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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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31 mai 2018

REVUE DE PRESSE - MAI 2018

Crise politique - La manifestation du 21 avril et ses prolongements – Quelques points de repère

Le chef de l’Etat a rejeté l’accusation faite aux forces de l’ordre d’avoir tiré à balles réelles lors de la manifestation du 21 avril.

La CNIDH a annoncé qu’elle enquête sur un « usage excessif de la force » durant la manifestation des « députés pour le changement ». « Nous sommes en train de collecter toutes les informations », annonce un membre de la Commission.

pov 07 05 18La mobilisation des 73 députés d’opposition s’est poursuivie durant toute la période, avec des rassemblements quotidiens sur la place du 13-Mai, des sit-in devant les siège de la HCC et des tentatives pour bloquer la machine administrative, rallier les fonctionnaires et agents publics à leur cause ainsi que les étudiants et les établissements scolaires. Ils ont décidé de boycotter les travaux de l’Assemblée nationale jusqu’à réalisation de leur objectif : la démission ou la déchéance du président de la République pour non mise en place de la HCJ dans les délais impartis par la Constitution. Les forces de l’ordre sont restées sur la réserve, tout en invitant les citoyens à ne pas se laisser manipuler par les politiques et en invitant ceux-ci à respecter les libertés d’opinion, d’expression, d’association, de réunion, de circulation et de conscience.

La HCC a rejeté la plupart des dispositions controversées des projets de lois électorales, au grand dam des juristes et de la société civile qui lui ont fait le reproche de se substituer au législateur. Le gouvernement a décidé de mettre ces textes en conformité avec la décision de la HCC, sans les soumettre à nouveau au Parlement. Les textes amendés ont été promulgués.

La HCC a demandé au président de la République de fournir son mémoire en défense dans les 72 heures, suite à la requête aux fins de déchéance déposée par les députés de l’opposition. Son mémoire a été déposé par 79 députés et 85 sénateurs qui se sont rendus en cortège à la HCC.

pov 28 05 18La Cour a donné partiellement raison à l’opposition, maintenant Hery Rajaonarimampianina en fonction mais exigeant la constitution d’un gouvernement de consensus. Demi-défaite et demi-victoire pour chaque camp. Le président s’est vu imposé un délai de 10 jours pour former un nouveau gouvernement. C’est ce gouvernement qui devra organiser la prochaine élection présidentielle pendant la saison sèche, avant l’échéance prévue. Le chef de l’Etat s’est ainsi retrouvé avec un pouvoir considérablement réduit. La décision de la HCC a donné lieu de nouveau à de vives critiques : il lui est reproché d’avoir cédé aux pressions et menaces des 73 « députés pour le changement » et d’avoir édicté une feuille de route de sortie de crise qui outrepasse ses fonctions. Au lendemain de cette décision, l’opposition et les pro-régime ont tenu chacun un rassemblement dans la capitale. Les députés d’opposition ont continué à exiger le départ du chef de l’Etat et des chefs d’institution et ont déclaré vouloir durcir leur mouvement. Le SMM a déclaré que « la décision de la HCC ne revêt nullement un caractère judiciaire mais [qu’il s’agit d’une décision] politique (…) totalement illégale. La HCC a perdu toute sa dignité et ses valeurs ». La Cour, qui devrait être le garant de la constitutionnalité et le dernier rempart de la justice, s’est rendue coupable, selon le syndicat, d’un « déni de justice ».

POV 09 05 18Une nouvelle revendication a également fait son apparition : la destitution des députés qui auraient perçu des pots de vin durant leur actuel mandat.

Les 79 parlementaires pro-régime, satisfaits des appels au dialogue de la HCC, ont tenu des propos allant plutôt dans le sens de la conciliation et de l’apaisement. Ils ont émis le souhait que les députés d’opposition acceptent à nouveau de siéger à l’Assemblée.

La désignation du premier ministre de consensus, exigée par la HCC, a soulevé de nombreuses difficultés, notamment sur le fait de savoir quel parti sera habilité à proposer trois noms au chef de l’Etat car nombre d’élus du Mapar, parti majoritaire au début de la législature, ont changé de camp et le HVM n’existait pas au moment du scrutin. Les députés de l'opposition ont déposé une requête en déchéance pour les députés ayant changé de parti en cours de mandat, pratique prohibée par la Constitution.

Hery Rajaonarimampianina a demandé l’avis de la HCC sur la dissolution du gouvernement. Il souhaite connaître l’interprétation de la compétence présidentielle quant à la dissolution du gouvernement ainsi que les délais fixés par la HCC dans sa décision. Celle-ci ordonne au président de la République la dissolution du gouvernement alors que la Loi fondamentale accorde à ce dernier cette prérogative. Elles évoquent des dispositions qu’elle a outrepassé ses prérogatives.

Les députés et sénateurs proches du pouvoir ont également décidé de déposer une requête auprès de la HCC pour obtenir des précisions sur certains point de sa décision. Ils demanderaient ainsi à la HCC de préciser la signification du terme « accord politique ». Midi évoque une « guerre de requêtes entre les deux camps ».

La communauté internationale s’est mobilisée pour tenter d’amener les protagonistes à trouver un accord mais ses initiatives ont été rejetées par l’opposition. Le retour des émissaires de l’UA et de la SADC a été jugé particulièrement mal venu. L’UA a déploré dans un communiqué « « l’intransigeance des parties malgaches ». Plusieurs tentatives de médiation malgacho-malgache ont été rapportées et se poursuivent, sans que l’on sache précisément si elles ont permis de rapprocher les points de vue. Les initiatives prises par les Eglises du FFKM ne semblent pas avoir porté leurs fruits. L’émissaire de l’UA est revenu à Madagascar suite la demande de la HCC de constituer un gouvernement de consensus.

Tous ces efforts, conjugués avec l’ultimatum de la HCC, pourraient enfin déboucher sur une rencontre au sommet au CCI d’Ivato, avec la participation du chef de l’Etat et des trois anciens présidents, sous l’égide du CFM. Le FFKM serait également présent, tout comme la communauté internationale. D’après le CFM, l’objectif est de parvenir à un accord politique, conformément à la décision de la Haute Cour.

Le gouvernement a donné des consignes strictes aux autorités des provinces pour interdire la tenue de manifestations politiques sur la voie publique, alors que celles-ci étaient désormais autorisées dans la capitale. Les 73 « députés pour le changement », accompagnés de manifestants, ont déposé auprès du Conseil d’Etat une requête aux fins d’annulation et de sursis à exécution de la décision gouvernementale, s’insurgeant contre l’inégalité de traitement entre la capitale et les régions. Dans un communiqué Amnesty International a notamment déclaré : « Les autorités doivent respecter leurs obligations nationales et internationales de créer un environnement dans lequel les manifestants peuvent exercer leurs droits fondamentaux. (…) De même, la liberté d'expression doit également être respectée par l’opposition ». Le Conseil d’Etat a prononcé un « non-lieu à statuer ».  La direction de la législation et des contentieux a annoncé qu’un décret pris antérieurement avait déjà rétabli l’autorisation de manifester sur la voie publique dans les provinces.

Pour la chercheuse Ketakandriana Rafitoson, membre du SeFaFi, « les politiciens utilisent la pauvreté pour manipuler les foules ». La conférence épiscopale de Madagascar a exhorté les politiciens à respecter la trêve afin qu’ils puissent s’atteler à la recherche du bien commun et l’organisation d’élections libres et transparentes. Elle appelle la population à « ne plus accepter d’être de simples tremplins » pour les politiciens.

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L’archevêque de Toamasina, Mgr Désiré Tzarahazana a été nommé cardinal. Depuis le décès en 2010 de l’archevêque d’Antananarivo, Armand Gaëtan Razafindratandra, la Grande île n’avait plus de cardinal, au grand dam des fidèles. Le choix du Saint Siège a créé la surprise : tout le monde attendait que le pape accorde le titre à Mgr Odon Razanakolona, archevêque d’Antananarivo. Reçu par le chef de l’Etat, le cardinal Désiré Tsarahazana, accompagné du nonce apostolique, a affirmé que « l’Eglise ne s’immisce pas dans la vie politique », contrairement aux rumeurs véhiculées.

L’Australie renforce ses liens avec Madagascar. L'ambassadrice d’'Australie a annoncé que son pays va s'associer au PNUD pour renforcer les capacités des professionnels des médias à Madagascar et apporter son soutien aux institutions nationales dans le cadre du projet SACEM

La police nationale a mis en place des supports de communication sur le respect des droits humains, en collaboration avec le CICR et avec un financement de l’ambassade de Suisse. L’objectif est de renforcer le soutien que les forces de l’ordre doivent apporter à la protection de la population. Toutes les procédures mises en œuvre doivent obéir aux normes internationales, explique le ministre de la sécurité publique. Ces nomes doivent également s’appliquer dans les centres de rétention. « Le respect des droits de l’homme est au centre de nos préoccupations à Madagascar », affirme le représentant du CICR.

Le Rapport national de priorisation des ODD de Madagascar a été officiellement lancé. Madagascar a retenu 64 cibles parmi les 105 priorisables sur 169 cibles des 17 ODD, pour relever les défis de mettre fin à l’extrême pauvreté ; lutter contre les inégalités et l’injustice et s’adapter au changement climatique.

L’association pour la prévention de la torture (APT) en partenariat avec le ministère de la sécurité publique et le ministère de la justice a tenu un séminaire sur la mise en œuvre des garanties procédurales pendant la garde à vue.

Des bandes de dahalo armés ont encore semé la terreur dans plusieurs localités. Des membres d’une milice d’autodéfense villageoise ont été exécutés. Une bande de 28 dahalo armés a incendié une centaine d’habitations à Tsaratanana., faisant 450 sinistrés. A Maintirano, des villageois membres d’un Dina se sont rendus coupables d’actes de représailles qui ont conduit à l’exécution d’un chef de famille, tué à bout portant. La gendarmerie a ouvert une enquête. A Belo sur Tsiribihina, trois gendarmes ivres ont torturé un couple et ont échappé de peu à une vindicte populaire. Une trentaine de dossiers de vindicte populaire ont été enregistrés depuis l’affaire Antsakabary en févier 2017. Des informations judiciaires ont été ouvertes mais les familles des victimes demeurent sans réponse. Dans l’affaire Antsakabary, l’autorisation de poursuite de policiers ayant participé à l’expédition punitive, donnée par le ministre de la sécurité publique, n’a pas été suivie d’effet. Les 40 policiers impliqués n’ont été ni enquêtés ni déférés.

Un opérateur économique karana a été enlevé dans un quartier de la capitale.

Plus de 50 ans après son indépendance, Madagascar a enfin sa première Haute cour de justice (HCJ). Le décret de constatation de la désignation de certains membres a été rendu public par la présidence de la République trois jours après la mise en demeure de la HCC faisant suite au constat de carence du chef de l’Etat. La prestation de serment des 12 membres de la HCJ aura lieu le 1er juin.

La brigade de gendarmerie de Manjakandriana a été accusée d’avoir torturé deux prévenus. L’un des deux est décédé après son transfert à la maison centrale d’Antanimora. Le médecin-chef a conclu à un décès consécutif à des « contusions organiques internes et corporelles externes par tortures physiques fatales ».

Houcine Arfa a été condamné en appel à deux ans de prison ferme. Ses complices écopent de sept mois à un an. C’est le cas de deux agents pénitenciers et d’un médecin impliqué dans cette affaire. Le tribunal de première instance avait condamné le franco-algérien à trois ans de prison fin 2017. Le mandat d’arrêt international est confirmé. Aucun responsable du ministère de la justice n’a jusqu’alors été inquiété dans ce dossier, malgré de fortes suspicions. L’examen de la plainte déposée par Houcine Arfa auprès des tribunaux français aurait débuté fin mars. Interviewé par Tribune, l’ancien conseiller du président de la République confirme toute ses déclarations antérieures et se dit « prêt à débattre publiquement et en direct avec le gouvernement ».

Six arrestations ont été opérées suite au vol de 800 millions Ar au domicile du premier ministre fin 2017. L’affaire semble a mis les autorités dans l’embarras. Selon la gendarmerie, il s’agirait de « fonds spéciaux ».

La Croix-Rouge malgache va porter plainte dans l’affaire de détournements de fonds dont elle est accusée par la Fédération internationale de la Croix-Rouge. Les résultats de l’audit commandé par la Croix-Rouge norvégienne lui ont été transmis, ce qui devrait permettre de lancer de poursuites à l’encontre des responsables.

Un général et deux adjudants-chefs interceptés à Ihosy pour le transport de 120 sacs de cannabis à bord de trois véhicules. Les trois hommes, en poste à Toliara, étaient en tenue réglementaire.

Selon L’Express.fr, le parquet financier français enquête sur les achats immobiliers de Mamy Ravatomanga, PDG du groupe Sodiat, présenté par le magazine Forbes comme l'une des dix plus grosses fortunes de Madagascar en 2017 et proche conseiller d’Andry Rajoelina. Une demande d'entraide judiciaire aurait été adressée par la France aux autorités malgaches en juin 2017. Pour certains médias, le milliardaire soutiendrait le mouvement de contestation des 73 « députés pour la changement » dans le but de faire revenir au pouvoir Andry Rajoelina.

Les nouvelles dates de concours d’entrée à l’Ecole Nationale de la Magistrature et des Greffes (ENMG) ont été fixées aux 19 et 20 juin. Les résultats du concours qui s’était tenu début février avaient été annulés suite à des suspicions de corruption et aux pressions exercées par le Bianco, le SMM et la CNIDH. Aucune information n’a été donnée sur l’avancement de l’enquête confiée au Bianco. Des caméras de surveillance seront mises en place.

Les fraudes détectées par les services des douanes sont en forte hausse. Les inspections physiques des containers débarquant à Toamasina sont de moins en moins vaines. Selon des chiffres publiés par la Banque mondiale, les inspections physiques réalisées à la fin du troisième quadrimestre 2017 ont généré cinq fois plus de redressement que par le passé. Les amendes douanières perçues sont également en hausse. Pour la Banque, cette amélioration est le résultat de la mise en place d’un système d’évaluation de performance au sein de services de la direction générale des douanes. Les mesures prises pour améliorer la détection des fraudes ont également permis une diminution de la concurrence déloyale de produits importés.

Antananarivo affiche un taux de particules fines trois à six fois plus élevé que les valeurs recommandées par l’OMS. La capitale malgache figure parmi les villes au monde où l’air est le plus pollué.

Avec une sage-femme pour 16 000 habitants, soit trois fois moins que les normes internationales, Madagascar n’est pas en mesure de faire bénéficier de soins de qualité aux mères, aux nouveau-nés et aux femmes ayant besoin de services de santé sexuelle et reproductive. « Si toutes les femmes avaient accès à une sage-femme, 56 % des décès maternels et des nouveau-nés pourraient être évités », plaide l’UNFPA.

69 employées de maison expatriées au Koweït ont pu rentrer au pays grâce aux efforts de l’ambassade de Madagascar en Arabie Saoudite, du ministère des affaires étrangères et de l’OIM. Les procédures de rapatriement pour les 18 autres sont en cours mais se révèlent délicates. Trois femmes impliquées dans un réseau de migrations clandestines vers la Chine ont été incarcérées.

Les journalistes de la chaine Kolo TV ont publié un reportage accablant sur les abus sexuels commis sur mineures. Des actes banalisés, un sujet tabou. Selon La Gazette, de nombreux intervenants malgaches sont impliqués dans des réseaux formés pour offrir aux touristes étrangers des services à caractère sexuel impliquant des mineures.

La validation de la stratégie nationale de lutte contre le mariage précoce a été présentée en conseil de gouvernement. Elle vise à réduire de 41,2 % à 21,2 % le taux de prévalence du mariage des enfants à Madagascar en 2024.

Pour Mgr Odon Razanakolona archevêque d’Antananarivo, « le non-développement de Madagascar est lié aux tâtonnements et aux errements du système éducatif. (…) L’enseignement de base (…) ne semble plus être au cœur de l’action de l’État ».

A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de presse, le ministre de la communication, Harry Laurent Rahajason, a déploré « le manque de professionnalisme » des journalistes. « La plupart d’entre nous ne font que diffuser des fausses informations, violer la vie privée des gens ou diffamer », a-t-il lancé. En cause selon lui, « une liberté d’expression débridée. Au lieu d’utiliser cette liberté à bon escient, certains journalistes seraient en train de dépasser les règles du métier ».

Les médias privés ont joué un rôle déterminant dans le mouvement né de la manifestation du 21 avril, selon le sociologue André Rasolo. Pour la première fois lors d’une crise politique, la population a pu être informée du déroulement des évènements. Les médias ont pu contribuer à éveiller son esprit critique.

Arrestation d’un facebooker qui menait depuis plusieurs mois une campagne d’incitation à la haine à l’encontre de la communauté indienne. Les services spécialisés de la gendarmerie sont parvenus à identifier l’auteur. Il a été arrêté, déféré au parquet et condamné à une peine de deux années de prison avec sursis en application de la très contestée loi de 2016 sur la cybercriminalité.

Les activités de chalutiers chinois qui opèrent dans les eaux territoriales du Sud-Ouest soulèvent des inquiétudes. Pour le ministère de la pêche, ces bâtiments opèrent en toute légalité.

Un Malgache et un Franco-indien ont été arrêtés avec 7,3 kg d’or à Bombay au débarquement d’un vol en provenance de Dubaï. Un rapprochement a été fait entre le nom des trafiquants et de célèbres bijouteries karana de la capitale et de villes de province. En janvier, le propriétaire d’une de ces bijouteries, président de la communauté karana, avait été kidnappé puis libéré après paiement probable d’une forte rançon.

Une nouvelle étude confirme les chiffres préoccupants de la déforestation à Madagascar, qui menace une biodiversité unique. Madagascar a perdu 44 % de ses forêts naturelles depuis les années 1950 et les massifs forestiers restants sont extrêmement fragmentés.

Les inspecteurs des domaines contestent la loi sur les ZES qui présenterait le risque de vente de terrains à des étrangers et d’accaparement de terres. Une préoccupation qui rejoint celle de la société civile.

La Cour d’appel de Fianarantsoa a maintenu la condamnation à deux ans de prison avec sursis à l’encontre de l’écologiste Raleva, membre de l’association chrétienne Justice et Paix, pour avoir contesté la légalité des activités d’une compagnie minière chinoise d’extraction d’or dont le gouvernement a par la suite ordonné la fermeture pour des raisons de non-conformité. La partie plaignante a brillé par son absence. La CNIDH a assisté au procès en observateur. L’avocat de Raleva annonce un pourvoi en cassation. Amnesty International a publié un communiqué demandant que la condamnation soit annulée et que toutes les charges retenues contre lui soient abandonnées.

Le militant écologiste Clovis Razafimalala a été récompensé par la « Fondation allemande pour l'Afrique » pour son combat en faveur de la défense de l'environnement.

Un programme financé par le gouvernement coréen, d’un montant de 6,1 millions de dollars, bénéficiera à plus de 200 000 jeunes filles de la région Anosy. Ce programme, d’une durée de 4 ans, sera mis en œuvre par l’UNICEF, les partenaires ministériels et la société civile.

Madagascar et Maurice ont signé quatre accords de coopération préparés par une Commission mixte depuis deux ans. Les autorités renouvellent leur souhait de voir les Mauriciens investir dans l’agriculture malgache.

Grande offensive de charme chinoise. Un séminaire sur le modèle de développement chinois se tient à Antananarivo jusqu’à début juin, organisé par le ministère chinois du commerce. Le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères a assuré que « Madagascar, qui est toujours à la recherche d’une voie pour son développement, est intéressé au plus haut point par le modèle chinois, et non plus par celui de la France ».

Aide internationale en faveur des quartiers pauvres du Grand Antananarivo. La Banque mondiale a approuvé un crédit de 75 millions de dollars destiné à améliorer les infrastructures de drainage urbain, les services publics et la résilience face aux catastrophes naturelles dans ces quartiers défavorisés qui concentrent 650 000 habitants.

Le secteur informel gagne du terrain, favorisé par les crises politiques récurrentes. Il contribue à hauteur de 25 % au PIB et nourrit 92 % des travailleurs. Près de 300 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail et au moins 75 % d’entre eux rejoignent l’informel, une stratégie de survie face à l’extrême pauvreté.

Lancement du Rapport national sur le développement humain 2018. Le thème retenu pour cette édition est « Développement humain et mobilisation des ressources intérieures ». L’accent mis sur la mobilisation des ressources intérieures se veut être une réponse à la baisse des financements en provenance des bailleurs de fonds traditionnels. Dans le dernier rapport, Madagascar était classé au 158e rang sur 187 pays.

Le recensement général de la population débute enfin. Depuis l’indépendance, Madagascar n’a réalisé que deux recensements. Le troisième était prévu en 2003 mais a été repoussé jusqu’en 2017 en raison du manque de financement. L’Express doute fortement de la fiabilité des résultats qui seront obtenus. La population se montre réticente.

 

 SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Crise politique - La manifestation du 21 avril et ses prolongements
  • Relations diplomatiques

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, affaire Houcine Harfa, gouvernance
  • Santé
  • Traite, droits des femmes
  • Education
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social, divers

>> Télécharger la revue de presse complète pdf, 26 pages

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Voir aussi Facebook https://www.facebook.com/jumami.madagascar

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23 novembre 2017

ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2017

<>  24 11 17 - Déclaration de la Conférence Afrique Francophone sur l'accaparement des terres
Chefs religieux de toutes confessions, chefs coutumiers et acteurs de la société civile ont organisé une conférence régionale Afrique francophone à Abidjan sur le thème « Accaparement des terres en Afrique francophone : identifier et promouvoir les solutions endogènes pour s’en sortir ». Pour les participants, l’accaparement des terres est un phénomène grave qui interpelle toute conscience. Les crises alimentaire, énergétique et financière des années 2000 ont accéléré l'afflux massif des investissements de capitaux dans les biens fonciers, considéré comme actif financier et marchandise, provoquant une grande vague sans précédent d'accaparement des terres en Afrique. Cet accaparement est dissimulé sous le couvert des expressions de « croissance économique », « développement », « sécurité alimentaire ». En réalité c’est une voie ouverte aux compagnies ou institutions locales, nationales, internationales qui se servent des autorités coutumières, religieuses, militaires, politiques et les élites politico-administratives des nations africaines pour perpétuer les modèles économiques orientés vers l'accaparement des terres, des eaux et des ressources naturelles africaines. L’eau, les semences et notamment la terre ne sont pas et ne devraient pas être une marchandise. La notion de « mise en valeur de la terre » doit être fondamentalement revue pour intégrer les dimensions environnementales, traditionnelles, spirituelles et sociales. La Conférence se déclare solidaire des communautés touchées par cette menace, ainsi que les militants des droits fonciers qui sont constamment persécutés. Elle condamne la criminalisation, les arrestations, les emprisonnements, la persécution et les assassinats des victimes d’accaparement des terres, des militants et des défenseurs des droits fonciers.

