<> 31/10/23 - Collectif Tany - QMM - Tolagnaro - Trois membres de l'association LUSUD tués, plusieurs blessés, un_grand nombre de personnes arrêtées
Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les manifestants réunis à Maroamalona sur le chemin menant au site de Rio Tinto QMM. Le 6 octobre, après avoir demandé en vain à échanger avec les autorités, les membres de l’association ont manifesté pour réclamer des discussions avec QMM, menées par le président de l’association, ainsi que l’annulation des avis de recherche lancés contre le président et le secrétaire général. Le 19 octobre, la population a continué à manifester dans le calme dans une enceinte privée. Un membre du service de sécurité de MCS, sous-traitant de QMM, est entré dans l’enceinte pour transmettre un message de ses supérieurs. Les manifestants ont saisi son matériel, l’ont gardé avec eux et lui ont demandé de faire venir la personne qui l’a envoyé en mission. Le 20 octobre, les manifestants ont identifié un policier en tenue civile qui s’était infiltré parmi les participants à la réunion. Lorsque des agents des forces de l’ordre arrivés en voiture demandèrent de relâcher leur collègue, les manifestants ont répondu « nous ne le relâcherons pas tant que nous ne savons pas pourquoi il est venu au milieu des membres et pourquoi nous n’avons pas de réponse à nos revendications ». Les forces de l’ordre se mirent alors à tirer sans sommation, tuant 2 personnes. Le porte-parole de l’association, en l’absence du président et du secrétaire général, aurait été arrêté puis sommé d’avancer à quatre pattes sur le goudron avant d’être déposé à l’hôpital militaire où il a succombé au cours de la nuit.
<> 28/10/23 - Tribune - Edito - L'Etat de droit se courbe
Après s’être arc-boutée depuis des décennies, et en particulier durant les derniers mois, sur le caractère impératif et irréversible de ses décisions “tsy azo ivalozana”, la Haute cour constitutionnelle (HCC) s’est une fois de plus ridiculisée en changeant de fusil d’épaule. Hier, elle a donc décidé de désigner le général Richard Ravalomanana chef d’État par intérim. Une semaine auparavant, la ministre de la justice avait pourtant déclaré devant les médias qu’un tel revirement serait impossible, car la décision d’attribuer la tête de l’État au gouvernement collégial était sans retour en arrière possible. Connue dans les cercles bien informés depuis une semaine, cette nomination du général Ravalomanana ne fait que confirmer ce que tout le monde subodorait depuis sa désignation de dernière minute comme sénateur : c’est lui que Andry Rajoelina voulait voir à la tête de l’État pendant la phase transitoire, au lieu d’un Herimanana Razafimahefa considéré pas assez fiable pour gérer une période menaçante. "Quand on veut faire des choses sans morale, il faut choisir des complices sans scrupules" avait écrit Arie Becker.
<> 24/10/23 - Le Monde - L'ex-judoka Siteny entre en campagne et fragilise le boycott de l'opposition
Il se défend d’avoir brisé l’unité de l’opposition. L’ancien judoka Siteny Randrianasoloniaiko est entré en campagne pour affronter le président malgache sortant, Andry Rajoelina, laissant les dix autres candidats du « collectif des 11 » poursuivre seuls leur boycott d’une élection qu’ils considèrent comme biaisée et jouée d’avance. Dimanche 22 octobre, le candidat n° 13 a tenu son premier meeting à Vohémar, dans le nord de l’île, où l’effondrement du secteur de la vanille a ruiné des milliers de planteurs.
<> 23/10/23 - Tribune - Edito - Le quitte ou double de Siteny
Siteny Randrianasoloniaiko a donc décidé de franchir le pas samedi dernier et de poursuivre sa campagne électorale, tout en affirmant le maintien de son implication dans le Collectif des 11 candidats. Cet artifice rhétorique du postérieur entre deux chaises ne convaincra pas grand monde en-dehors de son camp. Malheureusement pour lui, dans un contexte culturel nourri aux mamelles du marimaritra iraisana à coups de ny mitabe tsy lanin’ny mamba, le voir abandonner le Collectif à ses promenades en portant des choux provoque de l’incompréhension, des suspicions et des irritations.
