie malgache. Toutes les sources soutiennent que l’ambassade à New-York « n’aurait jamais voté dans ce sens, sans que la nouvelle consigne, in extremis, n’émane du ministre ». Un proche du ministre Richard Randriamandrato réplique que si celui-ci a donnécette nouvelle consigne, il ne l’aurait jamais fait sans un feu vert du chef de l’État. Seul Christian Ntsay, premier ministre, a tenté de justifier ce revirement, tout en réaffirmant la position de neutralité de la Grande île dans ce conflit, « dans l’intérêt du pays ».

La Grande Ile a fait partie des 142 pays à avoir voté en faveur de la résolution qui condamne « les semblants de référendums illégaux » menés dans quatre régions ukrainiennes et les « annexions illégales » de ces régions par la Russie. Ce revirement serait, pense-t-on, dû à un fort lobbying de l’Union européenne. La condamnation a été adoptée par une large majorité de 193 pays membres, dont Madagascar. 35 pays se sont abstenus, notamment la Chine, l’Inde, le Mozambique, la Tanzanie ou encore l’Afrique du Sud. Cinq pays se sont opposés à la motion. L’Express rapporte que « des analystes défendent que, par ce vote, Madagascar ne déroge pas de sa ligne en matière de politique internationale au sujet de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. En 2014, notamment, la Grande île a voté une résolution condamnant l’annexion de la Crimée par la Russie. L’intégrité territoriale et la souveraineté nationale sont, du reste, les principaux arguments mis en avant par Madagascar sur la négociation des îles Eparses. (…) L’éventualité que ce vote ait des conséquences sur les relations russo-malgaches n’est pas à écarter. ». Le Bangladesh, l’Irak et le Sénégal tout comme Madagascar, qui s’étaient abstenus lors du 1er vote, en mars, ont cette fois voté pour condamner Moscou.

15 10 22 - Collectif Tany - Mais que se passe-t_il-dans le Bas Mangoky ?
A un an de la fin du mandat présidentiel, les dirigeants malgahes s'apprêtent à préseter au publicle Plan Emergence de Madagascar. Un volet important de  Un volet important de ce Plan consiste en l'attraction d'investisseurs, principalement étrangers, dans le secteur de l’agribusiness. Or la suspension d’un projet de mise à disposition de 60.000 ha à société d’agribusiness dans le Bas-Mangoky vient d’être annoncée. Ce communiqué expose les raisons de cette suspension, quelques faits conernant cette zone et les leçons que Tany se propose de tirer de la situation actuelle.

Pour le Collectif Tany, il est étonnant que ces investisseurs soulèvent soudain ces problèmes d’insuffisance de pluviométrie, de changement climatique et de précarité des moyens de communication. Les dirigeants vont-ils accepter de réaliser des aménagements préalables pour une multinationale, afin de produire des denrées agricoles dont les termes exacts n’ont toujours pas été dévoilés aux paysans de la zone concernée et au public ? Est-ce que les Malgaches doivent, à travers l’État, « subventionner » ce projet qui les prive en même temps de leurs terres nourricières ? Le point de presse du ministre relance les suspicions sur les liens envisagés entre la rive gauche et la rive droite du fleuve. Alors que les 60 000 ha prévus pour la société émiratie se situent sur la rive droite, de l’autre côté se trouvent les aménagements mis en œuvre depuis le début des années soixante et financés à partir des années 2000 par la BAD, destinés à l’installation de familles souhaitant s’engager dans l’agriculture.

En mai 2022, un « accord de prêt à hauteur de 2,4 millions de dollars pour le financement de l’étude de faisabilité du projet « Pôle de développement agricole de la rive droite du delta de Bas-Mangoky » a été signé entre l’Etat et la BAD. Ce prêt, concernant l’agropole destinée à Elite Agro, a soulevé l’indignation des défenseurs des terres malgaches. En septembre 2022, des représentants des exploitants de la rive gauche ont protesté contre une nouvelle décision de l’Etat sur le partage des terrains entre les paysans qui les ont exploités et l’Etat, répartition qui leur est très défavorable et remet en cause la convention initiale. Un « Comité des sages » chargé du suivi de l’avenir du Bas-Mangoky a transmis une lettre ouverte à la BAD concernant la contestation par les paysans du nouveau mode de répartition des terres, l’avertissant d’une possible explosion de colère de la population. Tany redoute que les aménagements hydro-agricoles financés par la BAD, destinés aux paysans, soient attribués à l’usage des investisseurs étrangers, émiratis ou non. Le ministre dit clairement que seule une partie des récoltes sera vendue à l’Etat. On ne sait pas à quel prix. On ne sait pas non plus si le prix de revente par l’Etat sur le marché national sera abordable pour la population et les paysans qui auront cédé leurs terres aux investisseurs. Pour le Collectif, l’Etat et la population sont les grands perdants de l’ensemble de cette stratégie nationale d’agribusiness en cours d’application. L’appui prioritaire sur les investisseurs étrangers pour assurer l’« autosuffisance alimentaire » de la population semble dans l’impasse.

- 03 10 22 - Déclaration du CETIM Madagascar devant le Conseil des droits de l'homme de Genève
Le CETIM, alimenté entre autres par les informations du GTT International, association de Malgaches basée à Genève proche officiellement de l’ancien président Marc Ravalomanana, est intervenue au Conseil des droits de l'homme de l'ONU et publié cette déclaration qui cite notamment les enlèvements d'enfants de paysans dans la région du lac Alaotra, un cas d'accaparement de terre dénoncé par le Collectif Tany.



 


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30 septembre 2022

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2022

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, kidnappings
  • Justice, prisons
  • Migrations
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant, albinisme
  • Education, université
  • Santé, handicap
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, environnement
  • Foncier, agri-business, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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23 septembre 2022

ARTICLES REMARQUES - SEPTEMBRE 2022

<> 22 09 22 - Le Monde - Entre la France et Madagascar, la liste des_contentieux s'allonge sur fond d'interférence russe
Demande de restitution des îles Eparses, emprisonnement de deux Français accusés de tentative de coup d’Etat, rapprochement militaire avec Moscou sont au cœur des tensions entre les deux pays.

<> 04 09 22 - Le Monde -_Madagascar : l'insécurité grandit et nourrit les vindictes populaires
La pandémie de Covid-19 et le passage du cyclone Batsiraï en février ont accru la précarité des zones rurales où l’Etat brille par son absence.

<>  20 09 22 - France 24 - La colère des familles des victimes d'Ikongo, tuées par les gendarmes
Un enfant albinos est kidnappé le 29 août 2022, et sa mère tuée, dans un village isolé du sud-est de Madagascar. Sur l'île, les personnes atteintes d'albinisme sont régulièrement la cible de violences, impliquant des mutilations à des fins rituelles. Ce crime déclenche une émeute locale et la foule tente de pénétrer dans la gendarmerie de la localité d'Ikongo où se trouvent quatre suspects gardés à vue. Les gendarmes tirent et tuent une vingtaine de personnes. Pourquoi les habitants ont-ils voulu se faire vengeance eux-mêmes ? Qui sont les kidnappeurs ? Gaëlle Borgia, correspondante de France 24, a enquêté sur place. https://www.youtube.com/watch?v=bw9O9fBeoRE

 

 


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31 août 2022

REVUE DE PRESSE - AOUT 2022

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant
  • Education, université
  • Santé, insécurité alimentaire

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, environnement
  • Foncier, agri-business, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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3 août 2022

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2022

<> 03/08 - L’enseignant Jeannot Randriamanana est libéré mais sa condamnation est maintenue. Le 10 mai, le défenseur des droits humains Jeannot Randriamanana – qui se trouvait en détention arbitraire depuis deux mois – a bénéficié d'une libération provisoire. Le 12 juillet, la Cour d'appel de Fianarantsoa a confirmé sa condamnation et sa peine de deux ans avec sursis pour des accusations de « diffamation et humiliation de membres du Parlement et de fonctionnaires, et usurpation d'identité ». Jeannot Randriamanana a été condamné uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression lorsqu'il a dénoncé sur Facebook la mauvaise gestion présumée et le détournement de fonds par plusieurs personnalités publiques au pouvoir de l'aide humanitaire destinée aux habitant·e·s du district de Nosy Varika, dans l'est de Madagascar. Amnesty international demande d’adresser un courrier au ministre de la justice[1] pour l’exhorter à abandonner immédiatement toutes les charges retenues contre Jeannot Randriamanana et de veiller à ce que sa condamnation soit annulée car il est sanctionné uniquement pour avoir exercé sans violence ses droits à la liberté d'expression et d'information.

Il est proposé également de demander au ministre de veiller à ce que les défenseur·e·s des droits humains et lanceuses et lanceurs d'alerte malgaches ne soient pas harcelés, intimidés ni détenus sur la base d'accusations forgées de toutes pièces pour avoir dévoilé et dénoncé des cas de corruption et de demander d'accélérer le processus visant à adopter la loi sur la protection des défenseur·e·s des droits humains et des militant·e·s, notamment des lanceurs·euses d'alerte.

[1] spminjus@yahoo.fr ; doleancesminjus@gmail.com

<>
02 08 22 - Financial Times - Pourquoi la famine à Madagascar est un signal d'alarme pour la planète
Selon l'ONU, il s'agit de la première famine causée par le changement climatique. Ceux qui en sont victimes décrivent une lutte désespérée pour survivre. L'ONU a déclaré qu'il s'agissait de la première famine au monde causée par le changement climatique. Le gouvernement malgache reconnaît qu'il s'agit d'une conséquence du mode de vie occidental alimenté par le carbone. Un certain nombre de scientifiques et d'experts ne sont pas d'accord, affirmant qu'il s'agit en fait d'une conséquence de la pauvreté et de la mauvaise gouvernance.

 


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30 octobre 2021

ARTICLES REMARQUES - OCTOBRE 2021

<> 30 10 21 - Tribune Afrique - Vahinala Raharinirina - Il y a un arrère fond d'injustice climatique qui s'installe de manière dangereuse
Madagascar est frappée par une sécheresse dévastatrice qui menace de plonger près de 1.5 million de personnes dans la famine, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). A la veille de la COP26, Vahinala Raharinirina, la ministre de l'Environnement et du Développement durable revient, pour La Tribune Afrique, sur la stratégie intégrée actuellement mise en place par les autorités malagasy.

<> doc
- 27 10 21 - Amnesty International - Changement climatique - La population malgache paye le prix
Dans une nouvelle enquête sur Madagascar, Amnesty International décrit ce que la population su Sud est en train de vivre
. Famine, souffrances, morts ; les conséquences du dérèglement climatique est déjà une réalité pour le pays. La crise climatique mondiale a aggravé la sécheresse dévastatrice qui touche le sud de Madagascar et a amené près d’un million de personnes au bord de la famine. Le pays se trouve en première ligne de la crise climatique. Un million de personnes sont confrontées à une sécheresse d’une ampleur catastrophique.  Et, cette situation n’est pas prête de s’améliorer. Les projections concernant le dérèglement climatique indiquent que les sécheresses vont s’aggraver et qu’elles vont affecter de façon disproportionnée les populations des pays en développement. Face à cela, Madagascar fait partie des pays les plus vulnérables.
Amnesty conclut son enquête par quelques demandes à la communauté internationale La communauté internationale doit immédiatement apporter à la population de Madagascar touchée par la sécheresse une aide humanitaire accrue et des fonds supplémentaires pour les pertes et préjudices subis. Ensuite, les pays qui ont le plus contribué au changement climatique et ceux qui ont le plus de ressources disponibles doivent également fournir une aide financière et technique supplémentaire pour aider les personnes à Madagascar à mieux s’adapter aux conséquences du changement climatique, notamment aux épisodes de sécheresse de plus en plus longs et intenses. À l’approche de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques COP 26 qui commence cette semaine, L’organisation appelle tous les pays à s’engager en faveur d’objectifs de réduction des émissions à la fois ambitieux et respectueux des droits humains, afin de maintenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 1,5°C ; à s’engager à abandonner rapidement les énergies fossiles, au lieu de compter sur des mesures de compensation qui retardent l’action pour le climat et risquent d’avoir des conséquences néfastes pour les droits fondamentaux ; à mettre en place un mécanisme mondial pour soutenir les personnes dont les droits ont été affectés, les États riches en assurant le coût via un financement nouveau, additionnel et non assujetti à un remboursement ; à garantir le droit à l’information et à la participation concernant les prises de décisions liées au climat pour les personnes affectées à tous les niveaux.
Rapport résumé en français : https://www.amnesty.org/fr/documents/afr35/4874/2021/fr/
Rapport complet en anglais :
https://amnestyfr.cdn.prismic.io/amnestyfr/89060258-0857-44e2-abcf-bb21645292a0_MadagascarDroughtClimateChangeReportFinal.pdf

<>  19 10 21 - Craad- OI, Pfnoscm et Tany - La loi sur les investissements 2007-036 revient
La loi sur les investissements de 2007 de nouveau dans l’objectif des dirigeants ? Risque élevé d’accaparement massif de terres selon le Craad-OI, la Pfnoscm et le Collectif Tany. A Madagascar, beaucoup de citoyens vivent encore dans l’angoisse et l’attente de la suite que donneront la Haute Cour Constitutionnelle et le Président de la République à la refonte de la loi sur les propriétés privées foncières non titrées (PPN), adoptée par les députés dans des conditions douteuses le 30 juin 2021, bien que très défavorable à la majorité des citoyens. Un document daté de juillet 2021 nous apprend qu’une nouvelle version de la loi sur les investissements, autorisant les sociétés à capitaux majoritairement étrangers à acheter des terrains à Madagascar, serait en cours de finalisation. Dans le contexte actuel de recherche frénétique d’investisseurs pour la réalisation des grands projets et velirano (engagements) du Président de la République, l’examen de cette loi sur les investissements suscite plusieurs réflexions développées dans le communiqué des deux organisations.

<> 13 10 21 - SeFaFi - 5ème refonte du code du travail : pour quelle effectivité ?
Le ministère du travail a lancé le processus en septembre 2020. Les travaux des parties prenantes, dont ceux du CNT (Conseil national du travail) ont repris en juillet 2021, pour faire adopter un projet de code renouvelé lors de la session du Parlement, ce mois d’octobre. Cette refonte est-elle pertinente ? A-t-on bien cerné la problématique actuelle de la réglementation du travail à Madagascar ? Est-ce le moment opportun de procéder à cette refonte ? A-t-on mis en place la meilleure organisation pour le pilotage du processus ? Utilise-t-on la bonne approche et les bonnes méthodes : tous les acteurs et les parties prenantes concernés ont-ils été informés et mobilisés convenablement ? ; a-t-on tiré les bonnes leçons du passé ? ; a-t-on bien inventorié, analysé et évalué ce qui a été commencé et réalisé ? ; a-t-on bien explicité les bases idéologiques, la vision et les objectifs de la refonte et ont-ils été suffisamment débattus ? ; quelles évolutions sociétales et /ou institutionnelles veut-on promouvoir à travers ce processus ? ; et quelles mesures compte-t-on prendre pour s’assurer de la qualité d’une réglementation renouvelée du travail ? Autant de question auxquelles le SeFaFi tente d’apporter son éclairage.

- 06 10 21 - « Des usines à trolls s'invitent avec Facebook dans l'arène politique », révèle une enquête de France 24
Les plus hautes autorités du pays sont accusées de financer des équipes pour créer de faux profils sur Facebook qui diffusent massivement des informations partielles, partiales ou mensongères à des fins de propagande politique. De fausses identités qui lancent des polémiques, vantent les mérites du président Andry Rajoelina, critiquent, commentent, insultent ou mènent de véritables campagnes de dénigrement contre des journalistes ou des opposants. La ministre de la communication dément être à l’origine de ces opérations.
Vidéo :  https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/focus/20211005-madagascar-des-usines-%C3%A0-trolls-s-invitent-avec-facebook-dans-l-ar%C3%A8ne-politique#_=

- 05 10 21 - _Orange.mg - La population malgache doublera d'ici 2043
Au milieu de l’année 2021, Madagascar compte 28 millions d’habitants, soit environ 2,5 millions d’individus de plus qu’en 2018, année du recensement indique l’Instat. A ce rythme, la population doublera vers la fin de l’année 2043 pour atteindre 51,5 millions d’individus, et atteindra la barre de 60 millions à l’horizon 2050, soit une densité d’un peu plus de 100 habitants au km2 contre 43,4 hab./km2 en 2018. Le taux d’accroissement annuel moyen de la population est de 3,02 % en 2021. Entre 2019 et 2024, ce taux est resté au-dessus de 3,0 % – taux parmi les plus élevé au monde soit : 856 296 individus supplémentaires par an. A partir de 2025, et sous l’hypothèse de la mise en œuvre d’une politique rigoureuse en matière de contraception, ce taux commencera à se situer significativement en dessous de 3 % : pour une valeur moyenne de 2,51 % sur la période 2025-2050, soit 1,1 million d’individus en plus par an. Cette année, la proportion d’individus âgés de plus de 15 ans est de 58,1 %. A noter qu’Analamanga reste la région la plus peuplée et que c’est la population de l’Androy qui s’accroit le plus vite. Les taux d’accroissement les plus élevés se trouvent dans trois régions du Sud victimes du kere : Ihorombe (4,01 %), Melaky (3,76 %) et Androy (3,64 %)

 


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4 juillet 2021

ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2021

<> 02/07/21 - Michel Saint-Lot, représentant de l’Unicef : « Bon nombre de maîtres Fram ne sont pas aptes à enseigner ». « Quand on a un illettré qui forme des gens, on a des générations d’illettrés qui sortent ». Des propos très durs. A l’occasion d’une rencontre avec la presse, Michel Saint-Lot a fait le point sur la situation des droits de l’enfant à Madagascar. Et il n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la régression dans presque tous les domaines, les opportunités manquées, et même le sens des priorités, rapporte 2424.mg.

