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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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31 juillet 2022

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2022

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Migrations
  • Gouvernance
  • Migrations
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant
  • Education, université
  • Santé, Covid 19
  • Médias, liberté d’expression, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, environnement
  • Foncier, agri-business, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

>> Télécharger la revue de presse  pdf, 21 pages

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28 décembre 2019

ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2019

- 28 12 19 - SIF & Tany - Pour une libération immédiate des neuf habitants de Soavinandriana en détention provisoire
Quelques mois après le scandale provoqué par l’utilisation abusive de la détention provisoire à Madagascar et les consignes du ministre de la justice Jacques Randrianasolo aux magistrats d’éviter le placement systématique en détention préventive, neuf personnes du village d’Ampalaha dans la commune de Soavinandriana (région Itasy) viennent d’être victimes de cette procédure dans des circonstances déplorables et inacceptables. Il s’agit des villageois membres des 300 familles dont les terres d’une superficie de 569 ha font l’objet de spoliation de la part d’un ancien ministre, Georges Ruphin et qui luttent au tribunal pour faire reconnaître leurs droits depuis plusieurs années face aux décisions de justice de les expulser. Cela fait quatre ans que durent les différends entre le fokonolona qui a valorisé les terrains et l’ancien ministre qui prétend être propriétaire du terrain.

- 17 12 19 - Le Monde - "C'est une porte ouverte à la corruption" - Les mystérieux 200 millions du budget 2020
Dans le projet de budget 2020, une ligne a attiré le regard de la société civile. 770 milliards Ar., soit 196 millions d’euros, ont été provisionnés sans qu’on sache pour quoi faire. « C’est quand même 8,4 % du budget qui n’a aucune destination de spécifiée. C’est aussi une porte ouverte à la corruption ou aux détournements », déplore Hony Radert, la secrétaire générale du Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC), pour qui « il y a un manque de transparence ». Le prêt commercial de 211 milliards Ar. pour construire des hôpitaux fait aussi réagir. « En annexe de la loi de finances, on trouve une analyse de la viabilité de la dette : Madagascar a actuellement un taux modéré. Souscrire à un prêt commercial ne fera qu’aggraver ce taux. Il aurait mieux valu obtenir un prêt à conditions préférentielles. De plus, les hôpitaux ne provoquent pas de retombées économiques directes », précise-t-elle. Durant le mois de novembre, la société civile a plusieurs fois alerté sur l’opacité de ce texte.

- 17 12 19 - Craad-OI - Tany - La révision du code minier doit être réalisée mais en intégrant toutes les parties prenantes et tous les enjeux cruciaux
Le code minier de 2005 en vigueur actuellement est réputé mondialement pour sa forte tendance à favoriser les sociétés minières au détriment de l’Etat et de la population. Sa révision ou sa refonte dans le sens d’une amélioration des conséquences positives pour les Malgaches s’avère donc indispensable, même si cela ne plaira pas aux sociétés minières et aux organismes protecteurs du secteur privé au niveau national et international. Des échanges et décisions pour la prise en compte et le traitement de ces thèmes dans le projet de loi en cours d’élaboration s’avèrent incontournables afin que le code révisé ou refondu ne continue pas à porter atteinte aux intérêts et droits économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires de la population et que les impacts des opérations minières ne détériorent pas le niveau de vie et la santé des communautés locales. Le forum du 20 décembre prévu pour expliquer le projet de loi du gouvernement ne suffira pas pour échanger sereinement et se convaincre mutuellement sur ces sujets vitaux. La hâte des décideurs de délivrer 50 nouveaux permis miniers ne peut pas justifier l’absence de considération de ces thèmes cruciaux.

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  17 12 19 - SeFaFi - Cycle électoral 2018 - 2019 - Observations et suggestions
Madagascar a vécu l’un des plus longs cycles électoraux de son histoire. Du 18 décembre 2018 aux municipales et communales du 27 novembre 2019, les électeurs ont été convoqués à quatre reprises. L’évolution du taux de participation est révélatrice de leurs sentiments. Pour les municipales, le taux serait tombé à 33 %. Avec un taux d’abstention pouvant aller jusqu’à 80 %, la légitimité des élus pose question. Cette désaffection croissante des électeurs doit être prise au sérieux. Les échéances électorales se suivent sans cohérence. Un calendrier électoral pérenne devrait éviter de prendre les jours ouvrés comme jours d’élections et il conviendrait de songer à rendre le vote obligatoire. Les élections parallèles du maire et du conseil municipal aboutissent souvent à des appartenances différentes, voire concurrentes. Le plus simple serait d’en revenir à un scrutin de liste. Il serait opportun aussi d’unifier la durée du mandat des uns et des autres et de placer les élections locales à mi-terme des nationales. L’organisation électorale reste déficiente. La composition et le fonctionnement de la CENI sont à revoir, surtout pour les modalités de mise à jour de la liste électorale. Il faudrait supprimer la carte d’électeur. La carte d’identité suffirait si sa délivrance systématique était décidée. Parler de pré-campagne électorale est une ineptie. Il revient à la loi de définir les activités spécifiquement autorisées pendant une campagne et interdites en dehors de cette période, avec sanctions à l’appui. Mais le plus important est le contrôle du financement des partis et des campagnes. En matière d’observation électorale, les étrangers ont pris toute la place, rendant leur immuable verdict diplomatique. Des centaines d’observateurs expriment des points de vue contradictoires et font des déclarations prématurées.

<> 14 12 19 - Le Monde - Les nouvelles Babylones, des villes idéales, surtout pour les riches et les investisseurs
Les dizaines de villes nouvelles qui apparaissent essentiellement dans les pays du Sud se veulent connectées, écologiques, récréatives. Mais elles promettent aussi un meilleur des mondes aux accents sécuritaires. Le projet « Tana Masoandro » ne risque-t-il pas d'allonger la liste de ces villes fantômes ?

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  11 12 19 - Plus de 10.000 enfants travaillent dans des mines artisanales de mica dans le Sud
, des enfants dont les plus petits ont entre 3 et 5 ans. Une maman avec son enfant de 4 ans sur le dos, est obligée de descendre sous terre, au fond de la mine, pour une misère, ce au péril de sa vie, rapporte NBC News, dans un reportage réalisé en collaboration avec l’association Terre des Hommes. De grandes marques sont pointées du doigt pour manque de suivi de la traçabilité de leurs achats en Chine. Un scandale repris par de nombreuses rédactions francophones ou anglophones dans le monde, démontrant la défaillance des contrôles, l’absence d’alternative dans cette zone minée par la pauvreté extrême et l’avidité des acheteurs chinois qui imposent leur loi, écrit 2424.mg. 46.000 tonnes de mica ont été exportées par la Grande île en 2018, dont 91 % envoyés en Chine. Un volume qui a permis à Madagascar de concurrencer progressivement l’Inde, pays dans lequel également 22.000 enfants travaillaient pour le mica en 2016. Une situation similaire dénoncée par l’association Terre des Hommes, obligeant les dirigeants de ce pays, et les acheteurs des produits transformés, à prendre des mesures. Cette mise sous les feux des projecteurs de l’Inde, entre autres, semble avoir déplacé en partie le problème à Madagascar… Pendant que le volume exporté de l’Inde pour le minerai commençait à baisser, avec un prix à la hausse qui a triplé, Madagascar commençait à exporter plus, en divisant ces prix par deux, en une dizaine d’années.

https://www.nbcnews.com/news/all/army-children-toil-african-mica-mines-n1082916

https://www.terredeshommes.nl/sites/tdh/files/visual_select_file/tdh_mica_madagascar_rapport.pdf

- 02 12 19 - Le Monde - A Madagascar, la jeunesse verte éternelle oubliée se rêve en Greta Thunberg des minorités
A la veille de la COP25, une conférence des jeunes de l’océan Indien s’est tenue dans la Grande Ile, très exposée au changement climatique et pourtant rendue invisible. Madagascar a en effet été classée zone à risque en tant que septième pays le plus affecté par le changement climatique par le Global Climate Risk Index. Une menace que la jeunesse malgache veut à tout prix contrer. Cette réunion a permis de trouver des ambassadeurs pour Madagascar, mais aussi les Comores, Maurice, La Réunion, prêts à aller plaider la cause de leurs pays à Madrid. Les ambassadeurs sont aussi censés promouvoir les solutions locales et les essaimer. Mais si la COP25 des jeunes a été un succès local, l’après est nettement moins simple. « En plus de devoir trouver par eux-mêmes des financements pour le voyage, affirme un militant écologiste, les participants qui devaient se rendre à Madrid pour porter la voix des jeunes n’ont pas obtenu les accréditations promises par le gouvernement. » Au risque de demeurer les éternels oubliés.  « On fait partie des pays les plus vulnérables et, pourtant, lors des grosses négociations internationales, c’est souvent la jeunesse issue des pays développés qui est représentée, parce qu’ils peuvent se payer le voyage », déplore une participante.

 


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19 février 2019

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2019

<> 19 02 19 - Collectif Tany - Une alimentation adéquate pour la population malgache d'abord
Un colloque International de 3 jours intitulé « La redynamisation des organisations paysannes pour un développement rural durable » aura lieu à Antananarivo à partir du 20 février à l’Ecole supérieure des sciences agronomiques pour son 55e anniversaire. L’annonce de cet évènement donne l’occasion au Collectif Tany de partager la suite de ses réflexions sur le concept « Madagascar, grenier de l’océan Indien » qui avait fait l’objet de deux communiqués en 2013. Le premier demandait aux concepteurs et décideurs d'éviter d'accaparer les terres malgaches et de ne pas léser la sécurité alimentaire de la population, sollicitait des études approfondies et une totale transparence sur le projet et ses impacts négatifs et positifs pour les petits exploitants malgaches en termes de cartographie des zones identifiées, mode de production agricole prévu, et revenus attendus des taxes à l'exportation. Le titre du deuxième communiqué était : « Que les paysans ne deviennent ni les oubliés ni les victimes ». Les mêmes inquiétudes et questions sont soulevées aujourd'hui face aux nouvelles appellations et au nouveau contexte.

- 19 02 19 - TV5 Monde - Madagascar - Les femmes prennent l'avenir en main
Madagascar détient le triste record de l'un des pays les plus pauvres du monde. Les choses pourraient-elles bouger avec l'arrivée au pouvoir de Andry Rajoelina, le nouveau président élu le 19 janvier dernier ? Des femmes malgaches n’ont pas attendu la réponse. Déjà à pied-d ’œuvre, elles veulent transformer leur pays en un pôle attractif et rayonnant.

- 14 02 19 - Le Monde Afrique - Le nouveau président arrête des proches de l'ancien président
En moins d’une semaine, le régime d’Andry Rajoelina a neutralisé d’importantes figures faisant partie de l’entourage du chef de l’Etat sortant Hery Rajaonarimampianina.
« Le régime actuel semble vouloir faire un excès de zèle en organisant des expéditions lourdement armées pour montrer qu’il travaille, mais justement contre les seuls barons de l’ancien régime, déplore Ketakandriana Rafitoson, directrice exécutive de Transparency International. Le jour où il s’attaquera à ses propres moutons noirs, et ils sont nombreux, là nous pourrons vraiment apprécier l’objectivité de sa démarche et de ses intentions. Il faut rechercher une application uniforme de la loi. » Le Monde écrit : « Ces arrestations semblent en tout cas indiquer que le nouveau président Andry Rajoelina a décidé de frapper fort dès le début de son mandat pour donner des gages de sa volonté de lutter contre la corruption. »

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- 05 02 19 - Diploweb - Thomas Marrier d'Unienville - L'océan Indien, nouveau centre du monde ?
Pourquoi l’océan Indien est-il crucial dans la géopolitique mondiale ? Si régner sur l’océan Indien est l’objectif de beaucoup, la Chine est le pays qui s’en approche le plus. La montée en puissance de l’Inde révèle que la domination par une seule entité semble cependant peu probable. Illustré d’une carte inédite réalisée par Florent Amat.

<> 03 02 19 - Amnesty International a lancé une pétition pour demander aux autorités de respecter les droits humains des personnes en détention provisoire. Les personnes qui n’ont été reconnues coupables d’aucun crime meurent dans les prisons en raison de conditions épouvantables. Les personnes accusées de délits mineurs, même des enfants, sont obligées de rester dans des prisons surpeuplées et dépourvues d’hygiène. Dans la plupart des prisons, il y a plus de personnes en attente de procès que de condamnées et le système de justice défaillant peut retarder les procès pendant plusieurs années. La détention préventive prolongée porte atteinte à une série de droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté, à la présomption d'innocence, le droit d'être traité avec humanité et avec respect de la dignité de la personne humaine. Les personnes en détention provisoire sont victimes de peines cruelles et de traitements inhumains ou dégradants. Même dans les cas où des personnes sont libérées après quelques mois de détention provisoire, leur incarcération peut avoir des conséquences à long terme. Elles ont probablement perdu leur emploi et ont plongé davantage dans la pauvreté. Beaucoup risquent également de sortir de prison dans un état physique et mental affaibli. Les autorités doivent prendre des mesures immédiates pour que la détention provisoire soit une exception et non la règle. Ils doivent également veiller à ce que tous les détenus soient traités humainement et que leurs autres droits fondamentaux soient respectés et protégés.
https://www.amnesty.org/en/get-involved/take-action/madagascar-pre-trial-detention/?fbclid=IwAR3KbbLHrKKmPUUsjK4XTT8aqVpdwje8kO33Kv42nF8qyQTsGMjrnh_nOmc

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01 02 19 - Amnesty International - Il faut enquêter sur l'assassinat de voleurs de bétail présumés
Les autorités malgaches doivent mener une enquête minutieuse sur l’assassinat sordide de huit hommes soupçonnés d’être des voleurs de bétail, a déclaré Amnesty international le 1er février après la publication de photographies de leurs cadavres criblés de balles. Ces huit hommes ont été abattus par la police après qu’ils auraient tenté de voler dans un magasin. Trois policiers ont également été blessés lors de la confrontation. Amnesty International a effectué des vérifications indépendantes des images prises après que ces hommes ont été abattus lors d’une confrontation avec la police le 25 janvier à Betroka, dans le sud de Madagascar. « Ces homicides violents illustrent une nouvelle fois le fait que les forces de sécurité de Madagascar recourent à une force excessive et meurtrière en toute impunité, a déclaré le directeur adjoint pour l'Afrique australe à Amnesty International. Les autorités malgaches doivent mener sans délai une enquête efficace et indépendante sur ces événements, notamment sur ces homicides. Si l’usage excessif ou inutile de la force est démontré, elles devront traduire les responsables présumés en justice dans le cadre de procès équitables. »

Voir la video de TVM : https://www.facebook.com/tvmalagasyofficiel/videos/335700317275093/

 

 

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30 décembre 2018

ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2018

- Un peu plus de 1 000 partisans de Marc Ravalomanana se sont rassemblés dans le calme sur la place du 13-Mai, dans le centre de la capitale. 300 membres de forces de l’ordre étaient sur les lieux en début de journée et barraient l’accès à une partie de la place. Un barrage a finalement été levé une heure plus tard suite à une négociation, laissant les manifestants occuper les lieux. Marc Ravalomanana lui-même n’était pas présent mais ses proches, notamment des députés de son parti ou encore d’anciens candidats à la présidentielle qui l’ont soutenu pour le second tour étaient là. « Je suis responsable de ce que je dis. Il y a eu fraude massive dans tout Madagascar. Et vous, la CENI, vous êtes responsable de ce que vous avez fait. Vous avez menti au peuple malgache parce que c'est vous qui êtes les responsables de ces bulletins de vote irréguliers. Vous êtes des traitres et des voleurs ! On ne dit pas qu’il faut que notre candidat soit le vainqueur mais on dit simplement : donnez-nous la vérité », a lancé la députée Hanitra Razafimanantsoa. « Nous allons à nouveau nous rassembler jusqu'à ce que la vérité soit révélée. » Un nouveau rendez-vous a été fixé aux partisans du candidat le 2 janvier.

- 29 12 18 - Madagascar au bord d'une nouvelle crise post-électorale
Madagascar se retrouve à un nouveau tournant de son histoire, pour ne pas dire que le pays est au bord d’une nouvelle crise politique. Neuf ans après la terrible crise de 2009, ayant causé la chute du président Marc Ravalomanana, ce dernier entend revenir à la charge ce samedi. Certes, le contexte est différent, car il s’agit cette fois-ci d’une contestation des fraudes électorales massives lors du second tour de l’élection présidentielle du 19 décembre dernier. Néanmoins, il reste connexe à ladite crise, car le mouvement prévu ce jour oppose notamment cet ancien président de la République à son tombeur de l’époque, Andry Rajoelina qui mène également la course à la magistrature suprême.