Pour le moment, le reste du Collectif s’est gardé de déclarations condamnant cette décision, se contentant de rappeler que la série de Diabe continue ce lundi. Roland Ratsiraka s’est juste permis une pique sur sa page Facebook, déplorant "qu’un des leurs fasse propagande alors que l’un des candidats a été blessé". Par contre, la majorité des réactions sur les médias sociaux est très négative et les attaques contre Siteny pleuvent. Il est accusé de faire le jeu du gouvernement, voire de n’être finalement qu’un pion de Rajoelina ou de Ravatomanga, l’homme le plus discret et pourtant le plus omniprésent dans la vie politico-économique à Madagascar. Tant et si bien d’ailleurs que quand les gens le mentionnent, c’est en chuchotant ou en utilisant divers surnoms.
<> 20/10/23 - Mondafrique - Olivier Vallée - Madagascar, un profond malaise social au coeur de la Présidentielle
En cette fin de cycle politique et sur la piste cahoteuse des élections présidentielles de novembre 2023, chaque dossier devient politiquement brûlant, au risque de dissimuler le plus important : à la différences des autres pays africains, l’appauvrissement de la population malgache semble irréversible. Une chronique d’Olivier Vallée, de la revue « Le Grand Continent »
<>19/10/23 - 59 organisations de la société civile exigent l’abandon des charges à l’encontre d’un défenseur des droits humains. Son procès est annoncé pour le 26 octobre. Thomas Razafindremaka (Ihosy, région Ihorombe) a été convoqué par le tribunal correctionnel du PAC le 28 septembre. Les chefs d’accusationmentionnés dans la convocation à comparaître sont : s’être immiscé dans des fonctions dévolues aux huissiers de justice et celle des avocats et fait des actes de ces fonctions ; en tant que président d’une association, avoir sollicité sans droit une somme d’argent pour sa fonction ou sa mission ; avoir employé des manœuvres frauduleuses pour persuader, escroquer la fortune d’autrui ;avoir, dans l’exercice de ses fonctions, commis un acte en violation des lois et règlements afin d’obtenir un avantage pour lui-même ou son entité. Thomas Razafindremaka a naturellement nié ces accusations. En effet, la collecte des cotisations auprès des membres adhérents fait partie des clauses des statuts de son association, comme dans le cas de la plupart des associations à Madagascar. Comme tout défenseur des droits humains et acteur de la société civile, il a également mené des activités de conseil, d’orientation, de formation et a organisé des réunions, des ateliers ainsi que des séances de dialogue avec les autorités administratives locales sur différents domaines dont l’insécurité, la corruption, le plaidoyer… Thomas Razafindremaka possède une carte de défenseur des droits de l’homme délivrée par Frontline Defenders et réalise le travail qui lui incombe dans ce cadre. La principale plaignante a décrit les faits de manière très embrouillée et n’a pas pu présenter de témoin. Les deux avocates ont démonté chacun des chefs d’accusation et insisté sur l’absence de preuves. Elles ont également rappelé que Madagascar a ratifié des conventions et traités relatifs aux droits humains et que le prévenu a effectué son travail de défenseur des droits.
Thomas Razafindremaka a œuvré de manière courageuse et efficace pendant des années dans la défense et la protection des droits des communautés locales, des petits paysans, en particulier dans le cadre de l’accaparement de terres par des entreprises d'agribusiness et/ou minières et la dénonciation des actes de corruption dans la région de Ihorombe.
Les actions des activistes de la société civile sont de plus en plus délibérément interprétées à tort comme se substituant aux fonctions des avocats ou d’autres structures et représentants locaux. Ce genre de fausses interprétations avait déjà nui à feu Mr Raleva de Mananjary.
Les OSC signataires affirment que toute sanction éventuelle infligée à Thomas Razafindremaka constituera un déni de l’Etat des principes relatifs aux droits des défenseurs des droits humains tel qu’énoncé dans la DUDH, marquera le manque de volonté de l’Etat à adopter le projet de loi sur les lanceurs d’alerte et défenseurs des droits, et renforcera le sentiment grandissant de répression à l’endroit des organisations de la société civile.