Vidéo : https://www.facebook.com/2424.mg/videos/4005028929573107 (7')


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01 07 21 - RSF - Madagascar : Une journaliste victime d'une campagne pour la discréditer
Reporters sans frontières (RSF) dénonce la cabale montée contre la journaliste indépendante Gaëlle Borgia à l’origine de révélations embarrassantes pour les autorités confrontées à une famine importante
. Dans un communiqué, le gouverneur de la région Androy dans laquelle la vidéo a été tournée, avait accusé la journaliste de « colporter de fausses informations », « d’insulter la culture local »” et de s’appuyer sur le malheur des populations « pour tenter de briller publiquement ». Joint par RSF, il s’est montré plus mesuré affirmant « avoir besoin de la presse internationale » pour parler de la situation sur place tout en reprochant le « manque d’objectivité et de nuance » de la journaliste. Dans la foulée du communiqué publié par le gouverneur, TVM a diffusé un « reportage » mettant en scène les mêmes témoins que Gaëlle Borgia. Cette fois, ils expliquent, tour à tour, avoir été achetés par la journaliste pour manger du cuir et que les habitants « prendront des mesures si de tels comportements se répètent ».  Dans une nouvelle vidéo tournée et diffusée par Gaëlle Borgia, ces mêmes témoins ont par la suite reconnu avoir été menacés par des hommes armés d’un couteau et achetés afin de faire ces déclarations contre elle. Selon les informations recueillies par RSF, le reportage de la TVM a effectivement été réalisé pour discréditer la journaliste qui n’est d’ailleurs pas interrogée pour défendre sa version des faits. Joint par RSF, le directeur par intérim de TVM a indiqué qu’il faisait « confiance » à ses équipes de journalistes locaux malgré les témoignages démontrant indéniablement que les « informations » diffusées sur son antenne avaient été obtenues sous la contrainte. Dans une déclaration commune, les correspondants de la presse internationale à Madagascar se sont dits « consternés par l’acharnement subi par leur consœur » et ont déploré « l’utilisation malhonnête de médias publics pour susciter une haine dangereuse envers elle ». Ces derniers mois, RSF a reçu plusieurs signalements inquiétants concernant l’exercice du journalisme à Madagascar. Les pressions, intimidations et menaces se sont multipliées pour tenter de contrôler la communication publique autour de certains sujets, notamment celui de l’épidémie de Covid-19.

 

 


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31 mai 2021

ARTICLES REMARQUES - MAI 2021

- 14 05 21 -  Réseau Malina - Dinan'Ihorombe otage d'abus et de manipulations
Dans l’Ihorombe, le dina régional a été suspendu. La convention collective s’est retrouvée piégée par de multiples abus de pouvoir. Corruption et népotisme ont détruit l’esprit du dina.

- 14 05 21 - Réseau Malina - Tosika Fameno : corruption généralisée dans la distribution des aides d'urgence
Malina, qui signifie « être vigilant » en malgache, est un réseau de journalistes d’investigation malgache créé en 2018. il est soutenu par Transparency International – Initiative Madagascar (TI-IM). Son objectif est de produire des articles et reportage de qualité mettant en lumière les pratiques de grande corruption à Madagascar.
444 millions de dollars des partenaires de Madagascar ont été consacré à la crise sanitaire liée au Covid-19. 187 ;9 millions de dollars de ces aides viennent du FMI, 170 millions de dollars de la Banque Mondiale, 11,4 millions de dollars de l’Union européenne et 64 millions de dollars de la Banque Afrique de Développement. L’Agence Française pour le Développement a transféré 11,4 millions de dollars. Le réseau Malina dénonce l’opacité et la corruption dans l’utilisation de ces aides destinées aux familles les plus fragilisés par la pandémie.

- 28 05 21 - France Culture - Cultures Monde – Depuis huit mois, le Sud de Madagascar connaît une grave crise alimentaire en raison de la sécheresse. Gaëlle Borgia, correspondante de France 24 s'est rendue dans la région la plus durement concernée.
https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/table-ronde-dactualite-internationale-presidentielle-iranienne-un-ultra-conservateur-sans-rivaux  (22 premières minutes)

A revoir, le reportage de Gaëlle Borgia sur France 24 du 14/05/21 : Madagascar au bout de l’espoir
https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/reporters/20210514-madagascar-au-bout-de-l-espoir (21 minutes)
C'est l'une des catastrophes les moins médiatisées au monde. À Madagascar, 1,5 million de personnes sont frappées par une grave crise alimentaire et ont besoin d'une aide d'urgence. Plusieurs dizaines de personnes sont déjà mortes de faim. En cause, la sécheresse sans précédent qui s'est abattue sur le sud de l'île ces dernières années et a détruit la quasi-totalité des cultures. Alors que le Programme alimentaire mondial demande une aide d'urgence de 62,45 millions d'euros, notre correspondante Gaëlle Borgia s’est rendue dans la région d'Anosy, la plus durement frappée par la crise.
À Madagascar, depuis six mois, hommes, femmes, personnes âgées et enfants meurent de faim dans l'indifférence générale. Des villages reculés de l'extrême sud, difficilement accessibles, sont devenus des mouroirs. Les images d'enfants squelettiques sont choquantes.
Selon le Programme alimentaire mondial (Pam), 1,5 million de Malgaches ont actuellement besoin d'une aide alimentaire d'urgence, sans quoi ils ne survivront pas. En cause : une sécheresse inédite et galopante, due au dérèglement climatique mondial.
Ces dernières années, les pluies se sont faites de plus en plus rares dans le sud du pays, voire sont devenues inexistantes, à tel point que la quasi-totalité des cultures de la région ont été détruites et les terres sont devenues infertiles. La majorité des habitants dépend pourtant de l'agriculture pour survivre.
Tandis que le gouvernement malgache refuse toujours de déclarer l'état d'urgence, le Pam a demandé 62,45 millions d'euros aux pays donateurs pour sauver les populations de la famine.
Dans ce reportage, nous nous sommes employés à faire témoigner ces victimes de la faim et à expliquer les causes multiples de cette catastrophe : entre criminalité, corruption, pauvreté et politique, les crises alimentaires malgaches sont récurrentes et complexes. Selon l'ONG Care, elles font partie des dix crises les moins médiatisées au monde.
Le tournage s’est principalement déroulé dans la région d’Anosy, à l’extrême sud de Madagascar, une des zones les plus reculées et les plus dangereuses de l’île.
Le chauffeur qui nous a accompagnés, ainsi que le gérant de la société de location de véhicules par laquelle nous sommes passées, craignaient pour notre sécurité, car le district d’Amboasary Atsimo, où nous nous sommes rendus, est régulièrement le théâtre d’attaques de Dahalo, ces bandits ruraux qui font des razzias dans les villages et tuent.
Nous avons eu l’impression de tourner dans des villages mouroirs, où les rares personnes visibles attendent l’aide alimentaire pour survivre, en se cachant des Dahalo, tandis que la majorité a déserté cette zone dévastée par la sécheresse.
La situation est si dramatique que nous avons transporté de grosses quantités de riz, d'huile et de sel à l’attention des habitants des villages où nous avons tourné.
La plupart des enfants, adolescents et personnes âgées que nous avons rencontrés n’avaient plus que la peau sur les os et semblaient anesthésiés, sidérés par la faim. Parce qu'ils sont plus vulnérables que les adultes, ce sont eux qui dépérissent en premier.
Nous avons eu l’impression, au milieu de ces silhouettes squelettiques et silencieuses, de nous trouver dans des villages de zombies errants. Mais dès lors que le Programme alimentaire distribuait les fameux petits sachets de farine enrichie appelés "Plumpy'Doz", le sourire et l’énergie des enfants revenaient aussitôt. Le changement soudain était assez frappant. "Plumpy, Plumpy !" est devenu leur cri de joie préféré.

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21 05 21 - Amnesty_International - Madagascar - Plus_d_un_million de_personnes sont touchées par la famine; il faut intervenir de toute urgence

Face à la terrible famine qui touche actuellement plus d’un million de personnes dans le sud de Madagascar, il faut que les donateurs, les États étrangers et les responsables régionaux renforcent l’aide humanitaire pour éviter une crise des droits humains, a déclaré Amnesty International dans un communiqué du 21 mai 2021. Alors que le pays connaît sa sécheresse la plus grave depuis 40 ans, deux entités des Nations unies, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), ont tiré la sonnette d’alarme au cours de la semaine du 10 mai afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la crise humanitaire qui se déroule dans le sud de Madagascar. « Les droits de plus d’un million de personnes sont menacés dans le sud de Madagascar, où des milliers de personnes risquent de souffrir d’inanition et plus d’un million n’a pas accès à de la nourriture en quantité suffisante. La situation est désastreuse, il faut entreprendre immédiatement une action régionale et mondiale coordonnée pour arrêter cette catastrophe, qui pourrait rapidement devenir une tragédie humaine, a déclaré Tamara Léger, conseillère pour le programme Madagascar à Amnesty International.

- 06 05 21 - Tribune - Tribune libre - Cri du coeur de femmes ayant perdu leur père à cause d 'une pénurie d'oxygène

Un peu plus d’un an après la mise en quarantaine des deux principales villes malgaches, nous avons parcouru la ville d’Antananarivo à la recherche d’un établissement pouvant prendre en charge notre père, atteint par le coronavirus. Après de longues péripéties, nous avions fini par trouvé une place au centre de traitement Covid-19, au village Voara à Andohatapenaka. Dès le deuxième jour, il est resté sans oxygène pendant 4 heures. On lui a dit : « Papa, prépares toi, on est à court d’oxygène ! » Il a répondu « D’accord » puis il s’était mis à faire des exercices de respiration. Nous l’avons perdu le troisième jour, à savoir le 25 avril 2021.

 

 


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5 août 2020

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2020

<> 05 08 20 - Amnesty international - Madagascar - Les autorités ne doivent pas utiliser la lutte contre le Covid-19 comme prétexte à la répression des droits humains
Amnesty International demande aux autorités de cesser de donner les mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 comme excuse pour sanctionner les médias, les figures de l'opposition ou toute personne critiquant les actions du gouvernement. Les autorités doivent garantir le respect total et effectif des droits humains de chaque citoyen, y compris les droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et la liberté de la presse.

 


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15 juillet 2020

ARTICLES REMARQUES - JUILLET 2020

- 14 07 20 - Le Monde Afrique - A Madagascar, l'explosion des cas de Covid-19 met en cause la stratégie du gouvernement
Mi-juin, Madagascar comptait officiellement 1 272 cas de contamination au nouveau coronavirus et dix décès dus au Covid-19. En un mois à peine, ces chiffres ont quasiment été multipliés par quatre. Le 13 juillet la Grande Ile a passé le cap symbolique des 5 000 cas et approche désormais la quarantaine de morts. Les institutions politiques ne sont pas épargnées. Les décomptes flous contribuent à faire naître un début de psychose, certains redoutant que la situation soit rapidement hors de contrôle. Si Antananarivo est devenue en quelques semaines le nouveau foyer de développement de l’épidémie, le virus se propage aussi ailleurs. L’annonce, le 4 juillet, du retour à un confinement total deux mois après le déconfinement, et désormais l’explosion des cas, soulèvent des interrogations sur la stratégie du gouvernement. L’OMS a déboursé 5 millions de dollars depuis l’arrivée du coronavirus sur l’île, fin mars. Mais ce budget n’empêche pas Madagascar de faire face à des difficultés d’approvisionnement en matériel. Sous couvert d’anonymat, certains critiquent la « communication » du gouvernement. « Nous nous inquiétons de la politisation excessive de cette épidémie, avec des accusations et des mises en scène, et un nationalisme mal placé dans le Covid-Organics », souligne un membre d’un partenaire technique en référence à la tisane à base d’artemisia promue par Andry Rajoelina comme solution miracle contre le Covid-19. « D’autre part, l’image globale des financements obtenus est dure à avoir et tous les mécanismes de suivi ne sont pas mis en place ou peu communiqués », poursuit cette source. Andry Rajoelina a balayé les accusations de détournements de fonds. Malgré les doutes et les mises en garde de la communauté scientifique internationale,le chef de l’Etat a de nouveau insisté sur l’efficacité du Covid-Organics, qui « renforce le système immunitaire et n’a pas d’effet secondaire », tout en affirmant que sa famille et lui-même en prenaient. « On nous a martelé que le Covid-Organics était le remède contre le Covid-19. Aujourd’hui, trois mois plus tard, on voit bien que ce n’est pas le cas. Cela a largement participé, selon moi, au relâchement de la population », réagit Ketakandriana Rafitoson, directrice de Transparency International.

<> 09 07 20 - Amnesty International - Bienvenue dans l'enfer carcéral de Madagascar - mai 2020
Hommes, femmes, enfants... Ils sont incarcérés dans des conditions extrêmes depuis des mois, parfois même des années. Ce nouveau documentaire est publié alors que le Covid-19 a franchi les murs des établissements pénitentiaires malgaches. Parmi les plus pauvres de la société malgache, les détenus, qui craignaient déja pour leur santé avant la pandémie, vivent dans la peur constante alors que le coronavirus se propage à l'intérieur des prisons. Malgré les appels continus à désengorger les établissements, dont la capacité est seulement de 10 000 détenus, le Président a annoncé la libération de seulement trois milliers d'entre eux; ce qui signifie que les 25 000 restants sont laissés à eux-mêmes.

<>  06 07 20 - Communiqué de la PFNOSCM du 30 06 20 sur situation nationale et la lutte contre le coronavirus
La Plate-forme nationale des organisations de la société civile (PFNOSC) fait le point dans son communiqué sur les dossiers brulants de l’heure au niveau international et national
, suite à une consultation de ses membres organisée dans les 22 régions. S’agissant de la lutte contre la pandémie, La Plateforme estime que la propagation du coronavirus dans les districts et régions encore non infectés n’est pas maîtrisée à cause de la corruption des responsables des barrages routiers. La rencontre du gouvernement avec les opérateurs économiques impactés par la crise sanitaire a connu trop de retard. Elle aurait dû avoir lieu dès le début de l’état d’urgence sanitaire. A cause de la paupérisation qui gagne du terrain suite au confinement, on constate une recrudescence de l’insécurité. La population vit dans la terreur. Aucune mesure n’a été pris en faveur des personnes en situation de handicap, particulièrement vulnérables dans le contexte actuel. La télédiffusion des enseignements reste un privilège réservé à une minorité. Les parents s’inquiètent de la tenue ou non des examens officiels. Les écoles privées demandent le paiement des écolages en faisant venir les élèves en classe en ignorant les directives du gouvernement. Les patrouilles organisées avec des engins blindés ne sont pas de nature à rassurer la population. Le manque de transparence dans la publication des chiffres sur le coronavirus provoque le doute au sein de l’opinion par rapport aux informations officielles et entraine la négligence des citoyens dans le respect des gestes barrières. Médecins et aides-soignants manquent de matériels de protection et ne sont pas correctement récompensés. Les aides alimentaires sont réparties de manière discriminatoire et entachées de corruption. La PFNOSC réclame la possibilité pour les médias privés et publics de pouvoir effectuer des reportages dans les centres de soins des malades du coronavirus.

 


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29 mai 2020

ARTICLES REMARQUES - MAI 2020

- 29 05 20 - Observatoire Pharos - Science et Religion dans la communication du président malgache pendant la crise du Covid 19
« Dieu et le Seigneur nous ont donné les plantes médicinales pour aider les autres pays et le monde entier contre cette maladie »
Cette phrase a été prononcée à la fin de l’interview accordée par le président malagasy Andry Rajoelina à France 24 le 11 mai 2020. Il y défend le remède « Covid-Organics ». Cet élément démontre le lien fort dans son discours entre les arguments religieux, nationaux et scientifiques. En effet, l’écriture d’un récit national soutenu par un argumentaire religieux sert ici à la défense du remède prétendument scientifique contre le coronavirus prôné par le président à des fins politiques et économiques. La gestion de la crise du Coronavirus et la promotion d’un remède « miracle » semblent être révélatrices des enjeux forts que présente la religion à Madagascar. Elle se trouve plus que jamais au cœur des préoccupations de la population malagasy et reste un outil essentiel à la communication politique.

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19 05 20 - Le Monde - Laurence Caramel - Coronavirus : à Madagascar le président défend son remède miracle
Ces deux derniers mois, Andry Rajoelina s’est fortement impliqué dans la promotion d’un breuvage traditionnel présenté, sans preuve scientifique, comme une solution face à l’épidémie de Covid-19. Alors que l’OMS a multiplié les mises en garde, Andry Rajoelina se trouve désormais sous le feu des projecteurs. L’évolution contenue de l’épidémie sur l’île est sa meilleure alliée. Que la courbe des contaminations s’envole, et le désaveu serait immédiat, emportant avec lui l’espoir et la fierté qu’il avait cru, par un heureux hasard et avec un énorme culot, pouvoir redonner à ses compatriotes.

- 13 05 20 - Craad-OI & Collectif Tany - Secteur minier et projet 'Base Toliara' - Le Covid est prétexte à tout
Pour le Craad-OI et le Collectif Tany, la crise du Covid-19 sert de prétexte aux responsables du projet « Base Toliara » pour continuer à passer outre les décisions étatiques au détriment des droits des communautés locales concernées. Une crainte déjà évoquée dans un communiqué des deux organisations le 22 avril et qui se confirme. Dans un nouveau communiqué elles écrivent : « Les opérateurs des grandes mines mettent à profit le processus de concertation sur la situation socio-économique et l’après-Covid-19 pour se positionner comme étant les fers de lance de la stratégie de relance économique, notamment grâce aux moyens financiers dont ils disposent, à la différence des autres secteurs. Outre les promoteurs de ‘Base Toliara’ qui persistent à ignorer l’opposition farouche de la majorité des communautés affectées à la réalisation de leur projet minier, la société Ambatovy fait fi du fait que son site a été mis en quarantaine car il est à l’origine de nombreux cas de contamination par le Covid-19. » La société civile déplore avoir été écartée de ce processus de consultation sur la stratégie de relance du secteur minier.

<>  13 05 20 - Blog Médiapart - Karine Johannes - Covid Organics - Madagascar - Décryptage d'un "nation branding" stratégique
Dans la course effrénée des recherches contre le coronavirus, l’annonce par Andry Rajoelina de la découverte d’un remède préventif et curatif a déclenché une vague de réactions faite d’espoirs et de scepticisme. Appelée « Covid-Organics » et présentée comme un « remède traditionnel amélioré », la décoction est composée d’artemisia et d’autres plantes endémiques de Madagascar. Elle connaît aussitôt une couverture médiatique proportionnelle aux doutes scientifiques qui l’entourent. Car si aucun décès lié au Covid-19 n’a officiellement été répertorié dans le pays, l’épidémie est loin d'être sous contrôle et l’efficacité du remède est mise en doute aussi bien par la société civile que par l'opposition et par les instances sanitaires mondiales. Mais les actions de communication se multiplient, les effets d’annonce diplomatiques se succèdent, et le « Covid-Organics » recueille des partisans, en particulier dans la presse et l’opinion publique africaines. Plusieurs chefs d’Etat africains ont présenté publiquement leurs félicitations et ont reçu des dons de « Covid-Organics » de la part du numéro un malagasy. Au-delà de la sphère sanitaire, l’attention portée au remède peut être analysée comme le reflet d’un "nation branding" stratégique, ayant trouvé écho auprès de nations en quête d’identité. Par cette opération médiatique, l’homme de communication qu’est le leader malagasy a surtout illustré que la crise avait bien une autre facette qui est l’opportunité. L'article propose un décryptage. Docteure en information et communication et auteure d’une thèse sur la communication digitale, Karine Johannes, belgo-malgache, est consultante et formatrice en communication stratégique. Elle est aussi enseignante-chercheuse dans plusieurs universités européennes et africaines.