<> 29 12 18 Seconde interpellation du mouvement ROHY sur le contexte politico-électoral
La plateforme Rohy, qui regroupe plus de 120 organisations de la société civile, dresse un premier bilan sévère du processus électoral.
Un gouvernement « dépourvu de neutralité », une campagne électorale « exécrable » où candidats rivaux se sont mutuellement dénigrés, des citoyens peu sensibilisés à l'élection, des fraudes... La liste des anomalies relevés par la société civile qui a déployé 7 000 observateurs dans les 22 régions est longue. La plateforme demande à la HCC de contrôler tous les résultats des bureaux de vote qui posent problème et de ne pas se contenter de vérifier les procès-verbaux, mais aussi des bulletins de vote. Elle appelle la Cour à saisir la justice pour poursuivre les auteurs d’infractions. L’organisation a constaté des fraudes et en a dressé la liste. Des observateurs ont notamment été témoins d’achats de vote avec de l’argent ou des biens matériels. Si Marc Ravalomanana a dénoncé des fraudes massives, elles ont été le fait des deux camps, tient à préciser Faraniaina Ramarosaona, l’une des responsables de l’organisation. Dans ce climat de contestation des résultats par Marc Ravalomanana, la société civile déclare : « Le candidat perdant doit accepter les résultats une fois que toutes les irrégularités, s'il y en a, auront été traitées de manière juste. »

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27 12 18 - Le Monde - L'ancien président Andry Rajoelina déclaré vainqueur
Selon les résultats provisoires de la CENI Andry Rajoelina remporte l‘élection présidentielle avec 55,66 % des suffrages exprimés.
Marc Ravalomanana a récolté 44,34 % des voix. Le taux de participation au second tour a baissé comparé au premier tour. Il est de 48,09 %. Les résultats provisoires restent à confirmer par la Haute Cour Constitutionnelle. Après cette confirmation s‘effectuera la passation entre le président de la République par intérim, Rivo Rakotovao, et le nouveau président. Selon la loi électorale la HCC dispose d‘un délai maximum de 9 jours pour procéder à la proclamation officielle des résultats définitifs, soit au plus tard le 5 janvier.
Le candidat Andry Rajoelina était présent à la cérémonie de proclamation à la CENI, contrairement au candidat Marc Ravalomanana. Quelques membres du gouvernement ont également répondu à l’invitation. En s'adressant aux deux candidats, Hery Rakotoarimanana a indiqué : « Vous êtes des leaders de ce pays. Les taux que vous avez obtenu sont tous respectables. Si vous aimez vraiment Madagascar, vous avez l'obligation de trouver un consensus pour les 24 millions de malgaches. Faites taire vos égos respectifs pour l'amour de nos compatriotes. Faites un geste pour que tout le monde puisse constater votre bonne foi. Il ne faut pas attendre que le pays tombe dans le chaos avant de réagir. Mais surtout, il n'est plus question de revivre une crise qui serait catastrophique pour le peuple malgache. »
Les partisans de Marc Ravalomanana prévoient de se rassembler sur le parvis de l'hôtel de ville le 29 décembre pour « manifester contre les résultats provisoires du second tour du scrutin présidentiel ».

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21/12 – Premiers échos du second tour de la présidentielle.
Les deux finalistes se sont déclarés devant leurs partisans convaincus de remporter la victoire, quelques heures à peine après la clôture du scrutin
. « Le changement arrive demain et, dès aujourd'hui, vous pouvez dire que 'Dada' est élu, a lancé Marc Ravalomanana à son quartier général. Quoi qu'il arrive, une seule chose compte, on va remporter la victoire ! » Son rival lui a emboîté le pas peu de temps après. « C'est le numéro 13 qui mène dans tout Madagascar, a asséné Andry Rajoelina. Je suis persuadé de remporter une victoire mais on va attendre les résultats officiels. » « Je suis un démocrate, j’accepterai quel que soit le verdict des urnes », a-t-il déclaré pour la première fois, après voir laissé planer le doute sur ses intentions. Marc Ravalomanana a souligné qu’il rejettera ces résultats s’il s’avère que, d’une part, les fausses cartes d’identité nationales qu’il déclare « avoir été imprimées massivement au sein de l’Imprimerie national » ont été utilisées et, d’autre part, que le ministère de l’intérieur a véritablement fait preuve de favoritisme envers son adversaire. Pour Midi, « cette déclaration de Marc Ravalomanana s’apparente à une préparation de l’opinion publique à un mouvement de contestation populaire ». Le risque d’une nouvelle crise nouvelle postélectorale ne serait pas à écarter. Le premier ministre, Christian Ntsay, a lancé un message à l’endroit des deux candidats pour leur signifier que « la déstabilisation ne procurera de bien à qui que ce soit ». Il déclare qu’il compte sur la dignité de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina et les sollicite à maîtriser leurs partisans.

Selon les résultats provisoires publiés par la CENI le 20 au soir, portant sur 20 % des bureaux de vote, Andry Rajoelina arrive largement en tête, avec plus de 54 % des voix. La participation serait de l'ordre de 47 % en forte baisse par rapport à celle du premier tour (54 %). Le vote blanc (7 % au 1er tour) pourrait progresser. « L’appel au vote blanc exprime le refus de choisir entre des hommes dont on connaît le passé et une lassitude générale à l’égard de politiques qui ne changent pas le quotidien », analyse Juvence Ramasy, maître de conférences à l’université de Toamasina. Les résultats provisoires de la CENI seront connus au plus tard le 29 décembre. Le nouveau Président de la République de devrait être connu officiellement le 9 janvier.

Le scrutin s’est déroulé d’une manière générale dans le calme et aucun dysfonctionnement majeur n’aurait été constaté dans le déroulement des opérations. Reste à fournir des éclaircissements sur l’usage qui aurait été fait de fausses cartes d’électeurs et de fausses cartes d’identité, rumeur répandue dans les jours précédant le scrutin. Un expert international recommande de procéder à une expertise scientifique des documents utilisés avant publication officielle des résultats.

Les membres du Groupe international de Soutien à Madagascar (GIS-M) ont appelé les deux candidats et leurs partisans à faire preuve d’esprit de responsabilité et d’engagement envers l’intérêt général de Madagascar et de son peuple, ainsi qu’à respecter en toutes circonstances les lois et règlements en vigueur et à s’abstenir de tout acte qui soit de nature à perturber le processus en cours ou à engendrer des troubles. Ils soulignent la responsabilité particulière des deux candidats et de leur entourage respectif par rapport aux réactions éventuelles des segments de la population qui soutiennent chacun d’entre eux et les mettent en garde contre toute incitation, par commission ou omission, a des actes susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes et des biens. Ils ont exhorté les deux candidats à respecter scrupuleusement les prérogatives de la CENI et de la HCC en matière de proclamation des résultats de l’élection et à s’en tenir exclusivement aux voies légales pour le règlement de tout contentieux ou toute contestation et ont appelé lesdits candidats à sensibiliser leurs partisans dans ce sens.

- 20 12 18 – France Culture - Présidentielle à Madagascar : une île prisonnière du jeu des élites ?
Même si les deux finalistes se disent certains de leur victoire, aucun ne conteste le scrutin : déjà un point acquis pour Madagascar, traversée par des crises post-électorales régulières depuis 1991. Ce duel entre anciens présidents fortunés peut-il aussi sortir le pays du sous-développement ? Intervenante : Christiane Rafidinarivo, professeure en science politique, université de la Réunion - chercheuse au CEVIPOF de Sciences Po - Présidente du Conseil scientifique de l’Institut d’Etudes Politiques de Madagascar.
https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/madagascar-election-presidentielle

-18 12 18 - Le Monde - Laurence Caramel - Second tour sous tension à Madagascar
L'ombre de la crise de 2009 n'a jamais cessé de planer sur la campagne qui s'achève. Le scrutin, qui se déroulera le 19 décembre, s'annonce serré. Les protagonistes ont été prévenus par les partenaires internationaux que toute infraction à la légalité sera sanctionnée.

<> 17 12 18 Le Monde -Laurence Caramel - Les nouveaux justiciers de Madagascar
Alors que les Malgaches s’apprêtent à voter pour départager Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina lors du second tour de l’élection présidentielle, l’insécurité s’est imposée comme un des principaux thèmes de la campagne. Le premier s’est engagé à l’« éradiquer dans les cent jours » qui suivront son accession au pouvoir. Le second promet des miracles grâce au déploiement de hautes technologies adaptées à la traque des criminels. En attendant, face aux carences de l’Etat, bien des Malgaches semblent avoir décidé de se faire justice eux-mêmes. Les vindictes populaires se multiplient. Dans les villes comme dans les campagnes les plus reculées, la colère des victimes de vols ou d’agressions tourne au désir de vengeance : suspects exécutés par la foule, brûlés vifs et parfois même extraits des tribunaux ou des centres détention avant d’être battus à mort, en dépit de la présence des forces de l’ordre, policiers, eux-mêmes pris à partie pour leur complicité, avérée ou supposée, avec les délinquants…Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, la justice populaire « représente un risque élevé pour la paix. Elle anéantit les individus, la société et l’Etat lui-même ». Mais dans certaines régions, la justice populaire offre un autre visage, celle des Dina, convention villageoise qui constitue la plus ancienne forme de contrat dans la société malgache et repose sur un pacte clair entre les membres de la communauté.

<> 15 12 18 - Amnesty International - Six femmes et leur combat pour la justice à Madagascar
À Madagascar, des gens languissent en détention pendant des mois dans l’attente de leur procès, sans en connaître la date. Quand Tamara Léger, spécialiste de Madagascar à Amnesty International, a croisé six femmes incarcérées pour un crime qu’elles n’avaient pas commis, elle a compris qu’elle devait agir. La situation de ces femmes vient de connaître un dénouement heureux.

13 12 18 - L'Expansion-L'Express - Les Chinois sèment la zizanie chez les pêcheurs de Madagascar
L'annonce en septembre de la conclusion d'un accord de pêche signé en marge d'un forum à Pékin entre des investisseurs chinois et une association privée malgache a mis le feu aux poudres. En pleine campagne pour la présidentielle des 7 novembre et 19 décembre, la controverse a pris une tournure très politique. Le texte de l'accord n'a pas été publié mais selon des indiscrétions, il s'agit d'un partenariat d'un montant global de 2,7 milliards de dollars qui prévoit notamment la livraison à des pêcheurs malgaches de 330 bateaux modernes et réfrigérés de 14 mètres. Ces bateaux doivent "remplacer les pirogues traditionnelles", assure l'Agence malgache de développement et de promotion des entreprises (AMDP), l'association de droit privé qui a négocié et conclu cet accord avec le consortium chinois Taihe. Ces bateaux, qui seront fournis gratuitement par les Chinois, sont censés permettre aux pêcheurs malgaches "d'augmenter leur capacité de production", explique un responsable de l'AMDP. Une partie des poissons pêchés sera vendue sur le marché local. Le "surplus" restera aux Chinois, poursuit-il. Les 330 bateaux doivent générer à terme 130.000 tonnes de poissons pêchés par an, selon l'AMDP. Un chiffre qui s'approche du niveau de production de pêche de Madagascar en 2017 (163.492 tonnes). L'AMDP reconnaît que "l'impact sur l'environnement reste à évaluer". Mais, tempère-t-elle immédiatement, l'accord prévoit "un projet d'aquaculture pour repeupler la faune maritime sur le littoral". Pas de quoi rassurer les ONG, "pas convaincues" que l'accord "présente de réelles opportunités économiques pour les pêcheurs" malgaches. La proximité de l'AMDP avec l'ancien chef de l'Etat - cette association est dirigée par son conseiller spécial Hugues Ratsiferana - et la date de la signature suscitent de nombreuses interrogations.

- 05 12 18 - Réforme - Reportage à Madagascar - Protestants de Madagascar, la tentation politique
« Présence protestante » diffuse le 16 décembre sur France 2 un reportage sur Madagascar, quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle. Le reportage de Jérémy Frey, « Protestants de Madagascar, la tentation politique », aborde un sujet sensible : quel est le poids des Églises et institutions protestantes dans le scrutin qui se déroulera le 19 décembre ? Il apporte des éclairages essentiels sur cette question dans le cadre de la visite que la délégation française protestante a rendue aux fédérations, la FJKM, luthéro-réformée, et la MRE, évangélique, au mois d’octobre. François Clavairoly, président, et Georges Michel, secrétaire général de la FPF, livrent leur analyse. Les représentants ecclésiaux locaux dépeignent ce qui se passe dans le pays, et parfois même dans leurs Églises. L’appartenance confessionnelle affichée des candidats, les consignes de vote données dans des assemblées, ou encore l’islam en expansion, accusé d’acheter des conversions de jeunes gens, sont ouvertement évoqués. Apparaît aussi le jeu trouble de candidats chrétiens, se présentant sous la bannière d’une Église, financés par les pétrodollars de la péninsule arabique ou de connivence avec le monde musulman.

<> 03 12 18 - GEC Europe - Madagascar, une démocratie contrefaite
Le premier tour de l’élection présidentielle la plus ouverte que Madagascar ait connu depuis ces dernières années vient d’avoir lieu. La phase préélectorale a été semée de coups de force dont des menaces contre le président en exercice et l’imposition d’un gouvernement d’union nationale reflétant la mainmise du candidat Rajoelina sur le Parlement et sur une bonne partie de la classe politique. Ce sont les faits les plus saillants de ce processus caractérisé par des manœuvres complexes dont des tentatives de report des dates arrêtées. Il faut rappeler de nouveau le substrat du processus électoral caractérisé par l’insertion de nouvelles factions criminelles dans la politique et dans les configurations partisanes héritières mal en point d’une IIIe République déchirée par des guerres civiles de faible intensité. Ce serait aussi sous-estimer le poids de l’armée et l’intrusion des puissances extérieures dans une épreuve qui marginalise les éventuelles alternatives aux rentiers du pillage des ressources naturelles de l’île. Tandis que l’élection présidentielle donnent à l’État une apparence démocratique, l’intervention des puissances étrangères joue un rôle prépondérant.

 

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28 avril 2018

ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2018

<>  28 04 18 - Communiqué d'un collectif d'assocations de jeunes sur les évènements politiques
« Durant les dix dernières années, nous avons subi de plein de fouets les effets de la crise : la pauvreté extrême, la mauvaise gouvernance (la corruption, l’insécurité…) le chômage, la mauvaise qualité de l’éducation, l’instrumentalisation de la jeunesse à des fins politiques. Nous exprimons notre frustration et nos craintes face aux impacts qu’une éventuelle nouvelle crise pourrait avoir sur notre avenir », écrit un collectif d’une douzaine d’associations. Il est demandé aux élus de « recadrer les manifestations dans leur contexte initial » (les circonstances du vote des lois électorales et de la loi sur les ZES) et de « mettre en place un processus non-violent de règlement des conflits ».  Le pouvoir doit garantir la liberté de manifestation et d’expression, notamment pour les députés qui souhaitent rendre compte de leur mandat. Le Collectif condamne tout autre issue que celle des urnes et demande que les textes électoraux fassent l’objet d’un réexamen. Il demande à tous les responsables de faire taire leurs ambitions personnelles et de libérer la jeunesse des manœuvres politiques de tous bords. Le CRAAD-OI salue cette importante initiative à laquelle ses jeunes membres ont participé.

 <>  26 04 18 - SeFaFi - Pour sortir de la crise réconcilier légalité et légitimité
Les affrontements sanglants autour de la place du 13-Mai sont révélateurs d’une crise profonde qui pourrait une fois encore mettre en péril la paix sociale et le développement du pays. Il est aussi peu crédible d’évoquer une tentative de coup d’État que d’invoquer une improbable transition cléricale ou un détestable directoire militaire. La seule solution acceptable et durable à l’impasse actuelle ne peut qu’être démocratique. Tout schéma de sortie de crise doit impérativement se conformer aux institutions et respecter le suffrage populaire. La contestation menée par des députés n’a pas la légalité requise pour prendre le pouvoir. Seules des élections libres, transparentes et crédibles pourront réconcilier légitimité et légalité. L’Observatoire se déclare favorable à un réexamen des lois électorales par les Assemblées, avec retransmission de la totalité des débats. Les hommes qui ont plongé Madagascar dans la misère et dans l’anarchie n’ont plus à revendiquer aujourd’hui un rôle dans le redressement du pays. Cette hypocrisie cache mal une volonté affichée de s’emparer du pouvoir par des voies non démocratiques et anticonstitutionnelles.