<> 19/10/23 - Tribune - Edito - Dilemmes multiples pour les 11 candidats
On ne peut qu’approuver la décision du Collectif des 11 candidats à renoncer, pour le moment, à la conquête de la Place du 13 mai. La brutalité sans scrupules utilisée par les forces de répression à la solde du pouvoir a jusqu’à présent fait échouer les tentatives dans ce sens. Pour donner le change, le Collectif a donc décidé de poursuivre son périple en périphérie (Itaosy, Ambohipo, Tanjombato, Anosibe, Ambodimita etc.), sans risque de confrontation avec les barrages militaires au centre-ville. Sans doute cet revirement empreint de sagesse est le résultat de négociations menées en coulisses par les médiateurs du FFKM. L’effet secondaire est toutefois le risque de voir leur mouvement perdre de sa dynamique.
<> Interview d'Andry Rajoelina par France 24 et RFI : https://www.youtube.com/watch?v=Ko5OfMuBUzs
« L'opposition veut confisquer la présidentielle » Le candidat, comme l’ex-président du Sénat, Herimanana Razafimahefa, a choisi les médias français pour riposter aux mises en cause dont il est l’objet. L’Express note que « depuis quelques temps, les hauts responsables du pays s’expriment sur des chaînes internationales plutôt que de donner les informations aux journalistes malgaches. » La prestation a été jugée peu convaincante par certains observateurs et n’a pas apporté d’informations nouvelles sur les sujets controversés, hormis cet aveu : « Ce n’est pas un crime que Madagascar les voies et moyens pour protéger notre nation contre toute attaque extérieure ou intérieure et déstabilisation de notre pays », a notamment déclaré Andry Rajoelina Il précise que ce logiciel de cyber-espionnage Predator acquis est l’IMSI catcher, un « dispositif mobile permettant d’intercepter à courte distance les conversations téléphoniques ». Il s’agirait d’un « matériel d’essai » qui n’a « pas été installé dans sa totalité » et dont « une grande partie a été retournée en France » depuis.
<> 18/10/23 - Des associations déposent une plainte contre Tozzi Green
Le 13 octobre 2023, trois ONG et collectifs malgache, italien et français ont porté plainte contre l’entreprise italienne JTF Tozzi Green pour ses activités agro-industrielles à Madagascar. La plainte a été déposée devant le Point de contact italien de l’OCDE, pays où se trouve le siège de la multinationale. Il s’agit de la première plainte portant sur un cas d’accaparement de terre dans un pays du Sud. Les Etats belge et finlandais sont également concernés puisqu’ils financent Tozzi Green, à travers leurs banques publiques de développement
<> 16/10/23 - Le Monde - A Madagascar, toutes les alternances se sont faites en dehors des règles
Solofo Randrianja est professeur d’histoire à l’université de Tamatave (Toamasina). Spécialiste de la vie politique contemporaine, il décrypte les causes de la nouvelle crise électorale que traverse Madagascar à un mois du premier tour du scrutin présidentiel dont la date a été reportée au 16 novembre. Si la manipulation des institutions et la violation des lois par le président sortant Andry Rajoelina sont les déclencheurs de cette crise, elle puise aussi ses racines, selon l’historien, dans l’existence d’un Etat dysfonctionnel. Entre le système de la royauté qui prévalait avant la colonisation et celui de la République importée ensuite, « l’hybridation n’a pas fonctionné », constate-t-il.