- 12 05 20 - RFI - France 24 - Madagascar : le panafricanisme sanitaire de Rajoelina trouve des échos favorables
Dans un entretien exclusif accordé à France 24 et RFI, Andry Rajoelina revient sur le controversé Covid-Organics, un remède issu de la pharmacopée traditionnelle de Madagascar, présenté comme efficace contre le coronavirus. Bien que n’ayant pas encore obtenu d’autorisation de mise sur le marché et malgré les mises en garde de l’OMS, le traitement est distribué dans plusieurs pays d’Afrique. Selon le chef d’État, le traitement a fait ses preuves à Madagascar, et si un pays européen l’avait découvert, il n’y aurait pas "autant de doutes". 
Interview :
https://www.france24.com/fr/afrique/20200511-a-rajoelina-sur-france-24-le-probl%C3%A8me-du-rem%C3%A8de-covid-organic-c-est-qu-il-vient-d-afrique?fbclid=IwAR1_9krX1icP63W56fHtqqw7FCAdIx-pdy-672OQ6XBbT3Zko0Z6PAsYUD4&ref=fb (16'17)

<> 04 05 20 - Tribune - Edito - Les chroniques de Ragidro - Artemisia, Artemisinine, Covid_Organics
La longue guerre entre médecines traditionnelles et médecine n’est qu’une pseudo querelle entre, d’un côté, LA Science et la rigueur de ses protocoles, en particulier ceux de LA Recherche pharmaceutique, et, de l’autre côté, l’empirisme des tradipraticiens corrélée à l’ingérable inconstance de la nature… Mais tout ça n’est affaire, on le sait, que de gros sous. Quitte à distribuer des traitements curatifs à deux cents millions de malades, vaut-il mieux vendre (ou les faire distribuer gratuitement par des Etats subventionnés qui achètent, ça revient au même) un paquet de poudre de plante séchée à 50 cts … ou un comprimé à 5 euros ? « Ben oui, quoi … Il faut bien payer LA Recherche » … On n’a pas parlé de l’intérêt du public et de sa santé. Ce sont évidemment des variables d’ajustement. Et puis il y a des fois où la distribution de traitements thérapeutiques issus de pratiques traditionnelles peut, elle aussi, relever de logiques de gros sous. Il suffit d’arriver à en faire une très belle opération de grande masse. Ce n’est qu’affaire d’opportunité, de marketing et de réactivité. Et quand en plus on arrive à en faire un coup politique… Bingo, disait l’autre. L’histoire de Artemisia, plante qui rentre dans la composition du Covid Organics, produit miracle lancé pour par le gouvernement malgache pour éteindre la pandémie du Covid et sauver le monde, est une histoire intéressante à dérouler dans ce cadre politico-financier mais aussi dans celui de la géopolitique et l’économie des médicaments.

<> 03 05 20 - AFP - Fact checking - En Afrique les remèdes traditionnels recours populaires mais controversés face au coronavirus
En Afrique, simples anonymes sur les réseaux sociaux, vedettes locales et même certains chefs d’Etat vantent les vertus de diverses plantes de la pharmacopée traditionnelle pour soigner le Covid-19, la maladie causée par le nouveau coronavirus. Mais les autorités sanitaires et l’Organisation mondiale de la Santé mettent en garde : il n’existe aucune preuve scientifique d’un effet contre le coronavirus. Au mieux, elles peuvent soulager certains symptômes comme la toux ou la fièvre, mais elles ne soignent pas du coronavirus et peuvent même parfois avoir des effets néfastes sur la santé.
Sans s’embarrasser des protocoles scientifiques, le président malgache Andry Rajoelina a présenté le 20 avril une tisane remède, baptisée Covid Organics, à base d'artemisia, une plante utilisée dans des médicaments contre le paludisme, et d'autres herbes qui poussent à Madagascar.
Plusieurs chefs d’Etat africains ont passé d’importantes commandes de Covics-Organics à Madagascar. « C’est l’heure de la solidarité africaine » soutient Andry Rajoelina qui affirme que la Grande île a découvert le remède qui sauvera l’humanité de la pandémie. Ceux qui ne croient pas dans les vertus de ce  remède préventif et curatif ont été qualifiés d'"ennemis de la nation"

 


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31 mars 2020

REVUE DE PRESSE - MARS 2020

L'arrivée de cas de Coronavirus importés a relégué au second plan toute l'actualité à compter du 20  mars. L'épidémie n'en est encore à qu'à la phase 1, avec 46 cas confirmés, dont 6 avec des difficultés respiratoires. Les cas sévères se multiplient. La maladie commence à se répandre dans les provinces et les régions. La plupart des cas importés trouvent leur origine dans les derniers vils en provenance de l'Europe avant la fermeture des frontières le 19  mars au soir. Quelques cas "contact" commencent à apparaître. Les mesures de confinement sont particulièrement difficiles à faire appliquer, des catégories se rebellent. Dans un important communiqué, Transparency international initiative Madagascar prône le respect scrupuleux des mesures édictées par les responsables pour lutter contre la pandédie du Coronavirus mais l'organisation met en garde : cette situation ne doit pas faire abstraction des règles de bonne gouvernance, ni faire fi de la transparence, de la redevabilité et de l’intégrité. Elle écrit notamment que "la protection de l’espace civique, du droit à la participation et de la liberté des médias est essentielle en temps de crise. La lutte contre la désinformation doit être une priorité pour tous, mais elle ne doit pas se faire à tort et à travers. Il est primordial que les médias soient en mesure de rendre compte librement de la crise, de présenter au public des faits – même si ceux-ci mettent parfois les détenteurs du pouvoir mal à l’aise."

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Le Covid-19 atteint Madagascar
  •  Affaires nationales
  •  Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, justice populaire
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Droits de l'enfant
  • Droits des femmes, LGBT
  • Université, éducation
  • Santé
  • Religion
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement, litiges fonciers
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

>> Télécharger la revue de presse complète  pdf, 25 pages

>> Absence de synthèse ce mois-ci

>> Voir aussi Facebook : https://www.facebook.com/jumami.madagascar1



18 février 2020

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2020

 

<>  18 02 20 - Craad-OI & Collectif Tany - Renforcement du refus du projet émirati dans le Bas Mangoky
Un mois après l’annonce par le ministre de l’agriculture du mémorandum of understanding (entente préalable) avec la société Emiratie Elite Agro LLC sur 60.000 ha dans le Bas-Mangoky, quelques informations additionnelles ont été publiées dans la presse. Le communiqué fait le point sur ce dossier et mentionne les questionnements suscités par d’autres décisions et informations en lien direct ou non avec ce projet, dans le but d’alimenter la réflexion et les débats sur le développement et l’avenir du pays. Bien que les responsables répètent que le mémorandum ne prévoit pas de vente de terres, les informations disponibles sur les actions de ce groupe dans d’autres pays sont particulièrement inquiétantes. Une inquiétude renforcée par la décision du conseil des ministres de mettre en place un comité interministériel qui étudiera l’organisation et la régulation de chacune des « zones d’émergence » dont la création a été annoncées par le gouvernement, laissant entendre que la règlementation qui régira ces zones pourrait être définie « au cas par cas ». Il se pourrait en outre que le code des investissements soit révisé dans l’objectif de favoriser la conclusion de partenariats entre l’Etat et des entreprises étrangères désireuses de s’implanter dans les grandes aires d’investissements annoncées. Les ONG exigent que toute la lmière soit faite sur cet accord.

<> 03 02 20 - Communiqué de la Plate forme nationale des orgnaisations d ela société civile (PFNOSC)
Dans un communiqué, la Plate-forme fait part de ses réflexions sur les réalités mondiales et nationales qui, dans l’ensemble, ne vont pas dans le sens des intérêts des populations, notamment les plus vulnérables. Elle formule des analyses et des recommandations sur des sujets majeurs qui relèvent des domaines d’intervention de la PFNOSCM et de ses Plates-formes régionales

<> 03 02 20 - Craad-OI & Collectif Tany - Non à la mise à disposition de 60 000 ha à la société émiratie Elite Agro LLC
Le 16 janvier, un communiqué du ministre de l’agriculture annonçait qu’un « accord-cadre » venait d’être signé avec cette grande société dans le Bas-Mangoky. Dans leur communiqué les deux associations s’inquiètent de la manière dont les responsables de l’Etat dévoilent les informations au compte-gouttes avec des contradictions et des hésitations. Les décideurs donnent l’impression qu’ils ne veulent pas divulguer le contenu de cet accord. Cette forme de partenariat soulève de nombreuses interrogations. Les signataires de disent opposés à toute mise à disposition de terres à des entités étrangères - qu’il s’agisse d’individus, d’entreprises ou d’Etats, que la transaction soit une vente, une location, un prêt ou un don, et quelle que soit la durée envisagée pour la mise à disposition. Selon eux, ce projet constitue un danger en donnant accès à des étrangers à des superficies considérables du territoire pendant des décennies, pour l’environnement dans la mesure où nous ne savons rien des méthodes de production qui seront utilisés, pour la sécurité alimentaire de l’ensemble de la population, pour le développement de la paysannerie malgache et l'entreprenariat local.

 


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30 janvier 2020

ARTICLES REMARQUES - JANVIER 2020

- 30 01 20 - Remaniement du gouvernement - 6 ministres limogés officiellement pour n’avoir pas atteint les objectifs fixés. 14 autres ont été reconduits à leur poste. La nouvelle formation compte 24 membres avec l’ajout d’un nouveau ministère de l’eau et de l’assainissement et d’un vice-ministère en charge des nouvelles villes et de l’habitat qui aura notamment en charge la concrétisation du très contesté projet « Tana-Masoandro ». On remarque également la hausse du nombre de femmes, qui passe de quatre à huit, une avancée dans la promotion de l’égalité du genre dans les affaires publiques.

Le nouveau ministre des affaires étrangères, Djacoba Tehindrazanarivelo, vient combler un poste laissé vacant depuis quatre mois suite au départ de Naina Andriantsitohaina pour briguer la mairie de la capitale. L’enseignant-chercheur, qui a longtemps exercé en Suisse, est spécialiste du droit international et de résolution des conflits. Il aura la charge de mener la délégation malgache dans les discussions avec la France au sujet de l’épineuse question des îles Éparses. Les ministres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur ont été remerciées. Elles ont payé le prix des grèves illimitées des enseignants, des fraudes au bac et des détournements d’argent sur les primes de fin d’année.

Les entrants sont pour la plupart de jeunes technocrates, venus de l’étranger où ils ont occupé des postes de responsabilité dans leur domaine respectif. Mais il y a aussi les anciens collaborateurs du président de la République au sein de la présidence. Certains des nouveaux ministres sont le fruit de la campagne de « recrutement de cerveaux » initiée par l’Etat pour mettre en place un vivier d’experts dans tous les domaines d’activités. Les ministres issus des provinces côtières sont bien représentés dans la nouvelle équipe. Le nouveau ministre de la justice, Johnny Richard Andriamahefarivo, est un ancien proche collaborateur de Marc Ravalomanana et du TIM. Il était parmi les juges qui ont dirigé la cérémonie d’investiture de l’ancien président durant la crise de 2002. Avant cette nomination il a été consul général à Marseille entre 2003 et 2009 puis procureur général près la Cour de Cassation. Chaque membre de la nouvelle équipe fera l’objet « d’évaluations périodiques ».

Composition du nouveau gouvernement :

Ministre de la Défense nationale :  Général de corps d’armée Léon Richard RAKOTONIRINA

Ministre des Affaires étrangères :  Dr DJacoba TEHINDRAZANARIVELO

Garde des sceaux, Ministre de la Justice : Johny Richard ANDRIAMAHEFARIVO

Ministre de l’Economie et des Finances : Richard RANDRIAMANDRATO

Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation : Tianarivelo RAZAFIMAHEFA

Ministre de la Sécurité publique : Contrôleur général de police Fanomezantsoa Rodellys RANDRIANARISON

Ministre de l’Aménagement du territoire et des Travaux publics : Hajo ANDRIANAINARIVELO

Ministre de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique et Professionnel : Rijasoa Josoa ANDRIAMANANA

Ministre de la Santé publique : Pr Ahmad AHMAD

Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche : Fanomezantsoa Lucien RANARIVELO

Ministre de l’Energie et des Hydrocarbures : Christian RAMAROLAHY

Ministère de l’Eau, Hygiène et de l’assainissement : Voahary RAKOTOVELOMANTSOA

Ministre des Mines et des ressources stratégiques : Fidiniavo RAVOKATRA

Ministre des Transports, de la Météorologie et du Tourisme : Joel RANDRIAMANDRANTO

Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Fonction Publique et des Lois Sociales : Gisèle RAMAMPY

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique : Elia Béatrice ASSOUMACOU

Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’artisanat : Lantosoa RAKOTOMALALA

Ministre de l’Environnement et du développement durable :  Vahinala Baomiavotse RAHARINIRINA

Ministre des Postes et des télécommunications et du développement numérique : Andriamanohisoa RAMAHERIJAONA

Ministre de la Population, de la Protection sociale et de la promotion féminine : Lucien Irmah NAHARIMAMY

Ministre de la Jeunesse et Sports : Tinoka Roberto RAHAROARILALA

Ministre de la communication et de la culture : Lalatiana RAKOTONDRAZAFY

Vice-ministre chargé des nouvelles villes et de l’habitat auprès du ministère de l’Aménagement du territoire et des Travaux publics : Angelot ZASY

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25 01 20 - Craad OI & Collectif Tany - Appel pour un audit environnemental et social de QMM et pour des mesures urgentes face à la radioactivité
Au moment où les autorités de l’Etat soulèvent de manière publique et officielle des questionnements sur les impacts réels de l’extraction d’ilménite Rio Tinto/QMM à Taolagnaro et annoncent la nécessité d’un audit financier, il est indispensable de souligner que des organisations de la société civile ont tiré la sonnette d’alarme à diverses reprises et continuent à alerter les autorités compétentes sur les préjudices subis par les habitants des villages directement affectés par l’installation de cette compagnie minière. Un examen sérieux des impacts environnementaux et sociaux des opérations minières s’avère également urgent.

- 24 01 20 - Un important groupe des Emirats arabes unis prévoit d’exploiter 60 000 ha dans le Bas Mangoky.
Un mémorandum d’entente a été signé avec le groupe « Elite Agro LLC » dont le siège est à Abu Dhabi. La société, fondée en 2010, est présentée comme la principale entreprise agricole des Emirats. La production annuelle attendue par le ministère de l’agriculture est de 350 000 T de riz, 200 000 T de maïs, 150 000 T de blé, 300 000 T de soja, 20 000 T de pois de cap et 30 000T d’arachide. La contribution de l’État consiste à mettre le terrain à disposition sous forme de « prêt ». Le groupe prendra en charge l’aménagement des terrains, qui seraient actuellement inexploités. La culture proprement dite créerait des milliers d’emplois. « Les productions seront achetées par l’État à moindre coût pour approvisionner le marché local et pour l’exportation. (…) Le projet sera dans un premier temps en essai pendant une année, avant de signer un contrat définitif » pour une durée de 30 ans, indique le communiqué ministériel. La plaine du Bas Mangoky, présenterait quelques 100 000 ha de surfaces aménageables. 11 000 ha ont été aménagés durant la Ière République. La Vérité insiste sur le fait que ce projet a été conçu dans la plus grande transparence et qu’il ne comporte aucune expropriation, à la différence du projet Daewoo de 2008, sous la présidence Ravalomanana, qui portait sur 1,3 million d’ha et dont la production était réservée à l’exportation. Pour le projet actuel, l'Etat sera le seul à décider de la destination des produits.

Ce partenariat est un moyen pour réduire l’exode rural dans la région du Menabe, a argumenté le ministre Lucien Ranarivelo. Le ministre précise que l’Etat prendra en charge la délimitation du périmètre d’intervention du projet. Des études techniques et sociales sont en cours afin d’anticiper les impacts du projet sur les communautés concernées. « Nous sommes conscients de l’existence des patrimoines, des lieux sacrés comme les sépultures auxquelles nous montrons beaucoup de respect, ainsi que de l’extension des aires de pâturages. » La société émiratie a pour obligation d’apporter son savoir-faire, des innovations technologiques conformes aux normes et le capital. « A noter que cette société émiratie a fait ses preuves dans d’autres pays comme le Rwanda, l’Ethiopie ou le Mozambique dont les progrès économiques ne sont plus à prouver, notamment dans le secteur agricole », a-t-il enchaîné. « A part les 60 000 ha, un terrain de 5 000 ha sera aménagé pour les jeunes et les exploitants nationaux du Bas-Mangoky, sans parler des zones d’émergence agricole à instaurer. Aucune propriété foncière appartenant aux nationaux ne sera touchée par ce projet », toujours d’après ses explications. La RN 9 sera réhabilitée. Un pont sera construit pour permettre la traversée du fleuve, a-t-il encore annoncé. Le projet va démarrer cette année avec l’aménagement de 5000 ha. Des projets de loi et le cadre légal sont en cours d’élaboration.

L’annonce de ce partenariat est au cœur d’un débat politique et social, écrit Tribune. Lors de sa rencontre avec les journalistes, le président de la République avait précisé que les productions (riz, maïs, tomates…) ne seront pas exportées mais seront destinées au marché local. Une affirmation en contradiction avec le communiqué du ministère de l’agriculture qui indique qu’une partie de celles-ci sera destinée à l’exportation. La juriste Arlette Ramaroson s’étonne que l’accord ait été conclu sans consultation préalable de la population locale. Le Collectif Tany analyse la situation.

<> 23 01 20 - Indice de Perception de la Corruption 2019 - Reculer pour mieux sauter ?
Madagascar réalise un score de 24/100, soit un recul d’un point par rapport au score réalisé en 2018 (25/100), 8 points de moins qu’en 2012 cela s’explique par le manque d’intégrité politique qui prévaut dans le pays. Les problèmes récurrents auxquels le pays fait face mettent en lumière le manque de transparence et de redevabilité politique. Peuvent être cités de façon non-exhaustive :
- L’opacité des sources de financement politique qui constitue un frein à la construction d’une relation de confiance entre politiciens et citoyens et constituent une porte ouverte aux financements illicites ;
- Le non-plafonnement des fonds de campagne qui accentue les inégalités des chances entre compétiteurs politiques et favorise l’augmentation exponentielle des risques de corruption électorale et d’achats de vote ; perte d’un moyen de vérification de la probité des élus ;
- L’omniprésence et l’influence de certains opérateurs privés sur le régime qui fragilisent l’Etat et favorisent sa phagocytose par le privé, tout en accélérant la cartellisation de l’économie ;
- La persistance de la protection politique et du corporatisme qui l’accompagne constituent des sources d’impunité et entretient de plus l’immuabilité de ces pratiques malsaines au fil des régimes.