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  17 11 17 - Madagascar - Proposition de résolution commune du Parlement européen en date du 15/11/17
Proposition relative à la situation à Madagascar émanant de plusieurs groupes parlementaires et destinée à être remise à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, à la Commission et au Conseil de l’UE, au Conseil des ministres ACP-UE, au gouvernement malgache, au Secrétaire général des Nations unies, à la SADC et à la Commission de l'Union africaine.


17 11 17 - Libération - Madagascar - églises, mosquées... Dieu est partout
"Qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir être barbus ?" se demande le lieutenant-colonel de gendarmerie Armandin Ralaiko, dans un sourire moqueur. Le gradé malgache s'inquiète d'une petite secte naissante, les "Hébreux", dont les fidèles nichent sous les faubourgs du nord d'Antananarivo,.


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  17 11 17 - Le Monde Afrique - Madagascar est le seul pays qui s'appauvrit depuis 60 ans sans avoir connu la guerre
Des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) mettent en avant le rôle prédateur des élites, la faiblesse de la société civile et le tabou de la violence pour expliquer la trajectoire singulière de la grande île de l’océan Indien.  Mireille Razafindrakoto, François Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, tous trois rattachés au centre de recherche Développement, institutions et mondialisation (DIAL), ont tenté de comprendre l’« énigme » malgache. Madagascar est en effet le pays n’ayant subi aucun conflit majeur à s’être appauvri depuis son indépendance, en 1960. Dans leur ouvrage L’Enigme et le paradoxe. Economie politique de Madagascar (IRD Editions, 280 p., 32 euros), les trois chercheurs livrent quelques pistes de compréhension. Une certitude ressort : les élections de 2013, qui ont porté Hery Rajaonarimampianina au pouvoir, n’ont rien changé à « la donne structurelle de l’équation malgache. Le déclenchement d’une nouvelle crise peut intervenir à tout moment »

- 15 11 17 - Collectif Tany - ZES : fixer des balises pour garantir l'intérêt de la nation et des communautés impactées
Mise en garde du collectif Tany à l’adresse des sénateurs
. « La mise en place de ces zones spéciales censées apporter le développement ne doit pas détruire la vie et les moyens d’existence actuels des communautés locales. (…) Les familles composant les communautés des zones où vont être installées les ZES ne doivent pas être prises au dépourvu ni expropriées/expulsées comme des « vauriens » et des sans-droits : leur consentement libre, informé, préalable, devrait être obtenu. (…) Le montant des prix d’achat ou des indemnisations devrait être suffisamment élevé pour qu’ils permettent aux propriétaires de disposer de biens et de sources de revenus équivalents à ceux qu’ils avaient avant l’achat ou avant l’expropriation. (…) La loi sur les ZES doit comporter des clauses et des indicateurs qui assurent que chaque ZES mise en place contribuera véritablement au développement. (…) Le Collectif soutient fermement la mise en place de procédures de suivi et d’évaluation permanentes et de sanction éventuelle des ZES »


09 11 17 - La société civile s'inquiète de la vulnérabilité des activistes
A Madagascar, les organisations de la société civile unissent leurs forces pour le respect des droits humains et organisent un séminaire de trois jours sur ce thème. Selon elles, le pays a encore des progrès à faire en la matière, notamment concernant l'accès à la terre, le droit à un travail décent, mais aussi la protection des militants écologistes.

09 11 17  - Le Monde Afrique - Comment les leçons tirées d'Ebola aident à lutter contre la peste à Madagascar

L'épidémie qui a touché le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée de 2014 à 2016 a permis de décrypter certains échecs des interventions d'urgence. A Madagascar, des anthropologues sont mobilisés pour combattre la transmission de la bactérie.
L’Etat malgache a confirmé le ralentissement de l’épidémie. La maladie a provoqué 131 décès, selon le dernier bilan. Les écoles ont enfin pu rouvrir, alors que l’épidémie flambait depuis le mois d’août. Alors que l’épidémie faiblit, et avant que la prochaine se présente, les anthropologues ont toujours un rôle à jouer. Ils doivent pouvoir étudier les savoirs des différents groupes sociaux sur la maladie, les représentations sociales, les déterminants structurels de l’exposition au risque, le rôle des institutions telles que l’école et la religion. Ces recherches permettent de préparer la réponse face à de nouvelles crises, alors que les changements globaux laissent présumer une diversification des agents infectieux entraînant l’augmentation de la fréquence des épidémies.
 

<>  08 11 17 - Midi - Paupérisation de la population - Mgr Odon Razanakolona dénonce la corruption au sommet de l'Etat
L’archevêque Odon Razanakolona fait porter l’échec du processus de développement aux élites, aux hommes politiques, aux bailleurs de fonds et à la société civile
. Il pointe la marginalisation de la population dans la lutte contre la pauvreté. « La société malgache est malade et l’argent est érigé en Dieu par un grand nombre du sommet de la pyramide à la base », déplore-t-il dans un discours prononcé à l’ouverture d’un colloque à l’université catholique de Madagascar. Le chef de l’Eglise catholique ne comprend pas que l’on assiste impuissants à un tel « délitement de la société » et à une telle « déliquescence économique et étatique », alors que le pays possède un énorme potentiel de ressources tant matérielles qu’intellectuelles. L’impunité des acteurs politiques est pointée du doigt, ainsi que leur manque de vision du développement. Les relations avec les bailleurs de fonds restent marquées par l’esprit de dépendance et l’assistanat. La société civile se voit reprochée une trop grande dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds, dont dépendent en général leur financement. Elle ne parvient pas à jouer son rôle de médiateur, de régulateur et d’interpellation, devenant trop souvent des alliés objectifs du pouvoir ou des bailleurs de fonds.

Voir aussi L'Express :

Conjoncture - L'archevêque Odon Razanakolona tire dans le tas

Cash. Sans équivoque hier, monseigneur Odon Raza­na­kolona, archevêque d'Anta­nanarivo, a placé dos à dos les élites, les politiciens, les bailleurs de fonds et même la société civile, dans l'échec...

- 08 11 17 - SeFaFi - Communiqué - Election des chefs de Forontany : Appliquer les textes
Le SeFaFi estime que la modification du statut des fokontany pour en faire des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) ne nécessite par une réforme constitutionnelle comme l’a laissé entendre le pouvoir pour justifier son projet de référendum. « En dépit de toutes les allégations contraires, (…) il n’est nul besoin de modifier la Constitution. Il est tout à fait possible et conforme à la législation de faire élire les chefs de fokontany par les citoyens concernés », écrit l’Observatoire, qui juge que le projet de transformer les fokontany en CTD n’est pas fondé : « En réalité, et jusqu’à présent, les communes sont les seules CTD qui fonctionnent, tant bien que mal, et à différents degrés. Mais elles sont totalement démunies financièrement et leur mise en place effective ne cesse d’être sabotée par le pouvoir central (même lorsque les couleurs sous lesquelles les maires se sont fait élire sont celles de ce même pouvoir central). Il est donc inconcevable que les quelques 18.000 fokontany de la Grande Île puissent accéder au statut de CTD, alors même que les quelques 1.700 communes ne sont toujours que des CTD nominales. Outre ces impossibilités au niveau des capacités humaines, financières et institutionnelles, il faut surtout en appeler au bon sens et au réalisme : dans les grandes villes, et notamment dans la commune d’Antananarivo qui compte 192 fokontany, est-il seulement concevable que chaque fokontany soit érigé en CTD à part entière ? ». Selon le SeFaFi, il suffit de prévoir, dans le cadre des textes en vigueur, que les chefs fokontany soient élus. Une réforme qui devrait intervenir avant l’ouverture du cycle électoral de 2018.

 

 

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente

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30 septembre 2017

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2017

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2017
Le chef de l’Etat confirme l’existence d’un projet de réforme constitutionnelle visant à supprimer les dispositions relatives à la démission (60 jours avant le scrutin) du président en exercice qui souhaiterait se porter candidat pour un nouveau mandat....
30 juillet 2017

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2017

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2017
La commission consultative de réflexion et de proposition pour l’amélioration de l’encadrement juridique du processus électoral a transmis son rapport au chef du gouvernement. Un comité interministériel, présidé par le premier ministre, va prendre le...
31 août 2016

REVUE DE PRESSE - AOUT 2016

REVUE DE PRESSE - AOUT 2016
La tension politique est demeurée très vive durant toute la période. Les mesures exceptionnelles de sécurité mises en place pour la tenue de la session de l’Assemblée parlementaires francophones ont été maintenues « en raison de la conjoncture politico-sociale...
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19 juillet 2016

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2016 (du 1er au 19)

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2016 (du 1er au 19)
La commission épiscopale « Justice et paix » dresse un sombre tableau de la situation. Elle suggère la tenue d’une table ronde entre dirigeants et administrés afin d’éviter un embrasement. Faisant référence à des faits d’actualité, la commission s’alarme...
30 avril 2021

REVUE DE PRESSE - AVRIL 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
  • Lutte contre le coronavirus
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, vindicte populaire
  • Justice, prisons
  • Gouvernance
  • Migrations clandestines, traite
  • Universités, éducation
  • Droits de l'enfant
  • Santé
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement, foncier
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie - Social

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L'actualité du mois vue par les dessinateurs de presse

planche

31 juillet 2020

REVUE DE PRESSE - JUILLET 2020

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Lutte contre le Covid-19
  • La « diplomatie sanitaire » d’Andry Rajoelina
  •  Affaires nationales
  •  Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo
  • Justice, situation carcérale
  • Gouvernance
  • Traite, migrations clandestines
  • Violences basées sur le genre
  • Drots des enfants, éducation
  • Santé
  • Médias, communication, fakes news

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par le dessinateur de presse Pov

planche juillet

30 juin 2020

REVUE DE PRESSE - JUIN 2020

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Lutte contre le Covid-19 - Controverses sur le Covis-Organics
  • La « diplomatie sanitaire » d’Andry Rajoelina
  •  Affaires nationales
  •  Diplomatie, îles Eparses

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, justice populaire, enlèvements
  • Justice, situation carcérale
  • Gouvernance
  • Drits des femmes, violences basées sur le genre
  • Drots des enfants, éducation
  • Santé, handicap
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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L'actualité du mois vue par le dessinateur de presse Pov

 

planche pov

 

 

29 mai 2019

REVUE DE PRESSE MAI 2019 (1er au 29)

 SYNTHESE MAI 2019 (du 1er au 29)

La Conférence des évêques de Madagascar (CEM) a dressé un tableau toujours aussi sombre de la situation qui prévaut dans le pays. Un diagnostic qui ne diffère en rien des précédents mais dont le retentissement s’en trouvera à quelques mois de la visite annoncée du pape François, du 6 au 10 septembre.

 Le président de la République a réaffirmé son intention de mettre en place des gouvernorats de région. Une alternative au référendum serait envisagée pour contourner la révision constitutionnelle qui lui a été refusée par la HCC.

 Le Sénat dans le collimateur du pouvoir. Dans une lettre ouverte, son président a déploré une « censure » contre son institution par les médias publics. Le projet de destitution de Rivo Rakotovao, président de l’ancien parti présidentiel HVM que le chef de l’Etat souhaiterait mettre sur la touche, est pour l’instant en stand-by, contraignant Andry Rajoelina à une cohabitation jusqu’au terme du mandat des actuels sénateurs. Le chef de l’Etat a néanmoins trouvé une alternative à son projet de suppression du Sénat : il a pris une ordonnance en vertu des pouvoirs qui lui ont été conférés, réduisant de 63 à 18 le nombre de ses membres. Six des 18 nouveaux sénateurs seront nommés.

 Les dossiers des 79 députés de la précédente législature ont été transmis au PAC par le Bianco. Nombre d’entre eux, impliqués dans l’affaire de corruption dite du « Paon d’Or », sont candidats aux législatives du 27 mai. Ils auraient été « achetés » en mars-avril 2018 par le pouvoir pour qu’ils votent en faveur du nouveau et très contesté code électoral.

 L’Allemagne va appuyer Madagascar dans le basculement de la liste électorale vers un système biométrique. Reste à trouver les financements et à définir à partir de quelle liste l’opération pourra être réalisée, l’actuelle présentant encore des lacunes. Il faudra enfin que le système biométrique soit encadré juridiquement.

 La Charte de bonne conduite des candidats aux législatives n’a été signée que par 67 % postulants. Le CFM a annoncé que la liste des non-signataires serait publiée. Le document n’a aucune force contraignante mais le comité paritaire d’élaboration a considéré que la publication cette liste inciterait les citoyens à faire les bons choix, permettant ainsi de redorer le blason de l’Assemblée nationale, passablement terni par les « affaires ».

 La CENI a multiplié les mises en garde concernant la neutralité de l’administration, rappelant que des peines encourues par les agents de l’Etat en cas d’infraction. La Commission a observée, impuissante, que nombre de candidats n’ont pas respecté les textes en vigueur concernant l’organisation de leur campagne.

Selon l’observatoire Safidy, 32 % des candidats ont distribué de l’argent, 13 % ont été victimes de pressions et de menaces. Dans 7 % des cas, la campagne a été effectuée dans des zones interdites.

Multipliant déplacements et inaugurations, Andry Rajoelina a été épinglé par le TIM pour partialité dans le déroulement de la campagne.

Les candidats financièrement puissants se sont rapidement démarqués de leurs concurrents. Une situation qui trouve son origine dans le manque de transparence du financement des campagnes électorales, déjà déploré pour la présidentielle. Sur les 810 candidats en lice, seuls 388 avaient désigné leur trésorier à l’ouverture de la campagne.

Le président de la commission électorale du district d’Ihosy a avoué avoir falsifié la liste électorale. Arrêté et placé sous mandat de dépôt après plusieurs semaines d’enquête, il aurait ajouté plus de 5 000 électeurs fictifs dans ce district qui en compte 106 000.

Quatre candidats incarcérés ont été admis à participer au scrutin, tandis que d’autres, ayant également des démêlés avec la justice, ont bénéficié d’une liberté provisoire. Parmi ces derniers, des candidats impliqués dans des affaires de trafic de bois de rose, de vente illicite du domaine privé de l’Etat ou encore de kidnapping.

Les sondages d’opinion ont été officiellement interdits par la HCC. Tribune a qualifié cette décision « d’atteinte à la liberté d’expression. »

Sur les 810 candidats aux législatives, près de 500 se sont déclarés « indépendants ». Pour Ketakandriana Rafitoson, directrice exécutive de Transparency International, « cette grande proportion d’indépendants ouvre la voie à une explosion de la corruption et à une grande instabilité parlementaire ». Selon la politologue, beaucoup d’entre eux sont « financés par les principaux partis, dans une stratégie de conquête de sièges ». Ce sont ces « sans étiquette » qui pourraient monnayer leur voix et aider les partisans d’Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana à obtenir la majorité.

Le Japon et l’Allemagne ont accordé des contributions complémentaires au financement des élections. Avec son second apport au « basket fund » du Sacem, l’Allemagne totalise une contribution de 1,48 millions de dollars. L’UE a accordé 520 000 euros à l’observatoire des élections Safidy.

election-fantome-1Le scrutin des législatives s’est déroulé dans le calme mais avec un taux d’abstention record (69 %). « C’est une première et une menace pour l’avenir de la démocratie à Madagascar », a commenté le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo. Des anomalies sur la liste électorale ont été observées dans de nombreux bureaux de vote.L’omission des noms de certains électeurs sur la liste constitue l’une des difficultés observées. Des électeurs qui ont participé aux deux tours de l’élection présidentielle ont été privés de leur droit de voter aux législatives. Des candidats ont protesté contre des fraudes dans plusieurs villes importantes.

Durant sa rencontre avec 200 chefs d’entreprise, lors de sa visite officielle en France, Andry Rajoelina a annoncé que sa coalition IRD soutenant l’« Initiative pour l’émergence de Madagascar » (IRD) aurait conquis la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Lors d’une conférence de presse, la CENI avait pourtant demandé dans la journée aux acteurs de s’en tenir aux règles électorales et de ne pas diffuser de résultats, à part ceux émanent de l’entité chargée de l’organisation du scrutin. A Antananarivo le TIM de Marc Ravalomanana aurait pris l’avantage sur les candidats de l’IRD pro-Rajoelina. La CENI publiera les résultats provisoires le 15 juin. A partir de cette date, la HCC aura deux semaines pour proclamer les résultats officiels.

Le Royaume-Uni compte réintégrer le pool des partenaires bilatéraux de la Grande île. Pour l’instant, Le Royaume-Uni accorde 60 millions de dollars aux appuis multilatéraux à la Grande île. Le Brexit devrait permettre de développer une vraie relation bilatérale(…) Notre ministère des Affaires étrangères a une nouvelle stratégie pour l’Afrique, qui est d’avoir une présence plus importante dans les pays francophones. », déclare l’ambassadeur.

Droits humains à Madagascar : des avancées sensibles sur la planification familiale et une stagnation inquiétante sur les droits des enfants, selon le diplomate américain Thomas Brouns qui a présenté le fruit de ses recherches sur l’état des droits de l’homme dans la Grande île.

Développement humain : Madagascar classée 161e sur 180 pays. La Grande île était au 158e rang sur 188 l’année dernière et au 154e rang en 2016. Elle avance légèrement en termes de développement humain mais sa performance reste faible par rapport à celles des autres pays, notamment en Afrique. Le rapport complet du Pnud sera publié au 4e trimestre.

Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité, quatre Zones rurales prioritaires de sécurité (ZRPS) ont été créées, dotées chacune d’au moins 400 militaires. Un premier hélicoptère venant d’Afrique du Sud a été livré, d’autres sont attendus, ainsi qu’un appareil de transport de matériels lourds. Le ministre de la défense se donne quatre mois pour rétablir la sécurité sur tout le territoire. Dans la région Anosy, des dahalo repentis seraient en train de reprendre du service. Le ministre lui-même reconnait que des éléments des forces de l’ordre, des fonctionnaires ou des élus locaux peuvent être de connivence avec les bandits. Le chef d’État-major évoque une situation de mini-guérilla dans plusieurs zones qui donnent du fil à retordre aux militaires. Il qualifie de « mercenaires » sous la coupe de « dahalo en col blanc » les dahalo qui font de la résistance. Une opération de régularisation de la détention d’armes et de marquage des armes à feu est en cours, avec l’aide des Nations unies. Le ministre atteste « l’existence d’un réseau qui fournit des armes à feu aux bandits. » Des miliaires loueraient également leurs armes.

Deux Zones maritimes prioritaires d’intervention (ZMPI) ont été mises en place pour lutter notamment contre la contrebande. Des importations clandestines d’armes, notamment chinoises, sont évoquées.

La mise en place des puces de géolocalisation de bovidés a été lancée. Ce système permettra d’authentifier et de suivre à la trace le déplacement des zébus qui font l’objet de trafics. A terme, le projet devrait concerner plus de 2 millions de têtes de bovidés.

Lors d’opérations militaires à Miandrivazo, 70 habitations de deux villages ont été brûlées. Un ex-militaire a été pendu et des actes de pillages ont été signalés. Plus d’une cinquantaine de villageois ont subi des traitements cruels, inhumains et dégradants d’après des dénonciations. Un rapporteur de la CNIDH évoque une « expédition punitive » et va enquêter sur place. Le ministère de la défense nationale a démenti formellement de telles exactions. La population de la Haute Matsiatra redoute d’être prise pour cible par les militaires et les gendarmes déployés dans le cadre de la lutte contre l’insécurité. Elle en appelle à la vigilance et à la responsabilité des forces de l’ordre.

Un véhicule de touristes a été attaqué par une vingtaine de dahalo à Bekopaka, à proximité du site des Tsingy. 11 passagers ont été blessés suite à une attaque contre leur camion à proximité de Farafangana par huit hommes armés.

nm 03 05 19Dans un communiqué intitulé une « justice limitée aux effets d’annonce », le SeFaFi procède à une radiographie du secteur depuis l'arrivée au pouvoir d'Andry Rajoelina. Il estime que s’il y a eu signes encourageants, ils doivent toutefois être suivis d’effet. L’Observatoire propose la suppression de la HCJ pour que citoyens et hauts dignitaires soient traités équitablement. Dans sa plaidoirie pour une justice équitable et une lutte contre l’impunité, il réclame également une limitation de l’étendue de l’immunité parlementaire. Estimant que les prisons sont faites uniquement pour les « pauvres », le SeFaFi dénonce « une justice à deux vitesses ».

Le ministre de la justice a annoncé son intention de délimiter l’étendue de l’immunité parlementaire accordée par l’actuelle Constitution. Le sujet pourrait faire débat avec l’installation en juillet de la nouvelle Assemblée.

Le ministère de la justice a annoncé une réforme de la garde à vue. Les actes de torture seront interdits, toute personne arrêtée sera informée sur ses droits. Un registre de garde à vue sera créé. Une possibilité de contrôle sera ouverte à la hiérarchie policière et judiciaire, à la CNIDH ou à toute autre ONG œuvrant dans le domaine de la protection des droits de l’homme. La conception cette réforme a vu la participation de l’Ordre des avocats et de l’ACAT Madagascar.

L’envoyée spéciale de l’ONU, Jelena Zelenovic, a rencontré le CFM et s’est entretenue, avec le Pnud, de la mise en œuvre et l’encadrement des « Dina » [Pactes communautaires]. Le président du CFM, Alphonse Maka, admet que certains « Dina » s’appliquent sans aucun respect des droits de l’homme. « Leur application mérite une nette amélioration », juge-t-il.

Les trafiquants d’espèces protégées pourront obtenir une liberté provisoire contre la remise de divers équipements au ministère. Un système qualifié de « transaction avant jugement » et parfaitement légal, selon le ministre de l’environnement.

Etablissements pénitentiaires - Trop de passe-droits et de corruption, selon le ministre de la justice, Jacques Randrianasolo. « Trop de plaintes » remontent concernant la maison de force de Tsiafahy où certains détenus jouiraient d’un traitement de faveur. A la maison centrale d’Antanimora, des familles de détenus qui rendent visite à leurs proches se plaignent qu’on « leur demande de l’argent ».

La ration carcérale sera améliorée à la maison de force de Tsiafahy. Trois menus ont été élaborés et validés après une période de tests réalisés dans des sites pilotes. Ils prennent en compte les habitudes alimentaires des détenus.

Signature d’une convention entre l’OIF et l’ACAT Madagascar. La requalification des infractions mineures serait un moyen pour réduire la population carcérale, a-t-il été préconisé par les partenaires. Certaines infractions mineures pourraient être dépénalisées et éviter ainsi nombre de détentions préventives. Les travaux d’intérêt général pourraient se substituer à des peines d’emprisonnement.

Evasion de deux criminels dangereux sur fond de suspicion de corruption. Deux hommes, condamnés aux travaux forcés à perpétuité pour le meurtre d'une étudiante en 2017, se sont évadés dans des conditions troublantes.

L’AFD a accordé 5 millions d’euros à la justice malgache. L’OIF a versé 15 000 euros pour la lutte contre cette surpopulation carcérale et Le PNUD a remis au ministère des équipements informatiques, des mobiliers, et de la documentation pour plusieurs Chaines pénales de province.