<> 12/10/23 - Le Monde - Predator - Comment le groupe français Nexa a vendu le logiciel espion à Madagascar
L’enquête de « Mediapart » et du consortium European Investigative Collaborations révèle que du matériel de surveillance a voyagé par valises diplomatiques au départ de l’ambassade malgache en France alors qu’aucune licence d’exportation n’avait été finalisée. L’EIC révèle notamment qu’en novembre 2020, une équipe de Nexa s’est rendue à Madagascar pour effectuer une démonstration des outils de surveillance que l’entreprise et ses partenaires pouvaient commercialiser. Plus étonnant encore : dans le cadre d’enquêtes judiciaires visant Nexa et son ancienne forme Amesys, les gendarmes français ont découvert qu’à la même période le téléphone d’un cadre de la société contenait un rapport de surveillance confidentiel concernant Roland Rasoamaharo, un journaliste malgache très critique du pouvoir [patron de la Gazette de la Grande Île], suggérant que la présentation de Nexa avait directement pour objet de démontrer son « usage politique ». Nexa est également accusé d’avoir fourni du matériel d’interception et de surveillance au pays en mai 2021, avant même que tout contrat ou licence d’exportation soient finalisés, à la suite de pressions de la présidence malgache, qui craignait à l’époque un coup d’Etat. Selon les éléments obtenus par l’EIC, du matériel livré par Nexa à l’ambassade malgache à Paris aurait voyagé dans des valises diplomatiques jusqu’à Antananarivo, afin d’éviter tout contrôle. Au cours de l’été 2021, les autorités du pays ont arrêté une vingtaine de personnes, dont au moins deux ressortissants français, et affirmé avoir déjoué une tentative d’assassinat visant le président Rajoelina.
Article de Madiapart (plus complet) :
Predator Files - Le logiciel espion en roue libre à Madagascar
<> 10/10/23 - Tribune - Présidentielle 2023 - Le président du Sénat dénonce des pressions et des menaces de mort - Edito : Voyoucratie
Une révélation qui tombe au moment où la situation politique devient de plus en plus tendue. A la veille du coup d’envoi de la campagne électorale. Herimanana Razafimahefa, président du Sénat a avoué avoir subi des pressions, voire des menaces de mort pour renoncer à la présidence de la République par intérim. L’information a été révélée par la journaliste correspondante du journal France 24 à Madagascar, Gaelle Borgia. Après la renonciation surprise du président de Sénat à assumer les fonctions du présidence de la république par intérim, les supputations autour d’éventuelles pressions à son encontre ont circulé. Interviewé encore récemment, Herimanana Razafimahefa a affirmé que la décision était indépendante de sa volonté.
Le président du Sénat s'est rendu à la HCC pour déposer une lettre affirmant sa détermination à assumer cette fonction à laquelle il aurait été contraint de renoncer.Suite aux révélations du président du Sénat, le Collectif des 11 candidats demande l'ouverture d'une enquête indépendante par le ministère public. Le Collectif estime que la lettre de renonciation, extorquée sous la menace, est nulle et de nul effet, et tout acte et décisions qui sont subséquents doivent être considérés comme n'ayant jamais existé.
Herimanana Razafimahefa a reconnu publiquement au micro de Gaëlle Borgia (France 24) avoir dû renoncer à devenir chef de l’État par intérim après avoir reçu des menaces de mort. C’est un nouvel épisode de la voyoucratie qui prend racine à Madagascar depuis plus d’une décennie. Qui avait intérêt en coulisses à verrouiller le pouvoir et le laisser aux mains du fidèle et efficace Christian Ntsay, au détriment des dispositions constitutionnelles, et pour quelles raisons ?
<> 05/10/23 - Jeune Afrique - Madagascar- La place du 13-Mai sera-t-elle l'arbitre de la présidentielle ?
Pour le gouvernement, la menace est réelle. Malgré le petit nombre de manifestants déployés – quelques centaines – la place du 13-Mai a été rendue totalement infranchissable. « S’ils arrivent à occuper cette place située au cœur de Tana, même de moitié, tout pourrait basculer », explique Denis Alexandre Lahiniriko, enseignant en histoire politique à l’université d’Antananarivo. Depuis le mois de mai 1972, la place est en effet devenue le lieu où se font et défont les régimes. À l’époque, des foules de jeunes et de travailleurs révoltés s’y étaient rassemblés afin de s’insurger contre les accords de coopération avec la France. Le mouvement avait tourné aux affrontements sanglants avec le régime et les forces de l’ordre, avant d’entraîner la chute du président Tsiranana. Un souvenir gravé dans les mémoires des Malgaches et de leurs dirigeants, qui connaissent donc la puissance symbolique et mobilisatrice de l’endroit.