<> 16 01 20 - Le Monde Afrique - Tribune - C. Bouquet - A Madagascar comme partout sur le continent les élites accaparent les terres fertiles
C’était deux jours avant Noël. A Madagascar, neuf paysans de la région d’Itasy ont été placés sous mandat de dépôt, accusés de cultiver des terres qui ne leur appartiendraient pas. Une affaire dont l’origine remonte à la colonisation. L’Itasy est un petit territoire dont la richesse des sols avait attiré des colons dès les années 1920. A l’indépendance, les colons ont progressivement abandonné ces plantations et l’arrivée au pouvoir de Didier Ratsiraka a accéléré le changement de statut de ces terres. Après le départ des colons, les petits cultivateurs ont continué à occuper des plantations. Mais, sans se préoccuper de leur situation, un ministre de Ratsiraka a profité de sa position pour se faire attribuer 569 ha, faire borner sa « propriété » et menacer les paysans de les chasser par la force. Le dignitaire, appelé à des fonctions diplomatiques lointaines, s’est contenté de n’occuper que les 4 ha mais au début des années 2010 il a relancé les procédures d’expulsion… Les procès qui se succèdent tournent généralement à l’avantage du notable dont le fils a été promu à de hautes fonctions auprès du premier ministre. Pourtant, durant sa campagne de 2018, Andry Rajoelina avait promis de « rendre la terre à ceux qui la cultivent »…

- 15 01 20 - Le Monde - A Madagascar, semaine décisive pour le nouveau code minier

L’avant-projet de loi de réforme du secteur des mines, voté en conseil de gouvernement le 20 novembre 2019, suscite l’inquiétude des opérateurs et de la société civile. Dans un premier temps, le texte a fait son chemin en silence. Au point que les principaux intéressés ont découvert dans les médias qu’un nouveau code minier était en passe d’être adopté. Puis, très vite, le ton est monté et c’est devenu un véritable scandale. Au point que ce texte, qui aurait dû être présenté en conseil des ministres, puis adopté par l’Assemblée nationale, a été stoppé après son vote en conseil du gouvernement. La levée de boucliers de la société civile et du secteur privé a suspendu le processus législatif et a obligé à l’ouverture d’une discussion. Et cette semaine aura lieu une réunion « avec toutes les parties prenantes » pour la mise en place d’un comité chargé de discuter de ce projet de loi, a indiqué le ministère des mines et des ressources stratégiques.

<>doc  08 01 20 -  The Conversation - C. Bouquet - A Madagascar, l'accaprement des terres peut prendre des formes diverses
En Afrique subsaharienne et à Madagascar, le phénomène d’accaparement des terres est apparu tardivement, car le droit foncier coutumier – qui reposait sur une appropriation collective de la terre – ne permettait pas les transactions privées, avant que la Banque mondiale n’impose, à partir des années 1990, des réformes foncières introduisant la propriété privée individuelle dans un monde paysan qui ignorait largement ce nouveau concept. C’est sans doute à Madagascar que ce basculement a été le plus spectaculaire, puisque le groupe sud-coréen Daewoo avait entrepris en 2008 de s’y faire attribuer 1 300 000 hectares de terres cultivables. La colère paysanne avait alors abouti au renversement en mars 2009 du président de la République de l’époque, Marc Ravalomanana, et au retrait de Daewoo. Au cours des dix années qui se sont écoulées depuis, les transactions portant sur les terres agricoles malgaches n’ont jamais atteint de telles superficies, mais elles ont continué à prospérer.

 


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23 août 2019

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2019

- 23 08 19 - Lakroan'i Madagasikara - A la recherche de locomotive
Le président de la République Andry Rajoelina est bien là. Aux commandes. Mais on ignore quel engin il conduit. Devinettes…

- 19 08 19 - Tany - Craad-OI - Le mouvement populaire d'opposition au projet Base Toliara continue
Plusieurs articles parus dans différents media malagasy ont annoncé que les communautés opposées au projet minier de la société australienne Base Resources avaient changé d’avis et acceptent désormais l’exploitation des sables minéralisés dans la zone de Ranobe en vue de la production de l’ilménite et d’autres métaux ainsi que la construction du port minéralier à Andaboy. Les communautés concernées ont fortement réagi à cette campagne de presse. Le Collectif Tany et le Craad-OI ont tenu à reprendre les principales données de cette situation en vue notamment d’informer les personnes et organisations qui suivent et soutiennent le mouvement populaire de lutte contre le projet minier Base Toliara.

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03 08 19 - Le Monde Laurence Caramel - Les îles Eparses : des confettis administrés par la France en contentieux avec Madagascar
Antananarivo et Paris se disent prêts à régler leur litige sur la souveraineté de l’archipel proche des côtes malgaches. Pour le président Rajoelina, le temps de la réintégration est arrivé, mais la France ne veut pas « brader » sa suprématie sur son ancienne colonie.

- 01 08 19 - Le Monde - A Maurice, au coeur de l'optimisation fiscale
L’île, devenue paradis fiscal décomplexé, fragilise les économies africaines, dont elle siphonne les revenus.

 

 


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27 avril 2020

ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2020

27 04 20 - Tribune - Edito - Chroniques de Ragidro - RaObelix sy RasoArtemisia
"Alors que les infrastructures de santé des pays les plus développés ont été mises en échec et submergées par le développement de la pandémie mondiale de Covid-19, l’Afrique, avec son apparente fragilité, semble jusqu’à présent moins touchée. Il y a là sujet à interrogation. Il y a dix jours de cela, en réunion de CA avec mes amis africains, évoquant ce que j’appelais une anomalie, je me suis vu voué aux gémonies. Dix jours après, ils devaient eux-mêmes reconnaître leur perplexité prudente"

- 24 04 20 - The conversation - Organisations internationales - Le spectre d'une hégémonie chinoise se concrétise
La Chine semble en position de force pour imposer ses vues au sein des principales organisations internationales. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) – deux instances dont l’absence de neutralité a accéléré la plus gigantesque pandémie du XXIe siècle – se trouvent déjà sous son influence. L’OACI, et trois autres agences de l’ONU sur quinze au total – l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), et l’Union internationale des télécommunications (UIT) – ont à leur tête des ressortissants chinois, soit trois de plus que n’importe quel autre pays, et sept Chinois y occupent des postes de directeurs généraux adjoints, un chiffre également record. Enfin, début avril, la RPC a intégré un important groupe consultatif du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU constitué de seulement cinq pays. La Chine – dont il convient de rappeler qu’elle se trouve également à l’initiative de nombreuses organisations multilatérales géographiques ou sectorielles où elle pèse de tout son poids pour dupliquer le système international – se montre particulièrement offensive à l’ONU, se concentrant en priorité sur les domaines qui possèdent à ses yeux une importance stratégique.

- 22 04 20 - Le Monde - Le lancement d'un "remède" à l'artemisia contre le Covid-19 suscite la polémique
La nouvelle a fait le tour du monde. Dimanche 20 avril au soir, le président malgache Andry Rajoelina a annoncé que Madagascar était en possession d’un remède « vita malagasy » (made in Madagascar) aux vertus préventives et curatives contre le coronavirus. Le Covid-Organics, nom donné à ce traitement, est une tisane à base de feuilles séchées d’artemisia, produit par l’Institut malgache de recherche appliquée (IMRA).
Andry Rajoelina a par ailleurs décrété un déconfinement partiel de la Grande Ile, effectif depuis mercredi et le prolongement de la situation d’état d’urgence sanitaire alors que le pays compte à ce jour 124 cas de contamination et aucun décès. Dans ce contexte d’assouplissement très contrôlé, les enfants du primaire au secondaire auraient l’obligation de consommer cette tisane, a encore précisé le chef de l’Etat.

Voir aussi :
http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200421-madagascar-tisan-sirop-contre-covid-coronavirus
http://www.rfi.fr/fr/science/20200421-personne-na-d%C3%A9l%C3%A9ments-prouvant-lefficacit%C3%A9-lartemisia-contre-le-covid-19-0

- 22 04 20 - Craad-OI et Collectif Tany - Enième entorse à la suspension des activités de communication de Base Toliara
Le Craad-OI et le Collectif Tany s’insurgent contre une nouvelle entorse à la suspension des activités de communication de « Base Toliara »
décidée par le conseil des ministres le 6 novembre 2019. Une grande campagne de communication autour de l’octroi de dons divers d’une valeur importante par le projet « Base Toliara » à l’endroit du Centre de commandement opérationnel (CCO) Covid-19 de Toliara a fait le tour des réseaux sociaux et des médias malgré cette interdiction. Les deux organisations appellent les parties prenantes à la vigilance et à la plus grande prudence pour s’assurer que ces contributions largement médiatisées n’occultent des tentatives d’influence et que la crise sanitaire ne serve pas de prétexte pour contourner les décisions étatiques.

- 15 04 20 - Blog Médiapart - Aux dirigeants du continent africain : Face au Covid-19, il est temps d'agir__
Un large collectif d'intellectuels de différents pays d'Afrique et du monde entier interpellent les dirigeants du continent africain face à la pandémie
, déplorant « les logiques de profit et de monopolisation du pouvoir ». Ils appellent à « repenser la santé comme un bien public essentiel », à « saisir ce moment de crise comme une opportunité afin de revoir les politiques publiques » pour la protection des populations. Par ailleurs, ils appellent à ne pas singer les pratiques des pays du Nord notamment celle du confinement qui ne peut être respecté que par une minorité aisée, et qui est une mesure brutale pour la majorité et impossible à mettre en œuvre. Des solutions endogènes doivent être prises au regard de la gestion de crises sanitaires survenues sur le continent. Il faut agir en fonction des besoins des populations africaines et selon les priorités africaines.

 

- 15 04 20 - Centre d'études stratégiques de l'Afrique - Cartographie des facteurs de risque de propagation du Covid-19 en Afrique
Au regard de neuf facteurs de risque de propagation du Covid-19 en Afrique
(contacts internationaux ; système de santé publique ; densité des zones urbaines ; population totale dans les zones urbaines ; âge de la population ; transparence du gouvernement ; liberté de la presse ; ampleur des conflits ; déplacement de populations), Madagascar se situe dans la tranche médiane en matière de vulnérabilité avec un score de 23 sur 45. Des efforts devraient être particulièrement fournis en matière de transparence du gouvernement afin de susciter et renforcer la confiance, la solidarité dans les actions entreprises par le gouvernement. Six autres facteurs risques ne sont pas en reste : système de santé publique (capacité en matière de dépistage ; protection du personnel soignant) ; densité des zones urbaines ; population totale dans les zones urbaines ; âge de la population ; liberté de la presse (une presse libre est le meilleur système d'alerte précoce, médias indépendants jouant un rôle important dans l'information du public).

<> 14 04 20 - Amnesty International - Rétrospective 2019 Madagascar
Amnesty International a publié son rapport annuel sur la situation des droits humains à Madagascar.  L'organisation rappelle en introduction qu’au mois de novembre le bilan de la Grande île a été examiné pour la troisième fois dans le cadre de l’Examen périodique universel de l’ONU. Le pays a reçu 203 recommandations, sur les questions notamment de la torture et des conditions dégradantes en détention, de la dépénalisation de l’avortement et de la protection des défenseur·e·s des droits humains. Il en a accepté 163, a décidé d’en soumettre 29 à une étude plus approfondie et en a rejeté 11. Le rapport traite successivement des droits économiques, sociaux et culturels, de la détention, de la police et de forces de sécurité, de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique et des droits sexuels et reproductifs.

<>  09 04 20 - Amnesty International - Une journaliste se retrouve en détention préventive alors que les autorités continuent d'intimider la profession
Les autorités doivent libérer immédiatement et sans condition une journaliste incarcérée après avoir été accusée d'avoir critiqué le président pour sa gestion de la riposte au Covid-19. Arphine Helisoa, directrice de publication du journal "Ny Valosoa" a été envoyée en détention préventive à la prison d'Antanimora, le 4 avril. Elle est accusée de diffusion de fausses nouvelles et d'incitation à la haine envers le président Andry Rajoelina, après une publication sur la version en ligne de "Ny Valosoa", un journal proche de l'opposition. La publication en cause qui a été partagée le 2 avril critiquait la réponse du gouvernement malgache à la pandémie mondiale de Covid-19. Ainsi, le gouvernement aurait mal géré la crise – l’article fait référence notamment à la décision d'autoriser l'ouverture des marchés sans pour autant mettre en œuvre des mesures de protection tout en ayant recours à un usage excessif de la force pour disperser les personnes encore présentes dans la rue. Elle qualifie également le président « d’assassin » car il n’aurait pas mis en en œuvre des mesures pertinentes et adaptées au contexte malgache, ce qui pourrait selon elle entraîner la mort de nombreux Malgaches.

La version imprimée du journal, à l’instar de tous les autres journaux du pays a été publiée pour la dernière fois le 21 mars au début du confinement. Toutefois, la version en ligne et une page Facebook sont toujours disponibles. Selon son avocat, cette arrestation est une manœuvre politique qui la vise personnellement car elle est la directrice de publication d'un journal d'opposition.

Depuis 2016, le code de la cybercriminalité ne prévoit plus de peines de prison pour la diffamation et les insultes en ligne. Par conséquent, les journalistes ne peuvent plus être condamnés à des peines d’emprisonnement pour des infractions liées à la diffamation ou aux insultes. Bien que Gérard Rakotonirina, président de l'Association des journalistes de Madagascar confirme qu'Arphine Helisoa est une journaliste professionnelle accréditée, les autorités refusent de la reconnaître comme telle, ce qui leur permet de la détenir en s’appuyant sur des lois abusives qui prévoient des peines de prison pour les non-journalistes accusés d'incitation à la haine contre le gouvernement. Gérard Rakotonirina a qualifié la situation de sa cliente de détention arbitraire qui viole la liberté de la presse et constitue une entrave au travail des journalistes.

En raison de la pandémie de Covid-19, Arphine Helisoa ne sait pas quand son procès aura lieu, ce qui signifie qu'elle pourrait passer de longs mois dans des conditions mettant sa vie en danger.

- 04 04 20 - Covid-19 - Déclaration de la PFNOSCM / VOIFIRAISANA
La Plateforme de la société civile Pfnoscm / Voifiraisana pointe du doigt la réaction tardive des autorités
. - « Il est clair et prouvé par les causes des différentes contaminations identifiées jusqu’ici que le retard dans la prise de décision politique sur la fermeture des aéroports et des points d’accès à Madagascar ainsi que la non-systématisation des mises en quarantaine en permettant à certains passagers de rester chez soi, une mesure incontrôlable et qui expose les voisinages à des risques réels, sont les principales causes de la crise sanitaire que Madagascar connaît actuellement

- 03 04 20 - Le Monde - En Afrique le coronavirus met en danger les élites dirigeantes
Le Covid-19 n’épargne pas la classe dirigeante africaine, globalisée et voyageuse, clientèle dépensière dans les prestigieux hôpitaux d’Europe, d’Asie, de Suisse, d’Arabie saoudite ou d’Israël. Ils sont même les premiers touchés. Bloqués chez eux par les suspensions des vols suivies des fermetures de frontières et des mesures de confinement, les voilà soudain confrontés aux conséquences concrètes de leurs politiques sur un continent qui se contente de seulement 1 % des dépenses mondiales de santé, et se débat avec deux docteurs pour 10 000 habitants.Les hôpitaux publics d’Afrique ne disposent en moyenne que de 1,8 lit pour 1 000 personnes. Les conditions de prise en charge dans ces établissements sont régulièrement dénoncées. Des régimes autoritaires pourraient se révéler « incapables de démontrer un minimum de prise face aux chocs sanitaires et économiques [et] pourraient être fortement contestés », écrivent des diplomates du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère français des affaires étrangères. « Plusieurs Etats fragiles vont se trouver encore davantage contestés, et incapables d’assumer leurs responsabilités régaliennes et westphaliennes », se risquent à prédire ces analystes français. Dans une autre étude consacrée à l’Afrique, le CAPS évoque un « virus politique » et n’exclut pas que « cette crise pourrait être le dernier étage du procès populaire contre l’Etat. » Plus que le patient zéro, c’est le « mort zéro » présidentiel et une propagation massive du Covid-19 déclencheur d’incertaines révoltes qui créent la panique dans certains cénacles de pouvoir.

<>  03 04 20 - Amnesty International - Les autorités doivent réduire la population carcérale pour lutter contre le Covid-19
Dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et vu la forte surpopulation carcérale, Amnesty exhorte le gouvernement à envisager d'urgence des mesures visant à désengorger ses prisons en libérant certains groupes de détenu-e-s – en particulier les détenu-e-s en attente de jugement et ceux qui pourraient présenter un risque accru de contracter le virus, notamment les prisonniers âgés et ceux qui présentent des problèmes de santé sous-jacents.
Les mesures que les autorités ont annoncées pour empêcher la propagation du Covid-19 dans les prisons, notamment leur désinfection et la vérification régulière de la température des détenu-e-s et du personnel pénitentiaire ne suffiront pas à protéger les détenu-e-s contre la pandémie en raison de la forte surpopulation. En effet, comme indiqué dans notre rapport 2018, les prisons de Madagascar sont déjà fortement surpeuplées, certaines pouvant accueillir jusqu'à dix fois leur capacité. En juin 2019, la population carcérale avait atteint 28 000 personnes, quasiment trois fois plus que la capacité des prisons du pays.  Les détenu-e-s en attente de jugement et les condamné-e-s sont entassé-e-s dans de grandes cellules insalubres et n’ont souvent pas assez de place pour dormir correctement. Ces conditions de détention suscitent de sérieuses préoccupations pour la santé des détenu-e-s dans l’éventualité où le virus Covid-19 ferait son entrée dans les cours des prisons car les détenu-e-s ne pourraient pas s’en protéger. En outre, de nombreux détenu-e-s sont déjà en mauvaise santé. Ils courent donc un risque accru de tomber malades en raison du manque d'accès à une nourriture et à des soins de santé de qualité pendant leur détention
Le gouvernement doit immédiatement envisager des mesures pour désengorger les prisons du pays tout en veillant à ce que les détenu-e-s non libéré-e-s aient accès à des soins de santé appropriés, puissent maintenir le contact avec leurs familles et le monde extérieur et puissent vivre dans des conditions d'hygiène adéquates. En particulier, les autorités malgaches doivent mettre en œuvre les mesures recommandées par le Sous-comité des Nations unies pour la prévention de la torture (SPT) sur la manière de protéger les détenu-e-s contre le Covid-19. Il s’agit entre autres de programmes de libération anticipée, provisoire ou temporaire des délinquants qui présentent peu de risques, des détenu-e-s en attente de jugement ou qui ont presque fini de purger leur peine. Il convient de tenir pleinement compte des circonstances individuelles et des risques que courent les groupes de prisonniers vulnérables tels que les prisonniers âgés ou ceux qui souffrent de graves problèmes médicaux, y compris ceux dont le système immunitaire est affaibli.