<> 26 04 18 - Les Décrypteurs - La requête aux fins de déchéance du président de la République en cinq questions
Les « députés pour le changement » ont déposé auprès de la Haute cour constitutionnelle une requête aux fins de déchéance du président de la République. Quelle suite la HCC pourrait-elle donner à cette requête ? Est-elle compétente pour recevoir la requête ? Celle-ci a-t-elle d’ailleurs suivi toutes les procédures requises ?  Que pourrait-il se passer ensuite si la requête est jugée fondée ? Mais est-elle d’abord fondée ? Le point par Les Décrypteurs.

25 04 18 - La Croix - La crise politique à Madagascar : un "éternel recommencement"
Depuis le 21 avril, l’opposition malgache conduit des manifestations à Antananarivo pour protester contre l’adoption de force d’une loi électorale, préalable à l’organisation du scrutin présidentiel de novembre. La chercheuse Mireille Razafindrakoto, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et co-auteure de l’ouvrage L’énigme et le paradoxe : Économie politique de Madagascar (IRD Éditions, 2017), explique les ressorts de la situation.

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25 04 18 - L'Express - Opinions - Tamara Léger - Une justice pénale défaillante qui maintient des prisonniers en détention provisoire prolongée

Tamara Léger est la conseillère pour Madagascar au sein d’Amnesty International. "On souligne aujourd’hui la journée de la détention provisoire en Afrique. Cette journée est l’occasion de sensibiliser l’opinion publique au recours dans le continent à de la détention provisoire prolongée. Des données montrent que cette pratique affecte tous les secteurs du système judiciaire, partout en Afrique. Mais du point de vue individuel, la détention provisoire constitue une violation manifeste des droits des détenus. Cette pratique provoque également du chagrin et des difficultés indicibles aux familles et aux proches de personnes qui sont maintenues derrière les barreaux sans avoir été jugées, ni même reconnues coupables d’une quelconque infraction. (…) A Madagascar on peut être incarcéré un long moment en détention provisoire sans qu’il n’y ait le plus souvent aucun élément de preuve véritable, en attente d’un procès qui peut mettre des années à se concrétiser. Dans certains cas, des personnes sont libérées, après avoir été incarcérées pendant des années en détention provisoire, sans même qu'un procès n'ait eu lieu"
Publié dans le journal L’Express de ce jour

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24 04 18 - Amnesty International - Déclaration - Il faut enquêter sur l'homicide de deux manifestants
« Les autorités malgaches doivent veiller à ce qu’une enquête exhaustive et indépendante soit diligentée dans les meilleurs délais sur l’homicide de deux manifestants à Antananarivo, et que les responsables soient traduits en justice. Les conclusions de cette enquête doivent être rendues publiques. Les membres des forces de sécurité présents sur les lieux et soupçonnés d'être responsables de ces actes doivent être suspendus de leurs fonctions dans l'attente des résultats de l'enquête et, si des éléments de preuve recevables sont recueillis, ils doivent être traduits en justice dans le respect des normes internationales d'équité. Les victimes et leurs proches doivent pouvoir accéder à des voies de recours utiles et à des réparations adéquates, notamment à des indemnisations ».

<> 24 04 18 - Déclaration du mouvement de la société civile Rohy
Le mouvement Rohy qui regroupe quelques 120 associations et plateformes appelle de ses vœux l’organisation d’élections impartiales, qui garantissent la participation de tous les citoyens ayant le droit de vote et la possibilité pour tous de se porter candidat. Il appelle au dialogue entre toutes les forces vives pour redéfinir le contenu des lois électorales, seule issue à la situation actuelle.

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  23 04 18 - Commission Nationale Indépendante des Droits de l'Homme (CNIDH) - Communiqué
La CNIDH appelle les parties, tant le gouvernement que les manifestants conduits par les députés de l’opposition, à la mesure. Elle propose également que « pour mettre fin au mouvement de contestation actuel et à sa répression, sources de violations des droits humains, le président de la République, après avis de la HCC, soumettre l'ensemble du texte à une nouvelle délibération du Parlement, comme il est prévu à l’article 117 de la Constitution »

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21 04 18 - AFP - Madagascar - Un mort et 16 blessés dans la répression d'une manifestation interdite
Une personne a été tuée et seize blessées dans des affrontements à Antananarivo entre les forces de l'ordre et des milliers d'opposants dénonçant de nouvelles lois électorales, au cours d'une manifestation interdite.
TV5 Monde - Madagascar - Ces lois électorales qui cristallisent la contestation

Mise à jour 24/04/18

Violents affrontements lors du rassemblement de l'opposition sur le parvis de l’hôtel de ville d’Antananarivo. Le meeting a très vite basculé dans un face à face tendu avec les forces de l’ordre. Les heurts ont fait au moins trois morts, dont deux enfants, et une vingtaine de blessés, selon un bilan provisoire. L'opposition fait quant à elle état de quatre morts, tués par balle. Près d’un millier d’hommes avaient été déployés pour contenir plusieurs milliers de manifestants. Aux tirs de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc des forces de l'ordre, les manifestants ont répondu par de jets de pierres. Après plusieurs heures de face à face, les forces de l’ordre ont usé de leurs armes pour tirer en l’air à balles réelles. Dépassées par la situation, elles ont battu en retraite, laissant certains des leurs isolés. Une quarantaine de militaires ont donc trouvé refuge entre les murs de l’hôtel de ville. Ils ont pu être exfiltrés quelques temps après. « Ce régime sali par le sang malgache aurait pu éviter cela. Mais comme ils n'ont pas entendu les députés ni le peuple, voilà le résultat », a réagi la députée du TIM Hanitra Razafimanantsoa, considérée ces derniers jours comme la porte-parole de l’opposition. « Ce serait bien que vous restiez là où vous êtes maintenant », a-t-elle lancé à l'adresse de Hery Rajaonarimampianina, qui a quitté le pays 2 jours avant ces évènements sur un vol d’Air Mauritius, sans que l’on puisse obtenir d’informations sur le lieu précis ni l'objet de sa mission. Selon certaines sources, il serait à Paris. Une cérémonie funèbre est prévue place du 13-Mai. Les opposants appellent le peuple à venir rendre hommage aux victimes.

Les députés de l'opposition se sont réunis au siège du Mapar pour décider des actions à venir. Un peu plus tôt, depuis le balcon de l'hôtel de ville, ils avaient annoncé aux manifestants que la mairie de la capitale serait désormais le lieu de rendez-vous pour manifester tous les jours jusqu'à ce que le président et son gouvernement démissionnent. De leurs côtés, les forces de l'ordre se sont réunies pour décider des mesures à prendre. Le premier ministre Olivier Mahafaly a déclaré souhaiter l’ouverture d’une enquête afin d’éclaircir les circonstances dans lesquelles ces civils ont trouvé la mort. Le président du Sénat a aussi lancé un appel au calme en exprimant sa compassion envers les victimes. Tous deux n'ont néanmoins fait aucun commentaire sur la demande de démission du chef de l'Etat et du gouvernement exigée par l'opposition. Du haut de l'hôtel de ville, surplombant une place du 13-Mai bondée, les députés ont conclu un pacte de non-agression avec le numéro 2 des forces d'intervention de la gendarmerie nationale, le commandant d'une unité appartenant aux forces mixtes. Un acte isolé nullement validé par l'état-major des armées mais qui laisse entrevoir une brèche, déjà ouverte tout récemment par des généraux à la retraite qui avaient appelés leurs cadets à prendre leur responsabilité, rappelle RFI. Pour beaucoup d'observateurs malgaches, cette manifestation sanglante marque sans conteste le début d'une nouvelle crise.

22/04 - Réactions. Dans un communiqué les ambassadeurs de l’UE déclarent que l'Union réitère sa position de principe en faveur d'élections présidentielles crédibles, transparentes et inclusives en 2018. Ils rappellent la nécessité de respecter les droits de l'homme, notamment la liberté d'expression et le droit de réunion pacifique. L’ambassade des Etats-Unis a fait connaître son soutien à la déclaration de l’UE. A travers une brève déclaration, Younous Omarjee, député européen de « La France insoumise », originaire de La Réunion, appelle l’UE « à condamner avec force la répression meurtrière à Madagascar et à agir de concert avec les organisations africaines ». Le bureau de l’UA à Madagascar appelle au calme, à la sérénité, à la retenue et à la responsabilité de toutes les parties prenantes. Il encourage les autorités nationales et les leaders des partis politiques au dialogue. « Madagascar n'a pas besoin de replonger dans une situation difficile à quelques mois des élections », déclare la Représentante spéciale du président de la Commission à Madagascar. Le « Comité pour la justice, la sécurité et la paix » (K3F) constitué de politiques, de prêtres et de laïcs, appelle le régime à prendre des décisions pour apaiser la tension et encourage le dialogue entre les autorités et les partis politiques. Il appelle les responsables militaires et les forces de l'ordre à demeurer le dernier rempart pour la protection et la sécurisation des populations et de leurs biens, et à respecter la liberté d'expression. Le K3F exhorte le FFKM à poursuivre ses efforts de réconciliation des Malgaches.

La CNIDH appelle les parties, tant le gouvernement que les manifestants conduits par les députés de l’opposition, à la mesure. Elle propose également que « pour mettre fin au mouvement de contestation actuel et à sa répression, sources de violations des droits humains, le président de la République, après avis de la HCC, soumettre l'ensemble du texte à une nouvelle délibération du Parlement, comme il est prévu à l’article 117 de la Constitution ». La CNIDH indique que des blessés ont quitté l’avenue de l’Indépendance pour se réfugier dans un dispensaire et y recevoir des soins. « Des éléments des forces de l’ordre à bord d’une 4×4, d’après des témoins, les y ont poursuivi et jeté dans l’enceinte du dispensaire deux obus de gaz lacrymogène. », dénonce-t-elle dans son communiqué.

La Coalition des radios de Madagascar s’élève contre des « coupures abusives perpétrées contre les radios, survenues à Antananarivo le 21 avril ». La Coalition « exige de tous les acteurs des événements actuels le respect des droits des citoyens à l’information, le respect des droits des médias, notamment des radios, à faire leur travail en toute quiétude, ainsi que la protection de tous les professionnels des médias, notamment des journalistes, dans l’exercice de leur profession ; la protection des matériels et équipements des médias ».

22/04 - Au lendemain de ces évènements, les forces de l’ordre ont investi en grand nombre la place du 13-Mai où se sont rassemblées quelques centaines de personnes. Des chants évangéliques étaient diffusés par une puissante sono depuis le parvis de l’hôtel de ville mais l’hommage aux victimes qui avait été prévu a dû être annulé. Les députés de l'opposition ont appelé la population à ne pas se rendre au centre-ville en raison d’« une trop forte présence des forces de l'ordre sur les lieux, pouvant donner lieu à des violences ». A la mi-journée, des agitateurs et des enfants des rues (les « 4’mi ») ont monté des barricades et ont tenté de provoquer les forces de l’ordre, qui auraient alors reçu l’ordre de quitter les lieux. Les cadre de l’armée auraient pris conscience, selon RFI, que certains éléments avaient pactisé avec les manifestants.

23/04 - De retour au pays, le chef de l’Etat annonce que les autorités et les forces de l'ordre réagiront avec encore plus de fermeté contre toute manifestation envisagée par l'opposition. La manifestation de la place du 13-Mai « s’apparente à un coup d'Etat », a-t-il affirmé. Aux « fauteurs de trouble », il lance un avertissement : « Madagascar n'a pas besoin d'une nouvelle crise », enjoignant ensuite l'armée « à prendre ses responsabilités ». Enfin, aux journalistes « dont la profession est sacrée », a-t-il précisé, il recommande la méfiance face à la manipulation politique. RFI note que si le chef de l'Etat a joué la carte de l'apaisement, il s'est montré hermétique à tout dialogue, contrairement au premier ministre et au président du Sénat et chef du HVM, Rivo Rakotovao. Les lois électorales, élément déclencheur de la manifestation, n'ont même pas été évoquées. Hanitra Razafimanantsoa, porte-parole des députés de l'opposition, n’a pas caché son amertume après ce discours à la nation. Des rumeurs de tractations secrètes entre le pouvoir et l’opposition circulent mais les yeux sont désormais braqués sur les forces de l’ordre dont le comportement a intrigué les observateurs. La société civile, dont les propositions n’ont pas été reprises dans les textes électoraux, entend avoir voix au chapitre. Mais le « rapport parlementaire », objet du meeting sur le parvis de l’hôtel de ville s’est mué après trois heures d’altercations en demande de démission du chef de l’Etat. Une demande scandée par les députés et les manifestants. Mais pour le député Guy Rivo Randrianarisoa, répliquant aux accusations du chef de l’Etat, « demande de démission » ne signifie pas « coup d’Etat dans la rue ». Quelques mouvements de solidarité se mettent également en place dans d’autres région, comme à Mahajanga. Un mot d’ordre de grève générale a été décrété.

Des centaines de personnes se sont à nouveau rassemblées dans la capitale au surlendemain des affrontements, pour se recueillir autour des dépouilles des victimes. La place du 13-Mai était occupée par de nombreux soldats et policiers armés qui se sont retirés pour laisser le rassemblement se tenir. « Pour éviter les affrontements violents qui pourraient entraîner des grands dommages entre Malgaches, nous avons choisi de quitter la place que nous avons protégée », a expliqué le ministre de la défense, le général Beni Xavier Rasolofonirina, qui a exprimé le souhait que les hommes politiques « trouvent un accord au plus vite ». Angelo Ravelonarivo, le préfet de police, a confirmé qu’il n’interdirait plus les manifestations. « Tout le monde est maintenant libre de rentrer et sortir du parvis de l’hôtel de ville » a-t-il déclaré. Les députés seront toutefois tenus pour responsables des éventuels débordements et désordres, ont indiqué les forces de l'ordre. Plusieurs dizaines de députés de l’opposition, vêtus de blanc, debout sur une estrade, ont harangué la foule au son de chants traditionnels. Recouverts du drapeau malgache et parsemés de fleurs, les cercueils étaient disposés à l’arrière de la tribune. Les élus d’opposition ont annoncé leur intention de former une large coalition, appelée « Les députés pour le changement ». Elle rassemble sous une même bannière les deux anciens ennemis, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. La question de l'entente entre les deux protagonistes de la crise de 2009 n’a pas été abordée. Les deux hommes ont été aperçus sur les lieux ainsi que l’ancien premier ministre de la Transition Jean Omer Beriziky, la candidate à la présidentielle Saraha Georget Rabeharisoa et le maire Mapar de Mahajanga, Mokhtar Salim Andriatomanga. Présente également Lalao Ravalomanana, maire de la capitale qui a donné aux opposants l’accès à l’hôtel de ville. Elle a lancé un appel aux forces armées pour qu’elles veillent à la protection des biens et des personnes. Marc Ravalomanana a pris la parole pour inviter les chefs d'Eglise du FFKM à diriger des pourparlers entre l'opposition et le pouvoir. Andry Rajoelina a rendu hommage aux victimes mais s’est abstenu de toute déclaration politique. Les « députés pour le changement » ont affirmé que la veillée mortuaire des deux victimes tuées durant la manifestation se poursuivra durant la nuit sur le parvis de l'hôtel de ville.

- 20 04 18 - France 5 - Magazine de la santé - Le combat des Malgaches contre la lèpre
.
Reportage au Comité d’aide aux lépreux d’Antalaha et interview du Dr Cauchoix, représentant de la fondation Raoul Follereau.
https://www.madablog.com/video-france-5-magazine-de-la-sante-lepre-combat-des-malgaches/ (27’18)

- 12 04 18 - Collectif Tany - Non à la violation des droits des habitants de Salazamay_Toamasina
Le Collectif Tany apporte son soutien à 40 familles de
de cette localité dont les droits fonciers sont violés par la société Telma. Ces familles avaient entamé des procédures d’acquisition de titres fonciers sur des terrains du domaine privé de l’Etat qu’ils ont occupés paisiblement et mis en valeur. Leurs longues démarches, en accord avec les dispositions légales et administratives, étaient bien avancées et ont parfois abouti à un titre effectif lorsqu’en décembre 2017 Telma, société de télécom, qui avait loué un terrain voisin dans le cadre d’un bail emphytéotique, a jeté son dévolu sur ces parcelles. Le service des domaines et des personnes haut placées au niveau de la justice ont engagé des actions visant à déposséder le Fokonolona, en ignorant parfois la loi et des décisions de justice.  Ayant épuisé tous les recours au niveau provincial, les habitants ont demandé le soutien du Collectif Tany pour faire connaître cette situation, les appuyer dans leurs actions de plaidoyer et bénéficier d’appuis d’experts juridiques et de défenseurs des droits de l’homme.