1991, 2002, 2009, 2018 … « Tous les mouvements de contestation qui arrivent à maîtriser la place réussissent à renverser l’État », raconte un ancien ministre. « Si le gouvernement tient à ce que les élections se déroulent le 9 novembre, il doit empêcher l’accès à cette place. Inversement, les opposants sont obligés de l’atteindre pour légitimer leur mouvement », ajoute-t-il. « Les opposants continueront à essayer d’atteindre la place », assure l’ancien ministre, « avant l’élection, pendant et peut-être après ». Mais le gouvernement se montre intransigeant. « Jamais des démonstrations politiques n’ont drainé autant d’éléments sécuritaires, même dans les années 70 », s’étonne Denis Alexandre Lahiniriko qui y voit un signe de fébrilité du président sortant. Si Andry Rajoelina bénéficie d’une certaine assise et de l’appui du gouvernement, son bilan reste très critiqué. « Il cherche à faire une démonstration de force », ajoute le professeur. Entre un président sortant fort mais fragilisé, et une opposition faible qui veut se montrer forte, l’équilibre est complexe. « L’opposition joue sur le temps pour pouvoir affaiblir Rajoelina », analyse Denis Alexandre Lahiniriko, avec pour objectif principal de décaler les élections. Quant à l’armée, aujourd’hui fidèle au régime et qui participe à contenir les élans de l’opposition, elle pourrait retourner sa veste si le camp du président sortant commençait à montrer des signes de faiblesse.
<> 03/10/23 - Des candidats à la présidentielle blessés lors des manifestations du 2 octobre[1]. Les autorités chargées de maintenir l’ordre avaient déployé les premiers engins de dispersion lacrymogène contre les manifestants et les partisans du collectif des 11 candidats à proximité d’Ambohidahy. Le collectif, en tête du cortège de quelques centaines de partisans, se dirigeait vers Analakely, au centre-ville d’Antananarivo, lorsque des grenades lacrymogènes ont été lancés au niveau de la HCC, à l’entrée du tunnel reliant à l’hypercentre. Les discussions entre candidats, députés et forces de l’ordre n’ont duré que quelques minutes. Les échauffourées entre les forces de l’ordre et les manifestants ont repris dans un autre quartier non loin de la première altercation. Les forces de l’ordre ont à nouveau tiré des grenades lacrymogènes. Rina Randriamasinoro, secrétaire général du TIM, ainsi qu’un garde du corps de Marc Ravalomanana, ont été appréhendés. Les candidats Andry Raobelina, Tahina Razafinjoelina et Rivo Rakotovao, président du parti HVM, ont été blessés lors des affrontements. Les candidats Siteny Randrianasoloniaiko, Jean-Brunelle Razafintsiandraofa et Lalaina Ratsirahonana étaient absents, comme la veille pour la déclaration du Collectif. Toutefois, comme le note Tribune et selon le HVM, ils maintiennent leur solidarité avec les candidats. Jean-Brunelle Razafintsiandraofa aurait été retenu à Ikongo pour des raisons personnelles, Lalaina Ratsirahonana serait confronté à des problèmes de santé et Siteny Randrianasoloniaiko se trouverait à l’étranger pour un déplacement professionnel au nom de l’UAJ (Union Africaine de Judo). Ce dernier a publié une déclaration par l’intermédiaire de l’agence chargée de sa communication, déclarant : « le gouvernement provisoire à la botte de Rajoelina veut aveugler les oppositions avec des gaz lacrymogènes. C’est notre démocratie qui pleure ». Les rumeurs d’une manifestation étudiante en préparation ont maintenu le cœur de la capitale sous tension. Les forces de l’ordre sont restées prépositionnées massivement dans le centre-ville. Elles indiquent que les manifestations ont fait 6 blessés dans leur camp. Marc Ravalomanana, Hajo Andrianainarivelo et Tahina Razafinjoelina n’ont pu rentrer chez eux avec leur véhicule dont les pneus avaient été crevés. Le commandant de groupement de gendarmerie d’Analamanga, le lieutenant-colonel Tojo Raoilijon, a affirmé que des individus armés figuraient parmi les manifestants voulant entrer en force sur la place du 13-Mai. « Nous avons saisi un couteau ainsi qu’un pistolet prêt à tirer car une munition était déjà engagée dans la chambre de l’arme », a-t-il indiqué. Le pistolet appartenait à l’un des gardes du corps de Marc Ravalomanana, qui fait partie des personnes arrêtées. Tojo Raoilijon a démenti les affirmations selon lesquelles des étrangers figuraient parmi les éléments des forces de l’ordre.