<> 01 04 20 - Amnesty International - Opinion - Victime des lois discriminatoires, Domoina craint pour sa vie en prison
Le 10 mars, Domoina, une jeune femme de 33 ans, a été placée en détention provisoire sur des accusations de « corruption de mineurs » à la prison d’Antanimora. Elle a été arrêtée parce que soupçonnée d’avoir eu des relations sexuelles avec sa petite amie Fyh, âgée de 19 ans. L’arrestation s’est produite après que la mère de Fyh l’a dénoncée à la police. En effet, le Code pénal malgache sanctionne sévèrement « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de moins de 21 ans ». Elle doit être libérée de prison immédiatement et sans condition. Son accusation repose sur une législation qui est discriminatoire. Pour les activistes LGBT et leurs alliés, c'est la loi qu'il faut modifier. Johnatan Randrianary, responsable LGBT au sein de l'association Droits Humains Madagascar, précise que pour les personnes hétérosexuels la loi stipule que la majorité sexuelle est à 14 ans. Le procès de Ken était prévu le 10 avril mais il est reporté pour une durée indéterminée en raison du confinement mis en place pour lutter contre le Covid-19. Domoina craint de devenir une statistique de plus dans la pandémie. Et c’est compréhensible. Si le gouvernement ne protège pas ses détenus, les prisons de Madagascar pourraient facilement devenir le point chaud de la transmission du virus. Domoina est privée de tout contact avec son avocat et ses proches et elle subit de terribles conditions de détention.

<>  01 04 20 - SeFaFi - Le Covid-19 révalateur de l'injustice sociale
Une semaine après la confirmation officielle de la présence du coronavirus (Covid-19) à Madagascar le 20 mars, les pouvoirs publics s’efforcent d’en bloquer la propagation. Le Président de la République a décrété l’état d’urgence à partir du 23 mars, ainsi que le confinement total à Antananarivo et à Toamasina. Le 24 mars, il a annoncé un plan d’urgence sociale comportant le paiement d’une allocation de 100.000 Ariary aux personnes affectées par le confinement, le tout pour un montant de 10 milliards d’Ariary, en accord avec les bailleurs de fonds. Pourtant, la réaction d’une partie de la population, notamment dans les centres urbains et leurs périphéries, donne à réfléchir. Car au-delà de la crise sanitaire, dont l’ampleur reste inconnue, se profile une crise sociale et économique majeure qui risque d’affecter gravement le pays pour les prochaines années.

Le système de santé est en première ligne. Chacun en connaît les fragilités, qui risquent de handicaper la lutte contre le Covid-19. Une étude récente de Transparency International–Initiative Madagascar (TI-MG) révèle la persistance de diverses formes de corruption dans le monde médical et hospitalier. Le budget alloué annuellement au secteur de la santé est notoirement insuffisant, et n’arrive qu’à grand peine à soutenir un secteur vacillant et perfusé, qui survit grâce à l’aide des bailleurs de fonds. Le citoyen s’interroge sur la réelle capacité d’accueil des hôpitaux. La population a le droit de savoir ce qui l’attend, ce qui implique une communication régulière et professionnellement mieux informée.

Depuis qu’ont été décrétées les mesures de confinement et l’arrêt des transports en commun, les petites gens s’inquiètent. Travaillant dans l’informel, sur les marchés ou dans les zones franches, ils savent que toute interruption de leurs activités serait suicidaire. Le plan d’urgence sociale annoncé veut répondre à ce problème, mais sa mise en œuvre tient de la quadrature du cercle. La colère des exclus est à craindre. Et si la crise perdure, combien de temps l’État pourra-t-il poursuivre cette politique d’assistanat ?

La crise du coronavirus est devenue un révélateur puissant de la précarité dans laquelle vit la majorité de nos concitoyens. Les couches sociales les plus défavorisées concluent que le virus a été « importé » par les privilégiés. La transparence s’impose donc à tous les niveaux, pour la moindre dépense, et l’origine de l’argent public utilisé pour gérer la crise devra être portée à la connaissance de tous. Les pouvoirs exceptionnels conférés par l’état d’urgence se doivent d’être contrebalancés par la capacité des tenants du pouvoir à fédérer les leaders d’opinions, y compris ceux de l’opposition.

Cette crise donne l’occasion à Madagascar comme à l’humanité entière de reconsidérer ses priorités, en se rappelant que la justice sociale est exigée partout et que les droits sont les mêmes pour tous.

 


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27 mai 2019

ARTICLES REMARQUES - MAI 2019

- 27 05 19 - Le Monde Afrique - Elections législatives à Madagascar: un essai à transformer pour Andry Rajoelina
L’enjeu des élections législatives à Madagascar, qui se déroulent le 27 mai, est de taille pour Andry Rajoelina. Le président, élu il y a cinq mois, doit asseoir la majorité qui lui permettra de gouverner sans entraves notables au cours des cinq prochaines années. Incidemment, le scrutin doit mettre fin à une situation peu durable qui a conduit M. Rajoelina à légiférer par ordonnance depuis l’expiration de la précédente législature le 4 février. « Une cohabitation ralentirait voire mettrait en péril la politique générale de l’Etat », avance Lalatiana Rakotondrazafy, ministre de la communication et de la culture et porte-parole du gouvernement. Selon la Constitution, le groupe des partis majoritaires qui sortira vainqueur des élections proposera un premier ministre, nommé ensuite par le chef de l’État.
Le sujet est d’autant plus important qu’Andry Rajoelina a dû temporiser sur son projet de supprimer le Sénat. La HCC a en effet émis un avis défavorable à la demande de la présidence d’organiser un référendum constitutionnel jumelé avec les élections législatives pour trancher cette question. Un « camouflet » s’est écriée l’opposition, quand on préfère parler de « contretemps » du côté de la présidence.
De guerre lasse, le président de la République a obtenu par ordonnance mercredi 22 mai que le nombre de sénateurs soit réduit de 63 à 18 membres, dont 12 élus, avec le feu vert de la HCC. Une solution intermédiaire en attendant la suppression définitive de l’institution après les législatives, dit-on dans l’entourage du président

<>   14 05 19 - Craad-OI - Pétitions - Nous exigeons la libération immédiate des 9 détenus dans le cadre de l'affaire du projet Base Toliara

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  09 05 19 - SeFaFi - Une justice limitée aux effets d'annonce
L'Observatoire fait une radiographie du secteur depuis l'arrivée au pouvoir d'Andry Rajoelina
. Il estime que s’il y a eu signes encourageants, ils doivent toutefois être suivis d’effets. Il s’élève contre la « justice des vainqueurs », selon l’expression de sa porte-parole, Annie Rakotoniaina. L’organisation revient sur la salve d’arrestations qui a suivi l’arrivée au pouvoir d’Andry Rajoelina. Il espère que sera respectée la présomption d’innocence. « Nous avons besoin d'un assainissement tous azimuts », déclare Annie Rakotoniaina. Le SeFaFi salue la mise en place de nouvelles juridictions, telles que la Chaîne spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose mais rappelle que le problème un numéro de la justice reste l’indépendance et la crédibilité. Il propose la suppression de la HCJ pour que citoyens et hauts dignitaires soient traités équitablement. « Nul ne conteste que, de par sa nature à la fois juridique et politique, la HCJ ne saurait obéir aux procédures de droit commun. Cependant, pour parvenir à une mise en accusation, les innombrables filtres auxquels sont soumises les requêtes se transforment en autant d’opportunités de blocage pour les courtisans zélés ou pour ceux qui, étant encore au pouvoir, veillent à leur impunité ». Face à ces lacunes et estimant que les prisons sont faites uniquement pour les « pauvres », le SeFaFi dénonce « une justice à deux vitesses », l’une pour les dirigeants et l’autre pour le commun des citoyens. Dans sa plaidoirie pour une justice équitable et une lutte contre l’impunité, il réclame également une limitation de l’étendue de l’immunité parlementaire. Face aux propos du SeFaFi, Frédéric Rakotoarison, directeur de la communication du ministère de la justice indique qu’« il s’agit d’un constat que partage le ministère et duquel, le ministre est parti pour identifier ses principaux chantiers. »

- 06 05 19 - Craad -OI - Collectif Tany - Nous réclamons la libération immédiate des habitants détenus depuis le 2 mai 2019
Projet minier Base Toliara : les forces de l'ordre ont procédé à l'arrestation de 30 membres des communautés locales accusés d'avoir porté atteinte aux installations du site minier
. 21 d'entre eux ont été libérés, neuf autres restent détenus dans un lieu non précisé. Une rencontre qui s’était tenue sur place avec une délégation gouvernementale pouvait laisser penser que le dialogue était renoué. Il n’en est rien. Le Craad-OI et le Collectif Tany réclame dans un communiqué la libération immédiate de ces neuf personnes. Elles ajoutent : « il importe de souligner que la seule personne qui revendique les actes de vandalisme à l'encontre du projet Base Toliara n'a pas été arrêtée, bien qu'on l'ait vu à l'œuvre. » Les deux organisations rappellent aux autorités que la législation en vigueur dispose que les occupants ont des droits de propriété sur les terres qu'ils cultivent depuis plusieurs décennies, même s'ils n'ont pas de documents formels de propriété foncière.

 

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29 avril 2019

ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2019

<> 29 04 19 - Amnesty International - Les conséquences désastreuses d'un recours toujours accru à la détention provisoire
En raison d'un recours excessif à la détention provisoire, des milliers de personnes continuent de se morfondre dans les prisons malgaches sans avoir été déclarées coupables d’une quelconque infraction, a déclaré Amnesty International à l'occasion de la Journée africaine de la détention provisoire. Six mois après la parution d'un rapport d'Amnesty International dénonçant le recours alarmant à la détention provisoire dans la Grande île, la situation a encore empiré et, en avril 2019, un étudiant a été retrouvé mort à l'issue d'une nuit de garde à vue. « Le recours excessif à la détention provisoire à Madagascar est injuste et abusif, et atteint aujourd'hui un niveau critique avec pas moins de 14 000 personnes concernées », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe.
Le 6 avril 2019, à Maroantsetra, un étudiant de 19 ans arrêté la veille car il était soupçonné de vol avec effraction a été retrouvé mort après avoir passé une nuit en garde à vue. Selon le rapport d'un médecin, le jeune homme a été battu à mort. Pour son rapport d'octobre 2018, Amnesty International a recueilli des témoignages indiquant que les policiers avaient souvent recours à la violence pour obtenir les « aveux » des suspects, afin de clore rapidement les dossiers. 

<> 20 04 19 - Collectif Tany-CRAAD-OI - Projet minier "Base Toiliara" - Décision présidentielle attendue d'urgence
Dans un communiqué du 28 mars, le CRAAD-OI et le Collectif TANY avaient rappelé que les communautés locales qui s'opposent depuis plusieurs années au projet d'exploitation d'ilménite « Base Toliara » attendent du président de la République la décision d'arrêter définitivement ce projet minier. L'absence de réponse à leurs revendications a abouti tout récemment à des manifestations de violence et à des pillages. Les deux organisations exhortent le chef de l’Etat « à prendre une décision qui puisse prouver aux communautés concernées que leurs demandes ont été entendues, et que leurs droits fondamentaux sont respectés. »

<> 17 04 19 - Amnesty International - Le journaliste Fernand Cello relaxé après près de deux ans après son arrestation
La relaxe du journaliste d’investigation Fernand Avimana, plus connu à Madagascar sous le nom de Fernand Cello, est une bonne nouvelle attendue de longue date, a déclaré Amnesty International. Le 2 avril 2019, le journaliste d’investigation Fernand Cello a été relaxé par la cour d’appel de Fianarantsoa près de deux ans après avoir été arrêté pour des motifs liés à ses activités professionnelles et à la suite d’accusations controuvées de vol de chéquier. Il a été arrêté le 5 mai 2017 et maintenu en détention provisoire pendant plus de quatre mois. Déclaré coupable du vol d’un chéquier le 26 septembre 2017, il a été condamné le même jour à deux ans d’emprisonnement avec sursis et à une lourde amende par le tribunal d’Ihosy. Ce jugement représente un pas important vers la reconnaissance de la liberté de la presse à Madagascar.

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  17 04 19 - Communiqué du SeFaFi - Des élections législatives à la hauteur de l'enjeu ?
D'après le SeFaFi, outre le pouvoir et les honneurs, nombre de candidats recherchent les bénéfices matériels liés à la fonction de député
. « Pour mettre un terme aux marchandages récurrents, il conviendra de fixer clairement l’ensemble des avantages reconnus aux parlementaires, avant la prochaine élection et pour toute la durée de la législature. Car il est inacceptable, et malsain, que les élus décident par eux-mêmes du montant de leur rémunération globale », juge l’Observatoire. S’agissant du profil des candidats, il écrit : « on y trouve de tout : des farfelus, des parvenus et des opportunistes ; des criminels couverts par leur immunité parlementaire et des entrepreneurs véreux ; on y rencontre même des gens sérieux et compétents, mais les électeurs si souvent abusés sauront-ils les reconnaître ? ». Le grand nombre des candidats « indépendants » (515 sur 803), témoigne de l’affaiblissement des partis et de la montée de l’individualisme en politique. Le SeFaFi déplore également que « le nomadisme politique soit devenu le sport favori de nombreux spécialistes du ‘retournement de veste’ ». Les députés, volontairement ou non, ne remplissent pas leurs responsabilités. Il ne leur revient pas de paver des rues, d’équiper des écoles, d’installer des bornes fontaines ou d’offrir des ballons de foot et des couvertures. Ces actions n’ont rien à voir avec leur fonction. De plus, elles ne sont pas financées sur leurs fonds propres mais sur des fonds mis à disposition par l’Assemblée, même s’ils se gardent bien de le mentionner, tacle Midi. Le SeFaFi constate qu’au fil de la législature écoulée la durée des travaux en séance plénière n’a fait que diminuer.

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11 04 19 - De violents affrontements entre des manifestants et des éléments des forces de l'ordre ont éclaté à Maroantsetra le 7 avril. Des centaines d’individus se sont rassemblés devant le commissariat suite au décès d'un lycéen durant sa détention préventive. Bilan : un manifestant tué par balle et une vingtaine de maisons brûlées, dont 19 appartenant à des policiers. Les ministres de l’intérieur, de la défense et le secrétaire d’État chargé de la gendarmerie ont fait le déplacement à Maroantsetra. Les autorités ont promis à la population que la lumière sera faite sur ce meurtre. « Un jeune homme a été arrêté pour suspicion de vol avec effraction. Il a été mis dans une cellule du commissariat. En début d’après-midi, les policiers ont constaté qu’il était faible. Il est décédé à l’hôpital », a indiqué le commandant le chargé de communication à la gendarmerie nationale. « Les médecins ont dit que ce sont des coups qui l’ont tué. Il avait les côtes cassées » a-t-il poursuivi. Pour la famille, pas de doute, ce sont les policiers qui ont tué leur fils. Cette dernière et des habitants se sont rendus avec le corps de la victime devant le commissariat, réclamant justice. « Il y avait un trou béant dans la jambe du cadavre, indiquant le tir d’une balle. Ce ne sont pas que des coups qu’il a reçus », a rapporté un enseignant présent devant le commissariat. Au fur et à mesure la foule s’est faite plus menaçante. « Des manifestants demandaient la peau des policiers », a expliqué le commandant. Ils se sont alors retranchés dans le commissariat. « Les policiers ont d’abord tiré en l’air puis sur la foule par peur d’être lapidés. Les violences policières sont courantes ici. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a poursuivi l’enseignant. Pour L’Express, ces évènements compromettants pour la police rappellent les affaires d’Antsakabary en 2017 et de Fenoarivo en 2018.

 Le ministère de la sécurité publique a annoncé le remplacement de tous les policiers affectés à Maroantsetra. Il s’agit, précise le ministre, non d’une sanction mais d’une simple mesure administrative. L’ouverture d’une enquête interne et des sanctions disciplinaires sont évoquées. Le ministre a demandé que l’enquête soit diligentée par la justice afin qu’il n’y ait aucune partialité dans la procédure. « Nous réitérons que le métier de policier n’est pas un refuge pour les bandits », affirme la déclaration ministérielle qui ajoute que « tous ceux qui ont transgressé la loi dans cette affaire feront l’objet d’une poursuite. » Le premier ministre a réaffirmé de son côté l’intransigeance de l’État face aux vindictes populaires. L’Express écrit : « Les événements de Maroantsetra rouvrent la question sur la disposition de la police nationale à se soumettre à la justice. Sur l’affaire Antsakabary, ou plus récemment, à Fenoarivo-Atsinanana, les enquêtes ont été à sens unique. Les civils impliqués dans les faits ont systématiquement été incarcérés, alors que l’enquête stagne sur la responsabilité des policiers. Dans certains cas, il s’agit, pourtant, d’actes qui pourraient faire l’objet d’une poursuite pénale. (…) La crainte d’une réaction corporatiste des syndicats de la police nationale a taraudé les esprits du commandement. Pour les analystes, ces faits imposent des réflexions sur la rigueur du recrutement au sein de la police, notamment, s’agissant de la moralité, du respect de l’éthique et de la déontologie du métier, ainsi que le respect de la loi et des droits humains dans l’exercice du métier. Et l’éditorialiste de ce même quotidien d’écrire encore : « La police figure parmi les corps les plus corrompus, selon le dernier rapport publié par l’enquête Afrobaromètre. Le concours d’entrée à l’école de la police est réputé être le chantre d’une corruption systématique. Les exactions de la police sont légion pour ne citer que le meurtre en pleine audience du juge Rehavana à Toliara en novembre 2010, l’incendie de tout un village à Antsakabary en 2017, l’arrestation d’un policier venant de participer à un cambriolage à Andoharanofotsy il y a un mois, les exécutions sommaires de soi-disant bandits. Des affaires dans lesquelles le corps de la police s’est empressé de défendre bec et ongles ses éléments au lieu de faire profil bas et reconnaître les faits à l’image de ce que fait la gendarmerie. C’est bien de déclarer que la police n’accepte pas d’être un repaire des malfaiteurs, c’est mieux de le traduire par des mesures pénales et non seulement disciplinaires. On ne peut qu’être indigné de voir un haut dignitaire de la police tenir une conférence de presse pour oser disculper un des siens arrêté par la gendarmerie pour cambriolage alors qu’il a laissé tomber son fusil sur le champ de bataille. Le vent du changement doit aussi et surtout concerner le corps de la police. » Le Bureau national de gestion de risques et catastrophes effectuera un déplacement à Maroantsetra pour assister les familles dont les habitations ont été détruites ou incendiées.