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12 04 18 - SeFaFi - Communiqué - Après le hold up législatif, un hold up électoral ?
« La question qui se pose à nous, aujourd’hui, est de savoir quelle sera la légitimité électorale issue des élections de la fin de l’année. Seront-elles véritablement crédibles ? Les électeurs auront-ils un vrai choix, sur la base de vrais programmes, ou se détourneront-ils des urnes ? La légitimité viendra-t-elle du bourrage des urnes dans les régions éloignées, pour que soit atteint le seuil fatidique de 40 % de participation – qui indiquera aussi que 6 citoyens sur 10 n’auront pas jugé utile d’aller voter ? Ou viendra-t-elle de la manipulation des résultats électoraux, perdus dans le labyrinthe administratif prévu par les lois électorales avant même leur proclamation ? À l’heure où nous écrivons, la question est devenue critique pour l’avenir de notre pays ».

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La chaîne Kolo TV publie un reportage sur la justice populaire à Madagascar
. Dans sa présentation, la station écrit que si la justice populaire a toujours existé à Madagascar, sous une forme non-violente, avec indemnisation de la victime, elle affiche depuis quelques années un tout autre visage et atteint le summum de la violence, en raison probablement du haut niveau de corruption qui sévit dans la justice « classique ».https://www.koolsaina.com/video-reportage-justice-populaire-madagascar-fitsarambahoaka/

<> 10 04 18 - France 24 - Les observateurs - A Madagascar une video met en lumière les exactions des comités de vigilance
La publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo de justice populaire relance le débat sur la légitimité des groupes d’auto-défense dans les villages. Les images, diffusées à partir de mi-mars sur Facebook, montrent un prétendu voleur de bœuf être torturé puis lynché par plusieurs hommes armés de machettes et de haches dans la région de Sofia. Le vol de bétail à Madagascar est, à l’origine, une tradition au cours de laquelle les jeunes hommes pouvaient prouver leur virilité. Mais depuis quelques années, cette pratique ancestrale est devenue une affaire de grand banditisme qui donne lieu régulièrement à des conflits sanglants. Dans la région de Sofia, l’insécurité et l’augmentation des vols ont donné lieu à la création de groupes d’auto-défense villageoise, les "Bisabôha". Cela remonte à deux ou trois ans. Leur mission consiste à faire exécuter le "Dina", vestige d’un système juridique ancestral.

- 07 04 18 - Jeune Afrique - Tensions pré-électorales à Madagascar
À quelques mois du scrutin présidentiel, qui doit se tenir cette fin d'année, les tensions s'accumulent sur la scène politique malgache, notamment par des décisions controversées du gouvernement, dont de nouvelles lois électorales, et des soupçons de corruption. Le pays commence à s’inquiéter, en silence, de la tournure que pourrait prendre la situation dans les derniers mois précédents l’élection présidentielle.

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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26 mars 2018

ARTICLES REMARQUES - MARS 2018

<> 26 03 18 - Amnesty International - Madagascar doit annuler la condamnation du militant écologiste Raleva
La peine de deux ans de prison avec sursis avait été prononcée en septembre 2017. L’audience en appel est prévue le 27 mars à Fianarantsoa. Raleva avait été arrêté à la suite d'une réunion publique organisée par des représentants de Mac Lai Sime Gianna (M.L.S.G.), une compagnie minière chinoise d’extraction d'or, et le chef de district. Durant cette réunion, il a exigé de voir les permis miniers délivrés à l'entreprise. Il a alors été arrêté et accusé d'avoir usurpé le titre de « chef de district » par le tribunal de Mananjary. Libéré au bout de 25 jours de détention provisoire il a fait appel de sa condamnation. « En contestant les activités minières de l'entreprise, Raleva a agi dans l'intérêt public. Au lieu de le sanctionner par une peine de prison avec sursis, les autorités auraient dû rendre publiques les informations qu'il recherchait et faciliter la participation publique au projet minier. Les militants comme Raleva doivent être protégés, et non criminalisés, par leur gouvernement. », déclare la directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique australe.
Le procès a été reporté au 24 avril

- 17 03 18 - IEP Madagascar – i-Tafa - Interview de Sylvain Urfer du SeFaFi sur « L'Eglise et la société malagasy » (1h05)
https://www.facebook.com/i.tafatafa/videos/1745303188823325/?hc_ref=ARSYJoyJMw6skXeqBQ8aPQQjdboGSw72RvVMcmNP2MnIuNBozHWnSUWacNZHj6f-TOg&fref=gs&dti=158712627482575&hc_location=group

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  15 03 18 - Amnesty International - Madagascar - Il faut enquêter sur les mauvais traitements infligés par des policiers à des villageois
En réaction à une vidéo montrant des policiers frapper et humilier des dizaines de villageois dans la localité où, en février 2017, des responsables de l'application des lois s'en étaient pris à des habitants et avaient mis le feu à leurs maisons, en riposte à la mort de deux policiers, le directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe, a déclaré : « Le comportement de la police, tel qu'on peut le voir dans la vidéo, est scandaleux et condamnable. Ces brutalités témoignent du mépris dont fait preuve la police à l'égard de la vie humaine. Il est totalement inacceptable que des policiers infligent des mauvais traitements et des violences aux citoyens qu'ils ont le devoir de protéger. (…) Les autorités doivent mener dans les meilleurs délais une enquête impartiale sur le comportement de la police et traduire en justice les policiers soupçonnés d'être responsables de tels actes, dans le respect des normes internationales. Elles doivent aussi accorder des réparations aux victimes. »
Voir la vidéo réalisée par Amnesty, reprenant des séquences de la vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux et dont l'authenticité a été attestée https://www.voaafrique.com/a/des-dizaines-de-civiles-matraites-par-la-police-dans-une-video-accablante-a-madagascar/4301544.html

- 14 03 18 - APOI - Madagascar - Une économie résiliente
"La capacité des opérateurs économiques, installés dans la Grande-île, à s’adapter à un environnement des affaires instable, force l’admiration. Non seulement ces entrepreneurs résistent mais, en outre, investissent, innovent et se mettent aux normes. Certes, quelques grandes familles, notamment d’origine indo-pakistanaise, ont décidé au cours de l’année 2017 de prendre quelques distances avec le pays mais, davantage pour des raisons sécuritaires qu’économiques. La micro-économie malgache (un PIB inférieur à celui du désertique Mali ou du minuscule Bénin) qui ne pèse que l’équivalent d’un petit département français a beau être en récession, rien n’y fait : de nombreux chefs d’entreprises continuent d’y croire et même si l’on doit relever le caractère irrationnel de cette démarche fortement teintée d’une grande part d’affectivité".

- 13 03 18 - Le Monde Afrique - A Madagascar, la difficile lutte contre le kidnapping
Si le kidnapping est loin d’être un phénomène nouveau à Madagascar, le rythme des rapts semble s’intensifier depuis six mois. Selon les chiffres de la police malgache, une quinzaine d’enlèvements a été répertoriée en 2017 et deux « karanes » ont déjà été enlevés en 2018. Les premiers cas connus remontent à la fin des années 1990. Depuis 2010, une centaine de cas officiels a été recensée, selon le Collectif des Français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM), une association de droit malgache qui fait de l’accompagnement psychologique aux victimes et sert d’intermédiaire entre les familles et les forces de l’ordre malgaches.Mais leur nombre exact depuis vingt ans pourrait être en réalité bien plus élevé car beaucoup de familles ne déposent pas plainte.

<> 10 03 18 - RFI - Madagascar : énigme et paradoxe
(46’)
C’est une constante depuis des décennies : Madagascar est l’un des pays les plus pauvres au monde. Non seulement le pays stagne aux derniers rangs dans les classements internationaux mais en plus, loin d’enregistrer des progrès, il régresse constamment. Malgré sa richesse naturelle, le pays s’appauvrit. Trois chercheurs français, excellents connaisseurs de la Grande Ile ont cherché à rassembler en un volume les raisons qui peuvent expliquer ce phénomène. Ce livre, « L’Enigme et le Paradoxe, Economie politique de Madagascar », est publié aux éditions IRD et AFD. « Eco d’ici Eco d’ailleurs » a reçu deux des auteurs, Mireille Razafindrakoto et François Roubaud, tous deux économistes et statisticiens à l’IRD, membres de l’Unité de Recherche « Développement Institutions et Mondialisation » (DIAL), et évoque avec eux les énormes difficultés auxquelles font face la plupart des citoyens malgaches. L'une des manifestations du malaise de la société malgache, c'est la violence quotidienne. Kidnapping, vols en bande organisée… La généralisation de l’insécurité dans les grandes villes comme à la campagne fragilise l’économie du pays. Pour l’instant, les mesures prises par l’Etat n’ont pas encore montré les résultats escomptés. Alors, de son côté, la société s’organise. Le 5 mars, secteur privé, syndicats des travailleurs et société civile se sont regroupés au sein d'une même plateforme pour dénoncer cette situation et pour proposer des solutions. Une trentaine d’acteurs majeurs unis contre un fléau national : c'était une première dans le pays. 80 % de la population active travaille dans le secteur agricole. Les autorités comptent sur l'agriculture pour sortir la Grande Ile de la pauvreté, en particulier sur la culture du riz.  Un objectif a été fixé : atteindre l'autosuffisance en riz d'ici 2020. Un objectif ambitieux. L'un des aspects de cette pauvreté, c'est le chômage qui frappe en particulier les jeunes. Le taux de chômage officiel des 18-29 ans est de 11 %. Mais dans la réalité, c'est beaucoup plus. Un chômage qui touche tous les jeunes qu'ils aient fait des études ou non. Chaque année, 500 000 jeunes diplômés arrivent sur le marché du travail et leur insertion est de plus en plus difficile.
http://telechargement.rfi.fr/rfi/francais/audio/magazines/r218/eco_d_ici_eco_d_ailleurs_20180310.mp3

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  09 03 18 - Collectif Tany - La loi sur les ZES, porte ouverte à l'accaparement des terres
Pour le Collectif Tany, la loi sur les ZES privera les Malgaches de l’accès à des milliers d’hectares de terres pour une période de longue durée sinon indéterminée.
« Le risque est grand, affirme-t-il, de voir l’Etat déléguer totalement la gestion des territoires sélectionnés à l’AZES, l’Autorité de régulation des ZES, dont les modalités d’application de la délégation ont été censurées par la HCC comme étant contraires à la Constitution. (…) La future ZES, située dans le Nord de Madagascar, qui a fait l’objet d’une réunion internationale de plusieurs jours en février, s’étend sur 2.000 ha. A ce rythme, et étant donné la prolifération de diverses zones d’investissement annoncées dans des lois et projets de loi sur les terrains de même acabit qui feront partie ‘des terrains à statut spécifique’ (ZIA, ZES, ZII, ZEE, etc..), Madagascar risque d’arriver à la même situation que celle du Cambodge où les citoyens vivent et les paysans cultivent sur des espaces très réduits, dans les interstices entre les grandes plantations et concessions des sociétés et compagnies souvent étrangères ». Tany demande dans son communiqué que les décideurs malgaches s’interrogent sur la dangerosité de cette loi qui conduit, au bout du compte, à « une perte de la dignité du pays »

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07 03 18 - SeFaFi - Communiqué - Pour des lois électorales plus fiables
Comme le SeFaFi l’a rappelé dans son dernier communiqué, la société civile peut donner son avis sur les projets de lois débattus par les législateurs puisque ces lois la concernent au premier chef. S’agissant des textes les plus importants, dont les lois électorales font partie, la Constitution exige un délai de 15 jours avant leur vote. Tout comme d’autres associations, le SeFaFi se propose donc de mettre à profit ce délai pour suggérer des modifications qui, si elles sont loin d’être exhaustives, sont susceptibles d’améliorer le processus électoral. Le communiqué aborde successivement les points suivants : le contrôle du financement des campagnes électorales, le plafonnement des dépenses, la place donnée à la CENI, le bulletin unique et/ou le bulletin individuel, le mode de scrutin, la période dite « pré-électorale » ou de « pré-campagne », le calendrier électoral, l’obligation de la carte d’électeur, l’acheminement des résultats électoraux, la place laissée aux médias pendant la campagne électorale. Mais les dispositions dont on se félicite ne seront pas encore applicables aux prochaines législatives et communales, elles ne seront applicables qu’à l’élection présidentielle. « Calcul politique oblige afin de limiter les concurrents au parti HVM qui pourrait avoir plus d’argent ou plus de possibilités que le candidat du parti au pouvoir », commente Tribune. « La seule véritable avancée démocratique que comportent ces textes, et dont tout le monde se félicite, est ainsi mise au rancart pour trois ans », déplore l’Observatoire. Si les candidats aux scrutins de 2018 refusent de s’imposer la transparence financière, pourquoi l’imposer à leurs successeurs ? « Pousser le cynisme à cette extrémité révèle la vraie nature de nos dirigeants », conclue le SeFaFi.

<> 07 03 18 - Mobilisation générale contre l'insécurité à Madagascar
Pour la première fois, la société civile, le secteur privé et les syndicats de travailleurs se sont exprimés d’une même voix pour pousser les autorités à agir contre les violences quotidiennes et toutes les formes d’insécurité qui frappent la population, tant en zone urbaine qu’en brousse. Pour La Gazette, la Grande île est tombée « sous le règne des dahalo urbains et ruraux », une situation qui affecte la vie de chaque citoyen et le développement du pays. La plateforme, composée de 30 membres, arbore un slogan : « Aok'zay » (« ça suffit »). La représentante de la fédération des femmes rurales raconte le nouveau mode opératoire des voleurs de zébus : « Il y a des villages où il n'y a plus de bœufs. Et les dahalo arrivent et kidnappent des enfants pour faire pression sur les familles afin qu'elles donnent de l'argent. Et ça, c'est nouveau. ». La population est terrorisée et des secteurs d'activités entiers sont fragilisés, comme l'explique le vice-président de la confédération du tourisme. « Si l'insécurité continue à être s’accroitre dans le pays, les touristes vont être réticents à venir à Madagascar. Et ça va avoir un impact énorme sur l'économie et sur le développement durable de notre pays. » En guise de première action nationale, la plateforme appelle les habitants à manifester bruyamment leur ras-le-bol en actionnant cloches, sirènes et klaxons le 15 mars à 12h. L'objectif, à terme, est d'aboutir à l'organisation d'une table ronde avec les autorités pour trouver des solutions. « Le réseau que nous venons de créer est prêt à proposer des solutions pour résoudre le problème. D’ailleurs, une page commune est créée sur les réseaux sociaux dans cette optique. Le jour du mouvement, des flyers seront distribués aux forces de l’ordre afin de les conscientiser sur la nécessité de la protection des personnes et de leurs biens », déclare le président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM).