Le mandat de 5 ans du DG du Bianco, Jean-Louis Andriamifidy, arrive à son terme fin juin. A la clôture du délai de dépôt des candidatures, le CSI avait reçu une vingtaine de dossiers et une première pré-sélection a ramené leur nombre à une dizaine. Sahondra Rabenarivo et son équipe sélectionneront trois noms à proposer au chef de l’Etat. Il appartiendra au nouveau DG de poursuivre la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption qui vise à atteindre 50 points sur 100 sur l’indice de perception de la corruption à l’horizon 2025.

Dans son rapport annuel le DG du Bianco a déploré un manque de volonté politique dans la lutte contre la corruption. Son activité a été fréquemment entravée par des interventions. Les violations des règles de passation des marchés publics ont fait perdre à l’Etat des sommes considérables. En 2018, 264 personnes ont été auditionnées,
2 689 dossiers ont été reçus, 2 477 traités, 147 arrestations ont été opérées. Jean-Louis Andriamifidy va quitter ses fonctions sur un goût d’inachevé, estime la presse.

Les organisations de la société civile engagées dans la lutte contre la corruption ont adressé une lettre ouverte à Andry Rajoelina pour lui demander d’adopter par ordonnance la loi sur le recouvrement et l’affectation des avoirs illicites. Elles pointent du doigt les risques économiques élevés pour le pays dus au retard accumulé pour son adoption.

Deux bérets rouges et deux militaires en civil ont humilié publiquement et maltraité huit individus à Miandrivazo. Les villageois se plaignent du comportement des militaires. « Il ne s’est rien passé ! », affirme avec fermeté le commandement du régiment de la zone.

La femme d’affaires et ex-conseillère de la présidence, Claudine Razaimamonjy, impliquée dans un nouveau dossier de détournements de fonds publics. Selon le Bianco, les marchés publics visés par ces malversations concernent plusieurs dizaines d’établissements scolaires. 15 personnes seraient mises en cause, dont de hauts responsables. Le dossier a été transmis au Pôle anti-corruption et à la HCJ. Claudine Razaimamonjy reste incarcérée, dans l’attente de connaître le sort réservé à ses multiples affaires en cours.

L’évacuation sanitaire controversée de l’ex-conseillère fait l’objet d’une instruction judiciaire. Plus d’une vingtaine de personnes ont été auditionnées. « Nous n’avons été que de simples exécutants », ont clamé les 24 surveillants pénitentiaires mis en cause. Ils avaient tout à fait le droit de refuser ces ordres s’ils les jugeaient illégaux, a estimé le Bianco.

Suite au détournement de plus de 618 millions Ar. au sein de la direction de la programmation élargie de vaccination du ministère de la santé, trois personnes ont été placées sous mandat de dépôt : le sénateur Bertin Andriamihaingo, élu d’Antananarivo, l’ancien directeur du service et le responsable des marchés publics du ministère.

Détournement d’un milliard Ar à l’ambassade de Madagascar à New York. « Abus de fonction, favoritisme, prise d’avantages injustifiée, faux et usage de faux, trafic d’influence ». Telles sont les infractions de « grande corruption » qui pèsent sur trois personnes relevant de la représentation malgache auprès des Nations unies, dont l’ambassadeur en poste au moment des faits.

Sept personnes ont été frappées d'interdiction de sortie du territoire pour suspicion de corruption au sein de l'Office de la radio et télévision malagasy (ORTM).

Acquisition illicite de terrains au sein d’une réserve spéciale dans le district de Soanierana-Ivongo. : un vice-président du Sénat et un préfet sont impliqués, ainsi que plusieurs représentants de l’Etat et des élus locaux. Cette affaire est la troisième dans laquelle un membre de la Chambre haute est impliqué.

Huit employées de maison malgaches en transit aux Comores ont été arrêtées à Moroni. Leur destination finale était le Koweït. Le ministère des affaires étrangères a demandé leur refoulement.

Les policiers du service central des enquêtes spécialisées ont intercepté une femme au port de Mahajanga pour avoir tenté d’envoyer des travailleuses malgaches en Arabie Saoudite.

Quinze clandestins Africains ont été interceptés à Nosy Be et dans la région Diana. Ils étaient en partance pour Mayotte pris en charge par une filière clandestine.

142 995 cas de rougeole enregistrés depuis septembre 2018. 19 080 cas ont été qualifiés de « compliqués ». 909 décès ont été enregistrés, auxquels s’ajoutent 340 décès communautaires non certifiés.

Fistule obstétricale : dignité bafouée pour les 50 000 victimes malgaches. Chaque année, 4 000 femmes et adolescentes sont victimes de fistule obstétricale. Seulement 1 000 d’entre elles sont prises en charge et bénéficient d’une réparation. Les victimes sont considérées comme des pestiférées, elles se retrouvent dans le dénuement et plongées dans une situation d’isolement. Le thème choisi cette année pour la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale était : « La fistule obstétricale est une violation des droits humains, mettez-y fin maintenant ».

Quatre nouvelles universités sont prévues dans la nouvelle loi de Finances, financées notamment par la réduction du nombre de sénateurs. L’Express écrit : « On pourra se targuer d’être le pays qui compte le plus d’universités en Afrique mais si ce ne sont que des chefs d’œuvres en architecture pour épater la galerie sans personnel suffisant et qualifié pour les faire fonctionner. »

2 695 enfants victimes de violences sexuelles ont été pris en charge en 5 ans par le Centre Vonjy du CHU de Befelatanana à Antananarivo. Le Centre est appuyé par le Système des Nations unies.

Violences basées sur le genre - La première dame Mialy Rajoelina ambassadrice de la lutte contre les violences basées sur le genre avec le soutien de l'UNFPAest candidate pour organiser une conférence internationale à Madagascar en 2020.

A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, la communauté LGBTI a dénoncé les discriminations subies. Elle fait état d’agressions, voire d’assassinats. L’ONG Réseau Madagascar Solidarité LGBT reçoit chaque semaine près de 40 plaintes.

Le gouvernement compte obtenir le rapatriement des bois de rose saisis à Singapour en mars 2014. La justice singapourienne vient pourtant d’acquitter l’importateur et a ordonné la restitution de ces bois précieux à cet homme d’affaires. Le gouvernement est critiqué pour ne pas avoir encore poursuivi les commanditaires de cette affaire portant sur 29 434 rondins dont la valeur marchande a été estimée à 50 millions de dollars.

Bois de rose : blanchiment de capitaux de plusieurs centaines de millions Ar. Le Bianco a saisi le Pôle anti-corruption (PAC). Eddy Maminirina, surnommé « Eddy bois de rose », suspecté de corruption, trafic illicite et blanchiment de capitaux perpétrés depuis 2014, a été arrêté le 12 février. En attendant la suite de l’affaire traitée par la Chaîne spéciale compétente dans les affaires de trafics de ressources protégées, son cas est entre les mains des magistrats du PAC pour blanchiment d’argent.

Le ministère de l’environnement, avec l'appui de la Banque mondiale, prévoit d'acheter des conteneurs pour stocker les bois de rose inventoriés. Les conteneurs seront par la suite placés dans des lieux sécurisés. Le ministère doit en effet achever l'inventaire des bois de rose saisis, comme exigé par la Cites.

La justice a confirmé en appel la condamnation à des peines de six ans de prison ferme de trois personnes reconnues coupables d'avoir participé à un trafic de 10.000 tortues radiées. La cour d'appel de Toliara leur a aussi infligé solidairement une forte amendre et le versement de dommages et intérêts au ministère de l'environnement. Pour Les Nouvelles, les condamnés ne sont que des exécutants, les commanditaires courent toujours.

Projet minier Base Toliara : les forces de l'ordre ont procédé à l'arrestation de 30 membres des communautés locales accusés d'avoir porté atteinte aux installations du site minier. 21 d'entre eux ont été libérés, neuf autres restent détenus. Une rencontre qui s’était tenue sur place avec une délégation gouvernementale pouvait laisser penser que le dialogue était renoué. Il n’en est rien. Le Craad-OI et le Collectif Tany a réclamé leur libération immédiate et lancé une pétition en ligne.

Septième « Dialogue politique » entre l’UE et l’État malgache, le 1er depuis la prise de fonction d’Andry Rajoelina. 492 millions d’euros ont déjà été alloués par l’UE pour financer les actions du gouvernement. Cette somme est inscrite dans le Programme indicatif nationale (PIN) du 11e FED. D’après les explications, « la totalité de ce budget est déjà engagée et débloquée ». Outre la mise en œuvre du PIN, a été abordée la question des fonds régionaux et des lignes thématiques de l’UE. Ainsi, 232 millions d’euros ont été débloqués pour financer les travaux de réhabilitation des RN 6 et 13. L’UE a fait part de sa disponibilité à reprendre les négociations pour un nouvel accord de pêche. La question sécuritaire a aussi été traitée. Autres thématiques discutés : la gouvernance, les trafics illicites de ressources naturelles, le respect des droits humains, la situation de la Jirama et le développement des énergies renouvelables. L’UE a débloqué 300 000 euros pour deux régions du Sud où la situation alimentaire et nutritionnelle se détériore.

Quatre conventions de partenariat signée à l’occasion de la visité officielle d’Andry Rajoelina en France. Trois d’entre elles portent sur la construction ou la reconversion de centrales électriques.

La Grande île se situe au 193e rang mondial en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène », a rappelé Midi. Seuls 30 à 35 % des Malgaches ont accès à l’eau potable. Il faudrait 2,8 milliards de dollars par an pour ravitailler en eau potable toutes les régions. Cette situation impacte très négativement la santé des populations et la productivité du pays.

Un nouveau pôle urbain sera implanté dans l’Atsimondrano sur une superficie de 1 000 ha dans les 10 ans à venir. Le projet, baptisé « Tanamasoandro », devrait accueillir un dixième de l’accroissement de la population de la capitale.

pov 10 05 19

Installation d’un « sous-centre Africain du Centre National de R&D en riz hybride de Chine » sur la commune de Mahitsy. Objectif : obtenir des rendements quatre fois supérieurs au riz conventionnel de Madagascar et permettre à Madagascar de devenir auto-suffisant. Plus de 100 000 hectares sont à identifier pour cette culture. Le père du riz hybride en Chine a précisé incidemment que « le riz cultivé ne peut servir de semences ». Il s’agira de riz OGM qui placera les petits producteurs sous la coupe du producteur de semences, dénoncent des spécialistes.

La loi de Finances rectificative 2019 fait la part belle aux grands projets, notamment la construction de 4 universités et de 13 hôpitaux, infrastructures annoncées dans le programme présidentiel IEM. Les dépenses de fonctionnement de l’administration devraient baisser de 20 %.572 millions d’euros de financement extérieurs sont attendus pour réaliser plusieurs de ces projets, indique la présidence.

pov 06 05 19Autre promesse de campagne inscrite dans cette loi : l’augmentation du salaire minimum à 200 000 Ar, soit 50 euros. En matière de sécurité, le texte annonce le déploiement de forces de l’ordre dans toutes les zones rouges. Le CCOC déplore la précipitation qui a prévalu pour l’adoption de la loi de Finances rectificative et l’absence de concertation avec la société civile. « Les détails sur le volet social semblent flous. Notamment par rapport au projet de construction de nouveaux hôpitaux alors que ceux qui sont déjà opérationnels sont en état de délabrement », ajoute la secrétaire générale.

Annoncé par Andry Rajoelina lors de sa visite à Maurice au mois de mars, le projet de parc industriel de Moramanga se précise. D’une superficie de 680 ha à développer en plusieurs phases, la mise en place d’un premier complexe de 80 ha dédié au textile est sur les rails. Toutes les activités se réaliseront dans le cadre de joint-ventures. Le choix de Moramanga s’explique par son emplacement stratégique entre la capitale et le port de Toamasina. Un projet d’autoroute Antananarivo-Toamasina est à l’étude.

Coup d’envoi du projet « Fihariana » par le chef de l’Etat : 200 milliards Ar. [49,3 millions d’euros] pour la promotion des PMI - PME. Les jeunes à la recherche de financement pour lancer leur entreprise peuvent désormais déposer leur dossier auprès des chambres de commerce. L’Etat jouera le rôle de garant et les banques partenaires BNI et BOA accorderont des prêts remboursables à des taux bonifiés.

Le syndicat des enseignants-chercheurs (Seces) de la capitale a décidé la reprise des cours après sept semaines de suspension. L’Etat a accepté de satisfaire plusieurs de leurs revendications.

Les enseignants syndicalistes du primaire et du secondaire tirent la sonnette d’alarme concernant le sort, qualifié de misérable, des maîtres FRAM. Ils sont encore des milliers à espérer devenir fonctionnaires.

Les droits des travailleurs employés dans les commerces chinois de la capitale ne sont pas respectés. Tel est le constat dressé par les inspecteurs du travail qui se sont rendus dans les centres commerciaux de Behoririka. Les responsables ont donné un délai de 20 jours aux employeurs pour se conformer aux textes en vigueur.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • La préparation des législatives - Le scrutin du 27 mai
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Santé, handicap
  • Education, droits des enfants
  • Violences basées sur le genre - LGBTI

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Trafics de bois précieux, ressources naturelles, foncier, environnement
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie
  • Social

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28 août 2023

ARTICLES REMARQUES - AOUT 2023

26/08 - Bousculade meurtrière à l'entrée du stade Barea d'Antananarivo où devait se tenir la cérémonie d'ouverture de la 11e édition des Jeux des îles de l'océan Indien. Un bilan provisoire fait été de 13 morts et de 107 blessés[1], dont 13 dans un état grave. Parmi les victimes, on compte des enfants et adolescents. « Les gens avaient pourtant respecté la longue file d’attente depuis le matin jusqu’à ce qu’une bousculade éclate en fin d’après-midi », a expliqué un journaliste sur place. Andry Rajoelina a fait observer une minute de silence pour les victimes avant son discours d'ouverture au stade Barea. Les festivités ont ensuite continué. Le premier ministre, Christian Ntsay, s'est rendu aux urgences et à la morgue de l'hôpital HJRA. Il a précisé que l'État prenait en charge les blessés et accompagnerait les familles des victimes. Le président du Comité olympique malgache, Siteny Randrianasoloniaiko, a demandé trois jours de deuil national pour Madagascar et l'intégralité du monde olympique. Le stade Barea était plein à craquer. De nombreux spectateurs n'ont pas pu trouver de place assise. Environ 50 000 personnes se trouvaient à l'intérieur, a dit le président de la République lors de son discours. Le stade est prévu pour un peu plus de 40 000 places assises. Des danses auxquelles le président a participé et un feu d’artifices a clôturé cette soirée comme si de rien n’était.

Edito de Tribune :

Morts 13 - Blessés 80 : le score souligne les limites du werawera - Madagascar-Tribune.com

La tragique bousculade d'hier à l'entrée du stade de Mahamasina n'est malheureusement pas la première. En septembre 2018, un mort et 40 blessés avant un match de football, et cela avait entraîné la...

https://www.madagascar-tribune.com


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21/08/23 - Le Nouvel économiste - Lettre ouverte à Emmanuel Macron
Avec environ 140 000 personnes résidant en France métropolitaine, la communauté malgache représente la première minorité d’Afrique subsaharienne du pays. En dépit d’un passé colonial marqué par les affrontements et qui s’est achevé en 1960 avec l’indépendance de Madagascar, la France y est restée la puissance tutélaire, soucieuse d’y maintenir ses intérêts et de conserver, en entretenant de bonnes relations avec Antananarivo, un avant-poste stratégique sur l’océan Indien. Nous saluons cette relation privilégiée. Cependant, nous déplorons qu’elle ne serve pour l’heure qu’à entretenir les desseins incohérents d’une élite politique malgache corrompue, indifférente au sort des 28 millions d’habitants d’un pays classé comme le sixième plus pauvre du monde.

<> 16/08/23 - Le Monde - A Madagascar, des paysans se dressent contre l'exploitation des terres rares
Dans la presqu’île d’Ampasindava, les risques de pollution liés à l’extraction de ces minerais critiques pour la transition écologique fédèrent une irréductible opposition.

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16/08/23 - Suspicion de corruption - Romy Roos Andrianarisoa, 46 ans, directrice de cabinet civil de la présidence de la République depuis mars, a été arrêtée au Royaume-Uni.
Révélée par le Financial Times[1], l’information a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Accompagnée d’un certain Philippe Tabuteau, un ressortissant français désigné comme son associé, PDG de la société « Groupe Impact Capital », basée à Genève et spécialisée dans le domaine du conseil aux entreprises et aux gouvernements, Romy Andrianarisoa serait « soupçonnée d’avoir demandé un pot-de-vin à la société minière britannique Gemfields pour obtenir des licences  », sans préciser de quel type de licence il s’agit. Le couple a été placé en garde à vue jusqu’à leur audience du 8 septembre. En vertu du Bribery Act de 2010, les chefs d’inculpation retenus – « avoir demandé, accepté de recevoir, ou reçu » un avantage financier ou autre – sont passibles d’amendes et de peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix ans. Gemfields est une société spécialisée dans l’extraction, la transformation et la vente de pierres précieuses colorées, propriétaire du joaillier Fabergé. La somme de « 225.000 livres et une participation de 5 % dans Gemfields », auraient été demandées par les deux associés. C’est la société minière britannique qui aurait informé la National crime agency (NCA). L’arrestation aurait eu lieu durant une réunion où les conditions précitées auraient été formulées. Romy Roos Andrianarisoa et Philippe Tabuteau auraient été convoqué à une réunion au Victoria Area pour leur tendre un piège.

Gemfields possède depuis 2008 la société Oriental Mining, basée dans le Sud de Madagascar, qui est autorisée à extraire des pierres précieuses et semi-précieuses. Elle détient des licences pour y extraire des rubis, des émeraudes et des saphirs mais il n’a pas de mines en exploitation. Selon Confidentiel Afrique[2], Philippe Tabuteau aurait été mis en cause en 2017 dans des affaires d’appel d’offres en Guinée et aurait travaillé pour « des succursales de services secrets étrangers en terre africaine ».

Le Monde précise que Romy Roos Andrianarisoa avait jusqu’à cette nomination fait carrière dans le secteur privé, notamment comme responsable pays de British Petroleum à Madagascar puis de la major China National Offshore Oil Corporation (CNOOC). Elle présidait encore récemment la commission de développement durable et d’éthique des affaires du groupement des entreprises de Madagascar (GEM). Philippe Tabuteau n’apparaît pas dans l’organigramme officiel de la présidence, mais il appartient, avec Gérard Perceau, chargé du plan Emergence, ou Gérard Askinazi, récemment recruté pour améliorer l’image du président à l’étranger, au petit groupe de Français dont s’est entouré Andry Rajoelina. Il est président de la société Impact Capital, spécialisée dans le conseil aux entreprises et aux gouvernements et dont le siège se trouve à Genève. Ses liens avec Madagascar remontent à la fin des années 1990.

Le quotidien ajouteque « la société britannique convoite de longue date les abondantes ressources de Madagascar sans avoir pu jusqu’à aujourd’hui passer à une phase opérationnelle. En 2008, elle avait fait l’acquisition de la société Oriental Mining, alors détentrice d’une quinzaine de licences d’exploration pour des gisements de saphirs, rubis, émeraudes et tourmalines dans les régions d’Antananarivo, de Fianarantsoa et de Tuléar. Mais le coup d’Etat l’année suivante, qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir jusqu’en 2014, plonge le pays dans la crise et l’isole sur le plan international. Un moratoire sur l’octroi de nouveaux permis miniers entre en vigueur. Il vient seulement d’être levé avec l’adoption en mai d’un nouveau code minier. Ce qui pourrait expliquer la reprise des négociations avec Gemfields. »

France 24 indique que selon le dernier rapport annuel de Gemfields, Oriental Mining détient « un certain nombre de concessions pour une gamme de minéraux, dont l'émeraude et le saphir", et prévoit de reprendre cette année des procédures pour obtenir des permis supplémentaires dans le pays, après des retards liés à la pandémie de Covid-19. (…) Gemfields, également propriétaire du joaillier Fabergé, exploite une mine d'émeraudes en Zambie et de rubis au Mozambique. »

La présidence de la République a réagi en relevant de ses fonctions Mme Voos Andrianarisoa. Le communiqué publié précise que celle-ci avait pris « ses droits de congés du 9 août au 22 août 2023. Ainsi les autorités malagasy ignorent les raisons de son déplacement au Royaume-Uni ». M. Tabuteau n’est pas cité. Selon Le Journal de la Grande Île, « la présidence en avait été immédiatement avisée [ de l’arrestation], et des échanges avec un cabinet d’avocats en témoigne, mais l’a soigneusement caché. Ce cabinet précisait que les documents en sa possession ne permettaient pas de prouver son immunité diplomatique, ce qui n’a pas permis sa mise en liberté provisoire. En outre, elle ne figurait pas dans la Blue List (Liste des personnalités disposant de l’immunité diplomatique au Royaume Uni). »

Transparency International initiative Madagascar (TI-IM), a publié un communiqué pour réagir à cette arrestation. « Cette affaire permettra de voir comment la justice se prononce sur la scène internationale sur un cas présumé de corruption impliquant de hautes personnalités de l'État », signale la directrice exécutive Ketakandriana Rafitoson, amie proche de Romy Andrianarisoa. « Sur les cinq dernières années, il y a eu pléthore de ces cas-là. Soit ça a été mal traité, soit ce sont les boucs émissaires qui ont été sanctionnés mais pas vraiment les mandataires, soit on oublie les affaires. On va voir aussi ce que ça va induire comme réaction au niveau de l'administration malgache, parce que cette dame, tout de même, a tenu des discours anti-corruption. C'est elle qui nous avait approchés au nom du Groupement des entreprises de Madagascar pour initier la charte d'intégrité des entreprises pour les élections », poursuit-elle.