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  10 04 19 - Le Monde - Soupçons d'ingérences russes dans la campagne présidentielle à Madagascar
La Russie aurait influencé l’élection présidentielle à Madagascar, selon la BBC[1]
. France TV info Mayotte rapporte que selon la station britannique six candidats ont touché de fortes sommes d’argent de la part d’une dizaine d’hommes d’affaires russes, dont au moins un, Andrei Kramar, est connu comme proche de Vladimir Poutine. Ces russes sont arrivés groupés dans la Grande île bien avant le début de la campagne. Ils ont misé sur six candidats avec un pacte clair : celui arrivé en tête bénéficierait du soutien des cinq autres. L’un de ces candidats, le pasteur Mailhol, aurait fait des révélations à la BBC. Il reconnaît avoir touché plusieurs dizaines de milliers d’euros, notamment pour régler la caution exigée des candidats, sans révéler le montant exact perçu. Le candidat Jean Omer Beriziky confirme la démarche. « Je pense qu’ils ont approché plusieurs candidats, y compris moi. Ils m’ont demandé si j’étais prêt à ouvrir la diplomatie malgache vers d’autres horizons. J’ai répondu oui, bien évidemment. Et ils ont dit : nous allons vous aider », soutient l’ancien premier ministre. Ce dernier livre même le montant promis par ces ressortissants russes : « À peu près deux millions de dollars. Ils ont même dit que c’était insuffisant. Qu’ils allaient donner un peu plus ». Les journalistes ont approché Andry Rajoelina, lequel a refusé de les recevoir. Les journalistes seraient même parvenus à filmer quelques-uns de ces Russes sur une visite de chantier ou dans des meetings. La journaliste Gaelle Borgia évoque une « opération systématique et coordonnée. » Pour France TV info Mayotte, « la question est de savoir dans quel but la Russie a graissé la patte des politiciens malgaches. Il va sans dire que toute la Grande île aura désormais l’œil rivé sur le moindre contrat russe à venir. »

Le site 2424.mg écrit : « Des poupées russes ont donc été envoyées pour financer des candidats à Madagascar ? Mais dans quelle optique ? Il semblerait que les consignes soient claires, à savoir que les bénéficiaires de ces ‘subventions électorales’ soient ‘à disposition’ des ordres donnés. Il faut noter que la poupée russe s’est particulièrement montrée ouverte à l’époque du régime Rajaonarimampianina, avec un réchauffement fulgurant de la diplomatie quelques mois avant la présidentielle. Fruit du hasard ? (…) Rappelons-nous que trop souvent, en géopolitique, rien n’est gratuit. »

 

 

 

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29 mars 2019

ARTICLES REMARQUES - MARS 2019

<>  29 03 19 - CRAAD-OI - Collectif Tany - Questions brûlantes sur l'étude de préfaisabilité du projet Base Toliara
Pendant cette période où les citoyens malgaches sont censés attendre la décision du président de la République sur la poursuite ou l'arrêt du projet d’exploitation d’ilménite Base Toliara, après la visite du ministre des mines et des ressources stratégiques et de sa délégation sur le terrain, l’annonce des résultats de l’étude de préfaisabilité de la société minière australienne Base Resources concernant ce projet a provoqué diverses réactions. Certains se contentent des déclarations de la société Base Resources et de souligner qu’ils soutiennent la poursuite du projet minier à tout prix. D’autres se posent des questions sur les déclarations publiques des responsables de la société, et sur les données parfois différentes contenues dans le document "Toliara Project Prefeasibility StudySummary outcomes" du 21 mars 2019. La considération des droits consacrés par la loi des citoyens malgaches sur leurs terres, les prévisions de création d’emplois, les retombées financières annoncées et la radioactivité feront l’objet de questions et commentaires ultérieurs de la part des signataires de ce communiqué.

<>  20 03 19 - CRAAD-OI et Collectif Tany - Pour un arrêt du_projet minier Base Toliara
Le CRAAD-OI et le Collectif Tany apportent leur soutien aux organisations de la société civile
qui s’opposent au projet minier Base Toliara et demandent au pouvoir d’arrêter définitivement le projet. Les ONG soulignent que le projet aura des impacts négatifs sur la santé, l’environnement et sur leurs moyens de subsistance des populations. Elles rappellent que le ministre des mines a déclaré que l’Etat central « priorisera l’intérêt de la population » et plaident en faveur d’un développement économique durabl, respectueux des activités et cultures des communautés locales. La superficie de la concession de Ranobe, concerné par le permis d’exploitation actuel, est de 2 500 ha mais la société a obtenu depuis plusieurs années trois autres concessions qui sont en phase d’exploration, notamment à Ankililoaka (8 786 ha), Basibasy (8 130 ha) et Morombe (20 637 ha). Ces trois concessions touchent plusieurs sites environnementaux sensibles et protégés, y compris la forêt des Mikea où vit un groupe autochtone.

<>doc 18 03 19 - Madagoravox - Andry Rajoelina 10 ans plus tard
La République de Madagascar va-t-elle enfin sortir de ses crises politiques et institutionnelles incessantes pour enfin entrer dans l’ère de l’efficacité et de la reconstruction ? Il y a tout juste dix ans, le pays était tombé dans une grande confusion. La légalité constitutionnelle en prenait un mauvais coup avec ce qu’il fallait bien appeler le coup d’État du 17 mars 2009. Retour sur les péripéties politiques qui ont conduit à l’élection d’Andry Rajoelina début 2019. La prochaine étape démocratique cruciale pour Madagascar sera la tenue des prochaines élections législatives qui auront lieu le 27 mai 2019.

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11 03 19 - Communiqué du CRAAD-OI et du Collectif Tany - Le devoir de sauvegarde des intérêts des citoyens malgaches
La visite officielle d’Andry Rajoelina à Maurice ramène à la mémoire l’existence de projets d’investissements en instance entre l’île Maurice et Madagascar. Le plus inquiétant d’entre eux est notamment le projet de création d’une Zone Economique Spéciale (Z.E.S.) de 440 ha dans le Parc d’Ehoala près de Tolagnaro, pour laquelle un mémorandum d’entente a été signé en novembre 2016 entre les gouvernements de Maurice et de Madagascar. Le CRAAD-OI et le Collectif Tany rappellent la nécessité d’une concertation des responsables de l’Etat avec les citoyens avant toute prise de décision importante sur les terres malgaches. Selon un expert international, l’une des raisons principales du choix des dirigeants de transférer la gestion d’une partie du territoire à d’autres entités, souvent étrangères, comme dans le cas des ZES, est leur incapacité à trouver des solutions adéquates aux problèmes rencontrés, notamment les problèmes d’insécurité.

<> 08 03 19 - Amnesty International - Madagascar - Des femmes maintenues abusivement en détention provisoire prolongée
Amnesty International continuera d’exhorter le président Andry Rajoelina à s’attaquer au problème de la détention provisoire à Madagascar et à montrer à la communauté internationale qu’il est déterminé à faire progresser les droits humains dans son pays. Les prisons sont faites pour détenir des personnes déclarées coupables d’infractions graves et non des personnes dans une situation juridique floue, qui se retrouvent ainsi éloignées de leur famille et privées de leurs moyens d’existence pendant des années. À Madagascar, la vie de nombreuses femmes est suspendue à cause d’un système judiciaire en panne. Pour les femmes détenues dans les prisons du pays, la Journée internationale des droits des femmes n’est qu’un jour de plus passé à attendre que justice soit rendue.

<> 04 03 19 - Collectif Tany - Communiqué sur le projet de décret portant expropriations dans quatre régions
Le conseil des ministres décide des expropriations pour cause d’utilité publique pour la réalisation de quatre projets d’aménagement urbains
à Antsiranana, Fianarantsoa, Toliara et dans la région Analamanga, dans le cadre du « Programme d’Appui et de Développement des Villes d’Equilibre » (PADEVE). Le Collectif Tany demande aux responsables d'informer immédiatement et pleinement les milliers d’habitants impactés, de dévoiler à tous les citoyens quelles infrastructures et travaux l'Etat projette de construire dans chacune de ces villes (le projet PADEVE ne concerne d’ailleurs pas la région Analamanga) ; il demande en outre au gouvernement de clarifier les modalités concrètes des expropriations, de préciser le mode de calcul des indemnisations et les lieux où l'Etat envisage de reloger les familles expropriées, de faire preuve d’une totale transparence sur les moyens envisagés pour le financement et la construction de ces infrastructures et sur les bénéficiaires de ces travaux.

 

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27 octobre 2018

ARTICLES REMARQUES - OCTOBRE 2018

<>  27 10 18 - RFI - Interview de Ketakandriana Rafitoson de TI-IM - « En ne jouant pas la transparence financière, les candidats méprisent les citoyens »
Le 7 novembre aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle qui verra s’affronter 36 candidats. Ketakandriana Rafitoson est la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar. En tant que représentante de la société civile, elle dénonce la débauche de moyens des trois plus gros candidats, les promesses ubuesques lancées à la foule lors de meetings fastueux, l’absence de projet concret de société et le manque de transparence des fonds investis dans la campagne. Une « situation indécente » explique Ketakandriana Rafitoson, « pour les millions de Malgaches qui peinent à se nourrir au quotidien ». Elle répond aux questions de Sarah Tétaud.
http://www.rfi.fr/emission/20181027-jouant-pas-transparence-financiere-candidats-meprisent-citoyens

<> 24 10 18 - Rohy et TI-IM - Communiqué face à l'actualité électorale
Face aux revendications émises par le collectif de candidats, le mouvement Rohy et TI-IM ne sont favorables ni au report des élections qui serait illégal, ni à une nouvelle transition
qui ne pourrait avoir que des impacts négatifs sur la population et le pays. Les deux associations considère que la CENI a fourni « des efforts consistants » pour fiabiliser la liste électorale. Rohy s’est organisé avec ses partenaires pour couvrir des bureaux de vote dans les lieux les plus peuplés et les plus enclavés. Il demande à tous les candidats de disposer des délégués dans les 24.853 bureaux afin de sécuriser au maximum le scrutin. Il exhorte le gouvernement à communiquer sur tous les aspects techniques de l’organisation car « le faible accès à l’information et le déficit actuel de communication entretiennent l’opacité et engendrent nécessairement des inquiétudes et des rumeurs incontrôlables ». Rohy et TI-IM ne sont pas non favorables à la mise en place d'une Cour Electorale Spéciale (CES) en cette période très proche du premier tour.
A ce jour aucun des 36 candidats n’a renvoyé le formulaire leur demandant les origines et le montant de leur budget de campagne qui leur a été transmis par la société civile, notamment le mouvement Rohy et Transparency International (TI-M). Le questionnaire avait pour but d’apprécier l’effectivité de la prise en compte de deux engagements de la Charte de bonne conduite et d’intégrité des candidats relatifs à la transparence financière de leur campagne.

<> doc
  23 10 18 - Amnesty International - Communiqué - Des milliers de personnes en détention préventive injustifiée, excessive et prolongée dans des conditions qui mettent leur vie en danger
52 personnes sont mortes en détention préventive en 2017, de nombreuses personnes, dont des femmes et des enfants, sont maintenues en détention préventive prolongée pour des infractions mineures telles que le vol. Les conditions de détention, déplorables, s’apparentent à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dénonce l’ONG. Intitulé « Punis parce qu’ils sont pauvres. Le recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive à Madagascar », le rapport sur lequel repose le communiqué se fonde sur des visites effectuées dans neuf établissements pénitentiaires, où plus de 11 000 personnes ont été placées arbitrairement en détention préventive, souvent pour des années. Amnesty a constaté que les conditions de détention des neuf établissements visités sont effroyables.
Télécharger le rapport d'Amnesty international :https://www.amnesty.org/download/Documents/AFR3589982018FRENCH.PDF (123 p.)

Voir la vidéo sur Facebook (1'53) : https://www.facebook.com/orangeactu/videos/318097598921821/

Amnesty international propose d'adresser un courrier à la ministre de la justice. Télécharger le modèle de lettre


- 19 10 18 - L'Express - Edito - Campagne ou caprice ?
A quoi sert une campagne dans un pays extrêmement pauvre ? A plus forte raison, à quoi sert une élection dont le budget est fourni par l’assistanat international ? Une campagne électorale d’une telle immoralité est complètement inutile. Les débats d’idées sont cruellement absents pour faire place à une avalanche de discours pompeux et des dépenses inconsidérées. Quant aux résultats, ils seront le fruit d’un tour de prestidigitation de la CENI et de la HCC, affirme l’auteur qui conclut : « Voilà pourquoi une campagne, une élection, ne sont que des artifices démocratiques dans un pays où le budget d’un candidat équivaut à six fois le montant de la Facilité de crédit du FMI sur trois ans. »

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14 10 18 - RFI - Présidentielle à Madagascar : Transparency International interpelle les candidats
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Depuis le 8 octobre, les caravanes des candidats défilent dans les rues étroites de la capitale. Ici, celle du candidat Andry Rajoelina. Ecrans géants mobiles, camions par dizaines, foule compacte de partisans, distribution de casquettes, t-shirts... Financements occultes ou fonds de campagne opaques, à Madagascar, « Transparency International Initiative Madagascar », interpelle les candidats à la présidentielle et les défie. L'organisation de la société civile vient d'envoyer aux 36 concurrents un questionnaire à remplir en ligne. Dix questions pour connaître leurs sources de financement et leur budget de pré-campagne et de campagne. Aux candidats de transformer leur discours sur la bonne gouvernance en actes concrets. Aux électeurs de s'inspirer de leurs réponses pour voter le 7 novembre prochain en connaissance de cause. De son côté, Transparency s'engage à enquêter sur la véracité des informations délivrées.
« Ce n'est pas l'argent qui doit dominer, ce sont les idées. Malheureusement, avec les distributions de goodies à tout va, on voit depuis les cinq jours de campagne électorale que les pratiques n'ont pas changé. » La déclaration de la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar est cinglante. Ketakandriana Rafitoson ne se fait guère d'illusions. Son organisation a des doutes sur l'efficacité de la toute récente Commission créée pour contrôler, à l'issue des élections, les comptes de campagne des candidats. « On est au cœur de la campagne et c'est au cœur de la campagne que le choix des citoyens se décide. Donc si on attend que la campagne soit terminée pour révéler les fraudes, les malversations, le choix de l'électeur sera fait : il sera trop tard », explique-t-elle.
En se basant sur des rapports publiés par plusieurs organisations de renommée internationale dont la sienne, Ketakandriana Rafitoson dénonce la provenance des fonds utilisés par les trois derniers ex-présidents aujourd'hui candidats. « Même s'ils le nient à corps et à cri, c'est un fait. M. Ravalomanana, M. Rajoelina et M. Rajaonarimampianina, qui successivement ont été à la tête de l'Etat, ont tous été impliqués d'une manière ou d'une autre dans le trafic de bois de rose, notamment, affirme la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar. Nous, notre démarche, c'est vraiment de dire à la population, "ne soyez pas amnésiques. Rappelez-vous de ce qu'il s'est passé et faites votre choix très rationnellement". Parce qu'il y va de l'enjeu de ce pays. S'ils investissent des millions d'euros dans cette campagne, ils ne le font pas pour nos beaux yeux. C'est qu'ils cherchent un retour sur investissement ». Soutiens d'entrepreneurs locaux, dont de grands noms de la finance et de l'industrie malgaches, mais également appuis étrangers, Transparency International cherche à savoir qui finance qui, et avec quelle contrepartie.
http://www.rfi.fr/afrique/20181012-presidentielle-madagascar-transparency-international-interpelle-candidats

11 10 18 - Le Monde - La crevette, cet "or rose" dont Madagascar ne voit pas la couleur
Les Ismail père et fils, « rois des gambas » dans la Grande île, ont recours à des circuits financiers offshore pour les millions de dollars tirés de l’exportation des crustacés. Leur société, Unima, domine cette industrie à Madagascar et a été la première à bénéficier de la certification Label Rouge décerné par le ministère français de l’agriculture. Les crustacés leur rapportent des millions de dollars qui se retrouvent dans un lacis de circuits financiers offshore opacifiés par une myriade de sociétés écrans, selon les « Panama Papers ». L’élevage de crevettes d’Unima est loué pour son côté écologique, mais sa capture de crevettes sauvages le long des côtes de la Grande Ile est controversée. Le chalutage d’Unima est en concurrence directe avec les pêcheurs locaux, qui dépendent de la mer pour leur subsistance. Pour Victor Galaz, professeur associé à l’université de Stockholm et auteur d’une étude sur les liens entre l’évasion fiscale et la dégradation environnementale causée par la pêche, quand une entreprise tire son profit d’une activité nuisible pour l’environnement tout en plaçant une partie de ses bénéfices dans les paradis fiscaux, les conséquences sont doubles : « Cela cause une perte considérable pour le pays où se déroule l’activité et des dégâts sur l’environnement, qui ont aussi un coût. » L’influence politique de la famille Ismail pourrait compliquer sa mise en cause dans l’impact fiscal et environnemental de l’activité d’Unima.

- 09 10 18 - Africanargument.org - 36 candidates, 4 ex-presidentes and a lot of money
Article en anglais de "African Arguments" sur la stratégie des candidats à l'élection présidentielle et le financement de leur campagne. L'article revient notamment sur le coût exhorbitant de la campagne
de Hery Rajaonarimampianina en 2013 : 43 millions de dollars soit 21,5 dollars par voix obtenue, quasiment le double du montant par électeur de Donald Trump en 2016 et environ 15 fois plus que celle de François Hollande, selon l'étude réalisée par la FES.

- 09 10 18 - Le Monde - A Madagascar, coup d'envoi d'une campagne électorale marquée par le combat des "ex"
La campagne électorale a officiellement débuté à Madagascar. Elle durera un mois, jusqu’au 7 novembre. Au-delà du ou des deux candidats qui parviendront à franchir le premier tour menant à la magistrature suprême parmi les 36 prétendants, l’enjeu sera de parvenir à conduire un processus électoral dont la régularité ne soit pas remise en cause. Au risque, si tel n’était pas le cas, de faire basculer la Grande Ile dans l’une de ces crises post-électorales dont elle est coutumière.