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  02 03 18 - FIACAT et ACAT Madagascar - Lancement du guide sur les garanties judiciaires du détenu
Ce guide élaboré dans le cadre du projet de lutte contre la détention préventive abusive à Madagascar est le fruit de l’atelier de renforcement des capacités des acteurs de la chaine pénale et de la société civile en matière de respect des garanties judiciaires qui s’est tenu les 25 et 26 juillet 2017. Destiné aux professions judiciaires, au personnel pénitentiaire, aux intervenants en milieu carcéral (membres d’organisations de la société civile, travailleurs sociaux, religieux…), et à tous les citoyens s’interrogeant sur les droits du prisonnier, il décrit le parcours du prévenu depuis sa mise en détention jusqu’à sa mise en liberté. Véritable outil de défense des personnes détenues en violation des règles de droit, ce guide permettra une meilleure connaissance du droit par tous les acteurs et facilitera l’identification des cas de détention préventive abusive afin de lutter contre ce phénomène. In fine, le projet permettra plus largement d’améliorer les conditions de détention en réduisant la surpopulation carcérale.
Guide des garanties judiciaires du détenu - version française allégée
Guide des garanties judiciaires du détenu - version malagasy allégée

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22 février 2018

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2018

<>doc  22 02 18 - Amnesty International - Rapport annuel 2017/2018 - Madagascar
Dans un contexte de pauvreté généralisée, l’accès à la nourriture, à l’eau, aux soins de santé et à l’éducation était restreint. Les conditions carcérales demeuraient difficiles et il était toujours fait un usage excessif de la détention provisoire. Cette année encore, le système judiciaire a été utilisé pour harceler et intimider des défenseurs des droits humains et des journalistes, en particulier ceux qui travaillaient sur des questions liées à l’environnement ou à la corruption, ainsi que pour limiter leur liberté d’expression.
Accès au rapport mondial complet

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  17 02 18 - Collectif Tany - Lettre ouverte à l'ambassadeur de Corée du Sud
Le Collectif pour la défense des terres malgaches (Tany) adresse une lettre ouverte à l’ambassadeur de Corée du Sud pour le mettre en garde contre une relance du projet Daewoo
. Tany note que la présidence malgache a annoncé en début d’année le « renforcement du partenariat entre la Corée du Sud et Madagascar » dans de nombreux domaines, notamment dans les secteurs minier, de la pêche et de l’agriculture, dans une relation bilatérale qui se veut « gagnant-gagnant ». Le Collectif demande à l’ambassadeur de « préciser les contreparties de ces dons et investissements demandées à la partie malgache à court, moyen et long terme. En d’autres termes, que gagnez-vous en échange à Madagascar ? » Et de rappeler que « l’affaire Daewoo » est encore présente dans toutes les mémoires : la présidence Ravalomanana s’était engagé fin 2008 à louer pour 99 ans 1,3 million d’hectares de terres agricoles à la société coréenne Daewoo Logistics dans quatre régions. Une mise en œuvre suspendue à la suite de la crise politique survenue peu après. Le sujet reste sensible et réveille des craintes au sein de la population et de la société civile. Un responsable de Daewoo Logistics avait en effet déclaré en mars 2009 avoir rempli toutes ses obligations contractuelles et attendre la décision de la partie malgache quant aux étapes suivantes. D’où la question posée dans ce courrier : « Devons-nous nous attendre à une reprise de ce projet Daewoo Logistics de quelque manière que ce soit, comme prévue initialement ou sous une nouvelle forme ? »

<> 14 02 18 - SeFaFi - Communiqué - Société civile et pouvoir politique
À Madagascar, l’expression « société civile » est mise à toutes les sauces. Le SeFaFi s’en est inquiété à plusieurs reprises, rappelant ses caractéristiques et ses fonctions, s’inquiétant de son manque d’indépendance et de représentativité, dénonçant son instrumentalisation par les politiciens et incitant à sa mobilisation au service du bien commun. La principale caractéristique de la société civile est de récuser toute finalité politique, elle ne cherche pas à exercer le pouvoir. La société civile n’est pas non plus l’opposition. Faire partie de la société civile requiert un sentiment citoyen tendant à la recherche du bien commun, sans qu’il y ait nécessairement contrepartie matérielle ou financière. Mais lorsque la société civile manque de professionnalisme et de moyens, elle risque d’être phagocytée. L’embrigadement progressif des OSC par l’État et par les bailleurs de fonds entretient le comportement d’assisté et le manque d’autonomie et de créativité. Agir au sein de la société civile tend alors à devenir un business au service des financeurs et du pouvoir.

14 02 18 - Amnesty International - Déclaration - Surpopulation à la prison de Tsiafahy : Prévenus et condamnés vivent "en enfer"
« Les autorités malgaches doivent cesser immédiatement d'envoyer des détenus en détention provisoire à la prison de haute sécurité de Tsiafahy, décongestionner cet établissement et améliorer nettement les conditions de détention. En octobre 2017, la population carcérale s’élevait à 988 prisonniers, soit trois fois la capacité d’accueil de cette prison, dont près de la moitié étaient dans l'attente de leur procès, parfois depuis des années. Les conditions à la prison de Tsiafahy sont totalement inacceptables et constituent des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, absolument prohibés par le droit international. Elles bafouent également la Constitution et les lois malgaches, et particulièrement le décret 2006-015, qui prévoit que Tsiafahy ne devrait accueillir que des prisonniers condamnés, purgeant des peines de réclusion à perpétuité ou considérés comme dangereux ».

Amnesty International publiera au cours de l'année 2018 un rapport exhaustif rendant compte des violations des droits humains dans le cadre de la pratique de la détention provisoire et des conditions de détention à Madagascar

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Niveau de l’Etat de droit - Le rapport 2017-2018 du World Justice Project (WPJ) classe Madagascar en 98e position sur 113 pays analysés, et en 14e sur 18 au niveau du continent africain
. Un classement en régression de 8 positions sur un an. La Grande île devance de peu la Turquie (101e) qui occupe la dernière place dans sa catégorie, celle des pays d’Europe orientale et d’Asie centrale. Cette évaluation, réalisée par une organisation indépendante basée aux Etats-Unis, s’appuie sur 110 000 enquêtes auprès des citoyens et 3 000 enquêtes auprès des experts.
https://worldjusticeproject.org/sites/default/files/documents/WJP_ROLI_2017-18_Online-Edition.pdf

 

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30 juin 2012

ARTICLES REMARQUES - JUIN 2012

- 30 06 12 - Midi - Rajaofera Eugène - Les personnes qui ont de l'influence sur Andry Rajoelina Le président de la transition est entouré d’un cercle restreint d’hommes de confiance qui s’occupent non seulement de sa politique, mais également de son business...
1 juin 2009

OBJECTIFS DU BLOG

QUI SOMMES-NOUS ? Nous sommes une petite équipe préoccupés par la situation des Droits de l'Homme à Madagascar.Nous tentons de réunir un maximum d'éléments pour que les défenseurs des Droits Humains à Madagascar soient mieux soutenus par les ONG internationales.Ce...
31 janvier 2024

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2024

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits de l’enfant
  • Enseignement, université
  • Droits des femmes
  • Santé
  • Homosexualité, travailleurs du sexe
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Dérègement climatique, environnement
  • Secteur minier
  • Foncier, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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22 janvier 2024

ARTICLES REMARQUES - JANVIER 2024

<> 22/01/24 - Société  civile - Communiqué - Les communautés de Vohilava à nouveau menacées
Les communautés de Vohilava a nouveau menacées par la reprise des activités de la société d’exploitation aurifère Mac Lai Sime Gianna (M.L.S.G
). En octobre 2020, les communautés riveraines et les organisations de la société civile ont salué la volonté de l’Etat de donner la primauté au respect des droits fondamentaux des communautés de Vohilava dans le district de Mananjary en décrétant l’arrêt des opérations de la société d’exploitation aurifère dans cette commune. Les communautés riveraines affectées par cette exploitation dénonçaient depuis plusieurs années les effets désastreux des opérations de cette société sur leur environnement, leur santé et leurs moyens d'existence, avec l’appui du CRAAD-OI. Alors que les membres des communautés espéraient qu’elles étaient délivrées des effets néfastes des opérations de M.L.S.G., ils expriment aujourd’hui leurs profondes préoccupations suite à leur convocation auprès de la commune de Vohilava au mois de novembre 2023, pour être informés de la prochaine réouverture de cette société. Malgré leur requête légitime, aucun document officiel ni aucune autre précision ne leur a été fourni à ce sujet. Face à la gravité de la situation et à l’impunité évidente de la société M.L.S.G., les communautés riveraines et les organisations de la société civile lancent un appel urgent au chef de l’Etat et aux autorités concernées pour que des mesures urgentes soient prises face à cette nouvelle menace. Les organisations de la société civile renouvellent leur demande d’application de lourdes sanctions à l’encontre de la société, y compris des mesures de réparation à l’endroit des communautés affectées par les graves dommages qu’elle leur a causés depuis le début de ses opérations.

<> 22/01/24 - Société civile - Communiqué - Accaparement de terres dans le Bas Mangoky
« Les communautés du Bas Mangoky subissent les mêmes injustices et traitements préjudiciables que beaucoup d’autres communautés victimes d’accaparement de terres et qui ont voulu défendre leurs droits » écrivent le Craad-OI et des organisations de la société civile
. Selon les interpellations récentes de l’association FIMA, les membres de ces communautés ont été trompés par de hautes personnalités qui leur ont fait croire qu’ils allaient effectuer un recensement, puis une redistribution équitable des terrains que ces paysans occupaient auparavant dans le nouveau périmètre aménagé dit P2 du Bas Mangoky. Pourtant, non seulement la Commission d’attribution des terres mise en place par la suite n’a pas restitué leurs terres à ces paysans comme convenu, mais beaucoup de terrains ont été alloués à d’autres personnes étrangères à leurs communautés, y compris des autorités locales parties prenantes au problème dont le gouverneur de la région Atsimo Andrefana, le directeur régional du ministère de l’agriculture, ainsi qu’un ministre nouvellement nommé au sein de l’actuel gouvernement. En solidarité avec les communautés du Bas Mangoky et l’association FIMA, les signataires du communiqué appellent à la libération immédiate et sans condition des trois paysans qui ont été incarcérés en raison de leur lutte contre la corruption et l’accaparement de leurs terres ; exhortent l’Etat à prendre d’urgence les mesures nécessaires pour mettre en œuvre une investigation immédiate et transparence sur cette affaire, et pour restituer leurs terres aux paysans victimes de l’accaparements de leurs terres.

RFI précise que ce sont quelques 2 000 familles paysannes qui n’auraient plus accès à leurs parcelles de culture, valorisées de génération en génération, sur une superficie totale de 6 000 ha objet du recensement destiné, leur a-t-on dit, à leur restituer des parcelles titrées et bornées. Les hautes autorités qui se seraient accaparées les terres à l’occasion de cette opération auraient agi via des prête-noms. Trois agriculteurs ont été incarcérés fin décembre « pour destruction de biens publics » après avoir voulu dénoncer ces agissements. Mis en cause, le gouverneur de la région, Atsimo Andrefana, Edally Ranoelson, qui préside la commission chargée de la réattribution des terres, dément et menace de porter plainte contre les détracteurs. Il confirme cependant qu’il y a bien eu tentative d’accaparement des terres par certaines personnes qu’il considère lui, comme des «trafiquants de terres». De son côté, Andriamanantena Razafiharison, nouveau ministre de l’enseignement supérieur et ex-président de l’université de Tuléar dont le nom est aussi cité parmi les bénéficiaires de terrains, dément lui aussi fortement ces informations qu’il considère comme des «dénonciations calomnieuses pour induire en erreur l’opinion publique sur sa personne».

<> 15/01/24 - Nouveau gouvernement : sur les 27 ministres (dont 7 femmes) nommés, 15 ont été reconduits[1]. Les ministères régaliens comme la justice et les finances n’ont pas vu de changement à leur tête. Sont également reconduits à leur poste Edgar Razafindravahy au commerce et à l’industrialisation, Marie Michelle Sahondrarimalala à l’éducation nationale, Zely Randriamanantany à la santé, Joël Randriamandranto au tourisme, Tahina Razafindramalo aux postes et télécommunications, Ndriamihaja Andrianatrehina, aux travaux publics, Valéry Ramonjavelo aux transports et à la météorologie, Fidiniavo Ravokatra à l’eau et l’assainissement, Paubert Mahatante à la pêche et l’économie bleue, Olivier Rakotomalala aux mines.

Pour la défense nationale, le général Sahavelo Monja Delphin remplace le général Josoa Rakotoarijaona et pour les affaires étrangères, Rasata Rafaravavitafika, 36 ans, succède à Yvette Sylla. La nomination de Naina Andriantsitohaina au poste de ministre de la décentralisation et de l’aménagement du territoire a créé la surprise. Il s’est vu confié ce portefeuille-clé du nouveau gouvernement. Le maire d’Antananarivo, arrivé en fin de mandat le 10 janvier, avait déjà été ministre des affaires étrangères durant le premier quinquennat d’Andry Rajoelina. Il est resté 9 mois à ce poste. Lalatiana Andriatongarivo Rakotondrazafy, inamovible ministre de la communication et de culture depuis 2019 et porte-parole du gouvernement, s’est vu retirer ce portefeuille au profit d’Augustin Andriamananoro, vice-président du Mapar-TGV. Elle change de poste en devenant ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. 9 secrétaires d’État seront nommés prochainement, tous, rattachés à la présidence de la République. « Avec ces nominations, Andry Rajoelina et Christian Ntsay ont visiblement décidé de faire du neuf avec du vieux malgré les déclarations politiques pour annoncer des changements », écrit Tribune. « Malgré les appels répétés par les organisations de la société civile pour élever le rang protocolaire du ministère de l’environnement afin de donner un signal fort sur la volonté du pays à protéger sa biodiversité et ses ressources naturelles, le ministère reste en 26ème position », note RFI. Enfin, la reconduction de quelques ministres dont le nom est apparu dans certaines affaires et dont les résultats à leur précédent poste ne semblent pas avoir convaincu la population a beaucoup étonné - en attestent les nombreux commentaires publiés sur les réseaux sociaux. La présidence assure que les candidats ont chacun passé des entretiens et des tests spécifiques de haut niveau pour obtenir leur poste. Ils ont été choisis parmi 500 prétendants, a fait savoir le chef de l’Etat. Ces nouveaux ministres sont tous bardés de diplômes, se plait-on à souligner.

Avec la nomination de Naina Andriantsitohaina, en vertu du principe de non-cumul de plusieurs fonctions publiques, le poste de maire de la capitale est vacant. Il est probable qu’intervienne la nomination d’un « président de délégation spéciale », en attendant les prochaines élections municipales.

[1] https://www.facebook.com/photo?fbid=2026836481029099&set=pcb.2026775914368489

https://www.madagascar-tribune.com/La-liste-des-27-ministres-nommes-au-gouvernement-de-Christian-Ntsay.html

 

 

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21 décembre 2023

ARTICLES REMARQUES - DECEMBRE 2023

<> 20/12/23 - Société civile - Les communautés de Nosy Mitsio menacées par un investissement touristique de luxe - 1ère partie
     2e partie
Six organisations signent un communiqué pour interpeller sur les risques de dépossession des communautés locales de Nosy Mitsio au profit d’un grand projet touristique.
Les services fonciers ne les ont autorisés à réaliser aucune procédure relative à leurs terrains depuis 2020. Le ministre en charge du foncier de l’époque avait expliqué que ces « mesures de suspension temporaire des demandes » avaient été prises « en vue de l’assainissement de l’île ». Mais cette interdiction perdure, et en 2023, ils ont appris que tous les documents concernant Nosy Mitsio ont été transférés au ministère du tourisme. Les communautés craignent de subir un accaparement de terres et un déplacement de la population comme ceux dénoncés par plusieurs organisations au sujet de Nosy Sakatia. Nosy Mitsio, un grand îlot de plus de 2 000 ha situé entre Nosy Be et Antsiranana a été mentionné par le président de la République en juin 2022 parmi les îles pour lesquelles les hautes sphères du pouvoir recherchaient un investisseur afin d’y construire un hôtel 5 étoiles. Les décideurs se comportent comme s’ils pensaient cette île inhabitée.

<> 18/12/23 - Le Monde - A Madagascar, l'aide internationale conforte un président contesté
«
La cérémonie d’investiture s’est déroulée sous le contrôle étroit des forces de l’ordre, celles-là mêmes qui, tout au long de la campagne électorale, avaient dispersé les manifestations quasi quotidiennes dont le mot d’ordre était le ‘ retour à l’Etat de droit’. Hormis quelques chefs d’Etat africains voisins, les diplomaties occidentales ne se sont pas bousculées pour assister au sacre. Seule la France a dépêché le secrétaire d’Etat chargé de la mer, Hervé Berville [Français d’origine rwandaise]. Cette discrétion pourrait être interprétée comme une forme de réserve à l’égard du passage en force auquel s’est livré le président sortant pour assurer sa réélection.

Le 1er décembre, la France, l’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon, les Etats-Unis, la Suisse, la Corée du Sud et l’Organisation internationale de la francophonie ont, dans un communiqué commun, pris sobrement ‘acte de la publication par la HCC des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 16 novembre proclamant vainqueur Andry Rajoelina’. Une formule habile censée ne pas exprimer un quitus, tout en se mettant à l’abri contre d’éventuelles accusations d’ingérence.