14/08 - Edito de Tribune : « Arrestation embarrassante pour Iavoloha ». (…) Romy Andrianarisoa s’est caractérisée depuis quelques années par une hyperactivité débordante dans la vie publique. On l’a vue présente dans les cercles influents liés au secteur minier, à l’environnement et à l’approche genre. On lui prêtait donc de grandes ambitions, et la volonté de constituer une équipe dès maintenant pour préparer le destin national qu’elle s’imaginait sans doute. Dans cette perspective, la direction du cabinet du PRM était sans doute envisagée comme un tremplin. Par ailleurs présidente de la commission développement durable et éthique des affaires du GEM, elle s’était fendue en octobre 2021 d’une interview avec Radio Sifaka pour affirmer que ‘La corruption peut handicaper la compétitivité d’une entreprise, d’un secteur et du pays’. Comme d’habitude à Madagascar, encore une fois, la classe dirigeante affiche le grand écart entre ses actes et ses paroles. (…) Aucune raison donc d’espérer que les politiciens qui affirment lutter contre la corruption soient nécessairement incorruptibles. Réflexion utile à l’aube d’une campagne électorale où on va voir (re)fleurir les promesses de Messie. (…) L’environnement actuel souligne le degré de pourriture avancée de la vie politique. Il y a tout d’abord la multiplication des perturbations de meetings de l’opposition par les forces de l’ordre, malgré l’obtention d’autorisations en bonne et due forme. Les anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina en ont été victimes, tout comme les meetings du Mihava tour du député Siteny Randrianasoloniaiko. Il y a également les affaires de piratage de comptes sur les réseaux sociaux. La station de télévision Real TV, qui ne dédaigne pas d’accorder l’antenne à des opposants, a vu sa page Facebook piratée. Celle de Marc Ravalomanana a également été victime de piratage, et propose maintenant des films pornographiques. Dernier cas en date, le piratage de la page Facebook satirique ‘Sary Kasma’. Le point commun entre ces trois pages est d’être résolument de l’opposition au pouvoir actuel. Questions qui se posent d’habitude dans les films policiers : à qui profite le crime, et qui sera le prochain ? (…) Les mentalités basses à l’œuvre derrière ces violations de la démocratie et de la bonne gouvernance n’augurent pas d’une élection présidentielle 2023 propre et apaisée. »

« Cette affaire n'est qu'un exemple de l'extrême corruption qui gangrène notre pays au détriment de tous les Malgaches. Andry Rajoelina doit partir, pour le bien de mon pays ! », a réagi Siteny Randrianasoloniaiko, probable candidat à la présidentielle.

Le 11 mars, La Gazette de la Grande île avait consacré un article à la mise en garde d’Andry Rajoelina face au passé douteux de Philippe Tabuteau, conseiller spécial d’Andry Rajoelina avec le titre de « conseiller spécial pour partenaires et investissements » ( CSPPI). En 2017, Philippe Tabuteau avait impliqué dans une affaire dénommée « BESC Gate » durant le mandat du président guinéen Alpha Condé, une affaire portant sur des contrats du port de Conakry, ainsi que dans d’autres affaires de ce pays africain. Il avait pour collaborateur un Français, Patrick Emeriau, et une femme haut placée en Guinée, Fatima Kaloko. Philippe Tabuteau avait déjà été à Antananarivo en 1997 comme DG de Canal Satellite Madagascar. Le Blog de Médiapart ajoute qu’il a opéré ensuite entre Maurice et Paris avec son cabinet de conseil Axe One, spécialisé en stratégie et campagnes de communication pour des gouvernements. En 2006, il a été nommé directeur de campagne d'Elia Ravelomanantsoa, ancienne ministre de la culture, candidate à la présidentielle. Philippe Tabuteau est associé avec Romy Andrianarisoa au sein de TF 261, « agence d’expertise en développement durable » ; ils ont organisé en novembre 2022 les premières Assises du développement durable de l'océan Indien, sous le patronage du premier ministre.

« Plusieurs détails suscitent des interrogations dans le cadre de cette affaire impliquant la Dircab de la présidence », écrit La Vérité. Romy Andrianarisoa serait sortie du territoire en utilisant son passeport de service alors qu’elle n’était pas en mission officielle. Or l’usage d’un passeport de service doit, en principe, obligatoirement être fait sur présentation d’un ordre de mission. Aurait-elle alors usé de son influence pour faire pression sur les autorités aéroportuaires ? La PAF assure, pour sa part, qu’aucun ordre de mission n’a été présenté. Pour les formalités de départ à l’aéroport, elle a été assistée par un certain J., protocole de l’Assemblée nationale. Un autre fait qui intrigue d’autant plus que le chef protocole au niveau de la Chambre basse aurait nié avoir confié une telle mission à son subordonné. Pourquoi avoir recouru l’aide d’un responsable d’une autre institution ? Y-a-t-il eu complicité dans ce départ « en catimini » vers le Royaume Uni ?



 

<> 09/08/23 - Droits de la femme : « La ratification du protocole de Maputo est impérative pour Madagascar » a déclaré Génération Égalité.
Madagascar célèbre cette année le 20e anniversaire de la signature du protocole de Maputo. Ce protocole, adopté en 2003 par l’UA, a pour but de promouvoir l’égalité des droits des femmes. » Il est impératif de ratifier ce protocole essentiel pour le droit des femmes en Afrique, afin de parvenir à l’égalité femme-homme », a déclaré la coalition Forum Génération Égalité. Il est crucial que le pays mette en place un cadre juridique pour favoriser l’intégration des droits des femmes dans la société. Les 32 articles de ce texte leur ouvrent des droits tels que la santé, la dignité, la sécurité, l’éducation, la protection contre les pratiques néfastes, l’accès à la justice et à l’égalité de protection devant la loi, la participation politique, l’accès à l’emploi et une égale rémunération avec les hommes. Pour célébrer ce 20e anniversaire, des membres de la société civile, issue des coalitions du Forum Génération Égalité, ont organisé différentes célébrations à Antananarivo. Une conférence destinée aux décideurs et à la population a eu lieu le 19 juillet. Elle a été suivie d’une exposition pour sensibiliser la population aux avantages de la ratification du protocole. Le 28 et 29 juillet, une conférence-débat a été organisée à l’occasion de l’assemblée générale du Conseil national des femmes de Madagascar, avec la participation de représentantes d’associations de femmes des 23 régions. La clôture symbolique de ce mois de célébration a eu lieu le 31 juillet, à l’occasion de la Journée internationale de la femme africaine.

Madagascar est l'un des 11 derniers pays, avec le Burundi, le Botswana, la RDC, le Tchad, l’Egypte, l’Erythrée, le Maroc, le Niger, le Soudan et le Soudan du Sud, à ne pas avoir ratifié ce texte, indique Amnesty International dans un communiqué du 09/08 :
https://www.amnesty.org/en/documents/afr01/7096/2023/en/

<> 11/08/23 - Communiqué des OSC sur la situation alarmante de l'ONE
La mission de l’ONE étant la prévention des risques environnementaux dans les investissements publics et privés et de la lutte contre les pollutions, selon un décret du 23 juin 2008 A cet effet, il doit veiller à ce que les activités économiques ne se fassent pas au détriment de l’environnement. Dans cette période pré-électoral, où les risques de pillage et des trafics illicites des ressources naturelles sont élevés, et où l’application de la loi se trouve parfois défaillante, l’ONE doit pouvoir exercer son rôle sans faille, surtout face aux nombreux projets d’infrastructures de grande envergure comme les nouvelles villes, la construction d’une autoroute et du réseau de mobilité urbaine (train urbain et téléphérique, etc… Au regard de ces défis, il semble que l’ONE soit fortement handicapé par une gestion qui empêche l’institution de fonctionner correctement. Depuis le limogeage de son DG, le 17 mai 2023, le secrétaire général du ministère de l’environnement, qui est à la fois le président du conseil d’administration de l’ONE, assure la fonction de DG par intérim. Une telle situation est une illustration de la mauvaise gouvernance qui sévit dans le secteur de l’environnement. Les processus d’évaluation environnementale pour de nombreux projets privés et publics sont interrompus. De plus, plusieurs cadres de cette institution sont partis en retraite, sans être remplacés. Les organisations de la société civile exhortent les autorités à nommer dans un plus bref délai un nouveau directeur générale, séparer le rôle du pouvoir exécutif de l’ONE et le pouvoir de contrôle du ministère, renforcer les ressources humaines de l’institution en remplaçant des cadres retraités, réactiver le processus de révision du décret qui a été enclenché en 2020.

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11/08/23 - Le Journal de l'Ile Rouge - Le président bis Mamy Ravatomanga à la recherche d'une immunité ?
Bis repetita » ? Après le poisson d’avril 2022, revoilà, à grand renfort de publicités, notre président bis shadow cabinet sur les plateaux de télévision en face de 3 journalistes de TV plus, Réal TV et Viva. Sans les lunettes en guise de pochette cette fois-ci. Et avec une cravate bleue, comme un clin d’oeil à l’HVM de Rajaonarimampianina ? Peu de politiciens peuvent se targuer d’avoir le privilège de faire face à 3 journalistes, dont les réputés Abraham Razafy
et Gascar Fenosoa, concomitamment sur 3 chaînes de télévision . C’est dire le poids de cet homme d’affaires doublé d’un politicien hors pair.


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08/08/23 - Appel à la réalisation d'audits indépendants pour assurer une plus grande transparence des opérations minières dans le sud de Madagascar - Pétition en ligne

https://actions.eko.org/a/rio-tinto-stop-poisoning-madagascar-s-lakes/?ak_proof=1&akid=.21428322.OZhDXu&rd=1&source=fwd&t=12&fbclid=IwAR0M52_mbBrTrFZcFIti0jUcFbq9Oa_-HczYfdaVzNc3RYktBvLflQ54KM4

La mine QMM de Rio Tinto contamine des lacs et des cours d'eau vierges où les habitants puisent leur eau potable - et affirment que la mine nuit à leur santé et détruit leurs moyens de subsistance. Lorsque les habitants sont descendus dans la rue il y a quelques semaines pour protester, l’armée a tiré des gaz lacrymogènes, blessant des personnes et en arrêtant des dizaines.
Rio Tinto avait accepté de verser des compensations pour les pertes dues à l'impact de la mine. Mais le processus d'indemnisation a été émaillé de rapports faisant état de violations des droits de l'homme, notamment d'intimidations, d'ordres de bâillonnement et de paiements inadéquats.
La mine n'affecte pas seulement la qualité de l'eau, elle compromet la santé des communautés locales, épuise les stocks de poissons et a un impact sur la production alimentaire, ce qui a réduit les revenus de la population de près de 50 %.
Une étude des données sur l'eau de QMM a révélé des niveaux élevés d'uranium dans le bassin minier et dans les cours d'eau en aval, 50 fois supérieurs aux recommandations de l’OMS en matière d'eau potable.
Rio Tinto est la deuxième plus grande société minière au monde. Dans la région de l'Anosy, où la mine est exploitée, plus de 91 % de la population rurale vit dans une pauvreté multidimensionnelle.

Signez la pétition demandant à Rio Tinto de mettre fin à ses pratiques polluantes et d'autoriser des audits indépendants de la qualité de l'eau et du processus de compensation.

<> 03/08/23 - Société civile - Les preuves du caractère illégal de l'acquisition de vastes terres par la société LGA OSO
Le communiqué sur la société LGA OSO Farming co-signé par plusieurs organisations de la société civile et daté du 25 juillet a été transmis à la direction de cette entreprise. La société a répondu au communiqué pour affirmer que leurs « allégations » sont « totalement fausses et calomnieuses » et portent un portent « un préjudice grave à notre entreprise », ajoutant : « Nous réservons à ce titre tous nos droits, y compris devant les juridictions pénales et civiles compétentes, tant votre démarche unilatérale s’apparente à une campagne ciblée de déstabilisation et de désinformation, auprès de nos clients, nos bailleurs de fonds , du grand public et surtout la communauté humaine  de l’Ankarana ». La société annonce vouloir  « solliciter un droit de réponse dans les médias ». La société civile a répliqué dans une lettre ouverte au responsable de l’entreprise, confirmant de manière circonstanciée ses affirmations et apportant des preuves irréfutables du caractère illégal de l’acquisition des vastes terres par la société LGA OSO Farming dans le nord de Madagascar.

 
<> 03/08/23 - Lettre ouverte pour réclamer l'arrêt des persécutions visant l'association Lusud de Fort Dauphin
Lettre ouverte à
Andry Rajoelina et à Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa, ministre de la justice,pour réclamer l’arrêt des persecutions envers les membres de l’association LUSUD à Tolagnaro. Une centaine de membres de l’association LUSUD et d’habitants proches du site d’exploitation de QMM sont emprisonnés dans différentes villes du Sud, suite à l’assaut des forces militaires le 3 juillet pour éparpiller les manifestants et défaire le barrage mis en place par les communautés. Parmi  les personnes emprisonnées se trouve une femme enceinte. Depuis sa création, en mars 2023, l’association a formé ses 23.000 membres à la connaissance de leurs droits et aux revendications à travers pétitions, messages, interventions dans les médias. Ils n’ont été entendus ni par QMM, ni par l’ONE, ni par les responsables de la région, ni par le gouvernement, ce qui les a amenés à organiser le barrage pour être sûrs d’être entendus, en utilisant leur droit de grève. Les membres de l’association ont toujours accepté de négocier une issue pacifique avec les autorités locales malgré le kidnapping du fils de leur président et d’une autre.personne, le vol de sacs de riz au siège de l’association et l’avis de recherche lancé à l’encontre de leur président et du secrétaire général. Les manifestations de l’association ont toujours été pacifiques et apolitiques. La lettre ouverte réclame le respect de la liberté d’expression, et de manifestation et la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées. Elle exige enfin le dédommagement par l’Etat des préjudices subis par personnes concernées par ces arrestations et l’arrêt définitif de la poursuite de ses membres

07/08/23 - Arte TV - Conte documentaire Zaho Zay
https://www.arte.tv/fr/videos/108960-000-A/zaho-zay/
Sur un texte de l'écrivain Jean-Luc Raharimanana, un portrait poétique et sans fard de Madagascar, entre le quotidien d'une prison et le voyage imaginaire d'un vieil homme dans le pays.
« Zaho zay » est l'expression qu'utilisent les détenus quand ils se rassemblent le matin dans la cour de la prison de Fianarantsoa. Elle signifie « c'est moi ». La voix d'une matonne qu'on ne verra jamais raconte le quotidien figé de cette prison surpeuplée, dirigée par des femmes conformément aux traditions matriarcales de la culture malgache. Elle rêve également au destin de son père, meurtrier en fuite, dont elle espère qu'il sera un jour arrêté. Progressivement ses fantasmes prennent le pas, recréant un voyage qui fait écho aux traditions du pays et à son histoire coloniale.
Deux mouvements se mêlent dans ce film au rythme lent et hypnotique : le premier, « réaliste », est constitué de scènes de la vie carcérale, commentées par les mots d'une matonne imaginaire ; le deuxième, fantasmatique, évoque des souvenirs et le parcours d'un père rêvé, tueur solitaire dont la dérive évoque celle d'un sombre héros de western. Sur des images d'une beauté rigoureuse, le texte signé par l'écrivain Jean-Luc Raharimanana livre un âpre portrait de l'île rouge, entre réalité sociale révoltante et paysages majestueux, qui porte cependant les stigmates de l'exploitation coloniale. Un film en forme de conte, où la rage rencontre une douceur poétique.

Réalisation : Maéva Ranaivojaona

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 <> Articles particulièrement signalés - <>doc  Documents à valeur permanente
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6 janvier 2021

REVUE DE PRESSE - DECEMBRE 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
    Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements
  • Justice, prisons
  • Procès de l'affaire "Apollo 21"
  • Gouvernance
  • Droits des femmes - Interruption thérapeutique de grossesse
  • Migrations
  • Droits des LGBTQI+
  • Droits de l’enfant, éducation, université
  • Santé, Covid 19
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, foncier
  • Environnement, dérègment climatique,
  • Le « kere » dans le Sud
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds

>> Téléchareger la revue de presse  pdf, 26 pages

>> Voir aussi Facebook :

https://www.facebook.com/jumami.madagascar1

 

L'actualité du mois vue par le dessinateur de pressePov

planche

31 janvier 2018

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2018

Depuis sa mise en place, le « Conseil du Fampihavanana Malagasy » (CFM) n’a reçu aucune requête pour amnistie. Les 52 dossiers entre ses mains datent du temps du FFM et leur sort reste en suspens, la Cour suprême ne s’étant pas encore prononcée. Si des demandes parviennent au CFM, un « avis juridique motivé » devra être délivré par une Commission spéciale de la Cour suprême qui n’a pas encore été mise en place. On ignore encore si la tuerie du 7 février 2009 relève de la liste des faits non amnistiables prévus par la loi.

Après avoir rencontré Didier Ratsiraka, le CFM a été reçu par Marc Ravalomanana. Les deux parties se sont accordées sur la nécessité d’un dialogue et d’un apaisement politique avant les élections. « L’ancien président enverra au CFM des documents décrivant les faits qu’il pense avoir compromis ces derniers temps la stabilité politique dans le pays », a expliqué Maka Alphonse. Le CFM doit poursuivre ces rencontres avec les acteurs politiques majeurs, les entités de la société civile et les chefs d’Eglise.

Défense de la démocratie et de l’État de droit - Les membres élus de la HCDDED s’impatientent. La mise en place de cet organe constitutionnel s’éternise, tout comme la mise en place de la Haute cour de justice (HCJ). Le décret officialisant la nomination de ses membres n’est toujours pas pris, accusant près d’un an de retard.

Edgard Razafindravahy, chef de file   du parti ADN, a rencontré   des organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de la promotion des droits humains, relate L’Express, dont il est le patron. Membre du Comité des droits de l’homme de « Liberal international », il propose son appui aux acteurs locaux.

Claudine Razaimamonjy, censée être détenue à la prison de Manjakandriana en attendant son procès, aurait été aperçue en plusieurs lieux. La Gazette constate le retour en grâce de plusieurs proches de la présidence qui ont défrayé la chronique.

Cinquante-huit nouveaux généraux ont été promus au titre de 2017. Ils auront pour tâche de renforcer la sécurité, notamment en milieu rural, a souligné Hery Rajaonarimampianina. Tribune écrit : « Cette promotion d’un grand nombre de nouveaux généraux entre dans la stratégie du chef de l’Etat afin de s’assurer du soutien de ces derniers pour les échéances à venir. Une stratégie utilisée déjà par les chefs d’Etat qui se sont succédés à la tête du pays ». Le site rappelle en outre que l’arméemalgache est connue pour être une « armée mexicaine » comptant une proportion de hauts gradés sans rapport avec les effectifs placés sous leurs ordres. Pour L’Express, l’impartialité sera probablement le principal défi auquel devront faire face les forces armées durant cette année électorale.

nm 29 01 18

Hery Rajaonarimampianina a fêté les quatre ans de son investiture. A cette occasion, il a présenté un ambitieux plan d’émergence de Madagascar pour la période 2018-2030, dénommé « Fisandratana 2030 ». « Un projet ambitieux sur le papier », relativise Tribune, Ambitieux et aux financements flous selon Jeune Afrique. Pour Midi, « Hery Rajaonarimampianina devrait plutôt songer à améliorer ses résultats pour les 11 derniers mois de son premier mandat ».

Andry Rajoelina a lancé quelques heures plus tard à Paris son « Initiative Emergence Madagascar ». De nombreux experts ont assisté et participé à la présentation de son programme de redressement du pays. Après quatre années de mutisme total, l’ancien président de la Transition confirme sa rentrée politique. Selon lui, la population malgache vit actuellement « dans le désarroi, et pour même beaucoup dans le désespoir total ».

Le nouveau code électoral prévoirait que les candidats « indépendants » des partis politiques ne pourront pas se présenter aux prochaines législatives. Des députés contestent ces dispositions qui auraient été arrêtées pour favoriser l’élection d’actuels membres du gouvernement qui se présenteront au nom du parti présidentiel HVM.

nm 22 01 18

L'affaire Houcine Arfa, qualifiée d’« Arfagate » a fait tout au long du mois les gros titres de la presse. Depuis son évasion rocambolesque le 28 décembre, ce ressortissant franco-algérien au passé trouble vire à l’affaire d’État. Réfugié en France, cet ex-conseiller du président, ancien formateur de la garde présidentielle, a multiplié les accusations de corruption contre les autorités malgaches, en particulier la procureure générale de la République et la ministre de la justice. Ces déclarations compromettantes ont fait l'effet d'une bombe. La gêne et les réponses tardives des autorités n'ont fait qu’accroître la méfiance envers le pouvoir. Le fugitif est devenu l'homme qui fait trembler la République.

L’ambassadrice de France a nié toute implication dans cette évasion mais La Gazette laisse entendre qu’Houcine Arfa aurait été exfiltré par les services secrets français, voire par l’opposition. La ministre de la justice a déposé une plainte contre l’évadé. Une enquête a été lancée par le Bianco. Le SMM a saisi le Conseil supérieur de la magistrature. Une note verbale du ministère français de la justice révèle que dans le cadre du mandat d’arrêt international lancé par Madagascar, Houcine Arfa a été placé sur la liste des personnes recherchées en France. Une fois appréhendé, le fugitif devrait purger dans l’Hexagone le reste de ses 3 ans d’emprisonnement.

nm 18 01 17

Madagate croit savoir qu’Houcine Arfa a été présenté à Hery Rajaonarimampianina en marge de la COP 21 à Paris par le franco-malgache Henry Rabary-Njaka, avocat au barreau de Paris, devenu par la suite ministre des affaires étrangères. « Pourquoi faire exactement ? », la question reste posée, de même que celle de savoir pour quelle raison il aurait été décidé de s’en débarrasser. On ignore où se trouvent les importantes sommes d’argent saisies à son domicile.

A l’occasion de sa première émission hebdomadaire « Fotoam-bita » de l’année, Hery Rajaonarimampianina s’est ouvertement positionné pour postuler à un second mandat.Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana l’avaient devancé durant les tous premiers jours de la nouvelle année. Les protagonistes de la crise de 2009 se préparent ainsi à un nouvel affrontement qui fait craindre aux observateurs un remake de cette période troublée.

Marc Ravalomanana affirme qu’il ne peut y avoir d'obstacle à sa candidature. Sa condamnation par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour la tuerie du 7 février 2009 n'est pas valide, a-t-il réitéré, brandissant à demi-mot le spectre de troubles politiques au cas où sa candidature ne serait pas déclarée recevable. La ministre de la justice, Elise Rasolo, a répliqué en affirmant que la décision de justice qui condamne l’ancien président aux travaux forcés est fondée et applicable. Il devrait recevoir prochainement notification de la décision, jusqu’ici différée pour des raisons obscures. Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la justice de la Transition, confirme que la justice doit suivre son cours et que la sentence doit être appliquée. Pour L’Express, l’arrestation de Marc Ravalomanana ne se fait plus guère de doute. Les autorités attendraient juste le bon moment pour passer à l’acte. Des menaces qui n’ont pas fait obstacle à un déplacement de Marc Ravalomanana en France, en quête du soutien d’une importante diaspora qui lui serait assez largement acquise.

Au mépris des principes de laïcité inscrits dans la Constitution, Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana se sont retrouvés une nouvelle fois en situation de courtiser les fidèles de la FJKM dans le cadre du lancement officiel des activités de l’Eglise pour la nouvelle année et de la célébration du 50e anniversaire de l’Eglise réformée de Madagascar. 24 heures après ce culte exhortant à la réconciliation, la manifestation organisée par Marc Ravalomanana à Tolagnaro a été perturbée, comme l’avait été son récent déplacement à Toliara. L’ancien président et fondateur du groupe Tiko serait en bute également à des tracasseries du pouvoir au sujet des activités de l’usine de la société Triple A d’Andranomanelatra-Antsirabe, fermée au mois de décembre. Les produits de cette société circulent et sont encore en vente. Les autorités, cherchent à savoir si l’usine fonctionne à nouveau. Les locaux ont été encerclés par les forces de l’ordre, un barrage militaire a été installé à l’entrée. Marc Ravalomanana est enfin visé par une plainte de la Jirama pour un branchement électrique illicite à sa résidence d’Andranomanelatra. Des agents de la société d’Etat et un huissier auraient apporté la preuve que la résidence de l’ancien président était alimentée en électricité par la société Tiko-AAA et ce depuis de longues années.