<> 09 10 18 - RFI - Polémique autour d'un nouvel accord de pêche avec la Chine
Un accord de pêche et d'aquaculture, d'un montant de 2,7 milliards de dollars, crée la polémique, éclipsant presque le début de la campagne présidentielle. Alertés par la société civile qui juge l'accord opaque, les médias se sont emparés de l'affaire. L'accord-cadre, conclu presque en catimini le 5 septembre dernier à Pékin entre l'Agence malgache de développement économique (ADMP) et un consortium d'investisseurs chinois (Taihe Century Investments Developments Co. Lmt), crée l'inquiétude. La nature même du contrat soulève des questionnements. Et les communications officielles contradictoires qui se sont succédées pour tenter de rassurer ont eu l'effet inverse. L’accord prévoit la création de plusieurs sociétés, dont une qui mobiliserait une flotte de pêche chinoise de 330 navires. Actuellement seuls 40 à 60 navires de pêche parcourent les côtes de la Grande Ile et les petits pêcheurs sont déjà lésés, fait-on remarquer.
Une pétition « pour tenter de protéger la population de l'île Madagascar et préserver son secteur halieutique fragile et unique » a été mise en ligne et a déjà recueilli plus de 14 000 signatures : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_gouvernement_Malgache_le_gouvernement_Chinois_Madagascar_Revoquer_laccord_de_peche_avec_la_Chine/?aXXjxnb&newuser=1

- 09 10 18 - RFI - Un début de campagne électorale sous tension
Les 22 candidats qui refusent d'aller à l'élection avec la liste électorale actuelle se sont rassemblés dans le quartier d'Ambohijatovo pour dénoncer des tricheries et exiger sa révision
. « Il y a des millions de Malgaches qui ne sont pas inscrits sur la liste électorale, explique Fanirisoa Ernaivo. Est-ce que l’OIF a dit combien de Malgaches n’étaient pas inscrits sur cette liste ? Non ! Est-ce que l’OIF a dit combien de décédés étaient inscrits sur cette liste ? Non ! Ils n’ont rien vu. Est-ce qu’ils savent combien de personnes sont des personnes qui n’existent pas dans cette liste ? Non ! Mais nous, on le sait ! » Ils dénoncent aussi des fraudes perpétrées par d'autres prétendants, notamment des distributions d'argent aux électeurs. C'est ce qu'explique le candidat Erick Rajaonary. « Nous devons demander des explications à la CENI. Il ne faut plus accepter les fraudes. Il ne faut plus seulement regarder les gros candidats, mais il faut aussi voir les autres. Nous pouvons faire avancer Madagascar. Nous sommes propres, mais pour les autres vous savez ce qui se passe : c'est sale. Voici ce qui pourrait arriver si ça continue : une crise postélectorale. Il faut éviter ça dans les plus brefs délais » Et d’ajouter, désabusé : « les résultats sont déjà connus. Ce n’est pas la peine de dépenser de l’argent et du temps à faire campagne. »
Pour répondre au collectif des 22 candidats, le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, a déclaré qu’il est impossible de toucher à la liste électorale. Diverses raisons d’ordre financière, technique et surtout juridique ne permettent pas d’accéder à cette demande. « C’est la Constitution qui fixe les dispositions d’ouverture et de clôture de cette liste », explique l’ancien secrétaire général du ministère de l’intérieur.

<> 01 10 18 - Tribune - Un plan d'indemnisation des trafiquants de bois de rose dénoncé par la société civile
L’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International- Initiative Madagascar (TI-IM) dénoncent le plan de système d’indemnisation des trafiquants de bois de rose que L’État envisage de mettre en place. Les deux entités demandent à la CITES de rejeter le business plan proposé par le gouvernement malgache, qui doit être présenté le 2 octobre à Sotchi. L’État présentera à la CITES sa proposition de mécanisme d’audit des stocks de bois précieux ainsi que son plan d’utilisation de ces stocks. Ce plan prévoit un système d’indemnisation des détenteurs illégaux de bois précieux ayant déclaré leurs stocks en 2011 afin de permettre l’audit et la sécurisation des grumes actuellement sous leur contrôle. Le plan prévoit à la suite de la réalisation de l’audit de ces stocks leur commercialisation, ainsi que celle des stocks déjà saisis par les autorités. Lors de la réunion du Comité permanent de la CITES, qui s’est tenue en 2017, une première version de ce business plan avait pourtant été rejeté, certaines dispositions du rapport devraient, d’après l’avis du Comité Permanent, faire l’objet de révisions. Le « nouveau » business plan ne répond toujours pas à de nombreuses recommandations exprimées par les Etats membres. Il ne prévoit aucun mécanisme de surveillance et de contrôle des produits des éventuelles ventes de bois précieux par l’Etat. Le plan est tout aussi silencieux sur l’impact que pourrait avoir cette vente sur l’exploitation illégale et le trafic de bois précieux. Une investigation récemment menée par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) a démontré que les réseaux mafieux de trafic de bois précieux opèrent encore en toute impunité, aidés par la complicité de personnalités issues de l’administration et du pouvoir politique. Cette enquête montre que certains candidats à la présidentielle ont été ou sont encore impliqués dans le trafic de bois précieux.

 

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29 septembre 2018

ARTICLES REMARQUES - SEPTEMBRE 2018

<> 29 09 18 - SeFaFi - L'élection présidentielle, un test de maturité démocratique
Le SeFaFi a tenu une conférence de presse pour faire le point sur les affaires nationales. Selon lui,l’élection d’un président ne suffit pas à garantir la bonne marche des affaires étatiques. « Les législatives et les communales constituent même les échéances électorales les plus importantes : elles permettent d’élire les représentants de la population chargés d’élaborer et de voter les lois de la République (législatives), ainsi que les responsables qui fourniront aux citoyens des services administratifs de proximité (communales). Devraient aussi enfin suivre les élections régionales et provinciales. Il est donc crucial de se pencher dès maintenant sur l’organisation de ces scrutins dont les échéances s’approchent à grands pas ». Les parlementaires devraient également donner la priorité à leur tâche de législateurs, même pendant la campagne électorale - y compris le président de l’Assemblée nationale. Car celui-ci, même s’il semble être la seule personnalité que les textes n’obligent pas à démissionner en se portant candidat, aurait dû le faire par souci d’éthique et de parallélisme des formes, poursuit le SeFaFi qui émet aussi ses craintes en soulignant qu’avec 36 candidats en lice, des dérives sont à redouter si le scrutin n’est pas bien encadré. Chaque électeur devrait avoir accès à leurs programmes respectifs dès l’ouverture de la campagne, afin de pouvoir se forger une opinion et affiner son choix sur des bases rationnelles, loin des coups d’éclats et des spectacles divers. L’Observatoire appelle les citoyens à un vote responsable : « osons sanctionner par le vote, ne laissons pas les autres bourrer les urnes en votant à notre place », lance-t-il.

<> 18 09 18 - Collectif Tany - Les communautés locales s'opposent à la construction d'un barrage hydro-électrique
Le projet de barrage hydroélectrique d’Hydelec, filiale du groupe italien Tozzi Green, provoque une levée de boucliers dans les cinq fokontany concernés sur trois communes des districts d’Antsirabe et de Fandriana. Ce barrage de 53 m de haut va provoquer le déplacement de milliers de familles, la disparition de près de 2 000 ha de cultures, la destruction d’établissements scolaires, de centres de santé et d’édifices religieux. La société civile et les Eglises soutiennent les manifestations organisées par la population et dénoncent le manque de concertation de l’initiateur du projet avec les habitants. La situation est tendue depuis l’arrivée en juillet des ouvriers venus procéder à l’étude géophysique. Le Collectif Tany lance un appel au soutien des populations concernées et de leurs défenseurs

- 17 09 18 - Lettre de l'océan Indien - Davaï Davaî - Les Russes fondent sur les ressources

Faisant le pari que Hery Rajaonarimampianina sera présent au 2e tour, les Russes agiraient pour que les « petits » candidats se rallient à lui et intègrent un gouvernement de coalition. Ils auraient par ailleurs eu de nombreux contacts avec le président sortant durant l’été en vue d’introduire des intérêts russes dans de grands projets miniers. De contacts auraient été pris avec une dizaine de « petits » candidats à qui aurait été proposé un financement, parmi lesquels Didier Ratsiraka. Ils avaient été les invités d’un forum économique international qui s’est tenu à Ivato au mois d’août, financé en sous-main par les Russes. Dès le lendemain, ils auraient été sollicités pour signer la déclaration demandant le report de la présidentielle pour accorder un sursis à Hery Rajaonarimampianina et lui laisser plus de temps pour préparer sa candidature. Gilbert Dailly, conseiller du président, aurait facilité la venue début septembre d’une délégation militaire russe en vue de la signature de marchés. Les Russes s’intéresseraient aussi à des blocs pétroliers du canal du Mozambique non encore attribués ou qu’ils souhaiteraient se voir réattribués et feraient pression pour que soit rouvert le dossier des îles Eparses par les candidats. Gilbert Dailly aurait en outre permis le rachat discret par les Russes de la société d’Etat Kraoma. La LOI croit savoir que la Russie s’intéresse au rachat de Toliara Sands en alimentant la campagne de dénigrement du projet. A noter enfin que des jeunes HVM ont bénéficié d’une formation à Moscou dans le courant de l’été.

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13 09 18 - Grain & Collectif Tany - L'expansion de Daewoo dans l'agrobusiness à l'étranger

Il y a dix ans, les journaux du monde entier se faisaient l’écho d’une histoire choquante : une filiale de Daewoo Logistics, Madagascar Future Enterprise Corp., était en train de négocier avec le gouvernement de Madagascar un bail de 99 ans pour 1,3 million d’hectares de terre arable, presque la moitié des terres arables du pays. La société prévoyait de cultiver du maïs et des palmiers à huile dans quatre régions de l’île pour les renvoyer en Corée du Sud où ils serviraient à la production d’aliments pour animaux et de biocarburant. Aujourd’hui on a oublié la faillite de Daewoo Motors en 1999 et l’entreprise sud-coréenne Daewoo, l’un des plus grands conglomérats mondiaux, continue à étendre un empire économique fondé sur l’industrie et le commerce aussi bien que sur les ressources naturelles comme le pétrole et le gaz, les minéraux et l’alimentation. Selon le Collectif Tany, Daewoo s’intéresse toujours aux activités d’agrobusiness à Madagascar. Le fait que la Corée du Sud ait installé une ambassade à Madagascar en juillet 2017 confirme l’intention du gouvernement de relancer ses projets. Un rapport de 2013 soulignait la force des liens qui unissent le groupe Daewoo et le gouvernement sud-coréen. C’est pourquoi le Collectif Tany a écrit une lettre ouverte à l’ambassadeur de Corée à Madagascar, Kim Kwon-il en janvier 2018, demandant ce qu’il en était du projet agricole de 2008 et ce qui a été promis en échange des nombreux « cadeaux » et investissements sud-coréens concernant d’autres projets à Madagascar, dans le secteur des mines, de l’agriculture, de la pêche ou de l’énergie renouvelable.

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  05 09 18 - Communiqué Tany - Craad-O I- MaZoTo - Reprise de l'exploitation aurifère de la société chinoise MLSG à Vohilava
Inquiétude concernant la reprise de l'exploitation aurifère illégale de la société chinoise Mac Lai Sime Gianna (M.L.S.G.) à Vohilava (district de Mananjary),
fermée le 30 décembre 2017 par la police des mines. Cette mesure avait été prise après plusieurs épisodes marquées par des manifestations populaires de protestation contre les effets catastrophiques de cette exploitation sur l'environnement, la santé et les moyens d'existence de la population locale. La population proteste contre une reprise constatée toutes les nuits entre le 6 et le 23 août. La reprise a coïncidé avec la venue dans la nuit du 3 août de quatre membres de la police des mines qui a annoncé au fokonolona qu’une autorisation de reprise de l’exploitation avait été accordée et qu’ils avaient pour mission de retirer les scellés sur le matériel. Après vérification, il s’avère que leur mission devait se limiter au contrôle, à la constatation, vérification, évacuation et répression des infractions minières. La population de Vohilava et des autres communautés riveraines ont organisé une manifestation le 25 août pour contester la reprise de ces activités. Une plainte a été adressée aux autorités.

 

 

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31 juillet 2018

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2018

Fin des manifestations sur la place du 13-Mai. Après Andry Rajoelina, satisfait de la nomination du premier ministre et de la composition de l’équipe gouvernementale, Marc Ravalomanana a donné consigne aux députés TIM de suspendre le mouvement. Au final, écrit Tribune, « les ‘députés pour le changement’ auront mené leurs partisans dans la rue uniquement pour aboutir à un gouvernement de consensus. Ceci alors que le 21 avril, l’appel avait été lancé à l’endroit de la population pour protester contre la loi électorale et les magouilles et suspicion de corruption au sein de l’Assemblée nationale ».La lutte continue mais elle a changé de forme, soulignent les députés TIM, qui invitent la population à soutenir les revendications syndicales, notamment dans l’éducation. Le climat d’apaisement requis pour l’organisation de la présidentielle ne semblait pas encore acquis : outre l’agitation sociale qui touche plusieurs ministères, est apparu un mouvement politique dénommé HFI qui exige une « refondation » nationale préalable à la tenue d’élections.

Le parti présidentiel HVM traverse en effet une mauvaise passe et aborderait les échéances électorales en ordre dispersé. L’ancien ministre de l’éducation nationale, secrétaire général adjoint du parti, Paul Rabary, a annoncé sa démission et sa candidature à la présidentielle.

Rivo Rakotovao, président du Sénat, a démissionné de la présidence du parti présidentiel. « Je ne pourrai pas assurer l'intérim de la présidence de la République si je reste à la tête du HVM », se justifie-t-il. Pour l'heure Hery Rajaonarimampianina n'a pas encore annoncé s'il allait briguer un second mandat mais cette annonce laisse entendre que ce sera bien le cas. Cette démission pourrait aussi s’expliquer par des rivalités internes exacerbées. Plusieurs ténors du HVM seraient prêts à déposer leur candidature à la présidentielle, au risque de prendre de court le chef de l’Etat et de provoquer l’éclatement du parti.

L’éditorialiste de L’Express présente un point de vue désabusé sur la prochaine consultation électorale qui, comme les précédentes, devrait déboucher sur un fort désenchantement de la population qui aura cru une fois de plus aux promesses d’un « messie ».

Plus de 6 000 fidèles ont assisté à la première messe du cardinal Tsarahazana en présence d’Andry Rajoelina, du chef de l’Etat, du premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement. Aucune prise de parole politique n’a été autorisée. Le cardinal a fustigé les fausses promesses des politiciens, rarement suivies d’effets et l’infantilisation des populations. « La corruption qui gangrène notre pays risque de devenir notre culture », a-t-il prévenu.

Le premier ministre et le ministère de l’intérieur ont donné des consignes strictes de neutralité de l’administration durant le processus électoral. Des manquements à ce devoir ont déjà été relevées, note le ministre de l’intérieur. Le premier ministre a sollicité un avis de la HCC sur la neutralité politique des forces armées stipulé par la Constitution.

La ministre des finances s’est engagée à débloquer les crédits complémentaires nécessaires au financement des opérations électorales. Un effort est également attendu des partenaires bilatéraux et multilatéraux. L’UE a annoncé fournir une aide supplémentaire de 1,5 million d’euros. Six hélicoptères ont été sollicités de la SADC pour collecter les résultats du 1er tour. Le premier ministre s’est montré préoccupé par les conditions matérielles de l’organisation des élections.

Le KMF/CNOE redoute une nouvelle crise en raison des nombreuses zones d’ombre qui subsistent dans les textes qui régissent le processus électoral. Les nouvelles lois électorales ne font notamment mention ni d’un plafond de dépenses en période de campagne, ni de règles régissant la précampagne qui, grâce à ce vide juridique, profite à quelques candidats potentiels dotés de gros moyens. En l’absence de cadre juridique, la CENI et la HCC s’avouent impuissantes à réguler cette période de pré-campagne qui a déjà débuté. L’organe censé contrôler les dépenses de campagne des candidats à la présidentielle - à défaut d’un plafonnement des dépenses - n’est toujours pas en place.

Une mission de l’UE a séjourné à Madagascar afin d’« explorer les conditions de base en vue d’examiner la possibilité de déployer une mission d’observation électorale ». Des observateurs sont également attendus de l’UA, de la SADC et de la Francophonie. La CENI et le KMF-CNOE ont signé une convention de partenariat portant sur l’observation des élections.

Le dépôt des candidatures pour la présidentielle aura lieu entre le 1er et le 21 août. Une vingtaine de postulants seraient déjà sur les rangs. La campagne officielle de déroulera du 8 octobre au 6 novembre.

Alors qu’il n’a pas encore officiellement confirmé sa candidature, Andry Rajoelina, s’est lancé dans une pré-campagne « officieuse » en sillonnant le Nord et l’Est de la Grande île pour présenter son projet « Initiative pour l’Emergence de Madagascar » (IEM). Se déplaçant en jet privé et au moyen d’hélicoptères, il a reçu partout un accueil remarqué, multipliant les promesses.

Marc Ravalomanana s’est jusqu’ici montré plus discret, préférant soigner son image auprès des Eglises et multipliant les contacts avec les croyants. Dama, leader du célèbre groupe Mahaleo et sociologue de formation, a officialisé sa candidature à la présidentielle. Le président de la CENI a déploré les dérives perpétrées par les candidats déclarés ou pressentis dans le cadre de la pré-campagne mais a avoué son impuissance à y mettre un terme, faute de cadre légal. Certains observateurs redoutent que les infractions soient encore plus massives et flagrantes que lors de la campagne de 2013.

Le parti ADN d’Edgard Razafindravahy et une centaine de petites formations membres du HFI s’opposent à toute précipitation dans la tenue d’élections. A l’appui d’une Convention signée fin juin, ils mettent en avant trois préalables : l’organisation d’élections au niveau des Fokontany, la révision de la Constitution et des lois électorales adoptées dans les conditions que l’on sait et la mise en place d’un « mouvement des citoyens pour la refondation ». Parmi ses membres, le MMM de Hajo Andrianainarivelo et l’ancien premier ministre Omer Beriziky. Marc Ravalomanana lui-même aurait opéré un rapprochement avec la plateforme. Le mouvement n’a pas pu tenir sa première manifestation sur la place du 13-Mai, les forces de l’ordre présentes sur les lieux l’en ont empêché. Un second rassemblement, autorisé, a pu se tenir. Des médias estiment que les leaders du HFI sont utilisés par le HVM pour provoquer une situation de troubles afin de repousser un scrutin qui risque d’être défavorable au pouvoir en place. Selon Midi, les initiateurs de ce projet tentaient, depuis quelques de faire entendre leur voix lors de différentes réunions politiques, entre autres celles organisées par le Conseil pour le Fampihavanana malagasy (CFM).

Selon le Rapport national sur le développement humain 2018, la Grande île est passée du 154e au 158e rang mondial en deux ans. Le rapport indique que « les avancées sur le plan social sont insuffisantes face à l’écart de revenu entre le pays et l’Afrique subsaharienne ». Le rapport fait mention de « disparités interrégionales préoccupantes.

Pour le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, « tout le territoire de Madagascar peut être qualifié de zone rouge » : zones soumises aux incursions de dahalo mais aussi zones affectées par les vindictes populaires, les exploitations illicites de richesses naturelles ou victimes de vols de vanille sur pied. Le premier ministre exige que les représentants de l’Etat coordonnent mieux leurs actions dans la lutte contre l’insécurité qui menace gravement les activités touristiques.