Mais est-il possible de prétendre à un statut d’observateur neutre, sinon impuissant, face à la dérive autoritaire du régime lorsque l’aide publique au développement assure près de 70 % des investissements de l’Etat (68 % dans le budget adopté, début décembre, pour 2024) ? Cette perfusion atteint, voire dépasse, 85 % pour l’agriculture, la santé, l’énergie et l’environnement. Elle représente 70 % des investissements réalisés dans l’éducation, les travaux publics, etc. Sans les subsides des ‘partenaires techniques et financiers’, qui regroupent les bailleurs bilatéraux et les institutions multilatérales de développement, Andry Rajoelina aurait tout simplement les poches vides, privé des moyens qui lui ont permis, pendant les cinq années de son mandat, d’alimenter son clientélisme et de se poser en bienfaiteur d’un pays qui n’a pourtant cessé de régresser.(…) L’aide publique au développement, d’un montant d’un peu plus de 1 milliard de dollars en 2021, selon les statistiques les plus récentes de l’OCDE, a atteint des niveaux inégalés sous la présidence de M. Rajoelina. (…) ‘Quand je vais voir la Banque mondiale, elle paie’, s’est-il ainsi vanté pendant la campagne électorale. Les détournements sur les fonds alloués pour la riposte au Covid-19, révélés par un audit de la Cour des comptes, ou les libertés prises avec les règles d’appel d’offres sur les chantiers publics n’ont pas incité les bailleurs à davantage de prudence. Dénoncée par l’opposition, l’utilisation des programmes d’aide sociale pour acheter des voix pour la présidentielle du 16 novembre n’a pas suscité le moindre commentaire officiel. (…) En Afrique, il est souvent difficile de percevoir les retombées de l’aide internationale. Dans le cas de Madagascar, il est au moins possible de dire que M. Rajoelina en est le premier bénéficiaire. Au risque d’alimenter une défiance croissante à l’égard de ces bailleurs occidentaux perçus comme de solides soutiens du pouvoir en place.

<> 16/12/23 - Tribune - Edito - Dernière chance pour un mandat enfin digne
Le citoyen français Andry Rajoelina va aujourd’hui être pour la troisième fois investi chef d’État de Madagascar. La première investiture avait suivi le coup d’État de 2009. Après une mise à l’écart pendant cinq ans, il fut ensuite démocratiquement élu en 2018, puis dernièrement réélu dans un scrutin qu’il serait impossible de qualifier de démocratique, car ni libre ni équitable. Pour faire passer la pilule de son coup d’État de 2009, Andry Rajoelina avait affirmé vouloir rétablir la démocratie, mettre fin à la dictature, et placer Madagascar sur les rails du développement et de la bonne gouvernance. Sur tous ces points, le bilan jusqu’ici est de l’ordre du tragi-comique. Le mandat qui sera inauguré aujourd’hui sera donc celui de la dernière chance pour redorer son blason.

<> 15/12/23 - RFI - Une lanceuse d'alerte incarcérée dans le cadre d'un conflit foncier
La lanceuse d’alerte Nathassa Razafiarisoa a été incarcérée à la prison d'Antalaha. RFI rappelle le contexte de cette affaire
 : la présidente d’une association de défense des droits humains de la région Sava conseillait les habitants d’un quartier de Sambava qui ont porté plainte, après la destruction de leur maison. Les habitants ont pris possession d’un lot en 2010 et payé des impôts fonciers. Mais, en 2017, un particulier réclame tout le terrain, soit 23 ha. La justice donne raison à l’homme d’affaires, en première instance, en appel et finalement en cassation l’an dernier. Depuis quelques semaines, des maisons sont détruites sans préavis. Les habitants ont porté plainte, mais ce sont eux qui sont tour à tour incarcérés sur les plaintes de la partie adverse, celle du nouveau propriétaire. La lanceuse d’alerte, qui tente de défendre ses voisins, et qui avait déjà été déférée au tribunal d’Antalaha le mois dernier, vient d’être placée en mandat de dépôt après une deuxième garde à vue en moins de deux mois. Les litiges fonciers sont nombreux à Madagascar. Le problème, estime Mamy Rakotondrainibe, présidente du Collectif Tany, vient de la difficulté d’obtenir un titre légal de propriété. « Pour avoir un titre foncier, il y a vingt étapes, il y a beaucoup de corruption, donc il faut payer beaucoup plus que ce qui est (dû) donc beaucoup de gens n'ont pas de titre foncier. » Les autorités doivent agir, insiste Mamy Rakotondrainibe.

<> 15/12/23 - Collectif Tany - Sambava - Nathassa Razafiarisoa déférée au parquet
Le 23 novembre , un juge d’instruction d’Antalaha a inculpé Marie Nathassa RAZAFIARISOA, responsable d’une organisation de jeunes à Sambava, de complicité de destruction de clôture et l’a mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire pour une durée de six mois, la date du procès étant fixée au 26 janvier 2024. Le 13 décembre, Marie Nathassa a de nouveau été convoquée à la gendarmerie de Sambava pour d’autres motifs apparemmentet y a passé deux nuits avant d’être déférée au parquet.

Voir aussi : 15/12/23 - RFI - Multiplication des conflits autour de l'accès à la la propriété foncière - Les lanceurs d'alerte dans le collimateur

<> 13/12/23 - Global Voice - Andry Rajoelina réelu président à Madagascar mais l'opposition conteste la validité de la procédure
L'opposition voit dans la réélection de Rajoelina le triomphe de la corruption

<> 09/12/23 - Tribune - Edito - Mode d'emploi et jurisprudence
Qu’on le veuille ou non, le hold-up électoral 2023 est consommé.
Andry Rajoelina et son entourage ont réussi les manœuvres en vue d’assurer sa réélection dans un scrutin n’ayant pas les caractères de liberté et d’équité requis par une élection véritablement démocratique. Les institutions n’ont pas eu la dignité de mettre leur code éthique en pratique, et l’opposition n’a pas été en mesure de trouver les ressources pour renverser la tendance.
Les légalistes se réfugient derrière le juridisme pour affirmer que la proclamation par la Haute cour constitutionnelle clôt le débat. La validation apportée par la communauté internationale a bouclé le processus d’une présidentielle marquée par la polémique et les actes malhonnêtes. Quant au débat sur la légitimité, on a de quoi faire pour des années encore. Le sort en est donc jeté pour les cinq ans à venir. Au moins, car dans les mentalités peu scrupuleuses, un remaniement constitutionnel est si vite arrivé. Surtout s’il faut inscrire dans la Constitution et les Lois qu’avoir un Président français à la tête de Madagascar ne doit gêner personne.

<> 01/12/23 - Tribune - Edito - Victoire sans gloire mais avec péril
Aujourd’hui, les yeux seront braqués vers la Haute cour constitutionnelle (HCC), qui va proclamer les résultats officiels de la présidentielle 2023. Toutefois, le suspense n’est pas au rendez-vous : il est facile et guère risqué d’affirmer qu’il n’y aura aucune surprise. À peu de choses près, la HCC devrait donc se placer dans la tendance des résultats officieux donnés il y a quelques jours par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Depuis des années, la HCC a habitué les citoyens à envoyer valser les litiges électoraux à coups de « azo raisina fa tsy mitombona » (requête recevable mais infondée), protégée par le caractère « tsy azo ivalozana » (inattaquable) de ses décisions. L’on peut donc d’ores et déjà prévoir deux choses. Premièrement, la HCC va proclamer la réélection au premier tour du président sortant Andry Rajoelina. Deuxièmement, elle va annoncer un taux de participation probablement survitaminé pour se rapprocher de celui de 2018, et ce afin de limiter l’humiliation d’une élection n’ayant pas soulevé d’enthousiasme chez les électeurs, et donc en manque flagrant de légitimité. Il faut toutefois souligner que même le taux de participation de 2018 (48%) était déjà assez minable. Celui de 2023 va donc battre le record de minabilité, en sus de celui du manque de crédibilité.

 

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15 novembre 2023

REVUE DE PRESSE - 1ERE QUINZAINE NOVEMBRE 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Préparation du scrutin présidentiel
          Campagne électorale - Le mouvement de contestation du Collectif des candidats
          Divers

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Santé
  • Education, université
  • Médias, communication, surveillance

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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28 octobre 2023

ARTICLES REMARQUES - OCTOBRE 2023

<> 31/10/23 - Collectif Tany - QMM - Tolagnaro - Trois membres de l'association LUSUD tués, plusieurs blessés, un_grand nombre de personnes arrêtées
Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les manifestants réunis à Maroamalona sur le chemin menant au site de Rio Tinto QMM. Le 6 octobre, après avoir demandé en vain à échanger avec les autorités, les membres de l’association ont manifesté pour réclamer des discussions avec QMM, menées par le président de l’association, ainsi que l’annulation des avis de recherche lancés contre le président et le secrétaire général. Le 19 octobre, la population a continué à manifester dans le calme dans une enceinte privée. Un membre du service de sécurité de MCS, sous-traitant de QMM, est entré dans l’enceinte pour transmettre un message de ses supérieurs. Les manifestants ont saisi son matériel, l’ont gardé avec eux et lui ont demandé de faire venir la personne qui l’a envoyé en mission. Le 20 octobre, les manifestants ont identifié un policier en tenue civile qui s’était infiltré parmi les participants à la réunion. Lorsque des agents des forces de l’ordre arrivés en voiture demandèrent de relâcher leur collègue, les manifestants ont répondu « nous ne le relâcherons pas tant que nous ne savons pas pourquoi il est venu au milieu des membres et pourquoi nous n’avons pas de réponse à nos revendications ». Les forces de l’ordre se mirent alors à tirer sans sommation, tuant 2 personnes. Le porte-parole de l’association, en l’absence du président et du secrétaire général, aurait été arrêté puis sommé d’avancer à quatre pattes sur le goudron avant d’être déposé à l’hôpital militaire où il a succombé au cours de la nuit.

<> 28/10/23 - Tribune - Edito - L'Etat de droit se courbe
Après s’être arc-boutée depuis des décennies, et en particulier durant les derniers mois, sur le caractère impératif et irréversible de ses décisions “tsy azo ivalozana”, la Haute cour constitutionnelle (HCC) s’est une fois de plus ridiculisée en changeant de fusil d’épaule. Hier, elle a donc décidé de désigner le général Richard Ravalomanana chef d’État par intérim. Une semaine auparavant, la ministre de la justice avait pourtant déclaré devant les médias qu’un tel revirement serait impossible, car la décision d’attribuer la tête de l’État au gouvernement collégial était sans retour en arrière possible. Connue dans les cercles bien informés depuis une semaine, cette nomination du général Ravalomanana ne fait que confirmer ce que tout le monde subodorait depuis sa désignation de dernière minute comme sénateur : c’est lui que Andry Rajoelina voulait voir à la tête de l’État pendant la phase transitoire, au lieu d’un Herimanana Razafimahefa considéré pas assez fiable pour gérer une période menaçante. "Quand on veut faire des choses sans morale, il faut choisir des complices sans scrupules" avait écrit Arie Becker.

<> 24/10/23 - Le Monde - L'ex-judoka Siteny entre en campagne et fragilise le boycott de l'opposition
Il se défend d’avoir brisé l’unité de l’opposition. L’ancien judoka Siteny Randrianasoloniaiko est entré en campagne pour affronter le président malgache sortant, Andry Rajoelina, laissant les dix autres candidats du « collectif des 11 » poursuivre seuls leur boycott d’une élection qu’ils considèrent comme biaisée et jouée d’avance. Dimanche 22 octobre, le candidat n° 13 a tenu son premier meeting à Vohémar, dans le nord de l’île, où l’effondrement du secteur de la vanille a ruiné des milliers de planteurs.

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23/10/23 - Tribune - Edito - Le quitte ou double de Siteny
Siteny Randrianasoloniaiko a donc décidé de franchir le pas samedi dernier et de poursuivre sa campagne électorale, tout en affirmant le maintien de son implication dans le Collectif des 11 candidats. Cet artifice rhétorique du postérieur entre deux chaises ne convaincra pas grand monde en-dehors de son camp. Malheureusement pour lui, dans un contexte culturel nourri aux mamelles du marimaritra iraisana à coups de ny mitabe tsy lanin’ny mamba, le voir abandonner le Collectif à ses promenades en portant des choux provoque de l’incompréhension, des suspicions et des irritations.
Pour le moment, le reste du Collectif s’est gardé de déclarations condamnant cette décision, se contentant de rappeler que la série de Diabe continue ce lundi. Roland Ratsiraka s’est juste permis une pique sur sa page Facebook, déplorant "qu’un des leurs fasse propagande alors que l’un des candidats a été blessé". Par contre, la majorité des réactions sur les médias sociaux est très négative et les attaques contre Siteny pleuvent. Il est accusé de faire le jeu du gouvernement, voire de n’être finalement qu’un pion de Rajoelina ou de Ravatomanga, l’homme le plus discret et pourtant le plus omniprésent dans la vie politico-économique à Madagascar. Tant et si bien d’ailleurs que quand les gens le mentionnent, c’est en chuchotant ou en utilisant divers surnoms.

<> 20/10/23 - Mondafrique - Olivier Vallée - Madagascar, un profond malaise social au coeur de la Présidentielle
En cette fin de cycle politique et sur la piste cahoteuse des élections présidentielles de novembre 2023, chaque dossier devient politiquement brûlant, au risque de dissimuler le plus important : à la différences des autres pays africains, l’appauvrissement de la population malgache semble irréversible.  Une chronique d’Olivier Vallée, de la revue « Le Grand Continent »

<>19/10/23 - 59 organisations de la société civile exigent l’abandon des charges à l’encontre d’un défenseur des droits humains. Son procès est annoncé pour le 26 octobre. Thomas Razafindremaka (Ihosy, région Ihorombe) a été convoqué par le tribunal correctionnel du PAC le 28 septembre. Les chefs d’accusationmentionnés dans la convocation à comparaître sont : s’être immiscé dans des fonctions dévolues aux huissiers de justice et celle des avocats et fait des actes de ces fonctions ; en tant que président d’une association, avoir sollicité sans droit une somme d’argent pour sa fonction ou sa mission ; avoir employé des manœuvres frauduleuses pour persuader, escroquer la fortune d’autrui ;avoir, dans l’exercice de ses fonctions, commis un acte en violation des lois et règlements afin d’obtenir un avantage pour lui-même ou son entité. Thomas Razafindremaka a naturellement nié ces accusations. En effet, la collecte des cotisations auprès des membres adhérents fait partie des clauses des statuts de son association, comme dans le cas de la plupart des associations à Madagascar. Comme tout défenseur des droits humains et acteur de la société civile, il a également mené des activités de conseil, d’orientation, de formation et a organisé des réunions, des ateliers ainsi que des séances de dialogue avec les autorités administratives locales sur différents domaines dont l’insécurité, la corruption, le plaidoyer… Thomas Razafindremaka possède une carte de défenseur des droits de l’homme délivrée par Frontline Defenders et réalise le travail qui lui incombe dans ce cadre. La principale plaignante a décrit les faits de manière très embrouillée et n’a pas pu présenter de témoin. Les deux avocates ont démonté chacun des chefs d’accusation et insisté sur l’absence de preuves. Elles ont également rappelé que Madagascar a ratifié des conventions et traités relatifs aux droits humains et que le prévenu a effectué son travail de défenseur des droits.

Thomas Razafindremaka a œuvré de manière courageuse et efficace pendant des années dans la défense et la protection des droits des communautés locales, des petits paysans, en particulier dans le cadre de l’accaparement de terres par des entreprises d'agribusiness et/ou minières et la dénonciation des actes de corruption dans la région de Ihorombe.

Les actions des activistes de la société civile sont de plus en plus délibérément interprétées à tort comme se substituant aux fonctions des avocats ou d’autres structures et représentants locaux. Ce genre de fausses interprétations avait déjà nui à feu Mr Raleva de Mananjary.

Les OSC signataires affirment que toute sanction éventuelle infligée à Thomas Razafindremaka constituera un déni de l’Etat des principes relatifs aux droits des défenseurs des droits humains tel qu’énoncé dans la DUDH, marquera le manque de volonté de l’Etat à adopter le projet de loi sur les lanceurs d’alerte et défenseurs des droits, et renforcera le sentiment grandissant de répression à l’endroit des organisations de la société civile.