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La « Journée nationale de l’assainissement pour la lutte contre la peste », a été une autre occasion pour des futurs candidats de mener une offensive de charme auprès de l’électorat. Cette journée avait été décrétée chômée et payée pour permettre à la population se participer en nombre aux opérations de nettoyage. Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana ont célébré l’évènement en se rendant dans les quartiers sous l’œil des caméras, « sur fond de lutte de leadership », indique Midi.

Le ministre de la défense et son collègue de la gendarmerie affirment que le pays ne mérite plus d’être dirigé par un pouvoir non issu d’élections libres. « Les forces armées n’accepteront pas une nouvelle crise »,prévientle général Béni Xavier Rasolofonirina. Le Conseil du « Fampihavanana Malagasy » (CFM) a lancé un appel à l’apaisement et au dialogue, « conditions sine qua non d’une cohésion sociale et d’un développement durable ». L’organe se montre préoccupé par le risque de survenue d’une nouvelle crise politique.

Une consultation des organisations de la société civile sur le projet de lois électorales a été engagée mi-décembre, après bien des atermoiements. Le premier ministre a précisé qu’il ne s’agissait pas de négocier le texte ou de conclure un accord mais seulement de lever les doutes. La convocation de la session extraordinaire du Parlement destinée à adopter ces textes n’est toujours pas intervenue. La société civile et les observateurs politiques s’en préoccupent.

L’objectif de 10 millions d’électeurs ne sera pas atteint. A la clôture de la révision annuelle de la liste, il manque un peu plus de 300 000 inscrits. Le KMF/CNOE a demandé que le délai d’inscription soit prolongé, ce qui permettrait au ministère de l’intérieur d’atteindre l’objectif de 500.000 inscrits à partir des jugements supplétifs. L’organisme redoute que ce faible taux d’inscription ait un impact négatif considérable sur la légitimité des prochains élus. Mais rallonger la période de la révision de la liste électorale dépend du code électoral qui en fixe les dates. Or on est pour le moment obligé de se conformer à l’ancien code électoral. Les dates de la session parlementaire extraordinaire qui doit adopter la refonte de la loi électorale n’ayant en effet pas encore été arrêtée. La CENI déplore une faible mobilisation des citoyens et une participation de plus en plus faible des électeurs aux consultations électorales.

Arisoa Lala Razafitrimo a été nommée ambassadrice auprès des Nations unies à New York. Il s’agit du troisième agrément intervenu en six mois, après celui d’Alain Djacoba Tehindrazanarivelo à Addis-Abeba et de l’ancienne ministre de la culture Mialy Mireille Rakotomalala à Tokyo. Les trois ambassadeurs nommés par le nouveau pouvoir sont des anciens « ratsirikistes ». Midi note que six postes de chargés d’affaires sont également tenus par des femmes, à Paris, Rome, Washington, Afrique du Sud, Inde et Allemagne. Sur les 17 ambassades malgaches à l’étranger, huit sont occupées par des chargés d’affaires.

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Marc Ravalomanana a été distingué « Homme de l’Afrique 2017 » pour son « leadership politique » par l’African Leadership Magazine. Le président du TIM l’a emporté sur le président du Kenya Uhuru Kenyatta.

Les forces françaises de l’océan Indien, basées à La Réunion (FAZSOI), pourraient appuyer Madagascar dans la lutte contre le commerce illicite de ressources naturelles. Pour ce faire, l’accord de défense entre les deux pays devrait être révisé. Le commandant des FAZSOI a rappelé que ses forces peuvent également intervenir pour exfiltrer des ressortissants français en danger, lutter contre les trafics de drogue et l’immigration clandestine.

Le secteur privé s’insurge contre la multiplication des enlèvements et l’impuissance des autorités. La violence et l’insécurité touchent selon eux toutes les couches de la société, à un niveau jamais atteint, obligeant les entreprises à investir massivement dans leur sécurité et celle de leurs salariés. Les enlèvements seraient le fait d’une mafia qui atteindrait les hautes sphères du pouvoir militaire et politique. Les zones rurales ne seraient pas épargnées par ce fléau. Il exhorte le pouvoir à prendre des mesures dans les meilleurs délais afin de rétablir la sécurité et la confiance dans le pays. Les exactions commises par les dahalo continuent de défrayer la chronique. Plusieurs cas de « vindictes populaires » ont encore été signalés, notamment sur le campus de Fianarantsoa. Leur recrudescence est jugée inédite par La Gazette. Selon la CNIDH, 46 personnes ont succombé à des actes de justice populaire de septembre à début novembre 2016.

Le directeur de la police nationale de Toamasina révèle la découverte de plus de trois tonnes d’ossements humains, dans une dizaine de tentatives de trafic déjouées au cours de l’année 2017. Son bilan fait également mention d’un surcroît d’affaires de tous ordres. 1 200 individus ont été placés sous mandat de dépôt, 1 200 autres ont bénéficié d’une liberté provisoire. 16 bandits sont tombés sous les balles des forces de l’ordre. Toamasina détient la réputation d’une ville où règne une grande insécurité.

Alors qu’un jeune Karana victime d’un kidnapping venait d’être libéré, après versement d’une forte rançon, le propriétaire indo-pakistanais d’une bijouterie de renom d’Antananarivo a été enlevé alors qu’il se trouvait bloqué dans un embouteillage. C'est au moins le 6e enlèvement dans la capitale en dix mois a fait savoir le Collectif des Français d'origine indienne de Madagascar.

Le premier président de la Cour suprême, Modeste Randrianantenaina, a rappelé aux magistrats leur obligation de réserve. Un devoir qui semble en conflit avec les libertés garanties par le droit syndical, défendues par Fanirisoa Ernaivo, présidente du SMM.

Un quatrième appel à candidature a été lancé aux magistrats pour le 1er Pôle anti-corruption (PAC) qui doit être installé dans la capitale. La phase d’enquête de moralité a été éliminatoire. Le manque de candidatures remplissant les conditions requises a également compliqué la tâche du comité de sélection. La structure aurait dû être opérationnelle en mars 2017. Le FMI attend impatiemment la mise en place de ce PAC qui conditionnait le déblocage de la Facilité élargie de crédit (FEC).

Le projet de loi sur les « biens mal acquis » suscite des inquiétudes, notamment parmi les députés, qui redoutent que ce texte soit instrumentalisé par le pouvoir pour éliminer des adversaires. La confiscation des avoirs illicites pourrait être décidée avant toute décision de justice ce qui reviendrait à remettre en cause la présomption d’innocence.

Le sénateur Riana Andriamandavy VII, qui avait pris fait et cause en faveur de Claudine Razaimamonjy, se livrant à des actes répréhensibles, continue de jouir de son statut de vice-président du Sénat et de leader du parti au pouvoir. Neuf mois après les faits, la justice n’a donné aucune suite à la plainte déposée par le SMM. Midi dénonce l’impunité dont il bénéficie et le « deux poids deux mesures » du pouvoir en matière de respect de l’Etat de droit.

La CNIDH prévoit d'effectuer une deuxième mission à Antsakabary pour apprécier l’évolution de la situation, faire le point sur les réparations accordées aux victimes ainsi que sur les travaux de réhabilitation des foyers incendiés. Les huit présumés auteurs du meurtre des deux policiers qui a constitué l’élément déclencheur de l’expédition punitive des forces de l’ordre demeurent en cavale. Les cinq prévenus arrêtés ont été remis en liberté. La plainte déposée par la population pour incendie criminel et maltraitances n’a connu aucune suite.

La CNIDH projette en outre de suivre de près la situation des lanceurs d’alerte, tel Raleva, activiste environnemental, opposant à l’exploitation aurifère chinoise de Mananjary, incarcéré depuis le 3 octobre en attendant son procès.

Le secrétaire d’Etat à la gendarmerie soutient que l’assainissement du corps se poursuit. Selon lui, les responsables de la gendarmerie sont conscients du mécontentement de la population à l’égard de ses hommes sur le terrain. Tout est mis en œuvre, affirme-t-il, pour sanctionner les personnels corrompus. En 2017, seules 31 plaintes ont été déposées, loin des 210 enregistrées en 2016, ce qui fourniraient la démonstration, selon les autorités, que la corruption est en bonne voie d’éradication dans ce corps particulièrement montré du doigt.

Les fonctionnaires fantômes devront rembourser. Les mesures d’assainissement de l‘administration, lancées en février 2017, continuent d’être appliqué et il semble que l’Etat soit déterminé à mener la lutte à son terme. La situation aurait engendré jusqu’à 50 milliards Ar de perte pour l’Etat. A ce jour, plus de 4 000 fonctionnaires n’auraient pas encore apporté de justificatif de leur activité.

L’OMS a décerné un « Certificat de reconnaissance » à Hery Rajaonarimampianina « pour son leadership et son engagement à sauver des vies, lors de la lutte contre l’épidémie de peste ». L’opinion publique continue de contester la réalité de cette épidémie de peste pulmonaire qui aurait fait officiellement plus de 200 morts.

Projet de « Couverture santé universelle ». Lors des rencontres avec les ministres de la santé et des affaires étrangères, le DG de l’OMS a loué « la volonté et la détermination du gouvernement malgache de mettre en place la couverture santé universelle » afin d’améliorer les services de santé offerts à la population. Une caisse nationale de solidarité devrait voir le jour. L’Etat est à la recherche de sources de financement.

L’accès aux services de santé reste un défi majeur pour Madagascar. L’indicateur de prestation de soins de santé réalisé avec la Banque mondiale fait apparaître de graves lacunes.

L’université de Mahajanga s’enfonce dans la crise. La rentrée annoncée pour début janvier n’a pas pu avoir lieu suite aux manifestations organisées par le Bureau des étudiants, qui s’est également opposé à la tenue des examens. Des arrestations ont été opérées. Le tribunal administratif a rejeté la requête en annulation des décisions du conseil de discipline de l'université déposée par les étudiants et confirmé les sanctions frappant 61 des leurs. Des troubles ont également frappé l’université d’Antananarivo sur fond de retard de paiement des bourses et hausse des frais d’inscription. N’ayant pas obtenu satisfaction du ministère de tutelle, le syndicat des enseignants-chercheurs (SECES) de l’université d’Antananarivo a décidé de geler les notes en pleine période d’examen.

Le recrutement des enseignants FRAM ne sera cette année que de 4 000 au lieu des 10 000 prévus, comme ce fût le cas les années précédentes, avec pour objectif de parvenir à 50 000 recrutements en fin de mandat présidentiel. Le gouvernement aurait fait le choix de privilégier la qualité des recrutements sur la quantité, ayant été vivement critiqué pour avoir effectué des embauches de personnels dépourvus du minimum de compétences requis.

Traite de femmes malgaches en Chine : des membres d’un réseau tombent. Un couple malgache a été incarcéré et une femme malgache qui serait responsable d’un réseau a été arrêtée en Chine et rapatriée dans le cadre des accords de coopération policière et judiciaire entre les deux pays. La CNIDH se préoccupe de cette situation.

Travailleuses expatriées : la région Sava particulièrement concernée. Le ministère de la population et de la promotion de la femme a révélé que pour le premier semestre 2017 71 femmes avaient tenté de rejoindre les pays du golfe et le Liban. La majorité de ces femmes viendraient de la région Sava. Selon La Gazette, « les agences de placement non agréées, voire clandestines, continuent leur business d’exportation de malheureuses femmes dans l’eldorado arabe pour esclavage moderne ». Trois passeurs ont été arrêtés. Deux candidates au départ ont été découvertes au domicile de l’un des prévenus. La police a mis la main sur 31 faux passeports Les candidates devaient verser 2,4 millions Ar pour constituer leur dossier.

Le ministère de la communication persiste à vouloir diriger la commission de délivrance des cartes professionnelles des journalistes. Les membres du bureau de l’Ordre de la province d’Antananarivo affirment une nouvelle fois que le nouveau code de la communication est bafoué.

La police des mines a finalement procédé à la fermeture du site d'exploitation aurifère de la société Mac Lai Sime Gianna à Vohilava (district de Mananjary). Le Collectif Tany et le CRAAD-OI rappellent que cette mesure a été prise après des manifestations populaires de protestation contre cette exploitation et des représailles à l'encontre des défenseurs des droits des communautés riveraines et de l'environnement.

La fièvre du saphir reprend dans le corridor d’Ankeniheny Zahamena où se trouve l’aire protégée de Didy, à proximité d’Ambatondrazaka. Un afflux d’exploitants a été constaté par les gestionnaires de la zone, dont la sécurisation a dû être renforcée.

Des propriétaires de terre impactés par le projet minier d’exploration du graphite DNI Metals à Vohitsara (district de Brickaville) ont déposé une plainte auprès du tribunal de Toamasina pour demander l’arrêt des activités de la société qui ne seraient pas conformes à la réglementation. Le Collectif Tany appuie cette démarche et lance un appel à la solidarité internationale.

Un bateau contenant 460 tortues radiata a été arraisonné près de Morondava, suite à une panne mécanique. Trois marins ont été placés en garde à vue. Un acheteur chinois serait impliqué dans ces trafics. L’assistant parlementaire d’un député de Toliara a été arrêté à l’aéroport d’Ivato en possession de 126 tortues protégées en partance pour le Vietnam. Un opérateur chinois serait le commanditaire.

300 familles ont été expulsées à Soavinandriana Itasy suite à une décision judiciaire contestée qui restitue 569 ha de cultures à un ancien ministre qui les avait acquis dans les années 1960, suite au départ de colons. Les riverains avaient pris peu à peu possession de ces terrains et les avaient aménagés.

Sur instructions royales, une importante aide humanitaire marocaine a été acheminée suite au cyclone Ava qui a frappé récemment le pays.

Une voie rapide reliant le port de Toamasina à la RN 2 sera financée par un prêt préférentiel de la Chine. « Le ciel est bleu, les relations entre les deux pays sont en pleine forme », s’est félicité le ministre des affaires étrangères, Henry Rabary-Njaka.

« Cinq ans après la fin de la crise politique qui a secoué le pays, la situation économique de Madagascar reste préoccupante », titre Jeune Afrique.

La monnaie nationale poursuit sa dépréciation. Au cours officiel, la valeur de l’euro a atteint le seuil symbolique des 4 000 Ar en fin de mois.

Selon le dernier guide de la Coface, Madagascar présente des risques très élevés, au même niveau que le Mali ou la RDC, pays en guerre. Maurice parvient à se hisser en catégorie A3 qui représente « un environnement des affaires sécurisé même s’il peut présenter des insuffisances »

Les mauvaises pratiques s’amplifient dans la filière vanille, favorisée par l’explosion des cours mondiaux. La cueillette précoce et les vols sur pied se développent, ainsi que certaines pratiques visant à tromper les acheteurs sur la qualité du produit. Les producteurs sont la cible de trafiquants et l’insécurité atteint des niveaux préoccupants. La filière est menacée de disparition. Certaines personnalités douteuses se seraient emparées de la filière et l’utiliseraient pour pratiquer du blanchiment d’argent.

Les besoins d’importation de riz pour la campagne 2017/18 sont estimés à 560 000 tonnes, bien au-dessus de l’année précédente et de la moyenne, en raison de la réduction de la production et des stocks. La pénurie sur le marché intérieur et la rétention des stocks ont provoqué une hausse préoccupante des cours.

La loi sur les Zones économiques spéciales (ZES) a été rejetée par la HCC. La Coursanctionne plusieurs articles qui octroient une marge de manœuvre trop importante à l’autorité de régulation des ZES, au détriment de la loi et des fonctions régaliennes de l’Etat. Le FMI a émis des doutes concernant l’impact de dispositif sur l’économie nationale. Il avait notamment alerté les autorités sur les risques de pertes de recettes pour l’Etat. Le gouvernement a fait savoir que le texte « retoqué » fera l’objet d’une reformulation.

Antananarivo, 3ème ville la plus sale du monde d’après un classement de la revue Forbes de 2008 Sur les 25 mégalopoles mondiales classées les moins propres, 15 sont des villes africaines et la capitale malgache se situe en 1ère position. Les édiles municipaux, placés sous la tutelle du pouvoir, ne parviennent pas à maîtriser la situation. Les équipements et les infrastructures ont été conçues pour une ville de 500 000 habitants, alors qu’on en compte actuellement 3 millions et que le chiffre pourrait atteindre 7 millions en 2030. Antananarivo a été classé 218e sur les 500 villes les plus polluées au monde, selon une étude de l’OMS en 2016, avec de graves impacts sanitaires.

Le passage du cyclone Ava, premier de la saison, a fait 51 victimes. 22 personnes ont été portées disparues. Plus de 159 000 habitants ont été sinistrés, plus de 20 000 ont été déplacés. Le manque de réactivité des pouvoirs publics a été pointé du doigt. Au plus fort de la tempête se déroulait au palais présidentiel la traditionnelle et dispendieuse cérémonie de présentation des vœux. Au cours des dix dernières années, Madagascar a été frappé par 45 cyclones et tempêtes tropicales.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Conjoncture politique
  • Affaire Houcine Arfa
  • Préparation de la présidentielle de décembre 2018
  • Diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Santé
  • Education, université
  • Migrations, réfugiés, traite
  • Liberté d'expression, médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Bois de rose, exploitations minières, trafics de ressources, foncier
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Situation économique
  • Divers, cataclysmes naturels

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31 août 2021

REVUE DE PRESSE - AOUT 2021

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Affaires nationales
        - Tentative d’assassinat contre Andry Rajoelina.
  • Diplomatie, diaspora

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, enlèvements, vindicte populaire
  • Justice
  • Gouvernance
  • Education
  • Droits des femmes et de l'enfant
  • Santé
        - Lutte contre le coronavirus
  • Médias, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement
  • Economie - Social
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Le « kere » dans le Sud

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L'actualité du mois vue par les dessinateurs de presse

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30 septembre 2018

REVUE DE PRESSE - SEPTEMBRE 2018

Pour le SeFaFi, l’élection d’un président ne suffit pas à garantir la bonne marche des affaires étatiques. « Les législatives et les communales constituent même les échéances électorales les plus importantes : elles permettent d’élire les représentants de la population chargés d’élaborer et de voter les lois de la République (législatives), ainsi que les responsables qui fourniront aux citoyens des services administratifs de proximité (communales). Devraient aussi enfin suivre les élections régionales et provinciales. Il est donc crucial de se pencher dès maintenant sur l’organisation de ces scrutins ». Le SeFaFi appelle les citoyens à un vote responsable : « osons sanctionner par le vote, ne laissons pas les autres bourrer les urnes en votant à notre place », lance-t-il.

Une « Charte de bonne conduite et d’intégrité » pour les candidats à la présidentielle a été élaborée par le CFM. Son président a expliqué qu’il s’agit d’une « initiative morale capitale », dans une démarche commune de recherche d'apaisement. « Le candidat s'engage à respecter les lois en vigueur, à saisir les juridictions compétentes, en cas de fraudes ou de contentieux, au lieu de descendre dans la rue et de recruter des gros bras », explique-t-il. Mais si la charte a pour but de prévenir ce genre d'agissements, elle ne possède pas de caractère obligatoire. De nombreuses institutions et organisations de la société civile ont été associées aux travaux préparatoires. Seuls 27 représentants des candidats sur 36 ont participé à la réunion de présentation du draft. Parmi les absents, le représentant d’Andry Rajoelina. Un seul candidat est venu en personne. La cérémonie de signature est fixée au 3 octobre. Une campagne de vulgarisation suivra, prise en charge notamment par le mouvement Rohy.

Financement des campagnes électorales des candidats : « Guerre de moyens occultes », titre Tribune. L’étude comparative des pratiques dans l’espace francophone, confiée par l’UE à un consultant en décembre 2016, éclaire sur les sources et l’ampleur des financements des candidats. « C’est finalement une guerre de moyens et non une campagne de persuasion par les idées », déplore le site. Il est notamment écrit : « Le financement politique en Afrique francophone demeure de provenance privé et souvent occulte, ouvrant ainsi la porte aux dons provenant de l’étranger et/ou de fonds illicites ». C’est seulement en 2018, grâce à cette étude comparative, que l’on se rend compte des sommes colossales distribuées par le vainqueur des présidentielles de 2013 : 43 millions de dollars, soit 21,5 dollars par voix obtenue. On peut en déduire, ajoute le site, que des centaines de millions de dollars circulent dans le pays à l’occasion de cette élection.

Après vérification de la liste électorale par la CENI, le nombre d’électeurs est de 9 903 599, près de l’objectif de 10 millions que la Commission s’était assigné. Le vice-président de la CENI a souligné que 250 000 doublons ont été retirés, ainsi que 4 000 autres indument inscrits. Nombreux seraient cependant les électeurs qui se plaignent de ne pas figurer sur la liste. Alors que la liste était annoncée comme bouclée, 10 289 électeurs ont été ajoutés avec l’accord des tribunaux. Objectif de la CENI : prendre en compte les « électeurs omis » qui ont effectivement accompli la procédure d’inscription. A ce nombre d’omis (23 159) ont été retranchés 12 870 doublons. La conclusion d’un l'audit mené par l’OIF évoque un fichier électoral « fiable malgré quelques anomalies ». Dans ses conclusions, le général Siaka Sangare, chef de mission, a avancé que « le cadre légal est conforme aux normes légales internationales, inspirées des instruments internationaux tels que la DUDH, le Pacte international relatif aux droits civiques et politiques (…) ».

La plateforme de la société civile Rohy a annoncé le lancement d'un « Observatoire indépendant des élections » et le déploiement de 6 050 observateurs nationaux. Ils seront en place dans 520 communes au plus tard le 7 octobre, un mois avant le1er tour du scrutin.

Une formation a été proposée aux assesseurs. Une session de 2 jours financée par l’USAID et réalisée par l’Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique (EISA) et par la CENI.

Une mission d'observation électorale de l’UE sera conduite par un membre du Parlement européen. L’équipe d’encadrement est composée de 10 personnes. 40 observateurs de longue durée seront déployés dès le 6 octobre pour observer le processus électoral dans les différentes régions.

La CENI craint des risques des litiges électoraux suite à la publication des résultats de sondages d’opinion. La première opération du genre à Madagascar, annoncée par la fondation allemande Friedrich Ebert, a été interdite au dernier moment par le pouvoir. La revue Politikà s’est vue amputée des 16 pages qui devaient relater les résultats. Les initiateurs du sondage ont déploré une telle décision, arguant du fait que ce genre d’opération est « une démarche courante et acceptée dans toutes les démocraties du monde, quoique inédite dans l’histoire des élections à Madagascar ». La FES a précisé que ce sondage aurait pu éclairer l’opinion sur l’importance que l’on donnait à la notion de « grands » et de « petits » candidats. Il aurait pu changer la perception des électeurs à qui ont été présentés des « pseudos favoris », jugés sur leur capacité à rassembler des foules et à organiser des shows électoraux. La décision a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux. La loi électorale interdit les sondages à partir du 7 octobre, date d’ouverture de la campagne officielle.