Les candidats affirment que ce qui s’est passé ne les empêchera pas d’essayer de nouveau. « On n’a pas réussi aujourd'hui » confiait à RFI le candidat Jean Jacques Ratsietison, « mais on reviendra demain, après-demain, jusqu’à ce que l’on trouve un accord entre toutes les parties ».
Les candidats ont invité le soir même leurs partisans à se réunir de nouveau le lendemain, pacifiquement, sur la voie publique, jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. Et le candidat Hajo Andrianainarivelo de promettre : « tant que nous ne serons pas autorisés à avoir un endroit pour rendre compte à nos électeurs, nous poursuivrons notre combat ».
Le site koolsaina.com écrit : « de plus en plus de personnes influentes prennent la parole, soit pour lui demander [Andry Rajoelina] de cesser de s’accrocher au pouvoir, soit pour inciter le peuple à se soulever. L’artiste Dama du groupe Mahaleo en fait partie. Dans une vidéo de 6 minutes[2], il dénonce les abus de pouvoir du régime pour défendre ses intérêts personnels. Il pointe du doigt Andry Rajoelina : ‘Il n’est pas clair, il a caché sa nationalité française, il a trompé le peuple malgache’, s’insurge-t-il. Et de conclure : ‘Ne laissons pas un vazaha diriger Madagascar, c’est le moment ou jamais de défendre notre pays ! ‘ »
Rediffusion – L’Express écrit : « Un film suranné. Depuis 1991, le scénario d’hier a été mille fois rediffusé sans que les acteurs et les spectateurs ne s’en lassent. Il tient toujours la tête dans le box-office même si le metteur en scène et certains acteurs changent. (…) Jouer les victimes après avoir fait des victimes et sans se rappeler que pas plus tard qu’il y a un ou deux mandats, ils étaient les bourreaux. (…) Comme l’histoire est un éternel recommencement, pourquoi changer une formule qui fait recette dans toutes les crises ? Il est vrai que pour certains jeunes premiers, c’était le premier grand rôle. Ils se sont fait tirer dessus avec leur inexpérience du mouvement de foule. Ainsi va le jeu de rôle dans l’univers politique. L’alternance se réduit aux permutations d’un côté ou de l’autre du pouvoir, telle une roue de charrette ou à un retour de manivelle. Il ne faut pas s’étonner si on tourne en rond et si on a du mal à trouver le bout du tunnel. »
<> 03/10 - Rassemblements électoraux : levée des interdictions le 10 octobre, à l’ouverture de la campagne officielle. L’article 97 de la loi organique relative au régime général des élections et des référendums dispose que « les réunions publiques électorales, les défilés, les cortèges ainsi que les rassemblements électoraux ou référendaires sont libres, sous réserve de déclaration préalable écrite et adressée au représentant de l’Etat territorialement compétent au niveau de la localité concernée ». Le préfet de police ne pourra plus interdire les meetings et rassemblements organisés par le collectif des candidats et/ou l’un de ses membres, du moment qu’ils ne sont pas tenus « dans les édifices culturels ou les lieux de travail, les bâtiments administratifs ou casernes ». La place du 13-Mai et le Palais des sports de Mahamasina ne figurent pas dans la liste des sites et endroits expressément interdits. « Reste à attendre si le préfet de police va user et abuser de ces dispositions », écrit Midi.
<> Articles particulièrement signalés - <>doc Documents à valeur permanente
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