<> 19/10/23 - Tribune - Edito - Dilemmes multiples pour les 11 candidats
On ne peut qu’approuver la décision du Collectif des 11 candidats à renoncer, pour le moment, à la conquête de la Place du 13 mai. La brutalité sans scrupules utilisée par les forces de répression à la solde du pouvoir a jusqu’à présent fait échouer les tentatives dans ce sens. Pour donner le change, le Collectif a donc décidé de poursuivre son périple en périphérie (Itaosy, Ambohipo, Tanjombato, Anosibe, Ambodimita etc.), sans risque de confrontation avec les barrages militaires au centre-ville. Sans doute cet revirement empreint de sagesse est le résultat de négociations menées en coulisses par les médiateurs du FFKM. L’effet secondaire est toutefois le risque de voir leur mouvement perdre de sa dynamique.

<> Interview d'Andry Rajoelina par France 24 et RFI :
https://www.youtube.com/watch?v=Ko5OfMuBUzs
« L'opposition veut confisquer la présidentielle » Le candidat, comme l’ex-président du Sénat, Herimanana Razafimahefa, a choisi les médias français pour riposter aux mises en cause dont il est l’objet. L’Express note que « depuis quelques temps, les hauts responsables du pays s’expriment sur des chaînes internationales plutôt que de donner les informations aux journalistes malgaches. » La prestation a été jugée peu convaincante par certains observateurs et n’a pas apporté d’informations nouvelles sur les sujets controversés, hormis cet aveu : « Ce n’est pas un crime que Madagascar les voies et moyens pour protéger notre nation contre toute attaque extérieure ou intérieure et déstabilisation de notre pays », a notamment déclaré Andry Rajoelina Il précise que ce logiciel de cyber-espionnage Predator acquis est l’IMSI catcher, un « dispositif mobile permettant d’intercepter à courte distance les conversations téléphoniques ». Il s’agirait d’un  « matériel d’essai » qui n’a « pas été installé dans sa totalité » et dont « une grande partie a été retournée en France » depuis.

<> 18/10/23 - Des associations déposent une plainte contre Tozzi Green
Le 13 octobre 2023, trois ONG et collectifs malgache, italien et français ont porté plainte contre l’entreprise italienne JTF Tozzi Green pour ses activités agro-industrielles à Madagascar. La plainte a été déposée devant le Point de contact italien de l’OCDE, pays où se trouve le siège de la multinationale. Il s’agit de la première plainte portant sur un cas d’accaparement de terre dans un pays du Sud. Les Etats belge et finlandais sont également concernés puisqu’ils financent Tozzi Green, à travers leurs banques publiques de développement

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16/10/23 - Le Monde -  A Madagascar, toutes les alternances se sont faites en dehors des règles
Solofo Randrianja est professeur d’histoire à l’université de Tamatave (Toamasina). Spécialiste de la vie politique contemporaine, il décrypte les causes de la nouvelle crise électorale que traverse Madagascar à un mois du premier tour du scrutin présidentiel dont la date a été reportée au 16 novembre. Si la manipulation des institutions et la violation des lois par le président sortant Andry Rajoelina sont les déclencheurs de cette crise, elle puise aussi ses racines, selon l’historien, dans l’existence d’un Etat dysfonctionnel. Entre le système de la royauté qui prévalait avant la colonisation et celui de la République importée ensuite, « l’hybridation n’a pas fonctionné », constate-t-il.

<> 12/10/23 - Le Monde - Predator - Comment le groupe français Nexa a vendu le logiciel espion à Madagascar
L’enquête de « Mediapart » et du consortium European Investigative Collaborations révèle que du matériel de surveillance a voyagé par valises diplomatiques au départ de l’ambassade malgache en France alors qu’aucune licence d’exportation n’avait été finalisée. L’EIC révèle notamment qu’en novembre 2020, une équipe de Nexa s’est rendue à Madagascar pour effectuer une démonstration des outils de surveillance que l’entreprise et ses partenaires pouvaient commercialiser. Plus étonnant encore : dans le cadre d’enquêtes judiciaires visant Nexa et son ancienne forme Amesys, les gendarmes français ont découvert qu’à la même période le téléphone d’un cadre de la société contenait un rapport de surveillance confidentiel concernant Roland Rasoamaharo, un journaliste malgache très critique du pouvoir [patron de la Gazette de la Grande Île], suggérant que la présentation de Nexa avait directement pour objet de démontrer son « usage politique ». Nexa est également accusé d’avoir fourni du matériel d’interception et de surveillance au pays en mai 2021, avant même que tout contrat ou licence d’exportation soient finalisés, à la suite de pressions de la présidence malgache, qui craignait à l’époque un coup d’Etat. Selon les éléments obtenus par l’EIC, du matériel livré par Nexa à l’ambassade malgache à Paris aurait voyagé dans des valises diplomatiques jusqu’à Antananarivo, afin d’éviter tout contrôle. Au cours de l’été 2021, les autorités du pays ont arrêté une vingtaine de personnes, dont au moins deux ressortissants français, et affirmé avoir déjoué une tentative d’assassinat visant le président Rajoelina.

Article de Madiapart (plus complet) :
Predator Files - Le logiciel espion en roue libre à Madagascar

<> 10/10/23 - Tribune - Présidentielle 2023 - Le président du Sénat dénonce des  pressions  et des menaces de mort - Edito : Voyoucratie
Une révélation qui tombe au moment où la situation politique devient de plus en plus tendue. A la veille du coup d’envoi de la campagne électorale. Herimanana Razafimahefa, président du Sénat a avoué avoir subi des pressions, voire des menaces de mort pour renoncer à la présidence de la République par intérim. L’information a été révélée par la journaliste correspondante du journal France 24 à Madagascar, Gaelle Borgia. Après la renonciation surprise du président de Sénat à assumer les fonctions du présidence de la république par intérim, les supputations autour d’éventuelles pressions à son encontre ont circulé. Interviewé encore récemment, Herimanana Razafimahefa a affirmé que la décision était indépendante de sa volonté.

Le président du Sénat s'est rendu à la HCC pour déposer une lettre affirmant sa détermination à assumer cette fonction à laquelle il aurait été contraint de renoncer.Suite aux révélations du président du Sénat, le Collectif des 11 candidats demande l'ouverture d'une enquête indépendante par le ministère public. Le Collectif estime que la lettre de renonciation, extorquée sous la menace, est nulle et de nul effet, et tout acte et décisions qui sont subséquents doivent être considérés comme n'ayant jamais existé.

 Herimanana Razafimahefa a reconnu publiquement au micro de Gaëlle Borgia (France 24) avoir dû renoncer à devenir chef de l’État par intérim après avoir reçu des menaces de mort. C’est un nouvel épisode de la voyoucratie qui prend racine à Madagascar depuis plus d’une décennie. Qui avait intérêt en coulisses à verrouiller le pouvoir et le laisser aux mains du fidèle et efficace Christian Ntsay, au détriment des dispositions constitutionnelles, et pour quelles raisons ?

<> 05/10/23 - Jeune Afrique - Madagascar- La place du 13-Mai sera-t-elle l'arbitre de la présidentielle ?
Pour le gouvernement, la menace est réelle. Malgré le petit nombre de manifestants déployés – quelques centaines – la place du 13-Mai a été rendue totalement infranchissable. « S’ils arrivent à occuper cette place située au cœur de Tana, même de moitié, tout pourrait basculer », explique Denis Alexandre Lahiniriko, enseignant en histoire politique à l’université d’Antananarivo. Depuis le mois de mai 1972, la place est en effet devenue le lieu où se font et défont les régimes. À l’époque, des foules de jeunes et de travailleurs révoltés s’y étaient rassemblés afin de s’insurger contre les accords de coopération avec la France. Le mouvement avait tourné aux affrontements sanglants avec le régime et les forces de l’ordre, avant d’entraîner la chute du président Tsiranana. Un souvenir gravé dans les mémoires des Malgaches et de leurs dirigeants, qui connaissent donc la puissance symbolique et mobilisatrice de l’endroit.

1991, 2002, 2009, 2018 … « Tous les mouvements de contestation qui arrivent à maîtriser la place réussissent à renverser l’État », raconte un ancien ministre. « Si le gouvernement tient à ce que les élections se déroulent le 9 novembre, il doit empêcher l’accès à cette place. Inversement, les opposants sont obligés de l’atteindre pour légitimer leur mouvement », ajoute-t-il. « Les opposants continueront à essayer d’atteindre la place », assure l’ancien ministre, « avant l’élection, pendant et peut-être après ». Mais le gouvernement se montre intransigeant. « Jamais des démonstrations politiques n’ont drainé autant d’éléments sécuritaires, même dans les années 70 », s’étonne Denis Alexandre Lahiniriko qui y voit un signe de fébrilité du président sortant. Si Andry Rajoelina bénéficie d’une certaine assise et de l’appui du gouvernement, son bilan reste très critiqué. « Il cherche à faire une démonstration de force », ajoute le professeur. Entre un président sortant fort mais fragilisé, et une opposition faible qui veut se montrer forte, l’équilibre est complexe. « L’opposition joue sur le temps pour pouvoir affaiblir Rajoelina », analyse Denis Alexandre Lahiniriko, avec pour objectif principal de décaler les élections. Quant à l’armée, aujourd’hui fidèle au régime et qui participe à contenir les élans de l’opposition, elle pourrait retourner sa veste si le camp du président sortant commençait à montrer des signes de faiblesse.

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03/10/23 - Des candidats à la présidentielle blessés lors des manifestations du 2 octobre
[1]. Les autorités chargées de maintenir l’ordre avaient déployé les premiers engins de dispersion lacrymogène contre les manifestants et les partisans du collectif des 11 candidats à proximité d’Ambohidahy. Le collectif, en tête du cortège de quelques centaines de partisans, se dirigeait vers Analakely, au centre-ville d’Antananarivo, lorsque des grenades lacrymogènes ont été lancés au niveau de la HCC, à l’entrée du tunnel reliant à l’hypercentre. Les discussions entre candidats, députés et forces de l’ordre n’ont duré que quelques minutes. Les échauffourées entre les forces de l’ordre et les manifestants ont repris dans un autre quartier non loin de la première altercation. Les forces de l’ordre ont à nouveau tiré des grenades lacrymogènes. Rina Randriamasinoro, secrétaire général du TIM, ainsi qu’un garde du corps de Marc Ravalomanana, ont été appréhendés. Les candidats Andry Raobelina, Tahina Razafinjoelina et Rivo Rakotovao, président du parti HVM, ont été blessés lors des affrontements. Les candidats Siteny Randrianasoloniaiko, Jean-Brunelle Razafintsiandraofa et Lalaina Ratsirahonana étaient absents, comme la veille pour la déclaration du Collectif. Toutefois, comme le note Tribune et selon le HVM, ils maintiennent leur solidarité avec les candidats. Jean-Brunelle Razafintsiandraofa aurait été retenu à Ikongo pour des raisons personnelles, Lalaina Ratsirahonana serait confronté à des problèmes de santé et Siteny Randrianasoloniaiko se trouverait à l’étranger pour un déplacement professionnel au nom de l’UAJ (Union Africaine de Judo). Ce dernier a publié une déclaration par l’intermédiaire de l’agence chargée de sa communication, déclarant : « le gouvernement provisoire à la botte de Rajoelina veut aveugler les oppositions avec des gaz lacrymogènes. C’est notre démocratie qui pleure ». Les rumeurs d’une manifestation étudiante en préparation ont maintenu le cœur de la capitale sous tension. Les forces de l’ordre sont restées prépositionnées massivement dans le centre-ville. Elles indiquent que les manifestations ont fait 6 blessés dans leur camp. Marc Ravalomanana, Hajo Andrianainarivelo et Tahina Razafinjoelina n’ont pu rentrer chez eux avec leur véhicule dont les pneus avaient été crevés. Le commandant de groupement de gendarmerie d’Analamanga, le lieutenant-colonel Tojo Raoilijon, a affirmé que des individus armés figuraient parmi les manifestants voulant entrer en force sur la place du 13-Mai. « Nous avons saisi un couteau ainsi qu’un pistolet prêt à tirer car une munition était déjà engagée dans la chambre de l’arme », a-t-il indiqué. Le pistolet appartenait à l’un des gardes du corps de Marc Ravalomanana, qui fait partie des personnes arrêtées. Tojo Raoilijon a démenti les affirmations selon lesquelles des étrangers figuraient parmi les éléments des forces de l’ordre.

Les candidats affirment que ce qui s’est passé ne les empêchera pas d’essayer de nouveau. « On n’a pas réussi aujourd'hui » confiait à RFI le candidat Jean Jacques Ratsietison, « mais on reviendra demain, après-demain, jusqu’à ce que l’on trouve un accord entre toutes les parties ».

Les candidats ont invité le soir même leurs partisans à se réunir de nouveau le lendemain, pacifiquement, sur la voie publique, jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. Et le candidat Hajo Andrianainarivelo de promettre : « tant que nous ne serons pas autorisés à avoir un endroit pour rendre compte à nos électeurs, nous poursuivrons notre combat ».

Le site koolsaina.com écrit : « de plus en plus de personnes influentes prennent la parole, soit pour lui demander [Andry Rajoelina] de cesser de s’accrocher au pouvoir, soit pour inciter le peuple à se soulever. L’artiste Dama du groupe Mahaleo en fait partie. Dans une vidéo de 6 minutes[2], il dénonce les abus de pouvoir du régime pour défendre ses intérêts personnels. Il pointe du doigt Andry Rajoelina : ‘Il n’est pas clair, il a caché sa nationalité française, il a trompé le peuple malgache’, s’insurge-t-il. Et de conclure : ‘Ne laissons pas un vazaha diriger Madagascar, c’est le moment ou jamais de défendre notre pays ! ‘ »

RediffusionL’Express écrit : « Un film suranné. Depuis 1991, le scénario d’hier a été mille fois rediffusé sans que les acteurs et les spectateurs ne s’en lassent. Il tient toujours la tête dans le box-office même si le metteur en scène et certains acteurs changent. (…) Jouer les victimes après avoir fait des victimes et sans se rappeler que pas plus tard qu’il y a un ou deux mandats, ils étaient les bourreaux. (…) Comme l’histoire est un éternel recommencement, pourquoi changer une formule qui fait recette dans toutes les crises ? Il est vrai que pour certains jeunes premiers, c’était le premier grand rôle. Ils se sont fait tirer dessus avec leur inexpérience du mouvement de foule. Ainsi va le jeu de rôle dans l’univers politique. L’alternance se réduit aux permutations d’un côté ou de l’autre du pouvoir, telle une roue de charrette ou à un retour de manivelle. Il ne faut pas s’étonner si on tourne en rond et si on a du mal à trouver le bout du tunnel. »

<> 03/10 - Rassemblements électoraux : levée des interdictions le 10 octobre, à l’ouverture de la campagne officielle. L’article 97 de la loi organique relative au régime général des élections et des référendums dispose que « les réunions publiques électorales, les défilés, les cortèges ainsi que les rassemblements électoraux ou référendaires sont libres, sous réserve de déclaration préalable écrite et adressée au représentant de l’Etat territorialement compétent au niveau de la localité concernée ». Le préfet de police ne pourra plus interdire les meetings et rassemblements organisés par le collectif des candidats et/ou l’un de ses membres, du moment qu’ils ne sont pas tenus « dans les édifices culturels ou les lieux de travail, les bâtiments administratifs ou casernes ». La place du 13-Mai et le Palais des sports de Mahamasina ne figurent pas dans la liste des sites et endroits expressément interdits. « Reste à attendre si le préfet de police va user et abuser de ces dispositions », écrit Midi.

 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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30 septembre 2023

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale - Candidatures
          Démission du président-candidat, intérim présidentiel

          L'affaire
Romy Andrianarisoa, directrice du cabinet civil de la présidence.

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Gouvernance
  • Traite d'être humains
  • Droit de l'enfant
  • Santé, hygiène
  • Education, université
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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29 juillet 2023

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale
          La bi-nationalité d’Andry Rajoelina
          Autres questions

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Trafics de personnes, migrations
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant
  • Santé, drogues
  • Education, université
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

>> Télécharger la revue de presse  Pdf,30 pages

30 juin 2023

REVUE DE PRESSE - JUIN 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale
          La révélation de la double nationalité d’Andry Rajoelina
          Autres questions

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant, albinisme
  • Santé
  • Education, université
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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21 juin 2023

ARTICLES REMARQUES - JUIN 2023

<> 20 06 23 - Le Monde - A Madagascar la controverse sur la nationalité française du président Andry Rajoelina vire à la crise de défiance
Andry Rajoelina peut-il encore être considéré comme le chef de l’Etat malgache au regard de la loi ? Peut-il être le « président français de la république de Madagascar », comme s’interrogeait La Tribune de Madagascar dans son édition du samedi 17 juin ? La question se pose depuis la divulgation, le 15 juin, de sa naturalisation française par un décret signé par le premier ministre Manuel Valls et le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve le 19 novembre 2014. Selon plusieurs témoignages, cette nationalité lui avait été accordée en échange de son retrait – qui ne fut que temporaire – de la scène politique un an plus tôt, en 2013. Quatre ans après le coup d’Etat qui lui avait permis d’accéder à la tête de Madagascar, cela devait permettre au pays de tourner la page du régime de la transition.