De graves émeutes se sont produites à Port Bergé. La prison et la gendarmerie ont été assaillis, des bureaux administratifs incendiés, une maison pillée. 32 suspects ont été transférés à Mahajanaga sous forte escorte. A l’origine de ces troubles, un litige portant sur la protection d’une réserve naturelle.

Une suspicion de vol d’enfants a viré à l’émeute dans le district de Betafo. Le fokonolona et le comité de vigilance local se sont déchainés sur un groupe de chercheurs de pierres précieuses membres d’une association humanitaire. Le village aurait connu une dizaine de disparitions d’enfants depuis l’arrivée sur les lieux de cette ONG.

A Betafo, une suspicion de vol d’organes et d’ossements humains a provoqué une vindicte populaire à l’encontre d’un opérateur économique. Les troubles ont fait deux morts et trois blessés. La population s’est livrée au pillage des biens du suspect et de ses proches. Sa maison, ses magasins et son véhicule ont été incendiés.

A Vavatenina, une coupure de courant durant la diffusion de la finale de la coupe du monde de football a déclenché un soulèvement populaire. Le siège de la Jirama a été saccagé et a échappé à une tentative d’incendie.

A Belo sur Tsiribihina, une bande d’individus, dont l’un des leurs avait été assassiné, a pris l’assaut un village pour se faire justice. Mobilisée, la population a repoussé les assaillants. Sept morts ont été dénombrés. A Fierenana-Moramanga, deux anciens détenus multirécidivistes ont été brûlés vifs par la foule.

Des vindictes populaires ont pu être évitée in extremis à Andapa et Bealanana.

A Soalala, l’application du Dina vire au racket de la population. La population reproche aux responsables de l’application du dina de s’arroger des droits exorbitants, de procéder à des contrôles musclés et d’imposer de fortes amendes sous menace de représailles.

Trafic d’êtres humains dans le Vakinankaratra. Une adolescente de 14 ans aurait été vendue 150 millions Ar à un trafiquant. La gendarmerie a interpelé plusieurs membres d’un réseau qui sévissait sur un marché. La disparition d’une dizaine d’enfants avait déjà été signalée dans le fokontany de provenance des personnes interpelées. Au cours de l’interrogatoire, la bande a avoué avoir déjà vendu une adolescente de 15 ans pour 300 millions Ar.

Recrudescence des enlèvements d’indo-pakistanais. L’opérateur Nizar Pirbay, enlevé le 8 juin à Toamasina, a été relâché. Un autre opérateur a été enlevé à Mahajanga. Une rançon de 16 millions Ar aurait été exigée mais le captif a réussi à s’enfuir. Sabera Vasram, épouse du patron d’une concession automobile, a été enlevée par cinq hommes cagoulés et armés dans un quartier résidentiel de la capitale. Elle a été libérée contre remise d’une importante rançon.

L’opérateur indo-pakistanais Abdoul Aziz Mansour a été enlevé dans un quartier de la capitale. Il a été libéré lui aussi contre forte rançon. Les forces de l’ordre ont été mise à l’écart durant toute la négociation.

L’Express est convaincu que les commanditaires de ces affaires de kidnapping bénéficient de protections à un haut niveau et qu’il existe des complicités au sein des forces de l’ordre. Le quotidien s’interroge sur la destination des fonds provenant des fortes rançons exigées. L’ambassadrice de France demande aux autorités de mettre en œuvre des moyens de lutte efficaces.

Pour Midi, le fléau des enlèvements ne concerne pas que les karana. Plusieurs cas d’enlèvements sont le fait de bandes de dahalo. La pratique, apparue en mai 2017, prendrait de l’ampleur. Une vingtaine de cas ont été enregistrés en un an. Six dahalo ont enlevé quatre employés de la société d’Etat Kraoma à Tsaratanàna. Ils ont exigé et obtenu le versement d’une rançon de 100 millions Ar.

Les forces de l'ordre ont lancé l’opération « Force de frappe » qui a permis l’arrestation de 23 présumés kidnappeurs, dont 11ont été placés sous mandat de dépôt. Deux autres ont été abattus pendant un accrochage avec les forces d'intervention.

Le ministère de la justice a lancé un concours sur la « culture de l’excellence » pour redorer son blason et reconquérir la confiance des justiciables. Les opérations se dérouleront jusqu’au 20 octobre. Tous les chefs de Cour sont appels à s’y associer. L’opération est financée par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix.

L’AFD a débloqué un crédit de 5 millions d’euros en faveur de la modernisation et de l’efficacité du service public de la justice. Le projet, d’une durée de 4 ans, permettra également l’amélioration du fonctionnement de l’administration pénitentiaire.

La CNIDH a réclamé l’abolition des privilèges statutaires de certains corps de la fonction publique en matière de poursuites pénales. Elle cite en exemple le blocage intervenu dans l’affaire de l’expédition punitive des policiers dans le village d’Antsakabary, en février 2017. Une exception qui porte atteinte au principe d’égalité de tous devant la loi et la justice.

Des cas d’apatridie subsistent dans différentes régions selon une étude soutenue par l’UNHCR. Le code de la nationalité ne permettrait pas l’obtention de la naturalisation pour les apatrides.

Les membres de la Chaîne spéciale de lutte contre le trafic de bois précieux ont été installés. Cette juridiction d’exception a pour vocation de renforcer la répression de l’exploitation, du stockage, du transport et du commerce de ces essences. 79 dossiers étaient en cours d’instruction sur ce sujet à fin octobre 2016. Aucun n’aurait encore été jugé. La Chaîne spéciale aura à les reprendre en main.

Le rapport d’investigation du Bianco pour le 1er trimestre 2018 a été publié. 53 enquêtes ont été ouvertes, dont sept portent sur des ministres en exercice à l’époque. Le plus grand nombre de ces enquêtes ont été ouvertes grâce à des informations recueillies via les réseaux sociaux et les médias.

« De nombreux efforts restent à faire afin d’atteindre le niveau de progrès satisfaisant permettant à la Grande île d’obtenir le statut de ‘pays conforme’ aux normes EITI d’ici à la fin de 2019 », a déclaré la secrétaire exécutive de l’EITI Madagascar. Quinze recommandations ont été émises par le secrétariat international de l’EITI pour que Madagascar atteigne le niveau requis.

Malgré l’approbation d’un nouveau décaissement de 44,25 millions d’euros au titre de la FEC, le conseil d’administration du FMI a enjoint Madagascar de renforcer la gouvernance et la lutte contre la corruption. Le Fonds a réitéré sa demande de voir adoptée au plus vite la loi sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que la loi sur le recouvrement des avoirs illicites, textes bloqués à l’Assemblée depuis novembre 2017.

La direction générale des impôts et le Samifin ont signé une convention de partenariat en vue d’améliorer l’efficacité de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, tout en améliorant les rentrées fiscales.

Le Bianco va aider la Jirama à élaborer un plan d’action anti-corruption. La convention signée avec l’entreprise publique permettra de former et de sensibiliser les agents à la lutte contre la corruption.

Le Samifin, qui a célèbré son 10e anniversaire, a présenté son rapport d’activités 2017. Son directeur a révélé l’implication de hautes personnalités dans diverses fraudes et exportations illicites de bois de rose. Le nom d’un richissime soutien d’Andry Rajoelina est évoqué sous le manteau.

Des enquêtes liées aux suspicions de corruption impliquant des responsables de la mairie d’Antananarivo sont entre les mains de l’Inspection générale de l’État. Le Bianco en attend les résultats pour entrer en action.

Madagascar obtient la moyenne en matière de gouvernance et se place au 61e rang sur 129 pays dans le classement de Bertelsmann Stiftung’s Transformation Index. La Grande ile a gagné 48 places depuis 2014. Les informations produites par cette fondation font partie intégrante des sources constitutives de l’indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International.

Le ministère de la santé va procéder à l’assainissement des hôpitaux et cliniques privés. Certains établissements fonctionnent sans avoir effectué de déclaration, d’autres ont effectué une extension d’activité sans y être autorisés. Les médecins fonctionnaires devront se consacrer en priorité aux patients des hôpitaux publics.

L’insécurité met en péril l’immunité des enfants. Dans plusieurs régions, le taux de couverture vaccinale est de l’ordre de 50 % et connait une régression. Le maintien du statut « polio free » de Madagascar, obtenu non sans peine, pourrait être remis en cause.

La Plateforme des fédérations des associations de personnes handicapées poursuit la mise en œuvre du projet Tomady. Ce projet se fixe deux objectifs : faire pression pour la mise en œuvre de la Convention internationale sur les personnes handicapées et agir pour une meilleure insertion socioprofessionnelle de ces publics.

La légalisation de l’avortement fait l’objet d’un débat. L'avortement est un crime, puni par le code pénal. En décembre dernier, il y a bien eu une tentative, au Parlement, de dépénaliser l'avortement thérapeutique. En vain. A l'approche de l'élection présidentielle, des associations relancent le débat.

La société Ambatovy va verser près de 49 milliards Ar aux communes touchées par l’exploitation de nickel et de cobalt à titre de ristournes sur la période 2012 à 2017. Un déblocage de 20 % de ce montant devrait être effectué immédiatement. Le projet Ambatovy va financer le traitement des déchets, le nettoyage, et l’électricité de la ville de Toamasina pour un montant de 2,5 millions de dollars.

Bras de fer entre les agriculteurs et la société QMM. Cette entreprise exploite le minerai d’ilménite à Tolagnaro depuis 2005. Près de 2 500 agriculteurs et pêcheurs disent ne pas avoir reçu les compensations que la société leur doit pour l'exploitation de leurs terres. Une délégation s'est rendue à Antananarivo pour alerter les autorités. Le CRAAD-OI et l’association MAZOTO menacent de porter l’affaire au niveau international. En mai, quatre manifestants ont été arrêtés et condamnés à un an de prison avec sursis et à une amende d’un million Ar chacun.

Des associations protestent contre l’usage jugé abusif de déclarations d’utilité publique au profit du projet Toliara Sands. Un premier décret a été signé en avril pour les travaux de construction d’infrastructures portuaire et routière. Le second décret, adopté mi-juillet, autorise le démarrage de l’exploitation. Les travaux obligeront les communautés concernées à quitter des terres qui étaient leur propriété et leur moyen de subsistance traditionnel.

Dénonciation d’une exploitation illicite de l’or par une société chinoise dans le district de Maevatanana. Une convention illégale aurait été signée avec cette société qui met en œuvre de gros moyens, au détriment des petits exploitants miniers.

Rejetée par la HCC en début d’année, la loi sur les ZES a été remaniée mais sa validation se fait attendre. Le porte-parole d’un important projet multisectoriel de la région Diana fait part de son impatience. Les investisseurs menacent de se retirer si la validation du texte tarde à venir, affirme-t-il.

Le collectif Tany condamne la promesse faites aux investisseurs, notamment étrangers, de leur louer des terres sous la forme juridique de baux emphytéotiques. Il souligne que ce type de bail accorde des droits spécifiques au preneur et que ce contrat correspond à une forme de vente des terres.

La ministre de l’aménagement du territoire a décidé la suspension des travaux de remblayage dans tout le Grand Antananarivo pour une durée indéterminée. La recrudescence des remblayages sauvages expose la capitale à de grands dangers d’inondation, selon les techniciens hydrauliques. Après contrôle, les remblayages autorisés pourront reprendre.

Les plus pauvres supportent les coûts de la protection des forêts primaires, selon des universitaires qui ont examiné la nouvelle aire protégée et le projet pilote REDD+ dans le corridor Ankeniheny-Zahamena. Ce projet vise à préserver une biodiversité très riche mais surtout à capturer du carbone pour lutter contre le changement climatique. Les chercheurs démontrent que les restrictions dues à la conservation entraînent des coûts très importants pour les populations locales.

Près de 15 000 personnes vont bénéficier du Plan de sauvegarde social et environnemental soutenu par la Banque mondiale pour compenser les pertes de revenus engendrées par la création ou l’extension d’aires protégées. Le Plan financera des projets retenus par les populations affectées. 10 aires protégées gérées par Madagascar National Park ont été sélectionnées.

500 000 petits pêcheurs seraient menacés par la pêche industrielle et la surexploitation des ressources. Un réseau regroupant les Aires marines gérées localement demande que des zones de pêches leurs soient réservées. Le ministre des ressources halieutiques et de la pêche s’est engagé à signer des décrets en ce sens.

Se déclarant satisfait des progrès accomplis par Madagascar, le conseil d’administration du FMI a débloqué une nouvelle tranche de la FEC pour un montant de plus de 44 millions de dollars. « Les choses vont dans le bon sens mais beaucoup reste à faire », a toutefois déclaré son représentant. Au total, dans le cadre de cette Facilité, Madagascar devrait bénéficier de plus de 300 millions de dollars.

Le schéma directeur du projet TATOM (Antananarivo-Toamasina-Madagasikara), financé par le Japon, sera bouclé en avril 2019. D’un montant de 500 millions de dollars, il vise au développement intégré de l’axe Antananarivo-Toamasina intéressant trois régions et les 36 communes du Grand Antananarivo. Le projet inclut la mise aux normes de la RN2 ainsi que de la ligne ferroviaire Tananarive-Côte Est. Le Japon finance également un important projet d’extension du port de Toamasina. La coopération japonaise poursuit en outre son programme dans le secteur de l’éducation. Né en 1998, il a notamment permis la construction de 826 classes, pour un montant de 181 millions de dollars.

Les travaux de construction de plusieurs rocades et d’une pénétrante à Antananarivo ont été lancés, malgré la suspension de paiement des indemnités d’expropriation. Le projet est cofinancé par la BEI, l’UE, l’AFD et l’État. Le montant total du financement s’élève à 62,8 millions d’euros.

Le Comesa reste à conquérir pour Madagascar, qui ne possède que 3 % de parts de marché. Anciens et actuels dirigeants affirment que le pays est prêt mais les différents groupements du secteur privé ne sont pas très confiants, ils redoutent de ne pas faire face à une concurrence déloyale.

L’ambassadeur de l’UE dresse un bilan positif de ses 4 années dans la Grande île mais déplore le manque de continuité de l’administration. Le diplomate a noté l’impatience de ses interlocuteurs dans le processus de mise en œuvre des projets. Il s’est félicité d’avoir pu conduire avec les autorités des « dialogues politiques » périodiques. Une pratique qui fait l’originalité de la coopération entre Madagascar et l’UE.

La filière vanille menacée. Les opérateurs sont préoccupés par la détérioration de la qualité du produit qui faisait la renommée de Madagascar. En cause, la récolte de vanille immature et la pratique de l’empaquetage sous vide de gousses insuffisamment séchées et muries. C’est toute une région et des milliers de producteurs qui sont ainsi menacés par la désorganisation de la filière. En termes de valeur, la vanille a été le premier produit d’exportation de Madagascar en 2017.

Selon un communiqué du SeFaFi, la pauvreté énergétique malgache résulte en partie d’une absence de volonté politique. Le taux d’accès à l’électricité n’est aujourd’hui que de 15 %. Il était de 11 % en 1998. Les Malgaches figurent parmi les plus grandes victimes de la pauvreté énergétique alors qu’à Maurice et aux Seychelles le taux d’électrification est quasiment de 100 %.

Débit Internet : grâce à son raccordement à des câbles intercontinentaux, Madagascar passe du 89e au 22e rang mondial mais seule 2,1 % de la population est connectée et paie très cher ce privilège. Bon nombre d’utilisateurs se plaignent de l’instabilité du réseau.

Les professionnels des TIC dénoncent le pillage des ressources humaines malgaches par les pays francophones. Ces fuites de compétences de personnels qualifiés portent un grave préjudice au développement de ces activités dans la Grande île.

La société chinoise qui a conclu un contrat de location-gérance de la Sirama à Ambilobe, Namakia et Morondava n’a pas réglé le montant de ses locations depuis plusieurs années. Les impayés dus à l’Etat se chiffrent à près de 20 millions de dollars. Une autre société chinoise exploitant la Sirama à Nosy-Be et Brickaville n’aurait pas non plus respecté son contrat avec l’Etat.

Le tourisme dans le Menabe menacé par l’insécurité et la déforestation. Morondava et sa région connaissent une fréquentation en chute libre. Les feux de brousse menacent directement les aires protégées. La déforestation toucherait 600 ha par an dans cette région.

L’agitation sociale a pris le relais du mouvement de la place du 13-Mai. La Solidarité syndicale de Madagascar (SSM) a continué de revendiquer le départ des ministres « incompétents » et « redoublants » en place dans le nouveau gouvernement. Selon eux, la loi de finances rectificative adoptée n’a tenu aucun compte des revendications formulées, contrairement aux vœux exprimés par les « députés pour le changement ». Les membres de la SSM se disent trahis par le Mapar et le TIM. Les politiciens, disent-ils, se sont servis des revendications syndicales afin de faire pression sur le pouvoir et tenter de précipiter sa chute, sans réelle volonté de prendre en compte leurs revendications. Une manifestation publique a été organisée suivie par quelques centaines de personnes. Selon Midi, des ministres HVM non reconduits dans la nouvelle équipe apportent leur soutien en coulisse aux différents mouvements de grève qui affectent l’éducation nationale, les douanes et les impôts, les télécommunications. Les politiciens sont accusés d’instrumentaliser les revendications syndicales.

L’agitation sociale a tout particulièrement touché le secteur de l’éducation. Des enseignants grévistes se sont rendus au ministère de l’éducation nationale pour « séquestrer » le ministre, Horace Gatien. Les forces de l’ordre se sont opposées à l’intrusion des grévistes dans les locaux du ministère, des affrontements se sont produits. Le ministre a menacé de destitution les responsables locaux de l’éducation nationale et les directeurs d’établissement qui participent au mouvement. Deux responsables régionaux ont été limogés. Il a mis en garde les enseignants contre une récupération politique de leur mouvement. Les menaces proférées semblent avoir fait fléchir les enseignants des établissements publics de la région Analamanga qui ont décidé de reprendre les cours après près de 3 mois de grève. Une convention de sortie de crise a été signée par les enseignants et les membres du gouvernement mais des représentants syndicaux ont fait part de leur intention poursuivre le mouvement jusqu’à satisfaction de toutes leurs revendications. La Solidarité syndicale de Madagascar (SMM) a apporté son soutien aux syndicalistes de l’enseignement qui rejettent la convention signée. Le syndicat des enseignants, le Sempama, annonce qu’il présentera son président à l’élection présidentielle.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Vie politique
  • Organisation de l’élection présidentielle du 7 novembre 2018
  • Pré-campagne électorale

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Santé, personnes handicapées
  • Droit du travail
  • Droits des femmes

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Mouvements sociaux

 

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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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