Plusieurs pays (Corée, Japon, Allemagne, Grande Bretagne) ont apporté leur contribution au financement de la campagne, via le Basket Fund Sacem (Soutien au cycle électoral) dirigé par le Pnud.

Vague de nomination avant le départ de Hery Rajaonarimampianina. Le dernier conseil des ministres que le chef de l’Etat a dirigé avant sa démission suite à sa candidature à sa propre succession a été marqué par la nomination de deux de ses anciens ministres au poste d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Russie et en Chine. La dame de compagnie de son épouse a été nommée sénatrice. Des nominations qui ont suscité nombre d’interrogations. En outre, des promotions ont été décidées in extremis en faveur de 65 officiers élevés aux différents grades de généraux. Plusieurs centaines d’autres officiers ont bénéficié d’un avancement. « Les forces armées défendront le verdict des urnes », déclare le ministre de la défense.

Didier Ratsiraka a tenté de mobiliser les autres candidats dans l’objectif de réclamer le report du scrutin après la saison des pluies, en mai 2019. Ils sont 16 à avoir répondu à son initiative. Le candidat Tabera Randrianarisoa, qui a déposé auprès du Conseil d’Etat une requête en annulation du décret de convocation des électeurs en date du 29 juin pour irrégularités, était au nombre des contestataires. Des partisans du candidat Solo Norbert Randriamorasata sont venus protester contre la candidature d’Andry Rajoelina devant la HCC. « Le pouvoir n’est pas fait pour les putschistes », pouvait-on lire sur leurs pancartes. La Dépêche rappelle que des politiciens, des leaders syndicaux et des organisations de la société civile ont déjà alerté les magistrats de la HCC sur cette entorse aux principes qui prévalent au niveau international. Le quotidien rappelle en outre que l’Alliance Voahary Gasy et Transparency International ont mis en cause Andry Rajoelina et la Transition dans les trafics de bois de rose. Pour Les Nouvelles, qu’il s’agisse de la requête déposée par Tabera Randrianarisoa ou de l’initiative de Didier Ratsiraka, tout a été entrepris dans le but unique d’éviter au président de la République d’avoir à démissionner avant le 7 septembre, comme le lui impose la Constitution.

La HCC et le Conseil d’Etat ont rejeté toutes les requêtes déposées mais neuf candidats validés par la HCC - parmi lesquels Didier Ratsiraka, l’ancien premier ministre Olivier Mahafaly et le président de l’Assemblée nationale sortant, Jean-Max Rakotomamonjy – ainsi que sept autres « recalés » par la HCC ont persisté à contester la tenue de l’élection le 7 novembre et exigé la mise en place d’une nouvelle transition.

Conformément à la Constitution, Hery Rajaonarimampianina, candidat à sa propre succession, a démissionné. Midi évoque une « démission aux forceps » : Hery Rajaonarimampianina aurait tenté de s’accrocher à son siège « en organisant toute une manœuvre et en encourageant des mercenaires politiques pour lui venir en aide ». L'intérim a été confié à la deuxième personnalité de l'Etat, le président du Sénat Riko Rakotovao, issu du parti présidentiel, le HVM, dont les attributions seront limitées. Mananjara Andriambololona, vice-président du Sénat, membre du HVM, a succédé à Rivo Rakotovao à la présidence de la Chambre haute. Les attributions réduites du chef de l’Eta par intérim ont été précisées par la HCC.

Norbert Lala Ratsirahonana est sort de l’ombre en apportant son soutien à Andry Rajoelina. Ce vétéran de la politique, qualifié de « faiseur de roi » depuis l’époque de Didier Ratsiraka, avait été nommé conseiller spécial de Hery Rajaonarimampianina à la présidence de la République en 2015.

Meetings de pré-campagne : seuls neuf candidats disposant de moyens conséquents sont visibles sur le terrain. La campagne officielle commencera le 7 octobre et 27 candidats, peu pourvus en moyens, attendent encore pour se manifester en public.

POV 15 09 18

Andry Rajoelina persona non grata pour des étudiants malgaches en France. Une levée de boucliers a eu lieu parmi les étudiants malgaches en Sciences Po Paris où Andry Rajoelina était l’invité de deux associations. De jeunes diplômés et étudiants ont adressé une lettre de protestation aux responsables de l’institution. L’ex-président de la Transition était accompagné par l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, actuellement inquiété par la justice française pour des biens mal acquis. Les contestataires ont mis en cause la neutralité des organisateurs alors que le conférencier est en pleine campagne électorale. Andry Rajoelina a poursuivi son séjour à Paris par une rencontre avec la diaspora et le promotion de l’ouvrage qu’il vient de publier. « En 2009, je ne me m’étais pas préparé pour diriger le pays, j’ai été emporté par le patriotisme qui est en moi, mais après avoir traversé toutes les épreuves, cette année, je suis fin prêt, je me suis bien préparé pour diriger le pays », a-t-il lancé à nouveau.

La tension est montée dangereusement entre trois principaux candidats qui se livrent à des menaces et intimidations, ont constaté Midi et L’Express qui condamnent les propos « haineux et violents » tenus par les partisans d’Andry Rajoelina à l’endroit des étudiants de Sciences Po Paris. Pour les médias, la précampagne est sur une pente glissante. Chaque camp se voit déjà vainqueur dès le premier tour et ne semble pas prêt à accepter un résultat défavorable. L’Express doute de la capacité de la CENI et de la HCC à arbitrer de duel à trois, institutions dont la neutralité est mise en doute.

La Russie s’intéresserait de près à la campagne présidentielle. En ligne de mire le pétrole des îles Eparses, dont la rétrocession figure au programme du pasteur Mailhol et de plusieurs candidats. Les Russes auraient noué de nombreux contacts avec les candidats et le chef de l’Etat sortant en vue d’introduire des intérêts dans de grands projets miniers. Des appuis financiers auraient été proposés à certains candidats. La Russie s’intéresserait notamment au rachat de Toliara Sands en alimentant la campagne de dénigrement du projet, croit savoir La Lettre de l’océan Indien.

Les ressources pétrolières des îles Eparses font l’objet de multiples convoitises, écrit le quotidien Les Nouvelles. Des zones d’ombre persistent sur les tractations qui ont eu lieu ou sont en cours. Parmi lesquelles, un mystérieux contrat de 300 millions conclus par l’Etat avec une société pétrolière brésilienne concernant des blocs pétroliers de Belo sur Mer relevant de la ZEE des îles Eparses considérée comme étant sous juridiction française.

700 kg de poissons ont été saisis par des bâtiments français sur des bateaux de pêches malgaches présents dans la zone économique exclusive des îles Eparses.

Le dossier des îles Eparses sera de nouveau porté devant les Nations unies par la France et Madagascar pour une prise de décision, annonce le président par intérim, Riko Rakotovao, à l’issue d’une rencontre avec le conseiller Afrique du président français, en marge de l’AG de l’ONU.

L’IDH 2018 indique que Madagascar a légèrement amélioré son score, passant de l’indice 0,512 à 0,519 mais a régressé dans le classement, passant de la 159e à la 161e place. Le chômage et le sous-emploi atteignent des niveaux alarmants et le rapport pointe du doigt les défis liés à l’insécurité.

Le « mois de l’amnistie en Afrique » a été célébré pour la 1ère fois à Madagascar. Des manifestations ont été organisées dans ce cadre à l’initiative de plusieurs ministères. Des points de collecte d’armes ont été mis en place. L'Etat accordera la régularisation des armes à feu à ceux qui n'ont pas d'autorisation adéquate. Le ministère de la défense compte mener un programme de marquage, d’enregistrement et de traçage des armes. La société civile est invitée à s’impliquer dans la lutte contre la prolifération des armes. Pour la CNIDH, le phénomène est « hors contrôle ».

L’activité des sériciculteurs de Soatanàna (région Amoron’i Mania) est menacée par l’insécurité. Ils éprouvent des difficultés à s’approvisionner en matières premières. Des bandes armées attaquent les collecteurs. Près de 80 malfaiteurs lourdement armés ont attaqué la ville d’Ambatofinandrahana, des maisons ont été incendiées, une femme enceinte a été brulée vive. Des violents affrontements se sont produits entre 30 bandits armés et les habitants de Betrandraka (district de Tsaratanàna). La population d’Antsalova (région Melaky) se plaint des fréquentes attaques de dahalo. 50 dahalo armés de fusils d’assaut ont attaqué le village d’Ankilisoa. Cinq personnes ont été tués, plusieurs blessées. Les dahalo ont incendié des habitations et enlevé quatre otages. Un incendie d’origine criminelle a détruit 110 foyers à Antsakabary, localité frappée l’an passé par l’expédition punitive de policiers.

Couvre-feu à Morondava. La capitale du Menabe a connu de violentes manifestations dans plusieurs quartiers. Les manifestants protestaient notamment contre la libération de six présumés dahalo. Des pillages se sont produits et les manifestants armés de sabres et de fusils ont lancé des pierres contre des véhicules. Un homme a été abattu par les forces de l’ordre. En représailles, les manifestants ont incendié un poste de gendarmerie. Quatre personnes auteurs de vandalisme et d’actes de banditisme ont été arrêtées. Le député de Morondava a été convoqué ; Il est reproché aux animateurs de sa radio locale d’avoir incité la population à commettre des actes de déstabilisation.

A Brieville-Ambatondrazaka, un peloton militaire d’une trentaine d’hommes commandé par un colonel s’est livré à une vague d’exécutions sommaires. Plus de six personnes ont été arrêtées puis fusillées. Rackets et tortures sont dénoncés par la population. Des libérations de prévenus sont obtenues moyennant rétribution.

Un sergent-chef responsable du magasin d’armes du camp du Capsat à Antananarivo, membre reconnu d’un gang, a été abattu par la police. Ses pairs ont dénoncé une exécution sommaire.

Justice populaire : 152 morts en deux ans. Dans le cadre du 70e anniversaire de la DUDH, le Haut-commissariat aux droits de l’homme a présenté un rapport sur la justice populaire à Madagascar. Des pratiques qui ont pris des proportions inquiétantes ces dernières années et qui sont devenues courantes, banalisées et bien souvent impunies.

pov 19 09 18La voiture ouvreuse du cortège du premier ministre incendiée par la foule après avoir fauché deux enfants des rues. Les passants témoins du drame ont renversé le véhicule et malmené ses occupants, puis l’ont incendié. Pour L’Express, cet évènement « entache l’humilité et l’exemplarité des hauts responsables étatiques », mis en avant par le premier ministre lors de sa prise de fonction.

Cinq kidnappeurs ont été placés sous mandat de dépôt. Deux d’entre eux sont les auteurs principaux de l’enlèvement de l’épouse d’un karana, important concessionnaire automobile. Deux femmes et un homme ont été arrêtés à Analamahitsy pour le vol d’un nourrisson de trois mois vendu 800 000 Ar à un couple.

Sommet de la Francophonie 2016 : 36 prestataires affirment être victimes d’engagements non tenus et d’impayés de l’Etat pour un montant de 6 milliards Ar. Les représentants des organisations internationales, partenaires techniques et financiers de Madagascar, auraient été saisis.

« Affaire Anjozorobe : présence confirmée de Matthieu Rajaonarimampianina », titre Midi. En février 2016, un jeune natif du Sud a été tué lors d’une fusillade à la carrière d’Ankaraoka, dans le district d’Anjozorobe, sur fond de litige portant sur la propriété de la carrière de cristal titane exploitée par 200 personnes. Hery Rajaonarimampianina avait nié toute implication de son fils en affirmant qu’il ne se trouvait pas sur les lieux le jour de la fusillade.

« Justice française : saisie des biens mal acquis de Mamy Ravatomanga », titre lalignedemire.info. Les villas de Nanterre gérées par trois sociétés civiles immobilières et appartenant à cet homme d’affaires proche d’Andry Rajoelina auraient été saisies à titre conservatoire en juin par la justice française. Les enquêtes sur les biens mal acquis de Mamy Ravatomanga avanceraient à grands pas. Des perquisitions menées à Antananarivo par les magistrats financiers du parquet de Paris et d’Antananarivo, avec l’assistance du Samifin, auraient permis de saisir des documents compromettant pour l’homme d’affaires.

La femme d’affaires Claudine Razaimamonjy, ex-conseillère spéciale du chef de l’Etat, a été acquittée au bénéfice du doute dans l’une des affaires la concernant. Elle demeure en prison dans l’attente du verdict pour plus d’une dizaine d’autres affaires de détournement, abus de fonction, recel de deniers publics et favoritisme. Pour Les Nouvelles, Claudine Razaimamonjy a été une pièce maîtresse pour le financement du parti présidentiel HVM.

Mbola Rajahona, opérateur économique et conseiller spécial du chef de l’Etat démissionnaire, a de nouveau été cité dans une affaire d’infraction douanière à grande échelle. Plusieurs de ses sociétés de d’importation et de transit apparaissent dans une liste de déclarations suspectes de marchandises.

Les indemnités de mission allouées aux fonctionnaires représentent une somme faramineuse qui pèse lourdement sur le budget de l’Etat. Pour assurer plus de transparence, un logiciel spécifique sera mis en place. Certains agents en mission utiliseraient toutes sortes de subterfuges pour accroître le montant des indemnités perçues.

L’Autorité routière de Madagascar dans le collimateur de la justice. Des irrégularités auraient été constatées dans le cadre de la mise en œuvre du « Projet d’urgence pour la préservation des infrastructures et la réduction de la vulnérabilité » financé par la Banque mondiale. Cette affaire de détournement porterait sur 10,4 millions de dollars.

Détournements au sein de la Croix Rouge : le secrétaire général et deux comptables placés sous mandat de dépôt suite au déféremment du dossier au Pôle anti-corruption par la Bianco. Le montant du préjudice s’élèverait plus de 1,1 million d’euros. D’autres dossiers concernant ces affaires sont encore en cours d’instruction par le Bianco.

Le ministère de l’éducation nationale ambitionne de réduire le taux d’analphabétisme de 25 % d’ici 2030 grâce à la rénovation de la stratégie nationale d’alphabétisation. Le taux d’analphabétisme est encore élevé à Madagascar : il varie de 24 à 29,7 % selon les tranches d’âge.

La peste est de retour. Seize cas suspects et quatre décès ont été recensés, dans quatre régions en un mois et demi. Le ministre de la santé se veut rassurant ; il indique avoir pris toutes les mesures nécessaires pour limiter la propagation de l’épidémie. Une vaste opération d’assainissement a été lancée dans la capitale. Un accord de partenariat a été signé entre la commune d’Antananarivo et l’ONG Positive Planète Internationale pour financer des travaux de ramassage d’ordures dans la capitale. L’AFD, la région Ile de France et la fondation Suez contribuent au financement de ce projet mais la pérennisation de ces opérations est inenvisageable, faute de moyens.

La vente illicite de médicaments perdure. L’Ordre des pharmaciens proteste contre l’inaction des autorités et alerte sur les dangers que ces trafics font courir à la population.

Seuls 14 % des jeunes femmes Malgaches ont recours à la contraception. Un constat inquiétant alors qu'avant la crise politique de 2009, 25 % des adolescents utilisaient des moyens contraceptifs. Les associations de terrain s'alarment également du nombre croissant de jeunes qui se prostituent. Les jeunes filles mineures sont de plus en plus victimes de violences sexuelles à Nosy-Be.

Un réseau de prostitution malgache a été démantelé à Maurice. A la tête du réseau, une femme qui faisait venir des jeunes malgaches dotées de visas de tourisme.

L’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée n’a pas été mise en place avant la démission du chef de l’Etat. Selon l’observatoire des médias Ilontsera, ce manquement pourrait compromettre le traitement équitable et égalitaire de tous les candidats à la présidentielle.

La précarité des conditions de travail des journalistes influe sur la qualité de leur rendu, souligne le représentant résident de la FES dans le cadre d’un atelier tenu avec des représentants de la profession.

« 250 milliards Ar de ressources naturelles sortent du pays chaque année sans passer par les caisses de l’Etat », déplore le président du Bianco qui pointe du doigt « les magouilles des hauts responsables » protégés par diverses immunités.

Un protocole d’accord a été signé entre le ministère de l’environnement et la FAO dans le cadre du Programme pour l’application des règlementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux financé par l’UE. L’objet de cet accord est de renforcer la gouvernance forestière et la mise en œuvre du plan d’actions CITES pour les bois précieux de Madagascar.

Transparency International et l’Alliance Voahary Gasy (AVG) ont dénoncé la proposition de mécanisme d’audit des stocks de bois précieux et le plan d’utilisation de ces stocks que le gouvernement entend faire adopter par le Comité permanent de la CITES à Sotchi (Russie).

Le projet Ambatovy a payé à 20 communes et deux régions concernées par l’exploitation les importantes ristournes minières qui n’avaient pas été réglées pour la période de fin 2012 à mi-2018. Un règlement suspendu à la publication de textes réglementaires définissant le périmètre concerné et la clé de répartition des redevances.

La hausse de la radioactivité observée dans la région Anosy et à proximité de l’exploitation de QMM à Tolagnaro reste en deçà des taux admis, selon les experts consultés. « Les nouvelles propagées ne sont pas fondées », affirme l’administration.Le comité de suivi environnemental régional qui se réunit régulièrement depuis 10 ans déclare que le bilan de l’activité de QMM est globalement satisfaisant. Une appréciation contestée par des associations locales.

Un projet de barrage hydroélectrique confié à une filiale du groupe italien Tozzi Green provoque une levée de boucliers sur trois communes des districts d’Antsirabe et de Fandriana. Le projet va notamment provoquer le déplacement de milliers de familles et la disparition de près de 2 000 ha de cultures. La société civile et les Eglises soutiennent la population et dénoncent un manque de concertation.

Fioul lourd de Tsimiroro : Madagascar Oil passe au stade du développement commercial. Un terminal pétrolier sera construit à Maintirano, les voies d’accès réhabilitées. Un contrat a été signée avec la Jirama qui va pouvoir s’approvisionner en carburant à des conditions avantageuses. Madagascar Oil vise également le marché extérieur. Plusieurs programmes de RSE sont annoncés.

L’Omnis va octroyer les licences d’exploration de 44 blocs pétroliers offshore sur le bassin de Morondava. Madagascar possède 249 blocs pétroliers dont 24 ont été attribués pour exploration. Depuis quelques années, le gouvernement a suspendu l’attribution de nouvelles licences d’exploration en attendant l’adoption du nouveau code minier et pétrolier, qui est toujours en gestation.

Inquiétude concernant la reprise constatée de l'exploitation aurifère de la société chinoise Mac Lai Sime Gianna à Vohilava (district de Mananjary),fermée le 30 décembre 2017 par la police des mines. Le redémarrage aurait été rendu possible avec la complicité de l’administration. La population a organisé une manifestation et adressé une réclamation aux autorités. Elle a reçu le soutien de plusieurs organisations de la société civile.

Deux ans après la révolte populaire à Soamahamanina pour contester l’exploitation aurifère de la société Jiuxing Mines, la population et les natifs de la commune reviennent à la charge. La société chinoise a libéré les lieux mais a conservé son permis d’exploitation. Le porte-parole de la population a affirmé à l’occasion d’un rassemblement que la vigilance reste de mise à l’approche des échéances électorales.

400 plants de pachypodium ont été saisis par des agents du parc national de l’Isalo. Les trafiquants ont affirmé avoir obtenu des autorités administratives locales les autorisations nécessaires. Une vindicte populaire a été évitée de justesse avant l’arrivée des forces de l’ordre.

La prolifération des chenilles légionnaires menace gravement la production de maïs. Introduites dans la Grande île en février 2017, elles sont à l’origine d’une perte de rendement de plus de 47 %. Toutes les régions sont touchées.

Le ministre de l’environnement, de l’écologie et des forêts affirme que 80 % des forêts de Madagascar sont partiellement voire totalement détruites. La production de charbon de bois et l’exploitation des forêts pour le bois de chauffe constitue la source principale de déforestation, à laquelle s’ajoutent les dommages causés par les populations migrantes qui y trouvent refuge.

Daewoo s’intéresse encore aux activités d’agrobusiness à Madagascar. La Corée du Sud, qui entretient des liens étroits avec la multinationale, n’aurait pas renoncé à ses projets divulgués en 2008 et qui ont contribué à la chute du régime Ravalomanana. Le Collectif Tany, préoccupé par l’activisme diplomatique de la Corée du Sud, a adressé une lettre ouverte à l’ambassadeur pour lui demander de préciser ses intentions.

La sécurisation foncière est en marche mais le chemin à parcourir reste encore très long. Un an après le lancement d’une opération soutenue par la Banque mondiale, 116 500 parcelles dans 13 communes de cinq régions ont été certifiées. Le rythme s’accélère. Prochain objectif fixé : 500 000 certificats délivrés dans 191 communes dans les 5 ans à venir. Près de 1 500 communes devront encore attendre… Le transfert des terrains coloniaux à l’Etat pour que celui-ci puisse ensuite les céder à des particuliers demeure extrêmement compliqué et démobilise les familles qui les ont mis en valeur.

Le groupe italien Tozzi Green cultive du maïs et du soja en alternance sur 3 500 ha dans la région Ihorombe. Après un début difficile, les rendements ont progressé et sont jugés très satisfaisants. La société, qui a investi 9 millions d’euros dans cette mise en valeur, est devenue l’un des grands fournisseurs de maïs sur les marchés locaux et les producteurs de provende. Elle a fourni 1 900 tonnes de maïs au PAM. Le Collectif Tany rappelle que Tozzi Green s’est rendu célèbre depuis les années 2010 quand les communautés locales ont été expulsées de leurs terres pour un projet avorté de plantation d’agrocarburant sur plus de 6 600 ha consacrés désormais aux cultures de maïs et de soja.

Croissance inclusive et résiliente : un crédit de 60 millions de dollars approuvé par la Banque mondiale. Ce programme s’inscrit dans le « Cadre de Partenariat Pays » qui vise notamment à aider la Grande île à accroître la résilience des personnes les plus vulnérables.

La 2e phase du projet « Pôles intégrés de croissance et corridors » bénéficiera d’un financement de la Banque mondiale, notamment pour la croissance durable des secteurs tourisme et agribusiness. La 1ère phase du projet avait bénéficié en 2014 d’un crédit de 50 millions de dollars.

La 4e revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI s’est achevée sur un bilan globalement positif. Une nouvelle tranche pourrait être débloquée prochainement. Le programme de réformes structurelles progresse. Parmi les points noirs : un niveau de dépenses sociales plus faible que prévu et le retard dans l’adoption des textes sur le recouvrement des avoirs illicites et le blanchiment d’argent. La vérité des prix des carburants reste à poursuivre.

Renforcement de capacité des enseignants : 764 000 euros de l’UE. Proposé par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) océan Indien, le projet, d’une durée de 3 ans, vise à améliorer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage à partir des écoles normales supérieures et avec le concours des universités malgaches.