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20 06 23 - Nouvelles du monde : un cardinal gris entre dans le jeu politique à Madagascar

 Le puissant homme d’affaires Mamy Ravatomanga préparerait sa campagne présidentielle. Un associé du cabinet de lobbying Ballard Partners a confirmé sous couvert d’anonymat un contrat avec « un homme d’affaires puissant, véritable maître de Madagascar, qui prépare une importante campagne politique dans les mois à venir ». L’annonce de l’extension des activités du célèbre groupe de lobbying américain, ainsi que l’ouverture d’un bureau de représentation à Antananarivo, a été publiée sur le site officiel de la société le 12 juin. Elle a rapidement été supprimée sans donner de raison, les responsables de l’entreprise indiquant un « possible problème sur le site web ». L’homme d’affaires qui est devenu client du cabinet de lobbying américain, comme l’ont confirmé plusieurs membres du personnel diplomatique malgache à Washington, est le bras droit du président Rajoelina. Celui-ci aurait décidé de sortir de l’ombre en raison de désaccords importants avec le président, notamment concernant les exportations de vanille, de litchi et de bois. Mamy Ravatomangasouhaiterait désormais faire de la politique un autre volet de ses activités lucratives. Récemment, les médias ont appris que l’agence de relations publiques ESL & Network, basée à Paris, travaille avec Mamy Ravatomanga sur sa campagne politique et sur l’amélioration de son image internationale et locale. C’est probablement grâce aux connexions d’ESL & Network que l’homme d’affaires a pu rapidement négocier un partenariat avec Ballard Partners. Ce dernier entretient des liens étroits avec les politiciens républicains du Sénat et de la Chambre des Représentants, mais a également des contacts avec les démocrates. D’après les informations contenues dans le contrat, le Groupe Sodiat versera environ 100 000 dollars par mois à Ballard pour une période allant jusqu’à janvier 2024, date de l’investiture du nouveau président.

<> 17 06 23 - Tribune - Edito - Monsieur le Président français de la République de Madagascar
Depuis quelques jours, les réseaux sociaux s’enflamment autour du buzz concernant les preuves de la nationalité française du Président Rajoelina. Ce sujet avait déjà été évoqué il y a quelques mois quand la Gazette de la Grande île avait publié la copie de sa carte d’identité. Il se raconte d’ailleurs dans les cercles généralement bien informés que c’est cette publication qui a été la véritable origine de la disgrâce du fondateur de ce journal, Lola Rasoamaharo, comme le rappelle le journal Le Monde.

<> 16 03 23 - L'Express - Edito de Vanf - être ou ne pas être Malgache, et seulement Malgache
Le sujet de la nationalité française de Andry Rajoelina revient sur le tapis alors que l’intéressé a été reçu à l’Élysée, par le président français.

<>15 06 23 - Le Monde - Madagascar :le président Rajoelina est bien français
Le président malgache Andry Rajoelina a acquis la nationalité française par naturalisation en 2014. La décision a été publiée au Journal officiel le 21 novembre de la même année suite au décret signé deux jours plus tôt par le premier ministre Manuel Valls et le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve – selon les documents que nous avons consultés. Sa femme Mialy Razakandisa ainsi que leurs trois enfants ont bénéficié de la même procédure. La famille vivait alors en France après qu’Andry Rajoelina, président de la transition de 2009 à 2013, a accepté de se mettre en retrait afin de tourner la page du coup d’Etat qui l’avait porté au pouvoir et permettre au pays de renouer avec l’ordre constitutionnel.

<> 23 06 23 - Craad-OI  & Société civile - Pour qui travaillent les autorités et les élus de Madagascar ?
Avec l’adoption à la quasi-unanimité des parlementaires des différentes lois récemment révisées - à l’instar de la loi sur les investissements, du code minier, ainsi que des deux dernières lois sur les propriétés privées non titrées - dans lesquelles le respect et la protection des droits des communautés ont été ignorés malgré les alertes lancées par la société civile, toutes les conditions sont réunies pour laisser libre cours à la violation des droits des communautés.

- 01 06 23 - La Tribune.fr - Le candidat à la présidentielle qui secoue le paysage politique malagasy
Siteny Randrianasoloniaiko, 50 ans, ex-champion de Judo devenu président de l'Union africaine de judo (UAJ) et vice-président de la Fédération internationale de judo (FIJ), fait de plus en plus parler de lui, à moins de six mois des présidentielles. Le député à Tuléar revient pour La Tribune Afrique sur son parcours, sa vision politique pour Madagascar et dément tout soutien politique ou financier de la Russie.

 


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31 mai 2023

REVUE DE PRESSE - MAI 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale
          Autres questions

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, kidnappings, albinisme
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant
  • Drois des femmes
  • Santé, personnes handicapées, trafic de drogue
  • Education, université
  • Médias, communication, défenseurs des droits

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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29 avril 2023

ARTICLES REMARQUES - AVRIL 2023

 

doc <> 29 04 23 - Mongabay.com - Qu'arrive-t-il aux villageois lorsqu'une mine de graphite vient frapper à leur porte ?

https://news.mongabay.com/2023/04/madagascar-what-happens-to-villagers-when-a-graphite-mine-comes-knocking/

Lorsque les représentants d'une société minière australienne sont arrivés dans le village d'Ambohitsy Haut, dans le sud de Madagascar, ils ont annoncé aux habitants qu'ils voulaient forer des trous à la recherche de graphite dans leur village. Les villageois ont accepté, mais ils ont été clairs : vous pouvez creuser, mais loin de nos tombes ancestrales.
En novembre, la société BlackEarth Minerals (BEM) a annoncé aux investisseurs qu'elle était prête à passer à l'étape suivante, l'exploitation, et qu'elle prévoyait de commencer la construction d'une mine cette année, ce qui pourrait signifier la réinstallation des villageois et le déplacement de leurs tombes. Mais les villageois ont déclaré qu'ils n'avaient pas donné à l'entreprise l'autorisation de le faire.
BEM, aujourd'hui connu sous le nom d'Evion Group, présente Madagascar comme une alternative à la Chine, actuellement premier fournisseur mondial de graphite, mais les experts et les activistes affirment que la ruée vers le graphite arrive dans un pays et des communautés mal préparés : des lois minières obsolètes, un régime de droits fonciers fragile et des protections environnementales et sociales insuffisantes.
Un haut responsable d'Evion a déclaré à Mongabay que les villageois n'avaient pas de droits privés sur les terres, mais que l'entreprise respecterait leurs droits traditionnels.

 <> 19 04 23 - Le Monde - Crise de la vanille à Madagascar où des centaines de tonnes de gousses invendues s'accumulent
A sept mois de la présidentielle, le chef de l’Etat Andry Rajoelina a admis l’échec de sa politique de fixation des prix. Un compromis doit être discuté avec les importateurs le 24 avril.

L’assemblée générale de la plus grosse fédération de planteurs de vanille (plus de 400 membres) exprime son inquiétude suite à la libéralisation annoncée de la filière.
L’annonce a causé remous et interrogations, notamment chez les premiers acteurs de la chaîne de valeur : les planteurs. Edena Ramananto, président de l’association Volamena Maintso [Or Vert en français], a pris la parole pour exprimer son désarroi et mettre le président de la République face à ses contradictions. « On craint que le gouvernement se soit laissé influencer par certains exportateurs qui se moquent complètement de savoir si nous pourrons survivre à une telle décision. Parce que si la libéralisation sauvage est mise en place, les exportateurs seront capables de nous imposer l’achat de la vanille à 5 000 ariary [1,04 euro]. Et ça, ça peut provoquer le décès des planteurs. » Chez les planteurs, l’épisode de la dernière libéralisation, en 2003, a laissé un goût amer. Les prix se sont envolés pour atteindre 500 000 ariary le kilo de verte, jusqu’au crack, l’année d’après, où son prix n’a pas dépassé les 5 000 ariary le kilo. C’est justement pour stopper cette fluctuation imprévisible qu’avait été instauré un prix plancher en 2020 (250 dollars le kilo). Une réunion entre le chef de l’État et les exportateurs a été fixée pour débattre des conditions de libéralisation de la filière. Elle devrait être suivie par un autre débat, avec les importateurs internationaux. D’intenses pourparlers sont engagés avec les principaux importateurs américains et européens, en position de force face à un gouvernement dont ils n’ont jamais accepté l’ultimatum. A moins de sept mois de l’élection présidentielle, l’enjeu dépasse le sort de la Sava, dont les suffrages n’étaient pas allés à Andry Rajoelina en 2018.

 


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31 mars 2023

REVUE DE PRESSE - MARS 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales

          Organisation du scrutin présidentiel -contexte électoral
          Précampagne électorale
          Autres questions

  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, kidnappings, albinisme
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Migrations
  • Droit de l'enfant
  • Drois des femmes
  • Santé, malnutrition
  • Education, université
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources minières et halieutiques, foncier
  • Dérègement climatique, environnement, intempéries
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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28 février 2023

REVUE DE PRESSE - FEVRIER 2023

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, kidnappings
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Migrations
  • Droit de l'enfant
  • Santé
  • Education, université
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources minères
  • Dérègement climatique, environnement, intempéries
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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15 février 2023

ARTICLES REMARQUES - FEVRIER 2023

- 14 02 23 - Le Monde - A Madagascar, Andry Rajoelina face à un mécontentement grandissant
« A neuf mois de l’élection présidentielle, la situation sociale continue de se dégrader, avec un taux de pauvreté record, tandis que la fronde sourd dans le camp du chef de l’Etat.
Le tournant social d’Andry Rajoelina n’aura duré que quelques jours. Vendredi 3 février, moins d’une semaine après avoir annoncé le gel des grands investissements et donné l’ordre à ses ministres de se rendre ‘dans les quatre coins du pays pour aider et soutenir la population sur tout ce qui est urgent’, le chef de l’Etat a annulé ses directives. Il a confirmé la poursuite des projets emblématiques du Plan Emergence promis en 2018, comme le téléphérique à Antananarivo, l’autoroute entre la capitale et Tamatave ou la ville nouvelle de Tanamasoandro… »

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07 02 23 - Collectif Tany - Les protestations et désillusions des communaués impactées par le projet JTF Tozzi Green
En cette période où les dirigeants appellent constamment des investisseurs nationaux mais aussi étrangers à venir investir dans l’agrobusiness à Madagascar, l’essentiel des résultats et les suites d’une mission de chercheur envoyée par le Collectif TANY dans la région Ihorombe en septembre 2022 méritent d’être connus par l’opinion publique car la société italienne Tozzi Green puis sa filiale malgache dénommée JTF ont signé avec l’Etat deux contrats de location, bail emphytéotique, pour 30 ans sur 6.500 ha dans deux communes en 2012,  puis sur plus de 4.000 ha dans les trois communes de Satrokala, Andiolava et Ambatolahy en 2018.
Dix ans après la signature du premier bail, quelles étaient les réalités vécues et les opinions de la trentaine d’habitants interrogés concernant les conséquences des activités de la société JTF-Tozzi Green ?

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31 01 23  - Collectif Tany - Les autorités qui décideraient de faire démarrer les activités de Base Toliara mettraient en danger la santé et la survie des communautés locales
L’ONG dénonce l’offensive médiatique agressive de différents groupes de la région Atsimo-Andrefana qui réclament avec insistance la reprise des activités du projet minier [Les articles répétitifs en ce sens se multiplient dans des quotidiens tels Midi ou L’Express] Ces articles mettent en avant le nombre d’emplois que permettrait de créer ce projet. De nombreuses communautés et personnalités locales s’étaient élevées dans le passé contre le démarrage de l’exploitation des sables minéralisés. Le Collectif Tany fait partie de ceux qui s’opposent au redémarrage du projet et rappelle les principales raisons de cette opposition, déjà exposées à plusieurs reprises. Les arguments avancés reposent notamment sur le caractère éminemment radioactif des sables minéralisés, scientifiquement attesté. Les milliers d’emplois promis ne perdureront pas au-delà de la phase de construction. Au cours du cycle de vie de tout projet minier, le nombre d’emplois nécessaire baisse pendant la phase d’exploitation, et certains emplois locaux sont permanents, d’autres temporaires. Le nombre d’emplois directs ou indirects permanents créés par le projet ne compensera pas le nombre d’emplois détruits en conséquence, dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Des terres cultivées actuellement ne pourront plus l’être. Des communautés vont perdre leurs terres arables et leurs moyens de subsistance. Enfin, cette région est connue par son insuffisance hydrique qui serait encore être aggravée par cette exploitation minière forte consommatrice d’eau, au détriment des besoins agricoles et ménagers. Une situation qui sera encore aggravée par le changement climatique. Si le projet Base Toliara devait redémarrer, la sécurité alimentaire et le droit à l’eau des communautés riveraines seraient mis à mal.

Le Craad-OI et un ensemble d’ONG dénoncent dans un communiqué « la collusion des élus politiques avec des intérêts extérieurs pour imposer Base Toliara aux communautés qui refusent ce projet extractiviste. Plusieurs élus locaux de la région Atsimo Andrefana se sont transformés en lobbyistes. La campagne médiatique continue en toute impunité, en dépit de la décision ministérielle interdisant les opérations et les activités de communication de Base Toliara qui reste en vigueur, les représentants des communautés qui résistent à ce projet ont d’énormes difficultés à se faire entendre, que ce soit par les media ou par les autorités concernées. Cette collusion est d’autant plus répréhensible qu’elle se fait en violation du droit de ces communautés au consentement, libre, éclairé, préalable et continu face à de tels projets, et menace gravement leurs moyens d’existence ainsi que leurs droits à la terre, à l’eau et à un environnement propre, sain et durable. Face aux rumeurs grandissantes au sujet de l’annonce imminente de la reprise des opérations du projet Base Toliara. Le Craad-OI et d’autres ONG rappellent au chef de l’Etat et aux autorités qu’en premier lieu ils sont redevables envers les citoyens qu’ils sont les premiers responsables du respect, de la protection et de la réalisation de leurs droits. »

 


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26 janvier 2023

ARTICLES REMARQUES - JANVIER 2023

<> 26 01 23 - Le Monde - Fondation Mo Ibrahim - Le développement de l'Afrique freiné par l'insécurité et un recul de la démocratie
<> 26 01 23 - RFI - Le rapport de la fondation Mo Ibrahim pointe un déclin de la bonne gouvernance en Afrique
<> 26 01 23 - Rapport Mo Ibrahim sur la gouvernance en Afrique 2022 - Principales conclusions
Dans son indice de la bonne gouvernance, l'organisation fondée par le milliardaire anglo-soudanais fait le constat d'« un recul généralisé de la démocratie » et d'une « situation sécuritaire de plus en plus tendue ». Au cours de la décennie 2012-2021, le continent est devenu moins sûr et moins démocratique. Et même dans les pays dits « performants », il y a parfois aussi des surprises.
Sur les 54 pays africains, 35 progressent, alors que 19 reculent en matière de bonne gouvernance, selon l'indice Mo Ibrahim qui classe les États du continent selon leurs efforts en matière de sécurité, participation, développement humain et opportunités économiques. En tête du classement : l'île Maurice, suivi des Seychelles, de la Tunisie, du Cap-Vert et du Botswana.

- 03 01 23 - Midi - Serge Zafimahova : "Une nouvelle crise post-électorale est prévisible"
Cette nouvelle année sera politique. Avec les élections qui se profilent, la conjoncture risque de connaitre à nouveau des hauts et des bas. Serge Zafimahova, observateur averti de la vie politique depuis trois décennies, livre son point de vue sur les sujets qui vont animer les chaumières. Entretien.

 

 


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31 décembre 2022

REVUE DE PRESSE - DECEMBRE 2022

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, kidnappings
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Migrations
  • Droits des femmes
  • Droit de l'enfant, albinisme
  • Santé, hygiène
  • Education, université
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, environnement
  • Foncier, aménagements
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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