Hery Rajaonarimampianina, quelques jours avant sa démission, a participé au Sommet du Forum sur la coopération entre la Chine et l’Afrique. Plusieurs importants accords ont été signés, pour des projets d’équipement structurants (port, aéroport, autoroute, lignes ferroviaires, forages de puits…). Madagascar sera concerné par les initiatives majeures qui seront mises en œuvre par la Chine au cours des trois prochaines années en faveur des pays d’Afrique, a déclaré Xi Jinping.

pov 19 09 18 bisDans le cadre de ce forum, un accord-cadre pour le développement de l’économie bleue représentant un montant global d’investissement de 2,7 milliards de dollars sur 10 ans a été conclu. Il prévoit la création d’au moins 10 000 emplois directs à Madagascar dans les trois prochaines années. Les pêcheurs malgaches font part de leurs préoccupations suite à l’annonce de l’arrivée dans ce cadre d’une flotte de 330 navires chinois. Actuellement, indiquent-ils, seuls 40 à 60 navires de pêche parcourent les côtes de la Grande île et les petits pêcheurs sont déjà lésés. Le secteur d’activité national risque d’être irrémédiablement condamné.

Coopération sino-malgache : les échanges ont atteint 1,23 milliard de dollars en 2017. La Chine est le premier partenaire commercial, la première source d’importations et la quatrième destination des exportations malgaches. Le conseiller économique de l’ambassade note cependant que la part de Madagascar dans l’ensemble des investissements publics et privés de son pays sur le continent africain reste modeste et accuse un certain retard. La Chine souffrirait encore à Madagascar d’une mauvaise image et d’une certaine forme de résistance sociale et culturelle.

La Russie veut renforcer la coopération militaire avec Madagascar. Une délégation militaire russe a débarqué dans la Grande île dans le cadre du rapprochement entre les deux armées. La visite s’est concrétisée par la signature d’un accord de coopération.

Madagascar intéresse des investisseurs coréens. Lors de son déplacement en Corée, le ministre de l’industrie a évoqué avec des industriels locaux la possibilité d’implanter dans la Grande île une usine de montage de véhicules destinés à l’exportation sur le continent africain.

Signature d’une convention de financement avec AFD pour le projet « Gouvernance urbaine du Grand Antananarivo ». L’accord consiste en un don du gouvernement français d’un montant de cinq millions d’euros. Le projet vise à améliorer la planification de l’agglomération et l’efficacité des services urbains sur les 27 communes.

L'assainissement des zones franches a commencé. Avec l'appui du premier ministre, le ministre de l'industrie a décidé d'assainir les zones et entreprises franches. Sur 604 entreprises franches, 54 % ont vu leur agrément retiré et relèvent désormais du droit commun.

Retour des délestages. La grogne des usagers se fait jour à nouveau dans de nombreuses villes. Les problèmes d’approvisionnement en carburant en sont la cause. Les pétroliers refusent désormais de faire crédit à la Jirama, qui accuse des milliards d’Ar d’arriérés de paiement. La société d’Etat est contrainte d’organiser des délestages tournants pour réduire sa consommation de fuel.

Centrale hydraulique de Volobe : d’une puissance de 120 MW, elle assurera l’alimentation de 350 000 foyers de Toamasina et d’Antananarivo d’ici 2023. Les contrats de concession et d’achat ont été signés avec la Jirama. Des négociations vont pouvoir s’engager avec les prêteurs. Les actionnaires initiaux sont Jovena (groupe Axian) et la société française de travaux publics Colas.

Partenariat stratégique entre Air Madagascar et Air Austral : l’Etat malgache, qui reste actionnaire majoritaire, a consenti au paiement de 80 millions de dollars de dettes d’Air Madagascar afin de faire avancer le processus de redressement. Un effort colossal jugé excessif par certains eu égard aux besoins essentiels de la population qui ne sont pas satisfaits.

Une décision des autorités remet en question l'accord de partenariat entre Air Austral et Air Madagascar, écrit La LOI. La Banque mondiale a fait part de sa perplexité face l'autorisation accordée par le ministre des transports à « Ethiopian Airlines de multiplier ses fréquences de façon significative ». Cette situation violerait la clause de non-concurrence incluse dans l’accord de partenariat signé entre Air Madagascar et Air Austral. Ce dossier pourrait être la source de graves difficultés avec le FMI, estime la Lettre.

L’Ariary a atteint son plus bas niveau depuis cinq ans. Cette dévaluation vertigineuse ne peut qu’avoir des impacts très négatifs sur l’économie nationale, juge Tribune.

     

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Préparation de l’élection présidentielle
  • Contestations du processus électoral et de candidatures
  • La démission de Hery Rajaonarimampianina et l’intérim assuré par de Riko Rakotovao
  • La pré-campagne électorale
  • Relations internationales

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, vindicte populaire, enlèvements
  • Justice, gouvernance
  • Education
  • Santé, gestion de la nouvelle saison pesteuse
  • Droits des femmes
  • Médias

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles, trafics, environnement, questions foncières
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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31 mai 2020

REVUE DE PRESSE MAI 2020

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Lutte contre le Covid-19 - Controverses sur le Covis-Organics
  • La « diplomatie sanitaire » d’Andry Rajoelina
  •  Affaires nationales
  •  Diplomatie, îles Eparses

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, justice populaire, enlèvements
  • Justice, situation carcérale
  • Drots des enfants, éducation
  • Santé
  • Médias, communication

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles
  • Environnement, aménagement, litiges fonciers
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie, social

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La crise du Covid-19 et le projet de construction du Colisée dans l'enceinte du Rova d'Antananarivo vus par le dessinateur Pov

 

montage rp mai

 

 

31 janvier 2020

REVUE DE PRESSE - JANVIER 2020

SYNTHESE JANVIER 2020

Lors de ses vœux de fin d’année Andry Rajoelina a annoncé une hausse de 13 % du traitement des fonctionnaires. Une hausse conséquente qui est une grande première depuis plusieurs années « La hausse de salaire des fonctionnaires doit se traduire par une amélioration de la productivité des agents », a lancé l’économiste David Rakoto. L’augmentation pour le secteur privé n’est pas encore décidée. Une tendance à la hausse des denrées alimentaires se manifeste déjà, faisant craindre une relance de l’inflation.

Hery Rajaonarimampianina a adressé ses vœux aux Malgaches depuis sa résidence à l’étranger via les réseaux sociaux. « Je vous donnerai rendez-vous dans le courant de cette année 2020 pour apporter les solutions que le peuple malgache et la nation attendent », a-t-il notamment déclaré, annonçant la tenue prochaine d’une consultation nationale « pour réfléchir sur les solutions auxquelles la population et la nation aspirent ».

Déclaration de patrimoine : une soixantaine de députés ne sont pas en règle. Le délai légal pour accomplir cette procédure est dépassé de trois mois. Les députés qui n’ont pas encore déclaré leur patrimoine à la HCC devraient faire l’objet d’une lettre de mise en demeure. Une procédure qui ne peut être enclenchée qu’après concertation avec le bureau de l’Assemblée.

Projets présidentiels - Confiés à une entreprise chinoise sans appel d’offre, les travaux de rénovation du stade de Mahamasina ont débuté. Le stade « aux normes internationales » devrait être rénové avant le 26 juin pour accueillir le défilé militaire célébrant le 60e anniversaire de l’indépendance. Montant total des travaux : 77 millions de dollars. « Du pain et des jeux. Panem et circenses, commente un lecteur de Tribune, C’est peut-être ça l’Émergence… »

Les syndicats de travailleurs ont protesté contre l’annonce du président de la République de vouloir ponctionner la caisse de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNaPS) pour réaliser ses projets présidentiels.

Appel à candidatures pour des postes à responsabilités destinés à la mise en œuvre du Plan émergence Madagascar. Un recrutement massif qui s’adresse aux diplômés malgaches résidant au pays ou à l’étranger. Des experts sont recherchés dans de nombreux domaines Un cabinet de recrutement canadien a été chargé de la sélection. L’échéance fixée pour l’envoi des dossiers de candidature coïncide avec la date d’expiration de la première période d’un an pour l’évaluation de la performance des membres du gouvernement. A cette date, 7 855 dossiers avaient été réceptionnés.

Remaniement du gouvernement - 6 ministres ont été limogés, officiellement pour n’avoir pas atteint les objectifs fixés. 14 autres ont été reconduits à leur poste. La nouvelle formation compte 24 membres avec l’ajout d’un nouveau ministère de l’eau et de l’assainissement et d’un vice-ministère en charge des nouvelles villes et de l’habitat. Le nombre de femmes passe de quatre à huit.

Non reconduit sans ses fonctions, le ministre de la justice Jacques Randrianasolo a dénoncé dont il aurait fait l’objet de la part du pouvoir. Les observateurs estiment que c’est à cause de son intransigeance en matière d’indépendance de la justice qu’il aurait été limogé. Le nouveau ministre Johnny Andriamahefarivo promet de faire mieux que son prédécesseur en termes de changements. Il a annoncé son intention de poursuivre la réforme de l’appareil judiciaire à travers une lutte acharnée contre toutes formes de corruption et de corporatisme qui ont donné une mauvaise image de la justice malgache. « Halte à la corruption et à l’arrogance, et cessez de mépriser les justiciables », a-t-il lancé.

Les 11 gouverneurs de région déjà nommés seront évalués en juin. Au lendemain de leur nomination, en septembre, ils ont reçu chacun une subvention d’un milliard Ar. Pour 2020 ce budget a été porté à 5 milliards. L’objectif de cette évaluation est « d’asseoir une égalité des chances de développement auprès de tous les districts de Madagascar », a déclaré Andry Rajoelina.

Un atelier a été organisé à l’intention aux acteurs du processus électoral de ces deux dernières années pour en dresser le bilan. Il devrait en ressortir des « recommandations pertinentes » pouvant aider les acteurs des élections à mener à bien les prochains scrutins. En marge de cette rencontre, le président de la HCC s’est prononcé en faveur de l’élection des gouverneurs de région, conformément à la Constitution.

Le président du Sénat a demandé à la HCC de déclarer la caducité pour non-respect de la procédure des ordonnances prises par le président de la République en 2019. L’une de ces ordonnances réduit le nombre des sénateurs de 63 à 18. Une menace réelle l’ensemble des sénateurs dont la majorité fait partie de l’ancien parti présidentiel HVM.

Révision de la liste électorale : indifférence de la société civile et des partis politiques.« Ils sont pourtant les premiers à critiquer en cas d’anomalies », déplore Les Nouvelles. La révision annuelle de la liste, en cours pour une durée d’un mois, reste largement ignorée.

Elections municipales - Le tribunal administratif d’Antananarivo a rejeté l’ensemble des requêtes en contentieux déposées par le TIM. Elles ont été jugées « infondées. »

pov 20 01 20Naina Andriantsitohaina a été officiellement élu maire d’Antananarivo. Il pourra s’appuyer sur les 25 conseillers issus de la plateforme pro-Rajoelina mais devra composer avec 25 conseilleurs issus du TIM. L’Express qualifie de « titanesque » la tâche qui attend le nouveau maire. L’urgence sociale est décrétée. Les mesures d’assainissement décidées par la nouvelle municipalité ont déclenché une vive hostilité des marchands de rue qui ont affronté les forces de l’ordre à Anosibe et Anosizato. Le nouvel élu a donné 10 jours aux employés fantômes de la commune pour prendre leur service ou démissionner.

À l’exception de la commune d’Antsiranana, emportée par un candidat indépendant, les cinq autres sièges des chefs-lieux de province ont été gagnés par la coalition pro-régime IRK qui a également emporté les sièges d’Antsirabe, Nosy Be, Taolagnaro et Sainte-Marie.

Un collectif de magistrats de l’ordre administratif impliqué dans le traitement des contentieux électoraux dénonce les violations de la loi et des procédures dont ses membres ont été victimes et les manipulations de la justice à des fins politiques. La Vérité a condamné le soutien apporté à ce « mystérieux collectif d’hommes et femmes en toge » par Transparency International-Initiative Madagascar. L’observatoire de la société civile Safidy a protesté contre le refus qui lui a été opposé de dénoncer en justice les irrégularités constatées durant la campagne et pendant le scrutin des municipales, évoquant une « tentative de muselage » et une « atteinte à l’État de droit. » ». Safidy va se pourvoir en cassation pour réclamer son droit et celui des organisations de la société civile au recours en matière de contentieux électoral en tant qu’observatoire nationale agréé par la CENI. Safidy reproche aux magistrats d’avoir publié leur communiqué de façon anonyme. Une position partagée par Clément Jaona, président du SMM.

Iles Éparses - André Rasolo, ancien ministre et professeur de sociologie politique propose une sortie honorable à Andry Rajoelina et Emmanuel Macron. Les négociations sont en stand-by. Le calendrier de la prochaine réunion de la commission mixte franco-malgache qui doit se tenir à Paris n’est pas encore fixé. L’universitaire propose une formule de de rétrocession appuyée sur un accord attribuant à la France le rôle de partenaire stratégique.

Développement humain en Afrique : Madagascar à la 29e place sur 54 pays en 2018. La Grande île fait partie de la catégorie à IDH faible qui regroupe 31 pays.

Des bandes armées ont sévi à Morafenobe, Mandritsara et Miandrivazo. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont fait une douzaine de morts, parmi lesquels un sergent-chef tué dans une embuscade.

A Soavinandriana, deux gendarmes ont tiré sur des membres du fokonolona, faisant trois morts et cinq blessés. Un abus de pouvoir assorti d’une extorsion de fonds. Les affaires mettant en cause les éléments de la gendarmerie se multiplient depuis le début de l’année, constate Les Nouvelles. Cinq gendarmes ont été jetés en prison pour des meurtres ou des mauvais traitements.

Des cas de vindicte populaire ont été dénoncés à Vangaindrano, Ambohijanahary, Maintirano, Farafangana et Arivonimamo.

Députés de Fandriana et de Mahabo : « Leur libération relèverait d’une illégalité, déclare le ministre de la justice en réponse aux pressions des membres de la Chambre basse. Un placement en détention préventive est une décision de justice. Pareille démarche de l’Assemblée nationale ne peut pas effacer un acte juridictionnel. » Les collègues des deux prévenus avaient dénoncé « un complot politique. » La société civile s’est déclarée satisfaite du rappel à la loi effectué par le ministre. Les deux mis en cause ont été placés sous mandat de dépôt avant d’être élus. Ils ne peuvent donc bénéficier d’une quelconque immunité parlementaire.

Tous les employés qui travaillent au palais de justice à Anosy, magistrats, greffiers, avocats et notaires seront équipés d’un badge donnant accès à des espaces dédiés. Le ministère entend également renforcer la lutte contre les rabatteurs qui gangrènent le monde de la justice.78 caméras de surveillance ont été installées.

Andry Rajoelina a annoncé des grâces et des réductions de peines pour différentes catégories de prisonniers. 1 114 détenus devraient en bénéficier. 500 d’entre eux devaient être libérés rapidement. L’administration pénitentiaire annonce le recrutement de 500 agents. La ratio agent/détenus est encore très éloigné de la norme internationale.

Dans le rapport de Transparency International sur l'Indice de perception de corruption, la Grande île passe du 152è rang en 2018 au 158è en 2109. Son plus mauvais score depuis 2012. La secrétaire exécutive de Transparency International-Initiative Madagascar explique cette contre-performance par le manque d’intégrité politique qui prévaut dans le pays et formule un certain nombre de recommandations. Madagascar connaitrait en revanche une situation beaucoup plus favorable pour « l’Indice de démocratie » de l’Economist intelligence unit (EIU) en raison de la façon dont se sont déroulées les différentes élections de 2019 (présidentielle, législatives et communales).

De vives polémiques ont perturbé la distribution d’une prime de fin d’année accordée aux fonctionnaires par Andry Rajoelina. Des agents n’ont pas perçu cette prime ou n’ont perçu qu’une somme inférieure au montant annoncé, ouvrant la voie à une suspicion de détournements. L’inspection générale de l’Etat (IGE) a diligenté une enquête. Le ministère de l’éducation a été particulièrement touché par la contestation. Un mouvement de grève a été lancé dans les établissements publics de la capitale. Le chef de l’Etat a accusé plusieurs ministres de ne pas avoir respecté les dispositions arrêtées en conseil des ministres. Une mise au point qui coïncide avec l’évaluation des membres du gouvernement un an après leur prise de fonction. Certains risquent de faire les frais de la polémique.

La chasse aux fonctionnaires fantômes se poursuit et sera intensifiée. Leur nombre, comptabilisé grâce au nouveau logiciel Augure, serait de plus de 23 000. Des investigations sont en cours. Les agents identifiés comme fantômes seront rayés de la fonction publique et poursuivis en justice, annonce la ministre du travail.

Une douzaine de dossier impliquant d’anciens ministres ont été transmis par la HCJ à l’Assemblée nationale qui aura à statuer sur la mise en accusation des personnalités mises en cause. L’identité des personnalités ni la nature des affaires n’ont été révélées. Deux dossiers de détournements et de marchés fictifs impliquant Maharante Jean de Dieu, ancien ministre des postes et télécommunications, seront traités par la HCJ.

L’ancien DG de la société d’État Kraomita Malagasy a été placé sous mandat de dépôt. Il est soupçonné d’être impliqué dans des dossiers de corruption de haut niveau. L’audit du bilan 2018 aurait révélé de graves anomalies. Arsène Rakotoarisoa aurait reconnu une complicité avec des proches de la présidence Rajaonarimampianina, dont il était conseiller spécial. La société connait encore de graves difficultés, malgré le partenariat conclu en 2018 avec une société russe, accord jugé opaque par les salariés. Un cadre évoque des détournements de minerai.

Réforme de l’état civil : le principe d’identifiant unique se précise. La digitalisation et l’e-gouvernance en seraient les clés de voûte. Le dispositif pourrait être utilisé pour la confection et la mise à jour des listes électorales.

Une dizaine de Malgaches employés à Maurice ont saisi l’ambassade pour dénoncer le non-respect de leurs conditions d’embauche, les mauvaises conditions de travail et la maltraitance dont ils se disent victimes. Près de 4 500 malgaches travaillent dans le secteur manufacturier mauricien qui compte actuellement 45 000 travailleurs étrangers.

Six Chinois ont été arrêtés pour suspicion de trafics d’êtres humains. Une vingtaine de jeunes femmes ont répondu à leur invitation. Les Chinois comptaient épouser des femmes malgaches dans le but de faciliter leur expatriation. D’après la police, il s’agissait d’un subterfuge visant à livrer ces femmes à d’autres formes d’exploitation. Trois proxénètes, dont deux Chinois, ont été placés sous mandat de dépôt pour trafic de jeunes femmes vers le Sri Lanka.

Trois passeurs malgaches ont été jetés en prison. Ils sont impliqués dans une affaire d'immigration clandestine d'une dizaine d'Africains vers Mayotte, via Nosy be.

La HCC a déclaré conforme à la Constitution et aux accords internationaux la loi relative aux violences basées sur le genre. « Une grande victoire pour les droits des femmes et des enfants victimes et une avancée vers la fin de l’impunité et davantage de justice sociale », déclare Mialy Rajoelina, ambassadrice du FNUAP. Le directeur des droits des femmes au ministère de la population note que plusieurs dispositions législatives sont encore en retrait par rapport au Protocole de Maputo de 2004, charte relative aux droits des femmes africaines.

L’Office national de l’enseignement privé a enregistré 15 plaintes des parents d’élèves victimes de maltraitance au sein de leur établissement durant les 10 derniers mois. Ces plaintes concernent des coups, des blessures et des tortures morales infligés par des instituteurs d’écoles privées d’Antananarivo.

La prostitution infantile s’amplifie dans le district de Morombe en lien avec divers projets en cours. De jeunes adolescentes se prostituent, souvent à l’initiative des parents, pressés par la pauvreté. Nombreuses sont celles qui tombent enceintes, abandonnent leurs études et s’exposent à diverses maladies sexuellement transmissibles.

La société civile dresse un constat alarmant sur l’éducation, l’enseignement primaire en particulier. Le droit à une « école primaire gratuite, obligatoire et de qualité » est loin d’être respecté sur la Grande Île où 1,4 millions d’enfants de 6 à 10 ans ne sont pas scolarisés. Le budget alloué à l’éducation ne cesse de diminuer et ne représente que 2,8 % du PIB. La gratuité de l’école est loin d’être effective : les ménages financent l’éducation à hauteur de 40 % du budget. La qualité elle aussi fait défaut puisque 65 % des enseignants seraient sans diplôme.

Sur les 120 Instituts supérieurs de paramédicaux recensés, 30 sont en situation irrégulière. Le ministère procède actuellement à des contrôles.

Les cours sont suspendus à l’université d’Antananarivo depuis 4 mois. Les enseignants-chercheurs du Seces réclament une nouvelle fois la démission de la ministre de l’enseignement supérieur. Des étudiants ont manifesté pour protester contre cette situation qui se prolonge, des heurts se sont produits. La présidence de l’université d’Antananarivo a annoncé son intention d’identifier les étudiants « perturbateurs » et de les sanctionner.

« Les statuts régissant les universités ainsi que leur autonomie sont en périls », alertent des universitaires qui craignent que des dispositions législatives portent atteinte à cette liberté garantie par la Constitution.

Implantation d’une usine de production de compléments alimentaires dans le Grand Sud, en partenariat avec la Fondation Mérieux. Ce projet, qui fait partie des promesses présidentielles, est soutenu par l’épouse du chef de l’Etat, présidente de l’association Fitia qui lutte contre la malnutrition.

Des donneurs de sang clandestins vendent des poches de sang. Une situation favorisée par l’impossibilité pour les centres de transfusion sanguine de satisfaire tous les besoins, explique La Vérité. Madagascar ne parvient pas à disposer du ratio de donneurs réguliers préconisé par l’OMS.

La douane a saisi une importante quantité de produits importés de Chine pouvant porter gravement atteinte à la santé publique. Montant de la saisie : plus de 1,7 milliards Ar. Les produits étaient principalement destinés à être commercialisés sur les réseaux sociaux.

Après une longue parenthèse, l’Ordre des journalistes va élire un nouveau bureau qui devrait être doté de pouvoirs accrus du fait de l’adoption du nouveau code de la communication, reprenant à son compte la plupart des missions assurées auparavant par le ministère de la communication.

Le domicile d’un journaliste de la TV IBC, l’un des hommes clés de la communication de l’ancien président Rajaonarimampianina et opposant au pouvoir, a été perquisitionné pour suspicion de détention d’armes. L’intéressé accuse le pouvoir de harcèlement. L’Ordre des journalistes a émis une protestation.

Offense au chef de l’Etat sur Facebook. Le jeune internaute coutumier de propos injurieux à l’encontre d’Andry Rajoelina a été localisé à Toliara et transféré dans la capitale pour enquête par la division cybercriminalité.

La société chinoise Star Times a lancé une offre commerciale destinée aux abonnés de la TNT. De nouvelles chaînes et programmes seront ajoutés à ses bouquets. StarTimes compte 30 millions d’utilisateurs dans 37 pays. Une croissance qui fait d’elle l’opérateur de TV le plus dynamique d’Afrique.

Des milliers de rondins de bois de rose saisis et stockés dans des zones peu sécurisées ont disparu. Des trafics illicites sont évoqués. L’AVG a alerté les autorités et demandé des investigations. Quelques jours auparavant, le ministre de l’environnement estimait que les coupes et les exportations clandestines de bois précieux avaient cessé. Une « task force » a pour mission d’inventorier les stocks en vue de la présentation d’un rapport à la Cites.

En 2019, les exportations d’or gérées par l’Anor ont chuté. Les bons résultats des deux années précédentes ne sont pas confirmés : les activités informelles auraient repris le dessus. L’or exporté en 2018 a représenté 97 millions de dollars, avec pour principales destinations Dubaï, Singapour et Hong Kong. La banque centrale se fixe pour objectif de détenir 20 % de ses réserves en or afin de pouvoir garantir la stabilité de la monnaie nationale.

Un comité « inclusif et représentatif » destiné à préparer la réforme du code minier a été mis en place suite aux dissentions apparues lors du forum organisé en décembre par le ministère de mines. Les partenaires techniques et financiers, la société civile, les opérateurs et la gendarmerie seront associés aux travaux. « Le but est d’élaborer un projet de loi portant réforme du code minier qui sera validé par toutes les parties prenantes », a précisé le ministre. La Chambre des mines s’est montrée très critique vis-à-vis de l’avant-projet de loi, qualifié d’antiéconomique et de discriminatoire. Ambatovy ne devrait pas être concerné par cette réforme mais QMM, dont la convention prend fin en 2023, pourrait devoir s’y conformer.

QMM - Appel de la société civile au chef de l’Etat. Le Craad-OI et le Collectif Tany rappellent que des organisations de la société civile ont alerté à plusieurs reprises les autorités sur les préjudices subis par les habitants des villages riverains. Un examen sérieux des impacts environnementaux et sociaux de son activité est urgent. Les ONG exigent que soient prises des mesures préventives urgentes face à la radioactivité décelée aux abords du site.

La pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) constitue un fléau qui menace les moyens de subsistance de la population vivant notamment sur le littoral, exacerbe la pauvreté et sape l’insécurité alimentaire. Madagascar fait partie des 64 pays signataires de d’un accord visant à lutter contre la pêche INN. Un atelier s’est tenu sur la mise en œuvre de cet accord, en partenariat avec la FAO.

Le litige foncier de Soavinandriana Itasy, portant sur 569 ha, a fait ce mois encore l’objet de l’attention des médias. La vente consentie à un ancien ministre proche du pouvoir n’aurait pas été conforme aux textes en vigueur. Les 9 exploitants placés sous mandat de dépôt peu avant Noël devraient comparaître le 22 janvier. Le SIF et le Collectif Tany ont exigé leur libération immédiate.

La création de « tribunaux terriers » au sein des juridictions a été décidée afin d’accélérer le règlement des litiges fonciers. Leur création s’accompagnera d’une opération de numérisation des titres « papier »

Une ambitieuse campagne de reboisement a été lancée. Objectif : planter 60 millions d’arbres pour les 60 ans de l’indépendance. 40 000 ha de terrains ont été préparés à cet effet. L’opération a débuté par la plantation de 1,2 million d’arbres dans le district d’Ankazobe. Des voix se sont élevées pour contester la viabilité de ce reboisement. L’entreprise malgache Bôndy, à l’initiative de cette 1ere opération très médiatisée, a déclaré forfait. Son intention était de faire participer Madagascar au Guinness des records pour la plantation d’un million d’arbres en une seule journée.

Des maires du TIM ont été élus dans trois des quatre communes qui composent la zone concernée par le projet « Tana-Masoandro. » Le démarrage du projet a été suspendu après l’ouverture de négociations. Les habitants ont accepté de rencontrer Andry Rajoelina mais ont réaffirmé leur hostilité au projet de remblayage de leurs rizières. Ils se disent prêts à tenir tête aux forces de l’ordre. De son côté l’État affirme que beaucoup de propriétaires ont déjà accepté de céder leurs terrains. Il estime que nombre d’opposants ne sont pas originaires de ces quatre communes.

pov 22 01 20Un important groupe d’Abu Dhabi prévoit d’exploiter 60 000 ha dans le Bas Mangoky. Un mémorandum d’entente a été signé avec le groupe « Elite Agro LLC ». Les terrains, qui, dit-on, sont inoccupés et inexploités, serait mis à disposition en prêt par l’Etat pour une durée de 30 ans. Les productions seraient achetées par l’État à moindre coût pour approvisionner le marché local. Selon d’autres déclarations officielles, elles pourraient néanmoins être destinées pour partie à l’exportation. L’annonce de ce partenariat a été au cœur d’un débat politique et social. Ce projet devrait contribuer à réduire l’exode rural en provenance du Sud, a fait valoir le ministre Lucien Ranarivelo, qui se déclare favorable à la mobilisation d’acteurs privés pour financer l’agriculture et atteindre l’autosuffisance alimentaire. Pour la juriste Arlette Ramaroson l’accord aurait été conclu sans consultation préalable de la population. Des internautes s’interrogent : Quels retours sur investissement la société escompte-t-elle si elle ne peut ni louer les terres ni exporter sa production ? Pour La Gazette il est indispensable que le mémorandum soit divulgué sans délai, avec la carte des zones concernées.

La promesse présidentielle de mettre à disposition des paysans 10 000 ha de terres arables tarde à se concrétiser, constate Midi. Cet engagement se fixait comme objectif d’affranchir des millions de Malgaches de l’insuffisance alimentaire et de limiter les importations massives de riz et autres denrées alimentaires.

pov 7 01 20La Grande île été frappée par de graves intempéries, en particulier dans les régions Nord-Ouest et Centre-Est. Un bilan provisoire fait état de 35 morts, 10 disparus et plus de 126 000 sinistrés. Le pays a été déclaré en état de « sinistre national ». Le gouvernement a fait appel à tous les acteurs nationaux et aux partenaires internationaux. L’Express écrit : « Les bailleurs de fonds et la communauté internationale vont accourir au chevet des sinistrés pour montrer qu’ils restent indispensables. Pourtant, ils sont là depuis 40 ans ou plus, mais ils n’ont pas aidé le pays à pouvoir affronter les cataclysmes dans les meilleures conditions. On est réduit ainsi à dépendre de la charité et de l’assistanat. Il est vrai que les cataclysmes ont toujours été générateurs de revenus… »
L’interdiction par le ministère de l’intérieur de « l’organisation de téléthons ou toute autre forme de levées de fonds initiées par des particuliers ou associations » pour prévenir toutes malversations a provoqué polémiques et colère chez certains. 5 550 ha de rizières ont été dévastées à Marovoay, 17 000 à 20 000 tonnes de riz pourraient être irrécupérables. 30 930 ha de rizières ont été inondées dans la région Boeny. Des dégâts similaires ont également été signalés pour la région Alaotra Mangoro.

Selon une étude de l’ONG Care, Madagascar arrive en tête du classement des pays oubliés, victimes du changement climatique.

Lancement d’une enquête sur le taux de pauvreté. Financée par la Banque mondiale, elle sera basée sur l’étude de la consommation de 17 000 ménages. Les résultats seront compatibles avec les indicateurs en vigueur au niveau international. Les derniers chiffres disponibles sur le taux de pauvreté à Madagascar datent de 2012. Il s’élevait alors à 71 %. Les données publiées par la Banque en 2019 plaçaient Madagascar dans le top 5 des plus pauvres au monde.

Transparence fiscale - La Grande île appelée à se conformer aux normes internationales. Le « Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales » et la Banque mondiale s’efforcent de convaincre les autorités de l’importance de mettre en œuvre rapidement les normes de transparence fiscale que le pays s’est engagé à appliquer. Une évaluation de la transparence financière et fiscale de Madagascar sera menée au cours du 3e trimestre 2022. En cas d’évaluation négative le pays risque de figurer sur une liste noire des pays non coopératifs.

Pénurie d’eau dans la capitale : l’UE débloque 65 millions d’euros. Cet accord de financement entre dans le cadre du projet « Tana Water III » dont le montant s’élève à 74 millions d’euros. La production devrait augmenter progressivement pour atteindre 100 000m3 par jour. On enregistre actuellement une insuffisance de 30 %des volumes produits par rapport aux besoins journaliers.

Lancés en mai 2018, les travaux de construction de la rocade nord-est et est d’Antananarivo, d’une longueur de 8,2 km, sont achevés à 50 %. Le coût total de ce projet s’élève à 68 millions d’euros. La BEI en finance 45 %, l’AFD 38 %, l’UE 8 %. Depuis 2014, la BEI s'est engagée à financer la réhabilitation du réseau routier de Madagascar à hauteur de 173 millions d'euros, complétés par des dons de la Commission européenne de 120 millions d'euros.

Le C.A. du FMI a achevé la 6e et dernière revue de l’accord « Facilité élargie de crédit » (FEC) en faveur de Madagascar. L’achèvement de cette revue permet le déblocage de 43,3 millions de dollars, portant la totalité des décaissements au titre de l’accord à 348,0 millions de dollars.

Industrie textile - Offensive de charme des Britanniques à la recherche de nouveaux partenariats. Des aides financières sont proposées aux pays ACP afin qu’ils puissent développer ce secteur et tirer profit d’un accès préférentiel au marché européen et britannique. Des APE spécifiques au Royaume-Uni sont annoncés dans le cadre du Brexit qui prend effet fin janvier.

Les professionnels du secteur de la responsabilité sociétale d’entreprise (RSE) ont été informés d’une retouche du décret MECIE (mise en compatibilité des investissements avec l’environnement) à l’initiative de l’Office national de l’environnement. Le volet social devrait être renforcé. L’impact social des projets d’investissement n’est pas suffisamment pris en compte, raison pour laquelle plusieurs projets en cours se heurteraient à l’opposition de la population.

Projet Fihariana : bientôt des bureaux dans les 23 chambres de commerce et d’industrie. Le programme national qui a pour objectif de fournir un appui technique et financier aux Malgaches désireux d’entreprendre, initié au printemps 2019, entre dans sa phase de démarrage et met l’accent sur la décentralisation. Des zones d’émergence industrielle destinées aux petites industries et de zones industrielles pour les projets de plus grande envergure seront créées. Une zone textile doit également être mise en place à Moramanga dès cette année, en partenariat avec Maurice.

Le bouclage du Plan émergence Madagascar a pris plusieurs mois de retard. Annoncé pour juin 2019, il devrait être bouclé en mars. La loi de finances 2020 n’a pas pu intégrer les objectifs de ce plan et les partenaires ont manifesté leur impatience. Une version préliminaire leur avait néanmoins été présentée en octobre.

Le secteur tourisme accaparé par les investisseurs étrangers. Les opérateurs locaux redoutent d’être marginalisés et de ne pas pouvoir profiter de l’afflux de touristes annoncé pour les 5 ans à venir. Ils sont de plus en plus cantonnés dans des activités de guidage touristique. L’écotourisme est devenu la seule activité à la portée des Malgaches.

Le déficit de la Jirama s’aggrave. De l’ordre de 200 millions de dollars en 2017, il atteint près de 400 millions de dollars en 2019. L’intersyndical a manifesté son inquiétude et dénoncé la mauvaise gestion de ses dirigeants ainsi que le népotisme dans les recrutements.

 

SOMMAIRE

POLITIQUE

  • Les élections municipales du 27 novembre
  • Restitution des îles Eparses, diplomatie

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE

  • Insécurité, dahalo, justice populaire, enlèvements
  • Justice
  • Conditions carcérales
  • Gouvernance
  • Politique migratoire, traite
  • Droits des femmes, VBG
  • Droits de l'enfant
  • Université, éducation
  • Médias, communication, réseaux sociaux

ÉCONOMIE - SOCIAL

  • Ressources naturelles,bois précieux
  • Environnement, aménagement, litiges fonciers
  • Intempéries - Etat de « sinistre national » décrété
  • Coopération, bailleurs de fonds
  • Economie

 

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23 juillet 2024

ARTICLES REMARQUES - JUIN 2024

<> 23 07 24 - Colectif Tany - A-t-on dit toute la vérité sur les négociations pour la réouverture de Base Toliara ?

 

Les articles de presse rapportant des revendications de levée de la suspension des activités du projet Base Toliara, ont repris à un rythme accéléré. Pour le Collectif Tany, leur lecture nécessite des clarifications supplémentaires. En effet, le rachat de la société australienne Base Ressources par la compagnie américaine Energy Fuels, transforme radicalement les activités de Base Toliara. En plus de l’ilménite, du zircon et du rutile, des terres rares ainsi que des « quantités importantes d’uranium seront également produites (…) à faible coût (…) à partir de la monazite ». Pour Tany, « le gouvernement devrait prendre conscience des risques graves supplémentaires pour la santé des communautés riveraines, consécutifs à l’exploitation de la monazite connue pour sa forte radioactivité. Sans oublier les effets néfastes pour la santé de l’extraction du zircon qui ont déjà fait l’objet de plusieurs alertes de scientifiques et organisations. Les promoteurs et lobbyistes du projet Base Toliara osent dire et écrire que les exploitations minières ne provoquent pas de maladies. (…) En mars 2024, des stations de radio privées basées à Toliara qui ont accepté de diffuser des émissions visant à fournir aux communautés concernées les informations essentielles (…) sur les impacts des opérations prévues d’exploitation de la monazite (…) ont été sommées par le bureau du chef de district et le bureau régional du ministère de la communication, de mettre fin à ces émissions, sous prétexte que celles-ci porteraient atteinte à l’ordre public. » Des articles de presse paru le 28 juin ont annoncé une forte mobilisation de la population de Toliara pour le redémarrage du projet. Une manipulation grossière et manifeste : les articles concernent en réalité des défilés de la fête de l’indépendance du 26 juin ! En conclusion le Collectif écrit : « Une éventuelle réouverture du projet Base Toliara n’amènera pas “l’indépendance économique” dans la région Atsimo-Andrefana, comme le suggèrent les concepteurs des articles de presse. Pour diverses raisons, les régions où se réalisent des exploitations minières par les sociétés Rio Tinto QMM et Ambatovy à Madagascar, depuis plus de dix ans, ne jouissent ni d’une indépendance ni d’une autonomie économiques. Et dans le monde, aucun pays dit “en voie de développement”, qui ne dispose ni d’une politique publique audacieuse, ni de ressources humaines nationales compétentes ni d’une maîtrise des moyens techniques nécessaires permettant de tirer profit de ses ressources minières au bénéfice du pays et de l’ensemble de sa population, n’est devenu économiquement indépendant grâce à l’exploitation de ses richesses minières. Les analystes du domaine parlent plutôt de “malédiction des ressources ” »

 

<> 19 06 24 - Le Monde - Madagascar et Predator, le contrat à 5 millions d’euros

 

Des documents consultés par « Le Monde » révèlent que l’Agence nationale antifraude a été utilisée par la présidence malgache pour acquérir du matériel de cyberespionnage fin 2021.

l’Agence nationale antifraude (ANAF) a signé en décembre 2021 un contrat de 4,95 millions d’euros avec l’entreprise britannique Signum Intelligence Ltd, spécialisée dans la vente de matériels de cybersurveillance, et notamment du logiciel espion Predator. Le document d’une trentaine de pages, auquel Le Monde a eu accès, prévoit une prestation, avec une assistance technique, sur une durée de trois ans.

Celle-ci a été réglée à partir d’une ligne de crédit prise sur le budget de la présidence de la République. Cette transaction de gré à gré et destinée à « être tenue secrète », selon le rapport remis par l’agence à la Commission des marchés publics, porte sur la « fourniture de matériels techniques spécifiques relatifs à l’investigation pour la sécurité nationale ».

 

<> 17/06/24 - Société civile - Communiqué avant la proclamation des résultats officiels des législatives

 

52 organisations de la société civile regroupées dans la plateforme Rohy : « La HCC ne doit pas être une source de conflits et de désordre. Elles estiment que la HCC a une grande responsabilité pour traiter avec diligence, impartialité et dignité, les requêtes et plaintes des parties prenantes afin de protéger les choix et la volonté du peuple. Elle doit jouer pleinement son rôle pour faire respecter l’État de droit et consolider la démocratie. D’après la société civile, la déclaration publique faite après le scrutin par les forces de l’ordre sous forme d’avertissement mettant en garde contre toute « perturbation », montre que celles-ci semblent vouloir poursuivre ses pratiques répressives en niant le droit de manifester, à l’encontre de la population qui réclame les libertés et le respect de l’État de droit. Cette attitude génère une situation potentiellement explosive fondée sur la frustration populaire. Elle met en péril la cohésion sociale, la démocratie, l’État de droit et aura des conséquences désastreuses sur le développement du pays, explique-t-elle. La société civile demande à la HCC et aux juridictions compétentes de procéder à l’annulation des voix des candidats auteurs d’infractions durant la campagne électorale et de sanctionner les candidats ayant délibérément violé les lois et principes en vigueur ainsi que les auteurs et commanditaires des fraudes et modifications des résultats de vote affectant l’intégrité des élections. Au mois d’avril, la société civile a déjà dénoncé les représailles politiques et l’instrumentalisation de la HCC après la déchéance des deux leaders du Parlement. Christine Razanamahasoa et Herimanana Razafimahefa, auparavant fervents partisans du président ont été écarté après des propos critiques sur la dérive du régime.


 

<> 12/06/24 - La CENI a publié les résultats provisoires des législatives du 29 mai

<> 07/06/24 -  Amnesty International – Les autorités doivent libérer immédiatement une députée arrêtée arbitrairement après avoir dénoncé des irrégularités électorales

 

Les autorités malgaches doivent libérer immédiatement et sans condition la députée Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly, arbitrairement arrêtée et accusée d’avoir orchestré des manifestations à la suite d’une plainte officielle qu’elle a déposée au sujet de la crédibilité des élections législatives du mois dernier, a déclaré Amnesty International vendredi 7 juin 2024.

Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly est détenue arbitrairement depuis son arrestation le 31 mai. Elle a été arrêtée après avoir dénoncé des irrégularités dans son district de Tsihombe, dans le sud de Madagascar, lors des élections du 29 mai.

« Il est scandaleux que les autorités malgaches aient arrêté la députée Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly pour avoir déposé une plainte au sujet de l’équité des élections législatives dans son district, a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.

Il est scandaleux que les autorités malgaches aient arrêté la députée Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly pour avoir déposé une plainte au sujet de l’équité des élections législatives dans son district.

Tigere Chagutah, directeur régional pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe à Amnesty International

Son maintien en détention arbitraire porte atteinte à son droit à la liberté d’expression et d’association. Les autorités doivent libérer immédiatement et sans condition Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly, détenue uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits humains. »

Le 31 mai, sans mandat de perquisition ni mandat d’arrêt, une cinquantaine de policiers et de gendarmes malgaches ont emmené de force la députée depuis son domicile dans le district de Tsihombe. Ils l’ont conduite à Ambovombe, à environ deux heures de route, où elle est arbitrairement assignée à résidence depuis lors.

« Il est évident que les autorités malgaches maintiennent Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly en détention pour des raisons politiques. Ces tactiques répressives bafouent les obligations de Madagascar en vertu du droit régional et international relatif aux droits humains, notamment en ce qui concerne le droit de circuler librement et de choisir sa résidence au sein d’un État, comme le prévoit la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples », a déclaré Tigere Chagutah.

Il est évident que les autorités malgaches maintiennent Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly en détention pour des raisons politiques.

Tigere Chagutah

Complément d’information

Des élections législatives ont eu lieu à Madagascar le 29 mai 2024. Le processus aurait été entaché par des irrégularités électorales que des électeurs auraient vues et filmées dans le district de Tsihombe. Parmi ces irrégularités figurent le refus aux délégués de trois des quatre candidats aux élections législatives d’entrer dans des bureaux de vote, le décompte des votes en leur absence, l’inscription de mineur·e·s sur les listes électorales et le recours à des menaces et à des actes d’intimidation.

Des manifestations ont éclaté deux jours plus tard, le 31 mai, peu de temps après que Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly, conjointement avec un autre candidat, Christian Vontsoa, eurent déposé une plainte officielle auprès des autorités compétentes, appelant à agir face à ces irrégularités. Ces manifestations ont donné lieu à l’incendie de deux bâtiments administratifs de la commission électorale.

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2024/06/madagascar-authorities-must-immediately-release-member-of-parliament-arbitrarily-arrested-after-denouncing-voting-irregularities/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR0lEC4xrgqoqPwtNtzxCfeEWIaudJubKcrqeBDTj2E8N6WLmw5CZwUXDDs_aem_AVLhmg0WMJ6P3DY8wZEy4xTgszbUL0PH0RiNzsCIWCG80WDrewD2TfJRfefyWZxqHWTyXu9xIc08KjX6vNDUShAl

 

<> 03/06/24 - Tribune - Edito - Législatives : le dérapage de trop ?

 

Les tentatives grossières de manipulation risquent d’être la goutte d’eau qui va faire déborder le vase des frustrations de la population. (…) Le clan Rajoelina ne s’est plus caché pour tenter d’orienter le processus électoral en sa faveur. (…) Le contexte dans lequel les élections se sont déroulées ne peut que nourrir la colère. Insécurité, délestages d’eau et d’électricité, état des routes se sont ajoutés aux arrestations arbitraires et autres actes de malfaisance politique. (…) La logique issue de la réussite du coup d’État de 2009 continue de prévaloir : le succès nécessite juste une bonne dose d’aplomb, de force et d’avantages matériels pour les corps en uniformes. (…) L’impact de la méthode sur la suite du mandat présidentiel et, à plus long terme, sur la considération accordée à l’ensemble des institutions du pays par la population et toutes les autres parties prenantes, ne pourrait être que désastreux. (…) La HCC saura-t-elle se rattraper pour éteindre le feu post-législatives ? Le doute est permis, à la fois à cause des pratiques habituelles de servilité de la HCC envers Iavoloha, mais aussi du fait d’anecdotes qui autorisent le questionnement sur la probité personnelle de certains juges. (…) Madagascar se trouve donc à la croisée des chemins. La tension politique va monter vers des niveaux dangereux, et une gestion arrogante par la répression, l’intimidation et le juridisme ne pourrait que rajouter de l’huile sur le feu. (…) Aveuglé par sa mégalomanie narcissique mais prisonnier de son entourage, Andry Rajoelina s’enferme de plus en plus dans une cloche qui le coupe des réalités, et qui le fait vivre dans des illusions alimentées par ses courtisans qui lui disent ce qu’il aime entendre. Difficile pour lui d’être lucide dans ces conditions, d’autant plus que sa propension au populisme et au werawera ne l’a pas préparé à être raisonnable. Certains médias ont mis en lumière il y a quelques jours que le chef de l’État vient de fêter son cinquantième anniversaire. On espère pour le peuple malgache que cet âge pourra enfin lui octroyer la sagesse et la maturité nécessaires à un minimum de dignité de la fonction. »

 

 

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JUSTICE ET DROITS DE L'HOMME à MADAGASCAR
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